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9782728938100 Histoires d'explorateurs

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Blandine Cossa Lidia Fernandez

Marco Polo, Neil Armstrong et autres vraies

histoires d'explorateurs

Direction : Guillaume Arnaud

Direction éditoriale : Sophie Cluzel

Édition : Emmanuelle Rivoire-Grimaud, avec Zélie du Peyroux

Direction artistique : Thérèse Jauze

Suivi graphique : Laura Burnel

Direction de la fabrication : Thierry Dubus

Fabrication : Julia Mirenda

Mise en page : Astrid Payet

© Mame, Paris, 2026. www.mameeditions.com

57 rue Gaston-Tessier, 75019 Paris

ISBN : 9782728938100

MDS : MM38100

Tous droits réservés pour tous pays.

« Loi n° 49-956 du 16 juillet 1949 sur les publications destinées à la jeunesse, modifiée par la loi n° 2011-525 du 17 mai 2011. »

Blandine Cossa Lidia Fernandez

Marco Polo, Neil Armstrong et autres vraies histoires d'explorateurs

Leif Erikson Un Viking en Amérique

Savez-vous que Christophe Colomb n’est pas le premier à avoir découvert l’Amérique ? Cinq cents ans avant lui, en l’an 1000, un jeune Viking nommé Leif Erikson a atteint l’île

de Terre-Neuve, au large du Canada, et y a fondé une petite colonie.

Voici son histoire.

Leif Erikson

Un vent glacial fouette le pont d’un solide bateau de bois.

À la proue, le chef viking Leif Erikson resserre autour de lui ses fourrures en frissonnant. D’ordinaire, son regard est sûr, presque intrépide. Aujourd’hui cependant, il fronce les sourcils, soucieux.

A-t-il eu raison d’entreprendre ce voyage ?

Tout a commencé des mois plus tôt. Son père, Erik le Rouge, découvreur et fondateur de la première colonie du Groenland, avait fait donner une grande fête. Dans un coin de la salle du banquet, un marin robuste racontait une histoire qui semblait captiver son auditoire. Il affirmait que sur la route entre la Norvège et le Groenland, un vent terrible s’était levé et avait déporté son bateau loin vers l’ouest. Là-bas, il avait aperçu une terre mystérieuse... Mais, pressé de rentrer, il n’avait pas voulu s’y arrêter.

Leif avait senti son cœur s’enflammer. Et si ce marin disait vrai ? Existait-il vraiment une terre encore inconnue plus à l’ouest ? Serait-il le premier à la découvrir, comme son père avait découvert le Groenland ? Fébrile, le jeune homme avait demandé à son père l’autorisation de recruter un équipage pour partir en expédition. Heureux de voir son fils suivre ses traces, Erik le Rouge avait accepté.

Seulement voilà, cela fait maintenant des semaines que Leif et ses trente-cinq marins sont partis, et pas la moindre trace de côte à l’horizon ! Découragé, le jeune homme ferme les yeux.

Lorsqu’il les rouvre, son cœur bondit dans sa poitrine. Là-bas, au loin, cette ligne sombre... ne serait-ce pas... Si ! C’est bien une terre qu’il aperçoit !

— Cap vers la côte ! crie-t-il d’une voix vibrante.

Parvenu non loin du rivage, Leif fait jeter l’ancre, saute dans un canot et, le cœur battant, met pied à terre. Le paysage qu’il découvre est grandiose mais austère : le sol est jonché de galets et de grandes pierres plates. Au loin s’élèvent de grands glaciers d’un gris métallique. C’est très beau, mais impossible d’installer une colonie sur ce territoire aride.

— Nous l’appellerons le Pays rocailleux, déclare-t-il. À présent, cap au sud !

Les jours passent, monotones, interminables. Soudain, une nouvelle côte apparaît. Leif y débarque. Cette fois, le rivage est couvert d’un sable épais et bordé d’une forêt si dense qu’il est impossible d’y pénétrer.

— Je nomme cette contrée le Pays des forêts, dit Leif. Reprenons notre route, allons plus au sud encore.

L’équipage longe le littoral durant plusieurs jours. Enfin, un matin, un spectacle merveilleux se dévoile à leurs yeux. Plus de rochers, plus de forêts impénétrables : devant eux s’étendent d’immenses plaines verdoyantes. Pour la troisième fois, Leif ordonne de débarquer. La beauté du paysage le laisse sans voix : un vent léger souffle sur l’herbe touffue et douce qui couvre le sol, tandis que le soleil fait scintiller les rivières cristallines, pleines de saumons argentés. Leif découvre même des vignes sauvages en abondance.

Je nomme cette terre Vinland, ce qui signifie « le pays fertile », proclame Leif avec émotion. C’est ici que nous établirons notre colonie.

Aussitôt, l’équipage s’attelle à la tâche. Les hommes bâtissent plusieurs habitations qu’ils recouvrent de gazon, comme c’est la coutume au Groenland. Durant tout l’hiver, Leif et ses hommes explorent cette terre nouvelle. Ils font provision de bois, de raisins et de fourrures, qu’ils conservent dans des entrepôts.

Bientôt, l’hiver touche à sa fin. Leif réunit ses hommes.

— Le temps est venu de rentrer au Groenland, déclare-t-il. L’an prochain, j’enverrai une nouvelle expédition dans notre colonie.

Le voyage du retour est long mais joyeux. Accueilli en héros, le jeune marin offre à son père les denrées précieuses récoltées en Vinland : du bois d’érable, des raisins séchés, des fourrures de castor, de martre et de loutre. Avec fierté, Erik le Rouge serre Leif dans ses bras. Le père et le fils se regardent. L’un a découvert le Groenland, l’autre vient de révéler l’Amérique. À eux deux, ils ont agrandi les limites du monde connu !

Marco Polo Le marchand devenu ambassadeur

de Chine

L’histoire que vous allez découvrir ressemble à un conte. Pourtant, elle s’est vraiment passée, il y a bien longtemps, au xiiie siècle.

Découvrez l’histoire d’une expédition au bout du monde.

Tout est calme au-dehors. Le soleil couchant illumine de mille feux l’eau du canal qui clapote doucement le long des murs de la demeure de la famille Polo. Accoudé au balcon, un jeune homme contemple la vue. Il se prénomme Marco, et c’est la dernière fois avant une longue période qu’il peut admirer la nuit tomber sur Venise. Demain, il part pour une destination que très peu de personnes à son époque peuvent se vanter d’avoir vue : la Chine. Marco n’est pas triste cependant. Il a hâte. Son père, Niccolò, et son oncle, Matteo, de grands marchands spécialisés dans le commerce de la soie et des pierreries, lui ont raconté ce pays fabuleux qu’il est impatient de découvrir à son tour.

Le lendemain, les trois hommes de la famille Polo embarquent sur un navire. Au bout de quelques semaines, les remparts d’une cité fortifiée se dessinent sur la côte.

Quelle est cette ville, mon oncle, et pourquoi nous y rendre ? demande le jeune Marco à Matteo.

C’est la ville d’Acre, mon enfant. Nous devons y retrouver le pape.

Le pape ? s’étonne le garçon.

Oui, le pape, confirme Matteo avec fierté. Lorsque nous étions en Chine avec ton père, nous avons eu l’honneur d’être présentés au grand Kubilay Khan, l’empereur de ce pays. Imagine, il n’avait jamais vu d’Européens ! Il nous a posé mille questions sur l’Europe et sur nos coutumes. Il s’est notamment intéressé à notre religion et nous a chargés d’une mission : nous rendre auprès du souverain pontife afin de lui demander d’envoyer en Chine des hommes capables de lui expliquer la religion chrétienne. Nous devons aussi lui rapporter une bouteille d’huile sainte de Jérusalem.

Marco est très impressionné d’être présenté au pape. Ce voyage s’annonce décidément passionnant ! Après avoir rempli leur mission auprès du Saint-Père, Niccolò, Matteo et Marco se remettent en route.

Tantôt à pied, tantôt à cheval, les trois marchands abattent quarante kilomètres par jour. Le chemin est long et souvent périlleux. En Arménie, ils doivent négocier avec les guerriers nomades afin de passer sans encombre. En Perse, la chaleur les accable, tandis que dans les montagnes du Pamir, parmi les plus hautes du monde, un froid glacial les gèle de la tête aux pieds. Dans le désert de Gobi, le sifflement du vent dans les dunes de sable manque de rendre fou Marco, qui a l’impression d’entendre des voix.

Cependant, ces épreuves ne découragent pas le jeune homme, qui fait d’incroyables découvertes. Par exemple, aux confins de la Géorgie, on lui parle d’une huile noire qui jaillit du sol en grande quantité. C’est la première fois qu’un Européen entend parler du pétrole ! Plus incroyable encore : en Perse, dans la ville de Saveh, on lui montre trois grands tombeaux de pierre dans lesquels reposent Gaspard, Melchior et Balthazar, les Rois mages.

Enfin, en 1275, après quatre ans de voyage, les trois hommes arrivent dans la ville de Shangdu, où se trouve le palais d’été de l’empereur Kubilay Khan. Le souverain est impatient de revoir les étrangers européens. Il envoie une troupe nombreuse à leur rencontre afin de les accueillir.

Le palais du Grand Khan dépasse tout ce que Marco pouvait imaginer : la salle du trône, gigantesque, peut recevoir plus de six mille personnes. Les murs en marbre blanc sont couverts de peintures dorées représentant une multitude d’oiseaux, de bêtes et de plantes. Autour du palais s’étend un grand parc parsemé de fontaines et sillonné de ruisseaux, dans lequel vivent des animaux sauvages de toutes sortes. Mais ce qui surprend le plus Marco, c’est une étrange construction qui s’élève au milieu du parc. Faite de bambous dorés serrés les uns contre les autres et tenus par des cordes de soie, cette seconde résidence royale peut être démontée et transportée en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire.

Bientôt, le moment tant attendu arrive : des gardes introduisent Niccolò, Matteo et Marco devant Kubilay Khan. Les trois marchands se prosternent avec respect devant l’empereur. Assis en tailleur sur un trône de bois doré sculpté de dragons, le souverain les observe avec bienveillance, puis leur permet de se redresser. Il demande des nouvelles de la lointaine Europe à Niccolò et Matteo. Marco, très impressionné, n’ose pas prendre la parole, mais il ne perd pas une miette de la conversation.

En l’honneur des voyageurs, Kubilay Khan a fait préparer une fête somptueuse. Marco y déguste des mets rares, parfumés au poivre, à la cannelle et au clou de girofle, tout en admirant les incroyables acrobaties d’une troupe d’artistes. Soudain, une explosion éclate, puissante comme un coup de tonnerre ! Marco sursaute, paniqué. Les invités ne semblent pourtant pas effrayés. Ils ont même l’air de se réjouir et lèvent les yeux vers le ciel en poussant des cris d’admiration. Une nouvelle explosion se fait entendre, et Marco voit avec stupeur le ciel s’embraser de milliers d’étincelles colorées. Quel est ce sortilège ? Amusé, son père se penche vers lui :

Ce sont des feux d’artifice, mon fils, une invention chinoise mise au point par de savants chimistes.

Pendant trois ans, Marco déploie toute son énergie pour s’adapter à ce nouveau pays. Il étudie les coutumes locales, apprend la langue et l’écriture chinoise. Les progrès stupéfiants du jeune homme parviennent aux oreilles de l’empereur, qui le convoque à la cour.

Mon empire est gigantesque, et j’ai besoin d’hommes pour m’aider à l’administrer, confie Kubilay Khan à Marco. Vous êtes jeune et talentueux, devenez mon ambassadeur. Je vous enverrai inspecter mon territoire. Vous serez mes yeux et mes oreilles.

Marco Polo

Honoré, Marco accepte. Pendant dix-sept ans, il part en mission aux quatre coins de l’empire. Il y découvre des merveilles, comme à Java et à Sumatra où il observe un animal encore inconnu en Europe, le rhinocéros, qu’il prend pour une licorne. Marco est également le premier Européen à entendre parler de Cipango, une île qu’on lui décrit comme fabuleusement riche en or et qui n’est autre que le Japon. Le jeune homme fait aussi des rencontres effrayantes, comme celle de terribles tribus cannibales qui peuplent certaines îles du Sud.

Les inventions chinoises le fascinent également : le papiermonnaie sur lequel on imprime des billets de banque, les cerfsvolants, les boulets de charbon utilisés pour se chauffer ou la poudre à canon, dont la formule demeure un secret d’État bien gardé...

Sans que Marco ait le temps de s’en rendre compte, les années filent. Un jour, son père et son oncle estiment qu’il est l’heure de rentrer à Venise. Kubilay Khan, à regret, accepte de les laisser partir. Il confie aux marchands une dernière mission : escorter la belle princesse Kukachin jusqu’au royaume de Perse, dans lequel elle doit devenir l’épouse du roi. Ce n’est qu’après avoir rendu cet ultime service à l’empereur que les trois hommes peuvent enfin rentrer chez eux, chargés de précieuses marchandises et de souvenirs enchanteurs.

Christophe Colomb À la découverte

du Nouveau Monde

Le matin du 3 août 1492, trois navires quittent le port de Palos de la Frontera, en Espagne : la Santa Maria, la Pinta et la Niña.

À leur tête, un homme rêve de rejoindre

les Indes en naviguant vers l’ouest. Son nom ? Christophe Colomb.

Faites maintenant connaissance avec le plus célèbre des explorateurs.

Table des matières

Leif Erikson

Un Viking en Amérique 5

Marco Polo

Le marchand devenu ambassadeur de Chine 11

Christophe Colomb

À la découverte du Nouveau Monde 21

Fernand de Magellan

Le premier tour du monde 29

Jean-François de La Pérouse

L’explorateur disparu 37

Paul-Émile Victor

Un Français chez les Inuits 47

Neil Armstrong

Un homme sur la Lune 55

Marco Polo, Neil Armstrong et autres vraies histoires d'explorateurs

Savez-vous que, pendant dix-sept ans, Marco Polo a été ambassadeur pour l’empereur de Chine et que Neil Armstrong a rapporté vingt et un kilos de roche du premier voyage sur la Lune ? Savez-vous également que Paul-Émile Victor, l’explorateur des pôles et des glaces, a fini sa vie sur une île au soleil ?

Sous la plume de Blandine Cossa et avec les illustrations pleines de couleurs de Lidia Fernandez, découvrez les aventures de cinq explorateurs de tous les temps.

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