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Les animaux disparus - La grande imagerie

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LES DISPARUS ANIMAUX


Remerciements L'autrice et l'éditrice remercient chaleureusement Olivier Glaizot, conservateur au Musée cantonal de zoologie à Lausanne et chercheur associé à l’Université de Lausanne.


LES ANIMAUX DISPARUS

TEXTES VIRGINIE JOBÉ-TRUFFER I L LU S T R AT I O N S B E N J A M I N C A R R É


DES DISPARITIONS DEPUIS LA NUIT DES TEMPS La Terre a 4,5 milliards d’années. Elle a vu naître successivement dans l’eau les bactéries,

Au temps des dinosaures

Il y a 66 millions d’années, 76 % des espèces, dont les dinosaures, ont quitté la surface de la Terre durant la crise du Crétacé-Tertiaire. Encore aujourd’hui, les scientifiques n’arrivent pas à se mettre d’accord sur les raisons exactes de cette destruction. Mais trois événements ont pu être prouvés : la chute d’une météorite au Mexique, une activité volcanique très intense et des changements climatiques importants. Les espèces qui ont survécu à cette crise sont les ancêtres des espèces actuelles d’oiseaux, de reptiles et de mammifères.

les algues, les vers, les méduses et les poissons. Puis c’est sur la terre qu’ont éclos les insectes, les amphibiens, les reptiles (dont les dinosaures), les oiseaux et que sont nés les mammifères, dont font partie les hommes. Au cours de ce formidable voyage dans le temps, on estime que 99 % de toutes les espèces qui ont existé ont disparu à ce jour ! Jadis, à cause de cataclysmes, aujourd’hui, à cause de l’être humain.

Les premières vagues d’extinction de masse

Une extinction de masse est la disparition massive et rapide des espèces après un bouleversement important de leur environnement. La Terre en a connu cinq, depuis 443 millions d’années jusqu’à 66 millions d’années. La première est due à différentes phases de glaciation, la deuxième à un refroidissement suivi d’un réchauffement climatique. Les troisième et quatrième ont été provoquées par une augmentation de l’activité volcanique. Quant à la cinquième, elle aurait débuté après la collision d’une énorme météorite avec la Terre. Échantillons de sol pour les études des géologues

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À gauche, fossiles de trilobites, disparus lors de la troisième extinction, et à droite, fossile d'ammonite, disparues lors de la cinquième extinction


Des disparus par milliers

Tous les jours, des espèces meurent quand d’autres sont découvertes. Certaines se sont éclipsées sans que l’homme ne les ait jamais observées ! Selon les périodes, la biodiversité peut augmenter ou diminuer. La durée de vie d’une espèce est estimée à plusieurs centaines de milliers, voire plusieurs millions d’années. Lorsque deux populations d’une même espèce vivent dans des régions différentes et possèdent des caractères différents (taille, couleur…), on les considère comme des sous-espèces.

L'espadon chinois, déclaré éteint en 2020

Vers une sixième vague d’extinction ?

Il est possible que l’on assiste en direct à une sixième extinction de masse ! Des dérèglements climatiques, initiés il y a deux millions d’années, ont été fatals à de nombreuses espèces. Le processus s’est intensifié avec l’activité humaine. Il y a 12 000 ans, le réchauffement climatique et la chasse ont anéanti mammouths et rhinocéros laineux. Ainsi, des milliers d’espèces — 100 fois plus aujourd’hui qu’en 1900 — ont disparu à cause de l’agriculture, de la chasse, de l’introduction d’espèces envahissantes et de la destruction des espaces naturels.

Le rhinocéros laineux

Sur les traces des disparus

C’est grâce aux recherches universitaires que l’on arrive à imaginer ce qui est arrivé à la faune et à la flore, depuis des millions d’années. Le paléontologue par exemple, en étudiant les fossiles, est capable de reconstituer un squelette, d’estimer son âge et de le classer. On peut alors comprendre comment une espèce a évolué. Le géologue, lui, peut analyser les différentes couches qui composent la Terre. Cela lui permet de reconstituer l’histoire des entrailles du monde, des catastrophes naturelles aux chocs climatiques. Des paléontologues extraient des os fossilisés du sol.

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LES ANIMAUX TERRESTRES La principale cause de disparition des animaux terrestres est la destruction de leur habitat. Quand l’être humain s’installe quelque part, il a besoin d’espace

Le dodo

Le dodo était un oiseau dodu coureur : il ne volait pas. Du haut de ses 80 cm, il était paisible, car aucun prédateur ne l’approchait. Ce, jusqu’à ce que des marins s’installent sur l’île Maurice, où il vivait, et constatent que le volatile était aussi facile à chasser que délicieux. L’introduction par l’être humain d’animaux, comme le cochon et le rat qui mangeaient ses œufs, a fini par l’anéantir. Les derniers dodos ont été tués à la fin du XVIIe siècle. L’expression « faire dodo » viendrait de leur ingénue docilité.

pour construire des villes et des champs. Cela l’oblige à détruire des forêts, faisant fuir les créatures qui y vivent. Incapables de trouver leur place en zone urbaine, empoisonnés par les pesticides des cultures, chassés par l’homme et les espèces invasives qu’il véhicule, certains animaux ont vu leur population diminuer, avant de s’éteindre à jamais.

L’hippopotame nain de Madagascar

Avec sa peau sensible, cet herbivore de 200 kg fuyait le soleil et ne sortait que la nuit pour se nourrir. Il dévorait alors les baies, les fruits ainsi que les racines qu’il trouvait sur les rives des rivières et des lacs de son île. On pense qu’il a disparu vers le Xe siècle, quand l’homme est venu coloniser Madagascar. Mais nombreux sont ceux qui racontent l’avoir vu depuis, même au XXe siècle ! Il survit maintenant dans les contes : nommé Kilopilopitsofy, il est le monstre qui hante les forêts malgaches...

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Le singe de Jamaïque

On a longtemps cru que ce petit primate était originaire de Jamaïque. Mais de récentes recherches ont montré qu’il venait en fait d’Amérique du Sud ! Un long voyage en mer sur de petits radeaux faits de restes de bois et de végétaux lui a sûrement permis de découvrir l’île des Caraïbes. Il était doté d’une longue queue et devait vivre dans les branches des arbres. Les causes de sa disparition restent mystérieuses. Mais l’arrivée des humains sur son île lui a sans doute été fatale, à cause de la chasse et de la destruction de son territoire.


Le pika sarde

Proche de la famille des lapins, le pika sarde ressemblait à un gros rat sans queue. C’était un animal fouisseur : il aimait creuser le sol pour construire des terriers sur tout son territoire. Ce végétarien s’épanouissait aussi bien au bord de la mer qu’à 800 m d’altitude au milieu des prairies et parmi les arbustes. Pourquoi a-t-il disparu ? Nul ne le sait. Il avait de nombreux prédateurs, dont l’homme et les mammifères introduits sur les îles, comme les chiens et les chats ; il a peut-être été trop chassé.

Le loup des Malouines

Mi-renard, mi-loup, cet être peu craintif vivait paisiblement sur son archipel. Comme ils n’étaient que deux mammifères à habiter les lieux, lui et une espèce de souris, le carnivore était obligé de se nourrir d’oiseaux, de larves et d’insectes. Il n’a pas résisté longtemps aux assauts des humains : tous l’ont chassé ! D’abord, les colons argentins qui le regardaient en ennemi. Ensuite, les commerçants de fourrure américains qui chérissaient son superbe pelage. Et enfin, les colons écossais qui ne voulaient pas qu’il s’attaque aux troupeaux de moutons.

Le couagga

Le couagga était une sous-espèce du zèbre des plaines. On le reconnaissait à son pelage brun-beige, avec des jambes et un ventre blancs, ainsi qu’à ses zébrures présentes uniquement sur l’avant du corps. Il vivait en troupeau dans les zones arides d’Afrique australe. Les chasseurs avaient un faible pour sa viande et sa peau, tandis que les éleveurs voyaient en lui un concurrent de leur bétail. On a interdit son abattage en 1886. Mais il était trop tard : le dernier couagga était mort au zoo d’Amsterdam en 1883.

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TA B L E D E S M AT I È R E S DES DISPARITIONS DEPUIS LA NUIT DES TEMPS 2 LES ANIMAUX TERRESTRES 4 LES ANIMAUX DES AIRS 10 LES ANIMAUX AQUATIQUES 16 UNE LUEUR D’ESPOIR 20 REDÉCOUVERTS OU RESSUSCITÉS ? 22

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