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LeBulletin Juillet-Août 2016

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6,95 $ / POSTE-PUBLICATION / CONVENTION 40069240

CULTURES CULTIVER DES ENGRAIS VERTS / LAIT ÉQUILIBRER LES RATIONS / MACHINERIE LOUER OU ACHETER ?

UNE FEMME AUX COMMANDES

LA RÉFÉRENCE EN NOUVELLES TECHNOLOGIES DEPUIS 1918

JUILLET-AOÛT 2016


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SOMMAIRE

VOLUME 99 / NUMÉRO 7

CHRONIQUES

16

Bouche à oreille

4

Billet

6

Point de vue

8

Marché des grains

20

Info cultures

22

Info élevages

38

C’est nouveau

48

Mieux vivre

51

Météo

53

Dans le champ

62

EN COUVERTURE Une femme aux commandes 41

10

CULTURES Sébastien Angers mise sur les engrais verts

16

ÉLEVAGES 35

45

Une gestion du travail hors du commun

26

La révolution des protéines chez les vaches laitières

31

Porc : une histoire à succès !

35

MACHINERIE

26

Moissonneuse-batteuse : Louer ou acheter  ?

41

Charrue  : Les deux côtés de la médaille

45

En page couverture : Brigitte Pigeon est copropriétaire avec son frère Gilbert des Fermes Roland Pigeon et fils. Il s’agit d’une entreprise spécialisée dans les haricots jaunes et verts à Saint-Rémide-Napierville. Photo : Yvon Thérien /  Le Bulletin des agriculteurs  /  Juillet-août 2016  /  3


BOUCHE À OREILLE

Les fruits mettent leurs beaux habits

Profiter des petits fruits frais est un incontournable de l’été. Malheureusement, les fraises, les bleuets et les framboises partagent un défaut bien connu du monde de l’alimentation : ils se conservent mal et d’importantes quantités finissent malheureusement par être jetées. Pour pallier ce problème, des chercheurs de l’université de Tufts, aux États-Unis, ont proposé une solution des plus élégante : recouvrir les fruits de soie liquide. Si cette idée peut paraître étonnante, c’est qu’on visualise souvent la soie sous forme de fibre textile. Pourtant, la protéine de soie peut aussi prendre un aspect liquide une fois dissoute dans une solution spéciale. Aussi résistante que comestible, cette soie liquide recèle un potentiel des plus intéressant. En trempant des fraises dans cette solution, les chercheurs ont pu observer que celles-ci restaient rouges, fermes et fraîches pendant une semaine entière. Cette innovation prometteuse doit toutefois être soumise à un dernier test : celui du goût qui n’a pas été encore étudié. Source : eurekaalert.org

Yes, lord !

Fait peu connu : le futur roi d’Angleterre, l’illustre Prince Charles voue un grand respect à la terre. Il y a près de 30 ans, il a converti sa ferme de Highgrove, dans le comté de Cornouailles en Grande-Bretagne, à l’agriculture biologique. Quelque 445 hectares y sont maintenant cultivés en régie biologique. Le prince se porte également à la défense des espèces menacées : vaches Shetland, boeufs Aberdeen-Angus, brebis Suffolk, cochons rouges Tamworth, vache irlandaise Irish moiled se partagent ainsi les pâturages. En 1992, le Prince de Galles a même lancé sa marque « Duchy Originals » qui comprend tous les produits fabriqués à la ferme : viande, lait, confiture, boulangerie, etc. Le supermarché Waitrose, une chaîne d’épiceries biologiques, les vend en exclusivité. L’argent ainsi recueilli sert aux œuvres de charité chères au prince. La Ferme de Highgrove en chiffres (par an) : 230 bœufs vendus, 200 agneaux vendus, 100 porcs vendus, 900 000 litres de lait, une grande proportion des céréales (blé et avoine) est destinée à la fabrication de biscuits. L’orge est vendue pour la bière. Le seigle est transformé par le moulin local, puis utilisé pour le pain. Source : Le Parisien

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/ Juillet-août 2016 / Le Bulletin des agriculteurs /

Le pouvoir de la carotte

Tous les parents du monde l’ont répété à leurs enfants : manger ses carottes contribue à des yeux en santé. Cet effet bien connu est dû au carotène, le pigment qui donne sa couleur orange à la carotte. Le carotène est riche en provitamine A, dont les propriétés antioxydantes préviennent le vieillissement de la peau et des yeux. Récemment, des scientifiques de l’Université de Wisconsin-Madison, aux États-Unis, se sont intéressés de plus près au potentiel nutritif de la carotte. En isolant le gène responsable de l’accumulation du carotène, les chercheurs espèrent pouvoir améliorer la qualité nutritionnelle naturelle du légume afin d’aider à contrer les carences en vitamine A de la population mondiale. En étudiant les spécimens de carottes les plus performants en matière de production de carotène, les universitaires espèrent être à même de créer des cultures de carottes très riches en vitamine A, donnant ainsi une chance à de nombreux pays d’ajouter cette précieuse vitamine à leur assiette. Source : topsante.com


Akebia

Les curiosités de la nature

S’il était possible de retrouver tous les fruits exotiques existants dans le monde sur nos étals d’épiceries, voici ce qu’on trouverait. L’akebia pousse au Japon. Il est riche en vitamine C, en acide folique et en potassium. Il a été longtemps réservé à l’élite. Le mangoustan est originaire d’Indonésie. Sous sa coque se cachent des quartiers de chair aux arômes de pêche, d’ananas et de framboise. Le nono est le nom de l’arbre et de son fruit, en tahitien. Plusieurs vertus médicinales lui sont attribuées.

Mangoustan

Nono

Source: toolito.com

Lever son verre… au réchauffement climatique ?

La chaleur accablante de l’été est en mesure de nous rappeler les périls du réchauffement climatique. Cependant, une scientifique de l’Université de Harvard aurait trouvé un aspect positif à ces bouleversements planétaires : une production accrue de bon vin. À travers ses recherches, la chercheuse Elizabeth Wolkovich a remarqué que, depuis quelques années, les vignerons français récoltaient leurs raisins deux semaines plus tôt que la moyenne. Cette tendance se maintiendrait en Californie, où la récolte d’automne serait également devancée. Ces récoltes hâtives seraient une bonne nouvelle pour les vignobles dont les vignes, face à des températures chaudes et sèches, produiraient des raisins de belle qualité, riches en sucre. Certes, ces conditions climatiques ne permettent pas de produire autant de raisins qu’à l’habitude, mais la qualité du fruit a de quoi compenser ces plus petites récoltes. S’il n’y a guère de raisons de célébrer le réchauffement de la planète, on peut au moins se consoler en se servant un verre de vin.

Des voleurs de volailles

Au quotidien, la plupart des poulets n’ont que l’appétit des carnivores à craindre. Mais à présent, certains pourraient avoir à se méfier des kidnappeurs. En effet, des éleveurs de volailles européens seraient maintenant aux prises avec des voleurs de poulets. Ces vols ne sont pas commis par des voyous en mal de poulet rôti, mais plutôt par des criminels sachant flairer une bonne affaire : plusieurs fermes d’Angleterre accueillent maintenant des variétés de poulets rares, telles que l’Ayam Cemani, un poulet entièrement noir, qui vaut son pesant d’or sur le marché. Pour cette raison, les vols de poulets ont monté en flèche dans certaines régions de la Grande-Bretagne. Il faut dire qu’un poulet tel que l’Ayam Cemani peut se vendre plus de 2000 $ US. À ce prix-là, il n’y a pas que les renards qui rôdent autour du poulailler. Source : telegraph.co.uk

Source : modernfarmer.com

/ Le Bulletin des agriculteurs / Juillet-août 2016 /

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BILLET

PAR YVON THÉRIEN

LA RÉFÉRENCE EN NOUVELLES TECHNOLOGIES

OGM : QUI SERA LE GRAND GAGNANT ?

C’

est maintenant chose faite. Depuis le 1er juillet, l’étiquetage des aliments avec OGM est obligatoire chez notre voisin le Vermont, aux États-Unis. Ce qui veut dire que plus de 50 % des aliments offerts sur les tablettes des épiceries de cet État américain ont une nouvelle étiquette avec la mention « contient des produits issus du génie génétique ». En dépit des millions et des millions de dollars dépensés dans des campagnes contre l’étiquetage, l’industrie agroalimentaire américaine perd ses deux décennies de combat pour éviter cette réglementation. Et si cette loi était une bonne nouvelle pour l’industrie ? Il a fallu qu’un petit État américain légifère sur la question pour créer un grand glissement de terrain. Le Vermont a adopté sa loi. De gros joueurs de l’industrie ont décidé d’agir. Campbell Soup a été de l’avant avec l’étiquetage des OGM sur ses produits. Cette initiative a été rapidement suivie par General Mills, Kellogg et Mars. La liste continue de croître. Les transformateurs d’aliments disent qu’il est trop coûteux de changer l’emballage pour les produits vendus dans un seul État. Plusieurs ont donc décidé de changer leurs emballages à la grandeur des États-Unis. Il faut savoir aussi que d’autres États américains, comme le Maine et le Connecticut, travaillent sur une réglementation pour rendre l’étiquetage obligatoire. Au Canada, c’est le statu quo pour le moment. La loi prescrit un étiquetage volontaire. Cela signifie que les compagnies sont libres d’inscrire ou non si leurs produits contiennent des ingrédients provenant de cultures génétiquement modifiées. Une étiquette doit être apposée seulement si l’aliment

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comporte un risque d’allergie ou si la composition nutritionnelle n’est plus la même que l’aliment non modifié. Mais il y a du changement dans l’air. L’étiquetage des OGM sera à l’agenda de la prochaine conférence des ministres provinciaux de l’agriculture. Du côté du Québec, le ministre de l’Agriculture, Pierre Paradis, jongle avec la question. Le ministre a fait ses devoirs : il s’est rendu au Vermont afin d’en apprendre davantage sur les raisons et les étapes qui ont mené à l’adoption de la loi. Il a entamé des pourparlers avec l’Ontario, l’idée étant d’uniformiser la réglementation entre le Vermont, l’Ontario et le Québec. Ce revirement subit sur l’étiquetage des OGM pourrait fort bien, par la bande, aider l’industrie du génie génétique à gagner la guerre contre ceux qui ne les aiment pas. La science est assez claire sur la sécurité des OGM, même s’il y a des inconvénients aux plantes issues du génie génétique, la sécurité alimentaire n’est pas un d’entre eux. Malgré toutes les tentatives des groupes d’opposition pour prouver le contraire. En reconnaissant le principe que les consommateurs ont le droit de savoir ce qu’ils mangent, on supprime du même coup la plus grande arme des groupes anti-OGM dans leur arsenal – l’idée que l’industrie s’oppose à l’étiquetage obligatoire parce qu’elle a quelque chose à cacher. Il sera très intéressant de voir dans les mois qui viennent si les gens du Vermont vont modifier le contenu de leur panier d’épicerie. Vont-ils diminuer leur consommation d’aliments contenant des OGM ? Qu’en pensez-vous ? Un dossier intéressant à suivre. Bonne lecture

RÉDACTION Yvon Thérien, agr., éditeur et rédacteur en chef yvon.therien@lebul­le­tin.com Marie-Claude Poulin, rédactrice en chef adjointe marie-claude.poulin@lebul­le­tin.com Marie-Josée Parent, agr., journaliste marie-josee.parent@lebulletin.com Dany Derkenne, directeur artistique dany.derkenne@lebulletin.com COLLABORATEURS Jean-Philippe Boucher, Pierrette Desrosiers, Jean-Louis Dupont, Alain Fournier, Eric Godin, Lionel Levac, Nicolas Mesly, Julie Roy, Caroline Thérien, Johanne van Rossum, Nicolas Witty-Deschamps. PUBLICITÉ Martin Beaudin, B.A.A., directeur de comptes martin.beaudin@lebul­le­tin.com Tél. : 514 824-4621 Lillie Ann Morris, représentante en Ontario lamor­ris@xplornet.com Tél. : 905 838-2826 Luc Gagnon, rédacteur publicitaire lucg@cybercreation.net ABONNEMENT 1 an (11 numéros) : 55 $ 3 ans (33 numéros) : 122 $ Anne-Marie Gignac, service à la clientèle services.clients@lebulletin.com Tél. : 450 486-7770, poste 226 6, boulevard Desaulniers, bur. 200, Saint-Lambert (Québec)  J4P 1L3 Téléphone : 450 486-7770, poste 226 lebulletin.com Le contenu de ce magazine ne peut être reproduit sans l’autorisation écrite de l’éditeur du Bulletin des agriculteurs. Ce magazine est publié par Farm Business Communications, une division de Glacier Media inc. Les auteurs conservent l’entière liberté de leurs opinions. Le Bulletin des agriculteurs ne garantit pas l’exactitude de l’information contenue dans la publication et n’assume aucune responsabilité pour toute action ou décision prise à partir de l’information contenue dans le magazine. Tous ­droits réser­vés 1991 / Dépôt légal : Bibliothèque natio­na­le du Québec / ISSN 0007-4446 / Fondé en 1918, Le Bulletin des agri­cul­teurs est indexé dans Repère. /Envoi Poste-publication / Convention 40069240. / Nous recon­nais­sons l’aide financière du gouvernement du Canada par l’entremise du Fonds du Canada pour les périodiques (FCP) du ministère du Patrimoine canadien. / Postes Canada : retourner toute correspondance ne pouvant être livrée au Canada au Bulletin des agriculteurs, 6, boulevard Desaulniers, bur. 200, Saint-Lambert (Québec) J4P 1L3. / U.S. Postmaster : send address changes and undeliverable addresses (covers only) to : Circulation Dept., PO Box 9800, Winnipeg, Manitoba, R3C 3K7. PROTECTION DES RENSEIGNEMENTS PERSONNELS À l’occasion, nous partageons nos listes d’abonnés avec des sociétés ou des organismes sélectionnés dont les produits ou services pourraient vous intéresser. Toutefois, si vous préférez que ces données (votre adresse postale ou électronique) ne soient pas transmises et souhaitez que votre nom soit retiré de ces listes, vous pouvez le faire facilement en nous appelant entre 9 h et 17 h, heure de l’Est, ou en nous écrivant à l’adresse électronique info@lebulletin.com.

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POINT DE VUE

PROPOS RECUEILLIS PAR LIONEL LEVAC

SITUATION DU LAIT AU MANITOBA

L

a situation générale des producteurs de lait canadiens s’est détériorée rapi­ de­ment depuis deux ans. Au Manitoba, cependant, les pertes des producteurs sont pires qu’ailleurs compte tenu du contexte particulier de la province. Les producteurs de lait du Manitoba n’ont pas reçu les quotas supplémentaires d’environ 6 % auxquels tous leurs confrères du reste du pays ont eu droit depuis environ deux ans. Même s’ils produisaient ce quota supplémentaire, les transformateurs ne seraient pas en mesure de le traiter. David Wiens et son frère Charles sont la troisième génération sur une ferme située à environ 100 km au sud de Winnipeg. Ils cultivent une terre 600 ha et ont quelque 200 vaches à la traite. David Wiens est aussi président des Producteurs de lait du Manitoba. Le Bulletin lui a demandé de parler de ces difficultés et de l’espoir qu’entretiennent quand même les pro­ ducteurs de lait manitobains.

Il y a sous-capacité de transformation au Manitoba, n’est-ce pas ? Absolument. Des usines sont désuètes, il faudrait les moderniser. Il faut installer de nouveaux équipements et construire de nouvelles usines. La sous-capacité est actu­ ellement de 10 % à 12 %. Que faites-vous de ce lait ? Nous envoyons régulièrement des camions à Saskatoon, en Saskatchewan. L’automne dernier et au début de l’hiver, nous avons même dû envoyer du lait en ColombieBritannique et au Québec, ce qui nous coûte une fortune. À l’occasion, nous devons jeter du lait. C’est pour cela que vous n’avez pas réparti entre vos 285 membres le quota supplémentaire de 6 % consenti au plan canadien depuis environ deux ans ? Nous aurions aggravé notre problème, mais nous avons espoir que les choses vont changer d’ici un an. Des entreprises font des investissements et de nouvelles construc­ tions sont prévues.

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Le problème n’est pas seulement la sous-capacité, n’est-ce pas ? Il y a, comme ailleurs au pays, les importations de lait diafiltré qui viennent encore réduire la demande pour notre lait et abaisser nos revenus. Les usines du Manitoba ne peuvent pas recevoir tout notre lait, mais elles se font quand même livrer de la protéine importée des États-Unis. Vous souhaitez donc plus que quiconque un contrôle des importations ? Nous sommes en accord avec une stratégie pancanadienne. Nous aimons beaucoup la formule adoptée par l’Ontario avec une nou­ velle classe de lait, la classe « ingrédients ». Nous pensons qu’on doit appliquer quelque chose du genre à travers le Canada. Rien ne bouge depuis deux ou trois ans. Les choses se sont même aggravées récemment, non ? Maintenant ça bouge. Il y a de véritables négociations entre Ottawa, les provinces et les transformateurs laitiers. À l’occasion de la manifestation du début juin à Ottawa, nous avons eu des garanties qu’une solution allait être mise en place. Nous avons bon espoir qu’une nouvelle classe nationale de lait pour les ingrédients sera en place pour le début de l’année laitière le premier août prochain. Parmalat, le plus gros acheteur chez vous, ne s’engage pas à cesser d’acheter du lait diafiltré des États-Unis ? Non, mais avec une classe de lait « ingrédients » à prix concurrentiel, les ache­ teurs auront la possibilité de choisir. Et nous, les producteurs, nous serons assurés d’un certain revenu pour ce lait. Cette entente qui devrait aboutir dans les prochaines semaines a toutes les chances de connaître du succès parce qu’elle n’est pas imposée, elle est négociée par les deux parties. Producteurs et transformateurs vont s’entendre sur une façon de livrer du lait destiné à la production d’ingrédients et payé selon des paramètres particuliers. Mais oui, les usines auront tou­ jours la possibilité d’acheter du lait diafiltré aux États-Unis.

DAVID WIENS Président des Producteurs de lait du Manitoba

« Environ 12 % du lait de la province est excédentaire, faute de capacité industrielle suffisante. » Pour vous, ce sera une partie de la solution ? Une partie, c’est sûr, mais il faut aussi, rapidement, que la capacité des usines augmente au Manitoba pour que nous cessions de perdre notre part du marché canadien et que nous puissions rehausser au même niveau que nos collègues des autres provinces notre quota de production. Nos pertes sont lourdes à supporter. La gestion de l’offre change, évolue. De plus grandes facilités d’importation sans pénalité pour les industriels, comme on semble vouloir le reconnaître officiellement, en sont la preuve. Selon vous, la gestion de l’offre va-t-elle demeurer en place ? Ah oui, je suis optimiste pour la génération actuelle et celle qui s’en vient. Avec une bonne entente nationale, comprenant une classe « ingrédients », peut-être quelques compensations d’Ottawa ou la création d’un fonds spécial, on devrait pouvoir opérer dans de bonnes conditions encore longtemps.  Lionel Levac est journaliste spécialisé en agriculture et agroalimentaire. Il collabore à certaines émissions de Radio-Canada et tient un blogue sur le site Agro Québec.


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PAR JULIE ROY

PHOTO : YVON THÉRIEN

10  /  Juillet-août 2016  /  Le Bulletin des agriculteurs  /


Une femme aux commandes Nommée agricultrice de l’année 2015, Brigitte Pigeon est de ces femmes dont le travail de la terre coule dans les veines. Cette passion est si forte que rien n’a pu la détourner de cette profession, et ce, malgré plusieurs embûches qui ont parsemé sa route.

LA FORCE D’UNE ÉQUIPE Brigitte Pigeon (au centre) est bien entourée : Frédérick Robidoux, Brielle Pigeon, Camélia Pigeon, Junior Pigeon, Annabelle Chenail-Boyer, Ildefonso Flores (Poncho), Francisco Martinez et Jacques Boulerice.

/  Le Bulletin des agriculteurs  /  Juillet-août 2016  /  11


EN COUVERTURE

I

l y a deux ans, par une belle journée de février, le ciel de Brigitte Pigeon s’est brusquement assombri. Son frère et associé aux Fermes Roland Pigeon, Gilbert, aussi pilote expérimenté, part en hélicoptère. Quelque temps plus tard, elle reçoit un appel. La balise d’alarme s’est déclenchée, l’appareil s’est écrasé. Pendant une heure et demie, les secouristes chercheront Gilbert. Par chance, ils le trouveront en vie, mais ses blessures sont sérieuses et laisseront des traces. « On ne sait toujours pas pourquoi l’hélicoptère s’est écrasé, mais cela a été un très gros choc à vivre », se souvient la productrice. Pour le producteur, impossible de retourner au travail tout de suite et son rétablissement physique risque d’être long. Brigitte relève ses manches et reprend les fonctions occupées par son frère. « Je suis une personne gênée et j’ai toujours été plus à l’aise aux champs. Mon frère, c’est l’homme des relations publiques et de la vente. Donc, la division des rôles a toujours été claire, mais Gilbert absent, je me retrouvais loin de ma zone de confort », raconte-t-elle. Pour faire face à ce défi, Brigitte a eu l’aide de son entourage, de sa famille, dont sa fille Camélia, les deux enfants de Gilbert

12  /  Juillet-août 2016  /  Le Bulletin des agriculteurs  /

(Brielle et Junior), le conjoint de Brielle et Normand, un ancien producteur, mais aussi de ses employés. « Jacques Boulerice travaille pour nous depuis 35 ans, il m’a énormément aidé. C’est sans compter mes travailleurs étrangers. Ils m’ont soutenue. Dans cette épreuve, tout le monde est devenu plus fort. Sans eux, je ne crois pas que l’entreprise aurait pu passer à travers », affirme-t-elle. Positionnée parmi les trois plus gros producteurs de haricots frais, la ferme de SaintRémi-de-Napierville que dirige Brigitte Pigeon a aussi pu compter sur un appui de taille, ses concurrents. « Je ne peux pas dire que nous sommes concurrents, même si nous cultivons le même produit. Je dirais plutôt que nous sommes des collaborateurs. Nous avons tellement une bonne relation avec l’un des deux producteurs qu’il nous avise la première et la dernière journée de ses semis afin que nous puissions ajuster nos superficies au printemps et à l’automne. Ainsi, on évite la surabondance. Lorsque l’accident est survenu, ce même Brigitte Pigeon en compagnie de son fidèle employé depuis 35 ans, Jacques Boulerice et de sa fille Camélia Pigeon.

producteur n’a pas essayé de prendre ma place. Il m’a, au contraire, donné son appui et offert de l’aide », dit la productrice.

UNE FEMME DE CŒUR Cette dévotion de son milieu envers elle et son entreprise n’est pas le fruit du hasard. Il faut dire que la productrice ne ménage pas son cœur et sa gentillesse avec les gens qu’elle côtoie. Un café, un bonjour, une tape sur l’épaule, des petits cadeaux pour les conjointes des travailleurs, l’agricultrice prend un soin jaloux de son équipe. « Ils sont gentils avec moi et selon moi, un bon employeur ne doit pas être gêné de dire à ses employés qu’il les apprécie. »

ÊTRE UNE FEMME EN AGRICULTURE Le fait d’être une femme n’a toutefois pas toujours été facile. Elle a dû montrer que c’était elle la patronne, même à ses employés. « La première année où j’ai reçu des travailleurs étrangers, ils avaient de la difficulté à me prendre au sérieux. J’étais la seule femme parmi une dizaine d’hommes. J’ai rapidement mis les choses au clair », se remémore la productrice. Ce sentiment d’égalité entre homme et femme aux champs, Brigitte Pigeon, qui est maintenant la quatrième génération à œuvrer sur la terre, le tient de ses parents. Ces derniers n’ont jamais refusé qu’elle prenne les rênes, même au contraire. « La journée de ma naissance, ma mère était aux champs. Quand j’étais enfant, je manquais l’école pour y travailler. Au moment de m’inscrire au cégep, je me suis inscrite à un cours pour devenir hôtesse de l’air. Mauvaise idée, je n’aimais pas l’anglais et j’étais ennuyeuse. C’est alors que mon père m’a informé que le cégep de Saint-Jean ouvrait pour la première fois en 1981 un cours en gestion et exploitation de l’entreprise agricole. C’est mon père qui m’a mis sur cette voie. Il était assez visionnaire pour l’époque. » À l’âge de 20 ans, Brigitte termine ses études et vient rejoindre son frère sur la ferme. « J’adorais le travail physique. Plus j’étais sale, plus j’étais fière de moi. » Assez rapidement, son père lui cède sa place et avec son frère, Gilbert, la bonne entente est instantanée.


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14  /  Juillet-août 2016  /  Le Bulletin des agriculteurs  /

Première à emballer les haricots dans des boîtes de carton de 25 livres et toujours à l’affût de nouveautés, la productrice sortira un nouvel emballage cette saison en formats individuels.

Au début de l’année 1980, frère et sœur implantent la culture de piments sur paillis plastique. Ils sont parmi les premiers producteurs à cultiver des primeurs. S’ajouteront, la production de céleris et l’implantation de cinq serres pour produire des transplants. « Je pouvais aller dans les serres jusqu’à sept à huit fois par jour pour être certaine que tout était sous contrôle. J’y dormais presque. Cultiver un légume en terre minérale, le céleri, était nouveau. Nous avons persévéré et développé une technique nous permettant cette nouvelle façon de cultiver. » Les premières années de culture sont prolifiques, mais 15 ans plus tard, Brigitte a dû faire son deuil de cette production qu’elle affectionnait tant. « La baisse de la demande et l’implantation de gros producteurs de transplants ne nous ont pas laissé le choix que de cesser cette culture. Encore aujourd’hui, quand le printemps arrive, je suis nostalgique quand je regarde l’emplacement où étaient situées nos serres. » Cet abandon n’a pas été facile, mais les deux producteurs ont affronté la tempête en innovant. En 2000, ils tentent la culture du maïs-grain. Brigitte implante la lutte biologique et ne pratique presque plus les labours. Les haricots et le maïs sont semés sur des billons permanents. Des brisevent sont implantés afin de réduire l’érosion du sol et le maïs-grain est maintenant


Plusieurs années plus tard, sa fille Camélia est devenue grande et celle-ci ne semble pas avoir souffert plus qu’il n’en faut de la passion de sa mère puisqu’elle reprendra les rênes de l’entreprise. « Elle sera diplômée cette année de la même formation que j’ai reçue il y a 30 ans. Elle me dit que lorsqu’elle aura des enfants à son tour, elle voudrait que je sois présente

récolté l’hiver. « De cette façon, il y a moins de séchage et on diminue la pollution de l’air. En plus, on évite la compaction du sol puisque nous récoltons quand celui-ci est gelé », dit Brigitte Pigeon. Pour se perfectionner, celle qui autrefois rêvait de voyages a su concilier cette passion avec celle de l’agriculture. L’Ontario, les États-Unis, l’Australie, la Grèce et l’Allemagne... En tout, une quinzaine de voyages ont été une source d’inspiration pour améliorer ses pratiques culturales. « Ce ne sont pas des visites touristiques, mais des voyages d’échange. En Allemagne, j’ai vu de quelle manière les producteurs se protégeaient contre la grêle. Cela nous a inspirés. »

avec eux durant l’été pendant qu’elle travaillera des heures de fou, comme quoi la roue tourne », sourit Brigitte en pensant à cette cinquième génération qui s’installera bientôt. Julie Roy est journaliste pigiste spécialisée en agroalimentaire. Elle est responsable de la section Fruits et légumes du Bulletin des agriculteurs.

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CONCILIATION TRAVAIL FAMILLE La vie à la ferme est prenante et quand on est mère monoparentale, cela relève de l’exploit. Mère à 31 ans, Brigitte Pigeon a rapidement assumé le rôle de mère monoparentale et celui de propriétaire d’une entreprise agricole. Rôle qui, elle l’avoue, n’a pas toujours été simple. Pendant les cinq premières années de sa fille, la routine était rythmée comme un métronome. Cinq heures du matin, malgré sa fille endormie, Brigitte se dirige avec elle à la ferme. Sa mère la surveille du coin de l’œil jusqu’à 7 heures. Ensuite, elle la reconduit à la garderie. « Je ne voulais pas faire subir ma séparation à mon associé. Je m’organisais pour que ma présence soit constante sept jours sur sept. Je me sentais coupable de ne pas passer beaucoup de temps avec ma fille. J’ai même pensé laisser tomber, mais j’ai tenu le coup parce que l’appel de la terre au printemps était plus fort que tout. »

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1. D’après la monographie du produit. 2. Giguère S, Huang R, Malinski TJ, Dorr PM, Tessman RK, Somerville BA. Disposition of gamithromycin in plasma, pulmonary epithelial lining fluid, bronchoalveolar cells, and lung tissue in cattle. Am J Vet Res 2011;72(3):326-330. ZACTRAN ® est une marque déposée de Merial Limitée. © 2013 Merial Canada Inc. Tous droits réservés. ZACT-13-7559-JAD-F

/ Le Bulletin des agriculteurs / Juillet-août 2016 /

15


ÉLEVAGES CULTURES

PAR NICOLAS MESLY

Sébastien Angers mise sur les engrais verts Sébastien Angers a développé une stratégie qui mise à fond sur les engrais verts pour stopper l’invasion de mauvaises herbes dans ses grandes cultures et structurer ses sols.

D

epuis l’achat de la Ferme Rheintal en 2008, Sébastien Angers a mis au point une stratégie de travail du sol, de rotation et de choix de cultures, incluant une utilisation massive d’engrais verts, afin de maximiser les revenus de l’entreprise. « Je préfère substituer les mauvaises herbes à une plante qui va contribuer à la fertilisation de mes cultures et à bâtir la structure du sol », dit l’ex-judoka et globe-trotter. Après avoir fait un tour du monde qui l’a mené du Québec en passant par le Canada, les États-Unis, l’Europe, le Brésil, l’Australie, l’Inde… Sébastien Angers prend racine en achetant avec sa conjointe, Guylaine Buecheli, la ferme de ses beaux-parents spécialisée dans la production de viandes biologiques. En huit ans, le chiffre d’affaires de l’entreSébastien Angers de la Ferme Rheintal de Sainte-Monique, au Centre-du-Québec, tient dans ses mains un plant de vesce qui a très bien survécu à l’hiver. Il est diplômé en agronomie de l’Université Laval. PHOTOS : NICOLAS MESLY ET SÉBASTIEN ANGERS

16  /  Juillet-août 2016  /  Le Bulletin des agriculteurs  /


prise est passé de 150 000 $ à 1,5 million de dollars. Ceci en commercialisant aussi la viande biologique d’autres producteurs. Ce revenu commence toutefois par la gestion des 120 ha, dont le tiers est dédié aux grandes cultures. Le maïs sert à alimenter les porcs, le soya est destiné à l’alimentation humaine. Quant aux fourrages, ils nourrissent les bœufs de boucherie. Comme au judo, le producteur étudie ses adversaires pour les battre. À la ferme, ses adversaires, ce sont les mauvaises herbes. Et en production biologique, les règles du jeu sont connues : aucun recours aux pesticides. De plus, on le sait, le grand arbitre qu’est Dame Nature a horreur du vide. Les adventices choisissent donc avril-mai et septembre-octobre pour s’immiscer dans nos systèmes, souligne Sébastien Angers. « Durant ces entre saisons, on ne peut pas travailler aux champs à cause de l’humidité des sols. Au printemps, par exemple, les mauvaises herbes profitent au max de la chaleur et de la ressource lumière. » En jouant d’observation et de ruse, le producteur a mis au point des stratégies pour étouffer les mauvaises herbes dans l’œuf, comme il le ferait avec un adversaire sur un tatami (surface où l’on pratique le judo).

OCCUPER LE TERRAIN Le premier gros changement depuis l’acquisition de la ferme a été de cultiver maïs et soya sur billon, « le système qui se rapproche le plus du semis direct », explique le producteur. Ses neuf parcelles sont cultivées en rotation de trois ans : maïs, soya et blé d’automne. Sa règle d’or est de semer le tiers de la valeur totale des semences en engrais verts. « Si j’achète 15 000 $ de semences, 5000 $ sont alloués aux engrais verts », dit-il. La tactique de Sébastien Angers repose sur deux systèmes d’utilisation d’engrais verts, un pour les prairies et l’autre pour les cultures. Il sème ses prairies avec un mélange de plantes fourragères composé de luzerne à plus de 50 % et de 10 % de trèfle, le reste est de fétuque, de ray-grass et de brome. Il sème toutefois ce mélange en doublant le taux de semis recommandé, soit de 30 kg/ha à 40 kg/ha. Et

il ne conserve ses prairies que deux ans au lieu de trois ou quatre ans. Pourquoi ? Pour plusieurs raisons ! D’abord pour mettre une pression constante sur les mauvaises herbes. Celles-ci ont tendance à s’introduire dans la troisième année de culture, alors que les légumineuses sont en décroissance,

constate-t-il. Ensuite, pour bénéficier au maximum du ratio plantes/racines vivantes pour structurer son sol. D’ailleurs, Sébastien Angers accorde la plus haute importance à la structure de ses sols. Si on peut voir à l’œil nu un bon égouttement de l’eau par des champs bien nivelés, il est plus difficile de percevoir les effets

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1

de sol bien structuré. Mais un sol bien structuré va « boire l’eau au printemps » et assurer, par exemple, la survie du blé d’automne. De plus, en ne gardant ses prairies que deux ans, celles-ci entrent plus rapidement dans son système de rotation. Enfin, même si cette approche est plus coûteuse, le producteur considère qu’elle lui fait gagner un élément dispendieux et au surplus difficile à obtenir en production bio : l’azote. Il estime que ses prairies cultivées de cette façon constituent une réserve de 100 à 150 unités d’azote/ha au bénéfice de sa prochaine culture, le maïs.

TROUVER LA BONNE RECETTE Sa deuxième stratégie d’engrais verts repose toujours sur le même mantra : occuper le terrain avant les mauvaises herbes et structurer le sol. Entre le 5 et le 20 septembre, Sébastien Angers sème un engrais vert d’automne en prévision d’une culture de maïs le printemps suivant. Le mélange d’engrais verts cette fois est constitué de pois fourrager, de vesce velue et de seigle, une recette trouvée après plusieurs essais. « Le pois fourrager et la vesce sont la formule 1 de l’azote, mais la vesce ne passait pas l’hiver », dit le producteur. Toutefois, mélangées avec du seigle, le taux de survie de la vesce à l’hiver est centuplé. Un phénomène qu’il ne peut expliquer que par une hypothèse personnelle : « Le seigle pompe peut-être de l’oxygène aux racines de la vesce ». Au printemps 2016, ce mélange n’a donné aucune chance aux mauvaises herbes de pousser dans ses champs. Les

2 1/ La vesce procure un système racinaire chargé de nodules d’azote. 2/ Sébastien Angers fabrique certaines machineries luimême grâce à un programme de recherche et développement. 3/ Il mise sur les engrais verts pour produire ses grandes cultures.

plantes choisies ont formé une biomasse de 3,5 t/ha de matière sèche. Sébastien a ensuite recours à un cultivateur pour faucher cet épais tapis vert. Le maïs, note-t-il, ne peut compter que sur cet engrais vert comme source d’azote au début du printemps. Celui provenant du fumier appliqué l’automne précédent ne sera disponible qu’en juillet et en août. Lorsque le maïs est au stade trois feuilles, le producteur applique du fumier de poulet, riche en azote. Et il y va d’une recommandation : « L’erreur dans la production biologique est d’appliquer du fumier en prélevée du maïs. C’est une porte d’entrée aux mauvaises herbes », selon lui. Pour l’ex-judoka, l’idée est de toujours appliquer de la pression sur l’adversaire. Et, après l’application de fumier de poulet, il sème un mélange de plantes intercalaires entre ses rangs de maïs composé de trèfle rouge et de seigle. « Les vivaces ont une croissance exponentielle. La première année, elles peuvent occuper 20 % d’un champ, mais la seconde l’envahir à 80 % », explique-t-il. L’utilisation de plantes intercalaires limite le taux d’envahissement à 3 % la première année. « Ma tolérance toutefois, c’est le moins possible. » Le producteur estime que 60 % à 80 % de l’azote répondant au besoin du maïs proviennent de ses engrais verts. La moyenne de ses rendements de maïsgrain est de 8 t/ha avec des pics de 12 t/ha

3

à 13 t/ha. Les cultures de soya et de blé d’automne bénéficient aussi de l’apport d’engrais verts qui aident à générer des rendements moyens de soya de 3 t/ha et de blé de 3,2 t/ha. Dans ses mélanges, Sébastien Angers dit avoir pratiquement abandonné le ray-grass parce que cette plante ne passe pas l’hiver. La bataille contre les mauvaises herbes est cependant loin d’être gagnée. Comme en judo, l’adversaire peut vous causer une sacrée surprise. « J’ai déjà perdu des combats et j’ai appris. Ma stratégie d’engrais verts est un travail en constante évolution », affirme le producteur.  Nicolas Mesly est agroéconomiste et journaliste pigiste spécialisé dans les enjeux agroalimentaires. Il couvre les grandes cultures pour Le Bulletin.

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MARCHÉ DES GRAINS

PAR JEAN-PHILIPPE BOUCHER

QUAND L’ÉTAU DE L’OFFRE SE RESSERRE

20  /  Juillet-août 2016  /  Le Bulletin des agriculteurs  /

BALANCE DE PRODUCTION ET CONSOMMATION DE MAÏS   (MILLIONS DE TONNES) 60

Monde

50

États-Unis

40 30 20 10 0 -10 -20

2016-2017

2015-2016

2014-2015

2013-2014

2012-2013

2011-2012

2010-2011

2009-2010

2008-2009

2007-2008

2006-2007

2005-2006

2004-2005

2003-2004

2002-2003

2001-2002

2000-2001

-30

BALANCE DE PRODUCTION ET CONSOMMATION DE SOYA   (MILLIONS DE TONNES) 25

Monde

20

États-Unis

15 10 5 0 -5 -10 -15 -20

2016-2017

2015-2016

2014-2015

2013-2014

2012-2013

2011-2012

2010-2011

2009-2010

2008-2009

2007-2008

2006-2007

2005-2006

2004-2005

2003-2004

2002-2003

2001-2002

-25

2000-2001

L

es deux dernières années ont été difficiles pour les prix des grains et pour cause. Dans les faits, la période de prix record amorcée à la fin 2010 jusqu’au sommet de 2012 a eu l’effet escompté : une hausse progressive, mais marquée, de la production de grains par rapport aux besoins des consommateurs. C’est ce qu’illustrent très bien les graphiques ci-contre où l’on remarque une progression de la balance production/consommation de creux en 2010-2011 et 2011-2012 à des sommets l’an dernier (2014-2015) et cette année (2015-2016). Autrement dit, nous avons été très serrés de 2010 à 2013 et la hausse de prix exceptionnelle à ce moment a fait son travail, elle a invité les producteurs à produire davantage, peut-être bien un peu trop. À l’opposé, avec des prix élevés de 2010 à 2013, les consommateurs ont cherché à ralentir leur consommation, de sorte qu’ils ont moins bien absorbé l’excès de production qui a suivi la période de 2010 à 2013. Résultat : à partir de 2013, nous avons connu une longue période plus difficile où, par excès d’offres et une demande moins vigoureuse, les prix ont revisité des creux que nous n’avions pas vus depuis longtemps. Mais, comme le révèlent bien les graphiques, le vent semble vouloir tourner. Les dernières récoltes sud-américaines ont déçu et beaucoup d’incertitude plane autour des prochaines récoltes américaines. C’est dire que l’étau de l’offre de grain c­ ommence finalement à se resserrer après deux années de multiples productions records dans plusieurs pays et d’abondance pour les consommateurs. Concrètement au Québec, les deux dernières années ont vu les prix reculer à aussi peu que 170-180 $/tonne dans le maïs et moins de 400 $/tonne dans le soya. C’est dire que nous aurions nous aussi défini de nouveaux creux plus définitifs à ces niveaux au cours de cette période. C’est bien entendu une bonne nouvelle pour ceux qui aspirent

à vendre à de meilleurs prix et un nouveau celles-ci devraient maintenant fondre à noupoint de repère à surveiller pour ceux qui sont veau. Pour ceux qui cherchent à maximiser consommateurs de grains. Point de vue de la leurs prix de vente et d’achat, c’est là une stratégie de mise en marché, il est important autre belle occasion à surveiller.  par contre de remettre les pendules à l’heure. Jean-Philippe Boucher est agronome, M.B.A., Autant les deux dernières années ont vu des consultant en commercialisation des grains et bases exceptionnelles être proposées, autant fondateur du site Internet Grainwiz.


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INFOS / CULTURES INFOS / CULTURES

Le b.a.-ba de la gestion du ph du sol INFLUENCE DU pHeau DU SOL SUR LA DISPONIBILITÉ DES ÉLÉMENTS FERTILISANTS ET SUR L’ACTIVITÉ DES MICROORGANISMES EN SOL MINÉRAL pH 4

5

6

7

8

9

champignons bactéries et actinomycètes N Ca, Mg P K S Fe, Mn, Zn, Cu, Co Mo B

Le pH est une mesure de l’acidité active du sol. Il conditionne la plupart des processus chimiques et biologiques du sol et, indirectement, les propriétés physiques qui en dépendent. La disponibilité des éléments nutritifs varie avec le pH au point d’exposer potentiellement les plantes cultivées à des carences ou à de la phytotoxicité, affectant ainsi les rendements. Le pH influence aussi l’activité des microorganismes du sol qui minéralisent la matière organique et celle de plusieurs organismes pathogènes des plantes cultivées. On peut ainsi corriger le pH du sol pour limiter le développement de certaines maladies, comme la gale de la pomme de terre et la hernie des crucifères. La disponibilité des éléments nutritifs est maximale dans un intervalle de pH entre 6,0 et 7,0 pour la plupart des cultures en sol minéral (voir figure ci-dessus). En sol organique, l’intervalle recherché se situe plutôt entre 5,0 et 5,8. Un pH trop acide se corrige généralement par le chaulage du sol. Le but du chaulage est de maintenir le

22  /  Juillet-août 2016  /  Le Bulletin des agriculteurs  /

3. La chaux dolomitique contient 20 % ou plus de MgCo3. Lorsque la teneur en magnésium assimilable est basse dans le sol, la plupart des sol dans un intervalle de pH favorable à la cultures peuvent bénéficier d’un apport en croissance des cultures. cet élément. Si le sol nécessite un chaulage, la chaux dolomitique ou magnésienne représente une des sources les plus abordables LA PIERRE À CHAUX AGRICOLE de magnésium. NATURELLE La norme du BNQ établit aussi deux types La chaux agricole naturelle est produite dans une quinzaine de carrières au Québec. La de chaux selon la finesse de la mouture : la pierre est extraite et broyée finement afin pierre à chaux traditionnelle et la pierre à d’en augmenter l’efficacité. Ces produits chaux fine. La norme prévoit en outre l’obligation d’incontiennent surtout du carbonate de calcium (CaCO3), d’où leur désignation « calcaire ». diquer les principales caractéristiques de la Cependant, la chaux peut également contenir chaux sur le bon de livraison ou sur le sac des quantités importantes de magnésium. La lorsque la chaux est ensachée. Le marquage couleur de la pierre à chaux varie de blanche, porte, entre autres, sur le type et la catégorie à crème, à grisâtre, à brunâtre ou même à de produit, la teneur en eau maximale garantie, le pouvoir neutralisant minimal garanti, rougeâtre. La norme du bureau de normalisation du l’efficacité minimale, l’IVA minimal garanti et Québec (BNQ) définit trois catégories de le pourcentage minimal garanti en Ca, Mg, chaux agricole naturelle selon leur teneur en CaCO3 et MgCO3. Le mot garanti indique la magnésium : valeur minimale ou maximale que le fournis1. La chaux calcique qui provient de dépôts seur s’engage à respecter. Le producteur de composés en forte proportion de carbo- chaux est responsable des valeurs garanties, nate de calcium contient de 0 % à 4,9 % alors que le transporteur épandeur doit livrer de carbonate de magnésium. un produit certifié conforme à celui qu’il a 2. La chaux magnésienne qui provient de reçu de la carrière. dépôts contenant des proportions diverses Source : Guide de référence en fertilisation. de carbonates de calcium et de magné- Pour plus d’information sur la gestion du ph du sol et sium avec un contenu variant de 5 % à la fertilisation en général des cultures, procurez-vous ce 19,9 %. guide à l’adresse suivante : craaq.qc.ca.


L’effet bleu

BLÉ VIVACE OU HYBRIDE ? La façon de cultiver du blé risque de beaucoup changer. Le Dr Donald Wyse, un phytogénéticien de l’Université de l’État du Minnesota travaille en collaboration avec quelques producteurs sur le développement d’un blé vivace. La variété Kernza de « wheat grass » a le potentiel de dépasser le rendement du blé annuel. Toutefois, il reste encore du travail à faire. Le rendement obtenu atteint 40 % du blé conventionnel lorsque les semis sont réalisés en rangs espacés de 90 cm (36 po), rapporte le chercheur. La croissance du blé vivace ressemble à celle d’une graminée fourragère. Les tiges sont fines et sont sensibles à la verse. Le chercheur croit qu’un espacement plus large favorisera des tiges plus solides. Le système racinaire du blé vivace est très développé et peut aller jusqu’à 3 m (10 pi) de profondeur le rendant très résistant à la sécheresse. La partie aérienne atteint 1,5 m (5 pi) de hauteur et peut fournir une biomasse importante pour les pâturages. Le chercheur croit que cette culture est idéale pour les producteurs situés au nord du Minnesota ou au Manitoba où des inondations sont fréquentes au printemps et peuvent compromettre les semis. Dans un autre ordre d’idée, le blé hybride est aussi en développement. Ce concept est promu par le Dr Amir Ibrahim de l’entreprise A & M au Texas. Des projets de recherche sont en cours depuis environ 50 ans, mais le coût élevé de la semence a toujours été un frein majeur à la commercialisation. De nouveaux outils technologiques ainsi qu’une meilleure compréhension de la base génétique du blé ont relancé l’intérêt du chercheur. Il croit que le principe hybride sera nécessaire pour amener les rendements de blé à un niveau supérieur. Le chercheur vise une augmentation entre 15 % et 20 % due à la vigueur hybride pour rendre cette technologie intéressante pour les producteurs. Cette approche permettra aussi aux chercheurs d’introduire des gènes de résistance à la chaleur, à la sécheresse ou aux maladies. Le chercheur croit que d’ici cinq ans, la semence sera disponible pour les producteurs. Source : Ontario Farmer

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/  Le Bulletin des agriculteurs  /  Juillet-août 2016  /  23


INFOS / CULTURES

UNE APPLICATION DE FONGICIDE EST-ELLE JUSTIFIÉE ? L’utilisation d’un fongicide appliqué tôt en saison dans le maïs peut être rentable quand les conditions sont favorables aux maladies. Afin de prendre une décision éclairée, l’agronome Vincent Tétreault de Bayer CropScience présente trois facteurs à considérer. Visitez LeBulletin.com et cliquez sur Défi maïs dans le menu horizontal.

Changer les pointes du chisel pour augmenter les résidus Plusieurs nouveaux outils de travail de sol sont développés afin de maintenir plus de résidus en surface. On peut aussi faire des modifications sur les équipements déjà sur la ferme. JodiDeJong-Hughes, spécialiste en travail du sol de l’Université de l’État du Minnesota, suggère l’utilisation de pointes moins agressives sur le chisel. Une grande variété de pointes est disponible. Dans le Midwest américain, celles de type « twisted shovel » ou socs vrillés d’une largeur de 7,5 cm à 10 cm (3-4 po) et les socs droits de 5 cm (2 po) sont les plus communes, rapporte Mark Hanna, ingénieur de l’Université de l’État de l’Iowa. Le passage du chisel fracture le sol et le déplace vers les côtés. En utilisant des pointes droites, le déplacement de sol est moins important. Il en résulte une plus grande quantité de résidus en surface. Les résultats présentés dans le tableau 1 démontrent une augmentation de 11 % à 13 % en utilisant des pointes moins agressives. L’augmentation est plus importante encore en situation de rendement plus faible. Une autre façon de conserver plus de résidus en surface est de diminuer la profondeur de travail. Des recherches ont démontré qu’en réduisant la profondeur à 7,5 cm (3 po) au lieu de 15 cm (6 po), on conservait 4 % plus de résidus, rapporte Mark Hanna. De plus, ces effets sont cumulatifs. Ainsi, en remplaçant les socs vrillés par des socs droits et en travaillant le sol moins profondément, on peut améliorer la couverture du sol d’environ 15 %, conclut le spécialiste. Source : Corn and Soybean Digest

EFFETS DES DIFFÉRENTES CONFIGURATIONS DE CHISEL SUR LA QUANTITÉ DE RÉSIDUS DE MAÏS APRÈS LE PASSAGE DE LA MACHINE COMMANDITÉ PAR

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/ Juillet-août 2016 / Le Bulletin des agriculteurs /

OUTIL TRAVAILLANT LE SOL

RENDEMENT DE MAÏS 11 000 KG/HA (176 BO/ACRE)

RENDEMENT DE MAÏS 7500 KG/HA (120 BO/ACRE)

% Résidus

% augmentation comparé aux socs vrillés

% Résidus

% augmentation comparé aux socs vrillés

Soc en patte d’oie 16 po

70

13

35

30

Soc droit 2 po

69

11

38

41

Soc vrillé 3 po

62

–

27

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DuPont Pioneer @DuPontPioneer

LE DÉFI DE LA SURVIE POUR LE CANOLA D’HIVER Des essais ont été mis en place pour évaluer la survie du canola d’hiver. La survie étant le plus grand facteur limitant l’adoption de cette culture. Don Smith, professeur en production végétale à l’Université McGill, a voulu vérifier si les nouveaux cultivars maintenant disponibles résistaient mieux à l’hiver que les cultivars précédents. Des parcelles de recherche ont été mises en place sur cinq sites à l’automne 2013 et 2014 pour un total de 10 années sites dans l’Est du Canada. Un site se trouvait à Ottawa, deux au Québec (Sainte-Annede-Belllevue et Rive-Sud de Montréal), un à l’Île-du-Prince-Édouard et un en NouvelleÉcosse. Quatre différentes variétés ont été testées, mais aucune d’elle n’est sortie du lot. « Les génotypes ne sont pas encore adaptés à nos hivers », ajoute Don Smith. Il évalue les chances de survie à une année sur trois ou quatre. L’analyse des résultats a démontré l’importance de la date de semis pour une meilleure survie. De façon générale, un semis entre le 10 et le 15 septembre était souhaitable pour tous les sites. Le canola doit avoir atteint le stade de quatre à six feuilles avant la première gelée mortelle. À ce stade, le système racinaire est assez développé pour résister aux vents et aux épisodes gel et dégel. Le chercheur a également ajouté un volet fertilisation au projet : différents taux et dates d’application de soufre, de bore et de biostimulants. Aucune différence statistique n’a été décelée pour établir un lien entre la survie et la fertilisation. On peut considérer le canola d’hiver sous un angle d’engrais vert. Son établissement à l’automne assure une couverture du sol tout au long de l’hiver. Et si les conditions hivernales sont clémentes, une bonne survie est possible. « Dans ce cas, le canola d’hiver représente un net avantage de rendement sur celui semé au printemps », conclut le chercheur. Source : Top Crop Manager JOHANNE VAN ROSSUM est agronome et productrice de grandes cultures à Sainte-Brigide-d’Iberville.

juillet 2016

Le poireau de chez nous #toujoursmieux Poireaux, asperges, fraises, framboises, bleuets, maïs-grain, soya : les champs de la ferme Les Cultures de chez nous exhibent une diversité impressionnante. Sous cette diversité se cache une cohérence que l’on découvre en discutant avec Antoine Jutras, un des propriétaires. La culture du poireau constitue le fer de lance de cette entreprise de Sainte-Brigittedes-Saults, dans le Centre-du-Québec. Sur 55 ha (135 acres) se dressent six millions de plants de ce légume qu’Antoine qualifie de « capricieux » du fait de ses exigences en main-d’œuvre et en équipements. Occupant une place dominante au Québec, Les Cultures de chez nous a ses entrées auprès des trois grandes chaînes de supermarchés où la ferme écoule à la fois des poireaux entiers et des poireaux tranchés emballés en portion de 250 g. L’entreprise compte également une douzaine de clients du secteur des HRI et du marché central. La ferme importe même des poireaux d’Europe pendant la période où elle n’en produit pas. L’asperge profite du sillon tracé par le poireau. Comme la ferme n’en produit pas assez pour répondre aux attentes des acheteurs, elle s’est associée à d’autres producteurs tout en s’équipant pour conditionner les récoltes. Les petits fruits s’inscrivent dans une tout autre dynamique commerciale. Pas moins des trois quarts sont récoltés en autocueillette, alors que le dernier quart va garnir les étals du kiosque de la ferme, judicieusement localisé le long de l’achalandée route 122, à Saint-Cyrille-de-Wendover, près de Drummondville. Occupant une portion importante des 324 ha (800 acres) de l’entreprise, le maïsgrain et le soya forment une troisième branche. Possédant eux aussi une mise en marché spécifique, ils offrent le double avantage de diversifier les revenus tout en permettant les cruciales rotations. « Étant des gens de maraîcher, commente Antoine, on porte beaucoup attention à nos grandes cultures. » Cela se reflète dans les rendements, qui atteignent 3,7 t/ha dans le soya et 12 t/ha dans le maïs-grain. Tout comme sa soeur Valérie, Antoine a entrepris de prendre la relève de l’entreprise que leurs parents, Louis-Marie Jutras et Michelle Rajotte, ont fondée en 1981. Âgé d’à peine 26 ans, il en a bien saisi les forces. À commencer par son équipe. « Les membres de la famille et les techniciens agricoles, nous formons une équipe très soudée », confie-t-il. Ensuite, il souligne la volonté commune de se tenir à l’affût des innovations. « On pense toujours à s’améliorer. On fouille beaucoup pour découvrir de nouvelles manières de faire et on se rend régulièrement en Europe, car ils sont en avance sur nous dans la culture du poireau. » Le souci de l’innovation est d’ailleurs évident dans le dynamique site Web de l’entreprise où l’on va jusqu’à proposer des menus bouffe, boisson et musique ! Un autre facteur de réussite : le souci du détail. « L’hiver dernier, raconte Antoine, nous avons réussi à augmenter le taux de germination de 5 % dans les serres. Sur six millions de plants, ça en fait 300 000 de plus! » Enfin, le producteur pointe la gestion du personnel, déterminante dans une entreprise qui peut compter jusqu’à 70 employés. « On est parvenus à rester humains dans notre manière de faire tout en grossissant l’entreprise, lance-t-il fièrement. On cherche à abaisser notre coût de production sans tout mécaniser. » Augmenter la capacité de conditionnement et d’entreposage constitue la priorité de l’heure. « On est en mesure de cultiver davantage de poireaux, indique Antoine. On pourra continuer de développer nos marchés. »

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ÉLEVAGES LAIT

PAR MARIE-CLAUDE POULIN

Une gestion du travail hors du commun L’organisation du travail chez les Lampron, c’est une question de respect et d’efficacité pour toutes les personnes qui travaillent sur l’entreprise.

P

ierre, Daniel et Alexandre Lampron sont les propriétaires de Ferme Y. Lampron et fils de Saint-Boniface, en Mauricie. Il s’agit d’une ferme laitière et de grandes cultures possédant 145 vaches Holstein et 350 ha en grandes cultures. À première vue, cette entreprise ressemble à bien des fermes laitières et de grandes cultures de grande taille du Québec avec sa salle de traite double 10 en parallèle, son mélangeur à RTM motorisé et ses silos-couloirs, mais la comparaison s’arrête là. Les Lampron sont en régie bio. Les vaches laitières doivent donc aller au pâturage, les antibiotiques sont proscrits, sauf si la vie de l’animal est en danger et ainsi de suite. En plus d’être bio, Les Lampron ont une organisation du travail hors du ­commun. Allons voir de plus près.

Par souci d’équité envers chaque actionnaire et d’efficacité avec les employés, les Lampron ont entrepris une démarche pour améliorer l’organisation du travail il y a un peu plus d’un an. « La ferme grossit, nous avons de plus en plus d’employés. Deux à temps plein l’hiver et cinq l’été, en plus de Gabriel, le fils de Pierre, qui intègre graduellement l’entreprise. C’était important de s’asseoir notamment pour définir les tâches de chacun », explique Alexandre. Il faut dire qu’en plus du travail à la ferme, les trois sont impliqués dans des comités : Pierre est 2e vice-président des Producteurs de lait du Québec, Daniel est président du Club agroenvironnemental du CDA et Alexandre est administrateur au Syndicat des producteurs de lait biologique. « On avait déjà commencé à écrire nos PHOTOS : ALAIN FOURNIER ET MARIE-CLAUDE POULIN

26  /  Juillet-août 2016  /  Le Bulletin des agriculteurs  /


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Pierre, près de l’ensileuse automotrice qui sert à l’alimentation des vaches. Daniel est le spécialiste des champs. Alexandre voit à la bonne marche de l’étable et Gabriel, fils de Pierre et début de la relève, aide notamment à la traite des vaches.

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/  Le Bulletin des agriculteurs  /  Juillet-août 2016  /  27


ÉLEVAGES

Ferme Y. Lampron et fils

Propriétaires : Pierre, Daniel et Alexandre Lampron Lieu : Saint-Boniface, Mauricie Troupeau : biologique depuis 2001 de 125 vaches Holstein en lactation en 2016 Quota : 117 kg jour Moyenne annuelle par vache : 9000 kg Taux : 4,3 % de gras et taux de protéine de 3,16% (contrôle laitier Valacta) Cultures : 124 ha en prairie, 45 ha en maïs-ensilage, 50 ha en soya, 20 ha en orge, 75 ha en grains mélangés et 38 ha utilisé pour le pâturage des vaches et taures. heures. Puis, à la fin de l’année, on ajuste la rémunération en conséquence, ajoute Daniel. Le but est d’être équitable et de préserver l’harmonie entre nous. » Pour aller plus loin dans la démarche, les trois frères ont fait appel au Centre d’emploi agricole de la Fédération de l’UPA de la Mauricie. En effet, les Centres d’emplois agricoles (CEA) offrent une vaste gamme de services pour aider les producteurs à améliorer les ressources humaines au sein de leur entreprise. Il y en a un peu partout en province. Les Lampron ont même bénéficié d’une subvention qui a couvert une partie des frais. « On savait que cette ressource-là existait. Ça faisait longtemps qu’on voulait entreprendre la démarche, mais il y a toujours quelque chose à faire sur une ferme. On a construit une nouvelle étable l’an passé, raconte Pierre. On a fini par se décider et on ne le regrette pas. » Après quelques rencontres avec Martine Paris du CEA, les producteurs sont parve-

28  /  Juillet-août 2016  /  Le Bulletin des agriculteurs  /

nus à définir la base de leur entreprise : leur mission, les valeurs qui guident leurs décisions et leurs orientations. Ils ont même établi un organigramme. « Après chaque rencontre, elle nous donnait des devoirs. Elle nous demandait de réfléchir comment on voulait faire les choses. Pour définir la mission de l’entreprise, par exemple, on a impliqué nos parents. Si on ne sait pas qui on est et ce qu’on veut, c’est difficile d’avancer », exprime Pierre. Les producteurs ont eu également à noter toutes les tâches à effectuer sur la ferme pendant l’année. De la comptabilité, aux semis en passant par les soins aux animaux. Au fur et à mesure que les tâches sont accomplies, elles doivent être cochées dans un tableau. Cet outil accompagné d’une réunion hebdomadaire permet de planifier le travail et d’éviter les oublis. « L’ouvrage arrive vite. Le but est d’être au-dessus de notre ouvrage et non l’inverse. Par exemple, pour les semences,

ça nous permet de nous demander : est-ce que la machinerie est prête? Est-ce qu’on va avoir besoin d’aide ? Faut-il déléguer des tâches à un employé ? », explique Pierre tout en avouant que ces outils sont encore en mode expérimentation. En ce qui a trait aux employés, les trois propriétaires ont fait l’exercice de déterminer les titres de chacun et leur description de tâches. Martine Paris les a rencontrés aussi un par un pour savoir s’ils étaient heureux dans leur emploi et quels étaient leurs objectifs professionnels. Pour l’avenir, il est prévu que ce soit les producteurs qui effectuent cette tâche sur une base annuelle. Par la même occasion, ils comptent procéder à l’évaluation du rendement des employés. « On a fait l’exercice de comparer les salaires des employés aussi pour s’assurer qu’ils étaient compétitifs tout en tenant compte des conditions de travail qu’on offre sur la ferme », ajoute-t-il. Les rencontres avec Martine Paris et les réflexions entre propriétaires ont permis également de créer un véritable manuel de l’employé complet. Et celui-ci n’a rien à envier à aucune grande entreprise standard. D’une quarantaine de pages, il résume les politiques, les procédures et les pratiques en vigueur à la ferme en matière de gestion des ressources humaines. Il couvre presque toutes les situations possibles en emploi : les congés en cas de naissance ou de deuil, la procédure en cas d’absence


ou de rendez-vous personnel, la politique concernant l’usage d’alcool ou l’utilisation d’Internet sur les lieux du travail. Rien n’a Les Lampron ne sont pas seulement été laissé au hasard. avant-gardistes en ce qui a trait à Pour y arriver, un véritable travail de l’organisation du travail et à la gestion réflexion a été accompli chez les Lampron. des ressources humaines. Ils sont aussi Reste à appliquer les règles et à maintenir des producteurs laitiers productifs. Leur le rythme. « On est outillé maintenant avec étable dernier cri offre du confort aux un bon plan. On n’a pas tout mis en applivaches avec les logettes profondes cation encore, mais on va le faire graduelsur sable. Les installations pour le lement », indique Daniel. « Par exemple, il taillage des onglons sont efficaces. y a des semaines où on n’arrive pas à faire L’alimentation des veaux s’effectue à de réunion, mais on reste toujours en lien. l’aide d’un taxi à lait. Ils ont une bonne On s’échange l’information régulièrement », gestion des pâturages afin de garder un ajoute Alexandre. « On recommande haut niveau de production. Pour toutes vraiment ce service. Les producteurs en ces raisons et même plus, les Lampron général ne sont pas avancés en ressources ont été choisis pour être hôte de la humaines. Souvent, on travaille seul ou journée INPACQ. avec notre frère, ce n’est pas toujours évident d’intégrer un employé. Mais quand l’entreprise grossit, on n’a pas le choix de Marie-Claude Poulin est rédactrice en chef adjointe au Bulletin des agriculteurs.   s’organiser », conclut Pierre.  Cet article a été réalisé en collaboration avec

Journée à la ferme

Daniel, Alexandre, Gabriel et Pierre Lampron (photo de gauche) ont investi dans un bâtiment neuf en 2014.

Alain Fournier, décédé en mai dernier.

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LAIT

La révolution des protéines chez les vaches laitières

Depuis deux décennies, les chercheurs Hélène Lapierre et Daniel Ouellet travaillent à mieux définir les besoins alimentaires des vaches laitières. Une petite révolution se prépare en ce qui a trait aux protéines.

PAR MARIE-JOSÉE PARENT

Depuis une vingtaine d’années, Hélène Lapierre et Daniel Ouellet travaillent sur les besoins nutritionnels des vaches laitières, en particulier les protéines.

V

oilà une réalisation unique en soi : travailler sur un vaste programme de recherche portant sur les besoins des vaches laitières pendant une vingtaine d’années. Ce projet a lieu tout près de chez vous, à Sherbrooke, au Centre de recherche et de développement d’Agriculture et Agroalimentaire Canada. Cette étude a ceci d’unique : il y a trop de doigts dans une main pour compter le nombre d’équipes de chercheurs à travers le monde qui travaillent sur ces aspects et à si long terme en employant l’approche utilisée par ces chercheurs. « Nous avons eu la chance d’avoir les Producteurs laitiers du Canada et Agriculture et Agroalimentaire Canada pour nous supporter financièrement, explique Daniel Ouellet. Ils ont eu de la vision à long terme. » La vaste étude d’Hélène Lapierre et de Daniel Ouellet a

PHOTOS : MARIE-JOSÉE PARENT

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TOUT EST PLUS FACILE

ÉLEVAGES

principalement été financée par ces deux organismes, mais aussi par les Producteurs de lait du Québec. Même si les compagnies privées recherchent principalement des résultats immédiats, elles ont aussi collaboré financièrement au programme d’Hélène Lapierre et de Daniel Ouellet. « Notre travail consiste à définir les apports réels et les besoins en acides aminés des vaches laitières, explique Hélène Lapierre. En connaissant mieux les deux côtés de l’équation, nous pouvons équilibrer les rations laitières en diminuant la teneur en protéines, tout en satisfaisant les besoins de la vache, et ce, sans pénaliser sa production laitière et la teneur en protéines du lait. La protéine, c’est ce qui coûte le plus cher dans la ration des vaches laitières. » Les acides aminés sont les composantes de base des protéines. Hélène Lapierre et Daniel Ouellet aiment les comparer à des lettres dans un mot. Pour former un mot, parmi les 26 lettres de l’alphabet, les bonnes lettres doivent être présentes et dans le bon ordre. Les protéines fonctionnent de la même façon. Parmi les 20 acides aminés nécessaires à la synthèse protéique, les bons acides aminés doivent être présents et dans le bon ordre. Une vache peut synthétiser certains acides aminés. Par contre, d’autres doivent être apportés par l’alimentation de la vache. Ce sont les acides aminés essentiels.

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APPORTS EN PROTÉINES Avant de bien définir les apports et besoins spécifiques en acides aminés, il faut bien comprendre comment la vache digère les protéines et dans quels tissus elle utilise principalement les acides aminés. La particularité de la vache, c’est qu’elle est un ruminant. Le rumen contient des bactéries qui vivent et se multiplient dans le rumen. Les bactéries utilisent les aliments fibreux ingérés par la vache, croissent dans le rumen, puis, cette biomasse est évacuée dans la caillette. De là, les bactéries finissent leur vie dans le petit intestin de la vache où elles sont digérées et nourrissent ainsi l’animal. Une partie des protéines alimentaires passe par le rumen et aboutit dans le petit intestin sans avoir été dégradée par les bactéries. Au final, 50 % à 60 % des protéines que l’on


ces aspects qu’Hélène Lapierre et Daniel Ouellet ont étudiés depuis 20 ans. « Nous essayons de déterminer comment, dans les principaux organes, est utilisé chaque acide aminé », explique Hélène Lapierre. L’étable du Centre de recherche est devenue le laboratoire dans lequel des vaches fistulées et dotées de cathéters permettent la collecte des échantillons de digesta ruminal et intestinal, puis de sang. Les vaisseaux sanguins sélectionnés pour effectuer ces prélèvements sont choisis de façon stratégique afin de pouvoir évaluer le métabolisme spécifique des organes principaux, comme le système digestif et la glande mammaire. Ainsi, en prélevant des échanDes cathéters sont placés dans différentes BESOINS SPÉCIFIQUES DE veines de la vache afin de prélever du sang. Les LA VACHE tillons de sang à l’entrée du foie et après le échantillons de sang sont par la suite analysés passage dans l’organe, on peut évaluer l’utiUne fois absorbés par la vache, les acides pour connaître les concentrations en acides aminés provenant de la digestion des pro- lisation ou la production par le foie. aminés et autres nutriments. La nouvelle étable inaugurée il y a cinq téines alimentaires, bactériennes ou endoretrouve dans le duodénum, soit la première gènes, seront utilisés par la vache pour for- ans est un endroit impressionnant et section du petit intestin de la vache, pro- mer toutes les différentes protéines dont confortable, autant pour les vaches que viennent des bactéries du rumen. Ce sont la vache a besoin. Qu’utilise-t-elle pour pour l’équipe de recherche. De l’espace est principalement des protéines produites à assurer ses fonctions vitales, pour produire prévu entre chaque vache pour permettre partir d’aliments que l’humain ne pourrait du lait, pour renouveler ses tissus et pour d’effectuer les prélèvements et d’installer pas valoriser : les fourrages. Seulement 25 % sécréter des enzymes ? Qu’est-ce qui est les équipements nécessaires à la récolte à 30 % des protéines sont issues directement perdu dans l’urine et les fèces ? Cette tâche d’échantillons. La réalisation d’un seul de l’aliment ingéré par la vache, non dégra- est plus complexe qu’il n’y paraît. Ce sont projet de recherche requiert le travail d’une douzaine de personnes : employés d’étable, dées par les bactéries du rumen. adjoints de recherche, étudiants gradués, Le restant, soit entre 15 % et 25 %, est Inaugurée il y a cinq ans, la nouvelle étable vétérinaires et statisticien. constitué de protéines dites endogènes d’Agriculture et Agroalimentaire Canada à parce qu’elles proviennent de l’animal lui- Sherbrooke a apporté beaucoup de confort aux vaches et aux équipes de recherches. même, soit la salive, des cellules mortes ou encore des enzymes. « Avant, ce n’était pas vraiment quantifié », explique Daniel Ouellet. Cette dernière portion, les protéines endogènes, est encore considérée aujourd’hui par l’une des principales références en alimentation, le NRC, comme un apport en protéines pour la vache. Mais Hélène Lapierre et Daniel Ouellet ont démontré qu’il ne faut pas les considérer ainsi. « C’est notre contribution majeure au point de vue des apports en protéines de la vache », explique Hélène Lapierre. Celle-ci fait d’ailleurs partie du comité de révision du prochain guide NRC sur les besoins nutritionnels des vaches laitières, dont la parution pourrait avoir lieu l’an prochain. Dans ce comité, Hélène Lapierre est responsable de la section besoins en protéines. Le guide du NRC est notamment utilisé par Valacta dans ses recommandations alimentaires pour les troupeaux laitiers québécois.

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ÉLEVAGES

LYSINE ET MAÏS Par exemple, un des acides aminés ayant fait l’objet d’études par Hélène Lapierre et Daniel Ouellet est la lysine. Il s’agit d’un acide aminé essentiel qui ne peut pas être synthétisé par la vache. La grande popularité du maïs, de l’ensilage de maïs et de la drêche de distillerie de maïs laisse entrevoir une problématique potentielle : une lacune en lysine puisque le maïs en contient peu. Sans lysine, il est impossible d’« écrire » la protéine, comme s’il manquait le « e » dans le mot « évènement » (« vnmnt »). C’est pourquoi une ration à base de maïs doit

être complémentée avec du tourteau de soya ou de canola, riche en lysine. Encore aujourd’hui, les spécialistes en nutrition animale évaluent les besoins en protéine de façon plutôt simple : la totalité des protéines exportées divisée par une efficacité moyenne fixe évaluée à 67 %. « Nous proposons que l’efficacité varie selon l’apport relatif de chaque acide aminé, explique Daniel Ouellet. Ce n’est pas vrai que nous travaillons avec une efficacité fixe. » Il s’agit d’une autre avancée majeure des recherches d’Hélène Lapierre et Daniel Ouellet. À quelques années de la

retraite, Hélène Lapierre et Daniel Ouellet se préoccupent maintenant de la relève. Ils aimeraient bien ajouter un jeune chercheur à leur équipe. C’est d’ailleurs de cette façon que la collaboration entre eux a commencé. Hélène Lapierre était la superviseure de thèse de Daniel Ouellet. Car après tout, même s’ils auront posé des jalons importants aux connaissances en nutrition des vaches laitières, il en restera encore plusieurs à découvrir. Marie-Josée Parent est agronome et journaliste. Elle couvre les productions laitière, bovine, avicole et porcine au Bulletin des agriculteurs.

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PORC

PAR MARIE-JOSÉE PARENT

Porc : une histoire à succès

Il y a 25 ans déjà, Canada Porc International (CPI) voyait le jour. Relater l’histoire de cet organisme, c’est retracer l’histoire d’un succès à l’exportation. D’environ 200 000 tonnes par an, le volume de porc expédié à l’étranger est passé à 1,2 million de tonnes.

Les photos alléchantes de viande de porc font partie des outils de promotion de la viande de porc canadien à l’étranger.

À

la direction de Canada Porc International (CPI) depuis sa fondation en 1991, Jacques Pomerleau est une véritable mine d’or pour discuter du succès du porc canadien à l’étranger. Alors que l’organisme voué à l’ouverture des marchés étrangers et à la promotion du porc canadien à l’international fête cette année ses 25 ans, son président vient d’annoncer sa retraite prochaine. Le Bulletin a profité de son expertise avant qu’il ne tire sa révérence.

PHOTOS : CANADA PORC INTERNATIONAL

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ÉLEVAGES

Qu’est-ce qui a mené à la fondation de Canada Porc International ? À la fin des années 1980, les Américains menaçaient l’industrie de prendre des mesures de représailles. Le gouvernement et l’industrie se sont associés pour monter un cahier de mesures spéciales pour venir en aide à l’industrie porcine. La principale mesure était de mettre en place une association axée sur les exportations afin de nous diversifier du marché américain parce qu’à l’époque, 80 % de nos exportations allaient vers les États-Unis. Deux acteurs ont joué un rôle important : Laurent Pellerin, alors président de la Fédération des producteurs de porcs du Québec, et Jean Bienvenue, président d’Olympia à l’époque, qui est devenu Olymel. Ils ont insisté sur l’importance de travailler ensemble. Ce sont vraiment eux les artisans de CPI. C’était avant que j’arrive. À l’époque, il n’y en avait pratiquement pas d’organisations de ce genre. À quoi ressemble le travail à la tête de CPI ? C’est l’fun parce que le mot routine ne fait pas partie de notre vocabulaire. Ici, on ne sait jamais ce qui va nous tomber dessus d’une journée à l’autre. Prenez l’exemple de la Russie qui nous a fermé la porte en 2014. Habituellement, elle permettait quand même aux conteneurs qui étaient en route d’entrer au pays, mais pas cette fois-là. Nous avions 400 conteneurs perdus qui se cherchaient un domicile quelque part. Notre rôle est d’ouvrir les marchés, tous les marchés possibles. Parfois, ça prend du temps. Ça peut prendre une dizaine d’années, comme l’Inde. C’est l’accès au marché qui est le plus critique. Le reste, c’est des activités de promotion ou de marketing.

Et vous travaillez autant avec les producteurs que l’industrie ? Oui. Quand on développe un marché comme la Chine, par exemple, ça implique de ne pas avoir de ractopamine*. Donc, si vous n’avez pas la participation des producteurs, vous n’allez nulle part. Ça prend donc une bonne concertation et il faut être capable d’expliquer le pourquoi des choses. Nous travaillons aussi avec l’Agence canadienne d’inspection des aliments, avec Agriculture et Agroalimentaire Canada et Affaires mondiales Canada, les anciennes Affaires étrangères. Il faut aussi convaincre les autorités canadiennes que c’est une priorité et qu’il faut travailler avec nous. Lorsqu’il y a des négociations, il faut consulter nos membres pour voir si on est capables de se conformer aux exigences. Si Les stands de promotion du porc canadien à l’étranger, comme ici à Cologne, en Allemagne, sont impressionnants. Depuis 15 ans, ils sont conçus par un Canadien, Jean-Sébastien Leroux.

Il n’y a donc rien d’acquis ! Il n’y a pas de recette ! Il faut être prêt, mais il faut aussi être en mesure de bien évaluer la situation à l’autre bout. Donc, nos ambassades nous aident aussi. Une chose qu’il faut savoir également, c’est que pour les abattoirs et les maisons de commerce, la patience, ce n’est pas tellement leur façon de faire. Eux, il faut qu’ils vendent demain Jacques Pomerleau dirige Canada Porc International (CPI) depuis sa fondation, il y a matin. Donc, si ça prend 10 ans pour ouvrir 25 ans. l’Inde. Eux, ça fait 10 ans moins 300 jours qu’ils ont déjà abandonné. Donc, ils se fient c’est non, on essaie de suggérer autre chose. au CPI pour essayer d’ouvrir les marchés à Dans le cas de la ractopamine, il n’y avait leur place. C’est pour ça que nous sommes pas moyen de faire de compromis. Donc, il l’agence pour l’ensemble de l’industrie. a fallu s’adapter. Il n’y a rien de blanc et noir dans l’accès au marché. Toutes les nuances Vous avez déjà dit qu’il n’y a pas de trop petit de gris sont possibles. Comment fonctionne le CPI ? marché. Même s’ils sont nombreux, en Inde, Il y a deux propriétaires : le Conseil des ils ne consomment pas beaucoup de viande. viandes du Canada et le Conseil canadien En plus, chaque pays a ses règles… Ils n’en consomment pas parce qu’ils n’en du porc. Ils ont chacun six directeurs. Le Exact ! Sauf peut-être ceux qui se sont n’ont pas de belle qualité. Mais en même CPI a été mis en place avec l’idée qu’il s’agit regroupés, comme l’Europe, d’une part, temps, le gouvernement indien est très d’un forum pour travailler ensemble et non mais aussi la Russie, le Belarus et le protectionniste. Nous, on est allé voir. On se chicaner. C’est toujours resté. Une chose Kazakhstan. Et quand vous arrivez avec la sait qu’il y a du potentiel pour les produits qu’on a évacuée dès le départ : aussitôt que Chine, l’Inde, Taïwan, le Japon… Ce n’est à très forte valeur ajoutée. Mais comment vous parlez de prix, ça devient conflictuel. pas parce qu’ils sont tous en Asie qu’ils ont on va faire pour passer à travers toutes les Donc, il n’est pas question de prix. Nous, on les mêmes normes. Il n’y a rien de plus dif- autorisations ? Les permis d’importation ? s’occupe de travailler ensemble pour déve- férent que l’Inde et la Chine. Et le Japon… Ça, c’est ma job ! Dans certains marchés, lopper des marchés. c’est facile. Mais pas partout. Les trois extrêmes !

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Quelques données sur CPI et les exportations de porc canadien

La Chine prend de l’importance… Ça va devenir le marché numéro deux. Ça l’est déjà cette année. Après les États-Unis, un peu avant le Japon. Ce qui est une grosse surprise pour tout le monde, mais qui était à prévoir. Qu’est-ce qu’il y a de spécial par rapport à la Chine ? La demande ! C’est le principal consommateur de viande de porc au monde ! La moitié de la production de porc mondiale est en Chine ! La consommation par personne est le double de la consommation au Canada. Et, les problèmes d’environnement, les problèmes de salubrité commencent à les rattraper. Récemment, ils ont éliminé 10 millions de truies. Ça commence à paraître. Une chose avec la Chine : ne jamais se fier aux chiffres chinois. Par contre, lorsque le gouvernement chinois relâche des stocks de porc congelé, que vous voyez des commandes arriver de façon absolument incroyable, vous vous dites : « Ok ! Là, il se passe quelque chose. » Et ensuite, quand le prix du porc double du jour au lendemain, vous vous dites : « Oh ! Oh ! » Le gouvernement chinois ne peut pas se permettre que le prix du porc double. Disons qu’ils vont être plus favorables aux importations qu’ils l’étaient. Nous, on s’attend à ce que ça persiste à long terme. Même l’industrie chinoise nous l’avait dit il y a deux ans.

Années 1980 : L’exportation du porc canadien vers les États-Unis passe d’une proportion de 25 % à 80 %. 1989 : Élaboration d’un ensemble de mesures spéciales par le gouvernement canadien, le Conseil canadien du porc et le Conseil des viandes du Canada. Objectif : aider l’industrie à passer à travers la crise. Les Américains menaçaient de représailles. Mandat principal de CPI : Œuvrer avec le gouvernement du Canada et nos partenaires commerciaux pour régler des problèmes d’accès à l’étranger, ainsi que développer, coordonner et mettre en œuvre la promotion générique internationale. 6 février 1991 : Lancement officiel de Canada Porc International avec une participation égale du Conseil canadien du porc et du Conseil des viandes du Canada. Membres : 19 entreprises d’abattage et de découpe de porc, 21 maisons de commerce, 21 membres associés et 9 associations provinciales de producteurs de porcs. Volumes exportés : En 1991, 30 %. En 2014, près des 2/3 de la production porcine canadienne. Valeurs des exportations : En 1991, 595,2 millions de dollars. En 2015, 3 421,3 millions de dollars, soit 5,7 fois plus qu’en 1991. Importance du marché américain : En 1991, 75 % des exportations. En 2015, 44 % des exportations. Principaux marchés d’exportation en 2015, en ordre d’importance : États-Unis, Japon, Chine et Mexique. En 2016, la Chine prend la deuxième place. Pays importateurs de porc canadien : En 1991, 54 pays. En 2015, 94 pays. Principales provinces participant aux exportations de porc canadien, en ordre d’importance : Québec (521 388 tonnes), Manitoba (257 338), Ontario (209 004) et Alberta (144 295). Exportations québécoises de porc en 2015 : 521 388 tonnes (année record) pour 1 444 milliards de dollars (2e meilleure année). Équipe de CPI : Bureau principal à Ottawa, bureau à Tokyo (Japon), bientôt un bureau à Shanghaï (Chine). Total : sept personnes, bientôt huit avec le bureau de Shanghaï ouvert cet été.

C’est une bonne chose pour le porc canadien, n’est-ce pas ? Le Canada a une très bonne réputation en Chine. Et on va tabler là-dessus. On a déjà des partenaires dans des supermarchés haut de gamme.

sont joints à l’Union européenne, on les a perdus. Ça a profité aux Danois et aux Hollandais en particulier. Et là, on a vu apparaître l’Allemagne. L’Allemagne est devenue un très gros joueur depuis les cinq dernières années. Et celui qui est en nette progression en Europe, c’est l’Espagne. L’Espagne est en train de devenir l’autre Qu’avez-vous observé de nos compétiteurs géant. Mais ce que personne n’avait vu américains à propos du développement des venir, c’était les Américains. Ils ont été des exportations dans les 25 dernières années ? Les Américains, c’est vraiment LA grosse importateurs nets jusqu’à il y a cinq ans. Et nouvelle. Au départ, c’était toujours les en cinq ans, ils ne sont non seulement plus Européens, mais en particulier les Danois importateurs, mais ils sont les exportateurs et les Hollandais. Par la suite, nous avons numéro un mondial. Il faut le faire ! Et ce vu apparaître les Allemands. En Europe, n’est pas fini.  il y a quand même de gros pays importa- * La ractopamine est un produit vétérinaire utilisé en engraissement pour assurer une plus grande efficacité teurs, que ce soit l’Italie ou le Royaume- alimentaire et améliorer le rendement en viande maigre. Uni. Et nous, on avait de bons marchés en Marie-Josée Parent est agronome et journaliste. Europe de l’Est. Que ce soit en Pologne ou Elle couvre les productions laitière, bovine, avicole et en Roumanie. Au fur et à mesure qu’ils se porcine au Bulletin des agriculteurs.

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INFOS / ÉLEVAGES Veaux en présevrage « La façon dont nous élevons nos génisses aura un impact sur la production laitière et sur la durée de vie des vaches. » C’est sur ces propos que le conseiller en nutrition laitière Jocelyn Roy, de Shur-Gain, a commencé sa conférence sur l’élevage des génisses lors de la journée Au cœur de l’information agricole organisée par la Meunerie Bernard Breton le printemps dernier. Voici quelques points intéressants à retenir concernant l’élevage des génisses.

ÂGE AU PREMIER VÊLAGE Une étude américaine a comparé la production laitière de taures vêlant à 24 jusqu’à 30 mois. Les résultats ont démontré que les taures ayant leur premier veau à 24 mois produisent plus de lait. Au Canada, Brian Van Doormaal du Réseau laitier canadien a comparé la production laitière jusqu’à six ans des vaches ayant leur premier veau entre 22 et 33 mois. C’est lorsque les taures vêlent à 22 mois qu’elles produisent le plus de lait.

Protocole de colostrum recommandé par Nutreco (Shur-Gain) : 3 litres à la naissance, 2 litres après 6 heures, 2 litres après TAUX DE CROISSANCE Le taux de croissance des jeunes veaux est 12 heures. directement relié à la future production laitière. « À chaque 100 g de gain, nous aurons ALIMENTATION LACTÉE 226 kg de lait de plus », dit Jocelyn Roy. Il Les études ont démontré une hausse d’efinsiste même sur le fait qu’il s’agit là de l’infor- ficacité alimentaire de 16 % en raison des mation la plus importante à retenir dans tout trois repas par jour, comparativement à deux son exposé sur l’élevage des génisses. repas par jour, soit un gain moyen quotidien de 0,95 kg par jour contre 0,86 kg par jour. Le lait doit être servi à la température du ALIMENTATION PRÉSEVRAGE L’alimentation des jeunes veaux avant le corps du veau, soit entre 39 °C et 42 °C. « Ce sevrage a un impact direct sur la production n’est pas toujours évident à réaliser », admet laitière. Un kilogramme de gain supplémen- Jocelyn Roy. Cet aspect est cependant très taire avant le sevrage représente 1540 kg de important. Pendant les journées froides d’hiver (5 °C), spécialement pour les veaux lait de plus en première lactation. gardés à l’extérieur, il faut ajouter un repas par jour ou augmenter la quantité de lait de COLOSTRUM Des génisses qui reçoivent quatre litres de 1 litre par repas. colostrum, comparativement à deux litres, ont un gain moyen quotidien plus élevé (2,2 EAU contre 1,8 livre par jour), leur première chaleur Les veaux doivent avoir accès à de l’eau est plus tôt (13,5 contre 14 mois), elles vivent propre en tout temps. plus longtemps dans le troupeau (87,1 % survivent à la 2e lactation, contre 75,7 %) et elles ALIMENTS SOLIDES produisent 2265 livres de plus de lait à la Les aliments solides préparent le rumen en deuxième lactation. créant de l’abrasion au rumen. Les papilles

du rumen se développent en leur présence. Shur-Gain préconise l’incorporation de foin sec ou de paille dans la moulée pour justement aider au développement du rumen. Elle offre même un aliment complet (Rumimax) dans lequel la paille est déjà incorporée. Mais les producteurs peuvent eux-mêmes faire leur mélange avec le foin produit à la ferme. Le foin doit toutefois être d’une longueur idéale de 2 cm à 3 cm de long. Une étude américaine a démontré que les veaux ayant 7,5 % ou 15 % de foin dans leur moulée ont mieux performé que les veaux n’ayant pas de foin dans leur moulée. La clé est de trouver l’équilibre délicat entre le niveau des concentrés et les fourrages. Un essai mené sur 33 fermes en Ontario en 2015 a démontré qu’après 122 jours (quatre mois), les génisses nourries au Rumimax avaient un poids de 14,1 kg et une taille de 3,56 cm de plus que les génisses n’ayant pas reçu cette alimentation.

POSTSEVRAGE La recherche des veaux a été axée principalement sur la période présevrage. « Très peu est connu sur l’efficacité postsevrage et les stratégies d’alimentation », explique Jocelyn Roy. PHOTOS : MARIE-JOSÉE PARENT

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EFFETS À LONG TERME DU COLOSTRUM CHEZ LES PORCELETS L’ingestion de colostrum chez les jeunes porcelets aura un impact positif significatif à court et long terme sur la croissance et la mortalité des porcs. Telles sont les conclusions d’une recherche menée par des chercheurs associés à l’Université Gand, en Belgique. Les chercheurs ont prélevé les performances d’élevage de 1455 porcelets de la naissance à 22 semaines d’âge, répartis dans 10 troupeaux commerciaux. Les porcelets étaient pesés individuellement à la naissance, au sevrage, en milieu de croissance et en finition. La consommation de colostrum a été évaluée selon un modèle mathématique. D’autres données ont également été collectées, comme le poids de naissance, l’ordre à la naissance, le sexe, la race et l’intervalle entre la naissance et la première tétée.

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VOICI LES PRINCIPAUX POINTS À NOTER : La consommation de colostrum a influencé positivement le poids au sevrage, en croissance et en finition. Autre élément intéressant : la prise de colostrum a un effet positif plus grand chez les porcelets ayant un poids de naissance plus faible. L’ordre de naissance avantage le poids, peu importe le moment de la pesée. Le sexe a un impact seulement en fin d’élevage. La mortalité présevrage diminue lorsque la consommation de colostrum augmente, que le poids à la naissance augmente et que l’intervalle naissance première tétée diminue. En pouponnière, la mortalité est également liée au poids à la naissance et à l’ingestion de colostrum. Les plus petits porcelets sont plus affectés par une association négative de consommation de colostrum et de mortalité. La mortalité en engraissement a un lien avec le poids au sevrage et en milieu de croissance. Source : American Society of Animal Science

Marie-Josée Parent est agronome et journaliste. Elle couvre les productions laitière, bovine, avicole et porcine au Bulletin des agriculteurs.

MARIE-JOSÉE PARENT est agronome et journaliste. Elle couvre les productions laitière, bovine, avicole et porcine au Bulletin des agriculteurs.

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MACHINERIE

PAR ANGELA LOVELL

Moissonneuse-batteuse

Louer ou acheter ? Là est la question ! Il y a plusieurs bonnes raisons pour louer, comme pour acheter une moissonneuse-batteuse.   Cet article fait le point.

D

emandez aux gens pourquoi ils louent leur machinerie et la plupart vous répondront : « Pour une question d’impôts ». Mais ce n’est pas la meilleure raison pour louer, disent les experts. « Si vous louez une moissonneuse-batteuse pour 10 000 $ par année, vous pouvez déduire tous les ans la totalité de ces 10 000 $ pendant toute la durée de la location », explique Matt Bolley, conseiller commercial pour Meyers Norris Penny.

« Inversement, si vous achetez une batteuse, vous ne pouvez déduire que l’intérêt plus 30 % de son coût par an (15 % l’année de l’achat) sur le montant restant, qui diminue chaque année. Par exemple, en achetant une moissonneuse-batteuse de 100 000 $, vous pourrez déduire 15 000 $ en amortissement la première année et 30 % par an les années suivantes sur le montant restant. D’une façon ou de l’autre, vous finirez par déduire la pleine valeur moné-

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MACHINERIE

 Si vous louez une moissonneusebatteuse pour 10 000 $ par annÊe, vous pouvez dÊduire tous les ans la totalitÊ de ces 10 000 $ pendant toute la durÊe de la location.  taire de cette machine, mais cela prendra plus de temps si vous achetez.  La location autant que l’achat peut convenir à votre ferme, mais cela dÊpend des options de financement ou de location offertes, du type d’Êquipement en question et de son usage, ainsi que de votre position financière.  La location n’est qu’une autre manière de financer la totalitÊ d’un actif , souligne Lance Stockbrugger, comptable agrÊÊ en Saskatchewan.  Quand on achète, on doit habituellement dÊbourser 25 % du montant total lors de l’achat , dit le spÊcialiste pour dÊcrire la façon de faire dans sa province. Au QuÊbec, cette mise de fonds est plutôt rare. La plupart du temps, les agriculteurs remplacent celle-ci par un Êchange d’actif ou par une garantie supplÊmentaire.  Si vous n’avez pas assez d’argent liquide sous la main ou ne faites pas d’Êchange d’actif, alors la location peut s’avÊrer avantageuse

pour votre flux net de trÊsorerie puisqu’elle exige un moins grand dÊboursÊ initial que l’achat , poursuit Lance Stockbrugger.

CAPITAL OU CHIFFRE D’AFFAIRES La location peut s’avÊrer un bon choix pour les producteurs qui renouvellent souvent leur machinerie.  Si votre pulvÊrisateur travaille beaucoup et s’use rapidement, vous pouvez en louer un, disons tous les deux ou trois ans, et obtenir à chaque fois un nouvel appareil assez fiable, illustre Lance Stockbrugger. Mais, d’un autre côtÊ, vous pourriez accroÎtre votre capital en achetant du matÊriel que vous utilisez moins souvent, par exemple un tracteur à quatre roues motrices : vu son peu d’usures, il aurait une bonne valeur de revente.  Étant donnÊ la faiblesse actuelle de notre dollar, l’Êquipement usagÊ de qualitÊ prÊsente une valeur de revente intÊressante, ce qui peut constituer une bonne raison d’en

être propriÊtaire. Mais si le dollar se remet à grimper, la location permettra de supprimer le risque de diminution de sa valeur, ajoute-t-il. Tout le monde ne doit pas pour autant louer son pulvÊrisateur ou acheter sa moissonneuse-batteuse. Les agriculteurs doivent plutôt analyser chaque transaction au cas par cas, en tenant compte de leur situation fiscale et financière. Parfois, c’est avant tout une affaire de prÊfÊrence personnelle, constate Dan East, de Financement agricole Canada (FAC).  De nombreux agriculteurs prÊfèrent être propriÊtaires de leur machinerie. Mais il est essentiel d’examiner tous les scÊnarios de paiement de prêt ou de location, en calculant le coÝt à l’hectare de la machine pour connaÎtre l’option qui convient le mieux à la ferme. 

ÉVITER LES PIĂˆGES Si on n’y prend garde, on peut tomber dans certains pièges quand on choisit la location. Par exemple, dans le cas des contrats de location prĂŠpayĂŠs. La plupart des agriculteurs pratiquent une comptabilitĂŠ de trĂŠsorerie (ou de  caisse ) et ont ainsi l’habitude de dĂŠduire leurs dĂŠpenses Ă chaque exercice financier annuel. Toutefois, s’ils paient dès le dĂŠpart le coĂťt entier de cette location de cinq ans, ils ne peuvent dĂŠduire la totalitĂŠ de ce montant

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« L’équipement usagé de qualité présente une valeur de revente intéressante à cause de la faiblesse actuelle de notre dollar. » au cours de la première année. « Ils peuvent seulement déduire les deux premières années, le reste s’amortissant jusqu’à la fin de la période de location », précise Lance Stockbrugger.

MACD

Le rachat d’une location peut aussi constituer un revenu imposable, contrairement à ce qu’on pense. Par exemple, à la fin de la période de location, un agriculteur rachète pour 25 000 $ une machine qui vaut maintenant 45 000 $. En la revendant, il espère pouvoir déclarer à l’impôt la différence de 20 000 $ comme gain en capital. « Mais il ne s’agit pas d’un gain en capital : c’est plutôt un paiement de rachat de location et ces 20 000 $ seront simplement ajoutés aux revenus réguliers de la ferme », souligne Lance Stockbrugger.

TROP BEAU POUR ÊTRE VRAI ? Lisez attentivement les passages en petits caractères et ne vous laissez pas éblouir par les offres qui semblent trop belles pour être vraies, que ce soit pour la location ou l’achat, ajoute Dan East. Tout comme pour n’importe quel contrat, il est crucial de comprendre les détails et les responsabi-

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lités stipulés pour la location ou l’achat », dit-il. L’énoncé « 0 % d’intérêt », entre autres, peut prêter à confusion. Dans certains cas, le concessionnaire doit écouler un surplus d’inventaires et offre réellement un financement sans intérêt au client. « Mais parfois, même si le client ne paie aucuns frais d’intérêts, il paiera un prix de base auquel on aura ajouté ces intérêts, dit Dan East. Cette batteuse valant 400 000 $ coûtera en fait 420 000 $ », explique Dan East en ajoutant : « Cela ne fait pas de tort de demander à quelqu’un de confiance de réviser le contrat avec vous, comme votre comptable ou le conseiller de l’établissement prêteur. »

Ce texte est une traduction d’un article de la journaliste Angela Lovell, collaboratrice à la publication Grainews

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PAR DOMINIC ARCHAMBAULT

Charrue

Les deux côtés de la médaille

La plupart des producteurs ont délaissé la charrue et les chisels. Ils parlent même de semis direct. Ces changements de méthodes et de perspectives font surgir des questions. Est-ce que la charrue a encore sa place en 2016 ? Voici quelques pistes de réponse.

L

e labour n’est pas une mode qui passe ou qui est révolue, cela fait très longtemps que l’on laboure les sols. Autrefois, seule la charrue redonnait vie à la zone supérieure du sol. Les plus vieux avaient compris que la vigueur des racines était directement proportionnelle à l’environnement immédiat. On a donc longtemps cru que la méthode du labour était la meilleure. Traîné par des chevaux,

l’instrument des pionniers permettait de regonfler un sol piétiné pendant toute une saison.

un réchauffement rapide, la conception d’un labour dressé est la meilleure solution. Le labour dressé permet de renverser les bandes à 45 degrés, c’est-à-dire de manière à ce que leur largeur n’excède pas deux fois AVANTAGES DU LABOUR Parmi les avantages de la charrue figure leur profondeur. Ainsi, on favorise la pénél’enfouissement total ou partiel des résidus tration des rayons solaires, de l’eau et, par le de culture. Bien qu’un sol à nu puisse s’éro- fait même, on a beaucoup plus d’oxygène der, une surface sans résidus permet un en surface, ce qui stimule la décomposition réchauffement optimal au printemps. Pour des matières organiques.

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MACHINERIE

La monoculture entraîne systématiquement des problèmes agronomiques liés au développement de champignons et à la multiplication d’insectes. La survie de ces organismes durant l’hiver donne de nouvelles générations à contrôler le printemps venu. L’enfouissement permet non seulement de ralentir et même de stopper leur prolifération, mais aussi, de détruire une quantité non négligeable de mauvaises herbes. La pratique du labour est donc une bonne alternative pour ceux qui cultivent du maïs intensément année après année. Cette technique a depuis longtemps démontré son succès dans les sols avec une texture argileuse et loameuse. Rarement déçus, les producteurs qui la pratiquent ont remarqué une constance dans les rendements année après année.

fait ses preuves : lorsqu’elle est utilisée dans des conditions sèches, elle crée des structures performantes qui donnent de bonnes récoltes. Cette technique rehausse et stabilise le développement des cultures. « Lorsqu’on sème du maïs au même endroit durant plusieurs années consécutives, la gestion des résidus peut devenir difficile. La charrue est donc un outil intéressant », croit le producteur.

UNE SOLUTION POUR DÉCOMPACTER LE SOL

Savoir ajuster fait toute la différence ! Un laboureur chevronné connaît les réglages à effectuer avant et pendant le labour. Effectivement, en atelier, il prendra soin de bien ajuster l’écartement des roues du tracteur. Ensuite, au champ, les ajustements longitudinaux et transversaux permettront de stabiliser l’appareil afin de ne pas créer de dénivelé. Le nivellement de l’instrument doit être vérifié alors que le tracteur penche du côté du sillon. Lorsque la profondeur du premier et du dernier versoir est équivalente (entre 7 po et 9 po), il faut s’assurer que la dimension de la première raie est identique aux autres. Finalement, il faut vérifier la profondeur et le positionnement des coutres (environ 4 po de profond), puisqu’ils sont en grande partie responsables des bourrages lorsqu’il y a une épaisse couche de résidus.

Il existe plusieurs solutions pour réparer artificiellement une structure déficiente. Des fabricants proposent des machines munies d’étançons, dont les mécanismes de protection sont suffisamment puissants pour soutenir une pointe à plus de 15 po dans le sol. Sous-soleuse ou chisel, ces outils n’accomplissent qu’une seule tâche : DES PRODUCTEURS SATISFAITS Sylvain et Michael Nault (Ferme Nault) redonner au sol un second souffle. À l’automne, lorsque le temps est sufficultivent dans le village de Saint-Marcelde-Richelieu, en Montérégie. Ils n’ont samment sec, la dislocation du terrain s’efjamais délaissé la charrue. Avec plus de fectue sans heurt entre le passage des dents, 2350 hectares (5800 acres) à cultiver, dont alors que ce n’est pas le cas si l’humidité est au moins 607 ha (1500 acres) en soya et trop élevée. Souvent, la charrue peut venir 121 ha (300 acres) en céréales, la bonne à la rescousse pour un travail de surface, peut créer une semelle imperméable. La structure de leur sol est un élément-clé mais elle doit être utilisée avec précaution « plow pan », connue comme « la semelle de labour », limite l’action ascendante et de leur réussite. « Avec une telle superficie pour éviter le pire. descendante de l’eau. Dans les deux cas, à gérer, les travaux de semis et de récoltes les rendements s’en trouvent directement sont réalisés dans les conditions optimales, QUELQUES BÉMOLS mais quelques fois, il faut négocier avec Toutefois, la charrue peut aussi faire de diminués. Pour cette raison majeure, pluune météo moins clémente », dit Michael sérieux dégâts en profondeur et même sieurs ont tourné le dos à la charrue. On Nault. en surface. Les pointes bien affûtées l’accuse aussi de produire des faîtes et des À l’aide d’une sous-soleuse à disques entraînent les socs à s’enfoncer dans les raies de curage (sillons) indésirables. Avec une charrue conventionnelle, il pour les sols travaillés tôt l’automne, les sols très durs et parfois juste un peu trop Nault utilisent la charrue réversible dans les humides. Ainsi, les couteaux tranchent existe deux façons pour entamer un labour champs de maïs pour une superficie d’en- une bande de terre qui sera retournée par dans un champ : soit tourner vers le centre viron 1214 ha (3000 acres). Bien que plus les versoirs. Cette découpe pour certains ou bien tourner à partir du centre. Dans coûteux à opérer qu’un chisel, la charrue a types de sols très vulnérables au tassement les deux cas, un sillon de fermeture indési-

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se réchauffent difficilement au printemps, la méthode conventionnelle est encore très populaire partout dans la province. Avec l’utilisation d’outils primaires, on peut malheureusement détruire l’écosystème microbien. Toutefois, on peut aussi améliorer temporairement une structure endommagée. Les instruments à dents qui ont pour mission de remplacer la charrue ne peuvent toutefois pas convenir dans le cas où les sols sont légèrement humides. Labourer a toujours été une méthode fiable et éprouvée par nos prédécesseurs. NE VENDEZ PAS VOTRE CHARRUE ! Cette technique qui a fait ses preuves au fil Grâce à des superficies de mieux en mieux du temps mérite d’être considérée comme drainées, même si la compaction des sols une excellente alternative pour des condiest toujours un problème incontournable tions spécifiques. Par conséquent, si vous pour plusieurs, certains envisagent la pra- n’avez pas utilisé votre charrue depuis plutique du semis direct. Cette minorité de pro- sieurs années, il serait sage de la conserver. ducteurs utilise des moyens naturels pour Tout comme un médicament, il est préfavoriser une structure adéquate. Comme férable de l’avoir en main lorsqu’on en a la pratique rencontre souvent des sols qui besoin. rable brisera le nivellement du champ. Les modèles réversibles ont su résoudre ce problème en partie, cependant l’opération du labour reste toujours délicate. L’ouverture du champ entraîne souvent un faîte que même un opérateur d’expérience aura de la difficulté à camoufler. Évidemment, sous ce petit amoncellement de terre, aucun travail de restructuration n’a été fait. Pour réussir à obtenir des bandes de terre de même dimension, il faut maîtriser les ajustements sur l’appareil.

Dominique Archambault est producteur de grandes cultures à Saint-Bernard-de-Michaudville. Il est aussi professeur à l’Institut de technologie agroalimentaire.

Conseil! L’école est finie pour l’été! Mais les règles de sécurité continuent toujours à la ferme.

NOUS REMERCIONS CES GÉNÉREUX COMMANDITAIRES: SécurijoursMD de Progressive Agriculture

Arrête et demande si c’est sécuritaire. Arrête et rappelle à ceux et celles qui ne le demandent pas.

©2016 Progressive Agriculture Foundation

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C’EST NOUVEAU C’EST NOUVEAU

Une grande première au Québec signée Grégoire-Besson

Déchaumeuse Normandie

Chisel Crossland

Pöttinger agrandit son usine Pöttinger a annoncé récemment l’investissement de 25 millions d’euros afin de réorganiser la ligne de production ainsi que l’expansion de 12 000 m³ du site de Grieskirchen (Autriche) qui est aussi le siège social de la marque. Cet investissement répond à la demande croissante mondiale pour la gamme de produits de fenaison de Pöttinger. L’ajout de 12 000 m³ augmentera la capacité de production de 40 % de son usine. poettinger.at

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C’est à la Ferme Landrynoise de Saint-Albert que la compagnie Grégoire-Besson a présenté en grande première nord-américaine sa nouvelle gamme d’outils de travail du sol Crop Care. Au menu, les déchaumeuses à disques Reflex et Normandie et une nouvelle génération de chisels, le Crossland. Normandie : Une déchaumeuse conçue principalement pour la préparation du lit de semence. Elle peut aussi être utilisée l’automne après une récolte de maïs ou de soya pour un déchaumage superficiel. Elle se distingue, entre autres, par une conception qui permet une grande précision pour le réglage de la profondeur et des disques de grandes dimensions. Ces derniers sont cannelés pour couper les résidus des cultures. La gamme Normandie débute à 3 m (9 pi) de large jusqu’à une envergure de 12 m (39 pi). Crossland : Il est un outil de travail du sol de type chisel qui combine les avantages d’un châssis américain combiné avec des dents de conception européenne. Les pattes sont espacées de 9 po pour un travail primaire du sol jusqu’à une profondeur de 10 po. La même machine peut être utilisée au printemps pour la préparation du lit de semence avec l’ajout à l’arrière d’un tandem de rouleaux barres. Reflex : Une déchaumeuse conçue pour les champs avec beaucoup de résidus de culture. Les disques ont un diamètre de 22 po à 24 po. Les disques sont attachés au châssis par des lames d’acier flexibles qui ne demandent aucun entretien. Le Reflex est disponible en largeur de12 pi à 20 pi.


Nouveauté chez ADJM Agri-Distribution Distributeur d’équipements agricoles européens depuis 1988, ADJM Agri-Distribution, situé à Hemmingford, élargit sa gamme de produits offerts en s’alliant au fabricant français Carré. Leader mondial en équipements de désherbage mécanique, Carré offre un large choix de sarcleurs adaptés aux conditions de culture nord-américaine ainsi qu’un système d’autoguide par caméra indépendant adaptable à plusieurs modèles de sarcleur. carre.fr

John Deere présente les unités MaxEmerge 5e génération

John Deere introduit son nouveau récepteur GPS StarFire 6000 Le StarFire 6000 a été conçu pour offrir une plus grande capacité de précision, d’exactitude et de disponibilité de données. Il offre une gamme complète de niveaux de correction différentielle, de la base SF1 du signal satellite ou avec l’option RTK. Pour optimiser les performances du récepteur, le tout nouveau niveau de correction SF3 a été créé. Celui-ci fournit 40 % de précision passage après passage en plus d’être 66 % plus rapide que le niveau précédent de correction SF2, selon le fabricant. Une caractéristique améliorée de récupération permet un retour plus rapide à la performance de haute précision si les signaux GNSS sont perdus en raison de l’ombrage des arbres, des bâtiments ou du terrain. Le StarFire 6000 dispose d’un port USB intégré pour installer plus rapidement et facilement les mises à jour de logiciels. Le récepteur dispose également d’un enregistreur de données de 8 Go pour capturer et stocker des données pour une meilleure prise de vue de la difficulté et le diagnostic technique. Les nouveaux récepteurs StarFire peuvent être installés en usine dès cette année sur les modèles 2017 de pulvérisateurs, de moissonneuses-batteuses, de tracteurs, etc. deere.com

Disponibles au printemps prochain, les unités MaxEmerge 5e génération pourront être utilisées sur une grande variété de planteurs John Deere, y compris les mini-trémies populaires et les semoirs monograines. Les nouvelles unités MaxEmerge offrent une amélioration significative de l’ensemencement de précision de la population sur toute la largeur du planteur, en particulier lors de l’utilisation dans les courbes et virages. Alors que les MaxEmerge du moment utilisent encore un tube de semences, un compteur d’entraînement électrique sur chaque unité de ligne remplace les arbres et les transmissions traditionnelles, permettant à chaque unité de ligne de travailler de façon autonome. L’élimination de ces composants fournit également un accès plus facile à chaque unité de ligne et diminue le temps et la main-d’œuvre nécessaires à l’entretien du semoir. Les unités MaxEmerge 5e génération peuvent être utilisées sur les semoirs (1725, 1775NT, 1795, DB44, DB60, DB66, DB80, DB88) et les planteurs de DB90. Elles sont compatibles avec les systèmes de surveillance des semences SeedStar 3HP et SeedStar mobiles qui disposent d’un serveur de données sans fil. deere.com

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C’EST NOUVEAU

Milkomax triple sa capacité de production Milkomax, fabricant du Roboléo, un robot de traite pour stabulation entravée, prend de l’expansion. L’entreprise vient d’investir dans une usine de 14 000 pi2 triplant ainsi sa capacité de production. Depuis la mise en marché du Roboléo en 2010, la demande n’a pas cessé d’augmenter tant au pays qu’à l’international. En Ontario, par exemple, quatre robots sont déjà en activité. Trois de plus seront installés en juillet prochain. Il faut dire que Milkomax est le seul fabricant de robots de traite pour la production de lait en stabulation entravée. De plus, le Roboléo s’installe facilement. Il ne nécessite pas autant d’investissement pour les producteurs que les robots de traite standards qui obligent de passer à la stabulation libre. milkomax.com

Kuhn repense son épandeur à fumier latéral série SLC 100 Kuhn Knight a récemment présenté sa série d’épandeurs latéraux SLC 100 conçus pour l’épandage commercial de fumier. Disponible avec une capacité de 3,82 m³ à 18,9 m³ pour une charge maximale de 22 680 kg, cette génération d’épandeurs peut être tractée derrière un tracteur ou assemblée sur un camion de type 10 roues pour les modèles SLC132 et 141. L’épandeur est alimenté par une prise de force 1000 rpm nécessitant de 60 ch à 225 ch. Les nouveaux marteaux d’épandage sont conçus pour avoir une plus grande surface d’usure au niveau de la frappe dans le bas. Ils sont assemblés sur des bagues de nylon pour éviter une usure prématurée du joint de pivotement. La décharge s’effectue latéralement par un tambour disposant de 18 marteaux, ce qui augmente la capacité de déchargement d’environ 20 %, comparativement à la précédente génération. Tous les roulements à billes disposent de deux joints scellés afin d’assurer l’étanchéité lors de l’utilisation de l’épandeur dans du fumier semi-liquide. Les deux vis sans fin de déchargement utilisent des boulons de cisaillement afin de protéger l’intégrité des pignons et des chaînes en cas de surcharge ou de coincement d’un corps étranger qui obstruerait la rotation de la vis. kuhnnorthamerica.com

Zuidberg dévoile son pare-chocs attelé aux trois points Avec le nombre croissant d’accidents en lien avec un tracteur, la compagnie Zuidberg propose deux modèles de pare-chocs frontal de sa protection Override. La première configuration peut être utilisée avec les poids Zuidberg sur relevage avant de 850 kg et 1400 kg, alors que la deuxième configuration est livrée en attelage intégré. Les deux versions sont conçues pour être ajustables en largeur afin de s’adapter à tous types de tracteurs et de relevage frontal. Ils sont disponibles dans un éventail de couleur. En option, le pare-chocs intègre des LED de signalisation afin d’améliorer la visibilité. zuidberg.com

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MIEUX VIVRE

PAR PIERRETTE DESROSIERS

UNE CERVELLE DE POISSON ROUGE !

V

ous avez du mal à vous concentrer lorsque votre partenaire vous raconte sa journée, quand vous assistez à une conférence, vous lisez un texte ou vous réalisez une tâche anodine ? Et bien, rassurez-vous, vous n’êtes pas le seul. Votre attention est peut-être comparable à celle du poisson rouge !

DES RECHERCHES SURPRENANTES Des chercheurs ont étudié l’activité du cerveau de 112 participants en utilisant un électroencéphalogramme pour évaluer leur capacité d’attention. Les recherches ont démontré que celle-ci aurait diminué de 12 secondes en 2000 à neuf secondes en 2013. Pas si pire que ça ? Cela dépend, surtout lorsqu’on sait que l’attention d’un poisson rouge est de neuf secondes ! Les coupables : nos meilleurs amis les téléphones intelligents ! Cette régression de l’attention chez l’être humain serait due en grande partie à nos « précieux » smartphones. Ce serait l’utilisation trop fréquente de cette artillerie électronique qui diminuerait notre capacité à se concentrer. Méchante évolution, vous ne croyez pas ?

LES GRANDS UTILISATEURS SERAIENT LES PLUS TOUCHÉS En effet, les recherches révèlent que les grands utilisateurs de la technologie seraient davantage concernés par cette diminution d’attention. Mais au fait, qui est considéré comme un grand utilisateur ? Un grand utilisateur, c’est celui qui : Regarde ses courriels, ses textos, son

Facebook le matin avant même d’avoir dit bonjour ou d’être passé à la salle de bain ou le soir sur l’oreiller. Mange en tête à tête avec son appareil. Ne peut pas concevoir une journée sans la technologie. Ne va jamais au petit coin sans être branché. Panique s’il n’y a pas de réseau ou de Wi-Fi. Bref, celui qui ne peut pas croire que la vie existait avant l’arrivée de ces petites bébelles électroniques ! Pourquoi cette perte d’attention peutelle être dramatique ? Je ne sais pas pour vous, mais pour arriver à me concentrer à écrire un article, à innover, à analyser une situation, à prendre une décision ou à chercher des solutions, j’ai besoin de plus de huit secondes. Et vous, pensez-vous réellement que huit secondes d’attention sans distraction peuvent vous suffire pour : Planifier, organiser et gérer votre entreprise et votre vie ? Avoir une discussion intelligente, écouter l’autre attentivement et s’y intéresser réellement ? Faire ses devoirs, étudier ou plonger pleinement dans la lecture d’un roman ? Utiliser de la machinerie lourde et des équipements de ferme complexes ? Plusieurs tâches quotidiennes, aussi anodines soient-elles, ne nous demandent pas d’être rapide, mais plutôt d’être attentif et concentré. Afin d’être efficaces, nous devons nous arrêter, être conscients et réfléchir.

ÉCOUTER L’AUTRE DAVANTAGE Avez-vous déjà remarqué qu’avec certaines personnes, vous ne pouvez vous permettre de raconter une histoire banale un instant, qu’ils ne vous écoutent plus ? Ils sont déjà ailleurs dans leur tête, sur leur cellulaire ou peut-être dans leur aquarium ! Un des plus beaux cadeaux que l’on puisse faire à l’autre est d’être complètement présent lorsqu’on communique. Mais bien sûr, pour y arriver, vous devez être plus attentif qu’un poisson rouge.

TROP DE TECHNOLOGIE POUR NOTRE CERVELLE Notre cerveau n’a pas évolué à la vitesse de la technologie et ne peut pas gérer autant de stimuli de façon continue. Nous sommes dans une société où l’on consomme de tout à une vitesse fulgurante. Nous consommons plus de biens, de relations et même d’informations. Malheureusement, plusieurs de ces choses ne sont pas en harmonie avec nos valeurs, nos objectifs et notre mission. Finalement, nous cherchons toujours à aller plus vite pour améliorer nos performances et notre efficacité. Nous pensons bien souvent que ces téléphones intelligents sont la solution à tous nos problèmes. En voulant aller plus vite, obtenir plus de succès, posséder plus de belles choses, nous finissons avec une cervelle de poisson rouge. Si vous avez réussi à lire l’article jusqu’au bout sans regarder votre téléphone intelligent et sans interruption, bravo ! Votre cause n’est peut-être pas perdue ! Pierrette Desrosiers est psychologue du travail, M. PS. et coach spécialisée dans le milieu agricole. Elle est également conférencière et auteure de trois livres. / pierrettedesrosiers.com

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ROBUSTE ET AGILE

NOUVEAU MF4700 : 70 à 100 ch Les tracteurs de la série MF4700 de Massey Ferguson ont été conçus pour offrir une plus grande capacité de levage et pour remorquer des équipements plus larges et plus lourds. Ceci grâce à leur centre de gravité bas et à leur poids plus élevé. Leur moteur trois cylindres de 3,3 L sont très économes en carburant.

MF5700 SL : 110 à 130 ch Découvrez le nouveau MF5700 SL, nommé meilleur tracteur utilitaire à Agritechnica.

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MÉTÉO / AOÛT 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31

NORMALE

NUAGEUX

PARTIELLEMENT NUAGEUX

ABITIBI-TÉMISCAMINGUE Températures et précipitations supérieures à la normale. Nuageux avec averses dispersées du 1er au 4. Nuages et pluie du 5 au 7. Ensoleillé les 8 et 9. Ciel nuageux avec forte possibilité de pluie du 10 au 15. Ciel partiellement nuageux avec averses dispersées les 16 et 17. Ensoleillé le 18. Nuages et pluie les 19 et 20. Période ensoleillée et sèche du 21 au 26. Ciel partiellement nuageux et averses dispersées du 27 au 31.

PLUIE

AVERSE

NEIGE

VALLÉE DE L’OUTAOUAIS Températures et précipitations supérieures à la normale. Nuageux avec averses dispersées du 1er au 7. Ciel partiellement ensoleillé avec averses dispersées les 8 et 9. Ciel nuageux avec forte possibilité de pluie du 10 au 17. Partiellement ensoleillé le 18. Nuages et pluie les 19 et 20. Période ensoleillée et sèche du 21 au 26. Ciel partiellement nuageux et averses dispersées du 27 au 31.

ACCUMULATION FROID

GASPÉSIE ET NOUVEAU-BRUNSWICK Températures et précipitations supérieures à la normale. Ciel partiellement nuageux avec averses dispersées du 1er au 4. Nuages et pluie du 5 au 7. Ensoleillé les 8 et 9. Ciel nuageux avec forte possibilité de pluie du 10 au 17. Période ensoleillée et sèche du 18 au 24. Ciel partiellement nuageux et averses dispersées du 25 au 31.

SAGUENAY–LAC-SAINT-JEAN Températures et précipitations supérieures à la normale. Nuageux avec averses dispersées du 1er au 4. Nuages et pluie du 5 au 7. Ensoleillé les 8 et 9. Ciel nuageux avec forte possibilité de pluie du 10 au 15. Ciel partiellement nuageux avec averses dispersées les 16 et 17. Ensoleillé le 18. Nuages et pluie les 19 et 20. Période ensoleillée et sèche du 21 au 26. Ciel partiellement nuageux et averses dispersées du 27 au 31. MONTRÉAL, ESTRIE ET QUÉBEC Températures et précipitations supérieures à la normale. Nuageux avec averses dispersées du 1er au 4. Nuages et pluie du 5 au 7. Ensoleillé les 8 et 9. Ciel nuageux avec forte possibilité de pluie du 10 au 17. Ensoleillé le 18. Nuages et pluie du 19 au 22. Période ensoleillée et sèche du 23 au 26. Ciel partiellement nuageux et averses dispersées du 27 au 31.

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NUAGEUX

PARTIELLEMENT NUAGEUX

PLUIE

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ACCUMULATION FROID

CHAUD

dispersées du 1er au 5. Ciel partiellement le 13. Averses passagères du 14 au 17. ABITIBI-TÉMISCAMINGUE Nuages, humidité et températures plus Températures inférieures à la normale. nuageux avec averses dispersées du froides du 18 au 23. Ensoleillé avec Précipitations supérieures à la normale. 6 au 11. Ciel partiellement ensoleillé averses dispersées du 24 au 27. Nuages Ciel partiellement nuageux avec averses avec averses passagères du 12 au 16. dispersées du 1er au 3. Nuages et averses et averses du 28 au 30. Ensoleillé le 17. Nuages, humidité et températures plus froides du 18 au 23. dispersées du 4 au 7. Nuages et pluie MONTRÉAL, ESTRIE ET QUÉBEC Ensoleillé avec averses dispersées du les 8 et 9. Ciel partiellement ensoleillé Températures près de la normale. 24 au 27. Nuages et averses du 28 au 30. avec averses isolées du 10 au 12. Précipitations supérieures à la normale. Averses passagères les 13 et 14. Ciel Ciel partiellement nuageux avec GASPÉSIE ET NOUVEAU-BRUNSWICK partiellement nuageux avec averses averses dispersées du 1er au 6. Ciel Températures près de la normale. dispersées du 15 au 17. Nuages, Précipitations supérieures à la normale. humidité et températures plus froides partiellement nuageux avec averses Ciel nuageux avec averses dispersées du 18 au 23. Ensoleillé avec averses dispersées du 7 au 10. Ensoleillé le les 1er et 2. Ensoleillé les 3 et 4. Ciel dispersées du 24 au 27. Nuages et 11. Ciel partiellement ensoleillé avec averses du 28 au 30. averses isolées du 12 au 16. Ensoleillé partiellement nuageux avec averses les 17 et 18. Nuages, humidité et dispersées du 5 au 9. Ciel partiellement SAGUENAY–LAC-SAINT-JEAN températures plus froides du 19 au 23. ensoleillé les 10 et 11. Ciel partiellement Températures près de la normale. Ensoleillé avec averses dispersées du nuageux avec averses passagères du Précipitations supérieures à la normale. 24 au 27. Nuages et averses du 28 au 30. 12 au 15. Ciel partiellement ensoleillé Ciel partiellement nuageux avec averses du 16 au 18. Nuages, humidité et dispersées du 1er au 3. Ciel nuageux avec VALLÉE DE L’OUTAOUAIS températures plus froides du 19 au 23. Températures près de la normale. Ensoleillé avec averses dispersées averses du 4 au 7. Nuages et pluie les Précipitations supérieures à la normale. du 24 au 27. Nuages et averses du 8 et 9. Ciel partiellement ensoleillé avec Ciel partiellement nuageux avec averses 28 au 30. averses isolées du 10 au 12. Ensoleillé

« Si ce n’était des propos tenus par les leaders avec lesquels j’ai échangé, je n’aurais ni un objectif précis ni la motivation pour l’atteindre. Je ne vous remercierai jamais assez pour ça. » – Jen C., Ontario, participante à la conférence AWC

s re ou b z-v om s. ve ! N tée cri nt imi Ins tena ces l i n la ma de p

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MÉTÉO / SEPTEMBRE

Compétences en leadership ~ Conférences pour les femmes en agriculture Capitalisez sur vos opportunités et récoltez les avantages de votre développement ! Joignez-vous à des femmes de l’industrie agricole et autres industries connexes alors qu’elles révèleront le secret de leur succès en finances personnelles, en réseautage et en avancement de carrière. Profitez de l’occasion pour partager avec des femmes remarquables de l’industrie ! Rabais de groupe et pour réservation hâtive offerts. Inscrivez-vous aujourd’hui ! Visitez advancingwomenconference.ca ou par téléphone 403 686-8407. FAIRMONT ROYAL YORK, TORONTO, 3 ET 4 OCTOBRE 2016

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