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Embuild Magazine FR février 2026

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FÉVRIER 2026

Le mensuel de l’entrepreneur et de l’installateur

Une publication d'Embuild • Avenue des Arts 20, 1000 Bruxelles • Bureau de dépôt Gent X • €6

DOSSIER : LA DÉMOLITION-RECONSTRUCTION

PATRIMOINE WALLON

Embuild Wallonie soutient le chantier exceptionnel de Mariemont

AMIANTE

La réglementation devient plus sévère

FORUMCONSTRUCTION

Présentation de l’édition 2026

PROGRAMME

3 workshops sur l’IA, la cybersécurité et les matériaux de construction biosourcés. 1 session plénière avec Georges-Louis Bouchez (président du MR) comme orateur principal.

Notre ForumConstruction se clôturera par un lunch gratuit et un moment de réseautage pour les professionnels de la construction.

La construction s’effrite

Pour la première fois en dix ans, le secteur de la construction et de l’installation compte, en net, moins d’entreprises. Un creux douloureux qui, malheureusement, ne tombe pas vraiment du ciel. En 2025, selon les chiffres du bureau d’information commerciale Trends Business Information, le solde fait état de la disparition de 1.402 entreprises. Moins de créations, davantage de cessations d’activité et surtout une forte hausse du nombre de faillites dressent le portrait d’un secteur qui voit peu à peu ses fondations se fragiliser.

Dans la construction résidentielle et la rénovation, le coup est le plus dur : le nombre de nouvelles entreprises y a chuté de 29 %, précisément dans les segments essentiels au logement abordable et à la transition énergétique. Parallèlement, le nombre de faillites a augmenté de 17 % dans la construction non résidentielle et même de 36 % dans le secteur des infrastructures. Les écoles, les hôpitaux, les autres bâtiments et les infrastructures de toutes sortes subissent l’impact des investissements reportés, des procédures lentes et d’une incertitude persistante.

Ce recul s’inscrit dans une tendance plus large de stagnation qui perdure depuis 2022. Le secteur de la construction souffre de coûts élevés, de permis retardés et de l’absence d’un climat d’investissement prévisible. Le fait que des entrepreneurs jettent l’éponge n’est donc pas un hasard, mais la conséquence regrettable de politiques qui n’exploitent pas suffisamment la construction comme moteur de progrès.

Pourtant, des signes laissent espérer que le pire est peut-être derrière nous. En effet, nous prévoyons une légère augmentation de la rénovation résidentielle (+ 1 %) en 2026, ainsi qu’un ralentissement moins marqué de la contraction dans la construction de logements. C’est encourageant, mais encore insuffisant pour déjà dresser des bulletins triomphants.

Ce qu’il faut est clair : une politique stable, des permis délivrés plus rapidement, des primes attractives et une sécurité des investissements. Ce n’est que dans ce contexte que l’entrepreneuriat dans le secteur pourra à nouveau respirer. Que 2026 ne soit donc pas une année de rafistolage, mais le début d’une reconstruction ! Tant dans la brique que dans la politique.

« 2026 doit être l’année de la reconstruction. Tant dans la brique que dans la politique. »

LA

MODERNISATION DE LA BELGIQUE COMME THÈME MAJEUR DU FORUMCONSTRUCTION 2026

3 ● Édito

La construction s’effrite.

7 ● Point de vue régional

Rénovation du bâti wallon : le cap est posé.

ÉVÉNEMENT

8 ● Batibouw

Le salon est ambitieux et veut poursuivre la tendance à la hausse de 2025.

9 ● ForumConstruction

La modernisation de la Belgique comme thème majeur.

VOS INTÉRÊTS

10 ● Amiante

La réglementation devient plus sévère.

12 ● LIFE BE FREE

Quels résultats pour les tables rondes du projet en 2025 ?

15 ● Trajet de réintégration

De nouvelles règles pour les travailleurs en incapacité de travail.

DOSSIER

17 ● Introduction

La démolition-reconstruction

18 ● Contexte

De la démolition à la déconstruction.

20 ● De Meuter

Plus de 50 ans d’expérience dans la démolition.

Notre traditionnel ForumConstruction aura lieu le vendredi 13 février, au Palais 10 de Brussels Expo. Le thème de cette année, dans le cadre des 80 ans d’Embuild, est Rebuild Belgium, le plus grand défi de modernisation de notre pays depuis la Seconde Guerre mondiale. Cet événement sera aussi l’occasion de fêter les huit décennies de notre organisation professionnelle et d’en apprendre davantage sur les projets futurs d’Embuild.

DOSSIER : LA DÉMOLITION-RECONSTRUCTION

Pour les travaux de démolition et la reconstruction de logements, le gouvernement fédéral a finalement décidé, l’an dernier, d’appliquer définitivement un taux de TVA réduit à 6 %. C’est pourquoi la rédaction a choisi de consacrer le premier dossier de 2026 à cette thématique. 17

EMBUILD WALLONIE SOUTIENT LE CHANTIER EXCEPTIONNEL DE MARIEMONT

Bien connu dans la région du Centre (province de Hainaut), le Domaine et Musée royal de Mariemont s’apprête à consolider et valoriser les vestiges du Palais de Charles de Lorraine. L’équipe auteure de projet est composée du Bureau Greisch et de La Croisée Architecture. Un projet pilote innovant de financement alternatif en restauration du patrimoine, exceptionnel à tous points de vue. Embuild Wallonie, au même titre que Buildwise et Constructiv, soutient ce chantier exceptionnel et lance un appel aux entreprises partenaires.

GAND : UN PROJET DE LOGEMENTS À GRANDE ÉCHELLE ENFIN DANS LES STARTING-BLOCKS

Le terrain longeant les voies situées entre la gare de Gand Saint-Pierre et la Lys fait environ huit hectares. Située à proximité de la gare la plus fréquentée de Flandre, cette zone constitue l’endroit idéal pour des hauts immeubles aux fonctions diverses (logement, travail et shopping). Le PES (Plan d’exécution spatiale) pour ce terrain date déjà de 2006 et le concours d'architecture pour la zone la plus proche de la Lys, appelée Rinkkaai, a été achevé en 2015. Il a donc fallu attendre dix ans avant que les entrepreneurs puissent débuter la construction de ce projet de 304 logements.

22 ● Témoignages

Malgré quelques critiques, nos entreprises saluent ce taux réduit de 6 %.

24 ● Projet

Trucs et astuces de Living Lab Circular

Demolition Teams.

SECTEURS & MÉTIERS

27 ● Groupe Jean Nonet

L’entreprise acquiert Belgarena et Sobemo.

28 ● Patrimoine wallon

Embuild Wallonie soutient le chantier exceptionnel de Mariemont.

30 ● Anniversaire

L’entreprise bastognarde TVB a fêté ses 30 ans d’union avec le bois.

32 ● Build Circular.Brussels

Des entreprises toujours plus engagées.

34 ● Qualité de l’environnement intérieur

« Elle est primordiale dans tout projet ».

36 ● Cordeel Group

L’entreprise regroupe plusieurs entités sous Cordeel Belgium.

38 ● Buildwise

• Comment poser des carreaux XL et XXL pour un résultat durable ?

• Conseils pour une installation stable du receveur de douche.

PROJETS & ENTREPRISES

42 ● Projet

Gand : un projet de logements à grande échelle enfin dans les starting-blocks.

46 ● Avantages membres

Votre affiliation se rentabilise.

49 ● Marché de la construction

• Renson

50 ● Marquant

• B uilding the Future : près de 1.000 jeunes plongent dans les métiers de la construction.

• Chiffre du mois.

Fjord, rustique et robuste

La collection Fjord présente un look puissant plein de caractère, avec une texture profonde et révélatrice. Dans cette collection, la puissance de la nature rencontre le dernier cri de la technologie et de l’innovation, grâce au processus d’engobage digital. Une ne couche d’argile (engobe) appliquée sur les briques de parement par procédé digital leur confère une apparence unique. Cette technique avancée permet de créer une nition qui reproduit parfaitement les strates naturelles et les couleurs d’un paysage de fjord. Disponible en 5 couleurs dans le format plus mince Eco-brick, Fjord est un excellent choix en matière de durabilité pour des constructions neuves ou des rénovations.

wienerberger.be/fr/fjord

Eco-brick

Brique de parement mince

Plus d‘espace pour isoler

Choix durable

Rénovation du bâti wallon : le cap est posé

En Wallonie, depuis trop longtemps, le secteur de la construction évoluait dans un climat d’incertitude en matière de rénovation du bâti. Règles changeantes, dispositifs instables et messages contradictoires. Cette situation nuisait aux ménages et aux entreprises. Les décisions du Gouvernement wallon marquent donc un tournant important. Une vision intégrée, structurée et à long terme est désormais clairement affichée.

Le calendrier de rénovation annoncé est ambitieux, mais progressif et surtout lisible. Il vise à éliminer les logements les plus énergivores, en particulier les labels PEB F et G, d’ici 2035, et à inscrire progressivement l’ensemble du parc immobilier wallon sur une trajectoire menant vers la performance énergétique A, à l’horizon 2050. Les échéances sont désormais connues pour les bâtiments existants et pour les transactions immobilières. Cette visibilité est essentielle : elle permet aux ménages de planifier leurs investissements, aux entreprises de conseiller leurs clients et au secteur d’anticiper les besoins en compétences, en main-d’œuvre et en investissements.

Le secteur demandait ces obligations depuis longtemps. Non pas par dogmatisme environnemental, mais par réalisme économique. Lorsqu’un logement est énergivore, cette réalité doit être connue, intégrée dans le prix et assumée dès l’achat. Les obligations de rénovation remettent de la cohérence dans le système et permettent aux ménages d’acheter un bien à un prix plus juste aujourd’hui, avec la certitude d’investir progressivement demain.

La clarification du calendrier de sortie des chaudières au mazout constitue un autre signal fort. Depuis le 1er janvier 2026, le placement de nouvelles chaudières au mazout

ou au charbon est interdit dans les bâtiments neufs. Dès 2027, cette interdiction s’étendra aux rénovations lourdes. En 2031, le remplacement des chaudières au mazout sera interdit dans l’ensemble des bâtiments.

Les règles sont désormais connues, mais il serait irresponsable d’en minimiser la portée. Sortir du mazout ne se résume pas à remplacer un équipement. Dans de nombreux cas, cela implique des travaux d’isolation, l’adaptation des systèmes de distribution de chaleur, parfois des permis, et une refonte complète de l’installation existante. Ce sont des projets complexes, coûteux et techniquement exigeants, qui nécessitent du temps, de la main-d’œuvre qualifiée et un accompagnement solide.

La disparition progressive des primes directes est actée, au profit de mécanismes de prêts. Le secteur affirme que la réussite de cette réforme dépendra exclusivement de sa mise en œuvre concrète. À l’approche de l’échéance d’octobre 2026, les ménages comme les entreprises attendent encore des réponses essentielles. Qui pourra bénéficier de ces prêts ? À quelles conditions ? Pour quels travaux ? Et pour quels montants ?

Le secteur est prêt à prendre ses responsabilités. Mais une vision claire ne suffit pas. Elle doit s’accompagner d’outils simples, accessibles et efficaces. À défaut, la dynamique de rénovation s’essoufflera, au détriment des ménages, de l’emploi et des objectifs climatiques. Le cap est désormais fixé. C’est un pas important. Il est temps, maintenant, de passer à l’étape suivante. Le secteur attend du concret. Et il l’attend rapidement.

« Le secteur est prêt à prendre ses responsabilités. Mais une vision claire ne suffit pas. Elle doit s’accompagner d’outils simples, accessibles et efficaces. »

Le salon Batibouw est ambitieux et veut poursuivre la tendance à la hausse de 2025

Cette année, le salon Batibouw se tiendra du 7 au 15 février, à Brussels Expo.

Malgré quelques éditions difficiles dans le sillage de la pandémie de coronavirus, les organisateurs se sont montrés optimistes lors de la présentation du célèbre événement. « La tendance semble s’être inversée et nous sommes convaincus que Batibouw restera, dans les années à venir, le rendez-vous le plus important du et pour le secteur belge de la construction », ont-ils indiqué.

La présentation de la 67e édition de Batibouw a eu lieu au mois de décembre dernier, au Cinedoc (Brussels Expo). Lors de celle-ci, le CEO JOAN CONDIJTS n’a pas mâché ses mots. Après la pandémie de coronavirus, Batibouw a connu quelques éditions moins réussies, mais avec l’édition 2025, le redressement semble amorcé. En 2022, seuls 116.000 visiteurs avaient effectué le déplacement vers le salon, alors qu’ils étaient 257.000 en 2019. Mais ces dernières années, ce nombre a de nouveau augmenté régulièrement pour atteindre 203.685 visiteurs en 2025. Ce chiffre n’est pas encore équivalent à celui d’avant le

BATIBOUW 2026

EN PRATIQUE

• Du samedi 7 au dimanche 15 février 2026

• De 10h à 18h30

Nocturnes

• Jeudi 12 février pour les professionnels

• Vendredi 13 février pour les consommateurs

Business Insights 11 février au palais 10

INFO : fair.batibouw.com

coronavirus, mais il s’en rapproche déjà fortement.

La nouvelle approche

porte ses fruits

Le redressement s’explique par plusieurs facteurs, mais le nouveau management et le plan triennal élaboré par le CEO Joan Condijts semblent porter leurs fruits.

En 2026, Batibouw entend poursuivre sur la voie engagée. Cela signifie à nouveau deux week-ends, une nocturne destinée aux professionnels le jeudi et aux consommateurs le vendredi, ainsi que des billets à prix réduit l’après-midi. À partir de 15h, les visiteurs paieront 50 % de moins. Batibouw reconduit également l’événement Business Insights, destiné aux décideurs et aux principaux acteurs du secteur de la construction. Cette année, l’événement B2B se concentre sur la faisabilité de la construction neuve en Belgique.

Retour des grands noms

Bien que le secteur de la construction traverse une période difficile, le CEO de Batibouw, Joan Condijts, s’est montré optimiste quant à l’édition 2026. Plusieurs grands fabricants tels que Velux, Eggo, AEG et Harol font ainsi leur retour après quelques années d’absence. « Nous voulons également, dans les années à venir, que Batibouw devienne le rendez-vous le plus important de la construction en Belgique. Chaque année, c’est une période unique durant laquelle tout le monde a les yeux tournés vers le secteur de la construction, et l’ensemble du secteur en bénéficie », a-t-il indiqué.

La modernisation de la Belgique comme

thème majeur du ForumConstruction 2026

Notre traditionnel ForumConstruction aura lieu le vendredi 13 février, au Palais 10 de Brussels Expo. Le thème de cette année, dans le cadre des 80 ans d’Embuild, est Rebuild Belgium, le plus grand défi de modernisation de notre pays depuis la Seconde Guerre mondiale. Cet événement sera aussi l’occasion de fêter les huit décennies de notre organisation professionnelle et d’en apprendre davantage sur les projets futurs d’Embuild.

Àprès l’innovation l’année dernière, place cette année à la modernisation de la Belgique. Pour fêter ses 80 ans, notre organisation professionnelle a choisi ce thème intéressant à plus d’un titre pour nos entreprises de construction et d’installation. En effet, nos logements sont vieillissants et nos infrastructures ne résistent plus à l’épreuve du temps. Mais les ambitions du secteur sont plus grandes que jamais. Nous construisons autrement. Plus intelligemment. De manière durable. Modulaire. Axée sur la technologie. Avec un objectif : ériger l’avenir de la Belgique.

Georges-Louis Bouchez

Ce défi de la modernisation de notre pays sera abordé lors d’une table ronde organisée avec Virginie Dufrasne (Lixon), Vicky Dethier (Dethier), Wiet Vande Velde (Energy King) et Gérard Sevrin (Macors). Cette année, le keynote speaker qui abordera également ce thème est Georges-Louis Bouchez, le président du MR. Quant au futur de notre organisation et son plan Embuilding the Future, ce sont Tom Willemen (Willemen Group) et Christophe Cardinael (DHERTE SA) qui en parleront. Tous ces échanges seront animés par Hanne Decoutere, journaliste à la VRT.

Comme l’année dernière, lors de la première partie du ForumConstruction, les par-

INFORMATIONS PRATIQUES

● Quand ? Le vendredi 13 février de 09h30 à 12h30 (ouverture des portes à 08h30).

● Où ? Au Palais 10 de Brussels Expo, Avenue de Miramar 11, 1000 Bruxelles.

● Info et inscriptions : www.bouwforumconstruction.be

● Networking : Après le forum, un agréable moment de networking et un walking dinner gratuit sont prévus. Les participants recevront une entrée gratuite pour Batibouw.

ticipant(e)s auront l’occasion de suivre différents ateliers sur l’IA, la cybersécurité et les matériaux de construction biosourcés.

Un programme riche et varié donc. Envie d’assister à tous ces échanges et de venir fêter les 80 ans d’Embuild avec nous ? Vous savez ce qu’il vous reste à faire.

PROGRAMME

● 8h30 – 10h15 : accueil

● 9h30 – 10h ou 10h20 – 10h50 : 3 ateliers. Vous pouvez choisir entre 3 ateliers. Chaque atelier se déroulera sur deux créneaux horaires consécutifs. Vous pouvez donc participer à 2 des 3 ateliers.

→ ATELIER 1 : techniques d’isolation biocirculaires (Roel Coose d’Eltherm).

→ ATELIER 2 : Tooli, le premier outil d’IA spécialement conçu pour le secteur de la construction (Evelyn Meysman de Buildwise et Thijs Eeckhaut d’Embuild).

→ ATELIER 3 : Cybersécurité : hackez le hacker - apprenez à penser comme un hacker et protégez votre entreprise (Mathias Vissers d’Assurance Fédérale).

● 11h15 – 12h30 : séance plénière. Mot de bienvenue et introduction par Karl Neyrinck (président d’Embuild). Panel sur la thématique du jour. Exposé du keynote speaker GeorgesLouis Bouchez et enfin mot de conclusion par Niko Demeester (CEO d’Embuild).

● 12h30 – 14h : networking & walking dinner.

La réglementation sur l’amiante devient plus sévère

Depuis le 22 décembre 2025, la réglementation concernant l’exposition professionnelle à l’amiante est devenue plus sévère. En effet, l’Arrêté royal du 19 décembre 2025, qui transpose la directive européenne 2023/2668 avec effet rétroactif, est paru au Moniteur belge le 30 décembre 2025. Un AR qui entraîne de profonds changements.

Ces changements concernent, entre autres, l’abaissement des limites d’exposition, l’introduction de techniques de mesures plus précises utilisant la microscopie électronique, l’enregistrement électronique obligatoire sur le site web du SPF ETCS pour la technique des « traitements simples », des procédures d’agréation plus sévères et des contrôles en matière de formations obligatoires.

Abaissement des limites

La première nouveauté se situe donc au niveau d'une réduction progressive mais substantielle des limites d'exposition à l'amiante. Jusqu'au 21  décembre 2025, elle était de 0,1 fibre/cm³. Du 22 décembre 2025 au 21 décembre 2029, la limite est de 0,01 fibre/cm³, avant de passer à 0,002 fibre/ cm³ à partir du 21 décembre 2029.

Cela signifie que la limite actuellement autorisée ne peut être que 1/10 de la limite précédente. Le concept de « valeur d'action » est également conservé et se rapproche de plus en plus des valeurs limites. Ce qui oblige les désamianteurs à prendre des mesures préventives même à des concentrations plus faibles.

Des exigences de qualité sont introduites pour les experts-désamianteurs, et la gestion de l'amiante présent souligne explicitement que le désamiantage est une priorité.

Passage à la microscopie électronique

Pour mesurer correctement ces valeurs beaucoup plus sévères, il faudra, à partir du 21

décembre 2027, passer complètement à la « microscopie électronique à balayage » (MEB), une technique plus performante que la microscopie optique actuellement utilisée.

L'introduction de ces nouvelles valeurs limites et de cette nouvelle méthode de mesure exige également d'autres modifications dans la réglementation, notamment en ce qui concerne les équipements de protection individuelle (EPI) et la technologie de mesure.

Masques complets

En ce qui concerne ces EPI, il n’est plus question de masques FFP3 mais d’appareils respiratoires dans la procédure « Traitementssimples ». Cela signifie qu'il faudra désormais porter un masque couvrant tout le visage, comme c'est déjà le cas en France depuis plusieurs années. Ce masque doit faire l'objet d'un « fit test quantitatif » lors de sa première utilisation, puis tous les ans. En outre, le porteur doit procéder à une « fit check » avant chaque utilisation.

Avec ce type de protection respiratoire, il est crucial d’avoir une étanchéité au niveau du visage. Le SPF ETCS informe, dans ses « guidelines », que cette exigence est « incompatible » avec la pilosité faciale. On ne pourra donc plus se laisser pousser la barbe ou porter la moustache. En effet, des rapports médicaux montrent qu'un masque complet n'offre qu'une protection de 70 % chez une personne portant la barbe.

En cas de cicatrices graves au visage, une alternative au moins équivalente peut être choisie, par exemple une protection complète de la tête, comme dans l'industrie métallurgique.

De plus, les désamianteurs doivent mettre en

œuvre une « procédurededécontamination » adéquate. Par conséquent, il faut prévoir des douches, à moins que l'analyse des risques ne démontre que cela n'est pas nécessaire.

Finie, la méthode Kinney

Le Contrôle du bien-être au travail n’acceptera plus la méthode Kinney pour l’élaboration de l’évaluation des risques pour les travaux impliquant un risque d’exposition à l'amiante. Le CBE estime que la méthode Kinney convient pour les risques aigus, comme les accidents de travail, mais pas pour les effets sur la santé à long terme.

En outre, les explications en ligne que le SPF ETCS a publiées sur son site web à la mi-janvier comprennent également des instructions détail-

lées sur la manière de préparer un plan de travail. Elles sont nécessaires pour tous les travaux où l’on s'attend à ce que la limite d'exposition à l'amiante soit dépassée.

Indépendants sans personnel

Les « guidelines » prévoient également une interprétation un peu plus souple que dans le précédent projet d’AR pour les indépendants sans personnel (ISP). Ils doivent effectuer la notification électronique pour les « traitementssimples » sur la liste en ligne du SPF ETCS, uniquement si les travailleurs des collègues-entrepreneurs peuvent être exposés. Tant s'ils opèrent simultanément sur le chantier que s'ils commencent à y travailler par la suite.

Formations de qualité

L’AR comprend également une section importante sur la formation. Elles devront être de qualité et obligatoirement contrôlées avant le début de l'exposition. Cette formation est suivie d'une mise à jour annuelle qui met suffisamment l'accent sur la théorie et la pratique et qui s'aligne sur les tâches couramment effectuées (par exemple, les couvreurs, les démolisseurs, les entreprises d'isolation de tuyaux industriels, etc.)

Les centres de formation devront être agréés et les formateurs employés devront faire preuve d'une connaissance approfondie et d'une expérience pratique.

Période de transition

Étant donné que l'impact de l'AR est important, le Contrôle du bien-être au travail a promis d'observer une période de transition, au cours de laquelle ses inspecteurs se contenteront d'un travail de correction et de coaching.

INFOS : https://emploi.belgique.be/fr/themes/ bien-etre-au-travail/agents-chimiquescancerigenes-mutagenes-etreprotoxiques-et-agents-5

Quels résultats pour les tables rondes du projet

LIFE BE FREE en 2025 ?

La quatrième table ronde nationale LIFE BE FREE s’est tenue à la Maison de la Poste (Tour & Taxis), le 11 décembre dernier. Elle s’intitulait « Pitch.Connect.Renovate –Accélérons ensemble la vague de rénovation ! ». Elle a réuni plus de 60 acteurs issus du monde académique et des entreprises, des institutions financières et des pouvoirs locaux. Les résultats des tables thématiques de 2025 ont été présentés et la keynote speaker du jour était Fedra Vanhuyse, professeure à l’université d’Uppsala en Suède.

Pour rappel, le projet LIFE BE FREE, dans lequel Embuild est impliquée, a été lancé en octobre 2023 et vise à promouvoir des solutions de financement pour la rénovation énergétique des bâtiments en Belgique. Il va s’étaler jusqu’en septembre 2026, avec la volonté de prolonger jusque 2028. En 2025, neuf tables thématiques ont été organisées sur trois thèmes avec à chaque fois trois sessions.

Le premier concernait les trains de rénovation, ou la rénovation par quartier. Trois projets pilotes existent dans chaque région à ce sujet. Les tables thématiques ont permis de tirer les constats suivants : les réseaux de chaleur sont la locomotive de la décarbonation des quartiers, des pôles de rénovation et des entrepreneurs de quartier entraînent ce dernier dans leur sillage, il faudrait réserver au minimum 25 % du Fonds Social européen pour le Climat à des programmes axés sur ces quartiers, il serait utile de créer une task force « Quartiers fossiles » pour soutenir les villes et communes ainsi qu’un fonds de garantie et d’investissement pour faciliter les risques de sous-utilisation et le financement des réseaux de chaleur et enfin poursuivre les efforts en matière de tax shift.

Le deuxième thème était le crédit social. Pour cette thématique, ce sont essentiellement des freins qui ont été relevés. Le principal est que ce type de crédit est géré différemment dans chaque région et qu’il serait

« En 2025, neuf tables thématiques ont été organisées sur trois thèmes avec à chaque fois trois sessions. »

nécessaire de le structurer au niveau national. Il existe bien des fonds européens disponibles, mais seule une petite partie est utilisée, notamment à cause du manque de structuration nationale. En outre, près d’un quart de la population reste exclu du crédit classique et les dispositifs actuels ne répondent pas à la diversité des besoins. D’autres freins administratifs, techniques et sociaux ont été relevés : instabilité réglementaire, complexité administrative, manque de coordination, rigidité des conditions de prêt, absence d’assurances adaptées et méconnaissance des dispositifs limitent l’accès au crédit social.

Enfin, la troisième et dernière thématique était la rénovation énergétique du parc locatif. Ici aussi, la fragmentation institutionnelle et la complexité réglementaire ont été mises en avant, de même que des obstacles financiers et fiscaux (faible rentabilité, fiscalité peu incitative, manque de solutions de financement adaptées et incertitude sur les rendements). Les participants ont également souligné des contraintes techniques, administratives et sociales et la nécessité d’un accompagnement personnalisé via du coaching et le recours à un guichet unique. Développer des incitants financiers innovants (bonus/malus sur précompte immobilier, tiers-investissement), protéger les locataires, simplifier les démarches et renforcer la coopération entre acteurs publics, privés et associatifs sont également des propositions qui ont été émises.

Exposé sur le cas suédois

La keynote speaker du jour était FEDRA VANHUYSE , professeure à l’université d’Uppsala en Suède. Elle a abordé l’expérience suédoise du changement climatique et du bâti. En termes de structure des logements, de consommation d’énergie et de gouvernance, la Suède offre un contraste intéressant avec la Belgique. 51 % de la population suédoise vit dans des maisons, et 48 % dans des appartements, dont beaucoup sont détenus ou gérés par des acteurs professionnels comme des sociétés communales de logements, des propriétaires privés ou des associations de propriétaires qui détiennent une dette collective. La consommation d’énergie résidentielle est relativement basse, environ 130 à 150 kWh/m² par an, et la plupart des bâtiments sont connectés à des systèmes de chauffage urbains de plus en plus décarbonés.

La Belgique, en revanche, dispose d'un parc de logements plus fragmenté : 77 % de la population vit dans des maisons, et la consommation d'énergie résidentielle moyenne est d'environ 348 kWh/m² par an, soit environ 70 % de plus que la moyenne de l'UE. Cela rend la rénovation et l'efficacité énergétique particulièrement urgentes, mais aussi plus complexes à organiser et à financer.

Selon Fedra Vanhuyse, les risques climatiques affectent l'immobilier par deux voies principales. « Un : les risques liés à la transition découlent du durcissement des politiques climatiques et énergétiques, des chan-

gements technologiques et de l'évolution des préférences du marché. Ces risques peuvent rendre les bâtiments plus coûteux à exploiter, moins attrayants pour les locataires, voire non louables. Et deux : les risques physiques résultent d'aléas climatiques plus fréquents et plus graves, tels que les inondations, les vagues de chaleur, les tempêtes et les glissements de terrain, entraînant des coûts de réparation, des interruptions d'activité, des primes d'assurance plus élevées ou une perte d'assurabilité », a-t-elle indiqué.

En réponse, les acteurs suédois ont mis en place une série de mesures. La réduction des risques liés à la transition se concentre sur la rénovation énergétique en profondeur, l’isolation, le remplacement des systèmes de chauffage, l’électrification, la ventilation avec récupération de chaleur, l’énergie solaire sur site et les matériaux de construction à faibles émissions comme le mélaminé ou le béton amélioré pour le climat. La réduction des risques physiques comprend la protection contre les inondations, la gestion des eaux pluviales, l'adaptation à la chaleur et l'aménagement urbain résistant au climat.

« La Suède obtient des résultats relativement bons en ce qui concerne la décarbonisation des systèmes énergétiques des bâtiments, notamment grâce au chauffage urbain, à la gestion professionnelle des biens immobiliers et à l'accès à des instruments financiers verts comme les obligations vertes, les prêts verts, les prêts liés au développement durable et les prêts hypothécaires verts. Des villes comme Göteborg, Jönköping, Malmö, Helsingborg et Västerås illustrent la manière dont différents outils financiers peuvent soutenir un développement immobilier efficace sur le plan énergétique et positif sur le plan climatique », a expliqué Fedra Vanhuyse. Cependant, comme l’a expliqué la professeure, la Suède ne rénove pas assez rapidement pour s'aligner sur l'accord de Paris. Des recherches récentes montrent que les taux de rénovation restent inférieurs à ce qui serait nécessaire pour un parc immobilier climatiquement neutre. Cela met en évidence des problèmes persistants : coûts d'investissement initiaux élevés, problèmes de coordination, incertitude concernant les risques physiques, « free-rider problem » et faible tarification des risques climatiques.

Si le secteur immobilier joue un rôle

Daniel Kryszkiewiez de Febelfin (Fédération belge du secteur financier), l’un des six acteurs du consortium LIFE BE FREE. (© Monday Jr)

crucial dans l'atténuation et l'adaptation au changement climatique, il n'est pas le seul élément du système urbain à devoir changer. Les systèmes énergétiques, les transports, la gestion des déchets, l'infrastructure de l'eau et la planification urbaine sont tous étroitement liés aux bâtiments. C'est pourquoi l'action climatique suédoise est organisée non seulement au niveau des propriétés individuelles, mais aussi dans le cadre de stratégies globales à l'échelle de la ville.

« Le programme « Viable Cities » constitue une plate-forme centrale à cet égard. 48 communes, représentant environ 50 % de la population suédoise, se sont engagées à atteindre la neutralité climatique d’ici 2030. Les villes participantes élaborent des engagements climatiques annuels, des plans d'action et des plans d'investissement qui couvrent plusieurs secteurs, notamment le logement, la mobilité, l'énergie et les infrastructures publiques. Dans chaque ville, des « arènes de transition » rassemblent des services municipaux, des entreprises locales, des chercheurs, des investisseurs et des organismes publics afin de coordonner l'action en faveur du climat. Dans ce processus, le tableau de bord financier de « Viable Cities » s’avère important. Le tableau de bord permet aux communes de constituer des portefeuilles de mesures climatiques et d'en évaluer systématiquement les coûts, les avantages escomptés, les risques, la faisabilité et les possibilités de financement », a-t-elle expliqué.

Malgré ces progrès, des défis majeurs restent à relever. Le financement de l'action climatique, qu'il s'agisse de la rénovation des bâtiments, de la protection contre les inondations ou des infrastructures à faible émission de carbone, soulève des questions fondamentales en matière d'accessibilité et d'équité. Avec une question fondamentale : qui doit diriger, qui doit payer et qui doit supporter les risques ? « Le financement de l'action climatique n'est pas seulement une question technique de choix de l'instrument financier approprié. Il s'agit d'un défi plus large en matière de gouvernance et d'équité qui nécessite de trouver un équilibre entre les objectifs climatiques et l'inclusion sociale, l'accessibilité du logement et la stabilité financière », a conclu Fedra Vanhuyse

Après la présentation de Fedra Vanhuyse, les acteurs de l’après-midi ont pu échanger

La keynote speaker du jour était Fedra Vanhuyse, professeure à l’université d’Uppsala en Suède. (© Monday Jr)

« 48 communes, représentant environ 50 % de la population suédoise, se sont engagées

à atteindre la neutralité climatique d’ici 2030. »

des idées avec les coordinateurs des 8 projets suivants : F5D - First 5 Fossil – Free Districts 2030 ; EGIED ; NOVA CASTA VESTA ; Reno+ ; Leg-Up ; Ecoboostlening ; Renovatiestrategie op private huurmarkt in Gent et Rad/La Roue.

Conclusion

En guise de conclusion, retenons les trois enseignements clés de cette table ronde mis en avant par les organisateurs. Pour rappel, il s’agit de Febelfin, Embuild, VVSG, Wattson, The Shift et Idea Consult. Le premier est que les risques climatiques sont des risques financiers (les risques physiques et de transition influencent la valeur immobilière et les investissements). Le second est que la rénovation est un travail d’équipe, la technique seule ne suffit pas, la coopération et l’accessibilité sont essentielles. Enfin, troisième enseignement : ne rien faire n’est plus une option, les coûts du changement climatique augmentent et agir de manière proactive est crucial.

INFO :

Cet article a été rédigé avec la contribution de la professeure Fedra Vanhuyse.

En 2026, les prochaines tables rondes auront pour thématiques : les bâtiments publics et les ESCO’s (entreprises de service énergétique). L’événement de clôture de LIFE BE FREE aura lieu le 17 septembre 2026, sous toute réserve.

De nouvelles règles pour la réintégration des travailleurs en incapacité de travail

Le gouvernement De Wever a fait de la réduction du nombre de malades de longue durée, qui a augmenté de manière exponentielle, une priorité absolue. Dans ce cadre, l’Arrêté royal du 17 décembre 2025, publié au Moniteur belge du 30 décembre dernier (qui reprenait beaucoup de nouveautés), modifie le Code du Bien-être au travail en ce qui concerne la réintégration des travailleurs en incapacité de travail et la prévention des absences de longue durée, avec effet au 1er janvier 2026.

Pour vous, nous récapitulons les principaux éléments du « Trajet de réintégration 3.0 ». En suivant l’adage « mieux vaut prévenir que guérir », les travailleurs qui ne se sentent pas bien dans leur peau et qui risquent de tomber en incapacité de travail auront désormais la possibilité de demander des adaptations à leur employeur. C’est ce que le SPF Emploi, Travail et Concertation sociale appelle le « trajet préventif ». Il peut s'agir d'adaptations du poste de travail, mais aussi, par exemple, d'une demande de pouvoir télétravailler - temporairement ou non - un certain nombre de jours par semaine.

Adaptation de l’Arrêté royal

L'AR introduit l'obligation d'inclure, dans le règlement de travail, une procédure pour maintenir le contact avec les travailleurs en incapacité de travail. Le service d'études d'Embuild a développé un modèle à cet effet, accessible sur le portail membres du site. Le SPF ETCS insiste également sur le fait que, lors de l’inclusion de cette clause, la procédure officielle d’adaptation du règlement de travail doit être suivie.

Plateforme TRIO

Après un mois d'incapacité de travail, en plus de l'information déjà obligatoire sur les possibilités de réintégration, le conseiller en prévention-médecin du travail peut désormais proposer un entretien au travailleur. L'échange d'informations entre le médecin du travail, le médecin traitant et le médecin-conseil de la mutualité, sur l'état de santé d'un travailleur en incapacité de travail en vue de son retour au travail, se fera

désormais via la plateforme électronique TRIO. L’AR prévoit aussi un « trajet informel », dans lequel l’employeur peut demander une visite préalable à la reprise du travail. Auparavant, cette possibilité n'existait que pour le travailleur.

Potentiel de travail

Le « Trajet de réintégration 3.0 » introduit également un concept totalement nouveau : après chaque incapacité de travail d'au moins 8 semaines, l'employeur est tenu de faire évaluer le « potentiel de travail » du travailleur concerné par le médecin du travail ou son personnel infirmier, qui appliquera une procédure standardisée à cette fin. L'objectif est d'évaluer la capacité présumée d'un travailleur en incapacité à effectuer un travail adapté ou différent.

Début du trajet de réintégration

L’employeur a désormais la possibilité de lancer un trajet de réintégration dès le début de l'incapacité de travail. Si le travailleur a un potentiel de travail effectif, l'employeur peut demander une visite préalable à la reprise du travail ou entamer un trajet formel de réintégration. Lorsqu'il existe un potentiel de travail, l'employeur occupant 20 travailleurs ou plus est tenu d'entamer un trajet formel de réintégration au plus tard six mois après le début de l'incapacité de travail.

Les invitations du médecin du travail à un examen de réintégration doivent être envoyées par courrier recommandé et le médecin-conseil de la mutualité est informé si le travailleur n'a pas accepté l'invitation du médecin du travail à l'examen de réintégration. Ce qui peut mener à une sanction dans le cadre de l’assurance maladie-invalidité.

Fin du trajet de réintégration

À la fin du trajet de réintégration et lorsque le travailleur est définitivement inapte au travail convenu, il y a un transfert vers les services régionaux compétents en vue d'un accompagnement vers une reprise du travail (VDAB, Forem, Actiris, Arbeitsamt). Le délai pour invoquer la fin du contrat de travail pour force majeure médicale est ramené de 9 à 6 mois d'incapacité.

La démolitionreconstruction

Pour les travaux de démolition et la reconstruction de logements, le gouvernement fédéral a finalement décidé, l’an dernier, d’appliquer définitivement un taux de TVA réduit à 6 %. C’est pourquoi la rédaction a choisi de consacrer le premier dossier de 2026 à cette thématique. Nous avons demandé à une entreprise de démolition de premier plan comment elle perçoit l’évolution de ce marché, ainsi qu’à trois entreprises de construction comment elles évaluent l’impact de la baisse de la TVA sur leurs missions. Enfin, nous avons examiné ce qu’il peut advenir des déchets de construction et de démolition.

Peuvent-ils réintégrer le cycle de la construction et de quelle manière, avec l’équipe de démolition comme outil de collaboration utile ?

De la démolition à la déconstruction

Actuellement, le taux de TVA réduit à 6 % s’applique pour les projets de démolitionreconstruction. L’année dernière, Embuild a plaidé avec succès pour que ce taux ne soit pas augmenté, mais aussi pour l’étendre à la vente de logements clé sur porte et pour les promoteurs immobiliers. Ainsi, Embuild a souligné l’importance économique et écologique des travaux de démolition-reconstruction. Examinons tout ceci de plus près dans cet article.

Si vous démolissez un ancien bâtiment et que vous le remplacez par un nouveau logement, il s’agit en principe d’une nouvelle construction. Mais il est possible d’appliquer un taux réduit de TVA spécifique pour la démolition-reconstruction, qui s’élève alors à 6 %. Cette réglementation a été revue l'année dernière et remplacée par une mesure finale avec la possibilité d’appliquer un taux de TVA à 6 % dans quatre situations :

● la démolition-reconstruction d'un logement par un maître d’ouvrage qui est une personne physique et qui occupera lui-même le nouveau logement. Il doit donc s'agir de l’habitation propre et unique du propriétaire ;

● la démolition-reconstruction d'un logement par un maître d’ouvrage (personne morale ou physique) qui louera directement le nouveau logement pendant au moins 15 ans à une personne physique qui y sera domiciliée sans délai ;

● la démolition-reconstruction d'un logement par un maître d’ouvrage (personne morale ou physique) qui louera directement le nouveau logement pendant au moins 15 ans à une agence de location sociale ou une société de logements sociaux ;

● la vente d'un logement après démolition et reconstruction par une personne morale ou physique (par exemple, un promoteur immobilier, une société clé sur porte ou un investisseur) qui vendra le bien reconstruit :

• soit à une personne physique qui occupera elle-même le nouveau logement ;

• soit à une personne physique ou morale qui louera à titre privé le nouveau logement à long terme (pendant au moins 15 ans) à une personne physique qui y sera domiciliée sans délai.

Le régime n'est plus limité à quelques villes mais s'applique désormais à l'ensemble du territoire belge. Embuild espère que cette réglementation définitive avantagera encore les démolitions-reconstructions.

Nombre de démolitions en hausse

Le nombre de démolitions a fortement augmenté ces dernières années. En 2018, environ 15.000 permis de démolition ont été accordés en Belgique (logements résidentiels et non résidentiels). En 2019, ce nombre a atteint près de 20.000 et, au cours des années suivantes, il a constamment dépassé les 20.000. Pour la Flandre, outre les chiffres sur le nombre, nous disposons également de chiffres sur le volume des travaux de démolition autorisés. Ce volume s’élevait à encore 43 millions de m³ en 2018. En 2024, ce chiffre a atteint 70 millions de m³.

L'augmentation des démolitions est donc indéniable. Après que les exigences énergétiques pour les nouveaux logements sont devenues de plus en plus strictes depuis 2006, les pouvoirs publics régionaux imposent dorénavant des exigences énergétiques de plus en plus strictes également pour les bâtiments existants. En Flandre, par exemple, une obligation de rénovation des maisons et appartements énergivores est déjà en place depuis le 1er janvier 2023. Et depuis cette année, les propriétaires bruxellois auront 20 ans pour faire en sorte que leur logement atteigne l'objectif 150 du PEB, c'est-à-dire une performance énergétique allant jusqu'à 150 kWh/m²/ an. La Wallonie a également annoncé récemment sa volonté de mettre en place un calendrier d’obligations de rénovation. Dès 2028, les acheteurs de logements auront 5 ans pour réaliser les travaux pour porter le logement au label PEB défini (en commençant par l’atteinte du label D) et dès 2031 une performance minimale devra être respectée pour les logements existants (en commençant par le label F).

Nouvelles constructions sans artificialisation

Mais parfois, la rénovation n'est plus possible parce que la qualité de l'ancien logement est totalement inadéquate. En démolissant un logement et en le remplaçant par un nouveau,

celui-ci peut respecter les normes énergétiques les plus strictes. De plus, pas besoin d’un terrain à bâtir supplémentaire.

Cela joue un rôle important, en particulier en Flandre, où les autorités s'efforcent d'obtenir 0 hectare d’artificialisation supplémentaire d'ici à 2040. En fait, la majeure partie des démolitions faisant l’objet d’un permis ont lieu en Flandre. Leur nombre est beaucoup plus élevé que, par exemple, en Wallonie, où leur nombre a été limité à environ 2.000 bâtiments par an au cours des dernières années.

Leviers pour les travaux de démolition

Mais nous constatons également une tendance à l'augmentation des démolitions en dehors des logements. Des centres logistiques qui deviennent beaucoup plus hauts que les anciens dépôts et occupent donc moins d'espace, de nouveaux complexes hospitaliers à la périphérie des villes qui remplacent des hôpitaux totalement obsolètes dans les centresvilles, des immeubles de bureaux qui utilisent l'espace disponible beaucoup plus efficacement que les anciens bureaux, des sites industriels abandonnés et des bâtiments conventuels dans les villes qui y perdent leur fonction, des écoles qui fusionnent, laissant leurs anciens sites fragmentés : ce sont tous des leviers qui donnent lieu à des démolitions supplémentaires.

Mais il y a aussi beaucoup de démolitions en termes d'infrastructures, car de nombreuses infrastructures des années 60 et 70 sont arrivées à la fin de leur cycle de vie. L'organisme de gestion des démolitions Tracimat, qui surveille les travaux de démolition en Flandre, via des plans de suivi des démolitions, a enregistré plus de tonnes de déchets de démolition provenant des infrastructures (3,8 millions de tonnes en 2023, 4,2 millions de tonnes en 2024 et 3,2 millions de tonnes en 2025) que des bâtiments (2 millions de tonnes en 2023, 2,3 millions de tonnes en 2024 et 2,5 millions de tonnes en 2025) au cours des trois dernières années. Toutefois, les plans de suivi de démolition ne sont obligatoires que pour la démolition de bâtiments plus grands.

Recyclage des granulats

Les granulats recyclés proviennent de plus en plus des démolitions. Ils proviennent principalement du concassage et du criblage

des débris de construction et de démolition venant de la démolition d’un bâtiment ou d’une route.

COPRO, l'organisme impartial d'inspection et de certification dans la construction, a enregistré 13,8 millions de tonnes de ces granulats pour la Flandre en 2024. Ce chiffre est supérieur à celui de 13 millions de tonnes par an depuis 2015, alors qu'il atteignait à peine 5 à 7 millions de tonnes par an dix ans auparavant. La Belgique était déjà l'un des leaders européens en matière de granulats recyclés, conclut le COPRO, et a conservé cette position en 2024.

Initialement, l'exécution des travaux de démolition était principalement axée sur l'élimination des matériaux dangereux et des matériaux contenant de l'amiante. Les plans de suivi des démolitions de Tracimat montrent que ces substances représentent environ 1 % du volume démoli dans les infrastructures et les bâtiments. Cette séparation est d'ailleurs explicitement imposée par la législation, en particulier en Flandre par le Vlarema (règlement flamand sur la gestion durable des cycles de matériaux et des déchets). Le potentiel de recyclage des débris de construction et de démolition est donc très élevé.

En route vers l’urban mining

Il s'agit maintenant de passer à l'étape suivante. Par exemple, 95 % des gravats de pierre sont recyclés en fondations pour les travaux routiers. Mais selon Embuild Vlaanderen, la moitié de ces applications de faible valeur devraient être remplacées par des applications de grande valeur dans les cinq ans à venir. Cela pourrait inclure le recyclage des briques de façade pour les nouveaux bâtiments. Le démontage et la réutilisation d'éléments de construction sont encore plus efficaces. Toutefois, cette pratique n'en est qu'à ses balbutiements : seul 1 % est actuellement démantelé et réutilisé. Mais cela nécessite un changement fondamental dans notre façon de travailler. La démolition cède de plus en plus la place à la déconstruction, c'est-à-dire l'enlèvement contrôlé et sélectif des structures, des matériaux et des installations d'un bâtiment dans le but de les réutiliser autant que possible. C’est ce qu’on appelle l’« urban mining ». Les pouvoirs publics flamands et bruxellois souhaitent que leurs régions deviennent des pionnières dans ce domaine également.

De Meuter, plus de 50 ans d’expérience dans la démolition

De Meuter est une entreprise active en Belgique depuis plus d’un demi-siècle dans le terrassement et la démolition, mais s’est également entre-temps spécialisée dans le désamiantage, le nettoyage des sols et le recyclage des déchets. La société a suivi de très près l’évolution de ces marchés de niche. Pour en apprendre davantage sur cette thématique de la démolition, Embuild Magazine s’est entretenu avec Sven De Meuter, administrateur de la société. (Photos : © De Meuter)

ÀBruxelles, la démolition du « viaduc de Koekelberg », qui a ensuite permis de creuser des tunnels au même endroit. Celle de la Tour Martini, la Tour du Lotto, la Tour des Finances et la Tour Madou. Plus récemment, la démolition du Parking 58 dans le cadre de la construction des bâtiments Belpaire et Oxy et pour le siège de BNP Paribas Fortis. Tous ces travaux ont été réalisés par De Meuter. Quelles leçons pouvons-nous tirer de toute cette expérience ? Réponses avec SVEN DE MEUTER , administrateur de la société. Il souhaite, au préalable, corriger trois malentendus sur le secteur de la démolition.

« Notre secteur est toujours associé à la dynamite, mais à Bruxelles, il n’est plus possible d’obtenir un permis pour cela, alors que c’est encore possible dans les autres Régions, même si la procédure reste assez longue. La dynamite fait donc de moins en moins partie de notre activité. »

Dans le même état d’esprit, le profane associe souvent la grosse boule de démolition avec ce type de travaux. « Mais nous les utilisons aussi que rarement. Avec ce type de boule, il faut être capable de bien viser pour atteindre la bonne colonne ou la bonne poutre. Il est donc plus difficile de contrôler l’effondrement. Il y a environ 35 ans, nous avons commencé à utiliser des grues avec des flèches plus longues. Les grues sont également devenues plus lourdes, ce qui a permis de monter des cisailles en béton et en fer. Dans le même temps, des mini-grues sont apparues sur le marché, qui nous permettaient d'utiliser des grues à tour et des ascenseurs pour monter sur les étages à démolir. Et entre-temps, nous utilisons également des grues et des robots télécommandés. »

Troisième idée reçue : nous ne faisons que démolir des bâtiments et des infrastructures. Sven répond. « Lors de la démolition d’un bâtiment, vous devez tenir compte du fait que le squelette des murs et des sols représente environ 95 % du poids, et celui-ci est parfaitement recyclable. Et dans ce cadre, séparer le bois de l’acier, c’est quelque chose que nous faisons depuis des années. Dès la fin des années 1980, nous avons commencé à utiliser des concasseurs. De plus, pour obtenir des granulats recyclés, nous devons maximiser l'élimination du bois des déchets de démolition, par exemple. »

Tri très poussé à la source

Néanmoins, pour le moment, les pouvoirs publics vont très loin en imposant le tri à la source (c'est-à-dire sur le chantier). « Une partie significative des déchets de construction et de démolition va vers les concasseurs. Pourquoi faut-il dès lors trier davantage la partie restante, limitée, sur le chantier ? Les particuliers peuvent attendre que leurs déchets soient collectés. Mais, pour les chantiers de construction, tout doit aller le plus vite possible. De plus, il n’y a souvent pas suffisamment de place pour des conteneurs. Les pouvoirs publics ne tiennent pas suffisamment compte de l'augmentation des performances et de l’efficacité des installations de tri actuelles dans les différents centres de tri. Ils peuvent parfaitement prendre en charge le tri d'un certain nombre de flux de matériaux et faire en sorte que les démolisseurs présents sur le chantier puissent se concentrer sur l'exécution des travaux. En ce qui concerne les particuliers, l'Ovam (l’Office public des déchets en Flandre) estime qu'ils trient 20 % des PMC de manière

La démolition de la tourascenseur de la Tour des Finances.

La démolition du CNN à la gare du Nord de Bruxelles.

Des travaux de démolition en action.

incorrecte. Mais ils ne reçoivent pas d'amende pour cela. Par contre, les entrepreneurs les reçoivent, ces amendes. Enfin, l'obligation de tri s'applique non seulement à la démolition, mais aussi aux travaux de rénovation (plus modestes). En particulier pour ces travaux, il devrait y avoir des exceptions à la séparation complète des flux de déchets à la source. Elles ne vont pas assez loin pour l'instant », explique Sven.

Demande de travaux de démolition en hausse

En général, Sven De Meuter s’attend à une augmentation des travaux de démolition. Ainsi, l'effondrement du pont Morandi à Gênes a servi de signal d'alarme. « Les gouvernements de toute l’Europe ont par conséquent commencé à surveiller de plus près l’état actuel des ponts et des routes. C’était également le cas pour les Régions en Belgique. Ainsi, elles sont arrivées à la conclusion qu’un grand nombre d’infrastructures sont tellement dépassées qu’elles sont désormais « en fin de vie » et que la démolition est la seule solution. »

Les centres logistiques ont également changé de visage. Auparavant, ils avaient une hauteur standard de 5 à 8 mètres, mais aujourd'hui, ils sont construits beaucoup plus haut grâce aux techniques de stockage automatisé. Cela permet aussi de réduire l’artificialisation de ces bâtiments. La démolition des anciens centres est souvent la seule solution pour permettre ce changement de mode de travail.

Immeubles de bureaux ou logements vieillissants

Aujourd'hui, l’aménagement des bureaux a changé. Ces bâtiments sont désormais soumis aux normes climatiques les plus récentes et les maîtres d’ouvrage optent pour une utilisation plus efficace de l'espace. Un bon exemple : l’ancien bâtiment Baudouin, qui a abrité les services du gouvernement flamand pendant 30 ans, que les Flamands appelaient souvent le « Schans » (la rampe de saut à ski), en raison de son large hall d’entrée. « Du point de vue de la structure, ce bâtiment était encore bon, mais il gaspillait tellement d’énergie et d’espace que sa démolition et son remplacement par le complexe Quatuor de quatre tours constituaient la seule solution », ajoute Sven. Enfin, la structure de certains logements est si mauvaise qu’ils ne peuvent pas être rénovés pour répondre aux normes climatiques

actuelles. En outre, le gouvernement souhaite limiter la construction sur les terrains encore non bâtis. D'où la tendance à donner de nouvelles fonctions aux anciens bâtiments industriels des centres-villes. Là aussi, on démolit plus souvent.

De plus en plus complexe

Dans le même temps, les travaux de démolition deviendront plus complexes à l'avenir. « Les bâtiments plus récents contiennent beaucoup plus d'installations qu'auparavant. Nous serons également confrontés à une plus grande complexité des matériaux lors de la démolition de bâtiments récents. Tous les matériaux sont également plus étroitement liés les uns aux autres, tandis que les exigences en matière de recyclage deviendront plus strictes et que les substances perturbatrices seront beaucoup moins autorisées. Bref, les nouvelles méthodes de construction complexifieront la démolition à l’avenir », assure Sven. De Meuter compte actuellement environ 270 travailleurs, soit un peu moins qu'auparavant en raison de l'absence de marchés à Bruxelles due à l'absence d'un gouvernement bruxellois. De plus, De Meuter travaille avec une centaine de sous-traitants. L’entreprise réalise un chiffre d’affaires de 100 millions d’euros par an.

Entreprise familiale en plein essor

« Nous sommes toujours une entreprise familiale. J’ai même souvent connu le père ou l’oncle de nos ouvriers actuels. Mais il reste difficile d'attirer de nouveaux travailleurs. C’est vrai pour les ouvriers, et encore plus pour les employés. En outre, le travail administratif est compliqué par le fait que différentes agences (Grondbank, Copro, Ovam pour le système d'information sur les matériaux Matis et le système d'assurance qualité KBS, Tracimat, le Département de l'environnement pour le rapport annuel intégré sur l'environnement, …) utilisent différentes plateformes qui ne sont pas compatibles. Les données dont nous disposons doivent donc être transférées par nos agents dans des formats différents à chaque fois. Je les compare aux moines du Moyen-Âge qui recopiaient les livres à l'infini. Les rapports doivent également être différents pour chaque type d'activité (démolition, désamiantage, tri). C'est particulièrement gênant pour une entreprise comme la nôtre qui regroupe toutes ces activités sous un même toit », conclut Sven.

Malgré quelques critiques, nos entreprises saluent ce taux réduit à 6 %

Et les entreprises de construction, que pensent-elles de la thématique de ce dossier ? Pour le savoir, nous avons interrogé des affiliés originaires des trois Régions du pays pour connaître leur opinion, notamment sur le taux réduit à 6 % désormais étendu à la vente de logements clé sur porte. Malgré quelques critiques, elles trouvent qu’il s’agit d’une mesure globalement positive.

A« Pour les projets concernés par une démolition, c’est positif. Si vous prenez ceux qui ne le sont pas, ce n’est pas positif car cela entraîne une nouvelle concurrence. »

AUBRY LEFEBVRE

UBRY LEFEBVRE , CEO de Thomas & Piron Bâtiment, revient sur les mois d’été 2025 et les débuts « compliqués » de la mise en place de cette mesure. « En juillet-août, on ne s’en sortait plus : mesure provisoire ou définitive ? C’était difficile aussi bien pour nous que pour nos clients de s’y retrouver. Le 6 % définitif est finalement une bonne nouvelle pour les clients existants qui risquaient de basculer vers du 21 % », indique-t-il.

Mais il nuance tout de même la positivité de ces 6% à la revente. « Pour les projets concernés par une démolition, c’est positif. Si vous prenez ceux qui ne le sont pas, ce n’est pas positif car cela entraîne une nouvelle concurrence. Soit un promoteur qui vend un logement à, par exemple, 300.000 € HTVA. L’acheteur paiera 318.000 € TVA 6 % comprise s’il a été construit sur un terrain anciennement bâti, alors qu’il en paiera 363.000 € TVA 21 % comprise si ce logement a été construit sur un terrain vierge. C’est près de 50.000 € d’écart et donc, soit environ 300 € en plus par mois pour un emprunt à 20 ans. En termes d’accessibilité au logement, un thème qui tient à cœur à Embuild, ce n’est pas du tout positif. Et surtout, cela peut entraîner une concurrence entre promoteurs sur un même territoire. S’il veut espérer vendre un logement équivalent, celui ayant construit sur un terrain vierge va devoir réduire ses prix pour s’aligner sur le bâtiment démoli/reconstruit, perdre toute marge bénéficiaire

et donc tout nouvel investissement impossible », explique Aubry Lefebvre.

Dès lors, les promoteurs vont-ils se ruer vers des terrains avec bâtiments à démolir et reconstruire ? « Non, je ne pense pas. Car le temps des démarches administratives pour obtenir le permis et les éventuels recours de riverains, c’est en moyenne trois ans. La mesure sera-t-elle encore d’actualité que pour compenser le surcoût généré par ce type de projet plus coûteux ? »

Le CEO de Thomas & Piron Bâtiment attire aussi l’attention sur un autre point : la différence de taux sur une même parcelle. « Sur un même terrain, on peut avoir un terrain vierge où on construit à 21 % et un autre juste à côté où il faut démolir et revendre à 6 %. Il faut expliquer cette différence au client. »

Vous l’aurez compris, Aubry Lefebvre est très nuancé sur cette mesure. « Je le répète, elle est positive pour les promoteurs qui ont beaucoup de projets de ce type dans leur portefeuille. Pour les autres, beaucoup moins. Et quid de sa pérennité dans le temps ? »

Socatra

ALEXANDRE DE CESCO est l’administrateur délégué de l’entreprise bruxelloise Socatra. Par ailleurs président d’Embuild.Brussels, il est donc la personne idéale pour donner un avis sur cette mesure pour la Région de Bruxelles-Capitale. « Au niveau national, la récente enquête d’Embuild a encore indiqué qu’il fallait construire 75.000 logements supplémentaires par an d’ici 2030, donc c’est une bonne mesure », indique-t-il. « En ce qui concerne Bruxelles, on a la particularité d’être très favorable à de la rénovation cir-

culaire. Donc notre demande serait que cette TVA à 6 % pour la revente après une démolition-reconstruction soit aussi applicable à des rénovations lourdes. Actuellement, il existe un flou juridique à ce sujet. C’est assez aléatoire et nous demandons de la clarté. Dans la plupart des cas, c’est un taux de 21 % qui est appliqué », indique Alexandre De Cesco.

Autre demande spécifique du secteur bruxellois de la construction : tenir compte de la dépollution des sols. « Dans ce genre de projets, bien souvent, nous dépolluons le sol d’un terrain, car les normes sont très sévères pour la construction de logements. Il s’agit donc d’un service que nous rendons « gratuitement » à la Région. Il faudrait donc en tenir compte, soit en abaissant le taux de TVA soit en diminuant les charges. »

Les charges, parlons-en. Selon l’administrateur délégué de Socatra, ce sont notamment elles qui rendent le logement si cher à Bruxelles. « On dit souvent que l’immobilier y est très cher. Mais c’est la Région où il y a le plus de charges, de taxes notamment de voirie et de contraintes administratives. Bien plus qu’ailleurs en Belgique. Il faut le savoir ! Et depuis fin de l’année dernière, tous les projets sur les friches industrielles de plus de 50 ares sont bloqués. C’est une contrainte supplémentaire. »

Concernant les propos de Sven Demeuter qui déclarent que les projets de démolition sont de moins en moins nombreux dans la capitale, notamment faute de gouvernement, il confirme. « C’est exact. Il y a des marchés publics annulés et certains qu’on lance et puis qu’on arrête. C’est notamment le cas du projet « Les Bains de Bruxelles ». Nous avions remporté le marché de cette piscine à 17 millions d’euros, et c’est tombé à l’eau si j’ose dire. Je râle encore sur cette décision », conclut Alexandre De Cesco.

Van Roey

Depuis des décennies, le groupe de construction Van Roey se consacre aux développements en milieu urbain et a fait figure de pionnier dans ce domaine. C’est pourquoi nous avons également sollicité leur point de vue sur l’application d’un taux réduit de 6 % pour la démolition-reconstruction.

FILIP DEPREZ , directeur général de Van Roey Immobilier, confirme l’importance de cette mesure pour le groupe. « Nous développons de préférence des projets sur des sites de den-

sification au cœur des villes et des villages. Nos projets sont donc presque tous, directement ou indirectement, liés à la démolition-reconstruction. »

Quelle est la position de Van Roey concernant l’applica tion du taux de 6 % pour la démolition-reconstruction et son extension aux promoteurs immobiliers ? Filip Deprez estime que la Flandre est confrontée à un double défi : un, loger un nombre croissant de ménages et deux, préparer le patrimoine bâti existant pour l’avenir. « Les promoteurs immobiliers peuvent y jouer un rôle majeur. Il était donc surprenant qu’ils aient d’abord été exclus du régime des 6 %. Lorsque les charges liées à ces projets résidentiels diminuent, ce sont en fin de compte les acheteurs qui en bénéficient. Le groupe de revenus cible pour les différents produits résidentiels s’élargit, tout comme le nombre de projets de développement économique viables. »

« Notre demande serait que cette TVA à 6 % pour la revente après une démolitionreconstruction soit aussi applicable à des rénovations lourdes. »

ALEXANDRE DE CESCO

Cette mesure va-t-elle désormais créer de nouvelles opportunités ? Filip Deprez répond par l’affirmative à cette question. « Cela concerne directement le pouvoir d’achat de nos clients. C’est pourquoi le régime de TVA joue souvent un rôle très important lors de la phase d’acquisition. Et cela peut faire toute la différence. »

Une dernière question porte sur la remarque de Thomas & Piron plus haut dans cet article. Selon Aubry Lefebvre, le taux de 6 % pour la démolition-reconstruction désavantage les projets réalisés sur des terrains encore non bâtis, pour lesquels le taux de TVA de 21 % reste d’application. Dans quelle mesure Van Roey se reconnaît-il dans cette critique ? « Nous travaillons seu lement de manière respon sable et nous évitons donc, de préférence, de travailler sur des sites qui n’ont jamais été utilisés. Là où nous rejoignons cette critique, c’est qu’il serait peu judicieux d’appliquer deux taux différents au sein d’un même site de projet. Malheureusement, c’est parfois le cas. »

« Lorsque les charges liées à ces projets résidentiels diminuent, ce sont en fin de compte les acheteurs qui en bénéficient. »

FILIP DEPREZ

Trucs et astuces de Living Lab

Circular Demolition Teams

Le projet « Living Lab Circular Demolition Teams » poursuit une grande ambition : faire de la Flandre la grande région de l’urban mining de l’avenir. Fin 2025, le projet s’est conclu avec un événement dans les locaux de Buildwise, à Zaventem. Autour d’Embuild Vlaanderen, d’autres partenaires comme Buildwise, NAV (réseau des architectes flamands), la Ville de Malines, Tracimat, Aclagro, Rockwool et Resulation ont travaillé à ce projet de « Circular Demolition Teams ».

Au centre de cette collaboration, une grande conviction : pour démolir de manière circulaire, il faut réunir autour de la table les maîtres d’ouvrage, les concepteurs, les entrepreneurs et les fournisseurs, dès le début du processus de démolition. Cet événement était l’occasion idéale pour partager les leçons apprises et expliquer tous les outils élaborés.

CAROLINE DEITEREN , directrice générale d’Embuild Vlaanderen, a d’abord souligné notre dépendance actuelle à l’égard des matières premières primaires. Selon elle, il est nécessaire de se concentrer davantage sur le démontage et le réemploi dans les projets de démolition, et de faire évoluer les déchets de construction pour les faire passer d’applications de faible à haute valeur.

Outils pour une meilleure collaboration

DIRK MATTHEEUWS , président du NAV, a quant à lui insisté sur la nécessité pour l’ensemble de la chaîne de construction de conserver les matériaux dans une boucle après la démolition ou le démantèlement. C’est avec cette conviction que le « Living Lab » s’est concentré sur les conditions optimales d’une meilleure collaboration, sur le développement des documents standard et sur la détection de nouveaux flux de récupération. Le projet a notamment débouché sur le guide « Samen circulair slopen » (« démolir ensemble de manière circulaire »), complété par des modèles téléchargeables, comme le disque de collaboration. En outre, les participants ont tiré les leçons de projets pilotes, transposées en recommandations pratiques. En conclusion, l’équipe de démolition révèle

son importance, une équipe centrale permanente dans les projets complexes de démolition et de construction. Cette équipe suit les ambitions d’urban mining du début à la fin, assure le partage de connaissances, et gère les risques inhérents à l’urban mining.

Mieux préparer la démolition

Selon CHARLOTTE CAMBIER , coordinatrice du projet « Circulair & Energiezuinig Bouwen » chez Embuild Vlaanderen, la méthode de démolition traditionnelle est de plus en plus remise en question : « Jusqu’à récemment, il fallait démolir aussi rapidement et efficacement que possible. Mais cela entraînait le gaspillage d’un certain nombre de matériaux précieux, et cela se montrait peu écologique. Même lorsque les maîtres d’ouvrage voulaient opter pour la circularité, nous manquions de préparation. Le responsable de la mise en œuvre ne bénéficiait pas de suffisamment de temps et de ressources, ce qui a progressivement réduit les ambitions à des solutions « ad hoc », entraînant généralement des discussions, des retards et des coûts supplémentaires. Il serait utile de mieux se préparer. Cela commence par une meilleure évaluation du potentiel de réemploi des matériaux présents. En outre, il est nécessaire d'avoir une meilleure vue d'ensemble des éléments et des flux de matériaux libérés et de leur valeur marchande potentielle. Il est donc crucial de disposer d’un planning réaliste pour le démantèlement, la conservation et la logistique. Cela conduira à une estimation plus correcte du budget et à des ambitions circulaires plus réalisables. »

De la numérisation à l'attribution

Mais comment bien se préparer ? SIEN COR-

L’événement de clôture du projet « Living Lab Circular Demolition Teams » s’est tenu dans les locaux de Buildwise, à Zaventem.

NILLIE , conseillère à la NAV, a expliqué les étapes à entreprendre. Un « quick scan » a-t-il été effectué sur la base des outils déjà disponibles (comme les fiches de réemploi et de recyclage de Tracimat), un test de démantèlement a-t-il été réalisé, l'intérêt pour le marché du réemploi a-til été évalué, les flux recyclables répondent-ils aux critères d'acceptation des filières ?

Lors de la sélection de l’équipe, le maître d’ouvrage joue un rôle crucial. Mais lors de l’attribution du contrat, il ne peut pas uniquement se concentrer sur le prix (le plus bas). La qualité, le calendrier et surtout le plan d'approche sur la circularité devraient également être pleinement pris en compte. Selon THIEME ENGELBORGHS , chercheur chez Buildwise, un plan d’approche souligne le potentiel d’un projet mais n’est pas contraignant. Vous voulez vous assurer que les travaux sont réalisés conformément aux principes de l’urban mining ? Il faut ensuite les rendre contraignants par le biais des dispositions techniques et contractuelles. Le guide « Samen circulair slopen » propose des options concrètes à cet effet.

Quand faire appel à une équipe de démolition ?

On peut répondre à cette question en utilisant une check-list du guide « Samen circulair slopen ». De préférence, le projet est encore en phase de préparation et un plan de suivi de la démolition est obligatoire. Un potentiel de recyclage et de réutilisation suffisamment élevé et la disponibilité des clients sont également importants. Vérifiez également l'aide disponible (y compris l’aide publique). Enfin, évaluez les avantages d'une équipe de démolition par rapport aux coûts supplémentaires.

construction de l'OVAM (l’Office public des déchets en Flandre), a donné un aperçu de l'évolution future de l'urban mining en Flandre. L’OVAM a souligné que l’enquête réalisée en interne pour ce projet serait examinée en interne et prise en compte. L’OVAM travaille actuellement à une révision des spécifications standard 210 pour les travaux de démolition, à un modèle plus convivial pour les plans de gestion des déchets, à une mise à jour du site web www.bouwensloopafval.be et à une étude sur les possibilités de compactage des déchets légers de construction et de démolition.

Selon DINO HENDRICKX , président de VSOR (l’association des entreprises de démolition, de démontage et de recyclage en Flandre), nous sommes les champions du recyclage, mais nous avons encore beaucoup de progrès à faire en matière de réemploi. « Il y a encore trop d'initiatives ad hoc. Une mise en commun des données sur une plateforme globale est absolument nécessaire. Les utilisateurs peuvent alors rechercher les matériaux disponibles de manière structurée et uniforme et les adapter à leurs besoins. En plus du travail d'étude, il faut de temps en temps commencer des choses concrètes, à petite échelle, sans avoir tout prévu à l'avance. Il faut aussi rester ouvert à ce que font nos pays voisins. Aux Pays-Bas, par exemple, il existe une procédure de certification pour la démolition circulaire. Les entreprises de démolition, qui ne disposent pas d'un tel certificat, ne peuvent pas ou ne sont pas autorisées à participer à certains projets. C'est ainsi que l'on crée des conditions de concurrence équitables. »

INFO : https://www.buildwise.be/ fr/recherche-innovation/ showroom-des-projets/ des-equipes-dedemolition-circulairetransforment-la-flandreen-une-region-miniereurbaine-sloopteams/

Avec un guide, des modèles, des podcasts et des projets de laboratoire vivant.

L’urban mining, via une équipe de démolition, apporte également de nouvelles tâches (circulaires), comme l’identification du potentiel de réemploi, la recherche de débouchés... La combinaison de ces tâches conduit ensuite à de nouvelles fonctions dans l’équipe. Prenons l'exemple d'un directeur de processus, d'un coordinateur de démolition et d'un courtier en matériaux. Afin de répartir clairement ces nouvelles tâches, un « disque de collaboration » a été mis au point. Sur cette base, il est possible de détecter d'éventuelles lacunes dans la mise en œuvre.

Evolutions

futures

BART BERGEN , responsable de l'équipe de

Intégrer la démolition circulaire

L'événement chez Buildwise a montré que la démolition circulaire nécessite davantage de préparation, des rôles différents et de nouvelles formes de collaboration, souvent avec un coût à court terme plus élevé. Les projets pilotes montrent que cet effort supplémentaire peut conduire à une plus grande conservation des matériaux, à une réduction des déchets et à une meilleure coordination entre la démolition et la reconstruction. Le défi consiste maintenant à l'appliquer à plus grande échelle : ne pas attendre que tout soit parfait, mais accumuler de l'expérience, afin que la démolition circulaire devienne un élément à part entière de la construction.

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Le Groupe Jean Nonet acquiert Belgarena et Sobemo

Le Groupe Jean Nonet, l’entreprise de construction familiale dont le siège social se situe à Jemeppe-sur-Sambre, poursuit sa croissance. Après avoir déjà acquis plusieurs entreprises ces dernières années, il vient de racheter deux sociétés à la fin de l’année dernière en…sept jours : Belgarena dans le Hainaut (Farciennes) et Sobemo dans la province de Namur (Anhée).

L’entreprise Nonet offre un service complet pour tout travail de construction ou d’aménagement à l’extérieur des bâtiments.

(© Groupe Jean Nonet)

Fondée en 1958, l’entreprise Nonet est bien connue dans le secteur de la construction wallonne. Elle offre un service complet pour tout travail de construction ou d’aménagement à l’extérieur des bâtiments : travaux de voirie, conduites et câbles enterrés, terrains de loisir et de sport, traitement et stabilisation de sols, démolition de génie civil et immeubles…Au fil des années et grâce à ses diverses acquisitions, elle a étoffé ses activités.

Le nom Nonet est également associé à notre fédération professionnelle. En effet, l’ancien administrateur délégué Jean-Jacques Nonet a été président de l’ex-Confédération Construction Wallonne, devenue Embuild Wallonie. Et c’est son fils Simon Nonet qui est aujourd’hui à la tête de l’entreprise. C’est donc lui qui a signé, en décembre dernier, l’acquisition de deux entreprises actives dans le secteur et comptant au total 50 collaborateurs : Belgarena dont le métier est la collecte et le traitement de déchets inertes issus de la construction et Sobemo qui produit et livre du béton. « Nous

sommes fiers de continuer à développer notre groupe familial. C’est une bonne nouvelle dans le secteur de la construction. Notre groupe se réjouit d’accueillir les équipes de Sobemo et Belgarena afin de poursuivre, avec elles, un développement durable et ambitieux. Grâce à ces acquisitions, le Groupe Jean Nonet renforce son positionnement tant dans la production que dans le recyclage de matériaux de construction », indique SIMON NONET, l’administrateur délégué du Groupe Jean Nonet.

475 personnes

Avec ses deux nouvelles recrues, l’entreprise emploie donc désormais plus de 475 personnes réparties sur sept implantations, en Wallonie et au Grand-Duché du Luxembourg. En plus de Belgarena et Sobemo, elle comprend les entreprises suivantes : Nonet (Jemeppe-sur-Sambre), Nonet Eislek (Grand-Duché de Luxembourg), Carrières & Terrassements (Mons), Guisse & Fils (Waremme), Hublet (Floreffe), Signé Jean (Wallonie et Bruxelles) et Namur Asphalte (Perwez).

Malgré cette belle croissance, le groupe a toujours voulu conserver un caractère familial. Plusieurs membres de la famille y sont d’ailleurs actifs. Et il a toujours mis un point d’orgue à construire ses projets autour de ses 4 valeurs « REP’R » : Respect, Enthousiasme, Partenariat et Résultat. On aurait même envie d’y ajouter le C de Croissance. Une belle ambition qui fait grandir tout le secteur.

Embuild Wallonie soutient le chantier exceptionnel de Mariemont

Bien connu dans la région du Centre (province de Hainaut), le Domaine et Musée royal de Mariemont s’apprête à consolider et valoriser les vestiges du Palais de Charles de Lorraine. L’équipe auteure de projet est composée du Bureau Greisch et de La Croisée Architecture. Un projet pilote innovant de financement alternatif en restauration du patrimoine, exceptionnel à tous points de vue. Embuild Wallonie, au même titre que Buildwise et Constructiv, soutient ce chantier exceptionnel et lance un appel aux entreprises partenaires.

Le Domaine et Musée royal de Mariemont, établissement muséal et scientifique de la Fédération Wallonie-Bruxelles, gère le magnifique parc arboré de 45 hectares, labellisé Patrimoine exceptionnel de Wallonie, élu patrimoine préféré des Wallons (jusqu’à 450.000 visiteurs par an).

L’institution muséale s’apprête à consolider et valoriser le cœur historique du Domaine : les vestiges du Palais de Charles de Lorraine (18e siècle), zone d’exception au niveau patrimonial et paysager. Il s’agit plus précisément de stabiliser et réparer le mur de soutènement de la cour d’honneur (7 à 8 m de haut, 70 m de long), qui est également le mur de façade arrière du corps de logis. L’objectif de cette opération d’envergure est de rétablir en priorité l’accès en toute sécurité à la cour d’honneur et, dans un second temps, aux vestiges du corps de logis. Pour ce faire, le maître d’ouvrage a désigné une équipe auteure de projet composée du Bureau Greisch et de La Croisée Architecture, ce qui illustre le haut niveau d’ambition stratégique de ce projet exceptionnel.

Différents lots

Mariemont a déjà reçu l’autorisation patrimoniale pour le projet, ce qui enclenche la deuxième étape de la procédure réglementaire qui devrait mener à l’obtention du permis d’urbanisme. Un marché public de travaux est en préparation et sera émis conjointement par la Fédération Wallonie-Bruxelles

et le Service Public de Wallonie (Direction de la Nature et des Espaces verts). Le marché comprendra différents lots, entre autres maçonneries (moyennant l’agréation D24), béton et ferronnerie. Des rabais de la part des soumissionnaires seront acceptés en échange de contreparties attractives qui seront définies dans une note annexée au cahier spécial des charges (réalisation de films, valorisation des entreprises lors de l’inauguration du site, accès privilégié à des activités exclusives…). Vu la spécificité juridique du marché, aucune date précise ne peut toutefois être avancée à ce stade pour l’exécution des travaux. À l’heure où les défenseurs du patrimoine et de la culture appellent à une alliance renforcée entre acteurs publics, citoyens et entreprises, la concrétisation d’un partenariat public-privé dans le cadre de projets patrimoniaux bénéficiant à la collectivité a beaucoup de sens. « Ce projet inédit de restauration patrimoniale s’inscrit dans la vision d’Embuild à plusieurs titres : la préservation du patrimoine incarne et symbolise les origines historiques de nos métiers, valorisant les savoir-faire traditionnels de nos artisans ; la restauration du patrimoine génère directement de l’activité pour nos entreprises et de l’emploi pour nos artisans et ouvriers ; le patrimoine est indissociable de la culture et de l’identité de nos régions, source de fierté pour tous les habitants ; un territoire riche en patrimoine, c’est un territoire attractif pour les visiteurs et investisseurs étrangers, donc un levier de dynamisme économique et tou-

« Un marché public de travaux est en préparation et sera émis conjointement par la Fédération WallonieBruxelles et le Service Public de Wallonie. »

Une carte perspective du château royal de Mariemont et de l’enceinte des chasses, 1781. Détail. (© DMRM.)

Le corps de logis du Palais de Charles de Lorraine à Mariemont (18e siècle). Cette photo montre les investigations préalables relatives au mur de soutènement de la cour d’honneur : le relevé par le géomètre-expert Antoine Hanotier (ABC4D). (Image D. Witheley © DMRM.)

ristique et enfin le projet « Mariemont » s’inscrit pleinement dans la dynamique portée par l’Alliance Patrimoine-Emploi, en proposant une approche innovante et structurée du financement de la restauration étroitement liée aux enjeux d’emploi et de développement territorial », indique FRANCIS CARNOY, conseiller général d’Embuild.

Implication des trois organismes sectoriels

Embuild Wallonie, entouré dans ce projet emblématique par Constructiv et Buildwise, a donc souhaité s’impliquer dès le départ dans cette grande opération de valorisation à la fois du patrimoine régional, du savoir-faire du secteur et des compétences des entreprises participantes. Dès la publication du marché, Embuild Wallonie encouragera les entreprises mécènes potentielles à y participer, seules ou via un groupement d’opérateurs.

Buildwise de son côté, soucieux de faire connaître le patrimoine comme domaine spécifique d’expertise technique et d’innovation, s’implique dans l’élaboration de ce projet emblématique en soutenant les choix techniques de l’auteur de projet (investigations préalables, réalisations d’essais, tests, expertises, organisation spatiale du chantier, structure du cahier spécial des charges, planification des travaux), et surtout comme futur soutien technique des entreprises sur chantier.

aux dispositifs sectoriels de formation. Par ailleurs, attentif au caractère exemplaire du chantier sous l’angle sécurité, et en soutien des structures de coordination, Constructiv veillera à assurer un suivi régulier du chantier afin de pouvoir conseiller les différents intervenants pour contribuer à une sécurité optimale dans la mise en œuvre. Enfin, Constructiv utilisera les vidéos tournées sur le site comme support de choix dans la foulée de la campagne « Nous Construisons Demain ».

Nos trois organismes sectoriels s’impliqueront donc au mieux comme « facilitateurs » dans la réalisation du projet et s’engagent dans cette aventure en pleine confiance grâce à l’expertise de Prométhéa qui développe un cadre pratique et juridique adéquat en matière de mécénat. Par sa portée et son caractère novateur, le projet « Mariemont » ne manquera pas de retenir l’attention des autorités politiques, notamment de la Ministre Valérie Lescrenier, ainsi que des médias, attentifs aux initiatives nouvelles en matière de préservation du patrimoine.

« Le projet génèrera un impact réel, visible et mesurable, au croisement des enjeux sociaux et économiques. En y participant, les entreprises auront l’opportunité de transformer leur responsabilité sociétale en actions concrètes, de renforcer leur ancrage local, de donner du sens à leur stratégie RSE et d’incarner leurs engagements en matière de durabilité et de cohésion sociale », souligne en conclusion Hugues Kempeneers, directeur général d’Embuild Wallonie. INFO : francis.carnoy@ embuild.be.

Enfin, Constructiv (fonds social paritaire du secteur) soutiendra financièrement les entreprises en leur permettant de recourir

L’entreprise bastognarde TVB a fêté ses 30 ans d’union avec le bois

Fin de l’année dernière, notre membre TVB - Techniques et Valorisation du Bois – a fêté son 30e anniversaire avec plus de 600 personnes. Implantée dans l’un des zonings industriels de Bastogne, en province de Luxembourg, cette entreprise spécialisée dans la construction bois est le joyau de la famille Schutz. Embuild Magazine a rencontré le père Marcel, le fondateur, et le fils, Lionel, le repreneur, pour vous présenter cette société familiale.

Une matinée de décembre. Il pleut des cordes dans le zoning 1 de Bastogne. Mais lorsque nous ouvrons les portes de Techniques et Valorisation du Bois, le feu qui crépite dans le hall d’entrée réchauffe et donne le ton. Ici, le bois est roi. Bienvenue chez TVB. « Comme tout va bien ! », plaisante le fils Lionel. Et c’est vrai que ça a l’air d’aller comme sur des roulettes au sein de cette entreprise. Même si la société familiale a dû surmonter des difficultés, comme nous l’expliqueront les deux piliers de TVB au cours de notre rencontre. Mais remontons d’abord aux prémices de cette PME. « J’ai créé seul la société en 1995. À l’époque, il s’agissait d’une exploitation forestière dont l’objectif était de valoriser le bois résineux régional, le douglas et l’épicéa : écorçage, production de bois ronds…J’ai engagé cinq collaborateurs et nous avons commencé à construire des petits jeux en bois, des abris de jardin…C’est ainsi que tout a débuté », explique

MARCEL SCHUTZ

À l’époque, on ne parle pas encore de construction de maisons en ossature bois. « La Région wallonne n’autorisait pas ce type de constructions. Mais petit à petit, elle a pris conscience de son intérêt et à la fin des années 90, elle a donné son feu vert. Nous avons donc construit notre première maison en ossature bois en 1999 », se souvient fièrement le patriarche. La première d’une longue série…C’était le véritable début d’une grande aventure dans la réalisation de projets conçus

à l’aide du matériau si cher à la famille Schutz. Avec trois règles pour bâtir une réputation : précision technique, qualité d’exécution et capacité à gérer des projets variés.

Variation. Un mot qui caractérise effectivement très bien les conceptions de TVB. En effet, outre la construction de maisons privées et tous les aménagements annexes qui vont avec, l’entreprise est aussi spécialisée dans des aménagements publics de grande envergure : passerelles et caillebotis, belvédères et tours d’observation, mobilier urbain (tables, bancs, transats…), panneaux d’information, balisage et modules didactiques et scénographiques.

L’entreprise de construction bois propose également la conception de plaines de jeux publiques, de terrains multisports, de parcours santé et a même créé sa propre marque Wood 4 Life, des jeux extérieurs pour particuliers.

Réalisations emblématiques

Le papa de Lionel cite fièrement quelques réalisations emblématiques de l’entreprise familiale. « Notre premier gros projet public concerne le Parc Chlorophylle à Manhay, en 2005. Nous y avons aménagé des plaines de jeux et un parcours en hauteur pour se balader au plus proche des arbres, et réalisé la conception de panneaux didactiques et ludiques. En 2011, nous avons façonné l’auvent de la station Q8, à Bastogne. Pour moi, c’est notre projet le plus spectaculaire. En 2012, TVB a construit une tour d’observation près de la maison communale de Martelange. En 2019, nous avons

Une maison en ossature bois signée TVB.

L’auvent de la station Q8, à Bastogne, fait partie des grandes fiertés de l’entreprise.

La team TVB compte une cinquantaine de collaborateurs répartis dans quatre pôles bien distincts : Ossatures bois & petites constructions, Constructions & aménagements publics, Aires de jeux & multisports et Ventes de bois & accessoires.

← C’est en 2021 que la transmission a eu lieu entre le père Marcel et le fils Lionel. ↑

conçu une autre tour d’observation avec une passerelle à Rochehaut. » Cette liste est bien évidemment loin d’être exhaustive. « 70 % de nos chantiers sont des projets publics. Avant de créer la société en 1995, j’étais directeur des travaux de la commune de Bastogne. Je connais donc très bien l’esprit public et toutes les communes de la région », précise Marcel.

Résilience

Si tout va bien chez TVB, c’est aussi grâce à la résilience dont a su faire preuve la PME lors des moments difficiles de son histoire. « En 2002, nous avons été victime d’un pyromane qui agissait dans la région. Notre site d’exploitation a été réduit en fumée. Nous avons dû tout reconstruire en 2003-2004 et quelques années plus tard, en 2009, nous avons aménagé les bureaux dans lesquels nous nous situons actuellement », souligne Marcel. Deux ans plus tard, en 2011, Lionel intégrait l’entreprise. « Au départ, j’ai été attiré par la commande numérique, qui découpe et grave, dans l’atelier. C’est elle qui m’a vraiment motivé à faire ce job que je ne connaissais pas du tout, car je venais du monde du plastique. Je ne pensais pas du tout reprendre la société », souligne le fils de Marcel.

L’entreprise grandit et Lionel travaille dans l’atelier jusqu’en 2019, l’année où on détecte malheureusement un cancer chez son papa. « Il fallait donc que je pense à transmettre », souligne Marcel. « Dans un premier temps, j’ai assuré l’intérim pendant le traitement de papa. J’ai été entouré d’une superbe équipe avec des collaborateurs compétents et ultra motivés. C’est ce qui nous a permis de nous en sortir. Et moi, j’ai eu un déclic, je me sentais capable de franchir le cap et de reprendre les rênes », indique le fiston.

Quatre pôles bien distincts

C’est en 2021 que la transmission a eu lieu. Lionel rachète alors la partie exploitation et l’autre moitié de l’entreprise (terrains, bureaux et halls) est reprise par une société immobilière. Un an plus tard, le papa Marcel va mieux et lance sa propre scierie SN4, à Hollange (Fauvillers), pour boucler la boucle et encore plus marquer le cachet familial de Techniques et Valorisation du Bois.

L’année 2024 marque un autre tournant avec la structuration de la société en quatre pôles bien distincts : Ossatures bois & petites constructions, Constructions & aménagements publics, Aires de jeux & multisports et Ventes de bois & accessoires. Au total, une cinquantaine de collaborateurs qualifiés travaillent dans ces différents segments de l’entreprise : ingénieurs, dessinateurs, gestionnaires de chantier, menuisiers, opérateurs de machine et magasiniers.

« Nous avons atteint notre taille idéale. Mon objectif n’est plus de grandir mais de renforcer la qualité de notre travail. Je veux continuer à pouvoir maîtriser tout ce que nous produisons. Actuellement, nous avons même le luxe de pouvoir choisir nos projets », explique Lionel. Pour renforcer cette qualité, TVB a acquis en septembre 2025 une machine à commande numérique Hundegger Speed-cut. Cette entailleuse renforce la précision, la rapidité et la flexibilité de production, ouvrant la voie à la réalisation de projets plus complexes et exigeants. Et pour 2026, l’ouverture d’un showroom pour la vente du bois, aussi bien pour les particuliers que pour les professionnels, est prévue. Un deuxième hall de stockage est également en projet. De quoi permettre au papa de conclure. « L’entreprise est dans de bonnes mains, je suis rassuré. » On le serait tout autant…Oui, on peut l’affirmer : tout va bien chez TVB !

L’événement annuel a eu lieu au Bassin, un bar situé sur la place Sainte-Catherine.

Build Circular.Brussels : des entreprises toujours plus engagées

En décembre dernier, l’équipe de Build Circular.Brussels organisait son événement annuel au Bassin, un bar situé à côté du très animé marché de Noël de la place Sainte-Catherine. Objectif de la soirée : réunir les entreprises du secteur de la construction et les partenaires actifs dans la construction circulaire afin de renforcer leurs liens, et remettre un prix aux entreprises particulièrement impliquées dans le programme.

Mené depuis septembre 2020 par Embuild.Brussels, le programme Build Circular. Brussels a pour objectif d’accompagner les entreprises de construction dans leur transition vers l’économie circulaire. Toute entreprise ayant des activités sur le territoire bruxellois peut rejoindre le programme et bénéficier gratuitement de formations et d’accompagnements personnalisés. En cinq ans de fonctionnement, le nombre d'entreprises participantes a connu une croissance significative, passant de 170 fin 2020 à 760 entreprises ayant été intégrées au programme aujourd’hui.

96% des déchets de construction et de démolition sont recyclés

La cellule « construction durable et circulaire » d’Embuild.Brussels est composée de 12 personnes engagées et passionnées, qui tra-

« Depuis 2018, la production de déchets de construction et de démolition a été réduite de 32 % et 96 % de ces déchets sont recyclés. »

vaillent chaque jour à accompagner la transition du secteur de la construction à Bruxelles. Devant une soixantaine de personnes réunies au Bassin, le manager AYMÉ ARGELES a insisté sur le fait que « tout le travail que vous faites avec nous porte ses fruits. Depuis 2018, la production de déchets de construction et de démolition a été réduite de 32% et 96% de ces déchets sont recyclés. »

Aymé Argeles a aussi présenté trois projets leur tenant particulièrement à cœur. « Nous sommes très fiers du réseau de réemploi AD VITAM MATERIAL qui a été lancé à Bruxelles, mais couvre les trois régions. Il y a aussi ReloAD, le service qui vise à améliorer le tri des déchets de construction directement sur les chantiers par l’installation de stations de tri modulables adaptées aux réalités de terrain. Et, pour terminer, il y a le label des entreprises écodynamiques lancé avec Bruxelles Environnement. »

« Bruxelles Environnement cherche à re-

connaître les pratiques liées à la durabilité pour toutes les entreprises bruxelloises », a poursuivi NATHAN CASTAGNE , conseiller circulaire, en soulignant que Build Circular. Brussels propose aussi d’aider les entreprises à remplir le formulaire pour l’obtention du label. « On vient justement de lancer un nouveau référentiel pour la construction, qui prend en compte toutes les pratiques de chantier. Le label vous donne accès à des majorations sur certaines primes et aides régionales. Par exemple, toutes les primes de Bruxelles Économie-Emploi vont recevoir une majoration de 10 à 40 %. Ce qui n’est pas négligeable. »

Awards et coup de cœur

Cette année encore, l’équipe décernait ses awards à trois entreprises. Le prix de la PME la plus impliquée dans le programme est revenu à ASMÂA BOUZIAR , fondatrice d'une jeune entreprise générale de construction qui place le réemploi et les matériaux biosourcés au cœur même de son modèle d'affaires. « C'est la petite entreprise ayant réalisé le plus d'actions avec nous cette année. Asmâa, ta curiosité, ta capacité à te projeter dans de nouveaux modèles économiques et ta volonté d'ancrer tes pratiques durables dès les fondations de ton entreprise font de toi une partenaire particulièrement inspirée. Toujours prête à apprendre, à tester et à avancer, tu as participé en un temps record à plusieurs accompagnements : business model, réemploi, matériaux durables... Nous sommes ravis de suivre l'évolution de ton entreprise », a souligné Nathan Castagne chargé de remettre les trophées.

Retours d’expérience

Le prix de la grande entreprise a, quant à lui, été décerné à la société Louis De Waele qui fait partie des piliers historiques de Build Circular.Brussels. « Nous souhaitons aujourd'hui saluer l'implication continue de Marc Vanderick, responsable QHSE, dont l'énergie et la disponibilité ont régulièrement fait avancer nos travaux communs. En 2025, Louis De Waele a joué un rôle clé dans plusieurs démarches structurantes pour le secteur. La co-construction du projet ReloAD, la participation active à différents groupes de travail, notamment sur la préservation de la biodiversité en contexte de chantier, la contri-

Le prix de la PME la plus impliquée dans le programme est revenu à Asmâa Bouziar.

Le prix de la grande entreprise a été décerné à Louis De Waele qui fait partie des piliers historiques de Build Circular. Brussels. Sur cette photo, Marc Vanderick, responsable QHSE de l’entreprise.

Le coup de cœur de l’équipe est allé à la coopérative So.Rénovation, à laquelle Jérôme Weemaels et Carlos Delgado apportent leur expertise dans le domaine de la rénovation immobilière.

bution aux réflexions portant sur la logistique de chantier… Grâce à vos retours d'expérience, vos idées, vos regards de terrain, vous nourrissez depuis longtemps la dynamique du programme. »

Enfin, le coup de cœur de l’équipe, évidemment subjectif, est allé à la coopérative So.Rénovation, à laquelle Jérôme Weemaels et Carlos Delgado apportent leur expertise dans le domaine de la rénovation immobilière. « Par votre présence régulière aux événements, votre curiosité, votre volonté de continuer à vous former aux thématiques de l'économie circulaire, votre ouverture aux évolutions du secteur, votre promptitude à tester de nouvelles pratiques, et avec votre approche pragmatique de terrain, vous contribuez à faire grandir la dynamique circulaire », a conclu Nathan Castagne.

Être

aligné dans un écosystème qui se structure

Alors qu’elle n’a entamé son parcours qu’en juillet 2025, avec l’aide de Baticréa, branche spécialisée dans le domaine de la construction de la coopérative Jobyourself, et que son entreprise n’a pas encore de nom ni entamé ses activités, Asmâa Bouziar est déterminée à apporter « un produit écologique, plus propre et meilleur pour la santé du client, au même prix que des produits traditionnels. Je veux que le client soit gagnant financièrement, qu'il n'y ait plus ce blocage économique dans le choix de l'écologie et de la durabilité », a-t-elle indiqué.

Pour le responsable de la politique QHSE au sein de l’entreprise Louis De Waele, « le fait d’avoir créé Build Circular, de trouver des solutions pour les chantiers de demain, d’être alignés avec d’autres représentants du secteur de la construction, prouve qu'on ne peut y arriver qu'ensemble. »

De son côté, JÉRÔME WEEMAELS trouve beaucoup d'inspiration dans les sujets des séminaires auxquels il participe. « Il y a aussi les rencontres qu'on fait avec d'autres corps de métier, d'autres entrepreneurs comme nous, et qui ont parfois les mêmes problématiques. On va trouver des solutions auxquelles on n'avait pas pensé. Et au plus on se rend compte qu'il y a un écosystème qui se structure, au plus cela nous ouvre des portes et cela nous donne envie de participer ! » BRUXELLES/

«

La qualité de l’environnement intérieur est primordiale dans tout projet»

Lors de la rénovation d’un logement, le focus est très souvent mis sur l’amélioration de la PEB. « Mais les aspects de confort et de bien-être des occupants ne doivent pas être négligés. La directive PEB de 2024, en cours de transposition, requiert à juste titre de prendre en compte la qualité de l’environnement intérieur et le changement climatique dans la réglementation », note Vincent Detemmerman, Public Affairs Manager chez Velux. Explications.

Une question pour commencer : quelle est la principale motivation qui pousse un Belge à rénover son bien ? Selon une enquête réalisée par iVOX, à la demande de notre fédération professionnelle, la première raison est : « pourprofiterdedavantage de confort ». « Améliorer les prestations énergétiques du logement » arrive en deuxième position. Le constat est clair. Un, le confort est donc largement plébiscité par les Belges. Deux, la directive PEB de 2024 mentionne très clairement l’importance de la qualité de l’environnement intérieur qu’elle définit comme « le résultat d’une évaluation des conditions à l’intérieur d’un bâtiment influençant la santé et le bien-être des occupants… ».

Mettre en avant bien-être et santé

Selon VINCENT DETEMMERMAN , les pouvoirs publics devraient donc mettre en avant ces deux leviers de bien-être et de santé pour stimuler les Belges à rénover leur bien. Car, on le sait, en Belgique, le rythme de rénovation des logements reste très en deçà de ce qui serait nécessaire pour espérer atteindre les objectifs énergétiques et climatiques. On parle de tripler le rythme actuel. Et les incitants à la rénovation semblent fondre comme neige au soleil dans les trois Régions, dans un contexte de réduction générale des dépenses publiques. Un bâtiment sain et agréable à vivre est d’autant plus important qu’on y passe 90 % de son temps. Selon les statistiques du SPF

© Velux

Economie, près de 20 % des Belges sont à risque de précarité énergétique et près de 15 % vivent dans un logement de mauvaise qualité. Et selon Statbel, 13 % ne sont pas en capacité de maintenir leur logement confortablement frais en été et 14,7 % vivent dans un logement souffrant d’au moins un problème d’humidité. L’habitat belge peut donc mieux faire…

Quatre paramètres

Les quatre grands paramètres de l’environnement intérieur sont : l’environnement thermique, la qualité de l’air intérieur, l’éclairage (dont la lumière naturelle) et l’acoustique. Ces paramètres ont bien un impact direct sur la santé et le bien-être des habitants. Il existe déjà des normes européennes et nationales à ce sujet, dont la principale est la EN 16798-1 qui traite de tous ces paramètres. « Pas besoin de tout révolutionner ! Il suffit simplement de mieux appliquer ces normes et suivre les recommandations du référentiel de construction durable GRO, déjà utilisé dans les marchés publics mais pouvant servir de guide dans les marchés privés, et celles de la Commission européenne. Les administrations régionales sont en train de transposer les nouveautés de la directive, dont la qualité de l’environnement intérieur et ces aspects de confort et bien-être, dans leur politique PEB. Certains pays ont déjà bien avancé sur ces sujets, il faudra voir ce que ça va donner en Belgique », souligne Vincent Detemmerman.

Adaptation au changement climatique

La directive a aussi des exigences en matière d’adaptation au changement climatique, notamment face au risque de surchauffe estivale que l’on constate déjà, ce qui renvoie au paramètre de l’environnement thermique. Selon le Public Affairs Manager chez Velux, pour renforcer la résilience climatique des bâtiments, la première étape est d’utiliser les effets passifs, non consommateurs d’énergie, tels que les protections solaires et le ventilative cooling pour éviter la surchauffe. « Le changement climatique doit clairement être anticipé dans la conception des bâtiments neufs comme lors des travaux de rénovation. Placer des protections solaires et favoriser la ventilation naturelle intensive semblent être une évidence. Mais l’enquête SoftSummer, guidée par Buildwise, indique notamment que

si l’utilité des protections solaires est reconnue par les professionnels, elles ne sont pas toujours placées lors de constructions neuves et presque toujours absentes lors de projets de rénovation. Quant à la ventilation intensive, confondue avec la ventilation hygiénique, elle est souvent mal comprise. »

Malgré ce constat en matière d’environnement thermique, la ventilation et le risque de surchauffe estivale sont partiellement pris en considération dans la réglementation existante. Des mesures restent cependant à prendre en matière de conforts visuel (troisième paramètre de qualité de l’environnement intérieur) et acoustique (quatrième et dernier paramètre). « La lumière naturelle n’est pas en soi meilleure que la lumière artificielle lorsqu’il est question de niveau d’éclairage, mais elle présente des avantages évidents en ce qui concerne toutes sortes de processus physiologiques et le bien-être général. Les critères en matière de lumière naturelle sont insuffisants en Flandre et en Wallonie. Il ne serait pas compliqué de mieux informer les propriétaires via le Passeport bâtiment en Wallonie ou le Woningpas en Flandre. Des outils existent. Pour les professionnels, nous proposons aussi des formations gratuites à l’utilisation de la lumière naturelle via la Daylight Academy », indique encore Vincent Detemmerman.

Même constat pour le paramètre acoustique. Un bon confort acoustique influence favorablement la qualité de vie. Il contribue au bien-être physique, mental et social, et a un impact direct sur la concentration et la production dans les établissements d’enseignement ou les lieux de travail. À l’inverse, un mauvais confort acoustique produit des effets négatifs sur la santé (nervosité, stress, insomnie, fatigue) et les problèmes de bruit peuvent être source de conflits.

Conclusion

L’enquête le montre : les Belges plébiscitent le confort comme source de motivation pour rénover leur logement. Et la directive européenne PEB souligne l’importance de prendre en compte la qualité de l’environnement intérieur dans les différents aspects de la politique PEB. « Il faut donc s’en soucier maintenant ! Et si c’est bien d’en parler, ce sont sur les projets de construction et de rénovation qu’il faut agir ! », conclut Vincent Detemmerman.

« Les pouvoirs publics devraient mettre en avant ces deux leviers de bien-être et de santé pour stimuler les Belges à rénover leur bien. »

Cordeel Group regroupe plusieurs entités sous Cordeel Belgium

Depuis ce 1er janvier 2026, Cordeel siège Temse et Cordeel siège Hoeselt ont uni leurs forces pour opérer sous un seul nom : Cordeel Belgium. Avec Bernard Construction, l’entreprise forme ainsi un collectif d’entrepreneurs unifiés à l’échelle nationale. Cette unification vise à renforcer la position de la société dans le secteur belge de la construction. Pour soutenir cette ambition, la nouvelle entité nomme en plus Thomas De Loof en tant que co-PDG, aux côtés du PDG actuel Kevin De Hainaut.

L’objectif de la simplification de l’organisation de l’entreprise de construction est clair : unir les forces pour construire de façon plus rapide, plus intelligente et plus durable. « Avec Cordeel Belgium, nous franchissons une étape décisive vers un avenir où, en tant qu’entreprise de construction intégrée, nous construirons non seulement plus rapidement, plus intelligemment et plus durablement, mais aussi de manièrepluscibléeetplusagilefaceauxdéfisde demain. En reliant nos entités, nous créons plus qu’une échelle, nous renforçons notre puissance stratégique en réunissant talents, expertise et capacité d’innovation », explique PASCALE VAN DAMME , PDG de Cordeel Group.

« Avec Cordeel Belgium, nous poursuivons une ambition de plusieurs décennies : construire une entreprise forte qui crée de la valeur à chaque étape du processus », ajoute FILIP CORDEEL , président de Cordeel Group.

Organisation unifiée et puissante

Comme le précise la PDG du groupe, « il ne s’agit pas d’une fusion de structures, mais d’un mouvement accéléré vers une organisation unifiée et puissante, prête pour l’avenir. » Et pour mener à bien cette transformation, le groupe opte pour un modèle de co-PDG pour diriger Cordeel Belgium. Pour soutenir le PDG actuel Kevin De Hainaut, Thomas De Loof est nommé co-PDG. Il provient de Dell Technologies et a également travaillé chez IBM. Il sera la colonne vertébrale de l’organisation en charge notamment de la structure interne, de la performance financière, des processus et de la numérisation. « En tant que co-PDG, je démarre avec une ambition claire :

Pour soutenir le PDG actuel Kevin De Hainaut (àdr.surlaphoto), Thomas De Loof (àg.surlaphoto) est nommé co-PDG.

rendre Cordeel encore plus fort. J’apporte un focus marqué sur la structure, la rentabilité et la qualité, tout en maintenant une attention constante pour les personnes et la collaboration », indique THOMAS DE LOOF

Quant à Kevin De Hainaut, il reste le visage familier pour les clients et les projets. Il dirige le volet commercial, encadre la pré-construction et les appels d’offres, avec un accent particulier sur la collaboration en ‘bouwteam’ et le Design & Build. Il garantit ainsi un flux de projets sain et stratégiquement pertinent, et représente Cordeel Belgium sur le marché. Thomas De Loof et Kevin De Hainaut prendront les décisions stratégiques conjointement, en collaboration avec le COO Matias Raymaekers, qui supervise le fonctionnement quotidien ainsi que la poursuite de la numérisation.

Construire une société

où il fait bon vivre et tournée vers l’avenir.

L’engagement sans faille des cimentiers belges dans la décarbonation ouvre la voie à la construction neutre en carbone, avec des ciments et des bétons à la disposition des entrepreneurs.

Gallery Xavier Hufkens, Bruxelles, Robbrecht en Daem
architecten
© Arnaud
Tandt

Comment poser des carreaux XL et XXL pour un résultat durable ?

Les carreaux de grandes dimensions, XL (≥ 1 m2) ou XXL (≥ 3 m2), exigent une attention particulière quant à la planéité du support, aux tolérances dimensionnelles des carreaux, au choix de la colle, à la mise en œuvre et à la largeur minimale des joints.

Préparation du support

Le support doit être propre, sec, sans défauts et cohésif. Au sol comme aux murs, les tolérances de planéité doivent être plus sévères : elles doivent être inférieures ou égales à 3 mm sous une règle de 2 m. Un produit d’égalisation adapté peut être employé pour respecter ces tolérances.

En cas de pose sur une chape conventionnelle à base de ciment, il est conseillé de patienter une semaine par centimètre d’épaisseur de chape, avec un minimum de 28 jours. Il est conseillé de vérifier à la bombe à carbure si le taux d’humidité ne dépasse pas 2,5 %. S’il s’agit d’une chape à base d’anhydrite (sulfate de calcium), le taux d’humidité en masse doit être inférieur ou égal à 0,5 %. Dans le cas contraire, une réaction chimique indésirable peut survenir et entraîner le décollement des carreaux. Pour les carreaux XL et XXL, l’application sur chape fraîche est déconseillée.

Pour des raisons liées aux mouvements dimensionnels, la pose de carreaux XL et XXL sur parquet ou structure portante en bois est fortement déconseillée.

Pour une application sur un ancien carrelage, on s’assurera que les carreaux existants adhèrent correctement au support. En présence d’anciens carreaux émaillés, il est suggéré de poncer grossièrement la surface, afin de favoriser l’adhérence. Dans tous les cas, le carrelage devra être lavé et dégraissé. L’application d’un primaire pour support ‘fermé’ constitue un atout supplémentaire pour sécuriser la pose.

Carreaux

On privilégiera des carreaux présentant de meilleures tolérances dimensionnelles que celles exigées par la norme NBN EN 14411. La Note d’information technique (NIT) 237 recommande une tolérance maximale de fabrication de 0,2 %.

Les carreaux de très faible épaisseur (moins de 5 mm) sont très sensibles au poinçonnement et doivent être réservés à un usage mural.

Fig. 1

Double encollage rectiligne.

Les carreaux XL et XXL sont également déconseillés pour une pose en extérieur.

Colle

Un mortier-colle ‘flexible’ de type C2S1 ou C2S2 est recommandé, avec ou sans propriétés additionnelles (F, T ou E). Sur un support absorbant, pour une utilisation plus rapide, il est souvent plus pratique d’utiliser un mortier à prise rapide de type F.

Pour une application sur chape anhydrite, veillez à vérifier la compatibilité du mortier-colle.

Collage

Afin d’obtenir une surface de collage proche de 100 %, le double encollage est la seule technique adaptée aux carreaux XL et XXL. On étalera la colle de manière rectiligne, avec des sillons dans la même direction sur le support et au dos des carreaux, et on s’assurera que les bords et les coins sont correctement recouverts (voir figure 1).

Les joints mesureront au minimum 3 mm, ce qui autorise des écarts dimensionnels de maximum ± 1,5 mm. Au-delà de cette valeur, les joints devront être plus larges. Les carreaux XL et XXL s’accommodent mieux de joints larges (> 6 mm), ce qui réduit le risque de désaffleurement. Dans le même ordre d’idée, la pose à joints alternés est déconseillée.

Il convient de contrôler régulièrement la planéité, de placer des cales de nivellement et, éventuellement, des croisillons adaptés aux formats XL et XXL. Tout désaffleurement devra être immédiatement rectifié avant la prise définitive de la colle.

Jointoiement

Une fois le carrelage posé, on laissera le mortier-colle durcir en respectant la durée indiquée par le fabricant (au minimum 24  heures). Il est recommandé d’utiliser un mortier de jointoiement de type CG2.

Résumé d’un article paru en p. 8-9 du Buildwise Magazine 2025/06. Seul l’article original de Buildwise, rédigé dans le cadre de l’Antenne Normes ‘Parachèvement’ subsidiée par le NBN, peut être cité en référence.

Conseils pour une installation stable du receveur de douche

Les rebords d’un receveur de douche peuvent bouger sous l’effet de la charge (affaissement ou fléchissement). Le joint souple entre le carrelage et le receveur s’étire et se comprime de façon répétée. Avec le temps, il peut finir par se fissurer, laissant ainsi l’humidité s’infiltrer derrière le joint. Il est donc essentiel d’assurer un support adéquat du receveur.

Pour éviter que l’humidité ne pénètre dans les parois carrelées d’une douche, il est indispensable de mettre en œuvre un ciment hydrofuge ou un système d’étanchéité à l’arrière des carreaux (voir article Buildwise 2024/03.06). Il convient aussi de veiller à la durabilité du raccord étanche entre ce système d’étanchéité et le receveur de douche, en veillant à ce que ce dernier soit bien soutenu et en prévoyant une bande d’étanchéité distincte. Il importe en outre d’entretenir chaque année les joints souples entre le carrelage et le receveur, car ils constituent la première barrière contre l’humidité. En cas de détérioration, il faut les remplacer rapidement (voir NIT 227 et article Buildwise 2022/03.07).

Modes de pose des receveurs de douche

POSE AVEC SUPPORT INTÉGRAL OU PAR SURÉLÉVATION

Dans une configuration traditionnelle, le receveur de douche est posé directement sur un support stable et dépasse de quelques centimètres le revêtement de sol adjacent. La face inférieure du receveur doit être intégralement en contact avec le sol, souvent sur une couche de mortier flexible ou de colle. Les rebords doivent reposer sur un support continu, par exemple, des profilés métalliques fixés dans les murs de la douche (voir figure 1). Les rebords qui ne sont pas en contact avec les parois peuvent être soutenus par des briques ou des blocs de béton cellulaire, par exemple.

RECEVEUR ENCASTRÉ

La pose encastrée consiste à intégrer (presque) complètement le receveur de douche dans le sol, de façon à ce que sa partie supérieure affleure le sol de la salle de bains (douche de plain-pied). Cette méthode nécessite de creuser la chape selon les dimensions du receveur, tout en laissant un espace pour l’évacuation des eaux.

Fig. 1 Pose avec support intégral.

Tableau A Avantages et inconvénients des différents modes de pose.

POSE AVEC CADRE DE MONTAGE ET/OU SUR PLOTS

Le receveur peut être posé sur des plots réglables ou sur un cadre de montage. Ce dernier est composé de profilés horizontaux et de supports verticaux placés aux angles et à des intervalles réguliers, comme spécifié dans les instructions du fabricant (tous les 50 cm, par exemple). Cette solution permet de dégager un espace pour le siphon et les conduites d’évacuation sous le receveur, sans devoir ouvrir le sol.

Les receveurs suffisamment rigides peuvent aussi être soutenus uniquement par des plots, sans cadre horizontal. Il est alors essentiel que le receveur soit de niveau et repose sur tous ses plots.

Conseils de pose

Les instructions de pose et le support nécessaire sont susceptibles de varier en fonction du type de receveur de douche. Il est donc toujours recommandé de suivre les instructions du fabricant. Par exemple, les receveurs en acrylique, légers et assez flexibles, nécessitent un support adéquat. Il peut s’agir d’un cadre de montage soutenant tous les rebords. Les receveurs en acier ou émaillés, plus rigides, requièrent moins de points d’appui.

Les planchers en bois (solives avec planches/OSB) présentent un risque de fléchissement plus important. Un renforcement supplémentaire peut alors s’avérer nécessaire.

Parfois, le receveur est installé sur un sol carrelé existant. Bien que les carreaux soient durs et stables, il faut vérifier leur adhérence et la solidité de la sous-couche.

Un receveur de douche ne peut jamais être posé directement sur un support souple, tel que du sable.

Résumé d’un article paru en p. 10-11 du Buildwise Magazine 2025/04. Seul l’article original de Buildwise peut être cité en référence.

Gand : un projet de logements à grande échelle enfin dans les starting-blocks

Le terrain longeant les voies situées entre la gare de Gand

Saint-Pierre et la Lys fait environ huit hectares. Située à proximité de la gare la plus fréquentée de Flandre, cette zone constitue l’endroit idéal pour des hauts immeubles aux fonctions diverses (logement, travail et shopping). Le PES (Plan d’exécution spatiale) pour ce terrain date déjà de 2006 et le concours d'architecture pour la zone la plus proche de la Lys, appelée Rinkkaai, a été achevé en 2015. Il a donc fallu attendre dix ans avant que les entrepreneurs puissent débuter la construction de ce projet de 304 logements.

Les terrains de Rinkkaai appartiennent à sogent, la société de développement urbain autonome de la ville de Gand. Pour développer ce projet, sogent a fait appel à des partenaires privés et a donc organisé un appel d’offres. Trois équipes de développeurs et de concepteurs ont eu la possibilité d'approfondir leur projet. L’équipe d’Alides et de CORES Development, ainsi que leurs concepteurs KCAP, OM/AR, evr-architecten et Omgeving ont remporté cet appel en 2015.

Dix ans de procédures

Dès lors, la grande bataille procédurale a commencé par une partie de ping-pong entre la Ville, la députation, le gouvernement flamand, et différentes interventions du Conseil du Contentieux des permis. RIKKERT LEEMAN , CEO d'Alides, la société immobilière de la famille Maes, témoigne. « Le comité de quartier s’est montré très négatif par rapport aux changements effectués à l’environnement. Mais dans une ville où les besoins en logements et la pression sur le marché immobilier sont si élevés, vous ne pouvez pas vous attendre à conserver un terrain vague dans un endroit si central, avec de telles possibilités de densification. Ainsi, l’intérêt sociétal est tout simplement trop important. Le comité de quartier s'est principalement opposé à la hauteur de nos tours rési-

dentielles. En raison de sa position à proximité des voies et de la Lys, il n’y a qu’un nombre limité de logements autour de ce projet. L'impact de l'ombre reste donc limité. Le PES approuvé prévoyait des bâtiments résidentiels pouvant aller jusqu’à 90 mètres pour notre zone. Afin d’obtenir le soutien du quartier, nous avons limité cette hauteur à 68 mètres. Par conséquent, nous n’avons pas pu exploiter le plein potentiel de ce site. Selon le PES, il aurait été possible de créer 75 unités de logements supplémentaires, tout en préservant la qualité. Dans une ville où le besoin en logements est très important, il était parfaitement légitime de pouvoir offrir une option de logement supplémentaire pour 75 ménages. »

Conception à l'épreuve du temps

Bien qu’il ait été conçu il y a plus de dix ans, le projet reste actuel. La conception d'origine s'est avérée pérenne et est toujours de premier ordre en termes de durabilité. Entretemps, les exigences en matière d’efficacité énergétique ont changé, différentes règles pour les hauts immeubles (comme les normes incendie) ont été adaptées, la ville a modifié sa réglementation en matière de construction et le secteur a été confronté à une importante hausse des prix des matériaux. Malgré cela, les grandes lignes du projet ont été conservées.

Le projet Rinkkaai en cours de développement.

« En raison de sa position à proximité des voies et de la Lys, il n’y a qu’un nombre limité de logements autour de ce projet. »

Le projet comprend six pavillons résidentiels de différentes hauteurs, mêlant les typologies de logements : des petites unités aux luxueux penthouses, en passant par des unités résidentielles moins onéreuses et des appartements adaptés et accessibles aux personnes en situation de handicap.

L’équipe du projet s’est inspirée de l’architecture traditionnelle en briques pour ces bâtiments résidentiels. Dans le même temps, chaque bâtiment se voit attribuer une identité unique, par exemple grâce à ses propres nuances de couleurs. Les terrasses spacieuses

sont également conçues différemment dans chaque bâtiment. Le premier bâtiment sera achevé à la mi-2027 et les autres en 2028.

Top du top en matière de durabilité

Rinkkaai sera un projet de construction résidentielle pratiquement neutre sur le plan énergétique. De plus, le quartier ne rejettera aucun gaz à effet de serre. Un système de pompes à chaleur géothermiques, couplé à un champ BEO, fournit non seulement de la chaleur en hiver, mais aussi un rafraîchis-

sement passif en été. Pour le reste de la consommation d'énergie, les appartements sont équipés de panneaux solaires.

Chaque unité résidentielle disposera d'un système de ventilation individuel avec récupération de chaleur. Les eaux de pluie et les eaux usées seront réutilisées et évacuées de manière différée. L'eau des douches est traitée directement et réutilisée, entre autres, pour les chasses d'eau. Des installations d’infiltration sur le site permettent à l’eau en excédent de s’infiltrer et de s’évaporer.

De nombreux espaces verts sont répartis sur l'ensemble du site. Le long de la bordure sud du site, il y aura un autre parc de biodiversité avec une aire de jeux. Un sentier traverse le site, menant d'une part au pont cycliste et piétonnier qui doit encore être construit sur la Lys et qui mène à la zone récréative verte de Blaarmeersen, et d'autre part au nouveau parc Rijsenberg et plus loin à la gare de Gand Saint-Pierre. Il sera possible de se garer sur deux parkings souterrains.

Défis de la mise en œuvre

Deux entreprises de construction de Flandre orientale s'associent à présent pour réaliser les travaux : Juri de Zele et Mevaco d'Aalter. « L’exécution repose désormais sur une société momentanée entre Juri et Mevaco. Juri, en tant que sous-traitant de la société momentanée, s’occupe du gros-œuvre. Juri le fait principalement avec son propre personnel : nous avons nous-mêmes une centaine de travailleurs. Les techniques et les finitions sont réalisées conjointement par les deux entreprises. L'intégralité de l'assistance aux acheteurs a également été transférée à la société Juri-Mevaco, Juri s'en chargeant. Pour le moment, les deux étages souterrains qui parcourent l’ensemble du site sont presque terminés et nous en sommes au deuxième étage du « Kaai », la

tour résidentielle située près de la Lys. Du drainage à l'exécution des travaux de terrassement, l'installation de la géothermie, les fondations sur pieux et ensuite le gros-œuvre : le principe de base est que les travaux iront toujours de la Lys vers la gare de Gand Saint-Pierre. Tout le monde est donc occupé en même temps. Et ce que nous excavons d'un côté, nous l'utilisons pour réapprovisionner le côté Lys. En effet, sur le chantier, il n'y a pas assez d'espace pour stocker cette terre », explique WOUTER ROGIERS , directeur commercial de Juri. « En matière de drainage, nous avons dû appliquer le principe du drainage par retour d'eau, afin que les terrains voisins de l’Elzenbos et les parcelles privées soient alimentés en eau en permanence. En même temps, nous avons installé un point d’eau pour les résidents locaux et les agriculteurs du voisinage pendant l'été 2025, marqué par la sécheresse. La réalisation des terrasses devant De Kaai, qui se déplaceront le long de la façade et ne seront donc pas parfaitement disposées les unes sous les autres, constituera encore un défi de taille. Cela signifie que nous ne pouvons pas nous contenter de les poser, mais que nous devons soutenir chaque terrasse depuis le sol grâce à nos supports de façade. »

Nécessité d'une densification et d'un développement à grande échelle

Rikkert Leeman conclut. « En tant qu'investisseur ou promoteur, nous ciblons des lieux urbains forts en Belgique et en Pologne pour nos projets résidentiels et de bureaux. Le projet de développement urbain à grande échelle Rinkkaai est une extension d'autres développements de zone tels que Elysia Park (à Edegem) et Gulledelle (à Woluwe). De tels développements sont essentiels à la réalisation de logements abordables et respectueux de l'environnement dans les grandes villes. »

Le projet comprend six pavillons résidentiels de différentes hauteurs.

« Pour le moment, les deux étages souterrains qui parcourent l’ensemble du site sont presque terminés et nous en sommes au deuxième étage du « Kaai », la tour résidentielle située près de la Lys. »

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PROMO DU MOIS DE FÉVRIER 2026

Journal des Travaux

Le journal des travaux (établi conformément aux prescriptions des autorités) doit être tenu sur chaque chantier par le délégué du pouvoir adjudicateur. Chaque jour doivent y être inscrits tous les renseignements relatifs à l’exécution des travaux.

Le journal des travaux permet d’avoir une vue d’ensemble du déroulement des travaux et des décisions prises, de même que des instructions données par le pouvoir adjudicateur et le concepteur du projet. Il est

tenu à jour en permanence sur le chantier jusqu’à la réception provisoire du marché.

L’administration, l’entrepreneur et le concepteur de l’ouvrage reçoivent généralement chaque semaine une copie des éléments qui ont été ajoutés au journal durant la semaine écoulée.

Le journal des travaux est surtout utilisé dans le cadre des marchés publics mais peut aussi être utile pour les marchés de travaux privés.

Prix de vente spécial – seulement pour le mois de février 2026

Prix membres pour cet ouvrage : 18,00 € htva

Prix non-membres pour cet ouvrage : 21,00 € htva

Cette publication peut être commandée via le site web www.embuild.be, e-shop, catégorie juridique ou en envoyant un mail à commandes@embuild.be

Embuild Magazine est le mensuel de l’asbl Embuild

Avenue des Arts 20, 1000 Bruxelles

Editeur responsable : Filip Coveliers, Avenue des Arts 20, 1000 Bruxelles.

Bureau de dépôt : Gent X

Rédaction :

• Edition francophone : marc.gueret@embuild.be tél. 02 545 57 31

• Edition néerlandophone : Gerrit De Goignies

Mise en page : abder-razzaaq.boujdaini@embuild.be nikka.cuypers@embuild.be

Secrétariat de rédaction : secretariatredaction@embuild.be

Impression : Graphius

Réactions-questions : communication@embuild.be

Avec la collaboration des services d’études de :

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GO DIGITAL!

Renson lance le nouveau profil de façade de ventilation Linarte

La finition de façade Linarte épurée, avec ses lignes verticales, est intemporelle. Afin de ne pas devoir casser le style d’une telle façade là où, normalement, une grille murale ou une autre ouverture serait nécessaire pour assurer la ventilation des installations techniques ou la ventilation nocturne, Renson a

développé le profil de ventilation

Linarte BLOCK 25 FLOW. « Jusqu’à présent, nous ne pouvions créer des zones de ventilation que dans les façades dotées de Linius, notre système de bardage horizontal, ou à l’aide de grilles encastrées dans le bardage Linarte », explique JAN VAN HECKE , product manager, nous

décrivant ici la réflexion à l’origine de la création du nouveau profil. « Il était donc logique que nous réfléchissions à une solution similaire pour le bardage vertical Linarte. La lame de ventilation BLOCK 25 FLOW allie parfaitement l’expertise de Renson en matière de bardage et de ventilation. »

Ainsi, grâce à ce nouveau profil Linarte, il est désormais tout à fait possible d’étendre l’élégant bardage Linarte aux ouvertures de ventilation de la façade. « Cette lame a été développée de façon à pouvoir être intégrée harmonieusement à tous les autres profils et options de finition Linarte », explique Jan. « De plus, comme pour toute la gamme Linarte, ces nouvelles lames de ventilation sont déclipsables et remplaçables individuellement. »

INFO : www.renson.net

Le Fixscreen Go, désormais aussi en version encastrée

Le Fixscreen Go est un store de protection solaire résistant au vent qui offre une efficacité optimale pour tous les budgets. Ce modèle peut désormais aussi

être encastré, en plus d’être monté en avant-corps. Facile à installer, il assure dans les deux cas une parfaite intégration dans la façade. La gamme de stores de protection solaire de Renson couvre ainsi une palette de projets encore plus variée.

Le Fixscreen Go est un store d’extérieur d’entrée de gamme lancé par Renson en 2024 dans le but de mettre une protection solaire durable et de qualité à la portée de toutes les bourses à travers une large sélection d’options. Aujourd’hui, cette famille de produits ‘Go’ compte, après la version Solar montée en avant-corps, un troisième modèle : le Fixscreen Go MS 7. Ce store facile à installer s’encastre

parfaitement dans la façade pour offrir une intégration optimale dans l’architecture du bâtiment.

Avec des dimensions allant jusqu’à 3 mètres de large et 2,60 mètres de haut, plusieurs moteurs, quatre types de toile et toute la palette de couleurs Renson, le Fixscreen Go s’adaptera sans difficulté à chacun de vos projets. Ce store est automatiquement fourni avec une plaque de base présentant une inclinaison de 5 degrés. Comme les montages A et B sont réalisés avec les mêmes coulisses, en cas d'erreur, vous pouvez encore les modifier sur place et ne devez donc pas les commander à nouveau.

INFO : www.renson.net

Building the Future : près de 1.000 jeunes plongent dans

Organisée fin de l’année dernière par Constructiv et les partenaires sociaux, l’opération « Building the Future » a rassemblé près de 1.000 jeunes terminant leurs études ou un apprentissage dans les divers métiers de la construction. Cette première édition en Wallonie s’est déroulée à Bastogne, Liège, Namur et Ciney et elle a été organisée dans le cadre de la campagne « Nous Construisons Demain ». Pour rappel, celle-ci a été lancée en 2022 et vise à valoriser les métiers de la construction et répondre à la pénurie de main-d’œuvre.

Accompagnés de leurs professeurs, ces

jeunes qui s’apprêtent à rejoindre les rangs du secteur ont pu prendre part à une série d’activités ludiques et pédagogiques pensées pour stimuler l’engagement,

les métiers de la construction

la curiosité et l’esprit d’équipe. Au programme : découverte des nouvelles technologies et matériaux innovants et sensibilisation à la sécurité.

Espérons que ces

quatre journées ont pu susciter des vocations parmi tous ces jeunes et qu’elles pourront les encourager à construire une carrière durable dans le secteur.

Stabel a publié les prix médians des logements pour le troisième trimestre 2025, sur base des actes de vente officiellement enregistrés auprès du SPF Finances. Il ressort de ces données que le prix médian d’une habitation fermée ou semi-ouverte en Belgique s'élève à 280.000 euros ; pour une habitation ouverte, il est en moyenne de 390.000 euros. En Région wallonne, ces logements sont les moins chers : respectivement 197.000 euros et 330.000 euros. La

Région flamande affiche des prix plus élevés, à savoir 317.500 euros pour des habitations fermées ou semi-ouvertes et 430.000 euros

pour des habitations ouvertes.

Bruxelles est la région la plus chère, avec des prix médians de 525.000 euros pour des habitations fermées ou semi-ouvertes et de 1.112.500 euros pour des habitations ouvertes. Le Brabant flamand et le Brabant wallon figurent en tête des provinces les plus chères, tandis que la Flandre occidentale et le Hainaut sont les plus abordables. Lasne est la commune la plus chère pour les maisons d’habitation et Erque-linnes la moins chère.

280.000

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