CHINOISE DIÉTÉTIQUE
Fondements, explications et recettes pour retrouver l’harmonie au quotidien

50 recettes












S ommaire
Introduction à la diététique chinoise
La diététique chinoise, quelques fondamentaux
Les cinq éléments, les cinq organes et les cinq émotions 16
Les cinq saisons, les cinq couleurs et les six perversités externes
Comment un aliment est-il défini ? 20
vert de printemps
de riz au saumon,
thé vert matcha
au thé vert matcha
Thé vert aux fleurs de chrysanthèmes et baies de goji
Salade de pastèque, comme une salade de tomates
Tartare de bœuf aux parfums asiatiques
Le tofu (fromage de soja)
Tofu de soie aux jeunes oignons de printemps
Aubergines au four, au miso
Gyunyukan à la gelée de lait de coco et framboises
Gruau de riz aux jujubes et graines de lotus
Intersaison
Le riz 90
Riz cantonais à l’ananas 91
La carotte 92
Salade tiède de carottes au cumin 93
Le pois chiche 94
Salade de pois chiches, avocat, concombre et cumin 95
La lentille 96
Salade de lentilles, façon taboulé 97
La patate douce 98
Curry de patate douce, épinards et pois chiches 99
Le poulet 100
Brochettes de poulet et mangue caramélisées au sésame 101
L’œuf de poule 102
Œufs marbrés au thé fumé et anis étoilé 103
Le porc 104
Porc caramélisé hong shao 105
La noix de coco et le lait de coco 106
Riz gluant à la mangue et au lait de coco 107
Le haricot azuki 108
Le gruau de riz aux haricots azuki 109
Automne
L’oignon 114
Pickles d’oignons roses de Groix 115
Le chou chinois 116
Soupe au chou chinois et saucisses fumées 117
L’endive 118
Tarte Tatin aux endives caramélisées, noix et chèvre 119
Le navet 120
Risotto aux navets et aux fanes, à la japonaise 121
Le champignon parfumé shiitake 122
Nouilles udon crémeuses aux champignons shiitakes 123
L’ail
Orecchiette aux brocolis et à l’ail 125
cèpe
Gratin dauphinois aux cèpes
La pomme
Gâteau invisible aux pommes, citron et myrtilles
Confiture de poires, jasmin et fleur d’oranger
miel
vapeur au miel et baies de goji
Hiver
d’algues
pâte miso
de champignons au miso
Le chou-fleur
Wings de chou-fleur, yaourt à la betterave et grenade
Le potimarron
Risotto au potimarron et coquilles Saint-Jacques
Le litchi
Poulet au curry rouge, lait de coco et litchis
Le gingembre
Saumon mariné esprit gravlax à la sauce soja et gingembre
châtaigne
Eton mess à la châtaigne, poire épicée et fève tonka
Le sésame noir
Cantuccini au sésame noir et cacahuètes
La patate douce violette
Cheesecake cru à la patate douce violette
Introduction
« Manger, c’est atteindre le Ciel » !
Cette célèbre citation chinoise en dit long sur l’importance de manger et de se nourrir dans la philosophie chinoise. Manger est un acte très concret : nous le faisons tous les jours. Mais il ne faut pas oublier la dimension énergétique et spirituelle de cette nourriture terrestre. Il ne faut pas non plus en négliger la notion de plaisir, voire de grâce, que l’on peut ressentir en savourant un bon plat ni celle du partage avec les autres, de l’amour, qui est aussi une forme d’Énergie.
Plus concrètement, il y a aussi l’idée du « Ciel » contenu dans un légume frais et vivant, de son Énergie qui va nourrir notre propre « Ciel » et notre Énergie ; l’idée de tout un monde de labeur et de bienveillance — celui de l’agriculteur, du maraîcher, de toute la chaîne humaine — grâce auquel ce légume nous parvient comme un cadeau dans notre assiette. Dans certaines civilisations anciennes, on bénissait cette nourriture venue de la Terre, mais aussi des dieux.
La diététique chinoise pourrait s’appeler diététique Taoïste, diététique du Yin et du Yang, diététique des cinq éléments. On pourrait aussi dire, tout simplement, diététique du bon sens et de la santé, fondée sur les principes de la médecine traditionnelle chinoise. Elle fait partie du Yang Sheng, c’est-àdire l’art d’entretenir correctement sa vie pour préserver sa santé.
À l’origine, elle constituait la branche majeure de cette médecine ancienne de plus de 5 000 ans : si l’on mangeait correctement, on ne tombait pas malade et l’on n’avait pas besoin de se soigner. La civilisation chinoise, s’étant depuis toujours intéressée aux principes d’Énergie et de vitalité, mais aussi d’immunité et de longévité, a compris depuis fort longtemps que bien manger était essentiel à la santé et que les aliments pouvaient contribuer à la préserver, à la fois en prévention, mais aussi comme médicaments.
Il est très courant aujourd’hui de s’intéresser aux bienfaits des légumes, des fruits et des graines ; les études scientifiques commencent à confirmer ce que des générations de médecins chinois avaient observé depuis très longtemps : on peut se soigner en mangeant correctement.
La diététique chinoise, comme d’ailleurs la médecine traditionnelle chinoise, se base sur les principes suivants :
• L’être humain, trait d’union entre le Ciel et la Terre, fait partie de la nature et dépend de ses lois : celles du Yin et du Yang, du jour et de la nuit, du soleil et de la lune, de l’hiver et de l’été, du masculin et du féminin, de l’Énergie et du Sang… mais aussi des cinq éléments (ou cinq mouvements) — Eau, Bois, Feu, Terre, Métal — liés aux cinq organes Rein, Foie, Cœur, Rate, Poumon. Pour être en harmonie avec la nature, il convient, si possible, de manger des produits frais, vivants, de saison et issus de sa région.
• Chaque être vivant possède une Essence, le Jing. Il est constitué d’une forme, d’une matière Yin et d’une énergie Yang. L’aliment, s’il est vivant, qu’il soit animal ou végétal, répond aux mêmes lois. Plus il est riche en Jing (Essence vitale), plus il nourrit notre propre Jing (Essence personnelle). Autrement dit, plus nous mangeons des produits frais, vivants, et les moins transformés possible, plus cela nous permet de rester pleinement vivants. L’aliment doit donc être considéré dans sa dimension énergétique autant que dans sa dimension physique.
• Chaque être humain est différent et unique, dans son état physique, énergétique et émotionnel. Son rapport à l’alimentation est personnel, intime, affectif ; il dépend de sa culture, de ses racines, de son éducation et de son mode de vie. Dans la cuisine du Tao (dao en pinYin), corps et esprit sont indissociables. Les aliments, comme les émotions, sont autant de nourritures bénéfiques ou préjudiciables. Plus le diagnostic est précis, plus l’adaptation à la personne est fine, et plus la diététique proposée est efficace.
Petite note pour le lecteur avant de commencer : certains termes chinois sont incontournables et seront écrits en pinYin, transcription phonétique du chinois, comme le Qi (Énergie) ou le Shen (Esprit).
On trouvera également des majuscules à certains mots lorsqu’ils renvoient à une réalité plus large que leur sens courant, par exemple l’Énergie, le Sang ou l’Esprit, ainsi que les organes comme le Cœur, le Rein… pris dans leur dimension symbolique au sein des cinq mouvements ou des cinq éléments, et non comme simples organes physiologiques.
Une majuscule sera aussi employée pour désigner certaines causes de maladies, comme les cinq énergies perverses — Humidité, Sécheresse, Vent… — ou parfois aussi les cinq émotions : Peur, Colère, Joie…
La diététique chinoise, quelques fondamentaux
HISTORIQUE
À l’origine de tout, dès la préhistoire, l’être humain a toujours dû se méfier de ce qu’il mangeait, au risque d’y laisser sa vie.
Chez les Chinois, on évoque le premier homme mythique, ancêtre de la diététique chinoise, Shen Nong, le « Divin Laboureur », qui aurait appris l’agriculture à son peuple, goûté plus de soixante-dix plantes en une seule journée sans en mourir, et découvert le thé en laissant tomber quelques feuilles dans une tasse d’eau.
L’Histoire raconte aussi que, dès 1 600 avant Jésus-Christ, sous la dynastie Shang, Yi Yin, célèbre cuisinier du roi, devint, grâce à ses talents culinaires et médicaux, Premier ministre à la Cour.
Sous la dynastie Zhou (de 1 100 à 221 avant Jésus-Christ), le diététicien occupait, à la cour des Empereurs, la première place dans la hiérarchie des médecins, avant l’acupuncteur et le chirurgien.
Les premiers textes classiques, le Huangdi NeiJing (entre 474 et 221 avant Jésus-Christ), exposent les premières notions médicales concernant la digestion, les natures et les saveurs des aliments. Il faudra attendre la dynastie Han (de 206 avant Jésus-Christ à 220 après Jésus-Christ) pour voir apparaître le premier inventaire de plantes et d’aliments considérés comme des médicaments.
Sous la dynastie Tang (de 618 à 907), Sun Simiao, célèbre médecin, consacre une grande partie de ses écrits au traitement par l’alimentation. Il disait : « Lorsque vous voyez un patient pour la première fois, commencez par régler son alimentation. S’il reste encore quelque chose à traiter, alors soignez-le avec les plantes et les aiguilles ». La diététique chinoise a ainsi expérimenté, observé et écrit, pendant des siècles, des informations concernant les indications thérapeutiques des aliments.
Au fil des siècles, ces observations furent méticuleusement consignées dans des livres et soumises à l’expérience clinique. Les subtilités de cette diététique, qui ne se fondent ni sur les vitamines ni sur les calories, mais sur des principes énergétiques issus de centaines d’années de recherches sur
le corps humain, sont aujourd’hui confirmées par les études scientifiques occidentales.
Avec la croissance exponentielle de l’obésité en Chine, le sujet est plus que jamais au cœur des préoccupations et des recherches pour la médecine chinoise. Des restaurants ouvrent dans les grandes villes où l’on peut se faire prescrire des plats et des menus spéciaux thérapeutiques adaptés à son état de santé.
Il faut ajouter que, dans la tradition chinoise, gastronomie, cuisine familiale et diététique thérapeutique ont des liens tellement forts qu’on ne saurait les dissocier, tant elles sont inscrites dans la culture et la tradition de ce pays.
La diététique chinoise reste une branche fondamentale de la médecine chinoise, souvent moins connue que les autres piliers de cette médecine : l’acupuncture, la moxibustion, le massage Tuina, la pharmacopée, le Qi Gong et la méditation — tous nécessaires et complémentaires à l’entretien d’une bonne santé.
Il est donc essentiel, avant toute chose, d’évoquer le rôle essentiel, au sein des cinq éléments, de la Terre et de son organe associé, la Rate. C’est elle qui nous permet, par le biais de ce que nous mangeons, d’être des Terriens accomplis, bons vivants et en bonne santé, grâce aux bonnes nourritures terrestres.
LE JING
Selon la vision Taoïste, l’être humain est un microcosme, reflet du macrocosme (l’univers, la nature). Il est le trait d’union entre le Ciel et la Terre, le Ciel représentant l’aspect immatériel — le souffle, l’Énergie, l’Esprit — et la Terre l’aspect matériel et incarné — le corps physique, le Sang.
Il incarne trois aspects, que l’on nomme les Trois Trésors : le Jing (Essence vitale), le Qi (Énergie) et le Shen (Esprit).
Le Jing, appelé aussi « Essence » ou « Quintessence », est ce que nous recevons à la conception comme capital physique et énergétique transmis par nos parents. Il détermine aussi notre spécificité (couleur de peau, cheveux, taille, caractéristiques de la lignée familiale). Celui-ci est logé au niveau des Reins et constitue notre Feu originel. C’est grâce à ce Jing que nous pouvons transmettre la vie.
LES CINQ TYPOLOGIES
PHYSIQUES ET PSYCHOLOGIQUES
Après avoir vu de façon plus globale les principes de la diététique chinoise applicables à tous, concentrons-nous maintenant plus précisément sur leur adaptation individuelle, selon nos typologies physiques et psychologiques.
Cette classification, déjà présente dans le Su Wen, relie les cinq typologies aux cinq éléments. Elle n’est pas faite juste pour vous mettre dans des cases, mais plutôt pour mieux comprendre vos atouts et vos faiblesses, et pouvoir ajuster l’alimentation en fonction de vos déséquilibres. Pour cela, je vous propose un petit test.
Lorsque vous vous reconnaissez dans une affirmation du tableau, entourez la croix sur la même ligne. Faites ensuite le total des croix par colonne. La colonne comportant le plus de croix indique votre typologie dominante. Il est toutefois fréquent d’obtenir des scores élevés dans plusieurs colonnes : nous sommes rarement l’expression d’un seul élément, mais plutôt un mélange de plusieurs dynamiques, parfois contradictoires.
À noter également : la colonne la moins remplie peut indiquer l’élément qui vous manque et que vous pourriez chercher à renforcer afin d’équilibrer vos aspects Yin-yan et vos cinq éléments. Ne lisez pas la signification de chaque colonne avant d’avoir fait le test, pour ne pas être influencés !
Vous agissez souvent sur un coup de tête X
Vous êtes vraiment facile à vivre X
Vous vous sentez facilement fatigué·e X
Votre ventre réagit facilement aux émotions X
Vous avez tendance à gonfler du bas du corps X
On vous trouve parfois un peu trop terre à terre X
Vous êtes hyper organisé·e et méthodique X
Vous pourriez mener campagne pour une cause qui vous attire X
Votre maison est très accueillante X
Vous avez très souvent froid et besoin de vous couvrir X
Vous êtes friand·e de sensations fortes X
Vous êtes toujours partant·e pour de nouveaux projets X
Vous avez souvent des douleurs lombaires X
Vous faites beaucoup de rêves, voire de cauchemars X
Vous acceptez de rendre service, même quand cela vous ennuie X
Vous ne voulez surtout pas vous faire remarquer X
Vous trouvez que vous manquez de tonus X
Vous avez souvent chaud X
Vous êtes facilement à fleur de peau et irritable X
Vous pourriez être un peu trop gourmand·e et bon·ne vivant·e X
Pour vous, il faut beaucoup en baver pour y arriver X
Vous êtes séducteur·rice, enjoué et aimez rayonner X
Vous pourriez rester des heures sous la couette X
Vous avez toujours l’impression de manquer d’air X
Il est difficile pour vous de passer à l’acte X
Vous êtes plutôt d’humeur égale et prenez la vie avec humour X
Vous ne manquez pas d’imagination X
Vous ne pouvez vous empêcher de beaucoup parler X
Vous avez tendance à ballonner et avoir des troubles digestifs X
Le travail, pour vous, c’est la santé ! X
Vous avez de l’énergie à revendre X
Vous avez tout le temps envie de dormir X
On vous reproche d’être trop angoissé·e X
Vous aimez prendre la tête d’un groupe X
Vous arrivez toujours à mettre de l’eau dans votre vin X
Vous avez tendance à la procrastination X
Vous êtes très exigeant·e envers vous-même et envers autrui X
Vous cultivez votre vie intérieure et pratiquez la méditation X
Vous vous rongez les ongles X
Vous prenez facilement les choses à cœur X
Vous adorez faire la cuisine et avoir la maison pleine X
Vous avez du mal à vous bouger X
Vous vous angoissez facilement X
Première saison de l’année, elle débute, selon le calendrier chinois, le 4 février, au moment du Nouvel An solaire. Son nom en chinois est Chun, son caractère représente le soleil qui monte à travers les arbres. La nature semble se réveiller après la longue période de repli sur soi de l’hiver. Après intériorisation, il y a extériorisation. Les animaux sortent de leur tanière, au moment de la Chandeleur (« le chant de l’Ours »), ainsi que les semences avec leur germination discrète au sein de la Terre. Les arbres bourgeonnent, commencent à fleurir, signes prometteurs de renaissance et de renouveau. C’est le moment aussi de « semer ses graines », au sens propre comme au sens figuré, avec l’envie de concrétiser de nouveaux rêves et projets, longuement mûris pendant l’hiver.
Nous nous sentons revigorés, nos sens s’éveillent. Nous pouvons commencer à nous habiller plus légèrement, sauf que le Vent, le Qi dominant de cette saison, est là, prêt à nous surprendre : « En avril, ne te découvre pas d’un fil », créant beaucoup d’instabilité climatique, avec les fameuses giboulées de mars. Il ne faut donc pas hésiter à se couvrir, surtout au niveau du cou avec un petit foulard en soie, pour éviter les coups de Froid, torticolis, acouphènes, vertiges ou céphalées. Il faut aussi veiller à adapter son alimentation aux changements climatiques.
Dans la théorie des cinq éléments, le printemps correspond à l’élément Bois, au Foie associé à la Vésicule biliaire, aux tendons, aux yeux, au Vent, à la couleur verte, à l’émotion de la Colère, à la nature tiède, à la saveur acide. Au printemps, la nature des aliments préconisée est fraîche, car il faut commencer à rafraîchir le corps avec les températures qui se réchauffent légèrement.
Conseils de diététique chinoise pour cette saison :
• En début de printemps, lorsque le temps est encore un peu frais, on privilégie des aliments de nature neutre à tiède, puis lorsque les températures se réchauffent, des aliments de nature neutre à fraîche.
• Les crudités et les premières salades peuvent être consommées quand le temps est plus propice. En attendant, on privilégie la cuisson à la vapeur, à l’étouffée ou les sautés au wok (le légume sauté reste presque cru, mais en étant « Yangisé » par la cuisson rapide).
• Les graines germées représentent l’aspect Bois et la renaissance de cette saison. Attention toutefois à ne pas en abuser, car étant très riches en Jing (potentiel vivant), elles n’en sont pas moins difficiles à digérer.
• Les aliments de couleur verte, couleur du printemps, du Bois et du Foie, sont privilégiés avec les premiers légumes qui poussent dans les jardins en cette saison. Pour la plupart, comme le pissenlit, la roquette, l’asperge ou l’artichaut, leur saveur est amère, saveur de détoxification ; celle-ci clarifie la Chaleur et chasse l’Humidité, contribuant à nettoyer le corps de ses toxines. Cette saveur est donc particulièrement recommandée au printemps, après l’hibernation et les repas copieux d’hiver, période propice à un petit « ménage de printemps ».
• La saveur acide, saveur associée au Foie, est recommandée sans excès. Elle a un effet astringent : elle est Yin, retient et nourrit les liquides organiques, et veille à ce que la montée du Qi du Foie ne soit pas trop brutale. En grande quantité, elle risque toutefois d’épuiser le Foie, voire de le contracter davantage. On évite donc, en cas de stagnation du Qi du Foie, le citron chaud le matin à jeun.
• La saveur piquante, quant à elle, a une action inverse de la saveur acide : elle permet de faire circuler le Qi et surtout le Qi du Foie, et libère la surface en cas d’attaque de Vent. En petites quantités, elle est recommandée pendant cette saison, avec l’ajout de condiments, d’herbes aromatiques, de gingembre frais ou de ciboule chinoise (oignons verts de printemps).
• La saveur douce est vraiment recommandée, car elle correspond à la Terre qui stabilise cette Énergie ascendante du Bois. Quelle que soit la saison, il ne faut jamais oublier de soutenir l’Énergie de la Rate par la saveur douce représentée par les céréales, les légumineuses, la viande, le poisson et les fruits.
• Les protéines à privilégier sont les viandes blanches, les volailles, les poissons, les œufs, mais aussi les foies de volaille ou de génisse, qui nourrissent le Sang du Foie.
Nom chinois : fan Qie
LA TOMATE
Nature légèrement froide, saveur douce et acide
Méridiens destinataires : Estomac, Foie
Savez-vous que la tomate est le deuxième légume le plus consommé en France et dans le monde après la pomme de terre ? Fruit-légume rapporté en 1519 d’Amérique du Sud par les conquistadors, considérée dans un premier temps comme plante maléfique — « herbe de sorcières » (comme l’aubergine, le poivron ou la pomme de terre, toutes de la famille des solanacées) —, elle fut finalement appréciée et cultivée à la fin du xviiie siècle, grâce aux Provençaux qui, après les Italiens du Sud et les Siciliens, l’appelèrent « pomme d’amour » pour ses vertus supposées aphrodisiaques, comme beaucoup d’aliments exotiques de l’époque.
• Selon la diététique chinoise •
La tomate, de saveur douce et acide (comme de nombreux fruits), produit les liquides, nourrit le Yin, surtout en période estivale de canicule, apaise la soif et évite la Sécheresse. Elle rafraîchit le Sang et calme les saignements liés aux excès de Chaleur, comme les saignements de nez ou de gencives. Elle tonifie l’Estomac, favorise la digestion, dissipe la stagnation d’aliments et traite l’inappétence, notamment liée aux fortes chaleurs. Par sa nature froide, sa forte teneur en pectine et en fibres, elle traite la constipation de type Chaleur, stimule le péristaltisme intestinal et accélère le transit. Nourrissant le Yin du Foie, elle est intéressante en cas de sécheresse oculaire et pour certains troubles de la vision, comme l’héméralopie, ou en prévention de la cataracte.
• Selon les recherches actuelles •
La tomate est riche en antioxydants, conseillés en cas de maladies rénales, hépatiques, cardiaques, d’hypertension ou en prévention de certains cancers. Elle contient deux antioxydants puissants : la vitamine C et le lycopène, caroténoïde qui lui donne sa couleur rouge, tous deux intéressants pour limiter le vieillissement cellulaire et l’encrassement des vaisseaux sanguins. Cela en fait un très bon aliment pour soutenir le Cœur (couleur rouge) et sa circulation.
• Précautions d’emploi •
Ne pas consommer de tomates en excès en cas de Vide de Yang de la Rate, avec diarrhées chroniques, surpoids ou œdèmes, ni en cas de frilosité, car elle est de nature froide et laxative. Attention également en cas de tendinite, l’acidité de la tomate, en excès, peut léser les tendons.
Préparation : 10 minutes
Cuisson : 30 minutes
Pour 6 personnes
500 g de tomates anciennes de différentes couleurs
1 pâte brisée
2 cuillerées à soupe de moutarde à l’ancienne
50 g de feta
1 jaune d’œuf
1 cuillerée à soupe d’origan
1 branche de romarin
2 cuillerées à soupe de graines de sésame
1 filet d’huile d’olive
Sel, poivre
Tarte rustique à la tomate et fêta
Préchauffez le four à 180 °C. Étalez la pâte et recouvrez le fond avec une fine couche de moutarde en laissant un bord de 4 cm tout autour. Lavez et coupez les tomates en tranches d’environ 1 cm d’épaisseur. Disposez-les harmonieusement sur le fond de tarte. Salez, poivrez, puis saupoudrez d’origan et de romarin. Rabattez les bords de pâte restante vers le centre. Battez le jaune d’œuf et badigeonnez les bords avec un pinceau. Saupoudrez-les de graines de sésame. Enfournez pour 30 minutes. Au bout de 15 minutes, émiettez la feta sur la tarte et poursuivez la cuisson. Juste avant de servir, ajoutez un filet d’huile d’olive. Servez chaud ou froid.

La tomate cuite est moins froide et son lycopène devient plus biodisponible après cuisson, surtout associé à l’huile d’olive. Dans cette recette, elle est légèrement réchauffée par les herbes aromatiques et la feta, fromage de nature tiède.
Nom chinois : luo bo
LE NAVET
Nature fraîche (cru) et tiède (cuit), saveur piquante (cru) et douce (cuit)
Méridiens destinataires : Rate, Estomac, Poumon, Vessie
Pour cette rubrique, on parlera de navet et de radis comme membres d’une même famille, ayant des variétés et propriétés très proches. Ce légume, originaire de la Méditerranée, aurait sûrement ses origines très lointaines en Chine. Il était toutefois déjà cultivé dans l’Égypte ancienne, il y a plus de 3 500 ans. On utilise surtout en Chine le navet long blanc, appelé aussi daikon au Japon. Reconnu pour ses bienfaits depuis fort longtemps, il y a un dicton populaire chinois disant : « Qui mange un navet gagne une année ! »
• Selon la diététique chinoise •
Cru, le navet est de nature fraîche et de saveur piquante ; cuit, il est de nature tiède et de saveur douce. On pourrait même dire : le navet cru disperse, le navet cuit tonifie. Pourquoi ? Car, comme beaucoup de légumes racines (carottes, oignons, panais, betteraves…), en cuisant, l’aliment devient plus sucré au goût et donc plus tonifiant pour le Qi. Le navet a pour tropismes Rate/Estomac/Poumon/Vessie et a ainsi une action sur les trois Foyers du corps, la respiration, la digestion et l’élimination par les urines. Toutefois, il dissipe en priorité la Chaleur sur le Poumon, consommé cru, et possède une action dispersive sur les mucosités. C’est un aliment intéressant en cas de toux grasse et de mucosités. Pour le système digestif, il est plutôt recommandé de le consommer cuit pour soutenir la Rate à disperser les mucosités grâce à sa saveur douce. Il dissipe la stagnation d’aliments, mobilise le Qi, traite les calculs urinaires et biliaires, les saignements intestinaux et favorise la diurèse. Le radis rose, lui, est recommandé contre les reflux gastriques.
• Selon les recherches actuelles •
Le navet est une source importante de fibres, il est peu calorique, riche en vitamine C (surtout cru), en cuivre et en fibres, mais aussi en potassium, en magnésium, en phosphore, ainsi que riche en antioxydants. Un légume à ne pas sous-estimer, l’un des plus réputés de la diététique chinoise.
• Précautions d’emploi •
Ne pas en abuser en cas de Vide de Yang de la Rate si on le consomme cru, ni en cas d’ulcère de l’Estomac ou d’asthme par Vide. Attention également, il atténue l’effet du ginseng.
Risotto aux navets et aux fanes, à la japonaise
Voici une recette à mi-chemin entre le risotto italien et le gruau de riz au navet, utilisé en diététique chinoise contre la toux grasse et les mucosités. Le petit plus : utilisez les fanes qui ont, elles aussi, de super propriétés et appréciez la saveur du miso qui donne à cette recette une touche très japonaise.
Préparation : 10 minutes
Cuisson : 30 minutes
Pour 4 personnes
1 botte de navets nouveaux avec leurs fanes bien fraîches (soit 300 g de navets environ)
400 g de riz blanc (ou semi-complet) cuit
1 petit oignon jaune
1 cube de bouillon miso
3 cuillerées à soupe de pâte de miso blanc
2 cuillerées à soupe d’huile d’olive
Lavez et émincez les feuilles d’une botte de navets nouveaux. Lavez et coupez les navets en petits morceaux. Émincez finement l’oignon.
Dans une casserole avec l’huile, faites revenir l’oignon émincé pendant 3 minutes. Ajoutez les navets et les fanes. Faites-les rissoler 5 minutes. Ajoutez le riz cuit avec 50 cl d’eau et le cube de bouillon miso émietté. Faites cuire à petit feu, en remuant, pendant 20 minutes. Ajoutez un peu d’eau si nécessaire.
Dans un bol, mélangez la pâte de miso blanc avec un peu d’eau. Diluez bien l’ensemble et ajoutez-le hors du feu à la préparation. Mélangez soigneusement. Servez chaud.
N.B. Pour une version plus gourmande italienne, saupoudrez d’un peu de parmesan dans l’assiette et ajoutez un filet d’huile d’olive.
Dans cette recette qui se rapproche du gruau au navet (recette thérapeutique chinoise), le riz soutient la Rate pour éliminer l’Humidité et chasser les mucosités, et le miso soutient le Rein. Le navet et plus encore ses fanes (de saveur amère) détoxifient le corps. Ce plat a une action surtout sur la sphère digestive, mais aussi en cas de toux grasse.
Et si la diététique chinoise devenait votre alliée pour mieux manger, mieux comprendre votre corps et préserver votre santé ?
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Un guide complet pour mieux comprendre votre corps et renouer avec une alimentation qui soigne autant qu’elle nourrit.

