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9782383861577 Pagaille catalane

Page 1


Bon-Papa Mibiou
Philippe Marie
Colombe

Du même auteur aux Éditions du Triomphe

1. Sauvé des eaux !

2. Le dernier contrebandier

3. Le fantôme du Père Tracol

4. Le trésor de l’île de Houat

5. Le mendiant de Noël

6. Galopin va trop loin

7. Les petits rabatteurs

8. Petits marmitons !

9. Truffes et boules de poils

10. Enquête à l’école

11. Pagaille catalane

12. Mystère dans les Pyrénées

H1. Les oies du Capitole

H2. Le parchemin disparu

H3. Gargouilles en folie

H4. La machine volante

H5. L’Indien du Saint-Laurent

H6. Les Pastoureaux du Mont Saint-Michel

H7. Féeries à Versailles

H8. Imbroglio à Versailles

H9. Intrigue à Venise

H10. Le petit tambour de Vendée

H11. Les petits grenadiers de l’empereur

H12. Paris sens dessus dessous

H13. L’Atelier magique de Monsieur Méliès

Marion Pagaille catalane

À ma belle-sœur Lixou, avec toute ma tendresse.

À tous nos amis catalans, et à cette région magnifique.

Les premiers sec urs

La mer Méditerranée brille de mille feux sous un soleil radieux. Penché sur la muraille du château royal, Paul, un blondinet de huit ans, rêve à voix haute :

— Avec mon épée, je repousserais les ennemis !

En compagnie de sa cousine Colombe, le petit garçon est venu passer quelques jours

à Collioure. Les vacances d’été débutent et les enfants ont répondu avec enthousiasme à l’invitation de leur tante Lixou. Cette dernière

leur fait visiter ce superbe petit port catalan.

— Et je les jetterais à l’eau ! complète le chevalier en herbe avec une mine féroce.

— Je t’aiderais avec mon arbalète ! enchaîne sa cousine en visant une cible imaginaire à l’aide de son épuisette.

Paul hausse un sourcil dubitatif.

— Toi, tu es une fille…

— Et alors ?!

— Tu broderais plutôt au coin du feu, se moque le garçon.

Colombe affiche un air belliqueux et prend sa tante à témoin :

— Pas question ! Hein, tante Lixou, moi aussi, je pourrais me battre ?

Alix ne peut s’empêcher de rire.

— Oui, mon chaton, certaines femmes ont porté l’armure à cette époque : regarde

Jeanne d’Arc !

La fillette est ravie. Toisant son cousin avec assurance, elle rétorque :

— Tu vois !

— Mais toi, tu ne supporterais pas la chaleur de l’armure, s’agace Paul en essuyant la sueur qui coule sur son front.

— N’importe quoi ! s’insurge Colombe.

Tante Lixou fait diversion pour éviter une dispute.

— À propos de chaleur, si on allait se baigner ?

Sa proposition est saluée par des cris de sioux sur le sentier de la guerre. Les petits sautent de joie et s’empressent de dévaler l’escalier.

Sur le chemin de la plage, Alix rafraîchit les esprits bouillonnants de ses neveux en leur offrant un esquimau. Paul déguste sa glace lentement pendant que sa cousine

croque la sienne à belles dents.

— Ch’est bon, merci, tante Lixou, apprécie Colombe le visage barbouillé de chocolat.

Puis les enfants

sautent sur le sable et font voler shorts et tee-shirts.

Alix déploie sa serviette et donne quelques consignes aux petits impatients.

— Ne vous éloignez pas trop, et restez devant pour vous baigner.

— On peut aller à la pêche aux crabes ? demande Paul en agitant son épuisette.

— D’accord, si vous restez près de ces rochers.

— D’ac ! promet Colombe en agitant ses nattes brunes.

Alix s’allonge au soleil et surveille les enfants par-dessus son livre.

Les petits sautillent sur les galets et ne tardent pas à explorer les trous d’eau.

— Paul ! Viens voir !

— Groumph !

Le garçon est très occupé à traquer un minuscule crabe kaki.

— Viiiiite ! insiste sa cousine.

Alerté par le ton de la fillette, son cousin la rejoint sans tarder.

— Regarde, souffle Colombe en lui désignant le dessous d’un rocher.

Paul s’accroupit et découvre un petit oiseau tremblotant.

— Pourquoi ne s’envole-t-il pas ? s’étonne le blondinet.

Sa cousine lève des yeux exaspérés au ciel.

— Tu vois bien qu’il est blessé ! Effectivement, une des pattes du volatile forme un angle bizarre.

— Il faut le soigner, décrète Paul en attrapant l’oiseau avec délicatesse.

— Comment va-t-on faire ?

— On va lui poser une attelle. Il faut deux morceaux de bois, précise le garçon en regardant autour de lui.

— Et si on prenait nos bâtons d’esquimau ?

— Super idée ! Mais comment les attacher ?

Avec un grand sourire et une coiffure ébouriffée, Colombe tend ses deux élastiques à cheveux.

— Avec ça !

La fillette tient délicatement le blessé dans ses paumes. Paul redresse doucement la patte cassée et fixe l’attelle avec adresse.

— Tu lui fais mal ! rouspète sa cousine en maintenant l’oiseau effrayé.

— C’est presque terminé, réplique le petit docteur sans se laisser distraire.

Un dernier nœud et c’est fini. Colombe est très impressionnée.

— Tu es trop fort !

— J’ai appris ça chez les louveteaux, explique le garçon en frôlant les plumes de son patient d’un doigt léger.

Mais ce dernier ne cesse de trembler.

— Il n’a pas l’air d’aller mieux, se désole Colombe.

— Allons le montrer à tante Lixou.

Alix voit arriver ses neveux avec étonnement.

Contrairement à leur habitude, ils ne sautent pas dans tous les sens. Tête baissée, ils se dirigent vers elle à pas précautionneux.

— Que vous arrive-t-il ? s’inquiète la jeune femme.

Pour toute réponse, Colombe tend ses mains.

— Une sterne naine ! s’exclame Alix stupéfaite.

Les petits racontent leur découverte et le sauvetage de la pauvre bête.

— C’est un oiseau rare, une espèce protégée, commente tante Lixou.

— Pas si bien protégée que ça ! gronde Paul en désignant la patte du petit blessé.

— Oh ! Il faut aller chez un vétérinaire tout de suite, commande sa tante en sautant sur ses pieds.

Chez le vétérinaire

— J e crois qu’il y a une clinique vétérinaire par ici, souffle Alix en marchant d’un bon pas.

Effectivement, une croix blanche et bleue indique le chemin aux petits ambulanciers.

— C’est là ! s’écrie Paul en ouvrant la porte avec fracas.

Un homme brun lève un visage étonné. Le docteur Puig profite d’un moment de calme CHAPITRE 2

entre deux rendez-vous pour mettre à jour ses dossiers. Le premier moment de surprise passé, il reçoit gentiment ses visiteurs.

— Que puis-je pour vous ?

— Il est blessé !

— Ça a l’air grave !

— On l’a trouvé sous les rochers…

Le vétérinaire essaye de comprendre de quoi il s’agit. Il n’a pas encore remarqué la boule de plume blottie dans les mains de Colombe. Alix prend la situation en main et explique au brave homme de quoi il retourne. Ce dernier ne perd pas une minute.

— Suivez-moi, commande-t-il en entraînant le trio dans la salle de consultation. Puis

il saisit délicatement l’oiseau blessé et le pose sur la table.

— Hum !…

Les enfants retiennent leur souffle.

— Hum, hum !… continue le docteur Puig en examinant son patient.

Colombe n’y tient plus.

— Il faut lui couper la patte ? s’inquiète la fillette au bord des larmes.

Le vétérinaire rit doucement.

— Ça ne sera pas nécessaire.

Puis, il reprend en fixant Alix :

— Bravo pour cette attelle, mademoiselle !

— Je n’y suis pour rien, le détrompe la jeune femme.

— C’est Paul ! intervient sa nièce avec fierté.

— Excellent, jeune homme, c’est du travail de pro !

Le garçon se dandine en rougissant.

— Bah ! c’est pas si difficile… Et puis, Colombe m’a passé ses élastiques.

Mais il ne peut masquer l’éclair de fierté qui illumine ses prunelles.

— Et c’est moi qui l’ai trouvé, précise la fillette.

— Je vous félicite, jeunes gens, vous venez de sauver un oiseau rare…

— C’est une sterne naine, le coupe Colombe, ravie d’étaler sa science toute neuve.

Tante Lixou s’esclaffe en ébouriffant les cheveux déjà bien emmêlés de sa nièce.

— Nous allons tout de même faire une radio pour voir si l’os est bien en place.

Très intéressés, les cousins ne quittent pas le docteur Puig d’une semelle.

Le médecin retire délicatement l’attelle et maintient l’animal sur une plaque. Un squelette délicat apparaît sur l’écran.

— Vous voyez, la fracture est là, commente le vétérinaire.

— C’est tout petit ! s’étonne Colombe.

— C’est une sterne NAINE, se moque son cousin.

Un éclat de rire général affole le blessé à plumes.

— Bien, nous allons poser une nouvelle attelle et mettre ce petit patient au repos, décide Galdric Puig en joignant le geste à la parole. L’opération est menée en un tour de main, et l’oiseau installé dans une cage.

— Vous pourrez venir lui rendre visite

demain, propose le vétérinaire en raccompagnant ses visiteurs.

Un aboiement sonore salue le passage du groupe dans la salle d’attente. Un gros labrador sable essuie ses pattes avec entrain sur la blouse du médecin.

— Bonjour, Muscat, l’accueille ce dernier avec affection.

Puis il se tourne vers le garçon brun et bouclé qui l’accompagne.

— Salut, p’pa !

— Je vous présente mon fils Guillem et notre chien Muscat.

Les enfants se saluent avec timidité.

— Tu n’as pas oublié, papa ? interroge le nouveau venu.

— Bien sûr que non, sourit son père.

Il se tourne vers ses visiteurs et leur explique :

— J’accompagne ce jeune homme aux feux de la Saint-Jean.

— De quoi s’agit-il ? s’enquiert Colombe avec curiosité.

— C’est la fête de saint Jean Baptiste et la nuit la plus courte de l’année, commence Guillem.

— On fait la fête en dansant autour d’un grand feu, continue son père.

— Pour se réchauffer ?! s’étonne Paul cramoisi de chaleur.

— C’est plutôt pour symboliser la lumière, sourit le petit Catalan.

— Et ça se passe la nuit ? reprend le blondinet.

— Oui, on allume un immense feu au sommet du Canigou… Mais Guillem n’a pas le temps de terminer.

— Au sommet d’une boîte de nourriture pour chien ?! s’exclame Colombe qui commence à prendre ces Catalans pour des fous.

Guillem se tord de rire, mais parvient à expliquer entre deux gloussements :

— Le Canigou, c’est notre plus belle montagne !

La fillette pique un fard et s’empresse de caresser Muscat pour faire diversion. Le garçon brun reprend ses explications.

— Des porteurs de torches les allument à ce feu et descendent dans les villages pour enflammer les bûchers.

— Whaou ! ça a l’air super ! s’enthousiasme Paul.

— En plus, on danse des sardanes, rajoute Guillem pour faire bonne mesure.

— Des sardanes ?

— Ce sont des danses catalanes.

Les yeux des cousins brillent d’envie. Sans se concerter, ils adressent le même regard suppliant à leur tante.

— Ce n’est pas la peine de réclamer… commence cette dernière, en achevant dans un sourire : J’avais prévu de vous y emmener !

— Alors, bonne soirée et à demain, conclut le docteur Puig en leur ouvrant la porte.

— À demain !

Paul et Colombe, deux cousins inséparables... Mais Colombe a le chic pour entraîner Paul dans ses bêtises !

Paul et Colombe sont en vacances à Collioure, avec leur tante Lixou. Au programme : plage et découverte des spécialités gastronomiques et culturelles de la Catalogne française. Mais alors qu’ils assistent un soir aux feux de la Saint-Jean, le doux fumet des saucisses catalanes entraîne les deux gourmands loin de leur tante. Voilà Paul et Colombe perdus dans la foule qui a envahi la ville. Sauront-ils demander de l’aide et retrouver leur chemin ?

Marion Raynaud de Prigny est née dans le Béarn d’un père montagnard, commandant de sous-marins, et d’une mère peintre.

Une enfance à manger des pinceaux qui l’emmène, de port en port, aux Arts-Déco à Paris. Diplôme en poche, Marion illustre et écrit des livres pour enfants. Après avoir travaillé pour la presse catholique, elle crée sa propre série, Paul et Colombe, qui rencontre un grand succès ! 12.90 € www.editionsdutriomphe.fr

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