SEPTEMBRE - OCTOBRE - NOVEMBRE 2026
Alex Monteiro • Sascha Ley • First Mote Accord mets-potes prometteur chez Gridx Gand, le bon plan flamand
L’HUMORISTE GUIHOME IMPOSE SA BELGITUDE À MONDORF !
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LUXE
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nuit-des-musees.lu
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ÉDITO
ON SE DÉTEND, UN PEU ! force de vouloir devenir des adultes sérieux, responsables, optimisés, heureux au travail, bien logés, bien habillés et, tant qu’à faire, alignés avec Mercure rétrograde, on finirait presque par oublier l’essentiel : se marrer un peu. Bonne nouvelle, ce nouveau Bold a décidé de ne pas choisir entre maturité et joyeux bazar. Notre cover boy GuiHome connaît le problème : grandir, c’est découvrir que personne ne vous remet le mode d’emploi avec les clés de l’appart et la première facture d’électricité. Alors il transforme le syndrome de Peter Pan en grande récré, avec ce mélange de belgitude, de tendresse et de joyeux désordre qui lui va si bien. Dans un registre où le rire soigne aussi pour de vrai. Psychologue, humoriste et généreux sans finir en personnage de série Netflix, Alex Monteiro fait de la vanne un relais. Puisqu’il faut tout de même habiter quelque part entre deux crises existentielles, notre rubrique Design s’intéresse aux petits espaces qui ont de grandes idées. Côté boulot, on se demande si le Chief Happiness Officer est le nouveau gourou de l’open space ou vrai antidote au blues corporate. Spoiler : un baby-foot n’a jamais réparé un burn-out. Pour respirer, direction Gand, ville parfaite pour user ses semelles, sa carte bleue et sa capacité à dire « une dernière bière ». On poursuit l’évasion avec First Mote, duo guitare-batterie qui préfère ouvrir des paysages plutôt que remplir le vide, avant de passer à table chez GRIDX avec Pierre-Jean Antoine et Florian Chauvière, deux potes qui mettent leur complicité dans l’assiette. Et parce qu’il faut aussi nourrir la tête, Sascha Ley traverse les disciplines et les identités pendant qu’Esther Teillard transforme la rupture amoureuse en cirque littéraire. Ajoutez des montres pour se rêver champion, une nouvelle rubrique gaming pour perdre toute notion du temps, et vous obtenez un numéro qui assume son programme : devenir adulte, peut-être. Devenir barbant, jamais !
La team BOLD.
OURS Direction Maria Pietrangeli
Directrice artistique Dorothée Dillenschneider
Directeur de la publication Kevin Martin
Directrice commerciale Julie Kieffer
Rédacteurs Claire De la Vallée | Magali Eylenbosch Aude Forestier | Lena Gordet Margot Houget | Julie Kieffer Kevin Martin | Fabien Rodrigues Karine Sitarz | Sébastien Vécrin
Conseillers en communication Aymeric Grosjean | Kevin Martin Photographe cover Barthélémy Decobecq
Société éditrice WAT éditions Sàrl 74, rue Ermesinde L-1469 Luxembourg Tél.: +352 26 20 16 20 Contact redaction@boldmagazine.lu
20 000 exemplaires Magazine trimestriel
Toute reproduction de ce magazine, même partielle, est interdite.
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Alex Monteiro • Sascha Ley • First Mote Accord mets-potes prometteur chez Gridx Gand, le bon plan flamand
SEPTEMBRE - OCTOBRE - NOVEMBRE 2026
SOMMAIRE
L’HUMORISTE GUIHOME IMPOSE SA BELGITUDE À MONDORF !
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COUVERTURE #97
SITE
Humoriste, auteur, producteur, entrepreneur et Namurois jusqu’au bout des vannes : GuiHome a visiblement décidé que 24 heures dans une journée, c’était largement suffisant pour tout faire. Depuis ses premières vidéos postées il y a plus de dix ans, le Belge a quitté le petit écran de nos smartphones pour remplir les salles, squatter la télé et fédérer un improbable « family pack » allant des ados aux grands-parents. Avec GuiHome vous détend, il s’attaque désormais à un problème autrement plus sérieux : devenir adulte sans complètement le devenir. Entre deux dates, il trouve encore le temps de produire des artistes, gérer un comedy club, monter un festival et faire un détour par Quotidien. Alors, GuiHome s’est-il enfin assagi ? Oui & non. Et heureusement.
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RÉSEAUX SOCIAUX boldmagazine.lux Bold magazine
CULTURE
SOCIETY
TRENDS
LIFESTYLE
INTERVIEW.10 SASCHA LEY : PLUSIEURS CORDES À SA VOIX
SMART KIDS ON THE BLOCK.06 PIERRE-JEAN ANTOINE X FLORIAN CHAUVIÈRE ACCORD METS-POTES PROMETTEUR CHEZ GRIDX
STORY TIME.54
DESIGN.44 PETIT ESPACE, GRANDE VIE
SPOTTED.56 PREPPY BUT COOL
CRASH TEST.52 CITY TRIP.70 GAND BIEN M’EN FASSE
MUSIC.12 FIRST MOTE : GUITARE, BATTERIE ET POUSSIÈRE COSMIQUE PLAYLIST.16 BOOK.18 ESTHER TEILLARD : LE GRAND CIRQUE DES SENTIMENTS INTERVIEW.20 GUIHOME LE CONQUÉRANT DIARY.26 ARTY.38 ALEX MONTEIRO : LE RIRE COMME RELAIS GAMING.42
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IT LIST.68 FOCUS.48 CHIEF HAPPINESS OFFICER : DU "GADGET RH" AU VRAI LEVIER STRATÉGIQUE SNAPSHOT.80
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SMART KIDS ON THE BLOCK
Texte Fabien Rodrigues
Photos Daria Prykolota
Pierre-Jean Antoine & Florian Chauvière ACCORD METS-POTES PROMETTEUR CHEZ GRIDX C’est l’histoire de deux potes chefs de talent et figures montantes de la jeune scène gastronomique locale, qui se retrouvent dans les cuisines du Jane et du Studio, les deux fleurons du food hall de Gridx. Là, ils insufflent au quotidien et de concert leur héritage belgo-luxembourgeois dans les menus saisonniers, de l’amuse-bouche au dessert, avec un savant mélange de sérieux et de panache… Alors que le complexe célèbre son premier anniversaire, il semblait de bon goût de s’entretenir avec ce duo qui n’en manque pas. Portrait croisé.
Au sein du projet pharaonique et polyvalent qu’est Gridx à Wickrange, le TASTE Food Hall est l'un des points de convivialité les plus mis en avant, notamment avec un premier food festival qui a fait le plein au printemps dernier. L’offre gourmande y est variée et dédiée à toutes les faims ou presque, mais deux établissements s’y distinguent par une approche bistro/gastronomique pour foodies avertis : le Studio, grand comptoir minimaliste à la cuisine pointue, ouvert sur le bar et le reste de l’espace commun, et le restaurant Jane, plus cossu et bénéficiant de sa propre grande salle, assortie d’une belle terrasse privée. C’est ici qu’officie à présent Pierre-Jean Antoine en tant que chef exécutif. Pour la partie dessert, il peut compter sur la connivence d’un ancien collègue devenu ami en la personne de Florian Chauvière, élu Pâtissier de l’année 2025 par Gault & Millau Luxembourg.
RENCONTRE FORTUITE ? Une première chose rassemble Florian et Pierre-Jean, outre le fait qu’ils soient tous deux à peine ou bientôt trentenaires, c’est une éducation faite entre le GrandDuché et la Belgique voisine. Le premier, né à Ettelbruck, a étudié la boulangerie et la pâtisserie à l’École d’hôtellerie de Spa. Un chemin qui n’a pas souffert d’hésitations : issu d’une famille de restaurateurs – son papa a tenu l’Hôtel Bissen, non loin du Stausee, pendant plus de 20 ans – Florian a grandi en gambadant dans les cuisines des lieux. Il se souvient aussi des délicieux mets de sa grand-mère : « Lorsqu’elle nous gardait avec ma sœur, on était sûrs d’avoir de bons petits plats, mais aussi de savoureux gâteaux. Je me rappelle de son clafoutis aux cerises, pour lequel elle gardait les noyaux, comme si c’était hier ! ». 6
« LA NATURE LOCALE M’INSPIRE ÉNORMÉMENT, J’AIME ALLER FAIRE DE GRANDES BALADES QUI M’AIDENT À ÉLABORER MES MENUS. » La voie de la pâtisserie est donc claire pour le jeune homme de 14 ans lorsqu’il prend la direction de l’école belge, où il effectuera également une spécialisation en confiserie. Le choix de travailler, plus tard, en restauration lui semble lui aussi assez limpide : « C’était déjà mon idée de base, alors que les enseignements étaient plutôt orientés pour exercer en boutique, mais un stage m’a confirmé que cette option n’en était pas une pour moi et que j’étais bien appelé par les cuisines de restaurants. » Une certitude cette fois, grâce à son premier stage dans le secteur, à L’Air du Temps du chef Sang-Hoon Degeimbre, où il rencontre alors un certain Pierre-Jean Antoine ! Ce dernier est né et a grandi à Arlon. À 14 ans, l’envie de cuisiner le démange et il souhaite intégrer l’école hôtelière de Namur, à la grande inquiétude de ses parents qui souhaitent le voir diplômé dans un cursus plus « sûr ». Il s’aligne sur cette volonté protectrice et passe ses humanités (NDLR : alias son baccalauréat pour nos lecteurs français) à Bruxelles. Une décision qu’il ne regrettera absolument pas, bien au contraire : « Grâce à ce parcours, j’ai pu réfléchir et intégrer une formation sur mesure à Namur, qui conjuguait pendant deux années très intenses théorie et pratique pour devenir restaurateur. De la cuisine bien sûr, mais aussi de la salle, de la gestion, l’apprentissage des normes d’hygiène… C’était très complet et on finissait avec un stage de deux mois au Château de Namur. » Derrière cela, l’école lui présente une opportunité assez
dingue : un second stage, en France cette fois et pas n’importe où, dans les cuisines du Palais de l’Élysée, rien que ça. « Une super expérience, dans un cadre forcément unique, au centre du pouvoir et de la grande gastronomie française. » Puis vient un premier poste à L’Eau à la Bouche à Arlon – où l’on trouve à présent le restaurant étoilé La Grappe d’Or –, mais aussi une nouvelle formation spécialisante aux côtés des meilleurs chefs, artisans et collectifs belges, dans le giron de la « Génération W » portée par le chef wallon superstar Sang-Hoon Degeimbre. Cela vous rappelle quelque chose ? La rencontre arrive à grands pas… S’ensuivront pour Pierre-Jean d’autres stages dans les meilleures cuisines étoilées belges, notamment auprès de Christophe Hardiquest et de son Bonbon triplement étoilé, ainsi qu’une expérience marseillaise de quelques mois, mi-figue, mi-raisin…
SE POSER AU LUXEMBOURG ET S’INSPIRER Après L’Air du Temps, Florian Chauvière aura un peu moins la bougeotte que son comparse, avec un retour assez naturel au Luxembourg, où il est toujours domicilié avec son papa. Il intègre pendant trois ans la cuisine du Bistronome, à Strassen, avant de rejoindre le chef Renaud Nols au Skybar à Bertrange, où son talent sera reconnu par le petit guide jaune. De son côté, Pierre-Jean pose ses valises chez Matthieu Van Wetteren, à l’Apdikt, où il avait déjà fait un bref passage avant sa virée 7
SMART KIDS ON THE BLOCK
Texte Fabien Rodrigues
Photos Daria Prykolota
méditerranéenne. Il y prend le rôle de second pendant deux ans et y participe à l’obtention de la première étoile très attendue par l’établissement de Steinfort. Mais il sent aussi l’envie d’un nouveau projet et de plus d’expression pour sa propre approche de la cuisine, et c’est là que le projet Gridx fait son apparition. On lui propose les rênes du Studio aux côtés du chef exécutif Joël Schaeffer, avec qui il effectue tous les dîners d’ouverture du complexe tout en élaborant la carte du futur restaurant Jane. Cette carte, il la met en application plus que jamais aujourd’hui, puisqu’il a pris la place du chef Schaeffer depuis février, suite à un problème de santé de ce dernier. Ainsi, il chapeaute la dynamique des deux établissements, avec l’aide de Florian qui l’y a rejoint pour prendre en charge les desserts. Des retrouvailles inopinées, une très bonne surprise ! Au-delà d’une complicité qui leur permet de se pousser mutuellement vers le haut et de satisfaire les exigences de la direction de Gridx, les deux chefs s’inspirent aussi de nombreuses influences communes, comme la nature locale, les balades en forêt, la cueillette de champignons, les goûts et les parfums de ce qui nous entoure. Le choix soigné et responsable des producteurs et des bons produits est également à la carte de chacun, notamment des poissons et autres produits de la mer pour Pierre-Jean, qui aime particulièrement les travailler : « Je m’approvisionne directement en Bretagne par exemple, chez Walter Dubois,
ce qui me permet d’avoir une qualité et une fraîcheur optimales ! ». En résultent par exemple des croquettes de crevettes démentes, testées et plus qu’approuvées, élaborées avec son chef du Studio, Christian Ponsar. Mais aussi de grands poissons entiers au Jane, « comme le beau thon blanc de neuf kilos qu’il m’a fourni récemment », où la clientèle plus business en est friande. Pour ses desserts, Florian aime surtout marier fruits et légumes, avec peu de sucre. En adéquation avec sa génération, il s’inspire de ce qu’il voit sur les réseaux sociaux, qui lui offrent une fenêtre vers le monde au fil des scrolls alléchants… Le tout semble réalisé de manière très organique et fluide, entre un certain classicisme au Jane et une cuisine plus choc au Studio, dans une entité encore en pleine définition de sa ligne directrice à long terme. Enfin, lorsqu’on demande aux deux amis leur partenaire idéal pour une éventuelle collaboration future, Florian n’hésite pas : « Sébastien Vauxion, le seul chef pâtissier étoilé au Michelin en tant que chef. Dans son restaurant SarKara de Courchevel, il a imaginé l’intégralité de son menu autour de la notion de dessert, c’est un vrai visionnaire », tandis que Pierre-Jean prendrait volontiers la direction de Noirmoutier avec le chef Alexandre Couillon, triplement étoilé et référence en matière de produits de la mer, ou encore dans son ancien fief marseillais, la Villa Madie, où il inviterait bien Aurélien Cantrelle à se joindre à lui le temps d’un quatre mains. À bon entendeur…
« LA PÂTISSERIE DE RESTAURANT A TOUJOURS ÉTÉ DANS MA LIGNE DE MIRE. »
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INTERVIEW
Texte Margot Houget
Photo Lugdivine Unfer
PLUSIEURS CORDES À SA VOIX Chez Sascha Ley, les frontières sont faites pour être traversées. Entre théâtre, cinéma, musique, poésie et arts visuels, l’artiste compose un univers où les disciplines se rencontrent et les identités se questionnent. Prochainement à l’affiche du long métrage On sera heureux, de Léa Pool, elle se confie à Bold sur son goût de l’expérimentation, son rapport au jeu et à l’identité, et les femmes qui nourrissent sa créativité.
Vous êtes une artiste aux multiples facettes : comédienne, chanteuse, vocaliste, compositrice, poète… Est-ce que j'en oublie ?
Sascha Ley : Hum… pas vraiment (sourire). Mais il y a quand même quelques éléments qui se sont ajoutés ces dernières années. J'ai commencé, pendant le confinement, à travailler sur la vidéo. J'avais un projet avec des amis autour du rêve, inspiré par les femmes surréalistes. À cette période, la seule chose qu'on pouvait faire, c'était se retrouver en ligne. On a donc très vite pris la décision de travailler de manière plus visuelle. J'ai alors repris des activités que je n'avais plus pratiquées depuis que j'étais jeune, comme dessiner et faire du collage… Puis, je me suis aussi mise à filmer. Dans l'art, j'aime qu'il y ait un travail sur la matière, une manière de transformer ou de traduire quelque chose, de proposer un regard nouveau, qui change la perspective du spectateur sur le sujet. Votre approche multidisciplinaire se reflète également dans vos spectacles…
Oui, tout à fait. J'ai imaginé des performances et des spectacles multidisciplinaires. Il y a eu Mi Frida en 2014, que j'ai écrit et mis en scène, et dans lequel j'ai joué aux côtés de Sylvia Camarda. Ce spectacle était consacré à Frida Kahlo, mais ce n'était pas une biographie. Mon intention était de plonger dans son univers et d'explorer le phénomène qui l'entoure. Je me suis interrogée sur cette « Frida Mania » qui ressurgit régulièrement. Comment expliquer qu'elle suscite autant 10
de fascination ? J'avais envie de comprendre ce qui fait d'elle une figure marquante et intemporelle, et pourquoi elle continue de traverser les générations. Plus récemment, il y a eu aussi Cosmos Not Enough, autour du thème de l'identité et de la perception, dont l'écriture a commencé à partir d'improvisations. J'y ai mêlé des mots projetés sur un grand écran, des illustrations, de la musique et des mouvements. Cette année, j'ai également présenté une pièce au Monodrama Festival à Luxembourg, UNICA!. Elle explore la vie de l'une des dernières artistes surréalistes allemandes, Unica Zürn, qui a vécu en France. Elle me fascine par son travail autour du dessin automatique et des anagrammes. Mais, vers l'âge de 40 ans, on a découvert qu'elle était schizophrène. Elle a continué à travailler pendant une dizaine d'années, avant de se suicider en se jetant d'une fenêtre à Paris. C'est une artiste qui m'a toujours touchée. Fait assez impressionnant, vous jouez dans cinq langues : luxembourgeois, italien, allemand, anglais et français. Est-ce que certaines langues représentent malgré tout un défi plus important que d'autres ?
C'est une bonne question, parce que cela a beaucoup changé au cours des 20 dernières années. L'allemand est ma première langue, celle de mon papa. Ma mère est luxembourgeoise, mais c'est seulement lorsque je suis arrivée au Luxembourg avec elle, à l'âge de 11 ans, que j'ai vraiment appris à parler luxembourgeois. J'avais un fort accent allemand et tout le monde m'appelait « le petit Prussien ».
En arrivant d'Allemagne à cet âge-là, je n'avais suivi qu'une année de français. Je n'étais donc pas au niveau des Luxembourgeois. Heureusement, j'ai intégré l'École européenne, ce qui m'a permis de continuer à parler allemand tout en suivant des cours de rattrapage en français. Ensuite, j'ai appris l'anglais, puis l'italien. J'ai de la famille en Italie, donc j'ai eu des facilités avec cette langue. Pendant mon adolescence, la langue qui me posait le plus de difficultés était le français. Je le comprenais très bien, j'avais l'impression de ne pas l'avoir « en bouche » et de ne pas bien m'exprimer. Ce n'est que vers l'âge de 30 ans que les choses ont commencé à s'améliorer et que j'ai ressenti moins de pression à l'idée de le parler. J'avais déjà joué et chanté dans plusieurs projets en français, ce qui m'a aidée. Aujourd'hui, je suis à l'aise dans toutes les langues, surtout lorsque j'ai compris ce que je dois transmettre à travers un rôle. De toute façon, le jeu passe aussi par la transmission des émotions, il ne passe pas uniquement par le langage. J'aimerais encore apprendre d'autres langues… mais il faut bien s'arrêter à un moment ! (rires) Plus récemment, on vous retrouve sur grand écran dans le film québéco-luxembourgeois On sera heureux, qui sortira dans les salles en octobre prochain. Pouvez-vous nous en dire plus ?
C'est un très beau film, qui est un appel à la tolérance et à l'humanité. Il raconte l'histoire de deux jeunes immigrants, l'un originaire du Maroc, l'autre d'Iran, qui se rencontrent au cours de leur fuite et tombent amoureux. Leur parcours les conduit jusqu'à Montréal… mais je n'en dis pas plus, pour ne pas vous spoiler la suite.
« LE JEU PASSE AUSSI PAR LA TRANSMISSION DES ÉMOTIONS, IL NE PASSE PAS UNIQUEMENT PAR LE LANGAGE. » Vous interprétez le rôle de la ministre de l’Immigration canadienne dans ce long métrage. Comment présenteriez-vous votre personnage ?
C'est un rôle qui n'apparaît que trois fois dans le film, mais qui a finalement un fort impact. J'ai abordé ce personnage comme celui d'une femme politique humaine avec une forte autorité, puisqu'elle est ministre de l'Immigration. C'est toutefois quelqu'un de très tolérant. Elle prend une décision qui est assez osée, en s'appuyant sur une loi. Elle est sincèrement touchée par le parcours des deux jeunes hommes qui ont dû quitter leur pays. J'ai développé ce personnage tout en sachant qu'il n'y aurait aucune scène montrant sa vie de famille ou d'autres moments plus intimes. Je trouve que, parfois, c'est même plus difficile lorsqu'on n'a que de courtes apparitions. Je me suis construit un entourage, un passé et un présent autour de cette femme politique. Je me suis aussi posé la question : « D'où est-ce que je viens ? ». Comme je ne suis ni
Canadienne ni Québécoise, on entendra sûrement qu'il y a quelque chose qui ne sonne pas tout à fait français ou que je n'ai pas les intonations d'une Canadienne anglophone. Je crois que la réalisatrice canado-suisse Léa Pool voulait justement laisser cette question ouverte et ne m'a pas demandé de travailler un accent particulier. Le film a été tourné dans plusieurs pays. Avez-vous dû voyager pour le tournage ?
Dans mon cas, c'était assez drôle, parce qu'on m'a annoncé : « Oui, tu as le rôle, mais pour certaines scènes, on n'a pas trouvé de lieux adéquats au Luxembourg. Tu vas donc devoir aller tourner à Montréal… ». Je me suis dit : « Ah mais oui, c'est terrible ça… » (rires). Le tournage a commencé au Canada. Je suis restée neuf jours à Montréal. C'était une très belle expérience. J'ai aussi beaucoup apprécié les collègues là-bas. Les scènes de rue ont été tournées à Montréal. Ensuite, l'équipe est venue au Luxembourg, où la plupart des scènes d'intérieur ont été filmées. La scène du restaurant, par exemple, a été tournée à Mondorf. Enfin, le reste du tournage a eu lieu au Maroc. Qu'avez-vous ressenti lorsque vous avez découvert le film pour la toute première fois ?
Il est touchant, c'est devenu un très beau film. Mais c'est difficile pour moi, parce que je fais très attention aux détails et à mon jeu. La première fois, ce n'est pas toujours simple de le regarder. Je n'ai pas la même distance que les autres. Il m'est plus difficile de dire tout de suite : « Oui, c'est génial. » Mais je sais que c'est un film qui est très bien fait et je suis très contente d'en faire partie. Je pense que c'est un de ces films qui peut avoir un impact particulier grâce à sa thématique, au-delà de la fiction et de l'histoire qu'il raconte. Et Léa Pool, la réalisatrice, possède une très grande sensibilité. Quelles sont vos news ciné et théâtre pour les prochains mois ?
En 2027, je serai la protagoniste d'un moyen métrage d'Alessandro Larosa. C'est un réalisateur italien qui habite également au Luxembourg. Je devrais aussi finaliser la version d'une heure de la pièce UNICA! (NDLR : présentée lors du Monodrama Festival à Luxembourg dans une première version de 30 minutes). Je travaille également à l'écriture d'une nouvelle pièce de théâtre, pour laquelle j'ai déposé une demande de bourse. Mais d'ici là, il y aura toujours de nouvelles choses qui se présenteront, et j'ai encore beaucoup d'idées. Pour conclure quelles sont les femmes réalisatrices qui vous inspirent?
La réalisatrice de Winter of the Crow, Kasia Adamik, que je trouve formidable. Mais aussi des femmes de la scène autochtone, que j’admire également et avec lesquelles j’ai déjà travaillé : Larisa Faber, Maja Jović, Nora Kehli… et encore toutes les talentueuses qui sont en train d'émerger. En fait il y en a tellement. Je tiens vraiment à souligner le potentiel au Luxembourg. 11
MUSIC
Texte Sébastien Vécrin
GUITARE, BATTERIE ET POUSSIÈRE COSMIQUE Une guitare baryton, une batterie et une amitié qui dure. Un an après avoir rappelé qu’à deux, il y avait déjà beaucoup à dire, First Mote remet le couvert avec Snapdragons At The Market, premier album plus ample, plus libre, plus aventureux que l’EP Middlecroft, à découvrir en live le 24 septembre prochain au Casino Luxembourg. Jamie Reinert et Christophe Demart y prolongent leur dialogue sans voix ni filet, entre folk, jazz, ambient, souvenirs d’Americana et goût assumé pour les images mentales. Croisés lors d’une soirée pour la radio 100,7 aux Rotondes, les deux artistes se sont mis à table. Ils racontent l’envie de pousser enfin le projet, les répètes volées entre les boulots et les familles, l’enregistrement dans un petit studio sans prétention, les titres cueillis dans le magazine The New Yorker et cette façon bien à eux de chercher moins la perfection que l’harmonie transcendantale. Rencontre avec deux potes qui n’ont pas besoin d’en rajouter pour ouvrir grand le paysage.
Vous avez fait un showcase lié aux Francos, justement ici aux Rotondes, joué en plein aprèsmidi devant des professionnels. C’était comment ?
Jamie Reinert : C’était vraiment un concert pour les pros. À 15h30, un vendredi, il ne fallait pas attendre une foule énorme, mais l’idée était claire : rencontrer des bookers, des managers, des gens de salles, des représentants. C’est un autre exercice, moins romantique peut-être, mais important. Christophe Demart : On a eu quelques échos positifs, quelques contacts. On n’a pas signé des dates à New York dans la foulée (sourire) ! Mais il y avait une bonne énergie. Pour nous, c’est déjà une manière de voir si notre musique peut voyager un peu plus.
« NOUS JOUONS ENSEMBLE DEPUIS NOTRE ENFANCE. » Jusqu’ici, vous avanciez sans trop forcer la promotion. Là, on sent que quelque chose change.
Jamie : Jusque-là, on jouait surtout les concerts qui venaient. On ne faisait pas de grandes démarches, pas de subsides, pas de stratégie. On travaille tous les deux, il y a la famille, le temps à trouver. Avec l’album qui arrive, on a envie de mettre plus d’énergie, de lancer quelque chose de plus sérieux, sans devenir une machine non plus. Christophe : Ce qui aide, c’est d’avoir des gens qui nous font confiance : les lieux où l’on a beaucoup joué comme ici aux Rotondes ou au De Gudde Wëllen, les copains de notre label Muaaah Records qui sortent le disque, les techniciens aussi. Un duo instrumental guitare-batterie, 12
sans chanteur, ce n’est pas la formule la plus évidente à vendre sur papier. Donc ce soutien compte. À côté de First Mote, vous faites quoi de beau ?
Christophe : Je suis prof d’allemand dans le secondaire, Jamie travaille pour la radio 100,7. Donc la musique se construit autour des boulots, de la famille, des espaces que l’on trouve. Mais quand on joue ensemble, on oublie tout ce qui nous entoure pour se plonger complètement dans la musique, d’autant plus que nous jouons ensemble depuis notre enfance. Jamie : On a grandi dans le même quartier, et la première vraie rencontre musicale, c’était un garage, une guitare, une batterie, Jimi Hendrix, Santana, des choses très classiques pour des jeunes qui découvrent le rock. On a changé depuis, heureusement, mais ce moment reste fondateur. Christophe : Après, on s’est retrouvés dans d’autres groupes, à différents moments, parfois par hasard, parfois parce qu’on avait besoin de rejouer ensemble. Ce n’est pas seulement une histoire de style. C’est une histoire de réflexes communs. Aujourd’hui, on est loin du trip Woodstock. Qu’est-ce qui vous nourrit ?
Jamie : Beaucoup de choses. Comme je travaille avec la musique, j’en écoute énormément. Il y a du folk, du jazz, de l’ambient, parfois des choses plus expérimentales ou plus sombres. On aime les textures, les morceaux qui prennent le temps de s’installer. Christophe : On dit souvent que First Mote se situe quelque part entre folk, jazz et ambient. Ce n’est pas
une définition parfaite, mais elle donne une idée : du minimalisme, de l’espace, une envie de laisser les sons exister. On n’essaie pas d’impressionner par la quantité. Votre formule reste spectaculaire dans sa sobriété : une guitare baryton, une batterie, pas de voix, pas de boucles. Pourquoi ça marche ?
Jamie : La guitare baryton permet de prendre plusieurs rôles à la fois. Je peux jouer la basse, l’harmonie et la mélodie sur le même instrument. On a aussi choisi de ne pas utiliser de loop station. Je n’ai rien contre les boucles, certains en font des choses magnifiques, mais pour nous, ça enlèverait une partie de la flexibilité. Christophe : Tout se joue dans le fait d’être ensemble au même moment. Si Jamie dérape légèrement, si moi je pousse plus loin ou si je retiens, on peut réagir. Avec des boucles, il faudrait rester accroché à une mécanique. Là, on garde une respiration humaine. Ça suppose une alchimie particulière ?
Christophe : Oui, et elle vient du temps passé ensemble. Sur scène, Jamie est très concentré, mais même s'il ne quitte pas ses pieds des yeux, en mode shoegaze, on écoute, on cherche. Ce n’est pas de l’improvisation jazz au sens académique, mais il y a de plus en plus d’endroits libres. Jamie : Au début, les compositions étaient très structurées. Chaque passage, chaque break, chaque transition était presque fixé. Avec le temps, on a pris confiance. Aujourd’hui, on garde des points de repère, mais la manière de passer d’un moment à l’autre peut changer. On cherche une esthétique de l’imperfection : pas le son parfait, pas le geste démonstratif, plutôt l’atmosphère. Comment naissent vos tracks ?
Jamie : Souvent, je viens avec une idée à la guitare : une suite d’accords, une mélodie, une démo. Comme je porte l’instrument mélodique et harmonique, beaucoup de choses partent de là. Ensuite, on joue autour, on cherche, on garde les moments qui nous plaisent et on les transforme. Christophe : On essaie parfois aussi de partir autrement : d’un rythme, d’un motif, d’une sensation. Le but n’est pas de remplir une grille, mais de voir où l’idée nous mène. On répète chez Jamie ou dans une salle louée, quand la maison et les enfants rendent les choses moins simples. Une répète du soir, avec une bière et un peu de calme, ça peut faire beaucoup. Parlons de votre nouvel album Snapdragons At The Market. Comment le décririez-vous par rapport à votre précédent maxi Middlecroft ?
Jamie : Plus libre, plus ouvert. Middlecroft était un EP, cinq ou six morceaux, avec une forme déjà très identifiable. Là, on parle d’un album, huit titres, et on s’autorise davantage de place. Pour moi, c’est un trip.
© Philippe Demart
« ON AIME LES MORCEAUX QUI PRENNENT LE TEMPS DE S’INSTALLER. » Christophe : Je sais que le mot revient souvent, mais je trouve notre musique très cinématographique. Il y a toujours des images derrière. Pas forcément un film précis, plutôt un voyage, un paysage mental. Snapdragons garde ce côté-là, mais avec plus d’air. Il y a des morceaux où l’on accepte que le son s’installe, que le silence autour compte aussi. Cette dimension cinématographique, vous l’avez déjà confrontée à l’image ?
Jamie : Oui, avec des concerts dessinés, par exemple, toujours ici aux Rotondes. L’artiste Marie Lavis dessinait 13
MUSIC
Texte Sébastien Vécrin
Une guitare baryton et une batterie, c’est déjà beaucoup. Le disque a aussi été masterisé aux États-Unis. Vous avez un fantasme américain ?
Jamie : On a trouvé un ingénieur qui avait travaillé sur des disques qu’on aimait. Aujourd’hui, c’est assez simple d’envoyer des morceaux et de faire des retours. Mais oui, il y a chez nous une fascination pour l’Amérique du Nord, les grands espaces, l’Americana, Neil Young, Tom Waits, David Lynch… On est des enfants des années 90, nourris à la musique et aux films américains.
pendant que nous jouions, ses images étaient projetées en direct, et on devait penser le concert comme un flux. On a aussi travaillé avec Dirk Kesseler, un réalisateur luxembourgeois installé à Berlin, qui fait des films animés, puis sur une vidéo liée à la campagne « Let's Make It Happen ». Donc oui, si le cinéma vient nous chercher, on est très ouverts. L’album, lui, a été enregistré dans un cadre assez loin du grand studio ?
Jamie : Très loin, même. On a tout enregistré dans ma petite salle de musique, une pièce de trois mètres sur trois, pas du tout idéale. La batterie, l’ampli, les micros, tout était très proche. Il y avait du son partout, dans tous les micros, mais c’est aussi ce qu’on voulait garder : une prise vivante. Quand les morceaux sont juste guitare baryton et batterie, on les enregistre comme ça, en direct. Christophe : On ne voulait pas ce stress du studio où tu paies une semaine et où tout doit être terminé le dimanche soir. Là, on pouvait apprendre, recommencer, bricoler. Ce n’est pas une méthode académique, mais elle correspond au groupe. Les contraintes de la pièce font partie du disque. Il y a quand même quelques ouvertures instrumentales ?
Jamie : Oui, un peu de pedal steel, du banjo, quelques pistes qui élargissent l’espace. Mais on ne veut pas ajouter des choses juste pour prouver qu’on peut le faire. L’identité du groupe, c’est encore cette base très simple.
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Christophe : On sait aussi que cette image est naïve et problématique. Le fantasme des grands espaces porte toute © Mike Zenari une histoire violente. Mais la musique de First Mote ne porte pas un message politique direct. Sans paroles, elle agit autrement : elle ouvre un espace, chacun y projette ce qu’il veut. Des gens viennent nous voir après nos concerts et nous disent : « Ça m’a rappelé ça », et à chaque fois, c’est autre chose. C’est l’une des forces de la musique instrumentale. Elle ne ferme pas le sens.
« ON CHERCHE UNE ESTHÉTIQUE DE L’IMPERFECTION. » Jamie : Au Luxembourg, on a des connexions, bien sûr, mais musicalement on se sent parfois un peu seuls. Il y a du jazz dans notre musique, mais on ne fait pas vraiment partie du cercle jazz. Il y a du rock, mais pas au sens classique. Finalement, ce flottement nous va bien. Avant de se quitter, d’où vient le nom Snapdragons At The Market ?
Jamie : D’un poème dans The New Yorker. Je ne l’ai plus lu depuis longtemps, mais le mot m’est resté. Je lis beaucoup ce magazine pour la qualité d’écriture, les histoires, les sujets qui ne sont pas seulement liés à l’actualité. Il y a quelque chose d’intemporel qui m’inspire. Christophe : Les titres viennent souvent comme ça : pour le son des mots, l’image qu’ils provoquent, pas toujours pour une signification précise. Avec First Mote, il y avait « mote », la poussière, la particule. Avec Snapdragons, il y a une plante, une couleur, une morsure douce. On aime quand un titre donne une direction sans tout expliquer.
PLAYLIST
Texte Sébastien Vécrin
note sur 5
THE MODERN HOPE / RAFTSIDE Le skeud n’est pas récent de zinzin, il date de novembre 2025, mais les rencontres houblonnées se contrefoutent du calendrier. J’ai croisé Filip Markiewicz à la Triennale Jeune Création 2026 aux Rontondes, curatée par La Concierge. Lui portait un tee-shirt Joy Division, moi, un Heroin Skateboards : forcément, on a improvisé une battle de vannes, trinqué à la vida loca et parlé musique. Il a littéralement dégainé son album de sa besace avec un clin d’œil qui signifiait : chronique-moi mon sang, sinon je te mets un coup de front. Le Filou réside désormais à Hambourg, ville que je vénère pour son FC St. Pauli et toute la vibe punk, antifasciste et joyeusement bordélique qui en découle. Ça tombe bien, The Modern Hope possède ce parfum-là. Écrit au piano puis bricolé entre le Deutschland, le Grand-Duché et la Pologne, le LP mixe nu-disco, indie dance, hyperpop et breakbeat nineties. Sur DNCNG, Daydreaming ou Midnight Sun, ça groove en regardant l’Europe brûler derrière des lunettes noires bien trop chères. Une pop politique, mélancolique et légèrement déglinguée, comme si Kraftwerk et The Strokes avaient un date dans un rade de St. Pauli, un lundi matin, en montée d’acid. . NU-DISCO
PLEASE / DJ PLEAD
PEACHES! / THE BLACK KEYS
BULLDAWG / KENNY MASON
Mon sang Gauthier aka le GOAT du Plat Pays m’a conseillé de glisser une oreille sur DJ Plead, un Libano-Australien installé à Berlin. Si je m’autorise (encore) quelques raccourcis full boomer, j’imagine un zigoto moustachu sur son vélo, un tote bag rempli de câbles MIDI en train de pédaler dans le quartier de Mitte pour aller déjeuner chez Dada Falafel. J’ai googlisé, j’avais vu (presque) juste. Puis, j’ai écouté Please, le second album de Jarred Beeler, son vrai blaze, et sa daronne en boîte de 15, je me suis pris une claquasse monumentale. Les instruments typiques comme le Dabke, mijwiz et maqams arabes s’accouplent langoureusement avec des hard drum, du dub et un soupçon de dubstep. Le track Stucco chaloupe, Ride TV cogne et Traffic clôture les dix morceaux de l’album avec des cordes mélancoliques de oud divines. La pochette montre café, clés, téléphone, cachetons et Tiger Balm : le starter pack du producteur électronique de plus de 35 ans. C’est intime, bancal et sensuel. Ça y est, mon Goat, je suis accro.
Après 25 ans de carrière, Dan Auerbach et Patrick Carney reviennent avec Peaches!, un album de reprises enregistré en studio avec une énergie live, sans trop réfléchir, comme deux cools papounets qui auraient lâché les terrains de padel pour rebrancher les amplis. Le disque est né pendant une période douloureuse pour Auerbach, et Carney lui a proposé d’aller jouer fort avec des potes plutôt que de continuer à regarder son plafond bien swag sous Xanax. Résultat : 10 morceaux de blues, de soul et de pub rock passés au papier de verre. Where there’s smoke, there’s fire démarre comme une vieille Ford Thunderbird qui refuse de mourir sur la route 66, Who’s been foolin’ you remet du cambouis sous les ongles, et You got to lose rappelle pourquoi ces deux loustics savaient autrefois retourner un garage avec trois riffs et une batterie montée de traviole. Tout n’est pas habité : She does it right ronronne un peu et certains passages sentent la répétition après les cinq Budweiser du barbecue dominical. Mais quand ils reprennent Junior Kimbrough sur Nobody But You Baby, la rouille devient magnifique. Peaches! ne réinvente rien, mais au moins, les Black Keys ont retrouvé la clé du garage.
Kenny Mason débarque d’Atlanta avec BULLDAWG, un album qui mélange trap, grunge, rock et gospel. Sur la pochette, un bouledogue pose devant pendant qu’un autre toutou, flou derrière, découvre la jalousie sociale. En 15 titres, Kenny rappe, chante, hurle et martyrise les guitares avec hargne et style. BULLKILLER et BOUNCE WIT ME ouvrent le bal à coups de basse dans le sternum, WHATUWANNASAY?! électrise le dancefloor et STREET CAR fait planer la mélancolie au-dessus des grattes saturées dans une cathédrale shoegaze. Paris Texas, duo californien qui fusionne lui aussi rap, punk et rock abrasif, apporte une énergie bordélique à BE WHAT I WANT. JID, lui, impose son flow ultra-technique sur TEST ME, tandis que le déjà tubesque FIND GOD change totalement d’ambiance avec une ballade acoustique plus douce, introspective et peut-être trop sage. Tout n’est pas parfaitement cohérent, mais impossible de s’ennuyer : BULLDAWG mord, bave et remue la queue sur les ruines du rap-rock.
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BOOKS
Texte Magali Eylenbosch
Photo Jean-François Paga
Esther Teillard LE GRAND CIRQUE DES SENTIMENTS
Sous ses dehors burlesques, Fuck Circus ausculte une rupture, une génération empêchée de parler et la brutalité des rapports amoureux. Esther Teillard transforme le désastre intime en farce noire sans renoncer au pouvoir de la littérature, ni à celui de l’amour.
Originaire de Marseille, chroniqueuse dans Mauvais Genres sur France Culture, Esther Teillard a fait irruption en littérature avec Carnes, publié chez Pauvert en 2025 et couronné par le Prix Sade du premier roman et le Prix de La Ponche. Avec Fuck Circus, chez Grasset, elle déplace la violence : diffuse, logée dans les corps, les conversations avortées et l’impossibilité de dire ce qui brûle. Une narratrice quittée transforme son chagrin en matériau ; le grotesque vire au carnage. Que reste-t-il du sentiment lorsque le langage ne suit plus ? Esther Teillard, votre narratrice transforme son chagrin en spectacle, en théorie, puis en projet littéraire. Écrit-elle pour comprendre ou pour ne pas ressentir ?
La rupture amoureuse est vraiment le thème central derrière l’aspect un peu chatoyant, humoristique et burlesque du texte. C’est une réflexion sur la perte amoureuse. La narratrice tente de cristalliser cet amour perdu par une série de tableaux, de sensations, de scènes marquantes avec cet homme qu’elle a désormais perdu. Elle essaye de les théoriser dans son présent. Dans sa manière de romancer cette histoire passée et d’en faire quelque chose de figé, on voit tout l’absurde du sentiment amoureux qui considère que son monde tourne autour d’une personne et se retrouve dans un état de choc et de perte totale lorsque c’est terminé. C’est aussi une satire de ce sentiment amoureux et de toute son arrogance, son vertige. Le grotesque est-il, chez elle, une manière sophistiquée de ne jamais dire : « J’ai mal » ?
Le grotesque, l’humour, la distanciation humoristique, oui. C’est une espèce de fuite en avant. On ne sait pas vraiment qui elle est, son âge, sa condition. Elle a cette forme très particulière de tout laisser flotter devant elle, de tout mettre à distance, par l’humour, l’observation, un trait méchant ou cruel. C’est une narratrice qui a du mal à assimiler, à digérer ses émotions. Ce que je voulais montrer avec cette narratrice, c’est qu’il existe peut-être un problème intrinsèque à ma génération, moi, j’ai 25 ans, un problème de langage, de rapport à l’autre et de communication. Elle en est le symptôme. 18
Pourquoi la mémoire amoureuse conserve-t-elle les mains, les grains de beauté et les odeurs, mais abandonne-t-elle les visages et les voix ?
Je crois intimement que le sentiment amoureux, dans tout ce qu’il est d’organique, est lié de près à la peau. C’est quelque chose que j’avais travaillé dans mon premier roman : la peau, le toucher. Quand elle se rappelle de Gabriel, qui représentait son monde, elle perd progressivement l’image de cet amour. En revanche, elle garde des sensations très précises. Elle est obsédée par ses mains, leur forme, ses grains de beauté, sa peau.
C’est sa manière de retenir ce personnage qui lui échappe. Et ça passe par cette chose très organique qu’est la peau, qu’est la chair. On peut être rebuté par certaines peaux, adorer leur odeur. Elle vénérait la peau de ce garçon pourtant assez froid, assez taiseux. Mais il y avait ce rapport très charnel et très fusionnel, purement fait de chair et de peau. Gabriel lui reproche d’être « à côté », comme elle qualifiera sa mère. Reproduit-elle sa température affective ?
C’est peut-être le drame profond du roman : cette grande froideur de la narratrice dans sa manière de tout mettre à distance. C’est aussi profondément générationnel. Je crois qu’il y a aujourd’hui une vraie crise du langage, une vraie crise relationnelle : les personnages sont submergés par de grandes émotions, parfois violentes, mais ils sont incapables de les placer dans un discours, de les intellectualiser. Ils se retrouvent donc à agir de manière très glacée, très glaçante. Elle a grandi seule avec sa mère, une femme assez taiseuse, pas forcément une mauvaise mère, juste une femme un peu en difficulté. Elle reproduit cela dans les sphères amoureuse et sociale, parce qu’elle est en incapacité totale d’adhérer au groupe ; elle ne fait que le regarder. Elle est profondément bloquée par cette incapacité de communiquer.
« CE N’EST PAS UN ROMAN CONTRE L’AMOUR, C’EST UN PLAIDOYER POUR L’AMOUR. » La ville reste innommée, mais Marseille est omniprésente. Pourquoi avoir gommé son nom ?
J’avais déjà déployé le thème de Marseille dans mon premier roman. C’est une ville impossible à décrire, tellement foisonnante, tellement belle et laide à la fois. Ici, ce qui m’intéressait, c’était le principe de non-unité, de non-identité. Les personnages n’ont pas vraiment de prénom, sauf quelques-uns, ni de caractéristiques précises. La narratrice n’a pas de prénom, pas vraiment d’âge, de corps ou de physique attribué. Il en va de même pour la ville. Mais on reconnaît les êtres et les lieux par la sensation. C’est ce qui m’intéressait : ne pas nommer les êtres, ne pas nommer les lieux, mais qu’on puisse les voir surgir devant nous. Marseille, on reconnaît ses odeurs, son caractère impossible et charmant. Mais ça pourrait aussi être Naples, Alger. C’est une ville portuaire, belle et laide, dans une forme d’excès et, en même temps, de manque, de rien. Une ville de tous les contraires. Je n’avais pas besoin de la nommer pour finalement la décrire.
personnages féminins mièvres, niais ou profondément bons. En relisant des classiques, j’ai retrouvé cette obsession du personnage féminin très bon, puits de bonté, mais aussi très simple, très fermé au monde. Moi, j’aime les personnages féminins terribles, hors normes, cruels. C’était mon premier thème avec Carnes et je continue de le déployer. Elles ont l’avantage d’être infiniment plus courageuses ou vengeresses que les hommes du roman, soit complexés, soit franchement bêtes. Elles restent souveraines avec toutes leurs failles. Ambroise est grotesque, bouleversant, amoureux et assassin. Refusez-vous qu’un salaud soit dépourvu d’humanité ?
Évidemment. Je ne crois pas à cette figure du monstre. J’avais envie de mettre en scène un personnage à la fois insupportable, extrêmement stupide à certains égards et, en même temps, humain. On comprend que c’est un homme cassé par son milieu, complexé, qui a honte. Avec la rupture et l’identité amoureuse, le thème de la honte est très présent. C’est la honte qui est incriminée, parce qu’à l’origine de toute cette violence et de ce cirque insupportable, il y a des personnages qui ont profondément honte d’eux-mêmes et n’arrivent pas à assumer leur identité, leur désir ou leur personne, à se projeter dans le monde. Ambroise est tout simplement humain : un personnage cassé, un peu fracassé, mais aussi un idéaliste. On voit qu’il est amoureux au plus haut degré, et cela entraîne une forme d’incapacité à continuer à vivre dans cet état-là. Après le sang, le sexe et le vacarme, est-ce un roman contre l’amour ou le livre d’une femme qui continue d’y croire avec une violence presque suicidaire ?
Ce n’est pas un roman contre l’amour, c’est un plaidoyer pour l’amour, dans tout ce qu’il peut avoir d’absurde. Ce que je voulais montrer jusqu’à la fin, c’est que l’amour, aussi suicidaire puisse-t-il être, aussi heureux puisse-t-il être, est finalement un refuge contre toutes les violences et la brutalité ambiante. Cette arrogance amoureuse du couple qui peut se sentir tout-puissant est très précieuse dans un monde en train de s’autodétruire et de se consumer lui-même. C’est évidemment un appel à continuer à aimer, quitte à mourir une deuxième fois. Mais jamais je ne défendrais le fait de ne pas aimer, c’est absolument certain. Fuck Circus d'Esther Teillard aux éditions Grasset
Teniez-vous à refuser aux femmes du livre le confort moral d’être des victimes irréprochables ?
Bien sûr. La meilleure manière de défendre les femmes, c’est de les représenter telles qu’elles sont, avec leurs qualités et leurs failles. Je ne supporte pas les 19
INTERVIEW 20
Texte Sébastien Vécrin
Images Barthélémy Decobecq
Le vendredi 6 novembre, GuiHome revient foutre le zbeul au CASINO 2000 avec son spectacle GuiHome vous détend. Sur scène, le petit prince pince-sans-rire te parle de son syndrome de Peter Pan et de ses premiers pas dans ce gros foutoir qu’est l’âge adulte. Les curseurs de sa belgitude poussés à 100 %, celui de Namur à 200 %, l’humoriste part d’un truc tout bête : la douloureuse transition de l’enfance à la maturité. Il va gratter là où ça parle à tout le monde : le moment où l’on comprend qu’on est, plus ou moins officiellement, passé du côté obscur des personnes responsables. Cependant, pas question ici de sortir le PowerPoint existentiel ou la morale façon mème Internet posté par ta tante sur Facebook. GuiHome préfère faire ce qu’il fait le mieux : mettre les pieds dans le plat et transformer le vertige de l’émancipation en grande récré collective. À l’écran comme sur scène, son personnage cash, tendre et fantasque rassemble enfants, ados, parents et grands-parents dans le même trip vers l’absurde. Avant sa visite à Mondorf, on a parlé Grand-Duché, tournée, réseaux, Quotidien, vannes, fatigue, public, Olympia et marché de Noël. Le tout sans piège, sans chichi, et avec ce ton de « bon copain » qu’il emmène partout avec lui.
Tu peux nous teaser ton show au CASINO 2000 ?
Oui, bien sûr. C’est un spectacle que je joue depuis quelque temps en Belgique, et maintenant j’arpente aussi la France et évidemment le Luxembourg. Il aborde ce passage un peu douloureux, ou singulier, de l’enfance et de l’adolescence vers l’âge adulte. Je commence au milieu de mes caisses en carton : le public me découvre en plein déménagement, et on passe la soirée ensemble. Je dis tout haut ce qui me serait passé par la tête si j’avais été seul. Les jeunes se projettent, les parents se reconnaissent, les plus âgés se souviennent. C’est quand l’âge adulte ?
Je pense que ça arrive à des moments différents pour chaque personne. Ça dépend de ta réalité, de tes choix, de ta vie. Il y en a chez qui la maturité arrive très vite, d’autres qui la repoussent le plus loin possible, et d’autres qui la laissent venir et se la prennent en pleine figure. Pour moi, c’est le moment où tu réalises que tu l’es. Celui où tu jongles avec l’insouciance que tu veux garder et la réalité qui t’impose décisions, responsabilités et réflexions. Le truc le plus relou dans le fait d’être responsable ?
C’est peut-être la posture d’adulte qu’on se doit d’avoir, qu’on nous demande d’avoir ou qu’on s’impose. Le plus pénible, c’est d’avoir l’impression qu’on ne peut plus faire ce qu’on veut de ses journées, de ses nuits, qu’on ne peut plus être dicté par son imagination. Mon combat quotidien, c’est de continuer à écouter mon âme d’enfant. Avec le nombre de projets que j’ai, je me dis qu’un enfant me dicte ça. Un adulte aurait supprimé la moitié pour mieux dormir.
Tu sens une scission avec la génération Z ?
Je n’aime pas trop le mot scission, parce qu’il a un côté péjoratif. J’essaie de regarder la génération suivante avec bienveillance. Mais oui, je sens quelque chose. Avant, il y avait les jeunes et les vieux. Aujourd’hui, il y a une génération par tranche de cinq ans. Moi, j’étais génération Y, la Z ce sont les enfants de mes sœurs, et mon enfant, lui, c’est encore autre chose. Rien que d’en parler, ça me donne le vertige. Il ressemble à quoi ton public ?
Il est à l’image de mes vidéos. J’ai ce que j’appelle un « family pack » : des enfants, des ados, des parents, des grandsparents, souvent tous ensemble. J’ai la chance de rassembler les âges, et c’est un beau cadeau. Là où c’est parfois compliqué de traîner ses ados au théâtre, ou de se dire que les grands-parents vont comprendre, j’ai l’impression que mon personnage fédère. C’est peut-être ma plus grosse fierté. Ton personnage est différent de toi ?
Il était très proche de moi quand je l’ai créé, parce que ça fait dix ans. C’est une version un peu zinzin de moi. Moi, j’ai grandi, je suis devenu adulte. Lui, c’est la version exagérée, accélérée. Il dit évidemment ce que je pense, mais sans filtre, et ça, c’est un bonheur. Ça me permet de garder ma liberté sur scène, en vidéo, partout. Donc on est les mêmes, sauf qu’il a gardé encore plus son âme d’enfant.
« MON COMBAT QUOTIDIEN, C’EST DE CONTINUER À ÉCOUTER MON ÂME D’ENFANT. » Tu t’es déjà un peu frotté au Luxembourg ?
Oui, j’ai déjà fait le CASINO 2000 de Mondorf et la Rockhal. Je connais le Luxembourg par les salles, par les villes, par sa réputation, par quelques potes qui y vivent ou y travaillent, et aussi par vos marchés de Noël. Un pote m’avait invité à celui de Luxembourg-ville et je m’étais dit : purée, ils savent quand même bien faire les choses. C’est rageant, en tournée, de passer sans vraiment avoir le temps de voir les spots ?
Oui, c’est le côté frustrant. Si je n’avais que ça, je pourrais peut-être gratter une nuit ou deux pour savourer. Mais entre mon festival, mon comedy club, les artistes que je produis et ma carrière, je dois souvent arriver et repartir. Quand tu vois juste la salle, c’est pas terrible. Mais j’ai quand même un métier qui me fait voyager. Tu enchaînes parfois plusieurs prestations. Comment tu gères ?
Parfois j’ai deux, trois, quatre dates d’affilée. À la rentrée, je vais avoir des semaines avec trois, quatre, cinq 21
INTERVIEW
Texte Sébastien Vécrin
Images Barthélémy Decobecq
représentations. C’est intense, surtout que mon spectacle fait deux heures, mais c’est aussi une chance : ça veut dire qu’il y a une grosse demande. Tu te prépares physiquement pour tenir ?
« C’EST UNE VERSION UNI PEU ZINZIN DE MOI. »I
Le sport, ce n’est pas mon fort, mais je vais m’y remettre. Et surtout, je dors un maximum. Le sommeil, c’est mon meilleur pote. En 2027, tu reviens aussi avec ton pote Nico En Vrai ?
Oui, à fond. Je repars en tournée de septembre à janvier et je clôture GuiHome vous détend avec deux dates à l’Olympia, les 19 et 20 janvier, le jour de mon anniversaire. Ensuite, je pars avec Nico En Vrai, humoriste belge, namurois comme moi, que je produis et qui est devenu l'un de mes meilleurs copains. Le spectacle s’appelle KO technique, et on viendra aussi au Luxembourg. Ce sera ma troisième au CASINO 2000 : je vais demander s’il n’y a pas une chambre qui peut porter mon nom. Ou au moins des promos, parce qu’à deux dans un casino, on va vous dévaliser (rires). L’Olympia, pour un artiste, c’est un goal ?
Quand j’ai commencé les petites vidéos il y a plus de dix ans, j’étais loin d’imaginer une carrière artistique aussi intense. Depuis, je considère tout comme du bonus. Mon rêve, c’était le Théâtre royal de Namur, et cette case est cochée. Mais l’Olympia, c’est symbolique, encore plus en tant que Belge. On m’a dit que j’étais le neuvième Belge à le remplir. Et évidemment que je ferai la photo des lettres rouges, que je l’imprimerai, que je l’encadrerai, que je la signerai. Mais à part ça, je m’en fous totalement (sourire). D’ailleurs, tu écoutes quoi comme son ?
J’ai une culture musicale à revoir. Je peux passer des journées sans musique, et mes potes me regardent comme un ovni. J’aime beaucoup London Grammar, Hooverphonic. Les Daft Punk m’ont déchiré le cœur quand ils ont enlevé leur casque. Sinon je me laisse guider par les nouveautés belges : on est un petit pays, mais il y a énormément de talents. Sur les réseaux, tu t’imposes un calendrier ?
Je ne m’oblige pas, parce que sinon ça devient moins drôle ou contraignant. Comme j’adore faire ça et que je ne me sens pas bien quand je n’en fais pas, je garde une plage pour produire une ou deux vidéos par semaine. En ce moment, je suis beaucoup sur TikTok. J’ai l’impression d’y louper moins de trends, et ça me permet de garder un œil sur les
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générations qui me succèdent. J’assume de devenir le tonton boomer, mais je refuse de ne plus être curieux. L’émission Quotidien t’a apporté quoi ?
C’était intense et brutal : passer de Namur au plateau de Quotidien, le lundi soir, devant deux millions de personnes, c’est une vraie sortie de zone de confort. Ce qui m’a sauvé, c’est de comprendre qu’ils n’étaient pas venus chercher autre chose que ce qu’ils avaient vu de moi. L’erreur aurait été de me modeler au format Quotidien. Quand j’ai compris que j’avais carte blanche, c’était compliqué de refuser. Yann Barthès découvre tout en live. Tu écris seul ?
Oui. Après, je fais de petites sessions avec Jérémy Ferrari. Il ne réécrit pas avec moi, mais il ouvre des portes pour aller plus loin dans une blague ou rerythmer un passage. Au lieu d’écrire à ma place, il me pousse à me découvrir comme auteur. Parfois je bloque, puis je me dis : « Tu l’as fait la semaine dernière, tu l’as fait les 30 semaines précédentes, donc tu vas y arriver ». Et la magie opère. Tu vas rempiler chez Quotidien l’année prochaine ?
Alors ça, je ne peux encore rien dire officiellement. Tout ce que je peux dire, c’est qu’à l’heure où je te réponds, on est dans les heures intensives de négociation. Quotidien attend toujours la fin de la dernière semaine de la saison pour faire le point avec les humoristes. Donc oui, il y a déjà eu des annonces, il y a déjà eu un peu de mercato, mais pas spécialement du côté des humoristes. Moi, ce que tu peux dire, c’est qu’à l’heure où je réponds, je suis frais et dispo. Les commentaires négatifs en DM te touchent ?
Ça m’a remué les premières semaines, parce que c’était brutal. Pendant dix ans, mon travail arrivait surtout chez des gens qui m’aiment ou me suivent. Là, il était diffusé sur les réseaux d’un média suivi par des millions de personnes, avec des gens qui peuvent ne pas apprécier et le dire de manière malpolie ou vulgaire. Au début, j’ai vacillé. Puis j’ai compris que ça faisait partie du package. Aujourd’hui, ça m’a donné un petit bouclier en plus. Et quand tu arrives dans une salle remplie, que les gens se lèvent et viennent aux dédicaces, tu oublies tout le reste. Namur, c’est à la vie à la mort ?
On est un peu chauvins. On se moque des Français chauvins, mais on est les premiers à se la péter sur notre région natale. C’est parce qu’on est amoureux de Namur, de cette ville super jolie, avec ses cours
d’eau, la citadelle, son histoire. On est aussi amoureux de la Wallonie, un pays timide, qui a du mal à avouer qu’il fait de belles choses. On aimerait la pousser à être encore plus fière d’elle. Donc on place Namur dès qu’on peut, comme un placement de produit. C’est toi le Namurois le plus connu ?
Non, c’est Benoît Poelvoorde. Je l’ai déjà croisé, même si on ne se connaît pas personnellement. Mais évidemment, je connais son travail, son œuvre, le personnage. Et puis il y a aussi Cécile de France. Franchement, pour une ville comme Namur, c’est quand même pas mal d’avoir des gens comme ça. Entre ta boîte de prod, ta marque, ton comedy club, ton festival, tu as encore le temps de te détendre ?
Oui, c’est vrai que j’ai pas mal de choses en même temps. J’ai ma boîte de production, qui produit tout ce que je fais avec GuiHome vous détend, que ce soit sur scène, en digital ou en télé. Je collabore aussi avec la RTBF depuis des années, je vends des programmes, je développe des formats. Et dans cette boîte, il n’y a pas que moi : je produis aussi d’autres artistes, des humoristes belges et étrangers que j’accompagne en Belgique. Donc il y a vraiment toute une partie production, diffusion, création, développement. C’est une grosse machine, mais c’est aussi ce qui me nourrit : j’aime avoir plusieurs projets, plusieurs terrains de jeu, plusieurs façons de raconter des choses. Et au milieu de tout ça, tu as développé ta marque de sape « OUI & NON ». C’est parti d’une vanne, à la base ?
Oui, complètement. Oui et non, c’est une phrase que je place dans toutes mes vidéos depuis longtemps. C’est devenu un peu ma marque de fabrique. À force, les gens l’ont repérée, ils se la sont appropriée, et on en a fait une marque de vêtements et d’accessoires. C’est assez chouette parce que c’est parti d’un tic de langage, d’un truc très spontané, et c’est devenu un objet concret. C’est aussi ça qui me plaît : quand un délire né dans une vidéo finit par sortir de l’écran et exister dans la vraie vie. Ça crée un lien différent avec les gens. Et il y a aussi cette aventure autour de la gaufre, ce côté belge assumé jusqu’au bout. Tu aimes bien transformer tes idées en vrais lieux, en vrais produits ?
Oui, je pense que j’aime surtout quand les choses ne restent pas juste des idées. J’aime bien quand ça devient concret, quand ça se mange, quand ça se porte, quand ça se vit, quand les gens peuvent venir, toucher, goûter, rire, passer un moment. La Belgique,
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INTERVIEW
Texte Sébastien Vécrin
Images Barthélémy Decobecq
« JE DIS TOUT HAUT CE QUI ME SERAIT PASSÉ PAR LA TÊTE SI J’AVAIS ÉTÉ SEUL. » la Wallonie, Namur, tout ça fait partie de mon ADN, donc évidemment qu’il y a des symboles qui reviennent. Et la gaufre, c’est un symbole assez parfait : c’est populaire, c’est généreux, c’est pas prétentieux, ça parle à tout le monde. Moi, ce qui m’intéresse, c’est de créer des projets qui ont une identité, une âme, un petit supplément de convivialité. Pas juste ouvrir un truc pour ouvrir un truc. Ton comedy club, Chez Guillaume, c’est un peu la version « maison » de tout ça ?
Oui, c’est vraiment le petit frère de mon festival. J’ai créé Chez Guillaume à Namur, un restaurant-comedy club ouvert du mercredi au dimanche. L’idée, c’est de proposer un vrai lieu de vie : tu viens manger, tu viens boire un verre, tu viens voir des humoristes, tu découvres des artistes. On reçoit des Français, Suisses, Québécois, Belges évidemment, et plus largement tous les gens qui sont prêts à parler français, parce que les Namurois parlent avant tout français. Ce que je voulais, c’était un endroit chaleureux, pas juste une salle où tu mets un micro dans un coin. Donc ce n’est pas juste « on mange un burger et quelqu’un raconte des blagues derrière » ?
Non, justement. C’est un vrai lieu de gastronomie. On travaille avec une cheffe et son équipe, qui sont là tous les soirs. Il y a un menu avec entrée, plat, dessert, quelque chose qui frôle le gastronomique. Et puis on a aussi un bartender spécialisé dans la mixologie des cocktails. Donc tu n’es pas dans un truc vite fait où l’humour serait un bonus posé sur la table entre deux assiettes. 24
C’est vraiment pensé comme une expérience complète : tu manges bien, tu bois bien, tu ris bien. Et ça, c’est devenu un vrai lieu à Namur, autant pour les Namurois que pour les touristes. Tu as déjà testé tes blagues dans ton comedy club ?
Non, pas encore, et c’est mon rêve. Le restaurant a ouvert alors que j’étais déjà en pleine tournée, donc je n’ai pas encore eu l’occasion de le faire. Et avec Nico, la fiche technique de notre spectacle ne nous permettra pas vraiment de roder dans un comedy club. Mais je me suis promis que pour mon prochain spectacle, je ferai une résidence chez moi. Genre 30 jours d’affilée dans mon resto. Comme ça, je suis à la maison, je teste, je retravaille, je recommence, et je construis le spectacle dans mon propre lieu. Franchement, ce serait le rêve. Ton festival va aussi dans les prisons et les maisons de repos. C’était important ?
Oui. Je ne voulais pas d’un festival bling-bling qui fait venir quelques stars et ferme le volet. Je voulais un festival qui s’humanise, qui se calque sur la ville. On attire plus de 15 000 festivaliers sur 50 spectacles. On investit les lieux culturels, mais aussi les écoles, les maisons de repos, la prison de Namur, les lieux insolites. Mon rêve, c’est que tout le monde, quels que soient ses moyens financiers ou son accès à la culture, soit concerné. Un festival doit se mettre au service de la ville et n’oublier personne. On propose aussi, avec des maisons de quartier et des ASBL, des tickets à 1,25 euro. C’est une démarche politique et sociale.
Gudde Wëllen –––––––––––––––––––––––––––––––––––––––– CAPE
Gudde Beats
© Milo Hatfield
DJ • Clubbing
Friday
Cape
Centre des Arts Pluriels Ettelbruck
30.10.26 +352 2681 2681 www.cape.lu
DIARY
Sélection Kevin Martin
SEPTEMBRE - OCTOBRE - NOVEMBRE 2026
19.09 / NUIT DES LAMPIONS À la tombée du jour, le Jardin de Wiltz change complètement de visage. La Nuit des Lampions revient transformer le site et le quartier de COOPERATIONS sur le Gruberbeerig en un parcours lumineux où installations, arts de la scène et créations visuelles se rencontrent dans une atmosphère presque irréelle. Dès 17 heures, le public est invité à déambuler dans un décor métamorphosé par une multitude de lumières et d’interventions artistiques. Au fil de la soirée, spectacles, performances et découvertes ponctuent la promenade et font de chaque recoin du jardin une nouvelle scène à explorer. L’événement joue autant sur l’émerveillement visuel que sur la convivialité, réunissant petits et grands autour d’une expérience culturelle accessible et festive. Un rendez-vous devenu emblématique de la fin de l’été dans le nord du Luxembourg, à vivre idéalement une fois la nuit tombée.
Wiltz
© Caroline Martin
DU 25.09 AU 10.01.27 / PIPES HAVE THEIR WAYS Et si de simples tuyaux d’arrosage devenaient des instruments de musique ? Présentée dans le cadre de FORA, la programmation imaginée autour des 30 ans du Casino Luxembourg, Pipes have their ways détourne des objets industriels ordinaires pour construire une installation sonore aussi surprenante que ludique. Tubes en PVC, hottes aspirantes et tuyaux composent un drôle d’instrument collectif fonctionnant grâce à l’air. Mais l’œuvre ne prend véritablement vie qu’avec le public, invité à intervenir et à produire ses propres sons. Derrière son apparence bricolée, le projet puise notamment dans l’histoire de l’opéra et dans les techniques traditionnelles de l’orgue pour les déplacer vers un terrain résolument contemporain. Une installation à manipuler autant qu’à écouter, qui transforme la mécanique en espace de création, de jeu et de rencontre.
Casino Luxembourg | Luxembourg-Ville
LÉGENDE
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SPECTACLE
THÉÂTRE
OPÉRA
DANSE
FESTIVAL
CINÉ-CONCERT
CONCERT
EXPO
AFTERWORK
LITTÉRATURE
DU 25.09 AU 27.09 / POÉSIE PLUS Pendant trois jours, la littérature quitte la page pour investir la scène sous toutes ses formes. Avec Poésie Plus, la Kulturfabrik imagine un festival où les mots rencontrent la musique, les arts visuels, le mouvement et la performance. Une approche résolument décloisonnée qui invite à découvrir la création littéraire autrement. Lectures, performances et propositions hybrides composent une programmation pensée comme un véritable laboratoire artistique. Ici, le texte peut devenir matière sonore, geste, image ou expérience collective. Le public n’est d’ailleurs pas condamné au simple rôle de spectateur : la participation et l’échange occupent une place importante dans l’identité du festival. En faisant dialoguer différentes disciplines et générations d’artistes, Poésie Plus cherche ainsi à bousculer notre rapport traditionnel à la littérature. Trois jours pour écouter, regarder et surtout expérimenter les mots sous un angle différent.
LA SÉLECTION D'ELFY DE SUPERMIRO Concert incontournable ou exposition à ne pas louper, chaque mois, Elfy sélectionne le meilleur des événements juste autour de vous.
Elfy Pins FONDATRICE DE SUPERMIRO
DU 08.10 AU 11.10 / LIKE A JAZZ MACHINE INTERNATIONAL JAZZ FESTIVAL DUDELANGE Si je devais citer mon top des styles de musique, le jazz serait sans hésiter sur le podium. Alors autant te dire que Like A Jazz Machine est un festival que je ne manquerais pour rien au monde cet automne ! Du 8 au 11 octobre, Dudelange redevient la capitale du jazz avec quatre jours de concerts entre légendes, pépites de la scène européenne et découvertes qui risquent bien de s'ajouter à ta playlist. Mammal Hands, Mike Stern Band, Rymden ou encore The James Carter Quartet... Difficile de rêver mieux pour une 14 e édition. Si tu veux vivre le jazz comme il se doit, prends vite tes places avant que les meilleures soirées n'affichent complet !
Centre Culturel Opderschmelz, Dudelange
© Dernier Soleil
Kulturfabrik | Esch-sur-Alzette
Tous les bons plans et sorties faits pour toi, sont sur SUPERMIRO. 100 % local. 100 % good mood
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DIARY
Sélection Kevin Martin
DU 09.10 AU 25.10 / CINEAST Pendant plus de deux semaines, le cinéma d’Europe centrale et orientale s’installe au Luxembourg pour la 19e édition de CinEast. Au programme : pas moins de 65 longs métrages et 50 courts métrages issus de plus de 20 pays, présentés lors d’une centaine de séances réparties dans plusieurs lieux culturels du pays. Avant-premières, découvertes et films remarqués à Cannes, Berlin, Venise ou Locarno permettront de prendre le pouls d’une création cinématographique particulièrement dynamique. Un focus sera consacré à la Bulgarie, tandis que des cinéastes et invités internationaux viendront rencontrer le public. Concerts, ciné-concerts, rencontres, soirées thématiques et rendezvous gastronomiques complètent l’affiche, tout comme l’exposition photographique Crossroads à Neimënster.
24.10 / LILLY WOOD AND THE PRICK
Luxembourg-Ville
10.10 / NUIT DES MUSÉES Le temps d’une soirée, les musées de Luxembourg-ville abandonnent leur rythme habituel pour passer en mode nocturne. La Nuit des Musées invite le public à circuler librement entre sept institutions de la capitale et à découvrir leurs collections sous un autre jour ou plutôt, une autre nuit. Performances artistiques et musicales, DJ sets, ateliers, visites spéciales et propositions gourmandes viennent ponctuer un parcours culturel qui se poursuit jusqu’au cœur de la nuit. Plus qu’une simple ouverture tardive, l’événement transforme les musées en véritables lieux de rencontre, où l’on passe d’une exposition à une performance avant de poursuivre vers une nouvelle adresse. Des navettes gratuites assurent les déplacements entre les différents sites participants.
Luxembourg-Ville
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© Jeanne Lula Chauveau
Après plusieurs années de discrétion, Lilly Wood and The Prick a signé son retour avec Christina, un nouvel album qui ouvre un chapitre différent dans l’histoire du duo. Nili Hadida et Benjamin Cotto y retrouvent leur mélange caractéristique de pop, de folk et d’électro tout en portant un regard particulièrement actuel sur notre rapport à l’image. Culte de l’apparence, peur du temps qui passe, réseaux sociaux et hypervisibilité nourrissent des morceaux qui oscillent entre distance, humour et mélancolie. La voix immédiatement identifiable de Nili Hadida reste au centre de ce nouvel univers, tandis que les arrangements gagnent en profondeur. Leur passage au CASINO 2000 sera l’occasion de découvrir cette nouvelle facette du groupe sur scène, mais aussi de retrouver les morceaux qui ont jalonné sa carrière et accompagné son succès international. Un retour attendu pour un duo qui n’a jamais vraiment ressemblé à personne d’autre dans le paysage pop français.
CASINO 2000 | Mondorf-les-Bains
© Mirror Revelations
NOS CONCERTS De septembre à décembre Sam 26.09
Ven 02.10
FANFARE REMIX
Org. : Fanfare Municipale LuxembourgBonnevoie
TORCH FEAT. TONI-L & DJ SOUNDTRAX
+ CORBI & DAVID FLUIT (DE LÄB) + DJ PC Org. : De Läbbel
Orchestre, électronique
Hip Hop
YOUNG WIDOWS
Post-Hardcore, Noise
Mer 14.10
MIRROR REVELATIONS
Psychedelic, Krautrock
Mer 21.10
DAVID MOORE
Piano
Sam 24.10
MAKTHAVERSKAN
Indie, Post-Punk
Ven 30.10
MX LONELY
Shoegaze, Indie Rock
Mer 04.11
ROBBER ROBBER
Indie Rock
Mer 11.11
MARIA BC
Experimental, Singer/ Songwriter
Ven 20.11
60 JUNO
Indie Rock
Ven 04.12
GURRIERS
Post-Punk
Sam 05.12
SHAKING HAND
Indie Post-Rock
Mar 06.10
+ AICHER
+ STUDIO20
+ ENOLA GAY
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DIARY
Sélection Kevin Martin
24.10 / LUXEMBOURG DU RIRE – WINTER EDITION Le Luxembourg du Rire change de saison et investit pour la première fois la Rockhal avec une Winter Edition. Après plusieurs éditions estivales à guichets fermés, le festival ajoute ainsi un second rendez-vous à son calendrier et voit les choses en grand pour cette première édition hivernale. Sur scène, plusieurs poids lourds et nouvelles figures de l’humour francophone se succéderont : Gad Elmaleh, Inès Reg, Akim Omiri, Rodrigue, Hugo Le Van et Salim Shady sont annoncés au programme. Avec le passage à la Rockhal et son format XXL, le Luxembourg du Rire confirme surtout ses ambitions et transforme cette Winter Edition en l’un des grands rendez-vous humour de l’automne au Luxembourg.
Rockhal | Esch-Belval
DU 24.10 AU 14.02.27 / RUIN ECHOES
DU 31.10 AU 12.04.27 / SÉRAPHINE LOUIS. DE SENLIS ET SANS RIVALE Longtemps enfermée dans les catégories d’« art naïf » ou de « primitivisme moderne », Séraphine Louis retrouve au Centre PompidouMetz toute la place qu’elle mérite dans l’histoire de la modernité. Après avoir consacré de grandes expositions à Suzanne Valadon, Eva Aeppli ou Louise Nevelson, le musée poursuit son travail de relecture de trajectoires féminines longtemps restées en marge des récits dominants. Réunissant plus de 80 œuvres, cette importante rétrospective entend dépasser le mythe de l’artiste autodidacte et tourmentée pour revenir à la puissance de sa peinture. Feuillages foisonnants, compositions florales presque hypnotiques, couleurs et formes organiques révèlent un langage immédiatement reconnaissable. L’exposition permet ainsi de porter un nouveau regard sur une artiste singulière, dont l’œuvre dialogue pleinement avec les recherches artistiques de son époque.
Centre Pompidou-Metz | Metz
04.11 / ROBBER ROBBER
© Lé Siebenaler
Et si les ruines racontaient davantage notre avenir que notre passé ? Ruin Echoes rassemble des artistes autour d’une réflexion sur ces espaces que l’on imagine figés dans le temps. Ici, pas question de céder à la nostalgie : la ruine devient au contraire un territoire critique, traversé par des enjeux matériels, politiques et symboliques. Films, sculptures, installations et photographies s’intéressent aux fragments, aux traces et aux absences laissés derrière nous. L’exposition aborde la notion d’entropie, ce mouvement inéluctable vers le désordre qui touche aussi bien les constructions que les systèmes et les mémoires collectives. Ruin Echoes invite à changer de perspective : une ruine n’est pas nécessairement le point final d’une histoire. Elle peut devenir la matière première à partir de laquelle imaginer de nouveaux récits.
Konschthal | Esch-sur-Alzette
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Avec Two Wheels Move the Soul, Robber Robber transforme l’instabilité du quotidien en matière première musicale. En janvier 2025, un incident a soudainement privé la chanteuse/guitariste Nina Cates et le batteur Zack James de leur logement de longue date. Le nouvel album du groupe américain traverse ainsi les questions de précarité, de classe et de bouleversement sans jamais tomber dans la plainte. À la colère frontale, le groupe préfère une tension sourde qui semble pouvoir exploser à tout instant. Guitares abrasives, percussions incisives et grandes vagues de distorsion donnent ainsi naissance à une indie rock nerveuse, parfois noise, qui joue constamment avec l’inconfort. Derrière le chaos se cachent pourtant des mélodies et une écriture particulièrement maîtrisées. Sur scène, cette opposition promet de prendre toute son ampleur : un concert dense, électrique et imprévisible pour celles et ceux qui aiment leur rock alternatif légèrement cabossé.
Rotondes | Luxembourg-Ville
HOЯS CIЯCUITS
© Giovanni Zazzera
Murmures Giovanni Zazzera 14 novembre - 19h
MULTI-EXPERIENCE DESTINATION
HOЯS CIЯCUITS
© Bohumil Kostohryz
Danses urbaines 12 décembre - 19h
Tickets www.danse.lu 12, rue du Puits | L-2355 Luxembourg-Bonnevoie
DIARY
Sélection Kevin Martin
LE 10.11 & 11.11 / BOTIS SEVA / FAR FROM THE NORM – SING CHILD SING Après BLKDOG et Until We Sleep, Botis Seva retrouve le Grand Théâtre avec une création mondiale particulièrement personnelle. Pour Sing Child Sing, le chorégraphe et danseur britannique délaisse la pièce de groupe pour se confronter au solo et à sa propre histoire. Une plongée physique et intime dans les traces que le passé laisse sur le corps. Guérison, identité, foi, abandon ou encore héritages transmis d’une génération à l’autre nourrissent une chorégraphie où la danse devient autant un moyen de raconter que de se transformer. Avec l’intensité physique qui caractérise son travail, Botis Seva explore la possibilité d’apprendre de ses blessures sans se laisser définir par elles. Sing Child Sing se construit ainsi comme un geste de résistance et de reconstruction, porté par un artiste qui a largement contribué à brouiller les frontières entre danse contemporaine, cultures urbaines et théâtre physique.
Grand Théâtre | Luxembourg-Ville
12.11 / LP
Une voix reconnaissable en quelques secondes, une présence magnétique et un songwriting qui refuse les étiquettes : LP a construit au fil des années un univers bien à elle. Avec plus de trois milliards de streams au compteur, l’artiste américaine s’est imposée à l’international grâce à une pop-rock puissante, capable de naviguer entre vulnérabilité, énergie brute et refrains immédiatement mémorables. Derrière les succès qui ont fait exploser sa popularité, à commencer par l’incontournable Lost on You, se dessine surtout une personnalité artistique qui cultive la liberté. Ses chansons passent de la confidence intime à une attitude beaucoup plus provocatrice, sans jamais perdre leur intensité émotionnelle. Sur scène, cette dualité prend une autre dimension, portée par cette voix spectaculaire devenue sa signature. Son passage à l’Atelier promet donc un concert aussi direct qu’intense, entre morceaux emblématiques et célébration des dix ans de leur hit.
Den Atelier | Luxembourg-Ville
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14.11 / HORS CIRCUITS - MURMURES : GIOVANNI ZAZZERA Imaginez un futur où tout le monde continue de parler, publier et communiquer, mais où plus personne ne prend réellement le temps d’écouter. C’est dans cet univers étrangement familier que Giovanni Zazzera installe Murmures. La voix semble avoir disparu et seuls subsistent les souvenirs d’une époque où elle pouvait encore circuler librement d’un être humain à l’autre. Pour donner corps à cette dystopie, le chorégraphe imagine un dispositif sonore dans lequel le mouvement luimême devient audible. Les contacts entre les interprètes produisent des sons en temps réel, comme si les corps retrouvaient progressivement une voix propre. Derrière cette expérience sensorielle, Murmures explore ce qui reste habituellement enfoui sous nos silences : pensées retenues, résistances discrètes, désirs d’émancipation ou besoin d’être entendu. Une proposition chorégraphique qui questionne notre capacité à communiquer dans un monde saturé de paroles.
TROIS C-L | Luxembourg-Ville
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Sélection Kevin Martin
14.11 / PIERRE DE MAERE
25.11 / NOTRE PROCÈS
Silhouette singulière, sens du panache et pop qui assume pleinement son goût pour le spectaculaire : Pierre de Maere s’est imposé en quelques années comme l’une des personnalités les plus reconnaissables de la nouvelle scène francophone. Révélé auprès du grand public avec Un jour je marierai un ange, le Belge cultive un univers où romantisme, ironie et extravagance se croisent sans complexe. Sacré Révélation masculine aux Victoires de la musique en 2023 et porté par le succès de son premier album Regarde-moi, certifié platine, l’artiste a rapidement dépassé le statut de phénomène émergent. Son goût pour la mode, l’image et la performance accompagne une écriture pop mélodique qui joue volontiers avec les codes. Sa nouvelle tournée fera escale à la BAM de Metz pour une soirée qui devrait autant miser sur l’énergie du live que sur l’élégance visuelle qui accompagne désormais chacune de ses apparitions.
© Marcin Kempsi
BAM | Metz
Peut-on relire une œuvre vieille de deux siècles avec le regard et les questionnements d’aujourd’hui ? Notre procès part d’un poème d’André Chénier, inscrit en 2017 au programme de l’agrégation de lettres. Derrière l’apparente pastorale amoureuse, des candidats y décèlent une toute autre réalité : celle d’un rapport sexuel non consenti. Où s’arrête alors le jeu de la séduction et où commence la violence ? Bérénice Hamidi et Gaëlle Marti transforment cette controverse littéraire en véritable affaire judiciaire. Sur scène, la plaignante fait face au poète, symboliquement revenu d’entre les morts, entouré de magistrats, avocats et spécialistes de littérature et des violences sexistes et sexuelles. Mais le dernier mot revient au public, invité à se confronter à ses propres perceptions. Une expérience théâtrale qui questionne autant notre rapport aux œuvres du passé que l’évolution de nos regards sur le consentement.
Neimënster | Luxembourg-Ville
27.11 / HOW A SPIRAL WORKS – ART FOR RAINY DAYS Et si prendre soin de soi et des autres devenait un véritable exercice d’équilibre ? Avec How a Spiral Works, deux artistes issues de la danse et du cirque contemporain explorent cette question à travers une performance où les corps sont constamment mis à l’épreuve. Même lorsque tout s’accélère autour d’elles, elles tentent de préserver un espace pour l’attention, l’entraide et la douceur. La corde lisse et la chorégraphie deviennent les principaux terrains de jeu de ce duo physique, construit autour du mouvement, de la tension et de la confiance. Les deux interprètes font dialoguer leurs disciplines pour imaginer un langage commun, quelque part entre prouesse circassienne et écriture chorégraphique. Au milieu de ce tourbillon, How a Spiral Works pose une question finalement très contemporaine : comment continuer à prendre soin de soi et de l’autre lorsque tout semble nous pousser à aller toujours plus vite ?
CAPE | Ettelbruck
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26.09.2026
JULIEN BING
10.10.2026
JIMMY SAX
23.10.2026 24.10.2026
LAURENT VOULZY
LILLY WOOD AND THE PRICK 30.10.2026
MERYEM BENOUA
12.11.2026 14.11.2026
RENAN LUCE
GÉRÉMY CRÉDEVILLE 15.11.2026
21.11.2026
LE TEMPS QUI RESTE
28.11.2026 19.12.2026
CŒUR DE PIRATE
JÉRÉMY CHARBONNEL
16.01.2027 12.02.2027
I MUVRINI
HOOVERPHONIC
PAUL DE SAINT SERNIN 13.02.2027
SKIP THE USE 20.02.2027
TÉTÉ
Y O U R D A I LY D O S E O F E N T E R TA I N M E N T
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Sélection Kevin Martin
LUXEMBOURG ART WEEK 2026 : L’ART CONTEMPORAIN EN GRAND Du 20 au 22 novembre, Luxembourg Art Week reprend ses quartiers au Glacis pour une 12e édition réunissant 78 exposants venus de 15 pays. Galeries établies, jeunes enseignes, projets artistiques et institutions se retrouveront pendant trois jours au cœur de la capitale. Cette année, la photographie sera particulièrement à l’honneur avec Focus Photo, un parcours imaginé en écho au Bicentenaire de la Photographie. Collecting 101, visites guidées, Art Talks et SOIL CAFÉ by Marie Hazard viendront compléter le programme. Et le vendredi, la foire jouera les prolongations avec une nocturne jusqu’à 21 heures.
LUXEMBOURG ART WEEK × MUDAM / L’ART SORT DU CADRE Pendant Luxembourg Art Week, le Mudam se met lui aussi au diapason avec plusieurs rendez-vous autour de l’art contemporain et de la performance. Du 16 au 22 novembre, discussions, visites, workshops et performances viendront prolonger la foire, avec notamment une Roundtable consacrée à la scène artistique de la Grande Région et 900 Satellites, la pièce chorégraphique de Némo Flouret, pensée pour se réinventer en fonction du lieu qui l’accueille. Un programme qui fait dialoguer corps, espace, son et création contemporaine bien au-delà des stands de la foire. . DU 16 AU 22.11
LUXEMBOURG ART WEEK × CASINO / CULTURE CLUB
Luxembourg Art Week investit aussi la capitale avec Art Walk, son parcours hors les murs. Jusqu’au 22 novembre, œuvres, installations, expositions et événements feront déborder l’art contemporain dans Luxembourg-Ville. Avec Sculpture Trail, des œuvres s’installent dans l’espace public, tandis que Capsules investit des vitrines commerciales vacantes avec des expositions éphémères visibles 24h/24 depuis la rue. Une programmation complétée par différents rendez-vous imaginés avec les acteurs culturels luxembourgeois.
L'Opening de Luxembourg Art Week se prolongera du côté du Casino Luxembourg avec une intervention imaginée par Christoph Meier, Ute Müller, Miriam Hansen et Andreas Olavssøn dans The Hearth Room. À mi-chemin entre chambre de culture, espace fumeurs et lieu de rencontre éphémère, l’expérience convoquera tabac, nicotine, peut-être une pipe à eau et de quoi boire autour d’une situation volontairement mystérieuse. Car ici, pas vraiment de mode d’emploi : la finalité de l’intervention ne se révélera qu’une fois le public rassemblé.
. DU 14.10 AU 22.11
. LE 20.11
© Sophie Margue
ART WALK / LA VILLE COMME GALERIE
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Détails des visites guidées gratuites (DIM à 15h) et du programme-cadre sur konschthal.lu
Konschthal Esch 29, boulevard Prince Henri L-4280 Esch-sur-Alzette info@konschthal.lu
konschthal.lu
RUIN ECHOES Ruin Echoes réunit des artistes européens et internationaux autour du thème de la ruine envisagée non comme vestige nostalgique, mais comme espace d’exploration critique. L’exposition aborde la ruine comme un lieu de tension — matérielle, symbolique et politique — et interroge l’entropie, ce processus inévitable de désordre qui affecte structures, régimes et mémoires. À travers divers médiums (film, sculpture, installation, photographie), les artistes adoptent une approche analytique du fragmentaire, attentive aux traces et aux absences. Ruin Echoes propose de voir les ruines non comme des fins, mais comme des débuts possibles, porteurs de nouveaux récits et d’imaginaires futurs.
Photo : Incendie de Notre-Dame de Luxembourg le 5 avril 1985, Lé Siebenaler© Photothèque Ville de Luxembourg
24.10.2026 - 14.02.2027 Entrée libre MER 11h - 18h JEU 11h - 20h VEN/SAM/DIM 11h - 18h LUN/MAR fermé
ARTY
Texte Sébastien Vécrin
ALEX MONTEIRO LE RIRE COMME RELAIS
Psychologue, psychothérapeute, humoriste et maître de cérémonie, Alex Monteiro a trouvé un moyen très personnel de réunir ses deux univers : prendre soin des autres et les faire rire. En 2018, marqué par la maladie de sa maman et par l’accompagnement proposé aux patients par la Fondation Cancer, il crée le Relais du rire, une soirée dont les recettes sont reversées à la Fondation. Depuis, le rendez-vous a grandi sans perdre son esprit bénévole : artistes venus du Luxembourg et de la Grande Région, stand-up, sketches, improvisation et musique se succèdent devant un public fidèle. Alex y assure le lien, chambre les partenaires et veille à ce que la soirée reste généreuse, populaire et solide artistiquement. En parallèle, le stand-upper travaille au service psychosocial du ministère de la Fonction publique, poursuit son parcours sur scène et prépare un deuxième spectacle, Le Fils de ma mère. Entretien avec un alchimiste de la vanne.
C’est quoi toi encore ? L’Essentiel du rire, le Luxembourg du rire, le Relais du rire ?
Alors déjà, calme-toi. Je vais tout t’expliquer. L’Essentiel du rire est un festival qui enchaîne des spectacles pendant plusieurs jours, le Luxembourg du rire propose ponctuellement un line-up, souvent avec des artistes français. Le Relais du rire, c’est mon truc, je l’ai créé en 2018 : des artistes se succèdent sur la scène du Aalt Stadhaus et les recettes vont à la Fondation Cancer. Pourquoi t’as lancé ce projet ?
Ma mère a été malade une première fois à 49 ans. J’ai découvert l’accompagnement de la Fondation Cancer : perruques, maquillage adapté, groupes de parole, sport, yoga, détente… Je suis devenu bénévole, ranger après le Relais pour la vie n’était pas ma meilleure façon d’aider (sourire). Je connaissais des gens drôles et je savais monter sur scène. J’ai donc imaginé un relais moins sportif, mais plus marrant. Comment fonctionne la soirée financièrement ?
Les artistes viennent bénévolement. Je rembourse le transport et, si nécessaire, l’hôtel, mais il n’y a pas de cachet. La première édition a eu lieu au Centre culturel Altrimenti : j’avais payé en partie pour la salle, le personnel et presque tout géré seul. Ensuite, Réjane et Michel de l’Aalt Stadthaus ont accepté d’accueillir l’événement. Ils fournissent salle, techniciens, billetterie, caisse et vestiaires, et je peux te dire que ça change tout ! C’est tous les ans ?
Oui, sauf une année à cause du Covid. Ma mère était présente aux deux premières éditions et, dès la première, elle avait ramené près de 50 personnes. Tiens d’ailleurs, 38
instant promo : la prochaine soirée est fixée au 24 octobre à 20 heures, toujours à Differdange. La salle peut accueillir environ 200 places. Le billet coûte 25 euros. Quel montant espères-tu reverser à la Fondation Cancer Luxembourg ?
Le spectacle pourrait être plus cher, mais je veux qu’il reste accessible. Avec une salle pleine et les sponsors, nous avons remis environ 5 000 euros à la Fondation Cancer lors des trois dernières éditions. Cette année, avec un partenaire supplémentaire, l’objectif est de grimper jusqu'à 5 500 euros. Les artistes doivent-ils adapter leurs textes au thème du cancer ?
Non. Je demande seulement du matériel solide, pas un texte en test. On peut rire de tout, y compris du cancer ou de l’hôpital, mais les passages très sombres fonctionnent parfois moins bien au Relais du rire. Le public vient surtout pour souffler et se marrer. Je n’impose aucun droit de regard, et l’improvisation garde sa part d’inattendu. La programmation dépasse aujourd’hui le seul stand-up ?
Oui : stand-up, sketches, impro et musique. Jo Cimatti mélange mélodies et paroles ou transforme une chanson selon un style tiré au sort. Gregory Melmer et Antoine Leclercq du duo Les Ons improvisent à partir du public. Cette année, cinq passages sont prévus, c’est pas encore acté. Le show fera 1h30 environ, ça c’est sûr (sourire). Quel est ton rôle pendant l’event ?
Je suis le maître de cérémonie. Je passe entre les artistes, fais des blagues et de petits sketches, puis présente la
suite. Je chambre aussi les sponsors. Le public aime, et eux aussi : deux partenaires de l’an dernier m’ont demandé de pousser encore plus le bouchon. Quand t’es pas sur scène, tu travailles où ?
Depuis bientôt six ans, je suis employé d’État au ministère de la Fonction publique. Nous sommes neuf psychologues au service psychosocial. Nous recevons, sur place ou en ligne, les fonctionnaires, employés de l’État et agents communaux. Les consultations sont gratuites et l’attente tourne autour de six semaines. Le service existe depuis environ 11 ans. Avec ton métier, quelle est la vraie recommandation pour préserver sa santé mentale ?
Bouger, bien se nourrir, dormir, gérer son stress, privilégier les relations de qualité et chercher ce qui nous fait du bien, tant que cela ne nuit pas aux autres. En résumé : faire ce que mamie disait avant que la science démontre qu’elle avait raison. Pourquoi avoir créé une ASBL pour le Relais du rire ?
Pour simplifier la gestion de l’argent. Avant, certaines entreprises donnaient directement à la Fondation Cancer en mentionnant le Relais du rire. Désormais, elles soutiennent une structure identifiée, qui reverse les fonds. Cela peut aussi rassurer de futurs partenaires plus importants.
« ON PEUT RIRE DE TOUT, Y COMPRIS DU CANCER. »
Tes sponsors sont fidèles ?
Signa et l’agence Teixeira du Foyer, présentes l’an dernier, ont souhaité revenir, et un troisième partenaire rejoint l’événement, Kichenheem. J’essaie aussi de convaincre de plus grandes marques, avec des résultats variables. Un mot pour maman ?
Le Relais du rire est né grâce à elle. Elle adorait me voir en impro puis en stand-up. Le projet permettait de soutenir les personnes touchées par le cancer tout en partageant un moment heureux. Il faut pleurer quand c’est nécessaire, mais ne pas oublier de rire quand on le peut. D’où vient la tradition de la rose blanche ?
Lors de la première édition, ma mère avait appris que les humoristes jouaient gratuitement. Elle a offert une rose blanche à chacun pour les remercier. Ils ont été très touchés. Aujourd’hui, ma sœur reprend ce geste à la fin. Puis nous dévoilons le chèque et faisons la photo avec la Fondation Cancer.
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ARTY
Texte Sébastien Vécrin
Comment choisis-tu les talents ?
Je dois les avoir vus sur scène et les trouver vraiment drôles. En jouant à Metz, Strasbourg, en Belgique ou ailleurs, je fais des découvertes. Laetitia et Jo, par exemple, je les ai rencontrés au Tram du Rire à Maizières-lès-Metz. J’ai hâte que le public de l’Aalt Stadhaus les découvre. Comment ta relation avec l’Aalt Stadthaus a-t-elle commencé ?
En 2018, Réjane et Michel sont venus voir une impro dans laquelle je jouais avec Greg Melmer. Plus tard, ils m’ont proposé d’être jury pour choisir des premières parties locales. J’ai répondu que je ne voulais pas juger, mais que je voulais jouer. Un autre jury m’a sélectionné et j’ai fait la première partie de Dédo. C’est ensuite qu’ils ont produit ton premier spectacle ?
Oui. Peu après le décès de ma mère, ils m’ont demandé si je voulais continuer avec des sketches ou écrire un spectacle complet. Ils avaient un budget pour les créations luxembourgeoises et m’ont accompagné. J’ai ainsi été, en quelque sorte, le premier stand-up en français produit chez eux au Luxembourg. De quelle manière as-tu construit ce premier spectacle ?
Avec Jocelyn Dailly, directeur artistique de La Fabrique à Metz, une structure qui propose des ateliers d’impro, d’écriture, de théâtre, de musique ou de photo. J’avais déjà beaucoup de sketches, il fallait les imbriquer. La première et la dernière ont eu lieu à l’Aalt Stadthaus. Entre les deux, j’ai joué surtout en France et un peu en Belgique. Le spectacle, « Moi, je… », est d’ailleurs disponible gratuitement sur RTL Play. Tes dates hors du Grand-Duché se passent bien ?
C’est là que je passe la majorité de mon temps. Les publics français et belge sont curieux et accueillants. Jouer ailleurs permet de tester les textes dans d’autres contextes, de rencontrer des collègues et de nourrir le Relais du rire. Comment décrirais-tu la scène stand-up ?
Comme n’importe quel milieu : il y a des gens formidables et d’autres avec qui cela passe moins bien. J’adore l’ambiance hors scène. On rit, on se moque et il y a très peu de filtres. Je suis fan de cette liberté. Fais-tu relire tes vannes ?
Pas au premier test : le public décide. Ensuite, si je veux modifier une histoire ou affiner une vanne, j’en parle à quelques personnes drôles autour de moi et j’observe leur réaction. Quel est ton mode opératoire pour écrire ?
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Je pars du storytelling. Je choisis une histoire, je cherche pourquoi elle mérite d’être racontée, puis comment la rendre drôle. Toutes ne le sont pas au départ : le travail consiste à faire émerger l’humour sans perdre le sens. Où en est ton second spectacle ?
Il s’appellera « Le Fils de ma mère ». J’ai déjà deux sketches et je construis le fil rouge qui tourne autour de ma maman, ses valeurs et comment je n’arrive pas toujours à les appliquer. L’Aalt Stadthaus le produit à nouveau, ce qui m’évite de chercher seul une salle ou des moyens. Quand le texte sera prêt, nous choisirons la personne qui m’aidera à fluidifier l’ensemble. Que signifie « mettre en scène du stand-up » ?
C’est travailler le ton, la gestuelle, le regard, les pauses, l’ordre des histoires, parfois la place d’un mot. Une phrase change selon qu’elle est dite avec colère, peur ou détachement. J’ai mis en scène le spectacle de Daniel Moutinho, mon rôle était aussi de lui dire franchement : « Ce n’est pas drôle, refais-le. » J’ai adoré (rires). Combien de temps te donnes-tu pour écrire « Le Fils de ma mère » ?
Environ six mois pour avoir le gros de la matière. La première est prévue le 7 novembre 2027, donc j’aurai le temps de tester et couper. Mon premier spectacle ressemblait à un puzzle composé aux deux tiers de textes existants. Celui-ci sera plus personnel et je sais où je veux aller. Ressens-tu la pression du second spectacle ?
Oui, parce qu’il est censé être meilleur. Avec les années, le jeu progresse, le texte doit suivre. Je veux éviter le « spectacle micro-ondes », écrit trop vite et trop proche du précédent. Une collaboration est envisagée pour la mise en scène, mais rien n’est acté. Reçois-tu des messages d’insultes ?
Jamais, je ne suis pas assez connu. Je vois parfois des commentaires rageux après des plateaux où tous les humoristes sont visés. Je trouve mignon qu’un type anonyme, et donc très courageux, insulte des gens qu’il n’a jamais vus. Ce sont presque des vannes personnifiées. Être beau gosse, tatoué et sportif, ce n’est pas contre-productif pour un humoriste ?
Merci. Apparemment non : tu m’interviewes et tu me dragues, donc double bingo. Mais merci pour le compliment… Tu n’es pas mal non plus (sourire). Le cinéma ou les séries luxembourgeoises t’intéressent-ils ?
Oui, ce serait très cool. Je n’ai jamais eu de propositions et je connais peu ce milieu. Je suis ouvert et disponible !
Les Théâtres de la Ville de Luxembourg
26 • 27
saison
04 - 13.12.2026 • Théâtre des Capucins
Holiday Sauce Taylor Mac
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GAMING
Texte Lena Gordet
GAMING RAYMAN LEGENDS RETOLD : LE RETOUR D’UNE ICÔNE
13 ans après Rayman Legends, l’un des titres emblématiques du jeu vidéo français, Rayman s’apprête enfin à reprendre du service. La célèbre mascotte d’Ubisoft fera son grand retour avec Rayman Legends Retold, une réinterprétation du classique de 2013 qui accompagnera les 30 ans de l’éditeur. Pensée pour une nouvelle génération de joueurs, cette nouvelle version est développée par Ubisoft Montpellier et Ubisoft Milan, avec l’ambition de préserver tout ce qui faisait le charme de l’original, tout en donnant une nouvelle ampleur à la Croisée des Rêves, le monde fantastique dans lequel évolue notre héros à la mèche blonde.
Rayman retrouve ainsi ses amis Globox, Barbara, Grand Minimus et Murphy dans une aventure entièrement revisitée. Alors qu’un mystérieux antagoniste répand le chaos à travers les différents royaumes, notre fine équipe reprend la route pour restaurer la paix et sauver les Ptizêtres, ces adorables petites créatures qui peuplent le monde de notre protagoniste. Une nouvelle histoire portée par des cinématiques parlées, mais aussi par une refonte visuelle spectaculaire qui fait basculer l’univers coloré de la licence vers de nouveaux graphismes en 4K, sans renier son identité si particulière. Côté gameplay, Rayman Legends Retold conserve cette formule qui avait fait de son modèle l’un des jeux de plateforme les plus appréciés de sa génération. Courses effrénées, combats et exploration rythment l’aventure. Exigence et précision seront de mise pour venir à bout des différents niveaux. Mais Ubisoft ne s’arrête pas là et étoffe l’aventure avec une belle dose de nouveautés. Un mystérieux sixième royaume totalement inédit, de nouvelles chevauchées à dos de dragon, de nouveaux niveaux de défi inspirés de Rayman 2 et de Rayman 3 et des niveaux musicaux inédits font leur apparition. Le Kung Foot, ce mini-jeu hilarant de football multijoueur capable de transformer une petite partie entre amis en des heures de compétition acharnée, fait lui aussi son retour dans une version améliorée, avec de nouvelles mécaniques et davantage de possibilités de personnalisation. L’aventure pourra toujours se parcourir en solo ou jusqu’à 4 joueurs en coopération locale, avec tout ce que cela promet
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de courses effrénées, de coups bas et de joyeux chaos. La bande-son profite, elle aussi, de cette refonte, mêlant les thèmes emblématiques de la série à de nouvelles compositions signées par les compositeurs Christophe Héral, figure historique de la saga, et Grant Kirkhope, également grand nom de la musique de jeu vidéo. Et Ubisoft pousse la célébration encore un peu plus loin : Rayman Origins: Enhanced Edition, l'autre grand classique de Rayman, sera directement inclus avec le jeu, en version modernisée. Plus qu’un simple remake, Rayman Legends Retold est une véritable déclaration d’amour à la saga. Un retour particulièrement attendu pour une icône qui n'a pas dit son dernier mot. . SORTIE LE 1ER OCTOBRE SUR PC ET CONSOLES PRINCIPALES
FOREVER AGO / LE VOYAGE COMME RENAISSANCE Avec Forever Ago, le studio indépendant allemand Third Shift signe une première œuvre aussi intimiste que prometteuse. On y suit Alfred, un homme marqué par le deuil, qui entreprend un long périple en caravane à la recherche d'un nouveau départ. Une aventure où chaque étape devient l'occasion de ralentir, d'observer et de renouer avec l'essentiel. Porté par une direction artistique chaleureuse, le jeu déploie un univers inspiré des paysages nordiques, entre forêts, montagnes et villages isolés. Exploration, énigmes environnementales et narration contemplative s'entremêlent au fil d'un voyage ponctué de rencontres marquantes. Grâce à son appareil photo instantané, Alfred immortalise les instants qui jalonnent son parcours, donnant une dimension profondément personnelle à cette quête. Le rythme volontairement posé laisse toute la place à l'exploration et à l'observation, invitant le joueur à s'imprégner de chaque environnement plutôt qu'à simplement le traverser. Une approche qui fait de chaque découverte un véritable moment de respiration, porté par une bande-son apaisante et une mise en scène tout en retenue. Un titre qui confirme une nouvelle fois que la scène indépendante n'a jamais été aussi créative. . SORTIE LE 8 OCTOBRE SUR PC ET CONSOLES PRINCIPALES
PHANTOM BLADE ZERO / ENTRE GRÂCE ET BRUTALITÉ Avec Phantom Blade Zero, le studio chinois S-GAME, à l’origine de la saga Phantom Blade, voit grand. Le jeu suit Soul, un assassin accusé à tort du meurtre du chef de son organisation. Grièvement blessé, il ne dispose plus que de 66 jours pour retrouver les véritables responsables et laver son honneur. Le titre se distingue d’abord par son esthétique « Kungfupunk », un mélange d’arts martiaux chinois, de fantasy sombre et d’influences steampunk. Mais c’est surtout du côté des combats que Phantom Blade Zero entend frapper fort : des affrontements rapides et exigeants, faits d’esquives, de parades et d’enchaînements spectaculaires sont au rendez-vous. Quatre niveaux de difficulté permettront toutefois d’adapter l’expérience à chacun. Les plus téméraires pourront se frotter au redoutable mode « 66 Days », qui prend le compte à rebours de Soul au pied de la lettre : chaque mort fait perdre une journée. Avec seulement 66 chances pour venir à bout de l’aventure, mieux vaudra donc maîtriser l’art du combat avant que le compteur ne tombe à zéro. Une proposition ambitieuse qui pourrait bien faire de Phantom Blade Zero l’une des belles surprises de cette fin d'année. . SORTIE LE 29 OCTOBRE SUR PC ET PS5
GRAND THEFT AUTO VI / LE RETOUR DU ROI Avec Grand Theft Auto VI (GTA VI), le studio Rockstar Games remet les clés de son monde ouvert le plus ambitieux entre les mains des joueurs. Direction Leonida, un État fictif inspiré de la Floride, où Jason et Lucia, les deux personnages principaux, voient leur destin basculer après un braquage raté. S’ils veulent s’en sortir vivants, ils seront plus que jamais forcés de compter l’un sur l’autre. La célèbre ville de Vice City fait son grand retour dans une version plus vaste, plus détaillée et surtout plus vivante. Habitants aux comportements plus réalistes, événements imprévus, lieux à explorer et nombreuses façons d’aborder les missions : Rockstar Games promet un univers qui évolue et réagit aux actions du joueur. Entre direction artistique flamboyante, mise en scène cinématographique et satire de l’Amérique contemporaine, le studio entend une nouvelle fois repousser les standards du jeu en monde ouvert. Reste désormais à découvrir si GTA VI tiendra toutes ses promesses. . SORTIE LE 19 NOVEMBRE SUR PS5 ET XBOX SERIES X|S 43
DESIGN
Texte Claire de la Vallée
Par désir de simplicité, par choix écologique ou par nécessité économique, habiter plus petit est devenu l'une des grandes évolutions de notre manière de vivre, surtout dans les villes. Ces intérieurs compacts redéfinissent notre rapport au confort. L'enjeu n'est plus d'avoir davantage de mètres carrés, mais des espaces mieux pensés, plus adaptables et plus en phase avec les modes de vie contemporains. Les architectes et les designers proposent aujourd'hui des solutions qui transforment la contrainte en opportunité.
La taille des logements a considérablement varié au cours des époques. Après plusieurs décennies marquées par la recherche de surfaces toujours plus généreuses, la tendance s'est inversée. Depuis une trentaine d'années, face à la densification des villes, à l'évolution des modes de vie et à une conscience plus aiguë de notre empreinte environnementale, l'habitat compact retrouve toute son actualité. Les inconvénients y sont nombreux : le rangement devient un véritable casse-tête, recevoir des invités peut s'avérer contraignant. L'essor du télétravail a ajouté une difficulté supplémentaire : aménager un bureau fonctionnel à domicile qui n'empiète pas sur l'espace de vie exige des solutions créatives. Enfin, et c'est peut-être le plus important, un espace réduit combiné à de mauvais choix d'agencement peut créer une atmosphère oppressante. Mais aujourd’hui, le petit espace n’est plus seulement une contrainte à contourner : il devient un laboratoire où s'expérimentent de nouvelles façons d'habiter, plus inventives, plus fluides et souvent plus essentielles. Dans ce contexte, le design et l'architecture jouent un rôle décisif. Ils ne se contentent plus d'organiser un intérieur, ils en orchestrent les usages. Un meuble disparaît dans une cloison, une bibliothèque dessine une pièce sans la fermer, un escalier se transforme en rangement, la lumière révèle une profondeur insoupçonnée. Chaque intervention raconte une même idée : lorsque l'espace est limité, l'intelligence du projet prend le relais.
LES LEÇONS DU PASSÉ
© La House NA de Sou Fujimoto
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L'exiguïté est souvent une affaire de perception. Un intérieur de 35 m² peut sembler plus généreux qu'un appartement deux fois plus vaste si les circulations sont fluides, la lumière bien exploitée et les fonctions intelligemment réparties. Les architectes le savent depuis longtemps : ce n'est pas tant la surface qui détermine le confort que la qualité du projet.
Mode jour © Clei
Mode nuit © Clei
« DANS LES PETITS ESPACES, C’EST LE MOBILIER QUI CRÉE LA PLACE. CETTE APPROCHE, HÉRITÉE DES PIONNIERS DU DESIGN MODULAIRE, TROUVE AUJOURD'HUI UN NOUVEL ÉLAN. » Cette réflexion s'inscrit dans une histoire ancienne. Dès les années 1920, Le Corbusier défend l'idée d'un habitat conçu autour des usages et de la rationalité spatiale plutôt qu'autour de la seule représentation sociale du logement. Son concept de « machine à habiter » ne célèbre pas la froideur fonctionnelle, mais une organisation rationnelle où chaque élément trouve sa juste place. Le plan libre, rendu possible par les innovations techniques de l'époque, ouvre la voie à des espaces plus flexibles, où les limites entre les pièces deviennent moins rigides. À ses côtés, Charlotte Perriand développe une approche plus domestique encore. Pour elle, le mobilier fait partie intégrante de l'architecture. Bibliothèques intégrées, banquettes, rangements dessinés pour épouser les volumes : ces éléments structurent l'espace et le rendent plus fluide. Quelques décennies plus tard, le designer italien Joe Colombo pousse cette logique à son paroxysme. Avec ses modules autonomes regroupant cuisine, chambre ou rangements dans une seule structure, il imagine un habitat entièrement reconfigurable. Ces visions prospectives, nées dans les années 1960, résonnent aujourd'hui avec une étonnante actualité
à l'heure où les logements urbains se réduisent et où chaque mètre carré doit remplir plusieurs fonctions. À l'autre bout du monde, le Japon a fait de la rareté de l'espace un véritable terrain d'expérimentation architecturale. Parmi les figures les plus marquantes, Sou Fujimoto explore depuis le début des années 2000 une architecture où les limites entre les pièces, mais aussi entre intérieur et extérieur, s'estompent. Dans des maisons urbaines construites sur des parcelles parfois minuscules, il privilégie les demi-niveaux, les plateformes, les jeux de transparence et les percées visuelles plutôt que le cloisonnement traditionnel. La célèbre House NA (2011), à Tokyo, en est l'expression la plus radicale : organisée comme un empilement de plateaux reliés entre eux, ouverts sur la ville grâce à de vastes surfaces vitrées, elle donne le sentiment d'un espace étonnamment généreux malgré son emprise réduite. Chez Fujimoto l'exiguïté devient le point de départ d'une nouvelle manière d'habiter, plus fluide, plus légère et profondément connectée à son environnement. Cette approche fait écho à la notion japonaise de ma, cet intervalle qui considère le vide non comme une absence, mais comme une composante essentielle de l'espace.
PLUSIEURS USAGES Dans les petits espaces, c’est le mobilier qui crée la place. Cette approche, héritée des pionniers du design modulaire, trouve aujourd'hui un nouvel élan auprès d'éditeurs qui imaginent des meubles capables d'accompagner plusieurs scénarios de vie. L'italien Clei développe des lits escamotables et des systèmes transformables dessinés notamment par Giulio Manzoni, 45
DESIGN
Texte Claire de la Vallée
où une chambre devient salon en quelques gestes. Plus sculptural, le système USM Haller, imaginé par Fritz Haller et Paul Schärer, continue de séduire par sa capacité à évoluer au fil des usages. Quant au fabricant polonais Tylko, il mise sur des rangements personnalisables qui s'adaptent au millimètre près aux contraintes de chaque intérieur, illustrant la démocratisation progressive du sur-mesure. L’indémodable système Pax de chez Ikea offre aussi de nombreuses possibilités qui s’adaptent à des espaces réduits, sur ou sous les escaliers par exemple. Longtemps considéré comme un simple meuble d'appoint, le canapé convertible a profondément évolué. Les modèles actuels privilégient des mécanismes discrets, un confort de couchage réel et une qualité d'assise comparable à celle d'un canapé traditionnel. Chez Ligne Roset, les collections Multy de Peter Maly ou Nomade-Express incarnent cette montée en gamme, conciliant esthétique et usage quotidien. De son côté, Prostoria explore le mobilier transformable avec Revolve, conçu par le collectif Numen/For Use : son dossier pivote à 180° pour devenir un lit sans recourir à un mécanisme complexe.
renforce la sensation d'encombrement. Dans un espace limité, quelques pièces fortes ont souvent plus d'impact qu'une multitude de solutions intermédiaires. Les étagères ouvertes constituent un autre piège : si elles donnent du rythme à un intérieur, elles exposent aussi chaque objet du quotidien et peuvent rapidement créer une sensation de désordre. Les architectes d'intérieur privilégient souvent un équilibre entre rangements ouverts, qui donnent du rythme et de la personnalité, et volumes fermés, qui absorbent le bruit visuel. Autre écueil classique : le blanc est souvent présenté comme la couleur idéale pour donner une impression d'espace. S'il peut effectivement apporter luminosité et fraîcheur, son usage systématique risque de rendre un intérieur impersonnel et parfois même plus froid. Les matières, les textures et les contrastes subtils jouent un rôle tout aussi important dans la perception d'un espace. Un bois chaleureux, une teinte profonde sur un mur ou un textile généreux peuvent donner plus de profondeur qu'un décor uniformément blanc.
LES RÈGLES D'OR D'UN ESPACE BIEN PENSÉ Dans un intérieur compact, chaque choix prend une importance particulière. L'enjeu n'est pas seulement de multiplier les fonctions, mais de trouver un équilibre entre usages, lumière et respiration. Le premier principe consiste à penser les volumes avant le mobilier. Un intérieur paraît plus vaste lorsque le regard peut circuler librement : une perspective dégagée, une continuité de matériaux ou une ouverture visuelle vers une autre pièce suffisent parfois à transformer la perception d'un lieu. La verticalité offre également un territoire souvent sousexploité. Lorsque la surface au sol est limitée, les murs deviennent des territoires à investir : bibliothèques toute hauteur, rangements intégrés ou mezzanines permettent de gagner de précieux espaces sans alourdir l'intérieur. Le défi consiste toutefois à éviter l'effet d'encombrement : le rangement doit se fondre dans l'architecture plutôt que s'imposer comme une accumulation. Autre principe essentiel : créer des usages plutôt que des pièces. Dans les logements contemporains, une même surface doit pouvoir accueillir plusieurs moments de vie. Une bibliothèque peut devenir une séparation, une table escamotable un espace de travail, un rideau une cloison temporaire. Enfin, la lumière reste l'un des meilleurs outils pour révéler un intérieur. Au-delà de la lumière naturelle, le travail des éclairages artificiels permet de donner du relief et de structurer les différentes zones d'un logement.
LES FAUX AMIS DU PETIT ESPACE Aménager un intérieur compact demande autant de savoir-faire que de retenue. Certaines solutions, séduisantes au premier regard, peuvent produire l'effet inverse de celui recherché. Face au manque de place, le premier réflexe est souvent de choisir des meubles aux dimensions réduites. Pourtant, multiplier les petits éléments fragmente parfois visuellement une pièce et 46
© California Closets
Enfin, vouloir absolument attribuer une fonction unique à chaque mètre carré peut être une autre fausse bonne idée. Dans les petits logements, les espaces les plus réussis sont souvent ceux qui restent ouverts aux évolutions du quotidien. Une pièce peut accueillir un bureau le matin, un dîner le soir et un moment de détente quelques heures plus tard. La polyvalence devient alors une qualité, pas une contrainte. De la micro-maison japonaise au meuble transformable, de l'appartement urbain soigneusement pensé aux nouveaux habitats modulaires, une conviction s'impose : un lieu réussi n'est pas celui qui contient le plus, mais celui qui répond avec justesse à ceux qui l'habitent.
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FOCUS
Texte Aude Forestier
Chief Happiness Officer DU "GADGET RH" AU VRAI LEVIER STRATÉGIQUE Au Grand-Duché, la compétition pour attirer et fidéliser les salariés n’a jamais été aussi ardue. Face à des candidats devenus arbitres de leur carrière, le seul argument salarial ne suffit plus. Pour se démarquer, les sociétés misent désormais sur « l’expérience collaborateur ». Au cœur de cette mutation, une fonction divise autant qu’elle intrigue : le Chief Happiness Officer. Est-ce un simple outil marketing pour habiller la « marque employeur » ou ce poste devient-il indispensable dans un contexte d’épuisement professionnel croissant ? Plongée dans les nouvelles pratiques managériales de nos entreprises.
« Feel Good Manager », « Chief Happiness Office », « Well-being Manager »... Quelle que soit l’appellation, la fonction a vu le jour dans la Silicon Valley au début des années 2000. Le concept, tel qu’on le connaît aujourd’hui, a été inventé par un ingénieur américain nommé ChadeMeng Tan chez Google. L’histoire veut qu’il ait changé de métier afin de se consacrer au développement des personnes et de leur bien-être. Il est ainsi à l’origine de la fonction de « super bon camarade » (Jolly Good Fellow) et devient le tout premier « Mr. Happiness ». Le Chief Happiness Officer a pour but premier de créer des conditions dans lesquelles les employés peuvent trouver du bien-être, devenu l'un des moteurs essentiels de la performance. Mais l’image lui colle à la peau : le CHO est souvent réduit à un « gentil organisateur » qui aligne tournois de baby-foot, afterworks et pauses croissants. Fanny Schlesser occupe cette fonction au sein de la banque Raiffeisen : « La première chose que j’ai apprise lors de ma certification à la Happiness Business School de Lisbonne, c’est qu’une action qui ne répond à aucun besoin ne crée pas de bien-être. Si les collaborateurs sont en sous-effectif ou stressés, ils n’ont pas le temps d’utiliser un baby-foot parce que cela ne répond pas à leur réalité. »
UNE MISSION À ASSUMER ET DES LIMITES CLAIRES Plus croustillant encore, certaines entreprises au GrandDuché ont poussé le concept jusqu’à attribuer le poste de « Feel Good Manager » à... un chien. Si la présence 48
animale au bureau possède des vertus scientifiquement prouvées sur la baisse du cortisol, la mascotte incarne malgré elle le risque d’une réponse anecdotique à une problématique complexe.
« AU LUXEMBOURG, L’INDICE DE QUALITÉ DE TRAVAIL ATTEINT SON PLUS BAS HISTORIQUE ET PLUS D’UN TIERS DES SALARIÉS SONT EXPOSÉS À UN RISQUE MOYEN À ÉLEVÉ DE BURN-OUT. » « On ne verrait probablement jamais une entreprise nommer un chien “Chien Executive Officer” ou “Chien Financial Officer”. Pourquoi ? Parce que tout le monde comprend la valeur stratégique de ces fonctions. Le fait que cela existe pour les CHO montre que notre métier souffre encore d’une image caricaturale », résume Fanny Schlesser. « J’assume pleinement ce titre. Il fait parfois sourire, mais au moins tout le monde comprend immédiatement qu’il est question du bien-être des collaborateurs. » Mais du côté des experts de la santé au travail, le constat est plus tranché. Claudine Schmitt, fondatrice du cabinet Wellbeing at Work, cumule 16 ans d'interventions auprès des entreprises luxembourgeoises : « Le CHO a une
fonction d’animateur ou d’organisateur d’événements autorisés par la direction. C'est important pour la cohésion, mais un CHO n’a aucun impact sur la prévention de l’épuisement professionnel si l'on ne s'attaque pas aux causes profondes. » Un constat partagé par Jennifer Barbaray, Managing Director de Great Place to Work ® Luxembourg, qui observe une mutation progressive des intitulés de fonction : « Le terme de CHO a permis de mettre en lumière l'importance du bien-être, mais il donne parfois l'impression que le bonheur relève d'une animation interne ou d'avantages matériels ». Aujourd'hui, les attentes des salariés dépassent les gadgets. « Nous voyons émerger des postes axés sur l'Employee Experience ou People & Culture, avec une approche globale tournée vers le leadership et la sécurité psychologique ».
LE MALAISE S’INTENSIFIE SUR LE TERRAIN Dans la réalité, la situation n’a rien de réjouissant. Selon le dernier Quality of Work Index (CSL / Université de Luxembourg), l’indice de qualité de travail atteint son plus bas historique (53,4/100) et 36 % des salariés sont exposés à un risque moyen à élevé de burn-out.
Un constat confirmé par Claudine Schmitt : « Le malaise est réel, profond et s’intensifie. Sur le terrain, cela se traduit par une fatigue chronique des salariés dès la prise de poste, une hypervigilance liée à la peur d'échouer ou de décevoir, et une perte de sens grandissante. À cela s'ajoute une charge administrative qui s'alourdit : les équipes passent parfois plus de temps à prouver qu'elles travaillent qu'à exercer leur métier. » Le contexte socio-économique luxembourgeois déjà complexe ajoute une couche supplémentaire : la pénurie de main-d'œuvre structurelle, les trajets quotidiens épuisants pour les frontaliers et certains résidents ; ainsi que la pression immobilière pour les plus jeunes. L'étude European Workforce Study menée par Great Place to Work ® signale qu’environ 30 % des salariés au Luxembourg envisagent de changer d'emploi dans l'année. « Le Luxembourg fait face à un véritable défi », avance Jennifer Barbaray. « Notre étude montre que le pays se situe dans le dernier quart du classement européen pour les compétences de leadership de confiance, de proximité et de sécurité psychologique. C'est un signal d'alarme : pour retenir la main-d'œuvre, « il faut impérativement repenser la relation managériale ». 49
FOCUS
Texte Aude Forestier
Face à cette saturation des organismes et des esprits, Claudine Schmitt estime que l'action ne pourra plus rester uniquement privée : « Les caisses de la Caisse Nationale de Santé (CNS) se vident face aux coûts colossaux de l'absentéisme. Il devient urgent que le gouvernement prenne la mesure du problème en intégrant formellement la prévention des risques psychosociaux dans le droit du travail luxembourgeois, à l'image des législations de nos voisins belges ».
L’EMPLOYÉ, LE MEILLEUR DES AMBASSADEURS
« LA RÉTENTION DES TALENTS REPOSE SUR CINQ PILIERS ESSENTIELS : LA QUALITÉ DU MANAGEMENT, L'AUTONOMIE, LES PERSPECTIVES DE DÉVELOPPEMENT, LA RECONNAISSANCE ET L'ENVIRONNEMENT PSYCHOLOGIQUE. »
Dans ce marché sous tension, la tentation est grande pour les directions d'utiliser la qualité de vie au travail comme un trompe-l’œil. Comment éviter l'écueil du « happiness washing », qui consiste à afficher une culture idyllique sur LinkedIn tout en maintenant un management rigide au quotidien ? « La seule façon de l’éviter, c’est de faire avant de communiquer. Ce sont les employés qui deviennent les meilleurs ambassadeurs lorsqu’ils vivent réellement une expérience positive. N’oublions pas qu’au Luxembourg, tout se sait ! », souligne Fanny Schlesser. D’après Jennifer Barbaray, le verdict se trouve dans les données : « Le "happiness washing" s'arrête là où commencent les faits. Une entreprise authentiquement engagée se distingue par des indicateurs concrets : la confiance envers les managers, le sentiment d'équité, la reconnaissance et la cohérence entre les actes et les discours. Notre étude indique clairement que la rétention des talents repose sur cinq piliers essentiels : la qualité du management, l'autonomie, les perspectives de développement, la reconnaissance et l'environnement psychologique. Aucun de ces facteurs n'est lié à des cadeaux ou des commodités de surface ». De son côté, Claudine Schmitt rejoint ce constat d'alignement éthique : « Viser le "bonheur" des collaborateurs est une utopie, car chaque individu en demeure le principal responsable. En revanche, « les organisations ont l'obligation stricte d'offrir un cadre sain et sécurisant. On évite le "happiness washing" en ancrant le bien-être directement dans la gouvernance et les processus de travail. »
LA RENTABILITÉ : UN PUISSANT MOTEUR DE PERFORMANCE Longtemps perçue comme un poste de dépense ou une coquetterie de la direction, la démarche QVT prouve aujourd'hui sa rentabilité économique directe. Chez Raiffeisen, les résultats sont mesurables : « Le bienêtre est un investissement. En quelques années, notre turnover a été divisé par deux. Un collaborateur épanoui offre une meilleure prise en charge aux clients et valorise l'image de la banque », indique Fanny Schlesser. Cette corrélation entre épanouissement et santé financière est étayée par les mesures globales de Great Place to Work ® : dans les entreprises où prévaut un leadership 50
fondé sur la confiance, 84 % des collaborateurs souhaitent s'inscrire dans la durée (contre 11 % dans les cultures à faible confiance). De plus, 78 % d'entre eux recommandent spontanément leur employeur à leur réseau, et 82 % des clients évaluent positivement la qualité de service. « La qualité de l'expérience collaborateur est devenue un facteur déterminant de compétitivité dans un pays où les compétences se raréfient », conclut Jennifer Barbaray. « Le bien-être n'est pas une finalité en soi, c'est la conséquence d'une culture de confiance. Et cette confiance représente aujourd'hui l'avantage concurrentiel le plus puissant pour les entreprises du Grand-Duché». L’entreprise ne fabrique pas le bonheur sur commande, mais elle détient les clés d'un cadre de travail respectueux et stimulant. Comme le résume la philosophe Julia de Funès : « Le travail n’est ni bonheur ni malheur, c’est un moyen au service de la vie. »
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CRASH TEST
Texte Magali Eylenbosch
VOLVO EX60
LE FUTUR EN VERSION SUÉDOISE Avec l’EX60, Volvo électrifie son SUV familial sans lui prescrire une cure d’austérité. 510 ch, jusqu’à 618 km d’autonomie, recharge éclair et un habitacle qui hésite délicieusement entre salon scandinave et vaisseau spatial. Le futur, oui. Mais avec du bois, du cristal et de très bons fauteuils.
Il y a quelques années encore, conduire une Volvo revenait presque à annoncer au monde que l’on était devenu raisonnable. Très raisonnable. Le genre de personne qui pense aux airbags avant de penser aux chevaux. L’EX60 dynamite gentiment le cliché. Toujours obsédée par la sécurité, on ne se refait pas, la Suédoise ajoute désormais une sérieuse dose de séduction à l’équation. Dans cette version P10 AWD, deux moteurs délivrent 510 ch et 710 Nm, le 0 à 100 km/h tombe en 4,6 secondes et l’habitacle semble avoir été dessiné quelque part entre Stockholm et 2035. Le tout sans sacrifier ce talent très nordique pour ne jamais en faire des tonnes. Sexy, donc, mais avec un master en bonnes manières.
LE MINIMALISME A PRIS DES ÉPAULES Avec ses 4,80 m de long, l’EX60 ne joue évidemment pas les poids plume. Pourtant, son dessin évite soigneusement l’effet armoire normande sur batterie. Les surfaces sont nettes, les volumes tendus, les portes sans cadre et le vitrage affleurant allègent la silhouette, tandis que les poignées en forme d’aile apportent juste ce qu’il faut de sophistication. Dans sa teinte Forest Lake, un vert profond qui lui va particulièrement bien, et campée sur ses jantes de 22 pouces, elle a même une certaine insolence. Pas celle qui réclame les regards à grands coups de spoilers, plutôt celle d’une belle pièce de design qui sait parfaitement qu’on l’a remarquée.
HOUSTON, VERSION GÖTEBORG À bord, changement d’époque. Face au conducteur, un écran de 11,4 pouces ; au centre, une dalle panoramique de 15,04 pouces qui semble flotter dans un décor volontairement épuré. Google Gemini, Maps et Play Store sont intégrés, Apple CarPlay et Android Auto fonctionnent sans fil et les mises à jour se font à distance. Jusqu’ici, bienvenue en 2027. Mais Volvo évite intelligemment de transformer l’habitacle en rayon informatique. Le bois Weathered Grey Ash, le textile du tableau de bord, la sellerie Nordico Dawn et surtout cette délicieuse molette média en cristal viennent réchauffer le dispositif. Le toit panoramique électrochrome module la lumière et l’éclairage intérieur haut de gamme termine le décor. On se croirait dans un salon scandinave qui aurait secrètement signé un contrat avec la NASA.
510 CHEVAUX SANS ROULER DES MÉCANIQUES Sous cette atmosphère feutrée se cache pourtant une cavalerie assez peu compatible avec l’image du paisible break familial suédois. Les 510 ch et 710 Nm sont transmis aux quatre roues 52
et permettent d’expédier le 0 à 100 km/h en 4,6 secondes. Voilà qui devrait régler assez rapidement la question du dépassement du camion. Volvo bride néanmoins la vitesse maximale à 180 km/h et conserve son impressionnant arsenal d’assistances : Pilot Assist, surveillance des angles morts BLIS, évitement des piétons et des cyclistes, freinage aux intersections, caméra 360° avec vue 3D ou encore détection avancée des occupants et compréhension du conducteur. La technologie surveille beaucoup de choses, mais l’idée reste qu’elle le fasse discrètement. Un ange gardien, en somme, plutôt qu’une belle-mère électronique installée sur le siège passager.
LA RECHARGE PASSE EN MODE ESPRESSO L’autre argument sérieux se cache sous le plancher. La batterie de 95 kWh associée à une architecture 800 V autorise jusqu’à 618 km d’autonomie WLTP combinée, et même 767 km en cycle urbain. Surtout, sur une borne DC de 400 kW, Volvo annonce un passage de 10 à 80 % en seulement 16 minutes. À ce rythme-là, le café risque presque de devenir le maillon faible du voyage. Le chargeur embarqué accepte par ailleurs 22 kW en courant alternatif et la voiture est matériellement prête pour la recharge bidirectionnelle. Voilà surtout de quoi faire disparaître progressivement cette vieille gymnastique mentale qui consistait, au volant d’une électrique, à calculer les kilomètres restants avec l’anxiété d’un candidat devant sa dernière question d’examen.
LE SENS PRATIQUE N’A PAS ÉTÉ LICENCIÉ Car malgré ses airs futuristes et ses 510 ch, l’EX60 reste une Volvo. Cinq vraies places, 634 litres de coffre avec la banquette relevée, 1 647 litres sièges rabattus et encore 58 litres sous le capot avant. Les sièges avant sont chauffants, ventilés et réglables électriquement ; les passagers arrière profitent eux aussi du chauffage dans cette configuration. Ajoutez la climatisation trois zones, le purificateur d’air, le préconditionnement à distance et le système Bowers & Wilkins High Fidelity : la tentation de rester assis quelques minutes après être arrivé n’est pas totalement absurde. L’EX60 réussit surtout une synthèse assez séduisante. Elle est puissante sans se déguiser en sportive, technologique sans ressembler à une salle de contrôle et familiale sans renoncer au désir. Le futur automobile imaginé par Volvo ne porte ni combinaison argentée ni lunettes de réalité virtuelle. Il préfère le bois, le cristal, 510 chevaux et un bon fauteuil. À bien y réfléchir, 2035 pourrait être plutôt agréable.
AVANTAGES
INCONVÉNIENTS
SPÉCIFICATIONS TECHNIQUES
• Habitacle futuriste avec juste ce qu’il faut de chaleur scandinave
• 2 350 kg : le minimalisme suédois a tout de même pris un peu de poids
Puissance max : 510 ch
• 510 ch et 710 Nm sous une apparente bonne éducation
• Les jantes de 22 pouces ne connaissent manifestement pas le mot discrétion
• 618 km WLTP et recharge 10–80 % en 16 minutes
• 75 860 € pour notre Ultra Launch Edition : le futur nordique n’est pas encore démocratique
Longueur : 4,80 m Prix : 64 101 € TVAC pour la version P10
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STORY TIME
Texte Magali Eylenbosch
Un champion au poignet et, soudain, notre revers gagne en panache, notre swing en précision et notre tour de piste quelques dixièmes. Les manufactures l’ont bien compris : leurs ambassadeurs ou amis de la marque ne vendent plus seulement du rêve. Ils nous prêtent, le temps d’une montre, un peu de leur aura.
Il fut un temps où la montre sportive se contentait d’un chronographe, d’une lunette tachymétrique et de quelques muscles sous le cadran. Désormais, elle choisit aussi son camp. Tennis, Formule 1, golf, voile, football : les manufactures convoquent champions et prodiges pour donner un visage à la performance. Évidemment, personne
BIANCHET JE ME LA JOUE COMME NICOLAI BUDKOV KJÆR À 19 ans, Nicolai Budkov Kjær n’a manifestement pas reçu le mémo recommandant de commencer doucement. Champion junior de Wimbledon en 2024, quatre fois titré en ATP Challenger, le Norvégien a éliminé Denis Shapovalov au Masters 1000 de Madrid avec, au poignet, une Bianchet Tonneau UltraFino Carbon. Et c’est là que l’histoire devient franchement sexy. Car sous son boîtier tonneau en carbone haute densité de seulement 8,9 mm bat un tourbillon volant automatique, complication que l’on imagine davantage sous une manche de smoking qu’en train d’encaisser services, volées et poings rageurs. La montre ne pèse que 46 g, mais résiste à des chocs jusqu’à 5 000 G grâce à une architecture protégeant tourbillon et barillet suspendus. Son mouvement squelette fait le reste : mécanique offerte au regard, carbone noir, quelques éclats de rubis et juste ce qu’il faut de bleu pour éviter l’uniforme commando. Bref, une haute complication qui monte sur le court sans demander qu’on lui tienne son sac. À défaut d’avoir le revers de Budkov Kjær, on peut toujours lui emprunter le poignet. PRIX : SUR DEMANDE
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ne sert à 220 km/h parce qu’il porte la même montre qu’un joueur du circuit ATP. Dommage. Mais l’horlogerie possède ce délicieux pouvoir de suggestion : quelques grammes au poignet suffisent parfois à nous faire marcher un rien plus droit. Voici donc des montres pour jouer, au moins quelques heures, dans la cour des très grands.
OMEGA JE ME LA JOUE COMME RORY MCILROY Un polo impeccable, un swing qui semble ne demander aucun effort et une Seamaster Aqua Terra 150M au poignet : pour se la jouer Rory McIlroy, mieux vaut commencer par ce qui est à notre portée. L’Omega choisie par le champion possède justement cette élégance sportive qui passe du green au dîner sans réclamer de changement de tenue. Son boîtier acier de 41 mm encadre un superbe cadran vert soleillé strié horizontalement façon « teck », clin d’œil aux ponts des yachts, ponctué d’index rhodiés et d’un guichet de date à 6 heures. Derrière le fond saphir, le calibre automatique CoAxial Master Chronometer 8900, certifié METAS et résistant aux champs magnétiques jusqu’à 15 000 gauss, déroule 60 heures de réserve de marche. Étanche à 150 mètres, la belle n’a d’ailleurs pas peur de l’eau, information rassurante pour ceux dont les balles entretiennent avec les obstacles aquatiques une relation fusionnelle. Quant à McIlroy, plus de 100 semaines au sommet du classement mondial et quatre Majeurs suffisent à poser le personnage. L’Aqua Terra ne corrigera évidemment pas notre handicap. Mais elle devrait sérieusement améliorer notre allure au club-house. PRIX : 7 000 €
LONGINES JE ME LA JOUE COMME MIKAELA SHIFFRIN Plus de 100 victoires en Coupe du monde, deux titres olympiques, huit titres mondiaux et des trophées en pagaille : Mikaela Shiffrin a transformé les pistes en collection personnelle. Pour lui emprunter un peu de cette insolente réussite, la Longines Conquest choisit heureusement une voie moins casse-cou. Boîtier acier de 41 mm, cadran bleu soleillé, index sertis de diamants et bracelet acier : sportive, certes, mais parfaitement capable de troquer la combinaison de ski contre une veste de smoking. Sous cette allure très maîtrisée, le mouvement mécanique automatique bat à 25 200 alternances par heure, s’offre un spiral en silicium et jusqu’à 72 heures de réserve de marche. Couronne vissée, verre saphir traité antireflet et étanchéité à 100 mètres complètent le programme. Une montre polyvalente pour une championne qui a justement fait de la polyvalence une spécialité, puisqu’elle est la seule athlète à s’être imposée dans les six disciplines du ski alpin. Porter la même Conquest ne garantit évidemment ni le slalom parfait ni le Globe de cristal. Mais pour attaquer la journée comme une piste noire, on prend. PRIX : 2 850 €
TUDOR JE ME LA JOUE COMME UN RIKISHI Avec ses 43 mm, la Black Bay 68 n’a jamais prétendu appartenir à la catégorie poids plume. Voilà qui tombe plutôt bien : Tudor l’emmène aujourd’hui sur le dohyo en s’associant à la Japan Sumo Association et au Grand Sumo. Au poignet, la montre impose ce que son diamètre promet : de la présence, une carrure assumée et cette esthétique Black Bay immédiatement identifiable, loin des sportives qui cherchent à se faire oublier sous une manche. Le parallèle avec les rikishi devient alors assez jubilatoire. Car le sumo n’est pas seulement une affaire de kilos et de poussées spectaculaires : derrière ces corps hors normes se cachent entraînement quotidien, règles strictes et 1 500 ans de tradition. Tudor, qui a bâti sa réputation sur des montres mécaniques conçues pour résister aux environnements les moins tendres, pouvait difficilement rêver terrain de jeu plus musclé. Après Londres en 2025, le Grand Sumo s’installera à Paris en 2026. Une excellente excuse pour sortir la Black Bay 68. Et, pour une fois, personne ne vous conseillera de prendre une taille en dessous. PRIX : 5 000 € 55
SPOTTED
Sélection Julie Kieffer
Le preppy fait sa rentrée, mais oublie les bonnes manières. Chemises qui dépassent, mailles généreuses, cols XXL et jupes midi composent un vestiaire faussement sage, réveillé par des associations de couleurs inattendues. Le brun flirte avec le lilas, le rose avec le rouge, le gris avec le bleu électrique. Entre esprit college, accents seventies et pièces empruntées au vestiaire masculin, l’allure joue surtout la carte du mix & match. Un peu chic, un peu décalée, jamais trop appliquée.
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Fabienne Chapot
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Drykorn
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Semicouture
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Marc O'Polo
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Marks & Spencer
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Mango
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IT LIST
Texte & Sélection Julie Kieffer
Des pièces qui donnent le ton, des objets qui changent la donne et quelques nouveautés impossibles à ignorer. Mode, design, beauté, tech ou lifestyle : notre It List rassemble tout ce qui mérite, aujourd’hui, de passer dans votre radar.
FUTUR ANTÉRIEUR - ROCHE BOBOIS Il ressemble à un décor de Kubrick, mais l’Ovalia n’a rien d’un nouvel objet néorétro. Henrik Thor-Larsen l’a dessiné en 1968, en plein âge d’or du Space Age, lorsque le design regardait vers le futur avec des envies de capsules spatiales et de formes organiques. Près de 60 ans plus tard, Roche Bobois remet cette icône scandinave sur le devant de la scène. Et elle paraît toujours aussi radicale. La spectaculaire coque ovoïde est toujours là, créant une véritable bulle autour de celui qui s’y installe. Pour 2026, le confort a été repensé avec une nouvelle inclinaison du dossier, une assise plus enveloppante et un appui-tête intégré. Six teintes de laque et un large choix de tissus complètent cette nouvelle édition. Et parce qu’une icône peut aussi vivre avec son temps, un discret système magnétique accueille désormais un smartphone à l’intérieur de la coque. La preuve que les meilleurs designs ne vieillissent pas : ils attendent simplement que leur époque les rattrape. Fauteuil Ovalia, design Henrik Thor-Larsen, Roche Bobois. PRIX SUR DEMANDE
LA CRAVATE CHANGE DE CAMP - LOUIS VUITTON Pharrell Williams n’en a pas fini avec les codes du vestiaire masculin. Pour cette capsule Louis Vuitton, qui donne un premier aperçu du printemps-été 2027, il fait surtout tomber les barrières entre le formel et le casual. La cravate quitte le bureau pour se glisser sous une veste matelassée, le hoodie s’invite sous le daim et la chemise à carreaux prend des airs de pièce statement. Même traitement pour le Monogram : moins démonstratif, il se patine, se miniaturise, se fond dans les matières ou se transforme en motif graphique. Tout est affaire de superpositions, de textures et de décalages savamment dosés. Plus qu’une opposition entre chic et décontracté, Pharrell dessine un vestiaire où les deux cohabitent naturellement. Et confirme au passage une tendance de fond : l’homme recommence à s’habiller, mais certainement pas comme avant. 68
LE BUSINESS BAG CHANGE D’ALLURE - MONTBLANC Pour l’automne/hiver 2026, Montblanc dépoussière le sac de bureau. Plus souple et moins formel, le business bag se pense désormais autant comme un objet de style que comme un compagnon du quotidien. Sous la direction artistique de Marco Tomasetta, la Maison enrichit sa ligne Writing Traveler et joue les belles matières : cuir de veau lisse, daim et tissu technique se déclinent en ébène, bauxite, chêne rouge ou miel. À l’intérieur, carnets, instruments d’écriture et essentiels trouvent leur place dans des compartiments soigneusement étudiés. De quoi travailler, voyager et bouger sans sacrifier l’allure. Le 9-to-5 n’a jamais eu aussi belle allure. Porte-documents Writing Traveler en cuir Corteccia, Montblanc. PRIX : 2 800 €
GOOD VIBRATIONS - LEBON Qui a dit que l’oral care devait manquer de style ? Avec sa brosse sonique Tropical Green, LEBON transforme le rituel du matin en objet lifestyle : jusqu’à 50 000 vibrations par minute, cinq modes de brossage et une autonomie qui frôle l’insolence : quatre recharges par an suffiraient. Mais le vrai twist se glisse aussi dans le tube de dentrifrice : manguementhe pour Back to Pampelonne, ananas-rooibos-menthe pour Tropical Crush ou ylang-ylang, yuzu et menthe pour Rhythm is Love. Des associations inattendues et des packagings qu’on n’a plus vraiment envie de cacher. Bonne nouvelle côté Luxembourg : brosse et dentifrices sont à découvrir chez Natur’ Store, fraîchement installé au GRIDX à Wickrange. Même la salle de bains a droit à son upgrade. Brosse à dents électrique Tropical Green et dentifrices, Lebon. PRIX : 89 € LA BROSSE À DENTS ET 16,90 € LE DENTIFRICE
ÇA VA CHAUFFER - AKRO Oubliez le bois sage et les agrumes bien élevés. Pour sa nouvelle création, AKRO préfère mettre le feu aux poudres, ou plutôt au piment. Imaginé par le maître parfumeur Olivier Cresp, HEAT prend le chili rouge comme point de départ d’un jus conçu autour de cette sensation étrange que l’on connaît bien : ça brûle, mais on y retourne. Coriandre et citron ouvrent les hostilités, avant que cardamome, gingembre et baie de genièvre ne fassent monter la température. En fond, cèdre, Ambrox et musc calment à peine le jeu. Épicée, boisée et unisexe, cette nouvelle eau de parfum ne cherche clairement pas à passer inaperçue. Un parfum à porter chaud. Heat, eau de parfum, Akro. PRIX : 160 € LES 100 ML 69
CITY TRIP 70
Texte Sébastien Vécrin
Déjà, pardon pour ce titre, mais la ville d'Artevelde me fait perdre la tête depuis bien trop longtemps. C’est le city trip parfait pour ceux qui veulent tout, tout de suite, enfin à 280 km du Luxembourg quand même, mais sans se perdre dans une énorme capitale qui explose tes stats Strava en fin de journée. Tu veux des shops très bien achalandés, des vieilles pierres qui racontent une histoire, des disquaires, des bars sympas, des restos délicieux, des balades à vélo au bord de l’eau, des musées pas boring, des terrasses où regarder la faune locale refaire le monde en néerlandais ? Bingo. Cette fois, j’ai posé mes valises à l’hôtel NH Collection Gent, dans le cœur historique, à deux pas de tout, c’est-à-dire à deux pas de mes faiblesses de gogol consumériste qui se met dans le rouge le 2 de chaque mois : digger des disques, acheter des fringues, déguster toutes les bières du plat pays, revenir déposer mes sacs, faire une sieste et repartir bourlinguer de zinc en zinc comme si j’avais encore 20 ans. Cerise sur la gaufre choco banane chantilly : Zéphyr, mon petit chihuahua de combat, a été traité comme un prince flamand dans la cité la plus cool du globe. Je te raconte mon périple gantois.
GAND CENTRAL Je vais être honnête avec toi : je connaissais déjà Gand. Je l’aime depuis longtemps. J’y ai acheté trop de skeud, vu trop de concerts au Vooruit, titubé trop de fois entre deux afters au Kompass Klub, sorti beaucoup trop de vannes reloues aux routiers qui squattent le quartier rouge. J’ai toujours rêvé d’y vivre, mais il faut parler flamand. Et moi, à part gueuler « Te huur » et « Te koop » aux passants après deux Tripel Karmeliet, je suis loin d’être bilingue. Gand, c’est pas très grand, mais ça use tant il y a à faire. Alors, pour ma énième visite au Manhattan du Moyen Âge, j’ai opté pour une base de qualité, un QG irréprochable, un camp retranché chill, pour recharger la batterie de mon phone et surtout mes propres batteries. Le NH Collection Gent coche toutes ces cases de manière assez scandaleuse. L’hôtel est planté au 63 Hoogpoort, en plein centre historique, à distance de marche des grands classiques à shooter pour son compte Insta (la cathédrale Saint-Bavon, le Beffroi et le Château des Comtes) et des
bars, restos, boutiques et tentations diverses qui mettent mon banquier en PLS. L’adresse compte un Grand Café Van Artevelde, le Spinners Restaurant pour le petit-déjeuner (que je recommande à 200 %), parking au sous-sol, une salle de sport avec vue de ouf sur la vieille ville, un sauna pour éliminer les toxines de houblon, une terrasse détente et même une crypte médiévale du XIIIe siècle cachée dans les fondations. C’est beau, chaleureux, élégant, et suffisamment central pour te donner l’impression que Gand tourne autour de toi. La nuit, on y croise les fêtards batifoler dans les rues adjacentes, centre-ville oblige. Ça peut rendre nerveux, mais moi ça me met dans un mood « je suis encore jeune et fou dingo ». J’ai hérité d’une superbe suite pour trois nuits en échange de ces quelques lignes, alors je fais le taf. Mais l’hôtel a lui aussi fait le taf car le vrai VIP du séjour, ce n’était ni moi ni ma femme, mais Zéphyr aka Zipus aka Bernard Minus, notre petit toutou. Couffin moelleux, os à ronger, croquettes bios, petits mots de bienvenue, friandises et plaid : le petit salopiot a été traité comme un roi chaque jour que Dieu fait. « Dank je wel ». 71
CITY TRIP
Texte Sébastien Vécrin
LA SIESTE, MON NOUVEAU CLUBBING L’un des grands avantages de dormir dans un hôtel aussi bien placé, c’est que tu peux vivre ton week-end en fractionné. Avant, j’enchaînais : café, disquaire, bière, concert, bar, club, after, regret, kebab, tachycardie, Doliprane. Aujourd’hui, j’ai ajouté une discipline olympique : la sieste stratégique. Je suis devenu ce genre de vieillard qui dit : « On repasse à l’hôtel cinq minutes », puis disparaît sous une couette pendant une heure avec la grâce d’un phoque malade. En fait, je suis devenu exactement mon reup. Je fais tout comme lui. Je marche même les bras croisés dans le dos en regardant les neuves maisons dans la rue. Super ! C’est mon nouveau délire de quinqua. Je continue à vouloir voir mille choses, mais mon corps, lui, négocie un prêt hypothécaire avec Morphée. Tu fais du shopping, tu reviens déposer ton butin, tu repars boire un jus, tu repasses changer de OOTD, tu ressors, tu reviens consulter tes DM, tu piques du nez, tu redescends. C’est une boucle parfaite. Gand est compacte, vivante, hyper praticable, et l’hôtel fonctionne comme un chargeur humain branché au milieu de la cité.
GAND À VÉLO, GAND AU BORD DE L’EAU Gand se marche très bien, mais Gand se pédale encore mieux. Le centre est largement pensé pour les piétons 72
« LA NUIT, ON Y CROISE LES FÊTARDS BATIFOLER DANS LES RUES ADJACENTES. » et les cyclistes, et ça change tout. Tu n’es pas dans cette ambiance de mégalopole où chaque traversée de rue ressemble à un épisode de Mad Max. Là, tu cruises. Tu longes les canaux, tu passes devant les façades, tu suis les quais avec les sportifs en kayak et les EVG défoncés sur les bateaux de plaisance, tu te perds volontairement, tu croises des cool kids, des touristes en good vibes, des locaux ultra lookés (les Flamands sont des pointures en mode), des bobos en cargo bike qui transportent trois enfants et, si tu es chanceux, les 2manydjs ou Wim Delvoye. Le vélo te donne la bonne vitesse. Moi, je te conseille les apps Bolt ou Donkey Republic, c’est le plan parfait à Gand parce que tu chopes un vélo en deux clics et tu pars direct explorer les sentiers battus sans te prendre la tête. Tu peux le poser, le reprendre, changer de spot quand tu veux, idéal pour passer des quais au centre historique sans dépendre de personne. Et surtout à Gand, avec les zones piétonnes et les canaux, c’est clairement le moyen le plus simple et le plus « local » de vivre les quartiers comme un
Gantois. Tu files vers les quais Graslei et Korenlei, tu ralentis près du Château des Comtes, tu passes sur le pont Saint-Michel. Moi, j’aime particulièrement ces moments où tu ne fais rien de spectaculaire. Pas de musée coché frénétiquement. Pas de « must-see » avalé à la chaîne. Juste rouler près de l’eau, poser le vélo, boire un café au bar le Bidon, regarder la lumière taper sur les briques, repartir. C’est là que la ville infuse. Gand ne te hurle pas dessus. Elle t’attrape par l’épaule et te dit : « Calme-toi, viens siroter une Duvel mon copain. »
« LES PLATS ONT DU GOÛT, DU GRAS QUAND IL FAUT, DU CROQUANT, DU RÉCONFORT, DU VICE PARFOIS. » Cela dit, je te suggère également de poser ton bike pour louer un petit bateau. Gand depuis l’eau est un excellent plan : les balades sur les flots te permettent de voir les secrets de la ville autrement et de capter certains coins cachés. Booot et Minerva louent ce genre de rafiot et accepte, plus ou moins en scred, que tu te tapes l’apéro à la barre.
MUSIC MANIA, NOUVELLE RELIGION Je suis un peu monomaniaque sur le sujet, mais quand il y a un bon disquaire, il y a souvent une bonne culture aux
alentours, avec de bons bars et clubs, des salles de concert inspirées et forcément une très bonne dynamique autour. Et Gand, la coquine, vient de me tendre un piège d’une violence inouïe avec Music Mania Records 2. La maison mère historique de Music Mania existe toujours rue SintPietersnieuwstraat, institution ouverte depuis 1969, avec son spectre musical qui va de la pop au free jazz, de la folk au shoegaze, de la synthwave à l’afro-funk, sans oublier les galettes d’occasion, les rééditions et les musiques électroniques. Mais en 2025, les bougres ont ouvert une deuxième échope à Kraanlei 6, en plein centre historique, avec les ingrédients classiques de Music Mania augmentés d’un bar et d’un espace pour accueillir showcases, signatures d’artistes et DJ sets vinyles, le tout sur les quais avec une terrasse ultra swag. Les bâtards m’ont piégé. J’y passe chaque jour, deux fois, juste pour être sûr de ne rien louper. Music Mania Records 2, c’est peut-être déjà l’un de mes endroits préférés au monde. Tu fouilles dans les bacs, tu tombes sur un album dont tu n’as pas besoin, mais dont tu vas absolument expliquer l’importance à ta femme, tu commandes une bière, tu t’installes dehors, tu regardes passer les gens, tu entends peut-être un showcase ou un DJ set, et soudain tu te dis que la vie n’est pas si chienne. Le plus beau, c’est la faune. Les diggers concentrés comme des chirurgiens, les étudiants cools, les touristes qui ne comprennent pas pourquoi un monsieur chauve hésite 18 minutes entre deux pressages (c’est moi hein), les habitués qui passent pour un verre, les boss de label, les jeunes stylés, les couples en love story, les curieux. C’est vivant sans être bordélique, pointu sans être snob,
© Bas Bogaerts
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CITY TRIP
Texte Sébastien Vécrin
branché sans te donner envie de gifler avec un tote bag un plasticien en Birkenstock. Et cette terrasse, près de l’eau, ajoute exactement ce qu’il manquait à mon fantasme de disquaire parfait : la possibilité de ruiner mon budget vinyle en plein air. Gand avait déjà une culture disquaire solide notamment avec Vynilla, Consouling, LAB 23 SHOP et Vinylkitchen. Là, elle vient de poser une terrasse dessus. Victoire par KO.
« C’EST VIVANT SANS ÊTRE BORDÉLIQUE, POINTU SANS ÊTRE SNOB. » VÉGÉ TA MÈRE Autre raison pour laquelle je suis fan, l’agglomération revendique un vrai tropisme vegan. Gand compte proportionnellement beaucoup d’adresses végétariennes, et c’est même ici qu’est né le concept du « Thursday Veggie Day ». Ça rejoint ma théorie : plus de culture donc plus d’ouverture d’esprit, donc plus de véganisme, mais je m’éloigne du sujet principal. Dans ma short list, tu peux cocher Knol&Kool pour le côté marché bio, la déco agréable, le service tout sourire et la vraie saveur dans l’assiette. Le Botaniste pour les bols bien foutus, BOON pour un lunch végétarien face au Château des Comtes, O’yo pour un petit-déj sain et si tu veux monter un peu en gamme, Epiphany’s Kitchen fait partie des options à envisager sérieusement. Gand a ce truc rare : tu peux y manger végétal sans perdre le plaisir. Les plats ont du goût, du gras quand il faut, du croquant, du réconfort, du vice parfois. Parce que oui, on peut être végétarien et vouloir se mettre une grosse cartouche de frites, en attestent mes satanés 98 kilos de bonheur.
LES SECRETS PAS SI SECRETS, MAIS QUAND MÊME Évidemment, tu peux faire les grands classiques : Château des Comtes, cathédrale Saint-Bavon, Agneau mystique, Beffroi, pont Saint-Michel, Graslei, Korenlei. Tu dois même les faire, surtout si c’est ta première fois. Gand a cette capacité assez rare de cocher les cases médiévales sans devenir un parc à selfies. Ça reste beau, ça reste vivant, ça reste habité. La ville se vit autant qu’elle se visite, entre centre historique, musées, food, nightlife et coins où se perdre. Mais ma Gand préférée se cache dans les détails. La Werregarenstraatje, alias Graffiti Street, où les street artists peuvent peindre les murs, reste un passage obligatoire pour renifler un peu de bombe aérosol entre deux façades gothiques. La ville propose aussi la carte street art « Sorry, Not Sorry », qui te balade entre art urbain et highlights touristiques. Côté art plus classico, je garde toujours un œil sur le S.M.A.K., STAM, Kunsthal Gent, VIERNULVIER et De Bijloke. Gand empile les couches : vieux maîtres, art contemporain, salles de concert, galeries et spots art déco. C’est ce mélange 74
qui me plaît. Une ville trop propre m’ennuie. Une ville trop sale me fatigue. Gand, c’est le juste milieu.
GAND FINAL Ce que j’aime à Gand, c’est que la ville ne force pas. Elle t’aligne simplement tout ce qu’il faut : de l’eau, de la pierre, du son, de la bière, de la soul food, des vélos, des terrasses, des disquaires qui deviennent des lieux de vie, et aussi un hôtel parfaitement placé pour faire battre tout ça au bon rythme. Gand, je t’aimais déjà. Mais là, entre Music Mania Records 2, les balades à vélo, les restos veggies, la terrasse au bord de l’eau, le sauna rédempteur et Zéphyr traité comme un héritier des Flandres, je crois qu’on vient de passer un cap. Je reviendrai. Évidemment.
ADRESSES NH Collection Gent : Hoogpoort 63, 9000 Gent Music Mania Records 2 : Kraanlei 6, 9000 Gent S.M.A.K. : Jan Hoetplein 1, 9000 Gent, Belgique Knol&Kool : Heilige-Geeststraat 30, 9000 Gent
UNE EXPERIENCE A VIVRE ABSOLUMENT
Knokke-Heist incarne un art de vivre où la mer, la nature, la gastronomie et la culture se rencontrent avec élégance. Ici, chaque séjour invite à ralentir, à découvrir et à s’inspirer. Flânez entre galeries d’art, boutiques de créateurs et adresses gastronomiques, avant de rejoindre la plage ou les paysages préservés du Zwin. Expositions internationales, festivals et événements d’exception rythment les saisons et font de Knokke-Heist une destination à vivre toute l’année. Plus qu’une station balnéaire, c’est une expérience où le raffinement se vit naturellement.
myknokke-heist.be
FOOD
FAT CAT, LE GOÛT DU PARTAGE UNE CUISINE SANS FRONTIÈRES Dans l'assiette, Fat Cat revendique une cuisine cosmopolite qui puise ses inspirations aux quatre coins du monde sans jamais perdre de vue l'essentiel : le plaisir. La carte joue la générosité avec des burgers gourmands, des ribs fondants, des pièces de viande parfaitement grillées, des poissons soigneusement préparés et des options végétariennes capables de convaincre même les plus carnivores. Chaque plat est imaginé pour être réconfortant, généreux et accessible. L'esprit de partage est omniprésent, jusque dans la manière de concevoir les repas. On commande, on goûte, on échange les assiettes, on découvre de nouvelles saveurs ensemble.
QUAND LE DÎNER SE PROLONGE Mais Fat Cat ne se résume pas à sa cuisine. Le bar occupe une place essentielle dans l'identité du lieu. Cocktails signatures, grands classiques revisités, vins soigneusement sélectionnés, bières artisanales et créations sans alcool composent une carte qui accompagne naturellement la transition entre le repas et la soirée.
© Jean Yves Neguin
Dans une ville où les nouvelles adresses se multiplient, certaines parviennent à créer une véritable identité. Fat Cat fait partie de celles qui ne cherchent pas seulement à servir de bons plats, mais à offrir une expérience. Niché au cœur de la Cloche d'Or, ce restaurant s'est imposé comme un point de rencontre pour une génération urbaine en quête d'un lieu vivant, où l'on peut aussi bien partager un déjeuner entre collègues qu'étirer la soirée autour d'un cocktail. Dès l'entrée, le ton est donné. L'atmosphère est contemporaine, chaleureuse et sans prétention. Les matériaux bruts côtoient un mobilier élégant, les lumières tamisées invitent à ralentir le rythme, tandis que la musique accompagne naturellement les conversations. Ici, tout semble pensé pour que l'on ait envie de prolonger le moment.
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Au fil des heures, l'ambiance évolue. Les discussions s'animent, les verres se remplissent, les tables se mélangent. L'adresse devient un véritable lieu de vie où l'on vient autant pour l'atmosphère que pour ce qui se trouve dans l'assiette.
UNE ADRESSE QUI VIT AVEC SON QUARTIER Cette convivialité se retrouve également dans les plats à partager : planches généreuses, finger food et spécialités pensées pour être dégustées à plusieurs renforcent l'idée que les meilleurs repas sont souvent ceux que l'on partage. Au cœur d'un quartier en pleine transformation, Fat Cat accompagne l'évolution de la Cloche d'Or en proposant un concept qui dépasse celui du restaurant traditionnel. Entre bistrot contemporain, bar à cocktails et lieu de rendez-vous, l'adresse répond aux nouvelles envies d'une clientèle qui recherche autant une ambiance qu'une bonne table. Plus qu'un restaurant, Fat Cat est devenu une destination. Un lieu où l'on vient pour bien manger, mais surtout pour vivre un moment. Dans une époque où l'expérience compte autant que le menu, c'est peut-être là sa plus belle recette.
OKTOBERFEST 2026 : PROST À CLAUSEN ! Du 25 septembre au 30 octobre 2026, vivez le plus grand Oktoberfest de la ville chez Big Beer Company ! Plongez dans une ambiance bavaroise authentique, dégustez de savoureuses spécialités, partagez de généreux bretzels et découvrez une sélection de bières dans une atmosphère festive. Chaque vendredi et samedi, profitez des concerts live de Marco Boesen pour des soirées inoubliables. Que ce soit pour un team building, une sortie entre collègues, un moment en famille ou une soirée entre amis, tout est réuni pour célébrer dans la bonne humeur. Les places étant limitées, réservez votre table dès maintenant et venez lever votre chope avec nous. Prost !
BELVAL PASSE À TABLE À Belval, Mansogroup confirme ses ambitions. Le groupe luxembourgeois inaugure le deuxième Terra Steakhouse après un investissement de 2,5 millions d’euros, comprenant sa première acquisition immobilière dans la restauration. Plus qu’une nouvelle adresse dédiée aux viandes d’exception, l’ouverture illustre une stratégie à contre-courant, misant sur le potentiel d’un quartier en pleine mutation plutôt que sur une expansion accélérée. Implanté au pied des Hauts Fourneaux, le restaurant crée une vingtaine d’emplois et entend séduire aussi bien les habitants que les professionnels et les visiteurs de la Rockhal. Une ouverture qui renforce le positionnement premium de Mansogroup, tout en accompagnant l’essor de Belval comme nouvelle destination lifestyle.
Image générée par IA
LE GLECK, LE SPOT OÙ IL FAUT ÊTRE En plein cœur de la Grand-Rue, Le Gleck s'impose comme bien plus qu'un simple bar. Pensé comme un lieu de rencontre ouvert à toutes et à tous, il redonne à la communauté LGBTQIA+ un espace où se retrouver, échanger et faire la fête dans une ambiance bienveillante. Cocktails soignés, événements, bonne musique et esprit inclusif : tous les ingrédients sont réunis pour passer une bonne soirée. Fidèle à sa devise « Good Drinks. No Drama. », Le Gleck s'affirme déjà comme l'un des nouveaux spots incontournables de la nightlife luxembourgeoise.
© Terra Steakhouse
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FOOD
LE GYROS VERSION ORIGINALE Envie d'une escapade en Grèce sans quitter Luxembourg ? Direction Gryros The Original. Ici, le gyros est roi : viande rôtie à la broche, recettes inspirées de la tradition grecque et ingrédients soigneusement sélectionnés. À déguster en pita, en bowl ou en assiette, chaque bouchée sent bon la Méditerranée. Né de l'aventure Souvlaki The Original, le concept mise sur l'authenticité sans oublier la gourmandise. Le résultat ? Une adresse qui donne un sérieux coup de frais à la street food grecque et qui risque bien de devenir votre nouveau QG.
© Luxorino
LUXORINO DOUBLE LA MISE
© Gyros The Original
Quand on parle de bonnes adresses food à Luxembourg, difficile de ne pas citer Luxorino. Son concept Festa Food a rapidement trouvé son public grâce à des recettes généreuses, une ambiance décontractée et une vraie identité. Déjà incontournable avenue de la Liberté, l'enseigne voit plus grand avec l'ouverture prochaine d'un deuxième spot rue des Capucins. Une nouvelle adresse qui confirme que Luxorino est en train de devenir un passage obligé pour les amateurs de street food. Une chose est sûre : la success story ne fait que commencer.
DELTA CAFÉS MISE SUR L'EXCELLENCE Avec Signature, Delta Cafés franchit une nouvelle étape dans sa stratégie premium. La marque dévoile une gamme de cafés en grains pensée pour les amateurs de dégustation exigeants, où chaque assemblage reflète le savoir-faire de ses maîtres du café. Deux références composent cette collection : Signature Intense, aux notes de vanille et de fruits secs, et Signature Crema, qui révèle des arômes de miel et de fruits rouges. Élaborés à partir de cafés sélectionnés en Afrique, en Asie et sur le continent américain, ces mélanges illustrent la volonté de Delta Cafés de transformer chaque tasse en une expérience sensorielle raffinée et de renforcer sa position sur un marché du café en grains premium en pleine croissance.
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t e e l i Mob
et n r e Int
u a 1 ° n r teu L’opéra urg bo m e x u L eau s é r r u e Meill re b i F & e l Mobi t n e i l c e c Servi 24/ 7 Découvrez nos promos sur
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Texte Kevin Martin
LUXEXPO OPEN-AIR : ÇA, C’ÉTAIT SHOW ! Pendant deux semaines, le Luxembourg avait des airs de festival géant. Pour son Open-Air 2026, den Atelier avait sorti l’artillerie lourde et réuni une impressionnante brochette de têtes d’affiche internationales entre Luxexpo et neimënster. De Lenny Kravitz à Katy Perry, en passant par Robbie Williams, Moby, Gorillaz ou encore Jamiroquai, les soirées se sont enchaînées sans vraiment se ressembler, entre électro, pop et rock. Des shows XXL aux rendez-vous plus intimistes, cette édition aura surtout confirmé une chose : quand vient l’été, le Luxembourg sait lui aussi jouer dans la cour des (très) grands.
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Robbie williams @ takenby.val
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Texte Kevin Martin
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Lenny Kravitz @ takenby.val
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Gorillaz @takenby.val
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Texte Julie Kieffer
BITTE, À TABLE ! Oubliez deux minutes les clichés de saucisses, bretzels et chopes XXL. L’Allemagne a bien plus à mettre dans votre assiette. Un pain encore chaud, un riesling au milieu des vignes, un marché où l’on goûte à tout, une spécialité locale imprononçable mais délicieuse… Ici, chaque région cultive ses recettes, ses produits et ses bonnes adresses. Entre traditions bien ancrées et jeunes chefs qui bousculent les codes, le pays se découvre aussi avec une fourchette à la main. Et franchement, on ne va pas s’en priver.
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Performance knows no limits. Volkswagen Luxembourg is a proud Mobility Partner of the Comité Olympique et Sportif Luxembourgeois and the Luxembourg Paralympic Committee.
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