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L'alimentation selon Hildegarde de Bingen

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S ommaire

7 Hildegarde de Bingen (1098 1179) : une femme visionnaire à l’héritage intemporel 9

• Les grandes étapes de sa vie ............................. 10

• Les principales œuvres d’Hildegarde 11

Hildegarde et la naturopathie 15

• Hildegarde est-elle la première naturopathe ? 16

• Les cinq grands principes de la naturopathie 17

• Hildegarde et la naturopathie : les divergences 18

et la médecine humorale 21

• Qu’est-ce que la médecine humorale ? 22

• Hildegarde revisite la « théorie des humeurs » 23

L’alimentation médiévale et la vision hildegardienne 25

LA NOURRITURE COMME NÉCESSITÉ, SYMBOLE ET MÉDECINE 26

• Le Moyen Âge, entre réalité matérielle et diktat religieux 26

• Hildegarde, au-delà de cette vision alimentaire 26 SIMILITUDES ET NUANCES 27

• Le règne des céréales ...........................................

• Le monde des légumes et des potages 27

• La place de la viande et des jours maigres

• Le Moyen Âge mange ce qu’il peut, Hildegarde ce qui soigne 29

• La classification des aliments, véritable innovation hildegardienne 29

• La notion de viriditas, totalement absente du régime alimentaire de l’époque 29

• Les graisses

céréale

HILDEGARDE ET LES LÉGUMES 57

• Les légumes recommandés par Hildegarde ......................................................... 58

Hildegarde et le cru 63

• La liste noire d’Hildegarde 65

HILDEGARDE ET LES FRUITS 66

• Les fruits recommandés par Hildegarde 66

• La liste noire d’Hildegarde 71

HILDEGARDE, LES ÉPICES ET AROMATES ................................................................ 72

• Les épices et aromates recommandés par Hildegarde 72

LES BOISSONS RECOMMANDÉES

PAR HILDEGARDE 76

• L’eau : pure, tempérée, et jamais glacée 76

• Le vin : l’élixir de joie, de chaleur et de digestion 77

• L’hydromel doux : boisson de lumière et de joie 77

• Les tisanes de plantes et d’épices 78

• Le café d’épeautre 79 Cahier de recettes inspirées d’Hildegarde 81 PETIT-DÉJEUNER ........................................................ 82

• Habermus du matin au grand épeautre et aux pommes fondantes 82

SOUPES 83

• Soupe d’épeautre au fenouil 83

• Velouté doré carottes-fenouil à l’épeautre concassé 84

• Potage de cresson de fontaine 85

ENTRÉES............................................................................ 86

• Salade de betterave à l'hysope et au galanga 86

• Tartines d’épeautre, fromage frais et herbes du jardin 87

• Salade tiède de lentilles et légumesracines à la vinaigrette de pomme 88

• Céleri rémoulade au miso ................................. 89

PLATS 90

• Carottes confites au miel et au galanga 90

• Curry doux d’épeautre, patate douce et fenouil ....................................................................... 91

• Ragoût de légumes-racines à l’épeautre et au galanga .............................................................. 92

• Galettes d’épeautre aux herbes et au fromage 93

• Gruau crémeux d’épeautre au fenouil et aux amandes grillées 94

• Tarte salée aux orties ........................................... 95

• Poulet mijoté au vin de persil et aux coings 96

• Risotto d’épeautre aux légumes doux et au galanga 97

• Poêlée végétarienne d’épeautre, champignons et herbes simples 98

• Crumble de courgettes et parmesan 99

• Quiche « joyeuse » au fenouil 100 PAINS 102

• Levain d’épeautre maison ............................... 102

• Pain rustique aux orties 104

• Pain rustique d’épeautre « au cloître » 106

• Pain d’épeautre aux graines du jardin 107

• Pain d’épeautre doux à la cannelle (pain de collation) 108

• Pommes chaudes à la cannelle et au miel 109 • Biscuits de la joie ...................................................

• Gâteau réconfortant au galanga 112

• Gâteau moelleux d’épeautre aux poires et à la cannelle 113

ET ÉLIXIRS

• Tisane de fenouil « joie du cœur » 114

• Vin médicinal de galanga 115 • Café d'épeautre maison 116

• Hydromel doux aux épices

Harmonie » 117

• Vin de persil « moderne » 118

• Décoction d’épeautre pour l’esprit .............. 119

• Infusion pomme, cannelle et galanga 120

• Lait d’épeautre chaud et épicé .......................

• Miel au fenouil des Alpes et aux poires

ildegarde de B ingen (1098

1179) :

une femme visionnaire à l’héritage intemporel

M ystique, scientifique, musicienne, botaniste, abbesse et pionnière du bien-être holistique, Hildegarde de Bingen est l’une des figures féminines les plus fascinantes du Moyen Âge.

Elle n’a cessé de surprendre, d’innover et de repousser les limites imposées aux femmes de son époque. Son œuvre embrasse la théologie, les plantes médicinales, la psychologie, la symbolique des couleurs, la diététique et la musique céleste. Dans un monde où les femmes n’avaient ni autorité publique ni accès officiel au savoir, Hildegarde s’est imposée comme une voix majeure.

Les grandes étapes de sa vie

ENFANCE ET ÉVEIL MYSTIQUE

’ est en 1098, à Bermersheim, en Rhénanie-Palatinat, qu’Hildegarde1 naît dans une famille noble. Dernière de dix enfants, elle se distingue par des visions qu’elle ne comprend pas encore. À 8 ans, elle est confiée à Jutta von Sponheim, abbesse de sept ans son aînée, au couvent des bénédictines de Disibodenberg. Elle y apprend la prière, l’étude, la musique et les sciences naturelles.

UNE MONIALE PRÉCOCE

En 1113, Hildegarde – alors âgée de seulement 15 ans – reçoit le voile des mains de l’évêque Otton de Bamberg, ce qui présage une destinée exceptionnelle.

ENTRE RÉVÉLATION ET PREMIER OUVRAGE

En 1141, une vision décisive lui ordonne d’écrire ce qu’elle voit. Soutenue par Bernard de Clairvaux2 (1090-1153), puis par le pape Eugène III (1145-1153), Hildegarde rédige Scivias, l’une de ses œuvres principales.

FONDATION DES MONASTÈRES

En 1150, elle fonde le monastère de Rupertsberg, puis celui d’Eibingen en 1165. Elle dirige ses communautés avec intelligence et charisme, y développant une spiritualité lumineuse centrée sur l’harmonie.

1. Le prénom Hildegarde vient du germanique hild (« armée, combat »), et gardan (« savoir »).

2. Moine bourguignon, réformateur de la vie religieuse et saint catholique.

MÉDECINE, NUTRITION ET PLANTES

Dans Physica et Causae et Curae , Hildegarde décrit les plantes, les minéraux, les aliments et leurs effets sur la santé. Elle introduit la notion de viriditas , ou « force vitale », un concept étonnamment moderne, qui relie énergie physique, émotions et équilibre spirituel.

MUSICIENNE ET COMPOSITRICE

Elle compose plus de 70 pièces musicales réunies dans la Symphonia armonie celestium revelationum. Sa musique, visionnaire, reflète sa compréhension mystique de l’harmonie universelle.

UNE FEMME PUBLIQUE ET PROPHÉTESSE

À plus de 70 ans, Hildegarde prêche publiquement, ce qui est exceptionnel pour une femme. Elle conseille empereurs, évêques et rois. Sa correspondance de plus de 300 lettres témoigne de son influence politique et spirituelle.

FIN DE VIE ET HÉRITAGE

Le 17 septembre 1179, alors qu’elle est âgée de 81 ans, Hildegarde meurt le jour qu’elle avait prédit. Canonisée et proclamée docteur de l’Église par le pape Benoît XVI en 2012, elle reste une figure majeure de la spiritualité, de la musique et de la médecine naturelle.

Son approche holistique inspire encore aujourd’hui nutritionnistes, thérapeutes et chercheurs. Hildegarde est aujourd’hui une référence incontestée dans des domaines aussi variés que la médecine naturelle, la nutrition, la spiritualité, la musique sacrée et la cosmologie médiévale.

Le saviez-vous ? La Sainte Hildegarde se fête tous les ans le 17 septembre.

Les principales œuvres d’Hildegarde

La plupart de ses écrits sont réunis dans le Riesencodex , un grand livre conservé à la bibliothèque régionale de Hesse, à Wiesbaden, en Allemagne.

1141-1151 : Scivias (« Connais les voies ») ou Livre des visions

Premier grand livre visionnaire d’Hildegarde, Scivias rassemble vingt-six visions théologiques reçues entre 1141 et 1151.

L’ouvrage expose la création, la chute, la rédemption et la mission de l’humanité dans un vaste tableau cosmique. Illustré de miniatures symboliques, c’est le texte fondateur de son autorité spirituelle. C’est aussi l’œuvre qui a révélé Hildegarde à son époque, affirmant sa voix de prophétesse.

1151-1158 : Causae et Curae (« Les causes et les remèdes »)

Grand traité médical et psychophysiologique, ce texte explore les causes des maladies, leurs liens avec les humeurs, les émotions, les comportements et l’environnement. Hildegarde y décrit également de nombreux remèdes : plantes, aliments, pierres, pratiques corporelles et recommandations de vie.

C’est son ouvrage le plus proche de la naturopathie moderne, un véritable guide holistique du bien-être au xiiesiècle.

Vers 1155-1160 : Symphonia armonie celestium revelationum (« Symphonie de l’harmonie des révélations célestes »)

Recueil de chants liturgiques et d’hymnes d’une grande originalité, composés pour les offices au Rupertsberg. Hildegarde y exprime une mystique sonore où la musique devient un langage divin et une médecine de l’âme.

Ces pièces, encore chantées aujourd’hui, témoignent de son génie musical et de sa vision de la musique comme vibration cosmique.

1158-1163 : Liber vitae meritorum (« Le livre des mérites de la vie »)

Deuxième grande œuvre visionnaire, structurée comme un dialogue entre les vertus et les vices. Hildegarde y dresse une cartographie morale et psychologique de l’âme humaine, montrant comment les choix de vie conditionnent la santé spirituelle et corporelle.

C’est un texte d’éthique vivante, où l’être humain se transforme par ses actes.

1163-1174 : Liber divinorum operum (« Le livre des œuvres divines »)

Son œuvre la plus complexe et la plus aboutie. Hildegarde y déploie une vision cosmologique unifiant le macrocosme (l’univers) et le microcosme (l’être humain). Elle décrit l’harmonie universelle, les forces vitales, les mouvements célestes et les liens entre l’âme, le corps et le cosmos.

Ce livre est considéré comme l’un des plus grands textes mystiques du Moyen Âge.

Vers 1150-1160 : Physica (« Le livre des subtilités des créatures divines »)

Hildegarde y décrit les propriétés thérapeutiques de chaque élément, guidée par une intuition subtile de leur viriditas, la force de vie divine.

C’est le texte qui a le plus influencé la phytothérapie, la diététique et la cuisine hildegardienne modernes.

1150-1179 : Epistolae (correspondances)

Plus de 300 lettres adressées à des papes, des empereurs, des abbesses, des évêques, des religieux, des malades et de simples fidèles.

Hildegarde y offre des conseils médicaux, des exhortations spirituelles et des prises de position politiques.

Ce corpus révèle une femme d’une énergie extraordinaire, une conseillère respectée bien au-delà de son monastère.

Vers 1150-1170 : Œuvres diverses (Ordo Virtutum, pièces liturgiques, chants isolés)

Ordo Virtutum, drame musical allégorique, est souvent considéré comme le premier drame liturgique connu. Il met en scène la lutte intérieure entre l’âme et les vertus, chantées, face au diable qui, seul dans la pièce, ne peut pas chanter.

Ces œuvres montrent Hildegarde comme une pionnière de la dramaturgie musicale et une visionnaire de l’art sacré.

ildegarde et la naturopathie

« La force qui est en chacun de nous est notre plus grand médecin. »

Depuis l’origine du monde, la nature a été le garde-manger, la pharmacie et l’enseignante des êtres humains. C’est de cette exploration universelle qu’est née la naturopathie, même si cette pratique n’a pas toujours porté ce nom.

En effet, si l’on considère l’histoire de l’humanité à grande échelle, la médecine allopathique telle que nous la connaissons aujourd’hui est une science moderne, qui n’a que quelques siècles d’existence. Avant cela, les connaissances approfondies des plantes et de leurs usages constituaient la base des soins pratiqués par toutes les civilisations.

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