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CULTURES NOUVEAUTÉS PHYTOPROTECTION / LAIT 15 ANS DE ROBOTS / GUIDE TRAITEMENT DE SEMENCES
LA RÉFÉRENCE EN NOUVELLES TECHNOLOGIES DEPUIS 1918
PLUS DE RENDEMENT AVEC LE PLASTIQUE MARS 2016
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SOMMAIRE
VOLUME 99 / NUMÉRO 3
CHRONIQUES Bouche à oreille Billet Point de vue Marché des grains Info cultures Info élevages Info branché Mieux vivre C’est nouveau Météo Dans le champ
29
4 6 8 22 23 34 59 60 62 65 70
EN COUVERTURE La culture sous film plastique gagne du terrain au Québec
10
CULTURES Phytoprotection : les nouveautés 17 Résumé des conférences du Bulletin 2016
25
ÉLEVAGES
55
51
Lait : Axés sur l’efficacité
29
Lait : 15 ans avec des robots
39
Bœuf : Des caméras dans l’étable 45
DOSSIER FOURRAGES ET PÂTURAGES Un pas vers l’avant pour la recherche sur les fourrages
48
L’amélioration génétique des fourrages
51
FRUITS ET LÉGUMES Quand des transformateurs deviennent des producteurs 39 En page couverture : Francis Groleau est producteur laitier à Compton dans les Cantons-de-l’Est. Il a tenté la culture de maïs sous film plastique. Photo : Nicolas Mesly
55
CAHIER DÉTACHABLE Guide traitement de semences 2016 / Le Bulletin des agriculteurs / Mars 2016 / 3
BOUCHE À OREILLE
Des laitues en orbite
Les vaches au désherbage
Récemment, une vidéo d’astronautes de la station spatiale portant un toast à leur toute nouvelle réussite a attiré l’attention du public. Ce qui étonne, c’est que ce n’est pas des verres qu’ils levaient, mais bien des feuilles de laitues. Plus précisément, les feuilles de la toute première laitue ayant poussé dans l’espace. Il y a de quoi célébrer : cultiver des plantes dans l’espace présente tout un défi. En absence de gravité, les racines ont tendance à pousser dans tous les sens. Pour résoudre ce problème, les ingénieurs de la NASA ont mis sur pied un « oreiller à plante » équipé de tout ce dont un plant a besoin pour grandir. La graine est fixée à l’intérieur de l’oreiller de manière à l’encourager à faire pousser ses racines vers le bas. La présence de lumières DEL encourage également les plants à pousser du bon sens, tout en permettant la photosynthèse. Il s’agit d’un premier pas vers les potagers de l’espace. La NASA espère être bientôt en mesure de faire pousser des tomates et des poivrons.
Le temps du ménage du printemps arrive à grands pas et cette année, les vaches pourraient aider à mettre un peu d’ordre dans les pâturages. Récemment, un producteur laitier de l’Oregon a décidé de mettre ses vaches au travail. Alors qu’elles broutaient librement, elles avaient l’habitude d’éviter l’oseille crépue qui envahissait peu à peu les pâturages. À cause de son goût amer, les vaches préféraient la laisser tranquille. Afin de ralentir l’envahisseur, le producteur a planté de la chicorée et du plantain dans ses pâturages. Il espérait d’abord que ces plantes freineraient la propagation de l’oseille, mais, à sa grande surprise, ses vaches se sont habituées au goût de ces nouvelles plantes pour finalement s’attaquer elles-mêmes à l’oseille crépue. Dresser ses vaches au désherbage semble être une idée qui prend de plus en plus racine. Si les vaches ont une préférence pour les plantes moins amères, elles peuvent néanmoins s’habituer au goût des différentes plantes poussant dans les prés. L’avantage ? Les ruminantes auraient ainsi accès à une plus grande quantité de fourrage, et ce, sans rien changer au pâturage.
Source : nasa.tumblr.com
Source : modernfarmer.com
Un lait, deux sucres et… un champignon
Décidément, les amateurs de café ne reculent devant rien pour améliorer le goût de leur boisson favorite. Dans le Maine, des amoureux de la caféine ont poussé l’audace jusqu’à relever le goût de leur café avec des champignons. Afin de réaliser cette étonnante combinaison, ils ont jeté leur dévolu sur le Chaga, une variété de champignon qui se trouve dans nos forêts nordiques. Parasite poussant principalement sur les bouleaux, le Chaga est un champignon comestible, reconnu pour son potentiel culinaire et médicinal. De nos jours, il est surtout apprécié pour sa richesse en antioxydants. Il est cependant encore rare de le retrouver dans nos assiettes. Le café au champignon serait donc une introduction à cet ingrédient pour de nombreux consommateurs. Une fois mêlé à des fèves de café rôties, le Chaga donnerait un délicat arôme de fumé à la boisson, l’enrichissant ainsi d’une étonnante plus-value, autant pour les amateurs d’aliments santé, que pour les amoureux de nourriture locale. Source : bangordailynews.com
4 / Mars 2016 / Le Bulletin des agriculteurs /
Une app pour aider les agriculteurs indiens
Population de l’Inde : 1,2 milliard. Nombre d’appareils mobiles en Inde : près d’un milliard ! Nombre d’agriculteurs au pays : 600 000 millions. À la lumière de ces données, Vijayaragavan Viswanathan, un jeune scientifique indien issu d’une communauté rurale, a développé SmartAgri, une application qui fournit de l’information facile à comprendre sur les sols, la fertilisation, les cultures, etc. Bien que l’agriculture représente le cinquième du PIB indien, le secteur est peu productif. Les producteurs ayant peu accès à l’éducation et donc à l’information de base sur les cultures, l’agriculture en souffre. C’est pour briser ce cycle de pauvreté et de non-productivité que l’application a été créée. « En Inde, plus de gens ont accès à un appareil mobile qu’à l’eau courante, indique Vijayaragavan Viswanathan. Cette application pourrait révolutionner la vie des agriculteurs comme aucun autre outil auparavant. » Source : modernfarmer.com
L’œuf de Pâques : de la Perse jusqu’à nos épiceries
Il est difficile de penser à la fête de Pâques sans penser aux célèbres œufs colorés. Or, si ce symbole semble si tenace, c’est probablement parce qu’il est ancré dans nos traditions depuis très longtemps. À l’époque de la Perse ancienne, il était déjà de mise de décorer des œufs pour souligner l’arrivée de la nouvelle année qui se célébrait alors au printemps. Dans plusieurs parties du monde, l’œuf est rapidement devenu indissociable des fêtes printanières. Dans les pays froids d’Europe, l’œuf était un symbole précieux, représentant un des rares aliments frais qu’on pouvait se mettre sous la dent à la fin de l’hiver. C’est sans doute pourquoi la tradition des œufs colorés pour célébrer les fêtes pascales s’est rapidement répandue dans ces régions. En Russie comme en Angleterre, des aristocrates ont dépensé de grandes sommes d’argent pour des œufs de Pâques décorés de manière extravagante, à l’aide d’or et d’émail. De nos jours, la tradition se poursuit plus humblement à travers les œufs en chocolat présentés dans leurs emballages festifs. Source : mentalfloss.com
Quel âge a le sucre ?
Deux chercheurs de l’Institut des sciences de la forêt tempérée de l’Université du Québec en Outaouais (UQO) se sont intéressés au sucre contenu dans l’eau d’érable. Christian Messier et Sylvain Delagrange ont étudié la question suivante : est-ce que le sucre dans l’eau d’érable chaque printemps est produit par l’érable au cours de l’année précédente ou sur plusieurs années ? Le résultat de leur recherche est étonnant. En moyenne, le sucre dans l’eau d’érable a trois ou quatre ans, mais peut avoir jusqu’à dix ans. Les acériculteurs devraient donc moins s’inquiéter s’il s’avère que les conditions d’une saison sont moins bonnes. Le taux de sucre dans l’eau d’érable ne devrait pas être très affecté la saison suivante puisqu’il est le résultat de plusieurs années ! Source : Courrier Frontenac
/ Le Bulletin des agriculteurs / Mars 2016 /
5
BILLET
PAR YVON THÉRIEN
LA RÉFÉRENCE EN NOUVELLES TECHNOLOGIES
OSER PENSER AUTREMENT
I
l a beaucoup été question des conséquences des coupes budgétaires du gouvernement Couillard dernièrement. Baisse de services dans les garderies, réduction des ressources pour les écoles, coupures dans les budgets des Centres locaux de développement (CLD) et la liste continue. Parmi toutes ces coupures, il y en a une qui est passée inaperçue en agriculture. Elle implique pourtant la culture la plus importante au Québec, celle des plantes fourragères. Eh oui, à compter de cette année, le MAPAQ ne financera plus les essais d’évaluation de cultivars de plantes fourragères du Québec. Un réseau qui existait depuis 35 ans. À compter de 2017, exit les essais comparatifs de plantes fourragères. Je n’ai pas besoin de vous expliquer que cette décision a créé une onde de choc parmi les gens du milieu. Quand un système est en place depuis 35 ans, qu’année après année on utilise un protocole bien établi qui a été perfectionné au fil des ans pour générer des recommandations, c’est une décision difficile à avaler. À ma grande surprise, les gens responsables du réseau n’ont pas réagi en s’engageant dans une bataille avec le gouvernement pour annuler la décision. Un affrontement qui était fort probablement voué à l’échec. Au lieu de réagir en victime, ils ont plutôt osé penser autrement. Les essais de plantes fourragères sont administrés par le Conseil québécois des plantes fourragères (CQPF). Les essais du réseau consistent à tester les nouveaux cultivars sur une période de trois ans. Les résultats des essais servaient à l’enregistrement et à la recommandation de nouvelles variétés. Chaque année, le réseau publiait des tableaux présentant les cultivars recommandés et comparait leurs performances. On pouvait retrouver de l’information sur leur résistance aux
6 / Mars 2016 / Le Bulletin des agriculteurs /
maladies, leur maturité relative et leur performance de rendement. À la suite de l’annonce des coupes, les administrateurs du réseau ont réuni les gens impliqués pour former un groupe de travail afin d’évaluer la situation. L’objectif n’était pas de trouver des coupables. Il fallait concentrer les efforts pour continuer à servir le secteur des plantes fourragères afin de le rendre plus compétitif. Le groupe de travail a conclu que pour le moment, il valait mieux mettre fin aux évaluations des cultivars telles qu’on les a connues. Les bénéfices du choix d’un cultivar aux performances supérieures peuvent être rapidement annulés par une mauvaise régie. On a beau choisir la plante la plus performante, si la régie aux champs est inadéquate, on n’observera pas beaucoup de gain après la deuxième année. Ce n’est pas que l’information sur un cultivar ne soit pas utile, mais quand on considère l’ensemble des facteurs qui détermine le succès d’une récolte, ce n’est pas la plus importante. Conclusion : pourquoi ne pas concentrer les efforts sur des recherches et de la vulgarisation afin de rendre les éleveurs plus performants ? Pour réaliser leur plan audacieux, le groupe de travail a imaginé un forum pour favoriser le réseautage entre les différents partenaires du milieu. Un lieu de rencontre et de partage d’informations pour favoriser les innovations et les occasions de collaboration. À ce jour, le groupe a déjà établi une liste de priorités pour les recherches en plantes fourragères. Il a aussi identifié plus de 16 thématiques qui seront vulgarisées et mises à la disponibilité des usagés du réseau. Il reste encore beaucoup de travail aux administrateurs pour réaliser leurs ambitions. Mais bravo au CQPF qui a su se servir du défi des contraintes budgétaires pour se remettre en question, penser autrement et innover !
RÉDACTION Yvon Thérien, agr., éditeur et rédacteur en chef yvon.therien@lebulletin.com Marie-Claude Poulin, rédactrice en chef adjointe marie-claude.poulin@lebulletin.com Marie-Josée Parent, agr., journaliste marie-josee.parent@lebulletin.com Dany Derkenne, directeur artistique dany.derkenne@lebulletin.com COLLABORATEURS Jean-Philippe Boucher, Pierrette Desrosiers, Jean-Louis Dupont, Alain Fournier, Ron Friesen, Eric Godin, Lionel Levac, Nicolas Mesly, Jennifer Paige, Julie Roy, Caroline Thérien, Johanne van Rossum, Nicolas Witty-Deschamps. PUBLICITÉ Martin Beaudin, directeur de comptes martin.beaudin@lebulletin.com Tél. : 514 824-4621 Lillie Ann Morris, représentante en Ontario lamorris@xplornet.com Tél. : 905 838-2826 Luc Gagnon, rédacteur publicitaire lucg@cybercreation.net ABONNEMENT 1 an (11 numéros) : 55 $ 3 ans (33 numéros) : 122 $ Anne-Marie Gignac, service à la clientèle services.clients@lebulletin.com Tél. : 514 766-9554, poste 226 1, Place du Commerce, bur. 320 Île-des-Sœurs (Québec) H3E 1A2 Téléphone : 514 766-9554 Télécopieur : 514 766-2665 lebulletin.com
Le contenu de ce magazine ne peut être reproduit sans l'autorisation écrite de l'éditeur du Bulletin des agriculteurs. Ce magazine est publié par Farm Business Communications, une division de Glacier Media inc. Les auteurs conservent l'entière liberté de leurs opinions. Le Bulletin des agriculteurs ne garantit pas l'exactitude de l'information contenue dans la publication et n'assume aucune responsabilité pour toute action ou décision prise à partir de l'information contenue dans le magazine. Tous droits réservés 1991 / Dépôt légal : Bibliothèque nationale du Québec / ISSN 0007-4446 / Fondé en 1918, Le Bulletin des agriculteurs est indexé dans Repère. /Envoi Poste-publication / Convention 40069240. / Nous recon naissons l’aide financière du gouvernement du Canada par l’entremise du Fonds du Canada pour les périodiques (FCP) du ministère du Patrimoine canadien. / Postes Canada : retourner toute correspondance ne pouvant être livrée au Canada au Bulletin des agriculteurs, 1, Place du Commerce, bureau 320, Île-des-Sœurs, Québec, H3E 1A2. / U.S. Postmaster : send address changes and undeliverable addresses (covers only) to : Circulation Dept., PO Box 9800, Winnipeg, Manitoba, R3C 3K7. PROTECTION DES RENSEIGNEMENTS PERSONNELS À l’occasion, nous partageons nos listes d’abonnés avec des sociétés ou des organismes sélectionnés dont les produits ou services pourraient vous intéresser. Toutefois, si vous préférez que ces données (votre adresse postale ou électronique) ne soient pas transmises et souhaitez que votre nom soit retiré de ces listes, vous pouvez le faire facilement en nous appelant entre 9 h et 17 h, heure de l’Est, ou en nous écrivant à l’adresse électronique info@lebulletin.com.
Le Bulletin des agriculteurs reçoit, de temps à autre, des commentaires et des documents (y compris des lettres à l’éditeur) non sollicités. Le Bulletin des agriculteurs, ses sociétés affiliées et cessionnaires peuvent utiliser, reproduire, publier, rééditer, distribuer, garder et archiver ces soumissions, en tout ou en partie, sous quelque forme et sur quelque support que ce soit, sans aucune rémunération de quelque nature.
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POINT DE VUE
PROPOS RECUEILLIS PAR LIONEL LEVAC
UN PAS VERS UNE RECONNAISSANCE OFFICIELLE
D
e plus en plus, le ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec, Pierre Paradis, fait de la place aux organisations parallèles à l’Union des producteurs agricoles (UPA). Même si légalement cette structure reste la seule officiellement accréditée pour représenter les agricultrices et agriculteurs. Après la visite de Pierre Paradis à une assemblée du Conseil des entrepreneurs agricoles (CEA), Le Bulletin a fait le point avec Jacques Cartier, président de cette organisation. Est-ce que la visite du ministre est un appui clair pour vous ? C’est la première fois qu’un ministre de l’agriculture participe à une réunion officielle d’un groupe qui demande la fin du monopole syndical. De plus, Pierre Paradis nous inclut déjà dans les processus de consultation et les tables de discussion, au même titre que l’UPA. Par contre, à cause de la loi, nous sommes toujours contraints d’être membres de l’UPA. Il vous faut donc continuer de réclamer des modifications législatives ? En vertu de certains processus, la Régie des marchés agricoles pourrait toujours décider de la représentativité de notre groupe et de lui accorder un statut plus officiel. Mais nous voulons que les lois soient explicites et nous reconnaissent le droit de représenter de façon pleine et entière les producteurs à qui l’UPA ne convient pas.
Certains disent que la fin du monopole voudrait dire la destruction de différents outils comme la gestion de l’offre. Qu’en pensez-vous ? Absolument pas. La preuve : la gestion de l’offre est sous la responsabilité de plusieurs groupes de producteurs reconnus dans les autres provinces. Moi-même, je suis un défenseur de la gestion de l’offre. Aux dernières négociations du Partenariat transpacifique, j’étais là pour soutenir et conseiller, autant que je le pouvais, le ministre québé-
8 / Mars 2016 / Le Bulletin des agriculteurs /
JACQUES CARTIER Président du Conseil des entrepreneurs agricoles.
« Nous souhaitons que le ministre Paradis soit le porteur de ballon de notre revendication principale qui est la fin du monopole syndical de l’UPA. »
pouvoir avoir d’autres organisations adaptées aux besoins spécifiques de différents groupes de producteurs. Aujourd’hui, être dissident face à l’UPA veut dire être privé de services, être exclu de toutes décisions, ne pas pouvoir bénéficier de certains avantages légaux et fiscaux reconnus aux seuls membres de l’UPA. On a le choix de nos fournisseurs de biens et services, mais on n’a pas le choix de notre syndicat. En plus, les règles encadrant l’exclusivité syndicale privent les opposants de l’accès à certains programmes. C’est absurde. Pour la suite des choses, que faites-vous ? Nous continuons à échanger avec les milieux politiques et nous travaillons à mieux nous faire connaître tant du monde agricole que du grand public. Un outil important nous manque pour entrer en contact direct avec les agriculteurs. L’UPA a accès à la liste des producteurs. On nous refuse le même droit. Véritablement, c’est deux poids, deux mesures.
Donnez-nous un portrait rapide du CEA ? Cinq organisations sont membres du CEA : cois et les négociateurs canadiens. Et on a les Céréaliers du Québec, l’Association des évité le pire. jardiniers maraîchers du Québec, l’Association des producteurs de gazon, l’Association des érablières-transformateurs des produits En plus de la reconnaissance juridique de l’érable du Québec et l’Association de pour le CEA, vous parlez d’une recondéfense des producteurs de bovins. Il s’agit, naissance sociale, n’est-ce pas ? au bas mot, de 2500 membres. Nous parNous avons des étapes à franchir juridiquetageons la même finalité, le même objectif ment, mais il nous faut aussi la reconnaissance sociale, la reconnaissance de la société. premier que l’Union Paysanne, mais cette Nous sommes là, nous représentons au-delà organisation n’est pas membre du CEA pour des raisons philosophiques. Nous avons de 2500 productrices et producteurs dans de tout de même des échanges fréquents. Et, nombreux secteurs, mais nous n’avons pas encore une fois, nous sommes tous encoude rôle officiel. La société accepte-t-elle que ragés par le fait que le ministre Paradis nous seule l’UPA puisse parler au nom du monde agricole ? Dans le monde ouvrier, il y a le plu- considère, nous consulte et nous implique dans les processus et mécanismes de notre ralisme syndical. Pourquoi n’existerait-il pas a griculture. dans le monde agricole ? Mais chaque agriculteur a tout de même le droit à la dissidence ? La dissidence ne nous sert pas. Il faut
Lionel Levac est journaliste spécialisé en agriculture et agroalimentaire. Il collabore à certaines émissions de Radio-Canada et tient un blogue sur le site Agro Québec.
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ils doivent être protégés.
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EN COUVERTURE
PAR NICOLAS MESLY
La culture sous film plastique gagne du terrain Une nouvelle technologie permet d’augmenter les unités thermiques de l’Abitibi au Lac-Saint-Jean en passant par le sud de Montréal et, du coup, d’augmenter les rendements de soya et de maïs.
PHOTOS : NICOLAS MESLY ET SAMCO
10 / Mars 2016 / Le Bulletin des agriculteurs /
«
C’est fou raide! À 66 t/ha, j’ai eu les meilleurs rendements de maïs-ensilage à vie, et ce, bien que j’aie semé des variétés de 2800 UTM dans une zone de 2550 UTM », s’exclame Francis Groleau. Le jeune producteur laitier, dans la trentaine, exploite la ferme familiale à Compton, dans les Cantons-de-l’Est. Son secret : il a semé ses petits grains jaunes dans ses champs sous un film plastique biodégradable. Celui-ci agit comme une serre et permet de gagner de 300 UTM à 400 UTM. C’est un agriculteur irlandais du nom de Samuel J. Shine qui a inventé cet astucieux stratagème en développant le premier semoir Samco en 1996. « En Irlande, il fait froid et il pleut. Samuel J. Shine voulait optimiser ses terres en cultures », raconte Jérémie Boucherau, responsable du développement de la compagnie au Canada. Ce jeune et dynamique agronome français, diplômé de l’école d’ingénieur d’agriculture de Rouen, met le cap sur l’Irlande pour y apprendre l’anglais. Recruté par Samco, il plante
Jérémie Bouchereau, responsable Samco Canada, tient un plant de soya semé sous plastique, plus robuste, et un autre semé de manière conventionnelle sur une ferme à Howick au sud de Montréal. En médaillon, un semoir Samco en action !
d’abord le drapeau de la compagnie chez un agriculteur de l’Ontario en 2012, puis gagne le Québec l’année suivante. Francis Groleau a été un des premiers producteurs québécois à essayer toutes les cultures possibles de maïs en semant sous film plastique 41 ha de maïs-ensilage, de maïs-grain et de maïs sucré. Dans tous les cas, il note une augmentation notable des rendements et plusieurs avantages. D’abord pour son troupeau de 60 bêtes en lactation. « Mes vaches produisent 1,5 litre de lait de plus par jour parce que mon ensilage est bourré d’énergie et qu’il a une meilleure qualité alimentaire ». Côté maïs-grain, ses rendements sont passés à plus de 11 t/ha sous le système Samco, comparativement à une moyenne de 9 t/ha auparavant. Quant au maïs sucré, grâce au semis sous film, « j’étais le premier à en vendre sur le marché cette année dans la région », dit-il. L’exception chez Francis en 2015, c’est la culture de soya semée sous plastique sur une quinzaine d’hectares. Ses champs, croit le producteur, auraient dû lui donner de 4,7 t/ha à 4,9 t/ha. Mais il a dû se contenter de 3,7 t/ha. « C’est de ma faute. Je n’ai pas voulu appliquer de fongicides pour les maladies et j’ai perdu de 25 % à 30 % de rendement », estime-t-il.
/ Le Bulletin des agriculteurs / Mars 2016 / 11
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Francis Groleau est enchanté du système Samco. Ses rendements sont passés à plus de 11 t/ha par rapport à une moyenne de 9 t/ha.
On a poussé l’expérience au Lac en plantant sous film plastique des variétés hybrides de maïs comprises entre Par contre, d’autres essais de culture de 2225 UTM et 2700 UTM dans les champs soya sous film plastique dans un champ de trois entreprises. Chez Louis Laroche, près de Québec ont donné des rendements les rendements ont augmenté de 30 % frisant les 4,9 t/ha, alors que la moyenne en dans le maïs-grain à plus de 12 t/ha et près régie conventionnelle est de 3,2 t/ha. « On de 50 t/ha pour le maïs-ensilage, note le va faire d’autres essais en 2016 pour propo- producteur. Non seulement l’ensilage est ser notre technologie à plus grande échelle de meilleure qualité, mais son maïs-grain, au Québec dès 2017 », précise Jérémie plus riche en énergie, surpasse les 70 kg/hl, un poids qui c ommande le meilleur prix Bouchereau. sur le marché. Louis Laroche, qui possède un semoir UNE BÉNÉDICTION POUR Samco de six rangs depuis 2013, est aussi LES RÉGIONS Au Lac-Saint-Jean, on bénit l’arrivée de représentant de la compagnie. Ce dernier Samco. « Grâce à ce système, notre région indique avoir vendu neuf semoirs au Lac et va être autosuffisante en maïs un jour », prévoit qu’en 2016, entre 1000 ha et 1200 ha prédit Louis Laroche, producteur laitier et seront cultivés sous film plastique dans la propriétaire de la Ferme Laroche et frères région. Les impératifs de rendements dans à Saint-Prime. Les 120 vaches en lactation un contexte économique difficile, dont de l’entreprise mangent et produisent l’augmentation du prix des terres au Lac, mieux depuis que la production de maïs poussent les producteurs à l’innovation, est plantée sous film. Depuis vingt ans, les selon lui. Le système fait aussi ses preuves au producteurs se battent contre Dame nature pour produire du maïs de qualité dans une Témiscamingue, en Abitibi, et dans le nord région qui baigne dans environ 2000 UTM, de l’Ontario. La précocité des semis se tratout juste à la limite requise pour satisfaire duit par des rendements oscillant entre 37 t/ha et 45 t/ha de maïs-ensilage d’excelcette plante qui adore la chaleur.
lente qualité. L’année dernière, Samco avait une quarantaine de semoirs en marche au Canada dans des zones oscillant entre 1800 UTM et 3400 UTM pour une superficie totale de plus de 2800 ha. Mais attention ! Le système Samco n’est pas à la portée de tous. « On ne vend pas un semoir, on vend un système de production régie par la science agronomique », insiste Jérémie Bouchereau. Rien ne sert de se lancer dans cette aventure si vos terres ne sont pas bien drainées ni fertiles, ajoute celui qui assure un service technique pointu auprès de sa clientèle avec son équipe de représentants québécois. En tout, quelque 750 semoirs ont été fabriqués dans l’entreprise familiale irlandaise et vendus aux quatre coins de la planète sous le seau de cette philosophie.
PLUS QU’UN SEMOIR Le semoir Samco est conçu de façon à réaliser trois opérations en un seul passage (graine, herbicide, film). L’engin transforme le champ en serres biodégradables en déroulant son film plastique en forme d’arche au-dessus du lit de semence, ce qui permet aux jeunes plants de lever et de respirer. L’application d’herbicide
/ Le Bulletin des agriculteurs / Mars 2016 / 13
EN COUVERTURE
Le système Samco favorise le développement racinaire du plant de maïs.
est indispensable. « On s’assure que seul le maïs et non les mauvaises herbes bénéficie de la chaleur, de l’humidité et de l’engrais », explique Louis Laroche. Le producteur a aussi accru son taux de semis à 95 000 plants/ha au lieu de 85 000 plants/ha. Sous cette atmosphère tropicale, il veut favoriser la formation d’un seul épi par plant et la production d’un plus grand nombre d’épis à l’hectare. Le truc du système Samco, c’est de bien équilibrer les apports et les besoins des cultures. Pour obtenir ses résultats, Louis Laroche a appliqué 100 unités d’engrais liquide azoté avant de semer, puis une dose de phosphore sur les semences au semis « pour leur donner un bon départ ». Il revient aux champs appliquer une dose supplémentaire de 100 unités d’azote lorsque le plant de maïs aura transpercé le film plastique et sera au stade de six à huit feuilles. Le rouleau de film plastique est très facile à poser sur le semoir, indique-t-il. Mais comment choisir le bon ? C’est le grand
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secret de Samco. La compagnie développe ses films plastiques au cœur de son laboratoire en Irlande. Là sont imitées les régions du monde (température, pluviométrie, hydrométrie, humidité) pour fabriquer des films perforés et ventilés selon le climat. Leur résistance est testée selon les plantes. Pour le marché chinois, les films auront tendance à conserver l’humidité du sol, tandis que ceux fabriqués pour le marché canadien, visent à conserver la chaleur, explique Jérémie Bouchereau. Cette technologie, brevetée, fait ses preuves aujourd’hui dans 25 pays. « On utilise des films verts pour le soya, jaune pour le maïs sucré et clair pour le maïs-grain ou ensilage », résume Louis Laroche. D’ailleurs, il spécifie que les résultats en laboratoire correspondent tout à fait à ceux obtenus aux champs.
RENTABLE ? « Plus tu sèmes tôt, plus tu as du rendement. Avec un semoir à quatre rangs, j’aurais fini de semer le 15 mai au lieu du 24 mai l’année dernière », raconte Francis Groleau qui opère avec un semoir Samco de deux rangs, le modèle de base. Le jeune producteur a
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bien tenté d’intéresser deux voisins pour acheter un semoir à quatre rangs, mais ceux-ci ont décliné l’offre. Le coût passe de 25 000 $ à plus de 75 000 $ pour un modèle de deux à quatre rangs, selon une gamme d’options. Le prix du film lui, à 370 $/ha, reste le poste le plus onéreux. Selon les calculs de Samco, le coût du système est d’environ 445 $/ha. Sa rentabilité dépend de plusieurs facteurs : région, prix du grain, du séchage, de la terre, etc. Les producteurs, indique Jérémie, commencent à engranger des profits lorsque les rendements s’accroissent de 1,8 t/ha à 3,7 t/ha dans le maïs-grain et de 1,2 t/ha dans le soya. En provoquant des changements climatiques bénéfiques au sud comme dans les régions plus nordiques de la Belle Province, la technologie Samco risque de faire plusieurs nouveaux adeptes d’ici les prochaines années. Nicolas Mesly est agroéconomiste et journaliste pigiste spécialisé dans les enjeux agroalimentaires. Il couvre les grandes cultures pour Le Bulletin.
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CULTURES
PAR JOHANNE VAN ROSSUM
Phytoprotection :
les nouveautés 2016 Plusieurs nouveaux produits seront disponibles pour les producteurs de grandes cultures cette année. Voici les nouveautés 2016 en phytoprotection.
L
e nouveau système de désherbage Roundup Ready 2 Xtend vient tout juste de recevoir les approbations pour la commercialisation en Chine. Pour les autres herbicides, les nouveaux produits destinés aux cultures conventionnelles contiennent plusieurs modes d’action, afin de réduire le risque de résistance des mauvaises herbes. Les fongicides sont plus nombreux pour fournir plus d’outils aux producteurs. Regard sur les nouveautés en phytoprotection des principaux fournisseurs.
Fongicides Allegro Nouvelle homologation pour le fongicide Allegro de Syngenta contre la sclérotiniose (moisissure blanche) dans le soya. Deux doses sont possibles, selon les risques de propagation. Pour un traitement préventif ou lorsque les conditions sont peu favorables à la maladie, utiliser la faible dose. La dose élevée est recommandée lorsque les conditions sont propices
PHOTO : YVON THÉRIEN
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CULTURES
au développement de la maladie. « Deux applications sont nécessaires pour de meilleurs résultats », explique Éric Boulerice, représentant chez Syngenta. Une première entre le stade R1 (début floraison) et le R2 (pleine floraison), puis une deuxième 10 à 14 jours plus tard.
COMMENT LUTTER CONTRE LA BRÛLURE PHOMOPSIENNE DU SOYA ? Toutes les parties de la plante peuvent être infectées par la brûlure phomopsienne, mais le champignon se retrouve surtout sur la tige, les gousses et les graines. Elle peut occasionner des pertes de rendement dans le soya, mais elle réduit surtout la qualité et la viabilité des graines. Les grains infectés sont décolorés et montrent de fines et de moyennes craquelures qui peuvent contenir du mycélium blanc du champignon. Dans cet épisode de Défi soya, Pierre Boireau, représentant pour Bayer CropScience, explique comment minimiser les pertes causées par cette maladie. Visitez LeBulletin.com et cliquez sur Défi maïs dans le menu horizontal.
COMMANDITÉ PAR
18 / Mars 2016 / Le Bulletin des agriculteurs /
produit de désherbage. Pour le soya, le TrivaPro contrôle la plupart des maladies foliaires incluant l’anthracnose, la brûlure phomopsienne et la cercosporiose, pour ne nommer que celles- là. « Le Trivapro n’a aucun effet sur la sclérotiniose », ajoute Éric Boulerice, représentant chez Syngenta. Le fongicide doit être appliqué entre le stade R1 et R3. De nature Stratego Pro systémique, le produit sera acheminé Deux nouvelles homologations sont vers les feuilles du haut. Pour les céréales, ajoutées au fongicide Stratego Pro de Trivapro agit, entre autres, contre les Bayer en 2016. Il peut maintenant être maladies responsables de la rouille, de appliqué sur le blé de printemps et le maïs, en plus du blé d’automne et du soya. l’oïdium, des taches helminthosporiennes et de la rayure réticulée. « Les applications Stratego Pro contient deux fongicides doivent se faire avant l’épiaison des de deux groupes chimiques différents : céréales », précise Éric Boulerice. Un le prothioconazole du groupe 3 et le mélange en réservoir avec un herbicide trifloxystrobine du groupe 11. Ceci dans est possible pour éviter un passage le but de déjouer le développement de la supplémentaire. Il faut toutefois éviter résistance des pathogènes. « Pour obtenir le mélange avec un herbicide contenant les meilleurs résultats, il faut appliquer du bromoxynil, afin de minimiser les le fongicide en mode préventif au bon stade de la culture », précise Pierre Boireau, dommages à la culture. agronome et représentant technique chez Bayer CropScience. Dans le cas du blé, la période optimale se situe entre le stade Zadocks 21 (début tallage) à Z 37 (dernière feuille visible). L’objectif est de Barricade M protéger les feuilles avant l’apparition des L’herbicide Barricade M de DuPont est un maladies foliaires. Pour la lutte contre la nouvel outil pour le blé et l’orge contre fusariose, un fongicide comme le Prosaro les mauvaises herbes à feuilles larges. Il est recommandé lorsque les risques sont s’attaque même aux mauvaises herbes élevés. Il faut toutefois respecter le stade coriaces comme le laiteron des champs, le précis de la culture pour s’assurer des gaillet gratteron et le pissenlit. Il contient meilleurs résultats. Pour le maïs, le stade quatre ingrédients actifs de deux groupes d’application se situe entre le stade six différents (MCPA, fluroxypyr du groupe 4, feuilles jusqu’au stade d’apparition des tribénuron-méthyle et thifensulfuroncroix. « Stratego Pro peut être mélangé méthyle du groupe 2 ) « Il fournit aux aux herbicides si les stades de cultures producteurs un excellent outil pour la correspondent », ajoute Pierre Boireau. gestion de la résistance », précise Johanne Simard, agronome et directrice de compte chez DuPont. Très doux pour la culture, Trivapro le Barricade peut être appliqué du stade Nouveau fongicide de Syngenta avec trois feuilles jusqu’avant l’apparition de la trois modes d’action contre les maladies feuille étendard. Un mélange en réservoir foliaires dans plusieurs cultures. Le est recommandé pour le contrôle des Trivapro contient du Quilt (azoxystrobine graminées. et propiconazole) auquel on a ajouté le soletanol. Pour le maïs, il contrôle la plupart des maladies foliaires incluant la Focus rouille, la kabatiellose, l’anthracnose et L’herbicide Focus de FMC peut maintenant la tache grise en plus du dessèchement. être appliqué en prélevée dans la culture Appliqué au stade cinq à dix feuilles, il du blé et de l’orge. Il est efficace contre les peut être mélangé avec un herbicide graminées et les feuilles larges. « Il est tout si la culture est au stade exigé par le indiqué pour les champs de céréales aux
Herbicides céréales
prises avec de la folle avoine résistante aux herbicides du groupe 1 », explique René Gingras, agronome et représentant chez UAP Canada. Disponible en emballage jumelé, Focus se compose de deux matières actives : le pyroxasulfone, un herbicide du groupe 15, et le carfentrazone (AIM) du groupe 14.
de la morelle dans le maïs. « Il est doux avec le ray-grass semé en culture intercalaire dans le maïs », ajoute Éric Boulerice, représentant chez Syngenta. Pour un meilleur résultat contre la petite herbe à poux, il est préférable d’ajouter de l’atrazine au réservoir avant l’application.
Destra Les modes d’action multiples et les propriétés résiduelles du Destra de DuPont permettent de contrôler les mauvaises herbes tout au long de la saison. « Lancé tardivement l’an dernier, il sera disponible à grande échelle en 2016 », indique
Pixxaro Disponible depuis 2015, le nouvel herbicide Pixxaro de Dow AgroSciences offre une suppression contre les mauvaises herbes à feuilles larges dans le blé et l’orge. Pixxaro est efficace à très petite dose et en présence de conditions climatiques très variables. Il est doté d’une matière active très puissante appartenant au groupe 4, arylex actif, composé de halauxifen et de fluroxypyr. « Il est disponible en emballage jumelé avec le MCPA », précise Paul Foran, spécialiste développement de marché chez Dow AgroSciences. Il offre une performance constante contre les mauvaises herbes à feuilles larges incluant les biotypes résistants au glyphosate ou aux herbicides du groupe 2 (inhibiteurs de l’acétolactate synthase (ALS).
LA VITESSE A ÉVOLUÉ.
Herbicides maïs Armezon PRO Nouvel herbicide pour le maïs de BASF, dont l’homologation est prévue pour 2016. « Armezon PRO est très sécuritaire pour la culture et contrôle à la fois les graminées et les feuilles larges », mentionne JeanFrançois Foley, agronome et responsable du développement technique chez BASF. Il est composé de deux matières actives appartenant aux groupes chimiques 27 et 15. Sa fenêtre d’application s’étend du stade émergence jusqu’au stade huit feuilles du maïs. Il agit par contact et possède aussi une activité résiduelle. « On peut ajouter ArmezonPRO au glyphosate pour le maïs tolérant », ajoute l’agronome.
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CULTURES
Johanne Simard, agronome et directrice de compte chez DuPont. Destiné aux applications en postlevée entre le stade trois et six feuilles du maïs, le Destra est composé de rimsulfuron et de nicosulfuron (Ultim) du groupe 2 ainsi que de mesotrione (Engarde) du groupe 27. Il peut être mélangé au glyphosate pour le maïs tolérant. Aucune restriction particulière quant à la rotation des cultures. Il n’est pas nécessaire d’ajouter un surfactant.
Herbicides maïs et soya Enlist Duo En attente d’un accord avec la Chine pour la commercialisation du maïs et du soya avec la technologie Enlist, l’herbicide Enlist Duo de Dow AgroSciences est homologué comme outil de brûlage à l’automne ou au printemps avant le semis. Il est composé d’un mélange de glyphosate et de choline 2,4- D doté de la technologie Colex-D. Grâce à ses deux modes d’action, Enlist Duo permet de contrôler efficacement les mauvaises herbes tout en réduisant le risque de développement de la résistance des mauvaises herbes.
Herbicides soya Authority L’herbicide Authority de FMC contient du sulfentrazone, une nouvelle matière active appartenant au groupe 14. Authority est une solution de désherbage résiduel de longue durée contre les feuilles larges. « Plus doux sur la culture que d’autres herbicides du groupe 14, il peut être appliqué en présemis ou prélevée dans le soya tolérant le glyphosate ou le soya conventionnel », précise René Gingras, agronome chez UAP Canada. Le désherbage dans le soya conventionnel ou IP peut représenter un réel défi. Les échappées de mauvaises herbes comme le chénopode, l’amarante ou la morelle peuvent faire déclasser la récolte de fèves de soya. Authority contrôle également les mauvaises herbes résistantes au glyphosate, comme la vergerette du Canada.
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Bifecta « Bifecta est le nouveau nom pour un herbicide composé de flumioxazine (Valtera) et de métribuzine (Tricor) », mentionne Gilbert Brault, agronome et directeur commercial de Nufarm pour le Québec. Il doit être appliqué en présemis ou en prélevée du soya. Son activité résiduelle permet un contrôle efficace des mauvaises herbes à feuilles larges tout au long de la saison en plus d’une suppression de graminées (sétaires verte et jaune). Possibilité de mélange avec le glyphosate ou autre herbicide utilisé pour le brûlage.
BlackHawk Destiné au brûlage en présemis de soya et de céréales, l’herbicide BlackHawk de Nufarm est composé de deux matières actives : le carfentrazone du groupe 14 et le 2,4-D Ester du groupe 4. Ajouté au glyphosate, il devient un traitement non sélectif pour toutes les mauvaises herbes présentes avant le semis de céréales ou de soya, incluant les cas les plus difficiles. « BlackHawk est une solution efficace pour contrer la résistance au glyphosate, aux herbicides de groupe 2 et aux triazines », explique Gilbert Brault, agronome et directeur commercial pour le Québec.
Eragon LQ « L’herbicide Eragon LQ de BASF peut maintenant être appliqué en prélevée de la culture du soya ou jusqu’à un maximum de trois jours après le semis », précise Jean-François Foley, agronome et responsable du développement technique chez BASF. Il faut absolument éviter le stade de craquement où la culture pourrait subir des dommages. La dose varie selon le type de sol et le pourcentage de matière organique. Appliqué seul ou en mélange avec le glyphosate, il permet un brûlage rapide au printemps des mauvaises herbes déjà présentes. « Avec cette nouvelle homologation, Eragon LQ s’ajoute aux autres herbicides comme Optill et Integrity pour cette fenêtre d’application », ajoute Jean-François Foley.
Roundup Ready Xtend L’approbation du nouveau caractère technologique par la Chine permet le lancement officiel du nouveau système
de désherbage Roundup Ready 2 Xtend de Monsanto dans le soya. Comme le mentionne Jérôme Belzile, représentant en développement des technologies pour Monsanto Canada, « nous sommes en mesure d’offrir plusieurs variétés qui couvriront toute la gamme de maturité de l’est du Canada. » Rappelons que le système de production Roundup Ready 2 Xtend se compose de cultivars tolérants au dicamba et au glyphosate et de l’herbicide Xtendimax que l’on ajoute au Roundup. L’activité résiduelle du dicamba prolonge (« Xtend ») la période de contrôle des mauvaises herbes. « Le fait d’avoir un nouveau mode d’action permet aussi de mieux gérer les risques de résistance aux herbicides », précise Jérôme Belzile.
Traitement de semences Clariva pn Le nouveau traitement de semence Clariva pn de Syngenta protège le soya contre le nématode à kyste du soya (NKS). L’ingrédient actif est une bactérie mycélienne Pasteuria nishizawae. Cette bactérie améliore la performance des variétés possédant une résistance génétique au NKS attribuable à la lignée P188788. Elle peut aussi réduire l’infection par les pathogènes associés au NKS, comme le syndrome de la mort subite. Même si peu de cas ont été répertoriés jusqu’à maintenant au Québec, le NKS demeure un ravageur important dans plusieurs régions productrices de soya.
Fortenza Fortenza de Syngenta est un insecticide utilisé comme traitement de semence dans le maïs. Il n’appartient pas à la famille des néonicotinoïdes. « Il assure un contrôle des vers gris, des vers fil-de-fer et des hannetons européens », précise Éric Boulerice, représentant chez Syngenta. Fortenza contient un insecticide du groupe 28, le cyantraniliprole de la catégorie chimique des diamides. Johanne Van Rossum est agronome et productrice de grandes cultures à Sainte-Brigide d’Iberville.
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MARCHÉ DES GRAINS
PAR JEAN-PHILIPPE BOUCHER
LE COUP DE DÉ DES ENSEMENCEMENTS AMÉRICAINS
P
our terminer le mois de mars, le Département américain de l’agriculture (USDA) présentera son rapport sur les intentions d’ensemencements américains pour ce printemps. Basé sur un sondage auprès des producteurs, ce rapport est sans aucun doute l’un des plus importants de l’année. Il permet de dresser un premier aperçu officiel de ce qu’on peut anticiper comme récoltes américaines à l’automne prochain. À priori, au moment d’écrire ces lignes au début février, le sentiment des marchés à ce sujet est très partagé : se sèmera-t-il plus de maïs ou de soya cette année aux États-Unis ? Avec des prix dépréciés et de faibles marges de profits, les faveurs seraient de nouveau du côté du soya, selon des analystes d’Informa Economics ainsi que Darrel Good, agroéconomiste de l’Université de l’Illinois. Le soya serait en hausse de l’ordre de 2 % à 2,5 %, soit à un nouveau record de plus de 34 millions d’hectares. Par contre, le maïs ne serait pas en reste. On prévoit aussi que les superficies totales cultivées en grandes
Selon des analystes, les faveurs seraient de nouveau du côté du soya en 2016. cultures en 2016 aux États-Unis seront plus importantes, de sorte que les producteurs américains pourraient semer 36 millions d’hectares de maïs, une progression de l’ordre de 1 % par rapport à 2015. Un premier sondage réalisé par l’équipe de Farm Futures propose cependant des perspectives différentes : une hausse modeste de 1,7 % des superficies semées en maïs à 36,2 millions d’hectares, mais un recul de celles cultivées en soya de 200 000 hectares à 33,2 millions d’hectares. Qui dit vrai ? En principe, le fameux ratio soya/maïs penche très légèrement du côté d’Informa Economics et de Darrel Good, à savoir plus de soya de semé. Il faut prendre en compte cependant que si les producteurs américains boudent de
nouveau le maïs ce printemps, ce sera la 4e année consécutive de repli des superficies cultivées en maïs aux États-Unis. Cette éventualité n’est certainement pas impossible. Toutefois, elle mettrait à risque le marché du maïs. Il faudrait en effet plus que jamais une bonne saison pour assurer de bons rendements en maïs et ainsi répondre aux besoins des consommateurs qui, eux, continuent de progresser chaque année. Parions que les prix seront alors particulièrement sensibles et nerveux au moindre imprévu météo l’été prochain. Et dire qu’on parle déjà d’un été trop sec avec la possibilité que La Niña se pointe le nez à ce moment… Jean-Philippe Boucher est agronome, M.B.A., consultant en commercialisation des grains et fondateur du site Internet Grainwiz.
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INFOS / CULTURES Profondeur de semis de soya germer, un semis trop en surface est à risque pour la dessiccation des graines lorsque la pluie se fait attendre ou que le travail de sol est trop agressif. D’un autre côté, un semis de plus de 5 cm (2 po) affecte aussi l’émergence. L’hypocotyl ne réussit pas toujours à se frayer un chemin jusqu’à la surface si la croûte est trop épaisse. Les résultats présentés dans le tableau ci-dessous indiquent que sur deux des trois sites, les populations diminuent lorsque la profondeur de semis augmente pendant les deux années de l’étude. Il faut se rappeler que d’excellentes conditions de sol au printemps 2013 et 2014 ont favorisé une émergence rapide et uniforme. La différente tendance pour le site 1 (Cayuga) peut être expliquée POPULATION EN FONCTION DE LA PROFONDEUR DE SEMIS par le type de sol (loam limoneux), l’espacePROFONDEUR DE SEMIS SITE 1 CAYUGA SITE 2 LIVINGSTON SITE 3 TOMPKINS ment des rangs (30 po), l’absence de travail PLANTS/ACRE (2013) de sol (semis direct) ou la date de semis (plus hâtive que les autres sites). 129 015 136 527 2,5 cm (1 po) 118 708 Au moment de la récolte, la différence de 3,75 cm (1,5 po) 122 385 125 169 134 165 rendement selon la profondeur de semis n’a 5 cm (2 po) 114 358 117 863 129 885 pu être décelée que sur la moitié des années sites. Et seul un écart de 4,5 % à 6 % sépare 6,25 cm (2,5 po) 117 480 112 170 127 229 les minimums et maximums pour les sites PLANTS/ACRE (2013) significatifs. Les producteurs devraient pro2,5 cm (1 po) 110 761 135 394 155 702 bablement viser une profondeur de 1,5 po à 2 po pour éviter une dessiccation des se3,75 cm (1,5 po) 128 145 136 387 150 487 mences par temps sec et favoriser une crois125 154 5 cm (2 po) 128 847 145 940 sance de l’hypocotyl suffisante pour briser la 131 004 117 749 142 166 6,25 cm (2,5 po) croûte. Source : Université Cornell
Une bonne profondeur de semis est considérée comme essentielle pour maximiser les rendements de soya. Pour une émergence uniforme en conditions normales, elle devra être maintenue à 3,75 cm (1,5 po), révèle une étude réalisée en 2013-2014 par l’Université Cornell dans l’État de New York. Des profondeurs de 5 cm ou 6 cm (2 po ou 2,5 po) ou moins de 2,5 cm (1 po) peuvent réduire les populations en début de saison. Toutefois, les rendements ne semblent pas affectés par une diminution du nombre de plants. Sachant que la semence de soya doit imbiber la moitié de son poids en eau pour
SUPERFICIES EN MAÏS NON-OGM EN CROISSANCE Aux États-Unis, les superficies en maïs nonOGM sont en hausses, selon Corn and Soybean Digest. De plus, une équipe de chercheurs de l’Ohio a comparé les performances des hybrides conventionnels à leurs équivalents transgéniques. Les résultats indiquent qu’en l’absence de pyrale et de chrysomèle, les rendements des maïs non-OGM sont équivalents au maïs transgénique. Selon les statistiques du Département américain de l’agriculture (USDA) et du Economic Research Service, 85 % des superficies en maïs en Ohio sont ensemencées avec des hybrides OGM, dont 68 % ont plus d’un caractère de résistance. Certains producteurs optent pour le maïs non-OGM pour
diminuer le coût d’achat des semences ou pour profiter de primes intéressantes pour le grain récolté. Quand un nouvel hybride est lancé, il possède souvent un ou plusieurs caractères transgéniques de résistance aux herbicides ou aux insectes. Les producteurs ayant choisi de semer des hybrides conventionnels se questionnent sur la qualité des hybrides qui leur sont offerts. Ils aimeraient avoir accès à la même génétique de pointe que les hybrides transgéniques. À des fins de comparaison, les chercheurs de l’Université de l’État de l’Ohio ont regroupé les hybrides inscrits aux essais officiels de 2014 et 2015 en quatre groupes :
1. Non-OGM (conventionnel); 2. Résistance à un herbicide; 3. Résistance aux insectes au-dessus du sol et herbicide; 4. Résistance aux insectes sous la surface du sol, au-dessus et herbicide. En l’absence d’insectes ravageurs et avec un champ exempt de mauvaises herbes, les rendements moyens obtenus dans chaque catégorie sont comparables. Même conclusion entre les groupes d’hybrides résistants seulement aux insectes au-dessus du sol et ceux possédant une résistance complète. Les résultats présentés dans les rapports de performance permettent aux producteurs de choisir le meilleur hybride pour leur ferme selon leur préférence technologique. Source : Corn and Soybean Digest
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DES SOLS EN SANTÉ POUR UNE ENTREPRISE EN SANTÉ Les sols lourds possèdent souvent un excellent potentiel. Mais ils sont exigeants, du fait notamment de leur sensibilité à la compaction. Jean-Guy Ouellette en sait quelque chose, lui dont les terres sont très majoritairement argileuses. Cela explique pourquoi la santé des sols constitue pour lui à la fois une obsession et une passion. « Aux prix où les terres se vendent, lance le producteur de Terrebonne, il faut qu’elles soient les plus performantes possible. » Le parc de machinerie reflète cette préoccupation : quatre des cinq tracteurs sont équipés de chenilles, tout comme la batteuse et d’autres éléments. « Il n’y aurait rien pour m’enlever mes chenilles, dit le producteur. J’ai un tracteur avec roues doubles en avant et en arrière et je peux voir que les chenilles font toute une différence. » L’entreprise cultive du soya (135 ha cette année), des blés d’hiver et de printemps pour consommation humaine (105 ha) et du maïs-grain (185 ha) sur une rotation de trois ans. Un passage de herse à disques suit la récolte du soya. « Ça décompacte sur environ 10 po », observe Jean-Guy. Après le blé, il compte sur la charrue pour enfouir les résidus. Et la transition du maïs au soya implique le passage d’une herse à disques légère travaillant à moins de 2 po. « Ça vise à assécher le sol parce qu’il reste beaucoup de résidus », explique le producteur. Comme plusieurs, Jean-Guy sème tôt. « En 2015, on a commencé le 28 avril et le 9 mai, les trois cultures étaient terminées, raconte-t-il. « Je sème le soya quasiment en même temps que le maïs. Il y a même des champs de soya qu’on sème avant des champs de maïs », ajoute le producteur. La ferme dispose d’environ 2800 UTM. Ses hybrides de prédilection sont les
24 / Mars 2016 / Le Bulletin des agriculteurs /
P9188AM, P9411HR, P9526AMX et P9644AM. Dans le soya, il privilégie les variétés 90Y90R et P12T82R. Pour orienter ses choix, il effectue chaque année des tests en bande avec une dizaine d’hybrides et de variétés. Jean-Guy a adopté les engrais verts. Dans le maïs, l’application d’azote au stade 6-8 feuilles est combinée à un semis de raygrass ou de radis tillage. Dans les champs de blé de printemps, il sème le trèfle à la volée avant la céréale. « Quand nous avons battu le blé en août dernier, le trèfle avait 6 po, raconte-t-il. Il a ensuite grimpé à un pied. » Semis hâtif est synonyme de champs bien drainés. Jean-Guy commence par niveler afin d’éliminer les accumulations d’eau, puis il draine. « Certaines terres étaient déjà drainées, mais avec des écartements de 40 pi, 50 pi et même 60 pi, décrit-il. Je ramène ça à 25 pi. Rien que cette année, j’ai posé 98 000 m de drains. J’ai tout l’équipement pour le faire moi-même. » Le résultat saute aux yeux. « Le soya donne une tonne de plus grâce au drainage, dit-il. Dans le maïs, à la fin de juin, dans les champs dont le drainage n’a pas été amélioré, les plants ont facilement un pied de plus sur les drains qu’entre ceux-ci. Après le drainage, on ne voit plus de différence. » En 2015, le soya a procuré un rendement moyen de 4,5 t/ha, le maïs de 13 t/ha (sec) et le blé de printemps de 4,25 t/ha. Pour les prochaines années, la santé des sols restera la priorité. Jean-Guy est convaincu que cela soutiendra la croissance de ses rendements. « Dans le maïs, on a des pointes de 17 tonnes, dit-il. Je suis persuadé que le rendement moyen peut atteindre 15 tonnes. »
INOCULANTS POUR LE SOYA Il y a deux nouvelles formulations pour l’inoculant Optimize et Optimize ST. Optimize peut maintenant être appliqué sur la semence de soya jusqu’à 220 jours avant le semis. « Ce délai permet une plus grande quantité, flexibilité ainsi qu’une plus grande disponibilité de semences préinoculées », mentionne Katherine Murray de Monsanto BioAg. Les semenciers pourront commencer plus tôt durant la saison hivernale le conditionnement au poste de criblage. Compatible avec les insecticides et les fongicides, tous les traitements peuvent être appliqués avant la période intense du printemps. La formulation Optimize ST a une concentration deux fois plus élevée de bactéries avec une fenêtre d’application de 120 jours avant le semis. Rappelons que l’inoculant Optimize contient les bactéries Bradyrhizobium japonicum, en plus de la technologie LCO (lipochitooligosaccharide). Cette molécule accélère la communication entre les bactéries et les racines des plants de soya pour favoriser la formation de nodules. Changement de nom pour un autre inoculant : Histick PRO devient Nodulator PRO. Ce système d’inoculant est réservé aux applications commerciales. Les semences ainsi inoculées sont livrées aux producteurs. Nodulator PRO contient des bactéries (Bradyrhizobium japonicum) pour la formation des nodules et Integral, un biofongicide composé de Bacillus subtilis, pour la suppression de maladies fongiques causées par Rhizoctonia ou Fusarium. Les semences traitées doivent être mises en terre à l’intérieur d’une période de 60 jours. Le Nodulator NT est prévu pour 2017. Il aura une durée de vie de 225 jours. Auteur : JOHANNE VAN ROSSUM est agronome et productrice de grandes cultures à Sainte-Brigide d’Iberville.
RÉSUMÉ DES CONFÉRENCES
PAR MARIE-JOSÉE PARENT
Que l’on doive louer une terre, doubler les drains ou combattre la sclérotiniose, l’important est de bien évaluer la situation avant de passer à l’action. Trois spécialistes ont abordé ces questions lors des conférences du Bulletin qui ont eu lieu en janvier dernier dans le cadre du Salon de l’agriculture de Saint-Hyacinthe. En voici un résumé.
Combien louer une terre ? Trouver le juste prix pour le locataire ou le locateur, ce n’est pas si évident. Heureusement, une équipe s’est penchée sur le problème et nous présente une façon de l’évaluer.
A
u Québec, 39 % des terres en cultures sont louées. Les prix varient beaucoup. Pas évident de s’y retrouver, comme l’a expliqué Eveline Fortier lors de sa présentation. Pour aider les producteurs, le Centre de référence en agriculture et agroalimentaire du Québec (CRAAQ) a publié le document Combien louer une terre agricole ? L’agronome Eveline Fortier est l’une des coauteurs de cet ouvrage. L’étude est basée sur les données du Centre d’étude sur les coûts de production en agriculture (CECPA). Plusieurs facteurs font varier le prix de location d’une terre. Il est toutefois intéressant pour le locateur, comme pour le locataire, de savoir quel est le prix raisonnable à payer. D’abord, la durée de location est variable. Elle ne peut être que d’un an, mais en général, elle est de cinq ans ou plus. Pour le locataire, le bénéfice net avant location aura un impact déterminant sur le prix qu’il peut payer pour la location d’une terre. D’où l’importance de bien connaître
Eveline Fortier, agronome, est l’une des coauteurs de Combien louer une terre agricole ?
son coût de production. Si vous obtenez un bénéfice net avant location de 292 $/ha, vous pourrez vous permettre de payer un peu plus cher pour louer une terre que si vous obtenez 184 $/ha. En ce sens, le prix de la culture et le rendement influenceront le montant. Pour le propriétaire, la valeur de la terre, les intérêts, les taxes foncières et les améliorations sont autant d’éléments à prendre en compte pour évaluer le coût de location d’une terre. Les auteurs de l’étude proposent une formule mathématique pour le calcul du coût de location. Il est basé sur le DIRTA :
Dépréciation ; Intérêt ; Réparation et entretien ; Taxes et Assurances. Voici cette formule : Taux de location ($/ha) = (intérêt (%) + entretien et amélioration (%) + taxes foncières (%)) X valeur payée de la terre ($/ha). Le CRAAQ a voulu comparer les coûts de location fournis dans les études de coût de production du CECPA. Les valeurs ont été indexées en dollars au taux de l’année 2014. Les coûts de location ont été répartis en trois zones, selon le nombre d’unités thermique maïs (UTM), soit la zone de plus de 2500 UTM, entre 2250 et 2500, et moins de 2250. Sans surprise, la zone de plus de 2500 UTM présente les prix les plus élevés, la valeur des terres y étant plus élevée et les revenus espérés y étant également plus élevés. Dans cette zone de 2500 UTM, le plus grand nombre de terres se loue dans la fourchette de prix comprise entre 300 $/ha et 400 $/ha, alors que dans la zone entre 2250 et 2500 UTM, il s’agit plutôt d’une fourchette comprise entre 75 $/ha et 150 $/ha, et à moins de 2250, on parle de 20 $/ha à 39 $/ha. Ils sont toutefois très variables dans une même région. Ainsi, dans la zone de plus de 2500 UTM, on retrouve des terres qui se louent moins de 100 $/ha (10 %) alors que d’autres se louent plus de 500 $/ha (6 %). Il y a d’autres facteurs qui influencent l’attrait d’une terre et donc son prix, comme la durée du bail, le drainage, le type de culture et la proximité de la terre.
PHOTOS : MARIE-JOSÉE PARENT, YVON THÉRIEN
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RÉSUMÉ DES CONFÉRENCES
Avant de doubler les drains…
Méthode de plus en plus populaire, le doublage des drains apporte de nombreux avantages, dont une meilleure productivité. Mais est-ce vraiment la solution à privilégier pour vos champs ?
fréquemment réalisé, mais « en cas de doute, ça peut aider ». Cette étape aide à voir de quelle façon et à quelle vitesse la nappe d’eau descend dans le sol. Le problème peut provenir des matériaux. Si le tuyau est affaissé ou s’il n’a pas de perforation suffisante, il faut redrainer. Hésitez-vous encore entre les drains de 3 po et de 4 po ? « N’hésitez plus, dit Éric Thibault. Mettez des 4 po. » S’il y a une accumulation de sédiments dans un tiers du drain et qu’il y a absence ou mauvais choix de filtre, il faut redrainer en s’assurant que cette ujourd’hui, une vague imporfois-ci nous ayons le bon filtre. S’il y tante d’agriculteurs installe a une compaction en surface, elle est de nouveaux drains entre les créée par l’homme. La décompaction drains existants. Vous vous demandez est temporaire. Il vaut mieux songer si vous devriez faire la même chose au redrainage. Si la compaction est dans vos champs ? C’est précisément en profondeur, il faut niveler et draipour aider les agriculteurs comme vous que l’agronome Éric Thibault, Éric Thibault, directeur général de Pleine Terre ner. Le nivellement est aussi nécesdirecteur général de Pleine Terre, a fait saire dans le cas de baissières où il y a une présentation sur le sujet lors des accumulation d’eau, en plus de draiConférences du Bulletin. ner. Il faut aussi faire attention aux Ce questionnement est devenu fortes pentes qui se déversent dans essentiel à cause des précipitations de les faibles pentes. Il vaut mieux alors plus en plus intenses dues aux chansectionner le système de drainage. Un drainage trop profond n’est pas effigements climatiques. De plus, l’agriculture s’est intensifiée dans les 30 à cace puisque 60 % de l’eau pénètre par 40 dernières années. Le drainage est le dessous du drain. aujourd’hui reconnu comme le prinBref, selon les cas, il faut niveler, netcipal facteur limitant les rendements. toyer, réparer, sectionner le système de Finalement, la valeur des terres a augmenté, les cultures. Est-ce que les plantes poussent drainage et redrainer à une profondeur adéde telle sorte que le prix du drainage ne uniquement ou principalement sur la ligne quate. Il n’y a pas de danger à trop drainer représente plus qu’une faible portion de la de drain ? Ce peut être un indice de com- parce que plus le rendement augmente plus valeur des terres. Il peut donc être avanta- paction ou non. Puis, il se déplace vers les l’espacement diminue entre les drains. Mais geux de drainer, à la condition que ce soit sorties de drains. « En 2015, j’ai été surpris ce n’est peut-être pas nécessaire. Si l’eau nécessaire. Mais si le drainage évacue plus de constater qu’il y a des sorties de drains où coule bien dans les drains au printemps, que de 50 % de l’eau, une partie est évacuée par l’eau ne sort pas, dit Éric Thibault. Les drains les rendements sont toujours meilleurs sur devraient être pleins au tiers ou à la moitié les drains, que la culture est uniforme et qu’il la surface. Avant de se présenter dans un champ, Éric au printemps. » Il vérifie s’ils sont obstrués, n’y a pas de zone d’accumulation d’eau, vous Thibault évalue le problème par l’analyse regarde la couleur de l’eau et s’assure que le pouvez oublier le drainage. Si vous voulez du plan de drainage, du relevé d’élévation, problème ne vient pas de l’exutoire (collec- en connaître davantage sur le sujet, le Guide d’évaluation des systèmes de drainage – Une du plan de nivellement, de la carte pédolo- teur et sortie). L’observation du profil de sol permet approche renouvelée est disponible gratuitegique, de la photo aérienne, de la carte de rendements et des méthodes culturales. Au de voir la couche perméable et la couche ment sur le site Internet d’Agrireseau. champ, il regarde le drainage de surface et compacte. Le suivi de la nappe est moins
A
« Il n’y a pas de danger à trop drainer parce que plus le rendement augmente plus l’espacement diminue entre les drains. Mais ce n’est peut-être pas nécessaire. »
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RÉSUMÉ DES CONFÉRENCES
Nouvelle approche pour déjouer la sclérotiniose La subdivision de champs en zones de gestion à partir d’images aériennes et de données de rendements aide à moduler le taux de semis dans le but de contrer la sclérotiniose.
F
ace à la menace de la scérotiniose, la firme de consultants Veritas, dirigée par Aaron Breimer, a travaillé sur une nouvelle approche. Lors de sa présentation, le spécialiste a parlé de cette maladie préoccupante. D’abord, il n’existe pas de maladie sans trois éléments-clés : le pathogène, l’environnement propice et l’hôte. Le pathogène, c’est Sclerotinia sclerotiorum, un champignon. Les sclérotes peuvent vivre 10 ans et plus dans le sol, d’où l’importance d’effectuer des rotations de cultures. Le maïs et le blé ne sont pas sensibles. De plus, le semis direct réduit les populations de sclérotes. Les températures fraîches, humides et nuageuses sont propices à leur propagation. Les hôtes, ce sont 408 plantes connues, dont plusieurs mauvaises herbes. Comme
culture, le soya est sensible à la maladie. Cette sensibilité varie selon la variété, mais de façon générale, il n’y a pas de résistance génétique. La structure de la plante est la clé pour la propagation de la maladie, mais aussi pour l’affronter. Bien que des rangs étroits à 7,5 po et à 15 po apportent les plus grands rendements, lorsqu’il y a présence de sclérotiniose, il faut éloigner les rangs. Semer aux 30 po est meilleur qu’aux 20 po, qu’aux 15 po ou qu’aux 7,5 po. Comme l’explique Aaron Breimer, c’est la densité élevée du feuillage qui favorise la sclérotiniose. Il faut donc garder cette particularité en tête lorsque vient le temps de combattre la maladie. Il faut donc penser en termes de distance entre les rangs, mais aussi de densité de semis. Dans les sols riches, le soya a tendance à taller et à produire une grande quantité de feuilles, ce qui favorise la maladie. Si l’on veut diminuer le risque de sclérotiniose, nous devrons donc réduire le taux de semis dans ces zones afin de réduire la quantité de feuillage. Dans les
zones de sol plus pauvre, nous pourrons avoir un taux de semis plus élevé pour favoriser un meilleur rendement. C’est exactement le contraire du maïs. Dans cette culture, puisque le plant ne talle pas, nous semons plus intensivement dans les zones fertiles puisque le sol est capable de produire plus. Et nous semons moins dans les zones plus pauvres. L’équipe d’Aaron Breimer a voulu analyser l’efficacité des semis à taux variable. La première approche a été d’utiliser des bandes tests sur lesquelles on arrête de semer à taux variable. La difficulté est de trouver des zones de champs représentatives. L’autre difficulté est le risque d’oublier de répartir le semis à taux variable. C’est pourquoi Veritas a opté pour des blocs contrôles aléatoires et préprogrammés dans le semoir. On les appelle les Veriblocks. Cette technique est préprogrammée, représentative, incluant de nombreuses zones, pouvant inclure des données multiples et faciles à analyser.
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LAIT
PAR ALAIN FOURNIER
Axés sur l’efficacité
Lisette Vachon et Alain Vouligny sont reconnus pour leur efficacité au travail. Un des secrets de leur succès : ils alimentent leurs vaches exclusivement d’ensilage.
LEURS PARTICULARITÉS
Pour obtenir une efficacité de travail aussi élevée, ils misent notamment sur la gestion. D’ailleurs, Alain a été membre fondateur du groupe de gestion du Centre-du-Québec en 1982. Au cours des années, l’entreprise a toujours accru sa production. Les éleveurs ont aussi investi dans de nombreuses technologies. Le premier investissement d’importance a été réalisé isette Vachon et Alain Vouligny litres de plus que le groupe de tête en 2014, en 1983 avec l’achat d’un mélangeur à ration totale mélangée (RTM). sont les propriétaires de la Ferme une performance exceptionnelle. Les deux producteurs sont propriéEn 1999, à la suite d’un incendie, ils ont Brigittoise de Sainte-Brigitte-desSault, au Centre-du-Québec. Leur effi- taires d’un troupeau de 85 vaches Holstein reconstruit l’étable et ont été parmi les cacité au travail est reconnue depuis de pur sang, dont la production oscille aux premiers dans la région à faire l’achat d’un nombreuses années. Parmi leurs exploits : alentours de 11 500 kg par vache. Bien système de rail pour faciliter et accélérer la maintenir une efficacité moyenne de que la ration fourragère du troupeau soit traite. La traite est ainsi réalisée avec sept 7000 hectolitres par unité travail personne composée exclusivement d’ensilage, ils unités incluant chacune un retrait autoréparti dans les trois dernières analyses de parviennent à maintenir un taux de matière matique. En 2006, l’achat d’une louve avec un distributeur de concentrés leur a leur groupe de gestion. C’est 2650 hecto- grasse de 4,1 % et 3,5 % de protéine.
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PHOTOS : ALAIN FOURNIER
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2016-02-08
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LAIT Ferme Brigittoise
Propriétaires : Lisette Vachon et Alain Vouligny Lieu : Sainte-Brigitte-des-Saults Troupeau : 85 vaches laitières Holstein pur sang Quota : 91 kg avec les marges Moyenne annuelle par vache : 11 491 kg Taux de gras : 4,1 % et taux de protéine de 3,1 sur la paie de lait Classification : 2 EX, 26 TB, 46 B+ et 10B Cultures : 146 ha (360 acres) en culture, dont 12 ha (30 acres) en location permis de diminuer le temps de travail et d’améliorer la précision de l’alimentation pour les veaux. « Ça enlève du travail, mais ça n’enlève pas le suivi », précise Alain. Dans les années 1990, ils ont adopté l’utilisation d’un seul groupe d’alimentation pour les vaches en lactation. Une autre avenue pour économiser du temps et accroître la précision quant à l’alimentation du troupeau. Alain et Lisette ont également introduit l’alimentation tout ensilage il y a plus de 30 ans sur l’entreprise (voir aussi article p. 34). Ils ne font donc plus de foin en balles depuis. Résultat : plus d’efficacité et de productivité aux champs ! Tous les champs sont d’ailleurs drainés. Les rendements en ensilage de luzerne oscillent aux alentours La salle d’alimentation est grande, haute et bien éclairée. Elle est localisée à côté de la stabulation entravée des vaches pour économiser des pas.
de 10 tonnes de matière sèche par hectare et de 14 tonnes de matière sèche par hectare pour l’ensilage-maïs. Ce système tout ensilage est plus rapide pour alimenter le troupeau, car il n’y a pas de foin à hacher ou à distribuer aux vaches.
Un système de rail avec sept unités de traite munies de retrait automatique permet d’accélérer et de faciliter la traite des vaches.
faire, il utilise un inoculant contenant des lactobacilles Buchneri pour conserver les ensilages toujours frais. Les ensilages de luzerne et de maïs (rouleaux craqueurs) sont coupés à une lonUNE ALIMENTATION SANS FOIN Pour Alain, faire des fourrages de qualité gueur de 1,9 cm (¾ de pouce) pour s’assua toujours été un objectif important pour rer d’avoir suffisamment de fibres efficaces maximiser la production et produire un dans la RTM. Ils sont conservés dans des lait de qualité. C’est d’autant plus impor- silos verticaux (deux pour la luzerne et un tant avec un système tout ensilage. Pour ce pour le maïs). Alain et Lisette ont connu des problèmes d’acidose dans leur troupeau il y a plusieurs années et l’utilisation de substance tampon (bicarbonate de sodium) a réglé ce problème. « Pour des rations contenant beaucoup d’ensilage, ça prend 250 g à 300 g de buffer », insiste Alain. Le bicarbonate est mis le midi manuellement dans le mélangeur pour l’alimentation du soir. La RTM du matin, qui ne contient pas de substance tampon, est utilisée pour adapter graduellement les vaches en transition à la RTM. Alain vérifie régulièrement les quantités de refus et la précision de sa RTM. Il prend ainsi des échantillons des fourrages pour s’assurer que les quantités d’aliments soient respectées (voir tableau p 32). Le foin pour les animaux de remplacement et les vaches taries est acheté au fur et à mesure, car ils n’ont pas d’entrepôt pour stocker ce fourrage en grande quantité.
/ Le Bulletin des agriculteurs / Mars 2016 / 31
LAIT RATION TOTALE MÉLANGÉE DONNÉE AUX VACHES LAITIÈRES ALIMENTS
QUANTITÉ JOURNALIÈRE
Ensilage de luzerne à 42 % de matière sèche
22 kg
Ensilage de maïs à 40 % de matière sèche
12 kg
Maïs-grain humide
7,2 kg
Supplément protéique à 40 % de protéine
2 kg
Supplément minéralisé à 32 % de protéine
3 kg
Bicarbonate de sodium
0,275 kg
Tranquillité d’esprit
Un panneau de contrôle permet d’ajuster rapidement les quantités de chacun des ingrédients, à la suite des analyses régulières des fourrages.
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32 / Mars 2016 / Le Bulletin des agriculteurs /
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Le matin, Alain fait la traite seul p endant qu’un employé s’occupe du nettoyage des vaches, en plus de l’alimentation des génisses et des vaches taries. Pour la deuxième traite, Alain donne un coup de main à leur employé. « J’aime faire la traite parce que ça me permet de voir ce qui se passe. Si une vache donne moins de lait, c’est le signe qu’il y a un problème », indique Alain. De plus, le matin, il tient mordicus à faire l’alimentation des vaches et le repoussage des refus. « C’est en avant des vaches que tu vois les troubles, c’est pour ça que je tiens à faire l’alimentation », explique-t-il. Lors de la construction de leur nouvelle vacherie en 1999, l’aménagement d’une grande salle d’alimentation avait été prévu. Celle-ci est haute, bien éclairée et localisée à côté de la stabulation entravée des vaches pour économiser des pas. « Cette salle est au sec et à la chaleur en hiver. L’été, la porte est ouverte, il y a de l’air. C’est plaisant d’y travailler, explique-t-il. De plus, la machinerie y dure plus longtemps ». C’est un modèle simple, comprenant un mélangeur à RTM et un chariot pour en assurer la distribution. Alain effectue aussi la vérification des données du robot d’alimentation lactée et de concentrés pour contrôler la consom-
En haut, une moulange à marteau moud le maïs-grain humide finement, ce qui permet de maximiser l’énergie du maïs. En bas, la RTM contient suffisamment de particules longues pour stimuler une excellente fermentation des fibres dans le rumen des vaches.
mation des veaux. « Si le veau n’a pas consommé tout son lait et qu’il est couché le nez dans la ripe de bois, ça confirme qu’il y a un problème », dit-il. Avant la récolte des fourrages, Le producteur s’assure que les machines sont en ordre, car quand c’est le temps de faucher, ça ne traîne pas. Il a ainsi du plaisir à faire une récolte rapide des fourrages quand les plantes fourragères sont au bon stade. Lisette, quant à elle, gère la partie administration de la ferme. Elle s’occupe de la comptabilité, du programme Lait canadien de qualité, de l’enregistrement, des prévisions pour les vêlages et tarissements de la semaine, de l’identification des veaux et de la mise à jour des cartes personnalisées des vaches. Elle a pris sa retraite de la traite du soir au mois d’août dernier, mais continue à faire les remplacements lors des congés de l’employé. Elle aime bien venir faire son tour à l’étable de temps à autre. Si une vache ou un veau démontre des signes
de maladie, elle prend sa température et indique à Alain l’animal à traiter. Elle aime par-dessus tout, les qualités fonctionnelles de ses vaches. C’est elle qui est généralement présente lorsque le classificateur fait sa tournée. « Quand c’est le temps de travailler, ça travaille fort, quand c’est le temps de se reposer, on se repose », résume Lisette. Pour le futur, leur objectif est de maintenir cette efficacité du travail et de se donner une meilleure qualité de vie avec leur employé. Alain et Lisette sont tous deux amateurs de belles vaches. Ils veulent continuer à améliorer la génétique de leur troupeau au point de vue de la productivité, de la santé et de la qualité du lait. Une érablière de 3300 entailles installée sur tubulure en 1973 représente leur fierté et leur passion. Elle fait partie de leur projet de retraite… Alain Fournier est agronome, M.SC. et spécialiste en productions laitière et bovine.
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819 358-2217 418 775-3500 450 245-7499 819 292-2000 418 873-8628 418 343-2033 450 799-5571 418 387-3814
/ Le Bulletin des agriculteurs / Mars 2016 / 33
INFOS / ÉLEVAGES Plusieurs portées ensemble Les porcelets nés dans des ensembles de plusieurs portées démontrent une meilleure transition après le sevrage. Telle est la conclusion d’une étude menée par Sofie van Nieuwamerongen, de l’Université de Wageningen aux Pays-Bas, au Centre d’innovations porcines Sterksel. Dans la foulée du logement des truies gestantes en groupes, les chercheurs voulaient savoir les avantages et les inconvénients de garder des truies lactantes ensemble, comme cela se pratique dans certains élevages de Scandinavie. Pour cela, ils ont comparé un système multiportées (MP) et un système simple portée (SP) dans des cages de mise bas conventionnelles. Dans le système multiportées, les truies étaient logées de la mise bas au sevrage dans un local permettant la liberté de mouvement et le contact entre les truies et les porcelets de cinq portées. La veille de la mise bas, les truies étaient toutefois confinées
dans leur cage de mise bas. Chaque truie un nid. Les portées ont été équilibrées à était libre de mettre bas dans l’une ou l’autre 10 porcelets chaque. Après le sevrage, à l’âge des cinq cages de mise bas mesurant 2,4 m de quatre semaines, les porcelets étaient losur 3 m chaque. Chaque enclos de mise bas gés dans un enclos de 40 porcelets à une disposait de cinq poches de jute pour former superficie par porcelet de 0,42 m2. Plusieurs résultats ont été comparables entre les systèmes. Toutefois, les truies logées en multiportées ont consommé davantage, ce qui résulterait du plus grand nombre de déplacements des truies. Il y a uniquement à des ensilages de balles aussi eu plus de lésions sur les tétines des rondes pour l’alimentation des vaches. truies en multiportées qu’en simple portée. Les fermes faisant usage du tout ensilage Ce serait occasionné par les tétées croisées haché produisaient plus de lait au total et de porcelets. Finalement, la mortalité était par unité travail personne que les fermes plus élevée en multiportées, de 3,2 par porutilisant uniquement des balles rondes tée, comparativement à 1,5 par portée dans ensilage, car la structure de ces fermes le système en simple portée. était plus grosse que celles avec balles Toutefois, les chercheurs ont noté des rondes ensilages. Le lait produit, sa qualité, points positifs. Les porcelets logés en mulla reproduction des vaches et la santé de la tiportées avaient un poids et un gain moyen glande mammaire étaient similaires pour les quotidien plus élevés, puis étaient moins deux types de fermes. affectés par la diarrhée. De plus, les porceLes éleveurs utilisant uniquement des lets en multiportées démontraient moins de ensilages indiquaient qu’ils voulaient se comportements de mordillage avant et après libérer des contraintes liées au climat, à la le sevrage. Ils mordillaient moins la queue main-d’œuvre et aux autres stress associés (1,4 fois par heure) et autres parties que les à la production de foin. Il est donc possible porcelets provenant de système en simple d’enlever le foin de la ration des vaches portée (3,6 fois par heure). De plus, les laitières sans observer d’impacts négatifs porcelets en multiportées jouaient davantage sur la production laitière, la santé et la (4 fois par heure, contre 2,8 fois par heure). reproduction des vaches. Voilà un signe important de bien-être.
LE TOUT ENSILAGE, C’EST POSSIBLE ! Produire du lait sans foin est une pratique encore peu commune au Québec. Au début des années 2000, Alain Vouligny de la Ferme Brigittoise de Sainte-Brigitte-desSaults, au Centre-du-Québec, faisait partie des éleveurs interrogés dans le cadre d’un projet comparant le tout ensilage à une alimentation plus standard utilisant une certaine proportion de foin. Dans cette étude, les fermes employant des ensilages hachés et du foin en complément possédaient des troupeaux de taille similaire et exploitaient des superficies équivalentes aux fermes utilisant uniquement des ensilages hachés en silos. La productivité et la santé des troupeaux étaient également similaires entre ces deux groupes d’exploitation. L’efficacité du travail et le revenu à l’hectare de la vingtaine de fermes utilisant le tout ensilage haché étaient plus élevés que la centaine de fermes ayant recours
34 / Mars 2016 / Le Bulletin des agriculteurs /
Source : Novalait et ses partenaires
Source : PigProgress.net
INFOS / ÉLEVAGES
TESTEZ VOS CONNAISSANCES
La rhinotrachéite infectieuse bovine (IBR) causée par le virus BHV-1 est hautement contagieuse, principalement par le contact entre museaux. L’infection est associée à une baisse de production de lait, à une diminution de fertilité et à des avortements. Selon vous, les vaches exposées au virus responsable diminuent de combien leur production laitière ? a) 0 litre par jour b) 1,3 litre par jour c) 2,6 litres par jour d) 5,2 litres par jour Vous trouverez la réponse à la page 37.
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Agritibi R. H. Amos
Fernand Campeau et Fils Dalhousie Station
Garage Oscar Brochu La Guadeloupe
Machinerie JNG Thériault Amqui
Les Équipements Adrien Phaneuf Granby La Durantaye Marieville Upton Victoriaville
Machineries Nordtrac Louiseville Saint-Roch-de-l'Achigan
Centre Agricole Coaticook Neuville Nicolet-Yamaska Rimouski Saint-Bruno Saint-Maurice
Les Équipements Colpron Huntingdon Sainte-Martine
J. René Lafond Mirabel Claude Joyal Napierville Saint-Denis-sur-Richelieu Saint-Guillaume Stanbridge Station
Kuhn-Canada.com
Machineries Horticoles d’Abitibi Poularies
Services Agricoles de Beauce Sainte-Marie de Beauce
Équipements Guillet Sabrevois
Machineries CH Wotton
Service Agro-Mécanique Saint-Clément Saint-Pascal
Trudel Equipment New Liskeard, ON
Machinerie de Ferme Kuhn inc. Ste-Madeleine, QC • 888-808-5380 / Le Bulletin des agriculteurs / Mars 2016 /
35
INFOS / ÉLEVAGES
Plus d’espace de mangeoire pour les génisses Dans une expérience réalisée à l’Université de Guelph, en Ontario, des génisses âgées de six mois ont reçu une ration totale mélangée (RTM) en quantité restreinte et contenant 60 % de concentré. Cette ration leur permettait d’atteindre un gain théorique de 0,9 kg par jour. Les traitements appliqués aux génisses consistaient à leur servir cette ration une fois ou deux fois par jour. Les deux autres traitements permettaient de vérifier si la longueur de la mangeoire (29 cm (11 po) ou 40 cm (16 po) par tête) affectait le gain et le comportement des génisses. Le tableau ci-dessous démontre
que le gain journalier n’a pas été amélioré en servant la RTM plus d’une fois par jour. Les chercheurs ont néanmoins observé qu’il y avait plus de déplacements de génisses à la mangeoire lorsque celles-ci étaient alimentées une seule fois par jour comparativement à deux fois. Cependant, l’étude a démontré qu’il était important de fournir une longueur de mangeoire par génisse adéquate (40 cm ou 16 po) comparativement à une mangeoire de seulement 29 cm (11 po) afin de leur permettre de réaliser leur plein potentiel de croissance. Source : Journal of Dairy Science
COMPORTEMENT ET GAIN JOURNALIER DE GÉNISSES LAITIÈRES DE SIX MOIS ALIMENTÉES UNE OU DEUX FOIS PAR JOUR SELON DEUX LONGUEURS DE MANGEOIRE PAR TÊTE. PARAMÈTRES MESURÉS
1 FOIS PAR JOUR
2 FOIS PAR JOUR
29 cm/tête (11 po)
40 cm/tête (16 po)
29 cm/tête (11 po)
40 cm/tête (16 po)
5,5
5,5
5,5
5,5
Gain journalier (kg/j)
0,9
1,0
0,8
1,0
Nombre de déplacements/jour
4,8
4,8
2,6
2,1
Consommation (kg/j)
UNE LITIÈRE SALE : FACTEUR DE RISQUE POUR LA MAMMITE Le sphincter et la kératine présents dans le canal du trayon sont les premières lignes de défense contre les bactéries environnantes. Il est essentiel de maintenir un environnement sec et propre dans la logette. Plus il y a de bactéries sur les trayons, plus grand est le risque que celles-ci pénètrent et envahissent ces canaux. Lorsque ces barrières sont franchies, les bactéries se multiplient dans le canal du trayon ainsi que dans les globules blancs (cellules somatiques), qui sont la ligne de défense de la glande mammaire. Bien que le sable soit reconnu comme un milieu où les bactéries croissent difficilement, lorsqu’il devient saturé d’urine, de lait et de fèces, son contenu en matière organique augmente ainsi que son humidité, ce qui hypothèque la qualité de la litière. Idéalement, le sable ne devrait pas contenir
36 / Mars 2016 / Le Bulletin des agriculteurs /
plus de 3 % de matière organique et moins de 5 % d’humidité. Des chercheurs de l’Université de l’État de l’Illinois, lors d’une étude réalisée sur 20 fermes de cet État, ont observé que les cellules somatiques s’accroissaient lorsque la matière organique et l’humidité augmentaient dans la litière de sable. Les fermes de l’étude produisaient en moyenne 36 kg de lait par jour et possédaient un comptage moyen de 204 000 cellules somatiques par ml. Les litières de sable contenaient en moyenne 3 % de matière organique et 8 % d’humidité. Pour prévenir les nouvelles infections, le maintien d’une litière de sable propre (moins de 3 % de matière organique) et sèche (moins de 5 % d’humidité) est essentiel.
Source : Joint annual meeting
DES PORCS RÉSISTANTS AU SRRP Des chercheurs de l’Université de l’État du Missouri, de l’Université de l’État du Kansas et de la compagnie Genus PIC ont produit des porcs qui ne sont plus affectés par le virus du SRRP. Le syndrome reproducteur et respiratoire porcin (SRRP) est la maladie la plus coûteuse de l’industrie porcine. Aux États-Unis seulement, l’Université de l’État de l’Iowa évaluait en 2011 les pertes à 664 millions $US par année. Les chercheurs ont identifié et retiré un gène, connu sous le nom de CD163, qui produit une protéine. Cette protéine est nécessaire pour que le virus du SRRP infecte l’animal. « Nous avons été capables d’engendrer une portée de porcs qui ne produisent pas cette protéine, et comme résultante, le virus ne s’est pas propagé, explique Randall Prather, professeur en sciences animales au Collège d’agriculture, d’alimentation et de ressources naturelles de l’Université de l’État du Missouri. Lorsque nous avons exposé les porcs au SRRP, ils n’ont pas été malades et ils ont continué de prendre du poids normalement. » Une entente a été signée entre Genus PIC et l’Université de l’État du Missouri sur la propriété intellectuelle de cette recherche. Ceci permettra à cette compagnie de demander les autorisations légales pour mettre en marché ce porc résistant au SRRP. Entretemps, des recherches continueront d’être réalisées. Il faudra attendre au moins cinq ans avant que ce porc résistant au SRRP soit mis en marché. Sources : Genus PIC et UM
GUIDE 2016
TRAITEMENT DE SEMENCES AVOINE / BLÉ / CANOLA / MAÏS / ORGE / SEIGLE / SOYA
COMMANDITÉ PAR
Des racines vibrantes de santé aspirent plus d’éléments nutritifs. Vibrance® Maxx maîtrise les maladies de début de saison causées par Fusarium et Pythium et procure une maîtrise inégalée des maladies causées par Rhizoctonia. La puissance d’enracinement de Vibrance Maxx, nommée Rooting Power™, produit des racines plus solides qui peuvent profiter pleinement des éléments nutritifs du sol et mieux se défendre contre les maladies transmises par le sol. Obtenez la puissance d’enracinement dont votre soya a besoin et améliorez le peuplement de votre culture grâce à cette solution uniquement fongicide de Syngenta.
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GUIDE TRAITEMENT DE SEMENCES PAR JOHANNE VAN ROSSUM
De nombreuses options s’offrent aux producteurs pour contrôler les ravageurs et les maladies. Le Bulletin des agriculteurs a mis à jour ce guide complet des traitements de semences en grandes cultures pour vous aider à faire les bons choix.
P
our lutter contre les insectes et les maladies, le choix du cultivar et de ses caractéristiques génétiques est la première étape dans un programme de phytoprotection. Par la suite, les traitements de semences deviennent la première intervention possible pour contrôler les ravageurs et les maladies présentes dans le sol. Afin de faire un bon choix, il faut identifier les insectes et les agents pathogènes présents les années précédentes. Ceci permet de réduire les impacts sur l’environnement et le risque de développement de résistance. Dans le but d’aider ses lecteurs à sélectionner les options qui conviennent le mieux à leurs champs, Le Bulletin des agriculteurs a mis à jour ce guide complet des traitements de semences en grandes cultures du Québec.
Ce document présente les différents traitements de semences disponibles sur le marché pour le contrôle des maladies et des ravageurs. De plus, dans le cas du maïs, nous avons inclus un tableau des caractères génétiques qui jouent eux aussi un rôle de protection contre les insectes. Pour chacune des principales cultures, les traitements sont décrits selon leur ingrédient actif et selon leur activité sur l’un ou l’autre des principales maladies ou insectes. Ce tableau est à titre indicatif. Il faut toujours consulter l’étiquette pour connaître les doses à appliquer à la ferme et les restrictions à respecter. À noter que la plupart de ces traitements ne sont disponibles qu’en usine. Il est donc important de vérifier auprès
AVOINE
du fournisseur de semences quelles formulations sont utilisées dans leur poste de criblage. Il y a plusieurs possibilités de mélanges entre les traitements, particulièrement entre les fongicides et les insecticides. Certains d’entre eux sont déjà prémélangés par le fabricant. Par souci de protection des insectes pollinisateurs et autres insectes bénéfiques, il est important de prendre des précautions lors de l’utilisation. Le site Sage Pesticides (sagepesticides.qc.ca) en collaboration avec le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ) est une bonne source de référence pour les risques liés à l’utilisation de chaque pesticide.
NOM COMMERCIAL
MATIÈRE ACTIVE
Fonte des semis
Charbon vêtu
Charbon nu
Fonte des semis (Pythium)
Pourriture des racines
MALADIES
Ver fil-de-fer
INSECTE
Allegiance FL
métalaxyl
—
±
—
—
+
±
Apron XL RTA
métalaxyl-M
—
±
—
—
+
±
DB-RED L
manèbe
—
+
+
—
—
—
Dividend XL RTA
difénoconazole + métalaxyl-M
—
+
+
+
+
±
EverGol Energy
penflufen + métalaxyl + prothioconazole
—
+
+
+
+
±
Maxim 480 FS, Proseed
fludioxonil
—
±
—
—
—
±
Raxil MD
tébuconazole + métalaxyl
—
+
+
+
+
±
Raxil Pro MD
tébuconazole + métalaxyl + prothioconazole
—
+
+
+
+
±
Raxil T
tébuconazole + thirame
—
+
+
+
—
±
Stress Shield pour céréales, Alias
imidaclopride
+
—
—
—
—
—
Vibrance Quattro
difénoconazole + métalaxyl-M + sedaxane + fludioxonil
—
+
+
+
+
+
Vibrance XL
difénoconazole + métalaxyl-M + sedaxane
—
+
+
+
+
±
Légende : + recommandé ± maîtrise partielle – non recommandé
4 / Guide traitement de semences 2016 /
GUIDE TRAITEMENT DE SEMENCES
BLÉ
Septoria
Fusarium
Carie naine
Carie naine
Carie commune
Piétin commun
Piétin échaudage
Fonte des semis (Pythium)
Fusarium
Oïdium (blanc)
Septoria
MALADIES DE DÉBUT DE SAISON
Charbon nu
MALADIES TRANSMISES PAR LE SOL
Ver fil-de-fer
MALADIES TRANSMISES PAR LES SEMENCES
Hanneton européen
INSECTES
—
—
—
—
—
—
—
—
—
—
+
—
—
—
—
—
—
—
—
—
—
—
—
—
+
—
—
—
+
+
—
—
—
—
—
—
—
—
—
—
—
—
—
—
+
—
—
+
—
—
—
+
—
—
+
+
+
+
+
+
±
±
+
+
—
+1
+
—
+
—
—
+
±
±
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+
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—
—
—
+
—
—
—
—
—
—
+
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—
+
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—
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±
—
—
+
—
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+
+
+
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—
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±
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+
+
—
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—
+
+
+
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—
+
±
±
+
+
—
—
—
+
+
+
—
—
+
±
—
+
+
—
—
—
—
—
—
+
+
—
+1
+
+
—
+1
—
+
—
—
NOM COMMERCIAL
MATIÈRE ACTIVE
Allegiance FL
métalaxyl
Apron XL RTA
métalaxyl-M
Cruiser 5 FS
thiaméthoxame
DB-RED L
manèbe
—
—
Dividend XL RTA
difénoconazole + métalaxyl-M
—
—
EverGol Energy
penflufen + métalaxyl + prothioconazole
—
—
Maxim 480FS, Proseed
fludioxonil
—
—
Rancona Apex
ipconazole
—
—
Raxil MD
tébuconazole + métalaxyl
—
—
Raxil Pro MD
tébuconazole + métalaxyl + prothioconazole
—
Raxil T
tébuconazole + thirame
—
Stress Shield pour céréales, Alias
imidaclopride
—
+
—
—
—
—
—
—
—
—
Vibrance Quattro
difénoconazole + métalaxyl-M + sedaxane + fludioxonil
—
—
+
+
+
+
+
+
±
±
Vibrance XL
difénoconazole + métalaxyl-M + sedaxane
—
—
+
+
+
+
+
+
±
±
Vitaflo 280
carbathiine + thirame
—
—
+
—
+
+
—
+
+
—
Note 1 : blé d’automne seulement
CANOLA
NOM COMMERCIAL
MATIÈRE ACTIVE
Pourriture des semences et fonte de semis (Aspergillus)
Pourriture des semences et fonte de semis (Fusarium)
Pourriture des semences et fonte de semis (Rhizoctonia)
Pourriture des semences et fonte de semis (Alternaria)
Fonte des semis (Pythium)
Jambe noire
MALADIES
Altises
INSECTE
Allegiance FL
métalaxyl
—
—
—
—
—
+
—
Apron XL
métalaxyl-M
—
—
—
—
—
+
—
Dynasty 100 FS
azoxystrobine
—
—
—
+
—
—
—
Fortenza
cyantraniliprole
+
—
—
—
—
—
—
Gaucho 480 L
imidaclopride
+
—
—
—
—
—
—
Gaucho CS FL
imidaclopride + carbathiine + thirame
+
—
—
+
+
+
+
Helix Vibrance co-pack
thiaméthoxame + métalaxyl-M + fludioxonil + difénoconazole + sedaxane
+
—
+
+
+
+
+
Helix XTRA
thiaméthoxame + métalaxyl-M + fludioxonil + difénoconazole
+
—
+
+
+
+
+
Integral
bacillus subtilis
—
—
±
±
—
—
—
Maxim 480 FS
fludioxonil
—
+
+
+
—
—
—
Nisso Foundation Lite
iprodione + thirame
—
—
—
+
+
—
+
Poncho 600 FS
clothianidine
+
—
—
—
—
—
—
Prosper Evergol
clothianidine + penflufen + métalaxyl + trifloxystrobine
+
—
+
+
+
+
+
Rancona Apex
ipconazole
—
—
+
+
—
—
—
Vault
acétamipride
+
—
—
—
—
—
—
/ Guide traitement de semences / 5
La protection des pollinisateurs à la ferme Les abeilles sont d’une importance vitale pour la pérennité de l’agriculture. Au moins le tiers de l’alimentation humaine issue des cultures et des végétaux est tributaire de la pollinisation par les insectes, laquelle est majoritairement effectuée par les abeilles. On estime la valeur de leur contribution à l’agriculture à quelque 2 milliards $ pour le Canada seulement. Les agriculteurs sont bien connus pour être d’excellents gestionnaires de la terre. Les pratiques de gestion exemplaires vous aideront à maximiser les avantages procurés par les traitements de semences tout en vous permettant de protéger les abeilles durant les travaux à la ferme. Comme toujours, rappelez-vous qu’il est important de lire et de respecter toutes les directives de l’étiquette quand vous manipulez un produit de protection des cultures.
9188-1-FT-Bee_Health_BMP_Page_Updates-Country_Guide_FREN.indd All Pages
Les pratiques de gestion exemplaires* (PGE) sont des pratiques basées sur des faits scientifiques et dont le respect contribue à la santé des cultures, des abeilles et de l’environnement. * Les PGE ont été développées en collaboration avec CropLife et ses membres affiliés.
Pratiques de gestion exemplaires Avant de semer
Durant le semis
• Renseignez-vous sur la présence possible d’abeilles dans vos champs. Sachez comment contacter tous les apiculteurs de votre voisinage.
• Évitez de transférer dans le semoir la poussière provenant du sac de semences.
• Parlez de la protection des abeilles durant les opérations de semis avec les apiculteurs de votre voisinage; discutez d’emplacements alternatifs pour les ruches ou de façons de protéger les abeilles durant le semis. • Conservez les semences traitées dans des conditions adéquates, à l’abri des éléments et des ravageurs. • Portez un équipement de protection individuelle (ÉPI) approprié pour manipuler les semences traitées. • Ne réutilisez pas les sacs de semences vides à d’autres fins que pour la conservation des semences traitées d’origine. • Nettoyez et entretenez toujours l’équipement que vous utilisez pour le semis. • Procurez-vous toujours des semences de grande qualité, libres de toute poussière excessive.
• Utilisez correctement les lubrifiants : Les lubrifiants facilitent la séparation des semences, améliorent leur chute et réduisent l’usure de l’équipement et des semences. Un agent fluidifiant anti-poussière est le seul lubrifiant de semence autorisé pour les semences traitées de maïs et de soya dans les semoirs pneumatiques (système à vacuomètre)**. ** L’utilisation d’un lubrifiant 100 % graphite n’est permise que comme lubrifiant mécanique dans les semoirs à doigts ou les semoirs mécaniques uniquement. Il est interdit d’utiliser le graphite dans les semoirs pneumatiques (système à vacuomètre) pour semer des semences de maïs et de soya ayant été traitées avec un insecticide.
• Selon le type de semoir, l’utilisation de déflecteurs pour éviter que la poussière de semence générée durant le semis ne dérive hors champ peut s’avérer une solution utile. Pour savoir si ce type d’équipement est offert pour votre semoir, consultez votre concessionnaire ou le fabricant. • Semez au taux de semis recommandé. • Vérifiez la présence de semences exposées sur les caps, les zones inégales
et dans l’ensemble du champ. Les semences déversées ou exposées, de même que les poussières, doivent être incorporées au sol ou retirées de la surface du sol. • Tenez compte de la direction du vent quand vous semez à proximité d’une source de pollen ou de nectar pour les abeilles (c.-à-d. à proximité des cultures ou des mauvaises herbes en fleurs).
Après le semis • Passez l’aspirateur dans les boîtes du semoir pour retirer la poussière des semences traitées et remettez-la dans les sacs d’origine. • Ramassez les sacs de semences vides et les contenants de l’agent fluidifiant et éliminez-les de manière appropriée. • Évitez de laisser les sacs vides ou les semences inutilisées dans les champs.
Pour plus d’information sur ces pratiques de gestion exemplaires et la santé des abeilles, visitez www.santedesabeilles.ca
• Évitez de charger et de nettoyer l’équipement de semis près de ruches d’abeilles. Tenez-vous également loin des endroits où les abeilles pourraient butiner, comme les cultures ou les mauvaises herbes en fleurs. • Vérifiez que le semoir est bien réglé et calibré pour que la semence soit correctement déposée et à la bonne profondeur. • Lors de la mise en marche du semoir, évitez d’activer le système là où la poussière dégagée pourrait venir en contact avec des colonies d’abeilles. • Supprimez les pissenlits et autres mauvaises herbes en fleurs dans le champ avant de procéder au semis afin de réduire la possibilité d’exposition des abeilles à la poussière provenant des semences.
Toujours lire l’étiquette et s’y conformer. Le logotype Syngenta est une marque déposée d’une société du groupe Syngenta. © 2016 Syngenta.
2/17/16 5:02 PM
GUIDE TRAITEMENT DE SEMENCES
MAÏS
Mouche des semis
Ver gris noir
Altises du maïs
—
+
+
+
+
+
Fonte des semis (Fusarium) Fonte des semis (Rhizoctonia) Fonte des semis (Pythium) Pourriture des grains (Aspergillus) Moisissure bleue (Penicillium)
Ver fil-de-fer
MATIÈRE ACTIVE clothianidine ( 0,250 mg de m.a./grain) + ipconazole + trifloxystrobin + métalaxyl
Hanneton européen
NOM COMMERCIAL Acceleron pour le maïs
MALADIES
Chrysomèle des racines du maïs
INSECTES
—
—
—
—
—
Acceleron pour le maïs sans insecticide ipconazole + trifloxystrobin + métalaxyl
—
—
—
—
—
—
—
—
—
—
—
Agrox B-2
diazinon + captane (TS)
—
—
—
+
—
—
+
—
—
+
+
Agrox CD
diazinon + captane (TS) (PRE)
—
—
—
+
—
—
—
—
—
—
—
Allegiance FL
métalaxyl
—
—
—
—
—
—
+
+
+
+
+
Apron XL
métalaxyl-M
—
—
—
—
—
—
—
—
—
—
—
Cruiser 5 FS
thiaméthoxame (0,125-0,250 mg m.a./grain)
—
+
+
+
—
+
—
—
—
—
—
Cruiser 5 FS
thiaméthoxame (1,250 mg m.a./grain)
+
+
+
+
—
+
—
—
—
—
—
Dynasty 100 FS
azoxystrobine
—
—
—
—
—
—
+
+
+
+
+
Fortenza
cyantraniliprole
—
+
+
—
+
—
—
+
+
—
—
Gaucho 480 L
imidaclopride
—
—
+
—
—
+
+
+
—
+
+
Maxim 480 FS, Proseed
fludioxonil
—
—
—
—
—
—
+
+
+
+
+
Maxim Quattro
azoxystrobine + fludioxonil + métalaxyl-M + thiabendazole
—
—
—
—
—
—
+
+
—
—
—
Poncho 600 FS (250)
clothianidine (0,25 mg de m.a./grain)
—
+
+
+
+
+
+
+
—
+
+
Poncho 600 FS (1250)
clothianidine (1,25 mg de m.a./grain)
+
+
+
+
+
+
—
—
+
—
—
—
—
+
—
—
Rancona 3,8 FS
ipconazole
—
—
—
—
—
—
Vitaflo 280
carbathiine + thirame
—
—
—
—
—
—
ORGE
NOM COMMERCIAL
MATIÈRE ACTIVE
Ver fil-de-fer
Pourriture des semences et fonte des semis
Charbon vêtu
Charbon nu
Faux charbon nu
Pourriture des racines
MALADIES
Hanneton européen
INSECTES
Allegiance FL
métalaxyl
—
—
±
—
—
—
±
Cruiser 5FS
thiaméthoxame
+
+
—
—
—
—
—
DB-RED L
manèbe
—
—
+
+
—
+
—
Dividend XL RTA
difénoconazole + métalaxyl-M
—
—
+
+
—
+
±
EverGol Energy
penflufen + métalaxyl + prothioconazole
—
—
+
+
+
+
±
Maxim 480 FS, Proseed
fludioxonil
—
—
+
—
—
—
±
Rancona Apex
ipconazole
—
—
+
+
+
+
±
Raxil MD
tébuconazole + métalaxyl
—
—
+
+
+
+
±
Raxil Pro MD
tébuconazole + métalaxyl + prothioconazole
—
—
+
+
+
+
+
Raxil T
tébuconazole + thirame
—
—
+
+
+
+
±
Stress Shield pour céréales, Alias
imidaclopride
—
+
—
—
—
—
—
Vibrance Quattro
difénoconazole + métalaxyl-M + sedaxane + fludioxonil
—
—
+
+
+
+
+
Vibrance XL
difénoconazole + métalaxyl-M + sedaxane
—
—
+
+
+
+
±
Vitaflo 280
carbathiine + thirame
—
—
+
+
+
+
±
8 / Guide traitement de semences 2016 /
GUIDE TRAITEMENT DE SEMENCES
SEIGLE
Fonte des semis
Septoria transmis par les semences
Carie commune
Carie naine
Fonte des semis (Pythium)
Pourriture des racines
MALADIES
Ver fil-de-fer
INSECTE
—
±
—
—
—
+
±
—
±
—
—
—
+
±
—
+
—
+
—
—
—
difénoconazole + métalaxyl-M
—
+
+
+
+
+
±
EverGol Energy
penflufen + métalaxyl + prothioconazole
—
+
—
+
—
+
±
Maxim 480 FS, Proseed
fludioxonil
—
+
—
—
—
—
±
Rancona Apex
ipconazole
—
+
—
—
—
—
±
Vibrance Quattro
difénoconazole + métalaxyl-M + sedaxane + fludioxonil
—
+
+
+
+
+
+
Vibrance XL
difénoconazole + métalaxyl-M + sedaxane
—
+
+
+
+
+
±
Vitaflo 280
carbathiine + thirame
—
+
—
—
—
+
±
NOM COMMERCIAL
MATIÈRE ACTIVE
Allegiance FL
métalaxyl
Apron XL RTA
métalaxyl-M
DB-RED L
manèbe
Dividend XL RTA
SOYA
NOM COMMERCIAL
MATIÈRE ACTIVE
Mouche des semis
Puceron du soya
Chrysomèle du haricot
Ver fil-de-fer
Pourriture phytophthoréenne (Phytophthora)
Pourriture des graines (Phomopsis)
Fonte des semis (Fusarium)
Fonte des semis (Rhizoctonia)
Fonte des semis (Pythium)
MALADIES
Nématodes à kystes du soya
INSECTES
Acceleron pour le soya
fluxapyroxad + métalaxyl + pyraclostrobine
—
—
—
+
+
+
+
+
+
+
Acceleron pour le soya avec insecticide
imidaclopride + fluxapyroxad + métalaxyl + pyraclostrobine
—
+
+
+
+
+
+
+
+
+
Agrox B-2
diazinon + captane (TS)
—
—
—
—
—
—
—
—
—
—
Agrox CD
diazinon + captane (TS) (PRE)
—
—
—
—
—
—
+
+
+
—
Allegiance FL
métalaxyl
—
—
—
—
—
+
—
—
—
+
Anchor
carbathiine + thirame (TS)
—
—
—
—
—
—
+
+
+
—
Apron Maxx
métalaxyl-M + fludioxonil
—
—
—
—
—
+
—
—
—
+
Apron XL
métalaxyl-M
—
—
—
—
—
+
—
—
—
+
Clariva pn
Pasteuria nishizawae
+
—
—
—
—
—
—
—
—
—
Cruiser Maxx Vibrance Haricot
thiaméthoxame + métalaxyl-M + fludioxonil + sedaxane
—
+
+
+
±
+
+
+
+
+
EverGol Energy
penflufen + métalaxyl + prothioconazole
—
—
—
—
—
—
+
+
+
+
Maxim 480 FS
fludioxonil
—
—
—
—
—
—
+
+
+
—
Stress Shield pour céréales et soya, Alias
imidaclopride
—
+
+
+
+
—
—
—
—
—
Vibrance Maxx
métalaxyl-M + fludioxonil + sedaxane
—
—
—
—
—
+
+
+
+
+
Vitaflo 280
carbathiine + thirame
—
—
—
—
—
—
+
+
+
—
Légende : + recommandé ± maîtrise partielle – non recommandé
/ Guide traitement de semences / 9
GUIDE TRAITEMENT DE SEMENCES
Pour faire un choix éclairé
Les traitements de semences sont une armure extérieure qui protège la graine contre les envahisseurs. À cela, les semenciers ajoutent une autre protection imbriquée dans le code génétique de la plante. Ces gènes communément désignés comme « caractères technologiques » sont issus des avancées de la biotechnologie. Ils jouent un rôle important dans la lutte contre les ravageurs. Ces deux technologies réunies protègent la culture comme jamais auparavant. Mais encore faut-il s’y retrouver afin de choisir la combinaison la mieux adaptée à vos besoins. Pour le maïs, il existe une multitude de caractères technologiques. Le tableau ci-dessous liste les différents caractères technologiques offerts par l’industrie et leurs propriétés. En combinant l’information de ce tableau avec celui de la page 8, il est possible de mieux comprendre leurs différents rôles pour faire un choix éclairé.
MAÏS Chrysomèle des racines du maïs
Hanneton européen
Ver fil-de-fer
Mouche des semis
Ver gris noir
Pyrale du maïs
Ver gris occidental du haricot
Ver de l’épi du maïs
Légionnaire d’automne
INSECTES
Agrisure CB/LL
—
—
—
—
—
+
—
—
—
Agrisure GT/CB/LL
—
—
—
—
—
+
—
—
—
MAÏS TRANSGÉNIQUE CONTRE LES INSECTES NOM COMMERCIAL
Agrisure 3000 GT
+
—
—
—
—
+
—
—
—
Agrisure Viptera 3110
—
—
—
—
+
+
+
+
+
Agrisure Viptera 3111
+
—
—
—
+
+
+
+
+
Agrisure 3122
+
—
—
—
+
+
+
—
+
Agrisure Viptera 3220
—
—
—
—
+
+
+
+
+
Agrisure Duracade 5222
+
—
—
—
+
+
+
+
+
Agrisure Duracade 5122
+
—
—
—
+
+
+
—
+
Genuity Smartstax (Monsanto) et Smartstax (Dow)
+
—
—
—
+
+
+
+
+
Genuity VT Double Pro
—
—
—
—
—
+
—
+
+
Genuity VT Triple Pro
+
—
—
—
—
+
—
+
+
Herculex 1 et Herculex 1/RR2
—
—
—
—
+
+
+
—
+
Herculex XTRA et Herculex XTRA/RR2
+
—
—
—
+
+
+
—
+
Optimum AcreMax et Optimum Intrasect
—
—
—
—
+
+
+
—
+
Optimum AcreMax Xtreme
+
—
—
—
+
+
+
—
+
Optimum AcreMax Xtra et Optimum Intrasect Xtra
+
—
—
—
+
+
+
—
+
Yield Gard CB et YieldGard CB/RR2
—
—
—
—
—
+
—
—
—
YieldGard VT et Triple (VT3)
+
—
—
—
—
+
—
—
—
Légende : + recommandé ± maîtrise partielle – non recommandé
Johanne Van Rossum est agronome et productrice de grandes cultures à Sainte-Brigide d’Iberville.
10 / Guide traitement de semences 2016 /
La valeur des insecticides appliqués sur les semences : une technologie d’avant-garde pour protéger les semences Les insecticides appliqués sur les semences (IAS) constituent l’une des technologies de protection des cultures les plus avancées; ils offrent aux agriculteurs un moyen de lutter contre les ravageurs de façon ciblée et respectueuse de l’environnement. La technologie des IAS permet de protéger les semences et les plantules contre les insectes ravageurs durant la période critique des premières semaines de croissance.
Les insecticides appliqués sur les semences améliorent la qualité et le rendement des cultures
• une réduction de l’impact sur les organismes non visés, y compris les insectes utiles;
En protégeant les semences et les plantules contre les dommages des ravageurs, les IAS permettent aux jeunes plants de prendre un départ vigoureux, lequel se traduira ultimement par une qualité et un rendement supérieurs. Cette protection est vitale pour la production agricole au Canada car on retrouve des insectes ravageurs dans toutes les régions agricoles du pays et dans toutes les cultures principales.
• une meilleure protection contre la pression accrue des ravageurs associée à différentes pratiques agronomiques, notamment le semis direct et le travail minimal du sol.
Les IAS sont particulièrement utiles dans les situations où il n’existe pas de solutions pour redonner la santé à une culture affectée par les dommages des insectes ravageurs. Les insecticides appliqués sur les semences présentent de nombreux avantages pour l’environnement Ces avantages incluent notamment : • une quantité de matière active beaucoup plus faible par hectare que les insecticides foliaires et les insecticides appliqués au sol; • une diminution de la dérive hors-cible due à l’application des insecticides directement sur les semences;
Les insecticides appliqués sur les semences présentent de nombreux avantages agronomiques et techniques La valeur des IAS va au-delà du contrôle des insectes, notamment : • en optimisant les taux de semis suite à un meilleur peuplement; • en réduisant la reprise des semis; • en prolongeant la fenêtre d’application des pesticides foliaires en saison (lorsque requis); • en facilitant le semis hâtif, une pratique qui aide à maximiser l’efficacité de la main-d’œuvre et des opérations; et • en complémentant les caractères technologiques de gestion des insectes ravageurs (quand de tels caractères ne sont pas disponibles ou en fournissant un mode d’action différent pour gérer la résistance).
Toujours lire l’étiquette et s’y conformer. Le logotype Syngenta est une marque déposée d’une société du groupe Syngenta. © 2016 Syngenta.
9188-1_FT-Value_of_Bee_Health_Advertorial_Updates_FREN.indd 1
Les insecticides appliqués sur les semences sont avantageux même quand la pression des insectes est faible ou modérée Les insectes ravageurs peuvent affecter la croissance de la culture, sa qualité et son rendement même dans les situations d’infestation faible ou modérée. D’une part, de petites populations de certains ravageurs peuvent avoir un effet néfaste sur la culture et empêcher la levée des plantules ou nuire à la santé du plant. D’autre part, quand on met des semences non traitées dans un sol peuplé de ravageurs, il n’existe aucun moyen de les protéger de façon rétroactive. Dans l’un ou l’autre cas, la reprise du semis pourra être requise, nécessitant des investissements additionnels. En plus de supprimer les insectes ravageurs, les IAS permettent à la culture de s’établir en santé et solidement en la protégeant et lui donnant plus de vigueur durant les périodes critiques de développement, à savoir la germination et la croissance des racines. La plante peut ainsi mieux concurrencer les mauvaises herbes et les maladies et affronter plus aisément les stress abiotiques comme les températures fraîches ou la sécheresse du sol lors du semis. Pour plus d’information sur des produits spécifiques, veuillez visiter Syngenta.ca
2/17/16 4:59 PM
Les plantes qui vibrent de santé capturent plus de soleil. Les cultures s’éclatent avec Cruiser Maxx® Vibrance®. Ce traitement de semences protège votre soya contre un large éventail d’insectes et de maladies et procure la meilleure maîtrise qui soit des maladies causées par Rhizoctonia. Et comme il combine l’effet Vigor Trigger ®, qui déclenche la vigueur des plantules, à la puissance d’enracinement Rooting Power™, il permet à vos plants de soya de grandir plus vite et avec plus de vigueur, tant au-dessus que dans le sol, pour que votre culture s’implante mieux.
Pour plus d’information, visitez Syngenta.ca, communiquez avec notre Centre d’interaction avec la clientèle au 1-87-SYNGENTA (1-877-964-3682) ou joignez @BonjourSyngenta sur Twitter et tweetez-nous vos questions en utilisant le mot-clic #AskSYN. Toujours lire l’étiquette et s’y conformer. Cruiser Maxx Vibrance Beans consiste en l’application sur les semences du traitement de semences insecticide/fongicide Cruiser Maxx Beans et du traitement de semences fongicide Vibrance 500 FS. Cruiser Maxx ®, Rooting Power™, Vibrance®, Vigor Trigger ®, le symbole de l’alliance, le symbole du but et le logotype Syngenta sont des marques de commerce d’une société du groupe Syngenta. © 2016 Syngenta.
INFOS / ÉLEVAGES
L’INDUSTRIE BOVINE MOINS POLLUANTE L’amélioration de la productivité de l’industrie canadienne du bœuf a un impact positif sur l’environnement. La production d’un kilogramme de bœuf canadien produisait 1 % moins de gaz à effets de serre en 2011, comparativement à 1981. Telle est la conclusion d’une nouvelle étude publiée dans le journal Animal Production Science. La recherche est menée à l’Université du Manitoba, au Centre de recherche d’Agriculture et Agroalimentaire de Lethbridge et Environnement Canada et se continuera jusqu’en 2018. Elle démontre qu’il y a eu 15 % moins de méthane, 16 % moins de protoxyde d’azote et 13 % moins de carbone provenant de la production bovine au Canada sur une période de 30 ans. Pendant la même période, il a fallu 2 % moins de vaches et 24 % moins de terres pour produire la même quantité de bœuf. Selon l’un des chercheurs principaux, Tim McAllister de Lethbridge, ces avancées n’auraient pas été possibles sans la mise en place
de projets en recherche et développement et sans implications de l’industrie pour mettre en application ces avancées. Tim McAllister est un chercheur reconnu mondialement. Il a notamment travaillé pour l’élaboration de ces estimations avec l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) . L’étude sur cinq ans vise à examiner l’emprunte écologique de l’industrie canadienne du bœuf. Elle s’échelonne de 2013 à 2018.
Sexer les poussins dans l’œuf Des chercheurs allemands des universités de Leipzig et de Dresden ont développé une méthode pour sexer les poussins dans l’œuf, et ce, dès la troisième journée d’incubation. « L’objectif du projet était d’explorer des alternatives à l’euthanasie des poussins mâles de lignées de poules pondeuses, de telle sorte que l’incubation et, par la suite, l’euthanasie des mâles seraient éliminées dès le départ », explique la coordonnatrice du projet, la professeure Maria Kraulwald-Junghanns. La technique utilise la spectrophotométrie Raman dans le proche infrarouge qui a la particularité de tester les embryons fécondés dans l’œuf après environ 72 heures d’incubation. Les étapes suivantes visent à s’assurer que les embryons femelles ne sont pas affectés par le procédé. Puis, des entreprises commerciales devront investir dans le développement d’équipements dans le but de les utiliser au couvoir.
Cette méthode utilise la différence de grosseur des chromosomes mâles et femelles. Après trois jours, les embryons développent des petits vaisseaux sanguins qui sont utilisés pour distinguer les mâles et les femelles. Un laser perce un trou microscopique dans la coquille de chaque œuf. Ensuite, le spectrophotomètre envoie de la lumière dans l’œuf. L’analyse du spectre lumineux permet d’identifier si c’est un mâle ou une femelle. Le trou est ensuite scellé. Le tout prend environ de 15 à 20 secondes, mais pourrait être réduit à 10 secondes. Le ministre fédéral allemand de l’Alimentation et de l’Agriculture, Christian Schmidt, espère que cette méthode sera disponible dès la fin de 2016 et qu’en 2017, l’euthanasie de poussins mâles de races de poules pondeuses sera chose du passé.
Source : The Poultry Site
Les présents résultats sont les premiers émanant de cette étude qui a scruté tout le système de production, des vaches-veaux au parc d’engraissement. Les prochains résultats sont attendus en 2018 et incluront l’utilisation de l’eau, la biodiversité et la fourniture de services écosystémiques. La recherche est financée par le Beef Cattle Industry Science Cluster. S ource : Canadian Roundtable for Sustainable Beef
RÉPONSE À LA QUESTION DE LA PAGE 35 Des chercheurs britanniques ont voulu avoir le cœur net sur la question. Ils ont démontré que les vaches diminuaient leur production laitière de 2,6 litres par jour durant toute la lactation, même si elles ne présentaient pas de symptôme de la maladie. En monnaie britannique, la perte est de 200 livres par vache par année, soit environ 400 $. « C’est environ deux fois le prix médian de tous les coûts vétérinaires et de médicaments pour une vache par année », dit Jonathan Statham, un partenaire du Bishopton Veterinary Group et PDG de RAFT Solutions.
Source : Farmers Weekly
Auteurs : ALAIN FOURNIER est agronome, M.SC. et spécialiste en productions laitière et bovine. MARIE-JOSÉE PARENT est agronome et journaliste. Elle couvre les productions laitière, bovine, avicole et porcine au Bulletin.
/ Le Bulletin des agriculteurs / Mars 2016 / 37
® Le LOGO TÊTE DE BOVIN et ANAFEN ® ont des marques déposées de Merial Limitée. © 2014 Merial Canada Inc. Tous droits réservés. ANA-13-6552-AD(F) MER-2173 *
Basé sur les monographies canadiennes des AINS pour bovins. 1 D’après la monographie canadienne de ANAFEN. 2 Lait canadien de qualité Programme de salubrité des aliments à la ferme, Juin 2010.
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LE PREMIER AINS QUI N’EXIGE AUCUN RETRAIT DU LAIT .
merial.ca
LAIT
15 ans avec des robots
Les vaches de la ferme Lansi se font traire dans des robots de traite depuis déjà 15 ans. Encore aujourd’hui, le propriétaire de l’entreprise, Sylvain Landry, est entièrement satisfait de son choix.
PAR MARIE-JOSÉE PARENT
L’étable de la ferme Lansi est prévue pour l’installation de 12 robots. L’emplacement de chacun est déjà prêt.
L
orsqu’il a installé ses premiers robots de traite en 2001, Sylvain Landry de la ferme Lansi à Saint-Albert au Centredu-Québec a dû se déplacer en Europe pour voir des robots en opération sur des fermes laitières. Au Québec, il n’y en avait que deux qui venaient tout juste d’être installés et ils étaient sur deux fermes différentes. « Chaque fois que nous voulions en voir, il fallait prendre l’avion », se souvient-il. De 1997, au moment où il a commencé à rêver aux robots, à 2001, il a fait 13 voyages et visité 60 fermes. Les producteurs laitiers de sa région étaient tellement sceptiques que l’un d’entre eux lui avait dit : « Tu vas manger
PHOTOS : MARIE-JOSÉE PARENT ET FERME LANSI
/ Le Bulletin des agriculteurs / Mars 2016 / 39
LAIT
la terre de ton père ! ». Mais les voyages en Europe où les fermes utilisaient les robots depuis cinq ou six ans le convainquent de la technologie. « Je savais que ça tirait le lait, mais financièrement, est-ce que ça fonctionne bien ? » se demandait-il. L’expérience européenne lui démontre que c’est économiquement intéressant. Le 17 septembre 2001, des vaches commencent à se faire traire dans la nouvelle étable contenant quatre robots, mais prévue pour six. L’année suivante, le cinquième robot est ajouté et le sixième en 2004. En 2012, la superficie de l’étable est doublée. « Nous n’étions plus capables de faire les jours de production supplémentaires », se souvient Sylvain Landry. Plutôt que de n’ajouter qu’un seul robot, il augmente tout de suite à trois robots, ce qui lui permet de transformer l’étable et de faire la production supplémentaire sans perturber les vaches. Jusqu’alors, les vaches étaient en trafic contrôlé, mais l’expérience lui a démontré que le trafic libre était mieux. C’est donc la configuration de la première section de l’étable qui est repensée et les robots sont remplacés par la plus récente technologie. Il y a un marché intéressant pour les robots usagés, ce qui réduit le coût de remplacement. L’étable agrandie est prévue pour contenir éventuellement 12 robots. Le dixième vient d’être mis en fonction cet hiver. « J’ai toujours acheté du quota », explique Sylvain
40 / Mars 2016 / Le Bulletin des agriculteurs /
Landry. Sa philosophie est simple : le quota est un investissement rentable. De plus, la ferme Lansi produit tout le lait qui lui est attribué. Aujourd’hui, la ferme Lansi a 487 vaches à la traite et produit 675 kg/jour de quota.
À gauche, l’étable des vaches. À droite, l’étable des génisses ainsi que les silos.
salon de traite, un autre élément qui stresse les vaches. Plusieurs producteurs laitiers invoquent le prix d’achat dispendieux des robots, dans les 200 000 $. Selon Sylvain Landry, les salons de traite ne sont pas plus économiques puisqu’ils impliquent la CHOISIR LES ROBOTS Pourquoi n’a-t-il pas opté pour un salon construction d’une aire d’attente qui ne sert de traite ou un carrousel ? « Le robot, ça fait que lors de la traite. Les robots permettent des vaches plus calmes, explique Sylvain de diminuer de moitié la charge salariale. Landry. Ce qu’une vache déteste le plus, Ils permettent aussi d’avoir une marge c’est d’attendre et dans la salle d’attente alimentaire plus élevée. La marge alimend’un salon de traite, elle attend. » Les vaches taire est le revenu de la vente de lait moins se font pousser vers la salle d’attente, puis le l’alimentation. À la ferme Lansi, elle était de 7128 $ en 2014. Les robots permettent aussi de se concentrer davantage sur les vaches Un dixième robot vient d’être installé. problèmes. Avec les robots, les vaches hautes productrices et en début de lactation peuvent exprimer leur plein potentiel laitier. Une vache a récemment visité le robot cinq fois par jour. Le robot permet aussi d’adapter l’alimentation des vaches en fonction de la production de chacune d’elle. « Ce que les gens ne réalisent pas, c’est que lorsqu’ils achètent un robot, ils acquièrent aussi un système d’alimentation », explique Sylvain Landry. Pour toutes ces raisons, il préfère les robots. Il est toutefois pragmatique. Il a vu des producteurs remplacer les robots pour installer un carrousel et d’autres défaire la salle de traite pour installer des robots. C’est propre à chaque producteur. Mais de son côté, il est toujours convaincu d’avoir
Ferme Lansi
Saint-Albert, Centre-du-Québec Propriétaire : Sylvain Landry Enfants impliqués dans l’entreprise : Nicolas, agroéconomiste, et Frédéric, électromécanicien Troupeau : 1000 têtes Holstein, 550 vaches, 487 à la traite Classification : 12 EX, 145 TB, 300 B+, 50 B Quota : 675 kg/jour à produire Production moyenne : 37 litres de lait/vache/jour, 11 400 kg de lait/vache/an Comptage des cellules somatiques : entre 130 et 150 000 Composantes : 4 % gras et 3,30 % protéines Système de traite : 10e robot en fonction au début 2016 Marge alimentaire : 7128 $/vache Champs : 1052 hectares (2600 acres) en cultures
Le réservoir à lait est
fait le bon choix. Il a opté pour les robots de un silo réfrigérant. marque Lely, mais il constate que plusieurs compagnies offrent aujourd’hui d’excellents produits.
VIE DE GROUPE « Ce n’était pas le robot le problème, mais la vie en groupe », explique Sylvain Landry. Habituées de se faire servir la nourriture à leur place et de se faire traire à heure fixe, les vaches doivent dorénavant reculer pour sortir de leur logette et se déplacer pour manger, boire et se faire traire. De plus, il y a de la compétition entre les vaches et les problèmes de pattes sont déterminants. « Tu ne peux pas avoir des vaches qui ont mal aux pattes », précise Sylvain Landry. Tous les six mois, tous les onglons des vaches de la ferme Lansi sont taillés. Chaque semaine, une vérification et un traitement supplémentaire sont effectués pour les vaches
/ Le Bulletin des agriculteurs / Mars 2016 / 41
LAIT
Landry. Parfois, on se fait réveiller la nuit. » Certains mois, il n’y a aucun appel, mais d’autres mois, c’est plus fréquent.
TRANSITION
Nicolas, Frédéric et Sylvain Landry, de la ferme Lanci.
Les conseils de Sylvain Landry Quels conseils donner à quelqu’un qui fait le saut en robotique ? 1. Première expérience : Le démarrage d’un robot, c’est de la patience, dit Sylvain Landry. La première fois qu’une vache entre dans le robot, il faut que ce soit une bonne expérience pour elle. 2. Transition : Le premier mois, il faut doubler le nombre de personnes à la traite comparativement à avant. Ensuite, on divise le nombre de personnes par quatre.
3. Taures : Il conseille aussi de garder les taures en groupe. Elles s’adapteront plus facilement à la vie en groupe, à reculer et à se déplacer pour aller manger. « Ça devrait commencer à la louve », raconte-t-il. 4. Effet troupeau : Chaque robot regroupe un troupeau. Il faut le respecter.
L’une des grandes difficultés souvent reprochées à l’adoption de cette technologie est la transition. Ce ne fut pas un problème chez Sylvain Landry. En 2001, la ferme Lansi trayait 200 vaches dans une étable entravée avec 18 retraits automatiques. Il fallait 3,5 heures par traite à quatre personnes. Quarante vaches devaient être déplacées lors de chaque traite par manque d’espace. La nouvelle étable a été construite à 23 m (75 pi) de l’ancienne, ce qui a facilité la transition. L’ancienne étable était encore en fonction et les vaches étaient amenées graduellement dans la nouvelle étable. Jusqu’en 2012, l’ancienne étable était fonctionnelle et elle a été mise à contribution chaque fois que le dernier robot installé était au maximum de sa capacité. L’ancien système de traite permet aussi de garder les vieilles vaches qui ne se sont jamais acclimatées au robot. En 2012, lorsque l’étable est doublée de superficie, Sylvain Landry opte pour la même stratégie de ne pas perturber les vaches à la traite. Il entre les trois nouveaux robots dans la nouvelle section avant de transférer les vaches.
LES HAUTS ET LES BAS
Avant-gardiste il y a 15 ans, Sylvain Landry constate aujourd’hui que l’engouement actuel pour les robots n’a pas que du bon. Les concessionnaires sont tellement occupés par les nouvelles installations de robots qu’ils manquent de temps pour faire l’enqui boitent. Deux fois par semaine, toutes duction par robot est calculée en volume de tretien des robots déjà installés. Pour comlait, soit 2000 litres de lait/robot/jour. bler cette lacune, des formations seront les vaches passent au bain de pieds. « Le robot de traite, c’est un amplificateur, offertes bientôt pour que les producteurs Autre constatation : les vaches qui produisent le plus de lait sont avantagées par dit-il. Ça amplifie ce qui va bien et ça puissent réaliser eux-mêmes leur entrele robot, comparativement à un autre sys- amplifie ce qui va mal. Si des vaches ont tien. Ainsi, de plus en plus de producteurs, tème de traite puisqu’elles peuvent se faire mal aux pattes, elles ne se lèvent pas, ne comme Sylain Landry et ses fils Nicolas et traire plus souvent, en se présentant plus mangent pas et ne vont pas au robot. » Si Frédéric, pourront entretenir leurs équipesouvent au robot. Et lorsqu’il y a plus de l’intervalle de vêlage et les jours en lait sont ments, en plus d’être des sources d’inspivisites au robot par vache, il faut diminuer élevés, les vaches donnent peu de lait par ration pour les producteurs qui souhaitent le nombre de vaches par unité. Ça, Sylvain jour en fin de lactation. « Les vaches doivent faire le saut vers la robotique. Landry l’a bien compris. La ferme Lansi a donner beaucoup de lait pour que ça aille deux robots dédiés aux vaches fraîchement bien », explique Sylvain Landry. Autre éléMarie-Josée Parent est agronome et journaliste. vêlées où les 40 vaches maximum donnent ment, la traite n’est jamais finie. « Un robot, Elle couvre les productions laitière, bovine, avicole et entre 50 et 55 litres de lait chacune. La pro- ça vient avec un cellulaire, précise Sylvain porcine au Bulletin des agriculteurs.
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PAR MARIE-JOSÉE PARENT
Des caméras dans l’étable Depuis peu, les Dubuc surveillent les vêlages par caméras de surveillance. Voilà une grande avancée technologique dont ils ne pourraient plus se passer.
E
n 2013, les frères Gilbert, Ghislain et Guy Dubuc de la ferme Dubuc et frères de Sainte-Eulalie, au Centredu-Québec, étaient loin d’être des passionnés d’informatique. Seul Gilbert avait un cellulaire et encore, c’était un téléphone à bascule. Ghislain n’utilisait jamais d’ordinateur et n’avait même jamais touché à une tablette électronique. Trois ans plus tard, les trois frères ont rénové leur flotte informatique, ils ont installé des caméras dans les deux étables pour la surveillance des vêlages, ils se sont branchés à Internet et ils se sont tous munis de téléphones intelligents. Tout un virage ! Les trois filles de Gilbert, Guylaine, Geneviève et Karine, ne sont pas étrangères à cette transformation. En tant que future relève de l’entreprise vache-veau spécialisée dans la race Charolaise, elles ont contribué à amener l’entreprise dans le 21e siècle. C’est toutefois une subvention qui a été l’élément déclencheur. « C’était dans le cadre du programme Stratégie de soutien à l’adaptation des entreprises agricoles, dans le volet innovation à la ferme », raconte Guy, le plus jeune des trois frères. Même si ce sont des outils qu’ils espéraient acquérir un jour, ils ne se doutaient pas de toutes les possibilités qu’allait leur offrir leur adoption et encore moins à quel point ils ne pourraient plus s’en passer. Geneviève est étudiante en agroéconomie à l’Université Laval. À Québec, loin de la ferme, elle observe les vêlages depuis sa salle de classe. Un veau va-t-il téter ? Un autre a-t-il quitté son enclos ? Elle peut, en temps réel, envoyer un texto à son père et à ses oncles pour qu’ils fassent un tour à l’étable. Éloignées de la ferme ou encore sur un autre endroit de l’entreprise, les vaches
sont toujours sous surveillance. « Pendant le souper à la maison, c’est sacré : la tablette électronique est toujours sur la table », dit Geneviève.
INSTALLATION Le troupeau de la ferme Dubuc et frères compte 130 vaches. Avec taureaux et veaux, il monte à environ 260 têtes du printemps à l’automne. De janvier à mars, pendant la saison des vêlages, les vaches sont réparties en deux étables. Chaque étable est dotée de huit caméras branchées en permanence. L’entreprise qui a fait l’installation, Logesco Informatique de Nicolet, leur a recommandé de les laisser en fonction été comme hiver. « Pour que le système fonctionne bien », explique Guy. Et puisqu’elles sont allumées en été, les producteurs sur-
Sur l’écran de l’ordinateur de l’étable, sur tablette ou sur téléphone intelligent, Geneviève Dubuc peut visionner les caméras de surveillance installées dans les deux étables.
veillent la machinerie à distance. Celle-ci est rangée à l’intérieur alors que les vaches sont au pâturage. Chaque ensemble de huit caméras choisi par les Dubuc a été acheté au coût de 800 $. À cela, il a fallu ajouter deux écrans et deux ordinateurs, les piles et le système d’antennes pour fonctionner en réseau sans fil et se connecter à Internet. Chaque étable a son ensemble de caméras et d’ordinateurs. Tout le système leur a coûté 5000 $. Les trois frères et les trois filles de Gilbert ont un téléphone intelligent iPhone. Gilbert et Guy ont chacun une tablette électronique. Les caméras sont reliées par fil à l’enregistreur et à l’ordinateur. Le logiciel
PHOTOS : MARIE-JOSÉE PARENT ET FERME DUBUC ET FRÈRES
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BŒUF
COMMUNICATIONS Le système de caméras et les appareils mobiles permettent aux Dubuc de communiquer entre eux, mais puisqu’ils sont connectés, pourquoi ne pas aller plus loin ? Les applications leur permettent de voir qui est connecté en temps réel. Il ne suffit alors que d’envoyer un petit texto au frère, à la sœur, à l’oncle ou à la nièce. Ou encore mieux, écrire directement une note dans le système. Avec l’arrivée des appareils mobiles, les Dubuc ont adopté une autre application qui leur permet de communiquer entre eux. C’est Google Drive. Comme son nom l’indique, il s’agit d’une application de la famille de Google. C’est un peu comme la suite Office de Microsoft, mais sur le Web. Les enclos de vêlage où sont principalement installées les caméras de surveillance. Les documents créés sont stockés dans l’infonuagique, ou le cloud en anglais. Les sonne voulant se connecter à un ordinateur Dubuc ont ainsi créé plusieurs registres à distance, Team Viewer. L’application per- d’élevage qu’ils contribuent tous à commet de prendre le contrôle de l’ordinateur, pléter de leur appareil mobile ou de leur par son téléphone intelligent, sa tablette ordinateur. Ainsi, ils ont une fiche conteou un autre ordinateur. C’est par cette nant tous les traitements des animaux, une application que le technicien de Logesco autre qui indique l’insémination des vaches, informatique leur apporte du soutien tech- une autre encore qui indique les saillies, nique. C’est aussi par cette application que puis une autre pour les informations du Geneviève montre à ses confrères de classe Programme d’analyse des troupeaux de boucherie du Québec (PATBQ). L’utilisation les animaux de sa ferme. Le positionnement des caméras est crucial pour assurer un bon champ de vision et pour éviter une interférence visuelle avec les luminaires de l’étable.
du système de caméra choisi permet de gérer les caméras et d’enregistrer les images. Les images sont emmagasinées pour une période d’environ un mois. « Un jour, nous avons trouvé un veau qui avait quitté le parc de vêlage, raconte Geneviève. En regardant l’enregistrement, ça nous a permis de voir ce qui s’était passé. » Les caméras ne sont donc pas utilisées uniquement pour surveiller les vêlages. L’application pour appareils mobiles du système de caméras choisi leur permet de consulter l’ordinateur, pourvu que ces appareils soient à une distance suffisamment courte pour que le signal des antennes du réseau puisse être capté. Lorsqu’ils n’ont plus accès au réseau, ils se connectent par Internet. Ils utilisent alors une application bien connue des techniciens en informatique ou de toute per-
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Une demande exponentielle
« Chaque fois que nous installons un système de caméras de surveillance sur une ferme, nous signons des contrats avec deux autres clients », raconte David Francoeur, copropriétaire de Logesco Informatique de Nicolet, l’entreprise qui a fait l’installation à la ferme Dubuc et frères de Sainte-Eulalie. Les utilisations en agriculture sont variées. Les caméras pour vêlages sont très populaires, mais des producteurs en installent aussi en haut des silos pour leur éviter de monter afin de constater la quantité restante. Des producteurs avicoles en installent aussi pour voir les contrôleurs d’ambiance. Même lorsqu’elles sont installées à l’intérieur, les caméras choisies sont toujours conçues pour l’extérieur, en raison de l’humidité, de la poussière et de l’acidité qu’on retrouve partout en agriculture. Les caméras peuvent être HD ou non. Ce peut être un ensemble de caméras ou non. « Il y a tellement de choses qu’on peut faire et que les clients ne savent pas », dit David Francoeur. À la base, Logesco Informatique offre le service d’installation informatique et de mise en place de réseaux sans fil. L’entreprise peut, par des antennes, connecter la maison, l’étable, l’atelier et la cabane à sucre sur la même adresse Internet et ainsi créer un réseau sans fil. Pourvu que tous ces emplacements soient à moins de 5 km. Le prix ? « Je n’aime pas ça parler de prix parce que ça dépend des besoins du client », spécifie David Francoeur. Sa première visite a justement pour but de cibler les besoins. L’autre objectif est de vérifier l’installation Internet de la ferme. Si la réception Internet est excellente, le client aura une belle qualité d’image lorsqu’il aura besoin de se connecter au réseau de la ferme par Internet. Si la réception est médiocre, l’image sera décevante.
de Google Drive n’a pas de lien avec les caméras, mais avec l’utilisation d’Internet et des appareils mobiles. En à peine trois ans, l’entreprise est passée d’une gestion traditionnelle à l’utilisation d’Internet et du cloud. Tout un changement ! « Nous ne retournerions pas en arrière, raconte Guy. Nous aimerions même améliorer notre connexion Internet et notre installation ». Les Dubuc sont actuellement satisfaits de leur installation. La plus grande limitation est la qualité de la connexion Internet. Une caméra a dû être remplacée. Les étables sont des milieux difficiles pour de telles caméras avec l’humidité et la poussière. C’est pourquoi ils ont choisi des caméras qui sont conçues pour l’extérieur (Samsung SDS P4080). L’essentiel de l’entretien est de dépoussiérer les caméras. L’investissement se rentabilise rapidement. Le veau, c’est le revenu de l’éleveur vacheveau. Et en race pure, ce veau vaut encore plus cher. Dès le premier hiver, ils ont
Voici un exemple d’écran qui permet de voir les
sauvé des veaux grâce à cet équipement. images provenant des 16 caméras de la ferme. L’installation a un autre avantage important : la qualité de vie. Il permet de sauver des pas et d’éviter de se déplacer à l’étable Marie-Josée Parent est agronome et journaliste. en pleine nuit froide d’hiver. Ça, ça n’a pas Elle couvre les productions laitière, bovine, avicole et de prix. porcine au Bulletin des agriculteurs.
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DOSSIER
FOURRAGES ET PÂTURAGES Un pas vers l’avant pour la recherche sur les fourrages
Prolonger la saison de pâturage, développer de nouvelles espèces de plantes fourragères, voilà quelquesuns des objectifs visés par un nouveau projet de recherche sur les fourrages. PAR JENNIFER PAIGE
«
Il y a à peine deux ans, l’industrie laitière ne voulait pas investir en recherche et développement sur les fourrages. Je crois qu’on a réussi à bien mettre en évidence l’importance des fourrages et les possibilités qu’offre l’industrie fourragère puisque différents secteurs ont décidé d’investir dans la recherche sur les fourrages. » Tels étaient les propos de Doug Wray, président de l’Association canadienne des plantes fourragères (ACPF), lors de la sixième conférence annuelle de l’organisme à Saskatoon en novembre dernier. Plus de 100 personnes s’y sont rassemblées pour faire du réseautage, échanger des renseignements et discuter d’actualités. Plusieurs s’accordaient pour dire qu’effectivement depuis la fondation de l’organisation, il y a six ans, les gens étaient de plus en plus sensibilisés à l’importance des fourrages en tant que facteur important du secteur agricole. Bill Houston, un biologiste chevronné qui se spécialise en plantes fourragères pour la division des sciences et de la technologie d’Agriculture et Agroalimentaire Canada (AAC), a profité de l’occasion pour parler du
ASSOCIATION CANADIENNE POUR LES PLANTES FOURRAGÈRES canadianfga.ca • Tél. : 780 430-3020
Doug Wray, président de l’Association canadienne pour les plantes fourragères, s’est adressé aux participants de la sixième conférence annuelle de l’organisation.
projet de recherche sur les fourrages que l’AAC a entrepris l’an dernier. « Ce projet a été lancé à la conférence de l’ACPF à Olds, en Alberta. Notre sous-ministre adjoint de la division des sciences et de la technologie y a participé », explique Bill Houston. « Nous remercions les participants d’avoir fait pression sur lui pour qu’il s’implique davantage en matière de communication et de transfert des connaissances sur les fourrages. »
rage par l’utilisation de balles ou d’andains. « Tout récemment, un article traitant de l’aspect économique lié à la prolongation de la saison de pâturage a été publié et a démontré que de nourrir ses vaches avec des andains peut réduire les coûts d’élevage hivernal de 37 % à 60 % », affirme Bill Houston. « Ces pratiques sont courantes dans l’Ouest canadien, mais les membres de notre groupe consultatif croient qu’elles seraient également profitables pour l’Est canadien et la région de l’Atlantique. Nous cherchons à promouvoir LES PRIORITÉS DE RECHERCHE Bill Houston a présenté les cinq parties du ces pratiques dans ces régions, mais pour projet de recherche de l’AAC. « Nous avons cela, nous devons déterminer les économies créé un groupe consultatif comprenant envi- qu’elles pourraient y engendrer. » ron 20 membres et incluant des organisations nationales et provinciales des industries LES FOURRAGES SUCRÉS bovine et laitière ainsi que des représentants La deuxième partie de la recherche se penprovinciaux de l’industrie fourragère », ajoute chera sur les fourrages sucrés ou hautement Bill Houston, qui se trouve à la tête du projet. énergétiques. Elle expliquera notamment « Nous avons discuté pour déterminer les cinq comment augmenter la teneur en sucre des priorités de notre projet et nous avons pré- fourrages. Elle indiquera aussi quelles sont paré un plan, qui a été approuvé en octobre les meilleures espèces de plantes fourradernier. » gères, quel est le meilleur temps pour couLa première partie du projet de recherche per, comment fertiliser le sol et quelles sont porte sur la prolongation de la saison de pâtu- les meilleures techniques de séchage. « Les PHOTOS : JENNIFER PAIGE
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des vaches », soutient Bill Houston. « L’aspect économique est important alors nous avons embauché un étudiant d’été pour qu’il évalue les économies liées aux fourrages sucrés. Nous sommes en train de finaliser notre analyse et de revoir nos résultats. » Le projet permettra également de créer de nouvelles espèces de plantes fourragères, de développer de nouvelles connaissances et d’en apprendre plus sur le renouvellement des pâturages (par de la recherche sur le terrain). « Dans l’Ouest canadien, beaucoup de recherches sur le renouvellement des pâturages ont été menées. Nous pouvons donc La sixième conférence annuelle de l’Association nous servir des connaissances acquises tout canadienne des plantes fourragères a eu lieu en tenant compte des conditions actuelles et du 17 au 19 novembre derniers, à Saskatoon. de la technologie de pointe. Nous pouvons aussi effectuer une analyse économique chercheurs de l’industrie laitière ont constaté basée sur la valeur actuelle du dollar et le que les vaches mangent plus de fourrage ratio avantages-coûts d’une opération de lorsqu’il a une teneur élevée en sucre. Ils ont renouvellement. » Enfin, le projet traitera aussi de la gestion aussi remarqué que les fourrages sucrés augmentent jusqu’à 8 % la production laitière des nutriments présents dans l’engrais utilisé
pour la production fourragère et de l’utilité de ces nutriments dans le cadre des tâches de production fourragère et d’élevage. « Nous voulons travailler main dans la main avec les gens de l’industrie pour nous assurer que le transfert des connaissances acquises est quelque chose qui les intéresse », affirme Bill Houston. « Ce que j’aime beaucoup à propos de ce projet, c’est que nous avons un bon appui de la part de l’industrie, tant sur le plan de la gestion de l’AAC que sur celui des spécialistes en fourrages. C’est une très bonne structure pour réussir. » Jennifer Paige est journaliste pour le Manitoba Co-operator. Elle vit à Brandon au Manitoba.
Ce dossier est publié conjointement par l’Association canadienne pour les plantes fourragères (ACPF) et le Bulletin des agriculteurs. Il informe les producteurs de plantes fourragères et les éleveurs sur les enjeux importants touchant le secteur des fourrages et des pâturages.
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DOSSIER FOURRAGES ET PÂTURAGES
Surya Acharya est sélectionneur pour Agriculture et Agroalimentaire Canada à Lethbridge, en Alberta.
surtout sur les principales espèces comme la luzerne, le trèfle et les graminées parce qu’il n’y a pas suffisamment de sélectionneurs pour couvrir toutes les sortes de plantes fourragères qui poussent au pays. « Malgré l’importance des fourrages, peu d’efforts d’amélioration génétique sont faits, surtout si l’on considère le nombre d’espèces de plantes fourragères qui pourraient être ciblées », affirme Bruce Coulman, un sélectionneur travaillant sur des graminées cultivées en terre sèche – comme le brome et l’agropyre – pour l’Université de la Saskatchewan.
UNE SITUATION SIMILAIRE AUX ÉTATS-UNIS
L’amélioration génétique des fourrages sous-financée
Le nombre d’hectares en fourrage est supérieur à bien d’autres cultures. Pourtant, peu d’efforts pour l’amélioration génétique des plantes fourragères sont faits. Bilan de la situation. PAR RON FRIESEN
L
es fourrages représentent la culture la plus pratiquée au Canada, mais plusieurs l’ignorent puisque c’est un secteur avec peu de chercheurs et peu de ressources pour investir en amélioration génétique. Le nombre d’hectares de fourrage excède celui du blé, du canola et de tous les autres types de culture. Certains pourraient être portés à croire que les fourrages constituent un acteur de premier rang dans le monde de l’amélioration génétique des plantes en raison de leur étendue. Malheureusement, ce n’est pas le cas.
Le Canada a seulement quatre principaux programmes de financement public pour l’amélioration génétique des fourrages. Il existe aussi deux autres programmes plus modestes qui portent sur l’amélioration génétique des graminées indigènes. Les fonds pour la recherche sur les fourrages n’ont pas augmenté depuis dix ans, à l’exception d’un investissement du Beef Cattle Research Council. Aujourd’hui, il y a environ 66 % moins de recherches nationales sur les fourrages que pendant les années 1980. Les projets de recherche actuels se concentrent
Aux États-Unis, la situation est similaire, malgré un plus grand nombre d’entreprises privées impliquées dans la recherche sur les fourrages. Mike Peterson, responsable des traits universels pour Forage Genetics International à Janesville, au Wisconsin, soutient que l’évaluation de la variété des fourrages est « beaucoup moins » poussée qu’elle l’était il y a dix ou quinze ans. Mike Peterson se rappelle que par le passé, une conférence sur l’amélioration génétique de la luzerne pouvait attirer 300 personnes. Aujourd’hui, une telle conférence ne rassemble qu’environ 60 participants. « C’est fou. C’est tout simplement déplorable, déclare Mike Peterson. Nous avons presque autant d’hectares de luzerne et nous ne faisons plus de recherche comme avant. » Mike Peterson précise toutefois que le travail qui se fait actuellement est à la fois innovateur et de haute qualité. Le problème, c’est que le bassin de chercheurs qualifiés dans le domaine est très restreint. « La qualité du travail n’a jamais été aussi bonne, mais la quantité de travail effectué est insuffisante. » Il est évident qu’il manque de sélectionneurs et de financement public pour la recherche sur les fourrages. Il existe un autre problème dont on entend moins parler : l’industrie manque d’intérêt envers les recherches en cours. « Le travail qu’effectuent les sélectionneurs a certainement
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DOSSIER FOURRAGES ET PÂTURAGES
Surya Acharya pense qu’une meilleure qualité de fourrage serait avantageuse pour les exportateurs, comme c’est le cas pour le blé et le canola.
UNE MEILLEURE GESTION
Le sélectionneur de l’Université de la Saskatchewan Bruce Coulman travaille sur des graminées cultivées en terre sèche.
beaucoup de valeur. Toutefois, les gens de l’industrie ne se montrent pas très intéressés à cultiver la plupart des nouvelles variétés », explique Cedric MacLeod, directeur administratif de l’Association canadienne pour les plantes fourragères. « Les producteurs sont réticents à utiliser la nouvelle technologie. Le secteur public et l’industrie privée peinent à justifier les dépenses liées à la création de nouvelles variétés parce que le rendement du capital investi est difficile à calculer. »
L’ABSENCE DE CONTRIBUTIONS Même s’il est clair que le Canada doit investir davantage en amélioration génétique des plantes fourragères et en évaluation de la variété des fourrages, les sélectionneurs ont de la difficulté à cibler les traits à sélectionner compte tenu de la nature des fourrages. Les producteurs de maïs et de soya ont accès à des programmes financés. Selon Cedric MacLeod, les fourrages ne font pas nécessairement partie d’un système en tant que tel. Il n’est donc pas toujours facile de faire des recommandations agronomiques à propos des fourrages. Puisque les producteurs utilisent la majorité de leur fourrage pour nourrir leurs animaux d’élevage, il est difficile d’évaluer les quantités produites. Il manque même parfois de données de base.
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Il faut souvent estimer les rendements et la valeur parce qu’ils ne sont pas vraiment documentés comme ils le sont pour les grains et les oléagineux. Cela est problématique pour les sélectionneurs de nouvelles variétés de plantes fourragères puisque les traits spécifiques
La plupart des gens de l’industrie sont d’accord pour dire que les producteurs fourragers doivent améliorer leur gestion pour pouvoir rivaliser avec les producteurs de grains et d’oléagineux, compte tenu du coût à la hausse des terres et de la nécessité de générer des revenus élevés à l’hectare pour couvrir l’augmentation des dépenses. Mike Peterson fait des recherches près de Kitchener, en Ontario, où les terres coûtent jusqu’à 50 000 $/ha (20 000 $/acre). Avec de telles valeurs, il est vraiment difficile pour les producteurs fourragers de concurrencer les producteurs de maïs et de soya sur une base de revenus à l’hectare. « Il faut pratiquement cultiver des grains à l’année pour que la terre soit rentable. Sinon, il faut faire pousser dix tonnes de luzerne par année. » Mais Surya Acharya croit que les fourrages peuvent être concurrentiels si les producteurs adoptent de meilleures méthodes de gestion. Une solution serait de cesser la monoculture fourragère dans des environnements de pâturage. Surya Acharya travaille présentement sur le sainfoin, une légumineuse fourragère qui peut pousser en culture mixte avec la luzerne. En plus de permettre de réduire les ballonnements chez les vaches, ce mélange augmente les rendements et la qualité. « Nous devrions faire preuve de plus d’innovation pour augmenter le rendement à l’hectare sans recourir uniquement à la génétique », affirme Surya Acharya. D’autres bonnes pratiques de gestion pourraient être adoptées, telles que la coupe intensive, la planification d’horaires de pâturage, la mise en œuvre d’un programme de fertilisation et la diminution de la longévité des peuplements fourragers.
Il y a environ 66 % moins de recherches nationales sur les fourrages que pendant les années 1980. recherchés dépendent de la façon dont les producteurs utilisent la culture. « À cause de la variabilité, il nous est difficile de déterminer ce qui a réellement besoin d’être fait, soutient Cedric MacLeod. Et cela complique la tâche des sélectionneurs qui doivent déterminer quels traits ont besoin d’être améliorés. » Surya Acharya est sélectionneur pour Agriculture et Agroalimentaire Canada à Lethbridge, en Alberta. Il pense que par le passé, les programmes d’amélioration génétique se sont trop concentrés sur l’augmentation des rendements et pas suffisamment sur des aspects de qualité comme la valeur nutritive relative, la digestibilité ainsi que la teneur en fibres et en protéines. C’est peut-être parce que les éleveurs bovins, qui utilisent le plus de fourrages, n’ont pas besoin de la même qualité de fourrage que les producteurs laitiers.
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CONFIANCE.
FRUITS ET LÉGUMES
PAR JULIE ROY
Quand des transformateurs deviennent producteurs Transformateurs agroalimentaires, Nathalie Rainville et Jean-François Poirier réussissaient très bien, mais l’appel de l’agriculture était trop fort.
I
l est de plus en plus courant de voir des producteurs agricoles tenter l’aventure de la transformation dans le but d’obtenir une valeur ajoutée à leur production. Mais un transformateur qui choisit le chemin inverse en devenant agriculteur est plutôt rarissime. C’est pourtant ce qu’ont choisi Nathalie Rainville et Jean-François Poirier, propriétaires de Cuisine Poirier et maintenant de la ferme Qui sème récolte. L’entrepreneuriat, Nathalie Rainville et Jean-François Poirier sont tous les deux tombés dedans quand ils étaient petits.
PHOTOS : NEIL ARMSTRONG
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FRUITS ET LÉGUMES
ger. Nous avions ramassé des pommes avec des amis, pressé le jus et fait du cidre. Nous avions adoré l’expérience. Côté rentabilité, nous savions qu’un verger et une érablière ouvraient la voie à plusieurs possibilités de produits transformés », racontent les deux producteurs dont le réflexe de transformateurs est toujours bien présent.
UN VERGER DANS LANAUDIÈRE, UNE AUTRE RARETÉ
Enfants d’entrepreneurs, ils ont dès le début de la vingtaine repris les rênes de l’entreprise qui appartenait au père de JeanFrançois. Cuisine Poirier, qui se spécialise dans la fabrication de mayonnaises, a sous leur gouverne continué sa belle ascension. Même si leur travail est couronné de succès, le même rêve, celui de posséder une ferme, venait toujours les assaillir. « Quand j’avais 17 ans, mon père avait une ferme avec des moutons. J’adorais me promener sur la terre. J’ai toujours eu un très grand jardin, raconte Nathalie. De tout temps, j’ai cueilli des framboises, fait mes conserves et même du jus de pommes. JeanFrançois adore la forêt. Il achalait même des acériculteurs pour les aider à l’érablière. Cela fait partie de nous. Avant même d’avoir une entreprise à l’âge de 17-19 ans, nous cherchions une fermette. » L’amour de la campagne n’est pas la seule raison qui a poussé les deux entrepreneurs sur la voie de l’agriculture. Le désir d’un contact plus direct avec les consommateurs y est également pour beaucoup. « Cela fait près de 15 ans que nous avons acheté l’en-
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Le couple s’était donné 10 ans pour compléter sa liste de projets qui incluait l’implantation d’une boutique à la ferme, la mise en place du verger, l’élaboration de cidres et d’autres produits. Ils ont réalisé le tout en cinq ans en plus d’ajouter un volet agrotouristique à leur entreprise, élément qui n’était pas du tout prévu au départ. Il faut dire que Lanaudière ne se compare pas à Oka ou Rougemont. Il n’existe que deux vergers dans toute la région. Lors de la période de récolte, bien des gens souhaitent aller aux pommes, mais sans nécessairement faire un long trajet pour s’y rendre. Le couple a donc rapidement été submergé de demandes. « La première année, nous n’avions pas de pommes à cueillir, le verger Aujourd’hui âgés de 38 ans et de 36 ans respectivement, Nathalie Rainville et n’avait pas été planifié en ce sens, mais nous Jean-François Poirier ont le vent dans les recevions tellement d’appels. Nous n’avons voiles. Si bien que leur plan de développement pas eu le choix de réajuster le tir. Le deua été réalisé en cinq ans au lieu de dix comme prévu au départ. xième verger a été planté dans une optique plus agrotouristique. En 2015, nous avons treprise au père de Jean-François. Je sais que ouvert cinq fins de semaine et souvent en les gens aiment ce que nous mettons sur les quatre heures tout avait été cueilli. Nous tablettes parce que je reçois les chiffres de avons littéralement été victimes de notre vente. Nous avons près de 500 points de succès », racontent les deux producteurs. vente, mais nos relations se font toutefois Une chose en amenant une autre, le principalement avec les gérants. Ils sont couple a rapidement construit une cidregentils, mais nous avions aussi envie d’une rie. Celle-ci a été officiellement inaugurée à relation plus directe avec le client », men- l’automne dernier. Trois cidres y sont disponibles, un sec brut, un doux pétillant ainsi tionne la productrice. À Saint-Jean-de-Matha, où réside le qu’un apéritif dont le goût s’apparente au couple, les fermes à vendre sont rares. En Pineau de Charente. L’an prochain, deux 2009, un concours de circonstances les nouveaux cidres devraient voir le jour. « Nous met toutefois sur la voie d’une ferme lai- avons embauché un œnologue pour l’élabotière qui comprend aussi une érablière. ration de nos cidres. D’ici deux ou trois ans, L’emplacement est parfait et correspond un cidre de glace devrait être au menu. » tout à fait aux ambitions des jeunes entrepreneurs. Le couple choisit soigneusement AGRICULTEUR, UN AUTRE MÉTIER ses productions. Pas question de planter Si leurs forces sont de mettre en marché, n’importe quoi uniquement pour le plaisir. de distribuer et d’élaborer des produits, « Nous voulions cultiver du canola pour le le couple n’était pas très expérimenté en transformer en huile et implanter un ver- matière d’agriculture. « Nous sommes
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FRUITS ET LÉGUMES
des transformateurs de métier. Les étiquettes, la réglementation, la distribution, tout cela nous était familier. L’agriculture, c’est tout un autre métier », mentionnent-ils. Le défi était donc grand pour les apprentis producteurs : ce n’est pas un hasard si les vergers sont rares dans Lanaudière. Le climat est plus propice à la culture des petits fruits que des pommes. Dans une zone de climat 3-4, impossible d’y cultiver des pommes non rustiques. Le nombre de variétés qui peuvent y pousser est donc limité. Malgré tout, ces embûches n’ont pas empêché le duo de réussir avec brio. « Tout s’apprend, il faut juste aller chercher les réponses dans les guides de production et auprès des vieux de la vieille. Non, les pommes McIntosh ne poussent pas ici, mais les agronomes nous ont aidés à trouver des variétés alternatives. En ce moment, 25 variétés ont été plantées. Nous faisons des tests et Nathalie suit des formations, s’occupe du dépistage. Elle absorbe tout », raconte Jean-François le regard pétillant.
Ont-ils le sentiment de l’imposteur ? « Ce n’est pas toujours évident. Oui, au départ, nous ressentions ce sentiment. Nous avions tellement à apprendre. Tranquillement, nous faisons nos classes et nous intégrons les principes de permaculture et de gestion intégrée. Nous suivons la météo et évaluons les risques. Durant la saison, nous ne traitons que cinq ou six fois, le plus possible avec des produits biologiques. Nous faisons moins de traitements que d’autres vergers parce que nous n’avons pas les mêmes insectes. Le climat nous avantage aussi parce qu’il y a une plus grande couverture de neige. Nous sommes moins à risque de contamination », ajoute Jean-François. À l’heure actuelle, le verger compte 600 arbres en production. D’ici quatre ans, 1000 autres seront à maturité. Le couple produit 9000 bouteilles de cidre, mais projette d’en produire 15 000. Toutes les pommes servant à la production de cidre sont le fruit de la ferme. Toutefois, le couple doit acheter des pommes d’une ferme de
Saint-Joseph-du-Lac pour la transformation d’autres produits, comme le jus de pomme en format de vinier. Véritable carte de visite, ce produit est d’ailleurs si unique qu’il a dû être approuvé par le MAPAQ. « C’est un emballage qui permet de conserver le produit plus longtemps et qui peut contenir jusqu’à trois litres de jus. Quand les gens le voient, ils sous-estiment son volume. Toutefois, une fois qu’il a été essayé, il est bien apprécié des consommateurs », soulignent les deux jeunes producteurs. Le couple ne se met aucune barrière, mais financièrement, il avoue que sans Cuisine Poirier, il n’aurait pas pu acquérir la ferme et que l’agriculture n’est pas un monde facile. Malgré tout, les deux producteurs ne regrettent pas du tout leur choix et ils espèrent plus que jamais être encore victimes de leur succès ! Julie Roy est journaliste pigiste spécialisée en agroalimentaire. Elle est responsable de la section Fruits et légumes du Bulletin des agriculteurs.
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par le fournisseur en zone urbaine à des kilomètres de la ferme. Un bel exemple d’entraide entre agriculteurs ! Beaucoup d’autres producteurs ont également profité de cette technologie privée pour tout simplement connecter leurs fermes à Internet haute vitesse lorsque ce service est seulement disponible dans le rang voisin !
SE POSER LES BONNES QUESTIONS
L
es installations agricoles éloignées des grands centres urbains sont souvent mal desservies par les fournisseurs de services Internet. En 2015, le gouvernement canadien a annoncé un plan d’aide financière aux fournisseurs de services, les invitant à soumettre leurs offres de connectivité pour les régions rurales. Ce projet, visant à connecter 98 % des foyers canadiens à Internet de vitesse 5 Mbps et plus, laisse prévoir une prolifération d’offres de services de nouveaux fournisseurs Internet dans nos régions. Cependant, dans cette tempête d’offres, comment faire le meilleur choix selon les besoins de nos entreprises agricoles ?
TECHNOLOGIES DISPONIBLES Plusieurs technologies existent afin d’amener Internet chez le client. Ces technologies vont être déterminantes dans la performance du service Internet contracté. Les services câblés par fils de cuivre, câbles coaxiaux ou fibres optiques sont principalement disponibles en région urbaine. De ces technologies, le fil cuivré ou DSL est le plus présent en région, mais il est à risque d’être surpassé par la venue des offres des nouveaux fournisseurs. Parmi toutes les technologies capables de joindre à Internet haute vitesse une clientèle rurale, celle sans fil ou dite Hertzienne (du nom d’Heinrich Hertz) restera privilégiée par
le gouvernement de par sa capacité à couvrir de grandes distances, et ce, à très grands débits. D’ailleurs, on observe déjà dans plusieurs régions, des offres de services de fournisseurs communément appelés « les privés » utilisant cette technologie sans fil. Il n’en reste pas moins que cette technologie n’est pas exclusive aux fournisseurs de services WISP (Wireless Internet Service Provider), car au Canada, une section du spectre Hertzien est aussi disponible au grand public. Bon nombre de producteurs agricoles profitent déjà des possibilités qu’offre ce canal sans fil public pour connecter leurs entreprises et partager différents services, dont l’accès distant à l’automatisation et bien sûr la distribution de Wi-Fi et d’Internet partout chez eux.
CAS CONCRET En 2015, Guillaume Daoust des Fermes F.D. Daoust d’Argenteuil a fait installer un tel réseau sans fil privé sur 35 km pour joindre ses installations agricoles sous un seul et même domaine (sans utiliser Internet). Depuis, Guillaume Daoust a généreusement offert et permis à d’autres producteurs de la région de se joindre à son réseau Hertzien de très grand débit. Ce réseau est, entre autres, capable le long de son passage de connecter un utilisateur à son propre service Internet haute vitesse, lequel est livré
Comment faire le bon choix de services réseau pour mon entreprise ? Internet câblé, DSL, fibre, Hertizien, satellitaire, un réseau privé ou un ensemble public/privé ? Tant de choix s’offrent maintenant aux consommateurs, il est donc parfois difficile de s’y retrouver. Par exemple, pour rendre accessible une caméra de surveillance aux vêlages, il faut se poser plusieurs questions. Qui aura accès à la caméra ? Où sont situées les personnes qui y auront accès ? Quelles sont les capacités du fournisseur envisagé en ce qui concerne la bande passante et la limite de téléchargement ? Puis, au final, est-ce que le coût de l’offre de service respecte mon budget ? Trop souvent, la convivialité des services désirés est négligée. Quel que soit la plateforme souhaitée (ordinateur personnel, tablette, téléphone ou téléviseur intelligent) ou le système d’exploitation (Android, Apple, Windows ou BlackBerry), les applications doivent rester simples d’utilisation et similaires de plateforme en plateforme et de l’intérieur comme de l’extérieur de l’entreprise. Si l’accès à l’information est trop complexe, les services seront sous-utilisés. Il sera alors difficile de reconnaître les avantages qu’amène une bonne réseautique à la ferme. En conclusion, les technologies sans fil d’initiative publique ou privée n’offrent maintenant plus d’excuse aux producteurs et à leurs installations agricoles d’être connectées efficacement. Il reste cependant à trouver l’expertise pour bien orienter ses choix. Quoique difficile à trouver, il existe des entreprises d’accompagnement technologique qui supportent les producteurs dans ce processus parfois complexe. Informez-vous ! JEAN-LOUIS DUPONT, diplômé en technologie par microprocesseur, est concepteur de solutions technologiques et réseautiques depuis plus de 30 ans. / jl@resotx.ca
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MIEUX VIVRE
PAR PIERRETTE DESROSIERS
MANQUEZ-VOUS DE TEMPS ? « Nous ne manquons pas de temps, mais nous en avons beaucoup dont nous ne savons pas tirer profit. » – Sénèque
C
omment expliquer que deux personnes, possédant grosso modo le même genre d’entreprise, peuvent accomplir une somme de travail bien différente ? En effet, dans un cas, c’est le bordel dans tous les départements : comptes payés en retard, travaux au champ retardés, en plus de devoir effectuer du travail de nuit. Par contre, dans l’autre cas, les outils sont bien rangés, les équipements sont toujours prêts et le travail au champ se fait au bon moment, en plus de réaliser des épargnes. On observe le même phénomène au sein de deux familles comptant un nombre égal d’enfants, dont les parents ont une charge de travail semblable. La première maisonnée est assez propre, les devoirs sont faits et les repas, relativement sains, se prennent ensemble ; tandis que l’autre famille vit un tsunami tous les soirs. Il faut donc avouer qu’il y a des gens qui ont un rapport au temps plus adéquat et efficace que d’autres. Ces personnes qui font plus en moins de temps utilisent, consciemment ou non, certaines lois de gestion du temps.
LA LOI DE PARETO 20 % de nos activités produisent 80 % des résultats. Traduction : 80 % de notre temps est occupé par l’accessoire, alors que l’essentiel de l’énergie est consacré à des tâches secondaires qui amènent trop souvent à négliger ce qui est essentiel. Il est donc plus important de prévoir les semences, faire les achats et préparer
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la machinerie à temps pour le travail, plutôt que de se concentrer sur des tâches connexes.
LA LOI DE LA DILATATION DU TEMPS DE PARKINSON Selon Parkinson, le travail s’étale de façon à occuper le temps disponible pour son achèvement. Il est nécessaire de déterminer un « budget temps » qu’il est raisonnable de consacrer à une activité ou à une tâche donnée et de se fixer des échéances à ne pas dépasser.
LA LOI DES SÉQUENCES HOMOGÈNES DE CARLSON Toute activité ou tâche interrompue sera moins efficace et prendra plus de temps si elle n’est pas effectuée de façon continue. Pour les tâches qui vous demandent de la concentration, comme la gestion et la comptabilité, isolez-vous et limitez les sources de sollicitation. Fermez la porte et vos cellulaires.
LA LOI DU MOINDRE EFFORT DE LABORIT
Toute chose prend plus de temps que ce que l’on avait imaginé au départ. Dans la programmation de tâches ou d’activités, accordez-vous un budget tampon de 20 % pour le dépassement et les imprévus.
Chacun a une tendance naturelle à réaliser en premier lieu l’activité pour laquelle il a le plus d’intérêt. Commencez par réaliser une activité moins plaisante qui paraîtra moins ennuyeuse si elle est suivie de la promesse d’une tâche agréable. Mangez votre crapaud en premier.
LA LOI DE CONTRE PRODUCTIVITÉ D’ILLICH
LA LOI DES BIORYTHMES DE FLIESS
Au-delà d’un certain seuil de travail, l’efficacité et la productivité décroissent jusqu’à devenir négatives. Donc, variez les activités ! Tenez compte de votre énergie et ne dépassez pas un nombre d’heures par jour et par semaine. Personne n’est efficace 80 heures par semaine. Sans compter que cela augmente le risque d’accident. Il est ainsi nécessaire de varier les activités et de prendre en compte nos capacités de travail au quotidien. Rappelez-vous : quantité n’égale pas qualité.
Chaque individu est animé de multiples rythmes biologiques. Il faut veiller à écouter son horloge interne afin d’en tirer le meilleur parti et de respecter les périodes de récupération. On doit cesser de rêver, car il n’y aura jamais plus de 24 heures dans une journée. Alors, il faut prendre le temps de faire de meilleurs choix.
LA LOI DE MURPHY
Pierrette Desrosiers est psychologue du travail, M. PS. et coach spécialisée dans le milieu agricole. Elle est également conférencière et auteure de trois livres. / pierrettedesrosiers.com
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Kinze 4900 Kinze utilise la technologie Raven pour contrôler le système de osage double sur le 4900. Les compteurs sont entraînés par des d moteurs électriques 24 volts, ce qui permet une performance instantanée départ-arrêt. L’entraînement électrique permet également un contrôle ligne par ligne des fonctionnalités telles que la compensation lors des virages. La configuration de la gamme est disposée en 12, 16 ou 24 rangs de 30 po. La capacité de la trémie à semence est de 3171 à 4228 litres. Le semoir est compatible avec le standard Isobus. Il est facilement contrôlable par le moniteur du tracteur ou par le moniteur maison KPM III de Kinze. kinze.com
Épandeur X40+ et X50+ de Sulky Les épandeurs Isobus X40+ et X50+ de Sulky permettent des débits de chantier élevés grâce à leur largeur d’épandage jusqu’à 50 m. Les épandeurs sont équipés du système de contrôle en 12 sections de la largeur d’épandage en respectant la forme croissant d’une nappe d’épandage. Le système permet d’épandre seulement sur les extrémités de la nappe d’épandage lorsque nécessaire. De plus, lors de chevauchement de zones durant une application à taux variable, l’épandeur modulera les doses gauche et droite respectives pour celles-ci. innotag.com
John Deere 9620 RX La nouvelle série d’articulés chenillés intègre quatre modèles s’étalant de 470 ch à 620 ch. Les 9RX disposent, soit d’un moteur John Deere PowerTech PSS 13,5 litres (9470RX et 9520RX), soit d’un moteur Cummins QSX15 (9570RX et 9620RX). Côté transmission, on retrouve la e18, une powershift 18 vitesses permettant d’atteindre 40 km/h. Le système hydraulique de la série 9RX comprend jusqu’à huit coupleurs et offre un débit de 220 litres par minute de série, ou en option une pompe de 435 litres par minute. johndeere.com
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Kubota M7 La nouvelle gamme M7 développe 130 ch, 150 ch ou 170 ch. Kubota a opté pour un moteur maison V6108 quatre cylindres de 6,1 litres Tier 4 Final. Il répond aux normes antipollution grâce à une technologie SCR et à un filtre à particules. Le M7 s’offre une transmission powershift 24 X 24 avec la possibilité d’avoir des vitesses lentes (40 X 40) et même une transmission à variation de vitesse continue nommée K-VT, d’origine ZF. En cabine, l’accoudoir multifonction intègre un écran tactile Tellus (Kverneland) 7 po ou 12 po, selon le choix compatible Isobus. kubotam7.ca
Deutz Série 9TTV Dévoilée en primeur nord-américaine au Salon de la machinerie de Québec, la nouvelle série 9 TTV se compose de trois modèles allant de 295 ch à 336 ch. La série est motorisée d’un bloc six cylindres TTCD 7.8 L06 Tier 4 Final et d’une transmission TTV permettant d’atteindre de 40 km/h à 60 km/h, selon le mode. Le circuit hydraulique intègre une pompe atteignant un débit de 210 litres/minute. La capacité de relevage avant est de 5000 kg et de 12 000 kg pour l’arrière. deutz-fahr.com
Merlo 40.9 CS Le télescopique est doté d’un moteur Deutz quatre cylindres de 140 ch et d’une transmission hydrostatique 40 km/h contrôlée par une simple pédale Inching-Control. Le Multifarmer 40.9 CS dispose d’un relevage arrière de sept tonnes couplé à une prise de force 540 tr/min et 1000 tr/min avec la possibilité d’une pdf avant en option. Il peut soulever une charge maximale de quatre tonnes à une hauteur de 8,8 m. Le circuit hydraulique load sensing fournit 150 l/min. Les quatre roues motrices sont toutes directionnelles avec servo-assistance hydraulique. L’utilisateur peut sélectionner trois modes de braquage : roues avant, quatre roues directrices ou en crabe. manulift.ca/merlo
S-Tech 012P Soucy a développé un nouveau système de chenilles pouvant s’adapter aux modèles de semoirs John Deere 1770NT et 1775NT, de 12 à 24 rangs. En utilisant les chenilles, les semoirs bénéficient d’une surface cinq fois plus grande que celle offerte par les pneus. De plus, la pression au sol réduite permet à l’utilisateur d’augmenter grandement sa productivité en chargeant son équipement jusqu’à la charge maximale. Les chenilles sont proposées dans un format de 305 mm de largeur sur 1515 mm de longueur. soucy-track.com PHOTOS : NICOLAS WITTY-DESCHAMPS
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MÉTÉO / AVRIL 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30
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ABITIBI-TÉMISCAMINGUE Températures inférieures à la normale et précipitations supérieures à la normale. Nuages et averses de neige passagères du 1er au 3. Période principalement sèche, faible possibilité d’averses du 4 au 7. Nuages et averses dispersées les 8 et 9. Possibilité d’averses du 10 au 14. Mélange de soleil et de nuages avec faibles précipitations du 15 au 19. Nuages et pluie, possibilité d’un peu de neige du 20 au 23. Nuages avec mélange de pluie et de neige du 24 au 30.
PLUIE
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NEIGE
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SAGUENAY–LAC-SAINT-JEAN Températures inférieures à la normale et précipitations supérieures à la normale. Nuages et averses de neige passagères du 1er au 3. Période principalement sèche, faible possibilité d’averses du 4 au 7. Nuages et averses dispersées les 8 et 9. Possibilité d’averses du 10 au 14. Mélange de soleil et de nuages avec faibles précipitations du 15 au 19. Nuages et pluie, possibilité d’un peu de neige du 20 au 23. Nuages avec mélange de pluie et de neige du 24 au 30. MONTRÉAL, ESTRIE ET QUÉBEC Températures inférieures à la normale et précipitations supérieures à la normale. Nuages et averses de pluie passagères du 1er au 3. Période principalement sèche, faible possibilité d’averses du 4 au 7. Nuages et averses dispersées les 8 et 9. Possibilité d’averses du 10 au 14. Mélange de soleil et de nuages avec faibles précipitations du 15 au 19. Nuages et pluie, possibilité d’un peu de neige du 20 au 23. Nuages avec mélange de pluie et de neige du 24 au 30.
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CULTURES Les grands ignorés dans la lutte aux GES
Alors que plusieurs producteurs quittent la production porcine, Éloi Champigny a relevé le défi de prendre la relève de la ferme familiale. Avec l’aide de ses parents, il a pris les moyens pour faire prospérer l’entreprise.
Le parage d’onglons, c’est plus qu’un métier pour Jacques Pépin, c’est une passion !
Selon le World Resource Institute (WRI), l’agriculture représente 11 % des émissions de GES de la planète. Au lendemain de « l’accord historique » COP21 à Paris, les dirigeants n’ont rien prévu pour que les agriculteurs fassent partie de la solution.
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