
Objets et matériel chamaniques

























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Les mondes spirituels sont pour partie une juste réplique de ce que l’on trouve dans le monde matériel. Le voyage dans l’astral implique d’entrer en transe. Les informations indiquées dans la partie « Préparer ses pratiques et rituels chamaniques » sont les étapes incontournables pour voyager dans ces mondes de manière sécurisée, mais à la condition de ne pas avoir de pathologies ni de troubles psychiatriques, de ne pas consommer d’alcool, médicaments ou stupéfiants. Ne pratiquez pas de voyages astraux, ni de rituels chamaniques si c’est le cas. Cela pourrait ouvrir l’espace à des entités et défunts qui devraient rester de l’autre côté, et cela pourrait aggraver vos symptômes. Rapprochez-vous d’un praticien chamanique ou chaman si c’est le cas. De même, si vous êtes de nature anxieuse, angoissée, et que vous vous sentez à côté de vos baskets la plupart du temps, prenez absolument le temps de travailler votre ancrage. Pour ma part, je n’ai fait que ça tous les jours durant une année. Le travail chamanique peut être fastidieux, long et lent parfois. Mais c’est pour mieux nous préparer à la suite.









Aucun conseil dispensé dans cet ouvrage ne peut remplacer l’avis d’un médecin ou d’un thérapeute qualifié, et aucune de ces pratiques ne peut se substituer à un traitement. N’arrêtez jamais un traitement sans en référer d’abord à votre médecin.










Ce guide ne promeut aucune pratique visant à nuire à qui que ce soit. Le chamanisme, tel que je le pratique et l’aborde ici, est une spiritualité visant à faire rayonner la paix, l’amour et la lumière dans les cœurs, mais également à donner du sens au quotidien et à l’incarnation de l’Homme sur terre en le plaçant consciemment dans la grande chaîne du vivant. En cela, le chamanisme permet de soutenir l’équilibre des forces cosmiques et terrestres afin d’assurer la pérennité de chaque règne et de la vie en général.









































Les anthropologues situent l’origine du chamanisme à plus de 40 000 ans, c’est-à -dire à l’époque du Paléolithique supérieur. Les peintures rupestres retrouvées dans des grottes comme Lascaux ou Chauvet, ainsi que certaines sépultures ornées d’objets rituels, témoignent déjà de cette présence. Ces traces anciennes suggèrent que la dépouille pouvait avoir une fonction spirituelle, celle d’un intermédiaire entre les mondes, d’un guérisseur ou d’un passeur d’âmes.
Un chamanisme aux multiples formes
Le chamanisme est une spiritualité animiste, basée sur le culte de la nature et des ancêtres. On retrouve ces racines communes dans toutes les cultures chamaniques, et ce pour une bonne raison : le chamanisme originel est la puissance, la puissance spirituelle grâce à laquelle l’homme peut se relier au vivant, à son propre pouvoir personnel, sa lumière et sa force. C’est à partir de ce grand vivant dont nous faisons partie que les ancêtres et les esprits de la nature viennent nous transmettre leur protection, leur sagesse, leurs savoirs, leur amour et leurs médecines.
Nous, les Hommes, avons créé des frontières, vivons dans des territoires distincts de par leur nature (végétation, animaux, topographie…) et leur histoire singulière (ce que l’on nomme la légende), et cela a forgé ou a contribué à créer des cultures distinctes : langues, musiques, danses, contes, symboles…
Aujourd’hui, avec les moyens d’information et les possibilités de voyages qui nous sont offertes, vous pourrez constater qu’il existe autant de chamanismes qu’il existe de peuples originels, car nul ne peut détacher cette voie spirituelle du milieu naturel dont elle est issue.

Le chamanisme est profondément enraciné dans une culture et un territoire qu’il n’est pas possible d’ignorer lorsqu’on s’engage dans cette voie par la porte d’une ancestralité, plutôt que par celle du chamanisme universel. Cependant, je crois profondément ‒ et ce depuis toujours ‒qu’il y a autant de chamanismes que de chamans. Car le chamanisme est une spiritualité qui ouvre la porte à l’expression de votre singularité.
Il existe, par exemple chez les peuples premiers amérindiens, un chaman qui est appelé Heyoka. L’Heyoka vous mènera sur la voie de votre propre guérison grâce à sa vision et sa marche bien à lui, atypique,
à nulle autre pareille. Marcher sur la voie de l’Heyoka, du clown sacré, c’est accepter de faire partie du monde en affirmant sa différence, c’est embrasser toute son unicité et la faire rayonner, c’est s’accepter inconditionnellement.
Un ancrage profond dans la reliance Ă la nature
Le chamanisme est le culte de l’ancêtre et de la nature. Vous aurez bien compris que, suivant l’écosystème d’où provient la racine chamanique, les esprits de la nature vont avoir une forme et un nom propres à leur environnement (par exemple en Europe, on parlera du sanglier
et en Afrique du phacochère). Cependant, l’origine du chamanisme datant de plus de 40 000 ans, peut-on faire abstraction des gestes, prières, chants, tissages, danses… des anciens qui se sont connectés avec ces mêmes Esprits auparavant ?
Tous ces gestes et codes qui ont été canalisés et réalisés depuis des centaines, voire des milliers d’années ont un sens et sont imprégnés de la force de tous les ancêtres qui les ont pratiqués avant. Ainsi, impossible de chamaniser sans conscience de ses lignées, sans se rattacher à la sagesse, la protection et la puissance des ancêtres, donc sans respect
des aînés. Sans cela, vous vous apprêtez à sauter à l’élastique sans élastique. Comme dit une amie qui se reconnaîtra : « Bon courage ! »
Pourtant, malgré leurs formes multiples, toutes les traditions chamaniques partagent un même souffle : le lien entre la Terre et le Ciel.
Elles portent la vision d’un monde sacré où tout cohabite, s’entrelace et se nourrit mutuellement ; un monde où chaque être, chaque élément, chaque souffle est nécessaire à l’autre ‒ qu’il appartienne au règne animal, végétal, minéral ou humain.
En Amazonie, on parle d’un chamanisme vert, fondé sur la relation à la Madre Selva, la grande Mère Nature de la forêt. Sur ce même continent américain, le chamanisme prend d’autres formes : chez les peuples du nord de l’Amérique, les autochtones honorent le Cercle de Vie et le Grand Esprit, célébrant l’unité du vivant. En Mongolie, le chamanisme mêle rituels ancestraux et objets de pouvoir issus à la fois des traditions bouddhistes et chamaniques. L’histoire politique du pays a profondément transformé cette pratique : ainsi, à partir du xviie siècle, le bouddhisme tibétain, imposé sous l’influence chinoise, s’y est entrelacé au chamanisme, donnant naissance à une tradition singulière, à la croisée de deux mondes spirituels.

Les chamans ont cette conscience que chaque âme, qu’elle réside dans la pierre, la feuille, l’animal ou l’homme, dépend des autres règnes. C’est sur cette interdépendance que repose l’équilibre du monde, tout comme la lumière n’existe qu’à travers l’ombre, et l’ombre à travers la lumière.
Le chemin de l’âme ne se limite pas à sa vie incarnée dans la matière. C’est pourquoi le chaman est un intercesseur entre les mondes visible et invisible. Il voyage, guidé par ses alliés spirituels et ses ancêtres, à la rencontre des Esprits,
âmes ou forces ‒ qu’il s’agisse des éléments, des esprits de la nature ou des défunts ‒ pour rétablir l’équilibre et réconcilier le vivant dans toutes ses dimensions.
Tout ce qui n’œuvre pas pour l’équilibre des forces mais pour un intérêt personnel n’est pas du chamanisme. Sorcellerie, magie noire et autre mauvais œil ne sont pas du chamanisme.
Avant toute chose, le chamanisme est une spiritualité. Le sacré est ouvert à tous et est partout, pas seulement dans les temples ou les églises, mais il est au contraire bien présent autour de nous et en particulier dans la nature.
Toute personne – et même au-delà , toute âme – est spirituelle par essence.
Dans la tradition chamanique, nous disons que l’homme de même que tous les règnes disposent de plusieurs corps subtils au-delà du corps physique :
• le corps d’énergie, dit souffle ;
• le corps de rêve, appelé aussi double astral ;
• le corps de lumière ou corps arc-en-ciel, l’esprit.
Dans d’autres traditions souvent plus connues comme l’hindouisme et la voie yogique, on parlera des sept corps qui sont regroupés ici sous ces appellations :
• le corps physique ;
• le corps éthérique ;
• le corps astral ;
• le corps mental ;
• le corps causal ;
• le corps bouddhique ;
• le corps atmique.
Le corps de lumière, ou corps arc-en-ciel, correspond à l’union des corps bouddhique et atmique.
L’art de se relier au vivant
Ainsi, c’est connectĂ© Ă nos corps spirituels que nous nous incarnons sur terre. On ne peut dissocier l’esprit de la matière, car la matière n’existe que parce qu’elle est passĂ©e par l’esprit auparavant. Vous ĂŞtes matière, mais vous ĂŞtes aussi esprit, et l’art chamanique, c'est unir les deux : matĂ©rialitĂ© et spiritualitĂ©. Il ne s’agit donc pas d’un domaine rĂ©servĂ© Ă
quelques initiés, qu’ils soient chamans ou non. Nous sommes tous des êtres spirituels, ancrés dans un corps qui respire, relié au souffle de vie, c’est-à -dire l’âme. L’âme, selon la philosophie grecque, est le principe vital et spirituel qui anime le corps. Chaque être fait partie de la nature, et chaque respiration est un acte sacré, profondément spirituel, connecté à l’âme.
La spiritualité chamanique nous relie au vivant, depuis le souffle profond de la Terre Mère jusqu’au vol léger d’un papillon. Elle nous invite à reconnaître que nous vivons les uns grâce aux autres, et à entrer dans un processus d’équilibre, de gratitude et de conscience ; comme remercier la nature pour ce qu’elle nous offre, en déposant une offrande, se présenter humblement lorsqu’on arrive dans un nouveau lieu, et demander la permission
aux gardiens des lieux, allumer une bougie, ou prononcer une prière pour nos défunts, afin d’honorer le lien qui demeure au-delà du visible.
Vivre selon cette voie, c’est entrer avec humilité dans la roue de la Vie, dans un mouvement perpétuel de gratitude, de respect et d’amour ‒ les plus hautes vibrations qui nous relient à la Source, à l’Esprit créateur.
Et lorsque vient le grand passage, nous retournons à la terre, celle qui nous a portés et nourris. Nous lui offrons à notre tour notre corps et notre souffle, dans l’humilité, la gratitude et le respect, bouclant ainsi le cercle du vivant.
