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Nyon, 25 ans à belle allure (Ed. Favre, 2026) - EXTRAIT

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Nyon, 25 ans à belle allure

Éditions Favre SA

29, rue de Bourg

CH-1003 Lausanne

Tél. : (+41) 021 312 17 17 lausanne@editionsfavre.com www.editionsfavre.com

Groupe Libella, Paris

Dépôt légal : juin 2026

Tous droits réservés pour tous pays. Sauf autorisation expresse, toute reproduction de ce livre, même partielle, par tous procédés, est interdite.

Rédaction : Raphaël Ebinger et Rodolphe Haener

Mise en pages : Fabrice Nassisi

Photographies : Sigfredo Haro

Partenariat avec le journal Cet ouvrage a été réalisé avec le soutien de la Ville de Nyon.

ISBN :  978-2-8289-2355-6

© 2026 Éditions Favre SA, Lausanne, Suisse.

Les Éditions Favre bénéficient d’un soutien structurel de l’Office fédéral de la culture pour les années 2026-2028.

Les Éditions Favre bénéficient d’un soutien structurel de la Ville de Lausanne pour les années 2026-2028.

Nyon, 25 ans à belle allure

Nyon, 25 ans à belle allure

Retracer vingt-cinq années de développement, c’est avant tout prendre la mesure d’un cheminement collectif. Au fil de ce quart de siècle, Nyon s’est transformée en profondeur, gagnant en dynamisme, en attractivité et en diversité, tout en veillant à préserver ce qui fait son identité et ses atouts.

Ce regard rétrospectif met en lumière une évolution remarquable. La croissance démographique, l’essor économique et les transformations urbaines ont nécessité des réponses concrètes et durables. De nouveaux quartiers ont émergé, les infrastructures se sont adaptées, les services publics se sont renforcés. L’école, la petite enfance, la mobilité, l’énergie, la culture et le sport ont bénéficié d’investissements significatifs, témoignant d’une volonté constante d’accompagner les besoins de la population.

Dans le même esprit, d’importants travaux de rénovation du patrimoine bâti ont été menés, notamment au Temple, à l’Usine à Gaz, à l’école du centre-ville et au Rocher, contribuant ainsi à préserver et valoriser des lieux emblématiques de l’identité nyonnaise. Au-delà des réalisations, c’est une manière de faire qui s’est affirmée. Un état d’esprit fondé sur le dialogue, la recherche d’équilibres et une approche pragmatique. Face à des enjeux complexes, il a souvent fallu agir par étapes, expérimenter, ajuster, convaincre. Cette volonté à fédérer les acteurs — publics comme privés — a permis de faire avancer des projets essentiels pour la ville.

Ces dernières années, les autorités nyonnaises ont aussi intégré des préoccupations désormais devenues centrales : la transition énergétique, la préservation de l’environnement, la qualité des espaces de vie, et la cohésion sociale. Des priorités qui traduisent une volonté nouvelle d’inscrire le développement dans la durée.

Comme tout voyage, l’itinéraire a connu des détours, des haltes imprévues, et même quelques tumultes. Ces passages ont peu à peu permis de maintenir le cap.

C’est ainsi que Nyon conjugue aujourd’hui la richesse de son passé avec un dynamisme pleinement ancré dans le présent. Une vitalité portée par toutes celles et ceux qui contribuent, au quotidien, au bien vivre à Nyon – et dont je suis particulièrement fier.

Les pages qui suivent proposent de parcourir cette évolution durant les vingt-cinq dernières années, d’en saisir les étapes clés et d’en comprendre les ressorts. Elles donnent à voir les transformations et les projets qui ont façonné la ville mais aussi l’esprit dans lequel ils ont été menés.

Arrivé au terme de mon engagement politique, je souhaite que cet ouvrage vous permette de mesurer le chemin parcouru et d’entrevoir les perspectives qui s’ouvrent.

Je vous en souhaite une excellente lecture.

Daniel Rossellat, Syndic de la Ville de Nyon

Les pieds à terre, les yeux dans les yeux

À l’heure de relater la pulsation qui anime cette ville nyonnaise si particulière, nous avons choisi d’aller à la rencontre des hommes et des femmes qui font vibrer Nyon, de les rencontrer en se mettant à leur hauteur et en les regardant dans les yeux. Notre souhait ? Parcourir la ville avec ceux et celles qui la font, lui donnent son énergie, ses couleurs et sa force. Le travail photographique participe de cette même ambition : saisir une communauté en mouvement, une ville qui palpite. La mise en page en prolonge le souffle, avec une construction visuelle capable de traduire cette effervescence.

Certes, nous avons aussi décidé de prendre… de la hauteur, avec quelques vues aériennes. Elles offrent une autre lecture de Nyon, celle des formes, des liens et des équilibres qui dessinent la ville dans son paysage.

Cette année d’immersion dans les replis de la ville nous amène à ce constat: il existe à Nyon une énergie folle, décuplée ces vingt-cinq dernières années par de nouvelles approches et idées.

Avec le désir des habitants et habitantes de se réapproprier les espaces publics, les rues, les places, les rives, les parcs. Mais aussi le souhait spontané de réinventer la manière d’entreprendre, de créer et de se retrouver. Et enfin d’envisager le pouvoir et son partage. Nyon est un nœud régional où les énergies se mélangent et se matérialisent dans l’économie, le sport, la culture et l’entraide.

Au milieu de tout cela, il y subsiste toujours une forme de dolce vita. En parcourant les rues de la ville, on se croirait parfois dans une cité balnéaire, invitant à la flânerie.

Pour conclure, nous tenons à remercier toutes les personnes rencontrées dans le cadre de ce livre. Elles sont, chacune à leur manière, une part de l’âme de Nyon. Merci pour la qualité des échanges, pour le temps accordé et pour leur engagement, qui est source d’inspiration.

Raphaël Ebinger et Rodolphe Haener (textes) Sigfredo Haro (photographie) Fabrice Nassisi (graphisme).

Sommaire

DÉMOGRAPHIE

Logements (10-12) ; écoles (13-15) ; police (16-17) ; personnel communal (18) ; accueil de jour (19-21)

8-21

MOBILITÉ 22-29

Bus (24-26) ; vélos en libre-service (27) ; train Nyon–Saint-Cergue–Morez (28-29)

CULTURE 30-47

Usine à Gaz (32-33) ; Visions du Réel et far° (34-37) ; Paléo (37-39) ; Élastique citrique (40-41) ; La Parenthèse et Les Hivernales (42) ; les musées (43-45) ; L’Interlude (46-47)

SPORTS 48-61

UEFA (50), Colovray (51-52) ; Rugby club de Nyon (53-55) ; Stade Nyonnais (56-57) ; Triathlon de Nyon (58) ; Nyon Basket Féminin (59-61)

LE LÉMAN 62-75

Quartier de Rive (64-65) ; Pirates de Rive (66-67) ; Hôtel Beau-Rivage (68) ; Musée du Léman (69-71) ; les rives du lac (72-73) ; Grande Jetée (74-75)

ÉCONOMIE

Hublot (78-80) ; La Mobilière (81-82) ; Cap’taine Mousse (83-84) ; Hôpital (85-86) ; l’hôtellerie (87)

AVANT–APRÈS

Petite Prairie (90-91) ; Vuarpillière (92-93) ; Gare (94-95) ; Hôpital (96-97) ; Colovray (98-99)

SOCIÉTÉ

La Vie-Là (102-103) ; L’Écrou (104) ; La Levratte (105-107) ; La Soliderie (108-109) ; Esp’Asse (110-113)

FLÂNERIE

TRANSITION ÉNERGÉTIQUE

Services industriels (124-126) ; Optima Solar (127-128) ; Quartier des Tines (129-131) ; Tennis-Club Nyon (132-133)

2000-2025, LES ÉVÉNEMENTS MARQUANTS

Démographie

Accompagner l’essor démographique

Il fut un temps où, à Nyon, des propriétaires offraient des mois de loyer pour remplir leurs immeubles. Cela semble presque irréel aujourd’hui. Désormais, il suffit de construire pour trouver preneur. En 2025, le taux de logements vacants stagnait à 0,3%, alors même que de nouveaux quartiers ont poussé à un rythme soutenu depuis le début du millénaire.

En vingt-cinq ans, la ville a ainsi changé d’échelle. Entre 2000 et 2025, sa population a augmenté de 54,8%, passant de 15’589 habitants à 24’139 habitants. L’attractivité de l’arc lémanique y est évidemment pour beaucoup. Mais Nyon ne s’est pas contentée d’en profiter. Elle a aussi travaillé son cadre de vie. Ce qui a renforcé sa capacité à attirer de nouveaux habitants.

Encore fallait-il absorber cette poussée et surtout l’accompagner dans un objectif de qualité du cadre urbain. Pour préserver une certaine diversité sociale, favoriser l’ancrage des habitants et soutenir leur participation à la vie locale, la Municipalité a lancé son programme « Objectif logement », avec un horizon fixé à 2030. Parmi les leviers

retenus figure notamment le développement des logements d’utilité publique dans les nouveaux quartiers.

Cette hausse de population est une bonne nouvelle. Elle apporte de l’énergie, des familles, de l’activité. Mais elle oblige aussi la collectivité à suivre. La Ville a dû construire de nouveaux collèges, étoffer l’accueil de jour et renforcer son administration.

Elle a également agi sur les déplacements, en misant sur la mobilité douce pour contenir un trafic automobile resté stable. Une manière de préserver ce qui fait le caractère accueillant de Nyon sans freiner son dynamisme économique. Car la ville ne fait pas qu’attirer des habitants : elle concentre aussi des emplois. Avec environ 18’000 places de travail pour quelque 13’400 actifs résidents, elle confirme son rôle de pôle régional.

Logements : une ville qui pousse

Comment accueille-t-on 8550 habitants en vingt-cinq ans ? À Nyon, la réponse se lit dans le paysage. Elle a pris la forme de nouveaux quartiers, de grues, de chantiers, de barres qui tombent et d’immeubles qui sortent de terre.

À la Petite Prairie, 174 logements ont remplacé une ferme et des surfaces agricoles à l’entrée de la ville. Le long de la route du Stand, le premier écoquartier en a ajouté 130. À Marans-Couchant, 395 logements ont poussé sur une vaste parcelle encore vide il n’y a pas si longtemps. Et juste à côté, la Suettaz poursuit la transformation.

Là, le changement a une portée presque intime. Le grand bâtiment qui faisait figure d’emblème local, ce « mur de la honte » hérité des années 1960, a vécu. L’immeuble vétuste et un autre juste à côté doivent laisser place à quatre bâtiments plus bas, plus étalés, entourés d’espaces verts. Le nombre de logements passera de 248 à 372.

À gauche : À l’entrée de la ville, le quartier de la Petite Prairie propose 178 logements, des commerces, des services et des places de travail.

Ci-dessous : Dans le quartier de Marans-Couchant, l’espace public a été libéré des voitures.

Carlos Reguengo, emblématique concierge du «mur» de la Suettaz, met désormais du lien social dans le nouveau quartier en construction.

En 2020, le projet avait été nettement validé en votation populaire. Signe qu’à Nyon, la question du logement ne relève plus du simple débat urbanistique, mais d’un besoin concret.

Carlos Reguengo en parle avec le sourire de ceux qui ont vu leur quotidien changer. Concierge emblématique de la Suettaz, il a connu l’ancien bâtiment, ses petits appartements, son isolation défaillante, ses nuisances et son usure. « C’est beaucoup mieux ici. Le confort a vraiment changé. C’est le luxe », lâche-t-il. Il en rit presque : on peut même descendre en robe de chambre chez Denner acheter des croissants sans sortir de l’immeuble. Derrière la formule, il y a une réalité. Les nouveaux logements offrent ce que l’ancien ensemble ne pouvait plus garantir.

Un peu plus loin, Jean-Claude sort avec son sac de tri en direction de l’éco-point. Il fait partie des nouveaux habitants de Marans-Couchant. Après

trente ans passés à Gland, ce retraité s’est installé à Nyon. Ce qui l’a convaincu ? « Il y a toutes les commodités à proximité. » La boulangerie, le commerce, le centre-ville à quinze minutes à pied. Et puis autre chose, qu’il cite presque aussitôt : « la mixité sociale des lieux ». Dans l’allée, des vélos passent. Une mère surveille son enfant sur un tricycle. Ici, les voitures ont disparu du décor ou presque. Elles sont reléguées dans les parkings souterrains. La surface, elle, a été rendue à la vie.

C’est l’un des marqueurs de ces nouveaux quartiers nyonnais. On y construit des logements, mais aussi une autre manière d’habiter la ville. Les cheminements piétons traversent les îlots d’habitation. La mobilité douce y circule facilement. Des commerces, des écoles, une crèche, des espaces communs empêchent que ces morceaux de ville ne deviennent de simples dortoirs. La promesse n’est pas seulement quantitative. Elle touche aussi au cadre de vie.

• En 2025, le taux de logements vacants stagnait à 0,3%

• La population est passée de 15’589 habitants en 2000, à 24’139 en 2025, représentant une augmentation de 54,8%

• Environ 18’000 places de travail pour quelque 13’400 actifs résidents

Cette évolution s’accompagne d’une ligne politique assumée. La Ville a posé un cap avec son plan d’actions « Objectif logement », destiné à assurer l’accès au logement et à accompagner le développement résidentiel jusqu’en 2030. Le programme prévoit notamment la rénovation des grands ensembles vétustes, le développement des logements d’utilité publique, une politique de mobilité résidentielle et un suivi continu de l’évolution des ménages. Dans les nouveaux quartiers, la volonté d’intégrer des loyers d’utilité publique cherche à maintenir une place pour les familles, les classes moyenne et populaire, les seniors ou les ménages déjà ancrés à Nyon.

Reste que tout n’est pas réglé. La crise du logement persiste et les arbres plantés doivent encore grandir pour que certains sites gagnent pleinement en agrément. Mais entre les souvenirs d’un immeuble à bout de souffle et les usages d’un quartier plus perméable, plus doux, plus habité, Nyon montre, dans le quartier de la Suettaz/Marans-Couchant, comment une ville peut absorber sa croissance en densifiant, mais sans renoncer à l’idée de qualité de vie.

Des écoles, des murs, du ciel et de la lumière

Il y a toujours cette ruée vers l’extérieur quand la sonnerie annonce la récréation. Mais elle a perdu de sa fureur. Au collège de Marens, il faut même parfois pousser les élèves dehors. Au bas des escaliers, une enseignante rappelle la règle à un garçon qui remonte prétextant vouloir déposer ses affaires dans sa classe : « Non, tu sors et tu gardes ton sac pendant la pause. » Un de ses collègues sourit : « Ils cherchent toutes les excuses pour rester dans le bâtiment. »

Peut-on vraiment leur en vouloir ? L’école n’a plus grand-chose à voir avec ces vieux collèges froids, sombres et austères de la fin du siècle dernier. Ici, la lumière entre généreusement. Les couleurs accompagnent les étages et, plus on monte, plus les teintes tirent vers le bleu du ciel. Le lieu a été pensé avec soin. Même les portes vitrées des classes disent quelque chose d’une école plus ouverte, où l’on voit vivre l’enseignement. Le confort est réel et l’atmosphère accueillante. On comprend que certains élèves hésitent à profiter du grand air dans la cour grise et minérale.

L’agrandissement du site de Marens est emblématique de ce que Nyon a entrepris pour ses écoles depuis une quinzaine d’années. En 2010, la Municipalité identifie les besoins à venir, alors que la population continue d’augmenter. Une planification scolaire est élaborée l’année suivante. Marens devient le premier chantier de ce programme ambitieux. Suivront un nouveau site au Cossy, avec salle de gym et piscine couverte, puis les bâtiments du Couchant A et du Couchant B, construits à la place de l’école primaire des Tattes-d’Oie, démoli entre-temps.

Rien que pour ces constructions neuves liées à l’éducation, 130 millions de francs ont été investis.

En parallèle, la ville ne s’est pas contentée de bâtir du neuf. Elle a aussi repris ses écoles vieillissantes. Le chantier le plus symbolique est sans doute celui du collège du centre-ville. Le lieu a gardé son charme désuet, auquel beaucoup restent attachés, mais il a été profondément remis à niveau. Vingt-deux millions de francs ont été consacrés à la rénovation du bâtiment, de la salle de gym et des aménagements extérieurs, dont profite aussi la population.

Le collège du Rocher raconte une autre étape de cette montée en puissance. Sa surélévation avait été entreprise dès 2005, avant même la grande planification scolaire. Plus récemment, le Rocher B et son centre sportif ont à leur tour été rénovés. Là aussi, l’addition atteint 24,37 millions de francs. La piscine et la salle qui accueillent historiquement le club de basket ont été concernées. Et le mouvement n’est pas terminé : le Rocher C devra bientôt suivre.

Le site de Marens et son extension dans laquelle la lumière pénètre généreusement (à gauche), ainsi que la nouvelle école du Cossy (à droite), couleur or.

Au total, depuis une quinzaine d’années, plus de 200 millions de francs ont été investis dans la pierre scolaire. Le chiffre impressionne, mais il dit surtout une constance. L’éducation reste une priorité. Bien sûr, la Commune répond aussi à une nécessité : celle d’absorber la hausse de la population, dans un cadre fixé par le Canton pour l’école publique. Mais dans la manière de faire, il y a quelque chose de très nyonnais. Une volonté d’anticiper, d’agrandir sans renoncer à rénover,

d’offrir des lieux fonctionnels sans les réduire à de simples contenants. Des écoles, en somme, où l’on vient pour apprendre, mais où l’on reste aussi volontiers quelques minutes de plus.

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