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AVANT-PROPOS
Le paysage est visuel, sonore, odorant et même tactile. Dans son infinie diversité, il évolue à la lenteur que lui impose le temps, au rythme immuable du cycle quotidien du soleil et du cycle annuel des saisons. Écouter le paysage, c’est s’immerger dans une dimension sensible de la vie. Écouter le paysage, c’est retrouver une harmonie, un équilibre avec les éléments qui nous entourent. Écouter le paysage, c’est reprendre contact avec les autres êtres vivants de la Terre. Écouter le paysage, c’est découvrir des ambiances, des chœurs d’animaux insoupçonnés. Écouter le paysage, c’est simplement s’écouter soi-même.
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SOMMAIRE Préface
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La magie des chœurs de l’aube
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Forêt de Pureora
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Ganguddy-Dunns Swamp
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Mer Jaune
28
Bouriatie – Beloye Ozero
32
Temple du Bayon, Angkor
GÉORGIE
KENYA
60
31° EST
AFRIQUE DU SUD
66
31° EST
NORVÈGE
74
23° EST 36
POLOGNE Siemianówka
88° EST
9° EST
Sikkim - Lac Khecheopalri
56
35° EST
Parc national de Kaeng Krachan
INDE
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45° EST
Île Hornøya
99° EST
THAÏLANDE
50
Parc national Kruger
103° EST
CAMBODGE
MADAGASCAR
Réserve nationale du Masai Mara
107° EST
RUSSIE
48° EST
Réserve de Chachuna
127° EST
CORÉE DU SUD
46
Parc national d’Andasibe-Mantadia
150° EST
AUSTRALIE
SULTANAT D’OMAN Dhofar - Wadi Darbat
175° EST
NOUVELLE-ZÉLANDE
54° EST
42
CAMEROUN
80
84
Mont Kupe
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5° EST
FRANCE
52° OUEST 90
GUYANE
Dombes
Les Nouragues et le lac de Petit-Saut
5° EST
64° OUEST
FRANCE
94
ARGENTINE
Haut-Diois
Péninsule Valdés
4° EST
69° OUEST
FRANCE
98
Camargue - Vaccarès
104
Estrémadure
112
Oued Toundoute
116
Îles Canaries – Parc rural d’Anaga
17° OUEST Höfði
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Mont-Tremblant
ÉQUATEUR
154
Forêt des nuages du Chocó
COSTA RICA
158
Parc national Barbilla
ÉQUATEUR 120
Parc national des oiseaux du Djoudj
ISLANDE
CANADA
90° OUEST
16° OUEST
SÉNÉGAL
Lac Titicaca
83° OUEST
16° OUEST
ESPAGNE
142
78° OUEST
6° OUEST
MAROC
138
74° OUEST
6° OUEST
ESPAGNE
PÉROU
132
128
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Galápagos Enregistrer le paysage
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Table des séquences sonores par pays
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Index
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Crédits photographiques
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PRÉFACE
N
ovembre 2007 : alors que je participe à une mission scientifiique sur les oiseaux à la station de recherche des Nouragues, au cœur de la forêt guyanaise, je rencontre un naturaliste d’un genre particulier, armé d’un micro équipé d’une parabole et d’un magnétophone, dont les connaissances, l’humilité, la générosité et la gentillesse ne tardent pas à susciter l’admiration. Ce naturaliste, qui préfère se défiinir comme un audio-naturaliste, c’est Fernand Deroussen. Fraîchement arrivé en Guyane, Fernand semble déjà connaître et reconnaître un grand nombre de sonorités de la forêt, pourtant si particulières dans cette partie de l’Amazonie. Je suis immédiatement frappé par le rapport qu’il entretient avec la nature qui nous entoure. Pour lui, écouter la nature, c’est bien plus que faire le catalogue de ses sons, ce qu’il fait admirablement. C’est surtout une manière de connaître et d’accorder au monde notre esprit et nos sens, de recevoir ce qui est offert par la nature pour se sentir vivant et, au fiinal, de prendre conscience de notre communauté de destin avec les écosystèmes et la biodiversité qu’ils abritent, en révélant la beauté sonore de la nature. Une rencontre marquante qui transformera ma propre expérience des sons de la nature, et sera la première d’une série de rendez-vous dans des paysages sonores tous plus beaux les uns que les autres. À chaque fois, Fernand parvient, sans diffiiculté apparente et sachant d’emblée où se placer avec ses microphones, à capter l’identité sonore des lieux, à apprivoiser le dialogue qu’entretiennent les différentes espèces entre elles dans des environnements naturels qui sont autant de salles de concert aux propriétés acoustiques uniques, que viennent moduler l’heure de la journée, le vent qui soufflle, ou le murmure d’un ruisseau. Quand vient l’heure du partage, casque sur les oreilles, on est saisi par la qualité et la beauté des enregistrements qui diffusent une musique du vivant qui est à la fois source d’émerveillement, de plaisir, et même de bien-être. Dans Les Chœurs de l’aube, Fernand Deroussen nous ouvre ses monumentales archives sonores, patiemment constituées depuis 40 ans, pour un tour du monde des chœurs de l’aube, ces instants au lever du soleil où les chants de nombreux oiseaux, souvent de différentes espèces, s’unissent en un concert matinal puissant, musical, et propre à chaque lieu. En effet, la composition du chorus et les circonstances varient d’un endroit à l’autre, d’une saison à l’autre, parfois d’un jour à l’autre. Ainsi, et c’est là le fiil conducteur aussi simple qu’ingénieux de cet ouvrage, tandis que la Terre tourne et que les jours succèdent aux nuits, les chœurs de l’aube se relaient d’est en ouest, faisant naître une immense partition planétaire qui se rejoue chaque jour.
Ce voyage initiatique commence donc là où on considère, par convention, que le jour se lève en premier, en Nouvelle-Zélande, dans l’une des plus belles forêts primaires de cette grande île, où résonnent les chants étranges d’oiseaux appartenant à des familles inconnues chez nous, pour se terminer, toujours dans le Pacifiique, dans l’archipel des Galápagos, en compagnie des fameux pinsons et moqueurs qui ont inspiré Charles Darwin, en passant par de nombreux lieux dont la simple évocation est déjà une promesse d’émerveillement et de découvertes. Chaque étape du voyage fait l’objet d’un enregistrement d’environ cinq minutes, accessible par QRcode ainsi que d’une chronique naturaliste qui permet de comprendre comment Fernand, au gré de ses réalisations, a fait de l’écoute du vivant un moyen de connaissance et d’émerveillement, en conjuguant l’utilisation savante des microphones avec celle du carnet de terrain et de l’appareil photo, dans la plus pure tradition naturaliste. Au-delà de l’écoute elle-même, l’évocation des paysages, des espèces et des circonstances de chaque enregistrement enrichit encore l’expérience : notre imaginaire, d’abord éveillé par les noms de contrées lointaines, rencontre alors une réalité insoupçonnée : celle de la richesse et de la splendeur de leurs paysages sonores. Les images surgissent de l’écoute elle-même, et la lectrice et le lecteur deviennent, l’espace de quelques instants, les compagnons de terrain de l’auteur. Depuis notre première rencontre en Guyane, j’ai compris, grâce à Fernand, que la nature ne se révèle jamais autant que lorsque nous prenons le temps de l’écouter véritablement, et que cette attention portée au monde vivant contribue à notre bonheur. Avec Les Chœurs de l’aube, Fernand Deroussen partage une part essentielle de cette longue quête personnelle, celle d’un audionaturaliste de talent qui a consacré sa vie à recueillir les voix du vivant, convaincu qu’en nous permettant de les découvrir et de les écouter, il contribue à éveiller en nous cette capacité d’émerveillement qui nous relie à la nature. Car, au fond, on aime ce qui nous émerveille et on protège ce que l’on aime. Puisse ce livre éveiller en chacune et chacun de nous cette attention au monde, cette curiosité et cet enchantement qui sont au cœur de son engagement depuis tant d’années. Gaillac, le 9 juillet 2026 Christophe Thébaud Professeur à l’Université de Toulouse Membre de l’Academia Europaea
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LA MAGIE DES CHŒURS DE L’AUBE
L
e voyage est, pour nombre d’entre nous, un besoin de découverte. Il peut prendre bien des formes : tourisme, exploration artistique ou scientifique, ouverture à l’autre, découverte culinaire ou poétique, engagement humanitaire ou quête d’aventure... Pour ma part, le voyage m’a toujours conduit au cœur d’une nature souvent parmi les plus sauvages, afin d’en découvrir la richesse sonore. Depuis plus de cinquante ans que je parcours le monde, je n’ai cessé de l’observer, de l’écouter et de l’enregistrer, avec un seul objectif : partager ensuite la beauté des émotions ressenties lors de mes rencontres avec le public. L’ambition de cet ouvrage est précisément celle-là : vous accompagner là où votre oreille n’ira jamais, dans les forêts les plus profondes, tropicales ou tempérées, dans les steppes balayées par le vent, au bord d’étangs et de deltas sauvages, dans les déserts brûlants ou sur les glaces de l’Arctique, à travers une diversité de lieux où la nature peut encore s’exprimer au fil des saisons à la découverte de sonorités qui évoluent en permanence et qui sont d’une infinie diversité.
De méridien en méridien Le choix du déroulé des textes et des séquences fut un véritable casse-tête : comment proposer une progression cohérente à toutes ces ambiances ? J’ai reçu de nombreux témoignages concernant mon premier ouvrage1, soulignant que beaucoup de lecteurs prenaient plaisir à lire une histoire par jour, à leur rythme. En effet, le livre ne se lit pas d’une traite, comme un roman. Il peut offrir chaque jour un petit moment de détente, à travers la lecture, la contemplation des photographies et l’écoute des ambiances. Un peu comme un recueil de petites histoires que l’on raconte aux enfants le soir, avant de s’endormir. Pour ce nouvel ouvrage, le choix du déroulement des ambiances m’est finalement apparu simple et logique : je laisse la planète tourner sur elle-même au fil du temps et des pages, et vous invite ainsi à découvrir les pays au rythme d’une longue journée. Tout commence là où l’homme a décidé que chaque jour commence, en Nouvelle-Zélande, puis, au fil de la rotation terrestre, en Australie et en Asie, pour s’achever, en fin d’ouvrage, dans les îles Galápagos, qui concluent ce vaste voyage à travers la planète. Ainsi, à mesure que l’on tourne les pages, trente lieux et autant d’histoires de terrain, de voyages et de paysages se dévoilent à travers les mots, les photographies et les sons accessibles grâce aux QRcodes.
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Ambiances et chorus Nous sommes au mois d’avril, au cœur du printemps, dans une forêt du Haut-Diois, au pied du Vercors. Il n’est pas encore 5 heures : c’est le lever du jour. La nuit n’est plus ; elle est absorbée par la lumière, alors que les rayons du soleil, sous l’horizon, sont encore absents. Cela dure moins d’une heure, toujours dans une fraîcheur relative. C’est durant cette courte période que naît doucement, d’abord, puis avec ferveur, le grand chœur du réveil des oiseaux. C’est un moment où l’activité de l’homme est encore absente. Cette heure de la journée, le « chœur de l’aube », j’aime l’appeler le chorus. Ce sont ces quelques minutes entre la nuit et l’apparition du soleil qui ne sont que lumière et qui dévoilent les couleurs des paysages. Ces quelques minutes sont uniques dans le déroulement d’une journée et se manifestent principalement au printemps dans notre pays. C’est la pleine période des amours et de la reproduction des oiseaux, qui s’offre aux oreilles de ceux qui se lèvent tôt. Sous d’autres latitudes, surtout tropicales, le phénomène est similaire chaque matin, mais il tend à apparaître avec les rayons du soleil et non au lever de la lumière, car l’aube y est très rapide. De plus, les chœurs de l’aube se répartissent au long de l’année entre saisons sèches et saisons des pluies. Mais le chorus ne se résume parfois pas qu’aux seuls levers du jour : il peut apparaître à d’autres moments de la journée, et même de la nuit un phénomène similaire. Ainsi, sous le chaud soleil d’été, les chorus de cigales sont bien connus
en Provence. Le soir, les chorus de batraciens (grenouilles et crapauds) se manifestent eux aussi, portés par une grande ferveur reproductrice. Ce qui caractérise donc le chorus, c’est l’ambiance particulière qui, à un moment donné, rassemble plusieurs espèces de familles différentes pour composer une grande symphonie du vivant. Rien ne semble se décider au hasard. Tout commence, pendant quelques minutes, par un ou deux chanteurs, puis les autres oiseaux et animaux prennent le relais. Ainsi, durant quelques minutes les chants semblent s’entremêler dans un rythme évolutif. Cela se déroule comme une musique dite répétitive, où les notes changent sans que l’oreille le perçoive vraiment. Alors que les premiers commencent à se taire, un remplacement s’opère. Chaque espèce, l’une après l’autre, a son propre moment de réveil, sa propre horloge biologique par rapport à la durée du jour, la température ambiante et la saison. Puis, doucement, les mélopées diminuent et, chacun ayant trouvé sa place dans le paysage, les chants deviennent plus ponctuels et isolés, marquant simplement le territoire occupé par chaque espèce. Les chorus sont une particularité sonore du monde sauvage à travers l’ensemble de la planète, apparaissant au fil des jours, des latitudes et des saisons. Les milieux préservés en sont les plus riches. 1. F ernand Deroussen, Symphonies sauvages, Paris, Rustica, 2025.
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38,506 6° S – 175,591 3° E
175° EST
NOUVELLEZÉLANDE Forêt de Pureora
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Tree Top ora – e To r we Pu e
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é la -Z
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u Nord – Nou ve ed l Î ll –
F o r êt d Les interprètes
Miro de Garnot (Petroica longipes) Glaucope de Wilson (Callaeas wilsoni) Nestor superbe (Nestor meridionalis)
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4-5 OCTOBRE 2013
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Un lieu remarquable
Le chorus
La forêt de Pureora (Pureora Forest Park), située dans l’île du Nord de la Nouvelle-Zélande, est une ancienne forêt tempérée d’une grande richesse botanique. Elle se caractérise par la présence dominante de podocarpes géants, des conifères endémiques qui structurent la canopée et donnent à la forêt toute sa verticalité. Les espèces majeures — rimu, kahikatea, miro, mataī et tōtara — forment une architecture forestière impressionnante, avec des troncs massifs s’élevant droit vers la lumière et des cimes qui se rejoignent à plus de quarante mètres de hauteur. Certains individus atteignent 50 à 60 m, témoins vivants de plusieurs siècles d’évolution forestière. Sous cette voûte majestueuse, le sous-bois, plus sombre et humide, abrite une végétation dense de fougères, de mousses et d’arbres plus jeunes, créant une succession de strates végétales typique des grandes forêts podocarpiques. Cet ensemble confère à Pureora un caractère spectaculaire et en fait l’une des forêts tempérées anciennes les plus emblématiques de Nouvelle-Zélande.
À mon arrivée le 4 octobre en fin d’après-midi, le temps est maussade, couvert, presque pluvieux, et le silence règne sur la forêt. La première émotion est visuelle : la hauteur des arbres, âgés de 200 à 300 ans, est impressionnante, tout comme le sous-bois impénétrable, couvert de mousses, de fougères et de plantes fleuries telles que les fuchsias. Une puis deux hermines se faufilent ; introduites par l’homme, elles pullulent en Nouvelle-Zélande et constituent un problème majeur pour les animaux endémiques de l’île. Entre les deux, des buissons, de jeunes arbres et des fougères arborescentes essaient de se frayer une place vers le soleil. Le silence n’est qu’à peine troublé par un léger vent qui balaie le houppier des grands arbres. Une heure de repérage sur un sentier parfaitement entretenu mène à la découverte, au bout d’un détour dans la forêt, d’une tour de plus de 50 mètres de haut : la Tree Top Tower, que je gravis par des escaliers en paliers successifs. Au fur et à mesure de l’ascension, la lumière se fait plus vive et, sur la plate-forme sommitale, apparaît une vision incroyable de la canopée de la forêt qui s’étend en une mer de verdure. C’est bien là qu’il me faudra revenir le lendemain matin, à l’aube, pour le chorus.
Des arbres : des podocarpus de près de 50 m de hauteur et de plusieurs centaines d’années.
5 octobre. Nuit courte. Il est à peine 4 heures. Pas un souffle de vent, un silence presque total, si ce n’est le chant répétitif d’un oiseau lointain. Il est temps de rejoindre la tour et de m’installer pour le chœur de l’aube, le chorus du matin. Arrivé au sommet, c’est comme une grande bouffée sonore qui me parvient. Des Miros de Garnot chantent pour marquer leur territoire. Le plus proche se tient face à la tour et ne s’inquiète pas de ma présence passive. Il fait frais, mais cela est agréable, surtout dans une telle ambiance. Deux autres oiseaux se manifestent : un Glaucope de Wilson et surtout un perroquet, le Nestor superbe, aux appels déchirants. Ce n’est pas un grand chœur de l’aube par son intensité, mais par sa qualité et la beauté du mélange des trois oiseaux chanteurs, dont les voix ne semblent jamais se superposer, comme si chacun respectait l’autre dans ses messages. Ce chorus exceptionnel du bout du monde durera plus d’une heure.
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Du haut de la tour d’observation (à droite), bouquet de fougères géantes (ci-dessus) et des oiseaux : Miro de Garnot (à gauche), Glaucope de Wilson (au centre) et Nestor superbe (à droite),
La hauteur de la tour, au cœur même du feuillage de la canopée, est de toute évidence un atout pour la découverte, l’écoute et l’enregistrement des chants d’oiseaux, qui apparaissent alors beaucoup plus purs et nets, non absorbés par la végétation buissonnante et le sol. Heureux de ce merveilleux moment de communion avec la forêt, je redescends vers 9 heures, car depuis un certain temps, au loin, des bruits de moteurs apparaissent et surtout les chants d’oiseaux se dispersent et s’éteignent.
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32,837 4° S – 150,209 2° E
150° EST
AUSTRALIE Ganguddy-Dunns Swamp
lie
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e lle-Gall s du Sud e v u –A No
Dunns Sw a m p– Les interprètes
Siffleur itchong (Pachycephala rufiventris) Kookaburra ou Martin-chasseur géant (Dacelo novaeguineae) Méliphage de Nouvelle-Hollande (Phylidonyris novaehollandiae) Polochion criard (Philemon corniculatus)
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20 NOVEMBRE 2015 4H
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Le chorus
Un lieu remarquable Dunns Swamp, aussi appelé Ganguddy, est un endroit où l’eau, la forêt odorante d’eucalyptus et la roche érodée forment un ensemble insolite. Il est situé au cœur du parc national de Wollemi, en Nouvelle-Galles du Sud. C’est une vallée encaissée, cernée de falaises de grès doré sculptées par le temps. Certaines prennent la forme de pagodes rocheuses, empilées comme des temples naturels. Au fond, la rivière Cudgegong s’élargit en un plan d’eau calme. L’ambiance est paisible et un peu mystique. Le soir, les rochers s’embrasent de teintes orangées et roses au coucher du soleil.
Quatre heures. Lever hâtif pour rejoindre un grand bosquet de callistemon en pleine floraison, avec ses grappes de fleurs rouge rosé en épis et abondantes. Ce lieu était fréquenté la veille au soir par de nombreux oiseaux de la famille des méliphages venus se nourrir du nectar. À mon arrivée, la nuit est encore complète. L’approche est malaisée : je progresse difficilement dans un enchevêtrement de végétation basse rappelant nos ronciers européens. Je porte des bottes hautes, le secteur étant connu pour la présence occasionnelle du cobra noir, espèce au venin puissant ; toutefois, compte tenu de la chaleur actuelle, le risque semble limité. Un wallaby, surpris, surgit presque à mes pieds avant de disparaître aussitôt dans les fourrés, ne laissant qu’un bref bruit de feuilles mortes déplacées. Un premier chant se fait entendre au sommet de l’arbuste. Je prends le temps d’installer les microphones, puis je me mets en attente, prêt à enregistrer la séquence sonore du site.
ci-contre : Bouquets en fleurs de Callistemon qui nourrissent les oiseaux méliphages avec délectation.
à droite : Paysage du Ganguddy-Dunns Swamp qui accueille le Siffleur itchong (en haut) et des Polochions criards (en dessous) mais aussi, bien plus silencieux, de nombreux Wallabies (ci-dessous).
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