SPLENDEURS DE VERSAILLES
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Chapelle Royale de Versailles
OpĂŠra Royal de Versailles
CD 1 VERSAIllES, l’ÎlE ENChANTÉE DIVERTISSEMENT I JEAN-BAPTISTE LULLY (1632-1687) 1
OUVERTURE | PSYCHÉ (PROLOGUE)
2’23
DIVERTISSEMENT II JEAN-HENRY D’ANGLEBERT (1628-1691) 2
PRÉLUDE EN SOL MINEUR
1’34
MICHEL LAMBERT (1610-1696) 3
VOS MÉPRIS CHAQUE JOUR
3’20
JACQUES CHAMPION DE CHAMBONNIÈRES (c.1601-c.1672) 4
SARABANDE EN SOL
2’13
JEAN-BAPTISTE LULLY 5
MARCHE POUR LA CÉRÉMONIE DES TURCS LE BOURGEOIS GENTILHOMME
1’18
DIVERTISSEMENT III JEAN-HENRY D’ANGLEBERT 6
PRÉLUDE EN SOL MAJEUR
2’03
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MICHEL LAMBERT 7
OMBRE DE MON AMANT
5’37
JEAN-BAPTISTE LULLY I JEAN-HENRI D’ANGLEBERT 8
PASSACAILLE POUR DEUX CLAVECINS
3’54
GASPARD LE ROUX (c.1660-1707) 9
GIGUE EN SOL POUR DEUX CLAVECINS
1’00
JEAN-BAPTISTE LULLY 10 REPRISE DE LA MARCHE POUR LA CÉRÉMONIE DES TURCS LE BOURGEOIS GENTILHOMME
1’30
DIVERTISSEMENT IV ANDRÉ CAMPRA (1660-1744) 11 SOMMEIL | L’EUROPE GALANTE
5’41
DIVERTISSEMENT V LOUIS COUPERIN (1626-1661) 12 PRÉLUDE EN DO 13 PASSACAILLE EN DO
2’59 5’09
DIVERTISSEMENT VI JACQUES CHAMPION DE CHAMBONNIÈRES 14 PASCHALIA POUR DEUX CLAVECINS
1’35
ANDRÉ CAMPRA 15 MES YEUX | L’EUROPE GALANTE
4’17
FRANÇOIS COUPERIN (1668-1733) 16 ALLEMANDE POUR DEUX CLAVECINS
4’31
DIVERTISSEMENT VII MARIN MARAIS (1656-1728) 17 LES VOIX HUMAINES
4’09
JEAN-HENRY D’ANGLEBERT 18 PRÉLUDE EN RÉ MINEUR
4’07
MARIN MARAIS 19 SARABANDE EN RÉ MINEUR
3’22
DIVERTISSEMENT VIII JEAN-BAPTISTE LULLY 20 QUELS SPECTACLES CHARMANTS LE BOURGEOIS GENTILHOMME
21 CHACONNE | AMADIS TOTAl TIME: 68’43
1’17
6’44
CApRICCIO STRAVAGANTE ORChESTRA SKIp SEMpÉ Guillemette Laurens MEZZO-SOPRANO Florian Deuter, Yannis Roger, David Plantier, Ruth Weber, Michelle Sauvé, Martha Moore, Nadine Davin, Caroline Howald, Emmanuelle Guigues DESSUS, HAUTE-CONTRE, TAILLE & QUINTE DE VIOLONS Jay Bernfeld, Ariane Maurette, Pascale Jaupart, Damien Launay, Michele Zeoli BASSES D’ARCHET Clémentine Humeau & Jasu Moisio HAUTBOIS Serge Saitta, Julien Martin, Marine Sablonnière, Ariane Maurette, Caroline Howald FLÛTES Radames Paz THÉORBE & GUITARE Skip Sempé, Sébastien D’Hérin CLAVECINS Michèle Claude PERCUSSION Sandrine Rondot SOPRANO José Canales TÉNOR Renaud Delaigue BASSE
CApRICCIO STRAVAGANTE Guillemette Laurens MEZZO-SOPRANO Jay Bernfeld, Ariane Maurette BASSES DE VIOLES Serge Saitta, Julien Martin FLÛTES Skip Sempé*, Olivier Fortin CLAVECINS
Clavecins : Bruce Kennedy 1985 (Skip Sempé), Martin Skowroneck 1963 (Olivier Fortin), Reinhard von Nagel 2001 (Sébastien D’Hérin)
CD 2 L’HUMAINE COMÉDIE ESTIENNE MOUlINIÉ (1599-1676) 1
CONCERT DE DIFFÉRENTS OYSEAUX
9’40
2
AIR DE LA RIDICULE : ROMPEZ LES CHARMES DU SOMMEIL…
4’32
3
FANTAISIE PREMIÈRE POUR LES VIOLES
4’06
4
DIALOGUE : ESPAGNOL, JE TE SUPPLIE…
5’06
5
OJOS SI QUEREIS VIVIR…
4’19
6
POR LA VERDE ORILLA…
2’24
7
CHANSON GASCONNE : L’AUZEL QUES SUL BOUYSSOU…
5’30
8
NON HA SOTTO IL CIEL…
2’37
9
SEGUIR NON PIÙ VOGLIO…
2’35
10
TOUT SE PEINT DE VERDURE…
6’10
11-17 ENTRÉES INSTRUMENTALES DU BALLET DU MARIAGE DE PIERRE DE PROVENCE AVEC LA BELLE MAGUELONNE ENTRÉE DE SON ALTESSE – COMBAT DE PIQUES COMBAT DE RONDACHES – COMBAT À CHEVAL ENTRÉE DE PIERRE DE PROVENCE PAVANE LA RIDICULE – LES VIEUX GAULOIS
18
AIR DU JUIF ERRANT : SALAMALEC Ô ROCOHA…
10’23
2’03
19
JALOUSE ENVIE…
3’00
20
AIR À BOIRE : AMIS ENIVRONS-NOUS…
2’12
21
LE SORT ME FAIT SOUFFRIR…
4’25
TOTAl TIME: 69’49
LE POÈME HARMONIQUE VINCENT DUMESTRE Claire Lefilliâtre dessus Marc Pontus haute-contre Serge Goubioud taille Arnaud Marzoratti basse-contre Sophie Watillon dessus de viole Friederike Heumann dessus de viole Sylvia Abramowicz ténor de viole Françoise Enock violone & basse de viole Nanja Breedijk harpe double Joël Grare tambour, castagnettes, cloches de bois Vincent Dumestre luth, théorbe, guitare baroque
CD 3 PIÈCES DE CLAVECIN & AIRS D’APRÈS M. DE LULLY JEAN-BApTISTE lUllY (1632-1687) 1
OUVERTURE DE CADMUS (1673)
2’44
2
RITOURNELLE DES FÉES DE ROLAND (1685)
1’26
3
PETIT AIR POUR LES MESMES (PHAETON, 1683)
1’49
4
PREMIER AIR (ARMIDE)
2’13
5
SECOND AIR (ARMIDE)
2’29
6
CHACONNE DE PHAETON
3’36
7
OUVERTURE (LE CARNAVAL, MASCARADE, 1668)
4’27
8
LES SONGES AGRÉABLES D’ATYS (1676)
2’06
9
SARABANDE DIEUX DES ENFERS DU BALLET DE LA NAISSANCE DE VÉNUS (1665)
3’44
10 AIR D’APOLLON DU TRIOMPHE DE L’AMOUR
2’41
11 PASSACAILLE D’ARMIDE
4’26
JEAN-hENRY D’ANGlEBERT (1628-1691) 12 FUGUE GRAVE POUR L’ORGUE
2’49
13 DEUXIÈME FUGUE SUR LE MESME SUJET
2’06
14 TROISIÈME FUGUE
2’54
15 QUATRIÈME FUGUE
1’42
16 CINQUIÈME FUGUE
2’30
TOTAl TIME: 43’46
CAFÉ ZIMMERMANN Pablo Valetti VIOLON, KONZERTMEISTER & DIRECTION ARTISTIQUE Paula Waisman, Rodolfo Marchesini, Manlio Paris, Nick Robinson, Laura Johnson VIOLONS Patricia Gagnon, Joelle Perdaens, Diane Chmela ALTOS Antoine Ladrette, Nina Diehl, Étienne Mangot VIOLONCELLES Céline Frisch CLAVECIN Patrick Beaugiraud, Jean-Marc Philippe HAUTBOIS Laurent Le Chenadec BASSON Eduardo Egüez LUTH Diana Baroni, Michael Form, François Nicolet FLÛTES Céline Frisch ORGUE Orgue historique de la Chapelle de l’hôpital de Charles Nicolle de Rouen
CD 4 TE DEUM MARC-ANTOINE ChARpENTIER (1643-1704) TE DEUM H.146 1
PRÉLUDE
1’20
2
TE DEUM LAUDAMUS
1’01
3
TE AETERNUM PATREM
4’08
4
TE PER ORBEM TERRARUM
4’15
5
TU, DEVICTO MORTIS ACULEO
1’12
6
TE ERGO QUAESUMUS FAMULIS TUIS SUBVENI
2’13
7
AETERNA FAC CUM SANCTIS TUIS
2’15
8
DIGNARE, DOMINE / FIAT MISERICORDIA
3’59
9
IN TE, DOMINE, SPERAVI
2’12
JEAN-BApTISTE lUllY (1632-1687) TE DEUM LWV 55 10 TE DEUM LAUDAMUS
2’57
11 TIBI OMNES ANGELI
1’15
12 PLENI SUNT CAELI ET TERRA
3’18
13 PATREM IMMENSAE MAJESTATIS
3’52
14 TU REX GLORIAE CHRISTE
2’59
15 TU AD DEXTERAM DEI SEDES
1’15
16 TE ERGO QUAESUMUS FAMULIS TUIS SUBVENI
3’30
17 SALVUM FAC POPULUM TUUM DOMINE
4’45
18 DIGNARE, DOMINE, DIE ISTO
6’47
19 IN TE, DOMINE, SPERAVI
2’04
TOTAl TIME: 55’34
Amel Brahim-Djelloul DESSUS Aurore Bucher DESSUS Reinoud Van Mechelen HAUTE-CONTRE Jeffrey Thompson TAILLE Benoit Arnould BASSE
ChŒUR CApEllA CRACOVIENSIS JAN TOMASZ ADAMUS Michalina Bienkiewicz, Ilona Fijal-Zajac, Jolanta Kowalska, Magdalena Łukawska, Sylwia Olszynska, Antonina Ruda, Katarzyna Wajrak DESSUS Anna Bober, Łukasz Dulewicz, Dorota Dwojak-Tlalka, Katarzyna Freiwald, Helena Poczykowska*, Magda Niedbala HAUTE-CONTRE Maciej Gocman*, Szczepan Kosior, Karol Kusz, Krzysztof Mrozinski, Mariusz Solarz, Piotr Szewczyk TÉNOR Dawid Chwistek, Marek Opaska, Piotr Kumon, Sebastian Szumski*, Piotr Zawistowski BASSE TAILLE Piotr Brajner, Michal Dembinski, Wojciech Gora, Rafal Z˙ur BASSE * solistes du petit chœur pour le Te Deum de Lully
lE pOÈME hARMONIQUE VINCENT DUMESTRE Gilone Gaubert-Jacques, Leonor De Recondo, Yuki Koike, Benedicte Pernet, Shiho Ono, Catherine Ambach, Fiona Poupard DESSUS DE VIOLON Jorlen Vega, Justin Glorieux, Samantha Montgomery HAUTES-CONTRE DE VIOLON Françoise Rojat, Alain Pegeot, Joan Herrero TAILLES DE VIOLON Lucas Peres**, Mathilde Vialle VIOLES DE GAMBE Thomas De Pierrefeu**, Tormod Dalen, Marjolaine Cambon, Pauline Buet BASSES DE VIOLON Beatrice Delpierre, Sophie Rebreyend FLÛTES & HAUTBOIS Melanie Flahaut, Stephane Tamby, Krysztof Lewandowski FLÛTE & BASSON Jean-François Madeuf, Joël Lahens TROMPETTES François Garnier TIMBALES Frederic Rivoal** ORGUE Andrzej Zawisza PRÉPARATION DU CHŒUR Marouan Mankar-Bennis ASSISTANT MUSICAL ** continuo
CD 5 MOTETS POUR LE GRAND DAUPHIN MARC-ANTOINE ChARpENTIER (1643-1704) MOTETS POUR LE GRAND DAUPHIN 1
PRECATIO PRO FILIO REGIS (H.166)
8’10
2
FUGUE SUR LES ANCHES
1’55
3
SOFA VIVEBAT IN ANTRIS (H.373)
7’21
4
FOND D’ORGUE
1’47
5
SUPPFICATIO PRO DEFUNCTIS (H.328)
6
TIERCE EN TAILLE
7
QUEMADMODUM DESIDERAT CERVUS (H.174)
8
O SAFUTARIS HOSTIA (H.248)
3’26
9
FUGUE
1’41
11’33 2’45 13’05
10 GRATIARUM ACTIONES PRO RESTITUA DELPHINI SALUTE (H.326) TOTAl TIME: 67’29
15’43
ENSEMBlE pIERRE ROBERT FRÉDÉRIC DESENClOS Anne Magouët DESSUS Sarah Breton BAS-DESSUS Edwin Crossley-Mercer BASSE Thomas Leconte, Ruth Unger FLÛTES Michelle Tellier BASSE DE FLÛTE Stéphan Dudermel, Yannis Roger VIOLONS Florence Bolton BASSE DE VIOLE Alexandre Salles BASSON Benjamin Perrot THÉORBE Frédéric Desenclos ORGUE & DIRECTION Orgue Le Picard / Thomas (1753-2002) de la basilique de Tongres (Belgique)
CD 6 O MARIA ! PSAUMES & MOTETS MARC-ANTOINE ChARpENTIER (1643-1704) 1
PRÉLUDE POUR CE QUE L’ON VOUDRA H.521
1’21
2
IN ODOREM UNGUENTORUM H.51
2’43
3
BEATI OMNES QUI TIMENT DOMINUM H.178
7’32
4
O SACRAMENTUM PIETATIS H.274
5’18
5
PIE JESU H.427
4’41
6
SUPER FLUMINA BABYLONIS H.170
6’49
7
SONATA I (JACQUET DE LA GUERRE)
8’05
8
GRATIARUM ACTIONES PRO RESTITUA REGIS SANITATE H.341
8’07
9
MAGDALENA LUGENS H.343
9’40
10 SUPPLICATIO PRO DEFUNCTIS H.328 TOTAl TIME: 63’31
9’15
ENSEMBlE CORRESpONDANCES SÉBASTIEN DAUCÉ Caroline Bardot DESSUS Juliette Perret DESSUS Étienne Bazola BASSE-TAILLE Béatrice Linon, Alice Julien-Lafferière VIOLONS Lucile Perret, Matthieu Bertaud FLÛTES Laurent Dublanchet BASSE DE VIOLE Cécile Vérolles BASSE DE VIOLON Diego Salamanca, Nicolas Muzy THÉORBES Sébastien Daucé ORGUE, CLAVECIN & DIRECTION
CD 7 TRISTES DÉSERTS MARC-ANTOINE ChARpENTIER (1643-1704) 1
TRISTES DÉSERTS
3’25
2
SANS FRAYEUR DANS CE BOIS (CHACONNE)…
3’02
3
NON, NON, JE NE L’AIME PLUS…
4’55
4
AMOUR VOUS AVEZ BEAU…
2’00
5
RENDEZ-MOI MES PLAISIRS…
2’03
6
OISEAUX DE CES BOCAGES…
2’08
7
QUOI, JE NE VERRAI PLUS…
3’34
8
EPITAPHIUM CARPENTARIJ
9
LES STANCES DU CID
16’20
6’25
10 CELLE QUI FAIT TOUT MON TOURMENT…
2’15
11 AUPRÈS DU FEU, ON FAIT L’AMOUR…
1’28
12 VEUX-TU, COMPÈRE GRÉGOIRE…
0’56
13 BEAUX PETITS YEUX D’ÉCARLATE…
2’21
14 RUISSEAU QUI NOURRIT DANS CE BOIS…
4’08
ORPHÉE DESCENDANT AUX ENFERS 15 PRÉLUDE
3’07
16 RÉCIT D’ORPHÉE (SUR LE VIOLON)
2’04
17 AIR D’ORPHÉE « EFFROYABLES ENFERS OÙ JE CONDUIS MES PAS… »
6’01
18 « QUELLE DOUCE HARMONIE A FRAPPÉ MON OREILLE… » | DUO IXION & TANTALE
19 AIR - ORPHÉE « VOS PLUS GRANDS CRIMINELS… »
1’21 3’34
20 « NE CHERCHONS PLUS D’OÙ VIENT CETTE TENDRESSE… » | DUO IXION & TANTALE « HÉLAS, RIEN N’EST ÉGAL AU BONHEUR DES AMANTS… » | TRIO ORPHÉE , IXION & TANTALE TOTAl TIME: 74’52
3’34
Gérard Lesne HAUTE-CONTRE & DIRECTION Cyril Auvity TAILLE Edwin Crossley-Mercer BASSE-TAILLE Chantal Santon, Kaoli Isshiki DESSUS Magid El Bushra HAUTE-CONTRE
Il SEMINARIO MUSICAlE GÉRARD lESNE Blandine Rannou CLAVECIN & ORGUE Benjamin Perrot THÉORBE Florence Solton BASSE DE VIOLE Hélène Schmitt, Yannis Roger VIOLONS Pierre Boragno, Marine Sablonnières FLÛTES À BEC Patrick Beuckels FLÛTES ALLEMANDES
CD 8 LEÇONS DE TÉNÈBRES MARC-ANTOINE ChARpENTIER (1643-1704) 1
OFFERTE POUR L’ORGUE ET POUR LES VIOLONS FLUTES ET HAUTBOIS (H.154)
2’35
ANTIENE POUR LES VIOLONS FLUTES ET HAUTBOIS A 4 PART. (H.532)
1’46
SYMPHONIE EN G RE SOL BMOL A 3 FLUTES OU 3 VIOLONS (H.529)
2’53
OUVERTURE POUR LE SACRE D’UN EVESQUE, POUR LES VIOLONS FLUTES ET HAUTBOIS (H.536)
3’30
5
APRÈS CONFITEBOR, ANTIENNE D LA RE SOL BSQUARRE (H.516)
2’30
6
POUR PLUSIEURS MARTYRS, MOTET À VOIX SEULE SANS ACCOMPAGNEMENT (H.361)
4’02
POUR UN REPOSOIR, OUVERTURE DEZ QUE LA PROCESSION PAROIST (H.523)
2’20
OUVERTURE POUR LE SACRE D’UN EVESQUE, POUR VIOLONS FLUTES ET HAUTBOIS (H.537)
3’59
OFFERTE NON ENCOR EXÉCUTÉE (H.522)
3’03
2 3 4
7 8 9
10 OUVERTURE POUR L’EGLISE (H.524)
2’00
11 ANTIENNE (H.526)
2’15
12 PRE LEÇON DE TÉNÈBRES DU MERCREDY ST, POUR UNE BASSE (H.120)
13 PRE LEÇON DE TÉNÈBRES DU JEUDY ST, POUR UNE BASSE (H.121)
11’43 11’47
14 PRE LEÇON DE TÉNÈBRES DU VENDREDY SAINT, POUR UNE BASSE (H.122) TOTAl TIME: 65’38
11’14
Stephan MacLeod BASSE-TAILLE
ARTE DEI SUONATORI AlEXIS KOSSENKO Alexis Kossenko, Stefanie Troffaes, Olga Musiał-Kurzawska (3 & 7) FLÛTE ALLEMANDE Alexis Kossenko, Stefanie Troffaes FLÛTE DOUCE Alexis Kossenko BASSE DE FLÛTE Lidewei De Sterck, Frédérique Brillouin HAUTBOIS Tomasz Wesełowski BASSON Aureliusz Golin´ski (solo), Martyna Pastuszka (solo), Adam Pastuszka, Barbara Altobello DESSUS DE VIOLON Ewa Golin´ska, Anna Nowak HAUTE-CONTRE DE VIOLON Dymitr Olszewski, Gabriel Bania TAILLE DE VIOLON Mark Caudle, Tomasz Pokrzywin´ski, Anna Katyn´ska BASSE DE VIOLON Mark Caudle BASSE DE VIOLE Toshinori Ozaki THÉORBE Joanna Bos´lak-Górniok ORGUE & CLAVECIN
CD 9 PIÈCES DE CLAVECIN & AIRS D’APRÈS M. DE LULLY JEAN-hENRY D’ANGlEBERT (1628-1691) SUITE EN SOL MAJEUR 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
PRÉLUDE
2’11
ALLEMANDE
2’57
COURANTE ET DOUBLE DE LA COURANTE
1’36
SECONDE COURANTE
1’35
TROISIÈME COURANTE
1’30
SARABANDE
3’25
GIGUE
1’55
SECONDE GIGUE
1’12
GAILLARDE
4’46
CHACONNE RONDEAU
3’22
11 OUVERTURE DE CADMUS – M. DE LULLY (CADMUS, 1673)
2’51
12 RITOURNELLE DES FÉES DE ROLAND – M. DE LULLY (ROLAND, 1685, ACTE V, SCÈNE 1)
1’22
13 CHACONNE DE PHAETON – M. DE LULLY (PHAETON, 1683, ACTE II, SCÈNE 5)
3’37
SUITE EN SOL MINEUR 14 15 16 17 18 19
PRÉLUDE
1’50
ALLEMANDE
3’15
COURANTE
1’21
SECONDE COURANTE
1’39
SARABANDE
3’02
SARABANDE DIEUX DES ENFERS – M. DE LULLY (BALLET DE LA NAISSANCE DE VÉNUS, 1665, ACTE II, SCÈNE 6)
1’40
20 GIGUE 21 GAILLARDE 22 PASSACAILLE
2’03 3’51 5’34
23 OUVERTURE DE LA MASCARADE – M. DE LULLY (LE CARNAVAL, 1668) 4’05 24 LES SOURDINES D’ARMIDE – M. DE LULLY (ARMIDE, 1686, ACTE II, SCÈNE 4)
2’28
25 LES SONGES AGRÉABLES D’ATYS – M. DE LULLY (ATYS, 1676, ACTE III, SCÈNE 4)
1’50
26 AIR D’APOLLON DU TRIOMPHE DE L’AMOUR – M. DE LULLY (LE TRIOMPHE DE L’AMOUR, 1681)
2’38
27 PASSACAILLE D’ARMIDE – M. DE LULLY (ARMIDE, 1686, ACTE V, SCÈNE II) TOTAl TIME: 71’49
Céline Frisch CLAVECIN Clavecin français d’Émille Jobin d’après Vincent Tibaut
4’20
CD 10 MISERERE & LEÇONS DE TÉNÈBRES lOUIS-NICOlAS ClÉRAMBAUlT (1676-1749) MISERERE 1
MISERERE MEI DEUS
3’30
2
QUONIAM INIQUATEM MEAM
4’59
3
ASPERGES ME HYSSOPO
3’57
4
AVERTE FACIEM TUAM
2’47
5
DOCEBO INIQUINOS
3’48
6
QUONIAM SI VOLUISSES SACRIFICIUM
5’53
FRANÇOIS COUpERIN (1668-1733) PREMIÈRE LEÇON POUR LE MERCREDY 7
INCIPIT LAMENTATION JEREMIAE
2’40
8
BETH
3’47
9
GHIMEL
1’51
10 DALETH
2’33
11 HE
2’31
12 JERUSALEM, CONVERTERE
2’49
DEUXIÈME LEÇON POUR LE MERCREDY 13 VAU
1’54
14 ZAÏN
3’13
15 HETH
1’45
16 TETH
2’39
17 JERUSALEM, CONVERTERE
2’17
TROISIÈME LEÇON POUR LE MERCEDY 18 JOD
1’42
19 CAPH
1’59
20 LAMED
2’31
21 MEM
1’45
22 NUN
1’48
23 JERUSALEM, CONVERTERE
1’50
TOTAl TIME: 65’03
lE pOÈME hARMONIQUE VINCENT DUMESTRE Hasnaa Bennani DESSUS Isabelle Druet BAS-DESSUS Claire Lefilliâtre BAS-DESSUS Sylvia Abramowics VIOLE DE GAMBE Frédéric Rivoal CLAVECIN & ORGUE Vincent Dumestre THÉORBE & DIRECTION
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SPLENDEURS DE VERSAILLES La musique en tout lieu, à toute heure Versailles, un château de rêve à nul autre pareil. Non pas qu’il n’existe ailleurs d’autres palais extraordinaires, peut-être plus grands, plus riches, mais chacun sent qu’il s’est produit à Versailles, au XVIIe siècle, une aventure artistique sans équivalent. Tout a pourtant commencé modestement avec un rendez-vous de chasse dont l’isolement et la discrétion convenaient particulièrement au caractère sombre du roi Louis XIII. Son fils en fera le symbole de son règne et la représentation tangible de l’essence de la royauté. Paris aurait pu, aurait dû jouer ce rôle ; devenir l’équivalent de Rome et voler à la ville sainte sa place de centre de l’Europe. Mais le jeune Louis XIV se souvient trop bien de la Fronde et des revirements imprévisibles d’une capitale soumise aux jeux d’influence des courtisans et des notables. Il délaisse les projets grandioses imaginés pour le Louvre et concentre sur le petit château de Versailles des moyens gigantesques, pour un chantier qui durera près de quarante ans. C’est là que se déroulent les fêtes royales, alternance de musique, de théâtre, de jeux équestres, de danses et de festins. La première d’entre elles, Les Plaisirs de l’île enchantée, a lieu du 7 au 13 mai 1664. Parler ici de spectacle n’a pas vraiment de sens car toute la cour, jusqu’au Roi lui-même, participe aux différents épisodes. Mais cette île n’est pas seulement celle de la magicienne Alcine, qui retient de preux chevaliers grâce à ses sortilèges. Versailles, château né de la volonté brute du monarque, est en soi une île enchantée sur laquelle Louis XIV crée de toutes pièces une forme matérielle, visible par le monde entier, de la figure du Roi. Cet univers artificiel est aussi la manifestation concrète de la nature double du corps du monarque : Versailles abrite le corps mortel du Roi, mais aussi la dimension sacrée et intemporelle de sa fonction. Versailles est le Roi. 34
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FRANÇAIS
Si Louis XIV donne réellement à l’ensemble des arts une place privilégiée, jusqu’aux années 1680, la musique semble tout particulièrement bénéficier de la faveur du souverain. À l’église, au théâtre, à la chasse, à la guerre, la musique est toujours présente. Le Roi joue de la guitare, du clavecin ; il danse devant la cour. Musique pendant les repas. Musique dans les jardins. Musique aussi le soir, au chevet de Louis, quand les courtisans ont quitté sa chambre. Pour faire face à cette intense activité artistique, la musique est organisée comme une administration, avec ses départements – la Chapelle, la Chambre, l’Écurie –, ses hiérarchies, ses instrumentistes et chanteurs, ses copistes et porteurs de clavecins… Versailles ne se conçoit pas sans musique. Sous Louis XIII, Moulinié au service de Monsieur La première moitié du XVIIe siècle est l’une des périodes les plus troublées de l’histoire de France et d’Europe. Chacun en fait les frais, y compris les musiciens, dont le sort est attaché à celui des Grands dont ils dépendent. Parmi ceux réunis par Gaston d’Orléans, frère du Roi, figure Estienne Moulinié (1599-1676). Arrivé à Paris vers 1621, il se fait rapidement apprécier comme compositeur. Ballard imprime, en 1624 et 1625, ses deux premiers livres d’airs, dont la dédicace du second au monarque a sans doute pour conséquence de lui voir confier la charge de chef de la musique de Monsieur, en 1627. À partir de cette date, la carrière de Moulinié va dépendre des vicissitudes liées au comportement politique capricieux de son ambitieux et complexe protecteur : Monsieur passe sa vie dans les intrigues et les révoltes, projetant de remplacer son frère Louis XIII sur le trône. Gaston d’Orléans se révèle en revanche homme d’une grande sensibilité, amateur de peinture, de musique et de littérature. Sept à huit chanteurs sont attachés à son service : le jeune Michel Lambert y chante, Blancrocher y joue du luth et Moulinié, qui les dirige tous, a également la charge de deux pages à qui il enseigne la musique.
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Le Consert de differents oyseaux, imprimé dès 1625, qui conclut le Ballet du monde renversé, est probablement la première contribution de Moulinié à un ballet. En 1629 est imprimé son troisième livre d’airs, dédié à une mystérieuse Uranie, à qui Le Sort me fait souffrir rend hommage. Dans ce recueil se trouvent la plupart des airs « étrangers » écrits par Moulinié. On touche ici à l’un des traits essentiels de son art : sa capacité à imiter les genres, à composer dans les styles les plus différents. Si d’autres avant lui ont succombé à la mode espagnole, il est de loin le plus prolixe. La nécessité de suivre Monsieur dans ses périples aux quatre coins de l’Europe et ses racines méditerranéennes sont sans doute à l’origine de ces chansons. La vie errante de Gaston connaît néanmoins parfois des moments de répit. Sa passion pour le ballet de cour peut alors se manifester, et il n’est pas rare qu’il y danse lui-même. Le Mariage de Pierre de Provence avec la belle Maguelonne est représenté à Tours en 1638, avec grand succès. Quelques airs composés nous sont parvenus, la totalité des entrées instrumentales ainsi que l’Air de la Ridicule, prélude au récit à trois voix d’hommes Rompez les charmes du sommeil, et le très étrange Air du juif errant. Après l’échec de la Fronde, Gaston s’exile définitivement à Blois en 1652. Moulinié rentre à Paris et y publie en 1658 ses Meslanges de sujets chrétiens, cantiques, litanies & motets mis en musique à 2, 3 & 4 parties, dont le privilège d’imprimerie donné en 1651 en fait la première œuvre en France composée avec une basse continue en partie séparée. À la mort de Monsieur en 1660, Moulinié devient chef de la musique de la Grande Mademoiselle, fille de Gaston, charge qu’il quitte en 1664. En 1666, il est nommé intendant et maître de musique à vie des États du Languedoc à Béziers. Il organise les cérémonies religieuses et donne des concerts pendant une dizaine d’années avant de mourir dans le courant de l’année 1676.
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Sous Louis XIV, pleins feux sur Lully et Charpentier Il semble a priori peu pertinent de comparer les Te Deum de Jean-Baptiste Lully (16321687) et de Marc-Antoine Charpentier (1643-1704) composés à quinze ans d’intervalle, au cours desquels l’écriture du grand motet a évolué, en particulier dans sa forme – continue chez Lully, découpée en numéros chez Charpentier. Néanmoins, en dehors de ces considérations chronologiques, les conceptions des deux maîtres diffèrent sur bien des points. Le premier concerne les effectifs : Lully utilise ceux en activité à la Chapelle royale formés de cinq solistes constituant aussi le petit chœur, un grand chœur et un orchestre à cinq parties. Chez Charpentier, le chœur et l’orchestre sont seulement à quatre parties mais enrichis par une plus grande caractérisation des couleurs instrumentales. Le second point concerne l’approche du texte, appréhendé dans sa globalité par Lully, réparti par Charpentier en onze sections possédant chacune une forte identité et une unité dues aux effectifs requis, ainsi qu’une écriture spécifique où se succèdent de grands chœurs somptueusement orchestrés, des récits de solistes ou des petits ensembles aux formations variées. Au sein d’une vaste architecture gouvernant la totalité de la pièce où les vingt-neuf versets s’enchaînent et dont les vastes modulations dans les tons voisins servent d’armature, Lully s’intéresse ensuite au détail, à la miniature, jouant sur la densité et les couleurs des effectifs dans une redistribution permanente des voix, du récit de soliste au petit chœur de solistes et au grand chœur. Le verset est souvent scindé en deux, la division repose la plupart du temps davantage sur une recherche de l’effet que sur l’expression. De son côté, Charpentier s’attache aux différents affects du texte par un traitement thématique plus poussé, monnayant faste et intériorité. Datant du Moyen Âge, le Te Deum est une hymne destinée à l’office des matines du dimanche et de certaines fêtes, mais cette action de grâces trouve aussi sa place lors de circonstances festives et publiques sous le règne de Louis XIII et surtout sous celui de 37
Louis XIV, où il n’y a point de victoire, d’événement touchant à la vie de la famille royale qui ne soient célébrés par l’exécution de quelque Te Deum. L’un de ces événements est le retour à la santé de Louis XIV, en 1686. La France entière retentit de chants de réjouissances pendant plusieurs mois. Le 8 janvier 1687, l’église des Feuillants à Paris accueille une foule immense venue entendre le Te Deum de Lully – composé dix ans plus tôt pour le baptême de son fils aîné à Fontainebleau et dont l’illustre parrain n’était autre que Louis XIV – entonné par plus de cent cinquante musiciens. Le 23 janvier, à l’église des Pères Jacobins réformés, la cérémonie est réglée par le décorateur et machiniste Carlo Vigarani pour un autre Te Deum, celui de Paolo Lorenzani. Enfin le 8 février, c’est un Te Deum « à deux chœurs de musique » de Charpentier qui résonne dans l’église des Prêtres de l’Oratoire. Celui qui est ici présenté, le plus connu des quatre conservés dans ses manuscrits autographes, est écrit quelques années plus tard pour célébrer l’une des dernières victoires de Louis XIV, alors que Charpentier est maître de musique de l’église Saint-Louis des Jésuites. Charpentier, en marge de la cour Dans les années 1680, Charpentier demeure à l’hôtel de Guise pour pourvoir à la musique religieuse et profane de la maîtresse du lieu, Marie de Lorraine, duchesse de Guise, dite Mlle de Guise. Charpentier y est chanteur et fait fructifier son talent principalement dans le cercle de sa protectrice, au service de laquelle il se trouve du début des années 1670 à 1688. Mlle de Guise a une grande passion pour la musique et entretient un corps de musiciens composé d’une quinzaine de chanteurs et d’instrumentistes. Dans ses manuscrits, Charpentier a l’habitude de noter les noms de chacun d’entre eux devant la partie qu’ils doivent jouer ou chanter, et lui-même se désigne toujours par l’abréviation « Charp ».
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Charpentier se trouve aussi sous la protection d’Élisabeth d’Orléans, dite M me de Guise, à la suite de son mariage avec Louis-Joseph de Guise. Probablement grâce à cette dernière, cousine de Louis XIV, Charpentier est également chargé, à cette époque, de composer la musique de la messe du dauphin – Louis de France, appelé Monseigneur, premier et seul enfant survivant de Louis XIV et de la reine Marie-Thérèse –, sur le modèle de celle du Roi, au cours de laquelle on peut entendre des motets, notamment sur des textes de psaumes. Les noms de Frison et des Pièche apparaissent à plusieurs reprises dans les manuscrits de Charpentier, ce qui nous permet d’identifier les motets composés pour le dauphin. D’autres pièces encore lui sont clairement dédiées, comme Precatio pro filio Regis ou Gratiarum actiones ex sacris codicibus excerpta pro restituta serenissimi Galliarum Delphini salute. L’effectif particulier de ces œuvres, à savoir deux voix de dessus, une basse, deux flûtes, une basse de flûte et basse continue, autorise à replacer d’autres motets dans ce contexte de commande royale. Outre la grande originalité apportée par son instrumentation, avec notamment la partie obligée de basse de flûte, ce répertoire procède aussi d’une conception spécifique. En effet, les œuvres pour le dauphin consistent en motets que l’on chante au cours de la messe, à l’imitation de ce qui se pratique à la Chapelle royale, et que le poète Pierre Perrin décrit dans son avant-propos des Cantiques pour la Chapelle du Roi (1665) : « Pour la messe du roi, […] l’on en chante d’ordinaire trois, un grand, un petit pour l’élévation et un Domine salvum fac Regem. […] les grands […] peuvent tenir un quart d’heure, étant bien composés et sans trop de répétitions, et occuper depuis le commencement de la Messe jusqu’à l’élévation. Ceux d’élévation sont plus petits, et peuvent tenir jusqu’à la post-communion, que commence le Domine. » Après trois années passées à Rome, Charpentier demeure toute sa vie influencé par le style italien, ce qui lui vaut l’hostilité de certains de ses contemporains. Mais sa musique en retire une grande part de son originalité. Certainement en raison de sa sensibilité 39
ultramontaine, Charpentier se distingue pour s’être penché sur la douloureuse histoire d’Orphée affrontant les divinités infernales afin de ramener Eurydice à la lumière dans un petit opéra intitulé La Descente d’Orphée aux enfers et dans sa cantate Orphée descendant aux enfers, que l’on peut dater du début des années 1680, première du genre en France, où il conjugue plus que jamais et avec bonheur les impératifs de la déclamation française et la richesse harmonique italienne. Charpentier collabore également avec les plus grands écrivains de son temps, parmi lesquels Molière, La Fontaine et Pierre Corneille, dont il met en musique trois des six Stances du Cid. Contrairement à l’ensemble de son œuvre restée à l’état de manuscrits autographes, la majorité de ses airs a été publiée. Certains l’ont été même de son vivant dans le Mercure galant et dans les Recueils d’airs sérieux et à boire de Christophe Ballard. D’autres le seront après sa mort, toujours chez Ballard, mais cette fois dans les Mélanges de Musique Latine, Françoise, & Italienne parus entre 1726 et 1729 et dans d’autres recueils du même éditeur. Lully réécrit au clavecin par d’Anglebert Le règne de Louis XIV voit le développement d’une école française de clavecin originale. Les publications se succèdent : Chambonnières, dès 1670, édite deux livres gravés de Pièces de clavessin qui rassemblent des ensembles de danses unis par la tonalité ; puis ce sont Lebègue en 1677 et 1687 et Élisabeth Jacquet de La Guerre en 1687. Perrine et Gigault publient quant à eux en 1680 et 1682 des recueils de luth et d’orgue qui peuvent être également touchés sur le clavecin. En décembre 1689, Jean Henry d’Anglebert (1629-1691), claveciniste de la Chambre du Roi, dédie à la princesse de Conti, son ancienne élève, un volume gravé de ses Pièces de clavecin. Il est alors âgé de soixante ans et la pratique du clavier a accompagné toute sa vie. Organiste à l’église des Jacobins de la rue Saint-Honoré dans les années 1660, 40
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il achète la charge d’ordinaire de la musique pour le clavecin de Monsieur, frère de Louis XIV, poste qu’il occupera jusque 1668. En 1662, il reprend en survivance la charge d’ordinaire de la musique de la Chambre du Roi pour le clavecin de Chambonnières ; devenu titulaire à la mort de ce dernier en 1672, il la léguera ensuite à son fils JeanBaptiste Henry d’Anglebert à sa propre mort. À partir de 1679, d’Anglebert est aussi au service de la dauphine, Marie-Anne de Bavière. En publiant son livre de clavecin, d’Anglebert offre au public la somme d’une vie. Ce recueil, où sont mêlés pièces de clavecin originales, « diverses chaconnes, Ouvertures, et autres airs de Monsieur de Lully mis sur cet instrument », « quelques Fugues pour l’orgue » et « les principes de l’accompagnement », illustre tous les aspects du métier du compositeur : musicien de cour, musicien de la Chambre, organiste. Comme les livres de ses prédécesseurs, le recueil est organisé en suites de pièces unifiées par le ton : préludes non mesurés de style fantasque et libre, danses aux rythmes contrastés, mais aussi, plus originales, des transcriptions de pièces de Jean-Baptiste Lully. Si la pratique qui consiste à jouer au clavecin des chansons, des extraits des ballets ou des opéras les plus en vogue est couramment attestée au XVIIe siècle, la publication de ces transcriptions est, avec la réduction pour clavecin des symphonies de l’Alcide de Louis de Lully et Marin Marais, la seule en son genre pour l’époque. Tout naturellement, d’Anglebert inclut dans son testament musical des arrangements pour clavecin de diverses pièces célèbres de son éminent collègue et ami – parrain de son fils aîné Jean-Baptiste Henry en 1662. Il les connaît parfaitement bien pour avoir tenu lui-même la partie de basse continue au clavecin lors de certaines représentations. Les Airs de Monsieur de Lully se distinguent par leur degré d’élaboration de toutes les autres transcriptions : d’Anglebert recompose la musique du surintendant, y déployant l’ornementation exubérante qui caractérise son clavecin (la table des ornements publiée dans le livre de 1689 est d’ailleurs la plus complète de l’époque). Il traduit avec bonheur dans son vocabulaire de claveciniste la 41
richesse des compositions du Florentin. Enfin, dernier versant du génie de d’Anglebert illustré ici, son œuvre pour orgue, dont il ne subsiste que les cinq fugues sur le même sujet publiées en 1689, mais vraisemblablement composées alors qu’il était en activité aux Jacobins. Les Leçons de Ténèbres de Charpentier et Couperin En France, durant le règne de Louis XIV, l’office des Ténèbres constituait l’un des pôles forts de la liturgie. Il se célébrait initialement aux matines des jeudi (la Cène), vendredi (la Crucifixion) et samedi (le repos du Christ) de la Semaine sainte. Toutefois, dans les institutions religieuses ouvertes sur le monde, on décala l’office, dès la fin du XVIe siècle, à l’après-midi de la veille de chaque jour. Malgré le changement d’horaire, on conserva la tradition consistant à éteindre quatorze des quinze cierges fixés sur un chandelier triangulaire, l’un après l’autre, après chaque psaume. L’extinction progressive de la lumière rappelait les ténèbres qui couvrirent la terre lorsque Jésus mourut sur la croix. Les leçons, à raison de trois par jour, prennent place au premier nocturne des matines. Leur texte provient des cinq premiers chapitres des Lamentations de Jérémie contenues dans l’Ancien Testament. Le prophète y pleure la ruine de Jérusalem en 586 avant JésusChrist et la souffrance du peuple qui en fut chassé. Chaque leçon, excepté la troisième du vendredi, se divise en versets précédés d’une lettre hébraïque. Toutes se terminent par le verset « Jerusalem, convertere ad Dominum Deum tuum » inspiré du livre d’Osée et qui, à la manière d’une litanie, s’impose au fidèle comme la nécessité de se tourner vers Dieu. Charpentier a traité ce genre pendant toute sa carrière avec trente et une leçons, production divisible en deux parties : dans les années 1670-1680, il compose des leçons dans un style extrêmement ornementé spécifiquement français hérité notamment de Michel Lambert, qu’il porte aux limites de la complexité et de la virtuosité vocale ; dans les années 1690, Charpentier renoue avec le genre des Ténèbres mais choisit une écriture 42
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plus sobre tout en puisant aussi son expressivité dans le chatoiement des timbres et un contrepoint très travaillé des instruments, ainsi qu’en une harmonie toujours mouvante. Il ne subsiste cependant de cette période aucun cycle complet, seulement des ensembles de trois leçons comme celui enregistré ici, constitué des premières leçons de chaque jour. Héritier d’une longue dynastie de musiciens qui va se perpétuer après sa mort, organiste du roi à l’âge de 25 ans et presque aussitôt maître de musique des enfants de France, ordinaire de la musique de chambre du Roi après 1717, auteur d’un Art de toucher le clavecin (1717) et, tardivement, de quatre livres de Pièces de clavecin (1713, 1717, 1722, 1730) qui constituent l’un des sommets de la littérature pour clavier, François Couperin promut tout au long de sa vie la réunion des goûts français et italien. En témoignent Les Concerts royaux, Les Goûts réunis et Les Nations. Ses Pièces de viole, à part, sont certainement la plus originale de ses œuvres. Il est enfin l’auteur de musique vocale sacrée, dont le chef-d’œuvre est incontestablement les Leçons de Ténèbres. Les Leçons ont été composées, gravées et publiées entre le Premier et le Second Livre. Sur leurs circonstances de leur composition, on ne sait rien de plus que ce qu’en dit Couperin lui-même. Dans l’Avertissement de l’édition originale, il fait référence aux « dames religieuses de L*** ». Tous les auteurs s’accordent pour identifier L*** à Longchamp : les offices de Ténèbres de cette abbaye étaient fort courus au XVIIIe siècle, notamment connus pour avoir transformé en spectacle mondain la liturgie du sacrum triduum. De manière assez exceptionnelle, Couperin indique les instruments qu’il souhaite pour la basse continue : il suffit d’un instrument à clavier, auquel on pourra joindre une basse d’archet. Le choix de l’orgue ou du clavecin devait dépendre du lieu car parfois, il n’y avait pas d’orgue, ou bien il devait se taire pendant la semaine sainte ; celui de la basse de viole ou de la basse de violon devait dépendre des musiciens disponibles. Il semble néanmoins que Couperin ait eu une préférence pour l’orgue et la viole, qui sont mentionnés en premier dans l’Avertissement et qui figurent seuls au début de la Deuxième Leçon. 43
La beauté des Leçons de Couperin réside dans la tension, qui est un aussi un équilibre, entre leur concentration classique et la tentation lyrique qu’on y décèle, la tentation de l’Italie. D’un côté, Couperin se contente de l’effectif français traditionnel, extrêmement réduit : une ou deux voix et basse continue ; il n’use qu’avec parcimonie des mélismes qui ornent traditionnellement les lettres hébraïques qui ouvrent chaque verset. Mais d’un autre côté, Couperin donne dans le théâtre : dans les trois leçons, il recourt beaucoup plus que de coutume à la septième diminuée, qui est encore un effet harmonique spécial, ainsi qu’au chromatisme le plus audacieux. Dans la Troisième Leçon surtout, il s’abandonne quasi systématiquement au lyrisme, à l’italianité. Tous moyens qui s’apparentent, sur un texte dénué de sens – les lettres de l’alphabet –, à l’expression d’un sublime purement musical. Jacquet de La Guerre, pionnière de la sonate instrumentale en France Si Charpentier peut être considéré comme le premier Français à avoir composé une sonate au début des années 1690, Élisabeth Jacquet de La Guerre (1665-1729) fait aussi partie de cette première génération (avec François Couperin, Jean-Féry Rebel, Sébastien de Brossard) qui prend une part décisive à l’élaboration du genre en France avec un corpus de douze sonates, certaines – dont la sonate en trio en sol mineur – ayant été composées dès 1695. Outre la proximité d’intérêt pour cette nouveauté venue d’Italie, Jacquet de La Guerre et Charpentier se sont côtoyés à la Sainte-Chapelle de 1698 à 1704, alors que le second y était maître de musique des enfants et que Marin de La Guerre, l’époux d’Élisabeth, détenait le poste d’organiste accompagnant les offices et jouant l’œuvre du maître. Imitée de Corelli, le grand modèle pour les compositeurs français, la sonate en sol mineur d’Élisabeth Jacquet de La Guerre se situe, comme celles de ses compatriotes, à la croisée des esthétiques italienne et française.
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Clérambault, le plus méconnu des grands compositeurs français du XVIIIe siècle Nicolas Clérambault (1676-1749) est sans doute le plus méconnu des grands compositeurs français du XVIIIe siècle. Il fut pourtant l’un des plus universels et aborda tous les genres. Fils d’un des Vingt-quatre violons du Roi, il fut lui-même organiste ; élève de Raison et de Moreau, il succéda à Nivers comme organiste de Saint-Sulpice et de la maison royale de Saint-Cyr. Ses livres de clavecin (1702) et d’orgue (ca. 1710) ainsi que ses motets (ca. 1733) et ses divertissements (1745) imprimés reflètent ses fonctions, mais c’est surtout comme compositeur de vingt-cinq cantates que Clérambault connut la gloire au XVIIIe siècle, du Premier Livre (1710) jusqu’aux Francs-maçons (1743), cantate apologétique : Clérambault fit en effet partie de la loge Coustos-Villeroy, comme Guignon ou Jélyotte. Une grande partie de son œuvre est cependant restée manuscrite : des sonates instrumentales, près d’une centaine de motets, un oratorio, des airs spirituels commencent seulement à être redécouverts et à révéler l’importance de ce compositeur apollinien, de cet artisan de la réunion des goûts français et italien, de ce musicien des Lumières. Pendant la Semaine sainte, outre les Lamentations de Jérémie, se chantait le Miserere. Celui de Clérambault, intitulé « Pseaume 50.e Miserere a 3 Parties » (C.116), hélas conservé uniquement par des manuscrits de mauvaise qualité, est l’un de ses motets les plus remarquables. D’abord par ses proportions : avec environ sept cents mesures, c’est le plus long d’entre eux, après les deux versions du Te Deum (C.138 et C.155). Écrit à trois parties égales pour des voix féminines, il a probablement été composé pour les demoiselles de Saint-Cyr, l’œuvre pouvant être interprétée par trois solistes comme pour un ensemble de choristes à l’unisson sur chaque voix. L’écriture chorale pour trois voix de dessus est particulière, très différente par exemple de celle que l’on rencontre dans les nombreux motets français pour trois voix d’hommes ; elle favorise aussi bien des consonances angéliques qu’à l’inverse, des dissonances d’autant plus intenses qu’elles sont proches par la tessiture et le timbre. Le motet fait alterner passages choraux et solistes, ménageant 45
entre les versets des contrastes suffisamment importants pour donner de la variété, sinon une tonalité dramatique à l’œuvre. Après être passée tant par le tendre que par le lugubre, elle culmine dans un dernier chœur assez virtuose, qui illustre les fumées du sacrifice s’élevant vers Dieu.
Textes révisés par Claire Boisteau d’après Catherine Cessac, Jean-Paul Combet, Marie Demeilliez, Julien Dubruque et Vincent Dumestre. 46
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Music at all times and in all places Versailles is a dream palace like no other, though it is probably true that there are larger and even perhaps grander palaces elsewhere in the world. But everyone senses that an unprecedented adventure took place at Versailles in the seventeenth century. Actually, though, the whole adventure began rather modestly with a discreet and isolated hunting lodge, well suited to the morose character of Louis XIII. His son would transform his château into the symbol of his entire reign and the tangible representation of the essence of royalty. Paris could, or should, have played this role, becoming the equivalent of Rome and usurping the Holy City’s place as the centre of Europe. But the young Louis XIV was mindful of the Fronde rebellion and the unpredictable volte-faces of a capital subject to the power games of courtiers and notables. He therefore abandoned the grand projects for the Louvre and concentrated gigantic resources on the little château of Versailles: it resembled a building site for almost forty years. It was there that all the royal festivals took place, an alternation of music, theatre, equestrian events, dances and banquets. The first one, Les Plaisirs de l’île enchantée, was held from 7 to 13 May 1664. To talk of ‘spectacle’ here is not really appropriate, because the entire court – all the way up to the King himself – took part in the different episodes. But this enchanted isle was not only that of the sorceress Alcina, who in Ariosto captivates valiant knights with her magic. Versailles, born of the monarch’s sheer willpower, was in itself an enchanted isle on which Louis created from scratch, for all the world to behold, a material form of the figure of the King. This artificial universe was also the concrete manifestation of the dual nature of the very body of the monarch: Versailles enshrined 47
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SPLENDOURS OF VERSAILLES
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the mortal body of the King, but also the sacred and timeless dimension of his function. Versailles was the King. If Louis IV gave a privileged place to all the arts until the 1680s, it was music that enjoyed his greatest favour. At the altar, in the theatre, on the hunting field, at war, music was always heard. The King played the guitar and the harpsichord, and also danced before the court. Music at table. Music in the gardens. Music in the evening, too, at Louis’s bedside, once the courtiers had left his chamber. To cope with this intensive artistic activity, music was organised like a state administration, with its departments (the Chapelle, the Chambre, the Écurie), its hierarchies, its instrumentalists and singers, its copyists, its harpsichord movers and so on. Versailles is inconceivable without music. Under Louis XIII, Moulinié in the service of Monsieur The first half of the seventeenth century was one of the most troubled periods in the history of both France and Europe. Everyone was affected by these upheavals, including musicians, whose fate was bound up with that of the men in high places on whom they depended. Among the musicians brought together by King Louis XIII’s younger brother, Gaston d’Orléans (also known as Gaston de France, or Monsieur), was Estienne Moulinié (1599-1676). In about 1621 he went to Paris, where he soon made a name for himself as a composer – in 1624 and 1625 Ballard published his first two books of Airs. The dedication of the second book to the King was no doubt a determining factor in his appointment as director of music to Gaston d’Orléans in 1627. Henceforth, Moulinié’s career was subject to the ups and downs resulting from his ambitious and complex patron’s capricious political behaviour. Gaston spent his life taking part in conspiracies and revolts with the aim of replacing his brother Louis XIII on the 48
After the failure of the Fronde, Gaston was definitively exiled to Blois. Moulinié returned to Paris, where, in 1658, he published his Meslanges de sujets, cantiques, litanies & motets mis en musique à 2, 3 & 4 parties. The official licence to print the volume, granted in 1651, made it the first published work in France with a separate continuo part. When Monsieur died, in 1660, Moulinié became director of music to Gaston’s daughter, popularly called La Grande Mademoiselle, a position he retained until 1664. Then, in 1666, the Estates of 49
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throne. But he was also a man of great sensitivity, with a love for painting, music and literature. Seven or eight singers were permanently in his personal service; the young Michel Lambert was one of them. Blancrocher played the lute, and Moulinié, who directed the ensemble, was also responsible for two pages, to whom he taught music. The Consert de differents oyseaux, published in 1625, was probably Moulinié’s first contribution to a ballet, and concluded the Ballet du monde renversé. His Third Book of Airs was published in 1629. It was dedicated to a mysterious Uranie, to whom Moulinié pays tribute in Le Sort me fait souffrir. This book contains most of Moulinié’s ‘airs étrangers’ (‘foreign airs’) – and here we touch on one of the essential features of his art, namely his capacity for imitating different genres and composing in a wide variety of styles. Although others before him had succumbed to the fashion for Spanish airs, Moulinié was by far the most prolific in this field. Added to his Mediterranean roots, his travels all over Europe with Monsieur were probably at the root of these songs. Gaston’s wandering life nevertheless had its occasional moments of respite. At such times, he would indulge in his passion for the ballet de cour, often dancing himself. Le Mariage de Pierre de Provence avec la belle Maguelonne was performed in Tours in 1638 with great success. Some of the airs composed by Moulinié have come down to us, as have all the instrumental entrées and the Air de la Ridicule (a prelude to the récit for three male voices, Rompez les charmes du sommeil), and the very strange Air du juif errant.
Languedoc (in Béziers) appointed him Intendant et Maître de musique for life. He therefore spent the next ten years or so arranging religious ceremonies and giving concerts in the region before his death in 1676. Under Louis XIV, spotlight on Lully and Charpentier On the face of it, it seems somewhat pointless to compare the Te Deum settings of JeanBaptiste Lully (1632-87) and Marc-Antoine Charpentier (1643-1704), composed at a distance of fifteen years, during which time the style of the grand motet had developed considerably, especially with regard to its form – continuous in Lully, divided into discrete numbers in Charpentier. Quite apart from these chronological considerations, though, the conceptions of the two masters differ in many respects. The first of these concerns the forces employed: Lully uses those current in the Chapelle royale, consisting of four soloists (who also form the semichorus, the petit chœur) and a large chorus and orchestra in five parts. In Charpentier’s work, chorus and orchestra are in four parts only, but enriched by greater characterisation of the instrumental parts. The second point concerns the approach to the text, which Lully sets as a whole, while Charpentier splits it into eleven sections, each with a strong identity and unity conferred by the forces required and by an individualised style alternating large, sumptuously orchestrated choruses, solo sections (récits) and small ensembles for varied vocal-instrumental combinations. Within an overarching structure governing the whole piece, in which the twenty-nine verses follow one another without a break and the modulations into neighbouring keys serve as a framework, Lully concentrates on detail, on the miniature, exploiting the varying density and timbres of his vocal and instrumental forces, constantly redistributing the voices, from solo sections to the petit chœur of soloists and the grand chœur. The individual verses are often split in two, with the division mostly aiming more at achieving a specific effect 50
The Te Deum, the text of which dates from the Middle Ages, is a hymn intended to be sung at Sunday matins and on certain feast days. However, this type of thanksgiving came to find its place in festive and public circumstances during the reigns of Louis XIII and more especially Louis XIV. With the latter, there was no victory or event linked to the life of the royal family that was not celebrated by the performance of a Te Deum. One such occasion was his recovery from illness in 1686, after which songs of rejoicing resounded throughout France for several months. On 8 January 1687, a huge throng was present in the église des Feuillants to hear more than 150 musicians perform Lully’s Te Deum, originally composed ten years previously for the baptism of the composer’s oldest son, Louis, at Fontainebleau, with Louis XIV himself as the prestigious godfather. On 23 January, at the Église des Pères Jacobins réformés, the decorator and creator of stage machinery Carlo Vigarani directed the ceremony for another Te Deum, by Paolo Lorenzani. Finally, on 8 February, a Te Deum by Charpentier ‘for two choirs of musicians’ was given at the Église des Prêtres de l’Oratoire. The setting heard here, however, the best-known of the four that have survived in autograph manuscript, was written a few years later to celebrate one of Louis XIV’s last military victories, at the time when Charpentier was maître de musique at the church of Saint-Louis des Jésuites. Charpentier: on the fringes of the court In the 1680s Charpentier was resident at the Hôtel de Guise, where he provided the religious and secular music commissioned by that mansion’s proprietor, Marie de Lorraine, Duchesse de Guise, known as Mademoiselle de Guise. Here he performed as a singer and also matured his compositional talent, principally within the duchess’s own small 51
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than at expression. For his part, Charpentier focuses on the different affects of the text by means of a more elaborate thematic treatment, combining pomp and inwardness.
circle during his years there, which extended from the early 1670s to 1688. Mademoiselle de Guise was a passionate music lover, and maintained a body of around fifteen singers and instrumentalists. In the manuscripts of the music he composed during this period, Charpentier was in the habit of marking their names beside the part they were to sing or play, and he always designated his own vocal contribution with the abbreviation ‘Charp’. He also received the patronage of Élisabeth d’Orléans, known as Madame de Guise after her marriage to Louis-Joseph de Guise. Probably thanks to the latter lady, who was a cousin of Louis XIV, Charpentier was also charged at this period with composing the music for the Mass of the Dauphin, Louis de France, known as Monseigneur, the first and only surviving child of Louis XIV and Queen Marie-Thérèse. This was modelled on the Messe du Roi, the daily Mass held in the royal chapel, at which motets were regularly heard, especially on texts from the Psalms. The names ‘Frison’ and ‘Pièche’ appear several times in Charpentier’s manuscripts, thus enabling us to identify the motets that were written for the Dauphin, since these were names of musicians in his household. Other pieces are also clearly dedicated to him, including Precatio pro filio Regis and Gratiarum actiones ex sacris codicibus excerpta pro restituta serenissimi Galliarum Delphini salute. The unusual forces required for these works – three voices (two trebles and a bass), three recorders (two trebles and a bass) and basso continuo – enables us to identify other motets by Charpentier as royal commissions. This repertory features very original instrumentation, notably with the use of the bass recorder obbligato, and it was written for a specific purpose, namely to be sung during Mass, following the usages of the Chapelle royale. The poet Pierre Perrin explained these practices in the preface to his Cantiques pour la Chapelle du Roi (1665): ‘For the King’s Mass . . . three motets are generally sung: a grand motet, a petit motet for the Elevation, and a Domine salvum fac Regem . . . The grands motets . . . may last a quarter of an hour, being well composed and without too many repetitions, taking up the time between the 52
Lully arranged for harpsichord by d’Anglebert The reign of Louis XIV saw the constitution of a home-grown French harpsichord school. Publications for the instrument followed each other in rapid succession: Chambonnières, in 1670, issued two engraved books of Pièces de clavessin assembling groups of dances unified by key; he was followed by Lebègue in 1677 and 1687 and Elisabeth Jacquet de 53
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beginning of the Mass and the Elevation. The petits motets are shorter, lasting until the Post-Communion, which begins with the Domine.’ After the three years he spent in Rome, Charpentier remained under the influence of the Italian style for the rest of his life, a fact that earned him the enmity of some of his contemporaries. But his music derives a substantial part of its originality from this. Certainly because of his ultramontane sensibilities, Charpentier stands out from his compatriots for his interest in the sorrowful tale of Orpheus confronting the infernal deities in order to lead Eurydice back to the light. He treated the subject both in a chamber opera entitled La Descente d’Orphée aux enfers and in his cantata Orphée descendant aux enfers, which may be dated to the early 1680s and was the first of its kind in France. Here more than ever he felicitously combines the demands of French declamation with the riches of Italianate harmony. Charpentier also collaborated with the foremost writers of his time, including Molière, La Fontaine and Pierre Corneille, setting three of the six stances from Corneille’s play Le Cid. Unlike the rest of his œuvre, which remained in autograph manuscript, the majority of Charpentier’s songs (airs) were published. Some appeared even during his lifetime, in the Mercure galant and Christophe Ballard’s Recueils d’airs sérieux à boire. Others were issued after his death, again by Ballard, but this time in the Mélanges de Musique Latine, Françoise & Italienne published between 1726 and 1729 and several other collections from the same firm.
La Guerre in 1687. In 1680 and 1682 Perrine and Gigault published collections for lute and organ that can also be played on the harpsichord. In December 1689, Jean Henry d’Anglebert (1629-91), harpsichordist in the Chambre du Roi, dedicated to the Princesse de Conti, his former pupil, a printed volume of his Pièces de clavecin. The composer was sixty years of age at the time, and the practice of keyboard instruments had accompanied him throughout his life. Organist to the Jacobin church in rue Saint-Honoré in the 1660s, he bought the position of ordinaire de la musique pour le clavecin to Monsieur, Louis XIV’s brother, succeeding Henry Du Mont, and held this post until 1668. In 1662, he took over the charge of ordinaire de la musique de la chambre du Roi pour le clavecin by reversion from Chambonnières; having become its titular holder on the latter’s death in 1672, he subsequently bequeathed it to his son Jean-Baptiste Henry d’Anglebert at his own demise. From 1679 onwards d’Anglebert was also in the service of the Dauphine, Marie-Anne of Bavaria. When he published his book of harpsichord pieces, d’Anglebert was offering the public his life’s work. This collection, which mingles original harpsichord pieces, ‘various chaconnes, overtures, and other airs by Monsieur de Lully arranged for the instrument’, ‘some fugues for the organ’ and ‘the principles of accompaniment’, illustrates every aspect of the composer’s professional activities: as teacher at court, as performer (musicien de la chambre) and as organist. Like the collections of his predecessors, the volume is organised in suites of pieces unified by key: unmeasured preludes in a free, whimsical style, dances with contrasted rhythms, but also – much more original – transcriptions of pieces by Jean-Baptiste Lully. Although the practice of performing songs and excerpts from currently fashionable ballets or operas on the harpsichord is widely attested in the seventeenth century, d’Anglebert’s publication is, along with the harpsichord reduction of the symphonies from the Alcide of Louis de Lully and Marin Marais, the only one of its kind from this period. Quite naturally, 54
The Leçons de Ténèbres of Charpentier and Couperin In France, during the reign of Louis XIV, the Office of Tenebrae was one of the most distinctive ceremonies in the liturgical year. Initially it had been celebrated at matins on the last three days of Holy Week: Maundy Thursday, Good Friday and Holy Saturday, commemorating respectively the Last Supper, the Resurrection and the repose of Jesus. However, from the late sixteenth century, in religious institutions that admitted the public to their celebrations, the office was moved for convenience to the afternoon of the previous day, while maintaining the tradition of successively extinguishing fourteen of the fifteen candles placed on a triangular candelabra, one after each psalm. The gradual extinguishing of these recalled the darkness that covered the earth when Jesus died on the cross. The lessons, three for each day, for the first nocturn of matins, come from the Old Testament: the first five chapters of the Lamentations of Jeremiah, in which the prophet 55
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d’Anglebert includes in his musical testament arrangements for harpsichord of a variety of celebrated pieces by his eminent colleague and friend – Lully stood godfather to his eldest son Jean-Baptiste Henry in 1662. He knew them inside out from having himself played the continuo part on the harpsichord in the performances of certain works. The Airs de Monsieur de Lully stand out from all other such transcriptions by their degree of elaboration: d’Anglebert actually recomposes the surintendant’s music, deploying the exuberant ornamentation characteristic of his own writing for harpsichord (the table of ornaments published in his 1689 collection is the most complete of the period). He thereby successfully conveys in his own harpsichordist’s vocabulary the richness of the original compositions. The final aspect of d’Anglebert’s genius illustrated here is his organ music. All that survives of this is the five fugues on a single subject published in 1689, but most likely composed when he was working at the Jacobin church in Paris.
mourns the fall of Jerusalem in 586 BC and the suffering of her people, driven out of the city. Each lesson, except the third one for Good Friday, is divided into verses preceded by a Hebrew letter. They all end with ‘Jerusalem, convertere ad Dominum Deum tuum’, which actually comes from Hosea (14:1); it serves as a litany, urging the faithful to turn to God. Charpentier composed Tenebrae settings throughout his career, thirty-one lessons in all, with his output falling into two parts. His compositions of the years 1670-1680 are in a highly ornamented, specifically French style, inherited notably from Michel Lambert, which he took to the extreme limits of complexity and vocal virtuosity. In the 1690s, he returned to the Tenebrae genre, but he turned to a more sober style, although the compositions of that period are nonetheless very expressive, with their shimmering timbres, very elaborate instrumental counterpoint and constantly shifting harmony. However, no complete cycle has survived from that period, only sets of three lessons like the one recorded here, consisting of the first lessons for each of the three days. François Couperin descended from a long line of musicians, which continued after his death. He became organiste du Roi at the age of twenty-five, and shortly thereafter was appointed music teacher to the children of the royal family. In addition, he was ordinaire de la musique de chambre du Roi from 1717 onwards. His published works include L’Art de toucher le clavecin (The art of harpsichord playing, 1717) and, quite late in his career, four volumes of Pièces de clavecin (1713, 1717, 1722, 1730), which mark one of the peaks of the keyboard literature. He was also an indefatigable promoter of the fusion of Italian and French styles, as may be seen in Les Concerts royaux, Les Goûts réunis and Les Nations. His Pièces de viole are unique among his work and are certainly the most original of his compositions. And, finally, Couperin was a composer of sacred vocal music, the masterpiece of which is unquestionably the Leçons de Ténèbres.
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The Leçons were composed, engraved and published between the first and second books of harpsichord pieces. We know very little about the circumstances surrounding their composition, apart from what Couperin himself said. In the original edition’s foreword, he referred to the ‘noble nuns of L***’. All the experts agree that ‘L***’ is Longchamp; the Tenebrae services at this abbey were extremely popular in the eighteenth century, and were reputed to have transformed the Easter Sacrum Triduum liturgy into a high-society event. Most unusually, Couperin indicated which instruments he would like to play the basso continuo: a single keyboard instrument, to which one may add a string bass. The choice between organ and harpsichord must have depended on the venue, for sometimes there was no organ, or else it was not permitted to play during Holy Week. Similarly, the choice of a bass viol or bass violin must have depended on the available musicians. However, Couperin apparently preferred the organ and the viol, which are mentioned first in the preface and appear alone at the beginning of the Second Lesson. The beauty of Couperin’s Leçons resides in the tension and balance between their classical, concentrated quality and their palpable penchant for opera, for the Italian style. On the one hand, Couperin contents himself with the traditional French instrumental scoring, which was extremely modest: one or two voices and basso continuo. He makes only very sparing use of the melisma that traditionally ornamented the Hebrew letters at the beginning of each verse. But on the other hand, he also incorporates theatrical elements: in all three lessons, Couperin relies much more than usual on the diminished seventh, which was still at that time a special harmonic effect, and on the most audacious chromaticism. In the Third Lesson, above all, he abandons himself almost systematically to Italianate lyricism. Given a text devoid of meaning – consisting merely of the letters of the alphabet – all these strategies seem to converge in the expression of a purely musical sublime.
Jacquet de La Guerre, the pioneer of the instrumental sonata in France If Charpentier can be considered as the very first French composer to have written a sonata, in the early 1690s, Élisabeth Jacquet de La Guerre (1665-1729) was another member (along with François Couperin, Jean-Féry Rebel and Sébastien de Brossard) of that first generation which played a decisive role in the elaboration of the genre in France. She left a corpus of twelve sonatas, some of them – including the Trio Sonata in G minor – composed as early as 1695. The two composers not only shared an interest in this novelty imported from ltaly, they also frequented one another at the Sainte-Chapelle in Paris from 1698 to 1704, when Charpentier was maître de musique des enfants and Marin de La Guerre, Élisabeth’s husband, held the post of organist, accompanying the services and playing the works of the maître de musique. Composed in imitation of Corelli, the great model for French composers, the Sonata in G minor of Élisabeth Jacquet de La Guerre, like those of her compatriots, stands at the intersection of the Italian and French aesthetics. Clérambault, a neglected eighteenth-century master Nicolas Clérambault (1676-1749) is undoubtedly the least well known of the great eighteenth-century French composers. Yet he was one of the most versatile of his time, tackling all genres. He was the son of one of the Vingt-quatre violons du Roi (the King’s elite string band), and was also an organist; he studied under Raison and Moreau, then succeeded Nivers as the organist at Saint-Sulpice church and at the Maison royale de Saint-Cyr. His published books for harpsichord (1702) and organ (c.1710), like his collections of motets (c.1733), and divertissements (1745), reflect his professional duties, but Clérambault was esteemed above all in the eighteenth century as the composer of twenty-five cantatas, from the Premier Livre (1710) to the apologia for Freemasonry Les Francs-maçons (1743); he was in fact a member of the Coustos-Villeroy Lodge, like Guignon and Jélyotte. However, many of his works remained unpublished, including 58
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instrumental sonatas, nearly a hundred motets, an oratorio, and airs spirituels (devotional songs). These works are only now being rediscovered, revealing Clérambault’s importance as an Apollonian composer, an architect of the union of the French and Italian styles, and an Enlightenment musician. In addition to the Lamentations of Jeremiah, the Miserere was also sung during Holy Week. Clérambault’s setting, entitled ‘Pseaume 50.e Miserere a 3 Parties’ (Psalm 50, threepart Miserere), C116, has unfortunately only come down to us in manuscripts of poor quality. But it is one of his most remarkable motets, first and foremost because, at around 700 bars, it is the longest of them all after the two versions of Te Deum (C138 and C155). It is written for three equal female voices, and we may surmise that Clérambault composed it for the demoiselles de Saint-Cyr (the Saint-Cyr school for needy aristocratic girls), as the work can be sung either by three soloists or by a three-part choral ensemble. The choral writing for three soprano voices (dessus) is unusual, very unlike that to be found in the numerous French motets for three male voices; it focuses on angelic consonances, but also dissonances that are all the more intense because they are close in range and timbre. The motet alternates between choral passages and solos, thus creating contrasts between the verses, which are pronounced enough to give the work variety and even a dramatic tone. It progresses from tender to mournful passages, culminating in a fairly virtuosic final chorus that depicts the sacrificial smoke rising up to God.
Texts revised by Claire Boisteau from originals by Catherine Cessac, Jean-Paul Combet, Marie Demeilliez, Julien Dubruque et Vincent Dumestre. Translation by Charles Johnston. 59
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CD 1 MIChEl lAMBERT (1610-1696)
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VOS MÉpRIS ChAQUE JOUR
Vos mépris chaque jour Me causent mille alarmes Mais je chéris mon sort Qu’il soit rigoureux
Thy disdain each day Causeth me a thousand frights. Though harsh, I embrace my destiny.
Hélas, hélas, que dans mes maux Je trouve tant de charmes Je mourrais de plaisir, Si j’étais plus heureux.
Alas, by ail my woes Am l charmed And I should die of pleasure Were I any happier?
OMBRE DE MON AMANT
Ombre de mon amant, ombre toujours [plaintive, Hélas ! Que voulez-vous ? Je meurs.
Shadow of my beloved, shadow ever [sorrowful, Alas! what do you want? I will die.
Soyez un moment attentive Au funeste récit de mes vives douleurs. C’est sur cette fatale rive Que j’ay veu vostre sang couler avec [mes pleurs. Rien ne peut arrester mon âme fugitive, Je cède à mes cruels malheurs.
Wait for Just a moment and hear The sorry tale of my bitter woes. It is here on this fatal shore That I saw your blood run with my tears. Nothing could stop my fleeing soul, And I surrender to my wretched luck.
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ANDRÉ CAMpRA (1660-1744)
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MES YEUX | l’EUROpE GAlANTE
(Air de Zaïde)
(Air of Zaïde)
Mes yeux, ne pourrez-vous jamais, Forcer mon vainqueur à se rendre ; Faut-il, avec un cœur si tendre, Avoir de si faibles attraits ?
Mine eyes, can you never Force my conqueror to surrender? Must be, with a heart so compassionate Consider such lame attractions?
Au moment de mon esclavage, Quand on me conduisit dans ce riche Palais, Il parut à mes yeux l’Antre le plus sauvage, Je le fis retentir de mes tristes regrets, Je me fis une image affreuse Du Souverain que j’adore aujourd’huy ; Mais, sa présence, enfin dissipa mon ennuy, Et je me trouvay trop heureuse D’être captive auprès de luy.
At the moment of my enslavement, When I was brought to this opulent palace, It seemed to my eyes but a savage cave, Which I departed echoing with my sad regrets, I invented a frightful image Of the Sovereign whom today I adore; But his presence drove away my sadness And I found myself more than happy To be a captive in his Court.
Les Beautez dont il est le maître, Par son ordre bientôt s’assemblent dans [ces lieux ; Amour, Amour, fay-luy connoître Le cœur qui le mérite le mieux.
The beauties of which he is master By his command soon gathered in [this heaven; Love, make him recognize The heart which is more worthy.
Mais, c’est luy que je vois, gardons-nous [de paroître, Il n’est pas temps encor de m’offrir à ses yeux.
But it is whom I see; let us not appear, The time has not yet come for him [to notice me.
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CD 2 1
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CONSERT DE DIFFÉRENTS OYSEAUX
Il sort de nos corps emplumez Des voix plus divines qu’humaines Qui tiennent les soucis charmés Et font dormir les peines.
From our feathered breasts issue Voices more heavenly than human, Which charm away cares, Cause sorrows to slumber.
Nous vous appelons à tesmoins Que si nos voix font des merveilles Nos luths ne pénètrent pas moins Les cœurs que les oreilles.
We call you to witness, That if our voices work wonders Our lutes, too, please Both heart and ear.
Gardez de vous abuser tous Ce serait chose bien estrange Si les corbeaux et les hiboux Chantaient comme des anges.
O be not deluded: ’Twould be most strange, Did crows and owls Sing like angels!
Nous sommes des Dieux déguisés Qu’en ce lieu ces beautés attirent Et c’est pour nos cœurs embrasés Que nos bouches soupirent.
We are gods in disguise, Drawn to this place by its beauties, And ’tis for our kindled hearts That we pour forth our song.
ROMpEZ lES ChARMES DU SOMMEIl
Rompez les charmes du sommeil Ô beautés qui brillez comme fait le soleil, Quand le jour est encore à naistre. Il faut qu’à ce doux bruit
Break slumber’s spell, O beauties, bright as the sun When day is yet to dawn. At this sweet music
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Vous paraissiez à la fenestre Pour aveugler la nuit.
You must come to the window And bedazzle the night.
Que vos appas sont ravissants ! Ils charment les humains qui sont privés [de sens, Leur pouvoir n’eut jamais d’exemple : Vous attaignez au cœur, Et tout mortel qui vous contemple S’en va mourant de peur.
How lovely are your charms, Bewitching mortals, driving them from [their wits! Ne’er has their power been matched: You cause hearts to suffer And every man who beholds you Soon is sore afraid.
DIAlOGUE : ESpAGNOl JE TE SUpplIE !
L’Espagnol Souffrez beaux yeux pleins de charmes Qui me consommez le cœur Que mes soupirs et mes larmes Fléchissent votre rigueur.
The Spaniard Lovely eyes, full of charms Which consume my heart, Allow my sighs, my tears To soften your severity.
Ce front couronné de gloire Connu dans la cour des Roys : Quoy ? N’avez-vous point mémoire De l’avoir vu autrefois ?
This brow, crowned with glory And famed in the court of kings: What? You forget That you have seen it before?
Moy qui suant sous les armes Ay triomphé en tous lieux, Invincible en tant d’alarmes, Je suis vaincu par vos yeux.
I, who, sweating in the fray, Have triumphed on every occasion, Invincible in so many battles, I am vanquished by your eyes.
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La Française Espagnol je te supplie Laisse-moi vivre en repos : Tes yeux pleurent de la suie, Tes soupirs sentent les aulx.
The French Lady Spaniard, I beg you, Let me live in peace: Your tears are full of grime, Your sighs reek of garlic.
Ouy, j’ai vu votre visage, Il me souvient qu’à Paris Vous sentiez plus le fourmage Que le musc et l’ambre gris.
Yes, I have seen your face before; In Paris, I remember, You smelt more of cheese Than of musk and ambergris.
A pauvre Seignor « don cancre », C’est plustot le désespoir Qui vous fit suer de l’encre : Car vostre linge est bien noir.
Ah, poor Sir Beggarman, More likely ‘tis your despair Has made you sweat ink, For your clothes are very black.
L’Espagnol Donc pour toute récompense, Et prix de mon amitié, Je vivray sans espérance Et vous vivrez sans pitié.
The Spaniard So, as sole reward And merit for my love, I shall live without hope And you will live without pity.
La France qui me possède, Dont tout le monde est jaloux : Beaux yeux à qui le jour cède, Ne me retient que pour vous.
France, which claims me, And is envied by all, Retains me but for you, Fair eyes, which outshine the day.
Si vous rendez moins amère La douleur dont je me plains, L’Espagne qui me révère, Vous en baisera les mains.
If you alleviate the suffering Of which I make complaint, Spain, which reveres me, Will kiss your hands. 64
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La Française Votre amitié sans seconde, Ressemblera le Soleil, Qui fait tout le tour du monde Sans rencontrer son pareil.
The French Lady So your incomparable love Will be like the sun, Which travels all round the world Without meeting its match.
À voir vostre contenance, Ce qui vous tient au collet Vous a fait venir en France Sans finance, et sans valés.
From what I see, You came to France Without either resources or servants, Ensnared by your love.
Le remède qu’on ordonne Au mal qui vous fait mourir, Ce n’est pas moy qui le donne, C’est au Roy de vous guérir.
’Tis not for me to provide The prescribed remedy For the ailment that makes you pine: Let the King restore you to health!
OJOS, SI QUEREIS VIVIR
Ojos, si quereis vivir, Lloremos nuestros ojos, Que Amor, que entra por los ojos, Por ellos ha de salir.
Mes yeux, si vous voulez vivre, Pleurons, ô mes yeux, Qu’Amour, entré par les yeux, Par eux soit éconduit.
My eyes, let us weep, That Love, Which entered through the eyes, May thence be washed out.
Amor bien ciego viniste A entrar por los ojos mios.
Amour bien aveugle, tu es venu, Tu es entré par mes yeux.
Love quite blind, you came And entered through my eyes.
Pecho, si quereis guarir, Souspiremos mi mal trecho,
Mon cœur, si tu veux guérir, Sortons ce mal par nos soupirs,
My heart, if you will be cured, Let us sigh forth this ill event:
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Que Amor,que entra por el pecho, Poe ello ha de salir.
Qu’Amour entré par le cœur, Par lui soit rejeté.
That Love, which entered through the heart, May thence be rejected.
Amor bien ciego…
Amour bien aveugle, tu es venu…
Love quite blind, etc.
Cielo, si quereis oyr, Abra la oreja a mi duelo, Que Amor, que oye del cielo, En ello ha de salir.
Ciel, si tu veux entendre, Prête ton oreille à ma douleur, Qu’Amour, venu du ciel, Par lui soit rappelé.
Heaven, if you will listen, Lend an ear to my sorrow: May love, which issues from heaven, Return whence it came!
Amor bien ciego…
Amour bien aveugle, tu es venu…
Love quite blind, etc.
Sur les rives verdoyantes de la claire Tormes, Elle court, la jeune fille, Vite elle court, par le pré charmant, Et les oiseaux se réjouissent et chantent [d’allégresse ; Elle court, la jeune fille, Et les rossignols chantent leur douce mélodie. Elle court, la jeune fille.
On the verdant banks of the clear River Tormes The girl goes running, Goes running fast through the pleasant [meadow, And the birds rejoice and sing with delight. The girl goes running, And the nightingales sing their sweet song. The girl goes running,
pOR lA VERDE ORIllA DEl ClARO TORMES
Por la verde orilla del claro Tormes Va corriendo la niña, Por el prado ameno va corriendo apprisa, Las aves se alegran con grande alegria. Va corriendo la niña, Muestran su armonia los ruy señores. Va corriendo la niña.
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l’AUZEl QUES SUl BOUYSSOU
L’auzel ques sul bouyssou, Digos una cansou Allegro la mia vidou. E bai ten tout d’un vol Veire la Margarido, Li raconta mon dol.
Oiseau posé sur le buisson, Chante une chanson, Qui raconte ma vie. Puis envole-toi Et va voir Marguerite, Et dis-lui ma douleur.
Bird, perched in the bush, Sing a song About my life, Then fly To Marguerite And tell her of my sorrow.
E digos li d’abort, Que yeu souy deja mort Despey quieu nou ley visto E qu’absent de son oel Yeu ey larmo tant tristo Quieu bouldrio’estr’al tombel.
Dis-lui d’abord, Que je suis presque mort Depuis que je ne l’ai vue Et qu’absent de son regard, J’ai des larmes si tristes Que je voudrais être déjà dans la tombe.
Tell her first That I am pining to death Because I have not seen her, And that, absent from her eyes, My tears are so sad That I wish I were in my grave.
Non ha sotto il ciel Un servo Cupido di me più fedel Mio cor e mi alma Ne porta la palma Per tutto si sa, Ch’un servo Cupido più fidel non hà.
Sous le ciel Cupidon n’a pas de serviteur plus fidèle [que moi. Mon cœur et mon âme En portent la palme, Afin que tous le sachent : Cupidon n’a pas de serviteur plus fidèle [que moi.
Under the skies Cupid has no truer servant than me. My heart and soul Bear his palm, So all may know That Cupid has no truer servant than me.
Non è per mia fè Nel regno d’Amore la al più di me
Par ma foi, au royaume de l’Amour, Nul n’est plus loyal que moi.
Upon my word, in the realm of Love There is none more loyal than I.
NON hA SOTTO Il CIEl
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A suono di tromba La fama ribomba Che tal fedeltà Nel regno d’Amore Cupido non hà.
La gloire retentit Au son de la trompette Proclamant qu’au royaume de l’Amour Cupidon n’a pas de serviteur plus fidèle [que moi.
Fame resounds To the trumpet’s sounds, But such loyalty Is found only in Cupid’s realm.
Troncar non si pùo Nel regno d’Amore che l’alma lego, Ma vita serena Fa dolce catena Contenta sara Ch’un cor più gioioso Cupido non hà.
Me libérer ne puis, Car le royaume de l’Amour me lie, Mais la vie sereine Crée de douces chaînes Et se réjouit, car au royaume de Cupidon Il n’y a pas de cœur plus joyeux que le mien !
Cut loose I cannot In the realm of Love, which binds my heart, But the serene life Creates sweet bonds And rejoices that Cupid Has no heart more joyous than mine!
Seguir non più voglio La bella tiranna, Che piena d’orgoglio Mi sprezz’et m’inganna. Non sa la crudele Ch’io non son amante Di donn’infedele D’un falso sembiante.
Je ne veux plus suivre La belle tyrannique, Qui, pleine d’orgueil Me méprise et me trompe. Elle ignore, cruelle, Que je n’aime point Les femmes infidèles Et trompeuses.
I no longer wish to follow The fair tyrant, Who, full of pride, Scorns and deceives me. She knows not, cruel one, That I care not For false-hearted, Deceitful women
Se pensi più ingrata Ch’io moro per tè, Se cieca insensata Ti giuro’alla fè. Non sa la crudele...
Si tu crois, ingrate, Que pour toi je me meurs, Alors, par ma foi, je le jure, Tu es aveugle et insensée, Elle ignore, cruelle…
If you believe, ungrateful one, That I am pining for you, I swear, by my word, That you are blind and insane. She knows not, etc.
SEGUIR NON pIÙ VOGlIO
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Ho il corsatto accorto Dall’empie megere Non casco più morto In tante maniere. Non sa la crudele...
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Or, je me méfie De ces cruelles mégères ; Je suis las De languir ainsi. Elle ignore, cruelle…
Now I mistrust Such cruel shrews; I’ve had enough Of pining away like this. She knows not, etc.
TOUT SE pEINT DE VERDURE
Tout se peind de verdure Voyci le renouveau qui bannit la froidure D’ou vient qu’en même temps contre l’ordre [des cieux Damon bannit sa flamme Et semble que l’hyver abandonne ces lieux Pour entrer dans son âme.
Everything is greening once more: The Spring is here, banishing the cold season; But why, just now, and contrary to the order [of the heavens, Has Damon banished his flame? Apparently winter has left these parts In order to enter his soul.
Cette saison nouvelle Allume dans les cœurs une flamme si belle, Que l’Amour ne sçauroit nous faire brusler [mieux. Damon bannit sa flamme Et semble que l’hyver abandonne ces lieux Pour entrer dans son âme.
This new season Sets hearts afire so wondrously That Cupid could not fill us with greater [passion; But Damon has banished his flame; Apparently winter has left these parts In order to enter his soul.
Zephir ayme Flore, Diane son berger, Céphale son Aurore. Ce temps force d’aymer les hommes [et les dieux. Toy seul reprend ta flamme
Zephyr loves Flora Diana her shepherd, Cephalus his Dawn: This season makes mortals and gods fall [in love; You alone withdraw your flame;
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Il semble que l’hyver abandonne ces lieux Pour entrer dans son âme.
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Apparently winter has left these parts In order to enter your soul.
AIR DU JUIF ERRANT
Salamalec Ô Rocoha Ja ta fia ti hilica Amate Amate liebitz on boch gros Car volust et fata vor ros Vor no caba a casana Et etentats qui piachera No quiero no quiero bor tangro et qui tab Sed drinken sempré gou serab !
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JAlOUSE ENVIE
Jalouse envie tirez-vous d’icy, Goustons la vie fuyons le soucy Amour le veut ainsi : Plaisirs aymables Vrays contentements Fruits désirables Soyez secourables à tous les amants.
Jealous envy, go hence! Let us enjoy life, shunning cares, Such is Love’s wish; Delightful pleasures, True satisfactions, Desirable fruit, Come to the aid of all lovers.
Beautez divines Tarissez nos pleurs,
Divine beauties, Dry our tears, 70
Au lieu d’espines Donnez-nous des fleurs Finissez nos douleurs : Un long martyre Desplait à l’Amour, Et qui soupire Dedans son empire N’est point de sa cour.
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Give us flowers In place of thorns, End our sorrows: Long suffering Is disagreeable to Love, And he who sighs Under his sway Is not of his court.
AIR À BOIRE
Amis enivrons-nous du vin d’Espagne [en France Il n’est pas bon dessus les lieux Icy nous le buvons avec plus d’assurance Qu’on ne boit le nectar à la table des Dieux. Ne perdons pas de temps à dire tope et masse Laissons boire Gaston il revient de la chasse.
Friends, let‘s get merry on Spanish wine [in France! ’Tis no good in those parts*: Here we drink it with greater assurance Than nectar at the table of the gods. Let’s waste no time on cheers; Let Gaston drink, for he’s back from the hunt.
Ce subtil inventeur d’une chasse nouvelle A bien fait de se retirer : Il a pris en courant le renard de Bruxelles Qu’on lui donne du vin pour se désaltérer. Ne perdons pas de temps…
This bright inventor of a fresh pursuit Did well to withdraw: He pursued and caught the Brussels fox. Give him wine to quench his thirst. Let‘s waste no time, etc. * i.e. in Brussels, in the Spanish Netherlands
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lE SORT ME FAIT SOUFFRIR
Le sort me fait souffrir à ce coup de ses loix La rigueur infinie : Pardonnez à l’Amour si je n’ai point de voix Pour vous dire en partant Adieu belle Uranie.
Fate now makes me suffer From the extreme severity of its laws: Fair Uranie, forgive Love, if, in parting, I have no voice to bid you farewell.
Mon âme en ce départ est réduitte aux abois De son bien desunie : Pardonnez…
My soul suffers tortures at thus having [to leave you And be separated from its joy: Fair Uranie, etc.
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CD 4 TE DEUM
Te Deum laudamus, Te Dominum confitemur. Te aeternum Patrem, Omnis terra veneratur.
À Toi, Dieu, notre louange ! Nous t’acclamons : tu es Seigneur ! À Toi, Père éternel, L’hymne de l’univers.
We praise thee, O God: We acknowledge thee to be the Lord. All the earth doth worship thee: The Father everlasting.
Tibi omnes angeli, Tibi caeli et universae potestates, Tibi cherubim et seraphim, Incessabili voce proclamant
Devant Toi se prosternent les archanges, Les anges et les esprits des cieux ; Ils Te rendent grâce ; Ils adorent et ils chantent :
To thee all Angels cry aloud: The Heavens, and all the Powers therein. To thee Cherubim and Seraphim: Continually do cry,
« Sanctus, Sanctus, Sanctus Dominus Deus Sabaoth. Pleni sunt caeli et terra Maiestatis gloriae tuae. »
Saint, Saint, Saint, le Seigneur, Dieu de l’univers ; Le ciel et la terre sont remplis De Ta gloire,
Holy, Holy, Holy: Lord God of Sabaoth; Heaven and earth are full of the Majesty: Of thy glory.
Te gloriosus Apostolorum chorus, Te prophetarum laudabilis numerus, Te martyrum candidatus laudat exercitus.
C’est Toi que les Apôtres glorifient, Toi que proclament les prophètes, Toi dont témoignent les martyrs ;
The glorious company of the Apostles: [praise thee. The goodly fellowship of the Prophets: [praise thee. The noble army of Martyrs: praise thee.
Te per orbem terrarum Sancta confitetur Ecclesia, Patrem immensae majestatis; Venerandum tuum verum et unicum Filium; Sanctum quoque Paraclitum Spiritum.
C’est Toi que par le monde entier L’Église annonce et reconnaît. Dieu, nous T’adorons : Père infiniment saint, Fils éternel et bien-aimé, Esprit de puissance et de paix.
The holy Church throughout all the world: Doth acknowledge thee; The Father: of an infinite Majesty; Thine honourable, true: and only Son; Also the Holy Ghost: the Comforter.
Tu rex gloriae, Christe. Tu Patris sempiternus es Filius.
Christ, le Fils du Dieu vivant, Le Seigneur de la gloire,
Thou art the King of Glory: O Christ. Thou art the everlasting Son: of the Father.
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Tu, ad liberandum suscepturus hominem, Non horruisti Virginis uterum. Tu, devicto mortis aculeo, Aperuisti credentibus regna caelorum.
Tu n’as pas craint de prendre chair Dans le corps d’une vierge pour libérer [l’humanité captive. Par ta victoire sur la mort, Tu as ouvert à tout croyant les portes [du Royaume.
When thou tookest upon thee to deliver man: Thou didst not abhor the Virgin’s womb. When thou hadst overcome the sharpness [of death: Thou didst open the Kingdom of Heaven [to all believers.
Tu ad dexteram Dei sedes, in gloria Patris. Iudex crederis esse venturus.
Tu règnes à la droite du Père ; Tu viendras pour le jugement.
Thou sittest at the right hand of God: [in the glory of the Father. We believe that thou shalt come: to be [our Judge.
Te ergo quaesumus, famulis tuis subveni, Quos pretioso sanguine redemisti Aeterna fac cum sanctis tuis In gloria numerari.
Montre-Toi le défenseur et l’ami Des hommes sauvés par Ton sang ; Prends-les avec tous les saints Dans Ta joie et dans Ta lumière.
We therefore pray thee, help thy servants: Whom thou hast redeemed with thy precious [blood. Make them to be numbered with thy Saints: In glory everlasting.
Salvum fac populum tuum, Domine, Et benedic hereditati tuae. Et rege eos Et extolle illos usque in aeternum. Per singulos dies benedicimus te; Et laudamus nomen tuum in saeculum, Et in saeculum saeculi.
Sauve ton peuple, Seigneur, Et bénis Ton héritage. Dirige les tiens Et conduis-les jusque dans l’éternité. Chaque jour nous te bénissons Et nous louons Ton nom à jamais Et dans les siècles des siècles.
O Lord, save thy people: And bless thine heritage. Govern them: And lift them up for ever. Day by day: we magnify thee; And we worship thy Name: Ever world without end.
Dignare Domine die isto Sine peccato nos custodire. Miserere nostri, Domine, Miserere nostri.
Daigne, Seigneur, en ce jour, Nous garder de tout péché. Aie pitié de nous, Seigneur, Aie pitié de nous.
Vouchsafe, O Lord: To keep us this day without sin. O Lord, have mercy upon us: Have mercy upon us.
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Fiat misericordia tua, Domine, super nos, Quemadmodum speravimus in te. In te Domine speravi Non confundar in aeternum.
Que ta miséricorde soit sur nous, Seigneur, Car nous avons mis en Toi notre espérance. En Toi, Seigneur, j’ai mis mon espérance : Que je ne sois jamais confondu.
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O Lord, let thy mercy lighten upon us: As our trust is in thee. O Lord, in thee have I trusted: Let me never be confounded.
CD 5 1
pRECATIO pRO FIlIO REGIS h 166
Deus, judicium tuum regi da: Et justitiam tuam filio Regis:
Ô Dieu, donnez au roi la droiture de [vos jugements ; Et au fils du roi la lumière de votre justice :
Give to the king thy judgment, O God, And to the king’s son thy justice:
Judicare populum tuum in justitia, Et paupers tuos in judicio.
Afin qu’il juge votre peuple selon les règles [de cette justice, Et vos pauvres selon l’équité de [ces jugements.
To jusge thy people with justice, And thy poor with judgment:
Suscipiant montes pacem populo: Et colles justitiam.
Que les montagnes reçoivent la paix pour [le peuple ; Et les collines, la justice.
Let the mountains receive peace for [the people: And the hills justice.
Judicabit pauperes populi, Et salvos faciet filios pauperum: Et humiliabit calumniatorem
Il jugera les pauvres d’entre le peuple ; Il sauvera les enfants des pauvres, Et humiliera le calomniateur.
He shall judge the poor of the people, And he shall save the children of the poor: And he shall humble the oppressor.
Et permanebit cum sole, et ante lunam, In generatione et generatonem.
Et il demeurera autant que le soleil [et que la lune Dans toutes les générations.
And he shall continue with the sun and before [the moon, Throughout all generations.
Descendet sicut pluvia in vellus: Et sicut stillicidia super terram.
Il descendra comme la pluie sur une toison, Et comme l’eau qui tombe des gouttières [sur la terre.
He shall come down like rain upon the fleece; And as showers falling gently upon the earth.
Orietur in diebus ajus justitia, Et abudantia pacis: donec auferatur luna.
La justice paraîtra de son temps avec [une abondance de paix Qui durera autant que la lune.
In his days shall justice spring up, And abundance of peace, till the moon [be taken away.
76
Et dominabitur a mari usque ad mare: Et a flumine usque ad terminos orbis terrarum.
Et il règnera depuis une mer jusqu’à une [autre mer ; Et depuis le fleuve jusqu’aux extrémités [de la terre.
And he shall rule from sea to sea, And from the river unto the ends of the earth.
Coram illo procident Aethiopes Et inimici ejus terram lingent.
Les Éthiopiens se prosterneront devant lui ; Et ses ennemis baiseront la terre.
Before him the Ethiopians shall fall down: And his enemies shall lick the ground.
Reges Tharsis et Insulae munera offerent: Reges Arabum et Saba dona adducent:
Les rois de Tharse et les îles lui offriront [des présents : Les rois de l’Arabie et de Saba lui apporteront [des dons :
The kings of Tharsis and the islands shall offer [presents: The kings of the Arabians and of Saba shall [bring gifts:
Et adorabunt eum omnes reges terrae: Omnes gentes servient ei:
Et Tous les rois de la terre l’adoreront : Toutes les nations lui seront assujetties ;
And all kings of the earth shall adore him: All nations shall serve him.
Quia liberabit pauperem a potente: Et pauperem cui non erat adjutor.
Parce qu’il délivrera le pauvre des mains [du puissant, Le pauvre qui n’avait personne qui l’assistât.
For he shall deliver the poor from the mighty: And the needy that had no helper.
Parcet pauperi et inopi: Et animas pauperum salvas faciet.
Il aura compassion de celui qui est pauvre [et dans l’indigence ; Et il sauvera les âmes des pauvres.
He shall spare the poor and needy: And he shall save the souls of the poor.
Ex usuris et iniquitate redimet animas eorum: Et honorabile nomen eorum coram illo.
Il rachètera leurs âmes des usures [et de l’iniquité, Et leur nom sera en honneur devant lui.
He shall redeem their souls from usuries [and iniquity: And their names shall be honourable in [his sight.
77
3
Et vivet, et dabitur ei de auro Arabiae, Et adorabunt de ipso semper: Tota die benedicent ei.
Et il vivra, et on lui donnera de l’or de l’Arabie : On sera dans de perpétuelles adorations [sur son sujet ; Et les peuples le béniront durant tout le jour.
And he shall live, and to him shall be given [of the gold of Arabia, For him they shall always adore: They shall bless him all the day.
Et erit firmamentum in terra in sumis montium Superextolletur super Libanum fructus ejus.
Et l’on verra le froment semé dans la terre [sur le haut des montagnes Pousser son fruit, qui s’élèvera plus haut [que les cèdres du Liban.
And there shall be a firmament on the earthe [on the tops of mountains, Above Libanus shall the fruit thereof be [exalted.
Sit nomen ejus benedictum in saecula: Ante solem permanent nomen ejus.
Que son nom soit béni dans tous les siècles, Son nom subsiste avant le soleil.
Let his name be blessed for evermore: His name continueth before the sun.
Sola vivebat in antris Magdalena lugens, Et suspirans die ac nocte Voce gementi talia Christo dicebat:
Solitaire, Madeleine vivait son deuil dans [des grottes, Et soupirant jour et nuit, D’une voix plaintive, adressait au Christ [ces paroles :
Mary Magdalene spent her days alone [in grottos Lamenting, and sighing day and night, And with woeful voice she spoke to Christ:
O amor meus, cor et delitium! Quid retribuam amori tuo, Qui te tradidit in mundi pretium.
Ô amour, mon cœur et mes délices ! Que te rendrais-je pour ton amour, Celui-là même qui t’a livré pour le rachat [du monde.
O love of mind, my heart and joy! Would that I could repay thy love Which causes thee to sacrifice thyself to save [the world!
O amor meus, cor et delitium! Qui pro me tam dura passus es
Ô mon amour, mon cœur et mes délices ! Qui a souffert pour moi tant de cruautés,
O love of mine, my heart and joy! Who for me hast suffered such cruelties
SOlA VIVEBAT IN ANTRIS h373
78
5
Et innocens pro peccatis meis In cruce mori dignatus.
Et quoi qu’innocent a choisi De mourir en croix pour mes péchés.
And, though innocent, hast chosen To die on the cross for my sins.
O amor meus, cor et delitium! Quid retribuam amori tuo, Qui te tradidit in mundi pretium.
Ô mon amour, mon cœur et mes délices ! Que te rendrais-je pour ton amour, Cet amour même qui t’a livré pour le rachat [du monde.
O love of mine, my heart and joy! Would that I could I repay thy love Which causes thee to sacrifice thyself to save [the world!
O amor meus, cor et delitium! Quis mihi dat ut pro te patiar? Quis mihi det ut pro te moriar?
Ô mon amour, mon cœur et mes délices ! Qui me donnera de souffrir pour toi ? Qui me donnera de mourir pour toi ?
O love of mine, my heart and joy! Who will let me suffer for thee? Who will let me suffer for thee?
Ah! Jesu mi dulcissime, Quis mihi det ut pro te patiar? Quis mihi det ut pro te moriar? Qui mortem passus es pro salute viventium?
Ah ! Jésus très tendre, Qui me donnera de souffrir pour toi ? Qui me donnera de mourir pour toi Qui as subi la mort pour le salut des vivants ?
Ah, Jesus most tender, Who will let me suffer for thee? Who will let me die for thee, Who suffered death of the salvation [of the living?
Languentibus in purgatorio Qui purgantar ardore nimio, Et torquentur gravi supplicio, Subveniat tua compassio; O Maria.
À ceux qui souffrent dans le Purgatoire, Et que purifie un feu terrible, Et que torture un sourd, Que ta compassion vienne en aide. Ô Marie !
Of those who suffer in Purgatory And are cleansed by a terrific fire And tortured by a cruel ordeal, May thy compassion come to the aid, O Mary.
Fons es patens qui culpas ablui; Omnes lavas et nullum respuis;
Tu es la source ouverte qui lave les fautes ; Tu aides tout le monde et ne repousse [personne ;
Thou art the open fount that removeth blame, Thou cleansest all and refusest none,
SUpplICATIO pRO DEFUNCTIS h 328
79
Manum tuam extende mortuis, Qui sub poenis languent continuis, O Maria.
Etends ta main vers les morts Qui endurent des peines interminables. Ô Marie !
Extend thy hand towards the dead, Who endure endless suffering, O Mary.
Ad te pia suspirant mortui, Cupientes de poenis erui, Et adesse tuo conspectui, Et gaudiis aeternis perfui, O Maria.
Vers toi, qui es bonne, montent les soupirs, [les morts ; Et leur désir d’être arrachés aux tourments, Et de parvenir en ta présence, Et de jouir des joies éternelles. Ô Marie !
The dead sigh for thee, for thou art kind, Longing to be delivered from their pains And to appear in thy sight And to delight in everlasting joys, O Mary.
Clavis David quae caelum aperis, Nunc beata, succure miseris, Qui tormentis cruciantur aperis, Educ eos de domo carceris; O Maria.
Clé de David, qui ouvres le ciel, Maintenant bienheureuse, viens au secours [des malheureux Qui sont soumis à d’âpres tourments, Fais-les sortir des prisons, Ô Marie !
Key of David, who dost open the gate [of heaven, Thou who now art blessed, help those who [suffer, Who are subjected to grievous tortures, Lead them from the prisons, O Mary.
Lex justorum, norma credentium, Vera salus in te sperantium, Pro defunctis sit tibi stadium Assidue orare filium, O Maria.
Loi pour les Justes, règles pour les croyants, Salut véritable pour ceux qui espèrent en toi, Pour les défunts, qu’il te soucie de prier Assidûment ton fils. Ô Marie !
Law of the just, rule of those who believe, True salvation of those who set their hope [in thee, May it be thy endeavour to pray diligently To thy Son for the dead, O Mary.
O Maria benedicta per tua merita, Mortuos suscita, Et dimittens eorum debita Ad requiem sis eis semita. O Maria.
Ô Marie, bénie pour tes mérites, Fais se lever les morts, Et après la remise de leurs dettes, Sois pour eux le sentier qui mène au repos. Ô Marie !
O Mary, who art blessed for thy goodness, Raise the dead And, dismissing their debts, Be for them the pathway to repose. O Mary.
80
7
QUEMADMODUM DESIDERAT CERVUS h 174
Quemadmodum desiderat cervus ad fonts [aquarum: Ita desiderat anima mea ad te Deus.
Comme le cerf soupire après les eaux ; De même mon cœur soupire vers vous, [ô mon Dieu.
As the hart panteth after the fountains [of water; So my soul panteth after thee, O God.
Sitivit anima mea ad Deum fortem vivum: Quando veniam, et apparebo ante faciem Dei?
Mon âme est toute brûlante de soif pour [le Dieu fort et vivant. Quand viendrai-je, et paraîtrai-je devant [la face de Dieu ?
My soul hath thirsted after the strong living [God; When shall I come and appear before the face [of God?
Fuerunt mihi lacrimae meae, panes die [ac nocte: Dum dicitur mihi quotidie: Ube est Deus tuus?
Mes larmes m’ont servi de pain le jour [et la nuit, Lorsqu’on me dit tous les jours : Où est ton [Dieu ?
My tears have been my bread day and night, Whilst it is said ti me daily: where is thy God?
Haec recordatus sum Et effudi in me animam meam: Quoniam transibo in locum tabernaculi [admirabilis, Usque ad domum Dei:
Je me suis souvenu de ces choses, Et j’ai répandu mon âme au-dedans [de moi-même ; Parce que je passerai dans le lieu Du tabernacle admirable jusqu’à la maison [de Dieu :
These things I remembered, And poured out my soul in me: For I shall go over into the place of the [wonderful tabernacle, Even to the house of God:
In voce exsultationis et confessionis: Sonus epulantis.
Au milieu des chants d’allégresse et [de louange, Et des cris de joie de ceux qui sont dans [un grand festin.
With the voice of joy and praise: The noise of one feasting.
Quare tristis es anima mea? Et quare conturbas me?
Pourquoi, mon âme, êtes-vous triste ? Et pourquoi me troublez-vous ?
Why art thou sad, O my soul? And why dost thou trouble me?
81
Spera in Deo quoniam adhuc confitebor illi: Salutare vultus mei, et Deus Meus.
Espérez en Dieu, parce que je dois encore [le louer comme celui Qui est le salut et la lumière de mon visage, [et mon Dieu.
Hope in God, for I will still give praise to him: The salvation of countenance.
Ad me ipsum anima mea conturbata est: Propterea memor ero tui de terra Jordanis, A monte modico.
Mon âme a été tout troublée en moi-même. C’est pourquoi je me souviendrai de vous, [en pensant à la terre Du Jourdain et à la petite montagne.
My soul is troubled within myself: Therefore will I remember thee from the land [of Jordan From the little hill.
Abyssus abyssum invocat, In voce cataractarum tuarum.
Un abîme appelle et attire un autre abîme, Au bruit des tempêtes et des eaux que vous [envoyez.
Deep calleth on deep, At the noise of thy flood-gates.
Omnia excels tua, Et fluctus tui super me transierunt.
Toutes vous eaux élevées comme des [montagnes, Et tous vos flots ont passé sur moi.
All thy heights And thy billows have passed over me.
In die mandavit Dominus misericordiam suam: Et nocte canticum ejus. Apud me oratio Deo vitae meae, Dicam Deo: Susceptor meus es.
Le Seigneur a envoyé sa miséricorde durant [le jour ; Et je lui chanterai la nuit un cantique d’action [de grâces. Voici la prière que j’offrirai au-dedans de moi, À Dieu qui est l’auteur de ma vie. Je dirai [à Dieu : Vous êtes mon défenseur et mon refuge.
In the daytime the Lord hath commanded [his mercy; And a canticle to him in the night. With me is prayer to the God of my life. I will say to God: Thou art my support.
Quare oblitus es mei? Et quare constristatus incedo Dum affligit me inimicus?
Pourquoi m’avez-vous oublié ? Et pourquoi faut-il que je marche tout accablé [de tristesse, Tandis que je suis affligée par l’ennemi ?
Why hast thou forgotten me? And why go I mourning, Whilst my enemy afflicted me?
82
8
Dum confringuntur ossa mea, Exprobraverunt mihi qui tribulant me inimici [mei.
Pendant qu’on brise mes os, mes ennemis, [qui me persécutent, M’accablent par leurs reproches.
Whilst my bones are broken, My enemies who trouble me have reproached [me;
Dum dicunt mihi per singulos dies: Ubi est Deus tuus?
En me disant tous les jours : Où est ton Dieu ?
Whilst they say to me day by day: Where is thy God?
Quare tristis es anima mea? Et quare conturbas me?
Pourquoi, mon âme, êtes-vous triste ? Et pourquoi me remplissez-vous de trouble ?
Why art thou cast down, O my soul? And why dost thou disquiet me?
Spera in Deo quoniam adhuc confitebor illi: Salutare vultus mei, et Deus meus.
Espérez en Dieu ; parce que je dois encore [le louer, comme Celui qui est le salut et la lumière de mon [visage, et mon Dieu.
Hope thou in God, for I will still give praise [to him: The salvation of my countenance, and my God.
Ô pure et céleste victime, Dont le sang lave notre crime : Et nous ouvre les cieux fermez, Faites qu’en nos combats aussi longs [que la vie, Toute la puissance ennemie, Trouve toujours nos cœurs de votre grâce [armée.
O saving Victim Open wide the gate of heaven. Hostile wars press upon us: Give us strength, bring us aid.
O SAlUTARIS hISTIA h 248
O salutaris hostia Quae soeli pandis hostium. Bella premunt hostilia Da robur fer auxilium.
83
10
GRATIARUM ACTIONE pRO RESTITUA DElphINI SAlUTE h 326
Circumdederunt me Dolores et terrors mortis, [efferbuerunt interior mea, defecerunt [in me vires meae et pene consumptae [sunt; In tribulationubus et angustiis clamavi ad te, Deus meus, et dixi:
Les douleurs et les angoisses et mort m’ont [encerclé, Le fond de moi s’est liquéfié, Mes forces ont défailli et ont été totalement [consumées. Dans mes malheurs et mes angoisses, [j’ai crié vers toi, mon Dieu, et j’ai dit :
The sorrows and terrors of death have [surrounded me, My inner parts have boiled, My powers have failed and I have been almost [consumed. In troubles and in distress I cried to thee, [my God, saying:
Miserere mei Domine, quoniam infirmus sum, Sana me, quoniam in te confidit anima mea. Fiat misericordia tua ut consoletur me, Veniant mihi miserationes tuae, et non moriar, Sed vivam, et narrabo opera tua.
Aie pitié de moi, Seigneur, parce que je suis [sans force, Guéris-moi, car mon âme met en toi [sa confiance. Que ta miséricorde vienne me réconforter, Que descende jusqu’à moi ta compassion, Alors je ne mourrai pas, mais je vivrai et [je raconterai tes hauts faits.
Have mercy on me, my Lord, for I am weak: Heal me, for my soul trusteth in thee. O! Let thy mercy be for my comfort, Let thy compassion descend upon me, And I shall not die, but live and shall declare [thy works.
Ah! Domine, exaudisti vocem deprecationis [meae, Suscepisti me et sanasti me, Deus meus.
Ah ! Seigneur, tu as entendu la voix de [ma prière, Tu m’as accueilli et tu m’as guéri, mon Dieu.
O Lord, thou hast heard the voice of my prayer, Thou hast upheld me and healed me, my God.
Beatus vir cujus est nomen tuum spes ajus; Quoniam qui sperat in eo non confundetur.
Heureux l’homme dont ton Nom est le seul [espoir ; Qui espère en ce Nom ne sera pas déçu.
Blessed is the man whose trust is in thy name; For who hopeth in that Name shall not be [confounded.
84
Laetatur et confortetur cor vestrum omnes [qui speratis in Domino, Quia prope est Dominus invocantibus eum [in veritate.
Que notre cœur se réjouisse et s’affermisse, [à vous tous qui mettez votre espoir Dans le Seigneur, car le Seigneur est proche [de ceux qui l’invoquent en vérité.
Let you heart rejoice and be strengthened, [all ye that hope in the Lord, The Lord is nigh unto them that call upon him [in truth.
Voluntatem timentium se facit, Deprecationem eorum exaudit, et salvat eos.
Le Seigneur exauce les désirs de ceux qui [le craignent, Il entend leur prière et les sauve.
He doth the will of them that fear him; He heareth their prayer, and saved them…
Jubilemos, exultemus et grates agamus [Domino! Cithara nostra quae versa erat in luctum, Et organa nostra in voces flentium vertantur In laetitiam et in gaudium, Quoniam in ipso speravit cor principis et [adjutus est.
Réjouissons-nous, faisons fête, en rendons [grâce au Seigneur ! Que notre cithare qui était vouée au deuil, Et nos orgues, aux sons plaintifs, Soient désormais voués à l’allégresse et [à la joie, Car le cœur du Prince a mis son espoir [en Dieu et y a trouvé son secours.
Let us rejoice, let us celebrate and give thanks [unto the Lord! Our psaltery that was turned into mourning, And our instruments with their plaintive [sounds, Let them now be turned into joy and gladness, For in him hath of the prince confided and [hath been helped.
Quid retribuam ei pro omnibus quae retribuit [mihi? Vota mea Domino reddam coram omni populo [ejus quia sanavit omnes infirmitates [meas. Benedicam eum in omni tempore quoniam eripuit aninam meam de morte. Semper laus in ore qui convertit dolorem meum in gaudium mihi, et circumdedit me [laetitia.
Que rendrai-je au Seigneur pour tout ce [qu’il m’a donné ? J’offrirai mes vœux au Seigneur en présence [de tout son peuple, Parce qu’il a guéri toutes mes infirmités. Je le bénirai en tout temps parce qu’il a [arraché mon âme à la mort. Que soit sans cesse en ma bouche, La louange de celui qui a changé ma douleur [en joie, Et m’a entouré d’allégresse.
What shall I render to the Lord, for all the [things that he hath rendered to me? I will pray my vows to the Lord before all [his people: Because he hath healed all my infirmities. I will bless him at all times For he hath delivered my soul from death. His praise shall be always in my mouth Who turned my sorrow into joy And encompassed me with gladness.
85
In hoc cognovimus, Domine, Quoniam voluisti eum, et proper innocentiam ejus susceptisi eum Et confifirmasti illum in conspectu tuo in [aeternum.
C’est à cela que nous avons reconnu, [Seigneur, Que tu t’es soucié de lui, et à cause de son [innocence Tu l’as accueilli et tu l’as placé sous ton [regard toujours.
In this we have known, O Lord, That thou hast a good will for him, and thou [hast upheld him by reason of his [innocence And thou hast set him firmly in thy sight for [ever more.
Cum ceciderit non collidetur, Quia Dominus supponit manum suam, Quia brachium Dei confortabit eum, Et semen ejus hoereditabit terram.
S’il tombe, ce sera sans mal, Car le Seigneur guide sa main ; Car le bras de Dieu le soutiendra, Et sa descendance gardera la possession [de sa terre.
When he shall fall, he shall not be bruised, For the Lord putteth his hand under him, For the arm of God shall strengthen him And his seed shall inherit the land.
Dominus conservet eum et vivificet eum. Beatum faciat eum in terra Et non tradat eum in animam inimicorum ejus. Et repleatur longitudine dierum.
Que le Seigneur le conserve En une vie heureuse sur cette terre, Et qu’il ne le laisse pas tomber sous le joug [de ses ennemis. Et qu’il soit comblé de longs jours.
The Lord preserve him and give him life, And make him blessed upon the earth: And deliver him not up to the will of his [enemies. And let him by happy in the length in his days.
86
CD 6 2
IN ODOREM UNGUENTORUM
ln odorem unguentorum tuorum currimus, Adolescentulre dilexerunt te nimis.
3
Au parfum de tes onguents Nous avons accouru, les toutes Jeunes filles t’ont chéri à l’excès.
Into the odour of thy ointments We run: young maidens have loved Thee exceedingly.
Heureux tous ceux Qui craignent le Seigneur, Qui marchent dans ses voies. Du travail de tes mains Tu te nourriras : Heureux es-tu, Et heureux tu seras. Ton épouse, telle une vigne féconde Au sein de ta demeure ; Tes fils, tels des pants d’olivier Autour de ta table : Ainsi soit béni l’homme Qui craint le Seigneur. Puisse le Seigneur te bénir en Sion, Et puisses-tu voir La belle Jérusalem Tous les jours de ta vie. Paix sur Israël !
Blessed are all they That fear the Lord: That walk in his ways. For thou shalt eat the labours Of thy hands: Blessed art thou, And it shall be well with thee. Thy wife as a fruitful vine, On the sides of thy house. Thy children as olive plants, Round about thy table. Behold, thus shall the man be blessed That feareth the Lord. May the Lord bless thee out of Sion: And mayest thou see The good things of Jerusalem All the days of thy life. Peace upon Israel.
BEATI OMNES
Beati omnes Qui timent Dominum, Qui ambulant in viis ejus. Labores manuum tuarum Quia manducabis: Beatus es, Et bene tibi erit. Uxor tua sicut vitis abundans In lateribus domus tuae; Filii tui sicut novella olivarum In cuircuitu mensae tuae. Ecce sic benedicetur homo Qui timet Dominum. Benedicat tibi Dominus ex Sion, Et videas Bona Jerusalem Omnibus diebus vitae tuorum: Pacem super Israël.
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O SACRAMENTUM pIETATIS
O sacramentum pietatis, O signum unitatis, O vinculum charitatis, Jesu dulcissime, Quam felxi est Quem satias, Quam felix est, Quam beatus, Quam felix est quem inebrias, Nihil desiderat nisi Jesum Quem diligit. Transfige, dulcissime Domine Jesu, Transfige medullas Et viscera Animae meae, suavissime Ac saluberrimo Amoris tui vulnere. Ut te solum adoret, Te solum cupiat, Tibi semper adhaereat, Et in aeternum te possideat.
Ô sacrement de piété, Ô signe d’unité, Ô lien de charité, Très doux Jésus, Comme il est heureux celui Que tu rassasies, Comme il est heureux, Comme il est content, Comme il est heureux celui que tu enivre, Il ne désire plus rien que Jésus, Qu’il chérit ! Transperce, très doux Seigneur Jésus, Transperce mon âme En ses tréfonds, En ses entrailles, Du dard très doux, très salutaire, De ton amour. Que toi seul elle adore, Que toi seul elle désire, Qu’à toi pour toujours elle s’attache, Qu’elle te possède pour l’éternité.
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O sacrament of piety, O sign of unity, O bond of charity, Most gentle Jesus, How happy Is he whom thou dost content, How happy, How blessed, How happy is he whom Thou dost intoxicate, He desires nothing except Jesus Whom he loves! Transfix, most gentle Lord Jesus, Transfix my soul to its very core And vitals With the sweet and wholesome Wound of thy love. Let it worship thee alone, Let it desire thee alone, Let it ever cleave to thee, Let it possess thee for all eternity.
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pIE JESU
Pie Jesu, Domine, Dona eis requiem. Qui pro peccatis hominim Fudisti pretiosum Sanguinem tuum, Miserere animarum In flammis languentium. Qui consolator afflictorum Et fons aquae vitae diceris, Miserere animarum In aestu sitientium. Pie Jesu…
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Doux Jésus, Seigneur, Donne-leur le repos. Toi qui, pour les péchés des hommes, As répandu ton précieux sang, Aie pitié des âmes Languissant dans les flammes. Toi que l’on dit consolateur Des affligés Et fontaine d’eau vive, Aie pitié des âmes, Assoiffées dans les feux. Doux Jésus…
Blessed Jesus, Lord, Grant them rest. Thou who for the sins of men Didst shed thy precious blood, Have mercy on the souls Who languish amid the flames. Thou who art called the comfort Of the afflicted And fount of living water, Have mercy on the soul Who thirst amid the fires. Blessed Jesus…
Sur les rives de Babylone, Nous étions assis et pleurions, En nous souvenant de Sion. Aux saules alentour, Nous avions suspendu Nos instruments ; Car ils nous avaient demandé Des chants, ceux qui nous Avaient capturés, Oui, ceux qui nous avaient saisis de force : Chantez-nous l’un Des cantiques de Sion !
Upon the rivers of Babylon, There we sat and wept: When we remembered Sion: On the willows on the midst there Of we hung up our instruments. For there they that they led us into Captivity required of us The words of songs. And they that carried us away, Said: sing ye to us a hymn Of the songs of Sion.
SUpER FlUMINA BABYlONIS
Super Flamina Babylonis Illic sedimus et flevimus, Cum recordaremur Sion. In salicibus in medio eius Suspendimus Organa nostra, Quia illic interrogaverunt nos, Qui captivos duxerunt nos, Verba cantionum, Et qui abduxerunt nos: Hymnum cantate nobis De canticis Sion.
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Quomodo cantabimus canticum Domini in terra Aliena? Si oblitus fuero tui, Hierusalem, Oblivioni detur dextera mea, Adhaereat lingua mea Faucibus meis. Si non meminero tui, Si non praeposuero Hierusalem Qui dicunt: exinanite, exinanite Usque ad fundamentum in ea. Filia Babylonis misera, Beatus qui retribuet tibi Retributionem tuam Quam retribuisti nobis; Beatus qui tenebit Et adlidet parvulos tuos Ad petram.
Comment chanterions-nous un Cantique du Seigneur en terre Etrangère ! Si je viens à t’oublier, Jérusalem, Que j’en oublie ma propre droite ; Que ma langue s’attache À mon palais. Si je ne garde ta mémoire, Si je ne fais de Jérusalem Le principe de ma joie ! Garde mémoire, Seigneur, Des enfants d’Edom qui, au jour De Jérusalem, ont dit : Détruisez, détrsuisez Jusqu’à ses fondements ! Malheureuse fille de Bbaylone, Heureux qui te rendra ton dû, À la mesure de ce que Tu nous a fait ; Heureux qui saisira Et écrasera tes petits sur la pierre !
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How shall we sing the song Of the Lord in a strange land? If I forget thee, O Jerusalem, Let my right hand be forgotten. Let my tongue cleave to my jaws, If I do not remember thee: If I make not Jerusalem The beginning of my joy. Remember, O Lord, The children of Edom, In the day of Jerusalem: Who say: Rase it, rase it, Even to the foundation thereof. O daughter of Babylon, miserable: Blessed shall he be who shall Repay thee thy payment Which thou hast paid us. Blessed be he that shall take And dash thy little ones against the rock.
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GRATIARUM ACTIONES pRO RESTITUTA REGIS ChRISTIANISSIMI SANITATE AN. 1686
Circumdederunt me dolores Et angustiae, clamavi ad te, Deus meus, levavi manus meas Ad te, et dixi: miserere mei, Domine, quoniam in te confidit Et sperat anima mea, Miserere mei, Domine, miserere Mei, Deus, miserere mei. Ah! Domine, exaudisti vocem Deprecationis meae, Suscepisti me et sanasti me, Domine, Deus meus. Laetetur et confortetur Cor vestrum, omnes qui speratis in Domino, quia prope est Dominus Invocantibus eum in veritate. Voluntatem eorum facit Et salvat eos. Jubilemus, exultantes Et grates agamus Domino! Cythara nostra Quae versa erat in luctum, Et organa nostra in voces flentium, Vertantur in laetitiam et gaudium.
Douleurs et angoisses M’ont encerclé, J’ai crié vers Toi, mon Dieu, j’ai levé Les mains vers toi, et j’ai dit : Aie pitié de moi, Seigneur, Car je suis faible, aie pitié de moi, Guéris-moi, Seigneur, Car en toi se fie et espère mon Ame, aie pitié de moi, Seigneur, aie Pitié de moi, Dieu, aie pitié de moi. Ah, Seigneur, Tu as entendu la voix de ma prière, M’as soutenu et m’as guéri, Seigneur, mon Dieu. Que se réjouisse et s’apaise Votre cœur, vous tous qui espérez Dans le Seigneur, car le Seigneur Est proche de ceux Qui l’invoquent en vérité. Il fait leur volonté et les sauve. Réjouissons-nous, exultons Et rendons grâce au Seigneur ! Que notre cithare jusqu’alors Vouée au deuil, et nos instruments Aux sons plaintifs, se vouent À la liesse et à la joie !
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Sorrow and afflicton Encompassed me; I cried unto thee, my God, I raised Up my hands towards thee, And said: Have mercy on me, Lord, for I am weak; have mercy On me, heal me, Lord, for in thee Doth trust and hope my soul; Have mercy on me, God, have Mercy on me, God, have mercy On me. O Lord, thou hast heard The voice of my prayer, thou hast Helped and hast healed me, O Lord my God. Let your hearts be joyful And be comforted, all ye that hope In the Lord, for the Lord is near To those that call on Him in truth. He doeth their will And saveth them. Let us rejoice and be glad, And let us give thanks unto the Lord! Let our harp hitherto turned To mourning, and our organs Into the voice of those that weep, Be turned to joy and gladness!
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MAGADAlENA lUGENS
Sola vivebat in antris Madgalena lugen Et suspirans die ac nocte Voce gementi talia Christo dicebat: O amor meus, cor et delitium! Quid retribuam amori tuo, Qui te tradidit in mundi pretium O amor meus, cor et delitium! Qui pro me tam dura passus est Et innocens pro peccatis meis In cruce mori dignatus, O amor meus, cor et delitium! Quis mihi det ut te pro patiar? Quis mihi det ut pro te moriar? Ah! Jesu mi dulcissime Quis mihi det ut te pro patiar? Quis mihi det ut pro te moriar, Qui mortem passus est pro Salute viventium?
Seule dans les grottes Vivait Madeleine, endeuillée, Et, soupirant nui et jour, D’une voix gémissante, Elle parlait ainsi au Christ : Ô mon amour, mon cœur, Et mes délices ! Que donnerais-je en retour À ton amour, Qui t’a livré pour le rachat Du monde, Ô mon amour, mon cœur Et mes délices ! Qui pour moi a souffert de si durs maux, Et, innocent, pour mes péchés, Sur la croix a bien voulu mourir, Ô mon amour, mon cœur Et mes délices ! Qui me donnera De souffrir pour Toi ? Qui me donnera De mourir pour Toi ? Ah ! Mon très doux Jésus, Qui me donnera de mourir pour Toi ? Qui me donnera de mourir pour Toi, Qui a souffert la mort pour le Salut des vivants ?
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Alone in the caves, in mourning, Lived Mary Magdalene, And, sighing day and night, With lamenting voice She spoke thus to Christ: O my love, my heart And my delight! What will I give thee in return For thy love, thou who didst deliver Thyself to redeem the world, O my love, my heart And my delight! Who didst suffer so harshly for me, And, innocent, for my sins, Deigned to die on the Cross, O my love, my heart And my delight! Who will let me suffer for thee? Who will let me die for thee? Ah, my most sweet Jesus, Who will let me suffer for thee? Who will let me die for thee, Thou who didst suffer death For the salvation of the living?
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SUpplICATIO pRO DEFUNCTIS
Languentibus in purgatorio, Qui purgantur ardore nimio Et torquentur gravi supplicio, Subveniat tua compassio, O Maria. Fons es patens qui culpas abluis; Omnes lavas et nullum respuis; Manum tuam extende mortuis Qui sub poenis languent continuis, O Maris. Ad te pia suspirant mortui, Cupientes de poenis erui Et adesse tuo conspectui Et gaudiis aeternis perfrui, O Maria. Clavis David quae caelum aperis, Nunc beata, succure miseris Qui tormentis cruciantur aperis, Educ eos de domo carceris, O Maria. Lex justorum, norma credentium, Vera salus in te sperantium, Pro defunctis sit tibi stadium Assidue orare filum, O Maria. O Maria benedicta per tua merita, Mortuos suscita Et dimittens eorum debita,
À ceux qui languissent au purgatoire, Qu’un feu trop puissant purifie Et qu’un lourd supplice tourmente, Que ta compassion vienne en aide, Ô Marie ! Source offerte, tu effaces les fautes ; Tu laves quiconque et ne rejettes personnes ; Etends ta main sur les morts qui Languissent dans des peines incessantes, Ô Marie ! Vers toi, la bienveillante, soupirent les morts, Désireux d’échapper à leurs peines Et de se trouver sous ton regard Et de jouir des joies éternelles, Ô Marie ! Clef de David, qui ouvres le ciel, Désormais heureuse, secours les malheureux Que torturent d’âpres tourments, Tires-les hors de prison, Ô Marie ! Loi pour les justes, repère pour les croyants, Salut véritable pour ceux qui espèrent en toi, Aie à cœur, pour les défunts, De prier assidûment ton fils, Ô Marie ! Ô Marie, bénie pour tes mérites, Relève les morts Et, leur remettant leurs dettes,
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Those who languish in purgatory, Who are purified by to great a fire And tormented by too heavy a punishment, May thy compassion relieve, O Mary! Thou art the clear fountain that washes sins away; That washes all and rejects none; Extend thy hand to the departed Who languish in continuous pains, O Mary! To thee, the pious, the departed sigh, Longing to escape their pains And to be present in thy signt And fully to partake of eternal joys, O Mary! Key of David that opens up heaven, Now blessed, succour those unfortunates Who are tortured by bitter torments, Lead them out of the house of imprisonment, O Mary! Law of the just, measure of believers, True salvation of those that hope in thee, Let it be thy care, for the departed, Assiduously to pray thy Son, O Mary! O Mary, blessed for thy merits, Raise up the departed
Ad requiem sis eis semita, O Maria.
Sois pour eux le sentier du repos, Ă” Marie !
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And, delivering them of their debts, Be for them the path to rest, O Mary!
CD 7 1
TRISTES DÉSERTS - h469
Tristes déserts, sombre retraite, Rochers à qui toujours j’ai confié mon sort ; Ecoutez le récit de la douleur secrète Qui me fait courir à la mort : J’aimais, j’étais aimé ; Du bonheur de mavie, Les Rois, les Dieux étaient jaloux Hélas ! Ce temps n’est plus, L’infidèle Sylvie, de mon rival A fait son époux. Tristes déserts, sombre retraite, Rochers à qui toujours j’ai confié mon sort ; Je vous ai dit l’excès de ma douleur secrète, Vous serez témoins de ma mort.
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Mournful wilderness, sombre refuge, Rocks to which I have always confided my lot: Listen as I tell you of the secret sorrow Which hastens my death I loved, I was loved; So happy was my life That Kings and gods envied me. Alas, that time is no more! Faithless Sylvia has chosen my rival As her husband. Mournful wilderness, sombre refuge, Rocks to which I have always confided my lot: I have told you the extremity of my secret [sorrow; You will bear witness to my death.
SANS FRAYEUR DANS CE BOIS (ChACONNE) - h467
Sans frayeur dans ce bois Seule je suis venue J’y vois Tircis sans être émue Ah ! Ah ! N’ai-je rien à ménager ? Qu’un jeune cœur insensible est à plaindre ! Je ne chercher point le danger Mais du mois je voulais le craindre.
Fearlessly, into this wood I have come all alone I see Tircis here, yet I am unmoved. Ah! Ah! Have I no need to take care? How an insensitive young heart is to be pitied! I do not seek danger, But at least I would like to fear it!
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NON, NON, JE NE l’AIME plUS - h455
Non, non, je ne l’aime plus Elle a repris sa foi, Mes liens sont rompus Non, non, je ne l’aime plus.
No, no, I no longer love her, She has withdrawn her promise, My bonds are broken. No, no, I no longer love her
En vain mon cœur, tu veux défendre [sa querelle. La volage Philis aime un autre berger, Climène cherche à m’engager Je la trouve cent fois plus belle que la cruelle, Que l’infidèle dont son amour veut me venger Cesse, cesse mon cœur de me parler [pour elle : Vouloir me détourner de cet amour nouvelle C’est prendre des soins superflus.
ln vain, my heart,you seek to take her part. Flighty Phyllis loves another shepherd, Clymene seeks to captivate me; l find hera hundred times more beautiful Than the cruel, faithless nymph On whom, through love of her, I may be [avenged. Cease, cease, my heart, to speak on [her behalf: To try to divert me from this new love Is to labour fruitlessly.
Non, non, je ne l’aime plus Elle a repris sa foi, Mes liens sont rompus Non, non, je ne l’aime plus
No, no, I no longer love her, She has withdrawn her promise, My bonds are broken. No, no, I no longer love her
Mais tout plein de courroux Que le dépit m’inspire, D’où vient que je soupire ? Je pense aux temps heureux de nos tendres [amours Où l’ingrate avec moi trouvait les jours trop [courts.
But, filled with the rage That my chagrin inspires in me, Why do I sigh? I think of the happy times of our tender love, When the ingrate found the days with me [too short.
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Je voudrais lui parler et ne veux lui rien dire Je la fuis, et voudrais la rencontrer toujours, Ah mon cœur tu n’es point sorti de son [empire.
I would speak to her, yet wish to tell her [nothing. I flee her, yet still want to meet her. Ah, my heart, you have not yet escaped [her sway!
Chercher ce que l’on fuit, fuir ce que l’on [désire, Penser à tous moments aux biens qu’on a [perdus, Souffrir de cette perte un rigoureux martyre, On ne hait pas ainsi ! Le croire c’est abus. Non, non, ne te vantes plus, Trop lâche et faible cœur, que tes nœuds [soient rompus.
To seek what one flees, to fleet what one [desires, To think incessantly of the treasure one has [lost, To suffer a cruel martyrdom from that loss: This is not how one hates! To bclieve so is [illusion No, no, cease to boast, Weak and cowardly heart, that your bonds [are broken
AMOUR VOUS AVEZ BEAU REDOUBlER h445
Amour vous avez beau redoubler mes alarmes Pour m’arracher des pleurs, vos soins sont [surperflus ; Vos dernières rigueurs ont épuisé mes alrmes, Cruelle, je n’en verserai plus. Ah ! Ah ! Vous y trouverez trop de charmes Cruelle, je n’en verserai plus.
Love, however hard you try to increase [my anxieties In order to wrench tears from me, your efforts [are futile; Your latest exactions have exhausted my tears, Cruel one, I will shed no more. Ah, ah! You enjoy them too much. Cruel one, l will shed no more.
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RENDEZ-MOI MES plAISIRS - h463
Rendez-moi mes plaisirs, Rendez-moi ma Sylvie, Dieux cruels qui venez de terminer son sort : Ah ! Vous êtes jaloux du bonheur de ma vie Et pour la posséder, vous me l’aviez ravie ; Mes cris, pour la ravoir ne sont qu’un vain [effort : Rendez-moi mes plaisirs, Rendez-moi ma Sylvie, Dieux cruels qui venez de terminer son sort : Ou me donnez la mort.
6
Give me back my delights, Give me back my Sylvia, Cruel gods who have just sealed her fate, Ah, you envy my life’s happiness, And, to possess her yourselves, you have [robbed me of her; My cries to hace her restored are all in vain: Give me back my delights, Give me back my Sylvia, Cruel gods who have just sealed her fate, Or give me death.
OISEAUX DE CES BOCAGES - h456
Oiseaux de ces bocages, Cessez quelques temps vos doux ramages Écoutez mes tristes chants, Plaignez les maux que je ressens.
Birds of these groves, Cease awhile your gentle warbling, Listen to my sad songs, Pity the woes I suffer.
Une inhumaine Cause la peine, Faut-il mourir Sans espoir de l’attendrir ?
A pitiless nymph Cause my suffering: Must I die Without a hope of softening her heart?
Oiseaux de ces bocages Cessez quelques temps vos doux ramages Ecoutez mes tristes chants, Plaignez les maux que je ressens.
Birds of these groves, Cease awhile your gentle warbling, Listen to my sad songs, Pity the woes I suffer. 98
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QUOI ! JE NE VERRAI plUS - h461
Quoi ! Je ne verrai plus vos yeux doux [et charmants, Et vous l’ordonnez, infidèle, Quoi ! Pour le prix d’une flamme si belle, Vous condamnez mon cœur à d’éternels [tourments.
What, will I never see your sweet charming [eyes again? And you command it so, faithlesse nymph, What, as reward for so fine a love, You condemn my heart to eternal torments?
Je le les verrai plus ! Je le les verrai plus ! Ah ! Ah ! Cruelle Sylvie, Quel est votre injuste pouvoir ? Vous le voulez, vous le voulez, Hé bien ! Il ne faut plus les voir. Mais il m’en voûtera la vie.
I will never see them again! I will never see them again! Ah! Ah! Cruel Sylvia, What is your unjust power? You wish it so, you wish it so; Well then, I must never see them again, But i twill cost one my life.
EpITAphIUM CARpENTARIJ - h474
Ignatius, Marcellus, L’Ombre de Charpentier, Trois anges
Ignatius, Marcellus, L’Ombre de Charpentier, Trois anges
Ignatius, Marcellus, The Shade of Charpentier, Three angels
Ignatius Quid audio? Quod murmur horrisonum simul et harmonicum aures mes pepulit?
Ignatius Qu’entends-je ? Quel grondement effrayant et en même temps harmonieux frappe mes oreilles ?
Ignatius What do I hear? What rumbling, fearsome yet at the same time harmonious, forces itself on my ears?
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Marcellus Quid video? Terra tremit. Hic lapis inhiat, hic tumulus evomit umbram. O portentum, fugiamus!
Marcellus Que vois-je ? La terre tremble. Cette pierre s’ouvre sur un gouffre béant. Cette tombe rejette une ombre. Oh ! prodige, fuyons !
Marcellus What do I see? The earth is trembling. This stone stands agape, this tomb throws up a shade. O portent! Let us flee!
Ignatius Amici viatores, nolite timere! Sistite gradum et audite verba oris mei! Hic terminus viae et vitae vestrae ac meae. Ille ego qui natus pridem ac notus eram saeculo; en denatus hoc lateo nudus nullusque sepulchro pulvis, cinis et esca vermium. Satis vixi, sed parum si spectetur aeternitas.
Ignatius Amis voyageurs, n’ayez pas peur ! Arrêtez-vous et écoutez mes paroles ! Ici se termine votre route, votre vie et la mienne. Je suis celui qui, né naguère fut connu dans le siècle ; Me voici mort, nu et nul au sépulcre, Poussière, cendres et nourriture pour les vers. J’ai assez vécu, mais trop peu en regard de l’éternité.
The Shade Friendly travellers, have no fear! Stay your steps, and listen to my words! This is the end of your path, and of your life and mine. I am he who, born long ago, became weel-known in my time ; Now I lie here, dead, naked and inexistent, in the tomb, Dust, ashes and food for the worms. I lived long enough, yet too little in respect to eternity.
L’Ombre, Ignatius, Marcellus O aeternitas quam longa, O vita quam brevis es!
L’Ombre, Ignatius, Marcellus Ô éternité, que tu es longue, Ô vie, que tu es brève !
The Shade, Ignatius, Marcellus O eternity, how long you are! O life, how short you are!
L’Ombre Musicis eram, inter bonos a bonis, et inter ignaros ab ignaris nuncupatus. Et cum multo major numerus esset eorum qui me spernebant quam qui laudabant, musica mihi parvus honos sed magnum onus fuit; et sicut ego nihil nascens intuli in hunc mundum, ita moriens nihil abstuli.
L’Ombre J’étais musicien, considéré comme bon parmi les bons et ignares parmi les ignares. Et comme le nombre de ceux qui me méprisaient était beaucoup plus grand que le nombre de ceux qui me louaient, la musique me fut de peu d’honneur mais de grande charge ; et, de même qu’en naissant, je n’ai
The Shade I was a musician, ranked among the good ones by the good, and among the ignorant ones by the ignorant. And as the number of those who scorned me was much greater than those who praised me, music brought me little honour but a great burden; and just as, when I was born,
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rien apporté en ce monde, en mourant, je n’ai rien emporté.
I brought mothing into this world, so when I died, I carried nothing out of it.
Ignatius, Marcellus Dic nobis, umbra chara, multumne differt caelestis a terrena musica.
Ignatius, Marcellus Dis-nous, chère ombre, si la musique du ciel est très différente de celle de la terre.
Ignatius, Marcellus Tell us, dear sgad, if heavenly music is very different from earthly.
L’Ombre Ah, socii! Qui carissimi nomen habebat in terris Capronus, Chapronus vocatur in coelis. Domine, Deus meus, quem amo, quem possideo: sana, purifica, sanctifa aures istorum ut possint audire sacros angelorum concentus! Audivit Deus deprecationem meam. Tacere socii! Silete! Tacete!
L’Ombre Ah ! Compagnons ! Celui qui portait le nom de Carissimi sur la terre est appelé Chaperon dans les cieux. Seigneur, mon Dieu, que j’aime, que je possède en mon cœur, guérit, purifie, sanctifie les oreilles de ces hommes pour qu’ils puissent entendre le concert sacré des anges ! Dieu a entendu ma prière. Taisez-vous amis ! Faites silence !
The Shade Ah, companions! Capronus, who bore the name of Carissimi on earth, is called Chaperon in heaven. O Lord my God, whom I love, in whom I abide: heal, purify, sanctify the ears of these men, that they may hear the sacred concert of the angels! God has heard my prayer. Be quiet, my friends! Keep silence! Say nothing!
Trois anges Qu’on en tend et qu’on ne voit point: Profitentes unitatem, veneremur trinitatem pari reverentia, tres personas asserentes personali diffrentes a se differentia! Patri natus est equalis, nec id tollit personalis amborum distinctio; patri compar filioque, spiritalis ab utroque procedit connexio. Pater, verbum, sanctum flamen, Deus unus sed hi tanem habent quaedam propria. Una virtus, unum numen, unus splendor, unum
Trois anges Qu’on en tend et qu’on ne voit point : Tout en proclamant ton unité, adorons la trinité avec une même révérence, affirmant les trois personnes différant l’une de l’autre par leurs trois personnalités différentes ! Le Fils est l’égal du Père ce qui n’exclut pas leurs identités distinctes ; L’Esprit est l’égal du Père et du Fils et il procède des deux. Le Père, le Verbe, le Souffle sacré, Dieu unique mais ayant chacun leurs qualités propres.
Three Angels Who are heard but not seen: Prockaiming its unity, Let us worship the Trinity With the same reverence, Asserting that there are three Persons Who differ from one another In their distinct personalities! The Son is equal to the Father, Which does not exclude The distinction between them; The Spirit is equal to the Father
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lumen, una tribus gloria!
Une seule vertu, une seule puissance, un seul éclat, une seule lumière, une seule gloire en trois personnes !
And to the Son, And proceeds from both. Father, Word, Holy Spirit Form one God, yet each of these Has his own qualities. One power, one masjesty, One splendour, one light, One glory in three Persons!
L’Ombre, Ignatius, Marcellus O suave melos, O dulcis anticapronica musica!
L’Ombre, Ignatius, Marcellus Ô chant délicieux, Ô douce musique anticapronique !
The Shade, Ignatius, Marcellus O delightful song, O sweet anti-Capronic music!
Ignatius, Marcellus Taedet me vitae meae. Ah quando, anima mea, ut mellito hujusce melodiae nectare replearis?
Ignatius, Marcellus La vie me lasse. Ah, mon âme, quand voleras-tu vers la patrie céleste, pour t’y rassasier du nectar suave de cette mélodie ?
Ignatius, Marcellus I am weary of life. Ah, when, my soul, will you fly to the heavenly land to be filled with the sweet nectar of this melody?
L’Ombre O amici, vivite laeti, at non immemmores Lethi! Quis enim vestrum scit an cras an hodie an hac ipsa forsitan hora sit moriendum. Poenitentiam agite, ad caproni musicam currite. Hanc in supplicium vobis et purgatorium eligite, et post mortem aeternae gaudia vitae gustatibis.
L’Ombre Ô amis, vivez joyeux mais non oublieux du Léthé ! En effet, qui d’entre vous sait si, demain, aujourd’hui, à l’instant même, il mourra. Pensez à votre pénitence, courrez vers la musique de Chaperon. Choisissez-la comme votre châtiment et votre purgatoire, et après la mort, vous goûterez les joies de la vie éternelle.
The Shade O friends, live joyfully, but not unmindful of Lethe! For which of you knows whether tomorrow, today or even this very instant will be the hour of his death? Do penitence: hasten to hear the music of Chaperon. Choose it as your punishment and your purgatory, and after your death you will taste the joys of eternal life.
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L’Ombre, Ignatius, Marcellus Beatus ille, qui pro delendis culpis suis, fastidiosa et discordi caproni musica, aures suas fatigabit, castigabit, capronabit, quoniam post mortem auditui ejus dabitur gaudium et laetitia in aeternum! Beatus ille, qui pro delendis culpis suis asininos capronini tritus patienter audiet, quia post mortem aeternae gaudia vitae gustabit, et nectareos angelorum concentus in fonte voluptatis potabit!
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L’Ombre, Ignatius, Marcellus Heureux celui qui pour effacer ses fautes, par la musique fastidieuse et discordante de Chaperon, ses oreilles fatiguera, châtiera, chaperonnera, puisque après la mort, lui seront donnés la joie et le bonheur pour l’éternité ! Heureux celui qui pour effacer ses fautes, écoute patiemment les dissonances de cet âne de Chaperon, car après la mort, il goûtera les joies de la vie éternelle et boira le nectar du concert des anges dans la fontaine de volupté !
The Shade, Ignatius, Marcellus Blessed is he who, to wash away his sins, tires, chastises and chaperones his ears with the tedious and discordant music of Chaperon, for after his death it will be granted him to hear joy and delight for all eternity! Blessed is he who, to wash away his sins, listens patiently to the asinine dissonances of Chaperon, for after his death he will taste the joys of eternal life and drink the nectar of the concert of the angels in the fountain of delight!
lES STANCES DU CID - h457-459
Percé jusques au fond du cœur D’une atteinte imprévue aussi bien que [mortelle, Misérable vengeur d’une juste querelle, Et malheureux objet d’une injuste rigueur, Je demeure immobile, et ma force abattue Cède au coup qui me tue Si près de voir mon feu récompensé. Ô Dieu ! L’étrange peine ! En cet affront mon Père est l’offensé, Et l’offenseur le Père de Chimène.
Pierced to the very heart By a stroke as unexpected as it is mortal, Miserable avenger of a just quarrel And unhappy object of an unjust severity, I remain motionless, and my strength, [overcome, Yields to the blow that kills me. Just as I was so close to seeing my love [rewarded, Oh God! What dreadful pain! In this outrage my father is the offended party, An the offender the father of Chimène.
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Que je sens de rudes combats ! Contre mon propre honneur mon amour [s’intéresse Il faut venger un père, ou perdre une [maîtresse ; L’un m’anime le cœur, l’autre retient mon bras. Réduit au triste chix, ou de trahir ma flamme, Ou de vivre en infâme ! Des deux côtés mon mal est infini. Ô Dieu ! L’étrange peine ! Faut-il laisser un affront impuni ? Faut-il punir le Père de Chimène ?
What bitter struggles I feel within me! Against my own honour my love takes its [stand: I must avenge a father and lose a mistress; One urges my heart on, the other restrains [my arm. Reduced to a cruel choice between betraying [my love Or living in infamy! On either side, my sorrow is infinite. Oh God! What dreadful pain! Must I leave an outrage unpunished? Must I punish the father of Chimène?
Père, maîtresse, honneur, amour, Noble et dure contrainte, aimable tyrannie, Tous mes plaisirs sont morts, ou ma gloire [ternie : L’un me rend malheureux, l’autre indigne [du jour. Cher et cruel espoir d’une âme généreuse Mais ensemble amoureuse Digne ennemi de mon plus grand bonheur, Fer qui cause ma peine, M’es-tu donné pour venger mon honneur ? M’es-tu donné pour venger ma Chimène ?
Father, mistress, honour, love, Noble and harsh constraint, lovable tyranny: All my joys are lost, or my reputation is [tarnished; The first will make me wretched, the second [unfit to live. Dear and cruel hope of a generous Yet loving soul, Worthy enemy of my greater happiness, Blade that causes my pain, Were you given me to avenge my honour? Were you given me that I might lose [My Chimène?
104
10
CEllE QUI FAIT TOUT MON TOURMENT h450
Celle qui fait tout mon tourment Je l’aime à la folie Depuis longtemps je suis amant De l’aimable Sylvie, L’avoir et l’aimer seulement, C’est toute mon envie :
She who causes all my torment, I love her to distraction. I have long been in love With charming Sylvia; Just to gain her affections and to love her Is my sole desire:
Celle qui fait…
She who causes all my torment…
L’avoir et l’aimer seulement, C’est toute mon envie ; Je n’ai point passé de moment Sans l’avoir bien servie :
Just to gain her affection and to love her Is my sole desire; I have not spent a single moment Without courting her assiduously:
Celle qui fait…
She who causes all my torment…
Je n’ai point passé de moment Sans l’avoir bien servie ; Les maux que je souffre en l’aimant Me coûteront la vie :
I have not spent a single moment Without courting her assiduously; The pains I suffer in loving her Will cost me my life:
Celle qui fait…
She who causes all my torment…
Les maux que je souffre en l’aimant Me coûteront la vie ; Dès que je la vois cependant Mon âme en est ravie :
The pains I suffer in loving her Will cost me my life; Yet, as soon as I see her, She steals my heart away:
Celle qui fait…
She who causes all my torment… 105
11
AUpRÈS DU FEU, ON FAIT l’AMOUR - h466
Auprès du feu, on fait l’amour Aussi bien que sur la fougère. N’attendez pas belle bergère, Que le printemps soit de retour, Pour choisir un berger sincère.
12
One may make love by the fireside Quite as well as on the heath. Pretty shepherdness, do not wait For spring to return In order to choose a faithful shepherd.
VEUX-TU, COMpÈRE GRÉGOIRE - h470
Veux-tu, compère Grégoire Dormir sans fin ? Au lieu de rire et de boire, De ce bon vin : Vite, vite, vite, qu’on éveille Ce gros cochon, Faisons bruire à son oreille, Le carillon Du glou-glou de la bouteille, Et du plin-plan du flacon.
13
Gregory, my old crony, would you Sleep for evermore, Instead of laughing and drinking This good wine? Quick, quick, let’s wake up This fat pig, Let us take close up to his ear The joyous chime Of the bottle’s glug-glug And the flagon’s tinkle-tankle.
BEAUX pETITS YEUX D’ÉCARlATE - h448
Beaux petits yeux d’écarlate Belle bouche grande et plate, Joli nez retroussé, Beau menton retroussé,
Lovely little eyes of scarlet, Lovely big flat mouth, Pretty misshapen nose, Lovely pointy chin, 106
Chevelure de filasse, Bras maigrelets er mollasses, Mains plus sèches que brésil.
Tow-coloured hair, Skinny, flabby arms, Hands drier than Brazil-wood.
Las, je tombe dans la tombe, dans la tombe, Si mon cœur qui prend feu comme mèche [à fusil, N’est secouru dans le péril.
Alas, I shall fall into the grave, into the grave, Unless my heart, which catches fire like [a musket march, Is recued from danger.
Sauvons-nous, sauvons-nus si nous savons [nager, La vieille Proserpine pour nous submerger A fait tomber sur nous déluge d’urine
Let’s save ourselves, save ourselves if [we can swim! Old Proserpine, to engulf us, Has dropped a deluge of urine over us.
Que le flux de sang, L’âme, la migraine, La fièvre quartaine, Le trousse-galant, La serre, l’entraîne, L’étrangle, à l’instant, La teigne, La rogne, La happe, L’empogne, La Peste, La cogne, Dans le monument.
May the bloody flux, Lunacy, the migraine, The quartan fever, Cholera, Stifle her, carry her off, Choke her this very moment, May ringworn, Eat away at her, Snap her up, Grab hold of her; May the plague Knock her Into the tomb.
107
14
RUISSEAU QUI NOURRIT DANS CE BOIS h466
Ruisseau qui nourrit dans ce bois De mille et mille fleurs le brillant assemblage, Je viens pour la dernière fois T’entretenir, t’entretenir de ma volage ;
Brook that nourishes in this wood A brilliant gathering of myriad flowers, I come for the last time To speak to you of my fickle beloved;
Un autre a reçu ses faveurs, Jaloux, désespéré d’un si sensible outrage, Je ne troublerai plus ton onde par mes pleurs, Hélas ! Hélas ! Hélas ! Hélas ! Puisque je meurs.
Another has been granted her favours. Jealous and despairing at so flagrant [an outrage, I will no longer cloud your waters with [my tears, Alas! Alas! Alas! Alas! For I am dying.
ORphÉE DESCENDANT AUX ENFERS - h471
17
AIR D’ORphÉE
Effroyables enfers où je conduis mes pas Aucun de vos tourments n’égale mon supplice. Hélas ! Hélas ! Ou rendez-moi mon aimable [Eurydice Ou laissez-moi descendre aux ombres [du trépas.
Dreadful underworld where I direct my steps, None of your torments can equal my agony. Alas! Alas! Either give me back my lovely [Eurydice, Or let me descend into the shadows of death.
108
18
DUO IXION & TANTAlE
Quelle douce harmonie a frappé mon oreille Et des tous mes tourments a calmé [la rigueur ? D’où vient que je soupire et qu’au fond [de mon cœur De mes jeunes amours la flamme se réveille ?
19
What sweet harmony greets my ear And soothes all my harsh torments? What is it that makes me sigh and, [in the depths of my heart, Reawakens the passion of my youthful love?
AIR D’ORphÉE
Vos plus grands criminels, rongés par [des vautours Sur leurs tristes rochers endurent moins [de peine Qu’un malheureux amant que la mort [inhumaine Sépare pour jamais de ses tendres amours.
20
Your greatest wrongdoers, gnawed at [by vultures On their grim rocks, endure less pain Than an unhappy lover whom pitiless death Separates forever from his tender beloved.
DUO & TRIO
Ixion & Tantale Ne cherchons plus d’où vient Cette tendresse qui remplit notre cœur D’une douce allégresse ; L’amour dont le divin flambeau Éclaire cet amant dans la nuit,
Ixion & Tantale Let us no longer seek whence comes This tenderness that fills our hearts With gentle joy; Love, whose divine torch Lights this lover’s way in the darkness, 109
Dans la nuit du tombeau Nous a frappés d’un rayon de sa flamme
In the darkness of the tomb, Has shone on us a ray from his flame.
Orphée, Ixion & Tantale Hélas ! Hélas ! Rien n’est égal au bonheur des amants, Pour peu que l’amour touche une âme Elle ne ressent point tous les autres [tourments.
Orphée, Ixion & Tantale Alas! Alas! Nothing can equal the happiness of lovers: Once love touches a soul, It no longer feels any other torment.
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CD 8 6
pOUR plUSIEURS MARTYRS, MOTET À VOIX SEUlE SANS ACCOMpAGNEMENT (h361)
Sancti Dei per fi dem vicerunt regna, operati sunt iusticiam, adepti sunt repromissiones, fortes facti sunt in bello castra verterunt exterorum.
Les Saints de dieu qui par la foi ont conquis les royaumes, ont accompli les devoirs de la justice et de la vertu, ont reçu l’effet des promesses, ont été remplis de force et de courage dans les combats, ont mis en fuite les armées des étrangers.
Saints of God who by faith conquered kingdoms, wrought justice, obtained promises, became valiant in battle, put to fl ight the armies of foreigners.
Alii autem distenti sunt alii vero ludibria et verbera experti insuper et vincula et carceres; lapidati sunt, secti sunt, temptati sunt, in occisione gladii mortui sunt.
Les uns ont été cruellement tourmentés, les autres ont souffert les moqueries et les fouets, les chaînes et les prisons. Ils ont été lapidés, ils ont été sciés, ils ont été éprouvés en toute manière, ils sont morts par le tranchant de l’épée.
But some were racked, and others had trial of mockeries and stripes: moreover also of bands and prisons. They were stoned, they were cut asunder, they were tempted, they were put to death by the sword.
Alii in solitudinibus errantes in montibus et speluncis et in cavernis terrae.
D’autres encore ont passé leur vie errant dans les déserts et dans les montagnes, et se retirant dans les antres et dans les cavernes de la terre.
Others wandered in deserts, in mountains and in dens and in caves of the earth.
Egentes angustiati adfl icti, quibus dignus non erat mundus mortui sunt.
Abandonnés, affligés, persécutés, eux dont le monde n’était pas digne, ils sont morts.
Being in want, distressed, affl icted, they, of whom the world was not worthy, died.
111
12
Quid dico mortui?
Morts, mais que dis-je là ?
Died? But what am I saying?
Oculis insipientium visi sunt mori, at Deus assumpsit eos, vivunt in c.lis, coronantur, fulgebunt in .ternum, judicabunt nationes, dominabuntur populis, quia regnabit Dominus illorum in perpetuum.
Ils ont paru morts aux yeux des insensés, mais Dieu les a pris à ses côtés, ils vivent dans les cieux et ont été couronnés ; ils brilleront pour l’éternité, ils jugeront les nations et ils domineront les peuples car leur Seigneur régnera éternellement.
In the sight of the unwise they seemed to die, but God took them unto him, they live in heaven and have been crowned, they shall shine for all eternity, they shall judge nations, and rule over people, and their Lord shall reign for ever.
Laudem dicite Deo nostro, omnes servi ejus et, qui timetis eum, pusilli et magni, laudem dicite Deo nostro, ut cum Christo et sanctis martyribus regnare possimus in caelis.
Louez notre Dieu, vous tous qui êtes ses serviteurs, et qui le craignez, petits et grands. Louez notre Dieu, pour que nous puissions régner dans les cieux aux côtés du Christ et des saints martyrs.
Give praise to our God, all ye his servants, and you that fear him, little and great, give praise to our God, that we may reign in heaven with Christ and the holy martyrs.
Incipit lamentatio Jeremiae prophetae Aleph
Ici commence la lamentation du Prophète Jérémie. Aleph.
Here beginneth the lamentation of Jeremiah the Prophet. Aleph.
Quomodo sedet sola civitas plena populo! Facta est quasi
Comme elle est assise solitaire, cette ville si peuplée ! Elle est
How doth the city sit solitary that was full of people!
pRE lEÇON DE TÉNÈBRES DU MERCREDY ST, pOUR UNE BASSE (h120)
112
vidua domina gentium ; princeps provinciarum facta est subtributo. Beth
semblable à une veuve, cette reine des nations ; souveraine parmi les états, elle est réduite à la servitude. Beth.
how is the mistress of the Gentiles become as a widow : the princes of provinces made tributary! Beth.
Plorans ploravit in nocte, et lacrimae ejus in maxillias ejus ; non est qui consoletur eam ex omnibus caris ejus;omnes amici ejus spreverunt eam, et facti sunt ei inimici. Ghimel
Elle a pleuré toute la nuit, et ses joues sont couvertes de larmes ; nul ne la console de tous ceux qui l’aimaient ; tous ses amis lui sont devenus infidèles et sont devenus ses ennemis. Ghimel.
Weeping she hath wept in the night, and her tears are on her cheeks: there is none to comfort her among all them that were dear to her : all her friends have despised her, and are become her enemies. Ghimel.
Migravit Judas propter affl ictionem, et multitu udinem servitutis: habitavit inter Gentes, nec invenit requiem: omnes persecutores ejus apprehenderunt eam inter augustias. Daleth
Juda est en exil, victime de l’oppression et d’une grande servitude ; il habite au milieu des nations, et il n’y trouve point de repos : tous ses persécuteurs la traquent dans des étranglements. Daleth.
Juda hath removed her dwelling place because of her affl iction, and the greatness of her bondage: she hath dwelt among the nations, and she hath found no rest: all her persecutors have taken her in the midst of straits. Daleth.
Viae Sion lugent, eo quod non sint qui veniant ad solemnitatem: omnes portae ejus destructae, sacerdotes ejus gementes; virgines ejus
Les chemins de Sion sont en deuil, car il n’y a plus personne qui vienne aux fêtes ; toutes les portes sont détruites, ses prêtres gémissent, ses vierges
The ways of Sion mourn, because there are none that come to the solemn feast: all her gates are broken down: her priests sigh: her virgins are in affl iction, and she is
113
squalidae, et ipsa oppressa est amaritudine. Heth
sont affligées, et elle est remplie d’amertume. Heth.
oppressed with bitterness. Heth.
Facti sunt hostes ejus in capite, inimici ejus locupletati sunt: quia Dominus locutus est super eam in multitudinem iniquitatum ejus ;parvuli ejus ducti sunt in captivitatem, ante faciem tribulantis.
Ses oppresseurs triomphent, ses ennemis prospèrent ; car l’Eternel s’est prononcé contre elle, à cause de la multitude de ses péchés. Ses enfants ont été emmenés en captivité devant l’oppresseur.
Her adversaries are become her lords, her enemies are enriched: because the Lord hath spoken against her for the multitude of her iniquities: her children are led into captivity: before the face of the oppressor.
Jerusalem, convertere ad Dominum Deum tuum.
Jérusalem, tourne-toi vers le Seigneur ton Dieu.
Jerusalem, turn towards the Lord thy God.
De lamentatione Jeremiae Prophetae Heth
Ici commence la lamentation du Prophète Jérémie. Heth.
Here beginneth the lamentation of Jeremiah the Prophet. Heth.
Cogitavit Dominus dissipare murum fi liae Sion, tetendit funiculum suum, et non avertit manum suam a perditione ; luxitque antemurale, et murus
Le Seigneur a résolu d’abattre la muraille de la fille de Sion ; il a tendu son cordeau, et il n’a point retiré sa main que tout ne fût renversé : le boulevard
The Lord hath purposed to destroy the wall of the daughter of Sion: he hath stretched out his line, and hath not withdrawn his hand from
Lamentationes 1, 1-5
13
pRE lEÇON DE TÉNÈBRES DU JEUDY ST, pOUR UNE BASSE (h121)
114
pariter dissipatus est. Teth
est tombé d’une manière déplorable ; et le mur a été détruit de même. Teth.
destroying: and the bulwark hath mourned, and the wall hath been destroyed together. Teth.
Defi xae sunt in terra portae ejus, perdidit, et contrivit vectes ejus ; regem ejus et principes ejus in Gentibus ;non est lex, et prophetae ejus non invenerunt visionem a Domino. Jod
Ses portes sont enfoncées dans la terre ; il en a rompu et bris. les barres : il a banni son roi et ses princes parmi les nations : il n’y a plus de loi, et ses prophètes n’ont point reçu de visions prophètiques du Seigneur. Jod.
Her gates are sunk into the ground: he hath destroyed, and broken her bars: her king and her princes are among the Gentiles: the law is no more, and her prophets have found no vision from the Lord. Jod.
Sederunt in terra, conticuerunt senes fi liae Sion;consperserunt cinere capita sua, accincti sunt ciliciis, abjecerunt in terram capita sua virgines Jerusalem. Caph
Les vieillards de la fille de Sion se sont assis sur la terre, et demeurent dans le silence. Ils ont couvert leur tête de cendre ; ils se sont revêtus de cilices ; les vierges de Jérusalem tiennent leur tête baissée vers la terre. Caph.
The ancients of the daughter of Sion sit upon the ground, they have held their peace: they have sprinkled their heads with dust, they are girded with haircloth, the virgins of Jerusalem hang down their heads to the ground. Caph.
Defecerunt prae lacrimis oculi mei, conturbata viscera mea ; eff usum est in terra jecur meum super contritione fi liae populi mei, cum defi ceret
Mes yeux se sont affaiblis à force de verser des larmes ; le trouble a saisi mes entrailles : mon coeur s’est répandu en monen voyant la ruine de la
My eyes have failed with weeping, my bowels are troubled: my liver is poured out upon the earth, for the destruction of the daughter of my people, when
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parvelus et lactens in plateis oppidi.
fille de mon peuple, en voyant les petits enfants et ceux qui étaient à la mamelle tomber morts dans les places de la ville.
the children, and the sucklings, fainted away in the streets of the city.
Jerusalem, convertere ad Dominum Deum tuum.
Jérusalem, tourne-toi vers le Seigneur ton Dieu.
Jerusalem, turn towards the Lord thy God.
De lamentatione Jeremiae Prophetae Heth
Des lamentations du Prophète Jérémie. Heth.
From the Lamentations of the Prophet Jeremiah. Heth.
Misericordiae Domini, quia non sumus consumpti, quia non defecerunt miserationes ejus. Novi diluculo, multa est fi des tua. Pars mea Dominus, dixit anima mea;propterea exspectabo eum. Teth
C’est grâce aux miséricordes du Seigneur que nous n’avons pas été perdus entièrement, parce que ses compassions ne sont pas épuisées. Elles se renouvellent chaque matin ; votre fidélité est grande. Le Seigneur est mon partage, a dit mon âme ; c’est pour cela que je l’attendrai. Teth.
It is of the mercies of the Lord that we are not consumed: because his commiserations have not failed. They are new every morning, great is thy faithfulness. The Lord is my portion, said my soul: therefore will I wait for him. Teth.
Lamentations 2, 8-11
14
pREMIÈRE lEÇON DE TÉNÈBRES DU VENDREDY SAINT pOUR UNE BASSE (h122)
116
Bonus est Dominus speranti bus in eum, animae quaerenti illium. Bonum est praestolari cum silentio salutare Dei.
Le Seigneur est bon pour ceux qui espèrent en lui, pour l’âme qui le cherche. Il est bon d’attendre en silence le salut de Dieu.
Th e Lord is good to them that hope in him, to the soul that seeketh him. It is good to wait with silence for the salvation of God.
Bonum est viro, cum portaverit jugum ad adolescentia sua. Jod
Il est bon à l’homme de porter le joug dès sa jeunesse. Jod.
It is good for a man, when he hath borne the yoke from his youth. Jod.
Sedebit solirarius, et tacebit ; quia levavit super se. Ponet in pulvere os suum, si forte sit spes. Dabit percutienti se maxillam, saturabit opprobriis. Jerusalem, convertere ad Dominum Deum tuum.
Il s’assiéra solitaire, et il se taira, parce que Dieu a mis ce joug sur lui. Il mettra sa bouche dans la poussière, pour voir s’il y a quelque espérance. Il tendra la joue à celui qui le frappera, il se rassasiera d’opprobres. Jérusalem, tourne-toi vers le Seigneur ton Dieu.
He shall sit solitary, and hold his peace: because he hath taken it upon himself. He shall put his mouth in the dust, if so be there may be hope. He shall give his cheek to him that striketh him, he shall be fi lled with reproaches. Jerusalem, turn towards the Lord thy God.
Lamentations 3, 22-30
117
CD 10 MISERERE
1
2
MISERERE MEI, DEUS
Miserere mei, Deus, secundum magnam misericordiam tuam
Ayez pitié de moi, Seigneur, selon la grandeur de votre miséricorde :
Have mercy upon me, O God, according to thy loving kindness:
Et secundum multitudinem miserationum tuarum, dele iniquitatem meam.
Et effacez mon péché, selon la multitude de vos bontez.
According unto the multitude of they tender mercies blot out my transgressions.
Amplius lava me ab iniquitate mea: et a peccato meo munda me.
Lavez-moi de plus en plus de mon iniquité : et nettoyez-moi de mes offenses.
Wash me thoroughly from mine iniquity, and cleanse me from my sin.
Quoniam iniquitatem meam ego cognosco : et peccatum meum contra me est semper.
Puisque je reconnois mon crime : et que mon péché est toujours devant moi.
For I acknowledge my transgressions: and my sin is ever before me.
Tibi soli peccavi, et malum coram te feci: ut justificeris in sermonibus tuis et vincas cum judicaris.
J’ai peché contre vous seul, et mes crimes ont été commis en votre précence ; afin que l’on vous reconnoisse fidèle dans vos promesses, et irreprochable dans vos jugements.
Against thee only have I sinned, and done this evil in thy sight : that thou mightest be justified when thou speakest, and be clear when thou judgest.
QUONIAM INIQUITATEM MEAM
118
3
Ecce enim in iniquitatibus conceptus sum : et in peccatis concepit me mater mea.
Vous sçavez que j’ai été engendré dans l’iniquité, et que ma mère m’a conçu dans le peché.
Behold, I was shapen in iniquity; and in sin did my mother conceive me.
Ecce enim veritatem dilexisti : incerta et occulta sapientiae tuae manifestasti mihi.
Et parce que vous avez aimé la vérité, vous m’avez relevé de mes doutes, et révélé les secrets de votre sagesse.
Behold, thou desirest truth in the inward parts: and in the hidden part thou shalt make me to know wisdom.
Vous m’arroserez avec l’hysope, et je serai purifié : vous me laverez, et je serai plus blanc que neige. Vous me ferez entendre une parole de joie et de consolation : et mon âme dans son affliction tressaillira d’allégresse.
Purge me with hyssop, and I shall be clean: wash me, and I shall be whiter than snow. Make me to hear joy and gladness; that the bones which thou hast broken may rejoice.
Détournez vos yeux de dessus mes pechez : effacez toutes mes iniquitez.
Hide thy face from my sins, and blot out all mine iniquities.
ASpERGES ME hYSSOpO
Asperges me hyssopo et mundabor : lavabis me, et super nivem dealbabor. Auditui meo dabis gaudim et lætitam : et exultabunt ossa humilitate.
4
AVERTE FACIEM TUAM
Averte faciem tuam a peccatis meis : et omnes iniquitates meas dele.
119
5
Cor mundum crea in me, Deus : et spiritum rectum innova in visceribus meis.
Mon Dieu créez en moi un cœur pur : et renouvelez au fond de mon âme un esprit de justice.
Create in me a clean heart, O God; and renew a right spirit within me.
Ne projicias me a facie tua: et spiritum sanctum tuum ne auferas a me.
Ne m’éloignez point de votre presence, et ne m’ôtez point votre saint Esprit.
Cast me not away from thys presence; and take not thy holy spirit from me.
Redde mihi lætitiam salutaris tui : et spiritu principali confirma me
Rendez-moi la consolation de votre assistance salutaire, et fortifiez-moi par une assistance particulière.
Restore unto me the joy of thy salvation; and uphold me with thy free spirit.
Docebo iniquos vias tuas : et implii ad te convertentur.
Je ferai connoître vos voïes aux méchans : et les impies se convertiront à vous.
Then will I teach transgressors thy ways; and sinners shall be converted unto thee.
Libera me de sanguinibus, Deus, Deus salutis meæ : et exultabit lingua mea justitiam tuam. Domine, labia mea aperies : et os meum annuntiabit laudem tuam.
Ô Dieu qui êtes mon Dieu et mon Sauveur, délivrez-moi des actions sanguinaires, et ma langue publiera votre justice. Seigneur, vous ouvrirez mes lèvres ; et ma bouche annoncera votre loüange.
Deliver me from bloodguiltiness, O God, thou God of my salvation: and my tongue shall sing loud of thy righteousness. O Lord, open thou my lips; and my mouth shall shew forth thy praise.
DOCEBO INIQUOS
120
6
QUONIAM SI VOlUISSES SACRIFICIUM
Quoniam si voluisses sacrificium, dedissem utique : holocaustis non delectaberis.
Il est vrai que si vous eussiez désiré un sacrifice, je vous l’aurois offert, mais les holocaustes ne vous seront point agréables.
For thou desirest not sacrifice; else would I give it: thou delightest not in burnt offering.
Sacrificium Deo spiritus contribulatus : cor contritum et humiliatum, Deus non despicies.
Le sacrifice qu’on doit offrir à Dieu, c’est un esprit accablé de douleur : mon Dieu, vous ne rejetterez point un cœur contrit et humilié.
The sacrifices of God are a broken spirit: a broken and a contrite heart, O God, thou wilt not despise.
Benigne fac, Domine, in bona voluntate tua Sion : et ædificentur muri Jerusalem.
Seigneur, traitez Sion selon vôtre bonté, afin que l’on édifie les murailles de Jerusalem.
Do good in thy good pleasure unto Zion and build thou the walls of Jerusalem.
Tunc acceptabis sacrificium justitiæ, oblationes et holocausta : tunc imponent super altare tuum vitulos.
Alors vous recevrez de bon cœur le sacrifice de justice, les offrandes et les holocaustes ; alors on offrira des victimes sur vôtre Autel.
Then shalt thou be pleased with the sacrifices of righteousness, with burnt offering and whole burnt offering: then shall they offer bullocks upon thine altar.
121
pREMIÈRE lEÇON pOUR lE MERCREDY
7
INCIpIT lAMENTATIO JEREMIAE pROphETÆ AlEph.
Quomodo sedet sola civitas plena populo : facta est quasi vidua domina gentium : princeps provinciarum facta est sub tributo.
8
How doth the city sit solitary that was full of people? How is the mistress of nations become as a widow: the princess of provinces made tributary?
Elle n’a point cessé de pleurer pendant la nuit, et ses joues sont trempées de ses larmes. De tous ceux qui lui étoient chers, il n’y en a pas un qui la console ; tous ses amis l’ont méprisée, et sont devenus ses ennemis.
Weeping she hath wept in the night, and her tears are on her cheeks: there is none to comfort her among all them that were dear to her: all her friends have despised her, and are become her enemies.
La fille de Juda s’est retirée en d’autres pays, à cause de la servitude insuportable qui l’affligeoit. Elle a demeuré parmi les nations, et elle n’y a point trouvé de repos. Tous ses
Juda hath removed her dwelling-place because of her affliction, and the greatness of her bondage: she hath dwelt among the nations, and she hath found no rest: all her
BETh.
Plorans ploravit in nocte, et lacrymæ ejus in maxillis ejus : non est qui consoletur eam ex omnibus caris ejus : omnes amici ejus spreverunt eam, et facti sunt ei inimici.
9
Comment cette ville si pleine de peuples est-elle maintenant si solitaire et si désolée ? La maîtresse des nations est devenue comme veuve ; la reine des provinces a été assujettie au tribut.
GhIMEl.
Migravit Juda propter afflictionem, et multitudinem servitutis : habitavit inter gentes,
122
nec invenit requie, omnes persecutores ejus apprehenderunt eam inter augustias.
10
Les rues de Sion pleurent, parce qu’il n’y a plus personne qui vienne à ses solemnités. Toutes ses portes sont détruites. Ses prêtres ne sont que gemir ; ses vierges sont toutes défigurées de douleur : et elle est plongée dans l’amertume.
The ways of Sion mourn, because there are none that come to the solemn feast: all her gates are broken down: her priests sigh: her virgins are in affliction, and she is oppressed with bitterness.
Ses ennemis se sont élevés au dessus d’elle : ceux qui la haïssoient se sont enrichis, parce que le Seigneur l’a condamnée ; à cause de la multitude de ses iniquités. Ses petits-enfans ont été emmenés captifs devant l’ennemi qui les chassoit.
Her adversaries are become her lords, her enemies are enriched: because the Lord hath spoken against her for the multitude of her iniquities: her children are led into captivity, before the face of the oppressor.
Jerusalem, Jerusalem, convertissez-vous au Seigneur votre Dieu.
Jerusalem, Jerusalem, convert to the Lord thy God.
hE.
Facti sunt hostes ejus in capite, inimici ejus locupletati sunt : quia Dominus locutus est super eam propter multitudinem iniquitatum ejus : parvuli ejus ducti sunt in captivitatem ante faciem tribulantis.
12
persecutors have taken her in the midst of straits.
DAlETh.
Viæ Sion lugent, eo quod non sint qui veniant ad solemnitatem : omnes portae ejus destructæ : sacerdotes ejus gementes : virgines ejus squalidae, et ipsa oppressa amaritudine.
11
persecuteurs se sont saisis d’elle dans son extrême douleur.
JERUSAlEM, CONVERTERE
Jerusalem, convertere ad Dominum Deum tuum.
123
DEUXIÈME lEÇON pOUR lE MERCREDY
13
VAU.
Et egressus est à filia Sion omnis decor ejus : facti sunt principes ejus velut arietes non invenientes pascua : et abierunt absque fortitudine ante faciem subsequentis.
14
And from the daughter of Sion all her beauty is departed: her princes are become like rams that find no pastures: and they are gone away without strength before the face of the pursuer.
Jerusalem s’est souvenue des jours de son affliction, de ses prévarications, et de tout ce qu’elle avoit eu dans les siècles passés de plus desirable, lorsque son peuple tomboit sous la main ennemie, sans qu’il y eût personne pour la secourir. Ses ennemis l’ont vûe, et ils se sont moqués de ses fêtes du sabbat.
Jerusalem hath remembered the days of her affliction, and transgression of all her desirable things, which she had from the days of old, when her people fell in the enemy’s hand, and there was no helper: the enemies have seen her, and have mocked at her sabbaths.
Jerusalem a commis un grand peché : c’est pourquoi elle est devenue errante et vagabonde. Tous ceux qui l’honoroient l’ont
Jerusalem hath grievously sinned, therefore is she become vagabond: all that honoured her, have despised her, because they have
ZAÏN.
Recordata est Jerusalem dierum afflictionis suæ, et prævaricationis omnium desiderabilium suorum, quæ habuerat à diebus antiquis, cum caderet populus ejus in manu hostili, et non esset auxiliator : viderunt eam hostes, et deriderunt sabbata ejus.
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Tout ce que la fille de Sion avoit de beau lui a été enlevé. Ses Princes sont devenus comme des beliers qui ne trouvent point de pâturage, et ils sont allés tous, foibles et languissans, devant l’ennemi qui les poursuivoit.
hETh.
Peccatum peccavit Jerusalem, propterea instabilis facta est : omnes, qui glorificabant eam, spreverunt illam, quia viderunt
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ignominiam ejus : ipsa autem gemens conversa est retrorsum.
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seen her shame: but she sighed and turned backward.
Ses souillûres ont paru sur ses pieds, et elle ne s’est point souvenue de sa fin. Elle a été prodigieusement abaissée, sans qu’elle ait de consolateur. Seigneur, considerez mon affliction, parceque l’ennemi s’est élevé avec orgueil.
Her filthiness is on her feet, and she hath not remembered her end: she is wonderfully cast down, not having a comforter: behold, O Lord, my affliction, because the enemy is lifted up.
Jerusalem, Jerusalem, convertissez-vous au Seigneur votre Dieu.
Jerusalem, Jerusalem, convert to the Lord thy God.
Les ennemis ont porté leurs mains à toute ce qu’elle avoit de plus desirable, parce
The enemy hath put out his hand to all her desirable things: for she hath seen the
TETh.
Sordes ejus in pedibus ejus, nec recordata est finis sui : deposita est vehementer, non habens consolatorem : vide, Domine , afflictionem meam , quoniam erectus est inimicus.
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méprisée, parcequ’ils ont vû son ignominie, et elle a tourné son visage en arrière, en gémissant.
` JERUSAlEM, CONVERTERE
Jerusalem, convertere ad Dominum Deum tuum.
TROISIÈME lEÇON pOUR lE MERCEDY
18
JOD.
Manum suam misit hostis ad omnia desiderabilia ejus : quia vidit gentes ingressas
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sanctuarium suum, de quibus præceperas ne intrarent in ecclesiam tuam.
19
Tout son peuple est dans les gemissements, et cherche du pain. Ils ont donné tout ce qu’ils avoient de plus précieux pour trouver de quoi soûtenir leur vie. Voyez, Seigneur, et considerez l’avilissement où je suis réduite.
All her people sigh, they seek bread: they have given all their precious things for food to relieve the soul: see, O Lord, and consider, for I am become vile.
Ô vous tous qui passez par le chemin, considérez et voyez s’il y a une douleur comme la mienne : car le Seigneur m’a traitée selon sa parole au jour de sa fureur (comme une vigne qu’on a vendangée).
O all ye that pass by the way, attend, and see if there be any sorrow like to my sorrow: for he hath made a vintage of me, as the Lord spoke in the day of his fierce anger.).
Il a envoyé d’enhaut un feu dans mes os, et il m’a châtiée. Il a tendu un rets à mes piés, et il
From above he hath sent fire into my bones, and hath chastised me: he hath spread a net
lAMED.
O vos omnes, qui transitis per viam, attendite, et videte si est dolor sicut dolor meus : quoniam vindemiavit me ut locutus est Dominus in die irae furoris sui.
21
Gentiles enter into her sanctuary, of whom thou gavest commandment that they should not enter into thy church.
CAph.
Omnis populis ejus gemens, et quaerens panem : dederunt pretiosa quæque procibo ad refocillandam animam. Vide, Domine, et considera quoniam facta sum vilis.
20
qu’elle avoit vû entrer dans son sanctuaire les nations au sujet desquelles vous aviez ordonné qu’elles n’entreroient jamais dans votre assemblée.
MEM.
De excelso misit ignem in ossibus meis, et erudivit me : expandit rete pedibus meis,
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convertit me retrorsum : posuit me desolatam, tota die moerore confectam.
22
for my feet, he hath turned me back: he hath made me desolate, and spent with sorrow all the day long.
Le joug que m’ont attiré mes iniquités m’a accablé tout-d’un-coup. La main de Dieu en a fait comme des chaînes, qu’il m’a mises sur le cou. Ma force a été affoiblie. Le Seigneur m’a livrée à une main de laquelle je ne pourrai jamais me défaire.
The yoke of my iniquities hath watched for me: they are folded together in his hand, and put upon my neck: my strength is weakened: the Lord hath delivered me into a hand, out of which I am not able to rise.
Jerusalem, Jerusalem, convertissez-vous au Seigneur votre Dieu .
Jerusalem, Jerusalem, convert to the Lord thy God.
NUN.
Vigilavit jugum iniquitatum mearum, in manu ejus convolutæ sunt, & impositæ collo meo : infirmata est virtus mea : dedit me Dominus in manu , de qua non potero surgere.
23
m’a fait tomber en arriere. Il m’a rendu toute desolée et toute épuisée de tristesse pendant tout le jour.
JERUSAlEM, CONVERTERE
Jerusalem, convertere ad Dominum Deum tuum.
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CD1 RECORDED IN JULY 2001 AT EGLISE NOTRE-DAME DU LIBAN, PARIS HUGUES DESCHAUX RECORDING PRODUCER, EDITING & MASTERING KAROLY MOSTIS & JEAN-FRANÇOIS BRUN TEMPERAMENT & TUNING CD2 RECORDED IN SEPTEMBER & NOVEMBER 1999 AT CHAPELLE DE L’HÔPITAL NOTRE-DAME DE BON SECOURS, PARIS HUGUES DESCHAUX RECORDING PRODUCER, EDITING & MASTERING MARY PARDOE FRENCH TRANSLATION CD3 RECORDED IN NOVEMBER 2004 AT CHAPELLE DE L’HÔPITAL CHARLES NICOLLE - ROUEN, FRANCE HUGUES DESCHAUX SOUND ENGINEER HUGUES DESCHAUX RECORDING PRODUCER, EDITING & MASTERING (LULLY) ALINE BLONDIAU RECORDING PRODUCER, EDITING & MASTERING (D’ANGLEBERT) CD4 RECORDED ON 25 MARS 2013 AT CHAPELLE ROYALE DU CHÂTEAU DE VERSAILLES, FRANCE ALINE BLONDIAU RECORDING PRODUCER FRÉDÉRIC BRIANT SOUND ENGINEER, EDITING & MASTERING CD 5 RECORDED IN SEPTEMBER 2007 IN TONGRES, BELGIUM FRÉDÉRIC BRIANT RECORDING PRODUCER, EDITING & MASTERING
PRECATIO PRO FILIO REGIS H 166 LA SAINTE BIBLE…/… TRADUITE EN FRANÇAIS SUR LA VULGATE, PAR M.LE MAISTRE DE SACI, LIÈGE, 1702 FRENCH TRANSLATION DOUAI-REIMS BIBLE, 1609 ENGLISH TRANSLATION SOLA VIVEBAT IN ANTRIS/ SUPPLICATIO PRO DEFUNCTIS JEAN-YVES HAMELINE, CMBV FRENCH TRANSLATION MARY PARDOE ENGLISH TRANSLATION QUEMADMODUM DESIDERAT CERVUS LA SAINTE BIBLE…/… TRADUITE EN FRANÇAIS SUR LA VULGATE, PAR M.LE MAISTRE DE SACI, LIÈGE, 1702 FRENCH TRANSLATION MARY PARDOE ENGLISH TRANSLATION O SALUTARIS HISTIA HEURES CATHOLIQUES EN LATIN ET EN FRANÇAIS, SUIVANT LE SAINT CONCILE DE TRENTE, PAR LE R.P. JEAN ADAM DE LA COMPAGNIE DE JÉSUS. A PARIS, CHEZ LAURENT D’HOURY, RUE SAINT JACQUES. M.D.C. LXXXX. FRENCH TRANSLATION MARY PARDOE ENGLISH TRANSLATION GRATIARUM ACTIONE PRO RESTITUA DELPHINI SALUTE JEAN-YVES HAMELINE, CMBV FRENCH TRANSLATION MARY PARDOE, BASED ON THE DOUAI-REIMS BIBLE, 1609 ENGLISH TRANSLATION CD6 FLORENT DEREX SOUND ENGINEER FRÉDÉRIC MICHEL, FLORENT DEREX, SÉBASTIEN DAUCÉ MIXING FLORENT DEREX, FRANCK JAFFRÈS MASTERING LAURE-HÉLÈNE DUFOURNIER LATIN TRANSLATION CHARLES JOHNSTON ENGLISH TRANSLATION
CD7 OCTOBER 2006 AT L’ABBAYE DE ST MICHEL EN THIERACHE, FRANCE FRANCK JAFFRÈS RECORDING PRODUCER ALBAN MORAUD SOUND ENGINEER & EDITING CHARLES JOHNSTON ENGLISH TRANSLATION CD8 RECORDED FROM 11 TO 13 AUGUST 2011 AT MONASTERY OPACTWO CYSTERSÓW, POLAND ALINE BLONDIAU RECORDING PRODUCER, EDITING & MASTERING MARY PARDOE ENGLISH TRANSLATION XAVIER BISARO LATIN TRANSLATION CD9 RECORDED IN JULY 2004 AT CATHÉDRALE DE MAGUELONE, FRANCE HUGUES DESCHAUX RECORDING PRODUCER, EDITING & MASTERING CD10 RECORDED FROM 10 TO 17 NOVEMBER 2010 & FROM 17 TO 20 NOVEMBER 2013 AT CHAPELLE ROYALE DU CHÂTEAU DE VERSAILLES, FRANCE HANNELORE GUITTET RECORDING PRODUCER FRÉDÉRIC BRIANT SOUND ENGINEER, EDITING & MASTERING MARY PARDOE ENGLISH TRANSLATION
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