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CULTURES maïs aux 15 pouces | ÉLEVAGES truies en liberté | GUIDE CÉRÉALES 2015
La production bovine se modernise
DÉCEMBRE 2014
L A RÉFÉRENCE EN NOUVELLES TECHNOLOGIES DEPUIS 95 ANS
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SOMMAIRE
VOLUME 97 NUMÉRO 11
37
47
EN COUVERTURE
ÉLEVAGES
10 La production bovine, toujours droit devant
33 Étable tout-en-un !
Malgré les difficultés économiques des dernières années, certains producteurs bovins ont choisi de rester en production et de faire en sorte que leur entreprise soit plus productive. Daniel Gendreau, en Estrie, fait partie de ces visionnaires.
CULTURES
17 Maïs aux 15 pouces Le partage de la lumière, de l’eau et des nutriments entre les plants de maïs est bien plus efficace à 15 pouces entre les rangs et 10 pouces entre chaque tige sur le rang. Un producteur de Lanaudière en est convaincu.
Les Tremblay de Roxton-Pond, en Montérégie, ont construit une étable pour faciliter les opérations. Finie la traite sur deux sites.
37 À chacun son système de truies en groupes Depuis le 1 er juillet dernier, les producteurs de porcs qui construisent en neuf ou rénovent leur section gestation doivent y loger les truies en groupe. Plusieurs systèmes s’offrent à eux. Lequel choisir ? Le producteur Benoit Magny a demandé l’aide du CDPQ pour faire son choix.
FRUITS ET LÉGUMES
27 Guide céréales
47 minimiser l’impact des innondations
Pour assurer la compétitivité des céréales dans la rotation, le choix de cultivars adaptés est primordial. Que ce soit pour l’alimentation animale ou pour l’alimentation humaine, la qualité de la récolte demeure incontournable. Les semenciers nous présentent leurs coups de cœur pour la prochaine saison.
L’agriculture n’échappe pas aux conséquences du réchauffement climatique. La preuve, de nombreux producteurs de la Montérégie doivent vivre avec les impacts des inondations de plus en plus fréquentes du ruisseau Norton. Parmi les solutions mises en place, celle de redonner la nature à la nature.
ASSURANCES
51 Assurance pour les tiers : êtesvous correctement assurés ?
Votre entreprise prend de l’expansion et vous exportez désormais vos produits transformés aux États-Unis. Bravo ! Mais saviez-vous qu’en cas de poursuites chez l’oncle Sam, les 2 millions $ en responsabilité civile que la plupart des producteurs possèdent avec leur assurance risquent de ne pas suffire ?
CHRONIQUES 4 6 8 21 22 41 55 56 59
Bouche à oreille Billet Point de vue Marché des grains Info cultures Info élevages Mieux vivre C’est nouveau Météo
En page couverture : Daniel Gendreau, de Saint-Venantde-Paquette, en Estrie, a modernisé son entreprise vache-veau. Photo : Yvon Thérien
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LE BULLETIN DES AGRICULTEURS
DÉCEMBRE 2014
3
BOUCHE À OREILLE
Du fumier écolo Les vaches pourraient bientôt aider elles aussi à préserver l’environnement. Grâce à une audacieuse invention, le fumier bovin peut à présent être transformé en eau. On doit cette idée à des chercheurs de l’Université de l’État du Michigan qui ont mis au point le « McLanhan Nutrient Separation System ». Cette machine permet donc d’extraire les polluants du fumier, afin de pouvoir en extraire une eau suffisamment potable pour servir à abreuver les vaches. Et ce n’est pas tout : en extrayant les substances nocives du fumier, tel que l’ammoniac, celui-ci peut alors être utilisé comme fertilisant, sans poser de risques pour l’environnement. À travers cette initiative, les chercheurs espèrent aider les fermiers à mieux gérer le fumier et à réduire l’impact environnemental de l’élevage bovin. Source: huffingtonpost.fr
Des cultures martiennes L’histoire témoigne à maintes reprises de l’ingéniosité des humains lorsque vient le temps de cultiver des terres hostiles. Dernièrement, des scientifiques allemands se sont tournés vers un nouveau défi : l’agriculture martienne. Pour cette expérience, entièrement menée sur terre, les chercheurs ont recréé l’environnement martien en prélevant des échantillons de sols volcaniques d’Hawaii, dont les composantes minérales se rapprochent de celles de la planète rouge. Les plants sélectionnés pour cette expérience l’ont été pour leur résistance naturelle. Moutarde, carottes, arnica des montagnes et trèfles des champs ont donc été plantés dans le sol pseudo-martien. La bonne nouvelle : malgré un environnement pauvre en nutriments, les plants se sont bien développés. Les mêmes plants ayant poussé dans un sol imitant celui de la lune n’auraient, toutefois, pas survécu à l’expérience. Ce résultat a été attribué au manque d’azote dans l’environnement lunaire. Source : modernfarmer.com
Prix Rosaline-Ledoux Marie-Josée Parent (à droite), journaliste au Bulletin des agriculteurs, a remporté le prix RosalineLedoux remis par la Fédération des agricultrices du Québec lors du Gala Saturne. Cet événement souligne le travail d’agricultrices d’exception. L’article gagnant, Mélanie achète une ferme laitière, paru dans l’édition de février 2014 du Bulletin des agriculteurs, relate la détermination d’une jeune femme à devenir productrice laitière hors du cadre familial. L’article a inspiré la Fédération régionale des agricultrices qui a présenté Mélanie Roy (à gauche) au concours national, dans lequel elle a remporté le titre de Jeune agricultrice de l’année. Le prix Rosaline-Ledoux a été créé en 2009 pour rendre hommage à la carrière de la journaliste-chroniqueuse qui a œuvré pendant près de 50 ans à l’avancement des femmes en milieu rural dans les pages de La Terre de chez nous. 4
DÉCEMBRE 2014
LE BULLETIN DES AGRICULTEURS
DANS NOS ARCHIVES... Un texte publié en juin 1942.
Des sacs de papier pour les engrais chimiques Les insectes passent à table Riches en protéines, riches en fibres, pauvres en gras et en calories… Les insectes sont en voie de devenir la viande de l’avenir, selon des experts. Avec les nombreux changements climatiques et la croissance de la population, mettre des insectes dans son assiette devient une solution de plus en plus… alléchante ? Si cette option gastronomique a déjà été adoptée par plusieurs cultures à travers le monde, l’idée est encore indigeste pour nombre de Nord-Américains. C’est par la transformation que des bestioles pourraient se retrouver dans l’assiette des consommateurs américains. En effet, certains proposent d’extraire les principaux nutriments des insectes, afin de les incorporer dans des aliments familiers, tels que des repas surgelés ou de la sauce pour les pâtes. Pour ces pionniers de l’alimentation, l’idée de ne pas avoir à contempler un insecte entier au bout de sa fourchette, combiné à un marketing ventant les bénéfices environnementaux d’un tel régime, pourrait un jour rendre la consommation d’insecte universelle. Source : economist.com
Comme la guerre a mis fin aux arrivages de jute, nous serons peut-être obligés de nous servir uniquement de sacs en papier pour les engrais de commerce l’année prochaine, dit M. M.G.S. Peart, contrôleur des engrais. Les commerçants d’engrais chimiques n’ont pu se procurer autant de sacs de jute que d’habitude pour l’emballage de leurs produits cette année et ils auront encore plus de difficulté à le faire à mesure que la guerre continue. La jute vient presqu’entièrement du district de Bengale, dans l’Inde. Heureusement, le Canada a d’abondantes provisions de pâte de bois et devrait pouvoir fournir aux commerces d’engrais chimiques tous les sacs de papier qui lui sont nécessaires, dit M. Peart.
Le chasse-neige : portrait d’une invention d’ici Une des innovations ayant eu le plus d’impact sur le paysage québécois est sans doute celle du chasse-neige. C’est à Arthur Sicard qu’on doit cette invention, dont le prototype a été élaboré en 1876. Exaspéré par la neige qui rendait impossible la livraison du lait de la ferme familiale, le jeune Sicard, tout juste âgé de 19 ans, a bricolé son prototype à partir d’un véhicule de ferme. Celui-ci arrive à souffler la neige à quelques mètres de distance. Quelque 30 ans plus tard, le premier chasse-neige fait son apparition dans les rues de Montréal. C’est un tuyau, installé sur le côté du véhicule qui permet de balayer la neige. Celui-ci aura coûté près de 30 000 $ à mettre au point, une véritable fortune à l’époque. Le tout premier modèle commercialisable est vendu à la ville d’Outremont en 1927. Au cours de sa vie, Sicard va vendre 250 véhicules. Source : plus.lapresse.ca LE BULLETIN DES AGRICULTEURS DÉCEMBRE 2014 5
BILLET
PAR YVON THÉRIEN
CONNAISSEZVOUS LA TECHNOPÉDAGOGIE ? Vous ne serez pas surpris d’apprendre que je passe plusieurs heures par semaine devant l’écran de mon ordinateur à lire des communiqués. Je suis toujours à l’affût des nouvelles technologies et innovations qui pourraient intéresser les lecteurs du Bulletin. Dernièrement, j’ai reçu un courriel du Cégep de Victoriaville qui a attiré mon attention. Connaissez-vous la technopédagogie ? En termes simples, c’est l’intégration des technologies numériques à l’éducation. Des technologies comme l’ordinateur, Internet, le tableau blanc interactif sont utilisées pour l’acquisition de connaissances. Ce que je trouve intéressant avec cette nouvelle façon d’apprendre, c’est la possibilité de suivre des cours à distance. C’est un avantage énorme quand on vit loin des grands centres. Imaginez si un jour nos jeunes pouvaient assister à leurs cours installés à la maison par le truchement d’une connexion Internet. Ce n’est pas demain la veille que les autobus jaunes vont disparaître de nos campagnes, mais le Cégep de Victoriaville a fait un grand pas dans cette direction. Depuis cet automne, il est possible à un groupe d’étudiants en gestion d’entreprise agricole de se joindre à distance aux cours donnés au Cégep. Ils utilisent leur ordinateur et une connexion Internet. L’école a doté l’une de ses classes d’un tableau intelligent, d’une caméra, de micros et d’écrans plats. Les étudiants en ligne peuvent voir et écouter le professeur. Le contenu du tableau apparaît sur leur écran et les étudiants en ligne peuvent même écrire sur le tableau de la classe à partir de leur ordinateur. Le professeur peut voir ses étudiants à distance sur l’écran qui est situé au fond de la classe face à lui. Pour les travaux en équipe, le local est doté de stations où un participant à Victoriaville peut discuter avec un participant à distance. Cet automne, trois
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étudiants de Sainte-Victoire de Sorel, de Saint-Camille et du Témiscouata suivent la formation selon cette formule. Ils assistent à la formation à partir de chez eux, à la ferme. Parions que cette initiative du Cégep de Victoriaville sera rapidement suivie par d’autres institutions. Et d’ici quelques années, plusieurs cours seront disponibles en ligne. Dans le même ordre d’idées, le Centre de référence en agriculture et agroalimentaire du Québec, le CRAAQ, offre maintenant plusieurs de ses conférences en ligne. Par exemple, 150 participants ont assisté par webdiffusion au dernier Symposium laitier. Certains l’ont fait dans le confort de leur foyer, alors que d’autres y ont assisté en groupes. Le MAPAQ avait, en effet, organisé des webdiffusions de groupes à Rivière-duLoup et à Alma. Cette nouvelle façon de faire est formidable. Nous pouvons désormais être en contact avec des experts de renom sans avoir à nous taper plusieurs heures de route. Au Bulletin, nous n’avons pas encore atteint ce degré de sophistication. Toutefois, je profite de l’occasion pour vous inviter à nos conférences qui seront présentées au Salon de l’agriculture à Saint-Hyacinthe. Au menu, des technologies pour mieux apprivoiser la variabilité de vos champs et les caprices de la météo. C’est un rendez-vous le 15 janvier prochain. Bonne lecture !
La référence en nouvelles technologies 1, Place du Commerce, bur. 320 Île-des-Sœurs (Québec) H3E 1A2 Téléphone : 514 766-9554 Télécopieur : 514 766-2665 lebulletin.com ÉDITEUR ET RÉDACTEUR EN CHEF Yvon Thérien, agronome yvon.therien@lebulletin.com RÉDACTION RÉDACTRICE EN CHEF ADJOINTE Marie-Claude Poulin marie-claude.poulin@lebulletin.com JOURNALISTE Marie-Josée Parent, agronome marie-josee.parent@lebulletin.com DIRECTEUR ARTISTIQUE Dany Derkenne dany.derkenne@lebulletin.com COLLABORATEURS Jean-Philippe Boucher, Pierrette Desrosiers, André Dumont, Alain Fournier, Lionel Levac, Julie Roy, Caroline Thérien, Johanne van Rossum, Nicolas Witty-Deschamps. PUBLICITÉ DIRECTEUR DE COMPTES Martin Beaudin martin.beaudin@lebulletin.com Tél. : 514 824-4621 REPRÉSENTANTE ONTARIO Lillie Ann Morris lamorris@xplornet.com Tél. : 905 838-2826 PRODUCTION RÉDACTEUR PUBLICITAIRE Luc Gagnon lucg@cybercreation.net ABONNEMENT SERVICE À LA CLIENTÈLE Anne-Marie Gignac services.clients@lebulletin.com Tél. : 514 766-9554, poste 226 Le contenu de ce magazine ne peut être reproduit sans l'autorisation écrite de l'éditeur du Bulletin des agriculteurs. Ce magazine est publié par Farm Business Communications, une division de Glacier Media inc. Les auteurs conservent l'entière liberté de leurs opinions. Le Bulletin des agriculteurs ne garantit pas l'exactitude de l'information contenue dans la publication et n'assume aucune responsabilité pour toute action ou décision prise à partir de l'information contenue dans le magazine. Tous d roits réservés 1991 Dépôt légal : Bibliothèque nationale du Québec ISSN 0007-4446 Fondé en 1918, Le Bulletin des agriculteurs est indexé dans Repère. Envoi Poste-publication – Convention 40069240. Nous reconnaissons l’aide financière du gouvernement du Canada par l’entremise du Fonds du Canada pour les périodiques (FCP) du ministère du Patrimoine canadien. Postes Canada : retourner toute correspondance ne pouvant être livrée au Canada au Bulletin des agriculteurs, 1, Place du Commerce, bureau 320, Île-des-Sœurs, Québec, H3E 1A2. U.S. Postmaster : send address changes and undeliverable addresses (covers only) to : Circulation Dept., PO Box 9800, Winnipeg, Manitoba, R3C 3K7.
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L’avantage du revenu brut ajusté est calculé à un prix du maïs de 153 $/tm, moins 1,57 $ de séchage par point d’humidité au-dessus de 15 %. Données de rendement recueillies en Ontario et au Québec jusqu’au 7 novembre 2014. À moins d’avis contraire, les comparaisons sont effectuées par rapport à tous les concurrents et en-deçà de +/- 5 unités de CCM des marques concurrentes. Les réponses du produit sont variables et sujettes à différentes pressions provenant de l’environnement, des maladies et des parasites. Les résultats individuels peuvent varier. L’information provenant de plusieurs années et de plusieurs endroits constitue une meilleure variable explicative de la performance future. Veuillez ne pas utiliser ces données ou toutes autres données provenant d’un nombre limité d’essais comme facteur important de décision pour choisir un produit. La technologie de protection Herculex® contre les insectes, par Dow AgroSciences et Pioneer Hi-Bred. Herculex® et le logo HX sont des marques déposées de Dow AgroSciences LLC. ®YieldGard, le design YieldGard Corn Borer et Roundup Ready sont des marques déposées utilisées sous autorisation de la société Monsanto. Liberty®, LibertyLink®, et le logotype de la goutte d’eau sont des marques de commerce de Bayer. La performance du produit varie dans les environnements où la quantité d’eau est limitée. Elle dépend de beaucoup de facteurs dont : la sévérité et le moment où la quantité d’eau est restreinte, le stress causé par la chaleur, le type de sol, les pratiques culturales et le stress environnemental, de même que la maladie et la pression des parasites. Tous les hybrides peuvent manifester une réduction du rendement lorsqu’ils subissent des stress dus au manque d’eau ou à la chaleur. Les résultats individuels peuvent varier.
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POINT DE VUE
PROPOS RECUEILLIS PAR LIONEL LEVAC
PATRICE GARNEAU, PARTENAIRE DE PANGEA ET BIEN CONTENT ! Il y a deux ans à peine, on disait que l’accaparement des terres agricoles était anecdotique au Québec. Aujourd’hui, on estime que 1 % des terres cultivées sont sous le contrôle d’entreprises de placement ou de groupes financiers qui considèrent que les investissements dans le sol et l’exploitation agricole sont parmi les plus intéressants. Selon les groupes, l’approche varie. On a beaucoup parlé de Pangea, qui a racheté en 2013 des blocs de terres à Métabetchouan, au Lac-Saint-Jean. Ceux-ci avaient d’abord été acquis par la Banque Nationale. Depuis, Pangea a acheté d’autres superficies ailleurs au Québec. Le Bulletin a recueilli le point de vue de Patrice Garneau, producteur laitier et de grandes cultures à Métabetchouan, qui est partenaire de Pangea. Comment décrire votre association avec Pangea ? J’étais en voie d’acquérir une terre. Les propriétaires n’avaient pas de relève et j’y travaillais depuis 2002. Passons les détails de la transaction, mais disons que le financement n’était pas facile. Dans mes nombreuses démarches, j’ai eu connaissance de la possibilité de m’associer à Pangea. Je disposais déjà, avec ma ferme Aly Blackburn, de 600 acres (243 ha) et de 60 kilos/jour de quota. Je voulais vivre de ma ferme et voir au remboursement de ma dette. Il me fallait donc davantage de rentrées d’argent. Et l’option la plus intéressante était celle des grandes cultures, mais je devais avoir davantage de superficies. C’est là que la proposition de Pangea devenait très intéressante pour moi. Pangea et moi avons créé une c ompagnie, Les Cultures Aly, qui devenait alors l’exploitant, en commun, de mes terres et d’un bloc supplémentaire de 700 acres (283 ha) que possédait Pangea dans le voisinage. Les profits de l’exploitation sont répartis 51 % au producteur, 49 % à Pangea et je suis le maître d’œuvre de la production. Ainsi, j’évitais de m’endetter encore pour des terres supplémentaires. Et toujours dans l’optique d’une 8 DÉCEMBRE 2014 LE BULLETIN DES AGRICULTEURS
L’entente avec Pangea est de quelle durée ? Elle est de 12 ans. Au renouvellement, ce sera encore 12 ans. Même si mes quatre enfants sont encore très jeunes, je suis certain qu’ils trouveront intérêt à poursuivre dans ce modèle, si bien sûr l’agriculture les intéresse.
« La formule est vraiment intéressante. D’ailleurs, on continue d’investir. On va gérer un plan de séchage et d’entreposage de grains. » — Patrice Garneau, producteur laitier et de grandes cultures
meilleure rentabilité, Pangea a récemment acheté 200 acres (81 ha) à côté de chez-nous, une superficie que va aussi exploiter la coentreprise Les Cultures Aly. Le modèle visé par Pangea, c’est 2000 acres (809 ha) de cultures. Là, on est rendu à 1500 (604 ha). Et la machinerie ? Dans la coentreprise Les Cultures Aly, j’ai fourni ma machinerie et Pangea a consenti un investissement de même niveau de façon à ce que je puisse, comme exploitant, disposer d’équipements efficaces me permettant d’optimiser le travail autant que les rendements aussi bien en volume produit que du côté financier. L’intérêt est là aussi bien pour moi que pour Pangea. Et avec eux, j’ai accès à des services d’agronomes, de notaires, de comptables, etc. La formule est vraiment intéressante. D’ailleurs, on continue d’investir. On va gérer un plan de séchage et d’entreposage de grains.
Pouvez-vous acheter vous-mêmes de nouvelles terres ? Oui. Ma priorité est de payer celles que j’ai déjà, mais éventuellement je pourrais en acheter s’il y en avait qui m’intéressaient. Je pourrais aussi racheter des terres appartenant à Pangea, si l’entreprise veut s’en départir. L’entente prévoit que les terres me soient offertes en priorité. Ce serait alors question de négociations ? Bien sûr… Que disent vos voisins de tout cela ? Plusieurs sont venus me voir et leurs commentaires sont positifs. On dit comprendre que le modèle me convienne et on constate que le secteur est revitalisé. On a construit des silos, les terres sont maintenant cultivées de belle façon. Ceux qui avaient des commentaires négatifs les ont faits dans les journaux et à la radio, pas à moi directement. Pour certains, cela peut quand même apparaître inquiétant ? Je serais le premier à m’inquiéter si je n’étais pas là-dedans. Mais les gens ne connaissent pas vraiment le modèle Pangea. Ce ne sont pas des gens qui débarquent pour exploiter nos terres. Ils possèdent des terres oui, qu’ils réservent à la culture, pas à la spéculation. Ils les mettent à la disposition de gens comme moi qui veulent faire de l’agriculture rentable et qui ont besoin de partager les coûts énormes que cela représente. Et le modèle visé, aux environs de 2000 acres, permet beaucoup d’économies d’échelle. On est trois producteurs associés à Pangea dans la région, et on se considère choyés.
Installez-vous, syntonisez votre station préférée... et couvrez 100 acres avant l’heure du dîner Qu’il fasse extrêmement chaud, horriblement froid ou entre les deux, les longues journées ne viendront jamais à bout de votre motivation au volant d’un 6R. Vous profterez d’un excellent rendement pour les tâches ardues, bien à l’abri des sautes d’humeur de mère Nature.
La cabine ComfortView™ : notre vision du confort Spacieuse et pratique, la cabine ComfortView est idéale pour ceux qui travaillent de longues heures. Avec un tableau de bord de style automobile, des commandes faciles d’accès et des caractéristiques de série comme le volant inclinable télescopique et le siège à suspension pneumatique, vous serez toujours en bonne posture. En plus, les sièges des cabines équipées de CommandARM™ pivotent de 30 degrés vers la droite pour vous donner une meilleure visibilité arrière. La puissance, là où vous en avez besoin Avec un attelage qui peut lever jusqu’à 5 539 kg (12 213 lb) et un débit hydraulique allant jusqu’à 155 L/min (41 gal/min), à vous les gros instruments et les cycles rapides! Le tracteur 6R est aussi doté d’un circuit hydraulique à centre fermé, à pression et à débit compensés effcace et fable.
Nouvelle colonne hydraulique conçue pour la simplicité et la visibilité.
Les nouveaux moteurs PowerTech™, conçus pour être productifs Le tracteur 6R en un mot : productivité. Vous trouverez la taille et la puissance qu’il vous faut avec des modèles allant de 105 HP à 215 HP, offrant tous un surcroît de puissance qui répond instantanément aux besoins de puissance accrue. Tous les moteurs comprennent aussi la gestion intelligente pouvant augmenter la puissance de 40 HP dès qu’il le faut. La bonne vitesse, pour faire un bon travail Un tracteur aussi polyvalent a besoin d’une transmission adaptée à ses besoins. C’est pourquoi le tracteur 6R est offert de série avec la transmission AutoQuad™ PLUS. Vous obtenez ainsi quatre vitesses à commande assistée dans chaque gamme. Vous voulez encore plus de précision? Essayez la transmission DirectDrive™. DirectDrive, c’est la commodité de la transmission variable à l’infni (IVT™) et l’effcacité d’une transmission entièrement mécanique. Choisissez l’une des trois gammes et passez en mode automatique ou sélectionnez le mode manuel pour un contrôle accru.
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Et les choix ne s’arrêtent pas là; d’autres options comme une transmission IVT et une option à 50 km/h (31 mi/h) pour un transport rapide vous sont offertes. Prêt à recevoir GreenStar™ pour plus de précision Votre nouveau tracteur 6R sera prêt à recevoir les systèmes GreenStar et AutoTrac™ pour vous offrir de la précision rapidement et facilement. Avec l’affcheur GS3 CommandCenter™ et un écran de 7 po ou 10 po, vous pouvez facilement programmer et surveiller de nombreuses fonctions du tracteur et des instruments compatibles. Vous pouvez aussi utiliser une gamme d’applications logicielles de précision pour la navigation, la cartographie et la documentation.
La transmission DirectDrive offre la commodité de la transmission IVT et l’effcacité de la transmission mécanique.
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Remarque : L’option de 50 km/h nécessite l’installation d’un essieu avant à suspension TLS avec frein.
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EN COUVERTURE
PAR MARIE-JOSÉE PARENT, AGRONOME
LA PRODUCTION BOVINE, TOUJOURS DROIT DEVANT Malgré les difficultés économiques des dernières années, certains producteurs bovins ont choisi de rester en production et de faire en sorte que leur entreprise soit plus productive. Daniel Gendreau, en Estrie, fait partie de ces visionnaires.
Un tournant En 2010, Daniel Gendreau n’a plus le choix. Sous la pression du ministère de l’Environnement, il doit moderniser ses installations. La vieille étable laitière loge 35 vaches, mais il en détient 78. Il doit s’équiper d’un enclos d’hivernage selon le Guide des bonnes pratiques agroenvironnementales pour la gestion des fumiers des bovins de boucherie. Le manuel révisé porte aujourd’hui le nom de Guide de gestion des aménagements alternatifs en production bovine : Conception, gestion, suivi (2014). 10 DÉCEMBRE 2014 LE BULLETIN DES AGRICULTEURS
Des enclos sont aménagés, des brise-vents sont installés et une dalle de ciment est coulée pour l’enclos d’hivernage où une partie des animaux est gardée en hiver. Cette infrastructure minimise les écoulements possibles de fertilisants provenant des fumiers vers les cours d’eau. La vieille grange où son père gardait des vaches laitières jusqu’en 1973 a été conservée. Une étable froide avec aire d’alimentation couverte a été construite en continuité du bâtiment. De plus, une fosse à fumier de 12 m par 24 m (40 pi par 80 pi) a été coulée. L’ensemble des installations permet de garder jusqu’à 110 vaches. Les pâturages n’échappent pas à la vigilance du ministère de l’Environnement. Tous les cours d’eau sont clôturés pour empêcher les animaux d’aller y boire. Des puits sont creusés et 760 m (2500 pi) de tuyaux servent à l’alimentation en eau des bassins. L’investissement est majeur, malgré une partie subventionnée. « Le MAPAQ subventionne 90 %, mais il y a un maximum », explique Daniel Gendreau. Ainsi, l’éleveur a dû défrayer 200 000 $ malgré les 130 000 $ du MAPAQ.
Stratégie En 2012, apprenant qu’un programme de subventions appelé Stratégie de soutien à l’adaptation des entreprises agricoles vient d’être mis en place, Daniel Gendreau demande l’aide de Paul Villeneuve, un Bovi-Expert de son secteur. Celui-ci aide les producteurs désirant obtenir des subventions par ce programme. « Je connaissais Paul depuis longtemps, raconte-t-il. C’est quelqu’un de confiance. » Vous pouvez en apprendre davantage sur l’agronome Paul Villeneuve et son rôle dans l’article Le Bovi-Expert, c’est lui, paru dans l’édition d’octobre 2014 du Bulletin des agriculteurs. L’objectif confié par l’éleveur à l’agronome était de
PHOTOS : YVON THÉRIEN
«Q
uand tu commences de quoi, il ne faut jamais que t’arrêtes. » Cette phrase, Daniel Gendreau en a fait son modus operandi, sa façon d’entrevoir son entreprise vache-veau, la ferme Daniel Gendreau, située à SaintVenant-de-Paquette près des lignes américaines en Estrie. Il exploite la ferme avec sa conjointe Claudette Jean. Alors que dans les dix dernières années, la production bovine déclinait au Québec, Daniel Gendreau a persévéré. En 2010, il a entrepris une importante modernisation de son entreprise, sans même savoir si la relève serait au rendez-vous. Pour lui, si l’on choisit de rester en production, il faut s’investir à fond. Les dix dernières années ont été difficiles financièrement pour les producteurs vache-veau (voir encadré p 13). Ceux qui restaient retardaient les investissements. Le vieillissement des troupeaux de vaches de boucherie a été une conséquence directe des années de bas prix qu’ont connues les producteurs bovins durant ces années. Pour tenir le coup, Daniel Gendreau a eu la chance d’avoir une deuxième production : les sapins de Noël, une production secondaire, mais qui avait tout son pesant d’or durant les années difficiles.
Pour Daniel Gendreau et Claudette Jean, la ferme est un mode de vie qu’ils peuvent poursuivre encore longtemps.
Les cours d’eau ont été clôturés, des puits creusés et des abreuvoirs installés.
Située sur les frontières américaines et sur une route peu fréquentée, la ferme offre un panorama saisissant.
Le brise-vent permanent a été fixé sur des poteaux de téléphone recyclés. Peu importe la direction du vent, la structure tient le coup.
LE BULLETIN DES AGRICULTEURS DÉCEMBRE 2014 11
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Le croisement terminal est effectué avec un taureau charolais de génétique supérieure.
Les vaches de l’Ouest ont de petits pis et sont très calmes.
l’aider à améliorer le troupeau. Grâce au programme Stratégie de soutien à l’adaptation des entreprises agricoles, en juillet 2012, 30 vaches ont été livrées de l’Ouest canadien. Quatorze étaient livrées avec leurs génisses. Elles provenaient toutes de la Saskatchewan. « On disait tous que les animaux de l’Ouest sont les meilleurs », explique Daniel Gendreau. Quarante-trois vaches de l’Ouest font toujours partie du troupeau. Les génisses gardées ont eu leur premier veau cette année. Les vaches de l’Ouest sont des F1 issues du croisement Angus et Simmental. La Angus est plus maternelle alors que la Simmental est plus laitière. « C’est un bon mélange », explique Daniel Gendreau. Les trois taureaux charolais originaires du Québec assurent le croisement pour la production de veaux terminaux. Tous les veaux sont vendus. « J’ai toujours acheté mes vaches, sauf les taures de l’Ouest que j’ai élevées », explique Daniel Gendreau. À les entendre parler, lui et sa conjointe sont très fiers de ces animaux. « Les vaches de l’Ouest donnent des veaux qui tètent tout seuls, explique-t-il. Elles ont de petits pis. » À leur arrivée, Daniel et Claudette étaient surpris de constater à quel point les animaux étaient calmes. Ils sont tellement satisfaits de ces animaux que cet automne, ils ont fait venir dix autres taures de l’Ouest. Elles remplaceront cinq ou six autres vaches prévues pour la réforme. Selon Paul Villeneuve, la qualité de la génétique est une des grandes forces de l’entreprise de Daniel Gendreau. « La qualité du cheptel, c’est très important », dit-il.
Beaucoup plus encore L’agronome ne s’est pas contenté d’aider l’éleveur au point de vue de la génétique animale. Les périodes de vêlages ont aussi été regroupées pour faciliter la gestion de la mise bas et la mise en marché des veaux. Il y en a dorénavant deux : de décembre à février, et en mai. Ses interventions sur la régie des pâturages ont aussi aidé l’éleveur à progresser. Quelque 350 tonnes de chaux ont été appliquées sur 50 hectares (120 acres) de prairies et de pâturages afin de corriger le pH et d’améliorer le rendement fourrager. La grande nouveauté pour l’entreprise a été l’introduction de pâturages en rotation. « J’ai pas grand de pacage », dit Daniel Gendreau. Avec deux pâturages de 20 hectares chacun,
DIX ANNÉES DIFFICILES POUR LES PRODUCTEURS Il y a d’abord eu la crise de la vache folle en mai 2003. Les importations de bœuf canadien ont chuté, entraînant le prix vers le bas. Puis, la crise économique de 2008 et 2009 a fait particulièrement mal aux producteurs vache-veau. Le prix des grains élevé faisait en sorte que les parcs d’engraissement limitaient le prix offert pour les veaux. Depuis la fin de 2013 et en particulier en 2014, le prix des veaux d’embouche augmente de façon marquée. Selon l’agroéconomiste Ann Fornasier de la Fédération des producteurs de bovins du Québec, il faut s’attendre à des prix maintenus pour les deux à trois prochaines années. Plusieurs facteurs expliquent cela. La reprise économique aux États-Unis et en Chine contribue à augmenter la demande pour la viande. Les difficultés économiques des 10 à 12 dernières années ont fait en sorte de réduire le cheptel nord-américain de vaches de boucherie. Donc, la demande est là, mais pas l’offre. De surcroît, certains producteurs gardent dorénavant des femelles pour reconstituer le cheptel. Tout cela crée de la rareté et une forte pression à la hausse sur les prix. Les bas prix actuels pour les céréales et la rareté des veaux incitent les acheteurs à offrir un bon prix pour les veaux. Voici quelques exemples de prix offerts pour les veaux d’embouche, selon La Financière agricole : 0,91 $/lb (2,01/kg) en 2004 ; 1,01 $/lb (2,24/kg) en 2008 ; 1,44 $/lb (3,17/kg) en 2013. Et voici quelques prix offerts pour des veaux mâles de 750 livres en 2014, selon la Fédération des producteurs de bovins du Québec : 1,65 $/lb (3,63/kg) en janvier ; 2,20 $/lb (4,84/kg) en juin et 2,59 $/lb (5,70/kg) en octobre. L’amélioration de la situation financière est donc récente. Durant les années difficiles, certains ont délaissé la production. En 2004, il y avait 5030 producteurs vache-veau assurés et 2890 en 2013. Le cheptel a suivi la tendance. En 2005, il y avait 264 000 vaches et taures, et en 2013, il y en avait 194 300, selon les données de Statistique Canada fournies par La Financière agricole.
LE BULLETIN DES AGRICULTEURS DÉCEMBRE 2014 13
En 2010, la ferme Daniel Gendreau a dû faire plusieurs investissements majeurs : aménagement d’un enclos d’hivernage, construction d’une fosse à fumier et d’une étable froide, en plus de devoir clôturer les cours d’eau et d’aménager des points d’eau pour les animaux.
FERME DANIEL GENDREAU
Propriétaire : Daniel Gendreau Conjointe : Claudette Jean Superficies possédées : 75 ha (185 acres), dont 20 ha (50 acres) en pâturages Superficies louées : 20 ha (50 acres) en pâturages, 57 ha (140 acres) en foin et 8 ha (20 acres) en maïs Troupeau : 91 vaches et 91 veaux Autre production : sapins de Noël (14 ha inclus dans la superficie totale)
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DÉCEMBRE 2014
LE BULLETIN DES AGRICULTEURS
Durant les années difficiles de la production bovine, la production de sapins de Noël a permis de tenir le coup.
divisés en 13 parcelles, il est capable de combler les besoins en fourrages du printemps à l’automne pour ses 91 vaches et leurs veaux. Ses pâturages sont subdivisés avec des clôtures électriques temporaires. Les vaches sont changées de parcelles tous les deux à trois jours. Outre l’achat d’animaux et l’amélioration des pâturages, le programme Stratégie a amené Daniel Gendreau à remplacer une partie de sa machinerie. Il a maintenant une faucheuse plus large (13 pi au lieu de 10). De plus, la production de sapins de Noël a été augmentée à tout près de 5000 par année. Tous les terrains qui sont difficilement cultivables sont plantés avec des sapins. Du coût total de 137 000 $ pour les investissements entrepris en 2012, le programme Stratégie a permis d’octroyer une subvention de 54 000 $ pour les travaux. Tous ces investissements permettent aujourd’hui à l’entreprise d’être plus performante. Âgés de 53 ans, Daniel et Claudette ne pensent pas à la retraite, loin de là. Ils s’arrangent pour vivre encore plusieurs années de leur production. Et qui sait ? Mathieu, le fils de Daniel qui travaille avec lui dans la production de sapins de Noël, ou encore Stéphane, l’autre fils qui aide à l’occasion, pourrait être intéressé par la ferme.
MAÎTRISER LA MÉTÉO Les outils de l’avenir pour mieux maîtriser la plus grande variable en agriculture : la météo
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Le Bulletin des agriculteurs vous invite à rencontrer des conférenciers qui sauront vous éclairer dans vos choix d’outils pour mieux apprivoiser la variabilité de vos champs et les caprices de la météo. > UNE STATION MÉTÉO POUR LA FERME Sur une ferme de grandes cultures, une station météo jumelée à un réseau et à des outils informatisés peut servir à mieux planifier les interventions. Avant d’investir dans l’achat d’une station météo, suivez les conseils de notre conférencier Ian Nichols, président de Weather INnovation Consulting.
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> LES PRIX DES GRAINS PLONGENT, À QUOI S’ATTENDRE POUR 2015 ? Après plusieurs années profitables, voilà que les prix des grains plongent à nouveau, laissant les producteurs avec un défi de taille à relever. Notre expert Jean-Philippe Boucher fera une mise au point sur la situation des prix et proposera des façons de faire pour sortir gagnant d’une année qui s’annonce plus difficile.
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CULTURE
PAR ANDRÉ DUMONT
Le partage de la lumière, de l’eau et des nutriments entre les plants de maïs est bien plus efficace à 15 pouces entre les rangs et 10 pouces entre chaque tige sur le rang. Un producteur de Lanaudière en est convaincu.
E
Rangs espacés de 15 pouces. À gauche, on note l’absence d’un rang. Cet espace de 30 pouces est prévu pour le passage du pulvérisateur.
MAÏS AUX 15 POUCES
n 2009, Samuel Coutu récoltait de 8 t/ha à 9,5 t/ha de maïs-grain. « Quand on obtenait dix tonnes, on était bien content, dit-il. Aujourd’hui, quand on obtient dix tonnes, on est déçu. » Que s’est-il passé entre 2009 et 2014 ? Dès un premier coup d’œil sur ses champs de maïs, on remarque quelque chose de différent. En pénétrant parmi les tiges, on voit bien que les rangs sont plus étroits. Ils sont à 15 po (38 cm) l’un de l’autre, tandis qu’à même le rang, les plants sont espacés de 10 po (25 cm). Pour s’y frayer un chemin, l’expérience est complètement différente que dans un champ semé aux 30 po (76 cm) ! Samuel Coutu et son associé JeanFrançois Gross sont parmi les très rares producteurs québécois à avoir adopté les rangs de maïs rapprochés. Leurs terres sont situées dans Lanaudière, principalement à Saint-Cuthbert et à Saint-Norbert. Dans des zones de 2600 et 2700 UTM, ils récoltent en moyenne 11 t/ha de maïs. L’aventure a débuté à l’hiver 2010, quand les deux associés ont décidé à la dernière minute de s’envoler pour Des Moines, aux États-Unis, pour assister à la National No-Tillage Conference. Samuel Coutu avait fait un peu de recherche sur Internet sur les rangs de maïs aux 15 po et il voulait entendre de vive voix le grand promoteur de cette pratique, le producteur et inventeur de nez à maïs spéciaux Marion Calmer. Le grand avantage de cette pratique est le meilleur partage de la lumière, de l’eau et des nutriments entre les plants, affirme Marion Calmer. « Si on semait LE BULLETIN DES AGRICULTEURS DÉCEMBRE 2014 17
L’effet bleu
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18 DÉCEMBRE 2014 LE BULLETIN DES AGRICULTEURS
à la même densité en rangs de 60 po, les plants seraient espacés de 3 po sur le rang, illustre-t-il. Personne ne ferait ça, parce tout le monde comprend qu’il y aurait trop de compétition entre les plants. À l’inverse, plus on rapproche les rangs, meilleure devient la répartition des plants sur l’espace disponible. » Les rangs aux 12 po, 15 po ou 20 po se traduisent par une meilleure distribution des plants sur la surface d’un champ. Les racines se développeraient de façon plus circulaire, ce qui atténuerait la verse des racines. Le feuillage capterait plus rapidement l’ensemble des rayons de soleil disponibles, ce qui diminuerait la pression des mauvaises herbes et atténuerait l’assèchement du sol. Plusieurs croient que la différence de rendement avec les rangs rapprochés est plus marquée sous les latitudes nordiques, où les jours d’été sont plus longs. « Aujourd’hui, je ne suis plus d’accord avec ce concept, affirme Marion Calmer. Nous avons des producteurs du Texas jusqu’au Canada et notre conclusion est plutôt la suivante : plus il y a de stress au cours d’une saison, plus grand est l’avantage de rendement. »
Faire le saut Samuel Coutu et Jean-François Gross possédaient déjà un planteur dédié au soya, configuré pour semer aux 15 po. Dès le printemps 2010, ils ensemencent des rangs aux 15 po et aux 30 po dans tous leurs champs de maïs-grain, à des populations de 84 plants à l’hectare (34 000 plants à l’acre). Au début de l’automne, ils se rendent eux-mêmes aux États-Unis chercher leur table à maïs Calmer, capable de récolter 16 rangs avec sa largeur de 6 m (20 pi). Dès la première année, une augmentation de rendement s’observe. Les épis sont de deux à cinq rangées plus longs, le taux d’humidité à la récolte est plus bas et le poids spécifique est un peu plus élevé. Les plants sont plus trapus, mais le volume de résidus augmente de 10 % à 15 %. Au printemps 2011, semer du soya dans cette quantité de résidus s’avère tout un défi. Converti au semis direct, Samuel Coutu se résigne le printemps suivant à faire un passage superficiel
Ci-contre : Le cueilleur à maïs Calmer de 20 pi récolte 16 rangs à la fois. Le voici sur la moissonneuse-batteuse de Samuel Coutu et de Jean-François Gross. Ci-dessous: Samuel Coutu n’a pas peur de sortir des sentiers battus pour obtenir de meilleurs rendements de maïs. En bas : 15 po entre les rangs, 10 po entre chaque plant sur le rang. Remarquez aussi les feuilles du bas, tirées par les vers de terre !
de déchaumeuse pour mieux gérer les résidus. En 2011, la plupart des producteurs au Québec ont connu une saison de maïs peu satisfaisante. À Saint-Cuthbert, les rendements ont baissé, mais les champs ensemencés aux 15 po ont eu un net avantage sur ceux ensemencés aux 30 po. Quand la saison est très belle, la différence entre ces deux espacements peut être de moins de 5 %, ou de moins de 500 kg/ha, indique Marion Calmer. « Sur ma propre ferme (en Illinois), lors d’une année de stress, nous obtenons jusqu’à 15 boisseaux à l’acre (941 kg/ha) de plus avec les rangs rapprochés. »
PHOTOS : ANDRÉ DUMONT ET SAMUEL COUTU
Un système Samuel Coutu estime que sur sa ferme, les rangs aux 15 po sont responsables de 10 % à 15 % de rendement de plus. Un autre 5 % d’augmentation a pu être atteint en améliorant d’autres éléments de régie. « C’est un système, dit-il. On a nivellé pratiquement partout, on a augmenté les populations et augmenté la fertilisation. » En 2013, il a obtenu une moyenne de 11 t/ha (maïs sec), soit environ 1,5 tonne de plus que la moyenne de sa région. En 2014, son premier champ récolté a donné 11,9 t/ha, le deuxième, 12,5 t/ha. La révolte venait de commencer au moment d’écrire ces lignes. Les rangs rapprochés se prêtent bien à tirer le maximum des hybrides conçus pour être semés à haute densité, croit Marion Calmer. Pour sa part, Samuel Coutu sème maintenant en moyenne à 104 000 grains à l’hectare (42 000 grains à l’acre). LE BULLETIN DES AGRICULTEURS DÉCEMBRE 2014 19
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Un épi bien rempli, jusqu’aux grains du haut.
Aux 15 pouces à 42 000 semences à l’acre, ça en fait du monde !
Marque de commerce MD MC de The Dow Chemical Company (« Dow ») ou société affiliée de Dow. Les approbations réglementaires sont en voie d’obtention dans d’autres régions pour la solution herbicide EnlistMC et pour les caractères de tolérance des récoltes contenant de l’herbicide Enlist. Les renseignements présentés ici ne constituent pas une offre de vente. Lisez et suivez toujours les directives qui se trouvent sur l’étiquette. ©2014 Dow AgroSciences LLC. SEED HAWKMD, TEMPOMD, VÄDERSTADMD and VÄDERSTAD DesignMD sont des marques de commerce utilisées sous licence. 11/14-39512
Notre producteur lanaudois a entrepris de fractionner son azote en trois pour appliquer jusqu’à 200 unités. La première dose est sous forme de 32 liquide au semis. Il effectue ensuite deux applications en postlevée, de 32 liquide ou de 46 granulaire, selon la disponibilité et les prix. La ferme dispose de deux pulvérisateurs automoteurs, le plus ancien ayant été modifié pour pouvoir épandre de l’engrais granulaire et effectuer le semis de ray-grass en intercalaire. Pour éviter de piétiner des rangs avec les pulvérisateurs, la cinquième unité de semis du planteur est bloquée. Deux rangs sur 64 ne sont donc pas ensemencés, afin de créer des voies de circulation. Le pulvérisateur couvre 24 m (80 pi) et en réglant son empattement à 3,4 m (135 po), il roule sur ces cinquièmes rangs vacants.
L’adoption Aux États-Unis aussi, le semis de maïs en rangs rapprochés demeure une pratique marginale, même si elle n’est pas nouvelle. Un certain scepticisme a été entretenu par des agronomes universitaires, regrette Marion Calmer. Le principal obstacle est le coût d’achat d’un cueilleur à maïs spécial, qui est de 40 % à 50 % supérieur à celui d’un cueilleur conventionnel. Ils se commandent directement de l’usine Calmer en Illinois, avec l’option Bt Chopper pour mieux réduire la taille des résidus. « Je fais toute ma recherche en réalisant des essais chez moi, sur toute la longueur de mes champs, affirme Marion Calmer. J’ai pu voir la différence sur ma propre ferme et je me fous pas mal de ce que les autres en disent, parce qu’ils ne cultivent pas leur maïs au même endroit. »
MARCHÉ DES GRAINS
PAR JEAN-PHILIPPE BOUCHER, AGRONOME, M.B.A.
2015, UNE AUTRE ANNÉE MOUVEMENTÉE EN VUE L’année 2014 aura été forte en émotions dans le marché des grains. Après une année record de production aux États-Unis en 2013, les producteurs américains ont récidivé en 2014 avec une autre année record. Mais, malgré cette hausse coup sur coup des récoltes, les prix ont été quittes pour des rebonds très intéressants, que ce soit en début d’hiver, au printemps, comme finalement à l’automne. Et, pour 2015, il faut s’attendre encore à une année haute en couleur… L’un des éléments qui devraient le plus animer les marchés et faire couler beaucoup d’encre est, sans contredit, les intentions d’ensemencements américains. Déjà, au moment d’écrire ces lignes au début novembre, différentes projections et rumeurs commencent à circuler. Le sentiment est qu’en raison des marges de profits plus intéressantes dans le soya que dans le maïs, il devrait se semer 2 % à 3 % moins de maïs au printemps prochain. À l’opposé, dans le soya, on s’attend à ce qu’il s’en sème de 4 % à 5 % de plus. Ce serait la troisième année consécutive que les superficies ensemencées en soya progressent au détriment de celles en maïs, mais aussi de celles en blé. Même si les inventaires de maïs américains ont retrouvé un niveau plus que confortable pour les prochains mois, grâce aux deux dernières récoltes records, le fait que les superficies glissent tranquillement devrait commencer à préoccuper les marchés. Aussi, on le sait, la production de grandes cultures, comme le maïs, demeure toujours à la merci des sautes d’humeur de la météo. Or, avec des superficies ensemencées à un creux inégalé en plus de cinq ans aux États-Unis, le risque devient de plus en plus réel qu’on se retrouve à nouveau assez rapidement dans l’eau chaude à partir de 2015-16. Et ce, surtout si les rendements sont mauvais. Est-ce que les marchés attendront que cela survienne pour réagir ? Il y a fort à
Lisez le blogue sur le marché des grains à LeBulletin.com
PRIX DU MAÏS À LA BOURSE (CME) DEPUIS JANVIER 2011 EN $ US/BOISSEAU
8 7 6 5 4 3 Janv. 2011
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PRIX DU SOYA À LA BOURSE (CME) DEPUIS JANVIER 2011 EN $ US/BOISSEAU 18
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8 Janv. 2011
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Mai 2012
Sept. 2012
parier que non et que dès cet hiver, beaucoup de nervosité flottera dans l’air. D’autant plus qu’ils resteront aussi très partagés entre le maïs et le soya, alors que les consommateurs de ce dernier semblent toujours plus gourmands chaque année. Faut-il donc déjà envisager des prix plus intéressants pour 2015 ? Peut-être,
Janv. 2013
Mai 2013
Sept. 2013
mais il faut malgré tout rester très prudent. Pour le moment, après deux années d’abondance, il sera sans aucun doute difficile de renverser définitivement la vapeur alors que les prix restent sur leur pente descendante depuis l’année record 2012.
LE BULLETIN DES AGRICULTEURS
DÉCEMBRE 2014
21
INFO CULTURES
TEXTES : JOHANNE VAN ROSSUM, AGRONOME ET ANDRÉ DUMONT
Dès la récolte de seigle terminée, Yvan Lussier sert à ses champs un judicieux mélange de plus de dix cultures de couverture.
Chez Yvan Lussier et Chantal Picard, à Saint-Marc-sur-Richelieu, il y a deux jardins : celui derrière la maison et l’autre derrière l’étable. L’un sert à nourrir la famille, l’autre sert à trouver la meilleure combinaison d’engrais verts pour stimuler la productivité des champs. Le couple de producteurs laitier et céréalier se passionne pour les SCV : les couverts végétaux qui prolongent au maximum la période de l’année pendant laquelle la vie végétale est florissante sur et sous la surface des sols. Derrière les bâtiments de ferme se trouve cette parcelle d’essais, elle-même divisée en 115 mini-parcelles. Une centaine d’espèces tentent d’y faire leurs preuves, seules ou en compagnonnage. L’objectif : déterminer celles qui feront partie du mélange optimal, à semer au lendemain de la récolte de seigle d’automne. « Jusqu’à -10 °C ou -15 °C, j’ai du vivant (des plantes) dans les parcelles », affirme Yvan Lussier. Il y a donc de la verdure au moins huit mois par année. 22 DÉCEMBRE 2014 LE BULLETIN DES AGRICULTEURS
Pour trouver les candidates qui contribueront au mélange en fixant ou en récupérant de l’azote, ou encore en ameublissant le sol de leurs racines, le couple fait des pieds et des mains pour obtenir des semences d’ici et d’ailleurs. « Je suis rendue à me procurer des graines en sachets dans des catalogues horticoles, dit Chantal Picard. Et je récolte toutes les graines possibles. » À la Ferme du Coin Rond, il s’agit de la troisième année de parcelles d’essais d’une telle ampleur. En 2012 et en 2013, les semis ont été réalisés au début août, après la récolte de seigle. Cette année, ils ont été reportés du 25 au 28 août. Yvan Lussier voulait terminer la conception de son semoir spécial, qui lui permet maintenant d’ensemencer cinq ou six mini-parcelles à l’heure. Ce retard de deux semaines cette année lui a permis d’évaluer l’impact de la date de semis. En comparant la végétation sur le pourtour de la parcelle (ensemencée au début août) à celle des mini-parcelles, on
voit bien que la production de biomasse a souffert de ces deux semaines d’été en moins. Dans ce grand jardin, on retrouve des couverts végétaux connus, comme des trèfles, des vesces, du daikon (radis), du ray-grass et des moutardes. On y retrouve aussi d’étonnants spécimens, comme la féverole, dont la nodulation est si impressionnante qu’on parle « d’azote en chaudière ». « À l’automne, les tiges de la féverole se brisent, explique Chantal Picard. Elles noircissent et deviennent creuses, puis au printemps, elles servent de cheminée de chaleur. Elles font fondre la neige et le sol s’assèche. » Les parcelles permettent d’observer le rendement en biomasses aérienne et souterraine, ainsi que d’analyser la compétition entre les espèces d’un mélange, le développement des systèmes racinaires et leur impact sur la structure du sol. On cherche des légumineuses qui fixeront beaucoup d’azote et d’autres plantes capables d’absorber l’azote libre dans le
PHOTOS : ANDRÉ DUMONT
SCV : à la recherche du mélange magique
Marilyne Beaudry, agronome
Évaluer la fermentation de l’ensilage par son odeur Prélevez un échantillon représentatif et d’apparence normale, puis balayez votre main au-dessus pour le sentir indirectement. S’agit-il d’une odeur souhaitable? Odeurs souhaitables
Racine de féverole avec sa grande quantité de nodules. Remarquez le ver de terre et son œuf au bout du doigt.
sol. En se décomposant la saison suivante, la biomasse relâche lentement l’azote accumulé. On privilégiera des espèces qui ne traverseront pas l’hiver, ou qui seront faciles à gérer au printemps. Yvan Lussier est à la recherche des espèces qui composeront le mélange proposé en 2015 aux membres d’un consortium d’agriculteurs dont il fait partie. On souhaite un mélange qui sera efficace à un bas taux de semis, composé de graines faciles à trouver, à un coût qui sera largement compensé par les bénéfices apportés au champ, explique le producteur. Les membres du consortium peuvent ensemencer le mélange au printemps ou à l’été sur une terre qui a été nivelée ou qui gagnerait tout simplement à traverser une saison à se refaire une santé sans intervention chimique ou mécanique. Ils peuvent aussi l’implanter à la suite de la récolte d’une céréale. Une stratégie innovatrice consiste à « rouler » la biomasse produite, puis d’implanter un seigle d’automne, comme culture principale ou simplement pour que l’activité biologique redémarre tôt au printemps et que les plants offrent une meilleure portance aux équipements de semis.
Odeur douce : L’acide lactique, l’acide le plus fort et efficace d’une bonne fermentation, est le produit final souhaité afin de réduire rapidement le pH de l’ensilage. Puisqu’il est complètement inodore, l’ensilage devrait avoir conservé l’odeur douce de la récolte. Odeur vinaigrée : L’acide acétique a une odeur qu’on associe au vinaigre. Elle est souhaitable seulement lorsqu’elle est générée par des inoculants bactériens L. buchneri, dont l’efficacité a été démontrée par la recherche. L’acide acétique crée un environnement hostile aux levures et moisissures, qui sont des microorganismes indésirables. Il réduit les risques d’instabilité aérobie à la reprise, ce qui contribue à diminuer les pertes de matière sèche et à minimiser la production de chaleur à la mangeoire.
Odeurs non souhaitables
Celles-ci se produisent à la suite d’une exposition prolongée à l’air, à la reprise ou lors d’un remplissage du silo sur une trop longue période, ou en raison d’une mauvaise compaction, d’une longueur de coupe trop longue, d’un mauvais recouvrement ou d’une matière sèche de l’ensilage trop sec ou trop humide. Odeur vinaigrée : Lorsqu’un inoculant L. buchneri éprouvé n’est pas utilisé, l’acide acétique reflète une fermentation inefficace et l’activité indésirable de levures, moisissures, bacillus et clostridia. La perte de matière sèche et la production de chaleur peuvent s’accroître compte tenu de la combustion plus élevée de nutriments digestibles. De plus, la dégradation des protéines peut engendrer des sous-produits qui réduiront l’appétence. Odeur d’éthanol, d’alcool, fruitée : Ces odeurs sont causées par l’activité des levures qui transforment les sucres en éthanol, fort probablement avant la fermentation. Elles reflètent une fermentation inefficace et une perte de matière sèche accrue, ce qui entraîne une diminution de la valeur énergétique des fourrages. Odeur d’acétate d’éthyle (vernis à ongles) : Cette odeur témoigne d’une activité de bac-
téries aérobies indésirables, de levures et d’acétobacters. L’ensilage est sur le point de chauffer. Amines (odeur de viande en décomposition) : Les odeurs désagréables d’amines sont le résultat d’une fermentation secondaire clostridienne, d’un ensilage trop humide ou d’une contamination par le sol. On remarque un pH élevé ainsi qu’une faible concentration d’acide lactique. De l’acide butyrique pourrait avoir été produit. Cet ensilage aura sans doute très peu d’appétence et devrait être distribué très rapidement puisqu’il risque de se détériorer davantage. Une concentration élevée d’ammoniac dénote une production de chaleur excessive lors de la fermentation initiale et/ou la présence d’amines et d’amides qui diminueront l’appétence des fourrages. Odeur de caramel ou tabac : Provoquée par une fermentation prolongée d’un ensilage trop sec, une génération de chaleur entre 50 °C (120 °F) et 60 °C (140 °F) peut être observée, ce qui entraîne la caramélisation des sucres. Même si les vaches le trouvent appétant, le fourrage sera de moindre valeur énergétique, avec une probabilité élevée de protéine liée (% ADF-N).
Améliorer la régie
L’évaluation de la fermentation de l’ensilage par l’odeur est subjective. Pour confirmer vos observations, vous pouvez envoyer un échantillon pour analyse en laboratoire. Les odeurs non souhaitables et les difficultés de fermentation qu’elles représentent peuvent être évitées à l’aide de bonnes pratiques : récolte à la bonne maturité et au bon taux d’humidité, bonne longueur de coupe, remplissage rapide des silos et obtention d’un tassement et d’un recouvrement optimaux à l’entreposage. L’utilisation d’un bon inoculant bactérien contribuera à maximiser la qualité de l’ensilage en minimisant les pertes de matières sèches. L’inoculant stimulera la fermentation initiale, améliorera ensuite la stabilité aérobie hors silo puis augmentera la digestibilité de la fibre. LE BULLETIN DES AGRICULTEURS DÉCEMBRE 2014 23
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24 DÉCEMBRE 2014 LE BULLETIN DES AGRICULTEURS
Allélopathie entre le seigle utilisé comme engrais vert et le maïs semé au printemps suivant ? L’utilisation du seigle d’automne comme engrais vert comporte plusieurs avantages agronomiques et environnementaux. Mais dans certains cas, le rendement du maïs semble diminué lorsque la culture est implantée dans les résidus de seigle. Plusieurs spécialistes attribuent cette diminution au phénomène allélopathique. L’allélopathie se définit comme la capacité des plantes à sécréter des composés chimiques inhibant la croissance des plantes adjacentes. Même si le seigle réussit à produire des composés allélopathiques, il est peu probable que ce soit la principale cause de la contre-performance du maïs, explique Bob Hartzler, du département d’agronomie de l’Université de l’État de l’Iowa, dans un récent article. Dans la plupart des situations, une bonne profondeur de semis ainsi qu’un grain de semence de qualité minimisent les impacts du phénomène. Il est plutôt difficile de déterminer la cause exacte des effets négatifs du seigle sur la culture du maïs, mais certains facteurs aggravants peuvent
fournir des pistes. La grande quantité de biomasses produite par le seigle altère le microenvironnement du sol. Cette biomasse peut ralentir le réchauffement et l’assèchement du sol, ce qui rend la terre moins propice à de bonnes conditions de semis. La décomposition de cette biomasse utilise de l’azote du sol, privant ainsi la culture principale de cet élément majeur. Le seigle peut également servir de pont. Les pathogènes présents sur les résidus peuvent coloniser le maïs fraîchement semé. Afin de limiter les dégâts potentiels, il est recommandé de détruire le seigle 10 à 14 jours avant le semis. Les effets négatifs semblent se limiter au maïs. Le soya tolère mieux la quantité importante de résidus laissés par le seigle. Ainsi, il n’est pas nécessaire de détruire l’engrais vert avant le semis de soya. Cette importante biomasse peut même être bénéfique pour le contrôle de certaines maladies, comme la pourriture sclérotique (moisissure blanche). Source : Université de l’État de l’Iowa
PHOTOS : JOHANNE VAN ROSSUM
Dans cet épisode de Défi maïs, Pierre Boireau et Vincent Tétreault de Bayer CropSciences discutent de l’évolution des mauvaises herbes résistantes aux herbicides. On y apprend que depuis 2012, deux mauvaises herbes se sont ajoutées à la liste des indésirables au Québec, soit la folle avoine et la sétaire géante. Heureusement, aucun cas de résistance au glyphosate n’a été répertorié. La situation est différente en Ontario. Trois espèces sont résistantes au glyphosate: la petite herbe à poux, la grande herbe à poux et la vergerette du Canada. La situation est préoccupante. Les producteurs qui soupçonnent la présence de mauvaises herbes résistantes dans leurs champs peuvent envoyer des échantillons de semence au Laboratoire de diagnostic en phytoprotection du MAPAQ. Pour en apprendre plus sur le sujet, visionnez cet épisode de Défi maïs.
Évolution des maladies du maïs L’inventaire des maladies foliaires dans le maïs, réalisé par une équipe du ministère de l’Agriculture de l’Ontario (MAAO) et Agriculture et Agroalimentaire Canada (AAC) en 2014, a permis de constater la quasi-disparition de la maladie de Stewart (Erwinia stewartii) en Ontario. La maladie de Stewart ne cause pas de problèmes importants dans le maïs de grandes cultures. Le maïs sucré ainsi que le maïs de semence sont plus sensibles à cette maladie et peuvent subir des pertes considérables. « Cette observation s’inscrit dans la tendance observée depuis les quatre ou cinq dernières années », rapporte Albert Tenuta, phytopathologiste en grandes cultures au MAAO. Le spécialiste croit que l’utilisation à grande échelle des traitements de semences dans le maïs explique cette situation. Les altises sont des vecteurs importants de la maladie causée par des bactéries qui infectent les plants sur lesquels ils se nourrissent. Le contrôle efficace des altises par les traitements de semences a grandement contribué à réduire la population de ces insectes et, par le fait même, à réduire la présence de la maladie. Malheureusement, d’autres agents pathogènes demeurent problématiques. La principale maladie rencontrée lors de cette enquête est le dessèchement par le champignon Setosphaeria turcica (northern corn leaf blight). Cette maladie était présente dans presque tous les champs échantillonnés. Dans une moindre mesure, les chercheurs ont été surpris par la présence des taches grises causées par des champignons (gray leaf spot). Ils expliquent cette situation par les conditions fraîches et humides de l’été dernier. Plus tard à l’automne, les spécialistes complètent l’enquête sur les maladies du maïs en échantillonnant les épis pour détecter la présence de moisissures.
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LE BULLETIN DES AGRICULTEURS
DÉCEMBRE 2014
25
Augmenter la matière organique du sol, par où commencer ? La matière organique est une composante essentielle pour un sol en santé. Quelle stratégie adopter pour l’augmenter ? Un guide intéressant a été préparé par le service d’extension de l’Université de l’État du Michigan. À la base, l’application de fumier et l’implantation d’engrais verts dans la rotation sont deux incontournables pour augmenter le contenu en matière organique. Le tableau ci-contre présente les différents amendements organiques, leur composition et leur rôle dans l’accumulation de matière organique dans le sol. Selon les disponibilités, le choix des amendements doit se faire selon les objectifs poursuivis. Source : Service d’extension de l’Université de
EFFETS DES AMENDEMENTS SUR LE CONTENU EN MATIÈRE ORGANIQUE DU SOL SOURCE
RÉGIE DE PRODUCTION
CONTENU EN CARBONE ET AZOTE
COMMENTAIRES
Fumier bovin
Alimentation élevée en fourrage, litière de paille
Élevé en carbone
Contribue à l’accumulation de matière organique dans le sol.
Lisier bovin Lisier porc
Alimentation basée sur les grains
Faible en carbone
Fournis des nutriments à la culture. Peut endommager les jeunes plantules lors de l’application.
Fumier de poulet
Litière de paille ou ripe de bois
Moyen-élevé en carbone
Contribue à l’accumulation de matière organique. Fournis des nutriments à la culture.
Compost
Mélange de paille et feuilles
Moyen-élevé en carbone
Stable, contribue à l’accumulation de MO.
Engrais verts
Céréales à maturité (stade épiaison et plus)
Moyen en carbone 1 % à 2 % d’azote
Contribue à l’accumulation de matière organique stable et active. Séquestre les éléments nutritifs pour plusieurs mois.
Engrais verts
Céréales stade végétatif
Moyen en carbone 1,5 % à 2,8 % en azote
Relâche lentement des nutriments à la culture.
Engrais verts
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DÉCEMBRE 2014
LE BULLETIN DES AGRICULTEURS
GUIDE CÉRÉALES 2015
LE BULLETIN DES AGRICULTEURS DÉCEMBRE 2014 27
GUIDE CÉRÉALES 2015
FAIRE LE BON CHOIX Pour assurer la compétitivité des céréales dans la rotation, le choix de cultivars adaptés est primordial. Que ce soit pour l’alimentation animale ou pour l’alimentation humaine, la qualité de la récolte demeure incontournable. Les semenciers nous présentent leurs coups de cœur pour la prochaine saison. Par Johanne van Rossum, agronome
Tendances des céréales Le développement de variétés ou cultivars répondant aux besoins des producteurs du Québec repose de plus en plus sur les semenciers. Voici quelques critères de sélection et stratégies de marché recueillis auprès de certains d’entre eux. Le premier constat est le développement de marchés de niche pour les céréales. Selon les espèces, des opportunités existent. Les céréales peuvent donc être plus qu’une culture de rotation entre deux saisons de maïs ou de soya. Le deuxième constat est le déplacement de la production vers les régions périphériques. « Les céréales sont des cultures rentables pour le centre et l’est du Québec lorsqu’on obtient de bons rendements », ajoute Luc Julien, représentant chez Semican. Pour les régions adaptées à la culture du maïs et du soya, les superficies sont à la baisse.
Blé « Pour le blé, le marché est de plus en plus fragmenté », croit Alexandre Mailloux, directeur de la recherche et du développement en productions végétales à La Coop fédérée. On vise donc à répondre aux besoins spécifiques des utilisateurs comme les Moulins de Soulanges. Certains critères de sélection, comme la résistance à la fusariose de l’épi, une bonne tenue et un rendement élevé sont communs à tous les débouchés. Pour d’autres
28 DÉCEMBRE 2014 LE BULLETIN DES AGRICULTEURS
critères, comme la qualité ou la capacité d’absorption de la farine et le contenu en protéines, les exigences des acheteurs peuvent différer. Les nouvelles techniques de semis ont permis de réintégrer à plus grande échelle le blé d’automne dans les rotations. Le blé d’automne représente un avantage financier lorsque la culture survit à l’hiver. Pour assurer une bonne survie, l’égouttement de surface doit être très efficace et la couverture de neige la plus uniforme possible. Plusieurs producteurs en Estrie et au Centre-du-Québec obtiennent de belles réussites avec cette culture.
Orge Les nouveaux cultivars d’orge doivent répondre aux attentes des producteurs. « Près de 25 % de la production d’orge du Québec provient du Bas-Saint-Laurent », rapporte Nathalie Lanoie, de Céréla, une entreprise spécialisée dans le développement de nouveaux cultivars de céréales et de soya. Il importe donc de tester les nouvelles variétés le plus près possible de la région où elles seront utilisées. La rentabilité de la culture d’orge est aussi liée au développement de marché de niche. L’orge de brasserie en est un bel exemple. « La grande majorité des lots se sont bien classés en 2014 », précise Julie Durand, directrice de recherche chez Semican. L’offre ne suffit pas à la demande.
Avoine « La demande pour une récolte d’avoine de qualité est très forte », souligne Alexandre Mailloux. Des primes sont intéressantes pour favoriser une plus grande superficie. Cette espèce est souvent utilisée comme plante abri pour établir des plantes fourragères, ce qui ne favorise pas toujours la qualité au moment de la récolte. L’adaptabilité des cultivars est très différente selon les régions productrices du Québec. Ainsi, une zone est inscrite pour chaque cultivar présenté dans les tableaux coups de cœur. Cette adaptabilité régionale limite également les échanges entre les différentes provinces du Canada et même du monde entier. Par exemple, le meilleur cultivar de blé de l’Ouest canadien ne sera pas automatiquement le meilleur ici. Après avoir choisi le bon cultivar, il ne faut pas négliger la régie de la culture. Afin de redonner aux céréales la place qui leur revient, Synagri a mis sur pied un programme appelé Expert Céréales. Ce programme permet d’accompagner le producteur dans chacune des étapes de la production, en partant du semis avec le calcul de la dose ainsi que l’ajustement de la machinerie pour une bonne profondeur. La fertilisation, les interventions phytosanitaires, les rotations, le temps de récolte et le mode d’entreposage sont les autres éléments faisant partie du suivi.
Coups de cœur de l’industrie AVOINE MARCHÉ
SEMENCIER
VARIÉTÉ
ADAPTABILITÉ
CARACTÈRES SPÉCIAUX
COMMENTAIRES DU REPRÉSENTANT
Alimentation humaine
Synagri
Vitality
Toutes les zones
Avoine blanche
Excellentes performances agronomiques et gros grains. Cible le marché du gruau. (Cécile Tétreault)
Alimentation animale
Synagri
Hidalgo
Toutes les zones
Avoine grand marché
Excellent rendement particulièrement en zone 3. Parmi les avoines ayant les plus bas pourcentages d’écales, ce qui assure un meilleur rendement en amandes. (Cécile Tétreault)
Alimentation humaine et animale
Pédigrain
Avatar
Toutes les zones
Possibilité pour le marché d’alimentation humaine
Une nouvelle recrue dans la famille des avoines à gruau. (Jean-Yves Cloutier)
Alimentation animale
Semican
Canmore
Toutes les zones
Avoine blanche
L’étoile montante. Canmore est une avoine couverte qui est dotée des composantes agronomiques recherchées par les producteurs soit : rendement, tenue, poids spécifique élevé et gros grains. (Luc Julien)
Alimentation animale
Semican
Idaho
Toutes les zones
Avoine nue
La nouvelle tête d’affiche des avoines nues. Elle apporte un gain au niveau de la production de grains tout en offrant une excellente production de paille. (Luc Julien)
Alimentation humaine
Elite
Nice
Toutes les zones
Avoine blanche
Reconnue pour ses hauts rendements, Nice offre une performance constante avec une large plage d’adaptation. Elle est recherchée par Quaker pour ses qualités pour le marché du gruau. (Christian Azar)
Alimentation humaine
Elite
Souris
Zone 3
Avoine blanche
Souris est un cultivar hâtif offrant un très bon rendement. Son poids spécifique est élevé. Elle est de loin l’avoine la plus cultivée au Canada. (Christian Azar)
Alimentation animale
Hyland
HY 174-0A
Zones 2,3 et 4
Avoine blanche
Excellent potentiel de rendement, bon poids spécifique avec une bonne tenue. Une grande avoine avec un des meilleurs rendements de paille. (Johan Philippe)
Alimentation humaine
SeCan
AC Dieter
Toutes les zones
Avoine blanche
Gros grain avec écale blanche. Développé pour les producteurs d’avoine du Québec. (Phil Bailey)
LE BULLETIN DES AGRICULTEURS
DÉCEMBRE 2014
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GUIDE CÉRÉALES 2015
Coups de cœur de l’industrie ORGE
30
MARCHÉ
SEMENCIER
VARIÉTÉ
ADAPTABILITÉ
CARACTÈRES SPÉCIAUX
COMMENTAIRES DU REPRÉSENTANT
Alimentation animale
Synagri
Masky
Toutes les zones
Orge à 6 rangs
Succède avantageusement à l’orge Synabelle tant par le rendement que par le poids spécifique. Meilleure tolérance à la fusariose de l’épi des orges 6 rangs couvertes avec un indice de 4. (Cécile Tétreault)
Alimentation animale
Synagri
Harmony
Toutes les zones
Orge à 6 rangs
Meilleur indice de rendement en paille, tolérante à la verse, gros grains et bon rendement. (Cécile Tétreault)
Alimentation animale
Pédigrain
Raquel
Toutes les zones
Orge à 6 rangs
Toujours performante, elle possède le meilleur poids à l’hectolitre de son groupe de variétés. (Jean Yves Cloutier)
Alimentation animale
Pédigrain
Pédibelle
Toutes les zones
Orge à 6 rangs
La Pédibelle est un cultivar de choix : rendement, tenue, tolérance aux maladies sont des atouts importants pour les producteurs. (Jean Yves Cloutier)
Alimentation animale
Semican
Island
Toutes les zones
Orge à 2 rangs
Pour ceux qui recherchent une orge pour l’alimentation à la ferme, elle saura répondre à vos attentes : excellente tolérance à la fusariose de l’épi, gros grains dotés d’un excellent poids spécifique. (Luc Julien)
Brassicole
Semican
Newdale
Toutes les zones
Orge à 2 rangs
Orge ayant de très bonnes performances agronomiques, donnant accès à un marché à prime qui procure une rentabilité accrue aux producteurs d’orge. (Luc Julien)
Alimentation animale
Elite
Alyssa
Zones 2 et 3
Orge à 6 rangs
Alyssa offre un haut potentiel de rendement et conserve une très bonne intégrité de paille à maturité. Très résistante aux maladies. (Christian Azar)
Alimentation animale
Elite
Corcy
Toutes les zones
Orge à 6 rangs
Corcy possède de gros grains et un rendement constant. Ses feuilles érigées laissent passer beaucoup de lumière pour faciliter l’implantation des plantes fourragères. (Christian Azar)
Alimentation animale
Semences SQS
Rocket
Zones 1 et 2
Orge à 6 rangs
Variété sélectionnée pour son haut potentiel de rendement et sa production de paille. (Yannick Methot)
Alimentation animale
Hyland
HY 481-6R
Zones 2 et 4, 3, 5 et 6
Orge à 6 rangs
Performe bien dans tous les types de sol en population élevée. Un plant plus grand que la moyenne avec bonne tenue et une émergence uniforme. (Johan Philippe)
Alimentation animale
Hyland
HY 621-6R
Zones 2 à 6
Orge à 6 rangs
Variété à haut rendement en population moyenne dans les sols productifs, avec une excellente production de paille. Bonne résistance générale aux maladies. (Johan Philippe)
Alimentation animale
Semences Prograin
Chambly
Toutes les zones
Orge à 6 rangs
Variété offrant un excellent potentiel de rendement et une tenue exceptionnelle. Paille de belle qualité et de longueur moyenne. (Miguel Provost)
Alimentation animale
Grains de l’Est et William Houde
Leader
Toutes les zones
Orge à 2 rangs
Oubliez vos préjugés sur les orges 2 rangs ! Excellente tenue, résistance à la casse du col de l’épi, rendement en grains et en paille qui en font un choix par excellence. Très gros grains et poids spécifique élevé offrant une haute énergie digestible. Facile à rouler. (Benoit Fradin)
Alimentation animale
SeCan
Polaris
Zones 2 et 3
Orge à 6 rangs
Très bonne résistance à la fusariose. Grain avec un poids spécifique élevé. (Phil Bailey)
Alimentation animale
SeCan
AAC Mirabel
Zones 2 et 3
Orge à 6 rangs
Nouveau pour 2015. Ce cultivar à haut rendement possède de gros grains et une très bonne tenue. (Phil Bailey)
DÉCEMBRE 2014
LE BULLETIN DES AGRICULTEURS
BLÉ MARCHÉ
SEMENCIER
VARIÉTÉ
ADAPTABILITÉ
CARACTÈRES SPÉCIAUX
COMMENTAIRES DU REPRÉSENTANT
Alimentation humaine
Synagri
Major
Toutes les zones
Blé roux dur panifiable
Se démarque par sa tolérance exceptionnelle à la fusariose de l’épi (indice de 1) et aux maladies foliaires, ainsi que par son rendement supérieur à la moyenne. Maturité tardive : attention en zone 3. Culture conventionnelle. (Cécile Tétreault)
Alimentation humaine
Synagri
Kléos
Toutes les zones
Blé roux dur panifiable Excellente protéine
Blé hâtif, bonne combinaison des caractéristiques agronomiques et panifiables. Récolte hâtive recommandée. Adapté à la culture conventionnelle et intensive. (Cécile Tétreault)
Alimentation humaine
Pédigrain
Topaze
Toutes les zones
Blé roux dur panifiable
Le Topaze est un cultivar de choix. Rendement, qualité boulangère, tenue, résistance à la fusariose sont ses principales caractéristiques. Avantageux pour le producteur en régie conventionnelle ou intensive. (Jean Yves Cloutier)
Alimentation humaine
Semican
Magog
Toutes les zones
Blé roux dur panifiable
Magog offre un rendement constant dans toutes les zones. Il assure une excellente tenue. Il réagit très bien en régie intensive et offre une excellente qualité de protéine aux minoteries. (Luc Julien)
Alimentation humaine
Semican
Kingsey
Toutes les zones
Blé roux dur panifiable
Kingsey gagne à être connu, car il réunit performance agronomique, tolérance à la fusariose de l’épi et qualité panifiable. Ces caractéristiques sont importantes pour la production de blé au Québec. (Luc Julien)
Alimentation humaine
Elite
Touran
Toutes les zones
Blé roux dur panifiable
Touran a un indice de chute et un taux de protéine élevé procurant une qualité élevée de la farine. Sa facilité de classement et son rendement incomparable lui donnent une grande rentabilité. (Christian Azar)
Alimentation animale
Elite
Hoffman
Toutes les zones
Blé roux dur
Hoffman est une valeur sûre lorsqu’on vise les hauts rendements. Il offre aussi une production de paille élevée. (Christian Azar)
Alimentation humaine
Semences SQS
Griffon
Toutes les zones
Blé roux dur panifiable
La grande force de ce blé panifiable est sa tolérance à la fusariose. C’est un des plus tolérants sur le marché. (Yannick Methot)
Alimentation animale
Semences SQS
Tokson
Toutes les zones
Blé roux dur
Il se démarque particulièrement par son rendement et sa tenue. Bien adapté pour une régie avec fumier ou lisier. Il peut tolérer une grande quantité d’azote sans verser. (Yannick Methot)
Alimentation humaine
Semences Prograin
AC Brio
Toutes les zones
Blé roux dur panifiable Blé fort pour mélange
Blé panifiable recherché pour ses caractéristiques alimentaires. Sa polyvalence, sa teneur en protéine élevée et son très bon indice de chute en font une des variétés les plus appréciées des acheteurs. (Miguel Provost)
Alimentation humaine
Semences Prograin
Fuzion
Toutes les zones
Blé roux dur panifiable
Variété ayant une tolérance supérieure à la fusariose et un rendement parmi les meilleures de son groupe. Plant de grande taille légèrement barbu à maturité mi-tardive. (Miguel Provost)
Alimentation humaine
Centre de criblage Marc Bercier et William Houde
Furano
Zone 1 et semis hâtifs en zone 2
Blé roux dur panifiable Blé fort pour mélange
En tête de sa catégorie en zone 1 (110% en moyenne triennale au RGCQ). Grosse production de paille avec la meilleure tenue des blés sur le marché. Furano est peu sensible aux maladies foliaires et à la fusariose : cultivar à privilégier pour les situations en retour de maïs ou de céréales. (Benoit Fradin)
Alimentation humaine
SeCan
AC Carberry
Toutes les zones
Blé roux dur panifiable
Très bonne tolérance à la fusariose. Sa paille courte et forte permet une récolte rapide et efficace. (Phil Bailey)
Alimentation humaine
SeCan
Orléans
Toutes les zones
Blé roux dur panifiable
Ce cultivar panifiable atteint des rendements supérieurs et possède une bonne tolérance à la fusariose. (Phil Bailey)
BLÉ D’AUTOMNE MARCHÉ
SEMENCIER
VARIÉTÉ
ADAPTABILITÉ
CARACTÈRES SPÉCIAUX
COMMENTAIRES DU REPRÉSENTANT
Alimentation animale et humaine
Pioneer
25R46
Toutes les zones
Blé roux tendre
Variété combinant un excellent rendement et une très bonne agronomie : tolérance à la fusariose, regain printanier, bonne capacité de taller et bonne tenue. (Marie Ève Rheault)
LE BULLETIN DES AGRICULTEURS
DÉCEMBRE 2014
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Nous avons vu une plus grande ingestion avec BMR par rapport aux hybrides de maïs conventionnels que l’on utilisait auparavant. La première fois qu’on a utilisé BMR, on a vu une augmentation marquée de 2.5 litres de lait par jour par vache après une semaine. Aussi on a dû réagir rapidement au niveau des quantités données car la consommation avait beaucoup augmenté.
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Yves Roy, Ferme Royolait, Ange-Gardien, Québec
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PAR MARIE-JOSÉE PARENT, AGRONOME
Tout l’équipement, des robots de traites aux grattes à fumier, en passant par les stalles et les brosses à vaches, sauf la ventilation, provient de la compagnie GEA Farm Technologies. C’est ce qu’elle appelle la solution totale.
ÉTABLE TOUT-EN-UN !
Les Tremblay de RoxtonPond, en Montérégie, ont construit une étable pour faciliter les opérations. Finie la traite sur deux sites.
J Pour regrouper leurs vaches, les propriétaires de la ferme Majestic ont construit une toute nouvelle étable en stabulation libre. Photo prise lors de la journée portes ouvertes de septembre dernier.
usqu’au printemps dernier, la famille Tremblay de la ferme Majestic devait, matin et soir, se diviser en deux pour faire la traite : deux personnes sur le site principal et deux autres sur le deuxième site. Cet exercice quotidien a débuté en 2002 alors que les Tremblay ont commencé à transférer des vaches sur la ferme voisine qu’ils venaient d’acheter. Avec l’arrivée comme actionnaires de trois des six enfants de Carole et Carol Tremblay, il y a trois ans, il fallait penser en fonction de l’avenir. La décision de construire une étable robotisée regroupant toutes les vaches est une décision LE BULLETIN DES AGRICULTEURS DÉCEMBRE 2014 33
des enfants : Christian, Marie-Lyne et Patrick, avec l’approbation des parents, bien sûr ! « Maintenant, Marie-Lyne peut presque tout faire toute seule dans l’étable, explique son père Carol. C’est maintenant davantage un travail de gestion. » Marie-Lyne est la responsable du troupeau. Son frère Patrick voit à l’alimentation. Christian s’occupe de la gestion de la ferme en plus d’aider son frère et sa sœur aux champs et avec les animaux. Mise en fonction à la fin avril 2014, la nouvelle étable a changé la façon de faire à la ferme Majestic. De deux étables à stabulation entravée, le troupeau de 95 vaches est maintenant logé dans une étable en stabulation libre dotée d’un nouveau concept. Les Tremblay ont choisi l’offre de service de la compagnie allemande GEA Farm Technologies. Leur étable est dotée du robot MIone. Il s’agit du premier robot de fabrication européenne à être installé au Canada. Pourquoi celui-là plutôt qu’un autre ? C’est Patrick qui répond. « Le concessionnaire est à dix minutes de chez nous, dit-il. Nous savions que nous allions avoir un bon service avec Alain Beauregard. Ça a pesé beaucoup dans la balance. » Pour ce genre d’équipement, le service après-vente est aussi important que la technologie elle-même. Un autre élément a beaucoup influencé leur choix : c’est l’offre de GEA. L’étable de la ferme Majestic est la première au Canada dans ce que la compagnie appelle le concept « solution totale ».
De gauche à droite : Christian, Marie-Lyne, Patrick, Carol et Carole Tremblay.
FERME MAJESTIC
Roxton Pond, Montérégie Propriétaires : Carol, Carole, Christian, Marie-Lyne et Patrick Tremblay Troupeau : 95 vaches, 100 kg de quota Projet : une étable à stabulation libre, 148 logettes, robot de traite MIone de GEA Coût : 1,6 million $ tout inclus
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34 DÉCEMBRE 2014 LE BULLETIN DES AGRICULTEURS
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Machinerie J.N.G. Thériault Amqui 418 629-2521 Service Agro Mécanique Saint-Clément 418 963-2177 Saint-Pascal 418 492-5855 Garage Minville Montmagny 418 248-2477 Garage Oscar Brochu La Guadeloupe 418 459-6405 L’Excellence Agricole de Coaticook Excelko Lennoxville 819 849-0739 Équipement Agricole Picken Waterloo 450 539-1114 Claude Joyal Napierville 450 245-3565 Saint-Guillaume 819 396-2161 Standbridge Station 450 296-8201 Entreprises Rosaire Raymond Mont-Laurier 819 623-1458 Équipements Yvon Rivard Mirabel 450 818-6437 Maltais Ouellet Saint-Bruno (Lac-Saint-Jean) 418 668-5254 Champoux Machineries Warwick 819 358-2217 Agritex Berthierville 450 836-3444 Sainte-Anne-de-la-Pérade 418 325-3337 Saint-Celestin 819 229-3686 Sainte-Martine 450 427-2118 Saint-Polycarpe 450 265-3844 Saint-Roch-de-l’Achigan 450 588-7888
* ©2014 CLAAS of America inc. Ces offrent débutent le 1er octobre et se terminent le 31 décembre 2014. Elles s’appliquent seulement sur les presses à balles rondes et à grosses balles rectangulaires, les râteaux, les faneurs et les faucheuses achetés au Canada. Sous réserve de l’approbation du crédit par CLAAS Financial Services. Ces offres ne peuvent être jumelées à aucune autre offre promotionnelle. L’équipement doit être financé aux conditions énumérées ci-dessus pour obtenir l’offre de financement à 0,99 % ou 1,49 % de CLAAS Financial Services, sinon des pénalités pour règlement hâtif s’appliqueront. Un terme de 3 ans est exigé pour les faucheuses papillons tandis qu’un terme de 5 ans s’applique pour les faucheuses traînées et les autres faucheuses. Voir votre concessionnaire participant pour tous les détails. Produits et spécifications sujets à changement sans préavis.
Tous les équipements de la ferme, sauf la ventilation, proviennent de GEA ou de sa filiale GEA Houle. Cette filiale est connue chez nous parce qu’il s’agit d’une compagnie québécoise achetée par la multinationale en 2007 pour devenir la division équipement d’évacuation de fumier. « On a quand même fait faire des soumissions par les autres compagnies », raconte Patrick.
Un robot : deux vaches La particularité du robot MIone est qu’un seul bras robotisé peut installer les gobelets trayeurs sur une à cinq vaches. Le bras lave, stimule, installe les gobelets trayeurs et fait le premier jet en 20 à 40 secondes par vache. Pour l’instant, à la ferme Majestic, le robot peut traire deux vaches. Il y a donc deux unités de traite, mais la place pour une troisième est prévue. C’est que le robot est déjà à plein rendement. Avec le quota supplémentaire octroyé aux producteurs laitiers à l’automne, ce qu’on appelle le lait d’automne, la ferme trait 110 vaches. Le robot est prévu pour 50 à 55 vaches par unité de traite. L’étable de 38 m par 64 m (125 pi par 211 pi) compte 148 logettes réparties en trois rangées.
Le modèle européen installé à la ferme Majestic offre l’avantage d’être plus économe en eau, comparativement aux robots conçus aux États-Unis installés depuis deux ans au Canada. « Les premiers robots installés au Canada étaient américains », raconte Jérôme Voyer, représentant pour la robotique de GEA au Québec. Le modèle européen permet aussi l’installation d’un robot unique et d’un robot qui installe les gobelets par le côté gauche de la vache. Ce détail peut être important selon la conception d’étable. À la ferme Majestic, le robot est de type côté droit. « Comparativement à la compétition, nous avons un attachement qui fait tout, explique Jérôme Voyer. Nous sommes beaucoup plus performants. Nous sommes certains à 100 % que le trayon est lavé et nous allons chercher le lait le plus tôt possible. » La traite est effectuée quartier par quartier. La mesure de conductivité du lait de chaque quartier permet de détecter un quartier dans lequel une mammite se prépare. Le robot mesure aussi la colorimétrie, ce qui permet de détecter un trayon blessé. À la ferme Majestic, chaque vache est identifiée par un répondeur installé à une patte. Il s’agit d’un appareil qui a pour
LE CONCEPT « MILK FIRST »
Dans ce concept breveté de trafic contrôlé, les vaches sont sélectionnées par un jeu de barrières. Si elles sont dues pour la traite, elles doivent y aller avant de manger (1 et 2). Sinon, elles sont dirigées à l’aire d’alimentation (3 et 4). Les producteurs ont toutefois le choix entre le trafic contrôlé, semi-contrôlé ou libre.
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Une partie est fournie dans la RTM et le restant est servi au robot, selon le groupe de production de chaque vache. À la ferme Majestic, Marie-Lyne détermine un nombre de traites par jour pour chaque vache, de deux à quatre fois, selon leur courbe de lait et la parité. La moyenne est de 2,8 traites par jour par vache.
Fumier
Après l’alimentation, les vaches passent par un bain de pied pour accéder à l’aire de repos.
fonction principale d’identifier la vache lorsqu’elle se présente pour la traite. Le répondeur mesure aussi l’activité de la vache, ce qui permet de détecter les chaleurs. Un nouveau modèle installé au cou permet de mesurer l’alimentation par vache, mais pas à la ferme Majestic. « Ici, on est en trafic contrôlé, dit Jérôme Voyer. C’est ce qu’on appelle le “Milk First” » (voir encadré p 35). Dans la section des logettes, une vache décide d’aller manger. Elle doit d’abord passer par la barrière de tri. Le répondeur installé à la patte l’identifie. Si elle est mûre pour la traite, elle est dirigée vers le robot. Puis, elle peut accéder à l’aire d’alimentation pour manger la ration totale mélangée (RTM). Elle retourne ensuite dans l’aire de repos en passant par un bain de pieds. Si elle n’est pas mûre pour la traite, la barrière de tri dirige la vache vers l’aire d’alimentation sans passer par le robot. Les vaches de la ferme Majestic sont regroupées en un seul groupe pour l’alimentation. Les deux allées d’alimentation permettent toutefois d’envisager la division du groupe en deux. Avec le système de tri, les vaches sont obligées de passer à la traite pour manger, ce qui permet de donner moins de grains au robot.
Les cinq allées de circulation des vaches sont nettoyées par un système de raclettes à câbles. Le fumier est envoyé dans la préfosse où l’on retrouve un système d’agitateur Électromix qui mélange le fumier avant de l’envoyer à la fosse. « L’an prochain, les producteurs veulent investir dans un système de séparation solide-liquide », explique Yann Desrochers, directeur de la recherche et du développement pour GEA Houle. L’équipement déjà en place ne changera pas. Il n’y aura que l’unité de séparation à ajouter. La technologie est basée sur le fait que les fibres non digérées passent à travers et sortent dans les fèces. GEA Houle les recycle dans ce qu’ils appellent la litière verte. Elle n’est pas exempte de bactéries, mais elle ne serait pas moins bonne qu’une autre, selon une étude effectuée juste avant d’appliquer de la nouvelle litière.
Ce qu’ils en pensent Rencontrés plus de quatre mois après la mise en fonction de leur nouvelle étable, les Tremblay sont très satisfaits. Les vaches se sont très bien adaptées à leur nouvel environnement. « Ce sont nos vaches, elles nous connaissent », explique Carole Tremblay. L’investissement total de 1,6 million $ incluant la construction et les équipements en valait donc la peine. C’est grâce à tout le travail qu’ils ont fait eux-mêmes, à l’aide bénévole et à l’utilisation de certains matériaux usagés qu’ils ont pu garder le coût si bas. Comme le dit lui-même Carol Tremblay : « On a bâti pour l’avenir ! »
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PORC
PAR MARIE-JOSÉE PARENT, AGRONOME
Jean-Gabriel Turgeon et Sébastien Turcotte du CDPQ ont épaulé Benoit Magny dans son choix de système de logement de truies en groupe.
PHOTOS : MARIE-JOSÉE PARENT
À CHACUN SON SYSTÈME DE TRUIES EN GROUPES Depuis le 1er juillet dernier, les producteurs de porcs qui construisent en neuf ou rénovent leur section gestation doivent y loger les truies en groupe. Plusieurs systèmes s’offrent à eux. Lequel choisir ? Le producteur Benoit Magny a demandé l’aide du CDPQ pour faire son choix.
L
e 6 janvier 2014, lors d’une journée pluvieuse, le toit de la section gestation de la maternité de la ferme Benjoporc située à Saint-Stanislas, en Mauricie, s’écroule sous le poids combiné de la neige, de l’eau et de la glace. À cette période, toute l’industrie porcine est en attente du dévoilement de la nouvelle mouture du Code de pratiques pour le soin et la manipulation du Conseil canadien pour les soins aux animaux d’élevage. Le dépôt aura lieu en mars, mais la version préliminaire déjà connue depuis quelques mois ne laisse aucun doute : les cages de gestation devront être retirées pour la plus grande période de la gestation des truies. LE BULLETIN DES AGRICULTEURS DÉCEMBRE 2014 37
Vue d’ensemble de la nouvelle gestation de la ferme Benjoporc de SaintStanislas.
Des passages d’hommes permettent de traverser toute la salle d’un enclos à l’autre sans devoir ouvrir constamment les barrières.
Même s’ils n’y sont pas encore contraints, les propriétaires de la ferme, Benoit Magny et Johanne Paquet, se voient dans l’obligation morale de construire en fonction des nouvelles règles. Le nouveau Code stipule que : « Dans toutes les installations nouvellement construites, rénovées ou mises en usage pour la première fois après le 1er juillet 2014, les cochettes et les truies saillies devront être logées en groupes. » Ironiquement, les cages qui ont sauvé la vie de toutes les truies lors de l’effondrement devenaient désuètes. Ces cages de 61 cm par 222 cm (2 pi par 7,2 pi) peuvent toujours être utilisées pendant les 28 premiers jours de la gestation et pendant sept jours supplémentaires, afin de permettre l’organisation des groupes, mais pas durant toute la gestation. Si ce n’était que le choix de leur assureur, ils auraient reconstruit avant le 1er juillet avec des cages conventionnelles, exactement comme ils avaient avant. Mais à long terme, ce n’était pas viable. En juillet 2024, ce sont toutes les maternités porcines canadiennes qui devront loger les truies en groupes durant la plus grande période de leur gestation. En janvier dernier, au Québec, l’information sur les différents systèmes disponibles de truies en liberté était encore disponible au compte-gouttes. Très peu d’entreprises avaient fait le saut, contrairement à l’Europe où de telles installations sont obligatoires pour toutes les maternités porcines depuis le 1er janvier 2013. Benoit Magny a contacté l’agronome Sébastien Turcotte, chargé de projets au Centre de développement du porc (CDPQ). Ce dernier venait tout juste de mettre en place un service d’accompagnement pour les producteurs qui doivent ou veulent faire le saut vers les truies en groupes (voir encadré ci-contre). La rénovation est majeure. Tout le bâtiment est à reconstruire, sauf le plancher de béton. Le service inclut l’analyse de la situation et l’adaptation de la solution en fonction des préférences du producteur et des contraintes de la ferme. La ferme Benjoporc a eu droit à une subvention par le Réseau Agri-Conseils l’aidant à couvrir les frais du service d’accompagnement. En Mauricie, la subvention est de 50 % des coûts. La subvention varie selon la région et peut même atteindre 90 %. « Sans effondrement, je n’aurais pas fait ce projet, raconte Benoit Magny. Je n’ai actuellement qu’un seul des trois enfants susceptibles de reprendre la ferme, ma fille Andrée-Ann. L’élément déclencheur a été l’effondrement. Sans cela, j’aurais attendu. » La vente de la ferme n’était pas une option, car une porcherie dans cet état perdait énormément de
valeur et l’achat était récent, 2009. L’hypothèque était loin d’être remboursée.
38 DÉCEMBRE 2014 LE BULLETIN DES AGRICULTEURS
Le choix Benoit Magny et sa conjointe n’ont pas choisi les quatre systèmes européens, soit l’alimentation au sol, le réfectoire autobloquant, les bas-flancs et le distributeur automatique de concentrés (DAC), pourtant disponibles au Québec. Ils ont préféré un nouvel équipement québécois. La ferme Benjoporc est en fait une des deux fermes à avoir installé le prototype du nouveau système développé par Les Industries et Équipements Laliberté (IEL). Cette entreprise québécoise offre déjà un DAC européen pour les truies gestantes en groupes. Elle a aussi développé une cage munie d’un système d’alimentation individualisée ressemblant dans son fonctionnement à ce qu’offre Jyga Technologies. En septembre dernier, Le Bulletin des agriculteurs vous présentait ce nouvel équipement dans un article intitulé « Un DAC québécois ». Le nouveau prototype de IEL a été mis en fonction à la miaoût chez Benoit Magny. Pour la maternité de 700 truies, la section truies gestantes en liberté offre une capacité de 360 truies réparties en six enclos. Chaque enclos renferme quatre stations pouvant accueillir chacune 15 truies. Des groupes de 60 truies sont donc formés. Deux des enclos peuvent être subdivisés pour
La puce électronique dans l’oreille permet de reconnaître la truie lorsqu’elle se présente à la mangeoire.
Les rations sont contrôlées par le système Maximus. Voici un prototype, dans la version définitive, les fils seront gainés et le boîtier Maximus sera dans un support en stainless.
créer un parc plus petit afin d’offrir certains soins, ou pour permettre la formation d’un parc-hôpital (voir Layar). Les stations d’alimentation sont installées par groupe de deux. Si une station est libre, la porte arrière est ouverte. La truie accède à la cage par cette porte. Près de la mangeoire, elle pousse une seconde porte, plus petite, pour accéder à l’aliment. Ce geste entraîne la fermeture de la porte derrière elle. Il s’agit d’une installation 100 % mécanique permettant à la truie de manger tranquillement sa ration. Une puce à l’oreille est reconnue par l’antenne située dans le panneau devant la mangeoire. Les données de consommation de la truie sont transmises par cette antenne de la mangeoire à l’ordinateur de la ferme. La truie a droit à 150 g d’aliment à la fois, servis par une mangeoire contrôlée par le boîtier électronique Maximus. Si la truie reste dans la station après avoir consommé sa ration, elle peut en avoir une deuxième jusqu’à concurrence de 2,5 kg à 3,2 kg par jour. Une barre de métal installée sur la longueur de la cage sous la truie lui enlève toute idée de s’y coucher. Lorsqu’elle veut sortir, la truie recule. La petite porte à l’intérieur se referme, ce qui fait ouvrir la porte derrière la truie pour lui permettre de sortir. « C’est surprenant de voir la capacité des truies à s’adapter », s’étonne Benoit Magny. Lorsque nous l’avons rencontré, les truies utilisaient ce système depuis seulement quatre semaines. Même les truies âgées se sont bien adaptées. Selon lui, le système est prêt pour la commercialisation. Autant l’équipement que la programmation, « ça va super bien ». Benoit Magny sait que c’était la décision à prendre, mais il est un peu nostalgique du système de cages durant toute la gestation. « Mon père Fernand avait l’habitude de dire qu’une médaille ne sera jamais assez mince pour n’avoir qu’un seul côté », dit-il. Il y a des avantages et des inconvénients dans chacun des deux systèmes pour le bien-être des truies, sauf que les truies en cages ne sont plus viables socialement et économiquement à long terme. Les acheteurs de viande de porc font en effet pression pour que toutes les truies gestantes soient logées en liberté. L’entreprise a une deuxième maternité de 900 truies à SainteGeneviève-de-Batiscan. Les truies sont encore installées de façon conventionnelle. « Je me demande encore ce que je ferai là-bas, dit Benoit Magny. Je n’aurai pas un cent de plus pour mon porc. Je vais financer ça comment ? » Heureusement, lui et sa conjointe ont encore quelques années pour y penser.
La station d’alimentation du réfectoire autobloquant de Laliberté permet de faire manger deux truies en même temps. La porte arrière est ouverte pour laisser entrer la truie (gauche). Lorsqu’elle pousse sur la porte près de la mangeoire, la porte derrière elle se ferme pour la laisser tranquille pendant qu’elle mange (droite).
QUEL SYSTÈME CHOISIR ?
Les producteurs porcins québécois sont novices dans l’installation des truies en groupes. Heureusement, l’expérience foisonne en Europe où le logement des truies en cages durant toute la gestation est interdit depuis le 1er janvier 2013. Cette décision, prise en 2001, a permis à la production porcine de ces pays de trouver des solutions. Des recherches au Prairie Swine Centre ont permis de tester différents systèmes. Quelques producteurs d’ici ont décidé de devancer les nouvelles normes. Mais puisque tous les producteurs canadiens devront s’y conformer le 1er juillet 2024, même ceux qui n’auront pas rénové, il fallait aider ces producteurs. Le Centre de développement du porc (CDPQ) offre un service d’accompagnement dans le choix du meilleur système pour son exploitation. Le service est offert par l’agronome Sébastien Turcotte et un nouveau venu, le finissant en génie rural à l’Université Laval Jean-Gabriel Turgeon. La subvention des services-conseils varie selon la région. Le service comprend : – Visite des installations. – Explication des différentes normes de bien-être animal (BEA) pour les truies en groupes. – Présentation des différents systèmes de logement en groupes (avantages et inconvénients de chacun). – Calcul du mouvement (flow) de truies selon la conduite d’élevage. – Calcul du nombre de truies que peut contenir le bâtiment actuel ou calcul de la superficie supplémentaire de bâtiment pour loger le même nombre de truies. – Production du schéma d’aménagement optimal selon le système choisi en respectant les contraintes de la ferme.
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LE BULLETIN DES AGRICULTEURS DÉCEMBRE 2014 39
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TEXTES : MARIE-JOSÉE PARENT, AGRONOME ET ALAIN FOURNIER, AGRONOME, M.SC.
DEP : l’hiver s’annonce difficile Les producteurs de porcs québécois ne semblent pas suffisamment prêts à faire face à la diarrhée épidémique porcine (DEP) cet hiver. Voilà ce que le vétérinaire porcin François Cardinal constate dans sa pratique de tous les jours. François Cardinal est aussi le vétérinaire en chef de l’Équipe québécoise de santé porcine (ÉQSP). « L’an dernier, la menace est devenue plus sérieuse quand il y a eu des fermes positives en Ontario à la fin janvier et au début février, dit-il. Jusqu’en mars ou avril, il y a eu une multiplication des sites positifs. Jusque-là, on était dans une situation où ce n’était pas évident pour les producteurs de se virer de bord, dans le sens où il n’y avait pas une capacité suffisante de lavage des camions. Je me serais attendu à ce qu’il se construise des postes de lavage cet été, mais il n’y en a pas eu tant que ça. Il y en a eus, mais pas suffisamment pour laver tous les camions. » François Cardinal explique que le Québec est dans une situation différente de celle qui prévalait l’hiver dernier alors que le Canada était exempt du virus pendant la première moitié de l’hiver. Actuellement, sur les 150 sites ontariens qui ont été contaminés par le virus de la DEP, seulement 30 fermes l’ont éradiqué. Il reste donc 120 fermes porteuses ou en voie d’éradication. « Donc, le virus n’est pas du tout éliminé », dit-il. La filière porcine ontarienne espère diminuer le nombre de cas à 20 ou 30 avant la fin de l’année 2014. François Cardinal fait remarquer que les transports de porcs entre le Québec et l’Ontario sont nombreux et que le virus survit très bien à l’hiver, contrairement à l’été. « Je crois qu’il va y avoir des cas au Québec cet hiver », annonce-t-il. Lavage Selon lui, le cœur du problème est qu’une partie des producteurs ne sont pas prêts à payer un peu plus cher pour avoir accès
à des camions lavés et désinfectés. Il y a donc suffisamment de postes de lavage pour les demandes actuelles, mais en cas de multiplication du nombre de cas cet hiver, ils ne suffiront pas. Ingrédients François Cardinal ne comprend pas la position de l’Organisation mondiale pour la santé animale (OIE) qui vient d’émettre un communiqué dans lequel elle affirme que « les aliments pour animaux ne constituent pas une source probable de contamination ». Selon François Cardinal, l’expérience canadienne démontre qu’il « ne faut absolument pas mettre de plasma sanguin ou de protéines de porc dans la moulée ». Le risque de contamination par cette voie est faible, mais réel. « Ce qu’on veut au Québec, c’est le risque zéro et ces compagnies-là (fournisseurs) ne sont pas en mesure de le prouver », dit-il. Contamination croisée François Cardinal est aussi préoccupé par la contamination croisée dans les meuneries. Une recherche menée aux États-Unis par Scott Dee, du Pipestone Veterinary Services au Minnesota, a démontré que le virus peut se transmettre par les aliments. Dans son étude, des tests positifs au virus ont été révélés sur des échantillons pris dans les camions ayant livré de la nourriture à des sites contaminés
et dans l’environnement de la meunerie. Cette contamination s’est étendue aux aliments fabriqués par la meunerie. Tout cela même si, au départ, aucun ingrédient de fabrication de la meunerie ne renfermait de virus. Selon François Cardinal, il va falloir recommander le cubage de la moulée pour porcs puisque le cubage à chaud diminue la probabilité de survie du virus dans l’aliment. Il existe aussi un traitement chimique qui peut être appliqué aux aliments pour tuer le virus de la DEP. ÉQSP L’ÉQSP travaille toujours à la prévention de la DEP. « Nous allons faire un rappel cet automne et si un cas se présente, nous avons un plan d’intervention, explique François Cardinal. Nous avons aussi un plan d’action si une remorque est déclarée positive dans un abattoir… Si les gens le déclarent. » La déclaration à l’EQSP est en effet volontaire pour les camions comme pour les fermes contaminés. Dans son plan de prévention, l’ÉQSP ajoutera aussi la biosécurité dans les meuneries. François Cardinal tient à dire, selon les contacts qu’il a eus avec des vétérinaires ontariens, que l’éradication du virus dans une ferme de type naisseur-finisseur est « faisable ». « Mais émotionnellement, c’est très difficile, dit-il. C’est aussi très dispendieux. » La biosécurité reste donc la meilleure arme. LE BULLETIN DES AGRICULTEURS DÉCEMBRE 2014 41
Les vaches ont des besoins qui varient qui devrait se situer entre 3,0 et 3,5 en le maïs-grain humide. Le niveau d’amiselon leur stade de lactation. Il est ainsi début de tarissement et être similaire au don de la ration devrait se situer entre 25 % et 30 %, selon les sources d’amidon préférable de leur servir une ration qui vêlage. et de fibres alimentées. Le respect d’un stimule la consommation d’aliments et – Vaches fraîches vêlées qui contient suffisamment de fibres pour C’est une période qui requiert beaucoup minimum de 61 cm (24 po) par tête à la conserver le rumen plein lorsqu’elles d’attention, car les vaches doivent rece- mangeoire et d’un mélange adéquat des sont fraîchement vêlées. Par contre, une voir une alimentation contenant un bon aliments est extrêmement important à à deux semaines de cette ration suffiront niveau d’amidon pour éviter une perte cette étape. Ceci permet de diminuer la habituellement, car si l’éleveur persiste à excessive de condition de chair et une pression de compétition et permet la disservir cette ration, elle limitera la consom- bonne proportion de fourrage pour main- tribution d’une ration homogène à toutes mation de ses vaches et leur productivité tenir le rumen à sa pleine capacité. Le les vaches tout en limitant le tri. Il faut être en raison de son niveau de fibres trop niveau d’amidon de la ration de ce groupe attentif aux fluctuations de consommaélevé. En début de lactation, les vaches se situera entre 22 % et 26 %. Le maïs-grain tion, à la forme des bouses et aux baisses profitent d’une ration contenant moins moulu qui fermente lentement dans le du gras du lait qui peuvent indiquer de de fibres et plus d’amidon, leur permet- rumen est à privilégier comme source l’acidose. Les vaches sont transférées tant d’atteindre plus facilement leur pic de grain, contrairement au maïs-grain dans le groupe d’entretien lorsqu’elles ont de lactation, sans trop perdre de condition humide et au blé qui fermentent rapide- atteint une cote de condition de chair de 3 de chair. Il faut garder à l’esprit qu’une ment et peuvent entraîner de l’acidose, et sont à plus de 150 jours en production. mobilisation excessive des graisses peut puis diminuer la consommation. Les – Milieu et fin diminuer la consommation et amplifier vaches sont transférées dans le groupe de C’est le groupe qui bénéficiera le plus les risques de maladies métaboliques. En début de lactation une à deux semaines d’une ration à forte proportion de fourmilieu et en fin de lactation, les aliments après le vêlage selon leur santé, produc- rages hautement digestibles, moins coûdispendieux sont diminués ou éliminés tivité et appétit à la mangeoire. Certaines teux que les concentrés et additifs. La de la ration, ce qui réduit les coûts d’ali- vaches peuvent cependant prendre plus ration devrait contenir entre 18 % et 22 % mentation. Une bonne stratégie de grou- de temps avant d’être transférées. L’inves- d’amidon. Ce groupe de vaches est prépage engendre des bénéfices importants tissement dans ce groupe produira des disposé aux baisses du taux de gras du lait, bénéfices à long terme sur la santé et la si la ration est trop riche en amidon. De en ce qui a trait à la santé du troupeau. plus, un engraissement excessif est à préproductivité du troupeau. voir si l’alimentation contient trop d’éner– Début de lactation Alimenter quoi et quand ? Les vaches de ce groupe profiteront avan- gie rapidement fermentescible dans le – Vaches taries Les vaches sont alimentées de manière à tageusement d’une ration contenant rumen. Source : Hoard’s Dairyman maintenir leur cote de condition de chair plus d’amidon fermentescible comme 42 DÉCEMBRE 2014 LE BULLETIN DES AGRICULTEURS
PHOTO : ALAIN FOURNIER
Gérer l’alimentation par groupes, c’est payant !
Le bien-être avant le coût Tamis de l’Université de l’État de Pennsylvanie.
5 petits trucs pour augmenter l’apport d’ensilage de maïs Alimenter ses vaches laitières d’une forte proportion de fourrage dans la ration occasionne une réduction appréciable des coûts d’alimentation de l’entreprise. Il est possible de servir presque 100 % d’ensilage de maïs comme seul fourrage dans la ration des vaches. L’éleveur doit cependant respecter certaines règles pour assurer le succès d’une telle orientation. 1. La finesse de mouture des grains L’amidon des grains de maïs possède une valeur alimentaire et monétaire très importante. Ainsi, les grains dans l’ensilage de maïs doivent être suffisamment conditionnés lors de la récolte pour maximiser leur digestion. Il est possible de vérifier la finesse de mouture des grains de l’ensilage en observant les fractions de grains dans les plateaux trois et quatre des tamis de l’Université de l’État de Pennsylvanie. De plus, le deuxième plateau devrait contenir très peu de grains. 2. Contrôler le niveau d’amidon Une quantité excessive d’amidon très digestible peut mener à des chutes du taux de gras du lait, un fumier inconsistant et une plus forte incidence d’acidose. Il est essentiel de vérifier en laboratoire la digestion de l’amidon de l’ensilage, car de la récolte jusqu’au mois de mars suivant, sa digestibilité peut s’accroître de plus de 20 %. Ainsi, une ration formulée à l’automne pourrait contenir entre 26 % et 28 % d’amidon, mais devrait en contenir un niveau plus faible (entre 23 % et 25 %) à la fin de l’hiver. L’utilisation de maïs-grain sec finement moulu peut s’avérer préférable au maïs-grain humide vers la fin de l’hiver, surtout si l’humidité du grain humide est élevée et sa mouture fine.
3. Ayez la fibre à l’œil La ration devrait contenir un minimum de 2 kg de fourrage dont la longueur des particules se situe entre 2 cm et 5 cm (¾ à 2 po). Un ensilage de maïs coupé trop fin peut nécessiter l’ajout de 1 kg à 2 kg de foin de graminées fibreux ou de paille à la ration. Par contre, il faut s’assurer que les vaches ne trient pas trop les particules de fibre, en comparant les proportions de particules de la ration servie à celles des refus. 4. Garder à l’œil les gras végétaux Une ration à forte teneur en ensilage de maïs est plus sensible aux chutes du gras du lait, si la ration contient trop de gras végétaux. L’ensilage de maïs contient une certaine quantité de gras ainsi que les grains. L’ajout de grains oléagineux ou de sous-produits végétaux contenant du gras est à comptabiliser méticuleusement. Les graisses sous formes libres, comme celles contenues dans les huiles ou drêches, ont un impact plus important sur la chute du gras du lait, si les quantités servies sont excessives. 5. Ne pas oublier la protéine dégradable Une ration contenant une forte quantité d’ensilage de maïs favorisera une croissance importante des microbes du rumen. Il est essentiel de fournir suffisamment de protéines dégradables pour alimenter les besoins de cette flore microbienne. 6. Éviter les vaches taries et les taures Les vaches taries et les taures ne doivent pas recevoir ce type de ration, car elle produit un engraissement excessif qui nuit considérablement à leur santé.
Une recherche, menée par des chercheurs de la l’Université de l’État du Kansas et l’Université de l’État du Minnesota et financée par le Département américain de l’agriculture, a démontré que les consommateurs se préoccupent davantage de la façon dont les bovins sont traités que du coût du bœuf. « Le public veut savoir davantage comment leur nourriture est produite et pourquoi nous la produisons ainsi », dit Glynn Tonsor, économiste agricole à l’Université de l’État du Kansas. Les chercheurs ont interrogé des producteurs et des consommateurs sur tout le territoire américain et ils ont découvert que 65 % des consommateurs disent que le bien-être des bovins est plus important que les bas prix. Plusieurs consommateurs croient que les propriétaires de ranch doivent sacrifier le bien-être des animaux pour faire plus d’argent. Cependant, les fermiers désapprouvent. Les chercheurs de l’Université de l’État du Kansas espèrent que ces résultats mèneront à des normes de certification de bien-être animal. Selon la chercheuse Melissa McKendree de cette université, cette information pourrait mener au développement de programmes de certification et peutêtre même d’une nouvelle appellation. Source : Nebraska.tv
Source : Pioneer 2014
LE BULLETIN DES AGRICULTEURS DÉCEMBRE 2014 43
Devons-nous restreindre l’alimentation des truies ? Des chercheurs ont voulu déterminer les effets d’une diminution de l’ingestion d’aliments chez les truies en fin de lactation et les effets sur la portée durant la lactation. Lors des recherches menées aux universités de l’État du Michigan, de l’État du Kansas et de l’État du Tennessee pour le compte du comité de la gestion des truies de l’Association de la région centre nord (NCERA), 155 truies multipares ont été alimentées avec trois régimes alimentaires de gestation : 1. Contrôle : 2,0 kg par jour de la saillie à la mise bas. 2. Augmentation : 1,8 kg par jour de la saillie au jour 85, puis 2,7 kg par jour jusqu’à la mise bas. 3. Restriction à la fin : 1,8 kg par jour de la saillie au jour 75, puis 2,7 kg par jour jusqu’au jour 108, suivi d’une diminution à 0,9 kg par jour. Tous ces régimes procuraient la même quantité d’aliments (235 kg) durant les 115 jours de gestation. Les truies qui ont connu une restriction en fin de gestation étaient plus lourdes au jour 107 parce qu’elles avaient mangé davantage que les autres à ce moment. Ces mêmes truies ont aussi perdu davantage de poids entre le jour 107 de gestation et le jour 0, après la mise bas, qu’avec les autres régimes alimentaires. La perte de poids semble être la cause de la mobilisation des réserves corporelles de la truie pour la portée en développement. Les truies du deuxième régime alimentaire (augmentation) ont gagné moins de poids durant la lactation que les truies du groupe contrôle et celles en restriction. Le poids des truies du groupe contrôle avait tendance à être plus lourd au sevrage (226 kg, groupe contrôle ; 215 kg, groupe augmentation ; 218 kg, groupe restriction). Il n’y avait pas de différence dans la consommation en début de lactation lorsque les truies mangeaient toutes à satiété. Il n’y a pas eu de différence entre les groupes pour ce qui est du nombre de porcelets nés vivants, du nombre de mortnés et du pourcentage de survie en lactation. Le poids de portée à la naissance et les gains avant sevrage n’ont pas changé 44 DÉCEMBRE 2014 LE BULLETIN DES AGRICULTEURS
selon le groupe. Il n’y a pas eu de signe de manque de lait chez aucune truie. Les performances de saillies postsevrage ont été similaires, ainsi que dans les portées suivant le traitement. Les truies ayant subi une restriction avaient tendance à avoir moins de porcelets nés vivants que dans les deux autres groupes (10,15, groupe restriction ; 11,24, groupe contrôle ; 12,10, groupe augmentation). Le patron d’alimentation en fin de gestation a donc une influence sur le poids de la truie, mais pas sur l’appétit de la truie
ou sur les performances de croissance de sa portée. La restriction alimentaire en fin de gestation, à un niveau inférieur au trimestre précédent, n’a pas d’impact négatif ou positif sur la lactation immédiate, mais pourrait avoir un effet négatif sur les prochains cycles de reproduction. L’augmentation de la ration avant la mise bas n’était pas bénéfique. Et l’utilisation de la même ration durant toute la période avant la mise bas continue d’être acceptable. Source : London Swine Conference
Joyeuses Fêtes De la part de toute l’équipe du Bulletin des agriculteurs
Erratum Dans l’article Synchroniser avec succès paru dans le numéro de novembre 2014 du Bulletin des agriculteurs, l’encadré intitulé Protocole est erroné. L’article luimême est exact. De plus, il est recommandé de porter des gants lorsque l’on procède à la synchronisation des chaleurs. Ceci peut avoir des effets néfastes surtout chez les femmes et peut même causer un avortement si elles sont enceintes. Le vétérinaire Étienne Palerme, interviewé pour le reportage, rappelle que c’est une technique que tout producteur doit discuter avec son vétérinaire avant son application. Revoici le protocole, tel qu’il aurait dû apparaître dans l’encadré : Protocole Plusieurs protocoles sont utilisés pour la synchronisation des chaleurs. Voici celui utilisé à la ferme Palerme. Pour les vaches : Jour 0 : insertion de l’implant (CIDR) et injection de GnRH Jour 5 : retrait de l’implant et injection de prostaglandines Huit heures plus tard (+ ou – 2 heures) : injection de prostaglandines Jour 8 (72 heures après le retrait, + ou – 2 heures) : insémination et injection de GnRH Pour les génisses : Jour 0 : insertion de l’implant (CIDR) et injection de GnRH Jour 7 : retrait de l’implant et injection de prostaglandine Jour 9 (54 heures après le retrait, + ou – 2 heures) : insémination et injection de GnRH
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FRUITS ET LÉGUMES
PAR JULIE ROY
MINIMISER L’IMPACT DES INNONDATIONS
Tranquille et inoffensif au cours de l’été, le ruisseau Norton se comble d’eau une fois le printemps arrivé.
L’agriculture n’échappe pas aux conséquences du réchauffement climatique. La preuve, de nombreux producteurs de la Montérégie doivent vivre avec les impacts des inondations de plus en plus fréquentes du ruisseau Norton. Parmi les solutions mises en place, celle de redonner la nature à la nature.
P
rintemps 1996, le ruisseau Norton déborde, l’histoire se répète à l’automne de la même année. Résultat : près d’un kilomètre de terres inondées. Cette situation, Jocelyn Leclair, copropriétaire des Fermes Leclair et frères de Sherrington, en Montérégie, l’a vécue pendant dix ans. Le producteur de radis, d’oignons verts, de carottes et de betteraves est alors contraint de semer tardivement sur 25 hectares pour ne pas LE BULLETIN DES AGRICULTEURS DÉCEMBRE 2014 47
Au cours des dix dernières années, à de multiples reprises, les champs de Jocelyn Leclair ont été inondés causant des dommages importants.
perdre sa récolte. Il cherche donc une solution économique et durable. Après une rencontre avec des intervenants du consortium Prisme, il opte pour la création d’un habitat faunique. « Nous étions particulièrement affectés parce que notre terrain est le plus bas. En 2003, nous avons donc regardé pour créer une digue avec un stockage temporaire. Cependant, à partir de notre chemin de terre, il aurait fallu monter la dune jusqu’à 1 m de haut. Pour réaliser ces travaux, les coûts étaient astronomiques », relate Jocelyn Leclair. Pour financer ce projet, le producteur envisage de vendre de la terre noire, ce que la CPTAQ refuse en raison des bénéfices incertains pour l’agriculture. En 2008, les producteurs tentent un nouveau projet, soit la construction d’un bassin de sédimentation de 3,27 hectares avec une digue. La demande de permis sera rejetée par le ministère de l’Environnement parce que les conséquences de tels travaux peuvent faire augmenter les pressions d’inondations en aval sur l’autre rive et même en amont. Vient alors Luc Brodeur du Prisme. Il propose la création d’un milieu humide qui a pour fonction d’agir comme une éponge et de retenir l’eau. Seule contrainte : le producteur doit accepter de sacrifier de la terre. « On a consacré 60 m par 300 m à cet habitat faunique », souligne-t-il. Un bien moindre mal quand on constate les dégâts que peuvent causer les inondations. Audelà du retard dans les cultures et des pertes de récoltes, l’eau lessive la terre. Tous les ans, Jocelyn Leclair estime que 1,5 cm était emporté par les eaux. Sans compter l’augmentation dans le ruisseau des niveaux de phosphore, de nitrate et de pesticides. C’est en 2012, une fois le projet approuvé par différents bailleurs de fonds (notamment la Fondation de la Faune, Syngenta, le projet Eau Bleue de la RBC et le MAPAQ via le Prime Vert), que le Prisme a finalement pu commencer la coordination des travaux. Pendant deux mois, des travaux sont effectués à différents intervalles. Jusqu’à 20 employés sont impliqués dans le projet. 48 DÉCEMBRE 2014 LE BULLETIN DES AGRICULTEURS
L’habitat faunique n’a rien à voir avec une aire de pique nique. Ici, la nature est reine. Stéphanie Sanchez du Prisme devant le paysage qu’offre l’habitat faunique.
Ces derniers ont planté quelque 2000 fleurs, 400 arbustes et 600 arbres. Des nichoirs sont installés et l’on creuse également une risberme (petit monticule de terre pour empêcher l’eau de sortir) avec un fossé, afin d’empêcher les cultures d’être inondées. Coût total du projet : 20 000 $. « Je n’ai fourni qu’une journée de main-d’œuvre. Les subventions m’ont énormément aidé. Cela vaut la peine, car je vois déjà le retour sur l’investissement. »
Un jardin laissé à la nature Deux ans plus tard, la nature a repris ses droits. Des herbes hautes, des fleurs par-ci et par-là, des arbustes un peu partout donnent à l’endroit un air sauvage et n’a rien d’une aire de pique-nique. Au premier regard, une personne non avisée pourrait croire que le producteur est négligent avec son habitat faunique, mais la
Jocelyn Leclair espère que la création de l’habitat faunique servira de tampon et empêchera ses terres d’être inondées. Il est ici devant un nichoir qui sert à accueillir des oiseaux venant se reposer dans ce nouvel habitat.
nouveaux insectes m’aident puisqu’il y a plus de prédateurs que de ravageurs et les volatiles mangent les insectes. » Selon Sébastien Rioux de la Fondation de la Faune du Québec, il faut en moyenne cinq ans avant de voir des résultats substantiels à l’environnement. En ce qui concerne l’impact sur les inondations, Stéphanie Sanchez avoue que l’habitat n’est pas à toute épreuve et que lors de certaines crues importantes (qui surviennent aux 100 ans), il pourrait être peu efficace. Malgré tout, Jocelyn Leclair, lui, se dit satisfait puisqu’il n’a pas eu de problème depuis deux ans. Il a même recommencé à semer plus tôt cette année, soit le 10 juin. « J’ai pris une chance et je ne me suis pas trompé. Pour les autres années, je ne serai jamais sûr de rien, mais au moins je suis protégé un peu. » Autre avantage, la présence du fossé lui permet de récupérer sa terre noire qu’il peut remettre dans ses champs. La situation géographique de la ferme de Jocelyn Leclair est unique dans le coin de Sherrington, mais cela ne veut pas dire que d’autres producteurs ne souffrent pas des affres de l’eau. Tous les ans, le ruissellement des eaux occasionne pour beaucoup d’entre eux des pertes de terrain. Cette situation est loin d’être exceptionnelle, surtout sur des terres où des cours d’eau ont fait l’objet de travaux de redressement durant les années 1960. À cette époque, ce type d’ouvrage était courant et même encouragé par le gouvernement qui les finançait entièrement. La nature a cependant la mémoire longue et reprend souvent ses droits, d’où les rigoles naturelles qui reprennent vie. Parfois, comme le souligne Sébastien Rioux, on peut toutefois l’orienter dans ses choix.
DES PROJETS PLUS QU’IL N’EN FAUT
biologiste du Prisme, Stéphanie Sanchez, a une tout autre opinion. « À première vue, ça peut ressembler à un terrain vague, mais c’est voulu. Cet habitat n’aurait aucun sens s’il fallait qu’il soit entretenu par l’humain sans parler des coûts que cela représenterait. Il faut laisser faire la nature. » Seule exception, Jocelyn Leclair entretient la risberme et le fossé, question de propreté, mais aussi pour donner un coup de pouce à la croissance des arbres. Une chose est certaine, il y a de la vie dans ce nouvel habitat faunique. En deux ans à peine, le nombre de familles de pollinisateurs a pratiquement doublé et les oiseaux sont de retour. Cela ne veut pas dire pour autant que Jocelyn Leclair doit c ombattre de nouveaux prédateurs pouvant s’attaquer à ses cultures, bien au contraire. « Je ne suis pas inquiet. Si cela se trouve, ces
Active dans le milieu agricole depuis 1990, la Fondation de la Faune du Québec a mis en place un programme permanent qui s’adresse aux producteurs agricoles. Tous les ans, elle ouvre la porte aux projets de planification, d’aménagement et de transfert de connaissances. En moyenne, 15 à 20 projets sont ainsi réalisés chaque année avec un budget approximatif de 200 000 $. « On ne manque pas de projets, même que nous en avons plus que l’argent disponible », note Sébastien Rioux, biologiste à la Fondation de la Faune du Québec. Pour accéder à cet argent, le producteur doit s’en remettre à un organisme, comme le Prisme, ou à des experts qui auront la tâche de coordonner les travaux. Toutefois, les solutions sont adoptées en fonction du contexte agricole, d’où l’importance d’une bonne collaboration entre les organismes et les agriculteurs concernés. « Personne ne débarque avec leurs gros sabots pour imposer quoi que ce soit aux producteurs. Il s’agit de mettre en place des solutions fauniques à un problème agricole, mais cette solution doit être approuvée par le producteur », soutient le biologiste.
LE BULLETIN DES AGRICULTEURS DÉCEMBRE 2014 49
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ASSURANCES
PAR JULIE ROY
ÊTES-VOUS CORRECTEMENT ASSURÉS ? Votre entreprise prend de l’expansion et vous exportez désormais vos produits transformés aux États-Unis. Bravo ! Mais saviez-vous qu’en cas de poursuites chez l’oncle Sam, les 2 millions $ en responsabilité civile que la plupart des producteurs possèdent avec leur assurance risquent de ne pas suffire ?
I
ls sont rares les producteurs horticoles au Québec qui ne font pas des incursions chez nos voisins du Sud. Pour eux, l’assurance responsabilité ne pose pas réellement de problème. La situation est tout autre pour ceux qui exportent des aliments transformés, vendent de la machinerie ou des produits qui ont déjà fait l’objet de poursuite. « Il y a déjà eu des poursuites pour des sapins infestés d’insectes. Nous continuons à assurer nos clients qui étaient déjà dans ce secteur, mais pour les nouveaux, il y a fort à parier que nous les refuserions », dit France Brochu, conseillère analyste agricole chez Promutuel. Le problème est que les Américains se spécialisent dans les poursuites civiles. Vincent Boulanger, courtier d’assurance et copropriétaire du cabinet d’assurance LE BULLETIN DES AGRICULTEURS
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pour des fautes qui concernent une association. « Il peut s’agir d’un cas aussi banal qu’une poursuite contre un conseil d’administration d’une exposition agricole parce qu’un producteur croit que sa vache aurait dû gagner un concours. Une défaite lui ayant fait perdre de la valeur sur cet animal, il tient responsables les administrateurs. » Il recommande aux producteurs de contacter leur courtier avant d’accepter de siéger à des conseils pour s’assurer que leur police couvre ce type de situation.
De la visite à votre ferme Ouvrir ses portes aux visiteurs peut être un excellent moyen d’assurer la pérennité de votre entreprise, mais il faut prévoir les assurances en conséquence.
Groupe confiance, n’hésite pas à qualifier ce qui se passe chez nos voisins du Far West et rappelle que le danger est grand. Devant cette déferlante de causes, pas étonnant que les assureurs soient plus frileux. Les primes vont donc en conséquence et peuvent à la limite freiner le développement de nouvelles entreprises, comme le souligne Vincent Boulanger. « Il y a certaines compagnies qui refusent d’assurer certains clients hors Québec. D’autres vont majorer la prime considérablement de 50 % à 100 % même. Tout dépend du produit et de l’aggravation du risque. » Si les assureurs sont hésitants pour certains produits exportés aux ÉtatsUnis, il en est de même pour d’autres pays. « Les endroits où les lois sont très différentes des nôtres, comme la Russie, peuvent poser problème », précise France Brochu. Devant un tel constat, il peut être tentant de ne pas tout déclarer. Il s’agit là d’une mauvaise idée, selon Vincent Boulanger. « Les assurances sont des contrats de bonne foi qui prennent vie lorsqu’on en a besoin, mais il faut que l’assureur sache ce qu’il assure. On ne peut jamais savoir ce qui va arriver. Ne pas tout dévoiler peut occasionner de nombreux problèmes allant jusqu’au refus de vous indemniser. » De son côté, France Brochu stipule que dans une telle situation, l’assureur peut réclamer la prime qu’il aurait dû percevoir avant de vous dédommager. 52 DÉCEMBRE 2014 LE BULLETIN DES AGRICULTEURS
Assurer ses biens et ceux des autres La responsabilité civile est extrêmement vaste et complexe. Elle s’étend tout autant aux biens qu’aux animaux d’autrui. Cette responsabilité varie que l’on soit considéré comme un entreposeur, un locateur ou tout simplement lorsqu’on a le soin de garde et de contrôle de biens. « Être entreposeur veut dire que des biens de plusieurs personnes peuvent être entreposés au même endroit, donc personne n’a la clé pour y accéder. La responsabilité légale dans ce cas est très élevée. Elle l’est moins pour la location puisque, par exemple, on peut louer entièrement une grange à quelqu’un. Il y a une grosse différence entre les deux », déclare France Brochu. Octroyer la garde de biens ou d’animaux à une tierce personne ne veut toutefois pas dire qu’il faut annuler sa police d’assurance, bien au contraire. « Si votre beau-frère entrepose sa roulotte dans un garage ou même chez vous, il doit continuer à payer une prime de remisage. C’est la même chose pour les animaux qui, en cas de feu, ne seront pas couverts si vous avez résilié votre assurance », dit la conseillère. Un autre point à ne pas prendre à la légère concerne sa responsabilité en tant qu’administrateur d’un conseil d’administration. Vincent Boulanger raconte qu’il est de plus en plus courant que des administrateurs soient tenus responsables
Ouvrir ses portes aux visiteurs peut être un excellent moyen d’assurer la pérennité de votre entreprise, mais il faut prévoir les assurances en conséquence. Évidemment, la prime ne sera pas la même que l’on reçoive 2000 ou 10 000 personnes ou même des enfants. « Il y aura une surcharge si vous accueillez des enfants parce qu’en cas d’accidents, ces derniers ne sont jamais tenus responsables », stipule la spécialiste en assurance. Aussi, cette dimension doit être revue tous les ans, car il se peut que votre entreprise connaisse une croissance exceptionnelle et dans ce cas, les règles ne seront plus les mêmes. Bonne nouvelle toutefois, les assureurs font une exception chaque année et ne demandent rien en ce qui concerne les journées portes ouvertes de l’UPA. Selon France Brochu, l’assurance pour les tiers est un domaine que connaissent assez bien les producteurs et généralement cela ne pose pas de problème. D’ailleurs, elle croit que souvent les producteurs sont mieux assurés pour les autres que pour eux-mêmes. Elle rappelle donc que ces derniers ne doivent pas sous-estimer la valeur de leurs biens afin d’être assurés adéquatement. La conseillère remarque également que de nouvelles préoccupations voient le jour. C’est le cas de l’environnement. « Avec des catastrophes comme à Lac-Mégantic, les producteurs se rendent compte que c’est un aspect qu’il ne faut pas négliger. Quelques-uns me demandent d’augmenter leur montant d’assurance à 1 million $. On n’aurait jamais vu cela il y a dix ans. »
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ÊTES-VOUS FLEXIBLE OU RIGIDE ? « Chaque fois que ça ne se passe pas comme il le veut, il pète les plombs. Souvent, il évite les situations déplaisantes ou les discussions autour de sujets sensibles », raconte Sylvianne. Et Mathieu de rétorquer : « Et elle, elle change d’idée comme elle change de culotte, elle accepte tout comme si rien n’était important. On dirait qu’elle n’a pas d’objectifs et parfois pas d’émotions ». Est-ce que Mathieu est persévérant ou trop rigide ? Sylvianne trop molle ou flexible ? Dans la dernière décennie, on a parlé de plus en plus de « flexibilité psychologique ». Selon le psychologue américain Hayes : « La flexibilité psychologique a été définie comme la capacité à être conscient de ses pensées et ses sentiments du moment présent, sans que cela empêche de poursuivre ses actions dans la poursuite de ses objectifs et de ses valeurs ». Par exemple : j’avais prévu rénover l’étable, mais je viens de perdre mon employé clé. Je peux donc soit changer la nature du projet, ou le reporter, soit accepter une aide externe. Je vais m’engager à faire de nouveaux choix qui sont en fonction de mes valeurs. Malgré une éventuelle déception, je choisis de rechercher la meilleure solution. Comme je dis souvent à mes clients : « Vous arrivez quand même à travailler les jours pluvieux ou nuageux, la température est rarement parfaite ». Prenez l’engagement de faire ce qui est important pour vous, à moyen et à long terme, au lieu de paralyser sous l’émotion et les pensées limitatives. Pourquoi cela m’arrive ? Je ne mérite pas cela, c’est épouvantable, etc. Ces pensées sont là, mais, comme les nuages, elles vont passer. La flexibilité permet, entre autres, d’accepter de vivre une anxiété qui est présente lorsque l’on souhaite parler de sujets sensibles, comme nos attentes, nos peurs face à la relève, etc. Vouloir l’éviter peut, au contraire, s’avérer une entrave à long terme à la réalisation de nos buts. La flexibilité est ainsi décrite comme une capacité d’acceptation et d’engagement.
En fait, il est rare que les choses se passent exactement comme on l’avait prévu. Quiconque possède une bonne flexibilité psychologique choisira d’agir en fonction de la nouvelle réalité, des contingences actuelles de la situation ou sur les événements internes (pensées, émotions), qu’ils soient indésirables, désirables ou neutres. Comment devenir plus flexible ? Voici quelques pistes à favoriser basées sur l’approche ACT (Acceptance and Commitment Therapy) : – Le contact avec le moment présent : avoir conscience de l’ici et maintenant avec ouverture, intérêt et réceptivité, et ce, sans jugement. – La défusion cognitive : apprendre à prendre du recul et à se détacher des pensées, des inquiétudes et des souvenirs, car ceux-ci nuisent la plupart du temps. Vous êtes « plus » que vos pensées. Ce n’est pas parce que vous vous dites « je suis stupide » que vous l’êtes… Ce n’est qu’une pensée. Rien de plus. En se détachant, l’émotion sera beaucoup moins forte. – Les valeurs : découvrir ce qui est le plus important pour vous. – L’action engagée : se fixer des objectifs en fonction de ses valeurs et les mettre en œuvre de façon responsable. – Choisir d’agir même si la situation n’est pas parfaite ou que vous n’êtes pas à votre meilleur. Alors, êtes-vous flexible ou rigide ? Faites le test sur mon site Web à pierrettedesrosiers.com dans la section « Questionnaire ».
LE BULLETIN DES AGRICULTEURS DÉCEMBRE 2014 55
C’EST NOUVEAU Merge Maxx 902 de Kuhn Le modèle d’andaineur Merge Maxx 902 bénéficie de nombreuses améliorations par rapport à son prédécesseur. Les articulations sont renforcées, une nouvelle suspension équipe les pick-up pour un meilleur équilibrage des organes de ramassage. Ce système assure un meilleur suivi de terrain à grande vitesse. Afin de satisfaire les conditions rudes de ramassage en présence de fourrage dense, l’andaineur dispose d’une nouvelle bande transporteuse de grande capacité. Kuhn propose deux choix de déflecteur pour le dispositif de levée et de transfert du fourrage via les pick-up. Le premier est le déflecteur Windguard à dents déjà présent sur la précédente génération. Le second, le déflecteur Windguard doté d’un carénage et d’un rouleau inférieur, offre une amélioration lors de la reprise des fourrages peu denses ou des fourrages légers. kuhn.com
Rostselmash RSM 161 L’équipementier agricole russe Rostselmash, propriétaire du groupe canadien Buhler-Versatile, a dévoilé sa moissonneuse-batteuse RSM 161 lors de l’AgroSalon 2014 de Moscou. Rostselmash est présent depuis 2012 sur le marché canadien avec la batteuse Versatile RT490. La RSM 161 est une moissonneuse-batteuse conventionnelle. Elle est motorisée par un bloc de six cylindres Cummins QSL8.9 qui délivre 360 ch associés à une transmission hydrostatique. L’ensemble de battage à deux tambours Tetra se compose d’un accélérateur de flux, d’un rotor de 800 mm de diamètre par 1,65 m de large et d’un système à six secoueurs. La surface de séparation est de 9,4 m². Les passes de nettoyage Optiflow ont une surface de nettoyage de 7,1 m². La capacité de la trémie est de 10 500 litres. La batteuse atteint 40 km/h sur route. Côté cabine, la Luxury Cab intègre une console multifonctions associée au terminal tactile Adviser III. Pour le travail nocturne, la cabine dispose de 16 phares. La RSM 161 est livrable avec une barre de coupe Power Stream de 6 m, 7 m ou 9 m. ru.rostselmash.com
Kverneland Qualidisc Farmer Le Qualidisc Farmer permet une préparation du lit de semences uniforme. Il consiste en un déchaumeur léger attelé aux trois points, conçu pour être utilisé avec des tracteurs de faible et de moyenne puissance. Le déchaumeur s’équipe de disques triangulaires indépendants de 520 mm X 5 mm. La largeur de travail est de 3 m à 6 m. Les modèles de 3 m à 4 m intègrent de 24 à 32 disques sur un châssis rigide. Pour le 4 m à 6 m, le nombre de disques est de 32 à 48 sur châssis repliable en mode transport. kvernelandgroup.com/ca
Contrôle de profondeur de semis Isobus Pour contrôler la profondeur de semis, le système DownForce d’Ag Leader applique une pression constante sur les disques de semis. À l’aide d’un actuateur hydraulique et d’une sonde de pression installée sur l’unité de semis, la profondeur est conservée, peu importe les variations de la structure de sol. Puisque les semoirs sont de plus en plus grands, les systèmes s’adaptent jusqu’à huit sections indépendantes pour un contrôle optimal. Ce système s’installe sur la majorité des semoirs Kinze, John Deere et sur la série 8000 de White. De plus, la compatibilité Isobus fait en sorte que le terminal virtuel de n’importe quel tracteur peut opérer ce système. innotag.com 56 DÉCEMBRE 2014 LE BULLETIN DES AGRICULTEURS
Vermeer Catapult CPX9000 Vermeer propose son processeur hacheballe Catapult CPX9000. Il est conçu pour pailler avec précision des logettes ou des enclos sur des distances oscillant entre 18,2 m et 30,48 m. Le CPX offre à l’opérateur la capacité de hacher des balles rondes ou rectangulaires de différents types de fourrage, de paille ou encore de maïs. Le réglage simplifié du flux de paille projeté et la distance désirée s’effectuent en réglant l’angle du bec à l’hydraulique. L’alimentation automatique des couteaux assure le contrôle du débit de hachage de la balle sans aucune gestion de l’opérateur. Le branchement direct au système de circulation d’air du double ventilateur fournit un débit de propulsion de paille uniforme. Le CPX 9000 dispose d’un bras de chargement arrière intégré qui permet le transport d’une deuxième balle. La puissance minimale nécessaire est de 100 ch. vermeer.com
Pöttinger Faro Pöttinger propose le modèle Faro 4010 L/D Combiline et le 5010 L/D. Ces modèles sont conçus pour des tracteurs de 90 ch à 150 ch et sont équipés d’un train d’entraînement sécurisé à 1600 Nm. Le diamètre du rotor de 750 mm dispose de sept rangées de dents pour un total de 31 couteaux. La longueur de coupe est de 45 mm. La capacité de chargement est de 23 m3 à 31,5 m3. Le pick-up pendulaire est équipé de six rangées de dents avec des cames de commande de chaque côté qui assurent un suivi du sol optimal. Un système de graissage automatique des chaînes permet un entretien minimal. Les remorques peuvent être équipées d’un essieu 15 t avec une suspension à ressorts paraboliques ou d’un essieu 18 t en option. Les deux types d’essieux sont proposés avec l’option de roue suiveuse. Le contrôle des remorques ensileuses s’effectue par le terminal Direct Control sur les modèles L et un Power Control sur les modèles D. Le terminal Power Control sans fil ou un terminal CCI sont également proposés en option sur les deux modèles. poettinger.ca
Claas Orbis 600 SD Claas élargit son offre de becs pour ensileuse automotrice Jaguar avec l’ajout d’un modèle de 6 m, l’Orbis 600 SD. L’Orbis 600 (classique) travaille avec quatre grands disques, alors que l’Orbis 600 SD travaille avec six, dont quatre extérieurs de petit diamètre. Ce concept de combinaison entre petits et grands disques a déjà été éprouvé sur les modèles Orbis 450, 750 et 900. Il est particulièrement avantageux dans les récoltes de maïs disparates et dans les cultures de faible hauteur ou avec peu de rendement. Les disques latéraux plus petits combinés avec le tambour d’alimentation assurent un flux de récolte constant. L’Orbis 600 SD s’équipe d’une boîte de vitesses à trois rapports pour régler la vitesse d’alimentation en fonction de la longueur de coupe désirée et du type de récolte. Le nouvel Orbis 600 SD sera disponible à partir de 2015. claasofamerica.com LE BULLETIN DES AGRICULTEURS DÉCEMBRE 2014 57
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PARTIELLEMENT NUAGEUX
Abitibi-Témiscamingue Températures et précipitations près de la normale. Ciel nuageux avec averses de neige légères du 1er au 5. Mélange de soleil et de nuages le 6. Nuages et averses de neige passagères et abondantes par endroits du 7 au 13. Ciel partiellement nuageux avec averses de neige passagères du 14 au 17. Ciel nuageux du 18 au 21. Ciel ensoleillé et températures plus froides du 22 au 24. Mélange de soleil et de nuages avec averses de neige passagères du 25 au 28. Nuages et neige les 29 et 30. Ciel ensoleillé le 31.
Saguenay–Lac-Saint-Jean Températures et précipitations près de la normale. Ciel nuageux avec averses de neige légères du 1er au 5. Mélange de soleil et de nuages le 6. Nuages et averses de neige passagères et abondantes par endroits du 7 au 13. Ciel partiellement nuageux avec averses de neige passagères du 14 au 17. Nuages et neige du 18 au 21. Ciel ensoleillé et températures plus froides les 22 et 23. Mélange de soleil et de nuages avec averses de neige passagères les 24 et 25. Ciel partiellement ensoleillé les 26 et 27. Ciel nuageux et neige du 28 au 30. Ensoleillé le 31.
Montréal, Estrie et Québec Températures inférieures à la normale et précipitations près de la normale. Ciel nuageux avec averses de neige légères du 1er au 5. Mélange de soleil et de nuages le 6. Nuages et averses de neige passagères les 7 et 8. Ciel partiellement ensoleillé les 9 et 10. Averses de neige abondantes par endroits du 11 au 13. Ciel nuageux et averses
NEIGE
ACCUMULATION
FROID
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de neige passagères du 14 au 17. Nuages et neige du 18 au 21. Ciel ensoleillé et températures plus froides les 22 et 23. Mélange de soleil et de nuages avec averses de neige passagères les 24 et 25. Ciel partiellement ensoleillé les 26 et 27. Nuages et neige du 28 au 30. Ciel partiellement ensoleillé le 31.
Vallée de l’Outaouais Températures près de la normale. Précipitations supérieures à la normale. Ciel nuageux avec averses de neige légères du 1er au 8. Mélange de soleil et de nuages le 9. Nuages et averses de neige passagères et abondantes par endroits du 10 au 13. Ciel partiellement nuageux avec averses de neige passagères du 14 au 17. Nuages et neige du 18 au 22. Ciel ensoleillé et températures plus froides le 23. Mélange de soleil et de nuages avec averses de neige passagères du 24 au 26. Ciel nuageux du 27 au 31.
Gaspésie et Nouveau-Brusnwick Températures inférieures à la normale et précipitations près de la normale. Ciel nuageux avec averses de neige légères du 1er au 5. Mélange de soleil et de nuages le 6. Nuages et averses de neige passagères et abondantes par endroits du 7 au 9. Ciel partiellement nuageux les 10 et 11. Nuages et neige le 12. Mélange de soleil et de nuages avec averses passagères de neige légère du 13 au 18. Nuages et neige du 19 au 21. Ciel ensoleillé et températures plus froides du 22 au 26. Mélange de soleil et de nuages avec averses de neige passagères les 27 et 28. Nuages et neige du 29 au 31.
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