FERTILISATION : engrais verts P. 18 LAIT : laboratoire à la ferme P. 29 SOUS-SOLEUSE : lutte à la compaction P. 45
JUILLET-AOÛT 2013
6,95$ – POSTE-PUBLICATION – CONVENTION 40069240
P. 12
Profession : producteur de choux pour St-Hubert
LA RÉFÉRENCE EN NOUVELLES TECHNOLOGIES
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Toutes les ventes sont sous réserve des conditions contenues dans les documents d’étiquetage et d’achat. Le logo ovale DuPont est une marque déposée DuPont. ® MC MS , , Marques de commerce et de service dont l’usager autorisé est Pioneer Hi-Bred limitée. © 2013, PHL.
Martin Veronneau, représentant Pioneer et Bertrand Désilets, Ferme Desilait, Sainte-Clothilde-de-Horton, Québec.
« J’aime la différence qu’apporte le 11CFT.» — Bertrand Désilets
Bertrand Désilets sait qu’au prix où se vend le maïs grain, il lui faut bien gérer ses coûts d’alimentation. C’est pourquoi il se sert de l’inoculant 11CFT de marque Sila-Bac® pour améliorer la consommation de matière sèche, la digestibilité de la fibre NDF et pour réduire les pertes de matière sèche à l’alimentation. C’est un facteur de succès important pour la Ferme Desilait.
Cela lui permet de dépasser la moyenne régionale en ce qui a trait à la production laitière tout en diminuant les concentrés de 1,5 kg en maïs sec par vache par jour. Pour découvrir comment l’inoculant Sila-Bac pourrait améliorer la performance de votre troupeau, consultez votre représentant Pioneer.
35 21 chroniques 4 Bouche à oreille 8 Billet 10 Point de vue 24 Marché des grains 26 Info cultures 42 Info élevages 58 Mieux vivre 59 C’est nouveau 62 Météo
En couverture 12 Derrière l’incontournable salade de chou St-Hubert Grâce à des producteurs passionnés comme René Bérard, la salade de chou accompagne le menu des Rôtisseries St-Hubert depuis 1951.
Cultures 18 Fertilisation verte Pour atteindre de nouveaux sommets de rendements agronomiques et économiques, des producteurs misent sur les engrais verts.
21 Cinq conseils pour la conservation des grains
volume 96 numéro 7 En page couverture : René Bérard, l’un des plus importants fournisseurs de la chaîne de restauration St-Hubert, cultive plus de 12 000 tonnes de choux pommés sur sa ferme de Saint-Lin-Laurentides. Photo : Suzanne Deutsch
Bien entreposer ses grains, c’est le meilleur moyen de s’assurer que le fruit de notre labeur conserve toute sa valeur.
Élevages 29 Lait analysé à la ferme À la ferme Garonne, le lait est analysé chaque jour de façon routinière, sans intervention humaine. C’est la première entreprise du Québec à avoir installé le Herd Navigator de DeLaval.
35 Les efforts de la mise en marché Mettre en marché son produit est un travail de longue haleine qui rapporte des bénéfices intéressants.
39 Plus de confort grâce à l’infrarouge L’utilisation d’une technologie qui mesure la température en de multiples endroits, la thermographie infrarouge, permet d’apporter un meilleur confort dans les élevages de volaille.
Machinerie 45 La sous-soleuse contre le mal des profondeurs On préférerait ne jamais avoir à l’utiliser, mais quand la compaction limite la productivité, la sous-soleuse peut s’avérer une précieuse alliée… à condition de bien s’en servir.
51 Pour une bonne gestion des résidus Paille, feuilles ou cosses, les résidus ont le potentiel de vous rapporter ou de vous nuire. Tout débute au cœur même de la moissonneuse-batteuse et de son système de hachage et d’épandage.
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Le Bulletin des agriculteurs ■ juillet-août 2013 3
de bouche à oreille L’avoine : une céréale aux multiples bienfaits En général utilisée pour nourrir les animaux, la céréale fait pourtant partie de l’alimentation humaine depuis des siècles. Consommée depuis longtemps sous forme de flocons dans les pays anglo-saxons, l’avoine revient ces dernières années sur le devant de la scène, notamment grâce à ses effets positifs sur la santé. Avec une teneur exceptionnelle en fibres, l’avoine agit sur le transit, limite l’envie de manger de même que la prise de poids. Source de fer, de magnésium et de phosphore, elle a également des effets sur le cholestérol, la nervosité, l’insomnie ou encore l’hypertension. C’est aussi un excellent « médicament naturel » pour les problèmes de peau comme l’acné et les irritations cutanées. Cela grâce aux vitamines du groupe B qu’elle contient et qui sont utiles pour l’entretien des cellules nerveuses. Source : developpementdurable.com
Transformer de la viande de porc en bœuf ? Un jeu d’enfant ! Transformer de la viande de porc en bœuf paraît impossible. Et pourtant, le tour de passe-passe pour réaliser cette alchimie culinaire est des plus simples. La méthode consiste à utiliser le porc comme un support sur lequel on applique du concentré de bœuf associé à un gélifiant. Puis, la viande marine pendant 90 minutes avant d’être cuite. La pratique serait très répandue en Chine. Au cours des trois premiers mois de 2013, plus de 900 personnes ont été arrêtées en Chine pour avoir vendu de la viande frauduleuse. Et tout peut y passer : du rat ou du renard présenté comme du bœuf ou du mouton. Source : Le Nouvel Observateur
Place aux moutons phosphorescents Un groupe de scientifiques uruguayens a créé des moutons génétiquement modifiés phosphorescents, premiers du genre en Amérique latine. Ces moutons, nés en octobre 2012, se sont développés normalement sans présenter de différences avec leurs homologues non transgéniques. Leur seule spécificité visible est d’être phosphorescent lorsqu’ils sont placés sous une lumière ultraviolette, en raison de l’introduction dans leur ADN du gène d’une méduse. L’opération n’a pas de but en soi, si ce n’est de vérifier l’efficacité de la méthode d’introduction d’un gène étranger dans l’ADN ovin. Ce succès ouvre la possibilité de prendre un gène responsable de la production d’une protéine manquante dans certaines pathologies humaines (comme l’insuline dans le cas des diabétiques), de l’incorporer dans le génome d’une brebis, qui à sa naissance le produira dans son lait. Il serait ensuite possible d’isoler cette protéine pour fabriquer des médicaments plus facilement qu’avec les méthodes actuelles. Source : lapresse.ca 4 juillet-août 2013 ■ Le Bulletin des agriculteurs
La Mac Farm approvisionne tout un campus Nourrir McGill est un partenariat entre le Service de restauration de l’Université McGill et la station de recherche horticole du campus Macdonald, à Sainte-Anne-de-Bellevue. Depuis 2009, la ferme horticole, appelée Mac Farm, approvisionne en fruits et légumes le Service de restauration en vue d’offrir une alimentation locale aux résidences de McGill et à la communauté universitaire. Cette utilisation d’aliments locaux contribue à la durabilité du service alimentaire de McGill, tout en réduisant l’empreinte écologique de l’université. Les nouvelles habitudes prises depuis quatre ans ont des impacts. Les étudiants et le personnel, outre le fait de mieux se nourrir, connaissent les conditions dans lesquelles leur nourriture a été produite. Avec le temps, le Service de restauration fait aussi affaire avec les autres fermes du campus Macdonald pour l’approvisionnement en œufs, en viande de bœuf et depuis cette année, en miel. Source : Ledevoir.com
Dans nos archives...
Pendant plusieurs années, Le Bulletin des agriculteurs a publié des petites annonces dans ses pages. En voici quelquesunes datant de mars 1942.
6,7 % Chaque année, depuis dix ans, les échanges internationaux de viande de porc ont augmenté de 6,7 %. En 2011, quelque 6,4 millions de tonnes de viande de porc ont été transigées sur le marché international. Pendant la même période, la viande de volaille a connu une croissance de 4,9 % et la viande bovine de 3,1 %. Quelque 96 % des exportations mondiales sont effectuées par sept pays, soit le Canada, les États-Unis, le Mexique, le Brésil, le Chili, l’Union eur opéenne et la Chine. Les États-Unis et l’Union européenne réalisent chacun un tiers des transactions, soit 1,5 million de tonnes chacun. Le Japon, le plus grand importateur de porc, importe près de 20 % du volume mondial transigé. Source : Réussir porc LE BULLETIN DES AGRICULTEURS ■ JUILLET-AOÛT 2013 5
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billet par Yvon Thérien, agronome, rédacteur en chef
Bon pour le maïs, toxique pour les abeilles ? Les abeilles se meurent. Depuis une dizaine d’années, le taux de mortalité des ruchers a doublé au Québec. Il est passé de 15 % à 30 %. La situation est sérieuse et demande une intervention musclée. Les insecticides utilisés dans les traitements de semences du maïs sont pointés du doigt. Il a été démontré que les semoirs pneumatiques émettent des poussières d’insecticides mortelles pour les abeilles. Des études récentes tendent à démontrer qu’à petite
Encore une fois, on commet l’erreur de vouloir appliquer une recette simple à un problème complexe. Il existe plusieurs pistes de solution pour attaquer le problème. dose, les insecticides de la famille des néonicotinoïdes peuvent perturber le sens de l’orientation des abeilles. Les apiculteurs sont inquiets. Ils ne demandent rien de moins que d’interdire l’utilisation de ces produits pour traiter les semences dans les grandes cultures. Un retrait qui priverait les producteurs de maïs et de soya du Québec d’un outil très utile. Le dépérissement des abeilles est un phénomène que l’on observe dans plusieurs régions du monde, même dans les endroits où les néonicotinoïdes ne sont pas utilisés. De plus, il est intéressant de noter qu’il y a peu de pertes dans les colonies d’abeilles domestiques de l’hémisphère sud, que ce soit en Australie, en Afrique du Sud ou en Amérique du Sud. Pourtant, il s’y fait un usage très important des néonicotinoïdes en traitement de semences. La majorité des experts s’entendent pour dire que le dépérissement des ruchers est dû à un ensemble de facteurs diversifiés. Le 8 juillet-août 2013 ■ Le Bulletin des agriculteurs
v arroa, un parasite qui affecte les abeilles serait la cause majeure du dépérissement. Un fait intéressant, les abeilles de type « africanisées » que l’on retrouve dans l’hémisphère sud arrivent à se débarrasser du varroa contrairement aux nôtres. Il y a aussi des virus et des champignons qui sont au banc des accusés. En Montérégie, la diminution des prairies et des pâturages est également problématique. Cette situation contribue à priver les abeilles de plantes mellifères importantes pour une saine alimentation de leur couvain. La mortalité des abeilles est un problème très complexe. Choisir comme action un bannissement des néonicotinoïdes ne sera pas une solution miracle. Il faut aussi tenir compte des producteurs de grandes cultures qui ont besoin de ces insecticides dans leur coffre à outils. Encore une fois, on commet l’erreur de vouloir appliquer une recette simple à un problème complexe. Très rarement, il y a seulement une solution. Il existe plusieurs pistes de solution pour attaquer le problème : n Exiger plus d’aide pour les apiculteurs dans la lutte contre les parasites et les maladies qui affectent leur rucher. n Favoriser une plus grande communication entre apiculteurs et utilisateurs de traitements de semences pour minimiser l’impact sur les abeilles. n Privilégier la lutte intégrée contre les ravageurs. n Promouvoir le semis de plantes mellifères le long des fossés et des boisés. n Mettre disponible des semences non traitées. n Poursuivre les recherches théoriques de même que sur le terrain. À court terme, au lieu de mettre toute notre énergie sur le bannissement des néonicotinoïdes, ne serait-il pas préférable d’adopter une approche globale basée sur les meilleures connaissances actuelles ?
La référence en nouvelles technologies 1, Place du Commerce, bur. 320 Île-des-Sœurs, Québec H3E 1A2 Téléphone : 514 766-9554 Télécopieur : 514 766-2665 lebulletin.com Éditeur et rédacteur en chef Yvon Thérien, agronome yvon.therien@lebulletin.com Rédaction Rédactrice en chef adjointe Marie-Claude Poulin marie-claude.poulin@lebulletin.com Journaliste Marie-Josée Parent, agronome marie-josee.parent@lebulletin.com Directeur artistique Dany Derkenne dany.derkenne@lebulletin.com Collaborateurs Jean-Philippe Boucher, Pierrette Desrosiers, Suzanne Deutsch, André Dumont, Alain Fournier, Lionel Levac, Nancy Malenfant, Philippe Nieuwenhof, Johanne van Rossum. publicité Directeur de comptes Martin Beaudin martin.beaudin@lebulletin.com Tél. : 514 824-4621 Représentante Ontario Lillie Ann Morris lamorris@xplornet.com Tél. : 905 838-2826 Production Rédacteur publicitaire Luc Gagnon lucg@cybercreation.net abonnement service à la clientèle Anne-Marie Gignac anne-marie.gignac@lebulletin.com Tél. : 514 766-9554, poste 226
Le contenu de ce magazine ne peut être reproduit sans l'autorisation écrite de l'éditeur du Bulletin des agriculteurs. Ce magazine est publié par Farm Business Communications, une division de Glacier Media inc. Les auteurs conservent l'entière liberté de leurs opinions. Le Bulletin des agriculteurs ne garantit pas l'exactitude de l'information contenue dans la publication et n'assume aucune responsabilité pour toute action ou décision prise à partir de l'information contenue dans le magazine. Tous droits réservés 1991 Dépôt légal : Bibliothèque nationale du Québec ISSN 0007-4446 Fondé en 1918, Le Bulletin des agriculteurs est indexé dans Repère. Envoi Poste-publication – Convention 40069240. Nous reconnaissons l’aide financière du gouvernement du Canada par l’entremise du Fonds du Canada pour les périodiques (FCP) du ministère du Patrimoine canadien. Postes Canada : retourner toute correspondance ne pouvant être livrée au Canada au Bulletin des agriculteurs, 1, Place du Commerce, bureau 320, Île-des-Soeurs, Québec, H3E 1A2. U.S. Postmaster : send address changes and undeliverable addresses (covers only) to : Circulation Dept., PO Box 9800, Winnipeg, Manitoba, R3C 3K7.
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point de vue Michel Saint-Pierre
La nouvelle politique critiquée L’ancien sous-ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec et auteur du rapport Saint-Pierre sur les programmes de soutien à l’agriculture réagit au dépôt récent, par le ministre François Gendron, de la Politique de souveraineté alimentaire. Le Bulletin lui a demandé de préciser son point de vue. D’entrée de jeu, certains diront que vous êtes amer de voir que les réformes que vous proposiez n’ont pas été retenues ? Mes propos n’ont rien d’une vendetta. En 40 ans de carrière à travailler à la réforme du Crédit Agricole, à ajouter des programmes à l’ASRA, par exemple le soya, à présider la Régie des assurances agricoles et tant d’autres choses encore… j’ai vu et vécu l’agriculture québécoise. J’ai contribué à son développement et je regrette simplement qu’aujourd’hui, on refuse de poursuivre l’effort.
toute réforme, tout changement. On peut le comprendre en raison de la fragilité de nombreuses fermes. Plusieurs productions sont sur le respirateur artificiel et la simple pensée de voir les soutiens disparaître est catastrophique. Dans mon rapport, jamais il n’a été question de couper tout soutien, bien au contraire. Mais, des fermes doivent donner un coup de barre pour être plus efficaces et abaisser leur coût de production. Aussi, on a oublié de rendre visite à nombre d’agriculteurs qui ne demanderaient pas mieux que de s’orienter dans d’autres productions ayant des perspectives de marché plus intéressantes.
Pour vous, la Politique de souveraineté alimentaire est superficielle ? En fait, ce n’est pas une politique. La mise en valeur et la promotion des produits québécois, personne ne peut être contre ça. Mais on ne règle pas les problèmes de fond de notre agriculture qui continue donc de vivre sur des programmes et une pensée d’il y a 40 ans. Si on doit l’appeler politique, elle n’en est qu’une de surface qui écarte le lourd et réaliste diagnostic de la commission Pronovost. Il faut des changements substantiels à notre agriculture que la Politique de souveraineté alimentaire n’apporte pas. Son manque de lucidité va accentuer le retard de notre agriculture.
La mesure dite du 25 % qui excluait du calcul des coûts de production les entreprises les moins efficaces était une incitation à l’efficacité ? Par cette mesure, le gouvernement incitait graduellement à l’amélioration. Il y a beaucoup trop d’écart entre nos fermes les plus productives et celles qui n’atteignent jamais les seuils de rentabilité. Il ne s’agit pas d’éliminer ces fermes, mais de leur donner les moyens de changer des pratiques et de mieux gérer les affaires. L’abolition de la mesure du 25 % vient perpétuer l’application universelle de nos programmes de soutien sans égard à l’efficacité. On aurait pu suspendre la mesure pour le secteur porcin pris dans une crise aiguë et continuer de l’appliquer ailleurs. Cet abandon est un recul dangereux et la Politique de souveraineté alimentaire n’avance aucun autre moyen de stimuler l’efficacité et la viabilité des fermes en difficulté.
L’UPA est très heureuse de cette politique. Pensez-vous que le gouvernement n’a pas voulu froisser l’organisation syndicale ? L’UPA d’une part, mais également une bonne partie de nos agriculteurs craint
C’est dans ce contexte de grande disparité entre nos fermes que vous parlez de fragilité de notre agriculture ? Imaginons une ouverture un peu plus grande des marchés que nous imposerait un nouvel accord commercial. L’effet pour-
10 juillet-août 2013
Le Bulletin des agriculteurs
« La Politique de souveraineté alimentaire ne règlera pas les problèmes de fond de l’agriculture québécoise qui est la mieux soutenue en Amérique du Nord, la plus endettée et la moins efficace. » – Michel Saint-Pierre, ancien sous-ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec et auteur du rapport Saint-Pierre sur les programmes de soutien à l’agriculture
rait être catastrophique pour des fermes qui vivotent. Aussi, l’endettement est dangereusement élevé ici : à peu près deux fois plus que dans le reste du Canada et trois fois plus qu’aux États-Unis. Si les taux d’intérêt grimpent, ne serait-ce qu’un petit peu, cela serait catastrophique pour beaucoup de fermes. Et je ne suis pas le seul à le dire, le professeur d’agroéconomie Raymond Levallois a bien étudié le phénomène. Et aussi, encore une fois, si on ne réduit pas la dépendance des fermes aux soutiens de l’État, les risques sont amplifiés. Imaginez le contexte difficile pour la relève ! Donc, avec la Politique de souveraineté alimentaire que va-t-il se passer ? Pas grand-chose. Certes, il y aura probablement une plus grande conscientisation du consommateur, mais cela ne permettra pas de sortir l’agriculture de sa situation de vulnérabilité et de fragilité. Propos recueillis par Lionel Levac
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EN COUVERTURE par Suzanne Deutsch
Derrière l’incontournable salade de chou St-Hubert Grâce à des producteurs passionnés comme René Bérard, de Saint-Lin-Laurentides, la salade de chou accompagne le menu traditionnel des Rôtisseries St-Hubert depuis 1951.
Miser sur la qualité St-Hubert, t’exagères ! Vroum vroum vroum, que désirez-vous, pout pout pout St-Hubert BBQ ! Dépendamment de votre âge, vous avez grandi avec l’une ou l’autre de ces campagnes qui font partie de notre patrimoine publicitaire. Ce fleuron de la restauration québécoise, en affaires depuis plus de 60 ans, a bien entendu diversifié son menu depuis ses modestes débuts sur la rue St-Hubert à Montréal. Ce qui n’a pas changé cependant est la qualité exigée auprès des fournisseurs pour tous les aliments servant à la préparation des repas. Le traditionnel menu quart de poulet cuisse servi avec frites, sauce et petit pain, accompagné de salade de chou, demeure le plus populaire de la chaîne de restaurants. Et, pour satisfaire l’appétit des clients pour la salade de 12 JUILLET-AOÛT 2013
LE BULLETIN DES AGRICULTEURS
chou offerte en restaurant ainsi qu’en épicerie, St-Hubert transforme un incroyable 5 millions de kilogrammes de choux par année. En tout, plus de 26 millions de repas sont servis annuellement dans la centaine de rôtisseries du Québec, de l’Ontario et du Nouveau-Brunswick.
Politique d’achat La chaîne essaie autant que possible de s’approvisionner auprès de producteurs locaux. Pour les produits frais, elle achète 100 % québécois ! Le respect des spécifications est le facteur le plus important dans la sélection des fournisseurs. « Le Québec étant autosuffisant en ce qui a trait à la production de choux, toute la salade de chou, autant en restaurant qu’en épicerie, est faite avec des choux du Québec », affirme Nicole Buchanan, chef négociatrice pour la division St-Hubert Détail. Cela n’était pas nécessairement le cas autrefois. Aujourd’hui, avec l’avènement des entrepôts à atmosphère contrôlée, il est possible de maintenir une qualité de produits supérieure sur une période de temps plus longue. « Il y a une vingtaine d’années, il était plus difficile d’avoir un chou qui se conservait pour une période pouvant aller jusqu’à dix mois, explique-t-elle. Il est arrivé que St-Hubert achète du chou des États-Unis et même de l’Europe, mais on ne voit plus cela depuis
PHOTOS : SUZANNE DEUTSCH
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ené Bérard, propriétaire des Jardins G & R à Saint-Lin-Laurentides, cultive plus de 12 000 tonnes de choux pommés chaque année. Il est l’un des plus importants fournisseurs des Rôtisseries St-Hubert pour la région de Montréal depuis maintenant 32 ans. Pas un seul de ses choux n’est vendu en épicerie : la majorité est transformée en délicieuse salade de chou par Saladexpress, de Saint-Rémi-de-Napierville, pour desservir près d’une cinquantaine de restaurants.
Les choux récoltés entre la fin septembre et la mi-novembre pourront être conservés jusqu’à l’été suivant.
Le Bulletin des agriculteurs
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Livrer un chou dont le goût est constant est un défi de taille, explique René Bérard.
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fort longtemps à cause de l’amélioration des installations de grands producteurs. » Un critère extrêmement important pour la réputation de la chaîne de restaurants est de maintenir le « goût St-Hubert » pour tous ses produits phares, à longueur d’année. Leurs fournisseurs font donc l’impossible pour livrer des produits de qualité, de façon constante et répétée. « Notre but ultime est de cultiver de gros choux, denses, qui se conservent bien en entrepôt sans développer un goût âcre », explique René Bérard. Pour ce faire, l’entreprise procède à des essais chaque année avec d’autres variétés dans l’éventualité où les semenciers auraient des problèmes de production et seraient incapables de fournir les volumes nécessaires pour quelconque raison.
La production Aux Jardins G & R, la relève est déjà bien intégrée. Les deux garçons de René et Germaine Bérard, Marc-André et Sébastien, leurs deux filles, Annie et Catherine, ainsi que leurs conjoints Stéphane et Samuel, sont à l’emploi dans l’entreprise ainsi que Réal, le frère de René, sa bellesœur Ginette Gouger et leur garçon François Messier. « On peut donc partir pour une petite fin de semaine la tête tranquille ! » L’entreprise cultive au-delà de 800 ha. Environ 180 ha sont dédiés à la culture de choux. La plantation commence à la fin avril et se termine à la mi-juin. Le chou primeur arrive à la fin juillet ; il n’est pas aussi dense et puisqu’il est rempli d’eau, sa conservation est de courte durée.
Quelque 5 millions de kilogrammes de choux sont transformés en salade de chou St-Hubert chaque année. Comment fait-on de la bonne salade de chou ? Sans dévoiler ses secrets, St-Hubert nous a tout de même mis sur une bonne piste. « Une bonne salade de chou dépend, dans un premier temps, de la variété. Il faut en sélectionner une qui donne des spécimens gros et dense et dont le goût est relativement piquant. Puis, faire en sorte que le chou reste toujours bien frais jusqu’à ce qu’il soit transformé », explique Nicole Buchanan, chef négociatrice pour la division St-Hubert Détail. Crémeuse ou traditionnelle ? La popularité de la salade de chou crémeuse de St-Hubert dépasse aujourd’hui celle de la traditionnelle.
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St-Hubert confie la coupe des choux à Saladexpress, une entreprise de transformation de légumes.
Du champ au restaurant Les légumes prêts à l’emploi ont également la cote en restauration. Au lieu de recevoir des choux entiers, plusieurs rôtisseries St-Hubert optimisent la qualité et l’efficience du processus de transformation en confiant la coupe du chou à une entreprise de transformation de légumes comme Saladexpress de Saint-Rémi-de-Napierville, en Montérégie. L’entreprise certifiée HACCP répond aux plus strictes normes d’assurance qualité de l’innocuité alimentaire. « Le contrôle de qualité est probablement l’étape la plus importante du processus », explique Claudine Verge, chef du service des ventes et du marketing chez Saladexpress. Seuls les beaux choux, dont les feuilles ne sont pas trouées et dont la température interne ne dépasse pas les 5 °C sont acceptés pour la transformation. » Le chou râpé est rapidement plongé dans un bain d’eau froide. La carotte râpée n’est ajoutée qu’à la toute fin afin de ne pas colorer le chou. La salade est ensuite essorée dans une centrifuge géante, ensachée et mise en boîte. Une fois en restaurant, le préposé à la salade de chou n’a qu’à ajouter la vinaigrette St-Hubert et le tour est joué !
16 juillet-août 2013
Le Bulletin des agriculteurs
Le chou primeur exige parfois certains compromis. « Les quatre à six semaines où la chaîne doit composer avec le chou primeur sont plus difficiles parce que les choux ont plus d’eau et les vinaigrettes y adhèrent moins bien, explique René Bérard. Cela a un impact au niveau du goût. » Tout rentre dans l’ordre au début septembre avec la récolte du chou d’hiver nouveau de première récolte. Celui-ci est plus dense que le chou d’été. Il ne se prête cependant pas à l’entreposage. Seuls les choux qui auront atteint leur pleine maturité, récoltés entre la fin septembre et la mi-novembre, pourront être conservés jusqu’à l’été suivant.
Approvisionnement St-Hubert fonctionne avec le principe d’un approvisionnement juste-à-temps (Just in Time, en anglais), qui est flexible et réduit les surplus de stocks ainsi que le gaspillage. Les livraisons sont établies selon les besoins de chaque établissement et peuvent fluctuer, à la hausse ou à la baisse, à l’intérieur d’un laps de temps relativement court. Ce mode de fonctionnement a, par ailleurs, exigé d’importants investissements de la part des entreprises qui leur fournissent des denrées : ils ont dû construire d’énormes entrepôts frigorifiés. En revanche, ceux qui s’y sont conformés ont l’avantage d’avoir des revenus stables puisqu’ils sont maintenant capables d’approvisionner les clients à longueur d’année.
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Cultures par André Dumont
Des essais d’engrais verts dans la région de Portneuf ont permis, l’année suivante, d’économiser jusqu’à 100 unités d’azote minéral dans la culture de pommes de terre.
Fertilisation verte Pour atteindre de nouveaux sommets de rendements agronomiques et économiques, des producteurs misent sur les engrais verts.
L
es frères Thomas, Côme et Loïc Dewavrin cultivent en régie biologique sur quelque 600 ha à Les Cèdres, dans l’ouest de la Montérégie. Les rendements de leurs champs de maïs varient de 7 t/ha à 10 t/ha. Ils y arrivent sans engrais minéral et, la plupart du temps, sans fumier ! Le secret de leur fertilisation : les engrais verts. Les trèfles blanc et rouge qu’ils implantent dans leur blé fixent l’azote et en rendent environ 80 unités disponibles pour la culture de maïs l’année suivante, estime Thomas Dewavrin. Le trèfle est partiellement détruit vers la fin novembre et contrôlé au printemps en faisant de faux semis pour le maïs. Si du ray-grass est implanté dans le maïs, celui-ci à son tour propulsera les rendements du soya l’année suivante. Les primes pour le maïs-grain biologique étant élevées et les coûts des intrants plutôt bas, les Dewavrin peuvent aisément mettre jusqu’à 10 % de leurs terres en jachère « intelligente », afin d’enrichir le sol. Un champ ensemencé d’avoine, de pois et de vesce, après un contrôle des vivaces au courant de l’été, peut fournir au maïs de
18 juillet-août 2013
Le Bulletin des agriculteurs
l’année suivante tout ce qu’il lui faut pour produire un très bon rendement. Ces pratiques de fertilisation « verte » sont-elles d’intérêt pour des producteurs en régie conventionnelle ? À Saint-Robert, près de Sorel, le producteur Paul Caplette en est convaincu. « Entre l’extrême bio et l’extrême minéral, on peut trouver une bonne formule », croit-il. Pour une troisième année, Paul Caplette mène cinq séries d’essais à la ferme avec un mélange d’avoine, de radis, de pois et de féverole semé après son blé d’automne. D’après les analyses en laboratoire, la biomasse de ses engrais verts relâcherait entre 30 et 40 unités d’azote pour son maïs l’année suivante. Ces essais sont menés sur cinq terres, représentatives des cinq principaux types de sol de sa ferme. Sur les retours de blé et d’engrais verts, il fertilise son maïs selon des doses croissantes de zéro à 170 unités d’azote minéral. Cela lui permet de mesurer la dose économique d’azote. « L’important pour moi, c’est de sortir le plus de tonnes de maïs possible, dit-il. Le moins j’ai à y mettre d’azote minéral, le plus c’est gagnant pour moi. »
Valeur sous-estimée Dans les faits, l’apport fertilisant de la plupart des engrais verts est supérieur à celui qu’on peut mesurer en analysant la biomasse vers la fin de l’automne. « Les échantillons de biomasse nous donnent une bonne idée, mais ils sous-estiment le véritable apport en azote, puisqu’on n’analyse que la partie aérienne. On ne peut pas analyser les racines, les nodules et toute la biomasse qui se trouvent sous le sol », souligne l’agronome Adrien N’Dayegamiye, de l’Institut de recherche et développement en agroenvironnement (IRDA). L’agronome Sylvie Thibaudeau, du Club agroenvironnemental du bassin la Guerre, est souvent surprise de la
PHOTOs : Adrien N’Dayegamiye, IRDA, André Dumont
Paul Caplette ne s’en cache pas : certaines de ses terres ont un potentiel de rendement très élevé et il voudrait bien leur apporter plus que le maximum de 180 unités d’azote minéral des recommandations officielles. « Dans ma zone, la moyenne des rendements de maïs est de 8,8 t/ha. Si de mon côté, ma moyenne est de 11 t/ha, pourquoi devrais-je me limiter aussi à 180 unités ? » Pour repousser les limites et maximiser ses rendements, il mise sur les engrais verts. Cette année, il mettra aussi à l’essai du trèfle, après en avoir vu l’impact chez un producteur biologique. Cela pourrait lui donner au-delà de 40 unités d’azote, auxquelles s’ajouteraient 160 unités d’azote minéral. Blé et vesce velue dans un projet sur les légumineuses à l’IRDA en 2011
différence entre les analyses de laboratoire et le véritable impact des engrais verts sur le rendement de la culture de l’année suivante. « Certaines variétés, comme le pois fourrager, ont aussi un grand impact sur la structure du sol, dit-elle. Et on soupçonne plusieurs plantes de stimuler l’activité biologique du sol, ce qui favorise de meilleurs rendements. » Dans un sol en meilleure santé, la culture aurait plus facilement accès à l’eau et aux minéraux nécessaires à sa croissance. « Nous avons des champs pauvres en phosphore et qui donnent de très bons rendements. C’est parce qu’on ne perturbe pas trop le sol et que les mycorhizes et autres microorganismes sont très présents », soutient Thomas Dewavrin.
Récupérer les minéraux
Le ray-grass est une véritable éponge qui absorbe l’azote inutilisé pour le relâcher en se décomposant l’année suivante.
La fertilisation par les engrais verts ne se limite pas à l’apport d’azote des légumineuses comme le trèfle, le pois, la vesce ou la luzerne. Les graminées ne fixent pas l’azote, mais elles peuvent être très efficaces pour récupérer les minéraux inutilisés et empêcher leur perte dans l’environnement. Elles sont aussi utiles pour emprisonner la valeur fertilisante de fumier épandu à l’automne. « Le ray-grass est une véritable éponge, affirme Sylvie Thibaudeau. Il puise beaucoup d’azote et le relâche en se décomposant. » Quand on sait que le maïs-grain n’utilise que de 40 % à 50 % de l’azote minéral qu’on lui applique, il est rassurant de savoir que le ray-grass prévient la perte de l’azote inutilisé. Les engrais verts captent l’azote, la potasse et le phosphore. En général, on ne tient pas compte du prélèvement de phosphore, celui-ci étant peu mobile et peu enclin à se perdre dans l’environnement. Adrien N’Dayegamiye a déjà mené des essais avec du millet japonais, du millet perlé et du seigle chez des producteurs de pommes de terre de la région de Portneuf où les terres sablonneuses peuvent facilement perdre leur azote. Dans certains cas, le rendement maximal l’année suivante était atteint avec aussi peu que 50 unités d’azote, plutôt que 150. « Les engrais verts ont capté l’azote résiduel et en se décomposant, ils l’ont rendu sous forme minéralisable dans la matière organique. » Le Bulletin des agriculteurs
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Marie-Eve Rheault, agronome
Le mois de juillet est arrivé, avec les risques d’infestations dans le soya.
L’an dernier, des insectes peu connus au Québec ont profité du temps sec pour donner des sueurs froides à certains producteurs, alors cet été, soyons sur nos gardes ! Les insectes qui s’attaquent à nos champs de soya ne provoquent, la plupart du temps, que des dommages visuels, sans véritable impact sur le rendement. Nous connaissons bien le puceron du soya, pour lequel nous avons un seuil d’intervention bien établi, mais comment réagir lorsque frappent l’altise, le scarabée japonais, le tétranyque à deux points ou la vanesse de l’artichaut ? Tout d’abord, pas de panique ! L’apparence d’un champ de soya attaqué est souvent trompeuse : les insectes se nourrissent des feuilles supérieures, plus jeunes et appétentes. Ces feuilles du dessus sont celles qui captent la majorité de la lumière, mais celles de tous les autres nœuds demeurent prêtes à prendre la relève et combler les besoins de la plante. Le soya peut subir une certaine défoliation sans conséquences économiques ou agronomiques. Des données du ministère de l’Agriculture de l’Ontario sur le pourcentage de défoliation maximal sans impact sur le rendement en grain sont rassurantes : • Aux stades végétatifs : 30 % • De la floraison au remplissage des gousses : 15 % à 20 % • Du remplissage des gousses à la maturité : 25 % En Ontario et dans plusieurs états américains, le seuil d’intervention contre certains ravageurs dans le soya est dicté par le pourcentage de défoliation, plutôt que par la population d’insectes. Pour estimer la défoliation, on prélève 5 trifoliés à 10 endroits au hasard dans le champ. Pour chaque trifolié, on élimine la foliole la plus endommagée et la moins endommagée. On estime le pourcentage de défoliation de ces 50 folioles qui restent. Au moment du dépistage, cette défoliation ou le stress engendré par un insecte suceur pourraient être en progression ou sur le point de se terminer. Avec l’aide d’un agronome ou de guides d’identification, il importe d’identifier l’insecte et son stade de vie, en accordant autant d’importance à la présence de ses prédateurs.
le semis. Chaque année, il faut dépister cet insecte suceur qui peut engendrer des pertes lors de la floraison et du remplissage des gousses.
Tétranyque à deux points
En Ontario, le seuil d’intervention est établi à une moyenne de quatre tétranyques par plant. Cet acarien voyage avec les vents, est très peu mobile et se développe en bordure des champs ou forme des foyers d’infestation. Ces foyers peuvent être confondus avec une zone de compaction ou une zone où il y a un manque d’eau. Il prolifère par temps chaud et sec, pouvant connaître de quatre à sept générations par année. Les feuilles touchées par cet insecte suceur jaunissent et s’assèchent, puis tombent.
Altise
Cet insecte apprécie le temps chaud des mois de juin, juillet et août. Il se nourrit des feuilles du soya pour se reproduire une seule fois dans l’été. Les plants peuvent tolérer la défoliation et une intervention est rarement utile.
Vanesse de l’artichaut
Présent en grande quantité l’an dernier, cet insecte se sert du soya pour y construire un cocon, dont sortira un papillon inoffensif. La larve mange une petite partie du feuillage et le dommage est essentiellement visuel.
Scarabée japonais
Les adultes ont tendance à se rassembler sur certaines feuilles de soya et peuvent occasionner une défoliation importante par endroits. On a souvent tendance à surévaluer les réels dommages, car n’oublions pas qu’à moins de 15 % à 20 % de défoliation sur l’ensemble du champ, il y a peu d’impact sur le rendement. Cet insecte survit à l’hiver au Québec et il n’y a qu’une seule génération par année. Pour prendre les meilleures décisions en cas d’infestation, suivez les avis du Réseau d’avertissements phytosanitaires et les conseils d’agronomes compétents. Si une intervention est justifiée, choisissez de préférence un insecticide sélectif plutôt qu’à large spectre, pour une efficacité supérieure et un impact moindre sur l’environnement et les insectes prédateurs.
Dans les champs de blé avec du trèfle comme engrais verts, ou encore de maïs avec du ray-grass, le sol contient des racines vivantes pendant pratiquement toute l’année. « Les racines vivantes fournissent du sucre aux microorganismes, tandis que les vers de terre ont besoin des protéines de la biomasse fraîche. Les tiges sèches de soya et de maïs ne suffisent pas », affirme Thomas Dewavrin. Ses frères et lui ont abandonné la vision « N-P-K » de la fertilisation. « Il y a beaucoup plus que ça, dit-il. Si on veut nourrir un sol, il faut de la diversité, pas seulement des apports minéraux. Les plantes apportent la vie dans le sol et cela se reflète dans la valeur de ce que nous récoltons. » Vous n’êtes pas encore convaincu ? Faites le calcul. Le prix des 40 à 80 unités d’azote minéral à l’hectare que vous pourriez économiser s’approche-t-il du prix des semences d’engrais vert ?
Pois payant En 2011, l’agronome Sylvie Thibaudeau, du Club agroenvironnemental du bassin la Guerre, a conclu une série d’essais à la ferme Monespoir, en Montérégie-Ouest. Sur un précédent de pois fourrager ensemencé en août à la suite d’un épandage de fumier de bovins laitiers, le rendement maximal de maïs (14,2 t/ha) a été atteint avec une dose d’azote minéral de 80 kg/ha (40 kg/ ha au semis et 40 kg/ha en postlevée). Les calculs économiques ont permis de conclure que l’économie d’azote minéral et l’augmentation du rendement en maïs attribuable au pois fourrager compensaient largement le coût de la semence de cet engrais vert.
PHOTO : François Cadrin, agr.
Ces insectes qui aiment le soya
Puceron du soya
Au Québec, le seuil d’intervention économique a été établi à une population de 250 pucerons par plant et en augmentation. Le traitement insecticide sur les semences offre une protection limitée aux premiers à 60 jours après Pois fourrager utilisé en engrais vert
20 juillet-août 2013
Le Bulletin des agriculteurs
Cultures par André Dumont
5 conseils
pour la conservation des grains S
i vous aviez 100 000 $ en petites coupures à entreposer à la ferme, quelles précautions prendriezvous ? Et si c’était 300 000 $, mais sous forme de grains, y mettriez-vous trois fois plus d’efforts pour en assurer la conservation ? Avec la valeur des grains d’aujourd’hui, de plus en plus de producteurs prennent leur conservation au sérieux. Il n’est plus question de simplement démarrer le ventilateur, l’éteindre un mois plus tard et laisser le silo tranquille tout l’hiver. Voici une série de conseils qui s’appliquent à la conservation de tous les types de grains, à la différence que le maïs doit, dans la plupart des cas, passer au séchoir avant l’entreposage.
1. Du grain propre Du grain qui contient des impuretés, de la poussière ou des grains cassés, ça se conserve mal. Cette matière fine s’installe entre les grains entiers et empêche l’air d’y passer. « Les résidus pourraient obstruer l’espace interstitiel entre les grains, ce qui provoquerait une restriction. L’air passe toujours par où c’est le plus facile, alors des zones vont demeurer humides et leur température augmentera de 3 °C à 5 °C de plus que le reste de la masse de grains », explique Nicolas St-Pierre, agronome et enseignant au Collège d’Alma. Qui dit humidité dit chaleur, puis moisissure et perte de qualité du grain.
Bien entreposer ses grains, c’est le meilleur moyen de s’assurer que le fruit de notre labeur conserve toute sa valeur.
La propreté commence au battage. On doit ajuster la ventilation de la moissonneuse-batteuse pour éliminer les brindilles et autres impuretés. « Les producteurs pensent qu’en augmentant la ventilation, ils vont perdre de bons grains. En fait, ce sont les petits grains qu’ils laissent au champ, ceux qui sont malades et qui peuvent nuire à l’entreposage », affirme Jacques Dion, conseiller chez Semican. Les ajustements de la batteuse sont particulièrement importants lors de la récolte d’un grain fragile, comme le soya, souligne Pierre Mollet, directeur des ventes à l’Agrocentre de Belcan. « Si on a déjà des grains brisés au battage, on en aura encore plus lors de la manutention par la suite. Ces grains brisés nuisent à la bonne ventilation en entreposage. »
2. Convexe ou concave ? Au moment de terminer le remplissage d’un silo, on doit s’assurer que la surface de la masse de grain soit bien plane. « Si le grain forme un cône et que pour maximiser l’espace d’entreposage, on remplit le silo jusqu’au capuchon, on double le temps de séchage », prévient Nicolas St-Pierre. Pendant le remplissage, les impuretés auront tendance à s’accumuler vers le centre de la colonne de grain. Cela crée une restriction, de sorte que l’air poussé par le ventilateur aura tendance à monter par les côtés, laissant le cœur plus humide. Le Bulletin des agriculteurs
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soyaexcel.com
Même si le maïs subit un séchage avant d’être acheminé au silo, on doit porter attention à ses besoins de ventilation pendant toute la durée de l’entreposage.
« Je conseille parfois aux producteurs d’enlever l’équivalent d’un wagon du silo, de sorte qu’il se forme un V au sommet de la colonne de grain », confie Pierre Mollet. Cette pratique s’apparente au « coring » pratiqué aux États-Unis et dans l’Ouest canadien. Le silo se vidant par son centre, le fait d’en extraire quelques tonnes permet de nettoyer la zone où s’accumulent les impuretés et de favoriser un meilleur passage de l’air.
3. Le bon équipement Leader en production de tourteau et d’huile de soya
1 877 365-7292
Le ventilateur et les sorties d’air sur le toit du silo sont-ils adéquats ? De nombreux silos à petites céréales installés il y a 20 ans ou plus sont équipés de ventilateurs pour des grains qu’on récoltait à 13 % ou 14 % d’humidité, rappelle Jacques Dion. De nos jours, on suggère de récolter le blé entre 16 % et 18 % d’humidité pour éviter le développement de toxines au champ, alors une ventilation plus
puissante est requise à l’entreposage pour assécher les grains. Attention aussi aux silos qui servent d’entreposage pour plusieurs types de grains autres que ceux pour lesquels ils ont été conçus. Les calculs de ventilation ne sont pas les mêmes pour un gros grain comme le maïs que pour des grains de petite taille comme les céréales, ou encore le canola, prévient Nicolas St-Pierre. « L’air aura bien plus de difficulté à passer à travers une masse de canola qu’une masse de maïs, illustre-t-il. Si le ventilateur n’est pas suffisamment puissant, l’air ne réussira pas à refroidir et à assécher l’ensemble de la masse de grain entreposée. » On devrait aussi vérifier l’état des vis, suggère Pierre Mollet. Si elles sont usées et tranchantes, elles peuvent casser des grains. Et si leur vitesse de rotation fait en sorte qu’elles fonctionnent sans se remplir, cela peut aussi endommager des grains, comme le soya.
Une fois le grain refroidi, il faut éviter de faire entrer de l’humidité en ventilant 24 heures sur 24. 4. Ventilation logique Les premiers jours après la récolte, la ventilation fonctionne en continu pour abaisser la température du grain. Par la suite, la ventilation sert à abaisser le taux d’humidité du grain. Avec nos automnes très humides, il est important de n’activer le ventilateur que pendant les heures de la journée les moins humides. « La nuit, les jours de brume ou de grosse humidité, il faut éviter de faire entrer l’humidité de l’air ambiant dans nos silos », souligne Jacques Dion. S’équiper d’une petite station météo qui nous indique l’humidité de l’air à l’extérieur est une très bonne idée. Investir dans un hygromètre à grain coûte un peu plus cher, mais pour suivre de près la petite fortune que nous entreposons, cela en vaut la peine. On peut aussi installer des sondes dans chacun des silos. Chaque type de grain a une hygroscopie différente. Sa capacité à absorber l’humidité de l’air ou de rejeter dans l’air sa propre humidité varie selon la température de l’air, l’humidité de l’air ambiant et l’humidité du grain. Par exemple, à 15 °C et 70 % d’humidité relative dans l’air à l’extérieur du silo, la ventilation fera abaisser le taux d’humidité du grain de blé jusqu’à 13,5 % (voir tableaux). Si notre blé atteint 13,5 % d’humidité et que l’humidité relative de l’air remonte à 80 %, il faut éviter de faire fonctionner le ventilateur.
5. Ventilation d’entretien Une fois que le taux d’humidité du grain souhaité est atteint, le travail n’est pas fini ! Pendant l’hiver et le printemps, on visitera nos silos au moins une fois par mois. On surveillera la température du grain, l’écart avec la température extérieure et surtout, la présence d’odeurs lorsqu’on démarre la ventilation. Au besoin, on fera une ventilation de correction. Nicolas St-Pierre suggère de faire une ventilation de maintien aux deux semaines ou une fois par mois. « En envoyant un peu d’air, cela uniformise la masse de grain et corrige les zones qui auraient commencé à chauffer. » Au printemps, la tôle exposée aux rayons du soleil peut se réchauffer rapidement et provoquer de la condensation sur le grain encore froid à l’intérieur. Un coup de ventilation permettra d’éviter le pire. « Il faut visiter nos silos régulièrement, soutient Pierre Mollet. C’est le labeur d’une année qui y est entreposé et il peut se détériorer rapidement ! »
Teneur en eau à l’équilibre du blé tendre d’automne exposé à l’air Température
Humidité relative 50 %
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Source : MAAARO Le Bulletin des agriculteurs
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MARCHÉ DES GRAINS par Jean-Philippe Boucher, agronome, M.B.A. lisez le blogue sur le marché des grains à lebulletin.com
Un autre été à saveur explosive pour les marchés ? L’une des idées les plus courantes concernant les marchés des grains en été est qu’ils ont tendance à être très nerveux, c’està-dire rapidement gagner ou perdre quelques dollars. Ceci n’a cependant rien de surprenant. On sait combien les conditions météorologiques peuvent, entre autres, faire fondre les perspec-
L’été peut être très payant, mais le fait de miser sur cette période de l’année pour faire de bonnes ventes n’est certainement pas le meilleur pari à prendre. tives de récoltes en un tour de main. Côté marchés des grains, cette imprévisibilité peut donc s’avérer en principe très payante pour celui qui sait saisir les bonnes occasions au passage. Mais est-ce vraiment le cas ? Le graphique ci-dessous vous présente l’évolution du prix du maïs à la Bourse de Chicago depuis 2000. Afin de valider à quel point les prix sont nerveux et varient beaucoup ou non au cours de la période d’été, le pourcentage d’écart observé entre le prix du maïs le plus haut et celui le plus bas a été calculé par trimestre
chaque année : hiver (janvier à mars), printemps (avril à juin), été (juillet à septembre), automne (octobre à décembre). Ce qu’il révèle est très intéressant. On constate tout d’abord que les trois derniers étés tendent à confirmer le fait qu’il s’agit d’une période de l’année « payante » au cours de laquelle les prix auront été très nerveux. On peut noter également que depuis 2000, pratiquement chaque fois que cette nervosité a atteint son plus haut niveau de l’année pendant l’été, le prix du maïs a aussi atteint un sommet à ce moment. Par contre, ce qu’il ne faut pas perdre de vue est qu’au bas mot, depuis 13 ans, ce phénomène n’aura eu vraiment lieu qu’en cinq occasions, dont trois depuis 2010. Autrement dit, l’été peut être très payant, mais le fait de miser sur cette période de l’année pour faire de bonnes ventes n’est certainement pas le meilleur pari à prendre. Il y a cependant un bémol à apporter à cette dernière observation. Historiquement, les années « payantes » selon notre graphique correspondent aussi à des années aux conditions difficiles pour les cultures aux États-Unis, que ce soit aux semis ou au cours du reste de la saison avant les récoltes. Avec le dur début de saison très humide que nous avons connu, l’été 2013 pourrait donc s’avérer une autre période avantageuse pour celui qui recherche de belles opportunités.
Pourcentage d'écart par trimestre entre le prix le plus bas et celui le plus haut pour le maïs et évolution de sa valeur en $US la tonne depuis 2000 8%
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7%
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6%
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1%
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2002
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24 JUILLET-AOÛT 2013 ■ LE BULLETIN DES AGRICULTEURS
2005
2006
2007
2008
2009
2010
2011
Prix du maïs
Trimestre d’été
% d’écart
Écart le plus important de l’année en été
2012
2013
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info cultures par Johanne van Rossum, agronome et André Dumont
Il y a plusieurs avantages à établir des voies d’accès, ou « tramlines », dans les petites céréales, des rendements supérieurs notamment. Les voies d’accès, appelées tramlines en anglais, sont un moyen pratique de faciliter les pulvérisations dans les petites céréales, notamment pour l’utilisation de fongicides contre la fusariose de l’épi du blé. Ces voies sont des bandes non ensemencées où peuvent circuler les roues du pulvérisateur ou du tracteur portant l’équipement de pulvérisation. Contrairement à ce que l’on peut penser, elles réduisent le rendement de beaucoup moins (1,6 %) qu’un passage du tracteur sans voies d’accès (3,5 %) qui écrase des plants. En fait, l’absence d’un rang dans la voie d’accès permet aux plants des rangs adjacents de bénéficier de plus d’eau, d’espace et de lumière. Les voies d’accès auraient aussi l’avantage d’augmenter la précision des traitements avec des pesticides et l’application des fertilisants, en diminuant les risques de chevauchement et d’omission. De plus, cette pratique améliore la qualité du grain, en éliminant la repousse tardive des plants écrasés qui donnent des grains verts et en prévenant le développement de maladies sur les plants écrasés. Le Réseau d’avertissements phytosanitaires vient de publier un document sur les avantages et les techniques d’établissement des voies d’accès, avec des détails sur les modifications au semoir et au pulvérisateur. Le bulletin d’information no 2 est disponible sur le site agrireseau.qc.ca.
PHOTO : yvon thérien
Voies d’accès dans les céréales
Étonnantes racines Saviez-vous que les racines du maïs et de la luzerne peuvent descendre jusqu’à 180 cm ? Et que dans un mètre cube de sol, elles peuvent avoir une longueur totale de 60 km ? Voici une série de faits intéressants au sujet des racines des grandes cultures, compilés par les agronomes Mathieu Bisson et Louis Robert, de la région de Chaudière-Appalaches. n La forme typique d’un système racinaire est celle d’un cône inversé (parfois ressemblant à une quille, chez la luzerne par exemple). n La plupart des racines se trouvent dans les premiers 6 po de sol, bien qu’il est très important qu’elles puissent descendre à au moins 24 po. n Les 2/3 des racines ont un diamètre inférieur à 0,2 mm, donc sont invisibles à l’œil nu, et pratiquement impossible à extraire avec des outils usuels. n Sous une culture bien établie, la longueur totale des racines varie de 10 km à 60 km par mètre cube de sol. n Bien que très variable (selon le climat, le sol, la variété, etc.), la profondeur maximale d’enracinement approche les 1,8 m pour le maïs et la luzerne, 1,5 m pour les céréales, 1,25 m pour le canola et 1 m pour le soya. n La profondeur d’enracinement en semis direct est la même qu’en travail conventionnel, par contre, les racines sont encore plus nombreuses près de la surface. n Une rotation comportant au moins trois cultures entretient des populations diversifiées de micro-organismes, avec comme résultat non seulement moins d’incidence de maladies (racines blanches et non brunes), mais aussi une forte activité microbienne et une amélioration de la structure. n Plus la densité de sol augmente (en profondeur, les premières années de semis direct, ou encore sous les passages d’équipement), moins il y aura de racines et elles seront plus grosses.
Semence d’avoine pour engrais verts
PHOTO : JOHANNE VAN ROSSUM
Lorsqu’on choisit une céréale tel que l’avoine comme engrais vert, il est important d’utiliser la récolte de l’année précédente, croit Pat Lynch, conseiller agronomique en Ontario. Selon son expérience, particulièrement en conditions sèches ou difficiles lors de l’implantation, les grains qui viennent juste d’être récoltés ne sont pas aussi vigoureux. Il est préférable de réserver la semence produite l’année antérieure. Si on utilise une partie de notre récolte pour ensemencer, un fond de silo de l’année 2012 est préférable à une partie de la récolte 2013. Source : Ontario Farmer
26 juillet-août 2013
Le Bulletin des agriculteurs
Optimiser le rendement, préserver l’environnement Un bon pH pour plus de soya Un bon pH est un pilier important pour obtenir un rendement supérieur dans le soya comme dans la plupart des autres cultures. Même s’il est reconnu que la culture préfère un pH entre 6,0 et 7,0, c’est plutôt lorsqu’il se retrouve entre 6,3 et 6,5 que le soya performe le mieux. La disponibilité des éléments nutritifs et l’activité biologique de fixation d’azote sont à leur maximum alors que la population des nématodes à kystes du soya est limitée dans sa croissance, rapporte Mike Stanton dans un récent article du service de l’Extension de l’Université de l’État du Michigan.
Relation entre le pH du sol et la densité des nématodes à kystes du soya pH du sol
5,8 - 6,4 Année
6,5 - 7,0
7,1 - 8,0
Œufs nématodes à kystes / 100 cc de sol
1997
3950
6950
9750
1998
500
1500
2550
1999
2000
6800
7500
2000
786
766
1574
Moyenne
1809
4004
5343
Adapté de Mike Stanton, MSU
Les déficiences en manganèse sont plus fréquentes lorsque le pH est supérieur à 6,5 tandis que les populations de nématodes à kystes sont plus élevées. On remarque dans le tableau ci-dessus que malgré la grande variation entre les années, la population de nématodes à kystes du soya augmente significativement lorsque le pH est supérieur à 6,5. Le pH du sol pourrait être une autre condition défavorable à la prolifération des nématodes à kystes du soya au Québec. Les sols plutôt acides ne favorisent pas leur croissance. Par contre, la surveillance et le dépistage sont toujours en place pour détecter la présence de ce ravageur dans nos champs. La période précédant la récolte est le moment idéal pour faire ce dépistage. Source : Field reports, MSU Extension
Le saviez-vOus : tOus Les engrais azOtés n’Ont pas La même efficacité. Les ammonitrates, comme le can 27 YaraBela de Yara, sont plus fiables de par leur composition. Voici pourquoi : n Les ammonitrates contiennent une plus grande proportion d’azote sous forme de nitrate que les solutions azotées ou l’urée. n Le nitrate est plus facilement absorbé par les racines des cultures. n La disponibilité du nitrate pour les cultures est immédiate puisqu’il n’a pas à être préalablement transformé dans le sol. n L’absorption des ammonitrates dépend moins des conditions météorologiques que les autres apports d’azote. n Leur perte par volatilisation ammoniacale est beaucoup moindre qu’avec les solutions azotées ou l’urée. Voilà pourquoi le can 27 YaraBela de Yara figure parmi les sources d’azote les plus efficaces et les plus fiables tout en ayant un impact environnemental inférieur à celui d’autres produits azotés. Perte par volatisation en % de l’azote apporté n Terre labourable 27 % 25 %
n Prairie
22 %
20 %
14 %
15 % 10 % 5% 3% 0%
2%
Ammonitrate
Solution
Urée
Source : Étude du ministère de l'agriculture du Royaume-Uni (DEFRA-2003-2005)
yara.com Le Bulletin des agriculteurs
juillet-août 2013 27
Une nouvelle étude de l’Agriculture Research Service révèle les coûts cachés de l’érosion par le vent. Car les vents ne transportent pas seulement les particules de sol, mais également les microbes bénéfiques qui agissent sur le maintien de la structure du sol, puis sur ses capacités à neutraliser les contaminants et à recycler les nutriments. Les scientifiques ont observé la diversité des bactéries présentes dans trois différents types de sol au Michigan, rapporte l’étude. Certaines bactéries responsables du cycle du carbone et de l’azote sont associées aux plus grosses particules de sol. Les particules plus fines abritent, quant à elles, des bactéries résistantes à la sécheresse, aux rayons gamma et autres conditions difficiles. Ceci indique que l’érosion peut à la fois réduire la diversité de toutes les bactéries ou diminuer la population d’un groupe spécifique selon le type de particules emportées par le vent. La présence des résidus ainsi que toutes les techniques de travail minimum ou semis direct sont utiles pour le maintien du sol en place et réduisent ainsi les risques de pertes des bactéries bénéfiques pour la vie du sol. Source : Ontario Farmer
CAPSULE NO 2
Vérifier votre population
COMMANDITÉ PAR
À suivre sur LeBulletin.com onglet Défi Maïs
28 JUILLET-AOÛT 2013
LE BULLETIN DES AGRICULTEURS
PHOTOS : JOHANNE VAN ROSSUM
Les microbes du sol emportés par l’érosion
Fumier et cultures de couverture, le couple parfait L’application de fumier et les engrais verts sont deux excellents moyens pour améliorer la structure et la fertilité du sol. Mais c’est encore mieux si on peut utiliser les deux en combinaison. Pour un meilleur choix des espèces à implanter, il est recommandé de semer le plus tôt possible après la récolte de céréales ou de maïs-ensilage dans certaines régions. Or, une des façons est d’ajouter la semence d’engrais vert au lisier dans la citerne au moment de l’application. « Idéalement, une forme d’agitation est souhaitable pour garder le mélange le plus homogène possible », précise Christine Brown, spécialiste de la gestion des fumiers du ministère de l’Agriculture de l’Ontario. Même si cette technique fonctionne également avec le lisier de porcs, le lisier de bovins est idéal. Sa densité favorise le maintien en suspension des semences. Tim Harrigan de l’Université de l’État du Michigan a proposé une méthode pour réaliser le semis avec lisier (slurry seeding). Une première possibilité consiste en un système de distribution et d’agitation ajouté à une citerne conventionnelle. L’agitation permet de maintenir le mélange homogène et des pendillards (drop tubes) sont installés derrière des aérateurs de sol pour une distribution uniforme. Ainsi, le lisier est appliqué dans un sol fraîchement aéré sur une largeur d’environ 75 cm. Christine Brown préfère le style européen où le mélange lisier-semence est appliqué en bandes étroites de 17 cm à 25 cm. Les doses de lisier sont moins élevées et il y a moins de risque de toxicité avec la semence. « Aux doses habituellement appliquées (entre 15 000 et 20 000 gal/ha pour le lisier de bovin ou 10 000 à 15 000 gal/ha de lisier de porc), il y a peu de risques de toxicité avec la plupart des semences d’engrais verts », rapporte Tim Harrigan. La seule espèce problématique est le trèfle de Crimson. « Il n’est pas essentiel d’utiliser un équipement spécialisé pour réussir le semis avec lisier », croit Pat Lynch, un consultant en grandes cultures en Ontario. On peut faire l’application de lisier et le semis d’engrais verts en deux opérations distinctes. Par exemple, un semis à la volée de la plante de couverture suivie d’une application de lisier et d’un passage de herse type Aerway ou autre pour incorporer le tout. On peut aussi procéder à l’inverse où on applique tout d’abord le lisier et on utilise un semoir en semis direct pour l’engrais vert et un passage de herse ou vibroculteur pour incorporer. Plusieurs techniques sont donc possibles pour maximiser les effets bénéfiques des applications de lisier en combinaison avec les engrais verts pour maintenir ou améliorer la fertilité du sol. Source : Ontario Farmer
LAIT par Marie-Josée Parent, agronome
PHOTOS : MARIE-JOSÉE PARENT
Le Herd Navigator est un laboratoire à la ferme, en miniature et entièrement automatisé. Sur cette photo, Nicolas Rodier de la ferme Garonne a ouvert l’équipement pour changer une cartouche de bandelettes qui servent aux tests.
Lait analysé à la ferme P
ropriétaires d’un troupeau de 240 vaches en lactation à Saint-Odilon, en Beauce, Frédéric et Louis Pouliot rêvaient d’une meilleure efficacité du troupeau. Pour y arriver, les deux frères et leur neveu, Nicolas Rodier, ont travaillé sur deux fronts : apporter un meilleur confort aux vaches et assurer un meilleur suivi des performances du troupeau. Le plus grand confort, ils l’ont assuré en agrandissant l’étable et en modifiant les logettes pour faire place à la litière de sable. Mais l’autre nouveauté est une première au Québec : l’installation l’automne dernier d’un équipement qui analyse de façon routinière le lait des vaches.
À la ferme Garonne, le lait est analysé chaque jour de façon routinière, sans intervention humaine. C’est la première entreprise laitière du Québec à avoir installé le Herd Navigator de la compagnie DeLaval.
Le Herd Navigator est un véritable laboratoire miniature complètement automatisé à la ferme qui mesure quatre données dans le lait récolté : la progestérone, la LDH, le BHB et l’urée. Toutes ces données quotidiennes permettent de prendre de meilleures décisions de régie pour la reproduction, la santé et l’alimentation. Les vaches sont traites trois fois par jour, en salle de traite double 12, mais les analyses ont lieu deux fois par jour, le matin et le soir. Chaque matin, Nicolas Rodier regarde les rapports d’alarmes produits par l’appareil. Avec le test de progestérone, il connaît les vaches qui seraient en anestrus, LE BULLETIN DES AGRICULTEURS
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Chaque unité de traite doit être équipée d’un collecteur. C’est ce qui explique le plus grand coût d’installation pour une salle de traite, comparativement à des robots. À la ferme Garonne, il faut 24 collecteurs et un analyseur. Le collecteur est le récipient placé sous la balance.
Coût contre retour sur l’investissement Pour l’acquisition d’un équipement comme le Herd Navigator, le coût d’achat et d’opération est important, mais le retour sur l’investissement l’est encore plus. Le prix varie selon le type d’installation : plus élevé en salle de traite qu’en robotique. Il s’installe uniquement avec les systèmes de marque DeLaval. Le coût d’achat a une composante fixe : l’analyseur. Il faut ajouter les collecteurs, un par unité de traite. Voici une comparaison de coût pour un troupeau de 130 vaches. Avec deux robots, il en coûterait 100 000 $, alors qu’en salle de traite double 8 ou double 10, il en couterait environ 120 000 $. Plus le troupeau est grand, plus le retour sur l’investissement sera rapide. Pour 120 vaches avec des robots de traite, on peut calculer autour de cinq ans, alors qu’avec le double de vaches, le retour sur l’investissement pourrait être de trois ans. Plus le producteur utilisera les données pour améliorer sa régie, plus le retour sur l’investissement sera rapide. Selon Sébastien Morissette, du concessionnaire Marcel Morissette, le Herd Navigator est idéal pour les troupeaux de 85 vaches ou plus en salle de traite, et de deux robots de traite ou plus, donc environ 130 vaches et plus. Le retour sur l’investissement inclut le coût des consommables, c’est-à-dire tout ce qui permet de faire fonctionner l’équipement : cartouches et détergents inclus. Les frais d’utilisation sont de 115 $ par vache par année. Un récent calcul sur une entreprise de l’Ontario de 130 vaches munie de deux robots VMS a permis d’évaluer un revenu supplémentaire de 275 $ par vache par année. Ce montant inclut les dépenses en moins et les revenus en plus, les frais d’utilisation par vache, mais n’inclut pas la capitalisation initiale de l’équipement. Cette entreprise devrait avoir un retour sur l’investissement de quatre ans, incluant l’achat initial.
celles qui auraient un kyste folliculaire ou un kyste lutéal, les vaches cycliques, celles ayant une gestation potentielle, déclarées gestantes ou encore ayant avorté. Sans fouille et sans échographie. Une vache commence sa chaleur après un plateau de progestérone suivi d’une chute rapide. La vache est inséminée environ 50 heures plus tard. Le protocole diffère d’une ferme à l’autre, selon la production laitière. Plus la production est élevée, plus la durée avant l’insémination est grande. À la ferme Garonne, la production est de 33 litres par vache par jour. « Les vaches très productives sont moins démonstratives, mais on voit très bien leur chaleur avec la progestérone », raconte Nicolas Rodier.
Autres tests L’acide bêta-hydroxybutyrate, le BHB, permet de détecter les vaches ayant un problème d’acétonémie avant même de remarquer les signes cliniques. En début de lactation, la vache produit une très grande quantité de lait, mais ne mange pas suffisamment pour combler ses besoins. Elle puise dans ses réserves, ce qui occasionne la production de corps cétoniques. Dès que la quantité de BHB dépasse un certain seuil, Nicolas Rodier peut tout de suite traiter la vache. Pour sa part, le taux d’urée dans le lait est un bon indicateur des variations dans l’alimentation des vaches. Si un ingrédient de la ration est remplacé, l’analyse du lait changera. Lors de la visite du spécialiste en alimentation, c’est la première valeur qu’il regarde avant toute intervention. Le Bulletin des agriculteurs
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La LDH est la mesure qui permet de détecter la mammite. Selon le producteur laitier Sytse Heeg de la ferme Heegstee de New Hamburg en Ontario, l’une des quatre premières fermes à avoir installé le Herd Navigator il y a presque deux ans, c’est la donnée la plus difficile à interpréter. La LDH est une enzyme qui est relâchée lorsqu’il y a une inflammation. La plupart du temps, la vache a un cas de mammite, mais le test ne nous dit pas dans quel quartier, ni ce qui la cause. Depuis l’installation du Herd Navigator, Sytse Heeg s’est équipé pour réaliser des tests à l’aide de pétrifilms. Il peut maintenant mieux diagnostiquer ce qui cause la mammite et dans quel quartier. L’article Contrôler la mammite avec moins d’antibiotiques paru dans Le Bulletin des agriculteurs de novembre dernier présentait cette technologie. La ferme Garonne devrait s’initier aux pétrifilms à la fin de l’été. « On garde ça pour plus tard », explique Sébastien Morissette, du concessionnaire Marcel Morissette. L’apprentissage et l’interprétation des données actuelles représentent déjà un défi. L’équipement offre à l’éleveur, mais aussi à son vétérinaire, un outil de diagnostic performant. « Ça nous
La nouvelle section de l’étable est divisée en deux. On remarque la section de vêlage à l’avant sur mousse de tourbe. À l’arrière, les vaches taries sont sur litière de sable. Remarquez l’absence de poteaux et les rainures antidérapantes dans l’allée de circulation des vaches.
permet d’avoir des informations qu’on n’avait pas avant », explique Serge Le Breton du Bureau vétérinaire de Frampton. Vétérinaire pour la ferme Garonne, il a dû adapter sa pratique au nouvel outil. Il se sert des rapports pour connaître les vaches à vérifier. Le nombre de visites est passé d’une par semaine à toutes les deux semaines. Serge Le Breton prévoit déjà l’utilisation du test de pétrifilm. Ce qu’il trouve intéressant, c’est que les vaches pourront être traitées beaucoup plus rapidement, avant d’observer des grumeaux dans le lait ou une inflammation du pis. « À la longue, ça devrait donner un troupeau avec une meilleure qualité du lait », ajoute-t-il. Il est encore trop tôt pour calculer les bénéfices obtenus par l’installation du Herd Navigator à la ferme Garonne. D’un côté, ils obtiennent plus de lait et diminuent les coûts de traitement et les frais vétérinaires. Toutefois, le plus grand confort des vaches apporté récemment et l’ajout de litière de sable permettront à eux seuls d’augmenter la production laitière par vache et d’améliorer la qualité du lait. Mais autant les producteurs que leur vétérinaire sont convaincus que le Herd Navigator est le bon choix pour eux.
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Bœuf par Marie-Josée Parent, agronome
Les efforts de la mise en marché photo : Marie-Josée Parent
D
Gail et Stefan Steiner récoltent aujourd’hui les fruits des efforts déployés depuis dix ans dans la mise en marché de leur produit.
ix ans après la crise de la vache folle, la Ferme Bayview de Lochaber, en Outaouais, récolte les fruits de sa conversion vers la vente directe de viande de bœuf aux consommateurs. Pour les propriétaires, Gail et Stefan Steiner, de même que leur famille, ce mode de mise en marché leur a permis d’obtenir et de maintenir la qualité de vie qu’ils recherchaient. Mai 2003, tout le milieu bovin canadien retient son souffle. L’équivalent d’une bombe vient de s’abattre sur l’industrie. Un premier cas de vache folle est révélé. Premier importateur de bœuf canadien, les États-Unis ferment leur frontière au bœuf canadien. Fils de producteur laitier et bovin, Stefan Steiner vient tout juste d’acheter, avec Gail, le site de la ferme Bayview, laissant à son frère
Mettre en marché son produit est un travail de longue haleine qui rapporte des bénéfices intéressants.
Tom la ferme laitière Black Bay. Leur projet initial est de développer la mise en marché de leur produit. La crise de la vache folle accélère sa réalisation. « Nous avons acheté en avril et 50 jours plus tard, il y avait la vache folle, se rappelle Stefan Steiner. Nous avions des bouvillons à vendre. Il fallait réagir avant que ce soit trop dur. » Ils décident de faire des petites boîtes familiales qu’ils vendent à leurs connaissances. Ce n’est toutefois qu’une petite partie de la viande produite par leur troupeau de 70 vaches qui est vendue de la sorte. Dès 2003, l’idée initiale est de produire un bœuf naturel, sans antibiotiques et sans hormones. « Pour avoir un meilleur prix, il faut que ce soit différent de ce qu’on retrouve en magasin », explique Stefan Steiner. Le Bulletin des agriculteurs
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Nombre de kilos de grains consommés
Si dix ans plus tard, l’entreprise des Steiner est toujours active, c’est parce qu’ils sont économes et qu’ils ont le sens de l’innovation. À l’époque, les trois enfants sont jeunes, entre cinq et dix ans. Gail Steiner veut travailler à la ferme. Pour cela, il faut que la ferme puisse les faire vivre. Avec les années, ils achètent de nouvelles terres et augmentent leur troupeau. Les achats sont soigneusement calculés. Pour eux, il n’est pas question d’avoir une entreprise trop endettée. L’argent pour les terres est emprunté, mais remboursé le plus rapidement possible. « Si une dette rapporte de l’argent, c’est correct », indique l’éle-
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veur. La machinerie est achetée usagée et payée comptant. Les achats sont effectués graduellement. Détenant une formation de soudeur, Stefan Steiner fabrique de nombreux outils et réalise lui-même les aménagements. Les vaches sont achetées au comptant. La ferme compte aujourd’hui un troupeau de près de 120 vaches et 243 ha (600 acres) de terres. « On n’a pas fait beaucoup d’argent, mais on n’en a pas perdu », raconte Stefan Steiner. Le couple vise à faire le plus d’argent possible avec leurs ressources, tout en conservant leur qualité de vie. Les vêlages ont lieu en deux temps – printemps et automne – afin de stabiliser l’approvisionnement des marchés à l’année. Les animaux ont accès au pâturage de mai à la fin novembre, parfois en décembre. Les pâturages sont en rotation tous les trois jours. Le temps de repos est de 60 jours entre chaque broutage dans chacune des 20 parcelles. La ferme Bayview a une entente avec Canards Illimités pour la paissance des animaux. C’est à cet endroit qu’est le plus important pâturage, 100 des 120 ha (250 des 300 acres) en pâturages. Cette terre a l’inconvénient d’être à 17 km de la ferme. Pour réduire les coûts, ils ont importé une minuterie pour pâturages de Nouvelle-Zélande.
< Ingénieux, Stefan Stainer a modifié un diable pour faciliter le transport des quartiers de carcasses. Même le personnel de l’abattoir a été impressionné.
< Les Steiner ont choisi les races anglaises, parce qu’elles sont plus petites et plus rustiques. > La ferme Bayview est une entreprise familiale où les enfants ont une place importante. Sur la photo : Meghan, Gail, Stefan, Matthew et Devin.
PHOTOS : MARIE-JOSÉE PARENT, FERME BAYVIEW
> Cette minuterie importée de Nouvelle-Zélande permet de changer les vaches de parcelles, sans devoir se déplacer au champ.
Après trois jours, la minuterie se déclenche et décroche la poignée de la clôture électrique. Les animaux peuvent alors passer dans la parcelle voisine où, c’est bien connu, l’herbe est toujours plus appétissante. Stefan Steiner peut donc s’y rendre une fois pas semaine tout en assurant une rotation tous les trois jours. Chaque parcelle a son abreuvoir. Pour les injections, Stefan Steiner utilise une arbalète. Cet outil permet d’injecter la dose requise sans devoir isoler l’animal du troupeau. Tout cela même si le pâturage de Canards Illimité a un corral. « Il faut être efficace, affirme le producteur. Si tu isoles et que tu amènes un animal au corral, après ça, oublie ça. Il ne veut plus rien savoir. » En plus des pâturages, la ferme Bayview a 140 ha (350 acres) en cultures. On y récolte du soya sur 40 ha (100 acres) qui est vendu, ainsi que du maïs, de l’ensilage et du foin.
Performer Obtenir de bonnes performances est important, mais pas à n’importe quel coût. L’important est ce que la vache rapporte monétairement, ce n’est pas d’obtenir des records de rendements. Pourtant, la ferme Bayview se défend bien de ce côté. Fait très rare en production bovine au Québec, tous les veaux sont pesés à l’entrée et à la sortie du pâturage. Et cela, depuis le pâturage de Canards Illimités, il y a
11 ans. « Je sors entre 2,4 lb et 2,7 lb de gain par jour, précise Stefan Steiner. Je pourrais avoir mieux, mais à quel coût ? » Gail et Stefan Steiner ont opté pour des races anglaises, principalement la Angus. Ces races sont résistantes au froid, demandent moins d’entretien et sont plus dociles. Et puis, en finition, elles donnent une viande persillée avantagée pour la mise en marché. La race Angus, en particulier, est plus facile à vendre. « C’est la mode », disent les éleveurs.
Marketing En ce qui a trait au marketing, Gail et Stefan Steiner ont opté pour une alimentation à l’ensilage et à la moulée pour les bouvillons en finition. « C’est pour avoir une finition égale, explique Stefan Steiner. Nous voulons que, d’une fois à l’autre, ça goûte la même chose. » Les aliments sont analysés et pesés. Le gain de poids des veaux à l’étable est de 2,5 lb par veau par jour. Ils sont abattus entre 12 et 18 mois à quelques kilomètres de là, à Thurso, un abattoir sous inspection provinciale. En plus de vendre des boîtes aux consommateurs, Gail Steiner a fait le tour des bouchers de la région pour les inciter à vendre leur produit. Au début, ils n’en voulaient pas. Un premier boucher décide d’en prendre. Puis, le bouche à oreille fait son œuvre. Pas question d’investir en publicité. C’est trop dispendieux pour ce que ça rapporte, selon les éleveurs. Le site Web (bayviewfarm.ca) a, par contre, un bel achalandage. Il y a deux ans, les producteurs ont fait le grand saut en aménageant le garage en magasin. Ils ont acheté un grand congélateur vitré de 2,5 m x 3 m (8 pi x 10 pi). Ils l’ont installé à l’intérieur du bâtiment et joliment aménagé l’intérieur avec des murs en bois vernis. Ils y vendent leur bœuf, mais aussi quelques produits d’autres producteurs locaux et les 100 poulets que la gestion de l’offre leur permet de produire. En 2013, les affaires vont bien. De 40 % à 50 % de leur bœuf est vendu dans leur magasin. « Avec la grandeur de ferme qu’on a maintenant, ça va très bien », résume Stefan Steiner. Le Bulletin des agriculteurs
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VOICI DENAGARD 10% Les porcs s’entendent tous sur un point : la haute note accordée à Denagard® 10%. Pourquoi? Parce que ce nouvel antibiotique curatif offre encore plus d’options thérapeutiques dans un seul sac que jamais auparavant. Denagard 10% est le seul produit présentement homologué pour le traitement des principales maladies entériques et respiratoires. Denagard 10% est approuvé pour le traitement de la colite, de l’iléite et de la pneumonie enzootique, en plus du traitement et de la prévention de la diarrhée porcine. Et parce qu’il est offert sous forme de prémélange, le nouveau Denagard 10% est facile à inclure dans la ration. Pas étonnant que les porcs et les producteurs lui accordent un 10 sur 10.
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Volaille par Marie-Josée Parent, agronome
Plus de confort grâce à l’infrarouge L’utilisation d’une technologie qui mesure la température en de multiples endroits, la thermographie infrarouge, permet d’apporter un meilleur confort dans les élevages de volaille.
Dans cette image, prise avec une caméra infrarouge, on peut voir la répartition inégale de la chaleur du poulailler. Les températures plus chaudes sont blanches et rouges. La température tiède est verte. Le bleu pâle est à la température de la pièce. Le bleu foncé à noir démontre les pertes de chaleur.
Le Bulletin des agriculteurs
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PHOTOS : DANIEL VENNE
C
omme vétérinaire avicole, Daniel Venne du Couvoir Scott voit plus souvent des oiseaux malades que des élevages en santé. Pour mieux comprendre, il a décidé d’aller voir ce qui se passe lorsqu’un élevage se porte bien. Sur place, il a remarqué que les oiseaux ne sont pas répartis également sur le plancher. Parfois même, les poussins se tiennent loin des bacs d’alimentation et d’abreuvement de départ. En utilisant une caméra infrarouge, il a remarqué que même si la température mesurée par la sonde de température semble bonne, en réalité, la température varie beaucoup dans un poulailler. Instinctivement, l’oiseau choisit l’endroit où il se sent bien, délaissant les zones trop chaudes ou trop froides. S’il n’y a pas d’eau ou de nourriture à cet endroit, l’oiseau n’obtiendra pas la production désirée, gain de poids ou production d’œufs. S’ils ont trop chaud à leur arrivée, les poussins vont mourir rapidement. S’il fait trop froid, ils
Co. Inc.
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Du côté des entrées d’air, la température est plus froide. Les oiseaux y ont droit à quelques grammes de moulée de plus. vont mourir aussi, mais plus tard. Dans les 48 premières heures, la température ambiante d’un élevage de poulets à l’endroit où les oiseaux sont situés doit être entre 32 °C et 32,5 °C (92 °F) pour limiter la mortalité. « Dans un poulailler, la zone de confort peut varier de 88 °F à 102 °F (31 °C à 39 °C), affirme Daniel Venne. Le comportement des oiseaux ne reflète pas ce qu’indique la sonde. » Or, il n’y a bien souvent que trois ou quatre sondes par parquet. La température a toujours été importante en élevages de poulets. « Même dans les années 1930, on savait que la température était importante », raconte Daniel Venne. Les gens de l’époque utilisaient des thermomètres au mercure. Dans les années 1990, le Couvoir Scott s’était doté d’un thermomètre infrarouge. Mais l’appareil ne prenait qu’une lecture. Depuis 2006, une caméra infrarouge prend 19 000 lectures en une seule fois. L’outil est très visuel. La caméra infrarouge produit une image en couleurs. Chaque couleur correspond à une température précise. Il permet également de superposer l’image produite par l’infrarouge sur une photo réelle afin de mieux comparer la température avec l’environnement réel. Daniel Venne utilise l’appareil pour mieux comprendre le comportement des oiseaux et pour faire des recommandations en aménagement et en régie d’élevage.
Avis aux producteurs sur l’utilisation responsable des caractères Monsanto Company est membre du groupe Excellence Through StewardshipMD (ETS). Les produits de Monsanto sont commercialisés conformément aux normes de mise en marché responsable de l’ETS et à la politique de Monsanto pour la commercialisation des produits végétaux issus de la biotechnologie dans les cultures de base. L’importation de ce produit a été approuvée dans les principaux marchés d’exportation dotés de systèmes de réglementation compétents. Toute récolte ou matière obtenue à partir de ce produit ne peut être exportée, utilisée, transformée ou vendue que dans les pays où toutes les approbations réglementaires nécessaires ont été accordées. Il est illégal, en vertu des lois nationales et internationales, d’exporter des produits contenant des caractères issus de la biotechnologie dans un pays où l’importation de telles marchandises n’est pas permise. Les producteurs devraient communiquer avec leur négociant en grains ou acheteur de produit pour confirmer la politique de ces derniers relativement à l’achat de ce produit. Excellence Through StewardshipMD est une marque déposée de Excellence Through Stewardship. VEUILLEZ TOUJOURS LIRE ET SUIVRE LES DIRECTIVES DES ÉTIQUETTES DES PESTICIDES. Les cultures Roundup ReadyMD possèdent des gènes qui leur confèrent une tolérance au glyphosate, l’ingrédient actif des herbicides RoundupMD pour usage agricole. Les herbicides Roundup pour usage agricole détruiront les cultures qui ne tolèrent pas le glyphosate. La technologie du traitement de semences AcceleronMD pour le maïs est une combinaison de quatre produits distincts homologués individuellement qui, ensemble, contiennent les matières actives métalaxyl, trifloxystrobine, ipconazole et clothianidine. La technologie du traitement de semences AcceleronMD pour le canola est une combinaison de deux produits distincts homologués individuellement qui, ensemble, contiennent les matières actives difénoconazole, métalaxyl (isomères M et S), fludioxonil, thiaméthoxam et Bacillus subtilis. Acceleron et le logoMD, AcceleronMD, Genuity et le logoMD, les symboles Genuity, GenuityMD, Refuge Intégral et le logoMD, Refuge IntégralMD, Roundup Ready 2 Technologie et le logoMC, Roundup Ready 2 RendementMC, Roundup ReadyMD, Roundup TransorbMD, Roundup WeatherMAXMD, RoundupMD, SmartStax et le logoMD, SmartStaxMD, TransorbMD, TruFlexMC, VT Double PROMD, YieldGard VT Chrysomèle/RR2MC, YieldGard Pyrale et le logo et YieldGard VT TripleMD sont des marques de commerce de Monsanto Technology LLC. Utilisation sous licence. LibertyLinkMD et le logo de la goutte d’eau sont des marques de commerce de Bayer. Utilisation sous licence. HerculexMD est une marque déposée de Dow AgroSciences LLC. Utilisation sous licence. Respectez Les Refuges et le logo est une marque déposée de l’Association canadienne du commerce des semences. Utilisation sous licence. ©2013 Monsanto Canada Inc.
RESPECTEZ REFUGES
Avant d'ouvrir un sac de semence, vous devez lire, comprendre et accepter les pratiques d'utilisation responsable, incluant les règles applicables aux refuges pour la gestion de la résistance des insectes, des caractères biotechnologiques exprimés dans la semence, tel que stipulé dans l'Entente de gestion responsable des technologies de Monsanto que vous signez. En ouvrant le sac et en utilisant la semence qu'il contient, vous acceptez de vous conformer aux principes d'utilisation responsable en vigueur.
LES
Semer des refuges. Préserver la technologie. MD
40 juillet-août 2013
Date: June 19/2013 Docket #: 4038
Le Bulletin des agriculteurs
Production Artist: Sheri
Title: LBdA-LCA00426 4038-MON _Legal_JulyAug
Final dimensions: 3.375” x 3.875”
App: Indd CS5
Comprendre l’oiseau Durant leur première semaine de vie, les poussins produisent peu de chaleur. Celle-ci doit leur être fournie. En grandissant, les poulets en produisent. L’apparition des plumes limite les pertes de chaleur. Plus le poulet croît rapidement, plus il produit de la chaleur. Il faut alors baisser la température et évacuer la chaleur produite par les oiseaux. Lorsque la température ambiante est chaude au point de ne plus permettre à l’oiseau de maintenir une température corporelle idéale, il commence à haleter. Si vous remarquez que les oiseaux ont le bec ouvert, c’est qu’ils ont trop chaud. Pour l’oiseau, c’est une façon d’évacuer de l’humidité, donc de la chaleur, mais aussi de perdre du gaz carbonique et d’entraîner un pH trop haut. L’oiseau cherche alors à rééquilibrer le pH au niveau des reins, ce qui aura un effet sur la consommation d’eau et la qualité des litières. C’est une question de chimie corporelle de l’oiseau.
Équipements Plusieurs équipements affectent la température ambiante. Les unités de chauffage jouent un rôle important dans la répartition inégale de la chaleur dans le poulailler. À proximité, il fait plus chaud. Selon le type de chauffage, les zones de confort des oiseaux vont changer. Avec des couveuses conventionnelles, les zones de confort sont circulaires juste au-dessous. Avec un chauffage à l’eau chaude, la zone de confort longe le mur du bâtiment dans le sens de la longueur. Avec les tubes radiants, les zones de confort suivent une ligne dans le sens de la longueur du bâtiment, avec une zone d’inconfort à l’extrémité. Il fait trop chaud à l’entrée du gaz. « Il faut éviter de mettre des équipements dessous », explique Daniel Venne. Avec les planchers chauffants, les oiseaux sont confortables, même si la température ambiante est fraîche. « L’important, ce n’est pas la température ambiante, mais ce que l’oiseau ressent », explique Daniel Venne. L’utilisation de la caméra infrarouge permet de vérifier tout cela. Dans les poulaillers, il fait plus froid du côté des entrées d’air que du côté des sorties d’air. Dans les élevages de reproducteurs, le Couvoir Scott s’est servi de cette information fournie par la caméra infrarouge pour installer des filets, afin de séparer les oiseaux du côté frais d’avec les poules et coqs logés du côté chaud. Même avec une légère baisse de température, les oiseaux doivent manger un peu plus pour combler leurs besoins d’entretien. La quantité supplémentaire est minime, mais nécessaire. Le filet empêche les oiseaux du côté chaud d’aller manger la nourriture plus abondante du côté plus frais. D’autres éléments sont constatés grâce à l’infrarouge. La température diffère selon l’étage. Les murs peuvent avoir perdu de l’isolant au fil des ans. Des obstacles,
Due Date: June 19/13
Pub: Le Bulletin des Agricultuers Contact: Linda Correy Images:
Hi-Rez
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Daniel Venne promène sa caméra partout afin de s’assurer du meilleur confort des oiseaux ou des œufs d’incubation. Le voici en train de vérifier le chargement de poussins, en route pour l’élevage.
PHOTOS : MARIE-JOSÉE PARENT
Cette photo démontre bien la comparaison entre l’image produite par la caméra infrarouge et le réel.
comme les poteaux, peuvent affecter la répartition de chaleur. Il faut y penser quand on installe les sondes. Elles doivent être installées le plus près possible des oiseaux dans la zone de confort. L’air n’est pas à la même température plus près du sol. La caméra permet aussi de voir l’effet de refroidissement produit par un système de brumisation.
Recommandations Muni de sa caméra, Daniel Venne a pu faire des recommandations à des éleveurs. Il a notamment remarqué que dans un poulailler, seulement trois tétines étaient dans la zone de confort des poussins. Plutôt que de faire de beaux aménagements d’alimentation et d’abreuvement bien droits pour l’arrivée des poussins, il a recommandé
des aménagements qui semblent plus erratiques, mais qui respectent les zones de préférence des oiseaux. Il a dessiné sur la litière les zones de confort des oiseaux que l’éleveur n’avait, par la suite, qu’à suivre lors de l’arrivée des poussins. Dans un autre élevage, il a compris pourquoi la vaccination des oiseaux fonctionnait moins bien sur un étage plutôt que l’autre. Il a modifié le protocole pour faire passer l’opérateur de l’autre côté des poteaux. Dans ce cas, la caméra a servi d’outil de vulgarisation. Au couvoir, Daniel Venne a fait poser une barre d’arrêt au plancher pour empêcher les ouvriers de coller le chariot d’œufs au mur. La caméra avait révélé que ce mur est trop froid. Définitivement, la caméra infrarouge permet, en production avicole, d’apporter un plus grand confort et de mieux produire. Le Bulletin des agriculteurs
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info élevages par Marie-Josée Parent, agronome, et Alain Fournier, agronome, M.Sc.
Une certification « exempt de SRRP » Un récent sondage mené auprès de producteurs de porcs de l’ouest du Canada a démontré que la plupart croient qu’il en coûterait peu cher d’élever des porcs exempts de SRRP, mais que leurs animaux vaudraient beaucoup plus. Un projet pilote de certification de troupeaux exempts de SRRP conduit dans l’Ouest canadien par le Bureau de développement du porc de la Saskatchewan en 2011 et 2012 a soumis aux fournisseurs de porcs vivants un protocole de certification de leurs animaux pour qu’ils soient exempts de SRRP. Le projet visait à évaluer le coût de participation, l’attitude des producteurs face à ce programme, l’intérêt des producteurs de payer pour la certification et les répercussions globales du marché de la viande. Près de 2000 producteurs ont été questionnés. Il en coûterait environ 11 cents par porc pour un élevage de type naisseur-finisseur de 600 truies. Seulement 15 % des répondants croient que le programme de certification diminuerait leurs coûts de vérification du SRRP. Toutefois, 58 % des répondants croient que les animaux certifiés vaudraient beaucoup plus, alors que 42 % croient que les animaux vaudraient le même prix. La valeur du programme n’est donc pas une diminution du coût de vérification du SRRP, mais dans une plus grande valeur des animaux exempts. De tous les marchés de la viande, seules l’Australie et la Nouvelle-Zélande restreignent l’importation de viande de porcs positifs au SRRP. La plus grande valeur associée aux animaux exempts est davantage sur les marchés d’animaux vivants. Source : Farmscape
La digestibilité des fourrages, donnée très variable! En production laitière, des fourrages digestibles sont un gage d’économie en alimentation, d’amélioration de productivité et de santé du troupeau. Plusieurs facteurs affectent ce paramètre. L’espèce végétale a un impact important sur la digestibilité des fourrages. Ainsi, les légumineuses contiennent moins de fibre NDF (43,5 %) que les graminées (56,9 %), ce qui facilite une plus grande ingestion de légumineuses que de graminées par les ruminants. Par contre, la fibre des légumineuses est moins digestible que celle des graminées en raison d’une plus grande quantité de lignine dans leurs parois cellulaires que les graminées (voir la figure 1). La digestibilité est aussi influencée par la saison, comme le démontre la figure 1. La saison 2009 a produit en général des fourrages plus digestibles que les trois autres saisons. Des facteurs liés à la température, l’ensoleillement et l’humidité permettent d’expliquer cette situation. Une saison fraîche est plus propice à la production de fourrages plus digestibles qu’une saison chaude. Figure 1 : Variation de la digestibilité in vitro sur 30 heures de la fibre NDF durant quatre saisons pour des ensilages de légumineuses et de graminées.
Une période ensoleillée avant la coupe favorise une meilleure digestibilité qu’un temps couvert. Des conditions sèches avantagent également la digestibilité des plantes, car le manque d’eau favorise une plus grande proportion de feuilles par rapport aux tiges. Puisque la température change au courant de la saison, il n’est pas étonnant que le climat influence considérablement la digestibilité des fourrages au cours des coupes, comme démontré à la figure 2. Puisque la deuxième coupe est récoltée en juillet, la température plus chaude de ce mois affecte la digestibilité à la baisse comparativement aux autres coupes. La température plus fraîche de l’automne favorise une meilleure digestibilité, si les conditions sont ensoleillées, comme démontré à la figure 2. L’avancement de maturité des plantes fourragères jusqu’au solstice d’été (entre le 20 et le 22 juin), lorsque la durée d’ensoleillement s’accroît avec le temps, occasionne une diminution rapide de la digestibilité des fibres. Après le solstice, cette baisse de digestibilité est moins rapide. Il est cependant recommandé de continuer à couper les plantes au stade bouton pour la luzerne et gonflement pour les graminées. Bonne coupe ! Figure 2 : Variation de la digestibilité in vitro sur 30 heures de la fibre NDF au court de quatre coupes pour des ensilages de légumineuses et de graminées.
Protéine brute : 15,8 % et fibre NDF : 56,9 %
Digestibilité de la fibre NDF sur 30h
Digestibilité de la fibre NDF sur 30h
Graminées
65 60
Légumineuses
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Protéine brute : 22,1% et fibre NDF : 43,5 %
50 45 2008
2009
2010
Laboratoire Dairy One 42 juillet-août 2013 Le Bulletin des agriculteurs
2011
Graminées
65 60 55
Légumineuses
50 45 coupe 1
La Coop fédérée
coupe 2
coupe 3
coupe 4
Plus goûteux, les bouvillons au pâturage? Des consommateurs informés du mode d’élevage des bouvillons au pâturage ont une meilleure perception de la qualité de la viande. Un étudiant au doctorat à l’Institut de recherche agricole du Chili, Rodrigo Morales, a conduit un sondage dans deux grandes villes de son pays. Il voulait évaluer si les attentes pouvaient améliorer ou dégrader la perception d’un produit, avant même qu’il ne soit dégusté, et si l’information peut modifier les attentes des consommateurs de bœuf et influencer leurs décisions d’achat. Dans un premier temps, il a demandé à 204 consommateurs d’évaluer deux viandes de bœuf, l’une d’animal élevé au pâturage et l’autre d’animal en parc d’engraissement. Dans un deuxième temps, il a informé les consommateurs sur le mode d’élevage du bœuf qu’ils allaient consommer. Il leur a demandé s’ils pensaient pouvoir aimer ces viandes. Puis, ils leur a fait goûter et leur a demandé d’attribuer une note à la viande. L’information change positivement la perception sensorielle du produit. Le bœuf fini sur pâturage a une acceptabilité organoleptique similaire à celui qui est fini en parc d’engraissement. Cependant, les consommateurs associent l’élevage au pâturage à une viande de meilleur goût, malgré un persillage moins élevé. Il serait donc important de considérer cet aspect lors de l’étiquetage et la mise en marché du bœuf nourri à l’herbe.
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Source : Conférence Andréanne Martin, Direction régionale de la Mauricie, MAPAQ, Est-ce que les bouvillons élevés au pâturage paraissent plus goûteux ?
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Nieboer Farm Supplies Nobleford, (403) 824-3404 Edmonton Kubota Edmonton, (780) 443-3800 Kubota Country Fairview, (780) 835-5515 COLOMBIE-BRITANNIQUE Meinen Brothers Agri Services Agassiz, (604) 796-3820 NOUVEAU-BRUNSWICK Valley Sales & Service Ltd. St-André, (506) 473-3439
Il est possible de sélectionner la volaille dans le but de produire des lignées excrétant moins d’azote et de phosphore dans l’environnement, sans nuire aux performances de croissance, de poids ou de qualité de la viande. Telle est la conclusion d’une recherche menée à l’Institut national de recherche agronomique (INRA), en France. Les chercheurs ont comparé deux lignées, l’une avec une énergie métabolisable apparente corrigée pour la teneur en azote (EMAn) élevée et l’autre basse. Cette valeur est utilisée dans les tables de valeurs nutritives. Une troisième lignée (lignée témoin) a servi à vérifier le potentiel d’amélioration génétique. Elle était à la base de la sélection des deux autres. Les chercheurs ont évalué l’excrétion et les données de performance des jours 4 à 53. La lignée avec une EMAn élevée excrétait de 13 % à 30% moins d’azote et de phosphore que les oiseaux dont cette valeur était basse, et de 12 % à 19% moins élevés que la lignée témoin. Les chercheurs croient que cette différence serait due au développement du tractus digestif. Dès le jour 7, ils avaient en effet noté une différence à ce niveau. À 23 jours, la différence du duodénum, une partie du petit intestin, serait à son maximum. À l’âge d’abattage, le poids corporel, la poitrine et taux de gras, puis la couleur de la viande étaient similaires entre les oiseaux ayant une EMAn élevée et les oiseaux témoins. Cependant, les oiseaux ayant une EMAn faible étaient plus gras que les deux autres lignées. Le pH était de 1 % à 2% plus élevé chez les oiseaux témoins que les autres. Source : Journal of Animal Science
MACHINERIE par Nancy Malenfant
LA SOUS-SOLEUSE contre le mal des profondeurs PHOTO : MARCO BROUILLARD
On préférerait ne jamais avoir à l’utiliser, mais quand la compaction limite la productivité, la sous-soleuse peut s’avérer une précieuse alliée… à condition de bien s’en servir.
Pour exécuter un sous-solage efficace, le tracteur doit avoir une bonne traction, le sol doit être sec et on doit bien ajuster l’équipement.
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es champs qui n’en finissent plus de s’égoutter après une pluie. Des cultures qui croissent de façon inégale. Des racines qui s’étendent seulement en surface. Des opérations de travail du sol qui demandent plus de puissance. Tous ces symptômes parlent et pointent ensemble vers cet insidieux mal des profondeurs : la compaction. Selon André Rodier, responsable de comptes chez Kverneland Group, un producteur le sait généralement s’il a pu créer un problème de compaction. « Par exemple, si un agriculteur a de grandes superficies, il est possible qu’il ait été obligé de circuler avec de l’équipement lourd et de récolter une partie des surfaces dans des conditions de sol non optimales », indique-t-il. LE BULLETIN DES AGRICULTEURS
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Le Bulletin des agriculteurs
Alma Centre du Sport Lac Saint-jean 1 877 270-0161 Château-Richer AS Moto 418 824-5585 La Sarre Location Lauzon 819 333-2485 Louiseville Clément Motos 819 228-5267 Plessisville Moto Performance 2000 819 362-8505 Québec Centre de la Moto Vanier 418 527-6907 Rivière-du-Loup Pelletier Moto Sport 418 867-4611
Saint-Anselme Équipements Lacasse et fils 418 885-4754 Saint-Basile Equipements Frenette 418 329-2870 Saint-Casimir Sport Plus Saint-Casimir 418 339-3069 Saint-Hyacinthe Moto Expert Sainte-Rosalie 450 799-3000 Saint-Michel Génération Sport 450 454-9711 Saint-Pacôme Tech Mini-Mécanique 418 852-2922 Saint-Prime Centre du Sport Lac St-Jean 1 877 270-0162
* À l’achat de certains produits. Voir votre concessionnaire pour plus d’informations. ** À l’achat d’une Mule de Kawasaki. Certaines conditions s’appliquent. Voir votre concessonnaire pour plus d’informations. La conduite des VTT peut être dangereuse. L’âge recommandé pour conduire la Mule 4x4 XC est de 16 ans. Les concessionnaires Kawasaki recommandent que tout conducteur de VTT suive un cours de formation. Pour obtenir des renseignements au sujet de la sécurité et de la formation, consulter un concessionnaire. Pour votre sécurité, toujours porter un casque, une protection pour les yeux et des vêtements protecteurs et éviter la vitesse excessive.
E
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Dans le doute, mieux vaut s’abstenir
Même si tout indique que le sol est compacté, il importe néanmoins de confirmer le diagnostic avant de passer à l’action. Non seulement pour savoir s’il est pertinent de sortir l’artillerie lourde, mais aussi pour déterminer à quelle profondeur il faudra sous-soler si c’est le cas. Avec une tige d’acier ou une sonde enfoncée dans le sol à différents endroits au champ, on pourra valider qu’il existe une résistance à la pénétration. Un profil cultural réalisé ensuite servira à évaluer l’état de la compaction. En creusant une tranchée et en vérifiant à l’aide de la pointe d’un couteau que l’on enfonce dans la paroi à différentes profondeurs, on peut localiser la couche compacte. C’est 10 cm en dessous de cette zone dense que doit être fixée la profondeur de travail de la sous-soleuse. Cependant, si l’horizon de sol compacté se trouve à moins de 20 cm de profondeur, on optera pour un instrument de travail primaire, comme le chisel ou la charrue, plutôt que pour la sous-soleuse. Par ailleurs, il ne sert à rien de sous-soler si les pratiques culturales à l’origine de la compaction ne sont pas modifiées. Par exemple, si on passe année après année avec de l’équipement lourd, que l’on laboure toujours à la même profondeur ou que l’on entre souvent au champ avec la machinerie dans de mauvaises conditions, on recréera sans cesse le même problème. Il est aussi inutile de sous-soler si le champ est mal drainé à la base, déclare Anne Weill, conseillère en innovation au Centre d’expertise et de transfert en agriculture biologique et de proximité (CETAB). « Il faut régler le problème de drainage avant », soutient-elle.
Le sous-solage contribue à l’aération du sol, à l’infiltration de l’eau et à la pénétration des racines. Les racines sur ces deux images descendent dans le profil grâce aux passages créés par la soussoleuse.
En creusant une tranchée et en vérifiant à l’aide de la pointe d’un couteau que l’on enfonce dans la paroi à différentes profondeurs, on peut localiser la couche compacte.
Les sous-soleuses seront en démonstration lors de la prochaine édition d’Expo-Champs qui aura lieu à Saint-Liboire, en Montérégie, les 27, 28 et 29 août prochains.
PHOTO : GEORGES LAMARRE
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PHOTOs : ANNE WEILL
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S’il n’y avait qu’une seule condition à respecter pour soussoler, ce serait de s’assurer que le sol soit sec. Non seulement en surface, mais aussi en profondeur, jusqu’où la machine ira décompacter. Si l’on ne respecte pas cette condition, on risque de créer du lissage et ainsi générer un problème pire qu’à l’origine. Plus la terre est sèche, plus les probabilités d’obtenir une bonne fracturation du sol sont élevées. Anne Weill explique : « Quand le sol est sec, la dent avance et craque le sol en le faisant monter vers le haut. S’il est humide, la dent ne fait que le tasser de chaque côté. » Comme un couteau dans du beurre. De ce fait, la période idéale pour réaliser des travaux de sous-solage se situe généralement vers la fin de l’été et le début de l’automne. C’est le moment de l’année où la réserve d’eau dans le sol est à son plus bas. Le mieux est de le prévoir dans la rotation. Ainsi en prévision d’un passage de sous-soleuse, on peut privilégier une culture de conserverie ou de céréale qui sera récoltée tôt et permettra de procéder aux travaux dans des conditions de sol optimales. Pour la même raison, la plupart des intervenants déconseillent de sous-soler à la suite d’une récolte de soya ou de maïs. Les pluies de l’automne auront souvent contribué à rendre le sol trop humide dans la couche à travailler. Cette règle n’est cependant pas absolue. Tout dépend de la pluviométrie de la saison puisqu’il est parfois possible que le tracteur ait une bonne traction et que le sol soit suffisamment sec et friable même à l’automne.
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48 JUILLET-AOÛT 2013
LE BULLETIN DES AGRICULTEURS
Le sous-solage jumelé à un semis d’engrais vert constitue une excellente combinaison pour maximiser l’effet de la décompaction. Les racines de l’engrais vert vont coloniser les fissures créées par la soussoleuse. Il est aussi possible d’appliquer du fumier et de chauler avant le sous-solage. « La chaux et la matière organique ont une action structurante », soutient Georges Lamarre, ingénieur au MAPAQ à SainteMartine. Quant à l’action du gel et du dégel, elle constitue un allié naturel et gratuit contre la compaction. Pour un travail efficace, le tracteur doit avoir une bonne traction. Le sens du passage revêt aussi une grande importance. Laurent et Marco Brouillard du fabricant de machinerie La Sole conseillent de travailler en angle de 20 à 45 degrés par rapport aux drains. « Ceci permet à l’eau de s’insérer dans la fissure et de se rendre aux drains plus rapidement. » Si le champ ne comporte pas de drainage souterrain, on recommande de travailler perpendiculairement ou en diagonale par rapport à la pente. L’important est d’éviter de créer des zones d’où l’eau ne pourrait s’évacuer ou, inversement, de créer des canaux favorisant l’écoulement préférentiel et l’érosion.
Ajuster, creuser et réajuster Une fois le profil de sol établi et la profondeur de la zone compacte déterminée, il s’agit d’ajuster la machine à la bonne profondeur de travail à l’aide du relevage hydraulique du tracteur et de la mettre au niveau en ajustant la longueur du 3-points. Le châssis de l’équipement doit être positionné parallèlement au sol pour s’assurer que le travail soit uniforme. Pour procéder à cet ajustement, la soussoleuse doit être en position de travail. Quand on commence les travaux de décompaction, il faut avoir une pelle à portée de la main pour valider la profondeur et l’efficacité du sous-solage. Un bon travail de
fracturation engendrera la formation de blocs et un ameublissement du sol sur toute la largeur entre les dents. Sinon, il faudra ajuster l’écartement entre les étançons ou changer la pointe employée. Anne Weill a constaté que de travailler à une profondeur insuffisante est une erreur se produisant fréquemment. « Le producteur croit parfois qu’il travaille assez creux alors que ce n’est pas le cas », dit la conseillère. La vérification de la profondeur est une étape d’autant plus importante lorsqu’on fait appel à un forfaitaire pour sous-soler. On veut être certain que l’opérateur aura bien ajusté sa machine et roulera à une vitesse adéquate. Georges Lamarre explique que la vitesse d’avancement influence la profondeur du travail. « Plus on augmente la vitesse, plus la sous-soleuse aura tendance à se soulever et à sortir de terre », précise l’ingénieur du MAPAQ. Ceci est vrai avec des dents droites alors que la machine a plutôt tendance à s’enfoncer dans le sol lorsque ses dents sont courbées. Par ailleurs, si l’équipement n’avance pas assez rapidement, on n’obtiendra pas l’effet de fissuration recherché. Il est donc conseillé d’évaluer à quelle vitesse la profondeur du travail demeure uniforme et de conserver cette vitesse tout au long des travaux. On parle en général d’une vitesse de 5 km/h à 6 km/h. Dans un autre ordre d’idée, il ne faut pas négliger l’usure des pièces. Des pièces trop usées vont nuire à l’efficacité du travail sans compter que le support de la pièce peut finir par être affecté lui-même, entraînant des coûts supérieurs au simple changement de pièce. Finalement, il faut se rappeler que le sous-solage n’est pas une opération qui doit être répétée chaque année. André Rodier de Kverneland Group est formel : « En soussolant tous les ans, la compaction ne fait que descendre plus en profondeur. »
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Mieux vaut prévenir que guérir Voici quelques conseils pour prévenir la compaction : ■ Réduire le nombre de passages au champ en combinant différents travaux. ■ Utiliser des pneus plus larges à basse pression, des roues jumelées ou des chenilles. ■ Diminuer la charge par essieu des équipements. ■ Utiliser des pneus à carcasse radiale (plus grande surface de contact et meilleure traction). ■ Ne pas utiliser des pesées sur les roues du tracteur si elles ne sont pas nécessaires. ■ Éviter de circuler sur un sol humide.
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PHOTOS : KVERNELAND GROUP
Avec le système de sécurité constitué de lames à ressorts, la pression nécessaire pour le déclenchement des dents peut être augmentée en ajoutant des lames si le sol est particulièrement compact.
La forme du châssis et la disposition des dents (droit, en V ou en W) influencent la puissance de traction requise.
Décortiquer la sous-soleuse De prime abord, la sous-soleuse n’est pas un équipement complexe, mais il demeure qu’il y a plusieurs facteurs à considérer lors de son acquisition. Le premier critère à regarder est la robustesse et la solidité de l’équipement. La puissance du tracteur dont on dispose pour tirer la sous-soleuse entre aussi en ligne de compte. On doit calculer entre 40 ch et 70 ch par dent tout dépendant du type de sol et de la profondeur de travail visée. Le châssis de la sous-soleuse peut être droit ou en V. Un châssis droit est moins dispendieux, mais exige davantage de puissance de traction que celui en V. Une disposition des dents en W est aussi possible et revêt plusieurs avantages, selon Laurent et Marco Brouillard de La Sole. « Une sous-soleuse en W permet un bon écoulement des blocs de terre compactée et des résidus. Le châssis est polyvalent, car on peut y fixer divers accessoires. » Quant aux étançons, ils peuvent être droits ou courbés. L’étançon droit est plus difficile à traîner, mais perturbe moins la surface du sol que celui en forme de C. L’important est de parvenir à l’effet désiré. « On veut créer des blocs, mais en évitant de remonter trop de sous-sol à la surface », décrit Georges Lamarre du MAPAQ. Il faut aussi vérifier s’il est possible d’ajuster la largeur entre les étançons et de changer le type de pointe au bout de celui-ci. La pointe choisie peut être plus ou moins large selon le type de sol dans lequel on travaille et le degré de fracturation souhaité. On privilégiera une pointe large dans les sables et plus étroite dans les argiles. Il existe plusieurs types de mécanismes de sécurité qui provoquent le déclenchement d’une dent lorsqu’elle 50 JUILLET-AOÛT 2013
LE BULLETIN DES AGRICULTEURS
rencontre un obstacle : le déclencheur à boulon de sécurité, mécanique, à ressort ou hydraulique. Avec la dent à boulon de sécurité, il est nécessaire d’arrêter et de descendre du tracteur pour replacer la dent en position de travail. Le déclencheur mécanique demande aussi d’interrompre le travail pour réenclencher la dent, soit manuellement ou en reculant avec la machine. Avec le système constitué de lames à ressorts, l’opérateur n’a pas besoin d’arrêter puisque la dent reprend sa position initiale elle-même après être passée au-dessus de l’obstacle. La pression nécessaire pour le déclenchement peut être augmentée en ajoutant des lames si le sol est particulièrement compact. Finalement, il y a le système hydraulique qui ne demande pas non plus d’interruption du travail et dont la pression s’ajuste de la cabine du tracteur. Chaque dent est munie d’un cylindre qui agit à la fois comme un ressort et un amortisseur en étant connecté à un accumulateur hydraulique. L’achat d’une sous-soleuse ne se prête pas à la situation de tous les producteurs. Le travail à forfait ou l’achat en groupe peuvent parfois constituer de meilleures options. Pour décider quelle option convient le mieux à son cas, il peut être utile de se poser les questions suivantes : Ai-je suffisamment de superficies à décompacter pour justifier cet achat ? Les sols de ma ferme sont-ils particulièrement susceptibles à la compaction (sols lourds) ? Mon tracteur est-il assez puissant pour tirer un tel équipement ?
Machinerie
Photo : Agco
par Philippe Nieuwenhof ing. jr
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Paille, feuilles ou cosses, les résidus ont le potentiel de vous rapporter ou de vous nuire. Tout débute au cœur même de la moissonneusebatteuse et de son système de hachage et d’épandage.
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ien gérer les résidus de récolte, c’est investir dans ses rendements futurs. Épandus uniformément, ils favorisent une constance dans le taux de matière organique et de la fertilité sur toute la surface du champ. Bien hachés, ils facilitent les travaux de sol dans un système cultural de conservation en éliminant les amas et bourrages. Même l’année suivante, avec une bonne gestion, on évite des problèmes d’uniformité de séchage et de t empérature du sol. Mal épandues, les accumulations de résidus affectent la profondeur et l’émergence de semis en altérant l’opération du semoir. Le Bulletin des agriculteurs
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C.
Photo : Agco
Le hache-paille MAV de Redekop fait partie de l’offre de base pour les batteuses Claas Lexion et Agco (Massey Ferguson et Challenger).
De la même manière, l’efficacité des intrants chimiques peut souffrir dans les zones touchées. À plus long terme, les effets peuvent être cumulatifs, particulièrement dans un système de trafic contrôlé ou de conduite par GPS, qui fait en sorte que les passages de la moissonneuse se font toujours au même endroit. Les cultures en semis direct bénéficient le plus d’une bonne gestion des résidus. Toutefois, par l’enfouissement en pratique conventionnelle, on ne fait souvent que cacher le problème sans le régler. « Les résidus, de taille fine, doivent être épandus uniformément et couvrir toute la largeur de la table. On peut voir cette opération de manière analogue à l’épandage de fumier ou d’engrais », indique Frans Reijmers, directeur des ventes chez Claas.
L’importance du hache-paille Pour les monoculteurs de maïs, la gestion des résidus est simple. Les hache-pailles et épandeurs de base répondent aux besoins facilement. La culture de céréales, de canola ou de soya nécessite une approche plus complète qui est souvent négligée lors de l’achat de la moissonneuse-batteuse. À cela s’ajoute la taille toujours croissante des tables de récolte, celles de 35 pi et 40 pi n’étant plus simplement des objets de curiosité. La batteuse doit donc pouvoir épandre sur une largeur imposante qui complique la tâche. On pense généralement à la paille quand on évoque les résidus, mais la menue paille (chaff) n’est pas à négliger. Constituée des petites particules évacuées par les passes de nettoyage, elle peut aussi contenir des particules aux
effets indésirables ou de valeur nutritive bien différente pour le sol. Le canola, par exemple, produit une grande quantité de menue paille qui comporte des effets allélopathiques pouvant nuire à la germination de la prochaine culture. Le soya aussi est une plante qui produit énormément de menue paille dont l’épandage homogène se rentabilise. Un hache-paille se distingue non seulement par la qualité de la coupe, mais aussi par son efficacité. Mal entretenu et poussé à plein rendement dans une récolte abondante, il peut tirer jusqu’à 100 ch et donc affecter la performance et la consommation de carburant de la batteuse de manière significative. Des couteaux et contrecouteaux en bon état et bien aiguisés paieront rapidement leur temps d’inspection et d’entretien. Certains fabricants offrent des lames autoaiguisantes qui maintiennent leur tranchant malgré l’usure. Des lames montées en paires rapprochées favorisent une coupe plus fine et complète en couvrant chaque côté du contre-couteau. La vitesse de rotation du hache-paille moderne se situe entre 2800 rpm et 3500 rpm pour donner l’élan nécessaire aux particules afin de couvrir la largeur de la table (voir fig. A p. 56). Les lames sont parfois équipées de pales pour créer un jet d’air qui propulse la paille. Le hache-paille MAV de Redekop, entreprise canadienne basée à Saskatoon, bénéficie de pales sur les bouts du rotor qui servent exclusivement à créer ce jet d’air sur les extrémités, où la plus grande vitesse d’éjection (+150 km/h) est nécessaire. Un système similaire est utilisé par d’autres fabricants. Le Bulletin des agriculteurs
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Le Bulletin des agriculteurs
Un système complet de gestion des résidus devrait pouvoir permettre de gérer séparément la paille et la menue paille (voir fig. B p. 56). On pourrait donc andainer la paille avec ou sans épandage de la menue paille. À l’inverse, il devrait être possible de hacher la paille en y intégrant la menue paille ou en l’épandant directement. Certains systèmes permettent aussi de simplement épandre la paille sans la hacher pour faciliter le séchage avant de la presser. Pour les tables de récolte très larges, la propulsion par le rotor du hache-paille est souvent insuffisante. On y ajoute alors deux disques d’épandage pour couvrir la largeur entière. Leur entraînement est habituellement hydraulique pour un ajustement facile. Un jeu de déflecteurs ou de vannes permet d’obtenir la distribution souhaitée selon la taille des résidus et le type de récolte. Une attention aux détails et aux instructions fournies par le fabricant permet d’obtenir de bons résultats pour la majorité des conditions. Se référer au manuel d’opérateur n’est jamais une perte de temps ! L’ajustement du hache-paille commence par l’alimentation à la sortie du système de battage. Les moissonneuses rotatives ont souvent tendance à expulser la paille plus d’un côté que de l’autre. Ajuster les vannes de décharge, si présentes, pour uniformiser le flux atténue ce
Mal épandues, les accumulations de résidus affectent la profondeur et l’émergence de semis en altérant l’opération du semoir. problème (voir fig. C p. 56). La vitesse du hache-paille ou des épandeurs doit être ajustée pour couvrir toute la largeur de récolte sans l’excéder. S’arrêter de manière régulière pour inspecter les résidus à l’arrière de la batteuse pour apporter les ajustements nécessaires devrait faire partie de la routine autant que la vérification des pertes ou de la qualité de battage. La possibilité d’ajuster la distribution de chaque côté de manière indépendante permet de compenser pour les conditions venteuses ou les terrains en pente. Certains systèmes permettent de mettre en mémoire les paramètres de compensation pour automatiquement réajuster la distribution en changeant de direction au bout du champ. Sélectionner ces options à l’achat est souvent un incitatif à bien les utiliser par la suite et en retirer les bénéfices. Considérant que ce qui sort à l’arrière de la batteuse est aussi important que ce qui y entre, penserez-vous aux résidus pour la prochaine récolte ?
Même lorsque la paille est récoltée pour la litière, l’épandage de la menue paille devrait couvrir la largeur entière de la table.
ons.
Photo : New Holland
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Le Bulletin des agriculteurs
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PHOTO : NEW HOLLAND
PHOTO : CLAAS
A L’usage d’épandeurs rotatifs permet de couvrir des largeurs de coupe au-delà de 9 m (30 pi).
PHOTO : NEEDHAM AG TEHCHNOLOGIES
B Pouvoir gérer la paille et la menue paille séparément permet de s’adapter à des conditions de récolte diverses.
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C L’usure de la peinture en amont du hache-paille ou à sa sortie peut indiquer un manque d’uniformité de la distribution des résidus.
LE BULLETIN DES AGRICULTEURS
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MIEUX VIVRE par Pierrette Desrosiers, M.Ps, psychologue du travail
À quand le retour des règles de bienséance ? J’ignore si c’est l’âge, mais j’aspire à ce que les règles de bienséance puissent être réinstaurées dans nos vies. Dans le journal Les Affaires de novembre 2012, on pouvait y lire en page titre : « Maudit courriel ». Aujourd’hui, plusieurs producteurs me lancent : « Maudit cellulaire ». Tel un virus, le téléphone intelligent a largement envahi nos vies. Et bien qu’il puisse nous être utile, il peut aussi nous rendre malades en cas de surdose... La technologie a pris tellement d’ampleur que nous ne nous sommes pas dotés de lignes de conduite. Mise à part la dépendance que la technologie peut créer, phénomène dont j’ai déjà traité dans d’autres articles, le guide d’instruction du savoir-vivre ne semble pas accompagner plusieurs nouveaux outils, dont le téléphone intelligent. On dit souvent qu’en agriculture, nous avons des valeurs plus conservatrices, donc nous sommes moins enclins à suivre les tendances. Et bien dans ce cas-ci, j’espère que nous demeurerons « arriérés » pour un bout. Récemment, j’ai été témoin d’un événement qui, je dois l’avouer, m’a irritée au plus haut point. Invitée à titre de conférencière, je prenais part à un repas assise avec une brochette de dignitaires. Pendant toute la durée du repas et des brèves présentations de quelques orateurs, ces dignitaires ont occupé leur précieux temps à texter avec leur téléphone intelligent et à surfer sur leur iPad, eux qui clamaient haut et fort avoir très à cœur le futur des agriculteurs. Question de savoir-vivre, on repassera ! Nul besoin d’ajouter qu’avant le repas, les efforts pour entretenir la conversation et s’intéresser réellement aux agriculteurs étaient plus que modestes. Lorsque j’entends ces mêmes personnes prononcer des discours en insistant sur leur dévouement et leur intérêt pour l’agriculture, j’y accorde peu de valeur, tout en me répétant que « les bottines ne suivent pas les babines ».
Je peux comprendre que certaines personnes aient parfois une urgence à régler pour certains dossiers. Mais il y a quand même des limites au manque de savoir-vivre. Des limites à penser que les agriculteurs ne sont pas assez intelligents pour voir si on s’intéresse réellement à eux. Des limites à être impoli, voire grossier, malgré son statut ou son niveau d’instruction. Il y a des limites à ne pas dépasser et, lors de cette journée, certains l’ont carrément oublié.
Le guide d’instruction du savoir-vivre ne semble pas accompagner le téléphone intelligent. À cette occasion, je me suis dit : « Vous pourriez tout aussi bien nous lire le journal en pleine face et tenter du même coup de nous faire croire à quel point vous êtes intéressés ». Polis, les agriculteurs n’ont pas osé parler. J’ai, quant à moi, adressé quelques regards qui en disaient long à certains, mais soit j’étais trop subtile (selon mon conjoint mes regards sont loin d’être subtils) soit ils ne se sentaient aucunement concernés. En somme, on est bien loin du progrès escompté. Les téléphones intelligents doivent être utilisés de façon intelligente, sinon ils nous rendent stupides, nous coupent de notre présent et de nos relations avec autrui. On a souvent dit que le charisme de Bill Clinton émanait de sa capacité à être complètement présent lorsqu’il s’adressait à son auditoire. Alors, si un ancien président des États-Unis était capable d’être complètement présent avec son interlocuteur, nous pouvons toujours nous faire croire que nous, nous sommes plus occupés que lui ou plus importants !
Vous avez des commentaires ou des suggestions ? N’hésitez pas à communiquer avec Pierrette Desrosiers : pierrette@pierrettedesrosiers.com pierrettedesrosiers.com
58 JUILLET-AOÛT 2013 ■ LE BULLETIN DES AGRICULTEURS
c’est nouveau Épandeurs Sulky L’entreprise Innotag présente les nouveaux épandeurs de la gamme Sulky : X40 et X50. Cette innovation a reçu un excellent accueil lors de son lancement au SIMA de Paris édition 2013. Les épandeurs X40 et X50 se déclinent en quatre versions X40 et X50 de base ; X40 et X50 pesée (Vision WPB) à commandes électriques des trappes et contrôle de débit proportionnel à l’avancement; X40 et X50 pesée stop & go (arrêt automatique de l’épandage) incluant le système de gestion des tronçons et la barre de guidage Matrix 570, puis enfin X40 et X50 pesée Econov incluant le système de gestion des tronçons et la barre de guidage Matrix 840 GS (visualisation de la nappe d’épandage en croissant). Un avantage important de ces nouveaux épandeurs X40 et X50 est qu’ils permettent le contrôle des sections comme avec les pulvérisateurs. Innotag.com
Plus de tourteau de soya Soya Excel inc., spécialisé dans la transformation des fèves de soya, vient d’acquérir un nouvel équipement pour la production de Trituro. Cette acquisition permettra à Soya Excel d’augmenter la capacité de son usine de Belœil de 20 %. La machine, en fonction depuis le début de juin environ, est moins énergivore, donc plus économique que les machines déjà en place dans l’usine. De plus, elle a été montée selon les particularités des fèves de soya cultivées au Québec. D’ailleurs, 13 % des fèves qui passent par l’usine sont transformées en huile, contre 88 % en tourteau de soya. Ce dernier est utilisé dans l’alimentation des vaches, des porcs et des poulets. Il s’agit de la première phase d’un plan de développement de quatre étapes pour l’entreprise.
Soucy Track dévoile la chenille S-Tech 800 Soucy International inc. lance le système S-Tech 800, un tout nouveau produit s’insérant dans sa gamme de systèmes de chenilles agricoles. Parmi les nouveautés, soulignons une toute nouvelle plateforme à géométrie centrale développée à l’aide de pièces coulées. Celle-ci assure une excellente évacuation des débris en plus d’offrir la durabilité et la flexibilité auxquelles s’attendent les agriculteurs, selon Steve Fréchette, chargé de projets S-Tech 800. L’avancée technologique la plus marquante est l’ajout de tandems latéraux indépendants aux roues de support. Ces tandems permettent aux roues de suivre les irrégularités du terrain en assurant un confort inégalé, mais surtout une meilleure répartition de la charge au sol, ce qui augmente la traction, la flottaison et la durée de vie du système. Soucy Track a développé un tout nouveau système d’adaptation qui n’entraîne aucune modification au tracteur en plus de respecter ses ratios de transmission. Ceci assure la longévité du système de chenilles et du tracteur. Finalement, il y a une nouvelle chenille de caoutchouc, dont la conception et les matériaux exclusifs ajoutent au confort, à la traction et à l’endurance du S-Tech 800. Le S-Tech 800 est actuellement offert pour les tracteurs de la marque John Deere séries 8030 et 8R. À court terme, il sera également disponible pour les tracteurs des marques Case IH, New Holland et Fendt. soucy-track.com Le Bulletin des agriculteurs
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c’est nouveau Une nouvelle presse Freeman La presse Freeman 1592D SP2 est entraînée complètement de façon hydraulique jusqu’au piston plongeur qui utilise cette technologie. Même si cette machine exige un déboursé de 500 000 $ US, les éleveurs laitiers californiens prétendent que c’est justifié compte tenu des coûts galopants de l’alimentation. Il faut savoir que Freeman a déjà une bonne réputation dans la construction des grosses presses traînées en Californie. Sur la photo, on reconnaît la cabine John Deere 9000. Le moteur de 375 ch, qui vient du même endroit, est attaché à une transmission hydraulique Sauer Danfoss et alimente quatre moteurs roues Proclain directionnels pour une meilleure manœuvrabilité. Cette presse est équipée d’un GPS, d’un pèse balles et d’un détecteur d’humidité. L’accumulateur de balles est en mesure d’en recevoir jusqu’à trois de 38 po x 46 po de section et de les déposer en bout de champ. Enfin, les composantes pour la coupe directe utilisée avec le miscanthus ou le ramasseur viennent soit de MacDon Industries ou de Vermeer. dave.boschler@alliedsystems.com et gary@kelderman.com
Des lunettes c’est mieux qu’un téléphone Internet a 20 ans cette année, mais le meilleur est à venir. En effet, Google vient de lancer ses propres lunettes, mais pas n’importe lesquelles. Elles portent le nom de Google Glass et incorporent un ordinateur miniature près de l’oreille droite. Une autre grande révolution est à prévoir, autant que le téléphone intelligent qui envahit nos campagnes. Il sera possible d’enregistrer et de conserver toutes ses observations au champ sans calepin, ni crayon ou caméra. Ce bidule sera capable de photographier ce qui frappe le regard, d’y donner une référence GPS, de déballer sur le champ des informations comme le type de sol, l’historique des rendements et des intrants. Tout sera enregistré pour consultation ultérieure. Au beau milieu du champ, il sera possible d’entrer en contact avec le vétérinaire qui est dans l’étable en train de diagnostiquer un problème de santé et de lui acheminer l’historique de la vache mal en point. En chemin vers le camion, une mauvaise herbe inconnue saute aux yeux. Les lunettes comprennent la situation et donnent le nom de cet intrus et le moyen de l’éradiquer. Plus loin, c’est un insecte allongé sur une feuille de soya qui attire l’attention. La solution ne tarde pas. Dans un autre champ, un drone survole les cultures et tente d’évaluer les rendements qui s’annoncent. La météo du lendemain apparaît dans les lunettes ainsi que l’allure des marchés qui se préparent. Pour en savoir plus, visionnez google.com/glass/start/how-it-feels
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Agco accroît sa capacité de production aux États-Unis Agco investit 42 M $ US à son usine située à Jackson au Minnesota. Cette expansion étalée sur trois ans a pour objectif d’accroître la production et l’efficacité de 25 % afin de satisfaire la demande croissante des tracteurs et des équipements d’applications assemblés à cette usine. Les améliorations toucheront la fabrication des composants, les chaînes de montage des tracteurs et des outils d’application. À la fin du projet, Agco prévoit ajouter 75 nouveaux emplois portant ses effectifs totaux à cet endroit à plus de 1200 employés. Déjà à la fin de cette année, 30 000 pi2 seront ajoutés à la section de fabrication. Les autres phases de l’expansion toucheront la chaîne de montage des tracteurs incluant l’ajout d’une section peinture pour la ligne des outils d’application et une aire de tests en usine. On se souviendra qu’en 2011, Agco a rapatrié aux États-Unis l’assemblage des tracteurs de forte puissance sur roues des marques Massey Ferguson et Challenger. Cette décision a été accompagnée de la construction du Intivity Center, une véritable vitrine de l’innovation en matière d’équipements agricoles. jackson.AGCOcorp.com et www.AGCOcorp.com
Capable de défoncer jusqu’à 28 po Ultra robuste, la sous-soleuse fabriquée par LaSole décompacte et aère les terres agricoles. Elle permet à l’eau de les pénétrer sans tarder et du coup favorise le plein développement des racines. Elle est équipée de déclencheurs hydrauliques dont la pression de travail est ajustable à partir de la cabine. L’effacement et le retour en place des étançons se font sans arrêt du tracteur. Ces derniers adoptent une forme arrondie pour soulever le sol. Combiné à des pointes très longues et très larges, le travail fait en sorte que les différents horizons de sol restent soulevés pour permettre une bonne aération. Les roues de profondeur ajustables permettent un travail stable qui peut varier de 16 po à 28 po. Cette machine nécessite de 50 ch à 75 ch par étançon, dont le nombre varie de trois à sept espacés aux 30 po. La largeur de travail varie donc de 7,5 pi à 17,5 pi. Lasole.ca/la-sous-soleuse.asp
Un relevage avant pour les John Deere 9R Le site Internet français Gros tracteurs passion rapporte que le nouveau relevage Laforge JDIH6/9R avec fonction PowerFold lève 6,4 tonnes et pourra recevoir divers outils comme une lame bulldozer, un décompacteur et une charrue. Le système de report de charge et de suivi dynamique du relief DynaContour est proposé en option. Rappelons que le système PowerFold permet de passer en position escamotée sans intervention manuelle. Pour monter en position repliée, il suffit d’appuyer sur le bouton orange sur la CommandArm du tracteur tout en commandant la montée. Le relevage avant se rephase automatiquement avant le premier cycle de montée. Ensuite, le fonctionnement est le même qu’un relevage avant standard. grostracteurspassion.com
Trois kits antidérive de poussière Monosem propose trois kits s’adaptant à la plupart de ses semoirs en parc. Le principe des kits consiste à plaquer au sol la poussière générée par la distribution des graines. Pour répondre à cette obligation, Monosem a mis au point trois modèles de kits, baptisés Kap, pour ses semoirs à turbine standard et grand débit (NG Plus, NG, NC et NX), à turbine double fonction (Extend et repliable TFC avec fertiliseur) et à turbine NPU. Ces kits ont reçu une homologation BBA en Allemagne en date du 30 janvier 2009. Monosem s’apprête à livrer ses kits qui se composent d’un collecteur, d’un tuyau, d’un caisson de décompression et de deux tuyaux d’évacuation de l’air vers le sol. Le constructeur met en garde ses clients face au risque que représente l’utilisation de dispositifs antidérive non testés et non homologués par ses soins, susceptibles de perturber la distribution des graines. Cet ensemble est disponible au Québec et peut être installé très facilement sur la majorité des planteurs déjà en service pour approximativement 500 $. info@gregoirebesson.ca et monosem-planters.com Le Bulletin des agriculteurs
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Abitibi-Témiscamingue Températures et précipitations supérieures à la normale. Nuages et averses passagères les 1er et 2. Ensoleillé du 3 au 6. Nuages et averses du 7 au 10. Ciel partiellement ensoleillé avec averses dispersées du 11 au 13. Quelques nuages et averses dispersées les 14 et 15. Ensoleillé du 16 au 19. Averses abondantes par endroits du 20 au 22. Nuageux avec averses passagères du 23 au 27. Ciel nuageux avec averses du 28 au 31.
Saguenay-Lac-Saint-Jean Températures supérieures à la normale et précipitations près de la normale. Nuages et averses passagères les 1er et 2. Ensoleillé du 3 au 6. Nuages et averses du 7 au 10. Ciel partiellement ensoleillé avec averses dispersées du 11 au 13. Quelques nuages et averses dispersées les 14 et 15. Ensoleillé du 16 au
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19. Averses abondantes par endroits du 20 au 22. Nuageux avec averses passagères du 23 au 27. Ciel nuageux avec averses du 28 au 31.
Montréal, Estrie et Québec Températures supérieures à la normale et précipitations près de la normale. Nuages et averses passagères du 1er au 3. Ensoleillé du 4 au 6. Nuages et averses du 7 au 11. Ciel partiellement ensoleillé avec averses dispersées les 12 au 13. Nuages et averses dispersées du 14 au 16. Ensoleillé du 17 au 19. Averses abondantes par endroits du 20 au 22. Nuageux avec averses passagères du 23 au 27. Ciel nuageux avec averses du 28 au 31.
Vallée de l’Outaouais Températures près de la normale. Précipitations inférieures à la normale. Nuages et
NEIGE
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TEMPÉRATURE
CHAUD
averses passagères du 1er au 3. Ensoleillé du 4 au 6. Nuages et averses du 7 au 10. Ciel partiellement ensoleillé avec averses isolées du 11 au 13. Ciel partiellement nuageux et averses dispersées du 14 au 17. Averses abondantes par endroits du 18 au 22. Ciel partiellement nuageux avec averses dispersées du 23 au 26. Ciel nuageux avec averses du 28 au 31.
Gaspésie et Nouveau-Brunswick Températures supérieures à la normale. Précipitations près de la normale. Nuages et averses du 1er au 4. Nuageux les 5 et 6. Nuages et averses du 7 au 11. Ciel nuageux avec averses dispersées du 12 au 14. Ensoleillée avec faible possibilité d’averses du 15 au 20. Averses abondantes par endroits les 21 et 22. Ensoleillé du 23 au 26. Ciel nuageux avec averses passagères du 27 au 31.
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NUAGEUX
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Gaspésie et Nouveau-Brunswick
Températures supérieures à la normale et précipitations inférieures à la normale. Ensoleillé du 1er au 3. Ciel nuageux et averses passagères du 4 au 7. Ensoleillé du 8 au 12. Ciel partiellement nuageux avec averses occasionnelles du 13 au 15. Ensoleillé avec averses isolées du 16 au 18. Nuages et averses passagères du 19 au 23. Ciel variable les 24 et 25. Période pluvieuse du 26 au 30.
Températures et précipitations supérieures à la normale. Ensoleillé les 1er et 2. Ciel nuageux et averses passagères du 3 au 7. Ensoleillé du 8 au 12. Ciel partiellement nuageux avec averses dispersées du 13 au 15. Ensoleillé avec averses isolées du 16 Headline: The Bigdu Easy Type Area: au 21. Nuages et averses 22FR au 24. Ciel Bulletin pluvieuse Size: variablePublication: les 25 et 26.LePériode du IO: LeB 2013-001 Bleed: 27 au 30.
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Saguenay-Lac-Saint-Jean Températures supérieures à la normale et précipitations inférieures à la normale. Ensoleillé du 1er au 3. Ciel nuageux et averses passagères du 4 au 7. Ensoleillé du 8 au 12. Ciel partiellement nuageux avec averses occasionnelles du 13 au 15. Ensoleillé avec averses isolées du 16 au 18. Nuages et averses passagères du 19 au 23. Ciel variable les 24 et 25. Période pluvieuse du 26 au 30.
Montréal, Estrie et Québec Températures et précipitations près de la normale. Ensoleillé du 1er au 3. Ciel nuageux et averses passagères du 4 au 7. Ensoleillé du 8 au 10. Ciel partiellement nuageux avec averses dispersées du 11 au 15. Ensoleillé avec averses isolées du 16 au 18. Nuages et averses passagères du 19 au 23. Ciel variable les 24 et 25. Période pluvieuse du 26 au 30.
Vallée de l’Outaouais Températures et précipitations près de la normale. Ensoleillé les 1er et 2. Ciel nuageux et averses passagères du 3 au 8. Ensoleillé les 9 et 10. Ciel partiellement nuageux avec averses dispersées du 11 au 15. Ensoleillé avec averses isolées du 16 au 18. Nuages et averses passagères du 19 au 23. Ciel variable les 24 et 25. Période pluvieuse du 26 au 30.
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L’ensilage de maïs nouveau genre Le shredlage, qui consiste à hacher grossièrement le maïs-ensilage, est une tendance qui commence à faire du bruit chez nos voisins américains.
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Le ray-grass en six questions Semer du ray-grass en intercalaire dans le maïs n’est plus une pratique marginale, mais même les initiés cherchent encore les meilleures techniques.
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Protection des renseignements personnels À l’occasion, nous partageons nos listes d’abonnés avec des sociétés ou des organismes sélectionnés dont les produits ou services pourraient vous intéresser. Toutefois, si vous préférez que ces données (votre adresse postale ou électronique) ne soient pas transmises et souhaitez que votre nom soit retiré de ces listes, vous pouvez le faire facilement en nous appelant entre 9 h et 17 h, heure de l’Est ou en nous écrivant à l’adresse électronique info@lebulletin.com
Le Bulletin des agriculteurs reçoit, de temps à autre, des commentaires et des documents (y compris des lettres à l’éditeur) non sollicités. Le Bulletin des agriculteurs, ses sociétés affiliées et cessionnaires peuvent utiliser, reproduire, publier, rééditer, distribuer, garder et archiver ces soumissions, en tout ou en partie, sous quelque forme ou sur quelque support que ce soit, sans aucune rémunération de quelque nature.
PHOTOs : Alain Fournier, André Dumont, ECO2
L’époque où il fallait vider des dizaines de poches de semence de soya à la main dans son semoir sera bientôt révolue.
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