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VENEZ CHÈRE OMBRE EVA ZAÏCIK LE CONSORT JUSTIN TAYLOR


Eva ZaĂŻcik


VENEZ CHÈRE OMBRE

LOUIS ANTOINE LEFEBVRE LE LEVER DE L’AURORE 8. « L’astre que le silence suit » (Lent, Récitatif, un peu gay, fort gay) 1’59

LOUIS ANTOINE LEFEBVRE (c.1700-1763) LES REGRETS 1. « Venez chère ombre » 4’33

MICHEL PIGNOLET DE MONTÉCLAIR (1667-1737) 2. 3. 4. 5.

LA BERGÈRE « Prenons une route nouvelle » (Très lentement) 2’22 « Loin des yeux de Tirsis » (Récitatif) 0’44 « Que c’est un tourment extrême » (Air, Lentement) 1’34 « Mais, sur cette paisible rive » (Sommeil) 3’35

6. PLAINTE EN DIALOGUE 2’11

PHILIPPE COURBOIS (fl.1705-c.1730) ARIANE 7. « Ne vous réveillez pas encore » (Fort lent) 3’53

9. 10. 11. 12.

ANDROMÈDE « J’attendrai la mort sans la craindre » (Air tendre, Fort et Marqué) 3’41 « Andromède tremblante » (Recitatif) 0’36 « Sur ses flots irrités » (Tempête, Andante) 2’11 « Amour sous ton empire » (Ariette, Léger et gracieux) 2’57

LOUIS-NICOLAS CLÉRAMBAULT (1676-1749) 13. SIMPHONIA IVa 2’16

14. 15. 16. 17. 18. 19. 20. 21.

LÉANDRE ET HERO « Loin de la jeune Hero » (Lentement et tendrement) 3’17 « Non c’est trop soutenir » (Air gai et gracieux) 1’02 « À ces mots, du rivage » (Récitatif) 0’40 « Dieu des mers » (Air fort tendre) 6’33 « Cependant sur les flots » (Récitatif) 0’39 « Tous les vents déchaînés » (Tempeste. Viste, et fort) 1’32 « C’en est fait, il périt » (Récitatif, fort lent) 2’07 « Amour, tyran des tendres cœurs » (Gracieusement et piqué) 2’45

22. SIMPHONIA II LA FÉLICITÉ (EXTRAIT) 2’08


23. 24. 25. 26. 27. 28.

MICHEL PIGNOLET DE MONTÉCLAIR

EVA ZAÏCIK MEZZO-SOPRANO

LE DÉPIT GÉNÉREUX « Dieux justes, dieux vengeurs ! » 1’29 « Arbres épais, sombre feuillage » (Air) 3’18 « Chérirai-je toujours » (Récitatif) 0’56 « Douce tranquillité » (Air tendre) 3’04 « Mais ciel quel changement » (Récitatif) 0’45 « Je sens finir mes peines » (Air Gaiement) 3’20

LE CONSORT

TOTAL TIME: 66’22

THÉOTIME LANGLOIS DE SWARTE VIOLON BAROQUE

François Vaillant, 1728, prêté gracieusement par le Fonds Instrumental Français

SOPHIE DE BARDONNÈCHE VIOLON BAROQUE Louis Guersan, Paris, 1757

LOUISE PIERRARD VIOLE DE GAMBE

Ambroise de Comble, Tournai, 1750, collection Vazquez de la Orpheon Foundation

JUSTIN TAYLOR CLAVECIN & ORGUE

Clavecin français construit par Philippe Humeau (Barbaste, 1989), d’après Antoine Vater (Paris, 1730) ; collection François Ryelandt Orgue positif construit par Dominique Thomas (2014) inspiré de modèles allemands et italiens du XVIe et XVIIe siècle ; collection François Ryelandt

ANNA BESSON TRAVERSO (5, 17, 21, 24, 26) Copie de traverso Hotteterre par Andreas Glatt

LUCILE BOULANGER VIOLE DE GAMBE (3, 10,

13, 19, 20, 23, 27)

Basse de viole à 7 cordes de F. Bodart (Andenne, 2006) d’après le grand modèle de J. Tielke

THIBAUT ROUSSEL THÉORBE (4, 5, 6, 15, 16, 17, 18, 25, 26) Maurice Ottiger, 2010, selon Tieffenbrucker


vraisemblablement suivi son protecteur en Italie, et y aura séjourné quelques temps. De retour à Paris en 1699, il occupe le poste de basse de violon à l’Opéra Royal. Passionné par la richesse dramaturgique de l’opéra, le compositeur désire la transposer dans ses cantates, afin qu’elle puisse entrer dans les salons particuliers. Le dépit généreux (1709) et La bergère (1728) attestent de ce souhait.

PAR JUSTIN TAYLOR

Venez chère ombre… Venez… entrez dans un univers poétique, celui de la cantate française. Histoires funestes, récits tragiques dont le dénouement parfois heureux n’enlève rien à leur force dramatique. Ces tragédies chambristes nous immergent au cœur des passions intemporelles des émotions humaines : l’amour, la jalousie, l’infidélité, la tendresse, la vengeance, le désespoir… La cantate française Contrairement à d’autres genres, comme par exemple la tragédie lyrique, la cantate française ne voit le jour qu’au XVIIIe siècle. Le mot cantate apparaît en effet pour la première fois en 1703, et désigne alors un genre poétique. Au milieu du siècle, l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert en donne toujours la même définition : « Cantate : Petit poème fait pour être mis en musique, contenans le récit d’une action galante ou héroïque (…). » Les premières cantates mises en musique par Bernier, Morin, Stück ou de Bousset en 1706 ne furent pas unanimement saluées : leur style très italianisant ne plaisait guère. Dès lors, le goût français inspirera les cantates de Campra, Jacquet de La Guerre ou de Brossard, qui rencontreront l’adhésion des musiciens comme du public. La cantate française connaît alors un grand succès durant la première moitié du XVIIIe siècle.

Louis-Nicolas Clérambault, de neuf ans son cadet, naît à Paris. Héritier d’une grande lignée de musiciens, il étudie dans le cercle familial, puis avec Jean-Baptiste Moreau, qui fut également le professeur de Montéclair. Lors de la publication de son premier livre de cantates, en 1710, Louis XIV est si charmé par l’une d’entre elles qu’il demande à Clérambault d’en composer de nouvelles. Il le nomme surintendant de la musique à la Maison Royale de Saint-Cyr, où Clérambault développe le genre de la cantate française et le porte à un suprême degré d’excellence. Léandre et Hero, chef d’œuvre du genre, est publié en 1713. La cantatille Le terme cantatille apparaît aux alentours des années 1730. Comme le suggère son nom, une cantatille est une cantate courte, qui comprend habituellement deux ou trois airs ainsi qu’un ou deux récitatifs. Cependant, la réduction du format ne s’accompagne pas d’une écriture moins virtuose ou d’un amoindrissement de l’effectif instrumental. Ce genre quelque peu dénigré de nos jours – les thèmes abordés étant souvent légers et galants –, compte pourtant dans son répertoire des œuvres saisissantes et d’une force exceptionnelle, utilisant la voix d’une manière novatrice à des fins expressives. S’écartant du Rococo baroque, la cantatille laisse entendre les prémisses du classicisme naissant : l’écriture instrumentale réagit au stimulus du développement du style symphonique.

Deux maîtres du genre Michel-Pignolet de Montéclair naît en Haute-Marne en 1667. Il fait ses études à la cathédrale de Langres, où il rencontre le compositeur Jean-Baptiste Moreau. En 1687, il s’installe à Paris et devient maître de Musique de Charles-Henri de Lorraine, alors gouverneur du Milanais. Montéclair a

Louis Antoine Lefebvre Parmi les compositeurs de cantatilles, Louis Antoine Lefebvre a retenu toute notre attention. Ce compositeur, tombé aujourd’hui dans l’oubli, a cependant écrit une musique d’une théâtralité stupéfiante nourrie d’une prodigieuse puissance dramatique. Né à Péronne, en Picardie, aux alentours des années 1700, Lefebvre sera titulaire de l’orgue de Saint-Louis-en-l’Île. Ses œuvres sont presque

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FRANÇAIS

VENEZ CHÈRE OMBRE


toutes destinées à la voix : motets, airs ou cantatilles. Bien accueillies par la presse et le public, elles ne tarderont pas à lui forger une belle renommée : « M. le Fevre vient de publier une Cantatille à voix seule & avec symphonie, intitulée l’Absence (…). Cet auteur s’est déjà acquis de la réputation par celles qu’il a précédemment mises au jour ; les suffrages du public semblent l’encourager à faire de mieux en mieux, & on présume que les connoisseurs ne seront pas moins contents de ce nouvel Ouvrage qu’ils ont paru l’être des précédens. » Quelle amplitude vocale ! Quelle douleur exprimée par les intervalles déchirants de Venez chère ombre ! N’entendons-nous pas les premiers bruissements de l’école viennoise dans les unissons inquiétants et les figures d’accompagnement du Lever de l’aurore ? Ne frémissons-nous pas aux trémolos de la tempête d’Andromède, qui complètent les habituelles fusées instrumentales ? Lefebvre affirme son style novateur, unique et singulier. Il s’éteint le 20 juillet 1763 à La Ferté-sous-Jouarre. Venez chère ombre met en regard des cantates de Clérambault et de Montéclair – deux compositeurs qui ont tenu une place de choix dans le développement de ce genre musical –, et des cantatilles inédites de Lefebvre, qui laissent apprécier l’évolution du genre et nous surprennent par leur originalité. « L’ardeur que j’ai […] m’a fait redoubler mon atention à les composer : heureux ! si j’ai pu y répandre assez de beautés » Louis-Nicolas Clérambault

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FRANÇAIS

EVA ZAÏCIK MEZZO SOPRANO

LE CONSORT

«…présence sur scène et maîtrise de la voix, timbre mordoré, aisance dans les passages rapides et diction remarquable, mêlant des aigus assurés et des médiums très expressifs à un phrasé sans accroc. » Olyrix, novembre 2017

« Sa musicalité souveraine, son aisance, sa palette chromatique lui valent tous les éloges » Classica, octobre 2018

« Grande noblesse, Timbre somptueux, style souverain, de la Mezzo-soprano Eva Zaïcik » le progrès. fr, octobre 2017

septembre 2015 : création du Consort

2018 : Révélation Artiste Lyrique aux Victoires de la Musique 2e Prix Concours Reine Elisabeth de Belgique Cmireb, tournée mondiale 3 prix Concours Voix Nouvelles Lybie (Phaëton, Lully), Le Poème Harmonique / B. Lazar, Opéra de Perm, Opéra Royal de Versailles e

janvier 2016 : entrée en résidence à la Fondation Singer-Polignac (Paris) juin 2016 : premier passage en direct sur France Musique juillet 2016 : résidence à la Cité de la Voix (Vézelay) avec Eva Zaïcik février 2017 : Justin Taylor est nominé dans la catégorie Révélation Soliste Instrumental des

2017 : Jardin des Voix, Les Arts Florissants - W. Christie/P. Agnew/S.Daneman, Tournée Mondiale

Victoires de la Musique

Européenne Dritte Dame, Die Zaüberflote, Les Talens Lyriques, David Lescot, Opéra Dijon, Caen, Limoges

juin 2017 : Premier Prix et Prix du Public au Concours international de musique ancienne du Val de

2016 : Nommée ‘Révélation Lyrique de l’Adami’ Dido (Dido & Aeneas), Le Poème Harmonique,

Loire, présidé par William Christie

Roussat&Lubek, Opéra Royal Versailles et Rouen Messaggiera (Orfeo, Monteverdi), les Traversées Baroques, Y. Lenoir, Opéra de Dijon

avril 2018 : création de Sept particules, pièce de David Chalmin, au Festival de Pâques de Deauville,

2015 : Melibea (Il Viaggio à Reims), M. Guidarini, E. Cordoliani, Philharmonie de Paris

juin 2018 : Enregistrement de Venez chère ombre

2014 : Farnace (Mitridate), D. Reiland, V. Vittoz, Philharmonie de Paris

octobre 2018 : Enregistrement d’Opus 1 (sonates en trio de Dandrieu et Corelli)

diffusée sur France 3 et Culturebox

2013 : Ernesto (Il Mondo della Luna, Haydn), D. Lescot, Atelier Lyrique de l’Opéra de Paris 2011-18 : CNSMDP Licence - Master - Doctorat TB unanimité Chant Lyrique - Elène Golgevit 2007-10 : Maîtrise Notre-Dame de Paris, Lionel Sow

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Théotime Langlois de Swarte

Sophie de Bardonnèche

Louise Pierrard

Justin Taylor


BY JUSTIN TAYLOR

O come, beloved Shade… Come… Enter a poetic world: the world of the French cantata. Sad stories, tragic tales whose often happy ending in no way diminishes their dramatic power. These chamber tragedies plunge us into the heart of the timeless passions of the range of human emotions: love, jealousy, infidelity, tenderness, vengeance, despair… The French cantata Unlike other genres, such as the Lullian tragic opera (the ‘tragédie lyrique’), the French cantata emerged only later, in the 18th century. In fact, the French word cantate itself appeared for the first time in 1703, as the term for a poetic genre. By the middle of the century, the Encyclopedia of Diderot and d’Alembert still gave it the same definition: ‘Cantate: A little poem intended to be set to music, containing the narration of a noble or heroic action.’ The first cantatas set to music by Bernier, Morin, Stuck and de Bousset in 1706 did not meet unanimous acclaim: their highly italianate style was found generally unpleasing. However, the cantatas that followed, by Campra, Jacquet de La Guerre ou de Brossard, influenced by French musical taste, won the support of both musicians and audience, and the French cantata went on to enjoy great success during the first half of the 18th century.

followed his protector to Italy, and to have stayed there for some time. On returning to Paris in 1699 he was employed as a bass player at the Opéra Royal. Filled with enthusiasm for the dramatic power of opera, the composer wanted to translate it to his cantatas so as to make them accepted by the leading salons of society: an ambition to which Le dépit généreux (1709) and La bergère (1728) bear witness. Louis-Nicolas Clérambault, nine years younger, was born in Paris. Descending from a long line of musicians, he studied within the family circle, then with Montéclair’s teacher Jean-Baptiste Moreau. After the publication of his first book of cantatas in 1710, Louis XIV was so impressed by one of them that he asked Clérambault to compose some more. He appointed him superintendant of the music at the Maison Royale at Saint-Cyr, where Clérambault developed the French cantata, bringing it to an apogee of excellence. Léandre et Hero, the paramount work of this genre, was published in 1713. The cantatille The term cantatille first appeared around the 1730s. As the name suggests, a ‘cantatille’ is a minicantata, usually of two or three ‘airs’, or arias, and a couple of recitatives. This reduced format however does not lessen the virtuosity of the writing, nor the size of the instrumental ensemble. Despite the modern tendency to disdain this genre for its lightweight, galant subjects, its repertoire nevertheless contains some striking and exceptionally powerful works that use the voice in an innovatory way for expressive purposes. In the cantatille, a departure from the baroque rococo style, one can already hear the beginnings of an emerging classicism, with the instrumental writing reacting to the stimulus of the symphonic style then developing.

Two masters of the genre Michel-Pignolet de Montéclair was born in Haute-Marne in 1667. He studied at Langres Cathedral. where he met the composer Jean-Baptiste Moreau. In 1687 he moved to Paris to become the music director for Charles-Henri de Lorraine, at that time governor of Milan. Montéclair appears to have

Louis Antoine Lefebvre Among the composers of cantatilles, it was Louis Antoine Lefebvre who really captured our attention. Although today he remains completely forgotten, this composer wrote music of astonishing theatricality sustained by remarkable dramatic force. Born at Péronne, in Picardy, around the early 1700s, Lefebvre became the organist of Saint-Louis-en-l’Île, in Paris. His works are nearly all composed for the voice: motets, airs, or cantatilles. His works were well-received by press and public alike, making him rapidly renowned:

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ENGLISH

O COME, BELOVED SHADE


‘Monsieur le Fevre has just published a Cantatille for solo voice with a symphony, entitled l’Absence… This author has already gained a reputation from those he has previously published; the public’s opinion seems to encourage him to do better and better, and one may presume that the connoisseurs will be no less content with this new Work than they appeared to be with the previous ones.’ Such an extraordinary vocal range – and what utter sadness is expressed by the heartrending intervals of Venez chère ombre! Surely the first stirrings of the Classical Viennese School can be heard in those unsettling unisons and accompanimental figures of Le Lever de l’aurore; and the listener quivers in sympathy with the tremolos of the storm from Andromède, crowning those customary instrumental figures rocketing upwards. Here Lefebvre affirms his innovatory, unique and personal style. He died on 20 July 1763 at La Ferté-sous-Jouarre. Venez chère ombre presents cantatas by Clérambault et de Montéclair – two composers who have maintained pride of place in the development of this musical genre – as well as unpublished cantatilles by Lefebvre that help us to appreciate how that form evolved, while astonishing us with their sheer originality. ‘The ardour they inspire in me […] makes me redouble the care with which I compose them: how happy I shall be, if I have been able to pass on so much beauty!’ Louis-Nicolas Clérambault

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LE CONSORT

‘… with stage presence and vocal mastery, a golden tone, a facility in rapid passage-work and outstanding diction, she combines confident high notes and a super-expressive middle register with unblemished phrasing.’ Olyrix, November 2017

‘With its supreme musicality, its effortless ease, its chromatic palette, it deserves every praise’ Classica, October 2018

‘Great nobility, a sumptuous timbre, and supremely confident style, from mezzo-soprano Eva Zaïcik’ le progrès.fr, October 2017

september 2015: foundation of Le Consort january 2016: begins its artistic residence with the Singer-Polignac Foundation (Paris) june 2016: first live transmission on Radio France Musique

2018: Awarded the ‘Révélation Artiste Lyrique’ prize at the Victoires de la Musique; 2 Prize at the Queen

july 2016: artistic residence at the Cité de la Voix (Vézelay) with Eva Zaïcik

Elisabeth of Belgium Competition (Cmireb); world tour and 3rd Prize, ‘Voix Nouvelles Lybie’ Competition (Phaëton, Lully), with Le Poème Harmonique / B. Lazar, Perm Opera, Opéra Royal de Versailles

february 2017: Justin Taylor nominated for the category ‘Révélation Soliste Instrumental’ (Best New

2017: Jardin des Voix, Les Arts Florissants – with W. Christie/P. Agnew/S.Daneman; European Tour as

june 2017: First Prize and Audience Prize at the International Early Music Competition in Loire Valley:

nd

Instrumental Soloist) at the Victoires de la Musique

the Third Lady in Die Zaüberflote, with Les Talens Lyriques, David Lescot, Opéra Dijon, Caen, Limoges

jury chairman, William Christie

2016: Named as the ‘Révélation Lyrique de l’Adami’ for her Dido (Dido & Aeneas), performances with

april 2018: premiere of Sept particules, by David Chalmin, at the Easter Festival of Pâques de

Le Poème Harmonique, directed by Roussat & Lubek, Opéra Royal Versailles, les Traversées Baroques, Y. Lenoir, Opéra de Dijon; in Rouen the role of the Messenger (Orfeo, Monteverdi),

2015: Sang the role of the Marquise Melibea (Il Viaggio à Reims), M. Guidarini, E. Cordoliani, Philharmonie de Paris

Deauville, broadcast on France 3 and Culturebox

june 2018: Recording of Venez chère ombre october 2018: Recording of Opus 1 (trio sonatas by Dandrieu et Corelli)

2014: Sang Farnace in Mitridate, D. Reiland, V. Vittoz, Philharmonie de Paris 2013: Sang Ernesto (Il Mondo della Luna, Haydn), D. Lescot, Atelier Lyrique de l’Opéra de Paris 2011-18: Graduated at the CNSMDP with Licence - Master - Doctorat (‘TB unanimité Chant Lyrique’); studied with Elène Golgevit; pre-college music tuition 2007-10 at the Maîtrise Notre-Dame de Paris, with Lionel Sow.

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ENGLISH

EVA ZAÏCIK MEZZO-SOPRANO


VON JUSTIN TAYLOR

Komm, teurer Schatten … Komm … treten Sie in die poetische Welt der französischen Kantate ein. Verhängnisvolle Geschichten, tragische Erzählungen, deren manchmal glücklicher Ausgang ihre dramatische Kraft keineswegs mindert. Diese „Kammertragödien“ führen uns ins Zentrum der zeitlosen Leidenschaften der menschlichen Emotionen: Liebe, Eifersucht, Untreue, Zärtlichkeit, Rache, Verzweiflung usw. Die französische Kantate Im Gegensatz zu anderen Gattungen wie z.B. der „Tragédie lyrique“, entstand die französische Kantate erst im 18. Jh. Das Wort Cantate tauchte nämlich zum ersten Mal 1703 auf und bezeichnete damals eine Art von Gedicht. In der Mitte des Jahrhunderts gab die Encyclopédie von Diderot und d’Alembert immer noch dieselbe Definition: „Cantate: Kleines Gedicht, das zur Vertonung vorgesehen ist und die Erzählung einer galanten oder heldenhaften Tat enthält (...).“ Die ersten Kantaten, die von Bernier, Morin, Stück oder Bousset 1706 in Musik gesetzt wurden, fanden keine einstimmige Anerkennung: Ihr sehr italianisierender Stil gefiel nicht. Infolgedessen inspirierte der französische Geschmack die Kantaten von Campra, Jacquet de La Guerre oder Brossard, die bei den Musikern wie beim Publikum Zustimmung fanden. Die französische Kantate errang somit in der ersten Hälfte des 18. Jh. großen Erfolg.

sich in Paris nieder und wurde Musiklehrer von Charles-Henri de Lorraine, der damals Gouverneur von Mailand war. Montéclair folgte vermutlich seinem Gönner nach Italien und soll sich dort einige Zeit aufgehalten haben. 1699 war er wieder in Paris, wo er den Bassgamben-Posten an der Könglichen Oper innehatte. Er war vom dramaturgischen Reichtum der Oper so begeistert, dass er ihn auf seine Kantaten übertragen wollte, damit sie auch in private Salons Einzug halten können. Le dépit généreux [Der großzügige Unwille] (1709) und La bergère [Die Schäferin] zeugen von diesem Wunsch. Der neun Jahre jüngere Louis-Nicolas Clérambault wurde in Paris geboren. Als Angehöriger einer großen Musikerfamilie studierte er im Familienkreis und danach bei Jean-Baptiste Moreau, der auch Montéclairs Lehrer war. Als er seinen ersten Kantatenband im Jahr 1710 herausgab, war Ludwig XIV. von einer davon so entzückt, dass er Clérambault beauftragte, weitere zu komponieren. Er ernannte ihn zum Superintendanten der Musik an der Maison Royale de Saint-Cyr, wo Clérambault die Gattung der französischen Kantate weiterentwickelte und sie zu höchster Vollkommenheit brachte. Léandre et Hero, ein Meisterwerk der Gattung, wurde 1713 veröffentlicht. Die Cantatille Der Begriff Cantatille tauchte um die 1730er Jahre auf. Wie der Name nahelegt, ist eine Cantatille eine kurze Kantate, die für gewöhnlich zwei oder drei Arien sowie ein oder zwei Rezitative enthält. Das kleinere Format bedeutet jedoch nicht, dass die Komposition weniger virtuos ist oder die Instrumentalbesetzung bescheidener. Im Repertoire dieser heute etwas abschätzig behandelten Gattung – da ihre Themen oft leicht und galant sind – finden sich jedoch ergreifende Werke von außergewöhnlicher Ausdrucksstärke, in denen die Stimme für expressive Zwecke in innovativer Weise eingesetzt wird. Die Cantatille entfernt sich vom barocken Rokoko und lässt Prämissen des im Entstehen begriffenen Klassizismus hören: Die instrumentale Kompositionsweise reagiert hier nämich auf den Stimulus der symphonischen Stilentwicklung.

Zwei Meister der Gattung Michel-Pignolet de Montéclair wurde 1667 im Département Haut-Marne geboren. Er studierte an der Kathedrale von Langres, wo er den Komponisten Jean-Baptiste Moreau kennenlernte. 1687 ließ er 22

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DEUTSCH

KOMM, TEURER SCHATTEN


Louis Antoine Lefebvre Unter den Komponisten von Cantatilles zog Louis Antoine Lefebvre unsere Aufmerksamkeit ganz besonders auf sich. Dieser heute in Vergessenheit geratene Komponist schrieb Musik von verblüffender Theatralität, die von einer ungeheuren dramatischen Kraft getragen wird. Lefebvre wurde rund um 1700 in Peronne in der Picardie geboren und hatte das Amt des Organisten von Saint-Louis-en-Île inne. Bei seinen Werken handelt es sich fast immer um Vokalkompositionen: Motetten, Arien oder Cantatilles. Von Presse und Publikum geschätzt, brachten sie ihm bald einen guten Ruf ein: „Herr le Fevre veröffentlichte vor kurzem eine Cantatille für eine Solostimme & Instrumente mit dem Titel Absence [Abwesenheit] (...). Dieser Komponist errang bereits einen guten Ruf durch die (Werke), die er davor schrieb; die Zustimmung des Publikums scheint ihn dazu zu ermutigen, besser und besser zu arbeiten, & es ist anzunehmen, dass die Kenner mit diesem neuen Werk nicht weniger zufrieden sein werden, als sie es mit den vorigen zu sein schienen.“ Diese stimmliche Spannweite! Dieser Schmerz, den die herzzerreißenden Intervalle von Venez chère ombre [Komm, teurer Schatten] ausdrücken! Hören wir nicht darin erste Vorläufer der Wiener Schule in den beunruhigenden Unisoni und den begleitenden Figuren von Lever de l’aurore [Sonnenaufgang]? Erschauern wir nicht bei den Tremoli des Sturms von Andromède, die die üblichen instrumentalen Feuerwerke vervollständigen? Lefebvre beweist darin seinen innovativen, einmaligen und einzigartigen Stil. Er starb am 20. Juli 1763 in La Ferté-sous-Jouarre. Komm, teurer Schatten stellt die Kantaten von Clérambault und Montéclair gegenüber – zwei Komponisten, die für diese musikalische Gattung eine besondere Rolle spielten – sowie die unveröffentlichten Cantatilles von Lefebvre, die die Entwicklung dieser Gattung zeigen und uns durch ihre Originalität überraschen. „Die Inbrunst in mir [...] veranlasste mich zu doppelter Aufmerksamkeit bei ihrer Komposition: glücklich, wenn ich darin genügend Schönheit verbreiten konnte.“ Louis-Nicolas Clérambault 24

Anna Besson Thibaut Roussel Lucile Boulanger


LE CONSORT

„... Bühnenpräsenz und Stimmbeherrschung, ihr warmes, betörendes Timbre, ihre Gewandtheit in den schnellen Passagen und die bemerkenswerte Diktion, ihre Sicherheit in der hohen Lage und eine sehr expressive Mittellage kombiniert mit einer makellosen Phrasierung.“ Ollyrix, November 2017.

„Seine souveräne Musikalität, seine Gewandtheit, seine chromatische Palette sind jedes Lob wert.“ Classica, Oktober 2018-10-24

september 2015: Gründung des Consorts „Sehr edel, das prächtige Timbre, der souveräne Stil des Mezzosoprans Eva Zaïcik“, le progrès.fr, Oktober 2017

januar 2016: Beginn als Artists in Residence bei der Singer-Polignac-Stiftung (Paris) juni 2016: erste Direktsendung bei France Musique juli 2016: Artists in Residence an der Cité de la Voix (Vézelay) mit Eva Zaïcik

2018: Entdeckung in der Kategorie „Opernsängerin“ bei den Victoires de la Musique, 2. Preis beim Concours Reine Elisabeth in Belgien (CMIREB), Welttournee, 3. Preis beim Concours Voix Nouvelles; Libye (Phaëton, Lully), Le Poème Harmonique / B. Lasar, Oper von Perm, Opéra Royal de Versailles.

2017: Jardin des Voix, Les Arts Florissants – W. Christie/P. Agnew/S. Daneman, Internationale und europäische Tournee. Dritte Dame in der Zauerflöte, Les Talens Lyriques, David Lescot, Opéra Dijon, Caen, Limoges.

2016: Ernennung zur „Révélation Lyrique de l’Adami“; Dido (Dido & Aeneas), Le Poème Harmonique, Roussat&Lubek, Opéra Royal Versailles und Rouen; Messaggiera (Orfeo, Monteverdi), les Traversées Baroques, Y. Lenoir, Opéré de Dijon

februar 2017: Nominierung von Justin Taylor bei den Victoires de la Musique in der Kategorie „Entdeckung als Instrumentalsolist“ juni 2017: Erster Preis und Publikumspreis beim internationalen Wettbewerb für alte Musik des Val de Loire unter dem Vorsitz von William Christie

april 2018: Uraufführung von Sept particules, Stück von David Chalmin beim Osterfestival von Deauville, übertragen von France 3 und Culturebox

juni 2018: Aufnahme von Venez chère ombre oktober 2018: Aufnahme von Opus 1 (Triosonaten von Dandrieu und Corelli)

2015: Melibea (Il viaggio a Reims), M. Guidarini, E. Cordoliani, Philharmonie de Paris 2014: Farnace (Mitridate), D. Reiland, V. Vittoz, Philharmonie de Paris 2013: Ernesto (Il Mondo della Luna, Haydn), D. Lescot, Atelier Lyrique der Opéra de Paris 2011-18: Diplomiert am CNSMDP: Licence - Master – Doktorat, einstimmig mit sehr gut benotet, Opernfach - Elène Golgevit, 2007-10: Maitrise Notre-Dame de Paris, Lionel Sow

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DEUTSCH

EVA ZAÏCIK MEZZOSOPRAN


LOUIS ANTOINE LEFEBVRE

1.

LES REGRETS Venés chere Ombre que j’adore, Vôtre fidele Amant va mourir de douleur. C’en est fait, je succombe à mon affreux [malheur, Hélas ! Vous n’estes plus, et je respire encore.

O come, beloved Shade whom I adore, Your faithful Lover is dying of sorrow. ‘Tis done, I succumb to unhappy despair, Alas! You are no more, yet still I draw breath.

Toi, qui sur un objet si beau, Osas porter ta main barbare et criminelle, Le jour m’est odieux, Parque, sois moins cruelle, Plonge moi par pitié, dans le mesme Tombeau.

You who dared raise your barbaric hand Unlawfully against such beauty, The light of day is hateful to me: Fate, [be less cruel, Take pity; engulf me in the same tomb.

MICHEL PIGNOLET DE MONTÉCLAIR

2.

3.

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LA BERGÈRE Prenons une routte nouvelle, Suy mes pas fidele troupeau, Garde toy d’approcher des bords de ce ruisseau, Dont le verd gazon te rapelle. Le paturage en est plus beau, Mais j’y verrois mon infidelle.

Let us take a new path, Follow my steps, faithful flock, Take care not to near the banks of this stream, The green grass is a warning. Its pasture may be sweeter, But there I might meet my faithless lover.

Loin des yeux de Tirsis, allons verser des pleurs, Cher troupeau, prens soin de ma gloire ; Il n’a que trop longtemps jouÿ de mes douleurs : C’est peu que de le fuir, achevons ma victoire, Je parle pour toy-même aussy bien que pour moy : Hélas ! Si de l’ingrat je perdois la mémoire, Je ne songerois plus qu’à toy.

Far from the eyes of Thyrsis let us go and weep; Dear flock, guard well my honour; For too long he has enjoyed my suffering: All my thoughts would be fixed on you, I speak for you as well as for myself: Alas! If I could forget that ungrateful man, All my thoughts would be fixed on you.

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4.

5.

Que c’est un tourment extrême, Qu’un amour tel que le mien.

What extreme torment it is To love as I do.

Trop heureux qui n’aime rien, Ou du moins heureux qui n’aime que ses moutons et son chien.

Happy the one who loves not at all, Or at least, who loves only their sheep and their dog.

Mais, Sur cette paisible rive, Quel charme assoupissant, retient [mes foibles pas ? Ah ! que le Sommeil a d’appas.

Yet here on this peaceful bank, What drowsy charm checks my enfeebled steps? Ah! It is Sleep that bewitches me.

Quels Sons harmonieux ! L’onde Semble [attentive. Oyseaux, dont les doux chants reveillent [les Echos, Taisez vous, imitez la nayade plaintive, Qui sans bruit fait couler ses flots. Que rien ne trouble mon repos.

What harmonious Sounds! The very Stream [seems to listen. You birds, wakening the Echoes with sweet song, Hush now, and imitate the plaintive naiad, Who soundless lets the water gently flow – Let nothing trouble my repose.

LOUIS ANTOINE LEFEBVRE

8.

9.

7.

Ne vous réveillés pas encore beaux yeux vous ne verrés que trop tôt [vos malheurs.

Do not awaken yet fair eyes: only too soon you will see your misery.

Semblables à ceux de l’aurore vous ne vous ouvrirés que pour verser [des pleurs.

Like the eyes of Dawn you will open only to shed tears.

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L’Astre que le silence suit, termine en rougissant, sa Course ténébreuse : Sa Cour obscure à pas lent fuit.

The Star with silence in its wake blushes red on ending its Flight through space: Its attendant Court of darkness slowly departs.

Le Ciel devient plus pur, et l’Aube qui nous luit, présente à nos regards, cette clarté douteuse qui tient du jour et de la Nuit.

The Heavens clear, and Daybreak gives us light, presenting to the view that hazy glow born of Night and Day.

ANDROMÈDE J’attendrois la mort sans la craindre, Mais lorsque l’on vit sous tes loix, Amour, pourroit-on sans se plaindre, Perdre l’amant dont le cœur à fait choix !

I could await death without fear, But while living under your laws, Oh Love, could anyone endure without complaint Losing the lover their heart has chosen!

Prête à me voir par l’Hyménée Unie à l’Objet de mes vœux, Faut-il que le trépas le plus affreux, Vienne trancher ma destinée !

On the point of being united By Hymen to the Object of my vows, Must the most terrible death Come and cut off my destiny!

10.

Andromède tremblante, Andromède éperdüe, Par ces tristes accens déploroit son malheur.

Trembling Andromeda, distraught Andromeda Would in these sad tones bewail [her unhappiness.

11.

Sur ses flots irrités la mer offre à sa vüe Un monstre dévorant guidé par la fureur : Rien ne peut la sauver : Tout offre à sa pensée Les horreurs du plus triste sort. Sans regret elle voit la mort.

On its angry waves the sea shows her A devouring monster driven by fury: Nothing can save her: Everything compels her to imagine The most horrendous fate. She views death without regret.

PHILIPPE COURBOIS ARIANE

LE LEVER DE L’AURORE

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12.

Elle ne pleure que Persée.

She weeps only for Perseus.

Conduit par les amours, Persée à son secours Vole, Combat, triomphe et délivre une amante Qui pour lui seul chérit le jour.

Guided by love, Perseus flies to her rescue, Fights, triumphs, frees his lover Who values her life only for his sake.

L’Hymen en comblant leur attente, Couronne la valeur, la Constance et l’Amour.

Hymen rewards their patient waiting, Crowning their Courage, Constancy and Love.

Amour, sous ton empire Il est quelque fois des rigueurs, Mais, tu n’as qu’à sourire, l’on ressent bientôt tes faveurs.

Love, under your rule There is often much hardship, Yet you have only to smile, And soon we feel the benefit of your favour.

Après tes plus cruelles peines, ah ! qu’il est doux pour un amant De s’unir à l’objet charmant Dont il brise les chaines.

After such cruel torments Ah, how sweet it is for a lover To be united with the object of his love Whose chains he has boldly shattered.

LOUIS-NICOLAS CLÉRAMBAULT

14.

LÉANDRE ET HERO Loin de la jeune Hero le fidelle Léandre formoit d’inutiles désirs, Cher objet, disoit-il, de mes ardents soupirs, A quel bonheur sans vous puis-je jamais [prétendre ?

Far away from young Hero, her faithful Leander conceived futile desires, Dear object of my ardent sighs, he said, Without you what happiness can I ever hope for?

Quoi ? vainement vous partagez mes feux ?

Can it be? All in vain you share my hopes [of love?

32

La Mer inhumaine et barbare, Oppose un fier obstacle au plus doux [de mes vœux ; Peux-tu souffrir Amour, qu’elle sépare Deux cœurs que tu veux rendre heureux ?

The cruel, monstrous Sea, Raises a proud obstacle to the tenderest [of my vows; God of Love, how can you allow it to separate Two hearts you wish to make happy?

15.

Non, c’est trop soûtenir les tourmens [de l’absence, N’écoutons plus que mon amour : Et toi Venus, j’implore ta puissance ; Trahirois-tu mon espérance Sur les Flots dont tu tiens le jour ?

No, it is too much to bear these pains of absence Let us now hear only of my love: And you, Venus, use your power, I beg; Would you betray my hope On the waves that you govern?

16.

A ces mots, du rivage il s’élance sans crainte, Le silence et la nuit lui prêtent leur secours, Et l’amoureuse ardeur dont son âme est atteinte, Lui cache le péril qui menace ses jours.

At these words, fearlessly he dives in [from the shore: Silence and the night lend him their aid, And amorous ardour, infusing his spirit, Hides from him the peril that threatens his life.

17.

Dieu des mers, suspendez l’inconstance [de l’Onde, Calmez les vents impétueux, L’Amour expose a vos flots dangereux Le plus fidelle Amant du monde.

God of the Sea, halt the ocean’s inconstancy, Calm the impetuous winds, To your deadly dangerous waves Love is exposing the world’s most faithful lover.

(Un peu plus gaiement, et tendrement)

(A little more gaily and tenderly)

Volez tendres Zéphirs, Conduisez cet Amant fidelle Où mille fois touchés de sa peine cruelle, Vous avés porté ses soupirs.

Fly, gentle Zephyrs, And guide this faithful lover towards the spot Where, touched by his cruel pain, [you have already Carried his sighs a thousand times before.

33


18.

19.

20.

Cependant sur les flots cet amant généreux Trouvoit un facile passage, Le Ciel sembloit favoriser ses vœux, Il aperçoit desja le fortuné rivage Quand tout a coup Borée en sortant d’esclavage, Change un calme si doux en un orage affreux.

And yet, on the waves that noble lover Found his passage easy, And heaven seemed to favour his vows, He could already see the blessed shore [approach, When suddenly Boreas, the North Wind, [was unleashed, And gentle calm became a dreadful storm.

Tous les vents déchainés se déclarent la guerre, La foudre éclate dans les cieux, Et la mer irritée, au dessus du tonnerre Porte ses flots audacieux.

All the winds unchained have declared war: Lightning flashes in the skies, And the angry sea, to peals of thunder, Defiantly exalts its towering waves.

Dans ce péril pressant Léandre qui se trouble, Ne sçauroit échaper au trépas qui le suit, L’obscurité qui se redouble Dérobe à ses regards le flambeau de la nuit.

Amid this pressing danger, the agitated Leander Can see no way to escape pursuing death; Increasing darkness enfolds him, And he sees no longer the torch of night.

C’en est fait, il périt. cette affreuse nouvelle De la sensible Hero perce le triste cœur, Elle succombe a son mal’heur ; Et dans les mêmes flots cette amante fidelle Finit sa vie et sa douleur.

It is over, he has perished. This terrible news Pierces gentle Hero’s sad heart; She succumbs to her feelings of grief, And in the same waves this faithful lover Ends her life and her sorrows.

Mais, Neptune touché d’une flâme si belle, Reçoit ces deux Amants au rang des immortels : Et réparant du sort l’injustice cruelle, Unit leurs tendres cœurs par des nœuds éternels.

Yet Neptune, touched by their wondrous passion, Receives the two Lovers in the ranks [of the immortals: And atoning for their cruelly unjust fate, He unites their tender hearts in eternal bonds.

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21.

Amour, Tiran des tendres cœurs, Arrache ton bandeau, connois ton injustice Et ne laisse plus au caprice A décider de tes faveurs.

Love, you tyrant over tender hearts, Take off your blindfold, see the wrong you do: No longer let capricious chance Decide whom you will favour.

Tu répands tes biens et tes peines Dans un funeste aveuglement, Toujours sur le plus tendre Amant Tombent tes rigueurs inhumaines.

You dole out good and evil In your fatal blindness; It is always the most tender of lovers Who falls prey to your harsh cruelty.

MICHEL PIGNOLET DE MONTÉCLAIR

23.

24.

LE DÉPIT GÉNÉREUX Dieux justes ! Dieux vengeurs ! soufrez vous [qu’un parjure Joüisse sous vos yeux d’un destin plein d’atrais De ses sermens trahis vous partagez l’injure Vengez vous vengez moi, vengez vous, n’epargnez pas vos trais.

Gods of justice, and of vengeance! [How can you suffer a traitor To enjoy, beneath your gaze, a carefree life? His broken promises are also an insult to you: Avenge yourselves, avenge me. Wreak vengeance without mercy!

Mais pourquoi soupirer ? pourquoi verser [des larmes ? Un vain dèpit sèduiroit-il mon cœur ? Ah ! je le reconois à mes tendres allarmes Mon Infidèle est toujours mon vainqueur.

But why do I sigh? Why shed tears like this? Has my heart been seduced by senseless rage? Oh, I can see from what my feelings tell me That my faithless one still holds me captive.

Arbres èpais, sombre feüillage ! Cachez la honte de mes pleurs. L’Ingrat qui m’abandone aux plus vives douleurs, Me charme encor au moment qu’il m’outrage.

Leafy trees, within your dark foliage Conceal the shame of my tears! The ungrateful man who has abandoned me [to the sharpest pain Still attracts me, in the very moment he insults me.

35


25.

Cherirai-je toujours une fatale flame ? Raison, Fierté, venez l’arracher de mon ame, D’un infidèl amant chassez le souvenir : Quand il a sû briser une chaîne si belle, Faut-il lui conserver une ardeur èternelle ? Non, je dois de mon cœur pour jamais le banir.

Shall I always treasure this toxic love? Reason, and Pride – come, tear it from my soul, Drive out the memory of this unfaithful lover: If he could shatter such delightful bonds, Must my love for him be eternally preserved? No, I owe it to my heart to banish him for ever.

26.

Douce Tranquilité paisible Indiference, Hatez votre aimable retour. D’un cœur agité par l’Amour Vous ètes l’unique espèrance

Sweet calm, peaceful indifference, Be kind, and speedily return to me. For a heart disturbed by Love You are the one and only hope.

27.

Mais ciel quel changement ! le trouble [qui m’acable Semble s’evanouïr en ce moment heureux. Ah ! je n’en doute plus un calme favorable Vient m’anoncer le succès de mes vœux.

But Heaven, what transformation! The trouble [besetting me Seems to vanish in this moment of contentment. I have no further doubt: a benign sense of calm Has come to tell me my wish has been fulfilled.

28.

Je sens finir mes peines La liberté triomfe dans mon cœur Dieu des Amans je dois à ta rigueur, La douceur de sortir de tes cruelles chaînes.

I feel my sorrows are at an end, Freedom triumphs in my heart: God of Lovers, to your severity I owe This sweet release from your cruel chains.

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RECORDED IN JUNE 2018 AT ABBAYE DE SAINT MICHEL EN THIÉRACHE KEN YOSHIDA RECORDING PRODUCER, EDITING & MASTERING FLORIAN DONATI TUNING JOHN THORNLEY ENGLISH TRANSLATION SILVIA BERUTTI-RONELT GERMAN TRANSLATION VALÉRIE LAGARDE & AURORE DUHAMEL DESIGN ARTWORK VICTOR TOUSSAINT COVER & INSIDE PHOTOS (P.11, 14-15, 19, 26) D.R. INSIDE PHOTO (EVA ZAÏCIK P.3) ANAËLLE TRUMKA INSIDE PHOTO (ANNA BESSON P.25) ALIX LAVEAU INSIDE PHOTO (LUCILE BOULANGER P.25) JUN & CHIZU MATSUOKA INSIDE PHOTO (THIBAUT ROUSSEL P.25) ALPHA CLASSICS DIDIER MARTIN DIRECTOR LOUISE BUREL PRODUCTION AMÉLIE BOCCON-GIBOD EDITORIAL COORDINATOR ALPHA 439 P & © ALPHA CLASSICS / OUTHERE MUSIC FRANCE 2018

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