Voir le dedans des murs Ne nous est pas donné. On a beau les casser Leur façade est montrée. Bien sûr que c’est pareil En nous et dans les murs, Mais voir Apaiserait Seeing the inside of the walls Is not allowed us. Try as we might to break them, Their façade is shown. Of course, it’s the same thing In us and in the walls, But seeing Would appease Guillevic
Français
Regards au secret Dix années déjà de projets musicaux et artistiques développés dans ce site exceptionnel de Clairvaux, abbaye et prison ! Mais aussi dix années de travail et d’échanges fructueux aux côtés des détenus de la maison centrale, qui m’ont intimement convaincue que l’expression artistique a un sens dans l’espace clos de la prison. Chez certains, la découverte d’un talent caché, qui n’a pu se révéler dans un parcours antérieur chaotique, sera envisagée comme l’amorce d’une réinsertion. Pour les très longues peines, l’expression artistique est assurément l’un des moyens de se constituer un espace minimal de liberté et d’autonomie dans le temps infiniment long de jours tous identiques, entièrement soumis à la règle et sans avenir ni projet visible... ou si lointains ! Cela permet de « tenir »… et se découvrir capable de participer à la création d’une œuvre destinée à être représentée au dehors, contribue à restaurer une estime de soi chez ceux qui sont la plupart du temps stigmatisés dans l’image exclusive du « criminel » et destitués de leur part d’humanité. Pour celui qui pénètre pour la première fois en prison, c’est toujours une expérience inattendue et improbable d’être confronté à une telle profondeur d’humanité : nous autres intervenants avons donc à assumer un double rôle de témoin et de passeur, par le biais de l’œuvre artistique qui n’est plus alors seulement un objet d’art pur mais devient un témoignage de ce monde au secret, ce qui lui assigne une dimension d’engagement.
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En 2012, la demande a été faite à chaque participant de définir un projet déterminant ce qu’il souhaitait photographier dans l’univers carcéral qui l’entoure, en écho au thème proposé de « la limite », conducteur de l’atelier d’écriture puis de l’œuvre chorale commandée au compositeur Philippe Hersant sur les textes issus de cet atelier.
Invisible, l’horizon...
Sous la conduite attentionnée de la photographe Jacqueline Salmon et en lien étroit avec les ateliers d’écriture, chaque détenu a mené à bien son projet photographique au sein de la maison centrale. Malgré la limitation spatiale du champ photographique, chaque projet s’avère singulier et cette diversité offre un point de vue surprenant sur le lieu d’incarcération et la façon dont chacun le voit et le vit. Chaque détenu nous livre ainsi un regard « de l’intérieur » sur le temps et l’espace carcéral, et sa représentation subjective d’un univers pourtant totalement uniforme. Chaque image révèle une personnalité, en parallèle et au même titre que l’écriture qui suivra et viendra apposer en mots la « signature » de chacun sur ses images, traduite ensuite en musique par le compositeur Philippe Hersant.
Le temps est contraint, haché au rythme des « mouvements » aux heures impératives. Grilles après grilles s’ouvrant et se refermant par des serrures électroniques depuis la cellule presque privée jusqu’aux ateliers, au terrain de sport, à la salle d’activité, à la cabine téléphonique sur écoute, aux parloirs dont on sortira fouillé à corps… Invisible, l’horizon se rapproche parfois, recule le plus souvent, trop lointain pour être perceptible. Les jours se renouvellent, identiques. Seules les saisons apportent la variation des couleurs de la forêt au delà des enceintes et rendent Clairvaux plus supportable à certains.
Si la pratique artistique, en libérant l’imaginaire, a le pouvoir de dénouer les chaînes et de transformer l’ombre en lumière, alors je vous invite à regarder les images et à écouter les mots et les notes qui les racontent et les chantent, transmettant pour un moment d’émotion partagée le message d’une humanité retrouvée.
De la maison centrale de Clairvaux on ne voit que les murs de pierre qui s’étalent dans le paysage. Mais qui peut imaginer ce qu’est exactement une privation de liberté et le déroulement quotidien de la vie dans un centre pénitentiaire ultra sécurisé ?
C’est là, dans ces conditions de vie, qu’une douzaine de détenus se sont inscrits à l’atelier de photographie, préalable à l’atelier d’écriture d’Anne-Marie Sallé. L’incarcération a ainsi été photographiée par les détenus eux-mêmes, posément, sans précipitation, avec pour thème celui de la limite. Exploration de l’espace mental ou réel, dans lequel chacun est parvenu à préserver un peu de son identité.
Dès la première rencontre j’ai senti que nous allions faire un travail sérieux, dans une atmosphère de confiance, chacun ayant déjà déposé son projet. De mon côté j’apportais mes appareils professionnels pour me mettre au service de leurs idées et les rendre réalisables. Dans le projet conçu par Anne-Marie Sallé et présenté ici, le rôle de la photographie est celui d’un révélateur favorisant la rencontre et la compréhension ; le pivot sur lequel peuvent s’équilibrer à la fois leurs textes et l’écriture musicale du compositeur Philippe Hersant. Dans l’ensemble du travail, nous avons vu l’incarcération soudain représentée de l’intérieur dans la vérité non seulement des lieux, mais aussi dans celle des êtres. Exposer ces photographies, les ouvrir aux commentaires témoignerait en silence, sans parti pris, des choses telles qu’elles sont mais surtout telles qu’elles se pensent par les détenus. Jacqueline Salmon Photographe
Anne-Marie Sallé Directrice artistique du Festival de Clairvaux « Ombres et Lumières »
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Philippe Hersant
Photo : A. Yanez.
Bien que composés dans des circonstances et à des époques différentes, Wanderung, Désert et Nostalgia forment un triptyque, un petit « Requiem allemand », pourrait-on dire... Les trois pièces s’appuient sur des poèmes dont le thème central est la mort ; toutes trois font appel à un effectif assez inhabituel, un instrument soliste y étant confronté à un ensemble vocal. Toutes trois, enfin, m’ont été commandées et ont été créées par Loïc Pierre et son chœur de chambre Mikrokosmos. Elles offrent néanmoins des contrastes très affirmés, induits par l’attitude radicalement différente des poètes face à la mort.
Philippe Hersant
Wanderung, pour basson et chœur de femmes (1998) met en musique des vers célèbres de Goethe (Wandrers Nachtlied) dans lesquels, sans être nommée, la mort est présente, « non pas dans son horreur, comme l’écrit Jean Tardieu, mais comme ce qu’elle est, en effet, dans la nature : une nécessité biologique. Une plante qui se fane et tombe… » La pièce est simple, méditative. Chaque phrase chantée par le chœur de femmes — traité comme un chœur de voix célestes — mêle sa résonance à celles des tenues immobiles ou vacillantes, du basson, dont les accords multi-phoniques apportent, par ailleurs, une couleur étrange, presque surnaturelle. À la sérénité religieuse des vers de Goethe s’oppose la violence des mots, des images et des sonorités du texte de Nietzsche, tiré des Dithyrambes pour Dionysos.
Désert (2002) oppose, en un combat inégal, une flûte alto à un chœur d’hommes. Pour rivaliser avec le chœur, la flûte doit faire appel à toutes ses ressources et à des techniques de jeu particulières, dont le chant dans l’instrument. Cela est particulièrement perceptible dans la coda, faite de longues clameurs, qui m’a été inspirée par un chant funèbre albanais. Le mythe du Paradis perdu est au cœur de la troisième pièce Nostalgia, pour violon et chœur mixte (2008). Il s’agit d’une ample paraphrase du choral de Jean-Sébastien Bach, Durch Adams Fall (Par la chute d’Adam). Le chœur énonce le choral, partiellement puis intégralement, avant de se dissoudre peu à peu — tandis que le violon brode sur ce thème des variations lentes ou rapides, rêveuses ou véhémentes, dans un style très concertant. Niggun, pour basson seul (1993), est une pièce instrumentale sacrée, inspirée d’un niggun du XVIIIe siècle. C’est le nom que l’on donne, dans la tradition hébraïque hassidique, à un type de chants sans paroles, expressions d’une expérience qui ne peut être traduite par des mots. Le basson doit tenter d’imiter ici les inflexions de la voix humaine. Comme dans Wanderung, il est fait, dans cette pièce, un large usage des possibilités multiphoniques du basson. Cet instrument peut faire sonner en effet, dans la douceur comme dans la force, d’étranges accords qui échappent au système tempéré et dont la qualité poétique m’a toujours frappé. La pièce doit beaucoup à son interprète Pascal Gallois, qui en est le commanditaire et le dédicataire.
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Instants limites Quelle a été votre première réaction lorsque Anne-Marie Sallé vous a sollicité pour une commande musicale destinée au festival de Clairvaux, impliquant votre collaboration aux ateliers d’écriture qu’elle mène à la maison centrale ? Philippe Hersant : J’ai ressenti un mélange de curiosité et d’appréhension. Mais j’ai tout de suite accepté, de manière presque instinctive. J’avais entendu parler de l’expérience menée par AnneMarie Sallé et Thierry Machuel à Clairvaux et j’avais suivi cela avec beaucoup d’intérêt. Le plaisir de retrouver à cette occasion mes amis du chœur Aedes a aussi compté dans ma décision.
Vos premières impressions de l’univers carcéral, par rapport à la représentation que vous en aviez avant de le découvrir concrètement ? Ph. H. : Comme tout un chacun, j’avais de l’univers carcéral une représentation très vague, presque détachée du réel, à travers le cinéma et la télévision. On sait bien que cet univers existe mais on répugne à y être confronté… Les appréhensions au moment d’entrer dans cet univers sont presque irrationnelles. Les sentiments les plus contradictoires vous envahissent, peur primale, compassion, répulsion — et, bien sûr, claustrophobie. Mais il m’est arrivé, par moments, d’oublier que j’étais dans une prison et de m’y sentir parfaitement détendu.
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Avez-vous perçu les textes que vous ont livré les détenus différemment de ceux qui vous inspirent habituellement et avez-vous le sentiment que cette expérience a fait évoluer votre écriture musicale ? Le cas échéant, dans quel sens ? Ph. H. : Qu’ils décrivent leur univers carcéral sans espoir, ou qu’ils tentent de s’en évader par le rêve, les détenus ont tous écrit, à mon sens, des textes forts. Aucun ne m’a laissé indifférent. Pour les mettre en musique, j’ai essayé de trouver une expression directe et immédiate, d’atteindre à une sorte de simplicité concise, sans fioritures ni digressions. Anne-Marie et moi-même leur avions demandé d’écrire des textes courts, un peu sur le modèle du haïku japonais, et donc de se limiter à l’essentiel. Je me suis fixé moi-même des limites : celle de faire « bref » mais aussi celle de n’utiliser, dans chacun de ces instantanés, qu’un nombre restreint de sons — un peu à l’instar d’un peintre qui limiterait de façon drastique sa palette de couleurs. Chacun des morceaux est en effet bâti sur quelques notes : six au maximum — sur les douze que compte la gamme chromatique. Ainsi, Quiétude de l’âme, le dernier, n’utilise que quatre notes de la gamme. Et la deuxième version de Voix sans issue, une seule note, le fa # ! Ce poème, qui évoque la répétition quotidienne de ces « milliers de pas qui ne mènent nulle part » revient à plusieurs reprises, comme un leitmotiv. C’est le fil rouge de l’œuvre, que j’ai conçue comme un cycle organisé et non comme une succession de pièces séparées.
Les détenus « écrivains » ont-ils pu entendre l’œuvre chorale issue de leurs textes et avezvous assisté à une restitution du concert en prison ? Ph. H. : Quelques jours avant le concert –auquel ils n’avaient pas l’autorisation d’assister - Mathieu Romano, quelques chanteurs du chœur et moimême, les avons rencontrés. L’effectif choral de l’œuvre étant sensiblement plus important, il a fallu simplifier la musique et ils n’ont pu en avoir qu’un « avant-goût ». Mais cela m’a permis de leur expliquer, musique à l’appui, comment j’avais ressenti leur texte et comment je m’en étais inspiré. Le concert a été filmé et il a été projeté sur un drap, dans un couloir de la prison où l’acoustique est excessivement réverbérée. La scène était étrange, presque surréelle, très forte en tout cas… J’ai été touché par l’écoute attentive des détenus et par leurs réactions positives.
Diriez-vous que l’écriture de ces œuvres a pris pour vous une valeur particulière, celle d’un engagement ou d’un témoignage de cette expérience hors norme ? Ph. H. : Sans aucun doute. Je considère mon expérience à Clairvaux, comme l’une des plus fortes et des plus déterminantes de ma vie de compositeur – et c’est pourquoi j’ai accepté sans hésiter l’invitation de prolonger cette aventure l’année suivante.
Philippe Hersant, compositeur Né en 1948 à Rome, Philippe Hersant a accompli toutes ses études musicales au Conservatoire national supérieur de musique de Paris, notamment dans la classe de composition d’André Jolivet, avant d’être boursier de la Casa Velasquez de 1970 à 1972 puis de la Villa Médicis de 1978 à 1980. Ayant achevé ses études musicales vers 1970, Philippe Hersant s’octroya une décennie pour trouver son propre langage. Sa patiente maturation passa davantage par le livre et par les mots que par l’étude exclusive de son art, à l’exception de multiples musiques extra-européennes. Grand lecteur (il est licencié ès lettres) mais aussi cinéphile, il s’est abreuvé aux plus diverses sources littéraires (notamment les romantiques allemands et nombre de poètes d’Extrême-Orient) et cinématographiques (il affirme une particulière dilection pour Fellini et pour la place éminente qu’il assigne à la mémoire). Sans jamais chercher à faire école, il fut l’un des premiers de sa génération à se situer, de nouveau, dans l’espace tonal et modal. Il n’en bannit pas moins toute inclination néo-classique. À la tête d’un catalogue riche de près d’une centaine de pièces, Philippe Hersant a reçu des commandes émanant d’illustres institutions : le Ministère de la Culture (Missa brevis en 1986), Radio France (Le Château des Carpathes, en 19891991, Concerto pour violon en 2003 ; sans oublier qu’il fut l’invité de son festival, Présences, en 2004), l’Opéra de Leipzig (l’opéra Le Moine noir, en 2006), l’Orchestre national de Lyon (Streams, en 2000), l’Orchestre national de Montpellier (Concerto pour violoncelle n°2, en 1996-1997). En outre, le monde
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musical lui a décerné de nombreuses distinctions : Grand Prix musical de la Ville de Paris (1990), Grand prix SACEM de la musique symphonique (1998), Grand prix de la Fondation Del Duca (2001), Victoire de la Musique (2005 et 2010) ainsi que le Grand Prix Lycéen des Compositeurs (2012). Frank Langlois
Pascal Gallois, basson Pascal Gallois eut Maurice Allard comme professeur au Cnsmdp, où il obtint le 1er Prix de basson à l’unanimité. En 1981, Pierre Boulez l’engage comme soliste à l’Ensemble Intercontemporain. De 1994 à 2000, il est professeur de basson au CNSMD de Paris. De 1995 à aujourd’hui, il crée des œuvres dont il est souvent dédicataire, notamment de L. Berio, de G. Kurtág, d’O. Neuwirth, de S. Bainbridge, de W. Rihm. En 2002, il est nommé professeur à la Musikhochschule de Zurich en Suisse. Il participe au Pollini Project 2003 à l’occasion de l’inauguration du nouvel Auditorium de Rome ainsi qu’au Pollini Project 2004 à Kyoto et Pollini Project 2009 à Paris et Bologne. Il anime des Masterclasses et récitals à Philadelphie. En 2009, son traité La technique du basson parait chez Bärenreiter, préfacé par P. Boulez. En avril 2010, il organise “triples Dialogue” avec le clarinettiste et compositeur JörgWidmann autour d’un programme Boulez et Beethoven pour le 85e anniverssaire de P. Boulez. En 2010, il est engagé comme professeur au Konservatorium de Vienne (Autriche).
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Jean-Luc Menet, flûte Jean-Luc Menet, flûtiste, est lauréat de plusieurs concours internationaux dont celui de la Fondation Gaudeamus en Hollande pour la musique contemporaine. Il crée et enregistre des œuvres (dont certaines lui sont dédiées), de compositeurs aussi variés que Klaus Huber, Philippe Hersant, Elliott Carter entre autres. Aux côtés de John Cage il élabore à Orléans la mise en place de « Sixteen Dances » et s’associe à de nombreuses initiatives originales. Il promeut la musique française à l’étranger notamment au Japon, à Dublin, Genève, Berlin, Moscou, New-York et Chicago. Il fonde l’Ensemble Alternance pour donner vie à la musique de notre temps et créer un nouveau répertoire de musique de chambre. Il s’associe à Rachid Safir et ses voix solistes XXI pour la création du Miserere Hominibus de Klaus Huber au festival de Lucerne, qu’il rejoue à Paris, à Porto, à Münich et à Weimar et pour un concert hommage à Iannis Xenakis à l’Opéra de Paris. Il collabore avec l’IRCAM pour la création du Concerto pour flûte alto de Robert H. P. Platz.
Régis Pasquier, violon Né dans une famille de musiciens, Régis Pasquier est bercé par la musique dès son plus jeune âge. Il remporte à 12 ans, ses Premiers Prix de violon et de musique de chambre au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris et s’envole, deux ans après, aux Etats-Unis. C’est pour lui l’occasion de rencontrer Isaac Stern, David Oïstrakh, Pierre Fournier et Nadia Boulanger.
Fortement présent, notamment dans le domaine de la musique de chambre, il multiplie, depuis 1990, ses enregistrements : après des œuvres concertantes avec l’Orchestre National de Bordeaux Aquitaine sous la direction d’Alain Lombard, les Concertos de Berg et Bartók avec l’Orchestre de la Radio Hongroise, il grave les œuvres de Prokofiev, Brahms, Ravel. Il a également enregistré l’intégrale des Caprices de Paganini (Auvidis). Son enregistrement des Concertos de Mozart avec l’Orchestre Philharmonique de Liège (disque Auvidis salué par l’ensemble de la presse) précède celui des Sonates pour violon et piano de Beethoven, enregistrées avec son complice de longue date, Jean-Claude Pennetier, et récompensées d’une Victoire de la Musique. Régis Pasquier enseigne le violon et la musique de chambre au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris depuis 1985. Depuis 1998, Régis Pasquier joue un magnifique violon Joseph Guarnerius (Del Gesu) Cremona 1734.
Ensemble vocal Aedes Fondé en 2005 par Mathieu Romano, l’ensemble vocal Aedes a pour vocation d’interpréter les oeuvres majeures et les pièces moins célèbres du répertoire choral des cinq siècles passés, jusqu’à la création contemporaine. Composé, selon les programmes, de seize à trentedeux chanteurs professionnels, l’ensemble Aedes a déjà inscrit à son répertoire de nombreux cycles a cappella, participé à des projets d’oratorios et d’opéras mis en scène et proposé différents programmes pour choeur et piano, orgue ou ensemble instrumental.
Il collabore régulièrement avec des ensembles renommés tels que le Cercle de l’Harmonie (direction : Jérémie Rhorer), les Musiciens du Louvre Grenoble (direction : Marc Minkowski), l’Orchestre Philharmonique de Radio France ou encore la Maîtrise de Paris (direction : Patrick Marco). L’ensemble s’est déjà produit à la Salle Pleyel, au Théâtre des Champs-Elysées, à l’Opéra royal de Versailles, aux Festivals de Saint-Denis, de La ChaiseDieu et d’Ambronay, à l’Auditorium de Dijon, au Théâtre de Caen, au Théâtre Impérial de Compiègne, ou encore à l’Abbaye aux Dames de Saintes, à l’Auditorium du Louvre, au Festival de Pâques de Deauville, au Théâtre de l’Athénée, au Théâtre musical de Besançon, aux festivals d’Auvers-sur-Oise, de Beaune et de Noirlac, ainsi qu’à l’Auditorium du Musée d’Orsay et sur différentes scènes nationales françaises (Quimper, Angoulême, La Rochelle). Il sera programmé en 2013 à l’Opéra national de Bordeaux dans une production de l’opéra Didon et Enée de Henry Purcell ainsi qu’au Festival de Radio France et Montpellier dans une production de la Mass de Leonard Bernstein, aux côtés du Chœur de la Radio Lettone. La musique du 20e siècle et la création contemporaine tiennent une place essentielle dans les activités de l’ensemble. En 2008, l’ensemble Aedes crée une commande faite au compositeur Philippe Hersant. En 2011, il crée un oratorio pour chœur de Thierry Machuel dans le cadre du Festival de Clairvaux. En 2012, il assure la création française de Furcht und Zittern, œuvre de Brice Pauset en partenariat avec l’Orchestre Dijon Bourgogne. Des œuvres de Philippe Fénelon, Jonathan Harvey ou encore Aurélien Dumont et Philip Lawson font partie de son répertoire. L’ensemble invite fréquemment des chefs
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ou personnalités reconnues du milieu musical dans le cadre de la préparation de certains programmes : Hervé Niquet pour la musique baroque française, Joël Suhubiette pour le répertoire a cappella du 20e siècle, Catherine Simonpietri pour le répertoire contemporain, ou encore Dominique Visse pour la chanson de la Renaissance. L’ensemble Aedes a déjà gravé un premier disque consacré au compositeur Franz Liszt et intitulé « Via crucis » en 2007. Son premier disque a cappella intitulé « Ludus verbalis » et consacré aux musiques profanes du 20e siècle, est paru sous le label Eloquentia (distribution Harmonia Mundi) au mois de juin 2011 et a été récompensé d’un Diapason découverte et d’un prix de la deutsche Schallplattenkritik. Son deuxième disque a cappella, « Ludus verbalis, volume II » (Eloquentia / Harmonia Mundi), est paru au mois de novembre 2012 et a été récompensé d’un Diapason d’or. La Fondation Orange et la Fondation Bettencourt Schueller sont les principaux mécènes de l’ensemble Aedes, qui bénéficie également du soutien du Ministère de la Culture et de la Communication Directions Régionales des Affaires Culturelles de Bourgogne et de Picardie, de Mécénat Musical Société Générale, des Conseils Régionaux de Bourgogne et de Picardie, des Conseils Généraux de l’Oise et de l’Yonne, de la Ville d’Auxerre, de Musique Nouvelle en Liberté (MNL), et de l’aide ponctuelle du Fonds pour la Création Musicale (FCM) et de la SPEDIDAM. L’ensemble est en résidence à la Fondation Singer - Polignac, au Théâtre Impérial de Compiègne ainsi qu’au Théâtre d’Auxerre. Il est également Lauréat 2009 du Prix Bettencourt pour le chant choral décerné par l’Académie des Beaux-Arts.
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Mathieu Romano, direction Né en 1984, Mathieu Romano mène une double carrière de chef de chœur et de chef d’orchestre. Après des études musicales de flûte traversière, de piano et de direction de choeur en Bourgogne, il est admis au CNSM de Paris en 2005. Il y obtient ses prix de flûte traversière et de musique de chambre à l’unanimité en 2009. Il intègre la même année la classe supérieure de direction d’orchestre du CNSM de Paris et reçoit en 2011 le Diplôme National Supérieur Professionnel de Musicien (DNSPM) en direction d’orchestre. Désireux de défendre à la fois l’art vocal et la musique orchestrale, il se perfectionne lors de master classes auprès de Pierre Boulez, Susanna Mälkki, FrançoisXavier Roth, Stephen Cleobury, Hans-Christoph Rademann, Catherine Simonpietri ou encore Didier Louis. En tant que chef d’orchestre, il est sélectionné en phase finale du 52e Concours international de jeunes chefs d’orchestre de Besançon. En 2011, il est invité par Arie van Beek à diriger l’Orchestre d’Auvergne. En 2012, dans le cadre de la saison musicale de l’Atelier Lyrique de l’Opéra national de Paris, il est chef assistant de Paul Agnew dans une production mise en scène de La Resurrezione de G.F. Haendel. Il sera par ailleurs chef assistant de l’Orchestre Français des Jeunes durant l’été 2013. Il est fondateur et directeur artistique de l’ensemble vocal Aedes, ensemble professionnel se produisant régulièrement dans les saisons musicales des prestigieux théâtres et festivals français et dont le deuxième disque a cappella (« Ludus verbalis », vol. II) a été récompensé d’un Diapason d’or en janvier 2013.
Clairvaux Abbaye et prison Un projet culturel global C’est en 1115 que le futur Bernard de Clairvaux, accompagné de quelques moines, vint défricher le Val d’Absinthe, clairière aride au coeur de la vieille forêt gauloise. Ils entendaient prier mais aussi vivre du travail de leurs mains comme le recommandait le nouvel Ordre cistercien. Clairvaux devint rapidement, tant l’influence de son abbé était grande, le centre du monde chrétiende son temps. Mais, sanctifiant le progrès technique, les moines de Clairvaux et les 350 abbayes de leur filiation furent également porteurs d’une civilisation nouvelle à l’échelle de l’Europe. La grande abbaye claravallienne n’a pas résisté aux siècles mais ses murs sont restés en place pour devenir avec Napoléon la plus grande prison du XIXe siècle et encore aujourd’hui la maison centrale toujours mythique dans le monde pénitentiaire.
C’est dans le respect de cette dualité que l’Association Renaissance de l’Abbaye de Clairvaux met en place depuis 1979, hors toute implication politique ou religieuse, un projet culturel global : programme de visites consacrées aux bâtiments monastiques des XIIe et XVIIIe siècles mais aussi aux lieux historiques de la prison, gestion de colloques et de publications sur les deux histoires du site, organisation d’un Festival de musique Ombres et Lumières, constitution d’un premier fonds muséal avec des oeuvres liées au site. Clairvaux a vocation à devenir un Centre culturel structurant en Champagne méridionale. Jean-François Leroux Président de Renaissance de l’Abbaye de Clairvaux
Les trois kilomètres de murs de la vieille enceinte monastique enferment un double lieu de mémoire. Tout oppose les situations humaines des moines et des détenus mais les vénérables vestiges du site témoignent de neuf siècles l’enfermement vécus dans la liberté des uns et la contrainte des autres, au cœur d’un même espace clos.
L’Association intervient dans le cadre de conventions passées avec l’Etat (DRAC), la Région Champagne Ardenne, et le Département de l’Aube. Elle bénéficie du soutien com-
plémentaire de la Communauté européenne, de la Communauté de communes de la Région de Bar-sur-Aube, de la commune de Ville-sous-la-Ferté et de plusieurs fondations.
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English
Glances in solitary That already makes ten years of musical and artistic projects developed in this exceptional site of Clairvaux, abbey and prison! But also ten years of work and fruitful exchanges alongside inmates of the prison, who have firmly convinced me that artistic expression has sense in the enclosed area of prison. For some, the discovery of a hidden talent, unable to reveal itself in a chaotic earlier period, will be envisaged as the beginning of a rehabilitation. For very long prison sentences, artistic expression is assuredly one of the means for creating a minimal space of freedom and autonomy for oneself in the numbing routine of identical days, entirely subject to rules and without a future or visible project... or so distant! That allows for ‘holding’… and discovering oneself capable of participating in the creation of a work meant to be performed on the outside contributes to restoring self-esteem in those who, most of the time, are stigmatized in the exclusive image of the ‘criminal’ and discharged of their share of humanity. For whosoever enters prison for the first time, it is always an unexpected, improbable experience to be confronted with such a depth of humanity: we other participants therefore have to take on a dual role as witness and go-between, through the artistic work that is then no longer simply an object of pure art but becomes testimony of this world in solitary, ascribing a dimension of commitment to it.
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In 2012, each participant was asked to define a decisive project that he wished to photograph in the prison universe around him, echoing the proposed theme of ‘the limit’, driver of the writing workshop and then of the choral work commissioned from composer Philippe Hersant on the texts coming out of this workshop.
The invisible horizon...
Under the attentive guidance of the photographer Jacqueline Salmon and linked closely to the writing workshops, each inmate successfully carried out his photographic project in the prison. Despite the spatial limitations of the photographic field, every project turned out to be singular, and this diversity offers a surprising point of view on the place of incarceration and the way in which each individual views and experiences it. Every inmate thus gave us a look at prison time and space ‘from the inside’, and his subjective representation of a universe however totally uniform. Every picture reveals a personality, in parallel and in the same way as the writing that will follow and come to append in words the ‘signature’ of each one on his images, then translated into music by the composer, Philippe Hersant.
Time is constrained, broken up by the ‘movements’ at mandatory hours. Gate after gate opening and closing by electronic locks, from the nearly private cell to the workshops, sports ground, activity room, the (tapped) telephone booth, or visiting rooms which one will leave after a body search… The invisible horizon sometimes comes closer but most often recedes, too distant to be perceptible. The days recur, identical. Only the seasons bring the variation of the colours of the forest beyond the walls and make Clairvaux more bearable to some.
If, in freeing the imagination, artistic practice has the power to undo the chains and turn shadow into light, then I invite you to look at the images and listen to the notes that relate and sing them, passing on the message of newfound humanity for a moment of shared emotion. Anne-Marie Sallé Artistic director of the Clairvaux Festival ‘Shadows and Lights’
From Clairvaux Prison, one sees only stone walls stretching out in the landscape. But who can imagine exactly what the deprivation of freedom is like or the course of daily life in a high-security prison?
In the project thought up by Anne-Marie Sallé and presented here, the role of photography is that of an indicator favouring encounter and comprehension, the pivot on which both their texts and Philippe Hersant’s musical writing can counterbalance themselves. In the overall work, we saw incarceration suddenly represented from the inside, in the truth not only of the places but also in that of the beings. Exhibiting these photographs and opening them up to commentaries would bear witness, in silence and without prejudice, to things such as they are but above all as they are thought by the inmates. Jacqueline Salmon Photographer
It is there, in those living conditions, that a dozen inmates enrolled in the photography workshop, prior to Anne-Marie Sallé’s writing workshop. Incarceration was thus photographed by the prisoners themselves, calmly and unrushed, on the theme of the limit; exploration of the mental or real space in which each succeeded in preserving a bit of his identity. From the very first meeting, I felt that we were going to accomplish serious work, in an atmosphere of confidence, each one having already filed his project. For my part, I brought my professional cameras to put myself at the service of their ideas and make them achievable.
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Philippe Hersant Even though composed in different circumstances and at different times, Wanderung, Désert and Nostalgia form a triptych, a small ‘Deutsches Requiem’, one might say... The three pieces are based on poems of which the central theme is death; all three call for somewhat unusual forces: a solo instrument confronted with a vocal ensemble. Finally, all three were commissioned and first performed by Loïc Pierre and his chamber chorus Mikrokosmos. They nonetheless offer very clear contrasts, resulting from the radically different attitude of the poets in face of death. Wanderung, for bassoon and women’s chorus (1998) sets to music famous verses by Goethe (Wandrers Nachtlied) in which, without being named, death is present, ‘not in its horror’, as Jean Tardieu writes, ‘but as it is, in fact, in Nature: a biological necessity. A plant that wilts and falls…’ The piece is simple and meditative. Each phrase sung by the women’s chorus – treated like a choir of heavenly voices – blends its resonance with those of the immobile or vacillating tenuti of the bassoon, whose multiphonic chords, moreover, contribute a strange, almost supernatural colour. The religious serenity of Goethe’s verses contrasts with the violence of the words, images and sonorities of Nietzsche’s text, taken from DionysosDithyramben.
into the instrument. This is especially perceptible in the coda, made up of long clamours, which was inspired by an Albanian funeral chant. The myth of Paradise Lost is at the heart of the third piece, Nostalgia, for violin and mixed chorus (2008). This is an ample paraphrase on Johann Sebastian Bach’s chorale Durch Adams Fall (By Adam’s Fall). The chorus states the chorale, partially then in its entirety, before gradually dissolving, whilst the violin embroiders on this theme variations that are slow or fast, dreamy or vehement, in a very concertante style. Niggun, for solo bassoon (1993), is a sacred instrumental piece, inspired by an 18th-century niggun. In the Hassidic Hebrew tradition, that is the name given to a type of wordless chant, expression of an experience that cannot be expressed in words. Here, the bassoon must attempt to imitate the inflections of the human voice. In this piece, as in Wanderung, wide use is made of the bassoon’s multiphonic possibilities. Indeed, this instrument can produce, both in softness as in force, strange chords that elude the tempered system and whose poetic quality has always struck me. The piece owes a great deal to its interpreter, Pascal Gallois, who commissioned it and is the dedicatee.
In an unequal fight, Désert (2002) opposes an alto flute and a men’s chorus. To vie with the chorus, the flute must call on all its resources and particular playing techniques, including singing
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Limit moments What was your first reaction when AnneMarie Sallé offered you a music commission for the Clairvaux Festival, involving your collaboration in the writing workshops she conducts at the prison? Philippe Hersant: I felt a mixture of curiosity and apprehension. But I accepted immediately, almost instinctively. I had heard talk of the experiment carried out by Anne-Marie Sallé and Thierry Machuel at Clairvaux and had followed it with great interest. The pleasure of again finding my friends of the Aedes chorus on this occasion was also a factor in my decision.
What were your first impressions of the prison universe in relation to the image that you had before discovering it concretely? Ph. H.: Like everyone else, I had a very vague image of the prison universe from cinema and television, almost detached from reality. You know full well that this universe exists but are reluctant to be confronted with it… The apprehensions at the moment of entering this universe are almost irrational. You’re filled with the most contradictory feelings: primal fear, compassion, repulsion – and, of course, claustrophobia. But it sometimes happened that I forgot that I was in prison and felt perfectly relaxed there.
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Did you perceive the texts that the inmates gave you differently from those that usually inspire you? And did you have the feeling that this experience made your musical writing evolve? And if so, in what way? Ph. H.: In my opinion, whether describing their hopeless prison universe or trying to escape through dreams, the inmates all wrote powerful texts. None of them left me indifferent. To set them to music, I tried to find a direct, immediate expression and achieve a sort of concise simplicity, unembellished and without digressions. AnneMarie and I had asked them to write short texts, a bit on the model of the Japanese haiku, and therefore reduced to the essential. I set limits for myself: that of brevity as well as using only a limited number of sounds in each of these ‘snapshots’ – a bit like a painter who drastically limits his palette of colours. Each of the pieces is, in fact, built on a few notes: a maximum of six out of the 12 making up the chromatic scale. For example, Quiétude de l’âme, the last one, uses only four notes of the scale; and the second version of Voix sans issue, a single note: F sharp! This poem, which evokes the daily repetition of those ‘thousands of steps that lead nowhere’ returns on several occasions, like a leitmotiv. It is the common theme of the work, which I conceived as an organized cycle and not as a succession of separate pieces.
Were the ‘writer’ inmates able to hear the choral work resulting from their texts? And did you attend a reconstruction of the concert in prison? Ph. H.: A few days before the concert – for which they were not granted permission to attend –, Mathieu Romano, a few singers from the chorus and myself met with them. The work’s choral forces being considerably larger, we had to simplify the music, and thus they could have only a ‘foretaste’ of it. But that enabled me to explain to them, backed up by music, how I had been affected by their text and how I had taken inspiration from it. The concert was filmed and projected on a sheet in a corridor of the prison where the sound reverberated excessively. The scene was strange, almost surreal, very powerful in any case… I was touched by how attentively the prisoners listened and by their positive reactions.
Would you say that, for you, writing these works took on a particular value, that of a commitment or testimony of this unusual experience? Ph. H.: Without any doubt. I consider my experience at Clairvaux one of the most powerful and most decisive in my life as a composer – and that is why I unhesitatingly accepted Anne-Marie Sallé’s invitation to prolong this adventure next year. Translated by John Tyler Tuttle
Philippe Hersant, composer Born in 1948 in Rome, Philippe Hersant carried out all his musical studies at the Paris Conservatoire, in particular in André Jolivet’s composition class, graduating in 1970. Awarded a grant at the Casa de Velázquez from 1970 to 1972 then at the Villa Médicis (Prix de Rome) from 1978 to 1980, Philippe Hersant allowed himself a decade to find his own language. His patient maturation took place more through books and words than in the exclusive study of his art, with the exception of a multitude of different kinds of extra-European music. A keen reader (he also holds a degree in literature) and film buff, he quenched his thirst at diverse literary (in particular the German Romantics and a number of Far-Eastern poets) and cinematographic sources (he proclaims a particular predilection for Fellini and for the eminent place the Italian master assigned to memory). Without ever seeking to acquire a following, he was one of the first of his generation to place himself, once again, in the tonal and modal space, whilst still banishing any neoclassical inclination. With a catalogue of nearly a hundred works to his credit, Philippe Hersant has received commissions from illustrious institutions including the French Ministry of Culture (Missa brevis, 1986), Radio France (Le Château des Carpathes, 1989-91, Violin Concerto, 2003) and guest of its Présences festival in 2004, the Leipzig Opera (the opera Le Moine noir, 2006), Orchestre National de Lyon (Streams, 2000), Orchestre National de Montpellier (Cello Concerto No.2, 1996-97). In addition, the music world has bestowed numerous distinctions upon
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him: Grand Prix Musical of the City of Paris (1990), SACEM Grand Prix in symphonic music (1998), Grand Prix of the Del Duca Foundation (2001), Victoire de la Musique (2005, 2010) as well as the Grand Prix Lycéen des Compositeurs (2012). Frank Langlois
Pascal Gallois, bassoon Pascal Gallois was a student of Maurice Allard’s at the Paris Conservatoire, where he obtained a unanimous premier prix in bassoon. In 1981, Pierre Boulez engaged him as soloist with the Ensemble Intercontemporain. From 1994 to 2000, he was professor of bassoon at the Paris Conservatoire. Between 1995 and the present day, he has premiered works of which he is often the dedicatee, in particular by Luciano Berio, György Kurtág, Olga Neuwirth, Simon Bainbridge and Wolfgang Rihm. In 2002, he was appointed professor at the Musikhochschule in Zurich, Switzerland. He participated in the Pollini Project 2003 on the occasion of the inauguration of the new Auditorium in Rome, as well as in the Pollini Projects 2004 in Kyoto and 2009 in Paris and Bologna. He has given master classes and recitals in Philadelphia. In 2009, his Techniques of bassoon playing, prefaced by Pierre Boulez, was published by Bärenreiter. In April 2010, he organized ‘triples Dialogue’ with clarinettist-composer Jörg Widmann centred on a Boulez-Beethoven programme for the 85th birthday of the former. In 2010, he was hired as a professor at the Vienna Konservatorium.
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Jean-Luc Menet, flute Flautist Jean-Luc Menet is a prizewinner of several international competitions including the Gaudeamus Foundation in the Netherlands for contemporary music. He has given first performances and recorded works (some of which are dedicated to him) by composers as varied as Klaus Huber, Philippe Hersant and Elliott Carter, amongst others. Alongside John Cage he elaborated the staging of Sixteen Dances in Orléans and has been involved in numerous original initiatives. He promotes French music abroad, especially in Japan, Dublin, Geneva, Berlin, Moscow, New York and Chicago. He founded the Ensemble Alternance to bring the music of our time to life and create a new chamber music repertoire. He collaborated with Rachid Safir and his Solistes XXI for the first performance of Klaus Huber’s Miserere Hominibus at the Lucerne Festival, which he played again in Paris, Porto, Munich and Weimar, and for a concert homage to Iannis Xenakis at the Paris Opera. He also collaborated with IRCAM for the premiere of the Concerto for alto flute by Robert H.P. Platz.
Régis Pasquier, violin Born into a family of musicians, Régis Pasquier grew up with music from his earliest childhood. At the age of 12, he won his premiers prix in violin and chamber music at the Paris Conservatoire and then, two years later, took off for the United States, which provided the occasion for his meeting Isaac Stern, David Oistrakh, Pierre Fournier and Nadia Boulanger.
Quite present, especially in the field of chamber music, he recorded increasingly as of 1990: after concertos with the Orchestre National de Bordeaux Aquitaine under the direction of Alain Lombard, and the Berg and Bartók concertos with the Hungarian Radio Orchestra, he recorded works by Prokofiev, Brahms and Ravel, as well as the complete Paganini Caprices (Auvidis). His recording of the Mozart concertos with the Liège Philharmonic Orchestra (Auvidis), universally hailed by the critics, preceded the complete Beethoven Violin Sonatas with his long-standing accomplice Jean-Claude Pennetier, which received a Victoire de la Musique award. Régis Pasquier has taught violin and chamber music at the Paris Conservatoire since 1985. Since 1998, Régis Pasquier plays a magnificent violin by Giuseppe Guarneri (del Gesù), Cremona 1734.
Ensemble vocal Aedes Founded in 2005 by Mathieu Romano, the vocation of the Aedes vocal ensemble is the performance of major works as well as lesser-known pieces of the choral repertoire spanning five centuries up to and including contemporary creation. Made up of 16 to 32 professional singers depending on the programme, the Aedes ensemble has already included numerous a cappella cycles in its repertoire, participated in staged opera and oratorio projects and proposed various programmes for chorus with piano, organ or instrumental ensemble. It collaborates regularly with renowned ensembles such as Le Cercle de l’Harmonie (conductor: Jérémie Rhorer), Les Musiciens du Louvre Grenoble
(Marc Minkowski), Orchestre Philharmonique de Radio France and the Maîtrise de Paris (Patrick Marco). The ensemble has performed at Salle Pleyel, Théâtre de l’Athénée, Auditorium du Louvre, Auditorium du Musée d’Orsay and Théâtre des Champs-Elysées in Paris, Opéra royal de Versailles, the Auditorium in Dijon, Théâtre de Caen, Théâtre Impérial in Compiègne, Abbaye aux Dames in Saintes, Théâtre musical in Besançon, at the Deauville Easter, Auvers-sur-Oise, Beaune, Noirlac, Saint-Denis, La Chaise-Dieu and Ambronay festivals, as well as in various French national theatres (Quimper, Angoulême, La Rochelle). In 2013 it will have participated in a production of Henry Purcell’s Dido and Aeneas at the Opéra National de Bordeaux, and in Leonard Bernstein’s Mass at the Radio France - Montpellier Festival, alongside the Latvian Radio Chorus. 20th-century music and contemporary creation occupy an essential place in the ensemble’s activities, including, in 2008, the Aedes ensemble gave the first performance of a commission from composer Philippe Hersant; in 2011, an oratorio for chorus by Thierry Machuel in the framework of the Clairvaux Festival; and in 2012, the French premiere of Furcht und Zittern, a work by Brice Pauset in partnership with the Orchestre Dijon Bourgogne. Works by Philippe Fénelon, Jonathan Harvey,Aurélien Dumont and Philip Lawson are also part of its repertoire. The ensemble frequently invites conductors or recognized personalities from the music milieu in the framework of preparing certain programmes: Hervé Niquet for French Baroque music, Joël Suhubiette
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Born in 1984, Mathieu Romano manages a dual career as choral director and orchestral conductor. After studying the flute, piano and choral conducting in Burgundy, he was accepted at the Paris Conservatoire in 2005, unanimously obtaining his prix in flute and chamber music in 2009. That same year, he entered the graduate class in orchestral conducting at the Conservatoire and, in 2011, received the professional graduate degree in conducting. Wishing to defend both vocal art and orchestral music, he did further study in master classes with Pierre Boulez, Susanna Mälkki, FrançoisXavier Roth, Stephen Cleobury, Hans-Christoph Rademann, Catherine Simonpietri and Didier Louis. As a conductor, he was selected in the finals phase of the 52nd Besançon International Young Conductors Competition. In 2011, he was invited by Arie van Beek to conduct the Orchestre d’Auvergne. The following year, in the framework of the musical season of the Atelier Lyrique de l’Opéra National de Paris, he was assistant conductor to Paul Agnew in a staged production of Handel’s La Resurrezione, a position he also held with the French Youth Orchestra during the summer of 2013. He is the founder and artistic director of the Aedes vocal ensemble, a professional group performing regularly in the musical seasons of prestigious French theatres and festivals (Théâtre des ChampsElysées, Salle Pleyel, Auditorium de Dijon, Théâtre de l’Athénée, La Chaise-Dieu Festival) and whose second a cappella disc (Ludus verbalis, vol.II) was awarded a Diapason d’or in January 2013.
Photo : Marie Choueiry.
Mathieu Romano, conductor
Photo : Jenny Prod’homme.
for the 20th-century a cappella repertoire, Catherine Simonpietri for the contemporary repertoire, or Dominique Visse for the Renaissance song. The Aedes ensemble’s first disc, Via crucis (2007), was devoted to Franz Liszt. Its first a cappella recording, entitled Ludus verbalis and featuring secular music of the 20th century, was released on the Eloquentia label (distribution: Harmonia Mundi) in June 2011 and awarded a ‘Diapason découverte’ and a Deutsche Schallplattenkritik prize. The second a cappella disc, Ludus verbalis, volume II (Eloquentia), was released in November 2012 and awarded a Diapason d’or. The Orange and Bettencourt Schueller Foundations are the principal patrons of the Aedes ensemble, which also benefits from the support of the Ministry of Culture and Communication, the Regional Cultural Affairs Departments (DRAC) of Burgundy and Picardy, Mécénat Musical Société Générale, Regional Councils of Burgundy and Picardy, Departmental Councils of Oise and Yonne, the City of Auxerre, Musique Nouvelle en Liberté (MNL), and occasional subsidies from the Fonds pour la Création Musicale (FCM) and SPEDIDAM. The ensemble is in residence at the Fondation SingerPolignac, the Théâtre Impérial in Compiègne and the Théâtre d’Auxerre. It is also a winner of the 2009 Bettencourt Prize for choral singing, awarded by the Académie des Beaux-Arts.
Mathieu Romano & Ensemble vocal Aedes
Textes Chantés 1
Wanderung (Goethe)
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Désert (Nietzsche)
Wanderung (Goethe)
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Sur toutes les cîmes La paix. Au faîte des arbres Tu saisiras Un souffle à peine. Au bois se taisent les oiseaux. Attends ! Bientôt Toi-même aussi reposeras.
Über allen Gipfeln Ist Ruh, In allen Wipfeln Spürest du Kaum einen Hauch; Die Vögelein schweigen im Walde. Warte nur, balde Ruhest du auch.
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Désert (Nietzsche)
Wanderung (Goethe) On all the peaks Is silence. At the top of the trees You will barely Feel a breeze. The birds fall silent in the wood. Wait! Soon You, too, shall rest.
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Désert (Nietzsche)
Die Wüste wächst: weh dem, der Wüsten birgt! Stein knirscht an Stein, die Wüste schlingt und würgt. Der ungeheure Tod blickt glühend braun und kaut –, sein Leben ist sein Kaun...
Le désert croît : malheur à qui abrite des déserts ! La pierre crisse contre la pierre, le désert enserre et il étouffe. La monstrueuse mort jette un regard brûlant et ténébreux, et mâche, sa vie n’est que mastication...
The desert grows: woe to him who harbors deserts! Stone scrapes on stone, the desert encircles and smothers. Monstrous death casts a burning, dark look and chews, its life is but mastication...
Vergiß nicht, Mensch, den Wollust ausgeloht: du – bist der Stein, die Wüste, bist der Tod...
Ne l’oublie pas, homme que la volupté consume : C’est toi la pierre, le désert, toi qui es la mort...
Forget not, man, that voluptuousness consumes: It is you the stone, the desert, you who are death...
Nostalgia (nach J.S. Bach)
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Nostalgia (d’après J.S. Bach)
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Nostalgia (after J.S. Bach)
Durch Adams Fall ist ganz verderbt Menschlich Natur und Wesen, Dasselb Gift ist auf uns geerbt, Daß wir nicht konn’t genesen Ohn’ Gottes Trost, der uns erlöst Hat von dem großen Schaden, Darin die Schlang Evan bezwang, Gotts Zorn auf ich zu laden.
Par la chute d’Adam, la nature et l’essence humaines sont entièrement corrompues, Nous avons hérité de ce même poison, Et ne pouvons en guérir Sans le réconfort de Dieu qui nous a délivrés de ce grand mal, Où le serpent triompha d’Eve, Qui amena la colère de Dieu sur elle
Through Adam’s fall human nature and character is completely corrupted, the same poison has been inherited by us, so that we would not be able to recover health without God’s comfort, who has redeemed us from the great harm that was done when the serpent overcame Eve and brought down God’s wrath upon herself.
Ich bitt o Herr, aus Herzensgrund, Du wollst nicht von mir nehmen Dein heilges Wort aus meinem Mund, So wird mich nicht beschämen Mein Sünd und Schuld, denn in dein Huld, Setz ich all mein Vertrauen; Wer sich nur fest darauf verläßt, Der wird den Tod nicht schauen.
Je t’en supplie, Seigneur, du plus profond de mon coeur, Ne retire pas ta parole sainte de ma bouche; Pour que mon péché et ma faute Ne me remplissent point de honte, Car je mets toute ma confiance dans ta clémence. Celui qui prend appui sur elle N’a rien à craindre de la mort.
I pray, o Lord, from the depths of my heart that you not take from me your holy word from out of my mouth; so will I not be put to shame by my sin and guilt, since I place all my trust in your grace. Whoever relies firmly on this alone will never look on death..
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Atelier d’écriture (Clairvaux 2012) Franck
Franck 12
I — Portes Une porte se ferme, Une autre s’ouvre, Plus grande, plus belle Sur le silence plein de sagesse D’une cloche antique aujourd’hui muette, D’une vieille bâtisse riche de souvenirs. De ces murs qui entravent la liberté, Donnons nous le pouvoir De faire surgir de la beauté.
I –Doors
12 One door shuts,
Another opens, Larger, more beautiful, On the silence full of wisdom Of an ancient bell now silent, Of an old building with a wealth of memories. From these walls that hinder freedom, Let us give ourselves the power To make beauty arise.
II — Parloirs... Petits bonheurs grignotés Assis sur une chaise Auprès d’un être cher.
II — Visiting rooms… Small pleasures eaten away Seated on a chair Near a loved one.
Ne pas avoir peur du bonheur Juste passer un bon moment Dans un lieu où l’on va retrouver Raison de vivre, de découvrir, D’être libre.
Not being afraid of happiness Just spending a nice moment In a place where one is going to rediscover A reason to live, to discover, To be free.
Denis
Denis 7 11 15
Voix sans issue, Chemin de ronde, Tourne, tourne, tourne En des milliers de pas Qui ne mènent nulle part
7 11 15
Yasine
Yasine 6
Entre noir et blanc Je ne suis pas tout noir, Je ne suis pas tout blanc, Mais entre noir et blanc Mon univers est gris. Ciel gris, murs gris, pensées grises Bonjour tristesse…
Dead-end voice, Parapet walk, Turns, turns, turns In thousands of steps That lead nowhere
6
Between black and white I’m not all black, I’m not all white, But between black and white My universe is grey. Grey sky, grey walls, grey thoughts Hello, sadness...
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Coursives bleues Plus bleu que le bleu de ma taule Est-ce possible ? Bleu de l’espoir Ou blues du désespoir ?
Blue gangways Bluer than the blue of my jail Is it possible? Blue of hope Or blues of despair?
Dumè 14
Message personnel Sous haute surveillance J’appelle une voix aimée Souvenir du passé Elle me répond et me murmure Des mots tendres et volés
Vincent 16 Entre terre et ciel
Graviers éparpillés, Tranchant des barbelés, Acier des pylones, Œil du cyclone, Filins entrelacés dans les nuages Sont les limites de mon regard. Au loin, très loin , au delà des hauts murs noircis par le temps, un arbre, le ciel, la vie…
Dumè 14
Vincent 16
Adrien 9
Couleurs Ma boîte de peinture, Quand je l’ouvre elle me parle… Elle dit en bleu que le ciel est beau, Chuchote en rouge Que la vie du dehors bouge, Me chante en rose que l’avenir Me donnera autre chose…. Quand je l’ouvre, C’est un frisson d’été, de couleur, de bonheur Qui m’évade de mon malheur.
Personal message Under close watch I call a loved voice Memory from the past She answers me and murmurs Tender, stolen words Between heaven and earth Scattered gravel, Razor-sharp barbed wire, Steel of the pylons, Eye of the cyclone, Interlaced ropes in the clouds Are the limits of my gaze. In the distance, far away, beyond the high walls blackened by time, a tree, the sky, life…
Adrien 9
Colours My paint box When I open it, it speaks to me… In blue it says that the sky is beautiful, Whispers in red That life outside is on the move, Sings to me in rose that the future Will give me something else… When I open it, It is a quiver of summer, of colour, of happiness That lets me escape my unhappiness.
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Pascal 5
Noël au parloir, Panier gourmand de l’amitié, L’orange du marchand Je ne l’ai pas volée… Les yeux fermés, Sa douce saveur sucrée Ravive en moi Le parfum perdu de la liberté
Pascal 5
Christmas in the visiting room, Gourmet basket of friendship, The vendor’s orange I didn’t steal it... Eyes closed, Its sweet, sugary taste Revives in me The lost scent of freedom
François
François
Entrée, sortie, L’entrée vers ce monde inconnu m’étreint, La sortie vers ce monde incertain m’émeut, Le va et vient de l’un à l’autre m’éteint.
Entrance, exit, The entrance to this unknown world grips me, The exit towards this uncertain world moves me, The to and fro from one to the other kills me.
Floue Floue ou claire, Trouble ou sombre, Sa beauté demeure à jamais A nos cœurs
Vague Vague or clear, Blurred or sombre, Her beauty remains forever In our hearts
Midi sonne dans l’air Aussi impalpable que le temps, Nécessaire cependant
Noon rings in the air As impalpable as time, Necessary, however, So that existence be.
Pour que l’existence soit Minuit le temps d’un temps, Frontière invisible Qui marque l’espoir D’un autre horizon Serrure Procession de serrures sans concession Qui vous crie à chacune de leurs vibrations L’abolition de votre liberté
Midnight the time of a time, Invisible boundary Marking the hope Of another horizon Lock Uncompromising procession of locks That shouts to you with each of their vibrations The abolition of your freedom
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Œilleton Intimité brisée, Oubliée comme un vieux rêve Un vieux songe se rappelle à vous Teinté d’un sentiment d’amertume Murs
10 Sans fin, sans début
Vertige du temps Sans fin s’inscrit en nous le vertige du temps Sans limite, sans début, sans fin
Neimo Ballon prisonnier 13 Dors, dors mon beau ballon Car ce soir les murs sont là Pour te protéger Bientôt viendra l’été Qui nous verra encore tous là Pour la balle au prisonnier. Printemps, été, automne, hiver Tout est monotone Et pourtant différent. [ Chaque saison nous rhabillons des plus belles tenues Tes murs recouverts de vigilance Ces murs, pénalty arbitraire Que la nuit illumine de lumières Ce matin je t’attendais, Ecoutant la cloche de l’horloge Qui marque entrées et sorties Et fixe nos limites, Aujourd’hui comme demain] Dors mon beau ballon Car il est tard, Les murs sont là pour veiller sur ton sommeil [ Les pieux sont au rendez-vous, Mais par toi nous aurons le jeu, l’oubli, la joie.]
Spyhole Shattered intimacy, Forgotten like an old dream An old dream comes back to you Tinged with a feeling of bitterness Walls
10 Without end, without beginning
Dizziness of endless time Inscribes in us the dizziness of time Without limit, without beginning, without end
Neimo Captive ball
13 Sleep, sleep, my fine ball
For this evening, the walls are there To protect you Soon summer will come, Which will see us all still here For the prisoner’s ball. Spring, summer, autumn, winter Everything is dreary, monotonous And yet different. [ Each season we put on our finest outfits Your walls covered with vigilance These walls, arbitrary penalty That the night illuminates with lights This morning I was waiting for you, Listening to the clock’s chime That marks entries and exits And sets our limits, Today like tomorrow ] Sleep, my fine ball For it is late, The walls are there to watch over your sleep [ The pieux beds are present, but with/thanks to you, we will have the game, forgetfulness, joy. ]
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Djamel
Djamel
Le fil d’Ariane Parfois la vie ne tient plus qu’à un fil…
Ariadne’s thread, a vital lead Sometimes life hangs by a thread…
Source de vie Généreuse et féconde Source de vie sans cesse renouvelée La terre met au monde L’éternelle beauté
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Source of life Generous and fecund Source of life constantly renewed The earth gives birth to Eternal beauty
Prise multiple Instantané d’une nature s’offrant à nous Telle une star figée, solaire et splendide Inscrivant en nos yeux et nos cœurs Apaisement et ravissement
Multiple socket Snapshot of Nature offering itself to us Like a frozen star, solar and splendid Inscribing in our eyes and hearts Appeasement and rapture
La frontière Des arbres au dessus d’un mur Bercent sereinement leurs branches A l’ombre d’un serpent de béton
The boundary Trees above a wall Calmly rock their branches In the shadow of a concrete serpent
La rose, Harmonie du soir, Voici venu le temps où vibrant sur sa tige Chaque fleur s’évapore ainsi qu’un encensoir Les sons et les parfums tournent dans l’air du soir Valse mélancolique et langoureux vertige
Evening Harmony Here is the moment when, quivering on its stem, Each flower gives off fragrance like a censer; Sounds and scents circle in the evening air, A melancholy waltz and languid dizziness.
Charles Baudelaire
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Charles Baudelaire
Takezo
Takezo
Au crépuscule, Sur le départ, Les hirondelles m’oublieront
At dusk, On departure, The swallows will forget me
Quiétude de l’âme Zôouo-mo Kunou-mo Zen no Zen ni Kusari-mo Kôoushi-mo
Ni haine, ni peine, Le zen au zen Ni barreaux, ni chaînes
17 Peace of mind
Neither hatred nor pain, Zen to zen Neither bars nor chains
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Rêve Soleil levant Fleur de cerisier Un amour éternel
Dream Rising sun Cherry blossom An eternal love
Dans ce geste Une quête, Un abandon
In this gesture A quest, An abandon
Jardin d’hiver (pour la cour de promenade) Ici j’ai vu périr hirondelles et nuages En cage, le vent et les étoiles Le bleu du ciel sous les barbelés et grillages
Winter garden (for the exercise yard) Here I saw swallows and clouds perish In a cage, the wind and the stars The blue of the sky beneath the barbed wire and fencing
De vous à moi De ma cellule à votre maison Ce n’est qu’une question de perception
From you to me From my cell to your house Is only a question of perception
De l’odeur du mélèze De la liberté J’ai tout oublié
The odour of larch Of freedom I’ve forgotten everything
Dans l’écume de mon amertume J’ai plongé ma plume
Into the foam of my bitterness I plunged my pen
En mon cœur fané Parfum de liberté Demeure jusqu’à la fin de l’été
In my wilted heart Scent of freedom Stay until the end of summer
Destin brisés, chairs brûlées Que de regrets !
Shattered destinies, burnt flesh So many regrets!
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Philippe Hersant Clairvaux Instants limites 1
Wanderung (Goethe) (1998) pour basson et chœur de femmes
8’16
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Désert (Nietzsche) (2002)
6’37
pour flûte alto et chœur d’hommes
3
Nostalgia (d’après J.S. Bach) (2008) pour violon et chœur mixte
4
Niggun (1993) pour basson
Instants limites (textes des détenus) (2012)
5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17
pour chœur mixte et instruments ad libitum * I — Noël au Parloir (Pascal) II — Entre noir et blanc (Yasine) III — Voix sans issue (Denis) IV — Source de vie (Djamel) V — Couleurs (Adrien) VI — Murs (François) VII — Voix sans issue (Denis) VIII — Portes (Franck) IX — Ballon prisonnier (Neimo) X — Message personnel (Dumè) XI — Voix sans issue (Denis) XII — Entre terre et ciel (Vincent) XIII — Quiétude de l’âme (Takezo)
Pascal Gallois, basson Jean-Luc Menet, flûte Régis Pasquier, violon
Ensemble vocal Aedes
Sopranos : Anne-Emmanuelle Davy, Nadia Lavoyer, Béatrice Gobin, Judith Derouin, Michiko Takahashi Altos : Fanny Lustaud, Julia Beaumier, Marie Pouchelon, Pauline Leroy, Dagmar Saskova Ténors : Florent Thioux, Anthony Lo Papa, Camillo Angarita, Marc Valéro, Stéphen Collardelle Basses : David Pergaud, Jérémie Delvert, Julien Guilloton, Nicolas Brooymans, Sorin Dumitrascu, Louis-Pierre Patron.
10’51 8’15
Mathieu Romano, direction
14’57
Solos – Instants limites Soprano : Michiko Takahashi - Harmonica : Louis-Pierre Patron (6) ; Alto : Marie Pouchelon - Baryton : Sorin Dumitrascu - Basse : Nicolas Brooymans (8) ; Soprano : Anne-Emmanuelle Davy - Alto : Dagmar Saskova - Ténor : Stéphen Collardelle - Basse : Louis-Pierre Patron (12) ; Soprano : Nadia Lavoyer - Alto : Dagmar Saskova - Ténor : Anthony Lo Papa - Basse : Jérémie Delvert (13) ; Ténor : Camillo Angarita - Baryton : Louis-Pierre Patron - Basse : Sorin Dumitrascu (14) ; Harmonica : Louis-Pierre Patron (15) ; Alto : Dagmar Saskova - Baryton : Sorin Dumitrascu (17).
1’07 1’09 0’31 1’22 0’35 1’04 0’57 1’12 1’45 1’16 0’58 1’42 3’19
Remerciements à / Thanks to: Pascal Gallois et l’ingénieur du son Frank Rossi pour avoir fourni gracieusement l’enregistrement de Niggun, effectué à l’IRCAM en 1994. Direction artistique/artistic supervision: Arnaud Moral. Prise de son/sound recording: Radio France, Joël Soupiron, Gérard Cognet. Montage/editing: Cécile Bracq. Enregistrement concert/live recording: 23/09/2012, Festival de Clairvaux.. Enregistrement/recording: 24/09/2012, réfectoire des moines de l’abbaye de Clairvaux.. Direction artistique æon/æon artistic supervision : Kaisa & Damien Pousset. Photo : Dolorès Marat. æon (Outhere-France) 16, rue du Faubourg Montmartre, 75009 Paris. C 2013. Imprimé en Autriche.
* Commande du Festival de Clairvaux et du Fonds d’Action SACEM.
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AECD 1334