
Joris De Raedt
Walter De Raedt
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Joris De Raedt
Walter De Raedt


Introduction 6
Pluvier grand-gravelot ou grand gravelot 14
Courlis cendré 17
Eider à duvet 18
Guillemot de Troïl 21
Faucon pèlerin 22
Engoulevent de Horsfield 25
Casoar à casque 26
TERRIER 29
Chevêche des terriers 30
Martin-pêcheur d’Amérique 33
Guêpier d’Europe 34
Pardalote pointillé 37
Mégapode maléo 38
Macareux moine 41
CAVITÉ 43
Grand pic 44
Martin-chasseur géant 47
Chevêchette brune des cactus 48
Huppe fasciée 51
Calao bicorne 52
Harle bièvre 55
Garrot à œil d’or 56
13
Jacana à poitrine dorée 60
Plongeon huard 63
Albatros à tête grise 64
Flamant des Caraïbes 67
Pygargue à tête blanche 68
Héron cendré 71
Goéland argenté 72
75
Colibri calliope 76
Monarque ruché 79
Loriot d’Europe 80
Rousserolle effarvatte 83
Carouge à épaulettes 84
Salangane à nid blanc 87
NID SUSPENDU 89
Mésange à longue queue 90
Rémiz penduline 93
Tisserin baya 94
Cassique huppé 97
Républicain social 98
Couturière à longue queue 101
Fournier roux 102
Index 106
Pour en savoir plus 109
59
Bucephala clangula
Le garrot à œil d’or est répandu en Amérique du Nord, en Europe et en Asie, où il occupe divers types de zones humides. Pendant la saison de reproduction, il privilégie les lacs et rivières forestiers à eau claire et froide, bordés de grands arbres pour nicher. En hiver, il se déplace vers des baies peu profondes, des estuaires et des rivières. Il se nourrit en plongeant, consommant invertébrés aquatiques, poissons et végétaux.
Les garrots à œil d’or sont monogames, formant des couples à la fin de l’hiver qui se maintiennent jusqu’au début de l’incubation. Les mâles se regroupent pour effectuer des parades nuptiales et rivaliser pour attirer l’attention des femelles. Lors des parades nuptiales, ils penchent la tête loin vers l’arrière, jusqu’à toucher le croupion, puis la ramènent d’un mouvement rapide vers l’avant.
La première reproduction intervient après deux ans, bien que certaines femelles explorent des sites de nidification potentiels dès leur première année. Ces oiseaux nichent dans des cavités, utilisant des crevasses rocheuses, des nichoirs ou des trous dans des arbres, situés entre 1,5 et 18 m au-dessus du sol. La femelle garnit le nid de duvet et réutilise souvent les sites ayant déjà été fructueux. Les nids se trouvent généralement à moins de 1,6 km de l’eau, mais les territoires de couvaison peuvent s’étendre sur plus de 10 km.
Le parasitisme de nid est fréquent : certaines femelles pondent dans le nid d’autres garrots ou même dans ceux d’espèces comme le canard branchu (ou carolin) ou le harle couronné. Les garrots à œil d’or pondent généralement de huit à onze œufs vert olive à bleu-vert, bien que certaines pontes puissent varier de cinq à dix-sept œufs. L’incubation, assurée uniquement par la femelle, dure de 29 à 30 jours. Lorsqu’elle quitte le nid, elle recouvre ses œufs de duvet.
Dans les 24 heures suivant l’éclosion, les canetons quittent le nid, sautant de hauteurs allant jusqu’à 12 m tandis que la mère les appelle depuis le bas. Précoces dès la naissance, ils peuvent se nourrir eux-mêmes mais dépendent de la femelle pour leur protection. La mère couve les jeunes, la nuit et par temps froid, mais peut les abandonner dès une semaine après l’éclosion. Les canetons abandonnés rejoignent souvent d’autres couvées, formant des crèches mixtes. Les jeunes prennent leur premier envol entre 56 et 66 jours et atteignent la maturité sexuelle à 2 ans.























Psarocolius decumanus
Le cassique huppé est un oiseau remarquable, doté d’un bec épais et triangulaire. On le rencontre en lisière de forêts, dans les clairières, les plantations et les zones cultivées de l’Amérique du Sud et de l’extrême sud de l’Amérique centrale. Il privilégie les arbres isolés et élevés pour nicher, et se perche dans des fourrés denses de bambous. Il peut parfois fréquenter les zones urbaines, mais évite les habitats arides.
Cette espèce est fortement polygame. Les colonies comptent typiquement de quinze à trente femelles et trois ou quatre mâles, le mâle dominant fécondant la majorité des jeunes. Le mâle exécute des parades élaborées, souvent suspendu à l’envers à une branche ou au nid, se balançant comme un pendule tout en déployant ses ailes et en chantant. Sur les perchoirs, les mâles s’inclinent vers l’avant, étendent, font vibrer leurs ailes, dressent leur crête noire et relèvent leur queue sur le dos.
La nidification a lieu de novembre à avril. Ces oiseaux nichent en colonies, édifiant leurs nids en groupes rassemblant parfois une centaine d’individus, mais le plus souvent une vingtaine à une trentaine, au sein d’un même arbre. Cette concentration offre une meilleure protection contre les prédateurs. La femelle est l’architecte du nid, une corbeille suspendue à 25-30 mètres au-dessus du sol et mesurant de 1 à 1,80 mètre de long. Les nids sont tissés de fibres de palme, d’herbes, de fibres de noix de coco, d’écorces et de racines, dans des arbres isolés dont les canopées ne se touchent pas, réduisant ainsi le risque de prédation par les serpents et les singes. Les nids sont souvent réutilisés d’année en année, assurant la stabilité et la sécurité de la colonie.
Malgré ces précautions, les cassiques huppés sont fréquemment la cible de parasites de couvée, tels que les vachers. Une fois le nid achevé, les femelles pondent un ou deux œufs bleu-gris tachetés de sombre, qu’elles incubent. Elles élèvent ensuite les oisillons, tandis que les mâles défendent le site de nidification. L’incubation dure de 15 à 19 jours, et les jeunes s’envolent environ un mois après l’éclosion, bien que dans certaines régions, cette période puisse s’étendre jusqu’à cinq semaines.









Orthotomus sutorius
Les couturières à longue queue, natives de l’écozone indomalaise, tirent leur nom de leur étonnante capacité à « coudre » des feuilles pour former des nids complexes. La femelle choisit une feuille large et souple, idéalement située au bout d’une branche dans un feuillage dense, afin de masquer le nid et de protéger les œufs des prédateurs. Si la feuille est insuffisante, elle en ajoute d’autres.
Avec son bec long et fin, elle perce de petits trous le long du bord de la feuille pour en maintenir la forme sans qu’elle ne brunisse. Elle y fait passer des fibres végétales, des toiles d’araignée ou de la soie de cocon de chenille. À l’extérieur, les fibres gonflent, solidifiant les points et donnant l’apparence de rivets, tandis que l’élasticité de la feuille et la rugosité du fil assurent la tenue des points. Un nid peut nécessiter de 150 à 200 points de couture. Parfois, deux feuilles ou plus sont assemblées, et dans certains nids, la structure de feuilles supportant la ponte peut être minimale. La prédation étant élevée, le camouflage et la faible hauteur du nid, à quelques dizaines de centimètres du sol (et donc dissimulé dans la végétation), sont essentiels.
Le nid, en forme de coupe profonde, se fond parfaitement dans le feuillage, et demande deux à quatre jours de construction. Les erreurs, feuilles déchirées ou fils rompus, sont corrigées par la femelle. Le mâle fournit des matériaux tels que herbes fines, poils d’animaux et matière végétale duveteuse pour garnir l’intérieur, et assurer isolation et régulation thermique. Des plumes et certaines plantes aident également à repousser les parasites.
Une fois le nid terminé, la femelle pond de trois à cinq œufs bleu pâle tachetés de brun, à raison d’un par jour. Pendant les douze jours d’incubation, le mâle nourrit la femelle restée sur le nid. À l’éclosion, les deux parents nourrissent les poussins et maintiennent la propreté du nid en retirant les sacs fécaux pour ne pas attirer les prédateurs. Les jeunes quittent le nid après environ trois semaines, après quoi le nid est abandonné, souvent réutilisé par d’autres couturières, perpétuant ce cycle remarquable.

Nids creusés dans le sol, accrochés aux falaises, dissimulés sous terre, posés sur des monticules de brindilles, de boue ou de végétation, ou encore suspendus en goutte ou en sphère… Nulle part l’ingéniosité des oiseaux ne s’exprime avec autant d’élégance que dans la construction minutieuse de leurs nids. Véritables foyers, ces architectures fascinantes illustrent des stratégies élaborées par chaque espèce pour s’adapter à un monde en perpétuel mouvement. Conçus pour protéger les œufs et les oisillons des prédateurs, des variations de température et des parasites, les nids comptent parmi les réalisations les plus remarquables du vivant. Ce livre célèbre quarante espèces d’oiseaux bâtisseurs à travers le monde. Des techniques de construction aux comportements parentaux, de la couleur des œufs aux matériaux utilisés, il révèle une extraordinaire diversité de formes et d’adaptations. L’art du nid ou cet élan universel pour survivre et assurer l’avenir de la génération suivante.
