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Le royaume des bonshommes de neige

attéo et Léo avaient fait un gros bonhomme de neige au milieu du champ. Il avait un nez carotte, des yeux clémentines, une bouche abricot sec, des cheveux haricots verts, des bras balais et, comme accessoires, le nouveau bonnet de Léo, les gants de ski de Mattéo et son écharpe bleue. Ils avaient joué avec lui tout l’après-midi, et le bonhomme de neige était heureux. La nuit vint, et le bonhomme de neige se sentit un peu seul. Il eut du mal à s’endormir et attendit avec impatience le lendemain. Mais les deux amis n’arrivèrent qu’après l’école et ne restèrent que jusqu’au dîner. Et le bonhomme de neige fut de nouveau seul. Au bout de deux jours, il était triste comme une congère. « Ça ne va pas, bonhomme de neige ? lui demandèrent les deux amis. — Les garçons, sans vouloir vous vexer, je commence à m’ennuyer tout seul dans mon champ. Je vous attends toute la journée et je ne peux pas bouger. J’irais bien voir un peu de pays et me faire des amis. — D’accord, répondirent les deux copains. Nous allons t’aider. »

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Les deux garçons essayèrent de le mettre dans une brouette, mais le bonhomme de neige était trop lourd. Ils décidèrent de l’installer sur leur luge, mais elle était trop petite. « Il faut lui chausser mes skis, dit Léo. Il descendra la pente tout seul. » Léo alla chercher ses skis et les glissa, non sans peine, sous le bonhomme de neige. « Tiens, mes bâtons, dit Léo, pour tourner, ça aide. Et mon masque, pour voir le relief. Et pour s’arrêter, chasse-neige, les skis en V. Bon courage et à un de ces jours ! » Et Léo lâcha le bonhomme de neige qui partit à toute vitesse, tout droit. Il franchit la clôture, traversa la route, évita de justesse une voiture, entra dans un jardin, frôla un sapin, sortit par le portillon du fond, en équilibre sur un ski. Mais là, les choses se compliquèrent. Il arriva dans le jardin d’enfants, prit le toboggan à l’envers et fit un vol plané spectaculaire.

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Lʼaventure des jouets « Jʼ

en ai assez de cette ficelle qui me fait lever et baisser le bras en cadence, comme une marionnette, dit l’ours brun de la vitrine de Noël. Je commence à avoir des crampes. — Et moi, j’en ai assez de tourner toujours dans le même sens sur ces rails, dit le train électrique. Le soir, j’ai un mal de locomotive incroyable. — Et moi donc ! ajoute la poupée. Je me balance toute la journée dans ma nacelle, ça me donne mal au cœur !

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— Les amis, il faut que nous sortions de cette vitrine, que nous allions prendre l’air et nous dégourdir les pattes et les essieux, sinon nous allons tous tomber malades ! — Mais comment faire ? demande la poupée. Nous ne pourrons pas nous libérer tout seuls ! — Moi, je peux vous aider ! dit la petite voix de Tom, le bonhomme en plastique qui conduit le camion de travaux. Comme je suis tout petit, ils ont oublié de m’attacher ! Cette nuit, je vous libère, et demain, je vous rattache comme avant, ni vu ni connu ! — Tu es sûr que tu ne te mélangeras pas les boulons, avec tous ces fils qui vont dans tous les sens ? — Faites-moi confiance ! » Le soir venu, le remue-ménage commence dans la vitrine des jouets. Tom défait un nœud par-ci, coupe un fil par-là, arrête le train, fait descendre la poupée de sa nacelle… « À vous la liberté ! Mais attention, les jouets, revenez avant minuit, parce qu’il me faudra du temps pour tout réinstaller.

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Le cerf de Noël M

artin et Clémentine sont en train de préparer le sapin de Noël. Ou plutôt, ils essaient… Car, tandis qu’ils installent les boules et les guirlandes, ils sont sans cesse interrompus. Toutes les trois minutes, en effet, le vieux cerf Léonce vient cogner du sabot à leur porte, en pleurnichant. La truffe humide et basse, il leur dit : « Les faons n’ont plus le temps d’écouter mes histoires, ils ne pensent qu’au père Noël. » Et puis encore : « Les jeunes cerfs n’ont plus le temps de mâcher des écorces avec moi, ils ne pensent qu’au repas de Noël. » Et il pousse des brames tristes à pleurer. Après deux heures de ce remue-ménage, Martin et Clémentine en ont assez. Martin sort sur le seuil de la chaumière, il prend sa plus grosse voix et il dit au vieux cerf : « Écoute, Léonce, ça suffit. Tu vois bien que nous avons à faire. Ce n’est pas notre faute si tu n’aimes pas Noël… » Et il claque la porte.

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Maintenant, Martin et Clémentine ont terminé de préparer le sapin. C’est un arbre magnifique, avec une belle étoile dorée au sommet, de magnifiques boules qui rutilent à l’extrémité de chaque branche et des guirlandes de couleur qui égaient l’atmosphère. Martin est satisfait. Ils ont bien travaillé. Mais au moment où il se retourne pour féliciter sa petite sœur, il voit deux larmes rouler sur les joues de Clémentine. C’est sûrement à cause du vieux cerf Léonce qu’on entend encore gémir, dehors… Martin dit à Clémentine : « Ne laisse pas ce râleur nous gâcher notre joie. C’est bien la seule personne que je connaisse, homme ou animal, qui n’aime pas Noël. » Mais Clémentine lui dit : « Tu étais moins sévère avec lui quand il nous promenait sur son dos, cet été. » Et elle éclate en sanglots. Martin sent également une grosse boule monter dans sa gorge. Au fond, il sait bien que sa sœur a raison et qu’il a été injuste avec leur compagnon.

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