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Différence de GMQ de 0,40
Différence de GMQ de 0,30*
2.33 1.93
1.93
1.84
1.69
2.14
Différence de GMQ de 0,28*
2.07 1.79
1 0,5 0
Injectables
À verser
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SOMMAIRE
VOLUME 99 / NUMÉRO 4
CHRONIQUES Bouche à oreille Billet Point de vue Info cultures Marché des grains Info élevages Info branché Mieux vivre C’est nouveau Météo Dans le champ
42
4 6 8 27 32 46 48 53 54 57 62
EN COUVERTURE De la production porcine réfléchie 10
CULTURES Les agriculteurs, grands ignorés dans la lutte aux GES
17
Agri-Fusion cultive bio et moissonne des dollars
23
DOSSIER SANTÉ ANIMALE 23
17
Vers une réduction de l’utilisation des antibiotiques 33 Attention à la résistance parasitaire !
37
Profession : pareur d’onglons
42
FRUITS ET LÉGUMES Prévenir au lieu de guérir
49
CAHIER DÉTACHABLE 37
Guide tracteurs utilitaires 2016
En page couverture : Éloi Champigny de Saint-Théodore-d’Acton a fait le choix de prendre la relève de la ferme porcine familiale. Avec ses parents, il a amélioré la productivité de l’entreprise. Photo : Yvon Thérien.
/ Le Bulletin des agriculteurs / Avril 2016 / 3
BOUCHE À OREILLE
Des virus, des bactéries et des crudités
Les crudités et les fruits frais sont souvent synonymes de bonne santé. Pourtant, manger des fruits et des légumes crus n’est pas sans danger. En effet, le risque de contamination par des bactéries telles que la listériose, l’E. coli ou la salmonelle guette toujours le consommateur. Cette contamination se produit souvent à la ferme, bien avant la récolte, rendant ainsi le contrôle de ces bactéries complexe. Afin de nous redonner le plaisir de manger nos fruits et légumes crus sans crainte, Brigitte Cadieux, une chercheuse en science alimentaire de l’Université McGill a décidé de se pencher sur le problème. La solution envisagée ? Utiliser des bactériophages, c’est-à-dire des virus s’attaquant aux bactéries néfastes, afin d’en contrôler la prolifération. Pour l’instant, de premiers essais ont été réalisés sur des tomates avec des résultats prometteurs. Il reste maintenant à déterminer l’étape de la production où ce traitement serait le plus efficace. Source : ici.radio-canada.ca
Du fumier tout frais du zoo
Cochons, vaches, poulets… Les agriculteurs américains semblent s’être lassés des choix de fumier qui s’offrent habituellement à eux. À travers le pays, plusieurs agriculteurs commandent à présent leur fumier tout droit du zoo. De fait, chez nos voisins du Sud, de plus en plus de zoos ont décidé de vendre leur fumier aux agriculteurs de leur région. Que ce soit pour remplir un sac ou un camion, les intéressés peuvent à présent venir acheter leur part d’excréments de girafe, d’éléphant ou d’hippopotame. Sans grande surprise, ce sont les éléphants qui sont les plus grands producteurs de crottes. Cette étonnante initiative a été mise sur pied afin d’éviter de remplir les dépotoirs locaux d’excréments exotiques. De plus, les zoos profitent de ces ventes pour sensibiliser le public à l’importance des excréments animaliers dans notre société. De la fertilisation de nos champs aux usages médicaux, les crottes d’animaux jouent un rôle fondamental dans nos vies humaines.
De multiples écrits ont été publiés sur notre fameux sirop d’érable. Un petit nouveau vient de sortir. En fait, il s’agit d’une réédition de L’érablière au fil du temps, à la découverte de tous les secrets des acériculteurs de l’auteur Noël Vinet. À travers quelque 300 pages, 290 croquis et illustrations, puis 170 photos, on apprend les dernières nouveautés en acériculture. On retrace d’abord l’histoire du sirop d’érable, puis on fait le tour des principaux thèmes : des méthodes d’entaillage à la transformation du sirop en divers produits. L’auteur parle aussi du développement durable en agriculture.
Source : modernfarmer.com
Source : acericulture-debusquage.com
4 / Avril 2016 / Le Bulletin des agriculteurs /
Quel est le secret de l’érable ?
Maman, est-ce qu’il y a des légumes ? Toutes les mamans du monde tentent de faire ingurgiter plus de légumes à leur progéniture. Et si la solution était de rendre les aliments rigolos ?
Cultures martiennes pour terriens
Dernièrement, un audacieux projet d’agriculture a vu le jour en Hollande. Il s’agit de faire pousser des légumes, des fruits et des céréales dans un sol semblable à celui de la planète Mars, métaux lourds compris. De fait, les échantillons de sol martien rapportés par la NASA renferment des traces d’arsenic, de plomb et de cadmium. Les chercheurs souhaitent donc faire pousser des plantes dans un sol semblable pour découvrir si celles-ci absorberaient des quantités toxiques de ces métaux ou si, au contraire, elles pourraient être mangées sans crainte. Si ce projet d’agriculture extraterrestre préoccupe de plus en plus la communauté scientifique, c’est que les premiers explorateurs de la planète Mars devront être capables de se nourrir à long terme. Cultiver des lopins de terre rouge semble être la meilleure solution à ce problème. La deuxième partie du projet consistera à analyser la valeur nutritive des plantes pseudo-martiennes afin de s’assurer qu’elles puissent nourrir adéquatement nos explorateurs.
Poulet thérapie
La plupart des gens apprécient les poules pour leurs œufs frais. Pourtant, le potentiel de ces volailles ne s’arrête pas là : elles font aussi d’excellentes thérapeutes. L’idée a d’abord germé dans l’esprit de HenPower, un organisme anglais voué au bien-être des personnes âgées. Le projet ? Proposer des poulaillers à des maisons de retraite afin que leurs résidents puissent prendre soin de poules. L’idée a rapidement porté ses fruits. En effet, les personnes âgées en perte d’autonomie ont été heureuses de pouvoir surveiller l’action se déroulant au sein du poulailler. Pour les résidents aux prises avec des troubles de mémoire, les poulaillers sont, étonnamment, une source de réconfort nostalgique, puisqu’ils leur permettent de se rappeler les animaux de leur enfance. Pour d’autres, s’occuper des poules est devenu une excellente raison de bouger au quotidien. Le projet prend à présent de l’ampleur : des résidences américaines ont repris l’idée et les effets sont tout aussi bénéfiques. Source : equalarts.org.uk
Source : foodnavigator.com
/ Le Bulletin des agriculteurs / Avril 2016 /
5
BILLET
PAR MARIE-CLAUDE POULIN
LA RÉFÉRENCE EN NOUVELLES TECHNOLOGIES
DE L’ARGENT DORT POUR LES PRODUCTEURS
L
es changements climatiques sont sur toutes les lèvres ces temps-ci. Cet automne, Paris accueillait les grands dirigeants de ce monde pour la COP21. Lors du fameux dîner d’État à Washington en mars dernier, Justin Trudeau et Barack Obama ont discuté de changements climatiques. On sait que ce thème est cher à Obama qui n’a plus que quelques mois pour assurer son héritage politique. Ici, au Québec, cet enjeu aussi est pris au sérieux. Le Québec a même été un précurseur en créant, avec la Californie, la première bourse de carbone contraignante de l’Amérique de Nord. Depuis 2013, les grands pollueurs (alumineries, cimenteries, etc.) sont dans l’obligation de respecter un plafond d’émissions de gaz à effet de serre (GES). Sinon, ils doivent acheter des droits d’émissions de GES. L’argent ainsi recueilli ne cesse de gonfler un fonds, le Fonds vert. Une autre alternative s’offre aux entreprises : acheter des crédits de carbone compensatoires, mais nous y reviendrons. Parlons d’abord du Fonds vert. Depuis l’entrée en vigueur de la réglementation, le Fonds a accumulé plus de 2 milliards de dollars. Cet argent doit normalement servir à financer des initiatives visant la réduction des GES. En janvier, Le Journal de Québec nous apprenait que l’argent avait été utilisé à d’autres fins, entre autres, à financer plusieurs projets qui ne rejoignaient pas le mandat du Fonds. Quelque 800 000 $ ont été accordés à Air Canada pour ajouter des ailettes aux Boeing 767. L’entreprise d’autobus Orléans Express a reçu 530 000 $ après avoir annoncé qu’elle diminuerait ses services en Gaspésie. Plusieurs rapports du Vérificateur général ont soulevé des problèmes de gestion du Fonds également. À la suite de cette controverse, le gouvernement a annoncé la création d’un nouvel organisme qui aura pour mission de gérer le Fonds.
6 / Avril 2016 / Le Bulletin des agriculteurs /
Décidément, on ne semble pas trop savoir quoi faire de cet argent. Puis-je me permettre de faire une suggestion ? Indemniser les producteurs agricoles pour leurs efforts quant à la sauvegarde des sols, notre garde-manger, ou encore récompenser les producteurs qui pratiquent le travail réduit du sol. La reforestation aussi pourrait être reconnue. Comme l’explique très bien notre journaliste Nicolas Mesly dans son article intitulé « Les agriculteurs, grands ignorés dans la lutte aux GES » publié à la page 17 de ce numéro, les producteurs agricoles devraient être rémunérés pour leur apport environnemental. D’après les données du ministère de l’Environnement, le secteur agricole est responsable de 8,3 % des émissions de GES au Québec. Pourtant, il n’a reçu que 0,4 % des redevances du Fonds vert. En comparaison, le transport émet quelque 44,7 % des émissions et s’est vu attribuer 58,93 % des redevances. Revenons au sujet des crédits compensatoires mentionné un peu plus haut. Les grands pollueurs ont aussi l’option d’acheter ces crédits. Le règlement actuel comporte trois protocoles de crédits compensatoires. L’un d’entre eux a trait à la gestion du lisier. Or, il existe une toile de fosse à purin qui permet de capter les GES et de les éliminer. Cette technologie développée par Agritop, une entreprise d’ici, est déjà disponible et donne aux producteurs la possibilité de vendre des crédits compensatoires. Pourquoi Québec n’aiderait-il pas financièrement les producteurs à se procurer cette technologie qui leur donnerait accès à un marché lucratif ? Pourquoi Québec ne jouerait-il pas, une fois de plus, un rôle de leader en reconnaissant l’apport incontestable des producteurs agricoles à l’environnement ? À suivre…
RÉDACTION Yvon Thérien, agr., éditeur et rédacteur en chef yvon.therien@lebulletin.com Marie-Claude Poulin, rédactrice en chef adjointe marie-claude.poulin@lebulletin.com Marie-Josée Parent, agr., journaliste marie-josee.parent@lebulletin.com Dany Derkenne, directeur artistique dany.derkenne@lebulletin.com COLLABORATEURS Jean-Philippe Boucher, Pierrette Desrosiers, Jean-Louis Dupont, Alain Fournier, Scott Garvey, Eric Godin, Lionel Levac, Nicolas Mesly, Julie Roy, Caroline Thérien, Johanne van Rossum, Nicolas Witty-Deschamps. PUBLICITÉ Martin Beaudin, directeur de comptes martin.beaudin@lebulletin.com Tél. : 514 824-4621 Lillie Ann Morris, représentante en Ontario lamorris@xplornet.com Tél. : 905 838-2826 Luc Gagnon, rédacteur publicitaire lucg@cybercreation.net ABONNEMENT 1 an (11 numéros) : 55 $ 3 ans (33 numéros) : 122 $ Anne-Marie Gignac, service à la clientèle services.clients@lebulletin.com Tél. : 514 766-9554, poste 226 1, Place du Commerce, bur. 320 Île-des-Sœurs (Québec) H3E 1A2 Téléphone : 514 766-9554 Télécopieur : 514 766-2665 lebulletin.com Le contenu de ce magazine ne peut être reproduit sans l'autorisation écrite de l'éditeur du Bulletin des agriculteurs. Ce magazine est publié par Farm Business Communications, une division de Glacier Media inc. Les auteurs conservent l'entière liberté de leurs opinions. Le Bulletin des agriculteurs ne garantit pas l'exactitude de l'information contenue dans la publication et n'assume aucune responsabilité pour toute action ou décision prise à partir de l'information contenue dans le magazine. Tous droits réservés 1991 / Dépôt légal : Bibliothèque nationale du Québec / ISSN 0007-4446 / Fondé en 1918, Le Bulletin des agriculteurs est indexé dans Repère. /Envoi Poste-publication / Convention 40069240. / Nous recon naissons l’aide financière du gouvernement du Canada par l’entremise du Fonds du Canada pour les périodiques (FCP) du ministère du Patrimoine canadien. / Postes Canada : retourner toute correspondance ne pouvant être livrée au Canada au Bulletin des agriculteurs, 1, Place du Commerce, bureau 320, Île-des-Sœurs, Québec, H3E 1A2. / U.S. Postmaster : send address changes and undeliverable addresses (covers only) to : Circulation Dept., PO Box 9800, Winnipeg, Manitoba, R3C 3K7. PROTECTION DES RENSEIGNEMENTS PERSONNELS À l’occasion, nous partageons nos listes d’abonnés avec des sociétés ou des organismes sélectionnés dont les produits ou services pourraient vous intéresser. Toutefois, si vous préférez que ces données (votre adresse postale ou électronique) ne soient pas transmises et souhaitez que votre nom soit retiré de ces listes, vous pouvez le faire facilement en nous appelant entre 9 h et 17 h, heure de l’Est, ou en nous écrivant à l’adresse électronique info@lebulletin.com.
Le Bulletin des agriculteurs reçoit, de temps à autre, des commentaires et des documents (y compris des lettres à l’éditeur) non sollicités. Le Bulletin des agriculteurs, ses sociétés affiliées et cessionnaires peuvent utiliser, reproduire, publier, rééditer, distribuer, garder et archiver ces soumissions, en tout ou en partie, sous quelque forme et sur quelque support que ce soit, sans aucune rémunération de quelque nature.
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POINT DE VUE
PROPOS RECUEILLIS PAR LIONEL LEVAC
BLÉ BIOLOGIQUE : BEAUCOUP PLUS PAYANT
L’
augmentation de la production de blé biologique semble être plus rapide à l’extérieur du Québec. Les agriculteurs québécois seraient-ils pour autant en train de manquer le bateau ? Le Bulletin en a discuté avec Robert Beauchemin, spécialiste du blé et président des Moulins de Soulanges.
Le Québec est-il en retard en ce qui a trait à la production de blé biologique ? Il y a beaucoup d’intérêt au Québec, mais pas à la même mesure qu’à l’extérieur. On ne manque pas de blé biologique pour autant, mais nous préférerions qu’il soit produit ici. Pourtant le prix est intéressant, n’est-ce pas ? Oui, mais attention. L’automne dernier, on cherchait davantage d’approvisionnement ici au Québec. Des producteurs demandaient alors des prix jusqu’à 60 % plus élevés que le cours général. À de tels prix, on ne pouvait pas en acheter. On a donc passé davantage de commandes à l’extérieur. Des producteurs pensaient que le prix allait gonfler et ont gardé leur blé. Il y a quelques semaines, des silos étaient encore pleins. Et les prix sont revenus à des niveaux plus conformes au marché. Un marché qui, de toute façon, offre davantage pour le bio ? Si on se lance dans le blé biologique en ne pensant qu’au prix, c’est risqué. Oui, le prix est intéressant, mais il faut faire la transition vers le biologique et être prêt à voir la régie globale des cultures d’un autre œil. Si on a la conviction et la volonté de le faire correctement, si on a la patience et la passion pour le faire, ensuite on atteindra des rendements et on touchera des prix intéressants. Aux Moulins de Soulanges, vous avez étudié soigneusement la question du rendement et de la profitabilité du blé bio ? On a vérifié les marges bénéficiaires nettes des productions en faisant une analyse du cycle de vie de la culture. L’analyse a porté
8 / Avril 2016 / Le Bulletin des agriculteurs /
ROBERT BEAUCHEMIN Président des Moulins de Soulanges
« Il y a beaucoup de place pour du blé biologique. Le Québec peut en produire encore bien davantage. Toutefois, il faut agir avec prudence, patience et passion. Je préfère des succès plus modestes que de grosses déceptions. »
Mais les rendements dans le bio sont moindres, n’est-ce pas ? Oui, mais ça ne change rien puisque nous avons établi la marge économique nette à l’hectare et les différences sont frappantes. Par exemple, pour le blé d’automne bio, la marge nette est de 1343 $/ha. Elle est de 715 $/ha pour l’agriculture raisonnée, de 657 $/ha pour le conventionnel et de seulement 451 $/ha pour la production intensive. Qu’en est-il pour le blé de printemps ? Les proportions sont les mêmes. La marge économique nette est de 1148 $/ha pour la culture de blé biologique, de 754 $/ha pour le blé produit en agriculture raisonnée, de 687 $/ha pour la culture conventionnelle et de 503 $/ha pour le blé produit en culture intensive. En bio, les coûts de production sont nettement moins élevés. Avec des chiffres comme ceux-là, est-ce que l’attrait ne devrait pas être plus grand de la part des producteurs ? Moi, je ne veux surtout pas que des agriculteurs échouent. Encore une fois, il y a beaucoup d’intérêt, mais on est comme ça au Québec, on attend. Il y a de gros producteurs qui terminent leur transition vers le blé biologique. Ce sont des influenceurs, pourrait-on dire. Une fois que leur succès sera confirmé, les choses vont s’accélérer. Pour l’instant, je préfère de petits succès plutôt que de gros échecs. Le passage au bio est souvent difficile et il faut être tenace. Ensuite, si on a fait ce qu’il faut, ça va bien.
sur 55 points, a duré trois ans (2013, 2014 et 2015), puis a été menée sur au moins 26 fermes provenant de plusieurs régions du Québec. On a tout vérifié, des émissions de CO2, à la charge environnementale et bien sûr la marge nette économique. Pour ce qui est des prix, on a utilisé le prix moyen du marché pour chacune des trois années, pas les prix d’inflation. Résultat : le blé bio est gagnant sur toute la ligne.
Quelles sont les premières étapes pour passer au bio ? Bien évaluer ses outils, particulièrement ses sols. Être bien conscient de ce qu’il y a à faire et des changements radicaux à apporter. Par-dessus tout, je dirais qu’il faut se faire accompagner. Lionel Levac est journaliste spécialisé en agriculture et agroalimentaire. Il collabore à certaines émissions de Radio-Canada et tient un blogue sur le site Agro Québec.
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EN COUVERTURE
PAR MARIE-JOSÉE PARENT
De la production porcine réfléchie
Alors que plusieurs producteurs quittent la production porcine, Éloi Champigny a relevé le défi de prendre la relève de la ferme familiale. Avec l’aide de ses parents, il a pris les moyens pour faire prospérer l’entreprise.
A
vec sa formation d’agronome, Éloi Champigny aurait pu envisager une belle carrière dans le service-conseil. Ayant grandi sur une ferme, il aurait été un candidat recherché par les employeurs. Au lieu de ce bel avenir tracé d’avance, il a choisi d’intégrer l’entreprise familiale dans un secteur en déclin au Québec : la production porcine détenue par des indépendants. Éloi Champigny aime être son propre patron et est attaché à cette ferme. Grâce à ses compétences et avec l’aide de ses parents Alain Champigny et Monique Doyon, il a fait fructifier la ferme Alain Champigny de Saint-Théodored’Acton. « Je ne suis pas un producteur conventionnel, dit Éloi Champigny. Je ne vais pas dans les shows de machineries. Je m’intéresse à la gestion. Je suis un intellectuel qui fait de l’agriculture. »
En terminant ses études en agronomie au campus Macdonald de l’Université McGill, en 2006, il s’est trouvé un emploi d’agronome dans un club agroenvironnemental. Il consacrait aussi une partie de son temps sur la ferme familiale avec son père. Sa mère est copropriétaire, mais occupe un emploi d’enseignante. À l’époque, la ferme était de type naisseur-finisseur de 115 truies avec 67 ha de terres. L’entreprise ne permettait pas de faire vivre deux familles. C’est l’achat de la nouvelle terre de 40 ha en 2008 qui sonne le coup d’envoi. Éloi devient propriétaire de 20 % des parts de l’entreprise tout en continuant à travailler à temps plein comme agronome jusqu’en 2009. Avec la nouvelle superficie totale de 107 ha, l’entreprise est autosuffisante en grains. En 2008, l’entreprise produit 2000 porcs, soit 20 porcelets
On voit Éloi Champigny en compagnie de son employé Simon Arès. PHOTOS : YVON THÉRIEN
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Saint-Théodore-d’Acton Propriétaires : Alain Champigny, Monique Doyon et Éloi Champigny. Troupeau : porcin de type naisseur-finisseur de 180 truies. Porcs vendus en 2015 : 4300. Prédiction de ventes pour 2016 : 4600 à 4800 porcs. Alimentation : moulée fabriquée à la ferme avec 50 % de grains produits sur l’entreprise, quatre phases de moulée en engraissement. Ressources : 107 ha de terres ; deux porcheries voisines, une contenant une maternité de 180 places, deux pouponnières et un engraissement, puis l’autre contenant deux pouponnières et un engraissement ; deux moulanges à la ferme, une par porcherie ; érablière de 2000 entailles. Éloi Champigny, avec ses parents Monique Doyon et Alain Champigny, a travaillé à améliorer la productivité de l’entreprise porcine de Saint-Théodore-d’Acton.
par truies par année. « En un an, par une meilleure régie et en travaillant beaucoup, on est passé à 24,5 porcelets par truie par année », raconte-t-il. De 2009 à 2013, la productivité ne progresse pas. Les mises bas sont aux trois semaines, ce qu’on appelle des bandes aux trois semaines, et la pouponnière est dans chacune des trois salles de mise bas.
« J’avais le pire set up pour le risque de SRRP, se rappelle Éloi. J’avais trop de mortalités en pouponnière. Parfois, je faisais un vide partiel. J’avais alors deux ou trois belles bandes. Puis, ça revenait comme avant. » La solution envisagée par Éloi et ses parents est la construction d’une pouponnière qui leur permettrait de séparer les porcelets plus jeunes et plus vieux. Ils pourraient ainsi fonctionner en tout plein tout vide en mise bas et en pouponnière. Le but ultime de l’agrandissement envisagé était de diminuer les mortalités avant le sevrage.
ACHAT DU VOISIN Pendant qu’ils réfléchissent à la meilleure façon d’aborder la construction, leur voisin, Yvan Doyon, le frère de Monique, met sa porcherie en vente. Celle-ci est juste à côté de la porcherie des parents d’Éloi. « C’était comme chez nous, raconte Éloi. On ne voulait pas avoir n’importe qui à côté. » Les deux porcheries sont similaires, mais La ferme de l’oncle d’Éloi, achetée en 2013, est juste à côté de la ferme possédée par Alain Champigny depuis 40 ans.
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EN COUVERTURE
ment au maximum de sa capacité, raconte Éloi. On a finalement décidé d’augmenter le nombre de truies et d’utiliser les deux engraissements. » Finis les porcs à forfait. Aujourd’hui, la maternité rénovée de l’ancienne ferme de l’oncle d’Éloi est au maximum de sa capacité, à 185 truies. La mise bas de la première ferme est devenue une pouponnière. Chaque ferme a sa section pouponnière et son engraissement. La section gestation sera bientôt transformée en engraissement. Les bandes sont envoyées par alternance dans les deux porcheries. Chaque porcherie possède sa pouponnière.
En engraissement, les trois lignes de soigneurs permettent d’utiliser quatre phases de moulée.
l’une est un peu plus grande que l’autre. Celle des Champigny a été construite en 1976 et avait de la place pour 115 truies. L’autre a été construite deux ans plus tard et avait de la place pour 150 truies lors de l’achat en 2013. « Ce n’était pas plus moderne, mais il y avait plus de places », raconte Éloi. La porcherie est achetée sans les animaux en février, ce qui leur permet de faire un vide sanitaire et de faire certains ajustements dans la mise bas avant de transférer les truies dans leur nouvelle maternité, en septembre. Ils en ont profité pour transférer les truies en bandes aux quatre semaines. « Comme je m’y attendais, les porcelets étaient plus beaux », dit Éloi. L’ancienne porcherie sert au logement de porcs en engraissement sous contrat. Toutefois, avec des porcelets plus beaux et moins de mortalité, l’engraissement de la nouvelle acquisition est au maximum de sa capacité. « J’étais dans la situation d’une maternité sous-utilisée pour un engraisseDans les deux porcheries, l’engraissement est similaire.
14 / Avril 2016 / Le Bulletin des agriculteurs /
En 2014, après l’achat de la porcherie de l’oncle d’Éloi, la productivité est montée à 28,64 porcelets par truie par année, moyenne annuelle. L’année 2015 a été une moins bonne année à la suite d’un épisode de SRRP au printemps.
VERS L’AVENIR La grande nouveauté de l’année 2016 est l’embauche d’un employé. Il s’ajoute à l’étudiant qui travaille à temps partiel pour laver et tondre la pelouse. Simon Arès a travaillé six ans pour un grand producteur porcin, mais il espérait travailler pour un indépendant. Après quelques semaines, les
deux pensent que la collaboration pourrait durer longtemps. « On était corrects à deux, mon père et moi, mais on était tannés de voir le travail s’accumuler, raconte Éloi. C’était rendu que chaque imprévu était de trop. » L’entreprise a dorénavant deux bâtiments à entretenir, en plus des six transferts de porcelets par année. En 2016, Alain Champigny pense de plus en plus à sa retraite de la production porcine. « Je prépare ma sortie », explique-t-il. Son fils prend de plus en plus les décisions de gestion. « L’élève a dépassé le maître », dit-il avec humour. Habitant sur la ferme, il sera toujours là pour aider et travailler avec son fils, mais il sait que son entreprise est maintenant en bonnes mains. De son côté, Éloi Champigny espère évoluer comme producteur porcin indépendant, mais il espère aussi que d’autres feront le même choix.
La ferme Alain Champigny est loin d’être à l’affût des nouvelles technologies, quoiqu’on remarque les niches intelligentes dans la section mise bas.
Marie-Josée Parent est agronome et journaliste. Elle couvre les productions laitière, bovine, avicole et porcine au Bulletin des agriculteurs.
Fort en technique Des producteurs porcins qui souhaitent rester indépendants n’ont d’autre choix que d’être performants dans les aspects techniques et économiques de la production. Et ça, Éloi Champigny l’a dans le sang. Son père Alain a toujours été économe. La ferme n’était pas endettée avant qu’Éloi se joigne à lui. Ils ont emprunté pour l’achat de la terre de 40 ha en 2008, mais considérant le fait qu’elle leur a permis de mieux affronter les prix élevés de grains qui ont suivi, ce fut une bonne dette. Malgré un faible endettement, pour intégrer la relève, l’entreprise devait passer à un niveau supérieur de productivité. Avec une génétique prolifique, il faut avoir la régie et les installations pour permettre à tous les porcelets d’atteindre le poids de marché. L’entreprise ne dispose pas des équipements dernier cri, exception faite de niches intelligentes qui permettent d’économiser de l’électricité et d’apporter plus de confort aux porcelets et aux truies. Les lampes infrarouges des niches ne s’allument que lorsqu’il y a des porcelets présents. L’alimentation des truies se fait encore manuellement et Éloi ne sent pas le besoin de changer cela. Pour ce qui est de la gestion des animaux, il a un suivi très serré des bandes de 36 truies chacune. Chacun des cinq groupes de truies a sa couleur de carte. Tout est noté et compilé. L’entreprise fait affaire avec le Groupe ProConseil pour le suivi des performances d’élevage. Éloi ne transige pas encore ses grains et ses porcs sur les marchés à terme, mais il s’intéresse à la question. Depuis peu, il fait partie
d’un groupe formé par Grainwiz qui se rencontre par Internet toutes les semaines pour en apprendre davantage sur le sujet. Un grand effort a été fait pour améliorer la santé du troupeau. Dans chaque porcherie, les animaux engraissés ont huit semaines entre chaque lot. C’est la résultante d’avoir choisi d’alterner le transfert des porcelets dans les deux porcheries. « En diminuant les entrées, on diminue la pression », explique Éloi. Toutefois, il est conscient qu’en tant que naisseur-finisseur, les risques sanitaires sont plus grands que les fermes de type naisseur ou engraissement seulement. « La DEP, c’est épeurant, dit-il. Et lorsqu’on a le SRRP, on entretient le virus. » Pour ces deux maladies, il est difficile d’éliminer le virus. Après l’achat de la nouvelle ferme en 2014, l’entreprise a vécu une année exceptionnelle : tout près de 29 porcelets sevrés par truies et 4300 porcs vendus. Ces performances ont été obtenues grâce à plus d’espace, une meilleure gestion des animaux, un vide sanitaire de six mois en 2013 et des rénovations en maternité. « Les rénovations, ce n’était pas des dépenses, mais des investissements », explique Éloi. Le prochain projet est la transformation de la section mise bas de la ferme de son père en engraissement. Une partie des truies gestantes est en parcs avec alimentation au sol. Les nouvelles normes de bien-être ne sont donc pas problématiques pour l’entreprise. En 2014, Éloi Champigny a été lauréat du concours Tournez-vous vers l’excellence de la Financière agricole.
/ Le Bulletin des agriculteurs / Avril 2016 / 15
Le printemps est arrivé Êtes-vous prêt pour les semis des plantes fourragères ?
ASSOCIATION CANADIENNE POUR LES PLANTES FOURRAGÈRES www.canadianfga.ca
L’Association canadienne des plantes fourragères (ACPF) offre des renseignements utiles sur son tout nouveau site web. Suivez l’ACPF sur Facebook et Twitter (@CFGA_ACPF) !
Si vous avez décidé de réensemencer vos pâturages ou d’ajouter des vivaces dans votre système de rotation des cultures, c’est le temps idéal.
des semis. La meilleure façon de déterminer la fertilité d’un sol est d’en prélever un échantillon représentatif et de le faire tester.
Vous devez commencer par déterminer les raisons pour lesquelles vous voulez procéder aux semis. Est-ce que votre but est de produire une culture d’ensilage pendant la première année ? Comptez-vous laisser votre bétail paître directement dans vos champs ou prévoyez-vous de récolter vos fourrages ?
Lorsque vient le temps des semis – idéalement au début du printemps – assurez-vous de savoir quels types de semences sont listés sur l’étiquette de votre mélange fourrager. Cependant, n’oubliez pas que les pourcentages inscrits ne sont pas de bons indicateurs de la population végétale que vous allez obtenir puisqu’ils sont normalement listés selon le poids et non pas selon le nombre de semences.
Une fois que vous aurez répondu à toutes ces questions, il faut choisir les espèces de plantes fourragères que vous désirez cultiver. Si vous ensemencez des terrains de pâturage, incluez au moins deux légumineuses et de deux à trois graminées, tout en tenant compte de la variabilité du sol. Le mélange devrait comprendre des variétés qui poussent bien, qui sont capables de coloniser toute la surface de vos pâturages et qui ont une bonne valeur nutritive. Lorsque vous choisissez vos variétés, n’oubliez pas de considérer leur capacité à s’adapter à différents facteurs comme le pH, la salinité, la texture, l’humidité, les rigueurs hivernales et la longévité. Si vous produisez une culture mixte, optez pour des plantes annuelles peu envahissantes pour ne pas nuire au développement des vivaces. Pensez aussi à réduire votre taux de semis et à ne pas trop tarder pour récolter vos fourrages. L’étape suivante consiste à examiner vos échantillons de sol prélevés à l’automne. Si vous pouvez prélever un nouvel échantillon juste avant les semis printaniers, c’est encore mieux. Une grande fertilité est essentielle au développement
Lorsque vous aurez préparé un lit de semis propice à la croissance, avec peu de mauvaises herbes, un bon inoculant et beaucoup d’engrais (mais pas trop), il sera temps de laisser aller les choses. Inspectez régulièrement vos nouvelles cultures et si possible, ne laissez pas paître votre bétail avant la deuxième année. Si ce n’est pas possible d’attendre, assurezvous que vos graminées possèdent un bon système radiculaire et évitez de déranger les légumineuses quand elles se préparent pour l’hiver. Si vous avez besoin d’autres ressources pour vous préparer aux semis, vous pouvez certainement en trouver un nombre important en ligne, notamment sur le site du ministère de l’Agriculture de votre province et du Conseil québécois des plantes fourragères (CQPF). Pour plus de renseignements et de conseils, communiquez avec votre agronome local, un spécialiste des fourrages ou l’association des plantes fourragères de votre province.
CULTURES
Les agriculteurs, grands ignorés dans la lutte aux GES
PAR NICOLAS MESLY
Au lendemain de « l’accord historique » COP21 à Paris, les dirigeants n’ont rien prévu pour que les agriculteurs fassent partie de la solution, soit en participant à un marché du carbone. Une myopie absurde qui risque de saboter l’objectif de limiter la hausse de température du monde de 2 °C et torpiller la sécurité alimentaire de l’humanité.
L
a conférence des Nations unies sur les changements climatiques tenue à Montréal en 2006 avait soulevé la possibilité d’établir un marché du carbone permettant de payer les agriculteurs pour leurs bonnes pratiques et de reconnaître, enfin, qu’ils sont les premiers gardiens du sol, de la qualité de l’air et de l’eau sur la planète. Contrairement à la bourse des grains, la bourse du carbone ne s’est jamais matérialisée. « On a perdu 10 ans ! » lance le professeur nouvellement retraité Guy Debailleul, ex-titulaire de la chaire de développement international à la Faculté des sciences
Les politiques devraient s’inspirer de Sylvain Michon, un des champions québécois de semis direct et récipiendaire de nombreux prix de conservation des sols. PHOTOS : NICOLAS MESLY
/ Le Bulletin des agriculteurs / Avril 2016 / 17
CULTURES FONCTIONNEMENT DU MARCHÉ DU CARBONE Ventes aux enchères et de gré à gré
ACHAT
Émissions en trop de GES
Crédits compensatoires
MARCHÉ DU CARBONE
VENTE
Unités d’émissions allouées Émissions réduites de GES
Émissions réelles de GES ÉMETTEUR A
de l’agriculture et de l’alimentation de l’Université Laval. Ce dernier a parcouru le long chemin de Montréal à Paris où se tenait la COP21 en novembre dernier, réunissant 195 pays et dont l’objectif est de limiter à 2 oC la hausse de température du globe en injectant 100 G$ de fonds publics d’ici 2020. Plusieurs décisions expliquent le virage raté des dirigeants planétaires à reconnaître les agriculteurs comme un pilier central à la « décarbonisation » des pays industriels. Au premier chef, le gouvernement conservateur de Stephen Harper « qui a renié l’accord de Kyoto », dit Guy Debailleul. Le président américain nouvellement élu, Barack Obama, a aussi vite déchanté sur la possibilité d’instaurer un marché du carbone face à un Congrès américain à majorité conser-
18 / Avril 2016 / Le Bulletin des agriculteurs /
ÉMETTEUR B
vatrice. Ce dernier a bloqué toute tentative de réglementer le marché de la pollution par crainte de rendre l’économie américaine moins compétitive face au dragon chinois. Sans une entente sur l’établissement d’un marché du carbone entre les deux plus grandes économies mondiales, les États-Unis et la Chine, qui sont en même temps les deux plus grands pollueurs de la planète, une bourse mondiale de la pollution est morte au feuilleton. « Les choses changent. Les Chinois étouffent sous une couverture de smog. Et les Américains, confrontés à des sécheresses répétées, reconnaissent que les changements climatiques sont p rovoqués par l’homme. Il y a aujourd’hui une lueur d’espoir », poursuit Guy Debailleul.
Émissions réelles de GES
LE SOL, UN FORMIDABLE PUITS DE CARBONE ! À Paris, le rôle de l’agriculture a malheureusement été évincé, poursuit Guy Debailleul, à l’exception d’une initiative française parallèle appelée « 4/1000 : les sols pour la sécurité alimentaire et le climat ». Le ratio 4/1000, si minime soit-il, représente le taux de croissance annuelle de matière organique, cruciale à la fertilité des sols pour nourrir 9,5 milliards d’habitants d’ici 2050, et au potentiel d’empêcher la planète de cuire. Selon certains experts, le sol de notre planète bleue serait en effet un puits de carbone aussi formidable que les océans, mais le sol est beaucoup plus à la portée de la gestion des hommes. Ceci par l’entremise de pratiques culturales visant à en accroître
la matière organique, outil de captation par excellence de CO2. « L’initiative 4/1000 est à développer, mais n’inclut pas pour le moment la mise en place d’une bourse de carbone qui permettrait de rémunérer les producteurs », explique Christophe Malvezin, conseiller agricole à l’ambassade de France à Washington, et rencontré en janvier dernier lors de son passage à Montréal. L’Union européenne (UE) a été la première région du monde à instaurer un marché du carbone contraignant pour lutter contre les GES. Malheureusement, « le secteur agricole est exclu de la bourse de carbone européenne parce qu’on ne connaît pas le potentiel de mitigation du sol. Cela demande beaucoup de recherches scientifiques pour quantifier et ensuite certifier ce potentiel », ajoute Christophe Malzevin. Le même problème surgit avec l’initiative 4/1000. Selon l’attaché français, une centaine de pays souscrivent à cette nouvelle initiative, dont le Canada. Mais comment le pays va-t-il s’y engager sous le gouvernement de Justin Trudeau ? Mystère et boule de gomme.
Optimiser le rendement, préserver l’environnement
Les érablières, poumon du Québec ? Les érablières du Québec ont séquestré 1,2 % des gaz à effet de serre (GES) du Québec, soit la captation de 290 000 voitures ou 9 % du parc automobile québécois. En incluant les érablières non exploitées, le compte captation de carbone par les érables s’élève à 3,3 % des GES émis au Québec, l’équivalent de 770 000 voitures ou 25 % du parc automobile, révèle une étude du groupe AGECO publiée en février 2016 (Évaluation des biens et services écologiques associés aux érablières du Québec). Selon François CharronDoucet, directeur scientifique chez AGECO, les érablières stockent plus de carbone qu’elles en émettent. Les forêts font l’objet d’un gros débat scientifique au sujet de leur bilan carbone. Selon le World Resource Institute (WRI), la forêt (déforestation et changement de vocation) contribue à près de 6 % des GES émis par l’homme sur Terre.
Le saviez-vous : tous les engrais azotés n’ont pas la même efficacité. Les ammonitrates, comme le YaraBela CAN 27 de Yara, sont plus fiables de par leur composition. Voici pourquoi: • Les ammonitrates contiennent une plus grande proportion d’azote sous forme de nitrate que les solutions azotées ou l’urée. • Le nitrate est plus facilement absorbé par les racines des cultures. • La disponibilité du nitrate pour les cultures est immédiate puisqu’il n’a pas à être préalablement transformé dans le sol. • L’absorption des ammonitrates dépend moins des conditions météorologiques que les autres apports d’azote. • Leur perte par volatilisation ammoniacale est beaucoup moindre qu’avec les solutions azotées ou l’urée.
Perte par volatisation en % de l’azote apporté
25 %
n Terre labourable n Prairie
27 % 22 %
20 % 15 %
14 %
10 % 5% 0%
3%
2%
Ammonitrate
Solution
Urée
Source: Étude du ministère de l'agriculture du Royaume-Uni (DEFRA-2003-2005)
Voilà pourquoi le YaraBela CAN 27 de Yara figure parmi les sources d’azote les plus efficaces et les plus fiables tout en ayant un impact environnemental inférieur à celui d’autres produits azotés.
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CULTURES
OÙ EST L’ARGENT ? « Nos études scientifiques démontrent que le semis direct permet d’accroître 0,15 t/ha de matière organique par année. Nos exportations de blé captent plus de carbone que nous en émettons », affirme John Bennett, président de la Saskatchewan Soil Conservation Association (SSCA). Celle-ci vient de publier l’étude Capturing Value Carbon Sequestration, résultat de vingt ans de recherches menées par les experts en science du sol de la station d’Agriculture et Agroalimentaire Canada basée à Swift Current. La moitié des quelque 18 millions d’hectares cultivés dans le grenier du Canada est en semis direct. Selon la SSCA, la province représente un puits de carbone de 22 millions de tonnes de CO2. Et le paiement potentiel aux céréaliculteurs pour ce service écologique oscillerait entre 262 millions de dollars et 427 millions de dollars, basé sur un prix oscillant entre 30 $ et 50 $
la tonne de pollution. « On n’a toujours pas vu la couleur de cet argent », mentionne John Bennet.
LE QUÉBEC, UN CHAMPION ? Dans la lutte aux GES, la Belle Province a fait figure de championne canadienne en s’alliant avec l’homme fort et ex-gouverneur de la Californie, Arnold Schwarzenegger, pour engendrer une bourse du carbone Californie-Québec. Le Terminator a inspiré plusieurs autres gouverneurs d’États américains et premiers ministres de provinces canadiennes pour former le premier marché du carbone contraignant en Amérique du Nord, la Western Climate Initiative (WCI). D’ailleurs, l’Ontario et le Manitoba ont annoncé leur intention de s’y joindre. Officiellement en marche depuis 2013, la WCI vise à harmoniser la vente et l’achat de crédits de carbone entre 11 juridictions. Mais le secteur agricole québécois est pratiquement exclu de la donne. « Une intégraL’humanité se nourrit grâce à un mince épiderme de sol fertile qui recouvre une partie de la planète et qui prend des millions d’années à se former.
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/ Avril 2016 / Le Bulletin des agriculteurs /
Faire du soya une culture
311-02/2016
Adriana Puscasu
tion du secteur agricole dans les dispositifs du marché carbone par le gouvernement du Québec pourrait s’avérer plus profitable du point de vue de la lutte aux GES, du développement régional et des retombées économiques que le développement largement subventionné du secteur éolien », déplore Guy Debailleul. À peine 5 % à 8 % des terres agricoles du Québec sont cultivées en semis direct, comme sur le reste de la planète, selon Odette Ménard, spécialiste de la santé des sols au MAPAQ. « Les producteurs adeptes de cette technique devraient être crédités, car elle emploie trois fois moins de fuel à l’hectare et 40 % moins de fertilisants. Le semis direct émet beaucoup moins de GES », explique-t-elle. Les producteurs peuvent en effet générer des crédits en piégeant le carbone dans le sol, mais aussi en réduisant les GES produits par leur entreprise. Toutefois, la WCI ne reconnaît pas ce genre de projet. En raison de sa vocation en production animale, des recherches sur la captation du carbone avaient été entreprises dans la
Les montagnes pelées d’Haïti ne possèdent plus de matière organique qui sert d’éponge pour absorber l’eau. Résultat : les pluies des tempêtes tropicales et des ouragans dévalent leurs flancs en emportant tout sur leur passage, villages compris.
trale est de voir comment pooler les crédits compensatoires. Les fermes québécoises sont plus petites qu’aux États-Unis et elles ne peuvent se lancer seules sur le marché du carbone », explique Jean Nolet. Autre question pivot : « Le protocole de Belle Province, première productrice de lait et de porcs au pays. « On avait commencé certification des projets agricoles entre le à mesurer les émanations et la captation Québec et la Californie reste à être établi », des émissions de GES sur deux fermes indique Debbie Reed, directrice générale laitières au Québec, mais nos budgets de de la Coalition on Agriculture Greenhouses recherche ont été coupés », explique Daniel Gases (CAGG). Cette coalition, basée à Masse, chercheur scientifique à la station Washington, regroupe plus 80 organid’Agriculture et Agroalimentaire Canada, sations nord-américaines, dont la Coop basée à Sherbrooke. On avait découvert Carbone. À la bourse Californie-Québec, à l’époque qu’une vache produit entre la tonne de pollution se transige à environ 450 litres et 660 litres de méthane par jour, 13 $/t CO2e. Comme pour leurs collègues de « l’équivalent d’une voiture ordinaire qui la Saskatchewan, les producteurs québéroule 14 600 km par année ». Et qu’il y avait cois ne semblent pas prêts de voir la coumoyen de réduire ces émissions de 10 % à leur de cet argent. 20 % en trafiquant l’alimentation pour produire moins de méthane par litre de lait. « OUVREZ LES YEUX ! » Toutefois, l’annonce officielle d’un pro- « Ouvrez les yeux ! » pour paraphraser le jet de mesure de mitigation de GES dans le célèbre agronome français, René Dumont, secteur laitier ne saurait tarder, selon Jean aujourd’hui décédé et qui a consacré sa Nolet, président de Coop Carbone. Celle-ci vie à défendre le rôle essentiel des agriculregroupe La Coop fédérée, le Mouvement teurs au sein de nos sociétés. Le XXIe siècle Desjardins, le FondAction CSN, le Centre semble en effet mal parti. Au moment où d’excellence en efficacité énergétique (C3E) tous les gouvernements sont fauchés, les et l’Association québécoise pour la maîtrise grands pollueurs de la planète, par l’ende l’énergie (AQME). « Une question cen- tremise d’un marché mondial du carbone,
pourraient rémunérer les agriculteurs pour leurs services environnementaux. En commençant par les rétribuer pour la préservation de leur sol. La sécurité alimentaire mondiale repose sur un épiderme de matière organique de quelques centimètres autour du globe. Cette matrice de vie est non seulement garante de la qualité de l’air, mais aussi de l’eau, en empêchant l’érosion. Le défi planétaire est de trouver les mécanismes pour rémunérer les productrices et les producteurs quelle que soit la taille de leur entreprise, d’une superficie de moins d’un hectare en Inde, en Chine, en Afrique ou au Mexique, ou de 300 ha à 30 000 ha, voire de 300 000 ha dans les Amériques ou en Europe. Est-il nécessaire de rappeler que les 800 millions d’affamés que compte la planète sont des producteurs agricoles ? Et que la majorité est coincée dans les premières tranchées du dérèglement climatique. En intégrant les agriculteurs canadiens dans cet urgent combat, Ottawa, 11e plus gros émetteur de GES au monde, et Québec pourraient s’afficher comme de véritables leaders. Mais pour cela, souligne Guy Debailleul, « il faudra changer les politiques actuelles ».
Le pari du Terminator Arnold Schwarzenegger n’a pas hésité à mettre en place un système de quotas pour limiter les gaz à effet de serre (GES) des grands pollueurs (cimenteries, centrales électriques au charbon, etc.) du Golden State et les obliger à acheter leur ciel, par l’instauration d’amendes sévères et l’entremise d’échanges de droits de pollution. Un terreau fertile pour inciter la recherche au développement de solutions novatrices à la lutte contre les GES. Son pari : transformer les start-up numériques de la Silicon Valley en entreprises de services environnementaux à la fine pointe technologique, pour être les premiers à engranger les bénéfices du marché mondial de la pollution. Nicolas Mesly est agroéconomiste et journaliste pigiste spécialisé dans les enjeux agroalimentaires. Il couvre les grandes cultures pour Le Bulletin.
/ Le Bulletin des agriculteurs / Avril 2016 / 21
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CULTURES
Agri-Fusion cultive bio et moissonne des dollars Les quatre propriétaires d’Agri-Fusion, la plus grosse ferme de grandes cultures biologiques au Québec, ne regrettent pas leur choix. Blé, maïs, soya, haricots, pois biologiques rapportent plus de deux fois à l’hectare que les récoltes conventionnelles et coûtent moins cher à produire !
PAR NICOLAS MESLY
Gilles Audette, un des quatre fondateurs d’Agri-Fusion, ne regrette pas le choix de cultiver de grandes cultures certifiées biologiques. Le centre de grains de l’entreprise a une capacité de 10 000 tonnes.
R
encontré dans la petite cafétéria des employés du centre de grains d’Agri-Fusion à Saint-Polycarpe, Gilles Audette, un des quatre fondateurs d’Agri-Fusion, est un passionné. À quelques pas de là, le nouveau quartier général de la PME québécoise du bio est en construction, 1300 m2 de superficie au coût de 3 millions de dollars. À 67 ans, l’entrepreneur carbure toujours à l’agriculture biologique pratiquée sur 2200 ha, un choix dicté par la rentabilité au début des années 2000. « On s’est demandé à l’époque si on pouvait faire autre chose que du maïs à 125 $/t et compensé par l’Assurance stabilisation des revenus agricoles (ASRA), ce qui, pour nous, était une forme de bien-être social. »
PHOTOS : AGRI-FUSION ET NICOLAS MESLY
/ Le Bulletin des agriculteurs / Avril 2016 / 23
CULTURES
Les quatre propriétaires d’Agri-Fusion taires. Et revenus et dépenses sont partagés se mettent alors à pitonner sur leurs chaque année en fonction de la part du précalculatrices. Ce n’était pas la première cieux foncier de chacun. Cette fois, la série de calculs des quatre fois. L’entreprise est née du besoin d’accès à un parc de machinerie moderne à un mousquetaires révèle que le gain éconoprix imbattable. Acheté seul, un tracteur mique généré par l’agriculture biologique coûte 40 000 $ par an, alors qu’il n’en coûte surpasse celui de l’agriculture conventionque 18 000 $ acheté en groupe, calcule Gilles Audette. « La taille des fermes québécoises ne peut justifier l’achat de machinerie. Au lieu de faire rouler un − Gilles Audette, un des quatre fondateurs d’Agri-Fusion tracteur 250 heures
Une des machineries vedettes du parc d’AgriFusion, le semoir Lemken, qui permet de semer serré. L’engin s’avère un instrument privilégié de lutte contre la mauvaise herbe.
explique Gilles Audette. Toutefois, dès la première année d’opération bio, en 2004, les quatre compagnons surpassent leurs prévisions ! Questionné au sujet des rendements obtenus par Agri-Fusion, Gilles Audette répond : « Côté rendement, on ne pense pas en t/ha, mais en dollars/ha », exprimant ainsi le leitmotiv de l’entreprise. Les rendements de maïs bio obtenus chez Agri-Fusion sont par exemple 20 % de ceux obtenus dans le maïs conventionnel. Mais qu’est-ce qui est le plus payant, récolter 12 t/ha de maïs conventionnel à 200 $/t ou 9,1 tonnes de maïs bio à 525 $/t ? demande-t-il. « On touche le double dans le bio soit 4800 $/ha contre 2400 $/ha dans le conventionnel ».
« Côté rendement, on ne pense pas en tonnes à l’hectare, mais en dollars à l’hectare. »
à 75 $/heure, on va le faire rouler 1200 heures à 17 $/heure. À ce prix, on peut même s’offrir un autre tracteur », expliquet-il. Dès le départ, Agri-Fusion opère comme une grosse ferme. Tout est mis en commun, sauf le fond de terre, qui reste entre les mains de chacun des proprié-
24 / Avril 2016 / Le Bulletin des agriculteurs /
nelle. Même avec la moitié des rendements obtenus dans l’agriculture conventionnelle, les prix touchés pour des céréales biologiques permettent le seuil de rentabilité. « Mais il nous fallait transposer les budgets du tableau Excel dans les champs »,
L’écart est encore plus grand dans la culture de soya où, à 3,1 t/ha, il n’y a pas de différence de rendement entre le bio et le conventionnel, estime Gilles Audette. Mais le soya bio commande un prix de 1100 $/t contre 450 $/t pour du soya conventionnel, ce qui représente un gain de 3410,10 $/ha pour le bio et de 1395 $/ha dans le conventionnel. De plus, ajoute le producteur, les grandes cultures biologiques coûtent moins cher à produire. « On économise près de 1,5 million $ par année en semences OGM, en engrais et en pesticides ». Mais attention, s’empresse-t-il d’ajouter, dans le bio il n’y a pas de place à l’erreur !
UN SAUT GRADUEL Il faut compter trois ans de sevrage aux semences traitées et au cocktail de pesticides et insecticides pour obtenir une terre certifiée en production biologique. C’est l’organisme Ecocert qui certifie les pratiques d’Agri-Fusion. Les propriétaires ont effectué graduellement la transition des superficies cultivées. Ceci pour permettre un meilleur apprentissage de nouvelles techniques et répartir les risques. Afin de mettre toutes les chances de leur côté, ils ont effectué des travaux de nivellement des terres pour permettre un bon égouttement de surface. (En 2015 seulement, ils ont investi 650 000 $ pour poser plus de 350 km de drains dans des terres argileuses réparties dans neuf paroisses). Ils ont commencé avec 130 ha certifiés en 2006 et toutes les superficies de l’entreprise seront entièrement certifiées bio cette année, soit 10 ans plus tard. Une fois les terres en bonne condition, il faut apprendre en effet à combattre l’ennemi numéro un du bio, les mauvaises herbes ! « Les Américains ont oublié le désherbage mécanique et ne jurent que par les OGM et le Roundup. On s’est tourné vers les Européens pour obtenir de la machinerie », poursuit Gilles Audette. Le parc de machinerie d’Agri-Fusion d’une valeur oscillant entre 5 et 6 millions $, compte entre autres un semoir Lemken de 12 m qui permet un semis serré, une technique privilégiée pour combattre les adventices. Autre engin vedette : un sarcleur ultra moderne Einböck de 12 rangs. Ce dernier, en plus d’être guidé par le GPS du trac-
teur, est équipé de caméras qui filment par exemple les plants de maïs au stade compris entre 2 à 6 feuilles et ajoute une précision sans pareille au désherbage. Polyvalent, l’appareil peut être utilisé dans n’importe quelles cultures semées aux 30 po : maïs, soya ou haricots. « Les haricots adorent être sarclés et n’aiment pas les pro-
duits chimiques », souligne Gilles Audette. Exceptionnellement, dans cette culture, les rendements bio sont de 10 t/ha et surclassent ceux des haricots conventionnels à 8,5 t/ha. Gilles Audette en profite pour ouvrir une parenthèse durant notre entrevue. Il aura fallu trois ans et investir 250 000 $
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CULTURES
en moyenne de machineries diverses. Les tracteurs sont pratiquement tous équipés de roues doubles montées sur des pneus basse pression pour éviter la compaction. Et il y a le recours obligatoire au labour, effectué deux ans sur trois dans les terres argileuses. « Ce n’est pas la meilleure pratique de conservation des sols, mais dans le bio on n’a pas d’autres alternatives pour l’instant » concède Jofroi Desperrier, un jeune agronome embauché par AgriFusion qui assiste à l’entrevue.
L’AVENIR EST À LA JEUNESSE
Autre engin vedette, un sarcleur ultra moderne Einböck de 12 rangs. Ce dernier, en plus d’être guidé par le GPS du tracteur, est équipé de caméras qui filment par exemple les plants.
pour convaincre en 2013 le goliath français des légumes surgelés, Bonduelle, de se lancer dans la production biologique, une première en Amérique du Nord ! « La compagnie craignait que les r endements ne soient pas au rendez-vous. On leur a prouvé le contraire », dit-il. Les aliments biologiques pour bébé, dont la purée de pois, font fureur sur le marché. Et AgriFusion prévoit cultiver 450 ha de légumes de conserverie pour le compte de la multinationale en 2016.
ROTATION, APPORT D’AZOTE, COMPACTION ET LABOUR L’entreprise produit en tout huit cultures en rotation réparties comme suit : 25 % en maïs-grain, 25 % en soya, 25 % en légumes de conserverie et 25 % en petites céréales. Mais on a abandonné la culture du blé, même si les rendements ont déjà atteint 4 t/ha d’une teneur de 13,5 % de protéines sur un retour de haricots. « On a deux prises contre nous. Le climat humide favorise la fusariose et il est difficile d’avoir assez
26 / Avril 2016 / Le Bulletin des agriculteurs /
d’azote pour obtenir un grain de plus de 12,5 % de protéines », juge Gilles Audette. Par contre, ce dernier a lancé l’entreprise sur la piste de l’épeautre, le blé des Gaulois, vendu à gros prix à un moulin de l’Utah avant de prendre le chemin sous forme de farine en Californie, Mecque mondiale du bio d’où poussent les modes alimentaires. Autre réflexion : pas question de cultiver plus de 40 % des superficies en légumineuses (soya, haricots ou pois). Ceci pour éviter l’introduction de maladies dévastatrices, comme la sclérotiniose. Outre le désherbage, il faut composer avec deux autres défis de taille en production biologique. Le premier, l’apport d’engrais, en particulier de l’azote. L’entreprise mise sur les engrais verts, le fumier de poule et, depuis deux ans, sur l’apport de luzerne ou de trèfle haché pour fertiliser les champs. « La qualité de l’ensilage ou de l’engrais vert haché doit être aussi bonne que celle qu’on sert à une vache qui produit 50 kg/jour », dit Gilles Audette pour faire image. L’autre défi et non le moindre est la compaction du sol créée par les nombreux passages d’équipements. Pour le désherbage du maïs ou autres cultures sarclées, par exemple, il faut compter sept passages
Gilles Audette envisage l’avenir d’Agri- Fusion très sereinement. « On ne dépend ni des semenciers ni de l’agrochimie. On récolte et sélectionne nos propres semences et il y a une demande lucrative pour nos produits ». Seule ombre au tableau, le départ prématuré d’un des quatre mousquetaires, tué dans un accident de moto en 2006. En conservant son fond de terre, chacun des propriétaires ou ses descendants sont assurés d’un revenu qu’aucun investissement boursier ne peut égaler à long terme, croit le producteur. « La terre, c’est le bien le plus précieux qu’un homme puisse posséder », dit-il. Pour gérer leur patrimoine, les fondateurs ont engagé, outre Jofroi Desperrier, cinq autres jeunes cadres, dont un directeur du parc de machinerie et un directeur des ressources humaines. L’entreprise compte en tout 25 employés. Deux des jeunes cadres sont issus des rangs familiaux, mais il n’y a pas de passe-droit. « On recrute selon les compétences », dit l’homme d’affaires. Tout ce monde, jusqu’ici éparpillé sur deux vieux sites, va bientôt déménager dans le nouveau quartier général où Gilles Audette possédera un grand bureau vitré. « Je suis sur le point de passer le flambeau. Ce sont nos jeunes directeurs qui vont donner un second souffle à l’entreprise », dit-il. La PME est bien partie, terminant à la quatrième place dans la catégorie médaille bronze du mérite agricole en 2015. La prochaine étape, dit l’entrepreneur, est le recrutement d’un directeur général. Nicolas Mesly est agroéconomiste et journaliste pigiste spécialisé dans les enjeux agroalimentaires. Il couvre les grandes cultures pour Le Bulletin.
INFOS / CULTURES
Effets du passage de la machinerie sur le rendement de la luzerne Les opérations reliées à la récolte du foin occasionnent beaucoup de circulation dans le champ. Que ce soit pour l’ensilage ou pour le foin sec, les machineries utilisées sont de plus en plus grosses. Mais est-ce la compaction ou le dommage aux repousses des plants de luzerne qui diminuent le rendement en foin ? La survie à l’hiver est-elle affectée par ces passages répétés ? Un récent article publié par l’Université de l’État de l’Ohio résume les principales actions afin de diminuer les effets négatifs sur la culture. Différentes études ont démontré que la machinerie utilisée pour le fauchage du foin jusqu’au ramassage des balles occasionne une circulation sur plus de 70 % de la surface du champ, et ce, à chaque coupe ! La compaction créée par cette circulation peut être associée à une réduction de la croissance et à une plus grande incidence de certaines maladies. Mais le passage des roues peut aussi causer des dommages physiques à la couronne des plants de luzerne et aux jeunes tiges et racines qui repoussent après la coupe. Ces stress répétitifs modifient les réserves de glucides de la plante et peuvent compromettre la survie à l’hiver de la luzerne. Évidemment, les dommages varient selon
les conditions de sol de chaque champ et le stade de la culture. Les plantes sont plus résilientes immédiatement après la coupe. De façon générale, le rendement diminue de 4 % à 6 % par jour suivant la coupe, révèle une étude du chercheur Dan Undersander. Par exemple, si le ramassage des balles a lieu cinq jours après la coupe, la circulation des machineries hypothèque le rendement d’environ 22 %, rapporte le spécialiste. Afin de minimiser les pertes, il suggère : Choisir des variétés de luzerne plus résistantes au trafic. Utiliser les plus petits tracteurs possible pour minimiser le poids par essieu et réduire la compaction. Faire les différentes opérations le plus rapidement possible après la fauche : la mise en andains 24 heures après la coupe est préférable à celle de 48 heures ; favoriser les andains les plus larges possible pour réduire le nombre de tours pour l’ensileuse ou la presse; l’ensilage un à deux jours après la coupe est moins dommageable que la récolte en foin sec après trois à cinq jours. Minimiser les déplacements au champ : remplir les voitures ou remorques à ras bord; ne pas utiliser les champs de foin
comme chemin de ferme lors de la récolte du champ voisin. Ne pas utiliser des roues doubles à moins d’y être contraint par les conditions de sol. Considérer la récolte à forfait par des équipements de plus grande capacité. Toutefois, l’avantage de réduire la circulation peut être annulé par la compaction supplémentaire causée par les machineries plus lourdes. Source : Ohio Corn Newsletter
FOCUS L’herbicide Focus de FMC peut maintenant être appliqué en prélevée dans la culture du blé. Il est efficace contre les graminées et les feuilles larges. « Il est tout indiqué pour les champs de céréales aux prises avec de la folle avoine résistante aux herbicides du groupe 1 », explique René Gingras, agronome et représentant chez UAP Canada. Disponible en emballage jumelé, Focus se compose de deux matières actives : le pyroxasulfone, un herbicide du groupe 15, et le carfentrazone (AIM) du groupe 14.
/ Le Bulletin des agriculteurs / Avril 2016 / 27
INFOS / CULTURES
APPLICATION DE LISIER AVEC DES BOYAUX EN POSTLEVÉE DU MAÏS
DES CONSEILS POUR DIAGNOSTIQUER VOTRE SYSTÈME DE DRAINAGE AU PRINTEMPS Le début du printemps est une période idéale pour diagnostiquer le réseau de drainage. Les sols sont gorgés d’eau et le réseau de drainage fonctionne à plein régime. En regardant de plus près, on peut facilement identifier les zones problématiques. Le problème peut être ponctuel, relié à une défectuosité du drainage ou encore à une mauvaise infiltration de l’eau dans le sol. Dans cet épisode de Défi maïs, l’agronome Valérie BouthillierGrenier explique les points importants à surveiller.
Visitez LeBulletin.com et cliquez sur Défi maïs dans le menu horizontal.
COMMANDITÉ PAR
28 / Avril 2016 / Le Bulletin des agriculteurs /
Afin de minimiser les risques de compaction, l’application de lisier avec des tuyaux d’irrigation gagne en popularité. Puisque les boyaux traînent à la surface du sol, cette technique est habituellement utilisée au printemps avant le semis du maïs ou après la récolte de blé ou de soya. Une étude a été mise en place en 2014 pour vérifier la faisabilité de cette technique en postlevée du maïs et valider le stade maximal de la culture. Les producteurs veulent s’assurer que la valeur fertilisante du fumier est plus élevée que les dommages possibles à la culture. Aux fins de l’étude, un boyau de 15 cm (6 po) a été rempli d’eau et a traversé les STADE MAÏS
parcelles deux fois (en direction opposée) à l’aide d’un tracteur. Le tableau ci-dessous rapporte les résultats observés en 2014 et 2015. Le traitement V5 n’a pas pu être réalisé en 2015 à cause de pluies trop abondantes. Les résultats préliminaires indiquent que cette technique d’application de lisier peut être utilisée jusqu’au stade V3 du maïs sans affecter le rendement final de façon significative. Le stade V3 correspond au stade trois feuilles déployées, dont les collets sont visibles. L’étude financée par les associations de producteurs en Ohio doit se poursuivre jusqu’en 2018 pour générer cinq ans de données. Source : Ohio Corn Newsletter
2014
2015
MOYENNE
Population (pl/acre)
Rendement (kg/ha)
Population (pl/acre)
Rendement (kg/ha)
Rendement (kg/ha)
Témoin (pas de boyau)
30166
9103
31850
10490
9800
V1
29660
9680
31750
10420
10051
V2
30166
9907
32000
9618
9762
V3
28933
9656
31375
10802
10233
V4
29264
9392
23500
7748
8577
V5
15366
6889
–
–
–
INFOS / CULTURES
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Nouvelles technologies et insectes pollinisateurs L’arrivée de nouvelles technologies utilisant la résistance multiple aux herbicides inquiète les chercheurs de l’Université Penn State, car cette technologie augmentera l’utilisation d’herbicides hormonaux comme le dicamba et le 2,4-D, croient les spécialistes. La dérive de dicamba ou 2,4-D sur les plantes non ciblées peut retarder ou raccourcir la floraison de ces plantes et ainsi priver les abeilles et autres insectes pollinisateurs. Les chercheurs ont examiné la dérive du dicamba sur la floraison de la luzerne et de l’eupatoire, une plante indigène et vivace attrayante pour plusieurs espèces d’insectes pollinisateurs. Les résultats indiquent une baisse du nombre de fleurs pour les deux espèces de plantes à la suite de l’exposition de doses pour simuler les dérives (de 0,1 % à 1 % de la dose appliquée en plein champ). De plus, l’eupatoire ainsi traitée recevait moins de visites des insectes. David Mortensen, professeur en malherbologie de l’Université Penn State, ajoute que les herbicides hormonaux étaient surtout utilisés en début de saison avant l’avènement des nouvelles technologies. Les espèces plus sensibles aux dommages causés par la dérive n’étaient pas au stade de floraison au moment de l’application. Maintenant, les pulvérisations sont réalisées plus tard lorsque les températures sont plus chaudes et les plantes plus avancées dans leur stade de développement. Rappelons que les nouveaux systèmes de désherbage sont composés à la fois de nouveaux caractères génétiques de la culture, mais aussi de nouvelles formulations des herbicides impliqués. La plus faible volatilité des composantes chimiques a été développée pour réduire les risques de dérive au maximum. La volatilisation représente un risque de dérive lorsque le temps est calme au moment de la pulvérisation. Par contre, tous les produits sont soumis à la dérive par le vent au moment de l’application. Source : Ontario Farmer
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/ Le Bulletin des agriculteurs / Avril 2016 / 29
IL A TROQUÉ LA GLACE POUR LA TERRE « Tu dois être passionné. Si tu vois ça juste comme un investissement, tu es mieux d’aller faire autre chose. » C’est le conseil que Pierre Bouchard donnerait au jeune hockeyeur qui songe à troquer son casque pour une casquette d’agriculteur. Faut-il présenter Pierre Bouchard ? Plu- Desmarais, d’ailleurs toujours à son emploi. sieurs se rappelleront ce joueur du Le duo s’est ensuite transformé en trio avec Canadien des années 1970 au physique l’arrivée du fils de René, Stéphane. « Ils font imposant. Si le hockey était sa plus grande une bonne partie du travail au quotidien », passion, l’agriculture suivait pas loin der- explique-t-il. rière. Il acquit sa première terre dès 1974 à Le producteur de 68 ans se qualifie de 26 ans. Quand l’heure de la retraite a sonné gestionnaire prudent. « La base, c’est de bien arranger la terre pour qu’elle soit en 1982, il a décidé de s’y dédier. Sa ferme se trouve à Verchères, accolée productive », estime-t-il. Ainsi, le drainage au fleuve. « C’est de la terre de curé, lance souterrain a été réalisé à la grandeur. PruPierre Bouchard, reprenant une expression dent, mais ouvert aux nouvelles pratiques. du coin décrivant les terres les plus fertiles. Par exemple, l’Ecolo-Till et le vibro ont remplacé complètement la À certains endroits, il y a charrue. plus de quatre pieds de top Les rendements oscillent soil. » Et il y a l’effet du fleuve. autour de 12,5 tonnes à « Si le premier gel survient l’hectare dans le maïs et le 25 septembre à un mille de 3,6 tonnes dans le soya. dans les terres, ici ce sera le L’an 2015 lui a réservé une 10 octobre », indique-t-il. mauvaise surprise. « Pour C’est d’abord le bovin de la première fois, on a eu boucherie qui l’a attiré. de la sclérotinia, raconte« J’adorais ça, se rapt-il. C’est dommage, car on pelle-t-il. On faisait du bœuf se dirigeait vers les quatre nature sans le savoir : des Pierre Bouchard tonnes. C’était tellement fourrages et des grains seulement. » Combinant vache-veau et finition, dense ! » Des mesures préventives seront son troupeau a compté jusqu’à 150 têtes. prises. Hausser l’écart entre les rangs de Il a dû jeter l’éponge en 2006. « On a tout 15 po à 22,5 po. Semer directement pour essayé, mais la rentabilité n’était pas là », éviter d’enfouir les résidus contaminés. Utiliser une variété, le 91Y01, offrant une déplore-t-il. Entre-temps, il s’est découvert un inté- bonne résistance à la sclérotinia. À propos rêt pour les grandes cultures. « À mesure de semences, dans le maïs, il mise sur le qu’on améliorait notre fonds de terre, dit-il, P0157AM, un hybride de 3000 UTM, ainsi on augmentait les superficies de maïs et que sur les P9840AM et P9644AM. de soya. » La ferme comprend aujourd’hui Son plan de match ? Intégrer ses enfants, 142 ha (350 acres) de maïs et autant de Sophie et Émile, à l’entreprise. Réduire les soya. S’y ajoutent 61 ha (150 acres) de hari- herbicides. Exploiter davantage les techcot et de pois de conserverie et 62 autres de nologies numériques : GPS, cartes de renblé et de foin. « On tient à avoir une bonne dement, etc. « J’ai beaucoup à apprendre, avoue-t-il. J’ai parfois de la misère avec rotation », explique Pierre Bouchard. « On » parce que le hockeyeur-devenu-agri- mon cellulaire ! » culteur joue en équipe. Il a misé dès le C’est aussi ça, l’agriculture, dirait-il au jeune départ sur un employé expérimenté, René hockeyeur. PHOTO : MANIACDUHOCKEY
30 / Avril 2016 / Le Bulletin des agriculteurs /
60 % DU RENDEMENT DU SOYA PROVIENT DES GOUSSES AU MILIEU DE LA PLANTE Vous songez à des rendements de soya supérieurs à 4 t/ha ? Alors, ne négligez pas l’endroit où les gousses sont formées sur le plant. 60 % d’entre elles poussent au milieu du plant. Et le nombre de gousses sur les plants peut signifier un bond de rendement de 3,4 t/ha à 4,2 t/ha, soit une hausse de 0,6 t/ha à 0,8 t/ha. C’est une des observations clés formulées par le gourou du soya au dernier Rendezvous végétal, le professeur de physiologie des plantes de l’Université de l’État de l’Illinois, Fred Below. Ce dernier rappelle que les rendements du soya sont fonction du (nombre de gousses/ha) X (nombre de grains par gousse) X (poids du grain). « Ce sont les feuilles centrales qui alimentent les gousses du plant d’où l’importance d’appliquer une protection foliaire et d’espacer les rangs », affirme l’expert. Une protection foliaire peut sauver de 15 000 à 20 000 plants à l’hectare, ce qui semble peu sur un semis de 380 000 plants/ha, mais cette petite différence compte dans le résultat final, selon lui. D’après Fred Below, l’espacement des rangs de 30 po (76 cm) favorise plus l’interception de la lumière par les feuilles du milieu, cruciales, car elles alimentent les gousses, qu’un espacement de 20 po (51 cm) entre les rangs. Un plus grand espacement entre les rangs favorise également une meilleure circulation de l’air, un facteur qui influence la santé et la croissance des plants. Fred Below a aussi rappelé que les rendements, outre le nombre de gousses par plants, étaient influencés par l’incontournable météo, la fertilisation, les variétés génétiques – toutes n’ayant pas été conçues égales – et l’utilisation de semences traitées ou non.
INFOS / CULTURES
Nouveau revenu pour les producteurs de maïs ? Vous cherchez un débouché pour vos tiges de maïs ? Celles-ci pourraient très bien servir dans quelques années à fabriquer de la litière pour animaux. Denis Dallaire, directeur général de ProÉthanol, était invité à l’assemblée générale annuelle des Producteurs de cultures commerciales Montérégie sud-est le 25 février dernier à Saint-Jean-sur-Richelieu. Il a expliqué aux producteurs présents le projet de valorisation. Depuis quatre ans, Pro-Éthanol fait des essais pour parvenir à valoriser les tiges de maïs. C’est lors d’une première étape de faisabilité technique, réalisée par la firme FP Innovation, que l’idée de transformer les tiges en litière a surgi. La ripe de bois étant plus rare et plus chère, il y a un potentiel pour la litière à base de tiges de maïs. L’équipe a effectué des tests dans une ferme avicole pour évaluer la qualité du produit. Il fallait que la litière permette un contrôle adéquat des maladies et des bactéries. La qualité de l’air ambiant dans le poulailler a aussi été évaluée. Tests concluants en poche, Pro-Éthanol a décidé d’aller de l’avant avec ce projet. Lors de l’assemblée générale annuelle de Pro-Éthanol, le 7 avril prochain, un projet sera soumis aux membres : la création d’un
centre de traitement et de valorisation des fibres végétales. Ainsi, les tiges de maïs, mais aussi éventuellement le panic érigé, la paille et les résidus de conserverie pourront avoir une deuxième vie. Si le projet est accepté, les producteurs pourront vraisemblablement vendre leurs tiges de maïs. Selon le principe du travail à forfait, le centre fournirait la fourragère nécessaire pour procéder à la récolte, de même que le camion pour le transport de la matière première. Les producteurs n’auraient donc pas à s’équiper. La récolte des tiges se fait après la récolte des grains. Il ne doit toutefois pas avoir de précipitation entre les deux opérations. Les tiges doivent être sèches, comme du foin. Selon les estimations, de 2,5 tonnes à 3 tonnes par acre pourraient être recueillies au champ sans compromettre la qualité du sol. Pour que le projet soit rentable, la litière devra se vendre entre 90 $ et 120 $ la tonne métrique.
Auteurs : JOHANNE VAN ROSSUM est agronome et productrice de grandes cultures à Sainte-Brigided’Iberville. NICOLAS MESLY est agroéconomiste et journaliste pigiste spécialisé dans les enjeux agroalimentaires. Il couvre les grandes cultures pour Le Bulletin. MARIE-CLAUDE POULIN est rédactrice en chef adjointe au Bulletin des agriculteurs.
– Jen C., Ontario, participante à la conférence AWC
s re ou b z-v om s. ve ! N tée cri nt imi Ins tena ces l i n la ma de p
« Si ce n’était des propos tenus par les leaders avec lesquels j’ai échangé, je n’aurais ni un objectif précis ni la motivation pour l’atteindre. Je ne vous remercierai jamais assez pour ça. »
Compétences en leadership ~ Conférences pour les femmes en agriculture Capitalisez sur vos opportunités et récoltez les avantages de votre développement ! Joignez-vous à des femmes de l’industrie agricole et autres industries connexes alors qu’elles révèleront le secret de leur succès en finances personnelles, en réseautage et en avancement de carrière. Profitez de l’occasion pour partager avec des femmes remarquables de l’industrie ! Rabais de groupe et pour réservation hâtive offerts. Inscrivez-vous aujourd’hui ! Visitez advancingwomenconference.ca ou par téléphone 403 686-8407. FAIRMONT ROYAL YORK, TORONTO, 3 ET 4 OCTOBRE 2016
La conférence se donnera en anglais
/ Le Bulletin des agriculteurs / Avril 2016 /
Advancing Women Conference East 2016 / Le Bulletin des Agriculteurs / 7” x 3.357” / Ontario Quote
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MARCHÉ DES GRAINS
PAR JEAN-PHILIPPE BOUCHER
LES POSSIBILITÉS COMMENCENT EN AVRIL
À
l’aube d’une nouvelle saison, on ne peut pas dire que le marché des grains nous aura proposé beaucoup d’occasions de vendre les dernières récoltes à de meilleurs prix. Que nous reste-t-il alors pour espérer faire mieux d’ici les prochaines récoltes ? Le jeu est plus risqué, mais le mois d’avril marque un tournant intéressant pour les prix des grains. En effet, c’est davantage à partir du mois d’avril que la nervosité des marchés monte d’un cran avec la nouvelle saison qui s’amorce et les risques qui l’accompagne : trop de précipitations, pas assez, sécheresses, maladies, retard de développement, gel hâtif, grêle, alouette ! C’est ce qu’illustre d’ailleurs très bien le graphique ci-dessous. À quelques nuances près, on constate beaucoup plus de volatilité et donc de variation des prix du maïs et du
soya à la Bourse de Chicago d’avril à juillet avec un autre regain au cours de la récolte. Il est intéressant de constater aussi que le soya connaît davantage de volatilité dans son prix au cours de deux périodes (juillet et octobre), plutôt qu’une comme pour le maïs (juillet). Rien de surprenant sachant que le soya est aujourd’hui cultivé davantage en Amérique du Sud (49,5 % de la production mondiale) qu’aux États-Unis (33,4 % de la production mondiale), puis que les semis s’amorcent pour cet hémisphère du globe à l’automne et non au printemps. Pour les producteurs qui souhaitent encore vendre une partie de leurs anciennes récoltes et peut-être même de la prochaine, à quoi tout cela rime-t-il ? Concrètement, cette hausse saisonnière de nervosité représente plus de possibilités de voir les prix bondir sans préavis au moindre imprévu
qui pourrait nuire aux cultures en cours. Ce fut le cas l’an dernier à la fin juin et début juillet où le prix du maïs à Chicago a bondi rapidement de 3,50 $US/boisseau à plus de 4,40 $US/boisseau (+35 $US/TM). Quant à celui du soya, il a augmenté de la fin mai au début juillet de 9,25 $US/boisseau à près de 10,55 $US/boisseau (+48 $US/TM). Pour les plus avisés dans leur commercialisation, le fait de travailler sa base séparément de son contrat à terme représente une occasion de réaliser de bonnes ventes. Dans tous les cas, pour obtenir de meilleurs prix, le plus important à l’aube de cette période plus nerveuse et intéressante pour les prix est de rester à l’affût des marchés, mais surtout d’avoir des objectifs de vente clairs qu’on ne change pas continuellement au gré des rumeurs et des prévisions météo…
NERVOSITÉ MENSUELLE (% VOLATILITÉ) DES PRIX À CHICAGO DEPUIS 10 ANS maïs
soya
3 % 2,5 % 2 % 1,5 % 1 % 0,5 % 0 % Janv.
Févr.
Mars
Avril
Mai
Juin
Juil.
Août
Sept.
Oct.
Nov.
Déc.
Jean-Philippe Boucher est agronome, M.B.A., consultant en commercialisation des grains et fondateur du site Internet Grainwiz.
32 / Avril 2016 / Le Bulletin des agriculteurs /
GUIDE
TRACTEURS 2016
2e PARTIE
MODÈLES UTILITAIRES
GUIDE TRACTEURS UTILITAIRES
Nouveautés 2016 modèles utilitaires L’
PAR SCOTT GARVEY
année 2015 aura été marquée par un changement au sein du marché de l’équipement agricole. Alors que les producteurs de grains et d’oléagineux ont connu une baisse importante des prix, les éleveurs ont eu de bien meilleurs revenus. Il y a eu peu de ventes d’équipement neuf dans l’ensemble du Canada du côté des producteurs de grandes cultures, tandis que les éleveurs ont davantage investi dans l’achat de tracteurs et d’outils de fenaison neufs. En raison de ce revirement, les fabricants ont misé davantage sur les produits les plus prisés par les éleveurs en 2015. Ils ont donc introduit de nouveaux tracteurs utilitaires et ont apporté des améliorations à leur équipement fourrager. Les ventes de tracteurs et d’équipement d’élevage ont augmenté au cours de l’année chez certains concessionnaires. Toutefois, même si les concessionnaires ont réussi à vendre des moissonneuses-batteuses, des outils de semis et de plantation, des petits tracteurs utilitaires à bon marché et de l’équipement fourrager comme des presses à balles, plusieurs d’entre eux ont vu le montant total de leurs ventes annuelles baisser puisqu’ils ont vendu moins de tracteurs à puissance élevée. Voici un résumé des nouveautés dans l’industrie.
CASE IH Case IH a effectué une mise à jour de ses séries de tracteurs Maxxum et Farmall 100A. Les nouvelles versions de ces tracteurs ont été présentées au National Farm Machinery Show, qui a eu lieu à Louisville, au Kentucky, en 2015. Les tracteurs des deux séries ont presque la même puissance. Les cinq modèles de la série Maxxum ont une puissance de 115 ch à 145 ch. Quatre de ces modèles sont munis d’un moteur à quatre cylindres. Il y en a un de 115 ch, un de 125 ch, un de 135 ch et un autre de 145 ch. Quant au cinquième modèle, il est équipé d’un moteur diesel à six cylindres de FPT (Fiat Powertrain Technologies) et a une puissance de 145 ch, mais l’équipe de marketing de Case IH a décidé de le nommer le 150 en raison de ses deux cylindres additionnels qui permettent plus de couple. Les nouveaux Maxxum ont désormais tous le même empattement, qui est un pouce plus long par rapport à celui des modèles précédents. Ils ont également un meilleur rayon de virage. Quelques changements subtils ont aussi été apportés au design des Maxxum. Ces derniers portent notamment un nouveau capot qui figurera éventuellement sur toutes les séries de tracteurs de Case IH. Les Maxxum à quatre cylindres peuvent accueillir une transmission à variation continue ou une servotransmission partielle. Quant au Maxxum 150, il est seulement offert avec une servotransmission partielle. Les Maxxum peuvent être commandés avec une fonction d’autoguidage et un moniteur Pro 700. De plus, ils possèdent un nouvel essieu avant plus lourd qui dure plus longtemps lorsqu’il est utilisé avec un chargeur puisqu’il est fait d’un alliage d’acier plus robuste.
Case IH a fait une mise à jour de sa série de tracteurs Maxxum.
/ Guide tracteurs 2016 / 3
GUIDE TRACTEURS UTILITAIRES
Le Maxxum 150 de Case IH a deux cylindres additionnels qui permettent plus de couple.
MT400D ont un système hydraulique pouvant fournir 29 gal/min. Les MT400D ont la même cabine à Les Maxxum peuvent être accompagnés six montants que les gros tracteurs de la d’un système de liaison rapide. Grâce à ce série MT500D. Leurs contrôles peuvent être dernier, les utilisateurs peuvent facilement disposés de différentes façons. Les MT400D peuvent inclure un bras de contrôle, qui est raccorder un chargeur à leur tracteur. Par le passé, la série Maxxum compre- courant sur les gros modèles. Ils possèdent nait un modèle économique, mais doréna- une surface vitrée de 62,5 pi2 pour offrir une vant, ceux qui recherchent un tracteur de bonne visibilité autour du tracteur, ce qui classe économique devront se tourner vers est pratique lors des travaux avec un charla série Farmall 100A qui comporte quatre geur frontal dans un espace restreint. modèles de 110 ch à 140 ch. La différence entre les Farmall 100A et les Maxxum se situe au niveau des spécifications et des prix. Les Farmall 100A ont le même style de capot que les Maxxum. Ils ont aussi une toute nouvelle cabine. Celle-ci inclut un panneau vitré au plafond pour améliorer la visibilité lors des travaux nécessitant un chargeur.
CHALLENGER Challenger, la marque jaune d’AGCO, produit la série MT400D qui comporte cinq modèles de 110 ch à 150 ch. Les MT400D ont une puissance de 90 ch à 110 ch à la prise de force. Les moteurs diesel de 4,9 L d’AGCO Power peuvent être combinés à trois différentes transmissions. Les acheteurs ont le choix entre une AutoPower IV 16 X 16, une AutoPower VI 24 X 24 et une transmission à variation continue TechStar. Les
4 / Guide tracteurs 2016 /
Pour ajouter du confort, les acheteurs ont le choix entre une suspension de cabine reposant sur des ressorts ou une suspension hydraulique. Le Challenger MT400D a la même cabine à six montants que les gros tracteurs de la série MT500D.
FENDT
DEUTZ-FAHR
Les tracteurs de la série 500 de Fendt performent aussi bien avec un chargeur frontal que sur le terrain.
2016 annonce l’arrivée de la nouvelle série 5C sur le marché nord-américain. Elle se compose de quatre modèles de 89 ch à 118 ch. La série est dotée du moteur La série 5C de Deutz-Fahr comporte quatre Deutz TCD 3,6 L04, un quatre cylindres modèles de 89 ch à 118 ch. de 3620 cm3 Tier 4 Final, turbocompressé avec soupape Wastegate, intercooler et équipé d’un ventilateur viscostatique proportionnel (en option). Côté transmission, on retrouve une boîte mécanique 10 + 10 ou 20 + 20 avec Hi-Lo pour les versions LS. On retrouve une boîte 20 + 20 avec Hi-Lo ou 30 + 30 avec HML pour les versions GS. Deux configurations sont disponibles pour l’inverseur : dans la version LS, l’inverseur est mécanique avec un nouveau levier sous le volant, tandis que la version GS est caractérisée par l’inverseur hydraulique PowerShuttle. Grâce à la prédisposition de série Ready Kit, la série 5C s’adapte parfaitement à l’utilisation du chargeur frontal. La pompe hydraulique assure un débit de 55 L/min ou de 60 L/min en option. La grande flexibilité de configuration, le système de prévention d’activation accidentel du relevage, des distributeurs et de la prise de force, les rendent particulièrement sûrs et polyvalents. Bref, ils sont idéals pour tout type d’exploitation agricole, maraîchère ou fruitière.
En août 2015, lors du U.S. Farm Progress Show en Illinois, AGCO a annoncé l’arrivée en Amérique du Nord de quatre modèles de la série 500 d’une puissance de 125 ch à 165 ch. Les 500 ont un châssis compact et sont plus puissants, que ce à quoi les gens pourraient s’attendre pour des tracteurs d’un tel format. Ces petits tracteurs de milieu de gamme ont effectivement une puissance élevée considérant leur format. Ce sont des tracteurs polyvalents qui performent aussi bien avec un chargeur frontal que sur le terrain. Toutefois, même s’ils ont une puissance de 137 ch à la prise de force, les tâches qu’ils peuvent accomplir sont limitées. Les 500, tout comme leurs grands frères des séries 700, 800 et 900, sont offerts avec un moniteur de 7 po ou de 10,4 po connecté au Varioterminal de Fendt qui permet de contrôler toutes les fonctions du tracteur et des équipements à partir d’un seul moniteur. Le Varioterminal est compatible avec Isobus, alors dans la plupart des cas, les utilisateurs ne devraient pas avoir besoin d’un autre moniteur pour contrôler leurs équipements.
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GUIDE TRACTEURS UTILITAIRES
Les utilisateurs des 500 ont droit à une vue panoramique sur 320 degrés grâce à la surface vitrée de 65 pi2 de la cabine. Le pare-brise courbé se prolonge jusqu’au toit de la cabine pour améliorer la visibilité lors des tâches nécessitant un chargeur frontal. Les 500 sont munis d’une suspension de cabine pneumatique avec un système de nivellement automatique pour améliorer le confort lors du transport. La suspension est soutenue par quatre points; elle repose sur deux amortisseurs correcteurs de niveau à l’avant et sur deux ressorts pneumatiques à l’arrière. La suspension de l’essieu avant avec un système de nivellement automatique intégré améliore la qualité du transport. Les 500 sont relativement rapides, ils peuvent atteindre une vitesse de route de 50 km/h (31 mi/h). Les 500 peuvent être commandés avec un chargeur CargoProfi présentant des caractéristiques haut de gamme comme des positions préréglées, un capteur d’inclinaison du godet et un système de pesée. Toutes ces caractéristiques sont contrôlées par le Varioterminal. Dans l’ensemble, la marque Fendt propose les meilleures caractéristiques d’AGCO. C’est pour cette raison que le prix des tracteurs vert pâle est élevé. Mais selon les dirigeants de l’entreprise, l’investissement en vaut la peine, car ces tracteurs offrent plus d’avantages.
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JOHN DEERE John Deere, avec ses gammes 5 et 6, offre plus de choix parmi les tracteurs utilitaires de milieu de gamme que dans toute autre catégorie. L’an dernier, John Deere a laissé tombé sa série de base 5D pour faire place aux séries 5E et 5M, qui ont de meilleures spécifications. Ces deux séries proposent un total de dix modèles allant de 45 ch à 115 ch. Les tracteurs de la série 5M ont une puissance de 75 ch à 115 ch. Ils représentent les modèles les plus sophistiqués de la gamme 5. Les moteurs des 5M sont conformes aux normes Tier 4 Final. Comme plusieurs fabricants, John Deere a recours à différentes solutions pour respecter les normes d’émissions des moteurs. Les solutions utilisées dépendent de la taille du moteur et de ses principales utilités. En ce qui concerne les émissions des moteurs hors route, il n’existe pas une seule solution qui convienne à tous les modèles. Le modèle 5075M à trois cylindres est muni d’un catalyseur d’oxydation et d’un filtre à particules ne nécessitant pas cylindres ont un catalyseur d’oxydation et de liquide d’échappement diesel. Les un système de réduction catalytique sélecmodèles 5085M, 5100M et 5115M à quatre tive requérant de l’urée (DEF) pour respecter les normes Tier 4 Final. Les moteurs PowerTech de 4,5 L de Les tracteurs de la série 5M de John Deere John Deere, présents sur les trois plus sont les modèles les plus sophistiqués de la gros modèles de la série 5M, augmentent gamme 5. jusqu’à 4 % la puissance et fournissent 30 % plus de couple pour améliorer la performance des tracteurs lorsqu’ils transportent une charge. Les moteurs de la série 5M peuvent être combinés à une transmission PowrReverser 16 X 16 ou 32 X 16. Les 5M possèdent un système de refroidissement compact installé sous un nouveau capot légèrement incliné qui facilite les tâches avec un chargeur. Effectuer l’entretien du système de refroidissement est maintenant plus simple puisque le condensateur et le refroidisseur d’huile sont coulissants, le refroidisseur d’air de suralimentation peut se pencher et l’écran du radiateur est amovible. Les 5M peuvent être commandés sans cabine ou avec une cabine Premium. Ils ont maintenant de meilleures lumières extérieures. John Deere a récemment apporté des changements à ses tracteurs 5085E
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lisateurs de ces tracteurs peuvent passer d’une vitesse basse à élevée seulement en appuyant sur un bouton. Ils n’ont donc même pas besoin de peser sur la pédale d’embrayage. La prise de force économique des modèles 5E à quatre cylindres peut diminuer le régime du moteur à 1700 tours par minute tout en maintenant la vitesse de l’arbre, ce qui, selon John Deere, permet de réduire la consommation de carburant jusqu’à 20 %. La gamme 6, qui comprend des modèles plus gros et plus performants que la gamme 5, a elle aussi été remodelée. Elle inclut 13 différents choix de tracteurs répartis parmi les séries 6D, 6E et 6M. Pour les producteurs qui n’ont pas besoin d’un modèle aussi haut de gamme que les tracteurs 6R à six cylindres, mais qui veulent tout de même un modèle d’une bonne puissance, John Deere recommande les 6D, qui représentent une option plus économique. Ces tracteurs ont de moins bonnes spécifications que les 6R, ils ne fonctionnent pas avec le même moteur, ils ne sont pas aussi évolués côté numérique Les tracteurs John Deere 6M proposent trois et leur cabine est disposée différemment. et 5100E, qui peuvent respectivement différents formats de châssis. Toutefois, ils peuvent facilement tirer une atteindre 85 ch et 100 ch. Pour les rendre un peu plus faciles à manœuvrer, le fabri- caractéristiques augmentent la visibilité presse, une faucheuse-conditionneuse et des instruments aratoires. cant a effectué diverses améliorations vers l’avant de 3,6 pi. Les 6D sont beaucoup plus abordables Les 5085E et 5100E peuvent être accomergonomiques à l’intérieur de la cabine. Il a notamment réarrangé la disposition du pagnés d’un chargeur H240 de John Deere, que les 6R. Les 6D ne sont peut-être pas tableau de bord. Ce dernier centralise toute capable de lever 1590 kg (3500 lb) à sa équipés d’un CommandArm et d’un l’information et transmet plus de données pleine hauteur. À l’arrière de ces tracteurs siège pivotant, mais ils offrent tout de se trouve un attelage 3-points capable même le choix entre deux transmissions à l’utilisateur. Les 5085E et 5100E ont, tout comme de porter 1454 kg (3200 lb). Ces tracteurs PowrReverser qui les rendent plus perles 5M, un capot au style imposant qui est peuvent donc transporter plusieurs balles formants sur le terrain et qui permettent de faire marche arrière pendant les traincliné pour améliorer la visibilité lors des rondes sans problème. Les 5085E et 5100E ont une transmission vaux nécessitant un chargeur, et ce, sans tâches avec un chargeur frontal. La plateforme de l’utilisateur est placée plus haute PowrReverser 24 X 12 qui augmente de 33 % avoir à peser sur la pédale d’embrayage. sur ces tracteurs. Selon John Deere, ces leur vitesse maximale de transport. Les uti- L’ancienne transmission 9 X 9 a été
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remplacée par une transmission 12 X 12, augmentant ainsi le nombre de vitesses dans la plage de 5 mi/h à 13 mi/h. La transmission 24 X 12 optionnelle possède 12 vitesses dans cette plage. Les vitesses sont placées en forme de H sur la boîte de vitesses. Le levier de vitesses et de gammes est situé du côté de la main droite. Les gammes C et D sont synchronisées. L’utilisateur peut donc passer de la gamme B à la gamme C et de la gamme C La série M6 de Kubota comprend quatre modèles de 101 ch à 141 ch.
à la gamme D, puis revenir en arrière sans freiner. La série 6D comprend quatre modèles de 105 ch à 140 ch. Les 6M proposent trois différents formats de châssis avec des empattements de 2580 mm à 2800 mm (101,6 po à 110,3 po). En option, ils peuvent comprendre une capacité hydraulique de 114 L/min (30,1 gal/min). Un chargeur frontal de la série R a été spécialement conçu pour les tracteurs 6R et 6M. La série R, inspirée de la série H, présente de nouvelles caractéristiques comme un système de liaison à verrou contrôlé
à distance pour accélérer le processus de changement de godet, un instrument de nivellement des charges pour augmenter la visibilité vers l’avant et une fonction électronique de retour.
KUBOTA Depuis que Kubota a introduit sa série de trois modèles M7 en 2014, la marque a atteint la barre du 170 ch. Kubota a d’ailleurs promis qu’elle produira des tracteurs encore plus puissants dans le futur. Les M7, qui sont conçus en France, offrent des options haut de gamme en matière de confort. Leur essieu avant suspendu peut admettre trois réglages (ferme, normal ou doux) ou peut avoir une position verrouillée. La cabine des M7 peut être équipée d’une suspension mécanique à ressorts pour adoucir le transport dans des terrains difficiles. À l’intérieur de la cabine, il y a un bras de contrôle du côté de la main droite et un moniteur ACL à quatre fonctions. Ce dernier permet de contrôler et de surveiller les systèmes du tracteur, les équipements compatibles avec Isobus, la fonction d’autoguidage par GPS et les vues de la caméra. Cette technologie de pointe mène les M7 un échelon plus haut que les modèles précédents. Les M7 sont équipés d’un moteur diesel de 6,1 L à quatre cylindres de Kubota qui peut être associé à une servotransmission à 24 vitesses ou à une transmission KVT à variation continue conçue par Kubota. Les deux transmissions offrent une option permettant une vitesse de 50 km/h. La transmission KVT inclut une fonction de freinage dynamique qui aide à maintenir la vitesse du tracteur lorsqu’il descend une pente raide en utilisant le frein moteur. En août 2015, Kubota a lancé la série M6, qui comprend quatre modèles de 101 ch à 141 ch, plus petits que les M7. Les M6 ont une puissance de 82 ch à 114 ch à la prise de force. Les deux plus gros modèles de la série utilisent un moteur diesel de 6,1 L. Quant aux deux plus petits modèles, ils fonctionnent grâce à un moteur de 3,7 L. La cabine des Kubota M7 peut être équipée d’une suspension mécanique à ressorts pour adoucir le transport dans des terrains difficiles.
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GUIDE TRACTEURS UTILITAIRES
du modèle 6615, peuvent aussi opter pour une transmission Dyna-4 16 X 16 ou une transmission Dyna-6 24 X 24. La Dyna-6 peut également paraître sur le modèle 6616. Les acheteurs des 6600 peuvent choisir entre trois classes : la Classic, la Deluxe et la Premium. La performance des tracteurs augmente à chaque classe. Les 6600 peuvent être munis d’un système hydraulique au centre fermé ayant une capacité de 110 L/min (29 gal/min). Le système détecte les charges et compense la pression et le débit. Pour ceux qui n’ont pas besoin d’un système hydraulique aussi performant, les modèles Classic représentent une bonne solution de rechange. Ils peuvent accueillir un système hydraulique moins cher, au centre ouvert, pouvant fournir 15 gal/min ou 26 gal/min. Les modèles Premium offrent un levier MASSEY FERGUSON Dans la catégorie de tracteurs utilitaires de commande multifonction permettant de milieu et de haut de gamme, la marque de contrôler les fonctions du tracteur. Ils Massey Ferguson d’AGCO offre les tracteurs possèdent un second levier de commande électronique pour contrôler les fonctions des séries 5600 et 6600. Les trois modèles de la série 6600 s’éche- du chargeur, rendant ainsi la disposition lonnent de 130 ch à 150 ch et ont une puis- des contrôles dans la cabine beaucoup plus sance de 100 ch à 120 ch à la prise de force. ergonomique. La série 5600 comprend des Ils sont équipés d’un moteur diesel de 4,9 L modèles plus petits et moins puissants que d’AGCO Power et d’une transmission à les 6600. Les 5600 s’échelonnent de 90 ch variation continue Dyna-VT. Les acheteurs à 125 ch et ont une puissance de 70 ch à Les M6 possèdent une transmission IntelliShift 24 X 24. Ils peuvent avoir en option 32 X 32 vitesses rampantes. Leur boîte de vitesses comprend trois gammes de huit vitesses chacune. Les deux plus gros M6 ont un châssis plus imposant et plus lourd. De plus, leur empattement est 10 po plus long que celui des autres modèles de la série. Ils ont également une meilleure capacité hydraulique. Leur système hydraulique peut fournir un débit de 77,2 L/min, soit presque 7 L de plus que les petits modèles. Selon Kubota, les tracteurs M6 ont une performance équivalente à ses outils de fenaison. Pour cette raison, les machines orange pourraient devenir la marque favorite de bien des éleveurs.
Les tracteurs de la série 6600 de Massey Ferguson sont équipés d’un moteur diesel de 4,9 L d’AGCO Power.
100 ch à la prise de force. Ils ont un moteur diesel à trois cylindres de 3,3 L combiné à une transmission Dyna-4. Ils sont montés sur un empattement de 2467 mm.
MCCORMICK En 2014, McCormick a présenté pour la première fois sa série de tracteurs X7 lors du Canada’s Farm Progress Show à Regina, en Saskatchewan. Les tracteurs X7 ont une puissance de 147 ch à 195 ch. La série X7 comprend trois modèles à quatre cylindres et deux modèles à six cylindres. Un sixième modèle de 150 ch à six cylindres a été introduit lors de l’exposition de machinerie agricole Agritechnica, qui a eu lieu en novembre dernier, à Hanovre, en Allemagne. La série X7 vient remplacer les trois anciennes séries les plus puissantes de McCormick, soit la X, la MTX et la TTX. Les X7 offrent plus d’options que ses prédécesseurs. Par le passé, McCormick avait la réputation de concevoir des tracteurs simplistes, mais ce n’est plus le cas depuis que la marque produit les X7. Sous le capot des X7 se trouve un moteur diesel
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GUIDE TRACTEURS UTILITAIRES NEW HOLLAND
BetaPower de FPT, soit le même qui figure sur certains tracteurs de Case IH et New Holland. Les trois plus petits modèles de la série X7 ont un moteur à quatre cylindres et à 16 soupapes de 4,5 L, alors que les trois plus gros modèles utilisent un moteur de 6,7 L à 24 soupapes. Les trois plus gros modèles de la série X7 ont un châssis plus lourd. Le X7.670 et X7.680, qui représentent les deux modèles les plus haut de gamme de la série, ont un empattement plus long que celui des quatre autres modèles. Ils ont aussi un châssis encore plus lourd que celui qui figure sur le X7.660 de 175 ch, soit le plus petit des modèles à six cylindres. Les X7 possèdent une servotransmission partielle Pro Drive 24 X 24 avec un inverseur de marche qui permet de faire marche arrière sans utiliser la pédale d’embrayage. L’inverseur est conçu par l’entreprise européenne ZF. La boîte de vitesses possède six gammes comportant chacune quatre vitesses sous charge. Les X7 peuvent rouler à 40 km/h sur une route tout en maintenant un régime du moteur réduit. Ils peuvent également avoir en option 40 vitesses rampantes. La servotransmission partielle Pro Drive comprend une fonction de changement automatique de vitesse. Lorsqu’elle est activée, elle permet de monter et de bais-
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Sous le capot des X7 de McCormick se trouve un moteur diesel BetaPower de FPT.
ser automatiquement la vitesse à l’intérieur d’une même gamme en fonction du régime du moteur. La nouvelle série X7 VT a été introduite à Agritechnica, en novembre dernier. Les tracteurs de cette série sont munis d’une transmission à variation continue. Dans la cabine, le volant et le tableau de bord peuvent être inclinés ensemble. Du côté de la main droite, l’appuie-bras inclut un levier multifonction permettant de changer de vitesse au moyen d’un bouton et de contrôler les équipements reliés. McCormick n’offre pas son propre système de guidage, mais les X7 sont tout de même équipés d’un système d’autoguidage. Des capteurs de direction sont également posés sur leur essieu avant. En 2015, McCormick a aussi lancé la série X6L, qui comporte deux petits modèles. Les tracteurs de cette série ont une puissance de 143 ch et de 163 ch et ont un châssis plus petit que les X7. Ils utilisent un moteur diesel de 4,5 L de FPT. Leur boîte de vitesses comprend trois gammes de six vitesses chacune pour un total de 18 vitesses. Pour faciliter les travaux avec un chargeur frontal, les utilisateurs peuvent faire marche arrière sans peser sur la pédale d’embrayage.
Depuis que Case IH et New Holland ont été acquises par la division CNH Industrial de Fiat, les nouveaux tracteurs de ces marques rouge et bleue ont été introduits sur le marché de façon coordonnée. En même temps que Case IH a présenté ses nouveaux tracteurs des séries Maxxum et Farmall 100A au National Farm Machinery Show de 2015, New Holland a lancé ses nouveaux tracteurs T6 et TS6, qui partagent plusieurs similarités avec les Maxxum et les Farmall. Les modèles T6, qui s’apparentent aux Magnum de Case IH, ont de bonnes spécifications. La série TS6, tout comme la Farmall 100A, propose des modèles économiques. Plusieurs options peuvent être ajoutées aux TS6. Les acheteurs ont donc le choix entre un modèle Value de base et un modèle Plus. Les TS6 ont une puissance de 90 ch à 115 ch à la prise de force. Les modèles Plus sont plus sophistiqués que les modèles Value. Par exemple, les modèles Value ont une transmission standard 8 X 8 avec un inverseur de marche alors que les modèles Plus sont équipés d’une transmission 16 X 8 avec un inverseur de marche. Les modèles Value peuvent atteindre une vitesse maximale de 30 km/h (19 mi/h) alors que les modèles Plus peuvent aller jusqu’à 40 km/h (25 mi/h). La capacité hydraulique des modèles Plus a été augmentée de 34 L/min (9 gal/min) par rapport à celle des modèles Value. Les TS6 sont munis d’un attelage 3-points à l’arrière. Celui des modèles Value peut soulever 1698 kg (3735 lb), alors que celui des modèles Plus peut soulever 2500 kg (5499 lb). Les TS6 peuvent être commandés avec ou sans cabine. Les acheteurs peuvent choisir une configuration à deux ou à quatre roues motrices. Le style global des TS6 a été modifié et comprend de nouveaux éléments esthétiques. La cabine VisionView peut être choisie en option. Elle offre une plus grande surface vitrée pour améliorer la visibilité lors des travaux effectués avec un chargeur frontal. Les moteurs des nouveaux TS6 sont maintenant conformes aux normes Tier 4 Final. Les TS6 utilisent un moteur diesel à quatre cylindres et à quatre soupapes
! 0 0 5 t d n e F n u t s e ’ c , e t Pas de dou Bien que de dimensions compactes, le FENDT 500 possède plusieurs des caractéristiques qui ont fait la réputation des tracteurs de forte puissance FENDT. Vous apprécierez cette nouvelle série grâce à son court rayon de braquage, à son contrôle par pédale, à son chargeur avec pesée embarquée et à sa visibilité incomparable. Jumelés à la très réputée transmission Vario, les moteurs SCR quatre cylindres de LA SÉRIE 500 déploient de 125 à 165 ch tout en faisant preuve d’une consommation de carburant exemplaire. Et comme c’est un FENDT, vous savez que le coût total d’utilisation sera l’un des plus faibles à l’heure.
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de FPT, qui s’en remet seulement à la réduction catalytique sélective. Les modèles T6 prêts à accueillir un chargeur sont idéals pour ceux qui cherchent confort et capacité. Selon New Holland, les T6 sont des « tracteurs polyvalents de première classe ». Les cinq modèles T6 s’échelonnent de 116 ch à 145 ch et ont une puissance de 95 ch à 125 ch à la prise de force. Le plus gros modèle de la série T6, le T6.180, est équipé de la technologie Power Management de New Holland qui permet d’augmenter la puissance du moteur à 175 ch lors du transport d’une charge. Le T6.180 est le seul modèle de la série T6 qui possède un moteur diesel à six cylindres de 6,7 L de FPT. Les TS6 et les autres tracteurs de la série T6 sont munis d’un moteur à quatre cylindres de 4,5 L de FPT. Les tracteurs T6 ont un réservoir de carburant de 197 L (52,2 gal). Un autre réservoir optionnel peut être installé pour augmenter les réserves à 222 L (58,6 gal). Les acheteurs ont le choix entre plusieurs transmissions. Différentes options sont offertes selon le modèle. Certains modèles utilisent une servotransmission partielle Electro Command. D’autres modèles combinent l’Electro Command avec AutoShift ou une gamme de vitesses rampantes. Il y a des modèles qui peuvent comprendre Les TS6 de New Holland peuvent être commandés avec ou sans cabine.
une transmission à variation continue Auto Command. New Holland vend aussi le modèle Elite qui peut rouler jusqu’à 50 km/h. La nouvelle cabine Horizon des T6 réduit le nombre de décibels à 69 pour rendre l’utilisation plus agréable. Les T6, avec leur
Les modèles T6 de New Holland sont idéals pour ceux qui cherchent confort et capacité.
appuie-bras SideWinner II, ont une disposition plus confortable que les TS6. La cabine Horizon inclut des lumières DEL extérieures qui éclairent 77 % plus que les lumières régulières des anciens T6. Le nouvel essieu avant SuperSteer offert en option permet un rayon de virage plus court de 30,5 cm (12 po) par rapport aux modèles précédents, et ce, même si les nouveaux tracteurs ont un empattement un peu plus long. Les tracteurs qui sont équipés de l’essieu avant suspendu TerraGlide avec l’option SuperSteer sont montés sur un empattement encore plus long qui mesure 279,4 cm (110 po). Les T6 peuvent aussi être équipés d’une cabine suspendue qui permet d’améliorer davantage la qualité du transport. Les modèles T6 ont une fonction d’autoguidage et sont compatibles avec les systèmes Isobus II. Scott Garvey est journaliste et spécialiste en machinerie agricole pour le magazine Country Guide.
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Voici le tout nouveau tracteur intermédiaire M6 de Kubota. Grâce à sa cabine ultra-spacieuse bien isolée et à son moteur de 141 HP en option, il livre vraiment la marchandise. Ses émissions sont également plus propres. De plus, il est doté d’un siège de moniteur pour entraîner le prochain conducteur... ou la prochaine génération de conducteurs.
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La nouvelle série MF5700 SL de Massey Ferguson est facile à manier, même avec le chargeur ! Son capot plongeant et son toit Visio optionnel vous permettent d’avoir une excellente vue sur le chargeur en tout temps. La transmission Dyna-4MC est dotée d’une toute nouvelle fonction très pratique de mise au neutre dès qu’on touche la pédale de frein. La fonction AutoDrive change les vitesses automatiquement et en douceur, comme dans une automobile. Côté confort, la cabine spacieuse offre une vue panoramique de 360°. Enfin, le moteur quatre cylindres de 4,4 litres SCR de troisième génération est très économe en carburant.
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DOSSIER SANTÉ ANIMALE
PAR MARIE-JOSÉE PARENT
Vers une réduction de l’utilisation des antibiotiques Les vétérinaires spécialisés en santé des animaux destinés à l’alimentation sont conscients de l’importance d’utiliser les antibiotiques de façon judicieuse. Discussion avec des vétérinaires sur leur vision et leur pratique à ce sujet.
L’ Daniel Venne lors d’une démonstration de l’utilisation de la caméra infrarouge pour vérifier le confort des poussins. Le vétérinaire préconise une bonne santé du troupeau.
utilisation judicieuse des antibiotiques en production animale est définitivement dans l’air du temps. Les quelques évènements récents suivants ont tous présenté des conférences sur le sujet : Banff Pork Seminar en janvier dernier, Porc Show en décembre, Rendez-vous avicole AQINAC en novembre, Rendezvous scientifique annuel Op+lait en novembre, sans parler du Suprême Laitier
qui présentait un atelier sur le sujet aussi en novembre dernier. Et ce ne sont que quelques exemples. Vétérinaire spécialisé en production porcine et avicole, Simon Cloutier des Services vétérinaires ambulatoires Triple-V explique que la communauté vétérinaire québécoise est très sensibilisée à l’importance de diminuer l’utilisation des antibiotiques. « Nous avons toujours été préoccupés par cette réalité, dit-il. Le but premier des producteurs n’est pas nécessairement de faire du sans antibiotiques. Ils veulent d’abord et avant tout que ça fonctionne bien chez eux. S’il y a une mauvaise utilisation, il pourrait y avoir perte de santé, de rendement, de bien-être… et perte de revenu. »
QU’EST-CE QU’UN ANTIBIOTIQUE ? Vétérinaire pour les élevages et les clients du Couvoir Scott, Daniel Venne est préoccupé par le sujet de la résistance aux antibiotiques, mais il trouve que le sujet est mal communiqué à la population en général. « D’abord, il faudrait commencer par définir ce qu’est un antibiotique et faire la différence entre l’utilisation des antibiotiques et la résistance aux antibiotiques, dit-il. Il y a des gens qui peuvent faire du poulet sans antibiotiques et quand même créer de la résistance aux antibiotiques. » Les produits naturels qu’on utilise en remplacement des antibiotiques pour combattre les b actéries, comme les huiles essentielles, ont un effet antibiotique. « Ils peuvent amener une PHOTOS : MARIE-JOSÉE PARENT
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résistance croisée à des antibiotiques qu’on utilise », explique Daniel Venne. Certains métaux lourds, comme le zinc et le cuivre, peuvent aussi créer une résistance à certains antibiotiques. C’est-à-dire que même sans utiliser de tétracycline, les bactéries peuvent développer une résistance à cet antibiotique en raison de l’utilisation du zinc. « Une autre chose qui est peu connue, c’est que les fabricants d’éthanol utilisent des antibiotiques dans le procesus de fabrication afin de contrôler les bactéries, déplore-t-il. Par la suite, le résidu produit, la drêche, est servi aux animaux d’élevage. »
DIFFÉRENTES CLASSES D’ANTIBIOTIQUES « Nous, au Canada, ça fait longtemps qu’on est à l’avant-garde, explique Daniel Venne. Les classe 1, ça fait longtemps qu’on ne les utilise plus. Ça fait plus longtemps que les Américains. » Couvoir Scott a cessé leur utilisation en 2010 et les Producteurs de poulet du Canada les ont bannis en 2014.
Utilisations des antibiotiques en production agricole Stimulant de croissance : administrer un produit afin d’augmenter le taux de croissance (GMQ : gain moyen quotidien) et/ou l’efficacité alimentaire (taux de croissance). Prévention de maladie (prophylaxie) : administrer un produit à des animaux en santé afin de prévenir des signes de maladie, habituellement présents à un moment donné. Traitement de maladie : administrer un produit à un ou plusieurs animaux malades présentant des signes cliniques. Contrôle de maladie (métaphylaxie ou traitement de masse ou de groupe) : administrer un produit à un groupe restreint d’animaux malades et d’animaux en santé lorsque la proximité présente un risque de propagation de maladie chez les animaux en santé. Source : conférence de Frédéric Beaulac, Banff Pork Seminar
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Santé Canada a classifié les antimicrobiens selon leur importance en médecine humaine. Dans la classe 1, on retrouve les antimicrobiens de très haute importance en médecine humaine. En classe 2, ce sont ceux ayant une haute importance. Dans la classe 3, les molécules ont une importance moyenne. Finalement, la classe 4 regroupe les antibiotiques d’importance faible. Dans sa conférence au Rendez-vous avicole, le vétérinaire Frédéric Beaulac des Services vétérinaires ambulatoires Triple-V a recommandé aux producteurs présents d’imprimer la page de sa conférence qui décrit les différentes classes et les antibiotiques qui y sont associés, puis de la coller sur le réfrigérateur où sont rangés les antibiotiques de la ferme. Il voulait ainsi les sensibiliser à l’importance de favoriser dans leur élevage les antibiotiques de moindre importance en médecine humaine. Travaillant dans la même équipe que Frédéric Beaulac, Simon Cloutier prescrit les antibiotiques selon leur importance en médecine humaine. Les classes 3 et 4 sont privilégiées. Pour lui, l’utilisation judicieuse des antibiotiques commence par un bon diagnostic. Ensuite, il faut utiliser le bon produit au bon dosage. Pour cela, il faut s’assurer de la bonne concentration du produit s’il est distribué dans l’eau ou du bon mélange s’il est distribué par l’aliment. Finalement, la durée du traitement doit être respectée. « Ce sont les bactéries
Lors d’un précédent reportage sur le diagnosic du syndrome reproducteur et respiratoire porcin (SRRP), Simon Cloutier expliquait comment procéder pour prélever un échantillon de salive.
résistantes qui survivent si nous écourtons le traitement », explique-t-il. Selon l’élevage et la maladie à traiter ou à contrôler, il y a différents modes d’utilisation des antibiotiques. Une vache souffrant de mammite est traitée individuellement. Même chose pour un cochon ayant une hernie. Mais lorsqu’un parquet de poulets est confronté à une maladie comme l’entérite nécrotique, ce sont tous les animaux qui doivent être traités. Ainsi, des antibiotiques sont utilisés pour traiter un animal malade, pour contrôler la maladie, pour prévenir la maladie ou pour stimuler la croissance (voir encadré ci-contre). Cette dernière utilisation est critiquée parce qu’aucun animal ne démontre de signe de maladie. Comme vétérinaire, Simon Cloutier vit très bien avec cet usage. « Ce ne sont pas des booster, dit-il. Les animaux ont une génétique très performante et une alimentation très ciblée. Nous voulons qu’ils puissent exprimer leur plein potentiel, en contrôlant, entre autres, les maladies sous-cliniques qui affectent et ralentissent par le fait même leur croissance. » Les antibiotiques de classe 4 utilisés comme stimulants de croissance ne sont pas utilisés en médecine humaine. Il y a aussi un prix à payer à ne pas utiliser
biotiques, ce que les Européens ne font pas. Ils peuvent donc les utiliser et appeler leur poulet « sans antibiotiques ». Au Canada, les ionophores font partie de la classe 4 des antimicrobiens. Non utilisés chez les humains, les ionophores sont largement utilisés en production de volaille pour contrôler la coccidiose et indirectement l’entérite nécrotique. Cette dernière maladie a un impact économique important dans un élevage. L’interdiction au Canada d’utiliser des ionophores dans la production du poulet sans antibiotiques rend la LÉGISLATIONS ET production de poulet sans antibiotiques DÉBATS ÉTHIQUES Daniel Venne déplore beaucoup plus difficile au Canada qu’en qu’il n’y ait pas consensus Europe. « Des producteurs américains ont décidé sur ce qu’est du sans antibiotiques entre les de produire du poulet sans antibiotiques, pays. Le Canada est l’un raconte Daniel Venne. La première semaine, des pays les plus sévères. il y a eu une hausse de mortalité de 0,5 %. « En Europe, ils disent Sur la durée de l’élevage, c’était 5 % plus qu’ils font du sans antibiotiques, mais en de mortalité. Au Québec, nous produiprévention seulement », dit-il. Le Canada sons 170 millions de poulets, 5 % plus de considère les ionophores comme des anti- mortalité, représenterait 8,5 millions d’antibiotiques comme stimulants de croissance : l’augmentation du coût de production et l’augmentation du prix de la viande en raison d’une moins bonne conversion alimentaire, c’est-à-dire de quantité de moulée nécessaire pour produire un kilogramme de gain.
À droite : Dans le cas de mammite, on traite uniquement la vache infectée. Ce n’est pas le cas pour toutes les espèces animales et pour toutes les maladies.
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La prévention, j’y vois ! La thermographie : un moyen efficace pour réduire les risques d’incendie Comme exploitant agricole, vous avez sans doute investi des milliers de dollars dans votre entreprise. Réduisez les risques de pertes importantes et protégez votre investissement en étant vigilant.
Le thermomètre à imagerie thermique : un excellent outil de prévention Selon une recherche menée par le ministère de la Sécurité publique*, « Une défaillance ou défectuosité mécanique ou électrique est la cause probable de 30 % des incendies de bâtiments agricoles déclarés par les municipalités entre 2010 et 2012. » Voilà pourquoi il importe de vous assurer que les installations sont conformes et que les appareils sont utilisés de façon sécuritaire. Maintenant plus accessible, la thermographie est pratiquement indispensable dans le cadre d’un programme de maintenance des bâtiments et des installations électriques. Cet outil permet de détecter des problèmes de surchauffe qui, souvent, pourraient passer inaperçus. L’image thermique et l’affichage des températures sur l’écran de l’appareil vous informent rapidement des écarts anormaux sur une installation, vous permettant d’agir plus efficacement pour corriger la situation. Voici quelques exemples d’équipement pour lesquels l’appareil pourrait détecter une surchauffe anormale ou un problème électrique ou mécanique : • disjoncteurs ou contacts des panneaux électriques; • contacts oxydés ou endommagés pour les prises et fiches, comme sur des lampes chauffantes dans une porcherie; • ventilateurs : moteur ou roulement à bille (bearing); • convoyeur, mélangeur : moteur ou roulement à bille; • boîtiers de jonction électrique, interrupteurs, luminaires. Si le thermomètre thermique est utilisé pour une meilleure détection de problèmes parfois évidents, le diagnostic final et les correctifs doivent toutefois être faits par un électricien dûment qualifié. Vous pouvez compter sur l’équipe de préventionnistes d’Intact Assurance agricole qui est à votre service dans toutes les régions du Québec pour l’inspection de fermes de tous genres et qui utilise cette méthode afin de dresser un portrait plus précis de vos installations. Souvent, pour une correction à faible coût, vous pourrez éviter un sinistre imminent aux conséquences désastreuses !
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Intact.ca/assurance-agricole *Sécurité à la ferme – Les incendies et l’industrie laitière, par Annie Gravel et Line Arsenault, chargées de projet, Service des statistiques, ministère de la Sécurité publique. Mars 2014. © 2016, Intact Assurance agricole inc. Tous droits réservés.
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de poulets de plus à mourir pour rien. » C’est ce qui arriverait si nous décidions de faire passer toute notre production de poulets conventionnelle à une production sans antibiotiques. Autant Daniel Venne que Simon Cloutier voient tout un débat éthique derrière la production sans antibiotiques. « Si un producteur a une prime pour produire sans antibiotiques, va-t-il attendre avant d’appeler le vétérinaire de peur de perdre sa prime ? » se questionne Daniel Venne.
QUAND LE MARKETING S’EN MÊLE Selon Daniel Venne, la production de poulet sans antibiotiques est avant tout une question de marketing. D’un côté, les temps de retrait propres à chacun des antibiotiques assurent qu’il n’y a pas de résidus d’antibiotiques dans la viande et de l’autre, la cuisson détruit les bactéries qui seraient résistantes. « De quoi ont-ils peur ? » se demande-t-il à propos de la chaîne de restauration A&W qui base sa publicité sur l’utilisation d’un poulet produit sans antibiotiques. « Ils vendent un poulet cuit dans la friture qui détruit tout, dit-il. Le fait qu’il soit sans antibiotiques, ce n’est pas ce qui va le rendre meilleur pour la santé. C’est du fast-food plein de gras ! »
URGENCE D’AGIR N’empêche, la résistance croissante aux antibiotiques est une problématique réelle. La mise en marché de nouveaux antibiotiques est rare. Selon Daniel Venne, il faut d’abord assurer une bonne santé des animaux d’élevage. « Il faut faire un bon lavage et une bonne désinfection des bâtiments, assainir les lignes d’eau, vacciner le troupeau, assurer une bonne intégrité intestinale », dit-il. Ce qui reste le plus payant est donc la prévention. Et lorsqu’il faut utiliser des antibiotiques, il faut le faire avec soin selon les recommandations de son vétérinaire. Et bien sûr, la médecine humaine devra aussi faire sa part, car même si l’industrie animale utilise beaucoup d’anbitiotiques, la résistance aux antibiotiques chez les humains est d’abord causée par la médecine humaine. Marie-Josée Parent est agronome et journaliste. Elle couvre les productions laitière, bovine, avicole et porcine au Bulletin des agriculteurs.
DOSSIER SANTÉ ANIMALE
Attention à la résistance parasitaire ! Depuis plusieurs années, nous faisons grand cas de la résistance des bactéries aux antibiotiques, mais les parasites internes et externes acquièrent aussi de la résistance aux principaux produits que nous utilisons pour les combattre, les anthelminthiques.
PAR MARIE-JOSÉE PARENT
Élevant les troupeaux ovins au pâturage, la Nouvelle-Zélande est confrontée à la résistance des parasites aux anthelminthiques.
D
ans sa longue carrière de vétérinaire dans Charlevoix, Marie Noël a touché à plusieurs espèces animales. En pratique à temps partiel, elle se dévoue aujourd’hui à des causes qui lui tiennent à cœur. En 2013, elle s’envolait vers la Nouvelle-Zélande pour le Congrès mondial ovin. Durant son séjour, elle a assisté, passionnée, à toutes les conférences touchant la résistance des parasites aux anthelminthiques. Il y en avait 25 sur une centaine de conférences. Une phrase lui revient constamment à l’esprit depuis son voyage au pays des kiwis : « À chaque traitement, on fait un pas vers la résistance. » Au Québec, les vétérinaires sont peu sensibilisés à cette problématique. L’explication tient du fait que dans la plupart des élevages québécois, les animaux sont de plus en plus logés à l’intérieur à l’année, même dans les troupeaux ovins où les femelles sont
PHOTOS : MARIE NOËL
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DOSSIER SANTÉ ANIMALE
Procédure d’échantillonnage
Pour prendre un échantillon, il suffit de collecter de 4 g à 5 g de fumier frais directement au pâturage. On les place dans des sacs par individu. On collecte ainsi un échantillon de quelques individus d’un même statut physiologique. Par exemple, on prend cinq échantillons de vaches en lactation de cinq à 10 ans d’âge, cinq échantillons de vaches de deux à trois ans en lactation, cinq de vaches adultes taries, ou cinq de veaux de six mois… Chaque échantillon doit être bien identifié et un formulaire rempli doit accompagner chacun d’eux. Pour diminuer les frais d’analyse, il est possible de demander au laboratoire de faire ce qu’on appelle un pool des cinq échantillons, c’est-à-dire que les cinq échantillons sont mélangés et un échantillon provenant du pool est analysé. « Cette méthode n’est pas parfaite, dit Marie Noël, mais si les échantillons sont bien groupés, on a une bonne idée du statut du troupeau. » Les échantillons sont acheminés chez le vétérinaire praticien avec lequel on a pris entente au préalable. Les échantillons doivent être gardés au frais. Le vétérinaire se chargera d’envoyer les échantillons au laboratoire et les résultats seront par la suite transmis au producteur.
Marie Noël souhaite que les vétérinaires et les agronomes travaillent en équipe pour faire la promotion des pratiques innovatrices de gestion des parasites auprès des producteurs agricoles qui utilisent les pâturages.
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Certaines régions du monde utilisent les pâturages de façon importante. C’est le cas de l’Australie, du Royaume-Uni et de l’Afrique du Sud qui utilisent les pâturages 12 mois par année. Ces pays sont confrontés à de sérieux problèmes de résistance des parasites aux anthelminthiques. Et pourtant, ils ont un choix plus vaste de produits pour traiter contre les parasites qu’ici. Les experts de ces pays font ce constat : chaque fois qu’un nouveau produit est homologué comme anthelminthique, il ne faut que cinq à six ans avant que l’on détecte de la résistance. Même le plus récent, le Zolvix de la compagnie Novartis, lancé en 2009 et reconnu comme un super produit, a déjà des parasites qui lui sont résistants. Et une fois qu’un parasite a acquis de la résistance, il la transmet à ses descendants. « Je n’avais pas compris le message voulant que ce soit irréversible et impossible à empêcher », avoue Marie Noël. Il est donc primordial d’utiliser le bon produit, à la bonne dose, au bon moment. « Donc, si on ne fait pas de coprologie, et si on traite de façon aléatoire comme tout le monde faisait depuis des années, on accélère l’apparition de la résistance », dit-elle. La coprologie est l’analyse du fumier de l’animal ou d’un groupe d’animaux pour détecter la présence d’œufs de parasites (voir encadré ci-dessus). Pour Marie Noël : « Chaque fois qu’on traite, on doit se poser les questions : quels animaux doit-on traiter ? Quand et avec quels produits ? » Elle remet en question la pratique
courante voulant qu’on administre systématiquement des anthelminthiques à tous les animaux à l’automne. Cette pratique est néfaste parce qu’on traite des animaux qui n’en ont peut-être pas besoin, avec des produits et des doses qui ne sont peut-être pas adéquats. En plus, certains parasites sont tout simplement moins sensibles à ce moment de l’année.
DE LA SENSIBILISATION À L’ACTION De retour de Nouvelle-Zélande, Marie Noël se sentait investie d’une mission : sensibiliser les intervenants du secteur agricole, pas seulement les vétérinaires, et établir des plans de gestion parasitaire par troupeau et par espèce, pour sa région. « Mais avant d’établir un plan de gestion antiparasitaire, il faut connaître le statut de ce troupeau-là », explique Marie Noël. « Si les vaches ne sont pas parasitées, on ne les traite pas, dit-elle. On traite juste les veaux. » C’est donc la façon dont les producteurs, les vétérinaires et les agronomes abordent la maladie qu’il faut changer. On oublie donc le traitement systématique de tous les animaux à l’automne. On favorise plutôt la détection des animaux à traiter lorsqu’ils sont au pic de parasitose, donc lorsqu’ils sont au pâturage. Même si des veaux au pâturage ne démontrent aucun signe clinique comme la diarrhée, la présence de parasites
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souvent synchronisées en photopériode, donc sous contrôle lumineux en bâtiment. Les animaux à l’intérieur sont moins exposés aux parasites internes. Le professeur et parasitologue Alain Villeneuve de la Faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Montréal a bien sonné l’alarme il y a au moins 10 ans, mais il a été peu entendu par les vétérinaires. « Nous avons manqué de sensibilité à ses mises en garde », déplore aujourd’hui Marie Noël.
Prélever un échantillon de fumier est simple au pâturage. Il suffit de le ramasser au sol après le passage de la vache.
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une grande révélation pour Marie Noël, car l’inverse était souvent préconisé. Lorsqu’on traite un groupe d’animaux, les parasites qui survivront, ce sont les parasites résistants. Lors d’un traitement, il peut y avoir des parasites insensibles au traitement. Si les animaux traités sont placés dans un pâturage non contaminé, ce champ sera uniquement contaminé avec des parasites résistants. Si les animaux sont placés dans un pâturage contaminé, il y aura une population mixte de parasites résistants et non résistants. À défaut d’empêcher la résistance, la création d’un refuge est une étape importante qui retardera l’apparition de la résistance dans le troupeau.
internes peut causer une diminution de leur gain moyen quotidien de 50 %. « Donc, ces animaux-là devraient être traités bien avant l’automne, afin d’optimiser le gain quotidien avant la vente des sujets », explique Marie Noël. Ceci est d’autant plus vrai que certains parasites, comme Hæmonchus et Ostertagia, s’enkystent à l’automne (hypobiose), ce qui les rend indétectables lors de la coprologie de novembre. Pour réaliser une coprologie, il suffit de cueillir un échantillon de fumier de la vache et d’envoyer l’échantillon au laboratoire qui va remettre un résultat du compte d’œufs de parasites par gramme de fumier. Pour diminuer les coûts d’analyse, il est possible de faire un pool par groupe d’animaux. On connaît alors le statut de chaque groupe d’animaux et l’on ne traite que ceux qui en ont réellement besoin, et ce, avec le bon produit. Une fois la coprologie effectuée, un plan d’action pour le traitement, mais aussi pour la gestion des pâturages est mis en place selon les résultats, l’espèce et la région. Par exemple, les chèvres nécessitent un dosage plus élevé que les ovins et elles ont moins de compétence à développer de l’immunité. La durée de saison de paissance aura aussi un impact sur le moment du pic d’excrétion des parasites. Dix à 14 jours après le traitement, une deuxième coprologie sera effectuée. Elle permettra de déterminer si le traitement a réussi. Une diminution d’un minimum de 95 % du nombre d’œufs par gramme
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Au Québec, les éleveurs bovins ont avantage à ne cibler que les groupes d’animaux qui ont vraiment besoin d’être traités contre les parasites.
indique que le traitement a bien fonctionné et que la résistance est peu importante. Si la diminution du nombre d’œufs par gramme est plus faible, il faut remettre en question la procédure de traitement et la dose avant de conclure à une résistance. Peut-être que la dose était trop faible. Si le traitement a été fait dans les règles de l’art, il est possible que la résistance en soit la cause. Il faudra investiguer.
LES INDISPENSABLES REFUGES Marie Noël insiste sur l’importance de créer des refuges. Un refuge peut se créer à partir de sujets du troupeau qui ne reçoivent pas d’anthelminthiques, donc qui portent des parasites non exposés aux traitements. Ces animaux seront choisis selon les résultats de la coprologie. Ce seront ceux qui excrètent le moins d’œufs, des adultes qui sont dans un stade physiologique propice. Puisqu’ils n’ont pas été traités, s’il n’y a pas de résistance connue sur la ferme, ils excréteront des œufs de parasites sensibles aux produits antiparasitaires. Ainsi, dans un troupeau ayant un refuge, on retrouvera une quantité de parasites résistants aux traitements et d’autres qui seront sensibles. De plus, lorsqu’on traite un groupe d’animaux contre les parasites, on devrait les placer ensuite dans un pâturage contaminé. Ceci est très important et a constitué
DE LA THÉORIE À LA PRATIQUE L’année suivant son retour de NouvelleZélande, en 2014, Marie Noël a collaboré à un projet initié par l’agronome Diane Allard du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ) ayant pour but de sensibiliser les producteurs de différentes productions de sa région, Charlevoix, à la présence de la résistance chez les parasites. Les résultats étaient encourageants. Des producteurs vache-veau ont été agréablement surpris d’apprendre qu’ils n’avaient pas besoin de traiter tous leurs animaux, car l’infestation parasitaire des vaches adultes était minime. « Ils sont contents parce qu’ils ont de bonnes nouvelles et ils savent ce qui se passe dans leur troupeau », rapporte Marie Noël. Les génisses laitières étaient souvent peu infestées. Par contre, d’autres espèces, comme les chèvres et les chevaux, étaient parfois très infestées. Ce qui a beaucoup encouragé Marie Noël a été de constater que même après le projet saisonnier, des producteurs continuaient à faire analyser le fumier pour détecter la présence de parasites. Depuis 2014, le nombre de régions, de producteurs, d’agronomes et de médecins vétérinaires participant au projet s’est multiplié. Ainsi, bientôt la recherche de parasites et l’établissement d’une stratégie vétérinaire et agronomique adéquate feront partie des habitudes des producteurs, des vétérinaires et des agronomes. Marie-Josée Parent est agronome et journaliste. Elle couvre les productions laitière, bovine, avicole et porcine au Bulletin des agriculteurs.
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Profession : pareur d’onglons
Jacques Pépin pratique le métier de pareur d’onglons depuis plus de 35 ans. Pour lui, c’est plus qu’un métier, c’est une passion!
PAR ALAIN FOURNIER
J
acques Pépin est pareur d’onglons et propriétaire de Technique Pépito de Kingsey Falls, au Centre-du-Québec. En 35 ans de métier, il a vu les techniques et les équipements évoluer grandement. Son entreprise a aussi pris de l’ampleur au cours des ans. En 1985, il met en place une deuxième équipe de travail en plus d’acheter une deuxième cage taille sabots. L’entreprise compte alors trois personnes : deux pareurs d’onglons et un ouvrier, dont la tâche est de conduire les vaches à la cage. En 1990, une remorque comprenant deux cages à chacun des bouts s’ajoute au parc d’équipement. En 2000, il collabore PHOTOS : ALAIN FOURNIER
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lavée et désinfectée après usage. Toutefois, si un éleveur possède sa propre cage, elle ne sera pas contaminée par des vaches qui ne proviennent pas de son élevage », précise-t-il. « De plus, c’est avantageux pour le producteur, car lorsque j’arrive sur sa ferme, la cage est déjà prête à servir. Je n’ai pas besoin d’installer mes propres équipements. Ça me permet de faire deux vaches de plus pour le même temps. » Il utilise le VirKon pour le nettoyage de ses cages et instruments.
Jacques Pépin a collaboré à la conception d’un nouveau type de cage hydraulique portative qui se couche sur le côté pour faciliter le travail du pareur et réduire le stress de la vache.
comme litière. La taille des onglons ne doit alors pas être excessive. Elle doit permettre également de garder une partie de la vieille corne. Pour ce faire, les pareurs d’onglons professionnels ont appris à travailler selon la méthode du carré de pied. En procédant de cette manière, ils protègent le talon et la pointe du pied en conservant un maximum de corne. « Cette méthode permet de conserver l’aplomb de la vache et en même DE LA STABULATION ENTRAVÉE temps la solidité du talon et de la pointe du À LIBRE L’arrivée des étables à stabulation libre pied. Il ne faut pas oublier que les onglons a amené plusieurs changements dans le vont continuer d’user sur le ciment », avec la compagnie Bisco de Warwick pour parage des onglons. « Lorsqu’on taille les indique le spécialiste. Lorsqu’une vache attachée va dans une la conception d’un nouveau type de cage onglons dans une étable entravée, c’est hydraulique portative (voir photo ci-dessus). complètement différent d’une étable où les stabulation libre, la vieille corne devient C’est ce type d’équipement qu’il utilise vaches sont libres. Les vaches attachées ont humide au début. Puis, avec le temps, la aujourd’hui pour faire son travail. Il possède beaucoup plus de corne, car il n’y a presque muraille casse et la vieille corne tombe. aussi depuis 2010, une cage hydraulique pas d’usure. Lorsqu’elles sont en stabula- Ensuite, la corne use souvent plus vite de la compagnie de Karl Burgi, un pareur tion libre sur le ciment, la corne est parfois qu’elle ne pousse, ce qui peut occasiond’onglons réputé originaire de Suisse. Cette usée à 110 % et il faut essayer de la mettre ner des problèmes, précise le pareur. « Les apprentis pareurs font souvent l’erreur cage soulève la vache debout à hauteur d’aplomb », constate le spécialiste. D’ailleurs, Jacques Pépin encourage les de tailler pour obtenir un pied blanc, d’homme, ce qui accélère et facilite grandement le parage d’onglons (voir photo p. 44). éleveurs à faire tailler les onglons de toutes indique-t-il. C’est-à-dire qu’il ne reste plus D’ailleurs, Jacques Pépin encourage les leurs vaches au minimum trois mois à de vieille corne et c’est la boiterie qui suréleveurs à acheter leur propre cage pour l’avance lorsqu’elles passent d’une stabu- vient trois jours plus tard. En taillant ainsi, la taille des onglons afin d’éliminer les lation entravée à une nouvelle étable en sta- ils se rapprochent trop de la partie molle risques de contamination. « Ma cage est bulation libre, surtout si le sable est utilisé du pied ».
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DOSSIER SANTÉ ANIMALE
Bien répartir le poids de l’animal sur l’ensemble du pied est capital. Habituellement, Jacques Pépin ne touche pas à la muraille tout en tenant compte de la sensibilité de la sole des onglons pour les vaches en stabulation libre. Selon lui, une bonne partie du chèque de paie est due à un bon parage des onglons. Pour éviter les problèmes en stabulation libre, Jacques Pépin recommande également de mettre des tapis de caoutchouc dans l’allée d’alimentation, car cela aide à maintenir une usure des onglons presque parfaite. Les bousculades ont généralement lieu à l’aire d’alimentation, ce qui accentue l’usure lorsque les vaches sont sur le ciment. Avoir la moitié de l’allée d’alimentation sur le caoutchouc est également une bonne solution de rechange. Pour ce qui est de la manipulation des vaches lors du taillage des onglons, il note beaucoup d’amélioration dans les nouvelles stabulations libres : le déplacement des vaches est plus facile. Par contre, selon lui, il reste du travail à faire quant à l’aménagement de l’aire d’attente et du couloir pour diriger les vaches calmement vers la cage. « Il serait avantageux qu’il y ait des échanges constructifs entre les pareurs d’onglons du Québec et les constructeurs d’étable pour faciliter la manipulation des animaux lors du parage », croit-il. Enfin, avec toute cette expérience et ses connaissances acquises au fil des ans, Jacques Pépin se fait un devoir de les diffuser. En plus de son travail de pareur, il consacre une bonne partie de son temps à donner des formations aux futurs pareurs, aux étudiants dans les cégeps de Rimouski et de Victoriaville, aux éleveurs dans les colloques laitiers régionaux et aux clubs de race. Plusieurs de ses élèves font aujourd’hui partie de l’Association des pareurs d’onglons du Québec, dont il est le vice-président. Un de ses élèves pratique même ce métier dans le Jura en Suisse. Avis aux intéressés! Jacques Pépin possède une cage hydraulique qui permet de travailler à hauteur d’homme. Un bon couloir pour diriger les vaches vers la cage minimise le stress chez l’animal. Alain Fournier est agronome, M.SC. et spécialiste en productions laitière et bovine.
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Problèmes d’onglons
Dans des situations d’ulcère de la sole, la pose d’un bloc aide la vache à se déplacer pour manger, se coucher et produire du lait.
Parmi les problèmes les plus courants sur les fermes, il y a le piétin d’Italie, une lésion infectieuse. Du côté des lésions non infectieuses, c’est l’ulcère de la sole qui occupe le haut du pavé. Lorsqu’un troupeau a de gros problèmes d’ulcère, Jacques Pépin en parle au nutritionniste et au vétérinaire de l’éleveur pour essayer ensemble de résoudre le problème. Dans la majorité des situations d’ulcère de la sole, il pose un bloc et la vache est capable de continuer à se déplacer pour manger, se coucher et produire du lait. Les décollements de la ligne blanche sont aussi fréquents. Un mauvais aplomb peut occasionner cette situation, tout comme des problèmes d’alimentation. Les membres de l’Association des pareurs d’onglons du Québec ont été formés dernièrement par des vétérinaires sur l’identification des principales affections aux onglons des bovins. À la suite de cette formation, un vétérinaire rencontre régulièrement les pareurs pour s’assurer d’une identification correcte des maladies aux onglons. Les pareurs du Québec collaborent depuis peu avec Valacta à un projet de banque de données sur les lésions des onglons au Québec et au Canada. C’est une histoire à suivre...
Dans une stabulation entravée, la vieille corne pousse souvent en excès, car la vache ne se déplace pas. Ce n’est pas le cas dans une stabulation libre sur le ciment où la corne a le temps d’user.
La méthode du carré de pied permet de conserver l’aplomb de la vache en plus de la solidité du talon et de la pointe du pied.
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INFOS / ÉLEVAGES Les vaches ont soif ! L’eau est l’élément nutritif le plus important pour le bovin laitier. Il est essentiel pour assurer ses fonctions métaboliques de base, mais aussi pour sa croissance, sa reproduction et sa lactation. Il l’aide aussi à stabiliser sa température corporelle par temps chaud. Une bonne laitière passera entre 12 à 16 minutes par jour à boire une quantité d’eau pouvant aller jusqu’à 150 litres en 7 à 12 buvées. Il est donc essentiel de lui fournir une eau de qualité en quantité suffisante.
LA QUANTITÉ La gestion de l’eau est une opération à ne pas négliger pour une entreprise laitière. En stabulation libre, dans un même enclos, il est important de prévoir deux points d’eau pour éviter l’effet de dominance des vaches de rang social élevé sur les vaches moins dominantes dans la hiérarchie du troupeau. Il est recommandé de prévoir environ 1,2 m linéaire (4 pi) de bassin pour un groupe de 20 vaches, dont la profondeur minimum (7 cm ou 3 po)
permet à l’animal d’immerger son museau dans l’eau. Les points d’eau devraient être localisés à une distance maximum de 15 m (50 pi) de la mangeoire. La hauteur suggérée du bassin est de 60 cm à 80 cm (24 po à 32 po). La largeur du passage où il y a un point d’eau devrait permettre la circulation de deux vaches à l’arrière de celle qui boit. Une allée d’environ 4,3 m (14 pi) de large devrait convenir pour des vaches de grandes
PROBLÈMES CARDIAQUES CHEZ LES PORCS Des chercheurs ontariens ont démontré que l’insuffisance cardiaque liée à l’hypertrophie du cœur serait l’une des principales causes de mortalité des porcs au sein des exploitations porcines et lors du transport. Les chercheurs de l’Université de Guelph et du ministère de l’Agriculture, de l’Alimentation et des Affaires rurales de l’Ontario ont voulu étudier plus profondément les morts inexpliquées. Au cours du projet de la candidate au doctorat Kathy Zurbrigg, 10 cœurs provenant de chacune des 30 exploitations porcines du sud-ouest de l’Ontario ont été analysés. Alors que 30 % des cœurs examinés se sont avérés normaux, 70 % révélaient un degré d’anomalie quelconque, comme un élargissement et un épaississement des parois cardiaques. Ces cœurs élargis sont incapables de bien pomper le sang dans l’organisme. Pour compenser, ils battent plus vite, ce qui empêche la fréquence cardiaque des porcs d’augmenter lors d’un effort physique. Lorsque le cœur n’est plus capable de compenser, il s’arrête. L’équipe de recherche poursuivra ses travaux pour essayer de déterminer si des facteurs génétiques sont en cause. Source : AgInnovationOntario.ca
statures comme la Holstein. L‘accès à l’eau au retour de la salle de traite est crucial; il serait avantageux de prévoir 30 cm à 60 cm linéaires (1 pi à 2 pi) par tête, car de 50 % à 60 % de la consommation d’eau a lieu après la traite. Les bassins d’eau devraient être nettoyés une fois par semaine avec une solution de 250 ml de javel par 20 litres d’eau pour empêcher la prolifération bactérienne. Par la suite, il est important de bien rincer le bassin et de le remplir d’eau fraîche. Si la vache a la possibilité de choisir, elle préférera boire une eau tempérée se situant entre 17 °C à 28 °C. L’eau qui passe dans le prérefroidisseur à lait peut servir à remonter la température d’une eau un peu trop froide.
LA QUALITÉ La performance et la santé des bovins laitiers peuvent être affectées si une trop forte concentration de solides totaux dissous est contenue dans l’eau. Les autres éléments à vérifier sont le soufre, les sulfates, le fer, le manganèse, les nitrates et les métaux lourds. La présence de microorganismes, comme les algues dans les bassins d’eau extérieurs exposés au soleil, peuvent occasionner une diminution de l’ingestion d’aliment, des diarrhées, de la faiblesse et éventuellement la mort de l’animal, si la contamination est importante. Les coliformes fécaux devraient être absents de l’eau d’abreuvement. Une eau de qualité fournie dans des abreuvoirs propres garantit une bonne productivité et croissance. Source : Dairy focus newsletter PHOTOS : ANIMAL SKIDDER AGRICOLE, ALAIN FOURNIER ET MARIE-JOSÉE PARENT
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Un traîneau pour vaches Un traîneau conçu au départ pour faciliter le transport de gros gibiers morts est adapté pour transporter des vaches non ambulatoires, c’est-à-dire les vaches qui ne peuvent pas se déplacer par elles-mêmes. Il arrive que la meilleure option est d’envoyer la vache à l’hôpital vétérinaire de Saint-Hyacinthe. Sortir de l’étable et transporter un animal de 700 kg (1500 livres) qui ne se lève pas devient alors un véritable casse-tête. Les risques de blessures pour le producteur, le transporteur, l’animal et finalement les animaliers de l’hôpital vétérinaire étaient jusqu’à maintenant une grande inquiétude. Ce n’est plus le cas. « Nous ne sommes pas supposés tirer sur les animaux », explique le vétérinaire André Desrochers de l’Hôpital des animaux de la ferme du Centre hospitalier universitaire
et comporte des sangles. L’équipement se détaille entre 789,96 $ et 929,95 $, selon les options choisies (sangles). Il est disponible à la boutique de l’hôpital vétérinaire de SaintHyacinthe et chez BMR. « Ça répond à un besoin, explique André Desrochers. À deux personnes, nous sommes capables d’installer l’animal sur la civière. Le plastique est glissant. Ça se manipule très bien. » Le plastique est robuste et permet de déplacer l’animal facilement, même sur le c iment. Mike Cauchon explique que le plastique est résistant aux abrasions et qu’il est antibactérien. Il est donc facile à laver. André Desrochers voit deux fins à ce traîneau ou civière : pour le déplacement de l’animal d’un endroit à un parc-hôpital sur la ferme, ou encore pour faciliter le déplacement
vétérinaire (CHUV) de Saint-Hyacinthe. Un membre du personnel, également chasseur, parle d’un traîneau utilisé par les chasseurs pour sortir les animaux abattus en forêt. Le concepteur du traîneau Animal Skidder, Mike Cauchon, collabore avec l’institution pour concevoir un équipement adapté pour les vaches. Celles-ci sont en effet plus grosses que des orignaux ou des chevreuils. De plus, les vaches sont vivantes. Comment vontelles réagir lors des manipulations et du transport ? Après des essais et des ajustements, l’Animal Skidder XL-AG est prêt pour la commercialisation. Le traîneau est plus large que celui offert pour les chasseurs
de l’animal vers l’hôpital vétérinaire. « Nous voudrions que ce soit obligatoire, explique le vétérinaire. Nous ne sommes pas censés de faire une traction directe sur un animal non ambulant. Il y a un risque d’empirer sa situation. Il n’y avait pas d’équipement pour cela. Notre but n’est pas de faire de l’argent. C’est de développer un outil. Nous voulons éviter les blessures lors de la manipulation des vaches. Je suis vétérinaire. La santé des animaux, ça me préoccupe. » L’hôpital reçoit plusieurs cas de vaches qui ne peuvent pas se déplacer. Contrairement à ce qu’ils croyaient au départ, il n’y a pas eu besoin d’attacher les vaches sur le traîneau. Lors des essais, les vaches se sont laissées faire.
DOIT-ON DONNER DU COLOSTRUM SUPPLÉMENTAIRE AUX VEAUX ?
Seulement quelques minutes après la naissance d’un veau, il est facile et rapide d’évaluer si un veau aura besoin d’un apport supplémentaire de colostrum. Voilà les résultats des travaux d’Elizabeth Homerosky, une vétérinaire de la Faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Calgary, qui a étudié plusieurs tests pour évaluer la faiblesse des veaux. Ce sont possiblement des veaux qui sont simplement faibles, qui ont eu un vêlage difficile ou encore ceux dont le vêlage a été long et qui manquent d’oxygène à la naissance. De tous les tests qu’elle a réalisés, le plus fiable pour évaluer la faiblesse des veaux était aussi le plus facile à réaliser : évaluer le réflexe à téter. Il suffit de placer deux ou trois doigts dans la gueule du nouveau-né 15 minutes après la naissance et d’évaluer la vigueur de la tétée. Le vétérinaire Roy Lewis explique dans l’article « Monitoring the suckle reflex in calves », du Canadian Cattlemen, que c’est un test fréquemment utilisé. Il a remarqué que les veaux qui ont besoin qu’on leur installe une sonde gastrique sont justement ces veaux qui n’ont pas un réflexe de succion vigoureux. « Ce n’est pas un test compliqué, dit-il. Le réflexe est soit vigoureux, soit faible. Le résultat est habituellement assez évident et en cas de doute, je l’appellerais faible. » Les éleveurs ont l’habitude de fournir du colostrum chaque fois qu’un vêlage a été difficile. Le Dr Lewis recommande plutôt d’évaluer le réflexe de tétée dès qu’une naissance a été difficile. C’est l’étape pour déterminer si le veau aura besoin d’avoir accès à un supplément de colostrum ou non. Source: Canadian Cattlemen
ALAIN FOURNIER est agronome, M.SC. et spécialiste en productions laitière et bovine. MARIE-JOSÉE PARENT est agronome et journaliste. Elle couvre les productions laitière, bovine, avicole et porcine au Bulletin des agriculteurs.
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INFOS / BRANCHÉ INFOS / BRANCHÉ
DIMINUER SES FRAIS DE COMMUNICATION AVEC INTERNET
P
renez cinq minutes et additionnez le coût de vos forfaits de téléphonie et d’Internet à la ferme. Ajoutez-y celui du cellulaire et de ses données, puis multipliez selon le nombre d’appareils. Rassurez-vous, il ne s’agit pas ici d’une chronique sur l’algèbre, mais plutôt d’une prise de conscience du budget consacré aux communications dans nos entreprises agricoles et des options qui nous sont offertes pour le réduire. Internet utilise le protocole IP (Internet Protocol) pour transporter efficacement et économiquement toutes nos informations sous un seul et même format partout dans le monde. C’est la magie d’IP qui permet à nos données de téléphonie, de télévision, d’Internet et autres de rester groupées, ordonnées, priorisées et livrées aux bons appareils. Toutefois, cette magie s’arrête malheureusement chez nous au terminal ou au modem de notre fournisseur de service. C’est donc précisément à ces interfaces (prises à l’arrière du terminal) que l’efficacité d’IP s’arrête et que les fournisseurs de services engendrent des profits en vendant leurs forfaits de téléphonie et de télévision. Il est cependant possible et tout à fait légal au Canada d’outrepasser ces interfaces et de connecter par Internet les services de téléphonie et de télévision de notre choix. Des économies substantielles sont alors réalisables.
Le cellulaire et Internet Qu’en est-il des coûts de services cellulaires, est-il aussi possible de rallier ce service pour plus d’économies? Sachez que lorsque « LTE/4G » s’affiche sur notre téléphone cellulaire, nous utilisons le même protocole IP que notre fournisseur de service Internet. En effet, de plus en plus de fournisseurs de service mobile offrent la possibilité d’utiliser les réseaux Wi-Fi pour transporter le signal cellulaire lorsque ces derniers ne sont pas disponibles. Sachez qu’il s’agit ici d’une va-
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de publication dans les bottins téléphoniques. Les forfaits pour ces lignes dites « terrestres » ne se sont pas ajustés à la baisse chez les fournisseurs de téléphonie traditionnels qui continuent encore aujourd’hui de facturer le gros prix. En transférant nos lignes traditionnelles à la téléphonie IP (tout en conservant notre numéro), il est possible de réaliser d’importantes économies, entre autres, en étant facturé à l’utilisation plutôt qu’à forfait. Avec à une solution hybride « cellulaire/Wi-Fi », on associe économies à valeur ajoutée !
Valeur ajoutée
leur ajoutée plutôt que d’une économie, car nos appels et textos par Wi-Fi seront quand même déduits de notre forfait cellulaire ! Il existe cependant des entreprises visionnaires et à l’écoute de l’industrie agricole, qui offrent des solutions hybrides (cellulaire/ Wi-Fi) aux producteurs en réponse aux potentielles économies qu’amène IP en matière de téléphonie. Jumelées à une réseautique solide, ces solutions répondent aux besoins téléphoniques individuels. Elles répondent également aux besoins des systèmes d’alarme et d’alerte en automatisation (robots de traite, d’alimentation, etc.) tout en permettant une réduction des coûts. Informez-vous !
Les temps changent Une tendance remarquée dans l’industrie des télécommunications est l’augmentation de l’utilisation des cellulaires au détriment du téléphone filaire. Certains individus se dissocient complètement du réseau téléphonique traditionnel. Malgré ceci, beaucoup d’entre nous resteront fidèles à notre numéro de téléphone résidentiel fixe. Ne serait-ce que pour des raisons d’appartenance, de sécurité ou
La téléphonie IP offre aussi ses propres avantages au-delà des économies réalisables. En voici quelques-uns : Connexions sans fil de robots et d’automates. Multiples appels simultanés (l’équivalent d’avoir plusieurs lignes). Appli pour téléphone intelligent (appels cellulaires et traditionnels sur un même appareil). Toujours libre, idéal pour l’automate : il signale des alertes alors que vous êtes au téléphone. Sonneries multiples (cellulaire, maison, étable) et horaires de sonneries 24/7. Fil non requis pour amener le téléphone dans les bâtiments éloignés (réseau sans fil). Bouton panique, d’urgence et interphone. Sécuritaire pour les moins jeunes. Facturation à l’utilisation ou forfaitaire. Tarifs interurbains plus compétitifs. Qualité vocale maximale (numérique). Toutes options incluses (boîte vocale, afficheur, appel en attente, etc.) Messages vocaux livrés et archivés par courriels. En maximisant l’utilisation des réseaux sans fil et Wi-Fi à la ferme, en optant pour la téléphonie IP et en sélectionnant des forfaits cellulaires adaptés, il est tout à fait concevable de réduire nos frais de télécommunications à la ferme. Prenez le temps d’examiner les options offertes ! JEAN-LOUIS DUPONT, diplômé en technologie par microprocesseur, est concepteur de solutions technologiques et réseautiques depuis plus de 30 ans. / jl@resotx.ca
FRUITS ET LÉGUMES
PAR JULIE ROY
Prévenir au lieu de guérir Les producteurs disposent maintenant d’un nouvel outil pour prévenir la gale de la pomme de terre.
S
i le nom de la bactérie Streptomyces scabiei ne signifie pas grand-chose pour les producteurs de pommes de terre, ses conséquences, elles, soulèvent un frisson d’angoisse. Cette bactérie est, en effet, responsable de la gale commune. Une infection qui défigure les tubercules de la pomme de terre au point de causer un déclassement élevé et occasionnant par conséquent, des pertes financières se chiffrant en milliers de dollars. ProCure, un nouveau fertilisant, a justement été conçu pour contrer ce problème. Traditionnellement, la seule manière de limiter les dommages de la gale c ommune est de traiter les champs en utilisant la
fumigation. La bactérie responsable de cette affection préférant un sol sec et alcalin au pH de plus de 5.2, l’application de cette technique aide à réduire la sévérité de l’infection. Toutefois, cette solution est loin d’être idéale, car en plus d’être coûteuse, elle n’est pas sans risque. Devant ce constat, la porte était ouverte à l’innovation. L’entreprise Agro-100, spécialisée dans la recherche, la fabrication et la mise en marché d’intrants agricoles, s’est donc mise à la tâche en s’inspirant du dicton qui dit qu’il vaut mieux prévenir que guérir. « Il ne faut pas oublier que la gale commune est le résultat d’une bactérie et comme toutes les bactéries, la meilleure
Les premiers symptômes de la gale apparaissent au stade crochet, soit dès l’initiation des tubercules.
façon de la combattre est de renforcer les défenses naturelles », mentionne Stéphane Beaucage, président-directeur d’Agro-100. Après cinq ans de recherche et de développement est né ProCure, un fertilisant dont le but principal est justement de stimuler les défenses naturelles du tubercule pour qu’il soit en mesure de se battre contre cette bactérie. « Tout juste après l’épandage, la biostimulation est alors amorcée grâce à l’effet synergique des intrants foliaires et phytosanitaires. Combiné à une stratégie de fertilisation adéquate, ProCure agit sur la qualité de la croissance des racines,
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Une protection rapide et précise.
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Une solution novatrice pour cibler les insectes indésirables tout en disposant d’un profil de sécurité favorable pour de nombreux insectes bénéfiques. L’insecticide SivantoMC Prime cible avec précision les principaux insectes ravageurs, comme le puceron, la cicadelle, la mouche du bleuet, la cochenille et le psylle, tout en disposant d’un profil de sécurité favorable pour de nombreux insectes bénéfiques. De plus, son action rapide contribue à protéger la santé globale de vos cultures, enraye la propagation des maladies et, surtout, protège votre investissement.
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FRUITS ET LÉGUMES
ProCure permet de réduire de 23 % la présence de la gale commune. Il influence favorablement la pigmentation des variétés à peau rouge.
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sur la capacité d’absorption des éléments nutritifs ainsi que sur les mécanismes de défense antifongique de la plante », mentionne Stéphane Beaucage.
TESTS DE PROCURE Pour prouver l’efficacité de son produit, Agro-100 en collaboration avec le docteur Régis Baziramakenga et des étudiants au doctorat de l’Université Laval, ont mené des tests sur 13 variétés de pommes de terre auprès d’une vingtaine de producteurs dans trois régions (Lanaudière, QuébecPortneuf et Rivière-du-Loup). À la suite de l’application du ProCure, les résultats ont démontré une diminution de 23 % des surfaces infectées par la gale. Par conséquent, la portion de récolte vendables a pu être augmentée, comme le souligne Stéphane Beaucage : « Dans le cas de la variété Vivalidi, par exemple, nous sommes passés de 30 tonnes à l’hectare vendables sans traitement à 49 tonnes à l’hectare à la suite du traitement. La variété Roselys est, de son côté, passée de 25 tonnes vendables à 37 tonnes. » L’homme d’affaires ajoute : « Nous avons présenté le produit la première fois lors d’un colloque de la Fédération des producteurs de pommes de terre du Québec en janvier 2015 et certains
producteurs l’ont essayé dans tous leurs champs. Toutefois, 2015 n’a pas été une année où la gale a été très présente dans les champs. Malgré tout, les producteurs qui l’ont utilisé ont été satisfaits du résultat. » Pour l’application, un pulvérisateur régulier peut être utilisé. La première application doit se faire au début de la tubérisation, soit environ 30 jours après l’émergence des premiers tubercules, puis une deuxième 10 à 14 jours plus tard. « Ce n’est pas un traitement curatif, mais préventif. Il faut donc donner le traitement avant l’apparition de la maladie, car après, il est trop tard. L’avantage du ProCure, c’est qu’on peut le combiner à d’autres traitements et ainsi éviter des passages inutiles au champ », note Stéphane Beaucage. Quant à son coût, Stéphane Beaucage mentionne qu’il est moins onéreux qu’un traitement de fumigation, soit trois fois moins cher. « En moyenne, le coût du traitement est de 130 $ pour 0,4 ha. » Seul élément à faire attention, ne pas dépasser deux traitements. La raison est bien simple, ProCure contient des auxines, du bore, du NPK, mais sa formulation livre également une quantité d’orthophosphate équivalent aux phosphites. Ce dernier élément aide à protéger le feuillage, mais il est
également présent dans les traitements de fongicides. « Il ne faut pas aller au-delà de deux traitements pour éviter une surcharge de phosphites », mentionne Stéphane Beaucage. Comme plusieurs traitements, ProCure peut causer un stress à la plante, mais cette variable est faible et a peu d’impact sur le rendement. « Il peut y avoir une légère diminution, mais celle-ci est contrebalancée toutes les fois par une augmentation du ratio de pommes de terre vendables », constate-t-il. ProCure n’a pas encore été testé sur des variétés de pommes de terre sucrées. En ce qui concerne les pommes de terre bleues, Stéphane Beaucage mentionne : « Nous avons fait des essais sur les variétés de pommes de terre bleues, mais sans toutefois prendre des mesures de rendement. Cependant, selon les commentaires du producteur, l’effet sur la réduction de la gale fut convaincant. » À l’heure actuelle, Agro-100 continue de récolter des données et une demande de brevet a été récemment déposée. Julie Roy est journaliste pigiste spécialisée en agroalimentaire. Elle est responsable de la section Fruits et légumes du Bulletin des agriculteurs.
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MIEUX VIVRE
PAR PIERRETTE DESROSIERS
DU TACT ET DE LA DIPLOMATIE
V
otre fils arrive souvent en retard à l’étable ? Votre père remet en cause vos compétences en présence d’un conseiller ? Situations délicates à aborder. Vivre et travailler ensemble, c’est aussi faire face à des situations qui nous irritent, nous agressent ou nous blessent. Comment en parler sans blesser ? Comment protéger notre « capital affectif » ? Il faut du tact et de la diplomatie. Aborder l’autre avec tact et diplomatie, c’est tout d’abord tenir compte de l’autre, de ses sentiments, de ses besoins et de ses valeurs. C’est être capable d’aborder un sujet délicat avec délicatesse. C’est considérer l’impact de notre intervention. C’est faire un effort pour nourrir et protéger la relation. En famille, malheureusement, souvent on parlera sans détour, car « on n’a pas de temps à perdre ». Certains se vantent de dire les choses directement. Pas de « fla-fla » parce qu’après tout, « c’est juste mon frère ». Et pourtant lorsque le vétérinaire arrive, on est diplomate. N’est-ce pas paradoxal ? Nous faisons souvent plus d’efforts pour des étrangers que pour notre famille. Avoir du tact n’est pas de s’abstenir de dire réellement ce que l’on pense. C’est d’être délicat afin de protéger ce qu’il y a de plus important chez une personne : son ego, son amour-propre. Pensez-y. Lors de nos nombreuses interactions interpersonnelles, qu’est-ce qui est le plus important ? Comme mentionnait Steve : « Je ne veux pas seulement connaître l’opinion de mon père quant au nouveau tracteur. Je veux me sentir entendu et respecté lorsque je donnerai la mienne ».
« Ne te réjouis pas si l’amitié t’autorise à dire des paroles désagréables à tes amis proches. Plus tu deviens proche de quelqu’un, plus le tact et la courtoisie sont nécessaires. » – Oliver Wendell Holmes
Dans nos relations, ce sentiment passera par de petits gestes au quotidien et contribuera à augmenter notre « capital affectif ». Comment y contribuer ? Dire bonjour quand on entre dans l’étable. Inclure l’autre dans la discussion quand un vétérinaire ou un autre intervenant arrive. Demander l’avis de l’autre pour de petites, mais aussi de grandes décisions. Offrir son aide. Regarder l’autre dans les yeux lorsqu’on lui parle. Ne pas hésiter à dire : « je suis désolé, j’avais tort ». S’intéresser à l’autre, à ce qu’il fait et aime.
Faire preuve de tact et de diplomatie aussi avec les membres de la famille. Ces petits gestes permettent à l’autre de se sentir apprécié, aimé et important. Il devient ainsi plus ouvert à la discussion, à écouter les autres opinions et à se laisser influencer. Mais surtout, il apprécie davantage la relation. Parler avec tact et diplomatie demande d’abord d’être conscient. Est-ce que j’aborderais des étrangers de la même façon ? Est-ce que j’utiliserais les mêmes mots, sur le même ton ? Est-ce que j’aimerais que l’on agisse avec moi de cette façon ? Parler avec tact, c’est choisir ses mots, mais parfois aussi savoir se taire. C’est savoir gérer ses émotions. Alors pour ceux qui croient qu’aller droit au but, sans détour vous sauvera du temps, détrompez-vous ! Tout ce que vous ferez sera de faire lever les défenses de votre interlocuteur et vous serez perçu comme l’ennemi. L’autre cherchera à se défendre, à s’esquiver ou à saboter la relation afin de rétablir l’équilibre. Tout ce temps que vous ne prenez pas pour investir dans vos relations, vous le prendrez à réparer des pots cassés, à gérer des conflits.
Pierrette Desrosiers est psychologue du travail, M. PS. et coach spécialisée dans le milieu agricole. Elle est également conférencière et auteure de trois livres. / pierrettedesrosiers.com
/ Le Bulletin des agriculteurs / Avril 2016 / 53
C’EST NOUVEAU C’EST NOUVEAU
Remorque Rolland célèbre ses 70 ans Le constructeur breton de remorques et d’épandeurs Rolland célèbre ses 70 ans. Pour cet anniversaire, un nouveau logo de la marque a été créé. Il traduit le souhait de l’entreprise de se montrer plus moderne. Le « R » est redessiné et le mot « remorque » disparaît de ce dernier. De plus, l’entreprise inaugurait récemment l’agrandissement de 8000 m² de son usine de Tréflévénez, en France. Afin d’accroître la productivité et la sécurité des employés, une réorganisation complète de l’usine accompagne l’extension. En moyenne, le site crée 1800 véhicules par an. remorquerolland.com
Cultiline XR et Xeos PRO de Sulky Le Cultiline XR de Sulky est une déchaumeuse à disque montée sur l’attelage 3-points et conçue pour être combinée au semoir Xeos PRO. La déchaumeuse permet une préparation parfaite du lit de semence dans des conditions sans travail de sol préalable et avec beaucoup de résidus. La ligne de semis permet un placement de la semence sans problème dans des conditions sèches ou humides. Le système de distribution pneumatique permet une régularité de semis exceptionnelle. Ce combiné permet des vitesses d’utilisation de 15 km/h. innotag.com
Semoir de précision Early Riser 2000 de Case IH Case IH a révélé la toute nouvelle série de semoirs de précision Early Riser série 2000 à l’ouverture du National Farm Machinery Show à Louisville dans l’État du Kentucky aux États-Unis. Le nouveau semoir est non seulement extrêmement précis, mais il est également très robuste afin de fournir un positionnement précis dans tous les champs et les types de cultures. Il travaille également à des vitesses plus rapides afin d’obtenir une émergence plus uniforme. Le semoir est le premier à intégrer la technologie de placement des semences de Precision Planting dans de nouvelles unités de semis. Développés spécifiquement pour la série 2000, le tout nouveau Vfix 2 m et VDrive sont des entraînements électriques qui posent la semence avec précision. Les premiers modèles sont offerts dans les formats de 12, de 16 et de 24 rangs de 30 po et seront disponibles pour la saison 2017. Caseih.com
54 / Avril 2016 / Le Bulletin des agriculteurs /
C’EST NOUVEAU
Fendt série 1000
est muni d’un turbocompresseur à géométrie variable (VTG). Le turbocompresseur VTG Fendt a dévoilé ses nouveaux tracteurs Vario s’adapte pour optimiser le débit d’air requis série 1000 au National Farm Machinery afin d’obtenir la puissance optimale sur une Show à Louisville dans l’État du Kentucky plus grande plage de régimes. Côté transmisaux États-Unis. Quatre modèles Vario 1000 sion, on retrouve la Fendt Vario de nouvelle intègrent la gamme : 1038 (380 ch), 1042 génération. L’entraînement VarioDrive permet (420 ch), 1046 (460 ch) et 1050 (500 ch). une gestion intelligente des quatre roues Le concept révolutionnaire de couple élevé motrices. Le grand confort pour l’utilisateur, la à basse révolution du Fendt iD, un nouveau commodité et la connectivité intelligente du moteur six cylindres de 12,4 L MAN diesel Fendt Vario 1000 répondent aux besoins des
fermes modernes. Le Fendt Vario 1000 satisfait les plus récentes normes d’émissions de niveau Tier 4 Final grâce à la technologie SCR sans convertisseur catalytique oxydant (DOC) ou filtre à particules diesel (DPF). Sur la route, il atteint 50 km/h à un régime économique de 1200 tours/min. Le Fendt Varioterminal se compose d’un écran de 10,4 po installé à la console multifonction. La série 1000 intègre l’ensemble de la technologie Fuse d’AGCO pour le guidage GPS. fendt.com
Zuidberg agrandit son usine Le néerlandais Zuidberg, spécialiste des transmissions et relevages avant pour tracteurs, a entamé l’agrandissement de son usine de Ens aux Pays-Bas. Il produira ainsi ses propres bandes de roulement en caoutchouc pour ses chenilles. L’investissement comprend une nouvelle usine d’environ 10 000 m² et intégrera des centres de recherche. L’ajout de la ligne de production pour les bandes de roulement ainsi qu’une chaîne de montage pour les systèmes de chenilles agricoles seront installées sur le site. L’usine devrait commercialiser ses premières bandes de roulement en caoutchouc dès 2017. zuidberg.com
Contrôle de section Salford Salford, basée à Cornelia dans l’État de Géorgie aux États-Unis, lance un des premiers applicateurs d’engrais équipés de la section de contrôle conçue pour l’agriculture commerciale. L’option BBI de contrôle a fait ses débuts au National Farm Machinery Show à Louisville dans l’État du Kentucky aux États-Unis. Ce qui rend cette nouvelle option de contrôle de la section une telle avancée sur le marché d’aujourd’hui est la possibilité d’arrêter dans une zone déjà appliquée pour activer ou désactiver le côté gauche ou droit de l’épandeur. L’option de contrôle de la section est en mesure de désactiver chaque côté de l’épandeur dans les régions où l’engrais a déjà été appliqué. Le système suit également les cartes de limites pour éliminer ou réduire l’application en dehors du champ ou dans des zones sensibles, comme des bandes tampons et des voies d’eau. salfordgroup.com
/ Le Bulletin des agriculteurs / Avril 2016 / 55
PUISSANT ET AGILE MF7700 : 140 à 255 ch
Puissants, fiables et faciles à utiliser, les tracteurs MF7700 de Massey Ferguson passent aisément du travail du sol, du semis ou des travaux de fenaison au travail avec le chargeur. Ils sont équipés de moteur six cylindres SCR AGCO POWER de 6,6 L et 7,4 L dotés du système de refroidissement CyclairMC qui refroidit le moteur plus efficacement. La gestion dynamique du tracteur (DTM) synchronise le moteur et la transmission afin de réduire les tours/minute, d’optimiser la puissance et d’économiser du carburant. Au besoin, le système de gestion de la puissance moteur (EPM) offre un surplus de puissance. Enfin, la suspension innovatrice Quadlink améliore le confort en déplacement et transmet le maximum de puissance au sol.
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Les Équipements Yvon Rivard Mirabel | 450 818-6437
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ABITIBI-TÉMISCAMINGUE Températures et précipitations supérieures à la normale. Nuages et pluie du 1er au 4. Ciel partiellement nuageux et averses isolées les 5 et 6. Nuages et pluie du 7 au 9. Mélange de soleil, de nuages et de pluie du 10 au 13. Plus de soleil que de nuages et averses persistantes du 14 au 16. Ensoleillé du 17 au 19. Nuageux avec averses passagères du 20 au 22. Ciel partiellement ensoleillé avec averses dispersées les 23 et 24. Nuages et pluie le 25. Plus de soleil que de nuages avec averses isolées du 26 au 28. Mélange de soleil, de nuages et de pluie du 29 au 31. SAGUENAY–LAC-SAINT-JEAN Températures et précipitations supérieures à la normale. Nuages et pluie du 1er au 4. Ciel partiellement nuageux et averses isolées les 5 et 6. Nuages et pluie du 7 au 9. Mélange de soleil, de nuages et de pluie du
PLUIE
AVERSE
NEIGE
10 au 13. Plus de soleil que de nuages et averses persistantes du 14 au 16. Ensoleillé du 17 au 19. Nuageux avec averses passagères du 20 au 22. Ciel partiellement ensoleillé avec averses dispersées les 23 et 24. Nuages et pluie le 25. Plus de soleil que de nuages avec averses isolées du 26 au 28. Mélange de soleil, de nuages et de pluie du 29 au 31. MONTRÉAL, ESTRIE ET QUÉBEC Températures et précipitations supérieures à la normale. Nuages et pluie du 1er au 4. Ciel partiellement nuageux et averses isolées les 5 et 6. Nuages et pluie du 7 au 11. Plus de nuages que de soleil avec averses passagères du 12 au 16. Ensoleillé du 17 au 20. Nuageux avec averses passagères du 21 au 24. Nuages et pluie le 25. Plus de soleil que de nuages avec averses isolées du 26 au 28. Mélange de soleil, de nuages et de pluie du 29 au 31.
ACCUMULATION FROID
CHAUD
VALLÉE DE L’OUTAOUAIS Températures et précipitations près de la normale. Nuages et pluie du 1er au 4. Ciel partiellement nuageux et averses isolées les 5 et 6. Nuages et pluie du 7 au 14. Période avec plus de soleil que de nuages avec averses dispersées du 15 au 20. Nuageux avec averses passagères du 21 au 23. Plus de soleil que de nuages et averses isolées du 24 au 27. Mélange de soleil, de nuages et de pluie du 28 au 31. GASPÉSIE ET NOUVEAU-BRUNSWICK Températures supérieures à la normale. Précipitations inférieures à la normale. Ciel nuageux avec averses de pluie légère du 1er au 5. Ensoleillé le 6. Nuages et pluie du 7 au 10. Mélange de soleil, de nuages et de pluie du 11 au 14. Possibilité de pluie du 15 au 17. Ensoleillé du 18 au 21. Nuages et pluie du 22 au 24. Ensoleillé avec averses isolées du 25 au 28. Nuages et pluie du 29 au 31.
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EN COUVERTURE Une bonne qualité de fourrages, ça n’a pas de prix ! La qualité des fourrages, c’est comme une maille d’une chaîne : si une maille est manquante, ça ne fonctionne pas, mentionnent les propriétaires de Ferme Chantal.
CULTURES L’ensilage de qualité, tout un art !
PORC Atténuer la douleur, oui, mais comment ?
Au fil des années, les connaissances sur la mise en silo se sont raffinées. Nous comprenons mieux le processus et les techniques permettant de réaliser un meilleur ensilage.
Le Code de pratiques pour le soin et la manipulation des porcs prévoit que la castration et la taille de la queue des porcelets devront être effectuées en ayant recours à des analgésiques afin d’atténuer les douleurs à compter du 1er juillet prochain. Où en sommes-nous dans le respect de cette exigence ?
ABONNEMENT : lebulletin.com ou 514 766-9554, poste 226 PHOTOS : ALAIN FOURNIER, MARIE-JOSÉE PARENT
62 / Avril 2016 / Le Bulletin des agriculteurs /
Empêchez le mildiou et la brûlure alternarienne de dérober vos cultures.
Le mildiou et la brûlure alternarienne sont très sournois. Doucement, ils s’adaptent et subissent des mutations pour attaquer soudainement vos pommes de terre. C’est pourquoi vous avez besoin du fongicide Manzate Pro-Stick . L’activité multisite de Manzate Pro-Stick sur une vaste gamme de maladies non seulement protège contre les maladies, mais est également un des seuls fongicides sans maladies résistantes même après des décennies d’utilisation. C’est une bonne chose! Gardez les rendements de vos pommes de terre élevés et le mildiou et la brûlrure alternarienne dans l’ombre avec Manzate Pro-Stick. Pour en apprendre davantage, communiquez avec votre distributeur local ou avec votre représentant UPI dès aujourd’hui. MD
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Toujours lire et se conformer aux directives et aux précautions des étiquettes. ManzateMD et le logo UPI sont des marques de commerce de United Phosphorus inc. ©Février 2016. United Phosphorus inc., 630 Freedom Business Center, King of Prussia, PA 19406. www.upi-usa.com.
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*Cette offre prend fin le 30 juin 2016. Offre valide chez les concessionnaires participants seulement. Les prix, les modalités de paiement et les modèles peuvent varier d’un concessionnaire à l’autre. Offre applicable à l’achat d’un nouvel appareil admissible, tel que défini dans le programme de promotion. Certaines restrictions s’appliquent. Financement sous réserve de l’approbation de crédit. Achats antérieurs non admissibles. Cette offre ne peut être jumelée à aucune autre offre ni aux promotions de financement à faible taux. Offre pouvant être modifiée ou annulée sans préavis. Pour en savoir plus, communiquez avec votre concessionnaire. © Tracteurs KIOTI, division de Daedong-USA, Inc., 2016.