6,95 $ / POSTE-PUBLICATION / CONVENTION 40069240
DOSSIER BÂTIMENT D’ÉLEVAGE / CULTURE ADIEU LA COMPACTION / LAIT ÉLEVER SES GÉNISSES
MISER SUR L’ORGE DE BRASSERIE
LA RÉFÉRENCE EN NOUVELLES TECHNOLOGIES DEPUIS 1918
JUIN 2016
Au pâturage avec LONGRANGE ® pour une tranquillité d’esprit
QUI PERDURE TOUTE LA SAISON 1 INJECTION • 2 PHASES • LIBÉRATION PROLONGÉE SUR UNE PÉRIODE DE JUSQU’À 150 JOURS 1
LONGRANGE vs vermifuges classiques2 0,28 lb/jour de plus Gain moyen quotidien (GMQ), en lb 2,5
Différence de GMQ de 0,24*
2 1,5
Différence de GMQ de 0,40
Différence de GMQ de 0,30*
2.33 1.93
1.93
1.84
1.69
2.14
Différence de GMQ de 0,28*
2.07 1.79
1 0,5 0
Injectables
À verser
Vermifuges classiques
Associations
LONGRANGE
Tous les produits
*Différence significative
Vermifuges classiques Solutions injectables • Doramectin ou ivermectin Solutions à verser • Ivermectin
1 2 †
Associations • Moxidectin + fenbendazole • Ivermectin + fenbendazole • Doramectin + fenbendazole • Doramectin + fenbendazole + ivermectin • Albendazole + ivermectin
Monographie canadienne de LONGRANGE. Données internes de Merial. 28 lb = 12,72 kg
®LONGRANGE est une marque déposée de Merial. ©2016 Merial. Tous droits réservés. LAGE-16-5561-LONGRG-CTLMN-AD (F)
41152_LR-CanadaAd_LE BULLETIN_FRENCH_FA.indd 1
Le traitement au printemps par LONGRANGE pour la maîtrise des parasites entraîne un meilleur gain moyen quotidien (GMQ). En effet, durant une étude menée sur plus de 15 000 bovins en semi-finition, les animaux traités avec LONGRANGE ont pris en moyenne 0,28 lb/jour de plus que ceux traités par les vermifuges classiques2, soit 28 lb sur une période de 100 jours†.
Traitez vos bovins ce printemps. Consultez votre médecin vétérinaire pour en savoir plus sur LONGRANGE.
Offert en flacons de 250 mL et de 500 mL. Administrer par voie souscutanée à la dose de 1 mL/50 kg.
3/16/16 4:48 PM
SOMMAIRE
VOLUME 99 / NUMÉRO 6
CHRONIQUES Bouche à oreille Billet Point de vue Info cultures Marché des grains Info élevages Info branché Mieux vivre C’est nouveau Météo Dans le champ
30
4 6 8 21 26 45 48 52 53 57 62
EN COUVERTURE Orge de brasserie : un choix rentable 17
10
CULTURES La compaction : un ennemi sournois et très coûteux
17
DOSSIER BÂTIMENT D’ÉLEVAGE Bien choisir son éclairage DEL 27 38
27
Projet de construction : parlons finances
30
ÉLEVAGES Objectif : 10 tonnes de fourrage à l’hectare
35
Les génisses, ces oubliées !
38
Des poules en liberté !
42
FRUITS ET LÉGUMES 35
Légumes en semis direct
49
En page couverture : Michel Robert, Marie-Christine Robert et son conjoint Danik Sarrazin de Saint-Eugène-de-Guigues au Témiscamingue. Ils cultivent l’orge de brasserie avec succès. Photo : Johanne van Rossum / Le Bulletin des agriculteurs / Juin 2016 /
3
BOUCHE À OREILLE
La juteuse histoire du hamburger
Le début de la saison estivale annonce également le début de la saison des grillades. Parmi tous les choix qui s’offrent aux amateurs, le hamburger demeure le roi incontesté du barbecue. Ce célèbre sandwich est si ancré dans nos habitudes alimentaires qu’il est difficile d’imaginer qu’il existe depuis tout juste cent ans. Ce sont les immigrants allemands fuyant l’instabilité politique de leur pays qui, en 1848, ont amené l’ancêtre du hamburger en Amérique, le steak haché d’Hambourg. À l’époque, la viande hachée était fréquemment prescrite pour les troubles digestifs et le steak d’Hambourg a rapidement gagné en popularité. C’est à la fin du 19e siècle que la galette de viande hachée a enfin trouvé l’âme soeur : le pain kaiser. En voulant offrir un aliment facile à manger sur le pouce, des restaurateurs se seraient mis à servir la galette sous forme de sandwich, créant ainsi le hamburger tel qu’on le connaît et qu’on l’apprécie aujourd’hui. Source : history.com
Des moutons Wi-Fi
Une nouvelle initiative a vu le jour pour assurer une meilleure couverture dans les campagnes : munir les moutons de colliers avec des transmetteurs Wi-Fi. On doit cette idée hors du commun à Gordon Blair, chercheur informatique débordant d’imagination de l’Université de Lancaster, au Royanme-Uni. Ce dernier a reçu du financement pour mener une expérience à Convy au pays de Galles. L’objectif de l’étude est double : suivre les moutons pour mieux les comprendre et apporter Internet dans des zones éloignées, et ce, à bas prix. Source : rfi.fr
Le Canada : futur champion des bleuets sauvages
Depuis le mois d’avril, le Nouveau-Brunswick peut se targuer d’être le plus gros producteur de bleuets sauvages de la planète avec plus de 1600 hectares consacrés à la culture de ce petit fruit. Le Nouveau-Brunswick était déjà responsable du quart de la production de bleuets sauvages au Canada. L’an dernier, 78 millions de livres de bleuets ont été récoltées, une production record qui marque le début d’une forte croissance pour cette industrie locale. Plus de 300 fermes familiales contribuent en ce moment au succès de la culture du bleuet sauvage au Nouveau-Brunswick, permettant la création de 360 emplois à temps plein. La majorité des bleuets sauvages de la province maritime sont utilisés dans la préparation de produits alimentaires, tels que la confiture, les tartes et les muffins. Source : cbc.ca
4 / Juin 2016 / Le Bulletin des agriculteurs /
Fwee, des friandises à base de déchets
C’est dans le but de contrer le gaspillage alimentaire que l’idée de récupérer des fruits invendus pour en faire des friandises a fait son chemin. En France, quelque 45 % des fruits et légumes produits sont invendus ou déclassés, donc perdus. Les friandises sont créées en utilisant une technique ancestrale de conservation des fruits appelée cuir de fruit. Il s’agit de réduire les fruits en purée, de les faire sécher et de les couper en languettes, comme des tagliatelles. Quelque 9 kg de fruits frais sont nécessaires pour faire 1kg de Fwee, nom de la friandise. En 2015, 5,7 tonnes de fruits (pommes, poires, abricots, pêches, prunes, fraises, etc.) ont ainsi été récupérées et transformées. Pour 2016, on vise récupérer 180 à 200 tonnes ! Source : fwee.fr
Les protéines de lait, nouvelles alliées de l’âge d’or
C’est bien connu : les protéines jouent un rôle majeur dans notre diète. Chez les gens âgés, les protéines sont encore plus importantes, car le vieillissement entraîne une diminution de la masse musculaire. Pour assurer une vieillesse en santé, des nutritionnistes ont souligné l’importance de manger des protéines de bonne qualité à tous les repas. Afin d’atteindre cet objectif, des scientifiques irlandais ont proposé une solution aussi simple qu’élégante : offrir davantage de protéines de lait. En ajoutant une portion de produits laitiers riches en protéines au déjeuner et au dîner des participants de l’étude, les chercheurs ont constaté une nette amélioration de leur santé. En effet, les participants ayant consommé davantage de protéines laitières avaient vu leur masse musculaire augmenter jusqu’à 590 g (1,3 livre). Comme une bonne masse musculaire contribue à une vie plus active et plus longue, il y a de quoi lever son verre !
La vie secrète des plantes
Il y a du nouveau dans la vie des plantes. Récemment, des scientifiques de l’Université du Delaware, aux États-Unis, ont découvert comment les plantes arrivent à guérir lorsqu’elles sont endommagées. Si elles nous semblent muettes, les plantes réagissent tout de même vivement lorsqu’on les blesse. En effet, on a déjà découvert que celles-ci expriment même leur détresse lorsqu’elles sont mangées par un animal. À présent, l’équipe de chercheurs américains a découvert la manière qu’ont les plantes de panser leurs blessures, un phénomène qui était encore méconnu. C’est grâce à la callose, un polysaccharide naturellement présent dans les végétaux, que les plantes sont protégées. Lorsque la plante est blessée, des enzymes viennent stimuler sa production de callose. Celle-ci vient aussitôt s’accumuler autour de la blessure afin de réparer les dommages subits. Véritable garde du corps du monde végétal, la callose empêche également les bactéries d’entrer dans la blessure de son hôte. Selon les chercheurs, cette découverte pourrait un jour contribuer à stimuler la croissance et la santé de nos cultures. Source : modernfarmer.com
Source : foodnavigator.com
/ Le Bulletin des agriculteurs / Juin 2016 / 5
BILLET
PAR MARIE-CLAUDE POULIN
LA RÉFÉRENCE EN NOUVELLES TECHNOLOGIES
JE M’INQUIÈTE
D
epuis plusieurs mois, le conflit en Syrie fait les manchettes un peu partout sur le globe. Les Syriens quittent leur pays en guerre et en cherchent un nouveau. Le Canada a décidé de faire sa part. Des centaines de réfugiés ont débarqué en pleine tempête de neige cet hiver. Le Canada leur donne une deuxième chance, un cadeau énorme. Boucar Diouf, l’un de nos immigrants les plus populaires, dit de l’immigration que c’est comme une seconde naissance. Il ajoute même qu’il faut parfois des parents adoptifs pour accompagner les premiers pas. Je suis tellement d’accord. Dans le cas des Syriens, ils ont vécu les horreurs de la guerre, les inquiétudes de la fuite, la misère des camps de réfugiés avant d’arriver ici. En plus de panser leurs blessures, ils doivent se refaire une vie : apprendre le français, trouver des emplois, absorber le choc thermique, s’intégrer à leur nouvelle communauté. Parmi tous les réfugiés syriens arrivés au Québec, il y en a un peu moins de 1000 qui sont établis en région. Je m’inquiète pour eux. C’est vrai que les Syriens ont besoin d’emplois avant tout et que plusieurs régions sont dynamiques économiquement. Le secteur agricole et agroalimentaire offre des occasions d’emplois intéressants et durables. Les besoins en main-d’œuvre sont là, on le sait. Leur offrir des postes est un pari gagnant pour les deux parties. Mais ce n’est pas toujours évident en région quand on est différent, faut se le dire. Oui, les gens sont de plus en plus ouverts d’esprit, mais lorsqu’il s’agit d’intégrer vraiment des personnes dans sa communauté, dans son cercle d’amis, c’est une autre affaire. Sans compter que les Syriens parlent arabe et sont musulmans. Plusieurs femmes portent le voile. Des réalités qui font friser bien des Québécois. Vrai que les immigrants doivent s’ouvrir et s’adapter quand ils
6 / Juin 2016 / Le Bulletin des agriculteurs /
RÉDACTION Yvon Thérien, agr., éditeur et rédacteur en chef yvon.therien@lebulletin.com
« Les immigrants d’hier sont les “pures laines” d’aujourd’hui. Les immigrants d’aujourd’hui seront donc les “pures laines” de demain. » — Boucar Diouf
arrivent dans leur nouveau pays. Ils doivent respecter les lois et la culture de leur terre d’accueil. On ne peut toutefois pas leur demander de laisser ce qu’ils sont profondément à l’aéroport. C’est utopique de penser qu’ils vont, du jour au lendemain, porter la ceinture fléchée et sucrer leur café matinal au sirop d’érable. Il faut leur laisser du temps. Ils ont besoin aussi d’aide, de compassion, d’amitié. La ville de Saint-Hyacinthe est l’une des 13 localités au Québec qui accueillent des réfugiés syriens. La Maison de la famille des Maskoutains a mis tout en oeuvre afin de faciliter leur installation. Mais pour leur intégration, l’organisme demande aux citoyens d’apporter leur soutien, de s’intéresser à eux, d’apprendre à les connaître afin qu’ils développent un sentiment d’appartenance à la communauté. On recherche également à jumeler des familles québécoises et syriennes pour créer des occasions de pratiquer le français et de socialiser. Des gestes qui peuvent faire une énorme différence dans leur nouvelle vie. Une main tendue, un sourire, un pas vers l’autre. Voilà le secret de la réussite de l’immigration, croit Boucar Diouf. Immigrer est un processus qui se fait dans les deux sens, estime-t-il. Les deux doivent marcher l’un vers l’autre, celui qui arrive et celui qui accueille.
Marie-Claude Poulin, rédactrice en chef adjointe marie-claude.poulin@lebulletin.com Marie-Josée Parent, agr., journaliste marie-josee.parent@lebulletin.com Dany Derkenne, directeur artistique dany.derkenne@lebulletin.com COLLABORATEURS Jean-Philippe Boucher, Pierrette Desrosiers, André Dumont, Jean-Louis Dupont, Alain Fournier, Eric Godin, Lionel Levac, Nicolas Mesly, Céline Normandin, Julie Roy, Caroline Thérien, Johanne van Rossum, Nicolas Witty-Deschamps. PUBLICITÉ Martin Beaudin, B.A.A., directeur de comptes martin.beaudin@lebulletin.com Tél. : 514 824-4621 Lillie Ann Morris, représentante en Ontario lamorris@xplornet.com Tél. : 905 838-2826 Luc Gagnon, rédacteur publicitaire lucg@cybercreation.net ABONNEMENT 1 an (11 numéros) : 55 $ 3 ans (33 numéros) : 122 $ Anne-Marie Gignac, service à la clientèle services.clients@lebulletin.com Tél. : 450 486-7770, poste 226 6, boulevard Desaulniers, bur. 200, Saint-Lambert (Québec) J4P 1L3 Téléphone : 450 486-7770 lebulletin.com Le contenu de ce magazine ne peut être reproduit sans l'autorisation écrite de l'éditeur du Bulletin des agriculteurs. Ce magazine est publié par Farm Business Communications, une division de Glacier Media inc. Les auteurs conservent l'entière liberté de leurs opinions. Le Bulletin des agriculteurs ne garantit pas l'exactitude de l'information contenue dans la publication et n'assume aucune responsabilité pour toute action ou décision prise à partir de l'information contenue dans le magazine. Tous droits réservés 1991 / Dépôt légal : Bibliothèque nationale du Québec / ISSN 0007-4446 / Fondé en 1918, Le Bulletin des agriculteurs est indexé dans Repère. /Envoi Poste-publication / Convention 40069240. / Nous recon naissons l’aide financière du gouvernement du Canada par l’entremise du Fonds du Canada pour les périodiques (FCP) du ministère du Patrimoine canadien. / Postes Canada : retourner toute correspondance ne pouvant être livrée au Canada au Bulletin des agriculteurs, 16, boulevard Desaulniers, bur. 200, Saint-Lambert (Québec) J4P 1L3. / U.S. Postmaster : send address changes and undeliverable addresses (covers only) to : Circulation Dept., PO Box 9800, Winnipeg, Manitoba, R3C 3K7. PROTECTION DES RENSEIGNEMENTS PERSONNELS À l’occasion, nous partageons nos listes d’abonnés avec des sociétés ou des organismes sélectionnés dont les produits ou services pourraient vous intéresser. Toutefois, si vous préférez que ces données (votre adresse postale ou électronique) ne soient pas transmises et souhaitez que votre nom soit retiré de ces listes, vous pouvez le faire facilement en nous appelant entre 9 h et 17 h, heure de l’Est, ou en nous écrivant à l’adresse électronique info@lebulletin.com.
Le Bulletin des agriculteurs reçoit, de temps à autre, des commentaires et des documents (y compris des lettres à l’éditeur) non sollicités. Le Bulletin des agriculteurs, ses sociétés affiliées et cessionnaires peuvent utiliser, reproduire, publier, rééditer, distribuer, garder et archiver ces soumissions, en tout ou en partie, sous quelque forme et sur quelque support que ce soit, sans aucune rémunération de quelque nature.
G S INTÉ N O I T SOLU
RÉES
ATION T N E M D’A L I
S E L S U O T Z E L B S L M E E I T S N E AS S S E S T N E R ÉLÉM E L L E C EX R U O P
RÉSULTATS D’ESSAIS RÉELS DE RATIONS
Pioneer.com/Canada
ÉQUILIBRE AGRONOMIE/NUTRITION
GÉNÉTIQUE DE SEMENCES CONÇUES LOCALEMENT
#toujoursmieux
, MC, MS sont des marques déposées, de commerce, et de service de DuPont Pioneer ou de leur propriétaire respectif. ©2016, PHII.
®
PION2023_ForageGeneral_LeLait_MILE16_Final.indd 1
2016-05-11 1:36 PM
POINT DE VUE
PROPOS RECUEILLIS PAR LIONEL LEVAC
DES SOLUTIONS POUR LA RELÈVE
À
moments ! À quoi bon financer de coûteux achats de fermes si en parallèle on ne soutient pas la production qui elle va permettre de vivre et de payer les infrastructures. Et là, on ne parle pas que d’argent. Permettre la diversification, la production d’un peu plus de volaille hors quota, l’achat de quelques hectares pour une production intensive, des mesures comme celles-là peuvent soutenir des entreprises naissantes et les amener à la rentabilité.
la demande du ministre de l’Agriculture Pierre Paradis, le consultant Jean Pronovost a passé en revue, essentiellement à partir d’une cinquantaine d’entrevues avec des jeunes de la relève agricole du Québec, le vécu, les besoins et les attentes de ces derniers. Il a rédigé un rapport. Le Bulletin l’a rencontré pour en discuter.
Vous reprenez plusieurs des éléments que l’on trouvait dans votre rapport de 2008 sur l’avenir de l’agriculture et de l’agroalimentaire québécois, non ? Oui, mais attention, je n’ai pas produit ce deuxième document, cette fois spécifiquement sur la relève, pour appuyer le premier. Ce n’est pas une campagne que je mène. Reste que la situation n’a pas changé et que beaucoup des recommandations de 2008 sont toujours très à propos. Les gens de la relève vivent dans un contexte qui souffre de situations qui perdurent. Le modèle agricole québécois est-il lui-même un frein à la relève ? Dans la mesure où il n’y a qu’un modèle, qu’une seule approche standard pour notre agriculture, cela influe, c’est certain. Je plaide beaucoup pour une variété de modèles. Les jeunes déplorent que nos politiques agricoles, notre réglementation, ainsi que nos programmes de subventions soient trop conventionnels. Le modèle élaboré par les agriculteurs eux-mêmes au fil du temps fige notre agriculture. Ceux qui veulent s’installer se heurtent à des rigidités. C’est le cas pour les exploitants de petites fermes, mais aussi pour ceux qui souhaitent faire de l’exportation et même pour de grandes fermes à qui le modèle unique ne convient pas. Peut-on améliorer ou repenser le soutien à la relève seulement dans un contexte de révision générale de notre agriculture ? Les jeunes lorsqu’ils discutent de leurs difficultés à prendre la relève ne nous parlent pas exclusivement de phénomènes visant ou affectant leur génération. Ils nous parlent d’agriculture. Quand ils critiquent certains
8 / Juin 2016 / Le Bulletin des agriculteurs /
JEAN PRONOVOST Auteur du rapport « À l’écoute de la relève agricole »
« Les urgences absolues pour aider la relève : trouver une façon de freiner la hausse du prix des terres, assouplir certaines règles du zonage agricole et autoriser des volumes de production hors quotas plus importants. »
Sur la question des quotas, minerait-on le système ? Les producteurs sous gestion de l’offre ne souffriraient aucunement. Pas du tout. Ce n’est pas en haussant à 500 ou 1000 poulets la production possible hors quotas que l’on va mettre à genoux des gens qui ont de grandes entreprises avicoles. Une petite ouverture sur les quotas ne coûterait par ailleurs rien à l’État. Partir de zéro dans une production comme celle du lait, est-ce possible ? Quasi impossible avec les réglementations actuelles. Si un jeune n’a pas un bon coup de pouce, il va rester sur le carreau.
aspects, forcément ce sont des pans du système qu’ils critiquent. Et cela vise, par exemple, les contrôles trop stricts de la production, les règles de la Commission de protection du territoire agricole pour ce qui est, entre autres, de la possibilité de scinder une exploitation. Ou encore La Financière agricole, pour libérer des capitaux au démarrage de la production plutôt que strictement dans les immobilisations.
Que pensez-vous des banques de terres ou encore de production en association avec des entreprises, des fonds propriétaires du sol ? Les différentes formules de banques de terres peuvent être fort utiles, ne serait-ce que pour faire savoir qu’une ferme est disponible. Le Fonds d’investissement pour la relève agricole (FIRA) a aussi un rôle de protection de l’accès des jeunes à des outils de production. Et pour ce qui est des locations ou encore des associations d’affaires entre agriculteurs et grands propriétaires terriens, la formule convient à certains agriculteurs, même des jeunes. C’est un modèle à travers d’autres. On ne peut rejeter cela.
Justement concernant l’argent, les besoins sont-ils grands ? De l’argent il y en a. Il faut simplement le mettre aux bons endroits, aux bons
Lionel Levac est journaliste spécialisé en agriculture et agroalimentaire. Il collabore à certaines émissions de Radio-Canada et tient un blogue sur le site Agro Québec.
® Le LOGO TÊTE DE BOVIN et J-VAC ® sont des marques déposées de Merial Limitée. © 2014 Merial Canada Inc. Tous droits réservés. VACL-14-7653-AD(F) MER-2174 3
1
Basé sur les monographies canadiennes des vaccins contre la mammite environnementale. 2 D’après sur la monographie canadienne de J-VAC. Lait canadien de qualité Programme de salubrité des aliments à la ferme, Juin 2010.
Pour en savoir plus, consultez votre médecin vétérinaire.
• Conforme au programme « Lait canadien de qualité » 3
• Commode à utiliser dans les protocoles de vaccination des taures, des vaches taries ou du troupeau complet 2
• Indiqué chez les taures et les vaches, gestantes ou non 2
merial.ca
• Aide à protéger contre la mammite causée par E. coli et contre les effets de l’endotoxémie causée par E. coli et Salmonella typhimurium 2
1
LE SEUL VACCIN À 2 DOSES CONTRE LA MAMMITE ENVIRONNEMENTALE QUI VOUS DONNE LA FLEXIBILITÉ DE VACCINER N’IMPORTE QUAND .
EN COUVERTURE
10 / Juin 2016 / Le Bulletin des agriculteurs /
PAR JOHANNE VAN ROSSUM
Orge de brasserie : un choix rentable Trouver une culture rentable dans les régions périphériques constitue un défi. La ferme Mondou Robert au Témiscamingue mise notamment sur l’orge de brasserie.
L
orraine Mondou et Michel Robert de la ferme Mondou Robert située à Saint-Eugène-de-Guigues au Témiscamingue sont toujours en mode diversification des cultures sur leur entreprise, ce qui n’est pas une mince affaire dans une zone de 2100 UTM. Le nombre de cultures différentes qui compose leur rotation en témoigne. Quelque 175 ha des 360 ha de la ferme sont consacrés à la production de foin pour nourrir leur cheptel. Les éleveurs laitiers possèdent un troupeau de 260 têtes, dont 150 vaches en lactation pour une production totale de près de 195 kg/jour. Michel Robert et son gendre Danik Sarrazin.
La deuxième culture d’importance est l’orge de brasserie avec 73 ha à cause de ses multiples avantages. La maturité hâtive de cette culture convient, entre autres, parfaitement au calendrier des travaux de récolte de la ferme. « La qualité et le rendement obtenus sont aussi très intéressants », explique Michel Robert. Bref, la rentabilité est au rendez-vous si bien qu’ils cultivent l’orge depuis maintenant 11 ans.
LES ROTATIONS À LA FERME À part le foin et l’orge, les producteurs cultivent du maïs-ensilage (36 ha), dont 30 ha sous paillis plastique, de l’avoine (36 ha), du blé pour l’alimentation humaine (24 ha), de la caméline (10 ha) et du canola (6 ha). Depuis trois ans, la céci-
PHOTOS : JOHANNE VAN ROSSUM
/ Le Bulletin des agriculteurs / Juin 2016 / 11
EN COUVERTURE
domyie du chou-fleur affecte sévèrement le rendement de canola dans la région. Les producteurs ont ainsi réduit leurs superficies. Des tentatives avec le soya en 2013 et 2014 n’ont pas donné des résultats satisfaisants. Ils ont donc introduit la caméline en 2015. Plusieurs facteurs sont considérés pour établir les cultures en rotation. Un budget par culture est réalisé avec le calcul du coût des intrants et du revenu provenant de la vente de la récolte. Les frais reliés à l’utilisation de la machinerie sont considérés globalement pour tous les travaux aux champs. La rotation typique commence avec l’implantation d’une prairie de luzerne. À moins d’une catastrophe durant l’hiver, les prairies sont conservées pendant quatre ans après l’implantation. « Avec trois coupes par année, nous récoltons un total de 12 coupes dans chaque champ », mentionne le producteur. Le blé d’alimentation humaine est la prochaine culture dans la rotation pour valoriser l’azote du sol et minimiser les risques de toxines dans le grain, car le blé est cultivé sous appellation Agriculture raisonnée avec Les Moulins de Soulanges. Pour protéger la
culture, aucune pulvérisation directe n’est acceptée dans le cahier de charge de cette production. L’orge de brasserie suit la culture du blé. « Habituellement, nous profitons de la récolte hâtive de l’orge de brasserie pour appliquer du fumier », indique Michel Robert. Le canola, le maïs-ensilage ou la caméline sont ensemencés l’année subséquente. La rotation se poursuit avec une autre année d’orge de brasserie ou d’avoine avant de retourner en foin.
CHOIX DE LA VARIÉTÉ DE L’ORGE La ferme Mondou Robert obtient de bons résultats avec la variété Newdale depuis le début. AAC Synergy, une nouvelle variété semée en 2015 sur la ferme, semble prometteuse. Les orges à deux rangs offrent des caractéristiques intéressantes pour ce marché. Elles sont notamment plus résistantes à la fusariose que les orges à six rangs. Rappelons que les variétés d’orge de brasserie sont développées pour leurs propriétés agronomiques et brassicoles. Elles sont uniques et doivent être manipulées à la ferme comme des céréales à identité préservée.
Relève agricole En parallèle de la ferme de ses parents, Marie-Christine Robert (diplômée en technique de production animale, photo ci-dessus) est actionnaire d’une une entreprise de services agricoles avec son conjoint Danik Sarrazin (diplômé en agronomie). Ils offrent leurs connaissances aux producteurs de la région. Ils effectuent également les suivis au champ pour la ferme familiale et ajoutent des projets de diversification des cultures, comme celui de la caméline en 2015.
« La principale différence, c’est que les orges brassicoles entrent en germination plus facilement, doivent avoir des grains le plus gros possible et des caractéristiques spécifiques comme, par exemple, le niveau de bêta-gluten », explique Jacques Dion, directeur de production semences et orge brassicole chez Semican. Le guide du Réseau des grandes cultures du Québec (RGCQ) indique clairement les cultivars recommandés pour le marché brassicole.
LA RÉGIE
Les producteurs ont fait l’acquisition d’un semoir Maxi Drill de SKY. Ce dernier permet un léger travail de sol, le semis et l’application de fertilisant en bandes. L’espacement entre les rangs est de 13 cm (5,25 po).
12 / Juin 2016 / Le Bulletin des agriculteurs /
La densité de semis visée est de 350400 gr/m2. Selon la grosseur des grains, la dose de semis se situe habituellement autour de 185 kg/ha. À la ferme Mondou et Robert, la population est assez élevée pour minimiser le tallage. Ils obtiennent plus
d’uniformité en favorisant les épis sur le maître brin. La fertilisation de démarrage est appliquée avec un semoir Maxi Drill de SKY qui assure un placement optimal de l’engrais. Un total de 50 unités d’azote (kg/ha N) est recommandé au semis. Mais avec le précédent cultural et la quantité de matière organique, seulement 15 N sont appliqués au semis sous forme minérale. À cela, on ajoute 36 kg/ha P2O5, 15 kg/ha K2O, 8 kg/ha de soufre (S) et 0,75 kg/ha de bore (B). Le bore est un élément mineur important pour prévenir l’ergot. Une application systématique de 1 kg/ha de B est recommandée dans l’orge brassicole. Une dose additionnelle de 45 N sous forme nitrate est épandue à la volée au stade tallage.
Les orges à deux rangs sont notamment plus résistantes à la fusariose que les orges à six rangs. L’application d’un herbicide contre les feuilles larges constitue le programme de désherbage. « Selon l’historique du champ, si on note la présence de folle avoine, nous ajouterons un herbicide contre les graminées », précise Michel Robert. Pas d’application de fongicide ni de raccourcisseur de paille. « L’orge à deux rangs est assez courte, nous n’avons pas de problème sérieux de verse », ajoute-t-il.
RÉCOLTE « La maturité hâtive de l’orge Newdale permet de commencer les battages entre le début et la mi-août », affirme le producteur. Il est recommandé de récolter les grains lorsque leur teneur en eau se situe entre 16 % et 18 %. Il faut absolument préserver la germination des grains. Si le grain a atteint sa pleine maturité et que les pluies retardent la récolte, la qualité diminue
Qui achète l’orge de brasserie ?
Canada Maltage est le principal acheteur d’orge de brasserie au Québec. « Nous achetons environ 85 000 tonnes d’orge et produisons 82 000 tonnes de malt chaque année », déclare Serge Lemelin, gérant de production à l’usine de Montréal. « Entre 15 % et 20 % de ce volume provient du Québec », évalue-t-il. La qualité de l’orge provenant de la Belle Province (orge de l’Est) est équivalente à celle de l’Ouest canadien. Le pouvoir de germination est également très similaire. « Par contre, l’orge de l’Est est plus sensible à l’eau et se développe très rapidement. » Elle a tendance à chauffer et à développer plus de couleur que celle de l’Ouest. Afin de respecter les spécifications de ses clients qui achètent le malt, il réussit différents mélanges. « L’orge du Québec pourrait augmenter jusqu’à 30 % du volume transformé », ajoute Serge Lemelin. Toutefois, la tendance est au malt de couleur plus pâle (2 sur l’échelle Lovibond), alors que celui du Québec se situe entre 3 et 4. Le degré Lovibond (noté °L) est une échelle de 25 valeurs utilisée pour caractériser notamment la couleur du café, du malt torréfié, du miel et de la bière. ÉCHELLE LOVIBOND
3
6
12
20
Semican est le seul agent québécois de commercialisation auprès de Canada Maltage. Les producteurs doivent s’engager par contrat pour produire ce type d’orge. « La production 2015 se situe à près de 15 000 tonnes », rapporte Jacques Dion, directeur de production semences et orge brassicole chez Semican. Plus de la moitié de ce volume provient des régions périphériques (Témiscamingue, Saguenay–LacSaint-Jean, Mauricie, Portneuf, Québec et Bas-Saint-Laurent). « La prime moyenne pour les sept dernières années est de 62 $ la tonne, basée sur les références de La Financière agricole », ajoute Jacques Dion. La Malterie Frontenac située à Thetford Mines, quant à elle, se concentre sur le marché du malt biologique depuis 2008. « La majorité des grains que nous utilisons provient des producteurs membres de Bio Malt Mauricie, mais nous utilisons aussi des grains d’un peu partout au Québec », indique Bruno Vachon, de la Malterie Frontenac.
/ Le Bulletin des agriculteurs / Juin 2016 / 13
EN COUVERTURE
Depuis trois ans, la cécidomyie du chou-fleur affecte sévèrement le rendement de canola (à gauche) dans la région. Les producteurs ont ainsi réduit leurs superficies et introduit la caméline (à droite).
Critères de classement de l’orge
Afin de réussir son classement, la récolte d’orge doit répondre à certains critères établis. Les voici : Lot pur d’une variété reconnue. Germination de 95 % ou davantage (essai sur trois jours). Teneur en protéines de 11 % à 12,5 % (à sec). Teneur maximale en humidité de 13,5 %. Grains ventrus de taille uniforme (> 80 % tamis 6/64 po). Entièrement mûre (sans grains verts). Aucun signe de germination avant la récolte. Sans DON provenant de la brûlure de l’épi causée par le fusarium (< 0,5 ppm). Sans maladie. Sans dommage causé par le gel. Pas abîmée par les intempéries ni profondément tachetée. Moins de 5 % de grains pelés et cassés. Sans dommages par échauffement. Sans insectes, adjuvants, ergot, semences traitées, charbon ni odeurs. Sans résidus chimiques. Selon les statistiques recueillies par Semican, le taux de réussite se situe environ à 85 %. En 2015, il était près de 90 % au Témiscamingue. Source : Canada Maltage
14
/ Juin 2016 / Le Bulletin des agriculteurs /
rapidement. Ces conditions ont causé le déclassement de plus de lots en 2015, surtout en Montérégie. Aussitôt la mise en silo, une ventilation continue pendant sept jours est souhaitée. Par la suite, la ventilation a lieu seulement par temps sec (humidité relative à 70 % et moins). Michel Robert préfère mettre toutes les chances de son côté pour une bonne conservation des grains. Il ajoute un réchauffeur radiant au diesel pour assécher l’air entrant dans le silo. « Je peux facilement abaisser l’humidité du grain de 3 % à 4 % avec cette méthode. » Le rendement moyen se situe entre 37004300 kg/ha. « Nous avons atteint près de 4700 kg/ha en 2015, ajoute-t-il. En plus, on obtient un bon volume et une belle qualité de paille », précise le producteur. Enfin, l’expertise développée depuis onze ans dans la culture d’orge de brasserie assure une rentabilité et une diver-
Réchauffeur radiant au diesel pour assécher l’air entrant dans le silo d’entreposage.
sité dans les grains produits à la ferme Mondou et Robert. « Notre récolte d’orge s’est bien classée 9 fois sur les 11 années de culture », affirme Michel Robert. La diversification optimise également tout le parc de machinerie et réduit les risques lors d’une mauvaise année. « Il serait impensable de récolter 160 ha de céréales avec la batteuse qu’on a avec seulement du blé, assure-t-il. En diversifiant, on ne met pas tous nos œufs dans le même panier. » Johanne van Rossum est agronome et productrice de grandes cultures à Sainte-Brigide d’Iberville.
/ Le Bulletin des agriculteurs / Juin 2016 /
15
Assurance agricole
Chacun son métier… Le nôtre, c’est de protéger vos acquis ! Une entreprise agricole, c’est le travail de toute une vie. Raison de plus de protéger solidement vos acquis en confiant la protection de votre patrimoine à un spécialiste reconnu dans le domaine : Intact Assurance agricole ! • Solution d’assurance complète à prix avantageux
• Expertise et conseils judicieux de préventionnistes chevronnés
• Protections pour votre exploitation, votre habitation, votre responsabilité civile, vos véhicules commerciaux, personnels et récréatifs
• Service 24/7 Réclamations
Pour en savoir plus, appelez votre courtier d’assurance ou visitez intact.ca.
AUTO • HABITATION • ENTREPRISES
Certaines conditions, limitations et exclusions s’appliquent à toutes nos offres. Vos contrats d’assurances prévalent en tout temps : veuillez les consulter pour un exposé complet des protections et exclusions. © 2016, Intact Assurance Agricole inc. Tous droits réservés.
CULTURES
PAR NICOLAS MESLY
La compaction : un ennemi sournois et très coûteux
La terre est à ce point argileuse que l’on pourrait fabriquer de la poterie. Ce n’est pas le temps de rentrer dans ce champ avec de l’artillerie lourde !
Le poids de la machinerie qui circule dans les champs peut transformer la terre en béton et plomber les rendements. Le problème s’accentue avec les nouveaux équipements. Une stratégie anticompaction propre à chaque entreprise s’impose.
PHOTOS : NICOLAS MESLY
/ Le Bulletin des agriculteurs / Juin 2016 / 17
CULTURES
«
J’ai remarqué que le maïs pousse difficilement dans les traces du planteur. Je veux comprendre les raisons et corriger le problème », explique Laurent Toupin, un des trois copropriétaires de l’entreprise Paul-Émile Toupin située à Saint-Jean-sur-Richelieu. En ce début de printemps, il règne une activité fébrile dans la cour de la ferme. Nous sommes le 29 avril et l’envie de semer démange tous les producteurs. Bruno Garon, ingénieur agricole du bureau du MAPAQ Montérégie Est, installe deux balances sous les pneus d’un tracteur, note le poids, vérifie la pression des pneus montés en roue double. Puis, il récupère ses balances mobiles pour aller les placer sous les roues du chisel. Il enregistre ces nouvelles données dans un grand calepin qu’il transférera plus tard dans un logiciel de son cru, afin de faire les recommandations qui s’imposent. C’est à la demande du jeune producteur que Bruno Garon et Odette Ménard, ingénieur, agronome et experte en santé des sols également au ministère, s’affairent à prendre poids et mesures de la machinerie. Bruno Garon bourdonne cette fois autour d’un autre tracteur, prenant la pression des pneus arrière. Certains ont le double de pression, de 6 PSI à 12 PSI. C’est la pres-
sion intérieure des pneus qui cause une première compaction, celle dite « compaction de surface ». Pour l’enrayer, c’est assez simple. Il suffit d’augmenter la surface du pneu sur le sol, en diminuant la pression d’air. L’ingénieur y va donc d’un premier conseil : « Vos pneus devraient avoir
Laurent Toupin, un des trois copropriétaires de la ferme Paul-Émile Toupin, veut comprendre et résoudre les problèmes de compaction à la ferme.
la même pression recommandée par le fabricant en fonction de la charge et de la vitesse », dit-il. Mais le problème de Laurent Toupin ne relève pas d’une compaction de la surface du sol. La preuve, c’est qu’en installant six roues au lieu de quatre sur l’essieu arrière du tracteur John Deere 7930 pour remorquer un planteur de douze rangs équipé d’une boîte d’engrais Aulari, rien n’a changé. Les plants de maïs qui poussent dans les traces de la machinerie ont toujours mauvaise mine. « L’idée d’ajouter une troisième paire de pneus au tracteur pour répartir le poids de l’équipement sur le sol n’est pas mauvaise, mais ça ne réglera pas le problème », spécifie l’ingénieur Garon. Le problème de Laurent Toupin relève de compaction dite « compaction en profondeur ». C’est le mal du siècle. Il n’est pas dû à la pression des pneus, mais au poids par essieu, alors que le poids de la Les pertes économiques générées par la compaction se chiffrent en milliards de dollars autour du globe. Chaque entreprise doit trouver sa propre stratégie anticompaction. Ici les experts Odette Ménard et Bruno Garon.
18 / Juin 2016 / Le Bulletin des agriculteurs /
machinerie, lui, ne cesse d’augmenter depuis vingt ans. « Où s’en va-t-on ? » se demande Bruno Garon. Au dernier Salon de l’agriculture de Saint-Hyacinthe, le fabricant John Deere exposait un tracteur articulé de 27 tonnes. Le Goliath a un poids de 15 tonnes juste sur l’essieu avant ! Selon l’ingénieur, le chiffre magique pour éviter la compaction en profondeur est d’avoir un poids maximum de 9 tonnes/essieu en condition sèche. Ce dernier indique toutefois avoir pesé une moissonneuse-batteuse chez un producteur dont le poids était de… 26 tonnes/essieu.
À VOS PELLES ! Si la compaction de surface peut être atténuée en ajustant la pression des pneus, régler la compaction en profondeur, c’est une tout autre histoire. Pour résoudre l’épineux problème, il faut se poser une question cruciale : quel est le volume de sol nécessaire pour supporter le poids de la machinerie ? « C’est la même question pour évaluer le tirant d’eau d’un bateau », dit Odette Ménard. Le sol, explique l’experte, est composé de particules d’argile, de limon, de sable, d’air et d’eau. Plus la machinerie est lourde, plus elle en chasse l’air. Si le sol en plus est mouillé, les fines particules s’agglutinent pour former avec le temps une véritable dalle de béton sous terrain. (Le phénomène peut aussi se produire en surface où, sous l’action du soleil, les fines particules mouillées forment une « croûte de ciment ») Pour nous en convaincre, Laurent Toupin et moi suivons les deux experts du MAPAQ dans un des champs cultivés par sa famille à moins d’un kilomètre de la ferme. Bruno Garon nous spécifie que la plus haute technologie disponible sur le marché pour diagnostiquer un problème de compaction demeure… une bonne vieille pelle. Armé de l’instrument, il creuse un trou. En surface, la terre est sèche de quelques centimètres. C’est ce qui explique les nuages de poussière soulevés par des producteurs qui s’activent déjà dans les champs du rang au volant de leurs tracteurs. Mais la motte de terre argileuse retirée au bout de la pelle est à ce point malléable qu’on pourrait fabriquer de la poterie. Il est beaucoup trop tôt pour entrer dans ce champ !
/ Le Bulletin des agriculteurs / Juin 2016 / 19
CULTURES
L’ingénieur Bruno Garon trimbale ses deux balances mobiles pour prendre le poids des machineries, il dirige le conducteur du tracteur pour installer les roues du semoir sur les balances. Il prend toutes sortes de données pour les insérer dans un logiciel qu’il a conçu lui même. Il peut fournir des recommandations précises sur la pression des pneus requise, les poids optimums nécessaires pour équilibrer les charges du tracteur.
« La compaction dépend de la nature du sol et de l’impact du travail du sol du producteur », poursuit Odette Ménard. La capacité portante d’un sol argileux, limoneux ou sablonneux n’est pas la même. Pour adopter une véritable stratégie anticompaction, il est important de comprendre la nature de son sol. Les analyses de sol aident à y voir clair. À partir d’une teneur de 25 % de particules d’argile, un sol est considéré argileux. Un sol est dit limoneux si la teneur des particules argileuses est plus de 35 %. Et pour caractériser un sol sablonneux, il faut qu’il contienne plus de 55 % de particules sablonneuses. Les analyses de sol donnent une idée de la nature du sol, en surface. Mais il y a moyen de pousser plus en profondeur l’analyse de ses terres en se procurant des cartes pédologiques, disponibles gratuite-
20 / Juin 2016 / Le Bulletin des agriculteurs /
ment sur le site Web Info-Sols du MAPAQ. Celles-ci révèlent la vraie nature du sol. Elles permettent de faire des distinctions entre, par exemple, une argile SaintAmable et une argile Saint-Urbain, du nom des villages de leur origine respective. Cette information pédologique jumelée à l’analyse de sol est cruciale pour adopter une stratégie anticompaction avec, en tête, le chiffre magique de 9 tonnes/essieu en condition sèche. « Si on a affaire à un sol sablonneux, il faudra augmenter son taux de matière organique pour empêcher la compaction », affirme Odette Ménard. Chaque type de sol – argileux, limoneux ou sablonneux – commande une stratégie différente. L’experte ajoute qu’un sol n’est pas différent d’un être humain, au sens où on doit bien l’alimenter pour que celui-ci soit en santé.
Selon Odette Ménard, on assiste en cette époque à une véritable course aux équipements et aux rendements dans les champs. « Mais tout le monde ne peut pas courir le 100 mètres en 10 secondes comme Bruny Surin. Le producteur doit cultiver sa terre en fonction de son véritable potentiel, en adoptant une stratégie anticompaction propre à son entreprise ». Au moment de quitter les lieux, l’experte conseillait à Laurent Toupin de planter des cultures intercalaires entre ses rangs de maïs. Un remède pour que le maïs pousse à l’avenir en santé dans les traces du planteur. Car ces plantes vont nourrir et redonner une structure portante au sol. Nicolas Mesly est agroéconomiste et journaliste pigiste spécialisé dans les enjeux agroalimentaires. Il couvre les grandes cultures pour Le Bulletin.
INFOS / CULTURES Stade du maïs pour application d’azote à taux variable Pour un rendement de maïs optimal, l’azote (N) est certainement un élément incontour nable. Depuis quelques années, les lecteurs de chlorophylle sont utilisés pour ajuster le programme de fertilisation azotée en vue d’obtenir de meilleurs rendements tout en ré duisant les risques de pertes dans l’environ nement. Les avancées technologiques per mettent le calcul des doses d’applications en postlevée en temps réel, selon l’état de la culture. Mais pour de meilleurs résultats, le stade du maïs est déterminant pour une inter prétation plus précise des données fournies
dice INSEY explique 62,1 % du rendement en fin de saison. Pour le maïs-ensilage, la lecture au stade V5 est aussi fiable. Il n’y a aucun gain de précision pour des scans au stade plus avancé (> V6). D’ailleurs, le maïs pourrait souffrir d’une période plus longue de stress d’azote et en plus l’intervalle INSEY diminue. Une légère variation dans la lecture aura des répercussions plus impor tantes dans le calcul de la dose à appliquer. Les lecteurs peuvent être manuels ou installés sur la rampe de l’applica teur. Un bon positionnement est aussi
COEFFICIENT DE DÉTERMINATION (R2) DE INSEY POUR CHAQUE STADE DE MAÏS POUR LA PRÉDICTION DU RENDEMENT À L’AUTOMNE STADE DU MAÏS
R2 MAÏS-ENSILAGE
R2 MAÏS-GRAIN
INTERVALLE INSEY
V4
0,492
0,339
0,018
V5
0,686
0,564
0,017
V6
0,681
0,621
0,016
V7
0,716
0,778
0,015
V8
0,745
0,650
0,012
V9
0,669
0,615
0,010
V10
0,585
0,676
0,007
V11
0,713
0,645
0,007
par les lecteurs. Celles recueillies en 2015 dans l’État de New York ont démontré que le stade V6 était le stade le plus hâtif pour déterminer le potentiel de rendement et ainsi calculer la bonne dose d’azote à appliquer. Rappelons ici que le stade V6 du maïs cor respond à six feuilles déployées dont le collet est visible. Le calcul des doses de N est basé sur l’état actuel de la culture et le potentiel de rendement. Ce résultat divisé par le nombre de jours après semis au moment de la prise de l’échantillon donne une estimation de rendement à l’automne nommé par les chercheurs de l’étude INSEY (IN Season Estimate Yield). Or, la corrélation entre l’in dice INSEY et le rendement était plus forte à partir du stade V6 et après (voir tableau). Le coefficient de détermination (R2) plus élevé indique une relation plus forte. Par exemple, dans le cas du maïs-grain, au stade V6, l’in
important que le stade de la culture. Le res pect des conditions d’utilisation du fabricant est primordial. Généralement, les lecteurs se situent entre 24 po et 48 po au-dessus du couvert végétal. Source : What’s cropping up, Cornell
LE PREMIER HYBRIDE DE MAÏS DÉVELOPPÉ AU QUÉBEC Avec Cynthia Lajoie, agr.
REGARDEZ LA VIDÉO Dans le moteur de recherche du site LeBulletin.com, tapez « premier hybride ».
/ Le Bulletin des agriculteurs / Juin 2016 / 21
INFOS / CULTURES
MAÏS : MALADIES À SURVEILLER L’adage dit qu’une personne avertie en vaut deux. En suivant ce principe, voici quelques pistes quant aux maladies qui méritent une attention particulière pour les cultures
de maïs en cette année après El Niño. L’helminthosporiose du Nord (northern leaf blight) s’est étendue durant la dernière année en Ontario, au point où il était possible de la retrouver dans presque tous les champs de la province, selon un agronome du ministère de l’Agriculture de l’Ontario. Après examen de champs, l’incidence de la maladie atteignait
Rapportez-les ! Les sacs et les contenants vides encombrent votre ferme ? COLLECTE DE
CONTENANTS DE PESTICIDES ET DE FERTILISANTS : Contenants et chaudières rincés de <23L
COLLECTE DES SACS
DE SEMENCES ET DE PESTICIDES : Tous les types de sacs de semences et de sacs de pesticides
Étape 1 Rincez
Étape 1 Videz
trois fois ou sous pression afin qu’aucun produit ne soit perdu.
les sacs complètement.
Étape 2 Placez Étape 2 Retirez les bouchons et les livrets d’instructions, afin d’être capable de recycler les contenants. Les bouchons et les livrets d’instructions peuvent être éliminés avec vos déchets usuels.
les petits sacs vides dans le sac de collecte en plastique et refermez-le bien. Les sacs de vrac doivent être pliés et bien ficelés en paquets de six.
Étape 3 Rapportez-les Étape 3 Rapportez-les chez votre détaillant participant.
Pour obtenir plus d’informations ou pour trouver un site de collecte près de chez vous, veuillez visiter agrirecup.ca ou appeler 877-622-4460
22 / Juin 2016 / Le Bulletin des agriculteurs /
chez votre détaillant ou représentant de semences participant.
des niveaux significatifs ainsi que des niveaux considérés sévères. Elle a été le plus souvent répertoriée à l’ouest de Toronto et jusqu’à la péninsule le plus au sud de la province. D’un point de vue statistique, 181 champs ont été examinés et sur le nombre, seulement cinq n’étaient pas infectés. Selon l’Université de Guelph, les dommages liés à helminthosporiose du Nord peuvent être importants, soient de 1,25 à 1,88 tonnes à l’hectare. Même si la maladie est plus commune lors de conditions chaudes et humides pendant la période de croissance, elle peut aussi se manifester dans des conditions environnementales jugées bonnes. La génétique est aussi pointée du doigt comme étant une des raisons de la prolifération de la maladie. Une résistance génétique se manifesterait dans certains hybrides. Ce serait le cas du gène Ht1 (Helminthosporium turcicum) qui était auparavant très performant. Le ministère de l’Ontario recommande aux producteurs d’utiliser plusieurs moyens à leur portée pour se prémunir contre la maladie, entre autres, en évitant de resemer dans un champ auparavant consacré au maïs puisque la maladie reste présente dans les résidus. La rouille est une autre maladie à surveiller pour l’été 2016. La rouille n’est habituellement pas un problème avant la fin de l’été ou le début de l’automne. Les infections peuvent survenir plus tôt au cours des étés frais et humides. Le maïs est particulièrement vulnérable au stade du verticille. L’humidité s’accumule souvent dans le verticille, offrant les conditions idéales pour l’apparition de la maladie. Également sur le radar cette année, la maladie des taches grises, une maladie destructrice qui a des répercussions économiques importantes. Depuis dix ans, elle prend de l’ampleur dans les États voisins des Grands Lacs. Elle peut entraîner de lourdes pertes par temps chaud, pluvieux et humide. Enfin, la maladie de Stewart sévit partout en Ontario, mais n’est préoccupante que dans le sud-ouest de la province. Elle est, par contre, à surveiller tout de même puisque les hivers plus doux que la normale permettent aux altises du maïs, qui sont des vecteurs de la maladie de Stewart, de survivre en grand nombre. Source : OMAFRA
INFOS / CULTURES
GÈNE POUR COMBATTRE LA SÉCHERESSE Des chercheurs de l’Université Purdue ont modifié des gènes pour que les plantes produisent plus de protéine PYL9. En augmentant le niveau de cette protéine, le riz devient substantiellement plus résistant à la sécheresse. En conditions de stress hydrique sévère, les plants transgéniques déclenchent rapidement la sénescence des feuilles plus vieilles pour concentrer les ressources sur le développement des nouvelles feuilles et des graines. « L’étude des mécanismes de survie de la plante en conditions de sécheresse a démontré que la sénescence contrôlée est une bonne stratégie pour minimiser les effets négatifs causés par le manque d’eau », rapporte Yang Zhao, l’auteur de l’étude. L’hormone ABA (acide abscisic) est responsable des réactions de la plante aux différents stress. La première qui apparaît par temps sec est la fermeture des stomates et la production plus abondante d’une couche cireuse pour conserver l’eau à l’intérieur des feuilles. Si le temps sec se poursuit, les plantes entrent en dormance et redirigent l’eau et les nutriments vers les bourgeons et les graines. Le résultat de la modification génétique est une surproduction de la protéine PYL9. Cette protéine rend les plantes plus sensibles à l’ABA. Elles tombent plus rapidement en mode survie que les plantes non modifiées. Leurs feuilles du bas jaunissent et dessèchent. Cette réaction prématurée permet à la plante d’entrer en dormance en cas de sécheresse prolongée. Après deux semaines, le taux de survie était de 50 % pour le riz modifié et de 10 % pour le conventionnel. « La survie ne conduit pas à un rendement normal », prévient l’auteur. Mais dans les cas extrêmes, un rendement plus faible est préférable à un rendement nul. En conditions normales, la croissance des plantes transgéniques était comparable. L’étude a été publiée dans Proceedings of the National Academy of Sciences. Source : Ontario Farmer
L’effet bleu
L’effet bleu RUBIN 9
• 19 modèles disponibles de 2,50 m à 12 m. • Disques concaves crénelés et indépendants de 24 po. • 2 herses de série pour un bon mélange et émiettement.
RUBIN 12
• 6 modèles disponibles de 3 m à 6 m. • Disques concaves crénelés et indépendants de 29 po. • Pour des profondeurs de travail de 5 po à 8 po.
HELIODOR 9 NOUVEAU
• 14 modèles disponibles de 2,50 m à 16 m. • Disques concaves crénelés et indépendants de 20 po. • Équipement léger pour la préparation du lit de semences.
Parce que chaque ferme doit faire face à des défis particuliers, nous offrons une gamme complète de déchaumeuses à disques indépendants pour répondre à vos besoins spécifiques.
450 223-4622 | www.lemken.com
/ Le Bulletin des agriculteurs / Juin 2016 / 23
INFOS / CULTURES
COMMENT DÉSHERBER SON MAÏS ET CONSERVER LE RAY-GRASS ENTRE LES RANGS ? Le ray-grass s’est imposé au Québec comme une culture intercalaire par excellence dans le maïs. La question que posent régulièrement les producteurs qui ont choisi cette technique est : comment désherber le maïs sans détruire le ray-grass ? Dans cet épisode de Défi maïs, Pierre Boireau, spécialiste chez Bayer Crop Science, fait le tour de la question et suggère des pistes de solution.
Visitez LeBulletin.com et cliquez sur Défi maïs dans le menu horizontal.
COMMANDITÉ PAR
Fongicide sur maïs-ensilage pour réduire les toxines L’utilisation d’un fongicide permet-elle de réduire les mycotoxines présentes dans le maïs-ensilage et affecte-t-elle le rendement au champ ? Le Ontario Soil and Crop Improvement Association a publié les résultats d’une étude réalisée de 2013 à 2015. Le fongicide Proline a été appliqué au stade VT correspondant à la sortie des croix. Au moment de la récolte, le rendement et l’humidité de l’ensilage ont été mesurés. De plus, un échantillon de chaque parcelle a été prélevé pour analyser la présence de toxines. Parmi toutes les mycotoxines analysées, la déoxynivalénol (DON) était la plus importante. Les conditions météo et surtout les précipitations durant la pollinisation et le remplissage du grain déterminent la croissance des champignons responsables de la production des mycotoxines. Les précipitations au-dessus de la moyenne en juillet et en août 2015 peuvent expliquer les niveaux plus élevés de toxines en 2015. La littérature rapporte qu’un niveau supérieur à 0,56 ppm de DON dans la ration totale représente un risque pour le troupeau. Les résultats rapportés dans le tableau ci-dessous indiquent une réduction en moyenne de 66 % de DON avec le fongicide Proline. Des résultats de parcelles de recherche par Art Schaafsma de l’Université de Guelph indiquent une réduction de 50 % de DON dans le maïs-grain. L’augmentation moyenne de rendement évalué à 4 % ne réussit pas à combler le coût du produit et de l’application. Toutefois, ce calcul n’inclut pas la valeur des meilleures performances du troupeau avec un ensilage de qualité. Source : Crop Advances
RÉSULTATS DE 2013-2014-2015 POUR LES NIVEAUX DE TOXINES ET RENDEMENT DU MAÏS-ENSILAGE TRAITÉ OU NON AVEC PROLINE ANNÉE
CONTENU DON (PPM)
TÉMOIN
24 / Juin 2016 / Le Bulletin des agriculteurs /
RÉDUCTION DON
PROLINE
RENDEMENT (TM/HA) À 65 % HUMIDITÉ
TÉMOIN
PROLINE
AUGMENTATION RENDEMENT
2013
0,5
0,1
-73 %
41,0
42,0
2 %
2014
0,5
0,2
-61 %
50,6
51,4
1 %
2015
1,4
0,5
-65 %
46,7
48,9
5 %
Moyenne
0,7
0,3
-66 %
44,5
46,2
4 %
DuPont Pioneer @DuPontPioneer
LE SOYA AIME LES COUVERTURES Le United Soybean Board a mené récemment une étude pour vérifier les bénéfices d’une culture de couverture pour le soya et son potentiel dans une situation de rotation avec le maïs. Les données ont été recueillies en rapport avec le moment où les plantes de couverture ont été enfouies lors des semis. Dans le cadre de l’expérience, le seigle d’hiver a été utilisé comme culture de couverture. Dans un premier cas, du seigle a été enfoui de 7 à 10 jours avant un semis de maïs dans le champ. Les deux autres expériences mettaient en vedette le soya. Dans un des deux champs, la culture de couverture a été éliminée en même temps que celle du maïs, afin de simuler la décision des agriculteurs de mettre fin à toutes les cultures de couverture à la fois. Dans le second champ de soya, la culture a été éliminée seulement un jour avant les semis, ce qui a permis environ 21 jours de croissance supplémentaire. Après observation, les experts ont noté la présence de 300 % de plus de biomasse dans la dernière expérience. L’étude a également montré que dans ce scénario, l’absorption d’azote par les cultures de couverture est passée de 45 kg/ha à plus de 90 kg/ha. La recherche a donc montré que le dernier champ avait le plus bénéficié de la culture de couverture parce que cette dernière avait eu plus de temps pour se développer. Elle est en effet restée en terre près de trois semaines de plus, parce que la culture de couverture a pu être enlevée sans effet négatif un jour seulement avant le semis de soya, alors que ce délai est de 10 jours pour le maïs. Le semis de soya a de plus lieu environ trois semaines après le maïs, ce qui donne nettement plus de temps à la culture de couverture de progresser. Les bénéfices pour le soya de cet apport de biomasse ont été nombreux : amélioration de la santé du sol par une réduction de la compaction, plus de matière organique, ainsi qu’une croissance de la capacité de rétention d’eau et des éléments nutritifs. Source : Université de l’État de l’Iowa Auteurs : CÉLINE NORMANDIN est journaliste spécialisée en agriculture et économie. Elle collabore également au site leBulletin.com. JOHANNE VAN ROSSUM est agronome et productrice de grandes cultures à Sainte-Brigide-d’Iberville.
juin 2016
475 vaches, 0 prairies #toujoursmieux Imaginez que votre ferme se trouve dans une région où la luzerne survit mal à l’hiver, mais où le maïs dispose de très bonnes conditions. C’est ce qui a conduit Stéphane Blanchette à délaisser complètement les prairies pour miser à fond sur le maïs-ensilage. Pour alimenter ses 475 sujets Holstein, le producteur de Saint-Charles-sur-Richelieu compte sur 80 hectares de maïs-ensilage. Les vaches reçoivent seulement 3 kg de foin sec de luzerne par jour, acheté au Manitoba. Les 320 autres hectares de la ferme sont consacrés au maïs-grain, au soya, au haricot de conservation et au maïs sucré. Les 245 vaches en lactation produisent 36 litres sur trois traites. La luzerne, le propriétaire de la Ferme S.C.H. inc. a bien essayé d’en cultiver. « On la perdait souvent dès la première année, déplore-t-il. L’enneigement tend à être faible dans la région. En plus, on a des terres très planches. » À l’inverse, les conditions pour produire du maïs sont parmi les meilleures au Québec : loam argileux fertile, 3000 unités thermiques. Alors, quand septembre arrive, les cinq silos-fosses se remplissent de 4500 tonnes de maïs-ensilage. « Il nous faut seulement 0,3 hectare de superficie par vache », se réjouit Stéphane Blanchette. La seconde audace de l’éleveur de 44 ans – mais en est-ce vraiment une ?– c’est de confier la récolte du maïs-ensilage à un sous-traitant. « Quatre jours lui suffisent, car il est équipé d’une fourragère automotrice, justifie-t-il. Il m’en faudrait 10 ou 12 avec une fourragère tractée et ce serait difficile de tout récolter en conditions optimales. En plus, ses rouleaux craqueurs coupent la fibre de façon nette plutôt que de la déchirer, ce qui assure une meilleure digestibilité. Pour ce qui est d’acheter une automotrice, ça ne tient pas la route au plan financier. » Son objectif de qualité tient en deux chiffres : 50 % de grains, au moins 80 % de digestibilité. C’est pourquoi iI cultive des hybrides à deux fins. « Avec 36 kg à 38 kg de maïs-ensilage, explique-t-il, on fournit l’équivalent de 7 kg de maïs humide et on n’a pas besoin d’en rajouter. » La recherche de qualité se poursuit à l’entreposage. Stéphane Blanchette vise 35 % à 38 % de matière sèche. Il nivelle avec un tracteur articulé doté de roues doubles remplies d’eau, qui pèse 27 000 kg. Le compactage se fait avec un tracteur de 200 ch équipé d’un rouleau constitué de roues de train qui pèse à lui seul 4500 kg. « On veut un minimum de 7 kg de matière sèche par pied cube, précise-t-il. » Le producteur fait preuve d’autant de minutie pour étanchéifier ses silos. Une première toile couvre les murs et est rabattue sur l’ensilage et une seconde est déposée par-dessus. Des pneus bien accolés enserrent le tout. « On ne jette pas un pouce d’ensilage », affirme-t-il, ajoutant qu’il bonifie la conservation avec un additif, le 11CFT de Pioneer. « En été, on pourrait nourrir deux jours sans que ça chauffe », assure-t-il. Encouragé par les progrès de son entreprise, Stéphane Blanchette n’entend pas s’arrêter là. Il se donne deux ans pour atteindre les 40 litres. « On y arrivera en améliorant l’intervalle de vêlage, la qualité des fourrages et l’ensemble de la gestion », entrevoit-il.
/ Le Bulletin des agriculteurs / Juin 2016 /
25
MARCHÉ DES GRAINS
PAR JEAN-PHILIPPE BOUCHER
LES RISQUES DE COMMERCER L’ÉTÉ…
A
u moment d’écrire ces lignes, au début mai, le marché des grains a connu un excellent rallye à Chicago. Et, avec les mois difficiles qui se sont succédé pendant l’hiver, le marché était tellement déprimé qu’il en a fallu très peu pour faire bondir les prix. Celui du soya a été d’ailleurs particulièrement réactif avec une progression très forte de sa valeur de plus de 1,50 $US/boisseau (56 $US/tonne) à Chicago. Mais attention, tout ceci n’est pas aussi exceptionnel qu’on pourrait le croire en début de saison. Dans les faits, si les prix ont une tendance à progresser au printemps, c’est que la nervosité s’installe dans les marchés. Est-ce que la saison sera favorable aux cultures ? Quelles seront les superficies vraiment semées ? Doit-on s’attendre à d’importantes récoltes ?
Bref, assez de points d’interrogation dans l’air pour jeter un doute suffisant et faire grimper les prix… tant qu’ils restent des interrogations. Et c’est bien là le danger de commercialiser du grain à partir du printemps et en été. Vrai qu’il y a très souvent de belles hausses en pleine saison estivale et avant les récoltes. Vrai également que parfois, le vent tourne complètement durant l’été dans les marchés, alors que des cultures font face à des conditions difficiles qui amputeront assurément les rendements. Mais, dans les deux cas, il s’agit d’un jeu de pile ou face avec Dame nature. Ce qui ne ment pas cependant, c’est que la tendance saisonnière est là. Comme le montre bien notre graphique, sur le long terme, miser sur l’été et la fin de saison pour vendre n’est pas une stratégie en elle-même
garante de succès. Ceci ne veut pas dire pour autant qu’on ne peut espérer mieux au cours de cette période, seulement, qu’il faut être davantage à l’affut et prêt à agir si des occasions se présentent. Le grand danger cette année repose sur une chose. Nous savons que depuis maintenant plus de deux ans, les stocks de grains s’accumulent. C’est vrai en partie au Québec, mais surtout aux États-Unis et dans le monde. S’il fallait que les prochaines récoltes soient importantes de nouveau, la situation pourrait donc dangereusement s’alourdir pour les prix. Espérons seulement que les prévisions météo ne se trompent pas et que l’arrivée de La Niña avec des conditions anormalement sèches pour le Midwest américain à partir de possiblement juillet se confirment…
VALEUR MOYENNE MENSUELLE DES PRIX DU MAÏS ET DU SOYA À CHICAGO DEPUIS 10 ANS ($US/TONNE) maïs
soya
190 $
430 $ 420 $
185 $
410 $ 180 $
400 $
175 $
390 $ 380 $
170 $
370 $ 165 $
360 $
160 $
350 $ Oct.
Nov.
Déc.
Janv.
Févr.
Mars
Avril
Mai
Juin
Juil.
Août
Sept.
Jean-Philippe Boucher est agronome, M.B.A., consultant en commercialisation des grains et fondateur du site Internet Grainwiz.
26 / Juin 2016 / Le Bulletin des agriculteurs /
DOSSIER BÂTIMENT D’ÉLEVAGE
Bien choisir son éclairage DEL L’éclairage DEL gagne en popularité. Il peut être, par contre, difficile de s’y retrouver. Que doit-on regarder lorsqu’on choisit ce type d’éclairage ?
PAR MARIE-JOSÉE PARENT
Dans les élevages de poules pondeuses, les lumières au DEL ont un bel avenir. La couleur idéale peut être installée, l’intensité lumineuse est variable et le retour sur l’investissement est au rendez-vous.
fonction des économies d’énergie à long terme. Toutefois, le coût de l’électricité étant bas au Québec, il est possible que le retour sur l’investissement soit difficile à justifier. Hydro-Québec évalue que l’éclairage DEL permet une économie d’énergie ous avons demandé à un fabricant, de 20 % à 70 %, selon l’équipement qu’il un électricien, un ingénieur et un uti- remplace et les luminaires DEL choisis. L’investissement est plus élevé à l’achat, lisateur de nous éclairer sur le choix des DEL pour des bâtiments d’élevage. mais l’amélioration de la technologie, la réduction du coût d’achat dans les derVoici les principaux points notés. nières années, le rabais d’Hydro-Québec, 1. RETOUR SUR L’INVESTISSEMENT les économies d’électricité à long terme et Comme l’explique l’ingénieur Yves la durée de vie plus longue font en sorte que Choinière des Consultants Lemay et l’équipement est intéressant. Selon l’élecChoinière, le choix des DEL vous obligera tricien Robert Chevrier de RCA Électrique, à changer tout le système de luminaires. Il le retour sur l’investissement dépend du n’est pas possible de remplacer seulement nombre d’heures d’utilisation par jour. deux ou trois tubes fluorescents par des Dans les élevages porcins et avicoles où l’on DEL. La promotion du DEL est faite en garde les lumières allumées pendant de
N
PHOTOS : MARIE-JOSÉE PARENT
/ Le Bulletin des agriculteurs / Juin 2016 / 27
DOSSIER BÂTIMENT D’ÉLEVAGE
longues heures, les DEL sont faciles à rentabiliser. Dans les étables bovines dans lesquelles on n’allume pas les lumières toute la journée, le retour sur l’investissement est plus long. Comme pour les garages et les entrepôts où les luminaires sont difficiles d’accès, c’est la perspective de remplacer les luminaires moins souvent qui rend l’achat le plus intéressant à court terme. Lorsqu’Olymel a choisi de construire des maternités porcines collectives au Témiscamingue, les fermes Boréales, l’entreprise a choisi l’éclairage au DEL pour une question d’économie d’énergie. « Les économies sont récurrentes chaque année », explique l’ingénieur chargé de projet Francis Pouliot. Il a aussi évalué que la plus faible consommation d’énergie avait un impact intéressant sur la grosseur des fils électriques, le choix du panneau électrique et la dimension de la génératrice. Par ces économies, ce choix avait un impact positif sur l’image de développement durable que voulait donner l’entreprise à son élevage porcin.
2. ÉTUDE D’ÉCLAIRAGE Le conseiller en éclairage DEL Alain Perron de la compagnie Voltech International explique que son rôle est de concevoir des études d’éclairage pour les projets d’installation. « À partir des plans du bâtiment, nous pouvons faire des recommandations d’éclairage », explique-t-il. Pour les rénovations de bâtiments, il doit prendre en considération les contraintes en place, comme la présence de poteaux ou d’équipements. L’étude d’éclairage tient compte de la hauteur des plafonds, de la couleur des murs et des plafonds, ainsi que de l’espèce animale visée et ses activités. L’étude indiquera le type de luminaire DEL, la couleur de la
luminosité et la position des luminaires choisis. La technologie DEL offre un éclairage très directionnel, comparativement aux ampoules incandescentes ou aux tubes fluorescents qui éclairent même le plafond. Pour offrir un éclairage constant pour les animaux, la disposition est primordiale. « Il faut que les luminaires soient bien disposés pour avoir un éclairage uniforme à l’intensité souhaitée », explique Francis Pouliot. Cet ingénieur recommande d’utiliser un luxmètre pour vérifier l’intensité lumineuse pour les animaux. Cette mesure est prise au plancher. « Les gens pensent souvent que c’est au niveau de l’œil de l’animal qu’il faut mesurer l’intensité, mais ce n’est pas tout à fait vrai, explique Alain Perron. Si on veut qu’une vache mange, il faut que la nourriture soit éclairée. » Or, sa nourriture est au plancher. Et pour les cochons, on mesure aussi au plancher, parce qu’ils se couchent. Plus on augmente le nombre de luminaires, plus la luminosité sera uniforme, et plus on augmente le nombre de lux au plancher. Dans le laitier, Alain Perron recommande 300 lux au plancher. Dans le porcin, ça dépend de la section. En saillie et gestation, on parle de 400 lux au plancher. En engraissement, 250 lux sont nécessaires. « Nous avons tendance à en mettre un peu plus, explique Alain Perron. Par expérience, on sait que 300 lux, ça convient mieux. » Avec le temps, le système d’éclairage DEL perd un peu de sa capacité à émettre de la luminosité ; le boîtier se salit et les murs réfléchissent moins la lumière. C’est pourquoi il vaut toujours mieux en mettre un peu plus. Alain Perron et Robert Chevrier mettent en garde contre les soumissions à moindre
coût. Il est facile de réduire les coûts en diminuant le nombre de luminaires, ce qui réduit l’intensité lumineuse.
3. TYPES DE LUMINAIRES Les luminaires DEL habituellement installés dans le secteur agricole sont des tubes dans des boîtiers étanches pour les plafonds bas. Pour les plafonds hauts, ce sont des luminaires de haut plafond. Les ampoules DEL doivent être installées dans des globes marins, mais puisque ces globes retiennent la chaleur, ils réduisent la durée de vie des ampoules DEL. « Dans l’agricole, il n’y a plus de raison d’utiliser ça, car des produits de technologies plus récentes permettent de meilleurs résultats avec plus de performances et de durabilité », explique Alain Perron. Le choix des luminaires DEL est beaucoup plus varié que ces quelques produits. Informez-vous.
4. COULEUR La lumière DEL peut avoir différentes couleurs. On mesure la couleur de la luminosité en degrés Kelvin. Plus le chiffre est bas, plus la lumière est jaune. Plus le chiffre est élevé, plus la lumière est bleutée. Pour les poules pondeuses, on souhaite une lumière jaune parce que cette couleur imite le lever du jour, ce qui stimule la ponte. On parle d’une lecture de 2700 °K. Mais la plupart des animaux ont avantage à avoir une lumière qui ressemble le plus possible à la lumière du jour, afin de stimuler la croissance et la production. On parle d’une lecture d’environ 5000 °K. C’est le cas des bovins laitiers et de boucherie, des porcs, des poulets à griller et des dindons. « Ça se rapproche de la lumière du soleil, c’est pour ça que c’est une bonne lumière », dit Robert Chevrier.
Soutien financier d’Hydro-Québec (depuis le 1er avril 2015) APPLICATIONS ADMISSIBLES
Intérieur et extérieur
Source : hydroquebec.com
28 / Juin 2016 / Le Bulletin des agriculteurs /
PUISSANCE
TYPE D’APPAREIL
Luminaire
Ensemble de conversion
Lampe linéaire de substitution (tube)
< 40 W
30 $
15 $
5 $
De 40 à 100 W
50 $
25 $
> 100 W
80 $
40 $
1
2
1/ Cette photo démontre bien l’intérieur du boîtier. 2/ Pour faciliter la diffusion de la lumière, les boîtiers givrés sont préférés aux boîtiers clairs. 3/ Comme son nom l’indique, la lampe de haut plafond s’installe dans les bâtiments ayant des plafonds hauts comme les parcs d’engraissement ou les nouvelles étables laitières. 4/ Dans le secteur agricole, les ampoules doivent être installées dans des globes marins, ce qui est déconseillé pour la plupart des ampoules DEL ».
tion lors de l’installation. « Les gens pensent qu’on veut encourager les électriciens, mais ce n’est pas cela, dit-il. Ce qu’on veut, c’est que le produit dure très longtemps. »
6. ENTRETIEN
3
5. BIEN-ÊTRE ANIMAL Pour les fermes Boréales du Témiscamingue, Olymel a accordé une grande importance au bien-être animal. « Les fluorescents produisent une lumière qui oscille, explique Francis Pouliot. On ne le voit pas à l’œil nu, mais les animaux sont sensibles à cela. Les DEL offrent une lumière plus stable. » Pour les productions qui exigent une gradation d’intensité lumineuse, les DEL offrent aussi une gradation très douce et progressive.
6. INSTALLATION Le choix d’un électricien qui connaît bien l’installation des luminaires DEL est crucial. Certains en ont fait leur spécialité, comme Robert Chevrier. « Aujourd’hui, je ne vends pratiquement plus que des DEL », dit-il. Ce qui rend si importante la connaissance des DEL, c’est que ce type de luminaires diffère des luminaires conventionnels. La techno-
Puisque la chaleur, la poussière et l’humidité peuvent affecter la durée de vie des DEL, il faut s’assurer d’une installation complètement étanche. S’il y en a, il faut trouver l’ouverture et la colmater. « Il 4 faut agir immédiatement parce que s’il y a infiltration de poussière et d’humidité, ça va affecter tout le système d’éclairage », logie DEL ne chauffe pas autant qu’un tube explique Alain Perron. Le système d’éclaifluorescent. Cependant, le transformateur, rage DEL est hermétique et relié. ou driver en anglais, produit de la chaleur. Cette pièce essentielle convertit la tension 7. CHOIX DU FOURNISSEUR électrique. Il faut donc bien installer les Les ampoules DEL sont fabriquées par supports qui permettent la dissipation de la de grandes compagnies, comme Philips, chaleur. Ces petits supports s’installent au OSRAM-Sylvania et GE. Les fabricants plafond. Le boîtier du luminaire s’agrippe de luminaires DEL sont beaucoup plus dessus tout en laissant un espace libre entre nombreux. Outre les produits Technilight le boîtier et le plafond. En plus, puisqu’on distribués par Voltech, Éclairage CBM est ne les perfore pas, les boîtiers ainsi installés aussi un important joueur dans le secteur gardent 100 % de leur étanchéité. Une fois agricole au Québec. Mais il y en a d’autres. le boîtier installé, on resserre les boulons Selon Francis Pouliot, le choix du fournispour que le boîtier ne bouge plus. seur est très important. Il doit connaître son La qualité d’installation aura un impact produit et pouvoir, à long terme, nous proimportant sur la durée de vie des DEL. curer les pièces de rechange des DEL que Puisqu’ils sont dispendieux à l’achat, il faut nous avons installées. En résumé, il faut s’assurer qu’ils durent longtemps. « Il y a travailler avec des gens compétents, autant trois ennemis aux DEL : la chaleur, la pous- le fournisseur que l’électricien. sière et l’humidité », explique Alain Perron. Marie-Josée Parent est agronome et journaliste. Celui-ci insiste sur l’importance de suivre Elle couvre les productions laitière, bovine, avicole et les recommandations du feuillet d’instruc- porcine au Bulletin des agriculteurs.
/ Le Bulletin des agriculteurs / Juin 2016 /
29
DOSSIER BÂTIMENT D’ÉLEVAGE
PAR MARIE-JOSÉE PARENT
Projet de construction: parlons finances Planifier un projet d’agrandissement, de conversion de bâtiment d’élevage ou de construction neuve est excitant et effrayant à la fois. Il y a des points à analyser si l’on veut bien vivre cette étape qui peut propulser l’entreprise vers l’avenir ou à l’opposé, fragiliser dangereusement les finances de la ferme. Voici des questions que vous devriez vous poser avant de passer à l’action.
Pour respecter votre budget, il est probable que vous deviez faire des compromis, comme de continuer d’utiliser une partie de l’ancienne étable (au fond) et de ne pas installer tous les équipements lors de la construction (alimentation).
Pourquoi voulez-vous construire une nouvelle étable ? Lorsqu’un de ses clients lui demande la faisabilité d’un projet, la conseillère en gestion Johanne Laroche du Groupe ProConseil à Saint-Hyacinthe commence toujours par lui demander quel est son objectif ? « C’est LA question, dit-elle. Souvent, ils me sortent les moyens comme l’augmentation de la production laitière. Ce n’est pas l’objectif du projet. » Un projet très populaire actuellement en production laitière est de vouloir installer des robots pour ne plus traire les vaches. Les producteurs qui envisagent ce changement veulent souvent améliorer leur qualité de vie ou pensent à leur PHOTOS : MARIE-JOSÉE PARENT
30
/ Juin 2016 / Le Bulletin des agriculteurs /
L
• • •
MAINTENANT, LA PARTIE SE JOUERA BEAUCOUP PLUS
EZÉMENT
LES RÈGLES DU JEU ONT CHANGÉ. VOICI EXCENEL RTU EZ : • Injectabilité améliorée* • Remise en suspension plus facile • Nouveaux formats pratiques (100 mL et 250 mL)
Pour obtenir de plus amples renseignements sur le produit, veuillez communiquer avec votre médecin vétérinaire. * Excenel RTU EZ demande 32% moins d’efforts pour être injecté à 25 °C et 51 % moins d’efforts pour être injecté à 4 °C qu’ Excenel RTU. ZoetisMD et Excenel RTU EZ sont des marques déposées de Zoetis ou de ses concédants, utilisées sous licence par Zoetis Canada Inc.
DOSSIER BÂTIMENT D’ÉLEVAGE
santé. Les plus visionnaires diront que c’est en prévision de l’avenir. Ceux qui sont en production laitière biologique diront que c’est pour se conformer aux nouvelles exigences de bien-être animal. D’autres encore constatent que leur étable nécessite trop d’investissements pour apporter le confort désiré à leurs vaches. Il y a donc plusieurs raisons qui motivent la construction d’un nouveau bâtiment d’élevage. Quelles sont les autres options ? Il y a souvent plusieurs façons d’atteindre son objectif. Engager du personnel peut
régler le problème de ne plus vouloir faire la traite sans passer par une construction neuve. Il y a cependant un bémol. « Ce ne sont pas tous les producteurs qui ont les habiletés à gérer du personnel », concède Johanne Laroche. Il faut connaître ses forces et ses limites. La construction d’une étable neuve est un choix très dispendieux qui entraîne des paiements très élevés. Le coût d’une étable avec deux robots tourne autour de 1,7 million de dollars… Alors, toute alternative qui vous permettrait d’atteindre vos objectifs ne doit pas être mise de côté trop rapidement.
Quel est votre budget ? Le conseiller en gestion est une bonne personne à consulter pour évaluer la faisabilité d’un projet. Il est neutre et connaît bien vos forces et vos faiblesses en tant que gestionnaire. Il y a toutefois une autre personne qui devrait être impliquée très tôt dans le projet. C’est le prêteur hypothécaire. Directeur principal des relations d’affaires chez Financement agricole Canada (FAC), Jacques Deblois conseille aux agriculteurs de le consulter le plus tôt possible dans l’élaboration d’un projet, avant l’élaboration des plans de construction. « Nous
coupe et sÉchage rapide
Fc tc À pivot central faucheuses conditionneuses
INVESTISSEZ DANS LA QUALITÉ
• Attelage Gyrodine 2-points ou à barre de tire pivotante pour des virages serrés • Barre de coupe Optidisc ® lubrifiée à vie et couteaux Fast-Fit™ • Système de conditionnement à doigts ou à rouleaux pour des ajustements précis à tout type de culture • Peut faire des andains de 90% de la largeur de coupe pour un sechage accéléré Largeur de travail de 10 pi 2 po, 11 pi 6 po et 13pi
Agritibi R. H. Amos Machinerie JNG Thériault Amqui Centre Agricole Coaticook Neuville Nicolet Rimouski Saint-Bruno Saint-Maurice
Les Équipements Colpron Huntingdon Sainte-Martine Les Équipements Adrien Phaneuf Granby La Durantaye Marieville Upton Victoriaville
Fernand Campeau et Fils Dalhousie Station
32
/ Juin 2016 / Le Bulletin des agriculteurs /
Garage Oscar Brochu La Guadeloupe Machineries Nordtrac Louiseville Saint-Roch-de-l'Achigan
Kuhn-Canada.com
J. René Lafond Mirabel
Garage Parisien et Fils Saint-Andre Avellin
Claude Joyal Napierville Saint-Denis-sur-Richelieu Saint-Guillaume Stanbridge Station
Service Agro-Mécanique Saint-Clément Saint-Pascal
Machineries Horticoles d’Abitibi Poularies Équipement Guillet Sabrevois
Services Agricoles de Beauce Sainte-Marie de Beauce Machineries CH Wotton Trudel Equipment New Liskeard, ON
Machinerie de Ferme Kuhn inc. • Ste-Madeleine, QC • 888-808-5380
avons une bonne idée des coûts de projet, dit-il. Souvent, l’ingénieur va leur demander : “Quel est votre budget ?” ». Cette première rencontre vise à évaluer la faisabilité du projet et permet de voir de quelle façon la structure de financement peut être mise en place. À partir de ce moment-là, vous aurez une bonne idée des paiements que vous devrez débourser chaque mois. Êtesvous à l’aise avec ce montant ? Après cette première rencontre avec votre prêteur, vous saurez mieux ce que vous pouvez vous permettre lors des visites d’étables et lors de l’élaboration du projet avec l’ingénieur. Plus les plans du projet seront précis, plus vous aurez une idée réelle des coûts. C’est à ce moment que le projet original de 1,7 million de dollars peut devenir un projet de 2,2 millions de dollars. Est-ce raisonnable ? Une deuxième rencontre avec votre prêteur vous permettra Les constructions actuelles nécessitent souvent l’apprentissage d’un nouveau système, comme d’y voir plus clair. Est-ce que le projet sera rentable ? Tous les intervenants interrogés pour cet article sont d’accord sur un point : un projet de construction d’étable à 1,7 million de dollars ne se paie pas par lui-même. Il n’est pas rentabilisé par les gains d’efficacité. « Il va y avoir un peu plus de revenus, mais ça ne compensera pas l’ampleur du projet », estime l’agroéconomiste René Roy de Valacta. En fait, le simple paiement de l’intérêt de la dette pour l’ensemble du projet de construction est énorme. Certaines entreprises n’ont pas cette capacité. Pour chaque projet et chaque option, Johanne Laroche évalue les impacts positifs et négatifs sur les finances de l’entreprise. C’est de cette façon qu’elle peut recommander de réaliser un projet ou non, ou encore de le modifier ou de le reporter à plus tard. « Ce qui fait mal actuellement, c’est la baisse du prix du lait de 4 $ à 5 $ l’hectolitre en 2015 en plus des ristournes d’Agropur qui ont baissé de 60 % », explique le directeur général du Groupe conseil agricole de Coaticook, Raymond Racicot. De son côté, Johanne Laroche ne sent pas de panique chez les producteurs laitiers pour autant. Malgré ces incertitudes, la gestion de l’offre permet encore une certaine stabilité du prix du lait.
passer d’une étable entravée à une étable en stabulation libre avec robot, salle de traite ou carrousel.
Quels sont les impacts sur l’ensemble de l’entreprise ? La construction d’une nouvelle étable peut nécessiter des modifications dans les autres activités de l’entreprise. Quel est l’impact sur la gestion des fumiers ? Devrez-vous modifier les aliments et leur distribution ? Si votre projet inclut l’achat de vaches, avezvous les terres pour récolter les aliments et épandre le fumier ? Un projet qui semble simple au départ peut finalement s’avérer plus complexe qu’on ne le pensait. Avez-vous prévu les pertes liées à la transition ? Les constructions actuelles nécessitent souvent l’apprentissage d’un nouveau système. Prenez l’exemple des producteurs qui font le saut de l’étable entravée à l’étable en stabulation libre avec robot, salle de traite ou carrousel. Voilà un grand changement, autant pour l’éleveur que pour les vaches ! « J’ai connu la vague d’expansion de la fin des années 1990 et début 2000, raconte Raymond Racicot. C’était des expériences assez difficiles. Les taux d’intérêt étaient plus élevés que maintenant et on ne s’attendait pas à autant de pertes au démarrage. »
Au dernier Colloque sur la santé des troupeaux laitiers, une productrice laitière, Mélanie Toupin de la ferme Bouvelt de Bécancour, expliquait leur dure expérience du passage de la traite en étable entravée à la traite robotisée un an plus tôt. Des contraintes ont fait en sorte qu’ils n’ont pas pu consacrer autant de temps que nécessaire à l’acclimatation des vaches dans leur nouvel environnement. Les producteurs étaient débordés par l’ampleur du projet global et par leur propre adaptation au nouveau système. Les problèmes étaient donc autant au point de vue du troupeau qu’humain. La grande majorité des vaches (70 %) ont eu des blocs sous les pieds en raison de problèmes de pattes. Plusieurs vaches ont dû être réformées. Heureusement, le couple de producteurs avait gardé toutes leurs génisses ! En fait, les producteurs Mélanie Toupin et son conjoint Martin Bouvet s’étaient bien préparés. Ça faisait déjà deux ans qu’ils y travaillaient et ils avaient des mentors. Ça ne les a pas empêchés de vivre des difficultés lors de la transition. En entrevue, Mélanie Toupin disait ne pas regretter le choix de la stabulation libre et de la robotisation. Elle aurait toutefois aimé savoir à quel point cette période allait être difficile pour mieux s’y préparer et possiblement engager un employé de ferme temporaire. Ce que Mélanie Toupin ne dit pas, c’est
/ Le Bulletin des agriculteurs / Juin 2016 / 33
DOSSIER BÂTIMENT D’ÉLEVAGE
qu’il y a un coût à cela. Il faut l’estimer et le prévoir. Il faut aussi budgéter les pertes d’animaux et de production liées à la transition. Si les coûts sont moins importants que prévu, vous aurez le sourire. Sinon, vous serez préparés. Qu’en disent vos autres conseillers actuels ? Avez-vous parlé de votre projet à votre conseiller en alimentation ? À votre vétérinaire ? Ces personnes qui travaillent avec vous peuvent vous faire penser à des aspects que vous n’auriez pas envisagés. Quand prévoyez-vous réaliser votre projet ? Si la situation de la ferme ne permet pas de réaliser le projet dès maintenant, il est possible de le planifier pour dans quatre ou cinq ans. « En attendant, on met en place les conditions qui permettront de réaliser notre projet plus tard », dit René Roy. Ces actions sont notamment la diminution de la dette, l’augmentation de l’efficacité, le ménage dans le troupeau, l’acquisition de quota ou toute autre action qui améliorera vos chances de succès dans la mise en place d’un projet d’envergure. « Une bâtisse, on peut normalement prédire quand on aura besoin de la remplacer, continue René Roy. En attendant, il faut résister à certaines tentations. »
Le coût de construction d’une étable neuve avec
Dans les cinq ans de planification de votre deux robots est d’environ 1,7 million de dollars. projet, d’autres situations surviendront. Un tracteur peut rendre l’âme ou nécessiter des travaux majeurs. La tentation d’en acheter un neuf peut être grande. Encore là, il y a des options moins coûteuses qui vous permettront de garder le cap sur votre grand projet. Voilà donc quelques pistes de réflexion pour vous aider à mûrir votre projet. N’oubliez pas : il existe toujours des inconMarie-Josée Parent est agronome et journaliste. nus, mais la préparation est la meilleure Elle couvre les productions laitière, bovine, avicole et porcine au Bulletin des agriculteurs. façon d’en diminuer le nombre.
– Jen C., Ontario, participante à la conférence AWC
s re ou b z-v om s. ve ! N tée cri nt imi Ins tena ces l i n la ma de p
« Si ce n’était des propos tenus par les leaders avec lesquels j’ai échangé, je n’aurais ni un objectif précis ni la motivation pour l’atteindre. Je ne vous remercierai jamais assez pour ça. »
Compétences en leadership ~ Conférences pour les femmes en agriculture Capitalisez sur vos opportunités et récoltez les avantages de votre développement ! Joignez-vous à des femmes de l’industrie agricole et autres industries connexes alors qu’elles révèleront le secret de leur succès en finances personnelles, en réseautage et en avancement de carrière. Profitez de l’occasion pour partager avec des femmes remarquables de l’industrie ! Rabais de groupe et pour réservation hâtive offerts. Inscrivez-vous aujourd’hui ! Visitez advancingwomenconference.ca ou par téléphone 403 686-8407. FAIRMONT ROYAL YORK, TORONTO, 3 ET 4 OCTOBRE 2016
34
La conférence se donnera en anglais
/ Juin 2016 / Le Bulletin des agriculteurs /
Advancing Women Conference East 2016 / Le Bulletin des Agriculteurs / 7” x 3.357” / Ontario Quote
ÉLEVAGES
PAR MARIE-JOSÉE PARENT
Objectif :
10 tonnes à l’hectare
Les clubs agroenvironnementaux de la Montérégie veulent amener les producteurs de la région à obtenir des rendements de 10 tonnes à l’hectare dans les cultures fourragères. Dans une région où les terres se vendent à prix d’or, il faut viser des rendements élevés, même dans les fourrages.
«
10 tonnes à l’hectare, c’est un objectif réalisable », explique l’agronome Sylvain Goyette, du club agroenvironnemental Gestrie-Sol de Granby. « Dans la vie, si on veut avancer, il faut viser plus haut », dit-il. Dans la région céréalière par excellence, il constate que les rendements des plantes fourragères sont très variables. Certains atteignent les 10 tonnes à l’hectare, alors que d’autres champs produisent à peine le tiers. La production moyenne de la Montérégie estimée par La Financière agricole, dans son programme d’assurance
PHOTOS : GESTRIE-SOL
/ Le Bulletin des agriculteurs / Juin 2016 / 35
ÉLEVAGES
Sylvain Goyette (avec la casquette blanche) et un groupe de producteurs lors d’un atelier sur le semis d’automne.
récolte collective, est de seulement 6879 tonnes à l’hectare. Et ça, c’est lorsqu’il y a des plantes fourragères. Selon Sylvain Goyette, les producteurs de la Montérégie auraient avantage à introduire les plantes fourragères dans leurs rotations de cultures. Pour lui, il y a trois principaux avantages : le développement de nouveaux marchés, l’ajout d’une culture de plus dans la rotation et l’effet bénéfique sur le sol. « Les sols d’ici en ont autant besoin sinon plus que dans les régions comme le Lac-Saint-Jean ou l’Abitibi, parce que nous manquons de matière organique
dans nos sols », dit-il. Mais selon lui, l’important pour les agriculteurs est de développer des marchés. Il cite en exemple les producteurs du Saguenay–Lac-Saint-Jean qui cubent de la luzerne.
0-10-30 L’objectif des 10 tonnes à l’hectare de fourrages s’inscrit dans un projet plus vaste appelé le Défi 0-10-30 : 0 pour zéro compaction des sols, 10 pour 10 tonnes à l’hectare de fourrages et 30 pour 30 % de diminution des pesticides utilisés. Initié en 2014 par le club Gestrie-Sol, le projet est aussi mis en branle cette année par les conseillers du club Agri Conseils Maska de SaintHyacinthe. « Nous venons de c ommencer
Le semi d’automne est avantageux
« Nous recommandons le semis d’automne depuis quelques années », explique Sylvain Goyette, du club agroenvironnemental Gestrie-Sol. Cette activité a lieu après la deuxième coupe de fourrages ou après la récolte de petites céréales. « Nous avons jusqu’au 15 septembre, selon les régions, précise-t-il. C’est un temps de l’année où les producteurs ont du temps et où il n’y a pas de compaction. » De plus, il y a très peu de mauvaises herbes, comparativement au printemps. C’est pourquoi Sylvain Goyette ne recommande pas d’herbicides pour cette période dans la majorité des cas. Selon lui, les producteurs auraient avantage à renouveler leurs prairies plus souvent.
36 / Juin 2016 / Le Bulletin des agriculteurs /
le défi 0-10-30, mais depuis deux ans, nous avons misé sur les plantes fourragères », explique l’agronome Patricia Leduc, conseillère au club Agri Conseils Maska. Les deux derniers hivers, les membres de ce club ont eu la chance d’avoir des activités organisées autour des plantes fourragères. « Les producteurs ont bien aimé ça parce qu’ils n’ont pas beaucoup d’occasions de discuter de ce sujet, ajoute Patricia Leduc. Les plantes fourragères sont les mal-aimées de la région. » Autour de Saint-Hyacinthe, on retrouve très peu de plantes fourragères, sauf chez les producteurs laitiers. Et encore… Nombre d’entre eux choisissent de nourrir leurs vaches avec du maïs-ensilage. Augmenter les rendements en plantes fourragères pourrait les inciter à consacrer plus de superficies à cette culture bénéfique pour les sols et qui aide au contrôle des maladies des plantes par la rotation. Du côté du club Gestrie-Sol, depuis deux ans, on a fait plusieurs projets, dont la mesure des rendements des prairies et des pâturages, l’implantation de trèfle à l’automne et la visite de producteurs d’autres régions. À l’automne 2014, ils ont entrepris de nourrir des veaux au pâturage avec
du foin de première qualité. « L’estomac des veaux n’est pas gros, explique Sylvain Goyette. Il faut donc que l’aliment soit de haute qualité. » Si le foin est de meilleure qualité, le veau en mangera plus (4 % de son poids vif), alors que s’il est mature, il en consommera moins (2 % de son poids vif). « Plus on lui fait faire de gain avec du foin, plus c’est économique », ajoute-t-il.
PROJETS À VENIR « Un de nos objectifs en 2016 est de documenter et de valider les rendements réels des producteurs », explique Sylvain Goyette. Pour le foin, par exemple, les producteurs évaluent leur récolte en nombre de balles. Sylvain Goyette est davantage intéressé par le nombre de tonnes de matière sèche à l’hectare. « Tout se vend à la tonne métrique, sauf le foin qui est vendu à la balle », dit-il. Pour faire l’évaluation, un membre de l’équipe prélèvera manuellement un échantillon de foin juste avant la récolte. Pour les pâturages, les producteurs vache-veau ne savent pas du tout la quantité de fourrages produits. Pour l’évaluer, il faut réserver une parcelle dans le pâturage qui ne pourra pas être broutée par les animaux. Elle sera récoltée manuellement par Le club Gestrie-Sol a entrepris de documenter le rendement en foin. Pour cela, ils doivent échantillonner manuellement.
L’azote ne suffit pas toujours
En 2015, le club Gestrie-Sol a fait un essai de fertilisation d’azote (50 unités d’azote à l’hectare) pour évaluer l’impact sur l’amélioration des rendements en fourrages. « On a eu le tiers des entreprises pour qui les 50 unités d’azote n’ont pas donné de rendement supplémentaire parce qu’elles avaient déjà de bons rendements », se rappelle l’agronome Gaétan Bonneau du MAPAQ. Un autre tiers des entreprises n’a pas vu d’augmentation de rendements, mais cette fois-ci, c’étaient les entreprises qui avaient les plus faibles rendements. « Les entreprises de ce groupe avaient d’autres problèmes », constate Gaétan Bonneau. La compaction était notamment importante. Gestrie-Sol a donc entrepris de travailler avec ce groupe pour trouver la cause et améliorer la situation. Le groupe du milieu a démontré une amélioration avec l’ajout d’azote, mais est-ce raisonnable ? « Dans une ration en production laitière, jusqu’à quel point est-ce rentable ? » se questionne Gaétan Bonneau.
l’équipe du club afin de mesurer la quantité prélevée par les animaux juste à côté. Ce printemps, une démonstration sera effectuée avec un conditionneur de foin de type Macerator. Le but est d’augmenter la qualité du foin en accélérant le séchage au champ. À l’automne, un atelier permettra aux producteurs d’en apprendre davantage sur les semences de plantes fourragères, en particulier le semis d’automne. Les espèces et les variétés seront discutées. La grande nouveauté cette année sera la collaboration entre les clubs de la Montérégie. Les ateliers pourront être organisés conjointement par les deux équipes. Et le même atelier pourra être repris à plus d’un endroit à plusieurs dates différentes.
Selon Sylvain Goyette, la proximité augmente le taux de participation.
« MENTOR » Outre Sylvain Goyette pour le club GestrieSol et Patricia Leduc pour le club Agri Conseils, l’agronome conseiller en productions animales au ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ) Gaétan Bonneau agit en « mentor » pour l’objectif 10 tonnes à l’hectare. Gaétan Bonneau a un petit rire gêné lorsqu’on utilise le terme mentor, pourtant spécifié par Sylvain Goyette. « La première fois qu’il m’a appelé mentor, j’ai pris un coup de vieux », dit celui qui a pourtant plus d’une trentaine d’années d’expérience comme agronome. « C’est plus un rôle de collaborateur externe », dit-il. Il apporte son expertise en productions animales. « Je ne suis pas le seul mentor », explique Gaétan Bonneau. « Il y en a un pour le zéro compaction et un autre pour le moins 30 % de pesticides. Notre rôle en est un de soutien. » Pour le 10 tonnes à l’hectare de fourrages, si les clubs réalisent un projet, Gaétan Bonneau les aidera à faire l’analyse pour l’utilisation animale. « J’utilise mes contacts en productions animales pour avoir des interprétations plus justes », dit-il. À plusieurs têtes, ils sont ainsi plus à même d’aider les producteurs à améliorer leurs rendements et à avoir une entreprise plus profitable.
Marie-Josée Parent est agronome et journaliste. Elle couvre les productions laitière, bovine, avicole et porcine au Bulletin des agriculteurs.
/ Le Bulletin des agriculteurs / Juin 2016 / 37
LAIT
PAR MARIE-JOSÉE PARENT
Les génisses, ces oubliées ! Elles sont les futures vaches de votre troupeau. Et pourtant, trop peu de producteurs laitiers et d’intervenants leur accordent toute l’attention qu’elles méritent.
«
Les génisses, c’est la fondation du troupeau », affirme Serge Lampron. Depuis 30 ans, Serge Lampron gagne sa vie en aidant les éleveurs à prendre soin de leurs futures vaches laitières. Pour lui, trois mots résument sa philosophie : régie, observation et alimentation. « Dans cet ordre », dit-il. Une bonne régie, c’est s’assurer que les veaux sont dans un bon environnement et qu’ils sont bien traités. « Quand je vois des veaux ayant des chaudières et des tétines sales, je demande à l’éleveur : “As-tu des enfants ? Est-ce que tu leur donnerais une suce ou un biberon tout sale ? Alors pourquoi tu le fais pour tes veaux ? Ce
sont des bébés !” » Serge Lampron n’a pas la langue dans sa poche. Il va droit au but. « Le plus gros problème, c’est la régie, dit-il. Je vois des veaux dans des endroits humides, souvent sous-alimentés. » Une bonne alimentation, ça commence avec une bonne prise de colostrum rapidement après la naissance. Puis, les veaux devraient boire trois repas de 3 litres de lait par jour. La norme actuelle, c’est deux repas de 4 litres. La différence, ce n’est pas tant le litre supplémentaire de lait, mais le repas supplémentaire. Le veau qui consomme 4 litres est tellement plein qu’il se couche tout de suite après le repas. Avec 3 litres, il PHOTOS : MARIE-JOSÉE PARENT
38 / Juin 2016 / Le Bulletin des agriculteurs /
Tout simplement puissant
À la ferme M.G. Lévesque et fils d’Ange-Gardien en Montérégie, on utilise deux couleurs pour les chaudières : rose pour la moulée et bleue pour l’eau. De cette façon, les jeunes enfants, qui aiment bien nourrir les veaux, ne se trompent pas.
a l’estomac plus léger. Puis, à la fin de la routine du matin, autour de 10 h ou 11 h, le producteur retourne auprès du veau pour lui donner un autre repas. Un troisième repas est servi en fin d’après-midi. « Un veau dans la nature, ça boit aux trois heures, dit-il. Si on se rapproche de la nature, on aura de plus beaux veaux. »
APRÈS SEVRAGE Selon Serge Lampron, après le sevrage, les veaux devraient consommer une bonne moulée contenant 20 % de protéines et un bon foin de mil de première coupe pour permettre de développer le rumen. De six mois à la saillie, une génisse devrait consommer une ration entre 16 % et 17 % de protéines et des grains. « Selon l’état de chair », dit Serge Lampron. Il recommande aussi de supplémenter en minéraux parce que les génisses d’aujourd’hui sont plus
Obtenez un fourrage de première qualité avec la gamme complète de faucheuses, de râteaux et de faneuses CLAAS. Une technologie fiable, un fonctionnement sans problème et des équipements robustes mènent à des performances exceptionnelles. Informez-vous auprès de votre concessionnaire à propos de la gamme complète de presses et d’équipements de fenaison CLAAS. Financement spécial disponible via CLAAS Financial Services. claas.com
Machinerie J.N.G. Thériault Amqui 418 629-2521 Service Agro Mécanique Saint-Clément 418 963-2177 Service Agro Mécanique Saint-Pascal 418 492-5855 Garage Minville Montmagny 418 248-2477 Garage Oscar Brochu La Guadeloupe 418 459-6405 L’Excellence Agricole de Coaticook Excelko Lennoxville 819 849-0739 Équipement Agricole Picken Waterloo 450 539-1114 Claude Joyal Napierville 450 245-3565 Claude Joyal Saint-Guillaume 819 396-2161 Claude Joyal Standbridge Station 450 296-8201 Entreprises Rosaire Raymond Mont-Laurier 819 623-1458
Équipements Yvon Rivard Mirabel 450 818-6437 Maltais Ouellet Saint-Bruno (Lac-Saint-Jean) 418 668-5254 Champoux Machineries Warwick 819 358-2217 Agritex Berthierville 450 836-3444 Agritex Sainte-Anne-de-la-Pérade 418 325-3337 Agritex Saint-Célestin 819 229-3686 Agritex Sainte-Martine 450 427-2118 Agritex Saint-Polycarpe 450 265-3844 Agritex Saint-Roch-de-l’Achigan 450 588-7888
©2016 CLAAS of America inc. Sujet à l’approbation de crédit par CLAAS Financial Services. Voyez votre concessionnaire participant pour toutes les informations et connaître nos taux de financement. Produits et spécifications sujets à changement sans préavis.
/ Le Bulletin des agriculteurs / Juin 2016 / 39
LAIT
TOUT EST PLUS FACILE grandes qu’avant. Pour la taure gestante, il recommande de viser un poids minimal de 600 kg à 24 mois. « Je ne suis pas pour les vêlages avant 24 mois, dit-il. De 24 à 25 mois, c’est parfait. » Selon Serge Lampron, les producteurs ont tendance à garder trop de génisses. Elles coûtent cher à l’éleveur. Il est préférable d’apprendre à sélectionner les bons sujets dès le départ. Quitte à en racheter, prêtes à vêler. « Il faut diviser le troupeau en trois », dit-il. Le groupe de tête est composé des vaches avec lesquelles le producteur veut monter son troupeau. C’est la fondation de l’élevage. On choisit les meilleurs taureaux pour elles. Le groupe de soutien est composé des génisses qu’on insémine avec de bons taureaux, mais moins chers que dans le premier groupe. Dans le troisième groupe, on retrouve les vaches desquelles on ne veut pas garder les veaux. Serge Lampron propose qu’on les insémine avec de la semence de taureaux de boucherie afin d’avoir un meilleur prix pour le veau vendu à l’encan. Son dernier conseil : « Allez voir les gens qui ont bien réussi dans leur élevage de génisses et posez-leur des questions », dit-il.
LES VEAUX CHEZ LES LÉVESQUE
FAITES FACE À L’INNOVATION AVEC LES AGRI DE DIECI CONCESSIONNAIRES Équipements FDS
Équipements de Levage Girard inc.
Terrebonne, QC Tél. : 514 797-2765 pboisvert@equipementsfds.com
Québec, QC Tél. : 418 871-8885 hgirard@elgirard.com
Consultants F. Drapeau Beloeil, QC Tél. : 514 797-2765 pboisvert@equipementsfds.com L’Excellence Agricole de Coaticook (Excelko) Lennoxville (Sherbrooke), QC Tél. : 819 849-0739 yvesnadeau1000@gmail.com
40 / Juin 2016 / Le Bulletin des agriculteurs /
Zone Kubota Saguenay, QC Tél. : 418 698-1188 jgarant@zonekubota.com Carrière & Poirier Equipment Ltd Alfred, ON (Lachute à Gatineau, Maniwaki à Fort Coulonges) Tél. : 613 679-1103 mpoirier@carrierepoirier.com
La famille Lévesque de la Ferme M.G. Lévesque et fils d’Ange-Gardien, en Montérégie, accorde beaucoup d’importance à la relève du troupeau. « Les génisses, c’est la base. On l’a appris avec le temps », explique Marcel Lévesque. Les vaches vêlent attachées et les veaux sont placés dans des logettes individuelles. Dès la naissance, les veaux reçoivent du colostrum. « On en donne le plus possible dans les six premières heures », explique Pascal Lévesque, l’un des trois enfants de Marcel et de Gisèle, tous propriétaires de la ferme laitière et porcine. À trois jours, les veaux sont vaccinés. Les Lévesque ont opté pour le lait reconstitué lorsqu’ils manquaient de lait pour remplir leur quota. Ils ne sont jamais revenus au lait entier par la suite. « On a remarqué un meilleur gain de poids et une meilleure stature », explique Pascal. Avec le lait entier, c’est le transfert de bactéries pathogènes aux veaux qui nuit à la croissance. Les veaux reçoivent un minimum de 8 litres en deux repas. Sur ce,
Serge Lampron leur explique la différence entre deux et trois repas, et comment ils pourraient l’appliquer facilement. Marcel se laisse convaincre. Pascal y voit du travail supplémentaire, mais il promet d’y réfléchir. La moulée mélassée est incorporée le plus tôt possible, entre 7 et 10 jours d’âge. Les veaux ont toujours de l’eau. Pour aider les jeunes enfants de la famille qui aiment bien nourrir les veaux, les Lévesque ont installé deux chaudières de couleurs différentes, une pour la moulée, l’autre pour l’eau. Les veaux sont logés sur du tapis et de la ripe. « On n’aime pas ça un animal dans l’humidité », explique Marcel. Le foin est introduit à un mois d’âge. « Un foin de première coupe, appétent », dit Pascal. À environ deux mois, les veaux sont sevrés et nourris avec une moulée cubée, la même formule que la moulée mélassée, mais moins cher, parce que cubée. « On n’aime pas ça se vanter, mais on est fiers de ce qu’on fait », dit Marcel Lévesque que l’on voit à droite, en présence de son fils Pascal à gauche et de Serge Lampron au centre.
sont logées à l’intérieur pour la saillie. Elles doivent avoir un minimum de 400 kg à 420 kg à la saillie. Lorsqu’elles sont déclarées gestantes, elles retournent à l’extérieur. Elles y reçoivent la même alimentation qu’à l’intérieur. À 21-22 mois, elles retournent à l’étable laitière pour y être habituées à la RTM, en préparation au vêlage. Les taures vêlent entre 23 et 24 mois. Leur poids après vêlage est de 650 kg. Depuis l’agrandissement en 2012, l’entreprise a acheté du quota et a, par conséquent, modifié sa pratique d’élevage des génisses. Les Lévesque gardent actuelUn échangeur d’air permet d’éviter les courants lement toutes les génisses. Le début de d’air sur les jeunes veaux. l’année 2016 a cependant été pauvre en femelles : quatre sur 17 vêlages. « Elles vont À trois mois, les veaux reçoivent un toutes se rendre au vêlage », avoue Pascal. autre vaccin. Puis, entre trois ou quatre Mais normalement, une sélection est mois d’âge, ils sont changés d’étable. Ils faite au moment de la saillie. Un marché reçoivent une autre dose de vitamines. Les de bonnes vaches laitières est habituelleveaux reçoivent toujours un supplément de ment un bon débouché pour les génisses minéraux. « Il manque de minéral dans la des Lévesque. La taille des onglons est moulée », explique Pascal. En été, les veaux effectuée une fois l’an pour les taures, en sont logés à l’extérieur en deux groupes : 8 à avril, et deux fois l’an pour les vaches, au 10 mois et 10 à 14 mois. Un vaccin est admi- printemps et à l’automne. Autre fait inténistré à six mois et un autre à 14 mois, avant ressant, les Lévesque accordent tellement la saillie. Entre 14 et 16 mois, les génisses d’importance à l’air qu’ils ont installé des
Ferme M.G. Lévesque
Propriétaires : Marcel Lévesque, Gisèle Schinck et leurs trois enfants, Michel, Pascal et Chantal. Troupeau laitier : 130 têtes, 68 vaches. Étable en stabulation entravée Production : 11 600 kg de lait par vache par année. Composantes : 4 % de gras, 3,4 % de protéines. Âge au vêlage : 23 à 24 mois, moyenne 24. Lactations : Il y a autant de vaches ayant eu trois veaux et plus que de vaches n’ayant eu qu’un ou deux veaux. Autres productions : grandes cultures et porc. échangeurs d’air dans l’étable des génisses et dans la section préparation au vêlage de l’étable laitière. « On en a aussi dans nos porcheries », dit Pascal. « Remarquez : il n’y a pas de génisses qui toussent, pas de problème de pattes et un bon état de chair », dit Serge Lampron. Sur ce, Marcel avoue qu’ils n’aiment pas se vanter. Ils n’amènent pas d’animaux aux expositions. Ils aiment juste que leurs animaux soient bien et performent bien. Avant de quitter l’étable, Pascal remonte le son de la radio. Pour le bien-être de ses futures vaches. Marie-Josée Parent est agronome et journaliste. Elle couvre les productions laitière, bovine, avicole et porcine au Bulletin des agriculteurs.
/ Le Bulletin des agriculteurs / Juin 2016 / 41
VOLAILLE
PAR MARIE-JOSÉE PARENT
Des poules en liberté D’ici quelques années, on ne retrouvera plus de poules dans des cages conventionnelles au Canada. Entrevue avec une porte-parole du plus grand regroupement d’acheteurs d’œufs au Canada, le Conseil canadien du commerce de détail (CCCD).
L’élevage de poules en volière est en nette progression au Québec.
L
es producteurs d’œufs de consommation se préparent à la fin prochaine de l’élevage en cages conventionnelles. Le 5 février dernier, les Producteurs d’œufs du Canada annonçaient un retrait graduel des poules en cages conventionnelles. D’ici huit ans, 50 % des poules seront dans des élevages en liberté ou dans des systèmes aménagés. Et d’ici 2036, ce sont toutes les poules qui seront retirées des cages conventionnelles.
Actuellement, 82 % des poules québécoises sont en logement conventionnel ou enrichissable et 11,5 % sont en logement aménagé, c’est-à-dire des cages beaucoup plus spacieuses permettant aux poules d’exprimer tous leurs besoins naturels, comme pondre dans un nid, gratter et se percher. Les poules en liberté sont minoritaires avec 6,3 %. Le Québec produit 113 millions de douzaines d’œufs. Mais le secteur est en pleine effervescence. Selon
PHOTOS : MARIE-JOSÉE PARENT, FÉDÉRATION DES PRODUCTEURS D’ŒUFS DU QUÉBEC, CONSEIL CANADIEN DU COMMERCE DE DÉTAIL
42 / Juin 2016 / Le Bulletin des agriculteurs /
le responsable des communications de la Fédération des producteurs d’œufs du Québec, Benjamin Gagnon, ce sont 15 % des poules qui seront en liberté d’ici la fin de 2016. On y retrouve les poules en volière, en parquet et en libre parcours. Il y a une cause à tout cela. Des acheteurs importants, comme McDonald’s, Tim Hortons, Harvey’s et Burger King annonçaient récemment n’acheter bientôt que des œufs de poules en liberté. En mars dernier, le plus grand regroupement d’acheteurs d’œufs au Canada, soit la division de l’alimentation du Conseil canadien du commerce de détail, s’engageait volontairement à acheter des œufs de poules en liberté d’ici la fin de 2025. Tout cela est arrivé peu de temps avant le dévoilement de la version ouverte aux commentaires du public du nouveau code de pratiques pour les soins et la manipulation des poules pondeuses, prévu incessamment. Le comité du code regroupe des représentants de tous horizons : producteurs, transporteurs, vétérinaires, chercheurs, instances gouvernementales et organismes œuvrant pour le bien-être animal. Le Bulletin des agriculteurs a interrogé la vice-présidente développement durable et Québec pour le Conseil canadien du commerce de détail, Nathalie St-Pierre, afin de connaître les motivations et les orientations d’un joueur important dans ce débat. Cette organisation est représentée dans le comité de révision du code de bien-être des poules. L’entrevue a eu lieu peu de temps avant le dévoilement du code.
dans le fond, c’est d’acheter volontairement des œufs de poules élevées en liberté d’ici 2025. Mais comme j’ai dit, c’est toujours dans le système actuel. Donc, il faudra qu’il y ait une production disponible. Il faudra qu’il y ait aussi à l’autre bout un consommateur pour ces produits. Nous, ce qu’on comprend, c’est que les consommateurs sont préoccupés par ces questions.
De quelle façon avez-vous évalué que c’est une volonté du consommateur ? Il y a des firmes comme Nielsen qui fournissent régulièrement des données dans le secteur alimentaire. Des tendances significatives sont suivies depuis plusieurs années Nathalie St-Pierre, vice-présidente développement durable et Québec pour le Conseil en matière de bien-être animal. L’offre est canadien du commerce de détail. ajustée. Nous voyons une évolution dans la consommation. Ce n’est pas seulement le cas des œufs, mais aussi dans différents secteurs. Le consommateur est plus éduqué. Est-ce qu’il comprend tous les impacts ? Peut-être pas, mais il se questionne. Les jeunes milléniaux en particulier font des recherches sur Internet. Ils exercent certains choix. Les facteurs comme la santé les préoccupent. Ces tendances sont bien Nous voulons nous assurer que les détail- documentées. Évidemment, notre induslants puissent offrir aux consommateurs ce trie suit ça de très près. qu’ils recherchent. Récemment, il y a eu plusieurs En épicerie, il y a déjà plusieurs sortes événements malheureux dans des d’œufs, dont les œufs de poules en élevages. Quel est le rôle de groupes liberté. Qu’est-ce qui va changer ? d’activistes dans une décision comme Dans le fond, c’est une confirmation de celle que vous avez prise ? quelque chose qui se fait déjà. Et au fur C’est sûr qu’il y a des campagnes de la part et à mesure que les consommateurs vont des activistes. Je pourrais en parler longdemander ces produits-là, notre rôle, c’est temps. Ce n’est pas juste dans l’alimende s’assurer qu’ils soient disponibles pour tation, mais aussi dans d’autres secteurs. eux. Dans tous les dossiers, ils se servent de Qu’est-ce qui a amené le Conseil tactiques pour mettre à la télévision des canadien du commerce de détail à images-chocs qui n’ont rien à voir avec Il y a différents types d’élevages : faire une annonce en mars dernier ? le bien-être animal, mais plutôt avec la Nous travaillons depuis plusieurs années des cages aménagées, des volières, cruauté envers les animaux. Ce n’est pas avec le Conseil national pour les soins des poules en libre parcours, en du tout la même chose. De notre côté, nous aux animaux d’élevage. Des membres de parquet. Est-ce que vous êtes allés sommes contre la cruauté animale, nous mon équipe siègent sur le comité de ce aussi loin dans votre réflexion ? code-là et sur celui des veaux. Depuis de Non, pas du tout. Ces éléments-là, on tra- l’avons toujours dit et défendu ardemment. nombreuses années, ce sont donc des vaille à mieux les comprendre quand on Nous voulons donc travailler davantage questions qui préoccupent nos membres. siège sur le comité du code. L’engagement sur le plan des codes. Nous essayons de
« Avec 6,3 %, les poules en liberté sont minoritaires au Québec. »
/ Le Bulletin des agriculteurs / Juin 2016 / 43
VOLAILLE
de l’UPA, en partenariat avec le CTAQ (Conseil de la transformation alimentaire du Québec) et l’UPA. Après l’incident des veaux l’an dernier, j’ai rencontré le président, Marcel Groleau, et j’ai dit « il faut qu’on améliore nos communications. Ça n’a pas de bon sang ! On doit être capables de mieux informer les consommateurs. Le bien-être animal n’a rien à voir avec ça. Il faut que les producteurs commencent à prendre leur place et qu’ils expliquent que ce qu’ils font, c’est correct. » C’est en gros la discussion que nous avons eue. Il faut travailler ensemble. Nous, c’est notre approche. Mais ce n’est pas toujours facile.
collaborer avec les différents acteurs pour que les producteurs soient beaucoup plus maîtres des décisions, et que ce soit basé sur des données scientifiques. Évidemment, nous savons très bien qu’il y a des groupes qui prônent de ne manger aucune protéine animale. On peut mettre en doute la crédibilité de leur positionnement. Mais il n’en demeure pas moins que ce travail-là se fait, dans tous les secteurs : vêtements, matériaux précieux dans les ordinateurs, l’extraction minière et autres. Le nouveau code de bien-être des poules est sur le point de sortir. Pourquoi ne pas avoir attendu avant de faire votre annonce ? Il y a les Producteurs d’œufs du Canada qui ont fait leur sortie avant. Je pense que c’est malheureux. Est-ce la cause ? L’effet ? C’est clair toutefois que ça a joué. Nous sommes censés fonctionner par consensus autour de la table. Et là, une des parties fait une sortie pour se positionner dans une période de temps beaucoup trop longue, de l’avis de tout le monde. Je pense qu’au sein du Conseil national pour les soins aux animaux d’élevage, nous aurons d’autres discussions en juin pour voir comment nous pouvons améliorer le processus. Parce que l’idée derrière un code, c’est de travailler ensemble, par consensus. Il faut donc que les joueurs puissent rester à la table. Il est possible que ça ne fonctionne
44 / Juin 2016 / Le Bulletin des agriculteurs /
Dans les élevages biologiques, les poules sont en liberté.
Dans votre annonce de mars, vous n’avez pas mentionné de ratio de poules élevées en liberté. Parce que nous sommes dans un système de gestion de l’offre. Donc, il faut que l’offre et la demande soient là.
pas, mais il aurait été préférable sans doute de rester à la table avant de faire cette sortie de 2036. Il ne faut pas oublier qu’autour de ces codes, il y a aussi des groupes comme la SPCA et la Humane Society. Ils sont tous là. Aussi, certains de ces codes s’appliquent de facto comme une loi dans certaines provinces. Et ça, les gens ordinaires ne le comprennent pas nécessairement. Mais c’est clair que si demain matin, ça devient une loi, c’est problématique. Il faut toujours que le producteur ait le temps de mettre en œuvre les nouvelles pratiques. Mais 2036, ce n’était peut-être pas approprié quand vous savez qui est autour de la table.
Quel sera l’impact de votre annonce sur le prix des œufs ? C’est une autre bonne question. Ce n’est pas vraiment le moteur des discussions au sein du comité du code. Toutefois, aux États-Unis ou dans d’autres pays où il y a eu des bannissements encore plus importants, au début, il y a des coûts additionnels. Les ajustements peuvent ensuite apporter une augmentation temporaire qui peut varier. Les coûts peuvent revenir à un équilibre après. Les producteurs sont quand même habitués d’offrir de très bons produits, de très bonne qualité, à des prix concurrentiels.
C’est dans 20 ans, 2036, soit la durée de vie des équipements. C’est comme si tout le monde s’était acheté des équipements neufs aujourd’hui ! Il ne faut quand même pas rêver en couleur ! C’est un processus et donc, ça polarise les débats. On va devoir se pencher au sein du Conseil – il y a le Conseil canadien du commerce de détail, mais aussi le Conseil national pour les soins aux animaux – pour voir comment on peut être plus proactifs dans la recherche du consensus. C’est pour cette raison qu’on a tenu une journée sur le bien-être animal à la Maison
Que retenez-vous de tout cela ? Il faut continuer de travailler ensemble, développer les bonnes approches, pour qu’on puisse continuer de répondre aux besoins des consommateurs, mais en respectant toutes les parties. Il faut aussi continuer de mieux faire connaître la valeur de ce qui est fait. Et dire que le bien-être animal est déjà présent. Il faut expliquer aux gens qu’on ne produira pas 10 œufs à la fois, qu’on a une population à nourrir. Ce qui est fait, même si c’est qualifié de plus industriel, est aussi bon. J’ai été productrice de lait de chèvre pendant 10 ans. Je ne veux donc pas jeter le blâme aux producteurs.
INFOS / ÉLEVAGES Tout ensilage : oui, mais… cette composante. Par contre, l’amidon est une source d’énergie très concentrée. Fréquemment, les bonnes laitières en début de lactation ne consomment pas suffisamment d’énergie, perdent du poids et leur taux de conception chute. La tentation est alors forte de servir une plus grande proportion d’amidon dans la RTM pour éviter les pertes de condition de chair observées après le vêlage. Il faut cependant demeurer prudent, comme démontré dans l’expérience suivante. Dans cette étude, des vaches en début de lactation ne recevaient pas de foin, mais uniquement un mélange d’ensilages de maïs et de luzerne comme seuls fourrages. Les résultats présentés dans le tableau démontrent que la production laitière est augmentée avec une plus haute teneur en amidon dans la RTM. Par contre, la situation s’est inversée au niveau du gras du lait, car il y a une baisse importante et significative pour les rations à haute teneur en amidon, comparativement aux deux autres rations contenant moins d’amidon. De plus, le maïs L’AMIDON : À DOSER AVEC PRUDENCE humide, dont la dégradabilité de l’amidon L’amidon des grains n’est pas un nutri- est plus élevée que le maïs moulu dans les ment essentiel pour les vaches, c’est-à-dire RTM riches en amidon, a occasionné une qu’elles n’ont pas de besoin spécifique pour chute encore plus drastique du gras du lait
Selon une étude financée en 2003 par Novalait et ses partenaires, les producteurs laitiers utilisant le tout ensilage avec des balles rondes ou avec des ensilages de silos étaient très satisfaits de cette façon d’alimenter leurs vaches. Cependant, certains paramètres doivent être respectés pour ne pas affecter à la baisse le taux de gras du lait. L’utilisation d’ensilages comme seuls fourrages dans la ration totale mélangée (RTM) exige plus de rigueur et de constance à la mangeoire, en plus d’un suivi alimentaire du troupeau plus pointu. Les facteurs de risques d’une chute du taux de gras du lait sont nombreux et les interactions entre ces facteurs rendent la vie du conseiller en alimentation beaucoup plus compliquée lors de l’équilibre de la RTM. Les paramètres à surveiller sont la quantité et la dégradabilité de l’amidon, la quantité de fibre, sa longueur et le type de fourrage utilisé, la quantité et la forme de gras dans la ration, la gestion de la mangeoire, etc.
(en rouge). Ces vaches recevant ces taux très élevés d’amidon ne produisent pas plus de kilogrammes de gras que celles recevant une ration plus fourragère. En plus, les vaches recevant le maïs-grain humide produisent moins de gras que les autres groupes. Cette expérience démontre donc que la teneur en amidon de la RTM et la dégradabilité de cet amidon sont toutes deux des facteurs importants à prendre en considération dans l’équilibre de la ration. Source : Journal of Dairy Science
PRODUCTION LAITIÈRE EN FONCTION DE LA TENEUR EN AMIDON DE LA RTM FAIBLE NIVEAU D’AMIDON (21 %)
HAUT NIVEAU D’AMIDON (32 %)
Maïs-grain humide
Maïs moulu
Maïs-grain humide
Maïs moulu
STATISTIQUES SUR LE NIVEAU D’AMIDON (FAIBLE OU ÉLEVÉ)
Lait produit (kg/j)
33,4
34,3
38,8
38,4
très significatif (p<0,001)
Taux de gras (%)
3,95
3,73
3,05
3,59
significatif (p<0,01)
Quantité de gras (kg)
1,33
1,27
1,17
1,35
non significatif
L’équipe du Bulletin des agriculteurs est dans le deuil. L’un de ses plus précieux collaborateurs est décédé. Alain Fournier a rendu l’âme le 14 mai dernier. En plus d’être agronome au ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec à Nicolet, Alain Fournier collaborait au Bulletin depuis de nombreuses années. Il écrivait des articles et des info-élevages sur la production laitière. Ses articles étaient de grande qualité. Il avait aussi développé au fil des ans un talent exceptionnel pour la photographie. Alain Fournier avait toujours plein d’idées de reportages innovateurs et aimait mettre en valeur les producteurs agricoles et leurs réussites. Alain Fournier était une personne très passionnée, dynamique, positive, dévouée et très humaine. Il nous manquera énormément. PHOTO : ALAIN FOURNIER
/ Le Bulletin des agriculteurs / Juin 2016 / 45
INFOS / ÉLEVAGES
LES TRUIES PRÉFÈRENT LA FRAÎCHEUR
DES BACTÉRIES GELÉES POUR REMPLACER LES ANTIBIOTIQUES
Des chercheurs croient que des bactéries de 3,5 millions d’années trouvées dans le pergélisol russe en 2012 pourraient remplacer les antibiotiques dans l’alimentation de la volaille. Telle est la conclusion des chercheurs russes de l’Institut national de la cryosphère de la Terre. Bacillus F a le potentiel de devenir une source de production d’une nouvelle catégorie de médicaments immunomodulatoires. Ceux-ci ont le potentiel de réduire l’utilisation d’antibiotiques en production avicole. Une étude préliminaire sur l’application de cette bactérie dans l’alimentation de volaille a été conduite par plusieurs groupes russes de recherche de Sibérie et du District fédéral d’Ural. Des tests de laboratoire sur les souris et des tests préliminaires sur des poulets ont été menés et les résultats sont très prometteurs. Les chercheurs ont déjà développé une formule de médicaments qui incluent la nouvelle bactérie et de l’argent colloïdal. Le médicament sera testé à grande échelle sur plusieurs fermes avicoles du District fédéral d’Ural de Russie dès cette année et durant les prochaines années. Les chercheurs ont noté une amélioration importante de la réponse immunitaire des animaux vaccinés avec la bactérie. Il en résulte une plus grande résistance aux maladies. Les chercheurs croient que l’utilisation de cette bactérie améliorera la conversion alimentaire et le gain moyen quotidien des poulets. Ultimement, la préparation remplacera les antibiotiques dans l’alimentation de la volaille. Source : World Poultry
Une recherche menée par l’équipe du Dr Bernardo Predicala du Prairie Swine Centre, en Saskatchewan, démontre que lorsqu’elles peuvent choisir, les truies gestantes en groupe choisissent une température plus fraîche que celle qu’on leur octroie habituellement. Dans la première chambre de 40 truies, la température était fixe à 16,5 °C. Dans la seconde chambre, les truies avaient accès à un mécanisme qui leur permettait de contrôler le chauffage. À la fin des essais, les truies choisissaient une température d’environ 5 °C plus basse que dans l’autre chambre. Cela se traduit par une réduction de 78 % d’énergie utilisée dans la pièce, ce qui peut représenter une grande économie pour la situation financière de l’exploitation , selon Bernardo Predicala. Source : Farmscape
Des podomètres pour vaches attachées, ça marche ! Un nouveau podomètre s’avère efficace pour augmenter le taux de détection des chaleurs des vaches en stabulation entravée et pour évaluer le degré de confort des vaches. Préoccupés par le taux de détection des chaleurs par observation visuelle de seulement 35 % (50 % dans les fermes dotées d’une excellente régie), les intervenants et producteurs du Groupe d’innovation Saguenay #1 d’Agrinova ont testé un nouvel outil. La problématique des outils automatisés actuellement disponibles sur le marché est qu’ils sont conçus pour être utilisés en stabulation libre. Or, environ 91 % des étables laitières québécoises sont entravées. Agrinova a donc mis à l’essai le podomètre SADC ou Track a Cow de la compagnie israélienne ENGS-Dairy sur deux fermes du Saguenay (ferme Trésy et ferme Dufjord), en plus de colliger les données d’une ferme de Victoriaville (ferme Comestar) qui testait déjà le produit. Le système a permis d’aller chercher une justesse et une précision moyenne de détection des chaleurs de 61 % pour les trois troupeaux. Plus une ferme a un taux de détection visuelle bas, plus l’amélioration apportée par le SADC sera importante.
Puisque le podomètre mesure l’activité des vaches, il permet également de connaître la posture de l’animal, s’il est couché ou debout. L’équipe responsable du projet, l’agronome Jean Girard, agent scientifique et d’innovation en production laitière et la chargée de projet Stéphanie Claveau, tous deux d’Agrinova, a compilé les données sur le nombre d’heures pendant lesquelles les vaches étaient couchées. Ils sont arrivés à la conclusion que sur les trois fermes, on pouvait faire mieux. La ferme dotée du meilleur confort révélait que les vaches étaient couchées 50,4 % du temps. Or, l’idéal est 14 heures par vache par jour. « Nous sommes très fiers de ce projet-là, explique Jean Girard. La compagnie ENGS-Dairy s’est servie de nos résultats pour améliorer son produit. Au final, elle a décidé de mettre le podomètre en marché au Canada. » Le projet a été financé par le CRSNG. Une fiche détaillée a été produite par l’entreprise Conception. MARIE-JOSÉE PARENT est agronome et journaliste. Elle couvre les productions laitière, bovine, avicole et porcine au Bulletin des agriculteurs. PHOTO : MARIE-JOSÉE PARENT
46 / Juin 2016 / Le Bulletin des agriculteurs /
CULTURES MAÏS AUX 20 POUCES / SILOS À GRAINS MOINS DE PERTES / PORC BIEN-ÊTRE ANIMAL
6,95 $ / POSTE-PUBLICATION / CONVENTION 40069240
AVANT-GARDISTE, INSPIRANT, PRATIQUE Le Bulletin des agriculteurs informe ses lecteurs sur les plus récentes technologies agricoles. Il traite des dernières avancées en cultures, en élevages et en machinisme agricole. Si vous êtes propriétaire d’une ferme ou conseiller agricole, le Bulletin des agriculteurs est pour vous.
FUTURE RELÈVE PASSIONNÉE
LA RÉFÉRENCE EN NOUVELLES TECHNOLOGIES DEPUIS 1918
FÉVRIER 2016
CULTURES RÉGIE BIOLOGIQUE / ÉLEVAGES ANTIBIOTIQUES / GUIDE TRACTEURS UTILITAIRES
Nom : Adresse : Ville : Province :
Code postal :
Téléphone : 1 AN (11 numéros) : 55 $ + 2,75 $ (TPS) + 5,49 $ (TVQ) = 63,24 $ Économisez avec un abonnement de 3 ans. Payez seulement 122 $ (une économie de 43 $).
6,95 $ / POSTE-PUBLICATION / CONVENTION 40069240
CHOISIR LA PRODUCTION PORCINE
LA RÉFÉRENCE EN NOUVELLES TECHNOLOGIES DEPUIS 1918
AVRIL 2016
CULTURE cartes de rendement sous-utilisées | LAIT étable automatisée | GUIDE SOYA 2016
3 ANS (33 numéros) : 122 $ + 6,10 $ (TPS) + 12,17 $ (TVQ) = 140,27 $ Votre abonnement inclut nos guides pratiques : deux guides tracteurs et trois guides semences pour faire des choix éclairés. Mode de paiement Chèque (à l’ordre du Bulletin des agriculteurs) : Veuillez débiter ma carte :
Visa
MasterCard
Carte N° : Date d’expiration (mm/aaaa) :
/
Signature du titulaire :
Postez ce formulaire à : Le Bulletin des agriculteurs 6, boulevard Desaulniers, bureau 200 Saint-Lambert (Québec) J4P 1L3
6,95$ – POSTE-PUBLICATION – CONVENTION 40069240
Ou appellez-nous : 450 486-7770, poste 226
NOVEMBRE 2015
Objectif 4 t/ha L A RÉFÉRENCE EN NOUVELLES TECHNOLOGIES DEPUIS 1918
Cochez la case qui vous décrit le mieux Agriculteur Conseiller agricole Étudiant Fournisseur de services et/ou d’intrants agricoles Autre
LA RÉFÉRENCE EN NOUVELLES TECHNOLOGIES AGRICOLES
$
INFO BRANCHÉ
PAR JEAN-LOUIS DUPONT
L’ACCOMPAGNEMENT TECHNOLOGIQUE, UNE AIDE PRÉCIEUSE AUX PRODUCTEURS !
D
ans la dernière chronique, nous avons soulevé la présence d’Internet dans presque tous les produits et services offerts aux agriculteurs. Internet est déjà bien implanté dans nos entreprises. Une caméra ici, un contrôle là-bas, une tablette Wi-Fi par ci, un ordinateur filaire par là, presque tous utilisent le protocole Internet (IP) pour connecter. Bien que la prolifération de ces appareils et services augmente la complexité des communications, la connectivité universelle qu’est IP nous ouvre sur un monde de possibilités encore inexploré en petite entreprise. L’accompagnement technologique est une aide aux producteurs devant la complexité des communications d’aujourd’hui. Il s’agit d’un allié indépendant des grands fabricants pour faciliter l’utilisation et maximiser les investissements en technologies IP à la ferme. Dans les prochaines chroniques, nous vous présenterons comment certains producteurs ont su tirer profit de l’accompagnement technologique pour répondre à des besoins pointus ou tout simplement pour améliorer un procédé ou un système.
Sachant Internet un prérequis pour l’exploitation de sa ferme et de ses technologies modernes, Serge Bournival envisage un service Wi-Fi performant dans tous ses bâtiments, des caméras haute résolution et bien sûr Internet partout. Un défi pour une entreprise située dans un secteur non desservi par Cas vécu : Ferme Rouval Serge Bournival a pris la relève de la ferme un fournisseur d’Internet haute vitesse ! Après les travaux de reconstruction termifamiliale de Saint-Barnabé-Nord, en Mauricie, à la suite d’un incendie majeur en 2012. nés, Serge Bournival réalise l’investissement Avant même de lancer la reconstruction de informatique qu’il doit protéger du vol et des l’étable, le producteur avait, bien sûr, quelques pertes d’efficacité advenant son remplaceprojets de modernisations. Robotisation, auto- ment. Il décide alors d’utiliser des caméras et matisation, surveillance, gestion et contrôle à d’intégrer son système d’alarme traditionnel distance, bref des outils précieux pour l’aider à son réseau informatique. Le jour, le producteur est avisé par textos et photos de toutes dans les tâches qui l’attendaient à la ferme.
48 / Juin 2016 / Le Bulletin des agriculteurs /
les visites à la ferme. La nuit, le système de sécurité et d’intrusion est activé à son plein potentiel. Soucieux de la sécurité de ses parents à la ferme, Serge Bournival recherche un moyen facile et efficace pour être rejoint en cas d’urgence. Un composeur automatique sur simple pression du doigt est alors ajouté à son réseau informatique IP. Celui-ci permet aussi aux visiteurs et intervenants de passage de s’identifier au besoin ! Récemment, la ferme a fait l’acquisition d’un équipement pour automatiser la distribution de la paille à l’étable. Ayant déjà en place un Wi-Fi solide et performant, le producteur a demandé d’intégrer un robot à son réseau IP, lui permettant ainsi d’économiser sur l’achat d’un module sans fil propriétaire redondant. Il est maintenant avisé des arrêts et anomalies du système en plus de pouvoir intervenir à distance au besoin. En utilisant les services d’un expert en accompagnement technologique, Serge Bournival est maintenant rassuré : sa famille est en sécurité, ses investissements sont protégés et surveillés en tout temps. Il est avisé de toutes visites à la ferme. Il a aussi maximisé la connectivité de sa ferme lors de travaux aux champs ou d’absence, lui permettant une liberté additionnelle sans y laisser son portefeuille…
Jean-Louis Dupont, diplômé en technologie par microprocesseur, est concepteur de solutions technologiques et réseautiques depuis plus de 30 ans. / jl@resotx.ca
FRUITS ET LÉGUMES
PAR ANDRÉ DUMONT
Légumes en semis direct Les techniques de semis direct en grandes cultures peuvent-elles s’appliquer à la culture de légumes ? Le producteur ontarien Ryan Marshall y croit.
C’est sur cette terre de 40 ha que Ryan Marshall met à profit ses connaissances acquises en grandes cultures.
R
yan Marshall est un inconditionnel du semis direct. À Milton, à l’ouest de Toronto, son père Jim et lui exploitent J & R Marshall Farms, une entreprise de 1000 hectares en grandes cultures. Leurs sols ne sont jamais travaillés et ils s’en portent d’autant mieux. Il y a cinq ans, au moment de se lancer en agriculture à temps plein, Ryan
s’est donné un projet audacieux : arriver à gagner sa vie en cultivant des légumes en semis direct sur une terre de 40 hectares, sans main-d’œuvre étrangère. « C’est tout un défi, reconnaît-il. Heureusement qu’il y a aussi la ferme de grandes cultures. » Mené de front avec sa conjointe Marissa, le projet a démarré avec l’acquisition d’une terre qui avait longtemps été en loca-
PHOTOS : ANDRÉ DUMONT
/ Le Bulletin des agriculteurs / Juin 2016 / 49
FRUITS ET LÉGUMES
Ryan Marshall est persuadé que les techniques de semis direct en grandes cultures peuvent être transférées à la culture de légumes de champ.
affirme notre producteur. Quand la terre n’est pas travaillée, le sol et les plantes sont en meilleure santé. » En production maraîchère, le sol est tion. Tout en rénovant la vieille maison de ferme, le couple redonne vie à d’excellents habituellement abondamment remanié pour créer des planches ou des billons, sols qui avaient été compactés. Le sol est un loam qui absorbe très bien ou tout simplement pour faciliter l’ensel’eau des précipitations, dit Ryan. « Il est de mencement. Ryan Marshall croit que cela meilleure qualité que celui de nos champs rend le sol vulnérable à l’érosion. De plus, en grandes cultures, alors j’ai eu l’idée en évitant cette perturbation mécanique, de m’en servir pour des cultures de plus les champignons mycorhiziens se dévegrande valeur. » L’irrigation n’est pas néces- loppent beaucoup plus et les éléments nutritifs sont mieux recyclés, ce qui favosaire pour produire des légumes. Une bonne quinzaine de différents rise la croissance des plantes et réduit les légumes y sont cultivés : tomates, pois, besoins en engrais chimique. courgettes, betteraves, concombres, etc. La plupart sont ensemencés en semis direct. SEMIS DE PRÉCISION D’autres sont transplantés avec un travail Les légumes sont cultivés en rangs espacés en bande. de 30 pouces. Le semis est réalisé avec un « Nous voulons prendre ce que nous planteur à deux rangs équipé d’un contrôle avons appris en grandes cultures en semis de précision, pour une profondeur et des direct et l’appliquer à la culture de légumes, espacements parfaits. Le tracteur est doté
50 / Juin 2016 / Le Bulletin des agriculteurs /
d’un GPS et d’autoconduite. Le tout est suffisamment simple pour qu’une employée puisse semer seule. Les légumes sont récoltés en continu, pendant tout l’été pour alimenter un magasin à la ferme, le Marshall’s Real Farmers Market. Presque tous les employés habitent à proximité. « Si je veux que les gens de la communauté achètent mes légumes, alors je dois engager des gens d’ici, affirme Ryan Marshall. Avec toute la technologie qui existe et l’intelligence des travailleurs, je crois qu’on peut cultiver avec moins de main-d’œuvre, mais plus d’employés bien formés. » D’un simple kiosque sur le bord de la route, la vente à la ferme a pris une telle ampleur qu’elle se déroule maintenant dans un véritable magasin. On y vend les légumes, ainsi que des marinades, sauces et autres produits de la ferme transformés.
MAUVAISES HERBES La gestion des mauvaises herbes s’avère l’élément de régie le plus complexe à maîtriser. Les légumes occupent 16 des 40 hectares de la petite ferme. Ceci permet une rotation avec des grandes cultures Roundup Ready. Les mauvaises herbes qui poussent au printemps servent de culture de couverture, puis elles sont anéanties par une application glyphosate ou d’autres herbicides avant les semis de légumes. La ferme est équipée pour pulvériser entre les rangs, mais cela s’avère complexe, en raison des périodes de retrait avant la récolte. Les mauvaises herbes sont donc fauchées. Celles trop près du rang doivent parfois être arrachées à la main.
GESTION DE LA CIRCULATION Comme dans les champs en grandes cultures, les légumes sont toujours implantés sur un rang qui demeure au même endroit, année après année. Le GPS permet de semer exactement dans cette zone de sol riche bien structurée et bien drainée, par les canaux laissés par les anciennes racines. Cette forme de gestion contrôlée de la circulation permet de ne jamais compacter sur le rang. Cependant, avec des équiPresque tous les légumes sont écoulés dans un magasin à la ferme.
pements à seulement deux rangs, cela fait quand même beaucoup de circulation dans le champ, reconnaît Ryan Marshall. D’ici quelques années, certaines cultures seront implantées à plus grande échelle, avec des équipements modifiés à la ferme pour travailler sur quatre ou six rangs, se promet-il.
Les légumes sont semés avec ce planteur à deux rangs.
Toutes les interventions aux champs sont documentées, afin d’éviter de reproduire les erreurs et d’établir de bonnes pratiques. En cinq ans, Ryan Marshall a beaucoup appris. Chaque légume requiert une attention particulière aux semis et au désherbage. Cette façon de cultiver ne permet pas d’atteindre des seuils de rentabilité pour compétitionner avec les producteurs qui alimentent les grandes plates-formes de distribution, admet le producteur. Ce n’est pas l’objectif. Seuls les prix obtenus avec la vente directe à la ferme rendent ce modèle viable, dit-il. Au fil des essais et erreurs, les succès au champ se multiplieront et les coûts de production chuteront. On a souvent vu des producteurs de légumes devenir de très bons producteurs de grandes cultures. L’avenir nous dira si le chemin inverse qu’emprunte Ryan Marshall peut aussi mener au succès. André Dumont est journaliste pigiste spécialisé en grandes cultures. Il collabore à de nombreuses publications notamment La Presse et Country Guide.
/ Le Bulletin des agriculteurs / Juin 2016 / 51
MIEUX VIVRE
PAR PIERRETTE DESROSIERS
DU POISSON POUR VOS VIEUX JOURS
Q
uel prix êtes-vous prêt à payer pour le bonheur de vos enfants ? Combien vous coûte-t-il ? Le bonheur de mes enfants n’a pas de prix, me direzvous. Quand on aime, on ne compte pas. Toutefois, à entendre plusieurs de mes clients, l’amour n’a pas de prix, mais ça coûte cher en maudit. Cette question ne se posait probablement pas il y a 30 ou 40 ans. Avec huit bouches à nourrir et très peu de revenus, il n’y avait pas de place pour le luxe, le but était d’arriver à la fin du mois. Bien sûr, comme nos parents, on aime beaucoup nos enfants et on veut le meilleur pour eux. Toutefois, aujourd’hui, ayant moins d’enfants et une plus grande accessibilité au crédit, on peut se « permettre » d’être plus généreux. Mais à partir de quand sommes-nous « trop généreux » ? C’est quoi un enfant gâté ? Trop gâté ? J’aimerais bien vous mettre un chiffre sur « trop gâté », mais c’est impossible. En fait, pour déterminer si un enfant est trop gâté ou non, il ne s’agit pas de qu’est-ce qu’on lui donne, mais plutôt de comment il obtient ce qu’il veut. Votre enfant n’a qu’à demander, hausser le ton, pleurer, supplier ou vous menacer, et vous voilà prêt à répondre à toutes ses requêtes ? Pire encore, il ne demande rien, mais reçoit tout sur un plateau d’or ? Je vois des parents qui hypothèquent leur retraite pour « aider » leur enfant à se lancer en affaires, à payer leurs études ou encore à payer des dettes de drogue. Je vois des parents travailler comme des fous, pendant que leur enfant fait le party et mène la belle vie. « Mais si on a les moyens, c’est quoi le problème ? » Le problème, c’est quand on donne trop de tout, trop facilement à notre enfant. Nous le privons de la satisfaction d’avoir bûché fort pour l’obtenir. Nous le privons de développer sa capacité à attendre, à
52 / Juin 2016 / Le Bulletin des agriculteurs /
désirer quelque chose, à se priver et à accepter les difficultés de la vie. Nous le privons de développer sa résilience, sa capacité à s’adapter et à innover. « En voulant tout lui donner, on le prive de beaucoup ». Pourquoi agissons-nous ainsi avec notre enfant ? Parce que nous croyons que plus est synonyme de mieux, de bonheur. Parce que nous voulons à tout prix lui éviter les difficultés et les carences que nous avons connues. Parce que nous ne pouvons tolérer l’idée qu’il nous en veuille pour un moment. Parce que nous associons le fait d’être un bon parent à notre capacité de toujours répondre à ses besoins. Parce que nous ne pouvons tolérer de le voir triste, déprimé, en colère ou d’en avoir moins que ses amis.
Parce que nous définissons notre valeur comme être humain, en fonction du succès de notre enfant. Enfin, pour notre bien-être et celui de notre enfant, nous devrions revenir au bon vieil adage : apprendre à pêcher à notre enfant au lieu de lui donner du poisson. Pourquoi ? Pour qu’il devienne indépendant. Pour qu’il apprenne à se faire des réserves pour les jours où la pêche sera moins bonne. Pour lui éviter de crever de faim quand nous ne serons plus là. Limitez le poisson que vous lui donner alors qu’il est encore temps, afin qu’il apprenne à pêcher. Peut-être vous resterat-il un peu de poisson pour vos vieux jours ? Pierrette Desrosiers est psychologue du travail, M. PS. et coach spécialisée dans le milieu agricole. Elle est également conférencière et auteure de trois livres. / pierrettedesrosiers.com
C’EST NOUVEAU C’EST NOUVEAU
Alltech acquiert Keenan Alltech, spécialiste de la nutrition animale au Kentucky, aux États-Unis, a acquis l’irlandais Keenan. Fondée en 1978, l’entreprise Keenan restera basée à Borris, en Irlande. Keenan emploie présentement près de 300 personnes en Irlande et Alltech plus de 5000 dans 128 pays. Il s’agit de la 14e acquisition du géant américain depuis 2011. Alltech compte sur cette acquisition afin de consolider son offre en nutrition animale et ainsi mettre la main sur des données collectées par Keenan sur plus d’un million de vaches provenant de plus de 10 000 exploitations dans 25 pays. alltech.com
Râteau à foin Pöttinger TOP 962 C Le nouveau râteau à andain central Pöttinger TOP 962 C dispose d’une largeur de travail de 8,9 m à 9,6 m et d’un diamètre de rotor de 4,3 m. Les rotors sont protégés individuellement contre les surcharges et une roue libre est intégrée en standard dans la boîte de vitesses splitter. Le TOP 962 C dispose d’un châssis six roues avec essieu tandem par rotor qui fournit stabilité et efficacité de suivi du terrain afin de récolter le maximum de fourrage sur le sol en minimisant l’apport de particule de terre. L’inclinaison des dents peut être ajustée à l’aide de boulons de décalage. Les rotors Toptech Plus ont un diamètre de rotor de 4,3 m et 15 bras par toupie. La piste de came de grand diamètre sans pente abrupte permet un contrôle précis, en plus d’offrir une résistance maximale et une contrainte minimale sur les roulements de bras. Les bras sont faciles à remplacer à l’aide de deux boulons. L’unité de boîte de vitesses du rotor est extrêmement robuste avec ses engrenages immergés dans une graisse semi-liquide et complètement étanche pour éviter les poussières. Une roue dentée de grand diamètre garantit le bon fonctionnement et une longue durée de vie. poettinger.at/fr_ca
Nouvelle remorque à benne de la compagnie Normand La compagnie Normand a dévoilé sa nouvelle version de remorques à benne basculante série 127 12M. Elle dispose d’une capacité de 12 tonnes et de 152 pi³ ou de 277 pi³ avec les extensions. La remorque est équipée d’un essieu tandem. Elle est chaussée de pneus 16,5 X 16,1. Le vérin de la benne est télescopique divisé en trois sections afin d’atteindre un angle de déversement de 50 degrés. Le poids à vide de la remorque est de 2157 kg (4750 livres). Elle est disponible en option avec un ensemble de lumière pour remorque agricole et chaînes de sécurité de 21 541 kg (40 500 livres) pour un usage sur route. cienormand.com
/ Le Bulletin des agriculteurs / Juin 2016 / 53
C’EST NOUVEAU
Moniteur de rendement Topcon Isobus YieldTrakk Il est maintenant possible d’utiliser une console Isobus pour faire l’acquisition des données de récolte. Topcon a développé conjointement avec RDS un capteur de rendement Isobus pour n’importe quelle marque de moissonneuse-batteuse, grâce à des capteurs optiques et un capteur d’humidité. Une mise à niveau de votre moniteur de rendement Ceres est aussi possible permettant ainsi de bénéficier des nouveaux avantages du YieldTrakk de façon économique. Innotag.ca
Great Plains passe aux mains de Kubota Le japonais Kubota a conclu un accord afin d’acquérir la société américaine Great Plains Manufacturing ainsi que ces différentes divisions : Great Plains international, Great Plains ag, Land Pride, Great Plains Trucking et Great Plains Acceptance Corporation. Great Plains, qui célèbre ses 40 ans cette année, a été fondé par Roy Applequist. Great Plains emploie plus de 1400 personnes au Kansas ainsi qu’en Angleterre, site du fabricant Simba racheté en 2012. Pour Kubota, il s’agit d’accroître sa présence dans l’univers agricole ainsi que dans différents secteurs d’activités connexes en plus de mettre la main sur de l’expertise de longue date dans les semoirs et outils de travail de sol. Kubota avait déjà un partenariat depuis 2007 avec Great Plains et sa division Land Pride. Pour l’avenir, les cinq divisions resteront intactes avec leurs différents sites de production. greatplainsag.com
La Vario fête ses 20 ans ! Cette année marque le vingtième anniversaire commercial de la célèbre transmission Vario de Fendt. Cette célèbre transmission a donné le ton à un marché qui a, par la suite, explosé. Les concurrents ont rapidement développé leur transmission. En 1996, la powershift et la semi-powershift étaient la norme. Fendt a fait le pari judicieux de l’abandonner progressivement pour adopter la variation continue Vario. Pari réussi en 2010 : la 100 000e Vario est sortie de l’usine. Fendt annonce que la 200 000e transmission va être produite cette année ! Bien qu’elle ait été présentée officiellement à l’Agritechnica 1995 sur la série Favorit 926 Vario, le premier brevet de la compagnie allemande date de 1973. Vingt ans plus tard, à Agritechnica 2015, Fendt a remporté la médaille d’argent pour le développement du train avant alimenté indépendamment du train arrière par une deuxième sortie de la transmission. Cette innovation est disponible sur la série Fendt 1000 et ouvre la marche au prochain vingt ans de cette transmission légendaire. fendt.com
54 / Juin 2016 / Le Bulletin des agriculteurs /
Venez les voir en action sur le terrain ! Le Bulletin des agriculteurs vous invite à Expo-champs pour venir voir en action les plus récents modèles de tracteurs télescopiques. Ils seront mis à l’épreuve dans un parcours spécialement aménagé pour simuler les conditions réelles d’une ferme. Des experts seront sur place pour décrire les équipements et répondre à vos questions.
Tracteur sous-compact Kioti série CS Kioti a dévoilé sa série de tracteurs CS. Les nouveaux CS2210 et CS2510 offrent un moteur diesel de 21,1 ch et 24,5 ch. Ces moteurs optimisés combinent grande puissance avec une faible consommation de carburant. Ils offrent respectivement 17,6 ch et 19,4 ch au pto, ce qui donne aux propriétaires la possibilité d’alimenter une multitude d’accessoires et d’outils aratoires. Les 6,4 po de garde au sol, quant à eux, offrent aux propriétaires la flexibilité pour faire fonctionner ces tracteurs sous-compacts sur une variété de surfaces. La direction assistée, le nouveau poste de conduite ergonomique avec une meilleure assise et les pédales jumelles TVH sont de série sur tous les modèles. Les commandes à levier HI-LO main gauche permettent au tracteur de surmonter une large gamme de tâches de charge tandis que la conception de la hotte rationalisée améliore la visibilité pour l’utilisateur. kioti.com
Aussi au programme : démonstrations de charrues à versoirs. Cet équipement de travail du sol a énormément évolué ces dernières années. Elles sont maintenant équipées de réglages hydrauliques, de systèmes automatisés de transfert de poids, de versoirs qui se remplacent sans outil et bien d’autres innovations. Les modèles les plus récents seront mis à l’épreuve et présentés par les spécialistes des fabricants.
200 000 machineries signées JCB Qui aurait dit qu’en un peu moins de 40 ans, JCB, une compagnie britannique, aurait développé et vendu pas moins de 200 000 chargeurs télescopiques ! Que ce soit pour la construction ou l’agriculture, cette entreprise développe depuis 1977 des chargeurs télescopiques qui combinent puissance, maniabilité et performance aux champs, dans l’étable ou sur la route. jcbna.com
30, 31 août et 1er septembre 2016 Pour connaître les horaires des démonstrations, consulter le site d’Expo-champs : expo-champs.com
/ Le Bulletin des agriculteurs / Juin 2016 / 55
PLUS DE BALLES À L’HEURE NOUVEAU MODÈLE 2250 ProCutMC
Grâce aux presses à grosses balles rectangulaires Hesston 2200 de Massey Ferguson, vous obtiendrez à tout coup des balles denses, bien carrées, peu importe la culture ou la largeur de l’andain. Les presses de la série 2200 de Massey Ferguson ont une plus grande capacité que toutes autres presses concurrentes sur le marché. Comme le temps perdu se traduit par une perte d’argent, elles ont été conçues pour exiger un minimum d’entretien. Et lorsque vient le temps de le faire, c’est rapide et facile. Trois modèles sont offerts avec le couteau rotatif optionnel ProCutMC qui permet de raccourcir la longueur de la récolte. Passez chez votre concessionnaire ou visitez MasseyFerguson.com Agritibi R.H. Amos | 819 732-6296 Saint-André-Avellin | 819 983-2124 Alcide Ouellet & Fils Cacouna | 418 862-0541 Saint-Cyprien | 418 963-2647 Champoux Machineries Warwick | 819 358-2217 Équipements Guillet Sabrevois | 450 346-6663 Équipements Séguin & Frères Saint-Clet | 450 456-3358
Garage N. Thiboutot Saint-André-de-Kamouraska | 418 493-2060
Machineries Horticoles d’Abitibi Poularies | 819 782-5604
Garage Paul-Émile Anctil Mont-Joli | 418 775-3500
Machinerie JNG Thériault Amqui | 418 629-2521
Groupe Symac Napierville | 450 245-7499 Normandin | 418 274-4568 Parisville | 819 292-2000 Pont-Rouge | 418 873-8628 Rougemont | 450 469-2370 Saint-Bruno | 418 343-2033 Saint-Denis | 450 787-2812 Saint-Hyacinthe | 450 799-5571
Machineries Nordtrac Louiseville | 819 228-4848 Saint-Barthélemy | 450 885-3202 Saint-Roch-de-l’Achigan | 450 588-2055
Les Équipements Yvon Rivard Mirabel | 450 818-6437
Service Agricole de l’Estrie Coaticook | 819 849-4465 Service Agricole de Beauce Saint-Georges | 418 221-7022 Sainte-Marie | 418 387-3814
MASSEY FERGUSON est une marque mondiale d’AGCO. ©2016 AGCO Corporation, 4205, River Green Parkway, Duluth, GA 30096 (877) 525-4384.
MÉTÉO / JUILLET 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31
NORMALE
NUAGEUX
PARTIELLEMENT NUAGEUX
ABITIBI-TÉMISCAMINGUE Températures et précipitations supérieures à la normale. Ciel nuageux avec averses du 1er au 7. Période ensoleillée et sèche du 8 au 10. Ciel partiellement nuageux et averses passagères du 11 au 14. Averses le 15. Températures estivales avec mélange de soleil, de nuages et d’averses passagères du 16 au 22. Possibilité d’averses du 23 au 26. Ciel partiellement nuageux avec averses dispersées du 27 au 29. Nuages et pluie les 30 et 31.
PLUIE
AVERSE
NEIGE
VALLÉE DE L’OUTAOUAIS Températures et précipitations supérieures à la normale. Ciel partiellement nuageux avec averses du 1er au 3. Nuages et pluie du 4 au 7. Période ensoleillée et sèche du 8 au 12. Ciel partiellement nuageux les 13 et 14. Averses le 15. Températures estivales avec mélange de soleil, de nuages et d’averses passagères du 16 au 22. Possibilité d’averses du 23 au 31.
ACCUMULATION FROID
GASPÉSIE ET NOUVEAU-BRUNSWICK Températures et précipitations supérieures à la normale. Ciel nuageux avec averses du 1er au 7. Période ensoleillée et sèche du 8 au 11. Ciel partiellement nuageux et averses passagères du 12 au 15. Températures estivales avec mélange de soleil, de nuages et d’averses passagères du 16 au 21. Possibilité d’averses du 23 au 26. Nuages et pluie les 27 et 28. Ciel partiellement nuageux et averses dispersées du 29 au 31.
SAGUENAY–LAC-SAINT-JEAN Températures et précipitations supérieures à la normale. Ciel nuageux avec averses du 1er au 7. Période ensoleillée et sèche du 8 au 10. Ciel partiellement nuageux et averses passagères du 11 au 14. Averses le 15. Températures estivales avec mélange de soleil, de nuages et d’averses passagères du 16 au 22. Possibilité d’averses du 23 au 26. Ciel partiellement nuageux avec averses dispersées du 27 au 29. Nuages et pluie les 30 et 31. MONTRÉAL, ESTRIE ET QUÉBEC Températures et précipitations supérieures à la normale. Ciel partiellement nuageux avec averses passagères du 1er au 3. Plus de nuages que de soleil avec averses passagères du 4 au 7. Période ensoleillée et sèche du 8 au 12. Ciel partiellement nuageux et averses passagères les 13 et 14. Averses le 15. Températures estivales avec mélange de soleil, de nuages et d’averses passagères du 16 au 22. Possibilité d’averses du 23 au 26. Ciel partiellement nuageux avec averses dispersées du 27 au 29. Nuages et pluie les 30 et 31.
CHAUD
Conseils & services du semis à la récolte
Notre équipe d’agronomes et de techniciens est là, sur le terrain, pour vous conseiller tout au long de la saison.
Il ne vous reste qu’à les appeler ! Région de la Montérégie
Région centre du Québec
514 770-2627
819 818-7853
Adriana Puscasu
Région de la Montérégie et de l’Estrie
Hicham Fram
Région Est de l’Ontario
Andrew Hodges 819 208-0787
514 771-3831 Choisissez les semences Ceresco à rendement supérieur
Guillaume Vincent
Région des Laurentides
Valentin Baciu
Élise Vincent 613 894-5338
311-02/2016
ENSOLEILLÉ
514 208-6639
1 888 427-7692 www.sgceresco.com
Faire du soya une culture
/ Le Bulletin des agriculteurs / Juin 2016 /
57
58 / JUIN 2016 / LBDA /
PLACE DU COMMERCE
PLACE DU COMMERCE
Peu importe la marque Peu importe la largeur nous avons une solution à vous proposer
PL ANIFIEZ 2017 DÈS MAINTENANT
1 877 892-2126 • info@aulari.com • www.aulari.com
DEPUIS PLUS DSE 70 AN
Épandeurs à fumier solide De 210 à 2150 pi3
LE MEILLEUR DE LA TECHNOLOGIE EUROPÉENNE ENFIN AU QUÉBEC ! Remorques dompeuses arrières De 430 à 1450 pi3
TOTAL est fier d’offrir sur le marché canadien une gamme de lubrifiants haut de gamme alliant performance et efficacité.
819 817-4928
Rien ne s’accomplit sans passion !
brochard-ca.com
/ JUIN 2016 / LBDA / 59
Filiale Brochard – Drummondville
Pour plus d’informations, consultez notre site web au www.total-canada.ca
Annonce Le Bulletin des agriculteurs V3 09 12 2015.indd 1
12/10/2015 12:20:59 PM
PLACE DU COMMERCE
/// 2016
la vente
aLLeZ
À l’achat d’un vtt Yamaha 2016 neuf et inutilisé :
sorteZ
À l’achat d’un vtt Yamaha 2016 neuf et inutilisé :
Financement
Financement à partir de
1,49 %
*
de Yamaha
à partir de
la vente
aLLeZ% 1,49
*
l’offre prend fin le 30 juin 2016. Rendez-vous au www.yamaha-motor. pour tout savoir sur les rabais offerts à l’achat de vtt Yamaha. À l’achat d’un vtt Yamaha 2016 neuf et inutilisé :
sorteZ
l’offre prend fin le 30 juin 2016. Rendez-vous au www.yamaha-motor.ca pour tout savoir sur les rabais offerts à l’achat de vtt Yamaha.
de Yamaha
Financement à partir de
1,49 %
*
en Prime!
l’offre prend fin le droit 30 juin vous pourriez avoir à un2016. treuilRendez-vous au www.yamaha-motor.ca pourVantage tout savoir sur les† rabais offerts à l’achat de vtt Yamaha. yamaha Gratuit!
dÈs maintenant cheZ Votre concessionnaire yamaha!
Certaines conditions s’appliquent. Passez chez un concessionnaire participant ou visitez notre site Web pour plus de détails. * Également au menu : promotion « Pas de paiement pendant 6 mois; pas d’intérêt pendant 5 mois ». Financement à partir de 1,49 % (24 mois), et de 3,49 % (60 mois). Les taux peuvent changer sans préavis. Lorsque financé par le truchement du programme Power Finance de Yamaha. Sur approbation du crédit. † Treuil Yamaha Vantage de 3 000 lb offert à l’achat de Grizzly et de Kodiak 700 2016 seulement. L’installation et certaines pièces de fixation sont aux frais du client.
un treuil t!†
tre concessionnaire yamaha! articipant ou visitez notre site Web pour plus de détails.
/// yama
; pas d’intérêt pendant 5 mois ». Financement à partir de 1,49 % (24 mois), et de 3,49 % (60 mois). hement du programme Power Finance de Yamaha. Sur approbation du crédit. Kodiak 700 2016 seulement. L’installation et certaines pièces de fixation sont aux frais du client. vous pourriez
en Prime!
avoir droit à un treuil yamaha Vantage Gratuit!†
en Prime !
Vous pourriez avoir droit à un treuil
/// yamaha-motor.ca yamaha Vantage Gratuit! dÈs maintenant cheZ Votre concessionnaire yamaha! Certaines conditions s’appliquent. Passez chez un concessionnaire participant ou visitez notre site Web pour plus de détails. †
60 / JUIN 2016 / LBDA /
* Également au menu : promotion « Pas de paiement pendant 6 mois; pas d’intérêt pendant 5 mois ». Financement à partir de 1,49 % (24 mois), et de 3,49 % (60 mois). Les taux peuvent changer sans préavis. Lorsque financé par le truchement du programme Power Finance de Yamaha. Sur approbation du crédit. † Treuil Yamaha Vantage de 3 000 lb offert à l’achat de Grizzly et de Kodiak 700 2016 seulement. L’installation et certaines pièces de fixation sont aux frais du client.
Eugène Fortier et Fils, Princeville Jasmin Péloquin Sport, Sorel-Tracy Le Docteur de la Moto, Sainte-Perpétue MotoSport St-Césaire, Saint-Césaire Varin Yamaha, Napierville
100, boulevard Baril Ouest 1210, boulevard Fiset 4919, rang St-Joseph 800, route 112 245, rue Saint-Jacques
819 364-5339 450 742-7173 819 336-6307 450 469-2733 450 245-3663
www.eugenefortier.ca www.jasminpeloquinsport.com /// yamaha-motor.ca www.docteurdelamoto.qc.ca www.motosportsc.com www.varinyamaha.com
PLACE DU COMMERCE
Warrior édition Une édition limitée avec des performances illimitées
/ JUIN 2016 / LBDA / 61
DANS LE CHAMP
PAR ERIC GODIN
Dans le champ est une série de dessins humoristiques sur le monde agricole d’ici créée par l’artiste multidisciplinaire Eric Godin. Visitez LeBulletin.com pour vous abonner à l’infolettre le Bulletin Express et découvrir un nouveau dessin exclusif chaque vendredi. le
EXPRESS
DANS LE PROCHAIN NUMÉRO
ÉLEVAGES Bio et bien organisés ! L’organisation du travail chez les Lampron, c’est une question de respect et d’efficacité pour toutes les personnes qui travaillent dans l’entreprise.
MACHINERIE Louer ou acheter une batteuse ? De nombreux producteurs se posent cette question. Plusieurs aspects entrent en ligne de compte. Le Bulletin fait le tour de la question.
LAIT La révolution des protéines Depuis deux décennies, les chercheurs Hélène Lapierre et Daniel Ouellet travaillent à mieux définir les besoins alimentaires des vaches laitières, en particulier les protéines.
ABONNEMENT : lebulletin.com ou 450 486-7770 PHOTOS : ALAIN FOURNIER, MARIE-JOSÉE PARENT
62 / Juin 2016 / Le Bulletin des agriculteurs /
ViVeZ l’eXPÉrience
agricole
Présenté par
Par eXcellence
750 exposants 13-15 sept. 2016 WooDstoCK, ont.
nouVeau • Démos de sous-soleuses
• Démos de pulvérisateurs autopropulsés • essais de tracteurs
et bien plus !
Découvrez le plus grand événement en agriculture : le Canada’s Outdoor Farm Show 2016 ! Pendant trois jours, vous pourrez découvrir tout en technologie et innovation agricoles. Assistez à des démonstrations de machineries, de cultures, d’élevage, d’énergie verte et bien plus encore !
Ne manquez pas ça ! Le Canada’s Outdoor Farm Show se tient une fois par an et vous voulez être présent ! Lancé en 1994, le Canada’s Outdoor Farm Show attire aujourd’hui plus de 40 000 agriculteurs et 750 exposants chaque année. Assistez à des démonstrations sur plus de 100 acres. Vous pourrez voir les nouvelles technologies au Centre d’innovation laitière mettant en vedette Lely et DeLaval ainsi qu’au Centre de développement des animaux Grober Young.
www.OutdoorFarmShow.com
1 800 563-5441
Canada’s Outdoor Farm Show
info@outdoorfarmshow.com
@outdoorfarmshow
canadasoutdoorfarmshow
ARRÊTEZ DE CHERCHER. Chez n’importe quel concessionnaire du réseau Väderstad, vous trouverez de l’équipement agricole évolutif combiné à de judicieux conseils agronomiques. Vous y découvrirez entre autres les planteurs haute vitesse Tempo, qui atteignent un tout autre niveau de vitesse et de précision, et la Carrier, la déchaumeuse la plus polyvalente en agriculture.
POUR PLUS DE RENSEIGNEMENTS, RENDEZ-VOUS CHEZ LES CONCESSIONNAIRES SUIVANTS : Groupe Symac S.E.C.
Hoka Inc.
Napierville, QC Rougemont, QC Saint-Hyacinthe, QC Saint-Denis-sur-Richelieu, QC Parisville, QC Pont-Rouge, QC Saint-Bruno, QC Normandin, QC www.groupesymac.com
Saint-Césaire, QC www.adlsindustries.com
L’Excellence Agricole de Coaticook [EXCELKO] Lennoxville (Sherbrooke), QC www.excelko.com
Service Agro-Mécanique Saint-Pascal, QC Saint-Clément, QC www.serviceagromecanique.com
Faites évoluer votre ferme. ©Seed Hawk Inc., 2016 SEED HAWK MD, TEMPO MD, VÄDERSTADMD et VÄDERSTAD DESIGN MD sont des marques de commerce utilisées sous licence. Chez Seed Hawk, nous avons déployé tous les efforts pour présenter notre gamme de produits avec exactitude. Toutefois, comme nous nous engageons à améliorer continuellement nos technologies — pour offrir à nos clients les meilleurs produits possible — il peut exister certaines différences entre les produits manufacturés et ceux qui sont présentés dans ce document. Les spécifications exactes pour chaque produit seront confirmées au moment de la commande 04/16-49778
49778_SHK_2016_QCDealerAd_8-125x10-75_a1.indd 1
2016-05-10 10:27 AM