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FÉVRIER / MARS 2024 84 SADECK BERRABAH FUSÉE CHORÉGRAPHIQUE Andrea Mancini à la Biennale de Venise ‱ C’est Karma ‱ ruth.atelier Hollerich, nouvelle Mecque du design luxembourgeois ? Le kiff made in Normandie

Texte

Fabien Rodrigues

DEUX MILLE VINGT QUATRE

ien qu’il s’agisse du premier numĂ©ro de l’annĂ©e, Bold n’aura pas l’outrecuidance de vous la souhaiter bonne, coutume sĂ©culaire certes, mais qui a tendance Ă  agacer tout le monde, nous compris, une fois passĂ© le 15 janvier. Mais qu’à cela ne tienne, elle s’annonce toutefois pleine de rendez-vous carrĂ©ment excitants. Le retour du Grand-DuchĂ© Ă  l’Eurovision, aprĂšs 30 ans d’absence tout d’abord, n’en dĂ©plaise aux haters . Mais ça, ce sera pour plus tard : on s’est tout d’abord penchĂ© sur une autre prĂ©sence internationale pleine d’ambition, celle du pavillon luxembourgeois Ă  la 60e Biennale d’Art de Venise, qui permettra en quelque sorte d’écouter la CitĂ© des Doges grĂące Ă  l’Ɠuvre sonore participative d’Andrea Mancini et du collectif Every Island


On accueille aussi dans ce nouveau numĂ©ro un changement qui nous tenait Ă  cƓur, avec l’évolution de la section design, qui va dĂ©sormais s’intĂ©resser tantĂŽt Ă  l’histoire d’une piĂšce iconique, tantĂŽt Ă  un projet local touchant Ă  l’architecture, Ă  l’urbanisme et, bien sĂ»r, au design ! Pour son kick off, cette nouvelle rubrique design & archi s’intĂ©resse de prĂšs Ă  un quartier en pleine mutation et qui pourrait devenir un nouveau point de rencontre pour les designers luxembourgeois : celui de Hollerich. On y retrouve d’ailleurs, au sein du nouveau Design Hub, notre Smart Kid On The Block du cru, Ruth Lorang, fondatrice du trĂšs chouette ruth.atelier !

Autre figure montante de la scĂšne crĂ©ative locale, cĂŽtĂ© musique cette fois, C’est Karma s’est Ă©galement livrĂ©e Ă  Bold suite Ă  l’obtention du Global Project Grant 2024. SĂ©lectionnĂ©e initialement pour participer Ă  l’étape nationale du concours de l’Eurovision, elle y a finalement renoncĂ©. Nous non, mais nous avons aussi dĂ©cidĂ© de ne pas nous prĂ©cipiter sur la victoire - relativement surprenante - de la jeune Tali, dont l’histoire et le travail restent encore relativement peu connus du grand public. Ce qui ne veut pas dire que nous n’allons pas suivre la phase de prĂ©paration Ă  Malmö avec intĂ©rĂȘt !

Et puis comme un petit bol d’air frais commence (dĂ©jĂ ) Ă  s’imposer, on vous invite Ă  aller respirer l’air marin de la Normandie, un verre de bon calvados Ă  la main et - pourquoi pas - une montre trĂšs « haute couture » au poignet
 Parce que, comme le dit notre charismatique cover boy Sadeck Berrabah : « Il y a de la magie partout, le tout c’est de savoir regarder
 et d'ouvrir l’Ɠil ». Alors chĂšres lectrices, chers lecteurs que nous savons toujours prĂ©sents - parution d’étude Plurimedia ou pas - posez bien vos mirettes sur tout ce qui vous fait du bien, on vous garde plein de surprises pour vous y aider ! De rien.

Fabien Rodrigues

OURS

DIRECTION

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RÉDACTEUR EN CHEF

Fabien Rodrigues

RÉDACTEURS

Jonathan Blanchet | Magali Eylenbosch

Julie Kieffer | Pierre Pailler

Sébastien Vécrin

GRAPHISTE

Dorothée Dillenschneider

DIRECTRICE COMMERCIALE

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CONSEILLERS EN COMMUNICATION

Aymeric Grosjean | Kevin Martin

PHOTOGRAPHES

Luc Garnier | Carl Neyroud

Audran Sarzier

Toute reproduction de ce magazine, mĂȘme partielle, est interdite.

SOCIÉTÉ ÉDITRICE

WAT éditions Sàrl

74, rue Ermesinde L-1469 Luxembourg

Tél.: +352 26 20 16 20

CONTACT redaction@boldmagazine.lu

20 200

exemplaires certifié CIM

3 ÉDITO

SOMMAIRE

CULTURE

PLAYLIST.06

ARTY.08

ÉCOUTER VENISE

AVEC ANDREA MANCINI ET EVERY ISLAND

SERIES.12

MUSIC.14

C'EST KARMA, AU CARREFOUR DE LA POP ET DE L'UNIVERSITÉ

CINEMA.18

INTERVIEW.20

SADECK BERRABAH, FUSÉE CHORÉGRAPHIQUE

DIARY.26

BOOKS.44

COUVERTURE #84

Difficile de ne pas avoir entendu parler de Sadeck Berrabah : son nom est sur les lĂšvres de tous les amateurs de danse, et bien d’autres. Sensation tĂ©lĂ©visuelle certes, mais danseur et chorĂ©graphe passionnĂ© avant tout, Sadeck a créé une piĂšce de danse unique, poĂ©tique et envoutante qui fait vibrer 40 danseurs Ă  l’unisson. Entre deux collabs prestigieuses - ne citons que Kendrick Lamar, Shakira ou la marque Moncler - il mĂšne Murmuration Ă  travers le globe et l’orchestrera pour le public luxembourgeois Ă  la Rockhal le 30 septembre prochain. Une occasion parfaite pour en apprendre plus sur ce vĂ©ritable missile de la danse que personne n’arrĂȘte


SITE

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RÉSEAUX SOCIAUX

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LIFESTYLE TRENDS

SPOTTED.46

LA PETITE VESTE, POINT.

IT LIST.56

STORY TIME.60

SOCIETY DESIGN ET ARCHITECTURE.36 HOLLERICH, FUTUR ELDORADO DU DESIGN ?

FOCUS.68

LA VAGUE B CORP DÉFERLE (AUSSI) SUR LE LUXEMBOURG

SNAPSHOT.80

SMART KIDS ON THE BLOCK.40

RUTH LORANG

ESCAPADE

CULTURELLE.62

ANNÉE DE FASTE(S)

POUR LE CENTRE

POMPIDOU METZ

FOOD.64

CITY TRIP.72

LE KIFF MADE IN NORMANDIE

CRASH TEST.78

4

Le nouveau Tiguan

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) Pack Start compris dans l’offre PrivateLease.

** Équipements inclus dans le PACK START : Jantes Venezia 7J x 17, Pneus 215 / 65 R17 - Vitres latĂ©rales arr. et lunette arr. assombries - Projecteurs Ă  LED Plus - Éclairage d’ambiance Ă  10 couleurs - Fonction mĂ©moire pour assistant aux manoeuvres de stationnement - SystĂšme de fermeture et de dĂ©marrage sans clĂ© « Keyless Access » avec SAFELOCK - Alarme antivol - Hayon Ă  ouverture pilotĂ©e par capteurs et fermeture Ă©lectrique diffĂ©rĂ©e, avec dĂ©verrouillage Ă  distance - Peinture mĂ©tallisĂ©e - Et bien plus encore ...

Texte

Sébastien Vécrin

ALCACHOFA / RICARDO VILLALOBOS

Parlons boom boom, parlons glitch, parlons bleep, parlons Ricardo Villalobos ! Le DJ aux cheveux gras ressort une nouvelle fois son classico Alcachofa qui datait de 2003, sous la forme d’un coffret quatre vynils avec en cadeau « Bach To Back », « Y.G.H. » et « Waiworinao », trois nouveaux sons sur une galette intitulĂ©e Alcachofa Tools. Si tu veux briller en small talk dans un after de la rue du Fort Neipperg, tu peux balancer qu’il a quittĂ© le Chili because le coup d’État opĂ©rĂ© par Augusto Pinochet. Tu peux aussi enchaĂźner sur le fait qu’il s’est installĂ© Ă  Berlin pour y produire de la microhouse al dente et de la minimal pas si mal. Tu peux ensuite ajouter que tu es fan des centaines de memes dans lesquels on le voit mixer dans un Ă©tat proche de l’Ohio, les yeux dans le vide, transpiration 3000 avec les dents qui claquassent au rythme des BPM. J’ai l’air de juger, mais ech sinn fan de ouf. CĂŽtĂ© sonoritĂ©, Riri explore sur de longs tracks hypnotiques et synthĂ©tiques pour nous convier Ă  un long voyage au sein de paysages perchĂ©s. Ce skeud est calibrĂ© pour des dancefloor suintants, Ă  10 h du matin, dans un sous-sol bien trop mal Ă©clairĂ©, avec un sound system au volume maximal.

INFLUENTIAL / BAD BOY CHILLER CREW

T’es prĂȘt ? Je te prĂ©sente les Bad Boy Chiller Crew, Gareth « GK » Kelly, Kane Welsh, and Sam « Clive » Robinson, trois Brits de Bradford trĂšs, trĂšs Ă©loignĂ©s de la hype londonienne. Les lads font des Y en quad, une teille de Smirnoff dans la poche et un trois feuilles dans la mano. En matiĂšre de look, t’as du rouquin, de la coupe mulet, du jogging de blĂ©dard, les boucles d’oreilles de George Michael, du t-shirt Armani XS achetĂ© au marchĂ© et de la TN en veux-tu, en voilĂ . CĂŽtĂ© clip, ça boit et ça se dĂ©fonce Ă  l’anglaise, vomito inclus, en draguant des meufs enceintes de leurs troisiĂšmes bambins Ă  18 piges, dans tous les clubs pourraves de seconde zone de leur banlieue maudite. Leur quatriĂšme album s’appelle Influencial. Les mĂ©lodies rentrent directes net, j’appuie sur la gĂąchette, dans la tĂȘte Ă  base de popopop, de sonoritĂ©s R&B, de groove dance, et de beat rap, le tout saupoudrĂ© d’accent cockney. Damn, c’est peut-ĂȘtre ce que l’Angleterre a fait de plus beau depuis Cantona. Moi, je suis fan, mais tu l’avais captĂ© dĂšs les premiers mots mon gĂątĂ©.

. DISPO (BASSLINE)

KERCHAK / SAISON 2

De la jersey drill bien sale, des basses sourdes, de la street credibility, des cagoules de chouf, des fake pochettes Louis Vuitton chapardĂ©es Ă  BarbĂšs : le dĂ©cor de Kerchak est plantĂ©. Personnellement, j’écoute du rap pour sortir de ma zone de confort de petit bourgeois fragile qui sirote des chai latte Ă  Bonnevoie. Avec Saison 2, le second album de Kerchak, c’est all in avec des odes Ă  la baston, des guerres de terrains, des nourrices avec des trous dans le mur, du gunn de l’ex-URSS, des portables prĂ©payĂ©s, de la misĂšre de citĂ©, des soldats qui braillent devant la cage d’escalier, notamment sur le fabuleux hit « 2006 (Opps qui court) ». Un must pour s’enjailler Ă  Hamilius aprĂšs un after work au Royal. D’origine ivoirienne, le frĂ©rot affole les plateformes de stream Ă  seulement 20 piges. Sur ce long format, il arrive en Ă©quipe avec des featurings bien amenĂ©s dont Ziak, Dinos, Houdi, Gambi et RnBoi. Son propre blaze est un hommage au chef du clan des gorilles de Tarzan - comprendre je peux te monter en l’air si tu me manques de respect. Moi, mon Kerchak adorĂ©, je te respecte trop, la preuve je fais ta promo oklm dans Bold, le magazine le plus gang du Luxembourg.

. DISPO (DRILL)

EAST OF ANY PLACE / ROGÉR FAKHR

On se fait un petit libanais ? Kefta ? Houmous ? Non, plutĂŽt un RogĂ©r Fakhr ! Quarante-cinq ans aprĂšs son album dans un Liban dĂ©chirĂ© par la guerre civile et hantĂ© par les troubles sociaux, le label berlinois Habibi Funk ressort ce trĂ©sor perdu de groove oriental. EnregistrĂ© en moins d’une journĂ©e en 1977 Ă  Beyrouth, dans un studio de fortune dans un petit appartement avec quelques frĂšres zicos, ce must have a Ă©tĂ© Ă©ditĂ© en trĂšs peu d’exemplaires. Le Roger dealera mĂȘme ses cassettes sous le manteau, entre deux tirs de mortier dans les rues dĂ©vastĂ©es de Beyrouth. Ces dix chansons sont purement psychĂ©dĂ©liques. Dans « Drown To My Bones », le folk se mĂȘle au blues, tandis que « Drinking Tea » rĂ©sonne avec des vibes Ă  la Beatles. Le guitariste chevelu utilise la technique du finger picking sur ses cordes. Le songwriter chante en anglais et mixe ses mĂ©lodies avec des instruments traditionnels comme le luth et la flĂ»te. Les morceaux sont impeccables, rugueux et mĂ©diterranĂ©ens Ă  souhait. C’est le parfait tĂ©moignage d’une jeunesse libanaise martyrisĂ©e par le conflit qui faisait rage Ă  l’époque. Un skeud chargĂ© d’histoire.

6 note sur 5
. DISPO (GROOVE ORIENTALE)
. DISPO (TECHNO)
PLAYLIST
29.03.24 ➔ 02.09.24 AndrĂ© Masson Il n’y a pas de monde achevĂ© AndrĂ© Masson, Gradiva, 1938-1939 Huile sur toile, 97 × 130 cm Paris, Centre Pompidou, MusĂ©e national d’art moderne © Adagp, Paris, 2024 Photo : Georges Meguerditchian - Centre Pompidou, MNAM-CCI /Dist. RMN-GP centrepompidou-metz.fr #masson

ÉCOUTER VENISE

AVEC ANDREA MANCINI ET EVERY ISLAND

Parmi les talents Ă©mergents de la jeune gĂ©nĂ©ration d’artistes contemporains luxembourgeois, Andrea Mancini est certainement de ceux qui savent impressionner leurs pairs et faire parler d’eux.

AprĂšs une prestation trĂšs remarquĂ©e de son Ɠuvre Minerals au dernier festival Multiplica des Rotondes, il a dĂ©cidĂ© de s’allier au collectif bruxellois Every Island pour proposer, ensemble, le projet A Comparative, Dialogue Act dans la course prestigieuse Ă  la Biennale d’Art de Venise. Une dĂ©cision judicieuse et particuliĂšrement pertinente avec le thĂšme de cette 60e Ă©dition qui les amĂšnera Ă  occuper le Pavillon du Luxembourg dĂšs le 18 avril prochain. On a rencontrĂ© tout ce beau monde lors de la prĂ©sentation du projet, fin janvier, au ministĂšre de la Culture


Une prĂ©sentation anniversaire, mais aussi un des premiers grands rendez-vous avec la presse pour le nouveau ministre de la Culture, Eric Thill : voilĂ  les enjeux particuliĂšrement enthousiasmants que revĂȘtait, le 23 janvier dernier, la prĂ©sentation du prochain « Luxembourg Pavilion » au sein de la cĂ©lĂ©brissime Biennale di Venezia 2024 - qui se dĂ©roulera du 20 avril au 24 novembre. Un an jour pour jour aprĂšs le lancement de l’appel Ă  projets par Kultur | lx, en collaboration avec le ministĂšre de la Culture et le Mudam Luxembourg, l’artiste Andrea Mancini et le collectif Every Island y expliquaient donc en dĂ©tail leur projet A Comparative Dialogue Act, laurĂ©at parmi les 22 candidatures recueillies.

« NOUS VOULONS TRAVAILLER AUTOUR DES NOTIONS D’APPROPRIATION, DE COLLABORATION ET MÊME DE COMPORTEMENT POSITIVEMENT PARASITIQUE » ANDREA MANCINI

Lors de l’annonce de ce choix en mai dernier, le jury avait confiĂ© qu’il s’agissait « d’un projet remarquable, qui manifeste le nouvel intĂ©rĂȘt, dans l’art contemporain, pour un dĂ©veloppement collectif de scĂ©narios et d’une ouverture permettant au public d’avoir une vue allant jusqu’au cƓur de l’activitĂ© artistique, au plus prĂšs de ses productions. Une proposition loin d’ĂȘtre prĂ©tentieuse, qui en appelle de façon prĂ©cise aux sens en prĂ©sentant, pendant tout le temps de la Biennale ; un projet appelĂ© Ă  Ă©voluer en continu et Ă  s’élargir de proche en proche, portĂ© par des artistes reprĂ©sentatifs

des forces vivaces ainsi que de la diversitĂ© sociale, culturelle et linguistique au Luxembourg, un pays en perpĂ©tuelle Ă©volution et ouvert au changement ». Un jury prĂ©sidĂ© par la directrice du Mudam, Bettina SteinbrĂŒgge, et composĂ© d’Adam Budak (Kestner Gesellschaft Hannover), Michelle Cotton (Mudam), HĂ©lĂšne Doub (Kultur | lx), HĂ©lĂšne GuĂ©nin (MAMAC Nice), StilbĂ© Schroeder (Casino Luxembourg) et de Joel Valabrega, curatrice pour les arts performatifs et les programmes publics au Mudam et qui s’est vue confier le commissariat de l’exposition.

STRANGERS EVEYWHERE

C’est Ă  ses cĂŽtĂ©s et au diapason de son enthousiasme assumĂ© que les artistes ont ainsi pu dĂ©voiler les dĂ©tails de ce pavillon innovant et pionnier dans les arts numĂ©riques, et plus prĂ©cisĂ©ment dans les arts sonores, puisque c’est en effet le son qui y rĂšgnera en maĂźtre. A Comparative Dialogue Act y bousculera le concept Ă©tabli d’auteur comme artiste individuel en prĂ©sentant un ensemble d’Ɠuvres oĂč les artistes se dessaisissent de leur ego au profit d’une exploration approfondie de la crĂ©ativitĂ© collective Ă  travers le mĂ©dium du son. Au grĂ© d’un programme de rĂ©sidences, dĂ©ployĂ© sur toute la durĂ©e de la biennale, le pavillon se transformera en espace de production, chaque dĂ©marche individuelle apportant sa contribution Ă  une sonothĂšque partagĂ©e. Ces rĂ©sidences d’artistes sont en l’occurrence confiĂ©es Ă  quatre artistes issus d’une scĂšne internationale trĂšs punk, queer et engagĂ©e : Bella BĂĄguena (Espagne), Selin Davasse (Turquie), Stina Fors (SuĂšde) et CĂ©lin Jiang (France).

Une pluralitĂ© internationale qui s’accorde parfaitement avec le thĂšme plus gĂ©nĂ©ral de cette 60 e biennale, axĂ©e sur la tolĂ©rance et la notion d’accueil, prenant le sobriquet de « Foreigners Everywhere » - de quoi faire trembler les convictions politiques les plus nationalistes !

8
Texte Fabien Rodrigues
ARTY

Eric Thill a d’ailleurs tenu Ă  souligner son enthousiasme quant Ă  cette thĂ©matique particuliĂšrement pertinente pour l’équipe luxembourgeoise, alors qu’elle a Ă©tĂ© dĂ©voilĂ©e bien aprĂšs la sĂ©lection du projet
 Il faut croire que c’était un joli coup du destin. Le ministre a d’ailleurs assurĂ© de sa prĂ©sence lors du vernissage du Luxembourg Pavilion et a saluĂ© chaleureusement le travail de Kultur l lx, qui Ɠuvre pour la premiĂšre fois comme institution coordinatrice principale de la prĂ©sence grand-ducale Ă  la Biennale di Venezia. ValĂ©rie Quilez, co-directrice de l’institution dĂ©diĂ©e Ă  la promotion internationale de la culture luxembourgeoise, fĂ©licitait d’ailleurs, elle aussi, l’intuition du jury, « qui semble avoir eu du nez ! ».

UNE ƒUVRE PERFORMATIVE UNIQUE

Pour entrer un peu plus en dĂ©tail dans le projet en question, on peut faire confiance Ă  la curatrice du pavillon, Joel Valabrega, qui souligne en premier lieu le caractĂšre performatif trĂšs niche de A Comparative Dialogue Act Andrea Mancini et le collectif Every Island - fondĂ© Ă  Bruxelles en 2021 par Alessandro Cugola, Caterina Malavolti, Damir Draganic, Juliane Seehawer et Martina Genovesi - opĂ©reront ainsi une transformation du pavillon en une Ɠuvre activĂ©e permanente, qui fera appel non seulement Ă  un corpus existant de sons, mais aussi Ă  tout ce qui sera gĂ©nĂ©rĂ© en temps rĂ©el et intĂ©grĂ© Ă  une bibliothĂšque sonore de facto Ă©volutive. « Nous voulons travailler autour des notions d’appropriation, de collaboration et mĂȘme de comportement positivement parasitique », prĂ©cise Ă  ce sujet Andrea Mancini.

Dans un monde ou l’individualisme et la compĂ©tition font rage, le projet prĂ©sentĂ© Ă  Venise prend la route opposĂ©e et remet l’entente humaine au cƓur de sa rĂ©flexion. L’hospitalitĂ©, le « faire avec autrui » et la mise Ă  disposition des ressources en sont les valeurs cardinales. Comme le souligne HĂ©lĂšne Doub, responsable du dĂ©partement Arts Visuels chez Kultur | lx : « On peut souffrir du rythme des autres, bien sĂ»r, mais il est trĂšs possible de l’assimiler Ă  son propre rythme et de vivre avec de maniĂšre tout Ă  fait positive ».

« LE JURY A EU DU NEZ : IL A CHOISI A COMPARATIVE DIALOGUE ACT COMME LAURÉAT AVANT MÊME QUE LA THÉMATIQUE STRANGERS EVERYWHERE DE LA BIENNALE NE SOIT DÉVOILÉ »

Le pavillon est Ă©laborĂ© comme une infrastructure permettant la transmission du son, avec une technologie mobilisĂ©e de maniĂšre Ă  dĂ©velopper une expĂ©rience locale de recherche sur la transmission de la connaissance et le concept de « work in progress ». La notion d’ouverture ne renvoie pas ici Ă  l’absence de limites, mais bien Ă  l’appropriation

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Photo de l'équipe artistique © Alessandro Simonetti, 2023

Fabien

de « l’autre » Ă©voquĂ©e plus tĂŽt et Ă  sa contribution Ă  des scĂ©narios collectifs et Ă  l’issue indĂ©terminĂ©e. L’infrastructure du pavillon est composĂ©e de quatre Ă©lĂ©ments : quatre murs, le sol, le plafond et un rideau de façade. Les quatre murs, ou « Murs sonores », sont la piĂšce centrale et constituent le systĂšme sonore proprement dit. Les murs sont installĂ©s sur des roues, afin de permettre aux artistes d’interagir et de les travailler en les agençant dans l’espace de maniĂšre diffĂ©rente au fil de l’avancĂ©e de l’activation. L’artiste invitĂ© les utilise librement pendant sa rĂ©sidence. Mais les murs sont les outils de la performance : ils permettent aussi, lorsqu’aucun artiste n’est prĂ©sent, de jouer la bibliothĂšque de sons enregistrĂ©e et les piĂšces produites. Les quatre murs sonores peuvent ĂȘtre mis en syntonie, diffusant en boucle une performance antĂ©rieure, ou en interfĂ©rence les uns avec les autres. Ces moments de confrontation ou d’interfĂ©rence entre les travaux de diffĂ©rents artistes sont conçus comme un « dialogue comparatif »  La boucle est bouclĂ©e.

Concernant le message vĂ©hiculĂ©, Alessandro Cugola du collectif Every Island appuie une fois de plus sur l’aspect antiindividualiste de l’Ɠuvre : « Il y a dĂ©jĂ  tellement de choses qui ont Ă©tĂ© produites, de maniĂšre gĂ©nĂ©rale. Une dĂ©marche artistique n’implique pas forcĂ©ment la crĂ©ation d’une nouvelle chose ex nihilo, mais peut trĂšs bien s’inspirer et utiliser de maniĂšre vertueuse ce qui existe dĂ©jĂ . Nous poussons certainement cette pensĂ©e Ă  une certaine limite avec notre projet, en encourageant l’utilisation presque sauvage d’un corpus existant, mais cela nous intriguait beaucoup de faire appel aux valeurs de confiance et de comprĂ©hension mutuelle. Chaque artiste sera ainsi un vecteur, un messager d’un travail commun, en comprenant le processus mĂȘme de ce qui se passe dans le pavillon ». Une excitante aberration, dans une sociĂ©tĂ© oĂč la technologie mise au service de l’autopromotion et du repli sur soi. « Une pause politique dans ce flux saturĂ©, particuliĂšrement tentante pour un collectif d’artistes et de curateurs Ă©mergents,

dans un contexte oĂč il devient de plus en plus difficile d’identifier ce qui est vrai de ce qui ne l’est pas », comme la dĂ©crit Joel Valabrega.

Andrea Mancini, quant Ă  lui, conclut autour de l’utilisation du son comme mĂ©dium : « Il s’agit ici de se demander si le son peut devenir un langage commun, ce qui est probablement impossible in fine, mais le son constitue un outil incroyable d’expression artistique et linguistique entre artistes et auprĂšs du public. Notre langage Ă©volue et peine parfois Ă  s’adapter Ă  la marche des choses et aux transformations sociales, on le voit par exemple avec la dĂ©nomination des genres aujourd’hui. L’évolution de cette notion est incroyable, mais peut parfois devenir clivante Ă  cause du facteur langage dans lequel les gens ont du mal Ă  trouver les bons repĂšres. Le son est bien plus fluide et touche de maniĂšre beaucoup plus directe les Ă©motions et l’affect
 »

LE LUXEMBOURG À LA BIENNALE DI VENZIA

Depuis 1988, le Luxembourg participe rĂ©guliĂšrement aux Expositions Internationales d’Art et d’Architecture de la Biennale de Venise.

D’abord exposĂ© dans diffĂ©rents lieux, le pavillon luxembourgeois s’installe en 1999 au rez-de-chaussĂ©e de la Ca’ del Duca, sur le Grand Canal. En 2003, le Luxembourg remporte le Lion d’Or du meilleur pavillon avec l’artiste Su-Mei Tse. Depuis 2018, le pavillon luxembourgeois (architecture et art) occupe une partie des Sale d’Armi, Ă  l’intĂ©rieur de l’Arsenal, aux termes d’un contrat signĂ© en 2017 entre l’État du Luxembourg et la Fondation La Biennale di Venezia, garantissant la prĂ©sence du pays Ă  l’Arsenal pour les vingt prochaines annĂ©es.

A Comparative Dialogue Act est la premiĂšre collaboration entre Andrea Mancini et Every Island, mĂȘme si le groupe s’était dĂ©jĂ  rencontrĂ© auparavant au sein de rĂ©sidences en Belgique ou encore au Mudam Luxembourg.

10
Texte
Rodrigues ARTY
Luxembourg Pavilion, A Comparative Dialogue Act © Andrea Mancini & Every Island, 2024

DES BULLES POUR LE DIX-NEUVIÈME TROU

MYKNOKKE-HEIST.BE

degré d'attente note sur 5

MISTER SPADE

TRUE DETECTIVE

« QUITTE À REPOUSSER ENCORE UNE FOIS LES LIMITES, POURQUOI NE PAS S'ATTAQUER AU HÉROS PHARE DU ROMAN NOIR »

MAN OF THE HOUR : SCOTT FRANK

CONTINUATEURS : CLIVE OWEN, CARA BOSSOM, DENIS MÉNOCHET, LOUISE BOURGOIN...

Sam Spade ? Il y a fort Ă  parier que ce nom vous dit quelque chose. Vous connaissez forcĂ©ment sa plus cĂ©lĂšbre incarnation, en la personne d'Humphrey Bogart dans Le Faucon maltais, grand film noir devant l'Ă©ternel, adaptĂ© du roman Ă©ponyme de Dashiell Hammett. Spoiler, Spade a eu une vie aprĂšs cette aventure. C'est l'idĂ©e mĂȘme de Scott Frank, « script doctor » ultra demandĂ© Ă  Hollywood, passĂ© de l'ombre Ă  la lumiĂšre lorsqu'il a dĂ©veloppĂ© une certaine minisĂ©rie pour Netflix Ă  base de compĂ©titions d'Ă©checs et sur fond d'ascension de son hĂ©roĂŻne au passĂ© troublant. Son nom ? Le Jeu de la dame. Le succĂšs est fulgurant, ouvrant un boulevard

à l'intéressé pour choisir son prochain projet. Quitte à repousser encore une fois les limites, pourquoi ne pas s'attaquer au héros phare de la pierre angulaire du roman noir ? Oui, mais à condition de le faire évoluer.

Ni remake, ni redite, Mister Spade fait le pari de la suite Ă©clairĂ©e. Sur le papier, la sĂ©rie entend jongler avec les tropes qui l'entourent (la vĂ©nĂ©neuse Brigid O'Shaughnessy, la clope, sa rĂ©putation de fin limier et de distributeur de bourre-pifs) pour mieux le prĂ©senter sous un Ɠil neuf. Le livre d'Hammet a Ă©tĂ© Ă©ditĂ© Ă  l'aube des annĂ©es 30, le film de John Huston est sorti en plein second conflit mondial...

En choisissant pour cadre la France des annĂ©es 60 pour organiser les retrouvailles avec le personnage, la sĂ©rie expose son rĂ©cit aux stigmates de la guerre d'AlgĂ©rie et son personnage Ă  ceux de la vieillesse. Et pourquoi pas ? Un peu Ă  la façon du dernier Indiana Jones, Mister Spade semble ne pas avoir peur de confronter son personnage Ă  un principe de rĂ©alitĂ© et cela a plutĂŽt rĂ©ussi Ă  l'archĂ©ologue. Scott Frank a pas mal de bouteille. Il a lui-mĂȘme concĂ©dĂ© avoir d'abord refusĂ© de toucher au mythe, de peur de ne rien avoir Ă  ajouter... avant de plonger. Tout spectateur rĂ©ticent devrait suivre son exemple par curiositĂ©. Il pourrait bien s'en trouver rĂ©compensĂ©.

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. PROCHAINEMENT SUR CANAL+
SERIES Texte Jonathan Blanchet

FULL CIRCLE PENTACLE GLISSÉ

CAMERA MAN : STEVEN SODERBERGH

PRIS DANS LA SPIRALE DU COMPLOT : ZAZIE BEETZ, CLAIRE DANES, TIMOTHY OLYPHANT...

Polar sĂ©riel, Full Circle plonge spectateurs et personnages dans une nĂ©buleuse oĂč il est question d'enlĂšvement ratĂ©, de dangereux quiproquos et de rĂšglements de comptes entre la pĂšgre guyanaise et la haute sociĂ©tĂ© new-yorkaise. OrnĂ©e du nom de Steven Soderbergh (Traffic ) qui signe la rĂ©alisation, la sĂ©rie est frappĂ©e d'une dissonance qui rĂšgne entre les intentions du rĂ©alisateur et le script alambiquĂ© signĂ© Ed Salomon, qui multiplie les effets de manche. Ainsi, Full Circle ne trouve jamais la portĂ©e qu'elle cherche Ă  atteindre.

. EN FÉVRIER SUR CANAL+

SHOGUN WAY OF THE SAMURAI

THE NEW LOOK REVERS DE LA MÉDAILLE

PATRON : TODD A. KESSLER

MODÈLES : BEN MENDELSOHN, JULIETTE BINOCHE, MAISIE WILLIAMS...

Production prestigieuse pour Apple emmenĂ©e par le co-crĂ©ateur de Damages, The New Look se penche sur le destin en miroir de Christian Dior et Coco Chanel, Ă  l'heure de l'occupation allemande d'une France divisĂ©e. C'est Ă©videmment ici leur boussole morale qui est questionnĂ©e. Angle intĂ©ressant, casting cinq Ă©toiles (Ben Mendelsohn, Juliette Binoche)... Tout semble taillĂ© pour sĂ©duire le spectateur international... et tant pis si les protagonistes, censĂ©s ĂȘtre français, passent leur temps Ă  deviser en anglais le plus naturellement du monde.

. À PARTIR DU 14 FÉVRIER SUR APPLETV+

DAIMYOS : RACHEL KONDO ET JUSTIN MARKS

DESTINS CROISÉS : COSMO JARVIS, HIROYUKI SANADA, ANNA SAWAI...

Dans le Japon fĂ©odal, en l'an 1600, un navigateur anglais, John Blackthorne (Cosmo Jarvis), est fait prisonnier par le seigneur Yoshii Toranaga (Hiroyuki Sanada, qu'on ne prĂ©sente plus). Une relation complexe va se nouer entre les deux hommes, d'autant que le captif pourrait bien dĂ©tenir des secrets vitaux dans la lutte qui oppose Toranaga Ă  ses ennemis. Adaptation d'un roman de James Clavell qui avait dĂ©jĂ  Ă©tĂ© transposĂ© Ă  l'Ă©cran dans les annĂ©es 80 avec Toshirƍ Mifune et Richard Chamberlain, cette version pour Disney+ promet une nouvelle confrontation au sommet.

. À PARTIR DU

27 FÉVRIER

SUR DISNEY+

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AU CARREFOUR DE LA POP ET DE L'UNIVERSITÉ

Une conversation avec C'est Karma s’apparente Ă  une immersion dans un monde oĂč la musique underground rencontre l'acadĂ©misme, un moment oĂč les rythmes Ă©lectro-pop se mĂȘlent aux Ă©chos d'une scĂšne punk, le tout sous le regard attentif d'une Ă©tudiante dĂ©terminĂ©e. C’est ici que cette artiste luxembourgeoise de 22 ans trouve sa place, jonglant habilement entre les bancs de l'universitĂ© d’Amsterdam et les studios d'enregistrement. Devant moi, elle incarne la jeunesse audacieuse et la crĂ©ativitĂ©, mĂȘlant innocence et dĂ©termination dans une harmonie qui dĂ©fie les conventions. Entretien avec la future star de la pop made in Luxembourg.

Karma Catena (son vrai nom complet) parle de son quotidien avec une honnĂȘtetĂ© rafraĂźchissante : « Je suis Ă  la fac, en troisiĂšme annĂ©e de Bachelor de Culture Studies. C’est une filiĂšre longue, j’ai une vingtaine d’heures de cours par semaine, tous en anglais ». Ces mots simples, mais lourds de sens, rĂ©vĂšlent un Ă©quilibre prĂ©caire entre deux mondes. Chaque journĂ©e est un numĂ©ro d'acrobate, une danse entre la rigueur des Ă©tudes et la libertĂ© de l'expression artistique. Le processus crĂ©atif de C'est Karma est un voyage introspectif.

« ÇA COMMENCE AVEC UNE DÉMO SUR L'ORDI AVEC QUELQUES PLUGINS »

« Ça commence avec une dĂ©mo sur l'ordi et avec quelques plugins », raconte-t-elle, ses yeux brillant Ă  l'Ă©vocation de ces moments de crĂ©ation solitaire. Chaque morceau est un chapitre de sa vie, un rĂ©cit qui se tisse Ă  travers les mĂ©lodies et les paroles. Ses harmonies sont plus qu'une suite de notes, c'est une histoire, une exploration personnelle qui prend vie Ă  travers les sons et les rythmes. Elle peut aussi se laisser aller sur une mĂ©lodie au piano ou sur sa guitare, puis, quand l’idĂ©e est lĂ , elle entre en studio avec des producteurs pour que la magie opĂšre. D’abord arrive le beat, puis elle y colle ses poĂšmes ou ses chansons qu’elle pioche dans son petit carnet en adaptant, si besoin, les paroles Ă  la musique. « J’écris par phase, ça peut aller de 10 heures par semaine jusqu’à 100 % de mon temps. Tout dĂ©pend de mon mood ». D’ailleurs, son premier album est terminĂ© et arrivera dans les bacs en septembre. Un vrai travail introspectif, une belle honnĂȘtetĂ© dans la composition, 13 tracks puissantes de pop - enfin 12 plus une chanson secrĂšte. Chez Bold, on espĂšre que ce chiffre va lui porter chance et on a hĂąte de faire pĂ©ter les watts dans nos bureaux. Il y aura mĂȘme une sortie vinyle, alors Karma, demande vite Ă  ton label de nous envoyer une copie !

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MUSIC Texte Sébastien Vécrin
© Rares Matei

« Alors, j’ai longuement rĂ©flĂ©chi, et je sors ce LP sans label, en totale indĂ©pendance. Je ne crois plus vraiment Ă  la dynamique des maisons de disques. Je compte sur mon propre rĂ©seau pour distribuer et assurer la promotion de mon album. Idem pour les bookings. Je crois beaucoup en l’humain avant tout (sourire) ».

PUNK IS DEAD

Sa transformation de jeune punkette sous l’abribus de Mersch Ă  princesse pop sous les spotlights de la Rockhal est un rĂ©cit de dĂ©couverte et d’évolution. « J’ai grandi dans la scĂšne punk Ă  fond de NOFX oĂč ĂȘtre pop, c’était ĂȘtre mainstream, ça m’a pris du temps de dĂ©construire cette image », avoue-t-elle. Ce chemin n’est pas un reniement de ses racines, mais un Ă©largissement de son spectre musical, une reconnaissance que l’art transcende les genres et que chaque style a sa propre beautĂ©. Son nom de scĂšne, C’est Karma, c’est simplement son vrai prĂ©nom qu’elle adore, d’origine portugaise. C’est une affirmation de son unicitĂ© et ça lui colle parfaitement Ă  la peau. « C’était juste Karma au dĂ©but de ma carriĂšre, mais c’était trop commun et trop confus Ă  googliser. Alors, suite au conseil de mon ami de toujours, Andy, j’ai ajoutĂ© C’est ». Son blaze est un symbole de son individualitĂ© dans un monde numĂ©rique oĂč l'identitĂ© peut se perdre facilement. Elle choisit dĂ©libĂ©rĂ©ment un pseudo qui reflĂšte son parcours unique et sa musique.

Elle aborde l'aspect entrepreneurial de sa carriĂšre avec une maturitĂ© remarquable. « Il faut trouver les bons collaborateurs », dit-elle, soulignant l'importance d'un rĂ©seau solide et de partenariats fiables. C’est Karma n'est pas seulement une artiste, mais aussi une business girl avisĂ©e, consciente que l'industrie musicale demande un mĂ©lange de crĂ©ativitĂ© et de pragmatisme commercial. Pour elle, la musique est un travail, qu’elle adore, certes, mais un taf qui prend beaucoup de temps. Elle s’est entourĂ©e d’une Ă©quipe, d’un tourneur, de graphistes, d’artistes, de clippers et de son manager Kristof, qu’elle a rencontrĂ© en 2018 au Sonic Visions. Lors de ce festival professionnel organisĂ© par la Rockhal, Ă  seulement 16 ans, elle participe Ă  un speed dating pour briser la glace avec l’industrie musicale europĂ©enne. Trois minutes pour se vendre. Trois minutes pour dĂ©couvrir l’autre. « J’y suis allĂ©e avec toute ma naĂŻvetĂ©. Je n’avais mĂȘme pas prĂ©vu de cartes de visite. J’ai couru dans l’urgence chez Action acheter du papier origami et j’ai Ă©crit mes coordonnĂ©es au stylo ». Son futur manager la verra le soir mĂȘme en concert. Il a immĂ©diatement Ă©tĂ© bluffĂ© par sa prestance en live. Lui rĂ©side Ă  Hambourg, Karma au Luxembourg, pragmatique, ils se

donnent rendez-vous quelques jours plus tard à mi-chemin, à Koblenz pour sceller leur partenariat. Aujourd’hui, ils avancent toujours ensemble, main dans la main.

BUSINESS IS BUSINESS

Ses rĂ©flexions sur l'industrie musicale, sur la nĂ©cessitĂ© d'un Ă©quilibre entre l'art et le business, rĂ©sonnent avec une pertinence particuliĂšre dans notre Ă©poque. Elle incarne une nouvelle gĂ©nĂ©ration d'artistes qui comprennent que pour rĂ©ussir, il faut non seulement du talent et de la passion, mais aussi une comprĂ©hension aiguĂ« du monde dans lequel ils opĂšrent. Elle inspire tous ceux qui cherchent Ă  suivre leur passion tout en restant fidĂšles Ă  eux-mĂȘmes. Sa musique, Ă 

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© Rares Matei

l'image de sa personnalitĂ©, est un mĂ©lange vibrant de couleurs, de textures et d'Ă©motions, un univers oĂč chaque note raconte une histoire, chaque rythme dĂ©voile un sentiment. Ses influences musicales sont un kalĂ©idoscope d'inspirations diverses. « J'aime la production pop, les artistes pop », partage-t-elle, Ă©voquant son admiration pour des artistes comme l’Anglaise Charli XCX ou l’AmĂ©ricaine Caroline Polachek. « J’adorerais faire sa premiĂšre partie, ce serait vraiment une expĂ©rience inoubliable (sourire) ». Cette diversitĂ© inspire sa propre crĂ©ativitĂ©, lui permettant d'expĂ©rimenter avec diffĂ©rents genres pour crĂ©er quelque chose d'unique.

« JE NE CROIS PLUS VRAIMENT À LA DYNAMIQUE DES MAISONS DE DISQUES »

L'Eurovision est un sujet abordé avec une certaine réserve. « J'ai été sélectionnée, mais j'ai renoncé », révÚle-t-elle. Cette décision, bien que difficile, met en lumiÚre son engagement envers son art et sa détermination à suivre son propre chemin artistique, loin des sentiers tous tracés.

Elle parle de son besoin de pauses, de moments de retraite loin de la musique pour se ressourcer. « Les derniers mois ont Ă©tĂ© trĂšs durs », confesse-t-elle, Ă©voquant la pression de concilier Ă©tudes et musique. Ces pĂ©riodes d’éloignement sont essentielles Ă  son Ă©quilibre, lui permettant de se reconnecter avec elle-mĂȘme et de recharger ses batteries crĂ©atives.

VISER LES ÉTOILES

Le live est un aspect crucial de son identitĂ©. « Jouer, c'est partager ma musique d'une maniĂšre directe. Sur scĂšne, c’est Ă©videmment moi, qui je suis, mais de façon trĂšs exagĂ©rĂ©e (sourire) », explique-t-elle. En concert, sa musique prend vie, se transformant en un Ă©change Ă©motionnel et Ă©nergĂ©tique avec son public. Elle bouge, elle danse, elle s’exprime, elle vit, elle joue avec la puissance des lumiĂšres : sa direction artistique est sans faille ! Pour encore plus remplir la scĂšne, elle a abandonnĂ© la guitare sur les planches et se concentre sur sa prestation. La jeune Luxembourgeoise parle de ses aspirations futures avec clartĂ© et ambition : « Dans dix ans, j'espĂšre faire de belles tournĂ©es, avoir du succĂšs, et vivre de ma musique, mais avant je pense faire un master Ă  Vienne ». Ces mots rĂ©sument ses objectifs, rĂ©vĂ©lant une artiste dĂ©terminĂ©e Ă  laisser sa marque dans le monde de la musique.

16 MUSIC Texte
Vécrin
Sébastien
© Kiko Tsvetkov

« Remarque, j’espĂšre que ça ne prendra pas 10 ans et que j’y arriverai avant (sourire) ». C'est Karma est une artiste complexe, une mosaĂŻque de talents, d'intelligence et de persĂ©vĂ©rance. Elle symbolise la nouvelle gĂ©nĂ©ration d'artistes, ceux qui refusent de suivre les sentiers battus, prĂ©fĂ©rant tracer leur propre chemin, enrichissant le paysage musical de leur originalitĂ© et de leur passion. Le public et la critique ne s’y trompent pas : C’est Karma est une des deux laurĂ©ats de la bourse Global Project Grant 2024, accordĂ©e par Kultur | lx.

« LE PUBLIC ET LA CRITIQUE NE S’Y TROMPENT PAS : C’EST KARMA EST UNE DES DEUX LAURÉATS DE LA BOURSE

GLOBAL PROJECT GRANT 2024, ACCORDÉE PAR KULTUR | LX »

Parler avec C'est Karma, c'est ĂȘtre tĂ©moin d'une odyssĂ©e musicale et personnelle, un voyage Ă  travers la crĂ©ation et l'ambition. Elle est un symbole de la jeunesse contemporaine, une jeunesse qui danse sur de l’electro dans des caves sombres, une voix pour une gĂ©nĂ©ration en quĂȘte d'expression authentique et significative. Dans un monde souvent rĂ©gi par les tendances et les attentes, elle se dĂ©marque comme un exemple de ce qui est possible lorsque l'on suit son cƓur et son intuition, bravant les dĂ©fis et les incertitudes pour crĂ©er quelque chose de vĂ©ritablement extraordinaire. Dans le game de la musique, C'est Karma n'est pas seulement une note parmi d'autres, elle est une mĂ©lodie complĂšte, un hymne Ă  l'individualitĂ© et Ă  l'expression. Chaque chanson, chaque performance est un chapitre de son histoire, un rĂ©cit qui continue de s'Ă©crire au fil de ses expĂ©riences et de ses explorations.

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© Kiko Tsvetkov

DUNE : DEUXIÈME PARTIE L'HÉRITIER DE L'EMPIRE

« AUSTIN BUTLER, EN HÉRITIER DE LA DYNASTIE HARKONNEN, REPREND LE RÔLE TENU PAR STING DANS LE FILM DE DAVID LYNCH ET PROMET

DONC DE CROISER LE FER

AVEC

CHALAMET »

CAPITAINE DE FRANCHISE : DENIS VILLENEUVE

SAND PEOPLE : TIMOTHÉE CHALAMET, ZENDAYA, REBECCA FERGUSON...

Paul Atreides est de retour. Freinée par la grÚve à Hollywood (celle des scénaristes, puis des acteurs) qui avait prudemment contraint Warner à lisser son planning de sorties, l'arrivée du deuxiÚme volet de l'adaptation du roman de Frank Herbert est imminente. Petit rappel des faits.

On avait laissé l'héritier de la maison Atreides (Timothée Chalamet) tout juste adoubé par les Fremen. Face à Chani (Zendaya), énigmatique jeune femme qui lui apparaissait dans des visions depuis les premiers instants du film, Paul est à l'heure du choix. « Ce n'est que le début » lui assÚne le personnage de Zendaya. Tétanisante et foisonnante exposition un brin frustrante dans sa premiÚre partie,

. SORTIE LE 28 FÉVRIER

Dune entrera enfin dans le dur du bouquin d'Herbert, coupé en deux pour les besoins de la production.

En fuite aprĂšs l'assassinat de son pĂšre, orchestrĂ© par les Harkonnen, Paul « Muad'Dib » s'apprĂȘte maintenant Ă  devenir le chef des Fremen dans la guerre contre la maison ennemie. Dans cette suite, le jeune prophĂšte attirera l'attention de l'Empereur Shaddam IV, incarnĂ© par Christopher Walken. Parmi les nouveaux venus, on retrouvera aussi Florence Pugh, dans le rĂŽle de la fille du souverain et Austin Butler, en hĂ©ritier de la dynastie Harkonnen, qui reprend le rĂŽle tenu par Sting dans le film de David Lynch... et promet du coup de croiser le fer avec Chalamet. Et si la rĂ©plique de

Chani se rĂ©vĂ©lait aussi bien prophĂ©tique pour la suite du projet cornaquĂ© par Villeneuve ? Dune : DeuxiĂšme Partie devrait aussi introduire Alia, sƓur du hĂ©ros qui prend une importance non nĂ©gligeable dans Le Messie de Dune, vĂ©ritable « sequel » du roman matriciel. ManiĂšre pour Villeneuve d'ouvrir la voie pour la suite de son aventure sur Arrakis qui ne devrait donc pas prendre fin avec ce deuxiĂšme volet.

Bonne nouvelle... à condition que les résultats au box-office soient au rendez-vous et permettent à Villeneuve de réaliser sa vision dans sa globalité. On imagine de toute façon mal Warner laisser sa nouvelle franchise sur les étagÚres. L'Úre de Dune est arrivée ?

CINEMA
degré d'attente Texte Jonathan Blanchet note sur 5
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KUNG FU PANDA 4 RETOUR DE BÂTON

SPÉCIALISTE DES SUITES DE SUITES : MIKE MITCHELL

VOIX FAMILIÈRES : MANU PAYET / JACK BLACK, DUSTIN HOFFMAN / PIERRE ARDITI...

On l'avait presque oubliĂ©, mais Kung Fu Panda reviendra pour un quatriĂšme volet, pratiquement dix ans aprĂšs le prĂ©cĂ©dent. Fort de ses exploits passĂ©s, Po, l'ursidĂ© adepte des arts martiaux, s'apprĂȘte Ă  ĂȘtre promu chef spirituel de la VallĂ©e de la Paix. Mais, avant cela, il doit entraĂźner un nouveau guerrier dragon pour combler la place qu'il laissera vacante. Et le temps presse, puisqu'une nouvelle menace se prĂ©cise... Visuellement, il s'annonce en tout cas aussi spectaculaire que les prĂ©cĂ©dents.

. SORTIE LE 27 MARS

SOS FANTÔMES : LA MENACE DE GLACE CALLBACK

AU VOLANT DE L'ECTO 1 : GIL KENAN

PROTON PACKS : PAUL RUDD, CARRIE COON, FINN WOLFHARD..

Pas franchement attendu par votre serviteur, le précédent SOS FantÎmes, intitulé « L'héritage » sous nos latitudes, exhalait un doux parfum de nostalgie, pas vaine, hommage à la saga initiée par Yvan Reitman par le fils Jason. Désormais relancée, la franchise aura droit à un deuxiÚme volet, toujours avec Paul Rudd, la reine Carrie Coon et la bande d'ados menée par Mckenna Grace. Toujours crédité au scénario, Reitman fils lùche la caméra, mais il paraßt que le vétéran Bill Murray et ses complices sont plus que jamais impliqués dans cette histoire de fantÎmes venus glacer la ville de New York.

. SORTIE LE 3 AVRIL

CINELUX

C'EST REPARTI POUR LE LUXFILMFEST !

Nouveau tour de piste pour le Luxembourg City Film Festival, dont la quatorziĂšme Ă©dition s'ouvrira le 29 fĂ©vrier et Ă©talera ses projections d'avant-premiĂšres, de films en compĂ©tition et de masterclass, jusqu'au 10 mars. À l'heure oĂč nous Ă©crivons ces lignes, la programmation reste Ă  ĂȘtre rĂ©vĂ©lĂ©e. Quand vous les lirez, elle aura Ă©tĂ© dĂ©voilĂ©e depuis le 6 fĂ©vrier et vous aurez peut-ĂȘtre mĂȘme dĂ©jĂ  commencĂ© Ă  monter votre petit planning de rĂ©jouissances. Pour rappel, l'Ă©dition prĂ©cĂ©dente s'Ă©tait ouverte sur Mon Crime de François Ozon et avait permis de voir bien des films avant de se clĂŽturer sur Good Person de Zach Braff, avec Florence Pugh. Que du bon pour la suite.

14 e Luxembourg City Film Festival. Du 29 février au 10 mars 2024. Renseignements : www.luxfilmfest.lu

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SADECK BERRABAH

FUSÉE CHORÉGRAPHIQUE

Son nom est sur les lĂšvres de tous les fans de danse, et de bien d’autres. Sensation tĂ©lĂ©visuelle certes, mais danseur et chorĂ©graphe passionnĂ© avant tout, Sadeck Berrabah a créé une piĂšce de danse unique, poĂ©tique et envoutante qui fait vibrer 40 danseurs Ă  l’unisson. Entre deux collabs prestigieuses, il mĂšne Murmuration Ă  travers le globe et l’orchestrera pour le public luxembourgeois Ă  la Rockhal le 30 septembre prochain. InvitĂ© Ă  la premiĂšre Benelux en dĂ©cembre dernier, Bold en a profitĂ© pour poser quelques questions Ă  ce vĂ©ritable missile de la danse que personne n’arrĂȘte


20 Texte Fabien Rodrigues INTERVIEW
©
Luc Garnier

Salut Sadeck! Quelques semaines aprĂšs les reprĂ©sentations de Murmuration Ă  Bruxelles, comment te sens-tu ? Comment s’est passĂ©e cette premiĂšre belge ?

Ces dates Ă  Bruxelles Ă©taient en fait nos premiĂšres reprĂ©sentations Ă  l’étranger pour Murmuration. Le public belge a Ă©tĂ© Ă  la hauteur de sa rĂ©putation. L’accueil a Ă©tĂ© chaleureux et enthousiaste. Nous sommes impatients de revenir prĂšs de chez vous.

Tu es né à Forbach, mais on peut aussi lire que tu viens du sud de la France, à quoi a ressemblé la jeunesse de Sadeck Berrabah ?

Ma jeunesse a Ă©tĂ© chaotique, voire mĂȘme plutĂŽt catastrophique, mais j’en garde pourtant des souvenirs heureux entre la dĂ©couverte de la danse et la nature omniprĂ©sente dans ma vie et qui constitue toujours un repĂšre oĂč je me rĂ©fugie.

Tu as encore un ancrage dans la Grande Région ?

Bien sĂ»r, toute ma famille y vit toujours et je reviens rĂ©guliĂšrement les voir. Je ne suis pas du genre Ă  tourner le dos Ă  mes racines. La famille, c’est sacrĂ© !

La passion de la danse, elle arrive quand dans ta vie ?

DĂšs mon plus jeune Ăąge grĂące Ă  mon frĂšre avec qui on s’entrainait pour des battles. Et puis bien sĂ»r, il y a mon admiration pour des artistes comme Mickael Jackson.

Comment arrive le passage de la danse Ă  la chorĂ©graphie et le besoin d’en faire ton mĂ©tier ?

J’ai toujours tout chorĂ©graphiĂ© finalement, ça fait partie de ma nature profonde. Avant, c’était par le dessin. J’aime les lignes, les structures, les perspectives. Puis, il y a eu la danse avec ce style que j’ai créé et j’ai vu qu’il suscitait sinon de la curiositĂ©, de l’enthousiasme. Alors que je me suis dit : « pourquoi ne pas essayer d’en faire quelque chose ? ». Je me suis donnĂ© alors un dĂ©lai de deux annĂ©es pour rĂ©ussir dans la danse et d’en faire mon mĂ©tier Ă  temps plein.

« J’AI TOUJOURS TOUT CHORÉGRAPHIÉ FINALEMENT, ÇA FAIT PARTIE DE MA NATURE PROFONDE »

Quel est le moment clé qui va tout changer ?

La pĂ©riode de la pandĂ©mie a Ă©tĂ© crĂ©ativement trĂšs productive. La puissance des rĂ©seaux sociaux a fait le reste. L’élĂ©ment dĂ©clencheur fut la collaboration avec Shakira pour son clip. Jusqu’à la voir devant moi, je n’y croyais pas d’autant que la rencontre a eu lieu en pleine pandĂ©mie. À partir de lĂ , les choses se sont rĂ©ellement emballĂ©es avec de nombreuses sollicitations et notre participation Ă  l’émission « La France a

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un incroyable talent ». L’effet boule de neige a fonctionnĂ©, une collaboration en amenant une autre. Le succĂšs n’est donc pas arrivĂ© du jour au lendemain, mais bien Ă©tape par Ă©tape.

Kendrick Lamar, Shakira, Chris Brown : comment garde-t-on la tĂȘte froide quand on collabore avec des icĂŽnes pareilles ?

Pour ĂȘtre trĂšs sincĂšre, je pense que je ne rĂ©alise pas encore tout Ă  fait ce que toutes ces collaborations reprĂ©sentent. C’est mon entourage, ceux qui observent ce qui m’arrive, qui me font prendre conscience de tout ça. Avant de savoir avec qui je collabore, je dois avant tout imaginer quelque chose de nouveau. Mon focus est donc crĂ©atif et cela se fait souvent dans le rush. Je sais en revanche d’oĂč je viens et oĂč j’en suis aujourd’hui. Quand ce sera un peu plus calme, je pourrai alors rĂ©aliser tout ce qui a Ă©tĂ© fait. Je suis aujourd’hui emportĂ© dans le tourbillon du quotidien.

Tu as fondĂ© ta propre famille, c’est une base nĂ©cessaire dans ta vie ?

C’est toute ma vie, mon pilier, la force qui me permet d’avancer. Ma famille est prioritaire sur tout le reste. Je ne vis pas Ă  Paris et je rentre retrouver les miens dĂšs que je le peux. Je sais d’oĂč je viens et ma vie n’a pas changĂ©. J’essaye par ailleurs de dĂ©velopper la fibre artistique de mes enfants sans jamais les forcer. Aborder la vie par l’apprentissage de l’art, quelle que soit la discipline, permet une ouverture d’esprit sur les autres. L’éducation artistique devrait d’ailleurs ĂȘtre mieux valorisĂ©e Ă  l’école.

Tu t’es inspirĂ© de la nature et du mouvement de certains oiseaux pour crĂ©er Murmuration , peux-tu nous en dire un peu plus ?

Un matin, en pleine nature, mon regard est happĂ© par une nuĂ©e d'oiseaux. C’est grĂące Ă  cette image tellement forte, visuelle et inspirante que le concept de Murmuration est nĂ©. Pour moi, ces figures sont d’une beautĂ© rare. Tous ces petits individus qui, Ă  un moment, se coordonnent de façon gĂ©omĂ©trique et synchronisĂ©e pour se dĂ©placer en groupe sans que l’on comprenne leur fonctionnement. Je me suis dit : pourquoi ne pas tenter de le faire avec des ĂȘtres humains ?

« MURMURATION EST PLUS QU'UN SPECTACLE, C'EST UNE EXPÉRIENCE QUE JE SOUHAITE FAIRE VIVRE À TRAVERS CE MOMENT HORS DU TEMPS OÙ J’EMMÈNE LE SPECTATEUR DANS MON UNIVERS

Un des mouvements les plus utilisĂ©s dans le spectacle est l’isolation : d’oĂč vient cet affect particulier ?

Ça vient du mime. Enfant, j’étais trĂšs fan du mime Marceau, de la façon dont il Ă©tait capable de suggĂ©rer les choses et de faire travailler l’imagination. L’isolation permet d’attirer l’attention et d’emporter le spectateur de façon presque hypnotique, comme un magicien qui fait un tour devant vous avec ses mains. La concentration du spectateur est absorbĂ©e

22 Texte
Fabien Rodrigues INTERVIEW
»

et permet de l’emmener dans votre univers. En groupe, l’effet est dĂ©cuplĂ© et la coordination d’ensemble rend le mouvement puissant alors qu’individuellement, il est assez simple.

C’est un mouvement que l’on retrouve dans des courants de danse trĂšs diffĂ©rents, du contemporain au hip-hop en passant par le vogue old way. Quelles ont Ă©tĂ© tes premiĂšres inspirations et ont-elles changĂ© depuis ?

Je suis fascinĂ© par les formes gĂ©omĂ©triques depuis mon plus jeune Ăąge. J'ai d’abord commencĂ© Ă  m'exprimer Ă  travers le dessin puis par la danse que je pratiquais depuis des annĂ©es sans trouver mon propre style.

Quels sont les autres mouvements utilisés dans Murmuration ?

Murmuration tourne autour de trois Ă©lĂ©ments : les lignes, isolations et point fixes. C’est un mĂ©lange de popping, toyman et tutting.

Toi qui reviens réguliÚrement en Lorraine, comment perçois-tu le Luxembourg ? Tu connais bien ?

Le Luxembourg ou la Lorraine, c’est presque pareil. Il y a un Ă©tat d’esprit propre Ă  la Grande RĂ©gion. Je suis un peu des vĂŽtres finalement


Qu’attends-tu du public de la Rockhal en septembre prochain ?

J’ai entendu que le public avait rĂ©pondu prĂ©sent en nombre. Ça me touche vraiment. J’espĂšre qu’il sera aussi chaud et expressif que les Belges. Je suis impatient de voir la rĂ©action des amis luxembourgeois.

Et inversement, que peux-tu lui promettre avec Murmuration ?

Tout mon travail est basĂ© sur la force de l'union collective. C'est plus qu'un spectacle, c'est une expĂ©rience que je souhaite faire vivre Ă  travers ce moment hors du temps oĂč

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© Luc Garnier

« L’ÉLÉMENT DÉCLENCHEUR FUT LA COLLABORATION AVEC SHAKIRA POUR SON CLIP. JUSQU’À LA VOIR DEVANT MOI, JE N’Y CROYAIS PAS
 »

© Audran Sarzier
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DIARY

Sélection

Fabien Rodrigues

FÉVRIER - MARS 2024

03.02-07.04 / JULIEN HÜBSCH & PIT RIEWER

Pour cette nouvelle exposition aux Centres d’Art Nei Liicht et Dominique Lang de Dudelange, ce sont deux artistes montants de la jeune scĂšne luxembourgeoise qui ont l’opportunitĂ© de mettre en lumiĂšre leurs nouveaux travaux. À Nei Liicht, Pit Riewer - laurĂ©at 2023 du prix RĂ©vĂ©lation du Salon du Cercle artistique de Luxembourg Ă  24 ans Ă  peine - propose sa nouvelle exposition No Form No Shape. Du cĂŽtĂ© de la gare et du centre Dominique Lang, c’est le trĂšs en vue Julien HĂŒbsch qui expose, quant Ă  lui, walls/origins/replacement, projet de recherche avec lequel il a remportĂ© la RĂ©sidence de recherche et de crĂ©ation Ă  la CitĂ© internationale des arts de Paris en 2023. Sa pratique s’ancre dans les notions du vandalisme et la perception de l’espace urbain pour crĂ©er des environnements qui oscillent entre la peinture, la sculpture in situ et l’installation spatiale
 Une double exposition Ă  ne pas manquer !

Centres d’Art de la Ville de Dudelange

JUSQU'AU 08.09 / A MODEL

Exposition phare de la programmation du Mudam en 2024, A Model interroge le rĂŽle des musĂ©es en ce dĂ©but de XXIe siĂšcle. L’exposition affirme la nĂ©cessitĂ© de penser le musĂ©e comme un lieu vivant, ouvert sur le monde et en prise avec les dĂ©bats contemporains. Une dizaine d’artistes internationaux ont Ă©tĂ© invitĂ©s Ă  crĂ©er une installation inĂ©dite, souvent en dialogue avec un sĂ©lection d’Ɠuvres de la Collection Mudam. Le titre de l’exposition est inspirĂ© par un projet de l’artiste et activiste Palle Nielsen, The Model – A Model for a Qualitative Society (1968), qui consistait en la transformation du Moderna Museet, Ă  Stockholm, en une aire de jeux accessible aux enfants
 Avec Bettina SteinbrĂŒgge aux manettes en tant que commissaire, l’exposition est soutenue par la Banque Degroof Petercam Luxembourg et sera accompagnĂ©e d’un de ses autres volets, A Model: Epilogue – Jason Dodge, Ă  partir du mois d’avril


Mudam

SPECTACLE

DANSE

CINÉ-CONCERT

LÉGENDE

THÉÂTRE

CONCERT

OPÉRA EXPO

FESTIVAL

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AFTERWORK
© Dardan Zhegrova by Leart Rama

22-24.02 / CE QUE J’APPELLE L’OUBLI

Un homme entre dans un supermarchĂ© et, au rayon des boissons, ouvre une canette de biĂšre et la boit. Quatre vigiles surgissent, l’encerclent puis l’emmĂšnent dans la rĂ©serve. LĂ , au milieu des boĂźtes de conserve, ils vont le battre Ă  coups de poing, il ne se relĂšvera pas. Un narrateur, qui pourrait ĂȘtre un proche de la victime, s’empare de cette histoire et va tenter par les mots de faire revivre l’homme disparu. Et c’est comme une grande consolation. Le texte de Laurent Mauvignier extrait son personnage de l'oubli et de l'indiffĂ©rence en lui donnant une voix. Il tend un miroir Ă  notre sociĂ©tĂ© contemporaine et rĂ©ussit Ă  nous relier Ă  notre humanitĂ©. Sur les planches, dans une mise en scĂšne de Sophie Langevin, c’est Luc Schiltz qui donne sa voix au narrateur en question, dans cette production de la compagnie JUNCTiO avec le CAPE, le Kinneksbond et le Monodrama Festival Luxembourg.

28.02-17.03 / PAVILLON RÉALITÉ VIRTUELLE

Certes, il est toujours grisant pour les cinĂ©philes de s’adonner Ă  de vĂ©ritables marathons de sĂ©ances diverses pendant le Luxembourg City Film Festival - ou LuxFilmFest pour les intimes - qui fĂȘte sa 14 e Ă©dition cette annĂ©e. Mais le festival s’est aussi spĂ©cialisĂ© dans la rĂ©alitĂ© virtuelle, avec le Pavillon VR, dĂ©diĂ© Ă  cette discipline qui sĂ©duit de plus en plus et aux expĂ©riences immersives originales. Celui-ci sera ainsi de retour Ă  neimĂ«nster du 29 fĂ©vrier au 17 mars. Le Pavillon sera l’occasion pour le public d’explorer une sĂ©lection d’Ɠuvres immersives inĂ©dites, innovantes et primĂ©es aux plus grands festivals internationaux comme la Mostra de Venise ou Tribeca Immersive. Il proposera des contenus spĂ©cialement conçus pour tirer parti des rĂ©alitĂ©s virtuelles et augmentĂ©es. Et pourquoi ne pas coupler une visite du pavillon Ă  une autre activitĂ© sur place, comme la piĂšce Daisy pulls it of, prĂ©sentĂ©e du 13 au 16 mars ?

neimënster

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CAPE Ettelbruck © Pit Simon

DIARY

Sélection

Fabien Rodrigues

28.02 / MONSIEUR POULPE

« Salut merde ou quoi ! Il y a plus de 6000 ans, en 1963, les druides annonçaient Monsieur Poulpe pour la premiĂšre fois sur scĂšne avec son premier spectacle Ă  la fois sincĂšre, drĂŽle 
 et surprenant. Depuis, les druides sont morts, sauf Fabrice qui est clairement insignifiant, on ne va pas se mentir. Mais ils avaient raison sur une chose : c’est mon premier spectacle et promis, il va te surprendre. Je n’ai jamais Ă©tĂ© aussi sincĂšre 
 Oui, oui, je vais te raconter TOUT ce qu’il se passe dans mon NOMBRIL ». On est fixĂ©s : Poulpe est toujours aussi barrĂ© et risque bien d’emmener toute L’Arche avec lui. Idole de Youtube, star de tĂ©lĂ© et rĂ©fĂ©rence lol pour toute une gĂ©nĂ©ration, Monsieur Poule gratifie enfin de sa prĂ©sence une institution locale. C’est pas trop tĂŽt
 Alors certes, on imagine avec dĂ©sarroi qu’il n’y aura pas de nouveau tournage des fantastiques recettes pompettes (on veut toujours avoir StĂ©phane Bern carpette chez soi pour NoĂ«l) lors de ce passage trĂšs attendu, mais ça fera quand mĂȘme franchement plaisir de voir la tĂȘte de monsieur. Une bonne occasion aussi de dĂ©couvrir L’Arche, pour qui ne l’a pas encore fait


L’Arche

01.03 / KEVIN

À travers l'exemple d'un Ă©lĂšve nommĂ© Kevin, deux anciens enseignants brossent – non sans humour – le tableau d'un systĂšme Ă©ducatif Ă  deux vitesses. Il y a ces professeurs qui aiment leurs Ă©lĂšves et ces pĂ©dagogues compĂ©tents, dont la personnalitĂ© en soi constitue une leçon de vie. Il y a aussi ces parents impliquĂ©s et ces directions d'Ă©tablissements engagĂ©es, qui luttent jusqu'Ă  l'Ă©puisement. Mais ce spectacle ne parlera pas d’eux. Il parlera de Kevin. Car pour Kevin, l'Ă©cole n'a Ă©tĂ© qu'une source d’échec
 AprĂšs avoir dĂ©composĂ©, analysĂ© et dĂ©sacralisĂ© l’orthographe française dans leur spectacle Ă  succĂšs La ConvivialitĂ©, Arnaud Hoedt et JĂ©rĂŽme Piron poursuivent leur exploration du systĂšme Ă©ducatif, en portant cette fois-ci un regard tout Ă  la fois naĂŻf et partial, documentĂ© et allĂšgrement dĂ©sinvolte sur l’institution elle-mĂȘme. Un spectacle prĂ©sentĂ© en collaboration avec l'Institut français du Luxembourg et la Maison Citoyenne de la Commune de Mamer.

Kinneksbond

08-09.03 / BORIS CHAMRATZ

Boris Charmatz est le nouveau directeur artistique du Tanztheater Wuppertal et y dĂ©veloppe avec Terrain un nouveau projet entre l’Allemagne et la France. 10 000 gestes est une forĂȘt chorĂ©graphique dans laquelle aucun geste n’est jamais rĂ©pĂ©tĂ© par la vingtaine de danseurs et danseuses sur scĂšne : 10 000 gestes exĂ©cutĂ©s sur le Requiem en rĂ© mineur de Mozart, qui ne sont visibles qu’une seule fois et qui disparaissent aussitĂŽt qu’ils sont tracĂ©s. Un spectacle tel une pluie de mouvements, Ă  mĂȘme le corps des interprĂštes, Ă  laquelle s’associe un versant mĂ©ditatif, voire mĂ©lancolique : le « don » de ces mouvements condamnĂ©s Ă  la disparition symbolique. 10 000 gestes est une ode Ă  l’impermanence de l’art de la danse, Ă  la fugacitĂ© poussĂ©e Ă  son paroxysme. Le Tanztheater Wuppertal sera Ă©galement prĂ©sent au Grand Théùtre la semaine suivante, avec sa piĂšce emblĂ©matique Nelken.

Grand Théùtre

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IN SEARCH OF IDENTITY II THROUGH TIME

13 BINÔMES ARTISTE/JEUNE TALENT

Martine Breuer / Saskia Becker

Carmen Cavaco / Hidekuni

Maurizio Di Stasi / Zoé Van der Kley

Ilona Gommes / Maëlle Gengler

Esther Herr / Jay Mousel

Jill Michels / Djason Schiltz

Pit Molling / Ben Friden

Bob Nosbusch / Lou & Ella Zepp

Fanny Omes / Milo Hatfield

Séverine Peiffer / Lisa Folschette

Martine Pinnel / Loredana Vanis Pires

Alves de Brito

Sarah Schleich / Emma Bervard

Jeannine Unsen / Claudia Pigat

Vernissage : 22 mars Ă  18h00

Horaires d’ouverture

Jeu-Sam >15h00 Ă  18h00

Dim >11h00 Ă  18h00

Fermé du lundi au mercredi

Entrée libre

rotondes.lu

beyondmyeyescollective.lu

-14.04 2024
EXPOSITION 23.03

DIARY

Sélection

Fabien Rodrigues

13.03 / DJ SHADOW

Depuis plus de 30 ans, Josh Davis exprime sa passion, ses goĂ»ts et ses valeurs Ă  travers la musique qu'il crĂ©e sous le nom de DJ Shadow. Ce nom Ă©voque Ă  lui seul un haut lieu du hip-hop instrumental et de la composition. De son premier chef-d'Ɠuvre, Endtroducing... Ă  l'album Psyence Fiction de UNKLE, en passant par le single emblĂ©matique Six Days de The Private Press, son travail est aussi essentiel qu'il peut ĂȘtre difficile Ă  cerner. Dans les annĂ©es 2010, Shadow a sorti le tentaculaire The Less You Know, the Better avec ses incursions musclĂ©es dans la musique rock et a clĂŽturĂ© la dĂ©cennie avec The Mountain Will Fall et Our Pathetic Age, deux albums ambitieux et risquĂ©s qui comptent parmi ses meilleures collaborations rap - Run the Jewels, Nas et De La Soul entre autres. S'il y a un fil rouge dans cette carriĂšre, c'est son oreille implacable, toujours Ă  la recherche d'un joyau oubliĂ© dans les poubelles de l'histoire de la musique ou d'un nouveau son Ă  la pointe de la technologie


Den Atelier

LA SÉLECTION D'ELFY DE SUPERMIRO

Concert incontournable ou exposition à ne pas louper, chaque mois, Elfy sélectionne le meilleur des événements juste autour de vous.

16-17.03 / AUTOJUMBLE

LUXEMBOURG 2024

Le vrombissement des moteurs, l'odeur rétro des siÚges en cuir... En voiture, Simone ! Je t'embarque à toute berzingue dans une virée à travers l'ùge d'or des quatre roues avec l'expo Autojumble, organisée par la Lëtzebuerger Oldtimer Federatioun.

Oublie les expos de voitures ennuyeuses, celle-ci te fera rouler à travers les années, te ramenant dans la nostalgie des joyaux intemporels de l'époque. De la mythique 2CV aux bolides vintage, chaque vieille cylindrée a sa propre histoire et son petit plus à elle. Viens donc à la rencontre des as du volant et (re) découvre des icÎnes vintages de l'automobile, telles que la légendaire Jaguar et le mythique VW Combi.

Le samedi, l'expo reste ouverte jusqu'à 22h : aucune excuse valable pour rater ça ! Mets-toi en mode pilote automatique direction Luxexpo The Box.

Luxexpo The Box

Tous les bons plans et sorties faits pour toi, sont sur SUPERMIRO. 100 % local. 100 % good mood

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Elfy Pins FONDATRICE DE SUPERMIRO

16.03-01.09 / TITUS SCHADE - TEKTONIK

Titus Schade, nĂ© en 1984 Ă  Leipzig, est l’un des artistes majeurs de la jeune peinture allemande, Ă©lĂšve entre autres de Neo Rauch. Son travail a Ă©tĂ© prĂ©sentĂ© dans de nombreuses expositions personnelles et collectives en Allemagne. Sous le titre TEKTONIK, l’artiste rĂ©alise Ă  Esch-sur-Alzette sa premiĂšre exposition monographique hors de son pays. Dans des dĂ©cors semblables Ă  des coulisses, il dĂ©veloppe des lieux qui oscillent entre la maquette et la situation scĂ©nique. Il imagine ainsi un large Ă©ventail d'architectures et d'accessoires les plus divers, qui invitent le spectateur de ses toiles dans un univers privĂ©. Schade ne cherche pas Ă  imiter la rĂ©alitĂ©, mais se sert de toute une sĂ©rie d’élĂ©ments de substitution qu’il rĂ©organise en un monde clos. Les formes et les structures, gĂ©nĂ©ralement architecturales, sont soumises Ă  une rĂ©gie lumineuse baroque. Dans son Ɠuvre, les paysages classiques cĂŽtoient des formes gĂ©omĂ©triques dont l'intemporalitĂ© permet une lecture universelle


Konschthal

Dominique Bagouet

Catherine Legrand

D A N S E citemusicale-metz.fr
21 MARS
So Schnell MAL Embriaguez Divina Marlene Monteiro Freitas 16 MAI
© Enrico Meyer

21.03 / STEPHAN EICHER

Les dix doigts de la main ne suffiraient sans doute pas Ă  pointer tout ce Ă  quoi Stephan Eicher s’intĂ©resse, que ce soit en musique ou au cinĂ©ma, passant des concerts acoustiques Ă  un spectacle avec des automates ou une fanfare, du rock Ă  la techno-pop, de la musique de films aux concerts littĂ©raires
 AprĂšs la sortie d’Ode, son nouvel album, l’artiste suisse reprend la route et propose, avec Et VoilĂ  !, un spectacle inĂ©dit oĂč s’invite la magie ! Il y rĂ©interprĂšte les grands classiques de son rĂ©pertoire - on imagine fort bien Combien de temps, DĂ©jeuner en paix et Pas d’ami comme toi - ainsi que ses nouveaux titres, accompagnĂ© de musiciens aux nombreux talents et
 d’instruments automates, dans une scĂ©nographie pleine de surprises.

Casino 2000

23.03 / POETRY SLAM

Les battles de poĂ©sie sont devenues l’une des spĂ©cialitĂ©s des Rotondes de Bonnevoie, lors, de leur « Grand Slam » annuel ! C’est le rendez-vous pour lequel les slameuses et slameurs se prĂ©parent pendant un an... AprĂšs des mois Ă  ciseler leurs textes et Ă  dĂ©lier leur flow, ils/elles montent sur scĂšne, prĂȘts Ă  Ă©craser la concurrence sous le poids de leurs mots. Devant un public chargĂ© de sacrer le/la champion∙ne de l’annĂ©e, leur tempe bat sous l’effort et leurs aisselles s’humidifient. Au nom de Goethe ou de MoliĂšre, toutes et tous soulĂšvent les questions comme d’autres la fonte, contractent le verbe comme d’autres leurs muscles. Les bĂȘtes de texte vont se dĂ©chainer, n’essayez pas de les retenir ! Ça promet, une fois de plus


Rotondes

04.04 / MAHMOOD

En quelques annĂ©es, Mahmood est devenu un auteur et un chanteur estimĂ© en Italie, mais aussi partout dans le monde. On fredonne toutes et tous facilement son titre Soldi, avec lequel il a remportĂ© le Festival de Sanremo en 2019, et l’artiste compte aujourd’hui compte 29 disques de platine et 7 disques d'or en Italie, 6 disques de platine et 3 disques d'or Ă  l'Ă©tranger et prĂšs de 2,7 milliards d'actifs totaux en streaming
 AprĂšs une seconde victoire Ă  Sanremo et - de facto - une deuxiĂšme participation au concours de l'Eurovision, Mahmood se lance Ă  corps perdu dans une nouvelle tournĂ©e europĂ©enne et repasse - on ne s’en plaindra pas - par le Luxembourg et la grande salle de la Rockhal. Sa premiĂšre date avait Ă©tĂ© un vĂ©ritable carton, celle-ci n’en est que plus immanquable !

Rockhal

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DIARY
Sélection Fabien Rodrigues
© Annik Wetter

micro-truc

20 avril 2024

Ă  la Kulturfabrik / esch-sur-Alzette

De 12h Ă  21h

‱ Affiches, fanzines, petits formats, brochures, sĂ©rigraphies,linogravures


‱ 23 crĂ©ateur.rices du Luxembourg, de Belgique, de France et d’Allemagne.

‱ DĂ©gustez des biĂšres artisanales brassĂ©es en quantitĂ© trĂšs limitĂ©e !

‱ Workshops

‱ Concerts

Infos sur www.kulturfabrik.lu

Centre Culturel Kulturfabrik asbl 116, rue de Luxembourg L-4221 Esch-sur-Alzette

Tel. + 352 55 44 93 - 1

mail@kulturfabrik.lu

Sélection

Fabien Rodrigues

08-13.04 / LA SEMAINE EXTRA

« C’est Extra » chantait LĂ©o FerrĂ©. Et il avait bien raison !

La Semaine Extra, c’est un moment Extra
ordinaire, rien qu’aux ados (ou presque), avec des spectacles qui leur sont directement adressĂ©s, sĂ©lectionnĂ©s ou jouĂ©s par eux, des rencontres, des ateliers
 Un moment Ă  soi pour expĂ©rimenter le spectacle vivant dans toutes ses dimensions, comme spectateur ou plus si affinitĂ©s. Cette annĂ©e, l’autrice

Karin Serres est Ă  nouveau associĂ©e Ă  l’évĂ©nement, et quelques beaux spectacles s’annoncent clairement comme Ă  ne pas louper, Ă  l’instar des crĂ©ations maison Motel de Mar Collectif, inspirĂ©e des procĂ©dĂ©s du thriller comme le cĂ©lĂšbre film Psychose de Hitchcock ; La Terre d’Anne Barbot avec la Compagnie Nar6 sur le texte de Zola qui transforme la figure du paysan en un roi dĂ©chu ; ainsi que le « manga théùtral » hyper prometteur de Natacha Steck, Un jour j’irai Ă  Tokyo avec toi

NEST (Thionville)

11.04 / RAFTSIDE

Raftside est le groupe de l'artiste visuel et compositeur Filip Markiewicz et du batteur et producteur Lars Neugebauer, fusionnant des Ă©lĂ©ments de composition, de pop alternative et de musique Ă©lectronique pour crĂ©er une aire de jeu expĂ©rimentale entre l'art visuel et la musique. Le prochain EP du groupe sortira cette annĂ©e et promet « un voyage musical » comprenant le premier single Midnight Sun, dĂ©voilĂ© en novembre 2023. InspirĂ©s par les sons emblĂ©matiques des annĂ©es 80 et 90, les nouveaux morceaux rendront hommage Ă  la pop Ă©lectronique et Ă  la musique alternative. Et le mieux, c’est encore de dĂ©couvrir tout cela sur une jolie scĂšne dudelangeoise !

Opderschmelz

12.04 / INFINIT’

Originaire d’Antibes, le rappeur Infinit' symbolise bien la face cachĂ©e de la CĂŽte d’Azur. TrĂšs jeune, il s’établit Ă  Nice et devient l’une des figures phares du collectif D’en Bas Fondation. S’il est considĂ©rĂ© comme pur produit du rap du sud-est de la France, Infinit’ est aussi l’un des piliers de la trĂšs parisienne maison Don Dada et apparaĂźt notamment sur la Don Dada mixtape, en featuring avec Alpha Wann et Kaaris. On retrouve Ă©galement son rap athlĂ©tique, Ă©lastique et sophistiquĂ© entourĂ© d’autres artistes estimĂ©s comme Prince Waly, Tedax Max, ou encore plus derniĂšrement auprĂšs du rappeur H Jeune Crack
 Un talent Ă  dĂ©couvrir sur la scĂšne des Trinitaires pour son passage Ă  Metz.

Les Trinitaires (Metz)

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DIARY
Un jour, j'irai à Tokyo avec toi © Agence culturelle - Vincent Muller
J ESS I C A THE I S G r and-R u e C l e r v a u x 2, Kie r c hest r oo s s H e in er sch e i d 1001 T ONNE N 22 . 03 . -29 . 04 . 202 4 © Jessica Theis C L E R V A U X I MA G E. L U

HOLLERICH FUTUR ELDORADO

DU DESIGN ?

Le quartier de Hollerich, longtemps prisĂ© des oiseaux de nuit puis boudĂ© par dĂ©lit de faciĂšs et d’insĂ©curitĂ©, est aujourd’hui en pleine transformation. BĂątiments publics flambant neufs, rĂ©affectation d’icĂŽnes architecturales et projets de rĂ©amĂ©nagements d’envergure : s’il a encore du mal Ă  se dĂ©barrasser de ses vieux dĂ©mons, Hollerich se positionne aussi comme un nouveau pĂŽle d’attrait pour les professionnels des industries crĂ©atives. La preuve en est avec le nouveau Design Hub, qui s’est installĂ© officiellement en octobre dernier dans une des adresses les plus emblĂ©matiques de la capitale luxembourgeoise et qui accueille des visages bien connus de la scĂšne locale, tout comme de jeunes talents Ă©mergents
 Mais cela est-il suffisant pour compter sur la durĂ©e ?

Difficile, voire impossible, de ne pas avoir de bons souvenirs en tĂȘte lorsqu’on passe devant le 42-44, rue de Hollerich, L-1740 Luxembourg. Pendant une bonne paire de dĂ©cennies, c’est lĂ  qu’il fallait ĂȘtre pour faire la fĂȘte comme il se doit : les afterworks et la terrasse du Marx, les concerts rock du Bronx, puis du DĂ©cibel, les soirĂ©es endiablĂ©es du Light, puis du Lab, du Q, puis du Choco Elvis, les pizzas du Mama Loves You
 Qui n’est pas passĂ©, avant la pandĂ©mie, par cette adresse incontournable de la Ville de Luxembourg, Ă  quelques pas de l’Atelier et de ses concerts ?

Mais cette petite cour festive aura finalement partagĂ© le destin de toute sa rue : alors que les sorteurs branchĂ©s et les crĂ©atifs de tout Ăąge et de tout bord s’y ruaient en masse jusqu’au milieu des annĂ©es 2010 - on se souvient aussi de feu le Cat Club (c’est le cas de le dire), du CarrĂ©Rotondes et de son Exit07- les dĂ©lits Ă  rĂ©pĂ©tition, le manque de parkings et la rĂ©putation devenue terne de Hollerich ont eu gain de cause. Mais il est toutefois indĂ©niable qu’une nouvelle vie est en train de s’y installer, Ă  grands coups de travaux : les nouveaux siĂšges rutilants de la CNS et de la CMCM ou encore la transformation du superbe bĂątiment Heintz Van Landewyck qui accueille Ă  prĂ©sent les bureaux du groupe Mediahuis (ex-Saint-Paul) donnent clairement un visage plus neuf Ă  cette artĂšre trĂšs passante de la capitale grand-ducale. Donner un nouveau rĂŽle Ă  l’ancien, c’est aussi ce qu’a fait

la Ville au 42-44, en transformant - pour le moment - deux des anciens Ă©tablissements festifs abandonnĂ©s en un Design Hub ambitieux, qu’elle dĂ©crit comme « un workspace rĂ©servĂ© aux professionnels des industries crĂ©atives qui s’inscrit dans l’engagement de la Ville visant Ă  favoriser l’entrepreneuriat et l’innovation tout en soutenant les jeunes talents qui souhaitent prendre pied dans l’écosystĂšme du design au Luxembourg ».

36 Texte Fabien Rodrigues DESIGN
Julie Conrad © Ville de Luxembourg - Tom Jungbluth

UNE ADRESSE BIEN CHOISIE

ConcrĂštement, il s’agit de 5 bureaux pop-ups, allouĂ©s pour 11 mois maximum Ă  des designers souhaitant lancer ou stimuler leur activitĂ©, le tout assorti d’un espace de rĂ©ception pour des petits Ă©vĂ©nements - c’est ainsi lĂ  que Studio Polenta a soufflĂ© ses 10 bougies fin 2023. Les locataires actuels sont la fĂ©dĂ©ration nationale Design Luxembourg et les designers Navid Razvi, Ruth Lorang (notre Smart Kid On The Block, Ă  retrouver dans les pages suivantes), Henri Schoetter et Julie Conrad, Ă  prĂ©sent en solo. Ces deux derniers nous ont d’ailleurs confiĂ© leurs impressions sur le projet et les atouts qu’il prĂ©sente.

Selon Julie, crĂ©atrice de mobilier, objets et accessoires qui se dĂ©marquent par leur conception circulaire, l’emplacement en lui-mĂȘme a Ă©tĂ© bien choisi : « J’avais dĂ©jĂ  eu un pop-up en centre-ville, et on avait beaucoup discutĂ© avec la Ville de Luxembourg Ă  l’époque quant au besoin d’avoir un endroit plus identifiable et pĂ©renne pour les designers. Le choix de cette adresse est intĂ©ressant, car il est accessible pour le public sans ĂȘtre trop passant, ce qui permet de me concentrer sur mon travail et d’accueillir les personnes intĂ©ressĂ©es, mais sans que ce soit en permanence ». L’endroit, vidĂ© de ses locataires depuis des annĂ©esexception faite du restaurant Mad About Peru et de l’ancien

« L’HISTOIRE ET LA VIBE DU QUARTIER SONT UNE SOURCE D’INSPIRATION ET D’ATTRACTIVITÉ POUR DES CRÉATIFS »
HENRI

Marx voisins - se prĂȘte de plus particuliĂšrement bien au projet et aux attentes de la propriĂ©taire des murs « qui souhaitait de nouveaux venus, mais pas d’établissement horeca ». L’occasion a fait le larron, tant mieux. Pour l’instant, la VDL a choisi d’y maintenir la politique du pop-up, avec une durĂ©e dĂ©terminĂ©e, un systĂšme d’appel Ă  candidatures et une commission d’attribution par lequel sont passĂ©s tous nos premiers occupants des bĂątiments, nommĂ©s sobrement « A » et « B ». « Colocataire » de Julie dans le premier, le designer graphique et illustrateur Henri Schoetter a installĂ© son premier bureau dans le Design Hub de Hollerich en octobre dernier et y apprĂ©cie tout particuliĂšrement la stimulation crĂ©ative et l’accessibilitĂ© qu’il offre. Il confie ainsi que « l’histoire et la vibe du quartier sont une source d’inspiration et d’attractivitĂ© pour des crĂ©atifs comme nous. J’ai toujours travaillĂ© de chez moi, ou en vadrouille. Je travaillais aussi dans un grand atelier partagĂ© pendant mes Ă©tudes Ă  Vienne, et ici c’est un bon mix de tout, qui stimule aussi l’entraide et notre rĂ©seau ».

37

DESIGN

« L’EMPLACEMENT A ÉTÉ TRÈS BIEN CHOISI, ET UNE PRÉSENCE PÉRENNE DE DESIGN LUXEMBOURG DANS LE QUARTIER DE HOLLERICH NE POURRAIT QU’AIDER À SON RÔLE DE FÉDÉRATION » THOMAS TOMSCHACK

AMBITIONS FUTURES

Thomas Tomschack, prĂ©sident de Design Luxembourg, salue lui aussi le caractĂšre trĂšs central et facilement accessible de l’adresse en mobilitĂ© douce. Mais il tient aussi Ă  questionner le rĂ©gime pop-up, notamment pour la prĂ©sence de la fĂ©dĂ©ration sur place. « Le systĂšme de pop-ups est quelque chose de clairement vertueux, mais il ne faut pas oublier pour autant que nous ne sommes pas des boutiques ni des commerçants. Design Luxembourg travaille d’arrache-pied pour assurer son rĂŽle de fĂ©dĂ©ration nationale et le fait d’avoir un lieu identifiĂ© est primordial Ă  mon sens pour ce faire ». En effet, si Hollerich devient la nouvelle Mecque locale du design, il semble tout naturel que son entitĂ© fĂ©dĂ©ratrice y soit installĂ©e de maniĂšre fixe


Julie Conrad, quant Ă  elle, Ă©met Ă©galement un souhait : celui d’un agrandissement de cet espace d’accueil - qui constitue une sorte de test - dans l’ancien Choco par exemple, encore vide aujourd’hui, pour en faire un vrai hub, pĂ©renne et brassant toute une gĂ©nĂ©ration de designers locaux. « Ce Design Hub est absolument nĂ©cessaire : le design doit avoir un visage, un lieu de rencontre dans la capitale, car il fait partie de l’identitĂ© mĂȘme d’une ville et d’un pays », conclut-elle. Des designers qui pourront peut-ĂȘtre trouver espace Ă  leur pied dans la future transformation du Schluechthaus, aka les anciens abattoirs de Hollerich, qui seront reconvertis par le bureau d’architectes 2001 dans les annĂ©es Ă  venir suite Ă  l’attribution du marchĂ© par la Ville de Luxembourg en septembre dernier. En effet, sous la future structure monumentale climatique et transparente du projet «s^^^h», des espaces dĂ©diĂ©s Ă  la crĂ©ation ont Ă©tĂ© prĂ©vus en plus des habitations, commerces et autres lieux de rencontre.

De fait, si le design continue Ă  ĂȘtre poussĂ© vers le haut par la capitale luxembourgeoise comme l’avait assurĂ© sa bourgmestre Lydie Polfer lors des Luxembourg Design Awards 2023, il y a tout Ă  penser qu’il fera partie de cet autre projet trĂšs attendu du « nouveau » Hollerich
 Fingers crossed ?

38 Texte Fabien Rodrigues
Henri Schoetter © Ville de Luxembourg - Tom Jungbluth

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SMART KIDS ON THE BLOCK

SKOTB

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© Navid Razvi Texte Fabien Rodrigues

Dans les pages prĂ©cĂ©dentes, nous en avons appris un peu plus sur le nouveau Design Hub de Luxembourg-Hollerich, et si certains des professionnels qui y occupent un bureau pour le moment ont une rĂ©putation Ă©prouvĂ©e, Ruth Lorang y incarne quant Ă  elle la nouvelle gĂ©nĂ©ration de jeunes designers luxembourgeois Ă  l’identitĂ© affirmĂ©e. Son ruth atelier Ɠuvre de maniĂšre prĂ©cise et complĂ©mentaire dans trois axes de la profession de designer, les utilisant en quinconce et avec un brin d’effronterie pour des projets personnels ou rĂ©pondant aux besoins de ses clients


À 29 ans, Ruth Lorang semble avoir trouvĂ© le chemin qui lui convient, dans son bureau du Design Hub, son chien adorĂ© Ă  ses pieds. Avant d'en arriver lĂ , elle est passĂ©e par un parcours qu’elle qualifie de « classique » mais qui marque une dĂ©termination et l’envie de se donner les moyens de faire ce qu’elle souhaite de sa vie
 La jeune Luxembourgeoise a ainsi tout d’abord Ă©tudiĂ© dans une des grandes institutions crĂ©atives du Benelux, La Cambre Ă  Bruxelles, une formation pendant laquelle elle effectue un semestre Ă  l’étranger, en l’occurrence dans cette grande ville de design qu’est Milan.

Pourtant, elle se pose beaucoup de question Ă  l’époque de son cursus secondaire, et notamment en 4 e, une annĂ©e pivot
 Que choisir pour la suite ? Que s’imaginer faire

pendant toute une vie ou presque ? « Je n’étais pas du tout branchĂ©e par les arts visuels Ă©tant enfant, j’étais plutĂŽt musicienne et j’ai mĂȘme fait le Conservatoire. Mais avec un papa architecte qui avait son bureau Ă  la maison et des parents passionnĂ©s d’art, j’ai tout de mĂȘme Ă©tĂ© baignĂ©e dans cette atmosphĂšre graphique dĂšs le plus jeune Ăąge ».

« J’AI TOUJOURS VOULU AVOIR UN IMPACT SOCIAL SUR CE QUI

M’ENTOURE

ET J’AI DÉCOUVERT QUE CELA ÉTAIT AUSSI POSSIBLE

PAR LE DESIGN

»

AMENER LE CHANGEMENT

Elle hĂ©site jusque tard entre des Ă©tudes artistiques et Sciences Po, « parce que j’avais envie de gĂ©nĂ©rer un impact social ». Mais elle se rend aussi vite compte que ce changement peut se faire par le design et prend donc la route de Bruxelles, oĂč elle apprendra surtout beaucoup sur la conceptualisation, l’histoire et la philosophie de l’architecture d’intĂ©rieur, plus que l’utilisation d’outils concrets

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© Ruth atelier

- une tendance persistante dans certains Ă©tablissements prestigieux d’enseignement supĂ©rieur belge oĂč le corps enseignant peut tendre Ă  rester engoncĂ© dans l’aspect thĂ©orique de leurs matiĂšres...

Suite Ă  l’obtention de son diplĂŽme, elle continue de se former seule pour « trouver des solutions pragmatiques » et plonge tĂȘte la premiĂšre dans plusieurs jobs en tant que freelance, dans les secteurs de l’art et de la culture de maniĂšre plus gĂ©nĂ©rale, puis fonde Mad Trix, une « entreprise d’art digital » basĂ©e au 1535°C de Differdange. Si la sociĂ©tĂ© existe toujours, Ruth a quittĂ© l’aventure en 2023 pour se concentrer Ă  temps plein sur les projets de ruth atelier.

Aujourd’hui, elle se dĂ©finit comme une designer multidisciplinaire : « j’aime travailler dans plusieurs branches du design, que je dĂ©nomme toujours espace, volume et concept. Le premier concerne plutĂŽt le design d’intĂ©rieur et l’amĂ©nagement, le second concerne le mobilier et autres objets produits quand le dernier s’adresse au design graphique, Ă  l’identitĂ© visuelle et Ă  l’illustration
 On peut imaginer que cela part parfois dans tous les sens, mais ce qui lie le tout, c’est vraiment cette patte personnelle colorĂ©e et reconnaissable qui se retrouve dans toutes mes rĂ©alisations ».

« LE DESIGN HUB EST UNE OCCASION UNIQUE POUR LES DESIGNERS DE SORTIR DE CHEZ EUX, D’ÊTRE ENTOURÉS DE PROFESSIONNELS
CRÉATIFS ET D’INTERAGIR AVEC EUX »

TABLER SUR L’ESTHÉTISME ET L’INTERGÉNÉRATIONNEL

Si elle affirme tenir Ă  tout prix Ă  travailler en permanence sur ces trois axes et plancher sur des projets trĂšs variĂ©s - tant qu’ils sont alignĂ©s avec ses valeurs, un des grands projets actuels de ruth atelier est Fabienne, un mobilier modulable qui attire l’Ɠil immĂ©diatement, notamment au dernier marchĂ© des crĂ©ateurs Augenschmauss organisĂ© aux Rotondes en

dĂ©cembre dernier. « Il s’agit d’une rĂ©alisation Ă©volutive et multigĂ©nĂ©rationnelle, qui peut ĂȘtre utilisĂ©e par toutes et tous, enfants, adultes et seniors. Son utilisation est elle aussi modulable : Fabienne peut devenir une table, un tabouret, une console d’appoint », nous confie Ruth.

En effet, la combinaison des diffĂ©rents Ă©lĂ©ments constitutifs permet une infinitĂ© de variations colorĂ©es au fil du temps et des besoins. On imagine sans mal ce joli produit dans les intĂ©rieurs les plus pointus, mais aussi dans des petits espaces : « j’ai observĂ© en fait un besoin actuel, avec de jeunes parents qui vivent dans des petits appartements et qui ont un vrai besoin de cet aspect modulable ! ». Le but - ou plutĂŽt un des buts : ne pas sĂ©parer le monde de l’enfant et le monde de l’adulte pour crĂ©er, au contraire, un espace de vie commune, d’échange voire mĂȘme de pĂ©dagogie, en invitant les plus petits Ă  dĂ©placer un tabouret de maniĂšre autonome par exemple. CĂŽtĂ© production, elle est Ă  100 % locale et intĂšgre une plus-value sociĂ©tale puisque Ruth travaille avec des ateliers protĂ©gĂ©s.

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Fabien Rodrigues
THE BLOCK
© Ruth atelier
Texte
SKOTBSMART KIDS ON

Le choix des matĂ©riaux est Ă©galement trĂšs rĂ©flĂ©chi en amont afin d’ĂȘtre le plus Ă©thique possible, tout cela pour - de l’autre cĂŽtĂ© du processustoucher une clientĂšle sensible Ă  cette dĂ©marche, prĂ©sente comme future


COLLABORER ET RÉFLÉCHIR

Parmi les projets rĂ©cents qui ont beaucoup enthousiasmĂ© Ruth : l’amĂ©nagement de l’intĂ©rieur, mais aussi la participation Ă  la crĂ©ation mĂȘme de l’identitĂ© de la Petite Épicerie, sur la route de Thionville, « aux cĂŽtĂ©s d’un jeune patron qui a dĂ©cidĂ© de quitter une carriĂšre dans la finance pour ouvrir cette Ă©picerie fine et durable et qui a fait confiance Ă  mon approche graphique pour cela ». Un projet qui lui a donc permis, comme elle le souhaite, de combiner deux de ses savoir-faire, deux de ses fameux axes thĂ©matiques. Sur le volet purement conceptuel, ruth atelier a Ă©galement Ă©tĂ© choisi pour la rĂ©alisation de l’album « Sea Change » du groupe Marly Marques Quintet, troisiĂšme opus rĂ©sultat d’une rĂ©sidence artistique au Centre Culturel Opderschmelz Ă  Dudelange.

Dans un avenir proche, un nouveau meuble modulable baptisĂ© Anouk va voir le jour d’ici le mois de mai et quelques collaborations avec d’autres crĂ©ateurs sont en cours de finalisation ou de concrĂ©tisation. L’avenir, il se fera Ă  Hollerich - ou pas ! Car sur le papier, c’est Ă©videmment « une occasion unique de sortir un peu de chez moi, d’ĂȘtre entourĂ©e de professionnels crĂ©atifs et d’interagir avec eux, ce qui ne peut ĂȘtre que bĂ©nĂ©fique pour mon travail », confie Ruth. Un enthousiasme que partagent ses « colocataires », qui apprĂ©cient toutes et tous la configuration des lieux et l’opportunitĂ© offerte.

Mais n’oublions pas que les bureaux proposĂ©s le sont pour le moment Ă  durĂ©e dĂ©terminĂ©e d’un an, et que le quartier est encore sujet au vandalisme de maniĂšre rĂ©guliĂšre. Le restaurant Mad About Peru, qui jouxte le Design Hub, a Ă©tĂ© cambriolĂ© trois fois en un an, et lors de mon arrivĂ©e pour cette interview, la vitrine mĂȘme de l’ancien bar DĂ©cibel, qui abrite entre autres le bureau de ruth atelier, montre les marques d’une tentative de bris. La pĂ©rennisation de ce type de projets vertueux devra donc sans doute passer par un travail plus structurel sur la vie du quartier de Hollerich, et/ou par la duplication du dispositif dans d’autres quartiers ou communes luxembourgeoises, afin de stimuler et surtout d’inclure le plus de jeunes talents possibles


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© Foqus

VALERIE SZTOR SE RACONTE PAR FRAGMENTS

ValĂ©rie Sztor a concrĂ©tisĂ© le rĂȘve de toute une multitude de mauvais rĂ©dacteurs, moi en tĂȘte de lice : celui d’écrire, et surtout de publier, son premier roman. Et un trĂšs bon roman de surcroĂźt.

IntitulĂ© Fragments, la prof d’arts appliquĂ©s nous convie Ă  revivre les annĂ©es 90, les premiers flirts les premiĂšres expĂ©riences, la drague, le tout avec la bande son qui va avec. Le voyage dĂ©marre tout de suite, maintenant, avec son interview et continue lors d’une sĂ©ance de dĂ©dicaces le 22 fĂ©vrier, Ă  partir de 18 h, au shop Bagatelle, juste en face du Saumur. Entretien avec une gamine des nineties.

L’hĂ©roĂŻne de ce roman, c’est toi ? Tout est vrai ?

Au dĂ©part, pas intentionnellement, puis au fil des lignes, de l’écriture, certains fragments de mon passĂ© se sont glissĂ©s, imposĂ©s. Aujourd’hui, je dirais plutĂŽt que l’hĂ©roĂŻne et moi, on se ressemble. Son rapport aux autres, Ă  l’art, sa sensibilitĂ©, ses flottements. Peut-ĂȘtre ce que j’ai un jour Ă©tĂ©. Et, en relisant ça, je me dis, oui, au fond, elle et moi, on est pareilles. C’est mon premier roman, je n’ai pas rĂ©ussi Ă  faire autrement que sincĂšre, c’est ce qui m’a portĂ©. Il y a donc du vrai dans certains passages, bruts, non Ă©dulcorĂ©s. D’autres, plus subtils, dissimulĂ©s, sortis d’un contexte, quelques dĂ©tails arrangĂ©s, des personnages associĂ©s, d’autres lieux. Des moments qui auraient pu se poursuivre. Imaginer ce qui aurait pu ĂȘtre. Et m’amuser Ă  noyer le tout avec ce que je suis maintenant, Ă  la lumiĂšre du prĂ©sent. C’est ce qui me plaĂźt dans l’écriture. Garder ce que l’on peut, ce que l’on a bien voulu, ce qu’il en reste. Et jouer avec l’ensemble, des superpositions, des transparences, des coulures.

Elle est nĂ©e comment, cette envie d’écrire ?

Il y a toujours eu des textes qui accompagnaient mes toiles, des carnets de croquis, des mots griffonnĂ©s. Un ancien mĂ©moire qui Ă  l’époque devait ĂȘtre publiĂ© oĂč j’évoquais dĂ©jĂ  une maniĂšre d’aborder le passĂ©. Proposition Ă  laquelle je n’avais pas donnĂ© suite, jeune, pas envie. Je ne me sentais pas lĂ©gitime dans l’exercice. La peinture, mon mode d’expression

alors, Ă©tait encore omniprĂ©sente. J’ai eu ensuite un lieu pour crĂ©er, plus tard un atelier et un jour, je n’ai plus eu d’endroit. Un espace de vie non adaptĂ© et le choix de ne pas nĂ©gliger une vie de famille. Ça prend du temps, ça emporte la crĂ©ation. Je pouvais passer des nuits Ă  peindre. Et avec un gamin, difficile de tout concilier. Alors sans lieu, compliquĂ© de sortir mon matĂ©riel, les grandes toiles, les acryliques, les glycĂ©ros au milieu du salon ou de la cuisine. Surtout si la personne avec qui tu vis est plus ou moins maniaque. Si ton fils est allergique. Et puis, tu te rends compte que tes possibilitĂ©s d’expression se rĂ©sument Ă  quelques jours dans l'annĂ©e si on te laisse le temps, le plus souvent les mois d'Ă©tĂ©, Ă  l'extĂ©rieur. Ce sont donc les carnets de croquis qui ont remplacĂ© les toiles. Pratiques, ils se transportaient partout, au lycĂ©e, en vacances et peu Ă  peu, ils se sont remplis de mots, plus que d’essais de matiĂšre. Et un jour, je n'ai eu envie que des mots. Les lignes colorĂ©es perdaient leur sens. Je prenais davantage de plaisir avec l’écriture.

C’était un besoin de partager ton histoire ?

Probablement
 Je ne m’en suis pas rendue compte. En revanche, je crois que ce que je dĂ©sirais vraiment Ă©voquer le deuil - celui d’un pĂšre - et la relation pĂšre-fille. Notre histoire. L’enfance. Un peu de la sienne. La partager. Mais pas trop
 À son image, comme une ligne qui se trace, pudique, douce, qui se donne par Ă©clats. À ceux qui voudront bien voir. Une ombre. Le « vrai » du roman.

44 BOOKS Texte Sébastien Vécrin
Image Antoine Newel

Parle-moi de ton style ?

Difficile de se dĂ©finir. C’est un premier roman. Le deuxiĂšme le confirmera peut-ĂȘtre. Mais, je dirais, emportĂ©, saccadĂ©, poĂ©tique par moment. LittĂ©raire au grĂ© des Ă©motions. Une critique relevait ma façon d’écrire, un style minimaliste qui s’affranchit des codes du roman dit « classique ».

Ça me plaĂźt bien cette idĂ©e de modernitĂ©. Un prĂ©sent immĂ©diat, morcelĂ©. Un style fragmentaire, plastique qui laisse place aux sensations, Ă  l’intime.

Comment donnerais-tu aux lecteurs l’envie de le lire ?

Une balade, des voyages, la littĂ©rature, la musique, l’art, une histoire d’amour, Ă  l’ombre de rĂ©miniscences des annĂ©es 90 et 2000. Mon livre parle d’un passage, d’une Ă©tape : le passage Ă  la vie adulte. Passage chaotique, marquĂ© par le deuil. Le manque de confiance, l’assignation Ă  un milieu social. L’hypersensibilitĂ©. Les rencontres. Et l’amour. Celui qui n’arrive pas au bon moment. Une maniĂšre d’aborder le passĂ© et les souvenirs


« UN STYLE FRAGMENTAIRE, PLASTIQUE QUI LAISSE PLACE AUX SENSATIONS, À L’INTIME »

De quels retours avais-tu le plus peur ?

Celui de ma mĂšre. La relation mĂšre-fille Ă©voquĂ©e dans le roman n’est pas forcĂ©ment heureuse. J’attendais ses retours. Elle ne l’avait pas lu avant publication. C’est une grande lectrice. Je crois que j’avais bien plus peur de ses Ă©motions Ă  l’égard de ce que je dĂ©voilais que de ses critiques sur le style. À la limite, celles-lĂ , je les aurais espĂ©rĂ©es afin d’oublier le reste. Je me souviens, aprĂšs lui avoir donnĂ© mon livre, j’ai eu quelques nuits difficiles. Elle bouquine les soirs, alors j’imaginais le chapitre oĂč elle en Ă©tait. Ce qu’elle avait dĂ©jĂ  lu. Ce que j’ai aussi fait pour tous mes proches. Usant. Je me mettais Ă  leur place. J’en ai eu des suĂ©es. Puis ma mĂšre m’a appelĂ©e, Ă©mue, touchĂ©e par l’évocation du pĂšre. J’étais soulagĂ©e. Cependant, ce que je n’avais pas anticipĂ©, c’était sur les passages sensuels. Elle les avait trouvĂ©s carrĂ©ment Ă©rotiques. Elle s’est mĂȘme interrogĂ©e sur mon vĂ©cu : quand ?

Avec qui ? Surtout, ma maĂźtrise du sujet pour Ă©crire et dĂ©crire de tels moments. Et parler de sexe avec ma mĂšre, ce n’était pas le genre de discussion que j’envisageais, que j’espĂ©rais avoir. À travers une toile, des matiĂšres, on peut se camoufler. Les mots exposent. Mais j’ai aussi dĂ©couvert que l’on s’attarde, reconnaĂźt, retient, ce que l’on veut, ce que l’on a dĂ©cidĂ© d’un bouquin. Et ce n’est pas plus mal.

C’est quoi la meilleure critique pour l’instant ?

Il y a eu celles de personnes d’autres gĂ©nĂ©rations, qui se retrouvaient dans la tension, le souffle, l’impression de voir des fragments de leur vie. Mais la plus jolie a Ă©tĂ© : « HabitĂ© par la grĂące, la dĂ©licatesse et la pudeur, le premier roman de ValĂ©rie Sztor ». Lire mon nom aussi, juste aprĂšs le mot roman


Je le trouve trĂšs girly, je me trompe si je dis trop ?

Effectivement, le roman évoque un parcours de vie de femme.

Le trouble des premiĂšres fois, les premiĂšres expĂ©riences. L’apprentissage du dĂ©sir. Les Ă©lans contrariĂ©s. Ce que l’on s’impose, ce que l’on nous impose. L’oscillation, le balancement cruel, le poids d’une Ă©ducation, un hĂ©ritage. Surtout les injonctions des annĂ©es 90, une approche du sexe, du corps, la jouissance, acquise, libĂ©rĂ©e, l’obligation de se donner et au milieu de tout ça, la sensibilitĂ© d’une hĂ©roĂŻne qui chemine, essaye de s’accorder avec ses Ă©motions. Les personnages masculins ne sont pas laissĂ©s de cĂŽtĂ©, d’une assurance feintĂ©e, ils sont tout aussi larguĂ©s dans ces jeux de rĂŽles. Pour une adaptation cinĂ©, tu vois qui dans les rĂŽles principaux ?

Je suis contente de cette question, car je me suis souvent amusĂ©e Ă  imaginer des acteurs pour certains personnages. Alors, Claire Pommet (dite Pomme, la chanteuse), avec les cheveux courts. Elle a eu son premier rĂŽle rĂ©cemment dans La VĂ©nus d’argent d’HĂ©lĂšna Klotz. Sa voix, sa sensibilitĂ©, pour moi, c’est Énola. Romain, sans hĂ©sitation, ce serait pour RaphaĂ«l Quenar, parce que j’adore l’acteur. Ce qu’il dĂ©gage, sa prĂ©sence, ses intonations. Il me fait penser Ă  Romain. Sacha, ce serait Finnegan Oldfield, l’acteur franco-britannique, nommĂ© au CĂ©sar du meilleur espoir masculin en 2018 pour Marvin ou la Belle Éducation. Aussi parce qu’il est un grand connaisseur de musiques jamaĂŻcaines, son pĂšre Ă©tant un proche d’un des pionniers du reggae en France, Lord Zeljko. Et ça, Sacha aimerait beaucoup ! En Simon, je vois Mehdi Baki, qui a jouĂ© dans le film En corps de Klapish. Sa prĂ©sence, sa gestuelle, sa discrĂ©tion. Et Mathias, ça a toujours Ă©tĂ© difficile de le projeter, il est juste de passage dans le roman. Mais en voyant le dernier Woody Allen, Coup de Chance, Niels Schneider qui joue le rĂŽle d’Alain lui correspondrait finalement. Je me suis mĂȘme imaginĂ©e un rĂ©alisateur, Klapish, pour sa façon de filmer la jeunesse, la raconter, au travers de ses espĂ©rances et ses dĂ©senchantements.

« ELLE AVAIT CRÉÉ LA PLAYLIST DES TITRES ÉVOQUÉS, LISAIT EN L’ÉCOUTANT »

Ton prochain roman va aborder quel sujet ?

Il est Ă©crit. Je suis actuellement dans mes corrections, mes relectures. Je prĂ©vois de l’envoyer fin janvier Ă  Calmann-LĂ©vy pour un concours. Et ensuite en fonction, en avril, Ă  d’autres maisons d’édition. Cette fois-ci, j’explore la fratrie, le carcan de l’éducation bourgeoise, le couple, les choix parentaux et la terre, la nature, le retour Ă  la terre salvateur. Il parlera de deux frĂšres, de parents nĂ©oruraux, qui dans les annĂ©es 80 dĂ©cident de tout quitter pour l’ArdĂšche. Ne prenant dans leur pĂ©riple qu’un seul des enfants, le plus jeune. Laissant l’autre terminer ses Ă©tudes Ă  Paris. Deux jeunesses des annĂ©es 80, 90, qui vont se confronter. Une, ancrĂ©e dans les milieux punks parisiens, sa dĂ©rive violente vers l’extrĂȘme droite et l’autre, oubliĂ©e, Ă  l’écart, une jeunesse de village des annĂ©es 90, dans une rĂ©gion isolĂ©e avec tout ce que cela peut comporter. Les solitudes, les dĂ©calages, les amis un peu perchĂ©s, les soirĂ©es, les excĂšs, les questionnements et les choix.

Et enfin, un retour, vĂ©ritable cette fois-ci, le retour Ă  la terre d’un des deux gamins


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SPOTTED

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Sélection Julie Kieffer

LA PETITE VESTE, POINT.

Si les beaux jours ont tendance Ă  pointer le bout de leur nez de plus en plus tĂŽt au Luxembourg, le printemps reste la saison parfaite pour parader avec tout ce que la planĂšte mode fait de jolies petites vestes. En avril, ne te dĂ©couvre pas d’un fil, e tutti quanti
 Alors histoire de ne pas s’en prendre une (de veste), on va piocher du long, du court, du flash ou du pastel, mais on en veut toujours plus !

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Marks & Spencer
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Arket
Monoprix 49
50
Lacoste
51 & Other Stories
52 Gant
Primark 53
54
Strellson
55 H&M

Texte & Sélection

Les piĂšces Ă  avoir absolument, les derniers accessoires geek Ă  ne pas manquer ou encore les fragrances qui nous ont titillĂ© les narines, petite liste non exhaustive de nos coups de cƓur... Qu'on puisse se les offrir, ou pas !

VA DONC CHEZ LOUIS V !

La nouvelle adaptation du sac Louis Vuitton « Speedy » par le directeur superstar de la crĂ©ation Homme, Pharrell Williams est un vĂ©ritable Ă©vĂ©nement mode en ce dĂ©but 2024. Cette version clairement plus urbaine et fraĂźche vient d’une inspiration trĂšs particuliĂšre : elle Ă©voque l'attitude et la mentalitĂ© de Canal Street dans le Lower Manhattan, Ă  New York, dans une icĂŽne de tous les jours conçue pour tous les niveaux de vie. « ImprĂ©gnĂ© de sensibilitĂ© Ă  la vie rĂ©elle », comme le dĂ©crit Louis Vuitton, le nouveau Speedy reprend les lignes trapĂ©zoĂŻdales de la version classique, mais se prĂ©sente en cuir de veau grainĂ© souple doublĂ© de la peau d'agneau la plus fine. La construction adoucie permet au fond du sac de s'affaisser et de se draper comme il le ferait au fil de l'usure et des gestes quotidiens. Le monogramme sĂ©rigraphiĂ© se montre avec un effet flou artisanal, presque peint Ă  la main, le tout dĂ©clinĂ© en plusieurs couleurs sur neuf dimensions
 On craque.

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Fabien Rodrigues IT LIST

LA DOUBLEJ DÉBARQUE AU LUXEMBOURG

La marque trĂšs branchĂ©e La DoubleJ est bien plus qu’une griffe de prĂȘt-Ă -porter, d’accessoires et de dĂ©coration haut de gamme : c’est la promesse d’une lifestyle Ă  part entiĂšre, synonyme de sororitĂ© et de luxe tranquille. « À La DoubleJ, nous ne nous contentons pas d'embellir votre extĂ©rieur. Il s'agit aussi d'embellir et d'enrichir l'intĂ©rieur : crĂ©er un espace oĂč notre communautĂ© peut partager, Ă©couter, ressentir et se connecter les uns aux autres ; un lieu sĂ»r pour le dĂ©veloppement Ă©motionnel et spirituel. En tant que confrĂ©rie mondiale, nous veillons les unes sur les autres, nous encourageons nos amies et nous cĂ©lĂ©brons l'esprit crĂ©atif sauvage de notre communautĂ© chaque fois que nous le pouvons », promet l’enseigne. Rien que ça ! Mais cet engagement va - tout de mĂȘme - avec une large collection trĂšs bohĂšme-chic, aux accents parfois ethniques ou art dĂ©co, de la soie, du Jacquard, des kimonos, des Ă©paules nues, des petits vestons pour le soir, mais surtout beaucoup d’assurance et de classe estivale, afin d’ĂȘtre la plus belle pour aller danser sur une plage ensoleillĂ©e, mĂȘme au cƓur de l’hiver. Et tout cela, c’est Ă©videmment chez Smets que ça se passe !

YVES ROCHER 2.0

PionniĂšre bien avant l’heure, mais plus discrĂšte depuis quelques annĂ©es, la marque Yves Rocher revient avec panache dans le cƓur des consommateurs, toujours plus soucieuse de l’impact environnemental de ses produits, et de mener ce combat avec une vĂ©ritable innovation. Action, rĂ©action : en ce mois de fĂ©vrier 2024, elle lance une chouette Ă©corecharge engagĂ©e, entiĂšrement recyclable et fabriquĂ©e Ă  90 % en plastique recyclé  Toujours moins de plastique, c’est bien pour tout le monde et c’est au final assez facile avec les bons gestes ! Ainsi, ces premiĂšres Ă©corecharges Yves Rocher sont entiĂšrement recyclables et fabriquĂ©es dans un nouveau format 600 ml plus Ă©conomique, dans un plastique certifiĂ© « Ocean Bound Plastic » - c’est Ă  dire fabriquĂ© Ă  partir de dĂ©chets plastiques rĂ©cupĂ©rĂ©s sur les littoraux et Ă  la traçabilitĂ© garantie. Le tout disponible en 8 senteurs trĂšs addictives : Algue Sauvage & Criste Marine, Fleur des PrĂ©s & BruyĂšre, Avoine & Sarrasin, Argan & PĂ©tales de Rose, Framboise & Menthe PoivrĂ©e, Mangue & Coriandre, Noix de Coco et Vanille Bourbon


MONONEON X BANG & OLUFSEN

En l'honneur de la relation intrinsĂšque entre l'art et le son telle qu’elle la conçoit, l’enseigne haut de gamme Bang & Olufsen a produit une Ă©dition limitĂ©e de sa Beosound A9 en collaboration avec le bassiste laurĂ©at d'un Grammy et musicien expĂ©rimental MonoNeonqui a collaborĂ© avec plusieurs artistes de renom au cours de sa carriĂšre, dont Prince, Nas, Mavis Staples, George Clinton ou encore Mac Miller. En faisant rĂ©fĂ©rence Ă  ses tenues caractĂ©ristiques, qui comprennent gĂ©nĂ©ralement des broderies en patchwork, les couleurs vives et les motifs intrigants fusionnent dans l'enceinte pour former une composition complexe et audacieuse. Cela rend hommage Ă  la vision unique de l'artiste, qui a souhaitĂ© ici que l'enceinte reprĂ©sente des accords sur une toile. Le rĂ©sultat est bluffant, tout sauf minimaliste dans sa prĂ©sentation et empreint d’une touche hippie chic - trĂšs chic mĂȘme, puisqu’il faudra s’affranchir de quelque 3 700 € pour se procurer ce Graal de crĂ©ativité 

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FINI LE SKINNY !

L’HOMME DIOR, VERSION SAC

Soit, genrer un accessoire n’est pas trĂšs 2024, mais soyons honnĂȘte : les codes trĂšs branchĂ©s et chics de la haute maroquinerie Dior dĂ©clinĂ©s dans des versions plus « butch », ça fait quand mĂȘme un peu plaisir ! RĂ©vĂ©lĂ© au sein de la collection masculine Dior ÉtĂ© 2024 imaginĂ©e par Kim Jones, le Dior Charm conjugue, selon Dior, « les codes d’une Ă©lĂ©gance intemporelle Ă  ceux d’un luxe utilitaire essentiel ». Entre hĂ©ritage et innovation, cette nouvelle crĂ©ation s’habille d’un cannage inĂ©dit : des dĂ©coupes mĂ©ticuleusement rĂ©alisĂ©es au laser ornent le cuir, reflĂ©tant les savoir-faire d’excellence des ateliers. Le sac « version homme » est ainsi pourvu d’un large compartiment central et d’une bandouliĂšre ajustable et se distingue par des lignes Ă©purĂ©es qui ne transigent cependant pas avec la notion de fonctionnalitĂ©. DĂ©tail subtil, le fermoir de ce modĂšle est ornĂ© des iconiques lettres « D, I, O, R » argentĂ©es. Une piĂšce inĂ©dite et hyper sĂ©duisante, dĂ©clinĂ©e en gris, en noir et en cognac, Ă  dĂ©couvrir en boutique et en ligne depuis le 15 fĂ©vrier


Va-t-on enfin pouvoir respirer Ă  nouveau dans nos jeans ? C’est en tout cas ce que suggĂšre la marque phare en la matiĂšre ! Car oui, le 517ℱ Bootcut, jean Levi’s emblĂ©matique des annĂ©es ‘70, fait son grand retour au printemps. Introduit en 1969 sous le label Orange Tab et devenu vĂ©ritable icĂŽne tendance lors de la dĂ©cennie suivante, il a alors Ă©tĂ© spĂ©cialement conçu avec une jambe plus large Ă  partir du genou afin de pouvoir ĂȘtre portĂ© au-dessus d’une paire de bottes. Pour sa nouvelle collection, Levi'sÂź ressort donc cette piĂšce lĂ©gendaire, ainsi qu’une réédition Ă  l’identique en Ă©dition limitĂ©e signĂ©e « Levi'sÂź Vintage Clothing ». Le modĂšle sera Ă©galement dĂ©clinĂ© en une version Sta-PrestÂź Flare, connue pour son pli permanent au milieu de la jambe et offrant une revisite moderne d’un vĂȘtement de travail classique au look rĂ©tro


GAËL MONFILS POUR DOCKERS

Dockers Âź, la marque emblĂ©matique du kaki, prĂ©sente en ce dĂ©but 2024 sa nouvelle ligne performante, Dockers Âź GO. Et pour premier ambassadeur, rien de moins qu’un tennisman professionnel en la personne de GaĂ«l Monfils. MatĂ©riaux aux performances durables, Ă©vacuation de l'humiditĂ© et poches de sĂ©curitĂ© pour vous accompagner partout oĂč la vie vous mĂšne : la tagline de cette nouvelle ligne Dockers Âź est « Le style en mouvement : confort et polyvalence ». Elle intĂšgre en l’occurrence la technologie COOLMAXÂź Ecomade*, un matĂ©riau Ă  fil recyclĂ©, respirant et Ă©vacuant l'humiditĂ© qui assure la thermorĂ©gulation, pour rester au frais et au sec. Il bĂ©nĂ©ficie Ă©galement d’une extensibilitĂ© dans toutes les directions, tandis que les poches de sĂ©curitĂ© permettent de garder les objets de valeur en sĂ©curité  La promesse semble bien tenue !

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Texte & Sélection
IT LIST
Fabien Rodrigues

LE NOUVEAU SAMSUNG GALAXY S24, UNE INTÉGRATION RÉUSSIE DE L'INTELLIGENCE ARTIFICIELLE

Le Samsung Galaxy S24, trÚs attendu, promet une révolution grùce à son intégration avancée de l'intelligence artificielle. Découvrez ses atouts inégalés, sa batterie performante et bien plus encore. Notre expert de chez Orange, Matthieu, vous explique tout ce qu'il faut savoir sur ce petit bijou technologique.

La sortie du nouveau

Samsung S24 s’annonce comme une des plus attendues de ce dĂ©but d’annĂ©e, quels sont les atouts qui le rendent si dĂ©sirable ?

Le Samsung Galaxy S24 suscite effectivement un grand engouement, et cela s'explique par plusieurs facteurs. Tout d'abord, son intégration avancée de l'intelligence artificielle représente une véritable révolution dans l'expérience utilisateur. Cette IA permet notamment des actions surprenantes, comme l'élimination d'éléments indésirables des photos, ce qui est un atout majeur. De plus, les fonctionnalités de traduction en temps réel et de synthÚse de texte offrent une accessibilité accrue, répondant ainsi à une variété de besoins.

Combien de versions sont disponibles chez Orange Luxembourg et à qui sont-elles dédiées ?

Orange Luxembourg propose plusieurs versions du Samsung Galaxy S24 pour répondre aux besoins de différents utilisateurs. Les S24, S24+ et S24 Ultra offrent des fonctionnalités adaptées à divers profils, qu'il s'agisse de professionnels, d'amateurs de technologie ou de créatifs. Les différentes versions permettent aux utilisateurs de choisir celle qui correspond le mieux à leurs besoins spécifiques en termes de performances, de fonctionnalités et de budget.

La tenue de la batterie et la recharge rapide font partie des points forts de ce S24, pouvez-vous nous en dire plus ?

Absolument. La batterie du S24 est un véritable point fort, avec une capacité de 5000 mAh et une recharge rapide

en seulement 45 minutes. Cette autonomie prolongée et cette rapidité de charge garantissent une utilisation continue sans compromettre les performances, ce qui est un avantage considérable pour les utilisateurs nomades et exigeants. La gestion efficace de la batterie est également assurée par un écran adaptatif de 100 Hz, qui ajuste automatiquement la fréquence de rafraßchissement pour optimiser la consommation d'énergie en fonction de l'utilisation.

En résumé, le Samsung Galaxy S24 offre une combinaison imbattable de performances, d'innovation et de praticité, ce qui en fait un choix incontournable pour ceux qui recherchent à la fois excellence technologique et simplicité d'utilisation dans leur smartphone.

SAMSUNG

GALAXY S24

Pour rester informé de toutes les nouveautés tech, découvrez les épisodes de La Minute Tech sur YouTube. Matthieu, expert Orange, les passe au crible et donne son avis.

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Texte

Magali Eylenbosch

Les montres haute couture LE LUXE AU POIGNET

Si la mode ou la maroquinerie sont leur signature, quelques grandes maisons de luxe ont investi l’univers horloger. Certaines y ont mĂȘme acquis une vĂ©ritable lĂ©gitimitĂ© avec des piĂšces de plus en plus pointues.

CHANEL

En 1987, Chanel prĂ©sente sa premiĂšre crĂ©ation horlogĂšre, la montre PremiĂšre, conçue par les femmes par son directeur artistique de l’époque, Jacques Helleu. Choisissant l’octogone du bouchon du parfum N°5 pour cadran en le laquant de noir, empruntant au lĂ©gendaire sac matelassĂ© sa chaĂźne entrelacĂ©e de cuir pour en faire son bracelet, PremiĂšre crĂ©e la surprise dans un univers rĂ©gi jusqu’alors par les codes de l’horlogerie traditionnelle. La montre ne trahit absolument pas l’ADN de la marque, au contraire, elle le sublime. En 2019, la marque imagine un bracelet dans une version toucher velours, dont la souplesse rappelle celle d’un ruban. Aujourd’hui, la montre PremiĂšre Ruban est dĂ©clinĂ©e en acier, sertie de diamants. Tout en soulignant le noir intense du cadran, cette touche prĂ©cieuse sur la lunette affirme son design sophistiquĂ© et fĂ©minin.

Prix : 6.200 €

DIOR

Vingt ans aprĂšs son premier lancement, Dior rĂ©invente sa collection Chiffre Rouge Ă  travers huit nouveaux modĂšles arborant certains des codes les plus iconiques de la maison, dont le cannage. GravĂ©s avec une prĂ©cision et une dĂ©licatesse infinies, ces somptueux graphismes microtexturĂ©s magnifient le cadran et la masse oscillante. Cette version 38 mm Black Diamond arbore des touches de rouge sur l’aiguille des secondes, la couronne, ainsi que sur le cercle du guichet de la date et sur le 8, chiffre porte-bonheur de Monsieur Dior. OrnĂ©e de diamants noirs, la lunette, crantĂ©e entre 9 h et 12 h, accentue le style asymĂ©trique de la piĂšce, dĂ©jĂ  suggĂ©rĂ© par la place de la couronne Ă  4 h. La montre est animĂ©e par le mouvement automatique CD.002. Étanche jusqu’à 100 mĂštres, elle est Ă©quipĂ©e d’un systĂšme de bracelets interchangeables en gomme ornĂ©e de macro et micro cannage ou en cuir prĂ©cieux. Cette Ă©dition est limitĂ©e Ă  300 piĂšces et s’inscrit aussi bien dans le vestiaire fĂ©minin que masculin.

Prix : 16.000 €

HERMÈS

HermĂšs Ă©tant avant tout une maison spĂ©cialisĂ©e en sellerie et en maroquinerie, bon nombre de ses piĂšces horlogĂšres font rĂ©fĂ©rence Ă  l’univers Ă©questre. Mais pas seulement ! S’aventurant sur un chemin rĂ©solument onirique, la marque mise aussi sur le talent et le savoir-faire de ses artisans pour proposer des piĂšces qui, au-delĂ  de donner l’heure, sont de vĂ©ritables Ɠuvre d’art. Elle ose un autre temps, destinĂ© Ă  susciter des Ă©motions, ouvrir des parenthĂšses, crĂ©er des espaces de fantaisie. ParĂ©e de nacre perlĂ©e, laque bleu nuit et diamants, la montre Arceau Petite Lune en acier serti invite Ă  un voyage sous la voĂ»te cĂ©leste. Elle bat au rythme du mouvement de manufacture mĂ©canique Ă  remontage automatique, calibre H1837. Son boĂźtier de 38 mm est Ă©tanche Ă  30 mĂštres et il est montĂ© sur un bracelet en alligator lisse bleu saphir.

Prix : 14.500 €

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STORY TIME

LOUIS VUITTON

En 2002, Louis Vuitton dĂ©voile sa toute premiĂšre montre tambour. Son boĂźtier trĂšs reconnaissable met Ă  l’honneur une vision audacieuse des codes de l’horlogerie traditionnelle. Aujourd’hui, la Tambour se rĂ©invente dans un design affirmĂ© conjuguant Ă©lĂ©gance dĂ©contractĂ©e et finitions exceptionnelles. Conçue pour ĂȘtre portĂ©e au quotidien, cette version monochrome est agrĂ©mentĂ©e d’un cadran gris argent. Deux nouvelles caractĂ©ristiques ont Ă©tĂ© ajoutĂ©es par la maison : un bracelet intĂ©grĂ© et un nouveau mouvement automatique exclusif, calibre LFT023, dessinĂ© par la Fabrique du Temps Louis Vuitton avec une attention particuliĂšre portĂ©e aux dĂ©corations et finitions. Son boĂźtier unisexe de 40 mm en acier est dotĂ© de maillons courbĂ©s pour un ajustement confortable. MalgrĂ© son Ă©paisseur d’à peine plus d’un millimĂštre, le cadran de la montre dĂ©gage une incroyable profondeur et tridimensionnalitĂ©. Prix : 19.500 €

La diversification des activitĂ©s n’a rien d’exceptionnel, pourtant on ne s’improvise pas horloger. Surtout lorsqu’on fait partie des griffes les plus bankables de la planĂšte mode et que l’on s’adresse Ă  une clientĂšle exigeante. Pas question de se lancer dans l’aventure sans un produit fort, tant par son style que par sa qualitĂ©. Contrairement aux vĂȘtements tendances et Ă©phĂ©mĂšres, la montre est un produit pĂ©renne qui peut durer toute la vie et mĂȘme se transmettre. Il faut donc l’envisager sous un angle totalement diffĂ©rent. Ces derniĂšres annĂ©es, quelques maisons de couture ont fait le grand saut et jouent dans la cour des grands puisqu’elles se sont offert une manufacture rassemblant quelques-uns des meilleurs artisans. D’autres misent plutĂŽt sur le savoir-faire des grands fabricants suisses. D’un cĂŽtĂ© comme de l’autre, on peut s’attendre Ă  de beaux produits, parfois trĂšs innovants, Ă  l’ADN trĂšs reconnaissable.

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ANNÉE DE FASTE(S) POUR LE CENTRE POMPIDOU-METZ

BientĂŽt 15 ans. 15 bougies que le Centre Pompidou-Metz soufflera en 2025, mais l’institution messine n’a pas attendu cette date anniversaire pour mettre un coup d’accĂ©lĂ©rateur Ă  sa dynamique actuelle. Entre expositions exceptionnelles, confĂ©rences pointues et un tout nouveau pĂŽle gastronomique avec le chef Charles Coulombeau, cette annĂ©e s’y annonce dĂ©jĂ  faste et allĂ©chante


Il est Ă©vident que depuis son ouverture en 2010, le Centre Pompidou-Metz s’est vite imposĂ© comme un point d’attrait culturel de premier ordre non seulement dans la Grande RĂ©gion, mais bien au-delĂ . Et c’est donc comme s’il prenait un peu d’avance sur sa quinceanera qu’il aborde cette nouvelle annĂ©e avec une bonne dose de bonnes nouvelles. Une occasion parfaite pour voir un peu ce qu’il ne faudra surtout pas manquer, ainsi que d’apprendre Ă  connaĂźtre le futur maĂźtre queux des lieux et visage incontournable de la jeune gĂ©nĂ©ration gastronomique locale : le chef Ă©toilĂ© de La Maison dans le Parc, Charles Coulombeau.

LACAN, COURBET, DE ROBERTIS

Tout d’abord, difficile de passer Ă  cĂŽtĂ© de l’exposition Lacan proposĂ©e jusqu’au 27 mai. Une curation trĂšs attendue, des Ɠuvres majeures, mais aussi une polĂ©mique quant Ă  la prĂ©sence de l’artiste luxembourgeoise subversive DĂ©borah de

Robertis : tout est rĂ©uni pour en faire un must see. Lacan a frĂ©quentĂ© au plus prĂšs l’art et les artistes du XXe siĂšcle (Salvador DalĂ­, Pablo Picasso ou encore Dora Maar) et n’a eu de cesse de puiser dans l’art de tous les temps dans son enseignement. Plus de 40 ans aprĂšs la mort du psychanalyste, l’exposition du Centre Pompidou-Metz explore ainsi les relations privilĂ©giĂ©es de Lacan avec l’art en mettant en rĂ©sonance Ă  la fois les Ɠuvres qu’il a lui-mĂȘme indexĂ©es, les artistes qui lui ont rendu hommage, ainsi que les Ɠuvres modernes et contemporaines « qui font Ă©cho aux grandes articulations conceptuelles de sa pensĂ©e ».

Parmi les travaux historiques prĂ©sentĂ©s, la cĂ©lĂ©brissime Origine du Monde de Gustave Courbet, entourĂ©e de plusieurs rĂ©interprĂ©tations. Dont - finalement et aprĂšs moult rebondissements - Le Miroir de l’Origine, photo de la performance trĂšs mĂ©diatique de DĂ©borah de Robertis au MusĂ©e d’Orsay en 2014 lors de laquelle elle s’était exposĂ©e nue sous l’Ɠuvre. Elle ne s’en cache pas et s’en excuse encore moins : l’artiste luxembourgeoise, vĂ©ritable poil Ă  gratter des institutions locales, n’a pu assurer sa prĂ©sence au sein de l’exposition Lacan qu’à grands coups d’insistance et de lamentations sur les rĂ©seaux sociaux. Ne reste qu’à se rendre sur place pour juger de façon personnelle si tout ce tumulte en valait vraiment la peine


ELMGREEN & DRAGSET, MASSON ET GROSSE

PrĂ©sentĂ©e dĂ©jĂ  depuis juin dernier, l’exposition Elmgreen & Dragset, vĂ©ritable coup de cƓur de Bold, est encore visitable par le public jusqu’au 1er avril. Premier solo show du duo d’artistes scandinaves dans une institution française, effectuĂ©e sous le commissariat de Chiara Pari, cette vaste

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ESCAPADE CULTURELLE
Texte Fabien Rodrigues

exposition transforme complĂštement la Grande Nef, le Forum et les toits des Galeries du Centre Pompidou-Metz pour en faire de nouveaux environnements artificiels dĂ©diĂ©s aux Ɠuvres prĂ©sentĂ©es. À la fois rĂ©solument intrigante, mais aussi accessible pour toutes les gĂ©nĂ©rations, la dĂ©marche artistique d’Elmgreen & Dragset est sans doute un des grands temps forts de ce dĂ©but d’annĂ©e.

DĂšs le 29 mars, la proximitĂ© entre artistes et intellectuels sera Ă  nouveau mise en lumiĂšre avec l’exposition AndrĂ© Masson. EngagĂ© et sensible aux bouleversements de son siĂšcle, Masson est indubitablement l’un des plus grands peintres du XXe siĂšcle, qui s’est aussi aventurĂ© sur les terrains de la sculpture, des dĂ©cors de théùtre et d’opĂ©ra, de la critique d’art, de la poĂ©sie et de l’écriture - entre autres ! C’est Ă  l’occasion du 100 e anniversaire du Manifeste du surrĂ©alisme, mouvement dont il faisait partie de maniĂšre non doctrinaire, que le musĂ©e messin lui rend hommage « en dressant le portrait d’un artiste protĂ©iforme, ouvert aux collaborations et au monde, en quĂȘte d’une incessante expĂ©rimentation », jusqu’au 2 septembre
 Enfin, prĂ©parons-nous Ă  en prendre plein les yeux avec les Ɠuvres monumentales de l’artiste Katharina Grosse. Teaser : 8 250mÂČ de tissu suspendus au plafond par d’énormes nƓuds qui formeront ainsi un nouvel espace, prenant la forme d’un immense drapĂ© dont les couleurs et l’énergie exubĂ©rantes dĂ©borderont de l’espace de la Grande Nef pour se prolonger Ă  l’extĂ©rieur, sur le parvis
 Rien que ça !

COULOMBEAU

L’autre trĂšs bonne nouvelle, c’est la reprise du pĂŽle gastronomique du musĂ©e, et pas par n’importe qui puisqu’il s’agit d’un des rares chefs Ă©toilĂ©s de Lorraine,

Charles Coulombeau, qui n’en finit pas de faire parler de lui depuis sa Maison dans le Parc de Nancy - oĂč il proposait d’ailleurs encore rĂ©cemment un Ă©vĂ©nement Ă  quatre mains avec le vainqueur de la 11e saison de Top Chef, David Gallienne. NĂ© en Normandie, le chef Coulombeau a dĂ©butĂ© sa carriĂšre culinaire Ă  16 ans, avec une premiĂšre place au Relais de la Poste Ă  Magescq, deux Ă©toiles Michelin, avant de perfectionner son savoir-faire au Pays basque chez les frĂšres Ibarboure, puis entre autres chez Michel GuĂ©rard, aux PrĂ©s d’EugĂ©nie, trois Ă©toiles au guide rouge. Avec son Ă©pouse Roxanne, il ont rĂ©ussi en quelques mois Ă  peine Ă  refaire monter la Maison dans le Parc au firmament de ce dernier, qui avait retirĂ© son Ă©toile Ă  l’établissement en 2020. Également Ă  la barre du foodtruck de street food francojaponaise Izakaya, la fougue, le talent et la sophistication du chef Coulombeau promettent un volet trĂšs gourmand Ă  Pompidou Metz dĂšs le second semestre 2024.

L’arrivĂ©e du chef coĂŻncidera alors avec la rĂ©novation du restaurant, oĂč le design et l’architecture se rencontrent dans un espace baignĂ© de lumiĂšre, rehaussĂ© par des touches de bois et les cloisons en tube de carton caractĂ©ristiques, Ă©lĂ©ments chers Ă  l’architecte Shigeru Ban. La Voile Blanche Ă©tait restĂ©e vide suite Ă  la pandĂ©mie, il Ă©tait donc temps de retrouver l’art de la gastronomie dans cet espace central, assorti d’une belle terrasse avec vue sur le jardin rĂ©cemment mĂ©tamorphosĂ© par le paysagiste Gilles ClĂ©ment. Charles Coulombeau annonce avoir choisi une double approche pour ce faire : une brasserie aux parfums de cuisines française et nippone pour le dĂ©jeuner dans la grande salle d’une centaine de couverts et un restaurant gastronomique pour le soir, avec une vingtaine de couverts dans une bulle en verre
 On a un peu (beaucoup) hĂąte


CAPITALISER SUR L’ESCAPADE MESSINE

Quitte à faire une virée au Centre Pompidou-Metz, autant en profiter pour étoffer un peu cette escapade culturelle. Bold vous donne 4 bons plans :

‱ Une visite au 49 Nord 6 Est – Frac Lorraine, non seulement pour le lieu, mais aussi et surtout pour l’exposition de l’artiste iranienne Saba Niknam, du 23 fĂ©vrier au 18 aout.

‱ Un bon concert aux Trinitaires tout proche, qui fait toujours plaisir. Allez, au hasard ou presque : Lescop le 22 mars et Infinit’ le 12 avril


‱ En Ă©tĂ©, un tour du cĂŽtĂ© des Frigos et du festival Hop Hop Hop pour le plein de chouettes spectacles et de lives Ă©lectriques !

‱ Et pour terminer la soirĂ©e, un DJ set bien torride Ă  La Dame Jeanne, le nouveau rencard incontournable en lieu et place des anciennes Vedettes, Ă  quelques pas de la place Saint Louis


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Texte & Sélection

Fabien Rodrigues

5 CHOSES À SAVOIR SUR LE NOUVEAU QG BAO8

À quelques pas Ă  peine de la Gare Centrale de Luxembourg a Ă©tĂ© inaugurĂ© rĂ©cemment un nouveau restaurant-bar qui ne va pas manquer de faire parler de lui. En effet, chez Bao8, on retrouve quelques tĂȘtes bien faites et bien connues du secteur, avec un concept solide, une approche pointue et des prix honnĂȘtes


Bao8 est clairement un projet ambitieux, tout d’abord par le choix de l’emplacement ! C’est en effet en lieu et place de l’ancien bar musical Bei der Gare, au numĂ©ro 8 de la sulfureuse rue Junck, qu’il a posĂ© ses valises. L’endroit n’est pas connu pour ĂȘtre le plus branchĂ© de la capitale, mais la proximitĂ© extrĂȘme de la gare et des transports en commun en font un emplacement trĂšs passant et trĂšs facile d’accĂšs, ce qui constitue un atout indĂ©niable pour la future clientĂšle


Des mois de travaux ont Ă©tĂ© nĂ©cessaires, mais la transformation est remarquable. Le long du bar, un panachage d’assises hautes et de coins plus cosy, tandis que l’ancienne scĂšne est devenue un vrai espace dinatoire, le tout dans un dĂ©cor contemporain et branchĂ©. Peu de lumiĂšre naturelle pour le moment, mais la petite terrasse arriĂšre sera Ă©galement mise Ă  neuf d’ici les beaux jours


DerriĂšre ce projet ambitieux, un restaurateur au rĂ©seau solide, Seng Zhan, accompagnĂ© dans l’aventure de la gĂ©rante de l’établissement, Margaux Merel, ancien visage incontournable du Bazaar et experte en cocktails gourmands, accompagnĂ©e au bar par Alexis Kuhlich (ex-Bellamy) et Bruno Costa (ex-Bazaar). Pas d’inquiĂ©tude donc pour boire de bonnes choses !

CĂŽtĂ© assiette, on dĂ©guste tout d’abord une carte de partage - ou pas, grĂące Ă  la sĂ©lection «For The Egoist»sur laquelle on choisit des gyozas maison, un super tataki de bƓuf, un ceviche ou, bien sĂ»r, les fameux baos, ces petites brioches vapeur chinoises qui sont la spĂ©cialitĂ© de la maison. En cuisine, c’est M. Fuego Ricky Guzmanqui profite de l’hibernation de son foodtruck pour assurer l’ouverture de Bao8 - qui est Ă  la barre avec une Ă©quipe jeune et habile de ses mains. Un des atouts indĂ©niables de Bao8 se trouve aussi dans les prix, franchement trĂšs corrects pour la capitale oĂč la tendance est Ă  l’exagĂ©ration dĂ©bridĂ©e.

@bao8lux

ARE YOU GUILTY ?

Du nouveau aussi en matiĂšre d’établissements de nuit : un nouveau petit cabaret bien sympathique a ouvert ses portes rue Bender en janvier. Face Ă  l’ADEM, il apporte un peu de nouveautĂ© bienvenue dans ce secteur sulfureux, avec une ambiance tranquille Ă  l’ouverture, puis plus festive au fil des heures. DerriĂšre ce bien nommĂ© Guilty, on retrouve Fred, figure bien connue du quartier et qui propose mĂȘme une « after » de 6 h Ă  9 h le dimanche matin avec DJ - pour les oiseaux de nuit les plus insatiables !

@guiltyluxembourg

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FOOD

LE COMPTE INSTA À SUIVRE

@the_pastaqueen : Tout est dans le nom, c’est la reine des pĂątes ! Nadia Caterina Munno s’est vite faite connaitre sur les rĂ©seaux sociaux grĂące Ă  ses vidĂ©os 100 % italiennes, 100 % dramatiques, 100 % pasta et 100 % fun. DrĂŽle et charismatique, la Pasta Queen distille astuces, recettes, mais aussi quelques bons coups de gueule auprĂšs de ses 3 millions d’abonnĂ©s Ă  grands coups de grimaces exagĂ©rĂ©es, de retournements théùtraux pour annoncer ses « ingredients ! » et de « tears of the gods », aka l’eau de cuisson des pĂątes. Sans oublier ses livres, qu’elle signe Ă  guichet fermĂ© jusqu’aux USA ! On aime aussi ses collabs trĂšs sexy, notamment avec cette grosse bombasse de Gianluca Conte (@itsqcp). Buon appetito !

LA RENAISSANCE DU PONT D’OYE

À quelques minutes Ă  peine d’Arlon, le ChĂąteau du Pont d’Oye constitue depuis des siĂšcles un des joyaux de la Grande RĂ©gion. Rendu cĂ©lĂšbre par l’auteure star AmĂ©lie Nothomb, dont l’arriĂšre-grand-pĂšre avait rachetĂ© la demeure en 1932, il vit aujourd’hui un nouveau chapitre fringant de son histoire grĂące Ă  son nouveau propriĂ©taire et mĂ©cĂšne Vincent Gouverneur qui y a effectuĂ© 5 annĂ©es de travaux titanesques. Le rĂ©sultat est d’un goĂ»t exquis, avec 12 chambres et des salons de rĂ©ception qui conjuguent parfaitement le patrimoine inestimable des lieux et les codes du design contemporain. Pas de restaurant dans le chĂąteau mĂȘme, mais Les Plats Canailles de la Bleue Maison se trouvent Ă  quelques pas, au sein du domaine des Forges du Pont d’Oye, et il est Ă©galement possible d’organiser des dĂźners au chĂąteau, notamment via les traiteurs Julien

Cliquet ou Steffen. Le gĂźte attenant et ses 6 belles chambres constituent un atout supplĂ©mentaire non nĂ©gligeable pour des groupes qui souhaiteraient une certaine autonomie et une superbe vue sur le parc et l’étang depuis la grande terrasse. RĂ©guliĂšrement des soirĂ©es jazz et des Ă©vĂ©nements littĂ©raires sont de plus organisĂ©s et fĂ©dĂšrent un public fĂ©ru de culture dans le cadre exceptionnel du Pont d’Oye.

LES MINI CHEFS À SCHOUWEILER

InaugurĂ© en novembre dernier au cƓur du parc communal de Schouweiler, le restaurant Schou Parkbrasserie propose non seulement une carte simple et allĂ©chante dans une ambiance chaleureuse, ainsi qu’un brunch dominical, mais a aussi dĂ©cidĂ© de cĂ©lĂ©brer la gourmandise avec les plus jeunes
 En effet, Stefane Di Gregorio et Yulia Ilyazova, Ă©galement copropriĂ©taires du Aal Schoul Ă  Hobscheid,y organisent des « Ateliers de Cuisine » pour les kids ! Une activitĂ© ludique et enrichissante qui promet de procurer de la joie et de nouvelles expĂ©riences tant aux enfants qu'aux parents. Les ateliers se dĂ©roulent deux fois par mois, le dimanche. Sous la direction du chef Prosper, les petits invitĂ©s dĂ©couvrent les bases de la prĂ©paration de diffĂ©rents plats ou desserts. Au menu, des recettes variĂ©es, des classiques de la cuisine française aux spĂ©cialitĂ©s locales. À la fin de chaque atelier, les enfants reçoivent un diplĂŽme en rĂ©compense de leur travail. Une belle maniĂšre de les Ă©veiller Ă  la bonne cuisine et de leur donner envie d’apprendre


@schou.lu

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© Blitz Agency

Texte & Sélection

Fabien Rodrigues

POISSIRÈNE

Un nouveau restaurant de poissons Ă  Luxembourg, ça ne passe d’habitude pas inaperçu ! Et pourtant, Rico « La place du poisson » a ouvert de maniĂšre assez discrĂšte en dĂ©but d’annĂ©e, rue Louvigny, lĂ  oĂč certaines et certains ont connu feu WengĂ©. Le chef et patron Arusya Gukasyan y prĂŽne l’art de la pĂȘche et la simplicitĂ© en mettant l’accent sur des produits soigneusement choisis Ă  travers le monde, car selon lui, « ils sont l’élĂ©ment central et la base de notre cuisine ». Avec, en plus de cela, quelques influences venues du soleil levant : chez Rico, on n’est pas dans le local, mais dans l’invitation au voyage, avec des saveurs franches.

@ricoplacedupoisson

AVEC VUE !

Les Ă©tablissements se suivent, mais ne se ressemblent pas dans ce bel emplacement situĂ© en face de la GĂ«lle Fra : aprĂšs le Zanzen, haut lieu de la nuit luxembourgeoise pendant des annĂ©es, puis le trĂšs Ă©phĂ©mĂšre Nala qui n’a finalement pas tenu un an, c’est Ă  prĂ©sent Lucilin qui propose aux foodies de se restaurer tout en admirant une des vues les plus emblĂ©matiques de la capitale luxembourgeoise. L’ambiance y est chic sans ĂȘtre snob, et le nouveau dĂ©cor n’a plus aucun rapport avec l’approche maximaliste de son prĂ©dĂ©cesseur. Les tons sont neutres et apaisants et la cuisine a Ă©tĂ© ouverte pour une ambiance chaleureuse et voir un peu ce qui se passe derriĂšre les fourneaux de Marc Bernardi, transfuge de l’autre Ă©tablissement du groupe, Gusto Naturale. CĂŽtĂ© carte justement : de beaux produits et une cuisine française contemporaine, avec quelques accents italiens, et des prix cohĂ©rents avec l’approche et la localisation premium. On apprĂ©cie fortement le business lunch - qui a malheureusement tendance Ă  ĂȘtre « oubliĂ© » dans de nombreux nouveaux restaurants - Ă  moins de 40€ pour 3 services. Une seconde carte de grignotages gourmands a quant Ă  elle Ă©tĂ© dĂ©veloppĂ©e pour le lounge et est servie tout l’aprĂšs-midi. Enfin, le fumoir est de retour, avec une belle sĂ©lection de cigares et de spiritueux pour les aficionados du style !

@lucilin.restaurant

BONNE NOUVELLE POUR BONNE NOUVELLE

Toujours plus en vogue, le vin nature avait trouvĂ© depuis juillet 2022 son meilleur avocat Ă  Luxembourg au Bonne Nouvelle, trĂšs joli bar pop-up installĂ© par une Ă©quipe de trois jeunes amis dans l’ancienne Charly’s Gare, Ă  quelques pas de la Villa Vauban. Le projet Ă©phĂ©mĂšre n’en est plus un : Bonne Nouvelle va pouvoir rester en place pour au moins trois annĂ©es supplĂ©mentaires ! Outre l’extension rĂ©alisĂ©e dans l’ancienne boutique adjacente, l’espace a Ă©tĂ© repensĂ© pour la peine : nouveau grand comptoir Ă  l’entrĂ©e, petites tables et espaces conviviaux dans la grande salle. Un amĂ©nagement qui convient bien Ă  la nouvelle carte de petits plats vĂ©gans, savoureux et pour les soirĂ©es gastronomiques trĂšs courues organisĂ©es rĂ©guliĂšrement
 @bonnenouvellebar

FOOD
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LA VAGUE B CORP DÉFERLE (AUSSI) SUR LE LUXEMBOURG

Parti des États-Unis, le label B Corp, qui propose une analyse holistique de l’impact social et environnemental des entreprises, explose dĂ©sormais en Europe. Le Luxembourg n’est pas en reste, avec dix entreprises certifiĂ©es, dont quatre sur la seule annĂ©e 2023.

FOCUS
Texte
Pierre Pailler
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Ramborn © Sabino Parente

Pour les amateurs de cidre, le producteur luxembourgeois

Ramborn n’est plus Ă  prĂ©senter. Mais Ramborn, ce n’est pas que du cidre, c’est aussi - et avant tout - un engagement pour la nature et le climat : des variĂ©tĂ©s locales de pommes et de poires, des milliers de mĂštres carrĂ©s de terres protĂ©gĂ©es pour favoriser la biodiversitĂ©, des partenaires locaux, des milliers de kilos de CO2 stockĂ©s


C’est donc presque naturellement que l’entreprise familiale a obtenu le label B Corp en 2020. « La famille s'est retrouvĂ©e, toutes gĂ©nĂ©rations confondues, autour d'une table, puis le sujet B Corp est arrivĂ© sur cette table », raconte Erica Leclercq, B leader mais aussi directrice de la communication chez Becolux, la maison-mĂšre de Ramborn. « La jeune gĂ©nĂ©ration s'est dit : en fait, nous sommes dĂ©jĂ  B Corp avant mĂȘme de rentrer dans le processus. Ces quatre lettres traduisent notre raison d’ĂȘtre, qui est de protĂ©ger l'environnement et la biodiversitĂ© ». Et reprĂ©sentent ainsi la maniĂšre la plus efficace de raconter l’histoire qui se trouve derriĂšre le nom Ramborn et la production de cidre.

« IL NE S’AGIT PAS D’ÊTRE

LE MEILLEUR AU MONDE, MAIS LE MEILLEUR POUR LE MONDE »

Le label B Corp s’est en effet imposĂ© ces derniĂšres annĂ©es comme une des certifications les plus efficaces pour les entreprises engagĂ©es - ou qui souhaitent s’engager - sur un chemin Ă©coresponsable. L’histoire commence en 2006, Ă  Philadelphie : trois jeunes AmĂ©ricains, Bart Houlahan, Jay Coen Gilbert et Andrew Kassoy, fondent B Lab, une organisation Ă  but non lucratif, avec l’ambition de promouvoir un nouveau modĂšle Ă©conomique, plus social, Ă©cologique et transparent. Dans cette perspective, la certification B Corp est créée afin de mesurer de maniĂšre holistique l’impact social, sociĂ©tal et environnemental d’une entreprise.

LA DÉFERLANTE B CORP

Et, en ce dĂ©but 2024, le label B Corp fait dĂ©sormais figure de rĂ©fĂ©rence, avec plus de 8.000 entreprises certifiĂ©es Ă  travers le monde, dont de grands noms - Patagonia, Nespresso, SĂ©zane, Bollinger, L’Occitane, Ben & Jerry’s, Danone - et une croissance qui explose (elles Ă©taient encore Ă  peine 6.000 entreprises certifiĂ©es fin 2022). Et si le mouvement a ses racines implantĂ©es dans les pays anglo-saxons - plus de la moitiĂ© des entreprises certifiĂ©es sont installĂ©es en AmĂ©rique du Nord et au Royaume-Uni -, il est dĂ©sormais prĂ©sent dans 95 pays et dĂ©ferle sur l’Europe continentale, oĂč plus de 1.600 entreprises sont dĂ©sormais labellisĂ©es.

Le Luxembourg n’échappe pas Ă  la vague : 170 entreprises

B Corp sont actives sur le territoire du Grand-DuchĂ©, et dix y ont leur siĂšge. « Nous ne sommes encore qu’au tout dĂ©but », se rĂ©jouit Laura Mullenders, B Corp coordinator chez IMS (Inspiring More Sustainability), qui est devenu depuis octobre 2022 le point de contact de B Corp au Luxembourg.

« Nous voulions créer un ancrage local », explique-t-elle.

« Et cela a été un trÚs bon partenariat jusqu'ici, avec un

impact rapide puisque la communautĂ© d’entreprises certifiĂ©es B Corp a doublĂ© en un an ». De fait, depuis 2022, la dynamique s’est emballĂ©e au Luxembourg. La premiĂšre entreprise luxembourgeoise certifiĂ©e B Corp, Innpact, une sociĂ©tĂ© de conseil et de gestion de fonds dĂ©diĂ©e Ă  la finance durable, l’a Ă©tĂ© en 2015. Trois autres entreprises ont suivi : Farad Group en 2017, Ramborn en 2020 et A beautiful green en 2021. Puis le rythme s’est accĂ©lĂ©rĂ© en 2022, avec deux nouvelles certifications (Gotofreedom, AFIR), et encore davantage en 2023, avec quatre nouveaux entrants : le constructeur CDCL, la Banque de Luxembourg, Astanor Ventures et enfin, en octobre dernier, l’artisan menuisier Bamolux.

TOUS LES SECTEURS REPRÉSENTÉS

Des entreprises qui viennent de tous les secteurs, de l’alimentaire au bancaire en passant par la menuiserie et l’assurance. « Une des forces de la communautĂ©, c'est qu’elle est trĂšs diversifiĂ©e », constate Laura Mullenders. « Sans le mouvement B Corp, une banque, un menuisier et un producteur de cidre n'auraient peut-ĂȘtre pas Ă©tĂ© amenĂ©s Ă  se rencontrer et Ă  travailler autant ensemble ». Cette diversitĂ© est au cƓur du processus de certification, qui permet Ă  chaque entreprise de mettre en valeur ses

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ERIKA LECLERCQ

atouts, et ce dans des domaines trĂšs variĂ©s. Toute entreprise intĂ©ressĂ©e peut se rendre sur le site de B Lab et complĂ©ter en ligne le B Impact Assessment (BIA), une sĂ©rie de quelque 250 questions rĂ©parties en cinq piliers - gouvernance, employĂ©s, communautĂ©, environnement et consommateurs. Celles qui veulent ĂȘtre certifiĂ©es doivent atteindre un total de 80 points, attribuĂ©s selon les rĂ©ponses. Des preuves Ă  l’appui sont ensuite rĂ©clamĂ©es par les analystes du B Lab.

« DÉSORMAIS, LE SUCCÈS DE B
CORP ATTEINT UN NIVEAU OÙ IL S’AUTOALIMENTE »

CHACUN SON POINT FORT

Mais les entreprises ne sont pas tenues d’exceller dans tous les domaines. Ramborn est par exemple trĂšs efficace concernant le pilier Environnement, moins sur le volet Consommateurs. Au contraire, Astanor Ventures brille sur ce dernier, mais performe peu dans le premier. In fine, cela permet Ă  chacun de mettre en avant ses points forts, tout en prenant conscience de ses faiblesses et, ainsi, de tenter de les amĂ©liorer. Ce qui est crucial puisqu’une réévaluation de la certification a lieu tous les trois ans, imposant un vĂ©ritable suivi de la dĂ©marche et une forte incitation Ă  s’amĂ©liorer de maniĂšre continue. « Cet outil permet

de continuer à réfléchir à son business model et de voir ce qui est améliorable aprÚs la certification », témoigne ainsi Erica Leclercq de Ramborn. « Exemple concret : chez Ramborn, nous avions un point trÚs négatif sur la santé, puisque nous sommes des producteurs d'alcool. Donc nous avons revu notre business model en nous lançant dans les jus et les sodas ».

UNE COMMUNAUTÉ TRÈS FORTE

En outre, une communautĂ© diversifiĂ©e permet aussi des Ă©changes riches avec les membres autour des questions sociales et environnementales. « L'aspect communautĂ© est trĂšs fort », constate Erica Leclercq. « Les B Corp sont prĂ©sents sur des plateformes en continu pour Ă©changer des technologies, des astuces pour s’amĂ©liorer, savoir ce qui fonctionne chez l’un ou chez l’autre. Sans compter les nombreux sĂ©minaires et summits ». Les autres avantages de la certification sont multiples, liste Erica Leclercq : de la communication - synthĂ©tiser l’esprit de l’entreprise, justifier des tarifs parfois plus Ă©levĂ©s, faire connaĂźtre ses produits Ă  l'internationalau rĂ©seau de partenaires en passant par le recrutement : « Des personnes, surtout des jeunes, viennent chez Ramborn parce que c'est B Corp », assure-t-elle. « La nouvelle gĂ©nĂ©ration ne veut pas seulement avoir un job Ă  impact, mais aussi travailler dans une boĂźte qui Ɠuvre Ă  l'impact. Au niveau de l'employer branding, cela a Ă©tĂ© trĂšs fort pour nous ».

70 FOCUS
© Ramborn Texte Pierre Pailler

PAR-DELÀ LE LABEL

DĂ©sormais, le succĂšs de B Corp atteint un niveau oĂč il s’autoalimente. « C'est une des seules certifications qui a cet esprit global, tant dans le sens oĂč elle Ă©value tous les aspects d'une entreprise que dans le fait que c'est une certification qu'on va retrouver partout dans le monde », constate Laura Mullenders. « Cela unit beaucoup et permet de ne pas se sentir seul face Ă  l’éco-anxiĂ©tĂ©. On regarde le positif en cherchant Ă  toujours mieux faire. C'est cette Ă©nergie-lĂ  qui donne du succĂšs au mouvement ».

Cette « positive energy » est une qualitĂ© essentielle de B Corp. « Il ne s’agit pas d’ĂȘtre le meilleur au monde, mais le meilleur pour le monde et de toujours avancer vers cela », dĂ©crit Laura Mullenders. Dans cette perspective, B Corp peut ĂȘtre perçu non pour sa certification, mais comme un outil simple d’utilisation Ă  disposition de tous pour s’amĂ©liorer. « La certification B Corp n’est pas une fin en soi, c'est avant tout un outil pour mesurer l'impact qu'on a », estime Erica Leclercq. « C'est top si on peut ĂȘtre certifiĂ©, Ă©videmment, mais si tout le monde pouvait dĂ©jĂ  ouvrir le BIA, regarder oĂč ils en sont, voir ce qu'ils peuvent amĂ©liorer, alors c'est gagnĂ©. Je ne prĂȘche pas pour le label, mais pour l'outil ». 60 000 entreprises utilisent d’ailleurs le BIA dans le monde, sans forcĂ©ment chercher Ă  ĂȘtre certifiĂ©.

Tout le monde est en tout cas le bienvenu, qu’importe la taille, le secteur ou le niveau d’ambition, assure Laura Mullenders, qui rappelle que la porte d’IMS est ouverte Ă  tous et Ă  toutes les questions. « Si quelqu’un a envie de participer, quel que soit le projet, il y a moyen de s'engager avec nous. Contactez-nous, n'ayez pas peur! Il faut juste faire le premier pas pour changer son mode de vie. Et c'est fun! »

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CITY TRIP

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Texte Fabien Rodrigues

Les vaches rousses, blanches et noires, les pommiers dans la prairie, les cerisiers blancs et les petits villages pleins d’amis : si en 1973, Stone et Charden ont tapĂ© plein pot dans l’image d’Épinal de la Normandie pour Ă©crire leur titre phare, le duo n’avait pas tout faux
 À quelques petites heures de route, celle-ci est plus que jamais une destination pleine de charme et d’amour des bonnes choses pour une courte escapade. Plages iconiques, campagne verdoyante, culture, gastronomie et calvados : difficile de faire programme plus complet. Embarque donc dans Normandy Express, baby !

Il serait bien prĂ©somptueux de prĂ©tendre pouvoir couvrir toute l’étendue du charme normand en un seul voyage, mĂȘme de quelques jours. Il fallait donc choisir, et choisir c’est renoncer, en l’occurrence la trĂšs basse Normandie - avec l’incontournable Mont-Saint-Michel, la « presqu’üle » du Cotentin ou encore la Tapisserie de Bayeux ; mais aussi Ă  la trĂšs haute Normandie, avec les villes cĂŽtiĂšres en vue du TrĂ©port et de Dieppe ou encore la capitale rĂ©gionale, Rouen. Pour ce city trip qui nous tendait les bras alors que la nouvelle annĂ©e n’avait que quelques jours Ă  son compteur, il semblait de bon aloi de se concentrer sur une petite portion centrale, lĂ  oĂč haute et basse se rejoignent Ă  l’embouchure de la Seine
 Attrait touristique des Parisiens depuis toujours ou presque, celle-ci concentre en effet pas mal de jolies cartes Ă  jouer pour la rĂ©gion normande et ses forces vives - il serait donc dommage de s’en priver !

PLEIN LES MIRETTES À ÉTRETAT

En commençant par le nord - puisque l’ĂȘtre humain est toujours plus enclin Ă  descendre qu’à monter - la petite ville d’Étretat reste une destination imparable pour qui veut voir du lourd niveau paysage. Car oui, les plages normandes, c’est Ă©videmment le DĂ©barquement, un peu plus bas, mais c’est aussi dans l’esprit collectif la cĂ©lĂšbre arche rocheuse que l’on y trouve, Ă  savoir la Falaise d’Amont qui se tient en pole position de la skyline rĂ©gionale. L’admirer depuis le front de mer du centre-ville ou depuis la falaise opposĂ©e sont Ă©videmment une bonne idĂ©e, mais englober le tout avec un point de vue plus original peut changer la donne


Ça tombe plutĂŽt bien puisque c’est un des nombreux atouts du Domaine Saint Clair - Le Donjon, sur les hauteurs d’Étretat, oĂč nous avions dĂ©cidĂ© de poser nos valises. En 1862, en haut du Val Saint Clair, sur des vestiges romains et d’anciens tunnels, le Donjon sort de terre sous la forme d’une imposante bĂątisse anglo-normande. Domaine privĂ©, passĂ© de main en main, il sera ensuite occupĂ© par un propriĂ©taire exubĂ©rant, qui, fort de conviction, hissait le drapeau Ă  tĂȘte de mort et tonnait le canon Ă  chacune de ses arrivĂ©es, comme un clin d’Ɠil Ă  l’insularitĂ© latente de la ville. Ce n’est qu’en 1978, avec la famille Abodib, que le domaine deviendra un bel Ă©tablissement hĂŽtelier empreint d’histoire et de caractĂšre
 La lĂ©gende raconte qu’à sa naissance, le cĂ©lĂšbre gentleman cambrioleur ArsĂšne Lupin aurait Ă©tĂ© dĂ©posĂ© sur les marches du Donjon !

MAYA @ Antidotefactory

« LE RESTAURANT GASTRONOMIQUE DU DONJON, TITULAIRE D’UNE ÉTOILE MICHELIN, DISPOSE D’UN SALON DES CRÉATEURS ENTIÈREMENT DÉCORÉ PAR THE ONE AND ONLY JEAN-CHARLES DE CASTELBAJAC »

En 2002, le propriĂ©taire actuel, l’hĂŽtelier Omar Abodib, ajoute Ă  l’établissement la Villa attenante puis transforme le Cottage de la propriĂ©tĂ© en quatre belles chambres supplĂ©mentaires en 2019. C’est lĂ  que nous attend la superbe suite Lili, avec la gigantesque baie vitrĂ©e n’ayant d’égal que la salle de bain avec double douche et baignoire, le tout dans un dĂ©cor Ă  la fois subtilement vintage, chaleureux et trĂšs tendance.

73

CITY TRIP

Texte

Le temps d’un plouf et l’apĂ©ritif s’impose dans le foyer de l’hĂŽtel, joyeux mix entre jardin d’hiver et vĂ©randa chauffĂ©e au feu de bois
 De grands plaids, de gros canapĂ©s bien dodus et les cocktails dĂ©tonants de Nico, truculent bourlingueur kiwi : ah, on est bien, comme le disait le grand penseur Pascal Sevran. Mais tout cela n’est qu’un prĂ©ambule Ă  la soirĂ©e gastronomique canon qui attend les insatiables fines bouches que nous sommes ! Le restaurant gastronomique du Donjon, titulaire d’une Ă©toile Michelin, dispose de deux belles salles, mais on se rue - sur rĂ©servation - sur le salon des crĂ©ateurs entiĂšrement dĂ©corĂ© par the one and only Jean-Charles de Castelbajac. On ne rentrera pas dans les dĂ©tails du menu, car il s’agissait alors d’un des derniers du chef Gabin Bouguet, qui partait s’installer Ă  son compte Ă  Dieppe quelques jours plus tard. Il est toutefois remplacĂ© depuis par une valeur sĂ»re de la jeune scĂšne française en la personne du chef Rodolphe Pottier, un enfant du pays, plus jeune Ă©toilĂ© dans la promo 2017 du Guide Michelin et qui partage avec son prĂ©dĂ©cesseur les mĂȘmes amours pour une gastronomie durable et responsable, autour de la naturalitĂ©, du vĂ©gĂ©tal et de la mer. Viandards invĂ©tĂ©rĂ©s, passez votre chemin ! N’en oublions pas pour autant le Bistrot Saint Clair, avec lĂ  une approche tout autre puisque le chef Senda David Waguena y distille les influences de son Togo natal, combinĂ©es Ă  son expĂ©rience de plusieurs annĂ©es en Italie

et à son goût prononcé pour la cuisine nippone
 En trÚs bref, difficile de ressortir du Donjon la faim au ventre.

Mais c’est effectivement depuis la terrasse de la piscine chauffĂ©e (de mi-mars Ă  mi-novembre) - ou encore mieux : depuis le jacuzzi panoramique privatisable - que l’on prend la vue 100 % Étretat en pleine figure, et soyons honnĂȘtes, on en redemande ! Avant de repartir, on repasse Ă©videmment par le centre-ville et on dĂ©jeune bien volontiers au Bel Ami, autre Ă©tablissement du groupe, oĂč les influences libano-normandes du patron se font bien sentir sous la plume - enfin dans la poĂȘlede LoĂŻc LourmiĂšre et dans sa carte courte et canaille ! Indices : escargots en tempura, carpaccio de SaintJacques locales au sumac ou encore trilogie de houmous. L’endroit est chaleureux, y’a du bon pinard et c’est juste assez en retrait pour ĂȘtre un peu tranquille avec quelques habituĂ©s du coin - ça fait plaisir.

SANTÉ AU PAYS D’AUGE

Il est temps de reprendre la route, de dĂ©passer Le Havre et d’aller goĂ»ter un peu ce que la campagne normande fait de meilleur : des pommes, des poires et pas de scoubidous (dĂ©solĂ© pour la blague de tonton), mais bien du calvados, non, mais ! Et pas n’importe lequel, puisqu’on avait la chance d’ĂȘtre invitĂ©s Ă  dĂ©couvrir

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le domaine Christian Drouin, un des plus prestigieux en la matiĂšre et dĂ©tenteur d’un nombre quasi incalculable de prix nationaux et internationaux. Le calva’ a la cote et c’est indĂ©niable, en atteste l’organisation d’un concours de bartending lui Ă©tant dĂ©diĂ© Ă  Luxembourg en septembre dernier. Alexandre Mermillod, brand ambassador de la marque, nous raconte alors qu’un bar de Kyoto, le Calvador, en propose plus de 250 rĂ©fĂ©rences au verre ou encore que l’Operkallaren de Stockholm offre une dĂ©gustation verticale de millĂ©simes Christian Drouin. RĂ©putation, ambition : Drouin est lĂ  pour rester, mais aussi innover, comme le prouve la gamme dingue de gins que produit l’actuel chef de famille et d’exploitation, Guillaume Drouin. À noter que ce dernier sortira bientĂŽt sa « Blanche » dans une version bio vieillie en amphore et titrant Ă  60°- si ça c’est pas un gros « santĂ© ! », on voit pas bien qui le mĂ©riterait


Une visite du site, composĂ© de splendides Ă©difices typiques de la rĂ©gion, est un vĂ©ritable voyage dans l’histoire de la famille, du calvados, du Pays d’Auge et - quelque part - de la France. L’alambic Pierre Pivet, utilisĂ© jusqu’en 2017, a Ă©tĂ© fabriquĂ© au lendemain de la Seconde Guerre mondiale avec des restes de chars amĂ©ricains par un grand pote du grandpĂšre de Guillaume. DerriĂšre l’ancien bassin de lavage, qui alimente Ă  prĂ©sent le nouvel alambic en eau, le vieux four Ă  pain a Ă©tĂ© remis en Ă©tat tout rĂ©cemment et permet d’inviter chaque mercredi d’étĂ© ou presque des artisans locaux pour rĂ©aliser avec eux des pains d’exception, dans un cadre qui l’est tout autant. Le plein de savoir, de tradition, mais aussi de

dĂ©gustation sur place, avec des visites personnalisĂ©es autour de l’irrĂ©sistible eau de vie de cidre, des cours d’assemblages ou encore des pique-niques gourmands au verger
 Cerise sur le gĂąteau - on reste dans le fruit - le domaine Christian Drouin se dotera dĂšs le printemps d’une crĂȘperie, au sein du petit manoir trĂŽnant fiĂšrement en son centre.

AprĂšs tout cela, pour passer une bonne soirĂ©e et la nuitĂ©e en consĂ©quence, direction la cĂŽte et l’imparable duo Deauville-Trouville, Ă  15 minutes de lĂ  Ă  peine. Envie de chic bourgeois et d’une belle photo sur les fameuses planches le lendemain au rĂ©veil ? On prend Ă  gauche vers Deauville, oĂč on rĂ©serve les yeux fermĂ©s Ă  L’Équilibriste pour un super apĂ©ro cocktails et quelques grignotages bien faits - big up Ă  l’Ɠuf cocotte au camembert et au tarama truffĂ© maison - ou encore, juste Ă  cĂŽtĂ©, face au charmant marchĂ© couvert de la ville, chez Fanfaron, petite adresse bistronomique pas piquĂ©e des hannetons !

Envie d’une ambiance plus chill, moins chĂšre, et de dĂ©gommer des fruits de mer ? Alors on prend plutĂŽt Ă  droite vers Trouville-sur-Mer avec un dĂźner dans une des grandes brasseries du coin (Le Central, Les Mouettes, Le Noroit
) et un dĂ©jeuner sur le pouce et le casse-pince aprĂšs avoir composĂ© soi-mĂȘme son plateau de fruits de mer sur les fantastiques Ă©tales du MarchĂ© aux Poissons
 Un must absolu. Peu importe la formule choisie cependant, un rendez-vous immanquable s’impose avant de quitter ces hauts lieux de villĂ©giature, histoire d’ajouter un Ă©pisode

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@ Julien Boisard

culturel au tout : une visite au nouveau centre culturel Les Franciscaines, inaugurĂ© en mai 2021 et s’imposant sans mal comme une destination Ă  lui seul. SituĂ©es dans l’ancien orphelinat Saint-Joseph de la CongrĂ©gation des SƓurs Franciscaines, un bĂątiment auquel les locaux Ă©taient dĂ©jĂ  trĂšs attachĂ©s, Les Franciscaines proposent des expositions temporaires curatĂ©es avec soin, des espaces de lecture et de dĂ©tente cossus ainsi qu’un Ă©tage entier ou presque dĂ©diĂ© Ă  la culture hippique si liĂ©e Ă  Deauville. Un petit cafĂ© sur la terrasse et on est bon pour enchainer


CABOURG, MON AMOUR

Ainsi, en quelques minutes de route, on se retrouve facilement sur la plage de Cabourg, et quelle plage ! Le front de mer, tout comme le petit centre-ville, vaut clairement le dĂ©tour et il est vite clair que le surnom de « Reine de la CĂŽte Fleurie » est loin d’ĂȘtre usurpĂ© !

Connue pour ses bains de mer dĂšs 1855, la ville s’est fortement dĂ©veloppĂ©e depuis, comme en tĂ©moignent les nombreuses villas Belle Époque trĂšs bien entretenues, qui font partie intĂ©grante du panorama de la station balnĂ©aire. Les amoureux d’architecture ne sauront pas oĂč poser le regard tant l’abondance de ces superbes maisons est agrĂ©able Ă  l’Ɠil


Cabourg possĂšde Ă©galement tout ce qu’il faut pour un sĂ©jour Ă  la mer divertissant : thalasso, casino, festivals intimistes, courses hippiques ou encore l’intrigante Villa du Temps RetrouvĂ©, un espace musĂ©al dotĂ© d’une technologie immersive qui, Ă  travers des Ɠuvres d’art, du mobilier, des films, des photographies, des sons et des costumes, plonge les visiteurs dans le temps de la Belle Époque et de Marcel Proust, figure emblĂ©matique de la rĂ©gion. Les salons du superbe Ă©difice mettent Ă©galement en lumiĂšre les univers d’artistes comme Claude Monet, Jacques-Émile Blanche, RenĂ©-Xavier Prinet, Claude Debussy...

Enfin, si Cabourg et sa grande plage se font facilement Ă  pied, on prendra aussi le temps de visiter Houlgate, commune mitoyenne tout aussi charmante, mais aussi Beuvron-en-Auge, un des « plus beaux villages de France » qui fleure bon le terroir avec ses champs de pommiers, ses colombages, ses chevaux, ses petites boutiques et ses producteurs locaux
 Bref, on connaissait Bourg-la-Reine, voici la reine Cabourg !

« UN BAR DE KYOTO, LE CALVADOR, PROPOSE PLUS DE 250 RÉFÉRENCES DE CALVADOS AU VERRE ET L’OPERKALLAREN DE STOCKHOLM OFFRE UNE DÉGUSTATION VERTICALE DE MILLÉSIMES CHRISTIAN DROUIN. LE CALVA’ A LA COTE ! »
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Rodrigues
CITY TRIP Texte Fabien

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CRASH TEST

TOUAREG R EHYBRID

LA POLYVALENCE EN PLUS

Dans la cour des Titans, j’ai testĂ© le nouveau Touareg R eHybrid de Volkswagen. Uniquement proposĂ© dans cette version rechargeable, l’esthĂ©tique de ce porte-drapeau du constructeur allemand lui permet toujours de remporter un beau succĂšs d’estime.

La derniĂšre version du SUV de Volkswagen Ă©tait bien sĂ»r trĂšs attendue par les aficionados des vĂ©hicules de la marque. Et la version « R » lui permet naturellement de faire face Ă  la concurrence, Mercedes GLE, BMW X5 et autre Volvo XC90. S’il y a bien une chose qu’on doit laisser au constructeur, c’est qu’il a le chic pour faire Ă©voluer sa flotte tout en prĂ©servant son identitĂ©. C’est, encore une fois, le cas aujourd’hui avec un Touareg rĂ©solument en phase avec son Ă©poque, mais dont l’ADN est totalement reconnaissable. La clientĂšle n’est pas franchement chamboulĂ©e et c’est une stratĂ©gie judicieuse qui facilitera sans doute l’abandon de la version diesel. OĂč ça coincera peut-ĂȘtre un peu, c’est au moment de l’addition qui affiche un montant Ă  6 chiffres. Au premier coup d’Ɠil, je me suis demandĂ© si ce budget Ă©tait bien raisonnable. On l’aura compris, pour s’offrir un Touareg R, il faut avoir les moyens, mais je vais cependant tenter de vous expliquer pourquoi, petit Ă  petit, je me suis laissĂ©e sĂ©duire. Dans le secteur automobile, comme ailleurs, on n’est pas Ă  l’abri d’un coup de cƓur !

LE DESIGN SOUS LA LOUPE

En arrivant dans le parking, oĂč le vĂ©hicule m’attendait parmi d’autres, je me suis presque intuitivement dirigĂ©e vers lui. Il s’en dĂ©gageait Ă  la fois une impression de dĂ©jĂ  vu et de modernitĂ©. Clairement, les designers ont travaillĂ© au scalpel et pas la hache. En effet, le bouclier avant et la calandre ont subi quelques ajustements, mais c’est plutĂŽt subtil et, personnellement, ça me convient parfaitement. Le vĂ©ritable changement se situe avec l’arrivĂ©e d’un bandeau lumineux Ă  l’arriĂšre et d’un logo VW Ă©clairĂ©. Ce dernier point peut sembler anecdotique, mais c’est pourtant une premiĂšre en Europe puisqu’il a fallu attendre que la rĂ©glementation l’autorise. Au niveau des optiques, ça dĂ©mĂ©nage davantage grĂące aux phares avant matriciels Ă  leds. Quelques 38.000 leds offrent un Ă©clairage de pointe qui s’adapte, par exemple, aux vĂ©hicules arrivant en face ou aux dangers pouvant surgir sur le cĂŽtĂ©. Je dois bien avouer que je les ai Ă  peine testĂ©s, Ă©tant donnĂ© que je n’ai pas franchement roulĂ© de nuit, mais je pense qu’on peut faire confiance Ă  la marque qui a voulu essentiellement miser sur les Ă©volutions en matiĂšre d'Ă©quipements et de motorisation. Bonne nouvelle : cet Ă©quipement est fourni de sĂ©rie.

UN INTÉRIEUR CINQ ÉTOILES

Perso, je suis assez fan de l’intĂ©rieur de la voiture. L’agencement est nickel. Mais ça, c’était dĂ©jĂ  le cas sur les versions prĂ©cĂ©dentes.

Les finitions sont juste parfaites et soignĂ©es. Je suis parfois déçue, tant par trop de classicisme que par trop de bling-bling inutile. Ici, l’équilibre est vraiment sĂ©duisant. On retrouve le grand Ă©cran central de 15 pouces, avec une meilleure rĂ©solution. Tout est trĂšs intuitif et bien configurĂ©. La prise en main est un jeu d’enfant. Un bon point supplĂ©mentaire pour les finitions sellier bleu outremer qui contrastent merveilleusement avec le cuir. Oui, je sais, ce n’est qu’un dĂ©tail. Mais le luxe est fait de dĂ©tails. CĂŽtĂ© confort, il n’y a rien Ă  redire. Avec une position parfaite, on est prĂȘt Ă  enquiller les kilomĂštres avec euphorie. Oui, je n’exagĂšre pas !

EN ROUTE POUR L’AVENTURE

Puisqu’il faut sacrifier aux nouvelles normes, on se doutait que le nouveau Touareg ne serait disponible, en tout cas dans un premier temps, qu’en version hybride rechargeable. En ce qui concerne l’autonomie, Volkswagen annonce 49 km en mode 100 % Ă©lectrique. Ça, c’est dans des conditions optimales. L’autonomie en cycle mixte peut, quant Ă  elle, atteindre 810 km. Par contre, la consommation m’a semblĂ© trĂšs correcte, surtout pour un vĂ©hicule aussi lourd. CĂŽtĂ© sĂ©curitĂ©, il faut noter que l’ESC (Electronic Stability Control) a Ă©tĂ© recalibrĂ© pour rĂ©agir lorsqu’une charge se trouve sur le toit. Le vĂ©hicule anticipe ainsi les rĂ©actions en fonction du centre de gravitĂ©. Pour ceux qui l’ignorent, ce systĂšme de contrĂŽle Ă©vite les dĂ©rapages et amĂ©liore la motricitĂ© de la voiture. J’ai osĂ© quelques belles accĂ©lĂ©rations, un peu d’offensive dans les virages. Rien Ă  dire, la voiture se comporte merveilleusement bien. Peut-on parler d’un vĂ©hicule sportif ? Hmmm, je vais donner une rĂ©ponse de Normand. Elle se montre efficace, mĂȘme sur la petite route accidentĂ©e que j’ai empruntĂ©e. Mais dans l’ensemble, son poids l’empĂȘche sans doute d’ĂȘtre plus incisive, malgrĂ© sa puissance. Est-ce un handicap ? Non, pas vraiment. J’ai vraiment passĂ© un excellent moment Ă  son bord.

CONCLUSION

Volkswagen ne ment pas en affirmant que le Touareg est l’un des vĂ©hicules les plus modernes au monde dans sa catĂ©gorie. GrĂące au Travel Assist, il est, par exemple, le premier modĂšle de la marque Ă  bĂ©nĂ©ficier de la conduite assistĂ©e jusqu’à une vitesse de 250 km/h, dans les limites du systĂšme. Il ne se contente pas de rĂ©agir aux vĂ©hicules qui le prĂ©cĂšdent, il s’adapte Ă©galement aux limitations de vitesse et au tracĂ© de la route (virages, ronds-points, croisements,
). Si le prix ne vous effraie pas, faites un petit test avec ce SUV premium qui en a quand mĂȘme sous la pĂ©dale.

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Texte Magali Eylenbosch

AVANTAGES

‱ Le confort zĂ©ro dĂ©faut

‱ Les finitions intĂ©rieures trĂšs soignĂ©es

‱ Son comportement sur la route

INCONVÉNIENTS

‱ Le poids

‱ Le tarif particuliĂšrement Ă©levĂ©

‱ L’autonomie

SPÉCIFICATIONS TECHNIQUES

Puissance : 462 ch (puissance du systĂšme)

Longueur : 4.902 mm

Prix : 101.570 €

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WHAT A YEAR !

Cette annĂ©e encore, le Grand-DuchĂ© et sa Grande RĂ©gion auront rayonnĂ© grĂące aux formidables Ă©quipes qui Ɠuvrent dans nos salles de concerts prĂ©fĂ©rĂ©es. En 2023, nous avons Ă©tĂ© marquĂ©s par l’avant-gardisme industriel de Laibach Ă  l’Atelier et nous retiendrons les performances live marquantes proposĂ©es par Zaho de Sagazan, Chaild, LoĂŻc Nottet, Jain, Archive, Queens Of The Stone Age, Sting ou encore The Prodigy Ă  la Rockhal et ailleurs
 Un merci tout personnel aux salles de concert locales qui continuent de proposer de telles affiches et Ă©vĂ©nements. Et merci Ă  vous toutes et tous d’ĂȘtre sortis de chez vous pour rĂ©pondre prĂ©sents Ă  de si belles invitations ! Stay tuned : 2024, we are coming


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Texte Carl Neyroud LoĂŻc Jurion
SNAPSHOT
CHAILD Images Carl Neyroud JAIN LOÏC NOTTET STING

COUR ET JARDIN

La sĂ©lection de piĂšces de théùtre de la sĂ©rie GEM parle d’émotions, titille la curiositĂ© et Ă©veille les consciences. Elle est destinĂ©e aux amateur·trices comme aux jeunes qui dĂ©couvrent le théùtre.

L’adaptation sur les planches de l’émission de radio culte Affaires Sensibles sur France Inter – trois destins de femmes, jouĂ©s par le prĂ©sentateur de l’émission Fabrice Drouelle et la comĂ©dienne ClĂ©mence Thioly - et la reprĂ©sentation d’Une histoire d’amour du golden boy du théùtre français Alexis Michalik, Ă  l’intrigue drĂŽle sans jamais ĂȘtre tire-larmes et Ă  la mise en scĂšne virevoltante, ont marquĂ© la saison théùtrale de neimĂ«nster.

81 Texte Rui Henriques SNAPSHOT
AFFAIRES SENSIBLES © RUI HENRIQUES AFFAIRES SENSIBLES © RUI HENRIQUES UNE HISTOIRE D'AMOUR © RUI HENRIQUES UNE HISTOIRE D'AMOUR © RUI HENRIQUES

PLEIN LES MIRETTES

Pour cĂ©lĂ©brer la nouvelle annĂ©e avec crĂ©ativitĂ© et convivialitĂ©, le centre culturel qui monte Ă  Villerupt, L’Arche, conviait fin janvier son public et tous les curieux du coin Ă  une soirĂ©e pluridisciplinaire mĂ©morable. Notamment grĂące Ă  une trĂšs belle performance live de l’artiste digital Maotik, Materia. Une Ɠuvre questionnant la transformation de la matiĂšre Ă  travers ses quatre Ă©tats fondamentaux : solide, liquide, gazeux et plasma, intĂ©grant des images dynamiques en temps rĂ©el et l’accompagnant d’un environnement sonore immersif qui Ă©voque la mĂ©tamorphose de la matiĂšre
 Mais aussi avec le concert de Veronika Nikolic et le DJ set de Dacom !

SNAPSHOT
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Texte Fabien Rodrigues Images Carl Neyroud
ENCORE PLUS DE GOURMANDISE SUR WWW.OBERWEIS.LU @OBERWEIS_LUXEMBOURG

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