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DOSSIER FENAISON / CULTURES FERTILISATION DU SOYA / VOLAILLE INFLUENZA AVIAIRE
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LA RÉFÉRENCE EN NOUVELLES TECHNOLOGIES DEPUIS 1918
MAI 2016
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©2016 CNH Industrial America LLC. Tous droits réservés. Case IH est une marque déposée utilisée sous licence ou appartenant à CNH Industrial N.V., ses succursales ou ses filiales aux États-Unis et dans de nombreux autres pays. www.caseih.com
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SOMMAIRE
VOLUME 99 / NUMÉRO 5
CHRONIQUES
18
Bouche à oreille
4
Billet
6
Point de vue
8
Info cultures
31
Marché des grains
35
Info élevages
44
Info branché
46
Mieux vivre
47
C’est nouveau
53
Météo
57
Dans le champ
62
EN COUVERTURE Objectif : une excellente qualité de fourrages
10
DOSSIER FENAISON L’ensilage de qualité, tout un art !
18
Nouveautés fourragères 2016 23
36
40
CULTURES L’importance du phosphore dans la fertilisation du soya
28
ÉLEVAGES Atténuer la douleur, oui, mais comment ?
36
Alerte à l’influenza aviaire !
40
FRUITS ET LÉGUMES 48
L’intelligence bleue
48
En page couverture : Hans-Rudolf Broenimann et Rosmarie Fuchs se complètent parfaitement et font le succès de cette entreprise laitière de Sainte-Perpétue, au Centre-du-Québec. Photo : Alain Fournier. / Le Bulletin des agriculteurs / Mai 2016 / 3
BOUCHE À OREILLE
Petit pois ira loin
Le tabac s’envole vers de nouveaux horizons
La culture du tabac est une industrie qui diminue d’année en année. Avec un nombre croissant de fumeurs qui décident d’écraser, on pourrait même la croire vouée à une proche disparition. Pourtant, cette culture, qui a longtemps souffert de sa mauvaise réputation, pourrait peut-être enfin redorer son image. De fait, au-delà de servir à la fabrication des cigarettes, le tabac aurait également le potentiel de servir de carburant pour avion. C’est en faisant des modifications génétiques qu’une équipe de biologistes américains ont eu cette étonnante idée. La variété de tabac qu’ils sont parvenus à élaborer contient peu de nicotine, mais beaucoup de sucre, ce qui en fait un excellent candidat à la fabrication de biodiesel. De plus, le tabac grandit beaucoup et rapidement : il peut être récolté plusieurs fois par année et atteindre jusqu’à 15 m de hauteur. Il est donc naturellement facile de le cultiver à grande échelle. Le tabac n’aura donc peut-être pas dit son dernier mot. Source: modernfarmer.com
2016 ayant été baptisée « l’année internationale des légumineuses », ces fameuses petites fèves n’ont pas fini de faire parler d’elles. Déjà reconnu comme étant riche en fibres et en protéines, le potentiel nutritif des légumineuses pourrait être poussé encore plus loin. De fait, une équipe réunissant des scientifiques de l’Espagne, de l’Argentine, du Brésil et du Mexique s’est intéressée au génome du haricot afin de mieux en comprendre le développement. Ainsi, les chercheurs sont parvenus à identifier des génomes qui pourraient bientôt contribuer à nous donner des légumineuses non seulement plus nutritives, mais également plus résistantes aux sécheresses. Cette découverte contribue à élargir nos connaissances relatives à la génétique des haricots, encore peu étudiée jusqu’à maintenant. À la suite de ces premières recherches, les scientifiques pourront maintenant s’intéresser à de nouvelles manières de rendre les légumineuses encore meilleures pour notre santé et celle de notre planète. Source : foodnavigator.com
Le beurre de culture : un succès d’ici
Récemment, un beurre bien de chez nous a été encensé par la critique américaine. Alors que le quotidien The Globe and Mail l’aurait qualifié de meilleur beurre au Canada, de grands restaurants, dont le Daniel à New York, en aurait fait l’un de ses ingrédients de prédilection. C’est à la laiterie Chagnon qu’on doit ce fameux beurre baptisé le « Beurre de culture d’la Haute-Yamaska ». Soigneusement fermenté et décrit comme décelant des notes de miel, de sirop d’érable et de vinaigre de cidre, il n’est pas étonnant que ce produit ait trouvé tant d’adeptes. Accumulant plus de 60 ans d’expertise, la laiterie Chagnon est une des dernières laiteries indépendantes du Québec. Cette entreprise des Cantons de l’Est est depuis longtemps reconnue pour son lait et ses produits laitiers de grande qualité. Ce beurre digne des plus grandes tables a été développé par la laiterie en collaboration avec Société-Orignal, une plateforme de création souhaitant faire rayonner les produits du terroir québécois. Source : laiteriechagnon.com
4 / Mai 2016 / Le Bulletin des agriculteurs /
Histoires de miel et autres gâteries UN APICULTEUR À SUCCÈS...
Évoluer grâce à la viande tranchée
Les aliments que nos ancêtres ont choisi de manger ont eu un impact considérable sur notre évolution. En effet, l’élevage des animaux et la cuisson de la viande ont grandement contribué à faire évoluer notre société. Cependant, qu’en est-il de notre façon de la manger ? Lorsqu’on sait qu’un chimpanzé peut passer près de six heures par jour à mâcher sa nourriture, il ne faut pas s’étonner du fait que les humains aient un jour décidé d’améliorer ce processus. En effet, la viande d’animal sauvage, beaucoup plus raide et filandreuse que celle d’élevage prendrait un temps fou à mastiquer. Pour mieux déguster leur viande, nos ancêtres auraient donc inventé des outils tranchants comme le couteau. En plus de leur faire gagner un temps précieux, l’invention de la viande tranchée aurait contribué à l’évolution de notre mâchoire, nous permettant non seulement de manger plus efficacement, mais également d’enrichir notre conversation en nous permettant d’émettre des sons plus nuancés, tels que le « O ». Source : sciencemag.org
Un jeune apiculteur de l’Ardèche, en France, était complètement dépassé par son succès. Il ne suffisait carrément plus à la demande, la liste d’attente pour ses pots de miel ne cessait de s’allonger…Jusqu’au jour où les autorités locales ont stoppé net la production. Pourquoi ? Elle contenait du THC (tétrahydrocannabitol), soit le composé psychoactif du cannabis. Une quantité si importante que les clients en redemandaient et en redemandaient… Stupéfait, l’apiculteur a découvert que ses abeilles allaient butiner chez son voisin, officiellement producteur de châtaignes, officieusement de cannabis. À travers les champs de végétaux se trouvaient près de 200 pieds de cannabis. Source : Le Daily Béret
DES RUCHES DANS UN STADE DE SOCCER L’équipe de soccer allemande St Pauli a installé des ruches dans son stade situé à Hambourg, en Allemagne. Par cette initiative, le club dit vouloir faire sa part pour la biodiversité et le déclin de la population des abeilles. On demande même aux gens qui habitent dans un rayon de 3 km du stade de bien vouloir installer des boîtes à fleurs à leurs fenêtres afin d’offrir aux abeilles un environnement favorable pour butiner. Le miel ainsi récolté sera vendu à la boutique du stade. Il sera d’ailleurs baptisé « Ewaldbienenhonig », du nom de l’entraîneur du club Ewald Lienen. Ce n’est pas la première fois que le club de soccer se montre en faveur d’une cause. Il est bien connu pour ses différentes positions progressistes contre le racisme, le sexisme, le fascisme et l’homophobie. Source : bbc.com
/ Le Bulletin des agriculteurs / Mai 2016 / 5
BILLET
PAR YVON THÉRIEN
LA RÉFÉRENCE EN NOUVELLES TECHNOLOGIES
APRÈS LES DRONES, LES DOVES
M
ichaël Brault est producteur de grandes cultures en Montérégie. Il cultive principalement du maïs et du soya sur plus de 800 ha. Ses terres sont situées dans la région de Saint-Jean-surRichelieu. L’an dernier, il a acheté un lot de terre de 150 ha près de Bedford à quelques kilomètres de la frontière américaine. Une offre qu’il ne pouvait pas refuser. Malgré les 65 km qui séparent la ferme familiale de Bedford, il juge qu’au prix auquel il a négocié ses terres, il a fait un très bon placement. Ses semis sont presque terminés, il ne lui reste que quelques hectares de soya à semer. Tous les matins, il consulte son ordinateur pour planifier les travaux de la journée. Il se branche sur le site de la compagnie Planet Labs de Californie. À l’écran, il regarde les images de ses champs qui ont été prises la veille par des micros satellites. Il peut voir selon la couleur des sols, quels champs sont prêts à être semés. Il devra attendre encore deux ou trois jours avant de déménager son équipement pour semer ses parcelles dans la région de Bedford. Il est déçu, mais en même temps très content d’avoir lu un article dans le Bulletin des agriculteurs sur la technologie des doves. Grâce à ce nouveau service d’images satellitaires, il vient de s’épargner un déplacement inutile et coûteux. Il décide donc de profiter du temps calme et sans vent pour appliquer un herbicide de prélevée dans un champ près de la maison. Bienvenue dans un futur pas si lointain. Michaël Brault est un producteur fictif, mais la compagnie Planet Labs et ses minis satellites appelés doves sont bien réels. L’entreprise de Californie a déjà déployé plus d’une centaine de ses micros satellites dans l’espace. Son
6 / Mai 2016 / Le Bulletin des agriculteurs /
objectif est d’avoir une constellation de doves en orbite à 400 km au-dessus du globe et d’offrir aux agriculteurs des images de la surface de la Terre sur une base journalière. Grâce à ces photos qui peuvent être consultées à l’écran d’un ordinateur ou celui d’un téléphone, il sera très facile de faire un suivi quotidien des champs. Actuellement, des producteurs des États-Unis utilisent les services de Planet Labs pour déterminer le stade de croissance des cultures, vérifier l’état de santé des champs, estimer les rendements et suivre les opérations de récolte. Les doves sont de petits satellites de la taille d’une brique composés de trois cubes de 10 cm de côté. Ils parcourent 16 fois par jour le tour de la Terre et envoient par ondes radio des photos d’une résolution de 3 m à 5 m. Ces photos sont enregistrées dans un serveur et peuvent être facilement consultées avec un ordinateur ou un appareil mobile. Un dove pèse seulement 4 kg, soit 1000 fois moins qu’un satellite standard. Au début, pour envoyer un dove en orbite, on utilisait les petits espaces disponibles sur les fusées de lancement de satellites de taille normale. Maintenant, la compagnie utilise des fusées cargos qui peuvent déployer dans l’espace un essaim de plusieurs dizaines de doves en une seule opération. Il en coûte moins de 100 000 $US pour les lancer dans l’espace comparativement à 100 millions $US pour un satellite de type Landsat. Dans un avenir très rapproché, il sera facile et abordable d’obtenir des photos de grande qualité des fermes. Des images utiles pour la gestion au quotidien et pour les adeptes d’agriculture de précision. Bonne lecture.
RÉDACTION Yvon Thérien, agr., éditeur et rédacteur en chef yvon.therien@lebulletin.com Marie-Claude Poulin, rédactrice en chef adjointe marie-claude.poulin@lebulletin.com Marie-Josée Parent, agr., journaliste marie-josee.parent@lebulletin.com Dany Derkenne, directeur artistique dany.derkenne@lebulletin.com COLLABORATEURS Jean-Philippe Boucher, Pierrette Desrosiers, André Dumont, Jean-Louis Dupont, Alain Fournier, Eric Godin, Lionel Levac, Nicolas Mesly, Céline Normandin, Julie Roy, Caroline Thérien, Johanne van Rossum, Nicolas Witty-Deschamps. PUBLICITÉ Martin Beaudin, directeur de comptes martin.beaudin@lebulletin.com Tél. : 514 824-4621 Lillie Ann Morris, représentante en Ontario lamorris@xplornet.com Tél. : 905 838-2826 Luc Gagnon, rédacteur publicitaire lucg@cybercreation.net ABONNEMENT 1 an (11 numéros) : 55 $ 3 ans (33 numéros) : 122 $ Anne-Marie Gignac, service à la clientèle services.clients@lebulletin.com Tél. : 450 486-7770 6, boulevard Desaulniers, bur. 200, Saint-Lambert (Québec) J4P 1L3 Téléphone : 450 486-7770 lebulletin.com Le contenu de ce magazine ne peut être reproduit sans l'autorisation écrite de l'éditeur du Bulletin des agriculteurs. Ce magazine est publié par Farm Business Communications, une division de Glacier Media inc. Les auteurs conservent l'entière liberté de leurs opinions. Le Bulletin des agriculteurs ne garantit pas l'exactitude de l'information contenue dans la publication et n'assume aucune responsabilité pour toute action ou décision prise à partir de l'information contenue dans le magazine. Tous droits réservés 1991 / Dépôt légal : Bibliothèque nationale du Québec / ISSN 0007-4446 / Fondé en 1918, Le Bulletin des agriculteurs est indexé dans Repère. /Envoi Poste-publication / Convention 40069240. / Nous recon naissons l’aide financière du gouvernement du Canada par l’entremise du Fonds du Canada pour les périodiques (FCP) du ministère du Patrimoine canadien. / Postes Canada : retourner toute correspondance ne pouvant être livrée au Canada au Bulletin des agriculteurs, 16, boulevard Desaulniers, bur. 200, Saint-Lambert (Québec) J4P 1L3. / U.S. Postmaster : send address changes and undeliverable addresses (covers only) to : Circulation Dept., PO Box 9800, Winnipeg, Manitoba, R3C 3K7. PROTECTION DES RENSEIGNEMENTS PERSONNELS À l’occasion, nous partageons nos listes d’abonnés avec des sociétés ou des organismes sélectionnés dont les produits ou services pourraient vous intéresser. Toutefois, si vous préférez que ces données (votre adresse postale ou électronique) ne soient pas transmises et souhaitez que votre nom soit retiré de ces listes, vous pouvez le faire facilement en nous appelant entre 9 h et 17 h, heure de l’Est, ou en nous écrivant à l’adresse électronique info@lebulletin.com.
Le Bulletin des agriculteurs reçoit, de temps à autre, des commentaires et des documents (y compris des lettres à l’éditeur) non sollicités. Le Bulletin des agriculteurs, ses sociétés affiliées et cessionnaires peuvent utiliser, reproduire, publier, rééditer, distribuer, garder et archiver ces soumissions, en tout ou en partie, sous quelque forme et sur quelque support que ce soit, sans aucune rémunération de quelque nature.
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POINT DE VUE
PROPOS RECUEILLIS PAR LIONEL LEVAC
TRAVAILLEURS ÉTRANGERS : L’IDÉOLOGIE A FAIT PLACE À LA LOGIQUE!
L
demandes d’autorisation pour faire venir des travailleurs ont aussi été raccourcis.
a Fondation des entreprises en recrutement de main-d’œuvre agricole étrangère (FERME) est probablement le groupe ayant été le plus actif à dénoncer les nombreuses restrictions et tracasseries élaborées par le gouvernement conservateur de Stephen Harper pour limiter l’entrée de travailleurs étrangers. L’ouverture du nouveau gouvernement permet aux entreprises de respirer et de planifier les opérations. Le Bulletin fait le point avec le directeur général de l’organisme, Denis Hamel. La situation était vraiment devenue difficile pour le secteur, n’est-ce pas ? Très difficile, au point où des transformateurs alimentaires envisageaient de ne pas mettre en opération certaines lignes de production pour les prochaines récoltes. Dans la production primaire, cela laissait craindre des cultures perdues. Autant parce que les acheteurs n’auraient pu les prendre que parce que les agriculteurs eux-mêmes n’auraient peut-être pas eu la main-d’œuvre voulue pour la récolte. Mais pourquoi la situation s’estelle envenimée à ce point ? Question d’idéologie de la part de l’ancien gouvernement. On a voulu limiter l’arrivée de travailleurs étrangers, sans distinction des secteurs d’activité économique. Commerce de détail, restauration, transformation alimentaire, agriculture, tout était dans le même sac. Aussi, les conservateurs pensaient que les restrictions progressives allaient inciter les Canadiens à occuper des emplois sur les fermes et dans les usines de transformation. En plus, on rejetait toutes les analyses montrant que les travailleurs étrangers dans l’agroalimentaire sont un stimulant important de l’économie. Un travailleur étranger génère deux autres emplois. L’argument des conservateurs, c’était qu’il y a beaucoup de chômeurs au Canada, non ? Malgré tous les efforts, et ce, depuis fort
8 / Mai 2016 / Le Bulletin des agriculteurs /
DENIS HAMEL Directeur général de FERME
« Plusieurs des mesures qui avaient été mises en place pour freiner la venue des travailleurs étrangers ont été levées ou assouplies. » longtemps, le recrutement de travailleurs canadiens est extrêmement difficile, voire impossible. Nous limiter à chercher des travailleurs locaux amènerait une réduction importante des activités en agriculture et en transformation. Puis, par conséquent, affecterait grandement l’économie de nombreuses régions dans tout le pays. On ne souhaite certainement pas abandonner des productions et devoir acheter à l’extérieur les mêmes aliments. Quelles sont les nouvelles mesures ? Ottawa a mis fin aux quotas qui limitaient le pourcentage de travailleurs étrangers dans les entreprises. Aussi, on peut maintenant planifier le transfert des travailleurs dans une autre entreprise selon les besoins et l’avancement des cultures. Il fallait 120 jours pour obtenir les autorisations. C’est maintenant 30 jours. Les délais de traitement des
Vous avez d’autres revendications, n’est-ce pas ? Est-ce qu’il y a des négociations ? Oui et l’ouverture est intéressante. On sent la bonne volonté. À Ottawa, on a maintenant à cœur d’avoir un système qui fonctionne bien. Bien sûr, on veut réduire la lourdeur administrative. Autre point, on réclame la levée de la limite de séjour des travailleurs étrangers temporaires. Actuellement, après un séjour cumulatif de quatre ans sur le territoire canadien, on ne peut faire revenir ces travailleurs. C’est absurde, ces gens sont devenus compétents et efficaces. Cela oblige les entreprises à former de nouveaux travailleurs. Il y a la possibilité que ces travailleurs deviennent résidents permanents ? Ça se discute également. Il doit s’agir d’ouvriers spécialisés. Dans plusieurs entreprises où il y a production à l’année, comme dans le secteur laitier ou la serriculture, des travailleurs étrangers deviennent souvent des ouvriers spécialisés. Ils occupent des postes de superviseurs à la production ou à l’irrigation dans des serres. Les employeurs ont dû faire des démarches pour la formation de ces travailleurs et ceux-ci sont devenus des maillons importants de la production. Dans de tels cas, devenir résidents permanents est une bonne chose, pour tout le monde. Pour ce qui est des travailleurs temporaires, c’est plus difficile. Le gouvernement ne veut pas créer des chômeurs saisonniers. Qu’en est-il des réfugiés syriens ? Ça aussi, on en discute. FERME joue les entremetteurs. Des entreprises en ont déjà embauché. La difficulté est qu’ils sont souvent envoyés dans des zones plus urbaines. Lionel Levac est journaliste spécialisé en agriculture et agroalimentaire. Il collabore à certaines émissions de Radio-Canada et tient un blogue sur le site Agro Québec.
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PAR ALAIN FOURNIER
Objectif : une exce qualité de fourrage
PHOTOS : ALAIN FOURNIER
10 / Mai 2016 / Le Bulletin des agriculteurs /
cellente ges
« La qualité des fourrages, c’est comme une chaîne, si une maille est manquante, ça ne fonctionne pas », croient Rosmarie Fuchs et Hans-Rudolf Broenimann, les propriétaires de Ferme Chantal.
/ Le Bulletin des agriculteurs / Mai 2016 / 11
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P
our Rosmarie Fuchs et HansRudolf Broenimann de Ferme Chantal, la qualité des fourrages fait partie d’un tout. Producteurs de lait à Sainte-Perpétue, au Centre-du-Québec, ils possèdent un troupeau de 63 vaches Holstein pur sang, dont la production annuelle par vache oscille aux alentours de 11 000 kg de lait avec 4,08 % de matière grasse et 3,46 % de protéine sur la paye de lait. La clé de leur succès repose, entre autres, sur une alimentation fourragère d’excellente qualité. La récolte des fourrages revêt une importance capitale pour Hans-Rudolf qui surveille méticuleusement le stade de maturité de ses prairies tout au long de l’été. Toutes les conditions sont mises en place pour favoriser la longévité des vaches dans ce troupeau. Tout près de la moitié des vaches sont en troisième lactation et
12
/ Mai 2016 / Le Bulletin des agriculteurs /
plus. « Nous avons dû réformer une vache de 14 ans en février dernier parce qu’elle n’était pas gestante et qu’elle avait avorté », mentionne Rosmarie. Cette vache a atteint une production à vie de 113 000 kg de lait. Parmi les facteurs qui favorisent l’atteinte d’une telle performance, il y a les stalles qui sont conçues pour faciliter la levée et le repos des vaches sur une couche abondante de litière de paille. Il est important d’indiquer que les vaches ont accès au pâturage de mai à octobre, durant toute la journée en début et en fin de saison de paissance et la nuit seulement lors des températures chaudes de l’été. L’observation des vaches et des champs est une très grande force pour ce couple qui se complète parfaitement. « La régie, c’est aussi important dans l’étable que dans les champs », précise Hans-Rudolf.
Ferme Chantal de Sainte-Perpétue Propriétaires : Hans Broenimann et Rosmarie Fuchs. Troupeau : 63 vaches laitières Holstein pur sang. Quota : 71 kg. Production annuelle par vache : 10 800 kg de lait avec 4,08 % de matière grasse et 3,46 % de protéine. Moyenne de classe de race en 2015 : 11 387 kg (247-255-255). Classification : 5 EX, 38 TB et 19 B+. Cellules somatiques : entre 150 000 et 200 000 par ml. Cultures : 150 hectares en culture (35 ha en maïs, 35 ha en soya, 10 ha en céréales, 5 ha de bois et le reste est en prairie et pâturage).
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TOUT COMMENCE AUX CHAMPS Hans-Rudolf loue un semoir brillion pour l’implantation de ses prairies qui sont composées de luzerne et de trois graminées : le brome inerme et des prés et la fléole. Un mélange d’avoine-pois est semé comme plante abri avant le semis de la prairie au brillion. L’avoine-pois est récoltée à forfait en balles rondes enrobées en début juillet avant l’épiaison de la céréale pour alimenter les taures. Ensuite, la nouvelle prairie est coupée au mois d’août et en début d’octobre et mise dans un silo. Les prairies
durent environ quatre ans, selon la survie à l’hiver de la luzerne. La rotation commence avec un semis de maïs, suivie d’une année de soya et d’une année d’avoine nue pour la paille, ensuite la prairie est établie. Ils effectuent quatre coupes pour les pairies mélangées et trois coupes pour le foin de graminées. Aucun fumier n’est appliqué sur les prairies récoltées en ensilage pour éviter les problèmes de mauvaise fermentation. Pour la récolte, Rosmarie, HansRudolf et le père de Hans, Hans-Ruedi, se relaient pour faciliter et accélérer cette opé-
RATION TOTALE MÉLANGÉE DISTRIBUÉE AUX VACHES LAITIÈRES ALIMENTS
QUANTITÉ (KG/VACHE/JOUR)
Ensilage mélangé à 46 % de matière sèche
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Ensilage de maïs à 36 % de matière sèche
15
Maïs-grain humide
2
Supplément protéique personnalisé à 31 % de protéine
14 / Mai 2016 / Le Bulletin des agriculteurs /
1,2
La fauche, c’est la responsabilité exclusive d’Hans-Rudolf. Il va tous les jours vérifier les plantes fourragères pour s’assurer de les récolter au bon stade de croissance.
ration. La fauche est la responsabilité exclusive d’Hans-Rudolf. « Je vais tous les jours vérifier le stade de croissance des plantes. Ce n’est pas une question de nombre de jours entre les coupes, car j’ai déjà fauché 23 jours après la 1re coupe parce que les plantes fourragères étaient prêtes », se rappelle-t-il. La coupe est généralement effectuée en après-midi vers 14h-15h pour maximiser la quantité de sucres des fourrages et le volume récolté. La récolte est réalisée le lendemain en fin d’avant-midi. L’ensilage mélangé est entreposé dans un silo bleu en acier vitrifié transformé de 6,1 m (20 pi) de diamètre sur 24,4 m (80 pi) muni d’un videur sur le dessus de l’ensilage. La récolte de l’ensilage de maïs est effectuée à forfait et entreposée dans un silo en douves de béton de 5,5 m (18 pi) de diamètre sur 18,3 m (60 pi). Lorsque le
DIGESTIBILITÉ POTENTIELLE DES ENSILAGES MÉLANGÉS ET DE MAÏS POUR LA RÉCOLTE 2015 NUTRIMENTS
ENSILAGE MÉLANGÉ 1re COUPE
ENSILAGE MÉLANGÉ 3e COUPE
ENSILAGE DE MAÏS
Ferme Chantal
Année 2015 Shur-Gain*
Ferme Chantal
Année 2015 Shur-Gain
Ferme Chantal
Année 2015 Shur-Gain
Protéine brute (%)
16,9
14,7
22,5
19,1
6,9
7,6
Fibre ADF (%)
34,0
36,7
28,2
31,8
20,2
24,3
Digestibilité potentielle (%)
83,5
75,4
85,6
81,1
84,9
80,9 * Source : Daniel Fournier
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EN COUVERTURE
silo est vide au mois de mars, il est empli à nouveau à l’aide d’un boudin (silo-presse) de 200 tonnes d’ensilage de maïs entreposé à cette fin. Hans-Rudolf ajoute de l’acide propionique aux cinq derniers voyages d’ensilage de maïs et de luzerne. « Il y a trop d’air sur le dessus de l’ensilage au début de la reprise, l’acide empêche le chauffage et la production de toxines », affirme Hans-Rudolf. La matière sèche tourne aux alentours de 35 % pour l’ensilage de maïs et de 50 % pour l’ensilage mélangé. La digestibilité potentielle Un robot mélangeur sur rail distribue la RTM aux vaches. Il sert du maïs-grain humide et un supplément protéique en couverture.
est le facteur que regarde Hans-Rudolf pour évaluer la digestibilité de ses fourrages. Lorsque comparés aux analyses moyennes de 2015, les fourrages de Ferme Chantal sont exceptionnels, comme démontré au tableau de la page 15.
UNE ALIMENTATION FOURRAGÈRE Les vaches reçoivent une seule ration totale mélangée (RTM) distribuée sept fois par jour à l’aide d’un mélangeur et distributeur de RTM sur rail. « Je fais une seule ration de base pour une production de 28 kg de lait pour ne pas être obligé de déplacer les vaches », mentionne Hans-Rudolf. Les vaches qui produisent plus de lait reçoivent du maïs-grain humide et un supplément
Les stalles sont conçues pour faciliter la levée et le repos des vaches sur une couche abondante de litière de paille.
protéique contenant 45 % de protéine en couverture. Pour Hans-Rudolf, les deux aliments les plus importants sont le foin et la paille. Le foin pour le bon fonctionnement du rumen des vaches et des veaux, puis la paille pour le confort des vaches et des veaux. Il commence la journée en donnant un kilogramme de foin de graminées d’excellente qualité par vache et redonne un autre kilogramme le soir après la traite. « Le foin, c’est la base. Je compare ça à un poêle à bois. Le poêle, tu l’allumes le matin. Une fois qu’il est bien allumé, tu peux y mettre de grosses bûches, car le feu est pris », indique HansRudolf. « Avec des fourrages de cette qualité, il faut qu’il y ait un bon tapis dans le rumen », confirme Rosmarie. Les vaches taries reçoivent uniquement du foin. Trois semaines avant le vêlage, ils leur donnent 4 kg de moulée de transition cations-anions contenant 19 % de protéine, 10 kg de RTM et du foin de graminées à volonté. Après le vêlage, ils augmentent rapidement la quantité de RTM servie sur deux semaines pour éviter l’acétonémie subclinique. « C’est au moment de la transition que ça se passe et une bonne qualité de fourrage, ça n’a pas de prix, car ça apporte la productivité et la santé à notre troupeau », conclut HansRudolf. Alain Fournier est agronome, M.SC. et spécialiste en productions laitière et bovine.
16 / Mai 2016 / Le Bulletin des agriculteurs /
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DOSSIER FENAISON DOSSIER FENAISON
PAR MARIE-JOSÉE PARENT
L’ensilage de qualité, tout un art ! Au fil des années, les connaissances sur la mise en silo se sont raffinées. Nous comprenons mieux le processus et les techniques qui permettent de réaliser un meilleur ensilage.
«
Ce qu’on veut lorsqu’on fait de l’ensilage, c’est d’atteindre l’anaérobiose le plus rapidement possible. C’est la première chose qu’on veut. » Ce conseil provient de l’agronome Germain Lefebvre. Diplômé en 1971 du département des sols de la Faculté des sciences de l’agriculture et de l’alimentation de l’Université Laval, Germain Lefebvre a consacré sa carrière à la conservation des fourrages. En 1987, il fondait l’entreprise Agro-Bio-Contrôle, spécialisée dans la production et la distribution de produits améliorant la conservation des fourrages. Au-delà de cette expertise, Germain Lefebvre est un spécialiste sur l’art de produire un fourrage de première qualité. Car,
La fauche en andains large permet de diminuer l’humidité plus rapidement.
« que l’on fasse du foin ou de l’ensilage, on ne peut rendre le fourrage meilleur que ce que l’on a fauché ». Cette citation provient de la conférence que Germain Lefebvre a donnée lors du plus récent Colloque sur les plantes fourragères du Centre de référence en agriculture et agroalimentaire du Québec (CRAAQ).
DE LA RÉCOLTE À LA MISE EN SILO La qualité du fourrage commence au champ. « L’herbe coupée doit passer le moins de temps possible entre la fauche et la mise en silo, explique Germain Lefebvre. La plante fauchée brûle des sucres, elle respire. » C’est pourquoi les experts recommandent aujourd’hui de sécher en andains PHOTOS : KUHN ET GERMAIN LEFEBVRE
18 / Mai 2016 / Le Bulletin des agriculteurs /
Qu’en est-il des additifs ? Spécialiste des additifs, Germain Lefebvre ne pouvait pas éviter le sujet. « Les additifs sont la cerise sur le gâteau », dit-il. Les inoculants sont des bactéries lactiques sélectionnées pour : Leur osmotolérance : elles sont capables de croître même si la matière sèche est élevée. Leur résistance en pH acide : elles continueront ainsi à produire de l’acide plus longtemps que des bactéries naturellement présentes dans l’ensilage. Leur effet sur la stabilité aérobie : elles permettent à l’ensilage de garder sa qualité plus longtemps lors de la reprise. Leur effet sur la fibre : certaines souches de bactéries auraient un effet sur la digestibilité de la fibre. « Un additif à ensilage ne peut pas remplacer un mauvais chantier, insiste Germain Lefebvre. Sans additif, on peut faire un bon ensilage, mais l’additif nous permet d’élargir nos fenêtres de succès. »
larges pour que l’herbe sèche plus vite et perde donc le moins de sucre possible. L’autre élément à faire attention au champ est la présence de contamination dans l’herbe fauchée. Il peut s’agir de sol, de fumier ou encore de résidus de plantes en décomposition. L’analyse des cendres dans l’herbe est un bon indicateur de la contamination. Les cendres sont des minéraux comme le phosphore, le potassium, le calcium et la silice. On en retrouve dans les plantes : moins de 8 % dans les graminées et moins de 10 % dans les légumineuses. Un pourcentage plus élevé est un indicateur de contamination. « Si je passe le râteau et le faneur, je vais avoir plus de cendres », explique l’agronome. La même chose survient lorsque l’herbe est fauchée trop courte. C’est une raison pourquoi les experts recommandent de faucher à une hauteur minimale de 8 cm à 10 cm de haut. Pour une raison de contamination, Germain Lefebvre déconseille le fumier
solide. « On peut mettre du fumier liquide, mais on ne devrait jamais mettre de fumier solide sur une prairie, dit-il. On ne devrait appliquer que du lisier ou du purin à des doses modérées. » Il explique que le fumier liquide est un bon fertilisant, mais il faut toujours l’appliquer de telle sorte qu’on limite la contamination. Une autre source
de contamination à éviter, ce sont les résidus d’herbes de récoltes précédentes. Ces résidus pourrissent au sol et contaminent l’ensilage avec des mauvaises bactéries. « L’ensilage, c’est la guerre entre les bactéries lactiques et les autres », explique Germain Lefebvre.
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DOSSIER FENAISON
DENSITÉ ET ÉTANCHÉITÉ
On ne devrait jamais laisser des résidus de cultures au sol.
« Les deux mots-clés à retenir pour faire un bon ensilage, c’est densité et étanchéité », explique Germain Lefebvre en entrevue. La densité, ou compaction, doit être le plus élevé possible et uniforme. L’obtention de la densité est influencée par la teneur en humidité du fourrage. Un fourrage plus sec est difficile à compacter. Si le fourrage est plus humide, le silo risque de couler. « Les gens ont tendance à ensiler plus sec que recommandé », a constaté Germain Lefebvre lors d’une collecte d’information en vue de la préparation de sa conférence. La moyenne des 70 analyses d’échantillons québécois de 2014 était de 45 % d’humidité pour les ensilages en silos-tours et de 51 % pour les ensilages en balles enrobées. La teneur recommandée est de 30 % et plus pour les graminées et de 35 % à 40 % pour les légumineuses. Cette valeur peut être plus élevée selon les types de silos. Dans un silo-couloir, c’est la pesanteur du trac-
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teur qui va assurer la compaction. « Pour un chantier de 100 tonnes/heure, je devrais avoir un tracteur de 21 tonnes ou deux de 10 à 11 tonnes », explique celui qui se décrit comme un gars de terrain. L’objectif est d’avoir une densité de 700 kg/m3 tel que servi. Une herbe humide, mais pas trop, est désirée : « Si je dépasse 40 % de matière sèche, c’est difficile d’obtenir la bonne compaction », dit-il. Pour un silo vertical, c’est le poids de l’herbe coupée qui assure la compaction. L’herbe du bas doit être plus sèche et l’herbe du haut doit être plus humide : 45 % de matière sèche à la base, 38 % au milieu et 32 % en haut. « Le principe est important, mais il ne faut pas nécessairement respecter cela à la lettre », dit l’agronome. Tout cela est plus facile à dire qu’à faire. Mère nature n’est pas toujours de notre côté et peut changer rapidement. Le vent peut se lever, les nuages se dégager et le soleil se montrer le bout du nez. L’herbe
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prévue sécher en plusieurs heures se met à sécher dans le temps de le dire. Et l’herbe la plus sèche doit être mise en silo en premier. Il faut donc prévoir la fauche en plusieurs étapes et bien coordonner les équipements et les différentes équipes.
1/ La barrière d’oxygène que l’on voit ici sous la bâche est un produit intéressant pour améliorer la conservation de l’ensilage. 2/ Ce producteur a eu l’ingéniosité de recycler ses vieux tapis de vaches en pesées pour maintenir la bâche sur le silo. 3/ Le danger d’un silo-presse et d’un silo-meule est d’avoir des poches d’air. 4/ Pour assurer le maintien de leur forme et prévenir les poches d’air sous le plastique, les balles enrobées devraient être empilées de cette façon.
ATTEINDRE RAPIDEMENT LE PH DE STABILITÉ Une bonne mise en silo minimise la quantité d’air dans le silo. Tant qu’il y a de l’oxygène, il y a de la respiration cellulaire et de la multiplication des moisissures, accompagnées de production de chaleur. Cette situation doit être la plus courte possible. C’est à ce moment-là que les bactéries lactiques utilisent efficacement les sucres des fourrages pour produire de l’acide lactique. « Les bactéries lactiques doivent disposer de suffisamment de sucres pour produire assez d’acide lactique et s’autodétruire dans leur jus acide », explique sous forme imagée Germain Lefebvre. Le pH de l’ensilage diminue pour atteindre le pH de stabilité anaérobie. Le taux d’humidité influence le pH de stabilité. Plus l’ensilage est humide, plus le pH devra devenir acide pour atteindre le pH de stabilité anaérobie et empêcher le développement de mauvais organismes. L’ensilage transformera alors plus de sucres. Il faut donc éviter un taux
d’humidité trop élevé pour atteindre un pH de stabilité plus élevé afin de conserver plus de sucres dans l’ensilage et limiter le développement des mauvaises bactéries. En fait, nous voulons conserver le plus de sucres possible pour nourrir les vaches. « C’est plus facile de conserver un fourrage de meilleure qualité parce qu’il a plus de sucres en général », explique Germain Lefebvre. Bien sûr, il faut aussi éviter la réintroduction d’air dans l’ensilage. Le silo doit donc être étanche et ne pas renfermer de poches d’air. « L’analyse de l’azote ammoniacal (NH3) est un très bon indicateur de ce qui s’est passé dans la conservation et de la qualité de la protéine », explique Germain Lefebvre. Si le pH ne descend pas suffisamment vite, les enzymes protéolytiques continuent de dégrader les protéines. L’analyse de l’azote ammoniacal permet d’évaluer combien de protéines ont été détruites. Plus basse que
7 % de N-NH3 sur l’azote total, nous avons une bonne conservation. Moins de 10 %, il y a place à l’amélioration, mais à plus de 10 %, on dépasse le seuil acceptable.
NOUVEAUX OUTILS Pour assurer la qualité de l’ensilage, il existe de nouveaux outils intéressants. L’un d’eux est les bâches barrières d’oxygène pour les silos-couloirs. La bâche plus épaisse est placée sur les murs de béton. Un plastique plus mince est déposé sur l’ensilage, sous un plastique plus épais. Ce plastique mince est conçu pour empêcher le passage de l’oxygène. Trop peu utilisées, ces bâches permettent de bien sceller le silo. « Les producteurs qui adoptent la barrière d’oxygène ne la quittent plus par la suite », dit Germain Lefebvre. Au Québec, nous produisons collectivement 4,5 millions de tonnes de fourrages en équivalent foin sec sur 800 000 hectares de plantes fourragères récoltées. Environ la moitié est de l’ensilage, ce qui représente 5 millions de tonnes en ensilage tel que servi. Il est donc primordial de bien maîtriser la fabrication de l’ensilage pour en minimiser les pertes. Marie-Josée Parent est agronome et journaliste. Elle couvre les productions laitière, bovine, avicole et porcine au Bulletin des agriculteurs.
PHOTOS : GERMAIN LEFEBVRE ET MARIE-JOSÉE PARENT
/ Le Bulletin des agriculteurs / Mai 2016 / 21
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DOSSIER FENAISON
Nouveautés fourragères
PAR CÉLINE NORMANDIN
2016 est une année faste pour les nouveautés fourragères. Le Bulletin a sondé les semenciers pour connaître leurs nouveautés. Bélisle-Triolact
ALPISTE ROSEAU : Cette nouveauté très feuillue et appétente se distingue par la qualité, l’excellent rendement du fourrage, ainsi que par sa persistance. La vigueur au semis a été améliorée et le plant posséde une bonne capacité de repousse. Cette variété résiste aux conditions sèches tout en étant idéale pour les zones inondables. Elle présente aussi une survie très élevée à l’hiver. APEX 12 ESPÈCES : Ce couvert végétal est à utiliser après les récoltes de céréales comme le blé, l’orge, ou encore les petits pois, afin de nourrir et de régénérer l’activité biologique du sol. Elle apporte une réduction de la compaction, plus d’azote grâce aux légumineuses, une meilleure conservation des éléments nutritifs, en plus de régénérer l’activité biologique du sol. DACTYLE HQL (HIGH QUALITY LATE) : Cette variété se distingue par sa floraison tardive, contrairement aux autres dactyles. Ce trait en fait un bon compagnon à la luzerne puisque leurs maturités coïncident. Il s’établit rapidement, puis offre une forte productivité et un bon regain, même après de nombreuses coupes. Il résiste à la sécheresse et présente une excellente survie hivernale. Il affiche aussi une bonne résistance aux maladies foliaires. RAY-GRASS MALPETRA : Ce ray-grass représente tout à fait les exigences de Bélisle-Triolact, indique le représentant Guy Forand, soit l’assurance d’avoir une ration de légumineuses et de graminées dès la première année d’implantation et dès la première coupe pour avoir une PHOTOS : YVON THÉRIEN
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Comment faire ses choix
Comment s’y retrouver avec des nouveautés qui offrent des caractéristiques les plus intéressantes les unes que les autres ? Huguette Martel, agronome au MAPAQ et membre du Conseil québécois des plantes fourragères, conseille de faire ses choix en répondant à trois questions. Primo, quels sont les besoins des vaches ? Est-ce que ces besoins ont changé ? Huguette Martel recommande de voir avec le nutritionniste du troupeau et l’agronome des champs pour trouver la meilleure formule de fourragères, que ce soit pour répondre à des besoins de fibres, de digestibilité, ou encore de réduire le coût des intrants. Il faut donc refaire son bilan chaque année selon sa régie de coupe. Deuxio, de quoi ont besoin les champs ? « Est-ce que l’on recherche de la résistance en hiver, est-ce que nos sols sont bien drainés, le PH est-il équilibré, tel cultivar a-t-il passé la rampe ? Si on n’a pas obtenu le résultat escompté, il faut améliorer ses chances de succès », explique l’agronome. Tertio, quel est le type de régie ? Qu’elle soit élevée ou non, la régie va influencer sur le synchronisme nécessaire et la persistance des variétés après la coupe, afin de pouvoir maintenir une prairie pendant quatre ou cinq ans. Huguette Martel recommande aussi à la fin de chaque saison d’obtenir les chiffres nécessaires pour connaître le rendement. Ces données répondront aux questions relatives à la population des espèces dans le champ, sur le succès de l’implantation des végétaux, la présence ou non de maladie ou encore si la compaction est un problème.
alimentation la plus équilibrée possible. Ce ray-grass s’établit rapidement, se conserve bien et est très sucré. Son port érigé facilite aussi la récolte, en plus d’être très résistant aux maladies. Malpetra est à utiliser en mélange trèfle-luzerne, avec la fétuque ou le dactyle. FESTULOLIUM MERLIN : Très feuillu, ce croisement entre un ray-grass italien et une fétuque des prés est beaucoup plus résistant à la sécheresse estivale, avance Guy Forand. Son établissement est ultra rapide, ce qui assure sa présence dès la première coupe lors de l’année du semis. Son regain est aussi jugé très rapide et sa survie à l’hiver a été améliorée. Merlin offre une bonne résistance aux maladies foliaires.
La Coop fédérée
TRÈFLE ROUGE WILDCAT: Habituellement difficile à reproduire, le trèfle rouge offert par La Coop est issu d’une nouvelle génération qui a démontré une bonne capacité d’adaptation sous différentes conditions de
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DOSSIER FENAISON
sols et de climats au Canada et aux ÉtatsUnis. Ce trèfle offre un bon potentiel de rendement grâce à sa rapidité d’établissement et sa croissance rapide. Il peut supporter jusqu’à trois coupes, indique Brigitte Lapierre, agronome. FÉTUQUE SAVORY : Cette variété de graminée se distingue par ses feuilles souples et son appétence. « Les feuilles de fétuque sont habituellement coriaces, mais cette variété offre une meilleure digestibilité et appétence », explique Brigitte Lapierre. Elle possède un bon regain après la fauche, ce qui en fait une plante idéale pour la régie intensive. Cette dernière s’adapte dans un large spectre de conditions de sol. LUZERNE À RACINES RAMIFIÉES MAGNUM 7-WET : Comme son nom l’indique, cette luzerne possède une seule grosse racine accompagnée d’un réseau de plusieurs autres petites racines. « La luzerne n’aime pas l’eau d’habitude. Celle-là contourne les zones détrempées, une bonne solution dans un champ un peu moins drainé », ajoute Brigitte Lapierre. Cette luzerne supporte aussi mieux le gel et le dégel. La Coop la recommande pure ou en mélange avec une autre luzerne.
DuPont Pioneer
LUZERNE 54Q14 : Cette luzerne est résistante à la verse et offre un fourrage de qualité élevé. « Il s’agit de la variété avec le niveau de lignine le plus faible parmi les luzernes Pioneer », indique l’agronome du semencier, Marie Landry-Blais. Ses principales caractéristiques ? Très rustique avec un excellent potentiel de rendement et de résistance à la maladie grâce à ses racines. Bonne candidate pour la régie intensive. LUZERNE 55Q27 : Marie Landry-Blais la présente comme la luzerne chef de file chez Pioneer grâce à sa constance en ce qui a trait au rendement et à la qualité de fourrage. Elle présente de plus une excellente résistance à la maladie, tout en étant très rustique.
persistante avec un regain très rapide et une survie à l’hiver jugée excellente. Cette multifoliée (à 90 %) a une rapidité de maturation moyenne.
Pickseed
TRÈFLE ROUGE RENEGADE : Ce trèfle se distingue par sa résilience, indique Larry Mastine, représentant pour l’est du Canada. Il offre une résistance améliorée aux maladies ainsi qu’au froid, il est hâtif avec un bourgeon qui fleurit tôt et possède un très bon regain, ce qui en fait un très bon choix pour les régies intensives. LUZERNE INSTINCT : Il s’agit de la version améliorée de la variété Instinct. Elle se distingue par sa très grande résistance aux maladies, dont Aphanomyces Race 1 & 2. Elle offre aussi un excellent rendement fourrager. LUZERNE PILLAR ST : Frédérik Potvin, DACTYLE ECHELON : Ce dactyle mûrit plus directeur semences, présente leur unique tardivement, cinq jours plus tard que ses nouveauté comme ayant une des meil- comparatifs, selon Larry Mastine, avec leures tenues en Amérique du Nord. Cette un bon rendement jusqu’à l’automne. Sa caractéristique la protége contre la verse valeur alimentaire est aussi supérieure. et la rend plus facile à couper et à récolter. FÉTUQUE ÉLEVÉE TOWER : Cette variété Elle conserve tout de même une très bonne tardive propose un plant plus sain et résisdigestibilité. La Pillar ST est également très tant aux maladies, avec en plus une
Pédigrain
/ Le Bulletin des agriculteurs / Mai 2016 / 25
TOUT EST PLUS FACILE appétence du feuillage supérieure à la moyenne. FESTULOLIUM MAHULENA : Pour Larry Mastine, ce croisement entre une fétuque élevée et un ray-grass vivace réunit le meilleur des deux mondes. Il fournit un rendement supérieur de 15 % avec un feuillage souple et plus sucré. Le plant très fourni laisse aussi peu de place aux mauvaises herbes. RAY-GRASS MATHILDE : À utiliser en mélange, ce ray-grass procure une meilleure résistance à l’hiver et aux maladies. Il fournit un fourrage « très très sucré », selon Larry Mastine.
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LUZERNE STOCKPILE : Cette luzerne possède un excellent potentiel de rendement avec une très bonne persistance et une résistance aux maladies jugée exceptionnelle. LUZERNE LS-607 HD : Cette variété de luzerne multifoliée est dotée « d’une qualité fourragère supérieure qui en fait la championne en production de lait à l’acre », affirme Éric Desrosiers, directeur de territoire pour Semican. LUZERNE SANSAR : Cette multifoliée se caractérise par un regain très rapide qui permet une coupe supplémentaire aux fins d’une régie intensive. TRÈFLE ROUGE SANTA FE : De maturité moyenne, ce trèfle affiche un excellent regain et une persistance remarquable jusqu’à la troisième année. STF-43 : Mélange de fétuques élevées de maturité tardive à feuilles souples. Il est très appétent et extrêmement digestible, fait remarquer Éric Desrosiers. MILKWAY : Un mélange de fétuque des prés et fétuque à feuilles souples. Il possède une grande adaptabilité et permet de maximiser la quantité de gras et de lait.
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FÉTUQUE ÉLEVÉE COWGIRL : Cette fétuque élevée appartient à la catégorie des feuilles souples et digestibles. « Il s’agit d’une variété sans endophytes développée pour sa qualité fourragère et sa résistance aux contraintes environnementales », souligne Christian Duchesneau, expert en fourragères. Elle possède un système raci-
DOSSIER FENAISON
naire très profond lui permettant de bien faire dans des conditions difficiles et les différents types de sols. Ses feuilles sont souples et nombreuses et le plant s’élève jusqu’à 4 pi de haut. « C’est une vivace de longue durée qui demande peu d’entretien », ajoute-t-il. FÉTUQUE DES PRÉS PREVAL : Celle-ci posséde une digestibilité et une appétence supérieures aux autres fétuques. Sa valeur alimentaire est jugée excellente. Elle a aussi un très bon rendement (+10 % par rapport aux témoins) jumelé à une très bonne résistance à l’hiver et un fort regain. Ses feuilles sont longues et larges. Un bon choix pour le fourrage ou le pâturage intensif selon Synagri. FESTULOLIUM HYCOR : Ce festulolium provient d’un croisement entre le ray-grass italien et la fétuque élevée. Développé principalement pour survivre à l’hiver, il posséde un système racinaire très profond. Ce festulolium aurait une meilleure valeur alimentaire grâce à sa teneur plus élevée en sucre
et en énergie. Son potentiel de rendement est élevé. Il a une très bonne résistance à la sécheresse et à l’humidité. MÉLANGE ALFA-PLUS : Ce mélange est composé principalement de la Luzerne Stellar FG à 94 %, du festulolium Hykor à 3 % et du festulolium Lofa à 3 %. La prédominance de la luzerne à regain rapide et des deux festuloliums en fait un mélange idéal pour les producteurs de régie intensive de courte durée. Le faible pourcentage de graminée fait en sorte qu’il peut se semer avec un semoir conventionnel dans le coffre à petites graines. Cependant, il exige des sols très bien drainés et fertiles.
drainage imparfait. La semence est produite localement au Québec par William Houde. LUZERNE HYBRIPRO BR : Cet hybride se distingue pour sa persistance. Sa masse racinaire fasciculée lui permet de s’adapter aux conditions difficiles : sols lourds, modérément à mal drainés, trafic de machinerie intense en gestion de coupe intensive. Elle offre une qualité fourragère jugée exceptionnelle. Elle est de plus très polyvalente, en ensilage ou foin sec. LUZERNE SHOWDOWN : Cette luzerne a obtenu un score de résistance à l’hiver de 1.6. Benoit Fradin responsable technique, céréales et plantes fourragères, indique qu’elle donne un fourrage de grande quaFLÉOLE AC PRATT : Mil très rustique, lité, tout en étant adaptable en foin sec ou sélectionné pour sa persistance en rota- en ensilage. Elle est disponible en quantité tion de longue durée. C’est une variété tar- très limitée pour 2016. dive à haut rendement avec un regain de deuxième coupe amélioré. Elle possède un Céline Normandin est journaliste spécialisée en grand gabarit avec un feuillage vert, idéal agriculture et économie. Elle collabore également au pour le foin sec. Il tolère les sols acides à site leBulletin.com.
William Houde
/ Le Bulletin des agriculteurs / Mai 2016 / 27
CULTURES CULTURES
PAR JOHANNE VAN ROSSUM
L’importance du phosphore dans la fertilisation du soya Même si la météo est déterminante pour atteindre un rendement de soya optimal, plusieurs autres facteurs sont à la portée des producteurs, notamment la fertilisation. L’apport en phosphore est particulièrement important.
28 / Mai 2016 / Le Bulletin des agriculteurs /
«
Pour améliorer les rendements en soya, la fertilité des sols et le phosphore sont parmi les plus importants facteurs de gestion », affirme Fred Below, Ph. D. en physiologie végétale de l’Université de l’État de l’Illinois, aux ÉtatsUnis. Il prononçait une conférence lors du Rendez-vous végétal 2016 à Brossard. Mais avant tout, c’est la météo qui détermine le potentiel de la culture. Par la suite, il faut considérer tous les facteurs de régie avec une approche intégrée et systémique pour espérer atteindre les paliers supérieurs de rendement.
1/ BESOINS EN ÉLÉMENTS NUTRITIFS POUR UN RENDEMENT DE 4000 KG/HA DE SOYA
BESOINS DE LA PLANTE Pour atteindre le plein potentiel de rendement, les besoins nutritifs de la plante doivent être comblés. Appartenant à la famille des légumineuses, le soya obtient de l’azote (N) grâce à la fixation par les nodules. Mais le soya a des besoins en N plus élevés que sa capacité de fixation. Environ 70 kg de N sont nécessaires par tonne de grain produit. « Près de la moitié provient des nodules et le reste est fourni par le sol », précise le spécialiste. Le tableau 1 indique les quantités d’éléments nutritifs nécessaires à une production de 4000 kg/ha de grains de soya. Même si les besoins en phosphore (P) de la culture sont plus faibles que ceux en potasse (K) ou en azote (N), ils représentent un élément clé dans l’équilibre de la fertilisation. L’indice de récolte de 81 % du P indique que cet élément retourne peu dans le sol, mais est exporté par le grain récolté. La culture de soya n’est pas un bon recycleur de P. Un apport suffisant par des engrais minéraux ou organiques est essentiel afin de maintenir la fertilité du sol. Si on compare avec le K, les besoins sont plus élevés, mais l’indice de récolte est plus faible. Ainsi, plus de K reste dans le champ pour la prochaine culture de la rotation. De plus, le K s’accumule dans les feuilles et les tiges de la plante au cours de la saison de croissance. Il est mobile dans la plante et peut se déplacer vers les grains au moment opportun. Pour ces raisons, « l’azote, le phosphore et le soufre sont les trois éléments les plus importants à surveiller pour obtenir un meilleur rendement en soya », explique Fred Below.
APPORTS DE LA CULTURE PRÉCÉDENTE « La fertilisation typique du maïs aux ÉtatsUnis est de 200 kg/ha de N, 100 kg/ha de P2O5 et 112 kg/ha de K2O », ajoute Fred Below. Si le soya est ensemencé l’année suivante, habituellement, il n’y a pas de fertilisant supplémentaire appliqué. Avec cette régie, le soya doit se nourrir uniquement de ce qui est disponible dans le sol et les résidus. En calculant ce qui est nécessaire pour la croissance du maïs, on peut estimer la quantité des éléments toujours accessibles. Les données sur le maïs
ÉLÉMENTS
BESOIN (KG/HA)
EXPORTÉ AVEC LE GRAIN (KG/HA)
INDICE DE RÉCOLTE (%)
N
275
201
73
P2O5
48
39
81
K2O
190
78
41
S
17
10
61
Zn (g)
335
140
44
B (g)
325
111
34
Source : Agronomy Journal (2015)
2/ RENDEMENT SOYA 2015 SELON DIFFÉRENTES FERTILISATIONS SITES
DÉMARREUR
FERTILISANT À LA VOLÉE TÉMOIN
P ÉLEVÉ
K ÉLEVÉ
P+K ÉLEVÉS
Rendement (kg/ha) Elora, Ontario
Bornholm, Ontario
Lucan, Ontario
Témoin
2689
2891
2823
3764
6-24-6 (47 l/ha)
2823
2823
3159
3496
11-52-0 (115 kg/ha)
2689
3025
3428
3899
0-0-60 (90 kg/ha)
2958
3227
2891
3496
6-28-28 (200 kg/ha)
3025
3563
3294
3764
Témoin
3227
3361
3227
3496
6-24-6 (47 l/ha)
3294
3630
3227
3630
6-24-6 (28 l/ha)
3294
3630
3159
3294
11-52-0 (115 kg/ha)
3630
3361
3294
3496
0-0-60 (90 kg/ha)
3428
3294
3025
3227
6-28-28 (100 kg/ha)
3361
3361
3294
3361
6-28-28 (200 kg/ha)
3428
3764
3428
3764
Témoin
3697
3832
3764
4101
6-24-6 (47 l/ha)
3764
3899
3966
4235
6-24-6 (28 l/ha)
3764
3764
3697
4235
11-52-0 (115 kg/ha)
3899
4101
3832
4235
0-0-60 (90 kg/ha)
3697
3966
3496
4101
6-28-28 (100 kg/ha)
3764
3832
3630
3966
6-28-28 (200 kg/ha)
3697
4033
3966
3899
Source : Crop Advances 2015
publiées dans le Agronomy Journal en 2013 révèlent que des 113 kg/ha de P2O5 prélevés par le maïs, seulement 23 kg de P2O5 restent au champ dans les résidus. En plus, ce P est sous forme organique et n’est pas disponible immédiatement pour
nourrir les plants de soya. La situation est différente pour le K. Après la récolte de maïs-grain, les tiges et les feuilles de maïs retournent 136 kg/ha de K au sol. Ce potassium est mobile et est disponible aux plants de soya l’année suivante.
/ Le Bulletin des agriculteurs / Mai 2016 / 29
CULTURES
FERTILISATION AVANT LE SEMIS Deux philosophies de fertilisation sont possibles : la suffisance (on nourrit la plante) ou la maintenance (on nourrit le sol). Laquelle est la plus adaptée au soya dans une optique de rendement élevé ? Des essais réalisés en Ontario de 2012 à 2015 par le ministère de l’Agriculture de l’Ontario (OMAFRA) et l’Université de Guelph tentent de répondre à cette question dans une optique de rentabilité et de productivité. Les résultats sont publiés dans le rapport 2015 du Ontario Soil and Crop Improvement Association (OSCIA). Les sites choisis avaient une fertilité faible afin de mieux mesurer la réponse aux différents programmes de fertilisation. Des applications d’engrais à la volée ont permis d’atteindre quatre niveaux de fertilité : 1. Témoin. 2. P élevé (par des applications à la volée de 450 kg/ha de 0-46-0). 3. K élevé (par des applications à la volée de 450 kg/ha de 0-0-60). 4. P + K élevés (par des applications à la volée de 450 kg/ha 0-46-0+450 kg/ha 0-0-60). Pour chacun de ces niveaux de fertilité, ces démarreurs ont été testés : 1. Témoin (pas de démarreur). 2. 6-24-6 (47 l/ha (5 gal/acre )dans le sillon). 3. 6-24-6 (28 l/ha (3 gal/acre) dans le sillon). 4. 11-52-0 (115 kg/ga en bande 2 X 2). 5. 0-0-60 (90 kg/ha en bande 2 X 2). 6. 6-28-28 (100 kg/ha en bande 2 X 2). 7. 6-28-28 (200 kg/ha en bande 2 X 2). En général, les parcelles ayant le P et le K en quantité suffisante (par la fertilité élevée
Les symptômes de déficience en phosphose se remarquent surtout par un ralentissement de la croissance. La décoloration des feuilles est plus difficile à associer à cette déficience puisque plusieurs autres facteurs de stress peuvent causer ce phénomène.
ou par le démarreur) ont obtenu les meilleurs rendements. Par contre, lorsque le niveau de P et de K du sol est élevé, l’ajout d’un démarreur n’améliore pas le rendement. Selon les résultats présentés dans le tableau 2 (page 29), le démarreur seul n’est pas suffisant pour atteindre le maximum pour Elora et Lucan. Il semble que l’approche de suffisance en fertilisation représentée par l’application de démarreur seulement n’est pas idéale pour le soya de certains sites. Une analyse économique suivra lorsque des niveaux de fertilité des sols seront stabilisés.
3/ RÉGIE INTENSIVE DU SOYA 2014-2015 (10 SITES) FACTEUR DE RÉGIE
RENDEMENT (KG/HA)
DIFFÉRENCE (KG/HA)
Témoin (conventionnel)
4700
–
Fertilisant P
5010
+310*
Fertilisant K
4670
-30
Fertilisants P + K
4990
+290*
Fongicide + insecticide
4870
+170*
Traitement de semence
4790
+90
Espacement des rangs (51 cm)
4990
+290*
*significativement différent du conventionnel à p < 0,05
30 / Mai 2016 / Le Bulletin des agriculteurs /
Source : Fred Below
FERTILISATION ET RÉGIE INTENSIVE DU SOYA En considérant une approche systémique ou intégrée, Fred Below a présenté les effets cumulatifs des différents facteurs de régie du soya. D’après les données du tableau 3, la fertilisation en P, les traitements fongicide et insecticide ainsi que l’espacement des rangs réduit à 51 cm (20 po) permettent d’augmenter significativement les rendements. Même si on ajoute du K, la réponse à la fertilisation s’explique par le phosphore principalement. L’augmentation est semblable pour du P seul (+310 kg/ha) ou du P + K. (+290 kg/ha). Le spécialiste en physiologie végétale est convaincu qu’on peut réduire la différence entre le rendement théorique du soya et le rendement réel au champ. Le premier facteur en cause est le climat et les conditions météorologiques. Ce n’est pas du ressort des producteurs. Mais ils peuvent tout de même agir sur d’autres facteurs importants comme les éléments fertilisants, la protection du feuillage et l’utilisation de variétés adaptées et performantes. Johanne Van Rossum est agronome et productrice de grandes cultures à Sainte-Brigide d’Iberville.
INFOS / CULTURES Volume de pulvérisation pour applications en postémergence Pour un contrôle maximal avec des herbi cides appliqués en postémergence, avoir le bon stade des mauvaises herbes visées ainsi que le bon équipement est incontournable. Une couverture uniforme est essentielle pour la plupart des herbicides de postlevée, sauf le glyphosate. Les malherbologistes T.R. Legleiter et W.G. Johnson de l’Université Purdue ont récemment étudié l’influence des types de buses de même que le volume d’application pour le contrôle des mauvaises herbes dans le soya. Le couvert végétal du soya, surtout en rangs étroits de 7,5 po ou de 15 po, est assez dense au moment de l’ap plication des herbicides en postlevée tardive. Lorsque le soya a atteint 30 cm (12 po) de hauteur, les chercheurs ont mesuré le pour centage de couverture de la surface foliaire à l’aide de papier sensible à l’eau placé à diffé
50
% volume en gouttelettes < que 200 microns
45 40 35 30 25 20 15 10 5 0 1,5
rentes hauteurs sur le plant. De façon géné que si les mauvaises herbes sont plus petites rale, le pourcentage de couverture diminue que le soya, elles auront moins de chances de 50 % entre les feuilles du dessus et celles d’être atteintes. Certains types de buses produisent des situées à 10 cm (4 po) du sol. Ceci illustre gouttelettes plus grossières pour minimiser les risques de dérive. Les TTI (Turbo Teejet XR flat fan (XR) Induction) sont celles qui produisent le moins Turbo TeeJet (TTJ) de fines gouttelettes (voir graphique). Air Induction XR (AIXR) Mais ce sont aussi les buses TTI qui sont les moins performantes concernant le pour Turbo TeeJet Induction (TTI) centage de couverture sur le dessus et le milieu du plant. Pourtant, aucune différence significative n’a été décelée sur les feuilles du bas. Tous les types de buses étaient équi valents. Mais le volume d’application a eu un effet significatif. La meilleure couverture a été possible grâce au volume plus élevé. La couverture moyenne de tous les types de buses pendant les deux années de l’étude était de 26 % avec un volume d’application de 150 l/ha et de 13 % pour le volume de 100 l/ha. Afin de contrôler la dérive, la tendance est aux buses produisant des gouttelettes plus grossières. Toutefois, pour une meilleure efficacité, il faut utiliser les volumes d’appli 2,5 cation à la limite supérieure indiquée sur les étiquettes des herbicides choisis, concluent Format des buses les chercheurs. Source : Iowa State Crop News
/ Le Bulletin des agriculteurs / Mai 2016 / 31
INFOS / CULTURES
VALEUR DES TERRES : VERS LA STABILISATION La valeur moyenne des terres agricoles a encore augmenté en 2015 au Québec et au Canada, mais moins que les années précédentes, selon le dernier rapport sur le sujet publié par Financement agricole Canada. Au Canada, la valeur moyenne des terres agricoles a augmenté de 10,1 % en 2015. Alors qu’en 2014, la hausse enregistrée était plutôt de 14,3 % et de 22,1 % en 2013. Depuis 1993, la valeur moyenne des terres augmente chaque année. Au Québec, la valeur moyenne des terres agricoles s’est accrue de 9,6 % en 2015. En 2014, la hausse se chiffrait à 15,7% et à 24,7% en 2013. Mais comme dans toute moyenne, il y a eu des écarts importants entre les régions. Sans surprise, l’offre de terres a été inférieure à la demande dans les régions de la Montérégie, du Centre-du-Québec, de Lanaudière et des Basses-Laurentides. Résultat : les terres se sont vendues à prix plus élevés que dans d’autres régions où la valeur a peu ou pas augmenté. « Au Québec, 40 % des terres “repères” utilisées pour ce rapport, ont eu peu ou pas d’augmentation de leur valeur », indique JeanPhilippe Gervais, économiste agricole en chef chez Financement agricole Canada. Bien que les producteurs sous gestion de l’offre sont
demeurés les acheteurs principaux dans les régions où les terres se vendent moins cher, on a vu plus d’intérêt de la part d’acheteurs non traditionnels. Deux facteurs principaux expliquent la hausse de la valeur des terres : la force des recettes en grandes cultures en 2015 et la faiblesse des taux d’intérêt. « Les revenus générés en 2015 ont été importants. Je ne m’attendais pas à une année aussi forte. En plus, le coût des emprunts a été bas », résume l’économiste. Même si les prix des grains ont diminué en cours d’année, la faiblesse du dollar canadien a permis aux producteurs de tirer leur épingle du jeu. « Dans le secteur laitier, la situation a été plus difficile dès la mi-2015, rappelle JeanPhilippe Gervais. Mais en général, les productions animales ont eu des recettes inté-
Ce mystérieux potassium Vous vous étonnez d’une grande variabilité du taux de potassium dans vos échantillons de sol d’une année à l’autre? Ce phénomène est tout à fait normal et il est intéressant d’en comprendre les causes. Cette variabilité intrigue profondément Scott Murrell, chercheur à l’International Plant Nutrition Institute, en Géorgie, aux États-Unis. Selon lui, la teneur en potassium dans un champ qui n’est pas fertilisé aura tendance à chuter à moyen et à long terme. Par contre, la baisse peut se faire en dents de scie, avec des pics à la hausse certaines années. Plusieurs facteurs influent sur la
32 / Mai 2016 / Le Bulletin des agriculteurs /
teneur en potassium d’un échantillon de sol. Cette variabilité s’observera même si vous prélevez toujours vos échantillons de sol aux mêmes endroits et au même moment de l’année. La culture de la dernière saison est en soi un facteur de variabilité. Dans le soya, 80 % du potassium se trouve dans les graines. À la récolte, on se trouve donc à appauvrir notre sol bien plus qu’en récoltant du maïs grain qui lui, à l’inverse, concentre seulement 20 % de son potassium dans son grain. Les cultures qui incluent aussi les tiges et les feuilles contribuent à un prélèvement élevé
ressantes. » D’ailleurs, l’économiste prédit des recettes records pour les grandes cultures en 2015. « Des recettes records ou près des records. Pour 2016, je m’attends à une baisse des recettes de 5%-6%. Elles seront quand même supérieures aux cinq dernières années », ajoute-t-il. La progression de la valeur des terres devrait être moins marquée dans les prochaines années. « Le meilleur scénario serait que la valeur moyenne des terres agricoles se stabilise à long terme et ne connaisse ensuite que de légères fluctuations », selon l’économiste. Financement agricole Canada recommande même aux producteurs de prévoir un possible « fléchissement » de la valeur de leurs terres agricoles. Source: Rapport Valeur
des terres agricoles, Fiancement agricole Canada
du potassium dans le sol, qu’il s’agisse de luzerne ou de maïs-ensilage. Il importe donc de fertiliser en potassium en tenant compte de ce que la dernière culture a pu prélever.
RÉSIDUS La teneur en potassium dans le sol dépend aussi des résidus au sol et des précipitations. Contrairement au phosphore, le potassium n’a pas besoin de la décomposition microbienne. Le potassium s’échappe des résidus par lessivage, lors des pluies, avant de s’infiltrer dans le sol. « La quantité de potassium qui sort des résidus dépend des précipitations, explique Scott Murrell. Si on prélève un échantillon
INFOS / CULTURES
PAS DE SUCRE POUR LE MAÏS ET LE SOYA Dans le but d’améliorer constamment les rendements en grandes cultures, les chercheurs en Ohio sont toujours à la recherche de nouvelles pratiques. Mais avant de faire une recommandation, il est important pour eux d’obtenir des résultats fiables et applicables. Selon les données recueillies, ils ne voient aucune valeur à appliquer du sucre sur le maïs ou le soya. En 2013, il n’y avait aucune différence de rendement entre le témoin et une application de 3,3 kg/ha (3 lb/acre) de sucre sur le soya. Même conclusion pour une application
de 4,5 kg/ha (4 lb/acre) de sucrose ou de fructose dans le maïs et une application de sucrose de 4,5 kg/ha (4 lb/acre) dans le soya. Le tableau ci-dessous représente les résultats obtenus en 2014. Encore une fois, aucune différence significative n’a été observée entre les traitements. Précédemment, des essais réalisés en 2011 sur quatre sites au Wisconsin avaient conduit aux mêmes conclusions. Dans ce cas, le sucre, le sirop de maïs et deux types de mélasse n’ont pas réussi à augmenter le rendement de soya. Les spécialistes croient que les producteurs doivent se tourner vers d’autres facteurs de régie, comme la fertilisation.
Source : CORN Newsletter
RENDEMENT DE SOYA (KG/HA) APRÈS UNE APPLICATION DE 4,5 KG/HA DE SUCRE SUR DEUX SITES EN 2014. CLARK COUNTY
WOOD COUNTY
RENDEMENT MOYEN (KG/HA)
RENDEMENT MOYEN (KG/HA)
Témoin
5337
3616
Sucre
5458
3623
Fongicide
5418
3710
non significative
non significative
TRAITEMENT
PPDS 0,10* *plus petite différence significative.
de sol à l’automne après la récolte, il reste encore du potassium dans les résidus, qui n’est pas encore retourné au sol. » La différence entre un échantillon de sol à l’automne ou au printemps sera moins importante après une récolte de soya, puisque c’est entre l’atteinte de la maturité physiologique et la récolte que le potassium s’échappe du plant de soya, précise Scott Murrell.
PROFONDEUR Si vos échantillons de sol ne sont pas tous prélevés à la même profondeur, cela influera aussi sur les résultats. Le sol est plus riche en potassium près de sa surface, ce qui est encore plus vrai en travail du sol réduit.
VOTRE SEMOIR PNEUMATIQUE A-T-IL LA BONNE PRESSION ?
Source : Université de l’État de l’Ohio
HUMIDITÉ Selon les types de sols, le taux de potassium observé lors des analyses peut grandement varier en fonction de l’humidité dans le sol. En général, plus le sol est sec, plus le taux de potassium est bas. Des comparaisons en laboratoire dans le Midwest ont révélé que le résultat des analyses de potassium dans le sol variait beaucoup entre les échantillons séchés et les échantillons qui avaient conservé la même humidité qu’au champ. Selon Scott Murrell, il faut donc s’assurer de bien calibrer nos échantillons et nos équipements d’analyse.
Les semis de maïs commenceront bientôt. Le réglage de la pression d’air est crucial pour le bon fonctionnement d’un semoir pneumatique. Selon le calibre de la semence ou l’hybride que vous avez choisi, le réglage de la pression peut varier. Dans cet épisode de Défi maïs, l’agronome Gilles Corno explique étape par étape comment trouver la bonne pression pour régler votre planteur.
Visitez LeBulletin.com et cliquez sur Défi maïs dans le menu horizontal.
COMMANDITÉ PAR
/ Le Bulletin des agriculteurs / Mai 2016 / 33
INFOS / CULTURES
INFORMATION DU SOL EN TEMPS RÉEL Une nouvelle technologie provenant de l’Autriche permet de mesurer et de visualiser en temps réel différents paramètres de sol comme la composition, la compaction et la teneur en eau. Présenté dans le cadre de Agritechnica à Hanovre en Allemagne, le Topsoil Mapper (TSM) a remporté la médaille d’argent pour l’innovation. Le Topsoil Mapper est installé sur le devant du tracteur et aussitôt qu’il entre au champ, les données s’affichent sur l’écran dans la cabine. « L’appareil peut mesurer jusqu’à 1,1 m de profondeur grâce à des transmetteurs et des bobines réceptrices », précise Michael Pregesbauer, président exécutif de la compagnie Geoprospectors qui commercialise le TSM. Les producteurs peuvent ensuite utiliser les paramètres recueillis pour ajuster les machines de préparation de sol en roulant. Des cartes d’application en 3D peuvent aussi être créées aux fins de comparaison. L’autonomie caractérise le TSM. Aucun serveur ou autres données externes ne sont nécessaires pour créer les cartes. Sa grande flexibilité avec différentes interfaces lui permet d’être compatible avec la plupart des marques de tracteurs. Source : Ontario Farmer
DuPont Pioneer @DuPontPioneer
mai 2016
Fabriquer ses rendements #toujoursmieux Il y a 10 ans, David Cécyre atteignait les 10 000 kilos de lait par vache. Il se trouve maintenant à 11 000 kilos. Pas une forte augmentation, direz-vous. Rien toutefois pour embêter cet éleveur : « les 10 000 kilos coûtaient plus cher à produire que les 11 000 kilos ». On l’a compris, le propriétaire de la Ferme Iceberg pense d’abord efficacité. « On priorise la quantité de fourrages ingérée, indique-t-il. On ne veut pas acheter nos rendements, on veut les fabriquer ! » Il a hissé la consommation volontaire de matière sèche à 27 kilos par jour avec 65 % de fourrages dans la ration. Sa paie de lait indique des taux de gras et de protéine de 4,15 % et 3,50 %. Dans ce troupeau Holstein comptant 93 vaches en lactation, les sujets du premier groupe reçoivent 22 kilos d’ensilage de maïs à 45 % m.s., 16 kilos d’ensilage d’herbe à 50 % m.s., 1 kilo de foin sec, 5,4 kilos de maïs-grain, 1,8 kilo de drêche et 2,2 kilos d’un supplément de protéines et minéraux. « Les concentrés totaux oscillent entre 8 et 10 kilos, selon l’analyse nutritionnelle », indique le résident de Saint-Stanislas-de-Kostka, près de Valleyfield. Avec une telle ration, chaque détail compte. Dans les prairies où prédomine la luzerne, il cherche à ensiler à 20 % de protéine, 30 % d’ADF et 40 % de NDF. « Je recherche un équilibre entre la fibre et la protéine, dit le producteur de 34 ans. En haut de 20 % de protéine, c’est trop by-pass ! » Taux de cendres en tête, il fauche à une hauteur de 4 po à 6 po. Il s’empresse de faner l’andain de 5 pi. « Si l’andain est petit, précise-t-il, je vais plutôt utiliser le retourneur, qui gratte moins le sol. » Dans le maïs, sa priorité est d’ensiler un plant vert et sain. « Je veux que le plant reste vert le plus longtemps possible pour faire plus d’amidon, indique-t-il. Plus il y a d’amidon, plus il y a d’énergie. Et puis, une vache aime mieux manger une feuille verte que morte ou malade. » Le producteur privilégie les hybrides résistants aux maladies et il s’abstient de forcer sur les UTM. Quand l’amidon du grain atteint 50 %, il commence à le mesurer. « Il m’arrive de marcher mes champs aux 36 heures pour déterminer le moment optimal pour récolter, confie-t-il. La fenêtre est étroite, trois ou quatre jours tout au plus. » « À 68 % d’humidité et 50 % d’amidon, j’attends, poursuit-il, car une semaine plus tard la ligne d’amidon sera rendue à 75 % et le 25 % qu’on aura gagné, c’est énorme. La limite, c’est ce que la vache peut ingérer. Tu veux lui offrir le fourrage le plus riche et le plus digestible possible. » Autre principe : faucher entre 12 po et 18 po. « Il n’y a rien dans le bas du coton et c’est poussiéreux », souligne-t-il, ajoutant qu’il inocule les deux ensilages pour limiter les pertes de matière sèche. Où veut-il en être dans cinq ans ? « Mon chiffre magique ? Je produis 1,46 kilo de matière grasse par vache et par jour. J’aimerais atteindre 1,7. »
Auteurs : ANDRÉ DUMONT est journaliste pigiste spécialisé en grandes cultures. Il collabore à de nombreuses publications notamment La Presse et Country Guide. MARIE-CLAUDE POULIN est rédactrice en chef adjointe au Bulletin des agriculteurs. JOHANNE VAN ROSSUM est agronome et productrice de grandes cultures à Sainte-Brigide-d’Iberville.
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Semences à vie
MARCHÉ DES GRAINS
PAR JEAN-PHILIPPE BOUCHER
TOUJOURS PLUS DE MAÏS
L
e Département de l’agriculture des États-Unis (USDA) a lâché une petite bombe à la fin du mois de mars dernier. Bien que le prix du maïs soit dans un creux et que les producteurs américains cultivent sous leur coût de production, ils ont l’intention de semer des superficies beaucoup plus importantes ce printemps. On parle d’une hausse annuelle en maïs de 6,4 % à 37,9 millions d’hectares. Si ce chiffre se confirme, ce serait les troisièmes plus importants semis en maïs de l’histoire des États-Unis. Bien entendu, ce sont les cultures de soya et de blé qui encaisseraient par ricochet un recul de leur côté avec respectivement 33,3 millions d’hectares (-0,5 %) et 20,1 millions d’hectares (-9,3 %). Que conclure de ces intentions ?
D’entrée de jeu, il faut rappeler qu’il s’agit d’intentions d’ensemencement, non pas ce qui sera réellement semé en bout de course. Or, si on se fie aux 10 dernières années (voir graphique), les producteurs américains ont été un peu trop enthousiastes pour le maïs, qui a été en moyenne de +0,12 % surévalué au 31 mars. À l’opposé, le soya a été sous-évalué de -0,12 % et le blé de -1,03 %. Ce qu’illustre aussi notre graphique, c’est qu’il y a une grande variabilité entre les intentions et les superficies vraiment semées aux États-Unis chaque année. C’est dire que les choses peuvent encore grandement changer dans les prochaines semaines. C’est une question non seulement de prix, mais surtout de conditions météorologiques. Un beau début de saison favorise naturellement le maïs
qui rejoint plus facilement les intentions des producteurs. À l’opposé, un printemps frais et trop humide penche davantage vers le soya. Il faudra sans aucun doute attendre le prochain rapport du USDA à la fin juin sur les superficies officiellement ensemencées aux États-Unis avant d’avoir un portrait plus juste de la situation. Par contre, ce qui ne fait aucun doute, c’est que les superficies en maïs aux États-Unis seront plus importantes cette année. Le risque est donc bien réel de voir le prix du maïs s’enfoncer davantage, spécialement si les conditions météo sont favorables et proposent de bons rendements à l’automne. Il faut donc être particulièrement attentif aux conditions météo et aux rallyes des prix ce printemps, sans quoi, on pourrait manquer le bateau.
VARIATION ENTRE LES INTENTIONS DU 31 MARS ET LES SUPERFICIES RÉELLEMENT SEMÉES AUX ÉTATS-UNIS CHAQUE ANNÉE DEPUIS 10 ANS maïs
soya
blé
8 % 6 % 4 % 2 % 0 % -2 % -4 % -6 % 2006
2007
2008
2009
2010
2011
2012
2013
2014
2015
Jean-Philippe Boucher est agronome, M.B.A., consultant en commercialisation des grains et fondateur du site Internet Grainwiz.
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PORC PORC
PAR MARIE-JOSÉE PARENT
Atténuer la douleur, oui, mais comment ? Le Code de pratiques pour le soin et la manipulation des porcs adopté il y a deux ans prévoit que la castration et la taille de la queue des porcelets devront être effectuées en ayant recours à des analgésiques afin d’atténuer les douleurs postopératoires à compter du 1er juillet prochain. Où en sommes-nous dans le respect de cette exigence ?
Dans les jours suivant la castration et la taille de la queue, les porcelets reprennent leurs activités normalement.
U
ltra motivés, l’ingénieure chargée de projet Marie-Aude Ricard et l’agronome responsable du secteur bâtiment et régie d’élevage Sébastien Turcotte au Centre de développement du porc du Québec (CDPQ) prévoyaient offrir une formation à l’intention des producteurs sur les moyens d’appliquer les exigences d’atténuation de la douleur chez les porcelets lors de la castration et de la taille de la queue en février dernier. La formation a dû toutefois être reportée. « Il n’y a pas de produit homologué actuellement au Canada pour atténuer la douleur des porcelets pour la prise en charge de la douleur liée à la castration PHOTO : MARIE-JOSÉE PARENT
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Vous serez époustouflé par les économies d’énergie!
ou coupe de la queue, justifie Marie-Aude Ricard. Nous n’avons pas d’option à donner aux gens. » Médecin vétérinaire au sein du groupe de Services vétérinaires ambulatoires Triple-V (SVA Triple-V) et professeure invitée à la Faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Montréal, Martine Denicourt travaille activement sur le dossier. En février dernier, elle offrait une présentation sur le sujet de l’atténuation de la douleur à la Soirée Techni-Porc. La conférence La douleur : comment la repérer, comment y remédier était présentée conjointement avec le vétérinaire Martin Choinière du Centre de services des Deux-Rives du Réseau La Coop. « Ce n’est pas vrai que les porcelets n’ont pas mal lorsqu’ils se font castrer », disait-elle pendant la conférence. Parmi les cinq libertés qui définissent le bien-être animal, on retrouve « l’absence de douleur, de lésions ou de maladies ». Il est donc essentiel de chercher à minimiser la douleur lorsqu’elle est inévitable. La plus récente version du Code de pratiques pour le soin et la manipulation des porcs lancée en 2014 amène un changement dans la pratique des producteurs de porcs au moment de la castration et de la taille de la queue des porcelets. Encore aujourd’hui, ces interventions sont
Ce que dit le Code 4.5.1 CASTRATION – EXIGENCES La castration effectuée auprès de porcelets âgés de 10 jours ou plus doit être réalisée à l’aide de produits anesthésiques et analgésiques afin d’atténuer la douleur. À compter du 1er juillet 2016, la castration effectuée à tout âge devra être réalisée avec des analgésiques afin d’aider à atténuer les douleurs postopératoires.
4.5.3 TAILLE ET MORSURES DE LA QUEUE Examiner régulièrement les porcs pour vérifier la présence de morsures de la queue et prendre des mesures pour remédier à la situation (ex : évaluer les facteurs contributifs possibles; retirer le porc responsable; ajouter du matériel qui favorise le fouissement ou ajouter des objets d’enrichissement). La taille de la queue des porcelets de plus de sept jours doit se faire en utilisant des produits pour atténuer la douleur. À compter du 1er juillet 2016, la taille de la queue devra à tout âge être effectuée en ayant recours à des analgésiques afin d’atténuer les douleurs postopératoires.
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PORC
effectuées à un jeune âge sans utilisation d’analgésique ou d’anesthésie. Le Code exige qu’à partir de juillet, elles soient réalisées avec des analgésiques, peu importe l’âge des porcelets. Le but est d’atténuer les douleurs postopératoires. « Des études ont démontré que ce sont des opérations douloureuses pour le porcelet, explique Martine Denicourt en entrevue. Ce n’est pas une douleur qui dure longtemps. En fait, les études ne démontrent pas si la douleur persiste le lendemain. » Dans la pratique courante, les producteurs remarquent que les porcelets retournent à leurs occupations habituelles en peu de temps. Des chercheurs ont évalué l’utilisation d’analgésiques sur la réduction de la douleur. « Ils ont évalué la douleur des porcelets par différents critères : soit par des comportements indicateurs de douleur et par le niveau de cortisol dans le sang, qui est l’hormone du stress », explique MarieAude Ricard qui a effectué une revue de littérature pour la préparation des ateliers. Certains chercheurs ont noté un effet bénéfique de l’utilisation des analgésiques ou de l’anesthésie.
Porcelets juste avant la castration et la taille de la queue.
manipulations pour chaque portée : une première pour administrer le médicament dent, explique Martine Denicourt. Dans la et attendre l’effet analgésique, la deuxième littérature, les travaux sont habituellement pour faire l’intervention. Cette façon de basés sur une administration d’analgé- procéder demande plus de temps et de sique 20 à 30 minutes avant l’intervention manipulations, sans compter un risque pour diminuer la douleur pendant et après accru d’écrasements et de blessures chez les l’intervention. Le Code parle d’atténuer porcelets dus au stress de l’attrapage deux la douleur postopératoire. » La raison de fois consécutives. L’administration d’analRECHERCHE DE SOLUTIONS Martine Denicourt est préoccupée par le cette différence est que l’administration gésique au moment de la castration aide fait que si c’est trop compliqué, les pro- de l’analgésique 20 à 30 minutes avant l’in- aussi à diminuer la douleur ressentie par les ducteurs ne le feront pas. « Ce n’est pas évi- tervention implique de procéder en deux porcelets au cours des heures qui suivent.
– Jen C., Ontario, participante à la conférence AWC
s re ou b z-v om s. ve ! N tée cri nt imi Ins tena ces l i n la ma de p
« Si ce n’était des propos tenus par les leaders avec lesquels j’ai échangé, je n’aurais ni un objectif précis ni la motivation pour l’atteindre. Je ne vous remercierai jamais assez pour ça. »
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La conférence se donnera en anglais
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Marie-Aude Ricard et Sébastien Turcotte souhaitent aussi une procédure simple pour que tous les producteurs y adhèrent. « À l’Université de Guelph et en Europe, des équipes de chercheurs ont travaillé sur un mélange analgésique et fer, explique MarieAude Ricard. Ce serait une avenue intéressante. » Les producteurs procèdent déjà à une injection de fer. Ne faire qu’une seule injection pour deux utilités simplifierait la tâche pour les producteurs et améliorerait les chances de l’adoption de cette nouvelle pratique.
QUEL PRODUIT ADMINISTRER ? Les analgésiques actuellement homologués pour utilisation chez le porc sont prévus pour diminuer les signes cliniques de boiterie et d’inflammation chez les animaux souffrant de troubles locomoteurs non infectieux ou pour diminuer l’inflammation et la fièvre. Ils sont aussi offerts à des concentrations pour des porcs plus âgés. La dose est donc trop concentrée pour les porcelets de quelques jours d’âge lors de la castration. « Il faudrait que le producteur puisse faire lui-même la dilution à la ferme avec de l’eau stérile ou le combiner à un autre produit, explique Sébastien Turcotte. L’AQC ne le permet pas. » La gestionnaire de politiques de production animale au Conseil canadien du porc (CCP), Emily Bond, explique en effet que le programme Assurance qualité canadienne
Les recherches démontrent que la douleur liée à la castration amène les porcelets à diminuer la durée des activités autour de la tétée au cours de la journée. Ils ont aussi tendance à se recroqueviller en groupe ou à s’isoler.
(AQC) ne permet pas aux producteurs de faire eux-mêmes leurs propres dilutions. « Les producteurs ont le droit d’utiliser des médicaments hors homologation avec une prescription de leur vétérinaire, dit-elle. Mais on n’encourage pas les producteurs à faire leurs propres dilutions. » Emily Bond suggère plutôt que les producteurs s’entendent avec leur vétérinaire pour faire préparer les doses dans une pharmacie vétérinaire. Martine Denicourt est déçue de ce peu d’ouverture. « Le pharmacien peut faire la préparation, mais il ne peut pas assurer que les qualités pharmacologiques ne seront pas affectées, alors que la dilution à la ferme juste avant de procéder serait probablement plus efficace, dit-elle. Ce sont les compagnies pharmaceutiques qui pourraient faire les études en ce sens, mais elles n’ont pas d’intérêt économique, car elles offrent déjà des produits moins concentrés pour une utilisation dans les autres espèces, mais à un coût plus élevé. » Les analgésiques disponibles sont le ketoprofen, le flunixin méglumine, le méloxicam et l’aspirine ou les salicylates (acide acétylsalicylique). Les trois premiers sont injectables, alors que l’aspirine et les sali-
cylates sont offerts en formulation orale. « Une nouvelle formulation en suspension orale du méloxicam vient d’apparaître sur le marché et a obtenu une homologation pour diminuer la douleur lors de la castration des veaux, explique Martine Denicourt. Ce sera probablement une avenue intéressante pour les producteurs de porcs. Le produit sera aussi à diluer, car il est très concentré, mais la version orale est beaucoup moins complexe à diluer pour les éleveurs. » Le programme AQC est actuellement en révision. Le volet bien-être animal sera intégré au programme AQC. Le nouveau programme sera lancé à la fin de 2016 par la mise en place d’un projet pilote. « L’an prochain, il sera implanté dans toutes les fermes, explique Emily Bond. Le volet bien-être va refléter le nouveau Code de bien-être. » Mais pas question de modifier la règle empêchant la dilution à la ferme par les producteurs. « C’est une question de salubrité des aliments, dit-elle. C’est important que ce soit standardisé. » Martine Denicourt est déçue. « C’est le vétérinaire qui va devoir prendre la décision et la responsabilité sur quel analgésique choisir et comment l’utiliser, sachant que les produits existants sont hors homologation et que les manipulations sont hors AQC. » La venue de nouveaux analgésiques en formulation orale, tels que ceux disponibles actuellement en Europe, aidera les éleveurs et leur vétérinaire à faire des choix et à aider à soulager la douleur à la suite de la castration et de la taille de la queue. Marie-Aude Ricard et Sébastien Turcotte ne peuvent offrir d’ateliers sur l’utilisation des analgésiques sans pouvoir proposer de solutions simples aux producteurs. Toutefois, la demande est là et les c ompagnies pharmaceutiques sont à l’écoute des besoins. En attendant de disposer de ces nouvelles options, Martine Denicourt demande aux éleveurs de discuter avec leur vétérinaire et de choisir une solution dès aujourd’hui, sans attendre l’obligation de le faire. « Certains le font déjà », dit-elle. Marie-Josée Parent est agronome et journaliste. Elle couvre les productions laitière, bovine, avicole et porcine au Bulletin des agriculteurs.
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VOLAILLE
PAR MARIE-JOSÉE PARENT
Alerte à l’influenza aviaire ! La pire crise sanitaire en productions animales des ÉtatsUnis a frappé à nos portes. Cette fois-ci, elle nous a épargnés. Retour sur cet épisode.
40 / Mai 2016 / Le Bulletin des agriculteurs /
L
e 6 avril 2015, des analyses confirment la présence d’un virus de l’influenza de type H5 dans un élevage de dindons du sud de l’Ontario. Dans les semaines suivantes, une deuxième, puis une troisième ferme avicole sont déclarées positives au virus H5N2 qui ressemble au virus détecté en Colombie-Britannique en décembre 2014. À la même période, les autorités américaines doivent gérer une crise sanitaire sans précédent dans les élevages avicoles. Dorénavant, la menace est tout près du Québec. Les éleveurs avicoles d’ici peuvent dire aujourd’hui qu’ils l’ont échappé belle. L’épisode de l’Ontario a été finalement rela-
tivement modeste. Mais ce fut loin d’être le cas chez nos voisins du Sud. De décembre 2014, au début de l’éclosion, jusqu’au 17 juin, à la fin de l’éclosion, 21 États ont connu au moins un cas d’influenza aviaire hautement pathogène. Au total, 211 élevages commerciaux et 21 élevages de basse cour ont été affectés. On a dénombré 42,1 millions de pondeuses et de poulettes de remplacement touchées, ainsi que 7,8 millions de dindons. Les pertes pour l’ensemble de l’économie sont estimées à 3,3 milliards $US. La baisse de 2 % de la production de dindons et de 5 % d’œufs de consommation n’est toujours pas revenue à la normale.
Les Américains ont dû gérer la pire crise sanitaire en production animale de leur histoire.
Un des grands défis a été l’élimination des carcasses qui doit se faire au même plus affecté durant l’épisode. Sur les 232 cas, rythme que l’euthanasie des oiseaux infec110 y ont eu lieu. C’est presque la moitié de tés. La taille des sites a complexifié la situatous les cas recensés aux États-Unis. L’État tion. C’est le cas de Center Fresh Group. voisin, l’Iowa, a aussi été lourdement tou- Basée en Iowa, l’entreprise spécialisée dans la production d’œufs de consommation ché avec 77 cas.
CONSTAT ALARMANT Un ensemble de facteurs ont fait en sorte que l’épidémie américaine a pris une telle ampleur. En assemblée générale annuelle de l’Équipe québécoise de contrôle des maladies avicoles (ÉQCMA), le directeur général Martin Pelletier a raconté ce qui a rendu cet épisode si difficile à contrôler. D’un côté, l’application des mesures de biosécurité recommandées était insuffisante. De l’autre, les options et procédures disponibles étaient inadéquates pour faire face à la grosseur des sites de production et l’ampleur de la situation. « Cela a permis l’explosion du virus », raconte Martin Pelletier. Finalement, il y a eu un manque de ressources pour tout gérer. Au Minnesota, pendant le pic de l’infection, il y avait 57 zones de restriction de 10 km, soit une zone plus grande que l’État du Connecticut. Le Minnesota a été l’État le PHOTO : USDA – DÉPARTEMENT AMÉRICAIN DE L’AGRICULTURE
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VOLAILLE
avait 7,3 millions d’oiseaux sur sept sites en avril 2015 : 3,8 millions de pondeuses sur un site et 1,8 million sur un autre. Les cinq autres sites servaient à l’élevage des poules de remplacement. À titre de comparaison, au Québec, il y a 1,4 million de pondeuses. Tous les oiseaux de Center Fresh Group ont dû être euthanasiés et éliminés. Le plus
gros site fonctionnait avec 140 personnes et un mouvement de 300 à 400 véhicules par jour. Et il n’y avait aucun plan d’urgence en place ! Dès le départ, l’entreprise a cherché le meilleur moyen d’euthanasier les oiseaux. L’arrêt de ventilation a finalement été retenu comme seul moyen applicable
dans un contexte de production en cages et dans le type de bâtiments présents. L’arrêt de ventilation avec chauffage à 104 °F ou 40 °C en moins de 30 minutes et maintien à cette température pendant un minimum de trois heures est une méthode d’urgence dorénavant reconnue aux États-Unis. Dans ce pays, les bâtiments ne sont pas étanches comme au Canada. Dans notre pays, le mode d’euthanasie de masse reconnu pour une telle situation est la fermeture complète du bâtiment avec injection de CO2. Les animaux s’endorment, puis meurent par manque d’oxygène. L’élimination des animaux morts a été effectuée par compos tage. L’entreprise devait disposer de 12 750 tonnes de matière carbonée. Chaque jour, ce fut 250 tonnes d’andains qui furent construits sur les terres de la compagnie. Center Fresh Farm estime qu’il lui faudra deux ans, donc jusqu’en 2017, pour revenir à sa pleine capacité de production.
LEÇONS À EN TIRER Face au dur bilan de cette éclosion, le Département américain de l’agriculture (USDA) a mis en place un plan d’intervention pour les futurs épisodes. Le plan inclut un renforcement de la biosécurité et de la surveillance. L’étape suivante est d’être prêt si un épisode survient, ce qui inclut
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Les entreprises de pondeuses d’œufs de consommation et de reproduction ont été lourdement affectées par l’influenza aviaire.
La même souche de virus de l’influenza aviaire que dans les poulaillers a été détectée chez les bernaches du Canada en 2014-2015.
notamment de revoir les capacités d’intervention et de déploiement en situation de crise, ainsi que d’améliorer les soutiens informatifs des répondants. Les capacités de dépeuplement et d’élimination ont été revues et les inventaires d’équipements et de fournitures augmentés. Des mesures ont également été mises en place pour accélérer la détection des sites infectés, les interventions en cas de détection, ainsi que les procédures de lavage et de désinfection. Les paiements d’indemnisation ont aussi été revus, la politique de repeuplement des troupeaux a été développée et le plan de surveillance dans les zones de contrôles a été revu. Finalement, une banque de vaccins est en préparation. Bref, c’est toute la procédure d’intervention qui a été révisée. En résumé, les Américains n’étaient pas prêts à affronter une crise d’une telle ampleur.
ET LE QUÉBEC ?
explique Martin Pelletier. Le risque est plus élevé. » L’ÉQCMA était donc en alerte. Des notes ont été envoyées aux producteurs et aux intervenants de l’industrie. On leur rappelait l’importance de signaler tout cas suspect à leur vétérinaire et à l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA). « Ce qui est important pour nous à l’ÉQCMA, c’est de faire un rappel des mesures de biosécurité, de demander de signaler tout cas suspect et d’être prêts à intervenir. » Dans un cas de maladie à déclaration obligatoire, le cas est automatiquement signalé à l’ACIA qui prend en charge l’euthanasie et l’élimination des oiseaux. L’ÉQCMA est en lien avec l’ACIA et les différents acteurs de l’industrie. Les épisodes américain et ontarien ont démontré toute l’importance du Plan de mesure d’urgence de l’ÉQCMA. Prochain cheval de bataille de l’organisme : le déploiement d’un régime d’indemnisation en cas de crise sanitaire. Après tout, on n’est jamais trop prêts.
Le principal virus en cause aux États-Unis, H7N2 hautement pathogène, ne s’est pas retrouvé au Québec. L’éclosion en Ontario du H5N2 a bien sûr fait peur. « C’est une industrie avec laquelle nous avons des liens,
Marie-Josée Parent est agronome et journaliste. Elle couvre les productions laitière, bovine, avicole et porcine au Bulletin des agriculteurs.
Corridors migratoires Les spécialistes de la faune croient que les virus ayant affecté la ColombieBritannique, les États-Unis et l’Ontario proviendraient de l’Asie, explique le vétérinaire Stéphane Lair, directeur du Centre québécois sur la santé des animaux sauvages (CQSAS) de la Faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Montréal. Comment est-ce possible ? En Amérique du Nord, les oiseaux sauvages migrateurs, aussi appelés Sauvagine, volent du nord au sud sur quatre principales voies migratoires. Ces voies migratoires se croisent au nord. Il y a même des échanges occasionnels avec les voies migratoires de l’Asie. La voie migratoire du Pacifique longe cet océan du nord au sud. À l’est des Rocheuses, on retrouve la voie migratoire du Centre. Le long du fleuve du même nom jusqu’au nord du Canada, on retrouve la voie migratoire du Mississippi. La dernière voie migratoire est celle de l’Atlantique dans laquelle se trouve le Québec. Cette particularité a joué en notre faveur, mais ne nous protège pas à 100 %.
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INFOS / ÉLEVAGES Des chercheurs étudient le mordillage de queue des porcs Des chercheurs des Pays-Bas se sont intéressés au mordillage des queues entre les porcs. Leur but est de mieux comprendre le phénomène pour proposer des solutions qui permettront de ne plus pratiquer la taille de la queue chez les porcelets. Les essais dirigés par la chercheuse Marion Kluivers ont eu lieu pendant deux ans au Centre d’innovation porcine (VIC) de Serksel, au Pays-Pas, rattaché à
l’Université Wageningen. Entre janvier 2014 et novembre 2015, 117 portées, avec au total 1428 porcelets ayant leur queue entière, ont été suivies de la naissance à l’abattage.
ATTENTION AUX TRANSFERTS ! Le plus grand risque est survenu durant les premières semaines suivant le sevrage ou après l’introduction dans le bâtiment d’en- graissement. Une détection précoce a été notée comme essentielle pour une intervention rapide de la part des ouvriers qui doivent avoir une grande habileté en la matière. Ceux-ci travaillaient beaucoup pour trouver des solutions durant les premières semaines de l’essai. Toutefois, à la fin, il leur était plus facile d’agir rapidement. Les solutions apportées étaient de fournir de nouveau matériel de distraction ou d’isoler un animal en particulier. Des ajustements à la nourriture, à l’eau et aux paramètres d’ambiance ont été des éléments vitaux pour améliorer la situation.
SAVOIR LES RECONNAÎTRE
AYEZ LA RUMINATION À L’ŒIL LORS DE LA TRANSITION Des chercheurs de l’Université de Guelph ont mesuré la rumination et l’acétonémie subclinique dans quatre troupeaux canadiens. Ils ont dénombré un total de 139 vaches (48 %) qui ne faisaient pas d’acétonémie subclinique et ont donné le préfixe S à ce groupe en santé. Les 97 vaches (34 %) identifiées comme ayant une acétonémie subclinique et aucun autre problème de santé portaient l’abréviation ASC. Les 53 dernières vaches (18 %) avaient une ou plusieurs maladies en plus de faire de l’acétonémie et portaient l’abréviation ASC+. Les vaches de première lactation ruminaient en moyenne 409 minutes par jour tandis que les vaches multipares ruminaient 50 minutes de plus que ce groupe. Les vaches classifiées ASC ruminaient en moyenne 25 minutes de moins que les vaches en santé classifiées S. Les vaches qui faisaient de l’acétonémie subclinique et une ou plusieurs autres maladies, telles que la fièvre du lait, la métrite, la rétention placentaire ou la mammite, ruminaient en moyenne 44 minutes de moins que les vaches en santé. De plus, ce groupe de vaches malades dénommé ASC+ démontrait une baisse de la rumination de 48 minutes une semaine avant le vêlage comparativement aux vaches S en santé. Cette baisse était de 73 minutes une à deux semaines après le vêlage et finalement de 65 minutes deux semaines après le vêlage pour les vaches ASC+. Mesurer la rumination durant la période de transition permet à l’éleveur d’intervenir plus rapidement afin de réduire les facteurs qui contribuent à induire l’acétonémie subclinique et les autres maladies qui lui sont associées. Source : ADSA 2015 PHOTOS : ALAIN FOURNIER
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Les chercheurs ont classé les porcs mordillant la queue de leurs congénères en trois groupes : 1. Certains porcelets passent de la tétée des mamelons de la truie au mordillage de la queue. 2. D’autres porcs ont l’habitude d’être agressifs et frustrés lorsque c’est le temps d’accéder à de la nourriture ou pour se coucher si l’espace est insuffisant. 3. Les obsessifs ou fanatiques cherchent continuellement des queues pour mordiller. Les raisons sont obscures, mais les porcs de ce groupe ont besoin d’être isolés. La chercheuse Marion Kluivers explique que parfois il est possible d’identifier la cause d’un épisode de mordillage, mais pas toujours.
FUTUR? Des essais sur sept fermes commerciales sont entrepris : six de type conventionnel et un producteur biologique. Tous expérimentent des problèmes de mordillage de queue. Des collaborations internationales sont aussi envisagées pour mieux comprendre le phénomène et éviter le dédoublement des travaux.
Source : PigProgress.net
GAINS LIÉS À L’UTILISATION DU ROBOT
Robot de traite : combinaisons gagnantes Une étude réalisée sur le continent nord-américain sur 635 fermes laitières utilisant un ou plusieurs robots de traite arrive à des conclusions intéressantes. Les données ont été recueillies de 2011 à 2014. Les fermes utilisant le trafic libre produisaient 1,1 kg de lait de plus par vache par jour et 67 kg de lait de plus par robot par jour que les entreprises utilisant la circulation contrôlée. Les auteurs indiquent qu’en circulation contrôlée, les vaches consomment généralement moins de matière sèche, réduisent leur temps d’alimentation et le nombre de visites à la mangeoire comparativement à la circulation libre, ce qui pourrait expliquer la baisse de production. Les chercheurs ont aussi observé que les vaches qui étaient dans un enclos avec deux robots produisaient plus de lait par robot par jour que les vaches avec un seul robot de traite. Une des causes possibles de cette différence serait reliée au fait que deux robots par enclos, comparativement à un seul robot, permettraient aux vaches plus timides et de première lactation d’obtenir plus de chance d’être traite par le robot non monopolisé par les vaches dominantes. Les données moyennes de cette étude sont présentées dans le tableau ci-dessous. Source : Journal of Dairy Science FACTEURS ÉVALUÉS
MOYENNE (54 065 OBSERVATIONS)
Production par vache (kg/jour)
32
Production par robot (kg/jour)
1627
Nombre de vaches par robot
50,5
Nombre de refus par vache par jour
1,86
Nombre de traite par vache par jour
2,9
Vitesse de traite (kg/minute)
2,6
Durée de temps dans le robot (minutes)
6,8
La ferme expérimentale de Derval de la Chambre d’agriculture Loire-Atlantique, en France, a fait le bilan du fonctionnement de son robot de traite VMS DeLaval installé en 2008. Voici les faits saillants : Gain de temps : 2,5 heures/jour, soit 900 heures/an. Nouvelle contrainte : présence exigée 24 h/24. Nuit : alarme de 19h à 6h déplacée tous les 11 jours. Durée des problèmes détectés par l’alarme : 5 à 10 minutes. Matin : grande souplesse au démarrage de la journée. Soir : le gain de temps est le plus important à ce moment de la journée. Contrainte de temps : trois à quatre animaux peuvent mobiliser une heure de travail. Tâche de la traite moins pénible. Surcoût : 18 000 € (26 250 $). Surcoût par 1000 litres de lait vendus : 21 € (30 $). Performances zootechniques : aucun changement. Vaches traites : 70 vaches chaque jour, ce qui limite le nombre de traites/vache/jour qui est de 2. Quantité de lait : 2000 kg de lait par jour, soit 750 000 litres par an. Temps d’occupation du robot : 18 h à 20 h par jour, le restant est alloué au lavage, aux entrées et aux sorties des animaux. Depuis l’arrivée du laboratoire d’analyses Herd Navigator, en janvier 2015, les temps de lavage ont été augmentés. Grand constat : le robot est saturé, ce qui oblige à des mises bas les plus régulières possible afin d’éviter des fluctuations de vaches à la traite. L’utilisation du Herd Navigator et son analyse de progestérone permettent de mieux contrôler la reproduction et de mieux étaler les vêlages à l’année. Source : Mon Cultivar Élevage ALAIN FOURNIER est agronome, M.SC. et spécialiste en productions laitière et bovine. MARIE-JOSÉE PARENT est agronome et journaliste. Elle couvre les productions laitière, bovine, avicole et porcine au Bulletin des agriculteurs.
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INFO BRANCHÉ
PAR JEAN-LOUIS DUPONT
LA TÉLÉMÉTRIE À FAIBLE COÛT, EST-CE POSSIBLE ?
Q
u’il s’agisse d’une solution permanente ou temporaire, il est possible avec des produits abordables de moderniser l’accès aux informations télémétriques de nos installations quelques fois désuètes. Rassurez-vous, il n’est pas question dans cette chronique de solutions de remplacement aux produits modernes offerts aux entrepreneurs agricoles. Nous avons tous été exposés aux nombreux avantages qu’offre une interface de gestion performante et accessible par Internet. Si vous êtes passé au dernier Salon de l’agriculture de Saint-Hyacinthe, vous avez sûrement remarqué la présence d’Internet dans pratiquement toutes les solutions présentées par les exposants. Vous y êtes-vous laissé séduire par leurs avantages et bénéfices? Si vous avez décidé d’y réfléchir le temps de renflouer votre tirelire, de terminer ou de commencer un projet ou simplement vous n’y voyez pas de retour sur l’investissement, cet article s’adresse à vous. Nous connaissons tous l’importance de rentabiliser nos équipements. Le remplacement d’une machinerie déjà amortie et encore rentable est difficilement justifiable dans un cadre de modernisation Internet à la ferme. Cependant, les bénéfices d’un tel projet sont des incontournables à l’amélioration de l’efficacité et de la qualité de vie du producteur. Au même titre que l’avènement de l’ordinateur a révolutionné la gestion de la ferme moderne, l’accès distant par Internet à nos données d’entreprise est un atout majeur. Beaucoup d’entre nous avons déjà utilisé un quelconque logiciel d’accès à un ordinateur distant pour en prendre le contrôle et y lire l’information recherchée. TeamViewer, entre autres, est un logiciel disponible pour toutes les plateformes. Il est un parfait exemple d’intégration Web économique. D’ailleurs, n’oubliez pas d’enregistrer le produit si vous comptez l’utiliser régulièrement. Qu’en est-il cependant de l’information qui n’est pas
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gérée sur ordinateur, comme un cadran de température ou un panneau de contrôle de plan de séchage ?
Cas vécus Éric Lortie des Fermes Lortie de Saint-LinLaurentides utilise des caméras spécialisées pour lire en temps réel, et à distance, les valeurs de son séchoir et silo sécheur. Nul besoin de remplacer pour l’instant ces contrôles ! Yvan Jeanson de R.S. Jeanson et fils de Saint-Bernard-de-Michaudville utilise également des caméras pour visionner les panneaux de contrôle de son plan de séchage. Il conserve ainsi l’image familière de l’état de ses panneaux, un atout visuel qu’il ne peut cependant pas contrôler. Attention de sélectionner des caméras capables de lire les contrôles numériques ! Les afficheurs DEL à sept segments sont particulièrement difficiles à lire pour une caméra (taux d’actualisation faible). Il est aussi possible de transmettre l’état d’un contrôle d’une porte ou d’une lumière par Internet. Réal Gauthier des Fermes Belvache de Sainte-Anne-des-Plaines maximise les composantes de son réseau informatique et ses connaissances en électricité pour alerter par
texto l’intervenant de garde en cas d’arrêt de l’élévateur à grain. Réal Gauthier a installé un relais sur son élévateur qui transmet tout simplement le changement d’état d’ouvert à fermé à une interface numérique installée par son fournisseur d’équipement réseautique. Certains iront même jusqu’à télécommander de simples actions à distance par le Web. Contrairement à l’automatisation complète d’un procédé, cette télécommande manuelle d’un relais, d’une lumière, d’une pompe ou d’un ventilateur dépend de l’action du producteur. Nous aborderons plus en détail ce volet dans un prochain numéro ! Il existe donc une multitude de possibilités technologiques simples et abordables pour moderniser un équipement ou un environnement à la ferme. Assurez-vous cependant de la solidité et de la disponibilité de votre réseau informatique pour qu’au moment venu, ça fonctionne ! Jean-Louis Dupont, diplômé en technologie par microprocesseur, est concepteur de solutions technologiques et réseautiques depuis plus de 30 ans. / jl@resotx.ca
MIEUX VIVRE
PAR PIERRETTE DESROSIERS
RÉVEILLEZ-VOUS AVANT DE MOURIR
F
aire son testament : ça ne fait pas mourir, ça ne ruine personne, ça se fait facilement avec son notaire. Tout le monde le sait : faire son testament, c’est très important. Ça peut éviter de gros ennuis pour ceux qui restent. Cela vous assure que vos volontés seront respectées et prévient bien de la chicane dans la famille. Et que dire du mandat en cas d’inaptitude ou de protection ? Celui-ci permet de désigner un de vos proches afin de veiller sur vous et vos biens si vous êtes inaptes à le faire. Si le testament et le mandat sont si importants, pourquoi les statistiques démontrent-elles qu’une personne sur quatre de 50 ans et plus n’en possède pas ? Imaginez la proportion chez les jeunes adultes et les jeunes parents. Comment expliquer cette négligence ? Deux raisons : Recherche du plaisir immédiat et évitement de l’inconfort. L’être humain a une tendance naturelle à choisir le plaisir à court terme ou l’évitement du déplaisir, et ce, au détriment du bénéfice à long terme. Parler de faire son testament, c’est « plate ». C’est de réfléchir à notre mort. C’est long. C’est déprimant. « Pis ça coûte cher » pour un simple bout de papier. Bref, aucune jouissance à l’horizon. Rien d’excitant ! La pensée magique. C’est le fait de se dire : je suis encore jeune, je ne suis pas rendu là, ça ne peut pas m’arriver. Bien entendu, personne ne veut s’imaginer inapte dans un lit d’hôpital avec un trauma crânien. Vous savez comme moi que ça n’arrive qu’aux autres ces affaires-là. Mais au fait, je me demande, c’est qui ça « les autres » ? Et bien, les autres, c’est quelqu’un. C’est un parent, un enfant, un frère, une sœur ou un associé. Les autres, ça pourrait être un des vôtres … ou vous.
Évidemment, ni la loi, ni la police, ni même « le Bon Dieu » ne vous obligent à faire un testament ou un mandat en cas d’inaptitude. Ouf, rassurez-vous, vous n’irez pas en prison. Toutefois, il faut savoir que si vous n’avez pas de testament et que la mort frappait à votre porte (vous allez mourir, désolée de vous l’apprendre), c’est la loi qui déterminera vos héritiers et quelle part du gâteau ils se partageront. Et qu’arrivera-t-il si au lieu de mourir, par chance vous deveniez seulement inapte à prendre les décisions concernant votre personne et vos biens et que vous n’avez pas de mandat ? Et bien c’est M. le curateur public qui se chargera de tout ! Maintenant convaincu de passer à l’action ? La première étape est de prendre un rendez-vous avec votre notaire : jeudi matin 9 h, notez-le à l’agenda. Vous n’en connaissez pas ? Arrêtez les défaites, appelez votre comptable, il vous en référera un. Un geste si simple, qui peut changer tant de choses.
Dites-vous que si vous ne vous occupez pas de vos affaires, un petit monsieur au gouvernement s’en chargera et ce n’est peut-être pas de la façon dont vous l’auriez souhaité. Oui, mais en fait, j’oubliais. C’est vrai que la situation ne vous affectera pas personnellement, car vous serez soit branché dans un lit d’hôpital inconscient ou six pieds sous terre. Donc, si vous ne le faites pas pour vous, faites-le pour ceux qui vous sont chers. Parce qu’au final, je suis convaincue que ce que vous voulez, c’est le mieux pour eux et dormir en paix.
Pierrette Desrosiers est psychologue du travail, M. PS. et coach spécialisée dans le milieu agricole. Elle est également conférencière et auteure de trois livres. / pierrettedesrosiers.com
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FRUITS ET LÉGUMES
PAR JULIE ROY
PHOTOS : YVON THÉRIEN
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L’intelligence bleue
Propriétaire d’une bleuetière, Gérard Doucet carbure aux projets et à l’innovation. Sa motivation : assurer la pérennité de son entreprise. Aujourd’hui, la présence de sa fille au sein de l’entreprise lui permet de continuer de rêver, mais surtout d’avancer.
I
l était une fois, une jeune femme de 37 ans qui avait fait de longues études. Si longue qu’elle avait en poche un postdoctorat en géochimie environnementale. Elle avait aussi une carrière scientifique prometteuse, mais il manquait quelque chose à son cœur pour atteindre le bonheur. Après 15 ans d’absence, elle annonça à son père son désir de revenir au bercail afin de cultiver des bleuets sur la ferme familiale. Loin d’être un conte, cette histoire est bel et bien celle d’Annick Doucet. L’histoire commence en 1983, moment où son père, Gérard Doucet, achète à SaintHonoré, au Saguenay-Lac-Saint-Jean, un lot boisé pour en faire une bleuetière. Inutile de dire que la petite fille qu’elle était alors aida au même titre que ses deux sœurs aux travaux de la ferme. Chemin faisant, le patriarche tente plusieurs choses pour développer son entreprise. Il ouvre ses portes à l’autocueillette, mais l’expérience n’est pas concluante. « Nous l’offrons encore, mais davantage En cinq ans, Gérard et Annick Doucet ont investi près de 150 000 $ pour la recherche et le développement.
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FRUITS ET LÉGUMES
pour accommoder les gens », commente le producteur. Il oriente alors ses projets pour donner une valeur ajoutée à ce petit fruit bleu. « Dans les années 1990, j’ai mis en marché une quinzaine de produits à base de bleuet : ketchup de l’amérindienne, relish, etc. sous les marques Perle Bleue et Équinox Collection Santé. Nous retrouvions nos produits partout au Canada », se souvient le producteur. Il a mis fin à cette aventure en 2002. « Ce n’était pas de la vraie valeur ajoutée puisqu’on se retrouvait sur les tablettes d’épicerie à côté des Kraft de ce monde. Les petits comme nous ne peuvent pas concurrencer ces géants de l’alimentation », a compris l’homme d’affaires. Loin de se laisser abattre, le producteur n’a pas cessé d’innover. Tout en continuant de vendre la grande majorité de sa production au marché de la congélation, il a investi temps et argent pour de la recherche et du développement. Le visionnaire s’est concentré sur le pouvoir antioxydant du bleuet. « Les recherches ont prouvé que les antioxydants aidaient au maintien d’une bonne santé. En plus, le bleuet frais est riche en polyphénol. Cette substance peut permettre, entre autres, le ralentissement de la détérioration des fonctions cognitives liée à l’âge comme la mémoire, la vision, etc. », indique Gérard Doucet.
C’est ici que Gérard et Annick Doucet reçoivent les bleuets fraîchement cueillis qui seront immédiatement congelés pour conserver leurs propriétés nutritives.
La concentration naturelle de ces substances n’est toutefois pas une mince affaire, car une fois le fruit cueilli, il perd rapidement de ses propriétés. Il aura fallu plusieurs années avant de trouver la bonne recette.
LE RETOUR Durant tout ce temps, même si elle était déménagée depuis son 18e anniversaire pour poursuivre ses études, Annick Doucet
suivait de près les activités de la ferme. « Même si j’étais loin (Ottawa), je revenais souvent pour donner un coup de main et j’étais au courant de ce qui se passait », raconte Annick. Le 26 décembre 2011, elle annonce à son père qu’elle veut suivre son cœur et revenir au Saguenay loin de la vie stressante de la ville. Elle lui demande s’il veut une relève. « Je lui en avais déjà glissé un mot quand j’avais 18 ans, mais ce n’était pas le bon moment. Lorsque je lui ai annoncé la nouvelle, il a été très surpris », se souvient Annick. Surpris, effectivement Gérard Doucet l’a été, mais pas autant que sa fille, lorsque le 3 janvier, il l’invite sans préavis à un dîner pour parler affaires. « Il est arrivé sans s’annoncer et nous avons commencé notre association. » L’homme d’affaires lui remet alors entre les mains le dossier de la transformation, soit la division Bleu & Boreal.
LE POUVOIR DU BLEU Annick et son père décident de mettre de côté certains projets amorcés avant sa venue. « Il fallait se concentrer sur nos forces. On se devait de mettre toutes nos énergies sur des produits phares, car ce qui est difficile ce n’est pas de créer de nouveaux produits, mais de les mettre en marché », souligne la jeune femme.
La bleuetière, qui possède trois sites en production, soit deux à Saint-Honoré et un autre à Shipshaw, passera à 283 hectares cet été. Une possibilité de 1,5 million de livres de bleuets.
50 / Mai 2016 / Le Bulletin des agriculteurs /
Empêchez le mildiou et la brûlure alternarienne de dérober vos cultures.
Le mildiou et la brûlure alternarienne sont très sournois. Doucement, ils s’adaptent et subissent des mutations pour attaquer soudainement vos pommes de terre. C’est pourquoi vous avez besoin du fongicide Manzate Pro-Stick . L’activité multisite de Manzate Pro-Stick sur une vaste gamme de maladies non seulement protège contre les maladies, mais est également un des seuls fongicides sans maladies résistantes même après des décennies d’utilisation. C’est une bonne chose! Gardez les rendements de vos pommes de terre élevés et le mildiou et la brûlrure alternarienne dans l’ombre avec Manzate Pro-Stick. Pour en apprendre davantage, communiquez avec votre distributeur local ou avec votre représentant UPI dès aujourd’hui. MD
MC
Toujours lire et se conformer aux directives et aux précautions des étiquettes. ManzateMD et le logo UPI sont des marques de commerce de United Phosphorus inc. ©Février 2016. United Phosphorus inc., 630 Freedom Business Center, King of Prussia, PA 19406. www.upi-usa.com.
FRUITS ET LÉGUMES
Ces produits-vedettes sont le jus de deux à trois fois plus d’antioxydants que les bleuets sauvages à 100 % sans sucre, eau, produits concurrents de même catégorie. colorant, ou arôme ajouté. « Notre jus est Disponibles en ligne et dans quelques bounon filtré et non pasteurisé. Pressé à froid tiques au Saguenay-Lac-Saint-Jean, les proet congelé dès son extraction pour en pré- duits seront offerts dans un bon nombre server toute sa fraîcheur », mentionne la de marchés d’alimentation naturelle sous productrice. Autre produit, le BrainBerry, peu. Les deux producteurs visent aussi les Japonais qui sont très friands de ce type de une poudre de bleuets sauvages (aussi T:4.58” disponible en capsule) qui contiendrait de produits.
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Cuál es nuestro próximo destino?* *Traduction : Quelle sera notre prochaine destination?
Anthocyanes, nouvelle avenue pour les producteurs de bleuets sauvages
T:7.5”
Après trois ans de recherche, le Centre de recherche industrielle du Québec (CRIQ) a obtenu un brevet pour son procédé unique d’extraction et de purifi cation des anthocyanes. Reconnues pour leurs propriétés antioxydantes bénéfiques pour la santé, les antho cyanes se retrouvent naturellement dans les bleuets. « La recherche a démontré que les petits bleuets sauvages sont ceux qui sont les plus prometteurs. Ainsi, leur pelure normalement destinée à devenir des résidus pourrait servir, entre autres, à la fabrication de produits alimentaires et même de suppléments », mentionne Marc Larouche, président du Syndicat des producteurs de bleuets du Québec. Cette première étape complé tée, la création d’une usine pilote est essentielle pour rentabiliser le tout. Pour l’instant, rien n’est encore sur la table comme le confirme Marc Larouche. « Tout est sur la glace puisque personne n’a voulu s’impliquer concrètement dans le dossier de l’usine, mais on ne lâche pas. »
Une nouvelle excitante dans n’importe quelle langue. Le programme de récompenses Rallye Horticole est de retour! Chaque achat de produit admissible que vous effectuez vous permet d’obtenir des points de récompense Rallye HorticoleMD que vous pourrez échanger ensuite contre un voyage de groupe, de l’argent comptant ou peut-être même les deux. N’oubliez pas d’emporter un dictionnaire espagnol-français ainsi que votre muy grande sens de l’aventure! Visitez le site Web un peu plus tard cette année pour connaître la destination finale. Pour obtenir de plus amples renseignements, visitez Hot-Potatoes.ca ou téléphonez au 1 877 661-6665
Toujours lire et suivre les instructions sur l’étiquette. Rallye HorticoleMD est une marque déposée du groupe Bayer. Bayer CropScience Inc. est membre de Croplife Canada.
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Après avoir remporté le prix Innovation en transformation au gala des Grands prix agroalimentaires 2015 et le prix provincial de la relève féminine, Annick Doucet a été honorée lors de la 125e remise des prix de l’Ordre national du mérite agricole (2015). Ainsi, son histoire avec Bleu & Boreal est loin d’être terminée. Au contraire, elle ne fait que commencer puisque l’entreprise mettra en vente sous peu des jus destinés aux sportifs. « Les coureurs boivent du jus de betterave pour augmenter leurs performances. Je suis certaine que nos jus seront bien plus appréciés pour leur goût et leurs bienfaits », mentionne sourire aux lèvres la jeune femme. Julie Roy est journaliste pigiste spécialisée en agroalimentaire. Elle est responsable de la section Fruits et légumes du Bulletin des agriculteurs.
C’EST NOUVEAU C’EST NOUVEAU
JCB dévoile une nouvelle transmission JCB révolutionne la transmission de ses télescopiques en lançant la Dualtech VT sur une nouvelle gamme de tracteurs baptisés Agripro. Dévoilée le 5 avril dernier, cette transmission va révolutionner le marché. La Dualtech VT est à la fois une boîte hydrostatique et une boîte powershift à trois gammes dans la même transmission. Entièrement gérée par électronique, la Dualtech VT permet de bénéficier d’une transmission hydrostatique de 0 à 19 km/h et d’un passage automatique à une transmission powershift au-dessus de 19 km/h jusqu’à 40 km/h. Cette transmission équipera les télescopiques Agripro et sera disponible à partir du mois de mai. La nouvelle série Agripro est dotée d’un moteur de 145 ch développé en interne et intégrera trois modèles, 531-70, 536-70 et 541-70 d’une puissance de levage de 3,1, 3,6 et 4,1 tonnes. Source : agripro.jcb.com
Contrôle de pulvérisateur et semoir pneumatique Apollo ISOBUS de Topcon Le module de contrôle Apollo de Topcon permet de contrôler jusqu’à quatre produits simultanément et 50 sections. Il permet aussi le contrôle automatique des sections de votre pulvérisateur et l’enregistrement des données de travail pour la cartographie ou pour l’application à taux variable. Pour le semis, il peut afficher des souffleries ainsi que des capteurs de blocages tout en appliquant différents produits simultanément. Disponible chez Innotag. innotag.com
AGCO dévoile sa nouvelle série de semoirs AGCO a profité du National Farm Machinery Show à Louisville dans l’État du Kentucky pour dévoiler son semoir White monograine 9800VE. Les planteurs disposent d’un nouveau compteur de graines, commandé électroniquement, et d’appuis automatisés. La série propose trois modèles disposant d’écartements des rangs de 30 po à 12, 16 ou 24 rangs. Les planteurs sont construits sur trois sections-cadres qui fléchissent jusqu’à 21 degrés vers le haut ou vers le bas afin de s’adapter sur un terrain irrégulier. Le VDrive est un système d’entraînement électronique qui permet de contrôler rang par rang les compteurs de semences Vfix afin qu’ils ajustent indépendamment le taux de semis. Aussi disponible, le système FieldView collecte des données et la cartographie en temps réel. Les données sont affichées à même un iPad en cabine. Avec des données capturées par les capteurs SeedSense, les producteurs peuvent voir exactement ce que le planteur fait en temps réel et enregistrer les données à utiliser pour les décisions futures. white-planters.com
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C’EST NOUVEAU
Nouveau cueilleur à maïs Geringhoff Voici le nouveau cueilleur à maïs Freedom de Geringhoff. Il a la particularité d’accepter tous les écartements entre les rangs lors de la récolte. Les chaînes ne sont plus montées à plat, mais avec un angle incliné vers l’intérieur. Les doigts ameneurs sont inclinés eux aussi par rapport aux chaînes afin de se retrouver face à face lors de la saisie des tiges. Cette nouvelle configuration réduirait ainsi les pertes. Le broyeur est de type Rota-Disc intégré sous le châssis de la table à maïs. Geringhoff a également développé avec la société Stine Seed un cueilleur pour les rangs jumelés de plus en plus populaires dans le Midwest américain. Le nez Patriot se caractérise par la présence de deux pignons à l’avant des chaînes. Cette configuration permet d’élargir la zone de saisie des tiges afin de ramener ces dernières dans la table de récolte. geringhoff.com
Pöttinger dévoile sa barre de coupe Tri Drive
John Deere signe une entente avec Hagie Manufacturing John Deere a décidé de compléter son offre, constituée présentement de pulvérisateurs automoteurs à rampe arrière, avec l’ajout d’une gamme complète d’automoteurs à rampe avant et d’épandages d’engrais localisés sur les rangs. Les automoteurs Hagie seront proposés à la vente à travers le réseau de John Deere dans les 15 mois à venir. John Deere conclut cette entente en prenant une participation majoritaire des actifs de la société Hagie. Les pulvérisateurs et épandeurs d’engrais Hagie resteront estampillés aux couleurs de la marque présente tandis que la production se poursuivra sur le site actuel de Clarion en Iowa. La différence se fera par l’intégration de solutions technologiques développées par John Deere.
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Pottinger a dévoilé sa nouvelle barre de coupe Tri Drive. Elle dispose de disques de coupe entraînés par des roues dentées de diamètre 39/50. Trois dents sont toujours en contact pour améliorer la transmission de puissance. La nouvelle surface des engrenages garantit un fonctionnement plus fluide et une réduction du niveau sonore de l’outil. Les roues dentées sont trempées afin d’accroître leur durabilité. Elles sont usinées et équipées de roulements à billes coniques. Les faucheuses à disques équipées de cette table de couple sont extrêmement faciles à entretenir. Tous les couteaux disposent d’un système de changement rapide afin qu’ils puissent être remplacés sans nécessité d’une clé à douille. Développées et fabriquées à Grieskirchen, en Autriche, les barres de coupe seront disponibles dès cet été. poettinger.at/en_ca
C’EST NOUVEAU
Nouvelles gammes pour Massey Ferguson AGCO lance trois nouvelles gammes de modèles de tracteurs utilitaires au sein de la famille Massey Ferguson, soit les séries 4700, 5700 et 6700. Les tracteurs de ces séries font partie de la série Global. Comme son nom l’indique, cette série se veut mondiale. Ces tracteurs ont été conçus en grande partie au centre d’ingénierie de l’usine de Beauvais, en France. La série 4700 compte quatre modèles (4707, 4708, 4709 et 4710) qui ont une puissance allant de 70 ch à 100 ch en version plateforme ou cabine. Les trois modèles de la série 5700SL ont une puissance respective de 110 ch, 120 ch et 130 ch. Éventuellement, la série 6700 sera ajoutée au groupe et la puissance s’échelonnera de 70 ch à 130 ch. Les tracteurs 4700, 5700, 6700 et 5700 SL sont tous équipés de moteur AGCO Power conforme aux normes Tier 4 Final et ils utilisent la réduction catalytique sélective (injection d’urée en post combustion) et un catalyseur d’oxydation des gaz d’échappement. Ces systèmes nécessitent très peu, voire aucun, entretien périodique. Le système des tracteurs 5700SL se trouve sous les marches de la cabine, ce qui permet de libérer de l’espace dans le compartiment du moteur pour laisser la place à un capot incliné qui améliore la visibilité vers l’avant durant les tâches effectuées dans des espaces restreints. En fonction des différentes configurations, trois transmissions sont offertes : 8 X 8 synchronisée à inverseur mécanique (4700), 12 X 12 synchronisée à inverseur mécanique (4700, 5700, 6700) et 12 X 12 synchronisée à inverseur hydraulique (4700, 5700, 6700). Quant aux systèmes hydrauliques, deux sont disponibles : centre ouvert 57 l/min et centre ouvert munis de deux pompes en tandem Twin Flow à 98 l/min. La capacité de relevage, quant à elle, varie de 2200 kg à 4300 kg dépendamment de la série. Tous ces tracteurs seront aussi offerts en deux versions, soit la version Classic ou Deluxe. Les
Massey Ferguson MF4709
Massey Ferguson MF5700 SL
modèles Deluxe ont de meilleures spécifications et sont plus confortables. Par exemple, les 5700SL offriront un tableau de bord amélioré, un nouveau système de refroidissement muni d’un ventilateur à 11 pales et un bloc valve permettant au levier de contrôle du chargeur de contrôler aussi deux sorties hydrauliques arrière en alternance.
Rappelons que l’an dernier, dans le cadre de l’exposition Agritechnica tenue en Allemagne, un jury formé de 23 membres provenant des quatre coins de la planète a remis le prix du tracteur de l’année dans la catégorie des meilleurs tracteurs utilitaires à un des nouveaux modèles Massey Ferguson, le 5713 SL.
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PUISSANT, AGILE ET POLYVALENT
MF6600 : 140 à 160 ch Quand vous optez pour un tracteur MF6600 de Massey Ferguson, vous avez le choix parmi de nombreuses configurations et parmi trois transmissions, dont une transmission à variation continue. Doté d’un empattement court et d’un excellent rapport poids-puissance, cette série répondra à vos attentes.
MF5700 SL : 110 à 130 ch Découvrez le nouveau MF5700 SL, nommé Meilleur tracteur utilitaire à Agritechnica. Profitez de rabais sur les MF5600 en inventaire.
Passez chez votre concessionnaire ou visitez MasseyFerguson.com Agritibi R.H. Amos | 819 732-6296 Saint-André-Avellin | 819 983-2124 Alcide Ouellet & Fils Cacouna | 418 862-0541 Saint-Cyprien | 418 963-2647 Champoux Machineries Warwick | 819 358-2217 Équipements Guillet Sabrevois | 450 346-6663 Équipements Séguin & Frères Saint-Clet | 450 456-3358
Garage N. Thiboutot Saint-André-de-Kamouraska | 418 493-2060
Machineries Horticoles d’Abitibi Poularies | 819 782-5604
Garage Paul-Émile Anctil Mont-Joli | 418 775-3500
Machinerie JNG Thériault Amqui | 418 629-2521
Groupe Symac Napierville | 450 245-7499 Normandin | 418 274-4568 Parisville | 819 292-2000 Pont-Rouge | 418 873-8628 Rougemont | 450 469-2370 Saint-Bruno | 418 343-2033 Saint-Denis | 450 787-2812 Saint-Hyacinthe | 450 799-5571
Machineries Nordtrac Louiseville | 819 228-4848 Saint-Barthélemy | 450 885-3202 Saint-Roch-de-l’Achigan | 450 588-2055
Les Équipements Yvon Rivard Mirabel | 450 818-6437
Service Agricole de l’Estrie Coaticook | 819 849-4465 Service Agricole de Beauce Saint-Georges | 418 221-7022 Sainte-Marie | 418 387-3814
MASSEY FERGUSON est une marque mondiale d’AGCO. ©2016 AGCO Corporation, 4205, River Green Parkway, Duluth, GA 30096 (877) 525-4384.
MÉTÉO / JUIN 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30
NORMALE
NUAGEUX
PARTIELLEMENT NUAGEUX
ABITIBI-TÉMISCAMINGUE Températures près de la normale. Précipitations supérieures à la normale. Nuageux avec averses du 1er au 3. Mélange de soleil, de nuages et d’averses passagères les 4 et 5. Plus de nuages que de soleil avec averses du 6 au 8. Nuages et pluie du 9 au 13. Soleil, nuages et averses passagères du 14 au 16. Nuages et pluie le 17. Période ensoleillée du 18 au 21. Ciel partiellement nuageux avec averses passagères du 22 au 24. Mélange de soleil, de nuages et d’averses passagères du 25 au 30.
PLUIE
AVERSE
VALLÉE DE L’OUTAOUAIS Températures et précipitations supérieures à la normale. Nuageux avec averses du 1er au 3. Ensoleillé le 4. Mélange de soleil, de nuages et d’averses passagères du 5 au 8. Nuages et pluie du 9 au 12. Ensoleillé les 13 et 14. Soleil, nuages et averses passagères du 15 au 19. Période ensoleillée les 20 et 21. Ciel partiellement nuageux avec averses passagères du 22 au 24. Ensoleillé les 25 et 26. Nuageux avec averses passagères du 27 au 30.
SAGUENAY–LAC-SAINT-JEAN Températures près de la normale. Précipitations supérieures à la normale. Nuageux avec averses du 1er au 3. Mélange de soleil, de nuages et d’averses les 4 et 5. Plus de nuages que de soleil avec averses passagères du 6 au 8. Nuages et pluie du 9 au 13. Soleil, nuages et averses passagères du 14 au 16. Nuages et pluie le 17. Période ensoleillée du 18 au 21. Ciel partiellement nuageux avec averses passagères du 22 au 24. Mélange de soleil, de nuages et d’averses passagères du 25 au 30. MONTRÉAL, ESTRIE ET QUÉBEC Températures et précipitations supérieures à la normale. Nuageux avec averses du 1er au 3. Mélange de soleil, de nuages et d’averses passagères du 4 au 8. Nuages et pluie du 9 au 13. Ensoleillé le 14. Soleil, nuages et averses passagères du 15 au 17. Période ensoleillée du 18 au 21. Ciel partiellement nuageux avec averses passagères du 22 au 25. Nuageux avec averses passagères du 26 au 30.
NEIGE
ACCUMULATION FROID
CHAUD
GASPÉSIE ET NOUVEAU-BRUNSWICK Températures et précipitations supérieures à la normale. Ensoleillé les 1er et 2. Nuageux avec averses du 3 au 5. Mélange de soleil, de nuages et d’averses du 6 au 8. Nuages et pluie du 9 au 14. Ensoleillé le 15. Nuageux et averses passagères les 16 et 17. Période ensoleillée du 18 au 21. Nuageux avec averses du 22 au 25. Ciel nuageux avec averses passagères du 26 au 30.
Conseils & services du semis à la récolte
Notre équipe d’agronomes et de techniciens est là, sur le terrain, pour vous conseiller tout au long de la saison.
Il ne vous reste qu’à les appeler ! Région de la Montérégie
Région centre du Québec
514 770-2627
819 818-7853
Adriana Puscasu
Région de la Montérégie et de l’Estrie
Hicham Fram
Région Est de l’Ontario
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Faire du soya une culture
/ Le Bulletin des agriculteurs / Mai 2016 /
57
Beaucoup de producteurs l’attesteront, des fourrages en santé apportent aussi des portefeuilles en santé ! En ce début de printemps, il est important d’élaborer sa stratégie de gestion des prairies. Pour ceux qui ont des cultures bien établies, c’est peut-être le temps de commencer à penser à augmenter le nombre d’enclos pour favoriser des prairies saines. Pour commencer, il faut d’abord de la patience. Il y a un vieil adage qui dit : pour chaque jour où les animaux vont au pâturage sans que celui-ci soit vraiment prêt, le producteur sacrifie trois jours de pâturage à l’automne. Idéalement, au printemps, on donne au bétail du pâturage d’appoint prévu à cette fin. Le bétail devrait paître dans le premier pâturage quand il est d’au moins six pouces de longueur. Utiliser la capacité de portance du pâturage comme guide. Les producteurs peuvent commencer à faire les rotations dans le plan de paissance en s’assurant de laisser une assez longue période de repos. Ces périodes
permettent à la plante de reprendre de la vigueur, autant les feuilles que les racines. Lorsque les plantes sont stressées par une surpaissance ou une sécheresse, une période de repos plus longue est nécessaire. Les producteurs devraient alors considérer utiliser une alimentation d’appoint ou d’autres sources de fourrage. Un pâturage bien géré est un objectif
pour tout producteur. Il doit fournir un environnement adapté pour obtenir un large éventail de micro-organismes, dont le rôle principal est de briser la fibre et la matière organique, et finalement créer l’humus. Un bon peuplement de plantes fourragères occasionne un risque plus faible d’érosion et de compaction, augmente l’entreposage de nutriments, puis améliore l’infiltration d’eau et l’humidité du sol. De plus, un taux élevé d’humus augmente la disponibilité des nutriments, diminue le potentiel de lessivage, absorbe l’eau et augmente l’oxygène dans le sol. Si vous décidez cette année de miser sur des stratégies d’amélioration des sols par les plantes fourragères, assurez-vous d’évaluer les progrès. Prenez des analyses de sol et documentez les changements par des photos répétées de la même région. La transition devrait vous surprendre.
L’Association canadienne des plantes fourragères (ACPF) offre des renseignements utiles sur son tout nouveau site web. Suivez l’ACPF sur Facebook et Twitter (@CFGA_ACPF) !
Les exploitants de cultures fourragères et de prairies du pays procurent des avantages écologiques et économiques considérables aux Canadiens d’un océan à l’autre.
7e congrès annuel de l’ACPF
En utilisant comme toile de fond la productive scène manitobaine, le congrès de l’ACPF de 2016 attirera l’attention sur la contribution du secteur fourrager à la croissance et au développement durables de l’ensemble de l’industrie agricole du pays.
Bloquez les dates du 15 au 17 novembre 2016 dans votre agenda Hôtel Fairmont Winnipeg, à Winnipeg, au Manitoba
Il y sera question notamment : v Des aspects économiques de la production fourragère v Des avantages écologiques des surfaces fourragères
Des prairies qui ouvrent des possibilités pour l’environnement et pour l’économie au Canada
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pour le paysage v Du développement des exportations
Pour obtenir de l’information, allez au
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v Du rôle des cultures-abris dans les systèmes
de cultures annuelles v De la gestion des éléments nutritifs et de la
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