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Mes massifs fleuris

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Sommaire Introduction. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5

Au fil des saisons . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 32 • Massif de printemps . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 32 • Massif d’été. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 33 • Massif d’automne . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 34 • Massif d’hiver . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35

PARTIE 1

La théorie. . . . . . . . 7 Observer avant d’agir. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8 À quoi servent les massifs ?. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13 Où implanter les massifs ?. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16

Pour s’adapter au climat . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 36 • Jardin de pluie. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 36 • Massif de berge de bassin. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 37 • Massif boisé. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 38 • Haie champêtre. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 39

PARTIE 2

Les bons gestes du jardinier . . . . . . 18

Comme dans la nature. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 40 • Massif naturaliste . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 40 • Prairie fleurie. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 41 • Lisière d’un massif boisé. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 42

Comment préparer la mise en place des massifs ?. . . 19 Comment concevoir les massifs ?. . . . . . . . . . . . . . . . 21 Comment réaliser les massifs ?. . . . . . . . . . . . . . . . . . 22

Pour répondre aux contraintes du terrain. . . . . . . . . . 43 • Massif sur talus . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 43 • Massif sur sol acide. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 44 • Massif sur sol calcaire. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 45 • Massif sur sol lourd. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 46 • Massif inondable. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 47 • Massif d’ombre fraîche. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 48 • Rocaille . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 49 • Massif de garrigue. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 50 • Massif en bord de mer . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 51 • Massif d’ombre au pied d’un arbre. . . . . . . . . . . . . 52 • Haie brise-vent en bord de mer. . . . . . . . . . . . . . . 53 • Massif brise-vent en ville . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 54 • Micro-massif en pot . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 55

PARTIE 3

La pratique . . . . . 24 Selon la forme . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 26 • Massif arrondi . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 26 • Massif rectangulaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 27 • Massif traversant. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 28 Pour se faire plaisir. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 29 • Massif bouquetier. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 29 • Massif coloré presque toute l’année . . . . . . . . . . . 30 • Massif gourmand. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31

Encyclopédie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 57

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Observer avant d’agir Un terrain destiné à être jardiné se prête à une multitude de scènes paysagères, comme celles qui vous sont suggérées dans la seconde partie de cet ouvrage. Néanmoins, à la différence du théâtre, ces scènes ne peuvent prendre vie sans une étude préalable des conditions locales. Cet examen minutieux permet d’adapter les choix de réalisation et conditionne la réussite de la composition de massifs. Un ensemble de microclimats Outre le climat général de votre région, selon l’orientation de votre habitation et son environnement, plusieurs microclimats se juxtaposent dans votre jardin. Les connaître vous aide à organiser l’espace et à placer au mieux les massifs selon leurs propres contraintes et vos souhaits. Les combinaisons entre la nature du sol, l’alternance ombre/soleil — selon l’heure de la journée et selon la saison —, le relief (pente, creux, bosse…), la présence d’eau, la circulation de l’air… font naître divers microclimats au sein même de votre jardin. Notez les endroits les plus sujets au dessèchement, ceux qui resteront à l’ombre toute l’année, ceux qui conservent longtemps l’eau à la surface de la terre à la suite des pluies, et toute autre particularité saisonnière.

Connaître les vents dominants Une bonne connaissance de la rose des vents à l’échelle de votre jardin, terrasse ou balcon vous permettra d’agir pour réduire l’impact de ces masses d’air et modifier les microclimats de votre jardin à votre avantage. Plusieurs situations peuvent contribuer à renforcer la puissance des vents et créer des couloirs froids et desséchants, tels que l’emplacement de la maison sur un terrain clos,

l’espace entre la maison et la clôture, la densité et l’orientation des bâtiments dans une ville, un espace entre deux rangées d’arbres… Des massifs particuliers vous aideront à gérer ces courants d’air, tels que la haie brise-vent ( ) p. 53) ou le massif boisé ( ) p. 38).

sol. Par conséquent, l’eau reste en surface et stagne dans certaines parties du jardin. Si des plantations sont présentes, elles vont souffrir, voire mourir si elles ne sont pas adaptées à ce type de situation. Les terres dites lourdes (argileuses) présentent souvent ce cas de figure.

Observer son terrain lorsqu’il pleut Les pluies et leurs conséquences sur le sol, en particulier dans des situations de ruissellement, vous renseignent sur la manière dont l’eau infiltre, ou pas, votre terrain. Sachez que, si vous venez de faire construire une maison, il y a de fortes chances pour que le parcours naturel de l’eau ait été modifié. Avant tout aménagement de massif, il sera donc important de connaître le nouveau cheminement de l’eau en cas d’excès. Notez également que votre terrain ne réagit pas de la même façon selon les épisodes météorologiques. Un sol anormalement desséché ne va pas absorber les pluies correctement, car les gouttes vont rejaillir au contact de la terre sèche (on parle d’« effet splash »), créant un effet de ruissellement. Des mini-ruisseaux vont alors provisoirement naître, pouvant emporter une partie du sol et de la végétation. Lors de périodes plus humides (automne et hiver), une longue série de pluies peut saturer le

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Mention « sol bien drainé » Vous trouverez souvent la mention « sol bien drainé » sur les étiquettes de vente des plantes ou dans des livres de jardinage. Cela signifie que votre terre doit être suffisamment légère et aérée pour laisser l’eau de pluie circuler sans l’obliger à stagner trop longtemps. Les terres sableuses et caillouteuses sont les championnes du genre. Attention toutefois, celles-ci sèchent très vite après une pluie, ce qui ne convient pas à certaines végétations non adaptées, comme les anémones du Japon qui demandent à ce que la terre reste fraîche en été. En revanche, les plantes de garrigue comme le thym ou le romarin s’en accommodent très bien.


Un terrain en pente ne se comportera pas de la même façon en partie haute et en partie basse . Il se dessèchera plus vite au sommet et aura tendance à accumuler l’humidité dans les zones basses, voire à recueillir la terre des hauteurs à la suite de pluies violentes . La solution peut passer par la modification du relief . Dans les régions à relief accidenté et à climat contrasté, l’homme a par exemple développé la technique des restanques, aussi appelées jardins en terrasse . Le relief est alors modifié par la création d’une succession de parcelles plates séparées par des murs en pierre sèche et reliées par un escalier . Ce système a un triple avantage : il permet de limiter l’érosion de la terre et de gérer astucieusement l’eau qui va davantage infiltrer le sol sur les parcelles plates, devenues cultivables à la différence du terrain abrupt initial .

Un sol très vivant Dans quelques centaines de grammes de terre à peine, on trouve des milliards de bactéries, une centaine de kilomètres de filaments de champignons, et des centaines de milliers d’insectes, vers et autres micro-organismes. C’est un monde dans un monde. Les racines d’une plante sont le lieu de multiples relations avec ce monde vivant (la rhizosphère). Un réseau de communication et d’échanges s’établit sur une dizaine de centimètres d’épaisseur de terre. Celui-ci est indispensable à la nutrition et à la protection de la plante. Les micro-organismes de la rhizosphère sont impliqués dans divers mécanismes, comme la décomposition de la matière organique assimilable par la plante, mais aussi la protection de celle-ci contre les maladies et les prédateurs. C’est ici également que se forment de nombreuses associations symbiotiques*, notamment les mycorhizes entre champignons et racines. Le monde vivant du sol est l’allié de celles et ceux qui savent en prendre soin.

Étudier la nature du sol L’aménagement du jardin dépend de son sous-sol . Tout comme les microclimats, votre jardin peut être composé de terroirs divers . Bien connaître la nature de vos sols vous permet de mieux sélectionner la végétation à adopter et le type de massif à concevoir . Un critère à étudier conjointement au climat local, bien sûr . Texture et structure définissent la nature de votre sol . Sa texture se définit par ses proportions en argile, limon et sable — particules plus ou moins fines, qui déterminent les propriétés physiques . Selon les proportions, le sol est dit argileux, limoneux, sableux ou bien limono-argilo-sableux, limono- argileux, limono-sableux . Une terre considérée comme équilibrée se compose de 50 à 70 % de sable et de 15 à 20 % d’argile . Elle est bien drainée mais retient l’eau, et sa fertilité est élevée . Chaque type de sol présente des végétaux qui se sont adaptés à sa texture . Le jardinier doit tenir compte de ce paramètre pour choisir des cultures adaptées ! À l’inverse de la texture du sol avec laquelle il nous faut composer, sa structure est quant à elle modifiable . Elle correspond à l’agencement en agrégats des particules du sol (sable, limon et argile) . Les espaces

vides, ou pores, situés entre les agrégats, permettent à l’eau et à l’air de circuler . L’idéal est une structure grumeleuse constituée de 50 % de pores . Si les sols présentent rarement une structure propice, des amendements sont possibles . Le fumier bien décomposé et le compost favorisent l’apport d’humus et de matières organiques pour les sols sableux et contribuent ainsi à créer une terre meuble, aérée, riche et vivante . L’apport de sable allègera les sols trop argileux et la chaux les sols trop acides . Le troisième critère d’évaluation d’un sol est son pH, qui indique son degré d’acidité ou d’alcalinité . Sur une échelle de 1 à 14 (échelle du pH), un milieu est dit neutre quand son pH est de 7 . En dessous, il est acide, au-dessus, il est basique ou alcalin . Les sols calcaires sont en général basiques, alors que les sols sableux ou très riches en matières organiques sont plutôt acides . La plupart des plantes s’accommodent d’un pH autour de 6 à 7,5 . Toutefois, certaines exigent une terre acide, comme le rhododendron, ou préfèrent au contraire un sol calcaire (basique), comme le coquelicot . À noter que la végétation de sol acide est très spécifique, tandis que les sols à pH plus ou moins basique accueillent une palette végétale plus vaste . Pour savoir ce qu’il en est chez vous, vous pouvez observer les plantes qui y poussent naturellement (voir le tableau ci-dessous) . Une analyse chimique du pH du sol complétera le diagnostic botanique .

Quel sol dans mon jardin ? TYPE DE SOL COMPORTEMENTS

CARACTÉRISTIQUES

Argileux

• Il est collant lorsqu’il est humide. • Il laisse apparaître des flaques d’eau après une forte pluie. • Il est dur comme la pierre lorsqu’il est sec.

• Il est riche en matières nutritives pour les plantes. • Il retient bien l’eau et les éléments minéraux. • Il n’est pas facile à travailler.

Sableux

• Il est d’un aspect « fluide ». • Il s’effrite facilement.

• Il est pauvre en matières nutritives pour les plantes. • Il ne retient pas l’eau (bon drainage) ni les éléments minéraux. • Il est facile à travailler.

Calcaire

• Ce sol est pauvre en matières nutritives pour les plantes. • Il est sec en été, boueux en hiver. • Il ne retient pas trop l’eau (bon drainage). • C’est un sol de couleur blanchâtre. • Il se réchauffe vite au printemps. • Il n’est pas facile à travailler.

Limoneux

• Son aspect grumeleux est dû à la présence de débris végétaux. • C’est un sol de couleur sombre.

* La symbiose est une association bénéfique voire indispensable à la vie de deux organismes différents .

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• Il est riche en matières nutritives pour les plantes (humus). • Il est perméable, mais n’a pas un très bon drainage. • Il est facile à travailler. • Il peut présenter un taux d’acidité important.


Quelques plantes bio-indicatrices Si vous repérez certaines de ces plantes présentes naturellement sur votre terrain, elles peuvent vous donner de précieuses informations sur la nature et la texture de votre sol.

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Ail des vignes

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• Nature du sol : basique • Sol limoneux, tassé, faiblement aéré 2

Capselle bourse-à-pasteur

• Nature du sol : basique

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Camomille matricaire

• Nature du sol : basique 4

Ficaire

• Nature du sol : acide Grande prêle

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• Nature du sol : acide • Sol très argileux et humide Mouron bleu

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• Nature du sol : basique 7

Mouron rouge

• Nature du sol : acide • Terrain léger 8

Pâquerette

• Nature du sol : acide • Riche en argile 9

Renoncule des champs

• Nature du sol : basique • Terre bien vivante

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À quoi servent les massifs ? Ce que nous aimons dans un jardin, c’est sa diversité d’univers. C’est le plaisir de (re)découvrir chaque année ses couleurs, ses gourmandises, ses parfums. C’est se remplir d’émotions, se laisser le temps d’apprécier la quiétude et de partager de bons moments dans un écrin de verdure. Les massifs vont façonner la singularité de vos univers jardiniers, et plus encore, ils vont contribuer à structurer l’ensemble de votre jardin.

Un art du paysage La première impression du jardin est celle que vous avez depuis l’intérieur de votre maison en toute saison, de jour comme de nuit. C’est donc en premier lieu depuis les fenêtres qu’il est intéressant d’orchestrer les vues. Vous pouvez par exemple diriger le regard vers tel ou tel massif selon les saisons, suivant l’heure de la journée, ou vers un évènement particulier, une couleur dominante, un arbre remarquable. En hiver, par exemple, pas question de longues promenades extérieures. Faites alors entrer le jardin dans

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la maison ! Animez les massifs situés aux abords des fenêtres en introduisant des arbres à écorce remarquable, des plantes à floraison hivernale, à feuillage persistant, ou encore des arbustes qui rythment bien les saisons, comme les prunus, les érables, les hamamélis ou encore certaines viornes (par exemple, Viburnum burkwoodii, V. tinus). Parmi les plantes vivaces, heuchères, laîches, fleurs des elfes, bruyères, roses de Noël colorent cette saison, tout comme les bulbes précoces (perceneige, muscaris). D’autres conservent leur attrait même fanées, à l’image de certaines graminées, des hampes


florales défleuries de la verveine de Buenos Aires, ou encore de l’enveloppe des fruits de l’amour en cage qui forme une dentelle en se désagrégeant. Grâce à votre manière d’associer les plantes, vous allez attirer le promeneur vers telle ou telle partie, à l’image d’un peintre qui manipule le parcours de votre regard dans son tableau.

Une ode à la biodiversité Au-delà d’un aspect esthétique, composer ses massifs en diversifiant les espèces permet de maintenir le sol couvert de végétation tout au long de l’année. Celui-ci est ainsi moins exposé aux intempéries et aux risques de battance du sol (croûte qui se forme à sa surface lorsqu’il est laissé nu) ou d’érosion. Un massif peut également mélanger les genres, et mêler l’utile à l’agréable. Quelques légumes, très décoratifs, comme les haricots à rame, les haricots d’Espagne, les poirées à carde colorée, les arroches, les basilics vert et pourpre, ont leur place dans un massif coloré. Le gingembre japonais (Zingiber mioga) dont on consomme les rhizomes et les boutons floraux a ainsi fière allure à mi-ombre dans un massif aux allures exotiques. Dans le même esprit, les arbres fruitiers (pommier, poirier, arbousier, cognassier…) ont toute leur place dans des compositions végétales artistiques. Leur floraison, leur fructification et parfois même leur forme et la couleur de leur écorce participent à l’esthétique globale. De plus, outre le plaisir des yeux et des papilles, le mélange de plantes potagères et de plantes ornementales réduit les risques d’attaques parasitaires.

Une réponse aux aléas climatiques Prenons le cas de la haie. Elle permet de se soustraire aux regards avoisinants mais, surtout, elle contribue, lorsqu’elle est laissée libre de pousser comme dans le cas d’une haie champêtre, à réduire la vitesse des vents. Plantée de différentes essences, elle devient alors un massif coloré et parfois même gourmand. Pour stopper l’érosion d’un talus ou celle des berges d’un cours d’eau, vous pouvez avoir recours à un massif de plantes aux racines solides. En effet, placer des plantes de terrain humide sur le chemin de ruissellement des eaux de pluie limite l’érosion

des sols et contribue à conserver l’eau en facilitant son infiltration. D’ailleurs, la législation française en matière de gestion des eaux de pluie sur la parcelle encourage à traiter celles-ci sur place plutôt que de les mener au tout-à-l’égout ou de les laisser ruisseler sur la voie publique ou chez le voisin. Enfin, pour ménager des zones d’ombre bienvenues lors d’épisodes de canicules, un massif boisé se révèle très utile, contribuant à apporter de la fraîcheur au jardin même aux heures les plus chaudes.

Un vrai milieu comme dans la nature Les massifs ne sont pas simplement une collection de plantes assemblées selon nos critères de goût et de couleurs. Ce sont des tableaux vivants à construire patiemment. Ce sont de vrais milieux naturels dans lesquels chaque plante doit cohabiter le mieux possible avec ses voisines. Ce sont des écosystèmes qui tiennent compte des conditions de vie de chaque protagoniste. Pour s’en convaincre, il suffit d’observer la nature : une prairie naturelle présente un type de végétation avide de soleil et de lumière (flore héliophile) qu’un milieu forestier et son sous-bois (plantes sylvicoles) ne pourraient pas accueillir. Dans la garrigue, le sol caillouteux et aride a donné naissance à un biotope composé de plantes aux feuilles délicates et argentées de forme compacte, qui ont su s’adapter à la rareté de l’eau (flore xérophyte). À l’inverse, sur les berges de cours d’eau et de marais, une végétation adaptée (flore palustre) accepte d’avoir les pieds dans l’eau une partie de l’année et d’être plus au sec le reste du temps. La connaissance du monde végétal est donc essentielle, mais rassurez-vous, celle-ci est facilement accessible. Renseignez-vous auprès du pépiniériste ou du conseiller en jardinerie, lisez l’étiquette qui accompagne chaque plante et complétez ces informations par la lecture d’ouvrages ou la consultation de sites Internet spécialisés. Nul besoin de savoir parler latin ni d’apprendre par cœur une longue liste de noms botaniques. Vous y viendrez naturellement lorsque vous serez piqué par le virus du jardin !

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Mes massifs fleuris by Fleurus Editions - Issuu