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Embuild Magazine FR avril 2026

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AVRIL 2026

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NOTRE ASSISTANT IA DÈS LE 13 AVRIL SUR LE PORTAIL DES MEMBRES

Le mensuel de l’entrepreneur et de l’installateur Une publication d'Embuild • Avenue des Arts 20, 1000 Bruxelles • Bureau de dépôt Gent X • €6

DOSSIER : LE RENFORCEMENT

EMBUILD FOUNDATION

Préparation des Awards 2026

ANNIVERSAIRE EMBUILD

80 ans de concertation sociale dans la construction

ASSOCIATION PROFESSIONNELLE

Lawrence Steen succède à Dirk Van Kerckhove à la direction d’Embuild Connect

Nouvelle obligation pour les chèques-repas ?

Prix des carburants en hausse ?

En tant que membre Embuild, vous économisez immédiatement

Nouvelles règles et coûts croissants pèsent sur vos marges — et vous ne pouvez pas toujours les répercuter. Heureusement, en tant que membre Embuild, vous n’êtes pas seul face à ces défis.

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La crise de trop ?

Le marché immobilier belge se trouve à un tournant. Ce qui apparaît aujourd’hui dans les chiffres et les avertissements risque de déboucher demain sur une crise structurelle du logement. Construire devient de plus en plus cher et en même temps de moins en moins accessible. Et ce, alors qu’après le Covid et l’Ukraine, une nouvelle crise se profile à nouveau avec la guerre au Moyen-Orient. La troisième crise en cinq ans. C’est difficile pour tout le monde, et certainement pour notre secteur.

La construction neuve est devenue financièrement inaccessible pour de nombreuses familles. Plus de la moitié du coût total revient directement aux pouvoirs publics via la TVA et d’autres prélèvements. Parallèlement, les charges supplémentaires s’accumulent : normes plus strictes, matériaux plus chers, salaires plus élevés et hausse des taux d’intérêt. Le résultat est prévisible : les candidats abandonnent leur projet de construction et se tournent vers le marché locatif, où l’offre est structurellement insuffisante. Avec parfois des dizaines de candidats pour un seul logement à louer, le droit au logement est mis sous pression. Entre-temps, le nombre de permis de construire chute également à des niveaux historiquement bas, ce qui compromet encore davantage l’offre future.

Comme si cela ne suffisait pas, le contexte international risque d’encore aggraver la situation. La guerre au MoyenOrient, aussi imprévisible soit-elle, fait à nouveau grimper l’incertitude. Les entreprises de construction et d’installation s’attendent à de nouvelles hausses de prix et d’éventuels problèmes d’approvisionnement. Il est frappant de constater qu’un nombre important d’entreprises ne souhaitent pas, pour l’instant, répercuter ces coûts, par souci de préserver leurs

relations avec les clients. Cela honore le secteur, mais cela met en même temps une pression supplémentaire sur la rentabilité et la continuité des entreprises, alors que nous stagnons depuis des années. C’est pourquoi Embuild conseille systématiquement d’inclure une clause de révision des prix dans chaque contrat. Mieux vaut prévenir que guérir.

La combinaison de l’augmentation structurelle des coûts et des chocs géopolitiques montre clairement qu’attendre n’est plus une option. Une intervention ciblée peut faire la différence. Un taux de TVA réduit pour une habitation propre et unique, éventuellement avec une limitation de surface, constitue un levier susceptible d’avoir un effet à court terme. Cela permettrait de rendre la construction neuve à nouveau abordable et d’augmenter l’offre. Il va de soi que nous devons, parallèlement, continuer à encourager la rénovation de logements via une fiscalité attractive et des primes claires, qui ne sont pas modifiées au gré du vent.

Étant donné la situation volatile et la politique imprévisible des Etats-Unis, nous ne savons pas dans quel sens la situation va évoluer. En d’autres termes, même au printemps, il peut geler ou fondre. Notre message au consommateur est donc clair : il n’y a absolument aucun sens à reporter des projets de construction ou de rénovation. Même ‘Madame Soleil’ ne peut aujourd’hui prédire ce que demain apportera.

« Un taux de TVA réduit sur la construction neuve et un soutien clair à la rénovation sont plus que jamais nécessaires pour éviter une crise du logement. »

L’EMBUILD FOUNDATION PRÉPARE LES AWARDS 2026

Depuis 2011, Embuild récompense l’engagement sociétal des entreprises de construction via sa fondation d’utilité publique rebaptisée « Embuild Foundation » (anciennement « Aedificas »). Après la parenthèse de la crise du Covid, la fondation a repris ses activités et a déjà organisé avec succès, sous son nouveau nom, la remise des awards pour ses éditions 2024 et 2025. Elle prépare d’ores et déjà son édition 2026.

3 ● Édito

La crise de trop ?

7 ● Point de vue régional

Mais au fait, que fait Embuild Wallonie ?

ÉVÉNEMENT

8 ● Embuild Foundation

Préparation des Awards 2026.

VOS INTÉRÊTS

10 ● Rebuild Belgium

Focus sur les bâtiments publics.

12 ● Anniversaire Embuild 80 ans de concertation sociale.

DOSSIER

15 ● Introduction

Le renforcement du réseau électrique. 16 ● Contexte

Pourquoi notre réseau électrique est-il saturé et quelles sont les solutions ?

18 ● ORES

« Le réseau compte 70.000 circuits électriques et 10.000 sont vulnérables ».

20 ● Fluvius

Des investissements supplémentaires et des solutions flexibles pour lutter contre la congestion.

DOSSIER : LE RENFORCEMENT DU RÉSEAU ÉLECTRIQUE

Le renforcement du réseau électrique est capital pour accompagner la transition énergétique et l’électrification des usages. Pourtant, l’actuel est vieillissant et pas adapté à l’augmentation de la demande et à l’intégration des énergies renouvelables. Il est donc nécessaire de le moderniser grâce à des investissements réalisés par les gestionnaires de ce réseau.

LAWRENCE STEEN SUCCÈDE À DIRK VAN KERCKHOVE

À LA DIRECTION D’EMBUILD CONNECT.

Après avoir travaillé 21 ans chez Embuild Connect, d’abord comme conseiller technique et ensuite comme directeur, Dirk Van Kerckhove prendra sa retraite le 1er mai. Lawrence Steen lui succédera en tant que directeur. À l’occasion de ce changement de direction, nous avons réalisé une double interview, à la fois sur le passé et l’avenir d’Embuild Connect.

LA FAÇADE AVANT DU PALAIS DE JUSTICE DE BRUXELLES RESTAURÉE DANS SA GRANDEUR D’ANTAN

Le Palais de Justice de Bruxelles a été érigé entre 1866 et 1883, mais il est entouré d’échafaudages depuis environ 40 ans. La restauration de ce bâtiment colossal (plus grand encore que la basilique Saint-Pierre au Vatican) représente donc une tâche immense. Aujourd’hui, il est sérieusement question de lui redonner sa grandeur d’autrefois, tout en l’adaptant aux exigences modernes de la justice. Fin 2023, la première phase de restauration a débuté et elle devrait être achevée d’ici les vacances d’été 2026. Cette restauration est réalisée par la société momentanée Artes Woudenberg-Artes Roegiers.

22 ● Elia

Plus de 9,4 milliards d’euros d’investissements dans le réseau électrique belge.

24 ● Genetec

« Les GRD cherchent des solutions pérennes ».

SECTEURS & MÉTIERS

26 ● « Construction du Futur» et « EDIH CONNECT»

Deux projets qui ont boosté la digitalisation du secteur.

28 ● Association professionnelle

Lawrence Steen succède à Dirk Van Kerckhove à la direction d’Embuild Connect.

32 ● Centre de Recherches Routières

Interview avec Eva Van den Bossche, la nouvelle directrice générale.

34 ● Buildwise

• Isolation par l’intérieur des façades : pourquoi un examen préliminaire minutieux est e ssentiel.

• Nouvelle NIT sur l’isolation par l’intérieur.

PROJETS & ENTREPRISES

38 ● Projet

La façade avant du Palais de Justice de Bruxelles restaurée dans sa grandeur d’antan.

42 ● Avantages membres

Votre affiliation se rentabilise.

44 ● Marché de la construction

• Demo Days

• Onzo

• Wienerberger

46 ● Marquant

• Valérie Beaumont est la nouvelle directrice générale de Prométhéa.

• Chiffre du mois

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Mais au fait, que fait Embuild Wallonie ?

Chères entrepreneuses, Chers entrepreneurs,

Cette question, certains d’entre vous se la posent peut-être. Et c’est tout à fait normal ! Au quotidien, votre premier réflexe, et c’est celui qu’il faut avoir, c’est de contacter votre association locale ou professionnelle. Ce sont elles, votre première ligne. Ce sont leurs équipes qui décrochent le téléphone quand vous avez une question sur un contrat, un marché public ou un problème sur chantier. Ce lien direct, cette proximité, c’est précieux et c’est la base de tout ce que nous construisons ensemble.

Embuild Wallonie, de son côté, travaille en coulisses. Notre rôle ? Soutenir ces associations, leur fournir les outils et l’expertise nécessaires, et surtout défendre vos intérêts là où les décisions se prennent : auprès du gouvernement wallon et des administrations. Quand une réforme touche les primes à la rénovation, quand les aides à l’emploi évoluent, quand il faut rappeler aux autorités que 96 % de nos entreprises comptent moins de dix travailleurs et qu’elles méritent d’être entendues : c’est là que nous intervenons.

Mais notre action ne s’arrête pas à la défense de vos intérêts. Nos équipes vous accompagnent aussi parfois concrètement : en matière économique et de gestion d’entreprise, sur les questions d’énergie et de rénovation, en environnement et économie circulaire, en emploi et formation, ou encore dans votre transition numérique. Autant de domaines où le secteur de la construction, votre secteur, est au cœur des enjeux de demain en Wallonie.

Car ne l’oublions pas : la construction, ce sont plus de 62.000 emplois directs en Wallonie, des milliers d’entreprises qui façonnent nos villes et nos villages, qui rénovent nos logements, qui bâtissent nos écoles et nos routes. Notre secteur est tout simplement incontournable. Et c’est ensemble, fédération et entrepreneurs main dans la main, que nous continuerons à le faire reconnaître comme tel.

Alors aujourd’hui, je veux simplement dire merci. Merci à chacune et chacun des collaborateurs d’Embuild, qui mettent leur expertise et leur énergie au service de notre secteur. Merci aux équipes de nos associations locales et professionnelles, qui sont à vos côtés jour après jour, avec rigueur et avec cœur, pour répondre à vos questions. Et dans la construction, on le sait, elles sont nombreuses ! Merci à eux, merci à elles.

Et merci à vous, chères entrepreneuses, chers entrepreneurs, pour votre confiance. C’est elle qui nous motive à nous dépasser, chaque jour, pour être à la hauteur de ce que vous êtes : les bâtisseurs de la Wallonie.

À très bientôt sur le terrain !

« Au quotidien, votre premier réflexe, et c’est celui qu’il faut avoir, c’est de contacter votre association locale ou professionnelle. »

L’Embuild Foundation prépare les Awards 2026

Depuis 2011, Embuild récompense l’engagement sociétal des entreprises de construction via sa fondation d’utilité publique rebaptisée « Embuild Foundation » (anciennement « Aedificas »). Après la parenthèse de la crise du Covid, la fondation a repris ses activités et a déjà organisé avec succès, sous son nouveau nom, la remise des awards pour ses éditions 2024 et 2025. Elle prépare d’ores et déjà son édition 2026.

La fondation d’utilité publique avait été créée en 2011 par l’ex-Confédération Construction et l’OPOC (Office Patronal d’Organisation et de Contrôle des régimes de sécurité d’existence). L’objectif de base était, et est toujours, de sensibiliser le secteur de la construction à la responsabilité sociale des entreprises, à travers la valorisation -via des awards- des entreprises affiliées qui très concrètement aident (ou collaborent avec) des institutions externes actives dans le domaine social ou culturel.

Une entreprise belge sur deux pratique le mécénat

« Aujourd’hui, en Belgique, une entreprise sur deux pratique du mécénat (cumulé ou non à du sponsoring) et 83% des entreprises investissent dans une forme de soutien de type mécénat et/ou sponsoring », souligne FRANCIS CARNOY, conseiller général d’Embuild, en s’appuyant sur une récente enquête menée par Prométhéa et l’Observatoire des politiques culturelles. Non seulement des grandes entreprises, mais également des PME. En tête des disciplines soutenues : des projets sociaux (63%), des projets culturels (y compris pour le patrimoine) (61%), le sport (54%), ainsi que l’éducation et la recherche (47% chacune). « Beaucoup d’entreprises de construction pratiquent donc du mécénat sociétal, et c’est précisément cette démarche que l’Embuild Foundation entend mettre à l’honneur par ses awards. En outre, ce type de mécénat s’inscrit pleinement dans le contexte des 17 objectifs de développement durable de l’ONU et plus particulièrement dans le périmètre de la responsabilité sociétale des entreprises (RSE) et

« Beaucoup d’entreprises de construction pratiquent du mécénat sociétal, et c’est précisément cette démarche que l’Embuild Foundation entend mettre à l’honneur par ses awards. »

de ses normes environnementales, sociales et de gouvernance », souligne encore le conseiller général d’Embuild.

Cinq axes prioritaires

Michel Vanderstraeten, le nouveau président (succédant à Jef Lembrechts) de la fondation, confirme les 5 axes prioritaires de celle-ci : amélioration du bien-être et de la santé ; lutte contre le décrochage scolaire via l’éducation et la formation professionnelle ; réinsertion professionnelle et intégration des personnes défavorisées ; conservation/valorisation du patrimoine culturel ou architectural. « Les partenaires institutionnels avec lesquels les entreprises de construction et d’installation collaborent, dans le cadre de leur engagement social, sont désormais définis plus largement : il peut s’agir de tout organisme public ou privé ayant un engagement sociétal, mais les ASBL sociales ou culturelles restent au cœur du projet », explique le président.

Huit nominés et quatre lauréats désignés par le jury

Pour les éditions 2024 et 2025, une vingtaine de projets ont chaque fois été déposés, chacun comprenant une entreprise de construction ou d’installation (affiliée à Embuild) et un partenaire sociétal de son choix. A chaque édition, le jury de la fondation a sélectionné huit tandems « nominés », parmi lesquels quatre ont chaque fois été désignés comme « lauréats ». Les tandems vainqueurs reçoivent, lors d’une mémorable cérémonie en fin d’année, un chèque de 10.000 € ainsi qu’une sculpture originale créée par un artiste belge. Le créateur des œuvres était Bob van der Auwera en 2024 et Tania Wolski en 2025.

Le jury 2026 comprendra Robert de Mûelenaere, Bruno Vandenwijngaert, Solange Berger, Els Jonckheere, Anne-Laure Lejeune et Katrien Van Rompay. Ce nouveau jury aura à son tour la tâche de désigner des nominés et des lauréats, selon un schéma encore à préciser. Mais on peut déjà annoncer que les trophées qui récompenseront les lauréats 2026 seront à nouveau l’œuvre de Tania Wolski.

Un cœur aussi grand que nos chantiers

Selon NIKO DEMEESTER , administrateur délégué d’Embuild, les projets sociétaux qui se dévoilent à chaque édition montrent qui nous sommes réellement en tant que secteur de la construction et de l’installation. « Nous sommes souvent perçus comme un univers de béton et d’acier qui renvoie une image dure, mais notre véritable moteur, ce sont nos gens. Et ces personnes prouvent que notre secteur est non seulement fort dans ce qu’il construit, mais aussi dans ce qu’il repré-

« Nous sommes souvent perçus comme un univers de béton et d’acier qui renvoie une image dure, mais notre véritable moteur, ce sont nos gens. »

sente pour les autres. Nous avons un cœur au moins aussi grand que nos chantiers. Chacun de nos candidats aux awards mérite toute notre admiration. Chacune de ces histoires témoigne de chaleur humaine, de créativité et d’engagement », conclut Niko Demeester, qui est convaincu qu’il en ira de même en 2026. « Raison pour laquelle je vous encourage à participer et à inscrire vos projets. Vous avez jusqu’au 15 septembre 2026, mais les inscriptions sont d’ores et déjà ouvertes. »

INFO : https://embuildfoundation.be et foundation@embuild.be

Rebuild Belgium : focus sur les bâtiments publics

Rappelez-vous, dans le cadre de son 80e anniversaire, Embuild a mené une grande enquête pour connaître l’état des lieux des logements, des bâtiments publics et des infrastructures en Belgique. Pour présenter cette enquête, une conférence de presse avait d’ailleurs eu lieu au HUBB, notre siège social, début février. Dans l’Embuild Magazine du mois de mars, nous avions présenté les chiffres relatifs aux logements. Dans cette édition, nous mettons le focus sur les bâtiments publics.

«La rénovation ne s’arrête pas aux logements des particuliers. Les bâtiments publics sont également dépassés. Entre autres les écoles, les maisons de repos, les hôpitaux et les prisons ont également besoin d’être modernisés en profondeur. L’âge moyen de ces bâtiments est de 50 ans et 95 % d’entre eux ont besoin d’être rénovés, car ils ne répondent pas aux normes énergétiques de 2050 », a souligné NIKO DEMEESTER , le CEO d’Embuild, lors de la conférence de presse.

Commençons par les écoles. La Belgique compte 7.123 écoles, hautes écoles et universités. 6.767 de ces bâtiments scolaires, soit 95 % d’entre eux, doivent être rénovés. Fait marquant : aucune école supplémentaire ne sera nécessaire d’ici 2050. « La raison est démographique », a précisé Niko Demeester. En effet, le nombre de jeunes âgés de 3 à 25 ans est en baisse de 4 %, soit 120.000 jeunes. Par conséquent, le nombre d’élèves par école passera de 435 actuellement à 418 en 2050. Le deuxième type de bâtiments publics, qui a fait l’objet d’une enquête, concerne les maisons de repos et de soins. Notre pays en compte 1.523 au total : 1.447 d’entre elles doivent être rénovées, soit 95 %, pour répondre aux normes énergétiques de 2050. Dans notre article de l’édition de mars consacré aux logements, notre CEO a indiqué qu’au cours des 25 prochaines années, la population âgée de 65 ans et plus va augmenter

d’un tiers et celle de 80 ans et plus va doubler. Actuellement, 120.000 personnes de 65 ans et plus vivent dans des maisons de repos, dans notre pays. Vu ce vieillissement de la population, il faudra accueillir 38.000 personnes âgées supplémentaires d’ici 2050, ce qui pourrait nécessiter de construire 476 maisons de repos d’ici 2050, si la taille moyenne des maisons de repos n’augmente pas : 162 en Wallonie, 45 à Bruxelles et 268 en Flandre. Ensuite, quid des hôpitaux ? La Belgique en compte 103 et 98 d’entre eux, soit 95 %, doivent être rénovés. « Ici aussi, compte tenu du vieillissement de la population, six hôpitaux supplémentaires seront nécessaires : cinq en Flandre et un en Wallonie », a indiqué le CEO d’Embuild. Ce besoin est non seulement lié au vieillissement de la population, mais aussi au fait qu’elle va augmenter de 6 % d’ici 2050.

Enfin, les prisons. L’actualité fait souvent état de surpopulation carcérale et de bâtiments délabrés. Les chiffres récoltés par Embuild le confirment. Notre pays en compte 39 : 16 en Wallonie, 3 à Bruxelles et 20 en Flandre. « 37 de ces prisons, soit 95 % d’entre elles, doivent être rénovées pour répondre aux normes énergétiques de 2050 », a encore expliqué Niko Demeester. Compte tenu du fait que d’ici 2050, la population adulte va augmenter de 9 % et pour lutter contre la surpopulation des prisons actuelles, 9 prisons supplémentaires seront nécessaires : 3 en Wallonie et 6 en Flandre.

80 ans de concertation sociale dans la construction

En 1945, les commissions paritaires ont obtenu un statut légal. Les conditions de travail et de rémunération qu’elles ont convenues entre elles, et qui découlaient des recommandations d’une conférence nationale du travail, ont ainsi acquis un caractère contraignant. Les 80 ans d’Embuild coïncident donc avec 80 ans de concertation sociale sectorielle. Hendrik De Wit travaille au sein de notre fédération professionnelle depuis 1991 et est actuellement conseiller en matière sociale et juridique. Il a pu suivre de près 35 années de concertation sociale. Nous l’avons donc interrogé dans le cadre de la série d’articles que nous rédigeons sur le thème des 80 ans d’Embuild.

Dans quelle mesure les négociations sociales dans la construction se déroulent-elles différemment de celles des autres secteurs ?

Bien que la construction soit un grand secteur avec des métiers très divers, nous avons toujours réussi à convenir des mêmes conditions salariales et de travail pour tous ces métiers, sans accords distincts par profession, à l’exception des centrales à béton.

Une autre caractéristique particulière du secteur est que les organisations patronales formulent leurs propres revendications. Dans d’autres secteurs, seuls les syndicats présentent un cahier de revendications, après quoi les employeurs indiquent quelles demandes ils peuvent accepter ou non. L’introduction d’une formation de base en sécurité pour tous les ouvriers était, par exemple, l’une de nos revendications.

Dans le cadre de l’AR 213, nous avons conclu avec les syndicats un accord sectoriel sur les heures supplémentaires, selon lequel le net est égal au brut : ce régime avantageux a même ensuite été étendu à d’autres secteurs.

Quels ont été les principaux thèmes de la concertation sociale sectorielle au cours des 80 dernières années ?

Le développement du statut social de l’ouvrier a été et reste toujours un thème de négociation crucial. L’introduction d’un fonds pour le régime des intempéries hivernales, comme compensation des heures perdues en raison du mauvais temps hivernal, a été l’un des premiers résultats de cette concertation, après la guerre. En raison du grand nombre d’ouvriers, il est utile de collectiviser les avantages.

Mais au début des années 80, environ 100.000 emplois ont été perdus dans la construction. Le Fonds de sécurité d’existence a alors subi des pertes de plusieurs milliards (en francs). La situation est aujourd’hui moins dramatique. Néanmoins, nous constatons une diminution continue du nombre d’ouvriers belges. Maintenir l’équilibre entre les dépenses de Constructiv et des recettes en baisse devient un défi important.

Auparavant, les conventions collectives de travail portaient principalement sur les salaires, mais depuis l’introduction de la norme salariale, la marge de négociation à ce sujet s’est réduite. Actuellement, cette norme bloque même toute augmentation salariale (au-delà de l’indexation). La discussion s’est donc déplacée vers l’octroi de primes (comme la prime corona et la prime pouvoir d’achat dans les entreprises qui réalisaient encore des bénéfices) et de chèques-repas.

Un autre point sensible est la mobilité : les syndicats veulent transformer davantage le temps de déplacement en temps de travail, tandis que les employeurs insistent sur le fait que 8 heures effectives doivent être prestées par jour. Une étude indépendante couvrant l’ensemble de la problématique de la mobilité est désormais achevée. Il appartient aux partenaires sociaux d’en dégager des solutions. Nous avons défini, via nos conventions collectives, une politique de formation et d’emploi plus détaillée que dans d’autres secteurs. De là est également née la campagne de promotion « Nous Construisons Demain ». L’idée la plus récente est la désignation de job coaches, chargés de favoriser la rétention et d’aider à la réorientation des travailleurs existants.

«

Finalement, nous sommes toujours parvenus à un accord avec les syndicats, même si cela a souvent nécessité des discussions jusque

tard

dans la nuit. »

Quels sont les principaux résultats obtenus par Embuild via la concertation sectorielle ?

Dans le développement des fonds sectoriels, Embuild a veillé à ce qu’ils comportent également des avantages pour les employeurs. Ainsi, Constructiv soutient aussi les employeurs en matière de formation, tant sur le plan financier que sur le plan du conseil. Peu de de secteurs disposent de leur propre institut de sécurité. Dans ce domaine, les chefs d’entreprise de la construction peuvent également s’appuyer sur des collaborateurs qui, aujourd’hui, se positionnent davantage comme des conseillers que comme des contrôleurs.

Nous avons également toujours réussi à éviter que des élections sociales doivent être organisées dans les entreprises de construction. Dans le secteur, les syndicats désignent les délégués sur base de leur nombre de membres.

Nous disposons désormais d’un système propre de pension complémentaire, aussi bien pour les ouvriers que pour les employés. Pension B reçoit des prix pour sa bonne gestion. D’autres secteurs doivent, pour cela, faire appel à des compagnies d’assurance (plus coûteuses).

Enfin, nous avons rendu possible le travail intérimaire via une convention collective sectorielle. Nous estimions que le secteur ne devait pas être exclu de ce canal d’entrée. Nous avons toutefois veillé à ce que les travailleurs intérimaires bénéficient pratiquement des mêmes avantages que les ouvriers du secteur.

À quelles revendications syndicales Embuild ne souhaite-t-elle pas céder ?

Au sein des organisations de travailleurs, un important mouvement de fusion a eu lieu. Il n’existe dès lors plus de syndicats distincts pour les ouvriers. C’est pourquoi la demande d’une harmonisation des statuts des ouvriers et des employés revient de plus en plus souvent.

Le risque existe que les travailleurs puissent bénéficier du meilleur des deux mondes. Jusqu’à présent, nous avons pu éviter cela. Dans une convention collective pour la commission paritaire 124, nous voulons traiter uniquement des questions relatives aux ouvriers. Les conditions salariales et de travail des employés ne peuvent être abordées que dans la commission paritaire 200.

Les syndicats et les organisations patronales se sont rejoints dans la lutte contre les circuits de travail illégal. Ces actions communes

ont-elles eu un effet ?

De la législation contre les pourvoyeurs de main-d’œuvre dans les années 90 jusqu’au dumping social aujourd’hui, syndicats et employeurs ont un intérêt commun : lutter contre la concurrence déloyale. Ils ont ainsi conclu, ensemble avec le gouvernement fédéral, le Plan pour une Concurrence Loyale.

Mais on ne peut pas tenir les employeurs responsables de tout. Les ouvriers et les indépendants doivent également être concernés. Et les entrepreneurs ne peuvent pas être tenus pour responsable de ce qu’ils ne peuvent pas contrôler. La lutte contre la concurrence déloyale ne doit pas devenir une machine à sanctions, ni peser sur eux comme une épée de Damoclès.

Dans quelle mesure les négociations sectorielles des conventions collectives ont-elles finalement abouti à la paix sociale ?

Depuis la Seconde Guerre mondiale, aucune grève spécifique au secteur n’a eu lieu. Même lors de grèves intersectorielles, l’impact sur la construction est toujours resté relativement limité, sauf lorsque des zones industrielles sont bloquées.

En centralisant et en approfondissant les discussions avec les syndicats au niveau sectoriel, nous évitons un second niveau de négociation au sein des entreprises. Dans la construction, il existe très peu de conventions collectives d’entreprise, à l’exception du secteur des travaux routiers pour l’organisation de travaux urgents à des horaires irréguliers Finalement, nous sommes toujours parvenus à un accord avec les syndicats, même si cela a souvent nécessité des discussions jusque tard dans la nuit. Lors des négociations, nous essayons de traiter certains thèmes lors de jours précis. Mais au final, pour toutes les parties, la règle est que « le tout est dans le tout ». Il n’y a d’accord que lorsqu’un accord est trouvé sur l’ensemble.

Dans les négociations de conventions collectives, employeurs et syndicats s’engagent à ne pas remettre en question ce qui a été convenu. Un avantage important pour notre secteur est que, grâce à Constructiv, nous disposons d’un forum de rencontre permanent entre les négociations biennales. Si, lors de ces négociations, nous n’aboutissons qu’à un accord de principe, nous demandons à Constructiv de le développer davantage dans l’intervalle.

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Le renforcement du réseau électrique

La transition énergétique est un thème capital qui concerne la société dans son ensemble, et plus particulièrement le secteur de la construction et de l’installation. Cette transition comporte de nombreux défis. Parmi eux, l’électrification des usages, notamment via les énergies renouvelables. Cette électrification exige que le réseau soit adapté et assez fort pour supporter toute cette demande et production d’électricité. L’actualité nous a pourtant montré que le réseau est vieillissant et éprouve des difficultés à supporter tout cela. C’est pourquoi il est essentiel de le moderniser et de l’adapter. Cela passera inévitablement par des investissements de la part des gestionnaires de réseau. Nous vous expliquons toute cette problématique dans le dossier qui suit.

Pourquoi notre réseau électrique est-il saturé et quelles sont les solutions ?

Ces dernières semaines, la saturation de notre réseau électrique, particulièrement en Wallonie, a beaucoup fait parler d’elle dans l’actualité. Projets de construction bloqués ou suspendus, zonings saturés et dans l’impossibilité d’accueillir de nouvelles entreprises … Cette problématique freine grandement le développement de notre économie, et particulièrement notre secteur. Mais que se passe-t-il exactement et pourquoi en est-on arrivé là ? Explications et pistes de solution avec

Jean-Bernard Cuvelier, Strategy Manager & Renewables Manager chez Techlink.

Acteur clé de la transition énergétique, notre fédération des entreprises d’installation et des techniques spéciales suit de près cette actualité liée à la saturation du réseau électrique. JEANBERNARD CUVELIER y voit deux raisons principales. « On assiste à un fort changement de paradigme. Historiquement, le réseau a été conçu pour distribuer de l’électricité produite dans de grandes centrales vers les consommateurs. Aujourd’hui, on constate une explosion d’acteurs locaux qui viennent injecter de l’électricité sur le réseau, notamment via les panneaux photovoltaïques. Parallèlement à cela, la demande en électricité augmente avec l’électrification des usages : pompes à chaleur, bornes de recharge pour véhicules électriques, électrification de l’industrie et développement de datacenters et de parcs de batteries de stockage. Tout cela mis ensemble entraîne un déséquilibre du réseau, surtout côté wallon. En Flandre, la problématique est moins généralisée et plus localisée qu’en Wallonie. Le gestionnaire de réseau Fluvius a mieux anticipé les choses au niveau des investissements et il bénéficie d’un réseau plus dense et donc moins sujet à saturation. Le réseau est également plus dense à Bruxelles, où la saturation est peu marquée à ce jour. ».

Réseau pas adapté

Selon ORES, le gestionnaire du réseau de gaz et d’électricité en Wallonie, la puissance demandée pour les infrastructures de fast charging et les parcs de batteries a explosé

ces 18 derniers mois. « Le réseau n’a pas été conçu pour absorber autant de nouveaux usages électriques », précise Jean-Bernard Cuvelier. « De plus, la réinjection d’électricité entraîne des congestions locales sur le réseau, notamment au niveau des postes électriques ou à l’interface entre le réseau de transport d’Elia et les réseaux de distribution. Pour vous donner une image, les tuyaux sont trop petits et pas assez adaptés pour fluidifier tout ce transport d’électricité. »

Sur le réseau, des zones sont saturées et certaines disposent d’une capacité limitée, avec un risque de saturation d’ici 2030. « Ces tensions sur le réseau peuvent notamment se traduire par des limitations de raccordement ou par des difficultés à injecter toute l’électricité produite », souligne le Strategy Manager & Renewables Manager chez Techlink. Plus de 400 clients sont actuellement en attente d’un raccordement au réseau pour 70 chez RESA, le gestionnaire du réseau dans la province de Liège.

Trois solutions

Face à ce problème, il existe heureusement des solutions. Jean-Bernard Cuvelier en pointe trois. « Ces solutions ne reposent pas sur un seul acteur. Toute la chaîne du système électrique doit évoluer, depuis le réseau de transport jusqu’aux utilisateurs finaux », précise-t-il. « La première est un investissement massif des gestionnaires de réseau dans leurs infrastructures. En Wallonie, Elia prévoit environ 2,2 milliards d’euros d’investissements entre 2025 et 2030, notamment

« Toute la chaîne du système électrique doit évoluer, depuis le réseau de transport jusqu’aux utilisateurs finaux. »
JEAN-BERNARD CUVELIER

pour renforcer les postes haute tension. De son côté, ORES prévoit environ 2,1 milliards d’euros d’investissements entre 2025 et 2029 pour adapter et renforcer le réseau de distribution. Malheureusement, ces investissements prennent du temps, notamment en raison des procédures administratives, de l’accès aux terrains ou encore de la disponibilité de certains équipements. »

Une autre solution est de développer la flexibilité dans la gestion du réseau pour réduire le pic de consommation. « Les GRD ne devraient plus pouvoir promettre 100 % d’électricité partout tout le temps. À tel moment, tel acteur bénéficierait d’un moindre pourcentage de puissance électrique disponible par rapport à la puissance maximale qui lui a été promise par le GRD. Cela passe notamment par des raccordements flexibles, une meilleure gestion des pics de consommation ou d’injection avec des grilles tarifaires adaptées et l’utilisation de solutions numériques, comme par exemple les compteurs intelligents, permettant de piloter le réseau de manière plus dynamique. L’objectif est de mieux utiliser les capacités existantes du réseau, tout en évitant certaines congestions locales. »

Enfin, la troisième repose sur l’utilisateur final avec une consommation plus flexible et plus intelligente. « Dans les bâtiments, cette consommation intelligente passe par le développement de systèmes de gestion énergétique (EMS) capables de piloter automatiquement la production photovoltaïque, les batteries domestiques, les pompes à chaleur et les usages électriques du bâtiment. Ces technologies

permettent d’optimiser l’autoconsommation et d’adapter les consommations aux moments où l’électricité est disponible sur le réseau. » Les véhicules électriques sont aussi liés à cette consommation intelligente. « Il faut éviter les pics de consommation. Par exemple, tout le monde ne doit pas charger sa voiture en rentrant du boulot à 18h, mais plutôt pendant la nuit. Les véhicules électriques peuvent également être chargés de manière intelligente, en fonction des capacités du réseau ou de la production renouvelable disponible. Aussi, la voiture électrique peut faire office de batterie pour alimenter temporairement un bâtiment ou soutenir le réseau dans une logique dite de vehicle-to-building ou vehicle-to-grid. »

Défi et opportunité pour Techlink

Vous l’aurez donc compris, toute la chaîne a son rôle à jouer. « On aurait tendance à ne pointer que les gestionnaires de réseau. Mais non, même si ces derniers auront le rôle principal dans l’adaptation du réseau, tout le monde peut et doit agir à son niveau : le distributeur, les gestionnaires de réseau et les utilisateurs intermédiaires et finaux. C’est très important de le signaler. » Et de conclure. « Cette saturation du réseau ne doit surtout pas ralentir les objectifs élevés de décarbonation, surtout dans le contexte géopolitique actuel avec la guerre qui vient d’exploser au Moyen-Orient. Le développement de capacités de production locale d’électricité renouvelable, notamment photovoltaïque, constitue un élément clé de la transition énergétique. Cette transition implique une transformation profonde du système électrique. Les gestionnaires de réseau doivent renforcer et moderniser les infrastructures, tandis que les entreprises techniques et les installateurs déploient les technologies qui rendent les bâtiments et les systèmes énergétiques plus intelligents. Pour Techlink, cette évolution représente à la fois un défi et une opportunité : les entreprises techniques seront au cœur de cette transformation, en installant les solutions qui permettront d’intégrer efficacement les énergies renouvelables, l’électrification des usages et la flexibilité énergétique. La réussite de la transition énergétique dépendra donc d’une coordination étroite entre les gestionnaires de réseau, les entreprises techniques, les pouvoirs publics et les consommateurs. »

« Le réseau compte 70.000circuits

électriques

et 10.000 sont vulnérables»

Les gestionnaires de réseau de distribution (GRD) assurent l’exploitation, l’entretien et le développement du réseau de distribution de l’électricité et du gaz. Ils auront un grand rôle à jouer dans le renforcement et la modernisation de ce réseau. Pour avoir un état des lieux de la situation actuelle et des différents projets et investissements à venir, nous avons interrogé Annabel Vanbéver, porte-parole d’ORES, le gestionnaire wallon du réseau. Entretien. (© Photos : Ores)

Pour commencer, pouvez-vous d’abord nous présenter le réseau, sa taille et un état des lieux de sa situation actuelle ?

En électricité, nous sommes le distributeur d’énergie pour 199 communes wallonnes, soit 75 % du territoire wallon. La longueur du réseau électrique géré par ORES est de plus de 55.000 km et nous approvisionnons environ 1.400.000 clients. Le réseau est par endroits et par moments saturé, mais il faut distinguer deux choses. Il y a un problème au niveau de la haute tension sur le réseau de transport géré par Elia et donc un manque de puissance pour l’industrie et les grandes entreprises, qu’elles soient directement raccordées

au réseau Elia ou raccordées au réseau d’ORES.

Au niveau de la basse tension, des problèmes de surtension sont apparus au moment du boom des panneaux photovoltaïques. De début à fin 2023, nous sommes passés de 180.000 à 280.000 installations photovoltaïques, soit plus de 100.000 en un an. C’est énorme ! Si toute cette énergie n’est pas consommée au moment où elle est produite, elle part sur le réseau qui sature. Nous voyons aussi arriver un autre problème en basse tension, celui des sous-tensions, qui apparait lorsque tout le monde consomme en même temps, typiquement lors de ce qu’on appelle « la pointe du soir ». L’arrivée des bornes de recharge pour voitures électriques, qui demandent la même

puissance qu’une maison, amplifie ce phénomène que l’on commence à observer.

Pour l’adapter, cela passera par des investissements qui sont bel et bien prévus. Pouvez-vous nous les expliquer ?

Le plan d’investissement d’ORES prévoit 2,1 milliards d’euros en électricité pour la période 2025-2029. Le réseau compte 70.000 circuits électriques et 10.000 sont vulnérables, suite à l’arrivée de nouveaux usages. Avec ces investissements, l’objectif est notamment de moderniser chaque année entre 1.200 et 1.300 circuits : installer des nouveaux câbles, construire des nouvelles cabines… Tous ces travaux prennent du temps  : il faut trouver les terrains, avoir les autorisations d’ouverture de voirie et les permis nécessaires. Tout le monde doit donc monter à bord de ce vaste chantier, y compris les pouvoirs publics. En parallèle à ces solutions d’investissement, ORES met en place des solutions d’optimisation du réseau plus « court terme », comme par exemple l’installation sur le réseau de régulateurs de tension qui permettent de réguler la tension du réseau de manière automatique.

Quel est le nombre de clients en attente de raccordement ou d’augmentation de puissance ?

Pour le réseau haute tension et en ce qui concerne les clients raccordés par ORES, il y en a 400 qui sont en attente de raccordement, faute aujourd’hui de puissance disponible. Il peut s’agir d’entreprises qui attendent de pouvoir s’installer ou qui électrifient leur processus.

Quelle augmentation du nombre de consommateurs de très grosse puissance avez-vous constaté ces deux dernières années ?

Les demandes de raccordement en termes de puissance pour les fast chargeurs et les parcs de batteries ont été multipliées par quatre en l’espace de moins d’un an et demi, d’avril 2024 à juillet 2025.

Quelles sont vos propositions en termes de flexibilité et quels seront les impacts sur les tarifs ?

Un décret, entré en vigueur fin 2025, doit permettre à ORES de proposer des contrats de raccordement flexibles pour les clients du réseau haute tension.

Concrètement, il s’agit de proposer de

la puissance aux entreprises afin qu’elles puissent être raccordées au réseau, mais cette puissance ne sera pas disponible 24h/24. Il y a différentes formes de flexibilité : par exemple, des sociétés de transport scolaire (bus électriques) pourraient se voir proposer des contrats flexibles avec disponibilité de la puissance la nuit lorsqu’elles rechargent leur bus et non le jour, quand les bus roulent. Cela concernerait aussi des stations de recharge rapide pour véhicules électriques dont on pourrait « moduler » la puissance disponible, par exemple au moment de la pointe du soir (moment où beaucoup d’énergie est prélevée par tout le monde en même temps), pour permettre de passer cette pointe. Cela voudrait dire que les voitures qui se chargent à ces stations mettraient un peu plus de temps pour recharger leurs batteries.

Les modalités de ces contrats flexibles ont été présentées au régulateur et ils seront d’ici quelques mois proposés aux clients pour qui un raccordement n’est à ce jour pas possible, faute de puissance.

Pour la basse tension, l’entrée en vigueur des tarifs incitatifs le 1er janvier dernier permet aux clients de faire des économies s’ils consomment au moment où l’énergie est la plus disponible.

Le client peut désormais choisir entre trois tarifs différents : le tarif bihoraire distingue les heures pleines (7h-11h et 17h-22h) des heures creuses (11h-17h et 22h-7h). Le tarif incitatif est intéressant pour les clients qui ont des charges importantes, typiquement la recharge d’un véhicule électrique, qu’ils peuvent déplacer au moment où l’énergie est aussi la plus disponible et donc la moins chère, durant les heures « solaires », en journée donc, ou durant la nuit. Le tarif mono-horaire est quant à lui toujours identique du lundi au dimanche sans distinction jour/nuit.

Un dernier petit mot de conclusion ?

Vu l’accélération des demandes et ce que l’on voit arriver, l’investissement est primordial et son rythme doit s’accélérer. C’est vraiment la colonne vertébrale du système. Et deuxièmement, la flexibilité aussi bien pour la haute que la basse tension, est très importante. Il faut convaincre que changer ses habitudes est important et que tout le monde a un rôle à jouer pour se partager le réseau, qui devient un bien rare.

« Avec ces investissements, l’objectif est notamment de moderniser chaque année entre 1.200 et 1.300 circuits : installer des nouveaux câbles, construire des nouvelles cabines… »

Des investissements supplémentaires et des solutions flexibles pour lutter contre la congestion

Après notre entretien avec ORES, pour la Wallonie, nous avons pu nous entretenir avec Fluvius, qui gère actuellement tout le réseau de distribution en Flandre.

Peter De Pauw est à la tête de la stratégie et du développement d’entreprise chez Fluvius. Lors du 17e congrès de l’énergie organisé par Embuild Vlaanderen et Flux50, il nous a expliqué comment Fluvius allait s’attaquer aux problèmes de congestion du réseau dans les prochaines années. Ensuite, nous avons abordé la manière de développer ces solutions, comme nous l’avions fait avec ORES.

Quelle est la taille du réseau actuellement géré par Fluvius ?

Le réseau de distribution pour l’électricité, le gaz naturel, les égouts et les réseaux de chaleur gérés par Fluvius fait au total 208.000 km. Ce réseau compte 6,8 millions de points de raccordement. Par ailleurs, Fluvius gère 1,2 million de points d'éclairage public pour le compte des pouvoirs locaux. Et en 2024, Fluvius a réalisé des investissements à hauteur de 1,7 milliard d'euros.

Quels sont les investissements prévus d'ici 2035 ?

Le plan d'investissement 2026-2035 prévoit, d'ici 2032, 7 milliards d’euros dont 4 milliards d’investissements supplémentaires destinés à la transition énergétique. Sur ces 4 milliards d'euros d'investissements supplémentaires, 2,8 milliards sont destinés au réseau basse tension et 1,2 milliard au réseau moyenne tension. Au total, cela représente entre 1 et 1,2 milliard d'euros d'investissements par an.

L'objectif est de renforcer 40 % des câbles basse tension (soit 30.000 km), de moderniser 21 % des raccordements domestiques (750.000 au total), d’adapter 15 % des câbles moyenne tension (7.500 km) et de renforcer une cabine de distribution sur 4 (18.000 au total). Les investissements dans l'installation de compteurs

numériques touchent désormais à leur fin. Ils seront achevés d'ici 2029.

Lors de la dernière révision du plan d'investissement en 2025, 200 millions d'euros ont été réaffectés des investissements en basse tension vers ceux en moyenne tension, précisément pour soutenir l'électrification accrue des entreprises. Nous établissons ce plan d'investissement tous les deux ans, en nous projetant toujours dix ans dans l'avenir. Nous ne pouvons donc pas vous donner de chiffres exacts concernant les investissements pour après 2035.

Avez-vous un aperçu de vos clients et surtout des clients qui sont en attente de raccordement ou d’une augmentation de leur puissance ?

Un « simple » raccordement ne nécessite pas d’études techniques ou d’enquêtes. Il n’en va pas de même pour les clients industriels. Début mars, Fluvius a traité environ 1.800 dossiers d’entreprises. Environ 30 % de ces dossiers pourront bénéficier d'un raccordement normal. Dans 70 % des cas, seul un raccordement flexible sera possible.

La moitié de ces demandes provient de parcs de batteries. L'autre moitié concerne les demandes de raccordement classiques émanant du secteur privé. Cependant, nous ne refusons personne. Toutes les personnes en attente seront raccordées, même si une modification des règles doit parfois encore être ap-

Peter De Pauw au 17e congrès de l’énergie d’Embuild Vlaanderen et de Flux50.

FLUVIUS SE PENCHE SUR LES RÉSULTATS D'UNE ENQUÊTE CONCERNANT LE RACCORDEMENT DES CHANTIERS

À l'automne 2024, Embuild Vlaanderen a organisé, en collaboration avec le Régulateur flamand des services publics (VNR), une enquête sur les services proposés par Fluvius pour les demandes de raccordement des chantiers. Les répondants ont formulé de nombreux commentaires positifs, mais ont également mis en évidence plusieurs points à améliorer. Fluvius s'est saisi de cette question et a présenté un statut (intermédiaire) fin 2025.

À court terme, Fluvius se concentre sur les points d'action suivants, avec pour objectif commun d'améliorer les délais de réponse aux demandes : améliorer et uniformiser l'accessibilité des services administratifs dans toute la Flandre, établir des contacts proactifs avec les clients afin de réduire les délais de réponse aux demandes de devis, mieux coordonner avec le demandeur les délais de raccordement souhaités et réalisables, et assurer une communication proactive pendant l'exécution des travaux, tant en amont qu'en fournissant des informations claires à leur achèvement.

Par ailleurs, Fluvius a lancé un programme de transformation en profondeur visant à repenser ses processus opérationnels en fonction des attentes des clients dans un contexte en constante évolution. Et traduire cela en outils et services numériques tournés vers l'avenir. Une première étape au printemps 2026 consistera à mettre en place un nouveau système de gestion des dossiers pour les demandes de raccordement supérieures à 100 kVA.

portée avant que nous puissions effectivement offrir cette flexibilité.

Combien de zones du réseau de distribution sont déjà surchargées et pour combien de zones Fluvius prévoit-il des problèmes de congestion d'ici 2035 ?

La part de réseaux victimes de problèmes de congestion reste pour le moment très limitée. Aujourd'hui, on ne parle pratiquement plus de surcharge sur le réseau de distribution. Pour les ménages, cela ne pose pas de problème, si l’on excepte les problématiques locales concernant les onduleurs solaires. Mais nous avons déjà réussi à réduire ces problèmes ces dernières années grâce à un plan d'action et à des investissements locaux.

En ce qui concerne les entreprises, nous devons faire preuve de plus de prudence. Dans un bassin versant plus petit d’une station de transformation située près d’Ostende, nous atteignons aujourd'hui les limites techniques et devons faire preuve d'une prudence accrue dans l'exploitation. Pour le reste, au vu du nombre de demandes que nous recevons, nous nous attendons surtout à ce que les réseaux continuent de saturer d'ici 2035.

Il est donc important que nous, ainsi qu'Elia (qui gère les stations de transformation), continuions à investir massivement, et que nous utilisions et répartissions de la manière la plus efficace possible la capacité encore disponible sur le réseau de distribution. Raison pour laquelle nous avons décidé d’opter pour des formes de raccordement flexibles dans la majorité des régions en Flandre. Dans ce cas, un client industriel obtient bel et bien son raccordement, mais à des conditions convenues au préalable : en cas de pics de consommation très exceptionnels sur le réseau, sa puissance peut alors être temporairement réduite.

Qu'entend-on exactement par cette flexibilité et quel est son impact sur les tarifs ?

La flexibilité devient la nouvelle norme pour le raccordement de puissances (très) élevées. En s'adaptant aux besoins des demandeurs, Fluvius cherche à réguler de manière ciblée la charge du réseau. Fluvius demande de la flexibilité dans certaines circonstances et les entreprises proposent leur flexibilité. C'est celui qui propose le prix le plus bas qui sera chargé de fournir l'électricité flexible. C'est ce

qu'on appelle le principe du « Fallback flex ». L'entreprise ajuste alors sa consommation ou sa production afin d'éviter de surcharger le réseau. Soit l'entreprise fournit de la puissance réactive pour augmenter la tension sur le réseau, soit elle absorbe de la puissance réactive pour la réduire. Voici quelques exemples concrets de flexibilité : une batterie cesse temporairement de se recharger ou réinjecte de l'électricité dans le réseau, une station de recharge pour voitures électriques réduit temporairement la vitesse de recharge, ou un processus industriel est brièvement interrompu. Pour répondre aux enjeux industriels, Fluvius intervient sur trois fronts : les investissements supplémentaires, tels qu'ils ressortent du plan d'investissement 2026-2035 ; la flexibilité vis-à-vis des demandeurs ; mais aussi une adaptation du cadre réglementaire, dans laquelle le principe du « premier arrivé, premier servi » appliqué par les pouvoirs publics est remplacé par des systèmes de priorisation et de raccordement fondés sur des critères de maturité.

Dans quelle mesure avez-vous constaté une augmentation du nombre de gros consommateurs au cours des 2 à 5 dernières années ? Concrètement, comment gérezvous cette situation ?

Ces dernières années, nous avons constaté une forte augmentation du nombre de demandes émanant des gros consommateurs. On parle d’un rapport d’un pour cinq par rapport à l’année 2020. L'augmentation du nombre de demandeurs de puissances élevées s'explique d'une part par l'électrification croissante de l'industrie, mais aussi par l'émergence de nouvelles technologies, comme l’effet d’entraînement des très gros data centers.

C'est précisément pour cette raison qu'il est si important de poursuivre les discussions avec les pouvoirs publics et le régulateur de l'énergie : pour l'instant, nous devons encore nous conformer aux anciennes règles classiques selon lesquelles le principe du « premier arrivé, premier servi » s'applique : le premier demandeur doit obtenir la puissance disponible, si celle-ci est disponible. Ainsi, un data center pourrait avoir la priorité sur un hôpital, par exemple. Les pouvoirs publics en sont conscients et réfléchissent à de nouvelles règles, à l'instar de celles qui ont récemment été modifiées aux Pays-Bas, par exemple.

Plus de 9,4 milliards d'euros d’investissements dans le réseau électrique belge

Elia constate également une forte augmentation des demandes de nouveaux raccordements et d’augmentations de puissance. Dans certains pays voisins, comme les Pays-Bas, cette pression entraîne une large problématique de raccordements, même pour les clients résidentiels. En Belgique, nous ne connaissons aujourd’hui aucun problème général de raccordement pour les clients résidentiels. Le défi réside aujourd'hui principalement dans les grandes puissances, où la capacité disponible du réseau ne permet pas de répondre partout simultanément à la forte augmentation de la demande. Nous avons abordé ce sujet avec James MatthysDonnadieu, « Chief Customers, Markets & System Officer » chez Elia.

Quelle est la taille du réseau d'Elia et quel rôle joue Elia dans notre approvisionnement en électricité ?

Elia gère le réseau à haute tension belge, dont la tension varie entre 30.000 et 400.000 volts, et assure la construction et l'entretien des infrastructures qui permettent l'approvisionnement en électricité. Grâce à plus de 8.900 km de lignes aériennes, de câbles souterrains et sous-marins, Elia assure le transport de l'électricité à travers le pays. Pour les entreprises de construction, Elia revêt une importance particulière en tant que gestionnaire du réseau à haute tension auquel sont raccordés les grands projets, les zones d'activité et les sites industriels.

Dans le même temps, le gestionnaire de réseau veille 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 à l'équilibre entre la production et la consommation, afin de garantir la stabilité du réseau et d'éviter les coupures de courant. Elia joue également un rôle clé en tant que facilitateur du marché en organisant l'accès au réseau et en soutenant le marché de l'énergie. En raison de la transition énergétique et de la forte croissance de la demande en électricité, le réseau à haute tension est aujourd'hui confronté à des défis majeurs.

Quels investissements Elia prévoit-elle pour renforcer le réseau de transport ?

Les investissements prévus pour la période 2024-2034 concernant le réseau de transport

sont définis dans le Plan fédéral de développement, qui a été approuvé par le gouvernement fédéral. Elia élabore ce plan, en étroite collaboration avec les pouvoirs publics et les autorités de régulation, et le met à jour tous les quatre ans. Entre-temps, les travaux préparatoires pour la prochaine édition (2028-2038), qui fera l'objet d'une consultation publique cet automne, sont en cours.

Concrètement, Elia investira pas moins de 9,4 milliards d'euros dans le réseau électrique belge entre 2024 et 2028, un programme d'une ampleur sans précédent. Le renforcement et l'extension du réseau 380 kV, qui constitue l'épine dorsale du système électrique, sont à cet égard essentiels. Des projets phares comme Ventilus en Flandre occidentale et la Boucle du Hainaut dans le Hainaut jouent un rôle central à cet égard.

Par ailleurs, l'accent est mis sur le développement et l'intégration d'un réseau électrique en mer avec l'île Princesse Élisabeth. Les liaisons internationales (interconnexions) restent également importantes : elles renforcent la sécurité d'approvisionnement et la stabilité du réseau, favorisent l'intégration des énergies renouvelables et contribuent au bon fonctionnement du marché de l'électricité.

Parallèlement, Elia renforce sa capacité d'accueil pour les nouveaux utilisateurs du réseau grâce à des postes de transformation supplémentaires, à de nouveaux points de raccordement avec les réseaux de distribution et au renforcement des infrastructures existantes.

Le réseau à haute tension d’Elia.

« En 2025, 280 demandes de raccordement ont été déposées chez Elia, soit quatre fois plus par rapport à l’année 2020. »

JAMES MATTHYSDONNADIEU

Enfin, le réseau vertical sera également étendu et renforcé, afin que les différents niveaux de tension soient prêts à répondre à la demande croissante en électricité.

Avez-vous un aperçu de vos clients et surtout des clients qui sont en attente de raccordement ou d’une augmentation de leur puissance ?

En 2025, 280 demandes de raccordement ont été déposées chez Elia, soit quatre fois plus par rapport à l’année 2020. Si on additionne toutes les demandes de raccordement au réseau à haute tension, on arrive à 56 GW. À titre de comparaison, l'ensemble de ces demandes représente quatre fois la consommation maximale actuelle d'électricité en Belgique (14 GW).

Cela montre à quel point la tension sur le réseau est élevée aujourd'hui. On observe une augmentation spectaculaire des demandes concernant les centres de données et les batteries (une multiplication par quatre pour les batteries et par neuf pour les centres de données depuis 2022). Toutes ces demandes ne correspondent pas à des projets concrets ; elles sont souvent provisoires ou exploratoires, mais elles réservent néanmoins des capacités sur le réseau qui ne sont alors plus disponibles pour d'autres projets.

La forte augmentation du nombre de demandes entraîne aujourd'hui une accumulation des études de raccordement et un allongement des délais de traitement de ces études. Ne rien faire n'est pas une option ; c'est pourquoi nous collaborons avec les gestionnaires de réseau, les pouvoirs publics, les régulateurs et le secteur industriel pour mettre en place une approche structurelle reposant sur plusieurs piliers : continuer à investir massivement dans l'extension et le renforcement du réseau, mettre en place des raccordements flexibles et des mécanismes de marché afin de libérer davantage de capacité et d'absorber les pics de demande, et enfin, gérer plus intelligemment la capacité réservée.

Compte tenu des volumes importants de capacité réservée, une gestion plus stricte des files d'attente s'impose. En appliquant des critères de maturité et le principe « agir avant qu’il ne soit trop tard », nous évitons que des demandes spéculatives ou non mûres ne bloquent la file d'attente et n'occupent une capacité précieuse. Il faut également faire des choix sociétaux concernant l'attribution des capacités.

Dans quelles zones le réseau de transport dispose-t-il encore de capacités disponibles et dans quelle mesure ?

Pour répondre à cette question, nous avons mis au point une « carte de capacité d'accueil ». Cette carte donne un aperçu de la capacité déjà réservée (ou attribuée) à ce jour pour différents types de consommation supplémentaire sur le réseau, ainsi que de la capacité d'accueil restante en plus de cette capacité déjà réservée/ attribuée. Le calcul a également tenu compte des évolutions futures dans le domaine des pompes à chaleur et des véhicules électriques à basse tension, ainsi que d'autres installations de production et de consommation à basse, moyenne et haute tension.

Cette carte, disponible sur le site d'Elia, donne aux utilisateurs du réseau un premier aperçu indicatif de la capacité d'accueil disponible en plus de la capacité déjà attribuée. Pour chaque projet concret, les études d'orientation et de raccordement habituelles restent nécessaires.

Les distributeurs optent pour des solutions flexibles. Dans quelle mesure Elia peut-elle apporter sa contribution ?

Alors qu'autrefois, presque tout le monde disposait automatiquement d'une connexion fixe, avec une puissance toujours identique, on se tourne aujourd'hui davantage vers des solutions flexibles. Cela signifie que les gros consommateurs adaptent temporairement leur consommation lorsque le réseau est sous pression, par exemple aux heures pleines. Cela permet à Elia de raccorder davantage de clients sans compromettre la fiabilité du réseau électrique.

Il n'y a pas de coup d'arrêt dans les raccordements, et on n'en prévoit pas non plus, mais la flexibilité s'impose de plus en plus comme une partie de la solution. Prenons l'exemple d'une entreprise qui, même si elle doit temporairement réduire sa consommation d'électricité aux heures pleines, peut ainsi être raccordée plus rapidement et poursuivre son projet.

Au niveau des points d'interconnexion (jonction entre le réseau de distribution et le réseau de transport), on constate une forte augmentation de la pression. En collaboration avec les gestionnaires de réseau de distribution, nous travaillons donc à la mise en place de solutions afin de pouvoir répondre favorablement à chaque demande de raccordement, le cas échéant dans le cadre d'un dispositif de flexibilité.

« Les GRD cherchent des solutions pérennes»

L’une des activités de notre membre Genetec est la gestion et la maintenance des réseaux de distribution. L’entreprise est donc un acteur idéal pour commenter la situation actuelle et les projets en cours sur le réseau. Embuild Magazine a interrogé Gregory Goossens, gestionnaire de chantier sur le réseau électrique aérien et sous-terrain. (© Photos : Genetec)

GREGORY GOOSSENS côtoie

le réseau électrique depuis 18 ans : d’abord 5 ans chez ORES et ensuite 13 ans chez Genetec. « Dans nos activités quotidiennes, on ressent ce problème de saturation depuis un petit temps déjà. Mais nous constatons également que les GRD, dont ORES, cherchent des solutions pérennes pour stabiliser et maintenir le réseau en bon état de fonctionnement », indique Gregory Goossens. Qui précise ce qu’il entend par « pérennes ». « Dans le passé, ORES intervenait pour un client bien précis à tel ou tel endroit. Désormais, on voit que les études pour les projets sont préparées et réalisées dans le but de répondre à la demande d’un quartier dans son ensemble, afin de satisfaire les clients déjà existants et de répondre à la demande des nouveaux nombreux clients. Il y a une stratégie bien pensée derrière tout cela. On sent un véritable plan d’action en place. Les GRD réfléchissent à des solutions pour la collectivité, et non plus individuelles. »

Le conducteur de chantier chez Genetec confirme que le réseau n’est pas adapté pour accueillir tous les nouveaux usages : panneaux photovoltaïques, pompes à chaleur, véhicules électriques… « Ces derniers mois, on a constaté une véritable explosion de tous ces nouveaux usages. ORES doit donc gérer des situations urgentes et parer au plus pressé. Moderniser, renforcer et adapter le réseau prend du temps. Ce n’est pas simple pour eux. De plus, outre cette gestion du réseau, il y a aussi le déploiement de la fibre optique. »

Explosion du marché

La modernisation et le renforcement du réseau passeront par de nombreux investissements. « ORES en prévoit beaucoup et nous

ressentons déjà les effets aujourd’hui. Depuis deux ans, on assiste à une explosion du marché avec beaucoup de contrats qui sortent de chez eux et une demande d’accélérer le processus. Derrière, ça doit suivre… », précise Gregory Goossens.

Genetec travaille en sous-traitance du gestionnaire de réseau pour réaliser ces travaux. « Notre travail consiste, entre autres, au remplacement de câbles électriques, ce que l’on appelle les tresses. Pour la basse tension en aérien, on passe de 95 à 150 mm² et ORES souhaiterait passer de 150 à 240 mm² en sous-terrain, c’est à l’étude. Pour la haute tension, aussi en sous-terrain, on passe de câbles 95 à 240 mm². En aérien, nous devons également remplacer les poteaux en béton, qui supportent tous ces câbles, par des plus solides. Tout cela représente un travail assez conséquent. Si dans le passé, nous avions des périodes creuses dans l’année, on travaille désormais non-stop du 1er janvier au 31 décembre. »

Adaptation de l’entreprise

Tous ces travaux nécessitent une adaptation de la part de l’entreprise, avec certains couacs à supporter. « Ce sont des nouveaux marchés, avec du nouveau matériel, des nouveaux véhicules et des coûts assez importants. De nouveaux fournisseurs arrivent et les matériaux délivrés ne sont parfois pas assez qualitatifs et ne répondent pas aux normes des GRD. Ce matériel ne peut donc pas être placé sur le réseau et est mis en quarantaine, ce qui freine les projets, mais cette information est méconnue du grand public », explique Gregory Goossens. L’entreprise doit donc s’adapter, gérer des nouveaux problèmes et aussi former son personnel. « C’est indispensable pour réaliser ces chantiers assez conséquents. Le plan d’ORES

« Les gens veulent du courant mais quand le gestionnaire doit réaliser des travaux dans des nouveaux lotissements, ça coince parfois avec le refus des riverains. »

est ambitieux et la demande est très forte. Ces investissements exigent que nous recrutions pour augmenter nos équipes sur le terrain. Or, ce n’est pas simple car c’est un métier pénible, nous travaillons par tous les temps et toute l’année. Nous éprouvons donc des difficultés à recruter, comme c’est le cas dans l’ensemble du secteur. De plus, aucune formation en aérien n’est disponible en GRD et donc nous ne trouvons pas de main-d’œuvre qualifiée sur le marché. Notre seule source de recrutement passe par la formation interne qui est longue et relativement coûteuse. Autre contexte pas simple à gérer : nos techniciens sont obligés de suivre une formation et de faire valider leur aptitude à travailler sur le réseau chez ORES. Mais les délais pour obtenir des formations et des examens sont très longs, ce qui rallonge considérablement le moment où l’on

peut intégrer le nouveau personnel en toute autonomie dans l’exécution de ses tâches. De plus, il arrive parfois que le gestionnaire de réseau débauche notre personnel. Aussi, en interne, nous avons les plus expérimentés qui forment les plus jeunes. Mais cela a pour conséquence qu’ils sont moins disponibles sur chantier. Des opérations de type coup de poing pénurie avec le Forem et les différents partenaires sont donc très intéressantes. »

En cours, patience…

Gregory Goossens prône donc la patience. Comme dit le proverbe « Rome ne n’est pas faite en un jour ». C’est valable aussi pour la « mise à jour » du réseau. « Je le répète, tout est en cours et s’accélère. ORES met vraiment tout en place avec des investissements stratégiques, je vous l’assure, mais ça prend du temps », indique le gestionnaire de chantier. « Trouver un terrain et obtenir un permis pour placer une nouvelle cabine prend aussi énormément de temps. Les gens veulent du courant mais quand le gestionnaire doit réaliser des travaux dans des nouveaux lotissements, ça coince parfois avec le refus des riverains. Ça aussi, c’est important à signaler. On lit partout que des projets sont bloqués, mais ORES dépend d’Elia pour la haute tension. Il y a plusieurs acteurs impliqués. J’ai parfois l’impression qu’on tire sur l’ambulance, mais tout le monde est concerné par la saturation de ce réseau. Les investissements sont là, les projets explosent et les entreprises ont augmenté leur cadence sur ce type de travaux. »

« Construction du Futur» et « EDIH CONNECT» : deux

projets qui ont boosté la digitalisation

dans le secteur

Fin janvier dernier, l’événement de clôture des programmes « Construction du Futur » et « EDIH CONNECT » a eu lieu chez Buildwise, à Limelette. Le premier visait à promouvoir la digitalisation au sein des acteurs de la chaîne de construction et le second proposait plus spécifiquement un accompagnement des PME de la construction, soit deux projets complémentaires. Retour sur ces projets qui vont perdurer dans le temps, notamment avec le lancement de EDIH WallonIA.

La digitalisation est un sujet que l’on aborde très souvent chez Embuild. Tout simplement car il s’agit d’une thématique capitale pour faire prendre conscience à nos membres que le numérique peut améliorer la productivité et la rentabilité de leur entreprise. La Région wallonne en est également parfaitement consciente et, dans ce contexte, elle a lancé et financé le programme « Construction du Futur » début 2024, dans le cadre de la stratégie Digital Wallonia de l’Agence du Numérique (AdN), pour une durée de deux ans. « L’objectif était de sensibiliser toute la chaîne de valeur de notre secteur, donc les entreprises mais également les architectes, les bureaux d’études, les fabricants…à la digitalisation », indique MÉLANIE LÉONARD, coordinatrice numérique chez Embuild Wallonie.

Le projet couvrait plusieurs points : augmenter le niveau de maturité numérique global du secteur qui affiche encore des scores trop bas, favoriser la diffusion de technologies numériques avancées et encourager les entreprises à se digitaliser.

Pour mener à bien ce projet, différents partenaires ont travaillé ensemble : Embuild Wallonie, Buildwise, le Centre de recherches routières (CRR), Cap Construction, le cluster Eco-construction, l’Union Wallonne des Architectes (UWA), GreenWin et Infopole. « Et durant les deux ans du projet, différentes actions ont été organisées et partagées entre

tous ces partenaires », explique Mélanie Léonard. Il s’agit d’événements de réseautage, de conférences, workshops, webinaires, séances d’informations, accompagnements…

Trois réalisations marquantes

Outre ces actions de terrain, la coordinatrice souligne également trois réalisations marquantes issues du programme. « Un appel à projets a été lancé afin de soutenir des entreprises à développer des projets innovants à l’échelle de leur activité. Une enveloppe de 300.000 € était prévue pour 9 lauréats. Parmi ces lauréats, on retrouve deux membres d’Embuild Wallonie  : CHENE SA qui a digitalisé la gestion des stocks et des prestations et Paille-Tech qui a structuré sa coopérative de construction durable, notamment via le déploiement d’un ERP simplifié », explique la coordinatrice numérique chez Embuild Wallonie. « Je mentionnerai aussi la publication d’un livre blanc sur la donnée, levier stratégique pour la construction. Embuild Wallonie a fortement contribué à la rédaction de cet ouvrage qui vise à mobiliser entreprises et pouvoirs publics autour d’une vision commune : faire de la donnée un moteur de performance durable. »

Une autre action a permis de mettre en lumière plusieurs exemples inspirants à travers une série de témoignages vidéo. Cette initiative donne la parole à des entreprises du

« L’objectif du projet

« Construction du Futur » était de sensibiliser toute la chaîne de valeur de notre secteur à la digitalisation. »

L’événement de clôture des programmes « Construction du Futur » et « EDIH CONNECT » a eu lieu chez Buildwise, à Limelette.

↗ Les conseillers numériques d’Embuild Wallonie (de dr. à g. : Céline Lejeune et Henri Vandendries) accompagnent l’entreprise Toiture Gigot.

secteur qui partagent concrètement comment elles intègrent les outils numériques dans leur organisation et sur leurs chantiers. Ces retours d’expérience illustrent les bénéfices de la digitalisation pour améliorer l’efficacité, la collaboration et la gestion des projets dans le secteur. « Nous retirons un bilan très positif de ce programme. Il a permis à des entreprises de progresser pas à pas grâce aux financements, leur donnant l’impulsion nécessaire pour lancer certaines initiatives. Il s’est également appuyé sur une collaboration étroite avec les associations locales et professionnelles d’Embuild, avec lesquelles plusieurs actions ont été menées afin de mobiliser les entreprises au niveau local. »

180 entreprises accompagnées gratuitement

« EDIH WallonIA mettra davantage l’accent sur la gestion de la donnée, l’intelligence artificielle et la cybersécurité. »

Parallèlement à cette stratégie wallonne promouvant le numérique dans l’écosystème de la construction, un autre projet complémentaire a été lancé fin 2022 : EDIH (European Digital Innovation Hub) CONNECT. Celui-ci visait à accompagner plus spécifiquement les PME de la construction dans leur transformation numérique. Financé par la Région wallonne et l’UE, il était mené en collaboration avec Buildwise, GreenWin, Jobs@ skills, CeREF et l’UC Louvain.

Concrètement, les collègues d’Embuild Wallonie impliqués dans ce projet ont accompagné sur le terrain près de 180 entreprises du secteur de la construction, afin de les aider à faire évoluer leurs processus grâce au numérique. Cet accompagnement prend la forme d’une réunion directement en entreprise. « Sur base de notre expertise et des retours accumulés lors des accompagnements précédents, nous analysons avec l’entreprise ses processus de travail et son architecture applicative afin de les décortiquer et d’identifier des pistes d’amélioration. L’objectif est d’apporter des conseils concrets et des solu-

tions adaptées aux réalités de l’entreprise. Cet échange permet d’aborder les principaux défis numériques, de fournir une information pertinente et d’orienter les entreprises vers l’écosystème de partenaires, les éditeurs de solutions, ainsi que vers les aides financières et les formations disponibles pour aller plus loin », souligne CÉLINE LEJEUNE , conseillère numérique chez Embuild Wallonie.

EDIH WallonIA

Le projet EDIH WallonIA s’inscrit dans la continuité d’EDIH CONNECT. « Le fait de voir un projet se prolonger dans le temps est une véritable opportunité, car il permet de capitaliser sur ce qui a déjà été mis en place et sur l’expérience acquise sur le terrain. Cette nouvelle phase mettra davantage l’accent sur la gestion de la donnée, l’intelligence artificielle et la cybersécurité, avec la volonté d’aller encore plus loin dans la transformation numérique des entreprises. Après plusieurs années consacrées à sensibiliser et à évangéliser la digitalisation au sein des entreprises, l’objectif est désormais de voir se concrétiser ces réflexions et de poursuivre l’augmentation du niveau de maturité numérique du secteur de la construction », insiste HENRI VANDENDRIES , conseiller numérique chez Embuild Wallonie. Les accompagnements en entreprise vont se poursuivre, car aller directement à leur rencontre, de manière individuelle, a démontré un réel impact. En complément de ces accompagnements courts, le projet permettra également d’accompagner plus en profondeur un nombre limité d’entreprises chaque année, afin de travailler plus longuement sur leurs enjeux numériques et de soutenir la mise en place de solutions plus structurantes. Nos collègues wallons sont donc prêts pour faire de la poursuite de ce projet une grande réussite dans le secteur de la construction. Sur le long terme, il en va de la rentabilité et de la productivité de nos entreprises.

SECTEURS &

Lawrence Steen succède à Dirk Van Kerckhove à la direction d’Embuild Connect

Après avoir travaillé 21 ans chez Embuild Connect, d’abord comme conseiller technique et ensuite comme directeur, Dirk Van Kerckhove prendra sa retraite le 1er mai. Lawrence Steen lui succédera en tant que directeur. À l’occasion de ce changement de direction, nous avons réalisé une double interview, à la fois sur le passé et l’avenir d’Embuild Connect.

«J’étais l’un des premiers diplômésdugraduatentechnologie de la construction, aujourd’hui appelé bachelier en construction, de la Katholieke Hogeschool Sint-Lieven à Alost, désormais intégrée à Odisee. En 1985, j’ai débuté ma carrière chez Protector Belgium, une entreprise spécialisée dans le traitement de

Après avoir travaillé 21 ans chez Embuild Connect, d’abord comme conseiller technique et ensuite comme directeur, Dirk Van Kerckhove (à g. de la photo) passe la main à Lawrence Steen (à dr. de la photo).

l’humidité ascensionnelle, la lutte contre les champignons et la protection du bois. Ensuite, j’ai été chef de projet chez Altri Tempi, qui faisait partie du groupe Monument. Je m’y suis spécialisé dans la restauration de peintures, de stucs et de staff. Sous l’égide d’Embuild, à l’époque encore la Confédération Construction, j’ai d’abord travaillé pour BEVAD-ABEE, l’Association Belge des Entrepreneurs de Travaux d’Etanchéité, qui fonctionnait alors comme une fédération distincte et disposait même de son propre bureau, en succession de Johan Wauman. Cette fédération a finalement été intégrée à la Confédération Construction, devenue par la suite Embuild Connect », indique DIRK VAN KERCKHOVE

Métiers étroitement liés

« En réalité, tous les métiers de notre cluster sont étroitement liés. Le plafonneur et le peintre travaillent souvent de concert, tout comme le couvreur et le charpentier, ou encore le menuisier et le vitrier. Le terme ‘connect’ dans Embuild Connect fait précisément référence à ces liens, et c’est un aspect sur lequel nous travaillons fortement au sein du cluster. » Le père de Dirk était entrepreneur en gros-œuvre. Celui de son successeur, Lawrence Steen, était couvreur. Tous deux ont donc des racines dans la construction. « Après mes études à la KU Leuven, j’ai d’abord rejoint l’entreprise familiale. Entre-temps, j’ai également obtenu un diplôme d’expert judiciaire et suivi la formation de spécialiste en toiture plate auprès de BEVAD-ABEE et spécialiste en toiture en pente auprès d’Embuild Roofers. C’est par ce biais que j’ai rencontré Dirk. À partir de 2023, je suis devenu manager d’Embuild Roofers, en succession de Selim Couez. La fédération des couvreurs a ensuite été intégrée à Embuild Connect, où j’ai été nommé directeur adjoint. Pendant trois ans, j’ai ainsi pu travailler en étroite collaboration avec Dirk et, à ses côtés, trouver mes repères dans les différentes structures d’Embuild. Je suis donc bien préparé pour mon nouveau job. »

Moins de vie associative locale

Comment le cluster a-t-il évolué au cours des 20 dernières années ? « Autrefois, l’organisation reposait en grande partie sur le fonctionnement des associations locales. Exercer un métier de la construction était une véritable

CHAUFFAGE/REFROIDISSEMENT

DURABLE

 Solution globale simple et modulaire

 Pompe à chaleur, chauffe-eau thermodynamique, ballon d’eau chaude et automatisation

 Gain de temps, facilité de montage et aperçu via l’application et le portail d’installation

 Formation et support via une « service hotline »

affaire d’honneur pour les entrepreneurs. Ils étaient fiers de leur profession et appréciaient se réunir régulièrement avec leurs confrères pour défendre leurs intérêts spécifiques et échanger au sein des chambres locales de l’entreprise de construction de l’époque. Mais cette vie associative locale s’est depuis affaiblie dans certaines régions. L’intérêt pour ces activités a fortement diminué. Les présidents et les membres du conseil d’administration ne trouvent plus de jeunes successeurs. Plusieurs entités provinciales d’Embuild ont réduit ou supprimé certaines associations. Et les collaborateurs locaux ne trouvent ou ne reçoivent plus le temps pour soutenir les réunions nocturnes de ces associations », explique Dirk Van Kerckhove.

Des soirées intérieures aux salons professionnels

« Sous l’impulsion de Filip Coveliers, qui m’a précédé en tant que manager du cluster finition, nous avons lancé plusieurs initiatives transversales aux fédérations. Pour les métiers de la finition, nous avons organisé des soirées intérieures très fréquentées ainsi que des journées familiales. Il y a 16 ans, nous

« Tous les métiers de notre cluster sont étroitement liés. Le terme ‘connect’ dans Embuild Connect fait précisément référence à ces liens, et c’est un aspect sur lequel nous travaillons fortement au sein du cluster. »

« Tout comme je souhaite, avec Embuild Connect, influencer davantage de jeunes dans leur choix professionnel, je veux également élargir et rajeunir nos propres organes de gouvernance »
LAWRENCE STEEN

avons lancé la Journée du Parachèvement pour les peintres et les plafonneurs et il y a 15 ans, la Journée du Toit, devenue Belgian Roof Day. Ces salons professionnels spécifiques aux métiers rencontrent toujours un franc succès, contrairement à des événements comme Batibouw, qui a fortement diminué depuis la crise du coronavirus et s’adresse encore principalement aux particuliers et beaucoup moins aux professionnels. »

Au niveau national également, le cluster fonctionne aujourd’hui très différemment de ce qu’il était autrefois. « J’ai encore connu l’époque où nous devions gérer 11 asbl. Cela signifiait organiser 11 assemblées générales par an, réaliser des bilans, publier les modifications des statuts… Une mission de gestion qui demandait à chaque fois beaucoup de travail administratif inutile. C’était encore le cas jusqu’à l’année dernière. »

Groupes de pilotage métier à la place des asbl

« Mais au fil des 20 dernières années, j’ai réussi, avec le soutien des présidents de fédérations, à dissoudre presque toutes ces asbl. Nous parlons désormais de groupes de pilotage métier plutôt que d’asbl. Les présidents de ces groupes composent notre comité de direction. De cette manière, ils peuvent mieux influencer les activités de lobbying du cluster qu’avant. Au sein d’Embuild, le projet Embuilding the Future est actuellement déployé. Mais en réalité, Embuild Connect fonctionne déjà selon les principes de ce projet en matière de ‘shared services’ (ndlr : services partagés). Concrètement, Embuild prend en charge différents aspects pour le cluster, tels que la gestion des véhicules de société, l’infrastructure IT, la gestion financière et la politique du personnel. Cela nous permet de nous concentrer sur la défense de nos intérêts professionnels. En fin de compte, nous représentons environ un tiers des membres d’Embuild, et nous le faisons avec une équipe de seulement cinq collaborateurs. »

Input pour la recherche technique en construction

LAWRENCE STEEN souligne l’importance d’Embuild Connect pour Buildwise. « Dans les comités techniques de Buildwise, nous désignons les entrepreneurs. Ils alimentent les débats dans ces comités, signalent les problèmes existants et demandent ensuite aux experts

de Buildwise de les analyser plus en profondeur. Récemment, plusieurs de nos membres ont été confrontés à des matériaux d’isolation problématiques. Concrètement, il s’agissait du déplacement du relevé de toiture causé par l’isolant. C’était un problème qui concernait l’ensemble du cluster. À notre demande, Buildwise a mené une étude approfondie à ce sujet. Les entrepreneurs doivent pouvoir continuer à garantir la qualité. Avec l’évolution rapide des matériaux, cela est devenu un défi majeur. Les entrepreneurs doivent pouvoir travailler ces matériaux en toute confiance. Nous insistons toujours pour que les produits disposent d’une certification ATG. Mais en même temps, nous veillons à ce que les directives de mise en œuvre associées à cette certification ne soient pas trop détaillées et restent abordables pour l’entrepreneur. »

Dirk Van Kerckhove ajoute que les membres des comités techniques sont également plus souvent disposés à participer aux projets de recherche. Cette contribution directe des entreprises est importante pour l’éligibilité des projets aux subsides. « Embuild Connect a toujours entretenu de bons contacts avec les animateurs des comités techniques. De ces échanges sont continuellement nées des directives solides pour les détails de finition, notamment pour les toitures. »

Communiquer de manière plus forte

Pour l’avenir, Lawrence Steen souhaite communiquer de manière encore plus forte vers les membres et les jeunes. Cela se fera via le site web propre, mais aussi de plus en plus via les réseaux sociaux, tels que LinkedIn, Facebook, Instagram et même TikTok (qui a déjà été utilisé pour l’événement Le Crack du Toit), ainsi que via les différents magazines du cluster. Les administrateurs ont entre-temps indiqué qu’ils souhaitent continuer à faire imprimer ces magazines. « Par ailleurs, je veux continuer à travailler à l’amélioration de l’image du secteur via des initiatives telles que le Vlaamse Houtproef et le Crack du Toit. Entre-temps, j’ai reçu un mandat d’Embuild auprès de Constructiv. Via ce canal, je veux établir avec Constructiv les mêmes bons contacts que nous entretenons actuellement avec Buildwise. Tout comme je souhaite, avec Embuild Connect, influencer davantage de jeunes dans leur choix professionnel, je veux également élargir et rajeunir nos propres organes de gouvernance. »

Devenez exposant lors du Belgian Roof Day

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« Le Centre de Recherches Routières contribue à un secteur routier innovant, dynamique et solide»

Depuis quelques mois, le CRR (Centre de Recherches Routières) a une nouvelle directrice générale : Eva Van den Bossche. Embuild Magazine a donc profité de l’occasion pour faire connaissance avec elle et rappeler les missions de cet organisme lié à notre secteur. Entretien.

Madame Van den Bossche, pouvez-vous tout d’abord nous expliquer qui est le CRR et son rôle dans le secteur de la construction ?

Le CRR a été fondé en 1952 par et pour les entrepreneurs routiers. En vertu de la loi De Groote, les secteurs industriels pouvaient créer un institut de recherche et de connaissances qu'ils finançaient eux-mêmes. Les membres étaient les entrepreneurs réalisant des travaux de construction et d'entretien du patrimoine routier.

Notre champ d'action s'étend également aux sentiers pédestres, aux pistes cyclables, aux ouvrages d'art… Les revêtements des aéroports font aussi partie de notre domaine d'expertise. Comme le patrimoine routier est en grande partie géré par les pouvoirs publics, les gestionnaires routiers sont également membres du CRR.

Nous sommes principalement au service des entrepreneurs routiers et des gestionnaires routiers. Nous collaborons aussi avec d’autres centres de connaissances, des universités, le CRIC, Buildwise, … Nos services s’adressent principalement à nos membres, mais les bureaux d’études, les organismes de certification, les fabricants … peuvent faire appel à nous.

En tant qu’organisme de connaissance indépendant, nous recensons l'expertise mondiale, développons de nouvelles idées et encourageons leur application. Nous réunissons tous les acteurs du secteur routier belge afin de trouver des solutions aux thèmes actuels et aux défis sociétaux. Nous développons des services qui répondent aux besoins de nos clients et visons à fournir des recommandations pragmatiques et réalistes.

Quel a été votre parcours avant d’arriver à ce poste et pourquoi rejoindre le CRR ? Après avoir travaillé environ huit ans dans le secteur privé, j'ai rejoint l'AWV (Agentschap Wegen en Verkeer) en 2007 en tant que cheffe de projet en charge d’une partie du Brabant flamand. Cela a été une première immersion dans le monde fascinant des infrastructures. En 2010, j’ai rejoint le conseil d’administration de l’AWV, en tant que première femme de l’histoire, et j’ai d’abord dirigé un département d’expertise, puis, à partir de 2015, le département des routes et de la circulation d’Anvers. Une période passionnante, car à Anvers, de nombreux grands chantiers routiers sont en cours et d’autres sont encore prévus. J’y dirigeais une équipe solide et nous travaillions sur de beaux projets. Mais après 17 ans chez AWV, j’avais envie d’un nouveau défi. Et je l’ai trouvé au CRR.

Vous voulez donner un nouvel élan au CRR qui est un acteur assez méconnu, voire caché. Pourquoi ? Comment changer cela ? J'ai rapidement constaté que le CRR avait une image quelque peu « poussiéreuse ». Les connaissances et l'expertise étaient reconnues, mais elles n'étaient pas assez mises en avant, et l'organisation manquait de proactivité. J'ai donc entamé, avec mon Technical Director, Alain Leuridan, une série de rencontres avec nos principaux membres afin d'écouter leurs besoins et leurs attentes. Il est apparu que nous devions miser fortement sur l’information et la communication. Écouter nos membres, mais aussi leur expliquer ce que nous faisons. La demande pour les cours d’hiver était forte et je suis donc ravie que nous avons pu les organiser l’hiver dernier, chez nous à Sterrebeek. Nous organisons désormais également des

« Une des grandes décisions a été d'opter pour un nouveau positionnement qui sera beaucoup plus orienté clients. »

EVA VAN DEN BOSSCHE

formations en collaboration avec Embuild dans différentes sections provinciales, afin d’être plus proches de nos membres. Notre site web vient aussi d’être refait.

Vous avez un plan concret pour 2026 et un plan pluriannuel pour 2026-2030. Quelles sont les ambitions ?

Depuis mon arrivée comme directrice générale, l’équipe de management a été repensée. Une nouvelle organisation, structurée depuis début 2025, a été mise en place. Nous avons complètement repensé notre stratégie pour les cinq prochaines années. Au travers de panels, nous avons consulté nos membres et nos stakeholders. Il en résulte plusieurs évolutions et pistes d’amélioration. Une des grandes décisions a été d'opter pour un nouveau positionnement qui sera beaucoup plus orienté clients. Une mission, une vision, et une ambition ont également été rédigées pour coller aux besoins du secteur et de nos membres. L’exercice stratégique portait aussi sur l’identification de nos piliers et objectifs et de nos valeurs d’organisation.

Notre plan est très ambitieux, mais il est fondamental que notre organisation puisse répondre aux défis actuels et à venir. Nous souhaitons être l'organisme de référence auquel le secteur belge de la construction routière peut faire appel. Nous endossons le rôle de guide, osons identifier les risques et adoptons des positions étayées sur des arguments fondés concernant les questions existantes et nouvelles.

La collaboration avec l’ensemble des membres, le secteur et une bonne communication seront essentielles pour arriver à concrétiser ce plan. Comment y arriver ?

En effet, vous mentionnez les trois éléments clés pour la réussite de notre plan stratégique. Un style de communication et des nouveaux outils de communication seront aussi développés et renforcés. Et enfin un changement d’attitude : d’une position réactive vers une position pro-active.

On voit beaucoup de travaux routiers dans notre pays. Ils sont capitaux pour le maintien de nos infrastructures en état.

Le mauvais état de notre réseau routier s’explique par différents éléments. Une grande partie de ce réseau date des années d’après-guerre. Les autoroutes belges ont été

construites dans les années 60 et 70. Elles nécessitent donc une rénovation. De plus, le trafic routier s’est fortement intensifié depuis les 20 dernières années. Les types de transport ont été modifiés, avec comme exemple, le développement des voitures électriques qui sont plus lourdes et donc impactent davantage le réseau routier.

Quelles sont les nouveautés en matière de résilience climatique, innovation, digitalisation… ?

L'un des défis auxquels notre infrastructure routière est confrontée face au changement climatique est le problème de l'eau : inondations, pluies torrentielles…

En collaboration avec nos partenaires, nous contribuons à la recherche d'un bon équilibre entre captage et stockage, infiltration et évacuation des eaux pluviales. Et pour la mise en œuvre et l'entretien, nous recherchons des solutions pratiques et adaptées que les gestionnaires peuvent mettre en œuvre. Le CRR a déjà développé plusieurs outils numériques à ce sujet.

Les nouvelles technologies et l'IA nous offrent encore plus de possibilités pour développer des outils immédiatement et concrètement utilisables. Nous investissons dans ce type de systèmes et pouvons aussi jouer un rôle d'intermédiaire dans leur développement par des tiers, grâce à notre connaissance approfondie du secteur et de tous ses acteurs.

Avez-vous une forte demande de formations par rapport à tous ces sujets ? Que proposez-vous ?

Notre programme de 120 formations, dispensées par la Belgian Road Academy (BRAc), couvre en partie ces sujets. Nous devons encore renforcer notre offre liée à ces thématiques. Nous y travaillons pour présenter des formats plus accessibles, pratiques, et surtout qui correspondent aux besoins des acteurs de la construction routière. L’utilisation de l’intelligence artificielle nous y aidera.

Un dernier mot pour conclure.

Le CRR contribue à un secteur routier innovant, dynamique et solide. Dans un monde en constante évolution, nous œuvrons, avec le secteur routier belge, à mettre en place des infrastructures qui répondent aux attentes de tous les utilisateurs.

Isolation par l’intérieur des façades : pourquoi un examen préliminaire minutieux est essentiel

L’isolation par l’intérieur des façades existantes constitue une solution efficace pour assurer une faible consommation d’énergie et un confort optimal. Toutefois, si elle est mal mise en œuvre, cette intervention peut engendrer des problèmes d’humidité ou d’autres dommages. Un examen préliminaire bien mené permettra de déterminer si la façade est adaptée ou si des mesures complémentaires sont à prévoir.

Examen préliminaire : essentiel pour une isolation par l’intérieur durable

L’isolation par l’intérieur comporte des risques spécifiques. L’ajout d’un isolant du côté intérieur rend en effet le mur existant plus froid pendant la majeure partie de l’année et ralentit son séchage. Ainsi, si le bâtiment présente déjà des problèmes d’humidité (humidité ascensionnelle, infiltration d’eau due à une gouttière défectueuse, infiltration au

1. Intensité des pluies battantes en fonction de l’orientation de la façade.

travers de la façade, etc.), ceux-ci risquent de s’aggraver. Les problèmes existants devraient donc toujours être résolus au préalable.

Fig

Par ailleurs, dans certaines situations, de nouveaux problèmes peuvent apparaître. Prenons l’exemple des poutres de plancher en bois encastrées dans la façade. Avant l’isolation, elles se trouvaient peut-être dans une zone sèche. Cependant, comme la façade sèche plus lentement, cette partie pourrait devenir plus humide, favorisant le pourrissement des poutres.

Exposition

à la pluie : un facteur déterminant

La quantité d’eau reçue dépend surtout de l’orientation de la façade (voir figure 1). Certains types de façades (façades en béton coulé, murs creux, p. ex.) ou certaines finitions extérieures (enduits, p. ex.) peuvent apporter une protection contre la pluie. Les façades fortement exposées doivent faire l’objet d’une attention particulière lors de l’examen préliminaire.

Les points les plus importants à vérifier et les mesures à envisager sont présentés dans le tableau A.

Tableau A : Éléments à contrôler durant l’examen préliminaire et mesures recommandées.

Résumé d’un article paru en p. 24-25 du Buildwise Magazine 2025/05 (septembreoctobre). Seul l’article original de Buildwise peut être cité en référence.

Nouvelle NIT sur l’isolation par l’intérieur

La nouvelle Note d’information technique de Buildwise (NIT 300) porte sur l’isolation par l’intérieur de façades existantes en brique et en béton d’une hauteur maximale de 25 mètres. Cette technique améliore l’efficacité énergétique des bâtiments ainsi que le confort thermique et acoustique des habitants.

Bien que l’isolation par l’extérieur soit généralement recommandée, la NIT 300 considère l’isolation par l’intérieur comme intéressante lorsqu’il est impossible ou interdit de modifier l’aspect de la façade. Cette technique optimise le confort thermique en hiver, mais diminue l’inertie thermique du bâtiment.

Examen préliminaire

Avant une isolation par l’intérieur, il y a lieu de vérifier si la façade présente des dommages et d’en identifier la cause (humidité ascensionnelle, p. ex.). Il convient aussi de déterminer l’exposition aux pluies battantes, de contrôler la résistance au gel de la maçonnerie, de détecter la présence de matériaux fermés à la diffusion de vapeur (peintures extérieures, p. ex.) et d’inspecter les éléments en bois ou en métal encastrés dans la façade (solives, linteaux). Le risque de pourrissement ou de corrosion de ces matériaux peut en effet augmenter après l’isolation par l’intérieur.

Types de systèmes

En fonction du mode de fixation, la NIT 300 distingue :

● les systèmes à ossature, où l’isolant est placé entre les éléments d’une ossature en bois ou en métal, tandis qu’une membrane ou un panneau assure l’étanchéité à l’air

● les systèmes sans ossature, où l’isolant est fixé au mur à l’aide d’un produit de collage et/ou de fixations mécaniques, tandis que l’étanchéité à l’air est généralement assurée par un enduit.

Sur le plan hygrothermique, la NIT distingue :

● les systèmes fermés à la diffusion de vapeur, qui empêchent la migration de vapeur dans la façade

● les systèmes hygroscopiques ouverts à la diffusion de vapeur, qui laissent circuler la vapeur, mais l’absorbent grâce à aux caractéristiques hygroscopiques de l’isolant.

Quel système choisir ?

Le choix d’un système d’isolation par l’intérieur dépend de plusieurs critères. La NIT 300 se focalise sur les critères techniques, comme l’état du support, la capacité portante du système d’isolation, l’espace disponible et le respect de l’environnement. Sur ce dernier point, même en tenant compte de l’impact lié à la fabrication et au transport des matériaux, l’isolation par l’intérieur réduit fortement l’impact environnemental des bâtiments en réduisant les pertes de chaleur à travers les façades. La NIT 300 envisage aussi les matériaux biosourcés issus de matériaux recyclés ou de sous-produits agricoles. Elle souligne que ‘biosourcé’ n’est pas synonyme de faible impact sur tout le cycle de vie du bâtiment.

Fig. 1 Techniques de postisolation des façades.

Conception hygrothermique

La conception hygrothermique vise à définir les critères applicables aux composants du système d’isolation par l’intérieur en vue d’atteindre les performances thermiques souhaitées sans provoquer de dommages (condensation, p. ex.). Elle consiste à déterminer l’épaisseur d’isolant requise, la charge de pluie battante (négligeable, faible, élevée), la classe de climat intérieur et la conception hygrothermique à partir des trois facteurs précités.

La NIT 300 présente aussi des tableaux

de dimensionnement des différents systèmes d’isolation par l’intérieur.

Détails constructifs

Les détails constructifs ont une forte influence sur les performances thermiques d’une isolation par l’intérieur. Une mauvaise conception peut conduire à une baisse de température de surface, pouvant entraîner la condensation ou le développement de moisissures. Le traitement des détails constructifs peut toutefois poser des difficultés (travaux supplémentaires, contraintes d’espace), c’est pourquoi la NIT 300 propose une approche pragmatique, à savoir isoler certains détails de manière moins optimale, mais réalisable. Cette approche est plus efficace que l’absence d’isolation.

Contrôle et entretien

Le contrôle de l’exécution est important : étanchéité à l’air, défauts d’isolation (affaissements p. ex.), performances thermiques. Les occupants doivent entretenir le système d’isolation par l’intérieur, ce qui passe par la gestion du climat intérieur, la préservation de l’étanchéité à l’air, la prise en compte des caractéristiques du système d’isolation et le contrôle régulier du bâtiment.

Isolation sans ossature, par collage au mur de blocs en béton cellulaire ultralégers. (Photo : © Xella)

La façade avant du Palais de Justice de Bruxelles restaurée dans sa grandeur d’antan

Le Palais de Justice de Bruxelles a été érigé entre 1866 et 1883, mais il est entouré d’échafaudages depuis environ 40 ans. La restauration de ce bâtiment colossal (plus grand encore que la basilique Saint-Pierre au Vatican) représente donc une tâche immense. Aujourd’hui, il est sérieusement question de lui redonner sa grandeur d’autrefois, tout en l’adaptant aux exigences modernes de la justice. Fin 2023, la première phase de restauration a débuté et elle devrait être achevée d’ici les vacances d’été 2026. Cette restauration est réalisée par la société momentanée Artes Woudenberg-Artes Roegiers.

JAN DE MOOR , directeur général d’Artes Woudenberg, présente d’abord son entreprise. « La société Woudenberg a été créée comme une filiale belge de l’entreprise néerlandaise Koninklijke Woudenberg, mais elle s’est ensuite autonomisée avant de faire partie d’Artes Group. Le gérant de l’époque, Michel Vancompernolle, m’a préparé, après la reprise par Artes, à diriger et à développer davantage l’entreprise durant une période de transition, après avoir moi-même acquis la passion du métier de la restauration au sein de l’entreprise Denys, qui est encore aujourd’hui active dans la restauration de bâtiments classés. Artes Woudenberg était alors encore une PME principalement active en Flandre occidentale. Entre-temps, nous sommes devenus un acteur important du secteur de la restauration. Nous comptons une centaine d’ouvriers et une quarantained’employés,etnoussommesprincipalement actifs en Flandre ainsi qu’à Bruxelles. ».

Mission de restauration polyvalente

La première phase de la restauration du Palais de Justice, celle de la façade avant côté place Poelaert, a été attribuée à Artes Woudenberg pour un montant de 26,2 millions d’euros (hors TVA). La mission consiste principalement à nettoyer les façades en pierre naturelle, restaurer les joints, et rétablir la stabilité des trois grands portiques de la façade avant. La priorité est donnée à la conservation maximale des ma-

« Après tant d’années de manque d’entretien, quelque

10.000 pierres doivent aujourd’hui être remplacées. »

tériaux existants. Néanmoins, il s’est avéré nécessaire de remplacer environ 500 m³ de pierre naturelle rien que pour la façade avant.

Par ailleurs, Artes Woudenberg doit restaurer les menuiseries existantes, en y intégrant des composants de sécurité modernes ainsi qu’un nouveau vitrage isolant. L’entreprise restaure également la structure de la toiture et les toitures en zinc au-dessus des péristyles, ainsi que plus de 10.000 m² de plafonds et de murs en plâtre décoré de ces péristyles.

Les sols et les escaliers en pierre naturelle font également l’objet d’une restauration minutieuse. Entre-temps, Artes Woudenberg a aussi remis en état l’échafaudage autour de l’immense coupole du bâtiment, que l’entreprise Artes avait, elle-même, construite il y a plus de 40 ans, ouvrant ainsi la voie aux phases suivantes de restauration. Enfin, Artes Woudenberg réaménagera la cour d’honneur devant le Palais de Justice, avec l’installation de nouvelles grilles inspirées du modèle historique. Cette énumération montre déjà clairement la diversité des travaux compris dans cette première phase de restauration.

Remplacement de 10.000 pierres

Les travaux comportent un certain nombre de défis particuliers. « Dans le passé, des réparations ponctuelles ont régulièrement été effectuées ici et là, mais une restauration en profondeur a fait défaut pendant 40 ans. Après tant d’années de manque d’entretien, quelque 10.000 pierres doivent aujourd’hui être remplacées. Le bâtiment est construit en pierre bleue (provenant de Belgique) et en pierre blanche (issue plus précisément de sept types de pierre différents provenant de France). Pour leur remplacement, nous utilisons des pierres que nous devons aller chercher dans les carrières d’origine », explique Jan De Moor. « Un deuxième défi est que la façade principale du Palais de Justice, à l’image d’un temple grec à l’époque, est constituée d’une structure compacte de très grands blocs. Mais lors de la restauration, nous ne les réempilons pas. Nous devons retirer avec soin les pierres à remplacer, insérer ensuite les nouvelles, tout en maintenant l’équilibre de l’ensemble. Cela nécessite le recours à des techniques d’étaiement particulières. Le plus grand problème n’est pas la stabilité après les travaux, mais bien de pouvoir garantir la stabilité pen-

La partie déjà restaurée de la façade avant.
La vue sur le péristyle.

dant les travaux. Un troisième défi était d’ordre logistique. L’acheminement des nombreuses livraisons, comme la pierre naturelle et d’autres matériaux de construction, la gestion des déchets ainsi que le transport vertical et horizontal sur les échafaudages représentent un travail extrêmement complexe et intensif, et souvent sous-estimé lors de la phase d’appel d’offres. La gestion d’environ 150 professionnels, chacun ayant une tâche spécifique et une place précise sur cette façade immense, s’est également révélée être un défi de taille. »

Processus à forte intensité de main-d’œuvre

On se plaint souvent du coût élevé des travaux de restauration, mais Jan De Moor nuance cette critique. « Sur ce projet, nous devons mobiliser environ 150 ouvriers pendant près de trois ans. La restauration reste un processus très intensif en main-d’œuvre. Il n’est pas possible de simplifier ou d’appliquer des standardisations comme on peut parfois le faire dans une construction neuve. L’enlèvement de pierres doit se faire entièrement à la main, à l’aide d’un marteau et d’un burin. Il est impossible d’utiliser des outils pneumatiques en raison du risque de fissuration des pierres adjacentes. De plus, une restauration est souvent confrontée à des imprévus. Les frontons très saillants, par exemple, se sont révélés tellement endommagés par les infiltrations d’eau qu’ils ont dû être entièrement étayés, ancrés et reconstruits. C’est surtout dans ces zones qu’il a fallu remplacer beaucoup de pierres naturelles. »

Robotisation et digitalisation

Malgré ces tâches très précises à réaliser manuellement, Artes Woudenberg fait néanmoins appel aux techniques de construction les plus modernes pour la restauration du bâtiment, notamment pour la fabrication de nouvelles pierres à l’aide de leur robot Roberto. Sa programmation se déroule aujourd’hui beaucoup plus vite qu’auparavant. Malgré cela, la dernière étape de la finition nécessite toujours le travail manuel d’un tailleur de pierre expérimenté.

Par ailleurs, Artes Woudenberg a eu recours au BIM à une échelle jamais atteinte auparavant dans un projet de ce type. Artes Group a d’ailleurs remporté le Belgian BIM Award en 2024 à ce sujet. Artes Woudenberg a pu s’appuyer pour cela sur la cellule BIM d’Artes Roegiers. « Le concepteur avait fait scanner la façade principale. Sur cette base, nous avons-nous-mêmes créé un « jumeau numérique ». La façade avant est donc entièrement numérisée. Pour chaque pierre, un état complet des dégradations et des réparations est disponible dans le BIM. Et ces informations pourront continuer à être consultées à l’avenir par le maître d’ouvrage. Pour le contrôle de qualité et le suivi (via Aproplan), nous avons également fait appel au savoir-faire d’Artes Group. Mais restaurer signifie souvent improviser. Bien que cette restauration ne relève pas d’un projet Design & Build, il est néanmoins important, pour des raisons d’efficacité, que nous puissions prendre les décisions relatives à l’étaiement et au remplacement directement au sein de la bouwteam, en étroite collaboration avec le maître d’ouvrage et le concepteur », conclut Jan De Moor.

Le fronton fortement dégradé avant la restauration.

fronton après restauration.

« La gestion d’environ 150 professionnels, chacun ayant une tâche spécifique et une place précise sur cette façade immense, s’est également révélée être un défi de taille. »

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Le pavé en terre cuite Passaqua de Wienerberger : testé et approuvé

Après un test concluant, Wienerberger confirme la performance durable de son pavé en terre cuite drainant. Les résultats montrent que Passaqua continue de répondre aux normes strictes d’infiltration de l’eau, même après une décennie. C’est ce que révèlent les mesures récentes effectuées par le Centre de Recherches Routières (CRR) sur le parking du Quartier Durable à Waregem. Le CRR a testé le coefficient de perméabilité à deux points de mesure du parking, où les pavés Passaqua avaient été installés en 2015. Passaqua est un pavé en terre cuite étiré avec écarteurs intégrés, créant automatiquement des joints de

Les Demo Days auront lieu les 4,5 et 6 septembre à Boussu

Notez-le déjà dans votre agenda ! La 4 e édition des Demo Days aura lieu les 4,5 et 6 septembre 2026 sur le Terril SaintAntoine, à Boussu (province de Hainaut). Pour rappel, il s’agit d’un événement bisannuel, organisé par l’équipe du salon Matexpo, consacré aux démonstrations et aux essais de machines en état de marche et en état de rouler. Demo Days s’adresse spécifiquement aux utilisateurs professionnels de machines dans différents secteurs : machinistes, opérateurs, responsables d’atelier, acheteurs, directeurs techniques et administrations publiques. En effet, vous pourrez y découvrir les dernières machines, techniques et équipements du secteur de la construction : engins lourds pour la construction routière et génie civil, véhicules de chantier, camions, bennes, accessoires et autres équipements. Des démonstrations et des essais seront aussi organisés en continu sur plus de 100 engins de chantier. Un petit conseil : équipez-vous bien avec des bottes ou des chaussures de sécurité ! Le terrain est très étendu et ne dispose pas de sentiers de randonnée balisés. Le parcours visiteurs fait près de 3 km de long et comporte des pentes sur sol rocheux pouvant atteindre 20 %. Si vous vous inscrivez en ligne, le ticket est gratuit et valable trois jours. Sur place et sans code, l’entrée vous coûtera 25 €.

INFO : www.demodays2026.be

6 mm de largeur lors de la pose. L’eau de pluie peut ainsi s’infiltrer à travers ces joints jusqu’à la fondation adaptée, puis dans le sol. La surface des joints représente plus de 10 % de la surface totale, répondant à l’exigence minimale pour un revêtement considéré comme drainant. Cette solution intelligente offre un triple avantage : durabilité, esthétique et écologie. Les joints drainants permettent un écoulement rapide de l’eau, réduisant le risque de prolifération d’algues, mousses ou mauvaises herbes. L’eau de pluie s’infiltre sur place dans le sol, ce qui aide à maintenir le niveau des nappes phréatiques et réduire le risque d’inondations.

Passaqua est disponible en neuf couleurs et deux hauteurs (60 et 80 mm), et se décline en version non vieillie et en version Retro vieillie. Ces pavés en terre cuite conviennent pour l’aménagement d’allées de jardin, terrasses, allées d’accès, parkings et espaces publics.

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Valérie Beaumont est la nouvelle directrice générale de Prométhéa

Prométhéa, l’asbl qui a pour mission le développement du mécénat d’entreprise dans le domaine de la Culture et du Patrimoine, annonce la nomination de Valérie Beaumont au poste de directrice générale. Diplômée d’un master en Sciences économiques appliquées (UAntwerp), trilingue et forte d’une expérience à la croisée des secteurs privé, culturel et associatif, Valérie Beaumont mettra son expertise au service d’une ambition claire : accroître le réseau des mécènes et les mobiliser davantage autour de projets culturels à fort impact sociétal. Pour ce faire, elle pourra s’appuyer sur le partenariat existant entre Prométhéa et les pouvoirs

publics (Fédération Wallonie-Bruxelles, Région bruxelloise, COCOF et Région wallonne). Ce partenariat public-privé est un modèle qui entend faire grandir le réseau de mécènes pour la culture et le patrimoine. Dans cette optique, le partenariat fort entre la Loterie Nationale et Prométhéa ouvre également de nouvelles perspectives, notamment vers la Flandre. « La culture n’est pas un luxe », déclare VALÉRIE BEAUMONT, « c’est un levier essentiel de cohésion, de créativité et d’innovation qui renforce la résilience des entreprises. Mon ambition est de transformer ces convictions en actions concrètes, en créant des ponts durables entre le monde économique et le secteur culturel. »

Les nouveaux indices CMK pour 2026 ont été publiés. L’indice CMK2003 s’élève désormais à 150,3 points. Pour les versions plus anciennes, les valeurs suivantes s’appliquent : 174,0 points pour la version CMK93 et 231,7 points pour la version CMK83.

Francis Carnoy, conseiller général d’Embuild qui représente notre fédération au sein de Prométhéa, se réjouit de cette nomination qui permettra à Prométhéa d’élargir le mécénat d’entreprise en Belgique, de

fédérer l’ensemble des parties prenantes autour de projets porteurs de sens et de consolider les partenariats existants, dont beaucoup sont soutenus par des entreprises et des organismes issus de la construction.

Le CMK est un barème relatif au matériel pour les machines de construction et est utilisé pour calculer l’indemnisation sur les frais de matériel. Il permet de déterminer aussi bien les coûts de mise à disposition des machines sur le chantier que l’indemnisation en cas d’arrêt. Les modalités de calcul de l’indemnisation CMK sont no -

tamment fixées, pour les marchés publics, via des circulaires CMK. Embuild met ce barème à disposition. Les membres peuvent aussi obtenir un fichier Excel gratuit pour le calcul de ces coûts. 150,3 POINTS

Fjord, rustique et robuste

La collection Fjord présente un look puissant plein de caractère, avec une texture profonde et révélatrice. Dans cette collection, la puissance de la nature rencontre le dernier cri de la technologie et de l’innovation, grâce au processus d’engobage digital. Une ne couche d’argile (engobe) appliquée sur les briques de parement par procédé digital leur confère une apparence unique. Cette technique avancée permet de créer une nition qui reproduit parfaitement les strates naturelles et les couleurs d’un paysage de fjord. Disponible en 5 couleurs dans le format plus mince Eco-brick, Fjord est un excellent choix en matière de durabilité pour des constructions neuves ou des rénovations.

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