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concentre-toi

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Une semaine dans la vie

To be or not to be, that is the question…
— William Shakespeare —

Faire diagnostiquer son enfant

Avec le Dr Éric Acquaviva, psychiatre

Cela fait un bout de temps que vous vous demandez si votre enfant a juste un peu de mal à se concentrer, ou s’il a vraiment besoin de soutien.

Vous cherchez à l’aider, mais ne savez pas bien par où commencer ? Ni vers qui vous tourner pour y voir plus clair ?

Pas de panique : dans ce chapitre, vous allez trouver des pistes pour commencer à avancer.

Suivez le guide !

Peut-être que c’est vraiment plus fort que lui, cette manie de parler sans arrêt…

Ça m’énerve, il n’écoute jamais rien !

Je me demande si on devrait aller consulter pour vérifier si Lucas a un TDAH…

Pourquoi est-ce que je me fais tout le temps gronder, même quand je fais des efforts ?

Non seulement votre fils n’écoute pas en classe mais, en plus, il déconcentre les autres avec ses bavardages et ses pitreries. Vous devriez faire un bilan…

Il ne faut pas dramatiser ! Avec les écrans, tous les enfants ont du mal à se concentrer…

Il ne peut pas avoir un trouble de l’attention, tu as vu comme il est ultraconcentré quand il joue aux jeux vidéo ?

Pourquoi voulez-vous l’emmener voir un psychiatre ? Il n’est pas fou, il doit juste faire un effort !

Mais ma chérie, enfin, le trouble de l’attention, c’est une mode !

Tu ne vas quand même pas tomber dans le panneau !

Les enfants sont assis toute la journée, c’est normal qu’ils rêvassent un peu. Tiens, moi je me suis encore endormie en réunion hier…

Obtenez des aménagements pour votre enfant

Selon qu’un trouble de l’attention a été officiellement diagnostiqué ou non, votre enfant pourra bénéficier d’aménagements plus ou moins formalisés ou conséquents.

En l’absence de diagnostic, le PPRE : un dispositif à court terme

Si votre enfant n’a pas reçu de diagnostic, le mieux est de demander à rencontrer l’enseignant quelques semaines après la rentrée : cela vous permettra de l’informer de ses difficultés et du contexte familial ainsi que d’apprendre comment les choses se passent à l’école et de discuter d’aménagements simples (place dans la classe, rappels fréquents de la consigne, diminution du nombre d’exercices…) à instaurer ou à poursuivre.

Cela peut aussi être l’occasion d’établir un programme personnalisé de réussite éducative (PPRE) : ce dispositif s’adresse aux élèves qui ont une difficulté persistante. Il est souvent proposé dans le cadre de difficultés d’apprentissage en français ou en mathématiques, mais peut aussi concerner d’autres domaines, comportementaux ou organisationnels par exemple. Des choses relativement simples peuvent être mises en place, comme un « contrat de comportement » ou l’automatisation de certains moments clés, avec une procédure précise de mise au travail ou d’organisation des fournitures. Le PPRE permet à l’élève de bénéficier d’un soutien pédagogique spécifique sur une courte durée, avec des objectifs d’apprentissage ciblés. Si les aménagements informels ou le PPRE ne suffisent pas, il faudra passer à la vitesse supérieure, avec un PAP. Et, pour cela, il vous faut un diagnostic.

Le diagnostic, qu’est-ce que ça change ?

Les professionnels sont formels : du point de vue scolaire, avoir un diagnostic, ça change tout. Celui-ci est essentiel non seulement pour l’enfant (qui comprend mieux son fonctionnement) et les parents (qui peuvent réfléchir aux solutions à mettre en œuvre), mais aussi pour les enseignants (qui adoptent un regard différent sur l’enfant et peuvent adapter leurs pratiques en conséquence).

Parole de parent

« Avant, la directrice de l’école nous convoquait tout le temps au sujet des problèmes de comportement de Raphaël, en nous expliquant que c’était de notre faute. Elle ne le disait pas comme ça, évidemment, mais on sentait bien qu’elle pensait qu’on le gérait mal. Quand on est arrivés avec le diagnostic, donc avec des éléments concrets, extérieurs et objectifs, elle a été obligée d’admettre que tout n’était pas de la faute de Raphaël, qu’on n’était pas des « mauvais parents » et qu’il fallait qu’elle arrête de nous traiter comme tels. » Nicolas, père de Raphaël, 8 ans et demi

Ce n’est que depuis peu que l’on demande aux enseignants d’avoir un autre regard sur les difficultés ou les comportements des enfants et d’essayer de déceler d’éventuels troubles. Néanmoins, ils sont encore peu formés aux troubles du neurodéveloppement en général et au TDAH en particulier. Alors, lorsqu’un enfant non diagnostiqué ne rentre pas dans le moule, des tensions peuvent apparaître. À l’inverse, en comprenant la cause des difficultés de l’enfant diagnostiqué, l’enseignant peut poser un autre regard sur lui, construire des aménagements, restaurer le dialogue… Il est donc essentiel de dépasser votre crainte de voir votre enfant « catalogué » pour vous concentrer sur les clés de lecture que le diagnostic fournira à tous.

Vous l’aurez compris, l’école a besoin de vous (et des professionnels de santé !) pour mieux comprendre l’origine des particularités de votre enfant et l’accompagner au mieux. Il est donc judicieux de demander un rendez-vous avec l’enseignant. Celui-ci vous suggérera probablement de consulter un orthophoniste, un neuropsychologue, un psychomotricien, un pédopsychiatre… c’est-à-dire une personne qui, contrairement à lui, est compétente pour poser ou contribuer à poser un diagnostic, TDAH ou autre.

Du diagnostic au PAP

Faisons un grand bond dans le temps : votre enfant a reçu un diagnostic de TDAH. Dans le ou les comptes-rendus doivent apparaître un certain nombre de préconisations.

Première étape : transmettez les informations

Les bilans étant confidentiels, certaines familles peuvent être réticentes à les communiquer dans leur intégralité. Ce qui est important pour l’enseignant, c’est de savoir que ces bilans ont été réalisés et d’en connaître les conclusions et recommandations.

Deuxième étape : demandez l’organisation d’une réunion

Une réunion de l’équipe éducative doit avoir lieu, de préférence en présentiel, avec si possible :

• Les deux parents : oui, les deux idéalement, y compris celui que l’école connaît le moins. C’est un signal fort de l’importance qu’ils accordent aux difficultés de leur enfant et de leur implication dans sa scolarité.

• L’enseignant.

• Le chef d’établissement.

• Le ou les professionnels de santé qui suivent votre enfant (orthophoniste, psychomotricienne, psychologue…) : ils pourront justifier, appuyer, préciser les aménagements qui leur semblent pertinents. Leur intervention permet de sortir d’une relation duelle famille-école et donc d’avoir des échanges plus sereins et constructifs. Attention, s’ils exercent en libéral, leur présence est souvent payante. À noter qu’ils peuvent proposer de participer en visioconférence pour limiter les frais de déplacement.

Établir

un contrat

Avec ces informations en main, il est plus facile de convenir de solutions pour que les devoirs se passent mieux :

• Réduire la quantité de devoirs, le nombre d’exercices…

• Plafonner le temps consacré : désormais, c’est vingt-cinq minutes, pas plus, pas moins.

• Faire preuve de souplesse sur le rendu : présentation, réalisation des exercices à l’oral…

Une fois ce contrat établi, n’hésitez pas à décrypter les devoirs rendus avec des indications, par exemple, « Jade a fait cette fiche toute seule » (sous-entendu : « Oui, je sais qu’elle n’a fait que la moitié de la fiche, mais elle refusait absolument que je l’aide ») ou « Gabriel a trouvé cette leçon particulièrement difficile » (sous-entendu : « ce n’est pas faute d’avoir essayé de lui expliquer… »). Vous démontrerez ainsi à peu de frais la bonne volonté de votre enfant… et la vôtre.

Quel est le bon moment pour parler de mon enfant ?

Il est recommandé de solliciter ce rendez-vous juste avant ou juste après les vacances d’octobre. En effet, plus le rendez-vous a lieu tôt dans l’année, mieux l’enseignant pourra accompagner votre enfant. Et s’il a un diagnostic, n’attendez pas : demandez une rencontre dès le début de l’année scolaire pour l’en informer. Ce rendez-vous permettra d’aborder l’évolution de la scolarité de votre enfant et de passer en revue le PAP.

Plus tard dans l’année, il est intéressant de savoir si les aménagements du PAP ont évolué selon la pratique de l’enseignant et l’observation de ce qui marche bien pour votre enfant. Il est alors judicieux de faire figurer ces adaptations dans le PAP afin de donner des outils aux enseignants des années ultérieures.

LE MOT DE LA FIN

Préservez la relation avec votre enfant

Un jour, il n’y aura plus de devoirs à faire. Votre enfant, devenu grand, connaîtra ses tables de multiplication sur le bout des doigts… ou pas. Ce qui est certain, c’est qu’il se souviendra des échanges que vous aurez eus pendant ces soirées et ces week-ends consacrés aux devoirs. Quand vous êtes exaspéré et votre enfant accablé, rappelez-vous qu’il fait (presque toujours) de son mieux, et réjouissez-vous de ses minuscules, petits et grands succès. Et peut-être qu’à long terme il associera les devoirs à un moment « pas si terrible que ça, finalement », voire retiendra un sentiment de devoir… accompli !

Les explications des experts Avec Tatiana Sarmiento, enseignante spécialisée, et Fabien Richard, psychologue

Comment rendre les devoirs moins horribles ?

Qu’est-ce qui rend les devoirs si horribles pour toi ?

Tu n’aimes pas du tout les devoirs ? Tu es souvent énervé au bout de trois minutes ? Certes, tu n’es pas le seul, mais on va quand même essayer de comprendre pourquoi. Qu’est-ce qui fait que les devoirs t’énervent tellement ? Quelles émotions ressenstu ? Pour t’aider à y réfléchir, tu peux lire la liste suivante avec ton parent et lui montrer les phrases qui te correspondent le mieux.

• La peur : « Et si je n’y arrive pas ? »

• La frustration : « J’ai envie de jouer, moi. J’ai déjà passé toute la journée assis en classe, et après j’ai dû rester au périscolaire. Ça suffit ! »

• L’appréhension : « On va encore se disputer avec Papa ou Maman… »

• Le sentiment d’injustice : « Quand est-ce que je pourrai enfin faire ce que je veux ? »

• La colère : « Je déteste quand ils me disent des trucs du genre :

« Mais tu le fais exprès ou quoi, c’est hyper simple ! »

• La honte : « C’est sûr, ils pensent que je suis nul… »

• La panique : « Ça va durer tellement longtemps que je ne pourrai rien faire d’autre après. »

• La déception : « La dernière fois, j’avais travaillé hyper longtemps pour réviser ma leçon d’orthographe, mais j’ai encore raté l’évaluation… »

Ton parent sera sûrement content de comprendre ce que tu ressens, et vous trouverez des solutions. Tu ne peux pas toujours contrôler ta concentration, mais il y a des choses à mettre en place.

Votre enfant a besoin qu’on lui répète tout dix fois, il a la bougeotte, oublie sans cesse ses affaires … Et si derrière ces difficultés se cachait un TDAH ?

Dans cet ouvrage pratique et éclairant, Eva Toth, maman de deux enfants TDAH, s’entoure de quatre spécialistes pour vous partager son expérience et vous guider pas à pas. Ensemble, ils répondent aux questions que tous les parents se posent. Faut-il consulter ? Comment se déroule un diagnostic ? Quels sont les accompagnements possibles ? Et surtout, comment retrouver un quotidien plus apaisé ?

Au fil des pages, vous découvrirez :

• des explications claires et rassurantes mieux comprendre le TDAH ;

• des outils concrets pour gérer les émotions, les devoirs et les tensions du quotidien

• des solutions pour l’école et des conseils pour travailler sereine ment avec les enseignants ;

• des témoignages de nombreux parents qui vivent les mêmes défis que vous ;

• de courtes histoires dessinées avec humour et des questions-réponses destinées aux enfants pour une lecture complice en famille.

Avec la contribution d’une équipe pluridisciplinaire de quatre spécialistes de l’hôpital Robert-Debré AP-HP : psychiatre, éducatrice et enseignante spécialisées, et psychologue.

MDS : MN40009

17,95 € TTC

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