Colloque Temps-Contre temps - Programme

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TEMPS CONTRE TEMPS

QUELLES STRATÉGIES

TEMPORELLES POUR UNE ARCHITECTURE DE LA TRANSITION ?

A QUESTION OF TIME

IN SEARCH OF TEMPORAL STRATEGIES FOR AN ARCHITECTURE OF TRANSITION

En architecture, l’espace occupe une place centrale au dĂ©triment du temps, trop souvent nĂ©gligĂ©, bien qu’il soit un facteur clĂ© pour penser la transition Ă©cologique, sociale et économique. Face Ă  l’urgence climatique, ce colloque met la question du temps au cƓur du dĂ©bat, comme Ă©lĂ©ment essentiel du projet architectural, urbain et territorial. Repenser notre discipline Ă  travers le facteur temps nous permettra de reconsidĂ©rer l’architecture au regard des dynamiques temporelles dans lesquelles elle s’inscrit, condition indispensable pour en modifier les circonstances et les mĂ©canismes.

L’historien amĂ©ricain Marvin Trachtenberg a soulignĂ© que la temporalitĂ© est une condition Ă©pistĂ©mique qui affecte silencieusement toute production et expĂ©rience de l’environnement construit. Dans son ouvrage Buildingin-Time, il expose les modalitĂ©s d’une construction avec et dans le temps qui a eu lieu Ă  la Renaissance, avant que les rapports humains au temps ne soient radicalement bouleversĂ©s. En effet, le temps mĂ©canisĂ©, mesurable et quantifiable est un hĂ©ritage de cette premiĂšre modernitĂ©, qui est dĂ©sormais orientĂ©e sur le progrĂšs. Le sociologue et politologue allemand Hartmut Rosa dĂ©veloppe prĂ©cisĂ©ment cet aspect dans son livre AccĂ©lĂ©ration : une critique sociale du temps, en montrant comment la question de la temporalitĂ© devient de plus en plus Ă©vidente dans les crises ultĂ©rieures de la modernitĂ© que nous vivons actuellement ou que nous subissons à un rythme accĂ©lĂ©rĂ©. Si la question du temps devient plus centrale dans notre dĂ©bat contemporain, comment les problĂšmes environnementaux rĂ©introduisent-ils les questions de temporalitĂ© dans la pratique architecturale ?

L’épuisement exponentiel des ressources et le caractĂšre polluant de l’industrie du bĂątiment nous confronte aujourd’hui aux limites du progrĂšs continu. Le temps n’est alors plus concevable dans sa progression linĂ©aire, mais doit ĂȘtre abordĂ© de maniĂšre innovante. La dynamique qui jusqu’ici rĂ©gissait le monde, la tempĂȘte du progrĂšs, pour reprendre la formule de l’Ange de l’histoire de Walter Benjamin, n’a pas cessĂ© de nous entraĂźner vers un avenir qui risque de tourner Ă  la catastrophe. L’introduction de « contretemps » n’est-elle pas essentielle pour sortir des trajectoires engagĂ©es ? Y aurait-il lĂ  les prĂ©misses d’un avenir qui sera – par la force des choses –radicalement diffĂ©rent ? Refusant la passivitĂ© face au processus d’accĂ©lĂ©ration, ce colloque propose de rĂ©flĂ©chir

Quelles stratégies temporelles pour une architecture de la transition ?

dĂšs Ă  prĂ©sent au temps et aux temporalitĂ©s qui dĂ©terminent le cours des choses. Il convoque des contre-dynamiques plus rĂ©silientes, plus inclusives, et explore des maniĂšres d’entrer davantage en rĂ©sonance avec le monde.

ACCÉLÉRATION / DÉCÉLÉRATION

Si l’on considĂšre le temps comme vecteur dynamique d’action, il semble qu’aux Ă©chelles architecturales, urbaines et territoriales, des stratĂ©gies d’accĂ©lĂ©ration ou de dĂ©cĂ©lĂ©ration peuvent proposer des contre-dynamiques en rĂ©ponse aux trajectoires engagĂ©es qui mettent la Terre en crise. AccĂ©lĂ©rer ou dĂ©cĂ©lĂ©rer correspondrait Ă  une fracture entre les tenants du progrĂšs technologique et ceux qui à l’inverse s’en mĂ©fient. Comment se manifestent ces contredynamiques temporelles, et que proposent-elles exactement ? Quels leviers opĂ©rationnels et esthĂ©tiques sont alors mobilisĂ©s ?

L’accĂ©lĂ©ration viserait – face Ă  l’urgence – la haute technologie et l’efficacitĂ© de la production, la gestion des ressources et de l’énergie renouvelables Ă  l’échelle globale. Le mode d’action consisterait Ă  prĂ©cipiter les dynamiques en cours afin de bifurquer avec grand Ă©lan – avant ou aprĂšs le dĂ©clin – vers un renouveau, en employant tous les moyens techniques disponibles pour fonder un monde qui se veut plus Ă©cologique. L’accĂ©lĂ©ration englobe les infrastructures mondiales Ă  grande Ă©chelle et croit en leur transformation (d’oĂč l’idĂ©e de transition). La destruction crĂ©atrice joue un rĂŽle clĂ© dans cette posture de renouveau radical.

La dĂ©cĂ©lĂ©ration tendrait vers la sobriĂ©tĂ© et l’économie circulaire en s’appuyant sur les systĂšmes naturels Ă  l’échelle locale, voire sur l’archaĂŻque comme source-ressource d’une possible renaissance. Le mode d’action consisterait Ă  faire un pas de cĂŽtĂ© pour construire des contre-dynamiques basĂ©es sur l’emploi de matiĂšres durables, en rĂ©inventant de nouveaux modes de productions et de nouvelles techniques de mise en Ɠuvre. On trouve aussi dans cette catĂ©gorie les mouvements bottom-up et l’auto-construction qui chercherait Ă  crĂ©er une nouvelle forme de rĂ©sonance avec un monde en crise.

Ces deux positionnements opposĂ©s, qui semblent à premiĂšre vue inconciliables dans leur approche à la croissance Ă©conomique, n’ont-elles pas comme vecteur

commun la finalitĂ© de leur quĂȘte, Ă  savoir l’introduction de contretemps et de « contre-espaces » dans les dynamiques qui rĂ©gissent le monde actuellement afin de le rendre plus durable ?

Le contretemps est un « Ă©vĂšnement, une circonstance qui s’oppose Ă  ce que l’on attendait. Un fĂącheux contretemps », selon Le Robert ; en musique c’est l’« action d’attaquer un son sur un temps faible » suivie d’un bref silence.

Et si ce « fĂącheux contretemps », cette attaque « sur un temps faible », nous permettait d’engager à ce bref instant de suspension une bifurcation pour initier une transition, un reset ?

Dans ce colloque, nous nous intĂ©ressons aux visions qui Ă©tablissent Ă  l’échelle architecturale, urbaine et territoriale un autre rapport entre l’homme et la nature, l’urbain et le rural, l’architecture et la matiĂšre, la durĂ©e et la durabilitĂ©, en reconsidĂ©rant le temps comme facteur clĂ© de la transition.

Qu’en est-il donc de ce temps sous-jacent, Ă  peine perceptible, Ă  peine abordĂ©, qui dĂ©termine cependant le rapport que l’architecture Ă©tablit avec le monde ? De quels outils les architectes disposent-ils pour « manipuler » le temps, ou pour intervenir sur les temporalitĂ©s des espaces et de la matiĂšre ? Quelles sont les stratĂ©gies d’action des architectes face aux dynamiques temporelles qui rĂ©gissent les villes, les territoires, voire le monde entier, comment peut-on les contrer ? Que faudrait-il accĂ©lĂ©rer ou dĂ©cĂ©lĂ©rer, avec quels outils et pour quelles fins ?

Repenser nos disciplines par le facteur temps et non seulement par l’espace est un dĂ©fi qui concerne toutes les échelles et impose une ouverture aux autres disciplines : l’économie, l’histoire, les arts, la philosophie, la sociologie, l’anthropologie. De nombreuses synergies pourraient ainsi se dĂ©velopper entre chercheurs de diffĂ©rents laboratoires, français et internationaux. N’avons-nous pas besoin de croiser les regards face Ă  l’ampleur du problĂšme et de repenser fondamentalement la maniĂšre qu’a le temps de forger l’espace ?

Quelles stratégies temporelles pour une architecture de la transition ?

LONGUE DURÉE/URGENCE

9:00 accueil

9:15 ouverture par Julien Bargeton, prĂ©sident de la CitĂ© de l’architecture et du patrimoine et Susanne Stacher

9:30 introduction de Pierre Caye

10:00 café

LONGUE DURÉE

Penser et agir avec le temps long, les temporalitĂ©s qui transcendent l’individu : transgĂ©nĂ©rationnelles et autre-qu’humaines.

10:20 Luc Baboulet, L’histoire aux sentiers qui bifurquent. Pour une gĂ©ohistoire architecturale

10:45 Olivier Gaudin, Hériter contre le temps. Sens critique et culture historique

11:10 Sebastian Carcamo, Temporal Perspectives in Seismic Architecture: Morphology, Movement, and the Seismic Aura

11:35 Xiaojun Zhang & Peter W. Ferretto, Durée: Forms of Time in the Transitioning Resilient Villages in the Megacity of Greater Bay Area in China

12:00 HélÚne Marcoz, Paysages changeants (vidéo)

12:25 café

12:35 table ronde animĂ©e par Susanne Stacher & CauĂȘ Capille

13:15 déjeuner

URGENCE

RĂ©ponses Ă  l’inopĂ©rativitĂ© des agendas politiques. Prises de position dans un horizon temporel conflictuel pour des transitions sociĂ©tales et environnementales.

14:30 Alain Guez, Quelle plasticité chronotopique pour un monde habitable ?

14:55 Émilie Gascon, PLANS A / PLANS D : Vivre « avec » en territoire de l’eau Ă  l’échelle et à temps

15:20 Mathieu Mercuriali, Les temps de la MĂ©diterranĂ©e. Les Ăźles comme prototype de territoires d’anticipation

15:45 Marc Armengaud, Contre toute attente 16:10 Alejandro Campos Uribe, The Density of Time (vidéo)

16:20 café

16:50 table ronde animée par Florian Hertweck & Véronique Patteeuw

17:30 VĂ©ronique Patteeuw & LĂ©a‑Catherine Szacka en conversation avec Emmanuelle Chiapone‑Piriou, prĂ©sentation du livre It’s About Time

18:00 pause

19:00 confĂ©rence d’Antoine Picon 20:00 dĂźner‑ cocktail

CYCLES/TRANSITOIRE

9:00 accueil

9:30 introduction de Stéphane Bonzani

10:00 café

CYCLES

Le temps comme ensemble de processus et de rythmes avec lesquels agir. La multiplicité, la répétitivité et les dérÚglements temporels comme leviers stratégiques.

10:20 Marija Marić, Beyond Before and After: Repair as a Habitual Practice

10:45 Matthias Armengaud, JachĂšre urbaine

11:10 Louis Destombes, Économie circulaire, ou comment tourner de plus en plus vite

11:35 Jean‑Pierre Chupin, Analogie biologique, cyclicitĂ© et rĂ©troactions

12:05 Philippe Rizzotti, Enjeux contemporains de l’architecture face à la quantification carbone

12:30 café

12:40 table ronde animée par Paolo Amaldi & David Malaud

13:20 déjeuner

TRANSITOIRE

Ce qui ne dure pas. Le temps comme motif d’incertitudes et de ruptures. Le temps dans son caractĂšre transitoire, fragmentĂ© et fragmentant. InachĂšvements, suspensions, contingences pour et dans l’architecture.

14:30 Tristan Denis, Architectures hétérochroniques

14:55 Adria Daraban, Fragmentary Temporalities

15:20 Ayesha Safraz, Temporal Territories / Emergent Ecologies

15:45 Carlotta DarĂČ, Le temps suspendu de la salle d’attente

16:10 Marc‑Antoine Durand, La critique à contretemps de l’histoire – une leçon banhaminenne

16:25 Mathieu Berteloot, Le temps de construire (vidéo)

16:35 café

17:00 table ronde animée par Véronique Patteeuw & Susanne Stacher

17:40 pause

18:00 conclusion du colloque

18:25 clÎture par Francis Rambert 18:40 apéritif

Chantier de l’Atomium pour l’Expo 58 de Bruxelles, 1957, AndrĂ© et Jean Polak (architectes), Andre Waterkeyn (ingĂ©nieur).

Photo Daan Noske/Anefo

KEYNOTE SPEAKERS CONFÉRENCES

ANTOINE PICON L’architecture entre durĂ©e et disparition programmĂ©e Ă  l’ùre de l’AnthropocĂšne

À l’ùre de l’AnthropocĂšne, l’architecture paraĂźt tiraillĂ©e entre des impĂ©ratifs pour le moins contradictoires : durer afin de lutter contre le gaspillage des ressources, ĂȘtre d’autre part en mesure de disparaĂźtre aisĂ©ment en permettant le recyclage des matĂ©riaux dont elle est constituĂ©e. En partant de cette tension, la confĂ©rence abordera les rapports complexes qui se nouent aujourd’hui entre l’architecture et le temps. Tout n’est pas toutefois nouveau dans l’injonction en apparence contradictoire de durer et d’ĂȘtre capable de disparaĂźtre. On s’interrogera du mĂȘme coup sur ce qui singularise vraiment le nouveau rĂ©gime de temporalitĂ© de l’architecture par rapport Ă  ceux qui ont caractĂ©risĂ© des Ă©poques antĂ©rieures. De quelle maniĂšre celui-ci peut-il faire sens par-delĂ  les nĂ©cessitĂ©s Ă©conomiques et environnementales ?

PIERRE CAYE

Espace-temps-Architecture : 3 thĂšses

Pour dĂ©finir le rapport de l’architecture au temps trois thĂšses seront briĂšvement prĂ©sentĂ©es : l’espace-temps constitue la niche Ă©cologique propre Ă  l’ĂȘtre humain ; 2) La stase temporelle privilĂ©giĂ©e que met en valeur l’architecture est le prĂ©sent ; enfin les Ă©difices sont des machines Ă  convertir le temps en espace et l’espace en temps. Il s’agit in fine de rĂ©flĂ©chir sous quelle forme l’architecture peut contribuer Ă  surmonter l’entropie qu’engendrent le systĂšme de production et de reproduction.

STÉPHANE BONZANI Architecture polychronique

tFace Ă  la crise Ă©cologique, accĂ©lĂ©ration et dĂ©cĂ©lĂ©ration forment deux stratĂ©gies qui semblent s’opposer. En rĂ©alitĂ©, elles reposent toutes deux sur une conception du temps sous-jacente : un temps unique et linĂ©aire forgĂ© par la modernitĂ©, abstraction que met en Ă©vidence la philosophe Bernadette BensaudeVincent. Cette abstraction, inventĂ©e pour rendre commensurables des rĂ©alitĂ©s bien diffĂ©rentes (temps de la terre, du vivant, des matĂ©riaux, temps social et historique, etc.) a certes permis de saisir et de rapprocher des phĂ©nomĂšnes hĂ©tĂ©rogĂšnes, mais elle a Ă©galement conduit Ă  nĂ©gliger les itinĂ©raires temporels propres de ceux-ci. L’auteure propose de se dĂ©faire du temps linĂ©aire et de lui substituer un « temps-paysage » (Bensaude-Vincent, 2021), mĂ©taphore qui renvoie à une polychronie, plus apte Ă  saisir les devenirs embrouillĂ©s qui caractĂ©risent notre prĂ©sent Ă©pais (Haraway, 2016). En architecture, prendre au sĂ©rieux cette polychronie donne Ă  voir un Ă©difice comme une chose trĂšs Ă©trange : mĂ©lange de temporalitĂ©s diverses, d’accĂ©lĂ©rations et de ralentissements, de crises et de stases, d’altĂ©rations et de bifurcations. C’est la forme-Ă©difice, dans son individualitĂ© mĂȘme qui se trouve affectĂ©e. Plus encore, elle modifie ce que nous appelons communĂ©ment projet


Penser et agir avec le temps long, les temporalitĂ©s qui transcendent l’individu : transgĂ©nĂ©rationnelles et autre‑qu’humaines

Thinking and acting in the long term, with temporalities that transcend the individual: transgenerational and other‑than‑human.

LONGUE DURÉE LONGUE DURÉE

LUC BABOULET

L’histoire « aux sentiers qui bifurquent »

Pour une géohistoire architecturale

« L’intrusion de GaĂŻa » (Isabelle Stengers) au cƓur de nos formes de vie exige du monde de l’architecture qu’il renouvelle ses objectifs et ses pratiques, mais aussi son historiographie, qui doit dĂ©sormais ĂȘtre capable d’intĂ©grer une durĂ©e planĂ©taire. D’oĂč l’urgence d’une gĂ©ohistoire architecturale hĂ©tĂ©rochronique qui soit capable : de saisir le monde comme une texture polyrythmique de diffĂ©rentes durĂ©es en constante interaction : durĂ©e uniformisante des flux capitalistiques dĂ©territorialisants, multiplicitĂ© des durĂ©es vĂ©cues au sein des territoires et des cultures
 Ă  rapporter toutes Ă  la durĂ©e de la Terre elle-mĂȘme, dans l’épaisseur menacĂ©e de sa zone critique ; d’évaluer de façon critique la part centrale de l’architecture au sein de cette texture, dans sa capacitĂ© Ă  instaurer (pour le meilleur comme pour le pire) une durĂ©e mĂ©diatrice dans et par laquelle les rĂ©alitĂ©s gĂ©o- et bio-physiques d’une part, les sociĂ©tĂ©s humaines d’autre part, se co-constituent de façon rĂ©cursive ; d’offrir ainsi une base architecturale Ă  la perspective gĂ©nĂ©rale d’une « redirection Ă©cologique ».

Harold Fisk, Carte des méandres du Mississippi, Cours anciens, 1944

OLIVIER GAUDIN Hériter contre le temps : sens critique et culture historique

De quelle histoire de l’architecture et des paysages avons-nous besoin, que l’on soit concepteur d’espace ou simple habitant des temps prĂ©sents ? La distinction de Nietzsche (1874) entre trois types de connaissance du passĂ© – monumentale, traditionaliste et critique –, peut inspirer l’histoire des lieux habitĂ©s. Ces trois usages stratĂ©giques de l’écriture historique sont mis en tension par l’idĂ©e d’inactualitĂ© ; l’ambivalence des hĂ©ritages du passĂ© reflĂšte une perception troublĂ©e du prĂ©sent et de l’avenir.

Mue par « l’élĂ©ment non historique » et une part vitale d’oubli, l’action suppose aussi bien des racines et un horizon que le sens critique et la capacitĂ© d’imaginer. L’inquiĂ©tude nietzschĂ©enne peut inspirer une culture de l’architecture et du paysage renouvelĂ©e et mise en perspective : attentive aux conditions sociales, Ă©cologiques et politiques de la durĂ©e dont nous devons apprendre Ă  hĂ©riter. EnquĂȘter sur l’histoire environnementale et l’histoire du regard, c’est apprendre à cĂ©lĂ©brer, Ă  aimer et Ă  critiquer ce legs, in medias res et in situ. À cent cinquante ans de distance, les vibrants appels « inactuels » de Nietzsche Ă  repenser les mĂ©thodes et les fins de l’éducation historique peuvent Ă©clairer le problĂšme d’une transmission rĂ©flĂ©chie d’une culture du paysage et de l’architecture. Ils mettent au jour les enjeux esthĂ©tiques, politiques et anthropologiques d’une telle transmission.

Bruno Braquehais, Statue brisĂ©e de l’empereur NapolĂ©on, 1871

Quelles stratégies temporelles pour une architecture de la transition ?

SEBASTIAN CÁRCAMO CHAVEZ

Temporal Perspectives in Seismic Architecture: Morphology, Movement, and the Seismic Aura

This article advocates for a paradigm shift in seismic architecture, emphasizing the integration of architectural insights into seismic resilience, traditionally dominated by structural engineering. It underscores the significance of melding temporal perspectives and morphological analysis to enhance the resilience of buildings against earthquakes. Central to this discourse is the concept of “Seismic Aura,” a novel architectural tool that graphically represents the potential deformation patterns of a building under seismic stress, thereby illustrating the dynamic interplay between a building’s form and its movement. This approach draws from the probabilistic nature of seismic events—where the timing and intensity are uncertain—and advocates for a design philosophy that prepares buildings for a multiplicity of seismic scenarios, embodying the ancient Greek concept of Kairos, or seizing the opportune moment. By doing so, it challenges the conventional relegation of seismic considerations to the latter stages of design, proposing instead that these elements be integral to the initial design process. This integration not only aims to enhance the structural integrity and safety of buildings but also seeks to redefine the architectural role in fostering resilience, encouraging a proactive rather than reactive approach to seismic design. Through a synthesis of theoretical frameworks and practical applications, the article positions the “Seismic Aura” as both a diagnostic and a design tool, facilitating a deeper understanding of the relationship between morphology and movement, and ultimately advocating for buildings that are not only safe but also inherently suited to their seismic contexts.

XIAOJUN & PETER W. FERRETTO

Durée: Forms of Time in the Transitioning Resilient Villages in the Megacity of Greater Bay Area in China

Cities and villages are a pair of spatial and sociological entanglement. When their developing courses meet, the interaction is often perceived as measurable and spatial matters. Time is frequently used to prove the rapidness and prosperity of the city or the historical length of the villages, but seldom questioned for its nature as continuous duration. Situated in the megacity of the Greater Bay Area in China, this paper identifies the role of duration in a transition where the long history of villages meets with rapid and aggressive urban sprawl. Resilience became observable in the urban-rural confrontation. The drastic development of the megacity forced the villages to react and respond. Would there be a battle for survival, schemes for preservation and revitalisation, or even adaptive modernisation to keep up with the city? Illustrated with three village cases, time performs itself at different durations that become a significant role in their transitions. Pursuing the unmeasurable and qualitative nature of duration reveals the inner drive of the villages, such as the cultures, lineages, everyday life, traditions, rituals and others. They are internalised in the continuity of duration that carries the villages onward with the developing megacity.

Pondside view of Gangtou village

HÉLÈNE MARCOZ

Payage(s) et Shanshui

Paysage(s)

La camĂ©ra enregistre pendant un cycle d’une annĂ©e la mĂ©tamorphose d’un mĂȘme paysage afin d’animer au montage un vidĂ©orama dont chaque image associe plusieurs saisons simultanĂ©ment. Celui-ci est ensuite projetĂ© en boucle pour donner l’impression d’un tableau vivant, d’un temps suspendu et infini ; le paysage se conçoit comme le palimpseste de mutations Ă  la fois subtiles et dĂ©routantes. Ce vidĂ©orama a bĂ©nĂ©ficiĂ© du soutien de la DRAC Nord-Pas de Calais et de Pictanovo (avec l’aide de la rĂ©gion Nord-Pas de Calais). Il fait partie de la collection du Palais des Beaux-Arts de Lille oĂč il est prĂ©sentĂ© de maniĂšre permanente dans la salle des paysages XIXe.

Shanshui

Paysage(s), vidéorama, 2016-2018, Projection vidéo en boucle (10 min.), Réalisation en partenariat avec la DRAC Hauts de France et Pictanovo ; Shanshui, vidéorama, 2023, Projection vidéo en boucle (18 min.)

Ici, un paysage de montagne se construit et se dĂ©construit au grĂ© du passage des nuages. Comme dans la peinture du XVe ou du XVIe ou encore le théùtre de rue de cette mĂȘme Ă©poque, le nuage a dans ce vidĂ©orama vocation Ă  cacher des mĂ©canismes : il efface ou fait apparaĂźtre des crĂȘtes de montagne pour reconfigurer sans cesse ce paysage au grĂ© du passage du temps. Le nuage prend ici toute sa valeur temporelle et spatiale : il isole les crĂȘtes les unes des autres et montre que leur apparition est éphĂ©mĂšre. Ce paysage est instable, en devenir, il ne dure que le temps de dĂ©filement du nuage. Nous pouvons ici nous rappeler le mot de Ruskin Ă  propos de Turner dans Modern painters : « Chacune de ses compositions est Ă©videmment dictĂ©e par le plaisir de voir les choses seulement en partie, et non dans leur totalitĂ©, et de les fondre dans une enveloppe de nuages et de brouillard au lieu de les dĂ©voiler. »

RĂ©ponses Ă  l’inopĂ©rativitĂ© des agendas politiques. Prises de position dans un horizon temporel conflictuel pour des transitions sociĂ©tales et environnementales

Responding to the inoperativeness of political agendas. Taking a stance on societal and environmental transitions in a conflicting timeframe

EMERGENCY

ALAIN GUEZ

Quelle plasticité chronotopique pour un monde habitable ?

L’architecture contient et construit du temps. Elle en est une des expressions tangibles, traversĂ©e par des dynamiques autant culturelles que matĂ©rielles qui proposent des expĂ©riences et des rapports singuliers au temps. Les changements climatiques bouleversent les rĂ©gimes d’historicitĂ© et de temporalitĂ©s et invitent d’en repenser les articulations. Notre interprĂ©tation de la plasticitĂ© (Malabou, 2005) chronotopique de l’architecture s’appuie sur une sĂ©lection de faits et de dispositifs proposant des rĂ©gimes d’historicitĂ© et de temporalitĂ©s contrastĂ©s. La notion de rĂ©gime d’historicitĂ© (Hartog, 2003) permet de rĂ©vĂ©ler les relations et les étendues temporelles qui s’articulent au prĂ©sent, entre passĂ©, actuel et futur. Les rĂ©gimes de temporalitĂ©s (Baschet, 2018) caractĂ©risent des phĂ©nomĂšnes temporalisĂ©s par des cycles, pĂ©riodes, rythmes, vitesses, ou encore Ă©vĂ©nements, qui participent aussi de l’expĂ©rience du temps à travers les pratiques, les imaginaires, les processus de fabrication, de maintenance, ou encore de transmission. Il s’agit ici de penser nos rapports au temps Ă  travers la plasticitĂ© de dispositifs architecturaux, territoriaux, urbains, paysagers qui affirment, critiquent, ou encore questionnent, dans des registres pratiques, matĂ©riels et symboliques, des mondes possibles et les rapports au temps qu’ils dessinent concrĂštement dans l’horizon incertain contemporain.

Détail de la roche du promontoire de Taizé

ÉMILIE GASCON

PLANS A / PLANS D

Vivre « avec » en territoire de l’eau à l’échelle et Ă  temps

Depuis plus d’une vingtaine d’annĂ©es, l’alerte est donnĂ©e sur l’urgence et la nĂ©cessitĂ© du « vivre avec » les variations en territoire de l’eau. Cet appel du passage de la rĂ©sistance Ă  la rĂ©silience a pour rĂ©ponse une gestion des inondations se tournant vers l’acceptation de l’eau sur le territoire aprĂšs des gĂ©nĂ©rations de rejet ; aux domaines de la conception de s’adapter.

De nouveaux dispositifs ou d’anciennes techniques remises au goĂ»t du jour sont expĂ©rimentĂ©s Ă  l’échelle. Les ingĂ©nieurs accueillent la multifonction. Les architectes reprennent les principes d’un Ă©tablissement proposant diffĂ©rentes relations Ă  l’eau. Les paysagistes renaturent voire rĂ©gĂ©nĂšrent berges et littoraux. Les urbanistes explorent de nouvelles gĂ©ographies urbaines : riviĂšre urbaine Ă©phĂ©mĂšre, quartierbassin versant, quartier insulaire par anastomose


Studio Marcovermeulen, “Rain in the City View, Rotterdam as a Collection of Retention Squares and Sponges”, 2004, in: From Rotterdam waterstad 2035.

Ces expĂ©rimentations, ces plans « A » de l’adaptation produisent des leçons encourageantes : succĂšs quant à la gestion de l’excĂšs de l’eau ; appui sur des dispositifs qui imitent, travaillent avec, valorisent et protĂšgent la « nature » ; usage du temps comme d’un levier stratĂ©gique ; transformation de la gestion du risque en gestion du risque et des opportunitĂ©s
 Un critĂšre majeur vient toutefois temporiser le propos : le facteur temps-ressources limitĂ©. En 2024, Ă  l’heure d’une situation globale dĂ©gradĂ©e au point d’une sortie imminente du rĂ©gime HolocĂšne et à l’heure de l’accĂ©lĂ©ration de cette Ă©rosion de ressources du systĂšme Terre, Ă  l’heure d’une planĂšte « au bord du gouffre » en somme, la problĂ©matique de la pertinence des mesures d’adaptation sans mitigation se pose.

MATHIEU MERCURIALI

Les temps de la Méditerranée

Les üles comme prototype de territoires d’anticipation

HabitĂ©es par des civilisations et des peuples successifs depuis des milliers d’annĂ©es, la MĂ©diterranĂ©e et ses petites Ăźles de la MĂ©diterranĂ©e combinent des Ă©quations de vie paradoxales : modernitĂ© tardive, habitat rustique et Ă©conomie fragile. Aujourd’hui, cette mer continue de fasciner et d’ĂȘtre au cƓur des enjeux de l’architecture et du paysage, non plus comme source d’inspiration spatiale ou architectonique, mais comme espace d’anticipation, oĂč l’accĂ©lĂ©ration du changement climatique a ses effets plus marquants d’annĂ©es en annĂ©es.

RĂ©agissant aux enjeux contemporains liĂ©s au changement climatique – montĂ©e des eaux, catastrophes, sĂ©cheresse, migrations – les Ăźles de la MĂ©diterranĂ©e apparaissent plus particuliĂšrement comme le laboratoire à petite Ă©chelle de notre avenir complexe : extractions miniĂšres, surtourisme, migrations, transformation des biotopes provoquĂ©e par la montĂ©e des eaux et la sĂ©cheresse. Comment anticiper les phĂ©nomĂšnes climatiques et l’obsolescence des infrastructures issues du modernisme en prenant modĂšle sur l’écosystĂšme mĂ©diterranĂ©en bouleversĂ© ?

Tableau rĂ©partissant les risques issus de l’analyse d’un Ă©chantillon de petites Ăźles de la MĂ©diterranĂ©e

MARC ARMENGAUD

Contre toute attente :

Qui sait encore de quoi l’avenir sera fait, et comment faire des projets pour rĂ©pondre Ă  un avenir incertain?

+ 0,7° c + 1,8° c + 3, 2° c

Les rapports du GIEC se dĂ©calent vers des scĂ©narios de plus en plus pessimistes. Les hypothĂšses hyperboliques d’hier sont devenues les prĂ©visions conservatrices d’aujourd’hui ! Une glissade exponentielle qui n’est pas seulement alarmante au plan Ă©cologique, mais semble aussi miner toute prĂ©tention Ă  penser et agir Ă  long terme.

L’avalanche des Ă©vĂ©nements extrĂȘmes ou anormaux vient accentuer l’incertitude, tout en consommant des efforts considĂ©rables pour rĂ©agir aux urgences et revenir Ă  la normale, aussitĂŽt percutĂ©s par d’autres anomalies, qui nous dĂ©vient sans cesse de trajectoires intenables.

Ces mises en Ă©chec de l’avenir vont dĂ©construire notre culture de l’amĂ©nagement du territoire. Crise des assurances et de la valeur fonciĂšre, obsolescence des rĂ©seaux, stress hydrique et alimentaire global, migrations globales
 Ces crises vont impacter les capacitĂ©s d’investissement et de gestion des territoires, autant qu’elles vont dĂ©stabiliser leurs gouvernances. HĂ©ritiers d’une histoire qui les situe rĂ©solument du cĂŽtĂ© de la permanence et de la rĂ©gularitĂ©, urbanistes et architectes doivent redĂ©finir leur rapport au temps, pour apprivoiser des situations hypercomplexes et instables.

Inversons la prospective, en cherchant des pistes dans ce prĂ©sent chaotique. Faudrait-il concentrer nos projets sur l’urgence pour dĂ©velopper de nouvelles capacitĂ©s d’anticipation par dĂ©faut qui nous ouvriraient des pistes vers une autre idĂ©e du temps long ? En renonçant Ă  l’alibi autoritaire des prĂ©visions, on pourrait dĂ©velopper des polyrythmies stratĂ©giques, Ă  vitesses multiples. Chercher notre chemin Ă  tĂątons, dans une conjuration d’explorations simultanĂ©es.

AWP, HypothĂšses GIEC Grand GenĂšve

Vers une multiversatilité systémique ?

ALEJANDRO CAMPOS URIBE

The Density of Time: A gathering body of experiences

We tend to think of ideas and discourses as disembodied entities, but they are shaped by our continuous interaction with the environment and they get incorporated into the places in which we dwell, especially our own homes. This short film explores how Aldo and Hannie van Eyck’s ideas on architecture and exhibition design are corporally present, materialised in their own house in Loenen van de Vecht, in the building itself, in their art collection’s cross cultural nature, in the vibration of the exhibited objects, in the non-pedigree selection and compositional strategies. The Van Eycks, by dwelling in this house and performing actions within it, both constructed the interior as a sum of their experiences, but also were shaped by the interior itself, which determined the values and expectations that accumulated on, in, and through their bodies, inflicting their embodied identities. How to approach this house today? How to capture its temporal density and unpack the inscribed architectural ideas? This short film presents the house as a gathering body of experiences, brought together through audiovisual means. Different times collide and intersect: Aldo van Eyck in the 80s, Tess van Eyck in early 2000s, and myself in 2018, re-enacting their movements through the interior. Time is thus conceived as a dense, layered accumulation of entanglements that re-appear only through the use of our own bodies.

The Density of Time: A gathering body of experiences

Le temps comme ensemble de processus et de rythmes avec lesquels agir. La multiplicité, la répétitivité et les dérÚglements temporels comme leviers stratégiques

Time as processes and rhythms to work with. Multiplicity, repetitiveness and temporal disruption as strategic opportunities

CYCLES CYCLES

MARIJA MARIĆ Beyond Before and After: Repair as a Habitual Practice

From an empty lot to a newly constructed building, from decay to refurbishment, from 2024 to 2050, from broken to fixed— architectural design has often been organised around the temporal categories of before and after. An ideal manifestation of a linear time, the before and after could also be seen as temporalities deeply embedded into the paradigm of technological solutionism. Drawing from the research conducted as part of the exhibition The Great Repair (AdK Berlin, 2023), this contribution proposes to critically access the concepts of before and after, opening up, instead on the ways in which repair, care, and maintenance could inform architectural practice with another understanding of temporality: that of a cycle, rhythm, ritual, perpetuality, and finally habitation. It is organised around the questions: Is ecological transition a project of before and after, or rather a permanent process of withering away from the carbon histories and futures in-the-making? What are other temporalities, and what are the temporalities of the Other— human and more-than-human subjects which are overlooked and often rendered invisible by our current Antropocentric politics of time, and thus also space? And finally, what would a shift from future tense to the present habitual tense mean for architectural and urban design and research?

The Great Repair, installation view.
Photo

MATTHIAS ARMENGAUD JachĂšre urbaine

AWP, Parc du peuple de l’herbe

Quelle serait la valeur du contretemps pour prĂ©ciser nos instruments et notre solfĂšge de la transition territoriale ? En filant la mĂ©taphore musicale, on pourrait s’intĂ©resser Ă  la syncope qui effectue un dĂ©placement de l’accent normalement placĂ© sur un temps fort, vers un temps faible. Une note attaquĂ©e sur un temps faible et prolongĂ©e sur le temps suivant (qui est toujours un temps fort). Dans une approche syncopĂ©e, on rechercherait un dispositif spatial qui active des paramĂštres par sĂ©quences stratĂ©giques en évolution progressive, qui ne s’ordonne plus Ă  un rythme à l’unisson. Pour cela nous proposons d’explorer la figure de la « JachĂšre Urbaine » qui introduit un temps « mort » volontaire, une pause stratĂ©gique pour rendre des renaissances possibles. La jachĂšre ? Il s’agit d’une pratique alternative du sol, un outil de gestion de la terre hĂ©ritĂ© d’anciennes techniques agricoles. Garder certaines terres en jachĂšre fait partie de la rotation des cultures, mais c’est aussi une temporalitĂ© particuliĂšre qui rĂ©siste aux Ă©valuations en termes de productivitĂ© et de profit immĂ©diat. Il s’agit donc d’un atout stratĂ©gique par nature, une vision de l’avenir. La diffĂ©rentiation est la clĂ© de cette approche, parce que l’état de jachĂšre n’est pas propre Ă  un site, mais est relatif Ă  une situation entre sites et mouvements : une situation qui n’est pas active de maniĂšre productive standardisĂ©e Ă  un moment donnĂ© peut ĂȘtre considĂ©rĂ©e « en jachĂšre ». Et l’état de jachĂšre est une condition pour rĂ©instaurer du dialogue entre systĂšmes territoriaux en transition et spatialitĂ©. Alors, qu’entend-on par « JachĂšre urbaine » ? D’un cĂŽtĂ©, cela pourrait correspondre Ă  la mise en pause d’un certain pourcentage du dĂ©veloppement urbain pour contenir la crise climatique et, d’un autre cĂŽtĂ©, cela interroge la capacitĂ© de ces zones à proposer une forme urbaine alternative. Travailler le territoire, non pas depuis une position statique mais Ă  partir de ses diffĂ©rents rĂ©gimes d’existence, est ce que l’on pourrait dĂ©crire comme une hĂ©tĂ©ronomie du territoire, articulant le lent et le rapide, l’existant et l’invisible : une dĂ©cĂ©lĂ©ration rĂ©gĂ©nĂ©rative.

LOUIS DESTOMBES Économie circulaire, ou comment tourner de plus en plus vite

L’économie circulaire, et en particulier le rĂ©emploi, sont prĂ©sentĂ©s comme une stratĂ©gie de « prolongation de la durĂ©e de vie des produits », soit la perspective d’un ralentissement du trajet allant de l’extraction de matiĂšres premiĂšres à l’enfouissement de dĂ©chet. L’idĂ©e, derriĂšre la notion de « mĂ©tabolisme urbain » (Barles, 2002), que des flux de ressources circulent librement sur un territoire n’engendre-t-elle pas au contraire une forme d’accĂ©lĂ©ration accompagnant le rythme effrĂ©nĂ© de la promotion immobiliĂšre dans les mĂ©tropoles ?

Des rĂ©alisations du bureau d’étude Bellastock sont analysĂ©s au filtre de la dialectique entre flux et patrimoine (Caye, 2020) pour interroger les effets du rĂ©usage sur le « cycle de vie » des ressources matĂ©rielles mobilisĂ©es pour la construction. Il s’agit de questionner la hiĂ©rarchisation entre rĂ©emploi, rĂ©utilisation et recyclage en analysant la maniĂšre dont ces pratiques organisent des transferts entre les catĂ©gories de dĂ©chets, matiĂšre, matĂ©riaux et produits de construction. Cette rĂ©flexion sur la temporalitĂ© de ces catĂ©gories matĂ©rielles met en lumiĂšre la diversification comme un objectif alternatif Ă  la massification de l’économie circulaire.

JEAN-PIERRE CHUPIN

Analogie biologique, cyclicité et rétroactions

En architecture, les analogies biologiques constituent un rĂ©pertoire durable du renouvellement des idĂ©es et, potentiellement, un nouveau rapport à la cyclicitĂ© et Ă  la durabilitĂ©. Afin de rĂ©flĂ©chir sur les stratĂ©gies de transition, je propose une boussole dĂ©terminant quatre temporalitĂ©s des analogies : deux sont plutĂŽt linĂ©aires, les deux autres plutĂŽt cycliques. On pourrait penser que les analogies biologiques, en s’aventurant dans la connaissance des cycles du vivant, auraient systĂ©matiquement favorisĂ© le dĂ©veloppement de conceptions cycliques du projet, mais l’histoire montre plutĂŽt une rĂ©sistance et une adhĂ©sion des architectes aux conceptions linĂ©aires. Les reprĂ©sentations cycliques se manifestent soit par des thĂ©ories rĂ©trospectives, quand les concepts misent sur une visualisation de l’histoire et de son patrimoine de formes et d’idĂ©es (historicisme comparatif, nĂ©otraditionalisme), soit par des thĂ©ories rĂ©troactives quand les concepts effectuent un retour de balancier contrariant l’obsolescence des formes et des idĂ©es pour mieux « faire agir », « faire durer » et mieux rĂ©interprĂ©ter, rĂ©gĂ©nĂ©rer, rĂ©utiliser, recycler.

Boussole temporelle des analogies (biologiques), 2024. © Jean-Pierre Chupin/ Université de Montréal

Une architecture de transition Ă©cologique, nourrie d’analogies biologiques, doit toutefois se mĂ©fier des effets de surface de la biophilie et du biomimĂ©tisme. Peut-ĂȘtre assisterons-nous dans un futur proche à des pratiques de transition plus « renouvelables » qui dĂ©laissent la « conduite Ă  projet » pour penser l’architecture en donnant la prioritĂ© aux « expĂ©riences vĂ©cues » et non à la rigiditĂ© des concepts. Reste Ă  comprendre comment Ă©laborer de nouvelles stratĂ©gies de projet Ă  partir d’analogies biologiques qui se focalisent sur les effets rĂ©gulateurs et rĂ©parateurs des « rĂ©troactions nĂ©gatives ».

PHILIPPE RIZZOTTI

Les enjeux de l’architecturecontemporains face à la quantification

carbone

Comparaison Case Study House (Charles & Ray Eames), Maison Métropole (Jean & Henri Prouvé) et Saishogen-Jukyo (Makoto Masuzawa

Le texte Les enjeux contemporains de l’architecture face à la quantification carbone explore la maniĂšre dont la rĂ©duction des Ă©missions de gaz Ă  effet de serre dans le secteur de la construction peut ĂȘtre facilitĂ©e par une approche itĂ©rative et adaptative, inspirĂ©e de la rĂ©trosynthĂšse, un concept empruntĂ© Ă  la chimie par Marvin Trachtenberg. La rĂ©tro-synthĂšse consiste Ă  dĂ©construire une structure complexe en Ă©lĂ©ments plus simples pour mieux la reconstruire, un principe que Trachtenberg applique à l’architecture. Cette approche remet en question la conception linĂ©aire des bĂątiments comme objets finis, suggĂ©rant au contraire qu’ils Ă©voluent continuellement en rĂ©ponse aux changements sociaux, climatiques et technologiques. En ce sens, elle favorise la rĂ©utilisation et la transformation des bĂątiments existants plutĂŽt que leur dĂ©molition, contribuant Ă  la rĂ©duction de l’empreinte carbone. La rĂ©tro-synthĂšse invite ainsi Ă  concevoir des bĂątiments durables, conçus pour s’adapter aux Ă©volutions futures, en intĂ©grant des techniques de construction plus modulaires et rĂ©versibles. Le texte souligne Ă©galement l’importance de la rĂ©novation et de la rĂ©utilisation des bĂątiments anciens, qui ne doivent pas ĂȘtre figĂ©s dans le passĂ©, mais adaptĂ©s aux nouvelles exigences environnementales. Cette approche redĂ©finit la notion de patrimoine architectural Ă  l’ùre de l’anthropocĂšne, en valorisant les ressources et les infrastructures existantes.

TRANSITOIRE

Ce qui ne dure pas. Le temps comme motif d’incertitudes et de ruptures. Le temps dans son caractĂšre transitoire, fragmentĂ© et fragmentant. InachĂšvements, suspensions, contingences pour et dans l’architecture

What doesn’t last. Time as a source of uncertainty and disruption. Time as transitory, fragmented and fragmenting. Inachievements, suspensions, contingencies for and in architecture

TRISTAN DENIS

Architectures hétérochroniques

Avec le temps, les Ă©difices changent. Ce changement est autant une source de plaisir (Ruskin, Riegl) qu’une source d’effroi, une mise en cause du rĂŽle protecteur de l’architecture face Ă  la terreur du temps (Harries). Cette jouissance mĂȘlĂ©e de crainte est celle plus vaste du problĂšme de l’identitĂ© Ă  travers le temps (Lewis, RicƓur). Contre un fatalisme dĂ©faitiste ou un positivisme indolent, il arrive que les architectes mettent cette question au cƓur de leurs projets. Tirant partie d’accidents Ă©conomiques, enchevĂȘtrant des parties aux temporalitĂ©s diverses, voire simulant la collaboration architecturale des temporalitĂ©s, ils bĂątissent des mondes Ă  contretemps qui nous renseignent autant sur la complexitĂ© temporelle de l’architecture que sur les dynamiques matĂ©rielles qui nous entraĂźnent vers une altĂ©ritĂ© radicale. MĂ©ditations plus que prescriptions, ces dĂ©marches (dont celles de Toni GironĂšs, Eduardo Souto de Moura, Geoffrey Bawa, Cecilia Puga, Smiljan Radić et Nuno BrandĂŁo Costa fournissent des exemples) et leur interprĂ©tation ouvrent une perspective temporelle salutaire face Ă  la course à la transition, elle-mĂȘme en perte de vitesse.

Comparaison

Case Study House (Charles & Ray Eames), Maison Métropole (Jean & Henri Prouvé) et Saishogen-Jukyo (Makoto Masuzawa

ADRIA DARABAN

Fragmentary Temporalities

How to describe today’s sense of urgency? Which concepts and tools do we need to encounter, understand, describe, and intervene in the states of crises that we are currently experiencing? Against the backdrop of contemporary demographic and social shifts, alongside the pressing environmental and climate challenges, architecture struggles with questions regarding equitable, inclusive access to space as a fundamental resource in spatial production. A critical spatial practice seeks to uncover, transform, and illuminate the vulnerable aspects of urban landscapes—spaces where participation and engagement in city-building thrive, fostering a sense of belonging and stability that is increasingly threatened in today’s context. Acknowledging transience while preserving collective memory is only possible by exploring the idea of the fragmentary as an instrument, essential for fostering community-oriented urban development and spatial production.

AYESHA SARFRAZ

Temporal Territories / Emergent Ecologies

Once considered a mere economic externality, climate change has rapidly emerged into an inequitable force, impacting cities and human habitation. Pakistani cities are predicted to be disproportionately impacted by climate change despite contributing to less than 1% of the global carbon footprint. However, these very cities offer adaptability and unexpected resilience presenting new narratives in the discourse of climate change and the built environment. Their critical vulnerabilities challenge canonical ideas of permanence and absolute design, by continually remaking and improvising spatialities as an intuitive technique.

This paper investigates the scale and dynamics of informal urban networks of Pakistani cities and how the understanding of time as a design element is key to reshaping architectural forms. It examines intersections of improvisation in temporal spatialities from the vantage of the Global South as an alternative lens to analyze sustainable urbanism by yielding fluidity, adaptability, temporality and resilience.

CARLOTTA DARÒ

Le temps suspendu de la salle d’attente

Avant toute course accĂ©lĂ©rĂ©e, il y a toujours un moment de latence. Partant de l’hypothĂšse que les temps d’attente et de pause jouent un rĂŽle dĂ©cisif dans la mise en place de tout engrange rapide vouĂ© Ă  une efficacitĂ© maximale des modes de transport, des systĂšmes de production et de consommation, cette contribution propose une rĂ©flexion sur l’espace de l’attente. De l’antichambre à la salle d’attente moderne, l’observation de cette typologie spatiale offre une perspective insolite sur les valeurs habituellement attribuĂ©es aux systĂšmes culturel, social et politique des temps modernes.

À partir d’une collection de tĂ©moignages, d’illustrations et de documents graphiques, ce texte souhaite contribuer au sujet de la vitesse par son revers indissociable qui est l’attente et sa formalisation architecturale. Au-delĂ  d’une supposĂ©e neutralitĂ©, la salle d’attente est une typologie diffuse Ă  travers l’histoire et plusieurs programmes. L’observation de son Ă©volution et des discours qui accompagnent son existence permet de participer autrement, et par l’étude d’un objet architectural prĂ©cis, aux grands rĂ©cits sur l’accĂ©lĂ©ration et la vitesse.

MARC-ANTOINE DURAND

La critique à contretemps de l’histoire – une leçon banhaminenne

Star Wars, 1977. Princess Laia (Carrie Fischer) © National Film Archive ; Olivetti ELEA Computer, 1958-1959 (© Olivetti) et Bertoia Chairs, designer Harry Bertoia, 1956 ; Personal architecture – Vest to overcoat

En 1961, au RIBA, Banham affirmait son rĂŽle de critiquehistorien, ou d’historien-critique, dans une confĂ©rence intitulĂ©e « L’histoire du futur immĂ©diat » qui commençait par ces mots : « L’histoire est notre seul guide vers l’avenir ». Si Reyner Banham cherchait Ă  rapprocher histoire et critique, son travail reposait sur des pratiques bien distinctes, qui ont d’abord nĂ©cessitĂ©, de sa part, un dĂ©placement loin de ses bases acadĂ©miques. NĂ©cessitĂ© de trouver de nouveaux mĂ©diums, moins statiques, plus souples que les hardcover books ou les revues scientifiques et spĂ©cialisĂ©es dans lesquels il publiait son histoire, et de collaborer avec des revues, magazines mensuels ou hebdomadaires, voire des quotidiens Ă  grand tirage. NĂ©cessitĂ© aussi de parler le langage de la technologie, et de trouver une écriture. Cette Ă©criture Ă©tait celle de la vitesse et de l’implicite, elle Ă©tait la retranscription pressĂ©e d’une voix impliquĂ©e dans les dĂ©bats de son Ă©poque, souvent excessive, dĂ©calĂ©e, et toujours pleine d’humour. Sa conception de la critique architecturale jouait ainsi à contretemps de l’histoire : elle accĂ©lĂ©rait l’intĂ©gration de nouveaux objets d’étude dans les champs de la thĂ©orie architecturale. En rapprochant ainsi, jusqu’à les associer, la critique et l’histoire, Banham posait la complĂ©mentaritĂ© de leur rĂ©gime temporel comme analogue à celle de leurs objets d’étude : pour lui, la critique Ă©tait à l’histoire ce que le design Ă©tait à l’architecture. Le seul moyen de comprendre et de servir la sociĂ©tĂ© au prĂ©sent.

MATHIEU BERTELOOT Le Temps de construire

En 2013, un groupe de 8 familles, vient rencontrer l’atelier Hart Berteloot pour imaginer collectivement, un lieu d’habitat partagĂ©, sur un rĂ©sidu de parcelle non construite dans un quartier pĂ©riphĂ©rique de Lille. Sept ans plus tard, Ă  l’étĂ© 2018, aprĂšs de nombreuses rencontres, ateliers, dessins, maquettes, la structure de l’immeuble, tel un casier prĂ©dĂ©fini en bois, accueille ses premiers habitants.

La structure architecturale offre des modes d’habitĂ© singuliers Ă  une communautĂ© qui Ă©volue. Les typologies de logements ainsi que les espaces partagĂ©s tel une chambre d’amis, une laverie, un garage, un atelier, un jardin, et une salle Ă  manger collective accompagnent une communautĂ© d’habitants qui s’agrandit et se rĂ©duit au fil des annĂ©es.

En 2024, six ans aprĂšs la livraison, la vie de cet ensemble collectif fait l’objet d’une captation en images. À partir de plans fixes et de prises de sons in-situ, ces images expriment le temps : le temps long de la vie d’un bĂątiment et de sa structure ; mais aussi le temps prĂ©sent des rythmes de la vie de ses habitants. Ici, c’est le temps qui forge l’espace avant l’architecture.

hbaat, Le Temps de construire, 2024

BIOGRAPHIES DES AUTEURS

Marc Armengaud

Marc Armengaud est philosophe et urbaniste, co-directeur d’AWP, agence de reconfiguration territoriale (awp.fr). MaĂźtre de confĂ©rences à l’ENSA Paris-Malaquais oĂč il co-anime le dĂ©partement Mondes en Mutation.

Auteur de plusieurs ouvrages, de nombreux articles, ainsi que d’émissions de radio, il est rĂ©guliĂšrement curateur d’expositions et de dĂ©bats.

Matthias Armengaud

Architecte, urbaniste. Il est membre fondateur et directeur d’AWP agence de reconfiguration territoriale, il dĂ©veloppe des projets internationaux, travaillant sur une grande variĂ©tĂ© de programmes tels qu’une vision territoriale pour le Grand GenĂšve, une marquise gĂ©ante en NorvĂšge, un musĂ©e des insectes prĂšs de Paris, le plan guide de la DĂ©fense Ă  Paris, l’extension de l’ouest de Lausanne, ou un programme de recherche international sur les villes la nuit (le protocole Troll).

Matthias a reçu de nombreux prix en France et en Europe en architecture et en urbanisme, tel que NAJA, PJU, U40, TG Académie française, ou des nominations au prix européen Mies van der Rohe (2009, 2014, 2017).

Matthias Armengaud est enseignant Ă  l’ENSA Versailles co-directeur du master international miv_TTT et a enseignĂ© les studios de projet au Berlage Institute TU Delft, Harvard Graduate School of Design, ou rĂ©guliĂšrement dans des jurys internationaux.

Luc Baboulet

Luc Baboulet est architecte, chercheur à l’OCS-AUSser (UMR CNRS 3329) et enseigne l’architecture (studio, histoire et thĂ©orie) à l’ENSA Paris-Est, UniversitĂ© Gustave Eiffel, France, dans le cadre du Master « Transformation ». Il a contribuĂ© Ă  l’édition française de l’Ɠuvre de Reyner Banham, Ă©crit des articles sur divers sujets, et fait partie du comitĂ© de rĂ©daction de la revue Marnes, documents d’architecture. Il travaille actuellement sur la relation entre l’architecture et le temps, ainsi qu’à la rĂ©daction d’un livre sur « l’architecture comme expĂ©rience ».

Mathieu Berteloot

Mathieu Berteloot est architecte et co -fondateur, avec Heleen Hart, de l’atelier Hart Berteloot, un bureau d’architecture et d’urbanisme basĂ© à Lille. L’atelier est finaliste du Prix Mies van der Rohe en 2019 avec le conservatoire de Musique de Montataire et laurĂ©at en du Grand Prix d’Architectures 10+1 en 2021 pour la rĂ©alisation d’un pĂŽle cinĂ©matographique et festif Ă  Marcq-en-BarƓul. En 2024, l’atelier Hart Berteloot est laurĂ©at du Prix AMO et du prix D’A 10+1 avec la rĂ©alisation d’une micro-architecture en pĂ©riphĂ©rie de Lille.

FormĂ© Ă  l’ENSAP Lille, Mathieu Berteloot a travaillĂ© au sein de diffĂ©rentes agences internationales et nationales avant de crĂ©er l’atelier Hart Berteloot en 2010. Il collabore en parallĂšle sur des projets de recherches et d’expositions : « Mutations » avec Rem Koolhaas et Arc en RĂȘve en 2000 ou encore l’exposition « Les usages du monde » avec Arc en rĂȘve en 2021. Depuis 2009, Mathieu Berteloot est maĂźtre de confĂ©rences à l’ENSAP Lille ou il co-dirige avec VĂ©ronique Patteeuw Studio Spolia, un atelier de projets qui interroge la transformation du dĂ©jĂ  lĂ  à l’heure du changement climatique.

Stéphane Bonzani

StĂ©phane Bonzani est architecte, docteur et philosophie. Il est professeur de ThĂ©ories et Pratiques de la Conception Architecturale et Urbaine Ă  l’ENSA Clermont-Ferrand oĂč il co - dirige l’UMR Ressources. Ses rĂ©flexions portent sur l’invention en architecture et ses dĂ©placements contemporains sous l’influence du nouveau rĂ©gime climatique. Il s’efforce de tisser des liens entre architecture et philosophie, deux disciplines qui s’interpellent mutuellement et visent Ă  penser l’habitabilitĂ© du monde.

Alejandro Campos Uribe

Alejandro Campos is a Lecturer and Researcher at the Dept. of Architecture, TU Delft, specialising in postwar Modern Architecture and the colonial dynamics behind its universalising claims. Between 2021-2023, he worked as a Marie Sklodowska-Curie Individual Fellow at TU Delft and Research Associate at the Research Center for Material Culture (Netherlands), where he developed the EU-funded research project “Multiculturalism in the work of Aldo and Hannie van Eyck”. In 2022, he organised the seminar “From Multicultural to Pluriversal. Rethinking Universalist Notions in Modern Architecture” at Leiden Volkenkunde (Ethnographic Museum), and is now co - organising the 2024 Jaap Bakema Study

Centre annual conference, “Architecture Archives of the Future”. In 2022, he was awarded the SAH Opler Membership Grant for Emerging Scholars.

Sebastian CĂĄrcamo Chavez

Sebastian Cårcamo Chavez has cultivated a multidisciplinary career as a civil engineer and academic, focusing on the integration of architectural and engineering principles to foster sustainable construction. Educated at Universidad Técnica Federico Santa María and currently pursuing a PhD in Architecture and Urban Studies at Pontificia Universidad Católica de Chile, he emphasizes the utilization of wood as a sustainable building material. His approach merges aesthetic and structural considerations, aiming for efficient use of resources and sustainability. Through his roles in academia, particularly at the UC Center for Innovation in Wood, and through his professional practice as an engineer Sebastian has contributed to advancing the field of medium and high-rise wooden constructions in seismic zones, which lead him to the role of executive secretary of the World Conference on Timber Engineering 2021. Its current work focuses on how timber buildings should be approached in high seismic zones like Chile, where he is located.

Pierre Caye

Pierre Caye, ancien Ă©lĂšve de l’École Normale supĂ©rieure de la rue d’Ulm, directeur de recherche au CNRS , consacre une part importante de ses recherches aux rapports entre art, Ă©conomie et production en particulier Ă  travers la question architecturale (Le savoir de Palladio, Klincksieck, 1995 ; Empire et dĂ©cor, Vrin, 1999 ; L’art d’édifier de Leon Battista Alberti en collaboration avec F. Choay, Le Seuil, 2004). Cette recherche initiale l’a conduit Ă  proposer une rĂ©flexion inĂ©dite sur les principes du dĂ©veloppement durable dans deux ouvrages : Critique de la destruction crĂ©atrice. Production et humanisme (Les Belles-Lettres, 2015) et plus rĂ©cemment Durer. ÉlĂ©ments pour la transformation du systĂšme productif (Belles-Lettres 2024). Il publiera le 3 octobre aux éditions Verdier Seul le temps nous appartient, rĂ©flexion sur notre rapport au temps et sur les conditions de son bon usage et de sa durabilitĂ©.

Jean-Pierre Chupin

Jean-Pierre Chupin est professeur Ă  l’UniversitĂ© de MontrĂ©al et titulaire de la Chaire de recherche du Canada en architecture, concours et mĂ©diations d’excellence de (crc.umontreal.ca). Il co-dirige l’équipe inter-universitaire

du Laboratoire d’étude de l’architecture potentielle (LEAP). SpĂ©cialiste des concours et des systĂšmes de reconnaissance de la qualitĂ©, il dirige des bases de donnĂ©es sur les rĂ©alisations contemporaines : le Catalogue des concours canadiens (CCC , ccc.umontreal.ca) et la Base de donnĂ©es des prix en architecture, paysage et urbanisme au Canada AREA (architectureexcellence.org). Depuis 2022, il dirige un important partenariat de recherche sur la QualitĂ© dans l’environnement bĂąti au Canada : Feuilles de route vers l’équitĂ©, la valeur sociale et la durabilitĂ©. Ce partenariat rassemble 70 chercheurs de 14 universitĂ©s canadiennes autour de plus de 60 organisations citoyennes et professionnelles aux niveaux municipal, provincial et national. Il a publiĂ© des ouvrages sur le raisonnement analogique, les concours de projet, les prix d’excellence, la qualitĂ©, le jugement et l’imagination architecturale. Parmi ses derniĂšres publications : Chupin, J.-P., Cucuzzella, C. Adamczyk, G., (ed.), The Rise of Awards in Architecture, (Wilmington USA: Vernon Press, 2022) et Chupin, J.-P., Analogical Thinking in Architecture: Connecting Design & Theory in the Built Environment, (London UK: Bloomsbury, 2023).

Adria Daraban

Adria Daraban studied architecture at RWTH Aachen University, where she completed her PhD in 2021 with the thesis Figures of the Fragmentary. She has been working as an architect since 2009. Starting 2011 she has been teaching in the fields of history and theory of architecture at RWTH Aachen, TU Berlin, BU Wuppertal, University of Kassel. In 2015, Adria Daraban held a temporary professorship for the history and theory of architecture at HM Munich. From 2019 to 2021, she was a visiting professor of architectural theory at B-TU Cottbus. Adria Daraban is co - editor and author of the online journal archimaera. In 2022, Adria Daraban was chief curator of the BBSR Zukunft Bau Campus in Aachen, a joint initiative of the Federal Office for Building and Regional Planning and RWTH Aachen University. In 2023, she was appointed Professor of History and Theory of Architecture at the University of Kaiserslautern.

Carlotta DarĂČ

Carlotta DarĂČ est historienne de l’art et de l’architecture, maĂźtresse de confĂ©rences à l’ENSA Paris-Malaquais/Laboratoire ACS , et actuellement chercheuse invitĂ©e Ă  l’ETH ZĂŒrich. Son travail se situe Ă  l’intersection de l’architecture, des technologies du son et des études sur les mĂ©dias. Elle est l’auteur

de Avant-gardes sonores en architecture (2013), Les Murs du son, le PoÚme électronique au Pavillon Philips (2015) et Paysage de lignes, esthétique et télécommunication (2022), à paraßtre chez MIT Press (2025).

Tristan Denis

Tristan Denis (1990) est architecte, enseignant et doctorant en architecture en 3e annĂ©e. Sa thĂšse intitulĂ©e Architectures hĂ©tĂ©rochroniques est menĂ©e au LĂ©aV sous la direction de Susanne Stacher dans le cadre d’un partenariat CIFRE avec l’agence TVK. Il y dĂ©veloppe une rĂ©flexion thĂ©orique sur les rapports qu’entretiennent le temps et la matiĂšre dans le projet architectural contemporain et sur leurs consĂ©quences quant à la notion d’identitĂ© en architecture. Contre une idĂ©e fixiste et dĂ©finitive du projet et de l’édifice, il Ă©tudie les maniĂšres dont les architectes peuvent arranger une certaine porositĂ© du projet Ă  un environnement culturel et naturel essentiellement dynamique et par consĂ©quent vecteur de transformation.

Louis Destombes

Louis Destombes est architecte DE et docteur (PhD) en architecture. Enseignant TPCAU à mi-temps Ă  l’ENSA Paris-La Villette, il est membre du laboratoire AHTTEP / UMR Ausser. Ses recherches portent sur l’histoire des thĂ©ories de la construction, et sur les dĂ©fis que posent la transition Ă©cologique et le tournant numĂ©rique Ă  la culture constructive des architectes. Coordinateur de projet au sein de la SCIC Bellastock, il mĂšne des missions de conseil et de maĂźtrise d’Ɠuvre sur le rĂ©emploi de matĂ©riaux dans des projets Ă  l’échelle de l’amĂ©nagement, du bĂątiment et du paysage. Il a notamment publiĂ© « Le dĂ©tail d’architecture à l’épreuve du rĂ©emploi, mĂ©diations entre expression et expertise » in Lefebvre Pauline ; Neuwels Julie ; Jean-Philippe Possoz (Eds.), Penser-Faire, Quand les architectes se mĂȘlent de construction, Éditions de l’UniversitĂ© de Bruxelles, 2021.

Marc-Antoine Durand

Marc-Antoine Durand est architecte, maĂźtre de confĂ©rences Ă  l’ENSA Clermont-Ferrand, chercheur Ă  l’UMR Ressources. Il a travaillĂ© en 2017 et 2018 sur les archives de Reyner Banham au Getty Research Institute à Los Angeles, recherches qui nourrissent aujourd’hui une thĂšse de doctorat, qu’il mĂšne au Cerilac – UniversitĂ© de Paris CitĂ© sous la direction de Paolo Amaldi. Son champ d’investigation croise les thĂ©ories et critiques de la modernitĂ© et l’histoire du texte d’architecture. Ses publications rĂ©centes ou Ă  venir : M.-A. Durand (dir.), F. Camani & M. Luguet

et les contributions de C. Ghorra-Gobin, R. Plunz, J. Taricat, K. Frampton, Suburban Housing, Paris, Building Paris, 2024, 288 p. ; M.-A. Durand, K. Filek, Traduire: Architecture, Paris: As Found Editions / Pavillon de l’Arsenal, à paraĂźtre fin 2024 ; M.-A. Durand, « LĂ©ger comme Banham : de quelques impensĂ©s modernes » in Faces, n°84, GenĂšve, Ă  paraĂźtre fin 2024 ; M.-A. Durand, « Les langues muettes de la modernitĂ© - Sur la 18e Biennale d’Architecture de Venise » in AOC, 16 juin 2023.

Émilie Gascon

Émilie Gascon est architecte DE , pratiquant le projet urbain auprĂšs d’agences d’urbanisme, d’architecture et de paysage. Titulaire d’un doctorat en architecture et amĂ©nagement, elle est aussi enseignante-chercheure à l’ENSA Versailles et membre du LĂ©aV. Ses travaux portent notamment sur les questions prospectives de transformation des milieux urbains et territoires avec les systĂšmes socio -hydro-Ă©cologiques dans un systĂšme Terre limitĂ© et sur les questions de fabrique de la ville avec des mĂ©thodes de co-conception en particulier. En 2021, elle reçoit avec l’équipe D&A, le Grand Prix national Amiter.

Olivier Gaudin

Docteur en philosophie de l’École des Hautes Études en Sciences Sociales, Olivier Gaudin est maĂźtre de confĂ©rences Ă  l’École de la nature et du paysage (Institut national des sciences appliquĂ©es Centre-Val de Loire), chercheur rattachĂ© au laboratoire Ambiances, Architectures, UrbanitĂ©s (AAU_Cresson), et associĂ© au Centre d’étude des mouvements sociaux (EHESS). Ses travaux portent sur la philosophie pragmatiste, les Ă©tudes urbaines, le cinĂ©ma et l’histoire culturelle des paysages (une trentaine de textes parus dans des revues et ouvrages collectifs). Il a co-dirigĂ©, avec Alexis Cukier, Les Sens du social, philosophie et sociologie (PUR, 2017) et contribuĂ© Ă  l’ouvrage photographique de Beatrix von Conta, OileĂĄin Árann, (CrĂ©aphis, 2022). Il est responsable Ă©ditorial des Cahiers de l’École de Blois, membre du comitĂ© Ă©ditorial de Marnes, documents d’architecture et des rĂ©dactions des revues en ligne MĂ©tropolitiques et Pragmata. Revue d’études pragmatistes.

Alain Guez

Alain Guez est professeur Ă  l’ENSA ParisMalaquais. Architecte-urbaniste, docteur en Planification territoriale et environnementale, HabilitĂ© Ă  Diriger des Recherches (HDR) en amĂ©nagement de l’espace et urbanisme. Il travaille sur les chronotopies, une approche conjointe de l’espace et du temps dans la pensĂ©e, les expĂ©riences, les pratiques, les dispositifs

et les significations des milieux habitĂ©s. Il co-coordonne le thĂšme de recherche Composer avec les temps du Laboratoire Architecture Anthropologie. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages, d’articles et de contributions Ă  des revues nationales et internationales. Il a rĂ©cemment publiĂ© C comme Chronotopie, issu de son HDR (2019), « Des chronotopes et de la chronotopie. Une approche critique et poĂ©tique des spatialitĂ©s contemporaines ».

HélÚne Marcoz

HĂ©lĂšne Marcoz est une artiste française diplĂŽmĂ©e de l’ENSA de Bourges. Elle rĂ©agit par la photographie et la vidĂ©o à la complexitĂ© du rĂ©el et aux multiples perceptions qui en dĂ©coulent et cherche Ă  Ă©valuer les liens qui se tissent entre regard, image, lieu et temporalitĂ©. Son travail prend aussi source dans l’observation du quotidien ; il s’agit toujours d’images empruntĂ©es Ă  la rĂ©alitĂ© qui l’entoure. Enfin, elle rĂ©flĂ©chit Ă  la relation qui existe entre la peinture et la photographie ou la vidĂ©o.

Soutenue par la DRAC , la rĂ©gion Hauts-deFrance, la rĂ©gion Centre et Pictanovo Ă  plusieurs reprises, son travail est exposĂ© rĂ©guliĂšrement en France comme Ă  l’étranger et appartient à diverses collections publiques et privĂ©es (Palais des Beaux-Arts de Lille, MusĂ©e des BeauxArts de Nantes, SAMOA, CACP Villa PĂ©rochon
).

Sa derniĂšre exposition personnelle a eu lieu au Palais des Beaux-Arts de Lille au sein des collections permanentes. À cette occasion, une publication a Ă©tĂ© Ă©ditĂ©e par Inventait, intitulĂ© L’empreinte du temps. Elle comprend des textes thĂ©oriques autour de la relation entre la peinture et la photographie dans l’histoire de l’art et dans la dĂ©marche de l’artiste (textes de Dominique de Font-RĂ©aulx, HĂ©loĂŻse ConĂ©sa, Liliana Albertazzi, Sonia Florient, Jean-Marie Dautel et RĂ©gis Cotentin).

Ses derniùres expositions collectives ont et lieu à la BNF (Bibliothùque Nationale de France), au Palais des Beaux-Arts de Lille et à la Galerie Bayasli en 2023-2024. Elle enseigne à l’ENSAP de Lille.

Marija Marić

Marija Marić is an architect, researcher, and curator based in Luxembourg. She works as a postdoctoral research associate at the Master in Architecture, University of Luxembourg, where she also teaches. In 2020, Marija obtained her doctoral degree from the Institute for the History and Theory of Architecture (GTA), ETH Zurich with a thesis that analysed the role of communication strategists in the design, mediation, and globalisation of the built environment. In 2023, she co-curated

Luxembourg Pavilion at the Venice Architecture Biennale with an exhibition that critically unpacked the industrial project of space mining, focusing particularly on the question of resources. Marija’s work is organised around the questions of property, housing, resources, and the production of the (built) environment in the context of global capitalism and global flow of information.

Mathieu Mercuriali

Mathieu Mercuriali est architecte DPLG , urbaniste, docteur en architecture de l’EPFL , professeur TPCAU des ENSA et chercheur dans les laboratoires de l’EVCAU et du LIAT. Il a une expĂ©rience de plus de 20 annĂ©es en tant qu’architecte maĂźtre d’Ɠuvre, directeur de projet conception et rĂ©alisation, dans diffĂ©rentes agences d’architecture de renommĂ©e internationale en France et aux Pays-Bas (Patrick Berger et Jacques Anziutti, Nouvelle AOM, OMA, TVK). Depuis 2010, il est chercheur et enseignant successivement Ă  l’EPFL Ă  Lausanne, Ă  l’ENSA de Paris-Malaquais, de Versailles, de Strasbourg et aujourd’hui à l’ENSA de Paris-Val de Seine. Il s’intĂ©resse tout particuliĂšrement aux projets de grande Ă©chelle, à la rencontre entre infrastructure et urbanisme, en lien avec leurs milieux. Depuis sa thĂšse, qui est Ă  l’origine de l’ouvrage Concevoir Ă  grande Ă©chelle (Ă©ditions B42, 2018), ses travaux de recherche se sont orientĂ©s sur l’impact des infrastructures sur les milieux vivants. Il instaure une forme de dialogue historique, thĂ©orique et critique, entre l’obsolescence des infrastructures et la rĂ©silience des milieux vivants, en prenant notamment la figure du cheval, comme mĂ©diateur de la relation Humains-Nature.

Antoine Picon

IngĂ©nieur, architecte et historien de formation, Antoine Picon est professeur d’histoire de l’architecture et des techniques Ă  la Graduate School of Design de l’UniversitĂ© Harvard. Il est également prĂ©sident de la Fondation Le Corbusier. Parmi ses publications rĂ©centes on peut mentionner : L’Ornement architectural, entre subjectivitĂ© et politique (2017), La MatĂ©rialitĂ© de l’architecture (2018) et Natures Urbaines. Une histoire technique et sociale (2024).

Philippe Rizzotti

Philippe Rizzotti, architecte et enseignantchercheur, dĂ©veloppe des projets de recherche sur l’empreinte environnementale de la construction. Une Ă©tape de cette recherche a Ă©tĂ© prĂ©sentĂ©e en 2021 au Pavillon de l’Arsenal Ă  Paris, et publiĂ©e dans L’Empreinte d’un habitat, construire lĂ©ger et dĂ©carbonĂ©, dĂ©jĂ  rééditĂ© deux

Quelles stratégies temporelles pour une architecture de la transition ?

fois. Philippe Rizzotti est Ă©galement praticien et rĂ©alise des Ă©quipements publics dans le domaine des arts et sciences, comme les nouvelles serres de la CitĂ© des Sciences et de l’Industrie Ă  Paris ou celles du jardin botanique de la ville de Besançon. Il dĂ©veloppe Ă©galement une expertise sur la prĂ©fabrication qu’il applique Ă  diffĂ©rents types de bĂątiment. Sa rĂ©flexion architecturale tente de relier recherches acadĂ©miques et pratiques expĂ©rimentales pour crĂ©er des habitats Ă©conomiques et autonomes Ă  trĂšs faible empreinte environnementale. Ses travaux ont été publiĂ©s et exposĂ©s dans les Biennales d’Architecture de Venise (2006, 2008), de SĂŁo Paulo (2019) et de Rotterdam (2022).

Ayesha Sarfraz

Ayesha Sarfraz is an Assistant Professor in the department of Architecture at the Indus Valley School of Art and Architecture in Karachi. She is a co-founder of the urban research unit, TURF and principal architect of the design studio, MAS Architects.

Ms. Sarfraz was a Fulbright scholar and has a Masters of Architecture from the University of Michigan, Ann Arbor. She earned her undergraduate degree in architecture with a distinction from the National College of Arts in Lahore in 2007.

Zhang Xiaojun

Zhang is a PhD student from the Chinese University of Hong Kong, studying the transition of rural villages in the urbanising megacity region of the Greater Bay Area in China. He previously obtained his Master’s degree in Architecture from the University of Michigan and a Bachelor’s degree in Architecture from the South China University of Technology. Formerly worked as an architect and currently residing in Shenzhen, he stands inside the changes of time, observing as an apprentice, practising as a designer and living as a populace.

BIOGRAPHIES DU COMITÉ SCIENTIFIQUE

Paolo Amaldi

Paolo Amaldi est un architecte et un thĂ©oricien italo-suisse diplĂŽmĂ© de l’École Polytechnique FĂ©dĂ©rale de Lausanne. Il et associĂ© du bureau Amaldi Neder Ă  GenĂšve qui a remportĂ© de nombreux concours d’architectures nationaux et internationaux. Il est professeur à l’École Nationale SupĂ©rieure d’Architecture de Paris-Val de Seine et directeur de thĂšses auprĂšs des laboratoires de recherche Cerilac et EVCAU de l’UniversitĂ© de Paris-CitĂ©. Il est rĂ©dacteur en chef de la revue Faces. Il a été chercheur invitĂ© rĂ©sident au Centre Canadien d’Architecture de MontrĂ©al et a enseignĂ© Ă  l’UniversitĂ© Catholique de Louvain, Ă  l’Accademia di architettura de Mendrisio, à l’UniversitĂ© de MontrĂ©al, Ă  l’Institut d’architecture de GenĂšve et Ă  l’ENSA de Versailles. Ses textes s’intĂ©ressent aux mĂ©canismes de perception en art et en architecture. Parmi ses livres : Livio Vacchini, i paradossi della forma costruita (Mendrisio Academy Press, Silvana Editoriale, 2024), Lo sguardo che spazia, storia e teoria della percezione in architettura e in arte, (Mondadori/LeMonnier, Firenze, 2014) et Architecture, profondeur, mouvement (Infolio, Gollion, 2012).

CauĂȘ Capille

Professor at the Faculty of Architecture and Urbanism of the Federal University of Rio de Janeiro (FAU UFRJ) and at the Graduate Programme in Urbanism (PROURB FAU UFRJ). Architect (FAU UFRJ, 2011); PhD in Architecture (the Bartlett UCL , 2016); FAPERJ Post-Doctoral Researcher at PROURB FAU UFRJ (2017-18); Urban Studies Foundation Fellow at ENSA ParisMalaquais (2021-22); Visiting Researcher at Royal College of Art (2021-22). He is currently Communication Coordinator at FAU UFRJ. His research and design studios focus on the relationship between architectural design, political and urban theories and ordinary urban conditions. His works have been awarded and exhibited on different occasions, including the Ibero-American Biennial, the São Paulo International Architecture Biennial; the European Cultural Centre in Venice (parallel to the Architecture Bienale);

and the RIBA President’s Awards for Research. More information at: cauecapille.arq.br

Florian Hertweck

Florian Hertweck is an architect and urban researcher. He is co-co-founder of Less Yellow Architecture Urbanism and has been a full professor at the University of Luxembourg since 2016, where he directs the master’s program in architecture. In 2018, he curated the Luxembourg Pavilion at the 16th Venice Architecture Biennial on the Question of Land. More recently, he co-curated the exhibition The Great Repair at the Akademie der KĂŒnste in Berlin and the Pavillon de l’Arsenal in Paris. His major publications include Architecture on Common Ground. Positions and Models on the Question of Land (Lars MĂŒller Publishers, 2020), Dialogic City. Berlin wird Berlin (with Arno Brandlhuber and Thomas Mayfried, Walther König Verlag, 2015), The City in the City. Berlin: a Green Archipelago, a critical re-edition of Oswald Mathias Ungers’ and Rem Koolhaas’ manifesto from 1977 (with SĂ©bastien Marot, Lars MĂŒller Publishers, 2013); Climat(s) (with Thierry Mandoul, Jac Fol, and Virginie Lefebvre, Infolio, 2012).

David Malaud

David Malaud est architecte diplĂŽmĂ© d’État, et docteur en architecture de l’École Nationale SupĂ©rieure d’Architecture de VersaillesUniversitĂ© Paris-Saclay. AprĂšs avoir travaillĂ© quatre annĂ©es pour l’Atelier International du Grand Paris, il est actuellement maĂźtre de confĂ©rences associĂ© Ă  l’École Nationale SupĂ©rieure d’Architecture de Nancy, et directeur de la recherche au sein de l’agence d’architecture et d’urbanisme TVK. A un niveau fondamental, ses travaux portent sur les processus crĂ©atifs et les imaginaires mobilisĂ©s dans le cadre des projets architecturaux et urbains. Ces recherches thĂ©oriques s’articulent avec des travaux plus appliquĂ©s sur des thĂšmes tels que l’écologie des sols urbains, les pratiques de transformation et la prospective territoriale face aux enjeux climatiques. Il est Ă©galement membre fondateur de l’association Learning from Detroit qui mĂšne une enquĂȘte sur l’hospitalitĂ© dans les territoires urbains.

Susanne Stacher

Susanne Stacher est architecte et critique d’architecture. AprĂšs avoir commencĂ© sa carriĂšre dans les agences d’architecture de renom international, tels que Renzo Piano, Dominique Perrault, Morger & Degelo, Ibos & Vitart et Shigeru Ban, elle s’est consacrĂ©e Ă  la recherche et à l’enseignement. En tant que professeure, elle enseigne la thĂ©orie et la pratique

d’architecture Ă  l’École nationale supĂ©rieure d’architecture de Versailles, oĂč elle dirige un sĂ©minaire de doctorat en lien avec la Cergy Paris UniversitĂ© (CY), elle encadre 9 doctorats avec la mĂ©thode « recherche par projet ». Son domaine de recherche se situe à la jonction de l’architecture et de l’urbanisme, de la thĂ©orie, de l’histoire et de la philosophie. Elle est l’auteur des livres Sublimes visions. Architectures dans les Alpes (BirkhĂ€user, 2018) et Architecture en temps de crise. StratĂ©gies actuelles et historiques pour la conception de « mondes nouveaux » (BirkhĂ€user, 2023). Ses recherches actuelles se concentrent sur les crises et les possibles rĂ©cits pour la conception de projets qui esquissent un autre rapport au monde – une thĂ©matique qu’elle explore Ă©galement dans son enseignement.

Véronique Patteeuw

VĂ©ronique Patteeuw is associate professor at the École Nationale SupĂ©rieure d’Architecture et du Paysage in Lille and lecturer at KUL and EPFL Lausanne. She is the academic editor of OASE, Journal for Architecture. Her research focuses on the relevance of postwar architectural theory in relation to today’s new climate regime. She co-curated “It’s about Time”, the tenth Rotterdam International Architecture Biennale (2022). Patteeuw has recently published It’s About Time, The Architecture of Climate Change (2024) and co-edited The architect as Public Intellectual (2024), Authorship (2022) and Modernities (2021). She contributes regularly to journals such as Architecture Theory Review, Faces, Architectural Histories, Log, etc.

Graphisme : Antoine BertaudiĂšre, 2024.

COMITÉ SCIENTIFIQUE

→ Susanne Stacher

ENSA Versailles, President of the Board

→ Pedro Alonso

Universidad CatĂłlica de Chili

→ Paolo Amaldi

ENSA Paris-Val de Seine, EVCAU

→ CauĂȘ CapillĂ© Universidade Federal do Rio de Janeiro

→ Florian Hertweck University of Luxembourg

→ David Malaud Director of Research, TVK

→ VĂ©ronique Patteeuw

ENSAP Lille

→ Nathalie Simonnot Director of the ENSA Versailles laboratory

COMITÉ D’ORGANISATION

→ Susanne Stacher ENSA Versailles, President of the Board

→ Paolo Amaldi

ENSA Paris-Val de Seine, EVCAU

→ Tristan Denis

PhD candidate, ENSA Versailles / CY Cergy Paris Université

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