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Clérambault: Cantates Françaises

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CLÉRAMBAULT CANTATES FRANÇAISES

REINOUD VAN MECHELEN A NOCTE TEMPORIS


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NICOLAS CLÉRAMBAULT

CANTATES FRANÇOISES MELLÉES DE SIMPHONIES LIVRE IIIE (PARIS 1716)

(1676-1749)

APOLLON CANTATTE SUR LA PAIX, À VOIX SEULE ET SIMPHONIE

CANTATES FRANÇOISES A I. ET II. VOIX. AVEC SIMPHONIE, ET SANS SIMPHONIE LIVRE PREMIER (PARIS 1710)

LE JALOUX CANTATE IIE, À VOIX SEULE ET SYMPHONIE

9 AIR REVIEN PRINTEMS

2’55

10 AIR JE CONSENS QUE LA VICTOIRE

2’15

11 RÉCITATIF HELAS ! POUR MON CŒUR ALLARMÉ

3’48

1 SIMPHONIE

1’52

12 AIR DIEU DES AMANTS PRENS MA DEFFENCE

2’13

2 RÉCITATIF L’AURORE ALLOIT CHASSER LES OMBRES DE LA NUIT

1’16

13 AIR AMOUR VENGE TOY, VENGE MOY

1’11

3 AIR DOUX REPOS DE L’INDIFFERENCE

5’56

14 AIR REVIEN PRINTEMS

2’31

4 RÉCITATIF LE BERGER S’ENDORMOIT PLEIN DE SA RESVERIE

2’07

5 RÉCITATIF DE SA GLOIRE ENVIRONNÉ

0’32

6 AIR CE N’EST POINT POUR SERVIR LES VOLAGES AMOURS

2’50

7 RÉCITATIF ALORS LE DIEU SUR UN CHAR PRÉPARÉ

1’11

8 AIR HEROS DES SIECLES PASSÉS

4’09

CANTATES FRANÇOISES MELLÉES DE SIMPHONIES LIVRE IVE (PARIS 1720)

L’AMOUR, GUÉRI PAR L’AMOUR CANTATTE PREMIÈRE, À VOIX SEULE ET SIMPHONIE

15 RÉCITATIF POUR OUBLIER L’INCONSTANTE CLIMEINE

0’43

16 AIR SOUFFREZ, PLAINTIVE PHILOMELE

7’01

17 RÉCITATIF AINSY DE SON TOURMENT IL SE PLAIGNOIT SANS CESSE

1’42

18 AIR AMOUR, SUR UN CŒUR TROP FIDÉLLE

3’08

19 RÉCITATIF IL DIT, ET PENETRÉ D’UNE DOULEUR MORTELLE

1’44

20 AIR L’ABSENÇE, D’UNE ARDEUR EXTRÊME

4’14


CANTATES FRANÇOISES MELLÉES DE SIMPHONIES LIVRE IIE (PARIS 1713)

PYRAME ET THISBÉ CANTATE IVE, À VOIX SEULE ET SYMPHONIE

21 RÉCITATIF PIRAME, POUR TISBÉ, DÈS LA PLUS TENDRE ENFANCE

2’24

22 AIR SI VÔTRE TENDRESSE EST EXTRÊME

2’39

23 RÉCITATIF TISBÉ, POUR RÉSISTER À L’ARDEUR DE SES VŒUX

0’48

24 AIR AUX PIEDS DE CES TOMBEAUX SACRÉS

1’31

25 RÉCITATIF BIENTÔT AU GRÉ DE LEUR IMPATIENCE

0’24

26 AIR VOLE, VOLE, DIT-ELLE AMOUR

1’19

27 RÉCITATIF ELLE CHERCHOIT L’AMANT QUI LA TIENT ASSERVIE

1’14

28 PLAINTE QUOI ? TISBÉ TU N’ÉS PLUS

2’59

29 PRÉLUDE VENEZ MONSTRES AFFREUX

0’36

30 AIMABLE ET CHER OBJET TON TREPAS EST MON CRIME

1’51

31 AIR AMOUR, QUI VOUDRA DESORMAIS

3’05

TOTAL TIME: 72’23


A NOCTE TEMPORIS REINOUD VAN MECHELEN TENOR ANNA BESSON FLUTE Flute by Boaz Berney (2016) after a four-part flute by Pierre Naust (1710), pitch a=400 Hz

EMMANUEL RESCHE VIOLIN Baroque violin by Ada Quaranta (2010), after ‘Le Diable’ by Guarnerius del Gesù. Baroque bow by Craig Ryder, early eighteenth-century model

MYRIAM RIGNOL VIOLA DA GAMBA Viola da gamba by Stephan Schürch (Burgdorf, 2005), after viol by Michel Collichon (1683) in the collection of the Musée de la Musique, Paris

BENJAMIN ALARD HARPSICHORD Two-manual harpsichord by Philippe Humeau (Barbaste, 2005)


Fils d’un des 24 violons du Roi, Nicolas Clérambault naquit à Paris, rue Saint-Antoine, en 1676. Il fut très précoce : on lui attribue un motet à grand chœur composé à l’âge de treize ans. Sa formation fut assurée par d’excellents maîtres : André Raison pour l’orgue, Jean-Baptiste Moreau pour la composition, et certainement son père pour le violon. De plus, il fut proche de Guillaume-Gabriel Nivers, auquel il succédera à la tribune de Saint-Sulpice et à l’Institution royale de Saint-Louis à Saint-Cyr. Il fut fidèle à la rive gauche : rues Dauphine (1707), Pavée (1707), Séguier (1709), des Canettes (1715) et enfin rue du Four où il mourra en 1749, toutes proches de Saint-Sulpice dont il tint les orgues. D’abord assistant de son maître André Raison à l’orgue des Jacobins, il héritera des postes de Nivers, mort en 1714 : organiste de Saint-Sulpice, organiste et maître de chant à Saint-Cyr. Mis à part un livre de clavecin, et un autre d’orgue, toujours très joué, Clérambault composa de nombreux motets. De son vivant, comme aujourd’hui, ce sont ses cantates françaises qui firent sa réputation : cinq livres comprenant un total de vingt cantates et cinq cantates isolées. On y suit son évolution, qui va d’une agrémentation proche de celles d’André Raison et de Nivers, pour finir dans un pur style classique.

Cantates Françoises Mellées de Simphonies. Livre III e. Paris, 1716. Apollon. Cantatte Sur la Paix, à voix seule, et Simphonie. La table porte le titre d’Apollon, Cantate pour le Roy, alors que le titre figurant au début de la partition évoque la paix. La fin du règne fut endeuillée par des guerres et des famines : la paix tardive était souhaitée par tous. Un berger, assis sur les bords de la Seine, chante sa plainte, puis il s’endort plein de sa resverie. Un éclair lui frappe les yeux durant son sommeil : Apollon apparaît au berger et annonce l’arrivée de la paix et de ses bienfaits, et le triomphe du puissant maistre de la France. Apollon enlève le berger ; il va entendre les muses chanter la gloire de Louis XIV. Ce n’est en fait qu’une louange du Roi, souvent représenté sous les traits d’Apollon. Cantates Françoises à I. et II. Voix. Avec Simphonie et sans Simphonie. Livre premier. Paris, 1710. Le Jaloux. Cantate II e à voix seule et Symphonie. Cette cantate sort du cadre habituel : il n’y a pas d’action, mais seulement un tableau de la jalousie. Ceci explique la présence d’un seul récitatif, relativement court, le récitatif étant traditionnellement réservé à la peinture de l’action. Le jaloux aime Iris, qui est aussi courtisée par un guerrier que le printemps ramène aux combats. Le jaloux craint que la séparation n’attise l’amour d’Iris pour son rival, mais il espère que cette absence lui ramènera celle qu’il aime. L’air final Dieu des Amants, composé de plusieurs parties, se termine par la reprise de l’air initial « Revien printems », ce qui confère une grande unité à l’œuvre. Cantates Françoises Mellées de Simphonies. Livre IV e. Paris, 1720. L’amour, guéri par l’amour. Cantatte Premiere, à voix seule et Simphonie. Tircis tente d’oublier l’inconstante Climène ; réfugié dans un antre affreux, il gémit sans cesse. Il se plaint de son sort auprès de Philomèle, elle-même en peine. Mais il est surpris par

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FRANÇAIS

CLÉRAMBAULT, MAÎTRE DE LA CANTATE FRANÇAISE PAR JEAN SAINT-ARROMAN


Cantates Françoises Mellées de Simphonies. Livre II e. Paris, 1713. Pyrame et Thisbé. Cantate IV e a voix seulle, et Simphonie. Le sujet est tiré des Métamorphoses d’Ovide, qui place la scène à Babylone alors que la cantate la situe à Thèbes. Pyrame et Thisbé s’aiment, mais leurs parents s’opposent à leur union. Ils se donnent secrètement rendez-vous en dehors de la ville, au tombeau de Ninos. Thisbé arrive la première, mais s’enfuit à la vue d’une lionne à la gueule ensanglantée. Dans sa fuite, la jeune fille perd son voile. La lionne le déchire, le maculant de sang. À son arrivée, Pyrame découvre le voile et pense que Thisbé est morte. Il se suicide. Thisbé revient, voit le cadavre de Pyrame et se suicide à son tour. Leurs parents mêleront leurs cendres dans la même urne. On ne peut s’empêcher de penser à Roméo et Juliette. Un beau prélude instrumental précède le premier récitatif, qui présente le cadre de cette tragédie. L’air qui clôt la cantate, est une sorte de morale. Ce sont deux concessions à la tradition. Entre ces deux extrémités, Clérambault enchaîne récitatifs, airs, simphonies, comme dans une tragédie lyrique.

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CLÉRAMBAULT, MASTER OF THE FRENCH CANTATA BY JEAN SAINT-ARROMAN Nicolas Clérambault was born in the rue Saint-Antoine in Paris in 1676, the son of one of the 24 Violons du Roi, the royal string band. He was very precocious, for he is said to have written a motet for large chorus at the age of thirteen. His training was placed in the hands of excellent teachers – André Raison for the organ, Jean-Baptiste Moreau for composition, and doubtless his father for the violin. Most important, he was closely associated with Guillaume-Gabriel Nivers, whom he later succeeded as organist of Saint-Sulpice and the Institution Royale de Saint-Louis at Saint-Cyr. He was faithful throughout his life to the Left Bank, residing in rue Dauphine (1707), rue Pavée (1707), rue Séguier (1709), rue des Canettes (1715) and finally rue du Four, where he died in 1749; all these addresses were close to his workplace at Saint-Sulpice. After acting as assistant to Raison at the organ of the Église des Jacobins, he inherited both posts held by Nivers, who died in 1714: organist of Saint-Sulpice, and organist and maître de chant at Saint-Cyr. In addition to a book of harpsichord pieces, and another for organ that is still frequently played today, Clérambault composed numerous motets. In his lifetime and ever since, however, his reputation has been founded on his French cantatas: five books comprising a total of twenty cantatas, and five single works. They enable us to follow his evolution from an ornamented idiom, close to that of Raison and Nivers, to a pure classical style.

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ENGLISH

l’apparition d’une beauté nouvelle, dont la grâce éclipse le souvenir de Climène. Moralité : si l’absence ne guérit pas d’un amour malheureux, un nouvel amour en sera le meilleur remède. Clérambault profite du texte pour exprimer toutes les facettes de sa sensibilité : récitatifs libres ou un peu mesurés, préludes instrumentaux développés, enchaînement de récitatifs et d’airs exprimant le désespoir, la tendresse, la révolte ou le bonheur.


Cantates Françoises à I. et II. Voix. Avec Simphonie, et sans Simphonie. Livre premier (Paris, 1710): Le Jaloux. Cantate II e à voix seule, & Symphonie. This cantata departs from the customary framework: there is no action, but only a depiction of jealousy. This explains why there is only a single, relatively brief recitative, a mode traditionally reserved for moving the action forward. The jealous narrator is in love with Iris, but she is also courted by a soldier who will return to the wars with the arrival of spring. The narrator fears this separation will fan Iris’ passion for his rival, but also hopes that it may bring the woman he loves back to him. The final number ‘Dieu des Amants’, which is composed of several sections, ends with the reprise of the opening air ‘Reviens printems’, thus giving the work great unity.

of her own sufferings (solo flute). But he is surprised by the appearance of a ‘new beauty’, whose grace eclipses the memory of Clymene. The moral of the tale: if separation cannot cure one unlucky in love, a new love will be the best remedy. Clérambault seizes on the text to express every facet of his sensibility: free or semi-measured recitatives, extended instrumental preludes, and a sequence of recitatives and airs figuring despair, tenderness, revolt or happiness. Cantates Françoises Mellées de Simphonies. Livre II e (Paris, 1713): Pirame et Thisbé. Cantate V e a voix seulle, et Simphonie. The subject is taken from the Metamorphoses of Ovid, which places the scene in Babylon whereas the cantata situates it in Thebes. Pyramus and Thisbe love each other, but their parents are opposed to their union. They arrange to meet secretly outside the city, at Ninus’ tomb. Thisbe arrives first, but runs off when she sees a lioness with a bloodied mouth. The girl loses her veil in her flight. The lioness tears it to pieces, staining it with blood. When Pyramus comes upon the scene, he sees the veil and, assuming Thisbe is dead, kills himself. Thisbe then returns, sees Pyramus’ body and commits suicide in her turn. Their parents mingle their ashes in the same urn. One cannot but think of Romeo and Juliet. A fine instrumental prelude precedes the first recitative, which sets the scene for the tragedy. The air that concludes the cantata points the moral of the story. These two elements are concessions to tradition. Between the two outer movements, Clérambault sets the text as a succession of recitatives, airs and simphonies, as in a tragédie lyrique.

Cantates Françoises Mellées de Simphonies. Livre IV e (Paris, 1720): L’Amour guéri par l’Amour. Cantatte Premiere, à voix seule et Simphonie. Thyrsis is trying to forget the inconstant Clymene; having taken refuge in ‘a dread cavern’, he laments ceaselessly. He complains of his lot to the nightingale (Philomela), who sings 14

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ENGLISH

Cantates Françoises Mellées de Simphonies. Livre III e (Paris, 1716): Apollon. Cantatte Sur la Paix, à voix seule, et Simphonie. The table of contents gives the title as Apollon, Cantate pour le Roy, whereas the title at the head of the score refers to peace. The end of the Sun King’s reign was blighted by war and famines, and there was a general desire for a belated peace. A shepherd, seated on the banks of the Seine, sings his lament, then falls asleep ‘full of his reverie’. His eyes are struck by lightning during his slumbers; Apollo appears to him and announces the arrival of peace and its blessings, and the triumph of the ‘mighty Master of France’. The god then spirits the shepherd away so that he may hear the Muses extol the glories of Louis XIV. All of this is in fact an indirect way of praising the King, who was often depicted in the guise of Apollo.


Nicolas Clérambault wurde 1676 als Sohn eines der Musiker der 24 violons du roi in der Rue Saint-Antoine in Paris geboren. Er zeigte sehr früh Talent: So schreibt man ihm eine Motette für großen Chor zu, die er mit dreizehn Jahren komponiert haben soll. Jedenfalls wurde er von ausgezeichneten Meistern ausgebildet: von André Raison im Orgelspiel, Jean-Baptiste Moreau im Komponieren und sicher von seinem Vater im Geigenspiel. Außerdem stand er Nivers nahe. Den Stadtvierteln am linken Seineufer blieb er sein Leben lang treu, u. zw. der Rue Dauphine (1707), Rue Pavée (1707), Rue Séguier (1709), Rue des Canettes (1715) und schließlich der Rue du Four, wo er 1749 ganz in der Nähe der Kirche Saint-Sulpice starb, in der er Organist war.

Cantates Françoises Mellées de Simphonies. Livre III e. Paris, 1716. Apollon. Cantatte Sur la Paix, à voix seule, et Simphonie. [Französische Kantaten mit Sinfonien. III. Buch. Paris, 1716. Apollo. Kantate über den Frieden für Solostimme und Sinfonie.] Das Inhaltsverzeichnis nennt Apollon, Cantate pour le Roy als Titel, während der Titel zu Beginn der Partitur den Frieden erwähnt. Das Ende der Herrschaft Ludwigs XIV. war durch Kriege und Hungersnöte beeinträchtigt: Der späte Friede war von allen erwünscht worden. Ein Hirte, der am Ufer der Seine sitzt, singt sein Klagelied, bevor er von seiner Träumerei erfüllt einschläft. Während er schläft, trifft ein Blitz seine Augen: Apollo erscheint dem Hirten und verkündet ihm den Frieden und seine Wohltaten sowie den Triumph des mächtigen Meisters von Frankreich. Apollo entführt den Hirten; dieser hört die Musen den Ruhm Ludwigs XIV. besingen. Eigentlich handelt es sich um einen Lobgesang auf den König, der oft als Apollo dargestellt wird.

Nachdem er Assistent seines Meisters André Raison an der Orgel der Jakobiner gewesen war, erbte er die Posten des 1714 verstorbenen Nivers: Er wurde Organist von Saint-Sulpice sowie Organist und Gesangsmeister in Saint-Cyr. Abgesehen von einem Cembalo- und einem Orgelbuch, das weiterhin oft gespielt wird, komponierte Clérambault viele Motetten. Zu seinen Lebzeiten wie heute hatte er seinen Ruf diesen französischen Motetten zu verdanken: fünf Bücher, die im Ganzen 20 Kantaten enthalten, sowie fünf einzelne Kantaten. Man kann dabei seiner Entwicklung folgen, die von einer verzierungsreichen Kompositionsweise, die der von André Raison und Nivers ähnelt, schließlich bis zu einem reinen klassischen Stil reicht.

Cantates Françoises à I. et II. Voix. Avec Simphonie, et sans Simphonie. Livre premier. Paris, 1710. Le Jaloux. Cantate IIe à voix seule, & Symphonie. [Französische Kantaten für 1 und 2 Stimmen. Mit Sinfonie und ohne Sinfonie. Erstes Buch. Paris, 1710. Der Eifersüchtige. II. Kantate für Solostimme & Sinfonie.] Diese Kantate tritt aus dem gewohnten Rahmen: Sie hat keine Handlung, ist nur eine Darstellung der Eifersucht. Das erklärt, warum es nur ein einziges, relativ kurzes Rezitativ gibt, da Rezitative der Tradition nach der Schilderung der Handlung vorbehalten sind. Der Eifersüchtige liebt Iris. Sie wird aber auch von einem Krieger umworben, der im Frühling wieder in den Kampf ziehen muss. Der Eifersüchtige fürchtet, dass die Abwesenheit die Liebe der Iris für seinen Rivalen anfachen könnte, gleichzeitig hofft er, dass ihm diese Abwesenheit seine Liebste zurückbringen wird. Die Schlussarie Dieu des Amants [Gott der Liebenden], die aus mehreren

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DEUTSCH

CLÉRAMBAULT, EIN MEISTER DER FRANZÖSISCHEN KANTATE VON JEAN SAINT-ARROMAN


Cantates Françoises Mellées de Simphonies. Livre IV e. Paris, 1720. L’amour guéri par l’amour. Cantatte Premiere, à voix seule et Simphonie. [Französische Kantaten mit Sinfonien. IV. Buch. Paris, 1720. Die durch Liebe geheilte Liebe. Erste Kantate für Solostimme und Sinfonie.] Thirsis versucht, die ungetreue Klymene zu vergessen. In eine „furchterregende Höhle“ geflüchtet, stöhnt er unablässig. Er klagt Philomela sein Leid, die selbst unglücklich ist. Doch wird er von der Erscheinung „einer neuen Schönheit“ überrascht, deren Anmut die Erinnerung an Klymene verdrängt. Moral: Wenn die Trennung eine unglückliche Liebe nicht heilt, ist eine neue Liebe die beste Medizin. Clérambault nutzt den Text, um alle Facetten seiner Sensibilität auszudrücken: freie oder nur wenig getaktete Rezitative, ausgearbeitete Instrumentalvorspiele, Aneinanderreihung von Rezitativen und Arien, die Verzweiflung, Zärtlichkeit, Auflehnung oder Glück ausdrücken.

tot. Er bringt sich um. Thisbe kommt zurück, sieht den Leichnam von Pyramus und bringt sich ebenfalls um. Ihre Eltern bestatten ihre Asche in derselben Urne. Die Geschichte erinnert unweigerlich an Romeo und Julia. Ein schönes instrumentales Vorspiel geht dem ersten Rezitativ voraus, das den Rahmen dieser Tragödie vorgibt. Die Arie, mit der die Kantate endet, ist eine Art Moral. Das sind zwei Zugeständnisse an die Tradition. Zwischen den beiden reiht Clérambault Rezitative, Arien und Simphonies wie in einer Tragédie lyrique aneinander.

Cantates Françoises Mellées de Simphonies. Livre II e. Paris, 1713. Pirame et Thisbé. Cantate Ve a voix seulle, et Simphonie. [Französische Kantaten mit Sinfonien. II. Buch. Paris, 1713. Pyramus und Thisbe. V. Kantate für Solostimme und Sinfonie.] Das Thema stammt aus Ovids Metamorphosen, in denen die Szene in Babylon spielt, während sie die Kantate nach Theben versetzt. Pyramus und Thisbe lieben einander, doch ihre Eltern widersetzen sich ihrer Ehe. Sie vereinbaren ein heimliches Treffen außerhalb der Stadt beim Grab des Ninos. Thisbe trifft zuerst dort ein, flüchtet jedoch vor einer Löwin, die ein blutiges Maul hat. Auf ihrer Flucht verliert das Mädchen ihren Schleier. Die Löwin zerreißt ihn und befleckt ihn mit Blut. Als Pyramus kommt, entdeckt er den Schleier und denkt, Thisbe sei 18

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DEUTSCH

Teilen besteht, endet mit der Reprise der Anfangsarie Reviens printems, was dem Werk große Kohärenz verleiht.


CANTATES FRANÇOISES MELLÉES DE SIMPHONIES LIVRE IIIE (PARIS 1716)

FRENCH CANTATAS COMBINED WITH INSTRUMENTS BOOK THREE (PARIS: 1716)

APOLLON CANTATTE SUR LA PAIX, À VOIX SEULE ET SIMPHONIE

APOLLO CANTATA ON PEACE, FOR SOLO VOICE AND INSTRUMENTS.

2 RÉCITATIF

L’aurore alloit chasser les ombres de la nuit, Désja, ses mains pleines de roses, Dans le sein des zéphirs nouvellement [éclozes, Ecartoient mille Amours qui voltigeoiet [sans bruit, Les oyseaux éveillés revenoient dans [la pleine, Anoncer par leurs chants la naissance [du Jour, Lorsqu’un berger, assis sur les bords [de la Seine, Adréssa cette plainte aux échos d’alentour.

3 AIR

RECITATIVE Aurora was about to drive away the shades [of night: Already her hands, filled with roses Newly blown in the bosom of the zephyrs, Were scattering a thousand noiselessly [flitting cupids; The awakened birds were returning [to the plain To herald with their songs the birth of day, When a shepherd, seated on the banks [of the Seine, Addressed this plaint to the surrounding [echoes. AIR Very tender and slow ‘Sweet resting places of indifference, Ah, how delightful you would be If, despite the aid given you by separation,

Fort tendre et lent Doux repos de l’indifference, Ah ! que vous seriez pleins d’attraits, Si malgré le secours que vous donne [l’absence, 22

Un souvenir trop cher ne troubloit [vostre paix. Félicité vaine et trompeuse Que ma raison m’a fait quitter, Pourqoy vostre image flatteuse, Vient-elle encor me tourmenter.

An all too cherished memory did not [trouble your peace. Vain and deceptive felicity That my reason prompted me to quit, Why does your flattering image Come again to torment me?’

4 RÉCITATIF

Le berger s’endormoit plein de sa resverie Lorsqu’un brillant éclair vint luy fraper [les yeux. La plus aymable melodie Au mesme instant fait retentir les cieux.

RECITATIVE The shepherd was falling asleep, [full of his reverie When a blazing flash of lightning struck [his eyes. The loveliest of melodies At the same instant echoed through the skies.

AIR Un bruit lointain d’esclatantes trompettes S’adoucit et se mesle aux plus tendres [muzettes.

AIR A distant sound of blaring trumpets Grew sweeter and blended with [the tenderest musettes.

5 RÉCITATIF

De sa gloire environné, Dans la vive splendeur qu’aucune autre [n’efface, Apollon se fait voir au berger éstonné, Mortel éscoutte moy, dit le Dieu du Parnasse.

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RECITATIVE Encircled by his glory, In the bright splendour that no other can [efface, Apollo revealed himself to the astonished [shepherd: ‘Mortal, listen to me’, said the God [of Parnassus.


6 AIR

AIR Majestic but not slow ‘It is not to serve fickle loves, Nor to make war on hearts, That after such fury and so many days [of misfortune Peace descends upon the earth. She comes to pour her blessings On wisdom and innocence, And to witness the everlasting triumph Of the mighty Master of France.’

7 RÉCITATIF

RECITATIVE Then the god, on a chariot made ready [for him, Carried off the fearful shepherd; He flew, ploughing through the air [in his rapid course, And at once reached the sacred vale. All grew fairer, nothing trembled, [at his graceful approach. ‘Engrave’, he said, ‘on precious gold, What the Muses I assemble Sing to you in this place.’ The Nine Sisters sang without cease, [all together:

Majestueusement sans lenteur Ce n’est point pour servir les volages amours, Ny pour faire aux cœurs la guerre, Qu’après tant de fureurs, et de malheureux [jours La paix descend sur la terre. Elle vient pour verser ses bienfaits Sur la sagesse et l’innocence, Et pour voir triompher a Jamais Le puissant maistre de la France. Alors le Dieu sur un char préparé, Enlève le berger timide, Il vole, il fend les airs d’un cours rapide, Il arrive à l’instant dans le vallon sacré, Tout s’embellit, rien ne tremble, [a son abord gracieux, Grave, dit-il, sur de l’or precieux, Ce que les Muses que j’assemble, Te font entendre dans ces lieux, Les neufs sœurs à l’envy chantoient [toutes ensemble.

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8 AIR

AIR Gay and graceful ‘Heroes of ages past, It is thanks to us that you are revered. Fly, vanish: a still more brilliant light [shines on us; Louis has eclipsed you all. The radiance of his immortal glory Derives from his own virtues, And owes nothing to our zeal. Let us acknowledge that there are No laurels, no incense worthy of it.’

Gay et gracieux Heros des Siecles passés, C’est pour nous qu’on vous revere, Fuyez ! disparoissez, un jour plus brillant [nous éclaire, Loüis vous a tous éffacez. L’esclat de sa gloire immortelle Part de ses propres vertus, Et ne doit rien à nostre zele. Reconnoissons qu’il n’est plus Ny de lauriers, ny d’encens dignes d’elle.

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CANTATES FRANÇOISES A I. ET II. VOIX. AVEC SIMPHONIE, ET SANS SIMPHONIE. LIVRE PREMIER (PARIS 1710)

FRENCH CANTATAS FOR ONE AND TWO VOICES, WITH AND WITHOUT [OBBLIGATO] INSTRUMENTS BOOK ONE (PARIS: 1710)

LE JALOUX CANTATE IIE, À VOIX SEULE ET SYMPHONIE.

THE JEALOUS LOVER CANTATA II, FOR SOLO VOICE AND INSTRUMENTS

9 AIR

Gracieusement et piqué Revien printems, revien, r’ameine [les beaux jours. R’appelle aux champs de Mars un rival [qui m’allarme, Que les trompettes les tambours L’obligent de quitter la beauté qui le charme.

10 AIR

AIR Graceful and staccato Return, Spring, return, bring back the fine [weather. Call back to the Field of Mars a rival [who alarms me. Let the trumpets and drums Oblige him to leave the beauty who charms him.

Gay Je consens que la victoire Couvre son front de lauriers. Qu’il puisse égaler la gloire Des plus célèbres guerriers.

AIR Gay I gladly accept that Victory May cover his brow with laurels, That he may equal the glory Of the most renowned warriors.

Sa renommée immortelle Ne me rendra point jaloux. Mon destin est assés doux Si mon Iris m’est fidelle.

His immortal fame Will not make me envious. My fate is sweet enough If my Iris is faithful to me. 26

11 RÉCITATIF

Helas ! pour mon cœur allarmé De son éloignement quel sera l’avantage ? Je me le cache en vain sans doute [il est aimé, Mes craintes, mes soupçons me l’ont trop [confirmé. N’importe, son depart punira la volage, Je n’en seray pas plus heureux. Mais avec moy du moins ils souffriront [tous deux.

RECITATIVE Alas, what benefit can my fearful heart Derive from his absence? I conceal it from myself in vain: doubtless [she loves him. My fears, my suspicions have confirmed [it all too clearly. No matter: his departure will punish [the flighty jade; I will not be any the happier, But at least they will both suffer along [with me.

Mesuré, lentement Vains désirs frivole vengence ! L’espoir de se revoir flatera leur amour. Ils verront succeder aux tourments [de l’absence Les plaisirs du retour.

In tempo, slowly Vain desires! Futile vengeance! The hope of seeing each other again will [flatter their love. They will see the torments of separation Succeeded by the pleasures of reunion.

12 AIR

Vivement Dieu des Amants prens ma deffence Mon rival te fait une offence En partageant son cœur entre Bellonne et toy. Peux-tu souffrir sous ton Empire Un cœur qui suit une autre loy, Et négliger le mien qui pour toy seul soupire ?

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AIR Lively God of Lovers, take my defence! My rival insults you By sharing his heart between Bellona and you. Can you bear to have in your empire A heart that follows another law, Yet neglect mine, which sighs for you alone?


13 Vivement et viste

Amour venge toy, venge moy. Punis ce fier rival, sers toy de son absence Pour l’éffacer du cœur qui m’a manqué de foy, Et rends ce cœur, et rends ce cœur [à ma constance. Amour venge toy, venge moy.

14 AIR

Fast and lively Cupid, avenge yourself, avenge me! Punish this proud rival: take advantage [of his absence To erase him from the heart that was [unfaithful to me, And restore that heart, restore it, [to my constancy. Cupid, avenge yourself, avenge me! AIR Graceful and staccato Return, Spring, return, bring back [the fine weather.

Gracieusement et piqué Revien printems, revien, r’ameine [les beaux jours.

CANTATES FRANÇOISES MELLÉES DE SIMPHONIES LIVRE IVE (PARIS 1720)

FRENCH CANTATAS COMBINED WITH INSTRUMENTS. BOOK FOUR (PARIS: 1720)

L’AMOUR, GUÉRI PAR L’AMOUR CANTATTE PREMIÈRE, À VOIX SEULE ET SIMPHONIE

LOVE CURED BY LOVE FIRST CANTATA, FOR SOLO VOICE AND INSTRUMENTS.

15 RÉCITATIF

RECITATIVE In order to forget the inconstant Clymene, Thyrsis had chosen to reside in a dread [cavern; There he ceaselessly wearied [the surrounding echoes With the tale of his cruel suffering.

16 AIR

AIR Very slow, most tenderly ‘Allow me, plaintive Philomela, To mingle my cries with your sad strains. Your cruellest pain Could not equal the sorrows I feel. You who can so vividly express the rigours Of a pitiful destiny, Be touched by the grief that overwhelms me And lend your plaintive notes to my keen [sufferings.’

Pour oublier l’inconstante Climeine Tircis d’un antre affreux avoit fait son séjour ; L’à, du récit de sa cruelle peine Sans cesse il fatiguoit les Échos d’alentour.

Très lent, fort tendrement Souffrez, plaintive Philomele, Que je mesle mes cris à vos tristes accens, Vostre peine la plus cruelle Ne sçauroit égaler les maux que je ressens. Vous qui d’un destin déplorable Sçavez si vivement exprimer les rigueurs, Sensible à l’ennuy qui m’accable, Prêtés vos tons plaintifs a mes vives douleurs.

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17 RÉCITATIF

RECITATIVE Thus he constantly lamented his torment. Vain despair! Vain sadness! Love reigned all the more ardently in his heart. ‘What is to become of me?’ said he. [‘What can I hope for? In vain I seek the aid of separation: A fatal image keeps my passion alive! Ah, since nothing can end my pain, And life has no more to delight me, At least let me die before the eyes [of the ungrateful Clymene. Dreadful Vexation, follow in my footsteps! Come: perhaps the inhuman jade With some new scorn will hasten my demise.’

18 AIR

AIR Lively, staccato ‘Love, on an all too faithful heart Manifest your sharp arrows; My shepherdess has broken her bonds And I cannot change like her. Ah, if my woes seem mild to you, Cruel Love, finish your handiwork: Come, as a last homage, Let your fury revel in my death!’

Ainsy de son tourment il se plaignoit [sans cesse. Vain désespoir ! Vaine tristesse ! L’amour regnoit encor plus ardent [dans son cœur. Que deviens-je, dit-il, Qu’elle est [mon esperance ? J’éprouve vainement le secours de l’absence, Une fatale image entretient mon ardeur ! Ah ! puisque rien ne peut finir ma peine, Le jour pour moy n’a plus d’appas, Du moins mourrons aux yeux de l’ingrate [Climeine, Affreux dépit suivez mes pas ! Allons ; Peut-estre l’inhumaine Par de nouveaux mépris hâtera mon trepas ! Vivement et piqué Amour, sur un cœur trop fidélle, Signale tes traits rigoureux ; Ma Bergère a brisé ses nœuds Et je ne puis changer comme elle. Ah ! si mes maux te semblent doux, Cruel, Achève ton ouvrage ; De ma mort pour dernier hommage Viens repaistre encor ton couroux.

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19 RÉCITATIF

RECITATIVE Thus he spoke, and imbued with mortal grief, He was approaching his hamlet When beneath a bushy elm He espied a new beauty. He stopped, amazed: never had the God [of Love Offered anything so lovely in that [charming spot. A thousand graces seemed to flit around her: He sighed, and, his heart stirred [by a new care, He tasted, in his excitement, a salutary peace; And the sad memory of his flighty [shepherdess Was very soon erased.

20 AIR

AIR Gay and gracious Separation does little to cure an unhappy [heart Of an extreme passion. Often it is to that very separation That love owes its tenderest flames. Accept a new chain And you may hope for everything. You were addressing Hate, But it is Love you must beseech.

Il dit, et penetré d’une douleur mortelle, Il approchoit de son Hameau ; L’orsque sous un épais ormeau, Il apperçût une beauté nouvelle. Il s’arréste surpris ; Jamais le Dieu d’amour N’offrit rien de si beau Dans ce charmant [séjour. Mille graces sembloient voltiger autour d’elle : Il soupire, Et le cœur d’un nouveau soin [pressé Il gouste en se troublant une paix salutaire ; Et de sa volage Bergere Le triste souvenir est bien tost effacé.

Gay et gracieusement L’absençe, d’une ardeur extrême Guérit mal un cœur mal’heureux ; Souvent c’est a l’absençe mesme Qu’amour doit ses plus tendres feux. Prenez une nouvelle chaîne, Et vous pourrez tout esperer ; Vous vous adressés à la Haine ; C’est L’amour qu’il faut implorer.

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CANTATES FRANÇOISES MELLÉES DE SIMPHONIE LIVRE IIE (PARIS 1713)

FRENCH CANTATAS COMBINED WITH INSTRUMENTS BOOK TWO (PARIS: 1713)

PYRAME ET THISBÉ CANTATE IVE, À VOIX SEULE ET SYMPHONIE

PYRAMUS AND THISBE CANTATA IV, FOR SOLO VOICE AND INSTRUMENTS

21 RÉCITATIF

Pirame, pour Tisbé, dès la plus tendre [enfance, Du Dieu qui fait aimer éprouva le pouvoir ; L’himen alloit enfin couronner leur constance, Quand les auteurs de leur naissance Leur deffendirent tout espoir. Quoi, je vous pers, dit l’amoureux Pirame, Je verrois vos beaux yeux pour la dernière [fois ? Ah ! si vous partagez mes transports [et ma flâme Fuions, dérobons-nous a de si dures loix.

22 AIR

RECITATIVE Since earliest childhood, Pyramus had felt [for Thisbe The passion instilled by the God of Love; Marriage was at last to crown their constancy When their progenitors Forbade them all hope. ‘What, must I lose you?’ said the amorous [Pyramus; ‘Must I see your fair eyes for the last time? Ah, if you share my transports and my flame, Let us flee, let us escape such harsh [laws.’ AIR Graceful and louré ‘If your affection for me is strong, Reassure a faithful lover; When one loves, should one acknowledge Other laws than those of Love himself?

Gracieusement et louré Si vôtre tendresse est extrême R’assûrez un fidelle amant ; Doit-on reconnoître en aimant D’autres loix que de l’Amour même ?

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En un bonheur rempli d’apas Changez le trouble qui me presse ; Le tendre Amour vous rend maitresse De ma vie et de mon trepas.

‘Into happiness filled with delights Change the distress that oppresses me; Tender Love makes you mistress Of my life and death.’

23 RÉCITATIF

RECITATIVE Thisbe, against his ardent protestations, Urged in vain her duty and her tears. Reason has such feeble weapons Against a suitor at once loved, faithful [and unhappy! At length she promised to accompany [his flight; ‘Leave me’, he said, ‘to guide our fate.’

24 Lentement, et marqué

Slow and marked ‘At the foot of those sacred tombs, Revered by the Thebans, which Preserve the immortal ashes of our kings: When night has calmed our cruel alarms, Come to that august spot To confirm our vows in the presence [of the gods.’

Tisbé, pour résister à l’ardeur de ses vœux, Opose en vain son devoir et ses larmes La raison a de faibles armes Contre un amant aimé, fidelle et mal’hëureux, Elle promet enfin d’acompagner sa fuitte ; De nôtre sort, dit-il laissez-moi la conduitte.

Aux pieds de ces tombeaux sacrés, Qui par les Thebains reverés, Conservent de nos Rois les cendres [immortelles, Quand la nuit calmera nos allarmes cruelles Venez dans ces augustes lieux Confirmer nos serments à la face des Dieux.

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25 RÉCITATIF

RECITATIVE Soon, complying with their impatience Night draped the day in her dense veils; Thisbe into the shadows of the forests Was led by hope.

26 Gracieusement et gai

Graceful and gay ‘Fly, fly’, she said, ‘Love! Come to lead my timid steps through [the darkness; Your light is a trustier guide for hearts Than the light of the Torch of Day.’

Bientôt au gré de leur impatience La nuit couvre le jour de ses voiles épais ; Tisbé l’ombre des forests Est conduite par l’esperance.

Vole, vole, dit-elle Amour, Vien dans l’obscurité guider mes pas timides : Tes feux sont pour les cœurs de plus [fidelles guides Que les feux du flambeau du jour.

27 RÉCITATIF

RECITATIVE She was seeking the lover who held [her in his thrall When the ferocious roars Of an enraged lioness filled her with horror; She fled, trembling and fearful. Her veil, fallen to the ground, Assuaged the monster’s fury. The hapless Pyramus found its remains. ‘Ye gods!’ he said, seeing these baneful signs. ‘Can I doubt my misfortune?’

28 PLAINTE

LAMENT Slowly ‘What? Thisbe, are you no more? And does my mortal grief

Elle cherchoit l’amant qui la tient asservie, Quand d’une Lionne en furie Les fiers rugissements la remplissent [d’horreur ; Elle fuit tremblante et craintive, Son voile tombé sur la rive Du monstre assouvi la fureur, L’infortuné Pirame en relève les restes, Grands Dieux ! dit-il a ces marques funestes Puis-je douter de mon mal’heur. Lentement Quoi ? Tisbé tu n’és plus ? Et ma douleur mortelle 34

Me laisse respirer dans ce moment affreux ? Quel Amant fut plus mal’heureux ? La Parque inflexible et cruelle Precipite tes pas dans la nuit eternelle Quand l’Amour t’accorde a mes vœux.

Still let me breathe at this dread moment? What lover was ever more unhappy? Inflexible and cruel Fate Plunges you into eternal night Just as Love grants you to my wishes.

29 PRÉLUDE

Venez monstres affreux ma douleur legitime Ose braver votre couroux.

30 Aimable et cher objet ton trepas est [mon crime ; Ah ! quand tu meurs pour moi, [mon cœur seroit jaloux Qu’une autre main t’immolât ta victime. À ces mots, de son dard il se perce le cœur. Quel spectacle pour une amante Qui vient lui prouver son ardeur ! De Pirame mourant elle connoît l’erreur, Elle tombe sans voix éperdue et tremblante, Et relevant le fer qui lui perça le sein, Pour s’unir a son sort termine son destin.

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‘Come, hideous monsters, my justified grief Dares to brave your fury! My dear beloved, your death is my fault. Ah, since you have died for me, my heart [would be jealous That another hand should slaughter [your victim.’ Saying these words, he pierced his heart [with his dagger. What a sight for a loving maiden Who came upon the scene to prove [her passion for him! From the dying Pyramus she learnt [of his mistake, Fell speechless, distraught and trembling, And, raising the blade that pierced his breast, To share his fate ended her life.


31 AIR

AIR Graceful and gay Love, who would now Be eager to bear your chains? If you inflict your cruellest pains On your most zealous subjects, You withhold your rewards From the most faithful hearts your arrows [have vanquished; And to those who do not know their worth Blindly you distribute them.

Gracieusement et gai Amour, qui voudra desormais S’empresse a porter tes chaînes ? Si tu fais ressentir tes plus cruelles peines Aux plus zêlés de tes sujets, Tu refuses tes recompences Aux plus fidelles cœurs que tes trais [ont soumis ; A qui n’en connoît pas le prix, En aveugle tu les dispences.

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OUR THANKS TO OLIVIER BETTENS FOR HIS COACHING ON RECONSTRUCTED PERIOD PRONUNCIATION OF FRENCH AND TO JEAN SAINT-ARROMAN FOR HIS BOOKLET NOTE AND THE INFORMATION HE CONTRIBUTED ON THE WORKS. RECORDED IN MARCH 2017 AT SINT-TRUIDEN (BELGIUM) ALINE BLONDIAU RECORDING PRODUCER, EDITING & MASTERING CHARLES JOHNSTON ENGLISH TRANSLATION SILVIA BERUTTI-RONELT GERMAN TRANSLATION VALÉRIE LAGARDE & AURORE DUHAMEL DESIGN & ARTWORK SENNE VAN DER VEN COVER IMAGE ROBBE MAES INSIDE PHOTOS ALPHA CLASSICS DIDIER MARTIN DIRECTOR LOUISE BUREL PRODUCTION AMÉLIE BOCCON-GIBOD EDITORIAL COORDINATOR ALPHA 356 P & C ALPHA CLASSICS / OUTHERE MUSIC FRANCE 2017


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