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Embuild Magazine FR septembre 2026

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SEPTEMBRE 2026

Magazine

Le mensuel de l’entrepreneur et de l’installateur Une publication d'Embuild • Avenue des Arts 20, 1000 Bruxelles • Bureau de dépôt Gent X • €6

DIGITAL CONSTRUCTION DAY Inscrivez-vous gratuitement !

DOSSIER :

LA TRANSPOSITION DE LA DIRECTIVE EUROPÉENNE PEB FLEXI-JOBS Une opportunité à encadrer

BUILT TO BUILD Une campagne pour recruter des femmes dans le secteur en Communauté germanophone

@fr.embuild

/fr.embuild

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Vendredi 16 octobre Brussels Gate Mardi 13 octobre 20262026 Brussels Gate

Rencontrez en une seule journée plus de 1.300 professionnels activement à la recherche de solutions digitales pour le secteur la construction. ● Le rendez-vous incontournable pour des de milliers de professionnels

dude secteur de lainnovants finition : menuisiers, poseurs de parquet, peintres, ● Plus 50 acteurs plâtriers, vitriers et carreleurs

● Bénéficiez d’opportunités de networking maximales dans un cadre ● L’occasion de visiter des avec leurs produits inspirant, avecidéale séminaires, démos et fournisseurs moments d’échange informels

et innovations lors d’un seul salon

Le Digital Construction Day, c’est l’endroit idéal qui mets en avant ● Nouvelle formule : en combinaison avec le Belgian Roof Day, vos solutions digitales. donc encore plus de visiteurs www.digitalconstructionday.be

www.journeeduparachevement.be

une initiative une initiative dede

organisation organisation : :


ÉDITO

Investir dès maintenant pour demain

C

’est la rentrée. Une nouvelle année de travail se profile. Pour Embuild, c’est le moment idéal de se tourner vers l’avenir, mais aussi faire clairement savoir ce dont notre secteur de la construction et de l’installation a besoin aujourd’hui. Allons droit au but : notre secteur traverse une période difficile. La construction résidentielle reste fortement sous pression, le nombre de permis diminue et même le secteur des infrastructures est désormais touché par cette morosité. Notre message à tous les pouvoirs publics est clair : augmentez rapidement et significativement les investissements dans la construction et les infrastructures, car les besoins sont importants. Nous devons effectivement rénover nos logements, nos établissements de soins, nos routes, nos voies navigables et nos infrastructures énergétiques, afin de faire face au vieillissement de la population et au changement climatique. Chaque euro investi dans ces domaines renforce également notre économie et l’emploi, car nos entreprises sont implantées ici et travaillent, dans une large mesure, avec de la main-d’œuvre locale. Lors de l’élaboration du budget fédéral, nous comptons sur des mesures qui redonneront de l’oxygène à notre secteur. La réduction du taux de TVA pour une part significative des constructions neuves constitue à cet égard un levier important. Pour de plus en plus de familles, la construction neuve est devenue financièrement inaccessible, alors que nous avons justement un urgent besoin de logements supplémentaires, de qualité et économes en énergie.

Les Régions et les pouvoirs locaux disposent, quant à eux, d’un autre levier essentiel : les permis d’urbanisme. Aujourd’hui, ceux qui souhaitent construire ou rénover sont encore trop souvent confrontés à de longues procédures, à des règles complexes et à un manque de prévisibilité. Des procédures plus souples, plus rapides et plus prévisibles ne constituent pas un cadeau fait au secteur, mais une condition indispensable pour pouvoir concrétiser nos ambitions en matière de logements, de climat et d’infrastructures. En outre, les mois d’été écoulés ont à nouveau montré que nous devons investir d’urgence pour réduire notre vulnérabilité face au changement climatique. Les vagues de chaleur et les sécheresses mettent soudainement l’ensemble de la société (agriculture, soins de santé, économie, …) sous pression, et ce de différentes manières à la fois. L’eau et l’énergie sont plus précieuses que jamais. Il est donc essentiel de les utiliser de manière économe et intelligente. Cela signifie investir dans des bâtiments économes en énergie, des rénovations durables, une gestion robuste de l’eau et des infrastructures énergétiques résilientes face au changement climatique. Notre secteur est prêt à contribuer à cette transition. Pour y parvenir, nos entreprises ont toutefois besoin de perspectives, d’investissements et d’une politique à long terme qui encourage la construction au lieu de la freiner. Espérons dès lors que cette nouvelle année de travail sera surtout une année durant laquelle nous pourrons construire à et pour l’avenir. Niko Demeester CEO Embuild

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«

Chaque euro investi dans nos logements, nos établissements de soins, nos routes, nos voies navigables et nos infrastructures énergétiques renforce également notre économie et l’emploi.

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SEPTEMBRE 2026

SOMMAIRE

Magazine

Le mensuel de l’entrepreneur et de l’installateur Une publication d'Embuild • Avenue des Arts 20, 1000 Bruxelles • Bureau de dépôt Gent X • €6

DIGITAL CONSTRUCTION DAY Inscrivez-vous gratuitement !

DOSSIER :

LA TRANSPOSITION DE LA DIRECTIVE EUROPÉENNE PEB FLEXI-JOBS Une opportunité à encadrer

BUILT TO BUILD Une campagne pour recruter des femmes dans le secteur en Communauté germanophone

@fr.embuild

/fr.embuild

.embuild.be

embuildBE

3 ● Édito

Investir dès maintenant pour demain.

7 ● Point de vue régional

LA 9E ÉDITION DU SALON DIGITAL CONSTRUCTION DAY : LA GRAND-MESSE DE LA DIGITALISATION DANS LE SECTEUR La 9e édition du salon Digital Construction Day aura lieu le mardi 13 octobre prochain, à Brussels Kart Expo. Organisé par Embuild et Buildwise, ce rendez-vous consacré à la digitalisation dans notre secteur est devenu un moment incontournable pour les professionnels. L’année dernière, il avait attiré pas moins de 1.300 visiteurs et une cinquantaine d’exposants. Nous vous attendons encore nombreux cette année.

Transposition de la Directive PEB : Embuild demande une mise en œuvre réaliste, lisible et surtout cohérente entre les Régions !

ÉVÉNEMENT 8 ● Digital Construction Day Présentation de la 9e édition.

12 ● Centre de formation

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d’excellence sectoriel à Bruxelles Constructiv recherche un entrepreneur pour sa construction.

VOS INTÉRÊTS 14 ● Flexi-jobs

Une opportunité à encadrer.

16 ● Droit du travail

Retour de la période d’essai.

18 ● Droits de donation et de

succession Quel rôle crucial joue la fiscalité dans la transmission d’une entreprise familiale ?

DOSSIER 21 ● Introduction

La transposition de la directive européenne PEB.

22 ● Contexte

Deux ans après l’accord, où en est-on ?

24 ● Embuild Wallonie/UWA

« Renforcer le contrôle de la PEB ne doit pas se faire contre les professionnels, mais avec eux ».

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26 ● Embuild.Brussels/Bruxelles Environnement « Bruxelles a une longueur d’avance en matière de transposition ».

DOSSIER : LA TRANSPOSITION DE LA DIRECTIVE EUROPÉENNE PEB La transposition de la directive européenne sur la performance énergétique des bâtiments est un enjeu majeur pour le secteur de la construction. Parmi ses objectifs prioritaires : des bâtiments neufs zéro émission en 2030, la rénovation des bâtiments existants, l’abandon des énergies fossiles et le développement des énergies renouvelables afin d’atteindre un parc immobilier décarboné en 2050. Qu’ont déjà réalisé nos autorités régionales à ce sujet ? Et que pensent nos entreprises de toutes ces exigences venues de l’Europe ? Réponses dans ce dossier.

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SOMMAIRE

28 ● Embuild Vlaanderen/VEKA

• Une première étape pour mettre en place la directive sur les prestations énergétiques. • Un calcul intégré pour la performance énergétique des bâtiments.

30 ● Entreprises/Témoignages

• « Atteindre cette décarbonation à l’horizon 2050 est nécessaire et challengeant ». • « C’est très bien d’être ambitieux pour la rénovation des logements bruxellois ». • « Nous pouvons encore améliorer la qualité de l'EPC ».

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SECTEURS & MÉTIERS 36 ● Anniversaire Embuild

La parole à Jean Nonet, l’ancien président d’Embuild Wallonie.

« BUILT TO BUILD », UNE CAMPAGNE POUR RECRUTER DES FEMMES DANS LE SECTEUR EN COMMUNAUTÉ ­GERMANOPHONE Pour remédier au problème de pénurie de maind’œuvre qualifiée dans la construction, Embuild Verviers-Ostbelgien et Constructiv ont lancé la campagne « Built to Build », qui vise à convaincre les femmes et jeunes filles à envisager une carrière dans le secteur et mettre en valeur toutes celles qui sont déjà actives sur les chantiers. Dans un premier temps, ce projet est spécifiquement développé pour la Communauté germanophone de Belgique. Il s’étendra ensuite dans le reste de la province de Liège.

38 ● Une page se tourne…

Francis Carnoy, l’ancien directeur général d’Embuild Wallonie, a pris sa retraite.

40 ● Embuild Wallonie/Economie

circulaire Compte-rendu d’un événement dédié au réemploi et au recyclage.

42 ● Built to Build

Une campagne pour recruter des femmes dans le secteur en Communauté germanophone.

44 ● Le Clos des Mariés à Ixelles Un laboratoire pour tester la logistique liée au réemploi sur chantier. 46 ● Projet ReloAD

Que retenir de la phase test sur le chantier Campus 2, à Anderlecht ?

48 ● Fédération Sigma

Les machines de construction : bilan du marché 2025 et perspectives.

52 ● Buildwise

• Ventilation intensive contre la surchauffe. • Distribution d’eau potable dans les bâtiments.

PROJETS & ENTREPRISES 58 ● Projet

58

Galère a inauguré son nouveau siège social conçu pour répondre aux défis climatiques.

60 ● Avantages membres

Votre affiliation se rentabilise.

62 ● Marché de la construction

GALÈRE A INAUGURÉ SON NOUVEAU SIÈGE SOCIAL CONÇU POUR ­RÉPONDRE AUX DÉFIS CLIMATIQUES Fin mai dernier, Galère a inauguré son nouveau siège social à Chaudfontaine, sur le site historique que l’entreprise occupe depuis plus de 30 ans, 1992 très exactement, en bordure d’Ourthe le long de l’autoroute E25. À cette occasion, notre membre a organisé une conférence et une visite de presse pour présenter le projet. Embuild Magazine était présent.

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• Euro-Mat Masterclass 2026 • Velux • Wienerberger

66 ● Marquant

• Karel Derde, nouveau président d’Embuild Connect • Chiffre du mois

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POINT DE VUE RÉGIONAL

Transposition de la Directive PEB : Embuild demande une mise en œuvre réaliste, lisible et surtout cohérente entre les Régions !

L

a transition énergétique du parc immobilier constitue l’un des plus grands défis de notre génération, particulièrement en cette période d’augmentation régulière du coût de l’énergie. La directive européenne sur la performance énergétique des bâtiments, thème du dossier de cette édition, fixe un cap clair : tendre vers un parc immobilier décarboné en 2050. Cette ambition est nécessaire et doit être soutenue, tout en restant pragmatique et adaptée aux réalités économiques et sociales de nos territoires.

Le délai européen de transposition de la Directive a expiré le 29 mai 2026 et les trois Régions doivent désormais avancer rapidement, afin d’offrir de la visibilité aux citoyens, aux entreprises et aux acteurs financiers. L’incertitude réglementaire freine les investissements, complique la préparation des futurs projets et retarde la montée en capacité du secteur, indispensable pour que chaque propriétaire puisse réaliser ses travaux de rénovation dans de bonnes conditions. Aujourd’hui plus que jamais, il est essentiel d’éviter toute surtransposition (« gold-plating »), c’est-à-dire l’ajout d’exigences qui iraient au-delà des obligations européennes, sans justification suffisante. La priorité doit être d’adopter une réglementation robuste, simple à appliquer et conforme aux objectifs européens, sans complexité inutile. Cette simplification passe immanquablement par une meilleure harmonisation entre les trois Régions du pays. Aujourd’hui, les méthodes de calcul divergent entre les trois Régions. La nouvelle directive est une

réelle opportunité pour faire converger les méthodes de calcul et les outils de la PEB. Dans le contexte budgétaire actuel, développer trois logiciels différents pour la PEB en Belgique serait un non-sens total et viendrait complexifier inutilement le travail de tous les professionnels. La réussite de la transition énergétique dépendra également de la capacité des pouvoirs publics à accompagner les citoyens. La rénovation énergétique représente souvent un investissement très important. Les dispositifs d’aide financière et l’accompagnement doivent être renforcés et simplifiés, afin de permettre au plus grand nombre d’engager des travaux ambitieux. Sans soutien adapté, les objectifs fixés aux horizons 2030 et 2050 risquent de rester théoriques. La réussite de la transposition de la Directive PEB reposera donc sur un équilibre subtil entre ambition climatique et réalisme économique et social. La priorité doit être donnée à une réelle simplification réglementaire et à l’harmonisation interrégionale des outils, dans un objectif global de préservation de l’accessibilité financière du ­logement. C’est seulement à ces conditions que la transition énergétique des bâtiments pourra devenir un projet collectif capable de fédérer durablement tant les citoyens, que les entreprises. En tant que fédération, nous sommes à leur côté pour relever ce défi. Hugues Kempeneers Directeur général Embuild Wallonie Laurent Schiltz Secrétaire général Embuild.Brussels

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priorité « Ladoit être

d’adopter une réglementation robuste, simple à appliquer et conforme aux objectifs européens, sans complexité inutile.

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ÉVÉNEMENT

La 9 édition du salon Digital Construction Day : e

la grand-messe de la digitalisation dans le secteur La 9e édition du salon Digital Construction Day aura lieu le mardi 13 octobre prochain, à Brussels Kart Expo. Organisé par Embuild et Buildwise, ce rendezvous consacré à la digitalisation dans notre secteur est devenu un moment incontournable pour les professionnels. L’année dernière, il avait attiré pas moins de 1.300 visiteurs et une cinquantaine d’exposants. Nous vous attendons encore nombreux cette année.

C

’est un fait. À l’heure actuelle, qu’on le veuille ou non, on ne peut plus se passer d’outils numériques. Et notre secteur n’échappe pas à la règle. La digitalisation n’est plus une vision d’avenir lointaine. Elle est devenue un levier incontournable pour travailler plus efficacement, mieux collaborer, accroître la productivité et améliorer la rentabilité. Des avantages intéressants, aussi bien sur chantier que dans les bureaux de votre entreprise, n’est-ce pas ? Embuild souhaite que tous ses membres soient conscients de cette plus-value des nouvelles technologies. Votre fédération professionnelle met donc toute son énergie pour mettre sur pied depuis presque dix ans déjà le salon Digital Construction Day, autrefois appelé Digital Construction Brussels.

Intelligence artificielle Cette année encore, les visiteurs auront l’occasion de découvrir les dernières évolutions numériques, d’échanger leurs expériences avec des confrères et de rencontrer des experts qui contribuent, chaque jour, à construire le chantier de demain. Parmi les thématiques abordées, on peut citer les devis et la facturation électronique, la planification et le suivi des chantiers dont le BIM, les solutions ERP et de gestion, la cybersécurité et les sauvegardes de

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ÉVÉNEMENT

« Le point fort du salon est son éventail de sessions d’information, tant en français qu’en néerlandais.

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données, les technologies utiles sur le chantier telles que les caméras 360° et le scan 3D et enfin un thème de plus en plus incontournable, l’intelligence artificielle (IA). Au sujet de cette dernière thématique, sur le stand d’Embuild, nous mettrons l’accent sur EMMA, notre outil d’intelligence artificielle développé sur notre site internet, qui répond à vos questions ou/et vous oriente vers un expert de la thématique abordée. Buildwise en fera de même avec TOOLI, également un outil d’IA lancé par le secteur. Les participants découvriront également comment l’intelligence artificielle trouve progressivement sa place sur les chantiers grâce au projet COOCK AIDA. Concernant la thématique du BIM, le trophée BIMup sera à nouveau mis à l’honneur à travers une campagne visant à valoriser les projets BIM les plus inspirants.

Sessions d’information courtes Le point fort du salon est son éventail de sessions d’information, tant en français qu’en néerlandais. Ces sessions d’information, animées par les organisateurs du salon

et de nombreux exposants/fournisseurs, ont l’avantage d’être courtes (jamais plus d’une demi-heure) et didactiques. Embuild présentera notamment le projet innovant Data2Totem, qui met les données au service de la durabilité des bâtiments.

Espace innovation L’un des temps forts de cette édition sera sans aucun doute l’espace innovation de Buildwise. Les visiteurs pourront y découvrir de près plusieurs robots de construction innovants provenant de Belgique et de l’étranger. Ces technologies de pointe illustrent l’essor de la robotisation sur les chantiers et montrent comment elle peut soutenir les entreprises dans l’exécution de tâches répétitives, pénibles ou nécessitant une grande précision. Des systèmes autonomes aux robots intelligents capables d’améliorer la productivité, ces démonstrations offriront un aperçu concret du chantier du futur. Toutes ces thématiques et présentations au sujet de la digitalisation dans le secteur vous intéressent, mais vous êtes perdu face à la masse d’informations et la quantité d’outils numériques disponibles ? Rassurez-vous, c’est normal. Nos entités régionales seront d’ailleurs aussi sur place pour vous présenter l’accompagnement personnalisé gratuit qu’elles peuvent vous proposer. Cet entretien permet aux entrepreneurs d’évaluer leur niveau actuel de maturité numérique et d’identifier les prochaines étapes à mettre en œuvre pour progresser.

Offre de restauration gratuite

INFO : L’inscription se fait sur DIGITALCONSTRUCTIONDAY.BE.

L’inscription préalable via le site web est obligatoire. Après votre inscription, vous recevrez par e-mail un e-ticket personnel avec un QR code. Apportez ce ticket imprimé ou présentez le code-barres directement depuis votre smartphone pour le scan.

COMMENT VISITER LE SALON ET S’INSCRIRE ? arrow_right_roundel Le salon se tiendra à Brussels Kart Expo, Alfons Gossetlaan 9, 1702 Grand-Bigard. arrow_right_roundel Le parking coûte 10 €, aussi bien pour les visiteurs que pour les exposants. Le paiement peut se faire en espèces ou par carte bancaire. arrow_right_roundel La gare de Grand-Bigard n’est pas loin de Brussels Kart Expo, et des bus s’arrêtent également à proximité du salon.

EMBUILD MAGAZINE • 09|2026

Vous l’aurez compris, que vous soyez déjà engagé dans votre transformation numérique ou que vous envisagiez vos premiers pas, le Digital Construction Day vous apportera inspiration, séances d’information, solutions concrètes et démonstrations en direct. L’événement réunira entrepreneurs, chefs de projet, conducteurs de chantier, responsables IT et partenaires technologiques autour d’un objectif commun : préparer le secteur aux défis de demain. Le salon est donc également un moment idéal de réseautage. De plus, les visiteurs pourront profiter d’une offre de restauration gratuite tout au long de l’événement. Nous sommes déjà impatients de vous accueillir le mardi 13 octobre. Notez d’ores et déjà bien la date dans votre agenda !

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Mardi 13 octobre 2026

Brussels Gate

Rencontrez en une seule journée plus de 1.300 professionnels activement à la recherche de solutions digitales pour le secteur de la construction. ● Plus de 50 acteurs innovants ● Bénéficiez d’opportunités de networking maximales dans un cadre inspirant, avec séminaires, démos et moments d’échange informels Le Digital Construction Day, c’est l’endroit idéal qui mets en avant vos solutions digitales. www.digitalconstructionday.be

une initiative de

organisation :


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en collaboration avec

l’initiative de

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BIMBOTS

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LEAN INTERACTIONS

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ON IT BELGIUM

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CALLISTA (ODOO BUILDEASE)

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BOTIQUE

OPENSPACE

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ALISTAR (GMI)

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BUILDWISE

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LET’S BUILD APROPLAN

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30 pers.

SEM 6

BUILDWISE

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SEM 2 40 pers.

ASTENA

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VIVALDIS INTERIM

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COM- NIALLI CROSS

BUILDBUILD SARL

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SCOPR GREYN MARKET

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ENTRANCE

PLAN DU SALON


PU BLIREPORTAGE

Nous recherchons : un entrepreneur pour la construction du centre de formation d'excellende sectoriel à Bruxelles

Constructiv, le Fonds de sécurité d’existence (au service) du secteur de la construction, construit un centre de formation state-ofthe-art à Bruxelles (Berchem-Sainte-Agathe) Apportez votre pierre à l’édifice de la construction ! 1 Description des travaux Constructiv souhaite construire un centre de formation d’excellence sectoriel pour le secteur de la construction à la rue de Grand Bigard, 500 à 1082 Berchem-Sainte-Agathe et lance, dans ce cadre, un appel à candidatures pour l’exécution des travaux. Le marché se rapporte à la phase 1 du développement du centre de formation et consiste : • en la construction d'un bâtiment emblématique abritant principalement des espaces de formations et des bureaux (immeuble ‘A’ : ± 2.200 m²) ; • en la rénovation complète et

en la transformation des lots ‘B’ (± 1.100 m²) et ‘C’ (± 850 m²) en espaces consacrés aux formations pratiques à la pointe de la technologie. Les bâtiments ‘D’ (± 2.100 m²) et ‘E (± 2.200 m²) seront également rénovés et transformés au cours de la phase 2, avec le soutien de Beliris. La phase 2 ne fait pas partie de cet appel à candidatures. Les entrepreneurs désireux de poser leur candidature doivent répondre aux conditions décrites au point 3. La sélection des entrepreneurs répondant au cahier des charges s'appuie sur les critères de sélection repris au point 4. Les candidats sélectionnés peuvent

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demander les cahiers des charges à l’architecte. Ces cahiers des charges contiennent une description détaillée des travaux ainsi que les critères d'attribution.

2 Procédure •

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Les candidatures doivent être soumises par e-mail à ­Bruno Vandenwijngaert, CEO Constructiv, avant le 1er ­octobre 2026. Les cahiers des charges seront disponibles à partir du 30 octobre 2026 uniquement pour les candidats sélectionnés. Les devis doivent être remis au plus tard le 11 décembre 2026, en


PU BLIREPORTAGE

ADRESSES ET INFORMATIONS UTILES : • Maître d'ouvrage : Constructiv, fse, rue royale 132 bte 1, 1000 Bruxelles • Personnes de contact :

deux exemplaires, à l'accueil, dans une enveloppe scellée, à l'attention de Bruno Vandenwijngaert, CEO Constructiv.

3 Conditions de candidature a) Jouir d'une agréation en catégorie D, classe 8, et obtenue avant 2016. b) Être en possession d'un certificat VCA ou d'un système de gestion SSE garanti. Les chiffres des accidents des 3 dernières années doivent se situer en-dessous de la moyenne sectorielle. Être en règle avec les obligations relatives aux formations de sécurité de base, conformément à l'arrêté royal et à la convention collective de travail. c) Exploiter l’offre de formation de Constructiv. d) Être en règle avec les obligations de paiement des impôts directs et indirects, des cotisations de sécurité sociale et des cotisations à Constructiv. e) Respecter à la lettre le droit de l’environnement, le droit social et le droit du travail.

Bob Van Poppel, Président du Comité de construction et Bruno Vandenwijngaert, CEO Constructiv, e-mail : bruno.vandenwijngaert@constructiv.be

• Architecte : Bureau d’architectes Fast Forward Architects & Engineers Personne de contact : Wim Tielemans, e-mail : Wim.Tielemans@fastforwardarchitects.eu

• Étude des techniques : Bureau d’architectes Fast Forward Architects & Engineers Personne de contact : Mohamed  Chelouche, e-mail : mohamed.chelouche@ fastforwardarchitects.eu

• Ingénieur en stabilité : WOW Engineering, BOW-Brussels office, Chaussée de Mons 95, 1070 Anderlecht. Coordonnées : contact@wow-engineering.com

4 Importance relative des critères de sélection des candidats

f) Témoigner de qualifications professionnelles probantes chez les cadres et les personnes chargées de l'exécution du marché. Être en mesure de fournir au moins cinq témoignages de la bonne exécution de travaux comparables. g) Seuls des sous-traitants du premier degré peuvent être désignés. Ils doivent être déclarés lors de l'inscription, satisfaire aux conditions b) à f) inclus et disposer d'une agréation dans la (sous-)catégorie et la classe requises. h) Références démontrables, avec une attention particulière portée à la durabilité, à la circularité et à l’innovation, résumées sur une page A4 maximum.

• • • • •

Les bâtiments situés à la rue de Grand Bigard, 500, qui font l’objet de ce marché, peuvent être visités sur rendez-vous. Pour ce faire, contactez ludwig.geelen@constructiv.be

APERÇU DES PHASES DU PROJET

EMBUILD MAGAZINE • 09|2026

Sécurité : 25 % Culture de formation : 25 % Compétences techniques et professionnelles : 20 % Références: 15 % Part de l'entreprise dans l'exécution des travaux / part des sous-traitants : 15 %

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VOS INTÉRÊTS

Les flexi-jobs dans la construction : une opportunité à encadrer Depuis le 1er juillet 2026, le régime des flexi-jobs est ouvert à tous les secteurs en Belgique, y compris celui de la construction. Pour les travailleurs, cette évolution ouvre de nouvelles possibilités de revenus complémentaires. Pour les entrepreneurs, il s’agit d’une opportunité de flexibilité qui s’accompagne néanmoins de conditions spécifiques que nous décrivons dans cet article.

U

n flexi-job est une forme d’emploi flexible qui permet à une personne (flexi-travailleur), qui travaille déjà au moins à 4/5e chez un autre employeur depuis un certain temps, ou qui est pensionnée, d’exercer une activité complémentaire tout en bénéficiant d’un revenu (flexi-salaire) soumis à un traitement fiscal et social avantageux. Jusqu’à un certain plafond de revenus : le brut équivaut au net. Quant à l’employeur, il ne paie qu’une cotisation patronale spéciale de 28 %.

Limitations dans le secteur Dans le secteur de la construction, les partenaires sociaux ont conclu un accord visant à limiter l’occupation sous contrat flexi-job en tant qu’ouvrier pour l’exécution, sur un chantier, de travaux pour lesquels l’employeur est tenu de dispenser une formation de base en sécurité. Pour ces activités, seuls les pensionnés qui étaient auparavant actifs sur des chantiers en tant qu’ouvriers ou indépendants peuvent être engagés sous contrat flexi-job, pour autant qu’ils remplissent certaines conditions d’expérience récente (5 ans au cours des 10 dernières années). Pour toutes les autres activités, les entreprises de construction peuvent conclure des contrats flexi-job avec toute personne autorisée à exercer un flexi-job.

leurs qui travaillent également ailleurs n’est en effet pas évident, et ce pas uniquement pour des raisons de sécurité. Embuild souhaitait également que les possibilités offertes par ce régime de flexibilité ne soient pas compromises pour les activités et les personnes pour lesquelles ce statut est certainement approprié. C’est pourquoi un compromis a été trouvé consistant à limiter les flexi-jobs pour les activités pour lesquelles une formation de base en sécurité est requise et d’ouvrir pleinement les flexi-jobs aux autres activités. Les partenaires sociaux évalueront, en mai 2027, le régime des flexi-jobs dans le secteur en vue de la prolongation ou de l’adaptation de ces accords.

Flexi-salaire Le flexi-salaire doit respecter les barèmes sectoriels pour l’emploi occupé par le flexi-travailleur et ne peut pas dépasser 150 % du salaire de base minimum. Cette limite ne s’applique pas à l’ensemble du flexi-salaire, mais seulement à la rémunération de base. Les indemnités, primes et avantages octroyés par des dispositions légales ou réglementaires ou des conventions collectives de travail en sont exclus, tandis que les avantages individuels restent soumis au plafond de 150 %. Le flexi-travailleur a également droit à un pécule de vacances s’élevant à 7,67 % du flexi-salaire.

Accord avec les syndicats

Traitement social et fiscal

Pour Embuild, il était important de parvenir à un accord avec les syndicats concernant l’encadrement des flexi-jobs dans le secteur. Recourir sur les chantiers à des flexi-travail-

Le flexi-travailleur non pensionné ne paie pas de cotisations sociales personnelles. Ses revenus restent exonérés d’impôt jusqu’à un plafond annuel indexé de 18.440 euros (revenus

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MARCHÉ DU TRAVAIL

INFO : Des questions ? N’hésitez pas à consulter notre FAQ sur notre site internet WWW.EMBUILD.BE. Vous y trouverez aussi des modèles de documents.

2026). Au-delà, le traitement fiscal change : il faut donc suivre les revenus cumulés sur l’année. Ce plafond ne s'applique pas de la même manière aux pensionnés. Les pensionnés ayant atteint l’âge légal de la pension ne sont pas soumis à ce plafond et peuvent en principe gagner des revenus professionnels illimités. En revanche, les pensionnés qui ont une carrière inférieure à 45 années et qui n’ont pas encore atteint l’âge légal de la pension (donc bénéficiant d’une pension anticipée) doivent prendre en compte les limites autorisées de revenus cumulables avec leur pension conformément à la législation sur les pensions. En cas de dépassement, la pension sera en effet réduite. L’exo-

Avant la première occupation, l’employeur doit conclure un contrat-cadre écrit avec le flexi-travailleur. Ce document fixe les grandes lignes de la collaboration : identité de l’employeur et du travailleur, une brève description de la fonction, le flexi-salaire, si le contrat de travail flexi-job est oral ou écrit et dans quel délai il doit être présenté au flexi-travailleur, et les conditions essentielles à l’exercice du flexi-job. À chaque occupation concrète s’ajoute ensuite un contrat de travail flexi-job, qui peut être écrit ou oral, à temps plein ou à temps partiel, pour une période déterminée ou pour une tâche clairement définie. Le choix d'un contrat de travail verbal ou écrit détermine la manière dont vous devrez déclarer votre flexi-travailleur. La déclaration Dimona doit être effectuée avant le début des prestations. Elle est journalière en cas de contrat oral et peut être périodique lorsque le contrat est écrit (la période ne peut pas dépasser un trimestre). L’employeur doit enfin veiller au suivi dans la déclaration DmfA et à l’enregistrement de prestations afin que l'ONSS sache exactement quand le flexi-travailleur travaille pour lui. Attention : cet enregistrement doit être distingué de l’enregistrement des présences dans Checkinatwork, qui demeure une obligation distincte.

Ne pas oublier la concertation sociale Lorsqu’une entreprise recourt aux flexijobs, une concertation annuelle sur leur application doit être organisée avec les représentants des travailleurs lorsque l'entreprise dispose de l'organe de concertation compétent. Enfin, le flexi-job n'est pas une zone de non-droit : les dispositions habituelles en matière de droit du travail (durée du travail, bienêtre au travail, protection des travailleurs, …) restent en grande partie applicables.

Bouffée d’oxygène nération fiscale complète de la rémunération flexi est néanmoins maintenue.

Formalités Un flexi-job bien préparé peut être un outil efficace. Un flexi-job mal encadré peut, au contraire, entraîner des discussions avec l’ONSS ou lors d’un contrôle social.

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Le flexi-job peut apporter une bouffée d’oxygène dans notre secteur qui est confronté à une pénurie structurelle de main-d’œuvre, mais il ne constitue pas, à lui seul, la réponse au défi de l’emploi. Pour Embuild, la priorité est de permettre aux entreprises de disposer d’outils flexibles, sans réduire le niveau de sécurité ni fragiliser l’emploi régulier.

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VOS INTÉRÊTS

Retour de la période d’essai : préavis réduit à une semaine pendant les six premiers mois du contrat Dans le but de redynamiser le marché de l’emploi, le Gouvernement fédéral a apporté deux modifications réclamées de longue date par les employeurs au régime des préavis des ouvriers et des employés harmonisé fin 2013. À retenir : retour de la période d’essai avec un préavis réduit à une semaine pendant les six premiers mois du contrat et un préavis plafonné à 52 semaines pour les nouveaux engagés.

T

out d’abord, le fait que les préavis augmentent bien trop vite en début de contrat de travail à durée indéterminée (CDI) décourage l’embauche car le risque d’erreur (on a recruté la « mauvaise » personne) coûte très cher. Le temps nécessaire pour évaluer le travailleur est trop court. Le contrat de travail à durée déterminée (CDD) n’offre pas toujours une alternative valable. Raison pour laquelle nous avons demandé le retour de la période d’essai. C’est maintenant chose faite. La loi du 3 juin 2026 a réduit la durée du préavis au cours des six premiers mois à une semaine, que la rupture vienne de l’employeur ou du travailleur. Cette loi entre en vigueur le 1er août 2026 et s’applique aux contrats de travail conclus à partir de cette date. Les contrats conclus antérieurement restent soumis à l’ancienne progression. Ensuite, alors que le Gouvernement précédent avait plafonné la durée du préavis à notifier par le travailleur lorsqu’il donne sa démission à maximum 13 semaines, les préavis ne sont pas plafonnés lorsque la rupture émane de l’employeur. La loi du 18 mai 2026 portant des dispositions diverses relatives au travail limite à 52 semaines la durée maximale des préavis pour les travailleurs qui sont entrés en service à partir du 1er juin 2026. Cette réforme sortira concrètement ses effets à partir de 2043 lorsque ceux qui auront été embauchés à partir du 1er juin 2026 atteind-

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ront une ancienneté de 17 ans. Le retour de la période d’essai et le plafonnement de la durée des préavis ont malheureusement fait l’objet de législations distinctes avec des dates d’entrée en vigueur différentes, ce qui ne simplifie malheureusement pas les choses. En fonction de la date d’entrée en service, on pourra rencontrer les 4 situations suivantes :

Date de l’embauche

Durée du préavis

1

AVANT le 1er janvier 2014

La durée du préavis est le résultat de l’addition de 2 parties distinctes : partie 1 (selon les anciennes règles pour l’ancienneté antérieure au 1er janvier 2014) et partie 2 (selon les nouvelles règles pour l’ancienneté postérieure au 31 décembre 2013). Elle n’est pas plafonnée.

2

APRÈS le 31 décembre 2013 mais avant le 1er juin 2026

La durée du préavis est calculée selon les nouvelles règles (pas de partie 1). Elle n’est pas plafonnée à 52 semaines et continue d’augmenter sans limitation même au-delà du 1er juin 2026.

3

APRÈS le 31 mai 2026

La durée du préavis est calculée selon les nouvelles règles. Elle est plafonnée à 52 semaines et n’augmente plus dès que cette limite est atteinte.

4

APRÈS le 31 juillet 2026

Pendant les 6 premiers mois du contrat de travail, la durée du préavis est limitée à 1 semaine. Au-delà des 6 premiers mois, elle continue d’être calculée selon les nouvelles règles. Elle est plafonnée à 52 semaines et n’augmente plus dès que cette limite est atteinte.

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DROIT DU TRAVAIL

Ancienneté

Durée du préavis EN SERVICE AVANT LE 1er JUIN 2026

EMBAUCHÉ APRÈS LE 31 MAI 2026

EMBAUCHÉ APRÈS LE 31 JUILLET 2026

Moins de 3 mois

1 semaine

1 semaine

1 semaine

De 3 mois à moins de 4 mois

3 semaines

3 semaines

De 4 mois à moins de 5 mois

4 semaines

4 semaines

De 5 mois à moins de 6 mois

5 semaines

5 semaines

De 6 mois à moins de 9 mois

6 semaines

6 semaines

6 semaines

De 9 mois à moins de 12 mois

7 semaines

7 semaines

7 semaines

De 12 mois à moins de 15 mois

8 semaines

8 semaines

8 semaines

De 15 mois à moins de 18 mois

9 semaines

9 semaines

9 semaines

De 18 mois à moins de 21 mois

10 semaines

10 semaines

10 semaines

De 21 mois à moins de 24 mois

11 semaines

11 semaines

11 semaines

De 2 ans à moins de 3 ans

12 semaines

12 semaines

12 semaines

De 3 ans à moins de 4 ans

13 semaines

13 semaines

13 semaines

De 4 ans à moins de 5 ans

15 semaines

15 semaines

15 semaines

De 5 ans à moins de 20 ans

15 semaines + 3 semaines par année d’ancienneté entamée au-delà de la 5ème année

15 semaines + 3 semaines par année d’ancienneté entamée au-delà de la 5ème année avec un maximum de 52 semaines

15 semaines + 3 semaines par année d’ancienneté entamée au-delà de la 5ème année avec un maximum de 52 semaines

De 20 ans à 21 ans

+ 2 semaines

52 semaines

52 semaines

À partir de 21 ans

+ 1 semaine par année d’ancienneté entamée

Afin de faciliter la vie des entreprises, nous avons adapté nos différents modèles de documents (règlement de travail, contrats de travail) ainsi que les fichiers de calcul qui permettent de calculer la durée du préavis (et/

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ou avoir une idée du montant de l’indemnité de rupture hors charges patronales). Ils sont disponibles dans les rubriques « modèles de documents » et « outils » de notre site internet www.embuild.be.

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VOS INTÉRÊTS

Quel rôle crucial joue la fiscalité dans la transmission d’une entreprise familiale ? Tôt ou tard, tout chef d'entreprise se pose la question de savoir comment son entreprise pourra un jour être transmise à la génération suivante. Outre les aspects humains et organisationnels de cette transmission, la fiscalité joue également un rôle crucial. Sans une préparation adéquate, les droits de donation et de succession peuvent réduire considérablement la valeur de l'entreprise. Chacune des trois régions dispose donc d'un régime fiscal favorable qui récompense la continuité des entreprises familiales.

L

a logique sous-jacente est la même en Flandre, en Wallonie et à Bruxelles : si vous exercez une activité économique réelle et que vous préservez l’emploi, vous ne devez pas être pénalisé par les taux habituels, fortement progressifs, sur le patrimoine mobilier et immobilier. Une donation d'actions ou d'actifs d'entreprise peut en principe bénéficier d'une exonération, et en cas de décès, un taux forfaitaire réduit s'applique à la place des tranches d'imposition habituelles. Ce régime préférentiel n'est toutefois pas automatique : il s'agit d'un régime conditionnel, et les modalités d'application de ces conditions varient d'une région à l'autre.

Taux applicables En ce qui concerne les taux proprement dits, ils sont semblables dans toutes les régions. La donation d'une entreprise familiale ou d'une société familiale est exonérée de l'impôt sur les donations ou des droits de donation dans les trois régions, à condition que les conditions d'application soient remplies. En cas de décès, un taux forfaitaire réduit de 3 % s'applique dans tous les cas lorsque le bénéficiaire est un descendant en ligne directe ou un partenaire, et de 7 % dans tous les autres cas, au lieu des taux progressifs pouvant atteindre 55 % en l'absence de ce régime préférentiel.

Conditions à respecter Chaque région utilise sa propre formulation, mais les conditions se répartissent toujours en cinq catégories.

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● LA NATURE DE L’ENTREPRISE : ce régime s'adresse aux entreprises qui exercent effectivement une activité dans les secteurs de l'industrie, du commerce, de l'artisanat, de l'agriculture ou des professions libérales, et non aux capitaux simplement placés dans une société. Les sociétés de gestion de patrimoine pures en sont exclues. Pour vérifier cette activité, les régions se fondent sur une présomption réfutable basée sur les comptes annuels : une masse salariale très limitée associée à une part importante de biens immobiliers indique l'absence d'activité réelle. La charge de la preuve pour réfuter cette présomption incombe au contribuable, ce qui constitue un point important à prendre en compte pour les entreprises de construction dont le bilan comporte de nombreux équipements, terrains et bâtiments. ● PROPRIÉTÉ ET CONTRÔLE : dans le cas d'une société, le cédant et sa famille doivent détenir une participation minimale, exprimée en capital ou en droits de vote. Si ce seuil n'est pas atteint, une participation conjointe avec d'autres actionnaires est possible, généralement avec la règle du pacte d'actionnaires. Les actions sans droit de vote et les cessions fractionnées avec réserve d'usufruit ont une incidence sur ce calcul. Dans le cas d'une entreprise individuelle, seuls les actifs utilisés à des fins professionnelles sont pris en compte. ● LA PÉRIODE PRÉCÉDANT LA TRANSMISSION : chaque région impose une durée minimale de détention ou d'exercice de l'activité, afin

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DROITS DE DONATION ET DE SUCCESSION

que ce régime ne puisse pas être utilisé pour des montages mis en place peu avant une donation ou un décès prévisible. Une restructuration, un apport ou la création d'une holding peut mettre fin à cette durée minimale, même si la réalité économique reste inchangée. ● LA PÉRIODE SUIVANT LA TRANSMISSION : l'activité doit être poursuivie sans interruption pendant trois ans. De plus, le capital ne doit pas diminuer à cause de distributions, le siège social doit rester situé au sein de l'Espace économique européen et les biens immobiliers transférés ne doivent pas être utilisés principalement à des fins d'habitation. Selon la région, s'y ajoutent des obligations en matière d'emploi et de dépôt des comptes annuels. Si une condition cesse d’être remplie, l’avantage est retiré en tout ou en partie et la différence par rapport au tarif normal est due, à la charge du bénéficiaire et non du cédant. ● FORME ET PREUVE : le régime fiscal favorable n'est pas appliqué d'office : il doit faire l'objet d'une demande expresse, au moyen d'une attestation ou d'une déclaration, avant la signature de l'acte de donation de cession d'actions chez le notaire ou dans le délai de déclaration. Ces délais sont des délais de forclusion : quiconque les laisse expirer perd définitivement le bénéfice de cet avantage, même si toutes les conditions de fond sont remplies. Le dossier doit ensuite être conservé pendant toute la durée de la prolongation. Les seuils et exceptions concrets font l'objet d'ajustements réguliers et doivent donc être vérifiés au moment même du transfert.

Différences entre les régions Les principales différences ne résident pas dans les taux, mais dans la manière dont ces conditions sont interprétées et contrôlées : ce qui est considéré comme une activité économique réelle, quel est le poids de la condition de participation, et quelles sont les obligations administratives liées à l'acte ou à la déclaration. La Flandre et Bruxelles ont des approches très proches à cet égard, tandis que la Wallonie adopte une approche qui lui est propre sur certains points. Ce qui est déterminant, c'est le domicile fiscal du donateur ou du défunt, et non la localisation de l'entreprise ou des chantiers. Les

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personnes qui ont changé de région au cours des années précédant le transfert de compétences ont tout intérêt à vérifier quelle région reste compétente en la matière et, en cas de dossiers mixtes, à demander au préalable des précisions auprès de l'administration fiscale compétente. En 2024, la Wallonie a annoncé une réforme plus ambitieuse des droits de donation et de succession, prévoyant une réduction de moitié des taux les plus élevés. Cette réforme n'entrera toutefois en vigueur que le 1er janvier 2028 et, dans l'état actuel des choses, elle n'affecte pas le régime fiscal favorable spécifique aux entreprises familiales, qui reste inchangé pour l'instant.

L'immobilier Un élément mérite toutefois d'être mentionné séparément, même s'il ne concerne pour l'instant que la Flandre. Depuis le 1er janvier 2026, le régime fiscal favorable flamand exclut les biens immobiliers résidentiels et les terrains à bâtir du taux préférentiel, avec une exception limitée pour les sociétés immobilières qui tirent au moins 75 % de leur chiffre d'affaires d'une activité immobilière réelle. Fin juin 2026, plusieurs entreprises des secteurs de la construction et de l'immobilier ont déposé une requête en annulation de cette disposition auprès de la Cour constitutionnelle. La Wallonie et Bruxelles ne connaissent actuellement aucune exclusion de ce type. L'issue de cette procédure n'est pas encore connue à l'heure actuelle.

Conclusion Une cession bien préparée ne commence pas avec l'acte notarié, mais bien des années auparavant, par une connaissance approfondie des conditions qui s'appliqueront à votre situation particulière. Vérifiez donc en temps utile si votre entreprise remplit les conditions d'activité et de participation et rassemblez bien à l'avance les pièces justificatives nécessaires attestant de l'activité économique réelle, telles que les comptes annuels, les données relatives aux effectifs et, le cas échéant, les baux ou les contrats d'exploitation. Discutez également en détail de l'obligation de perpétuation avec la génération suivante. Une préparation minutieuse constitue donc la meilleure garantie pour que la transmission se déroule sans risque sur le plan fiscal.

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DOSSIER

La transposition de la directive européenne PEB La transposition de la directive européenne sur la performance énergétique des bâtiments est un enjeu majeur pour le secteur de la construction. Parmi ses objectifs prioritaires : des bâtiments neufs zéro émission en 2030, la rénovation des bâtiments existants, l’abandon des énergies fossiles et le développement des énergies renouvelables afin d’atteindre un parc immobilier décarboné en 2050. D’autres objectifs sont également mis en avant : la qualité de l’air intérieur, l’électromobilité et la mobilité douce. La dernière version de la directive date de 2024 et devait être transposée en Belgique pour le 29 mai 2026. Dans notre pays, cette matière étant régionalisée, ce sont les Régions qui sont compétentes en la matière et adaptent les exigences européennes à leur propre contexte. Que demande la directive ? Qu’ont déjà réalisé nos autorités régionales à ce sujet ? Et que pensent nos entreprises de toutes ces exigences venues de l’Europe ? Réponses dans ce dossier.

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DOSSIER

Directive européenne sur la performance énergétique des bâtiments : deux ans après l’accord, où en est-on ? Adoptée en décembre 2023 et entrée en vigueur en mai 2024, la directive européenne sur la performance énergétique des bâtiments (EPBD) franchit une nouvelle étape : le délai de transposition en droit national est arrivé à sa fin le 29 mai. Pour la Belgique, le chantier est immense.

R

appelons les faits. En décembre 2023, le Parlement européen, la Commission et le Conseil sont parvenus à un accord sur la révision de la directive. Puis, le 12 mars 2024, le Parlement européen a officiellement adopté le texte, suivi du Conseil le 12 avril 2024. La directive (UE) 2024/1275 est entrée en vigueur le 28 mai 2024. À partir de cette date, les États membres (et pour la Belgique, ses trois Régions) disposent de deux ans pour transposer la directive dans leur droit national (ou régional le cas échéant). Ce délai expirait le 29 mai 2026. Concrètement, ce 29 mai 2026 a marqué aussi l'abrogation de l'ancienne directive 2010/31/UE, entièrement remplacée par la ­ nouvelle directive. Un signal fort doit toutefois être souligné : l'accord trouvé en 2023 a considérablement affaibli la proposition initiale de la Commission de décembre 2021, qui prévoyait des obligations de rénovation contraignantes pour les 15 % des bâtiments les moins performants. Face aux réticences de nombreux États membres, l'approche uniforme a été abandonnée au profit d'une logique de trajectoires nationales.

Bâtiments neufs : le « zéro émission » s'impose La directive fait du standard « zéro émission » la nouvelle norme pour la construction. Tous les bâtiments publics neufs devront y répondre à partir du 1er janvier 2028, et l'ensemble des bâtiments neufs à compter du 1er

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janvier 2030 (malgré des possibilités de dérogations pour certains types de bâtiments). L'obligation d'installation d'énergie solaire en toiture se met en place progressivement. Elle débutera au 31 décembre 2026 pour les bâtiments neufs publics et non résidentiels de plus de 250 m², et s'étendra aux bâtiments publics existants de plus de 2.000 m² au 31 dé-

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CONTEXTE

cembre 2027. Cette obligation s’appliquera à tous les bâtiments résidentiels neufs le 31 décembre 2029.

Rénovation : des trajectoires nationales plutôt que des normes individuelles Au lieu d'imposer des normes minimales de performance par logement dans le secteur résidentiel, la directive a opté pour une logique de résultats collectifs : chaque État membre doit s'assurer que la consommation d'énergie du parc résidentiel diminue d'au moins 16 % d'ici à 2030, et de 20 à 22 % d'ici à 2035. Pour le secteur non résidentiel, en revanche, des normes minimales de performance s'appliquent. Et chaque État membre

« Face aux réticences

de nombreux États membres, l'approche uniforme a été abandonnée au profit d'une logique de trajectoires nationales.

»

CERTIFICAT PEB : DES ACTEURS DE TERRAIN IDENTIFIENT LES FREINS Le certificat PEB est censé guider les citoyens dans leur projet de rénovation. Or, avec trois grilles de labels différentes pour un seul pays, des méthodes de calcul propres à chaque Région et des conditions d'accès aux aides qui varient, l'outil peine à remplir son rôle. De nombreux citoyens se sentent perdus face à un certificat qu'ils peinent à lire et à comprendre, ce qui freine leur passage à l'action. Cette complexité touche également les entreprises de construction actives sur plusieurs régions et le secteur financier. Deux initiatives récentes ont documenté ces difficultés. Le consortium Life BE FREE (Febelfin, IDEA Consult, Embuild, VVSG, Wattson, The Shift), soutenu par le programme européen LIFE, a publié entre 2025 et 2026 plusieurs notes politiques sur le certificat PEB, la simplification administrative, la sensibilisation et la coordination interrégionale. Le fil rouge : renforcer la communication entre Régions afin de faciliter le partage de bonnes pratiques, améliorer la lisibilité du système pour les citoyens, garantir la fiabilité des certificats par un contrôle renforcé des certificateurs, et assurer un accès structurel aux données PEB pour le secteur financier. En février 2026, le Belgian Green Building Council (BGBC) a réuni une large coalition sectorielle (dont ADEB-VBA, Buildwise, Embuild, Febelfin, Life BE FREE, UPSIBVS, Techlink). Leur constat rejoint celui de Life BE FREE : dans un contexte où le financement privé prend une place croissante, les acteurs financiers ont besoin d'un indicateur PEB lisible et comparable pour évaluer les projets. Sans remettre en cause les compétences régionales, la coalition souligne l'importance d'une plus grande convergence et d'un dialogue renforcé entre Régions, en particulier dans le cadre de la transposition de la directive européenne 2024/1275. Cette démarche n’a toutefois pas pu être poursuivie comme envisagé. La suite dépend désormais d’une impulsion politique. Les deux démarches se complètent : Life BE FREE a documenté les freins et formulé des pistes, et le BGBC a rassemblé les acteurs de l'ensemble de la chaîne autour d'un même message.

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doit remettre un plan national de rénovation définissant la trajectoire vers un parc immobilier neutre en carbone à l'horizon 2050.

Fin des chaudières fossiles : une transition engagée Depuis le 1er janvier 2025, les États membres ne peuvent plus accorder de subventions à l'installation de chaudières fonctionnant uniquement aux combustibles fossiles. L'objectif final reste l'élimination complète de ces équipements d'ici à 2040.

Défis colossaux pour la décennie à venir Le contexte est connu : en Europe, les bâtiments consomment environ 40 % de l'énergie finale et génèrent plus d'un tiers des émissions liées à l'énergie. Or, 85 % des bâtiments de l'UE ont été construits avant 2000, et parmi ceux-ci, 75 % présentent de mauvaises performances énergétiques. L'enjeu est à la hauteur du défi. La directive introduit également de nouveaux outils : l'analyse du cycle de vie (LCA) des bâtiments neufs via l'indicateur de potentiel de réchauffement climatique (PRP) devient obligatoire à partir de 2028 pour les grands bâtiments de plus de 1.000 m², et sera étendue à tous les bâtiments neufs d'ici 2030. Mais le nerf de la guerre reste le financement. La rénovation énergétique du parc immobilier représente des investissements considérables que ni les ménages ni les États ne peuvent assumer seuls. Les fonds européens (dont le Plan pour la reprise et la résilience) ont permis le financement de certains travaux. La question de leur relève, et du développement de nouveaux modèles de financement, est désormais au cœur du débat.

Où en est la Belgique en juin 2026 ? En Belgique, la performance énergétique des bâtiments est une compétence régionale. Wallonie, Bruxelles-Capitale et Flandre ont donc chacune leur propre calendrier et leurs propres ambitions. Sur le plan européen, la Commission a publié, en juin 2025, l'ensemble des documents d'orientation pour accompagner la mise en œuvre de la directive, ainsi qu'un nouveau règlement délégué. Ces textes précisent notamment les règles applicables aux bâtiments neufs à émissions nulles.

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DOSSIER

« Renforcer le contrôle de la PEB ne doit pas se faire contre les professionnels, mais avec eux » Dans les mois à venir, la Région wallonne va adopter un nouveau décret PEB et des arrêtés d’exécution pour répondre aux exigences de la Directive européenne. Pour aborder la thématique de ce dossier au niveau wallon, nous avons réuni Nicolas Spies, conseiller senior Energie & Rénovation chez Embuild Wallonie, et Aurélie Tondus, facilitatrice PEB à l’Union Wallonne des Architectes, pour un entretien croisé.

L

a Directive européenne est de plus en plus exigeante. Afin de s’y conformer, les professionnels de la construction doivent respecter de plus en plus d’exigences réglementaires. Un des enjeux de la réglementation PEB pour les années futures est d’améliorer l’applicabilité de la réglementation et le contrôle de sa bonne mise en œuvre, sans alourdir inutilement les procédures administratives. NICOLAS SPIES : Le respect des exigences PEB est principalement contrôlé par les experts PEB et les administrations communales et régionales. Les exigences PEB ne sont pas toujours respectées, en particulier dans les projets de rénovation. Le faible niveau de contrôle entraîne une distorsion de la concurrence entre les entreprises qui appliquent les règles et celles qui sont plus laxistes. La directive PEB prévoit le renforcement des contrôles, afin que la PEB ne reste pas une performance théorique mais soit à la hauteur de l’objectif à la fin d’un chantier. Cette amélioration du contrôle de la réglementation nécessite de simplifier et de faciliter le travail des experts PEB. Les contrôles doivent se concentrer sur les postes à fort impact comme les systèmes techniques, l’étanchéité à l’air et l’isolation, par exemple. La digitalisation peut aider dans la collecte des données. Renforcer le contrôle ne doit pas se faire contre les professionnels, mais avec eux, en valorisant les bonnes pratiques. AURÉLIE TONDUS : L’enjeu n’est pas d’ajouter de nouvelles démarches, mais de

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rendre les contrôles plus pertinents. L’une des pistes est de donner plus de pouvoir aux experts PEB : auditeurs, certificateurs et responsables PEB. Leur travail doit être mieux valorisé, et ils doivent pouvoir fournir des éléments de preuve du travail réalisé au cours du projet pour faciliter les contrôles. Un agrément PEB pour les entrepreneurs est aussi une piste (ndlr : avis partagé par Nicolas Spies qui précise que cela augmenterait la maîtrise de la PEB par les entrepreneurs qui en sont responsables, d’autant plus en l’absence d’architecte et d’expert PEB). Les dispositifs soutenus par l'administration tels que les Plateformes locales de rénovation énergétique, dont EN'Hestia ou Reno+ (trains de rénovation), constituent des relais de qualité pouvant contribuer à la fiabilité des informations, à la reconnaissance des preuves et au respect des exigences. Le contrôle peut ainsi davantage s'appuyer sur une responsabilité partagée entre les intervenants, une documentation fiable et une reconnaissance des compétences déjà présentes sur le terrain. Toutes ces exigences PEB ont un coût de plus en plus élevé. Sont-elles économiquement soutenables ? N.S.  : Le gros enjeu de la transition énergétique est son financement, surtout dans un contexte de hausse des coûts dans le secteur. Lors d’une rénovation d’un logement, le budget pour passer d’un label PEB F ou G au label A dépasse couramment 100.000 euros, alors que le prêt « Renopack » est plafonné à 60.000 euros. Il est capital de trouver un équilibre entre

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futures « Les obligations

PEB doivent pouvoir être anticipées par les entreprises et les citoyens afin d’être en mesure de s’y conformer endéans les délais impartis.

»

NICOLAS SPIES


EMBUILD WALLONIE/UNION WALLONNE DES ARCHITECTES

Une «conception

réfléchie dès le départ permet d’agir sur des paramètres structurants du bâtiment, avec une meilleure maîtrise globale des coûts.

»

AURÉLIE TONDUS

coûts et performances. Cela commence déjà par l’intégration des exigences PEB dès le début d’un projet. Une prise en compte tardive de ces exigences entraîne des surcoûts significatifs, car il faut parfois démonter des parties du projet et les refaire. Par ailleurs, la soutenabilité économique doit être analysée sur le cycle de vie : coûts énergétiques, valeur immobilière et adaptation au changement climatique jouent un rôle croissant dans les calculs économiques. Dans un contexte de hausse des prix de l'énergie, la PEB participe à sécuriser la valeur à long terme des bâtiments. Les obligations de rénovation en cours d’adoption par le Gouvernement wallon, qui conditionneront les transactions immobilières à l'atteinte progressive de performances minimales, contribueront à rééquilibrer un marché où des logements très énergivores se vendent encore parfois à prix fort. Des projets comme RENOMUT (valoriser les économies d’énergie dans le remboursement du prêt) ou RENO+ (trains de rénovation) peuvent faciliter le financement des projets de rénovation. A.T. : Comme l'évoque Nicolas, une conception réfléchie dès le départ permet d’agir sur des paramètres structurants du bâtiment, avec une meilleure maîtrise globale des coûts. Il est aussi important de souligner qu’une conception intégrant des principes simples de durabilité et de bioclimatisme, sans nécessairement appliquer de manière rigide l’ensemble des prescriptions, peut être mise en œuvre sans surcoût significatif à la construction. Des choix de bon sens en matière d’orientation, de compacité, de gestion des apports solaires ou de ventilation naturelle peuvent améliorer fortement la performance globale du bâtiment, sans alourdir la facture. Quelles évolutions auront le plus d’impact sur les métiers d’architecte et d’expert PEB ? A.T. : Le paysage de la PEB est très complexe. Mais la réglementation PEB et ses exigences sont généralement déjà bien acquises par les architectes. Toutes ces exigences ne modifient pas fondamentalement le métier. Harmoniser les rôles et compétences des auditeurs, responsables PEB et certificateurs est par contre une piste intéressante. Actuellement, il existe trois formations, trois examens, trois protocoles et trois méthodes de calcul différents. La fusion des méthodes

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de calcul « bâtiments neufs » et « bâtiments existants » est indispensable. Elle aura un impact majeur sur l’ensemble des acteurs PEB, en simplifiant les outils et les formations. N.S.  : Je pense aussi que cette fusion simplifiera les procédures et outils PEB et facilitera la lisibilité pour les professionnels et les maîtres d’ouvrage. L’objectif final de la directive est la décarbonation à l’horizon 2050. Le secteur a-t-il les capacités de répondre à cette ambition ? N.S.  : Les futures obligations PEB doivent pouvoir être anticipées par les entreprises et les citoyens afin d’être en mesure de s’y conformer endéans les délais impartis. 96 % des entreprises de construction sont des TPE de moins de dix personnes, ce qui nécessite un accompagnement spécifique afin d’augmenter leur capacité, en investissant dans les moyens de production, le recrutement et la formation. C’est capital car le taux de rénovation actuel, estimé à environ 1 %, doit être triplé ou quadruplé pour atteindre l'objectif d'un parc avec un label PEB A moyen en 2050. Le défi de la transition énergétique est énorme. Selon le Conseil central de l'économie, atteindre la neutralité carbone du parc résidentiel belge d'ici 2050 nécessitera un investissement minimum de 400 milliards d'euros, dont au moins 100 milliards d'aides publiques. Tout le monde a sa part de responsabilités : le secteur de la construction, le monde politique et les citoyens. A.T. : Le secteur de la construction dispose clairement des connaissances techniques et des solutions nécessaires pour répondre aux objectifs européens de décarbonation. En revanche, la capacité réelle de mise en œuvre reste aujourd’hui insuffisante pour atteindre les trajectoires visées. Augmenter la capacité du secteur, les incitants financiers, l’innovation et la simplification des processus constitue des leviers essentiels.

Un dernier petit mot de conclusion? N.S. : Il reste encore du chemin pour atteindre le label A décarboné. La directive donne la marche à suivre et le secteur doit continuer à travailler de manière concertée pour atteindre cette ambition, tout en étant soutenu par le monde politique. A.T. : La collaboration et la mutualisation des compétences sont la clé de la réussite.

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DOSSIER

« Bruxelles a une longueur d’avance en matière de transposition » Où en est-on dans la transposition de la directive dans la Région de Bruxelles-Capitale ? Pour obtenir une réponse à cette question et faire un point de la situation PEB, nous avons réuni Laurent Schiltz, le secrétaire général d’Embuild.Brussels, et Isabelle Rolin de Bruxelles Environnement.

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ruxelles a une longueur d’avance en matière de transposition, et nous restons demandeurs et ouverts à ce que les autres Régions rejoignent cette dynamique pour aller vers une harmonisation, je précise de la méthode de calcul, et non des exigences PEB qui restent spécifiques à chaque région », indique LAURENT SCHILTZ .

Plusieurs arrêtés du gouvernement

Révision du CoBrACE ISABELLE ROLIN confirme que la Région a anticipé la législation européenne et a cette « longueur d’avance », qui vise notamment à accélérer la rénovation du bâti bruxellois. C’est capital car le contexte bruxellois (principalement du bâti existant) n’est pas favorable à la rénovation : 61 % de locataires (les bailleurs ne paient pas les charges énergétiques), 55 % de logements en copropriété (complexité du processus décisionnel) et 27 % de ménages bruxellois en précarité énergétique. Pour concrétiser la stratégie de rénovation du bâti bruxellois, le Parlement bruxellois a adopté le 7 mars 2024 une révision du « CoBrACE », le Code bruxellois de l’Air, du Climat et de la Maîtrise de l’Energie, avec de nouvelles exigences. « Cette ordonnance introduit l’obligation de disposer en permanence d’un certificat PEB avec un délai de mise en conformité de 5 ans, ainsi que des objectifs de performance énergétique à atteindre dans les 10 et 20 ans de l’entrée en vigueur de la mesure. Pour les unités résidentielles, les seuils fixés

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à Bruxelles sont de ≤ 275 kWh/m²/an en 2033 et ≤ 150 kWh/m²/an dans les 20 ans », explique Isabelle Rolin. On y trouve également des mesures pour la décarbonation et le recours aux énergies renouvelables pour le bâti neuf, depuis janvier 2025, et pour le bâti lourdement rénové (50 % de travaux à l’enveloppe et remplacement de toutes les installations techniques) à partir de 2030.

«

Les coûts de l’énergie ne font qu’augmenter. Isoler, c’est réduire ces coûts, mais aussi mieux maîtriser sa consommation. ISABELLE ROLIN

»

Cette réforme a été complétée le 3 juillet 2025 par plusieurs arrêtés du gouvernement portant sur les indicateurs et les exigences PEB, avec une méthode unique du calcul PEB pour le neuf et l’existant ; l’agrément des experts PEB, fusionnant les rôles de certificateur et conseiller PEB ; et la mise en place d’un certificat PEB unique et d’un rapport de synthèse pour faciliter le processus décisionnel des copropriétés. « L’entrée en vigueur de l’ensemble dépendra du déploiement du nouveau logiciel PEB intégrant la méthode de calcul unique », précise Isabelle Rolin. « Il n’y a donc plus vraiment d’enjeux politiques, la base législative est là. Il reste toutefois un important travail réglementaire pour préciser les exigences applicables aux nouvelles constructions dans le cadre du standard zéro émission, qui va au-delà de l’ancien NZEB, celui-ci ne constituant qu’un des critères à prendre en compte. Un travail est également en cours concernant les nouvelles exigences relatives aux installations techniques. Cette réforme contient donc des obligations de résultats renforcées et repense la certification comme véritable levier de rénovation. »

Augmenter les contrôles Laurent Schiltz et Isabelle Rolin sont donc unanimes pour dire que la Région bruxelloise est un bon élève et avance pas à pas pour se

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conformer aux exigences européennes. Pour voir si toutes ces exigences sont correctement mises en œuvre sur le terrain, les contrôles sont et seront capitaux. « Les mécanismes de contrôle sont un point important de la directive et c’est Bruxelles Environnement qui est responsable de ce volet. Il faut augmenter les contrôles et assurer l’aspect aléatoire de ceuxci, afin d’assurer la fiabilité des certificats émis », précise Isabelle Rolin. « La fusion des fonctions de certificateur et de conseiller en expert PEB vise notamment à harmoniser les pratiques et à renforcer la comparabilité des certificats PEB, tout en facilitant le processus de contrôle. L’entrepreneur a aussi un rôle à jouer. Nous attendons de lui qu’il transmette correctement les pièces justificatives des travaux réalisés au propriétaire, ce qui n’est pas toujours le cas. »

«

Formations et accompagnement En matière de formation, Embuild.Brussels a toujours soutenu la formation des entrepreneurs dans cette thématique sectorielle et Bruxelles Environnement forme à la PEB l’ensemble des professionnels actifs dans le secteur (architectes, bureaux d’étude…). « Nous proposons ces formations notamment via notre Embuild Academy. Construcity.brussels, le Pôle Formation Emploi pour les métiers de la construction, est également fortement impliqué, notamment pour la création de nouvelles formations ou pour l’adaptation des formations existantes à la construction durable. Il y existe des formations spécifiques sur la PEB pour mieux comprendre la certification, réaliser correctement des devis en vue d’obtenir une bonne certification… Dès que la Région bruxelloise a mis en place l’exigence du passif pour les nouvelles constructions en 2015, nous avons noué un partenariat fort avec le gouvernement pour mettre sur pied la première Alliance Emploi Environnement. Un, il faut laisser du temps pour s’adapter et avoir un horizon à long terme des obligations et deux, il faut accompagner et former les professionnels si on veut vraiment réaliser ces objectifs ambitieux », souligne Laurent Schiltz.

Un, il faut laisser du temps pour s’adapter et avoir un horizon à long terme des obligations et deux, il faut accompagner et former les professionnels si on veut vraiment réaliser ces objectifs ambitieux.

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LAURENT SCHILTZ

Coût et accessibilité Quant à la question du coût que le client devra supporter pour se mettre en conformité par rapport à toutes ces exigences, Isabelle

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Rolin tient la réflexion suivante. « Les coûts de l’énergie ne font qu’augmenter. Isoler, c’est réduire ces coûts, mais aussi mieux maîtriser sa consommation. Car quelqu’un qui dispose d’un logement dont la PEB est F ou G n’est pas en mesure de maîtriser sa consommation. Il est aussi important de lier l’obligation au costoptimum tous les cinq ans. » À ce sujet, le secrétaire général d’Embuild. Brussels insiste sur la notion d’accessibilité au logement. « Nous avons toujours été convaincus de l’intérêt des investissements dans la rénovation énergétique, avec un transfert des coûts énergétiques vers les coûts de construction/rénovation. L’enjeu est l’accessibilité au logement avec ces nouvelles règles qui ont un impact sur l’acquisitif et/ou le locatif. Nous plaidons pour la notion de « loyer chaud », c’està-dire prendre en compte la performance énergétique du logement dans le calcul d’un loyer », indique-t-il. « Les aides publiques sont aussi indispensables pour motiver les propriétaires à rénover. On parle beaucoup de prêts à taux zéro pour le moment, ça peut être un élément important pour mettre en capacité financière les ménages, bien que nous pensions qu’il faut le lier à un système pour stimuler l’investissement, tel que des primes énergie ! Ce qui est capital, c’est que l’investissement du propriétaire soit rentable et qu’il aille dans la brique et non dans les procédures administratives, ce qui est malheureusement de moins en moins le cas. »

RENOLUTION Enfin, Laurent Schiltz insiste sur l’importance de RENOLUTION, la stratégie à long terme de rénovation du bâti bruxellois, pour atteindre les objectifs de la directive. « On soutient ce partenariat public-privé depuis le départ et il faut conserver la dynamique enclenchée. La simplification des procédures, l’accompagnement et la formation des professionnels et le financement sont des enjeux capitaux pour atteindre les ambitions. Il faut également rendre compatibles les règles patrimoniales, urbanistiques, PEB et de circularité. On peut être ambitieux à condition de s’en donner les moyens. » Et Isabelle Rolin de conclure. « Bruxelles rénove son passé pour construire son avenir : harmoniser les méthodes, intégrer les copropriétés, bâtir les conditions durables d’une transition énergétique pour tous les Bruxellois. De la directive à la réalité, brique par brique. »

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DOSSIER

Une première étape pour mettre en place la directive sur les prestations énergétiques Le 17 juillet 2026, le Gouvernement flamand a donné son accord de principe à un avant-projet de décret visant à transposer, en partie, la nouvelle directive de l’UE sur la performance énergétique des bâtiments. Le texte peut encore être modifié, vu qu’il doit encore être présenté à plusieurs conseils consultatifs, au Conseil d’État et au Parlement flamand. Il faudra ensuite clarifier certaines dispositions via des décrets d’application, notamment via un décret sur l’énergie.

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elon cet avant-projet, tous les nouveaux bâtiments devront être « zéro émission » dès le 1er décembre 2030, et même dès 2028 dans le secteur public. Un principe fondamental : les systèmes techniques des bâtiments devront être décarbonés. En Flandre, l’énergie fossile est déjà bannie des nouvelles constructions : depuis 2025, il n’est plus possible de demander un nouveau raccordement au gaz. L’Europe souhaite aller encore plus loin en rendant tous les bâtiments neutres en énergie. Outre l'interdiction des systèmes de chauffage à énergie fossile, des conditions supplémentaires, précisées dans le décret, détermineront à partir de quand un bâtiment sera considéré comme étant « zéro émission ».

Le défi sera de rendre le parc immobilier existant neutre en émissions d'ici 2050. La directive oblige donc les États membres à élaborer un plan national de rénovation, avec des mesures sur la durabilité et des objectifs intermédiaires pour 2030 et 2035. Mais ce plan reste indépendant de l'avant-projet de décret.

Exigences pour les systèmes techniques des bâtiments Un nouvel élément important concerne l’introduction des exigences sur les systèmes techniques des bâtiments, surtout des obligations sur la performance énergétique des installations de chauffage, de refroidissement et de ventilation. En Flandre, ces exigences s’appliquent déjà à certains systèmes de constructions, comme les systèmes de ventilation et le chauffage à basse température. Mais leur champ d’application reste restreint, par exemple dans le cadre d’un permis et pour cer-

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taines nouvelles constructions. Conformément à la directive, l'avant-projet étend le champ d'application à tous les systèmes techniques installés, remplacés ou améliorés dans des bâtiments neufs ou existants. Pour les systèmes techniques des bâtiments, un rapporteur agréé devra établir une déclaration. Selon l'exposé des motifs de l'avant-projet, un installateur pourra assumer ce rôle. Un arrêté d’application stipulera la forme exacte de la déclaration et les informations qu’elle devra contenir. Les règles pour contrôles périodiques des systèmes de chauffage, de refroidissement et de ventilation seront évaluées et alignées sur les normes européennes.

« En Flandre, l'énergie fossile

est déjà bannie des nouvelles constructions: depuis 2025, il n'est plus possible de demander un nouveau raccordement au gaz.

»

Règles pour les bornes de recharge et les panneaux solaires Pour éviter tout malentendu, l’avant-projet clarifie les règles concernant les infrastructures de recharge. Il stipule expressément que des câbles préinstallés et des conduites de réserve doivent être mis en place afin de permettre, plus tard, l'installation de bornes de recharge. Il précise aussi quels bâtiments devront être équipés de panneaux solaires d'ici 2029, conformément à la directive sur la performance énergétique. Le Gouvernement flamand doit encore préciser les détails dans un arrêté : quels panneaux installer sur quels bâtiments et dans quels parkings. Selon la directive, les États membres ne pourront plus accorder d'incitations financières pour l'installation de chaudières autonomes fonctionnant aux énergies fossiles. La Flandre a adressé une circulaire aux pouvoirs locaux leur demandant de mettre fin à ces mesures de soutien.

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EMBUILD VLAANDEREN/VEKA

Un calcul intégré pour la performance énergétique des bâtiments Selon la nouvelle directive européenne sur la performance énergétique, dès 2030, seuls les bâtiments « zéro émission » pourront obtenir un label A. Beaucoup d’États membres, dont la Belgique (et donc la Flandre), devront réviser leur échelle de performance énergétique. La Flandre souhaite profiter de cette dynamique pour simplifier et unifier les cadres politiques actuels sur l’EPB et l’EPC dans le secteur résidentiel. En 2025, le VEKA a consulté plusieurs parties prenantes au sujet de cette réforme, dont Embuild Vlaanderen.

L

es cadres stratégiques EPB et EPC ont évolué de manière très distincte dès le départ : méthodes de calcul, terminologies et indicateurs distincts, professionnels agréés, exigences et obligations distinctes, ... Parallèlement, ces deux instruments se sont considérablement développés au fil des ans. De plus, après dix ans, le logiciel concerné devient obsolète. Le secteur de la construction a souvent dénoncé la complexité inutile de ces cadres réglementaires. Les parties prenantes plaident pour un cadre politique plus simple et unique. Le Gouvernement flamand va donc s’atteler à cette tâche.

Points clés de l'intégration JOHAN VANDEN DRIESSCHE , expert énergie chez Embuild Vlaanderen, explique. « Le Gouvernement flamand veut mettre en place un instrument politique unique et intégré pour l’ensemble du cycle de vie d’un logement. Ainsi, les données du rapport EPB relatives aux travaux réalisées (rénovation ou construction neuve) peuvent être reprises et réutilisées pour de futurs travaux de rénovation. Cela permet d’éviter les doublons administratifs, de limiter les erreurs et d’améliorer l’efficacité, en réduisant les coûts. » La base de calcul de la performance énergétique reste une version calculée. Ce calcul sera fondé sur certaines hypothèses et certains paramètres objectifs, sera transparent tant dans sa méthode que dans son résultat, et sera juridiquement exécutoire. Les caractéristiques du bâtiment constituent les données d'entrée pour le calcul. La consommation mesurée peut également servir de référence pour évaluer le comportement des utilisateurs.

L'enveloppe du bâtiment reste fondamentale

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Le Gouvernement flamand veut mettre en place un instrument politique unique et intégré pour l’ensemble du cycle de vie d’un logement.

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L’objectif final reste de construire des bâtiments « zéro émission ». Et tout commence par une enveloppe de bâtiment performante. Par ailleurs, la méthode de calcul sera neutre sur le plan technologique, mais pas sur le plan des vecteurs énergétiques. Il ne faudra plus être seulement efficace, mais aussi construire sans émission. Le VEKA continuera, dans ce cadre, à prendre en compte les paramètres liés à la ventilation et au confort estival. Le VEKA vise également une interopérabilité maximale. Il faut donc permettre d'importer facilement, par voie numérique, les données issues de bases de données sur les composants techniques ou les propriétés des matériaux, tout en assurant une interconnexion optimale. Cela offre, à terme, la possibilité de lier le niveau M (niveau de performance des matériaux) à la méthode de calcul EPB/EPC. « C’est très prometteur », assure Johan Vanden Driessche.

Polyvalence Cet outil constitue aussi un outil de communication et de conseil à l'intention des propriétaires et des usagers. Les règles et obligations seront aussi simplifiées. Grâce à un « passeport de rénovation » qui n'existe pas encore, les propriétaires et les usagers pourront bénéficier de conseils clairs. « La Flandre veut lancer cette intégration le 1er janvier 2030. Le secteur a besoin d’au moins un an pour se familiariser avec ces nouveaux outils et nouvelles méthodes, communiquer et se former. L’outil devra donc être prêt pour fin 2028. Le temps file ! », explique encore Johan Vanden Driessche.

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DOSSIER

« Atteindre cette décarbonation à l’horizon 2050 est nécessaire et challengeant » Que pensent nos entreprises de construction de cette directive, de ses différentes mises à jour, et des exigences qui en découlent ? Pour le savoir, nous avons interrogé trois de nos membres, un dans chaque région du pays, vu la thématique régionale de ce dossier. C’est d’abord vers Thomas & Piron que nous nous sommes tournés.

S

On sent «qu’une forme de technocratie a pris le dessus au risque de déconnecter les objectifs européens de la réalité du terrain.

»

elon ROMUALD CATOUL , gestionnaire référent Innovation, Développement durable chez Thomas & Piron Bâtiment, avoir une vision européenne sur la PEB est historiquement ambitieux « car les réalités climatiques et socio-économiques ne sont pas les mêmes dans chaque Etat membre et il existe différentes sensibilités politiques sur le sujet », indique-t-il. « Mais atteindre cette décarbonation à l’horizon 2050 est nécessaire et challengeant. Il faudra trouver un consensus entre l’UE et les territoires locaux. » La première version de la directive PEB remonte à 2002. « Construire un projet européen sur le climat a pris du temps. La refonte de la directive de 2010 a fortement marqué les pratiques constructives et de conception en Belgique avec l’apparition de la certification PEB, du responsable PEB, l’introduction de bâtiment Q-ZEN… En 2018, l'Europe pousse de front le renouvelable, l'électromobilité et les stratégies de rénovation à long terme dans des textes toujours plus détaillés. » Entre les années 2000 et aujourd’hui, notre vision collective du changement climatique a profondément changé « et la dernière version de 2024 qui nous occupe est nécessairement plus ambitieuse, mais on sent qu’une forme de technocratie a pris le dessus au risque de déconnecter les objectifs européens de la réalité du terrain », explique-t-il.

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Manque de transversalité Ce glissement, amorcé en 2018, change la nature de l'exercice : la réglementation ne se limite plus à la performance énergétique au sens strict. « La directive touche désormais au carbone sur le cycle de vie des bâtiments neufs, à l'électromobilité et à la mobilité douce … le périmètre s'est élargi, et avec lui le nombre de réglementations qui se croisent », précise Romuald Catoul. En Belgique, ces matières relèvent principalement de la compétence des Régions, mais pas exclusivement. Et dans une même Région, elles peuvent être réparties entre plusieurs cabinets ministériels et administrations. « Un projet est par nature transversal et c'est aux intersections que les problèmes apparaissent. Quid, par exemple, de la sécurité incendie dans un parking souterrain dès qu'on y installe des bornes de recharge puisque cela fait maintenant partie du périmètre de la PEB ? La question relève du fédéral, de plusieurs réglementations à la fois et des services de prévention locaux. En 2021, c’était un vrai problème. Aujourd’hui ça va mieux mais il a fallu attendre que les acteurs de terrain soient informés et soutenus par des organismes référents. Cela ne se fait pas en un jour et les projets, eux, n’attendent pas… Pour un acteur comme nous, actif dans les trois Régions, cela ajoute encore une couche de complexité. La compréhension du terrain,

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ENTREPRISES/TÉMOIGNAGES

la progressivité et des mesures de transition sont essentielles. »

Une contrainte proportionnée ? Reste la question de fond : la directive estelle trop contraignante ? « On espère que la contrainte sera mesurée », précise-t-il avant d’en détailler les conditions. La première est économique « Toutes ces exigences sont-elles soutenables pour le client alors que les matériaux, la main-d’œuvre et les taux d’emprunt augmentent ? Le projet européen met l’accent sur un pilier du développement durable : l’environnement. Mais l'équilibre avec les deux autres, l'économique et le social, est central pour l'adhésion et la pérennité du projet. En matière de logement, c’est même l’accessibilité qui est en jeu. Or, comme le parc à rénover est vieillissant et largement détenu par des propriétaires particuliers, l'enjeu est réel : sans soutenabilité pour les ménages, l'objectif de 2050 restera théorique. » La seconde est la souplesse du cadre. « Aucune règle générale ne peut convenir à tous les bâtiments de tous les territoires. L’UE l’a bien compris et permet aux Etats Membres une souplesse pour certains critères s’ils démontrent qu’une exigence n'est pas réalisable techniquement, fonctionnellement ou économiquement. Il est crucial que notre Région s’empare de ce mécanisme en amont et ouvre des dérogations ciblées dans certains cas utiles. Par exemple, l’accès à la puissance électrique devient critique. Encore faut-il que ce type de difficulté soit éligible au mécanisme de dérogation. À l’aube d’une électrification massive, c’est un comble », indique Romuald Catoul. « Un processus qui fonctionne se doit d’être accessible et prévisible. Une soupape sans procédure de traitement claire aboutit à un blocage. Tant qu'elle reste exceptionnelle et suspendue à l'appréciation de l'administration, la proportionnalité affichée demeure théorique et nourrit l'insécurité juridique, qui peut à elle seule mettre un projet à mal. Vous vous imaginez la perte de temps et d'argent ! Les permis sont déjà très longs à obtenir. Alors, de grâce, n'alourdissons pas les procédures et évitons que les règles changent plus vite qu'on ne construit : un projet conforme au dépôt doit le rester à la livraison. » La troisième concerne les compétences « Les exigences se multiplient et mobilisent

de plus en plus de métiers différents. Pour une structure comme la nôtre, coordonner tout cela devient un vrai challenge ; pour une petite entreprise, cela devient vite hors de portée. Si les entreprises décrochent, c'est le rythme de rénovation du parc qui en pâtit. ».

Stratégie bottom-up Malgré ce regard critique, Romuald Catoul précise bien qu’il faut garder cette ambition de décarbonation à l’horizon 2030 pour les bâtiments neufs et 2050 pour tout le parc immobilier. « Cette stratégie, on se doit bien évidemment de tout faire pour la conserver. Mais quand sera-t-elle coconstruite avec les acteurs de terrain ? Il faut une stratégie ‘bottom-up’, les Etats membres doivent remonter les besoins au niveau de l’UE. Et celle-ci doit aussi tenir compte de l’agenda politique et des mandats en cours dans ces Etats membres pour imposer ses exigences. Le politique doit être à l’écoute des acteurs de terrain et bien entendre les réalités économiques. Il ne faut pas se contenter d'une retranscription mécanique des textes européens, faute de temps, de moyens ou d'expertise. Il faut au contraire s'appuyer sur l'expertise de la société civile. » Et de conclure. « Nous avons besoin de simplification administrative et d’une feuille de route réaliste et économiquement soutenable pour les particuliers et les entreprises. »

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avons « Nous besoin de

simplification administrative et d’une feuille de route réaliste et économiquement soutenable pour les particuliers et les entreprises.

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ROMUALD CATOUL


DOSSIER

« C’est très bien d’être ambitieux pour la rénovation des logements bruxellois » Louis Tilmans est le gérant de Renovatti, une entreprise de construction bruxelloise spécialisée dans la rénovation énergétique et qui emploie dix collaborateurs. La PEB, l’isolation, l’installation de pompes à chaleur, de ventilation… sont donc des thèmes qui parlent à notre membre actif dans la capitale.

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«

Au sujet de la méthode de calcul, je suis principalement actif à Bruxelles et c’est compliqué d’aller en Flandre avec un système PEB totalement différent.

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LOUIS TILMANS

ui la directive européenne est ambitieuse et la Région de Bruxelles-Capitale a déjà mis pas mal d’exigences en place. Mais ça ne me dérange pas du tout, c’est très bien d’être ambitieux pour la rénovation des logements bruxellois », souligne Louis Tilmans. « Toutes ces exigences et ces délais à l’horizon 2030, 2040 et 2050 sont tenables, selon moi. De toute façon, il faut rénover tous ces logements, et c’est particulièrement le cas à Bruxelles », indique-t-il. Au quotidien, dans sa clientèle, il remarque un intérêt croissant pour la question de la PEB. « La plupart des gens qui me contactent pour un chantier sont au courant de toutes ces exigences, c’est d’ailleurs pour cette raison qu’ils cherchent un entrepreneur », souligne le gérant de Renovatti. « J’ai deux types de clients. D’un côté, les primo-acquéreurs. Ce sont des jeunes qui se lancent et veulent rénover leur bien. Malheureusement, pour eux, une rénovation complète qui inclut toutes les exigences est impayable. On cherche alors ensemble une solution car nous sommes obligés de phaser car ça leur coûte trop cher. Pourtant, c’est mieux de procéder à une rénovation énergétique complète en une fois et ça coûtera plus cher dans dix ans. De l’autre côté, j’ai des pensionnés qui ont les moyens et qui veulent rénover correctement et complètement un bien pour le transmettre dans des bonnes conditions à la génération suivante. » Vous l’aurez compris, son entreprise travaille pour des profils différents. Pro-

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blème : pour ceux qui ont moins de moyens, les primes ont disparu à Bruxelles. « Oui, c’est clairement un problème. Mais on a désormais de la clarté. Je veux dire par là que beaucoup de clients avaient mis leur projet et leur devis en attente à cause de la situation peu claire concernant les primes. Maintenant qu’elles sont supprimées, ils savent à quoi s’en tenir et certains se lancent quand même », souligne LOUIS TILMANS.

Deux incitants Comme déjà écrit dans ce dossier, la Région bruxelloise compte 61 % de locataires et comme les bailleurs ne paient pas les charges, ça ne les motive pas à rénover, surtout dans un contexte de suppression des primes. « Je pense qu’il faudrait mettre en places deux incitants pour motiver à rénover : réduire les droits d’enregistrement et le précompte immobilier. » Concernant la fusion du conseiller et certificateur en expert PEB et la demande d’harmonisation de la méthode de calcul entre les Régions, il est bien sûr favorable. « Tout ce qui va vers de la simplification est accueilli positivement. Au sujet de la méthode de calcul, je suis principalement actif à Bruxelles et c’est compliqué d’aller en Flandre avec un système PEB totalement différent. Harmoniser cette méthode de calcul serait effectivement une bonne chose ! » Enfin, il encourage tous ses confrères à se former au sujet de la PEB « J’ai suivi plusieurs formations liées à la rénovation circulaire via le programme Build Circular, notamment pendant la crise sanitaire. Cela m’a énormément appris et c’est pour cette raison que je me suis spécialisé dans ce business. » Et de conclure. « C’est important que nous, entrepreneurs, soyons tous très bien qualifiés car la qualité de la pose de l’isolant n’est pas prise en compte dans la PEB. L’administration ne sait pas contrôler cet aspect. Si l’entrepreneur n’est pas qualifié à ce sujet, on va avoir des problèmes. »

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ENTREPRISES/TÉMOIGNAGES

« Nous pouvons encore améliorer la qualité de l'EPC » Eltherm est une entreprise flamande (Kampenhout) active dans l’isolation au sens large, thermique ou acoustique, dans le secteur de la construction résidentielle ou non résidentielle, pour les particuliers et les entrepreneurs, et ce partout en Belgique. Roel Coose, administrateur délégué, est donc la personne idoine pour aborder la réglementation sur la performance énergétique et les pistes d’amélioration dans ce domaine.

C

omment évolue actuellement le marché de l'isolation ?

Pour l’instant, il est assez calme. Désormais, il va de soi d’installer une isolation efficace dans les logements neufs. Mais nous subissons les effets de la mauvaise conjoncture, surtout chez les entreprises proposant des solutions « clé en main ». La rénovation des bâtiments anciens, souvent transformés ou réaffectés, se porte mieux. On pense désormais plus à l’isolation, en même temps qu’à la modernisation. Autrefois, les ménages rénovaient progressivement, après l’achat de leur logement, mais ils optent désormais plus souvent pour une rénovation complète, car les banques leur accordent de meilleurs prêts s’ils améliorent l’efficacité énergétique de leur logement. Les gens sont-ils désormais convaincus de la nécessité d’isoler ?

Je le pense. Ils prêtent davantage attention aux toitures (responsables des plus grandes pertes d’énergie) et aux murs. Dans ce cadre, ils optent souvent pour l’isolation des murs creux. En effet, isoler à l’extérieur coûte plus cher. Pour les bâtiments plus anciens, nous utilisons des matériaux biologiques pour une isolation intérieure. Mais les solutions les plus évidentes (les combles et les planchers faciles à isoler) ont déjà été mises en œuvre. De plus, nous devons subir les réductions des primes à la rénovation. L'EPC joue-t-il un rôle ?

Tout à fait, bien plus encore que la hausse des prix du gaz et du pétrole car les gens ressentent cette hausse plus lentement. Si leur EPC est élevé, les gens réfléchissent à le réduire et l’améliorer, pour augmenter la valeur

de leur logement. Les subsides jouent-ils un rôle ?

En effet, ils font augmenter la demande. Je pense que les aides doivent être versées à ceux qui en ont le plus besoin. Mais comme les primes pour l’isolation des murs creux ne s’appliquent plus aux revenus les plus élevés, l’exigence de qualité liée à ces primes disparaît aussi. Cette certification coûtait entre 1,5 et 2 euros par m², mais elle était compensée par une prime de 6 euros par m². Désormais, les usagers risquent de passer outre ce contrôle, ce qui ouvre la voie à des travaux de mauvaise qualité et à des entrepreneurs malhonnêtes. Je propose de faire comme en Wallonie et d’accorder de plus hautes primes pour de l’isolation à l’aide de biomatériaux. C’est plus cher, mais c’est local. La chaîne d’approvisionnement est plus courte, et nous sommes moins dépendants de l'industrie pétrochimique. Comment améliorer l’application EPC ?

Le rapport EPC est transparent, il donne un chiffre précis et un code couleur clair. Mais, selon le rédacteur du rapport, les résultats peuvent varier. Pour un coût minime, il est même possible de demander des certificats EPC en ligne. Je conseille de s’adresser à des experts agréés. De plus, on pourrait améliorer la précision de l’EPC. Les experts en EPC devraient mener ce qu'on appelle des recherches « destructives ». Ce type d’examen visuel est simple : il suffit de percer un petit trou et d'y introduire une caméra pour observer l'intérieur. Mais les experts ne peuvent souvent pas le faire. Il faut aussi adapter davantage les recommandations de l’EPC, et donner des estimations de prix plus représentatives. Bref, nous pouvons encore améliorer la qualité de l’EPC.

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«

La rénovation des bâtiments anciens, souvent transformés ou réaffectés, se porte mieux. ROEL COOSE

»


La résilience devient un facteur décisif pour le secteur européen de la construction à l’horizon 2026 L’incertitude économique pousse les entreprises de construction à faire des choix structurels en matière de données, de technologie et de collaboration. Le secteur européen de la construction est soumis à une pression croissante due à l’incertitude économique, à la pénurie de main‑d’œuvre et à une réglementation fluctuante. Les entreprises qui continuent à travailler selon des modèles traditionnels risquent de prendre un retard structurel. Une étude récente menée auprès d’experts européens montre que la résilience s’impose comme un facteur de succès structurel pour le secteur. Les résultats de cette étude sont rassemblés dans l’e‑book De l’incertitude à la résilience : L’avenir numérique du secteur de la construction publié par 4PS.

L’e‑book complet “De l’incertitude à la résilience : L’avenir numérique du secteur de la construction” est disponible pour approfondissement et contexte.


L’incertitude touche directement le cœur du secteur

Ces dernières années, il est apparu que l’incertitude dans la construction n’est plus une perturbation temporaire, mais une réalité structurelle. La volatilité des prix des matériaux et de l’énergie, les perturbations dans les chaînes d’approvisionnement et une pénurie croissante de professionnels qualifiés rendent la planification à long terme de plus en plus difficile. Dans le même temps, les défis sociétaux restent importants : construction de logements, rénovation et transition énergétique exigent échelle et prévisibilité, tandis que les marges restent sous pression.

Résilience : d’une approche défensive à une vision stratégique

Les entreprises de construction qui investissent dans la résilience sont mieux capables d’absorber les chocs et de saisir les opportunités ; il ne s’agit plus d’une mesure uniquement défensive. Cela nécessite d’autres choix que par le passé. Au‑delà du contrôle des coûts, ce sont surtout les décisions fondées sur les données, l’intégration des processus et la collaboration dans la chaîne qui déterminent qui progresse. Georg Connert, Executive VP et Global Business Unit Head chez Hilti, déclare : « Être résilient est un avantage concurrentiel, précisément parce que la construction est par définition volatile et caractérisée par de longs cycles de projet et de l’incertitude. »

Marché du travail : un point de rupture structurel

L’un des plus grands risques pour le secteur reste la pénurie de personnel. En Europe, des millions de professionnels supplémentaires seront nécessaires d’ici 2030, tandis qu’une grande partie de la main‑d’œuvre actuelle quittera le secteur en raison du vieillissement. Sans gains de productivité et de nouvelles façons de travailler, l’exécution des projets de construction et d’infrastructure risque de se bloquer.

Georg Connert

Frederik Brugmans, Associate Director chez KPMG Strategy, constate que cela oblige les entreprises à se repositionner : « Les entrepreneurs principaux étaient traditionnellement organisés. Aujourd’hui, ils évoluent vers une construction industrialisée et une collaboration plus intégrée dans la chaîne afin de mieux gérer les risques. »

La digitalisation est disponible, mais encore peu exploitée

Bien que les technologies numériques, l’IA et les systèmes ERP intégrés soient largement disponibles, seule une partie limitée des entreprises de construction en fait un usage structurel. Cet écart accroît les différences en matière d’agilité et de résilience au sein du secteur. Les entreprises qui investissent aujourd’hui dans les données, l’intégration des processus et la transparence construisent, selon 4PS, un avantage structurel, surtout en période d’incertitude.

Point de bascule vers 2026

À l’approche de 2026, un moment charnière se dessine pour le secteur de la construction. Une étude menée auprès d’experts européens fait apparaître deux futurs possibles : maintenir le statu quo, avec une vulnérabilité accrue en conséquence, ou opter pour un changement structurel. Dans ce second scénario, la résilience devient un avantage concurrentiel plutôt qu’une mesure de dernier recours. L’analyse est regroupée dans l’e‑book De l’incertitude à la résilience : L’avenir numérique du secteur de la construction.

À propos de 4PS by Hilti 4PS est un partenaire de digitalisation pour les entreprises de construction, de génie civil/infra et d’installation. Grâce à des solutions logicielles innovantes, 4PS aide les entreprises à digitaliser et à améliorer leurs processus. 4PS est actif en Europe et fait partie du Hilti Group.

www.4ps.be/fr

Frederik Brugmans


SECTEURS & MÉTIERS

J

EAN-JACQUES NONET nous a reçu

au siège social de l’entreprise, située à Jemeppe-sur-Sambre. Depuis plusieurs années, ce sont ses quatre enfants (Simon, François, Claire et Marie) qui gèrent le joyau familial actif dans six grands secteurs : les voiries, les réseaux enterrés, le recyclage, la démolition, les clôtures et contrôle d’accès et la production de béton prêt à l’emploi et préfabriqué. Mais l’ancien président de notre entité régionale wallonne est encore présent au conseil d’administration. « Je vais bientôt me retirer, 75 ans est un bon âge pour laisser la place aux autres », précise-t-il, avant de jeter un œil dans le rétroviseur.

Propulsé à la tête de l’entreprise C’est Jean, son papa, qui s’est lancé comme entrepreneur indépendant dans la voirie, en 1958. « J’avais 7 ans à l’époque, et son premier chantier a été l’aménagement de chemins dans un cimetière, à l’aide d’une brouette et avec un premier collaborateur. Une autre époque ! ». Dans les années 60, Jean Nonet rejoint la Chambre Syndicale de la Construction

prise. Je n’avais aucune formation et seulement quelques mois de travail sur le tas. Me voilà propulsé à la tête de l’entreprise comme soutien de famille, sans aucune expérience et avec 15 hommes. Grâce à leur collaboration et leur fidélité, nous avons pu « tenir » pour ensuite progresser petit à petit. »

Départ et retour à la fédération Mais la gestion de l’entreprise n’est pas un long fleuve tranquille pour le jeune JeanJacques. Quelques années plus tard, la société connaît une situation bilantaire difficile. « Je me tourne alors vers la Chambre locale de Namur. Elle ne sait rien faire pour moi et me signale même de m’estimer heureux qu’elle ne dénonce pas mon équilibre financier précaire. Face à cette situation, je décide de quitter la fédération pendant plusieurs années. » Sa première expérience avec l'organisation professionnelle n’est donc pas une réussite. Mais l’histoire va s’inverser… À l’époque, les dépôts de soumission ont lieu à la commune. « Et c’était la tradition, on se retrouvait après avec les confrères pour partager un verre. De fil en aiguille lors de

« Mon objectif prioritaire a toujours été que notre organisation soit la plus efficace possible » Nous poursuivons notre série d’articles relatifs aux 80 ans d’Embuild. Dans ce numéro de rentrée, nous donnons la parole à Jean-Jacques Nonet (75 ans), ancien président d’Embuild Wallonie, à l’époque la CCW, et ancien administrateur délégué de l’entreprise Nonet, devenue le Groupe Jean Nonet. « Les 80 ans d’Embuild sont une étape. C’est peut-être le moment de se reposer toujours les bonnes questions et ne pas avoir peur de se remettre en question. Mon objectif prioritaire a toujours été que notre organisation professionnelle soit la plus efficace possible au bénéfice des affiliés », indique Jean-Jacques Nonet. de Namur, comme s’appelait alors l’association locale d’Embuild Namur-Brabant wallon, section « voiries ». « En 1973, papa a été victime d’un accident vasculaire cérébral et il n’a jamais su reprendre son activité professionnelle », explique-t-il. « À l’époque, j’étais encore en secondaire et je venais d’arrêter l’école pour travailler avec lui dans l’entre-

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nos discussions, ils ont réussi à me convaincre de revenir à la Chambre de Namur, section voiries de l’ancienne Fédération Wallonne des Entrepreneurs de Travaux de Voiries (FWEV). C’était une période formidable ! J’ai pu m’y former, rencontrer de grosses entreprises et m’introduire dans divers milieux d’affaires. Je me suis fort impliqué, si bien qu’on m’a

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ANNIVERSAIRE EMBUILD

demandé d’être le représentant namurois de la FWEV, au niveau wallon cette fois. Je découvre alors encore un nouveau monde et c’est l’occasion de toujours apprendre et mieux comprendre les implications du métier. Et lorsqu’arrive le moment de la présidence tournante pour Namur, on me propose le poste que j’accepte. »

Faits marquants avec Maxime Prévot

Jean-Jacques Nonet est le fils de Jean, le fondateur de l’entreprise Nonet en 1958, et devenue le Groupe Jean Nonet.

début de «maAuprésidence,

nous nous réunissions avec plusieurs anciens présidents de la CCW pour travailler à améliorer notre efficacité à travers nos différentes associations.

»

En tant que président de la FWEV, désormais appelée Mobiwall, Jean-Jacques Nonet se souvient de deux faits marquants, tous en lien avec Maxime Prévot, le ministre wallon des Travaux publics à l’époque. « Nous étions allés le voir pour parler des taxes routières. Didier Block, le secrétaire général, lui avait expliqué qu’une redevance serait plus intéressante qu’une taxe. Après un temps de réflexion, le ministre a accepté cette proposition. C’était un pas en avant pour nous car l’argent perçu par les redevances va directement dans les voiries, à l’inverse des taxes routières comme en Flandre ou à Bruxelles qui vont dans le « pot commun » », indiquet-il. « Vu l’état déplorable des routes, nous avions lancé la campagne « Sauvons nos routes » entre les années 2010 et 2015. Une conférence de presse avait eu lieu à Wépion un matin pour la présenter, et le sujet devait passer au JT de 13h. Ce jour-là, Maxime Prévot était de retour de Bruxelles vers Namur. Ayant connaissance par je ne sais qui de la tenue de cette conférence de presse, où il n’était évidemment pas invité, il s’est empressé de faire demi-tour pour se faire interviewer par la RTBF à ce sujet. Il est passé au 13h pour expliquer qu’il avait une réserve budgétaire et trouverait un financement pour solutionner ce problème. Nous étions bluffés de le voir présent au préambule de notre opération « Sauvons nos routes » et apporter sa réponse dans le même temps. Mais pour nous, la mission était accomplie et gagnée. »

Président d’Embuild Wallonie Ce lobbying et toutes ces rencontres ont marqué positivement le fils du fondateur de l’entreprise Nonet, qui allait encore vivre bien d’autres aventures enrichissantes au sein de notre fédération professionnelle. « Durant cette période de ma vie, les choses se sont encore accélérées pour moi au sein de celle-

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ci. On m’a demandé plus ou moins en même temps de prendre aussi la présidence de la Chambre de Namur et ensuite en 2015, j’ai été appelé au niveau régional pour être le président de la Confédération Construction Wallonne, l’ex-CCW désormais Embuild Wallonie. Les enfants avaient commencé à me rejoindre dans l’entreprise pour en assurer la gestion quotidienne. J’ai donc eu du temps pour m’investir dans cette mission très prenante à Bruxelles pendant trois ans, jusqu’en 2018. » Il se rend alors régulièrement au siège de l’ancienne Confédération Construction, à la rue du Lombard à Bruxelles. « Là, on voit tout le monde au niveau national et tous les métiers sont représentés. Les collègues entrepreneurs, même des grosses entreprises, sont accueillants et respectueux des petites entreprises. On participe à de nombreuses réunions avec l’ex-Confédération nationale, avec Constructiv pour les formations, avec les syndicats pour les négociations sociales… Quel enrichissement d’apprendre et de découvrir tant de nouvelles choses ! C’était aussi un moment compliqué pour l’ex-CCW qui était en pleine réorganisation et qui cherchait plus de moyens financiers. J’ai participé à cette réorganisation en travaillant étroitement avec l’ex-Confédération nationale, à la base de cette démarche. Au début de ma présidence, nous nous réunissions avec plusieurs anciens présidents de la CCW pour travailler à améliorer notre efficacité à travers nos différentes associations. Notre nom de code était « les Mousquetaires ». Je pense que nous avons réussi notre mission de lancer des pistes de réflexion pour une structure plus efficace, avec des gens du terrain. »

Conclusion Après 2018, Jean-Jacques Nonet s’est complètement retiré d’Embuild. « Cela a été une période très importante de ma vie professionnelle. L’organisation m’a formé et m’a fait rencontrer un tas de personnes dans notre beau secteur. Je lui en suis très reconnaissant, car le plus enrichissant ce sont les rencontres », souligne-t-il. Avant de conclure. « Le secteur a bien évolué, le service aux membres est capital et doit davantage s'individualiser. Le lobbying doit bien évidemment se maintenir. Les 80 ans d’Embuild sont une belle étape et je suis ravi d’avoir pu participer à la chaîne de cette grande aventure. »

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SECTEURS & MÉTIERS

Francis Carnoy, l’ancien directeur général d’Embuild Wallonie, a pris sa retraite Francis Carnoy, l’ancien directeur général d’Embuild Wallonie devenu conseiller général d’Embuild, a pris sa retraite le 30 juin dernier. Nous avions déjà réalisé un entretien croisé « bilan et futur » avec Hugues Kempeneers, l’actuel directeur de notre entité régionale wallonne qui lui a succédé, dans notre édition de mars 2023. Mais Embuild Magazine tenait à donner une dernière fois la parole à l’homme qui a été le visage de la construction wallonne pendant 20 ans.

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rancis Carnoy, cette fois ça y est, la page se tourne définitivement avec Embuild. Dans quel état d’esprit prenezvous congé de la fédération professionnelle ?

Particulièrement serein. Je viens d’atteindre 66 ans, le nouvel âge légal de la retraite. Ce qui met fin à 42 années de carrière, dont 36 dans le secteur de la construction : 13 à la fédération des voiristes (1990-2003), une tranche de vie intense et inoubliable dans un métier spécifique et attachant ; 20 à la direction de l’ex-CCW (2003-2022) où, en duo avec les présidents successifs et en s’appuyant sur un staff solide et en croissance continue, on a accompagné et porté le secteur à travers d’innombrables défis (ndlr : voir à ce sujet l’interview dans l’Embuild Magazine de mars 2023) ; et enfin 3-4 ans chez Embuild (20232026), à mi-temps. La formule du crédit-temps de fin de carrière, que j’avais souhaitée dès la soixantaine après être passé pas loin d’un burn-out, est idéale pour un atterrissage en douceur. Et je suis en outre un « pionnier » du nouvel âge légal de la retraite. Travailler un an de plus ne m’a nullement pesé. Au contraire, cette année active supplémentaire en bonne santé a été très enrichissante. Quelles ont été vos activités lors de cette période à mi-temps chez Embuild,

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depuis 2023 ?

La liste est un peu longue, mais je voudrais mettre en exergue la mission que m’a confiée notre CEO Niko Demeester de relancer la fondation Aedificas, rebaptisée Embuild Foundation, à l’arrêt depuis la crise du Covid. Au départ quasi d’une feuille blanche, on a dû tout recréer en quelques mois, depuis la rédaction du règlement du concours jusqu’à la désignation du jury et au choix de l’artiste pour fournir les trophées. À la clé : la satisfaction de voir Embuild et les lauréats s’illustrer, grâce aux awards de la fondation, dans la responsabilité sociétale des entreprises. Dans la même veine, j’ai aussi œuvré au nom d’Embuild au sein de l’asbl Prométhéa qui promeut la culture et la restauration du patrimoine bâti. J’ai en outre le plaisir de représenter Embuild et la FEB au comité de gestion de l’Institut Géographique National (IGN), organisme que j’ai mis en connexion avec nos centres d’innovation Buildwise et CRR, vu les synergies considérables à développer en modélisation numérique spatiale. Au niveau régional, j’ai notamment contribué à relancer une « alliance patrimoine » avec le gouvernement wallon pour redynamiser ce segment de la construction un peu délaissé, mais pourtant si stratégique pour l’identité régionale et l’attractivité territoriale. Et je pourrais encore parler de Greenwin, de Cobaty, de Mariemont, d’AKT…

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UNE PAGE SE TOURNE…

arrow_down_roundel Au cours des dernières années, Francis Carnoy a notamment contribué à relancer une « alliance patrimoine » avec le gouvernement wallon pour redynamiser ce segment de la construction. arrow_down_roundelarrow_down_roundel La fierté de l’ancien directeur général d’Embuild Wallonie.

Le mi-temps a été bien rempli. C’est clairement avec le sentiment du devoir accompli que je tire l’échelle.

une équipe compétente, efficace et motivée dans tous les domaines, tout en gardant une ambiance humaine et conviviale.

On en a déjà évoqué lors de l’interview avec votre successeur Hugues Kempeneers, mais pouvez-vous nous citer quelques souvenirs marquants de votre carrière ?

Y a-t-il des gens que vous souhaitez saluer ?

C’est difficile de choisir parmi les nombreux souvenirs qui ont émaillé tant d’années dans le secteur. Citons la catastrophe de Ghislenghien, en 2002, qui a eu le mérite d’accélérer l’adoption d’un décret « impétrants » qu’on préparait en coulisses depuis de nombreuses années. Ou ce colloque dans les années nonante où je dénonçais le sous-entretien routier, ce qui a provoqué une réaction très agacée du ministre-président wallon de l’époque, mais dont le successeur m’a ensuite invité à intégrer un groupe d’experts pour initier les plans wallons d’investissement. Ou encore ce voyage à Berlin avec le ministre-président wallon du moment, improvisé en deux jours pour rencontrer le ministre allemand de l’Environnement en vue de lancer la première Alliance Emploi-Environnement au niveau wallon. Ou ce conseil d’administration de l’UWE (devenue AKT), où je plaidais pour mettre un bémol au libre-échange mondial des matériaux et pour davantage de circuits courts. Sur le coup, je me suis retrouvé très isolé. Mais ce même conseil, quelques années plus tard, en appelait à la réindustrialisation et à davantage d’autonomie stratégique européenne et régionale, notamment en marchés publics. Enfin, les tragiques inondations de juillet 2021 ont marqué un tournant dans la prise de conscience (au niveau de la CCW, de Buildwise, du SPW…) de l’urgence d’adapter le bâti aux changements climatiques, thème devenu central depuis lors. Une fierté à pointer durant toutes ces années au service du secteur ?

Une qui n’a pas de prix. Les cadeaux de mon équipe lors de la petite fête qui m’a été concoctée quand j’ai quitté la direction d’Embuild Wallonie en 2023 : non seulement une vidéo humoristique, mais surtout un « certificat » de super directeur. C’est vrai que je suis fier d’avoir littéralement « construit »

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D’abord tous mes présidents successifs, une douzaine depuis 1990, avec lesquels la relation de confiance et de complémentarité a souvent été très forte tant au plan humain que professionnel. Ensuite tous les collaborateurs de l’ex-CCW que j’ai recrutés et formés au fil des ans, dont une majorité de femmes : de 4 au départ, j’ai fait grandir l’équipe jusqu’à 23 unités, quasi tous ont donné le meilleur d’eux-mêmes pour la CCW, et plusieurs sont aujourd’hui des managers et experts reconnus dans leur domaine. Sans oublier mes précieuses assistantes sans lesquelles rien n’aurait été possible… Aussi les directeurs des chambres locales qui ont été des partenaires-clés pour débattre, développer et optimiser en permanence le service aux membres et la stratégie régionale. Et j’aurais encore beaucoup de monde à saluer, chez Embuild nationale, dans les fédérations, dans les organismes partenaires, et même dans les administrations. Impossible de citer chacune et chacun ! Enfin, bravo à Hugues pour la belle montée en puissance et l’excellente ambiance qu’il cultive avec l’équipe de choc que je lui ai transmise. Sans oublier ma femme, qui a supporté mes horaires très élastiques pendant plus de trente ans… La vie ne s’arrête pas après Embuild. Quels sont vos projets ?

Retraite ne signifie ni couperet ni inactivité, mais (quand on a la santé) transition vers de nouveaux possibles, de nouveaux projets, des nouveaux regards... La page Embuild est tournée, mais beaucoup de connexions sont toujours là. Je me vois évoluer pour quelque temps dans un rôle de conseil ou d’administrateur « indépendant », notamment à l’IGN ou chez Cobaty, et peut-être ailleurs dans le domaine du patrimoine. Je serai sans doute plus présent dans certains cercles et associations du côté privé. Mais la priorité sera de soigner davantage les amis et la famille, qui accueille depuis peu des petits-enfants. Merci à toutes et à tous et longue vie à Embuild !

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SECTEURS & MÉTIERS

« Le réemploi ne doit plus être considéré comme un marché de niche, mais comme une approche amenée à se développer davantage au sein du secteur » Le 16 juin dernier, Embuild Wallonie ; en collaboration avec Retrival, Tradecowall et le Parc naturel Cœur de Condroz ; a organisé un événement de sensibilisation dédié aux solutions concrètes de réemploi et de recyclage dans le secteur de la construction sur le site de Recynam, un centre de tri des déchets de construction et de déconstruction, à Lives-sur-Meuse (Namur). Une soixantaine de personnes étaient présentes pour en apprendre davantage sur cette thématique, et plus particulièrement sur le réemploi mis en avant par le projet RecyparcPRO, soutenu par la Région wallonne.

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uoi de mieux qu’un centre de tri pour accueillir un événement dédié au recyclage et au réemploi dans le secteur de la construction ? C’est ce qui s’appelle être au cœur du sujet. « Il y a dix ans, le recyclage était la préoccupation majeure. Depuis quelques années, l’accent est également mis sur le réemploi et des projets émergent tant au niveau européen que belge ou wallon », a d’emblée indiqué ANNE DUMONT, coordinatrice du Plan wallon des déchets-ressources au SPW Environnement. « Le projet RecyparcPRO, soutenu dans le cadre de l’appel à projets déchets-ressources, est l’un d’eux. Il propose des solutions concrètes pour le développement du réemploi dans la construction. Parmi d’autres initiatives à côté de ce projet, le guide de tri pour les entrepreneurs est en cours d’actualisation, en collaboration avec Buildwise. Les enjeux de circularité et de réemploi sont très importants, au même titre que ceux de la performance énergétique des bâtiments. » DAMIEN VERRAVER de Retrival, a ensuite expliqué le projet RecyparcPRO. Retrival est

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une coopérative à finalité sociale spécialisée dans la gestion et le tri des déchets. Elle participe à des déconstructions sélectives, transporte et stocke les matériaux et les prépare au réemploi et les vend ensuite sur une plateforme en ligne www.cornermat.be pour les remettre sur le marché.

Déposer et reprendre L’objectif de RecyparcPRO est de transformer les centres de tri et de recyclage « traditionnels », comme celui de Recynam, en plateformes multi-usages pour les professionnels de la construction. Il met en avant la prolongation de durée de vie des matériaux, la préservation des ressources ou l’optimisation des opérations en évitant le gaspillage de ce qui peut encore être utilisé en l’état, et permet de simplifier le recyclage et maximiser le réemploi. Le principe est simple : les entreprises de construction viennent déposer leurs déchets de construction (béton, briques, plâtre, isolants, châssis, asphalte, verre, bois…) et repartent avec des produits recyclés, des maté-

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Permettre « aux clients de

déposer leurs déchets, et en même temps avoir accès à des matériaux de réemploi de qualité, facilite l’approvisionne­ ment durable des chantiers et optimise la logistique inverse.

»

DAMIEN VERRAVER


ÉCONOMIE CIRCULAIRE

Une soixantaine de personnes étaient présentes à l'événement pour en apprendre davantage sur la thématique.

Les différents participants ont eu l’occasion de visiter le site de Recynam, avec deux thématiques à l’ordre du jour : les matériaux de réemploi et les granulats recyclés.

riaux naturels ou issus du réemploi pour leurs chantiers. « Le projet est né pendant le Covid, un moment où nous n’avions plus trop de matériaux car les chantiers de démolition étaient à l’arrêt. Les centres de tri et de recyclage sont également demandeurs de développer de nouveaux business models », a expliqué Damien Verraver. « Permettre aux clients de déposer leurs déchets, et en même temps avoir accès à des matériaux de réemploi de qualité, facilite l’approvisionnement durable des chantiers et optimise la logistique inverse. Le fonctionnement du RecyparcPRO permet également aux professionnels de venir déposer les matériaux de fin de chantier qui pourront trouver directement une seconde vie. »

Souhait de collaborer avec la Région Après avoir rappelé les trois grands axes de notre fédération professionnelle (dialogue avec les instances, accompagnement et conseil, et transformation du secteur) ; HÉLÈNE DELLOGE , manager Environnement, Energie & Durabilité chez Embuild Wallonie, a souligné que notre entité régionale croit fortement au potentiel de réemploi, notamment pour répondre à la raréfaction des matériaux et ressources. « Nous collaborons déjà avec la Région sur ces enjeux et souhaitons poursuivre et renforcer cette dynamique afin de clarifier le cadre et plusieurs points encore flous aujourd’hui. Le réemploi ne doit plus être considéré comme un marché de niche, mais comme une approche amenée à se développer davantage au sein du secteur », a-t-elle indiqué.

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Tradecowall DAVID LAMY, le directeur général de Tradecowall (société coopérative pour le Traitement des Déchets de Construction en Wallonie, dont Recynam est une filiale), s’est aussi exprimé lors de l’événement. « Pourquoi nous sommesnous lancés dans ce projet ? Nous avons eu beaucoup de questionnements sur les flux de matières que l’on pouvait recevoir : béton, métal, bois… Plutôt que de tout envoyer au concassage, valoriser tous ces matériaux faisait sens. La base de la réflexion était de créer et trouver une nouvelle filière. Il fallait des clients intéressés par ce projet. Notre équipe R & D y a travaillé avec l’idée de développer ce concept sur l’ensemble du territoire wallon et via nos différentes filiales. D’autres projets de ce type vont d’ailleurs démarrer dans nos autres filiales Recymex et Valorem. Pourquoi avoir démarré avec Recynam ? Car c’est un partenaire historique de Retrival et on voit ce partenariat durable sur le long terme. »

Parc naturel Cœur de Condroz Enfin, soulignons que cet événement découle d’une initiative du Parc naturel Cœur de Condroz. Ce dernier s’étend sur six communes de la Province de Namur : Assesse, Ciney, Gesves, Hamois, Havelange et Ohey. Son objectif est de contribuer à la gestion durable du territoire, en prenant le pari que l’homme peut développer ses activités tout en préservant les ressources naturelles. « Notre asbl est constituée de 16 personnes qui travaillent sur 11 missions traitant de différents sujets. Mon rôle est de sensibiliser les acteurs de notre territoire à la thématique de l’économie circulaire, dont le réemploi et le recyclage, et de transmettre les bonnes pratiques », a indiqué AMÉLIE GOSSET, chargée de mission économie circulaire et économie locale.

Visite du site Les différents participants ont ensuite eu l’occasion de visiter Recynam, le site qui accueillait l’événement, avec deux thématiques à l’ordre du jour : les matériaux de réemploi et les granulats recyclés. Dans son site de production de Lives-sur-Meuse, Recynam recycle, en moyenne, 100.000 tonnes de déchets inertes chaque année. L’après-midi s’est terminée par un agréable moment convivial et de réseautage.

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SECTEURS & MÉTIERS

« Built to Build »,

une campagne pour recruter des femmes dans le secteur en Communauté germanophone Pour remédier au problème de pénurie de main-d’œuvre qualifiée dans la construction, Embuild Verviers-Ostbelgien et Constructiv ont lancé la campagne « Built to Build », qui vise à convaincre les femmes et jeunes filles à envisager une carrière dans le secteur et mettre en valeur toutes celles qui sont déjà actives sur les chantiers. Dans un premier temps, ce projet est spécifiquement développé pour la Communauté germanophone de Belgique. Il s’étendra ensuite dans le reste de la province de Liège.

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ans nos colonnes, on parle régulièrement de campagnes de promotion des métiers de la construction à l’échelle nationale, wallonne, bruxelloise ou encore flamande. Nos collègues germanophones ont désormais aussi développé une initiative à ce sujet. C’est positif, car le recrutement dans le secteur est une problématique que l’on rencontre aux quatre coins du pays. La campagne « Built to Build » est donc l’occasion de faire un état des lieux de notre secteur dans l’Est du pays.

5 % de l’emploi total À première vue, il se porte relativement bien. Avec une contribution d’environ 192 millions d’euros à l’économie régionale, il représente près de 7 % de la valeur ajoutée de la Communauté germanophone et quelque 5 % de l’emploi total. Mais derrière ces chiffres, le secteur de la construction souffre également d’une pénurie de main-d’œuvre qualifiée dans les Cantons de l’Est. C’est dans ce contexte qu’Embuild Verviers-Ostbelgien et Constructiv ont lancé cette campagne. Son objectif est de rendre les femmes plus visibles dans les métiers techniques et convaincre davantage de jeunes filles à envisager une carrière dans la construction.

118 femmes sur 1.233 salariés Les femmes représentent environ 50 % du

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marché de l’emploi, mais restent largement absentes du secteur. En Communauté germanophone, elles ne sont que 118 parmi les 1.233 salariés du secteur, soit à peine 10 %. Sur les chantiers proprement dits, leur présence est encore plus faible. Dans la province de Liège, les données de Constructiv indiquent un taux de seulement 1, 18 % de femmes parmi les ouvriers au troisième trimestre 2025. « À l’heure où le marché du travail est confronté à des tensions croissantes, cette situation constitue un paradoxe. La Communauté germanophone affiche un taux d’emploi record de 77,9 %, le plus élevé du pays, mais la population active vieillit

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Une conférence de presse a été organisée pour présenter la campagne. À gauche, on aperçoit Astrid Convents, la présidente d’Embuild Verviers-Ostbelgien, et Laurence Wagnies, la directrice Constructiv – Building on People Wallonie. Au centre : les jeunes filles de l’école Robert-SchumanInstitut d’Eupen. À droite : Paul-Philippe Hick, le directeur d’Embuild Verviers-Ostbelgien.


PROMOTION DES MÉTIERS

responsabilités, l’intérêt pour la technique, la capacité d’apprentissage et l’esprit d’équipe. Autant de qualités qui ne sont pas liées au genre », explique-t-elle.

Améliorer la visibilité

Jérôme Franssen, le ministre de l’Emploi de la Communauté germanophone et parrain de la campagne, avec les filles de l’école Robert-SchumanInstitut d’Eupen.

et le renouvellement des générations devient insuffisant. Avec un taux de remplacement de seulement 0,4 ; quatre nouveaux travailleurs arrivent sur le marché pour dix départs à la retraite. Dans ces conditions, ignorer la moitié du potentiel humain disponible n’est plus une option », indique JÉRÔME FRANSSEN , ministre de l’Emploi de la Communauté germanophone et parrain de la campagne.

Obstacle ? Quel est le principal obstacle pour que les femmes rejoignent notre secteur ? Selon ASTRID CONVENTS, présidente d’Embuild Verviers-Ostbelgien, ce n’est pas leur manque de compétences, mais plutôt la persistance de représentations dépassées. « L’image du chantier comme univers exclusivement masculin reste profondément ancrée dans les mentalités. Pourtant, les métiers ont fortement évolué. La digitalisation, les machines modernes et les systèmes d’assistance ont considérablement réduit l’importance de la force physique. Les entreprises recherchent aujourd’hui avant tout la précision, le sens des

UN CHANGEMENT DÉJÀ AMORCÉ ? Les mentalités sont-elles déjà en train de changer ? On peut y croire si l’on observe la classe de 4e année « Technique du bois » au Robert-Schuman-Institut d’Eupen. En effet, 5 élèves sur 12 y sont des filles. « Il y a quelques années, une telle proportion aurait été exceptionnelle. Mais désormais, de plus en plus de jeunes filles s’orientent vers les formations techniques et artisanales », souligne SEBASTIAN ­HAMACHER, le responsable des ateliers. Les élèves interrogées décrivent un environnement où filles et garçons travaillent naturellement côte à côte. Les réticences proviennent davantage de l’extérieur de l’école, où les stéréotypes restent présents. Leur message à d’autres jeunes filles est simple : essayer, poser des questions et ne pas s’autocensurer.

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Selon les initiateurs de la campagne, le problème est avant tout un manque de visibilité. Beaucoup de jeunes filles n’ont jamais rencontré de femmes travaillant sur un chantier ou dans un métier technique. Faute de modèles, elles ne s’identifient pas à ces professions. C’est précisément là que « Built to Build » intervient. Elle souhaite rendre visibles les femmes déjà présentes dans le secteur. Des ouvrières, des menuisières, des techniciennes ou encore des employées du secteur deviennent ainsi les ambassadrices d’une nouvelle image de la construction. Les partenaires souhaitent donc identifier des ambassadrices, multiplier les témoignages et sensibiliser les écoles. Dans un premier temps, la campagne se déroulera dans les Cantons de l’Est avec la volonté de créer une forte dynamique régionale. Ensuite, elle s’étendra progressivement dans la province de Liège. Concrètement, plusieurs actions sont prévues pour améliorer cette visibilité : installation de bannières de chantier sur les sites où travaillent des femmes ; diffusion de portraits, reportages et vidéos sur les réseaux sociaux et dans les médias ; distribution d’écussons, autocollants et t-shirts aux couleurs de la campagne ; interventions et actions de sensibilisation dans les écoles. L’objectif n’est pas seulement de communiquer, mais de créer progressivement un changement culturel durable.

Nécessité économique Pour les partenaires du projet, l’enjeu dépasse largement la question de l’égalité des chances. Face à la diminution de la population en âge de travailler, au vieillissement démographique et aux difficultés croissantes de recrutement, attirer davantage de femmes constitue une nécessité économique pour garantir l’avenir du secteur. La campagne « Built to Build » veut ainsi envoyer un signal fort : la construction est un secteur moderne, innovant et ouvert. Un secteur dans lequel les femmes ont pleinement leur place. Et surtout un secteur qui ne pourra répondre aux défis des prochaines décennies qu’en mobilisant tous les talents disponibles.

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SECTEURS & MÉTIERS

Le Clos des Mariés :

un laboratoire pour tester la logistique liée au réemploi sur chantier Avant les vacances d’été, Embuild.Brussels a organisé une visite de chantier au Clos des Mariés, à Ixelles, dans le cadre de son programme Build Circular. Ce projet, mené par Louis De Waele, vise la rénovation lourde de plusieurs bâtiments sur le site Usquare, en vue de créer des logements sociaux. L’objectif de cet événement était d’en apprendre davantage sur la logistique de chantier en ville et les défis particuliers que pose le réemploi. Un sujet souvent relégué au second plan et pourtant déterminant pour la bonne marche d'un projet.

L

a logistique passe souvent inaperçue. Pourtant, bien gérée, elle change tout : moins de camions, moins de manutention et donc moins de poussière, de congestion, de pollution et de bruit. C'est toute la gestion des flux d'un chantier, et en particulier des matériaux, qui se joue là. En ville, où l'espace est rare et les riverains proches, l'équation se corse. Une bonne logistique ne s'improvise pas : elle s'anticipe dès le départ et s'organise tout au long du projet. L'enjeu est aussi économique. À la clé : moins d'aléas, moins de retards, un planning mieux maîtrisé. Sans oublier le voisinage. Moins de nuisances, c'est moins de plaintes, une meilleure image et une sécurité renforcée aux abords du chantier. Autant de raisons, pour une entreprise, d'en faire une priorité plutôt qu'une contrainte.

Trois défis Le Clos des Mariés est un projet Renolab, avec un objectif ambitieux de conservation de 75 % des matériaux existants. C'est ce qui en fait un terrain d'observation idéal : le réemploi

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pousse la logistique dans ses retranchements. Pour Louis De Waele, c'était le premier grand projet du genre. L'entreprise a beaucoup appris en chemin, par essais et ajustements, et se dit aujourd'hui mieux armée pour la suite. Car le réemploi s'est révélé presque une discipline à part entière, qui exige un cran d'anticipation supplémentaire par rapport à un chantier classique. Trois défis logistiques l'illustrent bien. Nous les détaillons dans les lignes qui suivent avec les solutions inhérentes.

Manque d’espace Premièrement, dès la démolition, qui devient ici un démontage, il faut dédier des zones au stockage des éléments à fort potentiel, le temps qu'ils soient évalués, achetés puis évacués. Mais l'espace manque, et il se réduit à mesure que le chantier avance. La solution est en partie venue du voisinage. Pour un stock important de tuiles de toiture, réutilisées sur site après vérification de leur pérennité avec Buildwise, Louis De Waele s'est entendu avec Usquare, voisin du chantier, pour les entreposer en attendant

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ÉCONOMIE CIRCULAIRE

arrow_down_roundel La visite de chantier du Clos des Mariés était organisée par Embuild.Brussels, dans le cadre de Build Circular. Sur cette photo, la délégation découvre les parois isolées en matériaux biosourcés. arrow_down_roundelarrow_down_roundel Sur les toitures, les tuiles en bon état sont déposées puis reposées après vérification de leur pérennité avec Buildwise. Il s’agit d’un stock volumineux à gérer sur un site où l'espace manque.

leur repose. La leçon est simple : s'allier avec ses voisins peut devenir un vrai levier pour gagner de la place sur un chantier urbain.

Surcoût du stockage Deuxièmement, le réemploi impose de dénicher les bons matériaux suffisamment tôt, donc de les stocker quelque part. Or, sur ce chantier, aucun espace hors site n'avait été prévu en amont. Résultat : une partie des éléments a dû être gardée chez les fournisseurs de réemploi, avec un surcoût à la clé, et une autre a rejoint le dépôt de l'entreprise à Machelen lors du parachèvement, pour désencombrer le site et protéger les matériaux. Le conseil qui en découle : anticiper l'espace de stockage dès l'adjudication, au même titre que les matériaux eux-mêmes. Forte de cette expérience, l'entreprise transforme aujourd'hui son dépôt de Machelen pour mieux gérer ses stocks, notamment de réemploi, et utilise désormais le Brussels Construction Consolidation Centre (BCCC), actuellement géré par l'entreprise Shipit, pour certains de ses chantiers.

Respecter le planning Enfin, intégrer des éléments de réemploi pèse directement sur les échéances. L'offre et la demande fluctuent, les imprévus se multiplient et il n'y a pas de recette toute prête à appliquer d'un projet à l'autre. Le respect du planning est un vrai challenge. La réponse a tenu dans une planification précise, avec des dates limites pour les choix du client et pour l'évacuation des matériaux sans repreneur. Mieux vaut aussi publier les annonces de réemploi avant les démolitions, pour laisser plus de temps aux repreneurs et réduire le stockage sur site. Chaque projet étant unique, c'est l'approche, faite d'anticipation et de réactivité, plus que la recette toute faite, qui fait la différence.

Regard de terrain Sur le terrain, ces défis se vivent au quotidien. Pour MARTIN JANMART, gestionnaire de chantier chez Louis De Waele, le réemploi a changé la manière même de piloter les flux. « Sur un chantier classique, je commande un matériau et il arrive. Avec le réemploi, il faut d'abord le trouver, vérifier son état, s'entendre sur un prix, puis le reposer, l'évacuer ou le stocker. J'ai appris à raisonner en flux

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et à réserver l'espace de stockage aussitôt que je commande les matériaux. Au début, on avançait par essais. Aujourd'hui, on a des réflexes : publier les annonces avant la démolition, fixer des dates limites au client et suivre chaque lot qui entre et qui sort », a-t-il indiqué. Même constat côté sécurité et qualité, où MARC VANDERICK , responsable DQE chez Louis De Waele, fait le lien avec la relation aux riverains et le rôle des pouvoirs publics. « Moins de camions et de manutention, c'est moins de risques d'accident, moins de poussière et moins de bruit pour les riverains. Logistique, sécurité et qualité avancent ensemble : bien organiser un chantier, c'est déjà le sécuriser. Le vrai frein reste l'espace. Avec des tarifs de réservation de voirie avantageux pour les chantiers vertueux et des lieux de stockage mutualisés, on pourrait faire de ces pratiques la norme », a-t-il confié.

Rôle des pouvoirs publics Le Clos des Mariés le montre : les entreprises sont prêtes à relever le défi d'une logistique plus intelligente et plus durable. Mais elles se heurtent à un obstacle récurrent, le manque d'espace de stockage, particulièrement aigu pour le réemploi qui impose de conserver des matériaux parfois longtemps avant leur réintégration. « La logistique de chantier, c'est l'un des leviers les plus concrets pour construire la ville autrement. Pour les entreprises, il y a là une vraie opportunité à saisir. Mais pour que ces initiatives deviennent la norme et pas l'exception, elles ont besoin que les pouvoirs publics avancent à leurs côtés », souligne LILY BENOIT, pilote de l’Atelier Logistique RENOLUTION. C'est là que les communes et la Région ont une carte à jouer. Plusieurs pistes méritent d'être explorées. La mutualisation des espaces de stockage, sur laquelle Embuild se penche dans le cadre de RENOLUTION, permettrait aux entreprises de partager des lieux dédiés plutôt que de multiplier les solutions coûteuses et dispersées. Des tarifs avantageux de réservation de voirie pour les pratiques durables récompenseraient concrètement les chantiers vertueux. Enfin, le soutien aux solutions de consolidation et de dépôt, comme le BCCC, offrirait des relais logistiques à l'échelle de la ville.

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SECTEURS & MÉTIERS

Que retenir de la phase test du projet ReloAD, sur le chantier Campus 2 à Anderlecht ? Le 22 janvier dernier, la première station de tri ReloAD était inaugurée sur le chantier Campus 2 de BPC, à Anderlecht (voir notre édition d’Embuild Magazine de mars 2026). Cinq mois de phase test plus tard, les premiers résultats sont là. Ils confirment que le tri à la source, bien organisé, change vraiment la donne pour un chantier : moins de déchets non valorisés, moins de CO2, et un coût resté sous contrôle. Voici ce qu'il faut en retenir.

P

our rappel, ReloAD est un projet innovant visant à améliorer le tri des déchets de construction directement sur les chantiers. Lancé fin de l’année dernière, il est porté par Shipit et Vanheede, avec le soutien d’Embuild.Brussels, Buildwise, Louis De Waele, Bruxelles Environnement, SmartLife et Valipac. Ce service vient compléter la livraison en kit sur chantier (le kitting), opérée par Shipit depuis le Centre de consolidation de la construction (BCCC). Les camions qui livrent les matériaux repartent avec les déchets triés depuis le chantier. Résultat : une collecte régulière, au rythme des livraisons, sans attendre qu'un conteneur soit plein pour activer une filière de recyclage. En outre, le service prend en charge la formation des équipes de chantier, la collecte, la massification hors chantier, le monitoring des déchets générés et le rapport de traçabilité. Sur le chantier Campus 2 de l’entreprise BPC, un projet de logements étudiants, la station de tri a été étudiée sur base des matériaux mis en œuvre, de leur quantité et de leur fréquence de livraison durant la phase de parachèvement. 18 flux de déchets avaient été identifiés au départ. « Après cinq mois de test sur ce chantier, les ouvriers ont trié 14 flux différents avec très peu d’erreurs de tri. C’est la meilleure preuve que le tri fonctionne lorsqu’il est pensé en collaboration avec les différents acteurs de la construction : fournisseurs, gestionnaire de déchets, sous-traitants », souligne XAVIER LALIERE , Conducteur de chantier chez BPC.

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Impact du CO2

Pour objectiver l'intérêt environnemental du service, Shipit a comparé les émissions de CO2 générées par chacun des modes de traitement des déchets, sur base des flux réelÉmissions de CO2 de la gestion des déchets

55,7 t

45,6 t

15,4 t

ReloAD Campus 2 (réel)

Modèle Business As Usual sur des chantiers résidentiels à Bruxelles

Modèle 100 % tout-venant sur des chantiers résidentiels

Coût total de gestion des déchets - traitement + logistique (179 t) 23 540 €

Modèle Business As Usual sur des chantiers résidentiels à Bruxelles

29 359 €

26 034 €

26 876 €

Modèle ReloAD tel que réalisé sur le chantier pilote

Modèle 100 % tout-venant sur des chantiers résidentiels

Modèle ReloAD général estimé

Part de tout-venant : 78,8 % en gestion classique ⟶ 27,7 % avec la station ReloAD Modèle Business As Usual sur des chantiers résidentiels à Bruxelles

78,8 %

ReloAD - Campus 2 (station de tri présente)

27,7 % Tout-venant

13,2 %

29,8 % Inertes

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Bois

Plâtre

10,3 % Carrelage

20,1 % Autres flux triés

6,9 %


BRUXELLES/ÉCONOMIE CIRCULAIRE

lement produits par le chantier Campus 2 et des facteurs d'émission fournis par Buildwise. Conclusion : ReloAD a permis d'éviter 30 tonnes de CO2 sur la durée du test. La méthodologie repose sur les facteurs d'émission proposés par Buildwise : masse ­incinérée × facteur d'incinération = émissions de CO2, avec un facteur d'incinération pour les déchets industriels banals (DIB) de construction fixé à 1.400 kg de CO2e par tonne. Les autres filières (recyclage des inertes, du bois, des métaux, ou recyclage du gypse pour le plâtre) ont un impact CO2 négligeable en comparaison, de l'ordre de 1 à 3 kg de CO2e par tonne. Autrement dit : l'impact climatique total dépend presque exclusivement de la masse de déchets qui échappe à l'incinération. C'est précisément ce que le tri à la source permet de réduire en divisant par 3 la part du tout-venant.

LES FLUX TRIÉS ET QUELQUES CHIFFRES À RETENIR

Impact sur la mobilité

arrow_right_roundel 7,72 tonnes de ­carrelage, céramique et briques repris ­directement chez Wienerberger.

Le couplage entre ReloAD et le kitting a aussi un effet concret sur la mobilité autour du chantier. Puisque les mêmes camions assurent à la fois la livraison des matériaux et la reprise des déchets triés, un même trajet remplit les deux fonctions. Sur un chantier urbain comme Campus 2, à Anderlecht, cela veut dire moins de camions différents qui se croisent sur le site et aux abords, pour un même volume de matière déplacée. Les études indiquent une réduction par 2 du nombre de livraisons et/ou d’enlèvements sur le chantier.

Coûts C'était l'une des grandes questions posées au lancement du projet : ReloAD est-il un service que le secteur peut réellement se permettre ? Quatre scénarii ont été comparés sur base du chantier BPC. Scénario 1 (Business as usual) : un conteneur bois, un conteneur inerte et un conteneur tout-venant. C'est le référentiel de coût classique pour un chantier résidentiel similaire à notre chantier pilote en Région bruxelloise (6.000 m²). Scénario 2 (ReloAD combiné au kitting sur le chantier pilote) : sur Campus 2, les livraisons de matériaux et les enlèvements de déchets ont été combinés dans les mêmes trajets. Résultat : un surcoût de moins de 10 % par rapport au scénario de référence, pour un gain CO2 important et une masse significative de matière revalorisée directement chez des producteurs

arrow_right_roundel 14 flux triés, avec 0 % de déclassement : peu d’erreurs de tri du côté des ouvriers. arrow_right_roundel Seulement 28 % des déchets sont partis au conteneur tout-­venant. C’est 50 % de moins qu’un chantier classique. arrow_right_roundel 28,8 tonnes de plâtre reprises dans les filières spécialisées (Knauf).

arrow_right_roundel En plus des flux classiques d’inertes, de bois et de métaux, s’ajoutent les cartons, les plastiques souples transparents et colorés, les liens de cerclage, les plastiques durs, les cartouches de silicone, les bombes aérosols PU, EPS, XPS, PUR/PIR. arrow_right_roundel Un surcoût maîtrisé d'environ 10 % par rapport à la gestion classique des déchets (tout-venant). arrow_right_roundel Une réduction de 66 % de CO2 sur le poste « déchets de chantier », soit 30 tonnes de CO2 évitées.

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tels que Knauf ou Wienerberger. Scénario 3 (100% tout-venant) : dans cette configuration, on considère que l'espace disponible est tellement restreint que seule l'utilisation d'un container tout-venant en rue est possible. Ce scénario vient en opposition au cas ReloAD puisque la station de tri est totalement modulaire. Scénario 4 (ReloAD combiné au kitting sur des prochains chantiers) Ce scénario estime le coût final d'une gestion des déchets sur un chantier similaire au cas pilote et selon le modèle de station de tri ReloAD grâce aux apprentissages et aux développements continus en cours de projet. À nouveau, le surcoût semble bien négligeable face aux performances environnementales. Le constat est donc clair : sur ce premier chantier, ReloAD coûte raisonnablement plus cher que la gestion classique des déchets et il faut le mettre en balance avec les autres bénéfices : traçabilité, réduction de CO2, valorisation de la matière chez les producteurs et image du secteur. D'autres configurations logistiques seront testées à l'avenir, pour proposer le service au plus grand nombre de chantiers possible. « Ce premier chantier confirme que le modèle économique de ReloAD peut être concurrentiel par rapport au marché actuel. C’est une base solide pour continuer à affiner le service », indique WILLIAM DOCKX de chez Shipit.

Enseignements Pour un entrepreneur, les enseignements de cette phase pilote sont concrets. D'abord, le tri à la source fonctionne sans complexifier le travail des ouvriers, à condition que la station de tri soit dimensionnée sur mesure, en fonction des matériaux réellement livrés sur le chantier. Ensuite, le surcoût n'est pas un obstacle rédhibitoire : autour de 10 % de plus qu'une gestion classique, il reste maîtrisable, surtout comparé à l'alternative d'un service de reprise de déchets déjà triés. Enfin, l'entrepreneur n'a plus à se soucier de la charge administrative et organisationnelle : formation des équipes, collecte, massification, monitoring et traçabilité sont pris en charge par ReloAD. Fort de ces résultats, le projet poursuit son développement en interne. L'objectif : consolider le service sur base de ces premiers enseignements, avant de pouvoir le proposer prochainement à de multiples chantiers.

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SECTEURS & MÉTIERS

Les machines de construction : bilan du marché 2025 et perspectives SIGMA, la fédération professionnelle historique qui rassemble les principaux acteurs du secteur du matériel de construction, de manutention et d’énergie en Belgique, a présenté son rapport socio-économique pour l’année 2025, au Château Bayard à Eghezée, le 25 juin dernier. Cet article résume les grandes tendances dans les trois sections de cette fédération : légère baisse dans les engins de chantier (Génie Civil) ; très légère reprise après deux années particulièrement maigres dans les chariots élévateurs (Manutention) et belle progression dans les générateurs (Générateurs & Systèmes de batteries). © SIGMA

F

ondée en 1947, soit un an après notre fédération professionnelle, SIGMA défend depuis plus de 75 ans ses membres qui sont leaders du marché belge et luxembourgeois : importateurs, distributeurs, loueurs et fabricants d’équipements pour le génie civil, la construction, la manutention et les solutions énergétiques. SIGMA regroupe 74 membres qui emploient 3.466 collaborateurs directs.

Dans son introduction, le président de SIGMA DRIES VAN HAUT a notamment insisté sur un mot : imprévisibilité. Celle que connaît le monde actuellement avec les décisions volatiles de Trump, la guerre Ukraine/Russie, les conflits en Afrique… « Au milieu de toute cette violence au sens propre, nous devons, en tant qu’entrepreneurs, gérer notre entreprise du mieux que nous pouvons. D’une part, nos clients sont plus prudents en matière d’investissement en raison de l’incertitude qui règne ; d’autre part, les produits de base tels que le pétrole et l’acier deviennent plus chers et les taux d’intérêt augmentent. Ajoutez à cela la pénurie de main-d’œuvre qualifiée qui perdure depuis des années et un gouvernement qui ne cesse d’imposer de nouvelles règles aux entreprises, et vous comprendrez que nous ne nous attendons pas à ce que 2026 soit une année exceptionnelle. C’est bien sûr un euphémisme. Le plus dur à gérer est toute­fois l’imprévisibilité. C’est pourquoi il est difficile de se prononcer de

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© SIGMA

Imprévisibilité

manière sensée sur ce que le reste de l’année 2026 nous réserve. Et bien que je sois par nature un incorrigible optimiste, mon intuition me dit que le second semestre de 2026 pourrait bien être nettement moins bon que le premier, déjà relativement morose. » Et de citer une citation pertinente du sociologue canadien Henry Mintzberg au sujet de cette imprévisibilité : « Quand le monde est prévisible, il faut des gens intelligents. Quand le monde est imprévisible, il faut des gens capables de s’adapter. » Mais avant de se tourner vers l’avenir, le rendez-vous était fixé pour parler du bilan 2025.

Génie civil En ce qui concerne les équipements de

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arrow_north_west_roundel La présentation du rapport socio-économique a eu lieu au Château Bayard, à Eghezée. arrow_up_roundel Dries Van Haut, le président de la fédération SIGMA.


© SIGMA

FÉDÉRATION SIGMA

génie civil, l’année 2025 a été contrastée avec d’une part, les machines de moins de 10 tonnes qui ont connu une baisse de 7,2 % (4.466 unités), tandis que les machines de plus de 10 tonnes ont progressé de 3,5 % (1.638 unités). Cela montre que les investissements se concentrent davantage sur les engins utilisés sur les grands chantiers de construction, même si pour ce segment, on ne retrouve pas encore les bons résultats de 2021-2023. Au total, il s’agit d’une baisse de 4,3 % (6.130 unités). Dans la catégorie des moins de 10 tonnes, ce sont surtout les minipelles qui tirent le groupe vers le bas avec une baisse de 9 %. C’est la quatrième année consécutive de baisse. Quant aux résultats des plus de 10 tonnes, ils sont stimulés par les chargeuses sur pneus et les tombereaux articulés. Mais il faut relativiser cette légère progression qui intervient après une année 2024 particulièrement faible. Intéressant à signaler : les ventes de ces engins de chantier se concentrent particulièrement en Flandre-Orientale et Flandre-Occidentale avec respectivement 25 % et 20 % des parts de marché. Ces chiffres montrent l’importance de l’activité économique et des investissements dans ces régions.

Manutention Dans le secteur des chariots élévateurs et des engins de magasinage, on assiste à une légère reprise après trois années de baisse consécutives. Le volume total s’élève à 7.954 engins vendus en 2025 pour 7.793 en 2024, soit une petite progression de 2,3 %. Selon la fédération, ces chiffres sont encore trop bas, surtout si l’on se réfère à l’année record 2021 avec 13.215 unités vendues. Attention, il s’agit ici des chiffres SIGMA qui représentent 68 % des entreprises du secteur. La hausse est de 5,13 % avec 8.756 unités vendues (chiffres arrêtés à novembre 2025) si l’on prend les statistiques FEM (European

10.986 LABELS SIGMACERT DÉLIVRÉS EN 2025 Tout comme Embuild, SIGMA fait de la sécurité l’une de ses priorités. En 2011, la fédération a donc créé le label de sécurité belge SIGMACert pour les engins de chantier (génie civil/construction), les pompes à béton et les chariots élévateurs (manutention). Le projet est une belle réussite. En 2025, 10.986 labels ont été délivrés par les experts SIGMACert.

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Materials Handling Federation), où 100 % des entreprises (hors Chine) sont représentées. Le marché des chariots élévateurs thermiques et électriques a enregistré une baisse de 3 % (2.306 unités en 2025 et 2.384 unités en 2024). La proportion de chariots électriques reste très dominante avec plus de 70 % du volume total de chariots vendus. Dans son rapport, SIGMA indique que l’arrivée massive de chariots de marque chinoise a peut-être quelque peu chamboulé le marché belge et recréé un intérêt pour le thermique à prix très bas. Du côté des engins de magasinage, on assiste à une progression de 2,37 % entre 2024 (5.389 unités) et 2025 (5.649 unités). Elle est due au développement du e-commerce et des plateformes logistiques.

Générateurs Le marché belge des générateurs peut se diviser en trois phases. La première est une croissance marquée entre 2015 et 2019 pour atteindre un pic vers 2018-2019. Ensuite, le marché global s’effondre pour atteindre son niveau le plus bas en 2020. Et enfin, de 2021 à 2025, on assiste à une phase de stabilisation avec des volumes plus faibles mais relativement stables. Notons tout de même une belle progression de 2024 (1.946 unités) à 2025 (2.731 unités). Au niveau de la puissance, le segment intermédiaire (30-160 kVA) reste le plus demandé, notamment pour les chantiers de construction et les PME. En revanche, on assiste à un net recul du segment de puissance plus élevé (>650 kVA). Le secteur évolue vers des systèmes hybrides combinant générateurs, batteries et énergies renouvelables. Cette transition est motivée par les normes environnementales, la hausse des coûts des carburants et la recherche d’une meilleure efficacité énergétique.

Conclusion Ce rapport montre que les trois segments de SIGMA évoluent différemment dans un contexte économique et géopolitique, comme l’a bien souligné Dries Van Haut, incertain. Les investissements des membres de la fédération restent donc prudents. La transition vers des machines plus performantes, électrifiées et hybrides se confirme, de même que la concurrence du marché chinois qui constitue un défi pour les entreprises européennes. La capacité d’adaptation sera la clé pour la réussite de ce secteur.

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« Nous avons senti qu’il y avait un besoin d’une plateforme spécifique pour le secteur de la construction. » Vous souhaitez établir des contrats de travail en quelques clics, sans tracas supplémentaires ? C’est possible grâce à BrickJobs, une toute nouvelle plateforme de Vivaldis qui règle immédiatement toute la paperasse nécessaire. Bénédicte Baucy, CEO de Vivaldis, et Wouter Bossuyt, sales manager, expliquent pourquoi le secteur de la construction avait besoin de cet outil innovant. Comment BrickJobs a-t-il vu le jour ? Bénédicte: « Vivaldis Construct a près de 20 ans d’expertise dans le secteur de la construction. Ce secteur a besoin de contrats flexibles et rapides, même durant le week-end. Nous avons également constaté que de plus en plus d’entreprises de construction utilisaient Vivaldis Payroll, notre plateforme numérique pour le contractuel flexible. Le secteur de la construction avait clairement besoin d’une plateforme spécifique. C’est ainsi que BrickJobs a vu le jour. » Pourquoi la numérisation dans la construction est-elle si difficile selon vous ? Bénédicte: « Prenez le chômage intempéries. Il a été numérisé il y a deux ans par le gouvernement, même si le dirigeant d’entreprise doit encore encoder beaucoup de données manuellement. Mais dans le secteur de la construction, le dirigeant est souvent lui-même sur le chantier, ce qui laisse moins de temps pour l’administration et le suivi. »

si rapidement et chaque pièce du puzzle se trouve chez un partenaire différent : le gouvernement, les secrétariats sociaux, Embuild... Cette complexité ralentit la numérisation. Vivaldis est donc le premier à rassembler autant de fonctionnalités dans un seul outil. » Pourquoi BrickJobs représente-t-il une valeur ajoutée pour les entrepreneurs du secteur ? Wouter: « Quiconque utilise BrickJobs n’a pas à s’inquiéter. Vous créez simplement un contrat et validez les heures. Vous n’avez aucun autre souci administratif. L’outil génère automatiquement les attestations Dimona et travaille avec une fiche de poste de travail numérique au niveau de la sécurité. Le chômage intempéries est également réglé en quelques secondes. Tout est en règle sur le plan juridique et les travailleurs sont rémunérés correctement. Vous ne payez que les heures prestées, sans frais de démarrage ni autres suppléments. No cure, no pay. »

« Vous ne payez que les heures prestées, sans frais de démarrage ni autres suppléments. No cure, no pay. »

Wouter: « De plus, la CP124 impose des exigences de sécurité élevées et de nombreuses obligations légales. Pensez aux attestations Dimona et à l’enregistrement Checkin@Work pour les grands chantiers. Cela rend les choses complexes lorsque vous souhaitez faire appel à un travailleur flexible ou fixe. La législation évolue aus-

Bénédicte: « La rédaction d’un contrat peut se faire 24h/24 et 7j/7. Tout est automatisé, vous ne devez donc pas attendre que quelqu’un intervienne en coulisses. Mais derrière notre outil numérique se trouvent de vraies personnes. En cas de besoin, une fonction de chat intégrée à l’outil vous met immédiatement en contact avec un collaborateur. Quoi qu’il en soit, tout est vérifié quotidiennement afin que nous ne laissions rien passer. » Wouter: « Dans le fil d’actualités, vous suivez la législation la plus récente. Pensez aux flexi-jobs ou à l’indexation semestrielle. Un nouvel outil numérique sort ? Nous l’intégrerons. » Quelles sont les premières réactions du secteur ? Wouter: « Très positives. C’est surtout la flexibilité qui est appréciée, très pratique pour remplacer un malade en dernière minute. Il n’y a plus de lourdeurs administratives ni de perte de temps ultérieure pour remplir encore toutes sortes de documents ou de papiers de contrôle. »

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Construire est votre spécialité, la paperasse c’est la nôtre. Avec BrickJobs, vous rédigez rapidement et facilement des contrats de travail. Et ce 24h/24 et 7j/7, jusqu’à 1 heure avant que votre collaborateur ne commence. Nous nous occupons du reste : Dimona, chômage intempéries, attestations de sécurité, gestion des paies...

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Ventilation intensive contre la surchauffe La ventilation intensive est une solution passive permettant de limiter la surchauffe estivale. Elle nécessite des débits environ dix fois supérieurs à ceux de la ventilation de base, ce qui implique des dispositifs totalement différents.

A

vec le changement climatique, le réchauffement des bâtiments devient un enjeu majeur. Ce problème requiert une approche globale fondée sur trois piliers : une isolation performante et une protection solaire efficace, l’évacuation de l’excédent de chaleur par la ventilation intensive et, si nécessaire, par le recours à des solutions actives, comme le free geocooling, ou plus traditionnelles, comme une pompe à chaleur air-eau ou air-air réversible.

Ventilation intensive et ventilation de base La ventilation intensive vise à évacuer l’excédent de chaleur afin d’éviter la surchauffe. La ventilation de base poursuit un autre objectif : extraire les polluants de l’air intérieur afin de garantir un climat sain et confortable, par exemple au moyen d’un système de ventilation mécanique de type C ou D, ou de variantes adaptées à la rénovation. Les débits pour un logement moyen sont généralement de l’ordre de 100 à 200 m³/h. On notera que les systèmes de type D disposent souvent d’un by-pass empêchant, pendant les périodes chaudes, toute récupération de chaleur de la ventilation de base. Pour évacuer efficacement l’excédent de chaleur, la ventilation intensive nécessite des débits au moins dix fois supérieurs à ceux de la ventilation de base. Un système de ventilation de base exigerait un surdimensionnement considérable ou entraînerait des nuisances acoustiques et une consommation énergétique importantes dues aux ventilateurs.

Forces motrices naturelles La ventilation intensive utilise l’air ex-

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Fig. 1 | Grille antieffraction équipée d’une moustiquaire, posée en applique sur une fenêtre.

térieur plus froid que l’air intérieur du logement. Cela se produit généralement la nuit, lorsque la température extérieure diminue. L’écart de température étant faible, c’est le débit élevé qui rend cette solution efficace. Pour atteindre ces débits, la ventilation intensive fait appel à des forces motrices naturelles, comme le vent et le tirage thermique, et utilise la circulation de l’air entre des ou-

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BUILDWISE

Un dispositif antieffraction est parfois nécessaire, notamment au rez-de-chaussée. Il peut s’agir d’un retardateur d’effraction, qui peut être retiré en hiver. Pour les fenêtres de toit, on trouve sur le marché des systèmes motorisés complets, qui peuvent être équipés de protections contre les blessures (pincement de doigts, etc.). Il existe également des dispositifs spécifiques composés d’un ouvrant avec panneau opaque et d’une grille assurant la protection contre l’effraction, la pluie et les insectes. Ces systèmes complets intègrent des composants pour la motorisation, l’automatisation et la sécurité. Enfin, il existe également des registres motorisés à ailettes, dont la position détermine le degré d’ouverture du registre. Cette solution permet de disposer d’une surface libre importante lorsque le registre est ouvert. Le registre peut être installé en façade et est généralement combiné à une grille extérieure de protection.

Débit

Fig. 2 | Registre motorisé à ailettes.

vertures situées dans des façades d’orientations différentes ainsi que l’effet de cheminée entre des ouvertures présentes à différents étages d’un bâtiment. Ces ouvertures doivent être suffisamment grandes et un libre passage de l’air est nécessaire entre elles, par exemple en laissant les portes intérieures ouvertes.

Même avec un nombre limité d’ouvertures, les débits de ventilation intensive atteignent facilement 1000 à 2000 m³/h. Ces débits ont été mesurés dans une maison à deux étages, où l’effet de cheminée assure la ventilation via une ouverture au r­ ez-de-chaussée et une fenêtre de toit à l’étage. Les mesures ont été effectuées dans une maison où le vent était pratiquement inexistant et où l’écart de température entre l’intérieur et l’extérieur était de seulement 5 °C. Bien que le débit soit dix fois supérieur à celui de la ventilation de base, il est pratiquement imperceptible dans la pratique. Une personne directement exposée au flux d’air peut ressentir un courant d’air léger, mais peu dérangeant.

Solutions La ventilation intensive requiert des dispositifs très différents de ceux utilisés pour la ventilation de base. Les plus simples sont des fenêtres ordinaires, à commande manuelle. Ce type de dispositif s’avère toutefois généralement inefficace. Les fenêtres motorisées sont plus appropriées, car elles permettent l’automatisation.

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INFO : Résumé d’un article paru aux pages 22-23 du Magazine Buildwise de mars-avril 2026. Seul le texte original fait foi.

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BUILDWISE

Distribution d’eau potable dans les bâtiments Les installations de distribution d’eau potable dans les bâtiments doivent répondre à plusieurs exigences, notamment garantir le confort d’utilisation, préserver la qualité de l’eau, limiter l’impact environnemental, assurer la durabilité et prévenir les dangers et les retours d’eau. La Note d’information technique (NIT) n° 301 de Buildwise présente ces exigences et les solutions permettant d’y répondre.

P

our assurer le confort, une installation de distribution doit comporter un nombre suffisant de points de puisage, y compris pour l’entretien du bâtiment. Les points de puisage rarement ou jamais utilisés sont à éviter afin de limiter la stagnation d’eau dans les conduites 'mortes'. Le débit doit être réglé séparément pour chaque point de puisage afin d’éviter une circulation d’eau trop limitée ou des éclaboussures. Les valeurs standard de la norme DIN 1988-300 et les fiches techniques des vannes et des appareils sanitaires peuvent servir de référence. La Belgique ne dispose pas de prescriptions uniformes concernant les pressions mini­ males et maximales aux points de puisage. Les normes NBN EN 806-3 et DIN 1988-300 forment toutefois une bonne base pour le choix des vannes. Une fois les vannes et les appareils sanitaires choisis, il est essentiel de suivre les prescriptions du fabricant. En effet, une pression trop faible ou trop élevée peut empêcher le bon fonctionnement du point de puisage et des appareils qui y sont raccordés.

Composants et conduites La NIT traite en détail des points à prendre en considération pour le choix des composants d’une installation de distribution d’eau potable et des matériaux des conduites. Les conduites en acier galvanisé peuvent par exemple présenter des niveaux de corrosion inadmissibles au contact de certains types d’eau potable. Leur utilisation est donc soumise à des conditions strictes en Europe. Le laiton, souvent utilisé pour les raccords

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BUILDWISE

et les équipements sanitaires, est un alliage de cuivre et de zinc pouvant également contenir du plomb. Or, le plomb est potentiellement nocif pour la santé, en particulier pour le système nerveux. Il convient donc de veiller à ce que sa concentration soit aussi faible que possible. Au fil des années, la réglementation a progressivement abaissé la valeur limite maximale pour le plomb. L’alliage utilisé doit donc être sélectionné dans la 'liste positive européenne pour les matériaux en contact avec l’eau potable'.

Fig. 1 | Une gaine bien conçue permet l’accès à l’ensemble des techniques en vue d’une intervention ultérieure.

Température de l’eau Les temps d’attente pour obtenir de l’eau chaude aux points de puisage doivent être définis par le maître d’ouvrage ou son représentant. À défaut, la norme NBN EN 806-2 recommande une température minimale de 55 °C après 30 secondes d’ouverture du robinet ou après l’écoulement de trois litres d’eau. Concernant la température de l’eau à la sortie du préparateur d’ECS, la NIT recommande de la maintenir à au moins 60 °C (bien que des dérogations soient possibles dans des cas particuliers). La NIT recommande également d’éviter que la température de l’eau froide dépasse 25 °C. Elle admet toutefois un dépassement ‘ponctuel’ résultant d’une élévation de température juste avant le compteur du distributeur. En Belgique, la notion de durée n’est pas définie.

Conception de l’installation La NIT explique en détail comment intégrer une installation de distribution d’eau potable dans un bâtiment en toute sécurité. Les locaux abritant les équipements du

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réseau sanitaire doivent non seulement être protégés contre le gel, mais aussi ne pas être chauffés. L’installation ne peut donc pas être placée dans une chaufferie. Afin d’éviter le retour d’eau chaude dans le réseau d’eau froide, il convient d’utiliser une protection antiretour. Ces dispositifs ont également pour but d’empêcher tout retour d’eau stagnante ou d’eau polluée dans le réseau public de distribution d’eau potable. Les dispositifs de protection doivent tous être agréés par Belgaqua et installés de manière à faciliter leur contrôle, leur entretien et leur remplacement. L’architecte doit en outre prévoir un nombre suffisant de gaines verticales et horizontales en vue de garantir un accès aisé lors d’interventions ultérieures. Typiquement, le réseau d’égouttage intérieur et celui de ventilation du réseau d’évacuation sont prioritaires par rapport à la distribution d’eau (voir figure 1). Les conduites d’eau ne peuvent pas être intégrées dans les conduits de fumée, les conduits de ventilation, les gaines d’ascenseur, les gaines d’ordures ménagères ou les canalisations d’évacuation ou d’égout.

INFO : Cet article offre un premier aperçu du contenu de la Note d’information technique n° 301 'Installations de distribution d’eau potable dans les bâtiments'. Vous souhaitez aller plus loin ? Consultez le document complet via www.buildwise.be.

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PU BLIREPORTAGE

Une approche intégrée pour vos banques et vos logiciels de gestion Dans le secteur de la construction, une entreprise peut être rentable tout en faisant façe à une forte pression sur sa trésorerie. Les matériaux, les salaires et les sous-traitants doivent souvent être payés avant que les factures clients ne soient encaissées. Et lorsque les liquidités sont réparties entre plusieurs chantiers, entités, comptes bancaires et banques, disposer d’une vue d’ensemble claire et actualisée devient un véritable défi.

Une vue unique sur l’ensemble de vos comptes

Moins de tâches manuelles, plus de contrôle

De la gestion de trésorerie au reporting ESG

Avec la solution multibanking d’Isabel, les comptes détenus auprès de différentes banques sont centralisés au sein d’un environnement unique. Les équipes financières disposent ainsi d’une vision consolidée et à jour de leur position de trésorerie. La gestion des paiements gagnent aussi en efficacité et en sécurité grâce à des circuits d’approbation clairs et à une réduction d’interventions manuelles.

En associant Isabel 6 à un logiciel comptable ou un ERP, l’automatisation va encore plus loin. Les données bancaires alimentent automatiquement les systèmes financiers et, grâce à Isabel Connect, les paiements peuvent être traités directement depuis l'environnement de travail habituel de l’entreprise. Résultat : moins de manipulations manuelles, un gain de temps précieux et une diminution des risques d’erreurs et de fraude.

Parallèlement, les exigences en matière de durabilité s’intensifient elles aussi. Clients, banques, investisseurs et autres parties prenantes attendent de plus en plus de transparence. Avec la plateforme Kube d’Isabel, les entreprises de construction peuvent collecter, centraliser et structurer leurs données de durabilité de manière simple et efficace. La plateforme transforme ces informations en un reporting ESG clair, sans alourdir la charge administrative.

«

Isabel 6 nous permet de mieux structurer nos paiements. Ce n’est pas un luxe superflu, car les sociétés momentanées impliquent de nombreuses signatures, compétences et responsabilités.

«

KOEN VAN ACKER,

Aujourd’hui, on ne veut plus perdre de temps à télécharger et importer des fichiers, avec tous les risques d’erreurs et de fraude que cela implique. Isabel Connect nous fait gagner jusqu’à trois heures par semaine.

CFO CHEZ ARTES GROUP

PAUL VAN CANTFORT, ASSISTANT

»

On constate que Kube «s’adresse aux PME qui ne

»

­ACCOUNTANT CHEZ VAN HOUT

ENVIE DE GAGNER EN EFFICACITÉ ET EN CONTRÔLE SUR VOS OPÉRATIONS FINANCIÈRES ? Découvrez ce qu’Isabel peut apporter à votre entreprise sur www.isabel.eu ou rendez-nous visite au stand 46 lors du Digital Construction Day, le 13 octobre.

La gestion financière ne consiste plus à rechercher où se trouve l’argent, mais plutôt à piloter activement les flux de trésorerie. On peut ainsi se concentrer sur l’essentiel : construire et développer l’entreprise.

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peuvent pas forcément compter sur l’expertise d’un ESG manager à temps plein. Les explications claires sur les données et où les trouver, les références au texte VSME et bien sûr l’outil d’IA : tous ces supports font en sorte que le reporting de durabilité ne soit pas réservé qu’aux grandes entreprises.

»

FELIX CALLIER, COORDINATEUR ­D URABILITÉ CHEZ VERHELST GROUP


PROJET

Galère a inauguré son nouveau siège social conçu pour répondre aux défis climatiques Fin mai dernier, Galère a inauguré son nouveau siège social à Chaudfontaine, sur le site historique que l’entreprise occupe depuis plus de 30 ans, 1992 très exactement, en bordure d’Ourthe le long de l’autoroute E25. À cette occasion, notre membre a organisé une conférence et une visite de presse pour présenter le projet. Embuild Magazine était présent.

G

alère est un acteur incontournable dans notre secteur. L’entreprise, créée au sortir de la guerre en 1949 par Arthur Galère, a 75 ans d’expérience et est spécialisée dans les travaux de bâtiment et génie civil, publics et privés. Elle dispose de trois sièges : le siège social à Chaudfontaine, à Gosselies et au GrandDuché de Luxembourg via sa filiale Galère Lux. Au total, 700 collaborateurs travaillent pour Galère. Depuis 2022, elle fait partie du groupe Thomas & Piron. En 2019, dans le cadre de ses 70 ans, la société a commencé à réfléchir à rénover son siège social de Chaudfontaine. « Mais les inondations de 2021, qui ont profondément marqué le site situé en zone inondable, nous ont poussés à repenser totalement notre manière de l’occuper. On a vu cet événement comme une opportunité pour redynamiser le projet. Nous voulions créer un bâtiment capable de résister, d’évoluer et de s’adapter aux défis à venir », a indiqué HENRI ERNST, l’administrateur délégué de Galère. « Nous ne voulions pas simplement reconstruire des bureaux, mais imaginer un bâtiment capable de s’adapter aux défis climatiques futurs. Malgré

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les difficultés, il n’a jamais été question pour nous de quitter Chaudfontaine. »

Partiellement construit sur l’existant Rester sur place était donc primordial pour l’entreprise profondément attachée à ses racines situées dans la province de Liège. Pour concevoir le projet, elle s’est entourée du bureau d’architecture Syntaxe et l’Atelier du Sart Tilman. L’idée était que le nouveau bâtiment soit partiellement construit sur l’existant, en front de voirie, avec la contrainte de ne pas quitter le site pendant les travaux. Pour bien comprendre la topographie des lieux, il faut voir l’ancien bâtiment en quatre parties : l’avant en voirie, deux latérales et une à l’arrière, le tout surplombé par une grande verrière. Cette verrière a été démontée et les deux parties latérales entièrement démolies. La partie arrière a été conservée et sera revendue.

Sur pilotis Le bâtiment nouvellement construit est désormais plus proche de la voirie, pour permettre la création d’un espace de verdure à l’arrière du site. Ce terrain est une noue qui permet d’absorber l’eau en cas de fortes

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bâtiment « Lea été conçu

pour être hydrauliquement transparent et offrir un environnement de travail moderne, fonctionnel et évolutif aux équipes de Galère.

»

HENRI ERNST


Photos : © Galère srl.

arrow_up_roundelarrow_up_roundel Le nouveau siège social de Galère se situe sur le site historique de Chaudfontaine, en bordure d’Ourthe (en haut de la photo). arrow_north_east_roundelarrow_north_east_roundel À l’arrière du bâtiment nouvellement construit, on retrouve un espace de verdure, une noue qui permet d’absorber l’eau en cas de fortes pluies ou inondations. arrow_up_roundel Sur cette photo, on distingue bien les quatre parties de l’ancien bâtiment surplombées par une verrière.

pluies ou inondations. Rendre le terrain plus perméable constituait une réflexion capitale dans ce projet. En effet, le site nouvellement aménagé doit permettre aux équipes de Galère de poursuivre leurs activités en cas de crue. Les zones de parking ont aussi été conçues avec des pavés drainants. En ce qui concerne le bâtiment, le nouveau siège social repose partiellement sur pilotis afin de permettre à l’eau de circuler librement sous certaines zones du site. Il a d’ailleurs été conçu suivant la circulaire relative à la constructibilité en zone inondable, avec un impact positif sur la perméabilité du sol. Il s’étend sur 2.800 m², est aménagé sur trois niveaux et dispose de 123 postes de travail, 88 places de parking et 122 panneaux photovoltaïques. Les fonctions essentielles ont été implantées dans les étages et les infrastructures critiques protégées dans des espaces étanches, protégés notamment par une barrière anti-inondation, au niveau de la porte d’entrée du personnel. « Le bâtiment a été conçu pour être hydrauliquement transparent et offrir un environnement de travail moderne, fonctionnel et évolutif aux équipes de Galère », a souligné Henri Ernst. « Son organisation intérieure favorise la collaboration entre les équipes tout en répondant aux nouveaux usages du travail. »

Laboratoire pour la circularité Le chantier a également servi de laboratoire pour l’économie circulaire, une thématique sectorielle très importante dans laquelle est fortement impliquée Galère. Avant de construire le nouveau bâtiment, l’entreprise a déconstruit l’ancien pièce par pièce : verrière, portes, cloisons vitrées, faux planchers ou encore éléments en béton de façade transfor-

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més pour les aménagements extérieurs dans l’espace vert situé à l’arrière. Beaucoup de ces matériaux ont été récupérés, réemployés, valorisés ou renvoyés dans des filières de recyclage. « Construire aujourd’hui implique de penser le cycle de vie complet des matériaux et des bâtiments. Ce projet reflète pleinement notre volonté d’intégrer davantage de circularité dans nos métiers », a indiqué l’administrateur délégué. Cette démarche circulaire a été saluée par la Région wallonne puisque Galère est double lauréate de l’appel à projets « Chantiers Circulaires édition 2023 » de Circular Wallonia. Ce prix lui a permis de poursuivre sa politique circulaire via trois actions : le curage de l’ancien bâtiment mené par Retritech, une entreprise d’économie sociale ; l’augmentation du tri des déchets issus de la déconstruction (ce chantier a été un chantier pilote du projet (CD)² qui vise à faciliter la mise en place des filières de recyclage à haute valeur des déchets de construction et de démolition) et le réemploi de la verrière qui couvrait les bureaux depuis 2007 dans d’autres projets.

Conclusion Lors de notre visite dans la vallée de l’Ourthe, le jeudi 21 mai, les préparatifs pour fêter l’inauguration officielle allaient bon train. Et les familles des collaborateurs travaillant à Chaudfontaine étaient cordialement invitées le week-end pour découvrir le nouvel outil de travail de Galère. Une véritable fierté dans cette région durement frappée par les inondations de juillet 2021. « Malgré la situation du site en zone inondable, nous voulions absolument rester ici. Construire ce nouveau bâtiment était un challenge, et nous l’avons relevé », a conclu Henri Ernst.

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RÉDUCTIONS AUX MEMBRES

PROMOTION DU MOIS DE SEPTEMBRE 2026

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Le journal des travaux (établi conformément aux prescriptions des autorités) doit être tenu sur chaque chantier par le délégué du pouvoir adjudicateur. Chaque jour doivent y être inscrits tous les renseignements relatifs à l'exécution des travaux. Le journal des travaux permet d'avoir une vue d'ensemble du déroulement des travaux et des décisions prises, de même que des instructions données par le pouvoir adjudicateur et le concepteur du projet. Il est tenu à jour en permanence sur le chantier jusqu'à la réception provisoire du marché. L'administration, l'entrepreneur et le concepteur de l'ouvrage reçoivent généralement chaque semaine une copie des éléments qui ont été ajoutés au journal durant la semaine écoulée. Le journal des travaux est surtout utilisé dans le cadre des marchés publics mais peut aussi être utile pour les marchés de travaux privés.

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Prix de vente spécial – seulement pour le mois de septembre 2026 Prix membres pour cet ouvrage : 19,00 € htva Prix non-membres pour cet ouvrage : 22,00 € htva)

Cette publication peut être commandée via le site web www.embuild.be, e-shop, catégorie juridique ou en envoyant un mail à commandes@embuild.be

EMBUILD MAGAZINE • 09|2026


RÉDUCTIONS AUX MEMBRES

EMBUILD MAGAZINE est le mensuel de l’asbl Embuild Avenue des Arts 20, 1000 Bruxelles

Réactions-questions : communication@embuild.be

Editeur responsable : Filip Coveliers, Avenue des Arts 20, 1000 Bruxelles.

Publicité : steve.caufriez@embuild.be tél. 02 545 57 25

Avec la collaboration des services d’études de : • Embuild melissa.debrucker@embuild.be tél.02 545 56 33

Bureau de dépôt : Gent X Rédaction : • Edition francophone : marc.gueret@embuild.be tél. 02 545 57 31

Prix abonnement annuel • Membres d'Embuild: compris dans la cotisation

• Embuild Wallonie justine.danis@embuild.be 02 545 59 56

• Edition néerlandophone : Gerrit De Goignies Mise en page : abder-razzaaq.boujdaini@embuild.be nikka.cuypers@embuild.be Secrétariat de rédaction : secretariatredaction@embuild.be

Abonnements : charlotte.joppart@embuild.be tél. 02 545 57 21

Impression : Graphius

• Non-membres : 137,80 euros (TVA et frais de port compris) • Etranger : 300 euros (TVA et frais de port compris)

• Embuild Vlaanderen johan.walewijns@embuild.be tél. 02 545 57 51 • Embuild Bruxelles-Capitale morgane.cendoya@embuild.be tél. 02 545 58 29

Membre de WE MEDIA.

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MARCHÉ DE LA CONSTRUCTION

Euro-Mat Masterclass 2026 : l’événement européen phare des négociants en matériaux de construction Euro-Mat, réseau européen regrou-

s’inscrivent dans un contexte marqué par

pant 22 organisations de négociants

les évolutions technologiques rapides, les

en matériaux de construction, est fier

exigences de durabilité et les change-

d ’annoncer son événement Euro-Mat ­

ments dans les attentes des clients. Les

Masterclass 2026. Celui-ci se tiendra à

trois thèmes majeurs seront : le chantier

l’Université technique de Delft, aux Pays-

de construction du futur, les nouveaux

Bas, du 6 au 8 octobre 2026 avec une

matériaux et procédés et la digitalisation.

arrivée et un dîner d’accueil le 5 octobre.

Au programme : études de cas, confé-

Il s’agit d’une formation de trois jours

rences, ateliers et visites, dont celle de

qui vise à aider les dirigeants de ce sec-

The Green Village, le laboratoire vivant de

teur à préparer et à anticiper les dé-

renommée internationale de l’Université

puie sur cette réflexion du professeur

fis et les opportunités de demain. Elle

technique de Delft consacré à l’innova-

Jan Rotmans : « Nous ne vivons pas une

permettra de rapprocher les connais-

tion durable.

époque de changements, mais un chan-

sances scientifiques, l’expertise du sec-

Cette Masterclass entend notam-

gement d’époque. Une telle transforma-

teur et l’expérience internationale. Ces

ment transformer les connaissances

tion ne se produit qu’une fois tous les 150

trois jours d’échange sont un exemple

et les tendances du marché en actions

ans au maximum. »

concret de collaboration européenne et

concrètes pour les entreprises. Elle s’ap-

INFO : www.euro-mat.com

Avec les modules flottants Seanics de GoBoat, VELUX démontre comment la lumière naturelle peut offrir une nouvelle vocation aux concepts traditionnels

Un projet belge récompensé au BRICK AWARD 2026 à Vienne Organisé par Wienerberger et décerné tous

Une salle de réunion doit-elle nécessairement se trouver dans un im-

les deux ans depuis 2004, le BRICK AWARD offre

meuble de bureaux ? Pourquoi un espace bien-être ne pourrait-il pas flot-

aux architectes une scène internationale pour

ter sur l’eau ? Et que se passe-t-il lorsque l’architecture ne naît plus d’un

mettre en lumière leurs réalisations les plus sin-

bâtiment, mais d’une expérience totalement nouvelle ? Avec la nouvelle

gulières réalisées à partir de briques et de ma-

initiative de modules flottants Seanics de GoBoat, VELUX démontre qu’il est

tériaux en céramique. Cette année, la cérémonie

possible de réinventer des concepts existants en leur donnant une fonction

s’est déroulée à Vienne. Parmi les prix attribués à

inattendue. Ces modules flottants deviennent tour à tour salles de réunion,

des projets situés dans les quatre coins du monde

studios, lounges ou lieux de rencontre.

(temple vietnamien, fabrique de tequila mexi-

Dans cette expérience, VELUX joue un rôle essentiel. La lumière zénithale

caine…), soulignons qu’un projet belge a obtenu le

qui pénètre par les fenêtres pour toit plat, la ventilation naturelle et la vue

Special Prize, prix décerné pour la première fois

permanente sur le ciel renforcent la sensation d’ouverture et invitent l’envi-

et qui réinvente de manière originale la notion de

ronnement à entrer dans l’espace. Alors que l’eau accompagne doucement le

voisinage.

mouvement de la plateforme, les nuages défilent au-dessus des occupants. La frontière entre intérieur et extérieur s’efface.

Il s’agit d’un concept innovant d’habitat partagé situé à Courtrai. Ce projet de densification

Pour VELUX, Seanics illustre que la lumière naturelle est bien plus qu’une

urbaine et sociale de MAKER architecten réin-

simple source d’éclairage. Elle transforme la manière dont nous percevons

vente un quartier de 54 logements comme une

un espace. La lumière venant d’en haut agrandit visuellement les volumes,

cité-jardin contemporaine, en renforçant les liens

renforce le lien avec la nature et crée un environnement propice au bien-

entre les habitants et la nature environnante, tout

être. « Chez VELUX, nous sommes convaincus que la lumière naturelle est

en accordant une place centrale à la cohésion so-

un formidable catalyseur de cette trans-

ciale et écologique. L’architecture s’appuie sur le

formation. Elle ne change pas seulement un

réemploi : des briques et tuiles récupérées com-

espace ; elle transforme aussi la manière

posent des façades qui révèlent la disponibilité,

dont les personnes le vivent », indique Yves

l’histoire et le caractère des matériaux utilisés.

Sottiaux, Managing Director VELUX Benelux.

Bravo au lauréat !

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EMBUILD MAGAZINE • 09|2026


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Karel Derde, nouveau président d’Embuild Connect

E

mbuild Connect a élu Karel Derde comme nouveau président, succédant ainsi à Yves Biesmans, administrateur délégué du groupe Biesmans. En tant que

président, Yves Biesmans s’est fortement investi pour rassembler les différents métiers de la finition et de la toiture sous l’égide d’Embuild Connect. Karel Derde pour-

suivra ses efforts pour faire d’Embuild Connect une structure forte et efficace, afin de mieux servir ses membres et de défendre encore mieux leurs intérêts. Il accordera également une attention particulière à l’enseignement et aux dossiers liés au marché du travail. « Les métiers de la toiture et de la finition travaillent en effet encore souvent avec leur propre maind’œuvre. Le savoir-faire et la connaissance du métier sont donc indispensables dans notre secteur », ­souligne Karel Derde. Karel Derde est CEO de Derde Construct. En 1992, il a obtenu son diplôme d’ingénieur industriel en construction. En 1995, il a fondé la SA Derde Construct. L’entreprise s’est depuis

spécialisée dans l’aménagement et la rénovation de toitures-parking et de toitures-terrasses, tant pour le marché professionnel que pour celui de la copropriété. Derde Construct emploie actuellement une vingtaine d’ouvriers. L’entreprise s’est récemment portée acquéreuse d’une parcelle supplémentaire, portant sa superficie totale à 6.300 m². Malgré une conjoncture difficile dans le secteur de la construction, Derde Construct a donc continué à se développer. Karel Derde a toujours été étroitement impliqué dans l’organisation professionnelle. Jusqu’en 2024, il a été vice-président d’Embuild Vlaanderen et président d’Embuild Oost-Vlaanderen.

Les nouvelles perspectives d’EUROCONSTUCT Selon les nouvelles perspectives d’EUROCONSTRUCT publiées en juin, le secteur européen de la construction continuera à se redresser au cours des prochaines années, mais moins fortement que prévu précédemment. Pour les 19 pays étudiés, une croissance moyenne de 1,2 % par an est prévue pour la période 2026-2028.

et la période de forte attention accordée à l’efficacité énergétique, lorsque les subventions et la réglementation soutenaient davantage le marché. Aujourd’hui, l’incertitude économique et l’attentisme des ménages pèsent davantage sur la rénovation, tandis que les investissements soutiennent principalement la construction neuve.

L’une des principales conclusions de ces nouvelles perspectives est que la dynamique de croissance au sein du secteur évolue. La construction neuve et les infrastructures apparaissent davantage comme les moteurs de la croissance, tandis que la rénovation reste stable, mais perd de son rythme. Le rôle anticyclique de la rénovation est ainsi moins marqué que pendant la crise énergétique

Le summary et le country report de ­ ’Euroconstruct, avec les la 101e édition d dernières perspectives du secteur de la construction pour 2026-2028, peuvent être commandés auprès d’Embuild avec un tarif préférentiel pour les membres. Il est également possible de commander uniquement les perspectives pour la Belgique. Le bon de commande peut être demandé via officeteam@embuild.be.

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