DES MÉMOIRES ET DES THÈSES QUI CONTRIBUENT À CONSTRUIRE UN MONDE SOUTENABLE À 360°

Pour cette 14 e édition des HERA Awards, 35 travaux ont été distingués parmi les 15 prix. Avec une participation record de 209 candidatures, cette édition témoigne de l’engagement , de l’enthousiasme et de la créativité des jeunes diplômé·es, ainsi que de la dynamique profonde qui traverse universités et hautes écoles pour relever les grands enjeux de société. Nous sommes particulièrement fier·es de mettre en lumière une partie de ces travaux essentiels qui pensent le monde de demain de façon systémique, et proposent des pistes de réflexion ou d’actions pour un futur plus soutenable. Toutes nos félicitations aux primé·es 2026 et à leurs promoteur·ices !
Presque une tradition annuelle, la famille des HERA Awards s’est agrandie avec l’ouverture d’un nouveau prix : le HERA Award Sustainable Media dédié aux défis contemporains lancés aux médias et leur rôle de contre-pouvoir, d’information et d’éclairage des débats publics. L’écosystème des partenaires soutenant les HERA Awards s’est également agrandi avec l’arrivée de Schréder et de la Food as Medicine Foundation . Nous les remercions chaleureusement, aux côtés de nos partenaires et mécènes fidèles.
Enfin, les HERA Awards ne pourraient exister sans l’engagement remarquable des jurys : pas moins de 95 expert·es bénévoles ont œuvré à cette exigeante sélection. Un grand merci à elles et eux !
Au-delà des prix, le programme HERA, c’est aussi un ensemble d’actions et de soutien à destination des jeunes : ateliers de sensibilisation et de formation aux objectifs de développement durable et à la pensée systémique, à 360° dans les auditoires, des rencontres, soutien et formation pour accompagner les primé·es dans le début de leur carrière, mise en réseau de jeunes chercheur·euses… Autant de moments générateurs d’espoir.
Plongez dans ces travaux inspirants, riches en analyses et en projets novateurs, et partagez-les largement !
Les lauréat·es et nominé·es présent·es à la journée des primé·es
Benoît Derenne
Directeur de la Fondation pour les Générations Futures

Le HERA Doctoral Thesis Award valorise et récompense tous les deux ans des thèses de doctorat, toutes disciplines confondues, qui adoptent une approche à 360° propre à un développement soutenable pour faire avancer la réflexion et/ou les pratiques dans leur champ de recherche. Dans le cadre de ce prix, la Fondation pour les Générations Futures décerne également un Special HERA Award Brussels for Future Generations, récompensant une thèse de doctorat traitant d’un enjeu de développement durable pertinent pour Bruxelles.
Le HERA Doctoral Thesis Award connaît cette année sa huitième édition. Il s’accompagne pour la troisième fois du Special HERA Award Brussels for Future Generations.
Les partenaires

L’AVIS DU JURY (EXTRAIT)
Le jury souligne la grande qualité générale des 18 thèses soumises et la variété des sujets abordés. Il a apprécié les questionnements théoriques et conceptuels soulevés par les travaux soumis et a été particulièrement sensible aux thèses apportant des propositions de solutions concrètes et tangibles et offrant des perspectives enthousiasmantes. Le jury serait très heureux de lire à l’avenir des thèses qui poussent encore plus loin l’approche systémique et seraient conçues, menées et défendues conjointement dans plusieurs facultés d’horizons variés.







à droite et de haut

XAVIER RAICK
Xavier Raick a soutenu sa thèse de doctorat en biologie des organismes et écologie à la faculté des sciences de l’ULiège en avril 2024. Après un post-doctorat à Cornell University (NY, USA), il réalise actuellement un post-doctorat à l’Université d’Aarhus (Danemark).
DIVERSITY OF THE BIOPHONY OF POLYNESIAN PHOTIC AND MESOPHOTIC CORAL REEFS
Thèse de doctorat en sciences soutenue en avril 2024 à la faculté des sciences (ULiège)
DONNER UNE « VOIX » AUX RÉCIFS CORALLIENS : UN LEVIER CONCRET DE DÉVELOPPEMENT DURABLE
La thèse de Xavier Raick porte sur les techniques scientifiques d’écoute passive des récifs coralliens à travers les sons des animaux qui y vivent. Des enregistreurs acoustiques (hydrophones) ont été déployés dans six îles de Polynésie française, tant au large que sur les récifs. Plusieurs centaines d’heures de sons, émis par le brouhaha des invertébrés et des poissons ou par des espèces précises, ont été analysées. Cette thèse a, pour la première fois, mesuré - et non simplement modélisé - la distance à laquelle les récifs sont entendus par différentes espèces. Elle a également établi que les récifs les plus profonds ne constituent probablement pas des réservoirs écologiques pour les zones moins profondes. Enfin, outre les avancées méthodologiques engrangées, la thèse a fourni de précieux éclairages sur la résilience des aires marines protégées face aux changements globaux.

LES PROMOTEUR·ICES
Lucia Di Iorio est professeure junior et chercheuse principale en éco-acoustique au Cefrem, Université de Perpignan.
Éric Parmentier est professeur ordinaire (morphologie fonctionnelle et évolutive) à l’ULiège.
L’AVIS DU JURY (EXTRAIT)
Le jury salue ce travail original, d’importance capitale et résolument innovant. Traitant d’un enjeu mondial majeur, la thèse offre une contribution méthodologique et technique solide tout en parvenant à produire un texte à la fois fluide, accessible et même poétique, ce qui constitue une véritable plus-value dans le champ des sciences du vivant. La problématique est universelle et le potentiel d’inspiration existe grâce à la force narrative et l’exemplarité de l’innovation technologique.

DANIEL OTERO PEÑA
Daniel Otero Peña a soutenu sa thèse de doctorat en art de bâtir et urbanisme à LOCI Tournai (faculté d’architecture, d’ingénierie architecturale, d’urbanisme) de l’UCLouvain en août 2025. Il poursuit actuellement ses travaux, en tant que chercheur, à l’Institut Paysage, Architecture et Environnement bâti (LAB) de l’UCLouvain.
LES PROMOTEUR·ICES
Daniela Perrotti est professeure de paysage à LOCI, où elle dirige l’équipe de recherche Urban Metabolism, laboratoire de recherche interdisciplinaire en science de la durabilité.
Pierre Vanderstraeten est sociologue, architecte et urbaniste. Il est professeur honoraire et vice-doyen émérite à LOCI Saint-Gilles.
L’AVIS DU JURY (EXTRAIT)
Le jury souligne la pertinence sociale, environnementale et économique de ce travail, magnifiée par l’intégration explicite et cohérente d’une approche systémique de la problématique complexe traitée – l’accès aux espaces verts, la justice environnementale et l’émancipation des publics précarisés. La diversité des cas d’étude témoigne d’une volonté d’inscrire la problématique dans différents contextes socio-urbains, ce qui enrichit la réflexion au regard des Objectifs de Développement Durable.

THE SPATIAL DIMENSION OF URBAN METABOLISM. RESOURCE FLOWS, PUBLIC SPACE AND VULNERABLE COMMUNITIES
Thèse de doctorat en art de bâtir et urbanisme soutenue en août 2025 à LOCI Tournai (UCLouvain)
LE MÉTABOLISME URBAIN, OUTIL SPATIAL ESSENTIEL POUR UN URBANISME PLUS HUMAIN ET ATTENTIF AUX RESSOURCES
Le travail de Daniel Otero Peña porte sur la dimension spatiale du métabolisme urbain, une approche qui analyse les flux de ressources (eau, énergie, aliments, matériaux, etc.) ainsi que les déchets générés par les activités humaines, en analogie avec le fonctionnement du corps humain. L’auteur a cherché à savoir comment le métabolisme urbain, lorsqu’il repose sur des données géographiques et socio-écologiques solides, peut se transformer en outil de diagnostic efficace pour améliorer l’allocation des ressources, tout en renforçant la participation communautaire à l’aménagement de l’espace public. Trois études interconnectées ont été menées, l’une à Mexico (identification des « points chauds » via des outils de cartographie SIG), l’autre à Bruxelles-Capitale (identification des pratiques socio-écologiques renforçant le sentiment d’appartenance) et la troisième notamment à Caracas (Venezuela) qui articule les deux précédentes. Ses travaux rendent visible la complexité des flux de ressources et soutient l’écologie industrielle, l’urbanisme et l’architecture.

LIONEL DELCHAMBRE
Lionel Delchambre a soutenu sa thèse de doctorat en sciences de l’ingénieur à l’école polytechnique de Bruxelles, à l’ULB, en mai 2025. Il est co-fondateur de la communauté d’énergie brupower, qu’il préside.
DEVELOPMENT OF INNOVATIVE SOLUTIONS TO IDENTIFY AND MANAGE LOW-VOLTAGE DISTRIBUTION GRID CONGESTION
Thèse de doctorat en sciences de l’ingénieur soutenue en mai 2025 à l’école polytechnique de Bruxelles (ULB)
DES SOLUTIONS CONCRÈTES POUR PRÉPARER LE RÉSEAU
ÉLECTRIQUE À LA TRANSITION ÉNERGÉTIQUE
Panneaux solaires, batteries, voitures électriques, pompes à chaleur : de plus en plus d’équipements électriques apparaissent dans nos maisons. Problème : le réseau électrique basse tension n’a pas été conçu pour accueillir autant de production et de consommation locales. Le risque de saturation du réseau est réel et certains panneaux peuvent se déconnecter temporairement. Le même genre de risque se profile pour les voitures électriques et les pompes à chaleur. C’est dans ce contexte que Lionel Delchambre a développé des outils innovants pour identifier les risques de congestion du réseau basse tension, mais aussi pour les gérer à moindre coût. Testés sur les données réelles de 49 réseaux bruxellois fournies par Sibelga, ces outils permettent notamment de définir, pour chaque habitation, la puissance maximale pouvant être injectée ou consommée sans mettre le réseau en difficulté. Directement exploitables par les gestionnaires de réseaux de distribution, ils contribuent à limiter les coupures et à réduire les investissements lourds.

LE PROMOTEUR
Patrick Hendrick est professeur à l’école polytechnique de Bruxelles et à la KU Leuven. Il préside la Belgian Energy Research Alliance (BERA).
L’AVIS DU JURY (EXTRAIT)
Le jury félicite l’auteur pour sa thèse qui constitue une contribution inspirante, très solide et porteuse d’un véritable potentiel de valorisation dont la portée opérationnelle est magnifiée par la capacité de vulgarisation de l’auteur. Sa solidité technique a impressionné le jury, et la maîtrise de la problématique illustre une compréhension approfondie des enjeux. À travers les différentes applications proposées, les quatre dimensions du développement durable sont prises en compte de manière cohérente, ce qui témoigne d’une compréhension nuancée des multiples dimensions de la transition énergétique.
Ce prix valorise et récompense des mémoires qui adoptent une approche systémique, à 360°, propre à un développement soutenable pour faire avancer la réflexion et/ou les pratiques liées à l’architecture. Il s’agit plus concrètement de la recherche de solutions vers un mode de construction et d’habitat plus soutenable pour la planète et ses populations.
Le HERA Award Sustainable Architecture connaît cette année sa quatorzième édition.
Le partenaire
L’AVIS DU JURY (EXTRAIT)
Le jury souligne l’excellent niveau général des travaux, tant au niveau de la forme que du contenu et de leur très bonne adéquation avec les critères des HERA Awards. Cette année, le jury a particulièrement apprécié la dimension pédagogique de certains travaux et leur capacité à proposer des projets concrets et inspirants. Le jury a souhaité récompenser des mémoires où les auteur·ices ont mis de l’implication personnelle pour nourrir leur sujet et des mémoires qui ont pris du recul sur le rôle de l’architecte et de l’urbaniste par rapport aux enjeux de société.








De gauche à droite, et de haut en bas : Damien Carnoy, président du jury (Carnoy-Crayon), Emma (Christophe) Dessouroux
Isabelle De Bruyne (CFE), Charles-Antoine Kervyn
Mieke Vandenbroucke

Carla Schneider a terminé son master en architecture à LOCI Tournai (faculté d’architecture, d’ingénierie architecturale, d’urbanisme) de l’UCLouvain en juin 2025. Elle est actuellement en recherche de stage professionnel à l’Ordre des Architectes.
INSTITUER LA COMMUNAUTÉ DES QUARTIERS NORD. CONNECTER – REVITALISER – AMÉNAGER. LUTTER
CONTRE LA FRAGMENTATION SOCIALE ET SPATIALE
À MARSEILLE PAR LA RÉURBANISATION DES QUARTIERS NORD ET DE SES GRANDS ENSEMBLES
Mémoire de master en architecture défendu en juin 2025 à LOCI Tournai (UCLouvain)
UNE PROPOSITION ARCHITECTURALE POLITIQUE ET SOCIALE
AU PROFIT DES QUARTIERS NORD DE MARSEILLE
Né du drame de la rue d’Aubagne à Marseille en 2018 (2 immeubles vétustes du centre-ville s’effondrent et entraînent l’évacuation de 1 245 ménages), le travail de Carla Schneider pose la question de la capacité de l’architecture à contribuer à une ville moins fragmentée, moins excluante et davantage orientée vers le bien-être de tou·tes ses habitant·es. Il se concentre sur les quartiers Nord de la Cité phocéenne, notoirement marginalisés et sous-équipés. Après une analyse historique et urbaine de ceux-ci, Carla Schneider propose un projet de revitalisation articulé autour de 3 échelles spatiales (territoire, quartier et cité) et de 3 leviers : mise en place d’un tramway facilitant l’accès des habitant·es du Nord au reste de la ville, installation d’équipements culturels, artistiques, sportifs et éducatifs partagés entre les cités et, au niveau plus ciblé de la Cité Kalliste, réaménagement complet du bâti et des espaces publics. L’ensemble de son travail propose une architecture engagée agissant sur les territoires et les injustices.

LE PROMOTEUR
Martin Outers est maître de conférences invité à LOCI Tournai et associé au sein de l’atelier d’architecture Matador.
L’AVIS DU JURY (EXTRAIT)
L’autrice a traité conjointement transition écologique et justice sociale, comme des conditions essentielles du droit à la ville. Le jury a senti un réel vent d’espoir dans les opportunités créées pour réinvestir les quartiers Nord de Marseille. Par ailleurs, il a été pleinement séduit par la redéfinition fondamentale de l’architecture, en conclusion du mémoire, comme une pratique engagée en faveur de la justice sociale.

VICTOR BÉNÉTREAU
Victor Bénétreau a terminé son master en architecture à LOCI Bruxelles Saint-Gilles (faculté d’architecture, d’ingénierie architecturale, d’urbanisme) de l’UCLouvain en juin 2025. Il est actuellement chargé de recherche chez Hout Info Bois.

LES PROMOTEUR·ICES
Yves Weinand est professeur à l’École polytechnique fédérale de Lausanne et directeur du Laboratoire des constructions en bois (IBOIS).
Sandrine Meyer est chercheuse à l’ULBCEESE et professeure invitée à LOCI (atelier d’éco-architecture).
Benoît Thielemans est chargé de cours à LOCI, co-titulaire de l’atelier TFE Eco-architectures.
Geoffrey Van Moeseke est président de la plateforme Slowheat (ASBL), expert en sobriété énergétique.
L’AVIS DU JURY (EXTRAIT)
Le jury a particulièrement apprécié l’engagement personnel de Victor dans son mémoire. Il a en effet suivi une formation de charpentier, avant de devenir architecte. Il connaît donc très bien le matériau qu’il étudie. Le jury apprécie en outre le fondement de ce mémoire basé sur la valorisation de nos forêts, alliant les aspects naturels, humains, techniques et économiques de la filière bois, dans un contexte de mondialisation du commerce et de réchauffement climatique.
VALORISATION DU BOIS D’INDUSTRIE EN BOIS D’ŒUVRE : CONCEPTION NUMÉRIQUE EN BOIS ROND, DU RELEVÉ FORESTIER AU PROJET ARCHITECTURAL
Mémoire de master en architecture défendu en juin 2025 à LOCI Bruxelles Saint-Gilles (UCLouvain)
FOURCHES, BOIS COURBÉS, PETITES SECTIONS… UN GISEMENT FORESTIER QUI NE DEMANDE QU’À ÊTRE MIEUX VALORISÉ, OUTILS NUMÉRIQUES INNOVANTS À LA CLÉ
Le travail de Victor Bénétreau porte sur les fourches des arbres, les parties présentant de fortes courbures, les faibles sections, etc. bref, tout ce que l’industrie forestière a tendance à considérer comme des résidus et qu’elle transforme en panneaux, en papier ou en bioénergie. Inscrivant son travail dans les pas d’Yves Weinand et des recherches menées au sein de l’IBOIS (Laboratoire des constructions en bois de l’EPFL), l’auteur a exploré la faisabilité de créer un nouveau marché du bois, non pas tourné sur l’exportation en Asie ou le recours à des processus à gros impact environnemental et énergétique, mais bien sur la valorisation de ce bois doté de qualités mécaniques spécifiques. Diverses utilisations à haut potentiel de création d’emplois locaux sont possibles. Pour cela, sur la base d’entretiens menés avec des experts du secteur et de sa propre expérience de charpentier professionnel, il a développé un processus numérique complet, allant de relevés morphologiques et mécaniques en forêt jusqu’à des systèmes constructifs adaptés, en passant par un catalogue numérique utilisable par les forestiers et un usinage robotisé. Tout ce processus a été appliqué à la forêt de Soignes.

MAËVA SOULÉ
Maëva Soulé a terminé son master en architecture à LOCI Tournai (faculté d’architecture, d’ingénierie architecturale, d’urbanisme) de l’UCLouvain en juin 2025. Elle travaille actuellement dans une agence d’architecture bruxelloise.

DU CHAMP À L’ASSIETTE. LA RENAISSANCE D’UN
SITE INDUSTRIEL. COMMENT FAIRE RENAÎTRE UN
SITE INDUSTRIEL DÉLAISSÉ POUR NOURRIR LE
LIEN ENTRE PRODUCTEURS ET CONSOMMATEURS ?
Mémoire de master en architecture défendu en juin 2025 à LOCI Tournai (UCLouvain)
UNE ARCHITECTURE ENGAGÉE AU SERVICE D’UNE
AGRICULTURE URBAINE LOCALE, PARTICIPATIVE ET INCLUSIVE
Maëva Soulé a développé un projet de reconversion globale d’une friche minière (à Lens-Liévin, Hauts-de-France) en une ferme urbaine nourricière et participative, articulée autour du principe « Du champ à l’assiette ». Loin de se limiter à la simple redéfinition spatiale et fonctionnelle des anciens bâtiments industriels, son projet développe une vision systémique intégrant relocalisation alimentaire, économie circulaire et inclusion socio-économique en réponse à la fragilisation historique de la région. L’accent est mis sur la valorisation des ressources et des savoir-faire locaux. Ainsi, les anciennes voies de chemin de fer du site (les « cavaliers ») sont reconverties en réseau de mobilité douce, les briques récupérées lors de la démolition des anciens corons sont réutilisées dans des constructions neuves, la paille est utilisée pour la construction en bottes de paille posées « sur chant », etc. Le projet, qui comporte également des dimensions éducatives et pédagogiques, a pour ambition d’inspirer d’autres initiatives de reconversion industrielle en France ou ailleurs.
LA PROMOTRICE
Pascaline Faux est ingénieure architecte et chargée de cours à LOCI Tournai.
L’AVIS DU JURY (EXTRAIT)
Issue d’une famille d’agriculteurs, l’autrice a mis beaucoup de cœur et un profond engagement dans l’étude de son sujet et démontré une bonne maîtrise des enjeux liés au secteur. Le jury a apprécié les solutions concrètes amenées par le mémoire, et ce avec un réel souci pédagogique. Le projet pourrait ainsi être lancé rapidement et son approche pourrait se répliquer sur d’autres sites. Le jury pense que ce type de proposition est parfaitement opportun pour amener du changement et faire évoluer les mentalités.
Ce prix valorise et récompense des mémoires qui adoptent une approche systémique, à 360°, propre à un développement soutenable pour faire avancer la réflexion et/ou les pratiques liées aux dynamiques de changement des comportements. Il s’agit plus concrètement de travaux qui apportent une contribution significative à la compréhension des leviers et barrières aux changements de comportement et/ou des solutions permettant l’adoption et le maintien de comportements durables.
Le HERA Award Sustainable Behaviour connaît cette année sa quatrième édition.
Le partenaire
L’AVIS DU JURY (EXTRAIT)
Le jury relève avec satisfaction l’augmentation du nombre de candidatures. Il salue la qualité et la diversité des 14 candidatures, couvrant des thèmes variés, ce qui témoigne d’une réelle ouverture et d’une capacité à explorer des enjeux actuels. Il valorise particulièrement les travaux proposant des solutions concrètes pour des comportements durables et invitant à explorer les conditions réelles du changement. Les approches systémiques, structurelles et les méthodes qualitatives sont également encouragées, tout comme la créativité et l’audace des étudiant·es.


De gauche à droite, et de haut en bas : Fred Dorsimont





AURÉLIE MALACORT
Aurélie Malacort a terminé son master en politique économique et sociale à la faculté ESPO (faculté des sciences économiques, sociales, politiques et de communication) de l’UCLouvain en septembre 2024. Elle enseigne actuellement les sciences humaines à l’Institut Notre-Dame de Charleroi et coordonne le projet « Approche comportementale » - comportements scolaires du CES10.40.
LE NUDGE, UN NOUVEL OUTIL DE POLITIQUE PUBLIQUE ?
L’APPORT DES SCIENCES COMPORTEMENTALES À L’ÉLABORATION POLITIQUE
Mémoire de master en politique économique et sociale défendu en septembre 2024 à la faculté ESPO (UCLouvain)
LE NUDGE EN BELGIQUE : UN EXTRAORDINAIRE POTENTIEL DE MAXIMISATION DE LA POLITIQUE DURABLE
Aurélie Malacort a consacré son travail à la théorie des Nudges (ou « coups de pouce »), issue du champ interdisciplinaire des sciences comportementales : sociologie, psychologie sociale, neurosciences, économie comportementale et sciences cognitives. Élaborée en 2008, cette conception est encore peu connue en Belgique, particulièrement lorsqu’elle porte sur l’enjeu des comportements « verts » à encourager par les pouvoirs publics. Après avoir exploré les fondements théoriques du Nudging, l’autrice fournit plusieurs exemples de Nudges couronnés de succès, tant en Belgique qu’à l’étranger. Elle en discute les enjeux éthiques, notamment les risques de manipulation ou de discrimination. Sa conclusion est claire : même si seule la Flandre semble avoir adopté à ce stade un cadre réglementaire en la matière, les Nudges sont incontestablement des leviers complémentaires aux outils traditionnels pour maximiser l’efficacité des politiques publiques.

LE PROMOTEUR
Marcus Dejardin est professeur d’économie à l’UCLouvain et à l’UNamur où il enseigne notamment la macroéconomie. Ses recherches portent sur les dynamiques entrepreneuriales et territoriales.
L’AVIS DU JURY (EXTRAIT)
Le jury salue ce mémoire rigoureux et de grande qualité offrant une vue d’ensemble claire et structurée du Nudge et des sciences comportementales. Le travail offre une synthèse solide des outils et expériences existantes, illustrée par des cas concrets issus du contexte belge. Orienté vers des solutions réalistes et applicables, ce mémoire constitue un guide pratique pour les décideurs publics et les organisations souhaitant mobiliser les sciences comportementales.

CÉLIA LEMAIRE
Célia Lemaire a terminé son master en sciences et gestion de l’environnement à la faculté des sciences de l’ULiège (campus Arlon) en septembre 2025. Elle est chargée de mission au Parc naturel Haute-Sûre Forêt d’Anlier, où elle travaille à la valorisation de la Grande Forêt d’Anlier.

WALLONIE, NOUVEAU MONDE SAUVAGE ?
Mémoire de master en sciences et gestion de l’environnement défendu en septembre 2025 à la faculté des sciences (ULiège)
LES PROMOTRICES
Dorothée Denayer est biologiste et docteure en socio-anthropologie de la gestion du vivant, chargée de cours en études et gestion du vivant à l’ULiège.
Éléonore Kirsch est assistante d’enseignement, chercheuse doctorante dans le département des sciences et gestion de l’environnement à l’ULiège.
L’AVIS DU JURY (EXTRAIT)
Le jury souligne l’originalité de ce mémoire qui propose un nouveau récit pour la Wallonie, reconnaissant la place d’une nature en partie sauvage à préserver. Il explore la relation entre humains et non-humains et le rôle des récits dans la transition écologique, à partir d’expériences de réensauvagement. Avec une approche pluridisciplinaire et une solide maîtrise de la narratologie, ce travail offre une réflexion inspirante pour faire évoluer les imaginaires.
LE RÉENSAUVAGEMENT RACONTÉ AU PUBLIC : QUAND LES PARCS NATIONAUX WALLONS RÉINVENTENT L’IMAGINAIRE DU SAUVAGE
Le travail de Célia Lemaire explore le « réensauvagement », un concept né aux États-Unis visant à rétablir des écosystèmes autonomes par la libre évolution des cours d’eau et des forêts, et la non-intervention humaine. À la confluence de la sociologie, de l’écologie et de l’anthropologie, l’autrice mobilise la théorie de Paul Ricœur pour analyser les récits entourant les deux parcs nationaux récemment créés en Wallonie : celui de la Vallée de la Semois (29 000 hectares) et celui de l’Entre-Sambre-et-Meuse (22 000 hectares). À travers une grille d’analyse à six entrées portant sur les discours des acteur·ices de terrain et la communication officielle des deux parcs, elle examine comment le « réensauvagement » est mis en scène, notamment à travers la figure du lynx, le « fantôme de la forêt ». Ce faisant, elle suggère que les crises écologiques découlent d’un échec de l’imagination et que de nouveaux récits peuvent transformer nos relations au vivant en forgeant des horizons futurs désirables.
Ce prix valorise et récompense des mémoires qui adoptent une approche systémique, à 360°, propre à un développement soutenable pour faire avancer la réflexion et/ou les pratiques liées à la démocratie délibérative, et plus généralement à toute forme d’innovation démocratique. Il s’agit plus concrètement de la délibération publique au sein du régime politique : l’exercice du pouvoir par le biais d’échanges publics d’opinions, d’informations et d’arguments entre citoyen·nes égaux·ales en vue de la prise de décision.
Le HERA Award Sustainable Democracy connaît cette année sa septième édition.
Les partenaires








L’AVIS DU JURY (EXTRAIT)
Le jury a apprécié la diversité des approches proposées. Les candidatures présentent des niveaux d’analyse variés, allant d’analyses sociologiques de fond à des études de cas locales.
Le jury salue la présence de mémoires touchant aux questions d’inclusion et de classes sociales, des thèmes actuels et essentiels. Il encourage les futur·es candidat·es à poursuivre l’exploration de ces sujets. Les enjeux démocratiques pouvant prendre des formes très diverses, le jury rappelle que le prix est ouvert à des approches variées et originales.

NOÉ HIERNAUX
Noé Hiernaux a terminé son master en sociologie à la FASS (faculté des sciences sociales) de l’ULiège en septembre 2024. Il prépare actuellement une thèse doctorale sur la montée des discours d’extrême droite chez les jeunes à l’ULiège et à l’Université de Lausanne.

À
LA RECHERCHE DE LA CLASSE ÉCOLOGIQUE. ANALYSE DE LA CONFLICTUALITÉ SOCIALE
DES AGRICULTEURS WALLONS
Mémoire de master en sociologie défendu en septembre 2024 à la FASS (ULiège)
LE PROMOTEUR
Bruno Frère est professeur à l’ULiège et directeur de recherche honoraire au FNRS.
L’AVIS DU JURY (EXTRAIT)
Le jury a salué la grande qualité du travail : solidité théorique, rigueur méthodologique et richesse des entretiens. Il a apprécié la clarté avec laquelle des concepts complexes sont expliqués. La notion de « classe écologique » a particulièrement retenu son attention. Elle éclaire l’hétérogénéité du monde agricole et met en lumière des agriculteur·ices souvent invisibilisé·es, qui peuvent ainsi se structurer et faire entendre leur voix. Comprendre les rapports sociaux constitue un préalable aux innovations démocratiques.
MIEUX COMPRENDRE LE MONDE AGRICOLE WALLON POUR RETISSER SES LIENS AVEC LA SOCIÉTÉ CIVILE
Sur la base des contestations sociales de 2024, Noé Hiernaux a interviewé de manière approfondie 20 agriculteur·ices wallon·nes issu·es de différentes filières et les responsables politiques des trois organisations professionnelles de Wallonie autour de quatre thématiques : l’accès à la terre, la viabilité économique, l’attractivité de la profession et l’impact de l’écologie sur celle-ci. Objectif : faire émerger la conflictualité sociale, c’est-à-dire la façon dont les concerné·es se représentent l’adversité qui les oppose à d’autres acteur·ices sociaux·ales. Cette enquête sociologique fait émerger de nombreux résultats qui bousculent les idées reçues et sont susceptibles d’ouvrir un dialogue renouvelé entre agriculteur·ices et associations de la société civile. Entre agriculture familiale et entrepreneuriale, le mémoire identifie la multiplicité des éthiques de travail mais aussi les ressentis autour de grands enjeux sociétaux : les conditionnalités vertes de la PAC, l’irruption du féminisme dans la discussion syndicale, etc.

MARCELLINE LEJEUNE
Marcelline Lejeune a terminé son master en sciences politiques à la faculté de philosophie et sciences sociales de l’ULB en septembre 2025.
Sociologue, elle est actuellement assistante et doctorante en sciences politiques et sociales à l’UCLouvain sur le thème de la démocratie à l’école.
DÉMOCRATIE SIMULÉE, DIVERSITÉ RÉELLE ?
ENQUÊTE SUR LA REPRÉSENTATIVITÉ DES JEUNES DANS UN ESPACE DÉLIBÉRATIF DE SIMULATION
PARLEMENTAIRE. ANALYSE QUANTITATIVE DU PROCESSUS DE SÉLECTION DES PARTICIPANTS ET PARTICIPANTES AU PARLEMENT JEUNESSE DE LA FÉDÉRATION WALLONIE-BRUXELLES
Mémoire de master en sciences politiques défendu en septembre 2025 à la faculté de philosophie et sciences sociales (ULB)
UNE PLACE POUR TOU·TES LES JEUNES AU SEIN DU PARLEMENT JEUNESSE DE LA FÉDÉRATION WALLONIE-BRUXELLES
Le travail de Marcelline Lejeune interroge l’accès des jeunes aux lieux de débat politique et, plus spécifiquement, la qualité de la représentation au sein de l’ASBL Parlement Jeunesse, un dispositif de simulation parlementaire à l’intention des jeunes de 17 à 26 ans. Sur la base de 5 142 candidatures réparties sur 11 éditions, l’autrice a mis en évidence des dynamiques de sélection qui tendent à reproduire les mêmes inégalités de représentation que celles qui règnent dans les instances politiques « classiques ». C’est le cas, par exemple, d’une sous-représentation des jeunes issu·es des parcours techniques et professionnels. Forte de ces constats empiriques, Marcelline Lejeune formule une série de recommandations telles qu’une sensibilisation des organes décisionnels de l’ASBL aux biais sociaux, une révision des critères d’évaluation des candidat·es et un meilleur ciblage de la stratégie de recrutement.

LA PROMOTRICE
Salomé Frémineur est chargée de cours à l’ULB et à l’UMONS, où elle enseigne la philosophie et l’éthique. Ses recherches portent sur les questions de langage et de démocratie.
L’AVIS DU JURY (EXTRAIT)
Le jury salue le choix du sujet qui permet de comprendre comment les biais de participation fonctionnent et se perpétuent. Cet enjeu est majeur dans le contexte actuel de crise de confiance envers les institutions. Le mémoire met en évidence les inégalités d’accès aux espaces délibératifs et propose des pistes concrètes pour les rendre plus inclusifs. Le jury apprécie les recommandations formulées, transférables à d’autres dispositifs participatifs.

VINCIANE QUINTARD
Vinciane Quintard a terminé son master en politique économique et sociale à la faculté ESPO (faculté des sciences économiques, sociales, politiques et de communication) de l’UCLouvain en juin 2025. Assistante sociale, elle suit actuellement un master en archivistique, gestion et droit des données.

PARTICIPATION, POUVOIR ET FISCALITÉ : UNE LECTURE DE LA GESTION DES DÉCHETS À LOUVAIN-LA-NEUVE À TRAVERS LA JUSTICE
PROCÉDURALE SELON DAVID SCHLOSBERG
LES PROMOTEURS
Philippe Roman est professeur associé d’économie à l’ICHEC (Brussels Management School) et chargé de cours invité à l’UCLouvain.
Jean-François Husson est professeur de finances publiques et de politiques publiques à la faculté ouverte de politique économique et sociale (FOPES) de l’UCLouvain.
L’AVIS DU JURY (EXTRAIT)
Le jury salue la pertinence du sujet qui touche aux questions de participation citoyenne, d’équité sociale et de durabilité. Il a particulièrement apprécié l’originalité du mémoire qui a recours au cadre conceptuel de David Schlosberg. Le jury souligne aussi la qualité des pistes de remédiation proposées, à la fois accessibles, peu coûteuses et ancrées dans le fonctionnement concret de l’administration locale.
Mémoire de master en politique économique et sociale défendu en juin 2025 à la faculté ESPO (UCLouvain)
LA GESTION COMMUNALE DES DÉCHETS, UN LEVIER
D’AMÉLIORATION DE LA PARTICIPATION CITOYENNE
En croisant des documents institutionnels avec des entretiens semi-directifs, Vinciane Quintard a identifié les limites des dispositifs de tri et de la taxe coût-vérité à Louvain-la-Neuve. L’originalité de son approche tient au recours au cadre conceptuel du politologue australien David Schlosberg, qui met l’accent sur le contexte des décisions plutôt que sur le respect des normes ou l’efficacité technique. Ce prisme de « justice environnementale » met en lumière des asymétries d’information, des barrières à la participation et un manque de lisibilité des postes de taxation. Les pistes de remédiation qu’elle propose sont peu coûteuses, favorisent une meilleure justice procédurale et se veulent transposables à d’autres communes. Parmi celles-ci : supports d’information grand public, anticipation des moments de friction, envois ciblés aux propriétaires, etc.
Ce prix valorise et récompense des mémoires qui adoptent une approche systémique, à 360°, propre à un développement soutenable pour faire avancer la réflexion et/ou les pratiques liées au design sous toutes ses formes. Le champ du prix vise « tout processus stratégique de résolution de problèmes applicable aux produits, aux systèmes, aux services et aux expériences » (ICSID - International Council of Societies of Industrial Design). Plus précisément, il s’agit de processus menant à des solutions à la fois économiquement viables, techniquement réalisables et humainement désirables.
Pendant quatre ans, le HERA Award Sustainable Design était associé au HERA Award Sustainable Engineering (voir p. 29). Il connaît cette année sa septième édition de manière autonome.
Les partenaires







L’AVIS DU JURY (EXTRAIT)
Le jury souligne la qualité des travaux soumis et observe avec enthousiasme l’évolution d’un design qui sort progressivement du laboratoire de prototypage pour se concentrer sur l’humain et les besoins de la société. Les projets ne se limitent plus à la création d’objets, mais proposent par exemple des solutions pour l’organisation collective. La rigueur méthodologique, le potentiel de réplicabilité, l’engagement social et l’ancrage participatif présents dans les travaux primés témoignent de la richesse et de l’impact du design durable.

TIFFANY NICOLI FARIA LATALISA FRANÇA
Tiffany Nicoli Faria Latalisa França a terminé son master en sciences géographiques à la faculté des sciences de l’ULB (en co-diplomation avec la VUB) en septembre 2025. Elle mène actuellement un doctorat à l’ULB dans la continuité de son TFE.

INTEGRATING NANO-HUBS INTO BRUSSELS: TOWARD SUSTAINABLE CYCLE LOGISTICS AND LAST-MILE DELIVERY
LES PROMOTEUR·ICES
Philippe Bouillard est professeur en infrastructure et mobilité à l’école polytechnique de Bruxelles, à l’ULB.
Heleen Buldeo Rai est professeure en logistique urbaine, soutenabilité et mobilité à la VUB.
L’AVIS DU JURY (EXTRAIT)
Le jury salue ce mémoire qui développe une méthodologie pour implanter des nano-hubs logistiques dédiés au dernier kilomètre à vélo-cargo, et en souligne la grande qualité. Il le considère comme un travail très abouti, structuré et rigoureux, fondé sur des données et des cartographies précises. Son approche systémique, articulant mobilité, urbanisme, décarbonation et justice spatiale, en fait un outil d’aide à la décision pertinent, réplicable et directement mobilisable par les pouvoirs publics.
Mémoire de master en sciences géographiques défendu en septembre 2025 à la faculté des sciences (ULB, en co-diplomation avec la VUB)
NANO-HUBS ET VÉLOS-CARGOS : QUAND LA LOGISTIQUE S’INTÈGRE À LA VILLE DE DEMAIN
Tiffany Nicoli Faria Latalisa França a mis au point une méthodologie permettant aux opérateurs publics et privés d’implanter facilement des nano-hubs logistiques dans les grandes villes comme Bruxelles. Ces nano-hubs sont de petits points de dépôt de proximité où les colis, acheminés en camionnette, sont ensuite distribués en vélo-cargo pour le « dernier kilomètre ». L’originalité de sa méthode est d’avoir combiné l’analyse multicritères avec les systèmes d’information géographique, tout en s’appuyant sur des entretiens avec les acteur·ices du secteur. La boîte à outils qu’elle a créée a pour particularité de privilégier le recours aux infrastructures « dormantes » (bâtiments sous-utilisés, parkings publics existants, etc.) et de mutualiser l’utilisation des hubs entre opérateurs de cyclo-logistique. Elle intègre également des indicateurs de qualité de vie (zones accidentogènes, quartiers pollués, etc.) et offre un cadre décisionnel transparent lors de la sélection des sites (destinés aux nano-hubs).

CAMILLE TARRATTE
Camille Tarratte a terminé son master en design d’innovation sociale à l’ESA (École supérieure des arts) Saint-Luc Bruxelles en septembre 2025. Elle est actuellement responsable du service clients chez Happy Hours Market.

BEN. REPENSER L’ESPACE DE TRI DANS LES HABITATS VERTICAUX
Mémoire de master en design d’innovation sociale défendu en septembre 2025 à l’ESA Saint-Luc Bruxelles
AMÉLIORER LE TRI DES DÉCHETS DANS LES
LOGEMENTS VERTICAUX. LA POUBELLE MIRACLE
N’EXISTE PAS, CHANGEONS DE LUNETTES !
Camille Tarratte a cherché à rendre le tri des déchets plus accessible et efficace dans les logements verticaux et les espaces de vie restreints. Durant six mois, elle s’est immergée parmi les locataires, concierges et assistant·es sociaux·ales de la société de logement Foyer du Sud à Saint-Gilles et Forest, afin de comprendre les freins économiques, sociaux et psychologiques au tri sélectif et d’écouter les propositions et alternatives formulées par les principales personnes concernées. Tout en s’inspirant de méthodes de tri pratiquées en Allemagne, en Autriche et au Japon, elle a mis au point, avec les personnes précarisées, une boîte à outils permettant d’aborder le tri d’une façon plus vivante : à travers le jeu, la discussion, l’observation et la projection personnelle. Grâce à son immersion et au recours à la psychologie expérimentale, les outils de sensibilisation de Bruxelles Environnement ont pu être affinés et des jeux coopératifs, susceptibles d’être utilisés dans toutes formes de logements verticaux, ont été conçus.
LE PROMOTEUR
Olivier Gilson est designer, enseignant-chercheur (master en Design d’innovation sociale) à l’ESA Saint-Luc Bruxelles.
L’AVIS DU JURY (EXTRAIT)
Le jury apprécie la méthodologie utilisée par l’autrice qui explore le tri des déchets dans les habitats verticaux. À partir de recherches de terrain – visites de foyers, ateliers et observation des pratiques quotidiennes –, elle a eu le courage de réorienter son projet pour qu’il réponde mieux à la problématique. Son approche est pédagogique, culturelle et systémique et le projet accessible à tou·tes, offrant à chacun·e des pistes concrètes pour son quotidien.
Le HERA Award Sustainable Economy valorise et récompense des mémoires qui adoptent une approche systémique, à 360°, propre à un développement soutenable pour faire avancer la réflexion et/ou les pratiques liées à l’économie au sens large. Il s’agit plus concrètement des modèles, des systèmes et des théories économiques et de gestion traitant du fonctionnement de la production, de l’échange, de la distribution et de la consommation de biens et de services. Les politiques économiques visant à réguler ou à faciliter des modèles ou initiatives particuliers sont également concernées. Dans le cadre de ce prix,
la Fondation pour les Générations Futures décerne un HERA Award Sustainable Economy | Social Economy récompensant un mémoire de master traitant d’un enjeu de développement durable en économie sociale.
Pendant cinq ans, le HERA Award Sustainable Economy s’est concentré sur le domaine de l’économie coopérative. Il est désormais ouvert au domaine de l’économie soutenable au sens large, pour la sixième année consécutive. Il s’accompagne pour la troisième fois du HERA Award Sustainable Economy | Social Economy.
Les partenaires

L’AVIS DU JURY (EXTRAIT)
Le jury exprime sa profonde satisfaction quant à la grande qualité des travaux présentés cette année. Les candidat·es ont fait preuve d’une compréhension remarquable des enjeux systémiques, en analysant avec finesse les implications de leurs sujets à travers les 4 dimensions du développement durable. Le jury souhaite souligner l’engagement sincère et la maturité impressionnante dont font preuve les candidat·es, révélant une réelle conviction quant à la nécessité et la possibilité du changement.








à
et de

LOUISE LEMINEUR
Louise Lemineur a terminé son master d’ingénieur civil à la faculté polytechnique de Mons, à l’UMONS, en janvier 2025. Elle est désormais project engineer chez Fire Concept du groupe Altebra à Baudour.

VERS L’ENTREPRISE RÉGÉNÉRATIVE.
DÉVELOPPEMENT D’UN MODÈLE DE COMPRÉHENSION ET D’UN OUTIL DE DIAGNOSTIC
Mémoire de master en ingénieur civil mécanicien défendu en janvier 2025 à la faculté polytechnique de Mons (UMONS)
UN « CURSEUR RÉGÉNÉRATIF » POUR
ÉVALUER LA DURABILITÉ DES ENTREPRISES
Louise Lemineur a mis au point un outil permettant aux entreprises de situer leur progression vers l’état d’« entreprise régénérative ». Encore peu connu chez nous, ce concept désigne des entreprises qui vont au-delà de la simple réduction ou compensation de leurs impacts écologiques et sociaux, au profit d’une contribution positive aux systèmes dans lesquels elles s’inscrivent. Sur la base d’une analyse de la littérature émergente, l’autrice a identifié 6 piliers de l’entreprise régénérative : sens, coopération, robustesse, ancrage territorial, approche systémique et lien avec le vivant. Ces piliers ont été approfondis à partir d’entretiens menés auprès de 5 dirigeant·es d’entreprise engagé·es dans cette démarche, ce qui lui a permis d’enrichir son outil. Chaque pilier est décliné en principes, leviers, freins et exemples de mise en œuvre. Son travail plaide pour un dépassement des réponses purement techno-solutionnistes apportées aux défis socio-environnementaux et pour des approches ouvertes à la biologie, aux sciences sociales, etc.
LES PROMOTEURS
Sébastien Bette (professeur) et Loann Astorino (doctorant) mènent des recherches à l’UMONS sur l’éco-innovation, les changements de paradigme et les nouveaux modèles business liés à la transition socio-écologique.
L’AVIS DU JURY (EXTRAIT)
Le jury souhaite mettre en lumière ce mémoire solide, ambitieux et inspirant, qui propose des apports théoriques riches, un outil opérationnel et une réflexion personnelle d’une grande maturité – notamment sur le rôle des ingénieur·es dans les transformations sociétales et environnementales. L’autrice atteint pleinement ses objectifs et ouvre, avec pédagogie, des pistes stimulantes pour penser et accompagner l’évolution des entreprises vers des modèles réellement transformateurs.

LORALIE LUNGU EMBANZU
Loralie Lungu Embanzu a terminé son master de bioingénieur en sciences agronomiques à l’école de bioingénierie de Bruxelles, à l’ULB, en août 2025.

PROJETS DE CRÉDITS CARBONE FONDÉS SUR LE PÂTURAGE TOURNANT EN TANZANIE : COMPARAISON
LES PROMOTRICES
Priscilla Claeys est professeure associée au Centre pour l’agroécologie, l’eau et la résilience (CAWR), Université de Coventry (UK).
Marjolein Visser est professeure en systèmes agraires et agroécologie à l’école de bioingénierie de l’ULB.
L’AVIS DU JURY (EXTRAIT)
Le jury félicite l’autrice pour ce mémoire solide, engagé et particulièrement éclairant, qui parvient à traiter avec justesse et profondeur de l’enjeu majeur des politiques climatiques contemporaines. L’analyse du colonialisme vert, appliquée ici de manière concrète et nuancée, constitue un apport original et pertinent. Le travail contribue de manière significative à la compréhension critique des mécanismes de compensation carbone et de leurs limites.
AVEC LES PRATIQUES TRADITIONNELLES DE GESTION DES PÂTURAGES
CHEZ LES MAASAÏ
ET ANALYSE CRITIQUE DE LA SCIENCE SUR LAQUELLE S’APPUIENT CES PROJETS
Mémoire de master de bioingénieur en sciences agronomiques défendu en août 2025 à l’école de bioingénierie de Bruxelles (ULB)
DEUX PROJETS DE CRÉDITS CARBONE AXÉS SUR LA RÉGÉNÉRATION DE LA SAVANE EN TERRITOIRE MAASAÏ : UN RISQUE FONDÉ DE COLONIALISME VERT
Loralie Lungu Embanzu a évalué la pertinence scientifique et politique de deux projets de crédits carbone mis en place en territoire Maasaï (nord de la Tanzanie). Axés sur diverses variations du pâturage tournant, ils sont présentés par leurs concepteur·ices comme des correctifs à la sédentarisation croissante de ces peuples autochtones et, de là, comme des facteurs de régénération de la savane qui agirait ainsi en puits de carbone. Après analyse du contexte historique du pâturage tournant, lecture critique de la littérature scientifique et rencontre avec trois observateur·ices clés de la problématique, Loralie Lungu Embanzu a tiré des conclusions sans appel. Malgré l’existence historique du pâturage tournant aux États-Unis, en France, en Grande-Bretagne, etc., aucune indication scientifique sérieuse ne confirme que ces deux projets régénèrent la savane dans le nord de la Tanzanie, ni ne favorisent la séquestration de carbone, ni n’améliorent les revenus des populations concernées. Selon l’autrice, ils relèvent du colonialisme « vert ».

Clara Nys a terminé son master d’ingénieur à l’EPL (École polytechnique de Louvain) à l’UCLouvain en juin 2025. Elle suit actuellement un master en mécanique des fluides à ISAE-Supaero (France).

ECONOMIC,
ENERGY AND SOCIAL IMPACTS OF A CARBON TAX IN COLOMBIA. ANALYSIS OF RATES, APPLICATIONS AND REDISTRIBUTION MECHANISMS
Mémoire de master en ingénieur civil mécanicien défendu en juin 2025 à l’EPL (UCLouvain)
TROIS SCÉNARIOS POUR RENFORCER LA TAXE CARBONE EN COLOMBIE ET EN REDISTRIBUER LES REVENUS
Clara Nys a conçu 3 scénarios d’implémentation d’une taxe carbone en Colombie, un pays fortement exportateur de pétrole mais également tenu, comme d’autres, de respecter la neutralité carbone en 2050. La singularité de son approche est d’avoir utilisé comme outils deux modèles, l’un énergétique (Energyscope) et l’autre macro-économique (GEMMES), et d’avoir amélioré ce couplage. Cela lui a permis d’obtenir des résultats très fins en matière d’impacts dans les domaines tant macro- et microéconomiques (croissance, emploi, endettement, etc.) qu’énergétiques. L’autre singularité de son travail est d’avoir mis l’accent sur la dimension sociale : le produit de la taxe est redistribué aux ménages selon leurs revenus afin de réduire les inégalités. La taxe carbone ainsi réécrite pousse vers les énergies renouvelables et la neutralité carbone. Mais, pour préserver l’économie et l’équité, il faut lui adjoindre des mesures de redistribution et des subventions soigneusement préparées.
LE PROMOTEUR
Francesco Contino est professeur a l’EPL (école polytechnique de Louvain) à l’UCLouvain. Il est expert en transition énergétique.
L’AVIS DU JURY (EXTRAIT)
Le jury apprécie ce mémoire ambitieux et techniquement remarquable, offrant une analyse macroéconomique approfondie et un éclairage pertinent sur les enjeux distributifs d’une taxe carbone. Ce travail constitue une contribution sérieuse à la réflexion sur les politiques climatiques et offre un outil susceptible d’alimenter de futures recherches et décisions publiques. La capacité de l’autrice à aller dans le détail d’une politique publique, tout en conservant une vision d’ensemble, témoigne d’une grande maturité analytique.

SANDY MANFROY
Sandy Manfroy a terminé son master en sciences de gestion à la LSM (Louvain School of Management) à l’UCLouvain en juin 2025. Également bioingénieure, elle travaille actuellement chez DiversiFERM et Winch Projects, deux organisations de soutien aux porteur·euses de projet dans le monde agricole wallon.

LE PROMOTEUR
Éric Cornuel est professeur à l’UCLouvain et président d’EFMD Global (Bruxelles, Genève, Hong Kong, Miami, Prague). Il est Chevalier de la Légion d’Honneur, Chevalier des Palmes Académiques, Docteur Honoris Causa de ESCP Europe (Paris) & de Kozminski University (Varsovie), Gold Magnolia (Shanghai) et vice-président du conseil d’administration de CEIBS (China Europe International Business School).
L’AVIS DU JURY (EXTRAIT)
Ce mémoire traite d’un sujet essentiel pour les transitions agricoles et alimentaires. En mettant en avant un enjeu majeur et en identifiant des pistes structurantes pour la création de coopératives territoriales, il ouvre un espace de réflexion utile et mérite d’être encouragé. Le jury estime que ce travail pourrait constituer une base intéressante pour un développement ultérieur plus poussé, et espère que le prix pourra servir de levier pour inciter à renforcer et approfondir cette approche prometteuse.
STRATÉGIES DE DIVERSIFICATION ET RENTABILITÉ DANS UN PROJET DE MICROEXPLOITATION AGRICOLE : IMPLANTATION D’UN VERGER, POTAGER ET ÉLEVAGE EN AGROÉCOLOGIE POUR UN MODÈLE D’ENTREPRENEURIAT COMPLÉMENTAIRE
Mémoire de master en sciences de gestion défendu en juin 2025 à la LSM (UCLouvain)
LA COOPÉRATION LOCALE, LEVIER CONCRET DE TRANSITION ALIMENTAIRE
Sandy Manfroy a démontré la faisabilité et la viabilité économique d’un projet agricole coopératif destiné à valoriser les productions locales par la transformation artisanale et la mise en marché collective dans la région de Gembloux. Ce projet repose d’une part sur une micro-ferme destinée à la production agroécologique et d’autre part sur la valorisation en circuits courts des produits fournis par des producteur·ices et maraîcher·es réparti·es dans un rayon de 10 kilomètres. L’autrice formule des recommandations pour la réussite de tels projets coopératifs basés sur les principes de l’économie sociale. Parmi celles-ci, la gouvernance participative producteur·ices/citoyen·nes/partenaires, une stratégie de financement diversifiée, une montée en puissance progressive, la création d’une identité locale forte, la collaboration étroite avec les infrastructures préexistantes, la diversification des canaux de distribution, etc. Le projet défend un modèle de résilience pour les producteur·ices et offre une réponse concrète aux défis du système agricole actuel.
Ce prix valorise et récompense des mémoires qui adoptent une approche systémique, à 360°, propre à un développement soutenable pour faire avancer la réflexion et/ou les pratiques liées à l’éducation au développement durable. Il s’agit plus concrètement de travaux qui contribuent à faire évoluer les pratiques et les contenus d’enseignement qui « procure[nt] aux apprenant·es de tous âges les connaissances, les compétences, les valeurs et le pouvoir d’action nécessaires pour relever des défis mondiaux interconnectés. Ces travaux portent sur « les dimensions cognitives, socio-émotionnelles et comportementales de l’apprentissage et englobe[nt] le contenu et les résultats de l’apprentissage, la pédagogie et l’environnement d’apprentissage lui-même. »
Le HERA Award Sustainable Education connaît cette année sa deuxième édition.
Le partenaire








L’AVIS DU JURY (EXTRAIT)
Cette 2e édition du prix a réuni 7 candidatures. Le jury se réjouit de la diversité disciplinaire et thématique des travaux, qui abordent avec pertinence des enjeux majeurs de l’éducation. Il encourage à renforcer l’approche systémique au-delà de la définition de la problématique. Conscient que l’innovation en éducation se développe progressivement, le jury valorise les travaux qui prennent du recul sur les pratiques existantes. Il souhaiterait à l’avenir recevoir des recherches concrètes, applicables et transférables en contexte scolaire.

GABRIEL ISNARD
Gabriel Isnard a terminé son master en architecture à LOCI Bruxelles Saint-Gilles (faculté d’architecture, d’ingénierie architecturale, d’urbanisme) de l’UCLouvain en 2025. Il est actuellement chargé de projet au sein du collectif « La Ville aux Enfants » à Bruxelles.
REUNION
DE
PROJET SUR LA PLACE MORICHAR

LES ENFANTS BÂTISSEURS. COMMENT
CO-CONSTRUIRE LA VILLE AVEC LES ENFANTS ?
LES PROMOTEUR·ICES
Elisabetta Cinzia Rosa est professeure d’urbanisme à l’UCLouvain.
Chiara Cavalieri est architecte, docteure en urbanisme (Université de Venise) et professeure d’urbanisme à l’UCLouvain.
Basil Descheemaeker est architecte spécialisé dans la conception des espaces publics et maître de conférences invité à l’UCLouvain.
L’AVIS DU JURY (EXTRAIT)
Le jury a particulièrement apprécié la qualité esthétique du mémoire ainsi que son approche concrète et réplicable. La méthodologie est claire et les dispositifs sont suffisamment bien décrits pour permettre leur transfert dans d’autres contextes. Le jury souligne l’intérêt du regard d’un architecte-urbaniste sur des questions éducatives. Il reconnaît l’importance majeure de l’enjeu des villes durables et de la participation citoyenne dès le plus jeune âge, les enfants étant des usager·es légitimes de l’espace public.
LES
Mémoire de master en architecture défendu en 2025 à LOCI Bruxelles Saint-Gilles (UCLouvain)
ENFANTS CO-BÂTISSEURS DE LA VILLE :
VERS UN URBANISME PLUS INCLUSIF ET PLUS DURABLE
Gabriel Isnard part du postulat que la participation active des enfants à la fabrique de la ville est un levier de gouvernance démocratique et de meilleure robustesse de nos sociétés. Après avoir analysé la place des enfants dans la ville et défini les critères d’une ville favorable à celles et ceux-ci, il s’est plongé dans une démarche d’urbanisme participatif avec des élèves de 8 à 12 ans de l’école Peter Pan dans le quartier Morichar à Saint-Gilles. En collaboration avec le Réseau Idée, il a conçu et animé deux ateliers destinés à implanter un quartier scolaire s’articulant autour de cinq rues thématiques : la rue comme un potager, une rivière, les jeux olympiques, une page blanche et des collines. Enfin, il a transformé l’imaginaire des enfants en cahier des charges durable et veillé à ce que sa méthodologie aboutisse à une stratégie pérenne, susceptible d’inspirer d’autres processus de co-construction urbaine menés avec les enfants.

ÉLODIE THEIS
Élodie Theis a terminé son master en sciences de l’éducation à la faculté des sciences de l’éducation de l’UCLouvain en juin 2025. Elle mène actuellement un doctorat en Belgique et au Québec dans la continuité de son mémoire.
CONSIDÉRER
LA
NATURE ÉMOTIONNELLE
DE L’ÉDUCATION AU DÉVELOPPEMENT DURABLE : UNE RECHERCHE QUASI-EXPÉRIMENTALE
Mémoire de master en sciences de l’éducation défendu en juin 2025 à la faculté des sciences de l’éducation (UCLouvain)
MIEUX COMPRENDRE LE LEVIER SOCIO-ÉMOTIONNEL
POUR FAVORISER L’ADOPTION DE GESTES PROENVIRONNEMENTAUX PAR LES JEUNES ADOLESCENT·ES
Élodie Theis a cherché à savoir dans quelle mesure des interventions pédagogiques spécifiques peuvent influencer l’adoption de comportements pro-environnementaux chez les adolescent·es, particulièrement lorsque ces interventions sont soutenues par un accompagnement socio-émotionnel destiné à lutter contre des réactions de type éco-anxiété (colère, tristesse, etc.). L’intervention pédagogique choisie dans cette recherche repose sur le modèle « Holisme, Pluralisme, compétence à l’Action », dont la particularité est de favoriser la pluralité des points de vue et des savoirs tout en encourageant l’action collective sur la base d’attitudes démocratiques. Elle a été menée pendant le cours de géographie dispensé dans les 8 classes de troisième année secondaire d’une école liégeoise de l’enseignement général. À la fois quantitatif et qualitatif, ce travail – qui fait aujourd’hui l’objet d’un approfondissement doctoral mené en Belgique et au Québec – a d’ores et déjà mis en évidence quelques points d’attention, comme le rôle des familles dans le processus d’adoption de comportements pro-environnementaux, notamment le degré d’empathie vis-à-vis du vivant.

LES PROMOTEUR·ICES
Mikaël De Clercq est professeur en psychologie de l’éducation à l’UCLouvain et chercheur à l’Académie de Recherche et d’Enseignement Supérieur (ARES).
Zoé Davreux est doctorante en sciences de l’éducation à l’UCLouvain.
L’AVIS DU JURY (EXTRAIT)
Le jury reconnaît la qualité académique du travail : le mémoire est clair, bien structuré et présente une cohérence solide entre cadre théorique et mise en pratique. L’approche systémique représente l’atout majeur de cette recherche, démontrant une bonne interconnexion des piliers sociaux, environnementaux et participatifs. Le développement du module pédagogique constitue un apport pratique concret. Le jury encourage l’autrice à poursuivre ses réflexions en développant des dispositifs réplicables répondant aux besoins des enseignant·es.
Ce prix valorise et récompense des mémoires qui adoptent une approche systémique, à 360°, propre à un développement soutenable pour faire avancer la réflexion et/ou les pratiques liées à l’ingénierie. Il s’agit plus concrètement de la proposition de produits, processus ou systèmes issus d’une démarche scientifique et/ou technologique rigoureuse, aboutissant à une modélisation réalisable qui répond à un besoin industriel et/ou sociétal donné.
Pendant quatre ans, le HERA Award Sustainable Engineering était associé au HERA Award Sustainable Design (voir p. 18). Il connaît cette année sa septième édition de manière autonome.
Les partenaires
L’AVIS DU JURY (EXTRAIT)
Le jury salue la qualité technique et méthodologique des 14 travaux soumis, ainsi que l’attention portée aux approches low tech et à la robustesse des solutions. La sélection finale valorise des projets intégrant de manière exemplaire les 4P, notamment la prise en compte des besoins réels, des sciences humaines et de l’acceptabilité des solutions. Il encourage à intensifier la sensibilisation à l’approche systémique, considérant que les étudiant·es constituent un véritable levier de transformation des pratiques de l’ingénierie.








De gauche à droite, et de haut en bas : Pierre Meunier, président du jury (Alstom Belgium), Lola Brousmiche (Waste-end), Grégoire Burgé (AgroParisTech), Marc-Antoine de Callatay (Coliseum), Rose Detaille (ISSeP), Thibault Grandjean (journaliste), Maud

LOÏC GRAS
Loïc Gras a terminé son master en architecture à la faculté d’architecture La Cambre Horta de l’ULB en 2025.

STRUCTURES DÉPLOYABLES :
OPTIMISATION DES SYSTÈMES SOLAIRES
FACE
AUX ENJEUX HUMANITAIRES
Mémoire de master en architecture défendu en septembre 2025 à la faculté d’architecture La Cambre Horta (ULB)
UNE MEMBRANE PHOTOVOLTAÏQUE DÉPLOYABLE POUR RÉPONDRE AUX BESOINS ÉNERGÉTIQUES DES SECTEURS DE L’URGENCE
Le travail de Loïc Gras interroge la capacité du secteur de l’architecture à répondre efficacement aux besoins de l’aide humanitaire de première urgence tout en intégrant les principes de durabilité. L’auteur a d’abord analysé les divers atouts et inconvénients des différents systèmes photovoltaïques déployables in situ, capables de faire l’impasse sur le recours aux générateurs au diesel. Sur la base d’échanges avec les responsables logistiques de la Croix-Rouge, de Médecins Sans Frontières et de la Défense belge, il a ensuite mis au point un prototype à membrane photovoltaïque souple pesant moins de 60 kilos, dont la morphologie permet une installation en moins de deux heures par deux à trois personnes non spécialisées. Ce dispositif fournit en moyenne 21,5 kWh d’électricité par jour. Son projet a fait l’objet de diverses simulations, notamment dans la zone d’intervention humanitaire à Gaza et prévoit des perspectives d’évolution pour soutenir les actions humanitaires internationales.
LE PROMOTEUR
Thomas Vilquin est chargé de cours à la faculté d’architecture La Cambre Horta (ULB), où il enseigne la conception des structures avec un accent sur la relation structure-architecture et les matériaux écologiques.
L’AVIS DU JURY (EXTRAIT)
Le jury considère ce mémoire comme un modèle exemplaire de méthodologie 4P (qui prend en compte les dimensions : People, Planet, Prosperity et Participation). Fondé sur les besoins réels du terrain et l’implication des utilisateur·ices finaux·ales, le projet répond à un enjeu humanitaire majeur : l’accès à l’énergie en situation de crise. L’analyse est rigoureuse et multicritère, et les pistes proposées sont concrètes, utiles et prometteuses. Le travail est clair, bien argumenté et place l’humain et le terrain au cœur de l’approche.

ÉLISA HOFMANN
Élisa Hofmann a terminé son master en ingénieur civil architecte à la faculté des sciences appliquées de l’ULiège en 2025. Elle y mène un doctorat consacré au réemploi des matériaux de structure.

ANALYSE TECHNIQUE ET ACCEPTABILITÉ SOCIALE D’UN MATÉRIAU COMPOSITE
À BASE DE MYCÉLIUM ET DE TERRE CRUE
LE PROMOTEUR
Luc Courard est directeur du Laboratoire des Matériaux de Construction, Unité de Recherche Urban and Environmental Engineering de l’ULiège.
L’AVIS DU JURY (EXTRAIT)
Le jury félicite l’autrice pour son mémoire original et très abouti, proposant une solution innovante aux limites du modèle actuel d’extraction des ressources. Le travail se distingue par une méthodologie solide et une approche interdisciplinaire, alliant dimensions technique, biologique et socio-anthropologique. La démarche 4P est pleinement intégrée, avec une participation réelle des parties prenantes et une étude d’acceptabilité du matériau confirmant l’intérêt pour cette recherche.
Mémoire de master en ingénieur civil architecte défendu en septembre 2025 à la faculté des sciences appliquées (ULiège)
ET SI LES MATÉRIAUX DE CONSTRUCTION DE DEMAIN SE CACHAIENT DÉJÀ DANS LE SOUS-SOL SILENCIEUX DE NOS FORÊTS ?
Au croisement de la biologie et de l’architecture, le travail d’Élisa Hofmann analyse le potentiel de la terre crue et du mycélium (partie végétative des champignons) comme matériaux de construction alternatifs aux matières premières conventionnelles : 100 % biosourcés, faible empreinte carbone, biodégradables et compostables en fin de vie. L’autrice analyse tout particulièrement la faculté du mycélium à intervenir comme bio-adhésif avec des briques de terre crue. L’originalité de son approche est d’être à la fois technique (mise au point d’un isolant mycélien pour une brique en terre crue, suivie d’essais de validation) et socio-anthropologique (étude de l’acceptabilité sociale de ce biomatériau via deux focus groups constitués d’architectes, gestionnaires de chantier, ingénieur·es et gérant·es d’entreprise en construction). Cette double approche lui permet de mettre en évidence les leviers et les freins à l’utilisation des matériaux à base de mycélium dans le secteur de la construction. Parmi les freins, le coût élevé lié à des méthodes de production lentes et requérant des savoirs spécialisés.

LOÏC LIEUTENANT
Loïc Lieutenant a terminé son master en ingénieur civil mécanicien à l’EPL (école polytechnique de Louvain) à l’UCLouvain en juin 2024. Il est actuellement doctorant sur le sujet de son TFE et les low-techs

QUANTIFICATION
DU POTENTIEL D’UNE PRATIQUE DE SLOWHEATING EN KOT À L’UCLOUVAIN
Mémoire de master en ingénieur civil mécanicien défendu en juin 2024 à l’EPL (UCLouvain)
LE SUCCÈS DÉMONTRÉ DU SLOWHEATING DANS LES LOGEMENTS UNIVERSITAIRES DE LOUVAIN-LA-NEUVE
Loïc Lieutenant a quantifié les pratiques de sobriété énergétique inspirées du Slowheating dans un kot privé du site universitaire de l’UCLouvain à Louvain-la-Neuve. Le Slowheating est un ensemble de pratiques visant à chauffer les corps des occupant·es d’un bâtiment (au lieu de chauffer le volume de celui-ci) par l’utilisation d’un chauffage de proximité basse puissance et l’adoption d’une série de gestes et de vêtements spécifiques. Les sept étudiant·es de la résidence concernée ont pu vivre confortablement à une moyenne de 14,6 °C durant les deux mois les plus rigoureux de l’hiver 2023-2024, ce qui a réduit leur consommation énergétique de 30 à 51 % pour une augmentation d’à peine 0,8 % de leur consommation électrique. Une simulation numérique a permis de démontrer que ces ordres de grandeur sont susceptibles de s’appliquer à l’ensemble des kots néolouvanistes appartenant à l’UCLouvain. Ces résultats tendent à démontrer que le Slowheating est un « plus » par rapport à la rénovation PEB réglementaire.
LES PROMOTEURS
Geoffrey Van Moeseke est président de la plateforme Slowheat (ASBL), expert en sobriété énergétique.
Francesco Contino est professeur à l’EPL (UCLouvain). Il est expert en transition énergétique.
L’AVIS DU JURY (EXTRAIT)
Le jury salue ce mémoire à la fois technique et profondément humain, répondant à un enjeu majeur de sobriété énergétique dans les logements étudiants. Le travail se distingue par une approche low tech, concrète et pluridisciplinaire, plaçant le comportement humain au cœur de la démarche. La mise en pratique exemplaire des 4P et le concept de Slowheating testé sur le terrain font de ce mémoire un travail clair, utile et stimulant, contribuant à une prise de conscience nécessaire à une approche plus sobre.
Ce prix valorise et récompense des mémoires qui adoptent une approche systémique, à 360°, propre à un développement soutenable pour faire avancer la réflexion et/ou les pratiques liées à la finance. Il s’agit plus concrètement des activités du secteur financier, dont la gestion d’actifs, les services bancaires, les assurances et l’analyse financière. Les systèmes et marchés financiers, ainsi que les politiques financières qui les régulent ou facilitent font également partie du champ de recherche couvert par le prix.
Le HERA Award Sustainable & Responsible Finance connaît cette année sa onzième édition.
Le partenaire

L’AVIS DU JURY (EXTRAIT)
Le jury se réjouit de constater que, malgré le contexte de backlash contre la finance durable, des étudiant·es continuent de s’emparer des questions de finance durable, ce qui constitue un signal positif et plus que jamais nécessaire. Il a également apprécié que les travaux dépassent les bilans et proposent des recommandations concrètes et directement actionnables.







à

REMI VANWILDEMEERSCH
Remi Vanwildemeersch a terminé son master en gestion de l’entreprise à l’ICHEC (Brussels Management School) en août 2025. Il travaille actuellement comme Business Analyst chez AG Insurances.

QUELS FACTEURS JOUENT UN RÔLE DANS
L’INTÉGRATION DE LA DOUBLE MATÉRIALITÉ
AU SEIN DES COMPAGNIES D’ASSURANCE ?
Mémoire de master en gestion de l’entreprise défendu en août 2025 à l’ICHEC
LES COMPAGNIES D’ASSURANCE FACE AUX ENJEUX
CLIMATIQUES : CINQ PISTES CONCRÈTES POUR MAINTENIR
INTACTES LEURS MISSIONS DE PROTECTION ET DE SOLIDARITÉ
Face aux risques climatiques, les entreprises d’assurance sont confrontées à l’éventualité d’inassurabilité de certains risques tout en étant elles-mêmes actrices de la transition, puisqu’à travers leurs portefeuilles d’investissement, elles orientent une part importante des flux financiers dans l’économie. Remi Vanwildemeersch a cherché à savoir à quelles conditions cette « double matérialité » pouvait devenir une ressource stratégique pour les compagnies d’assurance et non, comme c’est souvent le cas, une simple contrainte perçue à travers le prisme des obligations de reporting. Sur la base d’entretiens menés auprès de 7 expert·es du secteur et d’une analyse des premiers rapports Corporate Sustainability Reporting Directive (CSRD), il a articulé deux cadres théoriques (l’isomorphisme institutionnel et la théorie des parties prenantes). Cela lui a permis de mettre en évidence 5 conditions majeures parmi lesquelles l’engagement des parties prenantes, la comparaison avec la concurrence et l’anticipation des intentions du régulateur. Pour les rendre plus facilement opérationnelles par le secteur concerné, il les a rangées en paliers progressifs.
LA PROMOTRICE
Christel Dumas est professeure de finance et directrice de la recherche à l’ICHEC.
L’AVIS DU JURY (EXTRAIT)
Le jury a salué l’originalité de ce sujet actuel, qui place les compagnies d’assurance face aux enjeux de la double matérialité. Il a apprécié la complémentarité des sources mobilisées, la rigueur de l’analyse et la clarté des notions complexes. Les recommandations sectorielles, concrètes, mesurées et solidement ancrées dans la littérature, ainsi que la qualité analytique du travail, font de ce mémoire un outil directement utile pour les professionnel·les.

OLIVIER LUX
Olivier Lux a terminé son master en sciences de gestion à HEC Liège (école de gestion) de l’ULiège en juin 2025. Il est actuellement Junior Audit Associate au bureau liégeois de PwC Belgique.

TRANSITION IN SUSTAINABILITY
REPORTING: EXPLORING STAKEHOLDERS’ BARRIERS TO MOVING TO LIMITED ASSURANCE UNDER THE CORPORATE SUSTAINABILITY REPORTING DIRECTIVE (CSRD)
LE PROMOTEUR
Wouter Torsin est professeur de finance à HEC Liège. Il a obtenu son doctorat en finance à la KU Leuven.
L’AVIS DU JURY (EXTRAIT)
Le jury a souligné ce travail pour la solidité de sa démarche et la pertinence de son sujet, qui intéressera particulièrement les professionnel·les de l’audit et les institutions de formation confrontées aux nouvelles exigences du reporting de durabilité. La rigueur scientifique, la qualité des sources, la clarté rédactionnelle et l’exploitation pertinente des entretiens qualitatifs témoignent d’un travail précis et bien structuré.
Mémoire de master en sciences de gestion défendu en juin 2025 à HEC Liège (ULiège)
REPORTING DURABLE : MIEUX COMPRENDRE LES ENJEUX, FONDEMENTS ET RESSORTS DE LA DIRECTIVE « OMNIBUS »
Le travail d’Olivier Lux s’appuie essentiellement sur la Corporate Sustainability Reporting Directive (CSRD), la directive phare en matière de reporting durable au sein de l’Union européenne. Très ambitieuse au départ, cette directive a fait l’objet de nombreuses critiques, notamment sur les risques de perte de compétitivité pour les entreprises européennes, ce qui a poussé la Commission à l’assouplir partiellement via la directive dite « Omnibus ». Olivier Lux a voulu saisir comment les différentes parties prenantes – entreprises soumises au reporting, auditeur·ices, législateurs, etc. – s’adaptaient à ces changements majeurs. Pour cela, il a mené des entretiens avec les auditeur·ices issus des Big Four, acteurs-clés dans la mise en œuvre et la vérification du reporting durable. Il en ressort des résultats variables selon les acteur·ices impliqué·es. Ainsi, à titre d’exemple, les auditeur·ices et consultant·es souffrent d’un manque d’expertise ESG, de l’absence de méthodes standardisées et d’une forte pression pour créer des cadres internes.
Ce prix valorise et récompense des mémoires qui adoptent une approche systémique, à 360°, propre à un développement soutenable pour faire avancer la réflexion et/ou les pratiques liées à l’alimentation. Il s’agit plus concrètement des différentes étapes de la chaîne alimentaire, depuis la production des matières premières destinées à l’alimentation humaine jusqu’à la consommation (ou l’élimination), en passant par le transport, la transformation, la conservation, la commercialisation et la distribution. Les politiques qui régulent ou facilitent ces aspects font également partie du champ de recherche couvert par le prix.
Le HERA Award Sustainable Food Systems connaît cette année sa onzième édition.








L’AVIS DU JURY (EXTRAIT)
Pour cette onzième édition du prix, 13 candidatures éligibles ont été soumises au jury. Celui-ci y a apprécié la complémentarité des approches des différents travaux. La soutenabilité des systèmes alimentaires est abordée tantôt par le prisme de la production, et nécessairement conditionnée à une transformation structurelle des systèmes agroalimentaires, tantôt par le prisme de l’accès à l’alimentation, et donc de la justice sociale et de la démocratie alimentaire. Le jury a souhaité primer des travaux présentant ces deux approches.






































































































