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PHYTOPROTECTION nouveautés 2015 | LAIT la plus belle vache | GUIDE TRAITEMENT DE SEMENCES
MARS 2015
Ma station météo à la ferme
L A RÉFÉRENCE EN NOUVELLES TECHNOLOGIES DEPUIS 1918
UN PAS EN AVANT POUR L’AGRICULTURE MODERNE. •••••• D’ABORD PROTÉGER CE QUI EST IMPORTANT.
Les mauvaises herbes résistantes et difficiles à maîtriser ont des répercussions sur votre façon de cultiver, sur vos rendements, sur la rentabilité de votre ferme. Sur votre avenir, en somme. Voici EnlistMC — un nouveau système de désherbage composé de l’herbicide Enlist Duo MC et de caractères de tolérance novateurs intégrés au maïs et au soya Enlist. Il s’agit d’une solution très efficace aux problèmes de désherbage modernes. Seul l’herbicide Enlist DuoMC , doté de la technologie Colex-DMC , contient du glyphosate et du 2,4-D choline, une combinaison offrant une performance exceptionnelle contre les mauvaises herbes coriaces et deux modes d’action pour mieux gérer la résistance. C’est une façon de protéger ce qui est important. Et c’est un pas en avant en matière de souplesse, de simplicité et de prévention de la dérive. Pour en savoir plus, appelez le Centre de solutions au 1-800-667-3852. Dowagro.ca.
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MD MC
SOMMAIRE
22 EN COUVERTURE
10 À chacun sa station météo Avec l’arrivée de nouveaux outils innovateurs, l’utilisation de stations météorologiques à la ferme devient de plus en plus pertinente pour les producteurs de grandes cultures.
VOLUME 98 NUMÉRO 3
43 les lèvres : RF Goldwyn Hailey EX-97-3E 3*. Une grande fierté pour son propriétaire, Mario Comtois, de Gen-Com Holstein à Notre-Dame-du-Bon-Conseil.
50 Pour le bien-être des veaux
18 Nouveautés Phytoprotection 2015
L’élevage des veaux se positionne en mode bien-être animal. Non seulement les entreprises se préparent, mais en plus, un nouveau code de bonnes pratiques verra bientôt le jour.
La saison de cultures arrive à grands pas. Nous vous présentons les nouveautés en phytoprotection pour 2015.
55 Nouveau Code : plus que le logement des truies
CULTURES
22 Des pistes pour prévenir la sclérotinia Chaque année, la sclérotinia s’attaque aux champs de soya d’une ou de plusieurs régions du Québec. C’est une question de météo, mais aussi de régie de culture.
CONFÉRENCES DU BULLETIN
35 Agronomie, météo et technologie, un trio gagnant
En janvier dernier, les Conférences du Bulletin des agricultures ont traité des outils de l’avenir pour mieux apprivoiser la variabilité de nos champs et les caprices de la météo. Voici le résumé de nos conférenciers.
ÉLEVAGES
43 Hailey, la plus belle vache au monde Lors de la plus récente saison des expositions, le nom d’une vache était sur toutes
Entré en vigueur il y a un an, le nouveau Code de pratiques pour le soin et la manipulation des porcs renferme des recommandations et des exigences qui touchent bien plus que le logement des truies en gestation.
FRUITS ET LÉGUMES
CHRONIQUES 4 Bouche à oreille 6 Billet 8 Point de vue 26 Marché des grains 27 Info cultures 58 Info élevages 73 Mieux vivre 74 C’est nouveau 77 Météo
GUIDE TRAITEMENTS DE SEMENCES Guide complet qui vous permettra de faire un choix éclairé dans les traitements de semences en grandes cultures du Québec.
62 L’homme qui plantait des pommiers
Il aura fallu 20 ans à Roland Joannin, arboriculteur, hybrideur et conseiller pomicole, pour créer la Rosinette et la Passionata. De nouvelles variétés de pommes pour aider les producteurs d’ici à concurrencer les fruits en provenance de l’étranger.
68 Séquençage de l’ADN dans la pomme de terre Les biotechnologies ont inauguré une nouvelle ère dans l’amélioration génétique de la pomme de terre, en permettant aux chercheurs de sélectionner les caractères génétiques importants avec beaucoup plus d’efficacité.
CAHIER FOURRAGES ET PÂTURAGES Cette 2e édition du cahier informe les producteurs sur les enjeux importants touchant le secteur des fourrages et des pâturages.
En page couverture : Une station météo à la ferme peut s’avérer très utile en grandes cultures. Parlez-en à Audrey Bogemans, productrice de grandes cultures à Saint-Sébastien, en Montérégie-Ouest. Photo : Yvon Thérien LE BULLETIN DES AGRICULTEURS MARS 2015 3
BOUCHE À OREILLE
L’âge d’or de la viande Chez les amateurs de viande, plusieurs consommateurs attribuent un critère de qualité à la viande provenant de plus jeunes animaux. En effet, c’est souvent la viande provenant d’animaux âgés de quelques mois qui est prisée par les amateurs. Toutefois, Adam Danford, auteur et boucher américain, propose à ces amateurs de découvrir les qualités parfois insoupçonnées de la viande provenant de bêtes plus âgées. Selon lui, notre appréciation d’une viande ne devrait pas s’arrêter à sa tendreté. De fait, les animaux d’élevage plus âgé sont en mesure de produire une viande de grande qualité, au goût plus prononcé. Selon Danford, on gagnerait donc à être sensibilisé au potentiel de cette viande plus goûteuse et souvent moins coûteuse. Ainsi, les amateurs de viande profiteraient non seulement de l’expérience de son boucher, mais aussi de celle de sa viande. Source : modernfarmer.com
Hypertension : la betterave à la rescousse Les gens souffrant d’hypertension ont maintenant une nouvelle alliée : la betterave. En effet, ce légume réservait plusieurs surprises aux chercheurs de l’Université de Queen Mary. Au cours d’une étude, les scientifiques ont découvert qu’un verre de jus de betterave par jour réduit de manière significative la pression sanguine des patients atteints d’hypertension. Cet effet bénéfique serait dû au riche apport en nitrate inorganique du légume. Une fois absorbé par le corps, ce nitrate est converti en oxyde nitrite, contribuant ainsi à la dilatation des vaisseaux sanguins. Les résultats de cette étude ont donc démontré que les patients ayant bu un verre de jus de betterave par jour ont pu retrouver une pression artérielle normale. Et ce n’est pas tout : ces patients ont aussi vu la rigidité de leurs artères réduite de 10 %, diminuant ainsi les risques de maladie cardiovasculaire. Déjà prisée pour sa richesse en antioxydant, la betterave n’a pas fini de nous étonner.
DANS NOS ARCHIVES...
Source : topsante.com
DANS NOS ARCHIVES... En janvier 1922, Donat Raymond, de Montréal, vante dans nos pages les mérites de sa vache au nom de Dekol Plus Segis Dixie. Sa production de lait vient alors d’établir un record du monde : elle a produit pour une année 32 668 livres de lait, donnant 1438,98 livres de beurre. À la page 43 de ce numéro, on vous présente la « plus belle vache du monde ». RF Goldwyn Hailey EX-97-3E 3* a remporté de nombreux titres. Ce n’est pas nouveau que les producteurs laitiers aiment les belles vaches, les vaches avec des caractéristiques exceptionnelles…
4 MARS 2015 LE BULLETIN DES AGRICULTEURS
Devenir végétarien à cause d’un moustique ? Qu’est-ce qui pourrait vous faire renoncer à un bon hamburger ou un gros steak pour le reste de votre vie ? Une piqûre de moustique ? Malheureusement, des médecins aux ÉtatsUnis ont rapporté une augmentation des cas d’allergies à la viande rouge chez les personnes victimes de morsures de tiques. C’est la tique étoilée, un type d’acariens qu’on retrouve dans le sud-ouest et l’est des États-Unis, qui est en cause ici. Les tiques étoilées recherchent un sucre présent dans la viande rouge, mais absent du corps humain. Lors de la morsure, ce sucre est propulsé dans le sang de la victime, ce qui provoque une réaction du système immunitaire. Source: lapresse.ca
Des maisons de riz Plus de la moitié de la population mondiale consomme du riz sur une base quotidienne. Cependant, comme toutes cultures, le riz produit quantité de résidus agricoles. En Inde, ces résidus sont habituellement brûlés, alimentant malheureusement la pollution atmosphérique. Mais ce problème pourrait bientôt être relégué au passé, grâce à Bisman Deu, une jeune Indienne de 16 ans. Tout a commencé par une idée des plus constructives : transformer ces résidus agricoles en matériau de construction. En effet, c’est en constatant la pollution que causait la combustion des déchets de sa ferme familiale que la jeune inventrice a décidé de mettre au point le green wood, une matière de sa propre invention. Fabriqué à partir de résidus de riz pressés et mêlés à d’autres substances, le green wood est un matériau de construction écologique, durable, imperméable, permettant de bâtir des logements abordables. Remplaçant le bois, cette matière est également résistante aux moisissures et aux champignons. Gagnante du prix Relais pour l’innovation sociale, la jeune inventrice souhaite offrir un toit nouveau genre aux infortunés du monde. Source : unicef.org LE BULLETIN DES AGRICULTEURS
MARS 2015
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BILLET
PAR MARIE-CLAUDE POULIN
DE LA TERRE CONTRE DE L’ASPHALTE ET DU BÉTON Les rares journées de vacances qu’on prenait en famille pendant mon enfance sur la ferme laitière, c’était pour aller voir ma tante Marguerite. Tante Marguerite, qui a d’ailleurs l’âge très honorable de 101 ans, est religieuse et vit à la Maison généralice des Sœurs de la Charité de Québec. J’ai toujours été impressionnée par ce bâtiment majestueux qui dominait la vaste étendue de champs tout autour… Il s’agit d’un domaine de 200 hectares de terres fertiles. En décembre dernier, on a appris qu’un homme d’affaires se portait acquéreur de ces terres agricoles, non pas pour les cultiver, mais bien pour y ériger ni plus ni moins une miniville comprenant des maisons, des condos, des commerces. Quelque 6500 unités d’habitation sont prévues pour meubler ces hectares de terres. Ce projet est particulier en ce sens que les profits issus de la vente des unités iront à des œuvres de charité, dont celles chapeautées par les Sœurs de la Charité. On ne peut blâmer la communauté religieuse d’avoir voulu assurer la pérennité de ses bonnes œuvres en cédant les terres. D’autant plus que la relève n’est pas toujours au rendez-vous pour poursuivre la mission de la communauté auprès des pauvres. Les offres d’achat ne se bousculent pas au portillon non plus… Mais, n’est-ce pas déplorable que ces terres qui ont servi de garde-manger pendant des dizaines d’années perdent leur vocation agricole ? Des terres surtout qui ont le potentiel de nourrir encore longtemps seront troquées pour de l’asphalte et du béton. Ce qui est le plus consternant dans ce dossier, c’est l’attitude de la Ville de Québec. Les administrateurs municipaux 6 MARS 2015 LE BULLETIN DES AGRICULTEURS
manquent réellement d’intérêt et d’imagination pour protéger ce patrimoine inestimable. Partout dans le monde, des villes se réinventent pour donner accès à des bouts de terre fertile à ses citoyens. Des jardins sont créés sur des toits. On cherche des zones cultivables à proximité des villes pour rapprocher les aliments des consommateurs. Certaines dépensent des sommes considérables pour décontaminer des terres. Cette administration manque de vision, d’autant plus qu’elle dispose de nombreux terrains vacants pour laisser libre cours à ses ambitions immobilières. Doit-on rappeler que la terre agricole, le sol fertile, est une denrée rare qu’il faut à tout prix préserver ? Le territoire québécois ne compte que 2 % de sol propice à l’agriculture, soit à nourrir la population. Et créer une couche de sol fertile de 10 cm met 2000 ans. Une fois le sol perdu, on ne peut plus revenir en arrière. L’Organisation des Nations Unies (ONU) a décrété 2015, l’année internationale des sols pour mettre en lumière l’importance capitale des sols et le fait qu’ils sont non renouvelables. Espérons que cela fera écho auprès de nos élus. De toute façon, l’Union des producteurs agricoles et la Commission de la protection du territoire agricole n’ont pas dit leur dernier mot à ce sujet. On peut espérer que des groupes de citoyens se prononceront également et proposeront des projets innovateurs pour mettre en valeur ce joyau. Pour voir une vidéo d’animation percutante abordant tous les enjeux cruciaux liés aux sols, tapez « le sol, une ressource qui disparaît » sur notre site Internet lebulletin.com.
La référence en nouvelles technologies 1, Place du Commerce, bur. 320 Île-des-Sœurs (Québec) H3E 1A2 Téléphone : 514 766-9554 Télécopieur : 514 766-2665 lebulletin.com ÉDITEUR ET RÉDACTEUR EN CHEF Yvon Thérien, agronome yvon.therien@lebulletin.com RÉDACTION RÉDACTRICE EN CHEF ADJOINTE Marie-Claude Poulin marie-claude.poulin@lebulletin.com JOURNALISTE Marie-Josée Parent, agronome marie-josee.parent@lebulletin.com DIRECTEUR ARTISTIQUE Dany Derkenne dany.derkenne@lebulletin.com COLLABORATEURS Jean-Philippe Boucher, Pierrette Desrosiers, André Dumont, Alain Fournier, Julienne Isaacs, Lionel Levac, Céline Normandin, Julie Roy, Caroline Thérien, Johanne van Rossum, Nicolas Witty-Deschamps. PUBLICITÉ DIRECTEUR DE COMPTES Martin Beaudin martin.beaudin@lebulletin.com Tél. : 514 824-4621 REPRÉSENTANTE ONTARIO Lillie Ann Morris lamorris@xplornet.com Tél. : 905 838-2826 PRODUCTION RÉDACTEUR PUBLICITAIRE Luc Gagnon lucg@cybercreation.net ABONNEMENT SERVICE À LA CLIENTÈLE Anne-Marie Gignac services.clients@lebulletin.com Tél. : 514 766-9554, poste 226 Le contenu de ce magazine ne peut être reproduit sans l'autorisation écrite de l'éditeur du Bulletin des agriculteurs. Ce magazine est publié par Farm Business Communications, une division de Glacier Media inc. Les auteurs conservent l'entière liberté de leurs opinions. Le Bulletin des agriculteurs ne garantit pas l'exactitude de l'information contenue dans la publication et n'assume aucune responsabilité pour toute action ou décision prise à partir de l'information contenue dans le magazine. Tous d roits réservés 1991 Dépôt légal : Bibliothèque nationale du Québec ISSN 0007-4446 Fondé en 1918, Le Bulletin des agriculteurs est indexé dans Repère. Envoi Poste-publication – Convention 40069240. Nous reconnaissons l’aide financière du gouvernement du Canada par l’entremise du Fonds du Canada pour les périodiques (FCP) du ministère du Patrimoine canadien. Postes Canada : retourner toute correspondance ne pouvant être livrée au Canada au Bulletin des agriculteurs, 1, Place du Commerce, bureau 320, Île-des-Sœurs, Québec, H3E 1A2. U.S. Postmaster : send address changes and undeliverable addresses (covers only) to : Circulation Dept., PO Box 9800, Winnipeg, Manitoba, R3C 3K7.
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POINT DE VUE
PROPOS RECUEILLIS PAR LIONEL LEVAC
Cécilien Berthiaume
ADAPTER LE SOUTIEN DE L’ÉTAT « Une partie des sommes de l’ASRA pourrait aller à un fonds d’investissement pour des bâtiments et des équipements, ce qui nous permettrait de devenir encore plus performants. » — Cécilien Berthiaume, premier vice-président, Les Éleveurs de porcs du Québec
Éleveur en Beauce, Cécilien Berthiaume s’adressait récemment à des producteurs de grains. Il est convaincu qu’il en va de l’intérêt collectif de collaborer entre fournisseurs et acheteurs de grains. Il prône aussi l’adaptation du soutien de l’État, qui pourrait diriger davantage de fonds vers de l’investissement plutôt que de la stricte stabilisation du revenu. Le Bulletin lui a demandé de préciser ses vues. Vous suggérez une collaboration, mais il existe déjà des filières de secteurs, non ? Bien justement, elles ne travaillent souvent strictement qu’en fonction des intérêts de leur propre secteur. Il faut coordonner davantage la production de grains en fonction des besoins des importants acheteurs que nous sommes, nous producteurs de porcs. Tout le monde serait gagnant. Les producteurs de grains devraient adapter leur offre à vos besoins en tant que clients ? Notre agriculture se professionnalise. On n’a pas le choix, c’est une question de survie. Il faut être efficace et la pratiquer dans le respect des règles de l’environnement, de bienêtre, etc. Mais, il faut aussi produire ce que le client demande. Nous, producteurs de porcs, nous répondons à ce que veut le marché, telle carcasse, telle qualité de viande. Face aux producteurs de grains, nous sommes les meilleurs clients. Alors pourquoi ne pas mieux arrimer leurs productions avec nos 8 MARS 2015 LE BULLETIN DES AGRICULTEURS
besoins, en qualité, en disponibilité. Tout le monde serait gagnant. On pense surtout au maïs, mais si on pouvait faire du tourteau de soya ici, les bénéfices seraient généralisés.
engraisser sans trop se soucier de qualité, de spécificité, de bien-être, etc. Et tout ça parce que l’on se disait que l’assurance allait nous payer de toute façon.
Qu’est-ce qui manque pour y arriver ? Il faut sensibiliser les producteurs, il faut davantage d’information et de formation. On ne le dira jamais assez, il faut insister sur la formation. C’est la base des actions et des décisions qui mènent à l’efficacité.
Mais il n’y a pas de recette miracle, n’est-ce pas ? Non, c’est certain. Mais si on met en place les bonnes mesures, on augmentera notre efficacité, on s’assurera d’être toujours là dans 25 ans et toute l’économie en profitera.
À propos de décision, le secteur porcin a-t-il besoin de beaucoup d’investissements pour se remettre à niveau ? Ah oui ! On souhaite que Québec crée un fonds d’investissement. L’agriculture québécoise a besoin d’investissements et le secteur porcin en particulier. Et quand je dis qu’il faudrait penser plus collectivement à nos intérêts, je suis convaincu que l’on peut changer la formule de soutien de l’État. Oui, on a besoin d’assurance stabilisation. Mais peut-être que 400 ou 500 millions $ seraient suffisants, plutôt que les 600 actuels. Québec pourrait prendre une portion de l’ASRA et créer un fonds d’investissement. L’activité économique générale générée serait telle et les gains en productivité de notre agriculture si appréciables que même l’État y gagnerait. Il faut arrêter de penser strictement en fonction de l’assurance stabilisation. C’est fini le temps où on semait sans se soucier si on avait des rendements ou qu’on plaçait des porcs dans un bâtiment pour les
Par quoi doit-on commencer ? Il faut s’attaquer à plusieurs choses en même temps. Sur nos fermes, il faut contrôler la dette, abaisser le taux d’endettement. Il faut se conformer aux règles de bien-être animal et de biosécurité. Il faut vraiment une collaboration avec les producteurs de grains. Il faut que nos gouvernements donnent un coup de pouce pour investir sinon on va reculer. L’important est de tout mettre en place pour que l’on conserve nos avantages compétitifs. Le prix du porc va certainement fluctuer encore et il faut être en mesure de faire face aux aléas du marché. Il faut de la formation, beaucoup de formation. Et il faut une perspective à moyen et à long terme. Un des défauts de l’ASRA est qu’avec ce système, on ne pense qu’à court terme. J’ai besoin d’argent, l’ASRA est là. Oui, on en a besoin, mais travaillons ça sur des perspectives de quatre ou cinq ans et même plus. Puis, faisons-le en terme de consolidation de nos entreprises.
Grâce à de bons conseils, la famille Martin a pu faire croître son entreprise. La TD s’engage à aider les agriculteurs à préparer le terrain pour l’avenir. Lorsque la famille Martin a voulu augmenter la productivité de son entreprise laitière, elle a demandé conseils à Dalton Potter, lui-même agriculteur et spécialiste, Crédit agricole, chevronné à TD Canada Trust. Grâce à son aide, la famille Martin a pu acheter une nouvelle ferme dans un emplacement de choix. Ce sont notre compréhension des secteurs agricole et financier ainsi que notre approche personnalisée qui nous permettent d’aider de nombreuses familles comme celle-ci à trouver exactement ce qu’elles cherchent.
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Le logo TD et les autres marques de commerce sont la propriété de La Banque Toronto-Dominion.
EN COUVERTURE
PAR ANDRÉ DUMONT
À CHACUN SA STATION MÉTÉO Avec l’arrivée de nouveaux outils innovateurs, l’utilisation de stations météorologiques à la ferme devient de plus en plus pertinente pour les producteurs de grandes cultures.
10
MARS 2015
LE BULLETIN DES AGRICULTEURS
PHOTOS : YVON THÉRIEN
D
ans la cuisine de la maison de ferme d’Audrey la pression barométrique baisse, je sais qu’on va avoir du beau Bogemans et de Vincent Goudreault, à Saint-Sébastien, temps », dit-il. Installée au printemps 2014, la nouvelle station météo s’est en Montérégie-Ouest, une console révèle un portrait complet du temps qu’il fait : température de l’air et du avérée pratique pour planifier certains travaux aux champs, notamment les pulvérisations. sol, vitesse et direction du vent, pluCertains herbicides seront plus viométrie, pression barométrique efficaces avant une pluie. Les et taux d’humidité. En appuyant sur observations en temps réel et les un bouton, une série de prévisions prévisions sont aussi utiles pour s’affichent. prévenir la dérive par le vent. La console est reliée par signal Vincent Goudreault a beau trisans fil à une station météoroloper avec sa station météo, il ne la gique installée dans un champ laisse pas pour autant dicter son de l’autre côté de la route. Elle est emploi du temps. « Quand les aussi reliée par Internet à DTN, conditions sont évidentes, qu’il un service américain d’informafait beau et qu’il ne vente pas, je tion agricole spécialisé en marché vais pulvériser sans la consulter », des grains. Même avant d’ajouter La station météo de la Ferme Bogemans (à droite) mesure la dit-il. Même chose pour les semis l’option météo, l’abonnement à ce température de l’air et du sol, la vitesse et la direction du vent, ou la récolte : quand les champs service était très utile, puisqu’en la pression barométrique et le taux d’humidité. Les données s’y prêtent, on y va ! plus d’exploiter 500 hectares prin- météo s’affichent sur cette console, à l’ordinateur et sur les téléphones intelligents. De son côté, Audrey Bogemans cipalement en maïs et soya, la apprécie pouvoir consulter sur Ferme Bogemans tient un centre de grains. « Mon beau-père (André Bogemans) a toujours eu une son ordinateur les mêmes données que sur la console, mais sous station météo, mais jamais aussi avancée que celle-ci », confie forme de tableaux et de graphiques. Tout est archivé automatiVincent Goudreault, maintenant copropriétaire dans l’entreprise quement. Il devient possible de croiser les données météorolode sa belle-famille. La météo le fascine énormément. « Quand giques avec les carnets de champs. « Nous pouvons faire des
Les stations de Prisme Consortium mesurent la température et l’humidité du sol, la température de l’air, les précipitations, ainsi que la vitesse et la direction du vent.
corrélations entre les dates de semis et les conditions météorologiques pour reconnaître quelles ont été les fenêtres de semis optimales », illustre notre agricultrice.
Vraiment utile? Audrey et Vincent ont payé environ 600 $ pour leur station météo, en plus des frais mensuels d’abonnement. Ils se disent satisfaits, mais d’autres producteurs de cultures commerciales y trouveraient-ils leur compte ? Denis DesGroseillers a des doutes sur l’adoption de stations météorologiques à la ferme par les producteurs spécialisés en grandes cultures. Lui-même producteur maraîcher à SaintIsidore, il a chez lui une station météo qui lui sert très peu pour ses champs en rotation en soya ou en maïs. « En horticulture, nous avons une gestion beaucoup plus serrée de nos champs, dit-il. Nous consultons notre station météo au moins six fois par jour. » Sa ferme, les Jardins PurDélys, bénéficie des services de Prisme Consortium. Un réseau de stations météo chez d’autres producteurs maraîchers des Jardins de Napierville, combiné à de complexes modèles de prévision, lui permettent de pulvériser au bon stade de développement d’un ravageur, souvent avant même qu’il ne soit visible à l’œil nu. « Pour que les producteurs de grandes cultures se dotent de stations météo, il faudra qu’ils y voient un gain évident et qu’elles leur rapportent trois ou quatre fois ce qu’elle leur en coûtera », estime Denis DesGroseillers. 12 MARS 2015 LE BULLETIN DES AGRICULTEURS
En faisant partie d’un réseau de stations, les producteurs pourraient savoir combien de précipitations sont tombées, même sur les champs les plus éloignés de la ferme. Cela leur éviterait un déplacement pour aller voir si les champs se prêtent à des travaux. Cependant, « les gars sautent dans leur pick-up et font le tour de leurs terres par plaisir, ils ne voient pas ça comme un effort », observe Denis DesGroseillers.
Cumul des UTM Sur sa ferme de grandes cultures à Saint-Robert, près de Sorel, Paul Caplette dispose depuis trois ans d’une station météo électronique, qui lui transmet ses lectures toutes les 15 minutes. Les données s’ajoutent à celles qu’il a compilées pendant plus de 10 ans à l’aide d’instruments manuels. « Avant, je prenais les lectures à la main et je les inscrivais dans un fichier Excel, raconte-til. Avec ma nouvelle station, j’ai l’information en continu sur mon téléphone. » Cette station mesure la température, la pluviométrie, la vitesse du vent et la température du sol. L’an dernier, il lui a rajouté un capteur qui estime l’humidité sur le feuillage. Une fois ses cultures semées, Paul Caplette suit de près le cumul des UTM et des précipitations. Savoir exactement de combien d’UTM son maïs a bénéficié est rassurant la plupart du temps. Même chose pour les précipitations. « Des fois, les impressions sont trompeuses, dit-il. On croit qu’il est tombé énormément de pluie. Il peut avoir plu beaucoup d’un seul coup, ou très peu en plusieurs occasions. »
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Comme avec tout produit de protection des cultures, lire et suivre soigneusement les directives de l’étiquette. L’ovale de DuPont, DuPontmc, Les miracles de la sciencemc, AmiPlan® et Gardien® sont des marques déposées ou de commerce de E. I. du Pont de Nemours and Company. La compagnie E. I. du Pont Canada est un usager licencié. Membre de CropLife Canada. © Droits d’auteur 2015, La compagnie E. I. du Pont Canada. LE BULLETIN DES AGRICULTEURS MARS 2015 13
« Mon beaupère a toujours eu une station météo, mais jamais aussi avancée que celle que nous avons actuellement. » —Vincent Gaudreault
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14 MARS 2015 LE BULLETIN DES AGRICULTEURS
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PUBLI-REPORTAGE
AU CŒUR DE L’INDUSTRIE AGRICOLE Une nouvelle vice-présidence, agriculture
La contagion gagne la Banque Nationale ! Patrick Lemelin, agr., MBA Vice-président, agriculture pour le Québec
Chers producteurs,
La Ferme Bogemans, de Saint-Sébastien, en Montérégie-Ouest, est la propriété d’Audrey Bogemans et de Vincent Gaudreault ainsi que d’André et de Madeleine Bogemans.
Les statistiques qu’il tient lui ont permis de démontrer qu’au moins neuf années sur dix, ses champs bénéficient de 150 UTM de plus que ceux qu’attribue La Financière agricole du Québec à sa municipalité, vraisemblablement en raison de leur proximité du fleuve Saint-Laurent. Ainsi, il n’hésite pas à « pousser les UTM » pour obtenir de meilleurs rendements de maïs.
Stations en réseau La station de Paul Caplette n’est pas reliée à un réseau. À la Ferme Bogemans, la station est reliée à toutes celles de DTN, mais elle est la seule au Québec. « Quand il y aura des stations à toutes les deux ou trois fermes, ça deviendra encore plus intéressant », affirme Audrey Bogemans. Avec plusieurs stations météo dans un même secteur, il devient possible d’extrapoler les lectures de pluviométrie pour établir des estimations sur des champs qui n’ont pas de station météo. On peut aussi mieux suivre l’évolution des vents. De tels réseaux sont déjà en place aux États-Unis, avec DTN, ou avec DuPont Pioneer et son programme Encirca. Ce
Depuis toujours, la Banque Nationale travaille à soutenir la communauté agricole d’ici dans ses activités. Et afin d’être plus près de vous et de suivre l’évolution d’une industrie en pleine mutation, elle choisit aujourd’hui de créer une toute nouvelle équipe : une vice-présidence, agriculture pour le Québec. Ces efforts déployés et cet engagement affirmé prouvent certes que la contagion est toujours d’actualité : la passion pour le monde agricole s’est propagée ! Un vice-président agronome de formation Agronome de formation, j’ai œuvré dans d’autres secteurs d’activité au sein de la Banque Nationale au cours des dernières années. Si j’ai eu la chance de parfaire mes connaissances et de peaufiner mes compétences, je dois avouer que le domaine agricole m’est toujours demeuré particulièrement cher. Je considère qu’il n’y a rien de plus stimulant que de faire partie d’une équipe de professionnels dévoués et mobilisés, qui ont la piqure de l’industrie agricole. C’est d’ailleurs pourquoi, lorsque l’occasion d’agir en tant que vice-président agriculture pour le Québec s’est présentée, la passion que je porte pour le monde agricole s’est fait sentir à nouveau. Et cette rechute vers ma vocation première m’emballe au plus haut point ! Votre entreprise : le cœur de nos démarches Au fil des ans, le secteur agricole de la Banque Nationale s’est modifié, réorganisé et restructuré. Mais dans ces grands changements, un but demeure : celui d’offrir à notre clientèle des outils adaptés, ayant pour objectif la rentabilité, l’innovation et la pérennité des entreprises d’ici. Mes objectifs sont certes ambitieux, mais ma priorité sera de poursuivre le travail déjà amorcé et de vous offrir un service hors pair, grâce à des solutions adaptées à votre entreprise. Demeurez à l’affût. Notre équipe vous présentera sous peu de nouveaux programmes, notamment en matière d’aide à la relève. Les entrepreneurs agricoles seront toujours au cœur de nos préoccupations et notre souhait le plus cher est de travailler avec vous afin que votre entreprise fasse partie, encore très longtemps, de notre paysage agricole. Exprimez-vous ! Chers producteurs, j’ai déjà hâte de vous rencontrer, d’échanger avec vous et de connaître votre opinion et vos préoccupations concernant ce domaine qui nous tient tous à cœur, notre agriculture. D’ici là, si vous en sentez le besoin, n’hésitez surtout pas à m’écrire. Je serai heureux de vous lire et de partager cette passion qui nous a tous gagnés ! campagnes.entreprises@bnc.ca Les informations fournies dans ce texte le sont à titre informatif seulement et ne sont pas exhaustives. Pour tout conseil sur vos finances et celles de votre entreprise, veuillez consulter votre conseiller de la Banque Nationale ou, le cas échéant, tout professionnel (agronome, comptable, fiscaliste, avocat, etc.).
bnc.ca/agriculture LE BULLETIN DES AGRICULTEURS MARS 2015 15
Paul Caplette, producteur de grandes cultures à Saint-Robert.
Les statistiques que tient Paul Caplette lui ont permis de démontrer qu’au moins neuf années sur dix, ses champs bénéficient de 150 UTM de plus que ceux qu’attribue La Financière agricole du Québec à sa municipalité.
service est d’ailleurs à l’essai dans l’Est ontarien, où l’agronome Paul Hermans a installé 11 stations chez autant de producteurs. Elles serviront notamment à suivre les précipitations pendant la saison de croissance du maïs, pour déterminer leur impact sur la disponibilité de l’azote dans le sol. Dans le sud-ouest de l’Ontario, l’entreprise Weather INnovations a mis au point plusieurs outils faisant l’usage de données météo, comme SPRAYcast (prévision des vents pour la pulvérisation), DONcast (prédiction de la fusariose) et BINcast (suivi du séchage des grains en silo), ainsi que divers calculateurs du cumul des UTM, des stades de croissance du maïs et de l’assèchement du maïs arrivé à maturité. Weather INnovations ne dessert pas les agriculteurs individuellement. Elle développe des outils destinés à des groupes de producteurs, principalement aux États-Unis et au Canada. L’entreprise a notamment développé le portail WeatherCentral.ca avec
16 MARS 2015 LE BULLETIN DES AGRICULTEURS
Bayer CropScience et les Grain Farmers of Ontario (Producteurs de grain de l’Ontario). À ses clients ontariens achetant un certain volume de semence, Pride offre une réduction sur le prix d’une station météo et de l’abonnement aux services de Weather Central. À ce jour, la seule station de Semences Pride au Québec se trouve sur le site d’Expo-Champs à Saint-Liboire. « Au Québec, il y a la barrière de la langue, mais nous pourrions être aussi avancés qu’ailleurs, croit Gilbert Brault, agronome chez Pride. Nous sommes rendus là : la technologie coûte moins cher et elle peut être très utile en grandes cultures. C’est en utilisant les applications offertes qu’on découvre toutes les possibilités. » À la Ferme Bogemans, on exploite 500 hectares principalement de maïs et de soya en plus de tenir un centre de grains.
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CULTURES
PAR JOHANNE VAN ROSSUM, AGRONOME
PHYTOPROTECTION NOUVEAUTÉS 2015 La gestion de la résistance demeure un enjeu prioritaire pour la protection des grandes cultures. Les nouveaux fongicides contiennent tous plusieurs groupes chimiques pour déjouer les organismes nuisibles. Même chose du côté des herbicides. Pour protéger le système tolérant au glyphosate contre le développement de nouvelles résistances, de plus en plus de mélanges sont développés. Ceci améliore le contrôle des mauvaises herbes plus difficiles. La composante résiduelle, quant à elle, permet une meilleure performance globale. Voici les nouveautés 2015 en phytoprotection.
HERBICIDE MAÏS Permit (UAP)
Le nouvel herbicide Permit a reçu son homologation tard en 2014. Permit contient le halosulfuron, une nouvelle molécule du Groupe 2. Il s’attaque aux dicotylédones ou mauvaises herbes à feuilles larges, ainsi qu’au souchet. « Il est très efficace contre cette mauvaise herbe et devient la nouvelle référence pour le contrôle du souchet en postlevée dans le maïs », précise René Gingras, agronome et représentant chez UAP Canada, le distributeur exclusif du produit. Il peut être appliqué dès l’émergence jusqu’au stade de sortie des croix de la culture. Ajouté au glyphosate, il offre une solution de désherbage efficace pour le maïs RR. Son activité résiduelle contrôle les mauvaises herbes de quatre à huit semaines, selon le taux utilisé.
HERBICIDE SOYA
Roundup Ready Xtend (Monsanto)
« Nous sommes impatients de faire découvrir aux producteurs agricoles les bénéfices de notre nouveau système de production Roundup Ready Xtend qui offrira une tolérance au dicamba et au glyphosate », explique Jérôme Belzile, représentant en développement des technologies pour Monsanto Canada. L’activité résiduelle du dicamba prolonge (« Xtend ») la période de contrôle des mauvaises herbes, ce qui permet d’espérer une augmentation de rendement tout en offrant plus de flexibilité. « Des essais menés en Ontario et au Québec de 2008 à 2014 montrent une augmentation de rendement de 160 kg/ha. Également, le fait d’avoir un nouveau mode d’action permet de mieux gérer les risques de résistance aux herbicides », ajoute-t-il. Ce nouveau gène de 18 MARS 2015 LE BULLETIN DES AGRICULTEURS
tolérance est maintenant approuvé au Canada depuis 2012 et aux États-Unis depuis le début de l’année 2015. Pour ce qui est de l’utilisation de dicamba sur le soya Roundup Ready 2 Xtend, elle est approuvée depuis 2013. « Nous travaillons présentement à finaliser de nouvelles formulations de dicamba et de prémélange de dicamba/glyphosate », précise Jérôme Belzile. Actuellement, ce qui nous manque est l’approbation de ce nouveau caractère technologique dans les principaux marchés d’exportation, comme la Chine. Nous espérons obtenir le tout au cours de l’année 2015 afin d’avoir un lancement commercial pour les semis du printemps 2016. « À cette étape, nous serons en position d’offrir plusieurs variétés qui couvriront l’entière gamme de maturité de l’est de Canada », conclut-il.
HERBICIDE
Eragon LQ (BASF)
L’herbicide Eragon est maintenant disponible en formulation liquide. « Eragon LQ est une chimie unique du Groupe 14 qui renferme l’ingrédient actif Kixor », précise Jean-François Foley, agronome et responsable au développement technique chez BASF. Appliqué seul ou en mélange avec le glyphosate, il permet un brûlage au printemps avant le semis ou avant la levée de la culture de céréale, maïs ou soya. « Eragon LQ a également reçu une homologation pour le brûlage des mauvaises herbes en prérécolte dans les céréales », ajoute Jean-François Foley. Ce nouveau mode d’utilisation offre aux producteurs une nouvelle fenêtre d’application pour la gestion des mauvaises herbes tenaces et permet de contrôler les mauvaises herbes vivaces pour des champs plus propres au printemps suivant. En plus,
pour le soya et les haricots secs, Eragon LQ peut être employé comme aide à la récolte afin d’accélérer le rythme de séchage des cultures et des mauvaises herbes vertes. Tout ceci pour améliorer l’uniformité des cultures afin de simplifier le travail de la moissonneuse-batteuse.
FONGICIDE SOYA Priaxor (BASF)
PHOTO : YVON THÉRIEN
Le fongicide Priaxor peut maintenant être appliqué dans le soya conventionnel ou IP. « Les pays importateurs ont donné leur accord sur l’utilisation de ce fongicide dans le soya de consommation humaine », explique Jean François Foley, agronome et responsable au développement technique chez BASF. Il contient deux ingrédients actifs uniques. La pyraclostrobine (Headline) protège la plante contre les maladies ainsi que la santé générale des plants grâce aux avantages du concept AgCelence. Quant au Xemium, il est doté d’une grande mobilité dans la plante, offrant ainsi une protection qui devrait être plus constante et plus fiable contre les maladies. Le fluxapyroxade également présent dans la formulation offre un mode d’action différent pour contrer la résistance. Pour les meilleurs résultats, Priaxor doit être appliqué en traitement préventif, soit avant le début de la maladie.
résistante au Groupe 1. Cette mauvaise herbe a été recensée au Lac-Saint-Jean », mentionne Éric Boulerice, représentant pour Syngenta.
TRAITEMENT DE SEMENCES CÉRÉALES Vibrance Quattro (Syngenta)
Vibrance Quattro est un nouveau produit de santé des semences qui combine quatre matières actives pour protéger les cultures de céréales contre un vaste éventail de maladies transmises par la semence ou par le sol. Vibrance Quattro peut être utilisé dans l’orge, l’avoine, le seigle, le triticale, le blé d’hiver et le blé de printemps. Il combine quatre puissants fongicides, à savoir le difénoconazole (Groupe 3), le métalaxyl-M (Groupe 4), le sédaxane (Groupe 7) et le fludioxonil (Groupe 12). « Il est efficace contre les pourritures des graines, la fonte des semis et le piétin », spécifie l’étiquette du produit. Vibrance Quattro offre une meilleure suppression de Fusarium et de Rhizoctonia dans toutes les cultures céréalières et une maîtrise supérieure du charbon nu véritable dans l’orge, selon le fabricant. Grâce au sédaxane, Vibrance Quattro procure également un peuplement uniforme et vigoureux.
HERBICIDE SOYA
HERBICIDE BLÉ ET ORGE
Guardian Plus (DuPont)
Nouvel herbicide contre les graminées dans le blé et l’orge, Axial est compatible avec la plupart des herbicides à feuilles larges. « Il est doux pour la culture et contrôle la folle avoine, même celle
Une nouvelle formulation sera disponible en 2015 pour cet herbicide bien connu des producteurs de soya. Il est composé de trois modes d’action différents : le chlorimuron-éthyle (Classic) du Groupe 2, le glyphosate (Polaris) du Groupe 9 et
Axial (Syngenta)
LE BULLETIN DES AGRICULTEURS MARS 2015 19
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20 MARS 2015 LE BULLETIN DES AGRICULTEURS
le flumioxazine (Valtera) du Groupe 14. « Le nouvel emballage du Guardian Plus combine les ingrédients Classic et Valtera dans une même granule pour assurer un mélange plus homogène de ces deux composantes. Le Polaris demeure sous forme liquide dans un contenant séparé, explique Louis Philippe Pépin, agronome et directeur marketing des opérations chez DuPont. Appliqué en prélevée dans le Soya IP ou RR, Guardian Plus offre un contrôle résiduel contre plusieurs mauvaises herbes difficiles, dont la morelle noire de l’Est. Cette pratique permet de réduire la compétition des mauvaises herbes tôt en saison.
de meilleurs résultats sur les mauvaises herbes à feuilles larges et les graminées coriaces, puis une saine gestion de la résistance. Les taux d’application varient selon les besoins du producteur. La faible dose est recommandée pour les systèmes de production tolérants au glyphosate et la dose élevée pour les systèmes à identité préservée et conventionnels. Son activité résiduelle demeure jusqu’à huit semaines après l’application. Idéal pour maximiser le rendement lorsque le glyphosate seul ou un herbicide non résiduel ne suffisent plus à maintenir un champ exempt de mauvaises herbes.
HERBICIDE MAÏS
HERBICIDE MAÏS
Nouvel herbicide pour la saison 2015, le Destra est destiné aux applications en postlevée entre les stades 3 et 6 feuilles du maïs. « Composé de rimsulfuron et nicosulfuron (Ultim) du Groupe 2 ainsi que mesotrione (Engarde) du Groupe 27, il peut être mélangé au glyphosate. « Cette stratégie permet à la fois un effet résiduel pour un meilleur contrôle des mauvaises herbes ainsi qu’un moyen de lutte contre la résistance au glyphosate », précise Louis Philippe Pépin, agronome et directeur marketing des opérations chez DuPont. Aucune restriction particulière quant à la rotation des cultures. Il n’est pas nécessaire d’ajouter un surfactant.
L’herbicide Enlist Duo est un mélange de glyphosate et de choline 2,4-D doté de la technologie Colex-D. « Grâce à ses deux modes d’action, Enlist Duo permet de contrôler efficacement les mauvaises herbes tout en réduisant le risque de développement de la résistance des mauvaises herbes », décrit Michel Tremblay, agronome et représentant chez Dow AgroSciences. Comparé au glyphosate seul, Enlist Duo est plus efficace contre la vergerette du Canada, l’abutilon, le chénopode, la grande herbe à poux, la petite herbe à poux et l’amarante à racine rouge.
Destra (DuPont)
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HERBICIDE SOYA
Triactor (Nufarm)
Pour atteindre une bonne qualité dans le soya conventionnel ou IP, un bon contrôle des mauvaises herbes tout au long de la saison est primordial. Le nouvel herbicide Triactor contient trois ingrédients avec trois modes d’action différents. Le premier, imazéthapyr (Nu image, Pursuit), appartient au Groupe 2. La métribuzine (Tricor, Sencor) est le deuxième ingrédient et appartient au Groupe 5. Le flumioxazine (Valtera) classé Groupe 14 complète le trio. Cette composition permet à la fois de contrôler un grand nombre de mauvaises herbes, dont la morelle noire de l’Est, et de contrer le développement de résistance aux herbicides. Appliqué en prélevée, son effet résiduel peut durer jusqu’à huit semaines. Il peut également être mélangé en réservoir avec le glyphosate et la plupart des herbicides pour soya si nécessaire selon les mauvaises herbes présentes. « Nufarm garantit l’efficacité du produit et supporte à 100 % les producteurs dont les champs nécessiteraient un deuxième traitement », soutient Frédérick Potvin, directeur de compte au Québec.
HERBICIDE SOYA Fierce (Nufarm)
« Lancé en fin de saison 2014, l’herbicide Fierce est destiné autant au soya IP, conventionnel ou résistant au glyphosate », mentionne Frédérick Potvin, directeur de compte au Québec. Il contient deux ingrédients actifs : le pyroxasulfone (appartenant au nouveau Groupe 15) et le flumioxazine (Valtera) du Groupe 14 pour
Enlist Duo (Dow AgroSciences)
HERBICIDE CÉRÉALES
Pixarro (Dow AgroSciences)
« Un nouvel herbicide pour l’orge et le blé sera offert pour mieux supprimer les mauvaises herbes à feuilles larges, dont le pissenlit, le gaillet et la répression du laiteron potager », explique Michel Tremblay, agronome et représentant chez Dow AgroSciences. Très sécuritaire pour la culture, il peut être appliqué jusqu’à la feuille étendard. Contenant Arylex, il est un herbicide unique et différent appartenant au Groupe 4.
FONGICIDE BLÉ D’AUTOMNE ET SOYA
Stratego Pro (Bayer)
Stratego Pro contient une nouvelle molécule contre les maladies les plus importantes dans le soya comme la moisissure blanche (Sclérotinia) ainsi que la pourriture brune et la pourriture des graines par Phomopsis. Le prothioconazole appartient au Groupe 3. En plus, le Stratego PRO contient du trifloxystrobine du Groupe 11. « Pour obtenir des résultats optimaux, il faut appliquer avant que la maladie ne s’installe », explique Pierre Boireau, agronome et représentant technique chez Bayer Crop Science. Pour le blé, la période optimale se situe entre le stade Zadocks 21 (début tallage) à Z 37 (dernière feuille visible). Il peut se mélanger en réservoir avec l’herbicide pour un seul passage. Lorsque les risques sont élevés au moment de l’épiaison, un fongicide comme le Prosaro est recommandé contre la fusariose de l’épi. Pour le soya, l’application optimale se situe entre R2 (pleine floraison) et R3 (début de la formation des gousses). Lorsque le risque de maladie est élevé, il faut effectuer une seconde application 10 à 14 jours plus tard. LE BULLETIN DES AGRICULTEURS MARS 2015 21
CULTURES
PAR ANDRÉ DUMONT
DES PISTES POUR PRÉVENIR LA SCLÉROTINIA Chaque année, la sclérotinia s’attaque aux champs de soya d’une ou de plusieurs régions du Québec. C’est une question de météo, mais aussi de régie de culture.
E
n 2014, la sclérotinia a frappé de plein fouet les producteurs de soya de la Montérégie-Ouest. Ceux de Chaudière-Appalaches, du Témiscamingue et de certains autres secteurs en ont aussi beaucoup souffert. Bien comprise des chercheurs et des agronomes, cette maladie continue de surprendre les producteurs et de miner leurs rendements. « Chaque année est
une année à sclérotinia », lance d’emblée Philippe Lemaître, directeur de la production chez Semences Prograin. Telles des graines de mauvaises herbes, les sclérotes sont présents dans à peu près tous les champs du Québec où du soya a été cultivé. Il suffit donc de bonnes conditions météorologiques pour que chaque année, une ou plusieurs régions soient plus touchées.
Tiges de soya infectées par la pourriture blanche de Sclerotinia sclerotiorum. 22 MARS 2015 LE BULLETIN DES AGRICULTEURS
Par temps humide et peu ensoleillé, les sclérotes qui ont survécu à l’hiver près de la surface du sol se mettent à éclore. Dès que le soya fleurit, chaque fleur devient une porte d’entrée pour la maladie. Avec un peu de chance, les sclérotes écloront avant la floraison ou tard en saison quand seules les dernières fleurs seront infectées. La saison dernière, en MontérégieOuest, tout a joué en faveur de la sclé
Sclérotinia sur une gousse de soya.
rotinia. « Elle a frappé tôt, par les fleurs du bas, rapporte Marie-Eve Rheault, agronome chez DuPont Pioneer. Les plants de soya ont été affectés par la base et il y a eu un grand impact sur les rendements. » Une fois les plants de soya infectés par ce qu’on appelle aussi la pourriture blanche, ou la pourriture à sclérotes, il n’y a rien à faire. Seule la prévention peut réduire l’impact de cette maladie. En voici les principaux moyens.
herbes à feuilles larges peuvent servir de plantes hôtes. Un bon désherbage est donc recommandé. Les sclérotes peuvent survivre dans le sol jusqu’à sept ans, voire plus longtemps. Plus elles sont proches de la surface, moins elles survivront longtemps. « Nous recommandons de ne pas trop travailler
le sol, dit Sylvie Rioux. Quand les sclérotes sont enfouis à plus de 20 cm, elles se conservent très longtemps. Et quand on revient avec un labour, on en remet une partie en surface. » La banque de sclérotes peut être réduite en épandant un biofongicide, comme Contans WG. Quelques proT:4.58”
Gérer la banque de sclérotes Les ascospores de sclérotiniose se répandent par le vent. Dès qu’une plante hôte a été infectée et qu’il y a eu production de sclérotes, la maladie reviendra dans ce champ aussitôt que se présenteront les bonnes conditions météorologiques. On peut atténuer la pression en gérant la banque de sclérotes. Tout d’abord, on évite de revenir en soya plus d’une année consécutive. En l’absence de plantes hôtes, une partie des sclérotes « fructifieront dans le vide ». L’éclosion se produira, mais il n’y aura pas de culture à infecter. Chercheuse au CÉROM, Sylvie Rioux nous prévient cependant que certaines mauvaises
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LE BULLETIN DES AGRICULTEURS MARS 2015 23
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Devrait-on abandonner les rangs aux 7 po et 15 po, au profit de rangs jumelés ou aux 30 po, qui laissent mieux l’air circuler et chassent l’humidité entre les plants ? Les spécialistes interrogés pour cet article préfèrent les autres moyens de prévention, à moins qu’un champ ait un historique de sclérotinia à répétition. Dans le Réseau grandes cultures du Québec (RGCQ), on poursuit les essais de sensibilité à la sclérotinia avec des espacements de 7 po et de 15 po. « Avec des cultivars résistants, il n’y a aucun problème avec ces espacements », affirme Sylvie Rioux. Selon Marie-Eve Rheault, il est préférable d’éviter un apport d’azote, qu’il soit minéral ou organique. Cela favorise le développement végétatif. Les plants auront plus de feuillage, ce qui augmentera la rétention de l’humidité favorable à la sclérotiniose.
Lorsque les semis sont retardés au printemps, la grande question que se posent plusieurs producteurs ; faut-il changer les hybrides pour des maturités plus hâtives ? Pour vous aider à prendre cette décision importante, l’agronome Gilbert Brault explique avec données à l’appui les facteurs à considérer pour faire un choix éclairé. Visionnez cet épisode de Défi maïs sur le Bulletin.com, onglet Défi maïs.
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ducteurs québécois ont utilisé ce traitement et s’en sont dits satisfaits. Le produit doit être incorporé au sol et le traitement doit être répété sur plus d’une année.
Régie de semis COMMANDITÉ PAR
24 MARS 2015 LE BULLETIN DES AGRICULTEURS
Des études menées sur plusieurs années aux États-Unis et en Ontario ont démontré que deux des plus importants facteurs pour augmenter les rendements de soya sont des populations plus élevées et des rangs étroits. « Ce sont des éléments de régie qui amènent des rendements élevés, mais qui favorisent aussi la sclérotinia les années où le temps est humide et peu ensoleillé », observe Philippe Lemaître.
Choix de cultivars Au RGCQ, tous les cultivars de soya sont évalués pour leur résistance à la sclérotiniose. Qu’ils soient infectés volontairement ou pas, la différence entre les cultivars est « à couper au couteau », affirme Sylvie Rioux. Choisir des cultivars qui ont une bonne cote de résistance à la sclérotinia serait, selon elle, un moyen tout à fait efficace de prévenir l’incidence de cette maladie. Certaines variétés de soya IP ont des caractéristiques qui justifient une prime aux yeux des acheteurs, mais elles n’affichent pas simultanément une bonne
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DOITON CHANGER D’HYBRIDE SI LE PRINTEMPS EST RETARDÉ ?
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résistance à la sclérotinia. Comme les revenus à l’hectare seront plus élevés, l’application de fongicides en saison pourrait alors se justifier. Marie-Eve Rheault suggère de miser aussi sur des cultivars ayant une bonne tenue. Les cultivars ayant tendance à verser favoriseront la rétention d’humidité autour du plant.
Fongicides
4 1 et 2. Champ de soya touché par la sclérotiniose. 3. Plants de soya lourdement affectés par la sclérotiniose. 4. Sclérotes dans la tige d’un plant de soya.
L’application judicieuse de fongicides peut contribuer à protéger les rendements du soya quand une infection à la sclérotinia semble imminente. Si l’on constate que le temps est frais et humide à l’approche de la floraison, on pourra opter pour un premier traitement. La floraison s’étirant ensuite sur plusieurs semaines, il faudra probablement répéter le traitement. Les fongicides disponibles n’agissentB:8.625” que de façon préventive.
Aucun produit sur le marché ne guérira vos plants de soya ! Avant de les appliquer, il faut faire ses calculs de coûts et de revenus à l’hectare. Plus le prix du soya est bas, moins on voudra augmenter les coûts de production. À ce jour, les agronomes consultent les prévisions météorologiques, puis se fient à leur expérience et à leur intuition pour recommander ou pas une application de fongicide. Selon Philippe Lemaître, il y aurait lieu de développer un outil semblable à celui du Réseau d’avertissements phytosanitaires pour la fusariose du blé. En fonction des données météorologiques régionales, des avertissements sur la probabilité d’infection par la sclérotinia seraient émis. Les producteurs et leurs conseillers pourraient s’y fier pour choisir d’appliquer ou non des fongicides. « Je crois qu’un tel outil a sa place plus que jamais. »
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Lorsque vous lirez ces lignes, il ne restera plus que quelques semaines avant que le Département américain de l’Agriculture (USDA) présente ses premiers chiffres officiels d’intentions d’ensemencements aux États-Unis. Sauf que déjà, plusieurs firmes ont réalisé leurs propres estimations, et les résultats nous rappellent qu’il en faudrait très peu pour que les prix bondissent. Ce qu’illustre le graphique ci-contre ce sont les récoltes américaines qu’on peut anticipé en se basant sur les prévisions d’ensemencements actuellement disponibles et un rendement dans la moyenne des dernières années. Afin de mettre les choses en perspectives, sont également incluses les consommations et les exportations de maïs et de soya prévues cette année aux États-Unis. Le résultat est pour le moins intéressant. La première chose qui saute aux yeux, c’est le recul important de la récolte de maïs. Rien de surprenant cependant sachant qu’il s’agirait d’une troisième année consécutive de baisse des superficies semées en maïs aux États-Unis. Sauf qu’il y a de quoi s’interroger… En effet, si les anticipations actuelles se confirment, avec un rendement dans la moyenne, la récolte américaine de maïs serait alors insuffisante pour répondre au niveau actuel de consommation. Résultat : les inventaires américains s’en trouveraient alors amputés de l’ordre de 10 à 15 millions de tonnes. Si nous sommes confortables cette année côté inventaires de maïs américain, la situation pourrait donc rapidement changer l’an prochain. Dans le soya, la situation est bien sûr un peu différente. Selon les anticipations actuelles, la récolte américaine serait de 106 millions de tonnes. La deuxième plus importante de l’histoire des États-Unis
Consommation US 2014-2015 (incluant exportations) Maïs : 345 MTM Soya : 99 MTM
après celle de cette année de 108 millions de tonnes. C’est une bonne récolte qui devrait combler le niveau de consommation et d’exportation, s’il demeure le même en 2016. Dans les deux cas, il y a cependant un élément qui sera déterminant : la météo. Les prévisions présentées ici se basent sur une projection de rendements moyens. Mais, dans les faits, on sait très bien qu’ils s’établissent chaque année sous ou au-dessus de cette moyenne selon les conditions météo. Sauf que, si la consommation reste la même ou progresse en 2016, et si les rendements sont dans la moyenne ou décevants en 2015, il en faudrait alors très peu pour créer une situation plus ambiguë, particulièrement du côté du maïs, mais peut-être bien même aussi dans le soya.
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MARS 2015
LE BULLETIN DES AGRICULTEURS
Région de la Montérégie
Région centre du Québec
Adriana Puscasu
Guillaume Vincent
Région de la Montérégie et de l’Estrie
Région est de l’Ontario
514 770-2627
Hicham Fram
819 818-7853
Andrew Hodges
514 771-3831
Région des Laurentides
Valentin Baciu 514 208-6639
w w w. s g ce re s co. co m
819 208-0787
Élise Vincent 613 894-5338
INFO CULTURES
TEXTES : JOHANNE VAN ROSSUM, AGRONOME, ANDRÉ DUMONT ET CÉLINE NORMANDIN
INFO CULTURES
L’entreposage adéquat du maïs et du soya Entreposer vos récoltes de maïs et de soya est une bonne façon de s’assurer de pouvoir vendre vos grains au prix qui vous convient. Il est important de demeurer attentif aux grains entreposés si vous souhaitez obtenir le meilleur prix possible. Voici quelques conseils pour y arriver. Pour éviter les problèmes de qualité du grain, il faut d’abord que le taux d’humidité soit rabaissé pour l’entreposage. Les taux d’humidité recommandés pour le maïs et le soya, selon la durée de la période d’entreposage, se retrouvent dans le tableau ci-contre.
s’éloigner de plus de 8 °C à 11 °C de la température mensuelle moyenne. L’aération sert à modifier la température du grain en assurant une circulation d’air dans le grain. Règle générale, l’aération ne devrait pas être utilisée pour sécher le grain, bien qu’elle puisse en faire varier légèrement le taux d’humidité. L’aération sert à refroidir le grain à l’automne ou à le réchauffer au printemps. Le grain qui est refroidi par tranches de 5 °C à 15 °C environ pour l’entreposage pendant l’hiver devrait créer des conditions moins propices à la croissance des moisissures et à la multiplication des insectes.
Nouvelles technologies et nettoyage du pulvérisateur L’arrivée de soya Enlist de Dow Agroscience ou Xtend de Monsanto ramène l’importance d’un bon nettoyage du pulvérisateur. L’ajout de différents herbicides au glyphosate a pour objectif de contrer la résistance des mauvaises herbes en ajoutant différents modes d’action. Or, plusieurs de ces herbicides ne sont pas tolérés par les autres variétés de soya RR, IP ou conventionnel. Voici quelques précautions recommandées par Helmut Spieser et Jason Deveau, tous deux responsables des applications de pesticides du Ministère de l’Agriculture, de l’Alimention et des Affaires rurales de l’Ontario (MAAARO). 1. Plusieurs petits volumes de rinçage sont plus efficaces qu’un seul gros volume.
Soya abimé par le 2-4D.
2. Calculer le volume de bouillie le plus près possible des besoins du champ pour éviter des surplus. 3. Faire un premier rinçage avec de l’eau. 4. Faire un deuxième rinçage avec un produit nettoyant adapté (Flush, Finish). 5. Faire un troisième rinçage avec de l’eau. On évite ainsi les risques de contamination des produits dans la pompe et dans la ligne menant aux buses. Le meilleur endroit pour effectuer ces multiples rinçages demeure le champ qu’on vient juste de traiter. La concentration réduite de la bouillie n’aura pas de conséquences néfastes sur la culture. Source : Ontario Farmer LE BULLETIN DES AGRICULTEURS
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PHOTOS : JOHANNE VAN ROSSUM
Refroidissement et aération du grain Si le grain a été séché jusqu’au taux d’humidité voulu, c’est la mauvaise gestion de la température qui devient la principale cause de détérioration du grain. Quand la température du grain varie dans le silo, l’humidité à l’intérieur de l’installation d’entreposage peut migrer et s’accumuler dans certaines zones où le grain se détériorera. Ce phénomène peut survenir chaque fois que la température varie dans le silo. Cependant, il se produit surtout quand le grain à l’intérieur est chaud et que le temps à l’extérieur est froid. Dans le silo, le grain est bien isolé. Sans une bonne gestion de la température, le grain et l’air qui l’entoure risquent de conserver leur température d’entrée dans le silo (10 °C à 27 °C). Quel que soit le moment de l’année, la température du grain ne devrait jamais
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INFO CULTURES
VOIR plus loin Pour augmenter le potentiel de rendement et réaliser de meilleurs revenus, commandez vos semences déjà traitées avec l’inoculant OptimizeMD dès aujourd’hui. La technologie LCO de Optimize améliore la capacité de votre culture de soya à utiliser les nutriments. Stimulez la formation des nodules, la fixation d’azote ainsi que la croissance des racines et des tiges pour améliorer la performance des plants. Tirez le maximum de votre culture de soya avec Optimize. Contactez votre détaillant ou visitez www.OptimizeLCO.ca.
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28 MARS 2015 LE BULLETIN DES AGRICULTEURS
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INFO CULTURES
La protection du sol par les résidus Les résidus de tiges et de feuilles laissés au champ après la récolte sont une source importante de matière organique et d’éléments nutritifs pour la prochaine culture. Lorsqu’ils sont laissés en surface, ces mêmes résidus deviennent des outils précieux pour contrer l’érosion. Pour répondre à la demande de nouvelles sources d’énergie ou encore pour combler les besoins alimentaires ou de litière du troupeau, il est tentant de ramasser une partie de ces résidus. Afin de préserver un certain équilibre, il est important de maintenir un pourcentage de couverture adéquat. Pour estimer la quantité de résidus restant au champ, la technique du ruban à mesurer ou des nœuds sur la corde demeure un outil simple et efficace. Si la corde mesure 30 m (100 pi), un nœud ou une marque doit être fait tous les 30 cm (1 pi). Placé en diagonale, chaque nœud rencontrant un résidu de culture, une mauvaise herbe ou un reste d’engrais vert compte pour un point. Le compte ainsi obtenu multiplié par 100 donne le pourcentage de couverture. L’objectif minimum à atteindre est de 30 % après le semis. En prenant les mesures à l’automne, on peut prédire le résultat après le semis, selon les pourcentages établis par l’Université de l’État du Michigan. Le tableau ci-dessus indique le pourcentage de couverture moyen observé après diverses opérations culturales. C’est un guide pour estimer les impacts de différentes techniques selon les espèces cultivées. Toutefois, la vitesse d’avancement, la profondeur du travail et l’humidité du sol
influencent grandement les résultats obtenus. Ces variables sont reflétées par les différences entre le minimum et le maximum pour chacune des opérations. Lorsque plusieurs passages sont réalisés, il faut multiplier chacun d’eux pour obtenir l’estimation finale. Ainsi, si on récolte le soya (80 %) X un passage au chisel (40 %) X décomposition par hiver (80 %) suivi d’un passage de vibroculteur avant de semer X (75 %), X semis de maïs avec un planteur (95 %) le pourcentage final devrait se situer à 18 % de couverture. Cet exercice permet d’identifier les opérations culturales absolument nécessaires ou les ajustements aux méthodes culturales permettant de maintenir le couvert à 30 % minimum.
Planifier ses pulvérisations en fonction des vents Saviez-vous qu’il existe sur Internet un outil tout à fait gratuit, capable de formuler des recommandations de pulvérisation en fonction des prévisions des vents, afin de prévenir la dérive ? Développé par Weather INnovations, une entreprise ontarienne, SPRAYcast couvre principalement le Manitoba, l’Ontario et le Québec. L’outil est en anglais seulement, mais il demeure très facile à utiliser. Sur la page Internet de SPRAYcast, on commence par pointer le curseur à un endroit près de sa ferme, sur une carte géographique. Il est possible de « zoomer » dans la carte pour plus de précision. On choisit ensuite la hauteur du boom du pulvérisateur : 0,6 m (2 pi) ou 1,2 m (4 pi). L’option « aerial application » serait pour la pulvérisation à l’aide d’un avion. Pour voir les prévisions des vents pour la journée en cours et les deux suivantes,
ainsi que les recommandations de pulvériser ou pas, on défile l’écran vers le bas. Dans la colonne de gauche du tableau, il est question de gouttelettes fines, moyennes ou plus grosses. Les autres colonnes de la moitié supérieure du tableau sont les recommandations. En rouge, « no spray » signifie que les conditions de vent ne se prêtent pas aux pulvérisations. En vert (good), les conditions sont bonnes, en bleu (fair), les conditions sont adéquates et en jaune (poor), les conditions sont plutôt mauvaises. Le tableau nous indique aussi pour chaque heure de la journée la vitesse du vent, sa direction (une flèche vers le haut correspondant à un vent qui souffle du sud vers le nord), les précipitations et la température. SPRAYcast se fonde sur des modèles de prévision et des données provenant d’Environnement Canada. Visitez le site weatherinnovations.com LE BULLETIN DES AGRICULTEURS
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INFO CULTURES
Encore plus de soya en 2015
Sébastien Hébert, agronome Directeur de compte
Évaluer la survie du blé d’hiver Enfin, le printemps est à nos portes! Ce sera bientôt le temps d’aller voir quel sort le dur hiver que nous venons de connaître a réservé à nos champs de blé d’automne. Évaluer la survie hivernale du blé d’automne est un exercice qui fait appel à la patience et au sens de l’observation. À partir du 15 avril, il faudra visiter les champs à plusieurs reprises avant d’en avoir le coeur net. Une fois la neige partie, un champ de blé peut avoir l’air très mal en point, puis démarrer en force deux semaines plus tard. L’inverse se produit aussi : la verdure observée lors de la première visite peut disparaître à la suite de douloureux épisodes de gel et dégel. Pour bien survivre à l’hiver, le blé doit avoir toutes les chances de son côté avant qu’arrivent les grands froids. Il aura été semé idéalement entre le 10 septembre et le 10 octobre, à une profondeur d’environ 38 mm (1,5 po). Un engrais riche en phosphore appliqué en démarreur favorisera la survie à l’hiver et stimulera les rendements. On ne voudra pas manquer non plus de potasse, un élément qui agit comme antigel dans le plant. N’oublions pas que l’eau et la glace au printemps peuvent beaucoup nuire à la survie du blé. Il importe donc de semer sur des champs qui ont un bon égouttement de surface. Vers la fin de l’hiver, le sol est encore gelé et l’eau de surface n’atteint pas les drains souterrains !
Semé sous de bonnes conditions, chaque plant de blé pourra se doter d’un bon ancrage en développant ses racines latérales. Sa tige sera suffisamment large (environ 5 mm), afin de protéger le point de croissance du froid et du dessèchement. Ces caractéristiques pourront s’observer sur les plants sains au printemps. Ceuxci se laisseront arracher sans que la tige se détache des racines. Ce ne sont pas les feuilles qui nous intéressent, mais plutôt les racines et la base de la tige : on les veut blanches, sans odeur ni autre trace de pourriture. Des plants de blé mal ancrés seront plus sensibles au déchaussement par les cycles de gel et dégel. C’est entre autres pour cela qu’il faut retourner plusieurs fois observer la survie. La dernière observation peut même se faire en mai, puisqu’il sera toujours temps d’implanter une céréale de printemps ou une autre culture. La mauvaise survie peut être généralisée, ou concentrée dans des secteurs qu’il sera possible d’isoler et de réensemencer. Ne sous-estimez pas la capacité du blé à livrer un bon rendement, même quand sa population semble décimée. Comme nous le dévoile le tableau ci-dessous, même avec le tiers des plants qui restent sur un rang, le potentiel de rendement s’élève à 85 %.
Potentiel de rendement en fonction du peuplement au printemps Nombre de plants par mètre sur le rang
Nombre de plants par pied sur le rang
Potentiel de rendement
Rendement, semis au 5 octobre
Rendement, semis au 15 octobre
66
20
100 %
5,34 Tm/ha
4,84 t/ha
33
10
95 %
5,11 Tm/ha
4,57 t/ha
23
7
90 %
4,84 Tm/ha
4,37 t/ha
20
6
85 %
4,57 Tm/ha
4,10 t/ha
16
5
80 %
4,30 Tm/ha
3,90 t/ha
Source : Collège Ridgetown de l’Université de Guelph
30 MARS 2015 LE BULLETIN DES AGRICULTEURS
Les terres consacrées au soya cette année au Canada devraient atteindre un niveau record, selon un rapport de janvier dernier d’Agriculture Canada. Le gouvernement prévoit une hausse de 4 % des superficies prévues pour la culture du soya, pour un total de 5,8 millions d’acres. L’Ontario mène le bal de cette progression en raison de davantage de terres disponibles, mais la croissance est visible au Québec également. Agriculture Canada attribue cette hausse aux mauvaises conditions météo qui a limité les zones dédiées au blé d’hiver. Les producteurs semblent aussi avoir favorisé le soya à la suite de prix avantageux sur les marchés. Le soya offrirait aussi des rendements plus stables en situation de croissance difficile, en comparaison à d’autres cultures. La culture du soya progresse de manière marquée depuis 2008 au pays. Elle a même presque doublé en plus de 20 ans avec une hausse de 186 % depuis 1994. Agriculture Canada prévoit que le nombre de champs disponibles pour la culture devrait revenir à la normale pour cette année. L’organisme se base pour faire cette prévision sur un printemps normal côté conditions météo et une réduction des terres en jachère. Pour les autres cultures, le canola demeure la culture la plus importante avec 20,8 millions d’acres, en hausse de 2 % par rapport à l’année dernière. Le blé devrait connaître la plus faible hausse à 19,5 millions d’acres contre 19,4 en 2014. La culture de l’orge devrait grimper de 9 % à 6,4 millions d’acres. Les lentilles suivent avec 3,5 millions d’acres, une augmentation de 11 % sur l’année dernière. Le maïs suivrait la même tendance avec une hausse de 3,5 % à 3,3 millions d’acres. Pour l’avoine, 2015 verrait une hausse de 10 % à 3,1 millions d’acres alors que la culture du lin augmenterait de 11 % à 1,7 million d’acres.
INFO CULTURES
Semer le soya pendant le blé d’automne ou après ? Semer du soya dans un champ de blé d’automne jusqu’à six semaines avant la récolte de celui-ci est une technique baptisée MRI pour Modified Relay Intercropping. Cette technique est-elle avantageuse lorsqu’on compare les rendements obtenus avec le Double Cropping (DC) où le soya est semé après la récolte de blé? Les résultats obtenus en Indiana ont démontré un avantage de rendement pour le soya avec le MRI surtout dans la zone nord et la zone centrale. Mais, il faut aussi tenir compte du rendement en blé. Des essais supplémentaires ont été mis en place en 2014 en Ohio sur deux sites pour comparer le total du rendement des deux cultures de cette région. Selon les données présentées dans le tableau, il est clair que le rendement de soya est supérieur avec le MRI puisque la date de semis est plus tôt en saison. De plus, un gel hâtif en 2014 est venu hypothéquer sérieusement le soya au site 2, ce qui a considérablement réduit le rendement dans le système DC. Toutefois, le rendement du blé est favorisé avec cette technique.
Dans le système MRI, le passage du semoir peut causer certains dommages à la culture de blé, car le semis a lieu après l’épiaison du blé. De plus, les espacements plus larges peuvent également réduire le potentiel de rendement de la céréale.
LE BULLETIN DES AGRICULTEURS
MARS 2015
31
INFO CULTURES
Accélérer la transition au semis direct Les premières années en semis direct en continu s’accompagnent souvent d’une baisse de rendement. Pourtant, en injectant une bonne dose d’activité biologique dans le sol, il est possible d’accélérer la transition et de profiter rapidement des avantages du semis direct. Comment faire ? En misant sur les SCV : les semis sous couverture végétale permanente. Grand spécialiste des SCV au Québec, l’agronome Louis Pérusse croit avoir trouvé la recette. « Je suis en train de développer une approche qui permettra de compléter la transition au semis direct quasiment en un an », dit-il. En agriculture conventionnelle, tout est basé sur la chimie et la mécanique, observe Louis Pérusse. Il croit qu’il faudrait plutôt miser sur l’activité biologique. « Je vois souvent des semis directs qui ne
sont pas durables dans le temps. Les gars ne font pas leur nivellement comme il faut, ils n’ont pas de rotation diversifiée et de la compaction se crée. » Son approche débute par un nivellement effectué dans de bonnes conditions, l’été plutôt qu’à l’automne. En juillet ou en août, le terrain est plus sec et les cultures de couverture semées après le nivellement auront amplement le temps de s’établir. Le nivellement est suivi d’un semis d’un mélange d’engrais vert contenant des plantes ayant différents types de racines. Une partie des graines sera incorporée par le passage d’une sous-soleuse. La sous-soleuse est nécessaire, même si l’esprit des SCV veut qu’on réduise l’usage de la machinerie, explique Louis Pérusse. On utilisera
L’effet bleu
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32 MARS 2015 LE BULLETIN DES AGRICULTEURS
idéalement un espacement de 20 po entre les dents, avec un outil de finition. L’effet de décompaction de la sous-soleuse ne sera durable que si les racines des engrais verts prennent le relais. L’année suivante commence non seulement le travail en semis direct, mais aussi la véritable conversion aux SCV : on sèmera directement dans un couvert végétal vivant ou mort. Dans la culture principale, on tentera d’implanter une culture intercalaire capable de prendre le relais à l’automne et de couvrir le sol jusqu’au printemps prochain. « Le concept des SCV est souvent mal compris, déplore Louis Pérusse. C’est bien plus que du semis direct et des plantes de couverture ! » Les SCV consistent à toujours avoir de l’activité biologique dans le sol, pour en maintenir la bonne structure et la bonne santé. Par une occupation permanente du sol par les systèmes racinaires, il devient plus résistant à la compaction. Le sol devient aussi plus spongieux, de sorte qu’il se draine mieux, tout en stockant plus d’eau pour traverser les périodes de sécheresse. Par les cultures de couverture, on cherche aussi à créer une biomasse qui augmentera la quantité de carbone dans le sol. Ce carbone contribue à une minéralisation de l’azote mieux répartie dans le temps. La présence de racines et de leurs exsudats stimule l’activité microbienne, ce qui aide à rendre certains éléments nutritifs plus disponibles et à neutraliser des maladies fongiques.
Le problème du phosphore Voici quelques faits sur le phosphore, un élément nutritif souvent responsable de pollution. Quand on perd du phosphore, c’est aussi du bon sol qu’on perd ! Saviez-vous que ? – La quantité de phosphore appliquée en agriculture est très faible comparée à la quantité totale contenue dans le sol. – Certaines plantes, comme les algues, ont besoin d’encore moins de phosphore que les grandes cultures pour proliférer. – La grande majorité des pertes de phosphore se font hors saison de croissance. – Seule une petite fraction des pertes de phosphore passe par le drainage souterrain des champs. – Qui dit perte de phosphore dit perte de sol et perte d’autres éléments nutritifs. À long terme, les champs lavés de leur meilleur sol auront besoin d’être fertilisés encore plus intensément.
Optimiser le rendement, préserver l’environnement
Le saviez-vOus : tOus Les engrais azOtés n’Ont pas La même efficacité. Les ammonitrates, comme le can 27 YaraBela de Yara, sont plus fiables de par leur composition. Voici pourquoi : n Les ammonitrates contiennent une plus grande proportion d’azote sous forme de nitrate que les solutions azotées ou l’urée. n Le nitrate est plus facilement absorbé par les racines des cultures. n La disponibilité du nitrate pour les cultures est immédiate puisqu’il n’a pas à être préalablement transformé dans le sol. n L’absorption des ammonitrates dépend moins des conditions météorologiques que les autres apports d’azote. n Leur perte par volatilisation ammoniacale est beaucoup moindre qu’avec les solutions azotées ou l’urée. Voilà pourquoi le can 27 YaraBela de Yara figure parmi les sources d’azote les plus efficaces et les plus fiables tout en ayant un impact environnemental inférieur à celui d’autres produits azotés. Perte par volatisation en % de l’azote apporté n Terre labourable 27 % 25 %
n Prairie
22 %
20 %
14 %
15 % 10 % 5% 3% 0%
2%
Ammonitrate
Solution
Urée
Source : Étude du ministère de l'agriculture du Royaume-Uni (DEFRA-2003-2005)
yara.com LE BULLETIN DES AGRICULTEURS MARS 2015 33
Heureusement, tout s’est passé très vite.
Les producteurs connaissent l’importance d’offrir à leur maïs un départ dans un champ propre. Mais ils savent qu’il est tout aussi essentiel de le préparer pour bien finir la saison. Appliqué en postlevée, l’herbicide ArmezonMD agit rapidement pour maîtriser les mauvaises herbes à feuilles larges et détruire les graminées annuelles. Comme il appartient au groupe chimique 27, Armezon est un outil de choix qui offre un degré de sécurité inégalé pour la culture et sur lequel les producteurs peuvent compter pour combattre les mauvaises herbes résistantes aux produits du groupe 2, au glyphosate et aux triazines. Alors, pourquoi attendre? Offrez à votre maïs un milieu de vie sans mauvaises herbes au moment où ça compte le plus. Pour plus de détails, visitez agsolutions.ca/fr/armezon ou appelez le Service à la clientèle AgSolutionsMD au 1-877-371-BASF (2273).
Toujours lire et suivre les directives de l’étiquette. AgSolutions est une marque déposée de BASF Corporation; ARMEZON est une marque de commerce de BASF SE; toutes ces marques sont utilisées avec permission accordée à BASF Canada Inc. © 2015 BASF Canada Inc.
CONFÉRENCES DU BULLETIN
PAR ANDRÉ DUMONT
CONFÉRENCES DU BULLETIN
AGRONOMIE, MÉTÉO ET TECHNOLOGIE, UN TRIO INSÉPARABLE
Pour une rare fois en grandes cultures, nous voyons poindre trois outils tout à fait fascinants. La technologie est prête, il ne reste plus qu’à la déployer et à l’intégrer à nos pratiques agricoles. En janvier dernier, les Conférences du Bulletin des agricultures ont traité de stations météo à la ferme jumelées à des outils de prise de décision, de drones pour dépister les champs et de modèles d’application d’azote à taux
variables en fonction des sols et de la météo. Pour conclure la matinée, notre chroniqueur Jean-Philippe Boucher nous a dressé un portrait réaliste d’un marché des grains baissier. Une bonne mise en marché n’a jamais été aussi nécessaire. Ces conférences ont eu lieu dans le cadre du Salon de l’agriculture de SaintHyacinthe. Voici le résumé de ce que nos conférenciers ont présenté aux visiteurs présents.
PHOTOS : MARIE-JOSÉE PARENT
Merci à nos commanditaires
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CONFÉRENCES DU BULLETIN
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MÉTÉO : BIEN PLUS QUE DES OBSERVATIONS ET DES PRÉVISIONS ! Vous souhaitez vous doter d’une station météo à la ferme ? Ian Nichols nous partage ses 14 ans d’expérience à inventer de nouveaux moyens d’utiliser la météo en agriculture.
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iplômé en agroéconomie et lui-même producteur agricole, Ian Nichols s’est vu proposer un énorme défi en l’an 2000. Au campus de Ridgetown de l’Université de Guelph, où il enseignait, on lui a demandé de développer des outils qui permettraient aux agriculteurs de faire un meilleur usage des données météorologiques. « Au début, les gens voulaient nous décourager, racontet-il. On nous disait que tout le monde parle de météo, mais que personne n’en fait quoi que ce soit ; qu’on ne peut pas changer le temps qu’il fait et que de toute façon, la météo est gratuite, à la radio, à la télévision et même dans l’Almanach des fermiers ! » Quatorze ans plus tard, Ian Nichols ne dirige plus un simple projet universitaire. L’entreprise s’appelle Weather INnovations, elle compte 20 employés et elle dessert des clientèles agricoles principalement au Canada, mais aussi aux États-Unis et en Europe. Plus de 15 outils météorologiques ont été développés et déployés. Vous songez à vous doter d’une station météo à la ferme ? Avant de prendre une décision, voici les leçons qu’Ian Nichols a voulu transmettre à partir de sa propre expérience. 1. Les données brutes sont très ennuyeuses. On ne s’achète pas une station météo sans savoir ce qu’on fera avec les données générées. Elles seront inutiles, à moins de les transposer en images et de les comparer à d’autres données. Par exemple, on voudra générer un graphique illustrant les écarts de température avec la normale pour comparer la saison qui se termine avec les saisons antérieures. 2. Une station météo, c’est comme un bébé : il faut s’en occuper ! Elle doit être placée au bon endroit (pas sous un débord de toit !) et avoir une bonne communication sans fil. Il faut aussi les calibrer et les nettoyer de temps en temps.
Ian Nichols, président de Weather INnovations, une entreprise spécialisée dans le développement d’outils météorologiques à Chatham, en Ontario. Il tient un pluviomètre dans ses mains.
3. « Quand le lait est gratuit, on ne s’achète pas une vache ! » Bref, les données dont vous avez besoin sont peut-être déjà disponibles gratuitement, qu’il s’agisse d’observations ou de prévisions. En grandes cultures, ce sont surtout les précipitations qui importent. Pour plus de précision que les services de météo gouvernementaux, on peut mesurer soi-même les précipitations à l’aide d’un pluviomètre manuel ou électronique. Ian Nichols suggère aux agriculteurs de participer bénévolement à CoCoRaHS, un projet de l’Université de l’État du Colorado qui donne accès à des relevés de pluviométrie quotidiens. Il existe un vaste choix de stations météo pour la ferme, du modèle pour les consommateurs réguliers aux modèles plus avancés, dotés d’une multitude de capteurs. Pourquoi ne pas partager une station météo avec trois voisins agriculteurs, suggère Ian Nichols. « De toute façon, la météo à l’avant de votre champ pourrait ne pas être la même qu’au fond de votre champ. Tant qu’à ne pas capter toute la variabilité, une station partagée peut être tout à fait convenable. » Des outils très utiles aux producteurs de grandes cultures sont disponibles en anglais sur Internet, notamment sur Weather Central, un site développé par Weather INnovations, en collaboration avec Bayer CropScience et Semences Pride. Plusieurs des outils sont gratuits, après s’être inscrit sur le site. On y trouve par exemple des outils pour estimer le stade de maturité du maïs, estimer le séchage du grain au champ, prévoir les pulvérisations en fonction des vents (SPRAYcast) et savoir quand démarrer la ventilation du silo (BINCast). On y trouve aussi toutes les lectures et les prévisions générées avec les données d’une station météo sur le site d’Expo-Champs à Saint-Liboire. cocorahs.org/Canada, weatherinnovations.com, weathercentral.ca LE BULLETIN DES AGRICULTEURS MARS 2015 37
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CONFÉRENCES DU BULLETIN
Benoit Fradin pilote son drone.
DÉPISTER EN QUADRICOPTÈRE Le drone nous apporte une nouvelle perspective plutôt spectaculaire sur nos champs. Il deviendra rapidement un outil indispensable en agriculture.
B
enoit Fradin a toujours aimé survoler les champs. En hélicoptère, aux commandes d’un avion léger ou même en paramoteur. « Quand je pilote un avion, je suis un peu dangereux, parce que je regarde tout le temps vers le bas, dans les champs ! » Ce danger est maintenant chose du passé. En 2014, il s’est procuré un drone, qu’il pilote en restant les deux pieds sur terre. Expert céréales et plantes fourragères chez William Houde, il a voulu évaluer le potentiel d’un tel outil en agriculture. Son choix s’est arrêté sur un quadricoptère (un hélicoptère à quatre hélices) d’à peine 1,2 kg, le Phantom Vision 2 Plus, pour environ 1500 $. L’appareil se pilote avec une télécommande, à laquelle on attache un téléphone intelligent relié par signal Wi-Fi à la caméra du drone. Les quatre hélices indépendantes offrent une stabilité de vol. Par vent de 30 km/h, le drone arrive à rester tout à fait stationnaire. La caméra est accrochée à son propre système de stabilisation. Elle peut prendre des photos ou filmer des vidéos en haute résolution.
38 MARS 2015 LE BULLETIN DES AGRICULTEURS
Benoit Fradin est expert céréales et plantes fourragères chez William Houde. Il présente son drone à l’assistance.
COUP DE FOUET
CONFÉRENCES DU BULLETIN
Augmentations de rendement obtenues en ajoutant du Coup de Fouet® aux mélanges herbicides suivants : 450 kg/ha 400 kg/ha
446 kg/ha**
350 kg/ha 500 kg/ha 350 kg/ha 300 kg/ha
PHOTO : BENOIT FRADIN
250 kg/ha
L’utilisation d’un drone permet d’évaluer rapidement l’état d’un champ. Doit-on resemer ou pas ? Le dilemme peut être vite résolu.
Ce type d’appareil est idéal pour survoler un ou deux champs et réaliser un dépistage. Sa pile ne lui accorde qu’une autonomie de 20 minutes. Pour survoler plus de 20 ha et obtenir aussi des images proche-infrarouge, il faudra utiliser un autre type de drone. Depuis la fin novembre, le flou réglementaire entourant l’usage des drones a été clarifié, ouvrant la voie à un usage commercial en agriculture. Ils peuvent être utilisés en milieu rural à condition de voler à moins de 9 km d’un aéroport, à moins de 90 m d’altitude et à moins de 150 m de personnes, d’animaux, de bâtiments, de structures ou de véhicules. Voici quelques usages que Benoit Fradin a explorés l’an dernier : – Évaluation de la survie du blé d’hiver. – Évaluation de l’état d’une luzernière (survie des espèces, effets du drainage de surface). – Observation des dommages par la sclérotiniose dans le soya. – Repérage des zones compactées. – Repérage des drains. Dans certains cas, les images aériennes ont révélé des problèmes insoupçonnés, invisibles mêmes d’une cabine de tracteur. « Le drone est un outil qui va vite devenir indispensable pour les producteurs, les représentants, les conseillers et les experts agricoles, prévoit Benoit Fradin. Nous devrons toujours marcher nos champs, mais ils nous permettront de cibler plus rapidement les zones à dépister. »
200 kg/ha
302 kg/ha 233 kg/ha***
150 kg/ha 50 kg/ha 0 kg/ha
MARKSMAN + GLYPHOSATE ( 6 essais )
CALISTO + ATRAZINE avec/ou sans glyphosate ( 9 essais )
HERBICIDES DU GROUPE 27 ( 19 essais )
Essais effectués par l'Université de Guelph entre 2008 et 2014. Résultats statistiquement significatif ( * = P<0.1, ** = P<0.05, *** = P<0.01) Dans le maïs, le "Coup de fouet" en mélange avec certains herbicides augmente de façon significative les rendements sans réduire le contrôle des mauvaises herbes / Ça marche - GARANTI
www.axter.ca LE BULLETIN DES Coup de Fouet® est une marque de commerce enregistrée par Axter Agroscience inc. et ne peut être utilisée sans permission
AGRICULTEURS
MARS 2015
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CONFÉRENCES DU BULLETIN
Drone eBee
Dans cette photo, prise par un drone, on remarque les variations de couleurs dans le champ de maïs en haut à gauche. Celles-ci révèlent un problème de drainage.
Le drone est un véritable outil d’agriculture de précision, capable de nous aider à mieux maîtriser la variabilité des champs et à optimiser nos rendements.
40 MARS 2015 LE BULLETIN DES AGRICULTEURS
L
IMAGE PAR DRONE DE DENICOURT ARPENTEURS-GÉOMÈTRES INC.
UN NOUVEL OUTIL D’AGRICULTURE DE PRÉCISION
es drones multirotors (à hélice) conviennent tout à fait pour la photo, la vidéo et le dépistage. Chez Denicourt arpenteurs-géomètres, on a plutôt opté pour un drone de type « aile volante », plus léger et plus performant. Le petit avion sans pilote ne pèse que 700 g et peut survoler 100 ha en 25 minutes. Chargé de projet chez Denicourt, François Desrosiers utilise un drone eBee, de fabrication suisse. Ce modèle peut atteindre une vitesse de croisière de 60 km/h, braver des vents de 45 km/h et partir jusqu’à 35 minutes en mission. Les vols du eBee sont planifiés à l’avance avec un logiciel. À tout moment, le pilote au sol peut reprendre contrôle de l’appareil. Un vol typique consiste à survoler une parcelle selon un plan de vol qui permettra de la photographier au complet. Un logiciel assemble ensuite les photos pour créer des images du champ. La caméra attachée au drone ne tourne pas d’images vidéo. Cependant, elle capte des images en proche infrarouge, une fréquence qui permet ensuite d’établir le NDVI, un indice de végétation qui correspond à l’intensité de la chlorophylle des plantes. Un seul vol peut mener à plusieurs applications. Par exemple, on pourra à la fois mesurer la superficie exacte d’un champ, géoréférencer des zones problématiques et même identifier un problème spécifique comme... une grosse mauvaise herbe !
TM
Le survol d’un champ peut aussi servir à en établir les courbes de niveau en prévision de travaux de nivellement ou de drainage. Les images peuvent également nous montrer où sont les zones du champ où la végétation souffre de mauvais drainage. Dans un projet mené avec l’agronome Carl Bérubé, du Club Agri-action de la Montérégie, le drone a servi à mesurer l’intensité du couvert de végétation d’un champ de blé d’automne. Une corrélation a ensuite été établie entre les images prises par le drone, l’indice de végétation et les résultats enregistrés par le capteur de rendement de la moissonneuse-batteuse.
Rapidité et précision Les drones permettent de générer rapidement des données de très grande précision (jusqu’à 2 cm), qui serviront ensuite à la prise de décision. Pas besoin d’attendre qu’un satellite survole le champ par une belle journée dégagée ! La démarche de planification du vol, de décollage et de survol d’un champ se fait en deux à quatre heures. Les premiers résultats peuvent être générés en moins de 24 heures. Ces données doivent être interprétées, idéalement par un agronome. L’intervention pourra être immédiate, par exemple, en corrigeant la fertilisation dans des zones de champ affectées par une carence. « L’usage du drone en agriculture de précision est là pour rester, affirme François Desrosiers. Il s’agit d’un outil supplémentaire à l’amélioration du rendement, à la prise de décision et à la gestion de votre entreprise. »
François Desrosiers, chargé de projet chez Denicourt.
RR SOYBOOSTER augmente significativement le rendement du SOYA de 195 kg/ha lorsque mélangé avec le glyphosate. Rendement moyen obtenu dans 14 essais scientifiques effectués par des tierces parties indépendantes
Taux d’application du RR SOYBOOSTER : 0,8 l/ha - 5,17 $/ha, aucun coût d’application supplémentaire.
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AGRICULTEURS
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CONFÉRENCES DU BULLETIN
COUP D’ŒIL SUR LE FUTUR En connaissant mieux nos sols et en disposant de données météorologiques hyperlocales, nous pourrons augmenter la productivité de nos champs.
A
imeriez-vous faire un voyage dans le temps pour savoir comment seront cultivés vos champs dans le futur ? Certaines des pratiques agronomiques de l’avenir sont déjà à l’essai, au stade expérimental, sur des fermes qui ressemblent à la vôtre. Spécialiste des grandes cultures chez DuPont Pioneer dans l’Est ontarien, Paul Hermans nous propose un coup d’œil sur un outil futuriste, qui sera un jour à la portée des producteurs d’ici. L’idée de base consiste à mieux gérer deux grandes variables en grandes cultures : la météo et les intrants. En production de maïs-grain, la semence et les engrais peuvent facilement représenter des dépenses de 750 $/ha, soit environ la moitié des coûts de production. Les produits et les quantités utilisées varient selon les champs et les saisons. Il y a donc lieu de mieux les utiliser, notamment par des applications à taux variables échelonnées dans le temps. L’azote gagne à être fractionné et appliqué avec plus de précision. Le placement de cet engrais, avec des pendillards en Y en postlevée par exemple, peut contribuer à réduire les pertes par lessivage et augmenter le prélèvement par la plante. Selon Paul Hermans, il faut garder en tête que les hybrides d’aujourd’hui prélèvent du sol une plus grande part de leur azote (37 %) après la floraison. Raison de plus d’explorer les moyens de fractionner en appliquant les bonnes doses. Des études dans le Corn Belt américain ont révélé qu’en moyenne, les producteurs subissaient 100 $ de pertes de revenu à l’hectare en raison d’un manque d’azote et 50 $ de l’hectare en raison d’excès d’azote. La perte nette moyenne serait de 150 $/ha. « Pour le producteur qui veut mieux gérer son azote, il y a des opportunités », affirme Paul Hermans. La solution passe par des données météorologiques locales très précises et une meilleure connaissance des types de sol.
Paul Hermans, spécialiste des grandes cultures chez DuPont Pioneer.
zones de gestion, que le producteur utilise pour réaliser des applications à taux variables. Encirca permet de savoir à tout moment combien d’azote est contenu dans le sol. On peut donc faire des applications très précises en postlevée pour combler les besoins de la plante, tout en tenant compte des coûts de l’application et du prix espéré pour la récolte. Au Canada, les cartes de sol générées par les services gouvernementaux ne sont pas assez précises pour déployer Encirca. Paul Hermans a donc entrepris un ambitieux projet dans l’Est ontarien. Onze producteurs se sont dotés de stations météo. Les précipitations ayant une grande influence sur la mobilité de l’azote, il croit qu’il est crucial de disposer de données météorologiques très locales. Lors d’une tempête, des champs peuvent être arrosés abondamment, d’autres peu et certains pas du tout. L’agronome a aussi entrepris de mieux cartographier les sols. À l’aide d’un Veris, il mesure la conductivité des sols, qui se traduit par une texture allant du sable à l’argile, en passant par les loams. Lors des mêmes passages, il mesure aussi la matière organique et le pH. Dès 2015, les producteurs participants pourront réaliser des essais de fertilisation à taux variables en combinant météo, connaissance des sols et topographie. « Le futur est plein de promesses, croit Paul Hermans. En comprenant mieux nos sols et en disposant de données météorologiques très locales, nous pourrons aller de l’avant avec des modèles qui vont propulser la productivité de nos champs. »
Un outil avancé Aux États-Unis, Pioneer a commencé le déploiement commercial d’Encirca, un outil très avancé de gestion de l’azote. Les producteurs clients de ce service ont tous une station météo à la ferme. Ils disposent de données précises sur leurs textures de sol et la topographie de leurs champs. Avec Encirca, les champs sont divisés en Environmental Responses Unit (ERU). Il s’agit de zones à l’intérieur desquelles le mouvement de l’eau et de l’azote sera uniforme, en fonction de la texture du sol et de la topographie. Ces ERU sont transposées en 42 MARS 2015 LE BULLETIN DES AGRICULTEURS
Tableau de bord Encirca, pour la gestion de l’azote en fonction de la météo, des types de sol, de la topographie et de la rentabilité des applications.
Fourrages CAHIER
ET
Pâturages
Canadian Forage and Grassland Association Association canadienne pour les plantes fourragères
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Fourrages CAHIER
ET
Pâturages
Canadian Forage and Grassland Association
Association canadienne pour les plantes fourragères
Cette deuxième édition annuelle du Cahier des fourrages et des pâturages est publié conjointement par l’Association canadienne pour les plantes fourragères (ACPF) et la société Farm Business Communications, et distribué par l’entremise des revues Country Guide, Canadian Cattlemen et Le Bulletin des agriculteurs. Ce guide informe les producteurs de plantes fourragères et les éleveurs de bétail de tout le Canada sur les enjeux importants touchant le secteur des fourrages et des pâturages. Pour en savoir plus sur la gestion des fourrages et des pâturages dans votre région, nous vous encourageons à prendre contact avec votre association régionale ou provinciale et à participer à ses activités. Association canadienne pour les plantes fourragères (ACPF) / Canadian Forage & Grassland Association (CFGA) Corie Arbuckle 63, Clearwater Road Winnipeg (Manitoba) R2J 2T4 204 254-4192 info.cfga@gmail.com canadianfga.ca BC Forage Council Fran Teitge 250 267-6522 bcfc@bcforagecouncil.com farmwest.com/bc-forage-council Alberta Forage Industry Network Lyndon Mansell 780 592-2262 basicman@telusplanet.net albertaforages.ca
Saskatchewan Forage Council 306 969-2666 office@saskforage.ca saskforage.ca
Ontario Forage Council Ray Robertson 1 877 892-8663 ray@greyagservices.ca
Manitoba Forage & Grassland Association Wanda McFadyen 204 475-2241 info@mfga.net
soil & Crop Improvement Association of Nova Scotia Carol Versteeg 902 758-3530 carol.versteeg@scians.org scians.org
Association pour l’amélioration des sols et des récoltes de l’Ontario / Ontario Soil and Crop Improvement Association Andrew Graham 1 800 265-9751 agraham@ontariosoilcrop.org ontariosoilcrop.org
ÉDITEUR (version française)
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Yvon Thérien yvon.therien@lebulletin.com
Martin Beaudin (Québec) martin.beaudin@lebulletin.com 514 824-4621 Lillie Ann Morris (Ontario) lamorris@xplornet.com – 905 838-2826
RÉDACTRICE EN CHEF ADJOINTE
Marie-Claude Poulin marie-claude.poulin@lebulletin.com
2015
Conseil québécois des plantes fourragères Nathalie Gentesse 418 563-1104 cqpf@yahoo.ca cqpf.ca
Un cahier spécial réalisé par :
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Tendances dans l’industrie
canadienne des fourrages
Les associations provinciales du secteur des fourrages et du bétail font valoir le besoin et l’importance de la recherche.
PAR DOUG WRAY, PRÉSIDENT DE L’ASSOCIATION CANADIENNE POUR LES PLANTES FOURRAGÈRES
L
’industrie canadienne des fourrages est influencée par une dynamique nationale et internationale, comme l’est toute l’agriculture. Dans ce monde en évolution, les producteurs évaluent et élaborent continuellement des stratégies visant la réussite de leur plan d’affaires. Identifier les tendances est une façon de clarifier la situation et de nous donner une direction. Jetons un coup d’œil à plusieurs des tendances qui façonnent notre industrie fourragère.
La demande
La consommation de viande et de lait s’accroît dans plusieurs pays en développement à mesure que leur économie et le revenu de leurs habitants s’améliorent. Cela influence notre industrie des fourrages de deux manières. Tout d’abord, le bœuf canadien commence à se vendre avec succès dans plusieurs de ces pays, ce qui contribue à créer les prix record que l’on observe actuellement pour nos bovins et notre viande de bœuf. On s’attend beaucoup à ce que ces prix vigoureux stimulent la croissance de notre cheptel. Or, la ration des bovins se compose presque exclusivement de fourrages. Il faudra donc en cultiver davantage et avec des variétés à plus fort rendement pour combler ces besoins croissants. Le second impact qu’aura chez nous l’amélioration du régime alimentaire des pays en développement provient de leur intention de produire eux-mêmes plus de viande et de lait, bien qu’ils n’aient pas toujours toutes les ressources pour le faire. Pour certains d’entre eux, l’importation de fourrages de grande qualité s’avère une bonne façon d’augmenter leur production. Déjà, le Japon, la Corée et la Chine importent nos fourrages. Quelques pays du Moyen-Orient, ayant réattribué leur eau d’irrigation aux cultures à plus forte valeur économique, se sont mis à importer massivement nos fourrages pour leurs troupeaux laitiers et de chameaux. Le Canada, avec ses sols fertiles, ses précipitations, son
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infrastructure et ses producteurs compétents, est bien placé pour exporter vers ces marchés.
L’offre
Les fourrages sont la culture couvrant la plus grande superficie au Canada : quelque 13 millions d’hectares de variétés cultivées vivaces ou annuelles. Nous parlons ici des superficies consacrées au pâturage, au foin, au fourrage vert et à l’ensilage. Quelque 15 autres millions d’hectares de surfaces pastorales naturelles complètent l’approvisionnement des ruminants canadiens. Environ 80 % de la ration des bovins de boucherie se compose de fourrages, cette proportion étant de 60 % chez les bovins laitiers. Le partage de la terre avec les cultures commerciales et pour les autres usages limitera l’expansion des fourrages nécessaire au cheptel en croissance. Les producteurs adopteront donc des variétés améliorées et davantage de légumineuses; ils optimiseront leur gestion et leur système de production pour tirer le meilleur parti de leurs ressources. L’agrandissement des superficies fourragères se fera surtout dans les fermes mixtes, dans le cadre de leurs rotations. Déjà, des producteurs de cultures commerciales ont inclus avec succès un foin de grande qualité dans leur assolement. Ces champs de fourrages, gérés de façon intense, nourrissent une partie des bovins laitiers et des chevaux de l’Amérique du Nord et, outre-mer, approvisionnent principalement l’industrie laitière. Bien que ces superficies soient relativement petites dans le portrait global, elles permettent de faire de bénéfiques rotations aux fermes mixtes ou auparavant en monoculture.
L’environnement
Bien que l’on reconnaisse de plus en plus les bienfaits et les services apportés par les plantes fourragères, les connaissances scientifiques ont peu progressé à cet égard. En effet, il est très difficile et très onéreux d’étudier quantitativement la dynamique
des phénomènes comme les gaz à effet de serre, la séquestration du carbone, le cycle des éléments nutritifs et l’infiltration et le ruissellement de l’eau, en raison de la très grande variabilité des conditions de croissance et de l’interaction immensément complexe entre les facteurs de cause à effet. Heureusement, les pratiques culturales qui favorisent la productivité et la longévité des fourrages sont également bénéfiques pour l’environnement. Quand les producteurs améliorent leur gestion culturale, tout en produisant plus, ils observent intuitivement des bénéfices environnementaux qu’ils peuvent toutefois rarement quantifier. Le soutien en faveur de ces bonnes pratiques viendra peut-être des multinationales de l’alimentation désireuses d’apposer un label de « production durable » sur leurs aliments. Cela se jouera par le biais d’organismes comme la Canadian Roundtable for Sustainable Beef.
La recherche
Au Canada, la recherche sur les plantes fourragères a périclité au cours des 30 dernières années. Mais le vent tourne. Depuis sa création il y a cinq ans, l’Association canadienne pour les plantes fourragères (ACPF) fait activement valoir le besoin et l’importance de la recherche. Et déjà, les investissements se sont nettement accrus, au point de favoriser la rétention des chercheurs en poste et d’élaborer des plans de relève pour ceux qui partent à la retraite. Félicitons pour cela le travail méritoire des associations provinciales du secteur des fourrages et du bétail, et le leadership énergique du Beef Cattle Research Council (BCRC) et de son personnel, en particulier Andrea Brocklebank et Reynold Bergen. De même, des collaborations en Alberta, en Saskatchewan et au Manitoba en vue d’entreprendre ou d’intensifier l’étude de fourrages et de systèmes de gestion plus productifs font partie des gestes concrets qui mèneront résolument notre secteur vers la réalisation de son plein potentiel. n
2015
Quand faire paître vos animaux ? Votre pâturage est-il prêt à être brouté ? Commencez à compter les feuilles !
L
e moment idéal pour conduire les animaux au pâturage n’a rien à voir avec la hauteur de la plante, dit un expert en pâturage de l’Idaho. « La hauteur ne nous dit pas grand-chose », soulignait Jim Gerrish lors d’une visite organisée l’été dernier à Acme, en Alberta, par la Foothills Forage and Grazing Association. « Ce qu’on doit vraiment se demander, c’est : est-ce que la plante est prête, physiologiquement, à être broutée ? » Et pour répondre à cela, le stade auquel se trouvent les feuilles est le meilleur indicateur, insiste Jim Gerrish. « Ce qui détermine réellement si une plante est prête pour la paissance, c’est l’équilibre des sucres (glucides) qu’elle contient, dit-il. Quand la plante a beaucoup de feuilles, elle capte davantage d’énergie solaire pour la convertir en sucres. « Ensuite, on doit se demander à quel moment l’énergie s’écoule davantage du haut vers le bas de la plante que du bas vers le haut. Le stade foliaire nous en donne un bon indice. » La croissance des plantes se déroule en trois phases, décrit le consultant. Dans la phase 1, la plante capte peu d’énergie solaire et pousse donc lentement. À mesure que s’agrandit la surface de ses feuilles et qu’elle accroît sa capacité à capter l’énergie solaire, sa croissance s’accélère et elle entre dans la phase 2. Puis, dans la phase 3, la plante devient mature et sa croissance ralentit. Le stade deux à trois feuilles est la « période active de la phase 1 », alors que le stade trois à quatre feuilles est la « période calme de la phase 2 », a détaillé Jim Gerrish. « Idéalement, on devrait faire paître au stade quatre ou cinq feuilles. Mais est-ce correct si on le fait entre les stades deux feuilles et demie et trois feuilles et demie ? Cela dépend de ce vous allez faire le lendemain », répond-il. Dans une étude menée en Idaho, les chercheurs ont découvert qu’en retirant le troupeau de bovins après une semaine de paissance (broutage), la production totale de l’année n’était pas réduite. Cependant, une paissance de deux semaines a réduit
2015
PAR JENNIFER BLAIR
de 10 % à 20 % le potentiel de production annuelle. Qui plus est, une paissance durant quatre semaines a réduit ce potentiel de 20 % à 40 %, et durant six semaines, de 40 % à 60 %. « Sortir les animaux à la phase 1 active ou à la phase 2 calme et les laisser au pâturage pendant six semaines vous coûtera la moitié de votre production potentielle de l’année », illustre Jim Gerrish. « Mais vous pouvez sortir le troupeau assez tôt dans un pâturage en rotation, lui laisser prendre une bouchée puis le déplacer, et tout ira bien. Si vous laissez ce pré repousser jusqu’à quatre ou cinq feuilles, vous n’aurez fait aucun dommage. » Si on constate sur dix plantes échantillonnées au hasard qu’elles sont au stade deux feuilles, Jim Gerrish recommande d’attendre le stade trois feuilles avant de faire brouter les animaux. « Si elles en sont au stade trois feuilles en moyenne, vous pouvez laisser le troupeau prendre une bouchée, le déplacer et laisser cette section prendre du répit jusqu’au stade quatre, cinq ou six feuilles », dit le spécialiste. Mais, dans la plupart des fermes, attendre que chaque pâturage se trouve au stade quatre ou cinq feuilles n’est pas réaliste, nuance-t-il. « On doit démarrer plus tôt qu’au moment optimal pour créer le type de pâturage que l’on désire pendant le reste de la saison. »
Une période de répit
La durée du répit allouée aux pâturages dépend, elle aussi, du stade foliaire. « Pour que les plantes récupèrent, il faut réellement qu’elles développent de nouvelles feuilles », dit Jim Gerrish. En début de rotation, les plantes peuvent être au stade deux feuilles, mais avant d’être broutées de nouveau, elles doivent idéalement être au stade cinq feuilles. Et la période de répit doit durer le temps qu’il faudra pour développer le nombre de feuilles nécessaire : dans ce cas-ci, trois feuilles de plus.
Selon le consultant en pâturages Jim Gerrish, le stade des feuilles –et non la hauteur de la plante – est le meilleur indicateur du moment où un pâturage doit être brouté. Photo : Jennifer Blair
Idéalement, on devrait faire paître au stade quatre ou cinq feuilles « En conditions très favorables, cela prend environ cinq à sept jours à la plante pour faire pousser une feuille, évalue-t-il. Dans ces conditions parfaites, combien de temps doit durer la période de répit ? De 15 à 21 jours, si vous multipliez cinq et sept par trois. » En conditions moins favorables, toutefois, la plante peut prendre de 10 à 15 jours – ou même plus – pour développer une nouvelle feuille, et la période de répit doit se prolonger en conséquence. « C’est cela qui détermine la durée de la période de répit : le temps nécessaire pour qu’une seule feuille repousse. À nouveau, on en revient à compter les feuilles. » Jim Gerrish admet que cela peut faire « étudiant zélé » de cueillir des plantes et d’en compter les feuilles. « Mais si vous être réellement prêt à améliorer la gestion de vos pâturages, alors je crois que cela devient essentiel à votre programme. » n jennifer.blair@fbcpublishing.com
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Plus de fourrages de meilleure qualité L’amélioration du rendement et de la valeur nutritive des plantes fourragères pérennes, les deux piliers d’une production fourragère réussie.
L
a production fourragère est une composante essentielle de l’agriculture canadienne et québécoise avec près de la moitié des surfaces agricoles. De plus, les fourrages jouent un rôle central dans les productions de lait et de viande, car ils constituent environ 60 % de la ration des vaches laitières et 80 % de celle des bovins de boucherie. Les innovations en production fourragère seront essentielles pour les secteurs laitiers et bovins de boucherie dans leurs efforts pour relever les défis et tirer profit des opportunités des prochaines années. Ces défis et opportunités s’articuleront principalement autour de quatre enjeux majeurs : la durabilité économique et environnementale des activités agricoles et leur acceptabilité sociale, les changements climatiques et l’augmentation de la population sur la planète.
Quelles sont donc les « solutions fourragères » à ces enjeux ?
Les « solutions fourragères » à ces enjeux locaux et globaux passent par l’amélioration du rendement et de la valeur nutritive des plantes fourragères pérennes, les deux piliers d’une production fourragère réussie. Ainsi, des rendements plus élevés et soutenus sur plusieurs années améliorent la profitabilité et la compétitivité des fermes laitières et bovines tout en supportant l’alimentation d’une population mondiale
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C A H I E R F O U R R A G E S E T PÂT U R A G E S
PAR GILLES BÉLANGER
croissante. De même, des fourrages plus digestibles et plus riches en sucres permettent d’augmenter la proportion des fourrages dans les rations et de diminuer l’utilisation de grains, ce qui assure une plus grande stabilité des coûts de production et une diminution des rejets azotés dans l’environnement tout en rendant disponibles ces grains pour l’alimentation humaine.
Peut-on augmenter le rendement de nos plantes fourragères ?
Le rendement de nos espèces fourragères pérennes n’a pas augmenté aussi rapidement que celui de plusieurs cultures annuelles comme le maïs et le blé. Une étude récente des progrès de l’amélioration génétique a indiqué que les rendements de luzerne aux États-Unis ont augmenté d’environ 0,25 % par année alors que ceux du maïs-ensilage ont augmenté de 1,4 % par année. Les auteurs de cette étude attribuent cette faible augmentation des rendements à la complexité et au nombre d’espèces fourragères, au fait que toute la biomasse aérienne est récoltée et aux faibles investissements dans l’amélioration génétique des plantes fourragères pérennes. Le rendement potentiel des cultures à un site donné dépend des conditions de rayonnement solaire, de température, de concentration en CO2 de l’atmosphère de
Gilles Bélanger est chercheur à Agriculture et Agroalimentaire Canada.
même que des caractéristiques de l’espèce cultivée. Ce rendement potentiel est toutefois rarement atteint à cause de stress tels que le froid, la sécheresse, les ravageurs, le mauvais drainage et autres. Il existe donc un écart parfois important entre le rendement potentiel et le rendement atteint. Cet écart pourrait même s’agrandir si l’utilisation de terres marginales pour la production fourragère s’accentue. L’amélioration du rendement potentiel de nos espèces fourragères est sans doute possible, mais elle exigera des efforts de recherche importants et ciblés. Entre autres, il faudra examiner des pistes de recherche comme l’augmentation de l’efficacité photosynthétique des espèces fourragères, l’amélioration du captage du rayonnement solaire au cours de la saison de croissance, ou encore la modification de la répartition
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de la biomasse entre les parties aériennes et racinaires. À court et à moyen terme, la réduction de l’écart entre les rendements potentiels et atteints apparaît comme une piste plus prometteuse. Très peu d’études ont été faites pour quantifier cet écart. Une étude américaine récente sur la luzerne suggère que le rendement moyen sur les fermes est d’environ 30 % du rendement potentiel. Pour diminuer cet écart, l’effet des différents stress sur nos espèces fourragères doit être mieux compris afin de développer des cultivars et des pratiques agronomiques qui assurent une plus grande tolérance à ces stress. Nos conditions climatiques hivernales sont un bel exemple de stress important pour les plantes fourragères pérennes et elles peuvent occasionner des pertes importantes de rendement, particulièrement pour des espèces sensibles à l’hiver comme la luzerne. Depuis l’introduction de la luzerne au Québec, la sélection génétique et le développement de pratiques agronomiques adaptées ont permis d’améliorer la survie à l’hiver de la luzerne. On n’a qu’à penser au cultivar Apica ou encore
est possible, mais elle entraîne souvent une diminution du rendement et de la persistance. Ainsi, réduire l’intervalle entre les coupes et récolter à un stade plus jeune permettent d’augmenter la digestibilité du fourrage, mais au détriment du rendement. De même, des cultivars de luzerne plus digestibles ont été développés au cours des dernières années, mais dans la plupart des cas, ils avaient de moins bons rendements ou encore une moins bonne persistance. Le défi est donc d’augmenter la digestibilité des fourrages tout en maintenant ou même augmentant le rendement. Le défi est de taille, car il faut dissocier rendement et digestibilité. Nos travaux de recherche sur la fléole des prés ont démontré qu’il est possible de le faire en diminuant le ratio
entre la lignine et la cellulose. Des résultats semblables sur la luzerne ont été rapportés récemment par une équipe américaine. Il y a donc de l’espoir. Produire plus de fourrages de meilleure qualité est essentiel pour les producteurs agricoles canadiens et pour la planète. Des efforts soutenus de recherche multidisciplinaire seront toutefois nécessaires pour y arriver. n Ce texte est une synthèse d’une conférence que Gilles Bélanger a donnée à la réunion annuelle de l’Association canadienne pour les plantes fourragères en octobre 2014 à titre de récipiendaire du Prix du Leadership reçu en 2013.
Des chercheurs canadiens ont démontré qu’il est possible d’améliorer la tolérance au froid de la luzerne et du trèfle rouge de plus de 5 °C aux recommandations de gestion de coupe à l’automne. Ces progrès ne sont toutefois pas suffisants pour éliminer les risques de dommages hivernaux. Des travaux récents annoncent un avenir plus prometteur. Grâce à une approche novatrice de sélection, des chercheurs canadiens ont démontré qu’il est possible d’améliorer la tolérance au froid de la luzerne et du trèfle rouge de plus de 5 °C. Ces innovations sont particulièrement importantes dans le contexte des changements climatiques, car on y prévoit une augmentation des risques de dommages hivernaux à la luzerne.
Améliorer la valeur nutritive sans diminuer le rendement, est-ce possible ?
La digestibilité des fourrages est l’un des aspects les plus importants de la valeur nutritive des fourrages. Son amélioration
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Si vous choisissez l’une des rotopresses fables, pour toutes récoltes et à toute épreuve de John Deere, vous pouvez être sûr qu’elle continuera à effectuer votre mise en balles longtemps après que les autres auront rendu l’âme. Mais comment fait-on? Les rotopresses de la série 9 sont équipées d’arbres porte-galets et de roulements respectivement 6,35 mm (0,25 po) et 38,1 mm (1,5 po) plus grands que ceux des machines de la série 8. Grâce à un arbre de direction de taille plus importante, ces rotopresses peuvent maintenant supporter des charges encore plus lourdes, dans les conditions les plus diffciles. Quant à leurs nouveaux roulements, ils chauffent moins, durent plus longtemps et sont plus fables. Les machines de la série 9 de John Deere ont été entièrement conçues pour améliorer votre rendement à tous les niveaux, tout en réduisant le risque de panne. C’est la raison pour laquelle un nombre croissant de producteurs choisissent d’utiliser les rotopresses John Deere plutôt que toute autre marque. Et, si jamais votre machine doit être réparée, il est rassurant de savoir qu’un concessionnaire John Deere n’est jamais loin, et qu’il vous aidera à reprendre rapidement vos activités. Rendez-vous dès aujourd’hui chez votre concessionnaire John Deere pour en savoir plus sur les rotopresses de la série 9, et faites le choix d’une plus longue durée de disponibilité.
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Faites le choix d’une plus longue durée de disponibilité
Revenons à la source : les bases d’un bon fourrage Le moment d’établissement d’un champ de fourrages est capital pour en assurer le succès. PAR RALPH PEARCE, DIRECTEUR DE PRODUCTION, COUNTRY GUIDE
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haque fois que chute le prix des produits agricoles de base, les questions se posent et les stylos s’activent : « Devrais-je semer une autre culture ? ». Dans l’Est du Canada, on songe souvent dans ce cas aux haricots de table, au soya à identité préservée, à l’avoine... ou peut-être même à l’orge ou au lin.
Pourquoi pas les fourrages ?
La réponse peut être complexe, selon la personne à qui on pose la question. Aujourd’hui, produire en qualité et en quantité ne demande pas les mêmes défis qu’il y a 15 ans. Cela peut dépendre de la démographie, de l’accès aux terres ou aux quotas laitiers. Ces trois dernières années, on a aussi beaucoup spéculé sur la possibilité d’exporter de la luzerne cubée produite dans une usine que l’on construirait quelque part dans l’Est du Canada. Mais, en dépit du potentiel de commer cialisation des fourrages dans l’État de New York ou au Moyen-Orient, le réalisme nous ramène toujours à la base. Les producteurs de fourrage ont tendance à penser que « plus on en sait, mieux on produit ». Joel Bagg, conseiller en plantes fourragères pour le ministère de l’Agriculture, de l’Alimentation et des Affaires rurales de l’Ontario (MAAARO), souligne que la culture des fourrages pour le cubage ou l’exportation nécessite des normes de qualité très strictes. Et que se lancer dans une culture relativement nouvelle exige souvent l’achat de nouvel équipement et l’adoption
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d’un nouveau régime de production, sans oublier toutes les années d’expérience à acquérir.
Considérations au semis
Tout de même, il est bon de se rafraîchir la mémoire sur les notions de base de la production fourragère. Par exemple, vaut-il mieux établir un champ de fourrages au printemps ou à l’automne ? Selon Aric Bos et Martina Pfister, spécialistes chez DuPont Pioneer, le printemps s’avère la saison qui facilite le plus l’établissement de cette culture. Bien sûr, cela dépend de la situation de chaque producteur et certains préfèrent l’automne, pour sa plus grande marge de manœuvre. Mais le semis de printemps offre aussi plusieurs avantages. « Avoir assez d’eau, c’est le plus grand défi, estime Aric Bos, qui travaille dans la région d’Exeter, en Ontario. « L’an dernier (2014), il n’y a pas eu de problèmes : j’ai vu beaucoup de champs de fourrages bien établis après un ensemencement entre le milieu et la fin d’août, après le blé, mais il est vrai que les précipitations ont été généreuses toute l’année. À long terme, toutefois, c’est au printemps qu’on a le plus de chances d’en avoir suffisamment, alors ce serait mon premier choix. Entre la fin de mars et presque la fin d’avril, ou même la mi-mai, c’est une bonne fenêtre, selon l’endroit où l’on vit. » Mais cela pourrait causer un conflit logistique avec les autres semis et les autres
opérations au champ (pulvérisations, etc.). En revanche, on bénéficie d’une plus grande fenêtre de manœuvre pour semer les plantes fourragères entre la fin de l’été et le début de l’automne, après la récolte du blé, une fois passés les jours chauds et secs. Mais trouver le bon moment, avec juste assez d’eau et avant le premier gel, c’est beaucoup demander. De même, les fortes pluies de mai, de juin ou d’octobre peuvent nuire aux jeunes peuplements de fourrages. C’est aussi pour cela que Martina Pfister préfère le printemps, et le plus tôt possible. « La luzerne n’a besoin que de 3 °C pour germer, on peut donc la semer plus tôt au printemps », dit Martina Pfister, qui œuvre dans la région de Baltimore, en Ontario, juste au nord de Cobourg. « Mais, en été, la luzerne a besoin d’environ six semaines de croissance avant le premier gel, alors si elle n’a pas le temps de bien s’établir – à cause de la sécheresse ou d’un semis trop tardif – le risque de dommage hivernal augmente. »
Autres influences
Parmi les tendances qu’obser ve Martina Pfister, il y a l’établissement d’un grand nombre de jeunes agriculteurs dans leur ferme familiale. Il est donc essentiel, selon elle, de les aider à comprendre pourquoi leur père ou leur grand-père semait des fourrages pour nourrir les vaches. Aric Bos ajoute que de nouveaux défis, comme la résistance des mauvaises herbes aux herbicides, sont des incitatifs à intégrer les fourrages dans la rotation.
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« Les problèmes de résistance aux herbicides varient selon le lieu de production, dit Aric Bos. Par exemple, dans certains comtés du sud-ouest de l’Ontario où des producteurs laitiers se heurtent à la résistance au glyphosate. Beaucoup d’entre eux cultivent du maïs et du soya Roundup Ready dans leur rotation, ce qui peut compliquer les choses pour repousser la résistance au glyphosate. » Aric Bos a remarqué un regain d’intérêt pour les fourrages même quand le prix des produits agricoles de base est élevé. Selon lui, les agriculteurs connaissent bien leurs coûts de production et plusieurs d’entre eux voient l’avantage économique des fourrages, même s’ils ne sont pas eux-mêmes éleveurs. Dans les années 1990, le Collège de Ridgetown a publié une étude approfondie révélant que le blé stimule le rendement du maïs et du soya qui suivent dans la rotation. Aric Bos ajoute que les fourrages peuvent faire la même chose. « D’après ce que j’ai vu, le MAAARO, l’industrie et l’Université de Guelph ont clairement démontré le bénéfice de la luzerne dans la rotation », dit-il, en parlant d’un gain potentiel de rendement de 7 % à 10 % dans le maïs qui suit la luzerne.
La luzerne a besoin d’environ six semaines de croissance avant le premier gel pour bien s’établir « Même les producteurs de cultures commerciales rentables commencent à considérer les fourrages avec intérêt, poursuit-il. Et il existe depuis longtemps un marché bien établi du foin, qui aura toujours besoin de fourrages de bonne qualité. Je crois que la production du foin – à tout le moins du foin sec – a toujours été une sorte d’art. » Martina Pfister ajoute que les agriculteurs sont bien conscients de l’importance des fourrages de bonne qualité. « Quand le prix des denrées agricoles de base est élevé, tout aliment supplémentaire coûte aussi plus cher. Alors, meilleure est la qualité des fourrages, moins élevée sera la facture à la fin du mois », conclut-elle. n
La recherche montre que, comme les céréales à paille, les fourrages peuvent stimuler le maïs qui suit dans une rotation.
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Le sainfoin, une nouvelle légumineuse pour les éleveurs de bovins Le sainfoin ne provoque pas de météorisation (ballonnement), ce qui en fait le compagnon idéal de nos plantes fourragères préférées, ou tout simplement un excellent fourrage cultivé seul. PAR RALPH PEARCE, DIRECTEUR DE PRODUCTION, COUNTRY GUIDE
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entionnez le terme « légumineuse fourragère » dans l’Est du Canada et le mot luzerne ou trèfle viendra à l’esprit d’à peu près tous les producteurs. Les éleveurs de bétail, parmi ceux-ci, pourront peut-être en nommer 10 ou 12 autres espèces, comme le lotier corniculé, le trèfle alsike, la fléole des prés, le dactyle pelotonné ou le brome des prés. Mais peu d’entre eux mentionneront le sainfoin, bien connu dans l’Ouest du Canada quoique relativement nouveau en Ontario et au Québec. C’est une légumineuse fourragère vivace, généralement plus grande que la luzerne, atteignant 90 cm (3 pi) de hauteur. Cette plante arbore des tiges creuses portant des feuilles divisées ressemblant à celles de la vesce. Elle possède aussi une racine pivotante, profonde et ramifiée. L’origine du sainfoin est incertaine, quoiqu’on le sait cultivé dans certaines parties de l’Europe et de l’Asie depuis plusieurs siècles. On l’a introduit en Amérique du Nord au début des années 1900, avec des variétés européennes résistant mal à nos hivers et donnant de faibles rendements. Puis, avec les cultivars mis au point en Russie et en Turquie, la rusticité hivernale commença à faire partie de son héritage génétique. Bien qu’on lui attribue habituellement un indice de rendement relatif de 90 % par rapport à celui de la luzerne, le sainfoin a donné un rendement comparable ou supérieur à celui-ci lors de tests réalisés à Winnipeg, au Manitoba, et à Lacombe, en Alberta. Les producteurs de l’Ouest canadien ont bénéficié des croisements effectués par Surya Acharya, généticien à la station de recherche d’Agriculture et Agroalimentaire Canada (AAC), à Lethbridge, en Alberta.
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Parmi les variétés de sainfoin qu’a créées le Dr Acharya, mentionnons Mountainview, Nova, LRC3900, LRC3519 et LRC3432. Son collègue le Dr Tim McAllister, spécialiste en nutrition et en microbiologie des ruminants à la Station de Lethbridge, a également travaillé sur le sainfoin.
En route vers l’est ?
Tarlok Singh Sahota, directeur de la recherche et des affaires à la station de recherche agricole de Thunder Bay, en Ontario, est un fervent partisan du sainfoin. Le Dr Sahota a semé ses premières parcelles d’essai à l’été 2014 et compte mieux comprendre les particularités de cette légumineuse au cours de l’année qui vient. Il ne voit pas pourquoi le sainfoin ne pousserait pas aussi bien dans l’Est que dans l’Ouest du Canada, quelles que soient nos inquiétudes concernant la chaleur, l’humidité ou les types de sol. « Le sainfoin devrait bien fonctionner, dit le Dr Sahota. Il a donné de bons résultats à la station de recherche, j’ai été très satisfait de sa vitesse de croissance. » Parmi les attributs positifs du sainfoin, mentionnons son adaptabilité et sa digestibilité, ainsi que ses bénéfices en ce qui concerne la santé et la nutrition. Certains avantages agronomiques en font aussi une plante compagne ou de remplacement hors pair pour la luzerne. Pour commencer, le sainfoin se cultive bien, seul ou en mélange, et convient autant au pâturage qu’à la production de foin ou d’ensilage. « L’une des différences majeures entre la luzerne et le sainfoin est que ce dernier a des tiges creuses comme le trèfle », dit le Dr Sahota, qui ajoute que cette plante garde ses feuilles plus longtemps que la luzerne. « Avec des tiges creuses, on peut récolter et obtenir un niveau constant de protéines, à
n’importe quel stade. Nous aimons les tiges creuses parce qu’elles restent tendres, sans devenir fibreuses et solides comme celles de la luzerne. »
Il a bon goût
Le sainfoin suscite un « niveau d’ingestion volontaire » supérieur. Autrement dit, les ruminants le préfèrent à plusieurs autres fourrages et cela, jusqu’à 25 % plus, selon certaines études. Des tests ont révélé qu’il procurait un gain de poids de plus de 400 g par jour chez le mouton. Chez les bovins, des mélanges de luzerne et de sainfoin (sans précision sur les proportions) permettent un gain de poids de 1,2 kg par jour. Selon les recherches, les tannins concentrés du sainfoin en protègent les protéines qui peuvent ainsi traverser le rumen sans s’y dégrader rapidement et en grande quantité – évitant ainsi le ballonnement – pour
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Mauvaises herbes, ravageurs et maladies
Pour cette culture relativement nouvelle, aucun herbicide n’est encore homologué. Le sainfoin montre néanmoins une certaine résistance naturelle au glyphosate. D’autre part, sa croissance est très compétitive l’année de son implantation, permettant souvent d’obtenir un peuplement exempt de mauvaises herbes l’année suivante. De plus, ce fourrage n’est pas affecté par le charançon postiche de la luzerne et, à ce jour, les maladies ne l’ont pas encore affecté. Le Dr Sahota précise qu’il surveillera de près ses parcelles d’essai à la station de recherche en 2015. D’après les travaux effectués dans l’Ouest du Canada, il est préférable de semer tôt au printemps, à raison de huit à 10 graines par 30 cm (1 pi) de rang et à une profondeur de 0,6 cm à 2 cm (¼ à ¾ de po), dans un sol ferme et humide. L’automne, la plante arbore un port en rosette et elle gardera sa verdeur sous la neige. Elle tolère très bien les gels d’automne ou de printemps. On sait que le sainfoin pousse bien en sol profond et bien drainé (à un pH de 6,2 et plus). Mais il donne aussi de bons résultats en sol peu profond ou graveleux, une autre particularité qui le distingue favorablement des autres légumineuses fourragères.
Mountainview est une nouvelle variété à fort rendement contribuant à réduire le ballonnement, mais dont les semences ne seront pas facilement accessibles avant 2016. Photo : AAC
se rendre plus loin dans le tube digestif où elles sont davantage digérées et assimilées. Les études montrent également que le sainfoin contient moins de fibres au détergent acide (FDA) et neutre (FDN) que la luzerne. S’il existe un inconvénient au sainfoin, c’est qu’elle attire autant la faune sauvage que les bovins, chevaux, moutons et chèvres.
Fauche et pâturage
Selon la pratique généralement acceptée, on ne fauche le sainfoin qu’une fois par saison, vu sa repousse moins vigoureuse que celle de la luzerne. En revanche, le sainfoin repousse plus tôt et plus rapidement au printemps que les autres légumineuses fourragères, fleurissant souvent avec deux semaines d’avance sur la luzerne. Dans la documentation spécialisée, on recom-
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mande, si on le récolte comme fourrage, de le faucher entre la mi-floraison et la pleine floraison ou, si on le sert en pâturage, de choisir le stade bourgeon floral ou début floraison, et cela, pour favoriser le regain. En dépit de ce que la recherche a indiqué jusqu’à maintenant, le Dr Sahota prévoit tester ces « normes établies » en 2015. « On dit qu’on peut le faucher deux fois par été, mais qu’il ne donne parfois pas de bons rendements à la deuxième coupe, dit-il. Mais ici, nous envisageons de le faucher deux fois, comme la luzerne. » L’un des bénéfices les plus intéressants du sainfoin, c’est qu’il ne provoque pas la météorisation (ballonnement), ajoute le Dr Sahota. En mélange à raison de 15 % à 25 % avec de la luzerne, le sainfoin permet d’éviter en grande partie le ballonnement chez le bétail.
Fleurs de sainfoin sauvage dans le comté de Kent, en Angleterre. Photo : rgbstock
On aurait perdu en 2014 la semence de catégorie Fondation de la variété Mountainview, qui a donné les meilleurs rendements sur les cinq variétés testées à la station d’AAC de Lethbridge. On ne prévoit donc pas la rendre disponible en grande quantité avant 2016. Le Dr Sahota souligne toutefois que la variété Nova et les trois autres variétés testées à Lethbridge s’adaptent bien et seront disponibles à partir de 2015. n
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David Normandin, de Norfoin inc., une entreprise familiale de Saint-Césaire, en Montérégie. Photos : Allan Dawson
Fabriquer son propre séchoir Avec le séchoir à balles qu’ils ont fabriqué, les Normandin peuvent sécher près de 300 balles par jour. PAR ALLAN DAWSON, JOURNALISTE À LA REVUE MANITOBA COOPERATOR
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avid Normandin et son frère Mathieu aimaient mieux conduire les tracteurs que traire les vaches. C’est pourquoi aujourd’hui ils font du foin et non du lait. C’est avec leur père Luc Normandin et la fille de la conjointe de Luc, Audrey Mailloux, que les deux frères dirigent l’entreprise Norfoin inc., à Saint-Césaire, en Montérégie. L’entreprise familiale, fondée par le grand-père de David et Mathieu en 1958, a d’abord été une ferme laitière avant de se convertir dans la production de foin en 2000. C’est ce qu’a expliqué David Normandin au groupe venu leur rendre visite dans le cadre de l’assemblée générale annuelle de l’Association canadienne pour les plantes fourragères tenue à Bromont en novembre dernier. Cette petite compagnie de Saint-Césaire offre également des services de déneigement pendant l’hiver. L’entreprise familiale récolte environ 6 000 grandes balles carrées de foin sur ses 250 hectares de four-
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rages, plus les balles récoltées sur quelque 80 hectares de terres sous contrat. Près de 6 000 autres grosses balles de foin carrées sont achetées de producteurs. Les Normandin sèchent presque tous leurs fourrages dans des entrepôts couvrant autour de 0,4 hectare de surface, dont un nouveau bâtiment de 15 m X 34 m, bientôt chauffé, et ils peuvent convertir les grandes balles carrées en petites, au besoin. Environ la moitié du foin de l’entreprise Norfoin est vendue au Québec. Le reste se rend aux États-Unis par l’intermédiaire de courtiers, explique David Normandin. Leur ferme prépare de nombreux mélanges de fourrages, qui comprennent par exemple luzerne, fléole, dactyle pelotonné, fétuque et trèfle. Et ces mélanges vont nourrir des vaches en lactation et taries, des veaux, des chevaux et même les animaux d’un zoo. Comme les acheteurs de foin exigent la plus haute qualité, les Normandin font tout en leur possible pour
récolter leur foin en bonne condition et pour le maintenir ainsi. Après que leur fourrage a été conditionné et fauché, ils l’aèrent en le retournant pour en accélérer le séchage. Le fourrage est ensuite râtelé puis pressé. On ramasse les balles carrées le jour même pour éviter que leur humidité ne soit absorbée par le sol. Les Normandin peuvent ramasser les balles à mesure qu’elles sont pressées, explique David Normandin. Le foin est pressé à près de 25 % d’humidité. « Nous séchons environ 90 % de nos fourrages (jusqu’à une teneur en eau de 10 % à 12 %) avec le séchoir à balles que nous avons fabriqué », décrit le jeune Normandin. « Nous avions vu un séchoir en Europe, mais il coûtait tellement cher que nous avons pensé à en fabriquer un, nous-mêmes. On a fonctionné pendant un an avec un prototype avant de mettre au point celui qui répondait à nos besoins. Maintenant, on sèche 100 (grosses) balles carrées à la fois. »
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Le séchoir des Normandin est chauffé au bois, qui est la source d’énergie la plus abondante et la moins chère, dit le producteur. Mais le feu ne touche pas au foin : il chauffe de l’eau qui alimente un radiateur servant à chauffer l’air propulsé à travers les balles. Il faut 6 à 15 heures pour sécher une balle, selon sa teneur en eau. Les Normandin peuvent sécher près de 300 balles par jour. Les balles sont stockées en piles régulières de 11 balles de haut. Tout le fourrage de Norfoin est pressé en grosses balles, pour aller plus vite, dit David Normandin. « À quatre, avec une presse à grosses balles carrées, nous pouvons faire le travail de 10 personnes utilisant une presse à petites balles », dit-il. Toutefois, il y a cinq ans, la vente des grosses balles a commencé à ralentir. L’entreprise a alors construit son propre dispositif pour convertir les grosses balles carrées en petites. Aujourd’hui, Norfoin vend près de la moitié de son foin sous forme de petites balles carrées. L’équipe avait ramené une presse à petites balles dans l’un de ses entrepôts, l’avait munie d’un moteur électrique, puis l’ont modifié pour qu’elle transforme les grosses balles en petites. David Normandin précise que leurs fourrages sont fauchés deux à quatre fois par saison. Ils appliquent de l’azote après chaque coupe et épandent du fumier chaque printemps. n
Les Normandin ont aussi modifié une presse à petites balles carrées pour convertir les grosses balles en petites. Photos : Allan Dawson
allan@fbcpublishing.com
Mélanges simples ou mélanges complexes ?
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es bénéfices des mélanges fourragers en ce qui a trait aux rendements et à la suppression des mauvaises herbes sont bien connus. Toutefois, on en connaît beaucoup moins sur le nombre et l’identité d’espèces à inclure. Doit-on utiliser des mélanges simples d’au plus trois espèces comme il est recommandé au Québec ou doit-on choisir des mélanges complexes? Les recherches sur ce sujet sont assez rares. Une étude réalisée en Saskatchewan sur une période de quatre ans a conclu que des mélanges complexes de graminées fourragères et de luzerne (5 à 10 espèces) n’ont pas produit un rendement supérieur à celui de mélanges simples d’une graminée et de luzerne.
Source : Foster et coll. 2014. Canadian Journal of Plant Science 94:41-50.
Fétuque élevée ou fétuque des prés pour les pâturages ?
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ans une étude américaine réalisée au Wisconsin, les pâturages de fétuque élevée avaient un rendement en fourrage plus élevé et une digestibilité plus faible que ceux de fétuque des prés. Les pâturages de fétuque élevée permettaient donc un gain moyen quotidien par animal plus faible, mais supportaient une plus grande charge de bétail à l’hectare de sorte que le gain animal à l’hectare était similaire à celui observé sur pâturage de fétuque des prés. L’inclusion de trèfle blanc avec l’une ou l’autre des graminées causait une amélioration de la valeur nutritive, mais une diminution du rendement en fourrage. Les auteurs de cette étude concluent que la fétuque élevée et la fétuque des prés sont donc bien adaptées au pâturage en rotation au Wisconsin et qu’elles permettent des gains animaux par hectare similaires.
Source : Schaefer et coll. 2014. Agronomy Journal 106:1902-1910.
Extrait d’Info-Fourrage (CQPF), Gilles Bélanger et Gaëtan Tremblay, chercheurs, Agriculture et Agroalimentaire Canada, Québec.
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Fertilisation en sélénium La fertilisation en sélénium du fourrage permet de supplémenter la ration des vaches laitières. Nos fourrages sont naturellement pauvres en sélénium Le sélénium (Se) est un micronutriment essentiel et une déficience en Se est observée chez les ruminants nourris de rations contenant moins de 0,1 mg Se/kg matière sèche (MS). De façon générale, les aliments cultivés à l’est du Mississippi et à l’ouest des Rocheuses contiennent moins de 0,1 mg Se/kg MS. La supplémentation en Se de la ration, sous formes organique ou inorganique, est une pratique courante au Québec. La biodisponibilité du Se de sources organiques est supérieure à celle des sources inorganiques. La fertilisation en Se serait donc ainsi plus avantageuse que la supplémentation de la ration en Se inorganique. En Nouvelle-Zélande et en Finlande, on ajoute en effet le Se aux fertilisants afin d’accroître la teneur en Se des aliments servis aux animaux et cette pratique s’est avérée efficace et inoffensive pour l’environnement. Notre projet avait pour objectif de vérifier l’intérêt d’une fertilisation en Se sur les fermes laitières de l’Est du Canada.
Un essai en parcelles pour déterminer la dose à appliquer Des doses de 0, 0,5, 1,0, 1,5, 2,0 et 2,5 kg/ha de granules de Se à dégagement lent [Selcote Ultra contenant 1% de Se] correspondant respectivement à des doses de 0, 5, 10, 15, 20 et 25 g Se/ha, ont été appliquées sur des parcelles à Deschambault, Lévis et Normandin. L’application printanière de Se sous forme de Selcote Ultra a causé une augmentation linéaire de la teneur en Se de la fléole des prés de 1re coupe, et ce, aux trois sites de l’étude. Elle a de plus eu des effets résiduels en 2e coupe de l’année d’application et en 1re coupe de l’année suivant l’application. En moyenne pour les trois sites, l’application printanière de 1,0 kg de Selcote Ultra/ha (10 g Se/ha) a permis de produire un fourrage de fléole des prés ayant une teneur de 0,30 mg Se/kg MS lors de la 1re coupe qui a suivi l’application et d’une
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Figure 1. Effet moyen de l’application de sélénium (Se) sous forme de granules à dégagement lent (Selcote Ultra®) au printemps 2010 sur la teneur en Se de la fléole des prés aux deux premières coupes de l’année d’application (2010) aux trois sites de l’étude et à la première coupe de l’année suivante (2011) à deux des trois sites.
teneur d’environ 0,15 mg Se/kg MS lors de la 2e coupe de l’année d’application et de la 1re coupe de l’année suivante (Figure 1). L’application de Se n’a pas eu d’effet sur le rendement en MS de même que sur les paramètres de valeur nutritive (N, P, ADF, NDF et digestibilité in vitro) du fourrage de fléole des prés. L’application printanière de 1 kg de Selcote Ultra/ha (10 g Se/ha) permet donc de produire du fourrage de fléole des prés contenant plus de 0,1 mg de Se/kg MS en première et deuxième coupes de l’année d’application de même qu’en première
et de formuler des rations contenant des niveaux optimaux de Se.
Qu’en disent les vaches ?
Il fallait ensuite vérifier l’impact de l’utilisation de ces fourrages sur les vaches. En ce sens, nous avons procédé à la production d’ensilages enrichis en Se et d’ensilages témoins pour effectuer une expérimentation au Centre de recherche en sciences animales de Deschambault. Trente-trois vaches laitières primipares en deuxième moitié de lactation ont été utilisées pour tester les traitements alimentaires suivants :
Traitement
Fourrages servis sous forme d’ensilages
Supplément de Se
Témoin
À faible teneur en Se1
Aucun
Se ajouté – inorganique
À faible teneur en Se1
Se inorganique (sélénite de sodium)
Se ajouté – organique/levures
À faible teneur en Se1
Se provenant de levures (Sel-Plex®)
Se ajouté – organique/fourrages
Enrichis en Se2
Aucun
1. 0,04 mg de Se/kg MS pour un mélange fléole des prés/luzerne et 0,07 mg de Se/kg MS pour de la fléole des prés, non fertilisés en Se. 2. 1,3 mg de Se/kg MS pour un mélange fléole des prés/luzerne et 1,7 mg de Se/kg MS pour de la fléole des prés, fertilisés en Se.
coupe de l’année qui suit l’application. Il serait donc envisageable de remplacer la supplémentation en Se de la ration des ruminants par la fertilisation en Se des fourrages afin de fournir du Se organique à l’animal, d’éviter des problèmes de carence
Les effets positifs d’une supplémentation en Se chez la vache laitière ainsi que sur les différences entre les sources organiques et inorganiques de Se ont été confirmés. L’originalité de notre étude provient du fait que nous avons comparé l’utilisation
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Figure 2. Effet de l’utilisation des différentes sources de Se dans les rations de vaches laitières sur A) le taux d’absorption du Se par les vaches ; B) la teneur en Se du sérum ; C) la teneur en Se du lait ; et D) la teneur en cellules somatiques du lait.
de fourrages enrichis en Se à celle d’un supplément de Se organique (levures). Des comparaisons avec une source inorganique de Se et un témoin ont aussi été effectuées. Ainsi, l’utilisation des fourrages fertilisés en Se a permis d’améliorer le taux d’absorption du Se par la vache (Figure 2A) et d’augmenter les teneurs en Se du sérum (Figure 2B) et du lait (Figure 2C). Aussi, la supplémentation en Se, qu’elle soit organique ou inorganique (Se ajouté dans la figure), a permis de diminuer le nombre de cellules somatiques présentes dans le lait (Figure 2D). Et tout cela, sans modifier les performances animales; aucun effet de traitement n’a en effet été constaté sur la consommation de matière sèche, la production laitière et la quantité de composantes du lait produite par les vaches.
Conclusions
Les résultats de cette étude démontrent aux producteurs laitiers de l’Est du Canada que la fertilisation en Se permet d’augmen-
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C A H I E R F O U R R A G E S E T PÂT U R A G E S
ter la teneur en Se des fourrages, d’améliorer le statut en Se des vaches, et de produire un lait enrichi en Se, en plus d’être intéressant du point de vue monétaire. La fertilisation en Se représente donc une alternative valable à l’utilisation de suppléments inorganiques ou organiques. n
Gaëtan Tremblay, chercheur chez Agriculture et Agroalimentaire Canada (AAC), et Édith Charbonneau, professeure à l’Université Laval. Extrait d’Info-Fourrages (CQPF)
Remerciements Ce projet a été financé par Les Producteurs laitiers du Canada et le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada dans le cadre du programme « Subvention de recherche et développement coopérative – 2010-2013 ». Il a été réalisé en collaboration avec É. Charbonneau, R. Séboussi et Y. Chouinard de l’Université Laval, G. Tremblay, G. Bélanger et J. Lajeunesse d’Agriculture et Agroalimentaire Canada, et Y. Chorfi et Y. Couture de l’Université de Montréal, et appuyé par le Centre de recherche en sciences animales de Deschambault. Les auteurs tiennent à remercier sincèrement V. Ouellet, D. Mongrain, M. Laterrière et J.-N. Bouchard pour le travail au champ, à l’étable et en laboratoire.
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PAR MARIE-JOSÉE PARENT, AGRONOME
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HAILEY, LA PLUS BELLE VACHE AU MONDE Lors de la plus récente saison des expositions, le nom d’une vache était sur toutes les lèvres : RF Goldwyn Hailey EX-97-3E 3*. Cette vache a remporté pour une deuxième fois le titre de Vache mondiale de l’année. Une grande fierté pour son propriétaire, Mario Comtois, de Gen-Com Holstein à Notre-Dame-du-Bon-Conseil. LE BULLETIN DES AGRICULTEURS MARS 2015 43
Dès sa plus tendre enfance, Mario Comtois voulait posséder sa ferme de haute génétique laitière. C’est chose faite avec Gen-Com Holstein de Notre-Dame-du-Bon-Conseil.
GEN-COM HOLSTEIN
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pure vers le Mexique et l’Amérique centrale, mais bientôt les exportations se multiplient vers l’Europe de l’Est. Peu à peu, les vaches Holstein sont en demande, puis les bovins de boucherie. Il s’agit toujours d’animaux de race pure dans le but de développer les industries porcine, laitière et bovine naissantes dans l’ex-URSS. À ce jour, l’entreprise que Mario Comtois a fondée a exporté plus de 30 000 porcs de race et plus de 30 000 bovins de race pure.
Gen-Com C’est grâce à cette réussite que Mario Comtois peut acheter en 2009 le site actuel de Gen-Com Holstein. Encore une fois, Lison Laroche le seconde dans l’aventure. La ferme est agrandie et modernisée. L’inauguration officielle a lieu en mars 2010. Un luxueux bureau accueille les visiteurs. Les trois vitrines prévues au départ pour les futurs rubans gagnés sont rapidement remplies. En quatre ans, l’entrée et les murs du bureau de Mario Comtois se couvrent de trophées et de décorations. Une ascension rapide. Encore une fois, c’est RF Goldwyn Hailey qui en a obtenu le plus.
PHOTO : GEN-COM HOLSTEIN
assionné de génétique laitière, Mario Comtois visitait un encan aux États-Unis dans le but de bâtir son troupeau. Il venait tout juste de fonder une entreprise laitière qu’il voulait de haute génétique, Gen-Com Holstein. Parmi les vaches disponibles, il en remarque une de quatre ans et deux mois de deuxième lactation totalement inconnue sur le parcours des expositions agricoles. Mario Comtois a l’œil. Tout de suite, il remarque son raffinement, la qualité de ses membres et surtout, la texture de son pis. Sans hésiter, il décide de l’acheter en même temps que les autres vaches pour lesquelles il s’était déplacé. Il doit cependant être prudent et ne pas trop démontrer son intérêt. La transaction est conclue et en juillet 2010, RF Goldwyn Hailey devient la propriété de Gen-Com Holstein. Cette vache est aujourd’hui la première vedette de la jeune entreprise laitière, mais toute une vedette ! En 2012 et en 2014, elle a raflé tous les grands honneurs décernés à une vache adulte à l’échelle mondiale. Mario Comtois est fier de dire qu’il est le fils d’un MaîtreÉleveur Holstein également producteur de porcs de race pure, Edgar Comtois de Victoriaville. Mario Comtois a bâti sa carrière sur cet héritage. Alors qu’il est directeur d’une station d’épreuve de progéniture de génétique porcine dans les années 1980, il devient conseiller pour un exportateur de l’Ouest canadien. En août 1993, il devient son propre patron et fonde Comtois International Export, avec l’aide de sa conjointe Lison Laroche. L’entreprise se spécialise d’abord dans l’envoi de porcs de race
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Hailey Les débuts de cette vache n’ont rien de banal. En août 2010, un mois après son acquisition, Hailey fait son entrée par la grande porte à l’Expo provinciale du Québec. Elle remporte le titre de Grande Championne. Au début de l’automne, tous les espoirs sont permis pour la très prestigieuse World Dairy Expo de Madison au Wisconsin. Quelques jours avant la compétition, Mario Comtois doit retirer sa vache du concours. D’urgence, Hailey est opérée deux fois à l’hôpital de l’école de médecine vétérinaire de l’Université du Wisconsin, à Madison. Malgré ses opérations lourdes, elle garde son veau. Elle rentre à la maison et doit attendre l’année suivante avant de retourner dans le ring. Elle vêle en juin 2011 et commence sa première vraie saison d’expositions. Elle remporte plusieurs prix, dont les titres de Réserve All-American et Réserve All-Canadian. Ces deux concours combinent les résultats de la saison d’expositions et jugent l’animal selon sa photo. Autre élément marquant, elle remporte le titre de Réserve Grande Championne à la Royal 46
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Un troupeau en puissance Hailey pourrait un jour être déclassée par une autre vache de Gen-Com Holstein. Charwill Attic Marcy VG-89 a très bien performé en 2014. Elle a obtenu le titre de Championne intermédiaire à la World Dairy Expo et au Suprême Laitier. À la Royal Agricultural Winter Fair, elle est repartie avec le titre de Championne intermédiaire de réserve. « C’est une des plus belles jeunes vaches en Amérique du Nord », affirme son propriétaire. Avec Hailey et Marcy, Mario Comtois a marqué l’histoire de la
PHOTO : @COWSMO.COM
C’est en 2012 que Hailey s’est fait connaître du monde entier en remportant les titres suivants : Grande Championne et Grande Championne Suprême à Madison et à Toronto, ainsi que Vache mondiale de l’année.
Agricultural Winter Fair de Toronto en plus d’avoir le titre de meilleur pis de sa classe. L’année 2012 est toute une année pour Hailey. À son 4e veau, elle devient la vache à battre. Elle remporte les titres de Grande Championne et Grande Championne Suprême à Madison et à Toronto. « Elle a rehaussé le standard de la génétique pour Gen-Com », décrit Mario Comtois. Et pas seulement pour le troupeau, mais pour le monde entier. En 2012 et 2014, elle remporte le titre de Vache mondiale de l’année selon un vote des exposants du monde entier. En 2012 et 2013, elle obtient le titre All-Canadian vache adulte. En 2014, à son 5e veau, elle fait un retour en force et rafle les grands honneurs à plusieurs reprises : Grande Championne et Championne Suprême de réserve à Madison, ainsi que Championne Suprême à la première édition du Suprême laitier de Saint-Hyacinthe. La semaine suivante, elle repart avec les titres de Grande Championne et Championne Suprême de réserve à la Royale. « La qualité de Hailey est qu’en vieillissant, elle semble rajeunir », explique Mario Comtois. L’autre grand avantage de cette vache est qu’elle a su transmettre ses attraits à sa progéniture. Après cinq lactations et quelques transferts d’embryons, Hailey a donné plus de 10 filles et un seul fils. Fait remarquable, toutes les filles de Hailey se sont classées TB à la première classification. Holstein Canada lui donne les scores de +15 en conformation, +14 en système mammaire, +13 en pieds et membres, +11 en puissance laitière et +7 pour la croupe. Plus ces chiffres positifs sont élevés, plus la vache transmet ce caractère à ses descendants. Selon les experts du réputé magazine The Bullvine, spécialisé dans les expositions de vaches laitières, RF Goldwyn Hailey est comparée aux plus grandes légendes.
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Retenez bien ce nom : Charwill Attic Marcy. Il s’agit de la jeune vache vedette de la ferme Gen-Com Holstein.
World Dairy Expo. En 2014, c’était la première fois qu’un même éleveur repartait avec à la fois la rosette de Championne intermédiaire et celle de Grande Championne lors d’une même édition. S’il a acheté plusieurs belles vaches durant les premières années d’existence de Gen-Com Holstein, Mario Comtois avoue
maintenant vouloir, avec l’aide de Lison, leurs trois enfants, Allison, Maxim et Marilee, ainsi que toute son équipe, se concentrer sur le développement des familles de vaches, comme celles de Hailey et de Marcy. Ainsi, Mario Comtois continuera sa passion de génétique dans le respect de l’animal, sa spécialité.
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ÉLEVAGES
PAR MARIE-JOSÉE PARENT, AGRONOME
Toutes les nouvelles étables de veaux de lait de Délimax sont équipées avec un système hollandais. Les veaux sont par groupes dans des parcs aux normes européennes.
POUR LE BIEN-ÊTRE DES VEAUX E
n matière de bien-être animal, l’industrie québécoise du veau de lait est loin des images de veaux battus à coups de pied et de poing, telles que montrées dans une vidéo filmée en caméra cachée sur une ferme d’élevage de la région de Portneuf l’an dernier. En fait, cette industrie est avant-gardiste en Amérique du Nord et une révision du Code de pratiques recommandées pour le
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soin et la manipulation des animaux de ferme : veaux de boucherie a été annoncée. Même qu’une entreprise, Délimax, a pris le virage il y a maintenant 15 ans. Ironiquement, en offrant des intrants et des services à la ferme à l’éleveur fautif de Pont-Rouge, Délimax a été associée à cette tourmente. Le Bulletin a visité deux fermes et a constaté les efforts mis en place par
Délimax pour être à l’avant-garde de l’industrie en matière de bien-être animal au Québec. À la ferme de La Présentation, des veaux de lait sont logés en groupes dans des parcs aux normes européennes. « Depuis trois ans, tous nos nouveaux bâtiments d’élevages de veaux de lait ressemblent à celui-ci », explique André Blais, responsable du développement et de la commercialisation chez Délimax.
PHOTOS : MARIE-JOSÉE PARENT
L’élevage des veaux se positionne en mode bien-être animal. Non seulement les entreprises se préparent, mais en plus, un nouveau code de bonnes pratiques verra bientôt le jour.
Les 720 veaux sont répartis en quatre salles identiques pendant les 21 semaines d’élevage. Les veaux, en presque totalité des mâles de race Holstein, sont par groupes de sept veaux. Le lait est distribué dans des auges. Les veaux ont deux repas de lait par jour. Leur consommation augmente pour atteindre de 8 à 10 litres par repas à la fin de l’élevage. Les veaux consomment deux portions de grains mélangés à de la paille chaque jour. « Ça reste des veaux de lait parce qu’ils consomment une majorité de lait », précise André Blais. La paille est préférée à l’ensilage pour s’assurer de ne pas colorer la viande. « La paille est très appétissante pour le veau », explique l’agronome Hélène Leclerc, directrice élevage et soutien technique chez Délimax. Les veaux ont de l’eau à volonté. Les plus jeunes boivent leur lait dans une petite chaudière avant de passer à l’auge. Les veaux ayant de la difficulté à boire directement
dans l’auge ont accès à des tétines. Une deuxième auge – plus petite – est dédiée au mélange de grains et de paille. Les lattes sont fabriquées en bois pour assurer un plus grand confort aux veaux, comparativement au béton. Le bois exotique, l’azobé, est très dur pour éviter que les veaux ne se blessent sur un plancher de bois local endommagé. Sous les lattes, des raclettes évacuent le fumier. L’étable est munie de fenêtres pour laisser entrer la lumière du jour. En raison de la largeur imposante du bâtiment – il y a deux chambres côte à côte – les entrées d’air sont latérales, alors que l’évacuation est effectuée par des cheminées au plafond.
Transition C’est en l’an 2000 que Délimax commence à transformer ses élevages de veaux de lait en logement collectif avec un premier essai. Jusqu’alors, les veaux de lait étaient logés comme ils l’avaient toujours
Chez Délimax, l’agronome Hélène Leclerc et André Blais sont respectivement responsables du soutien technique et responsable du développement et de la commercialisation.
été dans les pays qui ont vu naître ce type d’élevage, la France et les Pays-Bas. Les veaux étaient tous en logettes individuelles. L’Europe avait cependant
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déjà décidé que les élevages devraient passer au logement collectif en 2004 pour permettre aux veaux de marcher et de socialiser. Si les plus grands producteurs au monde passaient au logement collectif, il fallait donc s’y préparer, se disait le président-directeur général de Délimax, Fabien Fontaine, appuyé par son équipe. Les années suivantes, quelques fermes de l’entreprise sont aménagées avec des parcs collectifs. Du bois local, de l’érable, est utilisé. « Ça brisait tout le temps », raconte André Blais. L’entreprise regarde donc vers l’Europe. C’est alors qu’ils
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décident de ne pas réinventer la roue et d’adopter un système hollandais de parcs qui a fait ses preuves. Le bâtiment est cependant adapté au climat québécois. Les installations satisfont l’équipe de Délimax qui décide de transformer toutes ses installations. En 2008, Délimax a été la première entreprise de veaux de lait à obtenir une certification pour le bienêtre animal par l’organisme American Humane. La certification est coûteuse et il n’y a pas de retour sur l’investissement. L’élevage de veaux est actuellement certifié DQC (Dairy Quality Center). En 2010,
c’était une nécessité pour devenir le fournisseur officiel de veaux de lait pour Costco. À ce jour, 70 % des veaux de lait élevés par l’entreprise sont en logement collectif. Délimax a fixé au 31 décembre 2017 la limite pour la conversion des installations de toutes les fermes qui travailleront avec l’entreprise. Pour aider ses fermes associées, Délimax a convenu d’une entente avec Desjardins et la Banque Nationale. Le programme prévoit que le producteur bénéficie d’un prêt sans intérêt sur sept ans pour convertir son
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PRODUCTION DE VEAUX AU QUÉBEC (2013)
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2 1. Quelque 68 500 veaux de grain sont produits par année au Québec. 2. Les veaux de lait ont deux repas de lait par jour et consomment deux portions de grains mélangés à de la paille.
bâtiment en logement collectif. Délimax est un important producteur de veaux au Québec avec 65 000 veaux de lait en 2014, 35 000 veaux de grains, en plus de produire 6000 agneaux. En comparaison, en 2013, le Québec a produit 147 000 veaux de lait et 68 500 veaux de grain. Une autre entreprise en importance au Québec, Écolait, vient d’entreprendre le virage bien-être animal des veaux. En septembre dernier, Écolait annonçait un partenariat avec le Collège vétérinaire de l’Atlantique intégré à l’Université de l’Île-du-Prince-Édouard afin de développer des « règles exemplaires » en matière de bien-être animal. Dans un premier temps, l’équipe du professeur Daniel Hurnick effectue une revue des meilleures
pratiques d’élevage des veaux à travers le monde. À la suite de cette revue de littérature, de nouvelles règles seront décidées. « Le bien-être animal, c’est beaucoup plus que de mettre les veaux en groupes », explique le porte-parole pour Écolait, André Michaud. Pour marquer son virage, Écolait a créé la marque Vivo. L’entreprise a aussi acheté le Veau Charlevoix, un veau qui n’est ni un veau de lait ni un veau de grain.
Code de pratiques Actuellement au Québec, 25 % des fermes de veaux de lait sont en logement collectif. Les veaux de grain ont toujours été élevés en groupes. La conversion en logement collectif pour les veaux de
lait est dispendieuse. « C’est 1000 $ par veau », explique l’agronome Nathalie Côté, agente à l’environnement et à l’assurance de la qualité à la Fédération des producteurs de bovins du Québec. La filière québécoise du veau de lait a décidé que d’ici le 31 décembre 2018, tous les élevages de veaux de lait devront être en logement collectif. Sur la scène canadienne, le Conseil national pour les soins aux animaux d’élevage révise actuellement tous les codes de pratiques pour les soins et la manipulation des animaux d’élevage. La révision de celui sur les veaux de boucherie vient tout juste de commencer, en février. L’achèvement du processus de révision est prévu pour 2017. Il englobera tous les veaux produits, de lait et de grain, et abordera tous les aspects de la production, comme l’alimentation et la ventilation. Cependant, le virage vers le logement collectif dans le veau de lait risque d’être le plus gros défi. Pour les entreprises dont les installations doivent être rénovées, le choix est plus facile à prendre. Pour les autres, il reste un peu moins de trois ans pour la conversion. « C’est un défi financier pour les producteurs, mais on y va avec ce qui est acceptable socialement », explique Nathalie Côté. Toutes ces démarches démontreront à quel point les éleveurs de veaux sont soucieux du bien-être animal. LE BULLETIN DES AGRICULTEURS
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PORC
PAR MARIE-JOSÉE PARENT, AGRONOME
NOUVEAU CODE : PLUS QUE LE LOGEMENT DES TRUIES
Le nouveau Code exige d’avoir de l’enrichissement pour les porcs. Cette chaîne en est un exemple.
Entré en vigueur il y a un an, le nouveau Code de pratiques pour le soin et la manipulation des porcs renferme des recommandations et des exigences qui touchent bien plus que le logement des truies en gestation.
PHOTOS : MARIE-JOSÉE PARENT
D
epuis que la version préliminaire du Code a été rendue publique à l’été 2013, le logement des truies gestantes mobilise les discussions. Des options de modifications de porcherie ou de nouvelles installations sont proposées. Le Bulletin des agriculteurs ne fait pas exception. Seulement en 2014, des articles sur le sujet ont été publiés dans les numéros d’avril, de septembre et de décembre. La demande est justifiée. Jamais la révision d’un code de bonnes pratiques en élevage n’avait sollicité un aussi grand intérêt que celui du porc. Dans la phase de commentaires publics qui a suivi la divulgation de la version préliminaire, plus de 4700 commentaires du Canada, des États-Unis et du reste du monde ont été reçus par
le Conseil national pour les soins aux animaux d’élevage qui a chapeauté le processus menant à l’entrée en vigueur du Code en mars 2014. Du jamais vu ! Seuls les chevaux avaient suscité un tel engouement avec 400 commentaires. Outre le logement des truies gestantes, la douleur lors des soins apportés aux porcelets a suscité beaucoup d’intérêt. « Ce qui est nouveau dans ce code, c’est qu’il y a maintenant des exigences », explique la vétérinaire Karine Talbot de HyLife, une entreprise porcine du Manitoba possédant 62 000 truies en Amérique du Nord. Karine Talbot a présenté une conférence intitulée Le code des bonnes pratiques : une nouvelle ère au Porc Show de décembre dernier. Dans l’ancienne version qui datait LE BULLETIN DES AGRICULTEURS MARS 2015 55
de 1993, il n’était question que de recommandations. Quelle différence cela fait-il? Le Code sert de base au programme de bien-être animal BEA. Celui-ci est en cours de révision pour se conformer au nouveau Code. De plus, le programme BEA fait partie intégrante du programme de l’Assurance qualité canadienne (AQC). Le respect du programme AQC, c’est la preuve que l’industrie se prend en main en ce qui a trait à la salubrité et au bien-être animal. Autre élément, les autorités peuvent déjà se référer au Code comme la norme de l’industrie. « Le Code, c’est un minimum », explique Karine Talbot.
Voici un exemple d’enrichissement : une balle et une chaîne. Cette photo a été prise au Centre de recherche en sciences animales de Deschambault.
Truies gestantes Depuis le 1er juillet dernier, dans les installations neuves ou rénovées, les truies saillies et les cochettes doivent être logées en groupe. Les cages individuelles sont acceptées pendant seulement 28 jours. Une période additionnelle de sept jours est permise si nécessaire pour le regroupement des truies. Le 1er juillet 2024, ce seront toutes les truies gestantes qui devront être logées en groupes, en enclos individuels ou encore dans des cages à la condition d’avoir la possibilité de se retourner ou de faire périodiquement de l’exercice. Un comité scientifique se penche, d’ici le 1er juillet 2019, sur ce que pourrait vouloir dire « faire périodiquement de l’exercice ». « Le but final, c’est que les truies puissent bouger », explique Karine Talbot. L’entreprise HyLife a commencé à faire des modifications dans certaines maternités. Le premier essai réalisé avant le Code a été loin d’être concluant. Le deuxième a mieux fonctionné. Les modifications incluent la récupération de deux allées de circulation et le remplacement des cages par un système d’alimentation de type bas flanc. Ces essais ont permis de réaliser qu’il ne faut pas dépasser 20 truies par groupe. Les transformations seront réalisées graduellement, en commençant par les maternités nécessitant le plus de rénovations. « Construire une maternité neuve pour les truies en groupes, ce n’est pas compliqué, explique Karine Talbot. Modifier une ferme existante toutefois, ça ne se fait pas aussi facilement, c’est du cas par cas selon la ferme. Il faudra apprendre. » La transformation de salles de gestation pour s’adapter au nouveau Code est le plus important investissement demandé. « C’est très coûteux et il n’y a pas de retour sur l’investissement, dit Karine Talbot. On le fait pour le bien-être des animaux. »
Densité animale Les normes de densité animale n’ont pas changé comparativement à la version précédente. « Mais celles-ci sont maintenant des exigences, précise Karine Talbot. C’est la base. » Le Code prévoit de plus en plus d’espace par porc lorsque le poids de l’animal augmente. Le tout suit une formule mathématique (espace en m2 = 0,0335 X poids en kg). Cet espace par porc peut être jusqu’à 15 % et 10 % moindre, respectivement en pouponnière et en engraissement-finition. En cas de besoin, cet espace peut être encore plus réduit, 20 % en pouponnière et 15 % en engraissement, s’il est prouvé que ça ne compromet pas le bien-être des animaux. Un problème de densité est vérifié par une baisse du gain moyen quotidien, un 56 MARS 2015 LE BULLETIN DES AGRICULTEURS
Un autre exemple d’enrichissement : le changement de texture de moulée.
taux de mortalité anormal ou les traitements donnés aux animaux. Les animaux trop tassés peuvent démontrer de l’agressivité, manger la queue de leurs voisins ou se batailler avec eux.
Enrichissement « C’est passé sous silence dans le Code, mais c’est maintenant obligatoire », dit Karine Talbot. En étudiant le Code, elle s’est rendu compte que plusieurs aspects étaient déjà présents sur les fermes en enrichissement. C’est le cas notamment du contact entre porcs ou du contact positif avec le producteur. Karine Talbot insiste sur le mot « positif ». Si le seul contact que le porc a avec l’humain est lors de l’administration des traitements, il sera craintif à sa vue. Il est donc recommandé de marcher dans les enclos régulièrement. Le changement de texture de moulée est aussi perçu comme un enrichissement. Les jouets sont une autre source d’enrichissement. Dans la compagnie pour laquelle Karine Talbot travaille, un gérant de ferme avait décidé de recycler un tuyau de ventilation en PVC qui venait d’être remplacé. Il l’a coupé et en a placé des bouts dans les parcs des porcs. Depuis, ce genre de jouets est utilisé sur plusieurs fermes. « Il a tout ce qu’on recherche dans un jouet : c’est simple, ce n’est pas cher et c’est facile à laver », dit Karine Talbot. Une fente est pratiquée sur la longueur pour éviter que la tête du cochon se prenne dedans. Peu importe le jouet, l’important est que ce soit sécuritaire pour l’animal.
Castration et taille de queue La castration et la taille de la queue sans analgésique ou anesthésie ont fait jaser lors de la phase de commentaires de la version préliminaire du Code. Il est toujours possible de continuer de la même façon, à la condition que l’animal ait moins de 10 jours d’âge pour la castration et sept jours pour la taille de queue. Toutefois, à compter du 1er juillet 2016, la castration et la taille de queue devront à tout âge être réalisées en administrant des analgésiques afin d’atténuer la douleur. « C’est difficile à accepter pour les éleveurs parce qu’il n’y a pas de retour sur l’investissement », explique Karine Talbot. HyLife a choisi un analgésique oral, plutôt qu’une injection. C’est un liquide placé dans la gueule du porcelet. Ça ne prend que quelques secondes. Le fer est administré par injection. Le choix d’un analgésique par injection aurait nécessité un deuxième injecteur pour chaque ferme, ce qui aurait été dispendieux. HyLife utilise des injecteurs sans aiguille.
Euthanasie Le nouveau Code offre plusieurs alternatives pour l’euthanasie des porcs. Chacune a ses avantages et ses inconvénients, ainsi que ses limitations. HyLife a choisi le CO2 qui, selon le Code, doit être utilisé chez les porcelets de moins de 30 kg (70 livres)
Voici l’équipement choisi par HyLife pour l’euthanasie des porcelets. Ce système de la compagnie Euthanex utilise le CO2.
sous sédatifs. C’est la grande nouveauté du Code concernant l’euthanasie. La technique est simple à utiliser : le porcelet est placé dans une boîte prévue pour cela. Le couvercle est fermé et le bouton est actionné. Le couvercle se barre automatiquement et une lumière rouge apparaît. Lorsque terminé, un voyant vert est allumé et le couvercle est débarré. L’animal est mort. Pour plus de sécurité, les bonbonnes de CO2 sont placées à l’extérieur de la porcherie. « HyLife suivra le Code de pratiques, conclut Karine Talbot. Ce sera fait graduellement selon l’âge des fermes. » Face au changement, les producteurs ont deux choix : appliquer le Code par obligation ou encore en faire une opportunité.
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Inscription et café-accueil En 2015, la gestion active c’est incontournable! – Dominik Desrosier, agr., consultante La non-histoire du taux de réforme – Jérôme Carrier, DMV, M. Sc., Ph. D.,, Élanco Santé Animale Canada Elle est sevrée! Et maintenant? – Fernando Soberon, Ph. D.,, Shur-Gain USA / Collab. : Mélanie Soberon, Ph. D.
11 h 45
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13 h 45
Les clés d’une RTM uniforme : ce que nous avons appris de milliers de vérifications de RTM (TMR Audits®) – Bill Stone, DMV, Ph. D.,, Diamond V / Collab. : Tom Oelberg, Ph. D.
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DÎNER NOUVELLE FORMULE permettant plus de réseautage et visite des kiosques
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UN ÉVÉNEMENT AU CŒUR DE VOTRE CHAMP D’ACTION LE BULLETIN DES AGRICULTEURS MARS 2015 57
INFO INFO ÉLEVAGES ÉLEVAGES
TEXTES : MARIE-JOSÉE PARENT, AGRONOME ET ALAIN FOURNIER, AGRONOME, M.SC.
Plus de lait après l’écornage, c’est bénéfique pour le veau Pour diminuer la douleur chez les veaux lors de l’écornage, certains éleveurs utilisent une pâte caustique pour réaliser cette opération. L’utilisation d’un sédatif après l’application de cette pâte atténue la sensation de brûlure perçue par le veau. C’est aussi une exigence du code de pratiques canadien pour les soins et la manipulation de bovins laitiers. Cependant, lors d’une étude, des chercheurs de l’Ouest canadien ont observé une baisse de température corporelle de 1,8 °C chez des veaux qui étaient écornés avec une pâte caustique. Le xylazine était utilisé comme sédatif au cours de cette expérience. Cette baisse de température indique que le veau réagit négativement à son écornage même avec l’usage d’un sédatif et que cette baisse
de température est encore plus importante lorsque l’opération est effectuée par temps froid. Les chercheurs ont alors tenté de diminuer le refroidissement des veaux en utilisant des lampes chauffantes, mais sans succès. Une chute importante de la température corporelle du veau accroît les risques de maladies et de mortalité du jeune animal. Par contre, ils ont pu observer que les veaux qui recevaient une plus grande quantité de lait après l’écornage démontraient les plus faibles chutes de température corporelle. Ils ont donc conclu l’étude en indiquant qu’un accroissement des quantités de lait servies après un écornage, en utilisant une pâte caustique et un sédatif, aide à diminuer la douleur et le stress des veaux. Source : Journal of Dairy Science
La chercheuse Chantal Farmer du Centre de recherche et de développement sur le bovin laitier et le porc d’Agriculture et Agroalimentaire Canada à Sherbrooke vient de produire un livre sur la truie. Après 28 ans à travailler sur la truie, Chantal Farmer se sentait prête. « Je m’étais dit que lorsque je serais près de la retraite, j’éditerais un livre sur la truie », dit-elle en entrevue. Plus qu’une simple coordonnatrice, Chantal Farmer a choisi les sujets des chapitres, sollicité les auteurs, assuré le suivi, révisé les textes et même coécrit certains chapitres. Selon Chantal Farmer, ce livre est important puisque le dernier livre sur la truie 58 MARS 2015 LE BULLETIN DES AGRICULTEURS
a paru il y a déjà 16 ans. Il rassemble les plus grands spécialistes de la truie du monde entier. Les dernières avancées sont aussi présentées, comme le logement des truies et le développement mammaire. Portant le titre The Gestating and Lactating Sow, le livre n’est disponible qu’en anglais. Il s’adresse d’abord aux conseillers. « Il est plus scientifique que vulgarisé, mais un bon producteur va le comprendre », explique Chantal Farmer. On peut se le procurer directement à la maison d’édition Wageningen Academic Publishers. Source : wageningenacademicpublishers.com
PHOTO : ALAIN FOURNIER
Nouveau livre sur la truie
Nouvelle classe d’antibiotiques Le débat entourant la résistance aux antibiotiques met en évidence une autre réalité : la découverte de nouveaux antibiotiques est rare. C’est pourtant l’exploit que des chercheurs américains, allemands et britanniques ont réussi récemment avec le teixobactin. « D’ici cinq à six ans, si tout va bien, le teixobactin pourrait devenir le premier membre d’une nouvelle classe d’antibiotiques », estime le chercheur Kim Lewis de la Northeastern University à Boston. Kim Lewis est l’auteur principal de l’étude publiée dans la revue britannique Nature. Le teixobactin est une molécule naturelle découverte dans un éventail de quelque 10 000 composés extraits de bactéries du sol et cultivés selon une nouvelle méthode brevetée par la société américaine NovoBiotic. Cette technologie ouvre la porte à la découverte d’autres molécules intéressantes dans le futur. Des essais ont été menés sur des souris. Trois bactéries – Clostridium difficile, Staphylococcus aureus et Mycobacterium tuberculosis – ont été mises en présence du teixobactin et détruites sans résistance. Celles-ci démontrent pourtant de la résistance face à des antibiotiques classiques. C’est le mode d’action du nouvel antibiotique qui diffère des autres antibiotiques. Le teixobactin tue la bactérie en provoquant la rupture de la paroi cellulaire. Ce mode d’action ressemble à celui d’un autre antibiotique, la vancomycine, un antibiotique utilisé depuis les années 1950, souvent en traitement de dernier recours. Kim Lewis et son équipe
croient que tout comme la vancomycine, il faudra une trentaine d’années avant que les bactéries développent une résistance au teixobactin. Il faudra encore attendre avant que le teixobactin fasse partie de la trousse des
professionnels de la santé. D’ici deux ans, les chercheurs pensent pouvoir commencer des essais cliniques chez l’humain, après qu’ils auront amélioré les propriétés pharmaceutiques du produit et « sa stabilité ». Source : BFMTV et Nature
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INFO ÉLEVAGES
Ovulation tardive chez les jeunes vaches
45 Taux de conception (%)
Le développement d’outils pour mesurer l’activité des vaches facilite considérablement la détection des chaleurs. Comme la précision des détecteurs d’activité se situe entre 70 % et 80 %, l’observation des vaches par l’éleveur est nécessaire afin de ne pas manquer des chaleurs ou pour confirmer la chaleur d’une vache présentant une hausse importante de l’activité. Cependant, les éleveurs se questionnent toujours sur le moment propice pour effectuer l’insémination, après un pic d’activité. Une mauvaise synchronisation du moment de l’insémination après ce point culminant peut occasionner un faible taux de conception. Des chercheurs de l’Université de l’État du Kansas ont tenté de répondre à cette question en réalisant un suivi de 19 troupeaux utilisant des détecteurs d’activité. Dans cette étude, les inséminations ont été réalisées de 0 à 26 heures après l’observation du pic d’activité. Ce qui ressort de l’étude, c’est que les jeunes vaches démontrent une plus grande probabilité (48 %) à concevoir si cette insémination survient de 13 à 16 heures après le pic d’activité. Pour les vaches ayant vêlé deux fois ou plus, le taux de succès de l’insémination (34 %) est optimum lorsqu’elle
50
40 35 30 25 20
Vaches primipares Vaches multipares
15 10 0à4
5à8
9 à 12
13 à 16
17 à 26
Nombre d’heures entre le pic d’activité et l’insémination
est réalisée dans les 12 premières heures suivant le pic d’activité. Il faut donc tenir compte de la parité de la vache pour optimiser le taux de conception avec l’aide des détecteurs d’activité. Source : Journal of Dairy Science
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LE BULLETIN DES AGRICULTEURS
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Impact du bien-être au transport agriculteurs. Quelque 235 éleveurs coopérants approvisionnant Exceldor ont participé à cette formation durant les deux derniers hivers. « Notre coop représente le tiers des éleveurs du Québec, ce qui représente 41 % des poulets du Québec », dit Joël Cormier. En plus des formations, Exceldor a changé certaines pratiques. C’est le cas notamment des audits en bien-être animal trois jours avant le chargement. Chaque semaine, les élevages regroupant 500 000 oiseaux sont audités sur les 1,4 million d’oiseaux abattus chaque semaine. La technologie a aussi été mise au service du bien-être des oiseaux dans les remorques des camions. Des sondes de températures ont été placées : trois à l’intérieur de la remorque et une à l’extérieur. Les transporteurs avaient jusqu’au 31 décembre 2014 pour se conformer à cette nouvelle exigence. Un code de couleur indique le niveau de confort : vert, c’est bien ; bleu, c’est trop froid ; rouge, il fait trop chaud. S’il fait trop chaud ou trop froid dans une section de la remorque, le chauffeur peut intervenir sans se servir uniquement de son intuition. Un panneau indicateur des codes de couleur est aussi installé à l’extérieur de la remorque. Ceci permet aux employés de l’abattoir d’intervenir en cas de nécessité lorsque la remorque est en attente du transfert des oiseaux vers l’abattage. « Avec des sondes, c’est plus précis que la perception », explique Joël Cormier. Toutes ces transformations en matière de bien-être animal visent deux objectifs pour Exceldor : donner une bonne image au consommateur et améliorer sa profitabilité. Finalement, le bien-être animal, c’est payant.
PHOTO : TRANSPORT GILLES LAFORTUNE
Pionnier dans le bien-être des poulets dédiés à l’abattage au Québec, Exceldor voit l’impact réel de cet investissement. « Cet hiver, on remarque que les oiseaux sont plus aptes au transport », explique le vice-président à l’approvisionnement chez Exceldor, Joël Cormier. Malgré les grands froids connus au début janvier, le taux de mortalité des oiseaux a été très faible, environ 0,5 %. Le tout a commencé il y a trois ans lors de l’arrivée de Joël Cormier aux commandes du volet approvisionnement. « Nous savions que le chapitre 12 s’en venait », raconte-t-il. Le chapitre 12 du Manuel des Méthodes de l’hygiène des viandes de l’Agence canadienne d’inspection des aliments traite de l’application des règlements et de l’autorité des inspecteurs en lien avec le bien-être animal. Il vient d’être revu en entier. Ses modifications seront en vigueur en mars 2016. Il y a trois ans donc, Exceldor a créé un département bien-être animal et embauché une responsable, Silke Schantz. Aujourd’hui, le département compte quatre personnes. Les formations des transporteurs et des employés d’usine travaillant avec la volaille vivante ont commencé il y a deux ans. Elles sont notamment offertes en espagnol puisque de nombreux travailleurs de ce secteur sont hispanophones. Elles sont obligatoires pour tout transporteur qui veut faire affaire avec Exceldor. Une formation adaptée a été offerte aux éleveurs par le formateur Stéphane Beaudoin, le même qui offre la formation du programme d’agrément CLT dont il était question dans l’article Pour un transport confortable paru dans le numéro de janvier dernier du Bulletin des
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FRUITS ET LÉGUMES
62 MARS 2015 LE BULLETIN DES AGRICULTEURS
PAR JULIE ROY
L’HOMME QUI PLANTAIT DES POMMIERS Il aura fallu 20 ans à Roland Joannin, arboriculteur, hybrideur et conseiller pomicole, pour créer la Rosinette et la Passionata. Deux nouvelles variétés de pommes pour aider les producteurs d’ici à concurrencer les fruits en provenance de l’étranger.
Pour arriver au terme du processus de la création d’une pomme, Yvan Duchesne et Roland Joannin admettent qu’une petite dose de folie est nécessaire.
Roland Joannin. À même leur verger, ils ont accepté qu’on y plante des variétés expérimentales, dont la Rosinette et la Passionnata, et tout cela sans pour autant être certain de la réussite de l’expérience. « Nous sommes deux fous, mais si on veut se démarquer, il faut réussir ce pari et trouver un marché de niche. Il faut prendre des risques », raconte Yvan Duchesne. Le producteur admet n’avoir jamais calculé de manière précise ce qui lui en coûte de laisser des parcelles de son verger à l’expérimentation, pas plus qu’il n’a compté le nombre d’heures nécessaires pour prendre soin de ces arbres. « Tout ce que je sais, c’est qu’il s’agit d’un travail de moine et que j’ai dû débourser autour de 5000 $ peut-être. »
Des critères très précis S’il faut autant de temps à la création d’une seule pomme, c’est qu’un travail de sélection titanesque est nécessaire. Le croisement est d’abord effectué avec un pinceau. Pour éviter de fausser les résultats, même si les pétales sont enlevés, les bourgeons sont protégés des abeilles. Après la récolte, les pépins prélevés sont mis en stratification, c’est-à-dire en
PHOTOS : JULIE ROY
S
e prendre en main, c’est ce qu’avait en tête Roland Joannin lorsqu’il a réuni des pomiculteurs lors d’une assemblée de cuisine en 1986. De cette rencontre est née le collectif la Pomme de demain. Son but : créer des pommes typiques du Québec. « Cela ne donne rien de cultiver la même chose que d’autres font aussi bien sinon mieux que nous, par exemple la Royal Gala. On ne peut concurrencer les Américains sur ce marché, il faut donc innover », raconte l’hybrideur. Pour passer du rêve à la réalité, le collectif, qui au départ ne comptait que 12 membres, a pu se fier sur la passion et la détermination de Roland Joannin. Avec des fonds minimes, Roland Joannin a poursuivi son objectif en travaillant des milliers d’heures sur ce projet. « On ne gagne pas sa vie avec cela. Tout au plus les redevances pour chaque arbre vendu c’est tout. Mais qu’importe, le plaisir que cela me procure n’a pas d’égal et le bonheur est tellement une denrée rare », explique le passionné. Yvan Duchesne et Claire Brazeau, propriétaires au Mont-Saint-Grégoire du Verger de la Montagne qui compte 14 000 pommiers, font partie de ces pomiculteurs qui ont partagé cette aventure avec
LE BULLETIN DES AGRICULTEURS MARS 2015 63
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Et les choix ne s’arrêtent pas là; d’autres options comme une transmission IVT et une option à 50 km/h (31 mi/h) pour un transport rapide vous sont offertes. Prêt à recevoir GreenStar™ pour plus de précision Votre nouveau tracteur 6R sera prêt à recevoir les systèmes GreenStar et AutoTrac™ pour vous offrir de la précision rapidement et facilement. Avec l’affcheur GS3 CommandCenter™ et un écran de 7 po ou 10 po, vous pouvez facilement programmer et surveiller de nombreuses fonctions du tracteur et des instruments compatibles. Vous pouvez aussi utiliser une gamme d’applications logicielles de précision pour la navigation, la cartographie et la documentation.
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64 MARS 2015 LE BULLETIN DES AGRICULTEURS
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La nouvelle pomme Rosinette a nécessité l’observation de 1100 hybrides, soit plus de 6000 arbres que huit producteurs ont bien voulu planter à même leur verger.
pots avec sable humide à une température de 1 °C à 2 °C. Trois mois plus tard, les graines germées sont plantées en cellule dans un Pro-mix. Au printemps, après un séjour en serre, les plants sont mis en pépinière, très serrés, pour une période de deux ans. À ce stade, une première sélection est effectuée et tous les plants présentant des signes d’oïdium (maladie du blanc) et autres anomalies (ex. : nanisme) sont éliminés. Les plants sont ensuite transférés en parcelle hybride et débute alors la période d’observation. En moyenne, sur les 1500 plants installés en pépinière, 1000 à 1200 iront en parcelle après le dépistage d’oïdium. Et de la parcelle hybride, c’est un à deux sujets seulement qui présenteront les caractères recherchés. Les rares élus qui franchissent les premières étapes de la sélection seront alors greffés
sur pommiers nains, à raison de trois individus par variété hybride. « Nous avons fait d’autres essais et il est arrivé de n’avoir aucun résultat intéressant pour 1000 hybrides. Nous sommes contents quand nous avons quatre ou cinq sujets intéressants », raconte l’arboriculteur. Une fois cette étape passée, le travail n’est pas pour autant achevé, les arbres et leurs fruits devront répondre à des critères bien spécifiques. « La pomme aurait beau avoir le meilleur goût du monde et attirer les consommateurs, si elle est chiante à cultiver, les producteurs ne suivront pas », mentionne Roland Joannin. En plus de son goût, l’arboriculteur surveille la régularité de la production, la résistance à la tavelure, la durée de conservation, la résistance aux hivers et aux gels, la rusticité et l’architecture de l’arbre. Ce dernier doit nécessiter le moins
d’entretien possible avec une durée de vie entre 20 et 25 ans.
Les pépins Malgré tout, même si plusieurs années sont nécessaires pour en arriver au fruit voulu, cela ne veut pas dire que les nouvelles variétés sont parfaites. Passionata et Rosinette nécessitent quand même des attentions et des soins particuliers, entre autres, en ce qui concerne le point amer (soit une déficience en calcium). Leur coût de production peut aussi être plus élevé. Toutefois, ce n’est pas sur ce point que le bât blesse. Même si ces nouvel les pommes ont tout pour plaire aux consommateurs. Il n’en demeure pas moins que leur commercialisation est difficile. Il est fort peu probable qu’on les retrouve dans les grandes chaînes de supermarchés parce que la période de LE BULLETIN DES AGRICULTEURS MARS 2015 65
Assez confiants pour interrompre votre pause-lecture personnelle du Bulletin des agriculteurs. Dans notre domaine, les paroles ne valent pas grand-chose. Ce sont les résultats qui comptent. Et c’est exactement ce que le traitement pour plantons TitanMD EmestoMC vous offre : des résultats. Il contribuera à protéger votre culture contre la plus grande variété d’insectes et contre toutes les principales maladies transmises par les semences, dont la rhizoctonie, la tache argentée et la fusariose – même les souches actuellement résistantes. Une protection de cette envergure ne peut qu’inspirer confiance. V i s i t e z T i t a n E m e s t o . c a e t v o y e z p o u rq u o i , v o u s a u s s i , v o u s a u re z r a i s o n d ’ a v o i r c o n f i a n c e .
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66 MARS 2015 LE BULLETIN DES AGRICULTEURS
Pour découvrir Passionata et Rosinette (les deux variétés ont reçu l’approbation quant à la demande de brevet), les consommateurs devront se déplacer puisque ces dernières ne sont offertes qu’en autocueillette.
DEUX BELLES QUI DÉTONNENT GRÂCE À LEURS SAVEURS
T:10.75”
B:11.25”
commercialisation est trop courte et que les volumes ne sont pas encore suffisants (10-12 tonnes pour la Rosinnette). « Si on avait nos entrées, ce serait plus facile avec les chaînes, mais en ce moment rien ne bouge », constate Roland Jonanin. Yvan Duchesne croit que ces pommes ont de l’avenir puisqu’elles peuvent être valorisées et les consommateurs se les arrachent lors de la récolte. « Les gens m’appellent pour en réserver et je vais replanter 150 pommiers Rossinette ce printemps pour répondre à la demande. » Il n’est pas le seul à avoir confiance, huit producteurs font comme lui et cultivent ces nouvelles variétés. Au sein du collectif la Pomme de demain, le nombre de membres a augmenté et atteint aujourd’hui 50 membres : 40 sont producteurs, les autres sont emballeurs, cidriculteurs ou conseillers. Tous partagent la passion de la pomiculture et un grand intérêt pour la création variétale. Le travail se poursuit, après Passionata et Rosinette, douze nouvelles recrues sont à l’essai. Elles tenteront de traverser les étapes et de convaincre le palais des consommateurs.
Animant le collectif la Pomme de demain et effectuant les travaux techniques d’hybridation, Roland Joannin vit pleinement sa passion pour la création de nouvelles pommes. LE BULLETIN DES AGRICULTEURS
MARS 2015
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FRUITS ET LÉGUMES
PAR JULIENNE ISAACS*
SÉQUENÇAGE DE L’ADN DANS LA POMME DE TERRE
68 MARS 2015 LE BULLETIN DES AGRICULTEURS
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e génome de la pomme de terre est de taille intermédiaire dans le monde végétal. Constitué de 12 chromosomes, il affiche une longueur de génome haploïde d’environ 840 millions de paires de bases. Ce génome a été décodé au complet en 2011, grâce aux efforts concertés du Potato Genome Sequencing Consortium (PGSC) (consortium pour le séquençage du génome de la pomme de terre). Le PGSC, issu de l’Université et du Centre de recherche de Wageningen, aux Pays-Bas, a combiné les efforts de 16 groupes de recherche nationaux du monde entier. Bien qu’au début des années 2000 le Canada ait participé à l’identification de quelques courtes séquences de chromosomes et à la mise sur pied de ce projet, il ne fut pas membre du PGSC. Toutefois, maintenant que le génome complet de la pomme de terre s’ouvre à la science, les chercheurs canadiens ont déjà accompli des progrès remarquables en amélioration génétique de cette culture, au moyen des biotechnologies de nouvelle génération. Au Centre de recherches sur la pomme de terre d’Agriculture et Agroalimentaire Canada, à Fredericton au NouveauBrunswick, la chercheuse Helen Tai et le généticien renommé David De Koeyer identifient les gènes-clés de cette plante qui pourront fournir des marqueurs génétiques, si utiles aux projets d’amélioration génétique. Selon la Dre Tai, le coût du séquençage génétique a chuté de façon marquée ces 20 dernières années. « Au début, le séquençage coûtait près d’un milliard de dollars, on peut maintenant en défrayer les coûts avec une carte Visa », dit-elle. Jusqu’à récemment, les généticiens réalisaient le séquençage de l’ADN par le biais de la technologie didésoxy, mise au point dans les années 1970 par Frederick Sanger, lauréat du prix Nobel de chimie.
Par la suite se sont développées des technologies de nouvelle génération qui ont accéléré l’analyse du génome à grande échelle — et coûtent beaucoup moins cher. Combinées aux innovations de l’informatique, ces nouvelles technologies offrent aux chercheurs des voies nettement plus rapides vers l’amélioration génétique de la pomme de terre. « Grâce à la baisse du coût, l’emploi des marqueurs d’ADN peut se généraliser en génétique, se réjouit Helen Tai. Avec cette technologie, nous testons la génétique de nos lignées de pommes de terre. Un autre changement dans notre façon de faire, c’est que nous allons séquencer des génomes entiers et utiliser l’ordinateur pour nous aider à localiser les gènes importants. « Je fais souvent l’analogie avec la recherche de l’âme sœur par Internet, où un algorithme recherche l’appariement idéal : c’est ce que l’on fait dans la pomme de terre », illustre la chercheuse.
Un séquençage plus avantageux Grâce au séquençage amélioré des chromosomes de la pomme de terre, les chercheurs peuvent y localiser chacun des gènes. Or, les gènes sont des séquences d’ADN que les scientifiques peuvent « marquer ». Ces séquences, ainsi devenues des « marqueurs génétiques », facilitent la différenciation des variétés de pommes de terre. Les chercheurs peuvent maintenant plus facilement déceler les marqueurs génétiques qui expriment la résistance aux maladies ou d’autres caractères génétiques – utiles ou désavantageux – chez les diverses variétés. L’un des résultats positifs du séquençage de l’ADN, c’est la création des marqueurs de sélection des gènes utiles, explique Dre Tai. « Nous en utilisons déjà quelques-uns – pour la résistance au nématode à kystes ou au mildiou
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Les biotechnologies ont inauguré une nouvelle ère dans l’amélioration génétique de la pomme de terre, en permettant aux chercheurs de sélectionner les caractères génétiques importants avec beaucoup plus d’efficacité.
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de la pomme de terre, dit-elle. Nous les intégrons dans nos croisements. Ce qui nous stimule, c’est que le cycle habituel de sélection génétique de 10 à 15 ans peut être écourté à cinq ans. Notre but : développer des variétés améliorées plus rapidement. » Ainsi, les généticiens peuvent mieux répondre aux besoins du marché, par exemple en ce qui a trait à la résistance aux maladies ou aux ravageurs, qui changent avec le temps. Car certaines années, le doryphore de la pomme est moins préoccupant que d’autres, et c’est parfois le nématode à kystes qui pose problème. Le séquençage de nouvelle génération permet aux sélectionneurs de développer des variétés qui répondent d’une manière pratico-pratique aux préoccupations majeures des producteurs. « Nous voulons être à l’écoute du marché et profiter de ces nouvelles possibilités, pour fournir à l’industrie les caractères génétiques qu’il lui faut », dit la scientifique. Certains marchés en émergence, notamment les bioplastiques, les produits pharmaceutiques ou les nouveaux produits alimentaires, feront appel à des gènes moins connus de la pomme de terre. La mise au point accélérée des nouvelles variétés de pommes de terre aidera les améliorateurs à satisfaire ces nouveaux marchés.
ABC DE L’ADN
Les priorités en génétique de la pomme de terre Bien qu’une foule d’applications soit possible avec chacune son ensemble de gènes, la génétique de la pomme de terre a ses priorités, souligne Helen Tai. Tout d’abord, les limites actuelles de la science restreignent le degré d’amélioration potentiel des caractères génétiques. De plus, les sélectionneurs doivent satisfaire l’industrie qui priorise par exemple le rendement et la matière sèche. Comme les caractères liés aux maladies sont facilement testés en laboratoire, c’est parfois pour ces maladies qu’on met au point des marqueurs génétiques, plutôt que pour le rendement. « Le rendement est très difficile à identifier : c’est un caractère très complexe qui varie beaucoup selon l’environnement », explique la chercheuse. Sur le plan environnemental, les objectifs comprennent la recherche de caractères pouvant réduire l’usage de produits chimiques ou de fertilisants au champ, pour diminuer la dépendance des producteurs envers ces intrants. « On doit être sélectif pour réagir aux besoins, au fil du temps, et demander à l’industrie quelles sont ses priorités, car avant tout, les producteurs doivent demeurer rentables », admet la Dre Tai. L’optimisation des éléments nutritifs et le rendement peuvent être ce que les producteurs considèrent national de recherche, division Île-duPrince-Édouard, partenaires du Réseau comme primordial. La santé humaine fait aussi partie des BioPotato, ont examiné les vertus thérapriorités. Au milieu des années 2000, le peutiques de la pomme de terre. « Nous Réseau Bio-Potato (Bio-Potato Network) avons effectué des essais au niveau moléfut créé pour explorer les métabolites de culaire et cellulaire sur la santé humaine la pomme de terre bénéfiques pour notre – on a observé l’effet bénéfique des métasanté. Entre autres choses, le Réseau, qui bolites de cette plante sur les cellules », cessa ses opérations en 2011, a examiné relate Helen Tai. Grâce aux biotechnologies et au la teneur en antioxydants des variétés de pommes de terre colorées. On le sait, les génome de la pomme de terre enfin antioxydants aident à combattre les mala- dévoilé, les généticiens et les sélectiondies associées au stress oxydatif et on les neurs sont maintenant mieux équipés que retrouve sous forme d’anthocyanines jamais pour développer rapidement des dans les pommes de terre de couleur pommes de terre améliorées, pour libérer orange, jaune, violet et rose. Ce sont les le potentiel de cette culture. « Nous avons mêmes antioxydants que dans les petits la chance de pouvoir combiner la force de fruits, précise Helen Tai, et les tubercules l’informatique et la multitude des doncolorés font heureusement leur appari- nées du génome », résume Helen Tai. tion sur nos étalages. Le Centre de recherches sur la pomme * Julienne Isaacs habite au Manitoba, elle est de terre de Fredericton et le Conseil journaliste et rédactrice. LE BULLETIN DES AGRICULTEURS
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MIEUX VIVRE
PAR PIERRETTE DESROSIERS, M.PS, PSYCHOLOGUE DU TRAVAIL
LORSQUE LE « QUAND » FAIT TOUTE LA DIFFÉRENCE Pourquoi est-ce si difficile d’atteindre nos objectifs ? En fait, il existe plusieurs facteurs pouvant influencer l’atteinte ou non de ceux-ci. Toutefois, que diriezvous si en modifiant seulement une seule habitude, vous augmentiez de 300 % la probabilité d’atteindre vos objectifs ? Simple à comprendre, mais selon toute apparence, bien peu de gens parviennent à l’appliquer de façon constante. Alors, de quoi s’agit-il au juste ? Et bien, lorsque vous désirez faire quelque chose, vous devez nécessairement le planifier. Ça ne prend pas un doctorat en psychologie de l’organisation pour savoir cela, me direz-vous. Une approche bien connue en coaching consiste à demander au client de s’engager avec une date, voire une heure précise, quant à ses intentions. Peu importe l’ampleur de votre objectif, que ce soit la construction d’une étable ou l’obtention d’un diplôme, par exemple, tout projet comprend plusieurs actions qui demandent à être planifiées. Depuis des années, je suis toujours surprise de constater à quel point des dates précises incitent les gens à passer à l’action et améliorent leurs chances de succès. Heidi Grant Halvorson, psychologue spécialiste en motivation, a identifié que l’implantation d’une intention était parmi les neuf stratégies qui différencient ceux qui réussissent aux autres. La motivation seule n’est pas suffisante pour l’adoption d’un nouveau comportement ou pour passer à l’action. On doit planifier son projet, le mettre dans l’agenda. Voici une technique proposée : « Lorsque la situation X se produit, je fournirai la réponse Y ». Prenons le simple fait de vouloir mettre en place une réunion.
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Chaque lundi, après le déjeuner, nous ferons une réunion pour l’entreprise. Si c’est impossible, nous la reporterons au mardi même heure (Plan B). Décider quand, où et comment à l’avance, vous évitera de faire des choix sur le coup de l’émotion. Selon David Kohl, les entreprises ayant des réunions régulières seraient en moyenne 21 % plus profitable. Lorsque je demande aux agriculteurs s’ils croient en l’importance de faire des réunions pour l’entreprise, ils me répondent « oui » la majeure partie du temps, mais la plupart n’en font pas. Pourquoi ? Plusieurs me répondront, avec une certaine gêne, qu’ils n’ont pas le temps. Par la suite, bon nombre d’entre eux me disent : « Bien entendu, quand on aura un peu plus de temps, quand il se mettra à pleuvoir, etc. ». Et bien, devinez quoi ? Il n’y a jamais plus de temps. Et quand il pleut, on en profite pour faire un tas d’autres choses. La seule façon de passer à l’action, c’est de le prévoir dans l’agenda, tout comme un rendez-vous chez le dentiste. Chaque fois que vous vous entendez dire : « Il faudrait bien appeler le comptable, le notaire ou faire une réunion, vous devriez avoir un petit drapeau rouge qui se lève pour vous faire penser à « quand ? » et vous inciter à l’écrire dans l’agenda. Autrement, vos beaux projets risquent de ne pas se concrétiser comme vous le désirez. Bien entendu, vos objectifs doivent faire partie de votre vision d’entreprise et de vie. « Une vision sans action n’est qu’un rêve. L’action sans la vision ne mène nulle part. Une vision accompagnée de l’action peut changer le monde. » — Loren Eiseley
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C’EST NOUVEAU Renouvellement des faucheuses à disques Kuhn Cette gamme s’adresse aux exploitations de petite et de moyenne taille. Les largeurs de travail sont de 1,6 m, 2 m, 2,4 m et 2,8 m. La barre de coupe est équipée de quatre à sept disques. La largeur de l’andain varie de 1,1 m à 2 m. Pour optimiser leur durée de vie et supporter des contraintes élevées, les GMD disposent des mêmes composantes que celles des séries 100, que ce soit le porte-disque équipé de la sécurité Protectadrive, les disques ou les patins. Le profil biseauté des couteaux fixés par boulons ainsi que la forme ovale des disques à rotation convergente contribuent à produire un fourrage de qualité en réduisant les impuretés présentes. La tôle à andains a été remplacée par une roue à andains qui réduit les chocs au sol. L’articulation latérale propose des angles de coupe de +35 ° à -25 °, afin d’optimiser le suivi du terrain, même lors du fauchage de fossés. En cas de percussion d’un obstacle, un déclenchement de sécurité provoquera le recul partiel du groupe faucheur. kuhn-canada.com
Mitas développe un pneu agricole à base de pissenlit Le pissenlit russe parsème les gazons et les champs, mais il produit aussi un caoutchouc comparable au latex de l’hévéa. Les ingénieurs de ContinentalMitas testent cette résine afin de l’incorporer dans un pneumatique agricole. Le prototype devrait voir le jour au courant de 2015. Le pissenlit permettrait de réduire la dépendance en caoutchouc provenant d’Asie qui peine à répondre à la demande mondiale croissante. Directement affecté par le coût du baril de pétrole, son prix ne cesse de fluctuer. Le pissenlit ne serait plus qu’une simple mauvaise herbe envahissante, car elle offrirait une alternative économique au latex. mitas-tires.com
New Holland introduit la CR 6.80 La nouvelle batteuse de classe six de New Holland est motorisée par un moteur de 374 ch avec ECOBlue Hi-eSCR. La CR 6.80 est conçue pour travailler avec des tables de coupe allant jusqu’à 30 pi de large avec un nez à maïs de huit rangs. Le diamètre des rotors est de 432 mm. Le système de nettoyage autonivelant de 5,39 m² utilise un système de passe qui stratifie la récolte et l’étend uniformément afin de séparer plus efficacement le grain. Un capteur lit les modifications de terrain et ajuste automatiquement les niveaux du système de nettoyage jusqu’à une pente de 15 %. La grande capacité de la trémie de 315 boisseaux est combinée avec une vitesse de déchargement rapide de 3,7 boisseaux/seconde. La cabine Harvest Suite Ultra dispose de l’accoudoir avec la poignée multifonction CommandGrip. La nouvelle cabine dispose de 68 pi2 de zone vitrée. Le plancher est incliné vers le pare-brise, afin d’accroître la visibilité sur la barre de coupe. agriculture.newholland.com 74 MARS 2015 LE BULLETIN DES AGRICULTEURS
La Tribine entrera en commercialisation en 2016 Tribine Harvestor LLC a ouvert un Centre de design à Newton dans l’État du Kansas. Le Centre complétera la conception ainsi que la finalisation de la moissonneuse-batteuse. Le Centre a embauché des ingénieurs ayant une expérience de classe mondiale, dont Robert Matousek qui occupera le poste de viceprésident de l’entreprise. Il a déjà contribué à plusieurs innovations pour les groupes Agco et CNH. Les essais de la Tribine dans le maïs, le soja et le blé ont fourni les connaissances et les données nécessaires afin de finaliser la batteuse pour la préparer à la commercialisation. Parmi les points qui différencient
cette dernière des autres batteuses sur le marché, il y a la trémie à grain de 1000 boisseaux (25,4 tonnes). La vis de vidange permet le déchargement de 500 boisseaux par minute. La moissonneuse est articulée et équipée de quatre roues motrices de même dimension afin de réduire la compaction au sol. La partie avant est constituée des systèmes de nettoyage du grain et l’arrière est, quant à lui, réservé uniquement au stockage du grain. Dans le modèle récent de la Tribine, il s’agit d’une batteuse Gleaner S77 d’Agco à rotor transversal. Elle est équipée d’un moteur Agco Power six cylindres de 370 ch. tribine.com
Accord entre Deutz et Zetor
Amazone équipe le Certos TX de disques de 660 mm
Afin de se conformer à la norme antipollution Tier 4 Final, Zetor a conclu un accord avec l’allemand Deutz. Ce dernier motorisera les tracteurs tchèques avec un bloc quatre cylindres TCD 2,9 L L4 et d’un six cylindres 6,1 L. Avec cet accord, Zetor pourra étendre sa gamme jusqu’à 175 ch.
Amazone a dévoilé le déchaumeur trainé à disques Certos TX en janvier dernier. Il est équipé de 24 à 40 disques de 660 mm, afin de travailler entre 7 cm et 20 cm de profondeur. Ils sont espacés de 35 cm et montés sur des paliers sans entretien de 130 mm. Ceux-ci disposent d’une garniture mécanique d’étanchéité et de bain d’huile. L’angle d’attaque des disques est réglé à 22° pour la première rangée et à 17° pour la seconde. Ils assurent un bon mélange terre-résidus. La largeur de travail varie de 4 m à 7 m. En mode transport, la largeur est de 2,85 m. Pour assurer une profondeur de travail constante, le réglage est hydraulique et s’effectue en cabine. Le Certos dispose de roues d’appui à l’avant, d’un rouleau arrière suiveur et le timon central est amorti. En option, Amazone propose le semoir GreenDrill 500 attelé sur le timon du Certos, afin de semer un couvert végétal durant le déchaumage. amazone.net
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MÉTÉO Avril 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 CIEL PRÉCIPITATIONS NORMALE
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NUAGEUX
PARTIELLEMENT NUAGEUX
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Abitibi-Témiscamingue Températures et précipitations près de la normale. Ciel partiellement nuageux les 1er et 2. Possibilité de nuages avec averses passagères de neige légère du 3 au 5. Mélange de soleil et de nuages avec possibilité d’averses du 6 au 9. Ciel nuageux avec forte possibilité d’averses de pluie du 10 au 13. Ciel partiellement ensoleillé avec averses isolées les 14 et 15. Nuages et pluie du 16 au 20. Ciel partiellement ensoleillé les 21 et 22. Nuages et pluie du 23 au 28. Période ensoleillée les 29 et 30.
Saguenay–Lac-Saint-Jean Températures et précipitations près de la normale. Ciel partiellement nuageux les 1er et 2. Possibilité de nuages avec averses passagères de neige légère du 3 au 5. Mélange de soleil et de nuages avec possibilité d’averses du 6 au 9. Ciel nuageux avec forte possibilité d’averses de pluie du 10 au 13. Ciel partiellement ensoleillé avec averses isolées les 14 et 15. Nuages et pluie du 16 au 20. Ciel partiellement ensoleillé les 21 et 22. Nuages et pluie du 23 au 28. Période ensoleillée les 29 et 30.
Montréal, Estrie et Québec Températures inférieures à la normale et précipitations supérieures à la normale. Ciel partiellement nuageux les 1er et 2. Possibilité de nuages avec averses passagères du 3 au 5. Mélange
AVERSE
NEIGE
ACCUMULATION
TEMPÉRATURE
FROID
CHAUD
de soleil et de nuages avec possibilité d’averses du 6 au 9. Ciel nuageux avec forte possibilité d’averses de pluie du 10 au 13. Ciel partiellement ensoleillé les 14 et 15. Nuages et pluie du 16 au 20. Ciel partiellement ensoleillé le 21. Nuages et averses passagères de pluie du 22 au 29. Ensoleillé le 30.
Vallée de l’Outaouais Températures inférieures à la normale et précipitations supérieures à la normale. Ensoleillé les 1er et 2. Nuages avec averses passagères du 3 au 6. Mélange de soleil et de nuages avec possibilité d’averses du 7 au 9. Ciel nuageux avec forte possibilité d’averses de pluie du 10 au 13. Ensoleillé les 14 et 15. Nuages et pluie du 16 au 20. Ciel partiellement ensoleillé le 21. Nuages et averses passagères de pluie du 22 au 29. Ensoleillé le 30.
Gaspésie et Nouveau-Brunswick Températures supérieures à la normale et précipitations inférieures à la normale. Ciel nuageux et averses de neige le 1er. Ensoleillé les 2 et 3. Nuages avec averses de neige passagères les 4 et 5. Mélange de soleil et de nuages du 6 au 10. Ciel nuageux avec forte possibilité d’averses de pluie du 11 au 14. Nuageux le 15. Nuages et pluie du 16 au 20. Ciel partiellement ensoleillé les 21 et 22. Nuages et averses de pluie passagères du 23 au 28. Ensoleillé les 29 et 30.
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À la ferme Danmarc, les employés Pascal et Jean-François Lavigne sont devenus copropriétaires de l’entreprise. La maternité porcine dont ils dirigent les opérations vient de passer au logement de truies gestantes en groupes.
GUIDE TRACTEURS
Un nouveau robot de traite, tout un changement ! L’adaptation à un robot de traite est une période de transition difficile pour les vaches, tout comme pour les éleveurs.
Survoler les champs en toute légalité Les drones envahissent l’agriculture ! Voici le témoignage de trois nouveaux propriétaires de drones, suivi d’un survol de la réglementation qui leur permet maintenant de s’en servir sans tracas. 82
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TARIFS D’ABONNEMENT Prix au Canada (3 ans), taxes incluses : Québec 140,27 $ ; N.-B., N.-É., T.-N. : 137,86 $ ; autres provinces : 128,10 $. Prix au Canada (1 an), taxes incluses : Québec : 63,24 $ ; N.-B., N.-É., T.-N. : 62,15 $ ; autres provinces 57,75 $. Autres pays (1 an) : 82,00 $. Tarifs en vigueur jusqu’au 31 décembre 2015. PROTECTION DES RENSEIGNEMENTS PERSONNELS À l’occasion, nous partageons nos listes d’abonnés avec des sociétés ou des organismes sélectionnés dont les produits ou services pourraient vous intéresser. Toutefois, si vous préférez que ces données (votre adresse postale ou électronique) ne soient pas transmises et souhaitez que votre nom soit retiré de ces listes, vous pouvez le faire facilement en nous appelant entre 9 h et 17 h, heure de l’Est, ou en nous écrivant à l’adresse électronique info@lebulletin.com. Le Bulletin des agriculteurs reçoit, de temps à autre, des commentaires et des documents (y compris des lettres à l’éditeur) non sollicités. Le Bulletin des agriculteurs, ses sociétés affiliées et cessionnaires peuvent utiliser, reproduire, publier, rééditer, distribuer, garder et archiver ces soumissions, en tout ou en partie, sous quelque forme ou sur quelque support que ce soit, sans aucune rémunération de quelque nature.
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