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9782718910307 Missel Jounel dimanche courant

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MISSEL DU DIMANCHE

Présenté par

MGR PIERRE JOUNEL

Texte liturgique officiel

La loi du 11 mars 1957 n’autorisant, aux termes des alinéas 2 et 3 de l’Article 41, d’une part, que les « copies ou reproductions strictement réservées à l’usage privé du copiste et non destinées à une utilisation collective » et, d’autre part, que les analyses et les courtes citations dans un but d’exemple ou d’illustration, « toute représentation ou reproduction intégrale, ou partielle, faite sans le consentement de l’auteur ou de ses ayants-droit ou ayants-cause, est illicite » (alinéa 1er de l’Article 40).

Cette représentation ou reproduction, par quelque procédé que ce soit, constituerait donc une contrefaçon sanctionnée par les Articles 425 et suivants du Code Pénal.

Cette édition tient compte de la nouvelle édition du Lectionnaire du dimanche (2014) et reproduit la nouvelle traduction liturgique des textes bibliques qui s’y trouvent. Elle tient compte également de la nouvelle traduction du Missel romain (2021).

Imprimatur

Tornaci, die 2 maii 1981

J. Thomas, del. ep.

Copyright © 1969, 1970, 1971, 1972, 1974, 1975, 1977, 1978, 1980, 1983, 1984, 1996, 1997, 2013, 2021

A.E.L.F., pour les textes liturgiques

Copyright © 1971, 1975, 1979, 1981, 1999, 2014, 2021, Mame, Paris

Tous droits réservés

Dépôt légal 2021

Édition courante

ISBN : 978-2-7189-1030-7

MDS : 532 060

Édition cadeau

ISBN : 978-2-7189-1031-4

MDS : 532 061

Édition luxe

ISBN : 978-2-7189-1032-1

MDS : 532 062

Illustration pour la couverture (et le coffret) : Ouchakov, Simon. 1626-1686. La Cène. xviie siècle. Détrempe sur bois. © Artothek / LA COLLECTION.

TA b LE DES MATI èr ES

Introduction page [5]

Abréviations page [19]

Calendrier des dimanches page [20]

L’ANNÉE LITUrGIQUE

Avent................................. 3

Temps de Noël .................. 11

Carême ............................. 49

Semaine sainte ................... 70

Triduum pascal .................. 88

Temps pascal .................... 164

Temps ordinaire ............... 197

Fêtes du Seigneur et solennités....................... 275

LA CÉLÉbrATION DE LA MESSE

Introduction ..................... 369

Ouverture ......................... 380

Liturgie de la Parole .......... 387

Liturgie eucharistique ........ 392

Prière eucharistique I 397

Prière eucharistique II ........ 405

Prière eucharistique III 412

Prière eucharistique IV ........ 420

La communion ................. 427

Renvoi de l’assemblée ........ 432

LES LECTUrES

Introduction page 523

Texte latin des chants de l’ordinaire ......................... 434

Aspersion de l’eau bénite .. 437

La prière universelle ........... 440 Préfaces ............................ 450

Prières eucharistiques pour la réconciliation I et II ........... 477

Prières eucharistiques pour assemblées d’enfants I, II et III .... 485

Prière eucharistique pour des circonstances particulières ... 501

Avent 534 722 904

Temps de la Nativité 547 735 915

Carême 553 743 923

Semaine sainte 574 759 940

Temps pascal 586 771 951

Temps ordinaire 613 806 979

LES SACrEMENTS

LA prIèrE DU CHrÉTIEN

INTrODUCTION

Dans sa Constitution sur la Liturgie le concile Vatican II avait prescrit que le Missel romain en usage depuis le concile de Trente (1570) serait rénové, de telle façon que les textes et les rites « expriment avec plus de clarté les réalités saintes qu’ils signifient » (n° 21) et « que soit facilitée la participation pieuse et active des fidèles » (n° 50). Le concile établissait en même temps les principes directeurs de cette rénovation (1963). En 1969, le pape Paul VI a promulgué le nouveau Missel, qui devait entrer en usage en 1970, émettant le vœu que ce missel soit reçu par les chrétiens « comme un signe et un instrument d’unité » dans leur prière.

Le missel que nous présentons voudrait réaliser le souhait du Pape près des fidèles de langue française. Pour que le missel favorise l’unité de la prière, « tout en laissant place, précise Paul VI après le concile, à des différences légitimes et à des adaptations », il faut d’abord qu’il soit connu. Or ce qui caractérise, en premier lieu, le nouveau Missel, c’est son ampleur. L’ancien Missel romain contenait en un volume la totalité des prières et des lectures de la messe. La liturgie rénovée devant proposer au peuple, selon la prescription du concile, « la partie la plus importante des saintes Écritures dans un nombre déterminé d’années » (n° 51), les éditions officielles ont été amenées à publier en volumes distincts les prières et les lectures. On revenait ainsi à l’usage ancien, qui distinguait le livre du prêtre de celui des lecteurs. En ce qui concerne le texte latin originaire, le Missel proprement dit constitue un volume de plus de neuf cents pages et le Lectionnaire comprend trois volumes d’environ mille pages chacun. Il faut donc renoncer à tenir sous la main, comme par le passé, son missel complet.

C’est la raison pour laquelle les Éditions Desclée ont formé le projet d’un Missel des fidèles en deux volumes, le Missel du dimanche et le Missel de la semaine. Le premier contient toutes les messes qui sont célébrées le dimanche et les jours de fête avec le texte intégral des lectures réparties sur les trois années du cycle. On y a ajouté les éléments indispensables pour participer à la célébration des sacrements, ainsi qu’un texte de prière du matin et de prière du soir tiré du nouvel Office divin (1971). Le Missel de la semaine contient, avec l’ordinaire de la messe repris du Missel du dimanche, toutes les messes pour les

jours de semaine des divers temps liturgiques et celles des saints. On y trouvera aussi les communs et les messes diverses, qui sont beaucoup plus nombreuses que par le passé.

Le texte français qui est reproduit est évidemment le texte officiel approuvé par les diverses Conférences épiscopales francophones. La présentation en a été faite dans un esprit qu’il convient de préciser. On a voulu, avant tout, faire connaître et aimer la prière de l’Église, afin que chaque membre de l’assemblée liturgique puisse se l’approprier. Aucune participation active des fidèles à la messe n’est possible si chacun ne fait de la prière dite par le prêtre ou du texte chanté par l’assemblée sa prière personnelle, si chacun, à la mesure de sa culture biblique mais surtout de son attention à l’Esprit Saint, ne se pénètre de l’enseignement que lui apporte la parole de Dieu.

Pour les lectures, il était impossible de faire une présentation détaillée de tous les textes de l’Écriture. On a tenté surtout de souligner les points de rencontre entre les diverses lectures de chaque dimanche. L’Écriture éclaire l’Écriture. Certains jours, les trois lectures convergent vers le même événement ou le même mystère. Tous les dimanches, il y a au moins deux lectures qui sont connexes ; au long des dimanches du Temps ordinaire, l’harmonisation est établie entre la lecture d’Ancien Testament et l’Évangile. Pour mettre en lumière cette harmonisation, on est parti presque toujours de l’évangile. C’est l’Évangile qui est le terme de la Loi, comme disaient les Pères de l’Église ; c’est lui qui constitue le sommet de la célébration de la Parole, car, dans l’évangile, c’est le Christ qui parle pour nous préparer à entrer dans la célébration de son sacrifice. Telle est la raison pour laquelle on a vu dans l’Évangile la clef qui ouvre à l’intelligence des Écritures. Certains s’étonneront peut-être de ce que le psaume qui suit la lecture de l’Ancien Testament ne soit l’objet d’aucune présentation. On a pensé que le refrain placé en tête aidait suffisamment à le situer dans le prolongement de la lecture qui vient d’être proclamée.

L’essentiel du commentaire porte sur les prières, qu’il s’agisse des prières eucharistiques avec leurs multiples préfaces, des oraisons ou des antiennes. Ce sont elles qui donnent sa physionomie propre au Missel de Paul VI. Héritées de la tradition plus que millénaire de la liturgie romaine et des autres liturgies latines, spécialement de celle de Milan, adaptées quand il en est besoin « aux requêtes et aux conditions actuelles » (Préambule du Missel, n° 15), créées pour répondre à des

besoins nouveaux, les prières du Missel de Paul VI constituent, en dehors de la tradition orientale, le témoin le plus authentique et le plus prestigieux de la prière de l’Église.

Or l’Église exprime dans sa prière une « certaine idée » qu’elle se fait de Dieu et du monde. Elle n’aborde le Seigneur « éternel et toutpuissant » que dans un immense respect, sa première démarche est d’adorer. Pour elle, l’homme tient tout de Dieu en Jésus Christ et il ne peut offrir à Dieu que ce qu’il en a reçu : dans la vie de l’homme tout est grâce, la Pâque du Christ est l’axe de l’histoire. La prière de l’Église est d’une veine identique à celle des Psaumes et du Nouveau Testament, même si elle s’exprime dans un style différent. Dans chaque messe, la prière jaillie un jour des lèvres de saint Léon le Grand ou de saint Grégoire le Grand et la prière inspirée de l’Écriture s’éclairent mutuellement et montent vers le Seigneur dans une harmonie qui ajoute à la qualité de l’une et de l’autre.

La présentation qui en est faite a pour but d’aider à découvrir cette harmonie. Parfois tel ou tel texte a retenu davantage l’attention, mais d’ordinaire on a voulu introduire à l’ensemble d’une messe. Libre à chacun de s’arrêter ensuite, dans sa prière personnelle, à l’oraison ou au verset d’Écriture où il trouvera la nourriture qui lui conviendra davantage. Le commentaire a veillé par-dessus tout à se conformer au texte, dans sa version française qui ajoute parfois au texte latin telle ou telle nuance mieux accordée au génie de notre langue et de notre culture, et à en respecter l’esprit.

Ce souci d’objectivité n’est pas refus de s’ouvrir à la vie des hommes de notre temps. La liturgie ne serait pas celle de l’Église, si elle ne communiait à leurs joies et leurs espoirs, à leurs tristesses et leurs angoisses. Mais il a semblé que respecter l’altitude à laquelle se situe la prière de l’Église était rendre service aux chrétiens, car c’est respecter le cheminement intime de chacun. L’homélie du prêtre a pour but de faire le lien entre la parole de Dieu, la vie des fidèles rassemblés, et l’Eucharistie qu’ils vont célébrer ; à travers la prière universelle ils assument la supplication de leurs frères les hommes. Dans une certaine intemporalité, la prière que suggère l’Église est porteuse de la louange et de l’invocation jaillies du concret de la vie de chacun des membres de l’assemblée.

En promulguant le Missel restauré par le IIe concile du Vatican, le pape Paul VI rappelait que « de nombreux saints ont nourri leur vie spirituelle des lectures et des prières » de l’ancien Missel. Le nouveau

Introduction

Missel continue, en l’enrichissant, une tradition désormais mieux inventoriée. Bernard et Dominique, Thérèse d’Avila et Vincent de Paul, Thérèse de l’Enfant Jésus et Pie X y trouveraient, aujourd’hui comme hier, l’amorce de leur dialogue avec Dieu. Pourquoi en serait-il autrement des chrétiens de ce temps ? Dans l’extrême dispersion dont souffre chacun de nous en sa vie profonde comme en ses multiples activités, le Missel nous est confié, lourd de l’expérience de la grande maîtresse de prière qu’est l’Église.

Le présent Missel des fidèles n’a d’autre but que d’aider le chrétien à se mettre à l’école de l’Église en prière, pour nouer le nécessaire dialogue avec Dieu dans le Christ, tant au sein de l’assemblée liturgique que dans le secret de son cœur.

LE DIMANCHE

Le Missel du dimanche est le livre de l’assemblée que tiennent les chrétiens le dimanche. Il convient donc qu’il s’ouvre sur la découverte de la place du jour du Seigneur dans la vie de l’Église.

Le jour du Seigneur

C’est au matin du « premier jour de la semaine » (Mc 16, 9), au lendemain du sabbat, que le Seigneur Jésus est ressuscité et qu’il est apparu aux siens. Le soir du même jour, il se fit reconnaître des disciples d’Emmaüs « à la fraction du pain », après leur avoir interprété « dans toute l’Écriture ce qui le concernait » (Lc 24, 27 et 35), et il communiqua l’Esprit Saint à ses Apôtres, en les envoyant pour continuer sa mission (Jn 20, 21-23). Tel est l’événement central de l’histoire du salut qui a marqué pour toujours le premier jour de la semaine et en a fait le jour du Christ-Dieu, le jour du Seigneur (dominica en latin, dimanche en français), selon le nom que lui donne déjà l’Apocalypse (Ap 1, 10).

Le jour de l’assemblée chrétienne

Huit jours après la résurrection de Jésus, les Apôtres étaient réunis à nouveau, quand il leur apparut et suscita la profession de foi de Thomas : « Mon Seigneur et mon Dieu » (Jn 20, 28). Depuis lors, chaque communauté locale de chrétiens se réunit le dimanche pour célébrer le mystère pascal du Christ, sa mort et sa résurrection dans l’attente de son retour. Ainsi voyons-nous saint Paul présider l’assemblée des chrétiens de Troas, au printemps de l’an 58, prêchant toute la nuit dans la maison de l’un des frères et rompant le pain, avant de prendre le bateau pour Milet (Ac 20, 7-12). C’est en vue de l’assemblée qu’un an plus tôt il prescrivait aux Corinthiens de mettre de côté, « le premier jour de la semaine », ce qu’ils auraient pu épargner pour secourir les pauvres (1 Co 16, 2).

À l’origine, le dimanche commençait avec la tombée de la nuit le samedi soir, conformément à la manière biblique d’apprécier le déroulement du jour : « Il y eut un soir, il y eut un matin » (Gn 1, 5). En milieu juif, la chute du jour, le samedi soir, marquait la reprise des occupations après le repos strict du sabbat. C’est pourquoi les premières assemblées chrétiennes se sont tenues au cours de la nuit qui ouvrait le dimanche, d’abord au début de cette nuit, en souvenir du repas du Seigneur qui fut un souper, puis aux dernières heures de la

nuit, avant le lever du soleil. Nos messes dominicales du samedi soir renouent avec la tradition de l’Église des Apôtres.

L’assemblée du dimanche est la manifestation essentielle de l’implantation de l’Église du Christ dans un lieu déterminé. Ce jour-là, écrivait saint Justin vers l’an 150, « tous les nôtres qui habitent la ville ou les champs s’assemblent en un même lieu ». L’obligation de tenir l’assemblée incombe alors à la communauté locale, que dirigent l’évêque ou les prêtres, ses délégués. Tous sont tenus d’y participer selon leurs possibilités. Beaucoup évidemment ne peuvent tenir le rythme hebdomadaire de l’assemblée : chrétiens dispersés, jeunes mères de famille, malades, voyageurs, esclaves ou serviteurs que des maîtres païens n’autorisent pas à sortir. Mais l’Église s’assemble et elle prend tous les absents dans sa prière. Au besoin, elle leur fait porter l’Eucharistie par des frères. Il ne s’agit donc pas tant, pour chaque chrétien, d’accomplir un devoir hebdomadaire que, pour tous les chrétiens, de célébrer la Pâque du Christ. Parfois ils ont besoin d’être stimulés dans leur fidélité : Ne mettez pas vos affaires temporelles au-dessus de la parole de Dieu, mais abandonnez tout au jour du Seigneur, et courez avec diligence à vos assemblées, car c’est là votre louange envers Dieu. Sinon, quelle excuse auront auprès de Dieu ceux qui ne se réunissent pas au jour du Seigneur pour entendre la parole de Dieu et se nourrir de la nourriture divine qui demeure éternellement.

Ainsi parle un évêque de Syrie au iii e siècle 1. Mais le peuple de Dieu dans son ensemble n’aura pas de peine à comprendre que la fidélité à l’assemblée dominicale est le test de sa fidélité au Christ Seigneur. En pleine persécution, des chrétiens d’Abitène, en Tunisie, trente et un hommes et dix-huit femmes, arrêtés pour réunion illicite, n’hésitent pas à répondre au juge : « Nous ne pouvons pas vivre sans célébrer le jour du Seigneur » (12 février 304).

On décrira plus loin la manière dont se déroule l’assemblée chrétienne dans la célébration de la messe (p. 369). Il convient toutefois de souligner dès maintenant les deux phases de cette célébration : la liturgie de la Parole et la liturgie de l’Eucharistie.

Le jour de la parole de Dieu

Au temps de l’exil de Babylone, les Juifs éloignés du Temple, qui n’était plus d’ailleurs qu’un monceau de ruines, prirent l’habitude de se réunir le jour du sabbat pour lire en assemblée la parole de Dieu, la

1. Didascalie des Apôtres, ch. 13.

Loi et les Prophètes, et pour prier ensemble. Ils conservèrent cet usage après leur retour en Palestine. L’évangile nous montre Jésus participant à cette assemblée dans la synagogue de Nazareth (Lc 4, 16-22). Les Apôtres y étaient pareillement assidus. Les chrétiens d’origine juive durent, au début, constituer leurs propres synagogues dans lesquelles ils lisaient, en plus de l’Ancien Testament, les écrits des Apôtres. Le soir, ils faisaient la fraction du pain. Très tôt, en dehors du milieu juif, liturgie de la Parole et Eucharistie se sont soudées en une seule célébration, mais il ne faut pas oublier que la liturgie de la Parole a sa consistance propre : « Dieu y parle à son peuple, le Christ y annonce encore l’Évangile 1 » et le peuple répond à son Seigneur par le chant inspiré des Psaumes. La liturgie de la Parole est le lieu privilégié du dialogue de Dieu et de son peuple.

Aujourd’hui comme hier, la liturgie de la parole de Dieu n’est pas ouverte seulement à ceux qui vont participer à l’Eucharistie. Les catéchumènes y ont de droit leur place, mais aussi les chrétiens qui, pour un temps ou pour des circonstances durables, ne peuvent être admis à la table du Seigneur, et tous ceux qui sont en recherche de Dieu. Tous ces fidèles ou ces incroyants attirés par la Bonne Nouvelle du Christ devraient se sentir parfaitement libres de quitter l’assemblée après la prière universelle.

Dans les agglomérations où il n’y a pas de prêtre pour célébrer l’Eucharistie, il revient à un diacre ou à un laïc de réunir ses frères le dimanche par délégation de l’évêque, soit dans une église, soit dans une maison particulière, et d’y présider la liturgie de la Parole. Au terme de la prière universelle, tous disent le Notre Père. Si l’on possède la réserve eucharistique, les fidèles peuvent communier ensuite et emporter l’Eucharistie à ceux qui n’ont pu se joindre à l’assemblée. L’absence d’un prêtre n’est jamais une raison suffisante pour que les chrétiens se dispensent de se rassembler le dimanche. Le Seigneur n’at-il pas promis que là où deux ou trois seraient réunis en son nom, il serait au milieu d’eux (Mt 18, 20) ?

Le jour de l’Eucharistie

L’assemblée dominicale culmine dans la célébration de l’Eucharistie. Le Seigneur y perpétue par le ministère du prêtre son sacrifice de la croix, mais dans l’allégresse de Pâques. Faisant mémoire de la mort et de la résurrection du Christ, les fidèles réunis autour de l’autel

1. Concile Vatican II, Const. liturgique, n° 33. Le

présentent à Dieu, avec le prêtre, « le Pain de la vie et la Coupe du salut » (PE II), « le sacrifice vivant et saint » (PE III) pour lui rendre grâce ; ils lui demandent de les « rassembler par l’Esprit Saint en un seul corps, pour qu’ils deviennent eux-mêmes dans le Christ une vivante offrande à la louange de sa gloire » (PE III). Puis, après avoir dit ensemble la Prière du Seigneur et s’être pardonné mutuellement leurs fautes, ils se partagent le pain rompu et la coupe du Christ, en évoquant le repas auquel le Seigneur les convie dans son Royaume. L’Eucharistie est le fruit le plus précieux de l’assemblée des chrétiens, mais on peut dire aussi que c’est l’Eucharistie qui bâtit l’assemblée, en faisant grandir chacun de ses membres et le corps des chrétiens en tant que tel dans la foi, dans l’espérance et dans l’amour.

Le jour du partage dans la joie

L’Eucharistie se prolonge dans le partage. Elle est partagée elle-même au-delà de l’assemblée, dans la mesure où les fidèles ont le souci de l’emporter aux absents, comme les y autorise à nouveau la discipline de l’Église. Mais le partage doit se réaliser, le dimanche, sur tous les plans. La quête qui est faite dans l’assemblée, le salut fraternel qu’échangent les chrétiens en sortant de l’église n’en sont que deux manifestations parmi bien d’autres. Le partage constitue un indispensable au-delà de l’assemblée sous toutes les formes que peuvent suggérer les circonstances : partage des biens, partage des soucis et des joies, partage de la solitude des malades, des vieillards ou des étrangers.

Le repos dont on bénéficie le dimanche en pays de civilisation chrétienne est une forme de ce partage : l’Église a pu faire partager ainsi aux hommes la joie du salut en Jésus Christ et leur offrir dans le loisir un avant-goût du bonheur du ciel. Les conditions de vie de la société moderne font que de nombreux chrétiens sont contraints aujourd’hui de dissocier le dimanche de leur jour de repos. C’est d’abord pour eux que l’Église a restauré la célébration dominicale du samedi soir. Du moins tous doivent-ils faire du dimanche un jour de plus grande attention aux autres par amour du Christ, d’un don de soi plus généreux et d’une joie plus rayonnante. Chacun selon ses possibilités pourra ainsi se sentir en communion avec ses frères dans la foi et être fidèle à la loi des chrétiens.

L’ANNÉE LITURGIQUE

Dans la liturgie, l’Église ne célèbre qu’un seul mystère, celui du Christ mort et ressuscité, qui nous communique sa vie divine à travers les sacrements de la foi, spécialement le Baptême et l’Eucharistie. Chaque fois que nous célébrons le repas du Seigneur, nous avons part à sa Pâque. Mais, en se faisant homme, le Christ s’est soumis à la condition humaine et donc aux lois de la communication entre les hommes. Or l’homme est immergé dans le temps et il ne peut découvrir la hauteur et la profondeur du mystère du Christ qu’en le déployant dans le temps. Les rythmes périodiques des semaines et des années ont modelé notre psychologie. On ne s’étonnera donc pas de les retrouver dans le culte chrétien.

L’Église célèbre chaque dimanche le mystère pascal de la mort et de la résurrection du Christ. Mais il y a, chaque année, un dimanche où le peuple chrétien célèbre la Pâque dans une joie et une disponibilité exceptionnelles, c’est le dimanche de Pâques. Pâques est « la fête des fêtes et la solennité des solennités », pour user du langage enthousiaste de l’Orient. Nul n’ignore que la fête est une des expressions les plus spontanées de la vie en société et que, dans toutes les civilisations, elle a pris d’abord une forme religieuse. Le peuple de l’ancienne Alliance a eu ses fêtes en l’honneur du Seigneur. Le peuple de la nouvelle Alliance célèbre à Pâques la fête qui lui donne son identité chrétienne et dont l’allégresse se répercute tout au long des dimanches et des fêtes de l’année.

Les solennités pascales

Le lien de concomitance que le Christ a voulu établir entre son sacrifice et la célébration de la Pâque juive fait que la Pâque chrétienne s’enracine dans l’Ancien Testament. Mieux que la Pâque de l’Exode, la Pâque chrétienne est une libération de la servitude, elle constitue la naissance d’un peuple, le nouveau peuple de Dieu. Saint Paul témoigne du fait que, dès l’an 57, les fidèles du Christ donnaient une interprétation chrétienne à la célébration de la Pâque juive : « Notre agneau pascal a été immolé : c’est le Christ. Ainsi, célébrons la Fête, non pas avec de vieux ferments, non pas avec ceux de la perversité et du vice, mais avec du pain non fermenté, celui de la droiture et de la vérité. » (1 Co 5, 7-8).

C’est en raison de son lien avec la Pâque juive que la date de la fête chrétienne de Pâques est établie non selon le calendrier solaire, comme

les autres fêtes, mais d’après un calendrier à la fois solaire et lunaire, ce qui peut la faire varier selon les années entre le 22 mars et le 25 avril. De plus, les divergences dans la supputation des dates font que les chrétiens d’Orient et d’Occident célèbrent rarement Pâques le même jour. Mais des négociations sont en cours entre les Églises en vue de la fixation de Pâques au 2e ou au 3e dimanche d’avril. Si elles aboutissent, tous les baptisés, répandus à travers le monde, pourront célébrer ensemble la résurrection de leur Seigneur.

Triduum pascal

La solennité pascale tient d’abord dans la Nuit Sainte, où « l’Église veille avec amour » à l’écoute de la parole de Dieu, et dans la célébration des sacrements de l’initiation chrétienne : Baptême, Confirmation et Eucharistie. C’est alors que chacun des fidèles du Christ renouvelle avec lui son passage vers le Père. La Veillée pascale constitue le sommet de l’année chrétienne.

Mais « le cœur a ses raisons ». Aussi, tout en trouvant dans la célébration des sacrements au cours de la Nuit Sainte l’essentiel de la grâce pascale, l’Église sent-elle le besoin de suivre pas à pas le Seigneur Jésus dans sa Passion rédemptrice, du repas où il institua l’Eucharistie aux apparitions dans lesquelles il fit connaître sa résurrection à ses disciples. Le Triduum pascal du Christ mort, enseveli et ressuscité, est né de ce besoin. Il se déroule du soir du Jeudi saint au soir du dimanche de Pâques : le jeudi soir, on célèbre la messe de la sainte Cène, le vendredi après-midi la Passion de Jésus, le samedi honore dans l’absence même de toute célébration liturgique le mystère du Christ au tombeau, et dans la messe du dimanche nous rendons grâce à Dieu pour la merveille qu’il a faite en ressuscitant son Fils d’entre les morts et en nous ouvrant, de ce fait, les portes de la vie.

Temps pascal

Un seul jour ne suffit pas pour exprimer la joie de la Résurrection. Aussi l’Église célèbre-t-elle la solennité pascale durant les cinquante jours qui séparent Pâques de la Pentecôte. Guidée par la lecture quotidienne des Actes des Apôtres et de l’évangile de saint Jean, elle découvre au long des sept semaines tout ce que la mort et la résurrection du Seigneur ont apporté au monde, et elle fait monter vers Dieu la louange des rachetés dans le chant de l’Alléluia.

Au quarantième jour du Temps pascal, ou le dimanche suivant en certaines régions, nous célébrons l’Ascension du Seigneur. À partir de

L’année liturgique

ce jour l’appel à la venue de l’Esprit Saint se joint à l’allégresse pascale dans la célébration liturgique.

Carême

La solennité pascale est préparée, du mercredi des cendres au Jeudi saint, par quarante jours de pénitence, au cours desquels toute la communauté accompagne les catéchumènes dans leur préparation au Baptême et se prépare elle-même à renouveler sa profession de foi baptismale dans la Nuit Sainte. Liturgie quotidienne de la messe et célébrations pénitentielles du Carême invitent le chrétien à mettre en question devant Dieu les orientations fondamentales de sa vie pour s’ouvrir à la grâce du renouveau pascal.

Le dernier dimanche du Carême est le dimanche des Rameaux et de la Passion, qui ouvre la Semaine sainte : la procession, dans laquelle nous revivons l’entrée triomphale de Jésus à Jérusalem, et la lecture de la Passion, qui dresse devant nos yeux le Christ en croix, constituant le portique majestueux des solennités de notre rédemption.

Les Temps de l’Avent et de la Nativité

Durant les trois mois qui séparent le premier dimanche du Carême du dimanche de la Pentecôte, la communauté des chrétiens vit la période la plus intense de l’année. Si importante que soit la célébration des fêtes de la venue du Seigneur parmi les hommes, on ne saurait la mettre en parallèle avec celle de Pâques. Il n’y a pas deux pôles dans l’année chrétienne, Pâques et Noël. Il n’y a qu’un sommet, c’est la Pâque.

Temps de la Nativité

La piété moderne a très légitimement paré la fête de la Nativité de Jésus de la tendresse et de la poésie propres à l’évocation de l’Enfant. Originairement elle fut pourtant une fête presque austère, une proclamation solennelle de la divinité du Christ face à ceux qui la niaient (ive siècle) : dans le fils de la Vierge Marie nous adorons le Fils de Dieu. Les fêtes de l’Épiphanie et du Baptême de Jésus, celle de sainte Marie Mère de Dieu affirment, chacune à sa façon, le même dogme de notre foi, tandis que nous découvrons dans la fête de la sainte Famille les implications les plus humaines du mystère de l’Incarnation.

Temps de l’Avent

Les quatre semaines du Temps de l’Avent ont constitué originairement une préparation aux solennités de la Nativité. Mais si le Christ est venu parmi les hommes en se faisant l’un d’entre eux, s’il a révélé sa gloire dans les diverses « épiphanies » qui ont marqué son enfance et les débuts de sa prédication, il reviendra un jour comme juge des vivants et des morts. Aussi la liturgie de l’Avent évoque-t-elle tour à tour les deux avènements du Seigneur, soulignant en même temps que le Christ ne cesse pas de venir dans le monde et de se manifester aux hommes à travers la vie et le témoignage de ceux qui croient en lui.

Temps ordinaire

En dehors des temps liturgiques que nous venons de présenter, il reste dans l’année trente-trois ou trente-quatre semaines, qui n’ont aucune coloration particulière. On appelle ces semaines le Temps ordinaire. Il se déroule en deux périodes dont la durée varie selon la date de Pâques, du 7 janvier au Carême et de la Pentecôte à l’Avent.

Les dimanches du Temps ordinaire répondent strictement à la notion du dimanche que nous avons analysée (p. [9]) : ils sont la célébration hebdomadaire du mystère pascal.

Contrairement aux dimanches du Temps pascal, du Carême et de l’Avent, les dimanches du Temps ordinaire peuvent céder la place aux solennités et aux fêtes du Seigneur, ainsi qu’aux solennités des saints. Précisons qu’on appelle solennité une grande fête.

Les fêtes du Seigneur et des saints

Lorsque l’Église célèbre le dimanche une solennité ou une fête du Seigneur, c’est toujours un aspect du mystère pascal qui est mis en relief. C’est ainsi qu’on fête chaque année le dimanche la Sainte Trinité, le Corps et le Sang du Christ et le Christ Roi de l’univers. Une seule solennité du Seigneur tombe toujours en semaine au Temps ordinaire, le Sacré-Cœur de Jésus, qui est célébré le vendredi en mémoire de la Passion.

Les solennités et les fêtes du Seigneur fixées à un jour déterminé d’un mois sont célébrées le dimanche, l’année où ce jour tombe un dimanche. Ce sont la solennité de la Dédicace de l’église (au jour anniversaire) et les fêtes de la Présentation du Seigneur (2 février), de la Transfiguration (6 août), de la Croix glorieuse (14 septembre) et de la Dédicace de la basilique du Latran (9 novembre).

Parmi les fêtes des Saints, les solennités seules peuvent l’emporter sur le dimanche. Ce sont les solennités de l’Assomption de la sainte Vierge Marie (15 août), de la Nativité de saint Jean Baptiste (24 juin), des Apôtres saint Pierre et saint Paul (29 juin) et de tous les Saints (1er novembre), à laquelle on rattache la Commémoration des Fidèles défunts (2 novembre). Dans chaque église, on y joint la solennité du Saint dont elle porte le nom et celle du Patron du lieu. « Dans les anniversaires des saints, dit le concile Vatican II, l’Église proclame le mystère pascal en ces saints qui ont souffert avec le Christ et sont glorifiés avec lui 1 . » Quant à la sainte Mère de Dieu, « l’Église admire et exalte en elle le fruit le plus excellent de la rédemption, et, comme dans une image très pure, elle contemple avec joie ce qu’elle-même désire et espère être tout entière 2 ».

Si la piété des fidèles est attachée à l’une des solennités ou des fêtes qui viennent d’être mentionnées, on peut célébrer celle-ci le dimanche qui précède ou qui suit son incidence, quand elle tombe en semaine.

1. Concile Vatican II, Const. liturgique, n° 114.

2. Ibid. n° 113.

ABRÉVIATIONS

Les nombreuses références aux prières et aux lectures, que donnent les introductions, ont rendu nécessaire l’usage des abréviations suivantes.

Pour les prières

A 1 = Antienne d’ouverture

A 2 = Antienne de la communion. Au Temps ordinaire, il y a deux antiennes au choix : A 2a et A 2b

P 1 = Prière d’ouverture ou collecte

P 2 = Prière sur les offrandes

P 3 = Prière après la communion

Pr = Préface

PE = Prière eucharistique

Pour les lectures

1 = Première lecture

2 = Deuxième lecture ou épître

3 = Évangile

CALENDRIER DES DIMANCHES

Aux dates imprimées en rouge, on emprunte la messe qui convient aux p. 275-362.

Carême

e dimanche de Carême 60 28 fév.

3 e dimanche de Carême 62 7 mars 20 mars 12 mars 3 mars 23 mars 8 mars 28 fév.

4 e dimanche de Carême 64 14 mars 27 mars 19 mars

5 e dimanche de Carême

3 e dimanche de Pâques 174

18 e dim. du Temps ord. 235 1 er août 31 juil. 6 août 4 août 3 août 2 août 1 er août 19 e dim. du Temps ord. 237 8 août

sept.

Temps

dim.

e dim. du Temps ord. 247

e dim. du Temps ord.

27 e dim. du Temps ord. 250 3 oct. 2 oct. 8 oct. 6 oct. 5 oct. 4 oct. 3 oct.

28 e dim. du Temps ord. 252 10 oct. 9 oct. 15 oct. 13 oct. 12 oct. 11 oct. 10 oct.

29 e dim. du Temps ord. 254 17 oct. 16 oct. 22 oct. 20 oct. 19 oct. 18 oct. 17 oct.

30 e dim. du Temps ord. 256 24 oct. 23 oct. 29 oct. 27 oct. 26 oct. 25 oct. 24 oct.

31 e dim. du Temps ord. 257 31 oct. 30 oct. 5 nov. 3 nov. 2 nov. 1 er nov. 31 oct.

32 e dim. du Temps ord. 259 7 nov. 6 nov. 12 nov. 10 nov. 9 nov. 8 nov. 7 nov.

33 e dim. du Temps ord. 261 14 nov. 13 nov. 19 nov. 17 nov. 16 nov. 15 nov. 14 nov. Christ Roi de l’univers 263 21 nov. 20 nov. 26 nov. 24 nov. 23 nov. 22 nov. 21 nov.

Page C A B

1 er dimanche de l’Avent 4 28 nov. 27 nov. 3 déc. 1 er déc. 30 nov. 29 nov. 28 nov. 2 e dimanche de l’Avent 5 5 déc. 4 déc. 10 déc. 8 déc. 7 déc. 6 déc. 5 déc.

3 e dimanche de l’Avent 7 12 déc. 11 déc. 17 déc. 15 déc. 14 déc. 13 déc. 12 déc.

4 e dimanche de l’Avent 9 19 déc. 18 déc. 24 déc. 22 déc. 21 déc. 20 déc. 19 déc. Sainte Famille 31 26 déc. 30 déc. 31 déc. 29 déc. 28 déc. 27 déc. 26 déc.

CALENDRIER DES DIMANCHES

Aux dates imprimées en rouge, on emprunte la messe qui convient aux p. 275-362.

de Carême 57 5 mars 18 fév. 10 mars 2 mars 15 fév. 6 mars 26 fév.

2 e dimanche de Carême

3 e dimanche de Carême

de Carême

9 avril 25 mars 14 avril 6 avril 21 mars 10 avril 2 avril

e

e dimanche de Carême

Rameaux

2 e dimanche de Pâques

3

6 juin

9 e dim. du Temps ord. 220 10 e dim. du Temps ord. 221

11 e dim. du Temps ord. 223 17 juin 13 juin 18 juin 12 e dim. du Temps ord. 225 25 juin 24 juin 22 juin 20 juin 25 juin 13 e dim. du Temps ord. 226 2 juil. 1 er juil. 30 juin 29 juin 27 juin 26 juin 2 juil. 14 e dim. du Temps ord. 228 9 juil. 8 juil. 7 juil. 6 juil. 4 juil. 3 juil. 9 juil. 15 e dim. du Temps ord. 230 16 juil. 15 juil. 14 juil. 13 juil. 11 juil. 10 juil. 16 juil. 16 e dim. du Temps ord.

e dim. du Temps ord. 237 13 août 12

Temps

e dim.

e dim. du Temps ord. 247 24 sept.

27 e dim. du Temps ord. 250 8 oct. 7 oct. 6 oct. 5 oct. 3 oct. 2 oct. 8 oct.

28 e dim. du Temps ord. 252 15 oct. 14 oct. 13 oct. 12 oct. 10 oct. 9 oct. 15 oct.

29 e dim. du Temps ord. 254 22 oct. 21 oct. 20 oct. 19 oct. 17 oct. 16 oct. 22 oct.

30 e dim. du Temps ord. 256 29 oct. 28 oct. 27 oct. 26 oct. 24 oct. 23 oct. 29 oct.

31 e dim. du Temps ord. 257 5 nov. 4 nov. 3 nov. 2 nov. 31 oct. 30 oct. 5 nov.

32 e dim. du Temps ord. 259 12 nov. 11 nov. 10 nov. 9 nov. 7 nov. 6 nov. 12 nov.

33 e dim. du Temps ord. 261 19 nov. 18 nov. 17 nov. 16 nov. 14 nov. 13 nov. 19 nov. Christ Roi de l’univers 263 26 nov. 25 nov. 24 nov. 23 nov. 21 nov. 20 nov. 26 nov.

B C

1 er dimanche de l’Avent 4 3 déc. 2 déc. 1 er déc. 30 nov. 28 nov. 27 nov. 3 déc. 2 e dimanche de l’Avent 5 10 déc. 9 déc. 8 déc. 7 déc. 5 déc. 4 déc. 10 déc.

3 e dimanche de l’Avent 7 17 déc. 16 déc. 15 déc. 14 déc. 12 déc. 11 déc. 17 déc.

4 e dimanche de l’Avent 9 24 déc. 23 déc. 22 déc. 21 déc. 19 déc. 18 déc. 24 déc. Sainte Famille 31 31 déc. 30 déc. 29 déc. 28 déc. 26 déc. 30 déc. 31 déc.

L’ ANNÉE LITU rGIQUE

AVENT

Les mots Avent, Noël, Épiphanie avaient à peu près le même sens à l’époque où le temps de l’Avent vint s’ajouter, en Occident, aux deux solennités de la nativité du Seigneur et de sa manifestation (vie siècle). Les trois mots étaient employés pour saluer l’avènement d’un souverain ou sa joyeuse entrée dans une ville. Avec l’Avent nous pénétrons dans une période liturgique de six semaines, où l’on célèbre l’avènement du Seigneur Jésus Christ. Mais, tandis qu’au Temps de Noël nous contemplerons le mystère du Verbe incarné, de Dieu fait homme (Nativité) et de l’homme Jésus manifesté comme Dieu (Épiphanie), les quatre semaines de l’Avent ont pour but de nous faire lever les yeux vers l’avenir, dans l’attente de son retour glorieux, en communiant à l’espérance des temps messianiques qui remplit les cœurs lorsque s’éleva la voix de Jean Baptiste. Nous nous préparons ainsi à commémorer dans une foi plus vive la venue du Christ parmi les hommes, lors de sa naissance à Bethléem.

Les lectures, les prières et les chants soulignent le double caractère du temps de l’Avent, qui permet de boucler harmonieusement le cycle liturgique. La première partie de l’Avent (du 1er dimanche au 16 décembre) célèbre, spécialement en ses débuts, le second avènement du Christ. De ce fait, elle est en continuité avec la fin du Temps ordinaire, qui culmine dans la solennité du Christ Roi de l’univers. Les huit derniers jours sont plus directement ordonnés à la préparation à Noël et, dans la messe du soir du 24 décembre, le passage est presque imperceptible entre le temps de l’Avent et celui de Noël.

Toute la liturgie de l’Avent trouve sa synthèse dans les deux préfaces de ce temps. La première rend grâce de ce que le Seigneur soit « déjà venu, en assumant l’humble condition de notre chair » et elle annonce qu’« il viendra de nouveau, revêtu de sa gloire », tandis que la seconde, dite du 17 au 24 décembre, évoque les prophètes, la Vierge Marie et Jean Baptiste, pour nous préparer à « entrer déjà dans le mystère de Noël ».

1er DIMANCHE DE L’AVENT

L’attente du retour du Seigneur polarise l’attention de l’Église et nourrit sa prière en ce 1er dimanche de l’Avent. Dès l’ouverture de la messe, nous tournons nos regards vers Dieu : « Vers toi, Seigneur, j’élève mon âme. Pour qui espère en toi, pas de honte » (A 1). Si le chrétien est un homme qui attend le Christ, son attente n’est pas une attitude de passivité, une démission par rapport au monde. Il s’agit pour lui « d’aller par les chemins de la justice à la rencontre de celui qui vient, le Christ » (P 1). Le Seigneur Jésus reviendra, comme il l’a promis, mais il veut que nous marchions vers lui sans ménager notre peine. « Veillez », nous dit-il dans l’évangile. Or veiller toute la nuit demande beaucoup d’endurance. Aussi, chaque année, saint Paul use-t-il de termes à peu près identiques pour caractériser notre marche. Il veut que nous revêtions « les  armes de la lumière » (A), que nous vivions « dans la sainteté et la piété » (B), « le cœur affermi et rendu irréprochable en sainteté » (C).

L’attente chrétienne est une fidélité dans la foi et un combat, dont le protagoniste est le Christ en nous. En effet, notre attente se nourrit déjà de la présence du Seigneur dans l’Eucharistie. C’est par elle que patiemment Dieu « nous enseigne à aimer dès maintenant les biens du ciel, et à nous attacher à ceux qui demeurent » (P 3).

ANTIENNE D’OUVERTURE cf. Ps 24,1-3

Vers toi, Seigneur, j’élève mon âme. Mon Dieu, je m’appuie sur toi : épargne-moi la honte ; ne laisse pas triompher mon ennemi. pour qui espère en toi, pas de honte.

PRIÈRE

Donne à tes fidèles, Dieu tout-puissant, la volonté d’aller par les chemins de la justice à la rencontre de celui qui vient, le Christ, afin qu’ils soient admis à sa droite et méritent d’entrer en possession du royaume des Cieux. par Jésus Christ.

Aujourd’hui on commence le cycle des lectures attribué à l’année, qui porte le millésime du 1er janvier suivant, voir tableau de la p. [20].

LECTURES : A, p. 534 B, p. 722 C, p. 904

PRIÈRE SUR LES OFFRANDES

Nous t’offrons, Seigneur, ces dons prélevés sur les bienfaits reçus de toi : nous t’en prions, accueille-les ; puisse la célébration fervente, que tu nous donnes d’accomplir dans le temps présent, nous obtenir la rédemption éternelle. par le Christ, notre Seigneur.

Préface de l’Avent, I, p. 451.

ANTIENNE DE LA COMMUNION Ps 84, 13

Le Seigneur donnera ses bienfaits, et notre terre donnera son fruit.

PRIÈRE APRÈS LA COMMUNION

Nous t’en prions, Seigneur, fais fructifier en nous les mystères que nous avons célébrés : tandis que nous marchons dans ce monde qui passe, tu nous enseignes par eux à aimer dès maintenant les biens du ciel, et à nous attacher à ceux qui demeurent. par le Christ, notre Seigneur.

2e DIMANCHE DE L’AVENT

Comme dimanche dernier, c’est l’attente du jour du Seigneur qui projette aujourd’hui sa lumière sur la condition chrétienne : « Voici que le Seigneur va venir » (A 1). Cette certitude remplit le chrétien de joie (A 1, 2), mais surtout elle l’aide à se situer par rapport aux deux mondes auxquels il appartient, celui de ses engagements temporels et celui de la vie éternelle dans lequel il est déjà entré par le Baptême. Pas d’antinomie dans une vie

humblement orientée vers le Christ. Pour qui s’efforce d’entrer en communion avec le Christ (P 1), de vivre dans le Christ, selon l’expression familière à saint Paul, « le souci de ses tâches présentes » ne saurait « entraver sa marche vers lui » (P 1). Dans l’intimité du Seigneur, que vient nourrir la communion eucharistique, il apprendra « à évaluer les réalités de ce monde et à s’attacher aux biens du ciel » (P 3). Ce qui risquait d’être une entrave se révélera comme un tremplin. Il ne faut pas toutefois se payer de mots. Les premiers disciples de Jésus s’étaient mis d’abord à la rude école de Jean Baptiste, qui leur avait enseigné à quel prix on prépare en soi les chemins du Seigneur. Nous devons entendre, nous aussi, le même appel à la conversion pour le pardon des péchés (évangile).

ANTIENNE D’OUVERTURE cf. Is 30, 19.30 peuple de Sion, voici que le Seigneur va venir pour sauver les nations. Il fera entendre sa voix majestueuse pour la joie de vos cœurs.

PRIÈRE

Dieu de puissance et de miséricorde, ne laisse pas le souci de nos tâches présentes entraver la marche de ceux qui se hâtent à la rencontre de ton Fils ; mais forme-nous à la sagesse d’en-haut, qui nous fait entrer en communion avec lui. Lui qui.

LECTURES : A, p. 537 B, p. 725 C, p. 906

PRIÈRE SUR LES OFFRANDES

Laisse-toi fléchir, Seigneur, par nos offrandes et nos humbles prières ; nous ne pouvons pas invoquer nos mérites, viens par ta grâce à notre secours. par le Christ, notre Seigneur.

Préface de l’Avent, I, p. 451.

ANTIENNE DE LA COMMUNION Ba 5, 5 ; 4, 36

Debout, Jérusalem ! tiens-toi sur la hauteur, et vois l’allégresse qui te vient de ton Dieu.

PRIÈRE APRÈS LA COMMUNION

Comblés par cette nourriture spirituelle, nous te supplions, Seigneur : quand nous participons à ce mystère, apprendsnous à évaluer avec sagesse les réalités de ce monde et à nous attacher aux biens du ciel. par le Christ, notre Seigneur.

3e DIMANCHE DE L’AVENT

Les textes liturgiques du 3e dimanche de l’Avent constituent, à eux seuls, une synthèse des divers thèmes de ce temps. L’attente du jour du Seigneur est là, avec les deux premières lectures et les antiennes (A 1, 2) ; l’avènement des temps messianiques est là, avec l’évangile qui marque le passage du ministère de Jean Baptiste à celui de Jésus ; l’attente de Noël est là, dans les prières, spécialement (après le 16 décembre) dans la préface (Pr 2). L’unité entre les diverses orientations que reçoit notre esprit est faite par l’appel à la joie. Tandis que le peuple de Dieu « attend avec foi la fête de la naissance du Christ » (P 1), « se prépare aux fêtes qui approchent » (P 3) et prend conscience de ce que « le Seigneur est proche » (A 1), il participe à cette joie qui parlait plus fort que la souffrance physique au cœur de Blaise Pascal : « Je tends les bras avec joie vers mon Libérateur ». L’homme est fait pour s’épanouir dans la joie. Mais le dimanche Gaudete rappelle au chrétien quel objet qualifiera le plus sa joie, en lui faisant demander à Dieu de le célébrer solennellement avec une joie toujours nouvelle (P 1). La joie de Noël, qui brille dès aujourd’hui en espérance, doit nous accompagner tout au long de notre vie. Il faut, en effet, qu’à l’heure de notre rencontre avec lui, le Christ nous trouve « remplis d’allégresse » (Pr 2).

ANTIENNE D’OUVERTURE

Soyez toujours dans la joie du Seigneur ; je le redis : soyez dans la joie.

Le Seigneur est proche.

Ph 4, 4.5

PRIÈRE

Tu le vois, Seigneur Dieu, ton peuple attend avec foi la fête de la naissance de ton Fils ; nous t’en prions, accorde-nous de parvenir au bonheur d’un tel salut, et de le célébrer solennellement avec une joie toujours nouvelle. par Jésus Christ.

LECTURES : A, p. 541 B, p. 728 C, p. 910

PRIÈRE SUR LES OFFRANDES

Nous t’en prions, Seigneur, accorde-nous de t’offrir toujours ce sacrifice d’un cœur généreux : qu’il réalise le mystère sacré que tu as institué, et opère en nous ton salut avec puissance. par le Christ, notre Seigneur.

Préface de l’Avent, I, avant le 17 décembre, p. 451, ou II, à partir du 17 décembre, p. 452.

ANTIENNE DE LA COMMUNION cf. Is 35, 4

Dites aux esprits abattus : Soyez forts, ne craignez pas.

Voici notre Dieu : il vient et va nous sauver.

PRIÈRE APRÈS LA COMMUNION

Nous implorons, Seigneur, ta bonté : que ce réconfort divin nous délivre de nos penchants mauvais et nous prépare aux fêtes qui approchent. par le Christ, notre Seigneur.

4e DIMANCHE DE L’AVENT

En ce 4e dimanche, le temps de l’Avent est désormais tout orienté vers la Nativité de Jésus. Tandis que les lectures éclairent les préparations de l’événement unique, une figure se détache parmi toutes les autres, celle de Marie, « la Vierge Mère qui attendait dans le secret de son amour » (Pr 2). En elle l’attente des siècles, dont l’antienne d’ouverture se fait l’écho (A 1), atteint son expression la plus pure, car Marie « occupe la première place parmi ces humbles et ces pauvres du Seigneur qui espèrent et reçoivent le salut de lui avec confiance » (Vatican II). Celle qui espérait est aussi celle par qui s’est réalisée la promesse. Elle est la vierge qui devait enfanter (A 2), la fille d’Israël sur qui l’Esprit est survenu, à la fois l’humble servante du Seigneur et la femme bénie entre toutes les femmes.

Par-delà le regard plein de vénération qu’elle porte sur la Vierge Marie en attente de son enfantement, l’Église proclame aujourd’hui sa foi dans l’incarnation du Fils de Dieu. Mais, pour elle, l’incarnation ne se sépare pas de la rédemption, elle constitue le premier temps du mystère pascal. C’est pour nous sauver par la puissance de sa résurrection et nous donner accès à la vie éternelle, que le Verbe s’est fait chair dans le sein de Marie (P 1). « Dieu s’est fait homme pour que l’homme devienne Dieu » (saint Athanase).

ANTIENNE D’OUVERTURE cf. Is 45, 8

Cieux, distillez d’en haut votre rosée, que descende le Juste, comme une pluie, que la terre s’ouvre, et que germe le Sauveur.

PRIÈRE

Nous te prions, Seigneur, de répandre ta grâce en nos cœurs ; par le message de l’Ange, tu nous as fait connaître l’incarnation de ton Fils bien-aimé ; conduis-nous par sa passion et par sa croix jusqu’à la gloire de la résurrection. par Jésus Christ.

LECTURES : A, p. 544 B, p. 731 C, p. 912

PRIÈRE SUR LES OFFRANDES

Ces offrandes déposées sur ton autel, Seigneur, que l’Esprit les sanctifie, lui dont la puissance a fécondé le sein de la bienheureuse Marie. par le Christ, notre Seigneur.

Préface de l’Avent, II, p. 452.

ANTIENNE DE LA COMMUNION Is 7, 14 (Mt 1, 23)

Voici que la Vierge concevra, elle enfantera un fils, auquel on donnera le nom d’Emmanuel : Dieu-avec-nous.

PRIÈRE APRÈS LA COMMUNION

Après avoir reçu le gage de la rédemption éternelle, Dieu tout-puissant, nous te prions : à mesure qu’approche le jour où nous fêterons le salut, donne-nous une ferveur de plus en plus grande, pour célébrer dignement le mystère de la nativité de ton Fils. Lui qui.

TEMpS

DE NOËL

C’est à travers le récit de la nativité selon saint Luc que nous pénétrons le plus volontiers à l’intérieur du mystère de Noël. Depuis des siècles, le regard des hommes s’est posé avec tendresse sur le nouveau-né qui repose dans la crèche, sur la Vierge sa Mère qui l’enveloppe de langes, sur la pauvreté que Dieu a choisie pour sa part en se faisant homme. Les anges annoncent dans la nuit : « Gloire à Dieu », mais c’est la promesse de la paix qui trouve d’abord écho dans les cœurs.

Nous n’avons pas à récuser ces cheminements humains vers le mystère, à condition qu’ils nous conduisent au-delà de l’humain. Le fils de Marie est le Fils de Dieu fait homme, le Verbe fait chair, comme dit le Prologue de saint Jean. L’enfant que sa mère présente aux bergers, puis aux mages, est « Dieu né de Dieu, vrai Dieu né du vrai Dieu ». Si les chrétiens célèbrent sa nativité et sa manifestation au moment de l’année où, dans notre hémisphère, le jour commence à gagner sur la nuit, c’est que Jésus a été annoncé comme le « Soleil levant qui vient nous visiter, lumière d’en haut sur ceux de la ténèbre », et qu’il devait se présenter lui-même comme la lumière du monde.

Les jours qui vont s’écouler de Noël à l’Épiphanie et au Baptême du Seigneur doivent nous aider à découvrir en Jésus Christ la divinité de notre Frère et l’humanité de notre Dieu. Les textes liturgiques de ce temps sont remplis de joie, mais aussi de gravité. Dominés par les deux évangiles fondamentaux de saint Luc et de saint Jean (nuit et jour de Noël), ils nous font entendre une constante exhortation à rendre grâce pour « le mystérieux échange » (nuit P 2) dans lequel nous avons part « à la divinité de Celui qui a voulu prendre notre humanité » (jour P 1). Tandis qu’elle nous fait communier à l’amour infini de Dieu, qui s’est manifesté en Jésus, la célébration de Noël nous ouvre à une solidarité profonde avec tous les hommes. C’est l’une de ses grâces les plus émouvantes que de rendre sensibles à son message d’humanité ceux-là mêmes en qui ne brille pas, ou en qui ne brille plus, la foi dans le Dieu incarné.

TAbLE DES prÉFACES

TAbLE DES SACrEMENTS

..............................................................................

L’Initiation chrétienne ................................................................. 1103

L’Initiation chrétienne des adultes ............................................. 1105

Le Baptême des petits enfants .................................................... 1107

La Confirmation ....................................................................... 1120

L’Eucharistie .............................................................................. 1129

Le Mariage .................................................................................. 1137

L’Ordre ....................................................................................... 1147

L’ordination de l’évêque ............................................................ 1151

L’ordination des prêtres ............................................................. 1158 L’ordination des diacres ............................................................. 1164

La Réconciliation ......................................................................... 1170

La réconciliation d’un seul pénitent ...................................... 1174

La célébration communautaire de la Réconciliation .............. 1177

La réconciliation de plusieurs pénitents avec confession et absolution individuelles ................................................ 1178

La réconciliation de plusieurs pénitents avec confession et absolution collectives ...................................................... 1183

L’Onction des malades ................................................................. 1186 La mort chrétienne ...................................................................... 1196 Le Viatique ............................................................................... 1197

Le Viatique en dehors de la messe ............................................. 1199

Les prières de l’agonie ................................................................ 1202

La veillée funèbre ...................................................................... 1203

La fermeture du cercueil ............................................................ 1204

Les funérailles ........................................................................... 1205

Les funérailles d’un adulte ...................................................... 1212

Les funérailles d’un enfant ...................................................... 1222

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