La relation aux langues
Coordonné par Amélie CELLIER, Amal KHALEEFA, Catherine MENDONÇA DIAS, Laëtitia RENOUX
Comité de rédaction
Rédactrice en chef adjoint : Margaret Bento (Université Paris Cité)
Responsable de la coordination de la Revue : Fatima Chnane-Davin (Aix-Marseille Université)
Responsable de la sélection thématique des numéros : Valérie Spaëth (Université Sorbonne Nouvelle)
Responsable de la communication et de la stratégie de rayonnement de la revue : Aline Germain Rutherford (Université d’Ottawa, Canada) et Denise Lussier (Université McGill, Montréal, Canada) Cynthia EID, Directrice de la Publication (Présidente FIPF) et (Université Igenisa Éducation, France)
Comité scientifique
Margaret Bento (Université Paris Cité, France) ; Patrick Chardenet (Agence universitaire de la Francophonie, Brésil) ; Fatima Chnane-Davin (Aix-Marseille Université, France) ; Francine Cicurel (Université Sorbonne Nouvelle – Paris 3, France) ; Jean-Pierre Cuq (Université de Nice, France) ; Jean-Marc Defays (Université de Liège, Belgique) ; Cynthia Eid (Présidente de la FIPF, Université Igenisa Education, France) Enrica Galazzi-Matasci (Université Catholique de Milan, Italie) ; Eliane Lousada (Universidade de São Paulo, Brésil) ; Abdelouahad Mabrour, (Université Chouaïb Doukkali El Jadida, Maroc) ; Samir Marzouki (Université de la Manouba, Tunisie) ; Jean Noriyuki Nishiyama (Université de Kyoto, Japon) ; Valérie Spaëth, (Université Paris 3 Sorbonne Nouvelle, France) ; Monica Vlad (Universitatea Ovidius din Constanta, Roumanie) ; Tatiana Zagryazkina (Université d’État de Moscou Lomonossov, Russie)
Comité de lecture
Babault Sophie, INALCO (France) ; Barthelemy Fabrice, Université Paris 3 Sorbonne Nouvelle, Paris (France) ; Bel David, Canton (Chine) ; Bigot Violaine, Université Paris 3 Sorbonne Nouvelle, (France) ; Carrasco Perea Encarnación, Universitat de Barcelona (Espagne) ; Causa Mariella, Université Montaigne, Bordeaux (France) ; Coffey Simon, King’s College London (Royaume Uni) ; Debono Marc, Université de Tours (France) ; De Pietro Jean-François, Institut de Recherche et de documentation pédagogique, Neuchâtel (Suisse) ; Develotte Christine, Institut français de l’Éducation - ENS de Lyon (France) ; El Madhi Adil, Université Ibn Zohr, Agadir (Maroc) ; Ferreira-Meyers Karen, University of Swaziland (Swaziland) ; Gonçalves Carolina, Escola Superior de Educação de Lisboa (Portugal) ; Ioan Guțu, Universitatea de Stat din Moldova (Moldavie) ; Jamet Marie Christine, Université Ca Foscari, Venise (Italie) ; Klett Estela, Universidad de Buenos Aires (Argentine) ; Kouame Koia Jean-Martial, Université de Cocody-Abidjan (Côte d’Ivoire) ; Laurens Véronique, Université Paris 3 Sorbonne Nouvelle, Paris, (France) ; Leclere Malory, Université Paris 3 Sorbonne Nouvelle, Paris, (France) ; Le Ferrec Laurence, Université Paris Cité (France) ; Liddicoat Tony, University of Warwick, Coventry (Royaume Uni) ; Tierno Ly, IFEE, Université Cheikh Anta Diop, Dakar (Sénégal) ; Mangiante Jean-Marc, Université d’Artois, (France), France ; Meunier Deborah, Université de Liège (Belgique) ; Mendonça Dias Catherine, Université Paris 3 Sorbonne Nouvelle, Paris, (France) ; Pambou Jean-Aimé, École Normale Supérieure Libreville (Gabon) ; Parpette Chantal, Université Lumière Lyon 2 (France) ; Paternostro Roberto, Université de Genève (Suisse) ; Piccardo Enrica, Université de Toronto (Canada) ; Rispail Marielle, Université Jean-Monnet de Saint-Etienne (France) ; Rivière Véronique, Université Lumière, Lyon 2 (France) ; Ruggia Simona, Université Côte d’Azur, Nice (France) ; Sadiqui Mina, École Normale Supérieure, Université Moulay Ismail, Meknès (Maroc) ; Sahnoun Mokhtar, Université La Manouba, Tunis (Tunisie) ; Silva Ochoa Haydée, Universidad Nacional Autónoma de Mexico (Mexique) ; Suso Lopez Javier, Universidad de Granada (Espagne) ; Takagaki Yumi, Université préfectorale d’Osaka (Japon) ; Thiam Ousseynou, Université Cheikh Anta Diop, Dakar (Sénégal).
Comité varia
Abdelouahed Marbrour, Monica Vlad
La relation aux langues
Présentation
a MÉlIE CEllIER, aMal KhalEEFa, CaThERINE MENDoNÇa DIaS, laëTITIa RENouX
Pédagogie et mise en relation des apprenants aux langues
Lire du théâtre en classe de FLE : l’émergence du je(u) par la voix du lecteur
YIChEN PENG
Cet article explore le rôle de la lecture à voix haute dans l’appropriation de la langue et de la littérature françaises, à partir d’une enquête de terrain menée en 2021 dans un atelier de théâtre conduit par Stéphane Ginet auprès d’étudiants de licence 3 en études françaises (niveau B1/B2). Après un état de l’art sur la voix en didactique du FLE, l’étude met en lumière les postures de lecture du théâtre et montre comment la voix favorise la compréhension et le rapport sensible à la langue. Mots clés : lecture à voix haute ; théâtre ; sujet lecteur ; sensibilité analytique
读者之音与学习者主体的诞生:中国高校法语
专业戏剧课堂案例研究
本文基于笔者于2021年在暨南大学开展的田野 调查, 以Stéphane Ginet(教师兼演员)为本科法 语专业大三学生设计的戏剧文学课堂教学实 践案例为出发点, 探讨戏剧文本朗读在法语 语言与文学学习中的作用。 在对朗读与对外
法语教学相关文献进行简要梳理后, 该研究 将聚焦于戏剧朗读中的不同阅读姿态, 阐明 读者之音在促进文本理解及学习者与语言间 感性与认知互动中的作用。
关键词 : 文本朗读 ; 戏剧 ; 读者主体 ; 感性分析 This article explores the role of reading aloud in learning of French language and literature, based on fieldwork conducted in 2021 within a theatre workshop led by Stéphane Ginet for third-year undergraduate students in French studies (B1/B2 level). After a brief review of voice in FLE didactics, it highlights different reading postures in the theatrical context and shows how voice fosters both comprehension and an affective relationship with language.
Keywords: reading aloud ; theatre; reader-subjectivity ; analytical sensitivity
Le musée pour les adultes migrants : lieux d’hospitalité et d’interaction participative ÉlISE GaNDoN
La recherche s’appuie sur une étude montrant que les lieux culturels favorisent parole et apprentissage du français chez les adultes migrants. L’analyse porte sur les interactions au musée Gadagne (Lyon), les stratégies des médiateurs et leur collaboration avec les formateurs, qui ont adapté le parcours en un espace « hospitalier ». Ce dispositif renforce autonomie et confiance, soulignant le rôle des musées dans l’intégration.
Mots clé : médiation culturelle ; apprentissage informel ; collaboration ; interaction participative
The study builds on research showing that cultural venues foster speech and French learning among adult migrants. It analyzes interactions at the Gadagne Museum (Lyon), mediators’ strategies, and their collaboration with teachers, who reshaped the visit into a “hospitable” space. The scheme strengthens autonomy and confidence, highlighting museums’ role in integration.
Keywords : cultural mediation ; informal learning ; collaboration ; interactive participation
La frontière d’étrangéité en didactique du français langue étrangère
a MÉlIE CEllIER
Cet article explore la frontière d’étrangéité, une expérience socio-sémiotique vécue par les apprenants de FLE lorsqu’ils tentent de saisir l’inaccessible dans la relation à l’autre. L’analyse d’un corpus recueilli à l’université et dans des formations de l’OFII éclaire le caractère cognitif de cette expérience. Les résultats montrent que ce seuil, où les apprenants cherchent à dépasser leurs limites, constitue un espace propice au développement de nouvelles stratégies de création du sens. Mots clefs : frontière ; étrangéité ; multilittératies ; sémiotique ; cognition
This article explores the frontier of strangeness, a sociosemiotic experience lived by learners of French as a foreign language when they try to grasp the inaccessible in their relationships with others. Analysis of a corpus collected in a university and OFII training courses lights the cognitive nature of this experience. The results show that this threshold, where learners seek to overcome their limitations, is a space conducive to the development of new strategies for creating meaning.
Keywords : border ; foreignness ; multiliteracies ; semiotic ; cognition
La relation pédagogique transformée par l’expérience relationnelle
La relation langue-culture : représentations et pratiques en classe de FLE
DIaNa M aRTINEZ
Cet article examine la relation langue-culture en FLE à partir de l’étude des représentations enseignantes et des pratiques de classe en France et au Mexique. L’analyse montre que, bien que langue et culture soient perçues comme étroitement liées, ces dimensions sont souvent traitées de façon dissociée. Les contenus culturels privilégiés restent par ailleurs majoritairement factuels, au détriment du développement des compétences interculturelles.
Mots-clés : relation langue-culture ; représentations ; pratiques enseignantes ; FLE
Este artículo examina la relación lengua-cultura en FLE a partir de un análisis de las representaciones de profesores y de las prácticas en el aula en Francia y México. El análisis muestra que, pese a la relación estrecha que los profesores establecen entre lengua y cultura, estas dimensiones se tratan a menudo de manera separada y que los contenidos se centran mayoritariamente en aspectos factuales, dejando de lado el desarrollo de las competencias interculturales.
Palabras clave : Relación lengua-cultura ; representaciones ; prácticas de aula ; FLE
This article examines the relationship between language and culture in French as a Foreign Language (FFL) by analyzing teachers’ representations and classroom practices in France and Mexico. The analysis shows that, although language and culture are perceived as closely linked, these dimensions are often treated separately or as secondary. Furthermore, the cultural content emphasized remains predominantly factual, to the detriment of the development of intercultural skills.
Keywords : Language-culture relationship ; representations ; teaching practice ; FFL
Construire de nouvelles relations aux langues pour mieux accueillir la diversité linguistique et culturelle : l’exemple d’un dispositif de formation en Suisse romande
Paula RISTEa
Cette étude examine l’impact de l’exploration d’une langue distante sur le développement de la conscience de la diversité linguistique et culturelle chez des enseignantes et des enseignants de français langue seconde. L’analyse qualitative de récits réflexifs révèle une évolution des relations aux langues et à l’altérité, une meilleure compréhension des difficultés des élèves, ainsi qu’une réflexivité accrue liée à la gestion de la distance interlinguistique et des répertoires plurilingues. Mots clés : diversité linguistique et culturelle ; relation aux langues ; distance interlinguistique ; réflexivité, répertoire plurilingue
This study examines the impact of exploring a linguistically distant language on the development of awareness of linguistic and cultural diversity among teachers of French as a second language. A qualitative analysis of reflective accounts reveals an evolution of relationships to languages and otherness, a deeper understanding of learners’ difficulties, as well as an increased reflexivity related to the management of interlinguistic distance and plurilingual repertoires.
Keywords : linguistic and cultural diversity ; relationship to languages ; interlinguistic distance ; reflexivity ; multilingual repertoire
Mobilité internationale et transformation de la relation pédagogique : une analyse par le prisme de la résonance
SoPhIE BEauMoNT
À l’école, envisager les pluralités des langues et des cultures comme des richesses correspond à adopter des postures compréhensives et altéritaires. Cet article présente le parcours d’une professeure des écoles qui s’approprie des pratiques et postures plurilingues à travers l’expérience de l’enseignement dans un lycée français en Australie. À partir d’une approche biographique, les relations pédagogiques sont examinées dans leur complexité et interprétées à la lumière de la théorie de la résonance.
Mots clés : didactique du plurilinguisme ; expérientiel transformateur ; relations pédagogiques ; biographisation ; résonance
In educational settings, considering linguistic and cultural pluralities as valuable resources entails adopting interpretive and otherness-oriented stances. This article traces the professional journey of a primary school teacher who integrates plurilingual practices and perspectives through her teaching experience in a French international high school in Australia. Through a biographical approach, pedagogical relationships are examined in their complexity and interpreted in light of the theory of resonance. Keywords : plurilingual education ; experiential learning ; pedagogical relationships ; biographization ; resonance
Relation à l’altérité : la bienveillance interrogée
Ma XIME alaIS
En s’appuyant sur la théorie de la reconnaissance de Honneth, cet article interroge la notion de bienveillance en situation scolaire d’allophonie comme forme de relation à l’altérité. Il tente de croiser des situations scolaires diverses (enseignements aux élèves dits allophones en Belgique francophone, établissements français à l’étranger), et aborde en conclusion la formation linguistique d’adultes migrants, pour souligner une potentielle assignation par la bienveillance des individus formés.
Mots clés : français langue étrangère / seconde (FLE/S) ; relation, altérité ; allophonie ; bienveillance
Drawing on Honneth’s theory of recognition, this article examines the notion of benevolence in school settings where different languages are spoken as a form of relationship with otherness. It attempts to compare diverse school situations (education for pupils known as allophone in French-speaking Belgium, French schools abroad) and also mentions in conclusion the language training of adult migrants in order to highlight a segregation of the students, through benevolence.
Keywords : French as a foreign language / french as a second language ; relation ; otherness ; care
La langue : obstacle ou levier de désir de relation ?
Des représentations aux pratiques : l’impact du rapport aux langues sur l’apprentissage du français en Tunisie
WaFa hMISSI
Dans cette étude, nous traitons la problématique des représentations contradictoires de l’arabe classique et du français. Nous cherchons à déterminer si elles constituent un frein à l’apprentissage ou, au contraire, un levier d’apprentissage. Parmi les résultats d’analyse, les deux langues font partie d’une historicité conflictuelle impactant l’apprentissage du français. Ainsi, l’usage de l’arabe classique ou dialectal pendant la séance de français se révèle être une solution majeure.
Mots clés : représentations ; pratiques ; apprentissage ; frein ; solutions
In the current study, we address the issue of contradictory representations of Classical Arabic and French. We aim to determine whether they constitute an obstacle to learning or, on the contrary, a learning aid. Among the analysis results, both languages are part of a conflicting historicity impacting the learning of French. Thus, the use of Classical or dialectal Arabic during the French lesson proves to be a major solution.
Keywords : representations ; practice ; learning ; obstacle ; solutions
Donner à voir les relations dans une mobilité courte entre France et Japon : de la situation éducative au paysage
MaRIE-FR aNÇoISE PuNGIER
Cette étude porte sur la question de la relation dans la mobilité académique courte à partir de l’examen à visée heuristique de modélisations de situations éducatives classiques. Celles-ci ne peuvent pas tout dire du vécu d’un séjour à l’étranger d’autant plus qu’elles sont conçues par et pour le pôle enseignant. L’hypothèse d’une approche « paysagère » étudiante est alors examinée. On propose de l’appréhender sous la forme d’une sphère, complétant ainsi les modèles classiques.
Mots-clés : mobilité académique courte ; situations éducatives ; relations ; paysage
This study investigates the question of ‘relation’ — narrative account and intersubjective connections — within the context of a short-term sojourn abroad. This inquiry is based on a heuristic examination of models of classical educational situations. However, such models cannot fully account for the lived experience of a stay abroad, particularly as they are designed by and for the teaching staff. Consequently, the hypothesis of a student-centered ‘landscape’ approach is examined, which we propose to conceptualize in the form of a sphere, thereby complementing classical modeling.
Keywords : short-term sojourn abroad ; educational situations ; relations ; landscape
Représentations et médiations relationnelles dans la construction des compétences plurilingues des migrants
SoFIa STR aTIlaKI-KlEIN
La narration biographique n’a pas la forme d’un « récit narratif » dans lequel seront successivement présentés des faits objectifs, mais elle résulte de la nécessité de considérer ses propres pensées et expériences passées du point de vue de la réalité actualisée et médiatisée et de les présenter de manière cohérente. Au centre de cette analyse se trouve l’identité de deux locuteurs plurilingues. Dans les récits des deux locuteurs, il s’agit d’une succession temporelle de souvenirs qui tracent les lignes de développement et les étapes de figures d’identité.
Mots clés : identité ; plurilinguisme ; récit biographique ; compétence plurilingue
Biographical narration does not take the form of a « narrative story » in which objective facts are successively presented but rather results from the need to consider one’s own thoughts and past experiences from the perspective of actualized and mediated reality and to present them in a coherent manner. At the heart of this analysis is the identity of two multilingual speakers. In the narratives of the two speakers, it is a temporal succession of memories that trace the lines of development and stages of identity figures.
Keywords : Identity ; multilingualism ; biographical narrative ; multilingual competence
Les autobiographies langagières comme outil de visibilisation de la désagrégation et de la reconfiguration des identités sociolinguistiques des étudiant.e.s en exil
SílvIa MElo-PFEIFER, aNThIPPI PoTolIa, lINDa laWR aNCE
Cette étude explore les autobiographies langagières dessinées de 45 étudiant.e.s réfugié.e.s en Europe, montrant comment l’exil provoque une désagrégation puis une reconfiguration de leurs identités sociolinguistiques. Les récits visuels produits lors d’un atelier dans une école d’été Erasmus+ révèlent comment la traversée des frontières et l’accès à de nouvelles opportunités, universitaires ou sociales, façonnent inclusion et résilience identitaire.
Mots clés : étudiant.e.s en exil ; autobiographies langagières dessinées ; identité sociolinguistique ; désagrégation ; reconfiguration
This study explores the drawn language autobiographies of 45 students in exile in Europe, showing how exile leads to a disaggregation followed by a reconfiguration of their sociolinguistic identities. The visual narratives produced during a workshop at an Erasmus+ summer school reveal how crossing borders and gaining access to new opportunities, both academic and social, shape inclusion and identity resilience.
Keywords: students in exile ; drawn language autobiographies ; sociolinguistic identity ; disaggregation ; reconfiguration
VARIA
L’intégration de la formation hybride en FLE pour le développement des compétences orales des minorités linguistiques au Kazakhstan
NURGUL MEIRMANOVA
L’article analyse l’impact d’un dispositif de formation hybride, combinant enseignement en présentiel et à distance, sur le développement de la communication orale en FLE auprès d’apprenants adultes issus de minorités linguistiques au Kazakhstan. L’expérimentation menée sur une période de six mois montre que la formation hybride favorise une amélioration significative de la communication orale, Les résultats mettent en évidence le rôle du distanciel dans la réduction de l’insécurité langagière, l’augmentation de l’engagement et le renforcement de la confiance des apprenants.
Mots clés : formation hybride ; FLE ; communication orale ; apprenants adultes ; minorités linguistiques ; insécurité langagière
The paper examines the impact of a hybrid learning program, combining classroom-based training and distance learning, on the development of oral communication skills in French as a Foreign Language among adult learners from linguistic minorities in Kazakhstan. The six-month experimental study demonstrates that hybrid learning leads to a significant improvement in oral communication. The findings highlight the role of distance learning in reducing language anxiety, increasing learner engagement, and strengthening learners’ self-confidence.
Keywords: Blended learning ; French as a Foreign Language ; oral communication ; adult training ; linguistic minority ; language anxiety
P résentation
A mélie Cellier
UNIVERSITÉ SORBONNE NOUVELLE, DILTEC, FRANCE
A m A l K h A leefA
UNIVERSITÉ DE JORDANIE
DÉPARTEMENT DE FRANÇAIS, JORDANIE
CAtherine mendonçA di As
UNIVERSITÉ SORBONNE NOUVELLE, DILTEC, FRANCE
l A ëtiti A r enoux
UNIVERSITÉ SORBONNE NOUVELLE, DILTEC, FRANCE
Bien qu’il soit évoqué explicitement de manière marginale, le concept de relation traverse plusieurs cadres théoriques majeurs de la didactique des langues. On le retrouve bien entendu dans la didactique de l’appropriation élaborée par Castellotti (2017) pour qui la relation constitue une expérience phénoménologique altéritaire sur laquelle repose la compréhension. Aden (2010) le développe également dans la théorie de la reliance : elle cherche à montrer comment le tissage dynamique de liens entre le sujet, les autres et leur environnement contribue à l’émergence d’un sens partagé et d’expériences d’apprentissage communes de la langue. Il apparaît en outre dans de multiples locutions conceptuelles, telles que les relations dites didactiques (Muller, 2014), pédagogiques (Germain et Netten, 2010) et interculturelles (Liddicoat et Derivry-Plard, 2023 ; Colles, 2006), et s’avère sousjacent à d’autres concepts, comme l’interaction (Boucharechas, 2022 ; Bigot, 1996), l’altérité (Spaëth, 2025, 2014) et le plurilinguisme (Piccardo, 2024).
Pourtant, lorsqu’on s’y intéresse, la relation apparaît comme transversale, voire constitutive de la didactique des langues : elle constitue un outil heuristique permettant aux enseignants, qu’ils soient novices ou expérimentés, ainsi qu’aux chercheurs, d’appréhender les situations d’enseignement et d’apprentissage comme des touts cohérents, de leur donner du sens et de les problématiser. En opérant des rapprochements, elle peut mettre au jour des paradoxes tant sur le plan théorique que pratique, en les inscrivant dans la réalité des terrains (Balslev et al., 2022 ; Laurens, 2020 ; Woods, 1996). Faisant suite au colloque La relation en didactique des langues, qui a eu lieu à la
Sorbonne Nouvelle en 2024, ce numéro vise à mettre en évidence la valeur épistémologique de la relation en didactique des langues, en mobilisant des études empiriques variées portant sur les liens que les apprenants et les enseignants tissent avec les langues et, plus particulièrement, avec le français.
D’après Kaufmann et Rivoal dans Le Dictionnaire de l’humain (2018), le concept de relation recouvre une double sémantique. La première acception, la plus usuelle, renvoie aux liens qui peuvent se tisser entre des entités, des personnes ou des faits. « “Relation” provient du latin “religio”, qui renvoie aussi bien au lien étroit et réciproque qui se tisse entre des êtres et les fait “tenir ensemble” (religare) qu’à l’activité de recueillir et de “lire encore” – (relegere) » (p. 473). C’est à ce titre que la relation peut se rapporter à l’ensemble des constituants de la didactique des langues. Elle peut renvoyer aussi bien aux dynamiques sociales et altéritaires instaurées par des pratiques pédagogiques (Villada Castro, 2023) qu’aux transformations didactiques des savoirs opérées par l’enseignant (Muller, 2014). La relation qui se forme entre ses acteurs et les langues que ces derniers utilisent, s’approprient ou vis-à-vis desquelles ils montrent une forme de résistance dans leur apprentissage, constitue l’axe structurant et l’objet central de ce numéro de Recherches et applications
L’apprentissage d’une langue étrangère s’inscrit dans une histoire relationnelle de l’apprenant aux langues. Elle peut se caractériser par des expériences de mobilité, des rencontres, voire des migrations, potentiellement mues par un désir ou un besoin de compréhension. Cette histoire s’écrit à travers des dynamiques psycholinguistiques affectant le répertoire plurilingue du sujet apprenant, lequel peut alors se recomposer sous l’effet des appropriations langagières et se reconfigurer sous celui des tensions liées aux représentations individuelles à l’égard des langues, qui s’avèrent elles-mêmes intriquées à des représentations collectives. Tout au long de ces apprentissages formels ou informels, la relation du sujet avec les langues et les cultures tend à redéfinir la relation à l’autre. En effet, les dynamiques relationnelles peuvent être appréhendées comme relevant d’un processus de subjectivation, entendu comme la manière dont l’individu se constitue comme sujet dans la tension entre assujettissement et émancipation (De Gaulejac, 2009). La relation aux langues engage un travail réflexif sur soi, où se redéfinissent à la fois les appartenances, les projections et les rapports au savoir (Khaleefa, 2024). L’altérité n’y est pas seulement extérieure : elle participe pleinement à la construction du soi (Ricoeur, 1990).
Les enseignants peuvent jouer un rôle actif dans ce processus en proposant des modalités pédagogiques alternatives. En favorisant l’émergence de modalités favorables, par le recours par exemple à la multimodalité ou à la théâtralisation, ils contribuent au développement des compétences langagières des apprenants au travers de
médiations culturelles, expérientielles, voire artistiques (Borgé, 2020). Une telle posture suppose une démarche réflexive quant aux modalités de projection dans la rencontre avec les langues. Interroger la relation de l’individu aux langues conduit alors à questionner la place accordée à l’agentivité (Bandura, 2001) afin de lui permettre, le cas échéant, de s’émanciper des contraintes perçues, parfois vécues comme conflictuelles, inhérentes aux processus d’apprentissage. Toutefois, la relation ne va pas toujours de soi, en ce qu’elle suppose une concordance ou une identification entre les personnes et les langues qu’elle met en contact et articule. Quelques fois, ses manifestations viennent mettre en relief une voire plusieurs ruptures, traduisant de la part des acteurs de l’enseignement et de l’apprentissage une forme d’incompréhension à l’égard d’une langue, voire des mécanismes de distanciation, de distinction ou de rejet. Ces mouvements socio-affectifs, qui s’avèrent pour certains altéritaires, peuvent illustrer l’état conflictuel à la fois sociolinguistique et culturel qui existe au sein des espaces pluriels. La relation du sujet aux langues, telle qu’elle se déploie dans la diversité des contextes, s’inscrit systématiquement dans la complexité historique des dynamiques sociales et politiques qui sous-tendent les langues et les cultures (Galisson, 2002 ; Chiss, 2016). Comme le soulignent Spaëth (2025) et Lüdi (1993), l’identité se construit au croisement de ces langues et cultures, traversée par des frontières visibles, essentiellement sociales et politiques, mais également invisibles, qui peuvent façonner les rapports de pouvoir et d’appartenance au quotidien. L’enseignement et l’apprentissage d’une langue étrangère, en situation migratoire à titre d’exemple, peut contribuer à accentuer cette complexité en opérant une déterritorialisation des pratiques linguistiques. Il convient dès lors de s’intéresser à la formation des enseignants, notamment sous l’angle de la mise en relation des apprenants avec la langue cible et de l’articulation, au sein de leurs répertoires, des langues premières, secondes et étrangères, en tenant compte à la fois des transferts interlinguistiques et des paramètres socio-affectifs et historiques.
S’agissant de cette acception, la relation relève à la fois du factuel et de l’interprétation : du factuel, car elle acquiert de la visibilité à travers les transformations physiques qu’elle produit, comme une cause à effet qui décrit la relation entre deux événements dont l’un constitue la cause et l’autre la conséquence ou un phénomène qui est un fait (ou un ensemble de faits) en mouvement (Janet, 1865) ; de l’interprétation, car, sur le plan épistémologique, la relation interroge le point de vue de celui qui observe, du sujet apprenant ou enseignant qui identifie, sélectionne et connecte entre eux les objets qui ont retenu son attention, tels que les raisons d’une erreur ou les effets non prévisibles d’une activité langagière sur les affects des apprenants. Se pose en conséquence la question de la subjectivité, de la singularité du vécu de ces acteurs, et de la manière dont elle constitue une ressource pour
interpréter et créer du sens (Castellotti, 2019 ; Muller, 2021 ; Cellier, 2025). Dans ce cas précis, la relation peut être vue comme un processus intellectuel, une mise en rapport entre plusieurs objets de pensées ancrés dans la réalité expérientielle de la situation d’enseignement et d’apprentissage du FLE.
La seconde acception de relation, mise en avant par Kaufmann et Rivoal, « renvoie à l’activité de relater en détail des événements et de les relier entre eux par des enchaînements narratifs et des rapports de causalité » (2018, p. 473). Non seulement cette acception donne lieu à un changement d’échelle, mais elle ouvre la relation à la complexité de la mise en récit, technique couramment utilisée dans l’enseignement et en didactique des langues, à travers la fiction (Woerly, 2024) et l’(auto) biographie langagière (Molinié, 2015), et par conséquent aux conditions d’émergence de la relation sur le plan pédagogique et didactique. La mise en récit permet de mettre au jour la relation parfois identitaire que les apprenants et les enseignants entretiennent avec les langues. La narration, par exemple, parce qu’elle dévoile le point de vue du sujet à travers l’écriture, ou tout autre mode de création du sens (gestes, discours, entretiens, vidéos, images, etc.), révèle des indices quant à la conception et la représentation qu’il en a. Elle peut, par cet acte même, changer la relation socio-affective qu’il entretient avec les langues, relation qu’il peut alors conscientiser par le truchement de l’objectivation. La mise en récit s’inscrit parmi les perspectives majeures explorées dans ce numéro, aux côtés d’autres conditions favorisant l’émergence de la relation, telles que le processus de photolangue (Pungier et Keller-Gerber, 2025), la recherche documentaire ou l’entretien.
Ce numéro de Recherches et applications se donne donc pour objectif d’examiner la relation en tant que cadre conceptuel des rapports entre le sujet apprenant et la langue, en intégrant le rôle de l’enseignant et les contextes pluriels dans lesquels ces rapports se construisent. Divers aspects de la relation aux langues seront interrogés à la lumière de données empiriques issues de terrains de l’enseignement et de l’apprentissage d’une langue étrangère, mais aussi de la formation des enseignants, en particulier l’action réciproque des pratiques pédagogiques et de l’expérience relationnelle avec la langue apprise, ainsi que la sensibilité des apprenants vis-à-vis de cette dernière. Comment les pratiques pédagogiques peuvent-elles favoriser l’entrée en relation avec une langue étrangère, comme le français ? Comment les dispositifs pédagogiques peuvent-ils intégrer la dimension socio-affective de l’apprentissage linguistique? Comment les trajectoires biographiques et linguistiques des apprenants influencent-elles leur rapport aux langues ? Comment les tensions identitaires et sociolinguistiques se manifestent-elles dans les processus d’appropriation linguistique ? De quelle manière l’agentivité permet-elle aux apprenants de se réapproprier leur parcours langagier ? Enfin, s’agissant de la formation des
enseignants, comment former les enseignants à penser et travailler la relation aux langues dans leurs pratiques ? En quoi la formation peutelle favoriser une posture réflexive sur les dimensions relationnelles de l’enseignement des langues ?
P résentation des contributions
Dans ce numéro de Recherches et applications, les onze articles réunis1 contribuent à valoriser le concept de relation en adoptant une perspective qui conjugue réflexions conceptuelles et enquêtes qualitatives. À travers la relation, la langue est conçue comme un vecteur de socialisation, parfois altéritaire, déplaçant alors les représentations des enseignants et des apprenants. De la sorte, se tissent des liens entre langues, cultures et individus, au sein même des répertoires langagiers des apprenants, mais également entre ces répertoires. Autrement dit, les articles proposés montrent, sur le plan épistémologique, que le concept de relation constitue un véritable concept structurant de la didactique des langues, et non une simple catégorie transversale.
PÉDAGOGIE ET MISE EN RELATION DES APPRENANTS AUX LANGUES
La première partie aborde des aspects pédagogiques qui mettent en relation des apprenants aux langues, à partir de l’espace universitaire plus particulièrement. Cette mise en relation passe par des activités d’apprentissage, avec la littérature par exemple, mais aussi des dispositifs d’apprentissage qui favorisent la rencontre expérientielle de l’apprenant avec la langue française. Le rôle médiateur joué par la littérature est interrogé par Yichen Peng, qui s’intéresse à la pratique théâtrale proposée dans le département de français à l’université Jinan en Chine. L’auteure observe alors comment la mise en voix des pièces théâtrales renouvelle la rencontre quasi corporelle de l’apprenant à la langue. Pour favoriser les rencontres culturelles avec le tremplin de la langue, Élise Gandon analyse une expérimentation singulière. À partir d’entretiens de formateurs, elle analyse un dispositif de médiation muséale, mise en place pour un public d’adultes migrants, qui permet de lever les entraves à investir un espace culturel de proximité. C’est ainsi, à travers les médiations culturelles et linguistiques, que l’auteure interroge tout à la fois l’hospitalité et les relations qu’elle entraîne entre les individus dans une rencontre interculturelle. Enfin, après avoir appliqué la pédagogie des multilittératies à l’université, puis dans des formations linguistiques accueillant des ressortissants étrangers projetant d’acquérir un visa long séjour en France, Amélie Cellier analyse la
1. Nous remercions nos collègues qui ont bien voulu participer avec nous à la relecture des textes, à savoir José Aguilar Río, Alice Burrows, Jean-Louis Chiss, Karima Gouaich, Olivier Lumbroso, Muriel Molinié, Mathilde Régent, Magali Ruet, Jessyca Tretola et Sandrine Wachs, ainsi que le comité de lecture de la revue Recherches et applications
« frontière d’étrangéité », concept désignant la limite des compétences à dépasser pour être compris par autrui, et qui favoriserait le développement de stratégies de communication en situation exolingue et interculturelle. Ces expériences, analysées au prisme du concept de la relation, mettent alors la focale sur ce qui se joue pédagogiquement dans les transformations relationnelles des étudiants à la langue française.
LA RELATION PÉDAGOGIQUE TRANSFORMÉE
PAR L’EXPÉRIENCE RELATIONNELLE
La seconde partie déplace l’analyse plus spécifiquement au niveau des enseignants. Elle porte sur la relation pédagogique elle-même, qui serait transformée par l’expérience relationnelle des enseignants avec leurs apprenants en FLE. Les représentations sont également dans le rouage de ces transformations, comme nous le verrons. Quatre recherches provoquent et restituent donc des représentations et des relations aux langues des enseignants. Diana Martinez entreprend d’analyser la façon dont les enseignants de FLE se représentent la relation langue-culture. À partir d’entretiens conduits auprès de sept enseignants exerçant en France et au Mexique, et d’observations dans leurs classes, elle met en regard les représentations enseignantes avec leurs pratiques. Ainsi, si les enseignants se représentent l’interrelation entre langue et culture, leur approche pédagogique en exploite peu le potentiel, réduisant l’approche culturelle plutôt à des aspects factuels et qui écartent également l’interculturalité. Paula Ristea s’attaque au volet de la transformation des pratiques. Elle explore l’impact d’un dispositif de formation en Suisse romande : en amenant des enseignants de français langue seconde à développer des écrits réflexifs sur leurs propres relations aux langues, il s’agit de leur permettre de se décentrer par rapport à l’apprentissage de leurs élèves plurilingues. Dans les deux articles qui suivent, l’évolution des représentations des enseignants est mise en évidence grâce à une approche compréhensive par entretiens. Sophie Beaumont retrace, via une approche biographique, le parcours d’une enseignante dont l’expatriation dans un établissement français à l’étranger a transformé ses postures plurilingues et ses relations pédagogiques, interprétées à la lumière de la théorie de la résonance : Maxime Alais s’appuie sur la théorie de la reconnaissance de Honneth : il questionne l’assignation à la bienveillance comme forme de relation à l’altérité. Cette analyse est développée à partir de discours d’enseignants qui exercent dans deux contextes scolaires : en Belgique auprès d’élèves allophones et à Taïwan, dans un établissement français à l’étranger. Ces articles soulignent comment les expériences relationnelles redessinent les pratiques pédagogiques en fonction de l’évolution de ses représentations de la pluralité linguistique et culturelle.
LA LANGUE : OBSTACLE OU LEVIER DE DÉSIR DE RELATION ?
La troisième partie interroge la langue en tant qu’obstacle ou levier de relation. Elle comporte quatre contributions qui interrogent le rôle ambivalent de la langue française dans les dynamiques relationnelles et identitaires des apprenants en contexte FLE. Wafa Hmissi analyse les réticences des apprenants tunisiens envers le français, langue retenue pour de nombreux apprentissages scolaires, puis universitaires. L’analyse de neuf entretiens menés auprès de lycéens atteste d’une hiérarchisation linguistique où l’arabe prime sur le plan identitaire tandis que le français, imprégné du poids historique de la colonisation, manque de désirabilité, ce qui entrave des apprentissages scolaires, tout en ouvrant des pistes socioculturelles pour le surmonter. L’article qui suit porte sur le séjour académique court des étudiants qui cherchent à rencontrer la langue en situation authentique. Marie-Françoise Pungier analyse les effets de ce dispositif universitaire sur une étudiante en FLE de l’université d’Osaka au Japon qui séjourne en France quelques semaines. Cette expérience, en lui permettant de rencontrer physiquement et culturellement la langue française, témoigne des profits que tirent ces “apprenants-touristes-rêveurs” à expérimenter la langue au cours d’une mobilité académique. Les deux articles suivants restituent également les points de vue des apprenants dans leurs relations aux langues, à travers le recueil d’autobiographies langagières. Sofia Stratilaki-Klein détaille finement l’organisation des répertoires linguistiques d’une femme et de son père, permettant de montrer les tensions qui se jouent sur les langues, en fonction des histoires personnelles et des représentations collectives. De la sorte, les langues trouvent différents statuts dans la construction identitaire, statuts mobiles et parfois impensés. Enfin, Sílvia Melo-Pfeifer, Anthippi Potolia et Linda Lawrance explorent les autobiographies langagières dessinées de 45 étudiants réfugiés en Europe, illustrant comment l’exil désagrège puis reconstruit leurs identités sociolinguistiques à travers des frontières traversées et des opportunités nouvelles. Ces travaux dessinent ainsi la langue comme un seuil à la fois entravant et propice aux relations humaines.
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