6,95 $ / POSTE-PUBLICATION / CONVENTION 40069240
CULTURES CONTRER LA COMPACTION / LAIT ROBOTS DE TRAITE / SPÉCIAL AGRICULTURE DE PRÉCISION
LA RÉFÉRENCE EN NOUVELLES TECHNOLOGIES DEPUIS 1918
DU RÊVE À LA RÉALITÉ ! JANVIER 2016
sommaire
VOLUME 99 / NUMÉRO 1
CHRONIQUES Bouche à oreille
4
Billet
6
Point de vue
8
Marché des grains
16
Info cultures
25
Info élevages
45
Info branché
47
Mieux vivre
53
C’est nouveau
54
Météo
57
Dans le champ
66
EN COUVERTURE Lait : Du rêve à la réalité !
10
CULTURES Toujours rouler aux mêmes endroits
18
L’agriculture de précision investit le champ agronomique 21
ÉLEVAGES Lait : optimiser son robot
31
Porc : abaisser ses coûts d’alimentation en 10 points
35
Bœuf : bien-être au pâturage, vraiment ?
41
FRUITS ET LÉGUMES Ventes par Internet : un outil à ne pas négliger
49
En page couverture : Sylvie Lacoste a réalisé son rêve d’avoir sa propre ferme laitière à Saint-Luc-de-Matane avec beaucoup d’efforts et de détermination. Photo : Alain Fournier.
/ Le Bulletin des agriculteurs / Janvier 2016 3
BOUCHE À OREILLE
La sauce aux canneberges, une question de goût
Incontournables du jour de l’An, les canneberges n’ont pas toujours fait l’unanimité. De fait, les premiers colons anglais auxquels elles ont été présentées trouvaient que ce petit fruit ressemblait à une larve d’insecte communément trouvée en Angleterre. C’est la gourmandise qui a finalement eu raison de leur dédain initial. Au 17e siècle, les Anglais qui allaient s’établir en Amérique avaient l’habitude de servir leur viande avec une sauce faite de petits fruits surs auxquels ils n’avaient plus accès. La canneberge s’est alors imposée comme la meilleure solution à leur dilemme culinaire. Au 19e siècle, les colons américains se sont mis à la cultiver. En 1854, la culture de la canneberge aux États-Unis occupait 80 ha (197 acres). En 1905, l’invention du Hayden Cranberry Separator, une machine lavant et séparant automatiquement les canneberges, a révolutionné l’industrie et a permis sa commercialisation à grande échelle. Au Québec, la culture de la canneberge occupe aujourd’hui au-dessus de 3238 ha (8000 acres). Source : modernfarmer.com
Les petits fruits à la rescousse des saucisses
Récemment, les études soulignant un lien entre la consommation de charcuteries et le cancer ont fait couler beaucoup d’encre. Des chercheurs suisses ont entrepris de trouver une manière de permettre aux amateurs de saucisses de profiter de leur plat préféré sans craindre le cancer du côlon. La solution imaginée ? Ajouter aux charcuteries des antioxydants directement extraits de petits fruits. Au cours d’une recherche de trois ans, ces chercheurs vont tester leur théorie en nourrissant des souris avec des charcuteries enrichies d’antioxydants. Pour l’instant, l’heure est à l’optimisme : à travers ce projet, ceux-ci pensent bien être en mesure de créer des charcuteries nouveau genre, aussi bonnes, mais encore meilleures pour la santé. Si les chercheurs sont si confiants, c’est qu’on sait déjà que, tel que leur nom l’indique, les antioxydants sont reconnus pour leur capacité à réduire l’oxydation dans les charcuteries, qui seraient responsables des risques de cancer du côlon. Source : foodnavigator.com
4
/ Janvier 2016 / Le Bulletin des agriculteurs /
L’agriculture dans l’ADN
On dit souvent que l’agriculture est à la source de l’humanité, mais son influence pourrait aller encore plus loin : au coeur même de notre ADN. C’est grâce aux nouvelles techniques d’extraction de l’ADN que des chercheurs de l’université Harvard ont récemment pu constater l’importance du développement de l’agriculture sur nos génomes. À travers cette étude, ceux-ci ont pu noter des changements importants entre l’humain chasseur-cueilleur et l’humain cultivateur. En effet, l’agriculture aurait influencé les gènes des anciens Européens, les rendant, entre autres, plus grands, plus aptes à digérer le lactose, à métaboliser les acides gras et à avoir des enfants aux yeux bleus. Des changements liés au système immunitaire sont aussi attribués à la présence des animaux domestiques dans le quotidien du cultivateur. À travers cette étude, les chercheurs espèrent mieux comprendre la manière dont l’agriculture a pu former l’humain moderne. Source : sciendaily.com
BÂTIMENTS AGRICOLES D’AUTREFOIS
Des forêts, des hommes et des tronçonneuses
Pendant très longtemps, qu’on désire bâtir une maison ou la chauffer, c’est grâce aux haches qu’on pouvait faire nos réserves de bois. La scie a été la première invention à faciliter le travail des bûcherons et à augmenter leur production du même coup. La première scie aurait vu le jour il y déjà 5000 ans, au sein des tribus germaniques. Il a cependant fallu prendre son mal de bras en patience jusqu’en 1920 pour voir apparaître la toute première tronçonneuse. Inspirées par les scies utilisées à l’époque, les premières tronçonneuses devaient être manipulées par deux bûcherons. Ces tronçonneuses étaient également très lourdes : elles pouvaient peser jusqu’à 60 kg. Dans les années 1950, la toute première tronçonneuse pouvant être manipulée par un seul ouvrier a été commercialisée. Elle pesait alors 12 kg. Son invention était en partie motivée par le désir de l’industrie forestière de rendre le métier de bûcheron plus attrayant. Aujourd’hui, les tronçonneuses les plus lourdes pèsent entre 7 kg et 9 kg.
La tourelle que l’on voit à gauche de ce silo en bois servait à la ventilation, à Oka, Laurentides.
Source : waldwissen.net
Silo en pierre, à L’Ange-Gardien, Québec
Le lait : l’affaire est dans le sac
Le lait en sac est aussi canadien que le sirop d’érable. À preuve, les Américains s’étonnent souvent de découvrir leur éternel carton de lait sous forme de sacs dans les épiceries canadiennes. Cependant, nos voisins du Sud gagneraient peut-être à s’inspirer de ce fameux emballage. En effet, une école primaire du Nebraska a récemment décidé d’offrir à ses élèves du lait en sac, plutôt que du lait en berlingot. La raison ? Les enfants seraient plus enthousiastes à l’idée de boire du lait lorsqu’il est offert dans un sac. De plus, offrir le lait dans des sacs serait une solution économique, permettant d’étirer le budget alloué aux repas dans les écoles. Depuis la disparition des bouteilles de verre dans les années 1960, l’industrie laitière a souvent hésité entre les emballages de carton et les sacs. Et si l’iconique berlingot n’est pas près de disparaître, le lait en sac peut tout de même se targuer d’amuser les jeunes Américains tout en leur fournissant le calcium dont ils ont besoin. Source : modernfarmer.com
Le silo : marque du progrès de l’agriculteur En mai 1920, Le Bulletin des agriculteurs vantait les mérites des silos dans un article. L’auteure, France Brien de l’Institut agricole d’Oka, est convaincue de son utilité et incite les producteurs à s’en construire un. On peut lire : Le silo permet d’insérer, dans un minimum d’espace, un maximum d’aliments nutritifs de bonne qualité. Dix tonnes d’ensilage ne requièrent que le même espace qu’une tonne de foin. Elle ajoute : Il ne faudrait pas non plus passer sous silence l’emploi du silo au point de vue du coup d’oeil. Cette tour s’élançant magistralement d’un seul jet au milieu des autres bâtisses de la ferme renferme un trésor tout particulier : elle marque les degrés du progrès chez le cultivateur.
Elle rehausse le prix de la ferme en lui donnant un aspect plus élégant. Le silo offre donc des avantages indéniables et ceux qui l’exploitent marchent le front haut dans la voie du progrès agricole. Quant à la petite histoire du silo, le premier spécimen aurait été érigé en France en 1875 pour conserver de façon prolongée certains produits alimentaires en éliminant l’air. « La boîte de conserve » était à ses débuts enfouie dans la terre. Ce mode de conservation s’est vite répandu. Seulement six ans après son apparition en France, il arrive ici en 1881. Avec le temps, la fosse souterraine de forme rectangulaire est remplacée par une structure cylindrique sur pied, comme une tour. Cette nouvelle forme évite au producteur la pénible tâche de creuser dans la fosse. Les premiers silos ont été construits en pierre et en bois.
LES PHOTOS REPRODUITES SONT SIGNÉES PIERRE PHILIPPE BRUNET ET PROVIENNENT DU LIVRE GRANGES, PUBLIÉ CHEZ ART GLOBAL.
/ Le Bulletin des agriculteurs / Janvier 2016
5
BILLET
PAR YVON THÉRIEN
LA RÉFÉRENCE EN NOUVELLES TECHNOLOGIES
LES PSEUDOSCIENCES : UNE MENACE POUR L’AGRICULTURE
N
ous sommes tous les jours bombardés d’informations à propos de ce que nous mangeons. Et malheureusement, la plupart du temps, les messages sont négatifs. Plusieurs émissions de télévision, des diététistes ou des auteurs de livre en nutrition créent l’impression que seuls les aliments bio et sans OGM sont bons pour la santé. Ces messages sont renforcés par des groupes de pression qui entretiennent la méfiance auprès des gens vis-à-vis les produits de la ferme que l’on retrouve en épicerie. Ce sont les propos de Robert Saik, directeur général d’Agri-Trend. Il donnait une conférence à Winnipeg en novembre dernier et j’y ai assisté. Il croit que l’opinion sans fondement scientifique des groupes de pression représente la plus grande menace pour la sécurité mondiale des aliments. Il donnait en exemple l’histoire de la papaye OGM Rainbow. Dans les années 1980, le virus de la tache annulaire a détruit les papayers à Hawaï. Il n’y avait aucun remède contre la maladie de ces arbres fruitiers et la seule solution était de détruire les papayers. Un groupe de l’université Cornwell dirigé par Dennis Gonslaves a inventé la papaye Rainbow OGM en insérant une petite quantité du virus dans la plante afin de créer une immunité contre la tache annulaire. Grâce à cette découverte, l’industrie de la papaye a repris son cours à Hawaï. Mais aujourd’hui, le discours a changé. Il y a maintenant beaucoup de gens qui tentent d’interdire les OGM et de convaincre les producteurs de prendre un virage biologique. « Le virus va revenir et cela va mettre fin à l’industrie de la papaye à Hawaï. Les gens ont la mémoire courte », croit Robert Saik.
6 / Janvier 2016 / Le Bulletin des agriculteurs /
Nous savons qu’il est impossible de nourrir 7 ou 9 milliards de personnes sur la planète sans utiliser des technologies disponibles comme les pesticides et les OGM. Il y a bien entendu un marché pour les produits bio, une belle occasion pour plusieurs fermes de chez nous. Mais, il ne faut pas imposer ce mode de production à tout le monde. Différents messages pour différents marchés. Ce qu’il faut éviter est d’opposer une façon de produire contre une autre. Il faut remettre les pendules à l’heure sur les sujets chauds. Prendre le temps d’expliquer et de mieux informer les gens sur nos techniques de production. En d’autres mots, faire de nous des agro-activistes, comme se plaît à dire Robert Saik. Au Québec, nous avons une agriculture de pointe dont nous pouvons être fiers !
RÉDACTION Yvon Thérien, agr., éditeur et rédacteur en chef yvon.therien@lebulletin.com Marie-Claude Poulin, rédactrice en chef adjointe marie-claude.poulin@lebulletin.com Marie-Josée Parent, agr., journaliste marie-josee.parent@lebulletin.com Dany Derkenne, directeur artistique dany.derkenne@lebulletin.com COLLABORATEURS Jean-Philippe Boucher, Pierrette Desrosiers, André Dumont, Jean-Louis Dupont, Alain Fournier, Eric Godin, Frédéric Jean, Lionel Levac, Nicolas Mesly, Julie Roy, Caroline Thérien, Johanne van Rossum, Nicolas Witty-Deschamps. PUBLICITÉ Martin Beaudin, directeur de comptes martin.beaudin@lebulletin.com Tél. : 514 824-4621 Lillie Ann Morris, représentante en Ontario lamorris@xplornet.com Tél. : 905 838-2826 Luc Gagnon, rédacteur publicitaire lucg@cybercreation.net ABONNEMENT 1 an (11 numéros) : 55 $ 3 ans (33 numéros) : 122 $ Anne-Marie Gignac, service à la clientèle services.clients@lebulletin.com Tél. : 514 766-9554, poste 226 1, Place du Commerce, bur. 320 Île-des-Sœurs (Québec) H3E 1A2 Téléphone : 514 766-9554 Télécopieur : 514 766-2665 lebulletin.com
NOUVELLES CHRONIQUES 2016 Info-branché. Internet est devenu un outil indispensable sur nos fermes. Il amène avec lui son lot de défi. L’accès sans fil dans des bâtiments qui mesurent plusieurs mètres de long n’est pas toujours simple. Accéder à distance à son robot de traite pose problème. L’ajout d’une caméra de surveillance à l’étable fait souvent planter le réseau. Tous ces nouveaux défis de connectivité seront abordés dans notre nouvelle chronique Info-branché. Dans le champ est une série de dessins humoristiques sur le monde agricole d’ici créée par Eric Godin. Cette série met en scène différents personnages qu’ils soient éleveurs ou producteurs agricoles de tous horizons, mais également des animaux de la ferme qui n’hésitent pas à faire part de leurs commentaires à leurs éleveurs. Un brin d’humour à partager en famille chaque numéro. Bonne lecture !
Le contenu de ce magazine ne peut être reproduit sans l'autorisation écrite de l'éditeur du Bulletin des agriculteurs. Ce magazine est publié par Farm Business Communications, une division de Glacier Media inc. Les auteurs conservent l'entière liberté de leurs opinions. Le Bulletin des agriculteurs ne garantit pas l'exactitude de l'information contenue dans la publication et n'assume aucune responsabilité pour toute action ou décision prise à partir de l'information contenue dans le magazine. Tous droits réservés 1991 / Dépôt légal : Bibliothèque nationale du Québec / ISSN 0007-4446 / Fondé en 1918, Le Bulletin des agriculteurs est indexé dans Repère. /Envoi Poste-publication / Convention 40069240. / Nous reconnaissons l’aide financière du gouvernement du Canada par l’entremise du Fonds du Canada pour les périodiques (FCP) du ministère du Patrimoine canadien. / Postes Canada : retourner toute correspondance ne pouvant être livrée au Canada au Bulletin des agriculteurs, 1, Place du Commerce, bureau 320, Île-des-Sœurs, Québec, H3E 1A2. / U.S. Postmaster : send address changes and undeliverable addresses (covers only) to : Circulation Dept., PO Box 9800, Winnipeg, Manitoba, R3C 3K7. PROTECTION DES RENSEIGNEMENTS PERSONNELS À l’occasion, nous partageons nos listes d’abonnés avec des sociétés ou des organismes sélectionnés dont les produits ou services pourraient vous intéresser. Toutefois, si vous préférez que ces données (votre adresse postale ou électronique) ne soient pas transmises et souhaitez que votre nom soit retiré de ces listes, vous pouvez le faire facilement en nous appelant entre 9 h et 17 h, heure de l’Est, ou en nous écrivant à l’adresse électronique info@lebulletin.com.
Le Bulletin des agriculteurs reçoit, de temps à autre, des commentaires et des documents (y compris des lettres à l’éditeur) non sollicités. Le Bulletin des agriculteurs, ses sociétés affiliées et cessionnaires peuvent utiliser, reproduire, publier, rééditer, distribuer, garder et archiver ces soumissions, en tout ou en partie, sous quelque forme ou sur quelque support que ce soit, sans aucune rémunération de quelque nature.
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Le recrutement de main-d’œuvre étrangère
TOUT LE MONDE Y GAGNE
POINT DE VUE
PROPOS RECUEILLIS PAR LIONEL LEVAC
POUR UNE STRATÉGIE DE L’AGROALIMENTAIRE
L
e Mouvement Desjardins est l’un des groupes qui demandent officiellement au gouvernement du Québec de faire rapidement de l’agroalimentaire l’un des axes majeurs du développement économique de la province. Desjardins se retrouve ainsi aux côtés de l’Union des producteurs agricoles, du Conseil de la transformation alimentaire du Québec, de l’Université Laval et de La Coop fédérée. Le Bulletin a demandé à Alain Gagnon du Mouvement Desjardins, de préciser la requête adressée à Québec.
ALAIN GAGNON Vice-président des marchés agricoles et agroalimentaires au Mouvement Desjardins
« Une stratégie québécoise de l’agroalimentaire aiderait beaucoup le secteur. L’investissement pourrait reprendre de façon plus soutenue. »
Vous attendez une stratégie pour l’agroalimentaire depuis longtemps ? Il y a plusieurs années déjà que l’on attend une stratégie. L’incertitude persiste. Il faut que les partenaires de l’agroalimentaire puissent coordonner leurs actions, qu’il y ait davantage de cohérence dans le secteur et qu’une véritable confiance en l’avenir s’installe en agriculture comme dans l’ensemble du monde rural. Il faut qu’on se remette rapidement en mode développement. Est-ce qu’on a pris du retard ? Prenons-le sous l’aspect de l’investissement. Depuis plusieurs années, le contexte a incité de nombreuses entreprises à ralentir les investissements. C’est inégal selon les secteurs, mais globalement on a pris du retard. Dans le secteur laitier, on a ajouté beaucoup de nouveaux bâtiments et des équipements modernes. Il faut continuer de le faire. Dans l’élevage, c’est plus difficile. Les producteurs de porc, par exemple, ont un retard important et un très grand nombre de fermes ont besoin de constructions et de mises à niveau technologique. Du côté de la transformation, de nombreuses usines et ateliers de préparation ont besoin d’investissements. C’est une question d’efficacité et de compétitivité.
8 / Janvier 2016 / Le Bulletin des agriculteurs /
acquise : les marchés sont là, la demande est là, et ce, en croissance rapide au plan mondial. En plus, nous avons des atouts importants comme des produits qui se démarquent et une transformation alimentaire de haute qualité. On a des spécialités, parfois des exclusivités, telles que l’érable, les petits fruits et le porc. Au Québec, nous avons ce que j’appelle une base d’excellence. C’est à partir de celle-ci qu’il faut saisir les opportunités qui vont assurer le dynamisme de notre secteur agroalimentaire. Et l’application des récents traités commerciaux internationaux dans tout cela ? Avant même les dernières négociations du Partenariat transpacifique, Desjardins s’est prononcé clairement en faveur de la gestion de l’offre. Après coup, à l’analyse, nous en arrivons à la même conclusion que plusieurs autres partenaires, y compris l’UPA. Il y a des défis, on aura besoin de certains ajustements, mais globalement nous croyons qu’une sorte d’équilibre a été trouvé entre les productions qui ont besoin des exportations et celles sous gestion de l’offre. Chez Desjardins, on est plutôt favorable au dernier traité qui va nous permettre de saisir de nouvelles opportunités sans devoir faire trop de concessions.
Une stratégie mise de l’avant par le gouvernement est le signal attendu ? Oui, pour tout le monde. Il faut qu’on retrouve confiance autant du point de vue de la production, de la transformation, des services, des intrants, de la formation et de la recherche. Il faut qu’un objectif clair de développement soit énoncé. Cela implique une vision gouvernementale claire partagée aussi bien par les ministères de l’Agriculture et de l’Environnement que des ministères à vocations économiques. Une fois une plateforme claire mise en place, la confiance va se rétablir.
Parlons du prêteur, est-il en bonne santé ? Prêteur oui, mais surtout accompagnateur, partenaire du monde agricole depuis toujours. Nos valeurs nous amènent à assurer une forme de pérennité de nos campagnes. Nous sommes partenaires financiers, oui, mais plus globalement partenaires économiques et sociaux dans tout le Québec rural. C’est vrai pour les entreprises agricoles, mais aussi pour celles de nombreux autres secteurs qui contribuent à la vie des régions. Et si vous voulez quelques chiffres : un agriculteur sur deux fait affaire avec Desjardins. Notre porte-feuille agricole est de plus de 7 milliards de dollars et en agroalimentaire, au-delà de 1 milliard.
On peut investir et développer, mais qu’en est-il des marchés ? En matière d’alimentation, une chose est
Lionel Levac est journaliste spécialisé en agriculture et agroalimentaire. Il collabore à certaines émissions de Radio-Canada et tient un blogue sur le site Agro Québec.
La première batteuse à rotor transversal de classe 8 que tout le monde attendait.
La compaction, la maniabilité, l’efficacité énergétique et la consommation de carburant, ce sont de vrais problèmes auxquels les agriculteurs sont confrontés. Nous leur apportons donc une véritable solution. La conception de la Super Série S8 permet d’acheminer plus de puissance nominale vers le processeur que toute autre batteuse en plus de compter sur un système qui nettoie et emmagasine le grain avec des performances inégalées. Visitez votre concessionnaire Gleaner ou visitez gleanercombines.com pour voir la moissonneuse-batteuse conçue en pensant d’abord à l’agriculteur.
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EN COUVERTURE
PAR ALAIN FOURNIER
Du rêve à la réalité !
À la tête d’une ferme laitière de 88 vaches, la Ferme Vie-Belle de SaintLuc-de-Matane, Sylvie Lacoste a réalisé son rêve. Un rêve qui n’aurait pas été possible sans le soutien et l’aide de ses trois enfants.
S
que j’ai fait durant ces cinq années. J’ai tellement appris des producteurs de cette région. J’ai encore d’anciens clients qui viennent me voir sur ma ferme à Matane », témoigne la productrice. Au début de l’hiver 2003, elle décide de faire le saut en agriculture. Toute la famille déménage alors sur une ferme laitière à Sainte-Brigitte-des-Saults, tout près de Drummondville. Après un an et demi d’activités, elle possède déjà 56 têtes de bétail et les équipements de traite. En raison du prix des terres, elle décide, avec l’accord de ses UN PARCOURS HORS DU COMMUN Après des études de commis-comptable, enfants, de changer de région. Elle achète Sylvie Lacoste commence sa carrière pour une ferme laitière à Saint-Luc-de-Matane l’entreprise F. Ménard comme gérante de et c’est là que l’aventure commence vraiferme porcine en Ontario. Des problèmes ment en avril 2005. Avec l’achat des 30 kg de santé l’obligent toutefois à quitter son de quota et du troupeau de son père de emploi. En quête d’un nouveau défi, elle Saint-Césaire, puis du quota d’un autre déniche un poste de représentante en producteur de Joliette, elle débute en proproductions végétales pour la compagnie duction avec 65 kg de quota. « Pour mon William Houde dans un territoire délimité père, me vendre ses vaches et son quota, par la rivière Richelieu, le fleuve Saint- c’était comme si je continuais son œuvre », Laurent et l’autoroute 20. « J’ai adoré ce mentionne fièrement Sylvie Lacoste. ylvie Lacoste est propriétaire de Ferme Vie-Belle de Saint-Lucde-Matane, une ferme laitière de 180 têtes de bétail Holstein pur sang de très bonne qualité génétique. En peu d’années, avec beaucoup de détermination et d’acharnement, sans compter le précieux appui de ses trois enfants, elle a atteint son but. Son parcours a parfois été semé d’embûches, mais elle peut maintenant dire qu’elle y est arrivée.
Sylvie Lacoste en compagnie de ses enfants Jessica, Joanie et Mathieu. PHOTOS : ALAIN FOURNIER
10 / Janvier 2016 / Le Bulletin des agriculteurs /
/ Le Bulletin des agriculteurs / Janvier 2016 11
EN COUVERTURE
Gestion du fumier
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C.S.R / Lacharité Steeve Raîche, représentant Ste-Eulalie — 819.817.6834 Mario Lacharité, représentant Nicolet — 819.293.8676
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engineering for a better world 12 / Janvier 2016 / Le Bulletin des agriculteurs /
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EN COUVERTURE
Les génisses sont gardées en stabulation libre et les vaches en stabulation entravée.
Avec les années, l’étable a été modifiée pour donner plus de confort aux animaux, de même qu’un meilleur accès à l’eau. La bonne gestion de la ferme a permis à la production de même qu’à la qualité du lait et du bétail de s’améliorer rapidement. C’est ainsi qu’en 2010, l’UPA du Bas-SaintLaurent choisit Ferme Vie-Belle comme ferme hôte pour sa huitième édition des Portes ouvertes. Le dimanche 12 septembre, tout près de 1200 visiteurs sont donc accueillis chez Sylvie Lacoste. Toutefois, comble de malheur, en novembre de la même année, une tuile s’abat sur l’entreprise. Un incendie détruit la totalité de l’étable. Le deux tiers du troupeau est décimé. L’éleveuse réussit à sauver des flammes 21 vaches et 35 taures qui étaient logées dans l’étable froide. Onze mois après ce pénible épisode, Sylvie Lacoste reprend la production dans un nouveau bâtiment. C’est d’ailleurs elle qui a effectué la supervision de la construction.
LES OCCUPATIONS SUR LA FERME C’est Sylvie Lacoste qui s’occupe de la traite des vaches, de la comptabilité, de la gestion du troupeau, de l’insémination, de l’alimentation des vaches, de la taille des onglons ainsi que des autres soins aux animaux. Elle a une employée qui est responsable de l’alimentation des taures et de l’écurage des animaux. Les trois enfants de Sylvie mettent aussi la main à la pâte. Joanie, la cadette, vient l’aider le soir et les fins de semaine. Elle travaille égale-
ment l’été avec son frère Mathieu lors des travaux dans les champs. Sylvie Lacoste a commencé à lui céder des parts de l’entreprise. Pour l’instant, Joanie travaille pour les Entreprises d’électricité JMN de Matane en tant qu’apprentie électricienne, niveau 1. Elle est aussi opératrice de machineries lourdes. Jessica, l’aînée des filles, termine un baccalauréat en sciences biomédicales. Elle désire continuer ses études en recherche à la Faculté de médecine vétérinaire de Saint-Hyacinthe. Elle
La persévérance, la ténacité et le souci du détail sont des qualités qui ont permis à Sylvie Lacoste de développer un troupeau de très bonne qualité génétique.
/ Le Bulletin des agriculteurs / Janvier 2016 13
EN COUVERTURE
Ferme Vie-Belle propriété de Sylvie Lacoste
Lieu : Matane Troupeau : 88 vaches laitières Holstein pur sang au total Quota : 91,5 kg en possession Moyenne annuelle par vache : 10 350 kg Tarissement des vaches : sur 45 jours Classification : 3 EX, 33 TB, 42 B+ et 9 B Cellules somatiques : moyenne de 60 000 par ml Cultures : 105 ha (260 acres) en prairie pour l’ensilage de luzerne des vaches Boisés sous aménagement : 45 ha (110 acres)
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/ Janvier 2016 / Le Bulletin des agriculteurs /
donne un coup main à la ferme lors des vacances, car elle adore les animaux. L’aîné, Mathieu, est machiniste chez Méridien Maritime de Matane dans la réparation des bateaux. Puisqu’il a du temps libre en été, il a démarré depuis quelques années sa propre entreprise de travaux à forfait en agriculture. D’ailleurs, Sylvie Lacoste possède très peu de machinerie. « Quand j’ai décidé de m’orienter vers la production laitière, j’ai pris la décision de me consacrer entièrement à la production de lait », explique-telle. Au début, elle embauchait des entreprises à forfait de la région pour réaliser ses travaux dans les champs. Depuis l’an passé, c’est Mathieu qui effectue cette tâche. Seul le fumier est donné à forfait à une autre entreprise.
innovateurs en agriculture
Les vaches et les génisses sont logées dans un bâtiment de 67 pi sur 310 pi (20 m sur 94 m). Une laiterie de 30 pi sur 67 pi de large (9 m sur 20 m) de long et une annexe à foin de 67 pi sur 180 pi (20 m sur 55 m) viennent compléter le tout. La section des vaches est en stabulation entravée. Celle des taures est en stabulation libre avec logettes et une raclette pour nettoyer l’allée d’alimentation. Les génisses sont élevées à l’extérieur
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dans des huches et sevrées à deux mois. L’alimentation est automatisée. Une salle d’alimentation loge un mélangeur fixe qui sert à effectuer les trois mélanges de ration totale mélangée (RTM) requis pour ses laitières. La RTM est distribuée à l’aide d’un distributeur automatique de fourrages. Les fourrages pour les vaches laitières sont entreposés dans trois silos-tours de 20 pi sur 80 pi (6 m sur 24 m).
RÉALISATIONS En plus d’obtenir une production annuelle par vache qui dépasse les 10 000 kg, Sylvie Lacoste remporte chaque année, depuis son départ en production, le certificat de très grande distinction pour la qualité de son lait. Depuis trois ans, elle est finaliste chez Agropur pour la qualité du lait dans sa région. L’an dernier, elle a obtenu l’IPT 99 de Valacta. L’IPT, ou indice de performance totale, repose sur l’analyse de neuf critères technico-économiques importants ELA_63726_Pub_BA.pdf
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2015-09-30
L’alimentation des vaches est basée sur la ration totale mélangée et est automatisée à l’aide d’un distributeur automatique de fourrages.
recueillis sur son contrôle laitier. Elle se classe dans les 1 % des meilleures fermes du Québec pour cet indice. La persévérance, la ténacité et le souci du détail sont des qualités fortes chez Sylvie Lacoste. « Je suis condamnée à l’excellence. Il n’y a pas de place à l’erreur. Il faut que je voie toujours à mon affaire », affirme-t-elle.
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Au cours des prochaines années, elle veut continuer à améliorer la qualité de son troupeau. Elle a commencé à recevoir des jeunes de la maternelle et des terrains de jeux sur sa ferme. « J’aimerais faire le tour des écoles, aller expliquer aux enfants comment ça se fait du lait, les reconnecter avec la réalité de l’agriculture », conclut la productrice. Alain Fournier est agronome, M.SC. et spécialiste en productions laitière et bovine.
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L’étiquette contient les renseignements complets sur l’utilisation du produit, y compris les précautions et les mises en garde. Toujours lire, comprendre et suivre les directives inscrites sur l’étiquette et le mode d’emploi. * Production de protéine du lait par unité d’énergie nette ingérée. † L’énergie est un résultat direct du mode d’action de Rumensin2.
Elanco, Rumensin® et la barre diagonale sont des marques de commerce détenues ou utilisées sous licence par Eli Lilly and Company ou l’une de ses filiales ou sociétés affiliées. © 2015 Eli Lilly and Company, ou ses sociétés affiliées. CADRYRUM00054a 2015-07-19
RÉFÉRENCES : 1. Elanco Santé Animale, données internes, INAD 1420, rapport sur l’efficacité. 2. Schelling G.T. 1984. Monensin mode of action in the rumen. J Anim Sci. 58:1518-1527.
Donnez de l’énergie / Le Bulletin des agriculteurs / Janvier 2016 15
MARCHÉ DES GRAINS
PAR JEAN-PHILIPPE BOUCHER
LE COUP DE DÉ DE JANVIER
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anvier est le mois où le Département américain de l’agriculture (USDA) publie l’un de ses rapports les plus importants de l’année : celui où pour une dernière fois, il propose des ajustements aux chiffres de la dernière récolte américaine. Les résultats de ce rapport jettent souvent les bases de la direction des prix, et ce, jusqu’à ce qu’à la fin mars, un nouveau rapport clé soit publié, soit celui des intentions d’ensemencements américains. Qu’est-ce que ce rapport pourrait nous proposer cette année? Comme l’illustrent les graphiques ci-joints, depuis 10 ans, en sept occasions le USDA a révisé à la hausse les superficies récoltées de l’ordre de 150 000 ha. Par contre, il a aussi une légère propension à revoir à la baisse le rendement (6 fois sur 10) de l’ordre de 0,10 t/ha. Si on se fie uniquement à ces chiffres, il y a des chances que la récolte américaine de maïs s’avère donc un peu moins importante de l’ordre de -1,0 % à -1,4 %, soit autour de 13,5 milliards de boisseaux. Concrètement, pour le prix du maïs, ce ne serait pas une mauvaise chose avec les quantités très importantes de maïs disponible. Ce serait également un premier pas dans la direction d’un contexte plus serré l’an prochain si la saison est plus difficile et que les producteurs ne sèment pas assez de maïs pour une 4e année consécutive. La situation est différente pour le soya. Il y a autant de chance qu’il y ait ce mois-ci révision à la hausse ou à la baisse des superficies récoltées aux États-Unis, de l’ordre de 81 000 ha. Par contre, ce qui est plus frappant, c’est qu’en huit occasions depuis 10 ans, le USDA a ajusté à la hausse le rendement d’en moyenne 0,03 t/ha. C’est dire que la récolte américaine pourrait se voir encore gonflée de l’ordre de 0,5 % à 1,0 %, soit à un nouveau record de 4 à 4,02 milliards de boisseaux. Avec le contexte d’abondance à l’échelle américaine et mondiale et la possibilité* que de nouvelles récoltes sud-américaines records inondent le marché
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DERNIERS AJUSTEMENTS DES SUPERFICIES AMÉRICAINES RÉCOLTÉES (millions d’acres) maïs
soya
0,8 0,6 0,4 0,2 0 -0,2 -,04 -,06 2005
2006
2007
2008
2009
2010
2011
2012
2013
2014
DERNIERS AJUSTEMENTS DES RENDEMENTS AMÉRICAINS (boisseaux/acre) 3 2 1 0 -1 -2 -3 2005
2006
2007
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2009
2010
2011
2012
2013
cet hiver, la situation pourrait donc s’avérer * Au moment d’écrire ces lignes au début plus difficile pour le prix du soya. décembre, aucun imprévu météo ne Dans les deux cas, bien entendu, ce sont menace encore les cultures en cours. strictement des hypothèses. Chaque année est différente et le USDA pourrait très bien surprendre encore. L’exercice demeure toutefois important et invite à la réflexion pour ceux Jean-Philippe Boucher est agronome, M.B.A., qui ne voudraient pas miser toutes leurs billes consultant en commercialisation des grains et sur des surprises dans ce rapport. fondateur du site Internet Grainwiz.
2014
CULTURES
PAR ANDRÉ DUMONT
Toujours rouler aux mêmes endroits Jean-François Ridel croit tellement en la gestion des zones de compaction qu’il a lui-même modifié l’essieu arrière de son plus récent tracteur.
À
l’été 2011, Le Bulletin s’est rendu en Iowa chez Clay Mitchell, un des rares producteurs en Amérique du Nord à pratiquer intégralement la gestion des zones de compaction (controlled traffic farming). Le reportage dans les pages du Bulletin avait suscité beaucoup d’intérêt. De nombreux agriculteurs étaient ensuite venus écouter Clay Mitchell aux Conférences du Bulletin dans le cadre du Salon de l’agriculture. En discutant avec des producteurs d’ici, le même commentaire revenait toujours : 1 c’est une très bonne idée de toujours circuler aux mêmes endroits dans le champ, mais on ne peut pas se permettre de renouveler nos équipements pour qu’ils aient tous le même empattement. Cet automne, Le Bulletin a rencontré Jean-François Ridel, un agriculteur de Saint-Césaire au parcours inhabituel. Au terme de ses études en génie de la production automatisée, il part travailler dix ans au Japon en développement de systèmes GPS et en microélectronique. En 2007, son père, Paul Ridel, l’informe que s’il veut prendre la relève de la ferme de grandes cultures, c’est 3 maintenant ou jamais. Il plie donc bagage et rentre au bercail, avec femme et enfant. Sa passion pour l’agriculture ne l’avait jamais quitté. Depuis son retour, la ferme a pris un virage technologique qui devrait permettre de mieux protéger les sols, tout en augmentant la productivité des champs et la rentabilité de l’entreprise. La gestion de la compaction est au coeur de la stratégie. À quelques exceptions près, tous les équipements empruntent les mêmes voies de circulation. Pour y arriver, Jean-François Ridel a investi beaucoup de créativité et un peu 6 d’argent. PHOTOS : ANDRÉ DUMONT ET JEAN-FRANÇOIS RIDEL
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/ Janvier 2016 / Le Bulletin des agriculteurs /
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Les sols lourds de la ferme se compactent très facilement. « Nous devons trouver des solutions pour gérer la compaction », dit-il. Le maïs, le soya et le blé sont cultivés avec un minimum de travail du sol. Dans certains champs, la conversion à la culture sur billons permanents est bien amorcée.
Presque tous les équipements affichent le même empattement, les roues étant espacées de 3 m (120 po). Le travail aux champs se fait en multiples de huit rangs. Modifier les essieux du chariot à herbicide ou celui du pulvérisateur s’est avéré plutôt simple. Le plus grand défi s’est présenté
avec le tracteur principal de la ferme, un modèle John Deere 6140R de 140 ch, acquis en 2013. Ce tracteur est livré avec un empattement de 90 po. Il est possible de l’élargir, mais en passant à 120 po, la garantie du fabricant ne s’applique plus. Pour pouvoir fonctionner sans roues doubles avec un tel empattement, John Deere propose ses modèles de séries 7 et 8. Le poids, la puissance, la consommation de diesel et le prix d’acquisition de ces tracteurs ne conviennent pas à la Ferme Ridel, qui exploite 215 ha avec des équipements à huit rangs.
TRACTEUR MODIFIÉ
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Pour le train avant, Jean-François Ridel a trouvé chez Unverferth des cannelles permettant d’élargir l’empattement à la largeur souhaitée. Pour l’essieu arrière, rien de tel sur le marché. En 2014, la position des roues arrière est tout simplement élargie à 3 m. On prie pour que l’essieu résiste. « On disait aux opérateurs : n’accélérez pas trop vite, faites attention aux bosses, allez-y tout doucement avec le tracteur », raconte notre producteur. Selon ses calculs, il y avait trois fois et demie trop de poids sur les roulements (bearings). Un bris pouvait survenir à tout moment. Pour la saison 2015, Jean-François Ridel a conçu des renforts pour l’essieu arrière. Il en a dessiné les pièces et les a découpées lui-même. Un ami ingénieur mécanique, Charles Rousseau, lui a confirmé la qualité de son design. « Mathématiquement, tout est en place pour que ça tienne », dit le producteur, sachant bien qu’il assume 1-2/ Jean-François Ridel a conçu ce renfort pour le train arrière de son tracteur John Deere. Il en fait maintenant la commercialisation. 3/ Jean-François Ridel a travaillé 10 ans au Japon avant de revenir prendre la relève de la ferme familiale. 4/ Grâce aux renforts ajoutés à l’essieu arrière, le tracteur peut fonctionner de façon sécuritaire avec un empattement de 120 po. 5/ Pour certains équipements, élargir l’empattement est plutôt simple. 6/ L’essieu du pulvérisateur a lui aussi été élargi. 7/ Les cannelles sur l’essieu avant (en jaune) ont été trouvées chez Unverferth. 8/ La vis de déchargement de la batteuse a été ajustée, afin que la voiture à grain puisse suivre les voies de circulation.
/ Le Bulletin des agriculteurs / Janvier 2016 19
CULTURES
Alain Brassard, conseiller spécialisé en agriculture de précision, La Coop fédérée
REPOUSSER LES LIMITES
La Coop fédérée vient de lancer une plateforme d’agriculture de précision accessible en ligne et sur cellulaire, la première du genre au Québec. Voici une illustration de l’utilité de cet outil puissant et convivial. Le 12 juillet, GPS en main, Germain LePointu s’enfonce dans un de ses champs de maïs avec son conseiller en productions végétales. La carte de densité végétale tirée de la plateforme d’agriculture de précision a révélé une densité anormalement faible dans un secteur. « En général, les producteurs découvrent le problème seulement à la récolte avec leur capteur de rendement », commente Alain Brassard, conseiller spécialisé en agriculture de précision à La Coop fédérée. Premier point qu’ils veulent vérifier : l’état des drains. La zone de faible densité semble suivre le tracé d’un drain souterrain. Coup d’œil à la sortie des drains concernés : ça coule librement. Fausse alerte. Piste suivante : une carence minérale ou un pH déficient. Un examen minutieux du feuillage ne révèle rien d’anormal. Germain décide qu’il fera des analyses de sol dès la fin de la récolte. « L’avantage de déceler le problème tôt en saison, souligne Alain Brassard, c’est que si une application de chaux ou de potasse est requise, par exemple, le producteur pourra mieux planifier ses interventions. » Un doute envahit le producteur : peutêtre n’est-ce pas la première année que le problème se produit ? Même avec le capteur de rendement, le problème a pu lui échapper. Son conseiller a la solution : comparer les images satellites. « Depuis 2011, nous bâtissons une banque d’images qui couvre l’ensemble du territoire agricole, explique Alain Brassard. Elle permet de produire des cartes de rendement pour
n’importe quel champ en grande culture et des cartes de développement de végétation pour toutes les cultures. À l’aide d’algorithmes, nous convertissons en quelques secondes les images satellites en cartes de rendement multiannées. » Installés devant l’ordinateur, Germain et son conseiller analyse les résultats obtenus lors de l’analyse des rendements. Bingo ! Germain a l’évidence devant les yeux : année après année, le rendement fléchit dans cette zone du champ. Dans le maïs, l’écart atteint deux tonnes à l’hectare. Dans le blé, une tonne. Dans le soya, 800 kg. Reste à trouver la cause. Germain doute que ce soit le drainage : il a doublé les drains il y a deux ans. Le nivellement a été refait en même temps. Un problème de fertilité ? Son conseiller lui propose une façon de vérifier si elle est en cause. « À l’aide de la carte de rendement, on localise des points précis où échantillonner, décrit Alain Brassard. Le principe, c’est d’échantillonner au cœur des différentes zones de gestion. Cette approche est très efficace et elle permet de limiter le nombre d’échantillons. » Si les analyses confirment un lien entre fertilité et rendement, le producteur disposera alors de données précieuses pour affiner sa régie. « Il pourra adopter une gestion par zone, explique le spécialiste. Il sera en mesure de moduler le taux de semis en plus des applications de chaux et de fertilisants pour exploiter le plein potentiel des meilleures zones et répartir plus efficacement ses intrants. » L’automne prochain, on verra Germain se diriger vers son épandeur et transférer dans le contrôleur la carte de recommandation d’application élaborée sur la plateforme d’agriculture de précision. Germain aura décidé que l’avenir commence tout de suite !
tout le risque d’un possible bris, puisqu’il a invalidé la garantie du fabricant du tracteur. « Éventuellement, ce sera presque le seul tracteur à aller au champ, dit-il. On lui fait faire 500 heures par année. En concentrant notre investissement sur ce tracteur, nous avons pu nous payer une belle cabine, avec un très bon GPS. »
DES COMPROMIS Presque tous les équipements de la ferme circulent sur des voies de circulation qui concentrent la compaction aux mêmes endroits. Chaussée de roues doubles, la moissonneuse-batteuse est à peu près le seul véhicule à piétiner au-delà de ces voies. Sa vis de déchargement a été dotée d’un déflecteur pour en diminuer la longueur, afin qu’elle n’impose pas à la voiture à grain de circuler hors des voies de circulation. Il reste aussi une solution à trouver pour l’épandeur à fumier, qui ne distribue le fumier que sur une largeur de 3 m. « La gestion des zones de compaction, c’est un projet de longue haleine, dit Jean-François Ridel. On en a fait un bout et il nous reste un autre bout à faire. » Un empattement de 3 m pour une régie en multiples de huit rangs suggère une largeur de travail de 6 m (20 pi). Petit problème : la table à soya ne fait réellement que 19 pi 6 po ! Au moment de s’en servir pour récolter du blé sur 6 m de large, il y avait toujours un rang de blé qui échappait à la batteuse ! Jean-François Ridel a trouvé la solution : travailler sur une largeur de 19 pi et 4 po. Les dernières unités aux extrémités du semoir à maïs ont été déplacées de 5 cm (2 po), de sorte qu’on se retrouve avec quelques rangs espacés de 26 po et 28 po. Grâce à ce seul ajustement, la Ferme Ridel a en quelque sorte agrandi sa superficie cultivée de 3,4 % ! Cela se traduit par environ 200 kg de maïs de plus à l’hectare, calcule le producteur. « Il faut voir nos démarches comme un ensemble, dit-il. Nous avons des terres lourdes qu’on veut éviter de compacter, nous voulons améliorer la santé de nos sols, tout en limitant nos investissements et en ayant du plaisir à travailler. » André Dumont est journaliste pigiste spécialisé en grandes cultures. Il collabore à de nombreuses publications notamment La Presse et Country Guide.
20 / Janvier 2016 / Le Bulletin des agriculteurs / www.elite.coop
CULTURES
PAR NICOLAS MESLY
L’agriculture de précision investit le champ agronomique Agriculture de précision, capteurs de rendement, drones, voici ce qu’en pense l’expert américain Marc Vanacht.
L’
expert américain et consultant auprès de grandes sociétés agricoles Marc Vanacht était de passage au Québec cet automne. Il a donné une conférence lors du dernier congrès de l’Ordre des agronomes du Québec qui avait lieu en octobre à Saint-Alexis-des-Monts, près de Trois-Rivières. Le Bulletin en a profité pour l’interroger. Voici son analyse sur l’adoption de l’agriculture de précision, la commercialisation imminente de nouveaux capteurs révolutionnaires et l’utilisation accrue des drones.
L’agriculture de précision est-elle à la portée des agriculteurs nord-américains ? Oui, absolument. En Californie, la majorité des agriculteurs utilisent l’agriculture de précision sous une forme ou sous une autre. J’estime que dans le Midwest, qui ressemble le plus à la situation au Québec, 70 % de la surface est sujette à une forme ou une autre d’agriculture de précision. Les seuls qui n’ont pas encore adopté le système, ce sont des gens trop petits pour se le permettre ou pour qui, quelles que soient les raisons, ont choisi de ne pas le faire. Tous les grands agriculteurs professionnels qui font 80 % de la production ont adopté à 100 % l’agriculture de précision. En Californie, toutefois on parle surtout de gestion de l’eau dans la production maraîchère et dans les vignobles ? C’est une question de gestion de l’eau, mais
Marc Vanacht était conférencier lors du dernier congrès de l’Ordre des agronomes du Québec à l’Hôtel Sacacomie de Saint-Alexis-des-Monts.
aussi de traçabilité et de qualité du champ aux consommateurs tant dans le secteur vinicole que dans le maraîchage.
comme avoir un capteur de rendement sur la moissonneuse-batteuse. Celui-ci permet de fabriquer des cartes de rendements variables qui aident à la gestion.
Y a-t-il eu une date charnière dans l’adoption de l’agriculture de précision ? Quand on parle du Midwest, on parle L’année 2005, avec l’automatisation plus généralisée de la navigation du parc de évidemment des grandes cultures machinerie. Un système de navigation comme le maïs et le soya ? Oui, le Midwest, c’est soya-maïs. Ça inclut automatique couplé avec GPS Autostill, le coton, qui est plutôt vers le sud, dans le par exemple, installé sur le tracteur ou sur delta du Mississippi. Mais il y a une forte la moissonneuse-batteuse, permet de traadoption de l’agriculture de précision par vailler plus rapidement de jour et de nuit. les producteurs de blé dans l’Ouest. Ça Soudainement, la productivité du parc de peut se limiter à des choses très simples, machinerie a augmenté.
PHOTO : GROUPE NH PHOTOGRAPHES
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L’effet bleu
CULTURES
Ça a changé le monde ? Et comment ! Souvenez-vous du printemps exécrable pluvieux, froid et humide de 2014 qui a retardé énormément les semis de soya et de maïs. Ceux-ci s’étalent normalement sur six semaines. Grâce à l’automatisation des machines, pour la première fois, 95 % du maïs dans l’État de l’Illinois, aux ÉtatsUnis, a été semé en trois semaines. Cette quincaillerie permet une meilleure gestion du parc de machinerie. Mais qu’en est-il du champ agronomique, de l’interaction culture, sol et météo ? Vous-même doutez qu’elle puisse remplir ses promesses ? Prenons un peu de recul. L’agriculture de précision a largement tenu ses promesses pour ce qui est de la gestion du parc de machinerie. Aucun doute, c’est profitable. Quant à l’aspect agronomique, peu de progrès a été fait malgré toutes les promesses. Toutefois, depuis deux ou trois ans, d’énormes avancées sont en train de se faire en ce qui a trait aux capteurs qui profiteront à l’aspect agronomique.
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22 / Janvier 2016 / Le Bulletin des agriculteurs /
Pouvez-vous nous donner des exemples ? Non, malheureusement, je ne peux pas vous en donner, je peux vous en parler en termes génériques (rires), car je suis tenu au sceau de la confidentialité. Ces nouveaux capteurs de sol en développement vont nous donner des informations directes, en temps réel, sur les matières organiques, l’azote, le type et le caractère physique du sol, puis sa résistance électromagnétique. Le capteur de marque Veris est très utile, mais cette génération de capteurs sera rapidement dépassée. La Chine où je séjournerai prochainement planche sur un nouveau type de capteur. À quoi peut-on s’attendre pour ce qui est des nouveaux capteurs ? Le capteur à distance, c’est une nouvelle génération de capteurs qui utilisent un Multiple Spectre. Au lieu d’avoir quatre spectres dans les capteurs NDVI classiques, on a maintenant des capteurs à 8, 10 et 12 fréquences. En combinant ces fréquences, on est capable maintenant de mesurer avec une plus haute précision des chiffres absolus et plus seulement des variabilités spatiales.
Attendez, je ne suis pas certain de vous suivre ? En ce moment, on peut mesurer la variabilité spatiale de couleur verte, soit les différences en chlorophylle, qui est une indication de différence en besoin d’azote des plantes dans un champ. Mais le capteur luimême ne peut pas donner un chiffre absolu du besoin d’azote. Il faut donc mettre en place un système, un protocole, soit avec des couleurs standards sur le terrain, soit avec un nombre de traitements d’azote preuve sur le terrain. On calibre alors les applications. Mais c’est un processus compliqué. En plus, on ne sait pas vraiment si cette application est la meilleure dose au bon endroit. Vous alliez nous parler d’un autre type de capteur. De quoi s’agit-il ? Il y a un nouveau capteur qui fait appel à une technologie LED ou DEL en français qui est une diode électromuninescente. Cette
technologie permet de mesurer le reflet de la culture et n’est plus dépendante de la luminosité solaire. C’est un capteur actif, non plus un capteur passif. Il projette de la lumière et en capte le reflet, ce qui permet de mesurer la variabilité spatiale en chiffres absolus et non plus en données relatives. Pouvez-vous donner un exemple concret d’un capteur actif au travail dans un champ ? Dans un champ, le capteur passif mesure actuellement le vert de chlorophylle qui est un reflet de l’azote. Mais, pour être valable, l’opération doit se faire pendant la journée sous la luminosité solaire. Lorsque la luminosité solaire change, il faut calibrer ces capteurs passifs en comparant les données de plusieurs endroits avec le point de repère. Avec ces capteurs actifs, on n’aura plus besoin de mettre en place des systèmes de calibrage. Le système va se calibrer lui-même parce qu’il va projeter une lumière et en mesurer la réflexion.
On va donc pouvoir mieux mesurer les besoins d’azote ? Oui, directement et avec précision à cet endroit-là du champ, il faut 40 kilos. À cet autre endroit, il faut 80 kilos, sans mettre en place des systèmes de calibrage et des systèmes de comparaison. Donc, l’avantage pour l’agriculteur sera la simplicité. On vient de résoudre ce que vous appelez l’Nigme ? Non, l’Nigme n’est pas résolue. Le grand problème de l’azote est que sa disponibilité pour la plante est variable, aussi bien de manière spatiale, entre les différents points de champ, que temporelle en fonction de la température et de l’humidité du sol. À cause des effets humidité-température, chimique, biologique, dans le sol, l’azote va se comporter d’une manière ou d’une autre. Aussi, la disponibilité de l’azote pour la plante a une double incertitude, aussi bien spatiale que temporelle.
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/ Le Bulletin des agriculteurs / Janvier 2016
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CULTURES
On essaie aujourd’hui de résoudre ce problème avec des modèles mathématiques. S’il y a eu telle pluie, si c’est tel sol ou telle semence, si la luminosité solaire a été telle, la température nocturne telle, le modèle propose une solution. Toutefois, on n’a aucune certitude quant à la validité du modèle. Par contre, si au lieu de prédire le besoin d’azote, on peut mesurer directement sur la plante d’une manière pratique et intense avec beaucoup d’échantillons par hectare – chaque point de la photographie du capteur étant un point de repère – à ce moment-là, on peut enfin écouter directement ce que nous raconte la plante.
Les drones ont déjà pénétré pas mal l’agriculture européenne.
sans pareil de surveillance et des besoins d’une culture.
Et de tels capteurs sont sur le point d’exister ? Oui et ils sont très prometteurs.
Le drone va changer la collecte de données ? Il ne sera plus nécessaire pour l’agriculteur de payer quelqu’un pour faire des visites de champ et collecter des échantillons afin d’émettre des recommandations Dans un autre ordre d’idées, est-ce que basées sur des modèles de calculs d’exvous croyez que les drones seront de plus trapolation compliqués. Un drone muni de en plus utilisés dans les grandes cultures ? Oui, les drones ont déjà pénétré pas mal nouvelle génération de capteurs va nous l’agriculture européenne. Il est faux cepen- apprendre quelle est la santé de la plante, dant de croire que le drone va améliorer si elle manque d’eau ou d’azote, si elle est la connaissance du sol. Son rôle se limite infestée par une maladie ou un insecte. À à prendre des photos par-ci, par-là, l’hiver, ce moment-là, on enverra quelqu’un diale printemps, l’été, etc. Par contre, le drone gnostiquer le champ. va nous donner la possibilité de suivre la culture en croissance et avec tous les cap- On peut donc s’attendre à une meilleure teurs, il va nous donner des possibilités gestion grâce aux drones. Tout ce surplus
d’azote ou d’engrais appliqué comme une forme d’assurance dans le Midwest, de peur d’une diminution de rendement, on va être en mesure de mieux contrôler ça ? Exact. Et c’est ce qui s’est passé en Europe dans les 10, 15 et 20 dernières années. On a allégé l’apport de fertilisants avant le semis et on a pris l’habitude de voir ce dont la plante a besoin lors de sa croissance. L’agriculteur fait 5, 6 et 7 passages avec son pulvérisateur pendant la saison de croissance. Et ces passages peuvent être assortis de fongicides, d’azote, d’autres éléments et d’autres apports. Je m’imagine que des choses similaires vont commencer à se faire au Canada, au Québec et dans le Midwest. Nicolas Mesly est agroéconomiste et journaliste pigiste spécialisé dans les enjeux agroalimentaires. Il couvre les grandes cultures pour Le Bulletin. PHOTO : YVON THÉRIEN
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MC / Janvier 2016 / Le Bulletin des agriculteurs /
INFOS / CULTURES Changements climatiques et rendement de soya La température moyenne mondiale a augmenté de 0,4 °C depuis les années 1980, rapporte une étude publiée en 2013 par l’Université de Cambridge de New York. Toutefois, la moyenne peut cacher des variations entre les régions. Une importante étude a compilé la température, les précipitations ainsi que les rendements de soya obtenus dans 12 États américains. Les modèles mathématiques créés à partir de ces données ont démontré que 53 % à 95 % des variations de rendement de soya étaient reliées au climat. L’effet des précipitations était significatif sur les rendements dans 30 % des 60 sitesmois évalués (12 États pendant cinq mois de mai à septembre). Selon le stade de la culture, les effets sur le rendement sont très différents. Par exemple, pour chaque 10 mm de pluie additionnelle en juin, les rendements de soya peuvent augmenter de 1,3 %, selon le modèle, et de 1,4 % en août en moyenne pour toutes les régions. Mais la tendance est renversée si cette pluie survient en juillet. Le modèle évalue une diminution de rendement de 0,4 %. L’effet de la température était significatif dans 20 % des cas, mais varie selon les régions. Pour les États plus au nord, des tempé-
ratures plus éle-0,05 vées en mai, en juillet et en septembre ont eu un effet positif sur 0,08 le rendement du soya. L’effet inverse a été remarqué pour les États plus au sud. Pour chaque augmentation de 1 °C de la température, le rendement diminue de 120 kg/ha à 400 kg/ha (1,8-5,9 bo/acre). La figure ci-contre illustre les variations de rendements ramenées en kg/ha/an dans les 12 États américains qui comptent pour 79 % de la superficie en soya aux États-Unis. On remarque des diminutions de 33 kg/ha/an (0,50 bo/acre/an) jusqu’à une augmentation de 22 kg/ha/an (0,33 bo/acre/an), et ce, sur une période de 20 ans. Certaines stratégies peuvent être mises en place pour minimiser ces effets : le développement de nouveaux cultivars ou hybrides adaptés, le changement de la date de semis ou du groupe de maturité habituellement recommandé, l’utilisation de plantes de couverture ainsi que la gestion des résidus, pour ne nommer que ceux-là. Source : Cool Bean
LE MANITOBA, NOUVEL ELDORADO DE L’AMÉRIQUE DU NORD ? Le Manitoba a franchi le cap du million d’acres cultivés en soya en 2015, une progression qui est constante depuis quelques années, tout comme la culture du maïs. Les regards se tournent donc vers la province et son potentiel de culture. Les interrogations sont nombreuses puisque selon certaines estimations, le Midwest américain devrait souffrir du réchauffement de la planète avec des périodes de sécheresse plus fréquentes et plus intenses. Au dernier congrès de l’Union des producteurs agricoles (UPA), les experts ont d’ailleurs indiqué que les cultures avaient gagné neuf jours de croissance au Québec.
Les agronomes du Manitoba, réunis lors d’une conférence, ont exploré la question, mais ont convenu que des rendements tels que ceux de l’Iowa demeurent inaccessibles pour le moment. Bien que le Manitoba ait doublé sa superficie de terres cultivées en soya dans les quatre dernières années, l’Iowa dépasse largement la province avec ses 10 millions d’acres. Les rendements moyens de soya dans l’État se situent entre 45 à 50 boisseaux/acre dans les régions du nord, un rendement qui monte de 50 à 60 boisseaux dans le sud. En comparaison, le rendement moyen sur 10 ans au Manitoba est de 33 boisseaux/acre.
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État de l’Iowa, États-Unis boisseaux/acres/année
La période de culture est aussi plus longue avec un semis qui se termine environ de la fin avril au début mai, alors que la récolte se produit fin septembre, début octobre. Les cultures ne sont aussi que très rarement affectées par le gel. Là où le Manitoba détient un avantage, est l’humidité plus faible en période de croissance. La province reçoit près de la moitié moins d’eau qu’en Iowa. Certaines maladies fongiques qui sévissent dans l’État américain sont donc absentes de la province. Et si la pluie tombe en fin de période de croissance au moment où les fèves se remplissent, les rendements pourraient augmenter. Une histoire qui est donc à suivre. Source : Country Guide
/ Le Bulletin des agriculteurs / Janvier 2016 25
INFOS / CULTURES
À LA FERME VICTOIRE, L’AUTOCONSOMMATION DÉTERMINE LA RÉGIE « Quand je choisis un hybride ou une variété, je considère son poids spécifique avant son rendement. » Gérard Aeschlimann en surprendra plusieurs avec cette déclaration. C’est qu’il élève des poulets de chair et des dindons. « C’est important de bien remplir le gésier », souligne-t-il. Presque tout le maïs-grain et le soya que son frère Philippe et lui produisent sur leurs 560 hectares sont destinés à ses élevages ainsi qu’à leur centaine de vaches Holstein. Cela s’avère déterminant pour la régie des cultures de cette entreprise de Sainte-Brigide, en Montérégie. L’atteinte de rendements élevés reste importante. Pour les 250 hectares de maïs-grain, le rendement moyen se situe à 11,2 t/ha (poids sec). En 2015, il a grimpé à 12,8 tonnes. Pour les 170 ha de soya, la moyenne atteint 3,8 t/ha avec une pointe de 4,1 tonnes cette année. La ferme Victoire bénéficie de 2900 UTM. Elle dispose de sols de textures variées, mais surtout légères. La rotation comporte deux années de maïs (grain ou ensilage), suivies d’une année de soya. Ensuite, les champs sont semés en luzerne ou en blé (pour faire des travaux d’amélioration) ou ils reviennent en maïs. Compte tenu de leurs sols sablonneux, Gérard Aeschlimann se réjouit de disposer de fumiers. Le fumier de volaille est épandu après le soya dans les champs destinés au maïs. « Ça permet de couper l’engrais minéral presque à 100 % dans le maïs-grain », rapporte-t-il. Le fumier de bovins est épandu au printemps de la deuxième année de maïs, si les conditions le permettent. Sinon, ce sera après le maïs-ensilage. Dans la préparation de sol, on vise un équilibre. « On laboure après la 1re année de maïs, décrit-il, et on passe le chisel la 2e année en prévision du soya. Ensuite, on va vers le maïs, la luzerne ou le blé en semis direct. »
26 / Janvier 2016 / Le Bulletin des agriculteurs /
Les semis du maïs et du soya se font simultanément. « On a la main-d’œuvre qualifiée et l’équipement », observe le producteur, qui veut terminer avant le 20 mai. « Cette année, on a fini le 12, raconte-t-il. L’an dernier, au 25 mai, on a rangé le planteur à maïs pour ne plus semer que du soya. » Il lui arrive de semer du soya à la mi-juin sur une vieille prairie après l’avoir récoltée. « On va quand même chercher 3 t/ha », confie-t-il. Afin de gérer les risques et de s’adapter aux différents sols, il plante six hybrides de maïs. « Le P0157AMX, le P9807AM et le P9917AMX ont été remarquables cette année », notet-il. Dans le soya, c’est le 91Y61 qui s’est démarqué. Et le nouveau P18T31R a donné un résultat encourageant ». Toujours pour réduire les risques, il sème le soya à deux écartements : 30 po avec 415 000 grains à l’hectare ; 15 po avec 460 000 grains à l’hectare. « Quand les conditions météorologiques sont propices à la maladie, le semis aux 30 po performe mieux », observe-t-il. Dans le désherbage du maïs, le producteur diversifie les herbicides pour prévenir la résistance. Cette année : glyphosate, atrazine et Dual. Dans le soya, il s’en tient au glyphosate. Comment tente-t-il de gagner du rendement ? D’abord, par le drainage et le nivellement. « Nos terres ont été drainées dans les années 1980 avec un écartement de 55 à 65 pi, indique-t-il. Notre objectif, c’est de ne pas dépasser 30 pi. » Ensuite, en uniformisant la fertilité. « Pourquoi obtient-on 16 tonnes dans une partie d’un champ et 10 tonnes dans une autre ? questionne-t-il. Nous prélevons maintenant nos échantillons de sol par GPS pour moduler la fertilisation, comme on le fait déjà avec la chaux. »
CAMÉLINE POUR LE BIODIESEL ET LES ABEILLES La caméline appartient à la grande famille des moutardes. Utilisée dans certaines régions comme culture de couverture afin de protéger les sols contre l’érosion durant l’hiver, elle peut aussi être cultivée pour son huile. Une équipe de chercheurs du Service de recherche en agriculture (ARS) ont évalué la caméline, le canola et d’autres oléagineux. Le but : étudier leur intégration dans un système de production limité au maïs-soya dans la région du Midwest américain. Leurs conclusions révèlent un gain potentiel pour les producteurs et une amélioration de la santé des insectes pollinisateurs incluant les abeilles. Une des études compare le soya et la caméline d’hiver en double culture (Double Cropping) et en culture à relais (Relay Cropping). La double culture implique l’implantation du soya après la récolte de la caméline qui s’étire de la mi-juin à la fin juin. Dans le cas de la culture à relais, le soya est semé entre les rangs de caméline avant sa récolte. Voici les principales conclusions: Les rendements de soya sont plus élevés avec le scénario de culture à relais. Ils varient entre 58 % et 83 % du rendement obtenu d’un cultivar pleine saison semé au printemps. Mais la production totale d’huile est 50 % plus élevée avec les deux cultures. Le rendement économique est comparable à la culture de soya seul, mais avec les bienfaits d’une culture de couverture en prime. La caméline peut aussi agir comme pompe à eau si des précipitations importantes surviennent à l’automne ou tôt au printemps. Elle sert aussi de trappe à nitrates. Une autre étude a mis en relief l’effet de la caméline d’hiver sur les insectes pollinisateurs. La culture est en pleine floraison tôt au printemps, puis fournit du pollen et du nectar habituellement non disponible à ce moment de l’année. Le canola d’hiver attire plus les insectes que la caméline, mais sa survie est moins certaine. Les efforts se poursuivent pour améliorer le rendement en grains de ces cultures afin qu’elles deviennent des alternatives intéressantes. Source : ARS Magazine
INFOS / CULTURES
Des microbes pour catapulter la productivité des sols Inocucor, une petite entreprise de l’Estrie, est en train de se frayer un chemin chez les géants fournisseurs d’intrants. Sa plateforme technologique repose sur un accélérateur biologique, composé de champignons et de bactéries, qui stimule l’interaction entre la semence et les micro-organismes du sol. « Actuellement, les sols fertiles contiennent plus de 25 000 espèces de microbes par gramme de sol, tandis que les sols épuisés ne contiennent approximativement que 20 % des espèces. Une chose est sûre : la présence de nombreuses espèces en grande quantité avec un équilibre entre champignons et bactéries est essentielle pour des sols productifs », explique Dre Margaret Bywater–Ekegärd, une des deux cofondatrices de la jeune compagnie créée en 2007. Selon des résultats d’essais réalisés en 2014 à l’université Clemson de la Caroline du Sud, le produit mis au point par Inocucor a augmenté le rendement du brocoli de 38 %, par rapport aux résultats des parcelles témoins. Des parcelles expérimentales sont en cours de réalisation pour d’autres produits à forte valeur ajoutée tels que les tomates, les framboises et les melons. Le produit testé est fabriqué à Frelighsburg dans un contexte où le secteur des produits agricoles biologiques connaît une croissance phénoménale de 20 % par année, passant de 3 milliards de dollars en 2014 à 7,5 milliards de dollars en 2020. Inocucor bénéficie de l’expérience d’ex-conseillers de Monsanto et de Bayer CropScience pour développer son marché.
BLÉ CONTRE LES PUCERONS Du blé a été génétiquement modifié pour produire une phéromone éloignant les pucerons. Or, des recherches ont démontré qu’il n’y avait pas davantage de rendement comparativement au blé conventionnel. Rothamsted Research au Royaume-Uni est derrière cette tentative de fournir aux producteurs une alternative aux insecticides appliqués pour contrôler le puceron. Ce dernier est un vecteur efficace de maladies qui affectent le rendement du blé. Cependant, des essais au champ n’ont pas donné les résultats escomptés. Le blé génétiquement modifié n’a pas réussi à diminuer la population du ravageur. Les chercheurs ont découvert que pour éloigner les pucerons, il faudrait modifier le synchronisme de libération de l’hormone. C’est comme si une libération constante par le blé ne reflète pas une attaque de pucerons. « Il faudrait que le blé produise la phéromone seulement en présence de l’insecte », conclut un des auteurs de l’étude. Source : World Grain News
DU BIOCARBURANT DE MOUTARDE POUR LES AVIONS DE CHASSE Agrisoma, une jeune entreprise de Gatineau, propose aux agriculteurs de produire, à partir de 23 kg de semence, 5000 litres de biocarburant biologique et 5 tonnes de protéines pour les animaux. Les chercheurs de l’entreprise ont mis au point la semence Resonance, nonOGM, de la moutarde carinata. Cette culture s’inscrit facilement dans une rotation ou en remplacement de cultures sensibles à la chaleur et à la sécheresse. Au cours des trois dernières années, environ 8000 hectares de semences Resonance ont été semés dans plus de 140 fermes au Canada, aux ÉtatsUnis et en France. Le biocarburant ainsi produit est présentement à l’essai par la US Navy en vue d’une certification. Et ce même biocarburant a déjà propulsé les premiers vols d’essai et commerciaux carburant à 100 % avec cette recette. Agrisoma estime que dans le seul marché en émergence des biocarburants de l’aviation, la demande est supérieure de 1,1 trillion de litres. Le grain dont on a extrait l’huile constitue une source de protéine utilisable dans l’alimentation du poulet, du bœuf et du porc. L’entreprise s’attend à une croissance très rapide de ses ventes au cours des prochaines années. Source : cega.net
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INFOS / CULTURES
Drones en agriculture : bilan 2015
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avec des logiciels puissants. Ils produisent, entre autres, des plans géoréférencés à partir d’images infrarouges, ce qui permet de cibler le stress des végétaux avant que des problèmes ne soient visibles à l’œil nu. Pour la télédétection, Cédric Bouffard compare l’offre de ces compagnies spécialisées aux sources traditionnelles de données d’observation aérienne de la terre : les satellites et les avions. Au final, la différence entre les services professionnels par drones et les autres sources de données peut se résumer ainsi : les drones peuvent à l’occasion coûter un USAGES DU DRONE COÛTS DU DRONE Dès que l’on peut piloter légalement, que L’usage des drones en agriculture vaut-il peu plus cher, mais les données acquises ont fait-on avec un drone en agriculture ? Robert le coût ? Cédric Bouffard, agronome chez certains atouts, dont une plus haute définiGoyette a mentionné l’épandage par drone, PleineTerre, y répond en introduisant une tion. Ces atouts mènent à des applications comme les Japonais le font depuis deux dé- autre avenue d’utilisation du drone : les ser- exclusives, souvent ciblées à certains types cennies. Mais les producteurs québécois n’en vices professionnels pour des usages avan- de cultures, comme la production maraîchère. sont pas encore là. Benoît Fradin, agronome cés. On a vu que l’usage du producteur de Parmi ces applications, on trouve le décompte chez William Houde, a bien illustré durant sa son propre drone est considéré comme « pro- de populations, l’analyse de la distribution et présentation l’usage courant de petits drones fessionnel » simplement grâce au lien avec le l’analyse de la grosseur des plants individuels. au Québec : la télédétection ou, dit simple- travail. Les services dédiés, quant à eux, sont Chez les producteurs qui visent à quantifier ment, la photo aérienne. professionnels dans la mesure où des frais précisément leur production pour améliorer En élevant son point de vue à 200 pieds sont chargés aux producteurs pour capter leur rendement, les données acquises par d’altitude, Benoit Fradin peut capter avec son des données plus précises qui sont traitées drones pourraient leur conférer un avantage.
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Lors de la dernière édition des Journées horticoles et grandes cultures de Saint-Rémi, trois présentations sur les drones étaient au programme. En voici un résumé. Faciles à opérer, les drones ? Même si c’est le cas, il n’en reste pas moins que leur utilisation est étroitement réglementée par Transport Canada. Lors de sa présentation, Robert Goyette, de l’école de pilotage I/Drone, a souligné que les usages professionnels et récréatifs sont réglementés de façons très différentes. L’usage qu’un agriculteur fait de son petit drone n’est pas du jeu; il s’agit bien d’un usage de drone professionnel. Donc, l’agriculteur doit se préparer : faire une formation de pilote, se munir d’une assurance responsabilité civile, définir un plan d’urgence et répondre à toutes les autres exigences émises par Transport Canada. Ces dernières dépendent du lieu de travail et du type d’appareil utilisé. Dans certains cas, l’agriculteur devra même obtenir un certificat d’opération aérienne spécialisée — un COAS. Puisque l’univers des drones professionnels est en pleine évolution, la réglementation doit continuellement s’adapter. Il y a donc souvent des amendements, les intéressés gagnent à bien se tenir au courant. Pour illustrer le point, Robert Goyette a signalé que dès le lendemain, il se rendait à Transport Canada pour prendre connaissance des détails d’une nouveauté importante : dorénavant, au lieu de porter sur une seule opération, le COAS sera bon pour un an.
drone des scènes difficiles à imaginer à partir du sol. De là-haut, il découvre des signes de problèmes : trous dans les champs, traces de compaction, manques ou surplus d’eau, effets d’infestations de ravageurs et de mauvaises herbes, stress dans les plants, etc. Plusieurs de ces signes n’auront pas de cause évidente; il faudra donc enquêter avec une paire de bottes. « Mon drone est un outil d’aide à la prise de décision » affirme-t-il. L’information que son drone lui fournit requiert un travail d’interprétation.
Textes rédigés par : JOHANNE VAN ROSSUM est agronome et productrice de grandes cultures à Sainte-Brigide d’Iberville. CÉLINE NORMANDIN est journaliste spécialisée en agriculture et économie. Elle collabore également au site leBulletin.com. NICOLAS MESLY est agroéconomiste et journaliste pigiste spécialisé dans les enjeux agroalimentaires. Il couvre les grandes cultures pour Le Bulletin. FRÉDÉRIC JEAN est journaliste et membre de la Société québécoise de la rédaction professionnelle.
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En vrac ou en boîte : Des équipements polyvalents pour manipuler les semences Chargeur de boîte Seed Pro : Permet de charger 2 (modèle 200) ou MD
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Ajustement en hauteur jusqu’à 60 po afin de remplir la majorité des planteurs et des semoirs.
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LAIT
PAR MARIE-JOSÉE PARENT
Optimiser son robot
Vous avez un robot de traite qui est au maximum de sa capacité. Vous avez l’occasion de produire un kilogramme de quota de plus. Est-ce possible avec ce même robot ?
Les vaches dominées profiteront d’une plus faible compétition entre les vaches.
«
Si j’étais un producteur laitier et que j’avais l’opportunité d’acheter un kilogramme de quota, mais que j’étais limité avec mon robot, je ferais tout pour être capable d’acheter et de produire ce quota », dit l’agronome Jack Rodenburg, consultant ontarien et propriétaire de l’entreprise Dairy Logix. Il conseille les
producteurs laitiers sur l’aménagement d’étables laitières. Nous l’avons rencontré dans le cadre du plus récent Symposium sur les bovins laitiers durant lequel il donnait une conférence sur les facteurs de réussite dans la traite robotisée. Jack Rodenburg est aussi un maître certifié Signes de vaches.
PHOTOS : MARIE-JOSÉE PARENT
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LAIT
DURÉE DE TRAITE « La première chose que je ferais, c’est de réduire le temps de traite, dit-il. Si nous sauvons une minute par vache, nous pouvons traire 12 % plus de vaches. » Le directeur des ventes du Québec pour Lely Canada, Guillaume Peeters abonde dans le même sens. « Une vache prend en général six à sept minutes au robot, dit-il. Une vache qui prend 14 à 17 minutes, c’est inacceptable. » Tout robot, peu importe la marque, donne l’information sur le temps passé dans l’équipement. La durée de traite devient alors un critère de réforme
des vaches. « Si une vache est lente à traire, sa fille risque de l’être aussi », explique Guillaume Peeters. Le plus difficile est alors de laisser ses sentiments de côté.
jour, une vache produisant 25 kg pourra être limitée à deux traites par jour avec un intervalle de 10 à 12 heures. Chaque fois qu’une vache se présente à la traite, il y a un temps de préparation qui est le même, peu importe la vache, en début, INTERVALLE DE TRAITE Il est possible de programmer le robot milieu ou fin de lactation. D’où l’imporpour un intervalle minimum entre tance de limiter le passage des vaches peu chaque traite. « En gérant les intervalles, productives. nous pouvons empêcher les vaches ayant une faible production de revenir souvent PROPRETÉ DU PIS au robot », explique Jack Rodenburg. Alors « Plus le pis est propre, moins le robot perd qu’une vache produisant 40 kg de lait par de temps pour trouver les trayons et se jour pourra se faire traire quatre fois par connecter », explique Guillaume Peeters.
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Les Équipements Adrien Phaneuf Granby La Durantaye Marieville Upton Victoriaville Garage Oscar Brochu La Guadeloupe Machineries Nordtrac Louiseville Saint-Roch-de-l’Achigan
F. Constantineau et Fils Mont-Laurier 32
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Centre Agricole Neuville Neuville Claude Joyal Napierville Saint-Denis-sur-Richelieu Saint-Guillaume
Centre Agricole Saguenay-Lac-Saint-Jean Saint-Bruno Service Agro-Mécanique Saint-Clément Saint-Pascal
Centre Agricole Nicolet Yamaska Nicolet
Services Agricoles de Beauce Sainte-Marie de Beauce
Machineries Horticoles d’Abitibi Poularies
Centre Agricole Saint-Maurice Saint-Maurice
Centre Agricole Bas-Saint-Laurent Rimouski
Machineries CH Wotton
Pour ajouter un deuxième robot, la ferme Cristallina a construit la boîte à robot à l’extérieur de l’étable.
Quand un robot ne suffit plus
En 2011, Michael Jeker et ses parents de la ferme Cristallina de Saint-Barthélémy, dans Lanaudière, décident d’installer un robot de traite en remplacement du salon de traite. En trayant les vaches trois fois par jour, le robot permet de traire moins de vaches, 60 au lieu de 70, avec le même quota, environ 70 kg. Plus de traites par vache par jour signifient plus de lait par vache par jour. La famille Jeker a toutefois fait le choix de conserver le salon de traite, ce qui leur permet d’acheter du quota. Ils sont montés jusqu’à 89 kg de quota avec ce seul robot. « C’est une question de fourrages, raconte Michael Jeker. Tout était parfait, mais ça n’a duré que trois semaines. » Rendus à ce niveau, ils ont dû rouvrir le salon de traite pour traire 10 vaches et songer à acheter un deuxième robot. Le nouveau robot installé au coût de 220 000 $, incluant l’agrandissement, a été mis en fonction le 16 septembre dernier. Michael Jeker évalue que dépassé un certain seuil, il n’est plus rentable d’ajouter des vaches. Le nombre de traites par vache par jour diminue, la qualité du lait diminue et la moyenne de production des vaches en première lactation est affectée. « Maintenant, je bats des records sur les premières lactations, explique-t-il. Ce sont elles qui profitent le plus du deuxième robot. C’est une question de compétition entre les vaches. » Michael Jeker prévoit reloger ses vaches taries, ce qui lui permettra d’avoir un total de 85 logettes. En démolissant la salle de traite, il pourra aménager quelques logettes supplémentaires. Actuellement, il trait 70 vaches et produit 93 kg de quota. La famille Jeker a opté pour des robots DeLaval en libre circulation. PHOTO : MICHAEL JEKER
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LAIT
Avant d’installer un deuxième robot, il est préférable d’évaluer les alternatives. À gauche : Peu importe la vache, le temps de préparation pour la traite est le même.
tème au maximum avant que le deuxième robot soit en marche. « J’ai un client qui trait actuellement 74 vaches pour un total de 90 kg de quota avec un robot, dit Jack TEMPS NON PRODUCTIF sieurs centaines de milliers de dollars. « Un Rodenberg. Il doit pousser 12 vaches retarUn robot ne peut pas traire 24 heures sur 24. conseiller en financement demandera sou- dataires au robot par jour. Mais il se prépare « Il faut prévoir 20 minutes de lavage deux vent à son client d’améliorer son efficacité pour un deuxième robot. » fois par jour », explique Jack Rodenburg. Il avant de consentir à un prêt », explique Jack faut aussi arrêter la traite pendant le ramas- Rodenburg. Une fois le prêt consenti, le sage du lait tous les deux jours, et pour le producteur devra aussi prévoir le temps de Marie-Josée Parent est agronome et journaliste. lavage du réservoir à lait qui en résulte. Jack planification et de conception de l’agran- Elle couvre les productions laitière, bovine, avicole et Rodenburg propose d’avoir un deuxième dissement, ce qui l’amènera à étirer le sys- porcine au Bulletin des agriculteurs. réservoir à lait pour limiter le temps perdu par cette étape. Il faut donc laver les pis sales, raser les poils et au besoin, couper une partie des poils au bout de la queue des vaches.
MÉCANIQUE DU ROBOT « Il n’y a pas beaucoup de temps à gagner avec la mécanique de la machine, mais c’est possible », dit Jack Rodenburg. Les compagnies de robotique raffinent constamment leurs machines, comme Boumatic avec son nouveau bras qui apporte maintenant deux gobelets à la fois et Lely avec la mise à jour du logiciel de son robot A4 le printemps dernier. Mais ces améliorations ne font sauver que quelques secondes… « Le changement le plus drastique qu’on peut faire, c’est de réformer les vaches longues à traire », insiste Guillaume Peeters.
AJOUT D’UN DEUXIÈME ROBOT Quand doit-on songer à installer un deuxième robot ? Cette étape implique souvent un projet de construction et des investissements majeurs. On parle alors de plu-
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Penser en litres et non en vaches
La vétérinaire Nancy Charlton, spécialiste en gestion des troupeaux laitiers chez DeLaval, insiste sur l’importance de parler de quantité de lait produit par jour par robot et non en nombre de vaches. « La capacité du robot est basée sur 21 heures d’utilisation par jour, soit 1260 minutes, à une moyenne de 7 minutes par traite, ce qui donne 180 traites par jour », dit-elle. Elle insiste sur l’importance d’avoir une bonne santé du troupeau pour avoir une bonne production laitière et s’assurer que les vaches se présenteront au robot. Certains producteurs américains produisent jusqu’à 3000 litres par jour avec 3,5 % de gras avec un robot, alors qu’au Canada, on parle davantage de 2500 litres pour 4 % de gras. C’est une question de politique laitière différente aux États-Unis et au Canada qui occasionne des objectifs d’élevage différents. Ce qui permet à certains producteurs d’atteindre de tels niveaux, c’est la gestion du troupeau et la régie alimentaire. Le confort de l’étable a aussi un grand impact. De plus, l’option d’ajouter le « trafic libre optimisé » chez DeLaval permet de produire plus de lait. Cette barrière permet de ramener au robot les vaches qui ne se sont pas fait traire depuis plus de 12 heures. Elle implique cependant que toutes les vaches apprennent à passer par cette porte intelligente chaque fois qu’elles vont manger. Quelque 50 % des nouvelles installations DeLaval incluent cette option. C’est une question de philosophie d’élevage. Signes de vaches et Lely ne recommandent pas une telle contrainte. Cette option est cependant très populaire aux États-Unis.
PORC
PAR MARIE-JOSÉE PARENT
La moulange à la ferme peut permettre de sauver beaucoup d’argent, à la condition d’avoir une bonne installation, bien entretenue.
Abaisser ses coûts A d’alimentation en 10 points L’alimentation des porcs est le principal frais d’exploitation. Sur quels points doit-on travailler pour diminuer cette charge financière ?
gronome pour Les Consultants Denis Champagne, Bruno Bélanger le constate : « Entre les 25 % meilleurs producteurs de porcs de type finisseurs et les 25 % inférieurs, la gestion des coûts d’alimentation, c’est ce qui fait la différence. » La raison est fort simple : l’alimentation est la dépense la plus importante d’une entreprise porcine, peu importe le type de production : naisseur-finisseur, naisseur ou engraisseur-finisseur. Cette dépense peut même représenter plus de 50 % des frais d’exploitation. Alors, que doit-on faire si l’on veut diminuer ce coût ? Bruno Bélanger a choisi un ordre de priorité qui pourrait varier selon l’entreprise. Toutefois, il faut rappeler que tout producteur qui excelle sur tous ces points met toutes les chances de son côté afin de faire partie du peloton de tête des entreprises porcines les mieux gérées.
PHOTOS : MARIE-JOSÉE PARENT
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PORC
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1 / SANTÉ Plus l’animal est en santé, plus il performera et plus sa conversion alimentaire, soit la quantité de moulée nécessaire pour produire un kilogramme de gain, sera basse. C’est ce qu’on recherche. Les pneumonies causées par différentes maladies, comme le SRRP ou l’influenza, créent des lésions aux poumons. En regardant le nombre d’animaux abattus ayant plus de 10 % ou moins de 10 % de lésions sur les lobes des poumons, ce qu’on appelle les lésions cranio-ventrales, on a une idée des performances de croissance et de conversion alimentaire. « C’est là qu’on voit que la santé a un impact sur le coût d’alimentation », précise Bruno Bélanger. Dans certaines régions, comme la Beauce, le nombre de lésions sur les poumons est souvent plus élevé qu’ailleurs en raison de la plus grande concentration d’entreprises porcines. Il faut donc que les producteurs en soient conscients. Ils doivent être très vigilants afin de garder une excellente santé des animaux.
2 / ACHATS SUR LES MARCHÉS À TERME
Un producteur peut mettre énormément d’énergie pour diminuer sa conversion L’ajout d’une phase de moulée apporte des alimentaire, mais l’achat judicieux et pla- économies importantes. Il faut avoir les installations en conséquence. nifié des grains aura souvent un impact En haut : L’ajustement des trémies permet plus rapide sur la réduction du coût d’ali- d’éviter le gaspillage tout en permettant une mentation. Pour cela, il faut se familiariser bonne consommation. avec les marchés à terme. Trop peu de producteurs les utilisent, estime l’agronome de récolte. La base corrige ce prix pour les Yve Desjardins, copropriétaire avec l’agro- variantes locales, comme le taux de change, nome Denis Champagne des Consultants le transport, le profit du marchand et la rareté locale. La bourse et la Denis Champagne. Ces deux base font donc varier le prix actionnaires sont aussi proquotidiennement. ducteurs de porcs afin de « Un porc mange environ mieux comprendre la réalité 285 kg de moulée. Si on réusde leurs clients. sit à diminuer le coût de la Le prix du grain, ou du moulée de 10 $ la tonne, nous porc, a deux composantes : économisons 2,85 $ par porc », le prix à la bourse et la base – explique Yve Desjardins. que trop de gens appellent la Pour un producteur qui « prime ». Le prix à la bourse Bruno Bélanger accorde vend 5000 porcs, c’est une est fixé à Chicago et il est le une grande importance à l’alimentation des porcs même pour tous les ache- parce qu’il y a de grandes économie de plus de 14 000 $. Comment y arriver ? En préteurs de la planète. Il varie économies à y faire. voyant les achats lorsque les en fonction de toute nouprix des grains sont « bas ». Le velle qui peut influencer les prix mondiaux, comme les stocks, ainsi principe est d’acheter moins cher que le que les prévisions d’ensemencement et prix spot ou le prix du jour. Le sujet néces-
siterait un article complet, mais l’important est de savoir que ça existe, que ça peut vous faire économiser énormément d’argent et qu’il y a des personnes pour vous aider à acquérir cette compétence. « Tout acheteur ou vendeur devrait suivre un cours sur la mise en marché des grains », conclut Yve Desjardins. Ces cours sont dispensés par l’ITA, campus Saint-Hyacinthe. Voilà un bon placement qui peut vous faire économiser beaucoup d’argent.
3 / GRANULOMÉTRIE Les producteurs qui achètent eux-mêmes leurs grains et fabriquent leur moulée à la ferme servent de la moulée en farine. La tentation est de fournir une moulée un peu grossière pour faciliter l’écoulement dans le silo. Cependant, une moulée grossière est moins bien assimilée par les porcs qui en rejettent une partie importante. Cela détériore la conversion alimentaire. Une moulée trop fine engendre des brûlures d’estomac. Il faut donc prendre grand soin de ses équipements pour avoir la
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arfaite mouture qui va à la fois assurer une p bonne conversion alimentaire et permettre un bon écoulement, tout en limitant les ulcères d’estomac. « C’est un aspect extrêmement important que les producteurs ont tendance à oublier », dit Bruno Bélanger.
4 / PRÉVOIR LES SILOS Les sous-produits, comme la drêche de maïs, peuvent faire économiser sur le coût de fabrication de la moulée. Pour cela, il faut avoir l’espace pour en stocker. Et puisque les sous-produits sont collants, il faut avoir un silo avec un agitateur intérieur pour aider le produit à couler. Outre la drêche de maïs, le soya trituré avec gras ou la fève de soya micronisée peuvent apporter une source de gras. L’encadré « La meunerie à la ferme idéale » donne une bonne idée des silos à prévoir, selon l’expérience de l’agronome-consultant Raphaël Pouliot. Une recette de moulée peut faire économiser jusqu’à 10 $ ou 15 $ la tonne.
5 / PHASES DE MOULÉE « Plus on a de phases de moulées, plus la moulée se rapproche des besoins de l’animal, explique Bruno Bélanger. Il en faut au moins trois en engraissement. Les porcs en début d’engraissement à 25 kg ont besoin d’une moulée plus riche alors que les porcs de 130 kg à la sortie reçoivent une moulée moins riche. La moulée plus riche coûte plus cher. Il y a des économies à faire en diminuant graduellement la richesse de la moulée. Avec trois types de moulées comparativement à deux pour la période d’engraissement, on économise entre 1,25 $ et 1,50 $ par porc. Ajouter une quatrième phase de moulée améliore l’économie, mais de 0,50 $ seulement. Il faut donc avoir un minimum de trois phases. Pour les petits troupeaux de types naisseurs-finisseurs, c’est plus difficile à réaliser parce qu’il y a des porcs de tous les âges dans l’engraissement. En tout plein-tout
vide, c’est beaucoup plus simple parce que les porcs ont tous le même âge et mangent tous la même moulée.
6 / TRÉMIES ET GASPILLAGE L’ajustement des trémies est important pour éviter le gaspillage. Avec la moulée en farine, surtout lorsqu’elle est trop grossière, c’est plus compliqué qu’avec la moulée cubée. La moulée en farine est plus grossière au début et plus farineuse à la fin. L’écoulement varie donc. Il faut ajuster les trémies quotidiennement, insiste Bruno Bélanger.
7 / RÉVISION DES RECETTES Lorsque les prix des ingrédients varient beaucoup, il est important de réviser la recette. Il faut toutefois faire attention aux préférences des porcs. Le blé et le maïs, ça n’a pas le même goût. Il faut donc incorporer le nouvel ingrédient graduellement. « C’est important de revoir la formulation,
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explique Raphaël Pouliot. Et même de demander un autre avis. Il y a trop de centaines de milliers de dollars là-dedans. »
8 / GÉNÉTIQUE
La meunerie à la ferme idéale
Selon l’agronome consultant Raphaël Pouliot, la meunerie à la ferme idéale a un silo de maïs pour l’entreposage de grands volumes reliés à un silo de maïs conique sur pattes. Le silo de tourteau de soya doit contenir au moins un chargement complet de camion (environ 33 tonnes) afin de diminuer les coûts de transport. La meunerie dispose aussi d’un réservoir à gras et de deux silos « fouets » de sous-produits dotés d’un débouleur (ou agitateur intérieur) pour faciliter l’écoulement de ces produits qui sont souvent collants. « La plupart de mes clients ont tout cela, explique Raphaël Pouliot. Je n’en ai aucun qui ont le minimum. » Raphaël Pouliot suggère aussi de s’installer pour l’ajout de micro-ingrédients plutôt que des prémélanges complets, ce qui offre plus de flexibilité pour changer les recettes rapidement. À tout cela, on doit bien sûr prévoir les silos pour les moulées finies.
D’une souche génétique à l’autre, il y a une amélioration du taux de conversion. Bruno Bélanger insiste sur ce point parce qu’il remet en question la tendance qu’ont eue certains producteurs, durant les années difficiles de 2006 et 2009, de prendre des femelles de leur engraissement comme source de remplacement de cochettes. « Ça a diminué les performances d’élevage », remarque-t-il. tester le grain avant le déchargement. « Les vendeurs connaissent ceux qui surveillent la qualité et ceux qui ne le font pas », dit-il. / QUALITÉ DES GRAINS Sur ce point, Bruno Bélanger ne parle pas seulement de mycotoxines, mais aussi de / RÉGIE ET CONDITIONS qualité à la livraison. « Les producteurs ne D’ÉLEVAGE sont pas nécessairement là lors de la livrai- Plusieurs conditions d’élevage affectent son », dit-il. Or, pour retourner un grain qui la consommation des porcs, comme la ne correspond pas à la commande, il faut consommation d’eau, la qualité de l’air
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ambiant, la température et la densité des animaux. Si vous suivez bien ce point et tous les autres énumérés dans cet article, vous mettez toutes les chances de votre côté pour avoir une entreprise profitable. Marie-Josée Parent est agronome et journaliste. Elle couvre les productions laitière, bovine, avicole et porcine au Bulletin des agriculteurs.
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PAR MARIE-JOSÉE PARENT
Bien-être au pâturage, vraiment ? L’ Selon la croyance populaire, il n’y a rien de mieux que de mettre les animaux au pâturage pour leur procurer du bien-être. Il y a pourtant une foule d’éléments qui, au contraire, créent du stress pour les animaux qui y sont.
agronome France Bélanger du bureau de renseignement agricole du MAPAQ à Montmagny a fait du bien-être au pâturage son leitmotiv. Son intérêt pour les pâturages a débuté il y a tout près de 25 ans. Comme enseignante à l’Institut de technologie agricole (ITA) à La Pocatière, elle expliquait à ses étudiants toute l’importance de bien observer les animaux et d’analyser leur comportement. Depuis 2011, elle a visité 75 entreprises bovines des régions Chaudière-Appalaches, Québec et Charlevoix dans le cadre du programme de Stratégie de soutien à l’adaptation des entreprises agricoles. Elle a colligé un grand nombre de constatations sur les éléments à éviter afin de procurer du bienêtre aux bovins aux pâturages.
PHOTOS : FRANCE BÉLANGER
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« On parle de pâturages en parlant de plantes, de hauteur de plantes et de rotations, mais je me suis rendu compte qu’en parlant de plantes et de mécanique des pâturages, on oublie que ce sont des animaux au pâturage, et ces animaux nous donnent des indices si la gestion est bonne ou non », explique France Bélanger. Selon elle, tout producteur doit développer le sens de l’observation. Et c’est précisément cette habileté qu’elle essaie de renforcer chez les éleveurs. Une visite effectuée par France Bélanger dure trois heures. Elle demande que le conseiller Bovi-Expert soit présent. Après tout, c’est lui qui assure le service-conseil de première ligne et il est important que tous, conseillers et producteurs, parlent le même langage. « Je cible une ou deux actions, les principaux points à améliorer », dit-elle. Elle avoue répéter souvent les mêmes explications durant la rencontre afin de s’assurer que le producteur ait bien assimilé ce qu’il doit faire pour améliorer sa gestion du troupeau au pâturage.
vaches dominantes ne sont pas les plus productives. À l’opposé, les vaches dominées sont souvent d’excellentes vaches qui méritent de pouvoir exprimer tout leur potentiel. Il ne faut pas hésiter à réformer une vache qui a trop mauvais caractère. La douceur est très importante dans un troupeau. Lorsque le taureau est avec les vaches, c’est lui le meneur. S’il est doux, le troupeau sera doux. « On ne s’en préoccupe pas assez », constate France Bélanger.
SITES D’ABREUVEMENT
La gestion de l’eau au pâturage est un point mal maîtrisé par plusieurs éleveurs. Trop souvent, France Bélanger voit des bassins sales. « Il ne faut pas désinfecter à l’eau de javel, car les vaches n’aiment pas le goût », dit-elle. L’agronome recommande plutôt de déloger la saleté à l’aide d’une brosse, comme celles que nous utilisons pour laver la cuvette. Aucun produit désinfectant n’est nécessaire. Une fois terminé, on accroche la brosse à côté du bassin. Ainsi, on aura toujours une brosse à portée de main lors d’une visite au pâturage. La vision d’un chemin dans l’herbe est COMPORTEMENT DES ANIMAUX France Bélanger insiste beaucoup sur mauvais signe. Il indique que les vaches l’observation du comportement des ani- doivent attendre en file indienne avant de maux. Quelles sont les vaches dominantes boire. Ceci est causé par un bassin d’abreuet quelles sont les vaches dominées ? Les vement trop petit. « Il devrait permettre à
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Les animaux nous le disent quand c’est le temps de les changer de parcelle.
trois ou quatre vaches de boire en même temps », dit France Bélanger. Un bassin localisé à la jonction de deux parcelles contigües n’est pas non plus une bonne chose. La clôture électrique juste au-dessus de l’eau occasionne des tensions parasites, ce qui réduit la consommation d’eau des animaux. « L’animal a peur d’aller boire », explique France Bélanger. Il arrive aussi que l’aménagement autour du bassin ne permette pas aux animaux d’être bien d’aplomb lorsqu’ils boivent. Ce sont tous des détails qu’il faut observer.
CHOIX DES PLANTES France Bélanger déconseille la fétuque, parce que les animaux ne l’aiment pas. « C’est la première plante que j’éliminerais parce qu’on n’a pas de problème d’eau », dit-elle. C’est une plante bien adaptée aux régions souffrant de sècheresse. Lorsqu’on la retrouve dans les pâturages, on note que les animaux ne broutent que la partie supérieure, alors que les plantes voisines sont mangées davantage. France Bélanger recommande le mélange mil et trèfle ladino. Le mil est une plante tendre et appétissante pour les animaux. « Ceux qui disent que le mil et le trèfle ladino ne fonc-
tionnent pas, c’est qu’ils font trop brouter », dit-elle. Lorsque le trèfle ladino fleurit, c’est le temps d’amener les animaux dans cette nouvelle parcelle. France Bélanger recommande fortement le chaulage. Un bon pH, c’est ce qui améliore la vie du sol et facilite la décomposition des bouses. « Morale : chaulez, dit-elle. C’est la problématique numéro un des pâturages. » Et pour que le trèfle ladino pousse bien, il faut chauler.
GESTION DES PARCELLES « Lorsqu’on tond la pelouse pour la première fois, c’est la date d’entrée au pâturage », explique France Bélanger. Dans sa région, cette date correspond au 20 mai environ. L’herbe pousse très vite à cette période. C’est pourquoi le printemps, le tiers des pâturages doivent être fau-
Lorsqu’on observe un chemin dans le pâturage, c’est que le point d’eau est trop petit. Les vaches dominantes boivent en premier et les autres attendent en file indienne. En bas : Cet abreuvoir fournissant de l’eau à deux parcelles est juste sous une clôture électrique. Les tensions parasites qui en découlent découragent les animaux à s’y abreuver.
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chés afin d’éviter d’avoir des plantes trop matures. Les animaux ne broutent pas les tiges de plantes matures. Attention aussi à la hauteur de l’herbe! « Si le foin est plus haut que les yeux, les animaux ne broutent que le haut de la plante », explique France Bélanger. C’est en raison de leur instinct de survie. Ils veulent voir venir le danger. Il en résulte une plus faible ingestion, donc moins de lait produit. Il y a des refus, du piétinement et de la pourriture. L’odeur est alors désagréable pour la vache, ce qui lui enlève le goût de manger. « Si vous entrez tôt au printemps, ça ne sentira pas mauvais », dit-elle. France Bélanger suggère aussi d’installer une clôture électrique à un mètre des arbres. « J’ai visité la Nouvelle-Zélande et là-bas, ils protègent les arbres », dit l’agronome. De cette façon, il n’y a pas de compaction du sol près de l’arbre et les racines sont fertilisées. En retour, l’arbre créera de l’ombrage lors des journées chaudes d’été.
Cette photo démontre bien la préférence des bovins en matière d’espèce. Alors que la fétuque est à peine broutée, le mil a été mangé en grandes quantités.
Les bovins devraient rester moins de cinq jours dans une parcelle. Après sept jours, les plantes intéressantes commencent à disparaître. Ils devraient ensuite y revenir 20 à 25 jours plus tard. Après 25 jours,
la parcelle ne gagne pas en volume, mais la plante devient mature, ce que les animaux n’aiment pas. « 40 jours de rotation, c’est beaucoup trop long », affirme France Bélanger. Par leur comportement, les animaux démontrent que c’est le temps de changer de parcelle. Si le troupeau meugle, c’est qu’il est plus que temps de les changer. France Bélanger insiste pour faire disparaître ce comportement. Sans quoi, ils se mettront à meugler pour tout. France Bélanger observe aussi la couleur des plantes et la façon qu’elles poussent. Une couleur trop pâle peut être un signe de mauvaise fertilisation. Quelles plantes sont mangées et en quelle proportion ? Voilà autant d’éléments à observer. Encore une fois, on revient à ce même mot clé : observation. Marie-Josée Parent est agronome et journaliste. Elle couvre les productions laitière, bovine, avicole et porcine au Bulletin des agriculteurs.
La cuisson, ça nous connait ! Dans la production bio comme dans la production traditionnelle, Soya Excel se démarque par la qualité constante de sa cuisson du grain. C’est ainsi que nous vous offrons un produit de première qualité chaque jour.
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INFOS / ÉLEVAGES
L’hypocalcémie sur la sellette L’hypocalcémie, ou la baisse du niveau de calcium sanguin à la suite du vêlage, est une maladie coûteuse pour l’industrie laitière. L’administration d’un bolus de calcium quelques heures avant le vêlage ou le lendemain améliore la productivité des vaches et réduit les risques de maladies métaboliques suivant le vêlage, selon le chercheur Gary Oetzel de l’Université de l’État du Wisconsin. Des chercheurs de l’Université Cornell de l’État de New York et de l’Université de Wisconsin-Madison ont étudié la question. Ils ont développé des modèles afin d’estimer
l’impact économique d’administrer ce supplément de calcium à des vaches de 2e lactation et plus. L’étude économique a porté sur les 30 premiers jours de lactation pour quatre groupes différents de vaches : des vaches ayant eu une très forte production à la lactation précédente, des vaches boiteuses, ces deux derniers groupes de vaches combinés et toutes les vaches du troupeau. L’impact économique en dollars américains par 1000 vêlages pour les quatre différents groupes de vaches était respectivement de 4425 $, 5812 $, 8313 $ et finalement 3065 $ pour
l’ensemble des vaches du troupeau au prix du lait américain. Plus les vaches étaient vieilles, plus l’impact économique était important avec un rapport-bénéfice sur les coûts de 6,5 pour 1 pour les plus âgées. L’administration d’un bolus de calcium aux vaches de plus d’une lactation avait un impact économique positif 80 % du temps. Il y aurait donc un bénéfice intéressant à utiliser cette approche préventive de l’hypocalcémie subclinique chez les vaches multipares. Parlez-en à votre vétérinaire qui saura vous guider dans la prévention de cette maladie. Source : Journal of Dairy Science
CONSÉQUENCES D’UNE ALIMENTATION SANS HORMONE Si tous les bouvillons ne recevaient plus d’hormone pour stimuler leur croissance, il faudrait 12 % plus de bovins, 11 % plus de nourriture pour animaux, 10 % plus de terres, 7 % plus de fertilisants, 8 % plus d’essence pour produire la même quantité de bœuf. En plus, ces animaux produiraient 10 % plus de fumier et de gaz à effets de serre. Finalement, le prix de détail augmenterait de 8 %. Voici les conclusions d’une étude publiée en 2012 par Capper et Hayes dans le Journal of Animal Science. Source : Canadian Cattleman PHOTO : ALAIN FOURNIER
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INFOS / ÉLEVAGES
LE SECRET DE L’ÉRADICATION DE LA DEP
Le 17 novembre dernier, l’Équipe québécoise de santé porcine (EQSP) annonçait que le dernier site porcin atteint par la diarrhée épidémique porcine (DEP) regagnait son statut négatif. Le Québec redevenait par le fait même exempt, un an après la déclaration d’un site infecté en Montérégie, le 6 novembre 2014. Voici comment l’EQSP explique cette victoire dans le communiqué : « Ce résultat impressionnant est le résultat de la concertation et de la collaboration exceptionnelle entre tous les acteurs de la filière porcine québécoise et marque un tournant dans la gestion de la santé porcine au Québec. » C’est la première fois que tous les acteurs de la filière se mobilisent pour éradiquer une maladie infectieuse porcine dans son territoire. Cependant, puisque la maladie est toujours présente chez nos voisins américains et ontariens, l’EQSP reste prudente. Une réinfection est toujours possible, d’autant plus que la saison hivernale est propice à la maladie. Le défi pour l’EQSP est donc de conserver le statut négatif sur son territoire. Pour cela, elle entend continuer la stratégie utilisée durant les derniers mois. Cette stratégie inclut : Des tests environnementaux sur une base régulière aux abattoirs et centres de rassemblement. Des vérifications sur l’état sanitaire des porcs avant l’achat. Des restrictions et/ou recommandations sur l’utilisation dans l’alimentation des porcs d’ingrédients protéiques de source porcine, de plasma bovin ou de grains en provenance de lieux contaminés. Source : EQSP
Des hamburgers pour des cochettes Les fillettes consommant de la viande de bouvillons recevant des hormones pour stimuler la croissance des bovins auraient une puberté plus tôt. Voilà l’un des arguments massue des adeptes du bœuf élevé sans hormone. Une équipe de chercheurs dirigée par James Magolski de l’Université de l’État du Dakota du Nord a voulu vérifier cette affirmation. Pour cela, ils ont choisi un groupe de cochettes prépubères. Le porc est reconnu comme un modèle fiable pour étudier l’alimentation chez l’humain. Ils ont donc servi quatre diètes différentes à 24 cochettes de deux mois d’âge. Le « groupe contrôle » a reçu une alimentation basée sur le tourteau de canola. Le canola contient peu de phytoestrogènes. Le « groupe tofu » recevait la ration contrôle et un burger de tofu. Le tofu est composé de soya qui contient beaucoup plus de phytoestrogènes que le tourteau de canola. Le « groupe implanté » a reçu la ration contrôle, plus un hamburger fait de bouvillons ayant reçu une dose de 100 mg d’acétate trenbolone et de 14 mg de benzoate d’estradiol. Le « groupe naturel » a reçu la ration contrôle en plus d’un hamburger composé de bœuf provenant de bouvillons
non implantés. Toutes les rations ont été équilibrées en protéines et en énergie. Les porcs ont été pesés toutes les deux semaines et des tests de sang ont été prélevés. Les porcs ont été abattus après la puberté et des mesures des organes reproducteurs ont été effectuées. Les chercheurs ont démontré que les activités estrogéniques étaient les mêmes dans toutes les diètes, sauf dans celle au tofu qui était 3,5 % plus élevée que les autres. Les niveaux d’estrogènes et de progestérone dans le sang étaient les mêmes, peu importe les diètes. Alors, comment expliquer que la diète au tofu contienne plus d’hormones que les autres diètes, mais que les cochettes n’en ont pas plus dans le sang que les cochettes des autres groupes ? Ceci serait dû au fait que les hormones sont brisées par l’acide gastrique ou les enzymes digestives. Les chercheurs ont aussi remarqué que les performances de croissance et les caractéristiques reproductives étaient les mêmes, peu importe la diète. Même chose pour l’âge à la puberté, la taille de l’utérus et des ovaires, ainsi que l’activité ovarienne. En résumé, les hormones dans le bœuf n’ont pas affecté les porcs. Source : Canadian Cattleman, novembre 2015
ALAIN FOURNIER est agronome, M.SC. et spécialiste en productions laitière et bovine. MARIE-JOSÉE PARENT est agronome et journaliste. Elle couvre les productions laitière, bovine, avicole et porcine au Bulletin.
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INFOS / BRANCHÉ INFOS / BRANCHÉ
COMMENT ASSURER UNE BONNE CONNECTIVITÉ INTERNET DANS NOS FERMES ?
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Wi-Fi réduira momentanément es installations agricoles son débit pour atteindre un client sont des environnements CONNECTIVITÉ INTERBÂTIMENTS trop loin. Si ce client est gourmand éprouvants pour la réseauET WI-FI DISTRIBUÉ (une caméra, par exemple) tous tique. Les recouvrements métalles autres clients (portables, téléliques des murs, les bâtiments phones intelligents, tablettes) en multiples et leurs distancements, payeront le prix. L’utilisation de les obstacles réfléchissants tels plusieurs antennes Wi-Fi est de que les silos rendent difficile une Wi-Fi mise pour couvrir les grandes surdistribution performante d’Internet. Wi-Fi Maison faces ou les endroits isolés, ainsi Une solution facile et bien Garage chacun connecte au maximum de connue pour distribuer Internet la capacité du réseau. est l’utilisation d’un réseau sans fil. Tout comme le réseau celluDéjà présent dans nos maisons laire vous suit dans vos déplapar l’entremise des fournisseurs cements, vos antennes Wi-Fi à de services, le Wi-Fi est un naturel Bâtiments agricoles la ferme doivent en faire autant. lorsqu’il s’agit d’étendre Internet à Wi-Fi Certains fournisseurs de produits la ferme. Encore faut-il savoir s’y et services offrent cette capacité prendre... à passer le signal Wi-Fi de votre Une panoplie de produits sans téléphone intelligent d’une anfil est proposée pour améliorer tenne à l’autre sans interruption. la performance et la couverture Informez-vous ! du service Wi-Fi à la maison. Wi-Fi Wi-Fi « Depuis l’installation d’un L’utilisation de répétitrices, d’amréseau distribué dans nos cinq plificateurs (booster) ou d’anbâtiments agricoles, nous avons tennes plus puissantes laisse miroiter une possible solution pour amener établissements agricoles les mêmes services partout un bon signal Wi-Fi. C’est important Internet à la ferme. Malheureusement, ils ne réseautiques de qualité retrouvés en grandes dans notre travail d’être mobile en restant sont pas gage de performance ni de qualité entreprises. Ajouté à une bonne méthode toujours connecté sur le Net pour nos apd’installation, il est tout à fait concevable d’at- plications cellulaires et nos courriels… », dit du signal Wi-Fi. En effet, l’utilisation de tels produits peut teindre le degré de performance souhaité Étienne Gauthier, de Fermes Belvache. L’introduction de cette technologie à la augmenter le potentiel d’interférences et de pour un réseau Wi-Fi. Entre autres, l’installation d’antennes inter- ferme a cependant un coût, calculez environ mauvaises connexions, causant ainsi une détérioration de la performance globale du bâtiments qui n’utilise pas Wi-Fi contribuera à 150 $ par antenne plus la quincaillerie et les maximiser la sécurité et la performance glo- frais d’installation. L’assistance d’un profesréseau. Par exemple, une caméra Wi-Fi connectée bale du réseau sans augmenter le potentiel sionnel est recommandée. Souvenez-vous que plusieurs antennes à un réseau mal distribué ralentira d’abord d’interférences ou le risque de congestion. L’utilisation de caméras filaires plutôt que Wi-Fi de faible puissance sont préférables à celui-ci, puis consommera l’ensemble de la bande passante en retransmission laissant Wi-Fi est aussi recommandée. Quoique pra- une seule pour livrer une couverture uniforme une image saccadée et des déconnexions tique de connecter « sans fil » une caméra et performante à votre entreprise. Bonnes réflexions ! multiples aux utilisateurs d’Internet. Le temps de surveillance, l’impact sur le réseau Wi-Fi des fils électriques raboutés est révolu et d’un tel appareil est important, sans compter qu’un fil électrique est quand même requis Internet rabouté l’est tout autant... Heureusement, certaines technolo- pour l’alimenter. JEAN-LOUIS DUPONT, diplômé en technologie « Diviser pour mieux régner » ou plutôt seg- par microprocesseur, est concepteur de solutions gies sans fil pour petites entreprises existent et permettent d’introduire dans les menter pour mieux performer. Une antenne technologiques et réseautiques depuis plus de 30 ans.
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Nous sommes tous à la même table. Tirez-vous une bûche!
THE REAL STORY OF AG
« Nous avons confiance en la salubrité des cultures que nous produisons et que nous consommons. Nous en sommes très fiers et d’ailleurs, nous ne vendrions jamais un aliment si nous n’étions pas nous-mêmes prêts à le manger. » – Katelyn Duncan (Saskatchewan)
« L’environnement naturel est essentiel pour les agriculteurs, car nous dépendons du sol et de l’eau pour produire de la nourriture et comme nous vivons aussi sur nos terres, il est primordial de protéger la nature de façon responsable. » – Doug Chorney (Manitoba)
« Le bien-être de mes animaux est prioritaire parce que si je ne me préoccupe pas de la qualité de vie de mes vaches, elles ne pourront pas fournir de bons produits! » – Andrew Campbell (Ontario)
Les produits alimentaires salubres, le bien-être des animaux, la viabilité de la terre : tous ces aspects tiennent profondément à cœur aux consommateurs quand ils choisissent leur nourriture. Et tous ces aspects sont tout aussi importants pour tous ceux qui œuvrent en agriculture, mais le grand public a parfois une autre impression. Et cela s’explique en grande partie par le fait que nous ne racontons pas toujours notre propre histoire, alors il arrive souvent que ce soit des gens qui ne font pas partie de l’industrie agricole qui s’expriment. Tout le monde devrait parler du parcours des aliments de la ferme à l’assiette, alors parlons-en tous ensemble! Visitez AgriculturePlusQueJamais.ca pour apprendre comment vous pouvez aider à améliorer les perceptions qu’ont les gens de l’agriculture canadienne afin qu’elles reflètent mieux la réalité.
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FRUITS ET LÉGUMES
PAR JULIE ROY
Jean Olsthoorn, producteur de canneberges à Drummondville.
Vente par Internet : un outil à ne pas négliger La vente de produits agroalimentaires par Internet est un phénomène bien présent en Europe. Au Canada, elle accuse du retard, mais selon les experts ce n’est qu’une question de temps avant qu’elle ne prenne son envolée. Un appel à ne pas manquer le bateau.
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ean Olsthoorn, propriétaire avec sa conjointe, Lucienne van Mil, des Jardins VMO, situés à Drummondville, vend par Internet depuis l’automne dernier. Ce qui l’a incité à faire le saut, c’est le manque de débouchés pour une entreprise de sa taille : ils vont récolter 11 ha en 2017, mais 5 ha seulement l’été prochain. « Nous sommes de petits producteurs de canneberges. Nous vendons par Internet nos canneberges déshydratées parce que nous n’avons pas une assez grande quantité pour fournir toutes les épiceries. »
PHOTO : JEAN OLSTHOORN
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FRUITS ET LÉGUMES
Le producteur avoue qu’il n’a aucune certitude quant à cette stratégie de vente. Toutefois, il croit au potentiel de cet outil pour autant qu’il soit intégré dans une démarche globale de marketing Web. « Le potentiel est là, c’est évident, mais la partie transactionnelle fait partie d’un ensemble. J’utilise mon site pour attirer les gens lors de l’autocueillette, je les informe au sujet de nos ballades gourmandes, etc. Bientôt, je vais traduire mon site en anglais pour élargir mes horizons. La partie achat en ligne est un ajout à tout cela, un service supplémentaire. » Christine Rivest a 31 ans, elle est productrice de fraises à la Ferme Guy Rivest à Rawdon. Lors du dernier Noël, elle a acheté ses cadeaux sur Internet. Elle n’est pas la seule à magasiner ainsi et la tendance ne semble pas s’inverser. Pour cette productrice, le secteur agroalimentaire ne fait pas exception et comme tous les autres produits, Internet fait partie de son avenir. Pour cette raison, la jeune femme a pris les devants sur bon nombre de ses collègues et offre, depuis cinq ans, la possibilité aux consommateurs de commander directement sur son site Internet. La plateforme de la Ferme Guy Rivest permet de vendre, mais aussi de promouvoir des nouveautés comme ici, les perles de fraises.
OPÉRATION SÉDUCTION L’idée de développer une plateforme transactionnelle a fait son chemin ? Vous êtes prêt ? Attention ! Emmanuelle Arès, consultante en communication et spécialisée en agronomie, rappelle qu’une bonne préparation est nécessaire à sa réussite. Première étape, qui souhaitez-vous rejoindre ? « C’est important de voir le potentiel d’achat et pour le savoir, il faut connaître ses clients potentiels. » Il vaut mieux alors débuter par une page Facebook ou un site Web qui permettra de collecter les informations nécessaires pour mieux cibler votre clientèle. « Il faut rédiger un plan marketing parce que les touristes gourmands et les amateurs de terroir n’ont pas les mêmes besoins ni le même budget. Le producteur a besoin de savoir l’âge, le sexe, le niveau de vie et l’origine de sa clientèle. Ensuite, quelles sont ses motivations d’achat (aubaine, simplicité, terroir) ? Combien de fois achète-t-il des produits du terroir ? Pourquoi acheter chez vous et non chez vos concurrents ? Il faut connaître tout cela pour savoir qui est son consommateur afin de mieux le séduire », allègue Emmanuelle Arès. Une fois que vous aurez analysé la situation, tant vos forces que vos faiblesses, il faut mettre en place la logistique. Quelle sera la façon de promouvoir votre service ? Quelles seront les politiques de retour ?
Christine Rivest est actionnaire de la Ferme Guy Rivest et elle est la quatrième génération à se joindre à la ferme.
Comment allez-vous livrer vos produits et surtout, quels seront les produits que vous allez vendre et à quel prix ? « L’infolettre est une bonne méthode de promotion. Les gens qui s’abonnent sont intéressés à votre entreprise alors donnez-leur de vos nouvelles, établissez une liste VIP et profitez-en pour toujours mettre un lien vers votre site », suggère Emmanuelle Arès. Étape suivante, la mise en place du site. Pour attirer la clientèle, ce dernier devra respecter quelques critères de base soit : être simple, facile, efficace et cohérent c’està-dire que si vous avez un logo, une image qui représente votre entreprise, elle devra se retrouver également sur votre site. Le choix des photos, la mise en page, tout doit être le plus harmonieux et le plus beau possible. « Les gens achètent avec les yeux et il n’est pas possible de leur faire goûter votre produit. Le visuel doit donc être impeccable », commente Alexis Cadieux-Gagnon, spécialiste en circuits courts au MAPAQ. Évidemment, très peu de personnes peuvent se prétendre spécialistes de la conception d’un site Web. Le choix de votre « web master » (la personne qui va concevoir et effectuer les mises à jour de votre site) est donc primordial. Christine Rivest a trouvé l’entreprise qui lui convient en faisant des recherches sur des sites concurrents. Elle a opté pour Liki. « Je voulais une entreprise que je pourrais joindre facilement avec un service en français et qui me donne de la latitude. Je ne veux pas avoir de permission à demander si je veux changer quelque chose. L’avantage de cette plateforme est que le calcul pour les frais de transport se fait automatiquement. » PHOTO : JULIE ROY, CHRISTINE RIVEST
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Lorsque votre protection est aussi bonne, il est facile d’avoir confiance. L’industrie de la pomme de terre peut être imprévisible, mais la protection de vos plantons n’a pas besoin de l’être. Le traitement pour plantons TitanMD EmestoMC est une formulation rouge, facile à appliquer et facile à voir. Il procure une protection contre le plus vaste spectre d’insectes qui soit, y compris le doryphore de la pomme de terre, et contre toutes les principales maladies transmises par les semences, notamment la rhizoctonie, la gale argentée et le fusarium, même les souches actuellement résistantes. Mais ne faites pas que nous croire sur parole. Les producteurs de pommes de terre canadiens font déjà confiance à Titan Emesto.
Écoutez leurs histoires à TitanEmesto.ca
cropscience.bayer.ca, 1 888 283-6847 ou communiquer avec votre représentant Bayer. Toujours lire et suivre les instructions sur l’étiquette. EmestoMC et TitanMD sont des marques de commerce du Bayer Global. Bayer CropScience Inc. est membre de CropLife Canada.
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CONFIANCE.
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lité si la quantité livrée est moindre que ce qui avait été prévu », souligne le cybercommerçant. Si Terroirs Québec dispose d’un inventaire, il n’en est rien pour Provender. C’est le producteur lui-même qui se charge de la livraison. Le système coopératif est un autre modèle que l’on retrouve fréquemment sur Internet. La Coopérative La Mauve a fait le virage numérique il y a 13 ans et propose 600 produits en provenance de 40 producteurs. L’entreprise fonctionne selon le principe de paniers et a établi des règles pour la livraison. « Les gens commandent par Internet et vont chercher leurs produits à un point de dépôt », souligne Marie Lacasse, coordonnatrice de la Coopérative. La formule est appréciée des 250 abonnés puisqu’elle permet un plus grand choix de produits à mettre dans son panier.
Concernant le choix du professionnel qui va vous accompagner dans cette démarche, Emmanuelle Arès insiste sur l’importance de trouver quelqu’un qui possède une bonne expérience du référencement, c’est-àdire les mots clés qui vont permettre de vous trouver sur la toile. « Cela ne sert à rien d’avoir un site, si on ne vous trouve pas. Il faut penser aux mots que vont écrire les gens s’ils cherchent une entreprise vendant des fraises, par exemple. Plusieurs organisations, dont le MAPAQ et la Banque de développement du Canada, peuvent vous orienter dans vos recherches.
SE RÉUNIR POUR UNE PLUS GRANDE OFFRE S’il y a plusieurs avantages à faire cavalier seul, il n’en demeure pas moins que s’investir dans le Web demande beaucoup de temps et une bonne dose de patience. « Vendre par Internet est la même chose qu’avoir une seconde boutique », explique Emmanuelle Arès. Pour ceux qui ne souhaitent pas se compliquer la vie avec ce type de gestion, mais tout de même vendre sur Internet, il existe une multitude de plateformes collectives. Pour maximiser leurs chances d’aller chercher un autre type de clientèle, Jean Olsthoorn et Christine Rivest ont, en plus de leur propre site transactionnel, décidé de faire affaire avec Terroirs Québec. Mis en ligne il y a dix ans et propriété de Cédric Fontaine, le principe de Terroirs Québec est simple. Le cybercommerçant achète plus de 400 produits auprès de 80 producteurs qu’il paie au prix du distributeur. « Mon premier critère est la simplicité du produit. Je ne veux pas une liste infinie d’ingrédients. Ensuite, je m’assure de ne pas avoir de produits en concurrence les uns avec les autres. L’avantage pour les agriculteurs, c’est qu’ils peuvent vendre plus de produits. Ils obtiennent aussi de la visibilité
Adresses des sites transactionnels Terroirs Québec : terroirsquebec.com Provender : provender.com Coopérative La Mauve : lamauve.com
EN ATTENDANT L’ELDORADO Les consommateurs achètent en moyenne 75 $ chez Terroirs Québec et la majorité est des femmes de 25 à 45 ans. Ici, une image de l’entrepôt où sont conservés les produits commandés.
puisque nous plaçons un lien vers leur site Web », note Cédric Fontaine. Cette manière de faire semble profitable puisque depuis sa création, le jeune entrepreneur a vu les ventes de son site augmenter en moyenne de 20 % par année et qu’un partenariat est en route avec nul autre qu’Amazon. Provender est un autre site qui connaît beaucoup de succès. Il compte près de 850 producteurs et uniquement l’an passé, il a permis la vente de 100 tonnes de légumes frais. Sa clientèle est toutefois différente de Terroir Québec puisqu’elle est axée sur les restaurants et l’institutionnel et qu’elle ne se concentre pas uniquement sur les produits transformés. Caithrin Rintoul, président de Provender, explique que sa plateforme permet de réduire les risques pour les producteurs. « Les restaurateurs commandent à l’avance. Cela permet aux agriculteurs de prévoir ce qu’ils vont cultiver. Une fois la commande passée, impossible de changer d’idée. Nous sommes conscients toutefois que la nature peut jouer des tours. Alors, il n’y a pas de péna-
Christine Rivest le confirme, non, elle ne vend pas des millions par Internet. « J’investis tous les ans environ 500 $ pour faire fonctionner mon site transactionnel et j’estime mes ventes à 2000 $ par an. Ce n’est pas avec ça que je vais vivre », raconte la jeune femme. Internet n’est donc pas encore un eldorado, mais elle croit qu’elle pourrait augmenter substantiellement ses ventes si elle pouvait vendre son alcool. « Nous produisons du vin de fraise depuis 20 ans, mais nous ne pouvons pas le vendre sur Internet. C’est certain qu’ouvrir cette porte, nous donnerait un bon avantage et augmenterait nos ventes. » Si les ventes ne sont pas encore faramineuses, l’entrepreneure ne compte pas pour autant renoncer à la vente par Internet, surtout qu’elle y voit d’autres avantages. « Nous répondons à une demande de nos clients que nous fidélisons. Les gens visitent le site transactionnel, comparent avec d’autres produits vus ailleurs et nous gardent en tête. C’est une visibilité incroyable. Tout cela n’est pas quantifiable, mais il y a un retour sur l’investissement c’est certain », dit-elle. Julie Roy est journaliste pigiste spécialisée en agroalimentaire. Elle est responsable de la section Fruits et légumes du Bulletin des agriculteurs. PHOTO : CÉDRIC FONTAINE
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MIEUX VIVRE
PAR PIERRETTE DESROSIERS
ÊTES-VOUS RÉSILIENT ? « La résilience, c’est l’art de naviguer dans les torrents. » – Boris Cyrulnik
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ous connaissons tous des gens qui, malgré leur lot d’épreuves parfois quasi insurmontables, réussissent à maintenir un équilibre. Ils semblent même plus forts que bon nombre d’entre nous. On se dit parfois : « mais comment fait-il pour arriver à être heureux, malgré ce qui lui arrive ? Moi, j’en serais incapable ». Ce terme provenant d’abord de la physique se définit comme l’aptitude d’un corps à résister aux chocs et à reprendre sa structure initiale. Popularisé par le célèbre neuropsychiatre et psychanalyste, Boris Cyrulnik, ce terme est maintenant adapté aux capacités d’un individu à surmonter les épreuves de l’existence et à se développer en dépit de l’adversité. Être résilient consiste donc à se servir de ses difficultés pour rebondir encore plus haut et plus loin, puis en ressortir plus fort et grandi.
QUE FONT LES GENS RÉSILIENTS ET COMMENT PEUT-ON L’EXPLIQUER ? Pour plusieurs experts, cette aptitude de résilience passerait par 4 différentes phases. 1 / Refus de la victimisation : une personne résiliente refuse d’être condamnée au malheur, malgré son passé. Elle ne se positionne pas en victime. 2 / Rêve et défi : la personne veut s’en sortir et ose rêver d’un futur meilleur, malgré les difficultés présentes ou à venir. 3 / Légère présence de déni : la personne se crée un personnage fort ; elle veut se faire voir comme telle par son entourage et refuse la pitié des autres, malgré une possible fragilité. 4 / Humour : tendance à l’autodérision face aux difficultés. Pensons seulement à ces personnes qui font de l’humour avec leur handicap ou à la suite d’une faillite, par exemple.
VIENT-ON AU MONDE RÉSILIENT ? Une part de la résilience s’explique par la génétique. Certains sont nés plus robustes psychologiquement et/ou physiquement. Un environnement familial solide favorisera de plus l’émergence de la résilience. Par exemple, l’enfant qui a très tôt pu établir un lien solide avec une personne significative, un foyer relativement stable et chaleureux, etc. Toute notre vie, nous aurons à affronter l’adversité. En agriculture, nous avons certes besoin de leaders résilients.
COMMENT PARVIENT-ON À DÉVELOPPER NOTRE RÉSILIENCE EN TANT QUE LEADER ? Continuez d’apprendre : les tops résilients investissent dans leur développement personnel et professionnel. Arrêtez de chercher des coupables et tentez plutôt de trouver des solutions. Prenez le temps de vous ressourcer et de réfléchir à votre trajectoire. Rencontrez des gens résilients et tentez
de vous en inspirer. Comment pensentils ? Quelles sont leurs valeurs, leurs croyances, leurs habitudes ? Examinez vos propres croyances et habitudes : ne conservez que celles qui vous aident à traverser les épreuves et débarrassez-vous des autres qui vous nuisent. Lorsque vous adoptez un comportement de victime, reconnaissez-le. Demandez-vous ensuite ce que vous pouvez faire maintenant pour mieux faire face à cette situation. Regardez en avant : être optimiste est aussi une question de choix. Rappelez-vous que vous ne pouvez changer ce qui s’est produit, mais que vous pouvez toutefois modifier votre attitude face à cet évènement. Reconnaissez ce qu’il vous en coûte de ne pas lâcher prise sur le passé. Demandez-vous quelles leçons vous pouvez tirer de vos épreuves, quelles sont les qualités que vous avez développées à cause de celles-ci, en quoi êtes-vous plus fort ? Soyez un modèle. Quelles leçons pouvez-vous enseigner à vos enfants à travers cette épreuve ?
La résilience est une pratique de l’esprit. Elle se construit et se développe par la réflexion, ainsi que par l’action concrète et consciente.
Pierrette Desrosiers est psychologue du travail, M. PS. et coach spécialisée dans le milieu agricole. Elle est également conférencière et auteure de trois livres. / pierrettedesrosiers.com
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C’EST NOUVEAU C’EST NOUVEAU
Pulvérisateur compact chez Kuhn
Tracteur télescopique Compact chez Faresin Le chariot télescopique 9.30 Compact permet de soulever jusqu’à trois tonnes et porte les charges jusqu’à une hauteur de 9 m. Il complète ainsi l’offre composée des modèles 6.30 et 7.30. Il est équipé d’un bloc Deutz de 101 ch ou 122 ch Tier 3B. Cet engin présente un rayon de braquage de 3,9 m. Sa transmission hydrostatique ou à variation continue Variable power system (VPS) permet d’atteindre la vitesse maximale de 40 km/h. Le Faresin 9.30 peut être équipé d’une prise de force et d’un relevage arrière en option. Il mesure 4,68 m de long, 2,11 m de large, puis de 2,21 m à 2,30 m de haut. faresindustries.com
Le Lexis de Kuhn est un pulvérisateur traîné compact qui a été présenté en avant-première à Agritechnica. Seul un modèle de 3000 litres a été annoncé pour le moment. Kuhn a travaillé à rendre son pulvérisateur le plus simple possible en intégrant seulement deux vannes principales. De nombreux espaces de rangement permettent de se protéger sans s’encombrer. Le panneau centralisé regroupe les filtres et les pompes pour faciliter l’entretien. Les rampes repliables en aluminium MEA2 et MTA2 permettent de pulvériser sur des largeurs de 18 m à 24 m. Deux types de suspension de rampe sont disponibles avec ce modèle, la Trapezia ou l’Equilibra. Le Lexis intègre aussi les différents boîtiers de régulation DPAE RPB, Reb3 et Visioreb de Kuhn.
kuhn-canada.com
McHale dévoile sa faucheuse Pro Glide
Un cueilleur rotatif de 10 rangs chez Kemper La firme allemande Kemper complète sa gamme pour ensileuses automotrices en intégrant le modèle 475plus. Le bec offre une largeur de travail de 7,5 m, soit 10 rangs espacés de 75 cm et un gabarit de transport de 3,3 m. Adapté au maïs-ensilage, ce cueilleur possède de grands tambours afin de faciliter le flux de récolte. Les disques d’extrémités tournent par paire pour acheminer le rang extérieur directement dans le bec. Comme les autres modèles de la série 400, le nouveau 475plus intègre un capteur de guidage ainsi que des débourreurs vissés et facilement interchangeables. kemper-stadtlohn.de/fr/home/societe.html
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Composée de trois modèles, la gamme comprend la faucheuse frontale Pro Glide F3100, la R3100 en faucheuse arrière et la combinaison tripe de B9000. Toutes les faucheuses sont équipées de barres de coupe de 3 m, de conditionneur à dents et un certain nombre de nouvelles caractéristiques qui conduisent à une meilleure capacité de suivi du terrain et un temps de réaction rapide aux changements dans les conditions du sol. McHale a développé un système d’adaptation au sol breveté avec trois particularités de suivi de contour offrant un mouvement de gauche à droite et d’avant en arrière. Pour sa faucheuse frontale, l’équipe d’ingénierie du fabricant a conçu le châssis pour placer le centre de gravité le plus près possible du tracteur, augmentant ainsi la réactivité aux conditions du sol. mchale.net
Nouveau look pour Challenger
Consoles Ag Leader
Arborant un nouveau look, le nouveau tracteur ne comporte pourtant pas de changement notable. La série intègre trois modèles de 500 ch à 600 ch pour le MT900E et quatre modèles échelonnés de 494 ch à 640 ch pour le MT800E. En cabine, les changements sont au point de vue de la climatisation plus performante ainsi qu’une barre de fixation latérale ajustable permettant d’intégrer des écrans de guidage ou de commande et des outils alimentés par les prises électriques 12 V. Un téléphone intelligent ou lecteur MP3 pourront être connectés par une liaison Bluetooth au poste Delphi. Les sièges Air Ride Deluxe VRS sont proposés en option sur les MT845E et MT855E. Le nouveau capot plus agressif est ajouré de façon à mieux canaliser le flux d’air et à optimiser le refroidissement du 12 cylindres AGCO Power de 16,8 litres Tier IV Final. Il évolue au point de vue des soupapes d’admission et d’échappement, utilisant désormais des poussoirs hydrauliques. Les MT800E sont proposés avec des chenilles de 698 mm, 762 mm et 914 mm ou dans une version renforcée « Extreme Ag » de 457 mm ou 746 mm. challenger-ag.us
Ag Leader lance ses nouvelles consoles de la famille InCommand. La nouvelle plateforme se compare à l’utilisation d’une tablette électronique. Ces consoles de 8 po ou 12 po ont toutes un émetteur Wi-Fi intégré permettant de synchroniser vos données avec un iPad et de visualiser celles-ci rapidement et simplement à la fin de votre journée de travail. L’écran d’utilisation peut être divisé en deux pour garder un œil sur des éléments critiques de l’opération ou ajouter jusqu’à quatre caméras. Les nouvelles consoles InCommand d’Ag Leader sont disponibles chez Innotag. innotag.com
Kongskilde : récolter des Groupe Anderson agrandit pierres de 50 cm ses installations La Stonebear II accroît sa capacité de récolter de 30 % par rapport à sa précédente génération. Le nouveau pick-up à dents VTH renforcé de 6,2 m s’adjoint d’une trémie de 1,8 m3 à 2,4 m3 d’une capacité de 3 à 5 tonnes qui bascule à une hauteur maximale de 3 m. Kongskilde indique une superficie de travail jusqu’à 2 ha par heure à 6 km/h. La Stonebear II peut récolter des pierres d’un diamètre maximal de 50 cm, soit approximativement de la taille d’un ballon de basketball. kongskilde.com PUBLICITÉ
L’entreprise a investi 5 millions de dollars dans l’agrandissement de ses installations chestervilloises. Les investissements permettront l’ajout de 5000 m2 au bâtiment. Environ 60 % des ventes du Groupe Anderson sont exportées aux États-Unis, 25 % au Canada et 15 % sur les autres continents. L’agrandissement permettra notamment de repositionner le département de la peinture des pièces. De plus, l’ajout de cette superficie permettra d’accroître la production et l’ajout de nouveaux produits dès le printemps prochain. grpanderson.com
EXPANSION POUR LE GROUPE SYMAC
Au cours des trois dernières années, le Groupe Symac a connu une forte expansion avec l’acquisition de plusieurs nouveaux centres de machineries agricoles. Cette croissance lui a donc permis d’étendre ses activités sur de nouveaux territoires en plus d’acquérir de nouvelles marques exclusives, comme Challenger et Gleaner. Cette évolution rapide de l’entreprise a toutefois nécessité un ajustement tout aussi rapide de la part de ses employés et de ses structures. Afin de refléter cette nouvelle réalité, le Groupe Symac a enclenché un processus d’évolution de sa marque. D’ailleurs, la nouvelle signature visuelle de l’entreprise a été présentée au Salon de l’agriculture. Ce nouveau positionnement et cette nouvelle image de marque viennent créer une continuité avec ce qui a été fait dans les dernières années par l’équipe en place, tout en positionnant l’entreprise comme un joueur majeur de l’industrie pour les années à venir. groupesymac.com
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MASSEY FERGUSON FIER PARTENAIRE DE VOTRE RÉUSSITE EN 2016
L’atteinte de vos objectifs repose bien sûr sur l’effort que vous y mettez. Mais sans un équipement fiable et réputé ainsi qu’un réseau de concessionnaires dévoués, certains de vos plans pourraient être compromis. Depuis de nombreuses décennies, Massey Ferguson offre des équipements de qualité à la fine pointe de la technologie qui ne vous laisseront pas tomber. Venez nous parler de vos projets, petits ou grands, et nous vous aideront à trouver le meilleur équipement pour les réaliser.
Passez chez votre concessionnaire ou visitez MasseyFerguson.com Agritibi R.H. Amos | 819 732-6296 Saint-André-Avellin | 819 983-2124 Alcide Ouellet & Fils Cacouna | 418 862-0541 Saint-Cyprien | 418 963-2647 Champoux Machineries Warwick | 819 358-2217 Équipements Guillet Sabrevois | 450 346-6663 Équipements Séguin & Frères Saint-Clet | 450 456-3358
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Machinerie JNG Thériault Amqui | 418 629-2521
Groupe Symac Napierville | 450 245-7499 Normandin | 418 274-4568 Parisville | 819 292-2000 Pont-Rouge | 418 873-8628 Rougemont | 450 469-2370 Saint-Bruno | 418 343-2033 Saint-Denis | 450 787-2812 Saint-Hyacinthe | 450 799-5571
Machineries Nordtrac Louiseville | 819 228-4848 Saint-Barthélemy | 450 885-3202 Saint-Roch-de-l’Achigan | 450 588-2055
Les Équipements Yvon Rivard Mirabel | 450 818-6437
Service Agricole de l’Estrie Coaticook | 819 849-4465 Service Agricole de Beauce Saint-Georges | 418 221-7022 Sainte-Marie | 418 387-3814
MASSEY FERGUSON est une marque mondiale d’AGCO. ©2015 AGCO Corporation, 4205, River Green Parkway, Duluth, GA 30096 (877) 525-4384.
MÉTÉO / FÉVRIER 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29
NORMALE
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PARTIELLEMENT NUAGEUX
ABITIBI-TÉMISCAMINGUE Températures près de la normale. Précipitations supérieures à la normale. Ciel nuageux et averses de neige passagères les 1er et 2. Période relativement sèche avec mélange de soleil, de nuages et de neige légère du 3 au 8. Nuages et neige du 9 au 11. Ciel nuageux et neige légère le 12. Nuages et neige du 13 au 17. Ciel partiellement nuageux avec averses les 18 et 19. Période nuageuse avec averses fréquentes de neige du 20 au 28. Ciel partiellement nuageux le 29. SAGUENAY–LAC-SAINT-JEAN Températures près de la normale. Précipitations supérieures à la normale. Ciel nuageux et averses de neige passagères les 1er et 2. Période relativement sèche avec mélange de soleil, de nuages et de neige légère du 3 au 8. Nuages et neige du 9 au 11. Ciel nuageux et neige légère le 12. Nuages et neige du 13 au 17. Ciel
PLUIE
AVERSE
NEIGE
ACCUMULATION FROID
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GASPÉSIE ET NOUVEAU-BRUNSWICK Températures et précipitations inférieures à la normale. Ciel nuageux et averses de neige passagères le 1er. Période relativement sèche avec un mélange de soleil et de nuages, toute neige devrait être légère du 2 au 8. Nuages et neige du 9 au 11. Nuages et neige légère le 12. Ciel nuageux et averses de neige du 13 au 18. Ciel partiellement nuageux avec averses les 19 et 20. Période nuageuse avec averses fréquentes de neige du 21 au 27. Ciel partiellement nuageux les 28 et 29.
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Avis aux producteurs sur l’utilisation responsable des caractères
64 / JANVIER 2016 / LBDA /
Monsanto Company est membre du groupe Excellence Through StewardshipMD (ETS). Les produits de Monsanto sont commercialisés conformément aux normes de mise en marché responsable de l’ETS et à la politique de Monsanto pour la commercialisation des produits végétaux issus de la biotechnologie dans les cultures de base. L’importation des produits commercialisés a été approuvée dans les principaux marchés d’exportation dotés de systèmes de réglementation compétents. Toute récolte ou matière obtenue à partir de ce produit ne peut être exportée, utilisée, transformée ou vendue que dans les pays où toutes les approbations réglementaires nécessaires ont été accordées. Il est illégal, en vertu des lois nationales et internationales, d’exporter des produits contenant des caractères issus de la biotechnologie dans un pays où l’importation de telles marchandises n’est pas permise. Les producteurs devraient communiquer avec leur négociant en grains ou acheteur de produit pour confirmer la politique de ces derniers relativement à l’achat de ce produit. Excellence Through StewardshipMD est une marque déposée de Excellence Through Stewardship. VEUILLEZ TOUJOURS LIRE ET SUIVRE LES DIRECTIVES DES ÉTIQUETTES DES PESTICIDES. Les cultures Roundup ReadyMD possèdent des gènes qui leur confèrent une tolérance au glyphosate, l’ingrédient actif des herbicides RoundupMD pour usage agricole. Les herbicides RoundupMD pour usage agricole détruiront les cultures qui ne tolèrent pas le glyphosate. La technologie de traitement de semences AcceleronMD pour le canola contient les matières actives difénoconazole, métalaxyl (isomères M et S), fludioxonil et thiaméthoxam. La technologie du traitement de semences AcceleronMD pour le canola plus VibranceMD est une combinaison de deux produits distincts homologués individuellement qui, ensemble, contiennent les matières actives difénoconazole, métalaxyl (isomères M et S), fludioxonil, thiaméthoxam et sedaxane. La technologie du traitement de semences AcceleronMD pour le maïs (fongicides et insecticide) est une combinaison de quatre produits distincts homologués individuellement qui, ensemble, contiennent les matières actives métalaxyl, trifloxystrobine, ipconazole et clothianidine. La technologie du traitement de semences AcceleronMD pour le maïs (fongicides seulement) est une combinaison de trois produits distincts homologués individuellement qui, ensemble, contiennent les matières actives métalaxyl, trifloxystrobine et ipconazole. La technologie du traitement de semences AcceleronMD pour le maïs avec PonchoMD/VoTivoMC (fongicides, insecticide et nématicide) est une combinaison de cinq produits distincts homologués individuellement qui, ensemble, contiennent les matières actives métalaxyl, trifloxystrobine, ipconazole, clothianidine et la souche Bacillus firmus I-1582. La technologie du traitement de semences AcceleronMD pour le soya (fongicides et insecticide) est une combinaison de quatre produits distincts homologués individuellement qui, ensemble, contiennent les matières actives fluxapyroxad, pyraclostrobine, métalaxyl et imidaclopride. La technologie du traitement de semences AcceleronMD pour le soya (fongicides seulement) est une combinaison de trois produits distincts homologués individuellement qui, ensemble, contiennent les matières actives fluxapyroxad, pyraclostrobine et métalaxyl. Acceleron et le logoMD, AcceleronMD, DEKALB et le logoMD, DEKALBMD, Genuity et le logoMD, GenuityMD, JumpStartMD, Refuge Intégral et le logoMD, Refuge IntégralMD, Roundup Ready 2 Technologie et le logoMC, Roundup Ready 2 RendementMD, Roundup ReadyMD, Roundup TransorbMD, Roundup WeatherMAXMD, RoundupMD, SmartStax et le logoMD, SmartStaxMD, TransorbMD, VT Double PROMD et VT Triple PROMD sont des marques de commerce de Monsanto Technology LLC. Utilisation sous licence. VibranceMD et FortenzaMD sont des marques déposées d’une société du groupe Syngenta. LibertyLinkMD et le logo de la goutte d’eau sont des marques de commerce de Bayer. Utilisation sous licence. HerculexMD est une marque déposée de Dow AgroSciences LLC. Utilisation sous licence. PonchoMD et VotivoMC sont des marques de commerce de Bayer. Utilisation sous licence. Toutes les autres marques de commerce appartiennent à leur titulaire respectif.
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