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Lebulletin Novembre 2015

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6,95$ – POSTE-PUBLICATION – CONVENTION 40069240

CULTURE cartes de rendement sous-utilisées | LAIT étable automatisée | GUIDE SOYA 2016

NOVEMBRE 2015

Objectif 4 t/ha L A RÉFÉRENCE EN NOUVELLES TECHNOLOGIES DEPUIS 1918


Il y a maintenant près de vingt ans que nous traçons une voie que la concurrence s’empresse d’essayer d’emprunter. Mais dans leur hâte de suivre nos traces, plusieurs détails leur ont échappé. Et tout particulièrement notre essieu exclusif à cinq essieux qui donne à nos tracteurs SteigerMD Quadtrac,MD Steiger RowtracMC et MagnumMC Rowtrac un roulement plus doux et une puissance supérieure, tout en réduisant les sillons et le compactage du sol. C’est un avantage d’opter pour un original plutôt que pour une imitation. Pour en savoir plus : caseih.com/tracks.

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©2015 CNH Industrial America LLC. Tous droits réservés. Case IH est une marque déposée utilisée sous licence ou appartenant à CNH Industrial N.V., ses succursales ou ses filiales aux États-Unis et dans de nombreux autres pays. www.caseih.com

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SOMMAIRE

VOLUME 98 NUMÉRO 10

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EN COUVERTURE

35 La santé, aussi une affaire de sélection génétique

Les producteurs Marcel et Eric Marleau ont plusieurs pistes pour percer les mystères du soya et augmenter les rendements. Atteindront-ils leur objectif ?

La prévention des maladies chez les vaches laitières est d’une importance capitale pour la rentabilité de votre entreprise. L’une des solutions : la sélection de sujets plus résistants aux infections et problèmes de santé.

10 Soya : viser 4 t/ha

15 Cartes de rendement, un outil négligé ! Conçues à partir des données recueillies par des capteurs installés sur les moissonneuses-batteuses, les cartes de rendement peuvent propulser les producteurs dans l’agriculture de précision. Mais cet outil est négligé. Et pas seulement au Québec.

19 Combien louer votre terre ou celle de votre voisin ? Au Québec, les producteurs agricoles louent entre 20 % et 50 % de leurs terres cultivées, selon qu’ils produisent du lait ou des grandes cultures. Mais comment déterminer un juste prix tant pour un propriétaire que pour un locataire ?

SOYA

2016

ÉLEVAGES

39 Une étable de plus en plus automatisée Caméra pour évaluer l’état corporel des vaches, robot d’alimentation, repoussealiment, compteur optique de cellules somatiques… Les nouveautés ne manquent pas chez DeLaval qui mise de plus en plus sur l’automatisation des opérations dans les étables laitières.

FRUITS ET LÉGUMES

43 Le paillis : plastique ou biodégradable

DOSSIER SANTÉ ANIMALE

Le paillis biodégradable existe depuis plus de dix ans, mais son utilisation se fait attendre. Les producteurs lui préfèrent encore le traditionnel paillis de plastique. L’évolution de la technologie et la baisse des prix peuvent-elles faire changer les choses ? Bilan de la situation.

Vous avez décelé une augmentation des problèmes de boiterie dans votre parc d’engraissement ? Vous ne rêvez pas. La situation est bien réelle.

ORDRE NATIONAL DU MÉRITE AGRICOLE

27 Boiterie dans les parcs d’engraissement

GUIDE

48 Les lauréats du concours 2015

GUIDE DÉTACHABLE CHRONIQUES 4 6 8 22 25 32 51 52 55

Bouche à oreille Billet Point de vue Info cultures Marché des grains Info élevages Mieux vivre C’est nouveau Météo

En page couverture : À Saint-Polycarpe, Marcel Marleau et son fils Eric explorent des moyens audacieux pour augmenter leurs rendements de soya. Photo : Yvon Thérien LE BULLETIN DES AGRICULTEURS

NOVEMBRE 2015

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BOUCHE À OREILLE

La Honeycrisp : reine du verger

C’est le temps d’une dinde

Les derniers automnes ont pu en témoigner : la Honeycrisp, une variété de pomme relativement récente, règne désormais sur le verger. Créée il y a près de vingt ans par des croisements entre différentes variétés, la Honeycrisp peut maintenant se vanter d’être la pomme le plus prisée par les consommateurs. On doit la Honeycrisp à David Bedford, un scientifique de l’Université de l’État du Minnesota, qui a été le premier surpris de la popularité croissante de son fruit. Le plus étonnant ? C’est par le bouche à oreille et non à travers une campagne de marketing que la pomme a pu connaître le succès dont elle profite aujourd’hui. Selon son créateur, sa popularité serait due en partie à ses cellules, deux fois plus grosses que celles des autres pommes, le secret de sa texture croquante tant appréciée. La Honeycrisp serait la première pomme dont la variété est reconnue comme une marque par le consommateur moyen. Source : esquire.com

L’arrivée du mois de novembre annonce le début de la saison des dindes. Du fameux Thanksgiving américain à nos célébrations du jour de l’An, la dinde est la vedette de nombreux repas. Pour arriver à notre table, la dinde telle qu’on la connaît a cependant dû faire beaucoup de chemin. Tout a commencé aux balbutiements de l’Amérique, alors que les fermiers élevaient des dindons à peine domestiqués pour nourrir leur famille. Il a fallu attendre jusqu’à la fin des années 1920 pour que différents éleveurs, dont Victor Ryckeboschest, un jeune américain, parviennent à créer la première variété commerciale. La Broad Breasted Bronze a aussitôt été appréciée pour sa généreuse poitrine. Ryckeboschest aurait incubé ses premiers dindonneaux dans son appartement de Los Angeles avant de les envoyer grandir à la ferme de ses parents. Plus tard, la Broad Breasted Bronze a cédé sa place à la Broad Breasted White, dont la carcasse pâle plaisait davantage aux consommateurs. Aujourd’hui, la dinde est encore la chouchoute du temps des Fêtes. La preuve : on n’hésite pas à dépenser plus de 100 $ pour s’en procurer une. Source : modernfarmer.com

Notre journaliste Marie-Josée Parent a remporté un prix en reconnaissance de son travail. Le 25 septembre dernier, elle a reçu le prix Moïse-Cossette du meilleur article technique pour le texte « Ils font marcher les vaches », paru dans notre édition juillet-août 2014. Le prix a été remis à l’occasion du 60e congrès de l’Association des communicateurs et rédacteurs de l’agroalimentaire (ACRA) où le travail de plusieurs journalistes, rédacteurs et communicateurs de l’agroalimentaire a été souligné. Les textes sont jugés en fonction de la qualité de l’information et du français, de l’effort de communication, de l’originalité et de la pertinence des sujets traités. Soulignons qu’il s’agit du quatrième prix Moïse-Cossette de Marie-Josée Parent. Elle a également été récipiendaire du prix Rosaline-Ledoux en 2014. De gauche à droite, Claude Lambert, président de l’ACRA, Marie-Josée Parent, journaliste au Bulletin des agriculteurs, et Marc Lestage, retraité du journal Le Soleil et membre du jury. 4  NOVEMBRE 2015  LE BULLETIN DES AGRICULTEURS

PHOTO : ACRA

Un prix pour Le Bulletin


Du jus de poire pour avoir la pêche Le temps des Fêtes arrive à grands pas et avec lui arrive la saison des lendemains de veille. Mais les fêtards pourraient à présent avoir un nouvel allié : la poire asiatique. En effet, des chercheurs australiens du Commonwealth Scientific and Industrial Research ont récemment analysé des études dévoilant que boire une tasse de jus de poire asiatique avant d’aller fêter pourrait apaiser les symptômes communs de la gueule de bois, tels que la nausée et les maux de tête. Trop beau pour être vrai ? Peut-être pas. Les études passées en revue par les chercheurs prouvent que la poire asiatique agit directement sur les enzymes impliquées dans la métabolisation de l’alcool. Ainsi, ce fruit accélérerait le métabolisme des fêtards, les aidant ainsi à éliminer plus rapidement l’alcool présent dans leur système. Si la modération est encore préférable à un verre de jus de poire, celui-ci peut néanmoins rendre le réveil moins difficile. Source : topsante.com

Cette grange dodécagonale (12 côtés) à Saint-Ignace-de-Stanbridge, Cantons-de-l’Est date de 1882. Toute rénovée, elle est ouverte au public depuis 2010.

Cette grange-étable octogonale à Saint-Anselme, Chaudière-Appalaches, a été construite par Josaphat Dumas.

BÂTIMENTS AGRICOLES D’AUTREFOIS

Le génie à l’œuvre Quiconque se promène dans la campagne québécoise peut témoigner de la beauté et de la diversité des granges-étables qui ponctuent le paysage. En plus des populaires granges-étables rectangulaires, on retrouve de nombreuses granges de formes différentes. Entre 1880 et 1920, une vingtaine de granges polygonales et circulaires ont été construites. Elles sont si rares que certaines sont

devenues des musées. La grange Alexander-Solomon-Walbridge de Saint-Ignace-de-Stanbridge dans les Cantons-de-l’Est est la plus vieille grange polygonale au Québec et la seule à 12 côtés. Alexander Solomon Walbridge, un fermieringénieur, a conçu des systèmes si ingénieux à l’intérieur que la grange a été classée monument historique en 2004. Elle est ouverte au public depuis 2010. LE BULLETIN DES AGRICULTEURS  NOVEMBRE 2015  5


BILLET

PAR YVON THÉRIEN

La référence en nouvelles technologies 1, Place du Commerce, bur. 320 Île-des-Sœurs (Québec)  H3E 1A2

LA GUERRE DES HAMBURGERS La chaîne de restaurant A&W a lancé une campagne publicitaire qui a mis en furie les producteurs de bœufs de l’Ouest canadien. « Better Beef » ou « Meuh-illeur bœuf » en français. La chaîne offre à ses clients des hamburgers servis avec de la viande de bœuf élevé sans hormones ou stéroïdes. Un message qui sous-entend que ce type de bœuf est meilleur que d’autres. En fait, c’est totalement faux, selon le président de l’Association des éleveurs de bœuf de la Saskatchewan. Le chou contient plus d’hormones que le bœuf, affirme-t-il. De son côté, le Conseil de recherche sur les bovins de boucherie note que pour produire une même quantité de viande, mais sans hormones, il faut 12 % plus de bovins et 10 % plus de terres. Donc, les bêtes nécessitent davantage de nourriture, d’eau et d’autres ressources. A&W vend maintenant plus de bœuf grâce à cette stratégie. Certains restaurants ont connu une augmentation de leurs ventes de 7 % depuis l’introduction de « Better Beef », selon Trish Sahlstrom, vice-présidente aux achats pour le Canada . Désireuse de se distinguer de ses ­compétiteurs, A&W a réalisé des enquêtes de marchés auprès des consommateurs. Elle leur a demandé ce qui était important pour eux dans le choix d’un hamburger. Il en est ressorti clairement que les gens désiraient de la viande sans hormones et sans antibiotiques. Les gens leur disaient que ça serait beaucoup mieux de la viande provenant d’animaux élevés de cette

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façon. De là est né le slogan « Meuh-illeur bœuf ». Par contre, cette campagne a été coûteuse pour l’entreprise. L’élevage de bœuf sans hormones est plus onéreux et n’est pas une pratique courante au Canada. Pour être en mesure d’approvisionner ses restaurants, la chaîne a dû importer de la viande des États-Unis et de l’Australie à des coûts supérieurs. Pour sa part, McDonald’s a lancé une campagne pour promouvoir le fait que 100 % du bœuf contenu dans ses hamburgers est canadien. Un message qui a sûrement comme objectif de contrecarrer les avancées de son concurrent et de faire du millage sur la confiance du public par rapport à la qualité de la viande des éleveurs d’ici. Cette guerre du hamburger illustre bien la place de plus en plus importante qu’occupent les exigences des consommateurs sur nos modes de production. Même si celles-ci répondent parfois à des idées préconçues d’une population qui est prise en otage par des pseudo-sciences. Que ces demandes soient justifiées ou non, les fermes de demain devront être en mesure de s’adapter rapidement pour répondre aux différents besoins de l’industrie alimentaire et des consommateurs. Nous savons bien que ce sont les fermes qui nourrissent les villes. Toutefois, nous ne pouvons pas ignorer que si nos fermes sont prospères, c’est grâce aux gens des villes qui consomment nos produits. Bonne lecture.

Téléphone : 514 766-9554 Télécopieur : 514 766-2665 lebulletin.com ÉDITEUR ET RÉDACTEUR EN CHEF Yvon Thérien, agro­no­me yvon.therien@lebul­le­tin.com RÉDACTION RÉDACTRICE EN CHEF ADJOINTE Marie-Claude Poulin marie-claude.poulin@lebul­le­tin.com JOURNALISTE Marie-Josée Parent, agronome marie-josee.parent@lebulletin.com DIRECTEUR ARTISTIQUE Dany Derkenne dany.derkenne@lebulletin.com COLLABORATEURS Jean-Philippe Boucher, Pierrette Desrosiers, André Dumont, Alain Fournier, Lionel Levac, Nicolas Mesly, Julie Roy, Mario Séguin, Caroline Thérien, Johanne van Rossum, Nicolas Witty-Deschamps. PUBLICITÉ DIRECTEUR DE COMPTES Martin Beaudin martin.beaudin@lebul­le­tin.com Tél. : 514 824-4621 REPRÉSENTANTE ONTARIO Lillie Ann Morris lamor­ris@xplornet.com Tél. : 905 838-2826 PRODUCTION RÉDACTEUR PUBLICITAIRE Luc Gagnon lucg@cybercreation.net ABONNEMENT SERVICE À LA CLIENTÈLE Anne-Marie Gignac services.clients@lebulletin.com Tél. : 514 766-9554, poste 226 Le contenu de ce magazine ne peut être reproduit sans l'autorisation écrite de l'éditeur du Bulletin des agriculteurs. Ce magazine est publié par Farm Business Communications, une division de Glacier Media inc. Les auteurs conservent l'entière liberté de leurs opinions. Le Bulletin des agriculteurs ne garantit pas l'exactitude de l'information contenue dans la publication et n'assume aucune responsabilité pour toute action ou décision prise à partir de l'information contenue dans le magazine. Tous d ­ roits réser­vés 1991 Dépôt légal : Bibliothèque natio­na­le du Québec ISSN 0007-4446 Fondé en 1918, Le Bulletin des agri­cul­teurs est indexé dans Repère. Envoi Poste-publication – Convention 40069240. Nous reconnaissons l’aide financière du gouvernement du Canada par l’entremise du Fonds du Canada pour les périodiques (FCP) du ministère du Patrimoine canadien. Postes Canada : retourner toute correspondance ne pouvant être livrée au Canada au Bulletin des agriculteurs, 1, Place du Commerce, bureau 320, Île-des-Sœurs, Québec, H3E 1A2. U.S. Postmaster : send address changes and undeliverable addresses (covers only) to : Circulation Dept., PO Box 9800, Winnipeg, Manitoba, R3C 3K7.


s n io t a v o n in n e s e il t Fer Le Bulletin des agriculteurs vous invite à trois conférences de pointe présentées par les meilleurs experts.

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Sclérotiniose : une nouvelle approche.

Avant de doubler les drains...

Combien louer une terre ?

Nos voisins de l’Ontario combattent eux aussi cette vieille, mais toujours menaçante maladie du soya. Le spécialiste de l’agriculture de précision Aaron Breimer propose de subdiviser les champs en zones de gestion afin de moduler le taux de semis en fonction des caractéristiques de chaque zone.

Un diagnostic rigoureux s’impose avant d’appliquer cette mesure coûteuse. L’expert en sols Éric Thibault examinera les causes possibles d’un problème de drainage, qui vont d’une erreur de conception du système de drainage actuel à une défectuosité en passant par une perméabilité déficiente du sol.

Vous voulez louer une terre et vous cherchez des repères ? L’agroéconomiste Évelyne Fortier passera en revue les divers éléments qui peuvent influencer le coût, et ce, dans la perspective du locataire et celle du locateur. Le tout sera appuyé par des exemples et des données historiques.

MERCREDI

» À mettre à

13 JANVIER 2 0 16

Merci à nos commanditaires principaux

votre agenda

Salon de l’agriculture Saint-Hyacinthe


POINT DE VUE

PROPOS RECUEILLIS PAR LIONEL LEVAC

Daniel-Mercier Gouin

PTP = INCERTITUDE droit à l’abolition des tarifs. Ce que nous permet le Partenariat est donc de jouer à armes égales avec de gros compétiteurs.

Reconnu comme spécialiste des marchés, des négociations internationales et de la gestion de l’offre, Daniel-Mercier Gouin était tout désigné pour analyser les suites de l’entente de Partenariat transpacifique. On s’attendait à pire, non ? C’est un autre morceau de la gestion de l’offre qui s’en va. C’est autant de production, autant d’activité dans l’économie agricole du Canada et du Québec qui ne se fera pas par les gens d’ici. Ces volumes de lait, d’œufs et de volaille seront produits à l’étranger. Si la demande canadienne augmente, il n’y aura peut-être pas de coupures dans les quotas, mais il n’y aura pas non plus la croissance de la production qui accompagne normalement une hausse de la demande. Mais ce qui est pire et plus dangereux, c’est ce qui ne se retrouve pas dans l’entente. Il y a l’entrée au Canada d’importants volumes de produits déguisés qui affectent sérieusement la gestion de l’offre. Il n’y a pas de comptabilisation de ces contournements du système et encore une fois c’est de la production qui ne revient pas aux agriculteurs d’ici. C’est illégal, on dépasse les quotas autorisés d’importation, n’est-ce pas ? Les enquêtes sont longues, les procédures aussi et il ne semble pas y avoir de volonté politique réelle de corriger la situation. La fragilisation du système vient donc des importations autorisées autant en provenance d’Europe que de la zone AsiePacifique que, et pour beaucoup, des importations qui passent en dehors des mailles du filet. Le PTP permet aux agriculteurs canadiens de vendre sans contrainte dans les pays signataires. On pourrait donc exporter des produits laitiers ? Oui, théoriquement, mais ce lait serait vendu au prix international. Et comme il y a ici encore la gestion de l’offre, pas question de le faire. Par contre, pour d’autres 8  NOVEMBRE 2015  LE BULLETIN DES AGRICULTEURS

Et les mesures sanitaires d’un pays ou d’un autre sont-elles les mêmes ? Rien de changer là-dessus. Les conditions établies par les pays restent les mêmes. Aux États-Unis, la somatotrophine de synthèse est autorisée, pas ici ? Le Canada n’a aucune base scientifique pour restreindre des importations laitières. Qu’elle soit naturelle ou synthétique, la somatotrophine est identique. Impossible de démontrer qu’une vache en a reçu.

« Lorsqu’arrivent des périodes d’incertitude, la meilleure façon de réagir est d’assainir sa situation financière et de réduire son taux d’endettement. » — Daniel-Mercier Gouin, professeur en agroéconomie à la Faculté des sciences de l’agriculture et de l’alimentation de l’Université Laval

productions, les marchés des 11 autres partenaires de la zone sont intéressants. Mais plusieurs de ces marchés nous étaient déjà ouverts ? Oui, mais là il faut voir ce qui se passerait si le Canada n’avait pas fait partie de l’accord. Pour le porc, par exemple, il y a des accès supplémentaires et l’abolition de tarifs. Cela nous permet de continuer à compétitionner avec les États-Unis sur des marchés de la zone comme ceux du Vietnam et du Japon. Si le Canada n’était pas l’un des signataires, il n’aurait pas

Donc pour tout ce qui est hors de la gestion de l’offre, il y a des ouvertures, mais ce sont des marchés très concurrentiels ? Accès accru, mais ce sera toujours la volatilité sur les marchés. Toutefois, globalement, le PTP est positif pour eux. Et dans la gestion de l’offre, on vient de hausser le stress et le niveau d’incertitude, même si à court terme rien ne change ? Il y a encore consensus massif sur l’utilité de la gestion de l’offre. De petite ouverture en petite ouverture toutefois, on vient fragiliser le système. Un des risques est que l’unanimité des producteurs se fissure, ce qui créerait une brèche dangereuse dans le système créant ainsi un facteur de risque supplémentaire. On parle de compensation aux producteurs pour les pertes de revenus et de la valeur des quotas. Il faudra voir, là aussi il y a beaucoup d’incertitude. Et la meilleure gestion des risques est de se préparer à toute éventualité. Il faut assainir les finances de l’entreprise et abaisser le taux d’endettement. Les entreprises les moins endettées ont toujours plus de marge de manœuvre.

Lionel Levac est journaliste spécialisé en agriculture et agroalimentaire. Il collabore à certaines émissions de Radio-Canada et tient un blogue sur le site Agro Québec.


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EN COUVERTURE

PAR ANDRÉ DUMONT

SOYA : VISER 4 T/HA

Les producteurs Marcel et Eric Marleau ont plusieurs pistes pour percer les mystères du soya et augmenter les rendements. Atteindront-ils leur objectif ?

Q

uatre tonnes à l’hectare. Dans le sud du Québec, c’est le rendement moyen qu’on devrait chercher à atteindre, croit Marcel Marleau. Il faut trouver des outils pour percer le mur des 3 à 3,25 t/ha. « On a des pics de rendement au-dessus de 4 t/ha, mais l’idéal serait que ça devienne un standard. » Comment y arriver ? Notre producteur de Saint-Polycarpe, dans l’ouest de la Montérégie, a plusieurs pistes pour y arriver. Avec son fils Eric, il ose des techniques peu répandues. L’audace des dirigeants de la Ferme MEF Marleau s’illustre aussi par un étonnant projet agricole en Gaspésie (voir encadré en page 13).

Eric et Marcel Marleau sont producteurs de grandes cultures à Saint-Polycarpe. Ils ont aussi investi dans des terres en Gaspésie. 10  NOVEMBRE 2015  LE BULLETIN DES AGRICULTEURS

PHOTOS : YVON THÉRIEN

Irrigation Le sol de la plupart des 340 hectares cultivés à Saint-Polycarpe est principalement de type loam argileux. Les bonnes années, le rendement moyen de soya oscille autour de 3,7 t/ha. Sur une trentaine d’hectares, on cultive carrément dans le sable. Il y a cinq ans, Eric Marleau s’était lancé dans la production de légumes de champ. Les embûches liées à la mise en marché l’ont découragé. Il lui est resté un système d’irrigation entre les mains. Aussi bien mettre les deux enrouleurs avec canon au travail dans les champs de maïs et de soya.


LE BULLETIN DES AGRICULTEURS  NOVEMBRE 2015  11


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NOVEMBRE 2015

LE BULLETIN DES AGRICULTEURS


En 2014, les portions sablonneuses que le système d’irrigation n’a pas atteintes ont livré 2,7 t/ha de soya. Sous irrigation, la moyenne était de 4,2 t/ha.

Sucre « Les biostimulants, c’est la façon de cultiver du futur », affirme Marcel Marleau, qui est aussi détaillant de semences Prograin. Le principal produit à l’essai est une formulation de sucre (maltose, glucose et xylose), telle que mise en marché par King Global. Dans le soya, deux doses de 617 grammes à l’hectare ont été appliquées dans les bouillies contenant le glyphosate pour le désherbage. Le sucre aurait un effet bénéfique sur la santé de la plante, il l’aiderait à résister aux gels hâtifs et surtout, il améliorerait la vie dans le sol. « Il faut apporter à nos sols ce que les fumiers ne nous apportent plus. Il faut régénérer l’activité microbienne », dit Marcel Marleau. Déjà cette année, Marcel et Eric ont noté que contrairement à certains voisins, ils n’avaient à peu près pas de sclérotiniose dans leurs champs, une différence qu’ils attribuent à l’utilisation

La Ferme BDC, en Gaspésie

L’AVENTURE EN GASPÉSIE

PHOTO : FERME BDC

Avec maintenant trois enrouleurs, la Ferme MEF Marleau arrive à irriguer toutes ses superficies en sable.

Une pompe haute performance fabriquée en Italie attelée à un vieux tracteur Belarus alimente le système d’irrigation. LE BULLETIN DES AGRICULTEURS

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du sucre. « Ces produits sont utilisés en horticulture et ils en sont à leurs balbutiements en grandes cultures, reconnaît Marcel Marleau. Il n’y a pas encore de données officielles ; on est en train de les construire. » Chez Prograin, de même que dans certains Agrocentre, on a entrepris des essais avec comparatifs, afin de vérifier si l’intérêt pour l’usage du sucre en grandes cultures est justifié. « Je n’ai eu accès à aucun résultat d’essais scientifiques, avec témoins et comparaisons claires, dit l’agronome Philippe Lemaître, responsable de la production de semences chez Prograin. Nous avons donc mis en place un protocole de recherche, avec six variétés de soya, à différentes doses. » Il faudra disposer de données sur au moins trois ans avant de se prononcer, prévient-il. La Ferme MEF Marleau, à Saint-Polycarpe, dans l’ouest de la Montérégie.

Semer aux 30 po Tout le soya de la Ferme MEF Marleau est semé aux 30 pouces. Il s’agit d’une bonne stratégie pour prévenir la sclérotiniose. Cet espacement pourrait aussi réduire le syndrome de la mort subite, croit Marcel Marleau. D’après ses observations, plus les rangs sont rapprochés et plus la densité de semis est élevée, plus il y a de jeunes plants qui succombent à la mort subite.

Semer à un pouce Quand le terrain est sec au printemps, on devrait tout semer à 2,5 cm (1 po) de profondeur, sans chercher à rejoindre la

fraîche, avance Eric Marleau. Quand la pluie tombera, toutes les semences recevront la même humidité au même moment. En tentant de semer plus en profondeur pour atteindre la fraîche, il y a un risque de mauvais départ, croit Eric Marleau. La profondeur de l’humidité est généralement très inégale. Certains plants en auront suffisamment pour commencer à germer et pourraient ensuite en manquer. Certains plants mettront du temps à émerger puisqu’ils auront 5 cm à franchir entre la semence et la surface du sol.

Prévenir l’avortement

QU’EN PENSE GILLES TREMBLAY ?

S’il y avait moyen que chaque fleur se pollinise bien et qu’aucune n’avorte avant d’avoir formé une gousse, les rendements exploseraient ! La pollinisation se passe mieux les années plus humides et c’est lors des étés de sécheresse que les rendements de soya sont les plus faibles, a observé Marcel Marleau. Une idée qu’il pourrait être intéressant d’explorer, selon lui : en pleine période de floraison, la nuit, arroser les plants de soya avec le pulvérisateur rempli d’eau, pour favoriser la pollinisation ! Le pollen a effectivement besoin d’un minimum d’humidité pour être efficace. « Les années où il n’y a pas de déficience d’eau et de chaleur, on aura plus de fleurs, plus de gousses et plus de rendement », indique Philippe Lemaître. Selon l’agronome au service de Prograin, toutes les espèces de plantes réagissent de la même façon à leur environnement : si elles ne manquent de rien, elles seront plus productives. Les conditions climatiques peuvent favoriser la fécondité des fleurs du soya, mais quant à savoir pourquoi elles avortent, même les meilleurs chercheurs se grattent la tête ! « S’il y avait un produit qui augmentait la rétention des fleurs et qui ferait que chaque gousse produise quatre ou cinq grains, dit Philippe Lemaître, c’est officiel, on ferait de gros gains de rendement ! » André Dumont est journaliste pigiste spécialisé en grandes cultures. Il collabore à de nombreuses publications notamment La Presse et Country Guide.

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LE BULLETIN DES AGRICULTEURS


CULTURES

PAR NICOLAS MESLY

CARTES DE RENDEMENT,

UN OUTIL NÉGLIGÉ !

Sur l’écran à droite, François Bousquet peut voir notamment la vitesse de l’engin et le rendement des récoltes. Ces données peuvent servir à concocter des cartes de rendement.

PHOTOS : NICOLAS MESLY

Conçues à partir des données recueillies par des capteurs installés sur les moissonneuses-batteuses, les cartes de rendement peuvent propulser les producteurs dans l’agriculture de précision. Mais cet outil est négligé. Et pas seulement au Québec.

C

onfortablement assis dans sa cabine, François Bousquet manœuvre sa moissonneusebatteuse en avançant et en reculant pour récolter un champ de blé en partie couché par la verse. « C’est le genre de manœuvre qui fausse les données du capteur de rendement », explique-t-il, tout en ne quittant pas des yeux le champ d’épis blond. Ce sont ces précieuses données colligées par les capteurs de rendement fixés dans LE BULLETIN DES AGRICULTEURS  NOVEMBRE 2015  15


Pascal Larose, agr, conseiller spécialisé maïs et soya, La Coop fédérée

UNE MATURITÉ RELATIVE POUR UNE RÉGIE RIGOUREUSE

Pendant longtemps, on a semé le soya après le maïs pour profiter d’une fenêtre de disponibilité. De plus en plus, c’est une culture à part entière dont on veut exploiter le plein potentiel. « Le soya a traditionnellement été régi en fonction de la rotation de cultures, constate Pascal Larose, conseiller en maïs et en soya à La Coop fédérée. On le semait après le maïs en choisissant une variété hâtive pour récolter fin septembre. Il venait faire du remplissage dans le calendrier. Aujourd’hui, les gens veulent du rendement. » Le rendement, le conseiller rappelle qu’il dépend avant tout de la date de semis. « En Montérégie, par exemple, nous recommandons de semer le soya avant le 15 mai et idéalement avant le 10 », indique-t-il. Le plant doit faire le plus de nœuds possible avant sa floraison. Plus de nœuds égalent plus de gousses. D’où l’importance de semer tôt, idéalement dès la première fenêtre. Des fenêtres de semis, il y en a trois en zone chaude et deux dans les régions plus fraîches. Grâce aux essais réalisés depuis 2010 à sa ferme expérimentale, La Coop fédérée évalue que le soya semé à la 2e fenêtre procure en moyenne 96 % du rendement de la 1re fenêtre. À la 3e fenêtre, ce ne sera que 84 %. Le second déterminant du rendement, c’est le choix du cultivar. « Si on sème à la première fenêtre, on a avantage à choisir le cultivar le plus tardif possible, indique Pascal Larose. Ce sont des variétés buissonnantes. Elles génèrent de vraies branches qui contribuent au rendement. De plus, certains cultivars ont un taux de semis adapté de 250 000 plants à l’hectare. On économise sur le coût de la semence tout en gagnant du rendement ! » Pour la 1re fenêtre en Montérégie, le conseiller recommande la variété tardive Myllita R2*,

16  NOVEMBRE 2015  LE BULLETIN DES AGRICULTEURS www.elite.coop

dont la maturité relative est de 1.5. Pour la 2e et la 3e fenêtre, il suggère Katonda R2 et Ajok R2. Vers la région de Nicolet et la rive nord du fleuve, les cultivars Ajok R2, Katonda R2 et Medea R2 exprimeront leur plein potentiel dans ce climat. Pour le Centre-du-Québec, l’Estrie et la région de Québec, il suggère Medea R2 à la 1èrefenêtre et Ekurana R2 à la 2e. « Ekurana a très bien performé face au Sclérotinia dans la région de Québec, signalet-il. Elle le tolère mieux que la moyenne. » Dans la région de La Pocatière, il opte pour Ekurana R2 à la 1re fenêtre et NSC Jaden à la 2e. « Il se cultive maintenant du soya jusqu’à Rimouski, signale le conseiller. Les cultivars Akras R2 et Pekko R2 sont adaptés à cette région. On travaille fort pour développer une régie qui soutiendra un rendement stable. » Aucune allusion aux UTM dans ces recommandations. « Les UTM fonctionnent mal dans le soya, constate-t-il. On a intérêt à se baser sur la maturité relative. Celle-ci est fonction d’abord de la chaleur disponible entre le semis et l’apparition des feuilles trifoliées, puis de la latitude. » En Montérégie, la maturité relative varie entre 1 et 2. Dans le Centre-du-Québec, de 0 à 1. Dans l’Est-duQuébec, comme à La Pocatière, elle va de 00 à 0. Finalement, elle est de 000 pour les zones au nord-est. L’utilisation de deux variétés limite les risques. « On a avantage à combiner une variété tardive à une variété de zones, estime l’agronome. La variété de zones sera prête avant la tardive. On minimise ainsi les pertes en récoltant toutes les surfaces au moment optimum. » « Elite®, c’est plus qu’un cultivar, c’est une régie associée à un cultivar, conclut le conseiller. Un producteur a tout intérêt à travailler étroitement avec son expert-conseil. » *Le nom Myllita R2 est en attente d’enregistrement.

les moissonneuses-batteuses qui servent à fabriquer des cartes de rendement, un formidable outil de gestion susceptible de propulser les producteurs dans l’agriculture de précision. Pour la majorité des agriculteurs, les cartes de rendement sont en effet le premier pas dans l’agriculture de précision. Elles sont fabriquées grâce à ces fameux capteurs de rendement. Ce capteur est une plaque électronique qui, combiné à un système GPS, mesure le résultat des récoltes une année donnée. Le flot de grains qui touche la plaque est mesuré en kilogrammes par unité de temps. « Ce capteur n’est pas différent des pèsepersonnes électroniques et on doit le calibrer », spécifie Laurent Bousquet, le père de François, tous deux actionnaires de la Ferme Grand Rang, située à L’Assomption. Les propriétaires de l’entreprise cultivent 1000 hectares et commercialisent quelque 7000 tonnes de grain par année. François et Laurent Bousquet expliquent qu’il est impératif de calibrer son capteur de rendement en fonction des cultures récoltées, de la largeur de coupe et de la vitesse de la moissonneuse. Cela se traduit par plusieurs essais pour vérifier le volume récolté indiqué par la moissonneuse et la pesée du même grain sur une balance commerciale certifiée. Ensuite, il faut entrer la bonne information dans l’ordinateur. « Comme pour la verse du blé, si tu ne dis pas à la machine que tu récoltes six rangs au bout d’un champ de maïs au lieu de douze et que ton rendement passe de 12 t/ha à 6 t/ha, tu fausses tes données », insiste François. Pourquoi tant de minutie ? Depuis 2014, les Bousquet participent à un projet pointu de semenciers québécois, dont La Coop fédérée, qui vise à comparer les rendements entre des variétés de maïs traitées aux néonicotinoïdes et des variétés non traitées. Ils ont semé 25 hectares de maïs Elite en bandes alternées de 12 rangs de grains traités et non traités. « Les données recueillies chez nous ont permis de faire une carte de rendement qui démontre qu’il y a une différence de 300 kg/ha en faveur de la semence traitée par rapport à celle non traitée », dit François, qui poursuit l’expérience en 2015.


Nettoyer ses cartes ! « On peut voir si un producteur a été prendre un café quand on a des données qui passent de 12 500 kg/ha de maïs à zéro ou à 250 000 t/ha », dit à la blague Alain Brassard, spécialiste en agriculture de précision à La Coop fédérée. L’entreprise et plusieurs coopératives régionales offrent un service de nettoyage de cartes qui consiste à enlever les données farfelues susceptibles d’influencer toute la moyenne de rendements des champs. Et en conséquence, de fausser le diagnostic pour corriger un problème de drainage, de compaction du sol ou d’infestation d’insectes ou de maladies. Selon l’expert, il existe des logiciels capables de filtrer de 80 % à 90 % des mauvaises données. Mais il y a toujours un 10 % de données erronées à enlever de façon manuelle. « Il y a un équilibre entre le temps consacré à pondre une carte de rendement et le travail à la ferme. Il faut que l’exercice soit rentable », dit Alex Benoit, passionné d’agriculture et d’informatique. Depuis 2010, ce dernier fabrique et nettoie luimême ses cartes de rendement à partir d’un logiciel spécialisé. Celui-ci digère les données récoltées par la moissonneusebatteuse sur les 520 hectares de maïs, de soya et de blé de la ferme Banco, située à Saint-Dominique, en Montérégie. Alex dit consacrer entre une heure et deux heures pour fabriquer une carte de rendement d’un champ d’une quarantaine d’hectares. Comme chez les Bousquet, le jeune producteur de 29 ans insiste sur le calibrage du capteur de rendement et l’entrée de données précises dans l’ordinateur pour optimiser cartes et diagnostics.

Un formidable outil de gestion « On a trois types de sols – du loam sablonneux, de la glaise et de la terre noire – c’est très important d’entrer la bonne information dans notre système, car ces sols ne réagiront pas de la même façon selon une saison sèche ou pluvieuse », poursuit Alex. Pour ce jeune céréaliculteur, les cartes de rendement ne s’avèrent pleinement utiles que lorsqu’elles sont étudiées sur une base minimum de trois à cinq ans. Ceci permet de déceler les problèmes et les tendances, par exemple, la zone d’un champ dont les rendements de maïs ont soudainement

Alex Benoit fabrique et nettoie lui-même ses cartes de rendement. Cette habilité n’est pas à la portée de tous les agriculteurs. Mais de nombreuses entreprises offrent ce service.

chuté de 50 % « dû à un drain bouché », ditil. Mais ces cartes permettent aussi d’identifier les meilleurs hybrides de maïs parmi les sept semés annuellement à la ferme ou encore les trois variétés de soya. « Le meilleur hybride une année sèche ne performera peut-être pas lors d’une année pluvieuse », ajoute-t-il. Selon Alex, les cartes de rendement s’avèrent particulièrement utiles pour fertiliser correctement les cultures. « Pourquoi appliquerais-je de 230 à 240 unités d’azote dans un champ qui nous donne de 7 t/ha à 9 t/ha de maïs depuis cinq ans ? Je préfère appliquer 180 unités d’azote dans cette parcelle moins productive et gâter celle qui me donne de 12 t/ha à 14 t/ha ». Cette façon de faire ne se traduit pas par de réelles économies sur l’achat d’engrais par l’entreprise, mais elle permet d’appliquer la bonne dose au bon endroit au moment voulu. Alex insuffle la technologie dans l’entreprise familiale par étapes, à cause de son coût. Pour le printemps 2016, il planifie calibrer le semoir à taux variable déjà acquis en fonction de ses cartes de rendement. S’il prévoit, par exemple, un taux de semis moyen de maïs de 84 000 plants/ha (34 000 plants/acre), certaines parcelles bénéficieront de 91 à 94 000 plants/ha (37 à 38 000 plants/acre) tandis que d’autres recevront de 69 à 74 000 plants/ha (28 à 30 000 plants/acre). « Les zones à haut potentiel recevront plus

de semences et d’engrais ». La prochaine étape pour mettre l’étrier dans l’agriculture de précision sera l’achat potentiel d’une arroseuse automotrice GPS, un investissement évalué à 150 000 $ usagé et de 300 000 $ à 400 000 $ neuf. Toutefois, « Il faut que les rendements et les prix des grains soient au rendez-vous pour justifier un tel achat », dit-il. Tous les producteurs ne sont pas des cracks de l’informatique comme François et Alex. Ces derniers appartiennent à une génération née avec une souris d’ordinateur dans les mains. Pour le moment, selon une source fiable qui désire conserver l’anonymat, près de 80 % des données des capteurs de rendement restent entreposées dans les moissonneuses-batteuses, après une seule année d’utilisation. Est-ce une circonstance générationnelle ? Les coûts de traitement des données pour concocter une carte de rendement en seraient-ils responsables ? Quoi qu’il en soit, ce phénomène n’est pas attribuable juste au Québec, mais également au Canada, aux États-Unis et en France ! « Les données du capteur de rendement sont la meilleure source d’information pour faire de l’agriculture de précision, mais elle est sous-utilisée », déplore cette même source.

Nicolas Mesly est agroéconomiste et journaliste pigiste spécialisé dans les enjeux agroalimentaires. Il couvre les grandes cultures pour Le Bulletin. LE BULLETIN DES AGRICULTEURS  NOVEMBRE 2015  17


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CULTURES

PAR NICOLAS MESLY

COMBIEN LOUER VOTRE TERRE OU CELLE DE VOTRE VOISIN ? Au Québec, les producteurs agricoles louent entre 20 % et 50 % de leurs terres cultivées, selon qu’ils produisent du lait ou des grandes cultures. Mais comment déterminer un juste prix tant pour un propriétaire que pour un locataire ?

L

e Centre de référence en agriculture et agroalimentaire du Québec (CRAAQ) vient tout juste de publier une étude fort utile1 pour les agriculteurs afin de déterminer le coût de location d’une terre agricole. « Nous avons choisi de diviser la province en trois zones d’unités thermiques (UTM) pour mener notre étude », indique Sophie Martel, une des trois coauteurs de l’étude réalisée conjointement avec le Centre d’études sur les coûts de production en agriculture (CECPA). Agroéconomiste, Sophie Martel indique d’emblée qu’il n’y a pas une formule magique pour en arriver à un juste prix de location selon que l’on soit propriétaire ou locataire. Une panoplie de considérations entre dans l’équation : offre et demande

1. Combien louer une terre agricole ?, mai 2015, Jean François Drouin, chargé de projet, agr. CECPA, Éveline Fortier, chargée de projet , agr. CRAAQ, Sophie Martel chargée de projet , agr. CRAAQ

de terre, types de cultures, qualité du sol, drainé-pas drainé, coût de la terre, pression urbaine, durée de location courte ou longue, partage de frais ou de revenus, etc. La présente méthode donne toutefois une idée du cap à suivre. Les prix moyens payés de location de terre par hectare de 234 entreprises entre 2009 et 2013 et indexés en dollars 2013 sont révélés dans cette étude (voir encadré p. 20).

Dans la peau d’un locataire Si on est dans la peau d’un locataire « Il faut bien connaître ses coûts de production », insiste Sophie Martel. Mais également avoir une idée de l’argent disponible pour louer une terre en fonction de ses revenus et de ses dépenses. Aussi, chaque locataire doit établir son propre budget de location en fonction des charges variables et fixes (intrants, opérations culturales, coût LE BULLETIN DES AGRICULTEURS  NOVEMBRE 2015  19


PRIX MOYENS PAYÉS DE LOCATION

de mise en marché, ASRA, etc.), suggèrent les auteurs de l’étude. « Les frais doivent être remboursés à long terme sur tous les hectares cultivés y compris ceux en location », écrivent-ils. À cela s’ajoutent des frais de gestion. Dans les exemples cités, les bénéfices nets avant location se chiffrent à 184 $/ha pour le maïs-grain, à 234 $/ha pour le soya, à 86 $/ha pour l’avoine et à 76 $/ha pour le foin. Il va de soi que les bénéfices nets augmentent ou diminuent selon le prix et les rendements. Dans le cas du maïs-grain, par exemple, le bénéfice net ou l’argent disponible pour louer est catapulté de 184 $/ha à plus de 2500 $/ha si le prix du petit grain jaune grimpe à 335 $/t et que ses rendements sont supérieurs à 12 t/ha.

Dans la peau d’un propriétaire Pour déterminer le prix de location des propriétaires d’une terre, les auteurs suggèrent une méthode basée sur le coût de la propriété. Elle inclut évidemment le prix payé, mais aussi les intérêts, les taxes foncières et les améliorations telles que le drainage, le chaulage et les pratiques de conservation. Les auteurs proposent l’équation suivante pour faire le calcul : (intérêts en % + amélioration en % + taxes foncières en %) X par la valeur payée pour la terre en $/ha. Par exemple, le taux de location d’une terre payée 1000 $/ha serait de 47,40 $/ha en ins-

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Le gros bon sens Sophie Martel réitère que les méthodes de calcul proposées dans leur étude se veulent d’abord un guide à la négociation. Et qu’il y a autant d’ententes possibles que de producteurs intéressés par la location. Locataires et propriétaires peuvent, par exemple, partager les récoltes selon les risques. Si par exemple, le locataire assume toutes les dépenses de semences, de fertilisants et de main-d’œuvre, il serait normal qu’il bénéficie d’une plus grande part du fruit des ventes des grains. Dans d’autres cas, les deux producteurs pourraient se partager les frais d’exploitation. Par exemple, un locataire pourrait ne pas

payer de frais de location s’il apporte des améliorations au foncier agricole. « Le locateur peut également proposer au locataire de cultiver ses terres sans frais parce qu’elles lui servent uniquement à épandre des déjections animales », relève aussi l’étude. Des facteurs comme la proximité de la terre louée ou à louer ou encore le lien familial peuvent aussi influencer le prix de location. « Il s’agit de faire appel au gros bon sens », conclut Sophie Martel. Celle-ci indique que le CRAAQ et le CECPA envisagent la publication de cette étude sur une base annuelle.

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Nicolas Mesly est agroéconomiste et journaliste pigiste spécialisé dans les enjeux agroalimentaires. Il couvre les grandes cultures pour Le Bulletin.

photo: exposeimage.com

crivant les chiffres suivant dans cette formule : (intérêts [3,24 %] + amélioration [0,50 %] + taxes foncières [1,00 %]) X 1000 $/ha = 47,40 $/ha). La taxe foncière varie selon les régions et le remboursement du MAPAQ peut être considéré, soulignent les auteurs. Selon la formule proposée, la variation des taux d’intérêt et le montant déboursé pour acheter la terre vont influencer la valeur de location. Par exemple, un taux d’intérêt de 5 % et un prix payé de 13 000 $/ha peuvent engendrer un loyer aussi élevé que 845 $/ha. « En plus, le propriétaire peut considérer l’appréciation marchande de son fonds de terre en guise de revenu », dit Sophie Martel.

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LE BULLETIN DES AGRICULTEURS

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21


INFO CULTURES INFO CULTURES

Arrêter de cultiver les superficies non rentables Un logiciel prenant en compte les profits et les pertes sur chaque parcelle de terre a fait réaliser à Wayne Fredericks, un producteur de l’Iowa, aux États-Unis, qu’il valait mieux ne plus cultiver

Carte de rendement (bo/acre) 0 à 50 51 à 70 71 à 90 91 à 110 111 à 130 131 à 150 151 à 170 171 à 190 191 à 210 211 à 230 231 à 250

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37 Huile Protéine ■ Rendement ■

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■

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35 34

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20

Rendement (bo/acre)

Depuis quelques années, des cultivars de soya de plus en plus tardifs sont proposés aux producteurs. Un semis plus hâtif, des périodes sans gel plus longues (sauf 2014) et la quête de rendement maximum favorisent l’utilisation de ces cultivars. On utilise des droites de régression pour comparer les rendements de variétés de maturité différente. De façon générale, ces droites ont une pente positive; les cultivars plus tardifs génèrent plus de rendement en grain. Le Wisconsin Soybean Research Program a compilé les données de 893 variétés de 2004 à 2009 pour identifier le groupe de maturité pour trois grandes régions qui procurait le maximum de rendement. Le graphique ci-contre illustre les résultats de la région Centre Nord, au Wisconsin, aux États-Unis. Le rendement maximum

RENDEMENT EN GRAIN, CONTENU EN PROTÉINE ET HUILE, SELON LES GROUPES DE MATURITÉ DU SOYA (Région Centre Nord au Wisconsin).

Protéine et huile (%)

Choisir son soya selon sa maturité ou son rendement ?

certaines parties de ses champs. L’analyse de ses données a démontré qu’entre 3 % et 15 % de la superficie de la plupart de ses champs n’étaient pas rentables. « C’est l’argent qui a attiré mon attention, mais ce constat m’a aussi donné l’opportunité d’améliorer ma performance environnementale en convertissant ces superficies en bandes riveraines ou en haies brise-vent », souligne le producteur. Le logiciel en ligne Profit Zone Manager (PZM) a été développé par la firme de consultants Ag Solver, en Iowa. Il a été utilisé pour les calculs de rentabilité en incluant les cartes de rendement, la quantité de fertilisant appliquée, le taux de semis ainsi que les coûts de production regroupant toutes les opérations culturales. Les surfaces converties sont relativement petites (entre 0,30 ha et 1,3 ha – 0,75 acre et 3,2 acres). Elles ont été retirées de la production après que le producteur ait réalisé qu’il ne pouvait rien faire pour améliorer les rendements dans ces zones. « La plupart des producteurs connaissent les faiblesses de leur champ. Mais quand on ajoute un volet économique, ils changent leur approche et deviennent plus proactifs », conclut Dave Muth de Ag Solver. Source : Corn and Soybean Digest

40

19 18 17

30 0

0,5

1

1,5

2

2,5

3

Groupe de maturité

est atteint par les cultivars de maturité relative 2 – 2,2. Or, sur le graphique, la ligne brune souligne tous les cultivars qui obtiennent un rendement d’au plus 10 % d’écart du rendement maximum.

Ceci indique que les caractéristiques individuelles de chaque cultivar sont plus importantes que son groupe de maturité pour déterminer le potentiel de rendement. Source : The Soy Report, Wisconsin CM Newsletter


Échantillons de sol à l’automne ou au printemps

L’analyse de sol est à la base de tous les plans de fertilisation. La plupart des producteurs préfèrent la période d’automne pour le prélèvement au champ. Les sols sont généralement plus secs en profondeur, ce qui facilite la prise d’échantillons. Et il y a suffisamment de temps pour interpréter les analyses et appliquer les correctifs au printemps suivant. Mais on peut échantillonner tout au long de la saison de croissance. Le plus important est de le faire toujours à la même période pour mieux comparer l’évolution au fil du temps. Pour valider cette hypothèse, une récente étude menée par l’Université de l’État de l’Ohio compare les résultats d’analyse de l’automne par rapport à ceux du printemps dans les mêmes champs. Le tableau ci-dessus indique la valeur relative en pourcentage des résultats du printemps par rapport à ceux de l’automne. Les données supérieures à 100 indiquent des résultats plus élevés au printemps tandis que les données inférieures à 100 reflètent des résultats plus élevés à l’automne. Seuls le pH et la capacité d’échange cationique (CEC) ont démontré une tendance similaire sur tous les sites. Le pH est plus élevé lors d’échantillonnage au printemps tandis que la CEC est plus faible. Pour les autres éléments de l’analyse de sol, des tendances différentes sont observées selon les sites. On ne peut pas tirer de conclusion générale autre que le fait d’utiliser la même période chaque

année pour assurer la meilleure précision des résultats obtenus. Plus de ce que vous voulez Headline:

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LE BULLETIN DES AGRICULTEURS

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INFO CULTURES

Pierre et Éric Joyal

Le souci du détail « Le rendement d’un champ, c’est facile à évaluer. Mais savoir ce qui s’y passe réellement du premier rang au dernier rang, c’est une autre affaire. » Dix tonnes à l’hectare, c’est le rendement ciblé de Pierre Joyal dans le maïs-grain. « C’est sûr qu’on peut atteindre 13 tonnes dans certaines parcelles, dit-il. Mais ce qu’on vend, c’est la production de nos centaines d’hectares, bon an mal an. À partir de 10 tonnes, on est satisfaits. » Pierre Joyal exploite, avec son fils Éric, Les Maïs Pierre Joyal inc. à Saint-David d’Yamaska, sous 2800 UTM. Satisfaits à 10 tonnes, mais désireux d’en atteindre 11, ces producteurs restent à l’affût des gains. Ils cultivent du maïs et du soya sur une rotation de trois ans. Une vingtaine d’hectares sont consacrés au pois de conserverie et une trentaine à une céréale, l’orge en l’occurrence. « Elle est plus facile à cultiver que le blé et sa récolte est hâtive », indique Pierre. Les producteurs se dégagent ainsi une période pour retoucher le nivellement ou le drainage. « On s’est équipés d’une draineuse pour doubler les drains à certains endroits », indique Éric. Pour ces producteurs, ce sont les petits points qui font la différence. D’autant plus qu’ils composent avec des sols très variés. « On a des loams, dit Pierre, mais aussi des loams sableux dans le même champ ! » Observateur dans l’âme, le producteur tient à opérer la batteuse lui-même. « Le rendement d’un champ, c’est facile à évaluer, lance-t-il. Mais savoir ce qui s’y passe du premier rang au dernier rang, c’est autre chose. » Le travail primaire du sol repose sur le chisel. « On n’a plus aucun sol qui part au vent », se réjouit Pierre. Ils réservent la charrue à des usages particuliers, comme pour les surfaces en pois. L’ennemi numéro un, c’est la compaction. « Le maïs, tu le travailles tard dans la saison ou de bonne heure, rappelle Pierre. Ça prend une bonne portance. » D’où les roues

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triples et les équipements larges. Le bon jugement demeure crucial. « Semer tôt fait vraiment une différence sur le rendement, constate ce dernier. Mais mieux vaut commencer une journée en retard qu’une journée trop vite. » Leurs choix de semence reflètent leur conviction qu’un hybride adapté aux conditions fournit un meilleur rendement qu’un plus tardif pas dans son milieu. « On utilise beaucoup le P9623AM de 2825 UTM et le P9411HR de 2775 UTM, indique Éric. On utilise aussi le bon vieux 38M58, car c’est une valeur sûre. » Ils appuient leur sélection sur leurs propres essais. « On fait des parcelles avec Pioneer depuis 30 ans », confie Pierre. Pour ce qui est du taux de semis, ils ont opté pour une hausse graduelle. « Dans les meilleures terres, on va jusqu’à 36 000 plants à l’acre, décrit Pierre. Dans les sols plus légers, on sème 32 000 à 33 000 plants à l’acre. Ça prend une bonne capacité de rétention d’eau pour augmenter le taux. » En matière de fertilisation, Pierre dit qu’il a la tête dure. « Notre objectif, c’est de remplacer ce qu’on exporte. Si on obtient 10 tonnes à l’hectare, l’agronome calcule ce que ça prélève et on l’ajoute. Dans le soya, encore plus simple : aucune fertilisation minérale ! » Où cherchent-ils leurs prochains gains ? D’abord, en poursuivant les corrections de nivellement et de drainage. « On a de bonnes terres, lance Éric, mais il y a du travail pour qu’elles soient toutes sur la coche. » Le GPS sera éventuellement mis à profit pour accélérer le nivellement et moduler les taux de semis. Et ils lorgnent le semis direct. « Certains producteurs réussissent très bien, constate Pierre. On a peut-être des champs qui y seraient adaptés. »

Stries rouges sur les grains de maïs Les symptômes de lignes rouges sur les grains de maïs sont dus à un acarien minuscule, le phytopte de l’enroulement du blé. Cet acarien hiverne sur le blé d’automne et quitte cette culture lorsque celle-ci atteint sa maturité. Transporté par le vent, il s’attaque alors aux cultures de blé de printemps, d’orge et de maïs. L’acarien peut aussi transmettre des virus, mais cause rarement des dommages sérieux et n’affecte en rien la valeur nutritive ou la qualité du grain. Deux mécanismes expliquent les stries rouges sur le grain. Lorsque l’acarien se nourrit, il déclenche la production des pigments rouges par la plante, les anthocyanes. C’est la même réaction qu’on retrouve au printemps lorsque les feuilles de maïs deviennent pourpres sous des conditions fraîches et humides. La salive de l’acarien affecte aussi la production de phlobaphene, un autre pigment rouge responsable de la coloration du cœur de l’épi, des soies et du péricarpe du grain. Ces deux réactions sont dépendantes du bagage génétique. L’intensité des symptômes varie selon les hybrides. Malgré ces symptômes, rappelons que la qualité du grain est intacte. Source : Pest and Crop Newsletter, Purdue extension

Textes rédigés par : Johanne van Rossum, agronome et productrice de grandes cultures à Sainte-Brigide d’Iberville.


MARCHÉ DES GRAINS

PAR JEAN-PHILIPPE BOUCHER

ENTREPOSER OU VENDRE À LA RÉCOLTE CETTE ANNÉE ? Bon an mal an, environ 20 % à 25 % du maïs est vendu à la récolte au Québec, la balance étant commercialisée dans les mois suivants. Est-ce pour autant une bonne stratégie ? Bien entendu, ça dépend des années. Il faut reconnaître toutefois qu’à première vue les cinq dernières années auront penché en faveur d’entreposer son maïs, ce que montre bien le graphique ci-dessous. En effet, un coup d’œil rapide nous permet de constater qu’à l’exception de 201213, toutes les années auront permis tôt ou tard de vendre plus cher de 15 $ à plus de 100 $ la tonne. Comme cette stratégie a été payante les cinq dernières années, on pourrait croire que ce sera à nouveau le cas cette saison. Par contre, il faut décortiquer davantage les chiffres et les remettre en perspectives.

D’entrée de jeu, ces prix ne tiennent pas compte des frais d’entreposage, que ce soit à la ferme (frais de supervision, de ventilation, de manutention et de transport) ou dans un centre de grains (frais d’entreposage, parfois de manutention et de transport). À cela s’ajoutent les frais d’intérêt sur le capital emprunté par la ferme, s’il y a lieu. Bref, le portrait est déjà un peu moins rose. On peut donc douter que l’année 2013-14 ait été aussi payante sur papier qu’espérée. Même son de cloche avec la dernière année, pour ceux qui n’auront pas eu la patience d’attendre à la toute fin de la saison. Ceci nous laisse donc avec deux années exceptionnelles, 2010-11 et 2011-12, deux périodes au cours desquelles les prix du maïs ont facilement grimpé de plus de 100 $ la tonne. Mais, encore là, il aurait fallu être un devin pour anticiper

l’incroyable sécheresse de 2012 aux ÉtatsUnis, qui a fait bondir le prix à un niveau record de plus de 350 $ la tonne en fin d’année commerciale. Est-ce dire que l’entreposage du maïs n’en vaut pas la chandelle? Absolument pas. Par contre, il faut prendre en compte dans sa stratégie le contexte de marché. À l’opposé des cinq dernières années, nous avons en effet confirmé un plancher important à la Bourse de Chicago cet automne. C’est sans compter que depuis trois ans, les superficies ensemencées aux États-Unis sont à la baisse et qu’on parle déjà d’un nouveau recul l’an prochain. Or, si c’est le cas, il ne faudrait pas un grand imprévu au cours de 2016 pour faire bondir de nouveau les prix… Jean-Philippe Boucher est agronome, M.B.A., consultant en commercialisation des grains et fondateur du site Internet Grainwiz.

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BOITERIE DANS LES PARCS D’ENGRAISSEMENT Vous avez décelé une augmentation des problèmes de boiterie dans votre parc d’engraissement ? Vous ne rêvez pas. La situation est bien réelle.

V

étérinaire œuvrant dans les parcs d’engraissement de l’Ouest canadien et professeur associé à l’Université de Saskatchewan depuis janvier dernier, Nathan Erickson constate une augmentation de cas de boiteries dans les parcs d’engraissement de l’Ouest. Au Québec, la situation est similaire. Ce qui a amené Merck Santé animale à l’inviter pour parler de son expertise à la plus récente journée bovine, tenue à SaintAgapit en juin. « Les problèmes de boiterie ne sont pas nouveaux, explique Nathan Erickson en entrevue. Il y en a toujours. Cependant, nous voyons de plus en plus de cas de fourbure. Nous donnons de plus en plus une ration riche en grains sur une période de plus en plus longue, ce qui augmente les facteurs de risques. » LE BULLETIN DES AGRICULTEURS  NOVEMBRE 2015  27


Le vétérinaire de la Fédération des producteurs de bovins du Québec, Rémi Laplante, était présent lors de la conférence de Nathan Erickson et l’a constaté lui-même. « Les problèmes de boiterie sont une préoccupation croissante, dit-il. C’est semblable à ce que Nathan Erickson a décrit. » Dans l’Est ou dans l’Ouest, le problème est donc similaire. Il y a trois causes liées aux problèmes de boiteries : traumatique, métabolique et infectieuse. « Toutes ces causes ont un point en commun, dit Nathan Erickson : elles coûtent cher ! » En main-d’œuvre, en traitement, en perte de gain, en efficacité alimentaire, en baisse de qualité de carcasse et en perte de rendement de carcasse.

1. CAUSE TRAUMATIQUE Des blessures peuvent survenir pour différentes raisons, comme le grimpage, le chamaillage, des installations inadéquates ou des manipulations inappropriées. « C’est important de bien former le personnel », explique Nathan Erickson. Il ne faut pas hésiter à créer un environnement favorable pour l’animal comme de modifier les installations et de déposer de la litière dans le corral. Selon Rémi Laplante, les causes traumatiques sont relativement simples à identifier. « Ce sont les causes métaboliques et infectieuses qui sont les plus difficiles à différencier », dit-il.

2. CAUSE MÉTABOLIQUE En fin d’engraissement, les bouvillons reçoivent une alimentation riche en grains pour une période de plus en plus longue. Les vétérinaires ne savent pas exactement pourquoi cette alimentation riche crée un détachement de deux couches de l’onglon (sabot), suivie d’une rotation de l’os. Cet effet est toutefois tellement douloureux que l’animal se met à marcher davantage sur l’arrière du pied. Il en résulte une plus grande croissance des onglons. Selon Nathan Erickson, la fourbure est assez facile à reconnaître par ces longs onglons courbés vers l’avant. Puisque l’animal souffre, il se déplace le moins possible et néglige son alimentation. Il arrête alors de prendre du poids et il peut même maigrir un peu. Ses performances d’engraissement sont affectées et la qualité de vie de l’animal en souffre. Ce n’est évidemment pas ce que le producteur souhaite. Rémi Laplante rappelle que la fourbure cause d’autant plus de dommages qu’elle apparaît lorsque les animaux sont près du poids d’abattage. Faudrait-il revenir à une alimentation plus riche en fibres et donc en fourrages ? « Ce serait une bonne chose de servir plus de fourrages, mais nous perdrions de l’efficacité », explique Nathan Erickson. Selon lui, les cas de fourbures sont assez simples à déceler, mais le traitement est plus complexe. Les animaux

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L’admission de bouvillons de type laitier dans les parcs d’engraissement a aussi introduit une maladie des pieds : le piétin d’Italie ou dermatite digitale.

L’alimentation de plus en plus longue avec des aliments riches en énergie est liée à la présence de plus en plus grande de fourbure.

présentant une fourbure sévère peuvent être expédiés plus tôt à l’abattoir. Toutefois, il faut s’assurer que l’animal soit capable d’effectuer le transport de plusieurs heures vers l’abattoir de l’Ontario ou de la Pennsylvanie. « Pour l’animal qui ne peut pas être envoyé à l’abattoir, il y a un choix à faire », explique Rémi Laplante. Une option est de l’envoyer dans un abattoir de proximité. Ces abattoirs sont de juridiction québécoise et offrent une mise en marché limitée. Le producteur peut aussi décider de garder le bouvillon pour sa consommation personnelle, mais avec la quantité de viande que fournit un seul animal, le nombre doit être limité. Le troisième choix est le traitement. Selon Nathan Erickson, il n’y a pas vraiment de traitement pour la fourbure. Il est toutefois important de bien comprendre la maladie pour prendre les bonnes décisions préventives. Une alimentation riche en grains change le type de bactéries présentes dans le rumen, ce qui abaisse le pH du rumen. ­Comment cette diminution du pH crée-t-elle la fourbure ? C’est ce que les

Avant de devenir professeur associé à l’Université de Saskatchewan, Nathan Erickson a travaillé comme vétérinaire dans les parcs d’engraissement. Il a encore une clientèle qu’il dessert.

Les experts ne savent pas exactement pourquoi des trous se créent à l’extrémité des onglons, mais ceux-ci sont une porte d’entrée pour des bactéries. La solution commence par la taille des onglons afin d’évacuer le pus.

experts ne savent pas. Toutefois, ils croient fermement en cette thèse d’acidose ruminale. Pour la combattre, la prévention est de rigueur. « C’est important d’acclimater lentement les bouvillons à une ration riche en grains », explique Nathan Erickson. Ceci permettra une modification graduelle du type de bactéries et une diminution lente du pH. L’autre élément contribuant à une bonne prévention de la fourbure est l’administration d’une dose adéquate de prémélange Rumensin ou de prémélange Monensin. Le nom diffère selon la compagnie. Nathan Erickson refuse d’indiquer la dose appropriée. C’est plutôt au vétérinaire praticien de l’entreprise de faire la bonne recommandation. « Il n’y a pas de temps de retrait », précise-t-il.

3.

CAUSES INFECTIEUSES

La détection des causes infectieuses est importante puisque les actions diffèrent. Il s’agit alors d’une bactérie qui infecte le pied. On dénombre notamment la dermatite digitale, aussi appelée piétin d’Italie, le syndrome de nécrose du bout des ongles et l’arthrite infectieuse. La dermatite digitale est relativement nouvelle dans les parcs d’engraissement. Présente depuis de nombreuses années en production laitière, elle serait apparue à la suite de l’introduction de bouvillons laitiers en parcs d’engraissement. « Nous la contrôlons, mais nous ne la guérissons pas vraiment », explique Nathan Erickson. C’est très contagieux. La dermatite digitale ou piétin d’Italie se reconnaît par la présence d’une lésion en forme et couleur de fraise. C’est d’ailleurs le nom qu’on lui donne. Les vétérinaires reconnaissent facilement cette maladie. Il y a comme des cheveux sur cette « fraise ». Le piétin d’Italie est plus difficile à contrôler et à traiter que le piétin régulier. Le traitement individuel ne fonctionne pas aussi bien. Il vaut mieux traiter le parc au complet pour éviter que la maladie ne se propage trop. En plus de l’antibiotique administré directement sur la plaie, on utilise un bain de pieds renfermant du sulfate de zinc ou de cuivre. Il faut savoir comment nous allons disposer de ces métaux lourds après le traitement. De plus, il faut s’assurer de ne pas avoir trop de fumier dans la solution. Le bain de pieds doit être suffisamment long pour permettre à l’animal de tremper deux fois chaque pied dans le pédiluve. On parle alors d’une longueur de 3,7 mètres (12 pieds). LE BULLETIN DES AGRICULTEURS  NOVEMBRE 2015  29


Le syndrome de nécrose du bout des ongles apparaît l’automne. « C’est lié à l’âge de l’animal », explique Nathan Erickson. Quelque 5 % à 10 % des animaux en seraient atteints. La problématique commence par un petit trou au bout de la sole. « Nous ne savons pas vraiment pourquoi ce trou apparaît », dit Nathan Erickson. Ensuite, les bactéries entrent dans cette cavité et créent une infection. C’est douloureux. Plus l’infection devient importante, plus la douleur est intense. Lorsqu’un producteur a déjà observé ce problème dans son troupeau, il reconnaît les nouveaux cas facilement. Le traitement n’est pas facile, mais heureusement, l’infection ne se transmet pas facilement. Avant de traiter l’infection, il faut tailler l’onglon (sabot), ce qui permettra au pus de sortir. L’arthrite infectieuse est un autre problème important des pieds et des membres. Il y en a deux sortes causées par deux types de bactéries différentes. La première apparaît à l’entrée

dans le parc d’engraissement. La bactérie en cause (Histophilus somni) répond bien au traitement. Cependant, l’autre arthrite causée par une autre bactérie (Mycoplasma bovis) apparaît entre 30 et 70 jours et répond moins bien au traitement. Le traitement est essentiellement des antibiotiques et des anti-inflammatoires. La vaccination à l’entrée contre Histophilus somni est recommandée. Il n’y a pas de vaccin pour l’autre bactérie causant l’arthrite infectieuse. Peu importe le type de boiterie à combattre, il faut insister sur l’importance d’avoir suffisamment d’espace pour que les animaux puissent se coucher confortablement. Ceci permettra d’éviter d’avoir trop de pression sur les pieds, ce qui facilitera la circulation sanguine et aidera à une bonne guérison pour les animaux affectés. Marie-Josée Parent est agronome et journaliste. Elle couvre les productions laitière, bovine, avicole et porcine au Bulletin des agriculteurs.

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NOVEMBRE 2015

LE BULLETIN DES AGRICULTEURS


Tirez le maximum de votre fourrage Avez-vous déjà calculé combien vous coûte la production de votre fourrage ? Le succès ne se mesure pas selon la quantité de fourrage que vous produisez. Pour avoir du succès, il faut développer une stratégie d’affaires rentable. Dans notre dernière chronique, nous avons traité de l’importance de faire une analyse nutritionnelle de votre fourrage afin de vous préparer pour l’hiver. Vous avez probablement déjà pris tous les échantillons nécessaires et peut-être même déjà reçu vos résultats par la poste. Il est important de vérifier que votre fourrage répond aux exigences nutritionnelles. Cependant, que certains éléments nutritionnels se retrouvent en excès ou de façon insuffisante par rapport à ces exigences ne constitue pas la seule chose qu’il faut examiner. Ce n’est peut-être pas votre tâche préférée, mais pour maintenir une entreprise rentable, il est essentiel de calculer vos coûts de production. Vous devez savoir combien il vous coûte de cultiver et de récolter votre fourrage pour fixer des prix justes ou encore, pour mieux connaître la valeur de votre fourrage par rapport à d’autres. Connaître vos coûts de production vous permet également de déterminer comment vous pouvez améliorer votre production et si vous devez établir de nouvelles stratégies. Pour évaluer vos coûts de production, il y a différentes choses que vous devez essentiellement considérer. Par exemple, vous devez tenir compte des coûts fixes,

comme ceux qui sont liés à l’entreposage et à la dépréciation de votre machinerie. Vous devez également calculer vos coûts d’exploitation qui comprennent notamment les coûts des semences, des traitements, de l’engrais, du carburant et de l’assurancerécolte. De plus, il ne faut pas oublier de calculer les coûts de main-d’œuvre. Lorsque vous avez fini d’évaluer tous les coûts, vous devez prendre en considération l’analyse nutritionnelle de votre fourrage. C’est également une bonne occasion pour réfléchir à certaines questions importantes. Avez-vous réussi à récolter votre fourrage à temps ? Quelle est la qualité de votre fourrage ? Devez-vous ajouter des suppléments nutritifs à votre fourrage ? Avez-vous eu de bons résultats comparativement à ceux obtenus au cours des années précédentes ? La production fourragère est rentable si elle vous coûte moins cher que l’achat d’un autre type de nourriture pour votre bétail. Bien entendu, lorsque vous comparez différents types de nourriture, n’oubliez pas de tenir compte de leur apport protéinique et énergétique. Par ailleurs, pour que la production fourragère en vaille la peine, il faut qu’elle génère des profits. Toutes les raisons sont bonnes pour commencer à calculer vos coûts de production dès maintenant. Si vous avez de la difficulté à remplir une feuille de calcul, allez sur le Web. Plusieurs tableurs sont accessibles en ligne dans les sites des universités et du gouvernement provincial.

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L’Association canadienne pour les plantes fourragères (ACPF) a rajeuni son site Web et ses ressources en ligne. Vous pouvez aussi rejoindre l’ACPF sur Twitter à CFGA_ACPF et sur Facebook !

Les plantes fourragères et l’Année internationale des sols – Récoltons avec force ! Du 17 au 19 novembre 2015 Hôtel Sheraton Cavalier Saskatoon, Saskatchewan L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture ayant déclaré l’année 2015 Année internationale des sols, quelle occasion unique de démontrer la contribution importante des plantes fourragères à la viabilité financière de nos élevages, à la santé de nos systèmes de culture et de nos écosystèmes au profit de la société canadienne. La 6e conférence de l’Association canadienne pour les plantes fourragères soulignera la rentabilité de la culture intensive des fourrages et les avantages de ces plantes pour notre écosystème et pour tous les biens et services qui y sont reliés, au bénéfice de tous les Canadiens. Soyez des nôtres du 17 au 19 novembre 2015, dans le magnifique centre-ville de Saskatoon, Saskatchewan, sous le thème : Les plantes fourragères canadiennes et l’Année internationale des sols – Récoltons avec force !

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INFO ÉLEVAGES INFO ÉLEVAGES

Comprendre pour mieux combattre la diarrhée des veaux Plusieurs causes créent l’apparition de la diarrhée chez les veaux. Celles-ci ne sont pas nécessairement de sources bactériennes. Bien que les bactéries soient souvent en cause, la diarrhée peut être causée par une modification de l’alimentation. Il est important de faire la distinction parce que les antibiotiques ne guériront pas la diarrhée dans ce dernier cas. La diarrhée peut aussi être causée par plusieurs agents infectieux et pathogènes. La prévention est souvent meilleure que le traitement afin de réduire la prévalence de cette maladie dans le troupeau. Voici quelques recommandations du professeur David Casper du San Diego State University qui a rédigé, sur le sujet, un article en collaboration avec Kaylee Wegner. Recommandations : – Servir tôt un colostrum de haute qualité et s’assurer que l’environnement du veau est propre, sec et bien pourvu en litière. – Assurer une bonne propreté des enclos de mise bas et des logements des veaux afin de limiter la prolifération bactérienne. – Administrer une vaccination durant la période de tarissement qui permet de minimiser le nombre de cas de diarrhée virale bovine, de rotavirus et de coronavirus en procurant des anticorps dans le colostrum. – Être très vigilant pour assurer une bonne réhydratation du veau. Le plus grand dommage causé par la diarrhée est la déshydratation, plus que la bactérie ou le pathogène. – Supplémenter en électrolyte peut faire la différence dans la rapidité du veau à retrouver la santé. Source : iGrow.org

32  NOVEMBRE 2015  LE BULLETIN DES AGRICULTEURS

La transition et le contrôle de la mammite Selon le professeur Hans-Joachim Schuberth de l’Université de médecine vétérinaire de Hanovre en Allemagne, la plus critique dans le contrôle de la mammite par la vache est la période de tran­ sition. Dr Schuberth était invité par Elanco Santé animale à présenter une conférence en Espagne sur l’immunité innée des vaches dans le contrôle de la mammite. Les chercheurs ne connaissent pas de mécanisme d’acquisition d’immunité au niveau du pis. La protection contre la mammite repose donc essentiellement sur une protection innée. La plupart des pathogènes sont détruits avant leur entrée dans le trayon. Seul un petit nombre réussit à entrer. La plus importante réponse immunitaire innée est par les peptides antimicrobiens qui sont considérés comme un antibiotique naturel. Un mécanisme permet l’activation de ces peptides antimicrobiens. Si l’activation n’est pas suffisamment rapide, les défenses sont surchargées. D’autres récepteurs peuvent activer ou désactiver les défenses. La gestation, par exemple, influence la composition sanguine qui peut affecter l’activation. Dans le cas des mammites causées par E. coli, les endotoxines produites par le

pathogène peuvent causer tantôt une inflammation, tantôt une activation de l’immunité. Dans la dernière phase de réaction du système immunitaire inné, les neutrophiles entrent en action. Provenant de la moelle osseuse, ils ne survivent que quelques heures, mais sont présents dans tout le corps. Leurs cellules contiennent des composés qui tuent les bactéries. Finalement, les neutrophiles digèrent les débris et les pathogènes. Plus l’infection est sévère, plus les neutrophiles se déplacent rapidement vers le site d’infection. Près de la mise bas, les fonctions des neutrophiles sont compromises. Les mécanismes de contrôle du système immunitaire sont encore aujourd’hui considérés comme complexes. Les neutrophiles auraient cependant un rôle qui pourrait s’apparenter à celui d’un chef d’équipe. Le professeur Schuberth souhaite que les vétérinaires modifient leur approche qui est d’augmenter l’immunité acquise et la vaccination. Selon lui, il faut davantage se pencher sur la question des mécanismes d’immunité innée entourant la période de transition afin de mieux ­combattre la mammite. Source : M2-Magazine


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On voit ici Jean-François Masson, directeur de la mise en marché Nova Grain à Saint-Jean-sur-Richelieu, dans un champ de soya. Il était échantillonneur lors de la Tournée des Grandes Cultures.

La rentabilité du soya, de même que les bienfaits qu’il apporte dans les rotations, en fait une culture intéressante pour de plus en plus de producteurs. Les superficies ensemencées en soya au Québec atteignent 315 000 hectares (778 000 acres) en 2015, selon le plus récent rapport de Statistique Canada. Il s’agit de la deuxième plus importante superficie ensemencée depuis les 10 dernières années. En plus du potentiel de rendement, la résistance aux maladies est un critère important pour le choix des cultivars. Les caractéristiques génétiques de chacun d’eux influencent grandement l’expression de la maladie. Lorsque les conditions environnementales sont propices au développement des agents pathogènes, la génétique peut faire toute la différence. Pour le soya d’alimentation humaine, les nouvelles variétés sont développées afin de répondre aux critères de qualité des acheteurs. Pour les producteurs préférant les soyas OGM, l’arrivée prochaine des soyas Roundup Ready Xtend offrira une solution pour contrer l’apparition de mauvaises herbes résistantes. À vous de choisir le meilleur pour votre entreprise. PAR JOHANNE VAN ROSSUM, AGRONOME GUIDE SOYA 2016

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CERESCO La compagnie SG Ceresco inc. investit dans un nouveau site de recherche et de développement. Situé à Saint-Isidore de Laprairie, il comprend même une serre chauffée pour faire les croisements. L’entreprise se consacre uniquement aux variétés de soya conventionnel et IP. « L’objectif est de développer des variétés plus hâtives, adaptées aux conditions du Québec », précise Hicham Bali, agronome chez Ceresco. En utilisant des cultivars hâtifs et en semant le soya le plus tôt possible au printemps, on peut réduire l’incidence des maladies comme la Sclérotinia. La floraison est plus avancée lors de la période critique d’infection par les spores des champignons. « La sensibilité à la moisissure blanche causée par le champignon Sclérotinia semble plus répandue dans les cultivars OGM », constate l’agronome. Les superficies cultivées en soya IP sont relativement stables, selon lui. Des primes très intéressantes pour toutes les variétés de SG Ceresco sont disponibles.

CROPLAN PAR WINFIELD Croplan par WinField poursuit sa lancée dans le marché du soya hile clair à la suite du succès connu l’an passé. La variété OAC Avatar de maturité relative 1,5 ou 2850 UTM a un très fort potentiel de rendement, selon l’entreprise. « Citée parmi les meilleures variétés au Réseau grandes cultures du Québec (RGCQ), et ce depuis quelques années, elle possède une bonne tolérance à la moisissure blanche avec un port semi-buissonnant pouvant s’adapter à différents espacements. Un incontournable à mettre au plan de culture 2016 », affirme Marie-Andrée Noël, agronome chez Croplan par WinField. Par ailleurs, l’entreprise offre une gamme complète de soya Genuity Roundup Ready 2 Rendement dans plusieurs maturités avec de nombreux avantages agronomiques. « Ils sauront répondre à vos besoins les plus pointus avec un rendement supérieur garanti, entre autres R2C0724 (maturité 2725 UTM), qui a gagné l’ensemble des parcelles de recherches en 2014. Parfait en semis direct ! »

DEKALB Toutes les démarches réglementaires sont complétées par Monsanto pour commercialiser le système de production Roundup Ready 2 Xtend. Plusieurs nouvelles variétés sont disponibles et la production de semences est déjà entamée. Six variétés sont disponibles pour le groupe de maturité de 2500 à 3075 UTM. Au moment d’écrire ces lignes, le lancement officiel est conditionnel à l’acceptation de cette technologie par un important marché d’exportation. « Ces nouvelles variétés sont créées à partir de nouvelle génétique. Ce n’est pas simplement un trait technologique qu’on a ajouté à celles existantes », explique Stéphane Myre, agronome chez Monsanto. Rappelons que le système Xtend est basé sur des variétés de soya présentant une tolérance à la fois au glyphosate et au dicamba. Ceci dans le but de retarder le développement de mauvaises herbes résistantes et ainsi prolonger la durée de vie 4  GUIDE SOYA 2016

de la technologie Roundup Ready. L’herbicide dicamba offre un second mode d’action et une activité herbicide résiduelle. Ceci permet aux producteurs de mieux contrôler certaines mauvaises herbes comme les renouées et l’abutilon. En parallèle, le développement de nouvelles variétés RR2 se poursuit. Cinq nouvelles variétés Genuity Roudup Ready 2 Rendement sont accessibles pour la prochaine saison entre 2425 et 2950 UTM.

DOW SEEDS Dow Seeds est une nouvelle compagnie semencière qui a joint ensemble le meilleur de Semences Hyland et de Semences Mycogen, en plus de la recherche globale et de l’innovation de Dow AgroSciences. La technologie des semences est conçue pour le client d’abord, en vue d’une haute performance champ par champ. Chaque caractère technologique offert a passé des évaluations scientifiques rigoureuses adaptées aux conditions environnementales locales. « En proposant des innovations tant au point de vue de la génétique que des caractères technologiques, nous fournissons toute une gamme de cultivars de soya », mentionne Daniel Masse, représentant agronomique. Dow Seeds entend trouver des solutions conçues pour le producteur qui s’intègrent bien à chaque entreprise.


ELITE « Le développement de variétés pleine saison permet d’augmenter le potentiel de rendement de la culture de soya », croit Pascal Larose, agronome et conseiller spécialisé maïssoya. Un programme complet d’amélioration génétique se poursuit sur la ferme de recherche à Saint-Hyacinthe et le fruit de cette recherche est l’introduction de cinq nouveaux cultivars RR2 pour le marché du Québec en 2016. Que ce soit pour les régions très au nord avec le Notus R2 à 2100 UTM ou l’extrême sud du Québec avec le Carda R2 à 3000 UTM. Pour les régions entre ces deux extrêmes, Akras R2, Ajok R2 et Mylitta R2 sauront répondre aux attentes élevées des producteurs du Québec, selon le spécialiste. Elite est aussi à l’avant-garde quant aux choix technologiques avec l’introduction de deux soya RR2 Xtend : Lempo R2X 2600 UTM et Donar R2X 2750 UTM. Ces soyas seront disponibles aussitôt les autorisations obtenues. « Un important investissement de 1,6 million de dollar est en cours pour l’amélioration génétique du soya de consommation humaine afin de mieux répondre aux attentes des consommateurs internationaux, dont principalement les Japonais », ajoute François Labrie, agronome et conseiller spécialisé maïs-soya. Les premiers cultivars issus de cette recherche d’envergure devraient arriver sous peu.

MAIZEX

En Montérégie, les décomptes de gousses sur neuf pieds carrés étaient inférieurs cette année (867) à l’an dernier (911). Les échantillonneurs ont pu voir de la belle végétation, de la verse et en soulevant les plants, beaucoup de Sclérotinia.

DUPONT PIONEER Le lancement des variétés Pioneer avec la technologie RR 2 Xtend est prévu pour 2017. Pour 2016, selon sa régie, le producteur peut choisir entre les variétés RR2 Rendement, RR ou IP. « Chez Pioneer, on sélectionne selon la performance et non selon les technologies », précise Lisanne Emond, agronome chez Dupont Pioneer. Une entente avec Nova Grain permet de commercialiser trois variétés de soya IP. Ce sont des variétés hâtives pour assurer une récolte de qualité. Les conditions de champ sont souvent meilleures en début de saison. Une attention particulière est portée à la résistance aux maladies comme la moisissure blanche causée par la Sclérotinia ou la pourriture phytophthoréenne. Le système de parcelles IMPACT à la ferme permet d’évaluer les nouveaux cultivars en conditions réelles au champ. Trois options sont disponibles pour les semences de soya : non traitées, traitées au fongicide seulement ou le traitement complet comprenant insecticide, fongicide et inoculant.

De nouvelles variétés avec la technologie RR Xtend seront disponibles aussitôt que toutes les autorisations seront entérinées. Entre-temps, le développement de nouveaux cultivars RR 2 Rendement se poursuit. « Le programme d’amélioration génétique chez Maizex se concentre sur les variétés de maturité 2750 à 3000 UTM », mentionne Darren McColm, représentant. Maizex célèbre ses 30 ans en 2016. C’est une entreprise indépendante et canadienne disposant de tous les caractères technologiques actuellement enregistrés au Canada. La gamme complète de soya Maizex inclut des variétés résistantes à la pourriture des racines, causée par le Phytophthora, et au nématode à kyste du soya.

PRIDE Tous les soyas Pride FX2 incluent la technologie Roundup Ready 2. Les R2 offrent un avantage de rendement de 7 % à 11 % de la version RR1 précédente. Les soyas Pride FX2 sont plus branchus et adaptés aux semis en rang plus espacés. Ceci permet de réduire le taux de semis et les risques de maladies telles que la Sclérotinia. « Nos semences de soya sont traitées avec trois fongicides (Maxim, Apron et Vibrance) et avec l’insecticide Cruiser en option pour vous permettre de semer hâtivement en toute confiance. La plupart de nos clients commandent leurs soyas Pride FX2 préinoculés HiStick Biostacked afin de s’assurer d’une distribution uniforme de l’inoculant sur chaque semence », mentionne Gilles Corno, agronome chez Pride.

GUIDE SOYA 2016  5


PROGRAIN Prograin poursuit son expansion autant dans le soya conventionnel et à Identité Préservée (IP) que le soya OGM. L’entreprise devient partenaire majoritaire du nouveau programme de recherche Sevita Genetics de l’entreprise ontarienne Sevita International. Mais ce n’est pas une fusion, c’est une collaboration plus étroite entre les deux entreprises. Cette collaboration permettra à Semences Prograin d’être plus présente en Ontario et dans d’autres provinces canadiennes. « Semences Prograin est reconnue comme la plus importante entreprise privée de soya à valeur ajoutée au Canada », indique Alain Létourneau, président et directeur général de Semences Prograin. Pour 2016, une nouvelle variété s’ajoute à la gamme Quali-Pro et une autre

du côté des IP. Pour les soyas OGM, Dynamo RR2 Xtend est un nouveau cultivar de 2700 UTM. Il sera disponible pour la saison 2016, si toutes les autorisations sont obtenues avant le printemps. « La technologie RR2 Xtend offre une option supplémentaire pour les producteurs, croit Alain Létourneau, mais elle ne doit pas remplacer un bon bagage génétique. On devrait choisir nos cultivars selon leur potentiel et non selon leur technologie ». Deux nouveaux cultivars Genuity RR2 Rendement seront également disponibles en 2016. La zone client du site Web a subi des rénovations majeures. Le site permet aux utilisateurs de connaître les prix pour tous les types de soya et aux distributeurs de passer et de suivre leurs commandes en ligne.

PROSEEDS Sevita Genetic continuera à fournir à PROSeeds les variétés de soya conventionnel et biotechnologique de la prochaine génération. Chez PROSeeds, beaucoup d’attention est donnée aux variétés d’alimentation humaine. Elles doivent avant tout satisfaire les exigences alimentaires des acheteurs, dont un contenu élevé en protéine pour le marché du tofu, mais également fournir un bon rendement en grain. Or, ces deux caractéristiques sont souvent opposées. « En travaillant sur la solubilité de la protéine, on peut réussir à concilier les deux objectifs. Ainsi, si le rendement est plus élevé, il y a moins de protéine, mais si celle-ci est plus soluble, les consommateurs se retrouvent avec la même quantité dans le produit fini », explique Éric Bertrand, gérant de territoire pour le Québec. Sevita occupe actuellement 20 % du marché au Japon. Pour mieux répondre aux besoins de ses clients, Sevita collabore avec des centres de criblage locaux dont Agri Magic et Les Grains Semtech inc.

SECAN SeCan est l’un des plus grands fournisseurs de semences certifiées au Canada. « Nos entreprises membres distribuent une gamme hors pair de semences de soya conventionnel et Genuity Roundup Ready 2 Rendement (RR2R) – notamment les variétés OAC Wallace et Absolute RR. Deux nouvelles variétés hâtives OGM seront disponibles pour 2016 afin de répondre aux besoins des producteurs des régions plus à l’est ou au nord », mentionne Phil Bailey, directeur de territoire pour l’est du Canada.

SEMICAN

Les échantillonneurs ont pu observer beaucoup de variabilité d’un champ à l’autre. C’est pourquoi leurs observations qualitatives étaient aussi très importantes. 6  GUIDE SOYA 2016

Dans la catégorie RR, les premiers de classe n’ont pas déçu encore cette année. Que ce soit le NSC Libau R2 en zone très hâtive à Hébertville, ou le NSC Osborne R2 en zone 2550 UTM, Semican est fier de ses soyas de Northstar Genetics. « Ils livrent de grandes performances année après année. Pour 2016, l’ajout de NSC Arnaud R2 en zone 2500 est complémentaire aux cultivars déjà bien établis », précise Philippe Charlebois, directeur des ventes. L’ajout de


Julie Street, agronome chez Durasol à Drummondville, était de l’événement. Une centaine d’échantillonneurs bénévoles participaient à la Tournée cette année.

NSC Pangasis en zone 2750 sera aussi une alternative très intéressante. L’association avec Country Farm Seeds permet à l’entreprise de diversifier l’offre de soya dans toutes les maturités. Pour la zone hâtive, le CF05GR (2500 UTM) est très performant. Plusieurs autres lignées sont disponibles entre 2600 et 2850 UTM jusqu’au CF31GR, qui possède l’un des meilleurs indices de rendement aux essais du Réseau grandes cultures du Québec (RGCQ) 2013-2014 en zone tardive.

SYNAGRI Synagri offre une belle gamme de soyas IP sous la marque Soyhinova. Le développement de cette gamme de produits a été réalisé grâce à des ententes de commercialisation entre Synagri et Nova Grain. Les soyas Soyhinova sont sélectionnés pour obtenir le meilleur rendement à l’hectare de protéine de qualité tofu. « Toutes nos variétés sont parmi les meilleures pour leur résistance à la verse, à la Sclérotinia ainsi que pour leur rendement. Nous évaluons toutes nos variétés sous les conditions du Québec et élaborons, à la suite de nos recherches, la meilleure régie pour chacune de nos variétés afin d’optimiser le potentiel de rendement et la rentabilité de chacune », indique Daniel Barré, agronome chez Synagri. Afin de mieux desservir les producteurs et les marchés d’exportation,

l’entreprise a agrandi sa capacité d’entreposage sur la Rive-Sud en plus du site sur la Rive-Nord. L’entreposage à la ferme est également possible. Pour les producteurs préférant le soya OGM, Synagri distribue les soyas Dekalb.

SYNGENTA/NK « Notre programme de sélection génère plus que du rendement », affirme Martin Lanouette, agronome chez Syngenta. En 2016, nous lançons notre soya le plus hâtif à ce jour, le S0009-M2 ! Nous continuons à évaluer nos variétés à l’aide d’essais avancés sur la moisissure blanche à notre ferme de recherche d’Honeywood en Ontario. » Syngenta a transféré la tolérance nématode à kyste du soya à ses variétés plus hâtives. L’entreprise a ajouté à sa gamme le S06-C4, un soya de 2700 UTM doté de tolérance au nématode. Six nouvelles variétés Genuity Roundup Ready 2 Rendement s’ajoutent à liste des variétés NK. Cinq d’entre elles sont résistantes au nématode et toutes sont protégées contre le Phytophthora. Une nouvelle variété de soya IP de 2875 UTM sera aussi disponible en 2016. Le S16-F5 possède d’excellentes qualités alimentaires et agronomiques, avec une résistance au nématode et une protection contre le Phytophthora. « L’introduction de Q-Bits élargit notre gamme de formats disponibles pour plus de flexibilité et de simplicité pour le producteur », ajoute Marin Lanouette.  GUIDE SOYA 2016  7


QUELS SONT LES AVANTAGES DES SOYAS QUALI-PRO ® ET GENUITY ®? Qualité, rentabilité et services agronomiques, notre offre est complète. Des semences abordables aux primes avantageuses, les raisons de choisir ces variétés sont nombreuses! Centrés sur les besoins des agriculteurs, nous permettons de fermer les prix en tout temps.

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HANA Haute protéine 2575 UTM (MR 0.1) TAURUS Haute protéine 2650 UTM (MR 0.5)

UT

NOUVEA

2016

UT

NOUVEA

2016

PLATINA Tofu 2700 UTM (MR 0.7) ORIA Tofu 2775 UTM (MR 0.9) BAKARA Haute protéine 2850 UTM (MR 1.3) ARIUS Haute protéine 2875 UTM (MR 1.4) UN PROGRAMME AXÉ SUR LA QUALITÉ DE VOTRE RÉCOLTE LE TRAVAIL BIEN FAIT MÉRITE D’ÊTRE RÉCOMPENSÉ !

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UTÉ

NOUVEA

2016

UTÉ

NOUVEA

2016

KENDO R2 GENRR2R 2500 UTM (MR 00.7) MIKO R2 GENRR2R 2775 UTM (MR 0.9) MAXO R2 GENRR2R 2825 UTM (MR 1.1) MATEO R2 GENRR2R 2950 UTM (MR 1.6)

SAVIEZ-VOUS QUE

LE MAXO R2

LE MATEO R2

Depuis son introduction en 2011, le Maxo R2 se positionne toujours parmi

La grande stabilité du Mateo R2, combinée à son indice de rendement de

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102 % OOPSCC

EN FONT UN LEADER

dans son groupe de maturité.

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« Ce que nous aimons avant tout, c'est la constance année après année des produits PROSeeds. Les variétés ont une bonne tenue et sont exemptes de maladie. » ~Clément, Daniel et Serge Desgroseillers

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Depuis plus de 55 ans, nous aidons les Doerksen à cultiver. Du même coup, nous les avons aidés à faire toujours mieux. À partir du moment où Martin s’est installé sur la ferme avoisinant celle de son père, jusqu’au jour où Bryan, le fls de Martin agriculteurs et dans celle de la famille. Les marques déposées, de commerce, et de service (®, MS, MC) appartiennent à DuPont Pioneer ou à leur propriétaire respectif. © 2015 PHII.

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Sur 60 000 fermes et 8 millions d’hectares à travers le Canada, le nom de SeCan inspire la confiance en raison de la valeur exceptionnelle de ses semences. Les agriculteurs canadiens sèment des semences issues des efforts de SeCan en génétique sur plus d’hectares que toute autre marque de semences. SeCan n’est pas une compagnie semencière. En tant que « partenaire semencier du Canada », nous sommes une association sans but lucratif qui a remis plus de 90 millions de dollars aux phytogénéticiens canadiens. Cette terre vous appartient. Et cette génétique est la vôtre. Pour obtenir les gènes qui conviennent à votre ferme, appelez votre détaillant de semences SeCan.

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GUIDE

SOYA Coups de cœur

2016 de l’industrie

Le Bulletin des agriculteurs a mené son enquête et a interrogé les semenciers. Ceux-ci ont dévoilé leurs variétés coups de cœur tout en expliquant les raisons de leurs choix. Voici donc la liste des 76 variétés à surveiller pour la saison 2016 selon les semenciers.

ZONE 2500 UTM ET MOINS UTM

MR *

SEMENCIER

CARACTÈRES SPÉCIAUX

COMMENTAIRES DU REPRÉSENTANT

2100

000,2

Notus R2

Noir

OGM

Genuity Roundup Ready 2 Rendement

Nouveauté hyper hâtive. Variété de soya avec un rendement supérieur, malgré sa maturité. (François Labrie)

22002600

0,3

PS 0340 R2

Noir

OGM

Genuity Roundup Ready 2 Rendement Tolérance au Phytophthora (gène Rps 1c)

PS 0340 R2 possède la meilleure tenue de l’industrie et est recommandé pour les semis aux 15 po. Il détient la meilleure tolérance à la Sclérotinia pour cette zone de maturité. Sa pubescence est grise. Meilleur rendement provincial sur trois ans dans le Groupe 0 hâtif. (Gilles Corno)

2250

000,8

Akras R2

Noir

OGM

Genuity Roundup Ready 2 Rendement

Rendement et facilité de récolte. Variété hâtive produisant un grand plant doté d’une excellente tenue. La première gousse est très élevée. (François Labrie)

2275

000,9

S0009-M2

Jaune imparfait

OGM

Genuity Roundup Ready 2 Rendement Tolérance au Phytophthora (gène Rps6)

Un potentiel de rendement très élevé offert par notre variété la plus hâtive. Très bonne levée et tolérance au stress. (Martin Lanouette)

23002700

0,3

PS 0314 R2

Noir

OGM

Genuity Roundup Ready 2 Rendement

Cette variété buissonnante s’adapte tant aux sols légers que lourds et peut être semée en travail de sol conventionnel et en semis direct. Optimisez son rendement avec des semis en rang de 15 po à 30 po. (Gilles Corno)

2350

00,5

NK

S007-Y4

Jaune imparfait

OGM

Genuity Roundup Ready 2 Rendement Tolérance au Phytophthora (gène Rps 1c)

Variété avec une superbe tenue facilitant la récolte, une émergence fiable et une très bonne tolérance à la moisissure blanche ainsi qu’au pourridié phytophthoréen. (Martin Lanouette)

2375

00,3

SECAN

McLeod R2

Noir

OGM

Genuity Roundup Ready 2 Rendement

Nouvelle variété très hâtive avec un potentiel de rendement élevé. (Phil Bailey)

2400

00

Kanuk

Jaune

IP

Conventionnel

Voici une nouvelle variété hâtive et mi-buissonnante, la hauteur de la première gousse est élevée avec une excellente tenue. Un plant fort et un rendement supérieur en zone adaptée. (Hicham Bali)

2425

00,8

25-11RY

Noir

OGM

Genuity Roundup Ready 2 Rendement Tolérance au Phytophthora (gène Rps 1k)

Nouvelle variété introduite pour la saison 2016. Très adaptée aux sols plus lourds et au semis direct. Recommandée pour les espacements de 15 po et plus. Bonne tolérance à la moisissure blanche. (Stéphane Myre)

2425

00,6

P006T78R

Brun

OGM

Roundup Ready Tolérance au Phytophthora (gène Rps 1c)

Soya hâtif avec de belles performances sous différentes régies (7, 15, 30 po). Bonne émergence et facilité à récolter avec sa tenue droite et sa résistance à la moisissure blanche. (Lisanne Emond)

NK

DEKALB

VARIÉTÉ

COULEUR MARCHÉ DU HILE

* MR : maturité relative GUIDE SOYA 2016

21


ZONE 2500 UTM ET MOINS UTM

MR *

2450

00,6

2475

00,7

2475

SEMENCIER

VARIÉTÉ

COULEUR MARCHÉ DU HILE

CARACTÈRES SPÉCIAUX

COMMENTAIRES DU REPRÉSENTANT

HS 006RYS24

Noir

OGM

Roundup Ready 2 Tolérance au Phytophthora (gène Rps 1k), Résistance au nématode à kyste : PI 88788

Une variété à rendement supérieur avec une résistance au nématode à kyste et au Phytophthora. Elle a une émergence exceptionnelle avec une tenue remarquable et peut être ensemencée dans tous les types d’espacement. Convient à tous les types de sols. (Daniel Masse)

PRO 2525R2

Noir

OGM

Genuity Roundup Ready 2 Rendement Tolérance au Phytophthora (gène Rps 1c)

PRO 2525R2 est un soya hâtif à haute performance dans sa catégorie. Excellente tolérance aux maladies, cette variété s’adapte bien aux sols limoneux et argileux. Recommandée en espacement étroit de 7 po à 15 po. (Eric Bertrand)

00,7

HS 007RY32

Noir

OGM

Roundup Ready 2 Tolérance au Phytophthora (gènes Rps 1k et 1c)

Excellent potentiel de rendement avec une résistance au Phytophthora et une des meilleures tolérances à la moisissure blanche. Il possède une tenue supérieure et une excellente émergence. Adapté à tous les espacements de rangs et de travail de sol. (Daniel Masse)

2500

00

Kebek

Jaune

IP

Conventionnel

Une nouvelle variété hâtive conventionnelle et buissonnante. Elle présente un très bon rendement dans son groupe de maturité. Convient au semis direct et conventionnel. (Hicham Bali)

2500

00,8

25-10RY

Noir

OGM

Genuity Roundup Ready 2 Rendement Tolérance au Phytophthora (gène Rps 1c)

Variété éprouvée, de bonne stature et d’excellente tenue. Elle démontre une bonne stabilité dans tous les types de sols et tolère bien la moisissure blanche. (Stéphane Myre)

2500

00

90Y01

Tan

OGM

Roundup Ready Tolérance au Phytophthora (gène Rps 1k)

Soya hâtif offrant un excellent potentiel de rendement et une belle constance. Belle croissance végétative et bonne performance aux 7 po et aux 20 po, mais aussi aux 30 po en semis hâtif. Bonne tolérance à la moisissure blanche. Option semis direct. (Lisanne Emond)

2500

00,7

Kendo R2

Noir imparfait

OGM

Genuity Roundup Ready 2 Rendement Tolérance au Phytophthora (gène Rps 1c)

Nouvelle variété prometteuse possédant les caractéristiques agronomiques recherchées : bon potentiel de rendement, bonne tenue, bonne tolérance à la moisissure blanche et bonne vigueur. (Miguel Provost)

2500

00,8

PROSEEDS

LS008R21

Brun

OGM

Genuity Roundup Ready 2 Rendement

Le LS008R21 est un soya très hâtif avec un potentiel de rendement plus qu’impressionnant. Il se démarque par sa tolérance aux maladies et la stabilité de ses performances année après année. Il performe dans tous les types de sols en espacement étroit de 7 po à 15 po et à 30 po en régie intensive. (Eric Bertrand)

2500

00,9

SECAN

Smith R2

Noir

OGM

Genuity Roundup Ready 2 Rendement

Nouvelle variété qui se démarque par sa vigueur et sa croissance rapide. (Phil Bailey)

2500

0,1

SEMICAN

NSC Arnaud

Noir

OGM

Genuity Roundup Ready 2 Rendement Tolérance au Phytophthora (gène Rps 1c)

Nouveauté à haut potentiel de rendement. (Philippe Charlebois)

2500

0,1

SEMICAN

NSC Osborne

Noir

OGM

Genuity Roundup Ready 2 Rendement Tolérance au Phytophthora (gène Rps 1c)

Sa constance en fait un soya fiable en zone hâtive et intermédiaire. (Philippe Charlebois)

25502575

00,9

SYNAGRI

Asuka

Jaune imparfait

IP

Haute protéine

Premier rang de son groupe de maturité dans les essais du Réseau grandes cultures du Québec (RGCQ) 20122014. La meilleure résistance à la Sclérotinia au RGCQ 2014 avec un indice de 0,4. (Daniel Barré)

2575

0,1

Hana

Jaune imparfait

IP

Haute protéine

Nouvelle variété qui combine les performances agronomiques et les avantages de la gamme Quali-Pro. Vous apprécierez son fort potentiel de rendement, sa stabilité et ses plants sains tout au long de la saison. (Miguel Provost)

* MR : maturité relative

22  GUIDE SOYA 2016

PROSEEDS

DEKALB


ZONE PLUS DE 2500 JUSQU’À 2700 UTM UTM

MR *

SEMENCIER

CARACTÈRES SPÉCIAUX

COMMENTAIRES DU REPRÉSENTANT

24002800

0,6

PS 0650 R2

Noir

OGM

Genuity Roundup Ready 2 Rendement Tolérance au Phytophthora (gène Rps 1k)

La populaire variété PS 0650 R2 a obtenu les meilleurs indices de rendements tant au Québec qu’en Ontario au cours des dernières années. Son secret réside dans sa tolérance à la Sclérotinia et à sa tenue exceptionnelle. Optimisez vos profits avec PS 0650 R2 aux 15 po. (Gilles Corno)

24002900

0,7

PS 0753 R2

Noir

OGM

Genuity Roundup Ready 2 Rendement Tolérance au Phytophthora (gène Rps 3a)

Cette variété buissonnante obtient de meilleurs rendements aux 30 po. Un taux de semis de 140 à 165 000 semences/acre au planteur. Optimisez vos rendements en commandant vos semences traitées. (Gilles Corno)

2500

0,09

NSC Jaden RR2Y

Noir

OGM

Genuity Roundup Ready 2 Rendement

Ce soya est très apprécié pour son rendement et sa facilité de récolte. Leader incontesté depuis son introduction. (François Labrie)

2600

0,1

Lempo R2X † En instance d’enregistrement

Noir imparfait

OGM

Genuity Roundup Ready 2 Xtend

Nouvelle génétique de pointe performante et compacte qui reste debout. Maximise le rendement en zones hâtives. (François Labrie)

2600

0,2

26-14RY

Noir

OGM

Genuity Roundup Ready 2 Rendement Tolérance au Phytophthora (gène Rps 1k)

Excellente vigueur printanière. Variété de grande stature bien adaptée aux espacements plus larges, au semis direct et aux sols lourds. (Stéphane Myre)

2600

0,6

P06T28R

Brun

OGM

Roundup Ready Tolérance au Phytophthora (gène Rps 1k)

Variété de soya alliant performance agronomique et rendement. Sa tolérance à la moisissure blanche au dessus de la moyenne et sa superbe tenue en font un soya stable. Performe bien sous régie de 15 po et 30 po. (Lisanne Emond)

2625

0,3

HS 03RY33

Noir

OGM

Roundup Ready 2

Excellent rendement pour sa maturité. Cultivar avec une bonne émergence qui performe bien dans toutes les largeurs de rangs. Il possède une très bonne tolérance à la moisissure blanche. (Daniel Masse)

2625

0,4

S04-D3

Noir

OGM

Genuity Roundup Ready 2 Rendement Tolérance au Phytophthora (gène Rps 1c)

Rendement exceptionnel. Le S04-D3 offre un plant de hauteur moyenne et une tenue fiable. Il possède une grande tolérance au stress, ainsi qu’à la moisissure blanche et au pourridié phytophthoréen. (Martin Lanouette)

2650

0

AAC Vireo

Jaune

IP

Tofu

Une nouvelle variété avec un excellent rendement dans son groupe de maturité. Son plant est vigoureux avec une hauteur d’attache de la première gousse élevée. Elle est adaptée au semis direct et a un très bon taux de protéine. (Hicham Bali)

2650

0

Loriot

Jaune

IP

Type natto

Variété natto très branchue qui couvre le sol et ferme bien les rangs. Elle offre un bon rendement et est très économique à semer. (Hicham Bali)

2650

0,5

P05T80

Beige pâle

IP

Conventionnel

Variété hile clair offerte avec une prime intéressante. Maturité bien adaptée pour une bonne gestion du IP à la ferme. Soya vigoureux, très buissonnant qui offre une bonne tolérance à la moisissure blanche et un bon potentiel de rendement. (Cynthia Lajoie)

2650

0,4

5A040RR2

Noir

OGM

Roundup Ready 2

Tolérance à la moisissure blanche et au Phytophthora supérieure à la moyenne. Ce plant démontre une très bonne levée et une excellente tenue. S’adapte bien à tous les espacements de rangs. (Daniel Masse)

2650

0,3

Bronze

Brun

OGM

Genuity Roundup Ready 2 Rendement Tolérance au Phytophthora (gène Rps 1c)

Un soya qui performe bien dans tous les types de sols avec un plant semi-branchu et un rendement excellent. (Darren McColm)

DEKALB

NK

MAIZEX

VARIÉTÉ

COULEUR MARCHÉ DU HILE

GUIDE SOYA 2016

23


ZONE PLUS DE 2500 JUSQU’À 2700 UTM UTM

MR *

SEMENCIER

VARIÉTÉ

CARACTÈRES SPÉCIAUX

COMMENTAIRES DU REPRÉSENTANT

2650

0,5

SECAN

Camaro R2

Noir

OGM

Genuity Roundup Ready 2 Rendement

Excellent rendement pour sa classe de maturité et une bonne résistance à la Sclérotinia. (Philippe Charlebois)

2650

0,4

SYNAGRI

Kyoto

Jaune imparfait

IP

Conventionnel

Rendement élevé et constant avec la meilleure résistance à la Sclérotinia au Réseau grandes cultures du Québec (RGCQ) essais 2013 et 2014. (Daniel Barré)

2675

0,5

PROSEEDS

PRO 2625R2

Noir

OGM

Genuity Roundup Ready 2 Rendement Tolérance au Phytophthora (gène Rps 1k)

Soya hâtif au potentiel de rendement très élevé. Plant semi-buissonnant de haute taille convenant aux rangs étroits (7 po à 15 po). Tenue excellente. Très bonne résistance aux maladies. (Eric Bertrand )

2700

0,6

DEKALB

27-12RY

Gris

OGM

Genuity Roundup Ready 2 Rendement Tolérance au Phytophthora (gène Rps 1c)

Nouvelle variété à haut potentiel de rendement. Adaptée pour les semis allant de 7 po à 30 po. Bonne vigueur au printemps et bonne tolérance à la moisissure blanche. (Stéphane Myre)

2700

0,7

MAIZEX

Cobalt

Brun

OGM

Genuity Roundup Ready 2 Rendement Tolérance au Phytophthora (gène Rps 1c) Résistance au nématode à kyste

Plant de taille courte, adapté pour les espacements de 7 po à 20 po. Résistant au nématode à kyste. Adapté à tous les types de sols. (Darren McColm)

2700

0,6

NK

S06-C4

Noir

OGM

Genuity Roundup Ready 2 Rendement Résistance au Nématode à kyste (race 3,14)

Possède un bagage complet de protection contre les maladies : très bonne tolérance à la moisissure blanche causée par la Sclérotinia, au nématode à kyste ainsi qu’une très bonne tolérance de champ au pourridié phytophthoréen. (Martin Lanouette)

2700

0,6

Marula

Jaune imparfait

IP

Conventionnel

Variété aux performances exceptionnelles. Les plants sains, vigoureux et très fertiles assurent la stabilité de son rendement. (Miguel Provost)

2700

0,5

PROSEEDS

Gladiator

Jaune imparfait

IP

Haute protéine

Cette variété se démarque par ses performances année après année dans les essais de recherche chez Sevita. Meilleur compromis performance pour les producteurs et haute protéine pour les acheteurs. Adaptée aux rangs 15 po et 30 po dans une grande variété de sols. (Eric Bertrand)

2700

0,7

SYNAGRI

Furio

Jaune imparfait

IP

Haute protéine

Combinaison gagnante alliant rendement, protéine, vigueur et tenue. (Daniel Barré)

2725

0,7

R2C0724

Noir

OGM

Genuity Roundup Ready 2 Rendement Tolérance au Phytophthora (gène Hrps 1c)

Rendement garanti. La meilleure variété Croplan sur le marché ! Plant moyennement buissonnant s’adaptant très bien aux rangs larges. Très bonne tolérance aux différents stress. Superbe variété en semis direct. Un essai vous convaincra. (Marie-Andrée Noël)

2750

1

R2T1010

Noir

OGM

Genuity Roundup Ready 2 Rendement

Nouveauté 2016 sur le marché qui performe bien en conditions difficiles ! R2T1010 a une croissance agressive tôt en saison, ce qui lui procure un net avantage. (Marie-Andrée Noël)

2750

0,8

SEMICAN

CF-12

Noir

OGM

Genuity Roundup Ready 2 Rendement

Un champion du rendement grâce à sa vigueur qui passe partout. (Philippe Charlebois)

2750

0,8

SEMICAN

Pangasis

Noir

OGM

Genuity Roundup Ready 2 Rendement

Nouveauté, variété avec un haut potentiel de rendement et une bonne tolérance à la maladie. (Philippe Charlebois)

2775

0,9

Miko R2

Brun

OGM

Genuity Roundup Ready 2 Rendement Tolérance au Phytophthora (gène Rps 1c)

Nouvelle variété ayant un fort potentiel de rendement, sa grande capacité à brancher lui permet de bien s’adapter au semis de 30 po et sa vigueur au printemps lui assure un bon départ. Bonne tolérance au Phytophthora. (Miguel Provost)

* MR : maturité relative

24  GUIDE SOYA 2016

COULEUR MARCHÉ DU HILE


ZONE PLUS DE 2700 UTM UTM

MR *

SEMENCIER

VARIÉTÉ

COULEUR MARCHÉ DU HILE

CARACTÈRES SPÉCIAUX

COMMENTAIRES DU REPRÉSENTANT

2600 3000

1,1

PS 1162 R2

Noir

OGM

Genuity Roundup Ready 2 Rendement Tolérance au Phytophthora (gène Rps 1c)

Excellente tenue, propre, facile à battre et répondant bien au semis de 15 po et de 30 po. Ce soya buissonnant se développe rapidement afin de couvrir le rang tout en permettant la circulation de l’air. Rendement supérieur et constant dans le groupe 1 hâtif. (Gilles Corno)

2600 3000

1,7

PS 1716 R2

Noir

OGM

Genuity Roundup Ready 2 Rendement Tolérance au Phytophthora (gène Rps 1c)

Cette nouvelle variété offre un potentiel de rendement très élevé et s’adapte bien dans les régions de maturité tardive 1,0. Offre une bonne tolérance à la Sclérotinia. Belle plante, beaucoup de gousses, branchue, s’adapte bien en rangs de 15 po ou 30 po sur tous les types de sols. (Gilles Corno)

2750

0-1

AAC Coryllis

Jaune

IP

Type natto

Une variété de type natto avec un rendement supérieur aux 12 po à 15 po. Le plant présente une excellente tenue et produit un très beau grain apprécié des marchés d’exportation. (Hicham Bali)

2750

0,9

P09T74R2

Noir

OGM

Genuity Roundup Ready 2 Rendement Tolérance au Phytophthora (Gène Rps 1c) Tolérance au nématode à kyste (188788)

Nouveau soya Roundup Ready 2 qui offre un excellent potentiel de rendement et une bonne vigueur printanière. Forte résistance à la pourriture brune de la tige et bonne tenue à la récolte. Adapté aux 15 po et 30 po et en rangs jumelés. (Cynthia Lajoie)

2750

0,6

Donar R2X En instance d’enregistrement

Noir

OGM

Genuity Roundup Ready 2 Xtend

Nouveauté impressionnante et complète alliant profil agronomique solide et potentiel de rendement très élevé. (François Labrie)

2750

0,7

MAIZEX

Atlas

Brun

OGM

Genuity Roundup Ready 2 Rendement

Nouveauté pour la saison 2016. Soya avec gros potentiel de rendement. Plant robuste pour semis aux 15 po ou 30 po. Résistant au nématode à kyste et à la moisissure blanche. (Darren McColm)

2750

0,9

SECAN

OAC Wallace

Brun

IP

Conventionnel

Une variété au potentiel de rendement exceptionnel. Des primes non-OGM sont aussi disponibles. (Phil Bailey)

2750

0,9

SECAN

Corvette R2

Noir

OGM

Genuity Roundup Ready 2 Rendement Tolérance au Phytophthora (gène Rps 1c)

Nouvelle variété avec un potentiel de rendement légèrement supérieur à Absolute RR. (Phil Bailey)

2775

0-1

Havane

Jaune

IP

Conventionnel

Un soya au potentiel de rendement élevé avec une excellente vigueur printanière. Idéal pour le semis direct. Son plant mi-buissonnant et sa tige sont robustes pour une tenue supérieure. Bon pour le semis aux 15 po ou 30 po. (Hicham Bali)

2775

1

LC1070

Noir

OGM

LibertyLink Tolérance au Phytophthora (gène Rps 1c)

Soya résistant à l’herbicide Liberty. Un des premiers dans sa gamme avec une bonne résistance aux maladies telles que la moisissure blanche. Son plant semi-buissonnant s’adapte aux différents espacements. (Marie-Andrée Noël)

2800

1

DEKALB

28-15RY

Noir

OGM

Genuity Roundup Ready 2 Rendement Tolérance au Phytophthora (gène Rps 1c) Résistance au nématode à kyste

Cette nouvelle variété introduite pour la saison 2016 possède une excellente émergence. Variété polyvalente pouvant être semée dans tous les types de sol et à tous les espacements. (Stéphane Myre)

2800

1,1

SYNAGRI

Osaka

Jaune imparfait

IP

Conventionnel

Variété très bien adaptée au semis direct et aux rangs de 30 po alliant rendement, tenue et résistance à la Sclérotinia. (Daniel Barré)

2825

1,1

NK

S11-N4

Brun

OGM

Genuity Roundup Ready 2 Rendement Résistance au Nématode à kyste (race 3,14)

Rendements supérieurs, excellente tolérance au stress et excellent choix pour les sols variables. Il produit un plant dont le port et la hauteur permettent l’adaptation aux différents espacements entre les rangs. Cette variété est tolérante à la moisissure blanche, au nématode à kyste et au pourridié phytophthoréen. (Martin Lanouette)

2825

1.1

Karra

Jaune imparfait

IP

Conventionnel

Nouvelle variété tardive qui offre de solides performances au champ. Son adaptation au semis de 30 po, son bon départ au printemps, sa bonne tenue facilitant le battage combiné à son fort potentiel de rendement en font un incontournable dans sa zone de maturité. (Miguel Provost)

GUIDE SOYA 2016

25


ZONE PLUS DE 2700 UTM UTM

MR *

SEMENCIER

VARIÉTÉ

CARACTÈRES SPÉCIAUX

COMMENTAIRES DU REPRÉSENTANT

2825

1,2

PROSEEDS

Stargazer

Jaune imparfait

IP

Conventionnel

Variété qui s’adapte bien aux différents types de sols et aux différentes zones de maturité. Très en demande pour sa teneur en protéine et ses performances. Cette variété fait partie du programme de primes de Sevita Proseeds. (Eric Bertrand)

2850

1,5

OAC Avatar

Jaune imparfait

IP

Conventionnel

Ce soya hile clair est destiné aux marchés de soya IP. Classé parmi les meilleurs aux essais du Réseau grandes cultures du Québec (RGCQ). Plant semi-buissonnant s’adaptant bien aux différents espacements, il a une bonne tolérance à la moisissure blanche. (Marie-Andrée Noël)

2850

1,4

HS 11RY07

Noir

OGM

Roundup Ready 2 Tolérance au Phytophthora (gène Rps 1c )

Variété à haut rendement, avec une émergence et une tenue de première classe. Il performe dans tous les espacements de rangs et préparations de sol. Il possède une résistance au pourridié phytophthoréen et une bonne résistance à la moisissure blanche. (Daniel Masse)

2850

1,3

PRO 2845R2C

Noir

OGM

Genuity Roundup Ready 2 Rendement Tolérance au Phytophthora (gène Rps 1k ) Résistance au nématode à kyste PI 88788

Cette nouvelle variété possède la protection contre le nématode à kyste. Potentiel de rendement très élevé. Excellents résultats dans les essais de recherche. Plant haut et semi-buissonnant. Excellent indice de verse. Convenant aux rangs étroits (7 po à 15 po). (Eric Bertrand)

2875

1,3

5A105RR2

Jaune

OGM

Roundup Ready 2 Tolérance au Phytophthora (gène Rps 1k )

Cultivar qui possède une bonne tolérance au Phytophthora, à la moisissure blanche et à la pourriture brune de la tige. Excellente émergence et vigueur hâtive, bien adapté au travail de sol minimal et au semis direct. (Daniel Masse)

2875

1,5

NK

S15-P1

Noir

OGM

Genuity Roundup Ready 2 Rendement Tolérance au Phytophthora (gène Rps1c) Résistance au Nématode à kyste (race 3,14)

Cette variété de soya produit un rendement supérieur grâce à ses excellentes qualités agronomiques. Sa levée rapide et sa vigueur en font une variété idéale pour le semis direct. Solide résistance à la moisissure blanche, au nématode à kyste et au pourridié phytophtoréen. (Martin Lanouette)

2875

1,2

SEMICAN

CF-31

Noir

OGM

Genuity Roundup Ready 2 Rendement Tolérance au ­Phytophthora (gène Rps 1c) Résistance au nématode à kyste

Dominant pour le rendement en fonction de sa maturité, il compétitionne les 3000 UTM sans rougir. (Philippe Charlebois)

2900

1,4

MAIZEX

Titanium

Brun

OGM

Genuity Roundup Ready 2 Rendement Tolérance au ­Phytophthora (gène Rps 1k) Résistance au nématode à kyste

Champion dans le fameux concours de rendement (GFO) en Ontario pour 2012 et 2013, ce soya a une résistance élevée aux maladies et il performe très bien dans tous les types de sols. (Darren McColm)

2900

1,5

Mylitta R2

Brun

OGM

Genuity Roundup Ready 2 Rendement Tolérance au Phytophthora (gène Rps1C )

Nouveau soya à potentiel de rendement exceptionnel. Plant de grande taille et très buissonnant. Permet de maximiser les semis hâtifs. (François Labrie)

2900

1,5

P15T46R2

Beige pâle

OGM

Genuity Roundup Ready 2 Rendement Tolérance au Phytophthora (Gène Rps 1c) Tolérance au nématode à kyste (188788)

Nouveau soya Roundup Ready 2 dans cette maturité. Très vigoureux, ce qui en fait un excellent candidat pour les sols lourds et le semis direct. Forte résistance à la pourriture brune de la tige. Variété adaptée pour les semis aux 30 po. (Cynthia Lajoie)

2950

1,5

29-62RY

Noir

OGM

Genuity Roundup Ready 2 Rendement Tolérance au Phytophthora (gène Rps 1c)

Nouvelle variété possédant une grande capacité d’adaptation, car elle peut être semée dans tous les types de sols et largeurs de rangs. Elle possède une très bonne tolérance à la moisissure blanche et au pourridié phytophtoréen. (Stéphane Myre)

2950

1.6

Mateo R2

noir

OGM

Genuity Roundup Ready 2 Rendement Tolérance au Phytophthora (gène Rps 1c)

Variété qui provient de génétique ayant fait ses preuves, sa stabilité vous convaincra. Bonne capacité à brancher, bien adaptée au semis direct, excellente tenue, bonnes performances en condition difficile. (Miguel Provost)

* MR : maturité relative

26  GUIDE SOYA 2016

PROSEEDS

DEKALB

COULEUR MARCHÉ DU HILE


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INFO ÉLEVAGES

La RTM : avantages et exigences Depuis son introduction dans les années 1950, la ration totale mélangée ou RTM est le système le plus couramment utilisé pour alimenter les vaches laitières. Chaque quantité de RTM ingérée permet à la vache de consommer une proportion de nutriments se rapprochant de ses besoins nutritionnels, tout en maintenant une longueur de fibre adéquate, requise pour un rumen en santé. Voici les avantages et les exigences de ce système. Avantages – Amélioration de l’efficacité alimentaire de 4 % par rapport à une ration traditionnelle de fourrages et de concentrés alimentés séparément. Chaque bouchée consommée contient une quantité adéquate d’ingrédients permettant l’obtention d’une ration équilibrée. La RTM produit un environnement du rumen plus stable et idéal pour maximiser la croissance microbienne. – L’incidence de problème digestif et métabolique est généralement réduite résultant en une augmentation de la production de 5 % ou plus comparativement à une ration conventionnelle. – L’éleveur a la possibilité d’utiliser une grande variété de sous-produits. Le mélange des ingrédients permet de dissimuler les saveurs de certains aliments (urée, gras, certains sous-produits et minéraux simples) moins appétissants. – La RTM permet d’alimenter les vaches avec plus de précision, si elle est bien gérée. L’utilisation d’une balance sur les équipements de mélange permet de

Mélangeur et distributeur de RTM

contrôler précisément la quantité des – La consommation de la RTM ne doit pas ingrédients introduits dans le mélangeur. varier de plus de 5 % de ce qui a été préUn mélange adéquat limite la possibilité dit, sinon il est nécessaire de reformuler pour l’animal de trier ses aliments préféla ration. Une ration faiblement consomrés comme les grains. mée peut indiquer une baisse de la qua– C’est un type d’alimentation qui s’adapte lité des fourrages et/ou un changement facilement à la mécanisation. de leur matière sèche. – Les ensilages doivent être coupés à une Exigences longueur de coupe variant entre 9,5 mm – Il est important de suivre les recomà 19 mm (3/8 à ¾ po) et les grains cormandations du fabricant concernant les rectement roulés ou moulus selon les temps de mélange. S’il est trop court, grains utilisés. Les vaches ont la manie le mélange ne sera pas homogène et la d’éviter de consommer les particules lonration variera d’un bout à l’autre de la gues de fourrage pour se concentrer sur mangeoire. Un temps de mélange trop les particules fines de concentrés. long peut occasionner la pulvérisation – L’utilisation d’une seule RTM pour les de la fibre efficace nécessaire pour une vaches en lactation permet d’accroître rumination adéquate. l’efficacité du travail, mais laisse moins – Le pesage des ingrédients doit être réade flexibilité pour la formulation des lisé avec précision et effectué avec une rations. Les vaches laitières ont des balance calibrée, ce qui exige une vérifibesoins qui varient d’un bout à l’autre cation et un entretien réguliers. de la lactation. Une seule RTM entraîne – La RTM doit être formulée correctement, un coût d’alimentation plus élevé et le car les vaches dépendent entièrement de risque d’obtenir des vaches trop grasses cette ration pour combler leurs besoins en fin de lactation. nutritionnels. Les bénéfices à utiliser la RTM l’em– L’utilisation d’analyses précises pour portent sur les exigences qu’elle demande tous les ingrédients est essentielle pour pour obtenir de bons résultats. Chaque formuler correctement les rations. L’ana- ferme est différente. Un système bien lyse fréquente des fourrages permet pensé et conçu aura plus de chance d’effectuer les changements lorsque leur d’être rentable à long terme. Source : Université de l’État de Pennsylvanie qualité et matière sèche fluctuent.

PHOTO : ALAIN FOURNIER

La santé du pis sur votre tablette Le Réseau canadien de recherche sur la mammite bovine et la qualité du lait vient de lancer un projet de développement d’applications mobiles. Ces outils aideront à surveiller la mammite clinique et l’état des trayons. Ils permettront aussi une meilleure gestion du traitement sélectif. Le projet est financé par le ministère de l’Économie, de l’Innovation et des Exportations du Québec, Valacta, Zoetis, l’Association des médecins vétérinaires du Québec et les Producteurs de lait du Québec. Il faudra être patient, car la sortie des outils est prévue pour 2018 ! Mais une chose est certaine : la mammite et la santé du pis seront encore d’actualité ! Source : RCRMBQL

Textes rédigés par : Alain Fournier, agronome, M.SC. et conseiller en productions laitière et bovine pour le MAPAQ au Centre-du-Québec. Marie-Josée Parent, agronome et journaliste. Elle couvre les productions laitière, bovine, avicole et porcine au Bulletin.

LE BULLETIN DES AGRICULTEURS  NOVEMBRE 2015  33


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DOSSIER SANTÉ ANIMALE

PAR MARIO SÉGUIN

LA SANTÉ, AUSSI UNE AFFAIRE DE SÉLECTION GÉNÉTIQUE La prévention des maladies chez les vaches laitières est d’une importance capitale pour la rentabilité d’une entreprise. L’une des solutions : la sélection de sujets plus résistants aux infections et problèmes de santé.

L

es producteurs laitiers utilisent de plus en plus les programmes de prévention des maladies pour améliorer la rentabilité de leur élevage. Ces programmes, appliqués en collaboration avec les vétérinaires, visent à diminuer l’incidence des maladies cliniques et chroniques dans les troupeaux et à réduire les pertes de production et le coût des traitements qui en découlent. Une autre avenue qui peut contribuer à réduire l’incidence des maladies consiste à sélectionner des sujets plus résistants aux différentes infections et problèmes de santé courants. LE BULLETIN DES AGRICULTEURS  NOVEMBRE 2015  35


Au cours des dernières décennies, la sélection des taureaux selon le comptage des cellules somatiques et de quelques critères de conformation était les seuls caractères ayant un impact sur la réduction des maladies, surtout la mammite. Plus récemment, le Canada fait figure de leader mondial par la mise en place de projets de recherche et de développement qui visent à identifier de nouveaux critères génétiques favorisant des troupeaux en santé. Voyons en quoi ils consistent.

Le projet national de santé Le projet national de santé qui a été mis en place en 2007 a pour objectif de valoriser la collecte des incidences cliniques des huit principales maladies des troupeaux laitiers canadiens. À ce jour, environ 40 % des troupeaux canadiens contribuent aux données de santé sur une base volontaire, dont une proportion un peu plus grande au Québec grâce à l’utilisation fréquente du logiciel DSA. L’utilisation de ces données a conduit à la publication d’un nouvel indice « Résistance à la mammite » en août 2014. Cet indice vise à préciser la proportion des filles d’un taureau qui seront affectées par des mammites cliniques ou subcliniques. D’ici deux ans, ces données pourraient aussi servir à la publication d’un indice « Maladies métaboliques » (fièvre vitulaire, acétonémie, déplacement de caillette) afin de sélectionner les sujets les plus résistants pour ces 3:46 maladies. ELA_63726_Pub_BA.pdf 1 2015-09-30 PM

TABLEAU 1 : NIVEAU D’HÉRITABILITÉ SELON DIFFÉRENTS GROUPES DE CARACTÈRES. Caractères de production

25 % - 35 %

Caractères de conformation

15 % - 40 %

Réponse immunitaire

25 %

Longévité

8 % - 10 %

Caractères de facilité de vêlage

6 % - 7 %

Fertilité des filles

4 % - 7 %

Incidence des maladies

2 % - 10 %

Les producteurs laitiers sont invités à prendre le temps d’inscrire de façon précise les huit maladies importantes dans les logiciels Lac-T, Dairy Comp et DSA. Ces données peuvent être utiles à la fois comme outils de gestion du troupeau et pour offrir de nouveaux critères génétiques reliés à la santé.

La technologie Haute Réponse Immunitaire (HIR) Une technologie brevetée il y a quelques années par l’université de Guelph mesure la capacité d’un animal à se défendre contre les maladies. Elle apporte une nouvelle avenue pour réduire l’in-

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RÉFÉRENCES : 1. Elanco Santé Animale, données internes, INAD 1420, rapport sur l’efficacité. 2. Schelling G.T. 1984. Monensin mode of action in the rumen. J Anim Sci. 58:1518-1527.

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TABLEAU 2 : COMPARAISON DE L’INCIDENCE DES MALADIES CHEZ LES VACHES À HAUTE RÉPONSE IMMUNITAIRE CONTRE LES VACHES À BASSE RÉPONSE IMMUNITAIRE. VACHES À R.I. BASSE

VACHES À R.I. ÉLEVÉE

25,7 %

19,5 %

Métrite

7,2 %

4,3 %

Déplacement de caillette

5,8 %

3,6 %

Rétention placentaire

13,1 %

5,0 %

Mammite

Source : Thompson-Crispi et al. 2012

cidence des maladies dans les troupeaux laitiers par la sélection de sujets qui peuvent mieux se défendre naturellement grâce à un meilleur système immunitaire. La technologie HIR (Haute Réponse Immunitaire) mesure de façon précise la réponse de chaque animal face aux invasions bactériennes et virales. À la suite d’une entente avec l’université de Guelph, Semex a acquis l’exclusivité d’utiliser cette technologie pour identifier les taureaux qui disposent d’une meilleure immunité et qui sont ­commercialisés sous la marque Immunité+. L’héritabilité de la réponse immunitaire est évaluée à plus de 25 %, un niveau élevé qui se compare à celui des caractères de production (voir tableau 1). Cette haute héritabilité est attribuable à l’implication de plus de 2000 gènes qui contrôlent un réseau de cellules et de molécules qui défendent l’organisme. Les sujets à haute réponse immunitaire ont plus de gènes performants et peuvent ainsi transmettre cette caractéristique à leur descendance. Plusieurs recherches ont démontré les atouts des femelles à haute réponse immunitaire : elles sont moins souvent malades, elles démontrent une meilleure réponse aux vaccins et elles produisent un colostrum de meilleure qualité. Le tableau 2 et le 3 tableau (voir page suivante) présentent des résultats de recherches qui démontrent la réduction des taux de maladies associés aux sujets à haute réponse immunitaire ou à leur progéniture. En 2014, un projet de recherche a été mis en place afin de créer une population de référence génotype-phénotype comprenant 3000 vaches à travers le Canada. Grâce à ces données et aux données des taureaux testés selon la R.I. par Semex, les chercheurs espèrent développer d’ici deux ans un test génomique qui identifiera plus rapidement et à meilleur coût les sujets à haute réponse immunitaire. Il sera alors plus facile pour les éleveurs de sélectionner les meilleures femelles selon leur réponse immunitaire.

La collecte des données sur la santé des onglons Le Réseau laitier canadien collabore aussi avec des organismes de différentes provinces pour établir un système de collecte des données des pareurs d’onglons. Au Québec, une association des pareurs d’onglons a été créée en 2013. Ses mandats sont d’uniformiser le travail des pareurs d’onglons qui y adhèrent et de faciliter l’accès à des équipements et de la formation de pointe pour

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Équipements Yvon Rivard Mirabel 450 818-6437 Maltais Ouellet Saint-Bruno (Lac-Saint-Jean) 418 668-5254 Champoux Machineries Warwick 819 358-2217 Agritex Berthierville 450 836-3444 Agritex Sainte-Anne-de-la-Pérade 418 325-3337 Agritex Saint-Celestin 819 229-3686 Agritex Sainte-Martine 450 427-2118 Agritex Saint-Polycarpe 450 265-3844 Agritex Saint-Roch-de-l’Achigan 450 588-7888

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LE BULLETIN DES AGRICULTEURS  NOVEMBRE 2015  37


TABLEAU 3 : MALADIES DÉCELÉES CHEZ LES FILLES DE TAUREAUX IMMUNITÉ+ APPARTENANT À UN GRAND TROUPEAU AUX ÉTATS-UNIS. MALADIE

GROUPE DE FEMELLES

FILLES TAUREAUX IMMUNITÉ+

FILLES DES AUTRES TAUREAUX

TAUX DE RÉDUCTION DE LA MALADIE

Mammite

1re lactation

8,8 %

15,8 %

44,3 %

Toutes les maladies répertoriées

1re lactation

16,7 %

18,2 %

8,5 %

Génisses

6,8 %

9,1 %

25,3 %

Pneumonie Source : Jay Shannon, L’Alliance Semex, 2013.

Tranquillité d’esprit

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les pareurs d’onglons et les producteurs. Elle préconise aussi l’utilisation d’un logiciel reconnu qui permettra de produire des rapports utiles tant aux producteurs qu’aux vétérinaires et de faciliter la collecte des données sur la santé des onglons. Même si l’héritabilité de la santé des onglons est faible, il serait possible, avec une quantité suffisante de données, de produire des évaluations génétiques sur la santé des onglons et d’identifier des taureaux dont les filles ont un taux moindre de maladies aux onglons. En somme, la prévention des maladies, qu’elle soit par la sélection génétique ou les programmes vétérinaires, a comme avantage notable de réduire l’utilisation des antibiotiques et ainsi d’atténuer la résistance aux antibiotiques des agents pathogènes, une préoccupation croissante du grand public et des intervenants en élevage. Les critères de sélection reliés à la santé seront bonifiés de plus en plus par des études génomiques qui pourront accélérer le progrès génétique et la réduction de l’incidence des maladies. Dans cette optique, des éleveurs seront appelés à s’impliquer dans des projets de recherches visant à identifier des marqueurs du génome favorables à des vaches en santé. Quoi qu’il en soit, la collaboration d’un grand nombre de producteurs à la collecte de données de santé demeure essentielle pour diminuer l’incidence des maladies et améliorer la rentabilité des troupeaux.

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innovateurs en agriculture Mario Séguin, agronome, est rédacteur pigiste. Il a œuvré pendant 27 ans en amélioration génétique des bovins laitiers.

38  NOVEMBRE 2015  LE BULLETIN DES AGRICULTEURS


LAIT

PAR MARIE-JOSÉE PARENT

UNE ÉTABLE DE PLUS EN PLUS AUTOMATISÉE Caméra pour évaluer l’état corporel des vaches, robot d’alimentation, repousse-aliment, compteur optique de cellules somatiques… Les nouveautés ne manquent pas chez DeLaval qui mise de plus en plus sur l’automatisation des opérations dans les étables laitières.

Q

ue reste-t-il à automatiser dans une étable laitière ? L’évaluation de l’état de chair peut-être ? C’est fait ! Parmi les nouveautés de la c­ ompagnie suédoise DeLaval, il s’agit sans contredit de l’innovation la plus futuriste. Une caméra installée à la sortie du robot de traite ou au-dessus d’une porte de tri capte une image en trois dimensions de la partie inférieure du dos de la vache. Le logiciel analyse ensuite les données provenant de la longe, de la croupe, des hanches, des ischions et des côtes. Les mesures sont ensuite converties en valeur d’état de chair selon une échelle de 0 à 5. La caméra installée au-dessus de la vache permet d’évaluer l’état de chair de la vache.

LE BULLETIN DES AGRICULTEURS  NOVEMBRE 2015  39


Jusqu’à ce jour, l’état de chair était évalué selon une estimation visuelle et tactile du producteur. Une valeur de 0 à 5 était octroyée de façon suggestive, selon l’expérience de l’évaluateur. « Avec la caméra, l’évaluation n’est plus subjective, mais objective », explique le vétérinaire Francisco Rodrigez, directeur du marketing

chez DeLaval. L’avantage d’automatiser cette fonction est bien sûr de standardiser l’évaluation, mais aussi de l’automatiser. Il est long pour un producteur d’évaluer fréquemment l’état de chair de chaque vache. Avec la caméra, cette mesure est effectuée chaque fois que la vache circule sous l’équipement en question.

À la ferme Crasdale de South Rustico à l’Île-du-Prince-Édouard, où une caméra est installée à l’un des deux robots depuis le début de l’été, les producteurs Brian et Amber Craswell obtiennent trois mesures par jour pour chacune des vaches en lactation. Impossible d’en faire autant avec une évaluation visuelle. Visité en août,

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Brian, Amber et leur fille Aleah Craswell dans leur étable neuve.

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Janet et James Cairns ont opté pour le nouveau repousse-fourrage de DeLaval. « C’est très simple », dit James Cairns.

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Repousse-aliment : une fois sa tâche terminée, la gratte retourne pour le chargement de la pile.

Poste de fabrication de la RTM. De gauche à droite : le distributeur à son point de charge, les cellules d’aliments, les convoyeurs et le mélangeur, ainsi que le rail de distribution.

RETOUR SUR L’INVESTISSEMENT

Brian Craswell ne pouvait cependant pas commenter le travail de la caméra puisque l’équipement était trop récent et qu’il n’avait pas encore analysé les résultats. Il faut dire que toute l’étable est neuve et qu’il y avait de nombreuses innovations. « Nous sommes passés de la plus vieille étable du coin à l’étable la plus moderne », raconte-t-il en blaguant. Autre élément, Brian Craswell est également encanteur, ce qui l’amène à de nombreuses ventes d’animaux et l’éloigne de la ferme. Au Canada, l’Évaluateur de l’état de chair DeLaval BCS a été officiellement lancé en août à la ferme Crasdale de l’Îledu-Prince-Édouard. Depuis, il a été présenté au Outdoor Farm Show en Ontario en septembre. Le même mois, il était présenté au Salon des productions animales (SPACE) en France où il remportait un prix Innov’SPACE.

PHOTOS : MARIE-JOSÉE PARENT

Alimentation automatisée Outre la caméra et les robots VMS, les Craswell ont dorénavant une alimentation RTM entièrement automatisée. La ration totale mélangée (RTM) est fabriquée et distribuée plusieurs fois par jour par l’équipement appelé Optimat. Le wagon d’alimentation peut fonctionner autant avec des silos verticaux qu’avec des silos horizontaux. Avec des silos verticaux, il suffit d’avoir le robot d’alimentation, les convoyeurs et le mélangeur. Munis de silos horizontaux, les Craswell ont dû ajouter des tables tampons qui servent à recueillir l’ensilage de maïs, d’herbe ou de LE BULLETIN DES AGRICULTEURS

NOVEMBRE 2015

41


Optez pour la presse à balles rondes la plus performante sur le marché, la Comprima de Krone

maïs épi haché, en plus des convoyeurs, du mélangeur et du wagon d’alimentation. Ce dernier est muni d’une pile qui se recharge entre chaque distribution et il circule sur un rail. « J’aime vraiment ça », raconte Amber Craswell. Originaire du Québec, Amber a connu Brian sur le parcours des expositions, une passion qu’ils partagent. Elle est la fille de Adair Mountain et la sœur d’Alex, les deux propriétaires de la ferme Maple Mount de Durham Sud. « Les vaches aiment la routine, explique Amber. Le distributeur d’aliments fait un meilleur travail que les humains. » Avec 10 repas par jour, les vaches ont toujours accès à une ration fraîche. Son automatisation complète diminue la main-d’œuvre.

Repousse-aliment

• Plus de tonnes par heure • Plus de poids par balle • Chambre fixe, semi-variable ou variable

C’est bien connu, lorsque la vache mange sa ration, elle le repousse vers l’avant. De telle sorte que l’aliment devient de plus en plus difficile d’accès. C’est pourquoi les producteurs poussent régulièrement les aliments vers les vaches à l’aide d’une gratte. C’est cette tâche que DeLaval a voulu automatiser à l’aide de son Feed Pusher, le repousse-aliment. C’est à une demi-heure de la ferme Crasdale, à Freetown, qu’il faut se déplacer pour voir cet équipement, à la ferme Willscott de James et Janet Cairns. Une gratte installée sur un rail circule le long de l’allée d’alimentation pour repousser l’aliment devant les 70 vaches logées dans l’étable en stabulation libre. Une fois la tâche complétée, la gratte retourne à un point de

ravitaillement pour le chargement de la pile. Installé à peine trois semaines avant la visite à la ferme, James Cairns est déjà convaincu. « C’est très simple, expliquet-il. Ça semble bien fonctionner jusqu’à maintenant. »

Compteur optique de cellules somatiques Lancé juste à temps pour l’Outdoor Farm Show, l’équivalent d’Expo-Champs en Ontario, le compteur optique de cellules somatiques ICC est la dernière innovation de DeLaval. Alimenté par une pile de 9 volts, le compteur ICC illumine les échantillons de lait à l’aide d’une diode électroluminescente (DEL) d’une fréquence spécifique. La lumière rend les cellules somatiques fluorescentes et l’image est capturée par des dispositifs optiques spécialisés. L’image est présentée à la lentille de la caméra d’un iPod touch ou d’un iPhone. L’application installée sur le iPod fournit une estimation des cellules somatiques présentes. L’échantillon peut provenir d’un seul quartier ou de l’ensemble des quartiers du pis de la vache. Voilà une belle alternative au test CMT. Avec toutes ces innovations, nous sommes en droit de nous demander quelle sera la prochaine ?  Marie-Josée Parent est agronome et journaliste. Elle couvre les productions laitière, bovine, avicole et porcine au Bulletin des agriculteurs.

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42  NOVEMBRE 2015  LE BULLETIN DES AGRICULTEURS

PHOTO : DELAVAL

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FRUITS ET LÉGUMES

PAR JULIE ROY

LE PAILLIS : PLASTIQUE OU BIODÉGRADABLE

PHOTOS : JULIE ROY

Les paillis biodégradables sont en ce moment fabriqués à base d’amidon de maïs ou de céréales.

Le paillis biodégradable existe depuis plus de dix ans, mais son utilisation se fait attendre. Les producteurs lui préfèrent encore le traditionnel paillis de plastique. L’évolution de la technologie et la baisse des prix peuvent-elles faire changer les choses ? Bilan de la situation.

I

l y a quatre ans, Serge Marticotte et sa conjointe, Jacqueline Guérin, copropriétaire de l’entreprise Le Jardin des Filles à Paul située à Mercier sur la Rive-Sud de Montréal, ont tenté l’aventure du paillis de plastique. Les résultats ont été plus que satisfaisants. Cette année, ils ont poussé plus loin l’expérimentation en testant le paillis biodégradable. Un test concluant. Les avantages du paillis de plastique sont indéniables. Plusieurs études ont conclu qu’il permet notamment de diminuer et même d’éliminer l’épandage d’herbicide, puis de réduire l’utilisation de la main-d’œuvre en raison de la fin du sarclage. Pour augmenter la température du sol, il n’a pas son pareil, ce qui aide les plantes à lever rapidement réduisant ainsi la période de croissance. LE BULLETIN DES AGRICULTEURS  NOVEMBRE 2015  43


À la fin de la saison, Serge Marticotte ne voit aucun problème à ce que le paillis qu’il utilise soit plus fragile.

Il suffit de passer une simple herse à la fin de la saison pour que le paillis se mélange à la terre et que s’amorce le processus de décomposition.

Selon le Centre d’agriculture biologique du Canada (CABC), les films de plastique clair et à transmission infrarouge (TIR) de couleur foncée peuvent réchauffer la terre de 4 °C à 8 °C (par rapport à une terre sans paillis de plastique). « Comparée à la terre nue, l’évaporation est moindre lorsque des paillis de plastique sont utilisés. Habituellement, les plantes sont plus propres, ce qui réduit les besoins de manutention après la récolte. Plus les produits sont propres, moins les pathogènes alimentaires risquent d’y être présents », mentionne également le CABC dans un communiqué disponible sur Internet. Serge Marticotte a été à même de constater les effets positifs de cette méthode. « Nous avons déjà été de gros producteurs de fraises avec plus de 40 employés, mais nous avions des problèmes de main-d’œuvre. Nous avons réduit notre production à 8 hectares. C’est moi et ma conjointe qui nous occupons des champs. Toutefois, nous avançons en âge et il était de plus en plus difficile de faire le travail de sarclage. Le paillis de plastique nous a permis d’éliminer cette tâche. » Pour se convertir au paillis de plastique, Serge Marticotte a dû se procurer de l’équipement pour une valeur de 12 000 $ sans compter les frais pour l’achat du plastique. Un investissement qu’il estime rentable, surtout en ce qui concerne les rendements de l’entreprise, dont la production se concentre sur les cultures de tomates, d’aubergines, de courgettes et de cornichons. Des produits que les deux autres associées de l’entreprise, Annette et Pauline Guérin, vendent au Marché Jean-Talon. « Nous avons plus de rendement par plant. Nous avons donc réduit nos superficies cultivées, ce qui nous donne l’occasion de louer une partie de nos terres », mentionne Serge Marticotte.

Des dépenses doivent aussi être prévues pour la pose (manuelle ou mécanisée), le retrait et surtout l’élimination de cette pellicule. Peu de déchetteries recyclent le plastique agricole. Des droits de décharge doivent être acquittés pour éliminer les résidus de paillis. « Les paillis de plastique sont difficiles à enlever et cela représente des coûts : le tracteur, la main-d’œuvre, les frais d’entretien de l’équipement, la location du conteneur. Sans compter que cela prend en moyenne une semaine pour enlever le paillis de plastique pour 20 hectares de terre. On estime que cela peut facilement représenter des frais de 350 $ pour un demihectare », mentionnent Roger Tambay et Hugo Meunier, propriétaires de l’entreprise Film Organic. L’aspect environnemental n’est pas non plus à négliger puisque le plastique (polyéthylène) est une source importante de pollution. Cette matière prend près de 400 ans avant de se décomposer. Il n’est pas rare d’en voir des résidus dans divers endroits dans les champs et cela est sans parler des quantités phénoménales qui encombrent les sites d’enfouissement. Selon les chiffres de Dubois Agrinovation, plus de 100 millions de livres de plastique, soit 68 kilos à tous les demi-hectares en Amérique du Nord, prendraient le chemin des dépotoirs.

Tout n’est pas rose Le paillis de plastique n’a toutefois pas que des avantages. La pluie et l’eau d’irrigation ne traversent pas le paillis, des systèmes d’irrigation doivent être installés sous le plastique, ce qui peut faire augmenter la facture. Il n’est pas non plus idéal pour des cultures comme la patate douce et l’asperge. 44  NOVEMBRE 2015  LE BULLETIN DES AGRICULTEURS

Paillis biodégradable, une alternative à considérer Le paillis biodégradable, lui non plus, n’a pas toujours bonne presse. Trop cher, plus fragile, difficilement manipulable, laissant plein de résidus de plastique ou le contraire, se décomposant trop vite, ne sont que quelques-uns des reproches qu’on lui adresse. « Je ne voulais pas essayer les paillis biodégradables. Il a fallu que des représentants me laissent un rouleau pour que je me décide à en faire l’essai », admet Serge Marticotte. Il est normal de voir les films perdre de leur élasticité au fur et à mesure de l’avancement de la saison. Le but étant justement qu’ils se décomposent, selon Roger Tambay et Hugo Meunier. Toutefois, il existe maintenant sur le marché plusieurs types de paillis correspondants à des besoins spécifiques. « La dura-


bilité des films n’est pas la même pour le maïs sucré que pour les cucurbitacées, les solanacées ou les fraises. La norme veut qu’au moins 90 % du paillis se biodégrade en humus et en eau en 180 jours ou moins lorsqu’il est enfoui dans la terre. Toutefois, lorsqu’il reste en surface du sol, il demeure intact puisqu’il lui faut des bactéries pour se décomposer », indiquent-ils.

Essais et erreurs Fatiguée à la période des récoltes, Marielle Farley, propriétaire du Potager Mont-Rouge, n’avait plus du tout envie de ramasser les plastiques dans son champ. « À l’automne, les conditions ne sont pas agréables. Les champs sont remplis de boue. Envoyer les travailleurs enlever les plastiques ne réjouissait personne », raconte la productrice. Lors de la saison 2003, elle a tenté l’expérience du paillis biodégradable. Elle avoue qu’elle a fait plusieurs essais et erreurs. « Certains se dégradaient trop vite et d’autres étaient trop fragiles, une petite roche suffisait parfois à les déchirer », confie la productrice. Elle a toutefois persévéré pour finalement trouver chaussure à son pied. « Il ne faut pas appliquer la même tension que lorsqu’on installe du paillis de plastique. Il faut faire des ajus-

L’EXCEPTION BIOLOGIQUE Depuis qu’ils utilisent du paillis, Serge Marticotte et Jacqueline Guérin n’ont plus besoin de s’éreinter au sarclarge. Ils ont également noté une augmentation de leurs rendements.

tements et préparer le sol en conséquence. Il faut le niveler et éliminer les grosses pierres. Une fois fait, tout va très bien. » Marielle Farley conseille aux producteurs de ne pas se contenter d’essayer une sorte de paillis, mais de faire des tests auprès de plusieurs fournisseurs et de s’assurer de la disponibilité d’un service après-vente. Elle recommande également de ne pas changer entièrement son mode de production la première année. « Il ne faut pas partir en grand. On est mieux d’y aller petit à petit pour s’approprier la technique. » Quant au coût, Serge Marticotte admet que le bioplastique est plus cher à l’achat. « Par contre, quand on calcule tous les coûts, on économise. Avant, il fallait que je débourse 900 $ pour me débarrasser du plastique plus 1000 $ pour la main-d’œuvre », relate-t-il. La plupart des représentants affirment que le paillis compostable est plus économique lorsque tous les coûts sont pris en considération. « Nous avons fait des études de mouvement pour connaître véritablement le temps et les coûts de chaque opération que demande le paillis de plastique. Les comparatifs nous permettent d’affirmer que l’utilisation du paillis biodégradable permet des économies entre 10 % à 30 % », soutiennent Roger Tambay et Hugo Meunier. Julie Roy est journaliste pigiste spécialisée en agroalimentaire. Elle est responsable de la section Fruits et légumes du Bulletin des agriculteurs. LE BULLETIN DES AGRICULTEURS

NOVEMBRE 2015

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Présentateur météo à MétéoMédia depuis plus de deux décennies, Patrick de Bellefeuille voue une véritable passion pour la vulgarisation des tendances météorologiques et des changements climatiques. Avide d’apprendre et de transmettre ses connaissances, il sillonne la planète pour mieux comprendre l’empreinte humaine sur les systèmes écologiques. M. de Bellefeuille abordera les conséquences que pourraient avoir les tendances météorologiques et le changement climatique mondial sur les producteurs, les marchés des produits de base et votre exploitation en 2016.

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Jean-Philippe Gervais est économiste agricole en chef à FAC. Il possède plus de 20 ans d’expérience en analyse des politiques et des marchés agricoles à l’échelle canadienne et internationale. Il s’intéresse aux liens entre l’économie et l’agriculture ainsi que les facteurs déterminants de la compétitivité dans les marchés agroalimentaires. M. Gervais se penchera sur les principales tendances économiques qui façonnent l’industrie agricole canadienne ainsi que les conséquences qu’elles pourraient avoir sur votre exploitation au cours de la prochaine année.

2015-10-13 10:54 AM


ORDRE NATIONAL DU MÉRITE AGRICOLE

LA MONTÉRÉGIE À L’HONNEUR

L

a région de la Montérégie n’est pas surnommée le jardin du Québec pour rien. Couvrant un vaste territoire de 11 112 km2, elle compte près 7000 fermes et 400 entreprises de transformation. La compétition était donc très relevée pour cet évènement. Au total, 65 groupes concurrents convoitaient les honneurs. De ce nombre, neuf ont été proclamés grands gagnants nationaux. Il n’y a pas que les grands gagnants qui ont suscité de vives émotions. Sylvain Lefort, dont l’entreprise Les Serres Lefort a remporté le prix du Mérite Promutuel de la prévention ainsi que celui de La Coop fédérée de l’agroenvironnement en plus de terminer deuxième dans la catégorie or, a causé toute une surprise. Il a demandé devant toute l’assistance la main de sa conjointe, Marie-Josée Lebire. Cette dernière, sous le choc, a quand même répondu un oui bien émotif. Présent au début de la cérémonie, le ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation, Pierre Paradis, a pour sa part tenu à souligner l’importance des producteurs agricoles dans la vie des Québécois. « Votre valeur est sous-estimée. Vous travaillez sept jours sur sept pour que nous puissions manger trois repas par jour. L’apport de votre travail à l’économie est indéniable et votre secteur représente à lui seul près de 500 000 emplois au Québec. Année après année, je suis toujours époustouflé par l’innovation dont font preuve les producteurs québécois pour faire progresser l’agriculture. Ce soir, nous célébrons les étoiles de cette l’agriculture », a déclaré le ministre. Soulignons que le concours de l’Ordre national du mérite agricole évalue la bonne gestion de l’appareil de production, la santé financière de l’entreprise, l’agroenvironnement, les ressources humaines et finalement, le rayonnement social.

48  NOVEMBRE 2015  LE BULLETIN DES AGRICULTEURS

Linda, Willy, Raymonde, Ronald et Gina Haeck.

OR Willy Haeck et fils Saint-Rémi Harmonie et respect L’entreprise Willy Haeck et fils de Saint-Rémi avait tenté de remporter cette distinction il y a cinq ans. Elle avait alors terminé cinquième. Cette année, le vent a tourné puisqu’elle a finalement remporté les grands honneurs. « Nous ne baissons jamais les bras et nous cherchons continuellement à nous améliorer. En plus, en 2010, nous avons intégré la troisième génération à notre entreprise », raconte Gina Haeck. Chefs de file de l’horticulture québécoise depuis plus de 50 ans, ces producteurs se spécialisent dans la production et la commercialisation de fleurs annuelles et des boutures. Depuis 15 ans, Willy Haeck et fils a agrandi sa superficie de culture de 30 000 m2 à 44 000 m2 de serre. Au fil des ans, le secteur des fleurs a énormément évolué, mais la plus grande force de cette entreprise est qu’elle a su s’adapter au goût des consommateurs. « Les gens sont moins patients et ont moins de temps. Nous avons mis sur le marché des produits qui demandent moins d’entretien ou qui sont dans des contenants différents comme des pots pour le patio. » L’entreprise compte 10 actionnaires. Pour harmoniser le caractère de chacun, la ­communication et le respect sont au centre des valeurs de tous. À quoi attribuez-vous le succès de votre entreprise ? À l’innovation dont nous faisons preuve. Nous nous assurons de suivre les tendances tant en ce qui a trait aux produits qu’aux couleurs. Pour cela, on s’informe continuellement. Nous sommes aussi novateurs en ce qui concerne notre efficacité énergétique. Quelle est la plus grande qualité d’un bon gestionnaire agricole ? Il faut être organisé. Chez nous, nous avons des téléphones intelligents qui nous avertissent en cas de problème. C’est une tranquillité d’esprit. Un gestionnaire doit aussi avoir de la rigueur, de la vision, être proactif et

ne pas attendre que les problèmes arrivent. Il faut aussi être en constante évolution. Dans votre entreprise, de quelle réalisation êtes-vous le plus fier ? D’avoir transmis notre passion et d’avoir été en mesure de laisser de la place aux plus jeunes. Nous sommes aussi assez heureux de notre projet écoresponsable. Nous ne rejetons pas l’idée de peut-être devenir bio un jour. Si vous aviez encore une réalisation à accomplir, quelle serait-elle ? Transmettre l’entreprise à une 4e génération, on ne sait jamais. Nous aimerions aussi viser d’autres marchés où l’on pourrait produire à l’année.

PHOTO : MARC LAJOIE/MAPAQ

Cette année, pour sa 126e édition, l’Ordre national du mérite agricole célébrait les producteurs agricoles de la Montérégie. Les gagnants ont été dévoilés le 16 octobre à Boucherville.


PAR JULIE ROY

PHOTOS : MICHEL TREMBLAY/MAPAQ

Marc-André, Martin, Jean-Bernard et Lucille Van Winden. Nicole Guérin, Yvan, Marc-Olivier et Laurent Hotte.

Madeleine et Jean-Marie Zumstein.

ARGENT

BRONZE

Fermes Hotte et Van Winden

La Production Barry

Saint-Cyprien-de-Napierville

Saint-Patrice-de-Sherrington

L’art de travailler en équipe

Modestie

Situées à Saint-Cyprien-de-Napierville, les Fermes Hotte et Van Winden ont été fondées en 1979 par deux amis d’enfance, Yvan Hotte et Jean-Bernard Van Winden. À eux, ce sont ajoutés au fil des ans leurs conjointes respectives, Nicole Guérin Hotte et Lucille Van Winden ainsi que leur relève, composée de quatre de leurs enfants : Marc-Olivier, Laurent, Martin et Marc-André. Aujourd’hui, la ferme cultive près de 304 ha (750 acres) et se spécialise dans la laitue romaine et pommée, l’oignon, le poireau, la carotte, le chou chinois et le bok choy. Jean-Bernard Van Winden n’hésite pas à dire que ce qui caractérise le mieux l’entreprise est sa passion de l’horticulture et de la terre noire, mais aussi la capacité de ses membres de travailler en équipe. « Nous sommes nombreux au sein de l’entreprise. Les relations sont très bonnes, car chacun a ses propres dossiers. Aussi, nous avons fait des alliances avec cinq autres fermes pour mettre en commun notre mise en marché. Nous sommes entre autres actionnaires de Vegpro et Vegco », indique le producteur.

Quand la ferme La production Barry, située à Saint-Patricede-Sherrington, a été nommée gagnante, Madeleine Zumstein, copropriétaire, n’a pas été capable de dire un seul mot tellement la surprise était grande. « Mon frère et associé, Jean-Marie, n’était pas là parce qu’il devait s’occuper de la ferme. Je ne m’attendais tellement pas à cela. » Madeleine et Jean-Marie sont propriétaires uniques depuis 2009. Ils ont repris l’entreprise de leurs parents Isidore Karl et Maguerite Zumstein, des immigrants suisses arrivés au Québec en 1981. La Production Barry se spécialise dans la production d’oignons verts et de coriandre. « Les oignons verts sont notre principale production. Nous cherchions une deuxième production, mais comme notre superficie de terre est restreinte, nous voulions un produit de niche. La coriandre entrait très bien dans ce créneau, car il s’agit d’un marché en expansion de plus en plus connu. » Un autre volet où l’entreprise s’illustre très bien est du côté de l’agroenvironnement. Les deux producteurs font de la rotation de cultures, du dépistage et ils utilisent même la mouche stérile pour éviter au maximum l’épandage d’herbicide.

À quoi attribuez-vous le succès de votre entreprise ? Au fait d’être capable de travailler en équipe, d’être toujours innovateur. Nous avons été les premiers à utiliser un robot sarcleur et à offrir de la laitue emballée prête à l’emploi. Nous avons contribué à mettre en place le consortium PRISME, un centre de services et d’expertise pour les producteurs. Quelle est la plus grande qualité d’un bon gestionnaire agricole ? Il faut avoir une vision d’avenir, prévoir les développements des marchés et avoir une bonne gestion des ressources humaines.

À quoi attribuez-vous le succès de votre entreprise ? Au travail. Nous nous investissons corps et âme et travailler dur ne nous fait pas peur. Nous sommes toujours présents, on s’implique à 110 %. Quelle est la plus grande qualité d’un bon gestionnaire agricole ? La persévérance et surtout, croire qu’on peut réussir. Nous n’avons jamais lâché. Autre qualité, être capable d’optimiser ses rendements tout en diminuant le coût des intrants. Dans votre entreprise, de quelle réalisation êtes-vous le plus fier ? Notre gestion rigoureuse et le succès financier de notre entreprise. Nous avons fait beaucoup d’investissements,

Dans votre entreprise, de quelle réalisation êtes-vous le plus fier ? Ce qui nous rend le plus fiers est d’avoir réussi à transmettre aux jeunes notre passion, celle de nourrir le monde. Aujourd’hui, notre relève est bien présente et s’occupe bien de l’entreprise. Si vous aviez encore une réalisation à accomplir, quelle serait-elle ? Les affaires vont bien. Il faut continuer de répondre aux besoins du marché. Pour cela, nous souhaitons poursuivre la recherche et le développement. Nous travaillons en ce moment sur un projet d’amélioration génétique de la laitue pour qu’elle puisse mieux correspondre à notre climat.

mais avant, nous nous sommes posé les bonnes questions. Notre équipe est composée de 13 travailleurs étrangers. Nous travaillons aussi avec un sous-traitant. Tous ces gens sont extraordinaires. Pour nous, le salaire n’est pas une dépense, mais un investissement. Nous sommes fiers de leur travail et du succès que nous avons grâce à eux. Si vous aviez encore une réalisation à accomplir, quelle serait-elle ? Nous aimerions acheter d’autres terres pour agrandir. Nous voulons aussi continuer d’améliorer notre productivité et notre rendement. Il est aussi possible qu’un jour, nous nous lancions dans une autre production de niche.

LE BULLETIN DES AGRICULTEURS  NOVEMBRE 2015  49


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MIEUX VIVRE

PAR PIERRETTE DESROSIERS

AVONS-NOUS TROP DE TEMPS ?

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« On a toujours bien assez de temps lorsqu’on l’emploie bien. » — Johann Wolfgang Von Goethe

Le temps est une denrée rare, me direz-vous. Et bien, à en juger par la façon dont nous le dépensons, il semble que l’on en ait trop. On pourrait dire la même chose avec l’argent ou avec notre énergie. Ce sont certes des ressources, des denrées nécessaires à l’atteinte de nos objectifs, mais seul le temps est invariable et équitable pour tous. Au cours des dernières années, le temps passé sur les réseaux sociaux a augmenté de façon drastique. Voici quelques chiffres : – Les gens interagissent avec leur téléphone mobile entre 40 et 80 fois par jour. – 40 % des gens socialisent davantage en ligne que face à face. Voici une brève liste de ce que certains producteurs m’ont dit dans ma pratique : – Plus de 100 courriels par jour sont transmis et plus de 2500 textos par mois. – Plus de 4 heures par jour passées sur les réseaux sociaux. – Plus de 2 heures à effectuer différentes recherches et lectures en agriculture. – 3 heures par jour à jouer à différents jeux (pour gérer son stress). La gestion du temps, ou plutôt notre capacité à se gérer par rapport au temps, se résume sensiblement à notre habileté à planifier et à contrôler comment, où et avec qui nous dépensons ou investissons notre temps pour l’atteinte de nos objectifs. Jamais nous n’avons pris autant de temps à gaspiller notre temps. Avez-vous remarqué à quel point nous sommes efficaces lorsque nous devons atteindre un objectif très précis et dans un temps limité ? Le foin est déjà coupé et la pluie s’annonce plus vite que prévu. Qui penserait « surfer » sur Internet pendant une heure pour regarder des modèles de tracteurs ou voir ce qui se passe sur Facebook ? Seulement un innocent, me diront la plupart d’entre vous, car le temps est précieux. Pourquoi sommes-nous si efficaces dans certains cas ? Selon la loi de Parkinson, « le travail s’étale de façon à occuper le temps disponible pour son

achèvement ». Plus on dispose de temps pour réaliser un travail, plus ce travail prend du temps. Ainsi, il est nécessaire de déterminer un « budget temps » raisonnable consacré à une activité ou à une tâche donnée et de se fixer des échéanciers à ne pas dépasser, tout comme pour la période des foins ou des semences, par exemple. Pour le reste, il semble que l’on soit beaucoup plus flexible et que l’on puisse facilement tomber dans le piège : « Je vais juste prendre 10 minutes pour aller m’informer sur ce site et oups, ça fait déjà une heure ». Le problème n’est pas de vouloir se divertir ou de jaser, mais de devenir inconscient des gestes qui nous éloignent de nos objectifs ou de nos valeurs. Pas besoin d’être « accoté » du matin au soir, mais prendre tout simplement conscience de nos dépenses de temps et de se questionner : est-ce bien là où je veux investir mon temps ? Voici quelques stratégies utiles : – S’arrêter à l’occasion et s’analyser. – Planifier et choisir consciemment. – S’autoréguler : « pas plus de 15 minutes sur Internet ». Aujourd’hui, nous avons trop d’informations, trop de choix, trop de possibilités. Je me demande parfois combien d’heures par jour pourrions-nous récupérer si nous n’étions pas aussi « évolués » ? Que ferionsnous avec tout ce temps si Facebook et les courriels n’existaient pas ? Si nous avions seulement deux chaînes sur notre téléviseur ? Et vous, avez-vous trop de temps ?

Pierrette Desrosiers est psychologue du travail, M. PS. et coach spécialisée dans le milieu agricole. Elle est également conférencière et auteure de trois livres.

LE BULLETIN DES AGRICULTEURS  NOVEMBRE 2015  51


C’EST NOUVEAU En avant-première, Le Bulletin vous fait découvrir les cinq médaillés d’or et quelques-uns des 44 médaillés d’argent du prochain salon Agritechnica qui aura lieu du 10 au 14 novembre 2015. Pour celles et ceux qui ne connaissent pas le salon d’Agritechnica, il s’agit du plus important salon de machinerie agricole au monde qui a lieu à Hanovre en Allemagne aux deux ans.

Presse Premos 5000

Semoir avec calibrage automatique

Médaillés d’or Krone Premos 5000 Il s’agit d’une machine qui ramasse la paille et la compresse en granules de 16 mm de diamètre. Celles-ci sont utilisées comme biomasse, carburant ou encore pour l’alimentation des animaux. Sa particularité est qu’elle presse et comprime directement dans le champ à partir de l’andain en étant attelée au tracteur.

John Deere Pro Cut John Deere présentera le système ProCut. Il contrôle l’écart entre les couteaux et la contre-lame de l’ensileuse automotrice. Le système ne mesure pas l’espace à l’aide de capteurs de vibrations, mais avec une méthode inductive et deux capteurs spéciaux. Le système indique le meilleur moment pour régler la contre-lame et aiguiser les couteaux.

Système branché pour l’application des produits phytosanitaires de John Deere John Deere travaille conjointement avec BASF. Ils présenteront le Connected Crop Protection et le Chemical Application Manager. Ce sont des outils d’aide à la décision pour effectuer les traitements phytosanitaires. Ils permettent à l’agriculteur de savoir quand intervenir dans les champs. Ces outils enregistrent les données collectées pour la documentation parcellaire afin d’améliorer l’efficacité des traitements et de réduire les doses à appliquer. 52  NOVEMBRE 2015  LE BULLETIN DES AGRICULTEURS

Système branché de gestion de la fertilisation de John Deere Le système de gestion de la fertilisation John Deere Connected Nutrient Management permet d’appliquer précisément les engrais minéraux et organiques en tenant compte des cartes de rendement GPS et de prélèvements. Les agriculteurs seront en mesure de déterminer avec précision et de documenter les besoins en éléments nutritifs (azote, phosphates, etc.) indépendamment du type d’engrais organique ou artificiel utilisé et du stade végétatifs de la culture.

Fendt VarioGrip Pro Le VarioGrip Pro est un système de contrôle de pression de pneus qui utilise un pneu haute pression supplémentaire à l’intérieur d’un pneu sur mesure et nouvellement développé avec l’aide de Mitas. Ce pneumatique interne sert d’accumulateur qui permet à la pression de gonflage d’être modifiée très rapidement. L’air est pompé dans le pneu interne à travers une union simple rotative. Les vannes concernées et les capteurs de pression sont alimentés par transmission inductive à l’intérieur de l’essieu. Cela vaut également pour les signaux de commande. Cette technologie est capable d’augmenter la pression de gonflage de 0,8 bar à 1,8 dans les 30 secondes en remplaçant la pression instantanément.


Médaillés d’argent Amazone AmaSpot AmaSpot est un système capteur-buse intelligent qui réduit le taux de pulvérisation dans la protection des cultures. Le système est capable de fournir des applications très localisées, sauvant 20 % à 80 % de produits chimiques. Grâce à des capteurs avancés infrarouges, une modulation unique et ultrarapide de largeur d’impulsion (50 Hz), puis l’utilisation de buses à faible dérive sur l’Amazone Super-L-boom, le système est capable de détecter les mauvaises herbes avec une précision d’un centimètre carré, de jour ou de nuit et à des vitesses allant jusqu’à 20 km/h.

Lemken système de calibrage automatique pour semoir pneumatique Le calibrage automatique des semences ajuste les unités de mesure en calibrant la quantité de semences et de dérivation de la graine. L’utilisateur doit saisir les taux de semences, la population requise, le poids de 1000 grains, la vitesse maximale de semis, ensuite le processus de calibration peut commencer. Une fois que l’étalonnage du semoir automatique a commencé, la semence en provenance de tous les compteurs est remise à une

cellule de charge par l’intermédiaire d’un by-pass. Après avoir pesé le grain et transmis la valeur de poids, le système évacue tout simplement la semence de retour dans la trémie. Maintenant, l’utilisateur a seulement besoin de confirmer la valeur de pesée et la vitesse de travail recherchée. Il n’y a aucune nécessité d’un accès direct à l’unité de dosage par l’intermédiaire d’un bac de calibrage, car le tout s’effectue automatiquement.

Deutz-Fahr Pilote Extended Eyes Le traitement d’images numériques augmente le potentiel des systèmes d’imagerie à détecter l’environnement d’une machine agricole. La technologie Pilote Extended Eyes installée en usine traite les données numériques, ce qui élargit la vision de l’utilisateur en offrant des perspectives de différents angles. L’utilisation de nombreuses caméras permet de créer une vue panoramique à 360 ° de la machine et de ses environs à partir de différents points de vue.

PTO à vitesse variable de Zuidberg et CVTCORP La Compagnie québécoise de Sainte-Julie CVTCORP et Zuidberg (Pays-Bas) vont présenter la prise de force à vitesses variables. La nouvelle prise de force avant réglable maintient sa vitesse indépendamment de la vitesse actuelle du moteur et dans une plage de vitesse de moteur spécifique. Par exemple, il est possible de faire fonctionner la prise de force à 1000 rpm alors que le moteur est monté en régime à une vitesse entre 1400 rpm et 2100 rpm. La vitesse de prise de force elle-même peut être sélectionnée en continu indéfiniment entre deux limites critiques. Elle utilise une technologie déjà présente dans la transmission CVT mécanique.

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PUISSANCE ET AGILITÉ MF7700 : 140 à 255 ch

Que ce soit pour travailler avec un chargeur ou pour entraîner une presse à grosses balles carrées, les tracteurs de la série MF7700 de Massey Ferguson ont l’agilité et la puissance pour venir à bout de multiples tâches. La fiabilité de leur moteur AGCO PowerMC de 6,6 et 7,4 L n’est plus à démontrer. Grâce à la technologie SCR, vous réduisez les temps morts et la consommation de carburant. Au besoin, le système de gestion de la puissance moteur (EPM) offre un surplus de puissance. Le système de refroidissement CyclairMC refroidit le moteur plus efficacement. Enfin, la suspension innovatrice Quadlink améliore le confort en déplacement et transmet le maximum de puissance au sol.

Passez chez votre concessionnaire ou visitez MasseyFerguson.com Agritibi R.H. Amos | 819 732-6296 Saint-André-Avellin | 819 983-2124 Alcide Ouellet & Fils Cacouna | 418 862-0541 Saint-Cyprien | 418 963-2647 Champoux Machineries Warwick | 819 358-2217 Équipements Guillet Sabrevois | 450 346-6663 Équipements Séguin & Frères Saint-Clet | 450 456-3358

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Machineries Horticoles d’Abitibi Poularies | 819 782-5604

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Machineries Nordtrac Louiseville | 819 228-4848 Saint-Barthélemy | 450 885-3202 Saint-Roch-de-l’Achigan | 450 588-2055 Service Agricole de l’Estrie Coaticook | 819 849-4465 Service Agricole de Beauce Sainte-Marie de Beauce | 418 387-3814

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MÉTÉO Décembre 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 CIEL PRÉCIPITATIONS NORMALE

ENSOLEILLÉ

NUAGEUX

PARTIELLEMENT NUAGEUX

Abitibi-Témiscamingue Températures près de la normale. Précipitations inférieures à la normale. Mélange de soleil et de nuages avec possibilité de neige du 1er au 3. Nuages et possibilité de pluie (les 4 et 5) et de neige (du 6 au 9). Ciel partiellement nuageux et averses occasionnelles de neige du 10 au 13. Forte possibilité d’averses abondantes de neige du 14 au 16. Ciel partiellement nuageux et neige légère les 17 et 18. Nuages et neige légère du 19 au 22. Ciel partiellement nuageux avec averses de neige légère les 23 et 24. Nuages et neige du 25 au 28. Nuages et neige persistante du 29 au 31.

Saguenay–Lac-Saint-Jean Températures près de la normale. Précipitations inférieures à la normale. Mélange de soleil et de nuages avec possibilité de neige du 1er au 3. Nuages et possibilité de pluie (les 4 et 5) et de neige (du 6 au 9). Ciel partiellement nuageux et averses occasionnelles de neige du 10 au 13. Forte possibilité d’averses abondantes de neige du 14 au 16. Ciel par-

PLUIE

AVERSE

NEIGE

tiellement nuageux et neige légère les 17 et 18. Nuages et neige légère du 19 au 22. Ciel partiellement nuageux avec averses de neige légère les 23 et 24. Nuages et neige du 25 au 28. Nuages et neige persistante du 29 au 31.

Montréal, Estrie et Québec Températures supérieures à la normale. Précipitations inférieures à la normale. Mélange de soleil et de nuages avec possibilité de neige du 1er au 3. Nuages et possibilité de pluie (du 4 au 7) et de neige (les 8 et 9). Ciel partiellement nuageux et averses occasionnelles de neige du 10 au 13. Forte possibilité d’averses abondantes de neige du 14 au 16. Ciel partiellement nuageux et neige légère les 17 et 18. Nuages et neige légère du 19 au 22. Ciel partiellement nuageux avec averses de neige légère les 23 et 24. Ciel nuageux et averses de neige du 25 au 28. Nuages et mélange de pluie et de neige légère du 29 au 31.

Vallée de l’Outaouais Températures supérieures à la normale. Précipitations inférieures à la normale. Plus de

ACCUMULATION

TEMPÉRATURE

FROID

CHAUD

nuages que de soleil avec faible possibilité de pluie légère du 1er au 4. Nuages et pluie (les 5 et 6) et neige (du 7 au 9). Ensoleillé du 10 au 13. Possibilité de pluie se changeant en neige du 14 au 16. Ciel partiellement nuageux avec averses de neige les 17 et 18. Nuages et neige légère du 19 au 22. Ciel partiellement nuageux avec averses dispersées de neige légère les 23 et 24. Ciel nuageux et averses de neige du 25 au 28. Nuages et mélange de pluie et de neige légère du 29 au 31.

Gaspésie et Nouveau-Brunswick Températures supérieures à la normale. Précipitations inférieures à la normale. Nuageux avec averses de neige du 1er au 3. Nuages et pluie (du 5 au 7) et neige (les 8 et 9). Mélange de soleil et de nuages avec averses occasionnelles de neige légère du 10 au 13. Forte possibilité d’averses abondantes de neige du 14 au 16. Ciel partiellement nuageux avec averses de neige les 17 et 18. Nuages et neige du 19 au 23. Ciel partiellement nuageux le 24. Nuages et neige du 25 au 31.

DES CONSEILS POUR SÉCHER VOTRE MAÏS L’étape finale avant l’entreposage et la vente du grain est le séchage. Une étape déterminante pour la qualité du grain. Dans cet épisode de Défi maïs, l’agronome Philippe Defoy, de Semences Pride, rencontre Sylvain Nault, producteur et propriétaire d’un centre de grain à Saint-Marcel-de-Richelieu, pour discuter du séchage de maïs. Sylvain Nault sèche chaque année des milliers tonnes de grains. Il partage son expérience dans cette vidéo. Il constate, entre autres, que la qualité du séchage est plus dépendante de la maturité du grain que de son taux d’humidité.

Visionnez cet épisode de Défi maïs sur le Bulletin.com, onglet Défi maïs. COMMANDITÉ PAR

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SOREL-TRACY Centre Multi-Pièces .............................. 450 743-5344 SAINT-ANSELME Équipements Lacasse & Fils ............. 418 885-4754 SAINT-BRUNO Maltais et Ouellet ................................... 418 668-5254 SAINT-ETIENNE-DES-GRÈS Garage Bellemare Moto ... 819 535-3726 SAINT-GABRIEL-DE-BRANDON J’M Sports St-Gabriel 450 835-3407 SAINT-GILLES Mercier Expert ........................................ 418 401-4040 SAINT-HYACINTHE Laganière Mini Moteur 2008 .......... 450 253-9035 SAINT-HYACINTHE Mini-Moteurs St-Hyacinthe ........... 450 250-0046 SAINT-JACQUES Centre de Location Dupuis 2006 ....... 450 839-2179 SAINT-JEAN-DE-MATHA Garage Erik Mecanik ............ 450 886-1888 SAINT-JEAN-SUR-RICHELIEU Équipements Inotrac ..... 450 347-5596 SAINT-JOSEPH-DU-LAC Pompetech ............................. 450 473-3332 SAINT-POLYCARPE Garage Daniel Marleau .................. 450 265-8523 SAINT-RÉMI Garage J.L. Lefrançois .............................. 450 454-2233 SAINTE-BARBE Garage Ste-Barbe ................................ 450 373-0601 SAINTE-JULIE Garage Benoit Blain ............................... 450 649-1297 SAINTE-MARIE Mécani-Beauce .................................... 418 387-3911 THETFORD-MINES Gaétan Turgeon ............................... 418 338-0801 VAUDREUIL-DORION Garage Georges Lavigne & Fils .. 450 455-2115 VICTORIAVILLE Équipements Pro-Victo .......................... 819 604-9010

NOVEMBRE 2015  LBDA  61

ACTON VALE Location Yergeau ..................................... 450 546-2500 ANGE-GARDIEN CBR ...................................................... 450 293-1441 BEAUMONT Équipement Beaumont .............................. 418 835-6211 BEAUPORT Équipements St-Vallier ............................... 418 666-6888 BERTHIER-SUR-MER Spécialité de Moteurs Berthier ... 418 259-7767 BERTHIERVILLE Garage A. Garceau & Fils .................... 450 836-3967 CHÂTEAU-RICHER Claude Cinq-Mars ........................... 418 824-4261 COATICOOK BR Harley .................................................... 819 849-4896 COATICOOK Coop des Cantons ........................................ 819 849-9833 COWANSVILLE Petits Moteurs Coté .............................. 450 266-3423 DRUMMONDVILLE Distribution Michel Jetté ................ 819 472-2221 DRUMMONDVILLE Les Équipements Thivierge ............ 819 398-7445 EAST BROUGHTON DG Usimécanique ........................... 418 427-3597 GATINEAU Service de Réparation Aylmer ..................... 819 684-8446 GRANBY Les Équipements Pontbriand ......................... 450 378-0046 GRANBY Mini Mécanique Roxton Granby ..................... 450 776-2622 GRENVILLE Équipements Saisonniers de Grenville ..... 819 242-3306 HEMMINGFORD P’tit Moteur JP ..................................... 450 247-3413 LAC-MÉGANTIC Gosselin Bicycles (1987) .................... 819 583-0253 LACHUTE Pièces et VTT Lachute ................................... 450 562-0007


PROCHAIN NUMÉRO Pour favoriser sa mise en marché, l’éleveur de bovins Angus David Sample fait vêler ses vaches au plus froid de l’hiver. Les vaches et les veaux semblent très heureux de cette situation.

GUIDE CÉRÉALES 2016 Pour assurer la compétitivité des céréales dans la rotation, le choix de cultivars adaptés est primordial. Les semenciers nous présentent leurs coups de cœur pour la prochaine saison.

Pourquoi pas une vache nourrice? Un producteur laitier biologique de l’Ontario nourrit ses génisses avec des vaches nourrices depuis une vingtaine d’années. Quelques producteurs québécois ont opté pour cette avenue le printemps dernier. Pour producteurs avertis seulement !

Soya à taux variable Faire varier le taux de semis en fonction des propriétés du sol serait encore plus payant avec le soya que dans le maïs. Aaron Breimer en est convaincu. 62  NOVEMBRE 2015  LE BULLETIN DES AGRICULTEURS

SERVICES AUX LECTEURS SI VOUS DÉSIREZ : – vous abonner, vous réabonner ou offrir un abonnement-cadeau  – nous signaler un changement d’adresse (veuillez préciser l’ancienne adresse) – suspendre temporairement votre abonnement – nous aviser d’un problème de livraison – que votre nom ne soit pas divulgué à des entreprises ou organismes sélectionnés COMMUNIQUEZ AVEC NOUS Téléphone : 514 766-9554 Télécopieur : 514 766-2665 lebulletin.com/abonnement 1, Place du Commerce, bureau 320, Île-des-Sœurs (Québec)  H3E 1A2 TARIFS D’ABONNEMENT Prix au Canada (3 ans), taxes incluses : Québec 140,27 $ ; N.-B., N.-É., T.-N. : 137,86 $ ; autres provinces : 128,10 $. Prix au Canada (1 an), taxes incluses : Québec : 63,24 $ ; N.-B., N.-É., T.-N. : 62,15 $ ; autres provinces 57,75 $. Autres pays (1 an) : 82 $. Tarifs en vigueur jusqu’au 31 décembre 2015. PROTECTION DES RENSEIGNEMENTS PERSONNELS À l’occasion, nous partageons nos listes d’abonnés avec des sociétés ou des organismes sélectionnés dont les produits ou services pourraient vous intéresser. Toutefois, si vous préférez que ces données (votre adresse postale ou électronique) ne soient pas transmises et souhaitez que votre nom soit retiré de ces listes, vous pouvez le faire facilement en nous appelant entre 9 h et 17 h, heure de l’Est, ou en nous écrivant à l’adresse électronique info@lebulletin.com. Le Bulletin des agriculteurs reçoit, de temps à autre, des commentaires et des documents (y compris des lettres à l’éditeur) non sollicités. Le Bulletin des agriculteurs, ses sociétés affiliées et cessionnaires peuvent utiliser, reproduire, publier, rééditer, distribuer, garder et archiver ces soumissions, en tout ou en partie, sous quelque forme ou sur quelque support que ce soit, sans aucune rémunération de quelque nature.

PHOTOS : YVON THÉRIEN, CHLOE ELLINGTON ET ANDRÉ DUMONT

Des veaux sur la neige


Territoire en concours : Montérégie Le ministre Pierre Paradis est fier de présenter les gagnants nationaux du 126e concours de l’Ordre national du mérite agricole.

Des gagnants inspirants ! OR

ARgENT

Médaille d’or

Première médaille d’argent

WILLY HAECK ET FILS INC. Horticulture ornementale Saint-Rémi Composé de : Gina, Linda, Raymonde, Ronald et Willy Haeck, Michel Bourgeois et Richard Cormier

LES FERMES HOTTE ET VAN WINDEN INC. Horticulture maraîchère Saint-Cyprien-de-Napierville Composé de : Nicole Guérin Hotte, Laurent, Marc-Olivier et Yvan Hotte, Jean-Bernard, Lucille, Marc-André et Martin Van Winden

Deuxième rang national LES SERRES LEFORT Légumes en serre Sainte-Clotilde Composé de : Marie-Josée Lebire et Sylvain Lefort

Troisième rang national DELFLAND INC. Horticulture maraîchère Saint-Cyprien-de-Napierville Composé de : Éric, Martin, Stéphane et Yvon Van Winden, France et Patricia Audet, Sandra Bourdages et Rita Serres

BRONzE

Première médaille de bronze LA PRODUCTION BARRY INC. Légumes divers Saint-Patrice-de-Sherrington Composé de : Jean-Marie et Madeleine Zumstein

Deuxième rang national

LE POTAgER RIENDEAU Horticulture maraîchère Saint-Rémi Composé de : Clermont, Pascal, Patrice et Sylvain Riendeau et Danielle Poupart

LES FERMES BISAILLON SENC Grande culture, céréales, protéagineux et culture industrielle Saint-Jacques-le-Mineur Composé de : Christian, Ghislain et Stéphane Bisaillon, Carine Baille, Céline Boulé et Geneviève Larose

Troisième rang national

Troisième rang national

9124-2776 QUÉBEC INC. (VIgNOBLES SAINT-RÉMI) Vignoble Saint-Rémi Composé de : Fabien et Yvon Gagné, Nathalie Ruest et Monique Soucy

LES JARDINS DE TESSA SENC Légumes divers Frelighsburg Composé de : Frédéric Duhamel et Yoana B. Gariépy

Deuxième rang national

MENTION DU MINISTRE ET PRIX DES PARTENAIRES MENTION SPÉCIALE DE L’AgROTOURISME Décernée par le ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation

MÉRITE PROMUTUEL ASSURANCE DE LA PRÉVENTION ET PRIX LA COOP FÉDÉRÉE à L’AgROENVIRONNEMENT

VERgER CHAMPÊTRE Production végétale Granby Composé de : Mario Mailloux

LES SERRES LEFORT Légumes en serre Sainte-Clotilde Composé de : Marie-Josée Lebire et Sylvain Lefort

onma.gouv.qc.ca

Une réalisation de :

Partenaires :

Collaborateurs et associés : Saputo La Terre de chez nous Salon de l’agriculture L’Union des producteurs agricoles


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AUCUN ACHAT REQUIS. Ouvert à une société canadienne, une compagnie, un partenariat ou à une personne physique qui, là où s’est applicable, a au moins atteint l’âge de la majorité, qui est propriétaire ou qui loue une ferme de production de maïs ou de soya, localisée dans les provinces de l’Ontario, du Québec, du Nouveau-Brunswick, de la Nouvelle-Écosse, de l’Île-du-Prince-Édouard, ou de Terre-Neuve. La durée du Concours va du 1er septembre 2015 au 1er août 2016 à 23h 59 HNE. Limite : 200 coupons de participation, peu importe la méthode d’inscription. Les chances de gagner dépendent du nombre d’inscriptions reçues. Les prix incluent des crédits sur le compte, utilisables contre l’achat de produits de semences Pioneer® pour utilisation sur la surface ensemencée d’une ferme désignée. Les crédits sur le compte sont basés sur la taille de la ferme au moment de la désignation du gagnant. 1 Grand prix : jusqu’à 50 000 $ en crédits sur le compte, par année, pour 25 années consécutives. 5 Seconds prix : jusqu’à 10 000 $ de crédits sur le compte, utilisables avant le 1er juin 2017. Les crédits au compte ne sont pas transférables entre fermes ; les crédits au compte expirent si la ferme désignée cesse ses opérations. Détails et règles : www.semencesavie.ca. | *Un crédit sur le compte utilisable pour l’achat d’une quantité (recommandée par le fabricant, par acre qu’il est possible d’ensemencer) de tout produit de semences de marque DuPont Pioneer, destinées aux acres d’une ferme de maïs ou de soya, située sur le Territoire, à être désignée par le participant et dont il est le propriétaire ou qu’il loue au moment où il est avisé qu’il a gagné. | **Afin d’obtenir deux coupons de participation par unité de maïs, veuillez acquitter votre facture pour le 4 décembre 2015. À moins d’indications contraires, les marques ®, TM ou SM sont des marques déposées, de commerce ou de service de DuPont Pioneer ou de leurs propriétaires respectifs. © 2015 PHL.

Pour vous habituer à « l’odeur d’un tracteur neuf »

15-09-30 11:31 AM


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Lebulletin Novembre 2015 by Farm Business Communications - Issuu