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Entreprise & Santé N°71

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#71/ 4 trimestre 2025 e

HAUTS-DE-FRANCE

CAHIER JURIDIQUE

Déclaration des risques professionnels

Dehaussy poursuit sa démarche avec l’AISMT

entrepriseetsante.fr


#71 Sommaire

04

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Je maîtrise mes risques

Cahier Juridique détachable

PRÉSOA : la prévention des risques dans l’intérim : tous concernés ! AISMT : l’entreprise Dehaussy poursuit sa démarche d’amélioration ASMIS : Le Jardin, quand la fidélisation passe par la prévention

07 Je préserve ma santé AST : Projet pilote co-exposition tabac / silice PÔLE SANTÉ TRAVAIL : l’intelligence des espaces au service des métiers chez KIABI PREVENO : Moi(s) sans tabac 2025 SIM’UP : Octobre Rose, Sport Entreprendre 2025

12 Je préserve ma vie professionnelle CEDEST : HSWT Gravelines, la prévention de la désinsertion professionnelle au cœur de la performance industrielle

La déclaration des risques professionnels, la clé d’entrée de la démarche de prévention

17 aux Alentours L’ASMIS s’installe à Estrées-Deniécourt !

18 Côté Actu PRÉSOA : une fusion pour renforcer la prévention dans l’Oise et l’Aisne Plan Régional Santé Travail : des outils régionaux de prévention

22 Zoom sur la mobilisation générale pour Octobre Rose

Retrouvez votre magazine en version digitale

02 / Entreprise & Santé / 4e trimestre 2025 / N°71 / www.entrepriseetsante.fr

24 l’Interview Sylvie Cheynel, Présidente de Cheops Hauts-de-France

27 l’Agenda ASTIL : Salon de la Prévention « Agir aujourd’hui pour préparer demain »

Rendez-vous sur entrepriseetsante.fr


©J M. B roux

Jean-Michel Dupuis

l’Édito

Directeur de publication pour les services de prévention et de santé au travail

Agir Ensemble pour une Prévention Durable en milieu Professionnel La prévention en santé au travail constitue un enjeu stratégique et structurant pour les entreprises comme pour les Services de Prévention et de Santé au Travail Interentreprises (SPSTI). Ensemble, nous agissons de manière coordonnée pour optimiser les conditions de travail, renforcer l’engagement des salariés et prévenir les risques de désinsertion professionnelle, et ce, quels que soient les secteurs d’activité, les tailles d’entreprise ou les profils de salariés. Ce numéro présente un retour détaillé sur des initiatives de prévention menées en entreprise, illustrant à la fois l’ancrage territorial de nos services et l’expertise mobilisée par nos équipes. Les mois d’octobre et de novembre s’inscrivent, chaque année, comme des moments forts de mobilisation pour les SPSTI. Si en octobre, les Services de Prévention et de Santé au Travail des Hauts-de-France se sont engagés autour de la lutte contre le cancer du sein, ils n’en oublient pas moins les autres facteurs de risques et agissent pour accompagner les employeurs dans la lutte contre les méfaits du tabac, la volonté de diminuer les troubles musculosquelettiques, la réduction du bruit... Les actions sont menées en milieu de travail au niveau local mais les services s’investissent aussi au niveau régional pour offrir une réponse unique et cohérente. Des outils communs et partagés ont ainsi été travaillés dans le cadre du Plan Régional Santé Travail et sont désormais mis à la disposition des entreprises, notamment sur les thématiques malheureusement d’actualité, comme la santé mentale ou encore la gestion des accidents graves et mortels.

ASTIL 62 - Association Santé Travail Interentreprises du Littoral 430 boulevard du Parc BP 94 62903 Coquelles Cedex Tél. 03 21 85 51 85 www.astil62.fr

ASMIS - Association Santé et Médecine Interentreprises du département de la Somme 77 rue Debaussaux CS 60132 80001 Amiens Cedex 1 Tél. 03 22 54 58 00 www.asmis.net

PÔLE SANTÉ TRAVAIL Centre Vauban 199/201 rue Colbert Bâtiment Douai - CS 71365 59014 Lille Cedex Tél. 03 20 12 83 00 www.polesantetravail.fr

AST - Action Santé Travail 174 route de Béthune 62160 Aix-Noulette Tél. 03 21 18 42 00 www.actionsantetravail.fr

membres du réseau

En complément, notre cahier juridique détachable apporte un éclairage précis sur deux obligations essentielles : la déclaration des risques professionnels et la déclaration annuelle des effectifs. Dans un objectif de valorisation de la dynamique de notre réseau, nous avons aussi souhaité mettre en lumière nos actions de maintien en emploi, qui sur le terrain, se travaillent en étroite collaboration avec les CAP Emploi. Sylvie Cheynel, Présidente de CHEOPS Hauts-deFrance – réseau des CAP Emploi en région, revient sur ce volet dans son interview. Enfin, soucieux d’offrir un service de proximité de qualité, plusieurs services revoient leur organisation, qu’elle soit décisionnelle ou géographique, notamment en Picardie : fusion, ouverture d’un nouveau centre... Vous verrez, les sujets ne manquent pas ! Nous vous remercions de votre confiance et espérons que cette publication apportera un éclairage utile et documenté, en soutien constant à la mission de prévention que nous portons collectivement. Bonne lecture !

PRÉSOA - PREvention Santé Oise Aisne rue Théodore Monod Z.A. Bois de la Chocque 02100 Saint-Quentin Tél. 03 23 62 52 48 www.presoa.org

CEDEST - CEntre pour le Développement Santé au Travail 4/10 rue Albert Thomas 59210 Coudekerque-Branche Tél. 03 28 24 98 98 www.cedest.net

PREVENO - service de prévention et de santé au travail interentreprises du Hainaut 1 avenue de l’Europe 59880 Saint-Saulve Tél. 03 27 46 19 24 www.preveno.fr

SIM’UP - Service Interprofessionnel de Santé au Travail de la Vallée de la Lys - Lille Métropole 22 rue de Lille BP 40018 59431 Halluin Cedex Tél. 03 20 94 12 54 www.simup.fr

AISMT - Association Interprofessionnelle des Services Médicaux du Travail 1461 avenue du Cateau place Santos Dumont CS 50182 - 59404 Cambrai Tél. 03 27 72 63 63 www.aismtcai.com

HAUTS-DE-FRANCE

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Je maîtrise mes risques

Sur le terrain

UNE ACTION PRÉSOA ET SA FILIÈRE BTP PRÉVENTION ET SANTÉ AU TRAVAIL DE L’AISNE ET DE LA VALLÉE DE L’OISE

Prévention intérimaires

La prévention des risques dans l’intérim : tous concernés ! Depuis le 5 juillet 2024, un nouveau décret redistribue les cartes : les entreprises de travail temporaire et les entreprises utilisatrices partageront désormais à parts égales les coûts des accidents du travail (AT) et des maladies professionnelles (MP) des intérimaires. Une mesure forte pour responsabiliser tous les acteurs et inciter les entreprises à mettre en place des pratiques de prévention plus rigoureuses afin de réduire le nombre et la gravité des AT/MP. C’est dans ce contexte, qu’au printemps 2025, Amélie Landerieux, responsable de l’agence CRIT de Saint-Quentin, a invité les entreprises utilisatrices à participer à une conférence dédiée à la prévention des risques et à la réforme des accidents du travail et des maladies professionnelles, animée par la Carsat Hauts-de-France et par Présoa, qui les a accueillies dans ses locaux de Saint-Quentin. Bien avant l’entrée en vigueur de la réforme, l’agence d’emploi réalisait déjà des analyses des accidents du travail et mettait en place des actions, pour veiller à la sécurité et à la santé des 300 intérimaires mis à disposition, chaque année, chez ses entreprises utilisatrices. « Cela fait plusieurs années que notre service de prévention et de santé au travail, Présoa, nous accompagne sur les questions relatives à la santé et à la sécurité de nos salariés intérimaires ou permanents. Deux thématiques qui sont une priorité pour CRIT. Il était donc naturel d’associer Présoa dans l’organisation de cette rencontre. » déclare Amélie Landerieux. Ainsi, en présence des responsables des agences d’emploi de Saint-Quentin et Nesles, du responsable QHSE et du juriste de CRIT, une vingtaine de représentants d’entreprises utilisatrices du bassin d’emploi de Saint-Quentin et de Chauny ont été sensibilisés à l’importance de la mise en place d’actions de prévention pour limiter les risques d’accidents du travail et d’arrêts maladie. « Il est vrai qu’aujourd’hui, les entreprises sont de plus en plus autonomes quant au développement de la prévention des risques auprès des salariés intérimaires, mais je suis convaincue que c’est en travaillant ensemble sur le sujet que nous serons encore plus efficaces. » En effet, la question de la prévention des

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risques doit être traitée conjointement, pour répondre à un objectif commun : diminuer le nombre d’accidents du travail et d’arrêts maladie, deux fois plus élevé dans l’intérim, bien souvent à cause d’un manque de formation initiale aux risques avant la prise de poste.

n Anticiper et analyser les risques, accueillir et accompagner les salariés intérimaires sont les clés pour diminuer l’accidentologie et maintenir en emploi chaque salarié. Grâce à ce type d’événement, dupliqué récemment auprès des managers du club entreprises « Reso RH », CRIT et son partenaire Présoa permettent aux entreprises de découvrir les acteurs et les outils qu’ils peuvent solliciter pour leurs questions relatives à la sécurité et à la santé de leurs salariés, au-delà des visites médicales.

n Chiffres clés : L’intérim en Hauts-de-France = 9,2 % des effectifs intérimaires totaux 87 % des accidents du travail ont lieu la 1ère année d’embauche. 24 % des accidentés sont des salariés de moins de 25 ans ayant moins d’un an d’ancienneté dans l’entreprise. Avant la réforme de juillet 2024 : les coûts des accidents du travail et des maladies professionnelles des intérimaires étaient à 100 % portés par les entreprises de travail temporaire.


Sur le terrain UNE ACTION AISMT PRÉVENTION ET SANTÉ AU TRAVAIL DU CAMBRÉSIS

Je maîtrise mes risques Amélioration continue

L’entreprise Dehaussy poursuit sa démarche d'amélioration avec l’AISMT

Il y a un an, l’entreprise Dehaussy s’était engagée dans une première démarche avec l’AISMT pour repenser l’ergonomie de son atelier. L’objectif était clair : soulager les contraintes physiques des salariés, mieux adapter les postes de travail et faciliter le quotidien de chacun. Aujourd’hui, cette collaboration se poursuit et s’enrichit, preuve d’une dynamique de prévention durable et constructive. « Le but de l’investissement, c’était d’améliorer les conditions de travail et de soulager les contraintes des salariés, » explique Frédéric Dehaussy. « L’accompagnement de l’AISMT pour la construction du dossier de subvention CARSAT a été déterminant. Sans cette aide, je n’aurais pas pu concrétiser ce projet. » Depuis, la nouvelle machine d’emballage et le gerbeur automatique sont opérationnels. Les salariés travaillent désormais à hauteur adaptée, avec un gain de confort indéniable. Mais cette amélioration a aussi fait émerger de nouvelles questions, notamment celles liées au bruit.

n Améliorer, encore et toujours !

Dans un esprit d’amélioration continue, l’entreprise a donc fait de nouveau appel à l’AISMT. Ensemble, ils ont engagé une réflexion sur les nuisances sonores et les mesures de prévention à mettre en œuvre. « Notre objectif reste le même : anticiper, corriger et faire évoluer nos pratiques pour le bien-être de nos équipes. » Au fil du temps, cette collaboration s’est transformée en véritable partenariat. « Au départ, je ne connaissais pas

du tout l’AISMT. Honnêtement, je ne savais pas à quoi m’attendre, » confie Frédéric Dehaussy. « Mais j’ai découvert un service, une expertise, une autre vision des choses. L’accompagnement auprès des salariés permet aussi d’expliquer concrètement les mesures de prévention. » Du conseil pour la mise à jour du document unique à l’analyse d’accidents récents, en passant par la mise en place de protections collectives et d’un asservissement machine, chaque étape a renforcé la culture de prévention dans l’entreprise. Convaincu par les résultats, Frédéric Dehaussy partage aujourd’hui volontiers son expérience. « Quand je parle avec d’autres chefs d’entreprise, je leur raconte mon aventure avec l’AISMT. Certains hésitent encore, par crainte de contraintes ou de complications. Mais je leur dis simplement : essayez. Vous verrez que c’est tout le contraire ! »

Une collaboration durable au service de la prévention • Entreprise Dehaussy : secteur industriel agroalimentaire. • Accompagnement AISMT : ergonomie, réduction du bruit, analyse d’accidents. • Partenaires mobilisés : AISMT, CARSAT. • Actions concrètes : installation d’un gerbeur automatique, adaptation des postes, mise en place de protections collectives, mise à jour du document unique, démarche de prévention du bruit (mesures, sensibilisation, choix des protections, affichage). • Objectif : améliorer durablement les conditions de travail et renforcer la culture de prévention.

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Je maîtrise mes risques

Sur le terrain Bien-être au travail

Le Jardin, quand la fidélisation passe par la prévention…

UNE ACTION ASMIS PRÉVENTION ET SANTÉ AU TRAVAIL DE LA SOMME

Changer le concept d’un restaurant, c’est un pari audacieux, plus encore quand il s’agit de repenser en même temps les conditions de travail. C’est le défi relevé par Loïc Loust, un restaurateur de la Somme, adhérent de l’ASMIS, Service de prévention et de santé au travail, décidé à faire de la santé au travail un ingrédient essentiel de sa réussite.

n De la première idée à la démarche globale Ce projet est né du souhait de changer le concept de son établissement Le Jardin à Saint-Valerysur-Somme tout en s’informant sur les solutions d’accompagnement mobilisables. Après un premier contact avec la CARSAT Hautsde-France, il a été orienté vers les ergonomes de l’ASMIS pour réfléchir à la prévention des troubles musculosquelettiques (TMS). Très vite, la réflexion a pris une autre dimension : au-delà de l’ergonomie, il s’agissait de réinterroger toute l’organisation du travail et la place des salariés dans le projet. L’ASMIS et la CARSAT ont alors conduit un diagnostic complet des risques : manutention, postures, cadence, circulation en cuisine… Un accompagnement a été mis en place pour structurer la démarche, avec en premier lieu, la rédaction du document unique d’évaluation des risques professionnels (DUERP) et de la fiche d’entreprise, outils indispensables pour hiérarchiser les priorités et définir un plan d’actions.

n Un partenariat exemplaire Ce travail collaboratif a conduit à la signature d’un contrat de prévention entre le restaurateur et la CARSAT. L’entreprise a été accompagnée à chaque étape : choix des aménagements, révision des plans, recherche de fournisseurs, suivi des actions. Résultat : un projet mené à bien dans le respect du cahier des charges du dispositif et 36 % d’aides financières obtenues. Au-delà du soutien financier, c’est une véritable dynamique humaine qui s’est instaurée. Le restaurateur a su fédérer son équipe autour de la démarche. Les salariés, formés, ont intégré naturellement les conseils en prévention se sentant ainsi pleinement acteurs du changement. L’un d’eux a été formé comme « salarié compétent » en santé et sécurité au travail, garantissant la continuité de la prévention dans l’entreprise.

n Une transformation à 360° Ce projet a profondément transformé la manière de travailler au sein de l’établissement. L’aménagement des postes, la gestion des flux, le confort des salariés : tout a été réétudié. Loïc Loust a su allier innovation, exigence et bienveillance, avec une conviction forte : le bien-être au travail n’est pas une contrainte mais un facteur clé de performance et de fidélisation. Cette transformation a d’ailleurs été saluée lors de la soirée des Trophées de la CPME 2025 dans la catégorie engagement RSE. Au-delà de l’expertise technique, l’ASMIS s’engage aux côtés des entreprises pour transformer la prévention en véritable levier de performance durable. Ce projet en témoigne : avec un accompagnement de proximité et une approche globale, la santé au travail devient un moteur de réussite partagée.

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Sur le terrain PÔLE SANTÉ TRAVAIL MÉTROPOLE NORD PRÉVENTION ET SANTÉ AU TRAVAIL

Je préserve ma santé Expertise ergonomique

KIABI et PÔLE SANTÉ TRAVAIL : l’intelligence des espaces au service des métiers

KIABI Village, un lieu unique et ouvert sur l'écosystème Depuis fin janvier 2025, KIABI Village est un ensemble de 30 000 m² regroupant le siège social et les équipes de KIABI autour de son magasin labo. Hybride et véritable lieu de vie des familles, KIABI Village abrite également une crèche d’entreprise, des restaurants, une maison des associations, une école des XV…

Depuis plusieurs années, les équipes de prévention et de santé au travail de PÔLE SANTÉ TRAVAIL accompagnent KIABI dans la mise en place d’une démarche de prévention durable. À l’occasion du regroupement des salariés des sites KIABI de Lys-lez-Lannoy et Hem (Nord) vers le KIABI Village à Lezennes (Nord), PÔLE SANTÉ TRAVAIL a naturellement été associé au projet. Ce projet ambitieux, qui concerne environ 1 200 occupants, a été une opportunité de repenser en profondeur les espaces de travail et l’organisation des métiers.

n Un projet structurant, piloté en transversalité La réflexion menée par KIABI est allée au-delà d’un simple déménagement. Elle a mobilisé plusieurs services stratégiques. Exploitation, systèmes d'information, ressources humaines, communication, conduite du changement, autour d’un objectif commun : créer un environnement de travail moderne, fonctionnel et évolutif. « Nous avons démarré par une phase d’écoute approfondie, en partant de la Direction Générale jusqu’aux équipes opérationnelles », explique Christian Cuvillier, responsable exploitation chez KIABI. « Cette approche nous a permis de recueillir une vision à moyen et long terme, d’anticiper les besoins et évolutions des métiers et de concevoir des espaces réellement adaptés. »

n L’expertise ergonomique au service des métiers PÔLE SANTÉ TRAVAIL est intervenu en appui, notamment sur les métiers du collectionning (chefs de produits, stylistes, modélistes…), qui regroupent environ 230 collaborateurs. Ces professionnels ont des besoins spécifiques : portants pour les prototypes, zones de stockage, circulation fluide entre les postes. « Notre rôle a été d’accompagner la réflexion en analysant l’organisation actuelle des métiers et des espaces de travail et de stockage », précisent Tommy Dubois et Thomas Cornil,

ergonomes chez PÔLE SANTÉ TRAVAIL. « Nous avons mené des entretiens avec des collaborateurs, modélisé les interactions métiers en lien avec le cycle de conception des produits. L’objectif : impulser le changement en pensant les organisations de demain et en simulant les espaces futurs. »

n Des résultats concrets et une dynamique d’amélioration continue Ce projet d’envergure a également été mené en étroite collaboration avec le cabinet Astérismos, spécialisé dans l’aménagement d’espaces professionnels. Ensemble, KIABI, PÔLE SANTÉ TRAVAIL et ce cabinet ont formé un trio complémentaire, alliant expertise technique, connaissance des métiers et approche prévention. Cette synergie a permis de concevoir des espaces à la fois fonctionnels, évolutifs et adaptés aux usages concrets des collaborateurs. Les résultats sont au rendez-vous : « Les collaborateurs disposent aujourd’hui d’un cadre de travail adapté à leurs missions. Et nous savons que nous pouvons continuer à faire évoluer les espaces avec l’appui de PÔLE SANTÉ TRAVAIL », conclut Christian Cuvillier. KIABI et PÔLE SANTÉ TRAVAIL : une alliance durable au service de la qualité de vie au travail et de la performance collective ! Entreprise & Santé / 4e trimestre 2025 / N°71 / www.entrepriseetsante.fr / 07


Je préserve ma santé

Expérimentation

Un projet pilote autour de la Action Santé Travail (AST) développe un projet innovant de prévention des addictions en milieu professionnel sur le secteur de Lens. Portée par le Dr Alexandra Spahlholz, médecin du travail, et Charlotte Brunez, infirmière en santé au travail, cette initiative vise les salariés du BTP exposés à la silice cristalline et aux risques liés au tabac, une co-exposition qui majore significativement le risque de cancer du poumon.

Une genèse progressive et collaborative Confrontée régulièrement à des salariés fumeurs désireux d’en finir avec la cigarette, Charlotte Brunez, infirmière chez AST, se sentait plutôt démunie pour leur apporter de l’aide : « Face à un nombre croissant de salariés souhaitant se sevrer du tabac, je me suis rendu compte que j’étais en difficulté pour leur proposer une solution ; j’ai donc formulé l’idée de me former en addictologie pour monter en compétences et pouvoir aider au mieux ces salariés en recherche de solutions », relate Charlotte Brunez. Avec le Dr Alexandra Spahlholz, un projet a été élaboré et présenté en commission médico-technique (CMT), en lien avec d’autres membres de l’équipe pluridisciplinaire d’Action Santé Travail dont une toxicologue, afin de proposer une intervention ciblée sur le sevrage tabagique tout en intégrant la prévention des risques : « Nous avons opté pour la co-exposition tabac et silice cristalline.

Le tabac, parce qu’on a constaté sur le terrain que de nombreux salariés sont fumeurs, et la silice, car c’est une substance à laquelle sont particulièrement exposés les salariés du BTP, elle est présente dans le sable, le béton, le ciment, les briques. En co-exposition, ces deux éléments majorent de façon exponentielle le risque de cancer du poumon », détaille le Dr Spahlholz. Grâce à un partenariat avec Hauts-deFrance Addictions, une association connectée aux politiques nationales et régionales de prévention des conduites addictives, l’équipe a monté un projet d’intervention ciblée sur le sevrage tabagique, intégrant la prévention des risques liés à la silice. Ce projet a reçu le soutien de l’ARS et a été validé par la direction d’Eurovia, entreprise de travaux publics partenaire, grâce à l’implication directe de son directeur et du chargé de prévention régional. Il a également bénéficié de l’avis favorable du Pr Sophie Fantoni, praticien hospitalier à Lille et présidente de la Société française de santé au travail, qui a encouragé sa valorisation lors

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des journées Marcel Marchand et du Congrès de la Société française de santé publique, organisé à Lille début novembre.

Une approche fondée sur les sciences comportementales « Le but de notre projet est d’apporter une approche à la fois individuelle et collective au problème des addictions, dont la prise en charge doit inclure tous les professionnels de santé et particulièrement les SPSTI, dont l’approche est principalement préventive », résume le Dr Spahlholz. L’intervention, qui devrait débuter en 2026 dans l’entreprise partenaire Eurovia, se structurera donc en deux volets : collectif et individuel. Le volet collectif consistera en une phase d’information et de sensibilisation sur les risques liés à la silice et au tabac, avec des questionnaires sur les habitudes tabagiques et les motivations à l’arrêt. Des ateliers animés par une infirmière et une diététicienne du


ACTION SANTÉ TRAVAIL PRÉVENTION ET SANTÉ AU TRAVAIL DE L’ARTOIS

Solution

Charlotte Brunez Dr Alexandra Spahlholz

co-exposition tabac et silice service complèteront la démarche. Du côté individuel, des consultations seront menées avec une approche motivationnelle, en utilisant le modèle de Repérage Précoce et Intervention Brève (RPIB) : « Cet outil de prévention, à destination des professionnels de santé, vise à repérer les consommations de substances psychoactives à risque chez les usagers qu’ils accompagnent, afin de tendre vers une diminution de la consommation », explique le Dr Spahlholz. Charlotte Brunez, qui souhaitait pouvoir aider les salariés en demande de sevrage tabagique, trouvera dans ce RPIB une première ressource à destination des fumeurs : « Je vais être formée prochainement à cet outil et cela constituera un premier pas. Je souhaite ensuite suivre un diplôme universitaire en addictologie pour aller plus loin dans la prise en charge des addictions », précise-t-elle. Ce DU, elle le suivra à l’Université de ParisSaclay et effectuera son stage au centre de soins, d’accompagnement et de prévention en addictologie (CSAPA) de Lens. « L’ensemble de la formation me permettra de développer une expertise solide pour accompagner les salariés dans leur sevrage », espère-t-elle. Elle participera à toutes les étapes du projet :

ateliers collectifs, consultations individuelles et coordination avec les partenaires de soins. « Il faut que les interventions soient vécues positivement, insiste le Dr Spahlholz. La posture motivationnelle des professionnels de santé est essentielle : chaque personne est capable de changer et notre rôle est de l’accompagner sans jugement ».

Des objectifs pragmatiques et transposables

addictions en entreprise, incluant l’alcool, le cannabis et d’autres substances psychoactives, dans le respect du secret professionnel et avec pour objectif le maintien en emploi. Les recommandations récentes de la HAS (juillet 2025) considèrent désormais les addictions comme un risque professionnel, devant être intégrées dans le document unique d’évaluation des risques. L’initiative d’AST illustre comment la prévention, la formation et le partenariat avec les entreprises peuvent se combiner pour améliorer la santé des salariés et réduire les risques liés à leur environnement de travail.

Le projet débutera en 2026 sur une cinquantaine de salariés exposés à la silice et fumeurs actifs. L’équipe prévoit des interventions courtes, d’une heure maximum, sur site, afin de limiter l’impact sur la production tout en garantissant l’efficacité. Les résultats seront évalués à six mois, à l’aide de questionnaires et du suivi de l’arrêt du tabac. Si le projet est concluant, il pourrait être transposé à d’autres entreprises exposées à des substances cancérogènes, mutagènes, toxiques pour la reproduction. Au-delà du tabac, l’équipe ambitionne de créer une approche globale de prévention des Entreprise & Santé / 4e trimestre 2025 / N°71 / www.entrepriseetsante.fr / 09


Je préserve ma santé

Solution

UNE ACTION PREVENO PRÉVENTION ET SANTÉ AU TRAVAIL DU HAINAUT

Prévention addiction

« Moi(s) sans tabac 2025 » chez preveno Le Moi(s) sans tabac est un levier pour renforcer la prévention en entreprise, créer du dialogue autour de la santé et accompagner concrètement les salariés dans leur démarche d’arrêt du tabac. Comme chaque année, preveno s’inscrit dans la dynamique nationale Moi(s) sans tabac, pilotée par Santé publique France. Cette campagne vise à encourager l’arrêt du tabac à travers des actions d’information, de sensibilisation et d’accompagnement. L’engagement de preveno s’intègre dans une démarche plus large de prévention des risques liés aux addictions et dans le cadre du projet de service tabacologie, piloté par Ingrid Arias, infirmière santé travail (IST) et référente IST chez preveno. En 2025, l’accent a été mis sur la proximité, la participation active des entreprises et la valorisation des initiatives collectives.

Les objectifs • SENSIBILISER aux risques du tabagisme (actif et passif), • SOUTENIR les démarches de réduction ou d’arrêt du tabac en accompagnant les personnes souhaitant s’engager dans une démarche de réduction ou d’arrêt du tabac, • RENFORCER le lien entre les équipes de santé au travail et les entreprises.

Les actions menées dans le cadre du Moi(s) sans tabac 2025 preveno a engagé plusieurs actions significatives : • La mise en place d’entretiens individuels de tabacologie proposés aux salariés volontaires pour un accompagnement personnalisé (et ce depuis janvier 2024), • L’organisation de stands de sensibilisation, avec distribution de kits d’aide à l’arrêt et différents outils pratiques animés par les IST (tout au long de l’année), • L’organisation de sessions d’information à destination des employeurs (depuis octobre 2025), • La mise en place de partenariats locaux avec les CSAPA (Centres de Soins, d'Accompagnement et de Prévention en Addictologie), les centres d’addictologie ou autres structures de prévention.

Les résultats observés Outre la forte mobilisation des équipes, les demandes de stands de sensibilisation ont

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considérablement augmenté. Les retours ont également été très positifs, notamment sur l’aspect convivial, déculpabilisant et motivant des actions.

Les perspectives La poursuite du déploiement des consultations de tabacologie au sein du service avec un projet de déploiement dans les entreprises est envisagée sur l’année 2026. En outre, le développement de supports de communication adaptés aux entreprises est actuellement toujours en cours de réflexion et de construction avec le Pôle Communication et Relations Entreprises et les équipes. Enfin, un renforcement des liens partenariaux avec les acteurs régionaux de santé publique est toujours en cours.


Solution

Je préserve ma santé

UNE ACTION SIM'UP PRÉVENTION ET SANTÉ AU TRAVAIL VALLÉE DE LA LYS LILLE MÉTROPOLE

Mobilisation sportive

Sport Entreprendre 2025, une autre expression de la prévention ! Avec plus de 300 participants, la 5ème édition de Sport Entreprendre confirme le succès de cette manifestation sportive et devient un rendez-vous incontournable des entreprises du versant Nord Est de la Métropole Lilloise.​

Un défi sportif et fédérateur Ce challenge, organisé par le Sim'Up, a permis à plus de 80 équipes de salariés de s’affronter dans la bonne humeur autour de disciplines sportives variées et inclusives (jeu de cohésion, course à pied, parcours VTT, tir à l’arc). Un seul mot d’ordre : promouvoir les bienfaits de l’activité physique, valoriser la cohésion et l'esprit d'équipe tout en soutenant l’action de lutte contre le cancer du sein !

Cohésion et valeurs partagées Durant toute une après-midi, les salariés se sont retrouvés pour un échauffement collectif organisé par un coach sportif particulièrement dynamique. Cet échauffement a laissé la place à une journée rythmée par l’énergie collective renforcée par le plaisir de se retrouver pour un après-midi hors du commun ! Ambiance conviviale et festive, diffusion de

messages de prévention, ateliers pratiques de dépistage du cancer du sein… Au-delà du simple défi, c’est bien une action de prévention qui permet de mettre en avant les valeurs de solidarité et de persévérance ! Si les exploits sportifs ont été soulignés, les participants ont vu leurs efforts récompensés par les dons qui ont été distribués grâce aux inscriptions de plus en plus nombreuses, faisant de cette journée, une véritable action de prévention et de solidarité !

COACHING SUSPENDU ET CHOISIR L’ESPOIR ! Les fonds collectés lors de cet événement permettent en effet d’aider ces associations dans leurs actions quotidiennes. Les retours enthousiastes des participants et des entreprises impliquées témoignent du succès croissant de Sport Entreprendre ! Rendez-vous l’année prochaine pour de nouveaux défis interentreprises !

Impact et Santé au Travail Organisé à l’occasion d’Octobre Rose, ce défi sportif a permis de sensibiliser les salariés aux enjeux de la prévention tout en soutenant la recherche contre le cancer du sein. Grâce à l’engouement rencontré par cette cinquième édition, le Sim'Up a ainsi pu aider de nouvelles associations œuvrant dans la lutte contre le cancer et soutenant les malades et leurs familles : LAET’S GO, DIEG’S GO, SOURI’KATH,

OCTOBRE ROSE

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Je préserve ma vie professionnelle

Sur le terrain

UNE ACTION CEDEST PRÉVENTION ET SANTÉ AU TRAVAIL DU DUNKERQUOIS

PDP en industrie

HSWT Gravelines : la prévention de la désinsertion professionnelle au cœur de la performance industrielle Installée à Gravelines depuis 1992, l’usine HSWT est le seul site de production d’aspartame en Europe. Cet expert de l’industrie chimique fonctionne en continu, 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, et assure une production annuelle de près de 2 800 tonnes. L’entreprise emploie une centaine de salariés, dont certains font partie de l’aventure depuis les débuts, soit depuis plus de trente ans. Alors qu’une partie du personnel approche désormais de l’âge de la retraite, le maintien en emploi, la transmission des savoir-faire et l’adaptation des postes deviennent des enjeux stratégiques.

n Un défi RH majeur « Face au vieillissement d’une partie de notre personnel et à la mise en place de restrictions d’aptitude, établies par le médecin du travail pour adapter certains postes, nous avons une double volonté : maintenir nos salariés dans les meilleures conditions de travail possibles et sécuriser la transmission des savoir-faire accumulés depuis plus de 30 ans. Mais par où commencer ? » explique Aurélia Dubuisson, responsable des ressources humaines du site. Pour structurer cette réflexion, l’entreprise a sollicité la Société d’Ingénierie Sociale d’Entreprises, SISE, afin de réaliser un diagnostic Sénior, un outil d’analyse qui permet d’évaluer la situation des salariés âgés, d’identifier les facteurs de pénibilité, les besoins d’adaptation et les leviers de maintien en emploi.

n Le CEDEST, un partenaire mobilisé aux côtés de l'entreprise Si les échanges se limitaient auparavant aux visites médicales, l’entreprise a souhaité intégrer pleinement le service de prévention et de santé au travail dans la démarche. « Il nous semblait indispensable d’associer le CEDEST à l’élaboration du diagnostic Sénior et à la mise en œuvre des actions. Leur expertise nous permet d’anticiper les situations complexes, d’améliorer les conditions de travail et d’accompagner plus efficacement nos collaborateurs », poursuit Aurélia Dubuisson. Julie Cassagnabère, infirmière en santé au travail et chargée

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de mission prévention de la désinsertion professionnelle au sein de la cellule de prévention de la désinsertion professionnelle (PDP) du CEDEST, confirme : « Nous avons commencé par présenter nos ressources et nos services, encore peu connus jusqu’alors par l’entreprise : accompagnement social et psychologique, cellule PDP et offre collective de prévention. Très rapidement, nous avons mis en place des actions concrètes : mise à jour de la fiche d’entreprise avec nos préconisations, réalisation de métrologies, études de postes de travail ou encore sensibilisations collectives. D'autres actions sont déjà planifiées. »

n Prévenir la désinsertion professionnelle : un levier direct de performance

Pour Julie Cassagnabère, la démarche est claire : « La prévention de la désinsertion professionnelle est un véritable levier stratégique pour l’entreprise, elle permet d’anticiper les besoins en formation, de gérer plus efficacement les arrêts de travail, d’accompagner les carrières longues et de renforcer la performance globale. » Grâce à cette approche proactive, HSWT démontre combien la collaboration étroite entre l’entreprise, le CEDEST et les experts spécialisés peut créer une dynamique vertueuse : performance industrielle, prévention durable et qualité de vie au travail.


#71 Cahier Juridique détachable

Avec ce cahier central, nous abordons les fondamentaux législatifs et règlementaires de la Santé au Travail, tels que définis par le Code du travail et donc, applicables aux entreprises privées. Il s’agit d’une synthèse qui ne se substitue pas à la lecture des textes originaux.

L’ACTU

Faire de la déclaration des risques professionnels, la clé d’entrée de la démarche de prévention en entreprise Assurer la santé et la sécurité des salariés Parmi ses différentes obligations légales, l’employeur doit prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale de ses salariés (Art. L.41211 du Code du travail).

L’employeur doit veiller à toujours adapter ces mesures pour tenir compte des changements qui interviennent dans son entreprise (aménagement, variation importante des effectifs, modification de l’organisation du travail…).

Cela passe notamment par : n Des actions de prévention des risques professionnels, n Des actions d’information et de formation, n La mise en place d’une organisation et de moyens adaptés.

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Pour mettre en œuvre ces mesures, l’employeur doit respecter les 9 principes de prévention (Art. L4121-2 du Code du travail) :

1. Eviter les risques ; 2. Evaluer les risques qui ne peuvent pas être évités ; 3. Combattre les risques à la source ; 4. Adapter le travail à l’homme, en particulier en ce qui concerne la conception des postes de travail, le choix

des équipements de travail et des méthodes de travail et de production ;

5. Tenir compte de l’état d’évolution de la technique ; 6. Remplacer ce qui est dangereux par ce qui n’est pas dangereux ou par ce qui l’est moins ; 7. Planifier la prévention en y intégrant, dans un ensemble cohérent, la technique, l’organisation du travail,

les conditions de travail, les relations sociales et l’influence des facteurs ambiants, notamment les risques liés au harcèlement moral, au harcèlement sexuel et aux agissements sexistes définis à l’article L. 1142-2-1 ;

8. Prendre des mesures de protection collective en leur donnant la priorité sur les mesures de protection

individuelle ;

9. Donner les instructions appropriées aux travailleurs.

Evaluer les risques professionnels En fonction des activités de son entreprise, l’employeur doit évaluer les risques professionnels (Art. L. 4121-3 du Code du travail), y compris : l dans le choix des procédés de fabrication ;

l des équipements de travail, des substances ou préparations chimiques ;

l dans l’aménagement ou le réaménagement des lieux de travail ou des installations,

dans l’organisation du travail et dans la définition des postes de travail.

Il est précisé que cette évaluation doit tenir compte de l’impact différencié de l’exposition au risque en fonction du sexe. Pour l’aider à évaluer ses risques professionnels, l’employeur peut notamment faire appel : l à son Service de Prévention et de Santé au Travail Interentreprises, interlocuteur privilégié pour accompagner les employeurs à l’évaluation de leurs risques professionnels ; l aux salariés qu’il aura désigné compétents, pour s’occuper des activités de protection et de prévention des risques professionnels de l’entreprise ; l au comité social et économique (CSE) et sa commission santé, sécurité et conditions de travail, pour les entreprises de plus de 11 salariés.

L’évaluation s’accompagne d’un inventaire des risques identifiés dans chaque unité de travail de l’entreprise et auxquels sont exposés les salariés. Une fois cette évaluation faite, l’employeur doit adresser à son SPSTI « un document précisant le nombre et la catégorie des travailleurs à suivre et les risques professionnels auxquels ils sont exposés », comme le précise l’article D.462222 du Code du travail. « Ce document est établi en cohérence avec l’évaluation des risques prévue à l’article L. 4121-3 et le recensement des postes exposés à des facteurs de risques prévu à l’article R. 4624-46 après avis du ou des médecins du travail concernés ainsi que du comité social et économique s’il existe. Ce document est mis à jour chaque année selon les mêmes modalités. » 14 / Entreprise & Santé / 4e trimestre 2025 / N°71 / www.entrepriseetsante.fr


On entend par catégorie, le classement du salarié en Suivi Individuel Simple (SIS), Renforcé (SIR) ou Adapté (SIA). Ce classement relève lui-aussi de la responsabilité de l’employeur. Il entraine un suivi de santé au travail différent car il tient compte des expositions, des postes de travail, des situations personnelles de santé, des conditions de travail…

Tracer les risques professionnels et mettre en place le plan de prévention Tous les risques professionnels auxquels sont exposés les salariés d’une entreprise sont centralisés dans le Document Unique d’Evaluation des Risques Professionnels (DUERP), ce qui permet d’assurer la traçabilité collective de ces expositions et de mettre en place un plan de prévention pour supprimer les risques, à défaut pour les atténuer.

Article L. 4121-3-1 du Code du travail Les résultats de cette évaluation débouchent : 1° Pour les entreprises dont l’effectif est supérieur ou égal à cinquante salariés, sur un programme

annuel de prévention des risques professionnels et d’amélioration des conditions de travail qui :

a) Fixe la liste détaillée des mesures devant être prises au cours de l’année à venir, qui comprennent les mesures de prévention des effets de l’exposition aux facteurs de risques professionnels ainsi que, pour chaque mesure, ses conditions d’exécution, des indicateurs de résultat et l’estimation de son coût ; b) Identifie les ressources de l’entreprise pouvant être mobilisées ; c) Comprend un calendrier de mise en œuvre. 2° Pour les entreprises dont l’effectif est inférieur à cinquante salariés, sur la définition d’actions

de prévention des risques et de protection des salariés. La liste de ces actions est consignée dans le document unique d’évaluation des risques professionnels et ses mises à jour.

Bon à savoir :

n La jurisprudence considère que le DUERP est obligatoire même en l’absence de risque identifié (« obligatoire même en l’absence de risque manifeste » - Cass. soc. 8-7-2014 n° 13-15.470 FS-PB : RJS 10/14 n° 703) n Le DUERP est un document obligatoire que l’employeur doit produire et communiquer : - à ses salariés (actuels et anciens) dans les versions en vigueur durant leur période d’activité dans l’entreprise - aux membres du CSE et du CSSCT s’ils existent dans l’entreprise ; - à son service de prévention et de santé au travail ; - aux agents de la caisse d’assurance retraite et de la santé au travail (Carsat) ; - aux membres de l’inspection du travail ; - aux inspecteurs de la radioprotection pour les travailleurs exposés aux rayonnements ionisants. L’employeur doit conserver son DUERP en cours, ainsi que toutes ses versions antérieures, pendant au moins 40 ans. L’article R.4121-2 du Code du travail précise que « la mise à jour du document unique d’évaluation des risques professionnels est réalisée au moins chaque année dans les entreprises d’au moins onze salariés, lors de toute décision d’aménagement important modifiant les conditions de santé et de sécurité ou les conditions de travail et lorsqu’une information supplémentaire intéressant l’évaluation d’un risque est portée à la connaissance de l’employeur ». Entreprise & Santé / 4e trimestre 2025 / N°71 / www.entrepriseetsante.fr / 15


La déclaration annuelle des effectifs, un point de situation important Chaque année, le Service de Prévention et de Santé au Travail demande à ses entreprises adhérentes de mettre à jour la liste de leurs effectifs salariés, à l’occasion de la déclaration annuelle des effectifs. Toutes les personnes en contrat de travail doivent être recensées : il faut donc inclure tous les salariés, quel que soit leur temps de travail, ainsi que les apprentis et les alternants, les personnes en congés maternité/paternité/parental, les personnes en arrêt maladie... Les entrées et les sorties en cours d’année doivent être indiquées. Cette formalité permet au SPSTI de : - s’assurer que les informations en sa possession sont toujours exactes : coordonnées de l’entreprise, liste nominative de salariés adossés à leur catégorie de suivi de santé et à leur exposition aux risques… - vérifier la cohérence entre les risques figurant dans le DUERP et la fiche d’entreprise ; - mieux accompagner le déploiement du plan de prévention.

Quand ?

Généralement, la déclaration doit être finalisée au 31 janvier de l’année suivant l’année civile écoulée. Il est recommandé de ne pas attendre la date butoir pour faire cette déclaration afin de pouvoir vérifier et corriger les données si besoin. La déclaration se fait directement via l’Espace Adhérent en ligne mis à disposition par le SPSTI.

Qui la fait ?

C’est l’employeur qui est responsable de sa déclaration annuelle d’effectifs : même s’il délègue cette mission (notamment à un expert-comptable), il doit s’assurer que la déclaration a été menée jusqu’à son terme et que les informations transmises sont correctes. Il est de fait conseillé à l’employeur de gérer lui-même la partie relative à la déclaration des expositions aux risques car il en a une connaissance plus précise. Les coordonnées du dirigeant ou gérant doivent également clairement apparaître pour permettre un contact direct si nécessaire. De manière générale, plus les coordonnées des contacts sont précises, plus les interactions avec le SPSTI pourront être ciblées.

Bon à savoir :

Article L4621-4 du Code du travail Le chef de l’entreprise adhérente à un SPSTI peut bénéficier de l’offre de services proposée aux salariés. S’ils sont intéressés par ce suivi de santé, ils doivent se déclarer auprès de leur SPSTI. Les dirigeants non-salariés peuvent quant à eux également bénéficier d’un suivi de santé assuré par le SPSTI, dans le cadre de l’offre spécifique (Art.L4621-3). Accord du 4 mai 2022 – Art. 5.1 Depuis le 1er janvier 2025, les particuliers employeurs doivent déclarer leurs salariés (femme de ménage, jardinier, garde d’enfant…) exclusivement auprès du Service de Prévention et de Santé au Travail National (SPSTN).

Cahier édité en partenariat avec le service juridique de PSTMN

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aux Alentours

L’ASMIS s’installe à Estrées-Deniécourt ! Ce 27 octobre, l’ASMIS a ouvert son nouveau centre à Estrées-Deniécourt dans le secteur Est de la Somme, marquant une étape importante dans sa stratégie de réorganisation et de modernisation de ses locaux. Pensé pour favoriser le travail en pluridisciplinarité, ce nouveau centre a été conçu autour de l’évolution de la prise en charge du salarié et de l’amélioration de la qualité de vie au travail des collaborateurs de l’ASMIS. D’une superficie de 630 m², ce centre comprend 12 cabinets médicaux, 2 salles de pré-visites, des bureaux partagés entre les professionnels de la prévention, ainsi qu’une salle de réunion dédiée aux actions collectives : sensibilisations, prévention, ateliers à destination des salariés mais également réunions d’information à destination des employeurs. D’ici fin 2025, les anciens centres de Ham, Nesle, Roye, Péronne et Chaulnes, devenus inadaptés à l’activité du service, seront tous regroupés au sein de ce même centre, afin d’optimiser les ressources médicales et de développer le travail en équipe pluridisciplinaire.

favorise l’attractivité de notre service de prévention et de santé au travail, dans le cadre de nos recrutements » explique Guy Lammertyn, président de l’ASMIS. Grâce à ce nouveau centre, l’ASMIS allie performance, modernité et engagement pour offrir aux salariés et aux employeurs du secteur Est du département de la Somme, un accompagnement global en prévention et santé travail, tourné vers l’avenir.

Ce regroupement permet d’offrir de meilleures conditions d’accueil et d’accessibilité, tout en renforçant la capacité de l’ASMIS à répondre aux besoins des entreprises et des salariés du territoire. Les médecins, infirmiers, assistantes médicales, experts en prévention des risques professionnels et assistantes techniques de santé au travail sont désormais rassemblés au service des adhérents. « Sa situation géographique, à proximité de la gare TGV Haute Picardie, des axes routiers et autoroutiers est un atout qui Entreprise & Santé / 4e trimestre 2025 / N°71 / www.entrepriseetsante.fr / 17


Côté Actu

Vincent Desjonquères, président de Médisis, et Luc Baijot, président de Présoa

Présoa grandit : une fusion pour renforcer la prévention dans l’Oise et l’Aisne Le 18 septembre 2025 est une date importante pour la prévention et la santé au travail dans les Hauts-de-France, et plus précisément sur le secteur de l’Aisne et l’Oise. En effet, à l’issue de leurs Assemblées Générales Extraordinaires respectives, les associations Présoa et Médisis ont acté leur fusion sous l’entité unique Présoa. Ce rapprochement stratégique marque une nouvelle étape dans la structuration des SPSTI (services de prévention et de santé au travail interentreprises), conformément à la loi du 2 août 2021.

Une fusion inscrite dans la continuité légale et territoriale

Cette opération de fusion-absorption, minutieusement préparée par Présoa et Médisis depuis plusieurs mois, s’est concrétisée lors d’un événement fédérateur au Cinéma Majestic de Compiègne, réunissant élus, partenaires et collaborateurs. L’objectif de cette fusion : mutualiser les expertises des services, harmoniser les outils et proposer une offre de services enrichie sur l’ensemble du territoire Oise-Aisne. Avec cette fusion, Présoa devient le deuxième plus grand SPSTI des Hauts-de-France, assurant le suivi de santé de plus de 290 000 salariés issus de 22 000 entreprises adhérentes, répartis sur 22 centres de santé au travail.

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Une ambition partagée pour une santé durable au travail

La fusion repose sur une volonté commune : porter un projet stratégique fondé sur la complémentarité des expertises et la convergence des valeurs. Les enjeux sont clairs : renforcer la prévention primaire, améliorer la qualité de vie au travail, anticiper les évolutions réglementaires et développer une marque employeur attractive. Comme le souligne Luc Baijot, président de Présoa, « cette fusion est une étape naturelle dans notre développement. Elle nous permettra d’être plus efficaces, plus réactifs et plus proches de nos adhérents ».

Une gouvernance renouvelée et un modèle consolidé

A l’issue de l’Assemblée Générale du 18 septembre, un nouveau Conseil d’Administration a été constitué, avec l’élection d’un Bureau composé de six membres. Isabelle Desmarais, déjà directrice générale de Présoa depuis 2021, poursuit cette mission, désormais étendue à l’ensemble de la nouvelle entité.


© Angélique Gilson © Angélique Gilson

Isabelle Desmarais, directrice générale de Présoa

Un accompagnement global, cohérent et de proximité

Les entreprises adhérentes bénéficient désormais d’une adhésion unique et d’un interlocuteur santé-travail centralisé pour tout le territoire. L’offre de services s’étoffe : médecins du travail, infirmiers, ergonomes, psychologues, préventeurs et assistantes sociales interviennent en synergie pour répondre aux besoins spécifiques des employeurs et des salariés. Cette organisation harmonisée permet de garantir une continuité des services, tout en renforçant la réactivité et la connaissance fine du terrain.

Des ateliers santé prévention animés par nos équipes

En amont des deux Assemblées Générales Extraordinaires, à travers une dizaine d’ateliers, les invités ont pu découvrir tout un échantillon de sensibilisations types que les équipes de Présoa peuvent animer au sein des entreprises pour prévenir différents risques professionnels. Parmi ces ateliers : la bonne mesure la bonne posture, addicto’miro, quizz addict, voyage immersif (réalité virtuelle), village maintien dans l’emploi, roue de la santé et prévention au travail, atelier sophro, …

Des défis à relever, une vision partagée

Les priorités pour les années à venir sont ambitieuses : santé mentale, prévention des risques psychosociaux, maintien en emploi, certifications qualité (ISO 9001, SPEC 2217), démarche RSE, amélioration des locaux et renforcement des partenariats. La fusion des deux services est un réel levier pour répondre à ces enjeux. Elle permet à Présoa d’élargir son périmètre d’intervention et de proposer un accompagnement global, cohérent et de proximité. Entreprise & Santé / 4e trimestre 2025 / N°71 / www.entrepriseetsante.fr / 19


Côté Actu

Des outils régionaux

Un réseau de consultants RPS La Dreets, la Carsat, la MSA et l’Aract* se sont coordonnées dès 2017 pour construire les bases d’un réseau de consultants référencés sur les risques psycho-sociaux (RPS). La mise en œuvre et l’animation de ce réseau s’appuient sur des règles de fonctionnement et un cadre de références théoriques et pratiques de l’intervention en prévention primaire. Les consultants du réseau RPS sont des spécialistes de l’ergonomie, de la psychologie du travail, de la sociologie du travail… Ils respectent tous une charte d’engagement et participent à plusieurs journées d’échanges dans l’année. Le but de leur intervention en entreprise est d’agir sur le travail et son organisation pour comprendre et ensuite agir sur les origines du stress, des conflits au travail, de l’absentéisme, des difficultés de recrutement, de fidélisation... 20 / Entreprise & Santé / 4e trimestre 2025 / N°71 / www.entrepriseetsante.fr

Le recours à ces consultants référencés garantit aux entreprises des méthodes d’intervention centrées sur le travail, paritaires et participatives. Des aides financières peuvent également être versées sous réserve d’éligibilité : contactprevention@carsat-nordpicardie.fr En complément, pour favoriser l’autonomie des entreprises, l’Aract propose également des formations et différentes actions d’accompagnement sur le sujet. Pour contacter l’Aract : hautsdefrance.aract@anact.fr

Plus d’outils et d’informations : * Dreets : Direction Régionale de l’Economie, de l’Emploi, du Travail et des Solidarités Carsat : Caisse d’Assurance Retraite et de la Santé Au Travail MSA : Mutualité Sociale Agricole Aract : Agence Régionale pour l’Amélioration des Conditions de Travail des Hauts-de-France


de prévention

Des fiches pratiques sur les accidents graves et mortels

Chaque jour, 2 personnes meurent au travail et plus de 100 sont blessées gravement (Source : Données CNAM et MSA 2021). En 2022, en France, 789 personnes sont décédées au travail dont 43 jeunes de moins de 25 ans.

Plus d’informations :

Chaque année, on dénombre environ 60 000 accidents du travail dans les Hauts-de-France, dont une centaine sont mortels. Les salariés du secteur privé sont plus souvent victimes d’accidents du travail dans les Hauts-de-France, avec près de 39 cas pour 1 000 salariés contre environ 33 en France. C’est pourquoi, dans le cadre du 4ème Plan Régional de Santé au Travail, les acteurs de la prévention ont élaboré une boite à outils avec des fiches pratiques visant à mieux accompagner les employeurs et répondant à différentes questions : Qu’est-ce qu’un accident grave ? Que faire en cas d’accident du travail ? Malaise au travail ; pourquoi et comment agir ? Accompagnement de l’entreprise et du salarié suite à un accident du travail Suivi individuel de l’état de santé du salarié Qui alerter en cas d’accident grave ou mortel ? Entreprise & Santé / 4e trimestre 2025 / N°71 / www.entrepriseetsante.fr / 21


ZOOM SUR

OCTOBRE ROSE : mobi

Si la prévention et le dépistage autour du cancer du sein doivent se faire toute l’année, Octobre est un mois qui permet de sensibiliser encore davantage, surtout quand on sait que cette maladie touche encore 1 femme sur 8 ! Nombreux sont donc les services de prévention et de santé au travail qui se sont engagés autour de la campagne « Octobre Rose ». Objectif : prévenir les salariées des dangers liés à certaines expositions, encourager aux bons gestes de dépistage, favoriser le dialogue et mobiliser aussi en interne les équipes. Journées de sensibilisation, ateliers de dépistage, informations durant les visites, webinaires, dispositif de communication… Plusieurs moyens ont été déployés ! Zoom sur certaines de ces actions : Organisation d’un lâcher de ballons pour l’AISMT. 4 ballons ont déjà été retrouvés dans l’Eure et dans l’Orne, l’occasion de diffuser au plus large les messages de prévention… pour la bonne cause ! En effet, la distance amènera un don en fonction du nombre de kilomètres parcourus entre le lieu d’envoi et le lieu de réception. Intervention de Pôle Santé Travail dans l’entreprise Prolaidis (Secteur Sainghin)

Stands d’information tenus dans les centres d’AST, comme ici à Lens.

La 5ème édition de Sport Entreprendre, organisée par le Sim’Up, a rassemblé plus de 300 participants. Voir article complet page 11.

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Les équipes de preveno se sont doublement mobilisées : en tant que participants à la marche organisée à Valenciennes, autour de l’étang du Vignoble, le 5 octobre et en tant que préventeurs en animant un stand ce jour-là


lisation générale Plusieurs collaborateurs de Présoa ont participé à des courses organisées dans le cadre d’Octobre Rose

ASTIL 62 s’est mobilisé à travers diverses actions, tant en interne qu’en externe : décoration des locaux, participation à plusieurs forums hospitaliers, animations dans les salles d’attente et ateliers de sensibilisation collective

L’auto-palpation, maître-mot des ateliers de sensibilisation ! Comme ici au Cedest

Campagne visuelle de sensibilisation mise en place par l’ASMIS

278 salariés de PSTMN ont participé à la Yul, ce qui a permis de reverser un chèque de 1 390€ à l’association Mes Amis, Mes Amours. L’ensemble des dons et bénéfices récoltés permettra de prendre en charge des prothèses capillaires, des brassières de sport post-mastectomie ou encore des cours d’activités physiques adaptées. 45 femmes pourront ainsi être aidées avec cette édition. Entreprise & Santé / 4e trimestre 2025 / N°71 / www.entrepriseetsante.fr / 23


Sylvie Cheynel Présidente de Cheops Hauts-de-France

Présidente de Cheops Hauts-deFrance, Sylvie Cheynel revient sur le rôle des CAP emploi, leur collaboration avec les services de prévention et de santé au travail et les perspectives de développement pour mieux accompagner les personnes en situation de handicap.

E&S Pouvez-vous présenter ce qu’est Cheops et rappeler la mission des CAP emploi ? Sylvie Cheynel : Cheops Hauts-deFrance est la tête de réseau des CAP emploi de la région, un peu comme Présanse l’est pour les services de prévention et de santé au travail. Notre rôle est de coordonner et soutenir les CAP emploi afin

qu’ils puissent mener à bien leurs missions d’accompagnement des personnes en situation de handicap sur l’ensemble du territoire. Habituellement, on compte un CAP emploi par département : pour les départements du Nord et du Pas-de-Calais, nous comptons quatre CAP emploi. L’Oise, l’Aisne et la Somme ont chacun le leur. La région Hauts-de-France compte donc 7 CAP emploi, ce qui s’explique par la taille du territoire et sa densité démographique. Les CAP emploi ont des missions de Service Public de l’Emploi et agissent en complémentarité des acteurs de droit commun. Nous avons deux types de clients - la personne en situation de handicap et l’employeur – et trois missions principales : accompagner vers

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l’emploi, dans et en emploi, tout en soutenant l’employeur dans sa démarche. “Vers l’emploi”, cela signifie que nous accompagnons des demandeurs d’emploi dans leur parcours d’accès à l’emploi, en lien étroit avec France Travail. Depuis la loi récente, le parcours est simplifié grâce à un lieu unique d’accompagnement : la personne est reçue par un conseiller France Travail ou CAP emploi et est orientée immédiatement vers le bon interlocuteur selon sa problématique. L’idée est de lui garantir un suivi personnalisé et adapté dès le départ en fonction de son besoin de rétablissement et/ou de compensation, ce qui constitue l’expertise des CAP emploi. Ensuite, l’accompagnement “dans l’emploi” est relatif au maintien dans l’emploi lorsque le salarié


l’Interview Emploi et handicap

« Ne pas hésiter à solliciter les CAP emploi pour leur expertise » subit un accident de la vie ou développe un handicap : dans ce cas, nous intervenons pour trouver des solutions d’aménagement du poste ou d’adaptation de l’environnement de travail, accompagner l’employeur et le salarié, ou envisager une reconversion. Nous travaillons systématiquement en lien avec les services de prévention et de santé au travail ; l’initiative du contact peut venir du salarié ou de l’employeur. Enfin, troisième volet de notre mission - “en emploi” - c’est lorsque nous veillons à ce que la personne conserve un emploi, que ce soit dans son entreprise ou dans une autre structure, afin d’assurer sa continuité professionnelle. Pour moi, le premier client reste la personne en situation de handicap, et le second l’employeur, car sans employeur, il n’y a pas d’emploi possible.

E&S À quel public s’adressent les CAP emploi et à quel moment interviennent-ils dans le parcours professionnel des salariés ? Sylvie Cheynel : Nous intervenons principalement sur alerte. Ce sont les services de prévention et de santé au travail qui nous signalent le plus souvent une situation problématique, mais l’employeur ou le salarié peuvent également nous contacter directement. La CARSAT peut aussi alerter sur des arrêts maladie répétitifs ou de longue durée. Cela dit, nous n’intervenons pas uniquement sur sollicitation puisque

nous travaillons aussi sur le plan de la prévention : il s’agit d’anticiper les difficultés avant qu’elles ne deviennent problématiques, par exemple en proposant des aménagements ou des adaptations précoces. Plus l’intervention est précoce, mieux c’est, car cela permet d’éviter la désinsertion professionnelle et de sécuriser à la fois l’employeur et le salarié.

E&S Comment s’organise concrètement la collaboration entre un CAP emploi et le service de prévention et de santé au travail ? Sylvie Cheynel : Les échanges se font autour de situations individuelles. Nous intervenons directement auprès du salarié ou dans l’entreprise pour évaluer les besoins et proposer des solutions adaptées. Nous traitons tout type de handicaps : physiques, visuels, auditifs, maladies invalidantes ou encore troubles psychiques. Les aménagements peuvent être financés via l’AGEFIPH (Association nationale de gestion du fonds pour l’insertion professionnelle des personnes handicapées) ou

le FIPHFP (fond pour l’insertion des personnes handicapées de la fonction publique), que ce soit pour le maintien dans l’emploi, une reconversion ou un ajustement de poste. En juin 2025, nous avons également signé une convention régionale avec Présanse : celle-ci vise à mieux connaître nos missions respectives, à renforcer la complémentarité, à innover, à mieux communiquer vers les employeurs et les salariés et à répondre de manière optimale aux besoins de chacun. Avant cela, seules des conventions locales existaient, donc cette signature représente un vrai pas en avant.

E&S Observez-vous une évolution des profils des salariés accompagnés et des problématiques rencontrées, qu’elles soient liées à l’âge ou à la santé mentale ? Sylvie Cheynel : Oui, notamment en lien avec le recul de l’âge de départ à la retraite et par conséquent l’allongement de la vie professionnelle. On constate qu’un accompagnement soutenu est nécessaire pour ces personnes afin qu’elles puissent exercer et préserver leur emploi dans de bonnes conditions. Il y a aussi un autre vrai sujet, c’est celui de la santé mentale, mais j’insiste, il est important de distinguer les troubles psychiatriques sérieux du mal-être professionnel.Beaucoup de situations aujourd’hui sont mieux identifiées et mieux accompagnées.

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« Plus l’intervention est précoce, mieux c’est, car cela permet d’éviter la désinsertion professionnelle. » E&S Pouvez-vous donner des exemples d’actions innovantes ou particulièrement réussies avec les services de prévention et de santé au travail ?

E&S Quels sont les grands axes de développement ou les transformations envisagés pour les CAP emploi dans les prochaines années ?

E&S Quel message souhaitezvous adresser aux services de prévention et de santé au travail, aux entreprises et aux employeurs de la région ?

Sylvie Cheynel : Les collaborations locales sont anciennes et produisent de nombreuses actions concrètes entre les CAP emploi et les services de prévention et de santé au travail. Nous pouvons citer par exemple des temps d’immersion de médecins du travail en processus de formation au sein des équipes CAP emploi ou encore des temps d’échanges pédagogiques et de pratiques autour de solutions techniques de compensation via la mobilisation de fournisseurs partenaires des CAP emploi. Nous avons au niveau régional déjà constaté un succès notable sur la communication et la sensibilisation autour de notre convention récemment signée. Sur la région Hauts-de-France, de nombreuses manifestations sont organisées, notamment à l’occasion de la Semaine du handicap, pour sensibiliser les employeurs et les salariés. Ces actions sont importantes pour faire connaître notre expertise et valoriser nos missions.

Sylvie Cheynel : Nous voulons renforcer notre rôle dans la prévention de la désinsertion professionnelle et être sollicités dès que notre expertise mérite d’être mobilisée au profit d’une situation à risque. Il est aussi essentiel d’améliorer la communication sur nos missions, car le nom “CAP emploi” reste méconnu, même chez certains employeurs. Je souhaiterais également créer un mode d’emploi précis de coordination entre les CAP emploi, les services de prévention et de santé au travail et la CARSAT, avec un organigramme clair et une connaissance détaillée de tous les dispositifs de financement et d’accompagnement disponibles (AGEFIPH, FIPHFP, CARSAT), afin que chaque conseiller sache qui contacter, dans chaque situation, pour agir rapidement et efficacement, au service de chaque employé.

Sylvie Cheynel : N’hésitez pas à solliciter les CAP emploi pour leur expertise dans toutes les situations de handicap, quels que soient le type ou la gravité. Nos interventions sont surtout individuelles, tandis que les actions collectives au profit des entreprises, comme la sensibilisation ou la formation des référents handicap, sont menées par l’AGEFIPH. L’objectif est de prendre en charge le mieux possible à la fois le salarié et l’employeur, dans une logique d’accompagnement et de prévention.

Les chiffres-clés des CAP emploi en Hauts-de-France D’après le rapport d’activités 2024 de Cheops Hauts-de-France, les CAP emploi de la région ont démontré une mobilisation renforcée pour l’insertion et le maintien dans l’emploi des personnes en situation de handicap (7 447 personnes en 2024).

• Accompagnement vers l’emploi : 22 387 retours à l’emploi. • Formation : 42,4 % des demandeurs d’emploi en situation de

• Maintien dans l’emploi (même poste ou autre poste chez le

satisfaits de la facilité d’obtenir une réponse à leurs démarches auprès de France Travail ou CAP emploi. Ces résultats témoignent de l’engagement des CAP emploi Hautsde-France pour favoriser l’insertion professionnelle des personnes en situation de handicap.

même employeur) : 3 601 maintiens réussis, avec un taux de réussite de 98 %. • Maintien en emploi (employabilité hors employeur d’origine) : 1 013 maintiens réalisés.

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handicap ayant suivi une formation ont retrouvé un emploi.

• Satisfaction des usagers : 83 % des demandeurs d’emploi sont


L’Agenda Save the date

26 mars à Boulogne-sur-Mer

Salon de la Prévention « Agir aujourd’hui pour préparer demain » organisé par ASTIL 62 Comment « agir » pour préserver votre capital santé et celui de vos équipes ? Qui sont les acteurs et partenaires qui peuvent accompagner vos salariés tout au long de leur parcours professionnel ? Et comment anticiper la transition vers la retraite quand on est dirigeant ou chef d’entreprise ? Ne manquez pas le Salon de la Prévention « Agir aujourd’hui pour préparer demain », organisé par ASTIL 62 ! Une journée unique entièrement consacrée à la santé globale de l’entreprise. L’événement mettra en lumière l’importance de préserver la santé physique et mentale des salariés et des dirigeants afin d’améliorer la performance collective. Cette journée sera l’occasion de : Participer à des conférences et tables rondes animées par des experts de la santé et de la prévention au travail. Rencontrer de nombreux partenaires de la prévention, de la santé, de la reconversion, de la formation et de la retraite, tels que la CARSAT Hauts-de-France, l’ARACT, l’ISTNF, Transition Pro, Aksis, l’Amie du Boulonnais, MALCO HDF, CAP Emploi… Découvrir des solutions concrètes pour améliorer la qualité de vie au travail, prévenir les risques professionnels et anticiper les changements.

Pour vous préinscrire et ne rien manquer

Echanger entre professionnels pour partager vos expériences et vos bonnes pratiques, dans un cadre convivial et interactif. Que vous soyez salarié, dirigeant ou travailleur indépendant, ce Salon de la Prévention est conçu pour répondre à vos besoins spécifiques et vous apporter des outils concrets pour mieux agir au sein de l’entreprise. USBCO – Stade de la libération – Boulevard Eurvin, 62200 Boulogne-sur-Mer Pour toutes questions, contactez nos chargées de projets : p.berquez@astil62.fr ou j.croquet@astil62.fr

Contact : Communication Presanse Hauts-de-France Hélène Helle - Tél. 07 48 88 97 73 Directeur de publication : Jean-Michel Dupuis Conception et Réalisation : Présanse Hauts-de-France Responsable de rédaction/ Coordination : Hélène Helle Rédaction : Christophe Pinchon AISMT, Camille Biendine ASMIS, Amandine Houzeaux ASTIL, Julie Landy CEDEST, Julie Mathieu preveno, Cynthia Yvernat Présoa, Alice Teyssedou PSTMN, Amandine Boquet Sim’Up, Hélène Helle, Anne-Lise Favier, journaliste indépendante

Comité de rédaction : Cécile Da Costa, Isabelle Desmarais, Philippe Duflo, Dr Alain Moniez, Damien Vandorpe

Régie publicitaire : Communication Presanse Hauts-de-France Hélène Helle - Tél. 07 48 88 97 73

Relecture scientifique : Bernard Fontaine

Impression : Léonce Deprez - Ruitz Dépôt légal à parution N°ISSN en cours Tirage : 92 500 exemplaires

Création et mise en page : HOLI - www.agence-holi.com Crédits photo : Adobe Stock - P4 : Presoa, P1&5 : AISMT, P6 : ASMIS, P7 : PSTMN, P9 : AST, P10 : preveno, P11 : Sim’Up, P12 : HSWT, P17 : ASMIS, P18&19 : Angélique Gilson, P22&23 : SPSTI cités, P24 : Jean-Michel Broux

PAPIER RECYCLÉ

Édité par : Groupement Inter Services Santé Et Travail 40 bis allée du Bénélux Zone Artoipole - 62060 Arras Cedex 9 Tél. 03 21 22 28 21

Entreprise & Santé / 4e trimestre 2025 / N°71 / www.entrepriseetsante.fr / 27


Équipements et locaux sécurisés Vigilance au quotidien

Formations Évaluation des risques

LA SÉCURITÉ DES SALARIÉS, C’EST CHAQUE JOUR QUE L’ON DOIT Y PENSER Mieux préparés, mieux équipés, mieux formés : employeurs, salariés, passez à l’action sur securiteautravail.gouv.fr


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Entreprise & Santé N°71 by Entreprise & Santé - Issuu