COMMENT ALLEZ-VOUS ? BIEN, MERCI ! Alors que la population vieillit et que l’actualité mondiale ne favorise pas le bien-être psychique, une nette majorité de la population vaudoise déclare être en bonne voire en très bonne santé en 2022. Toutefois, la santé mentale des jeunes se détériore et le stress augmente chez les personnes actives. Les habitudes de consommation néfastes pour la santé sont stables, voire diminuent. Enfin, les seniors se sentent plutôt bien, notamment grâce au soutien social. Si la pandémie de Covid-19 a affecté un certain nombre de personnes, la majorité de la population ne mentionne pas de conséquences à long terme sur sa santé psychique et physique.
SANTÉ n° 6 | Juillet 2024 vd.ch/numerus
Lorsque l’on se penche sur le thème de la santé de la population, plusieurs déterminants entrent en jeu. Si les prédispositions génétiques et le système de soins jouent bien entendu un rôle, les conditions socioéconomiques et environnementales, ainsi que les comportements à risque (habitudes de consommation et d’activités) ont également une influence. En termes statistiques, l’âge, le sexe et le niveau de formation sont donc des variables à considérer. De même, le passé migratoire, le statut social ou le secteur d'activité peuvent également parfois être pris en compte. L’Enquête suisse sur la santé (voir page 6) permet d’analyser l’état de santé des Vaudoises et des Vaudois depuis trente ans. Chaque étape de la vie présente des dispositions et un environnement propres qui favorisent, ou au contraire desservent, la santé. Cet article est structuré en plusieurs parties afin d’étudier successivement les différentes phases de vie. La santé des jeunes (de 15 à 25 ans) est d’abord examinée pour arriver à celle des seniors (65 ans et plus), en passant par celle des personnes en âge de travailler (de 26 à 64 ans).
DE 15 À 25 ANS : ENTRE MAL-ÊTRE ET DÉPENDANCES
RéVIOSnInOéenS DeS D
6.2023 aU 01.0
RéVISIOn
UN JEUNE SUR CINQ SOUFFRE DE TROUBLES ANXIEUX Au sein de la jeune génération, soit entre 15 et 25 ans, une très grande majorité déclare être en bonne ou en très bonne santé (93 %) en 2022. Si 16 % souffrent d’une maladie chronique ou d’un problème de santé de longue durée, ce sont plutôt les indicateurs de santé mentale qui interpellent. Les troubles anxieux affectent un jeune sur cinq dans le canton, une part presque deux fois plus
grande qu’au niveau suisse (un sur huit) [F1]. Ces troubles touchent plus souvent les jeunes femmes (29 %) que les jeunes hommes (13 %). Pour ce qui est de la détresse psychologique, 29 % de jeunes en souffrent de façon moyenne ou élevée, avec le même différentiel entre jeunes femmes et jeunes hommes. Cet indicateur de mal-être a crû ces dix dernières années (17 % en 2012). L’évolution du sentiment de solitude est aussi frappante. Il a presque triplé en dix ans ; 15 % des jeunes disent se sentir assez ou très fréquemment seuls, contre 5 % en 2012. Autre signe d’un mal-être psychique chez les jeunes, le fait de se sentir souvent submergé par les problèmes (37 %) est non seulement plus fréquent que dans les classes d’âges plus élevées, mais également qu’il y a dix ans (20 %). Les causes de ces maux sont multiples. Souvent évoquée, la pandémie de Covid-19 peut en être une. Un jeune de 15 à 25 ans DU cinq déclare que son bien-être psysur chique est plus mauvais qu’avant la pandémie. Cette part ne se démarque pas de celle des personnes en âge de travailler.
VERSION
RÉ12V.0I8S.2É02E4
[F1] BIEN-ÊTRE PSYCHIQUE ENTRE 15 ET 25 ANS, 2022 Troubles anxieux Détresse psychologique1 Sentiment de solitude 2 Usage symptomatique ou problématique d’internet 0
10 20 30 40 50 60 En %
Vaud Suisse Intervalle de confiance à 95% 1 2
Moyenne ou élevée. Très ou assez fréquent.