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Un grand merci à Marion Valeix, écologue, chargée de recherche au CNRS (Centre national de la recherche scientifique) pour sa généreuse contribution à l’écriture de ce livre et sa relecture attentive des textes.
Nous tenons aussi à remercier Alain Argant, paléontologue (Université Aix-Marseille – CNRS – LAMPEA), pour sa relecture du texte sur le lion des cavernes et Fanny Derym, responsable du site archéologique de Soyons (Ardèche).










De nos jours, l’immense majorité des lions sauvages vivent en Afrique subsaharienne (sous le désert du Sahara). Située dans le nord-ouest de l’Inde, la forêt de Gir abrite les derniers lions d’Asie. Il y a très longtemps, les lions étaient présents dans de nombreuses régions du monde, y compris en Europe.
C’est le cas du lion des cavernes, qu’ont côtoyé nos ancêtres préhistoriques.
L’habitat privilégié du lion d’Afrique est la savane, un mélange de plaines herbeuses et de végétation buissonnante ou arborée. Cette végétation, plus ou moins clairsemée, est caractéristique des régions chaudes avec une longue saison sèche. Des arbustes et des arbres caractéristiques y poussent, comme le baobab, qui peut survivre à de longues sécheresses en stockant de grandes quantités d’eau dans son tronc, ou l’acacia, reconnaissable à sa forme en parasol. Le lion d’Afrique fréquente aussi le désert semi-aride du Kalahari, et une petite population s’est adaptée aux conditions plus rudes du désert du Namib. Ces deux déserts se situent en Afrique australe.
Lion d’Afrique dans la savane
Le lion d’Afrique est surtout présent en Afrique australe (Botswana, Zimbabwe, Zambie, Namibie, Afrique du Sud, Mozambique, Angola, Malawi) et dans certains pays d’Afrique de l’Est (Kenya, Tanzanie, Ouganda, Soudan du Sud, Éthiopie).
En Afrique centrale et en Afrique de l’Ouest, ces animaux sont particulièrement menacés en raison de la perte notoire de leur habitat naturel et de la protection parfois inefficace des aires dites protégées dans lesquelles ils survivent.
Sud

République centrafricaine
République démocratique du Congo
Afrique du Sud
Aire de répartition résiduelle du lion d’Afrique
Aire de répartition résiduelle probable Source : CITES


Autrefois, le lion d’Afrique vivait aussi au nord du continent, du Maroc jusqu’à l’Égypte. Il peuplait notamment les forêts de cèdres du massif montagneux de l’Atlas, où il chassait le mouflon à manchettes, le cerf de l’Atlas ou encore la gazelle de Cuvier. C’est pourquoi il porte le nom de lion de l’Atlas. Décimé par les colons européens à partir du XIXe siècle, qui voyaient en lui un animal nuisible, victime de la perte progressive de son habitat et des conflits avec les éleveurs, ce lion a disparu du Moyen Atlas, où il avait fini par se retrancher, dans les années 1940.
Une centaine de descendants du lion de l’Atlas sont encore présents dans certains grands parcs zoologiques. Les mâles ont souvent une crinière plus volumineuse que celle des autres lions d’Afrique.


Durant la préhistoire, le lion des cavernes peuplait une large partie de l’Europe. Il s’est même aventuré jusqu’en Amérique. Les hommes et les femmes préhistoriques le côtoyaient, mais il semble qu’ils l’aient très peu chassé. Le lion des cavernes se nourrissait principalement de grands herbivores tels que le renne, le cheval, le bison et le mammouth. Il s’aventurait aussi souvent dans les grottes à ours des cavernes pendant leur hibernation pour se nourrir des oursons ou pour s’abriter. Mais les cavernes ne constituaient pas son habitat, contrairement à ce que son nom peut laisser penser. Homo sapiens l’a peint sur les parois des grottes, comme celle de Chauvet, en Ardèche.

Ce lion, présent autrefois au Moyen-Orient et en Inde, a frôlé l’extinction, victime de la chasse aux trophées et de la destruction de son habitat. Aujourd’hui, quelque 900 individus survivent dans les forêts sèches du parc national de Gir, en Inde, et dans les réserves adjacentes, où ils sont protégés. Le lion d’Asie est légèrement plus petit que le lion d’Afrique et sa crinière est un peu moins fournie. Parmi ses proies figurent des cerfs, des antilopes, des sangliers. Il vit en groupes généralement plus petits que ceux de son cousin africain (voir pages 10-11).
Ne vivant plus que dans un seul endroit, le lion d’Asie est particulièrement vulnérable aux épidémies ou aux feux de forêts qui pourraient entraîner sa disparition.

Figuration d’un lion des cavernes. Les mâles étaient, semble-t-il, dépourvus de crinière. Les plus gros spécimens pesaient plus de 300 kg.
Peintures rupestres de la grotte Chauvet montrant des lions des cavernes. Cette espèce a disparu à la fin de la dernière période glaciaire, il y a environ 10 000 ans.


Dans la culture populaire, on appelle le lion le « roi des animaux », en référence à son allure majestueuse et à son statut de grand prédateur. Il fait partie de la famille des félins, qui regroupe une grande variété d’espèces, du chat domestique au tigre, en passant par le lynx, le puma, le jaguar ou le guépard. Les félins ont entre autres points communs une tête ronde au crâne raccourci et un corps très souple.

Le lion est le deuxième plus grand félin après le tigre (voir page 20). Un mâle adulte mesure entre 1,80 et 2,10 m (sans la queue). Sa taille au garrot (à partir de l’épaule) est d’environ 1,20 m. Il pèse en moyenne 188 kg (jusqu’à 225 kg pour les individus les plus lourds). La femelle est moins lourde et plus petite que le mâle : à l’âge adulte, son poids moyen est de 126 kg et elle mesure entre 1,60 et 1,80 m de long pour une taille au garrot d’environ 1,10 m.

Le pelage, court, est de couleur sable à ocre. La crinière peut afficher du brun foncé et même du noir. Le lion blanc est atteint d’une anomalie génétique qui fait que son pelage est plus clair que la normale, mais ses yeux et sa peau sont pigmentés.



La crinière est l’apanage des mâles. Elle est plus ou moins dense selon les régions où ils vivent, mais aussi selon les individus présents au sein d’un même environnement. La crinière est avant tout un signal de force et de vitalité adressé aux femelles que le mâle convoite et à ses rivaux. Elle le protège assurément des coups de griffes et des morsures des autres mâles lors des combats pour le contrôle d’un territoire, mais ce n’est pas sa fonction première.
Les lionnes ont tendance à préférer les mâles avec une crinière épaisse et foncée. Une telle crinière intimide aussi les mâles rivaux.
Le lion est doté d’une musculature puissante et d’une colonne vertébrale très flexible qui lui confère une grande souplesse. Il peut franchir une distance d’une dizaine de mètres en un seul bond et atteindre une vitesse de 50 km/h (la vitesse d’une voiture en ville) en quelques foulées. Sa longue queue sert de contrepoids dans les virages serrés. Toutefois, il ne peut maintenir une grande vitesse que sur de courtes distances (quelques dizaines, voire quelques centaines de mètres), d’où l’importance pour lui de surprendre ses proies lorsqu’il chasse (voir page 13).

Mâle bondissant dans une zone de marécages

Le lion sait nager. Il nage même très bien sans que personne ne lui ait appris. Il le fait lorsqu’il a besoin de traverser une rivière pour atteindre l’autre rive, mais l’eau n’est pas le milieu où il est le plus à l’aise.
Lion nageant dans les marais (delta de l’Okavango, Botswana)


OÙ VIVENT LES LIONS ? 4
LE LION À LA LOUPE 6
LA VIE EN GROUPE 10
PROIES ET PRÉDATION 12
AMOURS ET LIONCEAUX 16
DE PROCHES PARENTS 20 UNE RICHE SYMBOLIQUE 22
ET SI VULNÉRABLES 24
© 2026, FLEURUS ÉDITIONS
57, rue Gaston-Tessier, CS 50061, 75166 Paris Cedex 19 www.fleuruseditions.com
Direction : Frédéric Schwamberger
Direction éditoriale : Sarah Malherbe
Conception de la collection : Émilie Beaumont et Jack Delaroche
Édition : Frédérique Chavance
Conception graphique : Éric Laurin sous la direction de création d’Élisabeth Hébert
Suivi graphique : Ambrine Angaud Fachinetti
Mise en pages : Maïté Dubois
Correction : Aurélie Lacombe
Direction de fabrication : Thierry Dubus
Fabrication : Maëlle Le Guen Lamandé
Loi no 49-956 du 16 juillet 1949 sur les publications destinées à la jeunesse, modifiée par la loi no 2011-525 du 17 mai 2011.
Dépôt légal : février 2026
No d’édition : 26L0130
ISBN : 978-2-2151-9962-5 • MDS : FS99625
Achevé d’imprimer en décembre 2025, par Rotolito, en Roumanie, sur du papier de certification PEFC.












Fonds des pages : Shutterstock. Page 4 : Carte de l’Afrique © Jacques Dayan – Lion d’Afrique © Shutterstock. Page 5 : Lion de l’Atlas © Joern Friederich/imageBROKER/Biosphoto – Lion d’Asie © Shutterstock – Lion des cavernes © Fanny Derym – Lions des cavernes dans la grotte Chauvet © Grotte Chauvet 2-Ardèche. Page 6 : Lions mâle et femelle © Vincent Grafhorst/Minden Pictures/ Biosphoto – Lion blanc © Shutterstock. Page 7 : Crinière de lion © Shutterstock – Lionne courant © Shutterstock – Lion bondissant © Shutterstock – Lion nageant © Andrey Gudkov/Biosphoto. Page 8 : Canines © Alain Mafart-Renodier/Biosphoto – Lionne se toilettant © Shutterstock –Langue d’un lion © Shutterstock – Lionceau griffant un arbre © Shutterstock – Lion griffant un arbre © Shutterstock. Page 9 : Vibrisses © Shutterstock – Yeux © Richard du Toit/Minden Pictures/ Biosphoto – Lionne s’étirant © Shutterstock – Coussinets © Shutterstock. Page 10 : Groupe de lions © Paul Funston – Lionnes © Shutterstock – Lion marquant son territoire © Shutterstock. Page 11 : Rugissements © Shutterstock – Combat entre mâles © Aditya Singh/imageBROKER/ Biosphoto – Signes d’affection entre lions © Frank Stober/imageBROKER/Biosphoto – Lionne jouant avec ses lionceaux © Pierluigi Rizzato/Biosphoto. Page 12 : Lionne poursuivant un phacochère © Shutterstock – Lion et lionnes chassant un buffle © iStock. Page 13 : Lionne à l’affût © Michel & Christine Denis-Huot/Biosphoto – Attaque de lions © Shutterstock – Attaque d’un buffle © Daryl Balfour/Photoshot/Biosphoto. Page 14 : Groupes de lions se partageant une proie © Stéphanie Périquet – Lion se régalant © Shutterstock – Hyène © iStock – Groupe de hyènes © Yva Momatiuk and John Eastcott/Minden Pictures/Biosphoto. Page 15 : Chasse en groupe d’un jeune éléphant © Andrew Loveridge – Springbok © Shutterstock – Buffles chargeant un lion © Laurent Renaud/Biosphoto –Girafe se défendant © Vincent Grafhorst/Minden Pictures/Biosphoto. Page 16 : Lionne se roulant par terre © Sylvain Cordier/Biosphoto – Lionne agressive © Shutterstock – Couple de lions avant l’accouplement © Michel & Christine Denis-Huot/Biosphoto. Page 17 : Lionne et lionceaux au cœur d’un fourré © Paul Funston – Lionceau venant de naître © Jean-Michel Labat/Biosphoto – Lionceau de 2 à 3 semaines © Suzi Eszterhas/Minden Pictures/Biosphoto – Lionne transportant son petit © iStock – Lionne toilettant son petit © Egil Dröge – Lionceaux tétant leur mère © Shutterstock. Page 18 : Lionnes et lionceaux © Michel & Christine Denis-Huot/Biosphoto – Scène de tendresse entre un mâle et ses lionceaux © Shutterstock – Jeux entre lionceaux © Shutterstock. Page 19 : Lionceau et tortue © Suzi Eszterhas/Minden Pictures/Biosphoto – Coalition de jeunes lions nomades © Michel & Christine Denis-Huot/Biosphoto – Lionne portant son lionceau tué par un mâle adulte © Michel & Christine Denis-Huot/Biosphoto. Page 20 : Tigre du Bengale © iStock – Tigre de Sibérie © Pierre Vernay/Biosphoto – Léopard d’Afrique © Shutterstock. Page 21 : Jaguar © Shutterstock – Panthère des neiges © Sylvain Cordier/Biosphoto. Page 22 : Lion en briques vernissées ornant la voie menant à la porte d’Ishtar © Shutterstock – Déesse Sekhmet © Shutterstock – Sphinx © Shutterstock. Page 23 : Chromolithographie du début du XXe siècle représentant Héraclès combattant le lion de Némée © Stefano Bianchetti/Bridgeman Images – Chevalier © Jacques Dayan – Démonstration de la danse du lion en Chine © Shutterstock. Page 24 : Lion debout sur un rocher © Shutterstock – Peau de lion © Shutterstock – Lionne équipée d’un collier GPS © Sara Gomez. Page 25 : Lionnes et lionceaux dans le parc national du Serengeti (Tanzanie) © Konrad Wothe/Minden Pictures/Biosphoto – L’écologue Marion Valeix © Simon Chamaillé-Jammes. Pages 27-28 : Les vignettes reprennent des images des pages intérieures.
Couverture : Lion d’Afrique © Shutterstock. Vignettes : Chromolithographie du début du XXe siècle représentant Héraclès combattant le lion de Némée © Stefano Bianchetti/Bridgeman Images –Lionceau de 2 à 3 semaines © Suzi Eszterhas/Minden Pictures/Biosphoto – Lion rugissant © iStock –Coussinets © Shutterstock – Lionne transportant son petit © iStock.

























































































































































































