Skip to main content

Lebulletin Fevrier 2016

Page 1

6,95 $ / POSTE-PUBLICATION / CONVENTION 40069240

CULTURES MAÏS AUX 20 POUCES / SILOS À GRAINS MOINS DE PERTES / PORC BIEN-ÊTRE ANIMAL

FUTURE RELÈVE PASSIONNÉE

LA RÉFÉRENCE EN NOUVELLES TECHNOLOGIES DEPUIS 1918

FÉVRIER 2016


C’EST QUI LE BOSS? C’EST VOUS LE BOSS. Ce sont vos champs, vos cultures et votre entreprise. Donc, lorsque vient le temps de protéger votre soya, vous voulez avoir le contrôle. Voilà pourquoi DuPont a créé l’herbicide Freestyle . Il vous permet de contrôler les mauvaises herbes en début de saison de manière simple, efficace et flexible. Mélangé au glyphosate de votre choix et ajouté à votre soya GT, il vous offre une grande souplesse en matière d’application et vous permet de mieux contrôler les graminées et les feuilles larges tenaces. Vous pouvez également ajouter Freestyle à votre soya IP pour contrôler un plus grand nombre de variétés de mauvaises herbes, y compris les graminées et les principales mauvaises herbes à feuilles larges comme l’abutilon et la morelle. Montrez aux mauvaises herbes que c’est vous le boss grâce au herbicide Freestyle . L’herbicide Freestyle . Plus de flexibilité. Plus de contrôle. Veuillez contacter votre détaillant, votre représentant DuPont, ou encore le Centre de soutien AmiPlan de DuPont au 1 800 667-3925, ou visiter freestyle.fr.dupont.ca. mc

mc

DuPont Freestyle mc

mc

mc

mc

®

mc

Comme pour tout produit de protection des cultures, lire et suivre soigneusement les directives de l’étiquette. Membre de CropLife Canada. Sauf indication contraire, les marques avec ®, mc ou ms sont des marques de commerce de DuPont ou de ses filiales. © 2016 DuPont.

1507 Freestyle Brand ad_French_LeBulletin.indd 1

1/13/16 4:04 PM


SOMMAIRE

VOLUME 99 / NUMÉRO 2

CHRONIQUES

33

Bouche à oreille

4

Billet

6

Point de vue

8

Marché des grains

23

Info cultures

24

Info branché

28

Info élevages

40

Mieux vivre

42

C’est nouveau

46

Météo

49

Dans le champ

54

EN COUVERTURE La transmission de la passion 10

CULTURES 15

Maïs aux 20 pouces

15

Objectif : réduire les pertes dans les silos à grains

20

ÉLEVAGES

43

37

Lait : les pâturages au-delà du rêve

29

Porc : virage 100 % bien-être pour Viandes Du Breton

33

Volaille : la Ferme des Voltigeurs se modernise

37

FRUITS ET LÉGUMES Au nom d’une laitue québécoise 43

GUIDE TRACTEURS 20 En page couverture : Au Bas-Saint-Laurent, l’étudiante Mauranne Hébert, fille de Nathalie Dumais et de Rock Hébert de la ferme Rotaly, rêve d’agriculture. Plus que cela, toute sa vie tourne autour de ses vaches et de ses génisses. Photo : Yvon Thérien

On retrouve dans ce premier volet du Guide tracteurs 2016 les modèles de tracteurs de moyenne et de haute puissance utilisés principalement en grandes cultures. /  Le Bulletin des agriculteurs  /  Février 2016  /  3


BOUCHE À OREILLE

L’envol des canards

Il y a du remue-ménage dans nos basses-cours. Parmi nos poulets et nos dindes, le canard fait à présent sa place. Pourtant, il a fallu beaucoup de temps avant que les Québécois se laissent convaincre par cette viande. Au début du 20e siècle, l’élevage de canard au Québec allait tout de même de bon train. À l’époque, c’était les immigrants chinois qui profitaient tout particulièrement de nos canards, dont la viande était prisée pour apprêter le fameux canard laqué de Pékin. On pouvait alors retrouver nos canards dans les quartiers chinois de Montréal, de Toronto et de différentes villes américaines. Au début des années 2000, les Québécois ont commencé à adopter la viande de canard. Confits, foie gras, poitrines, saucisses et pâtés figurent à présent sur nos menus. Toutefois, le canard québécois n’a pas fini de séduire la population asiatique. En effet, sa qualité est aujourd’hui reconnue jusqu’à Singapour. On prévoit même qu’il prendra bientôt son envol pour se poser sur les tables de Hong Kong et de Taiwan. Source : HSBC.com

Le cheval de trait : une force tranquille

Pour l’amour des frites

Malgré nos résolutions du jour de l’An, il peut être difficile de résister à la tentation d’un bol de frites. Cependant, on pourrait payer plus cher qu’on ne le croit pour notre gourmandise. C’est qu’au-delà de leur riche teneur en gras et en sel, les frites seraient aussi coupables d’être potentiellement cancérigènes. De fait, il a été découvert que certaines pommes de terre, lorsque chauffées à une température de plus de 120 °C, produiraient naturellement de l’acrylamide, une substance toxique. Heureusement, comme nous, la science aime les frites. C’est pourquoi une équipe de chercheurs de l’Université de l’État de l’Idaho a étudié près de 150 variétés de pommes de terre afin de déterminer celles qui peuvent être plongées dans une friteuse sans danger. Pour l’instant, la Russet Payette et la Easton seraient les meilleures candidates. L’équipe de scientifiques désire également identifier le gène responsable de la production d’acrylamide chez la pomme de terre afin de pouvoir éliminer cet indésirable pour de bon. Source: dl.sciencesocieties.org

4  /  Février 2016  /  Le Bulletin des agriculteurs  /

Le cheval de trait a longtemps été un des meilleurs amis de l’agriculteur. En effet, sa force et son endurance en ont fait un des incontournables de la ferme, surtout à une époque où l’homme ne bénéficiait pas toujours d’équipement mécanique. Pourtant, il se trouve que les machines n’ont rien à envier à ce puissant animal. En 1924, une paire de chevaux de trait serait parvenue à tirer une charge de 50 tonnes, 20 000 livres de plus que le poids d’une semi-remorque. La même année, un cheval de trait anglais aurait, à lui seul, réussi à tirer une charge de 29 tonnes, soit le poids de trois éléphants africains adultes. Ces chevaux doivent leur incroyable force à plusieurs siècles d’élevage. Ces gentils géants sont élevés en Europe depuis le 16e siècle. Aujourd’hui, un cheval de trait mâle de la race Shire peut atteindre 1,7 m de hauteur et peser jusqu’à 1800 livres. Source : modernfarmer.com


BÂTIMENTS AGRICOLES D’AUTREFOIS

Du chocolat meilleur pour vous, meilleur au goût

La Saint-Valentin est l’occasion idéale de se rappeler tous les bienfaits du chocolat : réduction de la tension artérielle, baisse du cholestérol et diminution des risques d’ACV. Pourtant, des scientifiques de l’American Chemical Society ont eu l’audace de proposer qu’il était non seulement possible de produire un chocolat encore meilleur au goût, mais aussi meilleur… pour nous. À travers le processus de transformation, les fèves du cacao perdent habituellement une partie de leurs antioxydants. Pour pallier ce problème, les chercheurs ont ajouté une étape à ce processus : celle du stockage. Récoltées pour être aussitôt fermentées, les fèves de cacao ne passent normalement pas par cette transition. Les chercheurs ont cependant découvert que stocker les fèves pendant quelques jours avant de les fermenter permet de conserver une plus grande quantité d’antioxydants. Encore mieux : l’étape du stockage a pour effet d’accentuer le goût sucré des fèves. De quoi retomber en amour avec le chocolat ! Source : eurekalert.org

Silo en blocs de ciment construit en 1910 à Saint-Camut, Laurentides.

Petite histoire d’un silo

Depuis la construction du premier silo en France en 1875, la popularité des silos n’a cessé de grandir. Après la pierre et le bois, le béton et le ciment ont été utilisés comme matériau de construction, comme on peut le constater sur la photo ci-dessus. Il reste très peu de ces vieux silos au Québec. Dans la province voisine, en Ontario, un silo a fait l’objet de beaucoup d’attention depuis 2011, soit le silo Vinette situé à l’entrée de la ville d’Orléans. La Société franco-ontarienne du patrimoine et d’histoire d’Orléans s’est battue afin que le silo soit préservé d’une possible démolition. La Ville d’Ottawa a depuis non seulement inscrit le silo au registre du patrimoine

de la municipalité, mais a décidé d’aménager un parc d’interprétation sur le site pour le mettre en valeur. Le silo Vinette a été construit en 1945 par les frères Rhéo et Lionel Vinette afin de stocker du maïs pour le bétail. Ceux-ci ont attendu la fin de la Deuxième Guerre mondiale avant de construire le silo, car ils avaient besoin d’une poudre spéciale, introuvable en temps de guerre, pour fabriquer le ciment. Après avoir coulé le ciment pour le plancher, ils ont conçu des formes circulaires en fer et en bois de 30 po de hauteur par 10 po de largeur servant à créer des blocs pour ériger la tour. Ces blocs de béton mettaient une semaine à sécher. C’est ainsi qu’ils ont construit le silo de 7 m de hauteur, 30 po à la fois. Source : Agricom

Silo Vinette, Ottawa. PHOTOS : PIERRE PHILIPPE BRUNET DU LIVRE GRANGES, PUBLIÉ CHEZ ART GLOBAL (HAUT). AGRICOM (BAS)

/ Le Bulletin des agriculteurs / Février 2016 /

5


BILLET

PAR MARIE-CLAUDE POULIN

LA RÉFÉRENCE EN NOUVELLES TECHNOLOGIES RÉDACTION Yvon Thérien, agr., éditeur et rédacteur en chef yvon.therien@lebul­le­tin.com

TRANCHE DE VIE HORTICOLE

L’

autre jour, j’étais à l’épicerie, déambulant parmi les rangées. Mon fils était installé dans le chariot, occupé à observer les produits sur les étagères et ceux qui finissaient par aboutir dans le panier. Tout à coup, un homme m’apostrophe de façon plutôt cavalière. Il s’avère que lui aussi s’intéressait aux aliments que je choisissais… Il me dit: « Vous n’avez pas envie de donner quelque chose de mieux à votre enfant ? » En pointant le coupable : un sac de pommes de terre blanches. « Il y a plusieurs variétés de pommes de terre, vous savez ? Des jaunes, des rouges, des bleus. » J’aurais pu tout simplement lui dire la vérité, bref que notre alimentation familiale ne le regardait pas. J’ai plutôt choisi de lui répondre aimablement, que j’étais bien au fait de la diversité des pommes de terre sur le marché, que j’en achetais souvent, mais que j’aimais bien mes classiques. Je lui ai aussi balancé, sourire en coin, sachant bien que cet argument-choc allait clore élégamment la discussion, qu’en tant que rédactrice en chef adjointe du Bulletin des agriculteurs, j’étais aux premières loges de ce type d’information. Et vlan ! Il est bien vrai que la culture des pommes de terre, comme celle de plusieurs légumes sur le marché, s’est enrichie et diversifiée à la vitesse grand V au cours des dernières années. Les producteurs ont redoublé d’efforts pour adapter leur production aux goûts changeants des consommateurs. Des essais à la ferme, de la recherche et du développement ont été effectués par les producteurs pour y arriver et se tourner vers l’avant.

6  /  Février 2016  /  Le Bulletin des agriculteurs  /

Pour créer de nouvelles variétés de laitue typiquement québécoise et répondre à une demande croissante tant ici qu’aux États-Unis, des producteurs de la Montérégie se sont même regroupés. Ils ont créé la Fondation pour l’amélioration de la génétique de la laitue et des légumes feuilles. À ce jour, trois variétés ont été développées, mais non sans embûches. En plein milieu d’un projet de recherche, les fonds du gouvernement fédéral ont été coupés, comme on peut le lire dans un reportage sur le sujet à la page 41 de cette édition. Il va sans dire que pour développer de nouvelles variétés qui plaisent aux consommateurs, des fonds de recherche sont nécessaires. Selon une étude réalisée pour l’Association des producteurs maraîchers du Québec (APMQ) et financée par Agriculture et Agroalimentaire Canada dans laquelle on compare les environnements d’affaires du Québec et de l’Ontario, le secteur québécois perd 1 % de part de marché par année depuis 10 ans au profit du secteur ontarien. Il s’avère que la province voisine investit deux fois plus en recherche et développement agroalimentaire. Il semble que des stratégies efficaces permettent de coordonner la recherche et de transférer les connaissances aux producteurs. Face à ce constat, l’APMQ réclame la mise en place d’un fonds d’innovation pour assurer la pérennité et la croissance du secteur. On ne peut que les encourager dans leurs démarches. Le consommateur moderne s’attend non seulement à une grande diversité de produits sur les étals de son épicerie, mais aussi à des aliments d’ici.

Marie-Claude Poulin, rédactrice en chef adjointe marie-claude.poulin@lebul­le­tin.com Marie-Josée Parent, agr., journaliste marie-josee.parent@lebulletin.com Dany Derkenne, directeur artistique dany.derkenne@lebulletin.com COLLABORATEURS Jean-Philippe Boucher, Pierrette Desrosiers, André Dumont, Jean-Louis Dupont, Alain Fournier, Scott Garvey, Eric Godin, Lionel Levac, Nicolas Mesly, Ralph Pearce, Guy Roy, Julie Roy, Caroline Thérien, Johanne van Rossum, Nicolas Witty-Deschamps. PUBLICITÉ Martin Beaudin, directeur de comptes martin.beaudin@lebul­le­tin.com Tél. : 514 824-4621 Lillie Ann Morris, représentante en Ontario lamor­ris@xplornet.com Tél. : 905 838-2826 Luc Gagnon, rédacteur publicitaire lucg@cybercreation.net ABONNEMENT 1 an (11 numéros) : 55 $ 3 ans (33 numéros) : 122 $ Anne-Marie Gignac, service à la clientèle services.clients@lebulletin.com Tél. : 514 766-9554, poste 226 1, Place du Commerce, bur. 320 Île-des-Sœurs (Québec)  H3E 1A2 Téléphone : 514 766-9554 Télécopieur : 514 766-2665 lebulletin.com Le contenu de ce magazine ne peut être reproduit sans l'autorisation écrite de l'éditeur du Bulletin des agriculteurs. Ce magazine est publié par Farm Business Communications, une division de Glacier Media inc. Les auteurs conservent l'entière liberté de leurs opinions. Le Bulletin des agriculteurs ne garantit pas l'exactitude de l'information contenue dans la publication et n'assume aucune responsabilité pour toute action ou décision prise à partir de l'information contenue dans le magazine. Tous ­droits réser­vés 1991 / Dépôt légal : Bibliothèque natio­na­le du Québec / ISSN 0007-4446 / Fondé en 1918, Le Bulletin des agri­cul­teurs est indexé dans Repère. /Envoi Poste-publication / Convention 40069240. / Nous recon­ nais­sons l’aide financière du gouvernement du Canada par l’entremise du Fonds du Canada pour les périodiques (FCP) du ministère du Patrimoine canadien. / Postes Canada : retourner toute correspondance ne pouvant être livrée au Canada au Bulletin des agriculteurs, 1, Place du Commerce, bureau 320, Île-des-Sœurs, Québec, H3E 1A2. / U.S. Postmaster : send address changes and undeliverable addresses (covers only) to : Circulation Dept., PO Box 9800, Winnipeg, Manitoba, R3C 3K7. PROTECTION DES RENSEIGNEMENTS PERSONNELS À l’occasion, nous partageons nos listes d’abonnés avec des sociétés ou des organismes sélectionnés dont les produits ou services pourraient vous intéresser. Toutefois, si vous préférez que ces données (votre adresse postale ou électronique) ne soient pas transmises et souhaitez que votre nom soit retiré de ces listes, vous pouvez le faire facilement en nous appelant entre 9 h et 17 h, heure de l’Est, ou en nous écrivant à l’adresse électronique info@lebulletin.com.

Le Bulletin des agriculteurs reçoit, de temps à autre, des commentaires et des documents (y compris des lettres à l’éditeur) non sollicités. Le Bulletin des agriculteurs, ses sociétés affiliées et cessionnaires peuvent utiliser, reproduire, publier, rééditer, distribuer, garder et archiver ces soumissions, en tout ou en partie, sous quelque forme et sur quelque support que ce soit, sans aucune rémunération de quelque nature.


GROUP

14

Supprimez les feuilles larges dans le soya de la façon la plus sécuritaire qui soit. Grâce à son mode d’action exclusif aux herbicides du Groupe 14, Authority est sans pitié pour les mauvaises herbes tout en étant très doux pour votre culture; il vous procure donc des champs plus propres et des rendements supérieurs. Voilà qui explique pourquoi le sulfentrazone, la matière active d’Authority, est l’herbicide rémanent de prélevée contre les feuilles larges dans le soya numéro un aux États-Unis.* SOYBEANS

|

FMCcrop.ca

*Source données Doane 2014 Pour des informations complètes sur Authority et sur tous les autres produits FMC, communiquez avec votre représentant FMC ou visitez FMCcrop.ca. Distribué par UAP en Ontario (1 800-265-5444) ainsi qu’au Québec et dans les Maritimes (1-800-361-9369). Visitez aussi UAP.ca. FMC et Authority sont des marques de commerce de FMC

Corporation. © 2015 FMC Corporation. Tous droits réservés.

15FMC067_Authority East Print


POINT DE VUE

PROPOS RECUEILLIS PAR LIONEL LEVAC

GALA CÉRÈS : PERSONNALITÉ AGRICOLE 2016

L

ors du dernier Gala Cérès tenu dans le cadre du 30e Salon de l’agriculture de Saint-Hyacinthe, Claude Boire a été désigné personnalité agricole de l’année 2016 pour sa contribution au secteur avicole et à l’agriculture du Québec. Le Bulletin a profité de l’occasion pour demander à Claude Boire, président de Boire & Frères, comment il voit la suite des choses. La gestion de l’offre est la garantie d’avenir  ? Les négociations, tout particulièrement dans le cadre du Partenariat transpacifique, auraient pu tourner très mal pour les aviculteurs. On s’en tire bien. Mais il faut poser d’autres gestes. On en a parlé beaucoup pour les substances laitières, mais il y a également beaucoup de volaille qui entre au Canada sans être comptabilisée comme telle. Si l’on en croit les rapports d’importation, toutes les poules de réforme des États-Unis sont livrées au Canada. Il y a trop de poulet qui est importé sous l’appellation de poule de réforme et cela fait très mal aux éleveurs d’ici. Il y a urgence, de bons contrôles s’imposent.

CLAUDE BOIRE Président de Boire & Frères, couvoirier.

« La gestion de l’offre a été sauvegardée dans les derniers accords commerciaux internationaux. Je félicite les négociateurs canadiens d’avoir réussi à le faire. La gestion de l’offre, ce n’est pas un luxe, c’est essentiel au maintien de notre aviculture. »

Au-delà des règles et contrôles commerciaux est-ce que nous sommes compétitifs ? Nos performances de production techniquement parlant se comparent très bien avec celles d’autres grandes zones de production. La différence en notre défaveur se situe au niveau des coûts. Si on se compare aux Américains et aux Brésiliens, nous ne sommes pas là. Est-ce à cause du climat ? Oui, le climat, mais aussi les mesures environnementales, les charges sociales, les coûts de main-d’œuvre et la grosseur de notre marché. On a un petit marché face à celui des États-Unis. Mais, si on laisse aller, les Américains vont nous inonder et rapidement contrôler notre marché et faire mourir notre secteur avicole. Une

8  /  Février 2016  /  Le Bulletin des agriculteurs  /

fois détruit, ça ne se reconstruit pas. Donc, à court terme, il faut une surveillance sérieuse des frontières et voir si l’accord du Partenariat transpacifique sera ratifié. Si le scénario est celui que vous voyez, l’avenir sera bon ? Les perspectives sont bonnes. La consommation globale de viande continue de diminuer, mais la volaille a la cote et la

consommation d’œufs est en bonne croissance. Avec une telle réceptivité de la part des consommateurs, tout s’annonce bien. Revenons sur la performance. Y a-t-il encore des choses à améliorer dans le secteur avicole, chez les couvoiriers en particulier ? Les progrès génétiques sont rapides. Les oiseaux sont plus performants. Il n’y a pas si longtemps on adaptait l’environnement à la génétique. Maintenant, les programmes génétiques doivent s’adapter à l’environnement. C’est une avancée importante en matière de bien-être animal. À ce sujet, toutes nos équipes sont maintenant très sensibilisées à l’importance d’éviter toute maltraitance. Dans les couvoirs, il nous faut parfois éliminer des poussins qui ne peuvent pas servir en production. On a raffiné les méthodes de disposition, par exemple avec des appareils au CO2. Votre père a construit le premier couvoir de ce qui est devenu l’entreprise Boire & Frères. Êtes-vous fier de ce patrimoine ? Bien sûr, mon père a été visionnaire avec son premier poulailler alors qu’il avait 23 ans. Il y avait plus de 50 couvoirs au Québec à l’époque. La famille a su s’adapter et innover. On est tous des passionnés. On a travaillé et on travaille encore fort. Si j’avais à identifier une erreur, toutefois, c’est que moi et mes frères n’ayons jamais travaillé à l’extérieur de l’entreprise. Même pas une seule journée. Aujourd’hui, nous encourageons nos enfants à aller travailler dans d’autres entreprises avant de revenir chez Boire & Frères. Si nous l’avions fait, cela nous aurait évité plusieurs fois de réinventer la roue. Il est bon de voir ce que les autres font, comment ils fonctionnent, comment ils gèrent leurs affaires.

Lionel Levac est journaliste spécialisé en agriculture et agroalimentaire. Il collabore à certaines émissions de Radio-Canada et tient un blogue sur le site Agro Québec.


Voir PLUS LOIN Pour augmenter votre potentiel de rendement et réaliser de meilleurs revenus, commandez dès maintenant vos semences de soya déjà traitées avec l’inoculant OptimizeMD. La technologie LCO de Optimize augmente la capacité de votre culture de soya à utiliser les nutriments. Améliorez la formation des nodules, la fixation d’azote et la disponibilité des nutriments pour stimuler la croissance des racines et des tiges. Tirez le maximum de votre culture de soya avec Optimize, qui offre maintenant jusqu’à 220 jours sur la semence*. Communiquez avec votre détaillant pour passer une commande, ou visitez OptimizeLCO.ca pour en savoir plus sur Optimize ST, une nouvelle préparation concentrée. La nature. Une puissante technologie.

1RVKOK\G

MD

*Le temps sur la semence dépendra de la préparation Optimize ainsi que des autres traitements de semences appliqués. Visitez OptimizeLCO.ca pour des renseignements spécifiques. TOUJOURS LIRE ET SUIVRE LES DIRECTIVES DE L’ÉTIQUETTE. Monsanto BioAg et le logoMC et OptimizeMD sont des marques de commerce de Monsanto Technology LLC. Titulaire de licence : Monsanto Canada Inc. © 2015 Monsanto Canada Inc. 1803-1 11.15


EN COUVERTURE

PAR MARIE-JOSÉE PARENT

La transmission de la passion

PHOTOS : YVON THÉRIEN

10  /  Février 2016  /  Le Bulletin des agriculteurs  /


La relève agricole se prépare dès la plus tendre enfance. Des parents passionnés engendreront une relève passionnée qui, à son tour, rêvera d’agriculture.

N

e cherchez pas Mauranne Hébert devant un écran. Mauranne passe tous ses temps libres à l’étable. Elle finit de manger ou termine ses devoirs et vite, il faut soigner les veaux, les laver, les brosser, les promener. Pour elle, il ne s’agit pas d’une corvée, loin de là. Commencé comme un jeu lorsqu’elle était petite fille, c’est maintenant pour elle une raison de vivre. Alors, pas surprenant d’apprendre qu’à 19 ans, son plan de carrière est tout tracé : devenir la future copropriétaire de la ferme Rotaly de Sainte-Hélène-deKamouraska, au Bas-Saint-Laurent, actuellement propriété de ses parents, Nathalie Dumais et Rock Hébert. À l’âge de trois ans, Mauranne fait sa première exposition de Jeunes ruraux. À neuf ans, comme cadeau de Noël, elle demande un bébé veau Jersey. Ses parents acceptent. Son père fixe une condition : elle devra revendre la génisse une fois que celle-ci aura eu un veau à son tour. Ainsi, Mauranne commence une carrière de marchande d’animaux. La génisse reçue en cadeau vêle d’une femelle. La génisse reçue devenue jeune vache est alors vendue. Puis, la fille vêle d’une génisse à son tour. La mère de celle-ci est vendue. Mauranne a présenté les génisses aux expositions et gagné des prix. Avec l’argent de la vente des animaux Jersey, Mauranne achète trois génisses Holstein dont une qu’elle revend. « J’achète quand ils sont veaux des meilleures familles de vaches au monde et je les revends plus tard », explique-t-elle. Aujourd’hui, il n’y a

La passion, ça s’apprend en côtoyant des parents passionnés. Mauranne est choyée de ce côté. Elle est au centre avec Rock Hébert et Nathalie Dumais.

plus d’animaux Jersey dans l’étable de la ferme Rotaly, mais l’expérience a été déterminante pour Mauranne.

FAMILLE PASSIONNÉE Avec les années, une complicité est née et a grandi entre Rock et Mauranne, et pour cause. Père et fille partagent la même passion pour l’élevage et les croisements de la Holstein. Depuis quelques années déjà, Rock intègre Mauranne dans le choix des taureaux. Celle-ci est sérieuse dans son apprentissage et consciencieuse dans ses choix. Mauranne a bien compris qu’il s’agit de la base de leur élevage. Lors de la naissance des veaux, Mauranne pratique tous les soins nécessaires pour s’assurer que tous reçoivent le meilleur départ qui soit. C’est encore une fois son père qui lui a tout appris : les soins postvêlage, la vaccination, l’écornage… À la ferme Rotaly, toute génisse est élevée pour lui offrir toutes les chances de devenir un animal d’exposition. Mauranne s’est aussi initiée à la régie des veaux. Elle utilise le logiciel DSA et procède à l’enregistrement des veaux. Pour l’instant, puisqu’elle consacre beaucoup de temps à ses études, sa principale tâche à la ferme est la préparation des animaux

Portrait de la ferme Rotaly

Lieu : Sainte-Hélène-de-Kamouraska Propriété de : Nathalie Dumais et Rock Hébert Quota : 48 kg de gras par jour Troupeau : 95 têtes, dont 44 vaches totales, 38 à la traite Production laitière : 11 973 kg de lait par vache par année MCR : 256-275-259 Classification : 15 EX, 28 TB et 1 BP Distinction : Maître Éleveur 2010 /  Le Bulletin des agriculteurs  /  Février 2016  /  11


MAINTENANT LA PARTIE SE JOUERA BEAUCOUP PLUS

EZÉMENT

Voici le nouvel ExcenelMD RTU EZ, très différent de son prédécesseur.

LES RÈGLES DU JEU ONT CHANGÉ. VOICI EXCENEL RTU EZ : • Injectabilité améliorée* • Remise en suspension plus facile • Nouveaux formats pratiques (100 mL et 250 mL)

Pour obtenir de plus amples renseignements sur le produit, veuillez communiquer avec votre médecin vétérinaire. * Excenel RTU EZ demande 32% moins d’efforts pour être injecté à 25 °C et 51 % moins d’efforts pour être injecté à 4 °C qu’ Excenel RTU. ZoetisMD et Excenel RTU EZ sont des marques déposées de Zoetis ou de ses concédants, utilisées sous licence par Zoetis Canada Inc.


EN COUVERTURE

Le troupeau de 44 vaches compte 11 vaches

d’exposition, ce qui n’est quand même pas une mince tâche. En attendant que Mauranne s’établisse définitivement sur la ferme, Nathalie et Rock encouragent leur fille à faire des stages. L’été dernier, elle a travaillé sur la ferme Idee à l’Île-du-PrinceÉdouard. L’été prochain, elle projette récidiver sur une autre ferme.

PRÊCHER PAR L’EXEMPLE La transmission de la passion s’est faite le plus naturellement du monde. « Nos enfants nous ont toujours vus heureux de faire notre métier », raconte Nathalie Dumais. Pourtant, Nathalie et Rock ont dû travailler fort pour arriver au niveau d’excellence sur leur ferme. En 1991, ils

achetaient la ferme qui ne possédait alors Excellentes (EX) et 33 Très Bonnes (TB). que 11 kg de quota. Il leur manquait toutefois 50 000 $ pour contracter l’emprunt. Nathalie travaillait à l’extérieur et Rock marchandait des animaux. Leurs efforts ont été récompensés par le titre Maître Éleveur en 2010. Le départ en production Au cours de sa jeune expérience de laitière a été difficile, mais il a eu ceci de joueuse de hockey et de présentatrice bon : il les a obligés à se surpasser. Et ce de sujets laitiers aux expositions, désir d’excellence, ils l’ont transmis à Mauranne Hébert a reçu de nombreux leurs enfants. Mauranne a une sœur aînée, prix et bourses. Voici ceux en lien avec le Joëlle, qui étudie en kinésiologie à l’Unisecteur agricole. versité du Québec à Chicoutimi. 2015 Championne de réserve au concours Mauranne Hébert développe un lien très fort de présentation, École européenne avec chacune des génisses qu’elle élève, des jeunes éleveurs de Battice en comme Allegria, la vedette montante de la Belgique. ferme Rotaly. Prix Esprit d’entreprise, concours Chapeau les filles. Gagnante de l’École de préparation Holstein Québec 2015. Bourse d’étude agricole de la famille Weston pour les 4H. 2014 Bourse John Deere du Canada. Médaille du Lieutenant-gouverneur pour la jeunesse, Collège de Sainte-Anne-de-La-Pocatière. Ainsi que… Trophée Roger-Béliveau personnalité AJRQ 2013 et 2012 pour les 15 ans et moins. Trophée jeunesse du Club Holstein Montmagny-L’Islet-Kamouraska 2011, 2012 et 2013.

Distinctions attribuées à Mauranne Hébert

/ Le Bulletin des agriculteurs / Février 2016 /

13


EN COUVERTURE

Une vache d’exception

Nathalie Dumais et Rock Hébert, au centre, ont su transmettre le désir du dépassement à leurs filles, Joëlle et Mauranne.

LES ÉTUDES D’ABORD Mauranne n’a jamais eu d’autre rêve que de s’installer à temps plein sur la ferme. Actuellement, elle étudie en deuxième année du programme Gestion et technologies d’entreprise agricole à l’Institut de technologie agroalimentaire (ITA), campus La Pocatière. Sa formation à l’ITA l’oblige à ralentir sa participation aux expositions. Ça n’a pas empêché Mauranne de se démarquer à l’École européenne des jeunes éleveurs de Battice en Belgique en septembre dernier. Elle y représentait le Québec puisqu’elle était la gagnante de l’École de préparation d’animaux d’Holstein Québec de mai dernier. En juin, elle remportait le prix Esprit d’entreprise lors du concours Chapeau les filles ! Ce ne sont que quelques prix remportés par Mauranne. Il reste bien sûr quelques années avant que Mauranne s’installe sur la ferme. Une chose demeure inconnue : qu’adviendra-t-il de son bel amoureux ontarien ? « Mon rêve, c’est vraiment de reprendre la ferme ici, dit-elle. Avec mon chum, on partage les mêmes passions. On verra pour l’avenir. Ce n’est pas pour tout de suite. » Une chose est certaine, l’avenir, ça commence d’abord par un rêve qu’on nourrit au fil du temps. Et ce rêve est bien ancré chez Mauranne Hébert.  Marie-Josée Parent est agronome et journaliste. Elle couvre les productions laitière, bovine, avicole et porcine au Bulletin des agriculteurs.

« Un prix de plus de 100 000 $ pour une vache, ça ne se refuse pas ! » Des éleveurs expérimentés avaient fait cette recommandation à la famille Dumais-Hébert. Mauranne a pris soin de Rotaly Windbrook Hilda depuis ses premiers jours de vie. « Depuis la huche à veau, c’est ma préférée, dit Mauranne. C’est Hilda qu’elle préparait et présentait aux Jeunes ruraux. Elle a fait de nombreuses expositions avec elle et a remporté des prix prestigieux : 1re place un an junior à l’Exposition provinciale de Montmagny, 8e place à la World Dairy Expo en 2013 et 1re place un an junior à la Royal de Toronto en 2013, ainsi que les titres A ­ ll-Canadian et Tout-Québec 2013 dans sa catégorie. Au printemps 2014, elle est nommée 1re deux ans junior à l’Expo-Printemps. Un éleveur américain offre alors un prix qu’on ne peut refuser : 135 000 $ CAN. Toute la famille, en particulier Mauranne, a le cœur brisé de voir partir la vache chouchou. « Si nous avions attendu, nous ne l’aurions jamais vendue », raconte Rock Hébert. L’année suivante, l’acheteur la revend l’équivalent de 150 000 $ US à un autre éleveur américain. Le dernier propriétaire américain la met à l’encan. Les Dumais-Hébert la rachètent pour 10 000 $ CAN. « Lorsqu’elle est arrivée, elle semblait inquiète, mais assez vite, elle a compris qu’elle était de retour à la ferme », raconte Mauranne. Cependant, la plus heureuse des deux était sans doute Mauranne. « Elle ne sortira plus du troupeau », ditelle. Rotaly Windbrook Hilda est classée TB-89 à trois ans (née le 3 mars 2012).

En vidéo sur LeBulletin.com : écoutez l’histoire incroyable d’Hilda racontée par Mauranne Hébert.

« Hilda, c’est la vedette du troupeau », dit d’emblée Mauranne. Cette photo a été prise lorsque la fameuse vache a remporté la première place dans la catégorie 1 an junior à Toronto en 2013. PHOTOS : ELLA WRIGHT ET FERME ROTARY

14  /  Février 2016  /  Le Bulletin des agriculteurs  /


CULTURES

PAR ANDRÉ DUMONT

Maïs aux 20 pouces

Le maïs semé en rangs espacés de 20 pouces livre-t-il plus de rendement ? Des producteurs de la Montérégie se sont donné les moyens d’obtenir la réponse.

L

es terres sont si chères en Montérégie que de nombreux producteurs envisagent maintenant l’avenir sans faire d’acquisitions. Comment alors poursuivre la croissance de leur entreprise de cultures commerciales ? En augmentant les rendements ! Dans le maïs, l’une des pistes consiste à établir des peuplements plus denses. Plusieurs hybrides de dernière génération sont à leur meilleur à 36 000 ou 38 000 plants à l’acre (90 000 plants/ha). À des populations encore plus élevées, un problème se pose : sur le rang, chaque plant grandit un peu trop proche de son voisin. En 2015, quatre producteurs des environs de Saint-Césaire ont décidé de contourner cet obstacle avec une technique qui n’est pas nouvelle, mais qui est encore peu utilisée au Québec : le semis de maïs à des taux élevés, sur des rangs espacés de 20 po. Aux États-Unis, cette pratique est suffisamment courante pour qu’il existe sur le marché des becs cueilleurs (nez de récolte) pour rangs de maïs aux 20 po. Pour ceux qui se lancent, il s’agit du principal investissement.

SE FROTTER AU VOISIN À 38 000 plants à l’acre dans une régie aux rangs espacés de 30 po, chaque plant se trouve à 14 cm de son voisin sur le même rang. Si on passe à 43 000 plants à l’acre, il ne reste plus que 11,4 cm entre chacun. Aussi bien dire que la compétition pour l’eau et les nutriments commence très tôt en saison ! Dans une régie à espacement de 20 po entre les rangs, à 42 000 plants à l’acre, il reste encore 20 cm entre chaque plant sur le rang. « Le maïs se compétitionne beau-

coup moins vite, dit le producteur Richard Brodeur. La compétition entre chaque plant sur le rang débute environ trois semaines plus tard (que dans une régie régulière aux 30 po). » Tout est une question de meilleure répartition des plants de maïs sur l­ ’espace

Rangs de maïs espacés de 20 po, en Montérégie l’été dernier.

qu’offre le champ, affirme Richard Brodeur, établi à Saint-Césaire. Les plants peuvent prélever une plus grande partie de l’engrais disponible et mieux se le partager, croit-il.

PHOTOS : ANDRÉ DUMONT ET STÉPHANE MYRE

/  Le Bulletin des agriculteurs  /  Février 2016  /  15


CULTURES

À Sainte-Angèle-de-Monnoir, André Millette partage cet avis. « Avec des rangs aux 20 po, nous utilisons mieux l’espace, dit-il. Et si on peut aller chercher plus de rendement, alors on sortira plus de tonnage avec les mêmes superficies. » André Millette, qui cultive avec son fils Pierre, a modifié lui-même son semoir White, pour pouvoir semer aux 20 po. Le coût de l’expérience s’est donc avéré minime. La récolte s’est faite lentement, avec un nez à maïs standard. Pour sa part, Richard Brodeur a fait l’acquisition d’un bec cueilleur usagé, dédié au maïs en rangs aux 20 po. Il ne possède pas de moissonneuse-batteuse, alors c’est sur celle de son entrepreneur à forfait qu’il l’installe ! Il se dit prêt à partager cet équipement avec ses collègues agriculteurs.

ESSAIS ENCADRÉS Les essais se sont déroulés en plein champ chez quatre producteurs. L’agronome Stéphane Myre, de Monsanto, s’est proposé pour encadrer leur démarche, afin de s’assurer de la validité des données recueillies. « Si on envisage d’augmenter nos rendements par une augmentation de la densité de population, les rangs aux 20 po sont une avenue très intéressante », dit-il. Les essais se sont déroulés sur de longues bandes (180 m et plus), avec au moins trois répétitions par site. L’objectif était de mesurer la réponse de deux hybrides Dekalb aux espacements de 20 po et de 30 po, à différentes populations. La fertilisation n’a pas été ajustée pour tenir compte des populations très élevées. Les quatre combinaisons à l’essai : 30 po – 38 000 plants à l’acre 30 po – 43 000 plants à l’acre 20 po – 43 000 plants à l’acre 20 po – 48 000 plants à l’acre Chaque producteur a choisi un champ déjà très productif : bonne fertilité, pH adéquat, bon drainage. D’un site à l’autre, certaines variables peuvent avoir influé sur les résultats, comme le modèle de semoir utilisé, le type de sol et la fertilisation. « À des populations aussi élevées, la précision du semis est cruciale », affirme Stéphane Myre. Début octobre, les observations sur le terrain étaient très encourageantes. Sur les rangs espacés de 20 po, la hauteur des

16  /  Février 2016  /  Le Bulletin des agriculteurs  /

Sur des rangs espacés de 30 po, à 38 000 plants à l’acre, chaque plant se retrouve à 14 cm de son voisin.

plants n’était pas différente, il n’y avait pas de verse, les épis étaient plus petits, mais plus nombreux. Cependant, en 2015, c’est presque toute la récolte de maïs en Montérégie qui a été exceptionnellement abondante !

RÉSULTATS Sur deux des quatre sites, le meilleur rendement a été obtenu aux 20 po à une population avoisinant les 44 000 plants à l’acre. Chez Richard Brodeur, le maïs aux 20 po semé à 45 000 plants à l’acre a donné 15,27 t/ha. Sur une base de 190 $ la tonne et avec le coût supplémentaire de la semence, le rendement économique a été de 64 $/ha plus élevé que pour les autres populations et espacements à l’essai. Il s’agit du résultat le plus éloquent. Sur un autre site, le rendement économique s’est avéré équivalent entre du maïs aux 30 po à 38 000 plants à l’acre et du maïs aux 20 po à 43 000 plants à l’acre. Sur les deux autres fermes, les rangs aux 20 po n’ont pas donné de meilleurs résultats que les rangs aux 30 po. Notons qu’à l’exception d’un seul des quatre sites, les différences de rendement ont varié d’au plus 100 kg à l’hectare.

Sur des rangs espacés de 20 po, à 42 000 plants à l’acre, les plants se retrouvent ici à 19 cm l’un de l’autre.

Pas besoin d’engrais vert ! « À l’heure où tout le monde pense implanter des engrais verts entre les rangs, j’ai plutôt décidé d’implanter un autre rang de maïs », affirme le producteur Richard Brodeur, qui a ensemencé environ 15 ha de maïs en rangs de 20 po au printemps dernier. Ces rangs de maïs supplémentaires entraîneront des revenus plutôt que seulement une dépense, ajoute-t-il. Au moment de la récolte, les pneus larges de la moissonneuse-batteuse piétineront trois rangs de maïs plutôt qu’un. « Plus il y a de racines dans la terre, meilleure est la capacité portante pour la machinerie, avance-t-il. Et quand ces racines vont pourrir, il y aura plus de chemins dans la terre pour que l’eau percole. » Les rangs aux 20 po auraient aussi l’avantage de se refermer rapidement, ce qui permet de conserver l’humidité du sol par temps ensoleillé. L’abondance de matière organique résultant des hautes populations serait elle aussi bénéfique à la santé des sols. Pour de plus amples renseignements sur ces essais, on peut s’adresser à Stéphane Myre. stephane.myre@monsanto.com ou 450 278-6392.


TENDANCE ET CONCLUSIONS

Le producteur Richard Brodeur s’est procuré un nez à maïs usagé pour rangs espacés de 20 pouces.

Ces résultats illustrent une tendance favorable aux espacements aux 20 po, mais la seule conclusion qu’on puisse en tirer avec certitude est que les hybrides choisis (DKC46-82RIB et DKC44-13RIB) réagissent bien à des populations très élevées, reconnaît Stéphane Myre. Il s’agit d’une seule année d’essais. Si la preuve de meilleurs rendements économiques avec des rangs aux 20 po n’a pas été établie, nos producteurs demeurent persuadés de la pertinence de cette pratique. En 2015, tout l’azote a été appliqué avant et pendant le semis. Pour 2016, Richard Brodeur se promet de trouver un moyen d’appliquer de l’azote en postlevée, avec des équipements aux roues étroites. Stéphane Myre soupçonne que le maïs des essais de 2015 a manqué d’azote. Ceci pourrait expliquer les nombreux épis avec des grains manquants à leur sommet. « Tu as 5000 plants à l’acre de plus à nourrir,

alors il faudrait mettre un peu plus d’azote », conclut pour sa part le producteur André Millette. Plus un plant de maïs grandit, plus il prélève d’azote. Et si les plants sont mieux répartis sur la surface du champ, chacun pourra en prélever une plus grande part. Pour cette deuxième année d’essais de maïs aux 20 po, l’impact du fractionnement de l’azote sera mesuré.

Vous réalisez des essais à la ferme pour déterminer la pertinence d’un nouvel aspect de régie ? Faites-en part au Bulletin des agriculteurs ! info@lebulletin.com 514 766-9554.

André Dumont est journaliste pigiste spécialisé en grandes cultures. Il collabore à de nombreuses publications notamment La Presse et Country Guide.

LA POLYVALENCE A ÉVOLUÉ

De la préparation des lits de semences printaniers aux travaux dans les champs à l’automne, faites confiance à Väderstad pour fabriquer la seule déchaumeuse qui s’adaptera à vos besoins. Le châssis perfectionné du Carrier propose la combinaison idéale de largeur de travail, de robustesse et de durabilité. De plus, avec son design innovant permettant la personnalisation des outils avant, des rouleaux et des disques, Carrier sera la seule déchaumeuse dont vous aurez besoin. Faites évoluer votre ferme. Demandez à votre détaillant d’équipements plus d’information à propos de la déchaumeuse Carrier, ou visitez CarrierTillage.com.

Faites évoluer votre ferme. 2016 ©Seed Hawk Inc. SEED HAWK MD, VÄDERSTAD MD et VÄDERSTAD DESIGN MD sont des marques de commerce déposées utilisées sous licence. Väderstad a fait son plus grand possible pour représenter notre gamme de produits le plus exactement possible. Par contre, à cause de notre engagement à toujours innover nos technologies pour offrir les meilleurs produits possibles à nos clients, certains produits peuvent ne pas être fabriqués tel quel. Les spécifications exactes pour chacun des produits seront confirmées au moment de commander. 01/16-47563

47563_SHK_2016_CarrierPrintFRE_7x5_a2.indd 1

11:50/ AM / Le Bulletin des agriculteurs / 1/13/16 Février 2016 17


Au cours de la vie avec les Baresich, nous avons affronté quatre tempêtes de grêle, six inondations, vingt gelées. Par contre, nous avons compté quarante-cinq récoltes records et surtout, quatorze petits-enfants. Depuis plus de soixante ans, les Baresich utilisent des produits de marque Pioneer sur leur ferme. Pendant cette période, nous avons vécu beaucoup de choses ensemble. Nous avons eu le plaisir de jouer un rôle dans leur croissance, comme agriculteurs et comme famille. ®

Les marques déposées, de commerce, et de service (®, MS, MC) appartiennent à DuPont Pioneer ou à leur propriétaire respectif. © 2016 PHII.

PION2016_LeBulletin_FRE_Ad_MILE_022_Final.indd 1


#toujoursmieux

2016-01-13 3:41 PM


CULTURES

PAR NICOLAS MESLY

Objectif : réduire les pertes dans les silos à grains Trois chercheurs basés à Winnipeg s’apprêtent à commercialiser une nouvelle technologie d’imagerie 3D qui permettra de réduire les pertes dans les silos à grain estimées entre 1 % et 10 % en Amérique du Nord, et à 50 % dans les pays émergents.

T

outes les grandes civilisations se sont développées en comptant sur l’approvisionnement régulier de blé, de maïs et de riz, les trois céréales les plus consommées par l’humanité. Et pour réussir l’exploit de nourrir leurs populations au quotidien, elles ont développé des systèmes d’entreposage et de silos pour emmagasiner leurs récoltes vitales. À la ferme, tout l’investissement de l’agriculteur en semences, en engrais, en terre, en machinerie, en capital et intérêt y est entreposé. Le but ultime de ces forteresses de métal est certes d’obtenir un meilleur prix en n’inondant pas le marché lors des récoltes, mais aussi de les protéger contre l’humidité ou la vermine. « On estime entre 1 % et 10 % les pertes de récoltes dans les silos sur les fermes au Canada, mais à environ 50 % dans les

pays en développement », explique Colin Gilmore, un des trois cofondateurs de la compagnie 151Resarch, basée à Winnipeg, au Manitoba. Cet ingénieur spécialisé en imagerie médicale travaillait sur un projet pilote au laboratoire d’imagerie électromagnétique de l’Université du Manitoba quand un patient volontaire, spécialiste d’entreposage de grains, lui a fait remarquer : « Si vous pouvez voir en détail des tissus humains à l’intérieur d’un bras ou d’un sein, pourquoi ne pourriez-vous pas voir à l’intérieur d’un silo ? ». Cette suggestion a fait germer le projet d’imagerie 3D pour détecter les pertes dans les silos à grains. Grâce à une subvention de 300 000 $ d’Agriculture et Agroalimentaire Canada octroyée en août 2013, Colin Gilmore et ses associés ont pu construire un prototype d’imagerie 3D dans un silo PHOTOS : CHRIS PROCAYLO ET NICOLAS MESLY

20  /  Février 2016  /  Le Bulletin des agriculteurs  /


Paul Card, Colin Gilmore, Ian Jeffrey et Joe LoVetri.

expérimental contenant du blé « pour prouver que notre technologie fonctionne ». À l’automne 2015 toutefois, l’équipe travaillait à la mise au point d’un système beaucoup plus robuste, cette fois en l’installant au champ dans les silos d’une grosse entreprise céréalière de la région. Selon Colin Gilmore, la moitié des silos vendus par les fabricants possèdent déjà un système de détection de température et/ou d’humidité des grains. Ce système est constitué de dizaines de câbles munis de senseurs installés à intervalles réguliers et attachés au toit du silo. Mais ces câbles ont tendance à se briser sous le poids phénoménal du grain et même de « provoquer l’effondrement du toit ». Ce n’est pas le seul inconvénient de cette technologie jugée vieillotte. Selon le chercheur, l’information générée par ces câbles manque de précision puisque l’on ne sait jamais où ils se trouvent exactement dans le monticule de grains. Sans compter que lorsqu’un problème d’humidité est enfin détecté, les gros dégâts sont là  ! Le système d’imagerie 3D dévelop­pé par les fondateurs de la compagnie 151Resarch permet de voir l’entièreté du grain entre-

posé dans le silo et de détecter rapidement et avec précision toute anomalie. Au lieu de câbles, ces derniers font appel à un système d’antennes disposées autour du toit du silo. Ces antennes envoient des ondes électromagnétiques qui mesurent l’humidité des grains. Chaque céréale, selon son pourcentage d’humidité, a en effet une empreinte électromagnétique unique. Les milliers de données produites par le balayage des ondes sont relayées par Internet à un puissant ordinateur. Ce dernier digère et traduit cette quantité phénoménale d’information en pixel pour produire des cartes d’humidité des grains entreposés dans le silo. La majorité des pertes produites dans un silo sont dues à une humidité trop élevée des grains qui y sont entreposés. C’est cette humidité qui provoque une indésirable germination. Un taux d’humidité élevé peut dissimuler une infestation d’insectes dont la respiration et les sécrétions contribuent à augmenter ce taux. « Le taux idéal d’humidité des grains entreposés est celui qui permet de juguler les problèmes tout en assurant aux producteurs le maximum de revenus. N’oublions pas que le céréaliculteur est payé en fonc-

tion du poids du grain », spécifie Colin Gilmore. Comparé au système de mesures d’humidité et de température par câble, celui par imagerie est beaucoup plus sécuritaire puisque le producteur n’a pas à entrer dans le silo pour faire l’entretien des câbles ou encore vérifier de visu l’état des grains. « Une manœuvre souvent dangereuse », ajoute le chercheur. Colin Gilmore mentionne qu’un agriculteur investisseur a joint tout récemment les rangs de 151Research. Grâce à l’injection de nouveaux capitaux, une version commerciale du système d’imagerie 3D sur la qualité du grain entreposé à la ferme pourrait être disponible « d’ici six mois à deux ans ». Le marché annuel des silos à grains dans l’Ouest canadien se chiffre à 30 millions $. Mais les actionnaires de la compagnie fondée en 2011 espèrent bien que leur système fera partie des applications de téléphones intelligents utilisées par les producteurs en Amérique du Nord, mais aussi du reste de la planète.  Nicolas Mesly est agroéconomiste et journaliste pigiste spécialisé dans les enjeux agroalimentaires. Il couvre les grandes cultures pour Le Bulletin.

/  Le Bulletin des agriculteurs  /  Février 2016  /  21


Des champs de soya propres grâce aux bons outils. Économisez jusqu’à 1 $ de l’acre avec l’Offre des herbicides Kixor 2016

Quel que soit votre système de culture de soya, nous avons tout prévu. Les herbicides* KixorMD détruisent rapidement les principales espèces de mauvaises herbes en début de saison. Et grâce à l’Offre des herbicides Kixor 2016, vous pouvez en plus économiser sur chaque acre à l’achat de OptillMD, IntegrityMD et EragonMD LQ pour utilisation dans le soya tolérant les herbicides. Visitez agsolutions.ca/OffreKixor/ad pour en savoir davantage.

*Les herbicides doivent être entreposés sous clé dans un endroit frais, sec et bien aéré, séparément des autres pesticides. Ne pas entreposer près d’aliments destinés à la consommation humaine ou animale ni près d’engrais.

Toujours lire et suivre les directives de l’étiquette. AgSolutions est une marque déposée de BASF Corporation; ERAGON, INTEGRITY, KIXOR et OPTILL sont des marques déposées de BASF SE; toutes ces marques sont utilisées avec permission accordée à BASF Canada Inc. © 2016 BASF Canada Inc.


MARCHÉ DES GRAINS

PAR JEAN-PHILIPPE BOUCHER

DANS L’ŒIL DE LA NIÑA EFFETS DE LA NIÑA

ÉTATS-UNIS Pluie abondante Culture avantagée : Blé d’hiver

ÉTATS-UNIS Chaleur et sécheresse Cultures menacées : Maïs, soya et blé

COLOMBIE Forte pluie

ARGENTINE ET BRÉSIL Sécheresse Cultures menacées : Maïs et soya

L’

année 2016 s’amorce du mauvais pied. Au moment d’écrire ces lignes au début janvier, les prix du maïs et du blé à Chicago touchent de nouveaux creux. Celui du soya n’est pas très fort non plus. On peut chercher des raisons pour espérer voir grimper les prix, mais elles se font plutôt rares. Nous avons derrière la cravate des quantités impressionnantes de grains. Les consommateurs sont au rendez-vous, mais ils ont sous la main plus de grains qu’il n’en faut pour justifier de le payer plus cher. Bref, ça s’annonce mal pour ceux qui veulent vendre à meilleur prix leurs grains. La beauté du marché des grains est que nous sommes toujours à une récolte près de nous retrouver plus serrés et de voir les prix bondir, à moins que Dame nature décide de faire des siennes. On sait déjà que le El Niño de 2015, l’un des trois plus im-

ASIE DU SUD-EST Forte pluie INDE Mousson plus longue

AFRIQUE DU SUD Pluie abondante Cultures avantagées : Maïs et canne à sucre

AUSTRALIE Forte pluie Cultures menacées : Blé et canne à sucre

portants observés au cours des 50 dernières années, devrait avoir atteint dernièrement son pic. Finalement, les répercussions du phénomène météo n’ont pas été spécialement dramatiques : conditions sèches en Australie et en Asie, plus de précipitations dans le sud du Brésil, pas assez au nord, puis importante sécheresse en Afrique. Par contre, fidèle à lui-même, El Niño a aussi offert d’excellents rendements aux États-Unis. Bref, un cocktail qui n’a pas donné matière à renverser les prix des grains à la hausse. Mais, ce pourrait être bien différent en 2016. Les dernières évaluations d’El Niño confirment qu’il devrait disparaître d’ici l’été. Ce qui est moins sûr, c’est qu’historiquement, une fois sur deux El Niño cède la place à sa sœur, La Niña. Or, celle-ci n’entend généralement pas à rire. Aux États-Unis, c’est au cours d’une année La Niña qu’a eu lieu la séche-

resse historique de 2012. On sait aussi que souvent, c’est avec La Niña que sont observées d’importantes inondations qui endommagent les cultures de blé en Australie. À l’opposé, en Amérique du Sud, des conditions sèches ont plus de chance de menacer les cultures de maïs et de soya. Côté commercialisation des récoltes, l’année 2016 recèle ainsi encore un potentiel intéressant de faire grimper les prix et même d’écarter définitivement leur recul amorcé depuis 2012. Par contre, la météo reste une carte bien incertaine à garder dans son jeu comme atout. Comme toujours, il vaut donc mieux ne pas tout mettre ses œufs dans le même panier. Jean-Philippe Boucher est agronome, M.B.A., consultant en commercialisation des grains et fondateur du site Internet Grainwiz.

/ Le Bulletin des agriculteurs / Février 2016 /

23


INFOS / CULTURES INFOS / CULTURES

Analyse du potentiel de rendement : écart entre la théorie et la pratique Il est toujours intéressant de constater de bons rendements. Mais jusqu’où peut-on espérer ? Quelles sont les conditions déterminantes ? Un modèle mathématique pour prédire les rendements a été développé par l’Université de l’État de l’Iowa. Le modèle calcule le potentiel de rendement selon la radiation solaire, la température, la physiologie végétale, le couvert végétal ainsi que les techniques culturales. Les données recueillies ont démontré que le potentiel de rendement varie chaque année selon le climat, mais aussi selon les caractéristiques du sol ainsi que les pratiques adoptées par les producteurs.

La ligne orange du graphique 1 illustre les différents potentiels de rendement selon les années. On peut analyser l’écart entre le rendement théorique calculé selon les données de l’année et le rendement prédit par le modèle avec un déficit en eau et en azote. Selon les chercheurs, cette donnée représente, la plupart du temps, le rendement réellement obtenu au champ. L’écart moyen des 35 dernières années entre les deux niveaux de rendement oscille entre 3 % et 18 %. Le graphique 1 représente l’écart observé sur un des huit systèmes de production à l’étude.

1. ÉCART ENTRE LE RENDEMENT POTENTIEL ET LE RENDEMENT RÉEL REPRÉSENTÉ PAR LA COURBE DU STRESS HYDRIQUE ET L’AZOTE

250 225 200 175 150 125

Site 1 : Rendement potentiel Site 1 : Rendement réel

100 1990

1995

2000

2005

2. EFFETS CUMULATIFS DES FACTEURS MÉTÉO EN 2015 PAR RAPPORT À LA MOYENNE

Écart cumulatif ( 2015 contre moyenne)

Rendement Maïs ( bo/acre)

275

2010

2015

2015 est considérée comme une année exceptionnelle puisque la courbe du rendement réel atteint celle du rendement potentiel. Toutefois, l’analyse révèle que les deux points se chevauchent parce que le potentiel maximum est abaissé. Les conditions météo de 2015 illustrées au graphique 2 démontrent pourquoi le rendement théorique n’est pas plus élevé. La température et les précipitations n’ont pas été les facteurs limitants. Les nombreuses journées grises et pluvieuses du début de l’été ont accumulé un déficit de radiations solaires et ont diminué le potentiel de rendement. Si le rendement réel obtenu en 2015 avait été comparé au potentiel de 2012 par exemple, il y aurait eu un écart important. Il faudrait alors examiner les techniques culturales et la fertilisation à améliorer notamment pour capter le plein rendement. Source : Université de l’État de l’Iowa

300 250

Site : Ames Iowa

Pluie (mm)

200 150 100 Température (°C)

50 0 -50

Radiation (MJ/m2)

-100 -150 -200 1er mai

31 mai

30 juin

30 juil.

29 août

28 sept.

DES ENGRAIS VERTS POUR RÉDUIRE LA COMPACTION Deux chercheuses du CETAB, Anne Weill, agr., Ph. D. et Valérie Roy-Fortin, agr, se sont attaquées à l’épineux problème de la ­compaction des sols. Celui-ci, on le sait, cause une baisse de rendements et contribue à la pollution des cours d’eau en augmentant le ruissellement. Selon les deux chercheuses, deux solutions s’offrent aux agriculteurs pour ameublir un sol compact. La première est le sous-solage, une opération coûteuse « souvent diffi-

24  /  Février 2016  /  Le Bulletin des agriculteurs  /

cile à réaliser », écrivent-elles dans leur rapport de recherche. La seconde est d’utiliser des engrais verts à racines puissantes, profondes, pour restructurer les sols. Les deux chercheuses ont mené leur projet sur trois sites, deux entreprises en Montérégie et une au Lac-Saint-Jean en 2012 et en 2014. Elles visaient plusieurs objectifs : 1. Évaluer la profondeur de l’enracinement de certaines plantes et la diminution de la ­compaction en mesurant le système racinaire.

2. Mesurer la biomasse aérienne et la teneur en azote. 3. Comparer l’effet des engrais verts au sous-solage. En Montérégie, le sorgho et le millet ont permis d’obtenir des biomasses élevées de l’ordre de 6 t à 18 t de matière sèche par ha alors que les biomasses du seigle et du radis étaient autour de 4t/ha. Au Lac-Saint-Jean, les biomasses obtenues ont été faibles, variant entre 1,5 et 3 t/ha.


AGENTS DE CONTRÔLE BIOLOGIQUE DANS LE SOYA

Est-ce que certains microorganismes présents dans le sol peuvent devenir des agents de contrôle biologique ? Quelle influence ont-ils sur les champignons comme les Fusarium, Pythium et Phytophthora responsables des maladies importantes pour les jeunes plantules de soya ? Douze États du centre-nord des États-Unis ont participé à un projet de recherche pour étudier la question. La caractérisation des différents champignons présents naturellement dans les champs de soya et l’étude du potentiel d’efficacité de ce moyen de lutte contre les maladies sont les principaux objectifs de ce projet.

L’effet de 58 agents de biocontrôle a été évalué en laboratoire à l’Université du Sud de l’Illinois contre sept différents agents pathogènes. Les résultats varient de 0 % à 80 % de réduction de croissance du mycélium selon les champignons. L’Université de l’État du Michigan, quant à elle, a évalué l’activité de 13 de ces mêmes agents contre 12 isolats d’oomycète. De plus, certains de ces agents amorcent des mécanismes de défense du soya contre les maladies procurant ainsi une protection additionnelle de la culture. Par la suite, 14 champignons potentiels pour le biocontrôle ont été soumis à la présence de fongicide normalement retrouvé dans les traitements de semences. Les chercheurs ont observé une variation de sensibilité aux différents fongicides selon les espèces de champignons. Ces résultats confirment que seulement certains des bioagents potentiels sont compatibles avec les fongicides et qu’ils pourraient être ajoutés aux traitements de semence. Les informations découlant de ces recherches sont essentielles pour offrir un outil supplémentaire aux producteurs afin de contrôler des maladies. Que ce soit sous forme de traitement de semence, d’amendement de sol ou en identifiant les pratiques culturales favorisant leur développement, les agents de biocontrôle pourront devenir une avenue intéressante et économique pour le soya. Source : North Central Soybean Research Program

LE DÉFI MAÏS EST DE RETOUR DÈS MARS 2016, CONSULTEZ UNE SÉRIE DE VIDÉOS ALLANT DU SEMIS À LA RÉCOLTE DU MAÏS : • Série de 12 vidéos ; • Des trucs pour augmenter vos rendements ; • Des idées pour accroître la profitabilité ; • Les observations d’experts sur le terrain ; • Les recommandations de spécialistes, de semenciers et d’agronomes. Visitez LeBulletin.com et cliquez sur Défi maïs dans le menu horizontal.

L’utilisation de mélanges d’engrais verts à racines puissantes n’a pas permis d’ameublir les zones de sol compactes situées sous la couche travaillée. « Ce qui a été surprenant c’est que le taux de colonisation de la zone 15-40 cm n’a pas été meilleur pour les sites moins compactés », constatent les deux professionnelles. Les racines ont toutefois permis d’approfondir d’environ 5 cm supplé­ mentaires la couche superficielle meuble pour la plupart des sites. Toutefois, d’autres études du CETAB ­indiquent que la combinaison du sous-solage

et d’engrais verts déjà établis permettrait d’atteindre un niveau de décompaction optimal à court terme. Les engrais verts sont connus pour augmenter la vie microbienne et par conséquent ils contribuent à améliorer le sol et à stabiliser la structure. Les deux agronomes concluent que plus de recherches sont nécessaires pour mettre au point des techniques de régie permettant d’obtenir le plein potentiel des couverts végétaux afin de solutionner le problème de compaction.

COMMANDITÉ PAR

Source : Agriréseau

/  Le Bulletin des agriculteurs  /  Février 2016  /  25


À LA RECHERCHE D’UN ÉQUILIBRE À la ferme IRMA, rendement et qualité sont au rendez-vous avec une régie qui sort des sentiers battus. La régie du maïs-ensilage témoigne de la vision d’André et d’Urs Studhalter. Les deux frères ne cultivent pas de maïs génétiquement modifié. « C’est une question de conviction personnelle, explique Urs. Les effets à long terme des OGM sur la santé nous préoccupent. Nous ne sommes pas convaincus que ça prend des OGM pour faire avancer l’agriculture. » Située à Saint-Albert, au Centre-du-Québec, la ferme IRMA compte 155 vaches Holstein en lactation, 45 ha de maïs-ensilage, 45 ha de maïs-grain, 76 ha de soya IP, 98 ha de prairies, 29 ha d’avoine nue et 12 ha de blé. Dans cette zone de 2500 UTM, ils ont ensilé 20,5 t/ha à 35 % m.s. (31,5 t/ha à 100 % m.s.) de maïs. « On recherche un équilibre entre le rendement, la qualité et le coût de production », souligne Urs. Leur cible : 1,80 mcal/kg d’ÉNL, 8 % à 10 % de protéine, 20 % d’ADF et 36 % NDF sur base sèche. Ces producteurs sont attentifs à ce qu’ils appellent l’hygiène de leurs sols, des loams sablonneux avec 5 % à 8 % de matière organique. Ils pratiquent peu le semis direct, privilégiant le chisel, la charrue ou un travail minimum au printemps. « On trouve que le labour a encore sa place, commente Urs. On travaille sur la structure du sol et on cherche à favoriser les microorganismes. » Leur rotation comprend une année de soya suivie d’une céréale et de maïs. Par la suite, prairie ou retour en soya. Le maïs n’est jamais cultivé plus d’un an au même endroit, sauf en ultime recours. Trois priorités : préparer un bon lit de semence, semer tôt (avant le début de mai) et limiter le trafic. Leur hybride de prédilection est le Pioneer 38N86. « On l’utilise depuis 2009, indique Urs. Il se démarque par sa stabilité. » Ils emploient aussi de plus en plus le P9675.

26  /  Février 2016  /  Le Bulletin des agriculteurs  /

En 2014, ils ont adopté les rangs jumelés. « C’est un peu tôt pour faire un bilan, estime le producteur, mais jusqu’à maintenant, on a gagné 10 % de rendement, une meilleure uniformité et des plants plus costauds. » Ils sont demeurés à un taux de 34 500 plants à l’acre, mais ils pensent pouvoir encore l’augmenter un peu. Les producteurs font un traitement herbicide en prélevée. Pour contrôler la chrysomèle et la pyrale, ils prennent diverses mesures comme sélectionner des hybrides offrant une bonne résistance naturelle et labourer les champs de maïs-grain pour enfouir les tiges. « Il y a une certaine perte de rendement, mais pas assez pour en tenir compte, constate Urs. On ne voit pas d’épis par terre. » Depuis l’an dernier, ils sèment du ray-grass en intercalaire afin d’améliorer la structure du sol. La fertilisation comprend un démarreur liquide au semis (6-24-6) combiné à un side-dress liquide (32-0-0). On revient ensuite au stade 6-8 feuilles avec du 32-0-0. « La combinaison permet d’ajuster la fertilisation plus facilement, explique l’homme de 36 ans. » L’amorce de la récolte exige leur meilleur jugement. « On va observer les plants plusieurs fois par semaine, décrit Urs. On veut de l’amidon, mais il faut aussi que l’intérieur de la canne soit sucré pour obtenir une bonne conservation. On laisse à la plante la chance de se développer au maximum. La fenêtre est assez étroite, cinq ou six jours en général. » L’entreposage du maïs-ensilage se fait en silo-fosses et en silos-meules. « Les meules nous donnent de la flexibilité, explique Urs. Avec les silos-fosses, les murs ne sont jamais au bon endroit ! »

ACCUMULATION DES NÉONICOTINOÏDES À LA SURFACE DU SOL Des chercheurs en Ontario ont découvert une concentration de néonicotinoïdes avant les semis plus élevée que prévu à la surface du sol. Une équipe composée de spécialistes de l’Université de Guelph et du ministère de l’Agriculture de l’Ontario (MAAO) a réalisé une étude en 2013 et en 2014 pour comparer les concentrations de pesticides retrouvées à la surface du sol et celles mesurées à une profondeur de 5 cm dans les champs. La moyenne en surface était de 15,6 (en 2013) et de 12,7 (en 2014) fois plus élevée que celle mesurée dans le sol. « Les résultats obtenus dans cette étude suggèrent que les résidus de néonicotinoïdes retrouvés en surface sont une source de contamination et peuvent être transportés par le vent. » Mais elle demeure minime par rapport aux autres sources. La poussière au moment du semis est plus problématique. Deux causes peuvent expliquer le phénomène : la matière organique et l’évaporation de l’eau du sol. Des résidus insecticides pourraient être fixés à la matière organique, plus abondante à la surface du sol. Le mouvement de l’eau vers la surface au moment de l’évaporation pourrait aussi entraîner ces derniers vers le haut. Même si l’étude conclut que les résidus chimiques retrouvés en surface peuvent être potentiellement importants, elle n’a pas analysé les effets de ces résidus sur les risques d’exposition aux pollinisateurs. Source : Corn and Soybean Handbook

Auteurs : JOHANNE VAN ROSSUM est agronome et productrice de grandes cultures à Sainte-Brigide d’Iberville. NICOLAS MESLY est agroéconomiste et journaliste pigiste spécialisé dans les enjeux agroalimentaires. Il couvre les grandes cultures pour Le Bulletin.


L’agriculture est un mode de vie, pour vous comme pour nous

Rencontrez Justin Venant lui aussi du monde agricole, Justin est bien placé pour aider les producteurs canadiens à bâtir leurs rêves. À l’image de votre équipe FAC, Justin connaît votre secteur d’activité et souhaite faire votre connaissance.

1-800-387-3232

fac.ca

Justin Vuignier Directeur des relations d’affaires chez FAC

36568 F NC_Justin Vuignier_8.125x10.75.indd 1

2015-12-09 9:10 AM


INFOS / BRANCHÉ INFOS / BRANCHÉ

LES CAMÉRAS SANS FIL, ÇA N’EXISTE PAS !

E

n effet, bien que reliées par câble réseau, certaines caméras, celles dites sans fil ou Wi-Fi, requièrent quand même un cordon d’alimentation électrique. Le premier critère de sélection d’une caméra de surveillance ne s’arrêtera donc pas à sa capacité sans fil. Avant même d’évaluer les caractéristiques requises d’une caméra, l’environnement à surveiller imposera certains choix technologiques. Par exemple, un environnement composé de plusieurs bâtiments distants favorisera une technologie numérique, alors que celui d’une étable seule pourrait bénéficier des économies inhérentes aux caméras analogiques. De plus, selon la disponibilité électrique ou Wi-Fi de l’entreprise, la technologie numérique (ou IP) pourrait être un atout de par sa grande flexibilité d’installation. Attention à ne pas surestimer la capacité du réseau Wi-Fi ! Certaines caméras peuvent demander beaucoup de bande passante, plus de 50 mégabits par seconde ! (Voir notre chronique dans Le Bulletin de janvier dernier).

Parlons caméras numériques « Au début du projet, je voulais sécuriser mon plan de séchage. En réalisant les possibilités de distribuer des caméras IP partout, nous surveillons aujourd’hui deux maisons, trois bâtiments agricoles, une laiterie et bien sûr notre troupeau et ses vêlages », raconte un producteur. Il va sans dire que la raison première de sélectionner une caméra de surveillance devrait être sa capacité à livrer l’information recherchée. Certains producteurs voudront voir avec grande précision un évènement quelconque (un vêlage) alors que d’autres seront intéressés par la surveillance de leurs troupeaux et propriétés. Deux critères importants seront donc à surveiller lors de la sélection d’une caméra, l’angle de vue et la résolution de l’image.

28  /  Février 2016  /  Le Bulletin des agriculteurs  /

et ne contribue en rien à améliorer le détail d’un objet éloigné. La lentille mécanisée d’un zoom « optique » saura quant-à-elle, rapprocher l’image tout en maintenant sa résolution.

Que dire de l’environnement

Les requis de résistance pour une installation en établissement agricole surpassent ceux des caméras extérieures typiques. Il est fortement suggéré de sélectionner des caméras arborant la norme « IP66 » et plus, pour leur endurance aux poussières et surtout aux lavages à la pression ! Bien que les caméras mécanisées dites PTZ (tourne, monte/descend et zoom) peuvent sembler un choix intéressant, peu offrent la cote de résistance requise. Quoiqu’il existe des modèles arborant la norme IP66, leur coût plus élevé et la fragilité du mécanisme offrent dans de très rares cas un avantage sur un modèle hémisphérique de 180 ou 360 degrés. Se méfier de l’éclairage incorporé, car leur rayon d’action est très limité, il couvre mal l’angle naturel de la caméra en plus d’être sensible aux reflets causés par les poussières déposées sur la lentille. Une lampe d’appoint indépendante à la caméra saura s’ajuster à l’environnement à surveiller. Un éclairage infrarouge a plus à offrir que le simple fait d’être invisible ! Caractéristiques méconnues de cette lumière : ses capacités d’aller plus loin et d’être moins sensible aux poussières. Elles livrent cependant une image en noir et blanc. idéales pour la gestion de l’environnement. Prendre garde à sélectionner une longueur Elles offrent une expérience agréable et d’onde compatible avec la caméra qui y sera naturelle de visionnement. Cependant, elles associée ! perdent rapidement en résolution sur les objets plus éloignés. Et Internet, là-dedans ? Le grand choix de caméras à lentille fixe Trop souvent négligées, la sécurité, la simplidisponibles permet une sélection précise de cité d’utilisation et la performance de l’accès la résolution et de l’angle de visée recher- aux caméras de surveillance par Internet chée. Par exemple, un visionnement sur 90 sont essentielles. Heureusement cependant, à 110 degrés sera un choix judicieux dans tous les fabricants offrent une solution. Nous l’étable, alors qu’une résolution de 2 méga- couvrirons cet aspect plus en détail dans un pixels ou plus livrera la netteté d’image sou- prochain numéro !  haitée pour un parc de vêlages. Attention aux zooms « numériques » annonJEAN-LOUIS DUPONT, diplômé en technologie cés par certains fabricants, ils sont simple- par microprocesseur, est concepteur de solutions ment l’équivalent de se rapprocher de l’écran technologiques et réseautiques depuis plus de 30 ans. Plus grand est l’angle de visée, plus grande est la résolution requise afin de garder une image nette. Sur ces points, les caméras numériques l’emportent haut la main avec des résolutions de l’ordre de 12 mégapixels et jusqu’à 360 degrés de visée. Très robustes (n’ayant aucune pièce mobile), les nouvelles caméras hémisphériques de 360 degrés permettent l’enregistrement sur l’ensemble de la périphérie. Elles sont


GUIDE

TRACTEURS 2016

1re PARTIE MODÈLES GRANDES CULTURES


GUIDE TRACTEURS 2016

Nouveautés 2016 en grandes cultures E n 2015, après cinq années records, les ventes d’équipements agricoles neufs ont considérablement baissé en Amérique du Nord et un peu partout dans le monde. À la fin du mois de septembre, les ventes canadiennes de tracteurs robustes de plus de 100 ch avaient chuté de 10,5 % par rapport à 2014. Les ventes de tracteurs à quatre roues motrices ont connu une baisse encore plus importante, alors qu’elles ont diminué de presque 30 %. On associe la baisse de la demande pour les tracteurs neufs à la réduction des prix des grains et des oléagineux. Malgré la baisse de la demande, les fabricants ont continué d’introduire de nouveaux modèles et d’apporter des améliorations à leurs modèles les plus puissants. Toutefois, comparativement aux années précédentes, il n’y a pas eu grand changement de design cette année. Les modèles les plus attendus pour 2016 étaient sans doute ceux de la série de tracteurs 9RX à quatre chenilles de John Deere.

PAR SCOTT GARVEY

Les tracteurs d’occasion (surtout ceux sans filtre à particules) se sont bien vendus tout au long de l’année. Afin de promouvoir les ventes d’équipements agricoles d’occasion, les principales marques de machinerie agricole ont lancé des programmes de certification offrant une garantie sur certains modèles d’occasion. Pour la première fois depuis longtemps, des programmes spéciaux de financement pour de l’équipement neuf ont été mis sur pied. Au cours des cinq dernières saisons, les concessionnaires n’avaient pas eu besoin de tenter de stimuler les ventes de tracteurs neufs. L’équipement neuf se vendait bien sans incitatifs. D’ailleurs, la plupart des marques avaient de la difficulté à répondre à la demande. Alors que la saison 2016 arrive à grands pas, que les taux d’intérêt sont bas et que les fabricants proposent des incitatifs, les agriculteurs peuvent se procurer un tracteur neuf ou d’occasion à bon marché. De plus, il y a présentement beaucoup plus de choix de tracteurs d’occasion sur le marché qu’au cours des années précédentes.

CASE IH Les nouveaux modèles de la série Optum possèdent une prise de force de 240 ch ou de 270 ch. Les tracteurs Optum peuvent tirer les presses de la série LB4 de Case IH grâce à la fonctionnalité Isobus de classe 3 et au système Feedrate Control. Les tracteurs Optum combinent une transmission à variation continue et un moteur diesel à six cylindres de FTP (Fiat Powertrain Technologies) conforme à la norme Tier 4B. Comme tous les tracteurs qui utilisent un moteur diesel de FPT, les Optum respectent les normes d’émissions grâce à un réducteur catalytique sélectif. Les tracteurs équipés de ce dispositif n’ont pas besoin d’un système de recirculation des gaz d’échappement avec refroidissement. Les Optum ont une fonction d’autoguidage. De plus, ils sont offerts avec des freins à disque antiblocage et un système permettant de contrôler la pression d’air des pneus à partir de la cabine. Les tracteurs Optum sont performants dans les champs de cultures en rangées puisqu’ils offrent le choix entre trois types d’essieux qui permettent différents espacements des roues. Les essieux des Optum peuvent accueillir des pneus ayant jusqu’à 900 mm de largeur. La série Magnum comprend des modèles plus larges et plus puissants que les Optum. Les tracteurs Magnum ont un empattement long, ce qui les rend plus performants sur le terrain. Trois modèles Magnum peuvent être munis de roues avant au diamètre large et d’une paire de chenilles à l’arrière. Les agriculteurs qui comptent utiliser un tracteur Magnum pour tirer régulièrement des charges lourdes peuvent demander l’ajout d’un frein extrarobuste à durée de vie prolongée. Ceux qui le désirent peuvent aussi demander l’ajout d’une lumière haute pour la route. Les réservoirs des Les modèles Case IH à puissance élevée, comme le 300 CVT, comprennent tous un levier multifonctions.

/  Guide tracteurs 2016  /  3


GUIDE TRACTEURS 2016

Magnum 2016 ont une grande capacité, ce qui permet de réduire la fréquence des remplissages. De plus, les Magnum sont munis d’un système amélioré de transmission à variation continue et d’une pompe hydrostatique plus silencieuse. La série Puma de Case IH, qui se place un échelon en dessous de la série Magnum, comprend des modèles de 150 ch à 240 ch. Les modèles Puma ont différents formats de châssis, mais ils possèdent tous le même moteur, soit un moteur diesel de 6,7 L de FTP. Les Puma sont offerts avec plusieurs options similaires à celles de leurs grands frères, les Magnum. Les modèles 2016 de la série Puma comprennent diverses améliorations comme un meilleur siège et un système CVC amélioré permettant un meilleur contrôle de la climatisation dans la cabine. Les Puma, tout comme les Magnum, sont offerts avec un système de freinage antiblocage. Les Puma sont équipés d’un nouveau capot qui peut être enlevé sans outils, ce qui facilite l’entretien. Steiger, la série vedette de Case IH, est composée de tracteurs à roues ainsi que de modèles Rowtrac et Quadtrac. Les Steiger 2016 ont aussi fait l’objet de quelques améliorations. Ils sont notamment équipés d’une transmission plus performante. De plus, ils sont offerts avec un système améLes modèles de la série MT600E de Challenger fonctionnent avec un moteur diesel de 8,4 L.

4  /  Guide tracteurs 2016  /

lioré d’éclairage DEL. Les Steiger sont munis d’un dispositif de blocage automatique du différentiel, de miroirs électriques et d’un GPS amélioré. Les Steiger sont également équipés d’un système de direction performant qui améliore le contrôle du tracteur sur les routes et dans les champs, facilitant ainsi le travail de l’utilisateur.

MT900E sont offerts avec l’option d’un siège en cuir chauffé et ventilé. En 2015, la X-Edition, une version spéciale des tracteurs à chenilles MT700 et MT800E, a été mise sur le marché. Les modèles de cette production limitée possèdent une cabine de luxe et sont peints selon un thème « noir de minuit ».

CHALLENGER

DEUTZ-FAHR

Les tracteurs à roues Challenger, de la famille AGCO, sont considérés comme les cousins proches des Massey Ferguson puisqu’ils ont un design et des caractéristiques similaires. En 2014, les modèles des séries MT500 et MT600 ont reçu des mises à jour semblables à celles de leurs cousins rouges et ont été reclassés au sein des séries MT500E et MT600E. Les cinq tracteurs de la série MT500E, tout comme les modèles de la série 7700 de Massey Ferguson, sont équipés d’un moteur diesel de 6,6 L ou de 7,4 L d’AGCO Power. Les MT500E possèdent, soit une transmission à variation continue ou une transmission AutoPower VI. Quant aux modèles de la série MT600E, ils fonctionnent avec un moteur de 8,4 L et une transmission à variation continue. En 2014, les tracteurs à quatre roues motrices de Challenger ont également été améliorés, puis reclassés dans la série MT900E. Les modèles de cette série ont une plus grande capacité hydraulique qui va jusqu’à 321 L/min (85 gal/min). Les

2016 sera l’année de l’arrivée sur le marché canadien de la série 9 TTV chez Deutz. Présentée en première nord-américaine en janvier dernier, cette série est récipiendaire du prix Tracteur de l’année 2015. Cette série est composée de trois modèles avec un moteur six cylindres TTCD 7.8 L06 tier 4 Final de 7,8 L développant de 295 ch à 336 ch. Côté transmission, on retrouve la ZF Terramatic TMT 32 pour l’ensemble de la gamme qui offre trois choix de configuration permettant d’atteindre les 60 km/h à un régime de 1780 rpm. Sa cabine est spacieuse et confortable. 2016 marquera aussi la commercialisation de la série 6 CShift, la gamme s’étendant de 150 ch à 210 ch. La boîte de transmission robotisée, disponible uniquement sur les modèles à transmission ZF T7200 IRS, permet de gérer les six gammes simplement à l’aide de la poignée, sans recourir à l’embrayage ou à un quelconque levier. Pour effectuer les chanLa série 9TTV de Deutz-Fahr est composée de trois modèles avec un moteur six cylindres.


GUIDE TRACTEURS 2016

pression des pneus directement à partir de la cabine. La pression des pneus peut ainsi être réduite afin de maximiser la traction sur le terrain pour ensuite être augmentée lors du transport sur route. Les huit nouveaux modèles des séries 800 et 900, qui ont été lancés quelques mois avant la mise à jour de la série 700, possèdent un moteur d’une puissance de 220 ch à 360 ch.

JCB En 2015, JCB a conçu de nouvelles versions du Fastrac qui correspondent mieux aux besoins des agriculteurs nord-américains. Les nouveaux modèles font partie de la La marque allemande Fendt d’AGCO offre trois série 4000. Les trois modèles de cette série gements de gamme (de 1 à 6), il suffit de séries de modèles, dont le 800, sur le marché agricole nord-américain. ont une puissance de 160 ch à 220 ch. De pousser ou de tirer la poignée en appuyant plus, les tracteurs 4000 peuvent rouler simultanément sur le bouton d’autorisation situé à l’arrière. VarioDoc et le système de contrôle des jusqu’à 65 km/h. Les 4000, avec leurs roues égales, leur suséquipements Variotronic IM. Ces caractéristiques électroniques pension active à quatre roues, leur cabine FENDT Fendt continue d’offrir ses séries 700, 800 et sont aussi offertes pour les modèles des centrale, leurs freins à disque hydropneu900 sur le marché agricole nord-américain. séries 800 et 900, qui représentent les grands matiques, leurs raccords de frein à air pour La nouvelle collection de la série 700, intro- frères des 700. Afin d’améliorer davantage le remorque et leur plateforme arrière pouduite en août 2014, comprend des modèles rendement du carburant, les modèles 800 et vant transporter une charge allant jusqu’à ayant une puissance de 145 ch à 240 ch. La 900 ont été équipés du système Load Limit 4000 kg (8800 lb), n’ont pas d’équivalent sur série 700 comporte six nouveaux modèles Control 2.0, qui permet de changer le rap- le marché agricole canadien. Les Fastrac 4000 ont un châssis monoqui fonctionnent tous grâce à un moteur port de transmission selon la diminution de diesel Deutz conforme à la norme Tier 4B. la vitesse du moteur lors du transport d’une pièce plus étroit que celui des modèles Ce sont les seuls modèles de la famille charge. Ce système permet également de AGCO qui n’utilisent pas un moteur choisir une vitesse au sol cible ou de limiter Les trois modèles Fastrac ayant une puissance d’AGCO Power. Tous les tracteurs 700 sont la charge du moteur. de 160 ch à 220 ch de la nouvelle série 4000 Les tracteurs 800 et 900 peuvent inclure peuvent atteindre une vitesse de route de munis d’une transmission Vario à variation l’option VarioGrip qui permet de changer la 65 km/h. continue de Fendt. L’an dernier, les petits tracteurs de la série 700 ont hérité du même essieu avant lourd que celui des modèles plus larges 722 et 724. Les tracteurs 700 ont donc tous la capacité de transporter des charges lourdes à l’aide d’une chargeuse frontale ou de tout autre équipement lié à l’attelage troispoints frontal offert en option. Afin d’augmenter le rendement du carburant, les modèles 700 ont été conçus avec quatre vitesses de prise de force 1000E. Ces dernières permettent de faire fonctionner de l’équipement à une vitesse nominale tout en ayant un régime moteur moins élevé. La cabine des modèles 700 comprend un moniteur Varioterminal de 10,4 po, qui est compatible avec la fonction d’autoguidage VarioGuide, le logiciel

/  Guide tracteurs 2016  /  5


Puissance, polyvalence et faible frais d’exploitation

2 NOUVEAUX MODÈLES

NEW HOLLAND ajoute deux modèles plus puissants à sa SÉRIE T7 : le T7.290 et le T7.315 qui offrent respectivement 240 et 270 ch à la pdf. Et le succès ne s’est pas fait attendre : le T7.315 a reçu le titre de MACHINE DE L’ANNÉE 2016 à Agritechnica dans la catégorie des tracteurs de fortes puissances. En s’appuyant sur des critères comme les fonctionnalités innovantes, la performance, la productivité, le coût de fonctionnement, la simplicité d’utilisation et le confort de l’utilisateur, le jury a reconnu les MACHINE DE innovations techniques de ce tracteur et les avantages qu’il offre aux agriculteurs. L’ANNÉE 2016

L

Le système révolutionnaire INTELLICRUISEMC permet à la presse à grosses balles rectangulaires NEW HOLLAND de contrôler la vitesse du tracteur en fonction de la densité de l’andain pour maximiser la productivité et l’uniformité des balles.


Encore plus de puissance

n

es de

SÉRIE GENESIS T8 De 205 à 315 ch à la pdf SÉRIE T9 De 370 à 620 ch

VISITEZ VOTRE CONCESSIONNAIRE DÈS MAINTENANT ÉQUIPEMENT J.M.A.R. Alma

ÉQUIPEMENT DE FERME PAPINEAU Plaisance

LA MATAPÉDIENNE COOPÉRATIVE AGRICOLE Amqui

PERFORMANCE RIMOUSKI Rimouski

FERNAND CAMPEAU & FILS Dalhousie Station

UNICOOP, COOP AGRICOLE Saint-Agapit | Saint-Anselme Sainte-Marie de Beauce Saint-Vallier | Québec Saint-Narcisse, cté Champlain

LONGUS ÉQUIPEMENTS Laval | Varennes ÉQUIPEMENT INOTRAC Iberville | Saint-Hyacinthe GROUPE DYNACO La Pocatière | Rivière-du-Loup

MACHINERIE CH Cookshire-Eaton | Nicolet Saint-Guillaume | Sainte-Martine Victoriaville | Wotton

J.RENÉ LAFOND Mirabel

RAYMOND LASALLE Saint-Thomas de Joliette


GUIDE TRACTEURS 2016

Les tracteurs à quatre chenilles de la série 9RX de John Deere étaient parmi les modèles les plus attendus pour 2016.

précédents. Grâce à cette caractéristique, ils peuvent avoir un rayon de virage d’un peu plus de 10 m, ce qui correspond selon JCB, au meilleur rayon de virage dans cette catégorie de tracteurs. Les acheteurs qui veulent plus de manœuvrabilité ont le choix entre un essieu directeur avant standard ou un essieu directeur arrière optionnel qui permet cinq modes de conduite différents. Les acheteurs peuvent aussi demander l’option Fast Steer, qui augmente la sensibilité du volant à seulement deux tours complets pour permettre un meilleur contrôle dans les espaces restreints. Les tracteurs 4000 sont parfaits pour les agriculteurs mixtes puisqu’ils sont préconçus pour accueillir une chargeuse frontale. La suspension à quatre roues peut être verrouillée pour augmenter la stabilité lors du transport de charges lourdes. Les trois modèles Fastrac utilisent un moteur diesel de 6,6 L à six cylindres d’AGCO ainsi qu’une transmission à variation continue. Le système hydraulique des Fastrac comprend une pompe à piston au centre fermé de 144 L/min (38 gal/min) qui répond automatiquement à la demande en huile des équipements et une pompe à engrenages qui alimente le système de direction. Les nouveaux Fastrac ont un capot plus incliné pour améliorer la visibilité vers l’avant. De plus, le siège du conducteur a été amélioré et peut maintenant tourner de 50 degrés vers la droite et de 20 degrés vers la gauche. Massey Ferguson a amélioré ses anciens modèles qui deviennent les séries 7700 et 8700.

8  /  Guide tracteurs 2016  /

JOHN DEERE Les tracteurs à quatre chenilles de la série 9RX de John Deere ont été mis sur le marché en 2015. Les quatre tracteurs de la série 9RX constituent la suite logique de la série 9R. Ils possèdent un moteur d’une puissance de 470 ch à 620 ch. Les 9RX présentent quelques nouveautés comme des chenilles Camso, une cabine suspendue offrant plus de confort et un système hydraulique ayant désormais une capacité de 435 L/min (115 gal/min). Les deux plus petits modèles de la série 9RX utilisent le moteur PowerTech 13.5 de Deere alors que les plus grands modèles sont équipés d’un moteur QSX15 de Cummins. Les tracteurs 9RX, tout comme les tracteurs à roues 9R, possèdent la transmission e18 de Deere avec le système Efficiency Manager. Aucun changement majeur n’a été apporté aux modèles 2016 à traction auxi-

liaire et à transmission mécanique des séries 8R et 7R. Toutefois, ces modèles ont l’avantage de demeurer compatibles avec les fonctions télématiques de Deere. La technologie Machine Sync de Deere, initialement lancée pour que les moissonneuses-batteuses et les bennes à grains puissent fonctionner ensemble, permet maintenant à plusieurs autres types de machinerie de fonctionner ensemble et de partager des données comme des directions et des cartes. Lors de l’exposition agricole Agritechnica, qui a eu lieu en novembre, à Hanovre, en Allemagne, Deere a présenté la pièce EZ Ballast conçue pour les modèles 7R. La pièce de 1,7 tonne peut être attachée à un tracteur, puis détachée en quelques secondes sans que l’utilisateur ait à sortir de la cabine. La marque verte a aussi apporté des changements à ses tracteurs de la gamme 6, qui se retrouvent un échelon plus bas. En effet, Deere a amélioré les modèles de la série 6D pour former une nouvelle série, soit la 6E. Les modèles de la gamme 6 ont maintenant une puissance de 105 ch à 215 ch et disposent de trois différents paliers de caractéristiques. Afin d’optimiser le transfert de données à partir du terrain, Deere a créé l’appareil Mobile Data Transfer. Ce dernier permet de connecter les moniteurs d’anciens tracteurs (de Deere ou d’une autre marque)


GUIDE TRACTEURS 2016

à un réseau sans fil. L’appareil permet de collecter des données, puis de les transférer rapidement et facilement dans un nuage informatique.

MASSEY FERGUSON En 2014, de nouveaux tracteurs de puissance moyenne ou élevée de la marque Massey Ferguson d’AGCO ont été introduits sur le marché. L’entreprise a amélioré ses anciens modèles des séries 7600 et 8600, puis les a reclassés parmi les séries 7700 et 8700. Ces tracteurs ont une puissance de 155 ch à 370 ch. Les cinq modèles de la série 7700 ont une puissance de 155 ch à 255 ch alors que les cinq modèles de la série 8700 ont une puissance de 270 ch à 370 ch. Les modèles 8700 possèdent un moteur de 8,4 L à six cylindres avec turbocompresseurs jumeaux d’AGCO Power. Ils sont également munis d’une transmission Dyna-VT à variation continue. Quant aux tracteurs de la série 7700, qui sont plus petits, ils fonctionnent grâce à un moteur de 6,6 L ou de 7,4 L à six cylindres. Les acheteurs de ces tracteurs ont le choix entre une servotransmission partielle Dyna-6 ou une transmission Dyna-VT à variation continue. Le design du capot et de la calandre de ces tracteurs a été repensé pour rendre le système de refroidissement Cyclair plus performant sans avoir à l’agrandir de façon considérable.

Au cours de l’automne 2014, l’usine de Jackson, au Minnesota, où sont fabriqués les Massey Ferguson et les Challenger, a établi de nouveaux tests d’assurance de la qualité que chaque tracteur doit passer avant d’aller sur le marché. La prise de force et la puissance des roues motrices sont donc évaluées. Les tracteurs passent également un test de « secousses » au cours Les nouveaux tracteurs X8 McCormick auront une puissance duquel le tracteur est secoué allant jusqu’à 310 ch, mais ne seront pas produits avant le début de 2017. pour simuler les conditions d’un terrain difficile. Ces tests permettent de vérifier que toutes les liaisons Au cours de cette exposition, l’entreprise électriques et hydrauliques sont serrées a fait savoir que d’autres nouveaux modèles et que les tracteurs ont été correctement allaient faire leur apparition sur le marché. assemblés avant d’être mis sur le marché. En 2015, l’entreprise a annoncé qu’elle allait présenter un nouveau modèle de la série X7 à Agritechnica. Le modèle en question, MCCORMICK La marque McCormick d’Argo a présenté sa le X7.650, qui a une puissance de 150 ch, est série X7 à Agritechnica, en novembre 2013. le sixième modèle de la série X7. Dans le cadre d’Agritechnica, l’entreLes modèles de cette série ont une puissance allant jusqu’à 195 ch. Alors que prise ne s’est pas arrêtée à la série X7 ; elle McCormick est en plein processus de remo- a aussi présenté trois modèles de la série X8. delage de toute sa gamme de tracteurs, c’est Ceux-ci sont équipés d’une transmission à la première fois que la marque lance des variation continue à quatre plages et d’un tracteurs aussi larges. Au cours de l’été 2014, moteur de 301 ch. Les tracteurs X8 ont les premiers modèles X7 qui sont arrivés une capacité hydraulique de 212 L/min en Amérique du Nord ont été présentés au et peuvent fonctionner avec dix soupapes Canada’s Farm Progress Show à Regina, en différentes. Saskatchewan.

MTZ

La marque MTZ, autrefois connue au Canada sous le nom de Belarus, est de retour avec un nouveau nom et un nouveau distributeur en Amérique du Nord. L’usine de Belarus vend ses tracteurs partout dans le monde sous le nom de Belarus ou de MTZ (MTZ est l’acronyme de Minsk Tractor Works). En raison de problèmes de nature légale concernant le nom de Belarus au Canada, l’entreprise a décidé d’utiliser son nom alternatif, c’est-à-dire MTZ. Mais les tracteurs sont les mêmes. Même si l’entreprise cherche toujours à déterminer ses concessionnaires et

MTZ a lancé sur le marché nord-américain des tracteurs à traction auxiliaire et à transmission mécanique ayant une puissance de 84 ch à 212 ch.

/  Guide tracteurs 2016  /  9


GUIDE TRACTEURS 2016

à établir ses stratégies de vente au Canada et aux États-Unis, MTZ offre trois modèles de tracteurs dont les roues avant sont plus petites que les roues arrière. Ces modèles sont équipés d’un moteur à six cylindres de 136 ch, de 150 ch ou de 212 ch. MTZ promet d’introduire bientôt trois autres nouveaux modèles de tracteurs ayant eux aussi des roues avant plus petites que les roues arrière. Ces modèles auront une puissance de 305 ch à 355 ch. MTZ offre également des pièces de remplacement pour les anciens modèles Belarus. Le fabricant produit des modèles simples et faciles à réparer, n’ayant aucun système électronique compliqué, tout

New Holland a ajouté deux tracteurs extraro­ bustes à sa série T7 pour 2016. Ces tracteurs sont munis d’un moteur à puissance élevée installé à l’intérieur d’un châssis plus petit.

Ces tracteurs sont inspirés des modèles existants de la série T7 et des tracteurs larges de la série T8. Ces tracteurs, qui ont des prises de force de 240 ch et de 270 ch, sont parfaits pour les tâches de prise de force qui ne nécessitent pas un châssis lourd et un empattement long, comme tirer une presse à balles rectangulaires. Les tracteurs extrarobustes T7 ont une fonction complète d’autoguidage et sont compatibles avec IntelliCruise, un dispositif d’automatisation pour les presses à balles rectangulaires. NEW HOLLAND Ils comprennent aussi un essieu avant Cette année, New Holland a ajouté à sa gamme de tracteurs deux tout nouveaux suspendu de classe 4.75, qui est plus lourd modèles ayant un châssis compact et une que celui qui se trouve sur les T7 réguliers, puissance mi-élevée. Ce sont des tracteurs mais plus léger que celui utilisé sur les T8. polyvalents qui peuvent effectuer une De plus, ils ont une cabine suspendue et des sièges améliorés pour plus de confort. grande variété de tâches agricoles. Ils sont munis d’un moteur diesel à six Les tracteurs extrarobustes T7 290 et T7 315 ont été introduits sur le marché en 2015. cylindres de FTP et d’une transmission mécanique Auto Command à variation continue conçue par New Holland. Ils peuvent avoir une capacité hydraulique optionnelle allant jusqu’à 220 L/min (58 gal/min). Un échelon au-dessus de ces modèles se trouvent les cinq tracteurs de la série Genesis T8. Ces tracteurs ont des roues avant plus petites que les roues arrière et possèdent une prise de force qui varie de 205 ch à 315 ch. Pour les agriculteurs qui souhaitent une meilleure suspension, les trois modèles les plus larges de la série T8 sont offerts avec le système SmartTrax. Ces modèles ont des roues avant au diamètre plus large et sont équipés de chenilles à l’arrière. Les trois modèles les plus larges de la série T9, soit le T9.600, le T9.645 et le T9.700, sont offerts avec des chenilles et peuvent atteindre 620 ch.

comme les anciens modèles de Belarus. Les modèles MTZ présentent tout de même des caractéristiques intéressantes telles qu’une transmission mécanique à 24 rapports de marche avant et 12 rapports de marche arrière ou une servotransmission partielle à 16 rapports de marche avant et 8 rapports de marche arrière. Les modèles MTZ, comme plusieurs tracteurs européens, comprennent un ­compresseur d’air avec un tuyau de gonflage.

NOUS FAISONS PARTIE DE VOTRE MONDE

PNEUS RADIAUX À TECHNOLOGIE « IF »

Charges lourdes à basse pression Réduit la compaction Excellente traction Haute vitesse Faible consommation de carburant

BKT Tires (Canada) Inc. Tel: AG/IND 905 641 5636 AG/IND/OTR 514 792 9220

10  /  Guide tracteurs 2016  /


GUIDE TRACTEURS 2016

Cette année, New Holland a aussi apporté des améliorations à son système télématique PLM. Ce dernier permet maintenant de transférer des données dans un nuage informatique en utilisant un réseau cellulaire. Un accès limité à ces données peut être octroyé à un tiers.

VERSATILE L’entreprise Versatile, située à Winnipeg, offre trois tracteurs à traction auxiliaire et à transmission mécanique ayant une puissance de 190 ch à 310 ch. Les nouveaux modèles les plus puissants de cette marque ont un nouveau design qui améliore de 35 % la visibilité vers l’avant grâce à l’inclinaison du capot. Toujours fidèle à sa tradition, Versatile a équipé tous ses nouveaux modèles de moteurs Cummins. Les modèles les plus larges sont munis d’un moteur QSL de 9 L alors que les tracteurs plus petits fonctionnent avec un QSB de 6,7 L ou un QSC de 8,3 L. Versatile profite du fait qu’elle a, pour

Les modèles Versatile de 260 ch à 310 ch apportent un style nouveau à la gamme de tracteurs à traction auxiliaire et à transmission mécanique de la marque.

trois modèles plus petits de la marque utilisent une servotransmission partielle avec un inverseur de marche. Les tracteurs Versatile peuvent avoir une un temps limité, l’autorisation d’utiliser des cabine HQ standard ou une cabine Deluxe moteurs non conformes à la norme Tier 4, plus luxueuse, qui possède une surface ce qui lui permet de ne pas avoir à installer vitrée de 73 pi2. des moteurs diesels conformes sur tous ses Les modèles Versatile à quatre roues modèles en même temps. motrices DeltaTrack peuvent aller jusqu’à Les six tracteurs les plus larges de 550 ch.  Versatile utilisent une servotransmission complète à 16 rapports de marche avant et Scott Garvey est journaliste et spécialiste en 9 rapports de marche arrière alors que les machinerie agricole pour le magazine Country Guide.

Parfait pour les besoins de votre ferme la Séries 5C 89 Ch à 120 Ch

/  Guide tracteurs 2016  /  11


DE LA PUISSANCE SANS VOUS RUINER Série MF7700 : 140 à 255 ch

Vous recherchez de la puissance sans la grosse facture de carburant ? Mettez à l’épreuve un des tracteurs Massey Ferguson des séries 7700 et 8700. Grâce à la technologie SCR, leurs moteurs AGCO Power MC six cylindres vous donneront la puissance nécessaire pour accomplir de nombreuses tâches tout en consommant moins de carburant et de DEF. Le système de gestion de la puissance du moteur (EPM) offre un surplus de puissance pouvant aller jusqu’à 25 ch au moment où vous en avez besoin. Le système Cyclair MC exclusif et inédit refroidit plus efficacement le tracteur. Informez-vous sur ces deux séries.

Série MF8700 : 270 à 370 ch Passez chez votre concessionnaire ou visitez MasseyFerguson.com Agritibi R.H. Amos | 819 732-6296 Saint-André-Avellin | 819 983-2124 Alcide Ouellet & Fils Cacouna | 418 862-0541 Saint-Cyprien | 418 963-2647 Champoux Machineries Warwick | 819 358-2217 Équipements Guillet Sabrevois | 450 346-6663 Équipements Séguin & Frères Saint-Clet | 450 456-3358

Garage N. Thiboutot Saint-André-de-Kamouraska | 418 493-2060

Machineries Horticoles d’Abitibi Poularies | 819 782-5604

Garage Paul-Émile Anctil Mont-Joli | 418 775-3500

Machinerie JNG Thériault Amqui | 418 629-2521

Groupe Symac Napierville | 450 245-7499 Normandin | 418 274-4568 Parisville | 819 292-2000 Pont-Rouge | 418 873-8628 Rougemont | 450 469-2370 Saint-Bruno | 418 343-2033 Saint-Denis | 450 787-2812 Saint-Hyacinthe | 450 799-5571

Machineries Nordtrac Louiseville | 819 228-4848 Saint-Barthélemy | 450 885-3202 Saint-Roch-de-l’Achigan | 450 588-2055

Les Équipements Yvon Rivard Mirabel | 450 818-6437

Service Agricole de l’Estrie Coaticook | 819 849-4465 Service Agricole de Beauce Saint-Georges | 418 221-7022 Sainte-Marie | 418 387-3814

MASSEY FERGUSON est une marque mondiale d’AGCO. ©2016 AGCO Corporation, 4205, River Green Parkway, Duluth, GA 30096 (877) 525-4384.


LAIT

Les pâturages au-delà du rêve

Pour Kornel Schneider, la production laitière sans pâturage est impossible. En fait, toute son entreprise, la Ferme Rêveuse de Curran, en Ontario, est orchestrée en fonction de la paissance.

PAR MARIE-JOSÉE PARENT

Pour Kornel Schneider, le logement idéal pour les vaches, c’est le pâturage.

À

15 ans, à la fin de son emploi sur une ferme laitière, Kornel Schneider reçoit une génisse en cadeau du producteur chez qui il a travaillé. Il décide de l’appeler Rêveuse. Était-ce un présage ? Quelques années plus tard, fraîchement débarqué de Suisse, Kornel achète une ferme à Curran dans l’est de l’Ontario. Il n’a que 23 ans. Lorsque vient le temps de choisir un nom pour la ferme, il songe à sa génisse. Il appelle sa nouvelle entreprise la Ferme Rêveuse. Après tout, il venait de réaliser son rêve. Ayant été élevé sur une ferme laitière en Suisse, Kornel Schneider a toujours vu les vaches au pâturage. Et puisqu’il doit économiser partout où il peut, le jeune intrépide décide de miser sur les pâturages. Au départ, ce choix relevait donc d’une raison économique. « Quand j’ai acheté, j’avais beaucoup de dettes, dit-il. Il fallait trouver une façon de faire du lait à bon marché. » Ce qui a commencé comme

PHOTOS : MARIE-JOSÉE PARENT ET KORNEL SCHNEIDER

/  Le Bulletin des agriculteurs  /  Février 2016  /  29


LAIT Portrait de la Ferme Rêveuse

Lieu : Curran, Ontario Équipe : Kornel et Olga Schneider, plus un employé Troupeau : 105 vaches croisées et leurs génisses (30 par année) Production laitière : 7500 litres de lait par vache par lactation Composantes : gras (4,5 %) et protéines (3,8 %) Particularités de l’élevage : logement aux pâturages six mois par année, sur litière profonde ou neige en hiver ; vêlages saisonniers.

une obligation est devenu un mode de vie. Aujourd’hui, 22 ans plus tard, sans avoir une ferme biologique, Kornel Scheider place les pâturages au centre de sa gestion de troupeau. Un fait rarissime en production laitière.

70 PARCELLES « Nous cultivons 140 ha dont 80 qui peuvent être pâturés. Le restant des fourrages est récolté pour l’hiver », explique Kornel Scheider. S’il dit « nous », c’est qu’il gère aujourd’hui la Ferme Rêveuse avec sa conjointe, Olga. Regarder le plan de ferme, c’est observer le plan des pâturages. Selon la disponibilité de l’herbe, Kornel Scheider adapte la taille des parcelles pour que les vaches consomment toujours de l’herbe fraîche. La ferme compte jusqu’à 70 parcelles. Du jamais vu en production laitière sous notre climat ! Chaque parcelle est pâturée à un moment ou l’autre de l’année. Pas de céréales. Pas de maïs-ensilage. Pas de grandes cultures.

30  /  Février 2016  /  Le Bulletin des agriculteurs  /

Même les veaux sont logés au pâturage du printemps à l’automne. Et pour la nutrition, c’est tout simple avec le bar à lait, une conception néo-zélandaise.

Côté troupeau, la Ferme Rêveuse possède jusqu’à 105 vaches en lactation. C’est en fait la totalité du troupeau, car depuis quelques années, Olga et Kornel Schneider ont entrepris de saisonnaliser les vaches. « Le but est de concentrer les vêlages sur deux mois », explique Kornel Schneider. Pour y arriver, depuis cinq ans, ils ont un intervalle de vêlage de moins de 12 mois. En 2014, les vêlages duraient de mai à août. En 2015, ils finissaient en juillet. L’été prochain, ils espèrent avoir tous les veaux en mai et en juin. « Si on prend un troupeau de caribous, toutes les femelles vont mettre Le bâtiment du salon de traite est dédié entièrement à cette activité. On y retrouve aussi le réservoir à lait. Photo de gauche : Hiver comme été, l’aire d’attente pour passer au salon de traite est située à l’extérieur.

bas en deux semaines, dit-il. En regroupant nos vêlages en mai et en juin, c’est beaucoup plus proche de la nature. »

TROIS GROUPES D’ANIMAUX Les veaux vêlent donc au pâturage au début du printemps dans le groupe de vaches en préparation au vêlage. « On laisse les veaux douze heures avec la mère, dit Kornel Schneider. Ensuite, on les amène tous les deux à la maison. » Les veaux sont placés dans l’étable à veaux pour trois jours afin de recevoir leur colostrum. Les veaux rejoignent ensuite les autres veaux dans les pâturages qui leur sont destinés. Les veaux consomment d’abord du lait dans un équipement originaire de NouvelleZélande : le Milk Bar ou si vous préférez, le bar à lait. Cet équipement permet de nourrir 60 veaux en même temps. « C’est suffisant pour nous puisqu’on ne garde pas les mâles », explique Kornel Schneider. En grandissant, les veaux commencent à brou-


ter de l’herbe. Tout comme pour les vaches, les parcelles de pâturage sont offertes en rotation. Kornel Schneider dit qu’il n’a pas de problèmes de parasites puisque les veaux sont gardés sur de l’herbe fraîche et qu’ils changent régulièrement de parcelle. « Ce qui est important pour moi, c’est que les veaux soient toujours loin des bâtiments, ce qui réduit les risques de parasites, dit Kornel Schneider. On peut faire ça parce que notre Milk Bar est mobile et que ça ne représente pas de travail supplémentaire de les nourrir plus loin. » Une fois le colostrum récolté, la vache ayant vêlé rejoint le groupe de vaches en lactation au pâturage. Les parcelles sont subdivisées afin d’offrir toujours de l’herbe fraîche après chaque traite. Les vaches peuvent retourner dans la même parcelle, mais elles auront droit à une nouvelle section. La saison de paissance débute autour du 5 mai alors que l’herbe est d’environ 10 cm (4 po) de haut. Kornel et Olga

Les secrets des pâturages en production laitière Une des grandes difficultés de faire paître son troupeau laitier est de le ramener deux fois par jour au site principal tout en lui assurant à tout moment de l’herbe jeune et fraîche. « Ça prend des allées de pâturages », explique Kornel Schneider. Il faut aussi que l’eau soit disponible partout sur la ferme. Et ça prend bien sûr de la clôture électrique, beaucoup de clôtures électriques. Malgré ces installations, les avantages sont importants. Les principaux sont la facilité et le faible coût de récolte des fourrages, ainsi que la simplicité d’entretien. Les animaux récoltent eux-mêmes la moitié de leur nourriture. Il reste l’autre moitié à récolter mécaniquement. Les vaches mangent même lorsqu’il pleut. « Ça

enlève un peu de risque », explique Kornel Schneider. Les pâturages sont rénovés aux cinq ans. Le producteur est très sélectif dans le choix des plantes. Comme légumineuses, il choisit le trèfle blanc, le lotier et le trèfle rouge. Comme graminées, il choisit le ray-grass vivace, du pâturin des prés, du dactyle et du brome des prés. « Le mil, c’est la pire mauvaise herbe », dit-il. Kornel Schneider achète les graines pures et fait ses propres mélanges pour être certain de ne pas avoir de mil. « Le mil n’est pas appétissant, donne peu de rendement et n’est pas de qualité », dit-il. La Ferme Rêveuse n’a qu’un pâturage permanent de 10 ha (25 acres) pour les vaches en préparation au vêlage.

La qualité prime

Obtenez un fourrage de première qualité avec la gamme complète de faucheuses, de râteaux et de faneuses CLAAS. Une technologie fiable, un fonctionnement sans problème et des équipements robustes conduisent à des performances exceptionnelles. Informez-vous auprès de votre concessionnaire CLAAS à propos de la gamme complète de presses et d’équipement de fenaison. Financement disponible via CLAAS Financial Services. Machinerie J.N.G. Thériault Amqui 418 629-2521 Service Agro Mécanique Saint-Clément 418 963-2177 Saint-Pascal 418 492-5855 Garage Minville Montmagny 418 248-2477 Garage Oscar Brochu La Guadeloupe 418 459-6405

L’Excellence Agricole de Coaticook Excelko Lennoxville 819 849-0739 Équipement Agricole Picken Waterloo 450 539-1114 Claude Joyal Napierville 450 245-3565 Saint-Guillaume 819 396-2161 Standbridge Station 450 296-8201

Entreprises Rosaire Raymond Mont-Laurier 819 623-1458 Équipements Yvon Rivard Mirabel 450 818-6437 Maltais Ouellet Saint-Bruno (Lac-Saint-Jean) 418 668-5254 Champoux Machineries Warwick 819 358-2217

Agritex Berthierville 450 836-3444 Sainte-Anne-de-la-Pérade 418 325-3337 Saint-Célestin 819 229-3686 Sainte-Martine 450 427-2118 Saint-Polycarpe 450 265-3844 Saint-Roch-de-l’Achigan 450 588-7888

www.claas.com ©2016 CLAAS of America inc. Sujet à l’approbation de crédit par CLAAS Financial Services. Voyez votre concessionnaire participant pour toutes les informations et connaître nos taux de financement. Produits et spécifications sujets à changement sans préavis.

/  Le Bulletin des agriculteurs  /  Février 2016  /  31


LAIT

évaluent la qualité et la quantité d’aliments plus de composantes. » Le taux de gras est consommés par la production laitière de 4,5 %, alors que la protéine est à 3,8 %. « Et nous avons un troupeau en santé, contiquotidienne. nue l’éleveur. Les déplacements de caillette, on ne connaît pas ça. » Les vaches ne PRODUCTION LAITIÈRE Les vaches nourries avec de l’herbe de reçoivent que 2 kg par jour de maïs-grain première qualité, mais sans beaucoup de humide acheté. Pas de maïs-ensilage ni moulée, produisent un volume intéressant d’autres grains. « Nos vaches sont nourries aux yeux du producteur : 7500 litres de lait comme des ruminants, non pas comme par vache par lactation. « Nous en sommes des cochons », explique Kornel Schneider. Le pic de lactation est de moins de satisfaits parce que nous sommes payés en fonction des composantes, affirme Kornel 40 litres par jour. « C’est moins élevé que Schneider. Pour nous, il n’y a rien de plus dans le conventionnel, mais la producsimple que de produire moins de lait avec tion descend moins vite, explique Kornel

Schneider. C’est en raison de l’alimentation. Le pic coûte énormément cher. » Ce qui rend Kornel Schneider particulièrement fier, c’est de produire à très bon marché. Il estime que son coût de production est de 25 % à 30 % moins élevé quand dans le conventionnel, en raison des bas coûts d’alimentation. Six mois aux pâturages, ça peut être très payant finalement, surtout que 90 % du lait annuel est produit durant cette période. Marie-Josée Parent est agronome et journaliste. Elle couvre les productions laitière, bovine, avicole et porcine au Bulletin des agriculteurs.

coupe et sÉchage rapide

Fc tc À pivot central

Le choix d'une charrue ne doit pas se faire à la légère. Faites confiance à la marque qui a su démontrer la qualité de ses produits et de son service après vente. Commandez votre charrue maintenant et labourez efficacement cet automne. InvestIssez dans la qualIté

faucheuses conditionneuses

• Attelage Gyrodine 2-points ou à barre de tire pivotante pour des virages serrés • Barre de coupe Optidisc ® lubrifiée à vie et couteaux Fast-Fit™ • Système de conditionnement à doigts ou à rouleaux pour des ajustements précis à tout type de culture dans la qualIté • Peut faire des andains de 90% de la largeur de coupe pour unInvestIssez sechage accéléré Largeur de travail de 10 pi 2 po, 11 pi 6 po et 13pi

Agritibi R. H. Amos

Fernand Campeau et Fils Dalhousie Station

Garage Oscar Brochu La Guadeloupe

Machinerie JNG Thériault Amqui

Les Équipements Adrien Phaneuf Granby La Durantaye Marieville Upton Victoriaville

Machineries Nordtrac Louiseville Saint-Roch-de-l'Achigan

Centre Agricole Coaticook Neuville Nicolet-Yamaska Rimouski Saint-Bruno Saint-Maurice

Les Équipements Colpron Huntingdon Sainte-Martine

Kuhn-Canada.com

Claude Joyal Napierville Saint-Denis-sur-Richelieu Saint-Guillaume Stanbridge Station

J. René Lafond Mirabel

Machineries Horticoles d’Abitibi Poularies

F. Constantineau et Fils Mont-Laurier

Équipements Guillet Sabrevois

Machinerie de Ferme Kuhn inc. • Ste-Madeleine, QC • 888-808-5380 32

/ Février 2016 / Le Bulletin des agriculteurs /

Service Agro-Mécanique Saint-Clément Saint-Pascal Services Agricoles de Beauce Sainte-Marie de Beauce Le Groupe Agritex Saint-Nicolas Machineries CH Wotton Trudel Equipment New Liskeard, ON


PORC

PAR MARIE-JOSÉE PARENT

Virage 100 % bien-être pour Viandes Du Breton

D’ici trois ans, tous les porcs produits par Viandes Du Breton seront élevés selon un cahier des charges basé sur le bien-être ou ils seront certifiés biologiques. Visite d’une maternité Certified Humane Raised & Handled.

En production biologique, les grandes différences avec les porcs Certified Humane Raised & Handled sont l’accès à l’extérieur et à l’alimentation de grains bio.

N

e travaillant que depuis quelques mois dans la toute nouvelle maternité de Viandes Du Breton à SaintAlban, le gérant de ferme Jocelyn Paquet est déjà conquis. « Les truies sont plus calmes, dit-il. Elles nous suivent comme des chiens. J’aime bien mieux ça. On voit les animaux se promener. Ils ont l’air mieux. » C’est une nouveauté pour lui qui était habi-

PHOTOS : VIANDES DU BRETON

/  Le Bulletin des agriculteurs  /  Février 2016  /  33


PORC

tué à des truies vivant dans des cages où elles ne peuvent que se lever et se coucher. L’employée Sophie Guibault aime aussi beaucoup ce nouvel environnement. « Ils nous suivent tout le temps, dit-elle. Les porcs sont habitués à nous. » Comme tout employé et tout producteur à forfait le font, Jocelyn et Sophie ont signé un engagement de respect du bien-être animal. En fait, un environnement offrant un plus grand confort aux truies est non seulement bon pour les animaux, mais il facilite l’embauche de personnel, comme le constate Normand Gagné, responsable de la production porcine pour Viandes Du Breton. « Nous n’avons pas de difficulté à recruter des employés pour nos fermes biologiques », dit-il. Non seulement un élevage qui respecte le bien-être animal attire les employés, mais il intéresse aussi les acheteurs de viande de porc. Déjà plus grand producteur de porc biologique et Certified Humane Raised & Handled au Canada et en Amérique du Nord, Viandes Du Breton a décidé de transférer toute sa production porcine vers ces deux types d’élevage. D’ici 2018, ce sont 300 000 porcs qui seront ainsi soit bio, soit Certified Humane. L’entreprise met en marché environ 15 000 porcs biologiques par année. Ce nombre devrait monter autour de 27 000. « Si le marché n’était pas là, on ne serait pas en mesure de le faire », explique Normand Gagné. Pour en arriver là, il faut commencer par le début de la production, les maternités. Dans le bio, deux maternités de 550 truies chacune sont déjà en activité. Une troisième de 850 truies sera terminée l’été prochain. Trois maternités Certified Humane sont aussi prévues. Celle de SaintAlban construite au début de 2015 compte 880 truies. Une deuxième de 1300 truies vient d’être mise en opération et une troisième le sera à l’automne 2016.

TOUJOURS EN LIBERTÉ Ces nouvelles maternités vont plus loin que le Code de pratique pour le soin et la manipulation des animaux d’élevage. Dans le nouveau concept, les truies sont pratiquement toujours libres de bouger. « Ce qui nous dérangeait avec les DAC (distributeur automatique de concentrés), c’est que ça prenait quand même un bloc saillie,

34  /  Février 2016  /  Le Bulletin des agriculteurs  /

Certified Humane Raised & Handled

ne peuvent pas l’importuner. Elle peut s’y coucher et y manger. Pour sortir, elle n’a qu’à reculer. La porte se lève alors. Pour nettoyer la litière, il suffit de bloquer les Fondé en 2003, ce programme truies dans le réfectoire. Chaque groupe de international de certification et d’étiquetage est administré par Humane 40 truies est considéré comme un troupeau. Il ne change pas sauf lorsqu’il y a des truies Farm Animal Care. Le but de cette réformées. organisation est d’améliorer la façon Les salles de mise bas surprennent autant dont les animaux de consommation sont élevés de la naissance à l’abattage. que la section gestation. Chaque truie et ses petits ont un espace de 2,44 m sur 3,05 m Viandes Du Breton a été le premier (8 pi sur 10 pi). La truie est confinée durant producteur de porc nord-américain seulement les trois premiers jours de mise à demander sa certification et l’a bas, afin de fournir un accès sécuritaire obtenue le 17 septembre 2003. Encore pour les employés qui doivent donner des aujourd’hui, l’entreprise est la seule en soins à la truie et aux porcelets. Par la suite, importance à détenir cette certification. un côté de sa cage se déplie pour lui offrir certifiedhumane.org un espace plus grand, ce qui lui permet de marcher et de tourner sur elle-même. explique Normand Gagné. La truie reste Les porcelets ont leur espace à eux où l’on 35 jours dans des cages de gestation et elle retrouve une section de plancher chaufn’est pas libre en mise bas. Finalement, elle fant. « En raison de la paille, on ne pouvait pas mettre de lampe chauffante », explique reste la moitié du temps en cage ! » La section gestation est composée de Normand Gagné. C’est une question de deux rangées de logettes de type réfec- sécurité contre les incendies. Une trappe toire autobloquant. Entre ces rangées, on permet d’évacuer le fumier qui est sorti retrouve un lit de paille. Chaque truie a un du bâtiment par un écureur d’étable. La total de 3 m2 (32 pi2) comparativement à salle de mise bas regroupe 20 ou 40 truies. 1,3 m2 (14 pi2) dans une gestation conven- Chaque semaine, 40 truies mettent bas. Les tionnelle. La truie a le choix de se promener porcelets restent 28 jours sous la mère. sur la paille. Si elle préfère s’isoler ou si elle a faim, elle entre dans l’une des logettes du Les truies gestantes ont accès à un épais lit de litière où elles peuvent se coucher. Elles réfectoire autobloquant. La porte derrière peuvent aussi s’isoler dans l’une des logettes elle se ferme et se barre. Les autres truies du réfectoire autobloquant.


nous avons rénovée il y a cinq ans », précise Normand Gagné. Une barrière limite l’entrée sur chaque site d’élevage. C’est une question de biosécurité. « Nous sommes très précautionneux dans le Certified Humane et dans le bio à cause de la paille, explique Normand Gagné. En plus, dans le bio, les animaux vont dehors. Il est donc plus difficile de faire du tout plein, tout vide. » C’est un véritable défi pour l’entreprise.

ALIMENTATION ET PERFORMANCES

Puisqu’ils sont plus gros au sevrage qu’en conventionnel, Viandes Du Breton a choisi de les placer dans des engraissements de type sevrage-abattage ou wean-to-finish. Autre particularité des porcs produits selon ces deux cahiers des charges : ils n’ont pas accès aux antibiotiques comme facteurs de croissance. En cas de maladie, ils sont traités, mais ils seront alors vendus comme porcs conventionnels.

Les cages de mises bas permettent aux truies de tourner sur elles-mêmes. En raison de la paille, aucune lampe chauffante n’est installée. Les porcelets ont plutôt une section de plancher chauffant. La truie en lactation peut s’étendre comme elle veut. Les porcelets ont une queue entière et toutes leurs dents.

ments. La ferme de Saint-Alban était un engraissement qui est devenu la gestation de la nouvelle maternité. L’engraissement est d’abord resté en fonction pendant la première phase de construction. Puis, il a fallu transformer l’endroit. Les cochettes PROJET DE CONSTRUCTION Il s’agit d’un grand chantier pour Viandes ont été saillies dans une autre porcherie Du Breton. Pour chaque maternité, il faut avant d’être transférées dans les nouvelles prévoir de 8 à 10 mois avant de pouvoir installations. « Les plans sont dessinés pour expédier des porcelets vers les engraisse- toutes les maternités, sauf la dernière que

Les truies proviennent de la même génétique que les truies logées dans des élevages conventionnels. L’alimentation par contre est plus limitative. Autant en élevage bio que Certified Humane, les porcs ne consomment pas de moulée contenant des produits animaux. La différence en élevage bio, c’est que les grains sont d’origine biologique. « Nous avons une petite détérioration de la conversion alimentaire parce qu’ils ont plus de place pour se dépenser », ajoute Normand Gagné à propos de ces deux modes d’élevage comparativement au conventionnel. Le départ en pouponnière est aussi tout un défi puisque les porcelets n’ont pas droit à la poudre de lait, un ingrédient d’origine animale. Le poids d’abattage est comparable à un élevage conventionnel, autour de 104 kg à 105 kg de poids carcasse. Autant les maternités que les engraissements utilisent les plus récentes technologies, comme les balances sur les silos, les soigneurs Gestal pour les truies en lactation, les contrôleurs d’ambiance automatisés avec accès à distance, des balances trieuses en engraissement et des alarmes. « Ce sont des fermes modernes », spécifie Normand Gagné. Pas question donc de faire un retour dans le temps. Avis aux intéressés, après avoir rénové ses maternités, Viandes Du Breton aura besoin de producteurs à forfait pour l’engraissement des porcs. Une avenue intéressante pour quelqu’un désirant évoluer dans un élevage de niche.

Marie-Josée Parent est agronome et journaliste. Elle couvre les productions laitière, bovine, avicole et porcine au Bulletin des agriculteurs.

/  Le Bulletin des agriculteurs  /  Février 2016  /  35


ASSOCIATION CANADIENNE POUR LES PLANTES FOURRAGÈRES www.canadianfga.ca • Tél. : 780 430-3020

Le Dr Bruce Coulman de l’Université de la Saskatchewan a reçu le prix du leadership de l'Association canadienne pour les plantes fourragères (ACPF) pour son dévouement à la promotion des plantes fourragères.

Une conférence réussie à Saskatoon L’Association canadienne pour les plantes fourragères (ACPF) a tenu sa sixième conférence annuelle du 17 au 19 novembre derniers à Saskatoon. Au total, 124 participants venant du Canada et des États-Unis ont participé à l’évènement. Entamer une conférence par une visite guidée est sans doute la meilleure introduction possible. Les congressistes présents avant le début de la conférence ont eu la chance de visiter la faculté d’enseignement Rayner spécialisée en recherche sur la production laitière, le centre canadien de rayonnement synchrotron ainsi que l’usine de New Holland. Les discussions de la conférence, qui sont maintenant accessibles sur le site de l’ACPF (www.canadianfga.ca), traitent de sujets comme les fourrages à apport énergétique élevé, la fertilité pour assurer le développement durable des élevages bovins, et les systèmes de culture sans labour pour préserver la santé des sols. L’Association canadienne pour les plantes fourragères (ACPF) a rajeuni son site Web et ses ressources en ligne. Vous pouvez aussi rejoindre l’ACPF sur Twitter à CFGA_ACPF et sur Facebook !

Chaque année, l’ACPF remet un prix à une personne exemplaire qui met en valeur les

objectifs de l’association et qui fait preuve de leadership à l’échelle nationale ou internationale dans le domaine de la promotion ou de l’avancement de la gestion des fourrages. Cette année, le prix de leadership de l’ACPF a été remis au Dr Bruce Coulman, un leader de l’industrie fourragère de l’Ouest canadien. Le Dr Coulman est professeur à l’Université de la Saskatchewan, où il a été directeur du département de phytotechnie pendant huit ans. Il a mené des recherches sur les fourrages durables, les fourrages céréaliers et la production de semences de plantes fourragères. Il s’est aussi impliqué dans le développement et l’identification de plus de 20 variétés de fourrage dans le cadre d’un projet mis sur pied par l’Université de la Saskatchewan en collaboration avec Agriculture et Agroalimentaire Canada. La prochaine conférence annuelle de l’ACPF est déjà planifiée. Elle sera tenue à Winnipeg, au Manitoba, du 15 au 17 novembre 2016. N’oubliez pas d’inscrire cet évènement à votre calendrier ! Nous avons hâte de vous y rencontrer !


VOLAILLE

La Ferme des Voltigeurs se modernise

Spécialisée dans le poulet nourri de grains à 100 % et le poulet biologique, la Ferme des Voltigeurs a le vent dans les ailes.

PAR MARIE-JOSÉE PARENT

La Ferme des Voltigeurs est une belle histoire d’intégration de la relève. Aujourd’hui, Dominique, Nathalie, Bernard et Georges Jr. Martel dirigent l’entreprise bâtie par leurs parents, Denise Turcotte-Martel et Georges Martel.

A

vec une demande croissante des produits de poulets nourris de grains sans sous-produits animaux et de poulets biologiques, l’abattoir de la Ferme des Voltigeurs de Drummondville manquait d’espace. L’occasion était belle pour agrandir et moderniser l’usine. Les quatre copropriétaires, les frères Dominique, Bernard et Georges Jr. Martel ainsi que leur sœur Nathalie, devaient cependant dire adieu aux premiers poulaillers de l’entreprise construits par leur père Georges à la fin des années 1960 et relocaliser une partie de la production sur un autre site. C’est que l’entreprise fondée en 1958 par leur mère, Denise Turcotte-Martel, offre dorénavant ses produits partout au Québec. Les consommateurs recherchent de plus en

PHOTO : FERME DES VOLTIGEURS

/  Le Bulletin des agriculteurs  /  Février 2016  /  37


VOLAILLE

plus les découpes et les produits transformés, comme la sauce à spaghetti, les pâtés au poulet et les saucisses. L’entreprise met en marché plus de 35 produits transformés.

NOUVEAU SITE DE PRODUCTION « 2015-2016, c’est une grosse année d’investissements », raconte Dominique, le président-directeur général de la Ferme des Voltigeurs. Puisqu’il fallait relocaliser une partie de la production de poulets, la première étape était la construction de nouveaux poulaillers. Pour produire ses 800 000 poulets, l’entreprise dispose de trois sites de production. Le site principal sur le boulevard Foucault à Drummondville, où la production a commencé au milieu des années 1960, compte encore quatre poulaillers. Trois petits poulaillers viennent d’être démolis pour permettre l’agrandissement de l’abattoir et relocaliser le stationnement des employés. Un deuxième site de production dans le 3e Rang à Saint-Cyrille-deWendover compte des poulaillers construits en 2000. Le nouveau site du 4e Rang de SaintCyrille-de-Wendover remplacera un site en location à Saint-Germain-de-Grantham et une partie de la production du boulevard Foucault. « Sur la terre achetée de 38 hectares, nous avons décidé de construire quatre poulaillers d’un étage », explique Bernard, le responsable de la production de poulet. La construction sur un étage est une première pour l’entreprise et c’est très rare au Québec qui compte principalement des poulaillers de deux et trois étages. Le coût de construction de poulaillers sur plus d’un étage est moins élevé, mais les Martel ont pensé aux besoins futurs de l’entreprise. La Ferme des Voltigeurs met en marché deux produits de poulet sous son nom. Le poulet de grain sans sous-produits animaux est accrédité Agro-Com par le Bureau de normalisation du Québec. Il représente les trois quarts des poulets mis en marché par la Ferme des Voltigeurs. Il est soit produit par la ferme ou par des éleveurs partenaires qui répondent au cahier des charges. L’autre partie des poulets vendus sous le nom de Ferme des Voltigeurs est le poulet biologique. Il est certifié par Écocert. L’entreprise abat aussi des poulets conventionnels qui ne portent pas son nom et qui

La Ferme des Voltigeurs possède son propre abattoir avec sa salle de découpe qui sera agrandie dans les prochains mois. Elle produit chaque année 800 000 poulets nourris de grains sans utilisation de sous-produits animaux.

sont vendus entiers. Les poulets biologiques sont produits par un réseau de fermes ayant une entente avec Ferme des Voltigeurs. Les fermes produisant du poulet biologique sont rares. « Nous sommes choyés », admet Bernard Martel. Toutefois, la demande pour le biologique est en croissance. C’est pourquoi la famille Martel a prévu le coup. Puisqu’ils n’ont qu’un étage, les nouveaux poulaillers pourraient facilement être transformés pour y produire du poulet biologique. Il suffirait d’aménager des accès extérieurs pour les poulets et de faire quelques autres aménagements (fenêtres, perchoirs, cours

aménagées) en plus de fournir de la moulée biologique. De plus, la terre est suffisamment grande pour y construire d’autres poulaillers.

CONSTRUCTION NEUVE Pour toute personne connaissant la production avicole, il est facile de comprendre l’immense avantage de produire dans des bâtiments neufs : meilleure isolation, meilleure ventilation, meilleurs équipements et contrôle d’ambiance à la fine pointe de la technologie. Les vieux poulaillers sont en effet reconnus pour leur coût de chauffage élevé. Le chauffage des poulaillers est une dépense importante en production de poulets. Le site est entré en production au début novembre 2015 et produira environ 60 000 poulets par cycle de production. Le PHOTOS : MARIE-JOSÉE PARENT

38  /  Février 2016  /  Le Bulletin des agriculteurs  /


nouveau contrôleur d’ambiance Maximus permet de contrôler le système à distance, grâce à Internet. Bernard Martel a eu la bonne idée de l’installer il y a environ un an dans deux poulaillers existants afin de se familiariser avec le système. Ainsi, la formation du gérant du nouveau site d’élevage est plus facile. Les tétines pour l’abreuvement sont plus performantes : 110 millilitres par minute, au lieu de 80. Plus les oiseaux boivent, plus ils produisent de gain. Ceci est d’autant plus important que la moulée de grain sans sous-produits animaux offre de moins bonnes performances d’élevage en raison du fait qu’elle est moins grasse. Les poulaillers sont dotés de deux silos munis de balance et de deux lignes de soigneurs. Lorsqu’un silo est vide, le contrôleur fait le changement automatique de silo. La chaleur est générée par des éleveuses radiantes. La ventilation est latérale avec un débit d’air de

5 CFM (pieds cubes par minute)/kg de poids vivant quand il fait chaud. Les poulaillers sont aussi dotés de systèmes de brumisation, ce qui diminue la température ambiante de quelques degrés en été. Les plafonds ont 9 pi de hauteur, ce qui facilite le nettoyage mécanique. Le fait que la construction soit d’un étage facilite également le nettoyage. Les autres éléments ressemblent à un poulailler conventionnel avec son plancher de béton et ses murs de contreplaqués. Les poulets sont gardés plus longtemps en élevage que chez les poulets conventionnels, 40 à 45 jours au lieu de 33 à 38 jours. Ils sont aussi plus gros, 2,6 kg vivant comparativement à 2,35 kg. Le prix du poulet par kilogramme à l’épicerie est comparable avec le conventionnel.

L’agrandissement de l’abattoir a commencé en septembre dernier et sera complété l’été

Voici ce qui distingue le poulet de grain végétal sans sous-produits animaux et le poulet bio de la Ferme des Voltigeurs, puis le poulet conventionnel. Source : Ferme des Voltigeurs

POULET DE GRAIN

POULET BIO

POULET CONVENTIONNEL

Surface par poulet

1 pi

1,25 pi

0,7 pi2

Durée en élevage

40 à 45 jours

40 à 45 jours

33 à 38 jours

Gras brut*

6,77 %

non disponible

12,4 %

Protéines*

21,1 %

non disponible

19 %

0 %

0 %

15 à 20 %

Produits animaux dans la moulée

prochain. À l’issue des travaux, l’abattoir aura augmenté sa superficie de 45 %, soit 130 m2 (1400 pi2) de plus. « Actuellement, nous sommes dans l’obligation de refuser des commandes, explique Ginette Hamel, contrôleur qui travaille au service de la comptabilité. Il faut se donner les moyens de les remplir. » Même si l’abattoir est sous inspection fédérale, ce qui leur permettrait d’exporter à l’extérieur de la province, les Martel ont fait le choix de se concentrer sur le marché québécois.

CAP SUR L’AVENIR PHASE 2 : L’ABATTOIR

Différent le poulet des Voltigeurs?

2

La Ferme des Voltigeurs a construit ses nouveaux poulaillers sur un seul étage. Ils pourront être modifiés, au besoin, pour répondre à la demande croissante du poulet biologique.

2

Ce qui a permis le développement du marché du poulet de la Ferme des Voltigeurs, c’est d’avoir su répondre à un besoin spécifique d’une catégorie de consommateurs. Leurs clients accordent une grande importance à ce qu’ils mangent et à la façon dont sont élevés les poulets. Autre étape pour répondre aux attentes des consommateurs : la production sans antibiotiques. « On fait des essais », explique Bernard. Depuis trois ans, le quart des poulets sont produits sans antibiotiques. « Après trois ans, la possibilité de le faire devient plus évidente », explique le responsable des élevages. L’entreprise n’est cependant pas encore prête à en faire la promotion. Tous ces projets démontrent à quel point la famille Martel envisage de répondre encore mieux à son marché de niche, et pour longtemps encore.  Marie-Josée Parent est agronome et journaliste. Elle couvre les productions laitière, bovine, avicole et porcine au Bulletin des agriculteurs.

* DÉSOSSÉ, CRU ET AVEC PEAU.

/  Le Bulletin des agriculteurs  /  Février 2016  /  39


INFOS / ÉLEVAGES

La rumination, moniteur de la santé La rumination est un facteur qui reflète la santé et le bien-être des bovins. Elle est sous le contrôle de l’animal qui arrêtera de ruminer, s’il est dérangé. La rumination est influencée par des facteurs alimentaires comme la quantité de fibres ou la taille des particules contenues dans la ration. Les facteurs de stress liés à la gestion du troupeau ont aussi un impact important sur ce comportement. Ainsi, le surpeuplement d’un enclos occasionnera du stress aux animaux et diminuera la durée de mastication journalière des vaches. Le docteur Rick Grant de l’institut Miner dans l’État de New York indique qu’il est tout aussi important de bien gérer les facteurs tant nutritionnels que non nutritionnels pour maximiser la rumination. Les vaches préfèrent ruminer lorsqu’elles sont couchées. Ainsi, 80 % de la mastication sera réalisée lorsqu’elles se reposent dans leur stalle. Les principales périodes de rumination se font au cours de la nuit et en aprèsmidi. Une stalle mal conçue ou qui n’est pas confortable réduira le temps de repos de l’animal ainsi que sa rumination. Les vaches dorment peu et la rumination leur fournit du repos et les revigore. En fait, lorsqu’on observe les courbes d’un électro-encéphalogramme d’une vache qui rumine, elles ont une signature similaire à celles d’une vache qui dort ou qui somnole. Il y a donc un lien entre ces différentes activités. Atteindre un niveau suffiPHOTO : ALAIN FOURNIER

40  /  Février 2016  /  Le Bulletin des agriculteurs  /

sant de repos ou de somnolence est essentiel pour optimiser les fonctions métaboliques et immunitaires des vaches et la rumination fait partie de l’équation pour maintenir la santé, la productivité et le bien-être de l’animal. Une vache rumine en moyenne entre 450 et 550 minutes par jour. Une diminution de la rumination est un signe manifeste que quelque chose affecte les fonctions du rumen et le bien-être de l’animal. Une baisse de la

rumination journalière à la suite d’un stress sera observée de 12 à 48 heures avant tout autre signe clinique, comme une élévation de la température ou une baisse de la consommation et de la production. Certains facteurs auront un impact non négligeable sur le temps de rumination, comme le vêlage où la rumination diminuera entre 170 et 225 minutes par jour. Le taillage des onglons occasionne une baisse de la rumination entre 0 et 40 minutes par jour, selon le degré de stress subi par l’animal lors de cette opération. Un stress à la chaleur diminuera le temps de rumination entre 20 et 70 minutes par jour. Puis, une mammite réduira la rumination entre 40 et 120 minutes par jour, selon la sévérité de la mammite. L’éleveur devrait chercher à implanter des correctifs lorsqu’il observe une baisse du temps de rumination se situant entre 30 et 50 minutes par jour pour un individu ou pour la moyenne d’un groupe. La surveillance journalière de ce paramètre de santé est rendue possible à la ferme grâce à l’utilisation de collier qui mesure cette fonction. L’utilisation de ces outils de monitorage permet à l’éleveur d’identifier rapidement les problèmes de stress nutritionnel et non nutritionnel et d’intervenir avant l’apparition des signes cliniques chez l’animal.

Source : Institut Miner, 2015

BOVINS MOINS POLLUANTS EN FRANCE Un projet de recherche français vise à diminuer de 15 % à 30 % les émissions de méthane par les ruminants. Le projet vise à élaborer un mélange de composés naturels actifs permettant de diminuer le gaspillage énergétique de la ration alimentaire de l’animal, tout en augmentant son efficacité alimentaire. La recette est tenue secrète, mais nous savons qu’elle contient des extraits de végétaux. La mise en marché est prévue dans deux ans. Ce projet de recherche implique plusieurs entreprises et une équipe de chercheurs de l’Institut national de recherche agronomique (INRA) de Theix. En plus d’être bénéfique pour l’environnement, ce produit augmenterait le rendement de production en augmentant le poids de carcasse, sans surcoût pour l’éleveur. Le projet dispose d’un budget de 1,5 million d’euros sur deux ans. Source : Agrisalon


PLUS DE REPAS, MOINS DE TRIAGE ET PLUS DE LAIT !

sèche ingérée et la distribution des particules d’aliments servis et refusés. Les vaches à l’étude ingéraient en moyenne 24 kg de matière sèche, produisait 34 kg de lait par vache par jour à une moyenne de 187 jours en lait. Les chercheurs ont constaté qu’un Des chercheurs de l’Université de Guelph, en deuxième repas servi aux vaches au lieu d’un Ongtario, ont utilisé les données de 22 trou- seul entraînait une hausse de la consompeaux ontariens possédant en moyenne 162 mation de 1,4 kg de matière sèche et de la vaches laitières logées en stabulation libre. Le production de 2 kg de lait. Ils ont également but de l’étude était de vérifier l’impact des mo- observé que les vaches recevant deux repas des de gestion de l’alimentation utilisée dans triaient moins les particules grossières de ces troupeaux sur le triage des aliments et la plus de ¾ de po (>19 mm) que les vaches productivité des vaches. Les quantités d’ali- recevant un seul repas par jour, les mettant ments servies et refusées ont été pesées et ainsi moins à risque de faire de l’acidose du échantillonnées afin de déterminer la matière rumen. Une augmentation de la proportion

des refus de plus de 19 mm occasionnait une diminution du lait produit. De plus, pour chaque augmentation de la longueur de mangeoire de 4 po (10 cm), il y avait une hausse du taux de gras de 0,06 point de pourcentage et une baisse des cellules somatiques de 13 %. Une augmentation de la fréquence d’alimentation et de l’espace de mangeoire accroît la consommation, la production et la santé de la glande mammaire des vaches. Source : Journal of Dairy Science Auteurs : ALAIN FOURNIER est agronome, M.SC. et spécialiste en productions laitière et bovine. MARIE-JOSÉE PARENT est agronome et journaliste. Elle couvre les productions laitière, bovine, avicole et porcine au Bulletin.

Pollinisons l’avenir! Tarif préférentiel jusqu’au 14 février 2016

Samedi 27 février 2016 Hôtel et Suites Le Dauphin Drummondville

Colloque Apiculture Conférencier vedette : Thierry Fedon Apiculteur et propriétaire, Société Fedon Apiculture (France)

Reconnaissez les moments clés de la saison et agissez pour maximiser le potentiel de vos colonies!

Créez votre profil gratuit sur le site du CRAAQ pour ne rien manquer Service à la clientèle : 418 523-5411 ou 1 888 535-2537 www.craaq.qc.ca

Centre de référence en agriculture et agroalimentaire du Québec / Le Bulletin des agriculteurs / Février 2016 /

41


MIEUX VIVRE

PAR PIERRETTE DESROSIERS

LE CÔTÉ SOMBRE DE L’ENTREPRENEUR

«

Vous êtes vraiment chanceux, les entrepreneurs. Vous décidez de ce que vous faites, de quand vous le faites, vous n’avez pas de patron à contenter. En plus, vous pouvez à peu près tout mettre dans vos dépenses personnelles. Si vous manquez d’argent, la banque est toujours là pour vous en prêter ». Bref, le bonheur et la liberté d’être à son compte ! Ouch ! Ça, c’est le genre de commentaire qui allume la mèche des entrepreneurs. « Eh oui, la liberté de faire tes 80 heures quand tu veux dans la semaine, de tout passer dans les dépenses quand il n’y a pas assez de revenus. La liberté de prendre la place de ton employé qui n’entre pas, de choisir parmi la montagne de tâches à faire, etc. » Le journalier connaît peu la réalité de l’entrepreneur. Celle où le patron ne dort pas la nuit parce qu’il ne peut pas faire face à ses obligations, parce qu’il doit parler à son employé de son manque de rendement, parce qu’il doit rencontrer son directeur de comptes avec un bilan négatif, parce qu’il devra annoncer à sa conjointe que l’employé est parti, qu’il n’y

42  /  Février 2016  /  Le Bulletin des agriculteurs  /

aura pas de vacances en famille encore cette année, etc. L’être humain souffre souvent du syndrome « l’herbe est toujours plus verte chez le voisin ». Les entrepreneurs sont souvent idéalisés, parfois idolâtrés, perçus comme invulnérables, plus heureux et capables de braver toutes les tempêtes. La vérité est un peu plus sombre. Plusieurs experts se sont penchés sur la question de la santé mentale des entrepreneurs. Michael A. Freeman, ancien entrepreneur et psychiatre de l’université de Californie, affirme que, selon les résultats de sa recherche, les entrepreneurs souffrent davantage de problèmes de santé mentale que la population en générale. Selon ses recherches : 49 % des entrepreneurs souffriraient d’un problème de santé mentale, contre 34 % dans la population en général. Près du tiers des entrepreneurs souffrirait de deux diagnostics ou plus. 72 % des entrepreneurs sont affectés directement ou indirectement (ayant un membre de la famille aux prises avec un problème de santé mentale), comparativement à 48 % dans la population en général.

Ce n’est pas seulement le stress lié à l’entreprise qui peut fragiliser la santé mentale des entrepreneurs. Ceux-ci partageraient des traits à la base qui les emmèneraient à faire le choix d’être à leur compte et qui expliqueraient en partie leur succès : l’énergie débordante, les idées créatives, la grande motivation de réussir, la force de caractère, le goût du risque, un grand désir d’indépendance. Toutefois, ces qualités poussées à l’extrême sont les mêmes caractéristiques qui peuvent les fragiliser : le manque de sommeil, trop peu d’investissements dans les autres sphères de leur vie, un manque d’hygiène de vie et trop de projets de front peuvent conduire à des états de stress extrêmes. Les mêmes traits qui servent de carburant à l’entrepreneur peuvent donc facilement le consumer. Les principaux diagnostics de problèmes de santé mentale identifiés chez les entrepreneurs sont : le TDHA (trouble de déficit de l’attention), la dépression, le trouble bipolaire, l’anxiété et les troubles de dépendance. Il semble donc que les entrepreneurs paient très cher le prix de leur choix, de leur « liberté ». C’est pourquoi il est important de cesser de voir les entrepreneurs comme des gens invincibles et de reconnaître leur vulnérabilité. Il est urgent que les entrepreneurs investissent dans leur santé mentale afin d’augmenter la résilience. Une société qui veut se donner une économie forte doit se doter d’un système pouvant aider ses leaders. Leurs caractéristiques demeureront ainsi des forces et profiteront à l’économie, au lieu de les entraîner à leur perte.

Pierrette Desrosiers est psychologue du travail, M. PS. et coach spécialisée dans le milieu agricole. Elle est également conférencière et auteure de trois livres. / pierrettedesrosiers.com


FRUITS ET LÉGUMES

Au nom d’une laitue québécoise

PAR JULIE ROY

Pour préserver ou accroître leurs parts de marché, les acteurs de l’agroalimentaire n’ont plus le choix d’innover. Un groupe de producteurs de laitue l’a bien compris. Contre vents et marées, ils ont décidé d’investir dans l’avenir.

L

es changements climatiques n’y feront rien, le Québec n’a pas et n’aura jamais le même climat que la Californie. Pourtant, pendant de nombreuses années, les producteurs de laitues de la province n’ont pas eu d’autres choix que de cultiver des variétés adaptées à ce climat du Sud. Pour remédier à ce problème, des producteurs se sont unis et ont contribué financièrement à l’amélioration génétique de ce légume. Résultat : trois variétés typiquement québécoises sont maintenant disponibles et d’autres sont à venir. La consommation de laitue connaît une croissance fulgurante depuis les 20 dernières années en Amérique du Nord. Selon Statistique Canada, toutes variétés confondues, c’est le légume que l’on mange le plus au pays. Une bonne nouvelle pour les producteurs québécois. Loin de ­combler la demande, le Canada doit importer pour 380 M$ de laitue des États-Unis. Si on

Jean-Bernard Van Winden est copropriétaire des Fermes Hotte et Van Winden. Il fait partie des fondateurs de la Fondation pour l’amélioration de la génétique de la laitue et des légumes feuilles. Il est aujourd’hui président de cette organisation. PHOTO : ÉRIC LABONTÉ, MAPAQ

/  Le Bulletin des agriculteurs  /  Février 2016  /  43


FRUITS ET LÉGUMES

ajoute à cela le marché de l’exportation au sud de la frontière, les opportunités se chiffrent à près de 100 M$. Atteindre ce marché n’est toutefois pas une mince tâche. D’abord, il y a les exigences de plus en plus strictes des clients. « Le marché du frais représente une faible partie des ventes. Si une laitue présente un problème physiologique, le consommateur va enlever la partie problématique et voilà. Cette logique ne s’applique pas à la restauration ni à la transformation qui met en marché les produits prêt-à-manger. La laitue ne doit avoir aucun problème. Un puceron dans la laitue de votre hamburger, c’est tolérance zéro », raconte Jean-Bernard Van Winden, copropriétaire des Fermes Hotte et Van Winden et président de la Fondation pour l’amélioration de la génétique de la laitue et des légumes feuilles. Vient ensuite la concurrence très forte en provenance des marchés comme New York, le New Jersey, l’Ohio et principalement, la Californie. « Le seuil de rentabilité pour la laitue pommée et la laitue romaine est respectivement de 1800 à 1900 boîtes par hectare. Avec un rendement moyen de 2000 boîtes à l’hectare, la marge de manœuvre est très faible », explique le producteur.

S’UNIR POUR DEVENIR PLUS FORT La diminution des pertes et la maximisation des rendements aux champs sont donc rapidement devenues des enjeux cruciaux pour les producteurs. Comment accroître les capacités de rendement et répondre aux nouvelles exigences du marché ? Il y a bien sûr le développement de nouvelles techniques comme une aide-récolteuse, le nivellement au laser, les techniques de transplants à grande échelle ou encore la mécanisation de la plantation ou le développement des mottes cubiques en serre. Bien que grandement facilitantes, ces techniques n’ont pas réglé le problème de qualité exigée par les acheteurs. Cinq fermes de la Montérégie (Vert Nature, Delfland, Les Fermes Hotte et Van Winden, Les Maraîchers JPL Guérin et les Productions Horticoles Van Winden) ont donc pris le taureau par les cornes et ont décidé de s’unir pour entreprendre de la recherche et du développement de nouveaux cultivars. Elles ont mis en place des

La tache bactérienne est un problème important pour les producteurs puisqu’aucun pesticide n’est homologué pour contrôler cette maladie.

La brûlure de la pointe, tant en ce qui concerne la laitue pommée que romaine, n’est pas acceptée par les transformateurs. Elle est due aux périodes de chaleur excessive.

partenariats avec le Centre de recherche et de développement de Saint-Jean-surRichelieu d’Agriculture et Agroalimentaire Canada (CRDH), la Coop Uniforce pour la distribution de semences et VegPro en tant que transformateurs et expéditeurs. De 1997 à 2001, le groupe a investi pour l’acquisition de connaissance et l’évaluation de plusieurs cultivars. En 2001, il s’est attaqué à la nervation brune qui affecte particulièrement la laitue pommée. De 2005 à 2008, c’est la brûlure de la pointe de la laitue romaine qui était dans leur ligne de mire. « Même si la Californie est un désert, les nuits sont plus fraîches. Les journées sont plus courtes et de ce fait, la croissance est plus lente. Par conséquent, la pression de la brûlure de la pointe est faible. Les compagnies de semences californiennes ne sont donc pas intéressées à développer des variétés résistantes à la brûlure de pointe (Tip Burn) », raconte Jean-Bernard Van Winden. Autre problématique sur laquelle s’est concentré le regroupement, l’excès de chaleur. Même si l’on pourrait croire le contraire, les changements climatiques

occasionnent plus d’excès de chaleur dans la Belle Province qu’en Californie. Les périodes de canicule sont plus fréquentes, mais aussi plus longues. Cette chaleur excessive favorise la montaison. C’est-àdire des tiges très longues et des cœurs hauts. « Des champs complets peuvent être abandonnés si les tiges sont trop hautes. Les clients préfèrent des laitues possédant des feuilles courtes et fermées vers le centre avec des cœurs denses et de couleur pâle », souligne Jean-Bernard Van Winden. De 2004 à 2010, les producteurs ont donc mis en commun leur énergie à régler ce problème.

LE GRAND CHOC Ces efforts ont porté fruit. Après 10 ans de recherche et près de 1,6 million en argent et en nature (parcelles d’essai, locaux, etc.), dont 335 000 $ provenant des producteurs, trois cultivars qui règlent certains désordres physiologiques ont été mis sur le marché : AC Hochelaga, AC Estival et AC Champlain. La vente des semences permet aux producteurs de toucher des redevances, soit environ 40 000 $ par an. Cet argent est entièrement réinvesti dans la Fondation pour

PHOTOS : FONDATION POUR L’AMÉLIORATION DE LA GÉNÉTIQUE DE LA LAITUE ET DES LÉGUMES FEUILLES

44  /  Février 2016  /  Le Bulletin des agriculteurs  /


l’amélioration de la génétique de la laitue et des légumes feuilles, une organisation sans but lucratif représentant l’ensemble des producteurs de laitue et fondée en 2006. Le grand choc est survenu en 2012. Personne ne s’y attendait, surtout que des projets étaient cours. « Dre Sylvie Jenni du CRDH en collaboration avec l’Université Davis en Californie avait réussi à identifier une partie du génome expliquant 70 % des cas de résistance à la brûlure de la pointe sur la laitue pommée. Des lignées avaient été identifiées pour la tolérance à la tache bactérienne (Xanthomonas/Pseudomonas). Ces recherches étaient d’autant plus importantes qu’aucun pesticide n’est homologué pour contrôler ces maladies », raconte JeanBernard Van Widen. En tout, une dizaine d’autres cultivars étaient prometteurs.

de se laisser abattre, le groupe a multiplié les démarches politiques et effectué des rencontres ministérielles. « Nous avons embauché une consultante. Avec elle, nous avons bâti un projet innovateur et l’avons déposé au programme Agri-innovation de Cultivons l’Avenir II. Le projet a été accepté, mais la contribution gouvernementale n’était pas aussi élevée qu’espéré. Il manquait 400 000 $ », souligne le producteur. Pour trouver cette somme, les producteurs auraient voulu que le montant des redevances augmente grâce à des achats de semences du côté américain, mais la percée n’a pas encore eu lieu. Seule solution, convaincre d’autres producteurs de laitue de la province de se joindre à eux pour continuer à préparer l’avenir. « Nous avons augmenté nos cotisations de 200 $ à 3000 $ ou 6000 $ par an, selon les superficies cultivées, soit jusqu’à un total de 30 000 $ par ferme pour la durée des cinq ans du projet. Malgré cela, il manquait des fonds. Nous avons fait des représentations et nous avons réussi à convaincre d’autres fermes de se joindre à nous », dit visiblement fier le producteur. Aujourd’hui, 14 fermes en plus de deux membres associés, soit la Coop Uniforce et l’Association des producteurs maraîchers du Québec (APMQ), participent aux projets de recherche qui se concentrent sur la création de variétés résistantes aux pucerons, aux bactéries ainsi qu’à l’élaboration de marqueurs moléculaires. « Le financeEn haut : Le climat frais, l’abondance d’eau font en sorte que la laitue pousse bien dans ment est toujours un défi. Nous pourrions la province, surtout dans des terres noires. être dix de plus, mais cela reste toujours Pas étonnant que près de 75 % de la laitue volontaire. » canadienne est produite en Montérégie où abonde ce type de sol. Au final, l’objectif est de développer et de En bas : Quelques producteurs membres de la commercialiser quatre nouvelles variétés Fondation de la laitue observent les parcelles de laitue pommée et deux nouvelles variéqui font l’objet de tests. tés de laitue romaine. Qu’arrivera-t-il dans cinq ans ? Jean-Bernard Van Winden assure Malgré toute l’importance de ces que ce ne sont pas les idées qui manquent recherches, le gouvernement fédéral a mis et que d’autres projets seront déposés. la hache dans le programme de recherche Seront-ils acceptés ? Personne ne peut le pour l’amélioration génétique de la laitue. dire. Ce dont il est certain toutefois, c’est « Cela prend 10 ans développer une variété. que les producteurs ont démontré qu’ils Nous n’étions pas prêts à voler de nos étaient prêts à s’unir pour construire une propres ailes. Le gouvernement a coupé agriculture forte tournée vers l’avenir.  le projet quatre ans trop vite », admet JeanBernard Van Winden. Julie Roy est journaliste pigiste spécialisée en Après des nuits d’insomnie, les produc- agroalimentaire. Elle est responsable de la section teurs se sont mis en mode solution. Loin Fruits et légumes du Bulletin des agriculteurs.

/  Le Bulletin des agriculteurs  /  Février 2016  /  45


C’EST NOUVEAU C’EST NOUVEAU

Pöttinger Vitasem 252A et 302A Classic Les deux modèles disposent d’un écartement des rangs de 12,5 cm. Le semoir peut être utilisé en combinaison avec un outil de travail du sol comme une herse rotative. L’outil est rapidement et facilement installé ou retiré du châssis pour la préparation du sol. Un vérin hydraulique est également disponible pour soulever le semoir avant au-dessus de l’instrument aratoire, afin qu’il soit indépendamment contrôlé en bout de champ. Ils ont un faible poids et un réservoir de semences de 360 litres sur la Vitasem 252 A et de 450 litres sur la 302A. Ils sont idéalement adaptés pour fonctionner avec de petits tracteurs et donc couvrent parfaitement les exigences des petites exploitations. poettinger.at/fr_ca

Nouveau moteur de 12,5 litres Tier IV chez Perkins

Nouvelle génération Delta Flex de Kongskilde Le danois renouvelle sa déchaumeuse à dents Delta Flex. La gamme se déclinera en versions portées et traînées. Pour le moment, Kongskilde propose les largeurs de travail de 4 m et 6 m en version traînée. Le travail du sol est assuré par les trois rangées de dents et conçu pour travailler entre 6 cm et 25 cm de profondeur. L’arrivée du dispositif hydraulique Intelli Pack assure le maintien d’une pression constante sur le rouleau arrière, peu importe les conditions de travail et le type de sol. En travail sur les parcelles vallonnées, le mode Contour de l’Intelli Pack affecte le contrôle de la profondeur aux roues montées au cœur du châssis, tandis que le rouleau évolue avec une pression constante réglée au préalable afin de travailler également le terrain. Kongskilde propose un nouveau modèle de rouleau à spirales pour sa déchaumeuse. kongskilde.com

46  /  Février 2016  /  Le Bulletin des agriculteurs  /

Le moteur, qui a été conçu pour répondre aux besoins spécifiques du marché agricole, a été annoncé lors de l’exposition Agritechnica à Hanovre, en Allemagne. Développant de 503 ch à 543 ch de 1700 rpm à 1900 rpm, le turbo Aftercooled 2206F-E13TA est une puissante plate-forme de 12,5 litres, construit sur un moteur de base éprouvé offrant une solution de puissance diesel fiable et productive. Le moteur utilise un filtre à particules diesel (DPF), un catalyseur d’oxydation diesel (DOC) et la réduction catalytique sélective (SCR) pour ­répondre à la phase IV des normes d’émissions. La compagnie Claas équipera sa génération de batteuse Lexion 760 du moteur Perkins 2206F-E13TA, alors que le moteur 2206D-13TA équipe son Xérion 4500 Trac. Perkins travaille étroitement avec d’autres constructeurs dans le développement d’un futur moteur de 800 ch pour le monde agricole. perkins.com

Monosem électrifie ses fertiliseurs frontaux La distribution du nouveau fertiliseur frontal Monosem est assurée par le biais d’un moteur électrique et commandée par un boîtier de contrôle Isobus. Le radar capte la vitesse d’avancement et permet de moduler le débit d’épandage. Monosem propose plusieurs modèles de boîtier de commande Isobus, dont le CS 8000, le CS 8000 Touch ou le CS 8000 Mini. Il est possible de connecter le fertiliseur au terminal du tracteur, s’il est compatible. L’utilisateur n’a qu’à régler le dosage et vérifier la vitesse de rotation de la turbine depuis la cabine. Lors des opérations de semis avec un Monoshox NG Plus ME ou un Meca V4E, le terminal pilote les deux appareils simultanément. La distribution est en acier inoxydable et dispose d’un agitateur intégré. monosem.fr


Le Multifarmer 40.7 est arrivé au Canada Manulift élargit sa gamme italienne Merlo en présentant sa nouvelle génération de Multifarmer. Dans sa dernière version, le Multifarmer dispose d’une capacité de levage de 4000 kg (8,820 lb), un PTO direct de 135 ch et un attelage 3-points de série de 7000 kg (15,435 lb). L’accent a de plus été mis sur la sécurité. Le contrôle de la charge (CDC) est doté d’une reconnaissance automatique des accessoires afin d’adapter la sécurité de la machine à l’accessoire utilisé. Le système examine en temps réel les conditions de stabilité longitudinale et fournit à l’utilisateur l’indication du pourcentage d’exploitation pour s’assurer de conditions de stabilité maximale. Ces derniers équipements correspondent aux nouvelles préoccupations environnementales de Merlo. C’est le cas pour sa gamme de produits agricoles, tels que les motorisations Tier 4 Interim Deutz de 156 ch. Merlo a aussi lancé un système de gestion de la transmission hydrostatique appelé EPD (Eco Power Drive) réduisant la consommation de 18 %. Afin de poursuivre le développement de nouveaux contenus brevetés et exclusifs, le groupe Merlo investit chaque année près de 8 % de son chiffre d’affaires en recherche et développement.

Gleaner série S9 AGCO introduit la gamme de moissonneuses-batteuses S9 de Gleaner. Disponible en 2016, elle comprend trois modèles : le S96, le S97 et le S98. La nouvelle cabine Vision a de nombreuses nouvelles fonctionnalités pour améliorer le confort et simplifier le contrôle, réduisant ainsi la fatigue de l’utilisateur et augmentant la productivité. Quelque 12 lumières améliorent la visibilité durant les travaux nocturnes. Un élément central de la cabine Vison est le nouveau terminal tactile Tyton, qui fournit le menu complet de produits et services de Fuse Technologies, la prochaine génération de technologie AGCO en matière d’agriculture de précision. En option, le système Fieldstar, Live

ou AgLeader peuvent être installés en usine et permettent de cartographier les rendements. Des solutions de gestion des tâches, telles que TaskDoc, sont disponibles. La tenue de registres fournit des systèmes complets de documentation sur le terrain en offrant le transfert sans fil rapide, sécurisé et fiable des données entre la machine et le bureau. La gamme S9 offre le système de guidage Auto-Guide en option avec un récepteur satellite NovAtel, afin d’assurer la précision de la direction et une effi­ ca­cité maximale. Avec la série S9, l’alimentation Natural-flow a été affinée pour améliorer la capacité d’alimentation dans des conditions de récolte difficiles, par exemple les andains de canola et de soya où l’alimentation inégale peut se produire. gleanercombines.com

50 ANS DE PUISSANCE CANADIENNE 2016 marque le 50e anniversaire des tracteurs Versatile. Malgré que les actifs soient passés aux mains de diverses propriétaires au fil des années, les tracteurs et une partie de l’équipement Versatile sont encore fabriqués au Canada, et ce, à Winnipeg. Peter Pakosh et Roy Robinson, les fondateurs de l’entreprise, avaient à l’époque fabriqué leur premier D100. Il s’agissait d’un tracteur de 100 ch conçu pour tracter les outils de grandes tailles qui commençaient à s’implanter à l’époque. Pour célébrer ce demi-siècle, Versatile (propriété du Russe Rostselmah) va proposer une édition limitée nommée « Versatile Legendary » pour sa gamme de tracteurs articulés de 375 ch à 550 ch ainsi que pour la série Delta Track arborant ses célèbres couleurs de 1978. De plus les acheteurs de cette série limitée auront droit à un voyage à Winnipeg pour un événement VIP directement à l’usine en juillet prochain. versatile-ag.ca

SAME DEUTZ-FAHR CHANGE DE NOM Le groupe Same Deutz-Fahr a annoncé en janvier dernier son changement de nom pour devenir SDF. Par le fait même, le groupe germano-italien change légèrement son logo afin de le moderniser. Il s’agit surtout de mieux renforcer la promotion des activités du groupe en permettant de mieux affirmer les marques Same et Deutz-Fahr en plus des autres propriétés du groupe au niveau mondial. sdfgroup.com

/  Le Bulletin des agriculteurs  /  Février 2016  /  47


Nous sommes tous à la même table. Tirez-vous une bûche! « Nous avons confiance en la salubrité des cultures que nous produisons et que nous consommons. Nous en sommes très fiers et d’ailleurs, nous ne vendrions jamais un aliment si nous n’étions pas nous-mêmes prêts à le manger. » – Katelyn Duncan (Saskatchewan)

« L’environnement naturel est essentiel pour les agriculteurs, car nous dépendons du sol et de l’eau pour produire de la nourriture et comme nous vivons aussi sur nos terres, il est primordial de protéger la nature de façon responsable. » – Doug Chorney (Manitoba)

« Le bien-être de mes animaux est prioritaire parce que si je ne me préoccupe pas de la qualité de vie de mes vaches, elles ne pourront pas fournir de bons produits! » – Andrew Campbell (Ontario)

Les produits alimentaires salubres, le bien-être des animaux, la viabilité de la terre : tous ces aspects tiennent profondément à cœur aux consommateurs quand ils choisissent leur nourriture. Et tous ces aspects sont tout aussi importants pour tous ceux qui œuvrent en agriculture, mais le grand public a parfois une autre impression. Et cela s’explique en grande partie par le fait que nous ne racontons pas toujours notre propre histoire, alors il arrive souvent que ce soit des gens qui ne font pas partie de l’industrie agricole qui s’expriment. Tout le monde devrait parler du parcours des aliments de la ferme à l’assiette, alors parlons-en tous ensemble! Visitez AgriculturePlusQueJamais.ca pour apprendre comment vous pouvez aider à améliorer les perceptions qu’ont les gens de l’agriculture canadienne afin qu’elles reflètent mieux la réalité.

36819 F AMTE We Share the Table_8.125x10.75.indd 1

2016-01-14 10:49 AM


MÉTÉO / MARS 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31

NORMALE

NUAGEUX

PARTIELLEMENT NUAGEUX

ABITIBI-TÉMISCAMINGUE Températures et précipitations supérieures à la normale. Ciel nuageux et averses de neige passagères du 1er au 3. Températures plus chaudes avec mélange de pluie et de neige du 4 au 6. Ensoleillé le 7. Nuages et pluie se changeant en neige du 8 au 10. Nuageux le 11. Nuages et pluie les 12 et 13 se changeant en neige les 14 et 15. Nuageux le 16. Forte probabilité de pluie se changeant en neige du 17 au 20. Mélange de soleil et de nuages et neige légère du 21 au 24. Pluie du 25 au 27 se changeant en neige les 28 et 29. Ensoleillé les 30 et 31.

PLUIE

AVERSE

VALLÉE DE L’OUTAOUAIS Températures et précipitations supérieures à la normale. Ciel nuageux et averses de neige passagères du 1er au 4. Ciel partiellement nuageux et températures plus chaudes du 5 au 7. Nuages et averses de pluie se changeant en neige du 8 au 10. Ciel partiellement nuageux le 11. Nuages et pluie les 12 et 13. Ciel partiellement nuageux du 14 au 16. Forte probabilité de pluie se changeant en neige du 17 au 20. Mélange de soleil et de nuages et neige légère du 21 au 24. Averses de pluie du 25 au 27 se changeant en neige les 28 et 29. Ensoleillé les 30 et 31.

SAGUENAY–LAC-SAINT-JEAN Températures et précipitations supérieures à la normale. Ciel nuageux et averses de neige passagères du 1er au 3. Températures plus chaudes avec mélange de pluie et de neige du 4 au 6. Ensoleillé le 7. Nuages et pluie se changeant en neige du 8 au 10. Nuageux le 11. Nuages et pluie les 12 et 13 se changeant en neige les 14 et 15. Nuageux le 16. Forte probabilité de pluie se changeant en neige du 17 au 20. Mélange de soleil et de nuages et neige légère du 21 au 24. Pluie du 25 au 27 se changeant en neige les 28 et 29. Ensoleillé les 30 et 31. MONTRÉAL, ESTRIE ET QUÉBEC Températures et précipitations supérieures à la normale. Ciel nuageux et averses de neige passagères du 1er au 3. Températures plus chaudes apportant mélange de pluie et de neige du 4 au 6. Ensoleillé le 7. Nuages et pluie se changeant en neige du 8 au 10. Nuages et pluie du 11 au 13 se changeant en neige du 14 au 16. Forte probabilité de pluie se changeant en neige du 17 au 20. Mélange de soleil et de nuages et neige légère du 21 au 24. Pluie du 25 au 28 se changeant en neige le 29. Ensoleillé les 30 et 31.

NEIGE

ACCUMULATION FROID

CHAUD

GASPÉSIE ET NOUVEAU-BRUNSWICK Températures supérieures à la normale. Précipitations près de la normale. Ciel partiellement nuageux le 1er. Nuages et averses de neige passagères du 2 au 5. Ciel partiellement nuageux et températures plus chaudes du 6 au 8. Nuages et averses de pluie se changeant en neige du 9 au 14. Nuages et neige les 15 et 16. Forte probabilité de pluie se changeant en neige du 17 au 21. Mélange de soleil et de nuages du 22 au 24. Averses de pluie du 25 au 27 se changeant en neige les 28 et 29. Ensoleillé les 30 et 31.

Conseils & services du semis aux récoltes

Notre équipe d’agronomes et de techniciens est là, sur le terrain, pour vous conseiller tout au long de la saison.

Il ne vous reste qu’à les appeler ! Région de la Montérégie

Région centre du Québec

514 14 770-2627 770-2627

819 818-7853

Adriana Puscasu

Région de la Montérégie et de l’Estrie

Hicham Fram 514 771-3831 514 771-3831 Choisissez les semences Ceresco à rendement supérieur

Région des Laurentides

Valentin Baciu

Guillaume Vincent Région Est de l’Ontario

Andrew Hodges 819 208-0787

Élise Vincent 613 894-5338

311-01/2016

ENSOLEILLÉ

514 208-6639

1 888 427-7692 www.sgceresco.com

Faire du soya une culture

/ Le Bulletin des agriculteurs / Février 2016 /

49


PLACE DU COMMERCE

Le semoir pneumatique idéal pour vos plantes de couverture !

Herse-étrille de 5 à 40 pieds

T : 514 817-9731 370, route 205, Hemmingford (Québec)

www.adjm.ca • jp@adjm.ca

INFORMEZ-VOUS SUR NOS PROMOTIONS DES PRIX IMBATTABLES LIVRAISON PARTOUT AU QUÉBEC

T. 819 657-4268 MAISONUSINEX.COM 50 / FÉ VRIER 2016 / LBDA /

License R.B.Q. 8223-2745-02


PLACE DU COMMERCE

/// 2016 /// 2016

la vente

modèle illustré avec accessoires

aLLeZ

À l’achat d’un vtt Yamaha 2016 neuf et inutilisé :

sorteZ

Financement

modèle illustré avec accessoires offerts en option.

à partir de

1,89 %

À l’achat d’un vtt Yamaha 2016 neuf et inutilisé :

eZ

la vente Financement à partir de la vente

aLLeZ aLLeZ

de Yamaha

1,89 % sorteZ sorteZ

*

*

modèle illustré avec accessoires offerts en option.

modèle illustré avec accessoires offerts en option. À l’achat d’un vtt Yamaha 2016 neuf et inutilisé : l’offre prend fin le 31 mars 2016. Rendez-vous au www.yamaha-motor.ca pour tout: savoir sur les rabais offerts à l’achat de vtt Yamaha. À l’achat d’un vtt Yamaha 2016 neuf et inutilisé

1,89 % 1,89 %

l’offre prend fin le 31 mars 2016. Rendez-vous au www.yamaha-motor.ca

pour tout savoir sur les rabais offerts à l’achat de vtt Yamaha. de Yamaha de Yamaha

Financement à partir de Financement à partir de

*

*

l’offre prend fin le 31 mars 2016. Rendez-vous au www.yamaha-motor.ca pour tout savoir sur les rabais offerts à l’achat de vtt Yamaha. l’offre fin le 31 mars 2016. Rendez-vous au www.yamaha-motor.ca en prend Prime! vouspour pourriez droit un treuil tout avoir savoir surà les rabais offerts à l’achat de vtt Yamaha. yamaha Vantage Gratuit!†

dÈs maintenant cheZ Votre concessionnaire yamaha!

Certaines conditions s’appliquent. Passez chez un concessionnaire participant ou visitez notre site Web pour plus de détails. * Également au menu : promotion « Pas de paiement pendant 6 mois; pas d’intérêt pendant 5 mois ». Financement à partir de 1,89 % (24 mois), et de 3,89 % (60 mois). Les taux peuvent changer sans préavis. Lorsque financé par le truchement du programme Power Finance de Yamaha. Sur approbation du crédit. † Treuil Yamaha Vantage de 3 000 lb offert à l’achat d’un Grizzly DAE 2016 seulement. L’installation et certaines pièces de fixation sont aux frais du client.

oir droit à un treuil e Gratuit!†

eZ Votre concessionnaire yamaha! en Prime!

essionnaire participant ou visitez notre site Web pour plus vous de détails. pourriez avoir droit à un treuil endant 6 mois; pas d’intérêt pendant 5 mois ». Financement à partir de 1,89 % (24 mois), et de 3,89 yamaha Vantage Gratuit!† % (60 mois). cé par le truchement du programme Power Finance de Yamaha. Sur approbation du crédit. n Grizzly DAE 2016 seulement. L’installation et certaines pièces de fixation aux fraisavoir du client. voussont pourriez droit à un treuil

/// yamaha-mo

en Prime!

yamaha Vantage Gratuit!†

dÈs maintenant en Prime ! cheZ Votre concessionnaire yamaha! Certaines conditions s’appliquent. Passez chez un concessionnaire participant ou visitez notre site Web pour plus de détails. Vous pourriez avoir droit à un treuil * Également au menu : promotion « Pas de paiement pendant 6 mois; pas d’intérêt pendant 5 mois ». Financement à partir de 1,89 % (24 mois), et de 3,89 % (60 mois). /// yamaha-motor.ca dÈs maintenant Votre yamaha! yamaha Vantage Gratuit! Les taux peuvent changer sans préavis. Lorsque financé cheZ par le truchement du programmeconcessionnaire Power Finance de Yamaha. Sur approbation du crédit. Certaines conditions s’appliquent. Passez chez un concessionnaire participant ou visitez notre site Web pour plus de détails. †

† Treuil Yamaha

Vantage de 3 000 lb offert à l’achat d’un Grizzly DAE 2016 seulement. L’installation et certaines pièces de fixation sont aux frais du client. * Également au menu : promotion « Pas de paiement pendant 6 mois; pas d’intérêt pendant 5 mois ». Financement à partir de 1,89 % (24 mois), et de 3,89 % (60 mois). Les taux peuvent changer sans préavis. Lorsque financé par le truchement du programme Power Finance de Yamaha. Sur approbation du crédit. † Treuil Yamaha Vantage de 3 000 lb offert à l’achat d’un Grizzly DAE 2016 seulement. L’installation et certaines pièces de fixation sont aux frais du client.

concessionnaires yamaha

100, boulevard Baril Ouest 1210, boulevard Fiset 4919, rang St-Joseph 800, route 112 245, rue Saint-Jacques

819 364-5339 450 742-7173 819 336-6307 450 469-2733 450 245-3663

/// yamaha-motor.ca

www.eugenefortier.ca /// yamaha-motor.ca www.jasminpeloquinsport.com www.docteurdelamoto.qc.ca www.motosportsc.com www.varinyamaha.com

/  FÉ VRIER 2016  /  LBDA  /  51

Eugène Fortier et Fils, Princeville Jasmin Péloquin Sport, Sorel-Tracy Le Docteur de la Moto, Sainte-Perpétue MotoSport St-Césaire, Saint-Césaire Varin Yamaha, Napierville


PLACE DU COMMERCE

www.agleader.com

PRENEZ LES COMMANDES – Interface de type tablette

Sauvez du temps et de l’argent en travaillant avec votre drone!

– Écran partagé – WiFi intégré – Isobus – Compatibles avec caméras – Écrans de 8 ou 12 po

Nouveaux écrans InCommandMC 1200 InCommandMC 800

Vente et conception de drones sur mesure Formation d’initiation 1 jour et 2 jours Formation complète pour professionnels Contactez-nous:

(450) 813-7733 Vente, service et installation 1 800 363-8727 www.innotag.com

info@koptrimage.com www.koptrimage.com AÉROPORT DE SAINT-MATHIEU-DE-BELOEIL

52  /  FÉ VRIER 2016  /  LBDA  /

Les épandeurs d’engrais de la gamme L : précision, fonctionnalité et fiabilité

Faites votre choix Applicateur liquide

Applicateur à rampe

Semoir combiné

Disque d’application

Applicateur granulaire

Tracté ou porté

• Changement très rapide du mode d’épandage de plein champ à bordure • Capacité de trémie de 500 à 5500 litres avec système modulaire • Largeur de travail de 12 à 42 m

Communiquez avec votre concessionnaire local ou appelez-nous ! Robert H. Laning & Sons Ltd. 450 830-0495 laning@kwic.com www.laning.ca

1 877 892-2126 • info@aulari.com • www.aulari.com


Besoin de soleil et de chaleur ? Voyage agricole et culturel en Espagne dans la région de l’Andalousie du 22 février au 8 mars 2016

Vols directs de Montréal avec Transat, 14 nuits en hébergement 3★ et 4★. Inclus 2 repas/jour, accompagnateur de l’agence, guides locaux, toutes les excursions au programme, taxes aériennes et taxes de séjour. Exclus la contribution au fond d’indemnisation de clients des agents de voyage. Tarif en occupation double : 3999 $/personne*. Faites vite. Places limitées.

Également offerts : • Forfaits tout inclus pour toutes les destinations soleil. • Vols et circuits pour l’Europe et le reste du monde. • Croisières à la destination de votre choix. • Voyages ornithologiques. • Forfaits golf pour pratiquer votre sport favori à l’année. • Guides-accompagnateurs professionnels pour certaines destinations.

DEPUIS PLUS DSE 70 AN

De 210 à 2150 pi3

LE MEILLEUR DE LA TECHNOLOGIE EUROPÉENNE ENFIN AU QUÉBEC ! Remorques dompeuses De 420 à 1800 pi3 Boîte à profil demi-rond

PLACE DU COMMERCE

Épandeurs à fumier solide

* Taxes incluses sauf la contribution au fond d’indemnisation de client des agents de voyage ; 1 $ par tranche de 1000 $.

Filiale Brochard – Drummondville

Pour information, appelez-nous : 418 796-3060 ou 1 888 740-3060 Détenteur d’un permis du Québec.700537

819 817-4928

Rien ne s’accomplit sans passion !

brochard-ca.com

Le Groupe RCA Votre entrepreneur électricien partout au Québec • Chef de fil en électricité et en contrôle agricole. • Automatisation des fermes et contrôle sans fil à distance. • Éclairage DEL étanche pour les fermes de toutes sortes. • Subvention Hydro-Québec disponible. • Service d’urgence 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24.

RCA Électrique / Électronique 845, rue Paul-Lussier, Sainte-Hélène-de-Bagot J0H 1M0

/  FÉ VRIER 2016  /  LBDA  /  53

Appelez-nous pour une soumission : 450 791-0114 • 1 877 790-0114 www.RCAelectrique.ca


DANS LE CHAMP

PAR ERIC GODIN

Dans le champ est une série de dessins humoristiques sur le monde agricole d’ici créée par l’artiste multidisciplinaire Eric Godin. Abonnez-vous  à l’infolettre le Bulletin Express et découvrez un nouveau dessin exclusif chaque vendredi. le

EXPRESS

DANS LE PROCHAIN NUMÉRO

EN COUVERTURE La culture sous film plastique gagne du terrain Une nouvelle technologie permet d’augmenter les unités thermiques de l’Abitibi au Lac-Saint-Jean en passant par le sud de Montréal et, du coup, d’augmenter les rendements de maïs de 30 %.

LAIT 15 ans avec des robots

La ferme Lansi a adopté les robots de traite il y a déjà 15 ans de cela. Encore aujourd’hui, le copropriétaire de l’entreprise, Sylvain Landry, est satisfait de son choix.

ÉLEVAGE Des caméras dans l’étable Depuis peu, les frères Dubuc et la future relève surveillent les vêlages par caméras de surveillance qu’ils contrôlent à distance. Voilà une grande avancée technologique dont les deux générations ne pourraient plus se passer.

ABONNEMENT :  lebulletin.com  ou  514 766-9554, poste 226 PHOTOS : SAMCO, FERME LANSI, MARIE-JOSÉE PARENT

54  /  Février 2016  /  Le Bulletin des agriculteurs  /


Ajoutez le logiciel Gestionnaire de champs PRO à votre coffre à outils

Quand il s’agit d’organiser les données pour vos cultures et vos champs, simplifiez-vous la tâche en utilisant les bons outils! Grâce à Champs PRO Mobile, vous pouvez saisir des informations sur-le-champ et les synchroniser ensuite avec Gestionnaire de champs PRO ou Gestionnaire de champs PRO 360 installé sur votre ordinateur de bureau. Vous pouvez ainsi prendre des décisions éclairées en fonction du scénario le plus rentable. Renseignez-vous! logicielsfac.ca/GestionnairedeChamps | 1-877-721-0064

36732 F FM Suite ad 8.125x10.75.indd 1

2016-01-12 8:48 AM


L’effet bleu RUBIN 9

RUBIN 12

HELIODOR

• 19 modèles disponibles de 2,50 m à 12 m. • Disques concaves crénelés et indépendants de 24 po. • 2 herses de série pour un bon mélange et émiettement.

• 7 modèles disponibles de 3 m à 7 m. • Disques concaves crénelés et indépendants de 29 po. • Pour des profondeurs de travail de 5 po à 8 po.

• 20 modèles disponibles de 2,50 m à 16 m. • Disques concaves crénelés et indépendants de 18 po. • Idéalement légère pour la préparation du lit semences.

Parce que chaque ferme doit faire face à des défis particuliers, nous offrons une gamme complète de déchaumeuses à disques indépendants pour répondre à vos besoins spécifiques. 450 223-4622 | www.lemken.com


Turn static files into dynamic content formats.

Create a flipbook
Lebulletin Fevrier 2016 by Farm Business Communications - Issuu