À Zélie. B. Delelis
À Dominique. É. Puybaret
À ma chère petite sœur, Solange. A.-S. Rahm
Aux petits enfants iraniens, afin qu’ils aiment au-delà des frontières de leur patrie. G. Damghani
Direction : Guillaume Arnaud Direction éditoriale : Sophie Cluzel Édition : Charlotte Walckenaer Direction artistique : Élisabeth Hebert, Bleuenn Auffret Mise en page : Les PAOistes Direction de fabrication : Thierry Dubus Fabrication : Gwendoline Da Rocha Direction artistique et musicale du disque : Bénédicte Delelis et Anne-Sophie Rahm Chœur d’enfants : Laure et Ombeline de Sury, Maguelonne Huet, Fabiola Delelis, et Florence Margottin Voix d’adultes : Bénédicte Delelis, Anne-Sophie Rahm, Étienne Collange et Basile Achet Soliste : Marie-Liesse Piot, dirigée par Emmanuelle Piot Harpe : Béatrice Poutiers-Dang Violon : Emmanuelle Bavière Flûte traversière : Jean-Baptiste Chevalier Flûte à bec : Tanguy Dionis du Séjour Basse : Madeleine Toulouse Guitare : Dominique Frideloux Piano : Anne-Sophie Rahm Prise de son, mixage et mastering : Vince Marshall et Jordan Fuentès Enregistré au studio Nokia (Fondation des Apprentis d’Auteuil).
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© Mame, Paris, 2016 15/27 rue Moussorgski 75895 Paris Cedex 18. www.mameeditions.com ISBN : 978-2-7289-2157-7 MDS : 531557 N° d’édition : 15228 Tous droits réservés pour tous pays. « Loi n° 49-956 du 16 juillet 1949 sur les publications destinées à la jeunesse. »
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Teresa Mère
dis-nous en qui tu crois ! Texte de Bénédicte Delelis, d’après les œuvres autobiographiques de mère Teresa
Illustrations d’Éric Puybaret Musique d’Anne-Sophie Rahm, d’après les textes spirituels de mère Teresa
Voix de Golchehr Damghani
GRAINES DE SAINTS P01-48-MereTeresa.indd 3
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« Hue, cheval ! Plus vite ! – Agnès, pousse-toi donc un peu, tu m’écrases le pied… – Maman, sommes-nous bientôt arrivés ? » Comme chaque année, notre cœur battait plus fort en retrouvant les paysages familiers de nos vacances : le petit chemin, les hautes herbes des champs, et la rivière qui courait gaiement au soleil. J’avais alors douze ans. Tous les étés, nous quittions Skopje, notre chère ville d’Albanie, pour les vertes collines de Letnice. Mon grand frère, ma grande sœur et moi, étions juchés sur la charrette, au milieu des casseroles, des pommes de terre et des jouets. Maman marchait à côté du cheval, et chantait de sa voix claire. Je pensais à Papa. Du haut du ciel, il devait nous regarder… « J’ai trouvé ce que je voudrais faire quand je serai plus grande, ai-je déclaré soudain à Maman. Je voudrais être missionnaire : partir au loin, faire connaître et aimer Jésus ! Mais, comment être sûre que Dieu m’appelle ? – Par ta joie, Agnès, m’a-t-elle répondu calmement. Lorsque Dieu appelle, il donne la joie. »
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Quelques années après, alors que nous étions de retour à Letnice pour les vacances, je suis entrée dans l’église pour prier. Un cierge allumé à la main, je me suis avancée tout près de la statue de la Sainte Vierge. Et là, levant les yeux vers le doux visage de Notre-Dame, j’ai compris que Dieu m’invitait à être toute à lui. J’étais remplie de joie. C’est ainsi qu’à dix-huit ans, le cœur battant, j’ai quitté ma maison, ma famille et mes amis pour l’Inde, un pays lointain et coloré, que j’allais aimer comme si c’était le mien. Sur le quai, avant que je monte dans le grand bateau qui allait m’emmener pour toujours, Maman, en retenant ses larmes, a pris ma main et m’a dit : « Mets ta main dans celle de Jésus, et marche seule avec lui. »
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Je suis devenue religieuse. J’ai choisi le nom de Teresa parce que j’aimais beaucoup la petite Thérèse de l’Enfant-Jésus. Je vivais au couvent de Notre-Dame-de-Lorette à Calcutta, une ville gigantesque et surpeuplée. Les premiers mois, j’étais accablée par la chaleur moite, et abasourdie par le bruit. Il y avait du monde partout, des vaches au milieu des routes ; des familles entières vivaient sur les trottoirs. J’étais saisie par la misère. Ma mission était d’enseigner la géographie dans une école de filles.
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Le dimanche, lorsque mes élèves étaient rentrées chez elles, je partais visiter les pauvres de la ville. Je ne pouvais pas les aider, car je n’avais rien, mais j’y allais pour leur donner de la joie. « Mère, revenez nous voir ! m’a dit un soir une maman à qui j’avais rendu visite. Votre sourire a fait entrer le soleil dans cette maison ! » Émue, j’ai demandé à Dieu : « Donne-moi la force d’être toujours la lumière de leur vie, et ainsi de les conduire à toi ! » Je n’imaginais pas combien il allait exaucer ma prière !
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L’année de mes trente-six ans, on m’envoya me reposer quelques jours à Darjeeling. Le train cahotait en grimpant les montagnes de l’Himalaya. J’étais assise, tassée dans un wagon bondé, et je priais. C’est alors que, dans mon cœur, j’ai entendu l’appel de Jésus : « Ma petite, viens, porte-moi jusque dans les trous des pauvres. Viens, sois ma lumière ! J’ai soif ! » Ces mots, ou plutôt cette voix, me bouleversaient… « Mon cher Jésus, ce que tu me demandes me dépasse… Je suis faible ! Va, Jésus, trouver une âme plus digne, plus généreuse ! » Il reprenait : « Je le sais, tu es la personne la plus faible, mais c’est justement parce que tu es si petite que je veux te demander cela. Viens, ma toute petite. Ne crains pas, je serai toujours avec toi. Refuseras-tu ? » Pendant plusieurs jours, j’ai prié. Jésus voulait des sœurs missionnaires qui soient son feu d’amour au milieu des pauvres, des malades et des petits enfants des rues. Peu à peu, j’ai compris que je devais quitter mon couvent où j’étais si heureuse, et apaiser la soif de Jésus en le servant dans les plus pauvres.
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Revenue de Darjeeling, j’ai dû attendre longtemps avant d’obtenir la permission de l’évêque de Calcutta. Un jour, enfin, il est venu me dire : « Vous pouvez partir. » J’ai changé alors mon habit et mon voile de religieuse pour un simple sari blanc bordé de bleu. Les élèves s’étaient rassemblées dans la grande cour pour me dire au revoir. Elles se sont mises à chanter. Le cœur serré, j’ai pris ma valise, et je suis partie sans me retourner.
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Viens, sois ma lumière, mon feu d'amour, porte-moi dans les trous des pauvres. Chez les malades, chez les mourants, allume la flamme de mon amour ! Je les désire et je les aime, donne-moi leurs âmes, j'ai soif d'amour ! J'ai l'ardent désir d'allumer la lumière de l'amour dans le cœur de chaque créature de Dieu ! Ta vocation est d'aimer, de t'offrir, de sauver des âmes. C'est en faisant ce pas que tu réaliseras le désir de mon cœur pour toi. Je suis prête à accepter tout ce qu'il donne et à donner tout ce qu'il prend avec un grand sourire, un grand sourire. Je suis la lumière du monde, qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres mais aura la lumière de la vie. Moi, je ne suis qu'un petit instrument entre ses mains et c'est précisément parce que je ne suis rien qu'il veut se servir de moi...
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