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DOSSIER agriculture de précision | L AIT acheter son foin | PORC des camions propres
Faire le saut à deux robots
JANVIER 2015
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2015
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Tous droits réservés. Case IH est une marque déposée utilisée sous licence ou appartenant à CNH Industrial N.V., ses succursales ou ses filiales aux États-Unis et dans de nombreux autres pays.
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SOMMAIRE
VOLUME 98 NUMÉRO 1
31 EN COUVERTURE
48 ÉLEVAGES
10 Un robot c’est bien, mais deux c’est mieux !
31 Acheter son foin, pourquoi pas ?
Un second robot de traite a permis aux producteurs Éric Houle et Lise Normand d’améliorer considérablement leur qualité de vie et leur productivité.
Certains producteurs laitiers préfèrent acheter plutôt que de produire leur foin. Stéphane Blanchette de la ferme S.C.H. de Saint-Charles-sur-Richelieu fait partie de ces audacieux.
DOSSIER AGRICULTURE DE PRÉCISION
15 Maximiser chaque hectare en fourrages
Une analyse de sol par hectare, trop coûteux ? Pas si dès le lendemain, un chaulage à taux variables permet d’uniformiser à la hausse les rendements et la qualité des plantes fourragères.
21 Zones de gestion : quel outil privilégier ? Cartes de rendement, relevés de conductivité (Veris) ou images satellites. Lequel de ces outils se prête le mieux à établir les contours de zones qui pourront faire l’objet de taux variables ? En page couverture : Efficacité au travail et productivité : Éric Houle et Lise Normand ont trouvé la recette pour rentabiliser leurs deux robots. Photo : Alain Fournier
37 Des camions propres La diarrhée épidémique porcine (DEP) a fait rehausser la qualité du nettoyage de camions effectué chez Serbo Transport.
41 Pour un transport confortable L’industrie avicole québécoise a choisi de mieux former les gens qui doivent manipuler les animaux avant, pendant et après le transport de la volaille.
FRUITS ET LÉGUMES
48 De l’or qui dort au champ
Surplus, invendus, déclassés, rejets de transformation, des tonnes de fruits et de légumes ne trouvent jamais le chemin des épiceries. Ils figurent plutôt dans la colonne résidus et finissent soit enfouis ou comme engrais verts. Et si une autre finalité existait pour ces végétaux ? Certains y croient et ont décidé de transformer ces déchets en or.
15 CHRONIQUES 4 Bouche à oreille 6 Billet 8 Point de vue 25 Marché des grains 26 Info cultures 44 Info élevages 53 Mieux vivre 54 C’est nouveau 59 Météo
LE BULLETIN DES AGRICULTEURS JANVIER 2015 3
BOUCHE À OREILLE
Caribou et carnaval
Fruits et légumes s’en vont en grève En France, des agriculteurs ont réussi à exprimer un ras-le-bol collectif tout en gagnant la faveur des citadins. Le 5 novembre 2014, un groupe de membres de la communauté agricole s’est rassemblé en plein coeur de Paris afin d’attirer l’attention sur la situation problématique planant sur leur milieu de travail. Pour engager un dialogue avec la population, ceux-ci ont distribué gratuitement près de 20 000 sacs de fruits et de légumes aux passants, soit environ 50 tonnes d’aliments. À travers ce geste aussi sympathique que symbolique, les agriculteurs français cherchaient à encourager la population à participer à l’évènement et à se sensibiliser à l’achat et à la consommation des produits locaux. Dans un contexte économique difficile, où les agriculteurs sont également aux prises avec des tâches administratives de plus en plus lourdes, ceux-ci ont trouvé une manière alléchante de faire entendre leur voix. Source : lemonde.fr
Calendrier « Déesses de la vigne » En ce début d’année, vous êtes sûrement à la recherche du calendrier qui vous accompagnera pendant les douze prochains mois… Outre le traditionnel calendrier des scouts, sachez qu’il y a plusieurs possibilités qui s’offrent à vous. L’association des vigneronnes autrichiennes notamment propose son calendrier intitulé « Les déesses de la vigne ». Tous les modèles ne sont pas forcément vignerons, plusieurs travaillent à l’accueil des visiteurs. Elles sont néanmoins toutes aussi charmantes les unes que les autres. Les vignerons de l’Aude, quant à eux, proposent le pendant masculin. Ils ont toutefois poussé la note au point de poser en tenue d’Adam entre deux tonneaux … On est loin des « dieux du stade », mais l’initiative vaut la peine d’être mentionnée. La palme va néanmoins aux commerçants et agriculteurs de Lignières-deTouraine, en France. Ceux-ci ont réalisé un calendrier au profit d’une association pour améliorer la vie des enfants malades. Les photos sont carrément hilarantes. Source : francetvinfo.fr 4 JANVIER 2015 LE BULLETIN DES AGRICULTEURS
C’est en 1894 que la ville de Québec a inauguré son tout premier carnaval d’hiver. Après avoir souffert de la crise de 1929, la fête est officiellement relancée par un groupe de gens d’affaires en 1954. Célébré de la fin janvier à la mi-février, le carnaval d’hiver se veut, à l’origine, une occasion de fêter et de boire un coup avant le carême. Afin de réchauffer l’ambiance d’une manière typiquement québécoise, les fêtards vont jeter leur dévolu sur le caribou. Jadis, le caribou était une boisson faite à base d’un vin rouge type « porto », consommée par les coureurs des bois. Mais la recette associée au carnaval, un mélange de brandy, de vodka, de sherry et de porto, a été concoctée en 1955 par un dénommé Ti-Père, résident de la rue Sainte-Thérèse. Depuis lors, le caribou du carnaval demeure le cocktail officiel de nos célébrations d’hiver. Et l’amour de la fête s’est propagé dans la famille de Ti-Père: son fils est le pionnier de la tradition de sculptures de glace. Pour célébrer l’hiver, on vous offre la recette originale de Ti-Père. À votre santé ! LE CARIBOU DU CARNAVAL
Rendement :10 personnes 3 oz de vodka 3 oz de brandy 12 1/2 oz de sherry canadien 12 1/2 oz de porto canadien Source : Histoires de gourmands
Des bananes islandaises L’Islande est un pays connu pour ses volcans et ses longs hivers, mais qu’en est-il de… ses bananes ? Avec sa saison froide aux températures moyennant les 0 °C, cette île du Nord ne semble pas la terre idéale pour accueillir une bananeraie. Pourtant, cette idée préconçue va être mise au défi par la Deuxième Guerre mondiale, lorsque les bananes deviennent soudainement une denrée rare et dispendieuse. Cependant, une ressource naturelle va venir à la rescousse des amateurs de bananes : l’énergie géothermique provenant des geysers. Grâce à cette source de chaleur naturelle, les Islandais arrivent à chauffer des serres à moindres coûts. Une de ces serres, construite en 1940, est consacrée aux cultures tropicales et accueille une douzaine de bananiers en haut desquels poussent des bananes comestibles. Et si la réalité du climat ne permet pas de faire pousser une véritable bananeraie islandaise, les innovations mises de l’avant par cette initiative ont tout de même donné un coup de pouce au monde de l’agriculture nordique. Source : modernfarmer.com
DANS NOS ARCHIVES...
La revanche des moches : au tour du pain et de la viande Cette année, les fruits et légumes « moches » ont beaucoup fait parler d’eux, notamment grâce à la campagne « gueules cassées » qui cherchait à sensibiliser les consommateurs au gaspillage d’aliments. À présent, le pain et la viande vont joindre leurs forces à cette populaire initiative. C’est que tout comme les fruits et les légumes, les produits des charcuteries, des boucheries et des boulangeries sont également victimes d’une sévère discrimination. Par exemple, une saucisse qui ne répond pas aux bonnes conditions de production sera mise de côté, même si elle est parfaitement comestible. En fait, près de 40 % des produits pourraient ne pas être mis en vente pour différentes raisons, telles que la qualité visuelle du produit ou une mauvaise anticipation de la demande des clients. Dès la minovembre, les consommateurs français pourront donc profiter de rabais sur de nouveaux produits « gueules cassées », soit des coupes de viandes moins connues ou encore du pain de la veille. De quoi inviter toute la famille des moches à passer à table. Source : huffingtonpost.fr
En plus de 95 ans d’existence, Le Bulletin des agriculteurs a été témoin de l’évolution d’un bon nombre de fermes. En mars 1974, l’agronome et journaliste Moïse Cossette ventait les mérites du producteur Lauréat Pelletier de la Ferme Pellerat de Saint-Roch des Aulnaies. On y parle d’une superficie de 122,5 acres (50 ha) et d’un troupeau de 80 têtes. En ce qui a trait à la production laitière, avec ses 32 laitières M. Pelletier avait réalisé une production moyenne de 14 106 livres de lait. En janvier 2013, soit près de quarante ans plus tard, cette même ferme fait l’objet d’une couverture du Bulletin. Gervais et Jean-Guy Pellerat ont alors une ferme d’une superficie de 1200 acres (485 ha) et un troupeau de 550 têtes comprenant 260 laitières. Les deux frères détiennent alors un quota de 274 kg M.G./jour.
LE BULLETIN DES AGRICULTEURS JANVIER 2015 5
BILLET
PAR MARIE-CLAUDE POULIN
La référence en nouvelles technologies 1, Place du Commerce, bur. 320 Île-des-Sœurs (Québec) H3E 1A2
UN DÉFI AUDACIEUX POUR 2015 ? Il paraît qu’on aura un hiver froid cette année ? Que le gouvernement libéral n’a pas terminé avec ses mesures d’austérité ? Non, ce n’est pas vrai qu’on va commencer 2015 avec des nouvelles aussi déprimantes. Je me suis donné la responsabilité de vous faire commencer l’année en beauté, et ce, sur une note positive ! Janvier est aussi le mois des résolutions après tout. Le mois où l’on échafaude des plans pour l’avenir. Pourquoi ne pas se laisser inspirer un peu ? L’un des invités du Salon de l’agriculture cette année est justement une personne des plus inspirantes. Il s’agit de Mylène Paquette, une jeune Montréalaise qui a réalisé un exploit inédit : traverser l’océan Atlantique Nord non seulement à la rame, mais aussi en solitaire ! Ceci est un exploit en soi, mais le plus surprenant est que Mylène avait peur de l’eau avant d’entreprendre son périple. Elle a malgré tout passé 129 jours en mer seule, vaincu le mal de mer, affronté des vagues de plus de 10 m et une dizaine de chavirages… Cette fille n’est pas née dans une famille de marins, elle n’a pas non plus grandi près d’un cours d’eau peuplé d’embarcations… Elle est une fille ordinaire qui s’est donné un défi extraordinaire. C’est le désir d’être une pionnière et de prouver que tout est possible qui l’a animé. Une autre prouesse qui a marqué mon imaginaire ces derniers mois a été accomplie par une jeune Néerlandaise du nom de Manon Ossevoort qu’on a surnommé « the tractor girl ». Elle a réalisé son rêve de ne traverser rien de moins que l’Antarctique en tracteur, afin de se rendre au pôle Sud. Une première expédition
6 JANVIER 2015 LE BULLETIN DES AGRICULTEURS
avait mené Manon de sa ville natale, aux Pays-Bas, à Cape Town, en Afrique du Sud : un périple de 38 000 km effectué à une vitesse maximale de 20 km/h. Le deuxième segment a été entrepris en collaboration avec une équipe d’explorateurs d’expérience. Pendant 18 jours, ils ont combattu des températures allant jusqu’à -56 °C avec le facteur éolien, des tempêtes solaires, des malaises par rapport à l’altitude… avant de se rendre à leur but ultime. La jeune femme a consacré quatre ans de sa vie à réaliser ce voyage. Encore une fois, le désir de dépassement et de prouver que les rêves les plus fous peuvent devenir réalité est la fondation de cet acte de foi. D’ailleurs, selon Manon Ossevoort, un rêve est quelque chose qui nous pousse à devenir une meilleure version de nous-même. Ça fait réfléchir, vous ne trouvez pas ? Enfin, les grandes aventures de ce type ne sont pas pour tout le monde. Pas besoin de traverser des continents ou des océans pour avoir le sentiment de se dépasser. Se donner l’objectif de faire mieux sur sa ferme pour améliorer ses sols ou encore le bien-être de ses animaux. Décider de faire différemment, d’essayer de nouvelles techniques ou technologies pour amener son entreprise à un autre niveau. Ce genre d’initiative peut s’avérer très enrichissante au point de vue personnel et professionnel. Et si au lieu des traditionnelles résolutions du Nouvel An, on se donnait un défi pour 2015 ? Un défi audacieux qui nous propulserait vers l’avant, qui nous rendrait fiers et joyeux ? Je vous lance l’idée, sur ce, bonne et heureuse année !
Téléphone : 514 766-9554 Télécopieur : 514 766-2665 lebulletin.com ÉDITEUR ET RÉDACTEUR EN CHEF Yvon Thérien, agronome yvon.therien@lebulletin.com RÉDACTION RÉDACTRICE EN CHEF ADJOINTE Marie-Claude Poulin marie-claude.poulin@lebulletin.com JOURNALISTE Marie-Josée Parent, agronome marie-josee.parent@lebulletin.com DIRECTEUR ARTISTIQUE Dany Derkenne dany.derkenne@lebulletin.com COLLABORATEURS Jean-Philippe Boucher, Pierrette Desrosiers, André Dumont, Alain Fournier, Lionel Levac, Julie Roy, Caroline Thérien, Johanne van Rossum, Nicolas Witty-Deschamps. PUBLICITÉ DIRECTEUR DE COMPTES Martin Beaudin martin.beaudin@lebulletin.com Tél. : 514 824-4621 REPRÉSENTANTE ONTARIO Lillie Ann Morris lamorris@xplornet.com Tél. : 905 838-2826 PRODUCTION RÉDACTEUR PUBLICITAIRE Luc Gagnon lucg@cybercreation.net ABONNEMENT SERVICE À LA CLIENTÈLE Anne-Marie Gignac services.clients@lebulletin.com Tél. : 514 766-9554, poste 226 Le contenu de ce magazine ne peut être reproduit sans l'autorisation écrite de l'éditeur du Bulletin des agriculteurs. Ce magazine est publié par Farm Business Communications, une division de Glacier Media inc. Les auteurs conservent l'entière liberté de leurs opinions. Le Bulletin des agriculteurs ne garantit pas l'exactitude de l'information contenue dans la publication et n'assume aucune responsabilité pour toute action ou décision prise à partir de l'information contenue dans le magazine. Tous d roits réservés 1991 Dépôt légal : Bibliothèque nationale du Québec ISSN 0007-4446 Fondé en 1918, Le Bulletin des agriculteurs est indexé dans Repère. Envoi Poste-publication – Convention 40069240. Nous reconnaissons l’aide financière du gouvernement du Canada par l’entremise du Fonds du Canada pour les périodiques (FCP) du ministère du Patrimoine canadien. Postes Canada : retourner toute correspondance ne pouvant être livrée au Canada au Bulletin des agriculteurs, 1, Place du Commerce, bureau 320, Île-des-Sœurs, Québec, H3E 1A2. U.S. Postmaster : send address changes and undeliverable addresses (covers only) to : Circulation Dept., PO Box 9800, Winnipeg, Manitoba, R3C 3K7.
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POINT DE VUE
PROPOS RECUEILLIS PAR LIONEL LEVAC
Michel Saint-Pierre
L’AGRICULTURE QUÉBÉCOISE BIEN SOUTENUE Récemment, l’Union des producteurs agricoles, sur la base d’études commandées au groupe de consultants EcoRessources, qualifiait l’agriculture québécoise de l’une des plus performantes au monde et parmi celles qui sont les moins subventionnées. Le Bulletin a demandé à Michel Saint-Pierre, ex-sous-ministre à l’Agriculture, aux Pêcheries et à l’Alimentation, de commenter l’analyse de l’UPA des données d’EcoRessources. Vous allez encore jouer les rabat-joie ? Ce n’est pas un rôle que j’aime et ce n’est pas le meilleur rôle pour se faire des amis. Cependant, il m’apparaît que les données sont beaucoup plus éloquentes que l’interprétation qu’on en fait. Tout se trouve dans les études d’EcoRessources. Pour des raisons politiques évidentes, l’UPA ne retient et n’insiste que sur ce qui fait son affaire. Par exemple, ne faire qu’un bloc de l’agriculture et de la transformation alimentaire est un peu fragile. L’importance économique est là, mais n’oublions pas que beaucoup de matières premières ne viennent pas de notre agriculture. Par exemple, le deuxième plus important produit d’exportation du Québec est le chocolat. Pourtant, nous ne cultivons pas de cacao. Il ne faut donc pas trop simplifier. L’agroalimentaire représente quelque 5 % de notre économie, mais tout ne provient pas de notre agriculture. À propos du soutien à l’agriculture, une comparaison vous fait sursauter ? Oui, affirmer que le Québec soutient moins son agriculture que les Américains est un peu tordu. Le niveau de soutien américain à 7 % comprend les programmes dits de food stamps pour venir en aide aux plus démunis. Pour une comparaison équitable, il faudrait donc inclure dans les chiffres québécois des mesures sociales qui permettent à bien des gens d’acheter de la nourriture. Le 6,7 % québécois grimperait alors probablement assez pour rejoindre le niveau des transferts observés dans certains pays d’Europe. 8 JANVIER 2015 LE BULLETIN DES AGRICULTEURS
Selon vous, la comparaison du soutien à notre agriculture devrait se faire autrement ? Oui et tout cela se trouve dans le document d’EcoRessources, au tableau de comparaison du soutien au Québec et dans d’autres régions du monde. Ce que l’on appelle dans le jargon l’ESP, ou le Proxi-Esp, montre que le soutien à notre agriculture, en 2013, évalué à 21 % des revenus à la ferme, est légèrement au-dessus de celui de l’Union européenne, près du double de celui de l’ensemble du Canada (11,6 %), trois fois plus élevé que celui des États-Unis (7,4 %), et trois points plus élevés que celui des pays de l’OCDE (18,2 %). Bien sûr, il y a des extrêmes dont nous sommes loin et dans les deux sens : Nouvelle-Zélande 0,5 %, puis le Japon et la Norvège à plus de 52 % de niveau de soutien. Alors, si on parle simplement de 6,7 % de soutien, qu’est que l’on n’inclut pas ? À la base, il y a le fait que l’on a choisi l’année 2013, l’année où tout allait bien, où l’assurance stabilisation n’a pas eu à payer. Sur une moyenne de dix ans, 2003-2013, les chiffres grimpent partout et le Québec se retrouve avec un soutien moyen de 28,1 %, toujours devant l’Europe, l’OCDE, le Canada et les États-Unis. Il y a aussi le fait que ce 6,7 %, de 2013, n’est constitué que de transferts gouvernementaux. Dans la comparaison internationale dont on parlait précédemment, on tient compte sur la période de 2003 à 2013 de tous les soutiens, y compris l’écart de prix qu’implique pour certaines catégories de produits la gestion de l’offre, ce que l’on définit sur la scène internationale comme étant du soutien venant des consommateurs. Ça, tous les économistes le savent. Une comparaison valable doit donc se faire sur les mêmes bases partout. Peut-on conclure que notre agriculture est bien soutenue ? Oui, mais on pourrait rendre plus efficaces les sommes qui y sont injectées avec
« Dans certains énoncés récents se retrouvent encore une fois des vérités incomplètes, par omission. À travers tout ce que montrent les études, il y a des données dont on ne dit mot » — Michel Saint-Pierre, ex-sous-ministre à l’Agriculture, aux Pêcheries et à l’Alimentation.
de nouvelles incitations à l’efficacité. Le Québec a des producteurs hyper efficaces. Si le portrait d’ensemble est positif, des écarts importants subsistent, certaines fermes étant encore loin de la viabilité. Ce sont elles que l’on doit surtout aider en pensant un soutien au revenu global d’une entreprise plutôt que la stabilisation du revenu d’une seule production. L’argent pourrait être orienté autrement. Aussi, les consommateurs et les contribuables continuent de se dire favorables à garantir des revenus décents aux agriculteurs. Noircir le portrait m’apparaît un peu insultant pour les concitoyens qui paient tout ça. Ils ont droit à un portrait juste et peut-être à un peu plus de reconnaissance.
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Les achats de produits de marque Pioneer® sont soumis aux conditions générales apparaissant sur l’étiquette et sur les documents reliés à l’achat. Le logo ovale de DuPont est une marque déposée de DuPont. Les marques de commerce et de service, ®, MC, MS sont utilisées sous autorisation par Pioneer Hi-Bred limitée. © 2015, PHL.
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10 JANVIER 2015 LE BULLETIN DES AGRICULTEURS
PAR ALAIN FOURNIER, AGRONOME, M.SC.
UN ROBOT C’EST BIEN, DEUX C’EST MIEUX ! Un second robot de traite a permis aux producteurs Éric Houle et Lise Normand d’améliorer considérablement leur qualité de vie et leur productivité.
Éric Houle et Lise Normand ont organisé leur entreprise afin d’optimiser l’efficacité du travail. Ainsi, la mangeoire avec des rebords leur évite d’avoir à repousser les aliments aux vaches. LE BULLETIN DES AGRICULTEURS
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JANVIER 2015
LE BULLETIN DES AGRICULTEURS
Un investissement indispensable Au moment de l’installation de ces deux nouveaux robots en septembre 2013, l’unique robot de la Ferme Erilis était occupé à plein régime avec 65 vaches à la traite. L’inconvénient majeur d’un seul robot pour un tel nombre de vaches avec une telle productivité était la perte de lait. « Quand je faisais lever les vaches pour nettoyer les stalles ou les chauler, aux deux jours, je voyais du lait par terre », raconte Lise. Les vaches les moins dominantes du troupeau se rendaient au robot, constataient qu’il y avait attroupement, donc revenaient se coucher sans avoir été traites. Elles perdaient ainsi beaucoup de lait. Le deuxième inconvénient majeur pour Éric et Lise était le nombre de vaches retardataires à aller au robot. « Tu t’achètes un robot pour avoir moins d’ouvrage, mais avec autant de vaches retardataires à passer, c’était rendu l’enfer », confirme Éric. Le robot avait seulement de 6 % à 8 % de temps libre. « Il y avait parfois des réparations qui duraient deux heures et les vaches en avaient pour deux jours avant de reprendre leur routine », indique Éric. Ils ont décidé d’opter pour l’achat de deux nouveaux robots A4 et de vendre leur robot de type A3. Les bases de données étaient différentes entre les deux modèles, ce qui nécessitait l’initialisation de la vache chaque fois qu’elle changeait de robot. Avec deux robots identiques, ils n’ont pas à faire cette opération continuelle. De plus, la cage de contention pour la traite des vaches du robot A4 est mieux adaptée pour le bien-être des vaches que l’ancien modèle. « La configuration de la cage du A4 nous permet de gagner deux
PHOTOS : ALAIN FOURNIER
P
our Éric Houle et Lise Normand, propriétaires de la Ferme Erilis de Victoriaville, l’aventure a débuté en 2007 avec l’achat d’un premier robot A3 de la compagnie Lely. Le troupeau était alors composé de 61 vaches avec une production annuelle par vache de plus de 10 000 kg. Avec cet investissement, l’objectif premier d’Éric et Lise était d’améliorer leur qualité de vie pour, entre autres, accompagner leurs quatre jeunes enfants à leurs activités parascolaires. « À la base, notre entreprise est familiale », mentionne la productrice. La famille a toujours été au cœur des priorités d’Éric et Lise. « Nous avons toujours pris une fin de semaine sur deux, à l’exception des cinq premières années qui ont été plus difficiles, car il fallait se serrer un peu plus la ceinture », indiquentils. C’est l’expansion de l’entreprise par l’achat de quota qui leur a permis d’atteindre cet objectif. Au début, lorsqu’ils étaient en stabulation entravée avec un lactoduc pour la traite, c’était plus compliqué d’organiser le remplacement et de s’assurer notamment que les ordres de traite étaient respectés. Avec l’achat d’un robot, cette partie du travail est devenue un jeu d’enfant à gérer pour un employé. Ils ont même amorcé un projet de coopérative de travailleurs, qui vient tout juste de commencer ses activités. Éric en est le président. L’an passé, ils ont fait l’acquisition de deux nouveaux robots de traite dans le but de continuer à améliorer leur productivité, mais c’est principalement leur efficacité au travail et la qualité de vie qui primaient.
AU CŒUR DE L’INDUSTRIE AGRICOLE
Un couloir a été aménagé à l’aide d’une barrière. Ceci pour diriger les vaches nécessitant un taillage d’onglons vers une cage de parage. Outil essentiel pour une entreprise possédant des robots.
semaines pour habituer les taures au robot », indique Éric. « Les vaches passent dans le robot, elles ne rentrent pas dans le robot, c’est un corridor », confirme Lise. Au moment de l’installation des deux nouveaux robots en septembre 2013, la production annuelle par vache se situait à tout près de 10 700 kg. Le sommaire du troupeau d’octobre 2014 indiquait une production de presque 12 000 kg avec un taux de gras de 4,04 % et de 3,28 % en protéine. La production corrigée au jour du test a augmenté rapidement avec l’installation des deux nouveaux robots pour se situer à 41,4 kg, avec un comptage des cellules somatiques qui se maintient sous la barre des 200 000 cellules par millilitre. Le troupeau est composé de 75 vaches et le quota détenu est de 80,5 kg jour. Les données du 29 octobre 2014 indiquent que le premier robot trayait 20 vaches et qu’elles produisaient en moyenne 44,6 kg de lait sur 4,1 traites. La production moyenne des 46 vaches du deuxième groupe était de 30,2 kg de lait sur 2,9 traites (voir tableau ci-contre).
Parce qu’ils sont présents sur le terrain, les experts spécialement dédiés au secteur agricole de la Banque Nationale sont bien placés pour accompagner les entreprises d’ici. Québec et Chaudière-Appalaches 418 837-6466 Saguenay–Lac-Saint-Jean et Côte-Nord 418 690-3756 Laval, Nord et Ouest du Québec 450 759-9990 Montérégie/Estrie 450 359-8476
Bas-Saint-Laurent, Gaspésie et les Îles 418 723-3226 Bois-Francs 819 758-5261 Saint-Hyacinthe 450 773-9337
bnc.ca/agriculture LE BULLETIN DES AGRICULTEURS JANVIER 2015 13
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Une alimentation économique Bien qu’il soit généralement recommandé d’utiliser une moulée cubée au robot, Éric et Lise ne voulaient pas sacrifier leur silo hermétique à grain humide pour servir ce type de concentré. Ils se sont entêtés à maintenir leur idée initiale d’utiliser leurs propres grains pour maintenir leur coût de production faible et ils ont réussi à y parvenir avec succès. Les vaches laitières reçoivent deux rations équilibrées pour chacun des groupes. Du maïs-grain humide et un supplément protéique au robot complètent la ration totale mélangée (RTM). La ration fourragère est composée d’ensilage de maïs et de luzerne d’excellente qualité sur une base égale. Un kilogramme de foin d’excellente qualité est servi devant les vaches le matin et un autre kilogramme le soir. Un robot mélangeur sur rail est utilisé pour servir les différentes RTM à chaque groupe d’animaux de l’entreprise. Les génisses sont également alimentées à l’aide d’un robot d’alimentation au lait de remplacement depuis avril 2013. « Je ne pensais pas que l’on passait autant de temps à alimenter les génisses », affirme Éric. Ils sont très satisfaits de l’économie de temps que leur procure cet
FERME ERILIS
investissement. De plus, ils sont toujours assurés que la poudre est bien mélangée et que le lait est à température constante. L’observation des vaches demeure une opération importante. Elle permet de détecter les chaleurs et problèmes de santé. « Les mesures d’activité et de rumination au robot sont une indication supplémentaire, confirment Éric et Lise. Par contre, nos yeux sont bien meilleurs pour effectuer cette détection. »
Éric Houle et Lise Normand seront à la journée INPAQ Bovins laitiers à Victoriaville pour présenter leur expérience et les petits trucs qui font leur succès, le mercredi 18 février 2015. Pour plus d’information : mapaq.gouv.qc.ca/inpacq
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LE BULLETIN DES AGRICULTEURS
2 1. Un robot mélangeur de RTM sur rail alimente les différents groupes de vaches et de génisses du troupeau de manière automatique. 2. Le fils du couple, Alexandre, remplit le bain de pied. Celui-ci est utilisé une fois par semaine, durant une journée ou deux, pour prévenir les infections aux onglons.
AGRICULTURE DE PRÉCISION
PAR ANDRÉ DUMONT
MAXIMISER CHAQUE HECTARE EN FOURRAGES
Une analyse de sol par hectare, trop coûteux ? Pas si dès le lendemain, un chaulage à taux variables permet d’uniformiser à la hausse les rendements et la qualité des plantes fourragères.
I
l n’y a pas que les plantes fourragères qui sont sensibles au pH. Les revenus à l’hectare aussi ! Si la pertinence de chauler les prairies à taux variables est de plus en plus reconnue, rares sont les cas où cela a été démontré de façon détaillée. L’été dernier, le producteur laitier Gilbert Perreault, de SaintGermain-de-Grantham, a accepté de se prêter au jeu avec une équipe de William Houde. Des analyses de sol géoréférencées ont été prélevées dans une prairie établie au printemps, à raison d’un échantillon par hectare. La composition de la première coupe a ensuite été analysée. Notre producteur du Centre-du-Québec ne s’attendait pas à voir un lien aussi direct entre le pH et la qualité des fourrages. « Je ne savais pas que les cultures pouvaient être aussi sensibles que ça, confie-t-il. Même entre un pH de 5,9 et 6,1, on voit vraiment que l’établissement de la prairie est différent, dès la première coupe. » Là où le pH était optimal, la luzerne était bien établie. Là où il ne l’était pas, les graminées prenaient déjà le dessus. LE BULLETIN DES AGRICULTEURS JANVIER 2015 15
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Cultiver la
e c n a m r o f pe r Programme du 11
février 2015
NOUVEAU LIEU Étoile Quartier Dix30, Brossard
8 h 00
Inscription, café-accueil
9 h 30
Coup d’œil sur 2014; une saison difficile
Serge Faubert, Synagri SEC
9 h 45
La quête du maïs à rendement élevé
Fred Below, Ph. D., Département de phytotechnie, Université de l’Illinois
10 h 45
Plus de soya, toujours plus de profits!
Horst Bohner, B. Sc., CCA, Ministère de l’Agriculture, de l’Alimentation et des Affaires rurales de l’Ontario
11 h 35
Gérer sa potasse, c’est rentable!
Paul Caplette, dta, Céréales Bellevue inc.
13 h 30
Vendre des grains demande plus qu’une boule de crystal!
Stéphane D’Amato, agr., Axis Agriculture inc. et Ayos Grains inc.
14 h 15
Comment valoriser vos données?
Paul-André Hénault, B. Sc., Precision Land Management (PLM)
15 h 00
Maximiser les revenus avec l’agriculture de précision
Billy Beaudry, dta, Les Productions Beaudry
15BULLETIN h 45 DES Cocktail du rendez-vous 16 JANVIER 2015 LE AGRICULTEURS
Vue aérienne du champ à Tingwick. Le pH y varie non seulement en raison du type de sol, mais aussi de l’historique du champ : anciens fossés, déboisement récent, pratiques culturales différentes.
a
b c
PHOTOS : YVON THÉRIEN ET WILLIAM HOUDE
Le pH de ce champ varie de 5,3 à 7. Le rendement varie aussi ! a. Là où le pH est à 7, en haut à gauche, le rendement est de 1935 kg/ha. b. Au centre, là où le pH est à 6,5, le rendement est à 2008 kg/ha. c. En bas dans le rouge, le pH est à 5,3, le rendement est de 1185 kg/ha.
Le chaulage régulier était pourtant une pratique déjà établie chez Gilbert Perreault, qui nourrit 70 vaches en lactation et l’équivalent en relève. Comme la plupart des producteurs, ses échantillons de sol étaient composés d’un mélange de prélèvements pris à différents endroits dans le champ. Il obtenait donc une valeur moyenne. « On ne se cassait pas la tête, dit-il. On chaulait la même dose à la grandeur et ça donnait quand même de bons résultats. » La démarche d’un échantillon par hectare suivi d’analyses des fourrages proposée avec le service Géotech Nutrisem de William Houde lui a semblé si logique que dès l’été 2014, il a aussi fait échantillonner trois autres prairies. « Dans un champ de 5 ha, je peux avoir trois types de sol, dit-il. C’est sûr et certain qu’il y aura une variation du pH. » Dès cet automne, il a pu faire réaliser des chaulages à taux variables pour apporter des corrections.
Acidité et rentabilité Lors d’une journée d’information à Saint-Damase en septembre dernier, le personnel de William Houde a présenté l’exemple d’un champ à Tingwick, près de Victoriaville. Le champ de 35 ha a fait l’objet de 36 échantillons de sol géoréférencés, qui ont tous été analysés individuellement. Le pH variait de 5,3 à 7. Pourtant, le producteur avait chaulé au printemps ! Les champs d’aujourd’hui sont composés de plusieurs petits champs d’autrefois, a souligné l’agronome Louise-Marie Cloutier. Leur variabilité est le reflet non seulement des différents types de sols, mais aussi de l’historique du champ. La moitié du champ à Tingwick appartenait autrefois à un voisin, une partie avait été nivelée récemment et une autre déboisée. LE BULLETIN DES AGRICULTEURS JANVIER 2015 17
L’équipe William Houde : Benoit Fradin, conseiller technique, Louise-Marie Cloutier, agronome, Valérie Normandin, responsable Géotech et René Jodoin, chauffeur.
Le producteur laitier Gilbert Perreault a pu constater que même une petite variation du pH se reflète dans la composition des fourrages.
Les fourrages sont à la base de la production laitière. Quand leur qualité fluctue en raison d’un pH variable, cela représente des pertes de revenu.
Fine analyse L’analyse des fourrages en lien avec le pH du sol s’est poursuivie bien au-delà des rendements. « À l’œil, on voyait déjà une différence de volume et de composition, rapporte Benoit Fradin, conseiller technique chez William Houde. Dans les zones de pH plus bas, il y avait moins de légumineuses et plus de graminées. Il y avait aussi beaucoup plus de mauvaises herbes. » La composition du fourrage (ratio légumineuses/graminées) s’est reflétée dans la teneur en protéines, qui variait de 12,9 % à 20,6 %. La différence entre les zones au pH le plus bas et le plus élevé s’est aussi reflétée dans le lait fourrager. « À un pH de 5,3, il vous faut 65 % plus de surface pour produire la même quantité de lait qu’à un pH de 6,5 », illustre Benoit Fradin. L’analyse foliaire a révélé qu’à un pH qui tend vers 7, les plantes assimilent le phosphore du sol plus efficacement. Le 18 JANVIER 2015 LE BULLETIN DES AGRICULTEURS
niveau de calcium prélevé augmente aussi avec le pH, tout comme le niveau de soufre prélevé. Avec le manganèse, on voit cependant qu’il y a danger de surchauler : lorsque le pH est trop élevé, il devient moins disponible. « Quand on surchaule, il peut y avoir des effets négatifs, souligne Benoit Fradin. Le but est de chauler là où il y a des besoins, pour augmenter le rendement aux points faibles du champ. »
Viser l’uniformité En arriver à un pH uniforme à la grandeur du champ est un bel objectif, mais ce n’est pas nécessairement réalisable, reconnaît le producteur Gilbert Perreault. Ce qu’on souhaite, expliquet-il, c’est la meilleure uniformité à l’établissement, pour une meilleure uniformité à chaque coupe, jusque dans la ration des vaches. « Si dans un champ de 10 ha, j’ai 2 ha ou 3 ha à prédominance de luzerne et 2 ha ou 3 ha à prédominance de graminées, mon analyse de fourrages sera faussée selon l’endroit où l’échantillon aura été pris, illustre le producteur. Avec cette variabilité, comment je soigne ça à mes vaches ? » À l’heure où tout le monde parle de taux variables, le chaulage à taux variables des prairies s’impose comme le meilleur moyen pour les producteurs laitiers de rentabiliser des analyses de sol détaillées, à une résolution d’un échantillon par hectare. « Le point de départ de la rentabilité à ma ferme, ce sont les fourrages, affirme Gilbert Perreault. Meilleure est leur qualité, meilleures seront ma production laitière et mon efficacité au champ. Chauler à taux variables fait une différence presque instantanée. »
PHOTOS : ANDRÉ DUMONT
La variabilité du pH s’est reflétée dans le rendement. À un pH 5,3, le rendement de la première coupe se limitait à 1185 kg/ha. À 6,5, il atteignait un sommet de 2008 kg/ha. Puis à un pH de 7, le rendement était déjà plus bas, à 1935 kg/ha. La zone de faible rendement (pH de 5,3) faisait 6 ha. Pour une perte de rendement d’en moyenne 800 kg/ha, à 148 $/ha (185 $ la tonne de matière sèche), la perte totale s’élevait à 888 $. « J’ai perdu cette somme parce que mon pH n’était pas au moins à 6,5, illustre Louise-Marie Cloutier. On comprend assez vite que si on corrige la variable du pH, on va rentabiliser le coût des échantillons de sol. À chaque coupe, on va aller chercher beaucoup de rendement. »
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AGRICULTURE DE PRÉCISION
PAR ANDRÉ DUMONT
Cartes de rendement, relevés de conductivité (Veris) ou images satellites. Lequel de ces outils se prête le mieux à établir les contours de zones qui pourront faire l’objet de taux variables ?
Stratégie d’échantillonnage du sol établie à la suite du passage du Veris.
ZONES DE GESTION : QUEL OUTIL PRIVILÉGIER ?
CARTE : SYNAGRI
À
l’heure où de plus en plus de producteurs souhaitent semer et fertiliser à taux variables, plusieurs se posent la question : sur quelle source devrait-on se fier pour établir des zones de gestion, afin de tirer meilleur profit de la variabilité du potentiel de rendement : les données de rendement de la moissonneuse-batteuse, le passage du Veris ou des images satellites ? Bien utilisés, ces trois outils permettront de dresser des contours très semblables aux zones de gestion et de potentiel de rendement, nous ont dit les experts interrogés. Mais attention : ils n’ont pas tous le même coût et la nature des informations qu’ils nous révèlent sur nos champs n’est pas la même. Tous peuvent cependant nous guider pour prélever des échantillons de sol de façon stratégique et ainsi mieux connaître la variabilité de nos champs.
Cartes de rendement Les cartes de rendement de la moissonneuse-batteuse sont tout à fait pertinentes, affirme l’agronome Stéphane Gagnon, expert PAEF et agriculture de précision chez Synagri. « Elles nous donnent une réponse des plantes sur le sol, dit-il. Mais il serait périlleux d’utiliser les cartes d’une seule saison, parce que le rendement peut avoir été influencé par des insectes, une maladie ou un événement météorologique. Avec un historique de trois à cinq ans, on pourra dégager des zones. » Chez Synagri, les cartes de rendement seront utilisées pour orienter l’échantillonnage géoréférencé du sol, en se servant aussi des cartes pédologiques, afin d’identifier les types de sol et ne pas les mélanger dans un même échantillon, dans les cas où l’on LE BULLETIN DES AGRICULTEURS JANVIER 2015 21
Le producteur Billy Beaudry cherche le meilleur moyen de déterminer les zones où il pourra faire varier les taux de semis.
par exemple, du sable superposé à de l’argile. Cependant, il arrive que les capteurs de rendement ne soient pas bien calibrés et que les données ne soient pas complètes. « Certains producteurs ont du mal à sortir les données de leur moissonneuse-batteuse, puis ils trouvent les logiciels trop compliqués », observe Alain Brassard, agronome et conseiller spécialisé en agriculture de précision à La Coop fédérée. Que l’on utilise des cartes de rendement ou des images satellites pour établir des zones, l’important est de se baser sur les données de plusieurs années, ajoute-t-il.
L’effet bleu
Imagerie satellite Après avoir été un précurseur de l’utilisation du Veris dans les années 1990, La Coop fédérée mise maintenant sur les images satellites. Elles sont l’outil le plus accessible, en ce qui a trait au coût et à la disponibilité, soutient Alain Brassard. « Que le producteur soit bien équipé ou non, nous pouvons lui sortir des cartes de végétation et des cartes de rendement relatif », dit-il. La Coop fédérée dispose d’archives de photos satellites sur l’ensemble de la zone agricole du Québec depuis 2011. Un producteur qui décide de s’abonner, à raison de 5 $ ou moins l’hectare (le prix varie à la baisse selon le nombre d’hectares) pourra aussitôt obtenir des analyses (cartes de rendement relatif, de rendement économique et de gestion) de l’ensemble de ses champs, à partir de photos prises en juillet et en août. Une valeur sera attribuée à chaque
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22 JANVIER 2015 LE BULLETIN DES AGRICULTEURS
TROIS SOURCES D’INFORMATION POUR CRÉER DES ZONES Déterminé à explorer le potentiel des semis à taux variables, Billy Beaudry a entrepris en 2014 une expérience unique : jumeler trois sources d’information pour établir des zones de gestion. « On ne fait pas de miracles en changeant les populations, mais considérant le faible coût d’application sur ma ferme, je crois que ça peut être intéressant », dit-il. Le producteur de Saint-Valérien, en Montérégie, a d’abord examiné des cartes de types de sol générées à partir de photos satellites de ses champs, expérimentant ainsi avec l’outil R7 de WinField, actuellement en déploiement dans le réseau des Agrocentres. Comme deuxième source, il a fait circuler un quatre-roues équipé du Soil Optix de Practical Precision sur deux de ses champs. Développé en Europe, l’outil mesure la radiation naturelle du sol. Il sert à déterminer les endroits d’où seront prélevés des échantillons de sol soumis à des tests tout à fait différents, qui permettent de générer des cartes de pH, de types de sol, d’infiltration d’eau et de disponibilité de certains éléments nutritifs. Il a aussi ressorti ses cartes de rendement de maïs des années antérieures. Finalement, les trois sources d’information lui donnaient à peu près les mêmes contours de zones de potentiel de rendement dans les champs ciblés. « L’imagerie satellite donne moins d’information que le Soil Optix, confirme le producteur. Tout ça est très intéressant, mais malgré la quantité d’information que je peux avoir sur un champ, je n’ai pas encore trouvé de spécialiste capable de me dire comment faire pour en tirer profit et augmenter mes rendements. » Billy Beaudry s’est quand même avancé à semer son maïs à cinq différents taux dans le même champ, de 74 000/ha à 94 000/ha, osant même pousser à 98 800/ha dans une petite zone. Un hybride de Croplan a été choisi en fonction de son potentiel à haute densité, puis des photos satellites ont été prises à environ cinq reprises pendant la saison. Tous les autres intrants ont été appliqués à taux fixe. L’hybride a bien répondu. Aux taux de semis le plus élevé, le rendement a atteint 12,9 t/ha. Toutefois, la réponse à la population n’était pas directe partout dans le champ, comme le révèlent ces cartes.
CARTE DE RENDEMENT 12 000 – 346 377,1 kg/ha 11 000 – 11 999,9 kg/ha 10 000 – 10 999,9 kg/ha 9000 – 9999,9 kg/ha 8000 – 8999,9 kg/ha 7000 – 7999,9 kg/ha 0 – 6999,9 kg/ha
6,24 ha 8,42 ha 7,41 ha 4,68 ha 2,85 ha 1,87 ha 5,03 ha
TAUX DE SEMIS Grains à l’hectare Plus de 93 921,29 87 118,10 – 93 921,29 86 488,20 – 87 118,09 86 173,20 – 86 488,19 82 330,70 – 86 173,19 74 078,70 – 82 330,69 Moins de 74 078,70
16 m2 de superficie, pour une résolution Veris de 2,5 m2 une fois les interpolations Loin d’être démodé, le Veris demeure l’un des générées. principaux outils qu’utilisent les conseillers de Les images satellites sont aussi à la Synagri pour établir des zones de gestion, en base de l’outil R7 de WinField, qui s’en plus des cartes de rendement et de cartes pédosert pour générer des cartes de variabilogiques. Le Veris est un appareil qui mesure la lité des sols, de potentiel de rendement conductivité du sol, celle-ci variant selon le type et de types de sol. R7 sert aussi à évaluer de sol et son contenu en eau. Accroché au tracteur la profitabilité de chaque champ et à Le Veris mesure la conductivité du sol. Celle-ci du producteur, l’appareil fait deux lectures : l’une sélectionner les hybrides Croplan adap- varie en fonction des textures du sol et de leur à 30 cm et l’autre à 90 cm de profondeur. Il peut contenu en eau. tés. WinField fait le pari de promettre à donc détecter des zones de compaction. « Le Veris ses abonnés de sept à onze images par saison de croissance, pour seul n’indique aucunement la nature ou la fertilité du sol, explique pouvoir analyser du haut des airs ce qui s’est passé dans le champ Stéphane Gagnon. Il fait une mesure d’intensité du courant élecaux différents stades de croissance. trique et permet de comparer le champ avec lui-même. On s’en LE BULLETIN DES AGRICULTEURS
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sert pour établir des zones et orienter notre échantillonnage du sol. » Les échantillons sont alors prélevés à une densité moyenne d’un à l’hectare, mais en prenant moins d’échantillons dans les secteurs homogènes du champ et plus dans les secteurs moins homogènes. L’agronome au service de Synagri reconnaît que pour sillonner un champ avec le Veris, les fenêtres sont plutôt étroites : la culture doit être récoltée, le champ laissé sans trop de résidus au sol et sans labour. La pluie en tant que telle ne l’empêche pas de faire son travail. En raison de son coût (25 $/ha) et du nombre de jours limité pour s’en servir, le Veris n’est généralement utilisé que sur quelques champs par année chez un producteur. Pour qu’il ait une véritable utilité, on doit lui ajouter une prise d’échantillons de sol, à raison d’un autre 40 $/ha. « Il y a aussi un coût à ne pas faire cette démarche, affirme Stéphane Gagnon. En échantillonnage conventionnel (un
échantillon par 10 ha), il y aura toujours des zones mal exploitées. Pour quelques dollars de plus, on s’assure qu’on ne met pas trop de chaux à un endroit et pas assez à un autre. On peut ensuite prescrire des corrections au niveau de la fertilité. » Stéphane Gagnon ne croit pas qu’on puisse cultiver efficacement avec des taux variables simplement en ayant défini des zones de potentiel de rendement à partir de cartes de rendement, de cartes pédologiques, d’images satellites ou même en utilisant seulement le Veris. « Les analyses de sol, c’est du tangible, dit-il. Elles servent à faire des recommandations agronomiques au producteur, soutientil. Il faut d’abord régler les problèmes physiques, comme le drainage et la compaction. Puis, on s’occupe de corriger la fertilité, d’abord avec le pH, puis le potassium et le phosphore. Ensuite, on peut faire des prescriptions de semis et d’azote à taux variables. »
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LE BULLETIN DES AGRICULTEURS
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MARCHÉ DES GRAINS
PAR JEAN-PHILIPPE BOUCHER, AGRONOME, M.B.A.
RÉCOLTE RECORD N’ÉGALE PAS MAUVAIS PRIX 180
160
140
120
100 Hiver
Printemps Moyenne
Été
Récolte
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rs
-rou
Hiver
Printemps
Été
Années de mauvaises récoltes
C’est une bonne nouvelle, car les niveaux de prix des grains sont loin d’être spectaculaires. Par contre, comme toujours, il faut rester prudent avant de tirer des conclusions trop précipitées. L’analyse ici demeure basée sur une moyenne de prix. Dans les faits, il y a toujours des situations particulières qui ne la suivront pas. Et, bien entendu, c’est sans compter qu’il s’agit du prix à la bourse. Il faut également prendre en compte la réalité québécoise qui a aussi son mot à dire sur ce qu’est le juste prix au Québec.
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Début d’année
Années de bonnes récoltes
la récolte. En effet, si en moyenne le prix gagne généralement une douzaine de dollars la tonne de la récolte au printemps, lors d’années de fortes productions, c’est de plus d’une vingtaine de dollars qu’il augmente. À l’opposé, lorsque les récoltes sont mauvaises, c’est de moins d’une dizaine de dollars qu’il progresse. Bref, si les prix progressent moins lors de mauvaises récoltes, et davantage lors de bonnes récoltes, c’est que les marchés avaient anticipé dans les deux cas la situation ; qu’ils avaient déjà ajusté le tir en bonne partie avant même la récolte, et non après.
D
L’année 2015 débute sous le poids de récoltes record, ce qui est tout aussi vrai aux États-Unis que dans le reste du monde. On peut donc, d’entrée de jeu, croire avec raison qu’il sera certainement difficile pour les prix de grimper au cours des prochains mois. Après tout, ce n’est sûrement pas de grains que manqueront les consommateurs. Mais, est-ce vraiment le cas ? Historiquement, il semble en fait que non… Comme l’illustre le graphique ci-dessous, si on prend l’exemple du maïs, il semble en réalité que les marchés soient beaucoup plus proactifs. Autrement dit, ils n’attendent pas la confirmation des prévisions de récoltes pour réagir. En effet, on constate que lors d’années où les récoltes s’annoncent mauvaises, les marchés commencent déjà au printemps à réagir. À l’opposé, lorsque les récoltes s’annoncent très prometteuses, ils anticipent dès l’été l’abondance de la prochaine année. Autre élément intéressant, bon an mal an, les prix atteignent un creux saisonnier à la récolte. Les années de récoltes importantes proposent, par contre, des prix particulièrement moins avantageux. Mais, ce qui est surtout fascinant, c’est de constater que lors d’années de grandes récoltes les prix ont le plus, par la suite, eu tendance à gagner du terrain suivant
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Croître ensemble
LE BULLETIN DES AGRICULTEURS
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INFO CULTURES
TEXTES : JOHANNE VAN ROSSUM, AGRONOME ET ANDRÉ DUMONT
Deux, c’est mieux ? Utiliser deux hybrides de maïs de maturité différente dans le même champ pour augmenter le rendement et réduire les effets négatifs de la sécheresse au moment de la pollinisation, est-ce une bonne stratégie ? Greg Stewart du ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation de l’Ontario (MAAO) a mis en place un projet pour valider cette hypothèse. Le concept de mélange de deux hybrides n’est pas nouveau. Surtout depuis l’exigence du refuge pour l’utilisation de la technologie Bt contre les insectes. Que ce soit en mélange dans le sac ou semé en bandes dans le champ, deux hybrides différents sont semés dans le même champ : un premier hybride avec les caractères génétiques offre la protection contre les insectes et son homologue, non, afin de limiter l’apparition de résistance aux insectes. Mais dans ce cas-ci,
le spécialiste tente de valider les deux concepts suivants : favoriser une meilleure pollinisation et augmenter le potentiel de rendement. Un hybride plus tardif est mélangé à un hybride adapté à la zone de croissance. On vise une différence de cinq à huit jours entre la date d’apparition des soies des deux hybrides. Ainsi, si des conditions de sécheresse sont présentes au moment de la production du pollen du premier hybride et que ces conditions compromettent la pollinisation, il y aura une deuxième chance lors de la production du pollen du deuxième hybride. Les conditions rencontrées en 2013 et en 2014, au moment de la pollinisation, n’ont pas permis de valider cette hypothèse. Un hybride tardif a plus de potentiel de rendement dans des conditions de croissance normales. Mais il y a plus de
risques qu’il n’arrive pas à maturité si de mauvaises conditions persistent durant la saison de croissance. De plus, l’humidité à la récolte est souvent plus élevée. Pour les deux autres sites, il n’y avait aucun avantage au mélange. Voici les recommandations du spécialiste si vous voulez essayer ce concept en 2015 : 1. Choisissez d’abord votre meilleur hybride adapté à votre zone de croissance. 2. Choisissez ensuite un hybride qui arrive à maturité environ une semaine plus tard, ou avec une date de sortie des soies une semaine plus tard, ou environ 150 UTM de plus. 3. Choisissez une proportion de l’hybride tardif (entre 5 % et 25 % du champ). 4. Choisissez la façon de répartir les deux hybrides : alterner les rangs ou mélanger dans chaque unité de semis. À vous de tenter l’expérience ! Source : Top Crop Manager
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Test de nitrate des tiges de maïs Le test de nitrate réalisé en fin de saison sur les tiges de maïs est un moyen d’évaluer l’efficacité de la fertilisation azotée. Pour le producteur Art Gudas de l’État de l’Indiana, ce test a confirmé la dose de 195 kg/ha d’azote (175 lb/acre) qu’il utilise alors qu’il se questionnait sur la nécessité d’augmenter la quantité d’azote pour améliorer son rendement. Ce test permet un diagnostic de la fertilisation azotée à la fin de la saison de croissance, lorsque le maïs atteint sa maturité physiologique ou à l’apparition du point noir. Il est basé sur la capacité du maïs à accumuler l’azote dans la base des tiges dans le cas d’un surplus d’azote disponible. Inversement, en cas de déficience, les tiges se vident de leur azote pour favoriser la finition des grains sur l’épi. Les feuilles du bas peuvent également jaunir prématurément si la déficience d’azote arrive plus tôt en saison. Ce test est basé sur l’azote utilisé par la plante et non pas l’azote disponible dans le sol. La concentration de NO3-N (azote sous forme nitrate) dans les tiges peut être divisée en trois catégories : déficient, optimal ou surplus. Parce que les conditions climatiques influencent
grandement la quantité d’azote requise et qu’il est impossible de prédire la saison au moment de l’application de l’azote, il n’est pas réaliste de viser des concentrations optimales de NO 3 -N dans tous les champs. Toutefois, l’accumulation des résultats des tests sur plusieurs années est la meilleure solution pour déterminer la bonne dose pour chaque producteur, croit James Camberato, professeur en agronomie à l’Université Purdue. Pour assurer une certaine uniformité entre les années, les échantillons de tiges devraient être d’environ 20 cm de long et coupés entre 15 cm et 30 cm au-dessus du sol. Tous les producteurs utilisant du fumier ou du lisier devraient utiliser ce test, indique George Silva du service de l’extension de l’Université de l’État du Michigan. Ceci leur permet de mieux connaître l’apport réel d’azote provenant des engrais organiques. Et ainsi d’ajuster la fertilisation minérale les années subséquentes. Source : Corn and Soybean Digest
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Poids spécifique du maïs Au moment de commercialiser le maïs, la question du poids spécifique est au cœur des critères de qualité exigée par les consommateurs de grain. Lors d’une année de croissance comme en 2014, on a pu remarquer des différences importantes entre les lots de grain. Voici les facteurs les plus importants qui influencent le poids spécifique, selon R.L. Nielsen de l’Université Purdue. 1. CHOIX DE L’HYBRIDE : des différences existent entre les hybrides. Pour un même hybride, le poids spécifique varie également selon les conditions de l’année. 2. POTENTIEL DU CHAMP : le poids spécifique n’est pas nécessairement plus élevé dans les champs à fort potentiel de rendement. Par exemple, des essais en 2011 et en 2012 ont démontré que le poids spécifique du grain était plus élevé dans des champs affectés par la sécheresse. 3. HUMIDITÉ À LA RÉCOLTE : inversement proportionnel au poids spécifique. Si le grain a l’opportunité de sécher au champ avant le passage de la batteuse, son poids spécifique sera plus élevé.
4. STRESS DURANT LE REMPLISSAGE DES GRAINS : tous les
facteurs affectant négativement le remplissage des grains auront des effets significatifs sur le poids spécifique, tels qu’un gel hâtif en septembre, un stress hydrique, des maladies foliaires réduisant la capacité photosynthétique de la plante, etc. 5. POURRITURES DE L’ÉPI : les grains endommagés par les champignons diplodia ou gibberella sont plus légers. Source : Corny news
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Marie-Eve Rheault, agronome
N’oublions pas la potasse et le soufre ! Pour traverser des saisons difficiles comme celle de l’an dernier, le maïs ne doit manquer de rien, surtout pas de potasse et de soufre.
Un autre hiver froid L’hiver dernier a été froid ? Attendez-vous à ce que celui-ci le soit aussi ! Le météorologue et chasseur de tempêtes Mark Robinson, de passage à Drummondville à l’occasion des Perspectives agricoles de Financement agricole Canada, a prédit un hiver froid et des précipitations plus élevées qu’à la normale. Le Manitoba, l’Ontario et le Québec, ainsi que le Midwest américain, subiront cet hiver des températures sous les normales. Ces régions ne profiteront pas de la température anormalement élevée de la surface des océans sur les côtes de l’Amérique du Nord en ce moment. Le fameux vortex polaire qui a tant fait jaser l’hiver dernier est un phénomène qui existe chaque année, a expliqué Mark Robinson, que l’on peut voir sur The Weather Network. Le vortex polaire nous touchera encore en 2015, sous forme d’un front froid formant une crête s’étirant de la Sibérie à toute la vallée du Mississippi. On peut s’attendre à un printemps brutalement froid, ce qui pourrait avoir un impact sur les semis. Les précipitations cet hiver seront plus élevées que la normale sur une longue bande au sud des Grands Lacs et du fleuve Saint-Laurent, jusque sur le Bas-Saint-Laurent et La Gaspésie. La Rive-Nord du fleuve recevra des précipitations près des normales.
En 2014, les semis difficiles ont été suivis de précipitations. On s’est beaucoup préoccupé de l’azote, mais qu’en est-il des autres nutriments ? À certains endroits, le maïs a affiché des carences. Et avant même le gel du 19 septembre, des maladies avaient affaibli les tiges. Lors des dépistages, deux grands suspects ont souvent été oubliés : la potasse et le soufre. Quand leurs taux dans le sol sont trop faibles, le maïs est moins bien équipé pour l’adversité.
alors déposée près des futures racines. Cette pratique est encore plus importante dans les sols sensibles à la sécheresse, ceux qui ont un faible taux de matière organique et ceux qui sont compactés. Si l’on veut optimiser nos rendements agronomiques et économiques, la potasse n’est certainement pas à négliger. Dans une rotation maïs-soya, un apport tous les deux ans est doublement important, puisque le soya est encore plus gourmand de potasse que ne l’est le maïs !
La potasse (K) est l’un des trois plus importants éléments nutritifs, avec l’azote (N) et le phosphore (P). Elle est essentielle au développement et à la santé des plants. Quand ils en manquent, le pourtour des feuilles tend à jaunir. De nombreux champs en grandes cultures ne recevant plus d’apports de fumier, les taux de potasse dans le sol ont tendance à diminuer. Les sols argileux contiennent naturellement de la potasse, mais en régie intensive maïs-soya, des apports minéraux deviennent quand même nécessaires. Les sols sablonneux sont généralement pauvres en potasse. Les plants de maïs ont besoin de potasse tout particulièrement entre les stades V6 et l’apparition des soies. Lorsqu’il y a un bon équilibre potasse-azote, le plant résiste mieux aux maladies et aux insectes. Ceci a été important lors d’une saison comme 2014, où la pression de maladies telle que l’anthracnose de la tige a été très élevée. La potasse se déplace avec l’eau dans le sol. En période de sécheresse, la disponibilité du K est donc moindre. Cependant, un bon équilibre de K dans la plante lui permet de mieux résister à la sécheresse. La potasse est très peu mobile dans le sol. On peut réaliser des applications à la volée ou appliquer des fumiers, afin de rehausser le niveau général de potasse dans le sol. Pour bénéficier rapidement d’un apport de potasse, il est préférable de l’appliquer en bandes, lors du semis de maïs. Elle sera
Quand un plant de maïs est plutôt chétif, que ses feuilles manquent de chlorophylle et que sa couronne est jaune, on pourrait croire à un manque d’azote. Mais ce peut souvent être le soufre (S) qui fasse défaut. Après le trio N-P-K, le soufre vient souvent quatrième en importance. Il est essentiel à la production des protéines, des acides aminés et de la chlorophylle. Tôt en saison, le plant de maïs ne peut se priver de soufre. Le soufre se comporte dans le sol sensiblement comme l’azote. Il est soluble et lessivable dans les sols légers. Il se volatilise aussi dans l’air dans les sols lourds où l’eau s’accumule. Les importantes pluies du printemps 2014 ont favorisé les pertes de S. Depuis plusieurs années, les cheminées des grandes usines ne nous envoient plus de soufre. Nos cultures se sont intensifiées et les rendements ont augmenté. De nombreux sols n’ont plus suffisamment de soufre à offrir aux plantes. Une analyse des tissus (feuilles) peut vous aider à déterminer les correctifs à apporter. Heureusement, il est plutôt simple d’épandre des engrais contenant une forme de soufre. De plus, le maïs répond très bien à un apport correctif en postlevée, par exemple sous forme de sulfate d’ammonium. Sans les nutriments dont il a besoin, votre maïs est encore plus vulnérable aux excès de la météo et aux maladies. Ne le laissez pas souffrir d’un manque de potasse ou de soufre!
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LE BULLETIN DES AGRICULTEURS JANVIER 2015 29
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LAIT
PAR MARIE-JOSÉE PARENT, AGRONOME
ACHETER SON FOIN, POURQUOI PAS ? Certains producteurs laitiers préfèrent acheter plutôt que de produire leur foin. Stéphane Blanchette de la ferme S.C.H. de Saint-Charles-surRichelieu fait partie de ces audacieux.
Stéphane Blanchette, aidé de son conseiller Mario Lavallée, a pris la décision d’utiliser principalement l’ensilage de maïs dans l’alimentation de ses vaches.
R
econnue pour son grand potentiel de rendements en cultures commerciales, la Montérégie renferme aussi de très belles fermes laitières. La ferme S.C.H., propriété de Stéphane Blanchette et de ses parents Hervé et Claudette, regroupe un troupeau de 450 têtes, dont 230 vaches en lactation. Le quota produit est de 288 kg/jour. La ferme a connu une importante expansion durant les dernières années. En 2006, un projet de construction d’étable voyait le jour incluant l’aménagement d’une salle de traite double 10. En 2014, un deuxième agrandissement a permis d’apporter plus de confort aux vaches et d’installer une stabulation libre pour les génisses et les taures. Dans quelques semaines, les veaux de 0 à 8 mois seront logés dans une ancienne étable complètement rénovée et installée en stabulation libre. LE BULLETIN DES AGRICULTEURS JANVIER 2015 31
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32 JANVIER 2015 LE BULLETIN DES AGRICULTEURS
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Pour toutes les livraisons de foin, Stéphane Blanchette envoie un échantillon au laboratoire pour analyse. « Il ne faut pas se fier à l’aspect extérieur des balles », explique-t-il.
Puisque la région est propice aux grandes cultures, la ferme S.C.H. cultive aussi 390 hectares (960 acres) sur les terres possédées par Hervé et Claudette Blanchette. Il s’agit donc d’une location pour la ferme S.C.H. qui ne possède pas de terres. Les cultures incluent maïs-grain, soya, haricot, maïs de conserverie et carotte. Comme fourrage, la ferme S.C.H. ne cultive que du maïs-ensilage, aucun foin ou ensilage d’herbe. « Chez les taures, ça doit faire 25 ans qu’on utilise que du foin acheté, raconte Stéphane Blanchette. Chez les vaches, on a commencé il y a 20 ans, mais depuis deux ans, on n’en produit plus du tout. » Qu’est-ce qui pousse un producteur laitier à ne plus produire de fourrages d’herbes ? « C’est une question de rendement de foin, comparativement à l’ensilage de maïs, dit-il. Le coût pour faire de la luzerne sur ma ferme est trop élevé. » Ses terres souffrent du manque d’un bon couvert de neige pour protéger la luzerne. Il en résulte des pertes hivernales importantes. C’est une question de rentabilité économique. « Il faut comprendre que c’est une réalité de son entreprise, dans sa région », insiste l’agronome Mario Lavallée, représentant Shur-Gain. « Ce n’est pas parce que Stéphane fait ça que les autres producteurs doivent faire la même chose. » Mario Lavallée est le conseiller en alimentation du troupeau. Il insiste sur l’importance de bien regarder la situation de la ferme dans son ensemble avant de prendre une telle décision. Il faut analyser ses coûts réels de production. « On se réunit, toutes les personnes impliquées en alimentation – moi, mon gérant de troupeau, Jairo, le conseiller du syndicat de gestion, le vétérinaire et le conseiller en alimentation – et l’on prend une décision, raconte Stéphane Blanchette. On regarde les retombées pour la ferme, pas juste ce que ça coûte, mais ce qu’il reste à la fin. » C’est ainsi que le producteur et ses conseillers ont opté pour le fourrage le plus productif – le maïs-ensilage – et les cultures commerciales.
ATTENTION !
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L’abandon de la production de foin permet aussi de se concentrer sur des tâches précises, comme la gestion du troupeau et des cultures commerciales. Alimentation Le maïs-ensilage constitue la base de la ration du troupeau de la ferme S.C.H. Fait remarquable, tout l’ensilage de maïs est servi fermenté. Cette pratique est recommandée depuis quelques années par les conseillers de Valacta. Lors de la récolte, il reste de l’ensilage de l’année précédente. « L’ensilage de maïs fournit une alimentation stable 365 jours par année », explique Stéphane Blanchette. À part les 37 kg d’ensilage de maïs produit et les 4 kg de foin de luzerne acheté, les vaches en lactation reçoivent chaque jour, dans leur ration totale mélangée (RTM), des sources de protéines
provenant de sous-produits de l’industrie alimentaire, de suppléments personnalisés et de tourteau de soya. Total : 49,7 kg par vache par jour. Les refus des vaches sont mélangés avec des résidus d’épis de maïs de conserverie et de la paille, puis servis aux taures. En 2014, le troupeau laitier a produit 11 100 kg de lait/ vache/année, selon les données de Valacta.
Foin de l’Ouest Depuis cinq ans, Stéphane Blanchette achète son foin de l’Ouest canadien. C’est le climat sec de l’Ouest qui avantage cette région. « Ils sont capables de faire un excellent foin de luzerne sec, entre 20 % et 24 % de protéines », explique Stéphane Blanchette. « Il coûte le même prix qu’ici, incluant le transport. Ici, ce n’est pas facile de faire du foin sec. » De plus en plus de producteurs laitiers comme Stéphane Blanchette n’alimente qu’avec de grosses balles carrées. Le séchage est critique pour ces balles. Puisqu’il ne pleut pas dans l’Ouest, le producteur de foin peut laisser sécher les balles au champ. Stéphane Blanchette ne veut pas de foin qui a chauffé. D’ailleurs, le producteur ne se presse pas à faire livrer le foin. Ses dernières livraisons pour l’hiver sont entrées en décembre. Si le foin doit chauffer, c’est chez le vendeur qu’il chauffera. Le chauffage du foin est une cause potentielle d’incendie ou de la dégradation de la valeur alimentaire du foin.
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Les taures sont alimentées avec le refus de RTM des vaches dans lequel de la paille a été ajoutée.
L’autre avantage d’acheter de l’Ouest est que le vendeur lui envoie exactement ce qu’il souhaite côté qualité. L’analyse de fourrage est effectuée par le vendeur. Arrivé à la ferme, Stéphane Blanchette l’analyse à nouveau et chaque fois, l’analyse est la même. Le prix est déterminé en fonction de la qualité fourragère. Stéphane Blanchette reconnaît que le Québec a un grand potentiel de production de foin de commerce. S’il achète de l’Ouest, c’est tout simplement parce qu’il obtient exactement le foin qu’il recherche. « Je n’ai rien contre le foin du Québec », dit-il. L’abandon de la production de foin permet aussi de se concentrer sur des tâches précises, comme la gestion du troupeau et des cultures commerciales. Le parc de machineries est aussi réduit en conséquence. Même l’ensilage de maïs est fait à forfait. Finalement, élément qui a son pesant d’or : la récolte de foin et d’ensilage d’herbe prend un temps considérable pour un exploitant. « J’aime prendre des vacances l’été », avoue Stéphane Blanchette.
PHOTOS : MARIE-JOSÉE PARENT
Profitabilité La ferme de Stéphane Blanchette fait partie du regroupement des fermes de 100 vaches et plus. Il aime bien comparer les performances technico-économiques de sa ferme à celles des autres grands troupeaux laitiers. Ces dernières sont d’ailleurs analysées par les groupes conseils agricoles. « On essaie d’avoir la marge par vache la plus élevée possible, dit-il. C’est ça qui parle à la fin. » Et c’est ainsi qu’il a fait le choix d’abandonner la production de foin. C’est du moins une solution applicable sur sa ferme à lui.
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PORC
PAR MARIE-JOSÉE PARENT, AGRONOME
Tous les camions de Serbo Transport sont lavés et désinfectés à l’intérieur comme à l’extérieur.
DES CAMIONS PROPRES La diarrhée épidémique porcine (DEP) a fait rehausser la qualité du nettoyage de camions effectué chez Serbo Transport.
D
epuis sa fondation en avril 1991, Serbo Transport, de Wickham en Montérégie, a toujours lavé tous ses camions de transport de porcs. C’est une exception dans le milieu. Pour Serge Boisjoli, qui a donné son nom à l’entreprise, il est inconcevable d’avoir des camions lavés et d’autres sales dans sa cour. Le risque de contamination serait trop grand. « Je suis un passionné de camions, dit-il. J’ai toujours lavé mon camion. » Depuis l’avènement du premier cas de DEP au Canada en janvier dernier, les procédures de lavage et de désinfection ont été rehaussées.
Défi : incendie Selon les vétérinaires Charles Surprenant de F. Ménard et François Cardinal de l’Équipe québécoise de santé porcine (EQSP), les installations et les procédures de lavage et de désinfection de Serbo Transport sont parmi les plus avant-gardistes dans l’industrie porcine québécoise. En novembre 2012, l’entreprise a vécu la dure expérience d’un incendie qui a détruit le poste de lavage. Tout était à refaire. Serge Boisjoli en a profité pour construire l’installation de ses rêves. Ses associés Nancy Bélanger et Guy Rajotte l’ont appuyé dans sa démarche. Serge Boisjoli est responsable des opérations, alors que sa conjointe Nancy Bélanger s’occupe de l’administration. Guy Rajotte, quant à lui, est le répartiteur. Le bâtiment est divisé en deux sections pouvant loger deux camions complets du côté lavage
et deux autres du côté séchage et mécanique. La dimension totale est impressionnante : 51,8 m sur 19,5 m (170 pi sur 64 pi). On y retrouve aussi les bureaux et toutes les installations nécessaires au lavage et à la récupération des résidus. Le nouveau bâtiment a coûté 780 000 $, plus les équipements, pour un total de 1 million $.
Défi : équipe Au total, 31 personnes travaillent pour Serbo Transport, incluant les propriétaires, les camionneurs, les équipes de chargement, les laveurs et l’équipe d’entretien. L’entreprise dispose de 13 camions et d’un camion chargeur pour le transport de 115 000 porcs transportés chaque mois. Chaque jour, l’intérieur et l’extérieur de chaque camion sont lavés et désinfectés. Les remorques transportant les animaux les plus à risque sont séchées. La remorque est la responsabilité de trois laveurs qui ne font que ça. La salle de lavage fonctionne 20 heures par jour, parfois plus. Pour rassurer sa clientèle, Serbo Transport engage un inspecteur externe qui visite les camions et les remorques une fois par semaine. « Je sais si mes remorques sont propres », explique Serge Boisjoli. La propreté est une exigence pour les chauffeurs. Chaque matin avant de partir, le camionneur inspecte sa remorque et doit signer un formulaire sur lequel il atteste l’absence de toute présence de fumier. À la ferme, le camionneur reste dans la LE BULLETIN DES AGRICULTEURS JANVIER 2015 37
NOUVEAUTÉ DANS LE NETTOYAGE DES PANNEAUX
remorque, le chauffeur se présente au siège social de la compagnie où il procède au lavage et à la désinfection de l’intérieur de sa cabine dans un bâtiment réservé à cet effet. Le camion entier est ensuite entré dans le poste de lavage par l’équipe de lavage.
Défi : l’eau
remorque du camion. Lorsqu’il retourne à sa cabine pour conduire, il retire ses bottes. « On fournit l’équipe de chargement des porcs », explique Nancy Bergeron. Cette équipe de deux personnes voyage dans son propre véhicule. Ils entrent dans la porcherie pour aider le producteur au chargement des animaux. L’équipe de chargement enfile des survêtements et des pardessus en plastique sur leurs bottes. Au départ de la ferme, ces vêtements sont retirés et placés dans un bac qu’ils rapportent au poste de lavage pour être lavés. Chaque client informe le transporteur de l’horaire de ramassage des porcs pour ses propres fermes : du statut sanitaire le plus élevé, au statut sanitaire le plus bas. Après sa livraison, le camionneur apporte le camion sur une terre appartenant à Serbo Transport. Il y effectue un nettoyage à sec du fumier et des copeaux de bois. C’est aussi sur cette terre que les résidus de la filtration de l’eau de lavage sont épandus. Après le nettoyage à sec de la
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Le poste de lavage fonctionne nuit et jour. Un des plus grands défis d’un poste de lavage est l’eau. Il en faut un grand volume et il faut aussi disposer de cette eau usée. Le volume d’eau utilisé est de 96,1 litres (25,4 gallons) par minute lorsque tous les équipements fonctionnent en même temps. Trois puits artésiens fournissent l’entreprise. Quatre réservoirs permettent d’emmagasiner un total de 18 927 litres (5000 gallons) d’eau. L’eau usée est filtrée, prétraitée, puis envoyée dans le réseau municipal. Ce service est coûteux pour l’entreprise.
Défi : DEP L’arrivée de la DEP au Canada en janvier dernier a amené la compagnie à resserrer son protocole de lavage en plus des mesures de protection et de contrôle. Deux fois chaque semaine, le mardi et le vendredi, un écouvillon est utilisé pour prélever un échantillon de liquide dans la salle de lavage et dans une remorque au hasard. Les échantillons sont envoyés dans un laboratoire accrédité pour détecter la présence du virus de la DEP. Il s’agit d’une initiative de 160 $ par
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Les propriétaires de Serbo Transport : Serge Boisjoli, Nancy Bélanger et Guy Rajotte.
PHOTOS : MARIE-JOSÉE PARENT
SERBO TRANSPORT EN QUELQUES DONNÉES
semaine. « Ce n’est pas obligatoire, dit Nancy Bergeron. C’est notre décision. On veut savoir si on s’est fait contaminer. » L’hiver dernier, Serge Boisjoli a demandé à son cousin Stéphane Boisjoli de Systèmes Carga s’il pouvait lui créer une soufflerie de grande capacité pouvant sécher l’intérieur des camions rapidement. Un prototype a été créé, puis une nouvelle version, plus puissante. La soufflerie propulse 10 000 pi3 d’air par minute, soit un vent de 87 km/h. Serbo Transport en a deux au coût de 7000$ chacune. L’autre défi à relever était le lavage des panneaux de protection hivernaux. Durant l’hiver, pour protéger les animaux du froid, des panneaux noirs sont installés sur les côtés des camions. Jusqu’à l’an dernier, ils n’étaient pas retirés lors du lavage. Puisque le virus de la DEP est extrêmement virulent et qu’il peut être propagé par une très faible quantité de fumier, les panneaux sont dorénavant retirés, lavés et désinfectés, ce qui représente un coût supplémentaire pour le transporteur. Serge Boisjoli a encore une fois demandé à son cousin de concevoir une machine qui permet de laver et de désinfecter chaque panneau en moins d’une minute chacun. Chaque jour, ce sont 800 panneaux qui sont ainsi lavés en hiver. La laveuse coûte 3500$. La DEP a entraîné d’autres coûts, comme l’embauche d’un laveur supplémentaire, l’utilisation de plus d’eau et de désinfectant. Tout cela est sans compter que les factures d’électricité et de chauffage ont grimpé. Des équipements de protection supplémentaires ont aussi été achetés et les équipements sont davantage exposés à l’usure puisqu’ils sont davantage lavés. Tous ces coûts supplémentaires expliquent une facture un peu plus élevée pour les clients. « Un transporteur qui a un, deux ou trois camions ne peut pas faire tout ce que je fais, explique Serge Boisjoli. Moi, j’absorbe les coûts sur 14 camions. » Plusieurs transporteurs ont visité les installations, mais les coûts élevés de construction en ont fait frissonner plusieurs. Avis aux intéressés, Serbo Transport n’offre pas le service de lavage de vos camions, pas plus qu’elle n’offre le ramassage de porcs sans lavage de camion. Actuellement, la salle de lavage est au maximum de sa capacité. « On n’est pas le plus cheap en ville, dit Serge Boisjoli. Les clients s’attendent à un service. » LE BULLETIN DES AGRICULTEURS
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VOLAILLE
PAR MARIE-JOSÉE PARENT, AGRONOME
Ces camions avec toit rigide sont nouveaux dans l’industrie du transport de la volaille.
POUR UN TRANSPORT CONFORTABLE L’industrie avicole québécoise a choisi de mieux former les gens qui doivent manipuler les animaux avant, pendant et après le transport de la volaille.
L
e bien-être animal est devenu un enjeu tellement important en production animale que tous les acteurs dans les différents secteurs d’activités se sentent concernés. C’est le cas notamment du transport des animaux pour l’abattoir. En industrie avicole, l’Association des abattoirs avicoles du Québec (AAAQ) a pris le leadership dans le domaine, mais des entreprises telles qu’Olymel ont fait preuve d’initiative. « Ce qu’on veut à terme, c’est qu’il y ait une prise en charge du dossier du bienêtre animal par toute la chaîne », explique le secrétaire général de l’AAAQ, Daniel Dufour. Le programme d’agrément CLT, ça vous dit quelque chose ? L’acronyme CLT provient de l’anglais Canadian Livestock Transport. En français, on le traduit par Transport canadien des animaux d’élevage. Le mot agrément veut tout simplement dire qu’il s’agit d’une accréditation. Le programme d’agrément CLT existe dans les principales espèces d’animaux d’élevage transportés au Canada. La certification n’est pas une obligation réglementaire, mais de plus en plus d’installations exigent une preuve de compétence. Le programme d’agrément CLT est reconnu partout en Amérique du Nord.
En production avicole, avec le financement du programme Cultivons l’avenir 2, l’AAAQ a mis en place une formation CLT destinée à former toutes les personnes appelées à manipuler les animaux destinés à l’abattage : des équipes de capture jusqu’aux préposés à la réception des animaux vivants à l’abattoir, en passant par les transporteurs. La formation aborde aussi les modifications qui seront apportées au Chapitre 12 du Manuel des Méthodes (MDM). Ce Manuel sert de base aux inspecteurs de l’Agence canadienne d’inspection des aliments. Le Chapitre 12 concerne le bien-être animal. Les modifications sont connues, mais le nouveau Chapitre 12 sera mis en application en mars 2016. Ce qui change, c’est l’obligation par les établissements de transformation des viandes de mettre en œuvre et de documenter un programme officiel de contrôle de la qualité du bien-être animal, nous apprend par courriel Tammy Jarbeau, du service des relations avec les médias de l’Agence canadienne d’inspection des aliments. Le formateur choisi par l’AAAQ est l’agronome Stéphane Beaudoin. Celui-ci offre aussi les formations pour le programme d’agrément CLT dans d’autres productions animales. De LE BULLETIN DES AGRICULTEURS JANVIER 2015 41
QUELQUES STATISTIQUES SUR L’ABATTAGE DE VOLAILLES AU QUÉBEC
juillet à novembre, 333 personnes ont obtenu l’accréditation CLT, ce qui couvre l’ensemble du secteur, car ce sont principalement les chefs d’équipe qui ont suivi cette formation. Dans la formation, Stéphane Beaudoin aborde différents aspects tels que les lois et les règlements liés au transport, les effets du stress au transport sur la qualité de la viande, les audits, les manipulations appropriées de la volaille et l’identification de ce qu’est un oiseau apte au transport selon la Politique sur les animaux fragilisés. D’une durée de trois heures, la formation est suivie d’un examen au cours duquel le participant doit obtenir un minimum de 80 % pour obtenir son accréditation. Même si la période couverte par la subvention fédérale est terminée, la formation CLT continuera d’être offerte à quiconque souhaite obtenir l’accréditation. « Ce qu’on vise, c’est de faire de la formation continue, explique Daniel Dufour. C’est super important pour les abattoirs, mais aussi pour la filière. » Dès qu’ils quittent la ferme d’élevage, les oiseaux deviennent la propriété des abattoirs. Les producteurs avicoles sont donc payés, peu importe ce qu’il advient après leur capture dans le poulailler. Voilà une bonne raison pourquoi l’AAAQ veut s’assurer des bonnes pratiques en matière de bien-être animal, de la ferme jusqu’à l’abattage. Même s’ils ne sont pas employés de l’abattoir, les camionneurs et les équipes de capture sont sous contrat avec l’abattoir. C’est pourquoi toute la filière est incluse dans la formation. Tous les trois ans, les détenteurs de l’accréditation CLT doivent repasser l’examen.
Deuxième phase Une deuxième phase débute en janvier et s’adresse directement aux travailleurs sous forme d’ateliers pratiques. L’idée est d’aller plus loin que les exigences minimales de la formation. Ces ateliers seront notamment disponibles en espagnol puisque de nombreux attrapeurs sont hispanophones. Les ateliers permettront notamment d’expliquer ce qu’est un animal apte au transport, avec des exemples concrets. La deuxième phase de formation sera offerte jusqu’au printemps 2015. 42
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Olymel L’entreprise Olymel, qui détient 45 % des parts du marché dans l’abattage de la volaille au Québec, a choisi de s’impliquer directement auprès des producteurs, des équipes de capture, de transport et d’arrivée des oiseaux à l’abattoir, de la ferme à l’abattoir. Elle a aussi modifié ses installations pour améliorer le confort des oiseaux. Ainsi, une aire d’attente permet de protéger les oiseaux des intempéries lorsqu’ils ne peuvent pas être abattus dès leur arrivée. Olymel remplace aussi graduellement ses camions pour la nouvelle génération de véhicules dotés de toits rigides relevables. Pendant le chargement, le toit est relevé pour que durant le chargement des oiseaux, autant les travailleurs que les oiseaux restent à l’abri. Olymel a reçu ses premiers camions avec toits rigides en 2013. Au 31 décembre 2014, 50 % de ses camions en étaient dotés. Olymel a aussi produit une vidéo de formation sur les bonnes pratiques de capture des oiseaux. « Pour qu’un chargement soit réussi, il faut que le producteur, l’équipe de capture et le camionneur travaillent en équipe; voilà le contenu de la vidéo », explique Yvan Brodeur, vice-président approvisionnement volailles chez Olymel et premier vice-président de l’AAAQ. La vidéo permet de suivre toutes les étapes de capture et de transport d’un lot de poulets jusqu’à l’attente à l’abattoir. Préparée l’été dernier, la vidéo sert de formation pour les équipes d’Olymel ou sous contrat avec la compagnie. Faisant partie de l’AAAQ, Olymel a participé au programme d’agrément CLT. « Les entreprises d’abattage ont des règles à l’interne, mais il faut aussi agir en filière », explique Daniel Dufour. « La formation va mettre la volaille en avance dans ce domaine, explique Stéphane Beaudoin. Nous sommes le premier secteur pour la formation en filière. On pourra dire qu’il y a eu avant 2014 et après 2014 dans le bien-être animal. »
PHOTOS : TRANSPORT GILLES LAFORTUNE ET DANIELLE GODIN
Avant le chargement, le camion est préparé.
Le transport est la phase la plus visible de la production pour les consommateurs. C’est le seul moment qu’ils peuvent entrevoir les animaux. « Les gens ont une mauvaise perception du bien-être de la volaille parce qu’ils ne les voient pas contrairement aux vaches », explique Stéphane Beaudoin. Or, on consomme de plus en plus de volaille, donc on en produit de plus en plus.
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INFO ÉLEVAGES
TEXTES : MARIE-JOSÉE PARENT, AGRONOME ET ALAIN FOURNIER, AGRONOME, M.SC.
Des carottes pour les bovins Les fruits et les légumes invendus dans les épiceries pourraient bien servir d’alimentation pour les bovins. Cette voie a été préconisée par nos voisins du Sud. Aux États-Unis, le U.S. Environmental Agency a reconnu que transformer les rejets d’épicerie pour en faire des aliments pour animaux est la meilleure façon d’ajouter de la valeur à ces déchets. Cela permet de réduire les coûts de récolte et les émissions de gaz à effets de serre, tout en améliorant la sécurité alimentaire. Une équipe de recherche de l’Université de l’État de la Georgie s’est penchée sur la valorisation de ces produits. Les résultats ont été publiés dans le numéro de novembre 2014 du Journal of Animal Science. Le but de la recherche était de mieux connaître la valeur nutritionnelle et l’efficacité économique d’utiliser les déchets d’épicerie (légumes, fruits et produits de boulangerie) recyclés des grands magasins comme une source d’aliments pour les bovins. Les déchets des supermarchés représentent jusqu’à 10 % des rejets alimentaires. Selon les auteurs, « les ruminants sont spécialement adaptés pour digérer et utiliser les rejets d’origine végétale ». Au départ, l’équipe de recherche a analysé 115 échantillons de produits d’épicerie provenant d’une compagnie de recyclage alimentaire. Leur but était de vérifier la variation dans les nutriments et dans la valeur alimentaire. Même si le taux d’énergie était relativement élevé et constant sur une base de matière sèche, les auteurs ont conclu que, comme aliment, les sousproduits d’épicerie sont très variables en humidité et en valeur
nutritive. Il était donc difficile d’établir des standards nutritionnels pour l’alimentation du bétail. Par conséquent, chaque chargement devrait être analysé individuellement pour déterminer ses spécifications afin de l’utiliser adéquatement dans l’alimentation. À la suite de cette conclusion, l’équipe a entrepris de sécher partiellement les rejets et de les préserver sous forme d’ensilage, comme on le fait déjà pour les fourrages. Après divers traitements d’assèchement, la matière a effectivement fermenté. Les traitements qui ont donné des sous-produits plus secs donnaient un ensilage plus haut en pH et plus faible en acides fermentescibles. Après avoir établi les valeurs nutritives et la stabilité des sous-produits d’épicerie, l’équipe a réalisé un essai d’alimentation et de digestibilité sur les bovins afin de déterminer l’ingestion, la digestibilité et le contenu énergétique de l’ensilage provenant des sous-produits d’épicerie. De jeunes bouvillons Holstein ont été nourris selon quatre niveaux d’inclusion de l’ensilage de sous-produits d’épicerie (0 %, 20 %, 40 % et 60 % sur une base de matière sèche) dans une ration totale mélangée. Les résultats ont démontré que l’augmentation de sous-produits de supermarché dans l’alimentation augmentait la matière sèche ingérée et la digestibilité apparente. Au bout de huit semaines, les bouvillons avaient connu un gain de 1,27 kg/jour, peu importe le traitement. Ces résultats suggèrent qu’il est efficace d’utiliser des sous-produits d’épicerie ensilés comme supplément d’énergie dans une ration totale mélangée pour bouvillons. Source : Eurekalert.org
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327, rue Aubry, Sainte-Eulalie (Québec) G0Z 1E0 vente@garagewendelmathis.com 819 225-4444 44 JANVIER 2015 LE BULLETIN DES AGRICULTEURS
VRAI OU FAUX ? Durant tout l’élevage de la volaille, la ventilation sert uniquement à évacuer l’humidité. FAUX. La ventilation a quatre fonctions : apporter suffisamment d’oxygène, garder une concentration acceptable de contaminants, évacuer les surplus d’humidité et maintenir la litière en bon état. Source : Bruno Marquis, ingénieur, CFM Système. Le Rendez-vous avicole AQINAC 2014
La DACA et la matière grasse du lait La Chaire sur le contrôle nutritionnel de la production des constituants du lait fait encore parler d’elle. Yvan Chouinard, chercheur à l’Université Laval et responsable de cette Chaire, en collaboration avec son équipe de recherche, vient de démontrer que la DACA des rations des fermes laitières du Québec était dans l’ensemble trop faible. La DACA, ou différence alimentaire cations anions, est mesurée en tenant compte de la quantité de potassium, de sodium (les cations), de chlore et de soufre (les anions) des rations et de leur charge électrique. Son unité de mesure est le milliéquivalent ou mEq/kg. Pour en venir à cette conclusion, l’étudiante du groupe de recherche, Liliana Fadul-Pacheco, a utilisé dans cette recherche tout près d e 4 1 0 0 0 0 d o n n é e s p ro v e n a n t d e 172 000 vaches de 2900 troupeaux.
L’étude démontre que les vaches du Québec reçoivent une DACA moyenne de 209 mEq/kg, tandis que la recommandation est de 300 mEq/kg. Certains troupeaux ont même des DACA négatives, ce qui est plutôt souhaitable pour les vaches en transition, afin de prévenir l’hypocalcémie subclinique ou la fièvre du lait. Comme démontré dans le graphique ci-dessous, une augmentation de la DACA des rations servies sous forme de ration totale mélangée (RTM) ou ration individuelle entraîne une hausse du taux de matière grasse du lait. La RTM engendre un environnement du rumen plus stable, ce qui se répercute généralement sur la composition du lait. Comme démontré sur ce graphique, ce mode d’alimentation génère un taux de matière grasse du lait plus élevé que la ration individuelle. Source : Symposium des bovins laitiers 2014
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Moins d’ammoniac dans les poulaillers En production de poulet à griller, la production d’ammoniac est préoccupante, tant pour les performances d’élevage, la santé des animaux, le bien-être animal, l’environnement que la perception du public. Le contrôle des émissions est important afin de respecter les limites acceptables. Des recherches étaient donc nécessaires
pour déterminer les façons de limiter ces émissions. La litière est une façon économique de réduire les émissions d’ammoniac. Cependant, son application est limitée à quelques jours avant l’entrée des oiseaux en raison de préoccupations de santé et de sécurité liées aux matériaux acides. Un système automatique d’application aérienne a été développé pour fournir et appliquer des produits d’amendement de litière au parquet contenant des oiseaux. Financé par le US Poultry and Egg Association, un test en laboratoire a eu lieu afin d’évaluer l’impact de différents amendeLe leader mondial de la ments ajoutés à la litière (PLT, zéolite, chartechnologie laitière robotisée bon activé) et les niveaux d’humidité sur les a dépassé les 1000 robots émissions d’ammoniac de la litière de poulet vendus au Canada ! à griller. Le PLT (produit commercial Poultry Lely tient à remercier chaque producteur laitier qui a investi dans sa technologie. Litter Treatment) a démontré une plus grande capacité de réduction que la zéolite. Le charPour célébrer cet événement, bon activé n’a pas démontré de capacité de Lely propose 50 robots A4 en réduction des émissions d’ammoniac dans édition limitée. les trois niveaux d’humidité étudiés. Communiquez avec votre Basées sur l’essai à petite échelle menée concessionnaire Lely*. en laboratoire avec des oiseaux vivants, des Équipements Agricoles CPR Bas-Saint-Laurent, Gaspésie études sur un site commercial et sur une 418 722-6608 ferme de recherche universitaire ont été Centre d’Expertise Beaudry Morin Centre-du-Québec, menées avec deux stratégies différentes Lanaudière, d’application de PLT. Sur le site commercial, Mauricie, Québec 1 855 232-0220 trois lots consécutifs de poulets à griller ont Agri-Robotique Inc. été élevés jusqu’à l’âge de six semaines. Le Saint-Jean, Valleyfield 450 347-5554 PLT a été appliqué à 21 et 35 jours d’âge à Agro-Réfrigération Inc. un taux de 244 g/m 2. Au site de recherche Centre-du-Québec, universitaire, cinq lots consécutifs ont été Lotbinière, L’Amiante 1 819 752-9288 élevés entre 52 et 59 jours. Pendant la croisÉquipements Laitiers Gagnon sance, différents taux de PLT (122, 183, 244, Saguenay, Lac-Saint-Jean 418 251-5051 305 et 366 g/m2) ont été utilisés aux jours 21, Évolution Laitière 28, 35, 42 et 49. Estrie, Mégantic 819 347-6343 Les résultats ont démontré que l’appliDubreuil Équipements Inc. cation répétée de PLT a mené à une réducBeauce, Québec Bellechasse tion significative de l’émission d’ammoniac 418 935-3735 dans la litière de poulets à griller. Le taux de Jolco Équipements réduction de l’émission d’ammoniac a augSaint-Hyacinthe, Mirabel 1 800 361-1003 menté avec le taux d’ajout de PLT. Le taux Groupe Dynaco de réduction de l’émission d’une application Bas-Saint-Laurent 418 856-3436 répétée de PLT durant la croissance a varié de 0,08 à 0,22 g NH 3 /g PLT. L’application répétée de PLT est corrélée avec l’amélioration des performances de production et la qualité du coussinet plantaire. Les effets du PLT sur le comptage de bactéries et de coliformes sur les levures et les moisissures www.lely.com innovateurs en agriculture sont minimes. L’application fréquente de PLT réduit la présence de Salmonella, mais pas *Offre d’une durée limitée, réservée aux producteurs laitiers du Canada. de Campylobacter. Source : World Poultry
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La transition : période critique pour la reproduction 100 Perte de condition de chair Maintien de la condition de chair Gain de condition de chair
80 Vaches non-gestantes (%)
La période de transition influence non seulement la santé et la productivité des vaches, mais également la reproduction qui suit cette étape importante dans la vie d’une vache laitière. Dans une étude réalisée au cours de la période de transition, des chercheurs du Wisconsin démontrent qu’elle a une influence sur le taux de gestation. L’expérience indique qu’il y aurait un lien entre l’évolution de la condition de chair durant la transition et la fertilité des vaches. La condition de chair a été mesurée au cours des trois semaines qui ont suivi le vêlage chez un groupe de vaches. Les chercheurs ont divisé le groupe en trois catégories. Les deux premières catégories sont celles qui perdent de la condition de chair après le vêlage et celles dont cette condition ne fluctue pas durant la transition. Le dernier groupe était représenté par les vaches qui prennent du poids durant cette période. Les vaches qui gagnaient du poids avaient trois fois plus de chance d’être gestantes que celles qui perdaient du poids. Les vaches qui maintenaient leur poids après le vêlage se reproduisaient légèrement plus rapidement que celles qui perdaient du
60 40 20 0 70
100
150
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Jours en lait
poids, comme démontré à la figure. Une autre recherche réalisée par le même groupe de chercheurs indique que les vaches de condition de chair inférieure à 2,5 avant l’insémination avaient tout près de 9 % moins de chance d’être gestantes que celles dont la condition de chair était supérieure à 2,75.
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FRUITS ET LÉGUMES
PAR JULIE ROY
DE L’OR QUI DORT AU CHAMP Surplus, invendus, déclassés, rejets de transformation, des tonnes de fruits et de légumes ne trouvent jamais le chemin des épiceries. Ils figurent plutôt dans la colonne résidus et finissent soit enfouis ou comme engrais verts. Et si une autre finalité existait pour ces végétaux ? Certains y croient et ont décidé de transformer ces déchets en or. 48 JANVIER 2015 LE BULLETIN DES AGRICULTEURS
S
elon une étude d’AGÉCO parue en 2007, près de 80 % des producteurs maraîchers doivent gérer des résidus post récoltes. Les propriétaires des Jardins Paul Cousineau ne font pas exception. L’entreprise, qui cultive 324 ha (800 acres) de brocolis, est l’une des plus importantes productrices de ce légume au Canada. Et selon ces chiffres, 0,4 ha (1 acre) de broco lis engendre l’équivalent de 12 tonnes de résidus. Laurent Cousineau, copropriétaire des Jardins Paul Cousineau situés à Saint-Constant, ne s’en cache pas, rien n’était envisagé pour ces végétaux si ce n’était que de servir d’engrais vert au champ. « C’est typique. Personne ne faisait rien parce qu’on ne savait pas comment valoriser cette matière de façon rentable », raconte-t-il.
L’arrivée de Robert Décarie, un homme aux mille métiers, qui a entre autres été consultant pour l’ancienne chaîne d’épiceries Steinberg, a changé la donne. C’est à titre de professeur d’anglais qu’il met les pieds pour la première fois chez les Cousineau. De fil en aiguille, il se lie d’amitié avec la famille et obtient de nouvelles fonctions. Tout en se familiarisant avec le métier d’agriculteur, il constate les amoncellements de résidus de brocolis. Curieux de nature et persuadé qu’une mine d’or est laissée aux champs, il s’interroge sur leur valeur nutritionnelle. Il prend alors l’initiative de faire une demande de recherche à l’université McGill. Conjointement avec l’institution et le gouvernement, il paie l’étude via l’entreprise Nutri-Pacs qu’il a fondée en lien avec ce projet. Les résultats sont éloquents : les résidus ont une valeur nutritionnelle équivalente aux légumes vendus frais. Ce constat établi n’est toutefois que la première étape. Encore fallait-il déshydrater ces légumes sans affecter leurs propriétés, et ce, tout en limitant les coûts pour demeurer rentable. « Je ne suis pas le premier producteur à tenter cette expérience et ceux qui l’ont fait avant moi n’ont pas réussi à franchir ce seuil. Ce sont les coûts d’énergie qui sont un frein », mentionne Laurent Cousineau. Sans dévoiler ses secrets, le producteur confirme qu’il est sur la bonne voie et que cette phase est quasiment acquise. Il serait même en train de mettre sur pied la seconde phase de son projet, soit la mise en marché. « Notre objectif est de commencer la vente dès le début de la saison prochaine », dit-il. Robert Décarie a ciblé une dizaine de marchés possibles allant de la tisane, aux croustilles de brocoli, en passant par les suppléments protéiniques. La compagnie Nutri-Pacs détient d’ailleurs trois brevets concernant les dérivatifs du brocoli. L’inventeur pousse toutefois beaucoup du côté de l’alimentation animale, en particulier celle des poules élevées pour la chair et des poules
pondeuses. « C’est un créneau où les volumes ne cessent d’augmenter à travers le monde. Aussi, selon une étude de l’université McGill, une petite quantité de brocoli séché ajoutée à l’alimentation des poules réduit de 75 % le cholestérol contenu dans les œufs. Le potentiel de retour sur l’investissement est réel, car la génération des baby-boomers veut continuer à manger des œufs,
PHOTOS : KATHLEEN COUSINEAU ET JULIE ROY
Les résidus de brocolis ont une valeur nutritionnelle équivalente aux légumes vendus frais.
Robert Décarie dans un champ de l’entreprise Les Jardins Paul Cousineau où il tient des granules de brocoli.
mais plusieurs doivent surveiller leur santé. C’est une alternative peu coûteuse qui pourra maintenant leur être offerte. » Une demande d’enregistrement pour la vente de poudre de brocoli est en cours et Robert Décarie espère obtenir une réponse positive d’ici la fin de l’année ou au début 2015. Que ce soit sous forme de poudre, de flocons, de granules ou d’extraits déshydratés, Robert Décarie croit que les producteurs ne doivent pas manquer le train, surtout que selon lui, il est plus rentable de vendre dans ce créneau que de rester uniquement dans le marché du frais. « Dans le frais, le prix n’est pas là. Selon, une analyse que j’ai faite, même en étant conservateur, les profits sont plus intéressants et pourraient même atteindre 50 % avec certains produits déshydratés. »
La concurrence chinoise Pour mener à bien son idée, Laurent Cousineau est toutefois conscient qu’il a un concurrent de taille à affronter, la Chine. Disponibles sur des sites Internet comme Alibaba, les extraits de brocoli se vendent à un prix dérisoire, bien inférieur au coût de rentabilité d’ici. Avantage pour le Québec toutefois, la qualité n’est pas au rendez-vous. « Les normes de production ne sont pas du tout les mêmes. Les Chinois mettent des pesticides qui ne sont même pas autorisés ici. Aussi, leurs techniques de déshydratation brûlent 30 % de la valeur nutritive du brocoli », soutient Laurent Cousineau. Optimiste, le producteur croit tout de même parvenir à se faire une place sur ce marché. Il est même déjà en train de réfléchir à la troisième phase de son projet, l’association. Ne pouvant pas agrandir ses superficies de production de brocoli en raison de la présence de la cécidomyie du chou-fleur qui affectionne les productions à grande échelle, Laurent Cousineau envisage des partenariats avec d’autres producteurs pour répondre à une éventuelle demande du marché. « La déshydratation de 12 tonnes de résidus donne 1,5 tonne de granules. Moi seul, je sais que je ne pourrais pas suffire à la demande. C’est certain que je vais en manquer. La création d’une coop pourrait être une solution », mentionne-t-il. Ses chances de réussite sont bonnes puisque Nutri-Pacs a travaillé avec cinq autres producteurs en lien avec ce projet. LE BULLETIN DES AGRICULTEURS JANVIER 2015 49
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DES SOLUTIONS POUR LES RÉSIDUS DE POMME DE TERRE a
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Parmi tous les producteurs maraîchers du Québec, c’est sans doute les producteurs de pommes de terre qui doivent gérer les quantités les plus importantes de résidus (65 000 tonnes par an). Selon l’Institut de recherche et de développement en agroenvironnement (IRDA), la situation est d’autant plus problématique que l’eau contenue dans la pomme de terre empêche leur compostage et que leur accumulation comporte des risques environnementaux et phytosanitaires. « Une des seules solutions disponibles en ce moment est l’envoi des résidus chez les producteurs de bovins de boucherie, plus spécifiquement dans les parcs d’engraissement. Toutefois, ceux-ci doivent résider à courte distance et il demeure que les producteurs de pommes de terre ne reçoivent aucune rétribution pour ces résidus », mentionne Christine Landry, chercheuse à l’IRDA. Cette pression ne risque pas de diminuer, surtout avec la mise en application de la Politique québécoise de gestion des matières résiduelles qui prévoit leur bannissement complet des sites d’enfouissement d’ici 2020. « Ce règlement ne touche pas uniquement les agriculteurs. Il fait en sorte que l’offre de résidus organiques va exploser. De nouveaux produits provenant des industries et commerces vont entrer en compétition avec les produits des producteurs, accentuant la pression. C’est sans compter aussi sur le fait qu’on va demander aux producteurs de devenir des receveurs », prévoit Christine Landry. Autant de raisons pour que l’IRDA démarre la roue et tente de trouver des solutions de valorisation. « On ne fait pas des recherches pour faire des recherches. Il faut savoir si ça vaut quelque chose et quelles sont les avenues possibles. » Pour ce faire, elle travaille actuellement sur un projet d’une durée de trois ans (2014 à 2017) qui vise à répondre à plusieurs objectifs. « On veut faciliter la conservation et l’usage des résidus de pommes de terre en les transformant en granules. Ensuite, on veut connaître leurs propriétés nutritionnelles pour l’alimentation animale, leur valeur pour l’épandage au champ, la possibilité de valorisation énergétique et même la conception de bioproduits. Les résidus liquides seront analysés du point de vue agronomique », mentionne Christine Landry. L’IRDA procédera également à une analyse économique, selon les différentes voies de valorisation explorées. Au final, l’IRDA souhaite proposer une technique simple, peu coûteuse et accessible produisant un nouveau produit versatile dans ses usages et facile de manutention et d’entreposage. « L’impact sera grand à cause du nombre de fermes (environ 700) et de la quantité de résidus. La compétitivité des entreprises sera haussée, car on développe de nouveaux marchés et on réduit les coûts d’entreposage et de transport des résidus. » ÉTAPES DE LA GRANULATION a. Étape 1 : Arrivage des légumes déclassés. Rinçage grossier. b. Étape 2 : Broyage au moyen d’un broyeur semi-industriel. c. Étape 3 : Extraction du liquide au moyen d’un pressoir pneumatique. d. Étapes 4 et 5 : Broyage de la fraction solide pressée. Séchage. e. Étape 6 : Granulation. Objectif de la granulation : La granulation de résidus agroalimentaires permet de concentrer les éléments intéressants dans un granule stable. Elle facilite également leur entreposage, leur conservation, leur transport et leur manutention, ce qui augmente leur versatilité comme intrant dans les diverses filières possibles. Source : Institut de recherche et de développement en agroenvironnement (IRDA)
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MIEUX VIVRE
PAR PIERRETTE DESROSIERS, M.PS, PSYCHOLOGUE DU TRAVAIL
ÊTES-VOUS SOUVENT DANS LE « FLOW » ? Vous est-il déjà arrivé d’être tellement absorbé par ce que vous faites, que vous ne voyez pas le temps passer ? Que vous en oubliez de manger, de boire, voire de dormir ? Ce n’est pas signe de folie, rassurez-vous, mais possiblement d’un état optimal appelé le « flow ». En somme, le flow est l’état mental atteint par une personne totalement immergée dans ce qu’elle fait, qui se retrouve dans un état maximal de concentration. Cette personne éprouve alors un sentiment d’engagement total et de réussite. Cela peut être le peintre qui crée une œuvre, le chanteur qui interprète une chanson ou l’agriculteur … qui laboure son champ. Le flow est un état émotionnel bénéfique dans lequel compétences et défis sont réunis et produisent bien-être et performance. Cet état a d’abord été étudié par le psychologue Mihaly Csikszentmihalyi (je vous mets au défi de prononcer son nom), lequel était intrigué par les artistes qui « se perdent » dans leur travail. Ceux-ci mentionnaient être tellement plongés dans leurs activités, qu’ils en arrivaient à oublier leurs besoins primaires (manger, boire et dormir). Il semblerait que cet état soit ressenti non seulement par les artistes, mais par ceux qui sont passionnés par leurs activités (rémunérées ou non). Comment peut-on savoir si on vit cet état de flow ? Les six composantes ci-dessous sont généralement présentes : – Une concentration intense et focalisée sur le moment présent ; on ne pense ni au passé ni aux problèmes à venir, on est « in the moment ». – Une fusion de l’action et de la conscience ; on ne fait qu’un avec notre activité. – Une perte de la conscience de soi réflexive ; on oublie tous nos tracas ou ce que les autres pensent de nous.
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– Un sentiment de contrôle personnel sur la situation ou l’activité. – Une distorsion de l’expérience temporelle ; c’est pour cela qu’on oublie même de dîner ou notre rendez-vous chez le dentiste. – Une expérience de l’activité comme intrin sèquement gratifiante, appelée expérience autotélique (qui est le but en soi) ; on oublie la récompense qui s’y rattache (paie, conditions de travail ou reconnaissance publique), car on adore ce que l’on fait. Maintenant, quels sont les réels avantages de cet état ? Le flow est un état psychologique bénéfique pour la personne, car celle-ci : a confiance en elle ; est persévérante et résistante au stress, et donc moins susceptible de faire un burnout ou une dépression ; est motivée par l’activité elle-même (pas besoin de bonus) ; éprouve du plaisir ; est créative et performante et se développe de manière optimale. Il est facile de voir, tant d’un point de vue personnel, professionnel, que pour l’entreprise, l’avantage de se retrouver le plus souvent dans cette zone. Oui, mais comment y parvenir? Trois conditions doivent être présentes en même temps pour atteindre cet état : 1. L’activité doit comporter des objectifs clairs et une progression, ce qui donne une direction et une structure à la tâche. 2. La tâche doit comporter un feedback (rétroaction) clair et immédiat, ce qui aide à s’adapter aux exigences changeantes et à ajuster sa performance, afin de maintenir l’état. 3. Un bon équilibre entre les défis et les compétences doit être présent. Qui est plus susceptible de vivre cet état ? Les personnalités autotéliques : curieuse, persévérante, peu égocentrique et celles qui se livrent à des activités pour le plaisir qu’elles procurent. Alors, qu’est-ce qui vous procure une expérience de flow ? Pensez-y bien, car il y va notamment de votre bien-être et de celui de votre entreprise. LE BULLETIN DES AGRICULTEURS JANVIER 2015 53
C’EST NOUVEAU
RÉCOMPENSES SIMA Les organisateurs du Sima de Paris ont dévoilé à la presse agricole internationale le palmarès des Innovation Awards 2015. Celui-ci se compose de 2 médailles d’or, 3 d’argents et 18 citations. Voici quelques-unes de ces innovations primées.
Citations
McHale
Agrotronix Vision tête haute Interface Homme Machine VTH Le tracteur est équipé d’un calculateur muni d’un petit-projecteur DEL et Laser. Ce projecteur est relié aux différents boîtiers de la cabine par le « Bus canM » qui permet le transfert d’informations des consoles du tracteur sur le pare-brise. L’utilisateur peut également effectuer des incrustations vidéo à même le pare-brise provenant d’une ou deux caméras installées sur la machine tractée ou le tracteur. Le système offre à l’utilisateur l’essentiel des informations du tracteur et de l’outil tout en regardant vers l’avant. agrotronix.fr
Carre Robot de binage Anatis Ce robot agricole connecté entretient de manière autonome les cultures. Il effectue un travail du sol afin de désherber mécaniquement la culture. En plus du travail du sol par le binage, il collecte des données de suivi de cultures : présence d’adventices, densité et stade de la culture, luminosité, hygrométrie, température du sol et de l’air. Son objectif : établir un processus coopératif entre l’homme et la machine pour traiter ces données et guider l’agriculteur dans ses décisions. Il se déplace grâce à un ensemble de guidage GPS, caméra et laser. Sa motorisation est électrique. Il est possible de suivre son avancement en le connectant à son téléphone intelligent ou à sa tablette. carre.fr 54 JANVIER 2015 LE BULLETIN DES AGRICULTEURS
Presse enrubanneuse McHale Fusion 3 Plus La presse McHale Fusion 3 Plus utilise un système de liage par film plastique dans la chambre de pressage au lieu de la ficelle ou du filet. Une fois la balle terminée, le liage par film applique quelques couches de plastique avant de la transférer dans la partie enrubanneuse de la machine. Le processus automatique d’enrubannage démarre ensuite et assure un enrubannage homogène de la balle. Lorsque la balle suivante est terminée, la balle enrubannée est déposée au sol. Ensuite, le système d’enrubannage reprend sa place pour recevoir la balle suivante. mchale.net
Sulky Burel Modulation automatique du distributeur d’engrais X40 – X50 Isobus En utilisant le protocole Isobus, le module d’informations du distributeur d’engrais (Ecu machine) envoie l’information des 12 sections qui composent la nappe d’engrais au contrôleur de tâches de la console. Ce fichier contient une affectation du doseur gauche aux sections 1 à 6, et du doseur droit aux sections 7 à 12. La modulation automatique effectuée à partir d’une carte de préconisation gérait jusqu’à présent une dose unique sur toute la largeur. La modulation automatique droite/gauche en épandage centrifuge par GPS est un pas de plus en agriculture de précision, afin de contrôler le dosage par localisation dans le champ. sulky-burel.com
Médaille d’Or
John Deere
Claas Cabine Panoramic Arion 400 La nouvelle structure de cabine des Arion T4f offre une vue optimale du chargeur frontal et du relevage avant. Le pare-brise offre un large champ de vision continu de 90°. Ceci est possible du fait que Claas a supprimé la traverse horizontale du haut de la cabine avant. Le grand pare-brise de 2,41 m² assure une visibilité optimale depuis le siège du conducteur, du plancher jusqu’au milieu du toit. Aucun angle mort ne gêne la visibilité du chauffeur sur son chargeur. claas-group.com
Semoir de précision à grande vitesse ExactEmerge La particularité de ce semoir est le tube de descente qui est remplacé par une courroie-brosse. Les graines sont transférées de manière active du système de dosage vers la courroie, qui les transporte à vitesse verticale contrôlée jusqu’au fond du sillon. Les graines sont déposées en douceur, évitant tout risque de rebond. L’espacement déterminé au niveau du doseur ne change pas, même à des vitesses de travail avoisinant les 20 km/h. L’entraînement électrique des éléments semeurs permet la coupure individuelle manuelle ou automatique de ceux-ci. Le compteur de graines monté sur chaque élément semeur permet de visualiser en cabine la qualité du semis. fr.deere.ca
Médaille d’Argent John Deere Système d’attelage automatisé AutoConnect Le système AutoConnect est composé, côté tracteur, d’un crochet de relevage télescopique équipé d’une boule d’attelage. Autour de l’arbre de PDF, une plane porte les différentes prises femelles hydraulique, pneumatique et électrique. Deux caméras sont installées à l’arrière de la cabine. Côté outil, un bloc s’installant rapidement sur la flèche d’origine comprend la demie-sphère femelle, une plane portant les prises mâles et les centreurs ainsi qu’un support de cardan de PDF. Les servitudes électrique, hydraulique et pneumatique de l’outil sont raccordées à cette plane. Un panneau incliné à carreaux noir et blanc sert de cible aux caméras. L’ensemble sert de béquille hydraulique à l’outil. Le montage ne demande aucune modification de l’outil. Pour atteler, le chauffeur recule son tracteur, et à moins de 10 m de l’outil, il déclenche la manœuvre depuis sa console. Les caméras, agissant sur la transmission et la direction du tracteur, guident celuici jusqu’à l’outil. Une fois la flèche attelée et relevée, le bras télescopique se rétracte, assurant le branchement, puis le verrouillage de la PDF et des différentes prises de façon automatique sans débarquer du tracteur. fr.deere.ca
Kverneland Combiné presse-enrubanneuse ininterrompu Fastbale Le Fastbale est constitué d’une presse à balles rondes pourvue de deux chambres à volume fixe, accolée à une enrubanneuse double satellite. Le cœur de la balle est formé dans la préchambre de compression. Ensuite, le flux de matière et la balle préformée sont tous deux envoyés vers la chambre principale, plus grande. La balle poursuit sa formation jusqu’à atteindre le diamètre de 1,25 m. Le flux de matière est alors redirigé vers la préchambre pendant qu’à l’arrière le liage s’exécute. Cette étape terminée, la porte de la presse s’ouvre et la balle est transférée sur l’enfilmeuse par gravité pendant que la presse prépare la balle suivante sans arrêter. Les doubles satellites appliquent le film plastique à grande vitesse avant de déposer la balle au sol une fois celle-ci enrubannée. ca-fr.kvernelandgroup.com LE BULLETIN DES AGRICULTEURS JANVIER 2015 55
Ag Leader lance sa nouvelle gamme de receveurs GPS Ag Leader lance sa toute nouvelle gamme de receveurs GPS pour le guidage et l’autopilotage. Le modèle GPS 6500, versatile dans sa conception unique, permet d’être configuré en antenne tracteur ou en base RTK avec les satellites GPS et Glonass. Une radio 915 MHz ou un modem cellulaire sont disponibles pour communication entre les antennes. Les nouveaux receveurs intelligents GPS 6500 utilisent la technologie StableLoc qui prolonge la correction RTK et permet une transition entre les sources de corrections. Couplé avec le module de contrôle d’autopilotage SteerCommand, qui offre une compensation de terrain sur neuf axes, les receveurs GPS 6500 peuvent prendre le contrôle de tous les tracteurs qui ont des systèmes de valves intégrées. Pour les tracteurs plus agés, Ag Leader offre un ensemble de valves compatibles pour toutes marques ou le volant électrique Ontrac. innotag.com
Colloque sur l’établissement et le retrait en agriculture Et si chaque relève avait son cédant? 18 mars 2015, Drummondville
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Centre de référence en agriculture et agroalimentaire du Québec
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GEA : Nouveau design d’unité d’attachement Le système de traite automatisée MIone de GEA Farm Technologies est équipé d’une nouvelle unité d’attachement. Cette dernière a plusieurs avantages. Elle garde les composantes de l’unité d’attachement plus propres notamment en plus de protéger l’équipement contre les coups de patte. Le système, muni d’un nouveau bras support de manchons trayeur, permet à la fois un attachement précis et exact, puis un dégagement facile. Ceci améliore l’hygiène de traite puisque les manchons trayeur ne tombent pas sur le sol. Les manchons se remplacent aussi plus rapidement sur la nouvelle unité d’attachement. Le producteur a le choix entre une plus grande variété de manchons allant du caoutchouc au silicone. Ces nouvelles caractéristiques améliorent donc l’attachement des vaches, l’hygiène laitière sans compter qu’elles réduisent les frais d’entretien et de main-d’œuvre.
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MÉTÉO Février 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 CIEL PRÉCIPITATIONS NORMALE
ENSOLEILLÉ
NUAGEUX
PARTIELLEMENT NUAGEUX
PLUIE
Abitibi-Témiscamingue Températures inférieures à la normale et précipitations près de la normale. Nuages et neige les 1er et 2. Ciel partiellement nuageux les 3 et 4. Nuages et neige du 5 au 8. Ciel nuageux avec averses de neige dispersées du 9 au 14. Mélange de soleil et de nuages les 15 et 16. Ciel nuageux avec averses de neige passagères du 17 au 20. Mélange de soleil et de nuages avec averses de neige dispersées du 21 au 25. Nuages et neige du 26 au 28.
Saguenay–Lac-Saint-Jean Températures inférieures à la normale et précipitations près de la normale. Nuages et neige les 1er et 2. Ciel partiellement nuageux les 3 et 4. Nuages et neige du 5 au 8. Ciel nuageux avec averses de neige dispersées du 9 au 14. Mélange de soleil et de nuages les 15 et 16. Ciel nuageux avec averses de neige passagères du 17 au 20. Mélange de soleil et de nuages avec averses de neige dispersées du 21 au 25. Nuages et neige du 26 au 28.
Montréal, Estrie et Québec Températures inférieures à la normale et précipitations supérieures à la normale. Nuages et neige les 1er et 2. Ciel partiellement nuageux les 3 et 4. Nuages et neige du 5 au 8. Ciel nuageux avec averses de neige dispersées du 9 au 14. Ciel ensoleillé
NEIGE
ACCUMULATION
FROID
TEMPÉRATURE
CHAUD
les 15 et 16. Ciel nuageux avec averses de neige passagères du 17 au 20. Mélange de soleil et de nuages avec averses de neige dispersées du 21 au 25. Nuages et possibilité d’averses de neige ou de pluie du 26 au 28.
Vallée de l’Outaouais Températures inférieures à la normale et précipitations supérieures à la normale. Nuages et neige les 1er et 2. Ciel partiellement nuageux les 3 et 4. Nuages et neige du 5 au 8. Ciel nuageux avec averses de neige dispersées du 9 au 13. Mélange de soleil et de nuages du 14 au 16. Ciel nuageux avec averses de neige passagères du 17 au 20. Mélange de soleil et de nuages avec averses de neige dispersées du 21 au 23. Nuages et neige du 24 au 28.
Gaspésie et Nouveau-Brunswick Températures inférieures à la normale et précipitations près de la normale. Nuages et averses de neige dispersées du 1er au 3. Ciel partiellement nuageux le 4. Nuages et neige du 5 au 8. Ciel partiellement nuageux avec averses de neige dispersées du 9 au 13. Ciel nuageux et averses de neige le 14. Mélange de soleil et de nuages les 15 et 16. Nuages et averses de neige passagères du 17 au 19. Mélange de soleil et de nuages du 20 au 25. Ciel nuageux avec averses de neige passagères du 26 au 28.
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Aux Fermes Belvache, l’arrivée de la relève est vue comme un ajout à l’entreprise. Tous les propriétaires sont égaux et chacun y trouve sa place.
Une RTM homogène, un gage de succès Nouveautés dans les enclos d’hivernage
Un projet réalisé dans la région Centre-du-Québec démontre l’importance de vérifier l’homogénéité de la RTM.
À l’heure où un nouveau guide pour la conception des enclos d’hivernage voit le jour, l’Institut de recherche et de développement en agroenvironnement (IRDA) continue ses recherches sur ces infrastructures de plus en plus populaires dans le paysage bovin québécois.
Blé d’automne à toute épreuve S’il existait un moyen d’avoir la certitude que le blé d’automne survivra l’hiver, en cultiveriez-vous ? Le producteur Marc Gaucher a trouvé le secret. 62 JANVIER 2015 LE BULLETIN DES AGRICULTEURS
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Quand les cousins intègrent l’entreprise
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