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LAIT sélection des géniteurs | BŒUF pâturage techno | GESTION 7 conseils pour exceller

Par et pour des agriculteurs

SEPTEMBRE 2015

6,95$ – POSTE-PUBLICATION – CONVENTION 40069240

APPLICATION MOBILE

L A RÉFÉRENCE EN NOUVELLES TECHNOLOGIES DEPUIS 1918


Ce n’est qu’un avant-goût…


SOMMAIRE

VOLUME 98 NUMÉRO 8

37 EN COUVERTURE

10 Solutions mobiles, agriculteurs et développeurs Qui de mieux que deux jeunes agriculteurs pour repousser les limites de la gestion de l’information à la ferme ? Faites connaissance avec les fondateurs d’AgPAD, un carnet de champs électronique développé avec de petits moyens et de grandes ambitions.

DOSSIER NOUVELLES TECHNOLOGIES 17 Le choix des taureaux sur écran tactile

L’époque de la sélection génétique à l’aide du catalogue de taureaux est loin derrière. C’est maintenant à l’aide de logiciels et d’un écran tactile que les producteurs sélectionnent les meilleurs géniteurs. Les outils se sont raffinés pour une meilleure sélection.

23 Des pâturages technos Les pâturages sont plus technos qu’on le pense. Comme preuve, des outils permettent de calculer la quantité d’herbe produite, les superficies nécessaires pour ses animaux ou encore de préparer ses plans de paissance sur Internet.

28 Vive les technos mais… Les nouvelles technologies en agriculture génèrent une quantité astronomique d’information qui offre des possibilités infinies pour la gestion des

grandes cultures. Encore faut-il décortiquer ces données et savoir les utiliser à bon escient.

37 Technologie québécoise à l’assaut du monde entier Alors que la demande pour les protéines animales explose à travers le monde, les nouveaux producteurs porcins des pays émergents adoptent les technologies pour automatiser leurs fermes. L’une d’entre elles est québécoise : les soigneurs pour truies Gestal de Jyga Technologies.

GESTION

46 Les habitudes des agriculteurs d’élite Certains agriculteurs semblent avoir la touche magique pour réussir. Tout ce qu’ils entreprennent se change en or. Est-ce qu’ils profitent du bon moment ? Est-ce du génie ? De la chance ? Ou bien est-ce que ces agriculteurs acquièrent les bonnes habitudes qu’il faut pour exceller ?

FRUITS ET LÉGUMES

51 La révolution des emballages

Des légumes qui se conservent 14 jours au lieu de 3, une plus grande sécurité, une empreinte plus écologique, voilà quelques-unes des avancées des dernières années des nouveaux emballages. Et ce n’est pas fini, grâce au travail de nombreux chercheurs.

46 CHRONIQUES 4 Bouche à oreille 6 Billet 8 Point de vue 31 Marché des grains 32 Info cultures 43 Info élevages 54 Mieux vivre 55 C’est nouveau 59 Météo

En page couverture : Producteurs au Lac-SaintJean, Nicolas Lavoie et Guillaume Dallaire sont trentenaires et passionnés des technologies de l’information. Photo : Yvon Thérien

LE BULLETIN DES AGRICULTEURS  SEPTEMBRE 2015  3


BOUCHE À OREILLE

La ferme, dans un océan près de chez vous Foward Thinking Architecture propose de bâtir des fermes flottant sur la mer. Ce projet s’inspire en majeure partie de la méthode de l’agriculture verticale, qui permet une culture horssol, économisant ainsi les terres cultivables. À bord de cette ferme flottante, des poissons d’eau douce, installés dans des conteneurs, sont élevés juste au-dessous de plants cultivés, donnant ainsi engrais et nutriments à leurs voisins d’en haut. Mais les innovations de l’organisme ne s’arrêtent pas là. En effet, il veut équiper la ferme flottante de panneaux solaires pour l’alimenter à l’aide d’énergie propre. Selon les architectes, le projet s’annonce prometteur : cette ferme nautique pourrait produire plus de 8000 tonnes de légumes et 1700 tonnes de poissons par année, et ce, à même une surface de 200 m X 300 m. Ce projet novateur ne vise pas à remplacer l’agriculture traditionnelle, mais bien à lui donner un coup de pouce pour mieux nourrir la planète. Source : huffingtonpost.ca

Sur les traces du poulet En Israël se trouve Marésha, une citée ancienne qui tient à présent lieu de site archéologique pour des chercheurs de l’Université d’Haïfa. C’est là que des archéologues ont récemment fait une trouvaille des plus fascinante : des centaines d’os de poulet. Ayant existé de l’an 400 à l’an 200 av. J.-C., Marésha aurait été une ville importante pour les marchands cheminant entre Jérusalem et l’Égypte. À première vue, la présence de poulets dans cette ville ne paraît donc pas si étonnante puisqu’à cette époque les poulets étaient déjà domestiqués. Pour les chercheurs, la surprise s’incarne plutôt dans la quantité d’os trouvée, ainsi que dans les traces de couteaux qu’ils arborent. Si, auparavant, les poulets étaient élevés avec parcimonie, servant surtout aux activités cérémoniales, tout porte à croire que les habitants de Marésha ont été les premiers à élever le poulet pour le manger, comme nous le faisons encore aujourd’hui. Sans régler la question de la poule et de l’oeuf, cette découverte nous permet de mieux comprendre comment le poulet est un jour arrivé chez nous. Source : npr.org

Des plantes et des probiotiques Dans le monde de la santé, les bactéries ont maintenant la cote. De la digestion à l’absorption des nutriments, les probiotiques peuvent se targuer de contribuer à soutenir notre bien-être. Cependant, leurs bienfaits ne sont pas réservés qu’aux humains : les plantes, elles aussi, bénéficient d’un régime riche en probiotiques. Des chercheurs de l’Université de Washington ont récemment découvert de nouvelles vertus aux endophytes, les probiotiques du règne végétal qui s’attachent aux plantes pour les aider à absorber l’azote dont elles ont besoin. Pour les scientifiques, ces humbles bactéries auraient à présent un nouveau potentiel. En supplémentant les plants de riz avec des endophytes, les chercheurs sont parvenus à faire pousser des plantes productives et résistantes, et ce, sans rien ajouter à leur sol. Des cultures alimentées aux probiotiques pourraient donc nécessiter moins de fertilisants à base d’azote, rendant leur production à la fois plus économique et plus écologique. Source : modernfarmer.com 4  SEPTEMBRE 2015  LE BULLETIN DES AGRICULTEURS


BÂTIMENTS AGRICOLES D’AUTREFOIS

Oléogustus : le sixième goût Assis devant un bon repas, la plupart des gens savent que leur palais se prépare à identifier cinq saveurs importantes : le sucré, le salé, l’amer, l’acide et l’umami (une saveur associée à l’acidité des aminés glutamates présente dans les aliments riches en protéines, tels que le fromage ou les crustacés). Toutefois, un nouvel arrivant viendra bientôt se mettre à table. Il s’agit de l’oléogustus, ou autrement dit, le goût du gras. Pour faire cette découverte, des chercheurs de l’Université Purdue, aux États-Unis, ont isolé des acides gras afin de les faire goûter à leurs testeurs. Résultat : le palais humain serait effectivement capable de détecter le gras comme une saveur à part entière. Il y a cependant un hic : les acides gras ont plutôt mauvais goût. De fait, les participants ont révélé aux chercheurs que ce goût provoquerait une envie de vomir. Cette réaction s’explique par un réflexe de survie. Grâce à l’oléogustus, un aliment trop riche en gras, tel que la viande rance, serait plus facile à détecter. Les amateurs de bonnes viandes n’ont pourtant pas à douter de leur langue : en quantité raisonnable, les acides gras viennent accroître l’attrait d’un aliment. Source : slate.fr

Granges-étables construites au début des années 1900. Elles sont inscrites au Répertoire du patrimoine culturel du Québec.

Naissance de la grange rectangulaire typique La vieille grange fait partie de notre paysage rural. Bien qu’elle ait, la plupart du temps, donné sa place à une construction plus moderne, elle trône encore bien souvent à travers les champs, le long des routes de campagne. Pour lui rendre hommage, Le Bulletin des agriculteurs vous présente une série d’articles retraçant son histoire. Les colons venus s’établir en Nouvelle-France ont apporté leurs traditions agricoles françaises. Si bien que les premiers bâtiments agricoles construits ici ont été fabriqués avec de la pierre. Bien que très prisée en Europe, la pierre n’était pas du tout adaptée à la rigueur de notre climat. Les bêtes périssaient littéralement. Les colons ont vite adopté le bois, en abondance au nouveau pays, pour la construction des étables. Il faut dire aussi que le général Wolfe, en incendiant toutes les fermes sur la côte de Beauport en 1759, a forcé les colons à rebâtir. Une autre réalité reliée au climat

amena les colons à modifier leurs constructions, soit la longueur des hivers. Ils doivent stocker plus de fourrage pour nourrir le bétail pendant la saison froide, ce qui nécessite des granges beaucoup plus grandes que ce à quoi ils étaient habitués. C’est ainsi qu’est née la grange-étable rectangulaire en un seul bâtiment servant à abriter à la fois les animaux (au premier étage), le fourrage, les grains et la machinerie (au deuxième). Alors qu’en Europe l’usage était plutôt de construire plusieurs petits bâtiments avec des fonctions distinctes. La grangeétable à pignon droit est l’une des formes les plus anciennes de bâtiments agricoles, elle était en usage au début de la colonie. Toutefois, les vieilles granges qui peuplent encore nos campagnes de nos jours sont plutôt un héritage de l’influence américaine. À suivre… Les photos reproduites sont signées Pierre Philippe Brunet et proviennent du livre Granges, publié chez Art Global. LE BULLETIN DES AGRICULTEURS  SEPTEMBRE 2015  5


BILLET

PAR YVON THÉRIEN

La référence en nouvelles technologies 1, Place du Commerce, bur. 320 Île-des-Sœurs (Québec)  H3E 1A2

COMMENT TRANSFORMER LES DONNÉES EN ARGENT ? Cet été, j’ai eu l’occasion de redécouvrir la région du Lac-Saint-Jean. J’ai été séduit par les terres agricoles situées à quelques kilomètres de Chicoutimi. De grands champs plats, une belle terre fertile, le tout encadré par un magnifique paysage de montagnes. Je comprends les agriculteurs de la région d’être aussi fiers de leur territoire. C’est dans ce petit paradis pour agriculteurs que j’ai rencontré Nicolas Lavoie et Guillaume Dallaire. Deux jeunes producteurs super sympathiques et passionnés d’agriculture. On les retrouve sur la page couverture de ce numéro. Ce sont aussi des mordus de nouvelles technologies. Nicolas et Guillaume ont développé une application qui remplace le traditionnel carnet de champ en papier. Un outil avec lequel on peut noter des informations et des observations si efficacement que le crayon et le papier deviennent presque obsolètes. J’ai eu des échanges très intéressants avec ces deux geeks d’informatique. Ils m’ont fait réaliser l’importance que prendra la gestion des données à la ferme dans un avenir proche. Chez nos voisins américains, on parle beaucoup de Big Data, la prochaine révolution agricole selon plusieurs. Il s’agit de l’explosion des données générées par les

6  SEPTEMBRE 2015  LE BULLETIN DES AGRICULTEURS

capteurs de rendement, les images satellites, les robots de traite et les sondes installées un peu partout sur la ferme. Toutes ces données vont permettre une gestion de précision des cultures et des troupeaux. Ajouter à cela une application mobile, comme celle développée par Nicolas et Guillaume, et vous avez tout ce qu’il faut pour faire une révolution. La nouvelle génération d’agriculteurs va être confrontée à une quantité phénoménale de données. Ils devront être des experts dans la gestion de l’information. Un des défis sera certainement de cribler la bonne information de la mauvaise et de ne pas se laisser distraire par ce qui n’est pas important. Dans l’article « Libérez votre touche magique » de ce numéro, on y apprend que l’une des clés du succès des agriculteurs d’élite est leur capacité à regrouper les informations et à les utiliser pour prendre les bonnes décisions. Ils savent faire le lien entre les données agronomiques et leur programme de comptabilité. D’après le producteur Jack Thomson, le secret pour convertir cette masse de données en argent se résume à se rappeler que le but de toutes ces informations est de continuer à s’améliorer. Bonne lecture !

Téléphone : 514 766-9554 Télécopieur : 514 766-2665 lebulletin.com ÉDITEUR ET RÉDACTEUR EN CHEF Yvon Thérien, agro­no­me yvon.therien@lebul­le­tin.com RÉDACTION RÉDACTRICE EN CHEF ADJOINTE Marie-Claude Poulin marie-claude.poulin@lebul­le­tin.com JOURNALISTE Marie-Josée Parent, agronome marie-josee.parent@lebulletin.com DIRECTEUR ARTISTIQUE Dany Derkenne dany.derkenne@lebulletin.com COLLABORATEURS Jean-Philippe Boucher, Pierrette Desrosiers, André Dumont, Alain Fournier, Lionel Levac, Nicolas Mesly, Philippe Nieuwenhof, Julie Roy, Caroline Thérien, Maggie van Camp, Johanne van Rossum, Nicolas Witty-Deschamps. PUBLICITÉ DIRECTEUR DE COMPTES Martin Beaudin martin.beaudin@lebul­le­tin.com Tél. : 514 824-4621 REPRÉSENTANTE ONTARIO Lillie Ann Morris lamor­ris@xplornet.com Tél. : 905 838-2826 PRODUCTION RÉDACTEUR PUBLICITAIRE Luc Gagnon lucg@cybercreation.net ABONNEMENT SERVICE À LA CLIENTÈLE Anne-Marie Gignac services.clients@lebulletin.com Tél. : 514 766-9554, poste 226 Le contenu de ce magazine ne peut être reproduit sans l'autorisation écrite de l'éditeur du Bulletin des agriculteurs. Ce magazine est publié par Farm Business Communications, une division de Glacier Media inc. Les auteurs conservent l'entière liberté de leurs opinions. Le Bulletin des agriculteurs ne garantit pas l'exactitude de l'information contenue dans la publication et n'assume aucune responsabilité pour toute action ou décision prise à partir de l'information contenue dans le magazine. Tous d ­ roits réser­vés 1991 Dépôt légal  : Bibliothèque natio­na­le du Québec ISSN 0007-4446 Fondé en 1918, Le Bulletin des agri­cul­teurs est indexé dans Repère. Envoi Poste-publication – Convention 40069240. Nous reconnaissons l’aide financière du gouvernement du Canada par l’entremise du Fonds du Canada pour les périodiques (FCP) du ministère du Patrimoine canadien. Postes Canada  : retourner toute correspondance ne pouvant être livrée au Canada au Bulletin des agriculteurs, 1, Place du Commerce, bureau 320, Île-des-Sœurs, Québec, H3E 1A2. U.S. Postmaster  : send address changes and undeliverable addresses (covers only) to  : Circulation Dept., PO Box 9800, Winnipeg, Manitoba, R3C 3K7.


Un meilleur crible pour mieux atteindre la cible Batteuses 2016 de série S avec nouveau crible Dyna-Flo™ Plus Qui a dit que la capacité ne pouvait plus augmenter? Les batteuses 2016 améliorées de série S ont un tout nouveau crible Dyna-Flo Plus, à la fois plus léger et plus long, pour augmenter la capacité de 10% dans le maïs et 13% dans le blé et le canola dans les conditions limitant le crible. Sans mentionner qu’il offre une réduction de 28% du volume des otons. Il y a plus encore. Ce système peut être équipé du nouveau Active Terrain Adjustment™ qui adapte automatiquement les réglages du crible en fonction des courbes de niveau. En montant ou en descendant la pente, la batteuse maintient sa vitesse de marche et minimise les pertes de grain. Et ne manquez pas notre nouvelle solution dans la cabine : Harvest Mobile qui fonctionne directement à partir de votre iPad pour fournir une information détaillée sur la performance au champ en visualisant les couches cartographiques et vous montrant exactement ce qui se passe dans votre champ. Renseignez-vous auprès du concessionnaire. Deere, c’est tout dire.

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POINT DE VUE

PROPOS RECUEILLIS PAR LIONEL LEVAC

Robert Keating

LE POINT SUR LA FINANCIÈRE AGRICOLE DU QUÉBEC Deux annonces, ces derniers mois, ont attiré l’attention sur La Financière agricole. Après les coupes budgétaires totalisant quelque 150 M$, le gouvernement du Québec donnait à La Financière la responsabilité de rembourser le déficit cumulé pour les opérations antérieures au 31 mars 2010 et décidait de mettre fin au programme d’assurance stabilisation (ASRA) dans le veau de lait. Le Bulletin a jugé le moment opportun de faire le point avec le président directeur général de La Financière agricole, Robert Keating. Il reste un peu plus de 500 M$ au fameux déficit. Est-ce que ce sont les producteurs qui vont le payer ? C’est La Financière qui va le payer à même les surplus qu’elle pourra générer cette année et les années subséquentes. L’économie agricole va bien au Québec, on peut le faire alors que les déboursés de compensation sont moins élevés. On ne va pas demander plus aux producteurs pour cela. Et de son côté, le gouvernement est dans une opération de contrôle de son déficit. L’argent est plus rare, mais au moins La Financière se voit allouer ce qu’il faut pour poursuivre sa mission et s’occuper du déficit. Et le fonds de réserve de 317 M$, comment allez-vous le constituer ? De la même façon, à même nos surplus. C’est le temps de le faire pendant que les marchés sont assez bons et une fois que la réserve sera constituée et placée à la Caisse de dépôt, on pourra y accéder au besoin, sans devoir retourner au Conseil du Trésor pour demander de l’argent. Ça va pérenniser l’avenir de La Financière et nous permettre, au besoin, d’intervenir plus rapidement. L’ASRA pour les producteurs de veaux de lait disparaîtra au début de 2016. Est-ce une première abolition ? Non, il n’y a pas de plan, pas de stratégie de recul dans l’ASRA. Pour le veau de lait, c’est 8  SEPTEMBRE 2015  LE BULLETIN DES AGRICULTEURS

« Ne pensez pas que La Financière gère la décroissance. Au contraire, nous travaillons encore et toujours à l’amélioration des services à notre clientèle. » — Robert Keating, président directeur général La Financière agricole du Québec

simplement parce qu’il était devenu impossible d’établir un coût de production, en raison de la forte concentration dans ce secteur. Mais, on ne laisse pas tomber les éleveurs. Nos gens les rencontrent tous et voient avec eux le passage possible aux programmes Agri. On voit aussi les ajustements possibles au financement. Pour tous les autres programmes ASRA, y compris le veau de grain, ça continue et c’est au moment de la mise à jour des coûts de production, tous les cinq ans, que l’on pourra juger de leur pertinence et du respect des règles. Ce sont des programmes utiles. Un élément très important : il pourrait survenir une décision d’abolition d’un ou de quelques programmes, mais ce sera par la volonté des producteurs.

À quels secteurs faites-vous référence ? C’est purement hypothétique pour l’instant, je vous donne deux exemples, des domaines où je sais que les producteurs discutent. Dans la pomme de terre, il pourrait, semble-t-il, y avoir un vote à ce sujet. Plusieurs producteurs croient que l’argent mis dans l’ASRA serait plus utile, mieux placé, dans un programme Agri. Il y a le secteur des grains également. Les gens constatent, par exemple, que l’ASRA n’a pas dû intervenir depuis sept ans dans le maïs et huit ans dans le soya. Ils se disent que les programmes Agri seraient plus intéressants. C’est à eux de décider. On ne leur dira pas quoi faire. Et s’il y a abolition, normalement la part des producteurs dans le surplus du programme leur revient, n’est-ce pas ? Oui, par exemple dans le veau de lait, lorsqu’on va fermer les livres, quelque part en avril 2016, il y aura un tiers des 19 M$ accumulés qui va aller aux éleveurs, au prorata de leur production respective et selon les modalités prévues avec les entreprises avec lesquelles ils sont sous contrat. Justement, à propos d’intégrateurs, La Financière n’a rien contre ? Non, il s’agit d’un choix qu’exerce chaque producteur. D’ailleurs, il y a des secteurs importants où les liens contractuels entre des entreprises privées ou coopératives sont devenus majoritaires, le porc par exemple. Êtes-vous optimiste pour le futur ? Oui, mais en même temps très réaliste. On sait qu’un jour les marchés vont fléchir et on se prépare en conséquence. Plusieurs producteurs profitent du contexte actuel pour investir, le financement record le montre. Il y a cette inquiétude face à l’avenir de la gestion de l’offre, mais je crois que malgré de possibles bouleversements, c’est une formule qu’on ne devra jamais abandonner complètement.


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« Faites-en pleuvoir à volonté »


EN COUVERTURE

SOLUTIONS MOBILES

PAR ANDRÉ DUMONT

AGRICULTEURS ET DÉVELOPPEURS

10  SEPTEMBRE 2015  LE BULLETIN DES AGRICULTEURS


Qui de mieux que deux jeunes agriculteurs pour repousser les limites de la gestion de l’information à la ferme ? Faites connaissance avec les fondateurs d’AgPAD, un carnet de champ électronique développé avec de petits moyens et de grandes ambitions.

LE BULLETIN DES AGRICULTEURS  SEPTEMBRE 2015  11


Interfaces du carnet de champs AgPAD

L

a nécessité est mère de l’invention. De tous les temps, les agriculteurs ont donné raison à ce proverbe en modifiant ou en inventant leurs équipements agricoles. Voilà que cette inventivité à la ferme passe au numérique. Nous vous présentons Guillaume Dallaire et Nicolas Lavoie, producteurs au Lac-Saint-Jean, trentenaires et passionnés des technologies de l’information. Ce n’est pas tellement la mécanique et la soudure qui les allument, mais plutôt les possibilités infinies d’Internet et des applications mobiles. Nos deux complices ont lancé en janvier 2013 le carnet de champs AgPAD. Sur appareils Apple ou Android, on y consigne toutes les informations liées à la régie des cultures : variété semée, applications d’engrais, mauvaises herbes dépistées, photos de ravageurs, etc. Trois saisons plus tard, AgPAD compte quelque 1300 utilisateurs, dont une centaine d’abonnés à 100 $ ou plus par année, selon le forfait. Cela peut sembler peu, mais c’est ce qui arrive quand on trippe bien plus à perfectionner un outil qu’à en faire la promotion... L’aventure AgPAD est aujourd’hui à un tournant. Le carnet de champs est tout à fait fonctionnel, mais pour passer aux prochaines étapes, ses fondateurs ont décidé de chercher du renfort. « Je ne peux pas développer un logiciel et négliger ma ferme, pour me rendre compte que j’ai perdu le contrôle des mauvaises herbes », explique Guillaume Dallaire, diplômé en génie informatique et copropriétaire de la Ferme Tournevent, une entreprise de grandes cultures biologiques à Hébertville. Pour sa part, Nicolas Lavoie exploite avec sa famille une ferme laitière d’environ 76 vaches en lactation à Chicoutimi. Chez l’un comme l’autre, il n’est plus question de se contenter des mois d’hiver pour faire avancer AgPAD. Déjà, un pro-

12  SEPTEMBRE 2015  LE BULLETIN DES AGRICULTEURS

grammeur a été recruté. On est à la recherche de financement pour développer une foule d’innovations qui permettraient, par exemple, de tenir des inventaires de grain, de calculer les coûts de production et de produire une plus large gamme de rapports.

Libre et indépendant Conçue par des producteurs, pour des producteurs, AgPAD se distingue par l’indépendance de ses concepteurs et la grande liberté laissée à ses utilisateurs. AgPAD est une application mobile couplée à un site Internet personnalisé à chaque utilisateur. Il n’y a aucun logiciel à installer et à mettre à jour. Contrairement à d’autres applications mobiles ou logiciels, AgPAD n’est pas proposée par une entreprise ou une organisation qui a des intérêts à promouvoir. « On l’a développée uniquement dans l’intérêt des producteurs », affirme Nicolas Lavoie. « Le but premier, c’est d’enrichir la connaissance qu’a l’entreprise d’elle-même, et non pas d’enrichir les bases de données des organisations qui gravitent autour d’elle », précise Guillaume Dallaire. Les utilisateurs sont entièrement libres de déterminer quelles informations liées à leurs cultures ils désirent consigner dans leur carnet de champs. Des gabarits sont proposés et chacun peut les modifier. Aucun des gabarits de base ne sert spécifiquement à pouvoir évaluer la conformité à des normes environnementales ou de salubrité, ou encore à compiler des données pour un fournisseur d’intrants. Certains des utilisateurs d’AgPAD se sont montrés plutôt créatifs, en concevant leurs propres gabarits. L’un d’eux, par exemple, s’est rajouté une colonne pour y noter la vitesse d’épandage du fumier, une donnée qu’il jugeait pertinente de se souvenir d’une année à l’autre. « Un producteur, ou un agronome, peut créer


La perfection serait-elle de ce monde ?

Pour réussir en agriculture, il ne faut pas seulement être bon : il faut être excellent. Ainsi, nous avons misé sur les plus récentes technologies lors de la conception de la toute dernière génération de tracteurs FENDT 500. Tout a été mis en œuvre pour rendre vos journées plus productives : manœuvrabilité, fiabilité et confort. LA SÉRIE 500 est équipée de moteurs SCR quatre cylindres qui déploient de 125 ch à 165 ch. La coordination parfaite du moteur et de la transmission Vario permet de transmettre le maximum de puissance au sol tout en consommant moins de carburant.

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Vue aérienne de la ferme laitière de Nicolas Lavoie à Chicoutimi.

ses propres modèles (gabarits). Il peut les partager avec d’autres utilisateurs, ou avec l’ensemble des utilisateurs », illustre Nicolas Lavoie. Ainsi, il en revient aux utilisateurs d’adapter AgPAD pour s’en servir pour collecter les données pour un PAEF ou pour CanadaGAP.

Répondre aux besoins

14  SEPTEMBRE 2015  LE BULLETIN DES AGRICULTEURS

Le bureau des développeurs d’AgPAD, Guillaume Dallaire et Nicolas Lavoie, a été aménagé à l’étage d’une grange.

Projets Ce ne sont pas les idées qui manquent pour multiplier les possibilités avec AgPAD. On pourrait y ajouter des images géoréférencées prises par un drone, suggère Guillaume Dallaire. Ou encore, installer des appareils photo dans des parcelles, programmés pour les photographier à intervalles fixes.

PHOTOS : YVON THÉRIEN

Eux-mêmes agriculteurs, les fondateurs d’AgPAD ont dès le début voulu répondre à leurs propres besoins. Il fallait d’abord mettre au rancart la vieille méthode du papier et du crayon pour noter les observations au champ. Et ensuite, simplifier au maximum la gestion des données pour les nombreuses parcelles d’essais qu’ils réalisent à la ferme. « J’ai fait trois séries d’essais d’implantation de fourrages ce printemps, confie Nicolas Lavoie. Au printemps, tout va très vite, mais je sais que tout est noté dans mon carnet de champs électronique. Je n’ai pas besoin d’un beau protocole compliqué. Mes suivis seront très faciles. » « Ça nous amène à devenir un peu des chercheurs », ajoute Guillaume Dallaire. L’information de ses nombreuses parcelles en régie biologique est partagée avec les chercheurs d’Agrinova, qui n’ont qu’à ouvrir leur téléphone intelligent pour identifier une parcelle et connaître tous ses paramètres. Les premiers utilisateurs d’AgPAD peuvent maintenant se référer aux données des deux dernières saisons. En consultant des photos prises au même endroit, on pourrait constater l’évolution d’une population de mauvaises herbes ou d’un problème d’égouttement.


Guillaume Dallaire et Nicolas Lavoie sont agriculteurs. Ils ont développé AgPAD pour répondre à leurs besoins. Guillaume Dallaire (à gauche), diplômé en génie informatique et copropriétaire de la Ferme Tournevent, une entreprise de cultures biologiques à Hébertville. Nicolas Lavoie (à droite), diplômé en science et en gestion de projet, exploite avec sa famille une ferme laitière à Chicoutimi.

Ces photos seraient couplées à des données météorologiques provenant de registres disponibles sur Internet ou d’une station météo à la ferme. On pourrait ainsi suivre l’évolution de la culture dans une parcelle pendant toute la saison, avec de l’information précise sur les précipitations et la température à chaque stade. Il y a aussi le développement des fameuses « boîtes noires », qui s’installeraient sur un équipement pour, par exemple, compter les balles de foins produites. À la fin de la journée, en rentrant à la ferme, l’appareil transmet automatiquement ses données par le réseau Wi-Fi. L’automatisation de la collecte de données est une grande préoccupation des développeurs d’AgPAD. Ils ont bien compris à quel point il est difficile pour un agriculteur de s’habituer à tout noter, même quand cela est facilité avec un téléphone intelligent. AgPAD pourrait un jour se brancher sur les terminaux Isobus des équipements et servir à consigner, entre autres, la consommation de diesel du tracteur ou la profondeur de semis commandée au semoir. Le protocole Isobus, qui permet aux équipements de différents manufacturiers de communiquer électroniquement entre eux, a mis plus de 15 ans à se mettre en place. Pour la gestion de la ferme, cependant, on est encore loin d’un partage de l’information facile entre les différents logiciels et applications mobiles qu’un même producteur peut vouloir utiliser. Guillaume Dallaire et Nicolas Lavoie ont conçu AgPAD de façon à ce que les informations collectées puissent être facilement exportées, notamment sous forme de fichiers Excel. Un jour, AgPAD pourrait aussi importer des informations d’autres sources, comme d’un robot de traite ou d’un logiciel de gestion de champ d’un grand manufacturier de tracteurs. « Il y a de gros joueurs dans l’industrie. Certains sont même des organisations appartenant aux producteurs. On dirait qu’ils ont peur de perdre le contrôle de l’information », déplore Nicolas Lavoie. La solution est pourtant simple : l’utilisation d’API (application programming interface ou interface de programmation), qui permet à deux logiciels de se parler. « C’est très simple et c’est

Cette « boîte noire » peut servir à compter les balles de foin que produit une presse en une journée.

devenu la norme dans d’autres domaines, affirme Guillaume Dallaire. Un logiciel pourrait venir chercher l’historique des rotations dans AgPAD. Nous, on n’a pas de problème avec ça. » L’avenir n’est pas à l’utilisation d’une seule plate-forme ou d’un seul logiciel à la ferme, croient les fondateurs d’AgPAD. On verra plutôt les producteurs adopter plusieurs nouveaux logiciels, capables de s’échanger leurs données. Cet avenir de circulation et gestion facilitées de l’information à la ferme, Guillaume Dallaire et Nicolas Lavoie le rêvent chaque jour. En cultivant leurs champs, en entreposant leurs grains ou en examinant leurs coûts de production, ils imaginent des solutions. « Pourquoi aller plus vite ? se dit Guillaume. On a plein d’idées, mais on a compris qu’il fallait d’abord faire fonctionner la partie carnet de champ le mieux possible. »  LE BULLETIN DES AGRICULTEURS  SEPTEMBRE 2015  15


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DOSSIER

NOUVELLES TECHNOLOGIES

PAR MARIE-JOSÉE PARENT, AGRONOME

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LE CHOIX DES TAUREAUX SUR ÉCRAN TACTILE

L’époque de la sélection génétique à l’aide du catalogue de taureaux est loin derrière. C’est maintenant à l’aide de logiciels et d’un écran tactile que les producteurs sélectionnent les meilleurs géniteurs. Les outils se sont raffinés pour une meilleure sélection.

A

u milieu d’un entretien avec le représentant du Centre d’insémination artificielle du Québec (CIAQ), la gérante de troupeau Édith Gazaille de la ferme Louise et Réjean Bessette de Saint-Jean-sur-Richelieu, en Montérégie, quitte à toute vitesse. Un vêlage difficile se déroule à l’étable et il faut intervenir immédiatement. Une demi-heure plus tard, la réunion reprend. Cet intermède rappelle à quel point le sujet de la rencontre d’aujourd’hui est primordial : le choix des taureaux. Car, pour produire du lait, il faut un veau et pour cela, il faut choisir un taureau, le meilleur, soit celui qui engendrera la meilleure génisse, la relève du troupeau. Le représentant en service-conseil Denis Martin du CIAQ présente à Édith Gazaille le nouveau logiciel pour la sélection de LE BULLETIN DES AGRICULTEURS  SEPTEMBRE 2015  17


taureaux, SemexWorks. Conçu par Semex Canada il y a trois ans et lancé l’hiver dernier au Québec par le CIAQ, SemexWorks permet de choisir les taureaux en fonction des objectifs de l’éleveur. En tant que copropriétaire de Semex avec EastGen et WestGen, le CIAQ est responsable de la commercialisation des produits de Semex au Québec et dans une partie des Maritimes. Muni d’un ordinateur portable doté d’un écran tactile, Denis Martin passe en revue les données et les objectifs du troupeau qu’Édith gère pour ses patrons, David et Justin Bessette, fils de Louise et Réjean Bessette. Les 200 vaches en lactation produisent

Tranquillité d’esprit

Denis Martin présente le nouvel outil du CIAQ, Semex Works, à Édith Gazaille, gérante du troupeau de la ferme Louise et Réjean Bessette de Saint-Jean-sur-Richelieu.

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l’importance d’avoir un outil comme SemexWorks pour établir un plan et d’éviter de tomber dans le piège de la nouveauté ou de la primeur. Ça permet de faire sortir un taureau qui n’est pas vedette, mais pour ce producteur-là, c’est une vedette. »

Génoplan

Les vêlages et donc le choix des taureaux sont essentiels pour la production laitière.

des taureaux qui ont ce trait puisqu’elle a choisi d’accorder de l’importance à la vitesse de traite et à la longueur des trayons. « Nous avons beaucoup de vaches à traire », justifie-t-elle. Les critères se resserrent. Les taureaux sélectionnés sont classés selon l’IPV (indice de profit à vie) que Semex Works a calculé pour la ferme. En appuyant sur le nom d’un taureau, il est parfois possible de voir une vidéo de ses filles. Le logiciel donne accès aux fiches d’épreuve des taureaux. Il est même possible de voir les taureaux qui sont forts selon l’IPV de la ferme, mais qui ne sont pas recommandés en raison d’un critère plus faible du taureau par rapport aux objectifs de la ferme. Au final, il reste deux taureaux éprouvés et 35 Genomax sur les 324 taureaux de Semex. S’il y a si peu de taureaux éprouvés dans la sélection, c’est qu’Édith préfère être plus agressive dans sa sélection. Les taureaux Genomax ont des indices plus élevés que les taureaux éprouvés. Aidée de Denis Martin, Édith Gazaille choisit sept taureaux dans la sélection, dont un éprouvé. Lorsque la sélection est complétée, Denis Martin présente le retour sur l’investissement du choix de taureaux. Pour la ferme Bessette, on parle d’un retour de 10,42 $ pour chaque dollar investi. « C’est beaucoup », explique Denis Martin. Édith connaît même les critères les plus payants. Dans son cas, c’est le gras, suivi de la protéine, de la durée de vie, de la fertilité des filles, du système mammaire et des pieds et membres. Un rapport est remis à la productrice.

Trouver SA vedette En entrevue, le directeur aux communications et à la formation au CIAQ, Vincent Landry, explique qu’un outil comme SemexWorks aide les producteurs à faire de meilleurs choix tout en évitant de tomber dans le piège de la vedette de l’heure. Il permet aussi de faire ressortir des taureaux qui auraient pu passer inaperçus si l’on s’était fié uniquement à la feuille d’épreuve, d’autant plus que tous les taureaux ne sont pas présents sur cette feuille. La feuille d’épreuve est le document papier qui a remplacé le catalogue des taureaux et qui indique d’un côté les taureaux éprouvés et de l’autre, les taureaux Genomax. « Il y a de nouveaux taureaux testés toutes les semaines, explique Vincent Landry. La vedette d’aujourd’hui ne sera peut-être pas celle de demain, d’où

Avant d’utiliser Semex Works, les conseillers du CIAQ analysent les forces et les faiblesses du troupeau. C’est le Génoplan. Il désigne, par un code de dégradés de couleurs, les forces en vert et les faiblesses en rouge. Plus le vert est foncé, plus la force est grande. Plus le rouge est foncé et plus la faiblesse est grande. C’est donc très visuel. L’analyse fait ressortir l’environnement dans lequel la génétique évolue. Les données proviennent en partie du Réseau laitier canadien, mais aussi des performances d’élevage.

Après la sélection des objectifs de production et la sélection des taureaux, l’outil dresse un résumé des bénéfices pour le producteur. Le choix de la ferme Louise et Réjean Bessette est intéressant. Il apporte un retour sur l’investissement en achat de semence de plus de 10 pour 1.

Cet outil aide à cibler les objectifs qui seront insérés dans SemexWorks. À la ferme Louise et Réjean Bessette, les propriétaires ont choisi par le passé de ne pas enregistrer leur troupeau. Le troupeau Holstein est toutefois en cours de processus d’enregistrement. Avec les années, ces données seront bientôt disponibles pour les aider dans le choix des taureaux. Ça n’empêche pas Édith Gazaille d’utiliser les fonctions de SemexWorks, mais d’ici quelques années, elle pourra établir un Génoplan et faire un choix de taureaux plus précis.

Futur développement Actuellement, SemexWorks cible les meilleurs taureaux pour le troupeau. Il faut maintenant choisir le mieux adapté pour chaque vache. C’est la tâche exécutée par le logiciel Progen. Toutefois, cet automne ou l’hiver prochain, SemexWorks permettra d’effectuer cette fonction. C’est en développement chez Semex. « Nous attendons la nouvelle plateforme avant d’outiller toute notre équipe », explique Vincent Landry. Ainsi, les conseillers n’utiliseront que Semex Works pour la sélection des taureaux.  LE BULLETIN DES AGRICULTEURS  SEPTEMBRE 2015  21


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DOSSIER

NOUVELLES TECHNOLOGIES

PAR MARIE-JOSÉE PARENT, AGRONOME

DES PÂTURAGES TECHNOS PHOTO : ALAIN FOURNIER

Les pâturages sont plus technos qu’on le pense. Comme preuve, des outils permettent de calculer la quantité d’herbe produite, les superficies nécessaires pour ses animaux ou encore de préparer ses plans de paissance sur Internet.

Kornel Schneider de la Ferme Rêveuse, de Curran en Ontario, utilise un lecteur infrarouge placé à l’avant de son véhicule tout-terrain.

C

ombien de temps allez-vous laisser vos animaux dans une parcelle ? Combien de fourrages auront-ils ingérés ? Comment planifier un bon plan de paissance en rotation ? Saviez-vous qu’il existe des outils technologiques pour vous aider dans tous ces aspects ? Car, bien que l’utilisation des pâturages soit aussi vieille que la domestication animale, il est aujourd’hui possible de moderniser nos outils. Le Bulletin des agriculteurs en a répertorié quelques-uns pour vous.

Herbomètre Depuis trois ans, l’agronome François Labelle, expert en production laitière biologique chez Valacta, calibre et évalue l’utilité de l’herbomètre, un appareil qui mesure la quantité d’herbe dans les pâturages. « Ce qui est bien de l’herbomètre, c’est que ça ne mesure pas seulement la hauteur, mais aussi la densité », LE BULLETIN DES AGRICULTEURS  SEPTEMBRE 2015  23


explique-t-il. Selon lui, il peut être trompeur de se fier uniquement à la hauteur pour évaluer la quantité d’herbe disponible pour les animaux. Souvent, on pense avoir suffisamment d’herbe pour la durée de paissance choisie, mais il faut retirer les animaux plus tôt que prévu parce que la densité n’y était pas. L’herbomètre est un appareil portatif doté d’un plateau rond fixé à la base d’un bâton (ou tige). On appuie l’appareil sur l’herbe à différents endroits dans le pâturage. Le plateau écrase l’herbe. La hauteur de l’herbe écrasée est transmise à un capteur

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À gauche : La mesure de l’herbomètre tient compte de la hauteur et de la densité de l’herbe. Ci-dessus : Les principaux avantages des lecteurs infrarouges de mesure de l’herbe sont la quantité énorme de lectures et la possibilité d’en tirer des cartes de rendement à l’intérieur d’un pâturage. L’inconvénient est le calibrage.

électronique installé sur le bâton. Une formule mathématique insérée dans le capteur convertit ce chiffre en rendement fourrager. L’utilisateur fait plusieurs lectures dans un même champ. Le capteur électronique compile toutes ces lectures et fait une moyenne pour le champ. L’inconvénient de l’herbomètre, c’est qu’il a été calibré en Nouvelle-Zélande, puisque c’est là-bas qu’il a vu le jour. C’est pourquoi François Labelle travaille depuis trois ans au calibrage de l’appareil dans les conditions québécoises. « L’utilisation de l’herbomètre permet de savoir pour c­ ombien de temps je pourrais nourrir mes animaux aux pâturages. C’est particulièrement important au printemps alors que l’herbe pousse vite. Une partie des pâturages est alors fauchée. Il ne faut pas que j’en fauche trop, sinon je vais manquer de pâturage, explique François Labelle. Mais si j’en laisse trop, l’herbe sera trop mature. » L’autre utilité de l’herbomètre est d’évaluer l’ingestion des vaches. C’est simple de calculer la ration des animaux nourris à l’étable, mais au pâturage, on évalue si l’animal a bien mangé par la production de lait ou de viande. Autrement dit, nous n’avons pas de données concrètes de la consommation des animaux au pâturage. L’utilisation d’un outil comme l’herbomètre avant l’entrée des animaux et après leur sortie permet de connaître la quantité de fourrages ingérée. « Du moment qu’on est capable de chiffrer, on est capable de mieux gérer », explique François Labelle.

Le calibrage de l’herbomètre sur trois ans, de 2012 à 2014, a permis de vérifier certains aspects techniques de l’utilisation de l’appareil. « Par exemple, c’est assez long d’utiliser l’herbomètre, dit François Labelle. On le savait déjà, mais pour la gestion des pâturages, ça peut être intéressant. » Ce sont les producteurs au final qui décideront si le temps en vaut la chandelle. Un herbomètre avec compteur électronique coûte environ 750 $. D’autres outils permettent d’évaluer la quantité d’herbe. Ils s’installent sur le véhicule tout-terrain et prennent un grand nombre de lectures dans le proche infrarouge dans chaque parcelle. L’appareil est lié à un GPS et les données sont transférées dans un logiciel. Encore une fois, ce type d’appareil provient de la Nouvelle-Zélande. Si Valacta a préféré l’herbomètre, c’est que l’utilisation est davantage reconnue à travers le monde pour mesurer la quantité d’herbe produite. « Il reste à calibrer l’appareil infrarouge, explique François Labelle. Le projet de l’herbomètre servira de référence. »

Info-Sols Imaginez maintenant pouvoir faire votre plan de rotation des pâturages sur votre ordinateur. C’est possible. Le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ) a créé le site Web info-sols.ca. Le site Internet est disponible dans toutes les régions du Québec depuis 2014. L’inscription est gratuite pour tout internaute. LE BULLETIN DES AGRICULTEURS  SEPTEMBRE 2015  25


Plan de pâturages en rotation pour un producteur bovin de l’Estrie avec en jaune, les contours des parcelles, et en bleu, les aires d’abreuvement.

26  SEPTEMBRE 2015  LE BULLETIN DES AGRICULTEURS

connaissance. « Je pense que les producteurs s’en servent de plus en plus », dit Luc Lemieux. Quoique difficile à maîtriser au départ, Info-Sols mérite d’être exploré pour toutes les possibilités qu’il offre. Des cours sont parfois offerts dans les régions.

Fichier Excel Avant d’utiliser Info-Sols pour la gestion des pâturages, il faut toutefois connaître la quantité de parcelles nécessaires. C’est ce besoin que l’outil pensé par la conseillère Véronique Poulin du MAPAQ au Centre-du-Québec vient combler. Des conseillers du MAPAQ de cinq régions ont développé et mis à l’essai un chiffrier électronique, de type Excel, pour estimer les besoins d’un groupe d’animaux, les superficies et le nombre de parcelles nécessaires. L’outil a été conçu pour les conseillers qui apportent du soutien technique aux producteurs vache-veau. Il s’agit d’un tableau dont certaines cases, en blanc, sont à compléter. Le chiffrier calcule ensuite, selon les informations inscrites par l’utilisateur et des formules préétablies, les besoins en pâturages. L’outil est divisé en cinq sections : période de pâturage, description du cheptel et besoins herbagés, rendement du pâturage, superficie nécessaire pour le troupeau et superficie en pâturage disponible sur l’entreprise. Les superficies sont indiquées selon la saison de paissance, car, c’est bien connu, l’herbe ne pousse pas à la même vitesse au printemps qu’à l’été ou à l’automne. L’outil est principalement utilisé par les Bovi-Experts. Une diffusion auprès des producteurs était prévue cet été. Après deux ans de validation par les conseillers de différentes régions, il est à l’étape finale. Pierre Demers émet une réserve quant à l’utilisation d’un outil comme le chiffrier électronique : le producteur vache-veau doit être réceptif et sensibilisé à l’importance d’améliorer la gestion de ses pâturages. C’est probablement un conseil valide pour tout producteur de toute production voulant utiliser un outil technologique pour les pâturages.

PHOTO : PIERRE DEMERS À L’AIDE D’INFO-SOLS

Lorsque vous entrez sur le site pour la première fois, vous devez vous inscrire. Si vous êtes producteurs, vous avez accès à des informations supplémentaires. Chaque type d’information que vous pouvez ajouter dans Info-Sols est décrit comme une couche. Ainsi, vous pouvez accéder à une foule de données du MAPAQ, comme les limites municipales, le réseau routier, les cadastres (vieux et nouveau cadastre), la pédologie des sols, les plans de drainage, le relevé d’élévation des champs et la carte hydrographique. Il est même possible d’avoir les antécédents culturaux des champs, selon les données de La Financière agricole. Toutes ces couches d’information peuvent être superposées sur une même carte. Ce site est basé sur les cartes de Google, mais les cartes aériennes sont aussi disponibles. Elles sont plus précises que celles de Google, mais nécessitent un plus long temps de chargement. « Nos serveurs ne sont pas aussi rapides que ceux de Google », explique le technicien Luc Lemieux qui assure le support géomatique en Estrie. En compagnie de l’agronome Pierre Demers, conseiller en entreprises de viande bovine et agroenvironnement, il nous explique les différentes fonctions de l’outil. « Nous avions un problème d’érosion dans un champ, raconte Pierre Demers. En consultant les anciennes photos aériennes disponibles dans Info-Sols, ça nous a permis de constater que c’était un ancien cours d’eau. » Pour les pâturages, l’onglet « couches personnelles » permet de créer ses propres cartes à partir de ses champs. C’est ce que Pierre Demers a créé sur la carte ci-contre. Il a produit un plan de pâturage pour un troupeau de sa région. Il n’a indiqué que les pourtours de champs et les aires d’abreuvement, mais la carte pourrait renfermer plusieurs autres couches. L’onglet couches personnelles permet de conserver son travail qu’on peut, par la suite, expédier à une tierce personne par courriel. L’outil est disponible pour tous, mais pour connaître toutes ses fonctions et bien interpréter les résultats, il faut une certaine


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DOSSIER

NOUVELLES TECHNOLOGIES

PAR NICOLAS MESLY

Président de l’International Society of Precision Agriculture (ISPA), Nicolas Tremblay est un expert de la gestion intelligente de la fertilisation azotée des sols à Agriculture et Agroalimentaire Canada. Il mène ses recherches en partie avec les données recueillies avec un senseur tel que celui-ci.

Les nouvelles technologies en agriculture génèrent une quantité astronomique d’information qui offre des possibilités infinies pour la gestion des grandes cultures. Encore faut-il décortiquer ces données et savoir les utiliser à bon escient. 28  SEPTEMBRE 2015  LE BULLETIN DES AGRICULTEURS

L

Bulletin des agriculteurs : La technologie GPS va-t-elle révolutionner l’agriculture au même titre que la charrue ? Nicolas Tremblay : Oui. La technologie GPS est la clé qui ouvre la porte à une gestion inégalée des grandes cultures par le truchement de recommandations extrêmement précises. Par exemple, le producteur ou l’agronome qui prend une photo de rouille de soya avec un tag GPS capture une information de localisation et temporelle (date, heure). À cela s’ajoute d’autres données : l’espace entre les drains, la pente du champ, quelle a été la météo trois ou quatre jours avant l’apparition de la maladie et la météo après l’éclosion. Cela donne une quantité d’information qui peut être archivée et analysée pour comprendre l’apparition d’une maladie ou d’une infestation d’insectes.

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’agriculture de précision révolutionne la planète agricole. Grâce aux GPS et à une toute nouvelle quincaillerie technologique (capteurs de rendements, lecteurs de chlorophylle), nous pouvons mesurer et obtenir des données auparavant inaccessibles. Le défi est de digérer cette quantité phénoménale d’information pour améliorer la productivité des champs. Mais cette information n’est pas magique. Et il faut séparer le bon grain de l’ivraie. Entretien avec Nicolas Tremblay, spécialiste des grandes cultures à Agriculture et Agroalimentaire Canada et président de l’International Society of Precision Agriculture (ISPA).


On assiste à une explosion sans précédent de données générées à la ferme ? Oui. Cela s’appelle le Big Data (mégadonnées). Il faut que ces données, comme notre photo d’infestation de rouille de soya, soient stockées sur le cloud (l’infonuagique), partagées et analysées pour les faire parler. Il y a un enjeu de propriété des données. Mais tant les agriculteurs, le secteur privé et le secteur public peuvent trouver leur compte dans l’exploitation du Big Data. Pour que les données se traduisent par de bonnes recommandations, il faut en faire une bonne cueillette. Ça veut dire de bien calibrer semoir et moissonneuse-batteuse ? Oui. Si on veut valoriser les données qui proviennent de la ferme,

il est extrêmement important de bien calibrer notre équipement et de vérifier la véracité de notre information. Par exemple, si vous pensiez semer votre maïs à un taux de 75 000 plants/ha et qu’en réalité vous avez semé à un taux de 85 000 plants/ha, cela fait une grande différence. Si on travaille avec des données erronées, on comprendra moins bien les phénomènes. Que doit-on penser des lecteurs de chlorophylle ? C’est un outil de quantification de l’état de santé des plantes, mais qui n’a pas encore livré la marchandise. Quand on fait une carte de chlorophylle, on a une idée de la variation dans le champ. Mais cette variation ne représente que 20 % de la recommandation de la bonne dose d’azote à appliquer.

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2016. Et elle sera disponible à tous les producteurs en 2017. Que pensez du travail des sondes d’analyses de sol ? C’est comme les lecteurs de chlorophylle. L’information recueillie ne veut pas dire qu’elle est critique pour prendre des décisions.

Les drônes peuvent mesurer la santé et la vigueur d’une récolte en scannant la végétation sur une certaine largeur.

Est-ce que c’est parce que ces lecteurs ne sont pas encore assez performants ? Non. Le chiffre donné par cet instrument n’est qu’un indicateur pâle de ce qui se passe dans le champ. La vraie question est de savoir comment le traitement va se comporter ? Par exemple, une dose de 100 kilos d’azote/ha sera-t-elle efficace ou pas ? Des paramètres importants ne sont pas écrits dans la chlorophylle, telles que l’oxygénation du sol ou la pluie qui va tomber trois jours plus tard. Comment faire alors pour avoir le portrait le plus réel de ses champs et appliquer la bonne dose d’azote ? Nos recherches ont démontré que les textures du sol ont beaucoup plus d’importance que le taux de chlorophylle. Il faut commencer à agencer les gros morceaux puis, on ajoute les petites pièces pour compléter le tableau. Nous avons développé un système appelé SCAN (Sols, Cultures, Atmosphère et N pour l’azote). C’est un outil de gestion de l’azote en cours de saison dans la culture de maïs. Pouvez-vous nous décrire un peu plus ce système SCAN ? SCAN réunit des paramètres importants pour choisir les bonnes doses d’application fractionnées d’azote dans le maïs. C’est le fruit de 15 ans de recherches et d’analyses de mégadonnées. Ce système sera bientôt disponible aux producteurs par l’entremise d’Internet. Il ressemble à GoogleEarth pour localiser les champs et exige l’entrée de certaines données de base par le producteur, dont par exemple les cultures antérieures et la texture de sol. Ensuite, le système va analyser la météo des 15 derniers jours et les prévisions météorologiques des 15 prochains jours. Le programme va donc recommander l’application fractionnée d’un volume de kilos d’azote à l’hectare. Quand ce système sera-t-il disponible aux producteurs ? Nous travaillons depuis 2013 avec un noyau d’une vingtaine de producteurs de la province. Ceux-ci vont tester la plate-forme en 30  SEPTEMBRE 2015  LE BULLETIN DES AGRICULTEURS

Et l’utilisation du drone qui devient rapidement populaire à la ferme, qu’en pensez-vous ? C’est un outil puissant, mais pour lequel on n’a pas encore de règles pour prendre des décisions. Par exemple, grâce à la haute résolution de la photo fournie par une caméra installée sur un drone, je pourrai voir la fourmi qui se promène entre les rangs de maïs ! Sans blague, on a comparé les images d’un satellite et d’un drone et celle du drone est plus précise, par exemple pour voir l’effet des drains sur la croissance des plantes. Mais comment valoriser cette information ? Mon semoir ou mon pulvérisateur ne travaille pas à cette échelle. Grâce à la miniaturisation, on parle de capteur inséré dans chaque semence de maïs qui permettrait de voir en temps réel la croissance d’un plant et ses besoins en engrais ou en eau. Que faut-il en penser ? Je crois beaucoup à l’information recueillie sur les champs ou des zones de champs. Mais sur chaque plant, cela devient un canon pour tuer une mouche. Je ne peux pas valoriser cette information dans une régie. Il y a un décalage trop grand entre ce genre de technologie et le pratico-pratique de l’agriculteur. Cela ne veut pas dire qu’il ne se fait pas de recherches pour mesurer une dose individuelle d’engrais nécessaire pour chaque plant. Mais on n’est pas capable d’exploiter cette information. Vous avez été élu à la présidence de l’International Society of Precision Agriculture (ISPA) en 2014 pour un mandat de deux ans. Quel est le rôle de cette organisation ? L’ISPA réunit en congrès les chercheurs d’une trentaine de pays dans différents champs d’activités, dont les grandes cultures. C’est un carrefour d’échanges scientifiques. Il s’agit de ­comprendre pourquoi des études sur un même sujet donnent des résultats parfois contraires, d’établir des balises, des protocoles d’utilisation et de transférer cette information aux praticiens. Par exemple, il n’y a pas 36 méthodes pour faire des échantillonnages adéquats des sols dans un contexte d’agriculture de précision, il y en a une et celle-ci devrait faire consensus. Idem pour établir des zones de gestion d’un champ pour appliquer une dose optimale d’azote. On travaille avec un sol vivant qui ne réagit pas de la même façon selon les saisons. Au bout du compte, les recommandations faites aux producteurs doivent être basées sur la science. Et on ne doit pas se laisser éblouir par des gadgets.


MARCHÉ DES GRAINS

PAR JEAN-PHILIPPE BOUCHER, AGRONOME, M.B.A.

DU MAÏS À 200 $ LA TONNE, LA NOUVELLE NORME AU QUÉBEC ? 400 $ 350 $ 300 $ 250 $ 200 $ 150 $ 100 $ 50 $

L’année 2012 aura sans aucun doute marqué un tournant déterminant dans le marché du grain au Québec. Comme on sait, lors de cette année très particulière de sécheresse historique aux États-Unis, le prix du maïs au Québec a facilement bondi en plein été à plus de 300 $ la tonne, au grand dam des consommateurs de grains, mais aussi au bonheur des producteurs de grandes cultures. Depuis, il faut reconnaître que les choses se sont tempérées un peu. Comme l’illustre le graphique ci-joint, nous avons été jusqu’à un creux de près de 170 $ la tonne à la récolte 2013. Par contre, on constate aussi que tranquillement, année après année, des paliers semblent être franchis pour soutenir par la suite les prix : 100 $ la tonne au cours de la 1re moitié des années 2000, puis 150 $ la tonne pour la seconde moi-

tié, et finalement 200 $ la tonne depuis le début des années 2010. Faut-il vraiment s’en étonner ? Pas nécessairement, puisqu’il faut admettre que les coûts des productions, au Québec comme partout ailleurs en Amérique du Nord, ont aussi grimpé depuis une quinzaine d’années. Avec raison, il est donc difficile pour un producteur de grandes cultures d’envisager de vendre à des niveaux comparables à ceux du début des années 2000. La consommation elle-même de grains, dans ce cas-ci le maïs, a aussi grandement évolué. Il y a une quinzaine d’années, l’éthanol n’en était qu’à ses débuts. La Chine, avec sa population représentant près de 20 % de la planète et un appétit insatiable pour de nombreux produits, a aussi grandement bouleversé plusieurs

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marchés au cours des années 2000. Celui des grains n’y a pas échappé. Enfin, l’un des facteurs qui jouent aussi beaucoup à l’avantage des producteurs de grandes cultures du Québec depuis 2012 est le plafonnement du dollar canadien au-dessus de la parité. Le dollar a, par la suite, progressivement reculé et renforcé les prix des grains proposés au Québec. Ce facteur est d’ailleurs particulièrement déterminant dans les prix des grains depuis le début de 2015, et même 2014. À la lueur de ces différents éléments, force est donc d’admettre que nous avons atteint de nouveaux niveaux clés dans les dernières années pour les prix des grains. Rien d’exceptionnel, mais une base néanmoins intéressante pour de nouveaux sommets au cours des prochaines années ! LE BULLETIN DES AGRICULTEURS

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INFO CULTURES INFO CULTURES

TEXTES : JOHANNE VAN ROSSUM, AGRONOME ET ANDRÉ DUMONT

Maladies du soya Lorsque le soya commence sa période de défoliation, il est intéressant de dépister les maladies démontrant des symptômes sur les tiges. Même s’il est trop tard pour agir, on peut modifier sa régie pour la prochaine saison (rotation plus longue, traitement de semence fongique, choix du cultivar, etc.). Pour faciliter l’étape du diagnostic, l’Université de l’État du Minnesota a préparé un tableau avec les principales maladies rencontrées. On observe parfois des plants de soya avec des gousses à maturité, mais dont

les tiges sont restées vertes. Certains plants conservent également leurs feuilles et il y a prolifération des bourgeons. La tige verte est un désordre de cause inconnue (photo ci-contre). On soupçonne que la sécheresse, les cultivars et un phytoplasme jouent un rôle dans le développement de ce phénomène. Toutes ces observations seront utiles pour mieux planifier le choix des cultivars pour la prochaine saison ainsi que des traitements fongicides si nécessaire. Source : Minnesota Crop News

SYMPTÔMES SUR LES TIGES

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Traitement de semence biologique pour la luzerne En semant la luzerne le plus tôt possible au printemps, parfois dans des sols froids et humides, les producteurs exposent cette culture aux agents pathogènes présents dans le sol. Pour minimiser les dommages, la plupart des semences de luzerne sont traitées avec un fongicide. Or, cette option n’est pas possible pour les producteurs biologiques. Le foin ou l’ensilage à base de luzerne pour l’alimentation du troupeau repose sur une production sans intrants chimiques. Deborah Samac, une phytopathologiste du Service de recherche en agriculture (ARS) à Saint Paul, au Minnesota, a vérifié si la zéolite utilisé comme enrobage des semences de luzerne pouvait offrir une protection contre les maladies pour ces producteurs. La zéolite est un minéral naturel, provenant de roche volcanique, accepté en régie biologique et

ayant des propriétés antifongiques. Il est utilisé sur les terrains de golf pour améliorer l’infiltration et la capacité de rétention de l’eau des sols. Pour comparer l’efficacité de ce minéral, la spécialiste et son équipe ont utilisé un témoin non traité et un fongicide commercial. Les résultats obtenus ont démontré une efficacité équivalente contre la plupart des agents pathogènes présents pour tous les traitements. Contrairement au traitement fongicide commercial, la zéolite a même démontré une activité contre la fonte des semis causée par Aphanomyces. Aucun effet sur les racines ou les microbes bénéfiques n’a été observé. « Même si nous poursuivons nos études sur le sujet, les résultats obtenus sont encourageants autant pour les producteurs biologiques que pour ceux en régie conventionnelle. » Source : Ag Research Magazine (USDA)

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INFO CULTURES

Ray-grass dans le maïs fourrager Hauts rendements en zone hâtive Quand propriétaires et employés partagent la même vision, cela se reflète par d’excellents rendements au champ. La Ferme J. Chartier et fils est située après le blé et l’ensilage de maïs. » Pour sur les rives du fleuve Saint-Laurent, à atteindre les portions de champ les plus Champlain, en Mauricie. Elle bénéficie éloignées, les citernes circulent toujours d’un microclimat qui donne un léger aux mêmes endroits, le long d’un fossé avantage à ses cultures. Mais c’est avant par exemple. tout la régie attentive qui fait que ses Les Chartier utilisent des hybrides de 2550 à 2700 UTM. La proximité du fleuve champs se distinguent. Dans cette zone de 2500 UTM, la famille amoindrit l’impact des gels automnaux. Chartier arrive à récolter en moyenne À ce jour, l’usage d’hybrides plus tardifs tout près de 10 t/ha de maïs-grain. Depuis a toujours été avantageux. trois sans, elle remporte le Concours de Avec les conseils des représentants rendement Pioneer pour sa région ou Pioneer, le taux de semis a été établi pour sa zone d’UTM à la grandeur du Qué- à 34 000 plants à l’acre. D’ici quelques années, on se promet bec, avec des pointes l’achat d’un nouveau atteignant 15,2 t/ha. planteur capable de « Ce n’est pas complisemer à taux variables. qué : on respecte beauCôté fertilisation, on suit coup la terre en faisant à la lettre les recomattention à la compacmandations des agrotion et on met de l’ennomes. Les besoins en grais sans négliger. Et phosphore et en potasse tous nos employés trasont comblés en bonne vaillent dans le même partie par le lisier bovin. sens », affirme Mathieu Mathieu Chartier L’azote est appliqué Chartier. généreusement, sous Copropriétaire d’une ferme laitière et de grandes cultures forme granulaire en prélevée et en postavec son père, son oncle et sa cousine, levée. La deuxième dose peut être ajustée Mathieu Chartier a accepté de nous par- à la hausse quand le début de saison est tager quelques éléments du succès de sa pluvieux, surtout en terrain sablonneux. En plus de cultiver sur environ 400 hecculture de maïs-grain. Le sol est travaillé au minimum, le soya tares et de traire quelque 140 vaches, étant même implanté en semis direct. l’entreprise familiale offre des services La prévention de la compaction est une de transport et de travaux à forfait. Elle valeur partagée par tous, employés et compte huit employés. propriétaires. On « force » très rarement La bonne communication et la polyvales semis ou la récolte, préférant l’attente lence de chacun des copropriétaires et employés font en sorte que tout tourne de conditions sèches. L’épandage du lisier se fait intelligem- rondement et que tous travaillent en ment. « On applique le minimum au fonction des mêmes objectifs, souligne printemps, pour éviter que les fosses Mathieu Chartier. « Tout le monde sait débordent. Ensuite, on en met après les tirer les vaches, tout le monde va au coupes de foin quand le sol est sec, puis champ. »

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Le ray-grass semé en intercalaire dans le maïs fourrager peut s’avérer un excellent moyen de prévenir l’érosion du sol après la récolte, notamment dans une région au relief accidenté comme l’Estrie. Les agronomes du Club agroenvironnemental de l’Estrie ont réalisé des essais en plein champ pendant les saisons 2012, 2013 et 2014. Ces essais ont eu lieu sur le site du Centre de recherche et de développement sur le bovin laitier et le porc d’Agriculture et Agroalimentaire Canada, à Lennoxville. Les essais portaient, entre autres, sur les variétés de ray-grass, le stade d’implantation et leur capacité à couvrir le sol à l’automne, puis à survivre à l’hiver. Voici leurs principales conclusions de cette étude : – Quand le ray-grass a été semé au stade recommandé (5 à 8 feuilles du maïs), la présence de ray-grass n’a pas influencé les rendements en maïs fourrager, peu importe la variété de ray-grass. – En Estrie, le semis à la volée du ray-grass sans enfouissement de la semence permet une implantation du ray-grass convenable, pour contrer l’érosion des sols. – L’implantation du ray-grass est très risquée si le semis est réalisé au stade 11 feuilles du maïs. – Toutes les variétés de ray-grass testées se sont bien implantées et ont protégé le sol contre l’érosion, de l’automne jusqu’au printemps. – Les ray-grass de tous les types peuvent survivre à l’hiver. – Les ray-grass de tous les types peuvent mourir au cours de l’hiver. – La biomasse de ray-grass en fin de saison est variable d’une année à l’autre et dépend de plusieurs facteurs (les précipitations suivant le semis du raygrass, les mauvaises herbes, la date et les conditions de récolte du maïs fourrager, etc.).


Impacts de la production de grains Les productions de maïs, de soya, de blé, d’orge, d’avoine et de canola ont fait l’objet de ce qu’on appelle une analyse de cycle de vie. Il s’agit d’une méthode mondialement reconnue qui sert à mesurer notamment les impacts environnementaux d’une production. Pour y arriver, toutes les étapes nécessaires à la production d’un kilogramme de grain – de la production des intrants agricoles jusqu’à la récolte et au séchage des grains – sont examinées. Dans ce cas-ci, on a analysé les deux systèmes de rotation typiques : maïs-soya-blé et orge-avoinecanola, et ce, pour la période 2010-2013. Les Producteurs de Grains du Québec (auparavant la Fédération des producteurs de cultures commerciales) et le MAPAQ ont donné le mandat aux firmes CIRAIG, Quantis et Groupe AGÉCO de dresser un portrait global et complet de la situation. Ainsi, tous les prélèvements de ressources naturelles et toutes les émissions dans l’air, dans l’eau et au sol nécessaires pour chaque kilo de grain produit ont été évalués. Par exemple, dans le cas de l’énergie utilisée pour les tracteurs, on considère les émissions liées à la combustion du diesel, mais aussi les processus et matières nécessaires à la production de ce diesel. L’inventaire du cycle de vie est ensuite calculé pour chaque système de production et puis caractérisé en impacts environnementaux potentiels. Les opérations au champ Les opérations au champ sont les principaux contributeurs aux changements climatiques. Pour chaque kilo de maïs, cette étape représente 53 % des impacts. Les émissions directes et indirectes d’oxyde nitreux (N 2 O) découlant de l’application d’engrais azotés sont les principales responsables. Afin de limiter les effets négatifs, plusieurs solutions sont possibles pour optimiser l’application des engrais : ajuster la dose en fonction des besoins de la plante et des éléments nutritifs du sol, utiliser les applications à taux variable, favoriser les applications d’engrais minéral et organique au printemps plutôt qu’à l’automne et utiliser les engrais minéraux à diffusion lente.

Pour chaque kilo de soya, l’étape des opérations au champ génère 70 % des gaz à effet de serre (GES) totaux du cycle de vie. Cela s’explique, entre autres, par l’utilisation de la machinerie au champ qui contribue à près de la moitié de GES. Bien que le travail du sol réduit et semis direct soient effectués au total sur 79 % des superficies des cultures de soya (comparativement à 37 % pour le maïs), le faible rendement du soya (2780 kg/ha) par rapport au maïs (8680 kg/ha) explique la différence entre les contributions relatives des opérations au champ pour ces deux cultures. La production des intrants L’étape de la production des intrants représente de 10 % à 27 % des causes d’émissions de GES. Cette étape représente également une proportion importante des impacts sur les ressources, ainsi que du volume de l’eau prélevée. La fabrication de pesticides et d’engrais minéraux occupe de 36 % à 66 % du volume total d’eau utilisée sur tout le cycle de vie. Quant à production de diesel, le volume d’eau prélevée constitue de 9 % à 35 % du volume total. Les opérations à la ferme Pour le maïs, la consommation de gaz naturel pour le séchage du grain est responsable de 19 % de l’impact total sur les changements climatiques et contribue considérablement à l’épuisement des ressources. Favoriser les pratiques visant à améliorer l’efficacité énergétique du séchage et de l’entreposage ventilé des grains devient donc un élément important pour améliorer l’empreinte environnementale des fermes. Bref, afin d’améliorer l’impact environnemental, les producteurs de grains peuvent optimiser l’application des engrais, revoir l’utilisation de la machinerie lors des travaux au champ, accroître l’efficacité énergétique du séchage et de l’entreposage ventilé des grains. Un bilan socioéconomique a aussi été effectué par la même occasion. Il est basé sur une collecte de données à la ferme. La participation de 112 entreprises de grandes cultures a permis de documenter leurs comportements d’entreprises.

COMMENT ÉVALUER LE RENDEMENT DU MAÏS ? La planification de l’entreposage et de la vente du maïs exige habituellement une estimation des rendements. Dès la mi-août, les estimations aux champs permettent de prendre les bonnes décisions. Dans cette vidéo, Vincent Tétreault explique une façon simple de calculer le rendement avant la récolte. La méthode a été élaborée aux États-Unis par le groupe Pro Farmer Crop tour et adaptée pour le Québec par l’équipe de la Tournée des grandes cultures. Pour en savoir plus, visionnez cet épisode de Défi maïs sur le Bulletin.com, onglet Défi maïs

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INFO CULTURES

Travail de sol pour maïs en continu Malgré les bienfaits reconnus de la rotation, on retrouve quand même des producteurs qui cultivent le maïs en continu. Dans ces situations, est-ce qu’un travail de sol conventionnel sur toute la surface est nécessaire pour une bonne performance ? Dave Franzen, spécialiste des sciences du sol à l’Université de l’État du Dakota du Nord, affirme qu’un travailPLUS en d’expertise. Greg Headline: Type Area: bandes (strip Publication: Le Bulletin Size: till) procure le IO:

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même rendement qu’un travail de sol sur toute la surface, peu importe le type de sol. Il offre les avantages du semis direct en ce qui a trait à la conservation des sols, mais aussi au réchauffement et à l’assèchement associés au travail du sol conventionnel. Environ 1/3 de la surface est travaillée dans une régie de strip till laissant 2/3 intacts. Le tableau ci-dessus présente les résultats obtenus au cours des dernières années dans trois différentes régions. « Le système de guidage par RTK est une condition essentielle au succès de cette technique », ajoute le spécialiste. Il est important que la semence soit placée au centre de la bande travaillée habituellement sur une largeur de 15 cm à 20 cm (6 po à 8 po). Mais Tony Vyn de l’Université Purdue, en Indiana, met en garde les producteurs de compter sur le strip till ou d’autres techniques de travail de sol pour réduire les effets négatifs de l’absence de rotation. « Nos observations des quarante dernières années ont toujours démontré un avantage de rendement avec une rotation maïs-soya par rapport au maïs en continu », ajoute-t-il. Source : Corn and Soybean Digest


PORC

PAR MARIE-JOSÉE PARENT, AGRONOME

TECHNOLOGIE QUÉBÉCOISE À L’ASSAUT DU MONDE ENTIER Alors que la demande pour les protéines animales explose à travers le monde, les nouveaux producteurs porcins des pays émergents adoptent les technologies pour automatiser leurs fermes. L’une d’entre elles est québécoise : les soigneurs pour truies Gestal de Jyga Technologies.

Dans les pays où la production porcine est en émergence comme la Corée, de grands complexes porcins voient le jour en peu de temps.

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urant la dernière année, Stéphane Clément a pris 140 vols pour des destinations aussi variées que la Chine, la Corée, la Russie, l’Espagne et les États-Unis. C’est beaucoup puisqu’une année ne compte que 365 jours. Son travail de viceprésident développement des affaires chez Jyga Technologies le place aux premières loges pour constater le rôle des nouvelles technologies dans le développement de la production porcine dans les pays émergents. Son rôle est de développer de nouveaux marchés pour les technologies Gestal Solo pour truies en lactation et Gestal 3G pour les truies en gestation. Sur un nouveau territoire, lorsque quelques fermes l’ont adopté et qu’un distributeur est bien implanté, il déménage son bâton de pèlerin vers un nouveau pays. Depuis ce printemps, il développe le marché des États-Unis où la nécessité de trouver des solutions pour loger des truies gestantes en groupes est urgente. Car, bien sûr, la production porcine moderne se tourne aussi vers les innovations technologiques. LE BULLETIN DES AGRICULTEURS  SEPTEMBRE 2015  37


Plus qu’un emploi « Je n’étais pas destiné à travailler en agriculture », raconte Stéphane Clément. Alors qu’il terminait sa formation collégiale en génie industriel en 1989, un heureux hasard l’a amené à faire un stage dans une entreprise spécialisée en équipements porcins. De fil en aiguille, il a appris à connaître et à aimer ce milieu. Des producteurs sont même devenus des amis, dont Alain et Donald Lefebvre, propriétaires de la ferme Aldo de Saint-Lambert-deLauzon, mais aussi propriétaires de Jyga Technologies qui distribue les produits Gestal. Jyga Technologies a été créee en 1994 et achetée en 2004 par les frères Lefebvre. En 2008, Alain et Donald Lefebvre demandent à Stéphane Clément de développer le marché international de leur système d’alimentation automatisé et contrôlé pour les truies en lactation, le Gestal FM, une version sans fil qu’ils avaient lancée en 2006. À brûle-pourpoint, Stéphane Clément leur dit que tous les producteurs porcins du monde entier devraient en être équipés. « C’est comme ça que le monde entier est devenu mon territoire », raconte-t-il.

Du Québec à la Chine Avant 2009, Gestal n’était distribué qu’au Québec et un peu en Ontario. À l’hiver 2009, un premier contrat d’Aliments Breton

Stéphane Clément (deuxième rangée au centre) a fait de nombreux voyages en Chine depuis 2009. On le voit dans une ferme chinoise qui a installé le Gestal Solo pour les truies en lactation.

au Manitoba amène l’équipe à tester la stabilité du système et le service à distance. L’expérience est tellement concluante que Stéphane Clément s’envole pour l’Europe. En septembre 2009, il présente le Gestal FM au SPACE, le Salon international des productions animales, en France. L’équipement remporte un prix INNOV’SPACE qui récompense les meilleures nouveautés présentées au Salon. En raison du type d’alimentation choisi par les Français, le Gestal a peu de succès en France. Un grand nombre de produc-

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impossible avec une machine à soupe qui prépare de grandes quantités à la fois. Si les Français sont frileux, le SPACE a permis de faire connaître Gestal dans les pays environnants. À l’époque, l’ancien maire de Montréal Pierre Bourque, par le biais de sa compagnie Constellation Monde, prépare un grand chantier en Chine, le Parc des 7 couleurs. Il s’agit d’un parc technologique agricole dans la province du Yunnan. Apprenant les succès de Jyga Technologies au SPACE, Pierre Bourque demande à Stéphane Clément de l’accompagner pour une misDans ses visites d’entreprises porcines à travers le monde, Stéphane Clément a vu sion commerciale privée en Chine en novembre 2009. des sites et des constructions hors du commun. En Corée, cette porcherie a quatre Le pays est en train de faire évoluer sa production porétages et est située en pleine montagne. cine d’artisanale à commerciale. Stéphane Clément teurs porcins français alimentent sous forme de soupe, alors que reprend l’avion en mai 2010 pour le China Animal Husbandry, Gestal est conçu pour l’alimentation sèche. « Notre technologie une exposition à Pékin. Partageant le stand avec un représenn’est pas adaptable à la soupe et l’on ne veut pas, non plus », tant de Génétiporc et aidé d’un interprète, il établit des contacts explique Stéphane Clément. En début de repas, le Gestal offre à et trouve l’éventuel distributeur de Jyga Technologies en Chine. Au même moment, il multiplie les présences en Europe la truie quelques grammes de moulée pour stimuler son appétit. Si la truie a faim, l’équipement lui en fournira d’autres. Si elle où le marché se développe depuis le SPACE. Des fermes porn’a pas faim, la moulée ne sera pas gaspillée. Et lorsqu’elle aura cines de l’Espagne, du Danemark et de la Norvège installent faim de nouveau, c’est à de la moulée fraîche qu’elle aura droit et des Gestal. C’est toutefois en Angleterre que l’intégration de non pas à de la moulée restée plusieurs heures dans l’auge. C’est la nouvelle technologie est la plus simple. Parfaitement

CONGRÈS 2015 15-16 OCTOBRE

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Des fermes porcines de l’Espagne ont installés des Gestal.

artisanale. De l’autre, de grands complexes porcins voient le jour. La production porcine est dorénavant entre les mains d’entrepreneurs qui ont fait fortune dans d’autres secteurs d’activités, comme le pétrole, le charbon, le sucre ou les parcs d’attractions. Ces gens n’ont pas de connaissances en production porcine moderne et leurs employés non plus. C’est pourquoi ils se tournent vers l’automatisation. C’est le cas notamment d’un propriétaire qui a installé une première ferme de 5000 truies à Velikiye Luki, à 80 km de la frontière biélorusse. Cinq ans plus tard, son entreprise compte 50 000 truies. En raison de l’extrême pauvreté, les propriétaires doivent surveiller les vols d’aliments pour porcs. En plus de permettre d’optimiser les rendements, l’automatisation permet aussi de connaître l’ampleur des vols.

Dans les maternités norvégiennes dans lesquelles les truies sont en liberté, des Gestal Solo ont été installées.

bilingue, Stéphane Clément a de la facilité à communiquer. « En Angleterre, les gens ont compris que les truies ont changé et que ça devient plus difficile de les alimenter manuellement », dit-il. Le premier contrat en Angleterre, c’est par Internet qu’il l’obtient. Un producteur cherchait une solution pour l’alimentation de ses truies. Il a abouti sur le site Internet de Jyga Technologies. Après quatre conversations sur Skype avec Stéphane Clément, il décide d’équiper toute sa ferme. « Je lui ai dit : “T’aimerais pas mieux faire un test avant ?” Il m’a dit : “C’est juste ça que vous faites depuis 20 ans ! » Aujourd’hui, une douzaine de fermes d’Angleterre sont équipées de Gestal.

Développement à vitesse grand V Dans les pays émergents comme la Chine et la Russie, les défis sont gigantesques. D’un côté, il y a encore la production porcine 40  SEPTEMBRE 2015  LE BULLETIN DES AGRICULTEURS

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Les truies ont changé « Les Chinois doivent apprendre très vite ce que nous avons mis 30 ans à apprendre », explique Stéphane Clément. Les truies d’aujourd’hui ne sont pas les mêmes qu’il y a 30 ans. Pour répondre au besoin des producteurs, elles ont été sélectionnées pour leur prolificité. Pour satisfaire les clients, la viande est plus maigre. Et parce que les prix des grains ont grimpé en flèche, elles ont aussi été sélectionnées pour manger moins. « Les truies ont moins d’appétit qu’avant, on ne peut plus les nourrir avec une pelle, dit-il. Aujourd’hui, il faut nourrir les truies quatre, cinq, six fois par jour. » Pour nourrir autant de fois par jour, rien de tel que l’automatisation. Après tout, fait remarquer Stéphane Clément, nous avons bien automatisé les systèmes de ventilation. « Nous sommes rendus là aussi pour l’alimentation », dit-il. En Chine, il a visité une ferme porcine de 1200 truies qui employait 80 personnes. Et pourtant, les Chinois ne réussissent pas à produire autant de porcelets par truie qu’ici. Avec la même génétique, les fermes porcines chinoises sèvrent moins de 20 porcelets par truie par année. Sur un site, en automatisant l’alimentation des truies lactantes, les truies ont augmenté leur consommation de 2 kg par jour et les porcelets ont gagné 1,5 kg au sevrage. Ce n’est pas seulement une question de nombre d’employés, mais aussi de qualité du travail. « Pourquoi, avec la même génétique, le Danemark peut-il produire 35 porcelets par truie par année alors que la Chine en produit 15, se demande Stéphane Clément. Tout est dans la façon et la précision avec laquelle on nourrit les truies. » Les truies bien alimentées donnent de plus gros porcelets et reviennent plus vite en chaleur. Une truie d’aujourd’hui, bien alimentée, peut sevrer 14 porcelets par portée. « Plus le porcelet est pesant au sevrage, moins il restera longtemps en pouponnière et en engraissement », explique Stéphane Clément. Bien sûr, il existe d’autres technologies, mais selon Stéphane Clément, c’est la seule à être complètement autonome et de conception aussi solide. Lancé en 2012, le Gestal Solo n’a


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besoin que d’une prise de courant pour fonctionner. Chaque unité fonctionne indépendamment des autres. Elles peuvent être reliées à un ordinateur central. La qualité a toutefois un prix, 639 $.

Adoption rapide De son côté, Gestal 3G pour truies gestantes en groupes est un hybride entre le Gestal Solo et les réfectoires autobloquants populaires en Europe. Le 3G a été lancé à l’automne 2014 et plus de 800 unités sont déjà installées sur 75 fermes dans six pays à travers le monde. Aux États-Unis, la Kansas State University vient d’en acheter six unités pour sa ferme de recherche. Au Québec, F. Ménard et La Coop fédérée en ont déjà plusieurs d’installées. Il y a un an, en septembre 2014, Le Bulletin des agriculteurs présentait en primeur cette nouvelle technologie. « Le 3G enlève une épine du pied pour passer aux truies en groupes parce que les producteurs n’ont pas une cent de plus pour ça, dit Stéphane Clément. Pour le producteur, c’est une solution simple et économique. C’est un point important pour Alain et Donald Lefebvre qui ont 2200 truies. » Par truie, cette solution revient à 20 % moins cher qu’un distributeur automatique de concentré (DAC). Le prix de détail est d’environ 3000 $. Un DAC suffit à 80 truies alors qu’il faut cinq stations pour le même nombre de truies. Il en résulte

En moins d’un an, plus de 800 Gestal 3G ont été installées à travers le monde.

moins d’agressivité entre les truies, explique Stéphane Clément. « Ça fonctionne très très bien », dit-il. La prochaine génération de Gestal est déjà en préparation. Peut-être y aura-t-il des Gestal dans d’autres types d’élevage ? D’ici là, Stéphane Clément continue de voyager d’un pays à l’autre et d’échanger tous les jours par Skype avec sa famille. C’est fou tout ce que la technologie permet de faire !

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INFO ÉLEVAGES

TEXTES : MARIE-JOSÉE PARENT, AGRONOME ET ALAIN FOURNIER, AGRONOME, M. SC.

INFO ÉLEVAGES

Du veau riche en oméga-3 Des chercheurs chinois disent avoir produit 14 veaux transgéniques ayant une teneur significativement plus élevée que la normale en acides gras oméga-3 en utilisant le transfert nucléaire de cellules somatiques. Les acides gras oméga-3 sont bénéfiques pour la santé humaine, mais leur teneur dans le bœuf est faible, comparativement à d’autres aliments comme certaines huiles de poisson. Les chercheurs notent que dans la plupart des diètes modernes, les acides gras oméga-6 sont consommés en quantité adéquate, mais que les acides gras oméga-3 sont déficients. Les chercheurs ont construit un plasmide contenant un codon génétique optimisé connu sous le nom de « mfat1 », dérivé de Caenorhabditis elegans, une variété de nématodes non parasitaire. Le mfat1 convertit les acides gras oméga-6 en oméga-3. Ils ont transféré le gène dans les fibroblastes fœtaux primaires d’une vache Luxi Yellow, une race indigène de bovins. Ils ont remarqué que le ratio des acides gras oméga-6 : oméga-3 dans le bovin transgénique était de 0,95 : 1, significativement plus bas que le ratio 5,33 : 1 dans le bovin témoin. Les chercheurs ont conclu que le gène mfat1 provenant de C. elegans peut être fonctionnel dans des bovins de boucherie et qu’il diminue le ratio d’acides gras polyinsaturés oméga-6 dans les muscles, ce qui en ferait une bonne source d’acides gras polyinsaturés oméga-3 dans l’alimentation humaine. Le rapport a été publié dans Biotechnology Letters. Source : DairyHerd.com

Des œufs pour allergiques Des chercheurs australiens viennent de commencer un projet ayant pour but de produire des poules qui pondraient des œufs ne contenant pas les protéines responsables de réactions allergiques chez les humains. Si le projet s’avère concluant, les œufs produits pourraient offrir une alternative aux parents d’enfants souffrant d’allergies, en plus d’aider à produire des vaccins plus sécuritaires. En effet, une petite quantité de blanc d’œuf peut créer une réaction allergique grave et la plupart des gens allergiques ne peuvent pas recevoir le vaccin contre la grippe. Chez les femmes enceintes, il est d’ailleurs recommandé de manger des œufs, notamment pour aider l’enfant à naître à développer une tolérance. Le projet de trois ans est mené par le candidat au doctorat Pathum Dhanapala de l’Université Deakin, de Melbourne, et de l’Agence nationale scientifique d’Australie, CSIRO. Son directeur de thèse, Tim Doran, qui supervise le projet, dit qu’ils utiliseront une technologie connue, le RNAi, utilisée pour modifier des cultures. « Nous ne produisons pas des poules génétiquement modifiées dans ce projet, dit-il. Nous modifions seulement les protéines dans les blancs d’œufs dans le but de produire des poules qui pondent des œufs sans réactions allergiques. » Selon l’université, des vaccins sans réactions allergiques pourraient être produits d’ici cinq ans. Source : World Poultry

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INFO ÉLEVAGES

Gare à l’acidose subclinique du rumen !

Les concombres à la rescousse Selon la chercheuse en chef Alison Wakeham de l’Université de Worcester, la production de concombres en serres peut aider l’industrie porcine. Voici la raison : ces deux industries font face au même défi, soit combattre les maladies provenant de l’environnement extérieur. Les moisissures, virus, bactéries, pollens et insectes, connus ensemble sous le nom de bioaérosols, peuvent causer des problèmes aux concombres poussant dans un environnement 44  SEPTEMBRE 2015  LE BULLETIN DES AGRICULTEURS

Les deux groupes à risque de subir cette maladie sont les vaches fraîches vêlées et les bonnes productrices. Il est donc important de surveiller les signes cliniques de l’acidose subclinique pour ces vaches. Les périodes chaudes de l’été sont particulièrement à redouter, les vaches étant plus susceptibles à cette maladie durant ces périodes. Les troupeaux utilisant la ration totale mélangée (RTM) et des substances tampons comme le bicarbonate de sodium, qui sont de bonnes stratégies alimentaires pour réduire la sévérité de la maladie, ne sont pas exempts du problème. Servir une forte proportion de fourrage dans la ration, surtout si celle-ci contient beaucoup d’ensilage de maïs, peut s’avérer une cause d’acidose, si la ration contient trop d’hydrates de carbone non structuraux. Les solutions De bonnes pratiques de gestion de la mangeoire et de l’alimentation peuvent aider à réduire l’incidence de ce problème. En voici quelques-unes. 1. Un espace de mangeoire suffisant pour chaque animal lui permettant de manger sa ration individuellement. 2. Maintenir un niveau adéquat d’humidité et d’homogénéité de la RTM. De plus, la taille des particules ne devrait pas dépasser 5 cm (2 po) de longueur. Ces facteurs réduisent le tri de la RTM et la consommation d’une quantité excessive de particules fines de concentrés. 3. Une RTM bien équilibrée en fibres efficaces et hydrates de carbone non structuraux est une priorité. 4. De plus, il faut éviter de servir des ensilages qui chauffent ou qui contiennent des moisissures. Celles-ci peuvent perturber le fonctionnement normal du rumen et la performance des vaches, en plus d’accentuer les risques d’acidose subclinique. Source : Dairy Herd Management

contrôlé. Toutefois, ils ne causent pas de problèmes importants lorsque les concombres poussent à l’extérieur. Les scientifiques ont développé des capteurs d’air qui prélèvent des échantillons et avertissent le producteur de la présence de bioaérosols qui pourraient transporter des maladies. Alison Wakeham croit que cette technique d’échantillonnage d’air a un avenir en industrie porcine. « Les tests d’identification rapide des bioaérosols se développent de plus en plus et je suis certaine que ce n’est qu’une question de temps avant qu’ils soient disponibles dans le secteur porcin », a-t-elle expliqué lors d’une conférence tenue au BPEX Innovation Conference, en Grande-Bretagne. Source : Pig Progress

PHOTO : ALAIN FOURNIER

L’acidose subclinique représente une maladie courante chez la vache laitière. La perte de production, la diminution de l’efficacité alimentaire, la réforme prématurée et l’augmentation des risques de mortalité en font une maladie coûteuse pour l’éleveur laitier. Elle représente une perte d’un peu plus de 1,50 $ par vache, par jour. Lorsque le pH du rumen baisse sous la barre de 5,8 plus de trois heures, la vache est en acidose subclinique. De plus, il y a une réduction de l’activité des bactéries cellulolytiques à ce bas niveau de pH et la digestion des fibres des fourrages est ainsi compromise. Lorsque la digestion est perturbée par un pH du rumen qui n’est pas optimal, il est difficile pour l’animal de valoriser sa ration, peu importe sa qualité. Dix signes pouvant être observés par l’éleveur permettent de reconnaître la présence d’acidose subclinique dans le troupeau : 1. Diminution de la consommation de matière sèche. 2. Diminution du temps de rumination. 3. Diarrhée moyenne ou texture du fumier inconsistante. 4. Fumier mousseux contenant des bulles. 5. Réduction de la production laitière. 6. Réduction de la production de matière grasse du lait pouvant aller jusqu’à l’inversion des composantes (production de plus de protéine que de matière grasse). 7. Réduction des conditions d’hygiène et de la cote de propreté au niveau du pis et des membres arrière. 8. Augmentation de l’incidence des mammites causées par les bactéries gram-négatives incluant E. coli, le genre Klebsiella et les autres coliformes. 9. Augmentation des risques de fourbure, ce qui entraîne des boiteries. 10. Diminution du taux de conception.


INFO ÉLEVAGES

Un porc à l’arôme de thé Un éleveur japonais abreuve ses 50 porcs avec du thé vert plutôt qu’avec de l’eau fraîche. Selon Masami Kitagawa, de la ferme Kitagawa dans la municipalité de Shizuoka, les consommateurs préfèrent la saveur et en particulier l’arôme de ce porc. Est-ce une simple perception ou l’impact est-il réel ? Cette technique est inhabituelle, mais connue en Asie. En Chine et en Corée, il arrive que l’on serve des résidus de la production de thé vert aux cochons. Pour sa part, Masami Kitagawa prépare chaque matin le thé en immergeant un kilogramme de feuilles de thé dans une tonne d’eau. Les feuilles proviennent d’une plantation voisine qui est bien heureuse de trouver un déboucher pour ses feuilles plus vieilles. L’idée est venue à l’éleveur qui traitait déjà ses cochons aux petits soins. Leur procurant déjà beaucoup de lumière naturelle et d’espace, il cherchait une façon supplémentaire d’améliorer leur santé. Il y a très peu d’études qui démontrent un effet réel de la consommation de

Rendements plus élevés sint occaecat cupidatat non proident, sunt in culpa qui officia deserunt mollit anim id est laborum.

thé par les porcs. Une étude publiée dans le Journal of Animal Physiology and Nutrition en 2008 démontre qu’il n’y a pas d’effet sur la quantité de vitamine E et d’antioxydants, et que la qualité de viande de porc n’est pas modifiée. Une autre étude démontre que l’introduction d’infusion de thé dans l’alimentation des vaches laitières peut augmenter la production laitière. Ceci serait dû à la caféine. Dans la ration, l’ajout direct des feuilles de thé, qui renferment plus de composantes que l’infusion, pourrait toutefois affecter la saveur et la texture. Une étude réalisée en 2014 a démontré que les chèvres nourries de coproduits de thé vert produiraient une viande de meilleure qualité, ayant une couleur plus vive et moins de matières grasses brutes. Il est à noter toutefois que les coproduits ont été parfois fermentés. La fermentation peut produire des effets bénéfiques. Sources : Japan Times et Modern Farmer

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Jack Thomson, agriculteur et président du programme des Jeunes agriculteurs d’élite. 46  SEPTEMBRE 2015  LE BULLETIN DES AGRICULTEURS


GESTION

PAR MAGGIE VAN CAMP

LES ➐ HABITUDES DES AGRICULTEURS D’ÉLITE Certains agriculteurs semblent avoir la touche magique pour réussir. Tout ce qu’ils entreprennent se change en or. Est-ce qu’ils profitent du bon moment ? Est-ce du génie ? De la chance ? Ou bien est-ce que ces agriculteurs acquièrent les bonnes habitudes qu’il faut pour exceller ?

N

ous avons demandé à trois spécialistes de partager leurs idées sur c e qui permet aux agriculteurs performants de se démarquer. Voici ce qu’ont observé Jack Thomson, président du programme des Jeunes agriculteurs d’élite du Canada, Rob Saik, directeur général du Groupe Agri-Trend et Jerry Bouma, de la firme Toma & Bouma Management Consultants. La liste des sept pratiques d’excellences qu’ils ont relevée chez ces producteurs nous fait faire un petit saut dans le futur, là où les attitudes et les aptitudes se rejoignent pour favoriser la réussite de la ferme comme jamais auparavant.

➊ COMMENCER LA JOURNÉE

PHOTOS : JOHN DAVID PHOTOGRAPHY, TOMA & BOUMA MANAGEMENT CONSULTANTS

AVEC UNE ATTITUDE POSITIVE

Ces jours-ci, les étoiles font place au soleil qui se lève quand Jack Thomson, d’Antigonish en Nouvelle-Écosse, rentre pour déjeuner. Car c’est à 3 h 30 du matin qu’il commence à traire les 120 vaches du troupeau, pour pouvoir prendre le déjeuner avec ses quatre enfants et passer la soirée avec toute la famille. Malgré son agenda bien rempli, on sent vibrer au téléphone son énergie et son enthousiasme quand il parle des dénominateurs communs entre les divers participants au concours des Jeunes agriculteurs d’élite (JAÉ). Les candidats retenus à ce concours viennent de tout le pays et de tous les secteurs agricoles, mais ils ont une chose en commun – une attitude positive –, remarque Jack Thomson. « Ils sont passionnés et animés par autre chose que seulement les profits, dit-il. Ces producteurs veulent faire la différence, améliorer les choses autant pour leur entreprise et leur famille que pour leur communauté. « Ils se réveillent et se couchent toujours dans cet état d’esprit, enchaîne le producteur. Si la situation n’est pas idéale, ils la transforment en occasion favorable. » Jack Thomson sait ce que veut dire « relever le défi de la survie ». En 2007, juste après avoir fini de réaménager l’étable qu’il venait de réhypothéquer avec son épouse, le bâtiment rénové est rasé par un incendie déclenché par la foudre, qui n’épargne que 80 vaches. Et, non… ils n’avaient pas encore contracté

d’assurances pour l’étable réaménagée. Ils se sont mis à l’ouvrage et ont reconstruit, peu à peu, la totalité de leur ferme de 120 vaches laitières, la West River Holsteins. Puis, trois mois plus tard, un feu dû à un problème électrique détruit leur maison, juste avant Noël… « Il faut s’attendre à en relever, des défis, dans ce métier, souligne Jack Thomson. Si on n’est pas optimiste, on n’y arrive pas. »

➋ PLANIFIER, PENSER ET AGIR COMME UN PDG

Les agriculteurs performants se donnent une stratégie et des objectifs, en s’assurant d’avoir les ressources pour y parvenir, remarque pour sa part Jerry Bouma, spécialiste chez Toma & Bouma. En 2005, Jerry Bouma et son associé ont rédigé un rapport de recherche sur les bonnes pratiques de gestion des agriculteurs chefs de file. Les 158 producteurs compétents qu’ils ont interviewés dans l’Ouest du Canada étaient en effet de bons gestionnaires, très au courant du marché. Les agriculteurs performants d’aujourd’hui sont toujours de bons gestionnaires et ils comprennent bien la commercialisation et le risque, mais tiennent davantage compte du processus pour réussir. « Ils donnent une direction à leur ferme, mais élaborent aussi les moyens d’atteindre leurs buts, dit Jerry Bouma. Ces gestionnaires doués ont une approche systématique. » Ils conçoivent des systèmes ou y ont recours, qu’il s’agisse de services agronomiques ou d’information, ou encore de travail à forfait, poursuit-il. Ils sont habiles en planification et en stratégie, mais aussi pour trouver les personnes qui s’occuperont de la production et pour préparer l’agenda de cette production. Par exemple, pour gérer leurs risques, ils ont des plans de marketing et des stratégies de couverture de risques. Ces producteurs se fixent des marges financières à partir desquelles ils dressent un plan précis pour faire aboutir les choses. Les jeunes agriculteurs ont plus tendance à se rendre au travail en pensant stratégie d’affaires et principes commerciaux, ajoute le spécialiste. Selon lui, on aura avantage à observer LE BULLETIN DES AGRICULTEURS  SEPTEMBRE 2015  47


cette génération de producteurs. « Leurs objectifs sont beaucoup plus grands, plus ambitieux que ce qu’on aurait imaginé il y a dix ans. » Jerry Bouma remarque en ce moment deux types très distincts d’exploitations agricoles : les petites fermes à production intensive se consacrant à fournir des aliments localement, et les grandes fermes de culture et d’élevage commerciaux. Toutefois, d’après lui, ces deux catégories de fermes exigent autant l’une que l’autre une gestion digne de celle d’un président-directeur général (PDG). Quand Rob Saik, directeur général du Groupe Agri-Trend, travaille avec les producteurs de grain et d’oléagineux les plus performants, il note que ceux-ci dressent des plans à court et à long terme pour leur ferme et pour eux-mêmes. Ces plans sont rédigés sur papier, ce qui leur donne confiance dans leurs décisions… et rassurent leur banquier, constate Rob Saik. « Ils planifient là où ils veulent aller et échafaudent des stratégies qui incluent entre autres de l’aide extérieure », dit Rob Saik. Cela demande de s’impliquer davantage que pour la simple rédaction de la mission et de la vision de l’entreprise. On se fixe des objectifs financiers et on prépare des projets précis, des plans de production. Détail important, ces agriculteurs coordonnent leurs complexes entreprises en prévoyant les ratés et menaces possibles, tout comme les possibilités de croissance, glisse Rob Saik. C’est cela, penser comme un PDG.

Mais ce qui est peut-être le plus important, c’est que les producteurs envisagent aussi leurs actifs d’un œil nouveau. Les faibles taux d’intérêt et de solides leviers économiques ont repoussé leurs frontières financières, selon Jerry Bouma. La limite, note-t-il, c’est ce qu’on peut obtenir, ce qu’on peut prendre à bail, louer ou acheter. Elle dépasse ce que le banquier peut nous prêter. « Les fermes d’aujourd’hui sont gérées dans des limites totalement redéfinies – ou, plus précisément, en l’absence de limites », fait ressortir Jerry Bouma. Et les agriculteurs ont les yeux tournés vers le futur. Le grand nombre de producteurs canadiens aujourd’hui septuagénaires laisse présager une foule de bonnes affaires dans un avenir immédiat, ajoute Rob Saik. « Les très grosses fermes de 12 000 hectares risquent rapidement de s’agrandir jusqu’à 20 000 hectares. »

➍ RÉSEAUTER,

RÉSEAUTER, RÉSEAUTER

Les agriculteurs de l’élite actuelle établissent des contacts avec des dirigeants d’autres fermes et d’entreprises d’un autre secteur. Ce réseau diversifié les aide à savoir comment prendre de l’expansion et trouver du financement. « Ce n’est pas une question de taille d’entreprise, mais plutôt de capacité à accepter la connaissance et à la mettre en pratique », décrit le directeur général du Groupe AgriTrend. « Ils (les agriculteurs performants) hésitent beaucoup moins à demander de l’aide extérieure pour en faire bénéficier — Jerry Bouma de la firme Toma & Bouma l’entreprise. » Les fermes performantes ÉLARGIR SES Management Consultants. modernes sont plus grandes et plus comFRONTIÈRES plexes, c’est pourquoi leurs propriétaires Les agriculteurs qui excellent ont repoussé réalisent qu’ils ne peuvent tout faire euxles frontières traditionnelles de l’agriculture et jettent un regard tout à fait neuf aux limites de leur ferme, mêmes. Au fil des années, Rob Saik a vu les producteurs d’élite au-delà de la géographie. Les exploitations agricoles étaient apprendre à engager les personnes qualifiées. Rob Saik préparait sa valise lors de son entrevue avec le auparavant très limitées dans l’espace, mais ce n’est plus le cas, explique Jerry Bouma. Il n’est plus rare pour un producteur-PDG Country Guide sur son téléphone toujours occupé. Cet homme de cultiver des terres ou d’élever du bétail sur une vaste étendue. lui-même est réellement quelqu’un d’occupé. Mais jamais trop Il n’y a pas si longtemps, les grosses fermes céréalières s’éten- pour apprendre, dit-il. Tous les 90 jours depuis maintenant daient sur 1200 à 2000 hectares. De nos jours, certains produc- 21 ans, il saute dans un avion pour aller assister à un atelier sur teurs cultivent 4000, 6000 ou 12 000 hectares. Pour y parvenir, ils les stratégies d’affaires. Seul représentant du milieu agricole dans louent des terres et de l’équipement, embauchent du personnel la salle, il admet toutefois apprendre des autres participants à chaque rencontre. et engagent des travailleurs à forfait, constate Jerry Bouma. De plus en plus d’agriculteurs adoptent de telles stratégies. Il Cependant, il y a plus que l’échelle de la ferme. Il y a l’approche des producteurs envers les ressources. Ils accèdent du faut aimer apprendre, dit Rob Saik, qui décrit les bons agriculbout des doigts à un réseau mondial de contacts dans tous les teurs d’aujourd’hui comme « ouverts à l’apprentissage ». La capadomaines, de la production à la commercialisation, et ils en font cité et le désir d’apprendre constituent ce qui sépare des autres profiter leur ferme. Par exemple, ils peuvent expliquer par texto les producteurs du tiers le plus efficace. Jack Thomson, quant à lui, considère que l’un des bénéfices à un ingénieur vivant en Irlande comment fonctionne un mélanà œuvrer au programme des Jeunes agriculteurs d’élite, c’est geur de RTM.

« Ils donnent une direction à leur ferme, mais élaborent aussi les moyens d’atteindre leurs buts. »

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de pouvoir interagir avec les candidats. Ceux qu’il rencontre se comportent toujours de manière intelligente et n’ont jamais peur de poser des questions, en plus d’avoir l’esprit ouvert. Ce partage d’idées est pour lui extrêmement motivant. Au cours de la décennie qui a suivi la victoire au concours des JAÉ au niveau national de Jack Thomson et de son épouse, Rhonda MacDougall, ils ont gardé le contact avec les autres candidats, qui sont restés pour eux une grande source d’énergie et d’inspiration. « Non seulement sont-ils de bons gestionnaires, ils savent aussi montrer de la compassion et une bonne compréhension des autres, apprécie Jack Thomson. Les autres sont importants pour nous (des JAÉ). C’est ce qui nous unit. » Le besoin pour les producteurs de pointe de créer leur réseau transcende les limites de leur ferme et de leur cadre social, ajoute Jack Thomson. Ils se tiennent très au courant de leur marché. Et grâce à leur réseau, ils ont un bon aperçu des marchés et de leurs tendances.

Par ailleurs, les producteurs peuvent réclamer des crédits d’impôts sur leur budget de recherche et développement auprès de l’Agence du revenu du Canada. « Il n’y a pas de meilleures données pour les agriculteurs que celles qui viennent de leurs propres champs, estime Rob Saik. Elles reflètent la vérité sur le terrain. »

➐ SE SERVIR

EFFICACEMENT DES DONNÉES

Nombre de producteurs d’excellence utilisent leurs données pour aller plus loin, note Rob Saik. Ils utilisent et intègrent les données qu’ils recueillent pour faire le lien entre leur production et leurs finances. Cette information doit circuler facilement entre les volets production au champ, commercialisation des récoltes et gestion de l’entreprise. Les informations sont souvent très disparates entre le moniteur de rendement et le programme de comptabilité à la ferme, en passant par les élévateurs à grain et les firmes de négociants en grain. COMPRENDRE Quelques-uns de ces agriculteurs de LE RISQUE tête ont justement réussi à regrouper « Si quelque chose doit tourner mal, je prétoutes ces informations au même endroit, fèrerais me faire poignarder de face que obtenant ainsi une image globale de dans le dos, dit Jack Thomson. Au moins, leur ferme. « Les données sont l’un des alors, on peut voir arriver la chose. » Bien meilleurs outils des agriculteurs », pense qu’ouverts aux idées nouvelles, les agriRob Saik. À mesure que les producteurs culteurs qui réussissent prennent bien consignent leurs résultats, leur prise de soin de s’assurer que leurs finances et leur décision se raffine, dit le spécialiste. À la gestion peuvent encaisser le coup. longue, ces données leur permettent de Généralement, les jeunes ont plus — Rob Saik, directeur général prendre des décisions sur-le-champ. Mais d’appétit pour le risque que leurs aînés. du Groupe Agri-Trend. pour cela, Rob Saik croit que les agriculBien que les candidats au concours des teurs doivent impérativement prendre Jeunes agriculteurs d’élite brillent par leur possession et contrôle de leurs données. optimisme et leur passion, ils savent touÀ sa ferme, Jack Thomson ne se sent pas décontenancé par les tefois mesurer l’impact d’un changement et se rendent compte que celui-ci doit être avantageux autant pour eux-mêmes et leur nouvelles technologies. Ces dix dernières années, le flux d’informations s’est accéléré et il est devenu vital que les producteurs famille que sur le plan financier. Derrière tout choix heureux, il y a la compréhension du apprennent à s’y retrouver et à les gérer. Et puis l’accès à l’inforrisque, poursuit Jack Thomson. Mais il ajoute qu’il faut croire en mation a gagné en mobilité, ce qui aide Jack Thomson à rester ses décisions sans se laisser consumer par la peur d’une erreur connecté. Mais toutes ces données peuvent parfois le distraire potentielle. « Le risque, c’est la part qu’on ne peut contrôler, dit-il. de l’essentiel. « Les agriculteurs sont des agriculteurs, bon sang, On doit simplement tenter de s’exposer le moins possible à ces et on peut recevoir trop d’informations impossibles à digérer ou qui ne servent à rien », fait-il valoir. Ce qui compte, pour lui, facteurs. » c’est se rappeler le but de toutes ces informations : continuer à s’améliorer. « Comme du temps de mon père, les agriculteurs EXPÉRIMENTER Rob Saik voit les fermes s’engager de plus en plus dans la performants savent ce qu’ils veulent, dit Jack Thomson. Ils recherche au champ. Il est vrai qu’avec la technologie à taux désirent devenir des producteurs aussi bons que possible, s’imvariable, des parcelles d’essai bien conçues et un moniteur de pliquer dans leur communauté et en faire un lieu encore plus rendement, on peut recueillir des données statistiquement signi- agréable. » ficatives en situation réelle. « Ces longues et étroites parcelles Ce texte est une traduction d’un article de Maggie Van Camp, peuvent révolutionner vos pratiques », croit Rob Saik. rédactrice en chef adjointe à la revue Country Guide.

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« La capacité et le désir d’apprendre constituent ce qui distingue les producteurs les plus efficaces. »

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Mesurez bien

Compter vos balles de foin ne vous dit pas vraiment quelle quantité d’aliments vous avez On pourrait mesurer le rendement de deux façons : le tonnage récolté ou la quantité totale d’aliments du point de vue nutritif. Bien que cette mesure soit la plus facile à prendre, le nombre de balles ou de tonnes ne nous dit pas de manière précise si notre troupeau aura assez d’aliments pour passer l’hiver. Plus tôt vous évaluerez votre rendement réel sur le plan nutritionnel (selon le tonnage et la qualité nutritive), mieux vous pourrez éviter une pénurie d’aliments. Oui, le semis de fin de printemps en visant le pâturage d’automne aidera à préserver vos stocks de fourrages pour l’hiver. Mais nous sommes en septembre : comment s’assurer d’être fin prêt pour les mois qui viennent ? Tout d’abord, si l’analyse des fourrages n’est pas dans vos habitudes, c’est peut-être la bonne année pour commencer. Les bovins ne font pas que manger des kilos d’aliments, ils ingèrent des nutriments : des balles de fourrage de même poids ont parfois un profil nutritionnel extrêmement différent. L’analyse des fourrages est toujours une bonne idée et s’avère particulièrement bénéfique en cas de stocks limités ou d’un prix d’aliments très élevé. Et souvenez-vous : l’évaluation visuelle

aide à distinguer rapidement un fourrage de bonne ou de mauvaise qualité, mais ne suffit pas à préparer une ration équilibrée. Une fois connue la teneur en énergie et en protéine de vos fourrages, c’est le moment d’exercer vos talents de réseautage. En plus de vos fournisseurs de fourrages éprouvés, pensez à ces autres de l’extérieur que vous avez peut-être déjà dû rejoindre. C’est aussi le moment d’être créatif : pourquoi pas un pâturage d’automne sur quelques-uns de vos hectares non habituels ? Ou encore des aliments non traditionnels comme l’ensilage de canola ou de paille et de résidus de culture ? Et si vos bovins savent respecter un fil électrifié, vous pouvez prolonger le pâturage tard en automne et alléger vos coûts d’aliments. En cas de stocks d’aliments limités ou d’une faible croissance des fourrages, évaluer précisément la valeur nutritive de la récolte est d’une utilité immédiate. Cette mesure est aussi d’une aide précieuse pour examiner vos coûts réels de production du point de vue fourrage, ensilage et élevage, ce dont nous vous reparlerons bientôt.

ASSOCIATION CANADIENNE POUR LES PLANTES FOURRAGÈRES www.canadianfga.ca • TÉL. : 780 430-3020

L’Association canadienne pour les plantes fourragères (ACPF) a rajeuni son site Web et ses ressources en ligne. Vous pouvez aussi rejoindre l’ACPF sur Twitter à CFGA_ACPF et sur Facebook !

Les plantes fourragères et l’Année internationale des sols – Récoltons avec force ! Du 17 au 19 novembre 2015 Hôtel Sheraton Cavalier Saskatoon, Saskatchewan L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture ayant déclaré l’année 2015 Année internationale des sols, quelle occasion unique de démontrer la contribution importante des plantes fourragères à la viabilité financière de nos élevages, à la santé de nos systèmes de culture et de nos écosystèmes au profit de la société canadienne. La 6e conférence de l’Association canadienne pour les plantes fourragères soulignera la rentabilité de la culture intensive des fourrages et les avantages de ces plantes pour notre écosystème et pour tous les biens et services qui y sont reliés, au bénéfice de tous les Canadiens. Soyez des nôtres du 17 au 19 novembre 2015, dans le magnifique centre-ville de Saskatoon, Saskatchewan, sous le thème : Les plantes fourragères canadiennes et l’Année internationale des sols – Récoltons avec force !

www.canadianfga.com


FRUITS ET LÉGUMES

PAR JULIE ROY

LA RÉVOLUTION DES EMBALLAGES Des légumes qui se conservent 14 jours au lieu de 3, une plus grande sécurité, une empreinte plus écologique, voilà quelques-unes des avancées des dernières années des nouveaux emballages. Et ce n’est pas fini, grâce au travail de nombreux chercheurs.

L

’entreprise Delfland, située à Napierville, est bien connue pour ses échalotes françaises vendues sous la marque Attitude. Elle est aussi parmi les précurseurs de l’emballage performant. En 2006, les produits qu’on retrouve sur le marché sont présentés dans des filets. Ce type d’emballage est loin d’être idéal, car les échalotes ramollissent, l’extérieur devient sec et les pelures se détachent. La qualité n’est donc pas au rendez-vous longtemps sur les tablettes. La solution : une boîte de carton. « Je me suis inspirée des casseaux de fraises. J’ai fait plusieurs bricolages pour arriver à un bon résultat », raconte Sandra Bourdages, coordonnatrice salubrité et projets spéciaux chez Delfland. LE BULLETIN DES AGRICULTEURS  SEPTEMBRE 2015  51


Stephane Van Winden et sa conjointe, Sandra Bourdages, sont allés jusqu’en Allemagne pour trouver l’emballage qui correspondait à leur produit. Leur ferme compte 445 hectares. En plus des échalotes françaises, elle produit des carottes, des oignons, des laitues et des radis chinois.

Les détaillants imposent les règles Costco n’est pas le seul détaillant à imposer des normes en ce qui a trait à l’emballage. La plupart le font et les normes sont de plus en plus exigeantes. Certains géants comme Wal-Mart ont même commencé à remplacer les emballages conventionnels par des emballages de plastique dégradable pour les produits maraîchers. L’objectif : pousser les fournisseurs à diminuer de 5 % le volume d’emballage utilisé, recourir à plus de matériaux renouvelables et diminuer la consommation d’énergie. Rien d’étonnant alors à ce que le secteur innove et que des millions soient investis tous les ans en recherche et développement (3 M$ uniquement au Québec). À l’Institut de technologie des emballages et du génie alimentaire à Montréal (ITEGA), une moyenne de 80 entreprises cognent à la porte annuellement en quête de solutions à leur problème d’emballage. Fait intéressant, si plusieurs le font au départ par obligation, il est rare que les entrepreneurs n’en sortent pas eux aussi gagnants comme l’explique Louis Papineau, conseiller en emballage et développement des affaires à l’ITEGA. « Nous avons eu récemment le cas d’une entreprise qui n’avait pas d’autre choix que d’emballer ses légumes parce que le détaillant ne voulait plus de vrac. C’était une question de survie. Après plusieurs tests, nous avons trouvé un procédé qui permet d’augmenter de 14 jours la conservation de son produit. » 52  SEPTEMBRE 2015  LE BULLETIN DES AGRICULTEURS

Tendances et recherches En ce moment, plusieurs solutions innovantes sont déjà sur le marché, que ce soit : les emballages recourant à la nanotechnologie, les multicouches, ou ceux avec un système de fermeture intégré (sac type zyploc ou version velcro). Ou d’autres encore qui réagissent au taux d’éclairage en changeant de couleur pour filtrer la lumière. Il y a aussi les étiquettes à identification radio RFID (Radio Frequency Indication) dont le but est de répondre aux exigences de la traçabilité. Ils sont disponibles sous forme d’étiquette à puce électronique et prochainement d’encre réactive. Les producteurs peuvent aussi opter pour les films microperforés ou encore choisir la mise en place de conditions de conservation sous atmosphère modifiée. « On peut insérer un gaz inerte (CO2, azote, oxygène) au moment de la mise en sac d’une laitue par exemple. De cette manière, on ralentit le processus de vieillissement », explique Louis Papineau. Bien sûr, avant de choisir, il importe d’analyser les paramètres d’un produit pour connaître la manière dont il réagit et aussi de s’assurer de la sécurité du procédé envisagé. « Nous faisons un suivi de la migration des composantes de l’emballage vers le produit pour s’assurer que l’aliment soit totalement sécuritaire et exempt de toute contamination. » Quant à l’avenir, les chercheurs y travaillent déjà. L’ITEGA oeuvre entre autres sur un projet de puce fraîcheur, soit un emballage intelligent. « Cette puce permet de suivre l’évolution de la fraîcheur d’un produit. Grâce à cela, on sait combien de temps le produit va rester consommable. C’est de plus en plus présent notamment pour les salades préparées. » Seuls hics, le coût important d’implantation et la résistance des détaillants qui craignent que les consommateurs rejettent les aliments moins frais, augmentant ainsi leurs pertes et le gaspillage alimentaire. Dans son document Emballage alimentaire : enjeux et opportunité (disponible sur Agri-Réseau), Zins Beauchesne et associés, une firme spécialisée dans les conseils marketing, relate de son côté quelques recherches qui sont menées à travers le monde.

PHOTOS : JULIE ROY

Tout va pour le mieux pour les petits formats, tellement qu’un plus gros format a été présenté chez Costco. Toutefois, l’emballage doit répondre aux attentes de ce commerçant, soit s’ajuster au format d’une palette, demeurer attrayant tout en étant fermé pour assurer la conservation, la qualité et la salubrité. La pellicule plastique qui recouvre le produit devient donc un des éléments essentiels. Elle doit permettre le moins de circulation d’air possible, tout en ne créant pas de condensation. Les producteurs font appel à des spécialistes et entament plusieurs tests avant de trouver le plastique parfait à leur produit.

Les emballages sont de plus en plus technologiques. Certaines prolongent la durée de vie des aliments jusqu’à 14 jours. Ici, un emballage microperforé protège des tomates.


qu’elles mettent sur le marché. Elles ont l’opportunité d’avoir un impact positif sur le système de collecte sélective qui reçoit et traite ces matières. La solution est d’entreprendre une démarche d’écoconception qui consiste à choisir des matières facilement recyclables, de diminuer la masse et le volume et d’intégrer la gestion de fin de vie d’un emballage. » Loin d’être coûteuse, l’écoconception pourrait même être réalisée à faible coût. Une étude de l’Institut de développement de produits (IDP) a d’ailleurs évalué que les produits et emballages écoconçus auraient une marge bénéficiaire de 12 % supérieure aux produits traditionnels. Sans un emballage, ces concombres n’auraient pas la même protection et plusieurs Malheureusement, très peu d’emballages ne survivraient pas au transport. respectent ce concept à l’heure actuelle. « Nous ne sommes qu’au début, mais le travail se fait et les entreprises sont proacElle cite notamment Novamont, une entreprise américaine qui tives », mentionne Geneviève Dionne. Pour les éclairer sur leurs fabrique deux bioplastiques soit : Mater-Bi (à base d’amidon de possibilités d’actions, ÉEQ propose quatre stratégies et douze maïs) et Origo-Bi (à partir de biopolyesters à base de tournesol). pistes d’action qui prennent en compte le cycle de vie complet À Montpellier, en France, l’Institut national de la recherche agro- d’un produit emballé. Elle a également mis en ligne le portail nomique (INRA) effectue des tests pour supprimer le support OptimEco ainsi qu’un programme de formation et d’accompapapier, en tentant de créer un emballage à base de gluten de gnement sur mesure. Si beaucoup de chemin reste à faire, certaines entreprises blé renforcé par des nanoparticules d’argile pour le rendre plus résistant. Le gluten de blé aurait l’avantage d’augmenter forte- comme Cascades ont pris les devants. Déjà, son bilan est ment la durée de conservation des salades, des asperges et des enviable. « On consomme cinq fois moins d’eau que la moyenne champignons. Également en France, le projet Mabiolac tente de et nous sommes 50 % moins énergivores. Dans l’ensemble, 80 % mettre sur pied une production de composites biodégradables de nos produits sont faits de matières recyclées », soutient Carl Blanchet, directeur corporatif de l’innovation et du développeà base d’acide lactique. ment durable chez Cascades. L’année dernière, l’entreprise a même lancé l’Ultratill, un contenant de champignons, plus léger, Écoconception, optimiser dès la conception Partout où l’on pose les yeux, les emballages sont omniprésents et contenant 80 % de matière recyclée postconsommation. Résulle mot suremballage revient souvent dans la bouche des consom- tat : l’Ultratill produit 62 % moins de carbone comparativement mateurs. Geneviève Dionne, spécialiste en écoconception pour aux contenants de champignons traditionnels faits de polystyÉco Entreprises Québec (ÉEQ), met un bémol sur cette percep- rène choc (high-impact polystyrene ou HIPS). tion. « Certaines idées non fondées prennent trop souvent l’allure de convictions. Oui, les concombres sont maintenant emballés, Des investissements qui se font attendre mais cela prolonge leur durée de vie. Autre avantage, on réduit Les recherches sont sans fin et les limites sont loin d’être atteintes les risques de contamination parce que les gens les touchent. quand on parle d’emballages. Toutefois, pour monter dans le Quant au portionnage individuel, il a du bon en soi puisqu’il train, les producteurs devront investir. C’est là que se situe le évite le gaspillage alimentaire et incite les gens seuls à manger cœur du problème selon Marie Gosselin, directrice générale des fruits et des légumes. » Elle mentionne qu’il est faux de croire de l’Association québécoise de la distribution de fruits et de que la réduction de l’emballage est toujours souhaitable. « On légumes (AQDFL). « Les producteurs sont préoccupés, ils sont parle alors de sous-emballage, ce qui n’est pas positif puisque conscients qu’ils doivent investir pour rester compétitifs et perl’emballage ne répond plus à sa fonction première qui est de formants, mais il y a une certaine résistance. L’automatisation protéger le produit. » se fait attendre. » L’emballage a donc sa raison d’être et pour qu’il soit idéal, Stephane Van Winden, copropriétaire de Delfland, comprend selon Geneviève Dionne, il doit : être aisé à ouvrir, sécuritaire et bien cette problématique. Lui et ses frères ont d’abord bien facile à transporter, ajouter une protection et améliorer la conser- réfléchi avant d’investir dans une ligne d’emballage. Il a finalevation, avoir un design attrayant qui indique l’origine du produit ment fait le saut petit à petit pour s’automatiser. « On voulait être et, point incontournable, être vert. « Les entreprises sont respon- sûr que ça vaut la peine. Au fil des ans, nous avons investi plus de sables financièrement de la gestion de fin de vie des emballages 600 000 $ et on se rend compte que c’est un choix rentable. »  LE BULLETIN DES AGRICULTEURS  SEPTEMBRE 2015  53


MIEUX VIVRE

PAR PIERRETTE DESROSIERS, M.PS, PSYCHOLOGUE DU TRAVAIL

PLUS CONNECTÉ ET POURTANT PLUS ISOLÉ Ce printemps, j’ai eu l’occasion de faire un voyage en France où j’y ai prononcé une dizaine de conférences dans sept régions du pays. Un groupe de femmes m’a contactée à la suite d’un rapport accablant de l’Institut de veille sanitaire faisant état d’une triste réalité : un agriculteur se suicide tous les deux jours en France. J’ai travaillé durant plus d’un an avec acharnement pour concrétiser ce projet, qui n’était pas une mince affaire. Le désir du groupe était de pouvoir conscientiser le milieu, de mieux outiller les agriculteurs, de briser le silence et l’isolement, de parler de mal-être, mais aussi de mieux-être, ceci en touchant particulièrement les hommes. Déjà en 2006, les chercheurs québécois Lafleur et Allard avaient identifié cette diminution du soutien social en agriculture. Dans une étude du groupe de recherche Traget Laval, en 2010, il est mentionné que : 1) 60 % des jeunes agriculteurs sont à risque d’isolement social et, de fait, 15 % sont isolés socialement (réseau de soutien social déficient et sentiment de solitude élevé).
 2) Plus de 2 jeunes producteurs sur 5 (42 %) ressentent un sentiment de solitude modéré ou élevé (donc qu’ils vivent mal un manque de soutien social autour d’eux). L’isolement chez les agriculteurs est de plus en plus lourd, tant en France qu’au Québec, malgré le fait d’avoir plus de loisirs et plus de moyens de ­communication. À l’époque où mon grand-père devait atteler les chevaux pour sortir au village, il y avait de quoi décourager son homme. Mais aujourd’hui comment l’expliquer ? En plus des conférences, j’ai aussi assisté à des réunions de femmes où chacune apportait un petit plat. Grâce à ces échanges, elles partageaient, riaient, se comparaient, se consolaient. J’ai pu constater l’entraide et la solidarité qui y régnaient. J’avais l’impression de revoir ma mère avec son cercle des fermières, que je trouvais un peu quétaine à cette époque, je m’en confesse. En France, certaines femmes m’ont avoué se servir parfois de leurs rencontres pour s’arrêter afin de mieux réfléchir, pour s’aider, s’encourager. Bref, s’arrêter pour mieux repartir et choisir la bonne voie. Ces rencontres de groupes de femmes, auxquelles assistent parfois quelques hommes, ont démontré

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ce que les recherches illustrent clairement : entretenir un réseau social, avoir des amis ou se retrouver ensemble contribue à nous aider lors de périodes difficiles. Le réseau agit comme un parachute. À l’époque, ma mère côtoyait parfois quelques voisines, sans toutefois que je puisse vous dire de quoi elles parlaient exactement, car les discussions des « madames », quand on a huit ou neuf ans, sont peu intéressantes. Tantôt pleurant, tantôt riant, ces voisines agissaient sans doute à titre de confidentes ou de conseillères les unes pour les autres en période difficile. J’ai aussi vu mon père accoté sur la clôture pour piquer une petite jasette avec le voisin. Aujourd’hui, ce ne sont pourtant pas les occasions de socialiser qui manquent. Certains diront qu’il y a trop de réunions et de soirées. De plus, ces occasions ne laissent pas toujours place à l’humain, où l’on peut parler des vraies affaires, d’être et non seulement de paraître. De nos jours, on ne prend plus le temps de prendre le temps. On s’éparpille, on agit comme un chien qui court après sa queue pour arriver je ne sais où. Grâce aux nouvelles technologies, on peut éliminer la main-d’œuvre, mais cela signifie aussi l’abolition des seuls contacts professionnels réguliers qu’entretiennent certains. Pour ceux ayant une bonne relation, la conjointe est souvent la seule confidente. Mais que faire quand le couple va mal ? Quand on est célibataire ? On peut possiblement compter sur les représentants qui passent de temps en temps pour jouer le rôle du confident, mais ce n’est certes pas l’idéal. Il existe peut-être des pistes de solutions dans ces vieilles habitudes qu’avaient nos ancêtres de s’arrêter et de se parler ? Je dois, quant à moi, vous laisser, j’ai mille choses à faire. ;)

pierrettedesrosiers.com


C’EST NOUVEAU

Rampe de pulvérisation en fibre de carbone chez John Deere John Deere vient récemment de conclure un partenariat avec la société King Agro, afin de proposer des rampes en fibre de carbone sur ses automoteurs de pulvérisation. King Agro est située en Argentine et est un spécialiste de la fibre de carbone. L’entreprise développe des rampes conçues en matériaux composites renforcées par de la fibre de carbone. Elles sont ainsi plus légères et stables même à vitesse élevée. King Agro offre déjà un éventail de largeurs de 30 m à 45 m qui équipent des pulvérisateurs locaux. John Deere commercialisera dès 2016 son automoteur 4730 doté d’une rampe en fibre de carbone sur les marchés de l’Amérique latine et de l’Amérique du Sud. Il est fort probable que cette technologie sera disponible en Amérique du Nord dès les tests complétés dans ces pays. deere.com

BKT introduit le pneumatique radial RIB 713 Le pneu radial RIB 713 est un pneu ceinturé d’acier développé en réponse à la demande croissante de réduire le compactage du sol. Le RIB 713 a été conçu avec la technologie Flexion. Cela permet au pneu de transporter des charges plus lourdes à des pressions d’inflation plus faibles et fournit une plus grande empreinte au sol avec une répartition uniforme du poids. La structure en acier ceinturée offre une excellente résistance à la perforation. La vitesse de roulement est de 65 km/h, ce qui permet des transferts rapides sur route même à pleine charge. bkt-tires.com

Zetor dévoile le tracteur Crystal L’entreprise tchèque Zetor élargit sa gamme de tracteurs avec le nouveau Crystal. Celui-ci se motorise d’un bloc six cylindres Tier 3B TCD 6,1L d’origine Deutz équipé de 24 soupapes et du système d’injection Common Rail. Deux modèles équipent cette gamme, soit de 144 ch ou de 163 ch. Zetor élargit ainsi sa palette de produits de trois à quatre gammes. Côté transmissions, il y a trois choix : la PowerShift 30 X 30 associée à un tripleur, la PowerShuttle utilisant l’inverseur hydraulique ou la PowerClutch assortie au débrayage électrique automatique. Du côté hydraulique, le Crystal intègre une pompe de 85 L/min. Le relevage électrohydraulique augmente la productivité des travaux et réduit la consommation de carburant de 5 % à 7 %. Ce relevage est équipé du système Hitchtronic qui offre une régulation automatique de l’attelage arrière 3-points. Celui-ci mesure lui-même la résistance du sol et, en fonction de cette dernière, modifie les paramètres du relevage lors de travaux comme le labour. Afin d’accroître la stabilité du tracteur, l’empattement a été augmenté à 2840 mm. La suspension du pont avant est composée de deux demi-axes suspendus indépendamment offrant ainsi un meilleur confort de conduite et un faible niveau de vibrations. La prise de force offre à l’utilisateur quatre régimes différents de série. Zetor.com

Nouveau caisson pour les épandeurs Kirchner La nouvelle série M des épandeurs deux phases Kirchner a un nouveau caisson. La forme des caissons est maintenant arrondie et les ailes sont intégrées au châssis, ce qui garantit une rigidité de caisse et augmente la capacité de charge. De série, les épandeurs Kirchner sont équipés : d’une guillotine, d’un panneau arrière ajustable, d’une main double, d’un indicateur d’ajustement de pont et d’un huilage de chaîne d’entraînement automatique. Les batteurs horizontaux procurent un émiettement maximal des substances grâce à leurs 116 couteaux. Ils sont disponibles au Garage Wendel Mathis. kirchner-soehne.com LE BULLETIN DES AGRICULTEURS  SEPTEMBRE 2015  55


Nouveaux chariotssemoirs pneumatiques de Case IH Les nouveaux chariots-semoirs pneumatiques Precision Air de la série 5 de Case IH ont été développés pour tirer le meilleur parti du potentiel de chaque plante en combinant précision et placement des semences et de l’engrais. Pour ce faire, la série 5 compte sur la technologie AccuSection de contrôle pour chaque section de semoir afin d’aider les producteurs à faire plus de travail en moins de temps. Le système de contrôle de dosage modulaire de la série 5 offre une précision de semis et de placement d’engrais en utilisant une série de compteurs électroniques pour assurer le contrôle de l’exécution primaire mètre par mètre. Les trémies de semences et d’engrais ont maintenant des capacités de 350 à 950 boisseaux et des ouvertures plus grandes pour le chargement. Une nouvelle fonctionnalité d’arrêt permet l’entretien du compteur sans avoir à vider le contenu des réservoirs. Le nouveau design des compteurs utilise un système de cartouche modulaire, ce qui rend plus facile l’ajustement selon les types et la taille des différentes semences ou engrais. caseih.com

L’application de Claas « Easy on board » est disponible Il y a trois ans au SIMA Innovation Awards de Paris, en France, Claas a reçu une médaille d’or pour son application qui permet de contrôler des instruments avec une tablette. L’entreprise vient d’officialiser la commercialisation de cette technologie. La nouvelle application « Easy on board App » offre des fonctionnalités d’exploitation par des moyens de communication Isobus entre le tracteur et l’outil. L’application utilise l’Iso Universal Terminal App (ISO UT) intégrée pour communiquer avec le système Isobus de l’outil et rendre accessible les fonctionnalités et contrôles de celui-ci sur la tablette. Pour utiliser l’application, à la fois l’outil et le tracteur doivent être compatibles et reliés par un câble Isobus standard. La communication entre l’outil et la tablette s’effectue grâce à un adapteur Wlan. À cet effet, l’adaptateur de réseau local sans fil (CWI – Interface sans fil Claas) est connecté à la prise du tracteur, qui alimente également l’adaptateur Wlan Isobus en cabine. Dès l’année prochaine, les presses Rollant, les faucheuses Disco, le râteau à foin Liner et les remorques autochargeuses Cargo en seront équipés. Puis, l’offre s’agrandira au fil du temps. claasofamerica.com

Chargeuses Bobcat antipollution La chargeuse S740 de Bobcat est alimentée par un moteur de 75 ch Tier 4 et ne nécessite pas de filtre à particules diesel (DPF), de réduction catalytique sélective (SCR) ou aucun additif de fluide d’échappement au diesel (DEF). Bobcat utilise un catalyseur d’oxydation diesel (DOC) pour répondre à la norme Tier 4. Le DOC est un catalyseur spécial qui réagit avec l’échappement du moteur au moment du contact des gaz de postcombustion et transforme en sousproduits de combustion les substances 56  SEPTEMBRE 2015  LE BULLETIN DES AGRICULTEURS

telles que l’eau et le dioxyde de carbone. La solution Tier 4 de Bobcat non DPF a été réalisée en concevant un moteur à ­c ombustion de particules ultra-faible (ULPC). L’ULPC est réalisé à travers une chambre de combustion du moteur spécialement conçue qui permet de réduire de façon significative les quantités de matière particulaire créées pendant la combustion. Par conséquent, la conformité de niveau 4 des émissions peut être atteinte sans l’aide d’un DPF. bobcat.com


Nouveau semoir Easydrill de Sky Agriculture Le Easydrill est un semoir de semis direct monodisque crénelé et rasette avec un écartement de 16,6 cm (6,5 po). Le disque est stabilisé entre deux organes de contrôle qui offrent une pression de 250 kg en tandem. C’est l’assurance d’une parfaite maîtrise de la profondeur de semis. Vous pouvez accentuer votre pression sur la roue plombeuse, la roue frontale ou le disque semeur selon vos conditions de semis. Ce réglage est hydraulique et progressif. L’option Fertisem permet d’appliquer de l’engrais de démarrage au semis : une option multifonctions avec un localisateur rang par rang. Plusieurs réglages d’inclinaison du localisateur permettent de moduler la profondeur de l’apport en fonction des conditions et de l’espèce semée. Les semoirs Easydrill sont disponibles en version 3 m-4 m avec trémie mécanique semence/engrais et en version 4 m-6 m repliable avec trémie pneumatique semence/engrais. Disponible chez Innotag. innotag.com

Nouveauté cette année un dîner-causerie

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Assurons notre avenir!

Assistez au Congrès Bœuf 2015 le 9 octobre prochain à Victoriaville En bonus : Une visite de la Ferme Fortier de Saint-PierreBaptiste pour ceux qui s’inscrivent à l’avance Pour plus d’informations ou pour vous inscrire : 418 523-5411 | 1 888 535-2537 www.craaq.qc.ca | client@craaq.qc.ca

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Montréal, Estrie et Québec Températures supérieures à la normale et précipitations près de la normale. Ciel nuageux et averses de pluie passagères du 1er au 4. Plus de nuages que de soleil avec averses de pluie dispersées du 5 au 7. Période sèche et ensoleillée du 8 au 12. Nuages et pluie ou neige du 13 au 17. Nuageux avec averses de neige du 18 au 22. Plus de nuages que de soleil avec pluie ou neige du 24 au 27. Ensoleillé avec températures plus froides le 28. Mélange de soleil et de nuages avec averses de pluie passagères du 29 au 31.

Saguenay–Lac-Saint-Jean Températures et précipitations supérieures à la normale. Ciel nuageux et averses de pluie passagères du 1er au 3. Plus de nuages que de soleil avec averses de pluie dispersées du 4 au 6. Période sèche et ensoleillée du 7 au 12. Nuages et pluie ou neige du 13 au 17. Nuageux avec possibilité d’averses de neige du 18 au 22. Plus de nuages que de soleil avec pluie ou neige du 23 au 27.

Vallée de l’Outaouais Températures supérieures à la normale et précipitations près de la normale. Ciel nuageux et averses de pluie passagères du 1er au 3. Plus de nuages que de soleil avec averses

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Gaspésie et Nouveau-Brunswick Températures près de la normale et précipitations supérieures à la normale. Ciel nuageux et averses de pluie passagères du 1er au 4. Plus de nuages que de soleil avec averses de pluie dispersées du 5 au 7. Période sèche et ensoleillée du 8 au 12. Nuages et averses de pluie ou neige du 13 au 17. Nuageux avec averses de neige passagères du 18 au 22. Plus de nuages que de soleil avec pluie ou neige du 24 au 27. Ensoleillé avec températures plus froides le 28. Mélange de soleil et de nuages avec averses de neige passagères du 29 au 31.

Hicham Fram, agr.

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