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pour louis XVI & marie-antoinette
cherubini � plantade LE CONCERT SPIRITUEL HERVÉ NIQUET
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REQUIEMS
POUR LOUIS XVI & MARIE-ANTOINETTE LUIGI CHERUBINI (1760-1842) REQUIEM EN UT MINEUR À LA MÉMOIRE DE LOUIS XVI
1 2 3 4 5 6 7
INTROITUS ET KYRIE GRADUALE SEQUENTIA OFFERTORIUM SANCTUS, BENEDICTUS PIE JESU AGNUS DEI ET COMMUNIO
5’10 1’30 8’35 13’05 1’00 2’51 5’01
CHARLES-HENRI PLANTADE (1764-1839) MESSE DES MORTS EN RÉ MINEUR À LA MÉMOIRE DE MARIE-ANTOINETTE
8 9 10 11 12 13 14 15
INTROIT KYRIE GRADUEL PROSE OFFERTOIRE SANCTUS PIE JESU AGNUS DEI
4’23 1’55 2’13 7’48 4’02 1’55 2’56 6’45
TOTAL TIME: 69’14 The score of the Plantade Requiem was published by the Palazzetto Bru Zane.
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LE CONCERT SPIRITUEL HERVÉ NIQUET DIRECTION ORCHESTRE Olivier Briand (Premier Violon), Stephan Dudermel, Matthieu Camilleri, Nathalie Fontaine, Florence Stroesser, Koji Yoda VIOLONS I Bérengère Maillard, Yannis Roger, Myriam Cambreling, Tiphaine Coquempot VIOLONS II Benjamin Lescoat, Jean-Pierre Garcia ALTOS Tormod Dalen, Annabelle Luis, Nils de Dinechin VIOLONCELLES Luc Devanne, Brigitte Quentin, Marion Mallevaes, Marie-Amélie Clément CONTREBASSES Olivier Benichou, Anne Perillat FLÛTES Guillaume Cuiller, Vincent Blanchard HAUTBOIS Daniele Latini, Ana Melo CLARINETTES Nicolas André, Hélène Burle BASSONS Pierre-Yves Madeuf, Cyrille Grenot CORS Jean-François Madeuf, Joël Lahens TROMPETTES Laurent Madeuf, Guy Duverget, Alexis Lahens TROMBONES Isabelle Cornélis TIMBALES
CHŒUR Marie-Pierre Wattiez, Aude Fenoy, Gwenaëlle Clemino, Lucie Niquet-Rioux, Edwige Parat, Alice Kamenezky, Hélène Richer, Alice Glaie SOPRANOS Marianne Byloo, Helen Cassano, Eugénie de Mey, Alice Habellion, Marleen Schampaert ALTOS Marc Scaramozzino, Clément Debieuvre HAUTES-CONTRE Randol Rodriguez, Benoît Porcherot, Pierre Perny, Pascal Richardin, Edouard Hazebrouck, Edmond Hurtrait TAILLES Jean-Baptiste Alcouffe, David Witczak, Laurent Bourdeaux, Jean-Christophe Lanièce, Simon Bailly BASSES-TAILLES
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LA CHAPELLE ROYALE DE VERSAILLES, À LA GLOIRE DE DIEU ET DU ROI Arts Florissants dirigés par William Christie, The Monteverdi Choir dirigé par John Eliot Gardiner, Les Pages et les Chantres du Centre de Musique baroque de Versailles dirigés par Olivier Schneebeli, le chœur Accentus dirigé par Laurence Equilbey, l’Ensemble Pygmalion dirigé par Raphaël Pichon, le Poème Harmonique dirigé par Vincent Dumestre, mais aussi Ton Koopman, Paul McCreesh, Diego Fasolis, Paul Van Nevel, Michel Corboz, Harry Christophers, Robert King, François Xavier Roth, donnent à entendre messes, motets et oratorios qui font à nouveau resplendir la musique sacrée dans le Saint des Saints de Versailles.
En tant que roi très chrétien, Louis XIV eut à cœur d’édifier dans la résidence royale de Versailles, devenue en 1682 le siège officiel du pouvoir, une chapelle particulièrement visible, lieu public de sa dévotion. Il en annonça la réalisation dès 1682 et en entreprit le chantier qui s’étendit jusqu’en 1710. Construite par les soins des architectes Jules Hardouin-Mansart puis Robert De Cotte, l’édifice est une splendide chapelle palatine, où la tribune royale à l’ouest (de plain-pied avec l’étage noble du grand appartement du Roi) fait face à l’autel situé à l’est, surmonté par le grand orgue Cliquot-Tribuot, autour duquel se disposaient les musiciens et chanteurs. L’ornementation de la chapelle fut réalisée par plus de cent sculpteurs, tandis que les somptueuses peintures des voûtes furent confiées à Lafosse, Coypel et Jouvenel. Dernier bâtiment de Versailles inauguré par Louis XIV, la Chapelle royale accueillait chaque jour la Messe du Roi, messe basse accompagnée en musique par les œuvres composées pour Versailles par Lully, Lalande, Campra, Couperin…
C’est la musique qui donne à Versailles son âme, sa vie, sa respiration. C’est pourquoi il est apparu si essentiel de conserver la mémoire des « musiques retrouvées de Versailles ». Cette musique reprend sa place tous les jours aujourd’hui, grâce à Château de Versailles Spectacles dont la passion fait revivre ce palais somptueux avec ce qui l’a animé pendant plus d’un siècle et nous en révèle l’origine et l’inspiration. Cette collection d’enregistrements en est le témoignage.
Depuis septembre 2009, Château de Versailles Spectacles propose tout au long de sa saison musicale, qui se déroule essentiellement à l’Opéra royal, une programmation à la Chapelle royale, constituée d’ensembles et d’artistes français et internationaux prestigieux. Cecilia Bartoli, Philippe Jaroussky, Le Concert Spirituel dirigé par Hervé Niquet, Les
Château de Versailles Spectacles : Catherine Pégard, Présidente ; Laurent Brunner, Directeur www.chateauversailles-spectacles.fr 7
THE CHAPELLE ROYALE DE VERSAILLES: TO THE GLORY OF GOD AND KING France and abroad. Such artists as Cecilia Bartoli, Philippe Jaroussky, Le Concert Spirituel conducted by Hervé Niquet, Les Arts Florissants directed by William Christie, the Monteverdi Choir under the direction of Sir John Eliot Gardiner, Les Pages et les Chantres du Centre de Musique baroque de Versailles directed by Olivier Schneebeli, the Accentus Choir conducted by Laurence Equilbey, Ensemble Pygmalion under Raphaël Pichon, Le Poème Harmonique directed by Vincent Dumestre, and other ensembles conducted by Ton Koopman, Paul McCreesh, Diego Fasolis, Paul Van Nevel, Michel Corboz, Harry Christophers, Robert King, and François-Xavier Roth, perform masses, motets and oratorios there, thus allowing sacred music to resound once more in the Holy of Holies of Versailles.
As ‘Most Christian Monarch’, Louis XIV was eager to equip the royal residence of Versailles, which became the official seat of power in 1682, with a highly visible chapel that would act as his public place of worship. He announced the project in that same year of 1682 and embarked on a programme of construction which lasted until 1710. The result, erected according to the designs of the architects Jules Hardouin-Mansart and later Robert de Cotte, is a splendid palatine chapel, whose Royal Tribune at the west end (on the same level as the ‘noble’ first floor of the Grand Appartement du Roi) faces the altar at the east end, surmounted by the Cliquot-Tribuot great organ, around which the singers and instrumentalists were placed. The chapel’s decoration was the work of more than one hundred sculptors, while the sumptuous paintings of the vaults were entrusted to Lafosse, Coypel and Jouvenel. The Chapelle royale, the last building at Versailles to have been inaugurated by Louis XIV himself, was the scene for the daily Messe du Roi, a Low (spoken) Mass with musical accompaniment provided by works written for Versailles by such composers as Lully, Lalande, Campra, and Couperin. Since September 2009, Château de Versailles Spectacles has presented in the course of its musical season, most of which takes place in the Opéra royal, a programme of concerts in the Chapelle royale featuring prestigious ensembles and soloists from
Château de Versailles Spectacles: Catherine Pégard, President; Laurent Brunner, Director www.chateauversailles-spectacles.fr 8
DIE „CHAPELLE ROYALE“ DES SCHLOSSES VERSAILLES, ZUR EHRE GOTTES UND ZUM RUHM DES KÖNIGS Lully, Michel-Richard de Lalande, André Campra und François Couperin umrahmt wurde.
Ludwig XIV., der auch als «Allerchristlichste Majestät» bezeichnet wurde, war sehr daran gelegen, in Versailles, das 1682 zur ständigen Residenz des Hofes und damit zur Machtzentrale geworden war, eine besonders eindrucksvolle Schlosskapelle zu errichten, als öffentlichen Ort seiner Frömmigkeit und Andacht. Er kündigte das Vorhaben schon 1682 an und begann dann mit den Bauarbeiten, die sich bis 1710 hinzogen. Das von den Architekten Jules Hardouin-Mansart und später Robert de Cotte entworfene Gebäude stellt eine prachtvolle Palastkapelle dar, in der die königliche Empore auf der Westseite (auf gleicher Ebene mit dem noblen Obergeschoss des „großen Gemaches“ – Grand Appartement – des Königs) dem auf der Ostseite befindlichen Altar gegenüberliegt. Über diesem befindet sich die von Cliquot-Tribuot erbaute Orgel, um die sich die Musiker und Sänger gruppierten. Über hundert Bildhauer waren an der Innenausstattung der Kapelle beteiligt, während die Ausführung der kostbaren Gewölbemalereien den französischen Malern Charles de La Fosse, Antoine Coypel und Jean Jouvenet anvertraut wurde. Die Schlosskapelle ist das letzte noch von Ludwig XIV. eingeweihte Gebäude der Versailler Residenz; hier wurde jeden Tag die sog. „Messe basse“ (Missa lecta, auch Stillmesse. Anm. d. Ü.) für den König zelebriert, ein Gottesdienst, der musikalisch von den speziell für Versailles komponierten Werken von Jean-Baptiste
Seit September 2009 veranstaltet „Château de Versailles Spectacles“ im Verlauf der Musiksaison, die ansonsten hauptsächlich an der Schlossoper beheimatet ist, in der Schlosskapelle Konzerte mit höchst renommierten französischen und internationalen Künstlern. Cecilia Bartoli, Philippe Jaroussky, das von Hervé Niquet geleitete Concert Spirituel, Les Arts Florissants unter William Christie, The Monteverdi Choir unter der Leitung von John Eliot Gardiner, Les Pages et les Chantres du Centre de Musique baroque de Versailles mit Olivier Schneebeli, der von Laurence Equilbey geleitete Kammerchor Accentus, das Ensemble Pygmalion unter Raphaël Pichon, Le Poème Harmonique unter der Leitung von Vincent Dumestre, aber auch Ton Koopman, Paul McCreesh, Diego Fasolis, Paul van Nevel, Michel Corboz, Harry Christophers, Robert King und FrançoisXavier Roth führen hier Messen, Motetten und Oratorien auf und lassen somit im „Allerheiligsten“ von Versailles die Musik in all ihrer Pracht erneut erklingen. „Château de Versailles Spectacles“ (Veranstaltungsmanagement): Catherine Pégard, Vorsitzende; Laurent Brunner, Leitung www.chateauversailles-spectacles.fr 9
J’ai beau avoir vécu plus de 40 ans de recherches et surtout de découvertes, la surprise de la bonne « trouvaille » reste étonnante. D’autant qu’après l’édition de la partition vient le moment où l’on pose les feuillets sur le pupitre. La première lecture de la messe de Plantade est un très beau souvenir collectif. Lorsqu’Alexandre Dratwicki me donna à lire cet ouvrage, j’avoue avoir été surpris par l’écriture. Plantade demande tout d’abord un chœur à la française, comme sous l’Ancien Régime, alors que la guillotine est passée depuis longtemps. Ensuite, il utilise des formules d’écriture où le figuralisme pourrait laisser penser que l’auteur vit au XVIIIe siècle. Alors, on se lance dans la lecture d’un ouvrage du passé. Sauf que rien ne se déroule comme on l’avait imaginé… Plantade a écrit une œuvre pleine d’émotion, très féminine, vu sa dédicataire, mais aussi d’une douceur ineffable, d’une brutalité sans nom et d’une suavité respectueuse qui nous laissent sans voix après les derniers accords. Nous étions tous étonnés après la première lecture de n’avoir point compris ce qui nous était arrivé. Car l’auteur s’était servi de tout le langage du siècle précédent au travers de la technique du XIXe commençant. C’était neuf et surprenant, élégant et athlétique, émouvant mais pas mièvre. Une réussite ! Une œuvre hommage et un accès de tendresse pour Marie-Antoinette, Reine de France, que l’auteur a dû connaître, ce n’est pas possible autrement ! Face à cette « messe-tendresse », un monument monolithique : le Requiem de Cherubini à la mémoire de Louis XVI. Énorme, comme son auteur. Croyez-moi si vous voulez, mais ces deux messes consacrées aux deux souverains martyrs de la Révolution française se sont mises réciproquement en valeur. Je crois que l’artisan principal de cette réussite est le chœur solo voulu par les deux auteurs. Les contingences sociologiques ont voulu que seul le chœur intervienne et devienne le véritable soliste dans ces Requiem. Quel bonheur ! 10
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Même républicain comme je le suis, réunir Louis XVI et Marie-Antoinette dans un concert avec ces hommages posthumes et en être ému me laisse à croire que l’Histoire, parfois terrible, n’est que l’œuvre des hommes. HERVÉ NIQUET
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Le compositeur italien sait écrire pour le chœur en prenant soin des voix tout en les poussant à l’extrême, le tout dans un bonheur harmonique et une invention mélodique renversants.
REQUIEMS PAR ALEXANDRE DRATWICKI Si la France écrivit son histoire au fil des conquêtes de ses rois, empereurs et présidents, elle fut prompte aussi à mythifier leurs déchéances, qu’ils aient été répudiés, incarcérés, guillotinés ou exilés. Louis XVI et Marie-Antoinette, en particulier, sont regardés dans l’histoire nationale comme de cruels exemples des revers de la fortune. On sait moins que plusieurs gouvernements ultérieurs leur rendront de dignes hommages, les hissant au rang de martyrs et ravivant les feux de leur postérité. Cette image ambiguë, entre tyrans et héros nationaux, perdure. La Monarchie restaurée en 1815 par Louis XVIII multiplie ainsi les cérémonies en l’honneur des souverains guillotinés. Leurs corps sont rapatriés dès 1815 dans la nécropole des rois de France, restaurée pour l’occasion au cœur de la basilique de Saint-Denis. En 1816, la Cour assiste in situ à l’exécution du Requiem en ut mineur de Cherubini à la mémoire du défunt roi, tandis qu’on saisira l’occasion des trente ans de la mort de Marie-Antoinette (1823) pour faire jouer le Requiem en ré mineur de Charles-Henri Plantade. Berlioz vient d’arriver à Paris, et toute la génération romantique regarde avec dédain ou nostalgie les derniers feux de l’ancienne monarchie. C’est au même moment que meurt Napoléon, en exil sur l’île de SainteHélène… mais c’est là une autre histoire. Charles-Henri Plantade : Messe de requiem On a du mal à dater précisément la composition de la Messe de requiem à grand orchestre de Plantade, « composée et dédiée à Mme la Baronne de La Bouillerie » d’après la page de titre. En effet, l’œuvre semble préexister à l’événement qui la rendit célèbre : la commémoration, en 1823, des trente ans de la mort de la reine Marie-Antoinette sur l’échafaud. Le répertoire de la Chapelle des Tuileries ne comportait pas alors pléthore de messes funèbres, et il est probable que l’urgence d’une situation peut-être décidée tardivement obligea à puiser dans un catalogue non issu des maîtres de chapelle 12
La musique de ce Requiem offre un pont saisissant entre les modèles d’Ancien Régime et le premier romantisme. Le chœur est écrit avec trois parties d’hommes (les ténors étant toujours divisés) et une seule ligne de femmes. La sonorité, de ce fait, se rapproche des anciens motets hérités de l’esthétique lullyste puis ramiste. La découpe conserve le plan traditionnel Introït / Kyrie / Graduel / Prose / Offertoire / Sanctus / Pie Jesu / Agnus. Après une introduction dont le chromatisme représente l’affliction devant la mort et dont les coups de tam-tam semblent rappeler l’implacable destin de l’homme, le Kyrie opte pour une fugue plus énergique, débutée en faux plain-chant, et dont les volutes ne sont pas sans rappeler certains mélismes haendéliens. Le Graduel, intimiste, divise par moment la ligne de soprano en deux parties et aspire à la plénitude de l’homorythmie, en opposition complète avec le Kyrie. La prose – par la longueur de son texte – est la section la plus développée de la messe des morts, et c’est aussi celle où Plantade fera montre de toute la richesse de son inventivité : on y sent passer les frémissements opératiques des ouvrages révolutionnaires de Méhul et Cherubini, et même la nervosité du style de Rossini, alors en pleine vogue. Le très beau Pie Jesu qui conclut cette section offre un magnifique exemple de style rétrospectif, où altos et violoncelles résonnent comme un consort de violes louis-quatorzien. Mais c’est précisément dans le « véritable » Pie Jesu – celui qui précède l’Agnus, plus loin dans la messe – que Plantade utilisera l’effet d’orchestration le plus moderne de sa partition : un gémissement plaintif du cor en note « ouverte » et chromatique, produisant un son inquiétant que Berlioz dut particulièrement apprécier.
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principaux (Lesueur et Cherubini). Et c’est vers Charles-Henri Plantade que se tourna l’organisateur de la cérémonie afin qu’il retravaille une Messe en ré mineur restée inédite, bien que sans doute déjà jouée. Une édition luxueuse, publiée par Frey à cette occasion, profita de la générosité de la baronne de La Bouillerie, laquelle rassembla une liste importante de souscripteurs assurant la rentabilité d’une telle opération.
Luigi Cherubini : Requiem en ut mineur Composé – comme le Requiem de Plantade – pour chœur mixte et orchestre, mais sans soliste, cette partition de Cherubini opte en revanche pour un découpage du chœur « à l’italienne », c’est-à-dire soprano, alto, ténor et basse. On notera l’absence de flûte dans l’orchestration, afin d’assombrir la palette sonore de cette page funèbre. Composé en 1815 (bien que certaines éditions évoquent son écriture dès l’hiver 1808-1809), ce Requiem fut joué le 21 janvier 1816 à Saint-Denis lors d’une cérémonie en l’honneur de Louis XVI. Rejoué en 1820 lors des cérémonies funéraires du duc de Berry, l’ouvrage fut précédé d’une marche funèbre dans le même ton d’ut mineur et suivi d’un motet In Paradisum qui est l’un des plus réussis de son auteur. Un scandale éclata en 1834, lorsque l’archevêque de Paris refusa l’exécution de cette messe des morts sous prétexte qu’elle faisait intervenir des voix de femmes. C’est à cette occasion que Cherubini composa son second Requiem, en ré mineur, prévu pour les seules voix masculines. L’œuvre comporte sept sections très développées : Introitus et Kyrie / Graduel / Dies iræ / Offertorium / Sanctus / Pie Jesu / Agnus Dei. L’indépendance des bassons, l’importance des altos, la monumentalité de l’écriture chorale, tout concourt à faire de cet ouvrage un des exemples les plus réussis du style « Restauration », capable de concurrencer la musique religieuse germanique de la même période. Il est d’ailleurs curieux que le répertoire sacré de la Chapelle royale n’ait jamais suscité le regain d’intérêt qu’il mérite, particulièrement lorsque, exécuté sur instruments historiques, il peut retrouver l’énergie incisive qui fait la marque de la théâtralité française dont Berlioz sera l’héritier.
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HERVÉ NIQUET Tout à la fois claveciniste, organiste, pianiste, chanteur, compositeur, chef de chœur et chef d’orchestre, Hervé Niquet est l’une des personnalités musicales les plus inventives de ces dernières années, reconnu notamment comme un spécialiste éminent du répertoire français de l’ère baroque à Claude Debussy. Il crée Le Concert Spirituel en 1987 avec pour ambition de faire revivre le grand motet français. En trente ans, la formation s’impose comme une référence incontournable dans l’interprétation du répertoire baroque. Dans le même esprit et postulant qu’il n’y a qu’une musique française sans aucune rupture tout au long des siècles, Hervé Niquet dirige les grands orchestres internationaux avec lesquels il explore les répertoires du XIXe siècle et du début du XXe siècle. Son esprit pionnier dans la redécouverte des œuvres de cette période l’amène à participer à la création du Palazzetto Bru Zane – Centre de musique romantique française à Venise en 2009, avec lequel il mène à bien de nombreux projets. Hervé Niquet est directeur musical du Chœur de la Radio flamande et premier chef invité du Brussels Philharmonic. Sous sa direction, ces deux formations sont très impliquées dans la collection discographique des cantates du Prix de Rome sous l’égide du Palazzetto Bru Zane ainsi que d’opéras inédits. Il est par ailleurs directeur artistique du Festival de l’abbaye de Saint-Riquier – Baie de Somme. Sa démarche comprend aussi une grande implication personnelle dans des actions pédagogiques auprès de jeunes musiciens (Académie d’Ambronay, Jeune Orchestre de l’Abbaye aux Dames, Schola Cantorum, Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Lyon, McGill University à Montréal, etc.). Hervé Niquet est chevalier de l’Ordre national du Mérite et officier de l’Ordre des Arts et des Lettres.
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LE CONCERT SPIRITUEL Le Concert Spirituel est la première société de concerts privés en France. Fondée au XVIIIe siècle, elle s’éteint avec la Révolution française. Son nom est repris par Hervé Niquet lorsqu’il fonde son ensemble sur instruments anciens en 1987, dans le but de faire revivre les grandes œuvres du répertoire français jouées à la cour de Versailles. L’ensemble est aujourd’hui l’un des plus prestigieux orchestres baroques français, invité chaque année au Théâtre des Champs-Élysées, à la Philharmonie de Paris et au château de Versailles, mais également dans les plus grandes salles internationales comme le Concertgebouw d’Amsterdam, le Palais des Beaux-Arts de Bruxelles, l’Opéra de Tokyo, le Barbican, le Wigmore Hall ou le Royal Albert Hall de Londres. À l’origine de projets ambitieux et originaux depuis sa fondation, l’ensemble s’est spécialisé dans l’interprétation de la musique sacrée française, se consacrant parallèlement à la redécouverte d’un patrimoine lyrique injustement tombé dans l’oubli – Andromaque de Grétry, Callirhoé de Destouches, Proserpine de Lully, Sémélé de Marais, Le Carnaval de Venise de Campra, Sémiramis de Catel, La Toison d’Or de Vogel, Les Mystères d’Isis de Mozart et dernièrement Les Fêtes de l’Hymen et de l’Amour de Rameau. Largement récompensé pour ses productions et enregistrements – Edison Award, Echo Klassik Award et Grand Prix de l’Académie Charles Cros –, Le Concert Spirituel enregistre, depuis 2015, exclusivement chez Alpha Classics. Ont déjà paru Don Quichotte chez la Duchesse de Boismortier (DVD, collection château de Versailles) et un programme discographique réunissant le Gloria et le Magnificat de Vivaldi. Le Concert Spirituel est subventionné par le Ministère de la Culture et de la Communication et la Ville de Paris. Le Concert Spirituel remercie les mécènes de son fonds de dotation, en particulier le Groupe SMA, mécène de la grande production lyrique de la saison, ainsi que les mécènes individuels de son « Carré des Muses ». Le Concert Spirituel bénéficie du soutien de ses Grands Mécènes : Mécénat Musical Société Générale et Fondation Bru.
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Even though I now have more than forty years of research and above all discoveries behind me, the surprise of a real ‘find’ is still as amazing as ever. Especially as, after editing the score, there comes the moment when we put the sheet music on our desks. Our first read-through of Plantade’s Requiem is a wonderful collective memory. When Alexandre Dratwicki asked me to look at the work, I admit I was nonplussed by the style. Plantade initially calls for a choir à la française, as in the days of the Ancien Régime, at a time when the guillotine had long since done its work. Then he utilises musical formulas in which the figuralism might well suggest that the composer lived in the eighteenth century. So we started reading our way through a work of the past. Except that nothing happened as we expected . . . Plantade wrote a work brimming over with emotion, very feminine as befits its dedicatee, but also one of ineffable gentleness, unspeakable brutality and respectful sweetness, which left us speechless after the final chords. We were all so astonished after this first rehearsal that we didn’t know what had happened to us. For the composer had made use of all the language of the preceding century through the prism of early nineteenth-century technique. It was new and surprising, elegant and athletic, moving but not maudlin. A great success! A work in tribute to and an outpouring of affection for Marie-Antoinette, Queen of the French, whom the composer must have known personally – otherwise he could never have written like that! In contrast to this ‘Requiem of tenderness’, a monolithic monument: Cherubini’s Requiem in memory of Louis XVI. Hugely imposing, like its composer. Believe me if you like, but these two Requiem Masses commemorating two sovereigns martyred by the French Revolution set each other off to perfection. I think the principal reason for this success is
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Even as a convinced republican, I found that the experience of associating Louis and Marie-Antoinette in a concert with these posthumous tributes and feeling moved by them suggested that history, terrible as it can sometimes be, is still no more than the work of human hands. HERVÉ NIQUET
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the solo role both composers assign to the choir. Sociological contingencies meant that only the choir was to be used, and it thereby became the true soloist in both settings. What a delight for us! Cherubini the Italian is capable in his choral writing of looking after the voices even while pushing them to extremes, within a framework of staggering harmonic and melodic invention.
REQUIEMS BY ALEXANDRE DRATWICKI If France has written her history in terms of the conquests of her kings, emperors and presidents, she has been equally prompt to mythicise their fall, whether they were repudiated, incarcerated, guillotined or exiled. Louis XVI and Marie-Antoinette, in particular, are regarded in the history of the nation as examples of cruel reverses of fortune. It is less well known that several subsequent governments paid dignified tribute to them, raising them to the status of martyrs and rekindling the flame of their posthumous reputation. This ambiguous image, somewhere between tyrants and national heroes, has persisted. Hence the monarchy restored by Louis XVIII in 1815 repeatedly arranged ceremonies in honour of the guillotined couple. Their bodies were transferred as early as 1815 to the necropolis of the kings of France, restored for the occasion to the heart of the basilica of Saint-Denis. In 1816, the court attended a performance there of Cherubini’s C minor Requiem in memory of the late king, while the authorities seized the opportunity of the thirtieth anniversary of Marie-Antoinette’s death (1823) to put on the Requiem in D minor of Charles-Henri Plantade. Berlioz had just arrived in Paris, and the whole Romantic generation gazed on with disdain or nostalgia as the old monarchy blazed its last. It was at that very moment that Napoleon died in exile on the island of St Helena – but that is another story. Charles-Henri Plantade: Messe de requiem It is difficult to assign a precise date of composition to Plantade’s Messe de requiem à grand orchestre, ‘composée et dédiée à Mme la Baronne de La Bouillerie’ according to the title page. In fact, the work seems to have existed prior to the event that made it famous, namely the commemoration, in 1823, of the thirtieth anniversary of the death of Queen Marie-Antoinette on the scaffold. The repertory of the Chapelle des Tuileries did not contain many masses of the dead at this time, and it is likely that 20
The music of this requiem presents a striking link between the models of the Ancien Régime and of early Romanticism. The choral writing is for three male voices (the tenors are always divided) and a single soprano line. As a result, the sonority is close to the old motets inherited from the aesthetic traditions of Lully and Rameau. The structure conserves the traditional scheme: Introït / Kyrie / Graduel / Prose / Offertoire / Sanctus / Pie Jesu / Agnus. After an introduction whose chromaticism represents affliction at death, and whose tam-tam strokes seem to recall the implacable destiny of humanity, the Kyrie opts for a more energetic fugue, which begins in imitation plainchant and features spiralling motifs reminiscent of certain Handelian melismas. The intimate Gradual sometimes divides the soprano line into two parts, and aspires to the plenitude of homorhythm, in complete contrast to the Kyrie. The Prose – because of the length of its text – is the most substantial section of the Mass of the Dead, and is also the one in which Plantade will display the full wealth of his invention: one senses here the operatic excitement of the Revolutionary works of Méhul and Cherubini, and even the vigour of the style of Rossini, then at the height of his popularity. The very fine ‘Pie Jesu, Domine’ that concludes this section offers a magnificent example of retrospective style, in which the violas and cellos sound like a consort of viols from the age of Louis XIV. But it is precisely in the ‘real’ Pie Jesu – the movement that precedes the Agnus Dei later in the mass – that Plantade will use the most modern effect of orchestration in his score: a plaintive moan from the horn on an ‘open’ chromatic note, producing a disturbing sound that Berlioz must have especially admired. 21
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the urgency of a decision perhaps taken only at a late stage made it necessary to draw on works other than those of the principal maîtres de chapelle (Lesueur and Cherubini). And so the organiser of the ceremony turned to Charles-Henri Plantade, who was asked to revise a requiem in D minor that had remained unpublished, although it had probably already been performed. A luxurious edition, published by Frey for the occasion, benefited from the generosity of the Baronne de La Bouillerie, who assembled the large list of subscribers necessary to ensure the profitability of an operation of this kind.
Luigi Cherubini: Requiem in C minor Although composed – like Plantade’s Requiem – for mixed choir (without soloists) and orchestra, Cherubini’s work opts for ‘Italianate’ scoring, i.e. soprano, alto, tenor and bass. We may note the absence of the flute in the orchestration, in order to darken the sound palette of this work of mourning. Composed in 1815 (although some editions suggest it was written as early as the winter of 1808-09), this setting was heard at Saint-Denis on 21 January 1816 in the course of a ceremony honouring Louis XVI. When it was performed again in 1820 at the funeral of the Duc de Berry, the work was preceded by a funeral march in the same key of C minor and followed by a motet, In Paradisum, which is one of the composer’s finest. A scandal erupted in 1834 when the Archbishop of Paris refused to allow a performance of this requiem on the grounds that female voices would sing in it. This prompted Cherubini to compose his second Requiem, in D minor, scored for male voices only. The work comprises seven extended sections: Introitus et Kyrie / Graduel / Dies iræ / Offertorium / Sanctus / Pie Jesu / Agnus Dei. The independence of the bassoons, the importance of the violas, the monumentality of the choral writing – everything combines to make this composition one of the most successful examples of the ‘Restoration’ style, entirely capable of competing with the Austro-German religious music of the same period. In fact, it is curious that the sacred repertory of the Chapelle Royale has never attracted the renewed interest it deserves, especially when, performed on period instruments, it regains the incisive energy that is the hallmark of the French theatrical tradition of sacred music, which Berlioz was to inherit.
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Harpsichordist, organist, pianist, singer, composer, choral and orchestral conductor, Hervé Niquet is one of the most inventive musical personalities of recent years. He is acknowledged, notably, as an eminent specialist in the French repertory, from the Baroque period to Claude Debussy. He founded Le Concert Spirituel in 1987 with the aim of reviving the French grand motet. In thirty years, the group has become a benchmark for the interpretation of the Baroque repertory. In the same spirit, true to his postulate that there is only one French music, which runs across the centuries without a break, Hervé Niquet conducts the leading international orchestras, with which he explores the repertories of the late nineteenth and early twentieth centuries. His pioneering zeal in favour of the rediscovery of the works of this period prompted him to participate in the creation in 2009 of the Palazzetto Bru Zane – Centre de Musique romantique française in Venice, with which he realises numerous projects. Hervé Niquet is music director of the Flemish Radio Choir and principal guest conductor of the Brussels Philharmonic. Under his direction, these two formations are heavily involved in the series of recordings of cantatas written for the Prix de Rome, released under the auspices of the Palazzetto Bru Zane, and of previously unrecorded operas. He is also artistic director of the Festival de l’Abbaye de Saint-Riquier Baie de Somme. His approach to his profession also entails great personal commitment to educational initiatives for young musicians, at the Académie d’Ambronay, Jeune Orchestre de l’Abbaye aux Dames, Schola Cantorum, Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Lyon and McGill University in Montreal, among other institutions. Hervé Niquet is a Chevalier de l’Ordre national du Mérite and Officier des Arts et des Lettres.
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HERVÉ NIQUET
LE CONCERT SPIRITUEL The Concert Spirituel was the first private concert association in France. It was founded in the early eighteenth century and disappeared at the time of the French Revolution. Hervé Niquet chose to take up its name in 1987 when he founded his period-instrument ensemble with the aim of breathing new life into the great works of the French repertory performed at the court of Versailles. The ensemble is today one of the most prestigious French Baroque orchestras, invited to appear each year at the Théâtre des Champs-Élysées, the Philharmonie de Paris and Versailles Palace, as well as such leading international venues as the Amsterdam Concertgebouw, the Palais des Beaux-Arts in Brussels, Tokyo Opera City Concert Hall, and the Barbican Centre, Wigmore Hall and Royal Albert Hall in London. Ever since it was formed, the group has originated ambitious and original projects. It has specialised in performance of French sacred music, while devoting itself in parallel to the discovery of an unjustly forgotten operatic patrimony, including such works as Andromaque (Grétry), Callirhoé (Destouches), Proserpine (Lully), Sémélé (Marais), Le Carnaval de Venise (Campra), Sémiramis (Catel), La Toison d’Or (Vogel), Les Mystères d’Isis (Mozart) and most recently Les Fêtes de l’Hymen et de l’Amour (Rameau). Le Concert Spirituel has won many awards for its productions and recordings, among them the Edison Award, the Echo Klassik Award and the Grand Prix de l’Académie Charles Cros. Since 2015 it has recorded exclusively for Alpha Classics, which has already released Boismortier’s Don Quichotte chez la Duchesse (DVD, Château de Versailles Collection) and a CD of Vivaldi’s Gloria and Magnificat. Le Concert Spirituel receives subsidy from the Ministère de la Culture et de la Communication and the Ville de Paris. Le Concert Spirituel thanks the patrons who contribute to its Endowment Fund, in particular the Groupe SMA, patron of the large-scale operatic production of the season, and the individual patrons of its ‘Carré des Muses’. Le Concert Spirituel benefits from the support of its two Principal Patrons: Mécénat Musical Société Générale and the Fondation Bru.
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Obwohl ich bereits seit 40 Jahren Forschungen betreibe und viele Entdeckungen hinter mir habe, bleibt die Überraschung eines guten „Fundes“ erstaunlich. Und das umso mehr, als nach der Veröffentlichung der Partitur der Moment kommt, in dem man die Noten auf das Pult legt. Das erste Blattspiel der Messe von Plantade bleibt eine sehr schöne gemeinsame Erinnerung. Als mir Alexandre Dratwicki dieses Werk zur Ansicht gab, hat mich diese Komposition, wie ich gestehen muss, überrascht. Plantade fordert zunächst einen Chor à la française, wie im Ancien Régime, obwohl die Guillotine seit langem der Vergangenheit angehört. Dann verwendet er Kompositionsformeln, bei denen der Figuralismus zur Annahme führen könnte, der Komponist lebe im 18. Jh. Also macht man sich an die Lektüre eines Werkes der Vergangenheit. Aber nichts läuft so ab, wie man es sich vorgestellt hat... Plantade schrieb ein Werk voller Emotion, in Anbetracht seiner Widmungsempfängerin sehr weiblich, doch auch von unaussprechlicher Zartheit, einer unbeschreiblichen Brutalität und einer respektvollen Lieblichkeit, die uns nach den letzten Akkorden sprachlos zurückließ. Wir alle waren nach dem ersten Blattspiel darüber erstaunt, nicht verstanden zu haben, was uns passiert ist. Denn der Komponist hatte sich der gesamten Musiksprache des vorangegangenen Jahrhunderts mit den Techniken des beginnenden 19. bedient. Das war neu und überraschend, elegant und athletisch, ergreifend, doch nicht kitschig. Eine Leistung! Dieses Requiem ist eine Huldigung und eine Anwandlung von Zärtlichkeit für Marie-Antoinette, die Königin der Franzosen, die der Komponist gekannt haben musste, anders ist es nicht möglich! Dieser „Messe der Zärtlichkeit“ steht ein monolithisches Monument gegenüber: Cherubinis Requiem zum Gedenken an Ludwig XVI. – gigantisch wie sein Autor. Glauben Sie mir, wenn Sie wollen, doch diese beiden Messen, die den zwei Märtyrer-Herrschern der Französischen Revolution gewidmet sind, bringen sich gegenseitig zur Geltung. Ich glaube, dass 26
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Ludwig XVI. und Marie-Antoinette in einem Konzert mit diesen posthumen Hommagen zu vereinen und davon ergriffen zu sein, lässt mich trotz meiner republikanischen Einstellung glauben, dass die manchmal so furchtbare Geschichte nur das Werk von Menschen ist. HERVÉ NIQUET
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der Hauptakteur dieses Gelingens der Solochor ist, den die beiden Komponisten wünschten. Die soziologischen Zufälligkeiten haben bewirkt, dass einzig der Chor singt und zum wahren Solisten dieser Requiems wird. Wunderbar! Der italienische Komponist versteht sich darauf, für den Chor zu schreiben, indem er die Stimmen sorgsam behandelt und gleichzeitig zum Äußersten treibt, und das mit wunderbaren Harmonien und einem umwerfenden melodischen Einfallsreichtum.
REQUIEMS VON ALEXANDRE DRATWICKI Zwar sah Frankreich seine Geschichte als Abfolge der Eroberungen seiner Könige, Kaiser und Präsidenten, doch machte es auch aus deren Niedergang rasch Mythen, egal ob die Herrscher verstoßen, eingekerkert, guillotiniert oder verbannt wurden. Besonders Ludwig XVI. und MarieAntoinette werden in der Landesgeschichte als grausame Beispiele für Schicksalsschläge betrachtet. Weniger bekannt ist, dass mehrere spätere Regierungen ihnen würdige Ehrungen zukommen ließen, sie in den Rang von Märtyrern erhoben und so ihr Andenken wieder aufleben ließen. Dieses ambivalente Bild zwischen Tyrannen und Nationalhelden besteht noch heute. Die 1815 von Ludwig XVIII. wiederhergestellte Monarchie veranstaltet zahlreiche Zeremonien zu Ehren der guillotinierten Herrscher. Ihre Leichname werden ab 1815 ins Zentrum der Kathedrale von Saint-Denis überführt, die man zu diesem Anlass restauriert. Im Jahre 1816 wohnt der Hof dort der Aufführung des Requiems in c-Moll von Cherubini zum Andenken des verstorbenen Königs bei, während anlässlich des dreißigsten Jahrestages von Marie-Antoinettes Tod (1823) das Requiem in d-Moll von Charles-Henri Plantade gespielt wird. Berlioz ist eben in Paris angekommen, und die ganze romantische Generation blickt verächtlich oder nostalgisch auf das letzte Aufflammen der alten Monarchie. In der gleichen Zeit stirbt Napoleon im Exil auf der Insel St. Helena ... doch das ist eine andere Geschichte. Charles-Henri Plantade: Requiem Die Datierung der Komposition von Plantades Messe de requiem à grand orchestre ist schwierig. Sie ist laut der Titelseite „für Mme la Baronne de La Bouillerie komponiert und ihr gewidmet“. Tatsächlich scheint das Werk vor dem Ereignis existiert zu haben, das es berühmt gemacht hat: der Gedenkfeier im Jahre 1823 anlässlich des dreißigsten Jahrestages von Marie-Antoinettes Hinrichtung auf dem Schafott. Das Repertoire der Tuilerien-Kapelle enthielt damals nicht allzu viele 28
Die Musik dieses Requiems bildet eine frappierende Brücke zwischen den Modellen des Ancien Régime und der ersten Zeit der Romantik. Der Chor ist für eine einzige Frauen- und drei Männerstimmen geschrieben (die Tenöre sind immer aufgeteilt). Der Klang ähnelt daher den alten Motetten, die von der Ästhetik Lullys und später Rameaus herrühren. Die Gliederung behält den traditionellen Plan Introitus / Kyrie / Graduale / Sequenz / Offertorium / Sanctus / Pie Jesu / Agnus. Nach einer Einleitung, deren Chromatik den Kummer angesichts des Todes darstellt und deren Tamtamschläge an das unerbittliche Schicksal des Menschen zu erinnern scheinen, folgt das Kyrie mit einer energischeren Fuge, die mit einem falschen gregorianischen Choral beginnt und dessen Spiralen an gewisse Melismen Händels erinnern. Das intimistische Graduale teilt manchmal die Linie der Soprane in zwei Stimmen auf und strebt eine homorhythmische Fülle an, die in vollkommenem Gegensatz zum Kyrie steht. Die Sequenz ist – aufgrund der Länge ihres Textes – der am meisten ausgearbeitete Teil der Totenmesse und auch der, bei dem Plantade seinen großen Einfallsreichtum unter Beweis stellt: Man spürt darin das opernhafte Vibrieren der revolutionären Werke Méhuls und Cherubinis, ja sogar die Nervosität von Rossinis Stil, der damals sehr in Mode war. Das sehr schöne Pie Jesu, das diesen Teil abschließt, bietet ein wunderbares Beispiel für den rückblickenden Stil, mit dem Bratschen und Celli wie ein Gambenconsort aus der Zeit von Ludwig XIV. klingen. Doch gerade im „richtigen“ Pie Jesu – das später in der Messe dem Agnus vorangeht – benutzt Plantade den modernsten Orchestrationseffekt seines Werkes: ein klagendes Stöhnen des Horns auf einer 29
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Totenmessen, so dass es wahrscheinlich ist, dass man wegen der Dringlichkeit einer möglicherweise spät getroffenen Entscheidung dazu gezwungen war, auf einen Katalog zurückzugreifen, der nicht von den Hauptkapellmeistern (Lesueur und Cherubini) stammte. So wandte sich der Veranstalter der Zeremonie an Charles-Henri Plantade, damit er eine unveröffentlichte, doch sicher bereits aufgeführte Messe in d-Moll umschreibe. Einer prächtigen Ausgabe, die zu diesem Anlass von Frey herausgegeben wurde, kam die Großzügigkeit der Baronin de La Bouillerie zugute, die eine umfangreiche Liste an Subskribenten zusammenbrachte und so die Rentabilität dieses Unternehmens sicherte.
„offenen“, chromatischen Note ruft einen beunruhigenden Ton hervor, den Berlioz besonders schätzen musste. Luigi Cherubini: Requiem in c-Moll Dieses Werk Cherubinis, das – wie Plantades Requiem - für gemischten Chor und Orchester jedoch ohne Solisten geschrieben ist, teilt dagegen den Chor auf die „italienische“ Art in Sopran, Alt, Tenor und Bass. Bemerkenswert ist das Fehlen der Flöte in der Instrumentierung, um die Klangpalette dieser Totenmesse zu verdüstern. Das 1815 komponierte Requiem (auch wenn einige Ausgaben angeben, es sei im Winter 1808-1809 geschrieben worden) wurde am 21. Januar 1816 in SaintDenis bei einer Zeremonie zu Ehren Ludwigs XVI. gespielt. Im Jahre 1820 führte man es nochmals bei den Begräbnisfeiern des Duc de Berry auf, wobei ihm ein Trauermarsch in derselben Tonart c-Moll voranging und darauf eine Motette In Paradisum folgte, die eine der gelungensten des Komponisten ist. Ein Skandal brach 1834 aus, als der Erzbischof von Paris die Aufführung dieser Totenmesse unter dem Vorwand verweigerte, dass sie Frauenstimmen benutzte. Zu dieser Gelegenheit komponierte Cherubini sein zweites Requiem in d-Moll, das nur Männerstimmen vorsieht. Das Werk enthält sieben breit ausgearbeitete Abschnitte: Introitus und Kyrie / Graduale / Dies irae / Offertorium / Sanctus / Pie Jesu / Agnus Dei. Die Unabhängigkeit der Fagotte, die bedeutende Rolle der Bratschen, die Monumentalität des chorischen Satzes, alles trägt dazu bei, dieses Werk zu einem der gelungensten Beispiele des Stils der „Restaurationszeit“ zu machen, das mit der deutschen geistlichen Musik derselben Zeit durchaus konkurrieren kann. Es ist übrigens merkwürdig, dass das geistliche Repertoire der Chapelle royale nie wieder das Interesse erweckt hat, das es vor allem dann verdienen würde, wenn es auf historischen Instrumenten interpretiert wird und so die mitreißende Energie wiederfindet, die für die französische Theatralität charakteristisch ist und deren Erbe Berlioz werden sollte.
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Hervé Niquet ist sowohl Cembalist, Organist, Pianist, Sänger, Komponist, Chorleiter als auch Dirigent. Er ist eine der findigsten Persönlichkeiten im Musikleben der letzten Jahre und wird besonders als hervorragender Spezialist des französischen Repertoires von der Barockzeit bis Claude Debussy anerkannt. 1987 gründet er Le Concert Spirituel mit dem Ehrgeiz, die große französische Motette wieder aufleben zu lassen. In den dreißig Jahren seines Bestehens hat sich das Ensemble als unumgänglicher Orientierungspunkt für die Interpretation des barocken Repertoires durchgesetzt. Hervé Niquet geht davon aus, dass es im Laufe der Jahrhunderte bruchlos nur eine französische Musik gibt, und dirigiert in diesem Sinne große internationale Orchester, mit denen er die verschiedenen Repertoires des 19. Jh. und des beginnenden 20. Jh. interpretiert. Sein Pioniergeist brachte ihn bei der Wiederentdeckung von Werken aus dieser Zeit dazu, 2009 an der Gründung des Palazzetto Bru Zane teilzunehmen, einem Zentrum für französische Musik der Romantik in Venedig, mit dem er zahlreiche Projekte zuwege bringt. Hervé Niquet ist musikalischer Leiter des Chors des flämischen Rundfunks und erster Gastdirigent der Brüsseler Philharmoniker. Unter seiner Leitung sind beide bei den CD-Sammlungen der Kantaten des Prix de Rome unter der Schirmherrschaft des Palazzetto Bru Zane einerseits und unveröffentlichter Opern andererseits sehr engagiert. Er ist außerdem künstlerischer Leiter des Festivals der Abteil von Saint-Riquier Baie de Somme. Hervé Niquet setzt sich auch persönlich sehr für pädagogische Aktionen mit jungen Musikern ein (Académie d’Ambronay, Jeune Orchestre de l’Abbaye aux Dames, Schola Cantorum, Conservatoire national supérieur de musique et de danse in Lyon, McGill University Montreal usw.). Hervé Niquet erhielt die Verdienstorden Chevalier de l’Ordre national du Mérite und Officier des Arts et des Lettres.
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HERVÉ NIQUET
LE CONCERT SPIRITUEL Le Concert Spirituel war die erste private Konzertgesellschaft in Frankreich. Sie wurde im 18. Jh. gegründet und endete mit der Französischen Revolution. Hervé Niquet übernimmt diesen Namen, als er 1987 sein Ensemble für alte Musikinstrumente gründet, mit dem Ziel, die großen am Hof von Versaillles aufgeführten Werke des französischen Repertoires wieder aufleben zu lassen. Das Ensemble, das heute eines der renommiertesten Barockorchester Frankreichs ist, wird jedes Jahr ins Théâtre des Champs-Élysées, die Philharmonie de Paris und ins Schloss von Versailles eingeladen, aber auch in die größten internationalen Konzerthäuser wie das Concertgebouw im Amsterdam, das Palais des Beaux-Arts in Brüssel, die Oper von Tokio, das Barbican Centre, die Wigmore Hall oder die Royal Albert Hall in London. Seit seiner Gründung durch Hervé Niquet im Jahre 1987 leitet das Ensemble ehrgeizige, originelle Projekte in die Wege und spezialisiert sich auf die Interpretation der französischen geistlichen Musik, widmet sich aber auch der Wiederentdeckung eines zu Unrecht in Vergessenheit geratenen Opernrepertoires – Andromaque von Grétry, Callirhoé von Destouches, Proserpine von Lully, Sémélé von Marais, Le Carnaval de Venise von Campra, Sémiramis von Catel, La Toison d’Or von Vogel, Les Mystères d’Isis von Mozart und vor Kurzem Les Fêtes de l’Hymen et de l’Amour von Rameau. Häufig für seine Produktionen und Aufnahmen ausgezeichnet – Edison Award, l’Echo Klassik Award und Grand Prix de l’Académie Charles Cros –, nimmt Le Concert Spirituel seit 2015 ausschließlich bei Alpha Classics auf, wo Boismortiers Don Quichotte chez la Duchesse (DVD, Reihe Château de Versailles) sowie ein CD-Programm mit dem Gloria und dem Magnificat von Vivaldi bereits erschienen sind. Le Concert Spirituel wird vom französischen Ministerium für Kultur und Kommunikation und der Stadt Paris subventioniert. Le Concert Spirituel dankt den Mäzenen seines Stiftungsfonds, besonders der Gruppe SMA, dem Mäzen der großen Opernproduktion der Spielzeit, sowie den einzelnen Mäzenen seines « Carré des Muses ». Dem Concert Spirituel kommt auch die Unterstützung seiner großen Mäzene zugute: Mécénat Musical Société Générale und Fondation Bru.
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TEXTES CHANTÉS SUNG TEXTS DIE GESANGSTEXTE
1 | 8 INTROITUS | INTROÏT
Requiem æternam dona eis, Domine, et lux perpetua luceat eis. Te decet hymnus Deus, in Sion, et tibi reddetur votum in Jerusalem. Exaudi orationem meam; ad te omnis caro veniet. Requiem æternam dona eis, Domine, et lux perpetua luceat eis.
1 | 9 KYRIE
Kyrie eleison. Christe eleison. Kyrie eleison.
2 | 10 GRADUALE | GRADUEL
Requiem aeternam dona eis, Domine, et lux perpetua luceat eis. In memoria aeterna erit justus: ab auditione mala non timebit.
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INTROÏT
INTROIT
Donne-leur le repos éternel, Seigneur, et que la lumière éternelle les illumine. Dieu, il convient de chanter tes louanges en Sion, et de t’offrir des sacrifices à Jérusalem. Exauce ma prière, toute chair ira à toi. Donne-leur le repos éternel, Seigneur, et que la lumière éternelle les illumine.
Eternal rest grant unto them, O Lord, and let perpetual light shine upon them. A hymn, O God, becomes thee in Zion and a vow shall be paid to thee in Jerusalem. Hear my prayer; all flesh shall come before thee. Eternal rest grant unto them, O Lord, and let perpetual light shine upon them.
KYRIE
KYRIE
Seigneur, ayez pitié. Christ, ayez pitié. Seigneur, ayez pitié.
Lord, have mercy. Christ, have mercy. Lord, have mercy.
GRADUEL
GRADUAL
Donne-leur le repos éternel, Seigneur, et que la lumière éternelle les illumine. Le juste restera dans un souvenir éternel, duquel il n’a pas à craindre une mauvaise réputation.
Eternal rest grant unto them, O Lord, and let perpetual light shine upon them. The righteous shall be had in everlasting remembrance: he will not be afraid of any evil tidings.
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3 | 11 SEQUENTIA | PROSE
Dies iræ, dies illa, Solvet sæclum in favilla, Teste David cum Sibylla! Quantus tremor est futurus, Quando judex est venturus, Cuncta stricte discussurus! Tuba mirum spargens sonum Per sepulcra regionum, Coget omnes ante thronum. Mors stupebit et Natura, Cum resurget creatura, Judicanti responsura. Liber scriptus proferetur, In quo totum continetur, Unde Mundus judicetur. Judex ergo cum sedebit, Quid latet apparebit, Nihil inultum remanebit. Quid sum miser tunc dicturus? Quem patronum rogaturus, Cum vix justus sit securus? Rex tremendæ majestatis, Qui salvandos salvas gratis, Salva me, fons pietatis. Recordare, Jesu pie, Quod sum causa tuæ viæ; Ne me perdas illa die. Quærens me, Sedisti lassus, 38
PROSE
PROSE
Jour de colère que ce jour-là, Où le monde sera réduit en cendres, Selon les oracles de David et de la Sibylle. Quelle terreur nous saisira Lorsque le Juge apparaîtra Pour tout juger avec rigueur ! Le son merveilleux de la trompette, Se répandant sur les tombeaux, Nous rassemblera au pied du trône. La Mort, surprise, et la Nature Verront se lever tous les hommes Pour comparaître face au Juge. Le livre alors sera ouvert, Où tous nos actes sont inscrits ; Tout sera jugé d’après lui. Lorsque le Juge siégera, Tous les secrets seront révélés Et rien ne restera impuni. Dans ma détresse, que pourrai-je alors dire ? Quel protecteur pourrai-je implorer ? Alors que le juste est à peine en sûreté… Ô Roi d’une majesté redoutable, Toi qui sauves les élus par grâce, Sauve-moi, source d’amour. Rappelle-toi, Jésus très bon, Que c’est pour moi que tu es venu ; Ne me perds pas en ce jour-là. À me chercher tu as peiné, Par ta Passion tu m’as sauvé.
The day of wrath, that day Will dissolve the world in ashes As David prophesied with the Sibyl. What dread there will be When the Judge shall come To examine all things with rigour! The trumpet, diffusing a wondrous sound Through the tombs of every region, Will summon all before the throne. Death and nature shall stand amazed When creation rises again To answer to the Judge. A written book will be brought forth, That contains everything For which the world shall be judged. When therefore the Judge takes his seat, Whatever is hidden shall be made manifest: Nothing will remain unpunished. What am I, wretch, then to say, What advocate ask to plead for me, When scarcely the righteous shall be safe? King of awful majesty, Who freely savest the redeemed, Save me, O Fount of pity. Remember, merciful Jesus, That I am the cause of thy journey, Lest thou destroy me on that day. Seeking me, thou didst sit down weary; Thou didst redeem me by suffering the Cross: 39
Redemisti crucem passus, Tantus labor non sit cassus. Juste Judex ultionis, Donum fac remissionis ante diem rationis. Ingemisco, Tamquam reus, Culpa rubet vultus meus, Supplicanti parce Deus. Qui Mariam absolvisti, Et latronem exaudisti, Mihi quoque spem dedisti. Preces meæ non sunt dignæ, Sed tu bonus fac benigne, Ne perenni cremer igne. Inter oves locum præsta, Et ab hædis me sequestra, Statuens in parte dextra. Confutatis maledictis, Flammis acribus addictis, Voca me cum benedictis. Oro supplex et acclinis, Cor contritum quasi cinis, Gere curam mei finis. Lacrimosa dies illa, Qua resurget ex favilla judicandus homo reus. Huic ergo parce, Deus. Pie Jesu Domine, dona eis requiem. Amen.
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Qu’un tel labeur ne soit pas vain ! Tu serais juste en me condamnant, Mais accorde-moi ton pardon Lorsque j’aurai à rendre compte. Vois, je gémis comme un coupable Et le péché rougit mon front ; Seigneur, pardonne à qui t’implore. Tu as absous Marie-Madeleine Et exaucé le larron ; Tu m’as aussi donné espoir. Mes prières ne sont pas dignes, Mais toi, si bon, fais par pitié Que j’évite le feu sans fin. Place-moi parmi tes brebis, Garde-moi à l’écart des boucs En me mettant à ta droite. Quand les maudits, couverts de honte, Seront voués au feu rongeur, Appelle-moi parmi les bénis. En m’inclinant je te supplie, Le cœur broyé comme la cendre : Prends soin de mes derniers moments. Jour de larmes que ce jour-là, Où, de la poussière, ressuscitera Le pécheur pour être jugé ! Daigne, mon Dieu, lui pardonner. Bon Jésus, notre Seigneur, accorde-lui le repos. [Amen.
Let not such hardship be in vain. Just Judge of vengeance, Grant me remission Before the day of reckoning. I groan as one who is guilty; My face blushes with guilt: Spare the suppliant, O God. Thou who didst absolve Mary Magdalene And didst hear the thief’s entreaty, To me too hast thou given hope. My prayers are not worthy, Yet thou who art kind, show mercy, Lest I burn in eternal fire. Grant me a place among the sheep, And separate me from the goats, Setting me on thy right hand. When the accursed have been confounded, And consigned to the searing flames, Call me with the blessed. I pray, kneeling in supplication, My heart as contrite as ashes: Take my fate into thy care. Full of weeping will be that day When from the ashes shall rise again Guilty man to be judged: Therefore spare this one, O God. Merciful Lord Jesus, grant them rest. Amen.
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4 | 12 OFFERTORIUM | OFFERTOIRE
Domine, Jesu Christe, Rex gloriæ, libera animas omnium fidelium defunctorum de poenis inferni et de profundo lacu. [Libera eas de ore leonis,] ne absorbeat eas tartarus, ne cadant in obscurum. [Sed signifer sanctus Michael repraesentet eas in lucem sanctam, quam olim Abrahae promisisti et semini ejus.] Hostias et preces tibi, [laudis,] offerimus, [tu suscipe] pro animabus illis ; [quarum hodie memoriam facimus:] Fac eas, Domine, de morte æterna transire ad vitam.
[ ] in Cherubini only
5 | 13 SANCTUS, BENEDICTUS | SANCTUS
Sanctus, Sanctus, Sanctus, Dominus Deus Sabaoth; pleni sunt coeli et terra gloria tua. Hosanna in excelsis.
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OFFERTOIRE
OFFERTORY
Seigneur, Jésus-Christ, Roi de gloire, délivrez les âmes de tous les fidèles défunts des peines de l’enfer et de l’abîme sans fond : [Délivrez-les de la gueule du lion,] afin que le gouffre horrible ne les engloutisse pas et qu’elles ne tombent pas dans le lieu des ténèbres. [Que Saint-Michel, le porte-étendard, les introduise dans la sainte lumière que vous avez promise jadis à Abraham et à sa postérité.] Nous vous offrons, Seigneur, [le sacrifice] et les prières de notre louange : [Recevez-les] pour ces âmes [Dont nous faisons mémoire aujourd’hui.] Seigneur, faites-les passer de la mort à la vie.
O Lord Jesus Christ, King of glory, deliver the souls of all the faithful departed from the pains of hell and the bottomless pit: [Deliver them from the jaws of the lion,] lest hell engulf them, lest they be plunged into darkness. [But let the holy standard-bearer Michael Lead them into the holy light, As once thou promised to Abraham and to his seed.] Lord, [in praise,] we offer thee sacrifices and prayers, [Accept them] on behalf of those souls [whom we remember this day:] Lord, make them pass from death to life.
[ ] uniquement dans Cherubini
[ ] in Cherubini only
SANCTUS
SANCTUS
Saint, saint, saint le Seigneur, Dieu des Forces célestes. Le ciel et la terre sont remplis de ta gloire. Hosanna au plus haut des cieux.
Holy, holy, holy, Lord God of Hosts! Heaven and earth are full of thy glory. Hosanna in the highest!
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6 | 14 PIE JESU
Pie Iesu, Domine, dona eis requiem.
7 | 15 AGNUS DEI ET COMMUNIO | AGNUS DEI
Agnus Dei, qui tollis peccata mundi, dona eis requiem, Agnus Dei, qui tollis peccata mundi, dona eis requiem, Agnus Dei, qui tollis peccata mundi, dona eis requiem sempiternam. Lux æterna luceat eis, Domine, cum sanctis tuis in æternum, quia pius es. Requiem æternam dona eis, Domine, et lux perpetua luceat eis.
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PIE JESU
PIE JESU
Pieux Jésus, Seigneur, donne-leur le repos.
Merciful Lord Jesus, grant them rest.
AGNUS DEI
AGNUS DEI
Agneau de Dieu, qui enlèves les péchés du monde, donne-leur le repos. Agneau de Dieu, qui enlèves les péchés du monde, donne-leur le repos. Agneau de Dieu, qui enlèves les péchés du monde, donne-leur le repos éternel. Que la lumière éternelle luise pour eux, Seigneur, au milieu de tes Saints et à jamais, car tu es miséricordieux. Donne-leur le repos éternel, Seigneur, et que la lumière éternelle les illumine.
Lamb of God that takest away the sins of the world, grant them rest. Lamb of God that takest away the sins of the world, grant them rest. Lamb of God that takest away the sins of the world, grant them eternal rest. Let perpetual light shine upon them. with thy saints for ever, for thou art merciful. Eternal rest grant unto them, O Lord, and let perpetual light shine upon them.
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AU SERVICE DE GRANDES CAUSES, LA FONDATION BRU OFFRE AUX TALENTS ET AUX BELLES INITIATIVES, LES MOYENS D’ALLER DE L’AVANT, POUR CHANGER DURABLEMENT LES CHOSES. CRÉÉE À L’INITIATIVE DU DOCTEUR NICOLE BRU AFIN DE PÉRENNISER LA MÉMOIRE DES CRÉATEURS DES LABORATOIRES UPSA, ELLE SOUTIENT ET ACCOMPAGNE DANS LA DURÉE DES PROJETS INNOVANTS, BIEN CONÇUS, PORTÉS PAR UNE VISION À LONG TERME… LES RENDANT PARFOIS TOUT SIMPLEMENT POSSIBLES. ENGAGÉE, PROFONDÉMENT HUMANISTE, PIONNIÈRE, À L’IMAGE DE LA FAMILLE DE CHERCHEURS ENTREPRENEURS DONT ELLE PORTE LE NOM, LA FONDATION BRU PLACE L’HOMME AU CŒUR DE SES ACTIONS ET INTERVIENT DANS DES DOMAINES TRÈS VARIÉS. PAR SON MÉCÉNAT CULTUREL, LA FONDATION BRU CONTRIBUE À LA SAUVEGARDE DE PATRIMOINES, FAVORISE LA DIFFUSION DES CONNAISSANCES ET L’ÉMERGENCE DE NOUVEAUX TALENTS ET FAIT PARTAGER DES ÉMOTIONS. PARMI SES ENGAGEMENTS EN FAVEUR DE LA MUSIQUE : – LE CONCERT SPIRITUEL LES DOCTEURS JEAN ET NICOLE BRU ONT ASSURÉ UN SOUTIEN INDÉFECTIBLE À HERVÉ NIQUET DÈS 1987. LA FONDATION BRU A PRIS LE RELAIS, POUR CONTRIBUER AU RAYONNEMENT DE LA MUSIQUE BAROQUE EN EUROPE ET DANS LE MONDE. – LE PALAZZETTO BRU ZANE – CENTRE DE MUSIQUE ROMANTIQUE FRANÇAISE CETTE FONDATION ŒUVRE, DEPUIS VENISE, À LA REDÉCOUVERTE DU PATRIMOINE MUSICAL FRANÇAIS DU GRAND XIXE SIÈCLE.
FONDATION-BRU.ORG
LE PALAZZETTO BRU ZANE – CENTRE DE MUSIQUE ROMANTIQUE FRANÇAISE Le Palazzetto Bru Zane – Centre de musique romantique française a pour vocation de favoriser la redécouverte du patrimoine musical français du grand XIXe siècle (1780-1920) en lui assurant le rayonnement qu’il mérite. Installé à Venise, dans un palais de 1695 restauré spécifiquement pour l’abriter, ce centre est une réalisation de la Fondation Bru. Il allie ambition artistique et exigence scientifique, reflétant l’esprit humaniste qui guide les actions de la fondation. Les principales activités du Palazzetto Bru Zane, menées en collaboration étroite avec de nombreux partenaires, sont la recherche, l’édition de partitions et de livres, la production et la diffusion de concerts à l’international, le soutien à des projets pédagogiques et la publication d’enregistrements discographiques. BRU-ZANE.COM THE PALAZZETTO BRU ZANE – CENTRE DE MUSIQUE ROMANTIQUE FRANÇAISE The vocation of the Palazzetto Bru Zane – Centre de musique romantique française is to favour the rediscovery of the French musical heritage of the years 1780-1920 and obtain international recognition for that repertoire. Housed in Venice in a palazzo dating from 1695, specially restored for the purpose, the Palazzetto Bru Zane – Centre de musique romantique française is one of the achievements of the Fondation Bru. Combining artistic ambition with high scientific standards, the Centre reflects the humanist spirit that guides the actions of that foundation. The Palazzetto Bru Zane’s main activities, carried out in close collaboration with numerous partners, are research, the publication of books and scores, the production and international distribution of concerts, support for teaching projects and the production of CD recordings. BRU-ZANE.COM DER PALAZZETTO BRU ZANE – CENTRE DE MUSIQUE ROMANTIQUE FRANÇAISE Der Palazzetto Bru Zane – Centre de musique romantique française - hat es sich zur Aufgabe gemacht, französischen Musikschätzen des 19. Jahrhunderts (1780-1920) wieder zu gebührender Ausstrahlung zu verhelfen. Sein Sitz ist in Venedig in einem von der Stiftung Bru für seine Zwecke restaurierten Palazzetto aus dem Jahr 1695. Er vereint künstlerischen Ehrgeiz mit wissenschaftlichem Anspruch im humanistischen Geist der Stiftung Bru. Im Zentrum seiner Arbeit stehen in Zusammenarbeit mit internationalen Institutionen Forschungsarbeit, Herausgabe von Partituren und Büchern, Organisation internationaler Konzerte, sowie die Förderung pädagogischer Projekte und CD Produktionen.
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RECORDED ON 21 & 22 JANUARY 2016 AT CHAPELLE ROYALE DU CHÂTEAU DE VERSAILLES MANUEL MOHINO RECORDING PRODUCER, EDITING & MASTERING ASSISTED BY RODOLPHE STARINSKY CHARLES JOHNSTON ENGLISH TRANSLATION SILVIA BERUTTI-RONELT GERMAN TRANSLATION VALÉRIE LAGARDE & AURORE DUHAMEL DESIGN & ARTWORK BRITISH LIBRARY, LONDON, UK CALMANN & KING LTD/BRIDGEMAN IMAGES COVER IMAGE GUY VIVIEN INSIDE PHOTOS (P.3 & 25) J.-M. MANAÏ PHOTO (P.6) LE CONCERT SPIRITUEL PHOTO (P.17) JULIEN MIGNOT PHOTO (P.33) LE CONCERT SPIRITUEL 42, RUE DU LOUVRE - F-75001 PARIS - FRANCE TEL +33(0)1 40 26 11 31 - CONCERTSPIRITUEL.COM AUDE MASSIET DU BIEST DIRECTOR CLÉO BLASSEL PRODUCTION EMILIE-CHARLOTTE FRANÇOIS COMMUNICATION AND PARTNERSHIP MANAGER MARIE-CAPUCINE GUILLOCHON FUNDRAISING MANAGER MYRIAM KOUNDOUNO ADMINISTRATIVE MANAGER ISABELLE PICHON-VARIN PRODUCTION MANAGER JULIANA RICHARD BOOKING PALAZZETTO BRU ZANE ALEXANDRE DRATWICKI SCIENTIFIC DIRECTOR ALPHA CLASSICS DIDIER MARTIN DIRECTOR LOUISE BUREL PRODUCTION AMÉLIE BOCCON-GIBOD EDITORIAL COORDINATOR ALPHA 251 P CHÂTEAU DE VERSAILLES SPECTACLES & PALAZZETTO BRU ZANE & LE CONCERT SPIRITUEL & ALPHA CLASSICS / OUTHERE MUSIC FRANCE 2016 C ALPHA CLASSICS / OUTHERE MUSIC FRANCE 2016
ALSO AVAILABLE
ALPHA 222
ALPHA 711