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Lena Couffin
SOMMAIRE Prologue.........................................................................
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Avant-propos................................................................
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Introduction..................................................................
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Partie 1 Les défis de l’entrée dans l’âge adulte Chapitre 1 : Le sentiment de solitude...........................................
19
Chapitre 2 : La vingtaine, l’âge des choix (et des doutes).......
31
Chapitre 3 : Se construire dans l’incertitude de l’avenir.......
43
Chapitre 4 : La recherche d’identité.............................................
57
Chapitre 5 : Désillusions. Quand devenir adulte n’a rien d’enviable à l’enfance.................................
77
Chapitre 6 : La pression de la réussite .......................................
91
Chapitre 7 : L’entrée dans le monde du travail .........................
107
Chapitre 8 : La vie amoureuse dans la vingtaine...................... 129
5
Partie 2 Je me sens déboussolé, que faire ? Chapitre 1 : Comment calmer mon anxiété................................
147
Chapitre 2 : À qui m’adresser ?...................................................... 155 Chapitre 3 : Les piliers fondamentaux pour traverser les épreuves de la vie ................ 165 Conclusion ..................................................................
173
Remerciements..........................................................
175
Bibliographie............................................................... 177
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PROLOGUE
«
À 18 ans, alors que je suis étudiante en école de journalisme, la panique s’installe dans ma vie pendant plusieurs (et longs) mois. Quotidiennement, je pleure sans raison, mon cœur s’emballe et il m’arrive même de vomir. J’ai l’impression que tout s’effondre et que je serai triste pour toujours. Pourtant, rien n’explique ce mal-être, en apparence. J’ai grandi dans un milieu privilégié, au sein d’une famille unie et aimante, j’ai toujours été bonne élève, j’ai de bons amis et une relation amoureuse saine. Mais le passage aux études supérieures a suffi à déclencher en moi une terrible angoisse de la vie future. En consultant pour la première fois une psychologue, je mets rapidement des mots sur ma peur : « et si je n’en étais pas capable ? » 18 ans, c’est pourtant le début de tous les possibles. On souffle ses bougies et on gagne en liberté : passer le permis, sortir un mardi soir sans rendre de comptes, rentrer à l’heure qu’on veut, manger des pâtes au pesto cinq fois par semaine, s’installer dans un petit studio et mener une vie à soi… L’entrée dans la vingtaine est pleine de promesses. Mais ces avantages s’accompagnent vite d’exigences : trouver sa voie, assumer ses erreurs, payer son loyer, cuisiner seule tous les soirs, voir des amis d’enfance s’éloigner. Sans oublier les démarches administratives qui s’accumulent et les rendez-vous médicaux à ne pas rater. Et surtout, ces questionnements existentiels qui tournent en boucle.
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J’ai eu de la chance. Mes parents ont pu financer mes séances chez la psy qui m’ont aidée à calmer mes crises d’angoisse. Et ce n’est pas un hasard si je me suis depuis orientée vers une carrière de journaliste spécialisée en psychologie. Interroger des thérapeutes ou des médecins au quotidien, pour tenter de comprendre un peu plus les émotions et comportements humains, est une parfaite technique pour apaiser l’anxieuse que je suis. En huit ans, j’ai beaucoup appris. Alors j’en ai fait ma mission : informer les jeunes qui comme moi vivent ce passage à l’âge adulte comme un bouleversement. Car devenir adulte n’a rien d’évident. Rien ne nous prépare à passer d’adolescent puéril à personne responsable. Ni mode d’emploi, ni rite de passage. Il faut inévitablement traverser cette zone de flottement, cet entre-deux-âges fait d’incertitudes et de questionnements. C’est précisément cette période charnière que j’aborde dans ce livre. Il rassemble les réponses que j’aurais aimé avoir entre les mains il y a quelques années.
»
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AVANT-PROPOS Le bien-être n’est pas qu’une affaire individuelle. Il pourrait paraître facile de donner à un jeune en souffrance des clés de psychologues pour s’apaiser. Ce serait omettre que son mal-être puisse venir de son environnement sociétal et de conditions de vie qui ne dépendent pas de lui. La bonne santé mentale d’une personne dépend avant tout de sa possibilité de vivre sereinement, à l’abri de problématiques économiques et professionnelles, protégée de toutes sortes d’inégalités et de mauvaises conditions d’emploi et de logement, préservée aussi de toutes violences (physiques, psychologiques, financières). Pour de nombreux concitoyens, ces conditions ne sont pas réunies. Il ne suffit pas de les aider à traverser les souffrances qui en découlent. Tant que de tels environnements nocifs ne seront pas améliorés, leur conseiller d’entreprendre un travail individuel serait pour le moins insuffisant. C’est d’ailleurs l’une des idées reçues diffusées par notre société occidentale. Pour être plus heureux, il suffirait de « travailler sur soi », de modeler son propre bienêtre à coups de cours de yoga, de « dopamine détox » et de retraites spirituelles. Il est impossible de soigner le mal-être d’une personne sans considérer la situation dans laquelle elle évolue. Et quand bien même les actions à l’échelle individuelle suffiraient, l’accès aux soins (psychologues, psychiatres) est encore trop largement difficile pour une partie de la 9
population. Le bien-être d’une personne dépend ainsi à de nombreux égards d’actions politiques. En France, la santé mentale a été érigée comme Grande cause nationale en 2025 et 2026. Le gouvernement entendait ici s’engager dans l’accompagnement psychique des Français. Les objectifs étaient divers : déstigmatiser les troubles mentaux, améliorer l’accès aux soins sur le territoire, accompagner les personnes concernées dans leur vie quotidienne… Mais on est encore loin de véritables changements. Un livre à lui seul ne pourra pas remplacer de telles réformes. Il ne pourra pas non plus se substituer à des consultations de professionnels de la santé. En attendant, faute d’avancées collectives et politiques, d’autres outils doivent émerger pour accompagner les jeunes adultes en recherche d’aide, et ce notamment à l’échelle individuelle. Cet essai propose d’apporter un éclairage psychologique sur les maux de la vingtaine, afin de permettre à certains jeunes de s’identifier aux situations, de se sentir moins seuls et d’y trouver des ressources concrètes (via des boîtes à outils) pour vivre un peu mieux cette période. Il s’adresse également à leurs parents, qui peinent parfois à comprendre les souffrances de leurs enfants. Son ambition est d’informer.
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INTRODUCTION
Quand devient-on adulte ? Il n’existe pas de rite de passage clairement défini, un moment précis où l’on basculerait de l’adolescence à l’âge adulte. Il y a plutôt une pluralité de critères et de seuils franchis les uns après les autres. Sur le plan légal, le 18e anniversaire fixe l’entrée dans la majorité. On obtient le droit de voter et de signer des contrats seul*. On acquiert aussi plus de responsabilités, en étant par exemple jugé comme un adulte devant la justice. Dans les représentations collectives, les marqueurs sont plus flous et souvent genrés. Une jeune fille devient « femme » à ses premières règles, un garçon atteint son « rang d’homme » après son premier rapport sexuel. Le dictionnaire, lui, définit l’adulte comme quelqu’un « qui est parvenu au terme de sa croissance », ou qui a « atteint ou dépassé l’âge de vingt ans environ »1**. Ces repères se heurtent à une réalité biologique. Le cerveau, lui, n’a pas encore fini son développement à 18 ans. Les neurosciences situent sa pleine maturation autour de 25 ans – voire 32 ans, d’après de très récents travaux2 de recherche. Un détail qui a son importance, et sur lequel je reviendrai au chapitre 2.
* Pour des raisons de clarté, j’utilise une forme d’écriture non genrée. ** Toutes les références sont listées en fin d’ouvrage, par chapitre. 11
Ni la puberté, ni la majorité légale, ni même la maturité cérébrale ne font vraiment de nous un adulte. Ce qui compte, selon le psychologue clinicien Vincent Joly, c’est d’avoir atteint « une maturité psychique, sociale et décisionnelle ». Autrement dit, d’avoir une autonomie émotionnelle, une identité suffisamment stable et la capacité de faire des choix assumés. Du côté de la psychanalyse, « l’adolescence s’arrête au moment où un équilibre s’opère entre le principe de plaisir et de réalité », m’indique le psychanalyste Nicolas Peraldi en s’appuyant sur les travaux de Freud. Être adulte, c’est savoir patienter. La sociologie apporte un autre regard. En France, les jeunes se considèrent comme adultes quand ils entrent dans la vie professionnelle, qu’ils deviennent autonomes financièrement et quittent le domicile familial. Ils ne dépendent ainsi plus de leurs parents et coupent l’ultime lien qui les ramenait au statut d’enfant. C’est là que les choses se compliquent. L’allongement de la durée des études supérieures, la précarité du marché de l’emploi actuel et le taux grandissant des jeunes de 15-24 ans au chômage (passé de 11,6 % en 1980 à 21,1 % début 2026, d’après les chiffres de l’Insee3) retardent pour beaucoup l’entrée dans « le monde des grands ». Dans un article du Monde4, on lit que « les grandes étapes du passage à l’âge adulte, comme l’achat d’un logement, sont devenues inabordables pour bien des jeunes ». Cela donne lieu à beaucoup de frustration. Une zone d’entre-deux se met en place. On a passé la crise adolescente mais sans devenir complètement adulte, en tout cas pas selon l’image que l’on s’en faisait. Sur TikTok, des milliers de vingtenaires déclaraient récemment être à la recherche « d’adultes encore plus adultes » qu’eux, pour les guider dans leurs décisions ou tâches administratives. À ce jour, le hashtag reprenant le mot inventé « adulting » a été cité dans plus d’1,6 million de vidéos 12
sur la plateforme. En 2025, l’humoriste Panayotis Pascot a d’ailleurs fait de ce thème un spectacle5 nommé « Entre les deux ». Il y fait une introspection de cette période où l’on n’est plus vraiment un enfant mais pas encore parent. C’est précisément ce que le psychologue américain Jeffrey J. Arnett6 a cherché à théoriser. En 2004, il propose la création d’un nouveau stade développemental, celui de « l’âge adulte émergeant », qu’il situe entre 18 et 29 ans. Il en identifie cinq caractéristiques : l’exploration identitaire, l’instabilité (changements fréquents d’emploi, de résidence, de relations), la focalisation sur soi, le sentiment « d’entre deux » (d’être ni adolescent, ni complètement adulte), et le sentiment de faire face à tous les possibles. Une période qui, selon lui, précède celle des engagements durables dans le travail, le couple et la famille. Devenir adulte se fait donc sur le temps long. Ce n’est pas un interrupteur qu’on actionne à minuit le soir de ses 18 ans. C’est un chemin (sinueux) vers l’autonomie (financière et émotionnelle), vers la capacité à faire des choix et à les assumer, ou vers la connaissance de soi. Pour plus d’1 jeune sur 3, ce passage à l’âge adulte a représenté « un saut dans l’inconnu et une source d’angoisse », d’après un sondage7 OpinionWay de 2025.
Le mensonge au sujet de la vingtaine Cette zone de flou vient contredire une idée bien ancrée : « la vingtaine est la meilleure période de la vie » et il faudrait en profiter. Sous-entendu, après, « ça ne fait que s’empirer ». Une croyance que démonte d’ailleurs la philosophe Susan Neiman dans son livre Grandir, éloge de l’âge adulte à une époque qui nous infantilise 8. Elle décrit au contraire la vingtaine comme une « période épouvantable », où l’on est incertain de qui l’on est, où l’on essaie de comprendre le b.a.-ba du travail, des relations 13
amoureuses et où l’on ne connaît pas encore bien ses points forts. Mes recherches lui donnent raison – et, on ne va pas se mentir, mes expériences personnelles aussi. Devenir adulte présente de nombreux enjeux psychologiques. Tous les jeunes adultes ne vivent pas la même chose car les inégalités et les privilèges creusent des écarts considérables, comme le rappelle la journaliste Salomé Saqué dans son livre Sois jeune et tais-toi9, où elle parle d’une « multitude de jeunesses ». Mais certaines émotions, elles, semblent traverser tout le monde.
Un besoin d’accompagnement Le mal-être des jeunes est réel et documenté, il est à prendre au sérieux. En trois ans seulement, les 18-24 ans ont été de plus en plus nombreux à consulter. Sur Doctolib, leurs consultations chez le psychologue ont augmenté de 60 %, et de 50 % chez le psychiatre, entre 2019 et 202210 . Et ce n’est franchement pas étonnant. Entrer dans l’âge adulte, c’est faire face à des choix de carrière, quitter sa famille, parfois changer de ville, chercher qui on est – et tout ça dans un monde dont l’avenir semble de plus en plus incertain. Dans ce contexte, de nombreux jeunes adultes pourraient avoir besoin d’accompagnement. Ils sont pourtant beaucoup à ne pas y avoir accès, pour des raisons financières, culturelles, sociales, ou faute de professionnels disponibles près de chez eux. À défaut d’un suivi psychologique personnel (ou en complément de celui-ci), ce livre apporte des explications et des pistes de réflexion pour traverser la vingtaine avec un peu plus de légèreté. Il aborde la solitude dont souffre 1 jeune sur 4 en France11 et 60 % des 15-24 ans en Suisse12, les doutes face aux grands choix, la difficulté de se construire dans un monde qui brûle, la quête 14
identitaire, la pression de la réussite, l’entrée dans la vie active, les désillusions et le poids des responsabilités. Mon souhait est qu’il puisse aider un maximum de jeunes de mon âge.
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Vous venez de consulter un EXTRAIT d’un livre paru aux Éditions Favre Tous droits réservés pour tous pays. Toute reproduction, même partielle, par tous procédés, y compris la photocopie, est interdite. Éditions Favre SA Siège social : 29, rue de Bourg – CH–1003 Lausanne Tél. : +41 (0)21 312 17 17 lausanne@editionsfavre.com www.editionsfavre.com