Lionel Estève Printemps été
14.02 > 21.03.2026
J’ai eu la chance de pouvoir partir un long printemps à Rome puis un été en Provence.
Et comme celui qui rentre chez lui après un long voyage, j’aurais aimé partager ce que ce périple m’a amené à faire. Il s’agit de deux familles d’œuvres, l’une vient de l’Academia Belgica à Rome, l’autre de mon village familial en Drôme. Il n’est pas aisé de dire ce que ces deux familles d’oeuvres ont en commun si ce n’est la douce lumière ensoleillée de la Méditerranée.
Pour chacune, j’ai écrit un court texte qui présente le contexte ainsi que mes intentions :
« Rome capitale de l’empire. Il n’y a rien d’étonnant qu’elle soit pleine d’une imposante austérité et parcourue de bout en bout par une violence admise, synonyme de victoire, de triomphe et de conquête. La grandeur et la supériorité de ses institutions semblent pouvoir sévèrement écraser tout un chacun. Ce qui est dit derrière ces façades, c’est que la violence peut s’élever à l’état de beauté, c’est à dire que le point culminant de la violence soit aussi celui où la beauté apparaisse, qu’en fait elles s’unissent et se figent en un sommet, un paroxysme qui peut atteindre une sorte de grâce. Je venais de comprendre quelque chose. Face à cette surprise, je ne désirais pas dénoncer cet état de fait, mais plutôt le dévoiler en questionnant cette beauté. Je voulais m’essayer à ce vocabulaire martial. Alors je reproduisais, en les décou- pant dans des feuilles de métal, quelques facades choisies parmi les monuments romains, et des portraits de nobles héros... J’imaginais ces formes comme des armures ou des carapaces, un geste emprunt de froideur et de dureté.
Mais ce qui était dit était bien autre chose. Peut-être à cause de la fragilité de mes gestes ou la pauvreté des matériaux, je ne pouvais que constater que mes intentions de départ étaient tout à fait illisibles. Mais une chose m’apparut clairement, cela voulait dire que l’art est cet espace où les choses échappent, un espace où l’ignorance peut avoir une valeur, c’est à dire que l’erreur est la bienvenue. Accepter et chérir ses échecs c’est déjà commencer à lutter contre une sorte de violence. Là, de toute évidence, je me trouvais face à de petits ex-votos, des ex-votos pour en finir avec la violence.
»
Quelques semaines plus tard j’écrivais ceci pour présenter ce que je produisais dans mon atelier provençal : « C est un nouveau travail. Une histoire de miroir. Et quand il y a un miroir, il y a une énigme. Mais je ne sais pas très bien de quelle énigme il s’agit.
Ça a commencé comme une réponse. La réponse à une jolie salle dans un château qui ressemble à une maison hantée. Dans cette pièce il y a plusieurs portes et fenêtres. Tout circule, la lumière, les gens. Alors pour accentuer cette circulation j’ai décidé d’installer plusieurs miroirs comme pour multiplier l’espace et le mouvement.
Présenter un miroir c’est évoquer l’introspection, voire une autre dimension. En présenter plusieurs dont certains face à face c’est suggérer l’infini sous la forme du labyrinthe et révéler le vertige de deux mondes qui se font face, deux espaces parallèles comme celui du rêve et de la réalité.
Je désirais qu’il y ait sur ces miroirs comme une vibration, une sorte de reflet troublé, de gravure lumineuse, quelque chose qui soit en équilibre entre ces deux mondes. Alors je réalisais avec de l’époxy transparent des dessins et des écritures. Cela ressemble à de l’eau et ces formes apparaissent et disparaissent au gré de la lumière. Il est délicat de décider dans quel espace ces dessins existent. Je les pense comme des rêves, le témoignage du passage d’un monde à un autre. »
Comme vous pouvez le comprendre c’est un geste simple qui motive cette exposition. Aujourd’hui ces travaux portent en eux le souvenir d’un moment privilégié.
Avec cette exposition j’espère être capable de pouvoir communiquer une partie de son intense douceur.
Lionel Estève


De gauche à droite
Garde suisse, 45,5 x 56 cm
Aluminium découpé et repoussé cousu sur du feutre, 2025 Carabinieri, 45,5 x 56 cm
Aluminium découpé et repoussé cousu sur du feutre, 2025 Nicola, 40 x 50,5 cm
Aluminium découpé et repoussé cousu sur du feutre, 2025

De gauche à droite
Garde suisse, 45,5 x 56 cm
Aluminium découpé et repoussé cousu sur du feutre, 2025
Carabinieri, 45,5 x 56 cm
Aluminium découpé et repoussé cousu sur du feutre, 2025
Nicola, 40 x 50,5 cm
Aluminium découpé et repoussé cousu sur du feutre, 2025


Aluminium découpé et repoussé cousu sur du feutre, 2025
Fleur d’acanthe, 43,5 x 55,5 cm
Aluminium découpé et repoussé cousu sur du feutre, 2025










De gauche à droite
Etoile, 53x43 cm
Epoxy verni, polyuréthane, 2025
Se voir, 53x43 cm
Epoxy verni, polyuréthane, 2025
Grosse fleur, 68x53,5 cm
Epoxy verni, polyuréthane, 2025

moment, 130x70 cm

De gauche à droite
Etoile, 53x43 cm
Epoxy verni, polyuréthane, 2025
Se voir, 53x43 cm
Epoxy verni, polyuréthane, 2025
Grosse fleur, 68x53,5 cm
Epoxy verni, polyuréthane, 2025


De gauche à droite :
Ballon étoile, 60x33 cm
Epoxy verni, polyuréthane, 2025
Fantôme, 86 x 52 cm
Epoxy verni, polyuréthane, 2025


De gauche à droite :













