LECTURES
SENIORS
ÉMILE ZOLA GERMINAL
NIVEAU 3
ÉMILE ZOLA
Émile Zola
Germinal
GERMINAL
Étienne, un mécanicien des chemins de fer à Lille, est renvoyé pour avoir giflé son chef. Après avoir erré pendant huit jours dans le Nord, il se fait embaucher aux mines de Montsou. Il y fait la connaissance des Maheu, une famille de mineurs, et tombe amoureux de Catherine, leur fille aînée, qui partage ses sentiments. Mais un ouvrier brutal oblige Catherine à devenir sa maîtresse. Vite les conditions de travail inhumaines dans les mines révoltent Étienne. Plein d’illusions, il pousse les mineurs à la grève. Les nombreuses vicissitudes qui feront de nombreux morts obligeront Étienne à fuir et à partir pour Paris. Il ne perdra toutefois pas l’espoir de voir la force ouvrière, en germination, s’organiser afin de vaincre les injustices.
NIVEAU 3
Les lectures ELI sont une collection de livres de différents niveaux superbement illustrés allant des classiques toujours actuels aux histoires originales écrites pour les élèves qui étudient le français.
Dans cet ouvrage : - des dossiers culturels ; - des exercices DELF ; - des activités ludiques très variées.
Thèmes Antagonisme des classes sociales, Pauvreté, Richesse, Solidarité, Révolte, Amour 600 mots
A1
NIVEAU 2
800 mots
A2
NIVEAU 3
1000 mots
B1
NIVEAU 4
1800 mots
B2
NIVEAU 5
2500 mots
C1
NIVEAU 6
texte intégral
C2
Classique Avec livret gratuit téléchargeable
8
97
RS IO -1 l. N .r. SE 96 I s LI al 15 EL S E min 36r 5 RE Ge 88-
BN
IS
TU
C
LE
Avec CD audio + lecture intégrale version MP3 téléchargeable
LECTURES ELI SENIORS
NIVEAU 1
FLE B 1
www.elireaders.com
FLE B1
LECTURES
SENIORS
LECTURES
SENIORS
Les Lectures ELI présentent une gamme complète de publications allant des histoires contemporaines et captivantes aux émotions éternelles des grands classiques. Elles s’adressent aux lecteurs de tout âge et sont divisées en trois collections : Lectures ELI Poussins, Lectures ELI Juniors et Lectures ELI Seniors. Outre leur grande qualité éditoriale, les Lectures ELI fournissent un support didactique facile à gérer et capturent l’attention des lecteurs avec des illustrations ayant un fort impact artistique et visuel.
B1
La certification du Conseil de la bonne gestion forestière ou FSC certifie que les coupes forestières pour la production du papier utilisé pour ces publications ont été effectuées de maniére responsable grâce à des pratiques forestières respectueuses de l’environnement.
Cette collection de lectures choisies et graduées = 5000 arbres plantés.
Émile Zola
Germinal Adaptation libre et activités de Monique Blondel Illustrations de Francesco Chiacchio
LECTURES
SENIORS
Germinal Émile Zola Adaptation libre et activités de Monique Blondel Illustrations de Francesco Chiacchio Révision de Mery Martinelli
Lectures ELI Création de la collection et coordination éditoriale Paola Accattoli, Grazia Ancillani, Daniele Garbuglia (Directeur artistique) Conception graphique Sergio Elisei Mise en page Emilia Coari Responsable de production Francesco Capitano Crédits photographiques Archives ELI
© 2013 ELI S.r.l. B.P. 6 - 62019 Recanati - Italie Tél. +39 071 750701 Fax +39 071 977851 info@elionline.com www.elionline.com Fonte utilisée 11,5 / 15 points Monotype Dante Achevé d’imprimer en Italie par Tecnostampa Recanati ERA316.01 ISBN 978-88-536-1596-1 Première édition Février 2013 www.elireaders.com
Sommaire 6
Les personnages principaux
8
Activités de pré-lecture
10
Chapitre 1
19
Activités
24
Chapitre 2
34
Activités
38
Chapitre 3
48
Activités
52
Chapitre 4
62
Activités
66
Chapitre 5
76
Activités
80
Chapitre 6
90
Activités
94
Chapitre 7
Arrivée Début d’une nouvelle aventure Classes sociales et moments de détente des mineurs Germes de la révolte menant à la grève Ceux qui travaillent et ceux qui en profitent : source de colère Intensification de la révolte Échec des grévistes
104 Activités 108 Chapitre 8
La mort du Voreux
118 Activités 122 Chapitre 9
Épilogue
132 Activités 134 Grand angle
Émile Zola
136 Grand angle
Le naturalisme
138 Grand angle
L’économie à l’époque de Zola
140 Grand angle
Des esprits en fermentation
142 Bilan 144 Contenus Les épisodes enregistrés sur CD sont signalés par les symboles : Début Fin
LES PERSONNAGES PRINCIPAUX
6
7
ACTIVITÉS DE PRÉ-LECTURE
Repères 1
Coche la bonne réponse. Lorsque Zola écrit Germinal, il se réfère à des actions qui ont lieu en 1866-1867. Qu’est la France à cette époque ? a b c d
■ ■ ■ ■
La France est une République. La France vit dans l’anarchie. La France est un Empire. La France est une Monarchie.
Vocabulaire 2
Associe à chaque définition le mois révolutionnaire indiqué dans l'encadré. Printemps : Germinal, Floréal, Prairial Eté : Messidor, Thermidor, Fructidor Automne : Vendémiaire, Brumaire, Frimaire Hiver : Nivôse, Pluviôse, Ventôse
8
de la pluie
Pluviôse .......................................
1 de la chaleur
.......................................
2 de la brume
.......................................
3 des vendanges
.......................................
4 de l’épanouissement des fleurs
.......................................
5 du froid
.......................................
6 de la fécondité riante des prairies
.......................................
7 du vent
.......................................
8 de la neige
.......................................
9 des fruits que le soleil dore et mûrit
.......................................
10 de la récolte ou ‘messis’ en latin
.......................................
Compréhension 3
Lis le texte qui suit et coche la bonne réponse. Zola écrit, en 1889, ces réflexions à un ami hollandais : « Quant à ce titre de Germinal, je ne l’ai adopté qu’après bien des hésitations. Je cherchais un titre exprimant la poussée d’hommes nouveaux, l’effort que les travailleurs font, même inconsciemment, pour se dégager des ténèbres, si durement laborieuses où ils s’agitent encore. Et c’est un jour, par hasard, que le mot : Germinal, m’est venu aux lèvres. Je n’en voulais pas d’abord, le trouvant trop mystique, trop symbolique ; mais il représentait ce que je cherchais, un avril révolutionnaire, une envolée de la société caduque dans le printemps. Et, peu à peu, je m’y suis habitué, si bien que je n’ai jamais pu en trouver un autre. S’il reste obscur pour certains lecteurs, il est devenu pour moi comme un coup de soleil qui éclaire toute l’œuvre. » Germinal est un titre énigmatique et fort, il contient le mot « mine », le lieu essentiel du roman où les travailleurs souffrent et meurent parfois. Il se réfère aussi à la révolution et au printemps, ainsi au début du livre, le paysage est froid, monotone et noir, il fait penser à la mort. Puis, à la fin, Zola nous offre un paysage de printemps, avec toutes les connotations d’espoir. Le roman, mettant à nu les inégalités sociales, veut apporter l’espoir d’une société nouvelle. Maintenant, trouve les trois intrus parmi les titres auxquels Zola avait pensé. a b c d e f g
■ ■ ■ ■ ■ ■ ■
La maison qui craque La Lézarde Coup de pioche L’orage qui monte Le feu qui couve Les affamés Le cahier des pauvres
■ i ■ j ■ k ■ l ■ m■ n ■ h
Le château en Espagne Table rase Le Soleil brille toujours Le feu souterrain Vieux toit pourri Le voyage de noce Sous terre
9
Chapitre 1
Arrivée
2 Dans la plaine rase, sous la nuit sans étoiles, d’une obscurité et
d’une épaisseur d’encre, un homme suivait seul la grande route de Marchiennes à Montsou, dix kilomètres de pavé coupant tout droit, à travers les champs de betterave. L’homme marchait d’un pas allongé, grelottant sous le coton aminci de sa veste et de son pantalon de velours. Une seule idée occupait sa tête vide d’ouvrier sans travail et sans gîte, l’espoir que le froid serait moins vif après le lever du jour. Depuis une heure, il avançait ainsi, lorsqu’il aperçut des feux rouges, trois brasiers brûlant au plein air. D’abord il hésita, pris de crainte, mais il ne put résister au besoin douloureux de se chauffer un instant les mains. Brusquement à un coude du chemin, au ras du sol, il vit une masse lourde, un tas écrasé de constructions, d’où se dressait la silhouette d’une cheminée d’usine ; de rares lueurs sortaient des fenêtres encaissées, cinq ou six lanternes tristes étaient pendues dehors ; et de cette apparition fantastique, noyée de nuit et de fumée, une seule voix montait, la respiration grosse et longue d’un échappement de vapeur, qu’on ne voyait point. Alors l’homme reconnut une fosse*. Il cherchait un travail mais il fut repris de honte : à quoi bon ? il n’y en aurait pas. Au lieu de se diriger vers les bâtiments, il se risqua enfin à gravir le terri* sur lequel brûlaient les trois feux de houille*. Maintenant, il entendait fosse ensemble des installations d’un puits de mine terri mont qui se forme lorsqu’on amoncelle les matériaux sortis d’une mine houille charbon utilisé comme combustible
10
germinal
les moulineurs* pousser les trains, il distinguait des ombres vivantes culbutant les berlines*, près de chaque feu. — Bonjour, dit-il en s’approchant d’une des corbeilles*. Tournant le dos, le charretier était debout, un vieillard vêtu d’un tricot de laine violette, coiffé d’une casquette en poil de lapin, pendant que son cheval, un gros cheval jaune, attendait, dans une immobilité de pierre, qu’on ait vidé les six berlines montées par lui. Le manœuvre* employé au culbuteur* ne se pressait guère, pesait sur le levier d’une main endormie. Là-haut, le vent redoublait, une bise glaciale, dont les grandes haleines régulières passaient comme des coups de faux. — Bonjour, répondit le vieux. Un silence se fit. L’homme, qui se sentait regardé d’un œil méfiant, dit son nom tout de suite. — Je me nomme Étienne Lantier, je suis machineur*… Il n’y a pas de travail ici ? Les flammes l’éclairaient, il devait avoir vingt et un ans, très brun, joli homme, l’air fort malgré ses membres menus. Rassuré, le charretier hochait la tête. — Du travail pour un machineur, non, non… Il s’en est encore présenté deux hier. Il n’y a rien. Étienne demanda, en montrant le tas sombre des constructions, au pied du terri : — C’est une fosse, n’est-ce pas ? Le vieux, cette fois, ne put répondre. Un violent accès de toux l’étranglait. Enfin, il cracha, et son crachat, sur le sol empourpré, laissa une tache noire. — Oui, c’est le Voreux… Tenez, le coron* est tout près. moulineurs ouvriers qui poussent le produit de la coupe vers le terri berlines wagonnets où on charge le produit de la coupe corbeilles récipients où brûle le charbon manœuvre ouvrier peu qualifié
culbuteur instrument renversant la berline pour la vider machineur ouvrier chargé de l’entretien et de la réparation des machines de la mine coron ensemble de maisons logeant les mineurs
11
mile zola
À son tour, il désignait dans la nuit le village dont le jeune homme avait deviné les toitures. Le Voreux, à présent, sortait du rêve. Étienne, qui se chauffait les mains devant le brasier, regardait, retrouvait chaque partie de cette fosse, dressant sa cheminée comme une corne menaçante, qui lui semblait avoir un air mauvais de bête goulue*, accroupie là pour manger le monde. Alors il songeait à son existence de vagabond, depuis huit jours qu’il cherchait une place ; il se revoyait dans son atelier de chemin de fer, giflant son chef, chassé de Lille, chassé de partout. Rien, plus un sou, pas même un bout de pain. — Il y a des fabriques à Montsou ? demanda le jeune homme. Le vieux cracha noir, puis répondit dans le vent : — Oh ! ce ne sont pas les fabriques qui manquent. Fallait voir ça, il y a trois ou quatre ans !… et voilà qu’on se remet à se serrer le ventre. Les ateliers ferment. Alors, en courtes phrases, tous deux continuèrent à se plaindre. — On n’a pas de la viande tous les jours. — Encore si l’on avait du pain ! — Tenez, reprit très haut le charretier en se tournant vers le sud, Montsou est là… Il désigna dans les ténèbres des points invisibles. Là-bas, à Montsou, la sucrerie Fauvelle marchait encore, mais la sucrerie Hoton venait de réduire son personnel. Il n’y avait que la minoterie* Dutilleul et la corderie Bleuze qui tenaient le coup. Sur les trois hauts fourneaux des Forges de Marchiennes, deux seulement étaient allumés. — Je sais, je sais, répétait le jeune homme. Je viens de Marchiennes. Maintenant, Étienne dominait le pays entier. N’était-ce pas un cri de famine que roulait le vent de mars, au travers de cette campagne goulue vorace minoterie établissement où on transforme les grains en farine
12
germinal
nue ? Les rafales s’étaient enragées, elles semblaient apporter la mort du travail, une disette* qui tuerait beaucoup d’hommes. — Vous êtes peut-être de la Belgique ? reprit le charretier. — Non, je suis du Midi, répondit le jeune homme. — Moi, dit-il, je suis de Montsou, je m’appelle Bonnemort. — C’est un surnom ? demanda Étienne étonné. — Oui, oui… On m’a retiré trois fois de là-dedans en morceaux, une fois avec tout le poil roussi, une autre avec de la terre jusque dans le gésier*, la troisième avec le ventre gonflé d’eau comme une grenouille… Alors, quand ils ont vu que je ne voulais pas crever, ils m’ont appelé Bonnemort, pour rire. Sa gaieté redoubla, mais finit par dégénérer en un accès terrible de toux. La corbeille de feu maintenant éclairait en plein sa grosse tête, aux cheveux blancs et rares, à la face plate, d’une pâleur livide, maculée de taches bleuâtres. Il était petit, le cou énorme, les mollets et les talons en dehors, avec de longs bras dont les mains carrées tombaient à ses genoux. — Il y a longtemps, reprit Étienne, que vous travaillez à la mine ? Bonnemort ouvrit tout grand les deux bras. — Longtemps, ah ! oui !… Je n’avais pas huit ans quand je suis descendu, tenez ! juste dans le Voreux, et j’en ai cinquante-huit, à cette heure. Calculez un peu… cinquante ans de mine, dont quarante-cinq au fond ! Une crise de toux l’interrompit encore. — Et ça vous fait tousser ainsi ? dit Étienne osant le questionner. Est-ce que c’est du sang que vous crachez ? — C’est du charbon… J’en ai dans la carcasse de quoi me chauffer jusqu’à la fin de mes jours. disette famine gésier estomac chez les oiseaux
13
mile zola
Il y eut un silence. Le vieux continuait plus bas, remâchant ses souvenirs. Sa famille, les Maheu, travaillait pour la Compagnie des mines de Montsou depuis la création ; et cela datait de loin, il y avait déjà cent six ans. Bonnemort se tut, les yeux tournés vers le coron, où les lueurs s’allumaient une à une. Quatre heures sonnaient au clocher de Montsou, le froid devenait plus vif. Un roulement de berlines fit dresser les oreilles au gros cheval jaune. Pendant qu’il attelait la bête, pour redescendre, le charretier ajouta doucement, en s’adressant à elle : — Faut pas t’habituer à bavarder, fichu paresseux !… Si monsieur Hennebeau savait à quoi tu perds le temps ! Étienne, songeur, regardait la nuit. Il demanda : — Alors, c’est à monsieur Hennebeau, la mine ? — Non, expliqua le vieux, monsieur Hennebeau n’est que le directeur général. Il est payé comme nous. Au milieu des champs, le coron des Deux-Cent-Quatre dormait sous la nuit noire. On distinguait vaguement les quatre immenses corps de petites maisons adossées. Chez les Maheu, rien ne bougeait. Mais quatre heures sonnèrent. Ce fut Catherine qui se leva brusquement. Elle alluma une chandelle qui éclaira la chambre que trois lits emplissaient. Il y avait aussi une armoire, une table, deux chaises et rien d’autre. Dans le lit de gauche, Zacharie, un garçon de vingt et un ans, était couché avec son frère Jeanlin, onze ans ; dans celui de droite, dormaient deux mioches*, Lénore et Henri, six ans et quatre ans ; tandis que Catherine partageait le troisième lit avec sa sœur Alzire, qu’une bosse rendait infirme. La porte vitrée était ouverte, on apercevait le couloir du palier, où le père et la mère mioches enfants
14