CRIME AU COLLÈGE

SA U RAS-TU DÉMASQUER LE COUPABLE?
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SA U RAS-TU DÉMASQUER LE COUPABLE?
À toi de jouer ! Choisis l’ordre dans lequel explorer ces lieux, prends des notes et aide-moi à résoudre cette mystérieuse affaire…
Les cuisines

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Direction : Frédéric Schwamberger
Direction éditoriale : Sarah Malherbe
Édition : Caroline Guineton, Elsa Tirel
Conception graphique, composition et création de visuels graphiques : Éloïse Jensen
Correction : Aurélie Lacombe
Direction de fabrication : Thierry Dubus
Fabrication : Alice de Sousa
© Fleurus, Paris, 2026, pour l’ensemble de l’ouvrage. www.fleuruseditions.com
ISBN : 978-2-2151-9933-5
MDS : FS99335
Tous droits réservés pour tous pays.
« Loi n° 49-956 du 16 juillet 1949 sur les publications destinées à la jeunesse, modifiée par la loi n° 2011-525 du 17 mai 2011. »
JOHAN HELIOT ∙ CORALIE MUCE



Convoqué chez le principal, une fois de plus !
Vraiment pas de bol pour moi, mais il faut dire que je l’ai bien cherché. Je n’aurais pas dû faire une imitation de gloussement de poulet pendant le cours de français de M. Lecoq…
Vous l’avez ? Oui, la poule glousse et le coq fait cocorico, bravo. Ce n’est pas une blague super marrante, OK, mais les copains ont bien rigolé. Certaines filles de la classe ont même daigné me sourire, un truc qui ne m’arrive pas souvent !
Pas le prof, évidemment. Lui, il est devenu tout rouge et il m’a expédié illico chez M. Robin, le CPE, pour me faire remonter

les bretelles. Sauf qu’il n’était pas à son bureau. Alors au lieu de me renvoyer en cours comme je m’y attendais, les surveillants ont appelé l’administration parce que je suis, paraît-il, « un cas », comme ils disent…
Pff, n’importe quoi !
Bref, me voilà à poireauter sur une chaise devant le secrétariat, qui sert d’antichambre au dernier cercle de l’enfer : le bureau de M. Lesec, principal très redouté du collège AugustinTrémoulet (ne cherchez pas, ce n’est pas une célébrité, juste un poète du coin, né, mort et oublié depuis le siècle dernier dans notre petite ville).
Qu’est-ce que tu as encore fait pour te distinguer, Jonas ? me demande soudain Mme Gillet en relevant le nez de son écran d’ordinateur.
Comme elle s’est toujours montrée sympa avec moi, je réponds sérieusement à la secrétaire.
Rien qu’une petite démonstration d’un de mes nombreux talents, je vous jure. M. Lecoq n’a vraiment aucun sens de l’humour !
Le tien est assez particulier, non ?
Mme Gillet esquisse un sourire en me regardant par-dessus les verres de ses lunettes. Puis elle consulte l’heure à la grosse horloge ronde suspendue au mur.

10 heures, la récréation débute dans vingt-cinq minutes. Je me demande ce qui occupe M. Lesec pour qu’il prenne autant de temps…
Moi aussi, à la vérité. Je me morfonds depuis une bonne heure et j’en ai plus que marre. D’habitude, le principal me fait juste lanterner assez pour que j’imagine la punition qu’il va me donner. Mais ça ne dure jamais autant. Je ressors de son bureau avec mes heures de colle, une flopée d’exercices à lui rendre, et une histoire à inventer pour ne pas trop alarmer mes parents, et voilà.
Avant de diriger le collège, Lesec a longtemps été prof de maths. Il adore voir transpirer les élèves pas trop doués dans cette matière, comme moi. Mais n’allez pas croire que je sois un parfait cancre, non plus ! Je me défends pas mal en sport, en musique et en arts, et j’aime aussi l’histoire. Avec tout ça, qui sait, un jour, je deviendrai peut-être basketteur-guitariste-peintre-spécialiste du Moyen Âge, enfin un truc dans le genre ?
Bon, j’adore amuser la classe, surtout, je l’avoue ! Et donc, de temps en temps, il faut bien que j’assume de semer le bazar en cours…
Mme Gillet décroche son gros téléphone fixe de bureau et appuie sur le bouton n° 1.
— Monsieur Lesec ? Allô ? Ah, c’est bizarre, j’entends une drôle de tonalité, comme si on avait mal raccroché !

Elle se lève de son siège et va frapper à la porte marquée « DIRECTION ». Comme personne ne lui répond, elle entrouvre juste ce qu’il faut pour passer tête et chignon à l’intérieur…
Et pousse un cri strident qui me fait sursauter. Qu’est-ce qui lui prend ?
Comme elle se précipite dans la pièce sans penser à refermer derrière elle, j’en profite pour jeter un coup d’œil intrigué.
Oh là là ! Je comprends mieux pourquoi le principal n’a pas pu me recevoir…
M. Lesec est étendu sur la moquette, entre son bureau et la porte, avec un flot de bave mousseuse qui dégouline de sa bouche !
Je vois sa poitrine se soulever un peu, avec difficulté. Et j’entends un geignement plaintif s’échapper d’entre ses lèvres. Rien de plus…
Que lui est-il arrivé ? Un genre d’attaque ou quoi ?
Mme Gillet a déjà son portable en main. D’un geste tremblant, elle passe un appel aux secours. Puis, m’apercevant planté sur le seuil, elle me fait signe de regagner ma chaise et de ne plus en bouger.
Ensuite, elle sort donner l’alerte dans les bureaux de la vie scolaire, situés eux aussi au rez-de-chaussée du bâtiment, tout près de là. Deux surveillants, Marco et Séverine, déboulent

en courant, l’air affolés. Je me fais tout petit dans mon coin à leur arrivée.
Ne le touchez surtout pas, les prévient de loin la secrétaire. On ne sait pas ce qu’il a ! C’est peut-être contagieux…
Il ne manquait plus que ça ! Un virus assez costaud pour terrasser le principal ? Ça promet !
On dirait le début d’un film catastrophe ou de science-fiction, avant qu’une terrible épidémie ne décime la population — ou ne la transforme en zombies !
Bon, j’ai beaucoup d’imagination, comme vous l’avez sans doute compris…
Heureusement, il ne faut pas très longtemps au camion de pompiers pour débarquer dans la cour du collège, toutes sirènes hurlantes. Quelques instants plus tard, une équipe super efficace emporte M. Lesec sur un brancard, après lui avoir passé un masque à oxygène sur le nez.
— Il est en vie, assure un pompier à Mme Gillet. Mais à peine.
On ne dirait pas une crise cardiaque. Plutôt une réaction à une sévère allergie. Ou l’ingestion d’un produit toxique. On l’évacue aux urgences de l’hôpital. Ils feront des examens pour savoir de quoi il s’agit. On vous tient au courant !
Et les voilà repartis à fond, sous les regards de tous les élèves et de leurs profs, collés aux fenêtres des salles de cours.

Avec toute cette agitation, personne ne fait plus attention à moi. Bouleversée, Mme Gillet rejoint la salle des profs pour annoncer la nouvelle, pile au moment où sonne le début de la récré. Tout le personnel, ou presque, de l’établissement a l’habitude de s’y retrouver devant la machine à café. Ce matin, ils auront vraiment de quoi discuter !
Puisqu’on m’a oublié, je ne peux pas résister à l’envie de visiter la scène de crime…
Ben quoi ? Le pompier a bien parlé d’un « produit toxique », non ? D’accord, il n’a pas prononcé le mot, mais j’ai aussitôt traduit ce qu’il a dit par « empoisonnement ». Le principal n’a pas pu avaler par inadvertance un truc capable de le plonger dans cet état. Quelqu’un a forcément trouvé le moyen de le lui faire ingurgiter.
Mais qui, comment et pourquoi ?
Autant de questions qui me tarabustent et me poussent à examiner les lieux avant le retour de Mme Gillet.
J’évite soigneusement de poser les pieds là où gisait M. Lesec. On ne sait jamais, la police scientifique viendra peut-être prélever des indices ?
Ou alors je m’emballe un brin…
Bon, examinons plutôt les lieux ! La fenêtre située entre les meubles remplis de dossiers est encore ouverte. Curieux…

Je contourne prudemment le bureau de M. Lesec, en essayant de ne pas laisser de traces de mon passage, pour venir jeter un coup d’œil par la fenêtre.
De l’autre côté de la cour, j’aperçois le bâtiment réservé aux salles de sciences, situées à l’étage et, en dessous, l’entrée du gymnase municipal, utilisé en semaine par les élèves de l’établissement. Il est collé au collège, ce qui est plutôt pratique. Ça nous évite d’avoir à marcher.
Rien ne bouge, là dehors, à cette heure-ci.
Un peu déçu par ce décor banal, je m’apprête à tourner les talons lorsque je remarque quelque chose dans les plates-bandes, juste sous la fenêtre : une empreinte de semelle sur le terreau, avec les traces caractéristiques d’une basket. Impossible de me tromper, je possède plusieurs paires ayant à peu près les mêmes marques sous le pied ! Comme la moitié des élèves et du personnel du collège, hélas…
Je ne suis donc pas plus avancé. D’autant qu’à vue de nez, il s’agit d’une pointure moyenne, correspondant à celle des ados de quatrième ou troisième, et de beaucoup d’adultes également.
Enfin, si cette empreinte appartient bien au coupable, j’aurai au moins découvert qu’il a pris soin ce matin d’enfiler de confortables chaussures de sport !



Un crime. Cinq lieux. Cinq chapitres. Des indices à collecter... Et un coupable à débusquer.

Une tentative de meurtre a eu lieu dans l’enceinte du collège ! Le principal a été empoisonné et sauvé in extremis… Qui a fait le coup ?
Alors que je fouille le bureau de M. Lesec, je tombe sur une liste. Cinq noms, soit cinq suspects : le cuisinier, la documentaliste, le CPE, la prof de SVT et le prof de sport.
Alors qui, parmi eux, a tenté de tuer le principal ?