MICHEL GRANGER & ALAIN PORET

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Une exploration de la vie après la mort à travers science, spiritualité et témoignages
Éditions Favre SA
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Dépôt légal : mars 2026
Rang : 01
Imprimé en France chez Sepec numérique.
Tous droits réservés pour tous pays. Sauf autorisation expresse, toute reproduction de ce livre, même partielle, par tous procédés, est interdite.
ISBN : 978-2-8289-2347-1
Couverture : Visions de l’au-delà, Jérôme Bosch, Wikimedia Commons.
© 2026, Éditions Favre SA, Lausanne, Suisse.
Les Éditions Favre bénéficient d’un soutien structurel de l’Office fédéral de la culture pour les années 2026-2028.
Les Éditions Favre bénéficient d’un soutien de la Ville de Lausanne pour les années 2026-2028.
Michel GRANGER et Alain PORET
Une exploration de la vie après la mort à travers science, spiritualité et témoignages
Nos remerciements vont à Jean Moisset (†) auteur
Daniel Bontemps, agent littéraire et à notre éditeur.
« Les morts ne sont pas morts ; ils sont nés à nouveau.
Ils sont dans un jardin et non dans un tombeau
Dans et ailleurs si proche, ils nous voient nous entendent…
Ils ne nous oublient pas, je sais qu’ils nous attendent.
L’ami attend l’ami, l’amante attend l’amant
Et le fils sa mère et la mère ses enfants…
Ne vous lamentez pas, près du fleuve de vie
Ils oublient l’errance des âmes asservies »
Les Morts poème de Jean-Paul Sermonte (né en 1948).
Une brindille est certes fragile ; mais la collection des faits en constitue un fagot solide. Le récit d’un témoin vaut tout discours. Les exemples foisonnent. Ils sont la preuve vécue d’un Au-delà, sous toutes latitudes et de tout temps. Tel est notre pari, s’adresser à tout lecteur sur ce qui vient après la vie terrestre. D’où la question ainsi posée : y a-t-il une vie après la mort dans l’Au-delà ? Et il semble bien qu’il y ait des éléments de réponse d’après les témoignages recensés ici.
Dès lors, sommes-nous en mesure de fournir des preuves qu’il en est ainsi autrement qu’en faisant appel aux croyances accumulées dans les religions qui se sont interrogées depuis longtemps sur cette possible survie de « quelque chose » ; de même à travers la philosophie qui a tourné la question en tous les sens ; l’ésotérisme et les parasciences, lesquelles se sont saisis du problème à leur manière sans pouvoir conclure sur des présomptions. Faire un bilan des études les plus sérieuses sur ces approches empiriques d’un supposé Au-delà, tel est l’objectif de notre livre destiné à combler une des plus importantes interrogations qui se pose à nous à propos de notre existence : celles des conséquences de son interruption.
Sur terre, parmi les éclairs, le tonnerre grondant dans les forêts et les tempêtes soulevées sur la mer, l’homme préhistorique pressentit dans la Nature ce qui animait toute la Terre. Les ténèbres formèrent de chaque ombre une divinité fantomatique. Mais la nuit enfante chaque jour le soleil qui, parmi les étoiles, se lève à minuit, dès l’origine.
« C’est la nuit qu’il est beau de croire à la lumière », écrira plus tard Edmond Rostand. Les hommes de Cro-Magnon auraient représenté un zodiaque sur les parois de la grotte de Lascaux, il y a dix-sept mille ans. Selon la paléontologue astronome Chantal Jègues-Wolkiewiez, les animaux préhistoriques peints dans la grotte correspondent à des constellations.
Dès le début, l’homme ensevelit ses morts, le corps replié sur luimême dans la position du fœtus comme un retour à la naissance, et orienté vers l’est. L’âme habitait dans la terre comme elle résidait dans la tombe. Les premiers morts pleurés sont intentionnellement inhumés, il y a 4500 ans. Les sanctuaires sont des grottes sacrées, dans lesquelles « nos ancêtres ont craché leur âme ». « Le sacré naît avec la première pierre taillée » écrivait le paléontologue, Yves Coppens (1934-2022). Les mégalithes, tels les alignements de Carnac, sont l’un des premiers temples érigés sur notre terre. En septembre 2006, on découvre cinq crânes humains « sur-modelés » datant du néolithique, près de Damas (Syrie). Cette pratique prouve que nos ancêtres savaient déjà que le crâne est le siège de la pensée (National Geographic). Les « peuples dits « primitifs », en fait les peuples premiers » (André Malraux), ont une approche panthéiste : ils divinisent la Nature.
Il y a différents types d’Au-delà à travers les religions qui relient les vivants et les morts : « l’Au-delà temporel » (âmes enchaînant les naissances) ; « l’Au-delà familier » (royaume des morts accessible aux vivants) ; « l’Au-delà crépusculaire » (l’après-mort sans retour) ; « l’Au-delà terrestre transfiguré » (l’éveil à la mort) ; « l’Au-delà de la réincarnation ou la résurrection (sort injuste d’un ici-bas absurde compensé). Quelques constantes semblent se dégager des textes sacrés qu’ils soient bibliques, bouddhiques ou coraniques. 1) la frontière entre le monde des vivants et le monde des morts n’est jamais complètement « étanche ». 2) le passage dans l’Au-delà implique que la plupart du temps, une purification de l’âme est accompagnée d’un voyage. 3) les mythes et les croyances religieuses font presque tous appel à la notion d’un « Grand Tout ».
Le deuil passe par trois phases qui se retrouvent dans les rites funéraires à travers le monde : « d’abord voir le mort pour réaliser qu’il est mort, puis le cacher pour pouvoir commencer son deuil, enfin, le métamorphoser en défunt, une entité que l’on peut imaginer et dont on peut parler » (Eric Crubézy, membre de l’Institut Universitaire de France). Le deuil, « c’est vivre l’Au-delà ici-bas ».
Les diverses religions ont des opinions différentes sur la vie future. Pour l’Église chrétienne, les revenants sont des âmes du purgatoire en attendant d’être rédimées par les vivants. Dans la tradition orthodoxe, il n’y a pas de purgatoire. Et, selon Luther,
pour le protestantisme, cet « Au-delà inventé » n’était pas dans les Écritures. Les Juifs s’abstiennent de définir, tout en conservant les anges. D’après l’écrivaine et femme rabbin, Delphine Horvilleur (née en 1974) : « On ne regarde plus ou presque pas le visage des morts. La tradition juive l’interdit, purement et simplement. Elle exige que le visage des disparus reste couvert : pas question d’observer celui ou celle qui ne nous verra pas en retour ». Le judaïsme prévoit une année de deuil durant laquelle il est important de prier pour racheter les fautes des disparus. Il faut aussi une année à l’âme du défunt hindou pour rejoindre le pays des morts.
Pour les judéo-chrétiens, les morts ressuscitent. Mais trait d’union avec l’Orient s’y ajoutent la reddition des comptes et la pesée des actions humaines. La transmigration des âmes fut aussi révélée par le christianisme grec et par l’Évangile de Thomas. En Inde et en Chine, les religions ont le souci d’assurer que les âmes des défunts ne s’égarent ni ne deviennent des âmes errantes. Pour la plupart des religions, si nous ne voyons pas la mort, les morts, eux, nous voient et sont sensibles à ce que nous disons et faisons. N’a-ton pas dit que la crainte de la mort n’a été ancrée dans le cœur des hommes que pour empêcher ceux-ci de quitter prématurément leurs corps. Enfin, seuls les mauvais élèves redoubleraient leur classe, tandis que les brillants sujets quitteraient l’école pour toujours. Contrairement au christianisme, il n’y a pas dans l’islam, de rédemption. Si l’islam laisse la question de la réincarnation en suspens, le Cheik Bentounès (né en 1949), guide spirituel d’une confrérie soufie, se réfère au cycle de vie : « Nous enterrons des morts dont la terre se nourrit qui, elle-même, nourrit des plantes pour nourrir des animaux afin de nourrir des hommes ». Dans la tradition soufie, il existe une vie après la mort.
Les anciennes religions africaines (animisme), la religion druidique (périple dans l’Univers), l’Égypte ancienne (outretombe), l’hindouisme (karma), le zen bouddhiste (âme universelle), la Thora (rétribution de la mort), le zoroastrisme (jugement individuel) acceptent l’idée de transmigration des âmes. Pour comprendre l’expérience de l’Au-delà, il faut tenir compte du principe animant qui donne la vie organique au corps matériel,
l’âme. La notion du ki chinois et de Prâna indien correspond à l’énergie exprimée dans le corps et portée par la respiration.
Trois Français sur dix croient en l’existence de l’Au-delà : davantage les femmes et surtout les jeunes (probablement en êtesvous ?). Parmi les formes de l’Au-delà, la réincarnation a le vent en poupe. La croyance en la réincarnation (32%) égale la croyance en un Paradis et l’Enfer (32%). La répartition géographique de la croyance en la réincarnation apparaît dans le tableau suivant : croyance maxima Extrême-Orient, Inde, Tibet ou Asie méridionale ; croyance moyenne (Orient-Occident, Bassin méditerranéen ; croyance minima (Extrême-Occident, Amérique septentrionale). La renaissance du mort est encore aujourd’hui la croyance partagée de six cents millions d’êtres humains. En Asie, elle est commune à l’hindouisme et au bouddhisme.
La réincarnation n’est pas scientifiquement prouvée. Elle repose cependant sur des faits témoignages qui peuvent alimenter l’existence d’un Au-delà.
Par exemple, les parents de peuplade au Niger et au Sénégal marquent depuis des millénaires, les cadavres de leurs enfants morts en leur coupant la dernière phalange du petit doigt de la main gauche. Cette trace permettra de les reconnaître plus tard, lorsqu’ils seront réincarnés. Or, on a découvert un enfant dont la dernière phalange était absente. Cette malformation n’a jusqu’à présent aucune explication, ni génétique, ni tératologique. Dans les tribus du Sénégal où l’on mutile l’oreille, le professeur Stuart J. Edelstein, en 1941, spécialiste mondial d’une maladie génétique appelée anémie falciforme, retrouve trois individus à l’oreille coupée de naissance. Rien n’explique la résurgence des phalanges ou des oreilles coupées ! Alors comment expliquer que, dans certaines tribus où l’on croit aux « enfants de revenants », la mutilation pratiquée sur les corps des adolescents victimes de cette maladie se retrouvent au même endroit chez le bébé suivant, né dans la même famille ? C’est donc en poursuivant ses recherches sur une maladie étrange, la drépanocytose – affectant principalement les habitants de la côte occidentale de l’Afrique noire – que le professeur Stuart J. Edelstein découvre des
explications irrationnelles qu’en donnent les autochtones. (voir Biologie d’un Mythe. Réincarnation et génétique dans les tropiques africains (Edelstein, 1988)).
Le professeur américain, Ian Stevenson (1918-2007), directeur des études comportementales au département de psychiatrie à l’université de Virginie a recensé trois mille cas semblables d’enfants présentant depuis leur plus jeune âge des souvenirs de vies antérieures excluant la télépathie (l’ancienne famille étrangère à la nouvelle ne connaissant pas l’existence de l’enfant), ainsi que la cryptomnésie (émergence de souvenirs stockés dans l’inconscient). D’après le psychiatre cité les taches de naissance (qu’il s’agisse de zones non pigmentées, grains de beauté ou d’absence de cheveux en certains endroits) peuvent confirmer la réalité d’une vie passée. Sur les deux cent dix cas de cette catégorie, enquêtés par Ian Stevenson, quarante-neuf ont pu être vérifiés grâce à l’existence de documents médicaux concernant la personne à laquelle s’identifie l’enfant. Dans quarante-trois cas sur les quarante-neuf, on a pu vérifier la correspondance exacte entre les blessures invoquées et les traces de naissance.
En mars 1964, au Liban, Ian Stevenson, sur les conseils d’un jeune interprète, se rend dans le village de Kornayel, où certains enfants se souviendraient de leur vie antérieure. Ainsi rencontret-il Imad Elawar, un jeune garçon né le 21 décembre 1958. Depuis l’âge de dix-huit mois, Imad raconte à sa famille avoir habité Khriby, un village situé non loin de Kornayel. Persuadé qu’il ment, son père refuse de l’emmener à Kriby. Pourtant un jour, Imad reconnaît un habitant de Kriby dans une rue de son village. Puis, il raconte l’histoire d’un Bouhamzy de Kriby, délibérément renversé par un camion fou. Les jambes fracturées, la victime succombe à ses blessures. Aurait-il été Saïd Bouhamzy, victime d’un accident similaire ? Non, Imad n’a jamais prétendu être cet homme. En revanche il a pu être Ibrahim Bouhamzy,
cousin de Saïd Bouhamzy, victime d’un camion fou. C’est pourquoi Stevenson décide de conduire Imad Elawar à Kriby pour le confronter pour la première fois à ceux qu’il prétend connaître. Arrivé dans la maison où avait vécu Ibrahim, Imad reconnaît l’endroit où était attaché le chien, l’emplacement du lit et la planque du fusil. Au total sur cent-soixante indications fournies par Imad, cinquante-sept se sont révélées exactes ! Ce cas est exceptionnel, car, Ian Stevenson a pu participer à toutes les vérifications avant même qu’il y ait eu confrontation entre les deux familles. Stevenson conclut : « Comment expliquer qu’un enfant s’identifie à une personne particulière ? ». Il faut préciser qu’entre cinq et huit ans, les souvenirs s’estompent. À dix ans, tout est généralement oublié. Tout naturellement la vie actuelle finit par refouler la vie précédente. Enfin, Stevenson enquêta en 1964 sur l’histoire d’un jeune indien nommé Ravi Shankar. Il raconta comment il avait été assassiné, égorgé. Il dénonça ses assassins. Les deux hommes furent arrêtés et l’un des deux avoua le meurtre (Stevenson, 1994).
À la suite de Ian Stevenson, le psychiatre américain Jim Tucker, né en 1960, a depuis 1999, rencontré des dizaines d’enfants qui prétendent conserver des souvenirs de leur vie antérieure. Lorsqu’il s’agit de jeunes enfants, ils sont normalement incapables d’inventer un récit qui tienne historiquement la route ! Or, Jim Tucker est littéralement abasourdi. Depuis deux jours, le petit James Leininger, deux ans, répète inlassablement la même chose : « Avion en feu, écraser ». Avant de naître, il était pilote d’avion. Un jour, « touché par les Japonais », il avait trouvé la mort car « petit bonhomme ne peut sortir ». Un mot revenait souvent dans sa bouche : « Natoma ». Après des recherches, son père trouva qu’il s’agissait du nom d’un porte-avions d’escorte, stationné dans le Pacifique au cours de la Seconde Guerre mondiale. Comment James pouvait-il savoir ? Le père posa alors des questions plus précises à son fils : « Te souviens-tu du type d’avion que le petit homme pilotait ? ». « Un Corsaire » répondit James sans hésiter. Le père, Bruce, vérifie : le porte-avions américain l’USS Natoma
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