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Pas si bêtes !

Pas si bêtes !

Pas si bêtes !

Mon lapin nain

Mon lapin nain

Le choisir, le comprendre, le soigner

Le choisir, le comprendre, le soigner

CHRISTOPHE BULLIOT DOCTEUR CHRISTOPHE BULLIOT

Docteur vétérinaire, excerçant exclusivement avec les Nouveaux Animaux de Compagnie, Christophe Bulliot vous explique ici de manière très pratique les comportements et les besoins de votre lapin nain, et comment lui offrir les meilleures conditions de vie : choix de la race, logement, alimentation, reproduction, santé… Ses indications précises vous permettront de prendre soin de votre petit compagnon au quotidien et de faire face à toutes les situations. Grâce à cet ouvrage, vous aurez toutes les clés pour que votre lapin nain soit heureux et développe avec vous une relation de confiance et de complicité.

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Rustica Éditions une marque de Fleurus Éditions

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Pas si bêtes ! Une collection pour mieux comprendre, aimer et soigner tous vos animaux. Retrouvez le savoir et tous les conseils des meilleurs spécialistes.

CHRISTOPHE BULLIOT est docteur vétérinaire, diplômé de l’École Nationale Vétérinaire d’Alfort et lauréat de la faculté de médecine de Créteil. Ce praticien consacre sa carrière exclusivement à la médecine et à la chirurgie des Nouveaux Animaux de Compagnie (NAC). Il est également chargé d’enseignement en école vétérinaire, auteur de plus de 160 articles, d’une dizaine d’ouvrages et d’une cinquantaine de conférences sur les NAC.

Mon lapin nain

Dans la même collection : • Éduquer son chiot • Le chien senior • Décodez le langage de votre chien ! • Mon chien n’en fait qu’à sa tête ! • 100 idées fausses sur votre chat • Votre chat et vous • Découvrir le chat de race • Un chat heureux en appartement • Bien vivre avec son chat • Décodez le langage de votre chat ! • Accueillir et éduquer son chaton • Mon chat ne fait que des bêtises ! • Mon furet

■ Avec sa fourrure toute douce, son air facétieux et sa petite taille, le lapin nain nous fait craquer ! Mais cet animal très sociable, joueur et câlin, a besoin de toute votre attention et de tout votre amour.

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Avertissement Les informations contenues dans cet ouvrage sont exactes et conformes à l’état de la science au moment de sa publication. L’auteur et l’éditeur déclinent toute responsabilité en cas de dommages de toute nature pouvant être provoqués, de façon directe ou indirecte, par l’utilisation et la mise en œuvre des conseils qu’il contient.

© 2013, Éditions Rustica, Paris Dépôt légal : janvier 2013 ISBN : 978-2-8153-0319-4

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Sommaire 40 42

Comprendre son comportement

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Les comportements anormaux

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Les premiers contacts

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Le lapin et les autres animaux

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Le transport et le voyage

58

6 8

■ Vivre avec votre lapin

■ Bien nourrir votre lapin

60

Le lapin et l’alimentation

63

Un aliment essentiel, le foin

65

Des granulés de qualité

68

Les bons aliments frais

70

De l’eau fraîche et propre

72

Les vitamines et les minéraux

74

Le maintenir au bon poids

■ Origine et présentation Brève histoire du lapin

76

■ La reproduction de votre lapin

10

Zoologie et morphologie

12

Anatomie et physiologie

78

Avant la rencontre

14

Le lapin et son environnement

80

La rencontre

82

La gestation et la mise bas

84

Une belle portée de lapereaux !

18

■ Bien choisir votre lapin

20

Choisir ou ne pas choisir un lapin…

22

Les races de lapins nains

88

26

Où et comment acquérir votre lapin

90

Les soins de base

92

Pour une bonne prévention

28

■ Bien loger votre lapin

■ Soigner votre lapin

94

Soigner un lapin malade

30

L’installation à la maison

96

Du lapin à l’homme : les zoonoses

32

La cage et son équipement

98

Guide des maladies courantes du lapin

34

La litière et l’hygiène de la cage

36

En liberté à la maison

109 Adresses utiles et bibliographie

38

Votre lapin au jardin

110 Index

5


CHAPITRE 3

Bien loger votre lapin


CHAPITRE 3 • BIEN LOGER VOTRE LAPIN

L’installation à la maison

I

l est très important de bien choisir le lieu où vous allez installer votre lapin, car une installation inappropriée risque de vous conduire souvent chez le vétérinaire… Pour sa santé et son bien-être, faites le bon choix !

En raison de sa grande sensibilité auditive, votre lapin ne sera pas heureux dans un lieu bruyant.

Le bruit et le passage Étant doté de grandes oreilles, le lapin est très sensible aux bruits. Évitez donc de placer sa cage dans une pièce où vous écoutez fort la télévision, la radio ou une chaîne hi-fi. La proximité des appareils électroménagers n’est pas souhaitable non plus, car le bruit et les vibrations qu’ils produisent sont très stressants pour lui. Le lapin est très sociable et apprécie le contact avec les humains. Les pièces à vivre ne lui sont donc pas interdites. En revanche, les zones de trop grands passages ne sont pas adaptées. Veillez toutefois à ce que votre rythme de vie et celui de votre lapin soient compatibles.

Les courants d’air Ne placez pas la cage dans des pièces régulièrement exposées aux courants d’air et éloignez-la des fenêtres, pour pouvoir les ouvrir sans fragiliser votre lapin. N’oubliez pas qu’il vit à même le sol (sauf si la cage est surélevée)

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L’INSTALLATION À LA MAISON

et que vous ne vous faites pas forcément une idée juste de la température et des courants d’air à son niveau. Si vous placez votre main au bas d’une porte par exemple, vous y sentirez un petit filet d’air. Mettez-vous à sa hauteur, craquez une allumette et observez les mouvements de la flamme pour mettre en évidence un éventuel courant d’air.

Les mauvaises odeurs Veillez à ce que votre lapin ne respire rien d’irritant ou d’allergisant pour ses narines et ses poumons : produits détergents pour le sol (peu ou pas rincés…), lessives et produits nettoyants dans la salle de bains, vapeurs de cuisson dans la cuisine… L’odorat du lapin est bien plus développé que le nôtre ; ses voies respiratoires étroites, sa faible capacité respiratoire et sa fréquence respiratoire élevée le prédisposent aux irritations.

Gare à la chaleur Incapable de transpirer, le lapin est très sensible aux fortes chaleurs (bien plus qu’au froid). Les périodes de canicule peuvent lui être fatales (coup de chaleur). Une température ambiante supérieure à 27 °C peut le mettre en danger. Assurez-vous qu’il est dans une pièce tempérée tout au long de l’année. La température ambiante recommandée est de 15 à 21 °C. La cage ne doit pas être exposée directement aux rayons du soleil. Ne laissez surtout pas votre lapin dans une véranda en été. En hiver, ne dis-

■

Un mauvais emplacement de la cage est-il si grave ? Un mauvais emplacement de la cage peut entraîner des troubles respiratoires (de la rhinite à la pneumonie). Il peut aussi provoquer un stress important, qui a de multiples répercussions sur l’état de santé : il affaiblit les défenses immunitaires et peut donc prédisposer le lapin à des infections, surtout bactériennes ; il provoque également des troubles comportementaux (prostration, anorexie, agressivité…).

posez pas la cage près d’un radiateur. En cas de chauffage au sol, qui augmente la température au niveau du lapin et assèche l’atmosphère, isolez la cage du sol par une plaque de polystyrène.

Sec ou humide ? Le lapin est sensible aussi bien aux atmosphères trop sèches qu’aux atmosphères trop humides (risque de troubles respiratoires). Les pièces à proscrire sont donc par exemple les greniers, les pièces chaudes et sèches sous les toits, les buanderies, les salles de bains, les caves. Recherchez une hygrométrie moyenne (environ 60 %) : vous pouvez la mesurer à l’aide d’un hygromètre digital ou une station météo. Pour l’augmenter, utilisez un humidificateur d’air et pour la diminuer un absorbeur d’humidité.

Le saviez-vous ? En raison d’une fragilité de son système respiratoire, le lapin est très sensible aux émanations chimiques. Voici une liste non exhaustive des produits dont l’utilisation est à proscrire dans l’environnement immédiat du lapin : cigarettes, aérosols, lessives, parfums d’intérieur, bougies parfumées, déodorants en spray, insecticides, encens, produits pour les vitres…

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CHAPITRE 3 • BIEN LOGER VOTRE LAPIN

La cage et son équipement

S

i vous ne pouvez pas laisser votre lapin en liberté dans la maison, l’achat d’une cage s’impose. Mais elle ne doit pas ressembler à une prison ! Voyez grand et pensez à enrichir l’environnement de votre protégé, pour son bien-être physique et mental. Les bonnes dimensions

Faut-il une cachette ? Une cachette en bois non traité, adaptée à la taille du lapin et au nombre d’animaux logés ensemble, doit être mise à la disposition d’un nouvel arrivant pour atténuer son stress. Elle n’est pas strictement nécessaire pour un lapin apprivoisé et bien acclimaté à son milieu de vie, mais peut lui permettre de se retirer au calme quand il le souhaite.

La taille de la cage est déterminée par celle du lapin et par le nombre de lapins détenus. Choisissez une cage de grandes dimensions : 120 x 60 cm au minimum pour un petit lapin. La hauteur doit être suffisante pour que l’animal puisse se dresser et faire des petits sauts (plus de 60 cm). N’hésitez pas à voir grand !

Le type de cage Le lapin ne grimpe pas et n’a donc pas besoin d’une cage à niveaux. Optez pour un modèle rectangulaire avec un accès facile, à barreaux, comportant une base en plastique haute d’une quinzaine

de centimètres. Choisissez-le avec un côté amovible que vous pourrez laisser ouvert, afin que le lapin puisse aller et venir lors de ses périodes de liberté. Très déconseillés : les fonds grillagés (irritants pour les pattes), les cages artisanales en bois (rapidement altérées par les urines et le grignotage), les aquariums (en raison d’un très mauvais renouvellement d’air) et les parois transparentes en plastique. Ces dernières évitent certes les projections de litière et sont plus esthétiques, mais elles ne favorisent pas un bon renouvellement de l’air. Dans ce type de cage, où la température peut devenir rapidement étouffante, le lapin est confiné dans les vapeurs d’urine.

Manger et boire

Le saviez-vous ? Si votre intérieur ne permet pas de faire vivre votre lapin en liberté totale, vous pouvez opter pour un enclos intérieur, plus grand qu’une cage, à placer devant celle-ci laissée ouverte. Un parc à bébé peut convenir.

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Privilégiez les mangeoires lourdes, faites dans une matière solide, que le lapin ne pourra pas renverser ni détériorer (terre cuite ou céramique). Si vous possédez plusieurs lapins, mettez à leur disposition plu-


LA CAGE ET SON ÉQUIPEMENT

sieurs gamelles, pour limiter la compétition qui pourrait être à l’origine de comportements agressifs. Un biberon d’eau doit être positionné verticalement et à l’extérieur de la cage, afin que le lapin ne puisse pas le heurter et le détériorer ni se blesser. De surcroît, ainsi placé, le biberon sera plus facilement accessible lors des changements d’eau – qui devraient être quotidiens. Le râtelier à foin doit être placé à l’extérieur de la cage pour éviter que le lapin ne se blesse en essayant de grimper dedans et pour ne pas encombrer son espace vital. Laissez enfin un petit rondin de noisetier à sa disposition, qu’il pourra ronger à sa guise.

■

Enrichir l’environnement Il est essentiel d’organiser un milieu de vie stimulant et qui limite l’ennui, source de stress et de troubles du comportement. L’objectif est à la fois de répondre aux besoins physiologiques et psychologiques du lapin et de favoriser son activité physique pour prévenir l’obésité. Inutile de lui offrir des tonnes de jouets qui vont encombrer sa cage et dont il va très vite se lasser. Proposez-lui deux ou trois jouets à la fois et changez-les régulièrement pour renouveler son intérêt : balles, papier journal froissé, rouleau cartonné de papier toilette, serviette sur laquelle il fera la sieste, jouets en plastique dur pour chat, petit panier en osier couché, tuyaux solidement fixés en guise de tunnel, abris en bois non traité avec plusieurs entrées… Votre lapin se fera un plaisir de « faire le ménage » en déplaçant régulièrement ces objets dans sa cage, mais assurez-vous qu’il ne les ingère pas.

Le râtelier et le biberon doivent être fixés à l’extérieur de la cage, afin que le lapin ne puisse pas les détériorer, ni se blesser.

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Vivre

CHAPITRE 4

avec votre lapin


CHAPITRE 4 • VIVRE AVEC VOTRE LAPIN

Comprendre son comportement

L

e lapin est un animal sociable et très expressif. Comme vous pourrez le constater, son comportement est particulièrement intéressant à observer. Encore faut-il, toutefois, savoir bien interpréter ses attitudes. Apprenons à parler lapin… Se laver Tout comme le chat, le lapin est un animal très propre qui consacre une partie de son temps à sa toilette en léchant soigneusement son pelage. Il le lustre en étalant, avec sa langue, les sécrétions huileuses (sébum) des glandes de la peau (glandes sébacées). Lorsque plusieurs lapins vivent ensemble, ils procèdent souvent à

Le lapin dort en moyenne de 9 à 10 heures par 24 heures, en plusieurs périodes. Le « senior » – au-delà de 6 ans – consacre un peu plus de temps au sommeil.

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un toilettage mutuel. Ce comportement, appelé grooming, traduit une acceptation du congénère. Il se peut que vous soyez l’objet de ce grooming – c’est bon signe !

Se reposer Votre lapin est principalement actif tôt le matin et en fin d’aprèsmidi. On parle d’espèce crépuscu-


COMPRENDRE SON COMPORTEMENT

laire. En dehors de ces périodes d’activité, il adore paresser. Il se couche sur le côté ou sur le ventre et s’étend de tout son long, les yeux mi-clos. Il s’appuie sur ses pattes avant et étend ses membres postérieurs sur le côté. Il plaque parfois ses oreilles vers l’arrière. Avant ou après la sieste, il aime s’étirer en cambrant et en allongeant son corps. Il étend ses membres postérieurs vers l’arrière.

Faire ses besoins Une fois installé dans son « territoire », le lapin prend rapidement l’habitude de déposer ses crottes et ses urines toujours aux mêmes endroits. Il faut exploiter cette habitude pour l’aider à devenir propre, en installant des bacs à litière dans ces endroits « stratégiques ». Le maintien d’un lapin dans une cage trop petite prédispose à une rétention urinaire chronique favorisant l’apparition de cystites et de calculs. La position du corps pour les mictions et défécations est identique et ne diffère pas entre mâle et femelle.

Jouer Un lapin d’humeur joueuse tourne autour de vous et vous donne de petits coups avec son nez pour attirer votre attention. Il peut également vous inviter au jeu en vous léchant. Les jeunes lapins souvent turbulents se calment généralement vers l’âge de 1 an. Pour son bien-être, il est important de varier les jeux et les jouets.

■

Le saviez-vous ? En se léchant, le lapin ingère des poils qui, s’ils s’accumulent en trop grande quantité, peuvent favoriser une constipation, voire une occlusion digestive. Un brossage régulier permet de réduire ce risque (notamment en période de mue) et d’entretenir le pelage en éliminant les poils morts.

Le lapin « joue » de différentes façons. L’une des plus simples consiste à faire du bruit, en frappant les bords de sa caisse avec l’un de ses jouets qu’il tient entre ses mâchoires, par exemple. Il aime également déplacer les objets, les jeter en l’air ou les pousser. Il apprécie beaucoup les coursespoursuites, avec ses congénères mais également avec un humain : attention toutefois, laissez-le vous poursuivre pour jouer, mais ne faites pas l’inverse, afin de ne pas l’apeurer.

Ronger, toujours ronger… Bien qu’il ne soit pas un rongeur, le lapin ronge constamment pour user ses dents. Il peut donc montrer une fâcheuse propension à s’attaquer aux bas de portes et aux meubles en bois. Mettez toujours à sa disposition un rondin de bois pour le détourner de votre mobilier. Quand vous le laissez seul en liber-

Le jeu Le jeu occupe une grande place dans la vie des jeunes lapins – c’est à la fois une façon d’exprimer leur vitalité et une forme d’apprentissage. Ils peuvent sembler hyperactifs, mais, généralement, ils se calment vers l’âge de 1 an. Le jeu reste toutefois un besoin important.

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CHAPITRE 4 • VIVRE AVEC VOTRE LAPIN

Dressé sur ses pattes arrière, il écoute, observe et flaire : l’attitude d’alerte caractéristique.

té, veillez à ne rien laisser à portée de ses dents tranchantes.

L’exploration de l’environnement Comme toutes les proies, le lapin sauvage est toujours en alerte quand il explore son environnement. Sa survie dépend de sa faculté à repérer instantanément un danger. Cet instinct persiste, bien qu’atténué, chez le lapin domestique, qui est sur le qui-vive dès qu’il se trouve

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dans un environnement inconnu ou que son milieu de vie habituel est modifié (bruit, passage…). En cas d’alerte, il se dresse sur ses pattes arrière pour mieux voir, écouter et sentir ce qui l’entoure ou bien se tient sur ses quatre pattes, tête tendue en avant, prêt à fuir. En cas de maintien en cage, la hauteur de celle-ci doit être suffisante pour permettre au lapin de se tenir dressé sur les postérieurs. Les yeux en position latérale lui confèrent un champ de vision étendu (près de 360°) et une vision panoramique. L’audition et l’olfaction sont très développées


COMPRENDRE SON COMPORTEMENT

d’où la nécessité de maintenir le lapin dans une pièce sans appareil hifi vidéo ni odeurs. Malgré cette prudence naturelle, le lapin est curieux et apprécie l’exploration de nouveaux territoires, ou de nouveaux objets, stimulante et intéressante.

Le marquage et l’instinct territorial Le lapin marque son territoire de différentes façons. Il dépose des phéromones au moyen des glandes de son menton, qu’il frotte sur les objets, sur ses congénères et même sur ses maîtres. Il dépose également des sécrétions odorantes par l’intermédiaire de ses glandes inguinales situées de part et d’autre du pénis ou de la vulve. Il pratique, bien sûr, le marquage par les urines et par les crottes, imprégnées d’une odeur par les glandes anales. Les mâles entiers projettent souvent des urines sur les femelles, sur les objets… voire sur leur infortuné maître. Les mâles marquent plus leur territoire que les femelles, et les dominants des deux sexes marquent plus que les dominés, notamment en leur présence. Le territoire est plus grand chez les mâles que chez les femelles et chez les dominants par rapport aux dominés. Les lapins stérilisés marquent aussi leur territoire. Les lapins sauvages vivent en groupes appelés garennes dans lesquels une hiérarchie est instaurée. Même si des incompatibilités irréversibles existent, la cohabitation de plusieurs lapins de compagnie est possible à condition de s’assurer au préalable de leur compatibilité et

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L’instinct territorial L’instinct de territorialité répond au besoin de préserver un espace vital pour se nourrir et se reproduire. Le territoire est plus important chez les mâles que chez les femelles, et chez les dominants que chez les dominés. Le marquage joue un rôle fondamental dans la délimitation du territoire et la reconnaissance des individus qui y sont acceptés. L’instinct de territorialité peut provoquer l’attaque de tout individu perçu comme étranger au territoire, qu’il s’agisse d’un nouveau congénère ou… d’un humain.

de ne pas créer de situation conflictuelle en relation avec leur instinct de territorialité et la reproduction. Une hiérarchie s’instaure rapidement. Le dominant présente sa tête au dominé pour qu’il la toilette et la caresse. Le lapin dominant accède en premier à la nourriture. Le dominé s’écarte pour laisser passer le dominant. Une femelle dominante chevauche parfois un congénère (même mâle).

La peur Le lapin apeuré peut tenter de fuir ou s’aplatir, les pattes groupées sous lui et les oreilles plaquées vers l’arrière (c’est aussi une attitude de soumission). Sa respiration s’accélère et ses pupilles se dilatent (on parle de mydriase).

Le saviez-vous ? Il est très rare d’entendre le lapin produire des sons. Vous percevrez à l’occasion de petits grognements, destinés à manifester son mécontentement ou à attirer votre attention. Il fait aussi parfois entendre des grincements de dents, qui peuvent aussi bien exprimer sa satisfaction que son agressivité, ou une douleur. De longs cris stridents sont émis lors d’une douleur intense ou d’une grande peur.

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CHAPITRE 4 • VIVRE AVEC VOTRE LAPIN

Posture d’un lapin apeuré, corps aplati, yeux dilatés et oreilles aplaties en arrière.

L’agressivité et les morsures L’agressivité est heureusement plutôt rare chez le lapin, et souvent liée à un instinct de territorialité. Le lapin mécontent peut taper du pied, courir vers vous, grogner (grondement nasal) et mordre, ou frapper avec les pattes avant. Inutile de crier ou de le frapper : seule la patience et la persévérance sont de mise face à cette petite terreur. La position des oreilles est un bon indicateur de son humeur. Lorsqu’il est mécontent, ou pour manifester son agressivité, il se dresse sur les pattes arrière, relève la tête et porte les oreilles dressées et orientées vers le côté, ou plaquées en

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arrière. Il peut également frapper le sol d’un coup sec avec une patte arrière, voire les deux. La stérilisation précoce est conseillée pour les lapins agressifs, mais ne garantit pas à 100 % un changement de comportement. Elle est recommandée le plus rapidement après l’apparition d’un comportement agressif pour limiter la dégradation de la relation entre le lapin et son maître. Le taux d’hormones chute progressivement en 1 mois après la chirurgie. Il arrive que le lapin « pince » sans qu’il s’agisse pour autant d’agressivité. Il veut simplement se faire entendre, exprimer son impatience car la nourriture n’arrive pas assez vite, ou montrer qu’il est le chef.


LES COMPORTEMENTS ANORMAUX

■

Les comportements anormaux

E

n observant jour après jour votre lapin, vous constaterez peut-être parfois des comportements anormaux. Il est important de les repérer, car ils signalent souvent un problème d’environnement ou de santé. On peut regrouper sous le terme de comportements anormaux des comportements normaux mal compris ou jugés comme indésirables par le propriétaire, des troubles purement comportementaux et enfin des comportements anormaux conséquence d’une maladie. Il souffre Le lapin exprime la douleur essentiellement par de la prostration et de l’anorexie. Il reste dans sa cage immobile, en boule, les yeux miclos. Dans certains cas, il respire rapidement par le ventre ou grince des dents. Il arrive aussi qu’il émette, gueule ouverte, de longs cris aigus et stridents. Une gêne ou une douleur buccale provoque une salivation abondante. Son menton, son cou et ses pattes sont alors mouillés. D’autres comportements sont révélateurs d’une douleur : anorexie, boulimie, constipation, modification des préférences alimen-

taires, mastication asymétrique, ingestion de corps étrangers (litière et poils), absence ou excès de toilette, lapin s’attaquant aux barreaux de sa cage, s’automutilant, devenant agressif ou refusant les contacts. Enfin, sous l’effet d’une douleur intense, un lapin peut vous mordre.

S’il se tient en boule, dans une attitude très contractée, quelque chose ne va pas.

Il a peur Le lapin apeuré peut crier, tenter de fuir et se débattre par de violentes ruades le prédisposant aux fractures de membres ou de la colonne vertébrale. Il peut aussi adopter une position de soumission immobile, les pupilles dilatées, le corps aplati, les membres ramassés sous lui et les

Troubles alimentaires Il est important d’observer le comportement alimentaire et digestif de votre lapin : boulimie, constipation, ingestion de corps étrangers (litière, papier, poils…), signalent des troubles digestifs, une douleur ou un stress.

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