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Petites prières pélerines

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LUC   ADRIAN

PETITES

PRIÈRES PÈ

LERINES

Préface de monseigneur Emmanuel Gobilliard

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À Jean-Claude Bourlès, « pèlerin sans Église », et à Didier Rance, pèlerin dans l’Église.

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PRÉFACE Pendant les trois ans de sa vie publique, Jésus ne cesse de marcher. Il va de village en village. Il guérit, console, relève. Il appelle les apôtres au cœur de leur vie, de leurs occupations, de leurs soucis. Et il les invite à.… marcher avec lui. L’aventure apostolique fut un incroyable pèlerinage. À la suite du Christ, les disciples connurent joies, souffrances, luttes, doutes, découragements et grands élans. Comme nous ? Saint Jacques était de ceux-là. Il n’a pas effectué le pèlerinage à Compostelle – et pour cause ! – mais il a fait le plus grand des pèlerinages : celui qui l’a conduit à entrer dans une relation vivante avec Jésus de Nazareth, à cheminer jusqu’à Jérusalem pour, à la suite du Maître, donner sa vie par amour. La vie chrétienne n’est pas d’abord une morale ou un système de valeur ; elle est une amitié avec le Christ. Chacun y est convié.

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Donner sa vie par amour ? N’est-ce pas à cela que nous aspirons tous ? N’est-ce pas cette perspective qui donne sens et plénitude à toute existence ? Lors de mon pèlerinage à SaintJacques, j’ai connu des peurs, des révoltes, des découragements. Si je m’étais écouté, je n’aurais pas entrepris cette marche et je me serais arrêté en chemin. Heureusement, j’ai pu entendre ceux qui, sur le bord de la route, au hasard des rencontres, m’ont encouragé, soutenu, accueilli. J’ai surtout accepté d’écouter Celui qui ne cesse de marcher à mes côtés, me relève chaque jour, m’accueille malgré mes faiblesses, et me nourrit de sa parole bienveillante – exigeante, aussi. Il me parle dans la prière ; il me parle aussi par le témoignage et la prière des autres. Lors de mon aventure jacquaire – je fus pèlerin puis recteur de la cathédrale du Puy-en-Velay durant dix ans -, j’ai eu le bonheur de croiser en chemin Luc Adrian. En une conversation, nous nous sommes reconnus, comme si nous nous étions déjà rencontrés. Nous avions simplement fait la même expérience, frôlé les mêmes abîmes,

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traversé les mêmes peurs, goûté les mêmes joies, et, surtout, croisé le regard aimant de cet Autre qui ne nous abandonne jamais. Merci, Luc, de nous inviter à entrer dans cette aventure fervente de la prière. Merci de nous partager ces textes qui nourrissent, éclairent, fortifient votre marche. Vous êtes de ces pèlerins excessifs, vrais et sans détours, qui ne connaissent ni la mesure, ni la médiocrité. Merci d’être le grand frère de tous ces pèlerins qui ont besoin d’être guidés, encouragés, accompagnés dans leur quête. Tous ceux qui ont besoin d’une parole ardente afin de poursuivre leur chemin de pèlerinage – leur chemin de vie, tout simplement. Mgr Emmanuel Gobilliard, évêque auxiliaire de Lyon, ancien recteur de la cathédrale du Puy-en-Velay.

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PRIER DU BON PIED

Le pèlerin prie avec ses pieds, dit-on. Souvent, il prie aussi comme un pied. Qu’il se rassure, il n’est pas le seul. Personne ne sait prier, excepté les pharisiens, ces « sachants » des premiers rangs que le Christ rabroue sans prendre de gants. Même un haut gradé de l’Église naissante comme saint Paul de Tarse (l’un des apôtres préférés des marcheurs en raison du nom de sa ville d’origine et de sa fameuse conversion sur le chemin de Damas) le reconnaît : « Nous ne savons pas prier comme il faut » (Rm 8, 26). Mais les disciples du Christ, eux du moins, ne devraient-ils pas savoir prier ? Ne sont-ils pas à bonne école, au premier rang de la classe, pour voir le Maître prendre du large afin de s’« entretenir » avec son Père ? Or même ces privilégiés se résignent, gênés, à lui demander : « Apprends-nous à prier. » Le premier pas de la prière est l’humilité de reconnaître son

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impuissance à savoir prier. Le deuxième pas est de vouloir prier. Le troisième, de commencer. Et le dernier, de persévérer. « Ce qui sauve, c’est de faire un pas », disait Saint-Exupéry. Revenons un instant sur nos pas. Notamment, sur le premier  : l’humilité. Pour les Pères du e désert (iv siècle), elle est la vertu du retour vers Dieu. Le Christ, grand marcheur devant l’Éternel, en est l’archétype. Son incarnation est, au sens premier, une humiliation (du latin humus : terre). Et une révolution : depuis Jésus-Christ, ce n’est plus l’homme pèlerin qui marche vers Dieu, c’est un Dieu pèlerin qui marche vers l’homme. «  La prière du pauvre traverse les nuées  », affirme Ben Sira le Sage (Si 35, 21). Percer les ampoules de ses pieds nus n’instille-t-il pas un peu de cette vertu rare et fragile ? La marche dispose également à l’humilité de la prière par la vulnérabilité aux éléments et la lenteur qu’elle impose. Elle incite à l’acceptation de l’imprévu et du précaire, à l’allègement du superflu et au dépouillement du nécessaire. Elle réveille les sens atrophiés et apure les pensées ;

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elle enseigne l’apprivoisement douloureux du manque, l’attention à l’instant présent, la dépendance à autrui, etc. Nous sommes d’accord : ce qui fait un pèlerin n’est pas l’affichage du podomètre, ni l’obtention d’un diplôme dûment composté – il suffit d’accompagner des malades à Lourdes pour s’en convaincre. Mais cette spiritualité du pas à pas, du pied devant l’autre, épuise néanmoins certaines velléités de toute-puissance. C’est en ce sens qu’on est fait – et défait – par le chemin, bien plus qu’on ne fait le chemin. Celui qui s’est proclamé le « Chemin » peut alors commencer à tracer le sien en nous. La marche fait plus encore : elle humilie même la prière de celui qui voudrait faire de son chemin un prie-Dieu d’excellence ou un cloître pieux. Elle dépossède les plus hautes résolutions de leur vanité. Le marcheur qui rêverait pouvoir, au fil de ses pas aériens, dérouler de célestes litanies et atteindre des édens mysticogazeux risque de déchanter rapidement1.

1. Voir « Prier en marchant » sur le site paulcompostelle.over-blog.com.

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Le chemin ne l’entend pas de cet orteil : le sac pèse, l’orage presse, l’appel du gîte stresse, le soleil assomme, les jambes flageolent... Les chapelets sont tronçonnés de jurons et leurs mystères, éparpillés façon puzzle. Le mantra « Jésus, miséricorde, j’ai confiance en toi », bien calé sur l’inspir et l’expir, dérape en « Vivement la bière fraîche et la douche chaude ! ». Faut-il désespérer ? Bien au contraire. Car Dieu vit que tout cela était bon. C’était même très bon. Et il en redemanda, de ces ratages, de ces bafouillages, de ces oraisons rafistolées, de ces résolutions reprisées. Cette prière essorée par la route, souvent réduite au souffle court du halètement, passe au tamis de la modestie. Elle ressemble alors à celle du Publicain, de la Cananéenne, du Centurion ou de l’Enfant prodigue. Ces personnages de l’Évangile reconnaissent un manque, crient la nécessité d’être secourus et confessent leur indignité à l’être. Dieu ne résiste pas. Cette prière le touche au cœur car elle jaillit d’un cœur mendiant. Dieu ne mendie-t-il pas notre prière ? L’un des derniers cris du Christ fut « J’ai soif ». La prière

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du Dieu pèlerin, incarnée et incarcérée dans le temps compté des hommes, épousa tous les modes de la prière de l’homme – excepté le repentir. Elle se fit supplication, adoration, action de grâce, louange, intercession, offrande… Le pèlerin décline ces différentes formes de prière avec une intensité particulière puisque son itinérance offre à la fois une parabole de vie et un concentré d’existence. Ces différents états d’âme jalonnent ce recueil comme autant d’« étapes d’âme », dans un ordre censé représenter l’évolution spirituelle que pourrait vivre un marcheur au long cours, du départ de son foyer jusqu’à l’arrivée au sanctuaire, avant son retour chez les siens. Mais a-t-on vraiment besoin de charger un sac déjà trop lourd d’un livre de prières ? Et ne vautil pas mieux chercher à « devenir prière » que « réciter des prières » ? Au pays des anges, nul besoin de mots pour prier  : la connexion est assurée, la transmission, instantanée. Mais sur la terre des hommes ? Même le Verbe qui n’a pas besoin de mots ne les dédaigna pas. Le Fils de Dieu reprit les hymnes et les psaumes de son peuple

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pour prier son Père. Pourrions-nous, créatures d’ombre et de poussière, en faire l’économie ? Le pèlerin est comme un amant maladroit qui ne trouve pas ses mots. Tel Christian dans Cyrano, il doit se les laisser souffler par plus inspiré que lui. Certains textes proposés dans ces pages sont portés par les siècles ; d’autres viennent de sources plus récentes. Paradoxalement, nombre de leurs auteurs ne sont pas des marcheurs mais des « pèlerins immobiles ». Malgré la stabilité imposée par leur santé ou leur état, ils refusèrent d’être des « âmes stagnantes » (Xavier Grall), des sédentaires du cœur, et firent de leur vie un chemin tendu vers un salut. Ainsi la poétesse Marie Noël (1883-1967) dont le plus long pèlerinage ne dépassa guère le trajet quotidien de son domicile à la cathédrale d’Auxerre ; ou Etty Hillesum (1914-1943) et Edith Stein (1891-1942) que leur pérégrination mena jusqu’au calvaire d’Auschwitz. Ces cœurs nomades entendirent, avec Abraham, l’appel urgent à se mettre en route vers un autre pays ; ils pressentirent, avec saint Augustin, que leur vraie patrie n’était pas de ce monde : « Tu

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nous as faits pour toi, Seigneur, et notre cœur est sans repos tant qu’il ne demeure en toi » (Confessions I, 1). Ils savaient que «  l’homme satisfait, sans inquiétude et sans désir, ne s’est pas trouvé, mais perdu » (abbé Monchanin). Ils entendirent… Comme la prière, le pèlerinage est une réponse. Ce qui met en marche, ce ne sont pas d’abord des orteils mais des oreilles, ces « pieds de l’âme ». « Prêtez l’oreille ! Venez à moi! » (Is 55, 3), dit le Seigneur. Sans l’oreille interne de son ouïe, le piéton ne tiendrait pas debout ; sans l’oreille intérieure de son âme, le pèlerin ne saurait vers qui aller. Seul « un cœur qui écoute » dresse un homme et lui fait prendre la route. C’est ce cœur que Dieu espère pour lui murmurer sa prière. Car pèleriner, dans le fond, n’est-ce pas se laisser prier, et accepter de faire son chemin avec lui ?

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QUITTER

Si je ne m’en vais pas, le Défenseur ne viendra pas à vous. JN 16, 7

Un pèlerinage, c’est un départ, un détachement, un arrachement. Le sédentaire qui se lève et devient pèlerin répond à un appel. C’est l’appel que reçut Abraham, le « père des croyants » : « Quitte ton pays, ta parenté et la maison de ton père et va vers le pays que je te montrerai » (Gn 12, 1). Pèleriner, comme prier, c’est sortir de sa « zone de confort », c’est risquer l’inconnu, devenir un étranger (du latin peregrinus qui donna le mot « pèlerin ») pour vivre une conversion. Pèleriner, c’est désirer naître à nouveau.

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Dieu, tu es mon Dieu, je te cherche dès l’aube : mon âme a soif de toi ; après toi languit ma chair, terre aride, altérée, sans eau. Je t’ai contemplé au sanctuaire, j’ai vu ta force et ta gloire. Ton amour vaut mieux que la vie : tu seras la louange de mes lèvres ! Toute ma vie je vais te bénir, lever les mains en invoquant ton nom. […] Oui, tu es venu à mon secours : je crie de joie à l’ombre de tes ailes. Mon âme s’attache à toi, ta main droite me soutient.  PSAUME 62

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Dieu tout-puissant, tu ne cesses de montrer ta bonté à ceux qui t’aiment, et tu te laisses trouver par ceux qui te cherchent,

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sois favorable à tes serviteurs qui poursuivent leur pèlerinage et dirige leur chemin selon ta volonté : sois pour eux un ombrage dans la chaleur du jour, une lumière dans l’obscurité de la nuit, un soulagement dans la fatigue, afin qu’ils parviennent heureusement sous ta garde au terme de leur route. Par Jésus, le Christ, notre Seigneur. Amen.  BÉNÉDICTION FIGURANT SUR LA CRÉDENCIAL

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Va, pèlerin, poursuis ta quête, va ton chemin, que rien ne t’arrête. Prends ta part de soleil et ta part de poussière ; le cœur en éveil, oublie l’éphémère. Tout est néant : rien n’est vrai que l’amour. N’attache pas ton cœur à ce qui passe. Ne dis pas : j’ai réussi, je suis payé de ma peine. Ne te repose pas dans tes œuvres, elles vont te juger. Garde en ton cœur la Parole : voilà ton trésor.  LITURGIE DES HEURES EN LA FÊTE DE SAINT ANTOINE

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TROPAIRE DE L’OFFICE DES LECTURES

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Au premier pas du voyage, Seigneur Jésus Christ, Fils du Dieu vivant, tu es à la fois le Chemin et le Compagnon ! Sois mon guide et mon gardien durant ce voyage ! Délivre-moi de tout danger, malheur et tentation ! Fais que je ne m’égare pas, ni de route, ni d’esprit, ni de cœur ! Accorde-moi de faire un voyage paisible et fructueux, et d’arriver en paix à destination. En toi je mets ma confiance et mon ferme espoir ! Je te rends grâce à toi qui nous conduis au Père dans l’amour de l’Esprit, pour les siècles des siècles. Amen.  INSPIRÉ D’UNE PRIÈRE ORTHODOXE 2. 2. Tiré de Joseph Proux, 100 prières pour les pèlerins, Paris, Éd. Salvator, 2016.

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Seigneur Jésus, vous qui avez fait un si long déplacement d’auprès du Père pour venir planter votre tente parmi nous ; vous qui êtes né au hasard d’un voyage, et avez couru toutes les routes, celle de l’exil, celle des pèlerinages, celle de la prédication : tirez-moi de mon égoïsme et de mon confort,

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faites de moi un pèlerin. [...] J’ai à écouter votre parole, j’ai à me laisser ébranler par votre amour ; sans cesse tenté de vivre tranquille, vous me demandez de risquer ma vie, comme Abraham, dans un acte de foi ;

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sans cesse tenté de m’installer, vous me demandez de marcher en espérance

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vers vous le plus haut sommet, dans la gloire du Père. Créé par amour, pour aimer, faites, Seigneur, que je marche, que je monte, par les sommets, vers vous, avec toute ma vie, avec tous mes frères, avec toute la création, dans l’audace et l’adoration. Amen.  GRATIEN VOLLUZ 3

3. Gratien Volluz est prêtre et guide. Dans l’audace et l’adoration, Éd. du Grand Saint-Bernard, 1976.

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Si je t’élève une prière exaspérée de n’être qu’un cri d’impuissance, si je ne rends plus grâce, entends ce que je tais.

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Et si plus rien de moi n’aspire à cette quête à ciel perdu, écoute ma fatigue et non pas mon refus.   Est-il encore très loin, ton lieu de grâce ? Mes démons se relaient pour m’étreindre à ta place, ils m’offrent des miroirs où je lis ma folie ! Brouille-les, mon Christ, toi qui m’aimes, je ne veux pas me contempler moi-même, je cherche ta face et ta vie. PATRICE DE LA TOUR DU PIN 4

4. Psaumes de tous mes temps, Paris, Éd. Salvator, 2018.

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Je marcherai. Je marcherai sous le soleil trop lourd, sous la pluie à verse et dans la tourmente. En marchant, le soleil réchauffera mon cœur de pierre, la pluie fera de mes déserts un jardin. À force d’user mes chaussures, j’userai mes habitudes. Je marcherai, et ma marche sera démarche. J’irai moins au bout de la route qu’au bout de moi-même. Je serai pèlerin. Je ne partirai pas seulement en voyage, je deviendrai moi-même un voyage, un pèlerinage.  JEAN DEBRUYNE 5 5. J’ai rêvé d’un Galiléen, Paris, Desclée de Brouwer, 2008.

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Dieu, que j’invoque dès l’aube, aide-moi à prier et à rassembler mes pensées. Seul, je ne le peux pas. En moi sont les ténèbres, près de toi la lumière. Je suis seul, mais toi, tu ne m’abandonnes pas. Je suis découragé, mais toi, tu me secours. Je suis inquiet, mais auprès de toi est la paix. En moi est l’amertume, mais près de toi la patience. Je ne comprends pas tes voies mais tu connais le juste chemin pour moi. Père dans le ciel, louange et grâce à toi pour le repos dans la nuit. Louange et grâce à toi pour le jour qui se lève. Louange et grâce à toi pour ta bonté, ta fidélité. Seigneur Jésus Christ, tu étais pauvre et misérable, prisonnier et délaissé comme moi. Aide-moi, Esprit Saint, donne-moi la foi qui me sauve du désespoir, du laisser-aller. Amen

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DIETRICH BONHOEFFER 6 6. Résistance et soumission, Paris, Laber et Fides, 2006.

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Seigneur Jésus, je suis petit et tu l’es aussi, je suis faible et tu l’es aussi, je suis homme et tu l’es aussi. Toute ma grandeur n’est que petitesse, toute ma force n’est que faiblesse, toute ma sagesse n’est que folie devant toi !

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Je courrai vers toi, Seigneur, toi qui guéris les infirmes, fortifies les faibles et redonnes joie aux cœurs affligés. Je te suivrai, Seigneur Jésus. Ainsi soit-il.  AELRED DE RIEVAULX

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TABLE DES MATIÈRES PRÉFACE. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

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PRIER DU BON PIED . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

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QUITTER. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

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SE CONFIER . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

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LOUER . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 43 SUPPLIER . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 55 S’ABANDONNER . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 67 INTERCÉDER . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 79 AFFRONTER . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

91

PERSÉVÉRER . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 103 SE REPENTIR . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 115 S’OFFRIR . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 127 ADORER . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 139 REMERCIER . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 151 PRIÈRES TOUT AU LONG DU CHEMIN . . . . . . . . . . . . . . . . 163

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